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Réunion de rentrée du R.N. Jurassien.
Ce responsable local et élu de l'yonne pour le rassemblement national, parti révisionniste, dont le fondateur a été outrancier quant aux déportations et aux chambres à gaz, dont certains fondateurs sont issus des rangs des nazis de la seconde guerre mondiale, va venir à Gevingey ce 11 septembre.
A-t-il choisi spécifiquement le lieu, quelques mois après le 82e anniversaire de la rafle de Gevingey, lors de laquelle dix-neuf personnes ont été déportées et une seule est revenue ?
Pour rappel, à partir du printemps 1944, la répression de l'armée allemande prend une autre dimension.
A partir du 9 avril, est menée l'opération Frühling contre les maquis de l'Ain et du Haut Jura avec la présence active des SS.
Dans le Bas Jura, le 26 avril, sur dénonciation, un groupe de maquisards est attaqué à Frébuans par les soldats allemands. Le commandant Foucaut, résistant, est abattu. Dans la foulée, a lieu une rafle d'habitants de Trenal dont plusieurs personnes juives réfugiées. Pour une raison que l'on ignore, toutes les personnes sont libérées, et, c'est sur la commune de Gevingey que vont s'abattre les foudres de l'occupant qui rafle 19 femmes, hommes et enfants qui seront déportés au début du mois de mai à Auschwitz.
Seule rescapée de cette rafle, Simone Polak qui témoigne encore dans ses livres mais aussi dans la vidéo réalisée par Dominique Gayet sur la Rafle de Gevingey.
Gevingey fut le seul village du département où eut lieu une rafle de personnes juives.
Lors de la commémoration des 80 ans de la rafle, quasiment tous les maires de la comcom et les élus du département étaient présents ainsi que les associations mémorielles.
Lors de la future et proche venue de Julien Odoul pour sa réunion de rentrée, les élus locaux de tous bords vont-ils aller lui passer la brosse à reluire, jouer l'indifférence ? Ou vont-ils se positionner clairement ?
Lors de sa venue, les associations mémorielles vont-elles continuer à minimiser les actes politiques, racistes, impérialistes, et autoritaires, du R.N.? Ou vont-elles enfin retrouver la mémoire des combattants et déportés de 39-45, résistants, et humains pour condamner des positions toujours semblables aux anciens occupants, essentialistes, autoritaires, et racistes ?
Credit photo daniellebrulebois.fr
Mercredi 9 septembre
Montpellier : goûter d’accueil du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) à 16h, sur la pelouse d’Atrium à l’entrée de l’université Paul Valéry
Montpellier : soirée conférence et débat avec Frank Mintz, historien et militant libertaire auteur du livre “L’autogestion dans l’Espagne révolutionnaire”, organisé par l’Union Communiste Libertaire. Ce sera à partir de 19h à La Carmagnole, 10 rue de la Palissade
Jeudi 10 septembre
Montpellier : rassemblement de soutien à José Luis Moragues, militant BDS/UP Montpellier attaqué en justice par les présidentes du CRIF Languedoc-Roussillon et du Centre Culturel Juif Simone Veil (CCJSV) pour une vidéo dénonçant leur soutien politique à Israël. Ce sera à 13h au Tribunal Judiciaire, place Pierre Flotte.
Frontignan : ouverture de l’épicerie associative de la Coopérative Intégrale du Bassin de Thau (CIBT). Les principaux produits disponibles sont des produits locaux, de saison, bio, en circuit-court et à prix libre (légumes, fruits, pain, farine, œufs, fromages de chèvre, miels, confitures, tisanes, sirops, vins, huile d’olive, huiles culinaires, vinaigres aux plantes, sel aux herbes, savons et baumes avec des plantes cultivées localement, riz de Camargue, lentilles, pois chiches.) Ce sera de 17h à 18h30 au local associatif La Grève, 19 bis boulevard Victor Hugo
Frontignan : discussion sur la loi « permis de tuer », qui prévoit une présomption d’usage légitime de l’arme par les forces de l’ordre qui va au-delà de la légitime défense, de 18h30 à 20h30 au local associatif La Grève, 19 bis boulevard Victor Hugo
Samedi 12 septembre
Montpellier : fête “La rentrée de la lutte des classes” au local associatif Le Quartier Généreux, 2 quai des Tanneurs, de 12h30 à 23h30. Au programme : conférence et ateliers militants, repas partagés, animations et jeux de kermesse, et une boom en soirée. Plus de détails sur le programme par ici
Lundi 14 septembre
Montpellier : permanence du BIB Hackerspace, pour venir boire un coup ou discuter questions informatiques, numériques ou biologiques, avec un collectif autogéré privilégiant logiciels libres et protection des données. Dès 18h30 à La Tendresse, 80 impasse Flouch
Mardi 15 septembre
Béziers : rassemblement à 9h à Enedis Ovalie, puis à 11h devant la sous-préfecture, à l’initiative des salarié-es électricien-nes et gaziers-ères, dans le cadre d’une mobilisation contre la remise en question du tarif spécial sur l’énergie dont bénéficient les agents
Montpellier : manifestation étudiante contre les frais d’inscription prévus à l’entrée de certaines formations pour les étudiant-es étrangers-ères et la suppression des APL pour certain-es étudiant-es étrangers-ères hors UE. Ce sera à 10h place Albert 1er.
Montpellier : rassemblement à 10h à Trancavel, à l’initiative des salarié-es électricien-nes et gaziers-ères, dans le cadre d’une mobilisation contre la remise en question du tarif spécial sur l’énergie dont bénéficient les agents
Montpellier : rassemblement régional de 12h à 14h devant la préfecture contre le manque de moyens dans la santé et l’action sociale, appelé aussi par les syndicats de l’énergie. La CGT sera aussi présente de 9h à 12h sur la place de la Comédie
Montpellier : rassemblement de soutien à Roland Veuillet, convoqué à 14h devant la Cour d’Appel de Montpellier pour des faits remontant au mouvement des gilets jaunes
Montpellier : conférence-débat sur le thème “L’extrême-droite dans le Midi, permanences et mutations.”, dès 19h à La Carmagnole, 10 rue de la Palissade. Avec Philippe Secondy, historien, auteur de “La persistance du Midi blanc” et de “Fabrication d’un collabo” et Emmanuel Négrier, politiste, CEPEL, directeur de la revue Pôle sud. Dans le cadre du festival antifasciste et solidaire Les Fourmilières.
L’article Cette semaine dans l’Hérault : mobilisations étudiantes, de l’énergie, de la santé et de l’action sociale, contre la répression des GJ et soutiens à la Palestine est apparu en premier sur Le Poing.
After young people shifted right for Trump, Democratic-aligned groups across the US are eager to capture gen Z voters before November’s midterm elections
On the first day of the fall semester at California State University, Northridge, student organizers holding “Hot People Vote” signs wheeled a bright pink wagon outside the student union. They offered “no strings attached” donuts, heart-shaped sunglasses and voting information for the November general election. Even though it was 105F outside, dozens of people stopped by to chat with the Donuts + Democracy volunteers and register to vote.
One student told organizer Dzian Tran that she didn’t plan to vote because she was disillusioned with politics. Tran chatted with her about how civic engagement is important to democracy and how some elections are won by a margin of only 400 votes. As she thanked Tran, the student held her phone up to a QR code to get more information about voting.
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Source : Marsactu
Payant
Source : La Relève et La Peste
Source : Le Nouveau Paradigme
Source : Là-bas si j'y suis
Payant
Format : vidéo
Source : Parallèle Sud
Même si les luttes contre les discriminations avancent, ces dernières restent quand même relativement très fréquentes. Cet article de Parallèle Sud, revient sur le cyberharcèlement subi par la judokate Léa Fontaine suite à sa victoire du Grand Slam de Lausanne (Suisse) à la fin du mois d'août.
L'article indique que cette « vague de commentaires sexistes et grossophobes » révèle surtout la montée en puissance des masculinistes sur les réseaux sociaux. Parallèle Sud fait intervenir Évelyne Corbière Naminzo, ancienne présidente de l'Union des femmes réunionnaises (UFR) et aujourd'hui sénatrice de La Réunion, d'où est originaire Léa Fontaine, ainsi que Victor Abel-Gagné, président de la LDH (Ligue des droits de l'Homme).
Ce dernier affirme surtout que « Nous sommes dans un monde qui hyperexpose les sportifs et les artistes. [...] Le problème, c'est que l'algorithme tend à mettre en avant ce qui fait mal »
Par ailleurs, les avancées féministes s'exposent à un retour de bâton masculiniste.
Alors quelles solutions ? Si la justice avance lentement, c'est certainement à cause d'une « question de moyens » estime Évelyne Corbière Naminzo.
Source : Mediacités Lyon
Payant
Source : Parallèle Sud
Source : Common Dreams - États-Unis
Lire la traduction automatique en français
Source : Data Cameroon - Cameroun
Source : Les Jours
PayantPresident to give speeches on both days of unconventional gathering in Dallas; president boards Air Force One after crew inspects the slide
Stefany Shaheen, the daughter of a longtime New Hampshire senator and former governor, has won the Democratic nomination in the race for Chris Pappas’s former House seat.
Stefany Shaheen’s mother Jeanne Shaheen is a former governor who has represented New Hampshire in the Senate since 2009. The younger Shaheen’s family ties to the Democratic establishment – and accusations of nepotism – became a point of attack by her opponent in the primary race.
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Le délibéré sera rendu ce jeudi 10 septembre 2026, à la Cour d'Appel de Paris, à 13h30. Toutes les formes de solidarité sont bienvenues. Sur place pour faire nombre face à la violence de l'Etat, mais d'autres formes de soutiens, délocalisées, seront aussi précieuses.
Article en parti repris de nantes.indymedia.org (pour une soirée de soutien organisée à Rennes le 30/10. pour relayer sur trognon, nous avons retiré les paragraphes d'invitation à la soirée de soutien de Rennes, mais vous pouvez le retrouver sur l'article originel)
C'est une affaire qui commence à dater, mais dont on attend toujours de pouvoir tourner la page. Le 8 décembre 2020, avant le lever du jour, des arrestations avaient lieu dans toute la France avec les moyens de l'antiterrorisme – le RAID avec des cagoules têtes de mort, des armes de guerres pointées sur les gens, des maisons saccagées… Puis quatre jours de garde-à-vue à Levallois Perret, dans la même ambiance, terrorisante. Le 11 décembre, le contrôle judiciaire est prononcé pour deux d'entre elleux et les cinq autres sont incarcéré·es dans cinq prisons différentes d'Île-de-France, sous le statut DPS (détenu·e particulièrement signalé·e). L'un d'entre-elleux, Libre Flot, est placé en isolement total.
Cette affaire, c'est celle d'une association de malfaiteurs terroriste, qui vise directement « l'ultra-gauche », selon les termes du dossier. Sept personnes en lien avec un militant internationaliste, Libre Flot, qui a répondu en 2017 à l'appel des populations du Rojava pour protéger la paix en participant à la guerre de légitime défense contre Daech et l'armée turque. Comme le dit le Collectif des Combattantes et Combattants Francophones du Rojava dans une tribune de soutien : « Nous sommes allés au Rojava avec la volonté de défendre une révolution basée sur la démocratie directe, la coexistence pacifique entre communautés, l'égalité femmes-hommes et le juste partage des richesses, autant de valeurs dont l'État français se réclame sans jamais les appliquer. » À partir de là, les renseignements fantasment un « revenant » qui chercherait à mettre à profit des compétences militaires acquises en Syrie pour créer une milice qui aurait pour cible l'Etat français et ses forces de l'ordre. Une surveillance du fameux malfaiteur en chef a été mise en place dès son retour du Rojava, comme pour beaucoup de volontaires internationalistes, et les agents de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) ont été témoins de propos hostile à la police dans la bouche du militant et de ses ami.es punks libertaires. Ça ne leur a pas plu, dont acte.
Libre Flot, dans leur fable, c'est le chef de la bande d'anarchistes (lol). Il est enfermé à l'isolement pendant 16 mois, en préventive. Sentant les séquelles sur sa santé, sur ses capacités cognitives, sur sa vie, Flo démarre une grève de la faim, qui lui permettra de sortir de taule après 37 jours. Il a beaucoup écrit pendant cette période et après, et un livre est sorti en 2025 aux éditions Du bout de la ville : Anticiper le bruit sec des verrous. Parmi les autres personnages de l'histoire, on trouve un artificier à Disneyland et pour des clips, deux inséparables amateurs de tir sportif et de vieilles armes, une lectrice de brochures et utilisatrice de Tails, un adepte de voyages et aspirant soutien du Rojava, et un autre copain de Flo qui sera condamné plus légèrement, sa formation en PNL (programmation neuro-linguistique, un truc de développement personnel) ne paraissant pas effrayer les enquêteurs.
2020, une partie de cette bande se retrouve confinée ensemble (pour une partie, s'y rencontrent pour la première fois), et hop, voilà une association de malfaiteurs. Quatre autres inculpé·es feront aussi plusieurs mois de prison, avant le procès qui n'a eu lieu qu'en octobre 2023, et qui a abouti à leur condamnation pour avoir donné l'impression à la DGSI, au PNAT et à ces juges d'avoir envie d'attaquer des flics. « Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste ». Et ce sans qu'aucun projet spécifique n'existe, en assumant que des suspicions d'intentions suffisent, « sans qu'il soit nécessaire de démontrer une participation aux crimes ou à leur préparation » écrivait le juge d'instruction Jean-Marc Herbaut. Condamné·es pour avoir participé sans participer. Certain·es des inculpé·es sont aussi rendu·es coupables du « refus de remettre la convention secrète de chiffrement d'un moyen de cryptologie », c'est-à-dire l'accès à du matériel informatique. Les peines vont de deux ans de sursis simple à cinq ans de prison ferme. Le temps de détention provisoire effectué étant déduis, et le reste étant aménageable en bracelet électronique, ces peines ne les amèneraient pas à retourner en prison. Mais elles sont alourdies par un certain nombre d'interdictions (de contact entre elleux, de travailler dans certains secteurs, de port d'armes, de déplacement de plus de deux semaines) et d'obligations (de soin, de travail), et par l'inscription au FIJAIT (fichier judiciaire des auteurs d'infraction terroriste). Pendant tout ce temps, la surveillance des communications et du quotidien continue, ainsi que les rendez-vous CPIP (conseiller.ère pénitentier.ère d'insertion et de probation). Une répression protéiforme donc, depuis bientôt six ans.
Six des sept personnes condamnées ont fait appel de cette décision, et ont encore du attendre deux ans et demi avant d'avoir droit à un nouveau mois de mascarade judiciaire (du 4 au 22 mai 2026 pour l'appel). Ces deux procès ont traité du même dossier terriblement vide, basé sur les mêmes interrogatoires traumatisants avec le même juge d'instruction tout à fait convaincu de leur dangerosité et les mêmes flics affolés par ces marginaux qui osent se tatouer des ACAB et écouter des musiques aux paroles explicitement anti-autoritaires, avec les mêmes livres et brochures (on a vu à quel point les infokiosques leur font peur)… Ces mêmes moments de jeu d'air-soft et de fabrication de pétards ont été transformés par des chien·nes de garde de l'État paranoïaques en entrainements para-militaires et en préparation d'attentats… Le récit creux a été collectivement façonné par des agents de l'État tout-puissant, où les droits des détenu·es et de la défense ont été maintes fois bafoués : des refus systématiques des demandes de mise en libertés mettant en danger la vie de Libre Flot, aux fouilles à nues systématiques en détention, en passant par les multiples et veines demandes de la défense de faire venir au procès les crapuleux agents de la DGSI qui ont retranscrit les écoutes en mettant leur grain de sel pour faire peur (les avocat·es sont allé·es jusqu'à saisir la Cour Européenne des Droits Humains pour ça !).
Ce procès est celui de ce qu'yels appellent l'« ultra-gauche », accusée d'être violente par essence. C'est un procès où des paroles, même des blagues, même des chansons, sont prises pour des actes. C'est le procès du mouvement punk. C'est le procès des ZAD. C'est le procès de la protection des données personnelles, de Signal, Tor et Tails. C'est le procès de l'internationnalisme et de l'anarchisme, même si les personnes condamnées ne s'en revendiquent pas forcément. Le procès en première instance a été raconté dans des chroniques par une quinzaine d'autaires dans le livre Qui terrorise qui ? paru en 2026 aux éditions Tahin Party.
Pour en savoir plus sur l'affaire et suivre les nouvelles, il est encore possible de consulter le blog des soutiens : soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org. Mais la répression antiterroriste s'intensifie, et l'hébergeur de ce blog, Autistici/Inventati, a été classé comme organisation terroriste par Trump. Nous espérons pouvoir donner une nouvelle adresse de blog prochainement. Une cagnotte est disponible en ligne, les besoins de soutien financier sont très importants. Pour en savoir plus sur l'affaire, voilà une brochure de synthèse : Qui_terrorise_qui
Cette affaire pourrait bien créer une jurisprudence très dangereuse pour les libertés, en particulier politiques. C'est pour cette raison que les cibles ont décidé de se battre quelques années de plus pour contester cette décision, malgré leur envie de retrouver une vie plus tranquille. Nous encourageons tout le monde à se renseigner et à parler de cette affaire, et surtout, surtout à ne pas se laisser anti-terroriser.
Le 7 septembre, un utilisateur d’un forum cybercriminel a publié une archive qu’il présente comme issue de Jinko.care, rapporte Radio France. Selon les éléments diffusés, elle pèserait environ 3,7 Go et comprendrait 85 tables issues de Firestore, représentant plus de 883 000 lignes, ainsi qu’une archive Firebase contenant plus de 2600 fichiers. Le nombre de comptes concernés serait d’environ 3550.
When Charlie Kirk was shot, according to Regime Change, participants in a Signal chat that included Kirk, Trump’s failson, and top Trump officials asked Kirk whether he was okay — which is either a testament to how continuous this Signal group was, or the participants’ own inability to imagine harm to anyone on it.
Around 2:30 p.m. in Washington, on Wednesday, September 10, a group chat on Signal buzzed with some vague but unsettling news. Andy Surabian, a close friend and advisor to both the vice president and the President’s oldest son, shared a link about a shooting at a Turning Point USA event in Utah where Charlie Kirk was speaking. Charlie was their friend. The replies came in fast.
Hey Charlie, is this true? Charlie, are you OK?
The group included not only Kirk and Surabian, JD Vance and Donald Trump Jr., but several senior White House and administration officials and other influential operatives. Kirk was normally a chatty participant. Now he was silent, and his friends felt a knot in their stomachs.
Trump, true to form, at first responded with the grief of a sociopath who had lost someone useful to him.
Man. Charlie,” Trump said. “He’s such a good guy. He really helped me out in 2024. He got the youth vote.”
Then Trump turned to paranoia.
Nobody knew anything about the gunman at that stage, but Trump was already describing the assassination as a group effort, using the pronoun they. “We need to be looking at these people,” he told his aides. “They’re killing our people. They tried to kill me.”
The rest of that chapter describes how Stephen Miller used the murder as a convenient excuse to criminalize leftists (while, in several places, the authors exhibited a stunning inability to distinguish propaganda from reality themselves).
Slogging through this book made me realize something I had been puzzling: Trump’s schedule this week, starting with a stand-in event for 9/11 at which Trump told lies so shameless they might actually garner more than a day of criticism.
Trump and his flunkies paid their tribute to 9/11 three days early.
One reason he did a stand-in event is obvious. Trump will attend the Irish Open this weekend, which will be at Doonbeg, an hour from my house (I won’t be there, or here).
His presence will create significant difficulties for the event, both for security reasons and protests, which sucks for the actual golfers.
But Trump won’t be at Doonbeg on the 11th, the actual 9/11 anniversary. He’ll be in Dublin, among other things, meeting with Irish President Catherine Connolly, a leftist whose sister was snatched from a flotilla to support Gaza this spring. Taoiseach Michael Martin sounded … unconvincing when claiming this would all be very “grand” (which can have a connotation like, “bless your heart” does in the South).
The trip to Dublin is likely cover; until fairly recently he was still considering appearing at the 9/11 commemoration, until he learned he could not give a speech.
President Trump is not planning to attend a ceremony in Manhattan for the 25th anniversary of the terrorist attack on the World Trade Center, in part because he wanted to deliver a speech and the annual event has long barred remarks, according to four people with knowledge of the events.
Mr. Trump’s team had conducted advance visits at the site and had initially signaled to officials in New York and in Washington that the president intended to visit the memorial space known as ground zero, two of the people with knowledge of the events said.
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There are other considerations that led to Mr. Trump honoring the day in Washington, including that he will depart the next day for his golf course in Doonbeg, Ireland, where the Irish Open tournament will take place. Leaving from John F. Kennedy International Airport in New York City, or from Newark Liberty International Airport in New Jersey, would snarl air and motor traffic to a much greater extent than with Mr. Trump leaving from Joint Base Andrews in Maryland
But then there’s the question of the Convention, which will be in Dallas today and tomorrow. It turns out an unpopular lame duck is not a great draw for a big grift, so now the GOP is giving seats away.
The Republican National Committee is giving seats away.
Two days before Donald Trump’s midterm convention opens in Dallas, Texas, the party that promised the largest such gathering in a decade has been running a public lottery for free tickets, dangling front-row seats and VIP treatment to whoever enters.
The RNC has found itself in a tricky spot after building the event around Trump, whose approval rating is the lowest of his political career. A number of Republicans have also decided to skip the convention rather than be seen on camera celebrating an unpopular president who could drag down their prospects of re-election.
[snip]
A text message sent to party donors as recently as last week encouraged them to ask for “FREE TICKETS,” while some GOP operatives were told last week that there are still seats available for the event. Donors who click on the text message link were entered into a lottery that would also bestow a front-row seat upon one lucky winner.
And for those willing to pay, $250,000 will get a donor a seat at a roundtable with Trump —and a commemorative photo if they want to shell out another $88,600.
For $20,000, donors get to be “honorary delegates” and receive a Texas shirt and cowboy hat.
But many of the higher-profile potential attendees have already made public plans to skip the entire thing, with some balking at the $25,000 cost of attending and others annoyed at the prospect of spending days away from the campaign trail for what will amount to a multi-day rally for someone who will never appear on a ballot again.
Then there’s the problem that the unpopular lame duck has scheduled himself to compete with the first NFL football games.
Driving the news: The GOP’s Sept. 9-10 convention in Dallas will go head-to-head with the two opening games of the NFL season, which are expected to draw huge audiences each night.
- Some GOP operatives are privately incredulous that a convention designed to draw attention to the party’s fall candidates was scheduled opposite the NFL.
- They fear the GOP will struggle to persuade voters — particularly men, who powered President Trump’s 2024 comeback — to choose politics over football.
The convention’s opening night will overlap with the New England Patriots playing the Seattle Seahawks in a Super Bowl rematch. It will be on NBC and its streaming platform, Peacock. In Dallas that night, Vice President Vance will deliver the convention’s keynote speech.
- The convention’s second night will coincide with a rivalry matchup between the San Francisco 49ers and the Los Angeles Rams, which will be streamed on Netflix. Trump is the keynoter in Dallas that night.
Maggie Haberman attributed the timing conflict to inattention.
These people are busy. But they’re not too busy to consider this detail (from Axios, above).
Organizers also are planning dramatic moments, with planned commemorations to mark the one-year anniversary of pro-Trump activist Charlie Kirk’s assassination and the 25th anniversary of the Sept. 11 terror attacks.
The one way this schedule makes sense is that Trump prioritized golf and Charlie Kirk over 9/11.
That’s not remotely surprising, mind you.
But don’t be surprised if Trump goes full Horst Wessel again.
The post Trump Prioritizes Golf and Horst Wessel Over 9/11 appeared first on emptywheel.
Autre mesure phare et injuste du RN : la fin de l'encadrement des loyers. Cette mesure fait pourtant économiser près de 1000 euros par an à certains foyers.
Cet article Présidentielles : le RN veut favoriser les multipropriétaires est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Psychologue et psychothérapeute, Pierre-Éric Sutter est aussi président de l’Observatoire de l’éco-anxiété (Obseca). © DR
Qu’on le veuille ou non, l’été 2026 restera celui d’une bascule. Au plus fort de la troisième vague de chaleur, fin juillet, 15 millions de Français·es se reconnaissaient dans les symptômes de l’éco-anxiété – un record. C’est ce qu’a révélé, la semaine dernière, une étude de l’Observatoire de l’éco-anxiété, Obseca (notre article).
Aux manettes de cette enquête, le psychologue et psychothérapeute Pierre-Éric Sutter. Auprès de Vert, il revient sur cette inquiétude face à la crise environnementale, qui peut être aussi bien bénéfique que paralysante. Pour éviter qu’elle ne dégrade la santé mentale, il invite à apprivoiser ses peurs, à reconnaître les limites de son pouvoir individuel et à retrouver une capacité d’action à sa mesure.
Il n’y a pas de définition consensuelle. La plus simple et la plus opérationnelle, selon moi, consiste à parler d’inquiétudes vis-à-vis de la crise environnementale.
Il existe toute une gradation. Au départ, il peut s’agir d’inquiétudes passagères. Puis ces pensées peuvent revenir de plus en plus régulièrement, jusqu’à devenir permanentes et très intrusives. C’est l’évolution de ces inquiétudes qui va déterminer si l’éco-anxiété est adaptative ou mal-adaptative.
On peut faire un parallèle avec la différence entre être déprimé et être dépressif. Lorsque vous perdez un être cher, vous pouvez traverser une période de déprime sans pour autant souffrir de dépression. Vous ressentez de la tristesse et vous vous posez des questions existentielles, mais, progressivement, vous retrouvez un état de santé mentale positif.
En revanche, si cette détresse psychologique s’installe durablement, elle peut évoluer vers une psychopathologie, comme une dépression. Pour l’éco-anxiété, c’est la même chose. Une personne peut être très inquiète de la dégradation de l’environnement sans présenter de trouble psychique. Son éco-anxiété est alors adaptative. Mais si elle ne parvient plus à réguler cette inquiétude et que celle-ci devient envahissante, elle peut basculer vers une forme mal-adaptative et développer, en plus, une dépression réactionnelle ou un trouble anxieux généralisé.
Dans les formes les plus graves, les personnes peuvent être envahies par des ruminations : «On va tous mourir», «C’est la fin du monde», «On ne peut rien y faire», «À quoi bon continuer à vivre ?» Elles peuvent être constamment tétanisées par la peur, ne plus parvenir à agir, rester en boule au fond de leur lit et perdre le goût de la vie. Certains patients peuvent aussi avoir des pensées suicidaires.
Quand ces inquiétudes ne vous quittent plus, qu’elles vous empêchent de dormir, que vous êtes constamment triste ou que vous avez spontanément des crises de larmes, il faut s’en préoccuper.
Il ne faut pas confondre la cause et les conséquences. Les professionnels du soin observent des symptômes et cherchent à comprendre ce qui les a provoqués. Dans le cas de l’éco-anxiété, il y a d’un côté la souffrance des personnes et, de l’autre, la crise environnementale qui provoque leurs inquiétudes. Cette cause n’est évidemment pas de leur faute : elle relève aussi du politique.
Dire qu’il ne faudrait pas être «éco-anxieux», mais «éco-furieux», me paraît méprisant pour la souffrance des gens. Certaines personnes souffrent réellement. Reconnaître cette souffrance ne signifie pas nier les causes politiques du dérèglement climatique. On peut à la fois s’attaquer à ces causes et prendre soin des personnes qui en subissent les conséquences psychologiques.
Il est par ailleurs parfaitement légitime d’être inquiet face aux problèmes environnementaux. Nous respirons tous le même air, nous buvons tous la même eau et nous dépendons tous des mêmes conditions pour nous nourrir. Il existe donc des raisons rationnelles de s’inquiéter. Ce qui pose problème, c’est lorsque cette inquiétude dégrade la santé mentale.
Oui. L’anxiété nous informe de l’existence d’un danger et peut nous mettre en action. Si un bus vous fonce dessus et que vous n’avez pas peur, vous ne faites pas le pas de côté qui peut vous sauver. Face à la crise environnementale, c’est la même mécanique : la peur peut nous permettre de prendre conscience du danger et de nous y adapter.
C’est pourquoi je me réjouis qu’un nombre croissant de personnes s’inquiètent pour l’environnement – à condition, bien entendu, que cette inquiétude reste adaptative et ne les rende pas malades. Ce que je défends, c’est une saine inquiétude : celle qui nous prépare au monde qui arrive au lieu de nous immobiliser.
La peur est saine lorsqu’elle nous informe d’un danger. Il faut apprendre à l’apprivoiser et à élaborer une stratégie d’action réaliste. Les personnes éco-anxieuses peuvent parfois voir arriver certains changements un peu avant les autres, parce que leur inquiétude les conduit à modifier leurs habitudes et à se préparer.
Souvent, je préconise cinq grandes étapes. Cela peut prendre entre six mois et un an et demi pour tout mettre en place.
La première consiste à réduire la surcharge cognitive. Il ne s’agit pas d’arrêter de s’informer : l’information est indispensable pour comprendre le danger et agir. Mais répéter dix fois la même information négative ne sert à rien. À force de s’abreuver de mauvaises nouvelles, le cerveau sature. Il faut donc limiter cette «infobésité» et rééquilibrer les informations négatives par des informations positives, notamment en recherchant des initiatives et des solutions qui fonctionnent.
La deuxième étape porte sur la régulation émotionnelle. Il faut comprendre ses peurs, les respecter et les apprivoiser. Lorsqu’on est entièrement pris dans l’émotion, on ne parvient plus à rationaliser. Or la peur contient une énergie considérable : une fois canalisée, elle peut devenir le prélude à l’action.
La troisième étape consiste à renoncer à devenir un «super-héros de l’environnement». Il faut accepter qu’on ne peut pas tout régler et se concentrer sur ce qui dépend réellement de soi.
La quatrième est la construction d’un «écoprojet» adapté à ses préoccupations, à ses ressources et à ses compétences. Si vous êtes informaticien, vous n’avez pas nécessairement besoin de devenir maraîcher pour contribuer à un projet écologique. Vous pouvez mettre vos compétences informatiques au service d’un écolieu ou d’une initiative collective. L’objectif doit être ajusté aux ressources de la personne, et non l’inverse.
La cinquième étape consiste à retrouver l’espérance et à célébrer les petites victoires. Toutes les avancées comptent : avoir apprivoisé une peur, trouvé un projet adapté, mobilisé une compétence ou abandonné une habitude devenue incompatible avec ses valeurs. Cette gratification permet de contrebalancer les informations négatives et de retrouver progressivement un équilibre intérieur.
Non, pas toujours. Certains de mes patients me disent : «J’ai mis en place des écogestes, mais ce n’est pas avec cela que j’ai sauvé la planète.» Évidemment : personne ne sauvera la planète à lui tout seul. Il faut faire le deuil de cette idée.
Se lancer seul, tête baissée, en pensant pouvoir tout régler, peut conduire à un burn-out écologique. Cela concerne aussi certains militants. Le passage à l’action doit donc être raisonné. Il faut distinguer ce qui dépend de soi de ce qui n’en dépend pas et se réapproprier son pouvoir d’agir à son niveau.
Ce que je sais, c’est qu’une personne souffrant d’une éco-anxiété adaptative parvient à retrouver un équilibre intérieur et à prendre soin d’elle-même en prenant soin du monde. Elle trouve un projet à sa mesure, qui lui permet de réduire sa surcharge cognitive et émotionnelle, de passer à l’action et de retrouver de l’espérance.
Sur le fond, je n’ai rien à dire. C’est presque un copié-collé du rapport sur l’éco-anxiété auquel j’ai participé avec l’Ademe [l’Agence de la transition écologique, NDLR] en 2025. En revanche, sur la forme, c’est un beau raté, vu le contexte. Tout flambe et on parle des conséquences sur les individus sans parler des causes du dérèglement climatique et de la responsabilité de l’État au regard de son inaction climatique. C’est une belle maladresse de communication.
Republicans plan to center the US president at the two-day event, while slamming Democrats as socialists
Republicans are gathering in Texas on Wednesday for a rare “midterm convention”, as they attempt to convince Americans to vote for a party led by a deeply unpopular president who has overseen inflation and led the US into an increasingly unpopular war.
Donald Trump will dominate the two-day convention, appearing both nights as the GOP works to cling to control of the House of Representatives in November. Republicans plan to put the president at the center of the event, a bold strategy given his approval rating is hovering at about 38%, while accusing the Democratic party of being socialist and out of touch with Americans.
Chris Hippensteel contributed to reporting
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Un épisode de l'émission Sortir du capitalisme autour de l'expulsion forcée de 750 000 Palestiniens et Palestiniennes en 1948, la « Nakba », moment fondateur de l'Etat colonial d'Israël, à partir de L'épuration ethnique de la Palestine (La Fabrique, 2024) de l'historien israélien Ilan Pappe.
L'épisode (1 heure 20 minutes), à écouter de préférence après notre épisode en deux parties Colonisation de peuplement : aux racines du « conflit israélo-palestinien », comporte :
Une présentation des enjeux politiques, historiques et mémoriels de l'épisode ;
Une analyse des racines historiques à long et moyen terme de la Nakba : projet sioniste d'un Etat juif à majorité juive en Palestine, colonisation britannique, création et renforcement d'un proto-Etat et d'une proto-armée israélienne, écrasement de la grande révolte arabe de 1936-39, plans de partage britanniques et projets sionistes de « transfert » forcé des Palestiniens et Palestiniennes… ;
Une présentation du contexte immédiat qui précède l'expulsion forcée des Palestiniens et Palestiniennes en 1948 : vague d'attentats sionistes anti-britanniques, afflux de rescapés de la Shoah, départ des Britanniques de Palestine, et plan de partage de l'ONU de novembre 1947 ;
Une histoire de la Nakba : exil de l'élite palestinienne et passage d'une stratégie de « représailles » à une stratégie d'épuration ethnique du côté des dirigeants sionistes (hiver 1947-48), plan Daleth, épuration ethnique de la Palestine urbaine et début de l'épuration ethnique de la Palestine rurale (printemps 1948), guerre israélo-arabe et achèvement de l'épuration ethnique de la Palestine rurale (mai 1948 – 1949) ;
Une analyse des techniques d'épuration ethnique, entre terrorisme, massacres et expulsions forcées ;
Une déconstruction des mythes historiques autour de la guerre israélo-arabe de 1948-49, et notamment autour du rapport de force entre Israël et ses adversaires arabes ;
Quelques études de cas : le massacre de Deir Yassin, l'expulsion des Palestiniens et Palestiniennes de Haïfa, la non-expulsion des Palestiniens et Palestiniennes de Nazareth ;
Une analyse de la radicalisation du vocabulaire des ordres militaires sionistes puis israéliens : de l'idée d'expulsion des villages « hostiles » à l'appel explicite à « nettoyer » les villages palestiniens ;
Une critique du rôle passif de l'ONU et de la complicité active ou passive des troupes britanniques lors de la Nakba ;
Une conclusion qui met en parallèle le massacre en cours à Gaza et la Nakba, les deux moments les plus violents de l'histoire israélo-palestinienne.
Plus d'infos sur la page de Sortir du capitalisme
Rassemblement antifasciste, vendredi 10 septembre à 18h, à l’arrêt de tram Château.
Depuis plus d’un an, il y a dans Brest une augmentation d’attaques et d’agressions aux revendications fascistes. Ce week-end, le niveau de violence est monté d’un cran quand deux personnes cagoulées, armées de matraques et gazeuses, sont entrées par effraction dans un bâtiment squatté et s’en sont pris à une personne endormie, la laissant gravement blessée. En portant leurs coups aux cris de « sale antifa », ils ont été clairs sur leurs motivations.
Il semble évident que cette agression était préméditée, que du repérage ait été fait dans ce but. D’autres effractions ont eu lieu durant l’été, des agressions de rue, intimidations dans le quartier de St-Martin, tags, etc. Cet événement lache et violent s’inscrit dans une dynamique de terreur qui vise à détruire mentalement et physiquement des personnes précaires, pour la seule raison qu’elles dorment dans un squat, et pour leur appartenance politique supposée. N’étant pas isolée, cette agression nous concernent toustes.
Parce que nous refusons le bruit des bottes dans nos quartiers, parce qu’après la rue ils s’en prennent à nos lieux de vie, parce que nous refusons que nos voisin.es ou quiconque ailleurs puissent être victimes de telles violences, parce que nous voulons pouvoir dormir sur nos deux oreilles ; pour les personnes racisées, sexisées et vulnérables qu’ils mettent en danger, nous appelons à un rassemblement à l’arrêt de tram Château le 10 septembre à 18h.
Des squatteur.euses de Brest.
Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR
Le serveur qui s'appelait Paranoia : défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre
Cette brochure est une traduction collective de l'anglais d'un article publié le 27/08/2026 sur sabotmedia1 elle même postée en ligne le 30/08/2026 sur manif-est.info2. Depuis sa publication, la situation a évolué dramatiquement. Nous préciserons ces évolutions entre crochets quand c'est nécessaire. Tout ce qui suit et n'est pas entre crochets constitue donc l'article original. Bonne lecture !
Cet article est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur "ce qu'on peut faire" n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen. On invite à des réflexions et propositions complémentaires dans ce sens afin de réflechir collectivement à quelle solidarité mettre en place depuis chez nous.
À l'heure où cette traduction est publiée, les sites de autistici ne sont plus joignables. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront publiées sur leur blog : https://cavallette.noblogs.org [Le 6 septembre, A/I a malheureusement annoncé s'auto-dissoudre, signifiant la fin de leurs services mails et d'hébergement de blogs dans un futur proche]
[Il est possible de suivre l'évolution de la situation (pour l'instant) sur le blog : https://keepitfree.ai ou grâce à sabotmedia sur Mastodon par exemple : https://kolektiva.social/@AberdeenLocal1312. Il n'est plus question de soutenir A/I mais de faire fleurir des alternatives décentralisées partout où c'est possible.]
Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : "A/I existe désormais."
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist") et l'inscrit sur la "liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées" ("Specially Designated Nationals and Blocked Persons list").
La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable.
Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.
Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de "bulletin-board systems" [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés. Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.
Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.
La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.
Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.
Le manifeste du collectif³ décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. "Affinité politique" ne signifie pas "contrôle opérationnel". Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.
À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.
Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2.000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.
Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers appelé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20.000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice... une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.
Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le résultat a été le plan R*, lancé en Octobre 2005 : un réseau de "communication résistante". Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure.
La répression est devenue architecture.
La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de "Privacy Hero" du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.
Des milliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism et dans leur version de leur propre histoire⁴.
La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist"). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis.
La déclaration publique du Trésor états-unien5 se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mails chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'une infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État6 va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.
Les conséquence pourraient être la perte :
• de comptes bancaires et moyens de paiement,
• d'accès aux dons et levées de fonds liées aux États-Unis,
• d'hébergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit réseau,
• de noms de domaines et services associés,
• de comptes de certificats, de sécurité et d'envoi d'e-mails
• de services logiciels et de communication,
• de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
• d'accès aux services de A/I pour les personnes résidant aux États-Unis.
Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.
C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur
Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourraient juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.
C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précédentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.
C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.
Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.
Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.
Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement états-unien n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans ses annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
• les serveurs seront saisis ;
• les hébergeurs coopéreront avec la police ;
• les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices ;
• les entreprises censureront le contenu controversé ;
• certaines machines et sites d'hébergement deviendront inaccessibles ;
• les données et les services doivent donc être chiffrés, distribués et remplaçables.
Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux États-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.
Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer leurs services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.
L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
• les banques ;
• les dons ;
• les domaines ;
• les contrats avec des hébergeurs ;
• la bande passante ;
• les certificats ;
• les dépendances logicielles ;
• les relations avec des institutions internationales.
A/I a déjà survécu à l'isolement technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus largement, encourt un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.
L'ajout sur la liste des organisations terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, elles, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle A/I peut disparaître en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense des libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir public ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer des conseils qualifiés à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC7 met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.
Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent, tant que la désignation de terrorisme s'applique, sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent rechercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est accessible sur https://cavallette.noblogs.org/] tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.
A/I a survécu aux tentatives de censure des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.
Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.
D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État états-unien discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Ça reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s'appelait Paranoia.
Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.
« Le pouvoir se structure comme une araignée qui tisse sa toile pour attraper et immobiliser des insectes ; mais ces mêmes insectes, qui se déplacent le long des filaments de cette toile, peuvent l'utiliser pour entrer en contact, communiquer et organiser leur libération. »
Aldo Braibanti

Resté en retrait pendant que son collègue portait seul les accusations, Levent Alpöge, le mathématicien d'Anthropic, a fini par prendre la parole. Sa version relance la bataille de crédit autour d'un problème à un million de dollars qu'OpenAI dit avoir résolu.
En juillet, le Doubs était en partie asséché, laissant voir le fond de son lit. © Sébastien Bozon/AFP
À la suite de cet été particulièrement chaud et sec, les nappes phréatiques manquent d’eau. Au 1er septembre, 61% des réservoirs d’eau souterraine du territoire hexagonal affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles, selon le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Une situation «dégradée sur l’ensemble du territoire», détaille David Ratheau, hydrogéologue au BRGM. 90% des nappes affichent un niveau en baisse alors que seulement 8% sont stables et 2% sont à la hausse.
Depuis le mois de mars, leur vidange est en cours. Un phénomène naturel qui se produit chaque année pendant les périodes estivale et automnale. L’eau accumulée l’hiver et au printemps est prélevée pour répondre aux besoins humains – agriculture et consommation courante –, à ceux de la végétation, et pour alimenter les rivières en eau lorsqu’elles en ont besoin.
Cette année, les conditions météorologiques ont accentué le phénomène. Depuis mai, le territoire hexagonal n’a pas connu de pluies assez fortes et longues pour remplir les réserves d’eaux souterraines. À cette sécheresse se sont ajoutées des températures élevées depuis juin. L’état des nappes phréatiques en sort donc plus dégradé qu’à la même période en 2025 : au 1er septembre de l’an dernier, 44% des points d’observation étaient sous les normales mensuelles.
La situation reste contrastée selon les régions. Dans le bassin parisien, la Beauce ou encore le pourtour méditerranéen, les niveaux d’eau sont modérément hauts ou autour de la moyenne.
— BRGM (@brgm.fr) 2026-09-08T14:20:00.684Z
𝗘́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗮𝗽𝗽𝗲𝘀 𝗱'𝗲𝗮𝘂 𝘀𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝟭𝗲𝗿 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟲𝗤𝘂𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 ?
La vidange se poursuit
La situation globale reste contrastée et est plus dégradée que l’an dernier
À l’inverse, d’autres territoires affichent des situations déficitaires. Le niveau d’eau est très bas pour la Lorraine, la Champagne, le Massif central, les Charentes, la Bretagne ou encore l’Aquitaine. Avec une situation particulièrement préoccupante dans le Limousin, le Jura et le nord de l’Alsace.
Le BRGM distingue les nappes dites «réactives», dont les niveaux peuvent évoluer rapidement en fonction des précipitations, des nappes «inertielles», qui réagissent plus lentement aux conditions météorologiques. Pour les premières, les épisodes orageux de la fin août ont parfois provoqué de faibles remontées locales, sans signaler pour autant le début de la recharge hivernale. Celle-ci dépendra de la quantité et de la répartition des pluies cet automne.
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les trois prochains mois privilégient un automne plus chaud que la normale en France hexagonale. Pour les précipitations, un scénario plus humide que la moyenne est anticipé sur l’ouest du pays, mais aucune tendance ne se dégage pour le reste du territoire.
À partir de ce mois de septembre, la baisse des températures et l’entrée progressive de la végétation en dormance – dès l’automne, les plantes cessent de pousser et perdent leurs feuilles pour survivre à l’hiver – devraient réduire les besoins en eau. Les prélèvements pourraient également diminuer avec la fin de la période d’irrigation et de la saison touristique. «Les besoins des différents usagers diminueront, et donc la ressource sera moins sollicitée. Ce qui est quand même une bonne nouvelle», concède David Ratheau.
S’il y a une leçon à retenir de cet été, selon l’hydrogéologue, c’est qu’une «bonne recharge à l’hiver ne prémunit pas d’une situation délicate à la période estivale». En février, l’Hexagone avait connu des pluies abondantes qui avaient permis de remplir les réserves mais, dès juin, la situation s’est dégradée dans la plupart des territoires.
La situation reste toutefois moins préoccupante qu’à l’été 2022. Cette année-là, une sécheresse hivernale avait laissé les nappes dans une situation fragile pour aborder un été marqué par de fortes chaleurs.
Sports is the rare topic in which the president has succeeded in shifting the conversation to his preferred terms
Lately, it seems Donald Trump’s scope of interests has narrowed to a few things: remaking downtown Washington DC in his gaudy image; wars he thinks he can win quickly and easily, even though he can’t.
Also, golf. Always golf. Ever golf.
Leander Schaerlaeckens is the author of The Long Game: U.S. Men’s Soccer and Its Savage, Four-Decade Journey to the Top, or Thereabouts, which is out now. He teaches at Marist University.
Continue reading...Convertir une vidéo avec ffmpeg, ça prend 2 minutes... Mais ça c'est quand on connaît les commandes et les paramètres de l'outil, par cœur. Sinon, vous êtes partis facilement pour une demi-heure de documentation.
Mais votre vie va changer puisque FFmpeg Commander est une page web qui règle ce problème-là. Vous cochez ce que vous voulez obtenir, et la commande s'écrit toute seule en dessous, prête à être copiée.
Le formulaire couvre en réalité ce qu'on demande le plus souvent à ffmpeg. Je pense notamment au conteneur, aux codecs vidéo et audio, au débit ou au CRF (la qualité), mais aussi la résolution, le découpage d'un extrait, sans oublier quelques filtres... Si vous touchez un réglage, la commande se réécrit alors dans la foulée, et vous voyez donc tout de suite quelle option votre clic vient d'ajouter.
Le formulaire et la commande juste en dessous
Et depuis sa refonte, il y a surtout de super "recettes". 34 préréglages rangés par usage, dont six catégories entières arrivées d'un coup : du MP4 en faststart pour le web, du vertical en 1080x1920 pour les réseaux sociaux, du HEVC 10 bits pour l'archivage, le désentrelacement d'un vieux DVD, la stabilisation d'une action cam, ou l'extrait de 10 secondes qu'on doit se faire toujours en urgence.
Ce qui est cool c'est que tous vos réglages sont encodés dans l'URL. Du coup une recette se partage en collant un lien, et la personne en face se retrouvera avec le même formulaire, dont les cases seront déjà cochées. Par contre, vos préréglages maison, eux, resteront dans le stockage local de votre navigateur.
Une fois que vous avez la commande qu'il vous faut, vous ouvrez votre terminal, vous collez la commande et puis ça va lancer FFmpeg et convertir votre fichier tranquillement.
Pour le reste, c'est du MIT et c'est gratuit. L'auteur prévient lui-même que son outil ne couvre pas tout ffmpeg et que le résultat dépend aussi de votre version. Relisez donc bien la commande avant de la lancer, surtout sur un fichier que vous n'avez pas en double.
À tester sur ffmpeg-commander.com , et le code est sur GitHub si vous voulez le faire tourner chez vous.
Source : FFmpeg Commander

Jacob Coxon, chercheur en IA passé par OpenAI puis Anthropic, a publié sur X une série de tweets accusant les deux laboratoires de jouer avec l'avenir de l'humanité.

Un écran OLED pour préparer l’arrivée de GTA 6, un casque à l’autonomie à rallonge, une console rétro… On a déjà déniché quelques offres qui nous donnent envie de sortir la carte pour les French Days. Suivez ici nos trouvailles en direct jusqu’au 14 septembre.
https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2026/09/02/appel-a-ne-pas-congeler-ses-ovocytes/
[Une amie nous a fait parvenir cet Appel à ne pas congeler ses ovocytes qu’elle a rédigé avec d’autres « femmes indisponibles et indivisibles, contre l’ingénierie reproductive et son monde » et que nous publions sur-le-champ. Ni femmes augmentées, ni femmes-machines, nous aimons nous aussi les femmes telles qu’elles sont. ]
Un SMS vient d’arriver, j’ai [29] ans,
Envolée ma [fertilité],
j’suis plus un enfant.
L’horloge tourne,
les minutes sont des rides
Et moi je rêve d’arrêter le temps.
Variations sur L’horloge tourne de Mickael Miro
Effet d’annonce ou pas, l’avenir nous le dira, ces prochains jours, toutes les Françaises – et les Français – de 29 ans recevront un courrier les informant de leur « santé reproductive » pour leur rappeler que les amours fertiles n’ont qu’un temps et qu’il pourrait être bon d’envisager la congélation de leurs gamètes. Il s’agit de la mesure phare du plan de lutte contre l’infertilité qui fait suite à l’appel au « réarmement démographique » lancé par Emmanuel Macron en janvier 2024. Si la continuité évidente entre les deux annonces suffit à elle seule à s’inquiéter du lancement de cette nouvelle campagne, qui tend à militariser l’imaginaire de la naissance, des dynamiques plus profondes semblent également à l’œuvre, laissant deviner un projet de société particulièrement dangereux pour l’autonomie et la santé féminines.
Le plan de lutte contre l’infertilité, tel qu’il est présenté avec ses mesures pour inciter à la congélation des gamètes, occulte la différence profonde du traitement des corps masculins et féminins, en mettant sur le même plan congélation de gamètes mâles (spermatozoïdes) et congélation de gamètes femelles (ovocytes). Si la congélation du sperme est ancienne et indolore, la congélation des ovocytes est quant à elle beaucoup plus récente, complexe et éprouvante.
En France, elle a été autorisée en 2011 par la loi bioéthique, d’abord uniquement pour les femmes avec « nécessité médicale » – par exemple lorsqu’une femme subissait un traitement médical susceptible de la rendre infertile. C’est seulement depuis 2021, avec la dernière révision de la loi bioéthique, que la congélation des ovocytes a été ouverte aux femmes « sans indication médicale », à la condition qu’elles aient entre 29 et 37 ans.
D’après l’agence de biomédecine, une femme sur trois serait intéressée par cette possibilité et la demande aurait été multipliée par 10 en quatre ans (1500 demandes en 2021 ; 15500 en 2024). Mais l’essor de la demande se heurte aux infrastructures : le délai d’attente pour mettre ses œufs dans le grand congélateur est de, en moyenne, 12 à 17 mois et il atteindrait trois ans dans certains hôpitaux. D’où l’annonce l’été dernier par Catherine Vautrin, alors ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles de France, de l’ouverture de 30 nouveaux centres de congélation ovocytaire et l’autorisation de cette pratique aux centres privés d’ici à 2027.
Malgré la demande que suscite cette possibilité technique, il convient de rappeler que l’extraction des ovocytes est autrement plus lourde et invasive qu’un prélèvement de sperme, obtenu par simple masturbation. Le prélèvement des ovocytes requiert une hyper-médicalisation : batterie d’examens, injections d’hormones pendant plus de dix jours et intervention chirurgicale sous anesthésie, ce qui n’est pas sans risque pour la santé puisque le traitement peut provoquer un syndrome d’hyperstimulation ovarienne nocif pour la fertilité1. L’impact physique et psychique de ces pratiques est d’ailleurs sous-étudié, comme bien souvent lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux spécificités des corps féminins [Alyson McGregor, Le sexe de la santé, Editions Eres, 2021]. Pourtant, le fait que des femmes fertiles et en bonne santé soient encouragées à recourir à une procréation hyper-technicisée comportant des risques mérite, a minima, de s’interroger sur cette trajectoire.
* Économie de la promesse, exploitation du corps féminin et injonction à la maternité
« Présentée comme une façon de remédier à l’inégalité biologique entre homme et femme, l’autoconservation ovocytaire constitue plutôt une réponse sociotechnique au déclassement du corps féminin face à un modèle de performance machinique. » Céline Lafontaine, Bio-objets
Si ces techniques rencontrent malgré tout une audience grandissante, c’est qu’elles reposent sur ce que Céline Lafontaine nomme une économie de la promesse et des affects puissants. Mobilisés par le néo-libéralisme, ceux-ci nous rendent plus sensibles à la question du désir individuel de grossesse qu’à l’émergence, en parallèle, d’un prolétariat féminin soumis à un bio-extractivisme. En Belgique, des jeunes filles « donnent » leurs ovules contre de l’argent. En Grande-Bretagne, de jeunes étudiantes anglaises et des femmes endettées « donnent » désormais leurs ovocytes après y avoir été invitées par une publicité reçue sur leur téléphone les incitant à devenir « donneuse d’ovule » : « You will receive compensation of up to £750 for each egg donation treatment cycle ». À New York, le prélèvement d’ovules est autorisé pour la recherche et les réseaux sociaux se font le relai de campagnes publicitaires pour inciter à « donner » ses ovocytes. Une économie « du don » dont l’euphémisme occulte qu’il concerne donc les plus pauvres et les plus vulnérables des femmes 2.
Les « bio-objets » que sont les gamètes congelés sont porteurs de l’espoir d’une grossesse différée et du rêve de maîtrise de la naissance. Premier motif du recours à l’auto-conservation des ovocytes, celle-ci vient rassurer les femmes célibataires qui se mettent la pression (et/ou la subissent) comme celles qui ne se sentiront jamais prêtes, en faisant miroiter une sorte d’« assurance maternité » et un « outil de gestion de l’incertitude conjugale » face au temps qui passe. Stocker ses ovocytes permettrait aux femmes d’être délivrées de leur rythme corporel propre pour pouvoir vivre au rythme – non négociable – du capitalisme industriel : faire carrière, puis avoir des enfants. Le corps réel, vivant, des femmes est occulté par un corps idéal, un corps-capital devenu variable de gestion et d’optimisation, sur lequel les femmes sont sommées de se responsabiliser et d’investir afin de préserver leur « capital fertilité » et leur « stock d’ovocytes ». Avec le grand congélateur, la bio-citoyenne met ses œufs en sûreté.
Pourtant, la promesse n’est que rarement tenue, car entre 10% et 25 % seulement des femmes ayant congelé leurs ovocytes entament réellement un parcours de « PMA » aux moyens de ceux-ci3, sans compter que le taux de grossesses pour un ovocyte dévitrifié se situe en réalité seulement entre 4,5% et 12%, loin derrière les chiffres gonflés généralement mis en avant4.
Et alors que commence à devenir audible la souffrance psychique engendrée par les désillusions de l’économie de la promesse, les associations de patients demandent à lever certaines des entraves législatives et éthiques à l’ingénierie reproductive en appelant à optimiser la sélection des embryons à travers le DPI (diagnostic pré-implantatoire), bientôt assisté par le calcul de l’intelligence artificielle5.
En effet, aussi troublant que cela puisse paraître, la pression à la maternité qui pèse sur les femmes ne baisse pas et même, comme le souligne la philosophe Sylviane Agacinski, « l’offre de faire des bébés autrement rend la stérilité plus intolérable que jamais ». Ainsi, en les soumettant aux techniques de la bio-industrie, il s’agit encore et toujours de domestiquer le corps des femmes et de le plier aux logiques socio-économiques, tout en renforçant subrepticement l’injonction à la maternité. La dissociation d’avec la temporalité de la fécondité féminine au nom de la promesse d’une maîtrise techno-scientifique de la reproduction n’émancipe pas les femmes, ne les rend pas plus libres vis-à-vis du travail ou de la maternité.
Natalisme, administration de l’infertilité et soumission technique
« Car la société de masse ne pose jamais les problèmes qu’elle prétend ‘‘gérer’’ que dans les termes qui font de son maintien une condition sine qua non. » René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable
À travers la promotion de ces techniques de reproduction, le plan gouvernemental entend d’ailleurs moins s’attaquer aux causes de l’infertilité qu’à la baisse de la natalité (près de 25 % de naissances en moins en 15 ans en France). Dans les pays industrialisés, c’est le recul de l’âge de la première grossesse qui constitue la cause première de la dénatalité. Ce recul est notamment lié à des contraintes sociales (difficulté à concilier travail salarié et maternité) et économiques (logement), sans oublier la fragilisation des liens sociaux. Les injonctions paradoxales et le double bind qui visent spécifiquement les femmes n’y sont peut-être pas pour rien non plus. Nulle surprise donc à ce que ce gouvernement recoure à la seule chose en laquelle il croit : le techno-solutionnisme marchand plutôt que des mesures sociales et écologistes qui permettraient à celles et ceux qui souhaitent mettre au monde des enfants de le faire dans les meilleures conditions.
Concernant la hausse de l’infertilité, qui toucherait près de 3 millions de français, elle s’explique avant tout par la toxicité des milieux de vie et l’explosion des maladies de civilisation (cancers, diabètes, obésité…). Là encore, le Plan de lutte contre l’infertilité prétend apporter des solutions. Il prévoit le déploiement des plateformes PRÉVENIR (Prévention Environnement Reproduction), destinées à délivrer un « diagnostic environnement » et des recommandations ciblées aux couples désireux d’enfanter, pour leur permettre de « gérer » leur exposition aux perturbateurs endocriniens, produits chimiques et autres pollutions. À leur charge d’appliquer les dispositions adéquates qui demandent évidemment de bénéficier d’un capital financier permettant, par exemple, de déménager, pour fuir un environnement nocif ou de changer de métier (charges lourdes, travail de nuit, surexposition). À travers l’individualisation des problèmes de fertilité et de gestion des risques, les mesures gouvernementales développent une politique nataliste individualiste bien plus qu’une politique de santé publique6, ce qui a pour effet de dépolitiser les questions bioéthiques et d’occulter le fait que l’artificialisation de le reproduction est à la fois produit et réponse de la société industrielle et de ses nuisances.
D’Éros à l’ingénierie reproductive
« Comme si l’enlaidissement de tout n’était qu’un vague détail, propre à offusquer le seul bourgeois esthète. » René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable
« Il faut se défaire de l’idée chimérique que ce sont les grands événements qui déterminent les hommes pour l’essentiel. » Siegfried Kracauer
La transformation de la sexualité procréative et de la maternité en procédures administratives et technoscientifiques constitue une rupture majeure des dernières décennies et demeure un impensé, un tabou. Ces bouleversements dans la manière de concevoir la parenté (qui tend à se fonder sur le concept d’intentionnalité), la filiation et la maternité ne sont pas sans conséquences sociales et politiques. Loin d’approuver l’idée que les technologies reproductives relèveraient d’un progrès social, nous faisons au contraire le constat de la façon dont elles accroissent toujours davantage la mainmise de l’État, du marché et de la technoscience sur notre corps, nos intimités et un des derniers pans de nos existences – la sexualité procréative – qui échappaient encore, il y a peu, aux experts, aux blouses blanches et à leurs dispendieuses machines.
Ces avancées constituent selon nous une régression sociale et politique, achevant de déposséder les femmes et les hommes, tant de leur rapport social et sexuel mutuel, que du rapport à leur corps et à l’enfantement, désormais appelé à être piloté par une caste, une classe, dont l’empire ne cesse de croître. Qu’il s’agisse de la procréation médicalement assistée, de la maternité de substitution (« gestation pour autrui ») ou de la congélation des gamètes, le lucratif marché de la reproduction artificielle est en plein essor, de 25 milliards en 2019, il devrait atteindre 41 milliards en 2026 7.
Nous soutenons l’idée que ces technologies, loin de permettre l’émancipation politique des femmes, nous aliènent et nous soumettent à la caste technicienne ; qu’elles entravent notre autonomie réelle et collective, en faisant miroiter une « autonomie individuelle » qui en réalité accroît les possibilités de notre exploitation par le biais de notre « fonction reproductrice ». Nous affirmons que l’intégration maximale des femmes au rythme machinique du capitalisme industriel n’est pas le gage de leur émancipation mais de leur domestication, de leur conformation à un ordre politique et économique.
À l’approche d’une nouvelle révision de la loi de bioéthique en 2028, certaines législations relatives à la procréation et à l’embryologie humaine feront encore une fois l’objet de nouvelles modifications : diagnostics préimplantatoires, PMA post mortem, technologie ROPA 8. Nous nous opposons à ces politiques eugénistes et transhumanistes.
C’est pourquoi, nous appelons les femmes à ne pas congeler leurs ovocytes.
À dénoncer pour ce qu’il est ce projet de femme augmentée, de femme-machine. C’est au monde, à la société et à l’organisation du travail de s’adapter aux femmes telles qu’elles sont, avec leur rythme qui n’a rien de honteux.
Des femmes indisponibles et indivisibles. Contre l’ingénierie reproductive et son monde.
NOTES
1 Une congélation d’ovocytes se découpe en diverses étapes médicales : cela commence avec une échographie vaginale, visant à évaluer la réserve ovarienne, et par une mesure du taux d’hormones (FSH, œstradiol et HRM). Ce sont ces deux paramètres qui vont déterminer le dosage adéquat du traitement de stimulation ovarienne que la femme devra ensuite suivre. Ce traitement consiste en l’auto-injection d’hormones (antagonistes de la LHRH et gonadotrophines recombinantes) pendant 10 à 12 jours qui ont pour but de faire mûrir un groupe d’ovocytes dans les ovaires. Durant cette phase, la femme devra passer une échographie pelvienne et réaliser des prises de sang tous les 2-3 jours afin de surveiller les réactions de son corps aux hormones. Au bout de 8 à 14 jours, elle recevra une injection dite déclencheuse contenant de la gonadotrophine chorionique humaine ou du Lupron (un médicament) afin d’aider les ovocytes à parachever leur maturation. Environ 36 heures plus tard, les ovocytes seront prélevés au cours d’une intervention chirurgicale pendant laquelle une aiguille guidée par ultrasons est insérée depuis le vagin jusqu’aux ovaires pour aspirer une dizaine ou plus d’ovocytes, le tout sous anesthésie locale ou générale. Une fois ceux-ci prélevés, le cumulus molletonneux de cellules qui entoure les ovocytes est retiré pour préparer à la congélation. Les ovocytes sont alors vitrifiés et plongées dans de l’azote liquide à -196°c avec des produits cryoprotecteurs pour être conservés jusqu’à ce que la femme décide de les utiliser en ayant recours à une PMA.
2 Sur la situation en Angleterre, voir : https://abolition-ms.org/actualites/don-et-congelation-dovocytes-contribution-dans-le-cadre-de-lenquete-menee-par-la-commission-des-femmes-et-de-legalite-du-parlement-du-royaume-uni/
3 Les chiffres que l’on trouve en ligne varient entre 10 à 25% selon les grands centres de fertilité d’Europe ( Belgique, Espagne). En ce qui concerne les cliniques en Espagne, une usagère qui a renoncé à un parcours de PMA nous confie s’être rendue compte qu’elle pouvait toujours en tirer profit en les vendant à bon prix sur des sites de banque en ligne américains, eu égard à son parcours académique d’excellence et son statut social élevé.
4 À ce sujet, lire Léa Frigout. Préservation dite “ sociétale ” de la fertilité de la femme. Santé publique et épidémiologie. 2019. Comme l’explique la chercheuse, « Lors d’une procédure de vitrification chez une femme de moins de 35 ans présentant une bonne réserve ovarienne d’ovocytes, le nombre d’ovocytes recueillis est d’environ 8-13 par cycle, le taux de survie des ovocytes après dévitrification est d’environ 85%, le taux de fécondation par ICSI (injection intra-cytoplasmique d’un spermatozoïde) autour de 70% et le taux global de grossesses autour de 40% (le taux de grossesse est à peu près équivalent que la fécondation ait lieu avec des ovocytes frais ou des ovocytes vitrifiés). Ainsi, Le taux de grossesses pour un ovocyte dévitrifié est de 4,5%-12%. Il faut donc au moins vitrifier 15-20 ovocytes, ce qui correspond en moyenne à deux stimulations ovariennes et deux ponctions d’ovocytes, pour raisonnablement espérer obtenir une naissance ».
5 “ Au Mexique, un bébé a été conçu par fécondation in vitro à l’aide d’un dispositif entièrement robotisé, piloté à distance et partiellement contrôlé par l’intelligence artificielle. Premier bébé conçu par une FIV pilotée par l’intelligence artificielle.» , Le monde, Avril 2025. En France, l’hôpital américain de Paris intègre une IA de la startup israélienne AIVF (pour AI-powered In Vitro Fertilization) à la vidéosurveillance de l’embryon.
6 Soulignons qu’en même temps que le gouvernement promeut ces mesures, il œuvre à la fermeture des maternités de proximité (- 40 % en 20 ans), au déremboursement des soins de base et à l’augmentation du ticket modérateur. Déjà, en 2011, lorsque la question de la prise en charge à 100% de la PMA fut posée, pour l’élaboration de la loi de financement de la sécurité sociale (en vue de réaliser une économie de 51 millions d’euros) ; il fut finalement décidé de retirer l’hypertension artérielle sévère des affections de longue durée. Un arbitrage de la solidarité nationale qui pose question puisqu’il privilégie le « droit à l’enfant » au remboursement des soins de millions de personnes malades.
7 https://theconversation.com/the-business-of-ivf-how-human-eggs-went-from-simple-cells-to-a-valuable-commodity-119168
8 La technologie ROPA (Réception de l’ovocyte par le partenaire) est le processus de fécondation in vitro dans lequel une femme porte l’embryon issu de l’ovule de sa compagne et fécondé par un don de sperme.
Une note de la commission des finances du Sénat apporte de nouveaux éléments sur les intrusions ayant récemment touché la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les attaquants auraient notamment exploité des identifiants légitimes compromis pour circuler entre plusieurs services de l’administration et accéder à des données concernant plusieurs centaines de milliers de particuliers et de professionnels.
Selon les éléments rapportés, après une première compromission d’un compte appartenant à un agent de l’Éducation nationale, l’attaquant aurait accédé au Réseau interministériel de l’État (RIE). Il aurait ensuite utilisé des identifiants d’agents de la DGFiP, probablement récupérés via des infostealers, pour atteindre un portail destiné à des administrations partenaires. L’application « e-contact » aurait ainsi permis l’extraction de données concernant près de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels.
D’autres vecteurs ont également été exploités. Entre fin juillet et début août, le compte compromis d’un géomètre-expert aurait permis d’accéder à des données cadastrales concernant 434 564 foyers. Une autre intrusion, détectée mi-août et concernant les successions vacantes, aurait cette fois reposé sur l’exploitation d’une vulnérabilité technique affectant un dispositif de traitement statistique de la DGFiP.
Au-delà des différentes méthodes employées, les sénateurs Claude Raynal et Jean-François Husson mettent en cause des faiblesses plus générales dans la protection du système d’information de l’administration fiscale. Ils soulignent notamment les difficultés à sécuriser les accès et à détecter des comportements inhabituels. Si certains comptes compromis ont pu être désactivés, les systèmes en place n’auraient pas identifié les volumes anormaux d’extraction de données.
La DGFiP a depuis restreint certains accès et interdit l’utilisation d’ordinateurs personnels pour se connecter à ses outils. Le gouvernement prévoit également d’étendre l’authentification multifacteur et d’accélérer le déploiement de mécanismes capables de détecter des volumes inhabituels de consultation.
L’enquête judiciaire se poursuit. Un suspect âgé de 18 ans a été mis en examen.
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Comme annoncé par Kevin Richard dans son live du 8 septembre 2026, Reach se positionne comme une alternative gratuite à des outils comme Similarweb pour évaluer la taille d'un site. Contrairement aux estimations basées sur des panels ou des modèles statistiques, l'outil s'appuie directement sur le CrUX, le jeu de données que Google publie chaque mois à partir des chargements de pages réels effectués par des utilisateurs Chrome éligibles, sur ordinateur et sur Android. Les visites Safari et iOS restent hors du périmètre.
Selon les chiffres affichés, la base couvre plus de 35 millions de domaines interrogeables sur 24 mois, plus de 40 millions d'origins, et 238 pays et territoires. Pour le seul mois d'août 2026, environ 13,9 millions de domaines ont été observés.
Plutôt que d'afficher un nombre de visites, que Google ne publie pas, NicheObserver traduit les données brutes du CrUX en un score de 0 à 100, l'adjusted_reach_score, qui sert de signal principal pour comparer des domaines entre eux. Ce score s'accompagne d'un reach_score propre à la meilleure origin du domaine, et d'un popularity_rank_bucket qui indique une tranche d'appartenance (top 1 000, top 10 000, top 1 million, etc.) plutôt qu'un classement précis.
Un domaine classé dans une tranche donnée n'a pas nécessairement une position connue à l'intérieur de cette tranche, et un score à 0 signifie simplement que le domaine n'a pas été observé sur le mois concerné, pas qu'il a disparu.
L'outil permet aussi de repérer le marché principal d'un site (le pays où son audience est la plus concentrée), avec un niveau de confiance associé, ainsi que l'historique mensuel du score sur 24 mois pour suivre une progression ou un recul dans le temps.
Exemple du site de la CAF - Source : NicheOserver
Lors de sa présentation, Kevin Richard a précisé que l'ambition était de « dépixeliser la data » du CrUX pour la rendre directement exploitable par les professionnels du SEO. Dans sa version actuelle, Reach s'appuie uniquement sur les données gratuites du CrUX. Une offre payante est annoncée pour les prochains mois, au moment du lancement complet de NicheObserver.
Plusieurs modes d'accès sont déjà disponibles :
Un pont entre NicheObserver et SEObserver est également annoncé, sans que le calendrier précis n'ait été communiqué.
Dans sa présentation, Kevin Richard revendique frontalement la comparaison avec Similarweb, en résumant son outil comme la promesse d'obtenir gratuitement ce que d'autres facturent pour vérifier si un site reçoit du trafic et comment ce trafic évolue.
Il insiste sur un point de méthode : le CrUX agrège des chargements de pages réels, quelle que soit leur origine, recherche, publicité, email, lien entrant ou accès direct. Reach ne cherche donc pas à décomposer les sources de trafic ni à donner un nombre de visiteurs uniques. La promesse est plus modeste et plus factuelle : dire si un site a de vrais utilisateurs, à quelle échelle, et sur quel marché.
Pour illustrer la fiabilité du signal, l’intéressé cite un test mené sur des sites dont il avait accès aux vraies statistiques. Sur l'un d'eux, l'outil a détecté l'apparition d'un nouveau marché en janvier 2026, le mois exact où les clics de la Search Console de ce site avaient triplé. Il invite d'ailleurs la communauté à tester l'outil sur des sites qu'elle connaît bien, pour vérifier où le signal se trompe.
L'outil ne prétend pas offrir un recensement exhaustif du web. Certains sites sont absents des données, notamment ceux qui sont en noindex. Plus largement, Google applique ses propres critères d'éligibilité et de confidentialité pour intégrer une page au CrUX, ce que NicheObserver ne peut pas contourner.
Autre point de vigilance signalé par l'outil lui-même dans sa documentation : une variation du score de reach d'un mois sur l'autre ne signifie pas automatiquement une variation de trafic. Un changement de couverture du CrUX peut produire le même effet. D'où la recommandation de lire l'évolution sur plusieurs mois plutôt que sur un seul point.
L’article "Annonce NicheObserver : jaugez gratuitement l’audience des sites depuis les données CrUX" a été publié sur le site Abondance.
[ACAB] – [Chambéry]
Le 8 septembre 2026, un jeune homme est mort d’une blessure par balle à la tête.
Quel tir ? Quelle arme ? Quelle logique ? Qui peut encore croire le narratif mouvant de la police ? Qui va donner de l’importance aux différentes versions de la préfecture ou des services de l’État ? Qui prête attention aux blablas de la justice ou des élu.e.s ?
Les fakes-news officielles sont la novlangue; le complotisme et la manipulation des pouvoirs publics ont un canal historique. Il a suffit d’écouter et de lire toutes les versions pour percevoir le problème.
Nos coeurs saignent encore à la pensée de ces millions d’arbres carbonisés cet été, de ces millions d’êtres fuyant ou mourant des les flammes. Peu d’êtres humains semblent les pleurer. Bien plus de larmes coulent pour leurs propriétés privées. Sur les écrans de fumée, les experts dépolitisent la canicule et la sécheresse. L’agitation des journalistes occulte la cause, sans doute principale, de ces épouvantables désastres : la société industrielle. Organisation patriarcale fondée sur la domination, l’exploitation, la destruction. La simple idée d’établir un inventaire des secteurs écologiquement dévastateurs nous file la nausée. Concentrons sur le sort de l’eau quand le capitalisme technologique réchauffe et assèche la Terre. Au-delà de tarir et de contaminer rivières, lacs, nappes, mers et océans, les industriels nous dépossèdent de cet élément si précieux, si vital. Quelques monstruosités en vrac : arosage de terrains de golf, construction de méga-bassines, création de neige artificielle, refroidissement de centrales nucléaires et de data-centers… Le progrès propage les feux d’une main, accapare l’eau de l’autre. Notre haine à son égard n’a d’égal que notre passion à le combattre.
Alors, pendant la nuit du 7 septembre, nos lames ont patiemment mordu les pieds d’un pylône d’une ligne à haute tension descendant en direction du lac Léman. Quelques heures plus tard, il céda sous nos efforts, privant d’éléctricité, esperons-le, nos deux cibles en contrebas, les usines de Thalès et d’Evian. La première, fleuron national de l’armement, partenaire entre autre de la firme israélienne Elbitsystems, fabrique ici des puces éléctroniques pour équiper les armes qui tuent les gazaouis là-bas, d’autres êtres vivants ailleurs. A côté des horreurs de la guerre, la production de chaque puce consomme à elle seule plusieurs milliers de litres d’eau. Évian, propriétaire ici de l’usine d’embouteillage la plus grande d’Europe, pompe 6 millions de litres d’eau sous la montagne, chacun individuellement emballé dans son plastique. Faute de pouvoir se débarasser de ces voleurs d’eau, marchands d’armes et de bouteilles, nous avons cherché à interrompre leurs productions. Nous aurions aimé nuire à l’usine papetière voisine mais cette grande dévoreuse d’arbres et consommatrice d’eau a une ligne éléctrique dédiée. C’était au dessus de nos petits moyens…
Cette revendication nous permet d’exprimer notre solidarité aux troubles fêtes du G7 de la mi juin et aux occupant.e.s de la Chab-zad contre un projet autoroutier local. Chapeau pour l’attaque incendiaire de la semaine dernière à Liège contre BATS, entreprise dans l’armement, également partenaire de Elbitsystems. L’action directe peut prendre beaucoup de formes. A chaque individu et groupe d’élaborer les siennes selon leurs moyens et leurs fins.
Une pensée pour les rebelles mort.e.s en luttant contre les dominations.
Merci et courage à toustes les réfractaires anti-autoritaires d’ici et d’alleurs.
Une rentrée politique pour la Palestine à Nantes
Les 24, 25 et 26 septembre , retrouvons-nous à Nantes pour trois jours de rencontres, de partage et de mobilisation en soutien à la Palestine.
Au programme :
– ateliers créatifs, ateliers cuisine, jeux, films, conférences, repas collectifs et dragshow. Trois jours pour se retrouver, échanger, apprendre et construire ensemble, afin de mieux lutter face à l’intensification de la colonisation et du génocide en Palestine.
Un temps collectif pour renforcer nos liens, partager nos expériences et faire grandir la mobilisation.
Jeudi 24 septembre à la maison des Haubans – Quartier Malakoff
18h30 – Conférence « Paroles décoloniales pour la Palestine avec Pierre Stambul et Salah Hamouri.
19h30 – Repas convivial et suite des échanges
20h30 – Danse Palestinienne Dabkeh
Vendredi 25 septembre aux Cémea – 102 Rue Saint Jacques, arrêt Pirmil
16h30 – Broderie Tatreez : Venez dès le début pour avoir le temps de faire
16h30 – Fais ton houmous : Arrivée libre, ramène ton tupperware pour en ramener chez toi.
19h30 – Projection du Film : Résister pour exister
Samedi 26 au Wattignies
16h à 20h – Ateliers- Ramène et imprime ton T-Shirt en linogravure- Coloriages thématique- Bracelets aux couleurs de la Palestine- Chamboule-tout des génocidaires- Frise historique de la Palestine
18h à 18h30 – Grand Jeu « tire ton épingle du jeu »On retourne en enfance et on joue, rien de mieux pour se rencontrer, et un jour lutter ensemble.
20h Soirée IntifadragDrag-show
Venez nombreuses et nombreux pour cette rentrée politique et solidaire !
soirée / ateliers / conférence prix libre
À vous qui regardez ce pays depuis l’extérieur,
Pardonnez-moi.Pardonnez-moi que les choses en soient arrivées là dans mon pays.Pardonnez-moi qu’après tout ce qui s’est passé, après tout ce que nous avons juré, les ombres reprennent forme. Je porte cette honte comme un fardeau qui m’ôte le souffle, qui me vole le sommeil la nuit et qui, le matin, me donne le sentiment d’être complice de quelque chose que j’ai pourtant rejeté de toutes mes forces. Mais je ne peux et ne veux pas me taire.
On nous a enseigné que l’Histoire ne tourne pas en cercle. Que la catastrophe avait été unique, une singularité noire dont on sortait purifié. « Plus jamais ça » n’était pas seulement une phrase, mais un serment – gravé dans la pierre, inscrit dans les constitutions, intégré dans le quotidien d’une République qui se concevait comme une expérience réussie d’autocorrection. Pourtant, le 6 septembre 2026, en Saxe-Anhalt, ce serment s’est fissuré. Avec 43,8 % des voix, l’AfD est devenue la force la plus puissante – un résultat sans équivalent dans l’histoire de ce Land et bien au-delà. Pas de majorité absolue, certes. Mais assez près pour tendre la main vers les leviers du pouvoir. Et dans un pays qui, après 1945, avait juré de ne plus jamais laisser certains esprits approcher les commandes, cette proximité seule est déjà un séisme.
J’écris ces lignes en tant que quelqu’un qui vit dans ce pays, qui en connaît les rues, les dialectes, les contradictions. Et qui a honte. Non pas de cette honte facile du doigt moralisateur, mais de celle, plus profonde, qui s’enfonce jusqu’aux os : la reconnaissance que ce que l’on croyait surmonté n’avait fait que sommeiller. Le racisme, la pensée völkisch, le désir d’exclusion, le nationalisme qui se masque en amour de la patrie, l’impérialisme des petits esprits qui croient que le propre ne se sauve que par le dénigrement de l’autre – tout cela n’était jamais parti. Et avec eux, le vieux militarisme, ce compagnon sombre et tenace de l’histoire allemande. La croyance en la force pour la force, en la discipline comme vertu suprême, en l’obéissance qui étouffe les questions, en la glorification de la nation guerrière, dans le culte du soldatesque, de la dureté et du sacrifice. Tout cela gisait sous la surface, comme un fleuve souterrain qui ressurgit soudain et emporte tout.
On a longtemps prétendu que l’Allemagne avait été dénazifiée. Les procès de Nuremberg, la rééducation, les travaux de mémoire plus tardifs, les mémoriaux, les manuels scolaires, la fière autodescription de « nation de la mémoire ». Mais les continuités ont toujours existé. D’anciens nazis firent carrière dans la jeune République fédérale – dans la justice, l’administration, l’économie et aussi dans les forces armées nouvellement reconstituées. L’esprit prussien de l’obéissance cadavérique, la nostalgie de la grandeur militaire, la fierté des défilés, de l’ordre, de la capacité à entraîner des peuples entiers dans la guerre – tout cela survécut sous une forme atténuée, souvent refoulée. Le travail de mémoire vint tard, souvent à demi-cœur, et plus hésitant encore à l’Est après 1990. Ce que l’on prenait pour un dépassement n’était souvent qu’un refoulement en toute bonne conscience. Et maintenant, quatre-vingts ans après la fin de la guerre, des représentants d’un parti classé en partie comme extrémiste de droite avéré par la protection de la Constitution se tiennent au seuil des responsabilités gouvernementales dans un Land allemand. L’impensable est redevenu pensable. Ce n’est pas un accident de parcours. C’est un échec moral sur toute la ligne.
J’ai cru toute ma vie que ce pays avait appris la leçon. Que le sang versé ici, que les cendres emportées par le vent à travers l’Europe, que les noms gravés dans la pierre avaient assez de poids pour nous transformer à jamais. J’ai cru que la honte de la génération de mes grands-parents, le silence, puis la parole, les larmes devant les mémoriaux – que tout cela avait bâti une digue. Une digue contre la même haine, contre le même délire völkisch, contre la même froide disposition à exclure les êtres humains, et contre ce militarisme qui, deux fois en un siècle, a réduit le continent en cendres et en ruines, qui a envoyé des millions à la mort et dévasté des régions entières. La digue est rompue. Et l’eau arrive avec une violence qui me bouleverse.
Pour vous qui observez depuis l’extérieur – de Paris, de Varsovie, de Tel-Aviv, de New York, de Johannesburg –, cela peut sembler un tremblement lointain. Mais c’est plus proche qu’il n’y paraît. L’Allemagne fut le laboratoire où la barbarie moderne trouva sa forme la plus efficace et la plus froide – liée à une machinerie militaire sans précédent qui fusionna l’obéissance, la technique, l’organisation et la volonté d’anéantissement en une unité mortelle. Le militarisme n’a jamais été un simple accessoire. Il fut l’épine dorsale, la discipline qui mit en œuvre le délire racial. Si ce laboratoire montre à nouveau des signes de cette ancienne maladie, cela ne nous concerne pas seulement. Cela concerne l’idée même que les sociétés peuvent apprendre de leurs heures les plus sombres. Que les institutions, l’éducation, la prospérité et la démocratie suffisent à dompter durablement les abîmes de l’homme. La Saxe-Anhalt est petite. Un Land parmi seize. Mais les symboles ne se mesurent pas à leur taille. Lorsqu’un parti triomphe ici, dont la vision du monde repose sur l’exclusion, l’homogénéité ethnique, le rejet de la société ouverte et une nouvelle emphase sur la force nationale, la capacité de combat et la dureté, ce n’est pas un problème local. C’est un miroir tendu à nous tous.
J’aurais tant aimé pouvoir dire : « Voyez, nous y sommes parvenus. »Au lieu de cela, je dois vous écrire : Nous avons échoué.Pas tous. Mais assez. Beaucoup trop.
L’AfD n’est pas le NSDAP. Les différences sont réelles et importantes. Il n’y a pas de bataillons bruns dans les rues, pas de lois de Nuremberg, pas de meurtre de masse industriel. Et pourtant : la parenté des figures de pensée – le « nous » contre le « eux », le désir d’un corps populaire pur, le mépris pour le complexe, l’étranger, le faible, et avec cela l’ancienne fascination pour la dureté, pour l’aptitude militaire, pour une nation qui refuse de se laisser « amollir », qui veut à nouveau être « respectée » par la force plutôt que par l’humanité – n’est pas à négliger. Et que des centaines de milliers de personnes, dans un pays qui a produit la Shoah et deux guerres mondiales, donnent leur voix à un tel parti, constitue une déclaration de faillite historique.
Peut-être l’espoir fut-il toujours naïf. Peut-être ce potentiel sommeille-t-il dans toute société, et l’Allemagne ne l’a-t-elle cultivé que plus profondément avant de tenter de le refouler plus radicalement encore – le racisme comme le militarisme, qui en fut si souvent le bras armé. La nuit électorale en Saxe-Anhalt l’a montré : le refoulement a échoué. Ce qui reste, c’est la honte. Une honte si profonde qu’elle fait mal. J’ai honte des gens qui ont voté ainsi. J’ai honte de la société qui l’a permis. J’ai honte des décennies d’auto-illusion au cours desquelles nous nous sommes raconté que nous étions les bons, les purifiés, les maîtres de la mémoire en Europe, ceux qui avaient laissé la guerre derrière eux pour toujours.
Ce pays a eu sa chance. Il ne l’a pas saisie. Pas entièrement. Pas assez honnêtement. Et maintenant nous nous tenons à nouveau au bord du même abîme – non pas identique, mais reconnaissable. Un cauchemar déguisé en démocratie, dans lequel les vieux spectres de la communauté populaire et de l’esprit guerrier élèvent à nouveau doucement la voix.
Pardonnez-moi que les choses en soient arrivées là dans mon pays.Pardonnez-moi que ce pays vous déçoive à nouveau.N’oubliez pas ce qui se passe ici.N’oubliez pas combien le vernis de la civilisation peut être mince.N’oubliez pas que les ombres n’étaient jamais vraiment parties.
Elles n’ont fait qu’attendre que nous soyons assez fatigués, assez satisfaits de nous-mêmes, assez engourdis. Et maintenant elles sont de retour – avec leur vieux cortège d’exclusion, de nationalisme et de l’éclat sombre et séducteur du militarisme.
Je n’écris pas cela pour accuser, mais pour témoigner. En tant que quelqu’un qui vit ici, qui regarde et qui refuse de détourner le regard. La honte ne me paralyse pas – elle m’oblige. C’est pourquoi je vous adresse ces mots. C’est pourquoi je vous prie : Ne nous pardonnez pas trop vite. Et n’oubliez jamais.
Le texte ci-dessuos a été écrit pour la discussion proposée aux rencontres anarchistes du Semeur [qui a eu lieu le 17 juillet 2026] autour de la brochure La flamme d'Or, elle même paru en février 2026. Nous le diffusons ici tel qu'il a été diffusé en papier lors de ces rencontres et tel qu'il a été lu lors de la discussion, par d'autres que nous.
Retour critique sur la partie « les leurres identitaires » de la flamme d'or
Le texte qui suit a été écrit pour la discussion proposée aux rencontres anarchistes du Semeur autour du texte La flamme d'Or paru en 2026.
On a trouvé ça trop bien de proposer une analyse globale de la situation actuelle, qui ne se limite pas à un sujet précis. Les perspectives sont diverses mais les bases politiques anti autoritaires sur lesquelles elles s'appuient sont claires. Bref, merci pour cette belle motiv' !
On voulait revenir et proposer quelques retours sur la partie « les leurres identitaires » [1] qu'on doit malheureusement avouer avoir trouvé beaucoup moins fine que le reste. On ne sait pas si on peut dire que les politiques identitaires aient pris le pas sur la lutte des classes dans ce qu'il reste des milieux révolutionnaires aujourd'hui. On imagine que ça dépend de qui, de quoi, de où et de quand est ce qu'on parle. Par contre il est sûr que les axes de domination systémiques y sont nettement plus abordés, et que les luttes contre ces derniers sont d'avantage considérées comme participant à la tension anarchiste. Et ça on ne peut que s'en réjouir ! Parce que toutes les formes d'autorité sont à combattre. Toutefois, on partage complètement l'idée que si une lutte menée contre une forme de pouvoir ne s'inscrit pas dans une conflictualité générale avec toutes les autres formes qu'il pourrait prendre, elle court droit au réformisme (et donc intègre le pouvoir qu'elle clamait pourtant combattre). On s'oppose également à une vision libérale de la liberté qui ne vise pas à détruire la société mais à y être mieux représentée. On trouve aussi important de rappeler que toutes les violences ne se valent pas. Une insulte n'est pas une agression sexuelle et une collègue ne peut pas être autant une ennemie que le patron.
On trouve ça étrange que le premier exemple qui soit donné de la politique identitaire qui viendrait nier les antagonismes de classe dans les milieux révolutionnaires soit une position portée par la plus grosse asso lgbt de france (se féliciter de la nomination de Gabriel Attal au pouvoir). On ne pense pas que qui que ce soit à la fois queer et révolutionnaire soit aligné avec les positions de cette asso. On ne viendrait jamais insinuer que des compagnons s'investissant dans une lutte contre un projet industriel partagent les positions d'Europe écologie les verts. D'ailleurs, on ne pense pas non plus qu'une telle asso ait un jour eu de prétentions révolutionnaires. Il serait temps d'arrêter de tenir les compas queers responsables de tout ce que font ou disent des connards lgteubé. Bien que minoritaires, nous sommes plein à ne pas vouloir de leur droits, mais à vouloir la destruction de l'état de droit, ou de n'importe quel autre forme qu'il pourrait prendre.
Les milieux tpg (transpédégouines) existant depuis maintenant une quinzaine d'années se sont justement construit en rupture avec les positions portées par les grosses asso lgbt. Des contre prides, dites prides radicales ou prides de nuit, ont lieu chaque années dans plein de villes. On pouvait justement y entendre le slogan « les pédales détestent Attal » suite à sa nomination au pouvoir. Les critiques du « capitalisme gay friendly » y sont nombreuses. L'été dernier, des rencontres queer sur des bases anarchistes claires ont été organisées. De nombreux textes et brochures anarchistes portant une proposition à la fois queer et insurrectionnelle sont parus ces deux dernières années, une bibliothèque tpg et anarchiste a ouvert à Montreuil début 2025, une revue anarchiste contre à la fois le genre et la technologie est sortie début 2026. Et ces idées se sont à plusieurs reprises matérialisées par des attaques contre le pouvoir. On peut citer, par exemple, l'incendie en novembre dernier d'une vingtaine de teslas dans un concessionnaire des Bouches du Rhône revendiqué pour le tdor (trans day of revenge). Et encore, c'est une liste non exhaustive. Tout ça, et sur 80 pages parlant de perspectives révolutionnaires actuelles, la seule fois où il est fait mention de patriarcat et d'hétéronormativité on nous parle d'Hillary Clinton et de la plus grosse asso lgbt de france. C'est au mieux d'une ignorance gênante.
La mention de séparatisme, ou encore le rappel que la liberté se trouve dans le fait de se mêler à autrui nous évoque des attaques contre l'outil de la mixité choisie. Si c'est bien le cas, on a envie de vous répondre qu'on expérimentera notre liberté aux côtés de qui bon nous semble, car nous croyons en la libre association. Pour nous, la mixité choisie peut être un outil pertinent ou pas selon nos objectifs. Elle peut aussi servir d'outil de réductions des risques face à certaines violences, notamment sexuelles, malheureusement aussi subies de la part de « compagnons », notamment dans des cadres de luttes.
On a interprété la phrase « C'est même le plus souvent en se rebellant contre ses propres attachements, qui sont tout à la fois des fondations pour construire son individualité que des chaînes qui le retiennent et l'empêche d'agir. », comme un encouragement à se libérer des mots qu'on utilise pour se définir. Ça donne envie de réaffirmer l'importance d'avoir des mots pour décrire les formes de dominations que nous subissons afin de mieux les combattre. Il nous est parfois renvoyé que nommer un rapport de pouvoir reviendrait à le faire exister, voir même à le créer. Seulement, quand le silence est imposé, seul celui à qui ce rapport de pouvoir profite peut se permettre de l'ignorer. La personne qu'il écrase est toujours écrasée, elle n'aura juste pas la place de le nommer, et donc une arme précieuse, souvent nécessaire, en moins pour pouvoir riposter. Il est bien triste de constater que les critiques des politiques identitaires se résument bien souvent à la négation de rapports de pouvoir aux conséquences pourtant bien concrètes dans la vie de nombre d'individus, parmi lesquels nombre de compas. On a aussi du mal à comprendre pourquoi il serait si dangereux pour notre liberté de se définir comme « trans » ou « racisé », mais pas de se reconnaître comme précaire, pauvre ou prolétaire.
On voulait aussi rebondir sur le bout du texte qui dit p.48 « Tout ne se vaut pas, cela signifie qu'il y a des aspects plus stratégiques que d'autres. S'attaquer non pas à ce qu'il y a de plus facile car plus à la mode, mais aux aspects les plus stratégiques du pouvoir, comme les prisons, l'industrie militaire, les frontières ou encore le nucléaire, c'est maintenir ouverte la question révolutionnaire. » S'attaquer à des systèmes de domination comme l'inceste ou la colonisation est loin d'être facile, en tous cas pas plus que de s'attaquer à la liste des aspects les « plus stratégiques » du pouvoir listés ci dessus. (Et si on veut parler de la mode, elle semble plutôt être du côté des discours réactionnaires s'attaquant à des groupes minoritaires… ). Par ailleurs, ce qui nous semble pertinent dans les propositions anarchistes est justement cette capacité qu'une attaque contre un aspect de la domination peut engendrer sur tous les autres. Selon nous, désigner des aspects plus stratégiques que d'autres va à l'encontre de ce qui a été écrit avec justesse dans le texte p.47 : « La question sociale a toujours été plus large que la lutte des classes entre bourgeois et prolétaires, ou que le clivage entre riches et pauvres. Le système actuel a émergé du fait du mouvement des enclosures et de la mise en propriété des terres contre les paysans et paysannes, de la mise au travail sous la contrainte, de la radicalisation de la misogynie, de la traite « négrière » et de la colonisation, de la famille nucléaire qui s'est imposée. Elle inclut dès le départ la domination masculine, le racisme, le contrôle de la sexualité et de la vie quotidienne. Il en découle que pas plus que de conflit central, il n'existe de sujet révolutionnaire. La question sociale qui prévaut est probablement celle de la négativité ou non de la hiérarchie et du pouvoir ; de la lutte contre toute forme d'exploitation et de domination, donc ».
Le but de ce court texte n'est pas de centrer la discussion sur les sujets abordés dans cette partie de La flamme d'or. Mais on ne se voyait pas non plus ne pas y réagir. En vrai, on aimerait juste ne plus avoir à lire des trucs pareils dans des textes anarchistes et on a hâte de pouvoir discuter de tout le reste du texte. Bref, discuter de perspectives anarchistes !
1 La référence aux « leurres » identitaires n'est pas sans rappeler les « leurres postmodernes » d'une
rrrrévolutionnaire devenue réactionnaire. On peut lire à ce sujet « Les leurres pseudo-révolutionnaires deVanina CONTRE les luttes et réalités des queers. Tractage lors de la présentation de son livre à Toulouse » publié le 1er mai 2024 sur IAATA.
Réponse au Post-Scriptum à La flamme d'or
Le texte ci-dessus a été écrit pour la discussion proposée aux rencontres anarchistes du Semeur [qui a eu lieu le 17 juillet 2026] autour de la brochure La flamme d'Or, elle même paru en février 2026. Nous le diffusons ici tel qu'il a été diffusé en papier lors de ces rencontres et tel qu'il a été lu lors de la discussion, par d'autres que nous.
Diffuser un texte sur internet est pour nous loin d'être une évidence mais nous avons fait ce choix car nous tenons à répondre au « Post-scriptum à La flamme d'or » paru le 30 juillet 2026 et relayé par les sites anarchistes sansnom et attaque. Le post-scriptum en question ne fait aucunement mention de notre texte qui a pourtant été lu lors de la discussion, ce qui nous paraît extrêmement dommage. Selon nous, cela appauvrit grandement la qualité du débat. Le ton condescendant n'aide pas non plus. En mélangeant une critique anarchiste (celle portée par notre texte et certaines personnes, dont nous, lors de la discussion) à une critique gauchiste (celle portée par d'autres personnes lors de la discussion) comme s'il s'agissait d'un même ensemble, le post-scriptum évite la discussion entre compas anarchistes. Il nous semble facile de se baser sur des faux critiques pour discréditer les intentions et les volontés de dialogue engagées par notre texte alors que les points de désaccord/mécompréhension auraient pu être éclaircis de vive voix lors de ces rencontres. Le texte a été écrit pour cette occasion et porté à la première personne.
En tant que deux personnes ayant écrit ce texte, on aimerait clarifier que nous n'avons jamais ni pensé ni dit ni écrit que la Flamme d'or était transphobe ou raciste. A aucun moment ce n'est d'ailleurs le propos de notre texte. Ces positions ont par contre bien été exprimé par certaines personnes – réformistes - lors de cette discussion et nous sommes en désaccord avec elles. De manière générale, nous avons apprécié lire dans la flamme d'or une critique claire des pièges réformistes (légalisation de l'ex zad de nddl, l'électoralisme, l'antifascisme, la gauche, etc.)
Par ailleurs, notre texte ne vise pas à assimiler les positions tenues dans la Flamme d'or à celles de Vanina et encore moins à celles de Tomjo ou de PMO. On trouve ça par contre extrêmement maladroit – foireux de reprendre le titre de « leurres identitaires » peu de temps après la sortie du bouquin de Vanina « les leurres postmodernes ». On partage plutôt l'idée que « Vanina (...) semble homogénéiser les mouvements queers et intersectionnels, pourtant traversés de tendances contradictoires, pour en faire une des causes principales de l'affaiblissement du féminisme révolutionnaire » et on est en tous cas a minima contente de lire une ligne de démarcation claire avec des positions réactionnaires.
« (…) D'ailleurs, le mouvement queer a participé à sa manière à faire éclater ces cases. L'étonnement passé, il faut bien avouer que le texte aurait gagné à rappeler qu'il existe des dynamiques plus intransigeantes et plus intéressantes. Je ne les ignore pas et essaie de participer à en diffuser les positions depuis bien des années (George Jackson Brigade, Queer ultraviolence, Ma randonnée sans balise, Trans n'est pas transhumanisme, etc.). Il aurait très certainement fallu les évoquer, d'autant que cette brochure circule en-dehors du mouvement anarchiste (et c'est une très bonne chose et un objectif). Il s'agit là effectivement d'une erreur. » On est d'accord avec cet extrait et on remercie sincèrement la reconnaissance de cette erreur. C'est en grande partie ce qu'essayait de pointer notre texte.
Dans notre texte, nous avons écrit : « la mention de séparatisme, ou encore le rappel que la liberté se trouve dans le fait de se mêler à autrui nous évoque des attaques contre l'outil de la mixité choisie. Si c'est bien le cas, on a envie de vous répondre qu'on expérimentera notre liberté aux côtés de qui bon nous semble, car nous croyons en la libre association. Pour nous, la mixité choisie peut être un outil pertinent ou pas selon nos objectifs. (…) ». Suite à la lecture du post-scriptum : « les extrapolations faites sur le texte, comme par exemple concernant la mixité choisie. Il n'en est pas question dans le texte, mais certaines personnes ont curieusement cru y voir une critique de la mixité choisie. Je n'ai aucun souci avec ça, au contraire, je considère que cela peut être un outil utile (tant que ça ne devient pas une fin en soi). Et les gens sont de toute façon libres de s'autoorganiser comme ils et elles le souhaitent ! » C'est à nous de reconnaître qu'il ne s'agissait pas dans ce cas d'une attaque contre la mixité choisie mais bien d'une extrapolation de notre part. De fait, l'erreur citée au paragraphe ci-dessus « aurait en outre (...) permis d'empêcher (...) les extrapolations faites sur le texte » comme cela est avancé dans le post-scriptum. A la page 46 de la flamme d'or, il est tout de même écrit que la liberté « se trouve dans le fait de se mêler à autrui. (…) N'est ce pas pour cela que l'on éprouve un sentiment de liberté lorsque nous nous tenons épaule contre épaule avec des compas de lutte, se dressant ainsi contre la domination ? ». A titre perso, ce n'est pas notre cas et cet imaginaire ne nous parle pas. C'est pour ça que nous précisions que la mixité choisie « peut aussi servir d'outil de réductions des risques face à certaines violences, notamment sexuelles, malheureusement aussi subies de la part de « compagnons », notamment dans des cadres de luttes. »
Par ailleurs, nous ne pensons pas que la brochure oublie complètement le patriarcat mais que, comme bien souvent, l'analyse de cette structure de pouvoir et les perspectives anarchistes portées contre sont lacunaires et très peu présentes.
On partage le fait que l'industrie militaire ou les frontières sont des cibles AUSSI contre le patriarcat et le colonialisme. Toutefois, on pense que ces liens, qui peuvent paraître évident pour certain.es, valent le coup d'être développés et explicités. Par ailleurs, on a pas l'impression que le fait qu'une cible soit « à la mode » (pour reprendre les mots de la flamme d'or) joue sur la facilité à l'attaquer. Par exemple, les attaques anarchistes contre l'industrie militaire sont plutôt nombreuses ces dernières années (et c'est tant mieux !), est ce donc une cible à la mode ? Il nous semble pourtant assez clair qu'il est loin d'être facile de s'y attaquer. Et on trouve ça hasardeux de désigner ce qui relève ou non de la "mode".
Cela dit, la destruction de l'industrie militaire ou des frontières – aussi nécessaire soit-elle – est loin d'être suffisante pour mettre fin au pouvoir sur les corps et les sexualités qui s'exerce aussi bien dans la rue que chez le médecin ou dans l'intime. Il nous paraît nécessaire de réfléchir à ces questions ici et maintenant sans attendre des lendemains qui chantent.
Pour finir, on partage également la critique des luttes de libération nationale et la nécessité de lutter contre tous les états, tels qu'ils soient. Nous sommes en total désaccord avec les choix « « d' « anarchistes » explicitement religieux et très complaisants avec des groupes autoritaires et antisémites comme le Hamas ». Tout comme nous sommes en total désaccord avec les logiques campistes et anti-impérialistes qui voudraient que des « anarchistes » se battent aux côtés de l'armée de l état ukrainien au nom du « moindre mal ». Nous sommes également convaincues que la perspective anarchiste ne peut être que critique de la religion.
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Source : Rue89 StrasbourgLe gouvernement australien veut désormais obliger les réseaux sociaux à proposer aux utilisateurs de plus de 16 ans un fil limité aux comptes qu’ils ont choisi de suivre. Présentée comme une mesure de protection, l’initiative « My Feed, My Way » intervient surtout au cœur du modèle de TikTok, Instagram ou Facebook : la recommandation …
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