Nos coeurs saignent encore à la pensée de ces millions d’arbres carbonisés cet été, de ces millions d’êtres fuyant ou mourant des les flammes. Peu d’êtres humains semblent les pleurer. Bien plus de larmes coulent pour leurs propriétés privées. Sur les écrans de fumée, les experts dépolitisent la canicule et la sécheresse. L’agitation des journalistes occulte la cause, sans doute principale, de ces épouvantables désastres : la société industrielle. Organisation patriarcale fondée sur la domination, l’exploitation, la destruction. La simple idée d’établir un inventaire des secteurs écologiquement dévastateurs nous file la nausée. Concentrons sur le sort de l’eau quand le capitalisme technologique réchauffe et assèche la Terre. Au-delà de tarir et de contaminer rivières, lacs, nappes, mers et océans, les industriels nous dépossèdent de cet élément si précieux, si vital. Quelques monstruosités en vrac : arosage de terrains de golf, construction de méga-bassines, création de neige artificielle, refroidissement de centrales nucléaires et de data-centers… Le progrès propage les feux d’une main, accapare l’eau de l’autre. Notre haine à son égard n’a d’égal que notre passion à le combattre.
Alors, pendant la nuit du 7 septembre, nos lames ont patiemment mordu les pieds d’un pylône d’une ligne à haute tension descendant en direction du lac Léman. Quelques heures plus tard, il céda sous nos efforts, privant d’éléctricité, esperons-le, nos deux cibles en contrebas, les usines de Thalès et d’Evian. La première, fleuron national de l’armement, partenaire entre autre de la firme israélienne Elbitsystems, fabrique ici des puces éléctroniques pour équiper les armes qui tuent les gazaouis là-bas, d’autres êtres vivants ailleurs. A côté des horreurs de la guerre, la production de chaque puce consomme à elle seule plusieurs milliers de litres d’eau. Évian, propriétaire ici de l’usine d’embouteillage la plus grande d’Europe, pompe 6 millions de litres d’eau sous la montagne, chacun individuellement emballé dans son plastique. Faute de pouvoir se débarasser de ces voleurs d’eau, marchands d’armes et de bouteilles, nous avons cherché à interrompre leurs productions. Nous aurions aimé nuire à l’usine papetière voisine mais cette grande dévoreuse d’arbres et consommatrice d’eau a une ligne éléctrique dédiée. C’était au dessus de nos petits moyens…
Cette revendication nous permet d’exprimer notre solidarité aux troubles fêtes du G7 de la mi juin et aux occupant.e.s de la Chab-zad contre un projet autoroutier local. Chapeau pour l’attaque incendiaire de la semaine dernière à Liège contre BATS, entreprise dans l’armement, également partenaire de Elbitsystems. L’action directe peut prendre beaucoup de formes. A chaque individu et groupe d’élaborer les siennes selon leurs moyens et leurs fins.
Une pensée pour les rebelles mort.e.s en luttant contre les dominations.
Merci et courage à toustes les réfractaires anti-autoritaires d’ici et d’alleurs.