Avant le 17 octobre, la carte des lieux de pouvoir à Paris publiée par le Monde Diplomatique !
Alors qu’on parle de blocage et de manifestations, on n’a pas toujours en tête où se trouvent les lieux de pouvoir dans la région parisienne. Une cartographie d’Agnès Stienne publiée initialement en avril 2012 dans le Monde Diplomatique apporte ici des éléments partiels de réponse. Il est temps de mettre la cartographie au service de la guerre sociale !

D’ordinaire, les membres du microcosme parisien portent en sautoir leur appartenance à l’« élite ». Ils garnissent avec délice les notices biographiques du Who’s who ou du Bottin mondain, accordent des entretiens à la presse people, paradent dans les soirées. Tout cela est assumé, affiché, public. Mais il aura suffi que les « gilets jaunes » déplacent le terrain protestataire de quelques kilomètres vers l’ouest de la capitale pour que tout change. Et que dirigeants, possédants et prescripteurs se sentent physiquement menacés.
monde-diplomatique.fr/2019/02/A/59572
Emission du 14 octobre 2026.Bloquer les blocus, un travailleur et un spray par LuigiLa jeunesse en haut lien, sketch de TagoDes jeunes, des travailleurs, un reportage dans la manif par LuigiNos rapports au travail, récit de Luigi, Kim, Mouche et Bas ReliefLes maternittentes, rencontre par NaméLa sécu, une bataille actuelle, un billet de TagoLe mouvement de la jeunesse, un reportage dans les manifs bruxelloise par JijiMUSIQUESNoir Boy georges – les rapports de productionGwendoline – AudiRTTEtienne de Crecy – work Image : manif lyonnaise du 13 octobre 2026 chipée sur Rébellyon
Plusieurs attaques fascistes dans les facs en France et un jeune frappé à coups de pied dans la tête à Lille : indifférence médiatique
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Si nous voulons que le mouvement dure, il est nécessaire que nous nous coordonnions à l’échelle des différents campus de Nantes !
Pour discuter, créer du lien et organiser la mobilisation, rejoignons-nous en Assemblée Générale InterFac, réunissant les différentes écoles du supérieur mobilisés, vendredi 16 à 12h sous les nefs des machines de l’iles.
OBJECTIFS DISCUTER DE :
– D’un bilan de ces premières semaines de mobilisation sur nos campus.
– Des perspectives communes autour de la date du17/10 et de ces suites.
– De la nécessité de s’adresser au monde du travail.
– Mais aussi des préoccupations propres à chaque campus, dont nous pourrions débattre.
Rendez-vous à 10h30 boulevard de la Résistance !
- Initiatives / Manifs et rassemblements, Canon françaisEt si ce samedi 17 octobre était enfin venu le temps de faire payer l'addition aux tyrans ?
L’article Samedi 17 octobre : le peuple lance la foudre est apparu en premier sur Contre Attaque.
Quand ?
Le 22 octobre à 19h30
Où ?
EDMP 8, impasse Crozatier, 75012, Paris
Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film "Bye Bye Tibériade". La réalisatrice, Lina Soualem, retourne avec sa mère sur les traces des lieux disparus et des mémoires dispersées de quatre générations de femmes palestiniennes. A travers leur histoire c'est celle du peuple palestinien qui est conté en filigrane.
Alors qu'un mois d'actions contre l'armement israélien a été lancé le 1er octobre, cette projection sera l'occasion d'une discussion autour de la lutte du peuple palestinien et du génocide toujours en cours.
Rendez-vous à le jeudi 22 octobre à 19h30 à l'EDMP, 8, impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h suivie d'une discussion.
Source : Le Grand Continent
Source : Fakir
Payant
Source : Vertige MediaCe jeudi 29 octobre à la Parole Errante (Montreuil), soirée antinucléaire en soutien à la lutte à Bure !
Infos, repas vegan et spectacles à prix libre.
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AU PROGRAMME :
17h Ouverture des portes – infokiosque
17h30 – Discussion et actualités de la lutte à Bure et du projet Cigéo
18h30 – « Affaires Nuisibles : Tarnac » quand l’état transforme une action de sabotage antinucléaire en acte terroriste
Durée : 1h / tout public
19h30 – Repas vegan
20h30 – Haute Activité Vie Longue
Philippe Bouvet est communiquant : son travail, c’est de vous faire rêver avec une poubelle nucléaire géante.
Et son travail, il le fait bien.
Même quand tout bascule et qu’une livreuse surnaturelle impose sur scène le déchet radioactif en personne, Philippe repousse ses limites et invente l’absurde pour sauver les meubles, les apparences et vous le faire accepter … Quoi qu’il en coûte.
Durée : 1h / conseillé à partir de 12ans
Avertissements : morbidité, greenwashing
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Venons nombreuses pour vous informer, soutenir les collectifs en lutte là-bas, et affirmer haut et fort que le nucléaire est une énergie coloniale, impérialiste, militaire et destructrice jusqu’à l’infini. C’est ni vert, ni ici, ni ailleurs !
-> Par contre c’est par là pour trembler ensemble ;
La Parole Errante
9, rue François Debergue
M° Croix de Chavaux
(prévoir du cash)
Le 13 octobre, contrairement à ce que prévoyaient les médias et le gouvernement, non seulement le mouvement de la jeunesse ne s'est pas essoufflé mais il s'est renforcé !
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Au matin de l’acte V de la mobilisation lycéenne, et maintenant étudiante, sous la lumière naissante de ce début de journée, l’imposant et austère portail en métal marquant l’entrée donne un aspect presque carcéral au bâtiment. Assez vite, on comprend que la mâtinée va être calme à Mendès France. Une dizaine de profs et membres de l’administration encadrent les entrées d’élèves. On se décide à aller discuter des événements en cours avec quelques élèves, qui pour la plupart s’apprêtent à rentrer en cours.
À Mendès France, soutien au mouvement et débats sur ses méthodes « Y’a pleins de choses qui vont pas dans l’Éducation Nationale. », entame Nathan*. « Le manque de profs. Ici c’est pas trop dégradé les locaux, mais dans la plupart des lycées à Montpellier oui. » Dylan*, qui comme Nathan* soutient le mouvement lycéen, et y a participé sur une journée, fait le même constat. « En classe il y a des volets qui ferment pas. », ajoute-t-il. Si plusieurs élèves ne veulent pas discuter avec la presse, les cinq que nous avons interrogés soutiennent le mouvement. « On a le droit de se plaindre. En cours on a de mauvaises conditions. », explique Enzo*. « On a pas la clim, pas le chauffage, ou alors ça marche pas, on a pas de télécommandes pour les vidéo-projecteur. » « Pour l’hiver ça va à Mendès France, mais c’est vrai que pour l’été ça peut poser problème avec la chaleur. », nuance Kévin*. « Pour les conditions d’études, moi je viens de La Réunion donc je suis habitué à pire. » À La Réunion aussi, les lycéen-des se mobilisent, depuis le 1er octobre, mettant en avant bâtiments délabrés, manque de profs et problèmes de harcèlement scolaire. « Je peux comprendre que les emplois du temps pour certain-es sont trop chargés, mais moi j’ai l’habitude de travailler avec des heures pleines. », reprend Kévin*. « Y’a aussi le prix de l’essence. », ajoute Enzo. « Nous on paie pas, mais on voit nos parents, c’est la galère. » En 2022, selon un rapport de l’Institut des Hautes Etudes de l’Education et de la Formation (IH2EF) publié le 29 mai 2024, sur les 102 370 élèves de CAP, 79,2% provenaient de milieux ouvriers, employés ou inactifs. Sur les 510 611 élèves préparant un baccalauréat professionnel, iels étaient 68,1%. À titre de comparaison, en lycée général et technologique, cette situation concernait 34,4% des élèves. Sur la signification de cette journée de calme, en pleine mobilisation d’ampleur, les élèves interrogé-es sont partagé-es. La lutte lycéenne est-elle en train de s’épuiser à Mendès France ? « Moi je pense pas que les blocus vont reprendre », nous dit Enzo*. Pour Nathan*, qui pense que le mouvement est loin d’être fini dans son établissement, « c’est normal. Des jours on fait blocus, des jours on en fait pas. » « Franchement, aucune idée de si ça va repartir en blocus ici. Par exemple hier [NDLR : lundi 12 octobre], j’étais pas au courant du blocus, j’ai vu ça j’étais dans le tram. », témoigne un autre élève, Younès*. Depuis le début de la vague de mobilisations lycéennes partie de Saint-Denis fin septembre, les lycéen-nes de filières professionnelles sont à la pointe. Le gouvernement ne s’y est pas trompé. Lecornu, dimanche 4 octobre, dans une lettre à sept de ses ministres pour répondre aux larges revendications lycéennes, suggèrait aux lycéen-nes de proposer « une meilleure représentation des lycéens professionnels dans les instances académiques et nationales ». Rectorats et préfectures non plus. Le 2 octobre, sur six lycées fermés administrativement dans l’Hérault par la rectrice d’Occitanie, avec cours en distanciel, on comptait trois lycées polyvalents proposant des filières professionnelles, et trois lycées professionnels, dont Mendès France, très mobilisé. Ces mesures étaient assorties d’interdictions préfectorales de se rassembler aux abords des établissements concernés, sous peine d’être considéré comme participant à un « attroupement ». « Attroupements » passibles de dispersion par la force, et d’éventuelles interpellations et poursuites judiciaires. Ces mesures avaient été prises officiellement « en raison des dégradations commises dans certains établissements et de l’absence de conditions de sécurité suffisantes pour les élèves et les enseignant-es ». Après une journée du 1er octobre particulièrement chaude. À Montpellier, des départs d’incendie avaient dégradé les lycées Jules Guesde, Mermoz et Mendès France. Rebelote le 6 octobre : 12 établissements héraultais étaient concernés par des mesures équivalentes. Parmi eux, six établissements professionnels, quatre lycées polyvalents, et seulement deux généraux et technologiques. Dans le lot, toujours Mendès France, auquel était venu s’ajouter le lycée hôtelier Georges Frêche, tout proche. Ce vendredi 9 octobre encore, trois jeunes âgés de 15 à 17 ans étaient interpellé-es, soupçonné-es d’avoir mis le feu à un container à poubelles enterré devant le lycée la veille, en marge d’un rassemblement autour du lycée. L’un d’eux avait déjà fait l’objet d’une interpellation la semaine précédente, pour des tags aux abords de Jules Guesde. Cette mâtinée du 13 octobre, le lycée Mendès France porte encore les cicatrices de ces incendies. De larges traces noires rappellent le tas de poubelles qui a longuement brûlé contre le portail d’entrée, et du plastique fondu est encore visible à certains endroits du parvis. « Les dégradations c’est pas ce qu’on demande. Je suis d’accord avec les revendications, et qu’on manifeste pour améliorer les choses. Mais tout casser et tout brûler non. », jauge Younès*. « Des élèves qui sont pas du tout du lycée viennent quand même pour le dégrader. C’est dommage que les personnes de ce lycée n’aient pas les couilles de faire un blocus pacifiste. » « C’est n’importe quoi les casseurs-euses, iels ont dégradé notre lycée alors qu’il était bien. », abonde Enzo*. Les infrastructures de Mendès France sont relativement récentes. Ce lycée, auparavant appelé lycée La Méditerranée et situé sur l’avenue Clémenceau, à deux pas du lycée général et technologique, a été déménagé près d’Odysseum pour la rentrée 2009, les anciens locaux étant jugés vétustes et trop petits. Même son de cloche chez Kévin*, qui ne participe pas au mouvement malgré sa sympathie : « Tout casser c’est pas mon délire. » Nathan lui prône des méthodes plus musclées : « Si on est pas entendu-es, le mouvement peut aller au delà de brûler des poubelles devant le lycée. Si on brûle devant les lycées, si on fait le gros bordel, si on fait un peu n’importe quoi, ça pourrait remonter à celleux qui sont haut placé-es, pour qu’on nous entende. » Le blocus lui-même peut être considéré dans ses désavantages parmi les élèves soutenant le mouvement : « On a fait notre rentrée le 28 septembre, mais on a pu commencer les cours que la semaine dernière. Pour celleux qui ont envie de travailler, c’est un peu chiant. », nous explique Kévin*.Tous nous affirment que quasiment tous-tes les élèves soutiennent le mouvement. Côté personnels, le constat paraît plus mitigé. « Quelques profs soutiennent, mais pas tous. On en a parlé un peu, même s’iels évitent de trop s’exprimer là dessus. », nous apprend Nathan*. Le 1er octobre, alors qu’une partie des lycéen-nes mobilisé-es avaient opté pour des dégradations aux alentours du lycée, la direction de l’établissement décidait de confiner les professeurs-eures présent-es dans son enceinte.
À Georges Frêche, souvenirs de garde à vue et envies de liberté Petit à petit, les élèves de Mendès France rentrent en cours. On décide donc de se rendre au lycée professionnel hôtelier Georges Frêche, tout proche. Là bas non plus pas de mobilisation devant l’établissement pour cet acte V. Mais quelques élèves qui attendent devant l’entrée. Kamel*, installé avec son groupe de potes, a tout de suite très envie de nous parler. « Les lycées sont en colère parce qu’ils sont en déficit. Y’a des fuites de gaz, un manque de matériel, un manque d’éducation. On est censé-es apprendre, être la France de demain. Notre lycée encore ça va, même si on a eu des fuites, de l’eau qui a coulé dans un des restaurants. », se désole-t-il. « Ici les profs iels sont gentil-les, on est dans d’assez bonnes conditions, mais ailleurs c’est différent. Je suis là depuis le début de l’année, et il n’y a pas grand chose à redire. », constate Paul*, installé seul un peu plus loin, et qui soutient le mouvement sans y participer. « Si je devais changer une chose dans mon lycée, ce serait le fait qu’on puisse pas sortir pour manger, on est bloqué-es à l’intérieur toute la journée. » Ce qui agace Kira, en seconde, dans son lycée, c’est l’interdiction des téléphones. « En soit ça me dérange pas trop », expose-t-elle. « Mais pour les BTS je trouve que ça les infantilise. Iels sont grand-es, iels ont pour la plupart leur permis et un travail à côté. Et les emplois du temps sont trop chargés. Je fais des activités extra-scolaires, et quand je rentre il est 22h30, et à cette heure je suis fatiguée, j’ai pas trop envie de faire mes devoirs. » A côté, son amie Imde acquiesce. « Le ministre de l’Education fait pas grand chose. », reprend Kira. « Au gouvernement iels ont fait la loi casseur-payeur. Iels feraient mieux de rajouter plus de profs et de faire quelque chose pour les horaires au lieu de faire des lois comme ça qui servent à rien. » La loi casseur-payeur est une loi prévue par le gouvernement en réaction au mouvement lycéen, et qui projette de rendre possible de faire payer à un-e manifestant-e le coût de dégradations qu’iel n’a pas commises, s’iel se trouve dans un rassemblement où il y a de la casse. « Mais je trouve quand même qu’il y en a dans le mouvement qui dépassent un peu les bornes, quand iels brûlent des trucs, cassent des portails ou blessent des profs. », ajoute Kira, rejoignant l’avis de son amie Imde et de Paul*. Paul* nous explique qu’à Georges Frêche, à part une tentative avortée de blocage, le calme a régné. « Des lycéen-nes ont essayé de mettre des poubelles devant le lycée. Mais l’administration est venue, iels nous ont empêché-es, iels nous ont poussé-es à l’intérieur. », détaille Kamel*. « Iels rigolaient, iels se foutaient de notre gueule. La CPE nous a dit qu’on avait pas le droit de manifester. Après ça une fois y’en a qui sont venu-es au lycée et qui ont mis de l’alcool dans une poubelle et jeté un briquet dedans, et ça a explosé. » Le jeune homme n’a pas l’air de se sentir très écouté dans son établissement. « Il y a eu une journée venant de la hiérarchie qui obligeait nos profs et l’administration à nous faire nous exprimer sur la vie au lycée et ce qui se passe en ce moment. », raconte-t-il. « Mais ça c’est fait dans les conseils du lycée, et mon délégué de classe m’a dit que pendant toute l’heure iels n’ont pas pû s’exprimer sur les revendications des élèves, c’était juste les profs qui échangeaient entre elleux. Donc on sait pas si ça va changer. »En l’absence de mouvement suivi sur son lycée, Kamel* s’est mobilisé autour de quelques autres établissements de Montpellier. Ce qui lui a valu quelques mauvais souvenirs. « Les actions des CRS c’est le pire. On pourrait nous interpeller parce qu’on bloque et qu’il faut pas, mais utiliser la violence comme ça… », se scandalise-t-il. « Vendredi on était un groupe de sept à l’arrêt de tram Odysseum, on allait le prendre. Les CRS se sont arrêté-es sur les rails du tram, iels sont descendu-es, iels nous ont mis des coups de matraque. Y’en a un qui m’a étranglé et qui m’a dit « toi tu vas pas passer entre les mailles du filet ». Alors que j’avais rien à me reprocher, j’ai pas été violent, j’ai pas essayé de courir, je leur ai pas manqué de respect. Iels nous on insulté, moi de « sale arabe », un ami à moi de « sale noir ». Dire des trucs comme ça et être violent-es face à des enfants, c’est pas correct. On a été enfermé-es pendant 32 heures, on avait le droit à rien. On est passé-es au tribunal, avec des avocats commis d’office. Je suis tombé sur un bon, mais un ami à moi est encore enfermé parce que l’avocat c’était pas un bon, pour le dire il était raciste. Il l’a rabaissé, il lui a dit que c’était de sa faute, qu’il avait qu’à pas participer au mouvement. Après des bavures policières comme ça, c’est normal que certain-es lycéen-nes s’énervent et répondent à la police. Si ça devait m’arriver de nouveau, déjà je resterais calme, mais s’il devait y avoir vraiment de l’abus je m’exprimerais. »
Quoi qu’il en soit, le jeune Kamel* ne compte pas lâcher l’affaire. « Jusqu’à la manifestation des gilets jaunes le 17 octobre, ça va continuer, c’est sûr. Et après, à voir. », conclut-il. À Mermoz, convergence des luttes et stratégiesOn prend ensuite la direction du lycée polyvalent Mermoz, un des bastions des mouvements lycéens montpelliérains. Sans surprise, l’établissement est mobilisé. Réparti-es entre les deux entrées, un total d’environ 150 élèves tiennent le blocus. Tout a été plutôt calme en ce début de matinée, de l’avis général, malgré quelques feux de poubelles.
On commence par rencontrer Ilias*, en seconde générale à Mermoz, particulièrement affecté par le manque de profs et de moyens dans son établissement. « J’ai pas eu d’ennuis personnels avec la police, mais ils peuvent être assez agressifs-ves. », raconte-t-il. « Si on reste comme ça devant le lycée, tout va revenir comme avant et peut être qu’il va rien se passer. Je pense que quand il y a des dégradations ou des feux de poubelle ça fait plus réagir. » Il regrette que plus de profs ne soient pas avec les bloqueurs-euses devant les entrées, en admettant ne pas trop savoir dans quelle proportion iels soutiennent leurs élèves, faute de contacts depuis le début d’un mouvement dans lequel il s’investit beaucoup. Quelques profs du lycée sont quand même présent-es ce matin, avec des chasubles du syndicat Solidaires. « Le mouvement va durer, on nous écoute pas, je vois rien changer alors on va continuer. », assure-t-il.
Plus loin, on entame une longue discussion avec un groupe de quatre élèves mobilisé-es. Clara* est en terminale générale. « En soit à Mermoz on a pas les meilleurs bâtiments, en été c’est la galère, mais on a pas les pires non plus. C’est aussi en solidarité avec les autres établissements où ça a commencé dans la banlieue parisienne. » Erwan*, en 1ère STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable ; filière technologique) va dans son sens : « On a des locaux qui partent en cacahuètes, on manque de profs. On espère que ce qu’on fait ça va faire bouger les choses. »
Le ministre de l’Education Nationale annonçait ce jeudi 8 octobre que 3000 profs remplaçant-es seraient affecté-es dans les établissements se trouvant dans des situations « très problématiques. » « Déjà pourquoi iels les ont pas sorti-es avant ? », réagit Elisa*, en terminale générale. « Et certain-es de ces profs reçoivent deux affectations, parce qu’iels sont déjà contractuel-les. Le gouvernement ne crée pas vraiment de nouveaux postes. Faut continuer jusqu’à ce qu’on ait des réponses concrètes.» Le ministère a puisé en urgence dans le vivier des Titulaires de Zone de Remplacement (TZR) et de contractuel-les rattaché-es qui n’étaient pas identifié-es comme étant à temps plein devant des élèves. Faute de mise à jour en temps réel de logiciels académiques qualifiés « d’archaïques » par le ministre lui-même, des rectorats ont affecté des remplaçant-es sur des postes où un-e enseignant-e contractuel-le avait déjà recruté-e ou était déjà en place.
« La réponse policière est complètement démesurée par rapport aux mouvements qu’on fait. Et encore comparé à ailleurs ça c’est plutôt bien passé. », intervient Erwan*. Autour du blocus de Mermoz ce matin là, dans les rues longeant l’établissement ou sur les places d’Antigone toutes proches, on aura aperçu pas moins d’une vingtaine de camions de police, CRS et CDI, sans compter les unités de la Brigade Anti-Criminalité (BAC). « Cette semaine c’est un peu plus sévère. Mais la semaine dernière on a eu une compagnie de CRS très gentille, ils ont été vraiment géniaux. », nuance Mathilde*. « Iels nous ont même aidé à déplacer des poubelles. », s’amuse Elisa*. Avant de reprendre : « Mais n’empêche que le nombre de camions pour le nombre de jeunes qu’on est, c’est trop ! Je sais pas comment le gouvernement va faire si un jour y’a la guerre, ce qu’iels vont envoyer. C’est un peu hallucinant, c’est des armes de guerre qui sont utilisées par la police. Nous on est pas armé-es. Et en même temps ça montre qu’on leur fait peur. Nous à la base on demande une discussion. Ca aurait été simple d’organiser de vrais audiences et de nous donner les moyens qu’on demande. »
« La violence ça résoudra rien. Déjà qu’on demande plus de moyens pour nos infrastructures, si on vient commencer à casser et à en arriver aux mains, ça va rien arranger. Donc autant le faire pacifiquement », se positionne Erwan*. Le lycéen pointe les dégâts sur l’entrée du lycée Mermoz, fortement atteint par un gros incendie le 1er octobre : « Là il y en a peut être pour 500 000 euros. »
« On se revendique pacifistes, parce que ça nous permet aussi d’être écouté-es par les adultes, de pas nous cagouler et de gérer le truc plus légalement. Vu que y’a que les dégradations qui passent dans les médias, ça peut donner une mauvaise image. J’ai discuté avec des vieilles personnes qui pensent que le mouvement lycéen c’est juste des casseurs-euses sans revendications qui veulent détruire la France. », explique Mathilde*. « Par contre je suis pas du tout contre qu’il y ait aussi des bandes parallèles qui foutent un peu plus le bordel. »
Clara* va aussi dans le sens d’une mobilisation plutôt pacifiste. « Mais ça nous dérange pas non plus les gens qui brûlent des poubelles, iels mettent personne en danger, même si c’est pas non plus très efficace. », appuit-elle. « Y’a foutre le bordel et foutre le bordel. Faire brûler des poubelles sur les voies du tram, ça paralyse, ça fait de mal à personne, c’est pas très grave. Brûler des lycées par contre, ça coûte des millions, et on en a besoin de cet argent. Le problème c’est que c’est très peu montré dans les médias les blocus pacifiques où on discute et où on informe les gens. »
« Après à la base si on parle autant du mouvement lycéen c’est parce que des lycées ont brûlé, on en aurait moins parlé si y’avait pas eu ça. », constate Elisa*. « C’est vrai qu’en même temps il en faut toujours des gens pour foutre le bordel », reconnaît alors Erwan*.
« L’administration est très condescendante. J’ai parlé avec le proviseur adjoint, il nous a dit qu’on s’était fait embrigadé-es et enfumé-es. », regrette Mathilde*. « Pour elleux on reste des enfants. Iels veulent nous protéger à l’excès et pensent qu’on sait pas trop ce qu’on veut. Et il y a quelque chose qui intéresse et qui inquiète beaucoup les lycéen-nes, c’est par rapport aux absences non justifiées qui apparaissent dans les dossiers sur Parcoursup. Et ça peut être décisif. Le proviseur nous a dit qu’il supprimerait tout, que les absences n’auraient pas d’impact sur nos candidatures Parcoursup. Mais il met du temps à le faire, alors qu’il pourrait le faire direct. Malheureusement parfois il y a un décalage entre ce qu’il nous dit et ce qu’il fait vraiment. » Erwan* aussi regrette un manque de soutien de l’administration. « Iels viennent devant le lycée pour dire aux autres élèves de rentrer dès que c’est possible. », déplore-t-il. « Sur Joffre par exemple le proviseur les soutient vraiment, il aide à bloquer, il est présent sur les blocus, il envoie des mails à tout le monde en disant qu’il y a pas cours. », relève Clara*.
On en vient à se demander si le mouvement pourrait s’essouffler. « J’ai confiance, je pense que ça va continuer après les vacances. Le jeudi de la rentrée il y a déjà un appel à se remobiliser. », assène Mathilde*. « Et c’est vraiment important qu’on continue après, parce que là c’est vraiment l’optique des politiques qui se disent qu’il leur faut tenir jusqu’aux vacances pour que ça s’essouffle assez. Faut leur donner tord. Le 17 il faut que tout le monde se mobilise, c’est important que ce soit pas que les gilets jaunes. Chez les lycéen-nes ça s’est un peu déclenché comme ça sur le tas, mais ce qu’on veut c’est la convergence des luttes. » À l’évocation du 17 octobre, Erwan* rappelle la diversité du public de Mermoz : « Ici c’est un lycée polyvalent, il y a de tout, général, technologique, professionnel » Élisa* voit d’autres avantages à cette date. « Peut-être que ça peut dépolitiser notre mouvement. », analyse-t-elle. « On nous dit qu’on est embrigadé-es par la France Insoumise. Alors qu’on est capables de réfléchir par nous même, on a pas besoin d’un chef qui nous dise quoi faire. Et le 17 comme il va y avoir des syndicats, tous les corps de métier, ça peut donner une autre image au mouvement lycéen. » Mathilde* va dans son sens : « Déjà c’est chiant parce que ça dénigre LFI, et nous ça nous fait passer pour des petit-es qui devons nous appuyer sur les adultes, alors que pour le coup c’est nous qui avons commencé. C’est un mouvement lycéen, sans distinction politique parce que c’est juste une question de bien-être et de santé mentale. » *Prénoms modifiésL’article 13 octobre : à Montpellier, des lycées pro et polyvalents entre mobilisation et poids de la répression est apparu en premier sur Le Poing.
Le soulèvement de la jeunesse monte en puissance et la tempête sociale gronde. Macron pensait pouvoir finir son mandat tranquillement, il n'en est rien.
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Le pouvoir aimerait dissimuler la révolte qui gronde dans les nuages de lacrymogènes, il n'y arrivera pas, car la beauté est dans la rue.
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Le 16 janvier 2022, une maison de plusieurs millions d’euros située au Waldeck Pyrmontlaan 8 a été squattée et, malgré des preuves d’occupation légale, a été directement expulsée car les squatteureuses auraient été prises en flagrant délit. Les squatteureuses ont résisté à l’expulsion en érigeant des barricades. En mars, la maison étant encore vide a été re-squattée, après quoi elle a de nouveau été expulsée (voir les liens et le contexte pour plus d’informations sur l’expulsion).
Ces dernières années, une bataille juridique était en cours entre la police et les neuf squatteureuses. Les squatteureuses ont été inculpées d’intrusion et de vandalisme. Lors du procès, le juge a statué que les squatteureuses devaient verser environ 8 000 euros de dommages et intérêts au propriétaire. En appel, dont la décision a été rendue le 2 octobre 2026, les squatteureuses ont été acquittées de vandalisme et la demande de dommages et intérêts a été rejetée. Cela était dû à des erreurs dans la procédure judiciaire, car seuls six des neuf squatteureuses avaient été inculpées de vandalisme. En raison de cette divergence, tout le monde a été acquitté.
L’occupation et la ré-occupation de ce bâtiment, situé dans l’un des quartiers les plus riches d’Amsterdam, étaient une action directe contre la classe la plus aisée d’Amsterdam. Cela a envoyé un message clair : nous ne céderons pas aux riches, comme l’indiquait également la banderole suspendue au bâtiment. Les actions de la police ont clairement montré qu’elle utiliserait la violence et des tactiques juridiques répressives pour écraser cette résistance. Historiquement, le mouvement des squatteureuses a toujours eu une culture de résistance. Si les squatteureuses partent toujours quand la police leur demande, ce sera finalement la police qui leur demandera de partir. Sans résistance aux expulsions, il n’y a pas de squat. Du moins, pas de squat visible.
Ces derniers mois, de nombreuses expulsions ont eu lieu dans la ville, et comparé à il y a cinq ans, la crise du logement ne s’est pas améliorée. Il est temps que notre mouvement essaie de nouvelles tactiques, mais aussi de regarder ce qui s’est passé dans le passé et comment les techniques précédemment utilisées peuvent aider notre lutte.
Ces expulsions ne sont pas des spectacles. Nos barricades ne sont pas des gestes symboliques. Nous ne squattons pas des immeubles parce que c’est légalement autorisé, mais parce que nous avons besoin d’un endroit où vivre. Peu importe combien de fois ils nous expulsent, tant que nos besoins en logement restent non satisfaits, nous sommes contraint-es de continuer à nous battre pour nos propres solutions. Nous devons maintenir une culture de résistance contre les expulsions. Chaque fois qu’un bâtiment est expulsé, trois nouveaux doivent être ouverts. Chaque expulsion doit être accueillie par une manifestation dans les rues, impliquant les voisin-es qui soutiennent nos actions. Nous invitons la génération plus âgée de squatteureuses à s’impliquer à nouveau dans les actions et à partager leurs connaissances et compétences. Ce n’est pas le moment de parler uniquement d’espaces libres et de contre-culture ; c’est le moment d’une lutte anticapitaliste plus large pour le logement dans laquelle le squat peut jouer un rôle important. Rejoignez-nous, partagez vos connaissances.
Liens:
15/01/2022, Statement Squatting action Waldeck Pyrmontlaan 8 https://en.squat.net/2022/01/15/amsterdam-statement-squatting-action-waldeck-pyrmontlaan-8/
20/01/2022, Some reflections on the eviction of Waldeck Pyrmontlaan 8 https://en.squat.net/2022/01/20/amsterdam-some-reflections-on-the-eviction-of-waldeck-pyrmontlaan-8/
17/02/2022, Demonstration against all evictions and state repression – 25th feb, 19:00 https://www.indymedia.nl/node/51588
07/03/2022, Waldeck Pyrmontlaan 8 resquatted and a second time evicted https://en.squat.net/2022/03/07/amsterdam-waldeck-pyrmontlaan-8-resquatted-and-a-second-time-evicted/
09/03/2022, Bourgeois bloody swimingpool: https://www.indymedia.nl/node/51750
13/03/2022, Action recap of another Waldeck Pyrmont 8 Eviction https://www.indymedia.nl/node/51786
Des permanences d’assistance au squat aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/en/groups/topic/spreekuur-ksu
Des squats aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL
Des événements aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/events/country/NL
Source : Afrique XXI - Afrique
Source : Bon Pote
Source : Grist - États-Unis
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Source : Le Canard enchaîné
Payant
Source : Politis
Source : taz - Allemagne
Lire la traduction automatique en français
Source : The Conversation FranceInterruptions, questions répétitives sur les violences et confrontations avec des éditorialistes ou des figures d'extrême droite... C'est ce qu'ont vécu cinq jeunes invité·es sur BFMTV entre le 30 septembre et le 6 octobre, dans le cadre du mouvement de contestation lycéen. « En huit jours, 144 heures visionnées au total et seulement deux petites heures et demie pour les voix de la jeunesse. » Soit 1,7 % du temps d'antenne, entre six heures et minuit. Ils racontent leur (mauvaise) expérience à Arrêt sur images.
Je demande toujours à savoir auprès de la régie qui il va y avoir en plateau : par exemple, s'il y a Yves Thréard [éditorialiste et directeur adjoint du Figaro, ndlr], je refuse catégoriquement, car il prend de la place et coupe la parole sans cesse.
– Manès Nadel, ancien membre de l'Union syndicale lycéenne.
Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, rapporte aussi des remarques sexistes sur les plateaux et des insultes racistes, sexistes et homophobes en ligne. Malgré la fatigue et la difficulté à maîtriser les codes télévisuels, les jeunes continuent de répondre présents pour faire entendre leurs revendications et porter une voix rarement présente à l'antenne.
Source : Mediacités Lyon
PayantQuand ?
Le 16 octobre de 18h30 à 19h30
Où ?
Place du Palais Royal Place du Palais Royal 75001 Paris
Le Cercle de silence de Paris se réunit chaque 3e vendredi du mois devant le Conseil d'État.
Par notre participation au cercle de silence, nous voulons dénoncer les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu'ils n'ont pas de papiers en règle.
Nous n'acceptons pas que soient prises en notre nom des dispositions (lois, décrets, circulaires) qui brisent des vies humaines et font voler en éclats des couples et des familles.
Nous refusons les interpellations au faciès, l'enfermement d'hommes, de femmes et même d'enfants dans des centres de rétention administrative, et leur expulsion.
Nous dénonçons les conditions de détention inhumaines dans les centres de rétention administrative et les zones d'attente des aéroports et, avant tout, leur existence.
Nous n'acceptons pas que la France, en vertu de lois de plus en plus contraignantes, refuse sa protection aux demandeurs d'asile qui sont exposés à de très graves dangers en cas de retour dans leur pays d'origine.
Nous dénonçons les obstacles administratifs qui visent à rendre de plus en plus difficile l'obtention d'un titre de séjour et contraignent des hommes, des femmes, des familles entières à vivre et à travailler dans la clandestinité et la peur, privés de tout projet et de conditions de vie simplement décentes.
Nous refusons cette chasse aux étrangers qui inflige aussi des traumatismes profonds à ceux qui en sont les témoins, à la société tout entière, aux enfants particulièrement. Les atteintes à la dignité de quelques-uns blessent toutes les personnes dans leur humanité.
Nous voulons que la France redevienne un pays d'accueil enrichi et transformé par des êtres humains venus du monde entier.
Nous en appelons à la conscience de tous et toutes, et vous invitons à rejoindre le cercle de silence.
Adoptée en première lecture le 13 octobre par l’Assemblée nationale, la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles a perdu en route plusieurs dispositions importantes. Mais le rapport de force a bougé : la force d’inertie qui dominait jusqu’ici a été fissurée.
L’article Loi intégrale adoptée : histoire d’un rapport de force en évolution est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Quand ?
Le 3 novembre à 19h
Où ?
Union syndicale Solidaires 31, rue de la Grange aux Belles, 75010, Paris
L'union syndicale Solidaires organise une soirée débat sur le syndicalisme et les Fronts populaires en France et en Espagne, avec les interventions de Ludivine Batigny et Ramon Pino.
Un livre collectif sur la lutte contre l’A69 est en préparation. Il contiendra principalement des témoignages mais également des photos, des dessins, des tutos, des analyses critiques et des articles de journaux. D’ici la fin de l’année, participez à ce projet collectif et envoyez nous (via un formulaire anonyme ou par email) une anecdote, une frustration, une joie, une analyse, un poème, un dessin…
C’EST QUOI CE PROJET DE BOUQUIN COLLECTIF ?
On s’est réuni.e.s à plusieurs individus (indépendamment de tout collectif en lutte contre l’A69) pour créer un livre qui raconterait la lutte, ou du moins qui essaierait. On aimerait que ce bouquin soit un mélange de témoignages, photos, dessins, analyses critiques, récits, tutos, articles, poèmes, flyers…
On aimerait causer de l’historique de cette lutte, de la paysannerie, du soin, de la com, de la répression, du rapport au corps, au paysage changeant, de la thune, de composition, de la pluralité des modes d’action, des aspects juridiques, des gros évènements ou de la lutte au quotidien chez soi, au sol, dans les arbres, à vélo, derrière un ordi, à répondre aux journalistes, dans la cuisine, à faire de l artivisme, en réunionant, manifestant, chantant, dansant, criant…
CONCRÈTEMENT, CA DONNE QUOI ?
Ça fait plus d’un an qu’on est sur cette aventure qui avance.
On a récolté une centaine de témoignages, des tonnes de photos, des dessins et articles en pagaille.
Mais on en veut encore plus pour atteindre la diversité de cette lutte.
En termes de structure, on part sur une trame chronologique et une trame thématique.
Et pour les témoignages, ça sera une anonymisation totale des témoignages pour ne mettre personne en avant ou en arrière.
Comme on est conscient.e.s qu il faudrait des tomes pour tout mettre, on prévoit aussi un site internet pour que cette œuvre collective soit accessible à tous.tes.
A QUI S ADRESSE CET APPEL ?
A quiconque :
On aimerait avoir différentes perspectives, transcrire pourquoi et avec quoi les personnes sont venues ou parties ou revenues de cette lutte au fil de l’avancée des travaux, de la répression grandissante et de la population changeante.
COMMENT CONTRIBUER À CE PROJET COLLECTIF ?
Vous pouvez :
DE QUOI AVONS NOUS BESOIN ?
MOT DE LA FIN
On est parti.e.s pour une autre grande aventure, celle de la retranscription de cette lutte, sous toutes ces facettes qu’elles soient victorieuses, gourmandes, culottés, déter, joyeuses ou difficiles, douloureuses, pénibles, tristes,…
Ça va prendre du temps tout ça, on espère une sortie du bouquin fin 2027.
Nous faisons ce projet car ça nous fait du bien et qu’on voit une pertinence politique. Nous ne sommes pas pro et c’est beaucoup de pression de la part du groupe, donc svp soyez bienveillant.e.s avec nous, on fait de notre mieux <3<3
En espérant que le bouquin vous plaira, bisous,
le comité d’édition
[Publié le 30 septembre 2026 sur Iaata.]
Source : StreetPress
Source : Vert
Source : Parallèle SudQuand ?
Le 18 octobre de 17h à 22h
Où ?
CICP - Centre International de Culture Populaire 21 ter, rue Voltaire, 75011, Paris, France
SOUTIEN LAYLAC
LAYLAC est un centre social qui favorise l'action des jeunes pour le développement communautaire. L'association a été créée en 2010 comme une réponse à aux besoins urgents des jeunes du camp de réfugiés de Dheisheh et de la région de Bethléem. LAYLAC est guidé par des principes et des valeurs de justice sociale et de respect des droits humains.
L'association compte une trentaine de bénévoles qui animent le camp de Dheisheh tout en militant pour la cause palestinienne. Chaque année des centaines d'habitants du camp prennent part aux projets du centre.
Le principal objectif de Laylac est de permettre aux jeunes de participer et de contribuer à leur communauté et à la société palestinienne dans son ensemble. La structure offre un espace ouvert à la population et donc particulièrement à la jeunesse pour s'exprimer, échanger et agir dans l'optique plus large de contribuer à l'évolution de la société palestinienne. Le but étant aussi de conscientiser et amener les jeunes à lutter pour leurs droits et ceux des Palestiniens dans le cadre d'une situation d'occupation par l'armée israélienne.
Convaincue de l'importance de l'éducation populaire, Laylac oeuvre au développement de la communauté par une participation active de ses membres. En prenant part aux différents ateliers (musique, vidéo, dessin...) les habitants du camp peuvent devenir rapidement à leur tour animateurs et coordinateurs de projets
APPEL DE LAYLAC :
Chers partenaires et chers amis,
Nous souhaitons vous informer de la situation actuelle du Centre Laylac, qui traverse une période particulièrement difficile. Face à cette situation, votre soutien est plus que jamais essentiel.
À ce jour, nous ne sommes toujours pas en mesure de fonctionner à pleine capacité. Les activités organisées au sein du centre restent fortement réduites, et le centre demeure fermé aux bénévoles ainsi qu'à la communauté locale.
Cette situation découle des mêmes raisons que celles ayant entraîné la fermeture de notre établissement il y a sept mois - des raisons qui perdurent encore aujourd'hui.
Malgré ces défis, nous avons réussi à rouvrir temporairement le centre afin de récupérer du matériel essentiel - ordinateurs, fournitures d'art et d'impression (peintures, pinceaux, carnets de croquis) et équipement d'escalade. Cela nous permet de reprendre progressivement les séances d'entraînement et certaines activités.
Cependant, nous ne sommes toujours pas en mesure de rouvrir notre maison d'hôtes, qui constitue pourtant notre unique source de revenus ; son exploitation est essentielle pour couvrir les frais de fonctionnement du centre, dont les factures de télécommunication, les frais liés aux activités réalisées hors les murs du centre, et surtout le loyer. C'est pourquoi nous faisons aujourd'hui appel à votre soutien et à votre solidarité face à cette crise sans précédent.
Depuis la création du Centre Laylac en 2010, nous n'avons jamais traversé une période aussi difficile.
Conscients de l'importance de disposer de solutions durables, nous avons ouvert il y a plus de cinq ans un compte international avec notre organisation partenaire Cemea. Ce dispositif, précieux à l'époque, l'est aujourd'hui plus que jamais face à l'urgence de la situation.
Tant que la situation actuelle perdurera, nous ne pouvons malheureusement pas accueillir de visiteurs dans notre maison d'hôtes, ni réaliser nos activités normalement avec la communauté. Nous espérons toutefois pouvoir rouvrir prochainement le centre, dès que les circonstances le permettront et donc à une échéance à ce jour inconnue.
Nous vous remercions sincèrement pour votre compréhension de la situation que traverse actuellement notre centre.
Grâce à votre soutien, nous trouvons la force de continuer.
Nous resterons engagés pour les générations futures et pour un avenir meilleur.
Chaque don, chaque partage de cet appel, nous permettra de tenir jusqu'à la réouverture complète du centre et un retour à un fonctionnement plus normal.
Enfin, nous réaffirmons notre solidarité avec les causes justes à travers le monde et notre engagement contre l'injustice et toute forme d'oppression.
Avec toute notre gratitude,
Dheisheh, 15/07/2026
Naji Owda
Musiques avec :
– LA CHIALE (Grenoble)
– BARBARA NOT DEAD
– MËTRO (Rennes)
COLLECTIF CONTRE CULTURE
CENTRE INTERNATIONAL DE CULTURE POPULAIRE
21 TER, RUE VOLTAIRE
75011 PARIS - MÉTROS : ALEXANDRE DUMAS - AVRON
ATTENTION ! LE SERVEUR NOBLOGS A ÉTÉ FERMÉ ET TOUS LES COLLECTIFS QUI Y ÉTAIENT SONT DÉSORMAIS CONSIDÉRÉS COMME ORGANISATION TERRORISTE AUX ÉTATS-UNIS... DONT NOUS, DONT ACTE...
ARCHIVES ANTÉRIEURES ici
RETRANSMISSION INTERVIEWS SOUTIEN ET GROUPES DE LA SOIRÉE EN DIRECT DANS L'ÉMISSION KONSTROY TOUS LES DIMANCHES DE 18 À 20H SUR RADIO "CAUSE COMMUNE" - 93.1 Megateuf
Prix libre - pas d'attitudes ou propos racistes, sexistes ou discriminatoires
Pas de verre et laissez les animals tranquillous à la maison ou à des aminches
Quand ?
Le 15 octobre de 19h à 23h45
Où ?
Jardin des Traverses Ligne de La Râpée à Batignolles (Petite Ceinture), 75018, Paris, France
Viens te mobiliser, danser contre le RN et rencontrer des collectifs qui luttent contre l'extrême droite dans ton quartier avec un mot d'ordre : NI CAMPAGNE, NICONGRES POUR L'EXTREME DROITE !
Collectifs antifascistes, féministes, antiracistes, et des assos locales aux citoyen.ne.s motivé.e.s se sont rassemblé.e.s pour faire la fête et rappeler à tout le monde que les fachos ne sont pas les bienvenus dans nos quartiers et dans notre gouvenement.
Venez vous ambiancer sur les performances et les mixs de :
Jolie Nana, Loki Starfish, Cunty Mimi, Awawaw
Les sous récoltés lors de la soirée serviront à financer la campagne contre le RN, à commencer par les 24-25 octobre et le contre-congrès de lancement de campagne du RN à Orléans. On se mobilise sur place pour faire bloc ! Donc viens prendre ta place de bus pour partire avec nous ! On part ensemble, on lutte ensemble !
Jeudi 15 octobre 2026 de 19h à 23h45
Aux Jardins des Traverses, boulevard Ney, face à la station de tram Diane Arbus, porte des poissonniers Paris, 18e
Quand ?
Le 11 novembre de 13h30 à 21h30
Où ?
La Parole Errante 9, rue François Debergue 93100 Montreuil
Le Collectif contre la militarisation de la jeunesse vous invite le mercredi 11 novembre 2026 !
Événement Antimilitariste
Prix libre (entrée / repas et boissons) ; prévoir du cash
14h-18h30 : Ateliers :
– Éducation à la paix
– Création graphique
– Arpentage de la loi Blanchet
– Lecture de livres jeunesse et discussion (pour différentes tranches d'âge)
– Présentation de la Cartographie Armée-Jeunesse
– Chorale
– Jeux collectifs et collaboratifs
– etc
Goûter crêpes
Table Ronde
Avec intervenantes et discussion
Repas avant ou après la table ronde
Fin à 21h30
Ouvert à toustes, tous les âges
Le lieu est accessible PMR
Quand ?
Le 6 novembre à 20h30
Où ?
MJC Mercoeur 5 Cité Souzy, 75011, Paris, France
Projection de "La FoRêT Est A NouS", un film documentaire d'Anne Faisandier
Dans le cadre d'un Docu près de chez Vous, proposé par Addoc (l'Association des cinéastes documentaristes)
Synopsis :
« Que se passe-t-il en forêt morvandelle ? C'est quoi ces alignements de bois noirs, ces champs de RUINES... ? Je décide de mener l'enquête et, grâce à quatre militants, je découvre la LUTTE qui se joue ici pour la défense de la forêt. Tous différents, leur engagement s'enracine et se déploie, à la façon des ARBRES, comme quatre branches ou quatre racines de la lutte. Ils m'aident à comprendre. Je ne me rendais pas compte à quel point j'aimais la forêt : NOTRE FORÊT. » (Anne Faisandier)
Suivi d'une rencontre en présence de la réalisatrice Anne Faisandier
... et de la traditionnelle auberge espagnole pour partager ensemble nos boissons et petits plats.
Il est 10h ce mardi 13 octobre 2026. Une foule immense se masse miroir d'eau. Plus de 10.000 personnes battent le pavé nantais en cette fin de matinée
L’article Mouvement lycéen, acte V : plus de 10.000 personnes prennent la rue à Nantes est apparu en premier sur Contre Attaque.
Mobilisation contre la "Marche des Normands", une sortie annuelle des identitaires qui défilent sous couvert de commémorations historiques.
- Initiatives / Identitaires, Rouen, Manifs et rassemblementsÉmission enregistrée en direct des studios de Radio Canut le 13/10/2026. Après les blocages la semaine dernière, on rentre dans les bahuts et on tourne dans la manif du jour à #lyon, pour faire 1h de radio et tuer le prof qui est en toi… 🫵Dans cette émission on tourne dans la manifestation du 13 octobre à Lyon et on tend le micro à des lycéen-nes, étudiant-es et profs des lycées Jacques Brel, Brossolette, Marcel Sembat, Paul Seguin et Faÿs. On a aussi eu l’occasion de causer avec une camarade prof en REP+ en banlieue lyonnaise et on a ressorti des tracts du mouvement lycéen de 1971 à Villeurbanne.
En écho à toutes les formes de révoltes radicales qui traversent ce mouvement, et dans l’espoir qu’il ne se laisse pas encadrer par les pacificateurs et fossoyeurs habituels, nous avons posé une grande banderole contre ce monde, ses écoles, ses partis et ses syndicats sous le nez du SO de la CGT au moment du passage du cortège de la manif syndicale Place d’Italie – Invalides. La réaction de ces flics de manif qui ne supportent pas la moindre contestation ne s’est pas faite attendre puisqu’ils se sont ramenés à une petite dizaine déterminés à grimper sur l’échafaudage pour la décrocher, et prêts à défoncer des anars et autonomes comme ils rêvent de le faire depuis plusieurs décennies, sous l’œil complice de LFI et des autres syndicats. On a pu entendre des remarques formidables comme « Vous voulez que ça soit comme 2016, tout le monde se met en noir et casse tout ? », « c’est notre manif, c’est nous qui l’avons déclarée ». Cette fois, ils ont fait face à notre détermination, mais aussi au soutien de plusieurs groupes de manifestants lucides sur le rôle des syndicats, ou tout simplement solidaires contre les flics en bleu comme sous couleur de SO syndical, et après une bonne demi-heure d’escarmouches et de coup de pressions ridicules, ils ont fini par lâcher l’affaire et sont repartis penauds, la matraque entre les jambes.
La banderole a ainsi pu égayer l’ensemble du cortège puis être aussi visible durant le passage de la deuxième manif quand elle a rejoint le trajet de la première. Elle était accompagnée du tract intitulé « Personne ne veut de la vie que l’école nous a prévue ».
Vive la lutte, crève l’école, les syndicats et les partis défenseurs du vieux monde !
L’assemblée anti-électorale
Source : Politis
Payant
Source : Observatoire des multinationalesI. L’autonomie : histoire et ligne politique.
L’autonomie désigne souvent un milieu : milieu toto pour nous, mouvance anarco-autonome pour les keufs, black blocks radicalisés pour BFM… qui est plus ou moins lié au monde des squat – toto des villes – et des ZAD – toto des champs. En gros on est plein de gens qui aimons pas le capitalisme, qui aimons – théoriquement – pas les oppressions systémique non plus, et qui lisons des brochures radicales. Quand on y entre, c’est rarement par la théorie, et on finit par en oublier que l’autonomie ne désigne pas seulement des gens qui font des A cerclés sur les murs et qui ont un look ultra-dark [1], mais aussi un courant politique précis, avec un passé et une histoire. Ces deux réalités de l’autonomie entretiennent une relation complexe et contradictoire, et c’est là-dessus qu’on veut se pencher aujourd’hui.
L’autonomie correspond à tout ce qui est situé à « gauche » du léninisme, c’est-à-dire toutes les tendances révolutionnaires qui rompent radicalement avec l’autoritarisme et refusent la centralisation, la structuration hiérarchique, l’organisation bureaucratique, la délégation de pouvoir par la représentativité politique, etc… Pour résumer, elle vient historiquement de deux branches : la branche anarchiste – en gros le milieu toto d’aujourd’hui – et la branche ultragauche – aussi appelée marxiste anti-autoritaire ou autonomie communiste, dont les luxembourgistes des années 20 ou l’autonomie italienne des années 70 sont des exemples connus.
Une des particularités fondamentale de l’autonomie est de s’organiser hors et contre les institutions du capital, en vue de les détruire. Elle part du principe que ces institutions, multiples (l’Etat, la valeur, le travail, l’armée, la police, etc) ne peuvent être conquises ou utilisées à des fins positives. Cela marque une différence fondamentale entre elle et l’extrême-gauche, qui voit dans ces instances des outils dont nous serions dépossédés. Ainsi là où la pensée de gauche est de « réappropriation de ce qui nous est volé » et où sa préoccupation est de placer les bons à la direction de la machine, la pensée autonome est purement destructive de la machine en question, en tant que part non réformable du problème.
Ce point est déterminant, car il explique pourquoi, entre l’autonomie et tout ce qui constitue la gauche, il y a un gap de ligne : les sauce-dem militants ou les syndicats ne sont pas des alliés critique avec qui on a des querelles sectaires pendant que l’extrême droite avance, mais bien des adversaires politiques dont le programme et la ligne sont antagonistes aux notres. Le manque de compréhension de ce point nous semble réellement problématique, car il marque une perte de compréhension de ce qu’est la ligne autonome.
II. Les différents courants.
1. Ultragauche
Chacune des deux branches de l’autonomie a une histoire foisonnante, faite de multiples tendances. Si on voulait résumer à la serpe, on dirait ça : l’ultragauche, ou autonomie communiste, se définit par rapport aux autres courants communiste par son refus de toute conquête de l’appareil d’Etat et de tout parlementarisme. On peut en voir une préfiguration dans ceux qu’on appelle les « enragés » sous la révolution française, ou dans les communistes anti-léninistes à l’époque de la révolution russe. Les deux situations sont d’ailleurs assez similaires dans certains aspects des dynamiques qui s’y jouent : dans chacun de ces cas, les « ultragauches » sont en conflit avec des « révolutionnaires centralisateurs » – Marat dans un cas, Lénine dans l’autre – qui les traitent de débiles parce qu’ils veulent la révolution tout de suite alors que « le reste du pays n’est pas prêt ».
C’est donc une histoire qui commence à la seconde 1 du système bourgeois. Il y a, d’un côté, les « extrêmes-gauchistes » qui veulent renverser la table mais selon un plan précis, avec un peuple révolutionnaire bien au pas et qui fait les choses selon leurs ordres. Et de l’autre ceux qui , faisant partie de ce peuple, veulent tout détruire maintenant et sans suivre le plan, et sont donc vus comme des agitateurs « dangereux pour la révolution » par les premiers. On voit bien dès lors que si pour l’extrême-gauche le clivage politique se fait entre les partis bourgeois et la gauche révolutionnaire, pour l’ultragauche, la rupture est un pas plus loin qualitativement : entre les « représentants/chefs/parlementaires », quel que soit leur bord, et les exploité.e.s atomisé.e.s, car pour ces derniers, le rapport social induit par les institutions est plus déterminant que de savoir qui est à leur tête. En effet, peu importe la couleur du parti, peu importent les querelles entre « bons et mauvais gouvernants », si tous sont d’accord pour imposer un ordre social étatiste – même soit-disant transitoire- , le travail à une majorité de la population – sous peine de prison ou de crever de faim – , et pour envoyer la troupe quand cette majorité décide qu’elle veut changer l’état des choses.
C’est un des socles fondamentaux de l’ultragauche : il n’y a pas, pour elle, de rupture qualitative fondamentale entre démocratie, gouvernement « révolutionnaire », fascisme, pas de différence qui vaille la peine qu’on s’y arrête entre gauche et droite, ni même entre extrême-gauche et extrême-droite. Ce sont toutes des boutiques gestionnaires de l’exploitation, toutes des garantes du rapport social capitaliste, et c’est par ça qu’elles se définissent avant tout. Ainsi, si le fascisme est une forme spécifiquement violente du capital qui doit être combattue, elle ne doit pas l’être en régénérant ses causes dans le même mouvement : c’est seulement par l’angle de l’anti-étatisme que des perspectives émancipatrices peuvent apparaître. De Mao à Allende en passant par Jaurès, Blum, Lenine ou Maduro, il n’y a donc rien à choisir, ce qui reproduit l’Etat étant voué à reproduire en même temps l’exploitation et les oppressions sur lesquelles celle-ci repose. Le seul choix révolutionnaire que l’on peut faire à chaque instant est celui du camp prolétarien, radicalement contre ces Etats.
L’ultragauche se distingue ainsi par son refus premier de toute alliance transclassiste même lorsque le conflit semble opposer le « raisonnable » voire le « progrès » au « mal absolu ». De là découlent ses critiques de l’auto-gestion [2], de l’antifascisme [3], etc… Cette ligne de classe fait sa force et sa pertinence dans les mouvements de lutte et dans le milieu anticapitaliste : là où l’analyse anarchiste rejette l’Etat sans distinction – ce qui est à notre avis très pertinent, ce n’est pas une critique – , l’ultragauche produit une propagande spécifique contre la gauche et ses enseignes, propagande qui permet une rupture avec la récupération réformiste ou léniniste.
2. Les « toto »
La branche anar de l’autonomie vient d’une histoire propre, même si les deux finissent par se mêler. Contrairement au communisme, dont l’ultragauche est un courant très spécifique, on pourrait dire que l’anarchie dans son ensemble est intrinsèquement liée à l’autonomie, du fait de son refus de toute transition étatique vers le communisme et de toute forme de délégation de pouvoir. Ses références sont assez différentes de l’ultragauche : elle va avoir tendance à se réclamer de l’héritage de l’Espagne de 36, des marins de Cronstadt en Russie et des expériences d’auto-organisation menées sous l’impulsion de l’armée de Nestor Makhno en Ukraine.
Cette branche de l’autonomie est encore la plus vivace par chez nous : globalement il nous semble que la plupart des gens du milieu toto se définiraient plus facilement comme anarchistes ou anarchisants que comme communistes. Le corpus théorique qui la traverse n’est pas ou peu marxiste, il aborde plus l’anticapitalisme depuis l’anti-autoritarisme que depuis la question de l’exploitation, et il insiste plus sur les actions affinitaires de lutte que sur la rhétorique révolutionnaire de masse. C’est d’ailleurs un point important qui distingue ces deux branches : à l’heure actuelle et après de nombreux revirements au cours du temps, on aurait tendance à dire que l’autonomie communiste a pour horizon la révolte prolétarienne généralisée, là où l’autonomie anarchiste fait de la vie militante hors du travail et de la lutte directe contre le système une certaine fin en soi. Tout ça amène à des approches différentes de la politique et de la propagande. Ainsi, les cocos se définissent plus « autonomes » à partir de la ligne politique – être autonome c’est poser une ligne à la fois communiste révolutionnaire et anti-autoritaire – ; tandis que les anars le font souvent plus depuis un mode de vie et d’organisation – être autonome c’est être anticapitaliste, illégaliste et s’organiser dans le « milieu » squat, le « milieu » queerosse, le « milieu » ZAD…
Un autre point important de l’anarchisme toto est que, depuis quelques années au moins, il est fortement tourné sur la mise en lumière des oppressions et la lutte radicale contre elles. C’est pour nous un de ses apports fondamentaux : ne pas s’arrêter à la lutte des classes telle que définie par Marx, ne pas réduire les problèmes qui nous occupent au capitalisme « pur » ni la question de la classe à une définition masculine et blanche du prolétariat. Et poser très clairement que contrairement à ce que qu’arguent les class first, ce n’est pas parce que le genre et la race sont intriqués dans le capitalisme qu’ils seront abolis automatiquement si on le renverse. Tout ça est d’ailleurs confirmé par de nombreuses recherches récentes qui montrent que les oppressions systémiques de genre existaient dès le soi-disant « communisme primitif ».[on peut notamment voir à ce sujet les conférences de Christophe Darmangeat ou Claudine Cohen, sur youtube. Les deux anthropologues sont en désaccord sur de nombreux points mais l’un d’eux est manifestement partagé : le patriarcat généralisé date au moins du Néolithique et des premières cités, il y a 8000 ans. Pour le paléolithique, ça a l’air moins clair] Il faut donc bien en conclure que seules les luttes radicales contre toutes les formes de l’oppression humaine peuvent mener au communisme/à l’anarchisme réel.
L’autonomie anarchiste permet ainsi de mettre en lumière que Marx avait un angle mort extrêmement dommageable en définissant la classe sans y intégrer entièrement les oppressions de genre et de race. [4] Cela lui donne une pertinence sur de nombreux points que les courants plus marxistes en France ont souvent du mal à articuler.
II. Limites des deux courants
Tout ça étant dit, on veut poser une analyse des limites qu’on voit à chacun de ces courants : ils nous paraissent tous deux avoir des angles morts importants, et gagneraient d’après nous beaucoup à se nourrir des points de pertinence de l’autre.
1. Ultragauche et autonomie
Si elle participe au maintien de la ligne de classe dans le milieu autonome, l’ultragauche est souvent plombée par une vision réductionniste. Elle a en effet tendance à tout ramener à la classe, et même à voir les luttes antiracistes ou antipatriarcales comme des parts secondaires ou « partielles » de la lutte anticapitaliste, qui se règleraient d’elles-mêmes mécaniquement dans la révolution. On trouve ainsi chez elle un certain désintérêt ou une incompréhension de ce que sont les autres axes d’oppressions ( à sa décharge, certaines tendances anarchiste de l’autonomie sont aussi très proches de cette rhétorique).
On dénombre à cause de tout ça pas mal de textes ou podcasts versant dans des analyses réactionnaires quand il faut parler de race ou de genre. C’est évidemment un problème, et ça fout d’autant plus le seum que si elle se réemparait de ces questions pour les articuler à la lumière de son logiciel, l’ultragauche pourrait apporter beaucoup. Au-delà du fait que ça parait un peu scandaleux en 2026, il nous semble en effet qu’une des réponses souhaitable aux courants anti-oppressions léninistes ou sauce-dém actuels serait de construire une lecture spécifiquement autonome des oppressions.
2. anars
Quand au milieu toto-anarchiste, on l’a dit, il se distingue dans la sphère révolutionnaire par un certain désir de conscientiser ces oppressions et de lutter contre elles – même si c’est de moins en moins vrai, pas mal d’organisations non anar s’en étant finalement réemparées ces dernières années. Son défaut est là où sont ses qualités : s’il ne s’arrête pas au capitalisme et à la pure lutte des classes, il ne s’y arrête à notre avis pas assez, au point que le capitalisme ne semble parfois plus tant un problème. Si on voulait définir ce qui se passe, on dirait que le milieu toto s’organise encore hors des institutions du capital, mais plus forcément contre elles. On peut ainsi tout à fait voir des totos s’auto-organiser pour pousser à voter à gauche pendant les élections, car pour eux, globalement, la FI c’est bien, la gauche c’est quand même bien, et le problème est plus la droite, le néolibéralisme et le fascisme que la sociale démocratie, qui fait pourtant totalement partie du capitalisme. La relation entre sauce-démie, libéralisme autoritaire et fascisme est ainsi évacuée ou lue depuis un logiciel de gauche. On en arrive même parfois à des analyses un peu délirantes, où les toto encore autonomes sont quasiment vus comme plus responsables de la montée du fascisme par leur refus de participer au vote que la gauche institutionnelle.
De même, on voit un peu partout des événements « anti-impérialistes » tenir le haut du panier en matière d’antiracisme et ne pas être questionnés dans le milieu, comme si ce terme n’était pas une vieille enseigne des marxistes-léninistes pour diviser le monde selon leur ligne transclassiste habituelle : les « mauvaises bourgeoisies impérialistes et suprémacistes » et les « bonnes nations victimes ». Le soutien à des patries « résistantes » ou à des proto-bourgeoisies « révolutionnaires » est amalgamé à la lutte contre le capital, sans qu’aucune tentative de lecture autonome soit posée. [En fait, pour le dire de façon assez crue, certains courants trotskystes spécifiques, non campistes, posent aujourd’hui des analyses et des critiques plus pertinentes des situations internationales que ce qu’on peut voir dans le milieu toto, alors même qu’eux sont léninistes. Il semble qu’il y a chez eux une mémoire plus forte de certaines bases révolutionnaires que dans le milieu toto. On se retrouve ainsi avec des situations rocambolesques, où des totos se retrouvent proches de divers groupes léninistes campistes, stals ou trotskystes, et où ce sont des courants trotskystes plus « stricts » qui critiquent tous ceux-là sur des bases prolétariennes]
Cela est d’après nous dû à un manque de colonne vertébrale politique solide. On aurait tendance à dire que le milieu toto est devenu aujourd’hui politiquement gauchiste, c’est-à-dire flou et mélangeant plein de courants, et que l’autonomie anarchiste et l’autonomie communiste ne sont elles-mêmes plus que des tendances en leur sein, pas toujours majoritaires. On pense que c’est le résultat de plusieurs choses, en premier lieu son fonctionnement organique : comme on l’a dit, on y entre rarement par la théorie mais plus par des logiques de milieu social, de cooptation, par des rencontres lors de mouvements sociaux ou d’arrivée dans des lieux de lutte, etc… ce qui fait que l’anarchisme toto est une nébuleuse qui se définit souvent plus par des pratiques, des codes et des opinions que par une ligne. Ensuite, on pense que la question des oppressions joue dans tout ce flou un rôle important. En effet, celle-ci prend enfin depuis quelques années une importance nouvelle, plus difficile à contester qu’auparavant, dans les milieux militants et dans la société française en général. C’est peut-être un pas assez rarement vu à cette ampleur.
Pour autant, on pense qu’une sorte d’amalgame est fait, et que souvent la question soulevée pour se positionner par rapport à une oppression est « est-ce que tu es en train d’être raciste/sexiste ou non par ton positionnement ». On dirait que le racisme et le sexisme sont des blocs sans nuances, sans déclinaisons politiques, et qu’il s’agit juste d’être pour ou contre. Or, on pense qu’une ligne antiraciste sauce-démisante de droite, sauce-démisante de gauche, léniniste ou autonome n’ont pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, des questions comme « participer au vote », « être pour ou contre le Hamas », « déclarer une manif/partir en sauvage » et globalement de tres nombreuses questions de ligne politiques sont rendues caduques car elles sont placées sous le saint-patronage de l’antiracisme et de l’antisexisme avec un grand A au lieu que la question : « de quel antisexisme/antiracisme parle-t-on ? » soit posée.
Conclusion
On a l’impression d’être coincé.e.s entre deux dynamiques pas ouffes au sein de l’autonomie. D’un côté on a l’ultragauche qui fait vivre la théorie autonome pas forcément si présente dans nos squats, mais qui se désintéresse encore trop globalement des questions d’oppressions, la rendant pour partie inaudible. De l’autre, le milieu toto-queer plus forcément autonome, lui, dans lequel les idées de « conscience des oppressions » et d’ « anticapitalisme » sont devenus des sortes de totem – c’est-à-dire des idées générales impossibles à nuancer, des blocs « pour » ou « contre » lesquels on serait, sans aucune réflexion pour savoir de quelle ligne anticapitaliste, antiraciste, antipatriarcale, etc… on parle .
En vrai, on trouve ça assez logique. On se dit que le combat pour simplement visibiliser les oppressions et gagner du rapport de force là-dessus au sein de la militance a du être un bordel immense qui a potentiellement empêché de gagner en même temps sur la question de la ligne à l’époque. Au-delà de ça, du simple fait d’être transversal à la question de la classe, c’est un combat qui a été mené parallèlement par des groupes de diverses lignes, et c’est donc sous cette multiplicité qu’il s’est répandu dans la société. Il parait finalement pas déconnant que les formes léninisantes et sauce-démisantes de l’antiracisme et de l’antisexisme soient aujourd’hui largement répandues dans le milieu, tout simplement car cela semble plutôt raccord avec l’état du rapport de force entre les différentes tendances anticapitalistes elles-mêmes.
Enfin, de façon plus générale, il faut bien dire qu’on n’a pas vraiment accès à un corpus clair quand on arrive dans le milieu : pas tant de brochures mettent l’accent sur les différences entre autonomie et autres courants… à l’inverse, de nombreux médias d’autres tendances s’emparent de questions de théorie et d’actualité : la Paduteam (stal), la Zawa Prod (sauce dem), Wissam Xelka (léniniste), Paroles d’Honneur (léninisto-décolonialo-bizarre), Blast (sauce-dem) etc… Il est normal qu’on aille vers eux pour s’informer, si ce sont les seules sources disponibles, et si elles disent quand même plein de trucs pertinents qui aident à s’informer et à réfléchir. Ce faisant, on intègre des morceaux de leur ligne.
On pense qu’il serait vraiment important qu’on se saisisse de cette situation et qu’on y réponde, autonomes communistes comme anarchistes. Qu’il faudrait reposer le focus spécifiquement sur la propagande de ligne, et répandre partout des réflexions et des points de vue anti-sauces et anti-léninistes détaillés, appuyés, explicités, nuancés– en n’omettant pas nos tatonnements, nos questionnements et nos points de doute -, ainsi que des points de vue de ligne concernant les oppressions, pour permettre à l’autonomie de rester vivace… Parce que ses particularités sont le fruit d’une longue histoire militante, et, si le milieu finissait par devenir une pure nébuleuse non encartée d’extrême-gauche (ou de gauche tout court) à force de manquer de transmission, c’est deux siècles de leçons des luttes passées qui seraient perdus pour les mouvements à venir.

PS : l’image d’illustration nous a fait rire mais en vrai, on aurait des débats à ouvrir sur le Rojava, la CNT de 36 et le Chiapas, précisément dans la lignée de ce qu’on a développé ici.
[1] ou shiny-queerisant, selon l’option
[2] l’autogestion est souvent mise en avant dans la gauche radicale comme une perspective désirable en soi. Cela mène à des situations étranges, comme la glorification d’usines ou de boites « autogérées » qui ne sortent pourtant absolument pas des logiques du capital
[3] l’antifascisme, en tant que « axe de lutte, groupe uni de tout ce qui est contre l’extrême-droite », représente dans cette logique l’incarnation du camp de la gauche, et répond donc à une logique traansclassiste
[4] On rappellera d’ailleurs à toutes fins utiles que Hegel, le philosophe sur lequel il s’est appuyé pour construire sa théorie de l’histoire, était un gros raciste de merde.
Best of de ces images du mouvement, pour ne pas oublier, ne pas laisser gagner les discours de peur... et donner envie de recommencer !
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1/ Ne soyez jamais à l’aise
Les personnes racisées ne sont pas à l’aise dans les espaces majoritairement blancs et ces espaces sont les plus fréquents dans notre société.
C’est à votre tour de connaître l’inconfort, d’être mal à l’aise, de constamment questionner votre légitimité, vos actes, votre ton et vos mots.
Peut-être qu’à force, nous serons plus à l’aise.
En tant que personne blanche, il est primordial, de toujours interroger la place que vous prenez, les actes que vous faites, les paroles que vous prononcez, le ton que vous employez. À chaque intervention, qu’elle soit, verbale ou non, il faut toujours se demander si la place prise est juste, si elle n’empiète pas sur la place que pourrait prendre des personnes non blanches.
Réfléchissez avant de parler et d’agir.
L’égo doit être relégué au cachot, il ne faut jamais se mettre en avant, sauf bien évidemment, pour effectuer les tâches chiantes, pour décharger les personnes racisées, être un·e véritable allié·e en somme.
2/ Mettez en avant les personnes racisées
Il ne s’agit pas d’adopter une position passive de retrait, ni une posture seulement de façade qui serait en réalité paternaliste.
Il faut mettre en oeuvre des moyens concrets pour mettre les personnes racisées, sur le devant de la scène et mener une réflexion constante à ce sujet pour s’améliorer. Une vigilance permanente colllective doit exister.
Nous sommes dans une société raciste, islamophobe et sexiste, donc naturellement les personnes racisées et encore pire racisées et musulmanes et encore pire racisées, femmes et musulmanes, ne seront pas nécessairement à l’aise pour prendre la place qui leur revient à chaque moment de vie du collectif (tant dans les événements organisés, que les réunions, les groupes de travail…). Il ne faut donc pas simplement attendre qu’elle prenne naturellement la place du devant de la scène et ne pas être gêné·e de la prendre soi-même, si elles ne le font pas.
Il faut les encourager à prendre cette place, les accompagner, faire en sorte de leur donner confiance en leurs capacités, les aider à développer leurs capacités, leur mâcher le travail si nécessaire, tout en respectant bien entendu leur volonté. Tout le monde ne souhaite pas cette place mais il faut mettre en oeuvre les conditions pour que celles qui sont d’accord pour la prendre, puissent l’avoir.
Il s’agit d’un travail sur le long terme car il faut détruire ce que la société a inculqué aux personnes minorisées visant à saper leur confiance en soi.
Le choix de qui prend la parole au nom du collectif est fondamental, il faut autant que possible que ce soit des personnes racisées qui occupent cette place et ce en réalité, peu importe le combat mené par le collectif. Si elles ne peuvent pas le faire, demandez-vous pourquoi et agissez sur les raisons, s’il y a des moyens de le faire. Si ce n’est pas le cas, selon l’objet du discours, demandez-vous si c’est pertinent de prendre cette place, selon votre position. N’oubliez pas que vous pouvez tendre votre micro à des personnes qui ne font pas partie de votre collectif.
La société prive injustement de visibilité les personnes racisées afin de préserver son ordre suprémaciste. Ce n’est pas à reproduire au niveau des collectifs. C’est important pour les membres du collectif mais également pour le public. Pour que les personnes racisées externes se sentent représentées. Leurs voix doivent être entendues.
On en a marre de voir des blanc·hes monopoliser les luttes, d’autant plus quand ielles ne sont pas victimes des oppressions qu’ielles prétendent dénoncer.
3/ Nommer l’éléphant dans la pièce
Ne pas nommer ce qu’il se passe, c’est le cautionner, le laisser perdurer. Il faut déconstruire cette gêne et se demander d’où elle vient, ce que l’on n’a pas envie d’affronter et pourquoi on ne s’en sent pas capable. Les réalités se nomment pour être traitées et gérées comme elles doivent l’être. Ce n’est pas parce que vous appartenez à la majorité oppressive que vous ne pouvez pas en parler, bien au contraire, c’est à vous de le faire en priorité.
Les personnes racisées doivent être à l’aise de nommer les choses et c’est de votre responsabilité de permettre un cadre qui les fait se sentir en confiance, les fait savoir qu’elles seront écoutées comme il se doit lorsqu’elles nommeront les choses, que leur parole sera bien accueillie et qu’elles auront le soutien (public et privé) nécessaire.
Par ailleurs, un mal fait publiquement doit être réparé publiquement, pas discrètement entre deux portes. Ce n’est pas comme ça qu’on instaure une culture de la responsabilité, ni que l’on prend en compte les torts commis.
Il faut avoir le courage de ne rien laisser passer de la part de vos congénères et du refuser votre confortable silence complice.
Il est important de parler, dès le début, dès la première rencontre, de la représentation dans le collectif. Les blanc·hes et les racisées doivent savoir quelle sera leur place et être elleux-même en capacité d’y veiller.
4/ Dégagez votre égo
Oui vous êtes militant·e, oui vous avez (a priori) déjà mené un travail de déconstruction sur la question de la blanchité, du racisme, de la colonialité. Mais vous ne l’avez pas assez mené. Vous n’êtes pas assez éduqué·es. Ce travail n’est jamais terminé. Vous fautez et allez continuer de le faire. La nécessité de se remettre en question disparaître quand vous disparaîtrez. Les biais racistes et islamophobes ont été tellement intégré dans votre ADN qu’ils seront toujours présents, d’une manière ou d’une autre. C’est un fait mais ce qui compte c’est ce que vous en faites.
Ne considérez jamais que le travail de déconstruction est fini. Acceptez les critiques, les recadrages et surtout l’inconfort qui les accompagnera. Si une personne vous a dit que vous avez été problématique, vous l’avez été, ne le remettez jamais en cause. Ne minimisez jamais la colère des autres. Réagissez à la hauteur : écoutez, excusez-vous pour le dommage causé, dites que vous allez vous éduquer, éduquez-vous pour changer ce qui a posé problème et proposer une réparation. Une première prise en compte des propos qui vous sont adressés doit être immédiate mais elle ne doit pas s’arrêter à une unique réponse.
Et si vous avez échoué à réagir convenablement dès le départ, votre responsabilité ne disparaît pas, agissez donc en conséquence.
Peu importe la forme dans lequel le reproche vous est fait, acceptez-le. La violence que vous recevrez éventuellement ne sera qu’une violence secondaire. La première violence est celle subie par la personne qui aura dû vous faire le reproche, vous éduquer, ce qui par ailleurs est une charge particulièrement désagréable. De manière générale, la non-mixité au sein d’un collectif est une charge pour les personnes racisées, il faut en avoir conscience.
On s’en fiche de vos émotions, de comment telle ou telle remarque vous a affecté. Ce n’est pas le problème. Ce n’est pas vous la victime. Si vous avez besoin de pleurer, d’exprimer vos émotions pour pouvoir encaisser et être meilleur·e, faites le avec vos congèneres, épargnez-nous ça.
Être quelqu’un·e d’assez déconstruit·es ne fait pas de vous un héro ou une héroïne. Il est purement détestable d’accepter cette place que d’autres pourraient vous donner ou pire de faire en sorte soi-même d’être mis·e sur ce piédestal. Ne fantasmez pas non plus la déconstruction d’autres personnes blanches et rappelez-vous que derrière chaque personne blanche déconstruite, il y a des personnes racisées qui se sont fatiguées à leur expliquer leurs vies. C’est elles qui méritent l’admiration.
Ne vous appropriez pas leur travail, comme le colonialisme vous l’a appris. Citez-les et soyez reconnaissant·es.
Pour quoi et pour qui luttez-vous ? Posez-vous ces questions quand vous ressentez l’envie d’être sous le feux des projecteurs, de recevoir les félicitations externes pour le travail accompli par le collectif.
5/ Prenez soin
Il est important d’avoir une dynamique de soin au sein de nos collectifs, pour tous·tes, mais en particulier pour les personnes les plus soumises aux oppressions systémiques.
Le soin n’est pas un concept abstrait, c’est une réflexion a constamment avoir et des actes à mettre en place : féliciter, remercier pour le travail fourni, le valoriser, s’assurer que les gens vont bien, être attentif·ves à elleux notamment aux plus vulnérables, proposer du relais, soutenir particulièrement lorsque des oppressions sont vécues, prendre des nouvelles, proposer son aide…
Si quelqu’un·e fait beaucoup à un moment donné, il faut vérifier que la personne va bien, lui conseiller de freiner en lui proposant des moyens concrets lui permettant de le faire. Il est important de ne pas laisser les gens se déborder tout en respectant bien sûr la volonté de chacun·e, ce qui revient donc à leur offrir une porte de sortie. On peut choisir de s’épuiser pour une lutte et c’est à respecter. Mais cela doit être justifier par la cause pour laquelle on se bat, non pas par l’organisation défaillante du collectif.
Tout le monde n’a pas le même rapport au travail, dans une société capitaliste où certain·es ont toujours dû prouver plus que les autres pour espérer être considéré·e. L’existence d’une neuroatypie peut également conduire à un investissement excessif qui sera coûteux. Même si se surcharger peut venir d’un schéma individuel dysfonctionnel, lorsqu’il est mis en œuvre au sein d’un collectif, il est aussi de la responsabilité de ce dernier.
Par ailleurs, il est fondamental de veiller constamment à une bonne répartition des tâches, à ce que les responsabilité soient partagées et que le collectif ne fonctionne pas sur l’exploitation de quelques personnes.
La violence est constante dans la société quand on est une personne racisée, voire en plus musulmane. Renseignez-vous sur ces réalités, qui ne sont pas les vôtres et apprenez à les envisager pour ce qu’elles sont, sans chercher à mettre votre regard occidental biaisé dessus.Prenez en compte cette violence : préservez, soutenez, écoutez, croyez, encouragez les personnes racisées.
Le soin est un vrai sujet constant, qui a sa place dans votre ordre du jour, qui nécessite la mise en place d’outils, de discussions répétés, de groupe de travail sur des thématiques qu’il englobe.
Si vous n’êtes pas en capacité de prendre soin les un·es des autres, de fonctionner correctement et sainement pour les personnes racisées, ne fonctionnez pas tant que ce n’est pas réglé, c’est préférable aux torts que vous continuerez de causer tant que vous ne prendrez pas vraiment le temps de changer. Si vous priorisez, dans ces condition, l’organisation d’événements, cela en dit long sur le sens qu’ont ceux-ci.
6/ Attrapez la veste de vos congénères
Ne laissez rien passer. Reprenez les lieux, les collectifs, les individu·es qui dérapent. En restant à votre place, parce que les délires de whitesaviorism, de paternalisme, c’est non.Vous ne sauvez rien, vous limitez juste votre complicité, dans une société suprémaciste dont vous profitez.
Il est hors de question de calmer la colère des personnes racisées, de la filtrer, de ne pas la laisser s’exprimer et de choisir soi-même, en tant que personne blanche, comme elle devra être formulée.
Ce n’est pas aux personnes racisées de le faire. Si elles sont contraintes de le faire, c’est que vous avez échoué. Si elles ont envie de le faire, fermez-la et laissez-les faire.
Par ailleurs, abstenez-vous de venir dire à une personne racisée, que vous avez remarqué un comportement raciste quand ça n’a aucun intérêt. Demandez vous quel est votre but ? Frimer en montrant que vous êtes en capacité de le repérer ? Avoir un sujet de conversation ? On a pas besoin de ça sauf s’il y a une vraie raison (par exemple un enjeu de protection, de connaître ses ennemi·es), on est déjà bien au courant de la présence du racisme, puisqu’il nous nuit. Au lieu de parler, agissez.
7/ Soyez les sous-fifres
Pas de question de représentation sur les tâches les plus chiantes, n’hésitez pas à vous en saisir, n’hésitez pas à décharger les personnes racisées notamment pour qu’elles puissent occuper les rôles où la représentation compte ou ne serait-ce que pour compenser la charge raciale que la blanchité fait peser sur elles.
Que vous faites peser sur elle. Soyez également aux premiers rangs face à la répression, à faire bloc pour protéger les personnes racisées si besoin car la représsion les touchera toujours plus durement.
Ayez la décence de ne pas vous moquer de la répression, alors que vous êtes les plus favorisé·es, face à elle.
8/ Ne vous appropriez pas les réflexions d’autrui
La colonialité vous a habitué·es à vous approprier les ressources et le travail des personnes non blanches, jugé·es exploitables notamment car inférieur·es.Dans un collectif, cela prend plusieurs formes notamment celle qui consiste à reprendre et faire sienne des réflexions développées et partagées par ses camarades racisé·es, notamment, mais pas que, sur des sujets liés aux enjeux raciaux.
Taisez-vous ou acquiescez au lieu de reformuler la même idée qui vient d’être dite avec d’autres mots, parfois même de manière plus éloquente, pour reprendre à son compte le propos d’autrui, d’une manière qu’on juge plus acceptable. Pour être pertinent, un discours n’a pas à être tenu par une personne blanche.
Et si vous souhaitez partagez une idée qui n’est pas la vôtre, qui résulte de réflexions qui ne sont pas les votre, d’un vécu parfois douloureux qui n’est pas le vôtre, ne vous l’appropriez pas et précisez d’où il vient, si c’est possible ou au moins qu’il ne vient pas de vous.Ce comportement est particulièrement déshumanisant.
9/ Éduquez-vous
En 2026, plein de ressources sont accessibles pour s’éduquer, il est de votre responsabilité de mener un travail continu et en profondeur à cet égard, particulièrement après que l’on vous ait fait remarquer un comportement problématique. Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre ce moment, car qu’on vous l’ait formulé ou non, vous agissez de manière problématique.
Ce n’est pas aux personnes racisées et encore moins à celles qui ont été victimes de votre blanchité et de votre manque de remise en question sur le sujet, de faire ce travail. C’est une charge raciale supplémentaire. S’éduquer ce n’est pas simplement lire un post instagram, le repartager, écouter une prise de parole et applaudir.
C’est intégrer les messages, questionner son propre comportement, identifier ce qui ne va pas et changer. Vous devez adopter une posture active et mettre en place des outils de transformation.Si ce n’est pas inconfortable, essayez encore, c’est que vous n’y êtes pas.