Le mouvement « Zéro bébé à la rue » désigne une mobilisation citoyenne et associative (portée notamment par le Pôle de santé des Envierges et RESF à Paris) qui dénonce la présence de nourrissons et de jeunes enfants sans abri. Rendez-vous tous les premiers lundis du mois de 19 à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris
L'action « zéro bébé à la rue » continue tous les premiers lundis du mois.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Parce que la précarité de nos plus jeunes est un danger pour leur santé physique et mentale actuelle et à venir,
Parce qu'il n'est pas admissible, tolérable qu'en 2026, des femmes enceintes, des bébés et des enfants dorment dans la rue en France,
Parce que des solutions sont possibles comme nous l'avons constaté pendant la crise sanitaire du Covid (tous les sans-abris ont pu être mis à l'abri),
depuis deux ans, « Zéro Bébé à la Rue » manifeste les premiers lundis de chaque mois de 19h à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris (31 rue de Rivoli).
Dans Paris et en Île-de-France, faute de logements ou de places d'hébergements, de nombreuses personnes dorment dans les rues, dans les parcs, dans les écoles, dans les gares et dans les salles d'attente des hôpitaux.
Le 19 août 2024, 2043 enfants dorment à la rue (dont 467 âgés de moins de 3 ans), en cette veille de rentrée scolaire. Ces chiffres sont sous-évalués puisqu'ils ne concernent que les familles qui ont appelé le 115 (Baromètre Enfants à la Rue, UNICEF et Fédération des Acteurs de la Solidarité, août 2024).
Ce qui était impensable il n'y a pas si longtemps, est devenu une réalité insupportable : des femmes enceintes, des bébés, des enfants ne sont pas protégés et dorment dehors.
Bien que des dispositifs de mise à l'abri existent, ils sont insuffisants.
Notre collectif « Zéro Bébé à la Rue » a décidé de mettre en place une action de protestation, de mobilisation citoyenne, qui sera caractérisée par sa répétition mensuelle. Cette action se poursuivra jusqu'à ce que ce problème prioritaire de santé publique soit réglé. le gouvernement s'est engagé, à l'automne 2022, à ne plus avoir aucun enfant à la rue. Nous demandons que cet engagement soit respecté.
Nous sommes un groupe de soignantes, de parents et d'enseignants, regroupés depuis plusieurs années dans le collectif RESF Titon-Souzy-Pilâtre, Paris 11e.
Révoltés par ce que nous voyons, nous avons interpelé le Pôle de Santé des Envierges, qui a décidé de porter l'action.
Le Pôle de Santé des Envierges est une association de soignants du 20e arrondissement, dont l'objectif est le travail en équipe, l'accès aux soins et la diminution des inégalités sociales de santé.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Karine Brochet
Mady Denantes
Pole de santé des Envierges
RESF Titon Souzy Pilatre
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers. Rendez-vous le 19 septembre
SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 19 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.
Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.
Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.
Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 19 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.
C'est maintenant qu'il faut agir.
Compte rendu de la commission mandatée par la commission Bloquons Tout Paris du lundi 20 juillet 2026
Règlement des prises de parole dans la commission BLOQUONS TOUT
Tu me laisses parler. Je t'ai écouté. Donc tu me laises parler. TU ME LAISSES PARLER . Je t'ai écouté. DONC TU ME LAISSES PARLER
(etc etc)
Motion concernant ce réglement de prise de paroles
Tu m'écoutes, je t'écoute et tu me laisses parler sont des phrases de domination permettant de cadrer et d'enfermer la problématique de la discussion dans un seul sujet, celui défini par celui qui a pris la parole et qui entend contrôler par tous les moyens la finalité de sa prise de parole.
L'écoute n'est pas le respect, le droit, le devoir et le mérite. L'écoute n'est pas retour sur investissement. Notre écoute n'est pas celle d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, de Jean Luc Mélenchon, des représentants du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), du parlement, du directeur du personnel, de l'école et des associations.
L'écoute est l'expérimentation et le partage de nos souffrances qui deviendront peut-être des actes. Désormais nos réunions, l'éducation populaire, les coordinations, les ateliers de travail de réflexion, les congrès et nos manifestations deviendront des ripostes et du désordre proclamé comme désordre par les professionnels de l'écoute.
Notre écoute est fondée sur le désir, elle n'est pas fondée sur l'échange commercial et elle deviendra une énergie collective incontrôlable, puisque dénuée du sens unique, de la visibilité, du plan comptable et de l'ouverture aux autres.
Qui aurait pu prévoir que l'absence d'écoute suivie d'actes chers à Victor Hugo et d'autres humanistes à l'écoute deviendraient des drones et la destruction des chars et de la barrière de sécurité ?
Qui se souviendra des trois millions de manifestants défilant contre la réforme des retraites avec comme mot d'ordre parfaitement justifié le mot d'ordre de la lutte contre la réforme des retraites ?
Désormais, nous tournerons en rond devant les supermarchés le dimanche, le samedi ou le vendredi soir après 19 heures 41, sans porte-paroles, sans but, sans votre raison et sans votre encadrement destiné à encadrer vos crises de panique. La répétition est la subversion de leurs victoires et de leur ordre ordonné par l'écoute tolérante.
Merejkowsky
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
Article trouvé par ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/
C'est peut-être bien, de ne pas tomber dans la parano surtout car il manque les détails du contexte pour clarifier la visée de cette surveillance. Par exemple, à Rennes, on sait que la police manque beaucoup de moyens, et mis à part pour de l'anti-terrorisme ou des cas très spécifiques, écouter des militant.es en continu coute souvent trop cher, et serait sans doute peu fructueux.
L'éphéméride des luttes du 12 août se met en grève et voit voler les pavés, tente de les mettre "à hauteur d'un empire" comme dit le poète. Sans oublier quelques tonnes d'explosifs par-ci par-là, pour la forme.
1861 : Naissance à Verceil (dans la Piémont) de l'anarchiste italien Luigi Galleani, qui deviendra une figure très importante de la lutte anarchiste aux Etats-Unis, tant par ses écrits que par les séries d'actions directes que de nombreux anarchistes mènent à cette époque. Le journal qu'il contribue à créer, Cronaca Sovversiva, est à l'époque considéré par le président comme étant "le journal le plus dangereux édité sur le sol des Etats-Unis".
1888 : A Barcelone, création du syndicat UGT.
1893 : Premier numéro du journal anarchiste L'insurgé à Lyon.
1919 : Au Costa Rica, le dictateur Pelico Tinoco s'enfuit du pays avec plus de 100.000 dollars sur à une grève générale déclenchée par l'assassinat d'un professeur
1921 : A Almería, naissance d'Abel Paz (de son vrai nom Diego Camacho Escamez), anarcho-syndicaliste et historien, qui participa à la guerre civile.
1962 : En Espagne, le Mouvement Libertaire Espagnol et le groupe Défense Intérieure, lié aux résistant-e-s anarchistes à la dictature franquiste fait sauter une bombe dans la Basilique de Valle de los Caídos contre les liens entre l'Opus Dei et la dictature.
1969 : A Derry, en Irlande du Nord, c'est le début de la Bataille du Bogside entre la population et les membres loyalistes de l'armée britannique : trois jours d'émeutes presques ininterrompues qui font neuf morts et plus de 750 blessé-e-s (dont 150 par balles).
1977 : A Potenza, une attaque à l'explosif des NAP (Nuclei Armati Proletari) contre une caserne de carabinieri est abandonnée au dernier moment du fait de l'arrivée inopinée d'une patrouille. Tout le matériel, y compris une voiture volée, est laissé sur place.
1992 : La police métropolitaine de Londres découvre douze tonnes d'explosifs artisanaux lorsqu'elle saisit trois vans. Ceux-ci auraient été confectionnés par l'IRA.
1995 : En Irlande du Nord, la ville de Derry s'enflamme de nouveau et connait une journée d'émeutes.
2016 : A Gênes, des répétiteurs de télévision sont incendiés en soutien aux prisonniers anarchistes et aux révolutionnaires en cavale.
Voir l'éphéméride anarchiste du 12 août.
En septembre 2024, l'équipe de l'émission Minuit Décousu décide de programmer pour le mois d'octobre une émission qui aura pour thème les luttes et les solidarités contre le système de frontières. Elle tourne alors ses micros vers Toulouse où trois camarades du réseau Alarmphone répondent très gentiment à une longue liste de questions qui vont du fonctionnement du réseau d'Alarmphone aux transformations des routes migratoires en passant par le rôle de Frontex dans l'externalisation des frontières hors du sol européen. Un entretien dont l'émission avait soigneusement monté et gardé certains des éléments (heure de radio oblige) mais qui a depuis été retranscrit dans son intégralité. Il apparaissait important de proposer la publication de l'entretien dans le contexte actuel de boucle médiatique réactionnaire depuis que près de 60 000 personnes en mouvement ont franchi la frontière espagnole de l'enclave néo-coloniale de Ceuta au Maroc. Bonne lecture !
Minuit Décousu : Est-ce que vous pourriez vous présenter ?
Alarmphone : On est trois personnes qui faisont partie d'Alarmphone-Toulouse et qui habitons Toulouse ou alentours. C'est une équipe d'Alarmphone qui s'est montée localement en 2020.
Minuit Décousu : Est-ce qu'on peut revenir sur comment ça s'est monté Alarm Phone de manière générale et puis ensuite la cellule Toulousaine plus précisément.
Alarmphone : En fait Alarmphone ça arrive dans dans le contexte de montée des migrations et de la répression des migrations. Répression qui date quand même depuis longtemps, qui commence dans les années 1970 avec les visas, c'est ce qui va entraîner les passages de frontières de manière irrégulière, mais qui sont assez stables jusqu'en 2013. On compte un millier de passage de la Méditerranée en gros de ce qu'on peut compte jusque là, et à partir de 2014, ça va monter très fort du fait des contextes internationaux. Là on en compte 200 000 en 2014 et près d'un million en 2015. En 2013, il y a un gros naufrage qui fait 300 morts, et qui va entraîner l'opération Mare Nostrum. Cette opération, qui est largement menée par l'Italie à l'époque, va faire des opérations de sauvetage. Comme quoi c'est possible. Et il y a 150 000 personnes qui secourues dans cette opération assez massive, dont des personnes qui sont principalement orgiainaires de pays d'Afrique subsaharienne, mais aussi beaucoup de Syrie et de Libye qui sont en guerre civile à ce moment-là. Donc Alarmphone se monte en 2014, avec des activistes qui vivent au nord et au sud de la Méditerranée. Pour le dire rapidement, le principe c'est une ligne téléphonique d'urgence à destination des personnes se retrouvant en situation de détresse pendant une traversée de frontière, la mer Méditerranée notamment. Et ce numéro est joignable 24h/24 toute l'année. Ça c'est le principe de base.
Mais l'histoire elle commence doucement, à la fois avec peu de personnes. C'est vraiment peu de gens qui font ça au départ, mais et aussi pas beaucoup d'appels. le numéro n'est pas n'est pas très connu et progressivement il y a des équipes qui vont se monter en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en France, en Angleterre, en Hollande, en Sardaigne et bien entendu au sud de la Méditerranée au Maroc, en Tunisie, au Sénégal. Il y a des contacts forts aussi au Mali au Niger et certainement j'en oublie parce qu'il y a des équipes qui vont se monter qui vont ensuite disparaître d'autres arriver etc c'est un réseau qui est assez important qui compte plus de 200 000 personnes. Les appels aussi vont se multiplier. L'année dernière [2023], on a reçu, on a accompagné 2400 situations. C'est beaucoup plus d'appels, mais en tout cas 2400 situations de problématiques liées à la répression aux frontières. Et ce matin, on en était à ouvrir le 1358e cas, comme on dit dans le jargon, quoi.
Je pense qu'il y a un truc qui est important dans dans la formation d'Alarm phone général, c'est que ce qu'on sait, ce qu'on fait, on le doit avant tout aux personnes en mouvement qui inventent des nouvelles routes, qui diffusent le savoir qu'elles ont collecté le long de celles-ci. Et depuis dix ans le réseau il apprend et grandit avec ça. Ça, c'est vraiment une une base importante à mon sens avant de développer. Et pour nous spécialement, je crois pas qu'il y ait pas grand chose à dire. C'est comme partout à plein d'endroits, des gens ont envie d'avoir une action directe contre le système des frontières, qui s'insèrent dans ce réseau, qui apprennent (c'est une formation qui est pas simple) et qui qui vont ensuite travailler à participer à cette ligne d'urgence. On a une amie qui disait qu'Alarm Phone c'était une sorte de legal team de la mer. Dans un contexte pourri où la répression fait rage, c'est s'accrocher à quelques droits pour tenter de s'en sortir au mieux. Et là, ici, c'est le droit de la mer, celui ancestral, un peu mythique, que les marins doivent porter secours aux autres marins. Bon, en vrai, c'est très relatif, surtout dans la réalité aujourd'hui du commerce maritime, etc. Et puis même, c'est des bateaux aujourd'hui où en fait tu vois rien, tu sais pas ce qu'il y a sur la mer, donc bon... Mais il y a ça, et puis il y a aussi une convention internationale sur la recherche et le sauvetage maritime qui est signée en 1979 et qui va finalement entrer en vigueur en 1985… Bon ça c'est un peu des détails mais mais c'est important et c'est ce qui oblige à ce qu'il y ait des des moyens de sauvetage et de coordination du sauvetage en mer dans ce qu'on appelle des zones SAR, de “search and rescue”, de recherche et de sauvetage en français, et c'est un espace maritime qui est pas de tout celui des des eaux territoriales qui est les eaux internationales mais dans lesquels les États ont des responsabilités morales et matérielles et légales de sauver les personnes qui sont en détresse et de les ramener à un port sûr. C'est comme ça que c'est c'est c'est noté dans la loi. Le port sûr, ça va être un endroit où les personnes en danger ne le sont plus, tout simplement. Mais ce qu'il faut ce qu'il faut bien te garder en tête, c'est que le port sûr, c'est en fait une définition politique. Et qui résulte d'un rapport de force. Demain, il pourrait être établi que Misrata en Libye, c'est un port sûr, alors que la Libye, c'est un bagne horrible pour les personnes en mouvement. Donc, vraiment ce droit, c'est un champ de bataille perpétuel pour que les ports sûrs, ça soit des ports réellement sûrs et qu'ils soient notamment au nord de la Méditerranée.
MD : Sur votre site il est fait mention d'un réseau de collectif, d'associations auquel appartient Alarmphone. Est ce que vous pouvez en dire deux mots ?
Alarmphone : En fait, je pense qu'il y a un truc important qui fait le lien, en fait, avec qui est-ce qu'on s'organise. C'est que même si on agit surtout pour le sauvetage et le droit des personnes qui traversent, on est avant tout convaincu que ce qui est urgent, c'est de détruire le système des frontières et des visas, pour que les drames de la mer soient évités. Le problème, c'est les frontières, et nous on se bat pour la libre circulation. Donc on s'accorde avec des gens qui partagent ces idées-là. Ce qu'on appelle les projets “soeurs” d'Alarmphone. C'est comme Alarmphone Sahara qui travaille sur la traversée du Sahara, notamment à partir du Niger. C'est aussi la maison de Laâyoune, qui accueille des personnes en mouvement à Laâyoune dans le Sahara occidental. Et ensuite, on a d'autres contacts plus larges sur des acteurs du sauvetage en mer, ce qui s'appelle la “civil fleet”, la flotte civile, qui remplace les États dans leur travail de sauvetage. Donc c'est les Geo Barrents, c'est les Humanity One, c'est tous ces bateaux.
Il y a un autre élément sur lesquels on collabore beaucoup c'est les commémorations. Les commémorations, c'est des actions qui viennent de familles du sud, de familles de personnes qui ont disparu dans leur parcours de migration et qui veulent commémorer pour qu'aucun mort ne passe inaperçu. Une des dates assez importante, c'est notamment celle du 6 février. Par exemple, le 6 février dernier, c'est dans 54 villes de l'Afrique à l'Europe, de Tripoli au Liban à Brest en France, d'Amsterdam à Douala, qu'il y a eu des événements pour la tristesse et le souvenir et avec la rage de faire cesser le système des frontières. Et ça, c'est des éléments importants du travail d'Alarm Phone : regarder ce qui se passe aux frontières, le faire savoir, le faire sortir de l'oubli et le raconter le plus largement possible.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone. On y voit l'image d'une carte marine qui indique la position de 49 personnes en détresse au large de la Tunisie.
MD : Du coup si vous voulez on va passer au fonctionnement d'Alarmphone même on a déjà un peu commencé à amorcer un peu des éléments mais je pense que du coup ça permettra de compléter. Concrètement, comment on fait pour pour venir en aide aux personnes en exil ? Vous avez expliqué le principe de ligne téléphonique mais comment ça fonctionne si on prend le truc un peu dans l'ordre, on va dire, pour aider les personnes.
Alarmphone : En gros, nous, ce qu'on fait, c'est relayer les appels de détresse aux gardes côtes et faire pression. C'est ça le principe. On est pas un numéro de sauvetage, on n'a pas de bateau. Et quand on nous appelle, on est dans nos salons avec nos ordis. Donc, c'est un numéro d'alerte pour appuyer les opérations de secours. Par rapport à ce que les gens directement sur les bateaux peuvent faire, nous on va peut-être apporter des meilleures capacités matérielles et des connaissances pour pouvoir mettre la pression aux autorités nationales et aux gardes côtes pour qu'ils viennent en aide aux personnes en mer. Donc ce qu'on va faire pendant les permanences, c'est envoyer des emails aux autorités des zones SAR concernées en fonction d'où se situent les personnes sur les bateaux, on les appelle et ensuite on les rappelle et ensuite on les rappelle. Comme ça, ils sont au courant des bateaux en détresse, ils sont au courant de leur localisation et de la progression des bateaux. Et aussi, surtout, ils savent qu'on est au courant et qu'on visibilisera leur inaction s'il y a des naufrages. Donc, on pense qu'une grosse partie du travail, c'est d'assister les personnes en mouvement, bien qu'on se sente souvent impuissant-es. En fait, quand on a les personnes au téléphone, bien sûr c'est pour relayer toutes les informations nécessaires pour un sauvetage mais c'est aussi du travail émotionnel. Enfin, il y a ce truc d'apporter autant d'éléments que possibles pour qu'ils puissent en sortir au mieux, leur donner des conseils et aussi être des soutiens s'il y a beaucoup d'angoisse de la panique, s'il y a des personnes qui ressentent le besoin d'avoir quelqu'un au téléphone. On va rester en contact avec les personnes et on va faire le maximum pour être présent-es tant qu'il y a besoin.
Donc du coup, il y a ce travail de permanence. On est plein d'équipes locales dans plusieurs pays et on va se répartir les permanences pour qu'il y ait tous les jours, 24h/24, des camarades qui puissent répondre au téléphone. Pendant ces permanences, on va regarder la météo, on va suivre les parcours des personnes grâce à leurs positions GPS. On va archiver tout ce qui se passe pendant la permanence. On va répondre aux proches sur les réseaux sociaux. On va recharger les téléphones des personnes en mer quand ils ont plus de crédit. Et on peut aussi relayer les situations très dangereuses sur Twitter, par exemple. Comme ça, ça met davantage de pression aux garde-côtes. Et donc, en dehors du travail de permanence, il y a aussi tout le travail à côté. pour que cette permanence soit possible. En amont, il va y avoir le travail de prévention qui est mené au sud de la Méditerranée dans les communautés de départ par le biais par exemple de brochures qui vont expliquer les risques auxquels s'exposent les personnes qui veulent traverser et faire de la réduction des risques en distribuant le numéro d'Alarme Phone parmi d'autres choses et après on a aussi des groupes de travail, par exemple un groupe de travail technique pour résoudre les problèmes techniques du réseau. Il y a des groupes régionaux qui vont analyser les tendances dans telle ou telle région et mettre à jour les meilleures manières qu'on peut avoir d'aider les gens en fonction des parcours de migration.
Après, il va y avoir un groupe de suivi des bateaux et des personnes disparues, qui va essayer de chercher ce qui est arrivé aux bateaux dont on a perdu la trace et aussi être en contact avec les familles des personnes disparues. Et après, j'ai l'impression que ce qui nous paraît très important, c'est l'archivage. Parce que l'intérêt de tout ça, c'est aussi que soit rendus visibles les luttes des personnes migrantes, les actes de solidarité et la violence des régimes frontaliers européens. On fait des rapports sur toutes les traversées qu'on assiste, on publie des articles. Après, il y a un podcast qui s'appelle Chroniques A Mer, qui est fait par des personnes d'Alamphone. Et après, pour finir, c'est essayer de faire fonctionner un réseau transnational avec les outils de l'auto-gestion. On a nos fonctionnements par ville, donc des tas de réunions en fonction des groupes de travail, et après des meetings deux fois par an qu'on fait au nord et au sud de la Méditerranée pour se rencontrer, se former ensemble, améliorer nos fonctionnements, prendre des décisions et prendre soin du réseau.
MD : La question que j'avais par rapport à à tout ça, c'est la question de la langue. Comment est-ce que les gens qui vous appellent font pour se faire comprendre et en échange, comment vous vous pouvez vous faire comprendre des personnes qui vous appellent. Est-ce qu'il y a des interprètes, omment ça fonctionne au niveau linguistique ?
Alarmphone : La plupart des personnes d'Alarmphone savent à peu près comprendre et se faire comprendre en anglais, donc on peut dire que c'est la langue qu'on utilise le plus, y compris avec les personnes sur le bateau. Aussi avec le français. Il y a souvent minimum une personne qui pourra prendre le téléphone et parler en anglais ou en français et si c'est pas le cas, surtout pour le français, on va avoir des sortes d'astreintes où par exemple, moi, je vais me rendre disponible au cas où personne n'arrive à communiquer en français avec des gens sur un bateau. Après, pour les gardes côtes, par exemple, ça peut être bien de pouvoir parler espagnol avec les autorités, les gardes côtes espagnols, de savoir parler grec pour parler avec les autorités grecques, et que ça peut être une bonne une excuse pour les gardes côtes de de nous envoyer chier parce que on parle pas assez bien leur langue donc ils vont dire qu'ils nous rappellent, qu'ils nous comprennent pas et ils vont raccrocher. Après, les équipes de permanence au nord de la Méditerranée sont en bonne partie majoritairement blanches et non arabophones donc ça peut être compliqué aussi quand personne ne parle arabe. Des fois on peut ne pas trouver de langues en commun avec les gens sur les bateaux Et quand ça arrive, on va demander au réseau si un ou une arabophone est disponible pour être en contact avec tel ou tel bateau. Et il y a presque tout le temps quelqu'un qui va être là pour pour s'en pour s'en charger.
MD : Vous disiez que c'est la Méditerranée que vous surveillez plus spécifiquement, mais est-ce que vous surveillez aussi d'autres zones maritimes ? Et plus largement aujourd'hui, quelles sont les zones les plus complexes à traverser quand on est en parcours d'exil autour de l'Europe ?
Alarmphone : On surveille pas en fait de zones en particulier. C'est plus qu'au fur et à mesure de la militarisation des frontières européennes, les personnes en mouvement vont tester des nouvelles routes qui sont de plus en plus dangereuses et mortelles. Et nous, on est simplement témoin de ça. Par exemple, dans la Manche, parce qu'on a aussi des appels de la Manche, il n'y a jamais eu autant de personnes mortes que cette année [2024]. Là, à l'heure où on parle, il y a 37 personnes au moins qui sont décédées dans la Manche. Et la raison pour laquelle c'est le cas, c'est parce que les plages sont plus en plus militarisées et que les départs se font de plus en plus dans la précipitation, le stress, l'obscurité. On n'a pas le temps de bien gonfler les bateaux et les embarcations. Ils sont aussi de plus en plus éloignés des endroits historiques de départ comme Calais ou Grande Synthe. Et après, en Méditerranée, les zones de de départ, ça va être la Méditerranée centrale, beaucoup de départs de la Libye, de la Tunisie, de l'Égypte qui vont aller vers Lampedusa, vers la Sardaigne, la Sicile. La zone SAR libyenne, elle est très large. Donc sur toute cette zone-là, qui est énorme, il y a un gros danger de pushback et d'interception de la part des soi-disant garde-côtes libyens. La zone est extrêmement surveillée par les drones de Frontex et les soi-disant garde-côtes libyens, ils s'en foutent que les gens risquent de se noyer. Et par ailleurs, les interceptions dans cette zone-là ont pour conséquence l'emprisonnement en Libye dans des conditions inhumaines. Donc beaucoup de gens veulent continuer la route coûte que coûte, ce qui est extrêmement dangereux. Et ça fait que, toujours pareil, les bateaux partent de plus en plus loin. Maintenant, depuis cette année, il y a énormément de bateaux qui partent de l'Est de la Libye. Enfin, c'était déjà le cas, mais c'est de plus en plus courant, et ça représente une distance beaucoup plus grande pour arriver en Europe. Et c'est à cause de ça qu'en fait il y a des massacres en qui se passent en Méditerranée. Donc on peut reparler en juin dernier du massacre de Pilos où il y a six cents personnes qui ont qui ont été tuées en mer en empruntant cette route là. Et là, si on compte juste les six premiers mois de 2024, il y a 800 personnes répertoriées qui sont décédées en Méditerranée centrale. Il y a l'ordre qui est souvent donné de ramener les personnes en Tunisie, en Libye, en Égypte. Malgré les violations en droits humains documentées par les personnes en mouvement dans ces pays. Ça, c'est pour la Méditerranée centrale.
Après, pour l'Espagne, les personnes partent d'Algérie, du Maroc, de Sahara occidental, de plus en plus fréquemment par l'Atlantique vers les îles Canaries, qui est une route moins surveillée, mais qui est aussi beaucoup plus longue et beaucoup plus dangereuse. Et pour l'est de la Méditerranée, les personnes vont partir de Turquie, de Syrie et du Liban. Il y a des traversées de l'Evros [ou Maritsa], le fleuve qui sépare la Turquie de la Grèce, avec énormément de pushbacks par la police aux frontières grecques. Les personnes peuvent attendre des jours ou des semaines sur des petites villes au milieu de l'Evros, parce qu'ils ont été pushbackés. Ou parce qu'ils ont peur de se faire tabasser par la police grecque. Et pour les traverser en bateau de la Turquie vers les îles grecques, il y a aussi beaucoup de pushbacks qui sont répertoriés, ainsi que beaucoup de violences des gardes-côtes grecs, qui a été répertoriée par énormément de personnes, telle que la violence physique : les gardes-côtes qui vont attendre que les gens arrivent sur les îles pour les taper, enlever le moteur et les laisser ensuite repartir à la dérive.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 3 août 2026. On y lit « 3 personnes à risque de pushback dans la zone de l'Evros. Une mère, son frère mineur et son enfant ont traversé pour arriver en Grèce cette nuit. Iels ont été trouvés par la police. Depuis, nous n'avons plus de nouvelles d'eux ou de la police. Iels ont besoin de protection internationale ! Non aux pushbacks ! »
Alarmphone : Juste pour un rajout, il y avait un peu la partie plus spécifique sur ce qu'il se passe quand on a les gens au téléphone ? Qu'est-ce qu'on check comme information ?
Alarmphone : Ben oui, je peux en parler un peu. Donc, il y a le numéro de téléphone d'Alarmphone qui est distribué par les camarades du Sud. qui joue un rôle déterminant pour faire circuler le numéro dans les communautés de départ, ce qu'on a dit. Et après, nous, on va répondre à chaque appel téléphonique. On a plusieurs téléphones au cas où il y a plusieurs appels en même temps. Et après, une fois qu'on est en contact avec un bateau, on va se recontacter assez régulièrement avec les personnes sur le bateau pour savoir ce qui se passe, comment les gens vont, et on va demander les informations dont on a besoin. que ce soit le type de bateau, sa taille, le nombre de personnes à bord, la nationalité des gens, la présence de gilets de sauvetage, si elles ont de l'eau, de la nourriture, s'il y a des personnes malades... Et le truc le plus important, c'est le plus régulièrement possible de connaître leur position GPS. Après, s'il y a un sauvetage aussi, on va essayer de rester en contact vraiment jusqu'au bout. Parce que les moments de sauvetage, ça peut être des moments aussi très dangereux où il y a beaucoup de mouvement. À part par le téléphone, on peut aussi être contacté-es par d'autres biais, par exemple par des proches sur Facebook ou sur Twitter. Donc là, c'est plutôt eux qui vont nous donner les informations. Ça peut aussi arriver qu'Utopia 56 nous demande si on peut s'occuper de cas de bateaux dans la Manche parce qu'ils ont trop de travail. Et il y a aussi des endroits où il va y avoir de la connexion réseau, donc par exemple sur l'Evros ou sur les îles grecques. Donc on va pouvoir parler avec les gens sur WhatsApp dans ces moments-là, ce qui peut résoudre pas mal de problèmes de communication liés à la langue parce qu'on va utiliser des traducteurs automatiques.
MD : Du coup je voulais rebondir là-dessus. En mer, en Méditerranée comme dans la Manche, il y a pas de zone où il y a pas du tout de réseau, par exemple, pour appeler. Est-ce que enfin ça se pose comme problème les zones blanches en Méditerranée ?
Alarmphone : Oui il y a en mais en fait on utilise des des téléphones satellites.
MD : Ah d'accord oui.
Alarmphone : Peut-être pour faire un petit complément là-dessus. En fait les gens qui partent de Libye partent quasiment toujours avec un téléphone satellite parce qu'effectivement rapidement la couverture téléphonique qui est permise par des antennes terrestres s'arrête. Et c'est une des difficultés qu'il y a dans d'autres régions, par exemple en Tunisie les téléphones satellites sont considérés comme du matériel militaire et interdits ce qui fait que les gens partent sans téléphone satellite et très vite n'ont plus de réseau téléphonique et donc ça augmente vachement le danger et le risque de mourir en mer puisque les personnes ne sont pas en capacité de contacter des secours quand elles se retrouvent en détresse. C'est aussi un des enjeux sur la route vers les Canaries, la route atlantique, où en fonction des pays de départ c'est plus ou moins possible pour les personnes d'avoir accès à des téléphones satellites. Donc il y a des départs qui se font avec et des départs qui se font sans.
MD : Si vous voulez, on peut passer au fait d'expliquer comment sont gérées les frontières européennes, expliquer un peu ce que c'est que Frontex, comme ça fonctionne etc. Et on verra ensuite si ça fait émerger d'autres trucs.
Alarmphone : Eh ben c'est pas une si petite question [rire]. Frontex, c'est une agence de l'Union européenne qui est basée à Varsovie. C'est la plus grosse agence de l'Union européenne en termes de budget et de nombre d'agents. Pour donner une idée de chiffres, son budget c'est environ 900 millions d'euros par an et le nombre d'agents actuellement, j'ai pas réussi à trouver d'info très claires, mais l'objectif c'est d'atteindre 10 000 agents d'ici 2027. Avec 3 000 agents fixes et 7 000 détachés dans différents pays. Le rôle de Frontex c'est de protéger les frontières européennes de l'immigration illégale. C'est assez explicite. Et ça, ça se fait principalement en contrôlant les frontières externes de l'Europe, donc en dehors de l'Europe. Ce que fait Frontex, c'est plusieurs choses. C'est une agence qui produit de l'analyse, cette analyse, elle sert à définir un niveau de risque et donc des stratégies de militarisation adaptées à ce niveau de risque tel qu'il a été évalué. Donc la militarisation, elle passe par la surveillance, le contrôle et les violences aux frontières. Frontex fait partie aussi de la coordination des expulsions de migrants et migrantes sans papiers vers leur pays d'origine, donc les charters quoi. Des gens qui sont en France, qui ont une OQTF et qui reçoivent une convocation pour un avion, par exemple. Et donc Frontex coordonne ces expulsions-là, les facilite notamment en finançant les vols. Et nous, la partie à laquelle on est la plus confrontée de l'action de Frontex, c'est l'intervention dans les États membres de l'Union européenne et dans des États en dehors de l'Union européenne par la mise à disposition de moyens humains, donc des gardes frontières, par la formation de ces gardes frontières et par la mise à disposition de matériel. Le matos, c'est des avions, des bateaux. les drones et les armes à feu. Il faut savoir que les gardes frontières de Frontex sont autorisés à porter des armes à feu. Et cette intervention, on remarque qu'elle est vraiment en expansion au-delà de l'Union européenne. Et du coup, il y a des agents et des gardes de côte formés par Frontex en Libye. mais aussi de plus en plus loin par exemple au Sénégal, en Mauritanie, au Nigeria.
L'action de Frontex, elle démarre bien avant les départs en mer, avec cette politique d'externalisation des frontières qui augmente d'année en année, avec des accords toujours plus nombreux entre des pays de l'Union européenne et des pays considérés comme de transit. Et donc ça passe par des contrôles accrus des routes migratoires terrestres et aussi des zones côtières d'où partent les bateaux. Une fois en mer, par exemple si on parle de la Méditerranée centrale, donc les départs de Libye comme on disait tout à l'heure, en fait Frontex ils ont vachement de matos de surveillance donc des drones et des avions qui leur permettent de repérer toute embarcation de “migrants illégaux” entre guillemets et à ce moment-là de les signaler aux autorités compétentes et parfois d'envoyer des signaux de détresse qui vont être relayés aux embarcations proches conformément au droit maritime international de porter assistance aux personnes en détresse en mer. Comme on l'expliquait tout à l'heure, Frontex signale les embarcations aux pays responsables du secours dans les zones en question. Or, depuis 2018, la Libye possède une zone SAR, donc une zone de responsabilité de recherche et de secours en mer qui est très grande, qui auparavant n'existait pas. Et donc à ce moment-là, en fait, les embarcations repérées par Frontex sont assez systématiquement interceptées par les soi-disant garde-côtes libyens, et les personnes sont donc abordées dans des conditions catastrophiques qui conduisent souvent à des morts. et ensuite sont ramenés et incarcérés en Libye.
Capture d'écran Nitter du compte Twitter d'Alarmphone datée du 1 août 2026. On y lit « 37 personnes en détresse en Méditerranée centrale ! Cela fait 7h que nous parlons avec le groupe. Les soi-disant gardes-côtes libyens prétendent qu'ils ont cherché l'embarcation sans la trouver. Nous sommes très inquets et demandons à ce que les opérations de recherches continuent ! »
C'est toute cette histoire de ports sûrs don't on parlait tout à l'heure en fait. Depuis 2024, le droit maritime oblige les bateaux qui recueillent des migrants en détresse à les débarquer dans un lieu sûr tel qu'il est défini par l'organisation maritime internationale c'est-à-dire quelque part où la vie des personnes n'est plus menacée. Or par rapport à ça, on remarque que Frontex n'a pas de souci à considérer que la Libye est un lieu sûr. Si on prend l'exemple d'une autre zone, dans la mer Égée, les routes de la Turquie vers la Grèce, comme le disait la camarade tout à l'heure, nous recevons beaucoup d'appels de personnes qui sont parties de la Turquie, qui sont refoulées par les gardes-côtes grecs. Parfois, les gardes-côtes ne sont pas identifiables, les personnes sont cagoulées, les bateaux n'ont pas vraiment d'insigne. Ils coulent les embarcations, noient les moteurs ou repoussent les embarcations dans les eaux turques et les abandonnent à la dérive. Parfois, et c'est arrivé fréquemment dernièrement, ils mettent les personnes sur des espèces de petits radeaux gonflables et ils les laisse à la dérive dans les eaux turque. Tout ça, c'est des pratiques de refoulement qui sont illégales selon les différents points du droit et qui du coup font partie des critiques un peu fortes qui sont faites sur Frontex. Ces pratiques sont aussi difficiles à documenter, et c'est un peu le taf qu'on essaie de faire.
MD : Est-ce que du coup les appareils répressifs des différents Etats viennent en appui à Frontex ? Je pense notamment à la police aux frontières en France ou à leurs équivalents européens. Et est-ce qu'il y a des partenariats qui existent entre les agences de répression européennes sur les questions migratoires ?
Alarmphone : J'ai l'impression que c'est l'inverse qui se passe : que c'est les appareils répressifs des États qui sont renforcés par Frontex. Les Libyens qui ont du coup des yeux dans le ciel avec des drones de Frontex, et ça peut être aussi à d'autres endroits, c'est-à-dire qu'ils viennent renforcer les frontières et les appareils répressifs existants, et que la violence aux frontières ça va être un mélange d'initiatives privées. Il y a beaucoup de milices en Grèce, mais on peut aussi considérer que les soi-disant gardes-côtes, on dit soi-disant gardes-côtes libyens, parce que ils ont aucune mission de sauvetage ni même de préparation au sauvetage. c'est des flics en fait, et dans un pays où c'est quand même un peu le bordel, c'est vraiment à la limite de la milice. Et aussi des d'actions étatiques menées par des agences internationales, donc Frontex. et des corps répressifs classiques, l'armée, la police, mais aussi les gardes-côtes, comme on voit en Grèce. C'est vraiment le cas paradigmatique où c'est la pratique de refoulement illégal, c'est le fait de la police, de l'armée, des gardes-côtes, ou même parfois d'obscurs milices mal identifiées, où on ne sait pas si effectivement c'est les corps répressifs sans insignes et en cagoule, ou si c'est des citoyens organisés. On peine à savoir, mais on sait que c'est de la violence étatique déléguée quoi. Et Frontex joue un rôle d'informateur et intervient finalement peu dans ces violences directes. Il les cautionne, les organise et les supporte, mais finalement les organise n'y participe pas forcément en première ligne.
MD : Effectivement, j'avais pas vu les choses dans ce sens là mais ça paraît logique. La dernière question que j'avais sur cette partie là ce serait si vous pouviez revenir sur les évolutions que vous constatez à grande échelle sur la migration et la répression ces 10 dernières années. Parce que quand on pense à la question migratoire j'ai l'impression que tout le monde en parle un peu au passé, notamment avec cette fourchette 2013-2016 avec un moment politique et médiatique fort, alors que le phénomène s'est pas du tout arrêté. Comment ça a évolué cette dernière décennie ?
Alarmphone : Effectivement, peut-être contrairement à ce qu'on peut percevoir au niveau médiatique, le nombre de personnes en mouvement il ne diminue pas, et la répression à l'égard des personnes en mouvement elle ne diminue pas non plus. Pour le dire un peu simplement, c'est que les raisons de la migration ne diminuent pas. C'est-à-dire que les enjeux de crises économiques et politiques, de guerres civiles, de réchauffement climatique, etc., ne vont pas en s'améliorant. Donc il n'y a pas vraiment de raison que les gens n'aient plus besoin de se déplacer et du coup que la répression ne diminue pas du tout non plus.
Il y a toutes les pratiques de violation des droits humains dont on a parlé juste avant et également des phénomènes de criminalisation des personnes en mouvement qui est permise notamment par la surveillance exercée par Frontex. Quand on parle de criminalisation on parle des personnes migrantes qui sont criminalisées, inculpées quand elles arrivent en Europe pour différents motifs. Globalement, elles sont inculpées pour facilitation de l'entrée irrégulière sur le territoire. Ça, c'est la manière un peu, on va dire, juridique de dire passeur, en fait. Ou parfois des inculpations pour terrorisme dans certains cas. Pour donner un exemple, si on revient sur le naufrage de Pilos en juin 2023 au large de la Grèce, c'était un bateau qui transportait environ 700 personnes, parti de Libye qui a coulé durant une intervention bien trop tardive et extrêmement catastrophique des gardes-côtes grecs qui ont tenté de traquer le bateau et l'ont fait basculer. Dans ce naufrage, il y a 104 personnes qui ont survécu et 9 personnes survivantes ont été inculpées comme passeurs. Le procès, il a eu lieu en mai dernier, en 2024, et les neuf ont été acquittés. Alors ce procès, il a été très médiatique, ce qui peut-être a permis une relaxe. On ne peut pas trop le savoir. Par ailleurs, et de manière beaucoup plus invisible, en fait, il y a des milliers de personnes qui sont incarcérées à leur arrivée en Europe, accusées d'aide au passage ou d'être responsables de naufrage. Et cette accusation, en fait, elle se fonde sur le fait que les personnes conduisaient les bateaux ou étaient impliquées dans le fait de conduire le bateau, donc avoir une boussole, tenir la barre... Et une fois incarcérées, c'est beaucoup plus difficile pour ces personnes-là d'avoir accès à une demande d'asile, ce qui est leur droit. C'est également des situations qui augmentent le danger en mer puisque les personnes sont au courant de ces enjeux de criminalisation et ça peut faire que parfois, du coup, un bateau qui est survolé par un drone de Frontex, tout d'un coup, les gens vont essayer de s'éloigner le plus possible du moteur du bateau. Ça peut entraîner des mouvements de foule, des déséquilibrages du bateau qui conduisent à des naufrages. Pour faire face à cette criminalisation, il y a une plateforme qui s'est créée qui s'appelle Captain Support qui possède un site internet qui soutient les personnes inculpées pour essayer de leur permettre d'avoir accès à leurs droits et les mettre en lien avec des avocats/avocates etc.
Sur une espèce d'évolution globale, quand on regarde un petit peu la comm' officielle de Frontex, ils se targuent de sauver des vies en Méditerranée, on imagine sous-entendu en empêchant les départs en mer. En réalité, ce qu'on constate, c'est que les personnes, comme on l'a expliqué tout à l'heure, elles continuent d'essayer de rejoindre l'Europe, et pour ça, vont faire des choix de route de plus en plus dangereux, parce que dans des conditions de merde, des routes plus longues et tout ça. Du coup, sans répéter tout ce qu'on a déjà dit, c'est des chiffres qui sont difficiles à avoir et c'est difficile de faire de l'analyse globale chiffrée. Par exemple, je reparle du naufrage de Pilos, mais dans les médias, quand on fait quelques recherches, on se rend compte que ce naufrage, il est qualifié du plus meurtrier depuis 2016 parce que 80 personnes sont mortes. En fait, il y avait 700 personnes sur ce bateau, il y a 104 survivants et il y a 80 morts. Donc il y a un petit problème mathématique. On se rend assez vite compte, c'est qu'en fait, souvent Les chiffres qu'on donne sur le nombre de morts, c'est les corps qui sont retrouvés. Et en fait, à toutes ces personnes mortes dont on a pu retrouver et identifier le corps, il faut rajouter le nombre immense de personnes qui sont disparues. Donc il faut avoir une forme de prudence avec ces chiffres qui souvent rendent très invisibles énormément de personnes mortes et disparues sur les routes migratoires, qui invisibilisent aussi tout ce que ça représente pour les proches, pour les familles qui parfois pendant des années cherchent des nouvelles, se battent et luttent pour rapatrier des corps, pour offrir des sépultures dignes, etc. Du coup, on avait envie aussi de rappeler un peu ces histoires-là pour qu'elles tombent pas dans l'oubli. Je dévie un peu de la question de base, mais ça me semblait important à rajouter.
MD : Tu fais bien, tu fais bien. J'arrive au bout de mes questions. Je sais pas si vous avez des choses que vous voulez rajouter, ou si vous vouliez compléter des trucs que vous avez déjà dit.
Alarmphone : Peut-être un truc qu'on voulait rajouter sur la fin. C'est que si on essaie de faire des bilans ou de conclure des choses sur ce qu'on observe en dix ans d'existence d'Alarmphone, c'est que les gens se déplaceront toujours, en fait. Et ça, c'est le fruit de nouvelles routes inventées, de coopération, de plein d'actes de solidarité et de lutte qui rendent en fait très, enfin, relativement, inopérant le système répressif de frontières. Et en tout cas, nous, en tant que réseau Alarmphone, c'est aussi ça qui nous donne de la force pour continuer à lutter.
Alarmphone : Peut-être juste aussi une précision sur quand on parle de frontière. À chaque fois on parle vraiment d'un objet politique et militaire et et pas du tout quelque chose de physique ou de géographique et que c'est vraiment une série d'obstacles qui sont dressés sur la route des personnes en mouvement et qui sont vraiment purement fictifs. C'est pas les frontières elles-mêmes qui tuent comme des objets, comme des lignes tracées, mais vraiment le système, l'organisation des entraves au mouvement et de l'abandon, parce qu'il y a vraiment une organisation de l'abandon des personnes en danger, mis en danger par ces entraves. Donc voilà, on parle de frontières, mais c'est ni la montagne ni la mer qui sont dangereuses. Même si évidemment on peut en parler, mais en vrai, c'est simplement que les gens peuvent pas prendre l'avion. Parce qu'en vrai il y a beaucoup plus de gens qui vont faire du tourisme au Maroc tous les ans. Et a priori, ils font des aller-retours et ça se passe très bien.
L'émission #191 No Borders de Minuit Décousu :
Les bure'lesques reviennent pour leur 5e édition ! Au programme : trois jours informatifs et festifs ouverts à toutes et tous pour des moments conviviaux et constructifs au coeur d'un territoire rural bien vivant, refusant de devenir la mégapoubelle nucléaire du pays, celui de Bure (Sud Meuse)
Les informations les plus à jour sur le festival seront sur le site dédié : https://burefestival.org/ . On essayera de mettre à jour régulièrement cet article notamment dès que le programme sera sorti.
N'oublions pas : à ce jour, il n'y a pas de déchets radioactifs enfouis à Bure (Meuse/Haute-Marne), ni aucune infrastructure pour les accueillir, juste le « laboratoire de recherches géologiques » de l'Andra installé en 1999.
En 2026, l'avis définitif sur la demande d'autorisation de création (DAC) de Cigéo, en instruction express depuis 3 ans sera publié. L'enquête publique annoncée pour l'automne a été avancée au printemps (mai/juin). Un comble alors que l'Andra a des démonstrations majeures de sûreté à apporter et que divers avis officiels ne seront pas encore publiés.
Le chantier Cigéo aura-t-il le feu vert ? Ce méga-projet industriel ne tient pas la route, tant du point de vue technologique qu'éthique, tout le confirme. Rien n'est joué et depuis 30 ans, l'opposition citoyenne ne faiblit pas ! (+ d'infos sur Burestop.eu et bureburebure.info)
Pré-programme des Bure'lesques 2026
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il revient sur les raisons de son silence, la mort de proches à Gaza — dont celle de la tante de son épouse Sabah —, la réduction de l'aide humanitaire et une situation qui empire chaque jour, à Gaza comme en Cisjordanie.
Cet article est publié par Orient XXI.
Samedi 25 juillet.
Salut les amis. Toujours vivant.
Chers lecteurs, chères lectrices, cela fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles, et je vous prie de me pardonner. Je sais que vous vous êtes inquiétés et que les informations sur Gaza vous manquent. J'ai eu quelques soucis de santé, mais ensuite, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas repris l'écriture. Sabah, ma femme, me demandait souvent : « Pourquoi n'écris-tu pas ? » Le problème, c'est que je n'avais pas de réponse. Depuis plus d'un mois, je vivais avec un cerveau qui voulait parler de tout, et un cœur saturé de chagrin et de tristesse qui n'avait pas envie de parler. Peut-être que ce génocide qui ne cesse pas depuis trois ans, ces catastrophes et massacres quotidiens, ce stress permanent pesaient trop lourd.
Il y a beaucoup de choses à raconter et, en même temps, la communauté internationale n'a rien à dire. Rien de ce qu'il se passe à Gaza n'a d'écho dans le silence du monde. Ni dans mon propre silence que je ne comprends pas moi-même. De quoi était-il fait ? Peut-être que j'avais simplement besoin de me reposer. Peut-être que j'étais arrivé à un point où j'avais besoin de ne rien dire, où je n'avais plus rien à dire.
Pendant le mois écoulé, nous sommes passés par de grands moments de tristesse. Sabah a perdu sa tante, pas à cause d'un bombardement, mais à cause des rats. Oui, à cause des rats. À Gaza, vous le savez, plus de 1,5 million de personnes vivent toujours sous des tentes dans des camps de fortune. Ces gens sont entassés les uns à côté des autres, concentrés dans 30 % de la surface de Gaza, c'est-à-dire à peu près 120 kilomètres carrés. Récemment, et surtout avec la chaleur, la majorité de ces tentes ont été attaquées par les rats, par les souris, par les reptiles, par les rongeurs.
Quand ils installent leurs bâches, les déplacés essaient de trouver un mur auquel adosser leur abri, afin d'économiser les toiles sur un côté, et pour avoir un pan solide où planter des clous, par exemple. C'est ce qu'avait fait la tante de Sabah. Elle n'avait été déplacée qu'une fois, contrairement à la majorité des Gazaouis, qui ont dû errer d'un endroit à un autre sous les attaques israéliennes. Elle était originaire du quartier de Shejaya — dans l'est de la ville de Gaza —, qui a été complètement rasé par l'armée israélienne. Elle avait fini sous une tente dans le centre de la ville. Cette tente, elle l'avait plantée contre le mur resté debout d'une maison détruite. Il a fini par s'effondrer sur la famille : les rats avaient creusé des trous sous ses fondations fragiles. Toute la famille s'est retrouvée à l'hôpital. Huda est morte au bout de quelques jours. Qu'elle repose en paix. Sa fille a été amputée d'une jambe. Elle est diabétique, ce qui va aggraver ses souffrances.
Il y a aussi l'histoire de cet ami que vous connaissez peut-être, le rappeur palestinien Ayman Mghames [1] qui travaillait avec moi quand j'étais fixeur. Il m'aidait pour les contacts avec les journalistes et pour les traductions. Il a eu la chance de pouvoir quitter Gaza avec sa femme et ses enfants, et est actuellement en France. Malheureusement, il n'a pas pu faire évacuer sa mère, ainsi que son frère et sa famille. Sa belle-sœur a été transférée avec ses enfants en Égypte, où elle est traitée pour un cancer. Le frère d'Ayman était resté à Gaza avec sa mère. Mais il souffrait d'une insuffisance rénale qui lui a été fatale, faute de soins adéquats. Qu'il repose en paix.
Ce n'est qu'un mort parmi tant d'autres. Chaque jour, on apprend la mort d'un ami proche, d'un voisin, dans un bombardement ou à cause d'une maladie non soignée. Tout cela dans le silence du monde entier. Bien sûr, je ne parle pas des populations. Je sais qu'il y a une forte mobilisation, que ce soit en France ou ailleurs, et je sais que beaucoup de lecteurs et lectrices attendent mon journal parce qu'ils veulent savoir ce qu'il se passe à Gaza. Ils veulent savoir la vérité, connaître la réalité.
Je parle du silence des dirigeants et des décideurs de la communauté internationale. Nous sommes étranglés par l'occupation, massacrés par les Israéliens, dans une impunité totale, à Gaza comme en Cisjordanie où les colons armés attaquent sans cesse les villages. L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens. Le plan est désormais sur la table. En Cisjordanie, il est mis en œuvre par les colons, protégés par l'armée d'occupation. Des agences de presse ont récemment rapporté la version israélienne d'une attaque de colons contre un village proche de Naplouse : des « randonneurs » auraient été « attaqués » par des Palestiniens. De paisibles promeneurs amateurs de nature parcourant les territoires palestiniens pour en admirer les paysages auraient donc été agressés par des terroristes sanguinaires qui détestent les sacs à dos.
Je parle du silence des dirigeants et des décideurs de la communauté internationale. Nous sommes étranglés par l'occupation, massacrés par les Israéliens, dans une impunité totale, à Gaza comme en Cisjordanie où les colons armés attaquent sans cesse les villages. L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens. Le plan est désormais sur la table. En Cisjordanie, il est mis en œuvre par les colons, protégés par l'armée d'occupation. Des agences de presse ont récemment rapporté la version israélienne d'une attaque de colons contre un village proche de Naplouse : des « randonneurs » auraient été « attaqués » par des Palestiniens. De paisibles promeneurs amateurs de nature parcourant les territoires palestiniens pour en admirer les paysages auraient donc été agressés par des terroristes sanguinaires qui détestent les sacs à dos.
Il s'agissait en réalité d'une milice de colons armés de fusils M16 venus, comme à leur habitude, harceler et brutaliser les habitants. Un jeune Palestinien a saisi l'arme du chef de bande et l'a tué sur le coup. Les « randonneurs » ont le droit d'attaquer les villages, de brûler les mosquées et les champs, de tuer qui ils veulent. Les Palestiniens qui veulent simplement vivre sur leurs terres n'ont pas le droit de gâcher leurs promenades.
Comment relier ces deux réalités, celle de la propagande israélienne et celle du terrain ? Là aussi, je ne savais que dire, et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai gardé le silence pendant un moment. La réalité, la voici : à Gaza, la situation est de pire en pire. Le génocide continue. L'eau potable devient rare. Les ONG internationales, même les ONG onusiennes, sont en train de réduire leur activité dans l'enclave. La majorité de la population dépend de l'aide humanitaire qui diminue de plus en plus. Le responsable des situations d'urgence du Programme alimentaire mondial (PAM) vient d'annoncer que « ce mois-ci, l'aide en espèces qui était destinée à 75 000 personnes a été réduite de 25 %, tandis que 220 000 foyers ont vu leurs rations alimentaires divisées par deux », ajoutant que « d'ici le mois d'octobre, le PAM devra procéder à des coupes bien plus importantes à moins que des financements supplémentaires ne soient obtenus » [2]. Il a averti qu'une nouvelle famine risquait de s'installer à Gaza en décembre prochain. L'ONG World Central Kitchen (WCK), qui livrait jusqu'ici 1 500 000 repas par jour aux cuisines communautaires, a divisé son aide par deux. La diminution de l'aide humanitaire touche aussi l'emploi. Beaucoup d'habitants de la bande de Gaza employés par des ONG internationales ou des associations locales ont été licenciés.
Le soutien de la diaspora tend pareillement à diminuer. Depuis le début du génocide, de nombreuses familles gazaouies étaient soutenues par leurs amis, par leurs frères, par leurs familles à l'étranger qui leur envoyaient régulièrement de l'argent, ou à travers des cagnottes en ligne. Trois ans après, beaucoup de ces familles n'ont plus les moyens de financer leurs parents. Ceux qui en ont les moyens, ainsi que les donateurs des cagnottes, peuvent se lasser devant une situation sans issue. Et surtout, les Palestiniens de l'étranger peuvent être trompés par les images renvoyées par des médias occidentaux et israéliens qui prétendent que c'est la belle vie à Gaza. On nous parle d'un « cessez-le-feu » qui n'existe pas. On nous montre des épiceries où l'on trouve du chocolat, du Nutella et du ketchup. Ils ne montrent pas les 1,5 million de personnes qui vivent sous des tentes dans des conditions de vie atroces. Ils ne montrent pas le système de santé quasi anéanti, les enfants qui courent après les camions-citernes pour récupérer un peu d'eau, qui font la queue dans une chaleur torride pour un plat de lentilles. En France, la canicule a quand même fait des milliers de morts malgré un bon système de santé. Imaginez ses effets à Gaza, sur des enfants, et des personnes âgées qui vivent sous des bâches. Sous le soleil, ces bâches et ces toiles de tente se transforment en serres où les gens brûlent.
Gaza est aujourd'hui étranglée économiquement, plus que militairement. Pendant la période la plus intense du génocide, les prix de l'alimentation pouvaient être multipliés par 100. Un kilo de pommes atteignait 100 shekels (près de 29 euros), et l'on trouvait quand même des acheteurs. Aujourd'hui, le kilo de pommes est à 10 shekels (près de 3 euros), mais presque plus personne ne peut se l'offrir. Les gens qui avaient un peu d'argent n'en ont plus du tout. Ceux qui avaient un peu d'économies les ont perdues. J'ai dépensé presque toutes mes économies dans ce génocide. Je n'arrive plus à fournir à mes enfants une vie normale.
Tous les jours, il y a des bombardements, tous les jours il y a des morts soit dans les frappes, soit par manque de soins, comme le frère d'Ayman. Ceux qui souffrent de maladies graves — cancer, insuffisance rénale, problèmes respiratoires et dermatologiques —, ceux qui ont été amputés ne peuvent être soignés. Tous ces malades sont en train de mourir silencieusement, mais dans de grandes souffrances. Les Israéliens nous tuent aussi par le manque d'hygiène. Les rats attaquent des bébés. Selon Bassem Zaqout, directeur de l'organisation Palestinian Medical Relief Society (l'Association de secours médical palestinien, PMRS) :
Il y a eu 3 958 fausses couches chez des femmes enceintes au cours du premier semestre 2026, à cause des déplacements sur des routes dégradées et à bord de moyens de transport non sécurisés, de l'état de peur permanent provoqué par les bombardements, ainsi qu'aux conditions de vie extrêmement difficiles : dormir à même le sol, absence d'eau chaude et de produits d'hygiène, et propagation de conditions sanitaires insalubres dans les camps de déplacés.
Et puis, dans cet océan de misère, il y a les nouvelles fortunes nées des divers trafics, souvent en liaison avec les Israéliens. Ces nouveaux riches aiment se montrer. Ils paradent dans des voitures à 100 000 euros, voire à 200 000 euros. Ils achètent des terrains, des maisons, ou ce qu'il en reste, et les reconstruisent, ce qui coûte une fortune à cause du manque de matériaux, mais les trafiquants trouvent les moyens de s'en procurer au prix fort.
La guerre a déchiré le tissu social de Gaza. Bien sûr, il y a toujours des cas de solidarité entre les familles, mais faute de moyens, faute d'argent, faute de tout, c'est de plus en plus « chacun pour soi ». On est en mode survie, parce qu'il n'y a pas de vie à Gaza. C'est le plus fort qui reste en vie. Le plus fort financièrement, le plus fort physiquement, qui peut chercher du travail, et qui est le premier servi dans les queues pour l'aide humanitaire et pour l'eau. Les moins forts appartiennent à la catégorie de ceux qui vont mourir.
Tout cela, c'était sans doute la raison de mon silence. L'impression d'avoir le cœur plein de choses à dire, mais en même temps de ne pas arriver à les dire. C'est l'effet de trois ans d'un génocide sans fin. Et surtout de ce sentiment de ne pas être écouté. Cette « communauté internationale », ces gouvernements qui nous voient, qui nous entendent, qui voient tout ce qu'il se passe… Pourquoi nous traitent-ils ainsi ? Pourquoi ne nous considèrent-ils pas comme des êtres humains ? Pourquoi cette impunité d'Israël ? Pourquoi cet État est-il intouchable ? Pourquoi ces massacres, ce terrorisme d'État ? Ils disent clairement qu'ils veulent nous déporter, qu'ils veulent chasser la population de Gaza et y installer des colonies. Et l'Occident ne bouge pas. Peut-être que j'avais besoin de me taire, de réfléchir à ce que nous sommes en train de vivre. Parce que notre société a changé. Nous avons changé. Nous essayons de continuer à vivre, de trouver des moments de joie, mais nous y arrivons de plus en plus rarement.
La stratégie israélienne a évolué. Elle utilise maintenant l'effet grenouille. Au lieu de nous tuer directement et en masse, ils nous exterminent à petit feu, comme une grenouille plongée dans une eau qui se réchauffe graduellement. Elle ne le sent pas, et, quand l'eau bout, il est trop tard. Pour les Israéliens, leur ministre de la défense en 2023 Yoav Gallant (inculpé par la Cour pénale internationale de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité ») l'a dit, nous sommes des « animaux humains ». J'écris ces mots avec une grande tristesse. D'habitude, c'est mon cerveau qui parle, mais là, c'est mon cœur. Je sens que la communauté internationale sait très bien qu'à la fin, la grenouille va mourir.
Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, Rami Abou Jamous a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025. Le 12 octobre 2024, le Prix Bayeux pour les correspondants de guerre et le quotidien Ouest France ont récompensé, par deux fois, dans la catégorie presse écrite, Rami Abou Jamous pour son « Journal de bord de Gaza ». Le 18 mai 2026, il a reçu le Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe — 31e édition. Un prix décerné depuis 1995 aux personnalités engagées pour les droits humains et la solidarité Nord-Sud.
[1] Ayman Mghames, « Ma mère a enterré son fils seule à Gaza », Politis, 21 juillet 2026.
[2] Olivia Le Poidevin, « WFP warns of deeper cuts in Gaza aid due to donor fatigue », Reuters, 24 juillet 2026.
Photo d'illustration de l'article : Camp de réfugiés de Bureij, au centre de la bande de Gaza, le 20 mai 2026. Une enfant palestinienne déplacée se tient debout sur les décombres au lendemain d'une frappe israélienne qui a visé une maison.
EYAD BABA / AFP
Archives / TVNR #3 / Émission du 4 octobre 2015
Une commune jurée. Un serment commun. C'est ce qui fait le fondement historique de la Commune : entité municipale, pouvoir local, indépendant de la seigneurerie. De la commune du XIe aux expériences de « communes libres » aujourd'hui, l'émission trace quelques pistes pour rencontrer l'expérience communale.
Cette rubrique regroupe les archives des émissions de radios de TVNR , une émission de radio dijonnaise ayant émis sur les ondes de Radio Campus de septembre 2013 à juin 2018.
Du XIe siècle à 1871, on fait un rapide récit de la naissance de l'idée communale, en lisant un extrait de À nos amis (Omnia Sunt Communia – Tout est commun !).
On s'arrête un peu en 1871 pour écouter Henri Guillemin nous raconter le fête du 28 mars, Denis Lavant lit Orgie Parisienne de Rimbaud, et Watkins met en scène la Commune dans un film un peu fou.
De la Zad aux Communaux ? On revient sur ce que la Zad de Notre-Dame des Landes a de la Commune.
Et on finit par revenir à côté de chez nous : comment le Quartier Libre des Lentillères s'inscrit dans cette histoire ? Récit des dernières aventures là-bas
Commune Jurée Archive / TVNR #3Les matériaux utilisé dans l'émission sont à retrouver sur le site de l'émission
Caracoles a bu toute la sève de ses bouleaux et pris un sacré coup de jeune lors de la semaine de juin.
Elle a fait peau presque neuve, mais tout n'est pas fini !!! (exprès pour se revoir vite).
Il reste quelques paires de manches à se retrousser et quelques épisodes à écrire.
Elle vous attend du 24 au 30 août 2026 pour une nouvelle semaine de chantiers participatifs, ateliers, sessions festives et musicales :
FORMATIONS ET INFORMATIONS : LUNDI 24 AOUT
Discussion d'accueil et d'organisation générale
Info VIGIFEU : Brief prévention incendie (restrictions importantes liées aux conditions climatiques exceptionnelles : sécheresse et canicule)
Il y a : une personne référente VIGIFEU qui veillera aux installations et aux comportements et enverra tout-e contrevenant-e au bûcher. Il y aurait besoin : d'un EXTINCTEUR !!! d'un canon à eau, d'une piscine olympique gonflable de réserve, d'un-e coupeur-euse de feu, d'une lance-antiflamme, d'une décarboniseuse, d'un glacier en fonte.
Info secu chantiers (précautions et équipements) : Obligatoire pour les participant-e-s aux chantiers
Atelier medic "accidents de chantiers" (déboitement d'aile, amputation de gigot, extraction de chicots, hélitreuillage à dos de licorne...) + mise en place d'espaces de soin et de trousses d'urgences pour les chantiers. Faites signe si vous souhaitez participer, si vous savez cautériser, souder, scier, emplâtrer.
CHANTIER COUVERTURE : DU LUNDI 24 AU VENDREDI 29 AOÛT +++ (objectif majeur de la semaine)
Isolation et réparation de la toiture du chalet avant la saison des pluies !!!
Il y a déja : une personne référente, une visseuse-perceuse, une disqueuse-rockeuse.
Il y a besoin : de encore 2 compétentes en couverture, et nombreuses autres personnes pour la manutention
+ 1 visseuse-perceuse + UN GROUPE ELECTROGENE !!!
+ de l'isolant (Appel à dons et plans recups ?? Résidus de chantiers ? Sinon on refracasse la caisse à épargnes).
BUCHERONNAGE : le MARDI 25 AOÛT et + si affinités (si d'autres personnes référentes pour d'autres jours)
Débitage des grumes restantes au sol et stockage de bois de chauffe avant la saison des pluies !!!
Il y a déja : une personne référente et équipée, un merlin enchanteur.
Il y a besoin : de encore au moins 2 personnes compétentes et équipées (tronçonneuses + équipements de sécurité) + 3 personnes pour fendre et stocker, haches et coins.
INVENTAIRE NATURALISTE : le MERCREDI 26 AOÛT
Visite de pépipouponnière : rencontrer les arbres nouveaux et célébrer la repeuplade de la foret coupe-rasée pour accompagner sa régénération naturelle avec bienveillance. Consigner essences, mensurations, répartition et état de santé dans un carnet de bord.
HERBORISTERIE ET MARAICHAGE : JEUDI 27 AOÛT
RANDONNEE MONTAGNARDE : LE SAMEDI 29 AOÛT à 15h
Concert du Ra-con-teur (punk/noise/psyke) : LE SAMEDI 29 AOÛT à 21h
(+ concerts surprises au cours de la semaine ? :)
Prix libre et conscient
Buvette caracolesque sur place
Concert de musique transharmonique par ILYASHER : Le DIMANCHE 30 AOÛT à 15h
https://www.ilyasher.fr/
Prix libre et conscient
Buvette caracolesque sur place
CUISINE
Il y a : une personne referent cuisine
Il y a besoin : d'aides cuistots, d'aides aux courses, d'un trajet belfort => caracoles pour acheminement de victuailles des cantines solidaires, de jerricans pour l'approvisionnement en eau.
Repas à prix libre et conscient
(tu peux participer en sous ou en approvisionnement de bouffe, dans ce
cas contacter l'equipe cuisine)
DODO
Camping sur place, sleeping sur demande
*** MERCI DE NOUS CONTACTER si possible ! pour signaler vos venues, propositions de participations, de dons et prets de matériel, d'approvisionnement en nourriture, ...
caracolessagar@riseup.net
154 impasse du puits 88230 Plainfaing (arret de bus pas si loin ...)
Caracoles Sagar
https://padlet.com/caracolessagar/caracoles-sagar-site-officiel-8k1loewmz2tms46r
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
PS :
infos trouvées ici : https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/
Nous sommes super heureu.sex de participer à la première édition du Belgian Activist Festival !
Nous vous invitons donc à nous rejoindre le 20 août pour la projection de “Le Chemin de la liberté” - un film au sujet des militant.es féministes, écologistes, syndicalistes, anarchistes, anti-autoritaires engagé.es dans la résistance en Ukraine.
Après la projection du film, nous proposons une disucussion avec des membres des Solidarity Collectives et de Solidarity Borsch (Bruxelles). Au sujet du film, des défis de la lutte internationaliste en Ukraine, et plus encore.
Il y aura aussi une table info avec des brochures et t-shirts, et des nouveautés !
La première du film a eu lieu en février 2026 à Paris, en présence des réalisateurs Pierre Chamechaude et Christophe Cordier. Le film a été réalisé au cours des dernières années dans différentes villes d'Ukraine. Il a été produit avec le soutien de Perspektiven Bauen, du Réseau Européen de Solidarité avec l'Ukraine (ENSU-RESU), de la Fédération Anarchiste, de l'Union Communiste Libertaire et des éditions Syllepse.
Tous les fonds récoltés par les dons et la vente des t-shirt iront aux Solidarity Collectives.
ENGLISH >>
We are thrilled to take part in the first edition of Belgium Activist Festival !
We invite you to join us on the 20th august for the presentation of “Le Chemin de la liberté” – film about feminist, ecologist, syndicalist, anarchist, anti-authoritarian militants engaged in resistance in Ukraine.
After screening of the movie, we organize a talk with members of Solidarity Collectives and Solidarity Borsch (Brussels) about the movie, about the challenges of internationalist struggle in Ukraine and much more.
And of course there will be our info table with booklets and merch with some new additions !
Premiere of the movie took place this year in February in Paris, presented by directors, Pierre Chamechaude and Christophe Cordier. It was filmed throughout last several years in different cities in Ukraine, and was produced with support of Perspektiven Bauen, European Network of Solidarity with Ukraine (ENSU-RESU), Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, and Syllepse publishing.
All funds from donations and selling merch will go to Solidarity Collectives.
Sommaire Dockers pourrait arrêter son activité Historique Le contexte politique a changé... À quoi servira le financement ? 1. Poursuivre notre activité 2. Militer et échanger 3. Changer de mode gouvernance Qui porte la collecte ? Liens
Dockers pourrait arrêter son activité
Dockers asbl est une association sans but lucratif créée en 2018. Elle milite pour la participation de tous.tes à la vie sociale, culturelle, économique et politique et ce, par la défense des droits sociaux. Historique
En 2019, une équipe composée d'Anne-Catherine Lacroix (juriste), Germain Randaxhe (développeur) et de Nicolas Bier (coordinateur) se forme autour d'un projet de plateforme d'accompagnement administratif pour faire face à l'illisibilité des règles chômage et les difficultés de faire valoir ses droits en tant que travailleur·euse.
Après 3 ans de développement, le 11 avril 2023, www.dockers.io est en ligne. Le contexte politique a changé... À l'image du reste de l'associatif, Dockers a vu ses subsides diminuer au fil des années. Aujourd'hui, nous avons épuisé toutes les options à notre disposition pour maintenir le cap. Sans votre soutien, notre association devra mettre fin à son dernier emploi, ce qui compromettra gravement la poursuite de ses activités...
À quoi servira le financement ?
100% de la collecte servira à conserver notre dernier emploi : Manque : 13.000€ 1. Poursuivre notre activité La mise à jour de la plateforme et la réponse aux mails quotidiens de nos utilisateur·ices, l'élaboration, la diffusion d'outils, à visée pédagogique et critique concernant la sécurité sociale et son fonctionnement, les droits des travailleur·euses salarié·es, les politiques sociales et de l'emploi,... la mise sur pied et l'animation de moments d'échanges sur les thématiques liées au salariat. En participant à cette campagne, vous permettez à l'association de poursuivre son activité jusque fin 2026.
2. Militer et échanger
L'asbl appuie des initiatives très variées encourageant la mobilisation, l'émergence et la construction d'une prise de parole citoyenne en matière d'emploi, de travail, de revenu décent, de sécurité sociale. Il nous parait primordial de poursuivre, voire de renforcer notre présence auprès d'autres associations, fédérations interprofessionnelles et collectifs militants afin de construire le rapport de force nécessaire en ces temps de réformes antisociales.
3. Changer de mode gouvernance
En 2027, Dockers entrera dans une nouvelle étape. L'objectif : ouvrir l'assemblée générale à une force citoyenne et militante de centaines, voire de milliers de membres. Nous voulons passer d'un fonctionnement en équipe fermée à une organisation collective et plus ancrée dans la société civile pour faire émerger de nouvelles idées et une nouvelle énergie.
Cette transition demande du temps et des moyens (changement de statut, architecture idéologique, formation et communication massive). Ce crowdfunding nous permettra de sécuriser le fonctionnement de l'ASBL jusqu'à fin 2026, le temps de construire ce nouveau modèle.
Les ambitions sont grandes. Bien plus qu'un simple outil d'aide dans la réglementation chômage, la plateforme Dockers a été conçue comme une tribune permettant de créer un lien constant avec les travailleuses et travailleurs.
En cette période de grande violence envers nos droits les plus fondamentaux, nous avons besoin d'informations justes pour équilibrer le rapport de force. Nous souhaitons contribuer à donner à toutes et tous les outils pour s'interroger, forger ses opinions et de lutter.
Qui porte la collecte ?
Dockers ASBL. L'équipe : Nicolas Bier : Travailleur des arts et membre de plusieurs collectifs en lutte contre les dérives autoritaires et libérales, Nicolas est à l'initiative du projet Dockers et de sa plateforme. Anne-Catherine Lacroix : Travailleuse en éducation permanente et juriste en droit social, Anne-Catherine milite depuis toujours pour la préservation des droits sociaux et la lutte contre la pauvreté. Elle a rejoint Nicolas, dès la première heure, pour participer au développement de la plateforme.Liens
Il ne reste que quelques jours avant la cloture de la campagne ! Ci-dessous, le lien pour la campagne de fincancement participatif sur Ulule.
Si vous préférez faire un don sans passer par cette plate-forme, vous pouvez aussi effectuer un virement sur le compte de l'ASBL : BE89 3632 0197 7985 en mentionnant « DON + NOM + PRENOM » en communication.
Plus d'infos sur le site de Dockers et sur leur compte facebook ou instagram.
Publié le 10/08/2026
Il y a quelques semaines, plusieurs personnes détenues témoignaient au sujet de grèves de la faim en cours depuis différents centres fermés : Merksplas, Vottem, 127bis, Bruges1.
Parmi ces personnes, plusieurs ont poursuivi leur grève des jours voire des semaines plus tard, jusqu' aujourd'hui encore pour certains, parfois depuis des cellules d'isolement. Les grévistes expriment une dégradation de leur santé physique et psychique profondément alarmante.
Ce 28 juillet, L'un d'eux avait reçu la visite d'un médecin extérieur indépendant collaborant avec l'organisation Médecins Sans Frontières, qui avait pu constater qu'il se trouvait dans un état de santé très grave
Ce Monsieur a été expulsé de force deux jours plus tard, le 30 juillet 2026.
Par ailleurs, nous apprenons qu'aucun policier ou agent sur place n'a accepté de prendre acte de la demande de protection internationale qu'il voulait introduire, ce qui est une claire violation de ses droits.
Pendant son enfermement, il nous rapportait : “Ici ils sont trop méchants avec nous. Ils veulent nous obliger à manger.”
“Ramenez-moi dans un cercueil à la maison. Ils veulent qu'on meurt ?”
“Ici c'est des racistes. Je déteste comment ils nous parlent. L'infirmière elle crie sur moi, elle provoque.”
Depuis, nous ne parvenons pas à avoir de ses nouvelles. Nous pensons qu'il y a de fortes raisons de s'inquiéter des conditions dans lesquelles a pu se dérouler l'expulsion ; il parvenait à peine à marcher quelques pas, il était à bout de forces et avait perdu 15 kg suite à sa grève de la faim de plus de 20 jours.
C'est avec une immense colère que nous avons appris cette expulsion. L'Office des étrangers se rend responsable d'actes d'acharnement qui se rapprochent de la torture.
Pour que cette expulsion ait bel et bien lieu, il a sûrement fallu que le personnel supposé “soignant” du centre rédige un certificat « Fit-to-Fly » (apte à voler), une attestation médicale exigée lors d'une expulsion forcée par avion, censée certifier que l'état de santé de la personne concernée permet de supporter le voyage aérien sans risque pour sa santé. Il est évident que l'état de ce Monsieur ne le rendait pas “apte à voler” sous la menace et la contrainte physique et psychologique des escortes policières.
D'après ce qu'expliquent les personnes détenues, dans certains centres, ce même personnel médical fournissait non pas des soins, mais des injonctions à s'alimenter, de manière méprisante et paternaliste. Certains ayant recours à un traitement médicamenteux sont victimes de chantage à la privation de leurs médicaments. Les conditions extrêmement dures dans lesquelles ces personnes mènent ou ont mené leurs grèves révèlent à quel point il s'agit là d'un ultime levier de résistance face à un système qui les broie.
Honte à l'Etat belge et l'Office des étrangers.
Solidarité avec toutes les personnes qui subissent la violence de l'enfermement
À bas les centres fermés, à bas les frontières
La quatrième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 30 Août au DOC (26 Rue du Docteur Potain à Paris). Le lieu sera ouvert dès 14h pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 14h30. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.
L'assemblée anti carcérale paris & environs a pour vocation d'être un espace d'organisation ouvert se réunissant mensuellement afin d'agir collectivement en solidarité avec les mouvements des prisonnier.es et tisser des liens avec les prisonnier.es et leurs proches sans passer par des cadres partisans ou syndicaux.
Lors des dernières grosses révoltes qui ont eu lieu, la réalité sociale de la répression nous a laissé-es face à un constat amer : nous sommes bien loin d'avoir les outils nécessaires pour réagir correctement face à l'appareil d'État, ainsi qu'amplifier la voix des prisonnier·ères et de celleux qui font les frais du système carcéral.
Pourtant, les mouvements ne manquent pas d'inventivité pour s'opposer de front aux prisons, que ce soit par des actions telles que l'attaque de la prison de Fresnes lors des révoltes de 2023, les attaques répétées de comicos dans cette même révolte comme lors des gilets jaunes, ou encore les attaques et intimidations de matons à domicile comme lors de DDPF.
Nous voulons nous en inspirer pour pousser nos luttes anti-carcérales plus loin, à la fois pour dépasser nos milieux anarchistes et adopter une position qui ne soit pas simplement défensive, en simple réaction à la répression.
La prison est — et sera toujours — l'un des symbole les plus éloquents de la puissance de l'État, de sa capacité à réprimer, enfermer et isoler l'ensemble des individu·es qui menacent son existence. La prison est au centre même de l'appareil colonial qui constitue l'État français : elle sert à mater et punir les révoltes des colonies comme récemment en Kanaky, Guadeloupe ou Martinique, à intensifier le tri aux frontières comme à Mayotte, et à tracer des frontières intérieures en incarcérant massivement les populations racisées, colonisées et les plus pauvres.
Attaquer les lieux d'incarcération - par les mots, la solidarité, le feu ou la bombe - c'est alors s'attaquer à ses outils privilégiés.
Rompre l'isolement des/avec les détenu·es est alors devenu rapidement pour les mouvements anticarcéraux un moyen d'affaiblir l'appareil carcéral et l'État colonial. En exposant la voix des personnes enfermé·es, on se donne le moyen de penser « la prison » (son fonctionnement, ses outils, etc.), mais aussi de la rendre moins « extérieure à nos vies ». Des surgissements tels que DDPF ou les révoltes pour Nahel parviennent à la remettre au centre de l'attention en s'y attaquant ouvertement, créant des fissures dans lesquelles nous désirons nous engouffrer pour mettre fin à la trop commune realité de l'incarcération et des assassinats policiers.
Une des prouesse des États dits « démocratiques », est d'avoir réussi à faire de la notion d'enfermement un impensé pour toute une partie de la population. Une situation si lointaine que l'on ne prend même pas la peine de l'envisager, alors que c'est pourtant le quotidien de beaucoup de personnes...
Cette nécessité de destruction est d'autant plus présente dans une région parisienne qui concentre à elle seule une densité collossale d'institutions d'enfermements : que ce soit les taules, tribunaux, comicos, ou prisons pour sans-papiers, mineur-es, enfants, fols, tox, handi-es, animaux non-humains...
Pour nous, s'organiser signifie construire des nouvelles formes de lutte, de solidarité et de décision, par notre capacité collective à rompre avec l'ordre existant, à expérimenter, à créer, à inventer...
Depuis le début du 20e siècle, les Anarchist Black Cross (ABC) et leurs réseaux ont cet avantage de se présenter sous une forme autonome et souple, fondée sur un internationalisme radicalement anti-carcéral, d'où notre envie de nous réaproprier cette forme et de s'inscrire dans un réseau pour abattre les prisons proches de chez nous comme à l'autre bout du monde, pour l'insurrection ailleurs comme ici. Loin de voir cette modalité comme une structure rigide et fermée, nous souhaitons, à partir du modèle des ABC, créer un espace de discussion et d'échange, une assemblée libre où chacun·e pourrait partager et expérimenter, tout en s'inspirant des actions déjà existantes : lettres, cantines, parloirs, traductions, évènements...
Nik la taule et mort aux matons !
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Mickaël Gilgenmann, prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure (dans l'Allier), a été appelé à témoigner lors du procès de Ritchy Thibault le 8 juillet dernier. L'administration pénitentiaire s'était engagé à fournir les moyens pour réaliser son témoignage en visioconférence depuis la prison. Cependant, Mickaël n'a finalement pas été autorisé à témoigner. Imaginant une censure possible car celle-ci est quotidienne en prison, il s'était assuré que sa parole puisse être entendue en cas d'annulation. Le témoignage de Mickaël avait été recueilli en amont durant un appel téléphonique avec Ritchy.
TW : mutilations
Le procès a été reporté et le témoignage de Mickaël n'a pas pu être écouté lors de celui-ci. Pourtant l'administration pénitentiaire a tout de même décidé de couper la ligne téléphonique entre Ritchy et Mickaël (étant sur écoute), de le convoquer au prétoire (pour lui donner 10 jours de confinement sans télé ni plaque chauffante) et de lui adresser trois Compte-Rendu d'Incident (CRI) dont deux pour « propos outrageants à l'encontre du président de la République et incitation à la rébellion », sur la base du témoignage qu'il n'a pas pu diffuser.
Le personnel pénitentiaire a par la suite décidé de ne plus donner à Mickaël les médicaments dont il avait besoin, en dépit de l'ordonnance médicale dont il dispose. Il coupe également les appels téléphoniques sur sa cabine en prétextant des coupures d'électricité. Le personnel pénitentiaire l'humilie à chaque mouvement et l'empêche d'accéder à la douche. Pour finir, il le réveille chaque heure de la nuit pour l'empêcher de dormir.
En outre, la prison de Moulins-Yzeure continue de servir aux prisonniers des gamelles avec de la nourriture avariée bien que cela ait été signalé depuis plusieurs mois.
Suite à cet acharnement, Mickaël s'est ouvert le ventre. Il est arrivé au médical menotté dans le dos et c'est seulement à sa demande que le médecin les a enlevé pour le soigner. Il a été recousu sans anesthésie. Quelques jours plus tard, il s'est à nouveau ouvert le bras. Il a refusé d'être recousu car aucune anesthésie digne de ce nom lui a été proposé.
Face au racisme, à la répression abusive et la censure, nous ne nous tairons pas ! Que la silenciation de tous les prisonniers et la violence qu'ils subissent au quotidien cesse.
Tout notre soutien va aux voyageurs, aux prisonniers longue peine et à celles et ceux qui ne se laissent pas faire !
Nous appelons toute personne révoltée par la situation actuelle à contacter la prison :
Tél. : 04.70.35.15.00
Adresse : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure,
21 rue de Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
Mail : sec.cp-moulins@justice.fr
Nous partageons ci-dessous le témoignage de Mickaël :
Alors bonjour je me présente je m'appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j'ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m'empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l'objet dans ce pays. J'étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l'incapacité de le faire. Aujourd'hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu'il a osé défier ce que vous appelez l'État français. Et quand Macron dit qu'il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l'artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c'est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d'enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd'hui vous gaspillez l'argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd'hui c'est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l'immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd'hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd'hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l'État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu'à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n'en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd'hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l'État et la police tuent, oui, l'État et la police sont racistes. L'État français place l'argent avant l'être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense du gouvernement. Le président peut dire qu'il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n'a pas le droit de dire ce qu'il pense sous peine d'être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer."
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat.
La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice.
La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails.
Article d'origine sur Secours rouge
Le 11 août a été fertile de luttes et de désirs de liberté à travers les époques, et voilà pourquoi l'éphéméride des luttes veut lui rendre hommage. Souvenons-nous de celles et ceux qui ont lutté avant nous pour continuer aujourd'hui.
1882 : A Tikhvine près de Novgorod, naissance de Voline, importante figure du mouvement anarchiste Russe, qui participa notamment à plusieurs insurrections et fut très critique des bolcheviques.
1898 : A Bruxelles, le commissaire de police Monmaerts, venu pour arrêter l'anarchiste Henri WILLEMS à son domicile, est reçu par des coups de feu. Willems parvient à s'enfuir poursuivi par la foule et les policiers sur lesquels il décharge à vingt-deux reprises ses armes.
Henri Willems, jeune ouvrier sculpteur, était en 1893 l'administrateur du "Libertaire" belge, journal qui sera interdit par la police le 20 février 1894, à la suite de la parution d'articles incitant à la désobéissance civile où saluant la mémoire d'Auguste Vaillant. Arrêté début 1895, Willems sera condamné à deux ans et demi de prison pour ses articles écrits dans "Le Libertaire" et dans le journal "L'Antipatriote". Repris de l'éphéméride anarchiste.
1905 : A Buenos Aires, tentative d'attentat de l'anarchiste catalan Salvador Planas Virella contre le président argentin Manuel Quintana, mais un problème avec son pistolet l'empêche de tirer. Il sera arrêté et emprisonné.
1927 : - A Bâle, une bombe anarchiste explose en faisant de gros dégâts dans la gare de Barfuesserplatz en soutien à Sacco et Vanzetti, anarchistes Italiens qui risquent alors la peine de mort aux Etats-Unis.
1944 : Florence est libérée de l'occupation nazie suite à une insurrection des partisan-e-s.
1964 : En Espagne, attentat raté contre le dictateur Franco du fait de l'arrestation des anarchistes Stuart Christie et Fernando Caballo, qui portaient une valise d'explosifs.
1965 : A Los Angeles, début des émeutes de Watts suite à des violences policières, qui dureront cinq jours. 4.000 personnes seront arrêtées (pour environ 30.000 participants) et on dénombre 35 morts.
1966 : John Lennon s'excuse d'avoir dit que les Beatles étaient plus célèbres que Jésus-Christ.
1970 : A Crossmaglen en Irlande du Nord, l'IRA fait sauter la voiture de deux militaires de l'armée britannique.
1974 : A Villa María en Argentine, l'ERP (Ejército Revolucionario del Pueblo) enlève un militaire de haut rang de l'armée du pays.
1980 : A Viterbo en Italie, deux carabinieri meurent lors d'une fusillade avec des militants de Prima Linea, lors de laquelle est aussi blessé le militant Michele Viscardi.
1982 : A Lyon, attentat de 'L'Affiche Rouge' contre une société d'import/export.
2001 : En Colombie, trois membres de l'IRA irlandaise sont arrêtés dans une zone contrôlée par les rebelles.
2002 : A Irvine en Pennsylvanie, l'ELF (Front de Libération de la Terre) incendie une station de recherches des forêts, provoquant 700.000 dollars de dégâts.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 11 août.
Cric / dimanche 9 août 2026
La nuit du 21 au 22 juillet, un véhicule utilitaire appartenant à la société Equans a été incendié à Grenoble, dans la rue de la Pasionaria
Pour cela, il suffisait d’une simple plaque chimique allume-feu à base de kérosène blanc pour allumer le feu. Elle est placée sur le pneu avant de n’importe quel véhicule à roues, et allumée avec un briquet qui n’a pas peur du vent, puis le pneu commence à prendre feu après quelques minutes. Ce type d’incendie peut être facilement éteint avec un petit extincteur tant que le moteur n’a pas été touché.
La plaque d’allume-feu doit rester dans son emballage plastique pour limiter les odeurs pendant le transport, puis elle est allumée dans son emballage car il brûle bien. Si l’emballage plastique porte des inscriptions, placez-les face vers le haut, ils brûleront mieux que face contre le bas. Ces plaques peuvent s’acheter dans tous les supermarchés, payez en espèces, portez au moins une casquette pour vous protéger des caméras.
Pour consulter les sites ci-dessous, nous recommandons d’utiliser Tor et Tails (https://tails.net)
Pour mieux éviter la répression : https://www.notrace.how
Pour mieux utiliser les outils numériques : https://www.anarsec.guide
Pour donner des idées : https://warriorup.noblogs.org
Les cibles sont partout, repérez votre itinéraire, évitez les caméras, changez de tenue, attaquez puis disparaissez dans la nuit.
Indymedia Nantes / samedi 8 août 2026
La préfecture a installé des barrières devant le terrain où ils veulent construire un CRA. Il y a deux semaines des camarades sont allé.es les débouloner (voir article) [relayé aussi ici ; NdAtt.]. La préfecture les a remises. On s’est dit que c’était à notre tour d’aller les enlever. Arrivé.es sur place, on a trouvé toutes les barrières en vrac par terre. Bravo à l’équipe déterminée qui est passé avant nous !
Le Parisien / dimanche 9 août 2026
Une apparition qui n’est pas passée inaperçue. Vendredi 7 août, Marine Le Pen a été chahutée alors qu’elle faisait escale sur l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan. Sur les images rapidement relayées sur les réseaux sociaux, on voit la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle devant un restaurant, avant d’embarquer sur un bateau sous les sifflements de plusieurs personnes.
Les quelques personnes réunies sur la plage lui crient « La jeunesse emmerde le Front national », refrain de Porcherie, chanson du groupe punk Bérurier Noir sortie au milieu des années 1980. Habituée à être secouée, Marine Le Pen répond aux manifestants par un salut apparemment ironique avant que son embarcation ne s’éloigne.
[…] La présence de la députée dans la région n’a rien d’inhabituel. Comme chaque année, Marine Le Pen se réfugie dans son fief familial breton à La Trinité-sur-Mer.
La cité balnéaire occupe depuis longtemps une place particulière dans l’histoire familiale. Jean-Marie Le Pen, mort en janvier 2025, y est né en 1928 et y est enterré. Hoëdic ne se situe qu’à une heure en bateau de là. […]
Samedi 8 août, des copaines ont faite une performance p !rate lors du Festival de la Plage des 6 Pompes, lors de laquelle iels ont ouvert le Corso.
Samedi 8 août, des copaines ont faite une performance p !rate lors du Festival de la Plage des 6 Pompes, lors de laquelle iels ont ouvert le Corso. Leur but était de visibiliser les bâtiments aujourd'hui vides et le manque d'espaces dédiés à la culture alternative. Cette action a été réalisée en soutien à Studio Universo, Carac, Espacito. Iels demandent aux politiques de soutenir ces initiatives de création d'espaces culturels sociaux autogérés qui répondent à un réel manque de lieux souligné par des centaines d'acteuricexs culturels et personnes, notamment via la lettre de soutien et la pétition liée à l'ouverture de Carac.
Les espaces autogérés, on s'est battu pour les squatter, on se battra pour les garder !
Méga-bassines, délestages illégaux par sabotages de barrage : quand l'agro-business s'accapare les ressources en eau en pleine sécheresse
L’article « Guerre de l’eau » dans le marais poitevin : 300 millions de litres d’eau accaparés par l’agro-industrie ? est apparu en premier sur Contre Attaque.
Dans l'éphéméride des luttes du 10 août, on aimerait bien que le monde entier ne soit pas soumis au joug de la propriété privée et que celui-ci soit enfin libre. Mais ce n'est pas gagné.
1680 : Au Nouveau-Mexique, début de la révolte de la population Pueblo contre l'occupant espagnol.
1937 : Les évêques espagnols signent un document parlant d'une nécessiare "croisade nationale" contre les républicains et révolutionnaires et en soutien au coup d'état de Franco.
1960 : L'Antarctique devient un territoire international et scientifique, personne ne peut prétendre à sa propriété.
1971 : En Irlande du Nord ont lieu de très graves épisodes de violences, au point que plusieurs milliers de personnes doivent abandonner leurs maisons et partir pour l'Irlande.
1977 : - A La-Charité-sur-Loire, cocktails molotov contre EDF et le nucléaire.
1978 : A Montpellier, des explosifs vont voler en éclats la porte de la maison d'arrêt pour la seconde fois, ce que revendiquera de nouveau le « Groupe Autonome Libertaire », pour « attirer l'attention de l'opinion publique sur le sort des membres des groupes autonomes détenus en Espagne, à Barcelone et Madrid » et exiger leur libération.
1984 : Dans le Minnesota, deux activistes sabotent le système de guidage de sous-marins nucléaires.
2011 : A Madrid, deux fourgonnettes de GDF Suez sont détruites par le feu en solidarité aux prisonniers révolutionnaires dans les prisons suisses.
Voir également l'éphéméride anarchiste du 10 août.
L'Assemblée Antifasciste Nancy et alentours organise un apéro antifa au local associatif le Geyser.
- Initiatives / Nancy, Initiative culturelleIls ont versé plus de 200 milliards aux patrons pour les «aider» à embaucher, baissé les allocations chômage, cassé le code du travail, mais les licenciements continuent
L’article Faillite du néolibéralisme : le chômage continue d’augmenter est apparu en premier sur Contre Attaque.
Quelques conseils du groupe Antirep (Antirep communication about 14th of June's repression)
Conseils additionnels essentiels ! Additional important tips !
1) Ne pas avoir été contrôléex ne veut pas dire que tu ne va pas être convoquéex car la police peut t'avoir reconnuex sur des images.
2) Débarrasse toi de tous d'objets incriminants. Une perquisition ne peut se faire qu'avec un mandat valable et ne concerne que ce qui t'appartient, pas les objets / chambres / véhicules d'autres personnes avec qui tu habites. Si ça t'arrive demande immédiatement la mise sous scellé de tes appareils électroniques (rappelle toi de la formulation) et prend contact avec unex avocatex
3) Même si un policier te présente des “preuves” ou des photos / vidéos où it dit pouvoir te reconnaître, ne dis rien !! tu verras ça après avec le conseil d'unex avocatexs.
4) Garder le silence c'est : te protéger toi et les autres et faciliter une gestion collective de la répression. Ne fais pas le travail de la police pour eux !
English :
1) Just because you weren't carded doesn't mean you won't be summoned, the police may have recognized you in surveillance footage.
2) Get rid of any incriminating items. A search of your place can only be conducted with a valid warrant and applies only to your personal belongings, not to the items / rooms / vehicles of other people you live with. If this happens to you, immediately request that your electronic devices be sealed (remember the exact wording) and contact a lawyer.
3) Even if the police shows you “evidence” or pictures / videos they claim they recognize you on, don't say anything !! You can deal with that later with the advice of a lawyer.
4) Staying silent when questionned by the police means protecting yourself and others and allowing a collective legal defense. Do not do the police's job for them !
Mise à jour : hier à 14h161) Ne pas avoir été contrôléex ne veut pas dire que tu ne va pas être convoquéex car la police peut t'avoir reconnuex sur des images.
2) Débarrasse toi de tous d'objets incriminants. Une perquisition ne peut se faire qu'avec un mandat valable et ne concerne que ce qui t'appartient, pas les objets / chambres / véhicules d'autres personnes avec qui tu habites. Si ça t'arrive demande immédiatement la mise sous scellé de tes appareils électroniques (rappelle toi de la formulation) et prend contact avec unex avocatex
3) Même si un policier te présente des “preuves” ou des photos / vidéos où it dit pouvoir te reconnaître, ne dis rien !! tu verras ça après avec le conseil d'unex avocatexs.
4) Garder le silence c'est : te protéger toi et les autres et faciliter une gestion collective de la répression. Ne fais pas le travail de la police pour eux !
English :
1) Just because you weren't carded doesn't mean you won't be summoned, the police may have recognized you in surveillance footage.
2) Get rid of any incriminating items. A search of your place can only be conducted with a valid warrant and applies only to your personal belongings, not to the items / rooms / vehicles of other people you live with. If this happens to you, immediately request that your electronic devices be sealed (remember the exact wording) and contact a lawyer.
3) Even if the police shows you “evidence” or pictures / videos they claim they recognize you on, don't say anything !! You can deal with that later with the advice of a lawyer.
4) Staying silent when questionned by the police means protecting yourself and others and allowing a collective legal defense. Do not do the police's job for them !
Mise à jour : hier à 14h04Nous avons appris que certaines des personnes nassées cette nuit-là ont récemment reçu des mandats de comparution décernés par la police en courrier recommandé. Un mandat de comparution est un papier sommant une personne de se présenter à une audition (interrogatoire) afin d'être interrogée, identifiée ou de voir ses données signalétiques enregistrées (empreintes, photos, etc). La police peut convoquer n'importe qui comme prévenu (c.à.d. accusé-e-x d'une infraction), témoin, ou personne appelée à donner des renseignements. Pour l'instant, toutes les personnes ont été convoquées en qualité de prévenu pour émeute et infraction contre l'autorité publique.
Le groupe Antirep est là pour t'offrir du soutien en te donnant infos et conseils, pour te mettre en contact avec des avocat-e-x-s ou avec la Caisse Juridique de Soutien (CJS), et pour sortir les personnes de l'isolement en proposant des stratégies de défense collectives et en partageant ses connaissances. Ainsi :
Le jour de ta convocation, tu devras te rendre au poste de police de la Gravière, où tu seras interrogé-e-x par des agents qui te feront asseoir dans un bureau afin de procéder à ton interrogatoire. Tout d'abord, ils devront t'informer :
(Dans la convocation reçue par la poste, ils t'auront informé-e-x que tu as le droit de faire appel à un-e-x avocat-e-x et/ou un-e-x interprète. Cependant, si tu choisis de le faire, tu devras les en informer maximum deux jours avant la date fixée pour ton audition). Nous ne conseillons pas à ce stade de venir en présence d'un-e-x avocat-e-x.
Tu seras interrogé-e-x par un ou deux agents. La police rédige un procès-verbal de ton interrogatoire ; le policier qui t'interroge le tape lui-même ou le dicte à un autre policier.
Ils essayent habituellement d'obtenir des aveux en échange d'une promesse de mise en liberté, de simplification de la procédure, ou encore de clémence des juges. Il faut savoir que dans 80% des cas, les suspect-e-x-s sont condamné-e-x-s uniquement sur la base de leurs aveux pendant l'interrogatoire de police. Ne fais pas plus confiance aux gentils policiers qu'aux méchants. Réponds toujours et systématiquement « je n'ai rien à déclarer ». Pouvoir garder le silence est ton droit le plus strict et la meilleure carte à jouer. Utilise-le au maximum, même si la police essaye de te mettre la pression ou le doute. Si l'interrogateur dit ou fait quelque chose qui semble outrepasser ses droits, il faut demander à ce que cela soit écrit sur le PV (par ex : "Vous me dites que je suis obligé.e de répondre, je veux que ce soit écrit sur le pv avant de le faire"). Tout ce que tu dis, dès les premières minutes de ton arrestation, pourra être utilisé contre toi tout au long de la procédure. Il est très difficile de revenir en arrière.
Si pour X raison tu décides de parler (ce que nous ne te conseillons vraiment, mais alors vraiment pas), sache que si le contenu du procès-verbal ne correspond pas à tes propos, que ce soit dans le contenu ou dans la formulation, tu peux refuser de le signer. Il est cependant beaucoup plus utile de demander aux policiers de le modifier, ou de le modifier toi-même à la main avant de le signer.
Toujours dans le cadre de ton audition, il est possible que la police décide de faire un prélèvement ADN (frottis de la muqueuse au moyen d'un petit tampon dans la bouche) ou une prise de données signalétiques (empreintes digitales, photos, etc). Tu peux contester la décision de la police, qui doit alors obtenir l'accord du Ministère public (accord qu'elle obtiendra en général sans difficulté). Même si le fait de s'opposer n'empêchera probablement pas la prise de données, il est toutefois nécessaire de formuler une opposition en disant « Je m'oppose, je veux le papier avec l'accord du Ministère public ». En effet, sans ce papier, un avocat ne pourra pas contester par la suite la prise de données et demander leur destruction.
Toutes les personnes contrôlées peuvent s'attendre à recevoir une condamnation par courrier recommandé.
Si des condamnations tombent, celles-ci prendront vraisembablement la forme d'un document imprimé sur papier bleu intitulé "ordonnance pénale". Il est possible de former opposition à une ordonnance pénale en envoyant un courrier recommandé à l'autorité qui a émis la condamnation. Ce courrier d'opposition doit absolument être posté dans les 10 jours qui suivent la réception du courrier recommandé. Si tu ne vas pas chercher le courrier à la poste, il sera considéré avoir été reçu au bout de 7 jours. Il suffit d'indiquer que l'on forme opposition à l'ordonnance et rien d'autre (l'antirep peut t'envoyer des modèles d'opposition par mail). Sans opposition formée dans les 10 jours, la condamnation entre en force et il n'y a presque plus aucun moyen de revenir dessus, même si celle-ci retient des infractions délirantes à votre encontre. Attention, l'éventuelle ordonnance pénale peut tout à fait arriver dans plusieurs mois sans que tu n'aies aucune nouvelle d'ici là.
Si tu habites dans un pays de l'Union européenne, il est également possible que tu reçoives la condamnation directement chez toi. Dans ce cas, les modalités pour former opposition sont légèrement différentes. Renseigne-toi en écrivant un mail au groupe Antirep (antirep-ge@riseup.net).
L'expérience montre que former opposition aux ordonnances pénales est presque toujours bénéfique. En effet les autorités chargent souvent les peines et retiennent des infractions qui n'auraient pas dû l'être, en misant sur l'absence d'opposition de la majorité des personnes, encore plus lors de procédures qui impliquent de nombreuses personnes. Une opposition peut de toute façon être retirée par la suite en écrivant également un simple courrier.
En formant opposition, la procédure reste ouverte. Cela donne la possibilité de consulter le dossier et de se défendre, tant individuellement que collectivement. L'organisation permet aussi de réduire les coûts du procès et des amendes. La répression pénale fonctionne en individualisant et par conséquent en isolant chaque personne et tente d'effacer le contexte social et collectif dans lequel les faits se sont déroulés. L'objectif est de briser la volonté des personnes poursuivies. Contrer cette logique individualisante permet à la fois d'améliorer la situation de chacun-e-x, mais également d'utiliser le système pénal pour se relier à travers nos luttes.
Groupe Anti-Repression Genève
We have been informed that some of the people detained that night have recently received summonses issued by the police via registered mail. A summons is a document ordering a person to appear at a hearing (interrogation) in order to be questioned, identified, or to have their identifying information recorded (fingerprints, photos, etc.). The police may summon anyone without any specific time limit as a suspect (i.e., accused of a crime), a witness, or a person called to provide information. For now, all individuals have been summoned as suspects of riot and offenses against public authority.
The Antirep group is here to offer you support by providing you with information and advice, put you in touch with lawyers or the Legal Support Fund (CJS – caisse juridique de soutien), and to get people out of isolation by sharing knowledge and proposing collective defense strategies. So :
On the day of your hearing, you will have to go to the La Gravière police station, they will make you sit in an office to conduct your interrogation. The police must tell you in a language you understand :
(On the warrant received by mail, authorities will already have informed you that you have the right to call a lawyer and / or an interpreter. If you choose to do so, you will have to inform them at least two days before the date set for your audition). We don't think it's necessary to come with a lawyer at this point of the procedure.
You will be interrogated by one or two agents. The police writes a report of your interrogation (the police officer who is questioning you writes it himself or he dictates it to another police officer). They usually try to obtain confessions in return for a promise of release, simplification of procedure, or leniency of judges. In 80% of the cases, the suspects are convicted solely on the basis of their confessions during the police interrogation. Do not trust the good guys more than the bad guys. Always say « I have nothing to declare ». Your right to remain silent is your most important right and the best card to play. Use it to the maximum even if the police try to put pressure on you or make you doubt. If the police says or does something that seems to exceed his rights, ask for it to be written on the record (eg : "You tell me that I have to answer, I want it to be written on the record before doing it ").
Everything you say, from the first minutes of your arrest, can be used against you throughout the procedure. It is very difficult to go back.
If for whatever reason you decide to speak (which we do really, really NOT advise you to do), know that if the content of the interrogation report does not match what you said, whether is the content or the formulation, you can refuse to sign it. However, it is much more useful to ask the police to modify it, or modify it yourself before signing it.
Still in the context of your hearing, it is not impossible that the police decide to sample your DNA (smear of the mucous membrane by means of a small stamp in the mouth) or to record your personal data (fingerprints, photos etc.). You can object to the decision of the police, which must then obtain the approval of the public prosecutor's office (in general, the police will obtain it without difficulty or delay). Although opposing will probably not ultimately prevent this personal data from being recorded, we do recommend you make your opposition thereto vocal and known to the police, by saying « I object, I want the paper with the agreement of the public prosecutor's office » because, without this paper, a lawyer will not be able to challenge the taking of your personal data during the procedure and request its destruction.
All controlled persons might expect to receive a conviction by registered mail.
If convictions are handed down, they will presumably take the form of a document printed on blue paper entitled « ordonnance pénale » (summary penalty order). It is possible to object to an SPO by sending a registered letter to the authority that issued the sentence (most likely, the Public Prosecutor's Office). This opposition letter must absolutely be mailed within 10 days after the reception of the registered mail. If you do not pick up the mail at the post office, it will be considered as received after 7 days. It suffices to indicate that one is opposed to the order and nothing else for example with the help of this generator of standard letters (it is strongly advised to fill only the necessary fields and NOT to justify the opposition).
Unopposed within 10 days, the conviction comes into force and there is almost no way to return to it even if it detains delusional offenses against you. Be careful, the possible penal notice can arrive in several months without you having any news by then.
If you live in a European Union country, it is also possible to receive the notice directly at your home. In this case, the modalities to form opposition are slightly different. Find out by writing an email to the Anti-Repression Group (antirep-ge@riseup.net).
Experience shows that forming opposition to penal notices is almost always beneficial. Indeed, the authorities often exaggerate penalties and retain offenses that should not have been retained by relying on the lack of opposition of the majority of people, and that even more in procedures that involve many people.
In any case, an opposition can be withdrawn afterwards by writing a simple mail.
When you make an opposition, the procedure remains open. This gives us the opportunity to consult the record and to defend ourselves individually as well as collectively. The organization also reduces trial costs and fines. Penal repression works by individualizing and therefore isolating each person, and attempts to erase the social and collective context in which the facts unfolded. The goal is to break the will of the persecuted people. Countering this individualizing logic allows us not only to improve the situation of each of us, fo but also to use the penal system to connect with one another through our struggles.
Groupe Anti-Repression Genève
La nuit du 21 au 22 juillet, un véhicule utilitaire appartenant à la société Equans a été incendié à Grenoble, dans la rue de la Pasionaria
Pour cela, il suffisait d'une simple plaque chimique allume-feu à base de kérosène blanc pour allumer le feu. Elle est placée sur le pneu avant de n'importe quel véhicule à roues, et allumée avec un briquet qui n'a pas peur du vent, puis le pneu commence à prendre feu après quelques minutes. Ce type d'incendie peut être facilement éteint avec un petit extincteur tant que le moteur n'a pas été touché.
La plaque d'allume-feu doit rester dans son emballage plastique pour limiter les odeurs pendant le transport, puis elle est allumée dans son emballage car il brûle bien. Si l'emballage plastique porte des inscriptions, placez-les face vers le haut, ils brûleront mieux que face contre le bas. Ces plaques peuvent s'acheter dans tous les supermarchés, payez en espèces, portez au moins une casquette pour vous protéger des caméras.
Pour consulter les sites ci-dessous, nous recommandons d'utiliser Tor et Tails (https://tails.net)
Pour mieux éviter la répression : https://www.notrace.how
Pour mieux utiliser les outils numériques : https://www.anarsec.guide
Pour donner des idées : https://warriorup.noblogs.org
Les cibles sont partout, repérez votre itinéraire, évitez les caméras, changez de tenue, attaquez puis disparaissez dans la nuit
Ce 9 août, l'éphéméride des luttes contemple toutes les horreurs des guerres impérialistes et de la colonisation et enrage. Aujourd'hui, les choses sont assez claires.
1927 : - A Chicago, une grève générale a lieu en soutien aux anarchiste italiens Sacco et Vanzetti, condamnés à mort. Plus de 16.000 personnes y participent, et la police utilisera de nombreux lacrymogènes contre les manifestant-e-s, faisant également beaucoup d'arrestations. Deux bombes à retardement sont découvertes dans le bureau des Postes et dans une station de métro.
1945 : Au Japon, l'armée américaine fait sauter une deuxième bombe nucléaire, cette fois dans la ville de Nagasaki, tuant 73.000 personnes, 3 jours après la bombe d'Hiroshima.
1965 : Singapour est expulsée de Malaisie, devenant ainsi le seul Etat à devenir indépendant sans l'avoir voulu.
1966 : A New York, des centaines de personnes occupent les locaux de Dow Chemicals pour protester contre l'usage du napalm au Vietnam.
1971 : En Irlande du Nord, l'armée britannique déclenche l'opération Demetrius, qui conduit à l'arrestation et à l'incarcération sans procès de 342 personnes soupçonnées d'appartenir à l'IRA. Cette opération a déclenché de nombreux épisodes de protestation partout sur le territoire, et les affrontements font 17 morts, la plupart abattus par l'armée britannique.
1972 : Toujours en Irlande du Nord, de lourdes émeutes ont lieu après un an d'incarcération des personnes arrêtées lors de Demetrius.
1980 : En Irlande du Nord, de nouvelles émeutes éclatent, faisant trois morts.
1983 : Nouvelles émeutes à Belfast, lors desquelles l'armée britannique ouvre de nouveau le feu sur la foule, faisant un mort.
1995 : Au Brésil, plus de 600 familles du mouvement des sans-terre combattent la police toute la nuit pour tenter de sauvegarder leur camp.
1997 : En Irlande du Nord, la CIRA (Continuity IRA) pose un faux van piégé sur un pont de Derry.
2001 : A Venise, une bombe de forte puissance détruit l'entrée principale du tribunal de la ville, ce qui sera revendiqué par la cellule Carlo Pulcini des Noyaux Territoriaux Antiimpérialistes.
2009 : - Près de la ville de Kozani en Grèce, libération de 10.000 visons.
2014 : A Ferguson aux États-Unis, le jeune Mickael Brown est abattu par la police. Ce meurtre policier donnera lieu à d'immenses manifestations parfois émeutières contre les violences policières et racistes.
2015 : A Ferguson, lors de la manifestation d'hommage à Mickael Brown, des affrontements ont lieu et des voitures de police reçoivent plusieurs impacts de balle.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 9 août.
Sommaire Montréal (Canada) : Les responsables de la crise ont des noms et des adresses Wiedemannsdorf (Allemagne) : cramer la continuité historique Dijon (Côte-d'Or) : le constructeur de prisons Pennequin sous le feu Leverkusen (Allemagne) : double sabotage ferroviaire Grenoble (Isère) : le constructeur de prisons Eiffage sous le feu Ottawa (Canada) : « Mangez les riches » 10 ans en voyage – Une accolade depuis la clandestinité Saint-Étienne (Loire) : « Contre toutes les armées et tous les États, partout, tout le temps ! » Sur les civilisés [Brochure] Post-scriptum à La flamme d'or [Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla Crémone (Italie) : sabotage solidaire d'un poste électrique
Montréal (Canada) : Les responsables de la crise ont des noms et des adresses
À la classe propriétaire, Why we break windows ? Pourquoi est-ce qu'on a brisé vos fenêtres (et peinturé vos bureaux) ? Comme chaque 1er juillet, plusieurs ménages locataires vont se retrouver à la rue. D'autres dans des logements inadéquats, insalubres et/ou trop chers. Dans les prochains jours, on va entendre parler de la crise du logement. Des prix qui montent. Du manque de logements disponibles. Pis comme à chaque année, la majorité des gens vont passer à un autre appel. On connait la chanson. Mais une chose dont on ne parle jamais, ou que du bout des lèvres, c'est des responsables de la crise. Le logement n'est pas en crise comme par magie. Les ménages qui se retrouvent à la rue ne sont pas les victimes du marché invisible. La gentrification et la financiarisation du logement ne sont pas des phénomènes naturels. Il y a des gens derrière cette crise, des gens derrière ce marché, des gens derrière ces phénomènes. Et ces gens ont des noms et des adresses.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27641
Wiedemannsdorf (Allemagne) : cramer la continuité historique
Voilà pourquoi la demeure familiale du président nazi du Chili, Antonio José Kast a cramé aujourd'hui (traduit de l'allemand de Kontrapolis, 24 juin 2026 Au Chili, a eu lieu la révolte de 2019 [voir ici] qui a été éteinte par la pandémie de covid. et pacifiée par le référendum sur la Constitution.
[https://sansnom.noblogs.org/archives/27648 ]
Dijon (Côte-d'Or) : le constructeur de prisons Pennequin sous le feu
Dijon contre les CRA : un tractoptelle en moins pour les collabo
de Pennequin … Par une belle soirée de mai, nous nous sommes faufilé.es dans les locaux flamboyants (mais pas encore totalement flambés …) de la société Pennequin, fierté du BTP local, qui a choisi de se lancer dans la construction d'une nouvelle prison pour sans papiers (un CRA), à Longvic, à côté de Dijon.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27694
Leverkusen (Allemagne) : double sabotage ferroviaire
[Le 11 juillet 2026, est sorti un communiqué du Commando Angry Birds, revendiquant le sabotage qui venait de mettre en tilt la ligne Cologne-Düsseldorf, un axe ferroviaire très fréquenté de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, région la plus peuplée d'Allemagne. Concrètement, un premier dispositif incendiaire à retardement a été déposé la nuit de jeudi à vendredi 10 juillet, dans un regard situé sur le pont qui enjambe la rivière Wupper (un affluent du Rhin), au nord de la ville de Leverkusen, et un second dispositif a été placé le long des voies, quelques centaines de mètres plus loin, à Langenfeld. De nombreux câbles de signalisation à fibre optique ont été détruits, entraînant une interruption partielle du trafic et de nombreux retards. Rappelons que ce groupe est actif dans le coin depuis 2023, en publiant à la fois des communiqués numérotés de sabotage (qu'on peut retrouver ici) et des manuels techniques pour en étendre la pratique. On trouvera ci-dessous une traduction de leur communiqué n°8, qui a revendiqué ce sabotage, paru sur de.indymedia.]
https://sansnom.noblogs.org/archives/27666
Grenoble (Isère) : le constructeur de prisons Eiffage sous le feu
Pelleteuse d'Eiffage, brûle ! Dans la nuit du 27 au 28 juin, nous avons incendié une pelleteuse près des chantiers de l'A480 [autoroute urbaine de la métropole grenobloise], appartenant à APPR / Eiffage. Sans vouloir viser particulièrement ce chantier, cette attaque est avant tout une participation à l'offensive contre cette entreprise qui construit des prisons et des CRA partout en France. Nous voulons leur dire que tous leurs projets sont une cible et sont accessibles.
Ottawa (Canada) : « Mangez les riches »
Ottawa : Des camions vandalisés au centre de distribution
de Metro.
Salut Metro, tu te demandes toujours qui sont ces gens qui se sont introduits dans la cour de ton centre de distribution à Sandy Hill ? Celleux qui ont percé sans peine les pneus de tes camions — vingt-cinq pour être exact — et saboté le système de freinage de six autres ? Qui ont entièrement recouvert ces mêmes camions de peinture ? Vous obligeant à les laver à la hâte le lendemain matin pour ne pas avoir à traverser la ville avec des slogans comme « Mangez les riches » et « Fuck Metro » affichés sur vos camions. Oh, mais attendez, vous ne pouviez pas, les pneus étaient à plat ! Comme on pouvait le lire sur l'un de vos camions : pas de pneus, pas de profits, n'est-ce pas ?
https://sansnom.noblogs.org/archives/27757
10 ans en voyage – Une accolade depuis la clandestinité
Mes très cher-e-s
Depuis nulle part, je vous serre fort contre mon cœur et j'aimerais vous faire savoir que dans l'ensemble je vais bien ! Malheureusement, les derniers jours ont été un peu rudes, ce jubilé ne cessait de me catapulter vers le passé et ce jour où j'ai dû toustes vous laisser derrière moi. Cette vibrante visualisation de cette époque a eu pour conséquence de faire remonter des sentiments archivés. 10 ans se sont écoulés … Et bien que le temps soit une illusion, je retombe toujours dans le fait d'y croire. Pourtant, alors que je vous écris ces lignes, le passé tombe en écailles de la vieille façade et une bourrasque balaye l'avenir. Je suis avec vous, ici ou ailleurs. Et rien ne peut interrompre ce lien.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27741
Saint-Étienne (Loire) : « Contre toutes les armées et tous les États, partout, tout le temps ! »
Contre la propagande militariste d'extrême gauche
Le NPA et BDS projettaient un film militariste pro-ukraine, on était pas hyper content.es.
Jeudi 2 juillet, le NPA et BDS sainté projetaient au cinéma Le Méliès le film « Guerre en Ukraine Les combattants anti-autoritaires ». Des copaines avaient vu le film, et on a décidé d'aller y apporter notre grain de sel. Le film projeté par le NPA et BDS, en plus de se dire « anti-autoritaire », explique que pour résister à l'attaque de l'État russe, il faudrait s'engager dans l'armée régulière ukrainienne, ce que font d'ailleurs des anarchistes, assumant par là de se battre aux côtés de néo-nazis. On a voulu apporter une critique antimilitariste.
Sur les civilisés
Le seul manuscrit de Joseph Déjacque qui nous soit parvenu est une lettre écrite le 20 février 1861, à la veille d'embarquer pour cette Europe, dont il était absent depuis sept ans. Dans cette dernière, adressée à un proscrit français réfugié en Suisse, Déjacque exprime tout son mépris pour un pays où il avait espéré trouver une plus grande liberté, mais où régnait au contraire « le crétinisme politique et religieux ». Les mots de Déjacque sur la société nord-américaine de l'époque sont très durs, et il vaut la peine de les rappeler ici :
https://sansnom.noblogs.org/archives/27763 [Brochure] Post-scriptum à La flamme d'or
Si la réception de la brochure [sortie en février 2026, voir le PDF ici] a été assez largement positive – du moins dans les quelques retours reçus – elle a aussi suscité de vives attaques, principalement concernant la partie sur les « leurres identitaires ». Cela a même valu quelques mots doux lors d'une causerie dans des rencontres anarchistes, certaines personnes qualifiant le texte de « raciste » et « transphobe ». Au passage, à titre perso, quand je considère que quelqu'un porte une position raciste et/ou transphobe, surtout dans ce genre d'espace, j'essaie de faire en sorte de le virer, et si je n'y parviens pas, je me casse. Mais il semble que porter jusqu'au bout les conséquences de sa pensée exprimée ne soit pas un principe de base pour tout le monde.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27796
[Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla
[Jeudi 30 et vendredi 31 juillet 2026, près de 50 000 migrants ont pris d'assaut avec succès la frontière qui sépare le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta, causant la mort d'au moins 72 d'entre eux, avant que la plupart ne reparte dans l'autre sens. L'article ci-dessous, qui revient en détail sur les premiers assauts contre cette frontière et la question de l'auto-organisation, a été publié en décembre 2008 dans le premier numéro de la revue anarchiste internationale « A corps perdu ».]
https://sansnom.noblogs.org/archives/27808
Crémone (Italie) : sabotage solidaire d'un poste électrique
Le 1er juillet dernier, nous avons saboté un poste électrique. L'heureux hasard a voulu qu'une partie du centre de Crémone se retrouve plongé dans le noir. Plus de lumière dans les rues. Sans crier gare, un black out s'est diffusé et a duré quelques heures.
L'énergie est liée à la guerre, la guerre à la répression, et répression signifie prison.
Par ce geste, nous avons voulu agir pour exprimer notre solidarité avec les anarchistes arrêtés le 16 juin. Salut à tous les rebelles du monde, aussi bien ceux qui sont en taule que ceux qui luttent à l'extérieur. En ces temps d'horreurs, nous ne pouvons oublier Ramy et Fakir*.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27802Aucune réserve, aucune limite. Le Conseil Constitutionnel a validé le 6 août l'intégralité des mesures militaristes du gouvernement.
L’article Vers un état d’exception pour préparer la guerre est apparu en premier sur Contre Attaque.
Scorpion, Léa et Sana font partie de l'association bisontine PDA (Partage, Droits & Autonomie). Dans un entretien réalisé pendant la Poudrière en 2022, iels reviennent sur les difficultés d'organisation des travailleurs et travailleuses du sexe et sur les conséquences des dernières lois.
Crédit illustration : @Ed LabCet entretien a eu lieu en juin 2022, au micro de la radio pirate de la Poudrière, un festival féministe et auto-géré qui s'est déroulé à l'Espace autogéré des Tanneries. Il a ensuite été retranscrit pour être publié dans Dijoncter Papier #6.
L'article est également consultable en format pdf mis en page : « Arrêtez de parler à notre place et écoutez-nous ! » - Version pdf
Pour commencer, est-ce que vous pouvez présenter rapidement PDA ?
Léa : PDA a été créé il y a plus de onze ans, parce qu'on avait la volonté de s'organiser. Au départ on n'était pas en non-mixité donc je peux pas dire « entre TDS » mais plutôt « autour des TDS ». On était d'abord un collectif puis on s'est monté·es en association. Évidemment on a fait plein de choses différentes. Maintenant on est en non-mixité entre TDS.
Siana : Pendant longtemps on avait pas de lieu pour s'organiser, et là on a un local depuis deux ans, avec une friperie gratuite à disposition des collègues. On peut y boire un café et se ressourcer entre collègues, parler de tout et rien, de nos problèmes, trasher un peu les clients, ça fait du bien.
Scorpion : Surtout on a le mérite d'exister en région Grand-Est, parce qu'il n'y a aucune autre asso ou collectif.
Pourquoi vous avez fait le choix de passer d'un collectif à un statut d'asso ?
Léa : À ce moment-là on avait un peu l'illusion qu'on pourrait avoir des subventions. Enfin, on a pas essayé très fort mais il y avait une motivation là-dessus. On s'est fait un peu échauder par nos premières démarches et le fait qu'on s'est heurté·es à pas mal d'abolitionnisme [1] de la part des pouvoirs publics, dès le début. Du coup, ça nous a découragé, on a plus jamais fait de demandes de subventions auprès des services publics. On a parfois demandé à des fondations, on n'a jamais rien eu de ce côté-là non plus. Mais on sait jamais, le fait d'être une asso ça permet d'aller chercher l'argent là d'où il devrait venir normalement.
Scorpion : D'un autre côté, on n'a pas vraiment de comptes à rendre et ça nous laisse une certaine liberté, une liberté d'action dans l'asso en tout cas.
Siana : Aujourd'hui, on est plus ou moins d'accord sur le fait qu'on a plus vraiment envie d'attendre grand chose des pouvoirs publics et qu'on préfère s'auto-gérer et vivre avec les dons, réussir à avoir un financement à travers d'autres collectifs, d'autres assos.
Est-ce que vous pouvez parler du changement de mixité au sein de PDA ?
Siana : On a des moments en non mixité entre TDS qui permettent de s'entraider. On est pas une association totalement en non-mixité. Par exemple, une fois par mois on organise un café discussion avec les personnes qui veulent venir, qui veulent continuer une déconstruction, ce genre de choses. On a des évènements ouverts à tout le monde.
Scorpion : En fait, c'est juste qu'on a des moments entre collègues, c'est nécessaire pour que des TDS continuent à venir et se sentent en sécurité. On risquait trop à laisser participer tout le monde sans forcément connaître les intentions des gens. C'est bien plus risqué en tout cas.
Léa : Pour la convivialité, je trouve que ça crée un truc complètement différent de pouvoir être entouré·e de gens qui vivent la même chose ou des choses communes en tout cas sur certains aspects.
On s'est heurté·es à pas mal d'abolitionnisme des pouvoirs publics dès le début.
J'aimerais bien, si vous voulez, que vous parliez plus de vous. Votre histoire par rapport à cette asso ? Comment vous l'avez découvert ? Est-ce que vous militez là-bas depuis sa création ? Qu'est-ce que ça a changé de la découvrir ?
Siana : J'ai découvert l'asso un peu par hasard. Il faut savoir qu'avec l'asso, on fait ce qu'on appelle des maraudes. Donc on contacte des collègues pour dire qu'on existe, que s'iels ont besoin, on est là, que s'iels ont besoin de capotes, de produits d'hygiène, d'un soutien, d'informations juridiques ou quoi que ce soit, on est là. On rencontre des collègues par ce biais-là. Moi je suis pas arrivée comme ça mais un petit peu quand même en fait, j'étais sur les réseaux sociaux par le biais d'un autre journal qui publie aussi sur les réseaux. C'était le moment des premières portes ouvertes de PDA et c'est arrivé sur mon fil d'actualité. J'ai vu plein de commentaires putophobes. J'avais commencé la prostitution quelques mois auparavant. J'avais pas du tout les codes, j'étais pas du tout militante à ce moment-là. Je voyais des commentaires horribles et je voulais juste mettre un commentaire positif en mode "oh c'est trop bien, bon courage". La personne qui avait contacté le journal pour faire cet article est venue dans mes messages privées, on a discuté. De fil en aiguille, elle a compris que j'étais TDS et j'ai mis beaucoup de temps à venir à l'asso. Sachant qu'à la base je n'étais pas du tout dans les milieux militants ou dans les milieux associatifs. J'ai mis du temps à venir et puis finalement j'ai été beaucoup embarquée dans les évènements, petit à petit, c'est venu naturellement en fait.
Léa : Moi j'ai été là à la création de l'asso et du coup je peux parler du fait que je travaillais déjà depuis une dizaine d'années. J'ai commencé à bosser complètement solo et ça m'a fait un bien fou quand j'ai commencé à comprendre qu'il y avait des gens qui partageait mon point de vue sur le TDS. Même pas forcément de la part de collègues parce qu'au départ je n'en connaissais pas. J'ai lu King-Kong Theory [2], ça m'a donné une pêche d'enfer et je suis partie en stop faire une manif TDS à Paris, j'ai compris que ça existait les manifs TDS. Après, j'ai pu échanger avec des collègues, découvrir des nouvelles façons de bosser. Puis, à un moment donné, il y a eu cette volonté de faire cet asso à Besançon avec une collègue et des allié·es.
Scorpion : Moi, du coup j'ai découvert PDA il y a à peu près deux ans. Maintenant je suis militant à l'asso, mais ça fait à peu près huit ans que j'exerce la prostitution. J'en ai parlé petit à petit à des personnes de confiance mais en étant isolé, en continuant à bosser dans mon coin. Cette personne de confiance est une de mes meilleures amies, je lui ai parlé de ça et à son tour elle est devenue TDS suite à mon parcours, et elle a rejoint cette asso. Après c'est moi qui l'ai suivie. Du coup, c'est un peu grâce à elle que j'ai découvert PDA parce que je me suis dit "finalement pourquoi pas commencer à s'ouvrir au monde du TDS et sortir de ma grotte". J'ai pris mes marques petit à petit. Je pense qu'on a toustes rejoint l'asso comme ça, en se demandant ce qu'on pouvait faire. Voilà, petit à petit, on trouve ses repères et on se met un peu au militantisme. Ça fait carrément du bien de fréquenter des gens comme nous et ça je le soupçonnais pas une seule seconde !
Léa : Dans les façons de rencontrer des collègues en dehors de PDA, il y a les maraudes et je voulais préciser qu'elles sont soit virtuelles soit réelles. On a aussi rencontré pas mal de collègues en allant dans la rue, là où les collègues travaillent. Donc ça crée des liens qui sont aussi intéressants.
Siana : Pour trouver des collègues, depuis deux ans on a aussi bien développé les réseaux, je pense qu'avant ça existait pas trop. Et c'est en développant la communication que les gens sont venus près de nous. La communication nous a permis de rencontrer des collègues, ce qui est cool.
Ça fait carrément du bien de fréquenter des gens comme nous et ça, je le soupçonnais pas une seule seconde !
Sur quoi portaient les dernières luttes que vous avez mené ?
Siana : Au niveau de PDA on s'engage sur plein de choses. La priorité c'est quand même d'apporter du soutien localement aux collègues. On essaye aussi de lutter et de militer pour nos droits parce qu'on en manque cruellement, et pour plus de reconnaissance. C'est compliqué dans le sens où les TDS commencent seulement à être accepté·es dans les milieux militants et dans les milieux féministes. Il faut savoir que la toute première fois où on nous a officiellement invité·es, c'était en 2021 par le Collectif 25 novembre de Dijon. On a été invité·es à rejoindre la marche des fiertés en septembre. C'est vraiment la toute première fois où on a pu être invité·es. D'habitude pour manifester dans des milieux féministes, comme pour le mois de novembre [3] ou pour le 8 mars, on y allait mais on n'était pas invité·es. On se sentait pas à notre place. Pourtant, on avait besoin de prendre cette place, on avait besoin de revendiquer des choses, on se sentait exclu·es. On est une association située à Besançon, et pourtant, on n'a pas vraiment d'allié·es sur place. Ça commence un peu à bouger mais c'est compliqué. On a des mouvements qui sont principalement abolitionnistes (le Mouvement du Nid, Osez le féminisme), c'est elleux qui sont souvent appelé·es pour organiser des manifestations. On a essayé de faire des échanges avec ces organismes mais ça n'a pas abouti à grand chose. Donc voilà, autant dire que c'est compliqué et qu'on est quand même extrêmement heureux et heureuses d'avoir des allié·es de qualité (rire), des gens qui puissent enfin nous inviter à des évènements comme La Poudrière.
Scorpion : Oui, on peut parler aussi de deux autres types d'actions quotidiennes, qui sont un peu la routine de l'asso. Pour les maraudes web, on contacte les travailleurs et travailleuses du sexe qui ont des annonces en ligne. On organise aussi, chaque second samedi du mois, comme une sorte de mini portes ouvertes, pour sensibiliser, faire un petit peu de pédagogie. Donc même si vous êtes de Dijon, venez nous voir à Besançon les seconds samedis du mois ! On essaie de créer un peu de lien avec les structures allié·es qui sont assez rares dans le coin. Et qu'est-ce qu'on fait d'autres ? Ben beaucoup de manifestations !
Léa : Après, il y a des choses qui sont de l'ordre du quotidien, de l'entraide et des trucs pratiques sur place. Du genre, « j'ai un tuyau sur comment avoir tel ou tel truc », échanger des compétences parce que tout le monde n'a pas les mêmes ou la même position dans la société. Donc forcément c'est super utile de s'entraider. Il y a aussi des trucs de sécurité quand on parle d'entraides, des trucs d'autodéfense. Il y a aussi le fait de participer un peu à du plaidoyer par rapport à ce qu'il se passe au niveau national et international. On a été aux rencontres de Paris la semaine dernière où on a pu rencontrer des collègues de partout et participer à la construction de revendications communes, etc.
Siana : Il y a aussi les journées de lutte contre les violences faites aux TDS le 17 décembre. Malheureusement, nous, on est quand même une toute petite ville, on ne peut pas organiser ça chez nous donc s'il y a des gens un peu partout dans la France qui nous entendent, n'hésitez pas à aller rejoindre les TDS dans la rue parce qu'on a besoin d'allié·es sur le terrain aussi. À Dijon, c'est trop cool parce que demain [le 24 juin 2023], c'est la marche des fiertés, on va manifester avec nos petits parapluies rouges. Il ne faut pas hésiter à venir aussi nous aider sur le terrain quand il y a des journées spécialement pour les luttes TDS. Je pense aussi au 13 avril, le jour de la loi sur l'indemnisation du client donc des lois qui nous précarisent énormément.
C'est quoi qui rend compliqué l'organisation de manifestations à Besançon ?
Siana : Besançon c'est une petite ville. Faire une manifestation de TDS, de la même façon qu'une manifestation de pride, c'est un outing [4] même si on va mettre des masques. Le fait que des allié·es viennent nous aider, ça nous donne de la force et on se sent plus anonyme. Et oui, on n'est pas assez nombreu·ses pour faire une marche pour nous. En fait, même Besançon et Dijon, ça ne suffirait pas. Il y a des trucs organisés à Lyon, Strasbourg quelques fois. Je sais qu'à Lyon il y en a souvent. Peut-être que dans les années à venir ça va évoluer. En même temps, on est TDS mais ça veut pas forcément dire qu'on est militant·es. On ne veut pas forcer toustes les collègues, on milite chacun·e à son échelle et aller dans la rue pour manifester c'est puissant.
Scorpion : Ça donne beaucoup d'énergie mais ça peut être un danger. Ça peut comporter des risques, qui plus est dans une toute petite ville. Je trouve ça assez fort de pouvoir faire partie de manifestations dans sa propre ville. Mais bon, chez nous on n'est pas très bien accueilli·es.
Léa : On a participé à des manifestations sur Besançon mais c'était sur d'autres sujets où on se sent un petit peu moins visibles que si on était sur une manifestation vraiment centrée sur le TDS, comme des manifestations féministes ou des manif type 1er mai.
Comment vous expliquer que vous soyez la seule association de TDS dans les régions BFC et Grand Est ? Sachant que c'est une grande région où il y a quand même des villes comme Strasbourg, Nancy, Dijon, etc.
Scorpion : Léa, peut-être que tu peux parler des difficultés du début de l'asso, qu'est-ce qui a été compliqué ?
Léa : Oui mais ça n'explique pas les choses parce que c'était un contexte complètement différent. La visibilité du TDS et le respect du TDS a vachement changé et, aujourd'hui, je ne sais pas ce qui empêche les gens de monter de petites structures, peut-être qu'on n'est pas au courant. Je n'ai pas de réponse...
Siana : Après, ça doit demander une énergie incroyable de commencer, un courage aussi parce que moi, créer l'asso, je ne sais pas si j'aurais été capable de le faire. Je pense qu'il faut déjà avoir un bon réseau parce qu'il faut avoir des compétences. Et puis il y a aussi un certain classisme...
Scorpion : Faut se sentir en confiance avec le petit noyau avec lequel tout a commencé dans ta tête. Vous étiez un petit groupe quand même, vous étiez quatre.
Léa : Deux TDS et deux non TDS. Mais toustes dans les luttes LGBTQIA+.
Scorpion : Donc une énergie commune, c'est peut-être ça aussi qu'il faut pour débuter la construction d'une asso.
Siana : J'imagine que c'est quand même compliqué aussi parce qu'en France, les politiques, les institutions, etc. ne veulent pas entendre parler du TDS. Ce qui nous sauve, enfin ce qui permet à PDA de ne pas être empêchée par les associations abolitionnistes de Besançon c'est qu'on met beaucoup l'accent sur la santé sexuelle. On peut pas monter une asso communautaire sans passer par là sinon on n'est pas autorisé·es. À partir du moment où on s'organise entre collègues, même dans le but de se soutenir, ça passe sous la loi du proxénétisme. D'ailleurs les associations abolitionnistes nous accusent de proxénétisme. Donc c'est pour ça qu'il faut mettre l'accent beaucoup sur la santé sexuelle.
Scorpion : Oui, ou redéfinir le proxénétisme.
Siana : Aidez-nous à lutter pour ça.
Tout est utilise contre nous, pour nous dissuader d'exercer.
Je me demandais justement si vous pouviez dire deux mots sur la loi contre le proxénétisme ?
Siana : En fait, on a ce cliché en France, que le proxénète c'est seulement le gros mec cis mac qui va tabasser ses putes pour les obliger à travailler, alors que la loi du proxénétisme est beaucoup plus complexe. En fait, toute personne qui apporte un soutien aux TDS prosti', qui profite un petit peu ou pas du tout de son argent, qui l'aide dans ses démarches de travail, qui l'accompagne au boulot, qui lui prête son appartement, c'est du proxénétisme. Quand les hôtels repèrent les collègues, iels peuvent plus louer de chambres d'hôtel et sont expulsé·es des chambres. Quand on est TDS, on peut se faire expulser du jour au lendemain de son appart parce que les propriétaires qui le remarquent sont officiellement hors-la-loi. C'est des proxénètes parce que même s'iels n'en sont pas conscient·es, on leur donne notre argent du TDS pour payer le loyer, iels sont donc proxénètes hôteliers selon la loi. Et là, ce qui est le plus embêtant, à mon sens, c'est tout ce qui a un rapport avec le proxénétisme de soutien. On n'a pas le droit d'apporter son soutien, d'accompagner la prostitution d'autrui. Un exemple tout con, j'ai pas le droit d'envoyer un message à des collègues pour dire « allez pas voir ce gars-là, il est dangereux », parce que c'est de proxénétisme selon la loi.
Léa : Ça isole énormément, on peut pas être coloc en tant que TDS prosti' : ni coloc d'une autre TDS ni d'une personne lambda. Tout échange économique dans notre vie est à proscrire parce que si on paye quelque chose à quelqu'un·e, c'est qu'iel profite de notre argent et s'iel nous paye c'est du proxénétisme. On ne peut pas avoir de partenaire affectif, c'est n'importe quoi.
Scorpion : Tout est utilisé contre nous, pour nous dissuader d'exercer. Le panel de situation de proxénétisme est hyper large. Peut-être des personnes lambdas et mal informées imaginent le proxénétisme par le prisme de l'exploitation, de la contrainte, du forcing, de l'ultra-violence que peuvent subir les TDS. Mais cette loi dessert tout le monde, même s'il y a des personnes dans ces situations-là, elle dessert vraiment la totalité des personnes qui exercent ce métier.
Léa : Sachant que si ces lois sur le proxénétisme n'étaient plus dans les lois françaises, on se baserait sur le droit du travail qui interdit déjà l'esclavage et la traite humaine en France. Tout ça est réprimé de façon beaucoup plus saine, c'est beaucoup mieux défini que les lois qui nous concernent nous dans notre travail. On trouve que ce serait même beaucoup plus efficace contre les vraies situations de proxénétisme et de violence.
Ce serait quoi pour vous la manière la plus saine d'exercer votre métier ? Est-ce que vous avez des revendications ?
Léa : Nos revendications c'est de ne pas définir une façon d'exercer le métier au détriment des autres. Ce qu'on voudrait c'est avoir le plus de choix possibles à disposition. On peut se sentir plus sécure d'une façon ou d'une autre, trouver ça plus facile d'être indépendante, d'être dans un contexte salariale ou coopératif, l'important c'est qu'on ait le maximum d'option vu que ce métier n'est pas facile. Ce qui ressemble le plus à un truc idéal, c'est déjà de dépénaliser le travail du sexe.
Scorpion : Et que la pensée globale arrête de laisser croire que la violence est intrinsèque au métier. Et pouvoir traiter la violence là où il y en a. Pour ça il faut un cadre, il suffit pas d'interdire. La prostitution existe, comment on l'encadre ? Ça fait suffisamment de temps que ça existe pour pas dire : « On va supprimer la prostitution cette année ! » Ça ne peut pas marcher comme ça. Il faut un cadre qui soit le même pour tou·tes les travailleu·ses. Nous sommes des travailleu·ses, nous voulons avoir les mêmes « droits » que les autres travailleu·ses. « Droit » avec de gros guillemets parce qu'ils sont bafoués dans beaucoup de boulots. Mais en tout cas, s'en approcher un petit peu.
Siana : Et ce qu'on réclame aussi, c'est de laisser la parole aux concerné·es avant tout. Il y a eu des manifestations de collègues déjà bien avant que cette loi passe pour dire « c'est pas bien, ça va nous tuer » et ces personnes n'ont pas été écoutées. Ça serait bien que les politiques acceptent que c'était du caca, et qu'il serait temps de se remettre en question, d'écouter les personnes concernées. Et que les abolos acceptent que les lois qu'elles ont voulu faire passer nous ont plus tué·es qu'autres choses, qu'elles nous ont obligé·es à travailler avec des méthodes beaucoup plus complexes, à nous isoler plus dans la rue, à accepter le non-port du préservatif. La négociation de la capote c'est un sujet qui revient tout le temps avec les clients, ça ne devrait pas être une question, on devrait pouvoir être protégé·es systématiquement. Tout ça c'est le résultat de ces lois, elles étaient sensées nous sauver et elles nous tuent, il faut l'accepter à un moment et arrêter de parler à notre place. Écoutez-nous parce qu'on en peut plus.
Scorpion : Les décideurs n'écoutent pas.
Léa : Ils couchent avec nous et ils votent contre nous.
On va conclure cette discussion. Est-ce que vous avez des messages à faire passer ?
Scorpion : N'hésitez pas à vous informer sur le sujet du TDS directement. Si vous vous posez une question il y a plusieurs sites qui sont de sources fiables. Le site vers lequel j'oriente le plus souvent c'est celui du STRASS, syndicat du travail sexuel, vous trouverez toutes les réponses à vos questions.
Léa : Et si vous êtes TDS ou si vous connaissez quelqu'un·e qui est TDS, vous pouvez entrer en contact avec nous, on sera très content·es de faire votre connaissance.
Scorpion : Aussi, on a une bibliothèque solidaire à l'association, pour y accéder c'est le second samedi de chaque mois, de 16h à 20h. On a plein de livres qui tournent autour du TDS, c'est la bibliothèque « Au bonheur des garces ». Venez faire un tour à Besançon !
Ed Lab
Travail du sexe (TDS) : terme-parapluie qui désigne les métiers ou pratiques mettant en scène une prestation sexuelle qui, dans la majorité des cas, est un service rendu en échange d'une compensation monétaire. Le TDS regroupe donc : les personnes exerçant la prostitution (en rue, appart', hôtel, camionnette,...), les acteurs/actrices porno, les dominas, les cameuses/cameurs, les strip-teaseuses/strip-teaseurs...
La prostitution en particulier est régie par un ensemble de lois extrêmement répressives (même si le fait de l'exercer en soi n'est pas interdit en France).
Or, d'après la déclaration universelle des droits de l'homme : « toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail ».
Évidemment, nous avons conscience que la notion du « choix » est complexe : il s'agit plutôt d'un spectre, avec de nombreux facteurs, qui offrent aux personnes une marge de manœuvre plus ou moins large pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches.
Pénalisation des clients : loi du 13 Avril 2016. Met fin au délit de racolage et rend illégal l'achat de services sexuels. Les clients se raréfient, ce qui rend plus dures nos conditions de travail. Une baisse du nombre de clients signifie plus de temps passé au travail, dans des endroits plus isolés, et pousse les TDS à reconsidérer des pratiques autrefois non acceptées (le port du préservatif, un client potentiellement désagréable voire dangereux, une pratique non-souhaitée,...).
Le parcours de sortie de la prostitution (PSP) : Volet « social » de la loi de 2016, le PSP prévoit l'allocation ridicule de 343 euros par mois, en échange de laquelle la personne bénéficiaire doit promettre qu'elle cessera de se prostituer. Le PSP prévoit également une autorisation (seulement provisoire) de séjour, pour les personnes sans papières, ce qui les maintient dans la précarité, sans la certitude d'être régularisées à l'issue du PSP (d'une durée de 24 mois maximum).
Le PSP, dans sa forme actuelle, a été fait sur mesure avec et pour les assos abolitionnistes, les seules à avoir été consultées pour sa création. Il établit par exemple qu'une asso, pour obtenir l'agrément préfectoral d'accompagnement, doit délibérer en Assemblée Générale en faveur d'une politique dont la finalité est la sortie de la prostitution. Cela exclut évidemment les organisations communautaires composées de TDS, ou les associations en général qui souhaitent accompagner/soutenir TOUTES les personnes prosti', y compris celles qui ne formulent pas le souhait d'arrêter ce travail. Pour beaucoup d'entre nous, et pour une variété de raisons, la prostitution constitue la meilleure option pour payer le loyer/les courses/les factures, pour permettre aux enfants de partir en vacances, pour compléter des revenus insuffisants, etc...
Délit de proxénétisme : Les réalités de terrain sont complexes et variées, et l'article 225-5 du code pénal extrêmement maladroit. Il interdit « d'assister, d'aider ou de protéger la prostitution d'autrui ». Cet article hypocrite empêche surtout l'entraide et l'auto-organisation.
Quelques exemples de situations qui rentrent/peuvent rentrer dans le délit de proxénétisme :
Il est évident que cet arsenal de loi, résultat des politiques abolitionnistes/prohibitionnistes, nous protège peu et participe à notre précarisation, à notre isolement et à notre marginalisation, et nous exposent toujours plus aux violences.
Nous voulons pouvoir bénéficier du droit commun qui définit et sanctionne déjà les situations de violences, ainsi que les situations de traite / d'esclavage, d'une manière beaucoup plus pertinente (CF Article 224-1 B du code Pénal, sur le travail forcé/service forcé).
[1] L'abolitionnisme désigne les positions de certaines féministes ou de certaines institution vis-à-vis du travail du sexe. Tout en prétextant défendre les droits des femmes, les positions abolitionnistes promeuvent souvent des lois qui pénalisent les clients et les soutiens des (TDS).
[2] King King Theory est un essai de Virginie Despentes sorti en 2006. Le chapitre « coucher avec
l'ennemi » raconte l'expérience du travail du sexe de l'autrice et défend la prostitution.
[3] Différents évènements féministes ont lieu chaque année au mois de novembre, autour de la journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et de la journée du souvenir trans.
[4] L'outing c'est le fait qu'une partie de notre identité soit dévoilée contre notre volonté.
Éric Tegnér pensait sans doute pouvoir venir en vacances à Groix en toute décontraction, il avait oublié que la Bretagne est une terre antifasciste.
L’article Quand les fascistes découvrent que la Bretagne est une terre de résistance est apparu en premier sur Contre Attaque.
Je vous présente le Belgium Activism Festival camp. Cet article est rédigé pour vous confirmer la bonne nouvelle et vous dévoiler le site qui l'accompagne : https://belgian-activism-festi-camp.be/index.html. Les billets seront bientôt disponibles !
Ce festival aura lieu du 20 au 23 août, aux jardins du Moulin de Grupont. Nous nous réunissons autour de la question « Comment lutter ensemble ? » en Belgique. Ce festival se veut autogéré, tout·e·s participant·e·s en devient aussi acteur·ice ! On pense accueillir 500 personnes par jour, le prix est libre et conscient.
Si vous avez des initiatives ou des idées n'hésitez pas à nous les partager. Le programme se finalise petit à petit, on y verra des ateliers pratiques, des conférences, des espaces jeux, des concerts,... et encore plein de surprises toute plus engagées les unes que les autres.
Ce festival aura lieu du 20 au 23 août mais on à partir du 15 on aura besoin du plus de forces possibles pour aménager l'espace. Les constructions se feront dans la joie et dans la bonne humeur, on a hâte de vous rencontrer ! Si vous êtes disponibles et motivé·e·s n'hésitez pas à nous contacter : volontairesBAF@proton.me
Au plaisir de vous voir en août ! Le BAF CAMP festival.
[EN]
The sky is blue and a word is spreading through the Belgian valleys.... This summer, for its first edition, an activist festival will take place. What am I saying—a festival ? A gathering, a ray of hope in the midst of the current crisis, a space where Belgian struggles can come together. Let me introduce you to the Belgian Activism Festival. This article is written to confirm the good news and introduce the website : https://belgian-activism-festi-camp.be/en/index.html.
Tickets will be available soon !
This festival will take place from August 20 to 23, at the Moulin de Grupont gardens. We're coming together around the question “How can we fight together ?” in Belgium. This festival is meant to be self-organized—every participant becomes an active actor ! If you have initiatives or ideas, don't hesitate to share them with us. The program is gradually taking shape ; it will feature hands-on workshops, talks, play areas, concerts, and many more surprises, each more engaging than the last. We are planning to host approximatively 500 persons.
The festival will take place from August 20 to 23, but starting on the 15th, we'll need as many forces as possible to set up the space. We'll be setting everything up in a fun and cheerful atmosphere—we can't wait to meet you ! If you're available and eager to help, please don't hesitate to contact us : volontairesBAF@proton.me
We look forward to seeing you in August !
The BAF CAMP festival.
[NL]
De zon schijnt in de blauwe lucht, er gaat een gerucht rond in de Belgische valleien... Deze zomer zal er voor het eerst een activistisch kamp plaatsvinden. Wat zeg ik, een festival, een samenzijn, een lichtpuntje in de huidige catastrofe, een plek waar de Belgische strijdbewegingen elkaar kunnen ontmoeten. Ik laat je graag kennismaken met het Belgisch Activistisch Festival Camp ! We presenteren graag onze website : https://belgian-activism-festi-camp.be/nl/index.html. Het BAF-camp vindt plaats van 20 tot 23 augustus, in de tuinen van de « Moulin de Grupont ». We komen bij elkaar rond de vraag “Hoe kunnen we samen strijden in België ?“. Dit festival verloopt in zelfbeheer, alle aanwezigen worden betrokken in de dagelijkse organisatie. We verwachten ongeveer 500 mensen per dag. De toegangsprijs is aan vrije bijdrage in overeenstemming met je mogelijkheden. De tickets zijn binnenkort verkrijgbaar !
Het programma krijgt langzaam maar zeker vorm, met praktische workshops, lezingen, speelruimtes, concerten... en nog veel meer verrassingen, de ene nog geëngageerder dan de andere. Als je ideeën hebt of initiatief wil nemen om het kamp mee vorm te geven, laat het ons weten !
Het kamp vindt plaats van 20 tot 23 augustus, maar vanaf 15 augustus hebben we zoveel mogelijk hulp nodig om de plek in te richten, tenten op te zetten, etc. Wij zorgen voor een vrolijke en gezellige sfeer tijdens de opbouw en kijken ernaar uit je daar te ontmoeten ! Als je tijd hebt en graag wil helpen, neem dan contact met ons op via volontairesBAF@proton.me.
Tot in augustus ? Het BAF-CAMP
Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.
Le réseau Atlas et le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin participent à l'édification du « fémonationalisme ». En payant une structure comme l'Institut de Formation Politique (IFP) où ont notamment été formées la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon, ils donnent une assise financière et des réseaux d'influence à des courants nationalistes pouvant aussi se revendiquer féministes. D'autres initiatives voient également le jour dans les médias et le champ littéraire pour « armer » intellectuellement une idéologie fondamentalement inégalitaire.
Le réseau Atlas créé en 1981 par Anthony Fisher est un réseau « libertarien » et ultraconservateur finançant à travers le monde des structures visant à défendre l'économie de marché et à limiter l'État au simple accomplissement de ses fonctions « régaliennes » à savoir la police, la « justice », et l'armée. Ses fonds composés de contributions issues de sociétés comme Philip Morris, Pfizer, ExxonMobil ou Michelin financent en France de nombreuses initiatives dites d'extrême-droite, qu'elles se revendiquent du nationalisme, du souverainisme ou du libéralisme.
La chercheuse Magali Della Sudda affirme dans son livre « Les nouvelles femmes de droite » publié en 2022 aux éditions Hors d'atteinte que La Manif Pour Tous (LMPT) active officiellement à partir du 17 novembre 2012 relève avant tout d'une rencontre des droites autour des questions de genre et de la défense de la famille hétérosexuelle [6]. Le collectif Némésis serait donc le fruit des convergences créées par LMPT facilitées par l'acquisition en 2014-2015 de Canal + et ses filiales par le groupe Bolloré. La présidente de Némésis Alice Cordier se voit ainsi invitée régulièrement en 2021 dans l'émission « Touche Pas à Mon Poste (TPMP) » animée par Cyril Hanouna sur la chaîne de télévision C8 [7].
Le financement de Némésis demeure lui assez flou : égérie durant plusieurs années de la marque de nutrition sportive Prozis, Alice Cordier semble développer son collectif grâce au placement de produits et aux vues réalisées sur les réseaux sociaux [8].
Depuis le discours d'Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 sur le « réarmement démographique » plusieurs livres savamment médiatisés sont sortis : « La terreur jusque sous nos draps : sauver l'amour des nouvelles morales » de Noémie Halioua aux éditions Plon, « L'effacement des mères, du féminisme à la haine de la maternité » d'Ève Vaguerlant aux éditions de l'Artilleur, « L'Enfant est l'avenir de l'homme : la réponse d'une mère au mouvement « No kids » » d'Aziliz Le Corre aux éditions Albin Michel et « Yes kids : La colère d'une mère face aux nouveaux diktats de la famille » de Gabrielle Cluzel aux éditions Fayard (propriétés de Bolloré). Chacune de ces autrices présente un profil sur lequel il est nécessaire de s'attarder quelques instants.
Toutes ces autrices cherchent manifestement à embrayer sur le discours de Macron du 16 janvier 2024 et les « mesures » annoncées par sa « ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » Aurore Bergé.
Dans le même style, le média « Lou » né en avril 2023 dans la lignée du site « neo.tv » affirme promouvoir les « femmes fortes », les « mères inspirantes » et cible « une femme de 35 ans, active professionnellement et mère de deux enfants » selon sa rédactrice en chef Clémence Majani [9]. Lancé en novembre 2020, neo.tv bénéficie depuis 2022 d'un financement de Pierre-Édouard Stérin. Il compte parmi ses cofondateurs Stéphane Simon dirigeant de la société Open Media Factory ayant d'après les journalistes Rozenn Le Carboulec et Camille Regache réalisé plusieurs vidéos pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen de 2022 [10].
« L'Institut Iliade pour la Longue Mémoire Européenne » né en 2014 à l'initiative d'anciens membres du « Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) » et du « Carrefour de l'Horloge (ex-Club de l'Horloge) » cherche pareillement à faire émerger des figures médiatiques pour porter en avant des thèmes comme la maternité, la naissance et l'éducation des enfants. C'est le cas par exemple de Floriane Jeannin, auditrice de la promotion Patrick Pearse de l'Institut Iliade et présentatrice de l'émission « Les femmes et les enfants d'abord » sur la chaîne de télévision en ligne « TVLibertés ».
C'est également le cas d'Anne Trewby, cofondatrice du mouvement « Antigones » et formatrice à l'institut Iliade pour le module « Guerre des sexes : repenser la complémentarité entre l'homme et la femme ». Ses deux livres « Femmes, réveillez vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme » et « Le Néo-féminisme à l'assaut d'Internet » sont ainsi publiés aux éditions de La Nouvelle Librairie fondées en août 2019 par le rédacteur en chef de la revue « Éléments pour la civilisation européenne » François Bousquet.
Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin demeurent aujourd'hui des piliers de l'extrême-droite française. Milliardaires, catholiques et identitaires, ils font désormais marcher à plein leurs médias, observatoires, instituts de sondage et autres outils de propagande.
L'avortement représente à ce sujet pour eux une crainte majeure. Dans un pays qui pour eux décline démographiquement, pas question que la famille hétérosexuelle soit mise à mal par une honteuse propagande anti-conceptionnelle !
Les chaînes de Bolloré se sont elles déjà mobilisées. Juste avant de cesser d'émettre le 1er mars 2025, C8 a repassé par surprise un film qu'elle avait déjà diffusé le 16 août 2021 : il s'agit du film américain « Unplanned » produit en 2019 par la compagnie « Soli Deo Gloria » et distribué par la maison de production évangélique Pinnacle Peak Pictures (anciennement Pure Flix).
Le 25 février 2024, sa cousine CNews s'était illustrée durant l'émission « En quête d'esprit » présentée chaque dimanche par Aymeric Pourbaix débauché de l'hebdomadaire « France Catholique » acheté par Bolloré en 2018. Trois jours avant le vote du Sénat pour la constitutionnalisation de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), Aymeric Pourbaix explique à ses téléspectateur-ice-s que l'avortement représente la première cause de mortalité dans le monde avec « 73 millions de décès par an » devant le cancer (10 millions de décès) et le tabac (6 millions de décès).
Sanctionnée d'une amende de 100 000 euros par l'Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM), la chaîne s'est par la suite confondue en excuses par la voix de ses « journalistes » vedettes comme Laurence Ferrari, Sonia Mabrouk et Christine Kelly. Cette charge n'est pourtant que celle d'une longue série d'assauts idéologiques engagée par Bolloré sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) depuis la création de C8 en 2005 sous le nom de « Direct 8 ».
L'émission « En quête d'esprit » en est d'ailleurs l'un des symptômes les plus criants. Ce fameux 24 février était par exemple présente en plateau Lucie Pacherie juriste de la Fondation Jérôme Lejeune, fer de lance de la lutte anti-IVG depuis sa création le 25 mars 1995 et reconnue d'utilité publique le 21 mars 1996.
L'émission « En quête d'esprit » a elle démarré le 5 juillet 2020 succédant ainsi à un autre programme religieux de Bolloré, l'émission « Dieu merci ! » diffusée sur C8 de 2005 à 2012. Aymeric Pourbaix y est assisté de Véronique Jacquier, elle aussi venue de « France Catholique » et chroniqueuse en même temps dans « L'heure des pros » animée par Pascal Praud sur CNews.
Le « fémonationalisme » participe donc d'une machine de guerre plus globale visant en fait à détruire des revendications féministes telles que le droit à l'avortement derrière des impératifs de natalité, de perpétuation de la « famille française », de la « souche » ou de la « civilisation » européenne. La mise en avant d'une féminité épanouie par le biais de la maternité et de l'hétérosexualité en est sûrement l'image la plus parlante.
Le ciblage des femmes étrangères vise ainsi à les dénoncer comme des rivales dans un hypothétique accès aux droits et celui des hommes étrangers comme des coupables systématiques du patriarcat qui d'ailleurs pour Anne Trewby n'existe pas. Sa « grille de lecture » fondée sur « l'unité d'un corps national compris comme fondé sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » semble bien résumer les raisons de l'existence aujourd'hui du « fémonationalisme » [11].
L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire
[1] « De débuts timides à la professionnalisation du réseau », Le réseau Atlas, la France et l'extrême-droitisation des esprits. La machine de guerre idéologique d'une nouvelle extrême-droite, libertarienne et ultraconservatrice, Observatoire des multinationales (ODM), 22 mai 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-lafrance-
et-l-extreme-droitisation-des-esprits/.
[2] « L'Institut de formation politique, vivier des droites radicales et de leur union », ODM, 12 juin 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-la-france-et-l-extreme-droitisation-des-esprits/l-institut-de-formation-politique-vivier-des-droites-radicales-et-de-leur-union.
[3] https://periclesfrance.org/.
[4] Ibid.
[5] https://www.eclatsdefemme.com/notre-association.
[6] « La réactivation des clivages politiques par le genre : un enjeu clivant dans l'espace politique », Les nouvelles femmes de droite, éditions Hors d'atteinte (2022), page 60.
[7] « Des professionnelles de l'activisme culturel », Ibid, page 155.
[8] « Islamophobie et féminisme identitaire », Prozis, la marque de nutrition sportive préférée des fafs, Daphné Deschamps et Arthur Weil-Rabaud : https://www.streetpress.com/sujet/1704281732-prozis-marque-nutrition-sportive-sponsor-faf-neonazis-influenceurs-mila-pierrot.
[9] "C. MAJANI (Lou) : « Nous touchons 10 millions de Français chaque mois »", Prescilia Sitbon, Média+ : https://www.lemediaplus.com/c-majani-lou-nous-touchons-100-millions-de-francais-chaque-mois.
[10] "« Un producteur qui « fricote avec l'extrême droite »", Derrière "Lou Media" et "neo.tv", une nébuleuse très (très) droitière, Rozenn Le Carboulec et Camille Regache, Arrêt sur images : https://www.arretsurimages.net/articles/derriere-lou-media-et-neo-tv-une-nebuleuse-tres-tres-droitiere.
[11] "« Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview]", Breizh-Info, propos recueillis par Audrey D'Aguanno le 19 avril 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/?fbclid=IwAR3SWGpaIAE8kOIg6VtAB8qKNNvSLB3V1deFa01GObbmVW8dl3_-hb2WlG8.
Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.
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N'hésite pas à venir nous parler !
[Rennes] 1312 – ACAB – quartier de la Poterie – des CRS ont percuté un homme sur le boulevard (ou rue) Michel Gérard qui entoure le quartier de la poterie ( terminus sud de Rennes). Alors qu’il circulait hier soir à trottinette un homme a subit une tentative d’assassinat par les policiers / gendarmes / CRS. Malgré des informations très contradictoires et fortement contrôlées, cet homme serait encore dans le coma ce samedi 8 août 2026.
Actions directs contre le CRA au champs de manoeuvre.
La préfecture a installé des barrières devant le terrain où ils veulent construire un CRA. Il y a deux semaines des camarades sont allé.es les débouloner (voir article). La préfecture les a remises. On s’est dit que c’était à notre tour d’aller les enlever. Arrivé.es sur place, on a trouvé toutes les barrières en vrac par terre. Bravo à l’équipe déterminée qui est passé avant nous !
Depuis les 30 et 31 juillet, le monde occidental vit au rythme d'images et de discours apocalyptiques concernant le franchissement massif de la frontière de l'enclave espagnole de Ceuta par près de 60 000 personnes migrantes. Dans le moment d'intense sursaut réactionnaire et sécuritaire ou de fascisation à l'échelle européenne et internationale, les gouvernements et mouvements d'extrême-droite ne se sont pas fait prier pour hurler à l'invasion migratoire et au signe bien matériel du « grand remplacement en cours ». De la comparaison des photographies du désespoir des personnes en exil à celles des zombies du film médiocre (et de propagande pro-israélienne) World War Z [1] par le nazillon de la tech Elon Musk au manifestations des groupuscules néo-fascistes devant l'ambassade du Maroc à Madrid, tout le monde y est allé de son petit mot pour dresser l'épouvantail de l'horreur migratoire pour alimenter la suprémacie blanche européenne.
Les gouvernements français, italiens, anglais et tant d'autres se sont évidemment précipité devant les micros des médias pour se battre à qui fera la plus belle sortie racelarde et qui fermera le plus vite ses frontières avec l'Espagne. En France, Macron a bien entendu demandé au ministre de l'Intérieur Laurent Nunez de renforcer les contrôles dans les Pyrénées et en Italie, Georgia Meloni a carrément annoncé le retrait temporaire de l'Italie de l'espace Schengen. Une belle manière de rappeler la farce démocratique et libérale que constitue ces accords de "libre-circulation" dans l'Union Européenne depuis 1995. Nombreux ont été également les chefs d'Etat à conspuer l'Etat marocain et sa frontière "passoire", alors même que l'Union Européenne et l'agence Frontex financent chaque année à hauteurs de plusieurs milliards d'euros des pays tiers pour externaliser sa politique migratoire.
Avec l'augmenation du nombre de passages par la route dite de la Méditerranée occidentale entre le Maroc et l'Espagne (7004 entrées en 2015 contre 31 219 en 2022 selon les chiffres de Frontex), notamment en raison de l'acharnement raciste anti-migrants des régimes italiens et libyens, l'Union Européenne a fait du Maroc un allié stratégique dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PVE). La "sécurisation" de la Méditerranée, c'est-à-dire le faire d'en faire un rempart contre les migrations africaines vers l'Europe est au coeur même de la PVE, notamment via la Direction générale de la Justice et des affaires intérieures qui promeut avec les pays tiers voisins "une coopération rapprochée dans des domaines tels que la gestion des frontières, l'immigration, la lutte contre le terrorisme, le trafic d'êtres humains... » Cette coopération judiciaire et policière autour de l'immigration méditerranéenne s'est accentuée à partir de la présidence espagnole de l'UE en 2002 qui a été marqué par de nombreux accords bilatéraux signés avec le Maroc. Un des piliers de cette coopération a été cette transaction raciste qui consiste dans le fait que le Maroc agisse comme rempart de l'Union Européenne autour des enclaves de Ceuta et Melilla si l'Espagne accepte d'embaucher des travailleurs saisonniers marocains, notamment dans le secteur agricole. [2]
Si les images du franchissement massif de la frontière extérieure européenne a été massivement commenté, les 72 migrant-es (bilan provisoire) ayant perdu la vie lors du franchissement [3], elleux, ont été complètement laissé-ers de côté. Ces 72 mort-es, dont sont directement responsables les gouvernements de l'Union Européenne et l'agence Frontex, s'ajoutent aux (au moins) 3254 mort-es durant le franchissement de la Méditerranée sur la seule année 2025. Le récit du franchissement de frontière ne fonctionne que lorsqu'il rencontre celui de la supérmacie blanche qui défend son pré-carré de l'invasion qui causerait sa propre perte. Aux yeux de l'UE, des gouvernements européens, de Frontex, si la frontière cause autant de morts, c'est qu'elle remplit parfaitement sa fonction.
Le 30 juillet, soit la même nuit que l'épisode de Ceuta, au moins 6 personnes (dont des enfants) ont perdu la vie en tentant de traverser la manche, après avoir été violemment attaqué les flics français à coup de plus d'une trentaine de lacrymos et une longue nasse de 80 personnes [4]. Elles et eux, comme des centaines d'autres, sont mort-es dans le silence de la nuit, à cause des politiques sécuritaires et racistes européennes.
Pour prendre un peu de hauteur au dessus de la masse d'informations réactionnaires et fascisantes, on propose ici la lecture d'un court chapitre de l'excellent livre Frontières et domination. Migrations, capitalisme et nationalisme. de la militante et écrivaine canadienne Harsha Walia, publié en 2023. Dans ce bouquin, Harsha Walia essaie de désencastrer les questions migratoires des images médiatiques déshumanisante et des discours sur la prétendue "crise migratoire". Harsha Walia explique que cette "crise" n'est que la résultante des effets combinés de la colonisation, de la mondialisation capitaliste, de l'exploitation de travail de l'extractivisme et du changement climatique global. Elle retrace la manière dont la frontière a constitué un des fondements de la formation des Etats modernes, de la hiérachisation sociale, du contrôle de la main d'oeuvre et de la promotion de nationalismes réactionnaires voires fascisants.
On propose ici la lecture du quatrième chapire de l'ouvrage, qui détaille les différents régimes d'élaboration des frontières. Harsha Walia détaille ainsi quatre manières autour desquelles les frontières sont élaborées : l'exclusion (l'expulsion directe des migrant-es du fait de murs, de centre de détention et de déportation), la dispersion territoriale (c'est à dire la gestion de la frontière à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays, par tous les moyens de surveillance et les pratiques disciplinaires disponibles), l'inclusion-marchandisation (le fait de transformer les migrant-es/réfugié-es en travailleur-euses temporaires ou sans papier afin de limiter délibérément leur pouvoir de négociation) et enfin le contrôle du discours (la manipulation des expressions qui concerne la migration, à la fois dans le champ politique et médiatique). Le chapitre 4 intervient après que l'autrice est revenue sur l'histoire de la frontière aux Etats-Unis, sur les guerres intérieures et extérieures réalisées par l'impérialisme américain (qui ont elles-mêmes causées des mouvements de population) et sur les raisons de la migration quye sont la dépossession, la privation et le déplacement forcé à cause du régime capitaliste et des impérialismes. Harsha Walia termine le chapitre que nous présentons en détaillant les mécanismes impérialistes de l'externalisation des frontières. Elle raconte notamment comment la politique américaine du "Remain in Mexico" a mené au décès de plusieurs milliers de migrants centre-américains au Mexique depuis le début des années 2010, une situation qui n'est bien sûr pas sans rappeler la politique que l'Union Européenne mène bras dessus bras dessous avec la Lybie, la Turquie ou encore bien sûr le Maroc.
Harsha Walia est une militante et écrivaine bahreïnienne basée à Vancouver. Ayant fait des études de droit, elle défend depuis plus de vingt ans la justice migratoire, la solidarité avec les peuples autochtones et la libération du peuple palestinien. Elle a notamment cofondé le groupe de défense des droits des migrants No One Is Illegal, elle participe également au comité d'organisation de la Women's Memorial March qui a lieu chaque 14 février au Canada et aux Etats-Unis pour commémorer les filles et femmes autochtones assassinées ou disparues (Missing and Murdered Indigenous Women).
Il y avait un mur. Il ne semblait pas important. Il était formé de pierresnon taillées cimentées sans soin. Un adulte pouvait regarder par-dessus, et même un enfant pouvait l'escalader. Là où il croisait la route, il n'y avait pas de porte, il s'estompait en une simple figure géométrique, une ligne, une idée de frontière. Mais cette idée était réelle. Elle était importante. Durant sept générations il n'y avait rien eu de plus important au monde que ce mur. Ursula K. LE GUIN, Les dépossédés
Tôt un matin d'avril 2002, Bennett Patricio Jr. a été renversé et traîné sur plus de 30 mètres par une voiture de la U.S. Border Patrol en territoire Tohono O'odham. L'adolescent a eu les côtes brisées et le crâne fracassé. Le conseil législatif Tohono O'odham a qualifié sa mort de crime d'État et dénoncé sa mise en danger par des agents de la U.S. Border Patrol comme une violation de la souveraineté de la nation. L'achat Gadsden de 1853, par lequel les États-Unis ont acquis une partie du territoire mexicain, a tracé une frontière artificielle sur le territoire Tohono O'odham entre ce qui est aujourd'hui le sud de l'Arizona, aux États-Unis, et le nord du Sonora, au Mexique. Cent kilomètres de frontière séparent les deux pays en terre autochtone, si bien qu'une armée d'agents frontaliers patrouille régulièrement dans la réserve. Ils ont également passé à tabac, aspergé de gaz lacrymogène et abattu par balles des Tohono O'odham. Des drones vrombissent et des caméras de surveillance traquent les migrants. En 2013, près de 11 000 migrants ont été arrêtés en territoire Tohono O'odham [5]. D'autres sont morts dans le désert ; on retrouve en moyenne 70 cadavres sur la réserve chaque année [6]. La CBP a engagé la principale entreprise d'armement privée d'Israël, Elbit Systems, pour bâtir dix tours de surveillance, faisant des Tohono O'odham l'une des communautés les plus militarisées aux États-Unis [7].
Lorsque le président Donald Trump a annoncé la construction d'un mur frontalier en Arizona, le vice-président de la nation Tohono O'odham, Verlon Jose, a déclaré : « Il faudra d'abord me passer sur le corps [8]. » La lutte des Tohono O'odham contre le mur se situe à l'intersection des guerres indiennes et des politiques de sécurité aux frontières ; pour citer Ofelia Rivas, membre de la nation, « le mur va être dans ma cour arrière – le mur, et toutes les mesures politiques qui y sont associées [9] ». Un mur frontalier entraînerait des dommages écologiques irréversibles, perturberait les migrations animales, entraverait les pèlerinages des Tohono O'odham vers des sites sacrés, et séparerait des familles réparties de part et d'autre de la frontière. Le dynamitage pour la construction du mur sur le site de l'Organ Pipe Cactus National Monument, lieu de sépulture Tohono O'odham, a aussitôt été dénoncé comme une profanation par les dirigeants autochtones. Les Tohono O'odham ont répondu aux projets de Trump par une vidéo intitulée « Le mot “mur” n'existe pas en o'odham ».
Si imposants soient-ils, les murs ne sont pas infranchissables. Des gens les escaladent, les traversent et les contournent tous les jours. Et, bien que les murs constituent l'aspect le plus spectaculaire de la domination par les frontières, cette dernière a de multiples facettes. Ce chapitre décrit et examine quatre stratégies qui la constituent : l'exclusion, la dispersion territoriale, l'inclusion-marchandisation et le contrôle du discours. Ces stratégies de domination renforcent le racisme, une structure de pouvoir qui établit des différences et des hiérarchies raciales, et que Ruth Wilson Gilmore a décrite comme « la production et l'exploitation, extralégales ou cautionnées par l'État, de la prédisposition de groupes déterminés à une mort prématurée [10] ». En partant de Gilmore, Jasbir Puar avance que lepillage capitaliste et impérialiste provoque un état d'affaiblissement qui équivaut à une lente agonie. À rebours de la conception néolibérale du handicap comme un état exceptionnel ou symptomatique, cet affaiblissement résulte de la biopolitique quotidienne et raciste consistant à « travailler d'une main et lutter de l'autre [11] ». La gouvernance frontalière se situe à la jonction de cette logique productive et guerrière, de l'exclusion et de l'extraction, produisant des corps « considérés comme ouverts aux sévices » et à l'affaiblissement continu qui sert les visées de la domination raciale et de classe [12].
Pour survivre aux Terres frontalières
tu dois vivre sin fronteras
être une croisée de chemins.
Gloria ANZALDÚA, Borderlands/La Frontera : The New Mestiza
L'exclusion consiste à juguler et à expulser les migrants au moyen de murs, de centres de détention et de déportations. La gouvernance par l'exclusion permet de renforcer le contrôle du territoire, consolide l'identité nationaliste fondée sur la race, et criminalise les migrants et les réfugiés en les désignant comme des « indésirables » et des « intrus ». La détention et l'expulsion de masse, ainsi que les violentes rafles et descentes militarisées, visent à punir, à intimider et à dissuader. L'illégalité des migrants n'a pourtant rien d'une donnée objective ; les gens deviennent illégaux – sont déclarés illégaux – en vertu de restrictions imposées par les États, qui limitent le droit d'entrer ou de séjourner dans un pays donné. Partout dans le monde, il devient de plus en plus difficile d'obtenir un statut de résident permanent légal, du fait de l'instauration de visas d'entrée, des rejets de demandes d'asile, de la suppression du droit du sol, des obstacles au regroupement familial et de la déchéance de résidence en raison decontestables infractions criminelles ou relatives à la sécurité. Par conséquent, le nombre de personnes qui franchissent des frontières illégalement ne cesse d'augmenter. La loi crée l'illégalité, et le racisme la figure de l'immigrant illégal. En 2017, la majorité des étrangers ayant dépassé la durée de séjour autorisée ne venaient pas d'un pays d'Amérique latine – bien que les migrants et les réfugiés latinxs forment la vaste majorité des détenus –, mais du Canada, et ils étaient 92 000 [13]. Ensemble, les Canadiens et les Européens rassemblent près de la moitié des infractions pour des séjours indûment prolongés aux États-Unis, mais sont rarement placés en détention [14]. Race et illégalité sont des constructions indissociables et, comme le souligne Mary Romero, « des lois apparemment exemptes de tout caractère racial revêtent une dimension raciale dans le cadre des pratiques du maintien de l'ordre [15] ».
« Bâtissons un mur ! » s'est imposé comme cri de ralliement pour les gouvernements de droite des quatre coins du monde. Trump rêverait d'un mur frontalier entouré de douves grouillant d'alligators et surmonté d'une clôture électrique, de pointes acérées et de tireurs d'élite [16]. Financée à coups de milliards de dollars sur le budget militaire du Pentagone, la construction du mur de Trump devrait nécessiter quelque 300 000 litres d'eau par jour [17]. Son administration entend utiliser les migrants bloqués par le mur et arrêtés à la frontière comme cobayes dans le cadre d'un vaste programme de prélèvement d'ADN et de données biométriques destiné à enrichir les bases de données du FBI [18]. Des centristes comme Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden ont eux aussi fait preuve de « fermeté vis-à-vis de l'immigration » en sécurisant la frontière. Les appels à la construction de murs frontaliers ont une force d'attraction émotionnelle et politique importante, parce qu'ils font apparaître la nation comme « vulnérable et agressée, mais aussi juste et puissante [19] ». La frontière offre un éventail de figures discursives : le clandestin, le terroriste, le criminel, l'envahisseur, des caricatures pour lesquelles le mur représente un moyen de dissuasion des plus visibles et viscéraux. Les murs et le spectacle de leur construction, affirme Wendy Brown, « confèrent un caractère permanent et invincible auxmenaces auxquelles ils répondent [20] ». Les murs renforcent ainsi l'idée d'un État-nation homogène, insistant sur la différence et la séparation d'avec les personnes jugées indésirables. Depuis la chute du mur de Berlin, 70 murs ont été érigés sur notre planète désormais fortifiée et barbelée [21].
Cette fièvre sécuritaire a en outre transformé la frontière en un terrain d'essai dystopique, favorisant l'essor d'une industrie de la sécurité frontalière qui pèse 500 milliards de dollars [22], et qui œuvre à la construction d'un « mur virtuel » mobilisant technologies de surveillance électronique intrusives, prises de décision automatisées, analyse prédictive de données, logiciels de reconnaissance faciale et systèmes biométriques que des sangsues comme Amazon, Palantir, Elbit Systems et European Dynamics testent sur des migrants et des réfugiés. Ces compagnies sont bien placées pour devenir ce que Shoshana Zuboff appelle « les sources du surplus crucial du capitalisme de surveillance : les objets d'une opération, technologiquement avancée et de plus en plus inéluctable, d'extraction de matière première [23] ». Ces changements symboliques, numériques et physiques en matière de sécurité frontalière constituent « la conséquence la plus durable et profonde de la guerre mondiale au terrorisme » et comptent parmi les projets les plus coûteux entrepris par des États [24]. Les murs frontaliers, qui traversent et détruisent des habitats fragiles où des drones de surveillance traquent les humains, sont devenus des technologies clés de la gouvernance d'État. Tout État moderne, d'ailleurs, se doit d'avoir une frontière sécurisée.
En plus des murs, la détention et l'expulsion sont les formes les plus visibles et violentes de l'exclusion. Les expulsions, soit le fait pour des personnes d'être physiquement renvoyées d'un pays par les autorités, ont grimpé en flèche. En 2018, les États-Unis ont procédé à un nombre stupéfiant de 287 741 déportations – soit autant d'actes de violence [25]. Fait tout aussi incroyable, les détentions pour des infractions aux lois migratoires ont été multipliées par 20 au cours des quatre dernières décennies [26]. À l'heure actuelle, l'ICE retient en moyenne 52 500 personnes par jour dans plus de 200 centres de détention [27]. La séquestration et le confinement renforcent la criminalisation sur la base de la race et du genre. Chaque année, les États-Unis arrêtent un demi-million de migrants, en majorité latinxs et caribéens, parmi lesquels, selon César Cuauhtémoc García Hernández, figurent des personnes incarcérées par l'impitoyable ICE, le U.S. Marshals Service, le Bureau des prisons et d'autres agences du maintien de l'ordre [28].
L'incarcération des immigrants est une forme de violence fondée sur le genre établie et exercée par l'État. Le nombre de femmes honduriennes, salvadoriennes et guatémaltèques qui franchissent la frontière des États-Unis pour fuir la violence a presque triplé [29]. Ces survivantes cherchent la sécurité, mais subissent la violence de l'incarcération. L'isolement cellulaire, les difficultés d'accès à des soins de santé reproductive, les fouilles intégrales et la violence sexuelle sont monnaie courante. Entre 2012 et 2018, 1 148 plaintes pour violence sexuelle ont été déposées par des détenues contre l'ICE, parmi les 33 126 plaintes relatives à des abus enregistrées entre 2010 et 2016 [30]. Dans les centres de détention de migrants comme dans tous les milieux carcéraux en général, les femmes trans sont particulièrement sujettes à la violence et font état de harcèlement sexuel, de fouilles intégrales par des gardes de genre masculin, de privation d'accès à des soins médicaux et d'isolement cellulaire sous couvert de détention protégée. La détenue Nicoll Hernández-Polanco raconte que des gardes l'ont soumise à une fouille corporelle abusive : « Ils touchaient mes parties génitales et mes seins. Ils écartaient mes jambes et touchaient mes fesses avec un gant en latex. Le garde m'a tiré les cheveux, m'a poussée contre le mur et m'a dit de ne pas oublier que je me trouvais dans un centre de détention pour hommes [31]. » Les femmes trans sont régulièrement incarcérées dans des installations de détention réservées aux hommes et, en 2017, sont restées enfermées pendant des périodes deux fois plus longues que la durée moyenne de détention [32].
Parallèlement à l'augmentation du nombre de migrants emprisonnés, celui des établissements de détention privés a explosé. L'une des pratiques les plus scandaleuses des États capitalistes néolibéraux est la sous-traitance de l'incarcération à des sociétés privées. Aux États-Unis, 75 % despersonnes détenues pour des infractions liées à l'immigration sont incarcérées dans des installations gérées par des entreprises comme GEO Group et CoreCivic, tandis que 9,7 % des budgets fédéraux dédiés à l'application de la loi sur l'immigration financent le secteur privé [33]. G4S est l'une des plus importantes compagnies de sécurité dans le monde et l'un des premiers employeurs du secteur privé. Elle déploie ses tentacules en Australie, en Israël, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis, où elle mène ses activités dans les prisons des quartiers défavorisés, les centres de détention d'immigrants, les établissements pénitentiaires pour mineurs et les camps de torture destinés aux prisonniers politiques. Les prisons privées se sont implantées à la faveur de contrats immunisés contre la récession, dans les années 1980. CoreCivic a inauguré la première prison privée aux États-Unis en 1984 et a dépensé 9,7 millions de dollars pour faire pression sur la Sous-commission de la Sécurité intérieure de la Commission des crédits de la Chambre des représentants afin de faire adopter des politiques favorisant la détention. Le lobbyisme a porté ses fruits : l'entreprise tire désormais un quart de ses bénéfices de contrats avec l'ICE et ses actions ont grimpé de 137 % après que l'administration Trump eut renforcé les capacités de détention [34]. Principaux bailleurs de fonds de la Commission des crédits de la Chambre des représentants, des entrepreneurs de la militarisation de la frontière comme Lockheed Martin, General Dynamics, Northrop Grumman, Raytheon et Boeing ont versé au total 27,6 millions de dollars à des membres de la Commission en douze ans [35]. Un juge a mêmeété condamné pour avoir reçu 2,8 millions de dollars en pots-de-vin de la part de centres de détention privés, en contrepartie de l'alourdissement des peines des enfants migrants [36]. C'est une manne aussi pour les organismes à but non lucratif. Southwest Key Programs se voit attribuer des contrats fédéraux d'une valeur de 995 millions de dollars pour gérer des installations de détention pour jeunes immigrants [37].
Bien que des entités privées tirent profit de la détention des immigrants et que leur travail de lobbyisme encourage l'incarcération, Jackie Wang rappelle que « l'exploitation économique ne suffit pas à expliquer le caractère racialisé de l'incarcération de masse [38] ». L'importance que lesprogressistes accordent à la privatisation dans leur opposition à la détention des immigrants masque le fait que, dans la plupart des pays, les centres de détention sont des institutions publiques structurées de façon à maintenir la violence de l'État. Le complexe carcéro-industriel sert avant tout à réguler le capitalisme racial et à enfermer ses populations excédentaires, perpétuant ainsi la violence à l'égard des communautés opprimées. En second lieu, il représente un marché en plein essor pour les grandes sociétés et les gouvernements et agences de l'État. Au total, des immigrants ont versé 204 millions de dollars à l'ICE pour leur mise en liberté sous caution, tandis que des milliers de municipalités élargissent leur assiette fiscale en imposant des amendes et des frais de justice à des résidents en majorité noirs [39].
L'opposition progressiste distingue en outre la détention civile de l'incarcération pour motifs criminels. Elle affirme que les migrants détenus ne sont pas des criminels, et que leur détention n'est justifiée par aucun crime préalable. De tels discours établissent une distinction entre les victimes innocentes et les personnes qui « méritent », semble-t-il, d'être enfermées. En dépit du mythe libéral de la présomption d'innocence, toutes les institutions carcérales ont pour logique fondamentale la présomption de culpabilité. Aux États-Unis et au Canada, un nombre disproportionné de prisonniers sont des personnes noires ou autochtones qui font les frais du profilage racial, doivent répondre de multiples accusations, sont gardées à vue sans caution, reçoivent des condamnations pour des infractions mineures (souvent liées à la drogue et à la pauvreté), écopent de peines minimales obligatoires et se font tabasser et violer en prison ou torturer en isolement cellulaire. Leurs vies après la prison sont également minées par l'exclusion, à cause notamment de la surveillance électronique et de la difficulté à trouver du travail, qui poussent à la récidive. Les prisons sont les « nouveaux pensionnats [40] » et les « “plantations” de notre époque [41] ». Les femmes autochtones ou noires sont parmi les populations dont le taux d'incarcération connaît la croissance la plus rapide. Aux États-Unis, le taux d'incarcération des femmes noires augmente deux fois plus vite que celui des femmes blanches [42]. Dans un ouvrage où elle expose en détail lacontinuité entre l'esclavage, les lois Jim Crow et l'incarcération de masse, trois systèmes de contrôle visant avant tout les Noirs, Michelle Alexander fait valoir que l'incarcération de masse « fonctionne plus comme un système de castes que comme un système de contrôle de la criminalité [43] ». Lisa Monchalin avance de même que l'incarcération des femmes autochtones au Canada ne constitue pas un simple problème de « surreprésentation », mais un élément fondamental de la gouvernance carcérale coloniale fondée sur le genre [44]. Le colonialisme de peuplement n'est pas seulement un « pipeline » menant aux prisons, mais un système carcéral en soi, structuré par la spoliation des terres, l'imposition de la Loi sur les Indiens – qui privait de leurs droits des dizaines de milliers de femmes autochtones et réglementait pour beaucoup d'autres leur statut d'Indienne et leur appartenance à une bande – et l'enlèvement des enfants autochtones à leur famille.
Dans les économies capitalistes raciales marquées par la dette etl'austérité, le renforcement de la gouvernance carcérale va de pair avec l'accaparement des richesses, la désindustrialisation, le démantèlement des services publics, la ségrégation entre les quartiers résidentiels protégés et les ghettos, ainsi que la production et la régulation simultanées du travail précaire et du chômage. La revendication d'innocence est une position politique limitée, dans la mesure où la criminalité est, comme l'illégalité, une construction politique. La criminalité est fabriquée d'après des définitions changeantes du crime, et régulée de manière à soutenir un régime de racisation et de protection de la propriété. Pour Ruth Wilson Gilmore, notre tâche politique ne consiste pas à défendre l'innocence, mais « à attaquer l'ensemble du système par lequel s'opère la criminalisation [45] ». Les abolitionnistes de la police et des prisons visent l'abrogation de la captivité carcérale et de la criminalisation dans tous les écosystèmes sociaux et les rapports avec l'État. L'abolition, explique Dylan Rodríguez, « est constituée d'une foule d'actes qui se recoupent de longue date, dispersés dans l'espace et le temps, qui révèlent l'envers du Nouveau Monde et de ses formes ultérieures – la police, la prison, le tribunal criminel, le centre de détention, la réserve, la plantation et la “frontière” [46] ». S'inspirant des luttes pour l'abolition de l'esclavagemenées par les Noirs, les appels à abolir le contrôle de l'immigration se substituent aux propositions assimilationnistes de réforme de l'immigration. Le mouvement organisé autour du DREAM Act, par exemple, valorisait les migrants « bons » et « méritants » dotés de diplômes universitaires, d'une expérience professionnelle et de casiers judiciaires vierges, ce qui en faisait une campagne politique axée sur l'appel à l'innocence. Par opposition à cette campagne, comme le soulignent les membres de l'organisation latinx Mijente, « #Not1More réclamait un moratoire sur les expulsions – une idée au cœur des appels à l'abolition de l'ICE. Une idée radicale – à l'époque – selon laquelle nul ne devrait être soumis aux sévices des contrôles de l'immigration [47] ».
La disperstion territorialeLa dispersion territoriale s'effectue par l'internalisation et l'externalisation de la protection frontalière. Elle s'appuie sur la surveillance biométrique et des pratiques disciplinaires à l'intérieur du pays, ainsi que sur l'externalisation impériale au-delà de ses frontières. Autrement dit, la frontière est élastique, et cette ligne magique peut exister n'importe où dans l'État-nation. Ainsi, lorsque les personnes sans papiers franchissent la frontière, elles ne sortent pas pour autant du tunnel. Les frontières internes distinguent, au sein de l'État-nation, les citoyens des autres. Certains des États-providence les plus progressistes, comme le Canada et les pays scandinaves, sont aussi ceux qui restreignent le plus sévèrement l'accès des personnes sans papiers aux prestations sociales, aux soins de santé, à l'éducation, aux services de garde, voire à l'obtention d'un permis de conduire. Les infirmières, les enseignants et les travailleurs sociaux sont ainsi transformés en gardes frontaliers, et la reproduction des frontières s'impose dans leur quotidien.
L'internalisation de la protection frontalière prévoit en outre la collaboration entre différentes agences par la mise en commun de bases de données telles que l'initiative Secure Communities aux États-Unis, et la délégation de l'application des lois migratoires aux institutions locales de santé, d'éducation, de transport, d'emploi et de maintien de l'ordre. Bienque des municipalités se soient déclarées « villes sanctuaires », s'engageant à garantir à leurs résidents sans papiers un accès aux services publics et à limiter la coopération avec les agents de l'immigration, ce sont encore les interventions de police dans des quartiers assiégés qui mènent le plus à des expulsions. Kesi Foster écrit : « Même si les représentants locaux ne laissent pas l'ICE entrer dans nos écoles par la grande porte pour prendre nos enfants, des forces de police locales militarisées embarquent des jeunes de couleur, menottés, par la porte de derrière [48]. » Près de la moitié des expulsions des États-Unis s'inscrivent dans le Criminal Alien Program (Programme pour les criminels étrangers), visent des non-citoyens accusés d'infractions liées à l'immigration, à la drogue ou au Code de la route, et la majorité des arrestations d'immigrants mobilisent les établissements pénitentiaires et le système d'injustice criminelle [49]. Les fouilles arbitraires et les rafles sont donc des techniques indissociables de criminalisation des migrants pauvres noirs, autochtones, latinxs, musulmans, queers et trans. Par ailleurs, la juridiction de la CBP est étendue et ses agents peuvent notamment arrêter et fouiller en toute légalité des véhicules jusqu'à 160 kilomètres à l'intérieur des frontières – ce qui couvre une zone abritant près des deux tiers de la population du pays [50]. L'internalisation de la frontière instaure, par conséquent, un régime frontalier omniprésent fondé sur la surveillance raciste et un climat de peur permanent qui rend la vie insupportable aux sans-papiers afin de les pousser à s'expulser. La frontière est également externalisée et s'étend bien au-delà de sa juridiction territoriale, comme nous le verrons dans la dernière section de ce chapitre.
L'inclusion-marchandisationL'inclusion-marchandisation des migrants et des réfugiés consiste à en faire des travailleurs temporaires ou sans papiers au pouvoir de négociation délibérément réduit, afin de garantir l'accumulation du capital. La menace d'une expulsion, même si elle n'est pas mise à exécution – il n'est pas dans les intérêts de l'État et du capital d'expulser tout le monde –, permet une exploitation accrue de la main-d'œuvre. Aux États-Unis, 52 % des entreprises menacent de dénoncer leurs employés aux autorités migratoiresen cas de campagnes de syndicalisation [51]. En 2019, dans le Mississippi, l'une des plus importantes rafles de l'histoire récente des États-Unis a donné lieu à l'arrestation de 680 ouvriers des usines de transformation Peco et Koch. Propriété du milliardaire Joseph Grendys, Koch Foods était devenue un foyer de mobilisation des travailleurs latinxs après une campagne de syndicalisation organisée en 2005 et suivie d'un procès pour discrimination et harcèlement sexuel qui a duré sept ans. Les ouvriers ont obtenu un règlement de 3,75 millions de dollars, juste avant d'être raflés, étrangement, par l'ICE [52].
La descente à l'usine de Koch Foods n'est pas un épisode singulier de la répression d'État qui s'abat sur les travailleurs migrants. Elle rappelle notamment la déportation de Bisbee en Arizona, où, en 1917, 1 300 mineurs en grève affiliés aux IWW ont été expulsés par des miliciens mandatés, ou encore l'expulsion de Jesús Pallares, leader syndical de la Liga Obrera de Habla Española (Ligue ouvrière hispanophone), forte de 8 000 membres, en 1936. Si les travailleurs sont déclarés illégaux, il n'en va jamais de même pour la plus-value qu'ils produisent. La marchandisation et l'asservissement de la main-d'œuvre migrante s'appuient sur les deux premières stratégies de gouvernance frontalière, qui produisent l'exclusion et l'illégalité. Sujets expulsables, les migrants doivent, pour se prémunir d'un tel sort, demeurer des travailleurs dociles. Le capitalisme dépend donc de l'exclusion sociale et raciale engendrée par les frontières pour subordonner la main-d'œuvre, comme nous le verrons au chapitre 7.
Le contrôle du discoursLe contrôle du discours se donne à lire dans la manipulation des expressions « crise des réfugiés » et « crise des migrants ». On présente souvent les réfugiés comme des personnes persécutées en quête de sécurité, alors que les migrants sont désignés comme de « faux réfugiés » motivés par des raisons économiques et qui ne seraient donc pas dignes d'être protégés. On distingue de plus les migrants des immigrants, lesquels sont généralement perçus et choisis par l'État comme des acteurs économiques en pleine ascension sociale, tandis que les réfugiés demandeurs d'asile sont séparés des réfugiés relevant de la Convention des Nations Unies, qui sont « acceptés » ou « réinstallés » et se voient attribuer un statut légal par les Nations Unies ou un État. La distinction entre réfugiés et migrants, cependant, est floue, compte tenu surtout de leurs trajectoires illégales et clandestines et de leurs réseaux communs. Le terrorisme de l'extractivisme et la précarité de la guerre ne sont pas si faciles à démêler. Comme nous le rappelle Teju Cole, « le pistolet pointé sur votre tempe peut être l'extrême pauvreté, la lutte constante pour la survie ou une écrasante monotonie [53] ». Ou pour citer Suketu Mehta : « Que ce soit pour fuir ou pour atteindre quelque chose, vous êtes toujours en cavale [54]. » J'emploie « migrants et réfugiés » ensemble, non pas pour confondre les parcours de vie ou gommer les différences matérielles, mais afin de rejeter les dichotomies contraint/volontaire, digne/indigne, vrai/faux, et de représenter la migration irrégulière comme une force autonome qui défie et dépasse les caractérisations et les contrôles de l'État.
L'eurocentrisme et l'anticommunisme façonnent de manière décisive l'ordre juridique international et, partant, l'ordre discursif qui gouvernent les réfugiés et les migrants. La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, selon laquelle un réfugié est une personne poussée à fuir par une « crainte justifiée de persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques », a été élaborée par des États européens en réaction à l'holocauste perpétré par les nazis, alors même que ces États se dissociaient, ontologiquement, des personnes déplacées par leurs propres empires [55]. Aimé Césaire a condamné les Européens parce que, disait-il, « [le nazisme], on l'a supporté avant de le subir […] parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens [56] ». En outre, par un tour de passe-passe, la Convention codifie le droit des personnes persécutées de demander asile, mais n'exige pas des États signataires qu'ils le leur accordent effectivement. Tout au long des années 1950, les États-Unis ont donné la préférence à une catégorie idéologiquement acceptable de réfugiés désignés comme des « fugitifs » et qui, victimes de persécutions du fait de leur race, de leur religion ou de leurs opinions politiques, « ont fui l'Union des républiques socialistes soviétiques ou d'autres régions communistes, à domination communiste ou sous occupation communiste de l'Europe [57] ». L'OIM, l'une des plus importantes organisations intergouvernementales de la planète, est un autre pilier de la gestion de la migration. Lors de sa fondation en 1951, l'OIM a été appuyée par les États-Unis pour fournir des services et un soutien logistique visant à contenir la migration mondiale conformément aux objectifs de la guerre froide. Elle compte aujourd'hui parmi les principaux facilitateurs de l'« aide au retour volontaire » et, à ce titre, persuade des gens de s'expulser eux-mêmes [58]. Les institutions migratoires internationales gouvernant les migrants et les réfugiés ont ainsi créé une série de catégories juridiques distinctes et une hiérarchie des droits de façon à gérer, diviser et contrôler les personnes en mouvement.
Derrière les scènes d'horreur montrant les rafles et les centres de détention surpeuplés se cachent les dispositifs de pointe plus sophistiqués et dangereux, qui permettent l'externalisation des frontières : les interdictions, la détention extraterritoriale, les ententes sur les tiers pays sûrs et la sous- traitance des contrôles frontaliers à des pays tiers. L'externalisation des frontières, qui s'inscrit dans la stratégie de dispersion territoriale susmentionnée, rassemble toutes les technologies et mesures utilisées hors du territoire pour empêcher les migrants et les réfugiées de tomber sous la juridiction d'un État. En théorie, les États signataires de la Convention de 1951 sont tenus de traiter les demandes d'asile et de respecter le principe du non-refoulement. Cette obligation en vertu du droit international garantit qu'aucun État ne renvoie de force des réfugiés vers un pays où ils risquent d'être persécutés. Il existe néanmoins un consensus politique, surtout entre États occidentaux, selon lequel les migrants et les réfugiés devraient demeurer dans leurs pays d'origine ou, tout au plus, chercher asile dans les pays voisins. L'externalisation permet de gouverner par la prévention et la dissuasion, bien au-delà de la frontière elle-même, de sorte que « de façoncroissante, la définition de la frontière s'applique aux pratiques de gestion mises en œuvre “là où se trouve le migrant” plutôt qu'à la limite territoriale de l'État [59] ».
L'interdiction désigne le refoulement préventif par l'imposition de sanctions aux compagnies aériennes qui transportent des personnes voyageant sans visa, ou par l'envoi de patrouilles pour intercepter les bateaux des migrants et des réfugiés avant qu'ils n'atteignent les eaux territoriales. Depuis des décennies, des interdictions maritimes décrétées par des pays européens en Méditerranée et par l'Australie dans la région de l'Océanie, et récemment présentées par les gouvernements comme des « mesures de lutte contre la traite des êtres humains », justifient la saisie et la destruction d'embarcations de fortune. Les États-Unis disposent également d'un Programme d'interdiction des migrants, dont j'ai retracé la genèse dans le chapitre 2 et qui permet aux gardes-côtes d'arraisonner les bateaux en provenance des Caraïbes et de placer leurs occupants en détention à Guantánamo avant de les expulser. La garde côtière s'emploie ainsi à faire appliquer les lois migratoires en mer, sous prétexte que le fait d'« intercepter ces contrevenants dans les eaux signifie qu'ils peuvent être renvoyés en toute sécurité vers leur pays d'origine sans passer par les processus coûteux [qui auraient été] nécessaires s'ils étaient parvenus à entrer aux États- Unis [60] ». Au Canada, l'Agence des services frontaliers collabore avec des compagnies aériennes commerciales à l'étranger afin qu'elles appliquent des méthodes de surveillance. En 2018, un nombre record de 7 208 personnes, dont une majorité de Roumains, de Mexicains, d'Indiens, de Hongrois et d'Iraniens, ont été empêchées de monter à bord d'avions à destination du Canada pour cause de « documents inadéquats [61] ». Les premières mesures d'interdiction du Canada remontent à l'aube du XX siècle, quand les autorités interdisaient au personnel des chemins de fer de vendre de billets de train aux Noirs arrivant des États-Unis [62].
Les ententes sur les tiers pays sûrs sont des accords bilatéraux en vertu desquels les réfugiés doivent présenter leur demande d'asile dans le premier pays qu'ils atteignent, ce qui les empêche de demander l'asile ailleurs. En vigueur depuis 2004, l'entente entre les États-Unis et le Canada interdit à laplupart des réfugiés de demander l'asile à un point d'entrée officiel dans l'un des deux pays s'ils ont d'abord transité par l'autre. Étant donné que la majorité des réfugiés passent par les États-Unis pour se rendre au Canada et non l'inverse, l'entente s'est traduite par une réduction de 49 % du nombre de demandes d'asile aux postes frontaliers terrestres canadiens [63]. Après le décret anti-immigration de Trump, des milliers de réfugiés se sont présentés à la frontière canadienne. Nombre d'entre eux ont été encouragés par la campagne de communication du premier ministre Trudeau : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. #BienvenueAuCanada », a-t-il déclaré sur Twitter. En réalité, la plupart des 45 517 migrants et réfugiés centraméricains, africains et caribéens qui se trouvaient alors aux États-Unis tombaient sous le coup de l'entente sur les tiers pays sûrs et ont été forcés d'entreprendre de périlleux voyages [64]. Plusieurs ont perdu des membres à cause d'engelures après avoir marché des heures par des températures polaires. En 2017, Mavis Otuteye, une grand-mère ghanéenne de 57 ans, a été retrouvée morte d'hypothermie dans un fossé près de la frontière entre les États-Unis et le Canada. Durant la première année de la présidence de Trump, quelque 7 787 réfugiés haïtiens sont arrivés au Canada, où nombre d'entre eux ont été détenus dans des camps de l'armée installés à la frontière [65]. S'inspirant de l'entente sur les tiers pays sûrs avec le Canada, Trump a annoncé la signature d'une série d'accords avec le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Honduras, obligeant ces pays à accepter les demandes d'asile des réfugiés en transit. Il est désormais pratiquement impossible pour des réfugiés de fuir vers le nord et de demander l'asile aux États-Unis. Dans l'UE, le règlement de Dublin prévoit le renvoi des demandeurs d'asile vers un précédent pays d'arrivée, et un accord entre l'UE et la Turquie repose sur la présomption que la Turquie représente un tiers pays sûr. Ces ententes deviennent un mécanisme répandu de diplomatie migratoire qui permet d'empêcher les réfugiés de demander l'asile dans le pays de leur choix et de les renvoyer de force vers un pays de transit.
En outre, la sous-traitance du contrôle migratoire à des pays tiers revêt de plus en plus la forme d'une intervention impériale, révélant, au-delà du lien de cause à effet entre impérialisme et migration, comment l'externalisation du contrôle de la migration est elle-même devenue une méthode d'impérialisme contemporain. Le régime d'externalisation des frontières de l'UE existe depuis trente ans. Les pays d'Afrique, en particulier, sont contraints d'accepter la sous-traitance des frontières de l'UE, qui tend à devenir une condition à l'octroi d'aides. Présentée en détail au chapitre 6, l'externalisation des frontières de l'UE se fait par un système de contrôle perfectionné qui comprend la surveillance par drone de la Méditerranée, les patrouilles menées aux frontières de dizaines de pays non- membres par les missions d'assistance frontalière de l'UE et le déploiement de troupes européennes dans la région du Sahel.
Jamais en reste, la CBP a formé 15 000 agents frontaliers dans 100 pays [66]. Todd Miller note que « [si vous] fermez les yeux et pointez vers n'importe quelle masse terrestre sur une carte du monde, votre doigt indiquera sans doute un pays qui renforce d'une manière ou d'une autre ses frontières avec l'aide de Washington [67] ». En Afghanistan et en Irak, les forces spéciales et les unités tactiques de la U.S. Border Patrol collaborent étroitement avec l'armée américaine afin de prolonger les occupations impérialistes de ces deux pays [68]. En Amérique centrale, la U.S. Strategy for Engagement in Central America (Stratégie des États-Unis pour l'implication en Amérique centrale) a pour but d'accroître la sécurité aux frontières et d'empêcher la migration. Les États-Unis forment et financent également des agents de l'immigration au Salvador, au Guatemala, au Honduras et au Mexique par l'intermédiaire du Grupo Conjunto de Inteligencia Fronteriza (Groupe conjoint de renseignement frontalier) et échangent des renseignements au moyen de bases de données communes afin d'empêcher des membres de gangs présumés de demander l'asile. Les enlèvements de migrants – on en a dénombré près de 9 800 en six mois entre fin 2008 et début 2009 au Mexique –, dont les médias se font largement l'écho, ne sont pas des actes de violence commis au hasard par des membres du crime organisé, mais reflètent plutôt la réorganisation desrapports sociaux et de propriété dans un contexte où la guerre à la drogue seconjugue à celle contre les migrants [69]. Comme on l'a vu au chapitre 2, la guerre aux stupéfiants menée par les États-Unis favorise la spoliation néolibérale, fait régner l'austérité par le biais de la gouvernance carcérale et cautionne les opérations de terreur contre-insurrectionnelle des paramilitaires. Ces processus contraignent nombre de Mexicains à immigrer, justifiant en retour la sous-traitance de la protection de la frontière au Mexique, où les États-Unis assurent la formation de policiers et d'agents frontaliers. Le discours sur le narcotrafic permet en outre de contrôler la migration avec l'aide de l'armée et de paramilitaires qui séquestrent, rackettent, voire massacrent et font disparaître des migrants avec l'aval de l'État. Peu après la mise sur pied du Mexico-Guatemala- Belize Border Region Program par les États-Unis, le département de la Sécurité intérieure a déclaré : « La frontière entre le Guatemala et le Chiapas [au Mexique] constitue désormais notre frontière sud [70]. » Les États-Unis ont d'ailleurs déployé des garde-frontières et des enquêteurs au Guatemala afin d'y restreindre la migration. En réaction, 300 membres de l'Assemblée des peuples de Huehuetenango ont occupé en 2019 le point de contrôle de Mesilla, à la frontière Guatemala-Mexique, et mis en évidence les liens entre l'extractivisme, la dépossession des terres, la migration forcée et la militarisation de la frontière [71].
La stratégie américaine de sous-traitance impériale ressort particulièrement dans les récents Protocoles de protection des migrants adoptés par Trump, et mieux connus comme le programme « Remain in Mexico », en vertu desquels les migrants et les réfugiés, dont 16 000 enfants et mineurs, ont été forcés de rester au Mexique dans l'attente d'une audience aux États-Unis [72]. La première année d'entrée en vigueur de cette politique, plus de 59 000 personnes ont été renvoyées au Mexique pour attendre le traitement de leur demande d'asile, et seules 11 d'entre elles ont obtenu une réponse favorable [73]. En avril 2020, invoquant la pandémie de coronavirus, les autorités migratoires des États-Unis ont provisoirement suspendu toutes les audiences d'asile, à la suite de quoi des milliers de gens se sont retrouvés bloqués dans un camp bondé de la ville frontalière deMatamoros, sans eau courante ni électricité [74]. Avant ces protocoles, l'Initiative Mérida, un programme impliquant les États-Unis et le Mexique qui a coûté plusieurs milliards de dollars, avait pour axes principaux la lutte contre le narcotrafic et le renforcement du contrôle de l'immigration à la frontière sud du Mexique. Lancée par Bush fils et prolongée sous Obama, l'Initiative Mérida incluait la formation, le financement et l'équipement des agents de maintien de l'ordre mexicains par les États-Unis. De plus, le ministère des Communications et du Transport du Mexique redevenait propriétaire du chemin de fer « La Bestia » en 2016, entraînant une augmentation du nombre d'arrestations des migrants qui ont coutume d'emprunter cette ligne ferroviaire pour voyager à l'intérieur du Mexique.
La militarisation et la paramilitarisation du Mexique ont conduit à l'appréhension, dans le pays, de 520 000 migrants d'Amérique centrale, entre 2015 et 2018 [75]. Soixante-dix mille migrants ont en outre disparu entre 2006 et 2016 – ce que le Mesoamerican Migrant Movement (Mouvement méso-américain pour les migrants) a qualifié d'« holocauste de migrants » – et des milliers d'autres ont subi des viols et des agressions [76]. Huit migrantes d'Amérique centrale sur dix se sont déclarées victimes de chantage sexuel ou de viol [77]. L'escalade dans l'horreur s'est poursuivie en 2019 lors du déploiement de la Garde nationale du Mexique à la frontière afin d'honorer la promesse du gouvernement mexicain d'adopter « des mesures sans précédent » pour freiner la migration, après les menaces de sanctions douanières brandies par Trump. Du sud du Chiapas à la frontière avec les États-Unis, une batterie de points de contrôle attend désormais tous les voyageurs qui arrivent au Mexique. Le nombre de migrants centraméricains détenus au Mexique a doublé depuis l'introduction de ces mesures répressives [78]. Début 2020, les forces de police mexicaines ont bloqué et aspergé de gaz lacrymogène 4 000 migrants et réfugiés en majorité honduriens, puis détenu et expulsé plus de 1 800 d'entre eux [79]. La même année, en pleine pandémie de COVID-19, des centaines de détenus majoritairement honduriens et salvadoriens de cinq centres de détention du Mexique ont protesté contre leur détention prolongée dans des conditions de surpeuplement et d'insalubrité. Dans un accès de désespoir,des détenus du centre de détention de Tenosique ont mis le feu à l'établissement, causant la mort tragique d'Héctor Rolando Barrientos Dardón, un réfugié guatémaltèque [80].
La politique du « Remain in Mexico » touche aussi des migrants et des réfugiés africains, dont le nombre dans le pays a triplé depuis 2017 [81]. Après avoir voyagé des mois par-delà des océans, des fleuves, des jungles et des chaînes de montagnes dans une dizaine de pays et après avoir été contraints d'abandonner leurs amis décédés en cours de route, ils se retrouvent coincés au Chiapas parce que le Mexique refuse de leur délivrer les documents exigés pour entrer aux États-Unis. Les migrants et les réfugiés qui arrivaient au Mexique recevaient auparavant un avis stipulant qu'ils avaient vingt-et-un jours pour quitter le pays, durant lesquels ils se rendaient jusqu'à la frontière nord pour entrer aux États-Unis. À présent, les documents leur ordonnent de quitter le pays par la frontière sud et leur interdisent de voyager vers le nord. Plus de 3 000 personnes originaires d'Angola, du Burkina Faso, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, d'Érythrée, d'Éthiopie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Mali, de Mauritanie, de la République du Congo, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo ont fondé à Tapachula une Assemblée des migrants africains. Dans un message au reste du monde, elles ont dénoncé leur situation : « Depuis que nous avons quitté nos pays, nos vies n'ont consisté qu'en une fuite permanente. Nous nous sentons désespérés, découragés, démoralisés, seuls et abandonnés [82]. » Leurs manifestations à l'automne 2019 pour revendiquer le droit fondamental à l'alimentation, à l'hygiène, au logement et à la mobilité ont été réprimées par des agents armés et la Garde nationale. À ce jour, ces personnes demeurent immobilisées au Mexique.
Ces formes d'externalisation de la frontière, couplées à sa militarisation, ont permis aux États impériaux d'ériger non seulement des murs, mais de véritables forteresses qui s'étendent loin au-delà de la frontière. Par exemple, la Conférence des cinq nations, soit la collaboration entre l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis en matière d'immigration et de sécurité frontalière, prévoit le partagede registres d'empreintes digitales, de données biométriques de réfugiés, ainsi que l'inquiétante alliance des services de renseignement de ces pays sous le nom de « Five Eyes ». En outre, il n'est pas fortuit que les forteresses externalisées soient souvent imposées à des pays tiers déjà soumis au joug de l'impérialisme. Qu'elle use de la manière douce par des accords d'aide ou qu'elle fasse directement des menaces de guerre commerciale, la diplomatie migratoire oblige des pays d'Afrique, d'Amérique latine, du Moyen-Orient et d'Océanie à prendre en charge des missions de contrôle migratoire qui cimentent les relations impériales et mondialisent la violence raciale de la détention. Les deux prochains chapitres retracent l'origine de ces systèmes d'externalisation et d'immobilisation dans le cadre de la fondation coloniale de l'Australie blanche et de son actuelle solution du Pacifique, puis de l'Europe forteresse, érigée spécialement pour repousser les Africains au moyen d'un réseau complexe de contrôles impériaux. À l'instar des liens étroits qui unissent la formation de la frontière des États- Unis et leur politique migratoire décrits dans les chapitres précédents, ces forteresses protégeant l'Australie et l'Europe ont pour piliers l'empire, le colonialisme de peuplement, la traite atlantique des esclaves et la servitude pour dettes. Comme l'affirme d'ailleurs Angela Davis, « le mouvement [pour les droits] des réfugiés est le mouvement pour les droits civiques de notre époque. [83] »
[1] Le film dépeint notamment la ville de Jérusalem comme la seule à avoir survécu à l'apocalypse zombieen raison de l'ingéniosité de l'armée israélienne et du Mossad, on y voit notamment un gigantesque mur qu'il est impossible de ne pas comparer avec celui, bien réel, qui sépare les territoires volés des territoires palestiniens. Sur le film et sur l'implication du ministère des affaires culturelles israélien dans le champ de la production cinématographique, une vidéo de la chaîne GDF sur Youtube : https://youtu.be/7rLgFYpakh8?si=G8c-vjua1brHd5eE
[2] Ce dernier paragraphe a notamment été bien aidé par ce mémoire de recherche publié sur la question en 2022 : La sous-traitance de la politique migratoire européenne au Maroc : reflet d'une incapacité des États membres à s'accorder sur une politique migratoire commune : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04600960v1/document
[3] Info trouvée dans Le Monde « Ceuta : au moins 72 personnes sont mortes en voulant rejoindre l'enclave espagnole, selon les autorités locales ; le Maroc fait état de 11 décès » : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/02/ceuta-au-moins-72-personnes-sont-mortes-en-voulant-rejoindre-l-enclave-espagnole_6737289_3212.html
[4] Le tout est rapporté par l'association Utopia 56 dans un communiqué de presse et sur leurs réseaux sociaux
[5] Tim McDonald, « The Man Who Would Be the First Climate Change Refugee », BBC News,
5 novembre 2015.
[6] Perla Trevizo, « Tribes Seek to Join Immigration Reform Debate », Arizona Daily Star, 14 juin
2013.
[7] Michael Dear, Why Walls Won't Work : Repairing the US-Mexico Divide, Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 158.
[8] Will Parish, « The U.S. Border Patrol and an Israeli Military Contractor Are Putting a Native American Reservation Under “Persistent Surveillance” », The Intercept, 25 août 2019 ; Todd Miller, « How Border Patrol Occupied the Tohono O'odham Nation », In These Times, 12 juin 2019.
[9] « Tohono O'odham National Tribal Chairman Says Nation Won't Allow Border Wall to Be Built »,
ABC 15 Arizona, 15 novembre 2016.
[10] Ofelia Rivas citée dans Dianna M. Náñez, « A Border Tribe, and the Wall That Will Divide It »,
USA Today, 2021
[11] Ruth Wilson Gilmore, Golden Gulag : Prisons, Surplus, Crisis, and Opposition to Globalizing
California, Berkeley, University of California Press, coll. « American Croosroads », 2007, p. 247.
[12] Jasbir Puar, The Right to Maim : Debility, Capacity, Disability, Durham, Duke University Press,
coll. « ANIMA : Critical Race Studies Otherwise », 2017, p. 64.
[13] Ibid., p. 81.
[14] Alan Gomez, « Homeland Security : More Than 600,000 Foreigners Overstayed U.S. Visas in 2017 », USA Today, 7 août 2018.
[15] Entry/Exit Overstay Report : Fiscal Year 2015, Washington, U.S. Department of Homeland Security, 2016. Données calculées à partir de la colonne « Total des dépassements de séjour suspectés dans le pays » ; le total pour tous les pays est de 482 781 dépassements de séjour suspectés.
[16] Mary Romero, « Keeping Citizenship Rights White : Arizona's Racial Profiling Practices in
Immigration Law Enforcement », Law Journal for Social Justice, vol. 1, 2011, p. 97-113.
[17] Michael D. Shear et Julie Hirschfeld Davis, « Shoot Migrants' Legs, Build Alligator Moat :
Behind Trump's Ideas for Border », The New York Times, 1er octobre 2019.
[18] Ryan Devereaux, « Mining the Future : Climate Change, Migration, and Militarization in Arizona », The Intercept, 3 octobre 2019.
[19] Associated Press, « Trump Administration to Expand DNA Collection at Border and Give Data to FBI », The Guardian, 3 octobre 2019
[20] Wendy Brown, Murs. Les murs de séparation et le déclin de la souveraineté étatique, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Penser/croiser », 2009, p. 186.
[21] Ibid., p. 139.
[22] Reece Jones, « Introduction », dans Reece Jones (dir.), Open Borders : In Defense of Free Movement, Athens, University of Georgia Press, coll. « Geographies of Justice and Social Transformation », 2019, p. 3.
[23] Todd Miller, Border Patrol Nation : Dispatches from the Front Lines of Homeland Security, San Francisco, City Lights, 2014, p. 42.
[24] Shoshana Zuboff, L'âge du capitalisme de surveillance. Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir, Paris, Zulma, 2020 [2018], p. 28.
[25] Reece Jones, Border Walls : Security and the War on Terror in the United States, India, and Israel, Londres, Zed Books, 2012, p. 2.
[26] Kate Smith, « Immigrant Deportation Filings Hit Record High in 2018, New Report Shows », CBS News, 8 novembre 2018.
[27] Emily Kassie, « Detained : How the US Built the World's Largest Immigrant Detention System », The Guardian, 24 septembre 2019.
[28] « Editorial : Don't Look Away from Concentration Camps at the Border », National Catholic Reporter, 19 juin 2019.
[29] César Cuauhtémoc Garcia Hernández, « Abolishing Immigration Prisons », Boston University Law Review, vol. 97, no 1, 2017, p. 245-300
[30] Chiara Cardoletti-Carroll, Alice Farmer, Leslie E. Vélez (dir.), Women on the Run : First-Hand Accounts of Refugees Fleeing El Salvador, Guatemala, Honduras, and Mexico, Genève, HCR, 2015.
[31] Alice Speri, « Detained, Then Violated », The Intercept, 11 avril 2018.
[32] Adam Frankel, « “Do You See How Much I'm Suffering Here ?” : Abuse against Transgender Women in US Immigration Detention », Human Rights Watch, 23 mars 2016.
[33] « The Precarious Position of Transgender Immigrants and Asylum Seekers », Human Rights
Campaign, 4 janvier 2019
[34] Livia Luan, « Profiting from Enforcement : The Role of Private Prisons in U.S. Immigration Detention », Migration Policy Institute, 2 mai 2018 ; John Washington, « The Amount of Money Being Made Ripping Migrant Families Apart Is Staggering », The Nation, 28 octobre 2019.
[35] Luan, « Profiting from Enforcement », loc. cit.
[36] Todd Miller, « More Than A Wall : Corporate Profiteering and the Militarization of US Borders », The Transnational Institute, 16 septembre 2019.
[37] Nancy MacLean, Democracy in Chains : The Deep History of The Radical Right's Stealth Plan for America, New York, Viking, 2017, p. 219
[38] Manny Fernandez et Katie Benner, « The Billion-Dollar Business of Operating Shelters for Migrant Children », The New York Times, 21 juin 2018.
[39] Jackie Wang, Capitalisme carcéral, Paris, Divergences, 2019 [2018], p. 254.
[40] Meagan Flynn, « ICE Is Holding $204 Million in Bond Money, and Some Immigrants Might
Never Get it Back », The Washington Post, 26 avril 2019 ; Michael W. Sances et Hye Young You, « Who Pays for Government ? Descriptive Representation and Exploitative Revenue Sources », The Journal of Politics, vol. 79, no 3, juillet 2017, p. 1090-1094.
[41] Pam Palmater citée dans Amanda Coletta, « Canada's Indigenous Population Is Overrepresented in Federal Prisons—and It's Only Getting Worse », The Washington Post, 1er juillet 2018. [NdT : Le terme « pensionnat » désigne ici des écoles religieuses créées en 1880 par le gouvernement du Canada fin d'assimiler les enfants autochtones à la société canadienne. Les pensionnats ont durablement perturbé et marqué les communautés autochtones. Le dernier a fermé ses portes en 1996.
[42] Rinaldo Walcott et Idil Abdillahi, BlackLife : Post-BLM and the Struggle for Freedom, Winnipeg, ARP Books, coll. « Semaphore », 2019, p. 44.
[43] « Incarceration of Women Is Growing Twice as Fast as that of Men », Equal Justice Initiative, 5 novembre 2018.
[44] Michelle Alexander, La couleur de la justice. Incarcération de masse et nouvelle ségrégation raciale aux États-Unis, Paris, Syllepse, coll. « Radical America », 2017 [2010], p. 25.
[45] Lisa Monchalin, The Colonial Problem : An Indigenous Perspective on Crime and Injustice in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 2016.
[46] Ruth Wilson Gilmore, « Race, Capitalist Crisis, and Abolitionist Organizing : An Interview with
Ruth Wilson Gilmore », entrevue par Jenna Loyd dans Jenna M. Loyd, Matt Mitchelson et Andrew Burridge (dir.), Beyond Walls and Cages : Prisons, Borders, and Global Crisis, Athens, University of Georgia Press, coll. « Geographies of Justice and Social Transformation », 2012, p. 43.
[47] Dylan Rodríguez, « Abolition as Praxis of Human Being : A Foreword », Harvard Law Review, vol. 132, no 6, avril 2019, p. 1577.
[48] Tania Unzueta, « We Fell in Love in a Hopeless Place : A Grassroots History from #Not1More to Abolish ICE », Medium, 29 juin 2018.
[49] Kesi Foster, « There Are No Sanctuaries », Black Organizing Project, 16 décembre 2016.
[50] Tanya Maria Golash-Boza, Deported : Immigrant Policing, Disposable Labor, and Global Capitalism, New York, New York University Press, coll.« Latina/o Sociology », 2016, p. 177 et 185 ; Marybeth Onyeukwu, « Black Immigrants' Lives Matter : Disrupting the Dialogue on Immigrant Detention », Truthout, 22 juillet 2015.
[51] « The Constitution in the 100-Mile Border Zone », ACLU, s. d. [21 juin 2018]
[52] Joseph Nevins, « Policing Mobility : Maintaining Global Apartheid from South Africa to the
United States », dans Loyd, Mitchelson et Burridge (dir.), Beyond Walls and Cages, op. cit., p. 21.
[53] Zack Ford, « ICE Raids Followed a Massive Sexual Harassment Settlement at Mississippi Plants », Think Progress, 8 août 2019.
[54] Teju Cole, « Migrants Welcome », The New Inquiry, 7 septembre 2015.
[55] Suketu Mehta, « This Land Is Their Land », Foreign Policy, 12 septembre 2017.
[56] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme suivi de Discours sur la négritude, Paris, Présence africaine, 1955, p. 13.
[57] Conférence de plénipotentiaires des Nations Unies sur le statut des réfugiés et des apatrides, Acte final et Convention relative au statut des réfugiés, ONU, 1951, article 1, p. 14.
[58] Sarah Lazare, « How the Red Scare Shaped the Artificial Distinction Between Migrants and Refugees », In These Times, 5 février 2018.
[59] Fabian Georgi et Susanne Schatral, « Toward a Critical Theory of Migration Control : The Case of the International Organization for Migration », IMIS-Beiträge, no 40, mai 2012, p. 193-221.
[60] Maribel Casas-Cortes, Sebastian Cobarrubias et John Pickles, « “Good Neighbours Make Good Fences” : Seahorse Operations, Border Externalization and Extra-Territoriality », European Urban and Regional Studies, vol. 23, no 3, 2016, p. 231-251.
[61] « Enforcing Immigration Laws », site de la Garde côtière des États-Unis, s. d.
[62] Nicholas Keung, « Record Number of Canada-Bound Visitors Barred from Flights on Advice of Canada Border Agents », The Star, 17 juillet 2019.
[63] Vilna Bashi, « Globalized Anti-Blackness : Transnationalizing Western Immigration Law, Policy, and Practice », Ethnic and Racial Studies, vol. 27, no 4, juillet 2004, p. 584-606.
[64] « Rapport sur la première année de l'Accord sur les tiers pays sûrs : les portes se ferment pour les réfugiés », Conseil canadien pour les réfugiés, 2005.
[65] « Statistiques relatives aux personnes arrivées à la suite d'un passage irrégulier à la frontière », Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, 1er mars 2023.
[66] « Les faits, tout simplement : les demandeurs d'asile », Statistiques Canada, 17 mai 2019.
[67] Miller, Border Patrol Nation, op. cit., p. 199 ; Todd Miller, Empire of Borders : The Expansion of the US Border around the World, Londres / New York, Verso, 2019.
[68] Ibid., p. 6.
[69] Ibid., p. 4.
[70] Dawn Paley, Drug War Capitalism, Oakland, AK Press, 2014, p. 147.
[71] Adam Isacson, Maureen Meyer et Gabriela Morales, « Mexico's Other Border : Security,
Migration, and the Humanitarian Crisis at the Line with Central America », Washington Office on Latin America, juin 2014.
[72] NISGUA, « Guatemala Resists U.S. Border Imperialism », août 2019.
[73] Kristina Cooke, Mica Rosenberg et Reade Levinson, « U.S. Migrant Policy Sends Thousands of Children, including Babies, Back to Mexico », Reuters, 11 octobre 2019.
[74] Sandra Cuffe, « One Year into “Remain in Mexico”, the U.S. Is Enlisting Central America In Its Crackdown on Asylum », The Intercept, 29 janvier 2020 ; Gustavo Solis, « Remain in Mexico Has a 0.1 Percent Asylum Grant Rate », San Diego Union Tribune, 15 décembre 2019.
[75] Cat Cardenas, « Still Fearing Violence, Migrants Subject to Trump's Remain in Mexico Policy
Are Now Bracing for a Pandemic », Texas Monthly, 10 avril 2020.
[76] Clare Ribando Seelke, « Mexico : Evolution of the Mérida Initiative, 2007-2020 », Congressional
Research Service, 28 juin 2019.
[77] Deborah Bonello et Erin Siegal McIntyre, « Is Rape the Price to Pay for Migrant Women Chasing the American Dream ? », Splinter News, 10 septembre 2014.
[78] « Record Number of African Migrants Coming to Mexican Border », PBS News, 16 juin 2019 ;
Simone Schlindwein, « Halfway round the World by Plane : Africa's New Migration Route », Deutsche Welle, 2 août 2019.
[79] Kirk Semple et Brent McDonald, « Mexico Breaks Up a Migrant Caravan, Pleasing White House », The New York Times, 24 janvier 2020.
[80] Kirk Semple, « Overflowing Toilets, Bedbugs and High Heat : Inside Mexico's Migrant Detention Centers », The New York Times, 3 août 2019.
[81] « Record Number of African Migrants Coming to Mexican Border », PBS News, 16 juin 2019 ; Simone Schlindwein, « Halfway round the World by Plane : Africa's New Migration Route », Deutsche Welle, 2 août 2019.
[82] « African Migrants Assembly Created in Chiapas », El Enemigo Común, 2 septembre 2019.
[83] Angela Davis citée dans Lalitha Chelliah et Chris Peterson, « Angela Davis : “The Refugee
Movement Is the Civil Rights Movement of Our Time” », Green Left, 29 octobre 2016.
la bibli anticarcérale, c'est un prête-nom de publication qui sert à proposer des textes, des ressources et des archives des luttes anticarcérales et abolitionnistes pénales. Si jamais y'a quand même une boîte à lettres : labibliantik@riseup.net
Mise à jour de la dernière trouvaille (https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/) : un fil qui n’a pas été suivi jusqu’au bout lors du premier démontage amenait à un boîtier aimanté fixé à une paroi entre l’arrière de l’autoradio et la boite à gants (il fallait démonter un autre cache en plastique). Il contenait une grosse batterie et une autre balise GPS (Taoglas, Quectel M66, Ublox MaxM10) avec carte SIM (voir photos). Vu la connectique et vu que le fil était branché au premier dispositif (voir photos), ce boîtier ne semble pas avoir été ajouté entre temps.

L'AG anti-militariste et anti-impérialiste qui se réunit les 3 et 23 de chaque mois au 17 rue Abbé Grégoire (Le lieu), à réalisé des affiches contre Thalès et Lynred.
Elle sont téléchargeables à ce lien : https://collectifsiag.noblogs.org/des-affiches-anti-imperialistes-a-coller-partout/
A afficher et coller partout !
La prochaine AG aura lieu le 3 septembre 2026 à 18h30 au Lieu et sera une AG bilan et perspectives. L'AG est ouverte à toustes et ne nécessite aucune connaissance ou compétences particulières
Guerre à Thalès ! Free Palestine !
L'assemblée anti-militariste et anti-impérialiste vous invite à participer au weekend Grenoble Capitale de la Guerre, le 14, 15 & 16 novembre 2026.
Plus d'informations sur le programme à venir !
Vous pouvez également participer à l'élaboration de ce weekend en venant aux AG tous les 3 et 23 de chaque mois au Lieu (17 rue abbé Grégoire, Grenoble).
Salutations anti-impérialistes !
Contexte de l'AG
Cela fait maintenant plus de 2 ans que la guerre génocidaire en Palestine et à Gaza se déroule sous nos yeux, après plus de 100 ans de violences coloniales. Ce génocide est alimenté par des technologies produites localement. STMicroelectronics (présente dans la région mais aussi dans l'État colonial israélien) exporte par exemple à l'entité sioniste des technologies de pointe, qui contribuent au développement militaire de son armée d'occupation.
Depuis des mois, des individu·e·s sont en lutte, ici et ailleurs, contre ces complicités de génocide. C'est dans ce contexte que nous appelons à une Assemblée générale ouverte pour amplifier la lutte contre l'armement et contre l'impérialisme.
Alors viens ! Que tu sois un·e individu·e ou que tu représentes une organisation, ce sera un endroit pour s'organiser et se coordonner. Ces AG ont lieu les 3 et 23 de chaque mois à 18h30 au Lieu (17, rue Abbé Grégoire 38000 Grenoble).
Des responsabilités locales, nationales et européennes écrasantes
La France est le deuxième pays exportant le plus d'armes au monde. Elle alimente directement les guerres en cours, et sa puissance militaire s'est elle-même développée sur une histoire coloniale faîte de massacres, de pillages et de dépossessions. C'est cette puissance militaire qui lui permet de maintenir sa domination coloniale et impérialiste aujourd'hui.
Le complexe militaro-industriel de la France alimente aussi les structures d'oppressions à d'autres niveaux. Et ce, en accaparant des terres agricoles dans toute la région pour construire des usines ultra-polluantes comme en fournissant du matériel de surveillance algorithmique ou des drones, utilisés pour les contrôles racistes dans nos quartiers, aux frontières, ou dans les territoires encore colonisés.
Alimentant les guerres à l'extérieur, l'Europe militarise de plus en plus ses frontières, causant ainsi la mort de milliers de personnes. Frontex, l'agence européenne de militarisation et surveillance des frontières, utilise des drones dont certains composants sont produits par Thalès, une entreprise présente a Moirans et Montbonnot.
Un continuum colonial qui s'étend jusqu'à l'intérieur des frontières nationales
À l'intérieur du territoire national, la répression s'accentue constamment. Elle vise principalement les quartiers populaires et les personnes issues de l'immigration post-coloniale. Ce racisme d'État s'exprime dans une islamophobie exacerbée qui a des conséquences dramatiques pour des millions de personnes. L'arsenal répressif de la police suit également ce mouvement, celle-ci s'équipant d'armes et de technologies de surveillance de plus en plus sophistiquées. Lynred (une entreprise située à Veurey Voroise) expose ainsi ses technologies au Milipol, le salon mondial de la répression intérieure des États.
Dans ses colonies, la France continue le pillage des minerais nécessaires à la fabrication des technologies de pointe et de l'armement. C'est par une répression sanguinaire que l'État français y maintient sa domination coloniale.
La recherche au service de la guerre
La militarisation passe aussi par les universités (dont l'UGA) et les écoles d'ingénieurs (dont Phelma - INP) qui adaptent leurs programmes pour les besoins de l'industrie militaire, formant ainsi les personnes nécessaires à la conception de ses drones et ses missiles. Grenoble est un des centres français majeurs de recherche et de production dans le domaine de l'armement. De nombreuses entreprises et start-ups conçoivent et produisent dans la métropole des pièces d'armes, composants électroniques, et autres solutions informatiques à destination de l'armée. Nombre d'entre elles fournissent directement l'entité sioniste : Caterpillar, HPE, IC'Alps, Microoled...etc.
Un bellicisme en marche
Le gouvernement actuel nous parle de se préparer à un conflit armé dont il est lui-même architecte. On nous demande d'être prêt·e·s à faire des sacrifices pour la nation, de s'unir sous un drapeau que nous n'avons pas choisi. Ce prétexte a bon dos pour étouffer la contestation sociale, au moment où les fascistes et réactionnaires de tout bord soutiennent cette escalade belliciste. Dans le même temps, nos luttes féministes sont récupérées au service d'un nationalisme blanc et instrumentalisées à des fins guerrières et coloniales. Cette instrumentalisation tente de camoufler que les guerres sont étroitement liées au racisme, au capitalisme et au patriarcat.
Concrètement, cette marche à la guerre se traduit par des mesures comme la réindustrialisation du territoire annoncée en mai 2025 (40 milliards d'euros d'investissements) ou le service militaire volontaire, qui remplace le SNU pour recruter dans l'armée dès le plus jeune âge, ciblant en particulier les plus précaires. Le budget militaire, quant à lui, a doublé depuis 2017 (de 32,7 milliards à 57,1 milliards d'euros). Tout cela a donc un coût énorme, financé par nos impôts, et participe de la casse sociale dont nous faisons actuellement les frais.
L'actualité mondiale est faite d'attaques
Partout les impérialismes font des ravages. Dernier exemple en date, les États-unis ont lancé une offensive militaire sur le Venezuela pour piller leurs ressources et assurer leur domination sur l'Amérique du sud. Et ce sont les mêmes États-Unis qui cherchent à instrumentaliser à leur avantage les révoltes en Iran, pour tenter d'instaurer un régime à leurs bottes dans cette région.
Agir !
Loin d'être impuissant·es, nous pouvons et devons nous opposer à l'impérialisme, qu'il soit états-unien, français, israélien, ou d'autre nature.
Alors voilà, l'idée de cette AG est de proposer à toute personne motivée et à toutes les organisations intéressées de venir se coordonner contre le militarisme et contre l'impérialisme, depuis Grenoble. Pas besoin d'être un expert du sujet ni d'avoir un bagage militant, tout est à construire ensemble !
تحيا فلسطين Tahya Filastin
Recrutement saison 2026-2027

Et si toi aussi tu rejoignais les Cannibal Marmots ?
🦫🛼Jouer
Cette rentrée on propose deux créneaux d'essai auxquels s'inscrire pour tester le roller derby (mais il faudra en choisir un seul) le vendredi 18 septembre à 21h ou le jeudi 24 septembre à 19h30. Pas besoin de savoir patiner, tous les niveaux sont les bienvenus !
Cet essai est gratuit et on peut te prêter des patins et des protections.
On précise que le jour de l'essai ne correspond pas forcément au créneau de l'entraînement à l'année (1x/semaine). Les places sont limitées, on met une jauge de 15 personnes par séances d'essai !
🦓🦩Arbitrer
En patins ou à pied, on est sûr-es que les rayures ou le noir t'iront très bien ! Notre crew d'arbitres La Harde sera ravi de t'accueillir et te former.
🦄🌟Bénévoler
Que ce soit sur les matchs que l'on organise localement ou bien en déplacement, on a toujours besoin de bénévoles pour que les événements puissent se tenir et pour encourager toutes les équipes !
Si ça te parle, clique sur ce lien pour avoir accès au formulaire de recrutement :
https://forms.gle/GZqJiNUotwTh8YgH9
Si vous avez des questions n'hésitez pas à nous contacter à : training.marmots@gmail.com
Pour en savoir plus sur nous, c'est par ICI
A tout vite on espère ! 😉
En 2026, le Resto Malap cuisine au Bar Radis (15 Rue Gustave Flaubert, Grenoble) les lundis soirs.
On vous y retrouve ce mois-ci le lundi 31 août !
Début de service à 19h, dernier service à 20h30.
La réservation n'est pas obligatoire mais elle est fortement conseillée (cela nous permet d'anticiper) !
Prix accessibles (entre 8 et 20 euros pour un repas).
Lien Hello Asso : https://www.helloasso.com/associations/resto-malap/evenements/reservation-bar-radis-31-aout
En cas de problème, vous pouvez nous contacter à ce numéro : 0749876554