répression internationale et solidarités internationalistes - semaine du 03/08/2026
Sommaire USA : Les autorités multiplient les attaques contre The People's Forum Sri Lanka : Un mort lors d'une émeute dans une prison surpeuplée Philippines : Trois soldats tués dans des attaques revendiquées par la guérilla maoïste Singapour : Massive Attack interdit de séjour après un soutien à la Palestine sur scène Royaume-Uni : 152 arrestations lors d'un rassemblement de soutien à Palestine Action France : Le gouvernement généralise une définition de l'antisémitisme pour criminaliser l'antisionisme Turquie : Rassemblements pour la libération des militants arrêtés lors du sommet de l'OTAN Inde : Rassemblement en hommage aux victimes de l'opération Kagaar Tarbes : Une étudiante des Beaux-Arts écartée d'une exposition pour un sticker ACAB Sénégal : La répression contre les personnes LGBTQIA+ s'étend aux femmes lesbiennes Indonésie : Des anarchistes libérés, tandis que la répression se poursuit Pays basque : Le recours contre l'annexe de justice du CRA d'Hendaye rejeté Turquie : Emprisonné, le Dr Barış Kaya dénonce des violences policières USA : Appel à une grève nationale des prisonniers du 1er mai au 19 juin 2027 Maroc : La mobilisation continue en soutien aux prisonniers politiques Yasser Mounbir et Ashraf Bayoud Inde : Création d'une organisation au Telangana pour la libération des prisonniers politiques Anvers : Le président de la FGTB sanctionné après une manifestation de soutien à la Palestine France : Procès pour l'éborgnement de Jérôme Rodrigues et indemnisation d'un Gilet jaune blessé Italie : Dix détenus poursuivis après une révolte dans une prison France : Sciences Po accusé de surveiller des étudiants mobilisés pour la Palestine Union européenne : Accord policier avec Israël en négociation Turquie : Depuis la prison, une militante trans de YDK appelle à la lutte Turquie : Libération de militants socialistes arrêtés lors d'opérations politiques Allemagne : Débat après les déclarations des antifascistes lors de leur procès à Düsseldorf Philippines : 79 prisonniers politiques dénoncent leur transfert vers d'autres établissements Inde : Un défenseur des droits autochtones arrêté pour son opposition à un projet hôtelier à Kaziranga Salvador : Grève de la faim contre les projets extractivistes et pour la libération de détenus Turquie : Un projet de loi pour encadrer le processus de désarmement du PKK USA : Une loi expose bibliothécaires et libraires à des poursuites pénales dans l'Arkansas Paraguay : Trois prisonnières politiques en grève de la faim contre leur isolement carcéral Turquie : Plusieurs militantes socialistes libérées après des mois d'emprisonnement Allemagne : Une veillée à Cologne en soutien aux prisonniers politiques en Turquie France : Le procès de l'attaque contre le centre kurde de Paris débutera en février 2027 Turquie : 19 personnes arrêtées et emprisonnées avant le sommet de l'OTAN libérées France : Un dispositif de surveillance découvert dans une voiture USA : Une prisonnière trans communiste violemment agressée par un codétenu Paris : Des centaines de personnes manifestent pour les prisonniers palestiniens et libanais France : Le magazine Al Awda sur la littérature carcérale palestinienne à commander en ligne Sénégal : 71 hommes inculpés pour homosexualité Corée du Sud : Huit militants étudiants arrêtés après une action contre une base militaire étatsunienne Syrie : Le journaliste kurde Ahmet Polad détenu depuis 200 jours, la solidarité s'amplifie Turquie : Mort d'un jeune prisonnier Kurde après des blessures en détention Italie : Mille euros d'amende pour une banderole antifasciste Inde : Trois maoïstes recherchés arrêtés Albanie : Une militante turque réfugiée en France arrêtée, une procédure d'extradition examinée Pakistan : Un militant baloutche victime d'une nouvelle disparition forcée USA : Les réseaux sociaux des demandeurs de visa davantage surveillés Suisse : Une femme expulsée vers la Turquie puis incarcérée avec son enfant de 15 moisarticle USA : Durcissement des opérations de l'ICE, le taux de mortalité des détenus explose Tech : Un logiciel espion lié à la Chine cible plus de 13 pays Turquie : Des détenus entament une grève de la faim en soutien à plusieurs prisonniers USA : Appel aux dons pour soutenir le prisonnier anarchiste Michael Kimblearticle Palestine : Ben-Gvir ordonne la confiscation des vêtements de prisonniers palestiniens Sri Lanka : 2 morts et 11 blessés dans de nouveaux affrontements en prison Canada : Campagne de soutien financier au militant pro-palestinien Ahmad Hajahmad Jarrar, en procès Royaume-Uni : Verdict attendu pour les « Barclays 5 » et mobilisation de soutien à Preston USA : Des véhicules de police équipés de simulateurs israéliens pour localiser les téléphones
USA : Les autorités multiplient les attaques contre The People's Forum
The People's Forum de New-York City est la cible d'une intensification des pressions de l'administration Trump et de ses alliés au Congrès. Le 21 juillet 2026, la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants a émis une assignation exigeant la remise de communications internes et de documents financiers. Cette procédure fait suite à la publication d'un rapport du département d'État intitulé Cuba : The Capital of 21st Century Communism , un outil de propagande assimilant les opposants au blocus de Cuba et les mouvements pour de gauche à des menaces idéologiques.
En particulier, The People's Forum est ciblé en raison de son engagement contre le génocide à Gaza, de son soutien aux familles immigrées confrontées aux opérations de l'ICE et de son opposition au blocus étatsunien de Cuba. L'organisation dénonce une « nouvelle ère du maccarthysme » et appelle à la mobilisation pour défendre la liberté d'expression, les droits démocratiques et les libertés civiles. Sri Lanka : Un mort lors d'une émeute dans une prison surpeuplée
Des centaines de militaires et de commandos d'élite ont été déployés le 2 août pour reprendre le contrôle de la prison de Mahara, près de Colombo, où une émeute a fait un mort et six blessés. Selon la police, les détenus ont incendié ou détruit plusieurs infrastructures, dont la cuisine, l'infirmerie et un bâtiment de formation. L'établissement accueille environ 4 100 détenus, soit quatre fois sa capacité. Cette nouvelle flambée de violences intervient moins d'un mois après une émeute meurtrière à la prison de Negombo, qui avait fait 31 morts.
Philippines : Trois soldats tués dans des attaques revendiquées par la guérilla maoïste
La Nouvelle Armée Populaire (NPA) affirment que deux unités du 19ᵉ bataillon d'infanterie de l'armée philippine ont été visées lors de deux attaques distinctes menées en juin et juillet dans les provinces de Samar et de Northern Samar. Selon des communiqués récemment publiés de la branche armée du Parti Communiste des Philippines, trois soldats ont été tués et plusieurs autres blessés. Singapour : Massive Attack interdit de séjour après un soutien à la Palestine sur scène
Le groupe britannique Massive Attack a annoncé avoir été interdit de séjour à Singapour après avoir brandi un drapeau palestinien et scandé « Free Palestine » lors d'un concert le 29 juillet. Les autorités, qui ont ouvert une enquête pour soutien à une cause politique et affichage non autorisé d'un drapeau étranger, ont indiqué avoir adressé un avertissement aux deux membres du groupe avant de leur interdire de revenir dans la cité-État.
Dans un communiqué, Massive Attack affirme que ses membres ont été détenus, interrogés séparément, fouillés et temporairement privés de leurs passeports, qualifiant cette procédure d'« expérience surréaliste ». Le groupe a également salué les spectateurs ayant scandé des slogans de soutien à la Palestine.
Royaume-Uni : 152 arrestations lors d'un rassemblement de soutien à Palestine Action
La police londonienne a arrêté 152 personnes le 31 juillet devant le tribunal de Westminster lors d'un rassemblement organisé par Defend Our Juries contre l'interdiction de Palestine Action, classée organisation terroriste au Royaume-Uni depuis 2025. Les manifestants étaient venus soutenir les quelque 1 500 personnes poursuivies pour des faits liés à leur soutien présumé au mouvement. Face au nombre de procédures, l'examen de ces dossiers a été reporté au 26 octobre.
Le même jour, la Cour suprême britannique a autorisé la cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, à contester l'interdiction du mouvement sur un point de droit administratif. Le gouvernement a indiqué qu'il défendrait cette interdiction, tandis que les organisations de soutien dénoncent une atteinte à la liberté d'expression et au droit de manifester. France : Le gouvernement généralise une définition de l'antisémitisme pour criminaliser l'antisionisme Selon une enquête de Mediapart , le gouvernement cherche à généraliser l'usage de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, critiquée par de nombreux obervateurs comme un outil visant à assimiler l'antisionisme à de l'antisémitisme. Après l'échec de la proposition de loi de la députée Caroline Yadan , cette définition serait intégrée au plan national 2026-2029 de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations (dit « plan Prado »), destiné à orienter les politiques publiques en la matière, via un vadémécum qui serait généralisé à l'ensemble des administrations.
Le ministère de la Justice s'est opposé à une circulaire qui aurait rendu cette définition plus contraignante pour les magistrats, estimant qu'elle risquait de porter atteinte à leur indépendance. Le plan Prado prévoit toutefois de diffuser ce vadémécum, déjà utilisé dans l'Éducation nationale, à l'ensemble des administrations, y compris la police et la justice. Parallèlement,le projet de loi « cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l'antisémitisme » , qui doit être examiné à la rentrée 2026, reprend plusieurs dispositions de la proposition de loi Yadan et prévoit un renforcement de l'arsenal répressif de l'Etat. Turquie : Rassemblements pour la libération des militants arrêtés lors du sommet de l'OTAN
Des rassemblements se sont tenus le 2 août à Istanbul et Izmir pour exiger la libération de militants révolutionnaires et progressistes arrêtés avant le sommet de l'OTAN. Les organisateurs affirment que des centaines de personnes ont été arrêtées afin d'empêcher toute contestation du sommet et accusent l'OTAN de soutenir les politiques impérialistes et les guerres en Asie occidentale. Par ailleurs, les participants ont exigé la fermeture des bases de l'OTAN en Turquie.
Inde : Rassemblement en hommage aux victimes de l'opération Kagaar
Le Revolutionary Students' Front a organisé le 31 juillet un rassemblement commémoratif sur le campus de l'université Presidency, dans le cadre de la Semaine des martyrs . L'organisation a rendu hommage aux militants du mouvement communiste tués en Inde et dans le monde, en particulier à ceux morts lors del'opération de contre-insurrection Kagaar menée par les forces de sécurité indiennes et qui a fait des centaines de victimes.
Tarbes : Une étudiante des Beaux-Arts écartée d'une exposition pour un sticker ACAB À l'École supérieure d'art et de design des Pyrénées de Tarbes, une étudiante diplômée a été empêchée d'exposer son travail lors de la fête des diplômes en raison de la présence d'un sticker ACAB (« All cops are bastards ») sur une de ses œuvres. L'équipe pédagogique a justifié cette décision par la crainte de réactions des partenaires et financeurs de l'école. Cela intervient alors que les cas de répression se multiplient dans plusieurs écoles d'art françaises, où des étudiants sont la cible de pressions et sanctions disciplinaires.
Sénégal : La répression contre les personnes LGBTQIA+ s'étend aux femmes lesbiennes Au Sénégal, huit femmes ont été arrêtées la semaine dernière pour des « actes contre nature » et placées en détention, marquant une extension de la répression visant désormais aussi les personnes lesbiennes. Depuis le durcissement de la législation en mars 2026 , plus d'une centaine d'hommes ont déjà été interpellés. Les femmes lesbiennes, souvent plus exposées aux contraintes familiales et ayant moins de possibilités de mobilité, rencontrent davantage de difficultés pour échapper aux persécutions, poussant certaines à fuir le pays. Indonésie : Des anarchistes libérés, tandis que la répression se poursuit
À Bandung, plusieurs anarchistes emprisonnés après la répression des mobilisations d'août-septembre 2025 approchent de leur date de libération. Rhexcy ont été libérés le 29 juillet 2026, Tebe et Iyong le 31 juillet, Jalus le 3 août, et Apip est attendu en septembre 2026. Dans les affaires connexes, Adit et Nopal devraient être libérés en 2027, Pem, Herdy, Dana et Abul ont déjà retrouvé la liberté, tandis que Komar, de nouveau incarcéré à Surabaya, est annoncé libérable en septembre 2026.
Parallèlement, la répression se poursuit après les affrontements du 1er mai 2026 à Bandung . Les anarchistes Mpe, Dilan et Pablo sont actuellement jugés pour leur participation présumée à une émeute et à des dégradations de biens publics. Ils dénoncent des violences policières lors de leur détention. Au total, 13 personnes ont été arrêtées dans cette affaire : 3 mineurs ont été libérés sous contrôle, tandis que 10 personnes restent poursuivies.
Pays basque : Le recours contre l'annexe de justice du CRA d'Hendaye rejeté
Le tribunal administratif de Pau a rejeté le référé-liberté déposé contre la nouvelle annexe de justice du Centre de rétention administrative (CRA) d'Hendaye. Introduit par une personne retenue, le Syndicat des avocats de France et l'Association d'avocats pour la défense des étrangers de Pau, le recours dénonçait des atteintes au droit à un procès équitable et aux droits de la défense, notamment en raison de la tenue des audiences au sein même du CRA, jugée susceptible de limiter l'accès du public, des proches et des soutiens aux audiences.
Les requérants envisagent de faire appel devant le Conseil d'État. Ils prévoient également de contester une note interne du CRA autorisant notamment la police à demander aux avocats d'ouvrir leurs sacs et à les soumettre à un contrôle au détecteur de métaux, ainsi qu'à exiger l'identification des personnes assistant aux audiences.
Turquie : Emprisonné, le Dr Barış Kaya dénonce des violences policières
Le Dr Barış Kaya, emprisonné depuis le 26 juin 2026 dans le cadre d'une vaste opération policière, affirme être poursuivi en raison de son engagement en faveur d'un accès gratuit aux soins. En 2025, il a déjà été poursuivi pour de tels motifs. Dans une lettre écrite depuis la prison de Marmara , il dénonce son arrestation, des violences policières durant sa garde à vue, ainsi qu'une tentative présumée des services de renseignement de le recruter comme informateur. Il assure également que plusieurs autres personnes interpellées dans la même affaire ont subi des mauvais traitements. Le médecin rejette les accusations portées contre lui et défend son activité auprès des populations les plus précaires, rappelant avoir notamment participé à des actions de solidarité pendant la pandémie de Covid-19 et après le séisme de Hatay. Il souligne que son incarcération fait partie d'une répression plus large contre les milieux révolutionnaires et progressistes, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son engagement en faveur du droit à la santé et des libertés démocratiques.
Chers travailleurs de la presse, députés, collègues et notre peuple,
Je suis un médecin qui a été déclaré « terroriste » parce que je pratique la médecine pour le peuple et que je défends le droit du peuple à une santé gratuite. Je suis en détention depuis le 26 juin dans le cadre d'un dossier forgé de toutes pièces lors des opérations de l'OTAN. Je souhaite vous faire part du processus de garde à vue et d'arrestation. Le mardi 23 juin, alors que je me rendais à la Chambre des médecins d'Istanbul, on m'a fait descendre de force de mon véhicule en me disant : « Il manque une déposition, tu viens avec nous ». Bien que j'aie dit : « Si je dois faire une déposition, je me rendrai moi-même à la police ou au procureur ; il n'est pas nécessaire de me barrer la route ainsi et d'essayer de m'emmener de force », cela n'a pas été pris en compte. J'ai été encerclé par 10 à 15 policiers et mis en garde à vue sous la torture. Ils m'ont jeté à terre de force, m'ont cogné le front contre le sol. J'ai subi la torture des menottes dans le dos. Ils ont serré les menottes sur mes poignets. Mes poignets ont gonflé, ont anduré des bleus et cela a provoqué des engourdissements dans mes mains. Des contusions et des écorchures sont apparues sur diverses parts de mon corps. Je suis resté 4 jours en garde à vue. Mes amis qui avaient été placés en garde à vue dans le cadre de la même enquête que moi ont également subi des tortures. Pour prendre leurs empreintes digitales, ils ont traîné nos amis sur le sol avec les menottes dans le dos. Ils ont déchiré leurs vêtements et leurs chaussures. Ils ont donné un coup de poing dans le nez d'Emir Karakum et l'ont fait saigner. Ils ont roué de coups de pied mes autres amis au sol. Ils ont essayé de casser leurs doigts et leurs bras. Le mercredi 24 juin, aux urgences de l'Hôpital de la Ville Okmeydanı Cemil Taşçıoğlu où nous nous étions rendus pour l'examen de garde à vue, parce que j'ai dénoncé les tortures de la police, ils nous ont insultés et sont intervenus contre le peuple qui réagissait à la torture. Toujours pendant la garde à vue, le mercredi 24 juin vers 17h00, on m'a traité comme un coupable et le MIT m'a fait une proposition de collaboration. Bien que l'interdiction de voir mon avocat pendant 24 heures n'ait pas été levée, ils m'ont sorti de la cellule en disant « visite d'avocat ». On m'a conduit devant une porte où il était écrit « Salle de déposition ». De l'intérieur est sortie une personne mesurant environ 1,80 m pour 90 kg, à la moustache épaisse et au teint châtain. Il m'a accueilli à la porte en disant : « Viens Barış ». À ce moment-là, en regardant à l'intérieur, j'ai demandé : « Et mon avocat, où est-il ? », et il a répondu : « On t'a amené en pensant à un avocat ? ». Lorsque j'ai dit « Oui », il a répondu : « Viens t'asseoir, discutons un peu ». Lorsque j'ai dit : « Vous essayez de me faire devenir un collaborateur », il a rétorqué : « Nous allons juste discuter ». Je lui ai répondu : « Je n'ai rien à discuter avec vous » et j'ai tourné les talons pour partir. Il m'a interpellé par derrière : « Ce que tu vas entendre te plaira ». J'ai répondu : « Je ne veux rien entendre de votre part. Vous proposez la collaboration. La collaboration est une lâcheté. » À ce moment-là, 2 policiers étant directement à nos côtés, 7 ou 8 autres policiers présents sur place et 5 personnes en garde à vue ont été témoins de ces discussions.
En entrant dans la cellule, alors que je scandais le slogan « Être un collaborateur est un acte déshonorant » en frappant à la porte, le commissaire venu à la porte s'est emporté en disant : « Ne tapez pas sur les portes, les gens sont dérangés ». Et quand nous avons répondu : « Alors ne proposez pas la collaboration », il est parti en disant : « D'accord, nous ne proposerons pas la collaboration ». Nous ne sommes pas assez bas pour vendre les valeurs de notre peuple. Nous n'avons pas appris cela de notre famille. La malhonnêteté et le déshonneur ne sont pas dans notre sang ! Il n'y a rien que les ennemis du peuple, qui essaient de me harceler par des moyens illégaux, en essayant de me faire devenir un collaborateur, en torturant, en brisant ma porte, en barrant ma route, en m'empêchant de pratiquer la médecine, en m'arrêtant et en m'emprisonnant pour que je ne cherche pas mes droits, puissent me donner. Je veux la justice, je veux la liberté, je veux ce qui me revient de droit. Et je l'obtiendrai de mes propres mains, avec la solidarité de notre peuple. Ils essaient de créer un jardin de roses sans épines pour pouvoir vendre facilement votre pays à l'impérialisme. Ils attaquent toutes les institutions et organisations révolutionnaires et démocratiques, ils arrêtent quiconque se trouve sur leur chemin.
Moi aussi, sous prétexte que « l'OTAN va arriver », je suis devenu un « coupable potentiel » et j'ai été arrêté. Ils ont peur de tout le monde, parce qu'ils sont coupables. Le fascisme s'est tellement institutionnalisé que nous sommes arrêtés sans même qu'un motif raisonnable ne soit nécessaire, sans être traduits devant un procureur, les juges d'instruction faisant office de notaires et piétinant le droit. Une autre « sauce » qu'ils utilisent comme motif d'arrestation est le fait que je pratique la médecine pour le peuple. On dit que je soigne des membres d'une organisation. Je suis médecin et, comme tout médecin, j'ai juré en débutant ma profession d'utiliser mes connaissances professionnelles au profit du peuple, sans distinction de langue, de religion, de race ou d'opinion politique, et de ne pas être complice d'une quelconque initiative qui nuirait au peuple. Non seulement je ne suis pas coupable puisque je remplis les exigences de la profession, mais je ne vais pas non plus demander l'autorisation de quiconque pour exercer mon métier. Ceux qu'ils appellent membres d'une organisation, si c'est le peuple à qui j'ai cousu et distribué gratuitement des masques de mes propres mains parce qu'ils vendaient les masques contre de l'argent pendant la pandémie de COVID, je « soigne » ces membres d'organisation. Ceux qu'ils appellent membres d'une organisation, si c'est le peuple sinistré du séisme de Hatay à qui nous avons fabriqué et distribué gratuitement un médicament contre la gale de nos propres mains parce qu'ils les avaient attrapés à cause du manque d'eau, de logement et de mauvaises conditions d'hygiène et leur vendaient le médicament payant, je soigne ce membre d'organisation. Ceux qu'ils appellent membres d'une organisation, si c'est le patient atteint d'un cancer qui ne peut pas aller à l'hôpital faute d'argent pour les examens ; si c'est l'ouvrier rendu handicapé dans des meurtres dits accidents du travail ; si c'est le retraité qui n'a pas la force de marcher parce qu'il ne peut pas rapporter de pain chez lui ; si ce sont les patients à qui l'on demande des centaines de milliers, des millions dans un hôpital privé pour leur opération ; si ce sont les jeunes qu'ils ont poussés à la dépression parce qu'ils ne trouvent pas de travail, parce qu'on les prive d'avenir ; si ce sont les millions de personnes qu'ils empoisonnent avec de la drogue, je soigne ces membres d'organisation. Nous, quelles que soient les circonstances, ne nous soumettrons pas au fascisme sur cette voie que nous avons empruntée pour notre peuple. Nous continuerons à pratiquer la médecine pour notre peuple, à défendre le droit à la santé gratuite de notre peuple. Nous sommes le peuple, nous avons raison, nous vaincrons. Avec mes amitiés…
Dr. Barış KAYA
Prison de Type L Marmara N° 2
USA : Appel à une grève nationale des prisonniers du 1er mai au 19 juin 2027
Jailhouse Lawyers Speak appelle à une grève nationale des personnes détenues du 1er mai au 19 juin 2027, sous le mot d'ordre « From May Day to Juneteenth : We Refuse to Slave » (« Du 1er mai au 19 juin : Nous refusons l'esclavage »). La campagne prévoit notamment des arrêts de travail, des ralentissements de la production et un boycott des achats en cantine. Elle s'articule autour de trois revendications principales : l'abolition de l'exception du 13e amendement autorisant le travail forcé des personnes condamnées, le rétablissement du droit de vote des personnes détenues ou anciennement condamnées, et la libération des prisonniers politiques. L'organisation appelle également les soutiens extérieurs à relayer l'appel dans les prisons, à publier les témoignages de personnes détenues, à faire pression sur les responsables politiques et à documenter les éventuelles mobilisations ou représailles pendant la période de grève. Maroc : La mobilisation continue en soutien aux prisonniers politiques Yasser Mounbir et Ashraf Bayoud
Âgé de 22 ans, l'artiste Yasser Mounbir (à droite sur la photo) est poursuivi après avoir publié des dessins dénonçant notamment l'injustice sociale, la pauvreté et la répression politique. Ces poursuites constituent une criminalisation de l'expression artistique et s'inscrivent dans un contexte de restrictions croissantes visant les voix critiques, journalistes, militants et artistes. Il est accusé d'outrage à une institution constitutionnelle et d'outrage à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. Sa prochaine audience est prévue le 4 août 2026.
Par ailleurs, Ashraf Bayoud, connu pour ses vidéos critiques envers le régime, a été placé en détention après sa présentation devant le procureur du Roi. Selon ses proches, les accusations retenues contre lui n'étaient toujours pas connues au moment de son placement en détention. Son audience doit se tenir le 6 août prochain. Inde : Création d'une organisation au Telangana pour la libération des prisonniers politiques
Un Forum uni pour la libération des prisonniers politiques du Telangana a été créé afin de demander la libération des prisonniers politiques, notamment celles accusées de liens avec le mouvement maoïste. Coordonné par le professeur Haragopal et soutenu par plusieurs organisations, avocats et intellectuels, le forum réclame l'abandon des poursuites jugées abusives, l'abrogation de la loi antiterroriste UAPA (Unlawful Activities Prevention Act) et la libération immédiate des prisonniers politiques. Il souligne que près de 90 % des personnes emprisonnées dans des affaires liées au maoïsme seraient des Adivasis, une population autochtone durement réprimée.
Plusieurs cas individuels sont mis en avant : Moola Devender Reddy, âgé de plus de 60 ans, détenu à Jagdalpur et ayant presque perdu la vue ; Kartam Joga, paralysé et hospitalisé à Chanchalguda ; Gangadhar Rao, âgé de plus de 75 ans, détenu depuis plus de quatre ans sans procès ; Shiva Reddy et Admal de Poovarthi, incarcérés depuis douze ans comme prévenus ; Kamala et Rajitha, détenues respectivement depuis trois et quatre ans à la prison pour femmes de Chanchalguda. Le forum mentionne aussi Innaiah, militant de Bharat Bachao détenu sous UAPA, malgré des problèmes de santé et le décès de ses deux parents pendant son incarcération, ainsi que Sanjay Deepak Rao, détenu depuis plus de trois ans sans jugement.
La situation concerne également d'autres États : en Andhra Pradesh, environ 40 à 50 prisonniers seraient détenus dans plusieurs établissements, dont Sake Kalavathi (sept ans de détention et 55 affaires), Korra Nageswara Rao (40 affaires), Vantala Ramakrishna (45 affaires), Marri Valasa (25 affaires) et Korra Singru (20 affaires). Le forum cite aussi des détenus maintenus depuis de longues périodes dans le Madhya Pradesh, le Chhattisgarh, l'Odisha et ailleurs, notamment Surendra Gadling, avocat détenu sans libération sous caution depuis huit ans, ainsi que Omar Khalid et Sharjeel Imam, emprisonnés à Delhi depuis plus de cinq ans sans procès ni caution.
Anvers : Le président de la FGTB sanctionné après une manifestation de soutien à la Palestine
Le président de la FGTB, Bert Engelaar, a reçu une sanction administrative communale de la Ville d'Anvers après sa participation à une manifestation en soutien à la Palestine le 29 juin 2026. Il conteste cette décision, affirmant n'avoir commis aucune infraction. Il dénonce une sanction visant l'exercice du droit fondamental de manifester et annonce vouloir engager des recours juridiques. Bert Engelaar affirme également avoir été victime de violences lors de l'intervention policière pendant la manifestation, évoquant des coups reçus et des images montrant une intervention qu'il juge disproportionnée. France : Procès pour l'éborgnement de Jérôme Rodrigues et indemnisation d'un Gilet jaune blessé
Huit ans après les faits, le policier soupçonné d'avoir lancé la grenade ayant grièvement blessé Jérôme Rodrigues lors d'une manifestation des Gilets jaunes en janvier 2019 sera jugé devant la cour criminelle de Paris du 28 juin au 2 juillet 2027 pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation. Les juges ont écarté la légitime défense.
Par ailleurs, le tribunal administratif de Nantes a condamné l'État à indemniser à hauteur de 11 500 € un manifestant blessé par un tir de LBD lors d'une manifestation de décembre 2018. La justice a retenu que ses fractures du crâne et de l'orbite étaient compatibles avec un tir des forces de l'ordre, engageant la responsabilité de l'État. Italie : Dix détenus poursuivis après une révolte dans une prison Dix détenus seront entendus par un juge après la révolte survenue dimanche à la prison de Capodimonte à Bénévent. Poursuivis pour révolte et dégradations, ils ont été placés sous mandat d'arrêt avant d'être maintenus en détention en raison d'autres condamnations en cours. À la suite des incidents, dix prisonniers ont également été transférés vers d'autres établissements.
France : Sciences Po accusé de surveiller des étudiants mobilisés pour la Palestine
La direction de Sciences Po Paris a mis en place des méthodes de surveillance ciblant des étudiants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine. Dans une enquête récemment publiée , Médiapart révèle que des étudiants ont été suivis sur les réseaux sociaux, photographiés à leur insu et identifiés grâce à leurs vêtements ou accessoires, tandis qu'un responsable de la vie étudiante a utilisé un faux compte sur les réseaux sociaux. Au total, 48 étudiants ont fait l'objet d'une enquête disciplinaire depuis 2024, dont 13 suspendus à titre conservatoire, la plupart ayant ensuite été réintégrés. L'enquête évoque également l'utilisation de données personnelles et de contenus extérieurs dans certaines procédures disciplinaires, notamment des photos issues de comptes Instagram ou d'un documentaire tourné en caméra cachée.
Union européenne : Accord policier avec Israël en négociation La Commission européenne poursuit les négociations d'un accord de coopération policière entre Europol et Israël, malgré des réserves juridiques du Conseil de l'UE. Le projet prévoit d'élargir les échanges de données personnelles et d'informations criminelles avec les autorités israéliennes, y compris pour des activités menées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, une disposition jugée contraire au droit européen et international par le service juridique du Conseil, car elle reviendrait à reconnaître de facto l'application de l'accord aux territoires occupés depuis 1967.
Selon des documents révélés par Statewatch , la Commission a dépassé le mandat de négociation qui lui avait été confié et mené les discussions sans informer pleinement les États membres entre 2018 et 2022. Bien que le processus ait été gelé après les objections du Conseil, des échanges avec les autorités israéliennes se sont poursuivis jusqu'en 2026. L'accord, en négociation depuis 2021, vise à permettre des transferts de données personnelles entre Europol et les services israéliens dans les domaines du terrorisme et de la criminalité organisée.
Turquie : Depuis la prison, une militante trans de YDK appelle à la lutte
Yeni Demokrat Kadın (YDK) et Ankara Pride ont lancé une campagne de soutien à Duru, une jeune militante trans de YDK emprisonnée en raison de son engagement contre l'OTAN et en faveur des droits des personnes LGBTQIA+, des campus universitaires aux rues d'Ankara. Les organisations appellent à lui envoyer des lettres afin de lui témoigner leur soutien en contactant directement Ankara Pride . De son côté, la militante trans Duru a fait parvenir une lettre soulignant son engagement à poursuivre la lutte.
Quand je me dis qu'il ne me reste plus rien à écrire, je réalise que mon crayon ne s'arrête jamais. Vous m'avez tellement, tellement manqué. Il paraît que vous continuez à faire vivre [les choses] à l'extérieur. Je vous entends toutes et tous, et je suis fière de nous. Une fois de plus, beaucoup de nos ami·e·s ont été assassinés à cause de la bassesse de cette vie, de ce système. Je suis tellement triste. Comme je l'avais déjà dit dans ma lettre précédente, lubunya [terme queer/LGBTQIA+ désignant les hommes gays perçus comme efféminés et les femmes trans] : nous avons une promesse. Nous allons secouer ce monde jusque dans ses fondations. Pour notre Hande, notre Çağla, notre Poyraz. Nous sommes en colère, et tellement. En nous dirigeant vers le 20 novembre, nous ne ferons pas que vivre notre deuil. Nous ne disparaîtrons pas à cause de votre haine. La malédiction des personnes trans que vous avez massacrées pèse sur vous. .. Nous avons encore tant de gullüm [moments de joie/fous rires queer] à faire vivre, de vélos à enfourcher et de luttes à mener. N'oublie pas, lubunya, nous sommes le remède les un·e·s des autres. Ayez confiance en vous, en votre force. Et n'oubliez pas, si quelqu'un doit détruire ce monde, ce sont les pédés qui le détruiront ! Je serre fort vos beaux cœurs dans mes bras. Je vous aime. Turquie : Libération de militants socialistes arrêtés lors d'opérations politiques
Plusieurs militants socialistes arrêtés dans le cadre de l'opération de répression politique du 3 février 2026 ont été libérés après leur première audience devant le tribunal correctionnel d'Istanbul. Parmi eux figurent Hivda Selen, membre du comité central de la SGDF (Fédération des associations de jeunesse socialiste), Onur Mete et Ruşa Sabur, du Grup Vardiya et du centre culturel BEKSAV, ainsi qu'Uğur Ok, vice-président de l'ESP (Parti socialiste des opprimés), Süleyman Horoz, Aytaç Sarıkaya et Levent Tuncaloğlu, militants de l'ESP. Ils étaient poursuivis pour leur participation à des activités politiques, artistiques, syndicales ou commémoratives.
La militante trans socialiste Eylem Sıla Bayram, arrêtée pour avoir voulu déposer un œillet à Kazancı Yokuşu en hommage aux victimes du 1er Mai 1977 à Istanbul, a également été libérée. Cette date fait référence au massacre de la place Taksim, où des dizaines de milliers de personnes réunies pour la Journée internationale des travailleurs avaient été prises pour cible par des tireurs non identifiés, provoquant la mort de 34 personnes et marquant durablement la mémoire du mouvement ouvrier et de la gauche turque. La SGDF, l'ESP, BEKSAV et les autres organisations concernées ont salué ces libérations et demandé l'abandon des poursuites visant les dizaines de militants socialistes encore détenus. Allemagne : Débat après les déclarations des antifascistes lors de leur procès à Düsseldorf
Le Comité de solidarité antifasciste de Budapest à Leipzig a publié un document à propos des aveux des six militants antifascistes jugés à Düsseldorf pour des affrontements avec des néonazis lors de la « Journée d'honneur » à Budapest en février 2023. D'autres déclarations ont été diffusées à ce sujet, en particulier sur Indymédia, ici ou encore ici et là . Le 14 juillet 2026, les accusés ont reconnu leur participation aux faits , tout en défendant politiquement leur engagement antifasciste et en contestant l'accusation de tentative de meurtre portée par le parquet fédéral allemand. La plupart d'entre eux, originaires de Iéna, ville associée à l'histoire du réseau néonazi NSU, ont expliqué leur parcours militant et refusé de renier leurs convictions. Le comité estime que ces déclarations peuvent constituer un outil politique permettant de replacer le procès dans son contexte et de défendre la légitimité de l'antifascisme, tout en soulignant les débats stratégiques et éthiques qu'elles soulèvent. Il critique toutefois le manque d'implication des structures de solidarité dans la préparation de la stratégie judiciaire et appelle à renforcer les liens entre militants, accusés et collectifs de soutien. Tout en reconnaissant les divergences internes sur les pratiques antifascistes, le comité réaffirme sa solidarité avec les inculpés. Philippines : 79 prisonniers politiques dénoncent leur transfert vers d'autres établissements
79 prisonniers politiques seraient actuellement détenus dans des établissements relevant du Bureau of Corrections (BuCor), l'administration pénitentiaire philippine chargée de la gestion des prisons nationales, dont 45 à la prison de New Bilibid (NBP) à Muntinlupa. Les détenus concernés contestent les transferts en cours vers d'autres établissements, décidés par le BuCor dans le cadre du projet de fermeture progressive de la NBP d'ici 2028 et de transformation du site en zone commerciale.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent des transferts de ces prisonniers, majoritairement des paysans et des militants engagés dans des luttes sociales, qui perturbent les liens de soutien avec leurs familles et leurs collectifs. Elles accusent également le BuCor de privilégier un projet immobilier au détriment d'une véritable réponse aux problèmes de surpopulation carcérale et de détention politique. Inde : Un défenseur des droits autochtones arrêté pour son opposition à un projet hôtelier à Kaziranga Pranab Doley, défenseur des droits des peuples autochtones et coordinateur du Greater Kaziranga Land and Human Rights Protection Committee, a été arrêté le 12 juillet 2026 dans l'État d'Assam après avoir contesté un projet d'hôtel de luxe près du parc national de Kaziranga. Il est poursuivi dans le cadre d'une affaire liée à une mobilisation contre la construction d'un complexe hôtelier cinq étoiles du groupe Hyatt, prévu sur des terres importantes pour les communautés locales et l'écosystème, notamment comme corridor pour les éléphants. Salvador : Grève de la faim contre les projets extractivistes et pour la libération de détenus
Des militants, des défenseurs des droits humains et des représentants des peuples autochtones ont entamé une grève de la faim à San Salvador pour dénoncer les projets destructeurs pour les territoires, notamment l'exploitation minière, les travaux au sein de la forêt d'El Espino et d'autres projets d'aménagement. Ils demandent également la libération des personnes détenues dans le cadre du régime d'exception. Cette mobilisation fait suite à plusieurs mois de veillées et d'actions de sensibilisation, les manifestants dénonçant l'absence de réponse des autorités. Turquie : Un projet de loi pour encadrer le processus de désarmement du PKK
Près de deux ans après l'ouverture d'un « processus pour la paix et la société démocratique » avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le gouvernement turc a déposé le 5 août au Parlement une « loi-cadre » destinée à encadrer le désarmement de l'organisation et le retour des anciens membres de l'organisation, auto-dissoute en mai 2025 après l'appel de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan. Présenté comme le socle juridique du processus, le texte ne prévoit pas d'amnistie générale, mais un examen individuel pouvant conduire à la suspension des enquêtes, des procès ou de l'exécution des peines pour les personnes poursuivies pour des activités liées au PKK. Le dispositif s'applique aux infractions liées à l'organisation, mais exclut notamment les « homicides volontaires » commis dans le cadre de ses activités ainsi que certaines condamnations à la réclusion à perpétuité ou à la perpétuité aggravée, en particulier pour des faits antérieurs au 1er juin 2005. Les bénéficiaires, y compris ceux résidant à l'étranger, devront déposer une demande dans les six mois suivant l'entrée en vigueur de la loi.
Le projet est aussi critiqué pour le rôle central qu'il confie aux institutions sécuritaires de l'État. Son application dépendra d'abord d'une confirmation par le Conseil national de sécurité (MGK), l'instance réunissant les plus hautes autorités politiques, militaires et de renseignement du pays, que le PKK a effectivement cessé toute activité et remis l'ensemble de ses armes. La mise en œuvre sera ensuite supervisée par un conseil interministériel composé notamment des ministres de la Justice, de l'Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères, ainsi que du chef des services de renseignement (MIT), aux côtés d'une commission parlementaire. Les reports de poursuites ou de peines seront soumis à une période probatoire de cinq ou dix ans, durant laquelle toute nouvelle infraction entraînera la reprise des procédures ou l'exécution de la peine. Ces dispositions instaurent de fait une interdiction d'activité politique pour les anciens membres du PKK et vise en réalité davantage à contrôler et démanteler le mouvement kurde que favoriser une véritable « réconciliation ». Aucune disposition n'est prévue pour Abdullah Öcalan, dont la condamnation à la perpétuité aggravée prononcée avant 2005 le maintient de facto en dehors du dispositif, alors que sa libération est une revendication centrale du PKK et du mouvement kurde depuis des décennies. USA : Une loi expose bibliothécaires et libraires à des poursuites pénales dans l'Arkansas Une cour d'appel fédérale a autorisé l'entrée en vigueur de l'Arkansas Act 372, une loi qui permet de poursuivre pénalement les bibliothécaires et les libraires accusés de mettre à disposition de mineurs des ouvrages jugés « préjudiciables », sans que ces notions soient clairement définies. Toute personne, y compris hors de l'Arkansas, pourra contester la présence d'un livre dans une bibliothèque ou une librairie. Les professionnels risquent jusqu'à un an de prison, la simple présence d'un ouvrage sur une étagère, sa mise en avant ou sa recommandation pouvant être assimilées à une « diffusion ». Adoptée en 2023, la loi avait été suspendue puis partiellement déclarée inconstitutionnelle en 2025 avant que la cour d'appel ne rétablisse son application le 30 juillet 2026. Les organisations de défense des libertés civiles et de la liberté d'expression dénoncent un texte favorisant l'autocensure et visant en particulier les ouvrages traitant des questions LGBTQIA+ ou d'autres sujets étant la cible de larges attaques par différentes forces réactionnaires et fascistes. Par ailleurs, elles craignent que cette décision ne serve de précédent à l'adoption de mesures similaires dans d'autres États américains. Paraguay : Trois prisonnières politiques en grève de la faim contre leur isolement carcéral
Les prisonnières politiques Laura Villalba, Carmen Villalba et Francisca Andino ont entamé une grève de la faim le 4 août pour exiger la fin de leur placement sous régime de haute sécurité et leur transfert vers un régime de détention ordinaire. Selon la Campagne internationale de solidarité avec la famille Villalba, elles sont soumises depuis octobre 2024 à un isolement quasi permanent dans le pénitencier pour femmes de COMPLE, où elles vivent seules en cellule 24 heures sur 24, avec un accès limité aux soins, aux visites, à l'eau et à des conditions de vie jugées dignes. Leur soutien dénonce un régime d'isolement prolongé cruel, inhumain et dégradant, dépassant la durée maximale prévue par la législation paraguayenne. Carmen Villalba et Francisca Andino ont déjà purgé leur peine mais restent détenues, tandis que Laura Villalba a été condamnée à 31 ans de prison.
Turquie : Plusieurs militantes socialistes libérées après des mois d'emprisonnement
Cemre et Medine, deux militantes socialistes arrêtées lors d'une opération visant des organisations de gauche avant le sommet de l'OTAN à Ankara, ont été libérées. A leur sortie, elles ont souligné leur détermination à poursuivre la mobilisation contre la répression politique et pour obtenir la libération des autres militants encore incarcérés.
Par ailleurs, Canan Kaplan (à droite sur la photo), coprésidente de la Fondation pour la recherche sur la science, l'éducation, l'esthétique, la culture et l'art (BEKSAV), a été remise en liberté lors de la deuxième audience de son procès à Istanbul. Arrêtée en février dans le cadre d'une vaste opération visant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP) et différentes organisations progressistes et révolutionnaires, elle était accusée en raison de ses activités culturelles et artistiques au sein de BEKSAV, que les autorités présentent comme liée à une organisation interdite. De son côté, la militante a affirmé que « BEKSAV a fait l'objet de telles accusations en raison de sa position politique et de son identité socialiste. Nous participons aux résistances ouvrières, nous montons sur scène pour les celebrations de Newroz. Participer à ces événements n'est pas un crime. Je ne crois pas que l'on puisse commettre un crime par le biais de l'art ». Le tribunal a ordonné sa libération malgré la demande du parquet de maintenir sa détention. Allemagne : Une veillée à Cologne en soutien aux prisonniers politiques en Turquie
La 146ᵉ veillée organisée à Cologne a été consacrée aux maires, députés et militants politiques détenus en Turquie. Les participants ont notamment attiré l'attention sur les situations d'Ekrem İmamoğlu, Figen Yüksekdağ, Selahattin Demirtaş, Can Atalay et de nombreux autres prisonniers politiques, en appelant à leur libération. Plusieurs intervenants ont pris la parole. Les organisateurs affirment vouloir poursuivre leur mobilisation malgré les menaces et les messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, afin de maintenir la pression en faveur des libertés politiques et des droits humains.
France : Le procès de l'attaque contre le centre kurde de Paris débutera en février 2027
William Malet sera jugé du 23 février au 8 mars 2027 à Paris pour le meurtre de trois Kurdes et la tentative de meurtre de trois autres personnes lors de l'attaque du 23 décembre 2022 contre le Centre culturel kurde Ahmet-Kaya , dans le 10ᵉ arrondissement à Paris. Evîn Goyî (Emine Kara), le musicien Mîr Perwer et Abdurrahman Kızıl avaient été tués. Malet est poursuivi pour des meurtres et tentatives de meurtre motivés par l'origine, l'appartenance ethnique ou la religion. Les expertises psychiatriques n'ont pas relevé de maladie mentale grave, mais ont fait état de troubles de la personnalité et d'une altération partielle du discernement. L'accusation n'a toutefois pas retenu la qualification terroriste, ce que contestent les représentants de la communauté kurde, qui estiment que le centre avait été délibérément visé.
L'affaire intervient près de dix ans après l'assassinat, en janvier 2013 à Paris, de trois militantes kurdes, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez. L'enquête sur ce triple meurtre avait notamment été confrontée au secret-défense français, empêchant d'examiner pleinement les éventuelles implications d'Ankara.
Turquie : 19 personnes arrêtées et emprisonnées avant le sommet de l'OTAN libérées
Dix-neuf personnes supplémentaires ont été libérées en Turquie après leur arrestation lors d'une vaste opération menée à Ankara avant le sommet de l'OTAN. Parmi elles figurent 17 membres du mouvement Kaldıraç, ainsi que deux avocats de l'Association des juristes progressistes (ÇHD), Semra Demir et Kürşat Bafra. Au total, 209 personnes avaient été interpellées le 23 juin lors de perquisitions à Ankara, dont 178 placées en détention provisoire.
Ces libérations s'ajoutent à celles de plus de 50 autres personnes intervenues les jours suivants. Parmi les personnes déjà libérées figuraient notamment des militants associatifs et syndicaux, des bénévoles de TEMA, ainsi que Yıldız Tar, rédactrice en chef de Kaos GL, organisation de défense des droits LGBTQIA+. Des membres de la Plateforme révolutionnaire indépendante de la classe ouvrière (BDSP) ont également été libérés à différentes dates.
France : Un dispositif de surveillance découvert dans une voiture
Un dispositif de surveillance a été découvert le 22 juillet 2026 dans une voiture circulant entre le sud-est de la France et la région Auvergne-Rhône-Alpes, lors du remplacement de son autoradio. Installé sous celui-ci, le système comprenait deux microphones, une carte SIM Orange, une carte microSD, une batterie et une balise GPS, le tout relié à l'alimentation de l'autoradio et dissimulé derrière la paroi plastique.
La présence de microphones et d'une connexion mobile pourrait permettre une captation audio à distance, tandis que la balise GPS est susceptible de servir à localiser le véhicule.
USA : Une prisonnière trans communiste violemment agressée par un codétenu
Gia Abigaill Valentina, une prisonnière communiste trans incarcérée dans une prison pour hommes du New Jersey , a été violemment agressée le 6 août 2026 par un autre détenu, après que deux gardiens lui ait permis d'accéder à sa cellule. Elle a subi un traumatisme à la tête, avec deux dents déchaussées, des vertiges, des vomissements, des acouphènes, une vision trouble et un gonflement de la mâchoire l'empêchant de manger. Le soir de l'agression, elle n'a été examinée que par une infirmière et attend toujours une évaluation médicale complète. Gia demande à bénéficier d'examens médical et dentaire complets ainsi que des soins nécessaires, et à être transférée à Edna Mahan, une prison pour femmes du New Jersey. Ses soutiens appellent à interpeller les autorités pénitentiaires afin de soutenir ces revendications.
Paris : Des centaines de personnes manifestent pour les prisonniers palestiniens et libanais
Une manifestation s'est tenue vendredi soir à Paris pour réclamer la libération des Palestiniens et des Libanais détenus dans les prisons israéliennes, à l'appel de Samidoun, d'Urgence Palestine et d'Urgence Liban Palestine, entre autres. Les participants ont défilé avec des drapeaux palestiniens et libanais, ainsi que des photos et calicots de prisonniers, en dénonçant les arrestations et la poursuite du génocide à Gaza.
La mobilisation a notamment mis en avant Ahmad Saadat , secrétaire général emprisonné du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), le dirigeant du Fatah Marwan Barghouti, ou encore le médecin gazaoui Hussam Abu Safiya, ainsi que plusieurs femmes palestiniennes détenues , dont Shatela Abu Ayad. Parallèlement,la solidarité envers Ali était largement visible afin de dénoncer l'emprisonnement de ce réfugié palestinien, détenu en France depuis deux ans. Les manifestants ont également demandé la libération des prisonniers libanais et appelé à soutenir la résistance face à la poursuite de l'agression israélienne au Liban et en Palestine.
France : Le magazine Al Awda sur la littérature carcérale palestinienne à commander en ligne
Le magazine Al Awda , consacré à la littérature carcérale palestinienne, est désormais disponible à la commande en ligne sur le site des éditions Premiers Matins de Novembre. Par ailleurs, il est également possible de se le procurer auprès de plusieurs librairies parisiennes comme La Brèche, la Librairie Nouvel Equipage ou encore la Coop de Ménil.
Sénégal : 71 hommes inculpés pour homosexualité
Le Sénégal durcit la répression de l'homosexualité. En effet, le parquet a annoncé l'inculpation de 71 hommes pour « actes contre nature », tandis que les poursuites contre 28 autres personnes ont été abandonnées. Cette vague judiciaire intervient après l'adoption, en mars, d'une loi ayant doublé les peines pour relations homosexuelles, désormais passibles de 5 à 10 ans de prison. Plus de 100 personnes ont été arrêtées ces derniers mois. Cette situation s'inscrit dans une répression LGBTQIA+phobe plus large en Afrique de l'Ouest , où plusieurs pays ont récemment renforcé les législations visant les relations entre personnes de même sexe.
Corée du Sud : Huit militants étudiants arrêtés après une action contre une base militaire étatsunienne
Huit membres du Syndicat progressiste des étudiants universitaires coréens (KPUSU) ont été interpellés après une manifestation contre la présence militaire étatsunienne devant la base aérienne de K-55 Osan à Pyeongtaek, au sud de Séoul. Six militants avaient pénétré dans l'enceinte de la base en scandant des slogans appelant au retrait des Etats-Unis du pays, tandis que deux autres avaient été arrêtés à l'entrée. D'abord retenus par les Forces des États-Unis en Corée (USFK), ils ont ensuite été remis à la police sud-coréenne pour enquête.
Le groupe affirme que l'action visait à dénoncer l'influence américaine sur le projet de transformation de l'aéroport de Gwangju en pôle majeur de production de semi-conducteurs. Ce projet nécessite des discussions avec Washington car l'aéroport est également une base aérienne à usage conjoint américano-sud-coréen, permettant aux forces étatsuniennes de se déployer rapidement en cas d'urgence. Toute modification de cette installation militaire doit donc être coordonnée avec les États-Unis dans le cadre de l'accord bilatéral de défense.
Syrie : Le journaliste kurde Ahmet Polad détenu depuis 200 jours, la solidarité s'amplifie
Le journaliste Ahmet Polad, membre de l'Union de la presse libre du Rojava (YRA) et collaborateur notamment de l'agence de presse ETHA, d'Özgür TV et de Perspektive Online, est détenu depuis 200 jours après avoir été enlevé le 18 janvier 2026 à Raqqa avec la journaliste allemande Eva Maria Michelmann. Les deux journalistes, qui couvraient depuis plusieurs années la situation au Rojava, avaient trouvé refuge dans un centre de jeunesse lors d'attaques menées par des milices djihadistes. Ils ont alors été arrêtés par des forces liées au gouvernement syrien, transférés dans un lieu inconnu et privés de toute information jusqu'en avril. Un ancien détenu ayant affirmé avoir vu Ahmet dans la prison d'Alep a révélé leur détention. Eva Maria Michelmann a finalement été libérée le 19 juin et a pu regagner l'Allemagne.
Depuis, Ahmet Polad reste détenu sans accès à sa famille, à son avocat ou aux organisations internationales comme la Croix Rouge. Son avocat à Damas a été empêché de le rencontrer et a été menacé après que les autorités ont refusé de reconnaître officiellement sa détention. Des témoins rapportent qu'Ahmet a subi des blessures lors de sa détention, faisant craindre pour sa vie. Sa campagne de soutien accuse les autorités de Damas de maintenir des disparitions forcées et des détentions arbitraires visant notamment des journalistes. Elle appelle à la mobilisation pour exiger sa libération ainsi que celle des628 personnes actuellement portées disparues ou détenues par le régime de Damas. À l'occasion de son 200ᵉ jour de détention, plusieurs initiatives de solidarité ont été organisées dans différents pays européens, notamment en Belgique, devant l'Association des journalistes professionnels à Bruxelles, et en France, dans les rues de Toulouse, par des sections membres du Secours Rouge International.
Turquie : Mort d'un jeune prisonnier Kurde après des blessures en détention
Özcan Aksu, un jeune Kurde arrêté le 22 juin 2026 à Istanbul et placé en détention provisoire à la prison de Marmara (Silivri), est décédé le 5 juillet à l'hôpital de Bakırköy, douze jours après son incarcération. Sa famille affirme avoir constaté de nombreuses blessures lors d'une visite le 26 juin : visage tuméfié, œil gonflé, lèvre blessée, saignements et blessure au bras. Elle dit avoir découvert d'autres lésions sur son corps après son décès. La cause officielle de la mort et les circonstances exactes des blessures n'ont pas été établies publiquement.
La famille et les avocats d'Aksu, soutenus par des organisations de défense des droits humains, demandent une enquête indépendante sur de possibles actes de torture et retards dans sa prise en charge médicale. Une plainte pénale a été déposée, avec des demandes d'expertise médico-légale indépendante, de conservation des dossiers et des images de vidéosurveillance, ainsi que d'audition des policiers, gardiens et personnels médicaux concernés.
Italie : Mille euros d'amende pour une banderole antifasciste
À Mantoue, deux militantes du collectif antispeciste No Food No Science ont été condamnées à deux amendes de 500 euros chacune, soit 1 000 euros au total, pour avoir brièvement accroché le 28 mars devant la préfecture de police une banderole portant le message « Free Maja – Free all antifas », lors d'une mobilisation antifasciste contre un rassemblement d'extrême droite. Les militantes ont été suivies et surveillées par la police, tandis que celle-ci les ont empêchées d'accrocher une seconde banderole.
Inde : Trois maoïstes recherchés arrêtés
Trois membres présumés de la guérilla maoïste, recherchés dans le Jharkhand et le Bengale-Occidental, ont été arrêtés lors d'une opération conjointe de la police de Seraikela-Kharsawan et de la CRPF, force paramilitaire fédérale indienne. Madan Mahato, Ravi Sardar et l'épouse de ce dernier, Meena Pahariya, faisaient l'objet de primes de recherche cumulées de 22 lakhs de roupies (environ 25 000 dollars). Plus de 50 affaires seraient enregistrées contre eux. Les autorités les accusent notamment de recrutement, de planification d'attaques et de soutien logistique aux activités maoïstes dans plusieurs districts des deux États.
Les arrestations ont été menées dans plusieurs localités à partir de renseignements recueillis par les forces de sécurité. Selon la police, un fusil AK-47, un pistolet, des munitions, d'autres armes et des documents liés aux activités maoïstes ont été saisis. Les trois personnes sont actuellement interrogées.
Albanie : Une militante turque réfugiée en France arrêtée, une procédure d'extradition examinée
Jülide Yazıcı, militante politique turque et réfugiée politique en France, membre de l'Union pour la reconstruction communiste (URC) et collaboratrice de la revue Teori ve Politika (Théorie et Politique), a été arrêtée le 4 août à l'aéroport international de Tirana, en Albanie. Les autorités albanaises examinent une demande d'extradition transmise par la Turquie dans le cadre d'une notice Interpol. Ses soutiens dénoncent cette procédure politique et alertent sur les risques de torture et de traitements inhumains en cas de renvoi vers la Turquie.
Pakistan : Un militant baloutche victime d'une nouvelle disparition forcée
Le 24 juillet 2026, le président de l'Organisation des étudiants baloutches et militant politique Jiand Baloch a disparu après une descente à son domicile au cours de laquelle des membres de sa famille ont été menacés et agressés. Son lieu de détention et son sort restent inconnus à ce jour. Il s'agit de la troisième disparition forcée dont Jiand Baloch est victime en raison de son engagement militant.
USA : Les réseaux sociaux des demandeurs de visa davantage surveillés
Washington a annoncé l'élargissement de l'examen des comptes sur les réseaux sociaux des étrangers sollicitant un visa pour entrer aux États-Unis. La mesure concerne désormais les journalistes étrangers ainsi que certains ressortissants du Mexique et du Canada, en plus des étudiants et participants à des programmes d'échange déjà soumis à ce contrôle. Les demandeurs concernés doivent rendre leurs profils accessibles aux autorités afin de permettre leur vérification. Cette extension s'inscrit dans le durcissement de la politique migratoire menée par l'administration Trump. De nouvelles règles pourraient également limiter à huit mois la durée de séjour des journalistes étrangers sur le territoire étatsunien, avec possibilité de renouvellement.
Suisse : Une femme expulsée vers la Turquie puis incarcérée avec son enfant de 15 moisarticle Bahar Yalçınkaya, détenue dans un centre de renvoi à Zurich, a été expulsée de Suisse vers la Turquie avec ses deux enfants âgés de 15 mois et 5 ans. Avant son expulsion, elle aurait été arrêtée à l'aéroport sous entraves sous les yeux de ses enfants, des images qui ont suscité des réactions indignées. Son avocat en Suisse avait alerté les autorités sur les procédures judiciaires en cours en Turquie et sur le risque d'une arrestation après son renvoi. À son arrivée en Turquie, Bahar Yalçınkaya a été placée en garde à vue puis incarcérée pour « propagande d'organisation » à l'issue d'une décision judiciaire. Elle a été transférée à la prison pour femmes de Bakırköy avec son enfant de 15 mois, tandis que son autre enfant, âgé de 5 ans, a également été expulsé vers la Turquie mais n'a pas été placé en détention.
Une mobilisation de solidarité est prévue le vendredi 7 août à 16h30 devant l'Office des migrations de Zurich, à l'adresse Berninastrasse 45, pour demander l'arrêt des expulsions de familles avec enfants et soutenir Bahar Yalçınkaya.
USA : Durcissement des opérations de l'ICE, le taux de mortalité des détenus explose
La police de l'immigration étatsunienne a renforcé sa présence dans les aéroports afin d'atteindre les objectifs d'arrestations fixés par Donald Trump. Jusqu'à 30 personnes par jour ont ainsi été interpellées le mois dernier, parfois à l'enregistrement ou en salle d'embarquement, y compris des personnes dont le visa avait expiré ou dont la situation administrative était encore en cours de régularisation. Certaines compagnies aériennes ont refusé l'accès à bord à des agents souhaitant procéder à une arrestation sans mandat judiciaire.
Ce durcissement de la politique migratoire s'accompagne d'une forte hausse de la mortalité parmi les personnes détenues par l'ICE. Au moins 56 personnes sont mortes après leur arrestation depuis janvier 2025, soit presque autant que durant les sept années précédentes. Dans les centres de détention, le nombre de décès a plus que triplé alors que la population détenue a augmenté d'environ 80 %, faisant progresser le taux de mortalité de 140 %. Les conditions de détention, le manque d'accès aux soins et l'insuffisance de l'accompagnement psychologique sont notamment mis en cause.
Tech : Un logiciel espion lié à la Chine cible plus de 13 pays
Des chercheurs en cybersécurité ont identifié Lightspy, un logiciel espion associé à des hackers soutenus par l'État chinois, utilisé dans plus de 13 pays, notamment en Europe et aux États-Unis. Capable d'infecter smartphones, ordinateurs et désormais routeurs, il peut dérober messages, mots de passe, captures d'écran et données de localisation, mais aussi détruire à distance les données des appareils compromis. L'infrastructure de Lightspy repose sur au moins 117 serveurs répartis dans plusieurs pays et ses capacités sont proposées à des clients chinois, notamment des organismes publics, militaires et entreprises.
Turquie : Des détenus entament une grève de la faim en soutien à plusieurs prisonniers
Des détenus de la prison de haute sécurité de Kırıkkale ont entamé, le 6 août, une grève de la faim de cinq jours en soutien à Güzin Tolga, qui a commencé une grève de la faim illimitée le 13 juillet à la prison pour femmes de Şakran contre l'imposition d'une carte d'identité de détenue, ainsi qu'à leurs camarades détenus à Marmara mobilisés contre les mauvais traitements et l'isolement carcéral.
Cette action intervient alors que plusieurs autres prisonniers révolutionnaires poursuivent des grèves de la faim illimitées : Cem Dursun et Tacettin Erol Şahin depuis le 29 avril, Hasan Basri Yıldız depuis le 18 mai, Emircan Yazı et Cemil Kurt depuis le 15 juillet, et Güzin Tolga depuis le 13 juillet.
USA : Appel aux dons pour soutenir le prisonnier anarchiste Michael Kimblearticle Militant anarchiste noir et homosexuel originaire de l'Alabama, Michael Kimble est incarcéré depuis 1987, à l'âge de 21 ans, après avoir été reconnu coupable du meurtre d'un agresseur raciste et homophobe contre lequel il s'est défendu. Depuis, il participe à la défense juridique d'autres détenus, organise des groupes de lecture et des événements sur l'histoire noire, défend les personnes LGBTQIA+ incarcérées et s'est engagé aux côtés du Free Alabama Movement lors de la grève nationale des prisons de septembre 2016. Afin de le soutenir, un appel aux dons a été mis en place afin de lui permettre de poursuivre ses activités d'organisation et de soutien aux autres prisonniers.
Palestine : Ben-Gvir ordonne la confiscation des vêtements de prisonniers palestiniens
Le ministre fasciste de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a fait irruption jeudi 6 août 2026 dans la prison de Ketziot dans le désert du Naqab, et ordonné la confiscation des vêtements encore détenus par les prisonniers palestiniens. La vaste opération a laissé la plupart des détenus avec seulement une chemise, un pantalon et un ou deux sous-vêtements. Les autorités pénitentiaires ont également confisqué une grande partie des exemplaires du Coran, ainsi que restreint davantage l'accès aux produits d'hygiène, dans un contexte de conditions de détention catastrophiques.
Cette nouvelle mesure constitue une dangereuse escalade de la politique de punition collective, de torture, d'humiliation et de privation visant les prisonniers palestiniens. Elle s'inscrit dans la dégradation continue de leurs conditions de détention depuis le début du génocide à Gaza, marquée par des privations alimentaires, des négligences médicales, des violences, des exécutions et des traitements humiliants.
Sri Lanka : 2 morts et 11 blessés dans de nouveaux affrontements en prison
De nouveaux affrontements ont éclaté vendredi 7 août 2026 à la prison de Kuruwita, à environ 87 kilomètres à l'est de Colombo, faisant au moins deux morts et onze blessés. Les forces de sécurité ont été renforcées autour de l'établissement et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour reprendre le contrôle de la situation. Ces incidents interviennent au lendemain de violences à la prison de Mahara, à Colombo, qui avaient fait un mort et onze blessés. Les autorités sri-lankaises ont indiqué que plusieurs blessés avaient été hospitalisés.
Canada : Campagne de soutien financier au militant pro-palestinien Ahmad Hajahmad Jarrar, en procès
Une campagne de dons en ligne a été lancée pour soutenir Ahmad Hajahmad Jarrar dans sa défense juridique face à une criminalisation de son engagement militant. Engagé depuis cinq ans au sein du mouvement de solidarité avec la Palestine à Toronto, Jarrar est un défenseur de la cause palestinienne poursuivi pour des discours en manifestation .
Royaume-Uni : Verdict attendu pour les « Barclays 5 » et mobilisation de soutien à Preston
Les cinq militants liés à Palestine Action, condamnés pour dégradations après une action contre une agence Barclays à Burnley, connaîtront vendredi 21 août 2026 la décision du juge Altham sur une éventuelle condamnation au titre de la législation antiterroriste. Le verdict sera rendu au Preston Crown Court, alors que leurs soutiens dénoncent le risque de les condamner comme « terroristes » pour une action directe visant les liens de Barclays avec l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems. Une mobilisation de soutien est prévue le 21 août à partir de 10 heures devant le tribunal de Preston.
USA : Des véhicules de police équipés de simulateurs israéliens pour localiser les téléphones
Des véhicules de police étatsuniens sont désormais équipés de FalcoNet, un système de surveillance développé par la société israélienne Cognyte. Dissimulé dans des SUV, des sacs ou des hélicoptères, ce dispositif imite une antenne-relais et force les téléphones alentour à s'y connecter, permettant de localiser potentiellement des milliers d'appareils. Le système ne pouvant pas sélectionner uniquement les téléphones recherchés, il peut aspirer les données de passants, riverains ou automobilistes présents dans une zone donnée.
Cette technologie suscite des controverses. En Ohio, un juge a refusé une autorisation permettant de recueillir les données de milliers de personnes non suspectées, tandis que la Cour suprême a récemment réaffirmé la protection constitutionnelle des données de localisation révélant les déplacements d'une personne. Néanmoins, selon le dernier décompte public de l'ACLU (American Civil Liberties Union), au moins 75 agences dans 27 États disposent de simulateurs d'antennes-relais, capables de localiser les téléphones présents à proximité.
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