Les morsures de ce reptile, comme celle de l'eurodéputée Manon Aubry, sont rares en France métropolitaine, environ 300 par an, et les cas graves encore plus. En revanche, il est protégé depuis 2021 : l'activité humaine le menace.
Après sa morsure de vipère, Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise (LFI), pose sur un lit d'hôpital, sous perfusion, mais avec un grand sourire et un livre M. Malchance. La photo a été publiée sur Instagram le 17 août. L'insoumise n'a vraiment pas (…)
Prairies grillées et stocks de fourrage entamés : Anthony Cocagne fait face à une première année compliquée sur sa ferme bio, en Haute-Saône. © Esteban Grépinet/Vert
Des prairies rases, jaunies, grillées par la sécheresse et les fortes chaleurs, parsemées de quelques arbres dont le feuillage tire sur le brun. Tel est le panorama qui se dresse tout autour de la ferme d’Anthony Cocagne à Molay, en Haute-Saône. «Cette première année, je vais m’en rappeler», souffle le jeune éleveur, 29 ans, qui a repris depuis le 1er janvier une exploitation en agriculture biologique de 130 vaches laitières.
«Il a plu 40 millimètres début juin, et depuis on n’a plus d’eau, retrace-t-il. Tout est grillé, plus rien ne pousse.» Faute de pouvoir pâturer sur ces «paillassons», son troupeau est à l’étable, nourri depuis plus de deux mois avec de l’herbe séchée et des céréales habituellement gardées pour passer l’hiver. Si les éleveur·ses ont toujours un stock d’au moins un an d’avance, celui d’Anthony Cocagne s’amenuise à vue d’œil : les bottes de foin qui remplissent habituellement son hangar à cette période n’en occupent aujourd’hui que la moitié.
«Cette année, ça va être compliqué d’arriver au printemps», craint-il en caressant ses animaux, dont le lait est vendu pour produire des fromages bios (brie, ortolan, emmental). D’autant que la sécheresse et les canicules à répétition ont impacté les cultures de l’année : moins de la moitié de ses 25 hectares de maïs sont exploitables, et seule deux coupes d’herbe ont pu être réalisées depuis le printemps, contre cinq pour une année normale.
Depuis juin, les vaches sont principalement nourries en bâtiment, comme en hiver. © Esteban Grépinet/Vert
Son cas est loin d’être une exception : partout en France, le monde de l’élevage fait face à une situation catastrophique cet été. Un «phénomène historique» selon les principales fédérations d’éleveur·ses de ruminants (bovins, ovins, caprins), qui ont écrit au ministère de l’agriculture le 4 août : «Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l’herbe qui était disponible, et ils ont amputé de façon exceptionnelle la pousse de juin et juillet», alertent-elles, appelant à des expertises de terrain et des indemnisations de la part de l’État.
Au 10 août, au niveau national, la pousse des prairies permanentes était inférieure d’un tiers à celle observée en moyenne sur les trente dernières années, selon les données de l’Agreste, le service statistique du ministère de l’agriculture. «Le pâturage de jour a cessé presque partout et ne se poursuit plus que la nuit, lorsque les parcelles disposent encore d’un minimum d’herbe sur pied», constatait dès juillet l’Institut de l’élevage. De la Normandie à l’Auvergne en passant par l’Aquitaine, les éleveur·ses rentrent les animaux ou leurs apportent du fourrage dans les auges, ces «mangeoires» disposées dans les prairies.
Dans les Pyrénées, plusieurs troupeaux redescendent déjà des estives, faute d’herbe suffisante. «Même sur le plateau ardéchois, à 1 200-1 300 mètres d’altitude, qui est réputé pour ses riches pâturages d’altitude, plusieurs collègues n’ont rien», s’inquiète Fanny Métrat, éleveuse de brebis dans les Cévennes ardéchoises. Sa ferme n’est «pas la plus en galère», notamment grâce à la présence de forêts qui offrent ombre et nourriture aux troupeaux.
En temps normal, les maïs d’Anthony Cocagne seraient plus grands que lui : cet été, faute d’eau, ils lui arrivent à peine aux épaules. © Esteban Grépinet/Vert
Chaleur et sécheresse ont aussi fortement impacté les autres cultures fourragères, récoltées pour fournir des nutriments aux animaux et les alimenter durant l’hiver. Au niveau national, les rendements du maïs grain comme du maïs fourrage (coupé en entier et fermenté) devraient chuter d’un tiers par rapport aux années précédentes, d’après l’Agreste. «La persistance de conditions sèches et très chaudes a grillé les pieds sur place et a fortement compromis la pollinisation», constate l’Institut de l’élevage. Sur les parcelles d’Anthony Cocagne, nombre de ses maïs lui arrivent à peine à l’épaule – ils atteignent normalement les trois mètres.
Face à cette situation, le président du syndicat agricole majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau, a appelé à des «mesures urgentes» face «l’urgence climatique» lors d’un déplacement en Aveyron début août. Évoquant des pertes de «plus d’un milliard d’euros» pour l’élevage, le céréalier a demandé au gouvernement de mobiliser l’armée pour transporter les fourrages (comme lors de la sécheresse de 1976) et de développer le stockage d’eau.
Depuis le début de l’été, la Coordination rurale (deuxième syndicat agricole, dont des membres sont proches de l’extrême droite) exhorte plus franchement à contourner les interdictions d’irrigation prises dans de nombreux départements, afin de «sauver les cultures qui peuvent encore l’être». La Confédération paysanne (troisième syndicat agricole, proche de la gauche et des écologistes) appelle quant à elle à privilégier l’agroécologie : diversification des fourrages, plantation de haies, développement de races rustiques plus résistantes…
«Il ne faudra pas une deuxième année comme celle-là.»
«Il va falloir prioriser l’eau pour abreuver les troupeaux, irriguer les maraîchers, les arboriculteurs, mais pas pour faire des cultures d’exportation», prône Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne. Cette dernière pointe aussi du doigt les méthaniseurs, des infrastructures qui produisent du gaz et alimentées, en partie, par des cultures fourragères : «C’est une hérésie qu’il y ait une concurrence entre alimentation humaine et production énergie, surtout en période de crise.»
Une partie des réserves de foin restantes d’Anthony Cocagne, dont une partie (à droite) a été achetée à des fermes voisines. © Esteban Grépinet/Vert
Du côté du gouvernement, des instructions ont été délivrées aux préfectures pour autoriser la fauche et le pâturage des jachères, ces parcelles de végétation favorable à la biodiversité et obligatoires pour obtenir des aides européennes. La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a annoncé un vaste plan d’aides pour l’agriculture (élevage, mais aussi maraichage, grandes cultures…), qui doit être détaillé fin août. En attendant, la solidarité s’organise comme elle peut, avec des convois ou des bourses d’échanges de fourrages.
L’opération est plus complexe en bio, car la nourriture du bétail doit aussi être cultivée en agriculture biologique. «On a un groupe où chacun met des annonces, explique Anthony Cocagne, qui est aussi membre des Jeunes agriculteurs (syndicat allié à la FNSEA). Je préfère anticiper pour ne pas me retrouver coincé, la perte économique va être énorme si je ne complète pas dès aujourd’hui.»
Pour sécuriser ses stocks, l’éleveur a réussi à trouver 50 tonnes de céréales et 80 tonnes de foin, achetées à des fermes voisines. Une dérogation exceptionnelle a aussi été mise en place pour permettre aux éleveur·ses bios d’acheter des fourrages conventionnels, mais il espère ne pas avoir à y recourir. Désormais, il attend le retour de la pluie, une éventuelle repousse des prairies, et des jours meilleurs pour sa ferme : «Il ne faudra pas une deuxième année comme celle-là.»
On savait les personnes âgées particulièrement vulnérables aux canicules, eh bien elles le seraient davantage encore qu'on ne le pensait. Une étude publiée dans The Lancet Planetary Health montre que les plus de 60 ans atteignent leurs limites physiologiques face à la chaleur à des températures bien plus basses que les jeunes adultes. En cause : avec l'âge, le corps transpire moins efficacement, les vaisseaux sanguins se dilatent moins bien et le cœur peine davantage à évacuer la chaleur. (…)
Lire la suite - En bref / Santé , Canicule« Le maïs ne sera pas récolté, ce sera zéro ». Le blé résiste un peu mieux. Selon le ministère de l'Agriculture, ses rendements reculent de 10 à 20 % selon les régions. Les légumes, eux, paient un lourd tribut. La fédération Légumes de France évoque une année catastrophique, avec des pertes de tonnage pouvant atteindre 50 %.
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Mohammed Abu Daya aime parler de la mer, et plus encore des « diables » qui l'habitent. Mobula mobular, le « diable de mer », est une raie géante qui mesure jusqu'à 3,5 m d'envergure. C'est son (…)
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Source :Compte Facebook, le 1er août 2026
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La construction européenne fait depuis longtemps l’objet de critiques politiques, notamment ravivées en France après le rejet par référendum, en 2005, du traité établissant une Constitution pour l’Europe.
D’autres préfèrent user d’arguments anachroniques pour attaquer le projet européen, en affirmant par exemple que les nazis, défaits en 1945, se sont infiltrés dans la construction européenne dès son lancement.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’approprient certaines de ces contre-vérités. L’un d’entre eux affirme que Walter Hallstein, le premier président de la Commission de la Communauté économique européenne (CEE) et considéré comme l’un des « Pères de l’Europe », serait un ancien haut responsable nazi.
Mais cet argument doit être replacé dans son contexte historique : Si Walter Hallstein a bien appartenu à des associations contrôlées par les nazis, il n’a jamais été membre du parti nazi NSDAP. Plusieurs travaux historiques font état de sa distance critique vis-à-vis de l’idéologie national-socialiste, sans pour autant faire de lui un résistant au régime d’Adolf Hitler.
Mauvaise carte et anachronismes
Cette accusation a notamment été popularisée par Philippe de Villiers. Le polémiste d’extrême droite décrit Walter Hallstein comme le « juriste d’Hitler ». Il évoque une carte d’adhésion au nom de l’Allemand, qui serait, selon lui, une preuve de l’appartenance du premier président de la CEE au parti nazi, le NSDAP.
Or, il s’agit d’une fausse information. Les travaux des historiens et de nombreux articles de presse permettent de réfuter cette thèse (ici ou ici).
Cette carte, datée de 1934, n’était pas une carte d’adhérent au parti nazi mais à une association professionnelle nazi qui regroupait les enseignants des établissements d’enseignement supérieur, comme l’explique l’historien Philip Rosin, qui a rédigé une biographie de Walter Hallstein pour la fondation Konrad Adenauer, un organisme proche de la CDU, le parti de centre-droit allemand.
L’auteur précise que cela ne prouve cependant en rien l’adhésion de Walter Hallstein aux valeurs nazies, puisque « l’adhésion aux associations professionnelles nazies était le minimum requis pour continuer à exercer sa profession sans encombre – en particulier dans la fonction publique. »
Cette situation doit également être mis en regard des nombreux exemples, relevés par les historiens, qui témoignent d’une certaine distance de Walter Hallstein aux valeurs nazies. Avant de devenir diplomate, il a eu une longue carrière universitaire, devenant l’un des plus jeune professeur de droit d’Allemagne – à 28 ans – au sein de l’université de Rostock, où il officiera entre 1930 et 1941.
Christof Markus Kleinfelder, chercheur à l’université de Bochum, s’est intéressé aux cours dispensés par Walter Hallstein à l’université de Rostock, à partir de manuscrits conservés dans les archives. Il relève ainsi qu’en 1933 « Walter Hallstein affirme le principe de la séparation des pouvoirs. Il insiste particulièrement sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. De plus, il fait référence aux idéaux des Lumières, tels que l’égalité de tous devant la loi. »
Pour le chercheur, ces éléments témoignent d’une certaine distance avec l’idéologie du régime. Mais il reste prudent sur la portée de son analyse : « Cette conférence confirme la réserve de Hallstein à l’égard du national-socialisme, du moins durant les premières années de la dictature nazie. On ne peut affirmer, sur la base de cette seule conférence, s’il a maintenu ces positions lors de conférences ultérieures durant cette période ; des recherches complémentaires sont donc nécessaires. »
Un professeur vivant sous le règne nazi
Cette distance à l’égard du national-socialisme semble d’ailleurs avoir valu à Walter Hallstein certaines difficultés avec des responsables nazis. En 1941, alors qu’il est pressenti pour occuper une chaire à l’université de Francfort-sur-le-Main, sa nomination suscite l’opposition d’un responsable local de l’encadrement universitaire.
« Cette attitude finit par lui causer des difficultés. […] À la suite d’une dénonciation par un collègue de Rostock, le responsable du Gaudozentenbund (ndlr : structure régionale nazie chargée d’encadrer les enseignants) s’opposa à cette nomination », détaille l’historien allemand Thomas Freiberger, dans « Décider pour l’Europe : Expérience, mentalité et défis politiques à l’aube de l’intégration européenne ».
Dans le même ouvrage, un autre document de 1938, provenant du ministère nazi des affaires universitaires assure que « son attitude extrêmement critique à l’égard du national-socialisme et de ses idées se manifeste régulièrement. Le Studentenbund [organisation étudiante du parti nazi, ndlr] le décrit également comme ‘n’étant pas un national-socialiste' ».
Autant d’éléments qui nuancent très largement l’affirmation selon laquelle l’universitaire allemand serait un nazi.
Une carrière militaire volontaire
Pour autant, il est difficile d’ignorer qu’à partir de 1935, Walter Hallstein s’engage volontairement dans l’armée allemande pour effectuer son service militaire, alors qu’Hitler est chancelier depuis deux ans déjà. Il poursuivra son ascension militaire par plusieurs formations ponctuelles entre 1937 et 1939. Wilfried Loth, professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université de Duisburg-Essen en Allemagne, explique les raisons de cet engagement.
« Le service militaire est réintroduit en Allemagne en 1935. Si la génération d’Hallstein (1901) n’était pas obligée de l’effectuer immédiatement, il était prévu que les hommes nés entre 1901 et 1913 soient successivement intégrés dans des ‘unités de rajout’ (‘Ergänzungseinheiten’). Afin d’éviter un rôle de soldat de seconde zone, Hallstein, comme beaucoup d’universitaires de sa génération, décide de s’engager activement », assure Wilfried Loth.
En plus de ses activités militaires, il participe en juin 1938, à Rome, au sein d’une délégation allemande officielle, à des travaux consacrés aux relations juridiques germano-italiennes. Sa présence est attestée par un journal allemand de l’époque ainsi que par une publication académique nazie.
Le forum est présidé par Hans Frank, dignitaire du régime qui sera ensuite condamné à Nuremberg pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Rien ne permet toutefois d’affirmer, comme le font certains internautes, que Walter Hallstein aurait été « envoyé par Hitler à Rome », ni de déterminer dans quelles conditions il a participé à cette rencontre.
Devenu professeur à Francfort en 1941, Hallstein est appelé sous les drapeaux l’année suivante et sert comme officier de réserve dans une unité d’artillerie en France occupée. Fait prisonnier par les Américains lors de la bataille de Cherbourg en 1944, il passe un an dans un camp du Mississippi. Après la guerre, il reprend sa carrière universitaire avant de s’orienter vers la diplomatie.
Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2019, les historiens Gérard Bossuat et Robert Frank rappellent que l’absence d’engagement résistant de Walter Hallstein est connue des historiens : « Que Hallstein ne fut pas un résistant, on peut le regretter, mais cela ne le disqualifie pas pour présider la commission du marché commun. Les historiens n’ont pas attendu de Villiers pour casser le mythe selon lequel seuls les résistants ont contribué à la construction européenne. »
Certains internautes affirment également que Walter Hallstein aurait été recruté par la CIA lors de son passage aux États-Unis, reprenant ainsi la thèse, notamment défendue par Philippe de Villiers, d’une construction européenne sous influence américaine. À ce jour, aucun élément ne permet toutefois d’établir un recrutement de Walter Hallstein par la CIA.
L’éternel fantasme d’une « Europe nazie »
Le « cas Hallstein » ne suffit donc pas à établir une continuité entre le régime nazi et la construction européenne d’après-guerre. Mais cette idée ne repose pas uniquement sur son parcours personnel. Elle s’appuie aussi sur une réalité historique : le régime nazi a lui-même mobilisé l’idée d’une Communauté économique européenne organisée autour de l’Allemagne. Une proximité de vocabulaire qui alimente encore aujourd’hui les amalgames.
Pour Laurent Warlouzet, professeur d’histoire à Sorbonne Université et spécialiste de la construction européenne, cette confusion avec le nazisme s’explique par l’appropriation de l’idée d’une communauté économique européenne par les régimes autoritaires. Sous couvert de « Nouvelle Europe », le régime nazi développe pendant la guerre plusieurs projets d’organisation économique du continent placés sous domination allemande et destinés à servir les intérêts du Reich. Selon l’historien, cette rhétorique permet notamment de présenter l’occupation et la domination allemande comme un projet européen commun, notamment face au communisme soviétique.
C’est dans ce contexte que certains documents du Reich évoquent, dès 1942, une « Communauté économique européenne ». Leur existence est aujourd’hui régulièrement présentée comme la preuve d’une filiation entre le projet nazi et la construction européenne d’après-guerre.
Laurent Warlouzet rappelle que certains futurs défenseurs de l’Europe, comme Edgar Morin, s’en sont d’abord méfiés du projet européen – avant de le défendre – justement en raison de cette récupération du vocabulaire par le régime nazi. Dans Penser l’Europe, publié en 1987, le sociologue et résistant, décédé en mai 2026, écrit : « Pour moi, pour nous, Europe était un mot menteur. J’avais combattu ce que Hitler appelait la ‘nouvelle Europe’.
Mais une proximité de vocabulaire ne suffit pas à établir une continuité politique ou idéologique. La construction européenne d’après-guerre n’a certes pas été portée uniquement par d’anciens résistants, mais plusieurs grandes figures de la construction européenne ont, à des degrés et sous des formes différentes, combattu les régimes fascistes ou nazis, subi leur répression ou participé à l’effort allié. C’est le cas notamment d’Altiero Spinelli, de Konrad Adenauer, de Robert Schuman, de Paul-Henri Spaak ou encore de Jean Monnet.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
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Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
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Illustration. Les chercheur·ses appellent à faciliter l’accès à la climatisation et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. © Aline Morcillo/AFP
On savait les personnes âgées plus exposées aux conséquences d’un monde qui se réchauffe, mais cette nouvelle étude montre que les projections étaient jusque là sous-estimées. Le changement climatique va, lors des prochaines décennies, soumettre les plus de 60 ans à une hausse des températures encore plus dangereuse que prévu, avance mardi une étude publiée dans la revue scientifique Lancet Planetary Health.
Les résultats de ces modélisations, réalisées par des chercheur·ses américain·es de l’université de Stanford, prennent une actualité particulière alors que l’Europe et l’Amérique du Nord vivent un été exceptionnellement chaud. La France, notamment, a été l’un des pays les plus frappés par des chaleurs anormales avec plusieurs canicules, dont l’une d’une ampleur sans précédent fin juin pour une surmortalité estimée à plus de 6 000 décès.
Les chercheur·ses de Stanford ont cherché à établir à quel point le réchauffement climatique allait exposer les personnes âgées à des niveaux intolérables de températures d’ici à 2100. Ce champ de recherche est déjà bien couvert. Mais, préviennent les scientifiques, les précédentes études semblent avoir nettement sous-estimé les risques encourus par les personnes âgées, car elles se basaient sur des connaissances en partie obsolètes.
En cause, un indicateur crucial : la température humide. Comme son nom l’indique, il prend non seulement en compte le degré de chaleur lui-même, mais aussi celui d’humidité, car la même température est nettement plus dangereuse quand elle est associée à un temps plus humide. Or, les risques liés à un niveau donné de température humide ont, pendant longtemps, été mesurés sur des personnes jeunes et en bonne santé. Des recherches plus récentes, impliquant des personnes plus âgées, montrent que les dangers pour ces dernières avaient été sous-estimés.
En intégrant ces nouvelles connaissances, puis en les croisant avec des modélisations prenant en compte le vieillissement attendu de la population mondiale au cours des prochaines décennies, les auteurs ont conclu qu’une «chaleur intolérable frappera beaucoup plus de gens qu’estimé auparavant, à une échelle bien supérieure et pendant des durées plus longues».
À titre d’exemple, si d’ici 2100 le monde se réchauffe de 1,5 degrés Celsius par rapport à l’époque pré-industrielle, 22% des personnes de plus de 60 ans seront alors exposées chaque année à une chaleur dangereuse pendant plus d’un mois, selon ces modélisations, dont les résultats restent dépendants de divers choix méthodologiques.
Les auteurs soulignent que les pays les plus à risques sont ceux où de larges pans de la population n’ont pas les moyens de se protéger de la chaleur. Ils appellent à la fois à des mesures pour faciliter l’accès à des outils comme la climatisation, et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
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Source :Compte X, le 17 juillet 2026
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À deux semaines d’intervalle, Ceuta, l’enclave espagnole sur le continent africain, a été le théâtre d’une crise migratoire importante. Les 30 et 31 juillet 2026, environ 80 000 personnes ont traversé la frontière – souvent à la nage – entre le Maroc et le bout de terre espagnol de Ceuta. Si l’immense majorité des personnes sont retournées au Maroc, des appels à une nouvelle tentative pour le 15 août avaient tourné sur les réseaux sociaux.
Pour autant, cette nouvelle mobilisation n’a pas eu lieu, le gouvernement marocain s’étant vraisemblablement mieux préparé en déployant un arsenal sécuritaire plus important, rapporte la presse espagnole.
Mais sur les réseaux sociaux, de nombreuses publications racontent une autre histoire. D’après certains comptes, suivis par des dizaines de milliers de personnes, Ceuta aurait été de nouveau « envahie » de migrants, actant une véritable « deuxième vague migratoire ». La vidéo partagée avec les publications montre en réalité une vidéo prise durant l’arrivée de migrants, entre le 30 et le 31 juillet, comme l’ont aussi montré nos confrères espagnols de Maldita et turcs de Teyithatti, le service de vérification de l’agence Anadolu.
Grâce à une recherche d’images inversée, il est possible de trouver des occurrences de cette vidéo datant du 31 juillet 2026 (ici et ici). Ainsi, la vidéo n’a pas pu être prise le 15 août lors d’une « seconde vague », comme l’assurent certains comptes.
Si l’on compare les détails de la vidéo (collines, lampadaires, route au bord de l’eau), on peut voir qu’elle correspond au décor d’autres photos que l’on peut retrouver ici ou ici, et qui ont bien été prises dans la nuit du 30 au 31 juillet à Fnideq, la ville marocaine située à côté de la frontière avec Ceuta.
Alors que des dizaines de comptes sur différents réseaux sociaux ont repris cette vidéo à leur compte, ce 17 août, l’explication pourrait être due à une erreur d’une grande agence de presse.
L’erreur sur le site d’une agence de presse
Selon Teyihatti, la vidéo aurait été publiée sur le site de l’agence de presse britannique, Reuters Connect, le 16 août à 21h35 avec cette légende : « Espagne : Des milliers de migrants marocains tentent à nouveau d’entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, deux semaines seulement après le précédent afflux massif ». Le lien vers cette page n’est plus actif aujourd’hui, mais Teyihatti produit des captures d’écran de la vidéo mise en ligne sur Reuters Connect.
En réalité, ce n’est pas l’agence de presse, Reuters, qui a publié la vidéo, mais un agrégateur de vidéos virales qui paie pour utiliser la plateforme de Reuters Connect, nommé StringersHub. « StringersHub collecte en temps réel des témoignages vidéo sur l’actualité de dernière minute partout dans le monde, à l’intention des producteurs et rédacteurs en chef des médias en quête de contenus vidéo de haute qualité générés par les utilisateurs », se présente-t-il.
Reuters se défausse même de toute responsabilité vis-à-vis des publications de ce partenaire : « Cet élément, y compris tous les textes, fichiers audio et images, est fourni par StringersHub. Reuters Connect n’a ni vérifié ni approuvé le contenu, qui est mis à la disposition des clients professionnels des médias pour faciliter la libre circulation des informations et des actualités mondiales. »
La vidéo de la prétendue seconde vague migratoire à Ceuta a été finalement partagée en masse à la suite de cette erreur grossière de date. Ni Reuters ni StringersHub n’ont, pour le moment, répondu à nos sollicitations.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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La réserve d'eau de Sainte-Soline a vu ses stocks intégralement évaporés par les fortes chaleurs de cet été. Un signe de fragilité qui questionne sur la capacité des mégabassines à aider l'agriculture face au changement climatique.
La Rochelle (Charente-Maritime), correspondance
Sainte-Soline, séchée par les canicules, est révélatrice de la fragilité des mégabassines face au changement climatique. Interdite de remplissage et d'utilisation depuis la décision de la cour d'appel de Bordeaux (…)
Remplie par les seules pluies hivernales, la réserve d'eau de Sainte-Soline a vu ses stocks à sec en moins de deux mois de fortes chaleurs. Si l'évaporation apparaît possible, la Coopérative de l'eau des Deux-Sèvres affirme avoir utilisé l'eau pour irriguer, bien que la justice ait suspendu ses autorisations.
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Un satellite qui tend un vaste miroir pour refléter la lumière du Soleil sur un point précis de la Terre : tel est le projet fou de l’entreprise américaine Reflect Orbital. © Capture d’écran vidéo Youtube/Reflect Orbital
Et si l’on pouvait commander quelques minutes de soleil en pleine nuit ? C’est la promesse de Reflect Orbital, une start-up californienne qui veut déployer dans l’espace des milliers de miroirs capables de renvoyer la lumière solaire vers des points précis de la Terre. Ce projet spectaculaire est notamment pensé pour prolonger la production des centrales photovoltaïques. Mais, pour les astronomes et les écologues, elle ressemble surtout à une expérience grandeur nature potentiellement dangereuse, dont personne ne connaît encore les conséquences.
Dans un document publié le 6 août, quatre organisations environnementales américaines, menées par DarkSky international, appellent ainsi la Federal communications commission (FCC), agence indépendante du gouvernement des États-Unis qui réglemente les télécommunications, à revenir sur son feu vert accordé un mois plus tôt à l’entreprise pour lancer son premier satellite, Eärendil-1. Elles dénoncent un projet susceptible de perturber l’astronomie, les écosystèmes et jusqu’à la santé humaine.
Fondée en 2021 et autoproclamée «The Sunlight Company» («La compagnie de la lumière du soleil», en français), Reflect Orbital voit grand. La start-up californienne envisage d’envoyer dans l’espace jusqu’à 50 000 réflecteurs d’ici 2035. Pour ce faire, la société envisage d’abord de mettre en orbite Eärendil-1 d’ici la fin de l’année. Elle devrait placer ce satellite de démonstration de 142 kilos à environ 600 kilomètres d’altitude.
Sa pièce maîtresse est un miroir de 18 mètres carrés, constitué d’une membrane 28 fois plus fine qu’un cheveu. Repliée, elle tient dans un volume comparable à une boîte à chaussures. Une fois dans l’espace, quatre bras doivent la déployer comme un immense cerf-volant. Mais l’ouvrir ne sera que la moitié du défi.
«Il faut surtout parvenir à maintenir la membrane parfaitement plate et stable. La moindre déformation peut modifier la manière dont la lumière du Soleil est réfléchie et donc la précision du faisceau reçu au sol», explique à Vert Tristan Semmelhack, cofondateur et directeur technique de Reflect Orbital. Lors de ce premier test, Eärendil-1 doit produire pendant cinq minutes un éclairement d’environ 0,1 lux sur une zone de cinq kilomètres de large, soit, selon l’entreprise, un niveau comparable à celui de la pleine Lune.
L’idée n’est pas nouvelle. Dans les années 1990, la Russie avait tenté une expérience similaire avec le programme Znamya. Un grand miroir spatial devait éclairer les régions du pays plongées dans la nuit polaire. L’expérience n’avait fonctionné que quelques secondes. La lumière s’était révélée trop diffuse et le miroir difficile à stabiliser. Après un échec technique et faute de financement, le projet a été abandonné. «Depuis, beaucoup de choses ont changé. La situation économique et technologique actuelle en font une activité plus que viable», avance Tristan Semmelhack, qui évoque des coûts de lancement divisés par cent et d’importants progrès en science des matériaux.
Les applications envisagées de la technologie de Reflect Orbital vont des chantiers nocturnes aux opérations de secours. Ben Nowack, cofondateur et PDG de l’entreprise, affirme auprès de Vert que les organismes de recherche et de sauvetage pourraient figurer parmi les premiers clients. Pour autant, la raison d’être de la start-up est de «prolonger la durée de production des centrales solaires, car c’est là que nous pouvons avoir le plus grand impact sur la transition énergétique mondiale et l’abandon des énergies fossiles», veut croire le dirigeant. C’est précisément cette ambition qui inquiète les astronomes.
Dans une pétition publiée en mars, l’American astronomical society estime qu’Eärendil-1 pourrait avoir une luminosité optique jusqu’à quatre fois supérieure à celle de la pleine Lune, de quoi «masquer complètement le signal des objets astronomiques et saturer les détecteurs», ce qui menace d’entraîner la perte totale de l’image spatiale. Après une surexposition, certains équipements auraient besoin de temps avant de pouvoir reprendre leurs mesures.
«Accroître la production d’énergie renouvelable ne peut se faire au prix d’un dérèglement des écosystèmes qui la rendent elle-même possible.»
Les conséquences dépasseraient la seule contemplation des étoiles. Une observation perturbée pourrait compliquer la détection d’astéroïdes proches de la Terre ou le suivi des débris spatiaux, sans compter les risques liés à l’intensité lumineuse et aux faisceaux traversant, entre deux clients, des territoires dont les habitant·es n’ont jamais demandé à être éclairé·es. «Ce projet aurait non seulement un impact désastreux sur la science astronomique, mais entraverait aussi le droit de chacun à profiter du ciel nocturne», dénonce Robert Massey, de la Royal astronomical society britannique.
Les écologues redoutent eux aussi les conséquences d’un soleil artificiellement prolongé. «Une lumière intense apparaîtrait à des heures où les organismes n’en rencontrent naturellement jamais», souligne Kevin Gaston, professeur émérite à l’université d’Exeter. «Pour les espèces diurnes, cela pourrait perturber le sommeil et les rythmes biologiques. Quant aux espèces nocturnes, un tel éclairage modifierait les périodes d’activité, d’alimentation ou de prédation», prévient-il. Insectes pollinisateurs nocturnes et oiseaux migrateurs figurent parmi les espèces particulièrement sensibles à la lumière artificielle.
Chez l’humain, l’exposition lumineuse nocturne menace également de perturber l’horloge biologique et la production de mélatonine, soit l’hormone produite par le cerveau en l’absence de lumière qui aide à s’endormir. Surnommée «l’hormone du sommeil», elle indique au corps que c’est la nuit et aide à régler l’horloge biologique. À grande échelle, alerte Kevin Gaston, ces dérèglements peuvent remonter toute la chaîne écologique et affecter jusqu’aux cycles du carbone et des nutriments : «Accroître la production d’énergie renouvelable ne peut se faire au prix d’un dérèglement des écosystèmes qui la rendent elle-même possible.»
Pour Richard Green, astronome émérite à l’université d’Arizona, il existe une solution beaucoup plus simple pour produire plus d’énergie : «Construire davantage de centrales solaires au sol ou agrandir les installations existantes, sans avoir à déployer des miroirs géants en orbite » avance-t-il auprès de Vert.
Reflect Orbital espère lancer plus de 50 000 satellites à l’horizon 2035. © Reflect Orbital
Reflect Orbital considère néanmoins que ses détracteurs caricaturent son projet. Ben Nowack assure que seule une infime partie de la population mondiale verra un jour ses faisceaux. Quelques centaines de clients suffiraient, selon lui, à rendre l’activité rentable. L’entreprise promet également des zones d’exclusion autour des observatoires et des habitats sensibles.
La FCC, elle, estime dans son document d’autorisation que les conséquences astronomiques et environnementales ne relèvent pas directement de ses compétences et que le risque de dommage pour l’intérêt public est «extrêmement faible». C’est peut-être là que se trouve le véritable problème, car Eärendil-1, en plus d’être un satellite controversé, révèle un vide réglementaire.
Aujourd’hui, aucune autorité américaine ne régit véritablement la luminosité des satellites, et Richard Green y voit le symptôme d’une politique américaine qui donne la priorité à l’innovation et à la compétitivité spatiale. «En contrepartie, les enjeux de long terme, tels les impacts environnementaux ou la préservation des écosystèmes, tendent à passer au second plan», analyse l’astronome.
Reste alors l’échelon international. Le Comité des Nations unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique (Cupeea) débat bien de la protection du ciel nocturne, assure Marieta Valdivia Lefort, chargée de politique et de diversité au sein de la Royal astronomical society, mais aucun traité n’a été conçu pour encadrer précisément des constellations de miroirs.
«Le traité de l’espace de 1967 pose des principes généraux de responsabilité et d’usage durable de l’espace, mais sans mécanisme contraignant qui permettrait de bloquer une autorisation nationale», précise l’experte en politique spatiale. Avant de conclure : «En pratique, une décision prise par la FCC ou par un autre régulateur peut donc avancer sans véritable veto international». Reflect Orbital pourrait donc avoir juridiquement le champ libre pour repenser la nuit.
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Source :Compte Facebook, le 11 août 2026
Etiqe :mauvais bateau
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Six marins ont été tués, le 11 août, dans une double frappe présumée visant un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large du Yémen, selon plusieurs sources. L’attaque a été attribuée par le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie Saoudite, aux rebelles houthis pro-iraniens, qui contrôlent une large partie du pays. Elle intervient dans un contexte de reprise du conflit entre les deux camps, alors que les Houthis ont annoncé un blocus de la flotte saoudienne en mer Rouge.
Dès l’annonce de l’attaque, plusieurs internautes se sont empressés de relayer la nouvelle sur les réseaux sociaux, qu’ils ont illustré avec des clichés de navires endommagés. Mais certaines de ces images ne correspondent pas au cargo Tihamah qui a été frappé.
Une recherche d’images inversée permet de retrouver l’origine des clichés utilisés à tort par les internautes. La première image montre le pétrolier MT Jalveer après avoir subi une attaque aux larges des côtes du sultanat d’Oman, le 11 juin 2026, soit deux mois avant celle du Tihamah. Dans la même publication, l’internaute présente une autre image, authentique celle-ci, montrant la zone d’impact de la frappe qui a touché le Tihamah, le 11 août.
Un autre utilisateur poste un cliché sur lequel on aperçoit un navire pétrolier touché par une explosion. L’image illustre là aussi un événement antérieur à l’attaque du 11 août. Il s’agit d’une autre attaque houthie menée en mer Rouge près de deux ans plus tôt, le 1er octobre 2024, contre le pétrolier Cordelia Moon.
Peu après l’attaque contre le Tihamah, plusieurs journaux ont publié des images authentiques du navire encore fumant.
Le regain de tension au Yémen marque la fin d’un cessez-le-feu observé depuis 2022 par les Houthis et l’Arabie Saoudite.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
L’article Attention à ces images du navire frappé par les Houthis près du détroit de Bab el-Mandeb est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Notre amie, la philosophe, militante et autrice antivalidiste, Charlotte Puiseux, nous a quittéEs.
Née en 1986 à Paris, Charlotte Puiseux était atteinte d’une amyotrophie spinale de type 2, myopathie rare diagnostiquée à six ans.
Charlotte était une grande philosophe mais également une immense personne pour ses qualités humaines. Elle a dédié sa vie à la lutte contre les injustices et en particulier contre celles subies par les personnes handicapées.
Après une classe préparatoire littéraire puis un master de philosophie, elle exerce plusieurs années comme psychologue clinicienne, avant de reprendre un doctorat sous l’angle de la philosophie politique. Elle soutient sa thèse Queerisation des handicaps : le militantisme crip en questions en 2018 à l’Université Paris-Diderot, sous la direction d’Anne Kupiec. Avec sa thèse, elle a permis de révéler en France la théorie Crip. Cette vision du handicap a été construite par des personnes handicapées s’inspirant des mouvements queers et intersectionnels afin de dépasser l’approche médicale et institutionnelle jusque là dominante. Cette nouvelle approche était, avant les travaux de Charlotte, étudiée uniquement dans les pays anglo-saxons. Elle a alors exploré et mis en avant les notions d’idéal régulateur, de performativité, de dépassement de la binarité, de modèle social du handicap et de validisme. Ses études l’ont amenée à ouvrir un blog qui est une source importante d’informations, d’écrits et d’articles. En 2020, elle a également autopublié un Dictionnaire Crip qui reprend et explique les termes issus de cette théorie. Ce dictionnaire est téléchargeable depuis son blog.
Charlotte Puiseux a été une grande activiste féministe et anti-validiste, non seulement grâce à ses écrits sur son blogs ou ses articles scientifiques, mais également grâce à son investissement au sein de l’association Les Dévalideuses et de l’association HandiParentalité (aujourd’hui dissoute) fondée par Florence Mejecase. En effet, la vie de Charlotte était en elle-même un acte militant : elle a choisi de fonder une famille contre l’avis de beaucoup de soignantEs et de la société validiste. Mariée, mère d’un enfant né alors qu’elle a trente ans, elle s’installe à Avranches (Manche), près du Mont-Saint-Michel. Elle est maman-relais de l’association Handiparentalité, engagement qu’elle relie directement à son militantisme : rares sont les personnes handicapées à évoquer publiquement leur parentalité.
Au sein des Dévalideuses, elle lutte pour faire reconnaître l’existence du validisme et des violences qui en découlent, notamment à l’encontre des personnes sexisées. Elle milite également pour l’accès à la vie autonome et la désinstitutionnalisation, c’est-à-dire pour changer le modèle amenant les enfants et adultes handicapéEs à être maintenuEs dans des institutions et donc à être excluEs de la société. De même, elle participe à des campagnes contre le Téléthon, émission télévisée mettant en avant une vision misérabiliste des personnes porteuses de sa maladie, sans tenir compte de l’impact fondamental de l’environnement et de la société dans le handicap.
En 2014, Charlotte rejoint le média féministe Les ourses à plumes dès son lancement et dans lequel elle écrit des articles sur la maternité et la sexualité handies et le militantisme anti-validiste entre autres.
En 2022, elle publie le livre De chair et de fer, Vivre et lutter dans une société validiste, aux éditions de la Découverte. Ce récit autobiographique, s’approchant d’un essai philosophique sur le validisme et sur les représentations du handicap, est devenu un incontournable pour beaucoup de militantEs et une porte d’entrée à l’anti-validisme pour nombre de personnes handicapées. Dans ce livre, on découvre aussi une part plus artistique de sa vie puisqu’on y trouve un de ses poèmes, duquel est tiré le titre de cet ouvrage.
En racontant son parcours de politisation, elle nous enseigne avec une grande clarté la construction sociale du handicap ou le nécessaire retournement du stigmate.
Je comprenais donc que mon handicap était le fruit d’une construction. La société avait décidé d’exclure les possibilités de mon corps du schéma qu’elle avait tracé pour la validité et de m’accorder des formes d’incapacités qui me désignaient comme handicapée. Cette identité qui m’était imposée regorgeait de négativité et apparaissait aux yeux des valides comme une tare à porter, dont j’avais intériorisé la honte. Mais pourquoi ressentais-je cette honte ? La découverte de nouvelles analyses du handicap, mais aussi ma propre révolte intérieure, qui commençait à prendre sens dans tout un réseau d’injustice systémique m’ont conduite presque logiquement, vers un sentiment de fierté que je désirais revendiquer. Fière d’être qui j’étais, d’être cette a-normale, questionnant le système, porteuse par ma simple existence d’une potentialité subversive et d’une capacité à troubler l’ordre public.”
En 2024, au sein des Dévalideuses, Charlotte lance une collecte de témoignages sur les violences produites par les MDPH et leurs conséquences sur les vies des personnes handicapées et de leurs aidantEs. Cette campagne a permis de récolter plus de 500 témoignages et a mené à une enquête de Médiapart mettant en lumière les graves dysfonctionnements et manques de moyens des MDPH menant à des traitements discriminatoires et des conditions de vie dégradées.
Charlotte Puiseux milite activement contre la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie en France pendant plusieurs années. En 2025 sort le Livre Plutôt vivre, Comprendre le validisme et valoriser une culture crip aux éditions Le Cavalier Bleu qu’elle a coécrit avec son amie, la journaliste Chiara KAHN. Pour ce livre de référence sur l’anti-validisme, Charlotte et Chiara ont choisi dans leur titre de répondre à l’animateur Michel Drucker qui avait déclaré dans une interview qu’il préférerait mourir que d’être handicapé. Ainsi, cet ouvrage, tout comme la vie de Charlotte, est dédié à revendiquer que les vies de personnes handicapées valent d’être vécues.
Dans plusieurs interviews et notamment lors d’une émission de Médiapart, Charlotte Puiseux n’a de cesse de s’opposer à la loi d’aide à mourir et à l’institutionnalisation. Elle participe également à plusieurs ouvrages collectifs dont BI-ES, coordonné par Camille Regache et publié en 2026 aux éditions Points ou Théories Féministes, coordonné par Camille Froidevaux-Metterie, publié en 2025 aux éditions Seuil). Charlotte intervient régulièrement dans des universités, auprès d’associations ou dans des podcasts, afin de faire connaître la notion de validisme, de lutter contre la hiérarchisation des vies et de faire évoluer les mentalités et les comportements.
Son troisième essai, Réflexions Crip, Une relecture queer du handicap, paraîtra fin août 2026 aux éditions Le Cavalier Bleu.
Elle y explique le “crip” avec beaucoup de pédagogie.
Le mouvement crip est apparu dans les années 2000, forgé à partir d’une réappropriation d’un mot stigmatisant. À partir d’un bagage venu des disability studies, complété avec de nouveaux apports comme le queer ou l’intersectionnalité, le crip porte un regard différent sur le handicap. Parfois critique du modèle social, le crip réinvente de nouveaux espaces à la lumière des concepts queer d’idéal régulateur, de désidentification, de performativité ou de retournement du stigmate. Par la suite, des groupes queer dissidents, comme les Queer of color, apportent aussi une critique plus virulente au sujet de certains points, tel l’homonationalisme. Cette critique sert à penser différemment le handicap.”
Charlotte s’en est allée à l’aube de ses 40 ans, laissant un grand vide dans la vie de sa famille, de ses amiEs et de toustes ses camarades de lutte. Nous sommes infiniment reconnaissantEs d’avoir pu partager de nombreux moments de vie et de combats avec elle. Nous pleurons aujourd’hui la perte d’une compagne de militantisme et d’une chercheuse passionnante dont le travail nous a inspiré et continuera à nous porter encore longtemps. Mais nous pleurons aussi et surtout la perte d’une amie, d’une personne appréciée de toustes.
En effet, Charlotte n’était pas seulement une figure publique. Les personnes qui ont eu la chance de partager des instants de vie avec elle se rappelleront toujours de sa générosité, de sa simplicité et de son regard espiègle.
Un livre d’or femmage participatif est en ligne, Vous pouvez y partager ce que Charlotte et son travail ont représenté pour vous. Ce livre sera, par la suite, remis à sa famille.
Merci pour tout, Charlotte
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Poème de Charlotte Puiseux
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Dès qu’ils franchissent les limites du parc, ces animaux ne bénéficient plus des mêmes protections. La chasse au loup est en effet autorisée dans les États voisins, dont le Wyoming, où la meute a établi une tanière.
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