
Source :Compte Facebook, le 11 octobre 2026
Etiqe :à nuancer
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« J’ai compris que ce gouvernement voulait faire les poches aux Français », peste Pascal Praud, le présentateur de la chaîne CNews, dans un édito le 8 septembre dernier. L’estocade ciblait alors le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui venait d’affirmer, la veille, que les retraités les plus aisés seraient mis à contribution pour résorber le déficit budgétaire du pays.
Dénonçant des propos « choquants » et « indécents », l’animateur s’offusque que des « efforts » soient demandés aux Français sans qu’un seul mot ne soit prononcé « sur les prestations sociales accordées aux étrangers ». Pourtant, ces dépenses publiques à destination des immigrés représenteraient « un coût net de 40 milliards d’euros », assure le présentateur, citant des « calculs réalisés par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie ».
Alors que le Parlement se lance dans l’examen du budget 2027, cette statistique refait surface sur les réseaux sociaux pour justifier des coupes dans les dépenses dont bénéficient les immigrés et ainsi résorber le déficit public.
De quoi donner du grain à moudre aux propositions, très similaires, de la droite et de l’extrême droite dans un contexte de campagne présidentielle. Le Rassemblement national compte ainsi réaliser 15 milliards d’euros de coupes pour alléger « le poids [de l’immigration] sur l’économie », a expliqué le député RN Jean-Philippe Tanguy, le 11 octobre sur BFM TV. Le candidat Horizons à l’élection présidentielle, Edouard Philippe, propose, lui, de « diviser par deux » l’immigration légale afin de réduire la « saturation » d’« un certain nombre de nos services publics ».
Alors, l’immigration coûte-t-elle réellement plusieurs dizaines de milliards d’euros par an à la France ? Et peut-on dire qu’elle représente un vrai poids pour l’économie ? Eléments de réponse.
Un « think tank » orienté très à droite
Tout d’abord, comment le chiffre de 40 milliards d’euros s’est-il retrouvé dans le débat public ? Depuis 2020, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) estime qu’il s’agit du coût de l’immigration pour l’État français. « L’immigration coûte chaque année entre 35 et 40 milliards d’euros aux finances publiques », assurait encore le 23 mars 2024, le fondateur de l’OID, Nicolas Pouvreau-Monti, dans les colonnes du Point. Un chiffre repris quatre jours plus tard par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, sur le plateau de C à vous, sur France 5.
Mais les analyses de l’OID doivent être prises avec précaution. En effet, s’il assure proposer « une vision rationnelle et dépassionnée » des débats sur l’immigration, cet organisme est directement financé par le fonds Périclès du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin, qui s’est déclaré favorable à la « remigration », un concept dérivé de la théorie raciste du « grand remplacement ». Il compte également parmi ses cadres diverses personnalités proches de la droite radicale française, comme Xavier Driencourt, le président du comité stratégique du magazine identitaire Frontières. Ses conclusions doivent donc faire l’objet d’une analyse méthodologique.
Pour calculer le coût de l’immigration, l’OID assure s’appuyer sur la littérature disponible, deux études en particulier : « L’impact budgétaire de 30 ans d’immigration en France », publiée en 2018 par le CEPII, un organe de recherche en économie internationale rattaché au Premier ministre, et un travail annuel de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), intitulé « Perspectives des migrations internationales » et daté de 2021. Pourtant, aucune de ces recherches ne fait apparaître la donnée brandie par l’OID.
Un chiffre introuvable
Elle a d’ailleurs été catégoriquement démentie par les auteurs des deux études auprès de l’Agence France Presse (AFP), qui a déjà passé au crible les affirmations de l’observatoire. Résultat : la méthode de calcul de l’OID accumule les critiques.
L’OID ne retient de ces deux études que deux pourcentages, censés illustrer « le coût annuel net de l’immigration » : 1,41 % du PIB selon l’OCDE et 1,64 % selon le CEPII. Appliqués au PIB français de 2019 (2 425 milliards d’euros selon l’INSEE), année de référence que revendique l’OID, ces taux donnent un coût compris entre 34,2 et 39,8 milliards d’euros. Une méthode « hasardeuse », explique l’AFP.

À gauche, le tableau de l’étude de l’OCDE d’où l’OID tire sa donnée (1,41 %). À droite, le tableau de l’étude du CEPII, d’où l’OID tire sa donnée (1,64 %).
Avant toute chose, ces deux pourcentages ne correspondent pas à des valeurs de même nature. Le résultat de 1,41 % avancé par l’OCDE est une moyenne calculée entre 2006 et 2018, tandis que la donnée du CEPII est une valeur fixe pour l’année 2011. Le think tank mobilise ainsi, dans un cas, une moyenne sur douze ans, et dans l’autre, un point annuel isolé qu’il compare ensuite tous les deux à une valeur du PIB d’une année ultérieure (2019). Difficile, dès lors, d’établir une forme de convergence entre ces différents éléments.
Autre lacune : le chiffre de 1,41 % correspond seulement à l’une des méthodes de calcul de l’OCDE, au sein de laquelle l’organisme inclut le coût des « biens publics purs » au coût des immigrés. Or, un bien public pur est un service financé par l’État dont le coût ne change pas en fonction du nombre de personnes qui en bénéficient. Sont concernées, entre autres, les dépenses militaires, mais aussi celles relatives à la dette publique, qui seraient financées malgré l’immigration.
Qui plus est, dans le scénario de l’OCDE retenu par l’OID, le calcul inclut également les dépenses liées aux enfants nés sur le territoire de parents immigrés, jusqu’à 15 ans. Or, les dépenses d’éducation, concentrées sur le jeune âge, ainsi que les moindres recettes d’un individu inactif, font pencher nettement la balance.
Quel est vraiment le coût de l’immigration ?
Autrement dit, l’OID retient des scénarios extrêmes qui ne reflètent pas l’équilibre des conclusions des deux études exploitées. « La contribution de l’immigration aux finances publiques françaises, entre 1979 et 2011, est globalement négative, mais très faible, contenue en deçà de 0,5 % du PIB », explique ainsi le CEPII, bien loin du chiffre de 1,64 % choisi par l’OID.
Même son de cloche du côté de l’OCDE, qui indique dans son étude que « dans les 25 pays de l’OCDE [dont la France] pour lesquels des données sont disponibles, en moyenne au cours de la période 2006-18, la contribution des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations a été supérieure aux dépenses publiques consacrées à leur protection sociale, leur santé et leur éducation ». Pour la France, l’impact varie selon les conventions de calcul entre -0,85 % et +1 % du PIB, hors dépenses liées aux enfants d’immigrés.
Ainsi, si l’on considère l’ensemble des résultats avancés dans les études citées par l’OID, et pas seulement les plus négatives sur le plan budgétaire, le coût de l’immigration serait donc plutôt un jeu à somme quasi nulle.
L’effet positif de l’immigration sur les recettes publiques pourrait même être « plus important que son effet sur les dépenses », d’après Ekram Boubtane, chercheuse associée à l’École d’économie de Paris, en 2024 dans un article publié par l’Institut Montaigne, généralement classé au centre-droit de l’échiquier politique.
« L’immigration n’est pas un fardeau pour les finances publiques ; sa suppression ne pourrait en aucune manière contribuer à la résolution de la crise de la dette actuelle », remarquait, la même année, Xavier Chojnicki, l’un des auteurs de l’étude du CEPII citée par l’OID, dans un article pour la revue scientifique Regards.
Autrement dit, le coût de l’immigration en France n’a jamais été officiellement estimé à 40 milliards d’euros, et plusieurs spécialistes du sujet s’accordent pour tempérer les discours qui dénonceraient le « poids » qu’elle ferait peser sur l’économie.
Auteurs :
Auteur : Jean-Baptiste Breen, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
L’article Budget 2027 : l’immigration est-elle un « poids » pour l’économie française ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Depuis le début de la mobilisation lycéenne, des collectifs de Seine-Saint-Denis s’organisent pour ravitailler les élèves mobilisés. Repas chauds, boissons et matériel de premiers secours : une centaine de bénévoles se relaient pour permettre aux jeunes de tenir leurs blocus. Une solidarité concrète, qui entend soutenir leur lutte sans se substituer à eux.
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Alors que la répression policière contre la mobilisation des lycéens se poursuit les élèves de Guadeloupe ne se découragent pas. Parents et professeurs soutiennent leur blocage dans l'espoir de limiter les violences des forces de l'ordre.
Les Abymes (Guadeloupe), reportage
Malgré les 29°C déjà affichés par le thermomètre, mardi 13 octobre, et les gouttes de sueurs qui perlent sur son front, Andréa, 16 ans, reste stoïque. Sur la pancarte qu'elle tient au-dessus de sa tête, on peut lire : (…)

Source :Compte Facebook, le 4 octobre 2026
Etiqe :Faux
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Condamnées à rester sur le plancher des vaches ? Trois ans après la levée de l’état d’urgence sanitaire mondial par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les personnes vaccinées contre le coronavirus pourraient bien s’en mordre les doigts. À en croire certains internautes, « les compagnies aériennes commence[raient] à interdire l’accès aux personnes vaccinées après la mort de pilotes due au pseudo vaccin anti-covid ».
Ils en veulent pour preuve une vidéo dans laquelle un présentateur de la chaîne australienne Sky News (aujourd’hui News24) affirme que « les compagnies aériennes en Espagne et en Russie avertissent les gens qui ont été vaccinés contre le coronavirus de ne pas voyager en raison du risque de caillots sanguins ».
Sauf qu’aucun élément ne permet de confirmer cette allégation et l’Association du transport aérien international (IATA) a démenti cette rumeur auprès des Surligneurs.
L’Association du transport aérien international dément
Après avoir épluché les communiqués des compagnies aériennes et la presse, Les Surligneurs n’ont trouvé aucun élément qui viendrait confirmer cette supposée information. Pourtant, il semblerait étonnant qu’une telle nouvelle ne fasse pas l’objet d’une couverture médiatique, étant donné qu’une large part de la population mondiale a été vaccinée contre le Covid-19.
Plus de 13,64 milliards de doses de vaccin contre le Covid-19 avaient été injectées fin 2024, d’après l’OMS. En France, à la fin de l’année 2022, 83 % des habitants de l’Hexagone âgés de 18 ans ou plus affirmaient avoir été complètement vaccinés contre le Covid-19 et 93 % avoir reçu au moins une dose de vaccin, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Autrement dit, si des compagnies aériennes avaient réellement décidé de bannir les personnes vaccinées, une large partie de la population mondiale serait clouée au sol.
Il s’agit de toute façon d’une rumeur sans fondement. Contactée par Les Surligneurs, l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente d’après leur site « plus de 370 compagnies aériennes » soit « environ 85 % du trafic aérien mondial » nous a renvoyé vers un communiqué de presse, publié le 6 juillet 2021, « qui reste à jour » concernant la même rumeur.
« L’IATA n’a connaissance d’aucune compagnie aérienne envisageant de refuser le voyage des passagers vaccinés en raison du risque de caillot sanguin », dément l’Association avant de préciser n’être au courant « d’aucune suggestion dans la littérature médicale suggérant que le phénomène particulier de caillot sanguin (connu sous le nom de thrombopénie thrombotique immunitaire induite par les vaccins ou Vitt), qui a été désigné comme un effet secondaire rare d’un ou peut-être deux types de vaccins contre la COVID, ait un impact sur les voyages aériens ».
Un type de thrombose différent
Comme en témoigne la date du communiqué de l’IATA, cette rumeur n’est pas nouvelle et circule en réalité depuis 2021. À l’époque, elle avait déjà fait l’objet de nombreux articles de débunks (comme ici, ici ou là), réunissant les démentis de plusieurs associations de compagnies aériennes (comme ici ou là). L’infox s’appuyait également sur un prétendu risque pour les personnes vaccinées de développer des caillots sanguins – soit une thrombose – lors du vol.
Mais, si les caillots sanguins font en effet partie des effets secondaires très rares des vaccins d’AstraZeneca et Johnson & Johnson contre le Covid-19, ce risque ne peut être décuplé à cause d’un voyage aérien. Comme avait pu l’expliquer Marie-Antoinette Sevestre-Pietri, professeure de médecine vasculaire au CHU d’Amiens, à l’AFP, le type de thrombose qu’il est possible de développer lors d’un vol n’a « rien à voir » avec celui associé à certains vaccins contre le Covid-19.
Quant à une prétendue surmortalité des pilotes à cause du vaccin contre le Covid-19, il s’agit également d’une désinformation qui avait circulé sous de nombreuses formes (comme ici, ici ou là).
De manière générale, le secteur aérien a particulièrement été touché par la désinformation diffusée durant la pandémie de Covid-19 (comme ici, ici ou là).
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Covid-19 : des compagnies aériennes interdisent-elles aux personnes vaccinées de prendre l’avion ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Concentration de CO2, fonte des glaces... Alors que plusieurs signaux « vitaux » de la planète atteignent des niveaux record de dégradation, des « bascules sociétales » sont encore possibles, estime une étude parue le 14 octobre.
Imaginez que vous soyez en train de perdre vos dents, vos muscles, votre mémoire, de faire une crise de foie et d'avoir des défaillances cardiaques. Que les meilleurs médecins du monde réunis vous disent que tout cela est dû à votre régime alimentaire mais que (…)
L'Assemblée nationale se penche sur l'examen du budget 2027 depuis le 13 octobre. Au centre des inquiétudes, l'envolée de la dette publique qui pousse le gouvernement à serrer la vis. Une stratégie qui pourrait faire bondir la dette climatique.
Alors que l'Assemblée nationale se penche sur le budget depuis mardi 13 octobre, une question demeure. La lutte contre le réchauffement climatique va-t-elle pâtir des vives tensions sur la dette et la réduction du déficit ?
Percutée de plein (…)
Si ces populations disparaissaient de l’Indus, il n’existerait « aucune population comparable ailleurs » capable d’assurer la survie de l’espèce.
Cet article Au Pakistan, le dauphin de l’Indus a été sauvé de l’extinction est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
Une pétition mise en ligne sur le site de l'Assemblée nationale pour demander l'interdiction des « techniques et armes inappropriées dans les manifestations de lycéens » a récolté plus de 130 600 signatures le 14 octobre à la mi-journée.
Le texte cible en particulier les techniques employées par les forces de l'État pour interpeller des manifestants, comme le plaquage ventral, la clé d'étranglement et le pliage corporel. Il réclame également le retrait des lanceurs de balles de défense (…)
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Adoptée en première lecture le 13 octobre par l’Assemblée nationale, la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles a perdu en route plusieurs dispositions importantes. Mais le rapport de force a bougé : la force d’inertie qui dominait jusqu’ici a été fissurée.
L’article Loi intégrale adoptée : histoire d’un rapport de force en évolution est apparu en premier sur Les Nouvelles News.

Source :Compte Instagram, le 8 octobre 2026
Etiqe :aucune preuve
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« La Russie accuse Bill Gates de financer le bioterrorisme », « un dossier de 3 000 pages rendu public par Vladimir Poutine prouve que Gates a mis au point la peste pulmonaire à l’aide d’outils d’intelligence artificielle dans un laboratoire biologique ukrainien »… Non, ceci n’est pas un scénario de science-fiction mais ce qui circule depuis début octobre 2026 sur les réseaux sociaux Facebook (ici et ici) et Instagram (ici et ici) ainsi que des sites web (ici, ici et ici).
Ces affirmations surviennent quelques jours après que le cofondateur de Microsoft a déclaré : « L’IA est assurément suffisamment puissante pour provoquer des événements qui pourraient causer un milliard de morts. » Dans un entretien pour NBC News, fin septembre, Bill Gates estimait qu’« il n’y a jamais eu d’arme aussi puissante que la combinaison de personnes mal intentionnées utilisant les outils d’IA les plus récents ».
Aussi, depuis la mort, le 2 octobre dernier, d’une employée travaillant sur la peste dans un laboratoire en Sibérie, emportée par une « pneumonie » d’origine « indéterminée », selon l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor, l’inquiétude grandissait quant à une possible épidémie de peste. Les autorités russes ont finalement assuré qu’« aucune pathologie infectieuse » auprès des cas contact n’avait été détectée, à la suite de près de 5 000 analyses, rapporte Le Monde. Pour autant, le 10 octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a insisté sur l’« incertitude majeure » qui demeure quant aux causes du décès, dans l’attente d’un « diagnostic confirmé ».
Si les allégations sur le rôle de Bill Gates dans le développement assisté par IA de la peste pulmonaire – une maladie qui existe au moins depuis le Moyen Âge – et le dossier russe de 3 000 pages qui l’incriminerait sont devenues virales, aucun élément ne permet d’affirmer qu’elles sont vraies.
Aucune trace sur les sites officiels des ministères russes…
D’après une vidéo Instagram et sa légende, Bill Gates serait « officiellement recherché en Russie » et Vladimir Poutine aurait émis « un mandat d’arrêt » à son encontre. Pourtant, il ne figure pas dans le registre du site Mediazona (Медиазона) qui recense les personnes recherchées par le ministère de l’Intérieur russe.
Sur Facebook, le ministère de la Défense russe, supposément cité, accuserait « le milliardaire Bill Gates de financer des “activités liées au bioterrorisme” dans le but présumé de réduire la population ». Si son site officiel mil.ru est inaccessible depuis la France, Les Surligneurs ont pu accéder à son canal Telegram. Aucune mention n’y est faite d’une « peste pulmonaire » (« пневмоническая чума » en russe) et les références à Bill Gates (« Билл Гейтс ») ou au « bioterrorisme » (« биотерроризм ») datent et n’ont aucun lien avec notre sujet.
Idem sur le site du ministère de la Justice, que ce soit sur le portail anglais ou russe, et celui du ministère des Affaires étrangères.
… ni dans les médias russes reconnus
Dans la vidéo Instagram, ce qui semble être la capture d’un article de presse (« Putin declares Bill Gates ‘Bioterrorist’ following engineered Plague outbreak in Russia ») est utilisé pour illustrer les allégations. Il est présenté comme étant issu de Tass, l’une des principales agences de presse en Russie. Néanmoins, il n’existe aucune trace de celui-ci sur leur site.
Les Surligneurs ont cherché dans d’autres médias et agences de presse russes toute publication liant Bill Gates à un dossier de 3 000 pages ou à la peste. Les sept ressources consultées (Interfax, Argumenty i Fakty, MKRU, Komsomolskaya Pravda, Vedomosti, Kommersant et The Moscow Times) n’ont permis de trouver aucun article corroborant ce qu’avancent les internautes.
Sur Facebook, est également évoqué un « point presse » durant lequel des révélations sur Bill Gates auraient été faites par un certain « Alexeï Rtichtchev » (Aleksey Rtishchev), chef des troupes de défense radiologique, chimique et biologique, au sein du ministère russe de la Défense. Là encore, pas moyen de trouver une quelconque information vérifiée en attestant, y compris sur Yandex, moteur de recherche russe.
Les éléments présentés sur les réseaux sociaux qui pourraient permettre de prouver ou contextualiser la prétendue information sont introuvables. Ainsi, rien ne permet d’affirmer que Bill Gates a développé la peste dans un laboratoire ukrainien à l’aide de l’IA.
Ce n’est pas la première fois que Bill Gates est la cible de théories du complot. Des réseaux conspirationnistes, notamment russes, en avaient fait l’instigateur de la pandémie de Covid-19, rappelle Le Monde.
En juin dernier, Les Surligneurs s’étaient intéressés à des documents déclassifiés censés dévoiler l’existence de laboratoires « biologiques » en Ukraine financés par les États-Unis, mais ils ne prouvaient rien. En janvier 2025, une autre rumeur circulait selon laquelle Vladimir Poutine voulait extrader un ancien conseiller à la Maison-Blanche pour son implication dans la pandémie de Covid-19, le tout faisant partie d’un accord visant à mettre un terme à la guerre en Ukraine. Mais aucun élément ne permettait de le vérifier non plus.
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relectrice : Maylis Ygrand, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Bill Gates a-t-il développé la peste pulmonaire dans un laboratoire ukrainien à l’aide de l’IA ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Des opposant·es du collectif Piscines Nucléaires Stop, devant le site industriel d’Orano à La Hague. © Clément Gousseau/Vert
Des panneaux ont fleuri çà et là dans la campagne du Cotentin, non loin de la route nationale 13, sur la commune d’Yvetot-Bocage (Manche), en cette fin septembre. «Orano à Yvetot, non», «Non à l’implantation d’Orano sur des terres agricoles» : les slogans sont inscrits à la peinture sur des morceaux de bois.
Ces inscriptions sont loin d’être isolées. Elles se multiplient à mesure que l’on parcourt les 40 kilomètres qui séparent cette petite commune de celle de La Hague, devenue, au fil des décennies, l’un des bastions du nucléaire français.
C’est ici que s’étend sur 300 hectares le site industriel d’Orano, leader mondial du traitement des combustibles nucléaires usés. Ses hautes cheminées se dressent à une vingtaine de kilomètres du réacteur nucléaire de Flamanville 3, qui défraie régulièrement la chronique, notamment en raison de son coût.
Des panneaux d’opposition à l’installation d’Orano, à Yvetot-Bocage (Manche). © Clément Gousseau/Vert
Mais l’usine, vieillissante, est censée cesser ses activités d’ici 2040. Si un programme qui vise à prolonger son fonctionnement jusqu’en 2060 est en cours, Orano s’apprête à lancer un chantier gigantesque et controversé : Aval du futur.
Ce «projet du siècle», présenté par l’industriel comme l’un des «plus importants au monde», vise à renouveler les installations de traitement des combustibles nucléaires usés pour quatre-vingts ans. Sont également prévus un atelier de déchargement et d’entreposage sous eau de ces combustibles, composé de trois bassins d’une capacité de 6 500 tonnes chacun, et des ateliers de traitement.
Les déchets nucléaires, «issus principalement de l’activité d’EDF», sont récupérés par Orano pour fabriquer de nouveaux combustibles destinés à la production d’électricité. Ceux qui ne sont pas valorisables, environ 4% de la composition des combustibles usés, doivent rejoindre Cigéo, le projet de centre de stockage souterrain des déchets nucléaires à Bure (Meuse).
Un atelier de fabrication de combustible MOX, issu du recyclage de combustibles nucléaires usés, est également envisagé sur le site de La Hague. Durée du chantier : au moins vingt ans, avec des mises en service échelonnées entre 2038 et 2050. Coût estimé : entre 50 et 60 milliards d’euros.
La multinationale assure qu’«aucune installation nucléaire ne sera construite en dehors du site de La Hague», mais recherche tout de même «150 hectares de terres» en Normandie pour organiser son chantier. «Ce seront des sites logistiques pour fabriquer des tronçons des futures usines et/ou y construire des parkings», précise Sylvain Renouf, directeur de la communication d’Orano pour le projet «Aval du futur».
Le site industriel d’Orano à La Hague (Manche).© Clément Gousseau/Vert
Dans la région, la commune d’Yvetot-Bocage sera concernée. Ici, une association opposée à l’arrivée de l’industriel est en cours de constitution. D’autres voix s’élèvent contre le projet, notamment au sein du collectif manchois Piscine Nucléaire Stop. «Nous ne sommes pas contre le nucléaire, mais contre son hyperconcentration dans le Cotentin, explique Sophie, une militante qui souhaite rester anonyme. La Hague a été totalement colonisée par cette industrie. Aujourd’hui, avec Aval du futur, on fait face à un projet monstrueux et complètement flou.»
Entre «10 000 et 15 000» personnes devraient travailler sur le chantier, avec «un pic d’activité attendu à l’horizon 2040», indique Sylvain Renouf.
Aval du futur pourrait avoir de multiples conséquences pour le territoire, tant sur le plan environnemental et économique que sur le logement. Contactée à ce sujet, la préfecture de la Manche, après avoir envisagé de répondre à nos questions, s’est finalement rétractée.
Dans le monde agricole, les inquiétudes sont nombreuses quant à l’avenir des terres convoitées par Orano. «Autour de La Hague, l’entreprise voulait initialement mettre la main sur 65 hectares de terres agricoles. Ce n’était juste pas possible. Ils ont réduit leurs prétentions, mais on risque de perdre des terres», se désole Nicolas Massieu, éleveur de bovins et président de l’association Avenir agricole de La Hague. Celle-ci se présente comme «indépendante des oppositions nucléaires».
Nicolas Massieu, éleveur de bovins et président de l’association Avenir agricole de La Hague. © Clément Gousseau/Vert
«Quinze hectares sont encore concernés par le projet. Personnellement, je risque d’en perdre trois. On nous parle de compensation, mais les surfaces sont inexistantes à La Hague. On ne peut pas se permettre de faire des kilomètres, ni de perdre des terrains. J’ai déjà du mal à produire assez de fourrage pour mes bêtes, raconte l’éleveur. Le nucléaire, on est né avec, mais on ne veut pas que ça devienne n’importe quoi.»
Interrogé à ce sujet, Orano assure «être dans une démarche de dialogue. Rien n’est acté.» L’industriel promet de ne «pas être acquéreur des terres agricoles. Nous serons dans un système de location, et les parcelles seront rendues à terme.»
Autre inquiétude sur le plan environnemental : «Ils vont détruire les dernières landes primaires du plateau de La Hague», déplore-t-on au sein du collectif Piscine Nucléaire Stop. Fin 2025, un peu moins d’1,5 hectare de ces terres situées à proximité du site avait été vendu par la municipalité de La Hague à l’industriel pour 518 000 euros, rapportait La Presse de la Manche. L’opération avait fait l’objet d’un bras de fer pendant plusieurs mois avec les opposant·es au projet.
«La question de l’eau nécessaire pour Aval du futur est aussi totalement éludée, alors que la région est en déficit hydrique», s’indigne Sophie, la militante du collectif. Au 1er octobre, le BRGM, le service géologique national chargé de l’étude du sol et du sous-sol, considérait le niveau des nappes phréatiques comme «très bas» dans le Cotentin. Les besoins en eau du projet n’ont pour l’heure pas été rendus publics. Interrogé, Orano précise que «ce sujet est en cours d’étude», sans donner davantage de précisions.
D’importantes questions se posent aussi en matière de logement, alors que le département, et le Cotentin en particulier, fait face à une forte pression immobilière. En 2025, cinq communes ont été classées en zone de tension par la préfecture, dont La Hague. «Nos jeunes n’arrivent plus à se loger, les prix montent à cause des salaires de l’industrie nucléaire», raconte Nicolas Massieu.
«Il y a une vraie question sociale dans ce projet. Comment ferons-nous, alors que nous avons du mal à trouver des médecins ? Comment allons-nous aménager nos écoles, nos hôpitaux ?», s’interroge Olivier (il n’a pas donné son nom), militant du collectif Piscine Nucléaire Stop.
Le «rond point des chèvres», symbole de l’opposition locale au projet Aval du futur, près du site d’Orano La Hague. © Clément Gousseau/Vert
Manuela Mahier, maire (divers gauche) de La Hague, considère qu’un «projet de cette ampleur aura nécessairement des conséquences sur le territoire, bien au-delà du seul périmètre industriel. Son développement ne peut pas être pensé indépendamment de l’habitabilité.»
L’industriel reconnaît qu’«Aval du futur ne pourra pas voir le jour sans que le projet soit accepté par le territoire». Pour convaincre la population, il compte sur l’organisation de conférences et sur l’ouverture récente d’Escale Info, un espace ouvert au public, situé tout près de l’usine actuelle et destiné à informer sur les activités du groupe.
De son côté, le collectif Piscine Nucléaire Stop organise des contre-conférences. La prochaine est prévue jeudi 15 octobre à Cherbourg et vise à contester les arguments en faveur d’un projet considéré comme «imposé», selon les mots d’Olivier. «Ici, le lobby, c’est l’industrie nucléaire. Orano est tellement puissant que tout le monde, y compris les politiques, se range derrière. Ils vont aménager de façon autoritaire le territoire, il n’y aura plus de place pour autre chose», dénonce-t-il.
Le projet, actuellement en phase de concertation, doit faire l’objet d’un débat public en 2027. Sylvain Renouf l’assure : «S’il réussit à passer cette phase et à obtenir à terme les différentes autorisations, le chantier devrait débuter en 2031.»
De Saint-Denis à Paris, les lycéens de Paul Éluard ont défilé aux côtés de leurs enseignants et des personnels éducatifs, mardi 13 octobre. Entre chants, danses et tensions avec la police, reportage au cœur d'une mobilisation qui refuse de s'essouffler.
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Ici des sandwichs et de l'eau, là du sérum physiologique, plus loin des sifflets imprimés en 3D... Des manifestants « solidaires » (parents, étudiants, profs, musiciens...) apportent leur soutien aux mobilisations lycéennes, comme à Paris le 13 octobre.
Paris, reportage
« Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! » À leur arrivée sur le parvis de l'Hôtel de Ville de la capitale, mardi 13 octobre, les lycéens et lycéennes sont accueillis par la mélodie d'un orchestre. Violons, trompettes, (…)
Source : VertSeuls 9 députés de Bretagne sur 37 - Loire-Atlantique comprise - ont voté pour le projet de loi dit d'urgence agricole soutenu par la FNSEA. Si notre région est un laboratoire de l'agriculture intensive, c'est aussi la seule - avec la Corse - à n'avoir envoyé aucun candidat RN au palais Bourbon. Elle n'en subira pas moins les reculs environnementaux contenus dans le texte.
L’article Au pays de l’agroindustrie, la loi d’urgence agricole fait un flop | Notre récap’ de juillet 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Des revenus en baisse, des dépenses qui augmentent... Le cancer du sein fait basculer de nombreuses femmes dans la précarité. Cancer Colère, qui a lancé le mouvement Octobre Colère, réclame un plan d'urgence, avec le remboursement intégral des soins.
À l'annonce de son deuxième cancer du sein en 2024 à 49 ans, Fleur Breteau se souvient de sa première inquiétude : « Ce n'était pas de savoir si j'allais m'en sortir, mais si j'allais pouvoir continuer à bosser. Sinon, comment j'allais tenir (…)
La récolte de pommes à cidre s'annonce « dramatique » en 2026, a alerté le directeur de l'Union nationale interprofessionnelle cidricole. Si le gouvernement prévoit une aide, la question de l'adaptation à long terme reste en suspens.
Saint-Cyr-du-Bailleul (Manche), reportage
À côté du champ brun hérissé de quelques chaumes de maïs, un monticule de minuscules pommes ridées ressort sur l'herbe verte. Casquette délavée sur la tête, Jérôme Lecrosnier se baisse prestement pour en ramasser (…)
La récolte de pommes à cidre s'annonce « dramatique » en 2026, a alerté le directeur de l'Union nationale interprofessionnelle cidricole. Si le gouvernement prévoit une aide, la question de l'adaptation à long terme reste en suspens.
Saint-Cyr-du-Bailleul (Manche), reportage
À côté du champ brun hérissé de quelques chaumes de maïs, un monticule de minuscules pommes ridées ressort sur l'herbe verte. Casquette délavée sur la tête, Jérôme Lecrosnier se baisse prestement pour en ramasser (…)