Des fermes décimées, des monocultures asséchées, des usines qui ferment : la Bretagne, terreau propice à l'agro-industrie, vit durement les canicules de cet été. Pourtant, ses leaders continuent de regarder ailleurs.
Douarnenez (Finistère), correspondance
Le hangar de Manu est bien vide. Seuls les restes de graines qui tapissent le sol et l'odeur d'ammoniac qui pique le nez rappellent qu'ici, il y a encore quelques jours, plusieurs milliers de dindes occupaient l'espace. « Mais avec la (…)
L'association de pêche du Haut-Ellé a porté plainte contre X, lundi 10 août, après la découverte d'une pollution agricole affectant un ruisseau à Langonnet (56), en Centre Bretagne. La mairie assure que la pollution n'affecte pas la ressource en eau potable.
L’article [Info « Splann ! »] En pleine crise sécheresse, les pêcheurs portent plainte après la pollution d’un affluent de l’Ellé à Langonnet dans le Morbihan est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Des méduses antinucléaires ? Le 10 août, le groupe EDF a annoncé sur son site l'arrêt de trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord). Le coupable : un afflux massif de méduses dans les stations de pompage d'eau de la mer du Nord, qui refroidissent la centrale. Un incident similaire s'était déjà produit durant l'été 2025.
« Cette situation n'entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l'environnement », a assuré EDF, comme (…)
Selon leur avocat, « la machine s’est clairement emballée. Ils ont voulu les intimider, les casser pour les dégoûter de l’action militante pour une action purement symbolique. »
Cet article Trente trois heures de garde à vue et trois nuits en prison pour une banderole sur un pont est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
[Le renouveau de la rando 1/4] Randonnée, alpinisme, bivouac : les espaces naturels sont présentés comme universels, mais restent traversés par le racisme, entre moqueries et soupçons. Une génération de randonneurs racisés raconte. Et commence, doucement, à changer la donne.
C'est une vidéo comme il s'en poste des dizaines chaque jour. Un jeune homme se filme longeant une rivière, surplombée par des montagnes. Mais lui, il s'appelle Omar. Et il s'adresse en ces mots à ceux qui le (…)
Les travaux du data center de Fouju (Seine-et-Marne) ont commencé. Céline Malaisé, conseillère régionale d'Île-de-France (Parti communiste), s'est rendue sur place pour constater que le ballet des bulldozers avait débuté, comme le montrent ses images publiées sur Instagram.
Le préfet de Seine-et-Marne a donné son autorisation le 29 juillet pour lancer le chantier de cet immense data center, qui va artificialiser 90 hectares de terres agricoles. Il devrait consommer, à lui seul, autant (…)

Source :Compte Facebook, le 9 août 2026
Etiqe :Inventé
Contenu :
Selon de nombreuses publications en ligne, l’ancienne ministre aurait proposée une nouvelle taxe pour les « seniors bénéficiant d’une retraite supérieure à 2 000 euros », estimant qu’il serait « inacceptable de vivre dans l’opulence en cette période ».
Une phrase choc, empreinte d’une forme de mépris, qui a particulièrement agacé de nombreux internautes. « Opulence ? 2000 euros ? Se fout du monde eux qui ont des gros salaires et tous les avantages …. La honte.. », s’agace l’un d’entre eux.
« Elle est complètement folle cette ministre c’est plutôt un Sinistre ! Bon maintenant ça suffit ! Nous devons nous révolter !!!! », ajoute une autre internaute, au milieu d’un torrent d’insultes.
Problème : l’ancienne ministre du Travail n’a jamais prononcé cette phrase, comme l’ont déjà montré nos confrères de franceinfo, en juillet 2025. Mais la désinformation continuant de circuler, Les Surligneurs mettent également la main à la pâte.
Une fausse citation indélébile
Malgré nos recherches, nous n’avons retrouvé aucune trace d’une déclaration plus récente allant dans ce sens. Ni dans la presse ni dans les communications officielles de l’ancienne ministre.
La fausse citation, elle, n’a pourtant jamais vraiment disparu. Les Surligneurs en ont retrouvé les premières occurrences en février 2025, sur TikTok. Sans qu’il soit possible d’établir un lien direct, ces publications apparaissent quelques jours après l’invitation de la ministre sur le plateau de l’émission « Bonjour ! », la matinale de TF1.
Au cours de cette interview, la ministre défend l’idée de taxer davantage les retraités les plus aisés. Le seuil de « 2 000 – 2500 euros » est évoqué comme une hypothèse, mais la phrase concernant « l’opulence » dont bénéficieraient ces seniors n’est jamais prononcée.
Quoi qu’il en soit, la fausse citation entame ensuite une longue vie numérique. En juillet 2025, elle refait surface. Un internaute s’agace sur Facebook, estimant que « ces propos ne peuvent soulever que la colère, ils sont d’une indignité incommensurable ! »
Il publie également un visuel montrant le visage de la ministre, accompagné de la citation litigieuse et d’un titre : « Mépris de classe ».
Un an plus tard, en juillet 2026, la fausse citation apparaît une nouvelle fois. L’article des Surligneurs aura-t-il davantage d’impact ?
Auteurs :
Auteur : Étienne Merle, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Étienne Merle, journaliste
L’article Non, l’ancienne ministre du Travail n’a jamais parlé d’« opulence » pour les retraités à plus de 2 000 euros est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Alors qu'une cinquième canicule débute et que les forêts s'embrasent, les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre continuent d'alimenter le brasier du réchauffement climatique, sans en être tenus pour responsables, dénonce notre journaliste dans cet éditorial.
À chaque phénomène extrême, amplifié et démultiplié par le réchauffement climatique d'origine humaine, les regards accusateurs se tournent, légitimement, vers l'inaction de l'État. Parfois, ce sont même les écologistes et les (…)
Alors qu'une cinquième canicule débute et que les forêts s'embrasent, les plus grands émetteurs de carbone continuent d'alimenter le brasier du réchauffement climatique, sans en être tenus pour responsables, dénonce notre journaliste dans cet éditorial.
À chaque phénomène extrême, amplifié et démultiplié par le réchauffement climatique d'origine humaine, les regards accusateurs se tournent, légitimement, vers l'inaction de l'État. Parfois, ce sont même les écologistes et les (…)
La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), en bord de Garonne, avec un des deux réacteurs a l’arrêt. © Jean-Marc Barrere/Hans Lucas/AFP
Alors que la France connaît une nouvelle hausse du mercure sur l’ensemble du territoire au cœur de la quatrième canicule de l’été, le parc de réacteurs nucléaires d’EDF a atteint un niveau inédit d’indisponibilités liées à la sécheresse et aux fortes chaleurs. Dimanche après-midi, il a culminé à un taux de 5,6% de puissance manquante, selon des calculs de l’AFP réalisés à partir des données publiées depuis 2015 par EDF.
Jamais autant de puissance nucléaire électrique n’avait fait défaut en France à cause des fortes chaleurs, de la hausse des températures des cours d’eau et de la baisse de leur débit. Dimanche, cinq réacteurs (Tricastin 1 et 4, Saint Alban 1 et 2, Bugey 3) ont dû adapter leur puissance et quatre réacteurs étaient à l’arrêt (Golfech 2, Chooz 1 et 2, Cattenom 1) et l’étaient toujours ce lundi.
Déjà à la mi-juillet, EDF avait battu un record de nombre de réacteurs contraints de réduire ou d’arrêter leur production à cause de «contraintes environnementales» ou de «causes externes liées à l’environnement», selon les termes de la société de production d’électricité. Dans la soirée du 14 au 15 juillet, 9 unités au total avaient, là aussi, dû réduire leur puissance et trois avaient été contraintes de se mettre à l’arrêt complet (Chooz 2, Golfech 2, Bugey 3).
La France compte 57 réacteurs nucléaires, assurant quelque 70% de sa production d’électricité. Tous sont installés au bord d’un fleuve ou de la mer pour permettre le refroidissement des installations.
Or, en cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse de la température des cours d’eau peuvent contraindre EDF à réduire, voire arrêter, sa production pour préserver l’environnement. L’exploitant ne peut alors plus émettre d’effluents chimiques ou radioactifs, ni réchauffer davantage les rivières avec ses eaux de refroidissement (rejetées plus chaudes).
Le Rhône, la Garonne ou la Gironde sont déjà en surchauffen et le prélèvement puis le rejet – à quelques degrés de plus – d’énormes quantités d’eau destinées à refroidir les réacteurs nucléaires risquerait de nuire à l’écosystème aquatique ou d’empêcher certains usages (l’eau potable ne peut pas être captée au-delà de 25°C, par exemple).
EDF précise que les réacteurs peuvent fonctionner malgré des températures de cours d’eau élevées, sans risque pour la sûreté, les limites imposées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour chaque site visant à «protéger la flore et la faune».
Le groupe souligne aussi que «l’impact des phénomènes de sécheresse et de canicule sur la production nucléaire est très faible» et rappelle que la France reste largement exportatrice d’électricité vers l’Europe, «avec jusqu’à l’équivalent de plus d’une dizaine de réacteurs nucléaires au cours de la journée» de lundi, selon les données du gestionnaire du réseau de haute tension RTE.
Dans un contexte d’aggravation du changement climatique, ces «indisponibilités climatiques» sont désormais récurrentes l’été. «Depuis 2015, c’est tous les ans», remarque même Thibault Laconde, fondateur de l’entreprise Callendar, spécialisée dans les risques climatiques. L’adaptation du parc nucléaire d’EDF devient donc un enjeu stratégique pour le groupe, appelé à piloter le chantier de la relance du nucléaire pour électrifier l’économie française.
Sans ces mesures, l’effet des restrictions environnementales pourrait représenter 1,4% de la production nucléaire annuelle dès 2035, contre une moyenne de 0,3% aujourd’hui depuis 2000, selon l’électricien, qui compte investir 8,7 milliards d’euros d’ici à 2040 pour adapter ses installations.
Autre conséquence du changement climatique : en réchauffant la température des océans, il est l’un des facteurs de la prolifération de bancs de méduses sur le littoral nord de la France en été. Un afflux massif de ces animaux dans les stations de pompage d’eau de mer de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) a contraint lundi EDF à ralentir ou arrêter quatre de ses réacteurs, portant à treize le nombre total d’infrastructures touchées.
Les réacteurs n°2, 3 et 4 ont été arrêtés et la puissance de l’unité de production n°1 a été réduite à 50%, a annoncé le groupe sur son site. Seul le réacteur n°6 fonctionne actuellement à 100%, le n°5 étant en arrêt programmé pour maintenance, a précisé la société de production d’électricité. La plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale avait déjà été confrontée au même problème il y a un an.
Les images sont à vomir. L'association de défense des animaux L214 a publié, le 10 août, des vidéos tournées dans deux sites de la SCEA Tertre Es Lys, un élevage porcin situé à Hénon et à Saint-Carreuc (Côtes-d'Armor). On y voit des dizaines de cadavres de cochons, à différents états de décomposition, abandonnés dans des cases d'élevage sur caillebotis.
Certains corps sont momifiés, tandis que d'autres ne sont plus que des squelettes. L'association affirme avoir tourné ces images les 3 et (…)
Au Liban, les abeilles payent le prix fort de la guerre. Alors que 600 km2 du Sud-Liban restent occupés par l'armée israélienne, des apiculteurs tentent de reconstruire leur vie et leurs ruches loin du front, en attendant le retour sur leurs terres.
Beyrouth (Liban), correspondance
Sur les hauteurs de Beyrouth, le bourdonnement des abeilles se mêle au chant des cigales en cet après-midi de juillet. Les pollinisateurs se pressent à l'entrée des ruches, installées sur cette colline qui (…)

Source :Compte X, le 9 août 2026
Etiqe :faux
Contenu :
Le mythe conspirationniste du « grand remplacement » n’est pas que démographiquement erroné, il se nourrit aussi de fausses informations distillées çà et là sur les réseaux sociaux. C’est précisément le cas pour une vidéo partagée des milliers des fois montrant une église en proie aux flammes. Celle-ci est présentée par des internautes comme située en France, et qui serait la résultante d’un acte anti-chrétien perpétré par un musulman.
C’est faux : la vidéo, certes authentique, a été prise en 2019 dans la commune de Mercier… au Québec, province du Canada, située à plus de 5000 kilomètres de la France. De plus, les investigations n’ont pas réussi à lier l’incendie à des « musulmans », comme le disent les publications.
Une vidéo recadrée d’il y a sept ans
Cette courte vidéo est en réalité extraite d’une séquence plus longue filmée par un journaliste canadien sur X, le 19 septembre 2019. On y voit au premier plan un cimetière, et une église en fond dont s’échappent une épaisse fumée et des flammes sur le pan droit de l’édifice religieux. « Incendie de l’église Sainte-Philomène à Mercier. Plusieurs municipalités demandées en entraide », écrit le journaliste.
Comme en témoignent plusieurs articles de presse québécois, l’église Sainte-Philomène a bel et bien été touchée par un incendie, ce même jour, le 19 septembre 2019. Située dans la localité de Mercier, en Montérégie, au sud-est de la ville de Montréal, la petite église avait été fortement endommagée par le feu, décrivent les médias.
Dès le lendemain, il est identifié que l’incendie pourrait être d’origine criminelle, et un suspect est arrêté. Les investigations n’ont cependant pas permis de retrouver et de juger l’auteur. D’après des articles de presse postérieurs, l’homme en question aurait été incriminé et jugé pour d’autres faits. Il n’existe aucune preuve que l’incendie a un lien quelconque avec des « musulmans ». Contactée, la mairie de Mercier n’avait pas encore répondu à nos sollicitations.
L’église Sainte-Philomène appartient désormais à la municipalité qui l’a rachetée afin d’assurer la reconstruction – coûteuse – et qui l’a transformée en centre communautaire et culturel.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Cette église qui brûle ne se situe pas en France… mais au Québec est apparu en premier sur Les Surligneurs.
« Les naissances de loups sont très rares hors des Alpes. Deux années de suite, c'est une excellente nouvelle. »
Cet article Pour la deuxième année, deux louveteaux sont nés en Corrèze : un signal d’espoir est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
« Parfois, la meilleure façon de protéger un endroit que l'on aime est de le laisser tranquille », explique l’un d’entre eux.
Cet article « Je ne peux plus participer à cette mascarade » : des guides en Antarctique claquent la porte est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
[Les nouveaux visages de la criminalité environnementale 2/4] Depuis le plateau des Guyanes, les vessies d'acoupa, un déchet de poisson consommé comme mets de luxe en Chine, s'échangent à prix d'or, au prix d'une pêche illégale qui ravage les eaux guyanaises.
Georgetown (Guyana), reportage
Comme tous les jours, le marché aux poissons anime le quartier populaire de Meadow Bank, dans le sud de Georgetown, la capitale du Guyana, qui s'étale entre la large Demerara River et l'océan (…)
Alors que l'Espagne fait face à des incendies de plus en plus ravageurs, aggravés par le changement climatique, des citoyens se forment pour agir dès les premières minutes et empêcher que le feu ne devienne incontrôlable.
Esparreguera (Espagne), reportage
« C'est super les gars, mais envoyez le jet un peu plus loin pour atteindre l'arbuste en feu ! » s'écrie Jordi Diaz Baño, au milieu d'un parc forestier au pied de la montagne de Montserrat, en Catalogne. « Et n'oubliez surtout pas de (…)

Source :Compte Facebook de Jean Messiha, le 4 août 2026
Etiqe :pas de faveur
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La Caf de l’Eure a-t-elle discriminé ses usagers ? Dans une vidéo virale publiée sur son compte TikTok personnel le 4 août et retirée depuis, l’homme le plus fort de France, Aurélien Lejeune, s’est livré à une analyse de l’offre de services de sa caisse d’allocations familiales.
Face caméra, le strongman explique devoir notifier un changement de situation professionnelle, mais ne parvient pas à réaliser la démarche sur le site de l’organisme ou par téléphone. « Je me dis [que] c’est pas grave, je vais prendre rendez-vous, y’a des bureaux à côté de chez moi », explique le sportif à ses 24 000 abonnés. Mais à son grand dam, la plateforme lui indique qu’aucun rendez-vous n’est disponible dans sa zone actuellement – vidéo du site à l’appui.
Sauf que, « un peu curieux », Aurélien Lejeune décide, selon ses dires, de tester d’autres motifs de prise de rendez-vous. « [Pour] la plupart des motifs ça [ne] marche pas, il n’y a pas de rendez-vous possible, sauf [pour l’un d’entre eux] », assure le strongman, qui continue sa démonstration vidéo depuis le site de la Caf de l’Eure.
Sur le menu déroulant des motifs de prise de rendez-vous, le sportif choisit l’option « réfugié/déplacé », et là, une dizaine de rendez-vous apparaît pour les dates du 7 et 10 août. Aurélien Lejeune commente, un brin amer : « Je ne sais pas comment interpréter [ce résultat, alors que] c’est un service français payé par mes impôts. »
En quelques heures, la vidéo fait le tour des réseaux sociaux, qui auront moins de mal à tirer des conclusions. Le polémiste d’extrême droite Jean Messiha s’indigne qu’« un pays privilégie les étrangers à ses propres citoyens ». Dans son sillon, de nombreux internautes pointent du doigt une rupture d’égalité dans l’accès au service public, en faveur des réfugiés.
Mais rien de tout cela n’est vrai : les créneaux de rendez-vous qu’Aurélien Lejeune a pu visualiser étaient disponibles pour tous les usagers de la Caf de l’Eure qui en avaient besoin, et non les seuls réfugiés.
L’accueil physique réservé à certains cas
Joint par Les Surligneurs, l’organisme explique : « Sur la période concernée, les rendez-vous pour les changements de situation professionnelle [le motif choisi par Aurélien Lejeune, ndlr] que nous avons mis à disposition se déroulaient exclusivement par téléphone. Or, sur la période choisie, tous les créneaux téléphoniques étaient déjà réservés. » D’où l’absence de rendez-vous proposé au sportif.
En revanche, pour d’autres motifs, la Caf de l’Eure accueille bien les allocataires dans ses antennes. « En général, les rendez-vous physiques sont consacrés à des situations pour lesquelles il faut que l’on prenne un peu plus de temps avec l’allocataire pour bien comprendre sa situation et faire le tour de ses droits », explique l’organisme.
Cela concerne les réfugiés et déplacés, lesquels peuvent prétendre à certaines allocations comme le RSA ou la prime d’activité. Comme les entretiens peuvent buter sur la barrière de la langue ou nécessiter la présence d’un interprète, l’organisme propose un accueil sur site. L’intégralité des rendez-vous qui s’affichent sur l’écran d’Aurélien Lejeune après avoir choisi l’option « réfugié » sont d’ailleurs bien des rendez-vous en présentiel, repérables par l’icône en forme de marqueur GPS qui s’affiche à droite de l’horaire.
Mais il est faux de prétendre, comme le fait le sportif, que ces créneaux étaient réservés aux seuls ressortissants étrangers. Les rendez-vous physiques des 7 et 10 août mis à disposition par la Caf de l’Eure étaient également ouverts aux ressortissants français dont la situation justifiait un accueil en présentiel.
Des usagers non réfugiés accueillis en agence
Les Surligneurs ont eu accès à un document interne de l’organisme qui montre que des allocataires qui n’étaient pas forcément des réfugiés ont pris des rendez-vous sur cette période.
Seulement, les motifs pour lesquels ils ont pu bénéficier d’une rencontre avec un agent étaient plus lourds qu’un simple changement de situation professionnelle. Il s’agit de séparations, de réductions d’activité pour prendre soin d’un enfant, de dettes envers la Caf, ou encore de situations de handicap. Ces rendez-vous ont été pris sur la plateforme entre le 31 juillet et le 7 août, et les créneaux d’accueil correspondent à ceux obtenus par Aurélien Lejeune en optant pour le motif « réfugié/déplacé » sur la plateforme.
Les Surligneurs ont pu confirmer la disponibilité des créneaux d’accueil de la Caf de l’Eure pour les ressortissants français en effectuant leur propre simulation. Nous avons tenté de prendre rendez-vous pour deux motifs différents pour lesquels les Caf sont plus susceptibles d’ouvrir des rendez-vous en présentiel : une situation de handicap d’une part, et en se déclarant réfugié ou déplacé d’autre part. Dans les deux cas, la plateforme de l’Eure a renvoyé le même résultat : deux créneaux en présentiel, le 17 août, à 10h15 ou 10h30, à l’antenne de Louviers.
Autrement dit, la Caf de l’Eure n’a jamais réservé ses rendez-vous physiques aux seuls réfugiés ou déplacés au détriment des Français. Simplement, sur la période concernée, l’accompagnement des ressortissants étrangers était l’un des motifs pouvant justifier l’accueil d’un allocataire en agence, au même titre que d’autres cas de figure qui nécessitent des échanges prolongés, comme l’analyse de la situation d’une personne handicapée, ou de celle d’un parent isolé.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). Conformément aux règles d’indépendance éditoriale des Surligneurs, la Cnaf n’est pas intervenue dans la rédaction de l’article ni ses conclusions.
L’article Non, les rendez-vous de la Caf ne sont pas accordés en priorité aux réfugiés est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Source :Compte X, le 2 août 2026
Etiqe :faux
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« La Chine n’a enregistré que 226 départs de feu en 2025, en France, on en est déjà à plus de 13 000. » La phrase a de quoi alarmer, alors que l’été 2026 est marqué par les incendies dans l’Hexagone. À croire cette publication sur les réseaux sociaux, cela voudrait dire qu’il y aurait presque 58 fois plus de départs de feu en France qu’en Chine.
Le grand écart entre les chiffres avancés est pourtant incorrect. Il est la conséquence d’une confusion entre le nombre de départs de feu – tous feux confondus – et celui de feux de forêt, seulement. Les Surligneurs font le point.
Tout est parti d’un reportage diffusé au JT de 13h
L’affirmation s’accompagne d’un reportage diffusé au journal télévisé de 13h de TF1 du 2 août 2026 : « Chine, techniques radicales contre les incendies ». « En vingt-cinq ans, la Chine a divisé par 100 le nombre d’incendies forestiers sur son territoire », notent les journalistes qui ont réalisé ce sujet avant d’insister sur les méthodes de dissuasion mises en place par le gouvernement chinois pour enrayer les départs de feu de forêt. Dans les deux minutes de reportage, il n’est fait mention d’aucun autre chiffre.
Mais alors, comment l’internaute relayant le reportage a-t-il pu conclure qu’il n’y aurait eu que 226 départs de feu en Chine contre 13 000 en France ?
Côté français, pas de mention d’un quelconque bilan chiffré dans le reportage. Néanmoins, le 30 juillet 2026, le ministre de l’Intérieur a fait état de « 14 131 feux depuis le début de la saison », en conférence de presse. Un nombre qui se situe donc dans le même ordre de grandeur que ce qu’avance l’internaute.
Côté chinois, il faut se référer au lancement du reportage (à partir de 9 min 50) – qui n’apparaît pas dans l’extrait choisi, et qui n’est plus disponible en ligne, mais que Les Surligneurs ont pu consulter. « Comment lutter contre ces incendies ? La Chine semble avoir trouvé le remède. Elle n’a enregistré que 226 départs de feu l’an dernier, un niveau historiquement bas », annonce la présentatrice du JT, Audrey Crespo-Mara.
Le reportage concerne exclusivement les départs de feu de forêt en Chine, mais il est donc lancé avec un chiffre présenté comme celui, plus général, des « départs de feu ». Cette imprécision peut expliquer l’interprétation erronée qui en est faite par l’internaute.
Distinguer feux et feux de forêt
Les chiffres concernant les incendies en général et les feux de forêt sont assez difficiles à comparer, car tous les services de l’État, même au sein d’un même pays, ne comptabilisent pas de la même façon.
Ainsi, en France, en 2024, 234 702 incendies ont été recensés par la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). Parmi ces feux, en 2024, la majorité provenait de feux d’habitations et de bureaux (63 023 interventions pour ce motif) quand les feux de végétations comptabilisaient 29 270 interventions. Pour cette même année 2024, la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF) – pilotée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et le ministère de l’Intérieur – ne comptabilisait « que » 1 356 feux de forêt. Pour l’année suivante, en 2025, l’Office national des forêts (ONF) répertoriait 15 000 départs de feu ont été répertoriés, dont 1 800 feux de forêt.
La différence entre ces chiffres s’explique par le fait que la DGSCGC recense les interventions des pompiers, quand le BDIFF a une définition plus stricte : les incendies de forêt sont restreints aux feux qui touchent une zone forestière d’une « surface minimale de 0,5 hectare et que des arbres ou arbustes y sont partiellement ou complètement détruits ».
En 2025, la Chine a enregistré 841 000 feux (selon le Bureau national des incendies et des secours), dont 397 000 « incendies en plein air ». Seuls 272 ont été qualifiés de « feux de forêt », détaillait Wang Tianrui, porte-parole de l’Administration nationale des sapeurs-pompiers, lors d’une conférence de presse en mars 2026.
Le règlement concernant l’identification des feux de forêt en Chine a été modifié fin 2025. Ainsi, à partir de 2026, sont considérés comme des feux de forêt des incendies qui touchent une superficie forestière supérieure à 0,067 hectare et/ou qui font un ou plusieurs blessés graves, tandis que pour les feux de prairies, la superficie doit être supérieure à dix hectares brûlés.
Un fossé entre le nombre de feux de forêt en Chine et en France
Même s’il est périlleux de faire une comparaison entre deux systèmes de classification différents, il est possible d’avoir un ordre d’idée du nombre d’incendies à la fois en Chine et en France. L’an dernier, il y a eu 3,6 fois plus de feux sur lesquels sont intervenus les secours – tous feux confondus – en Chine qu’en France. À noter que la superficie du territoire chinois représente environ 17 fois la France métropolitaine.
De la même façon, la définition de « feu de forêt » n’est pas exactement la même entre les deux pays, mais, à en croire que les données des services de sécurité des deux pays, la France compterait 6,6 fois plus de feux de forêt que la Chine (en 2025, 1 800 en France contre 272 en Chine). Si l’écart annoncé par l’internaute (13 000 contre 226) est faux, ce ratio – 6,6 fois plus – peut légitimement interroger.
Le reportage de TF1 évoque des pistes pour expliquer une moindre proportion d’incendies en Chine : les politiques de prévention, surveillance et répression particulièrement développées en Chine. La manière de comptabiliser les incendies forestiers, du côté des administrations chinoises, pourrait éventuellement jouer un rôle aussi, comme nous l’avons évoqué.
La différence dans la couverture forestière de chaque pays pourrait aussi apporter une explication, notamment mise en relation avec la densité de la population. Le taux de boisement s’élève à 32 % en France métropolitaine contre 25 % en Chine. Mécaniquement, le territoire français se trouve donc un peu plus exposé au risque de feux de forêt.
En superposant une carte des forêts avec celle de la densité de la population, il est possible d’affiner l’analyse à l’échelle régionale. Certaines provinces particulièrement peuplées en Chine sont moins densément boisées, au Nord-Est notamment. L’urbanisation à proximité des forêts est un facteur clé pour penser les risques de feux. En France métropolitaine, 90% des départs de feux sont d’origine humaine, précise l’ONF.
La pertinence du calcul du nombre de départ de feu
Plus largement, d’autres indicateurs sur les incendies sont à considérer en plus du nombre de départs de feu, pour comparer la situation entre deux pays, comme par exemple la durée du feu et la superficie brûlée. « La surface des feux est importante pour arriver à voir la puissance des feux, notamment à leur éclosion, note Christophe Chantepy, expert en Défense des forêts contre les incendies (DFCI) pour l’ONF. Jusqu’à présent 95 % des feux étaient arrêtés avant de faire 5 hectares [en France], grâce à l’efficacité des services de lutte. »
Le spécialiste revient sur le suivi du nombre de départs de feu : « Il est pertinent car un feu qui ne démarre pas ne va donc rien détruire. C’est là que nous voyons notamment la force des politiques de prévention. Mais tout seul, sans analyse, ça ne vaut rien. » Il ajoute : « On pourrait avoir un nombre de départs de feu supérieur et pour autant une meilleure sensibilisation. Des actes qui étaient sans conséquences les années précédentes se retrouvent [maintenant] à pouvoir faire démarrer un feu, avec la sécheresse de la végétation. »
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Non, la France ne compte pas 58 fois plus de départs de feu que la Chine est apparu en premier sur Les Surligneurs.
La plainte déposée par la Métropole de Rouen vise les rejets massifs de polluants éternels, le TFA, provenant d'une usine de l'entreprise de pesticides BASF.
La Métropole de Rouen a déposé une plainte le 30 juillet avec constitution de partie civile, adressée au procureur de la République, contre l'entreprise de pesticides BASF pour des rejets de polluants éternels (PFAS) en provenance de son usine de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), classée Seveso seuil haut. Le chimiste allemand (…)
Depuis 1997, l'auteur de ces lignes pointe l'inaction des entreprises et des administrations en matière de protection des données personnelles. D'une part la sécurité informatique est délaissée, d'autre part les données sont monétisées. Ces deux points ne sont pas décorrélés. Résultat, les utilisateurs sont plongés dans un cauchemar numérique sans même le savoir, avant même que leurs données ne fuitent.
Avant, ne circulaient que les données que vous vouliez envoyer. Maintenant, on vous vole les vôtres, les plus personnelles. - CC
Lorsque Internet est devenu accessible au grand public, les machines avaient un rôle : faire circuler l'information. Les tuyaux étaient la voie (on les appelait « les autoroutes de l'information »). Les machines faisaient ce qu'on leur demandait. Amener la donnée d'un point A à un point B. Et puis ça s'est gâté.
Les entreprises, très frileuses au début, ont débarqué en masse. Elles ont dépensé ses millions pour des sites Web faits à la va-vite. Tellement à la va-vite que leurs serveurs étaient de véritables passoires. Les données confidentielles des entreprises fuitaient, les données personnelles de leurs clients s'étalaient sur le Net.
L'auteur de ces lignes s'était d'ailleurs fait une spécialité de raconter dans des articles les mésaventures des boites ou des administrations de tous pays qui affichaient côté marketing un message triomphant sur leurs présence sur Internet et de l'autre, les données personnelles de leurs clients ou leurs plans stratégiques les plus confidentiels. Copies d'écran à l'appui, pour le #LULZ...
Chaque année, l'idée de pouvoir trouver des serveurs aussi importants mal configurés semblait à première vue un challenge. La source d'articles allait forcément se tarir au fur et à mesure que ces technologies devenaient mieux connues, que la sécurité informatique se faisait plus présente, que les bugs étaient révélés avec l'apparition du mouvement du « full disclosure » et de...
Une fois hors service, les câbles qui voient passer nos communications internet et téléphoniques, restent souvent sur place, au milieu des récifs. © Parc marin de la Côte bleue
Ce printemps, un petit événement a animé le monde de la tech : le premier câble transatlantique de fibre optique, le TAT-8, a été retiré des fonds marins. Méconnu, ce type d’infrastructure voit passer 99% des données internet mondiales, mais aussi les communications téléphoniques. Si l’opération a été largement saluée par la presse spécialisée, c’est qu’elle est peu courante.
D’après l’un des rares chiffres sur le sujet, issu de l’industrie elle-même, plus de 3,5 millions de kilomètres de câbles sous-marins ont été posés depuis le milieu du 19ème siècle. Les deux tiers sont aujourd’hui inactifs et «la majorité est laissée sur place». Le TAT-8 ne fait d’ailleurs pas exception à la règle : seulement 45% du câble a en réalité pu être retiré.
En l’absence de législation internationale sur le sujet, le retrait des câbles est d’abord un enjeu de rentabilité. L’activité de l’entreprise à l’origine de l’opération, Subsea Environmental Services, consiste à acheter des câbles hors service à ses propriétaires pour revendre les métaux qu’ils contiennent. Pour que cela reste intéressant, elle se limite aux eaux internationales, reconnaît son directeur John Theodoracopulos : «En dehors des zones internationales, il y a des réglementations que nous ne sommes pas en mesure de prendre en compte.» Pour rappel, les zones maritimes à plus de 370 kilomètres des côtes ne sont sous la juridiction d’aucun État : ce sont les eaux internationales.
En clair, si Subsea Environmental Services veut opérer dans les eaux nationales d’un État, elle doit réaliser des études d’impact et se plier à certaines règles environnementales. L’entreprise, l’une des rares spécialisées dans ce domaine, évite aussi les zones dans lesquelles les câbles s’emmêlent et où en retirer un pourrait abîmer les autres. Elle se concentre donc sur une petite partie du réseau hors service, celle qui combine facilité de démontage et absence de réglementation.
Ces entreprises ne représentent donc pas une solution à grande échelle pour le démantèlement des câbles inactifs. D’autant plus que ce n’est pas en haute mer mais près du littoral que les fonds marins sont les plus riches, et donc les plus susceptibles d’être abîmés. C’est ce qu’a constaté le Parc marin de la Côte bleue (PMCB), dans les Bouches-du-Rhône. Le site se trouve en périphérie de Marseille, premier hub européen de trafic de données internet, avec 17 câbles actifs. En 2019, il a réalisé une expertise d’impact écologique inédite sur quatre câbles Orange hors service qui traversent le parc.
Le PMCB a constaté plusieurs dégâts dans son périmètre. Certaines infrastructures qui ne sont plus attachées bougent quand la mer est agitée et écrasent les herbiers de posidonie, essentiels à l’écosystème marin. D’autres, dont la protection se détériore, libèrent des substances toxiques. «C’est dangereux pour les fonds marins, les bateaux et les baigneurs. La protection en plomb se défait et des morceaux de métal se désagrègent en zone baignable à deux mètres de profondeur», résume Benjamin Cadeville, auteur du rapport d’expertise.
L’expert a contacté Orange pour exiger le retrait des câbles. La société de télécommunications a d’abord refusé, prétextant qu’ils ont été posés au temps où l’entreprise était publique et portait le nom de France Télécom. Si l’argument est discutable, Orange ayant hérité des câbles, le parc ne parvient pas à prouver sa responsabilité, raconte Benjamin Cadeville : «Dans le code de l’environnement, le propriétaire d’une infrastructure doit remettre en état le site quand elle est hors service. Mais, à l’époque, personne ne faisait attention, donc on n’a pas conservé les preuves.»
Le parc a finalement obtenu le démantèlement des câbles dans l’enceinte du parc grâce à un accord à l’amiable avec Orange fin 2021. En revanche, tout n’a pas pu être retiré : «Par moment, il est plus dommageable de retirer un câble, car le naturel se mélange avec les déchets. Certaines parties sont trop enfoncées dans le sable, d’autres trop imbriquées avec les récifs», explique Benjamin Cadeville. Plus un câble reste longtemps dans l’eau, plus ce risque augmente. Aujourd’hui, le PMCB doit surveiller l’état des câbles restants pour prévenir les nouvelles détériorations. Contactée, Orange ne souhaite pas commenter mais indique que sa politique «est de respecter les obligations légales tout en optimisant les opérations marines dans les zones concernées».
Des situations similaires existent partout où il y a des câbles hors service en France. C’est seulement depuis 2011 que l’État impose à leurs propriétaires d’allouer, dès la mise à l’eau, un montant à leur démantèlement sur la partie dans les eaux françaises. Pour Clément Marquet, chercheur à l’École des mines de Paris spécialisé dans l’empreinte du numérique, cette évolution légale est cruciale mais arrive un peu tard : «Au début des années 2000, il y a eu une bulle spéculative autour d’internet : on a posé plus de câbles que nécessaire. Dès les années 2010, ils sont devenus obsolètes avec l’arrivée de nouveaux câbles plus puissants.»
Ces infrastructures sont conçues pour tenir vingt-cinq ans mais, dans les faits, c’est beaucoup moins. On parle de «durée de vie économique», explique Clément Marquet. «Un câble peut fonctionner seulement sept à dix ans s’il est considéré comme obsolète», pointe le chercheur. C’est le cas des quatre câbles de la Côte bleue, qui n’auront duré qu’une dizaine d’années chacun ; ou encore du TAT-8. L’infrastructure transatlantique retirée au printemps était hors service depuis une panne en 2002, après quatorze ans d’activité. La réparation n’a pas été jugée assez rentable.
En l’absence de régulation, la gestion des anciens câbles est encore pire en haute mer, déplore Clément Marquet : «Dans les eaux internationales, une pratique consiste à couper les câbles et à les laisser sur le côté.» Benjamin Cadeville abonde : «Quand ils veulent faire de la place pour un nouveau câble, ils poussent les anciens afin de dégager la route : c’est l’équivalent de tasser une poubelle.»
Il n’existe pas d’étude indépendante sur l’impact écologique de la fin de vie des câbles en haute mer. À peine existe-t-il une liste de recommandations pour retirer les câbles sans abîmer les fonds marins, fournie par une organisation qui regroupe des acteurs du secteur. Une liste non contraignante : «Rien n’impose le retrait des câbles dans une zone maritime située au-delà des eaux territoriales», rappelle le texte.
L’obsolescence de ces infrastructures a aussi des conséquences en termes de consommation de ressources naturelles, comme le montre l’association Le Nuage était sous nos pieds, qui alerte sur l’empreinte écologique du numérique. «À chaque nouveau câble, il y a des études environnementales ; mais elles ne prennent pas en compte l’extractivisme : ils n’existent pas sans l’extraction de métaux lourds», explique un membre de l’association qui a souhaité rester anonyme. «La question qu’il faut se poser, c’est : “De combien de câbles avons-nous besoin, et pourquoi ?”», développe l’un de ses camarades, qui n’a pas non plus donné son nom.
L’association rappelle la réalité concrète du numérique, loin de l’image véhiculée par les géants du secteur, qui parlent volontiers d’un internet «dématérialisé» ou «dans les nuages» – le fameux cloud. En outre, les câbles finissent de plus en plus souvent leur course dans les datacenters qui pullulent avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Un développement massif qui pose question en termes de consommation en eau et en électricité. Clément Marquet souligne que le déploiement des câbles sous-marins «est indispensable à l’explosion de l’IA», elle-même «très inquiétante en termes de captation de ressources».
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