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Timeline

  • Voici à quoi ressemble Mario dans la tête des IA

    Un internaute a demandé à des modèles de langage de dessiner Mario sur une grille de 32 × 32 pixels, sans leur fournir la moindre image. Leurs créations, parfois réussies et parfois méconnaissables, montrent ce que les IA retiennent du célèbre plombier.

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  • «Bienvenue à Paris» : des touristes new-yorkais tabassés par la police française

    «Nous n’avons jamais vécu ça aux États-Unis» : les violences policières gâchent le séjour des vacanciers

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  • Ontario premier unveils Lake Ontario sign in response to Trump’s ‘Lake America’ order – video

    The Canadian province's premier, Doug Ford, installed a billboard-sized sign on the lake's shoreline after the US president signed an executive order on Thursday directing US federal agencies to change the lake's name on US maps, documents and databases to 'Lake America'. Ford told reporters that the lake's name, which is more than 400 years old, would remain unchanged. Trade talks between the US and Canada collapsed last week, with each side ‌blaming the ⁠other for derailing three days of intensive negotiations

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  • Au Népal, une terreur de boue et de glace

    Des milliers de personnes sont toujours portées disparues après un effondrement glaciaire qui a transformé, le 26 août, une vallée de l’Himalaya en couloir de la mort. Une muraille de boue a déferlé sur une région investie par les routes, barrages, mines, tunnels et hôtels, malgré une forte activité sismique et l’instabilité des glaciers due au réchauffement climatique.
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  • Claude fait ce qu’il veut, l’iPhone Fold arrive et rachat de SFR– le récap’ tech de la semaine

    Cette semaine, Apple a envoyé son invitation pour la keynote du 9 septembre dédiée aux iPhone 18 Pro et iPhone Fold/Ultra. Xiaomi lui a vite répondu en lançant, après Huawei et Samsung, son premier téléphone format passeport. Le reste de l'actualité a été marqué par les nouveaux épisodes de Claude AI et par le rachat de SFR, qui avance petit à petit.

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  • Présidentielle 2027 : ce que les candidats ont réellement compris de la puissance technologique

    À La REF, grande messe annuelle du MEDEF, principale organisation patronale française, l’intelligence artificielle et l’innovation n’ont pas bénéficié d’une séquence dédiée lors du débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027. Elles en ont pourtant traversé presque tous les sujets : salaires, dette, industrie, énergie, commande publique et souveraineté. Si le vocabulaire est …

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  • Trump the renamer-in-chief keen to leave his mark – or his stain – on world

    As Americans face an affordability crisis and war with Iran, the president is focused on … changing the names of things

    Is it a key policy move which will “recognize the extraordinary contributions of the American people”? Or “real foolishness”?

    Whatever the impact of Donald Trump unusual decision to retitle Lake Ontario as Lake America, days after Canada’s prime minister refused to be cowed by Trump’s punitive tariffs, it has certainly divided opinion – but perhaps it shouldn’t have come as a surprise.

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  • Montpellier : Solidarité Partagée ouvre un nouveau lieu d’accueil pour les familles sans abri

    Dix mois après l’expulsion de son précédent lieu d’hébergement, l’association Solidarité Partagée a annoncé ce dimanche 30 août l’ouverture d’un nouvel espace d’accueil dans un ancien local commercial laissé à l’abandon. Des mères seules avec enfants devraient y être logées d’ici quelques jours

    Quelque part dans la métropole de Montpellier, une demi-douzaine de bénévoles s’activent pour nettoyer un ancien local commercial abandonné. Affairé à réparer une fuite d’eau, Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée, qui ouvre bénévolement des lieux d’accueil pour des familles sans abri depuis huit ans à Montpellier, explique : « Il faut de l’accueil d’urgence. On n’a pas les moyens de faire autrement qu’en récupérant des bâtiments inutilisés et laissés à la spéculation immobilière. »

    Le 27 octobre dernier, la police avait expulsé, sur ordre du préfet, la trentaine de personnes – dont quinze enfants – hébergées dans l’ancien lieu de l’association, une entreprise désaffectée du nord de Montpellier occupée depuis deux ans. Le tout à quelques jours de la trêve hivernale, et sans solution de relogement. S’en était suivie une semaine de campement devant l’hôtel de ville, ponctuée de rassemblements quotidiens et de deux manifestations devant la préfecture, le temps que la mairie finisse par mettre les huit familles à l’abri à l’hôtel – une solution d’abord annoncée pour dix jours seulement. Le préfet de l’Hérault avait alors dénoncé une « instrumentalisation politique » et annoncé saisir le procureur contre l’organisateur du lieu, une attaque à peine voilée contre Samuel Forest.

    « On a de la chance d’avoir des familles d’accueil qui peuvent proposer des solutions provisoires aux personnes à la rue qu’on accompagne. Mais aujourd’hui, elles sont épuisées et on a besoin d’un lieu plus pérenne. J’ai mis huit mois à le trouver et j’ai déjà fait quelques petites rénovations », poursuit Samuel Forest. Un lieu qui doit également servir de support au projet que l’association porte depuis sa création : « Nous voulons que les gens que nous accueillons, souvent sans papiers, puissent s’investir dans une activité citoyenne en créant un lieu de redistribution gratuite de ressources. »

    Depuis l’automne, la situation ne s’est guère améliorée. En décembre, un nouveau rassemblement était organisé pour une famille à la rue, et Samuel Forest décrivait en mars, alors que des collectifs appelaient à la réquisition des logements vides, un hiver « très compliqué », avec des familles appelant le 115 tous les jours sans succès. Selon les estimations avancées par ces collectifs, environ 2 800 personnes vivraient à la rue à Montpellier. L’association Une école Un avenir, elle, comptait « environ 80 enfants à la rue » dans la ville au printemps 2025, et il manquait déjà 1 000 places d’hébergement d’urgence à Montpellier à l’automne 2024. À l’échelle nationale, le baromètre FAS/UNICEF publié le 26 août recense au moins 2 355 enfants restés sans solution après un appel au 115 à la veille de la rentrée, dont 514 de moins de trois ans : + 9 % en un an, + 42 % depuis 2022. Un chiffre sous-estimé, préviennent les auteurs, puisqu’il ne compte ni les familles en squat ni celles qui ont renoncé à appeler. Pour mémoire, l’objectif gouvernemental affiché en 2022 était « zéro enfant à la rue ».

    En attendant, il reste encore des travaux de nettoyage à réaliser avant de pouvoir loger des familles. « D’ici quelques jours, on va pouvoir accueillir des mamans seules à la rue avec des enfants, sans solution, que l’on suit depuis un moment déjà. D’ici là, toute aide est la bienvenue », souffle Samuel Forest, avant de conclure par un message adressé à la mairie et à la préfecture de l’Hérault : « Ils nous connaissent et savent qu’on a aidé beaucoup de gens dans le besoin. Ce que l’on attend aujourd’hui, c’est du soutien, et un lieu pérenne pour que les familles ne passent pas l’hiver dehors. »

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  • J’ai testé cette chaise Percko qui vous rappelle à l’ordre quand vous êtes mal assis

    J’ai troqué ma chaise habituelle en filet pour la Percko et son épaisse assise qui refuse de rester immobile. Une drôle d’idée sur le papier qui se présente finalement comme une bonne solution pour améliorer sa posture devant l'écran.

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  • «Goûter son propre poison» : un influenceur trumpiste expulsé par ICE

    «Il a goûté à son propre poison» la formule est parfaitement illustrée par l'influenceur d'extrême droite Milo Yiannopoulos.

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  • À Vichy, la mémoire compliquée du fascisme français

    «Notre Salut», le film d’Emmanuel Marre sur la collaboration récompensé à Cannes, a été diffusé en avant-première mercredi à Vichy. L’occasion de soulever un peu plus la chape de plomb qui a recouvert ce pan sombre de la mémoire de la ville pendant des décennies.
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  • «Nous avons peur»: à la Maison de l’Argentine de Paris, le directeur d’extrême droite nommé par Javier Milei est de plus en plus décrié

    Plusieurs ex-résidents contraints de plier bagage en cette rentrée dénoncent une décision «politique» du directeur de l’établissement, Santiago Muzio. Ce proche de Marion Maréchal-Le Pen a transformé l’établissement en lieu de rencontre de l’extrême droite européenne. La mairie de Paris a demandé au Quai d’Orsay d’ouvrir une enquête.
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  • 🎉 Journée festive au présidio de Détrier 🎉

    Journée festive au Présidio de Détrier ! de 14 à 23h : jeux collectifs, balade naturaliste, visite de la pépinière, discussion argumentée "La chaîne du chêne", concert et DJ set !
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  • Documents leaked by Trump official to bolster a conspiracy show ‘absolutely nothing’

    Inside the US state department, critics are still attacking a shuttered office established to counter foreign propaganda. Now, some of its work is also being resumed

    A botched leak of purportedly explosive government files to a prominent conservative online personality was supposed to offer proof of what the Trump administration and its allies have long alleged: that a little-known office inside the US state department, created to fight foreign propaganda, had secretly become a tool for domestic censorship.

    Two former high-ranking officials at the Global Engagement Center (GEC), a target of Republican ire that lost its funding in 2024 and was disbanded after Donald Trump’s return to office in 2025, say the documents show nothing of the kind.

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  • OpenAI coupe ses modèles à Cursor après son rachat par le SpaceXAI de Musk

    OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.

    Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.

    Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI pour respecter ses conditions d'utilisation, en s'appuyant sur son expérience des entreprises de Musk qui violent les contrats.

    Il faut dire que les deux camps se détestent depuis un bail. Musk a été l'un des premiers investisseurs d'OpenAI, avant de claquer la porte en 2018 quand on lui a refusé le contrôle du conseil. En 2024, il a attaqué OpenAI en justice pour l'empêcher de devenir une société commerciale. En mai dernier, un jury lui a donné tort sur toute la ligne.

    Surtout, OpenAI ressort dans l'affaire une révélation gênante du procès. Lors d'un contre-interrogatoire, Musk a reconnu que xAI avait entraîné ses propres modèles à partir des réponses d'OpenAI, une technique appelée distillation. Autrement dit, faire apprendre son IA en recopiant celle du voisin. Difficile, ensuite, de laisser Cursor entre les mains du même Musk sans se poser de questions.

    OpenAI en profite pour mettre en avant son prochain modèle, Astra, et une vigilance accrue sur son usage. Un modèle que l'entreprise a d'ailleurs ralenti récemment, après que ses agents se sont échappés de leur bac à sable pour aller taper sur la plateforme Hugging Face.

    Du côté de Cursor, le patron Michael Truell relativise. Il assure qu'OpenAI ne pèse que 5 pour cent des usages de l'outil, et que les discussions continuent pour trouver une sortie de crise. Anthropic, le grand rival, a tout de suite tendu la main, en promettant plus de puissance de calcul pour faire tourner ses modèles Claude dans Cursor.

    Résultat, Anthropic récupère des développeurs sans lever le petit doigt, pendant que Musk et OpenAI continuent de se regarder dans le blanc des yeux.

    Source : OpenAI

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  • Le serveur qui s'appelait Paranoia : défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Cet article est une traduction collective de l'anglais d'un article publié le 27/08/2026 sur sabotmedia. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur "ce qu'on peut faire" n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen. On invite à des réflexions et propositions complémentaires dans ce sens afin de réflechir collectivement à quelle solidarité mettre en place depuis chez nous.

    À l'heure où cette traduction est publiée, les sites de autistici ne sont plus joignables. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront publiées sur leur blog : https://cavallette.noblogs.org

    Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.

    Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.

    Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.

    Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : "A/I existe désormais."

    Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist") et l'inscrit sur la "liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées" ("Specially Designated Nationals and Blocked Persons list").

    La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.

    Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.

    Avant A/I : La contre-culture internet italienne

    Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de "bulletin-board systems" [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés. Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.

    Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.

    Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.

    Le serveur qui ferma la porte en laissant les clés à l'intérieur

    La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.
    Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.

    Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.

    Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. "Affinité politique" ne signifie pas "contrôle opérationnel". Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.

    Gênes : baptême du feu pour l'infrastructure

    À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.

    Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2.000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.

    Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.

    Quand Trenitalia découvre l'effet Streisand

    La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers appelé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20.000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.

    Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice... une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.

    La répression d'Aruba

    Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.

    En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.

    A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.

    Le plan R* : la répression devient architecture

    Le résultat a été le plan R*, lancé en Octobre 2005 : un réseau de "communication résistante". Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.

    Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure. La répression est devenue architecture.

    Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la Norvège

    La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.

    Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de "Privacy Hero" du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.

    Des milliers de comptes ont été copiés au passage.

    Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism et dans leur version de leur propre histoire.

    26 août 2026

    La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist"). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis.

    La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mails chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'une infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.

    Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.

    Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.

    Suite : le 25 septembre

    Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.

    Les conséquence pourraient être la perte :

    • de comptes bancaires et moyens de paiement,
    • d'accès aux dons et levées de fonds liées aux États-Unis,
    • d'hébergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit réseau,
    • de noms de domaines et services associés,
    • de comptes de certificats, de sécurité et d'envoi d'e-mails
    • de services logiciels et de communication,
    • de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
    • d'accès aux services de A/I pour les personnes résidant aux États-Unis.

    Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.

    C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.

    Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur

    Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourraient juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.

    C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précédentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.

    C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.

    Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.

    Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.

    Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement états-unien n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans ses annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.

    A/I peut-il survivre à ça ?

    A/I a vu la répression étatique arriver de loin.

    Toute son infrastructure part du principe que :

    • les serveurs seront saisis ;
    • les hébergeurs coopéreront avec la police ;
    • les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices ;
    • les entreprises censureront le contenu controversé ;
    • certaines machines et sites d'hébergement deviendront inaccessibles ;
    • les données et les services doivent donc être chiffrés, distribués et remplaçables.

    Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux États-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.

    Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
    Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer leurs services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.

    L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :

    • les banques ;
    • les dons ;
    • les domaines ;
    • les contrats avec des hébergeurs ;
    • la bande passante ;
    • les certificats ;
    • les dépendances logicielles ;
    • les relations avec des institutions internationales.

    A/I a déjà survécu à l'isolement technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus largement, encourt un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.

    La mise-au-silence n'est pas pour le 25 septembre

    L'ajout sur la liste des organisations terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, elles, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.

    Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle A/I peut disparaître en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense des libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir public ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer des conseils qualifiés à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.

    Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.

    Ce que les soutiens peuvent faire d'ici au 25 septembre

    Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.

    Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent, tant que la désignation de terrorisme s'applique, sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent rechercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.

    Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est accessible sur https://cavallette.noblogs.org/] tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.

    Le réseau nommé solidarité

    A/I a survécu aux tentatives de censure des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.

    Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.

    A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.

    Elle va aussi dépendre de nous.

    D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État états-unien discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Ça reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.

    Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.

    Le premier serveur s'appelait Paranoia.

    Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.

    Déclaration publique de Autistici/Inventati : (source)

    Aujourd'hui nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d'informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l'état, ainsi que dans l'ordonnance judiciaire associée.
    Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d'outils d'auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d'activistes et autres individus, groupes et organisations.
    Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d'une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l'attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme...
    L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l'humanité.

    Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.

    Restons humain.

    Télécharge le livre d'A/I, +KAOS, sur l'histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement (ici ou là).

    Télécharge leur "Media Kit" visuel pour les réseaux sociaux, guides d'archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.

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  • Avez-vous démissionné sans le savoir ?

    Le meat proxy s'invite dans les débats autour de l'usage de l'IA dans un environnement professionnel. Si vous passez votre journée à copier/coller du texte qui vient d'une intelligence artificielle sans le relire, avez-vous quitté votre job sans vous en rendre compte ? Pour la rentrée, on vous partage l'édition de ToujoursPlus, notre newsletter gratuite qui décortique le présent pour anticiper l'avenir. Abonnez-vous ici !

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  • [Nancy] Des formateurs à la « sécurité intérieure » à l'Université… très à droite

    Le DU Sécurité intérieure dispensé à la faculté de droit de Nancy depuis plusieurs années forme des professionnels… de la sécurité intérieure, donc a priori pas des gauchistes. Mais il reste surprenant de découvrir que l'un des intervenants, mis à l'honneur à chaque séance inaugurale, est un poids lourd de l'union des droites et un acteur du réseau Stérin.

    Le diplôme universitaire Sécurité intérieure est un diplôme proposé très publiquement par la fac de droit(e ?) de l'université de Lorraine à Nancy. Sur son site, on trouve une brochure [1] dont les premières lignes feraient presque envie. On va même jusqu'à nous vendre l'importance de la sécurité intérieure dans la lutte contre les catastrophes climatiques. Bon, après on revient aux fondamentaux de la sécurité intérieure : les Gilets jaunes, la Nouvelle Calédonie, le narcotrafic, le crime organisé.

    Et pour s'y former, quoi de mieux que des immersions dans la gendarmerie nationale, les CRS ou le RAID ? L'université publique a tout prévu : « Le DUSI a aussi signé des conventions de partenariat avec l'Ecole Nationale supérieure de police (ENSP), la région de gendarmerie du Grand Est, la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire du Grand Est, l'Agora des directeurs de la sécurité, le SDIS 57 et le RAID ». Et les parrains des promotions sont tout aussi prestigieux : on y trouve tout autant le meurtrier de Rémi Fraisse qu'Edouard Philippe, ou encore l'ancien Défenseur des droits Jacques Toubon qui y fait figure de gauchiste.

    Les intervenants, quant à eux, sont assez divers quoique globalement très masculins. On y trouve quelques universitaires et plein de professionnels, ou encore en 2025 Mathieu Klein, maire de Nancy, dont on se demande un peu ce qu'il fait là (et lui peut-être aussi puisqu'il a disparu de l'organigramme pour 2026). On découvre le nom de quelques personnes, comme Jean-Noël Devillers, chef du service zonal du renseignement territorial pour la zone Est, ou d'autres plus insaisissables, dont le nom a été flouté.

    Thibault de Montbrial, très à droite… non : encore plus à droite

    Un intervenant dans cette liste mérite qu'on s'y attarde : Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et président fondateur du Cercle de Réflexion sur la Sécurité Intérieure. Ex-parachutiste pendant son service militaire, l'avocat est connu, il a travaillé sur de grandes affaires (affaire Clearstream, etc.), jusqu'à la défense des frères Bogdanov contre le CNRS [2].

    Mais en parallèle, il s'est occupé d'affaires un peu plus révélatrices de ses convictions. Il a par exemple, pour le compte d'EDF, fait condamner Greenpeace [3]. Sur les affaires moins médiatiques, Thibault de Montbrial défend des victimes ou des policiers plutôt que des figures du grand banditisme, et il se justifie en décrivant la police comme « garant des libertés » (haha). Dans un article du Monde de 2012, il parle de son attachement à la nation, attention ça fait peur : « Pour moi, la nation, ce n'est pas un vain mot. J'ai des frissons quand j'entends La Marseillaise, voir le drapeau me fait vibrer. » Mais il se veut aussi rassurant : « Je suis très républicain, c'est incompatible avec les thèses d'extrême droite. » [4] Depuis, il a continué de défendre plein de flics, y compris les deux meurtriers de Cédric Chouviat.

    Et il a un peu plus assumé ses convictions politiques, en devenant conseiller de Pécresse puis candidat LR aux législatives en 2022. Mais en bon défenseur de l'ordre, il s'est radicalisé. En 2023, Thibault de Montbrial est membre du comité stratégique de Livre Noir, puis de son successeur Frontières [5], média clairement situé à l'extrême droite, connu pour son manque de déontologie et ses pratiques à la limite de la légalité. En 2025, le Conseil national des barreaux a ainsi saisi le procureur de la République, suite à la publication par Frontières d'« une liste de 60 avocats considérés comme "coupables" de "l'invasion migratoire", [la diffusion] sur X leurs photos, déclenchant un mouvement de harcèlement à leur encontre, ainsi que des menaces de mort. » [6] Voilà qui illustre certainement le slogan favori de Thibault de Montbrial, « La peur doit changer de camp ». C'est tout de même un peu limite de cautionner ces méthodes pour un intervenant dans une faculté de droit.

    Thibault de Montbrial donne aussi des conférences au très conservateur Institut de formation politique, proche de la Manif pour tous et vecteur de l'union des droites [7]. Il faut dire que l'union des droites, c'est un peu son truc depuis quelques années. Des commentateurs analysent en 2024 : « De Darmanin à Zemmour, le pénaliste cultive ses réseaux au sein de la droite dure et se tient prêt à mettre son expertise sécuritaire au service d'une écurie politique. » [8] Et cet été 2026, l'intéressé affiche clairement ses ambitions : « J'assumerai d'une manière ou d'une autre de faire partie de cette nouvelle génération politique. » [9]

    En octobre 2024, l'avocat est par ailleurs visé par une plainte pour injures à caractère raciste déposée par le député Carlos Martens Bilongo [10], pour des propos l'ayant assimilé à un délinquant [11].

    Thibault de Montbrial est donc le président fondateur du Cercle de Réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI). Il s'agit d'un think tank où on trouve Patrick Stefanini (dont on se souvient du passage au ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration), ou encore Florence Bergeaud-Blackler, « spécialiste » autoproclamée des Frères Musulmans. L'activité principale du CRSI, c'est de pondre des rapports qui orientent le débat public, parfois repris mot pour mot dans la presse pour dire des trucs racistes [12], parfois justifiant l'invitation de son fondateur sur CNews [13]. Le CRSI sert également à organiser des conférences où Retailleau dit partager le combat de Némésis. On ne sera pas étonné d'apprendre que le CRSI est financé par Stérin, dans le cadre de son projet Périclès. Le journal L'Humanité, qui a révélé le système Stérin début 2025, qualifie Thibault de Montbrial de « figure centrale dans l'écosystème », et titre l'un de ses papiers : « Thibault de Montbrial, cheville ouvrière de Pierre-Édouard Stérin pour faire converger les droites extrêmes » [14]. L'air de rien, on a donc affaire à un poids lourd de la réaction.

    Thibaut de Montbrial prend la pose avec Le Jarl, influenceur d'extrême droite impliqué dans des violences

    … et qui dit des trucs de droite à la fac

    Depuis 2022 au moins, Thibault de Montbrial anime le séminaire de rentrée du Diplôme universitaire Sécurité intérieure, et il doit le faire à nouveau à la rentrée 2026 à la mi-septembre. Son séminaire est classé dans le module « Les enjeux de la sécurité intérieure ». Thibaut de Montbrial étant avocat, il pourrait bien dispenser des cours purement techniques sur ce sujet. Il ne faudrait pourtant pas oublier qu'il a une vision politique en matière de sécurité intérieure : il prône un choc d'autorité, il pense la lutte contre la délinquance comme une véritable guerre, et il associe l'insécurité à la « submersion migratoire » [15].

    Et en 2022, ses propos sur l'autorité étaient suffisamment marqués idéologiquement pour que le directeur de ce DU, Marc Burg, doive préciser : « On n'est pas forcément d'accord avec tous ses propos mais… » [16]

    Mais manifestement, les propos et le pedigree de Thibault de Montbrial ne sont pas suffisants pour lui retirer cette mission prestigieuse d'ouverture donc de cadrage de cette belle formation. Gageons que la séance inaugurale de 2026 le verra exulter après l'adoption par l'Assemblée nationale de la loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre »… lui qui, quarante ans après la mort de Malik Oussekine en décembre 1986, exprime en quoi cela pose un problème : « Un jeune avait été tué par des policiers, et il s'appelait Malik Oussekine, et il est devenu le symbole de ce qu'il ne faut pas faire. Et froidement, bien sûr, c'est évident qu'on ne peut pas se réjouir, et les policiers et gendarmes ne sont pas là pour tuer des jeunes Français. Mais, du coup, il y a eu une inhibition, et ce qui a guidé la doctrine du maintien de l'ordre en France depuis, c'est : il ne faut pas qu'il y ait de blessés et a fortiori de morts chez les gens qui sont en face. » [17] Ah quels regrets…

    Un responsable de diplôme flic, puis préfet… condamné pour violences aggravées sur conjoint

    Il faut dire que le profil du directeur de ce DU est lui aussi bien intéressant. Marc Burg étudie à Sciences Po, puis est auteur d'une thèse en sciences politiques. Il devient commissaire de police vers la fin des années 1980, est ensuite détaché sous-préfet en 1995, comme directeur de cabinet de Claude Erignac. Après un passage dans l'Ain puis en Meurthe-et-Moselle, il devient préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Aquitaine le 26 novembre 2010, puis préfet de Lot-et-Garonne le 9 décembre 2011.

    Le 25 mars 2013, la police intervient à la préfecture, alors que Marc Burg venait d'avoir une altercation avec son épouse. Celle-ci avait déposé plainte, aboutissant à la condamnation du préfet en première instance à 2 mois d'emprisonnement avec sursis, puis à sa reconnaissance de culpabilité et dispense de peine en appel. Suite à cette condamnation, Marc Burg est suspendu de ses fonctions pour trois mois dont deux avec sursis. Il est alors préfet en poste au ministère de l'Intérieur. Il l'est toujours aujourd'hui, tout en disposant d'un bureau à la préfecture à Nancy. Il a depuis notamment élaboré un guide sur l'ordre public destiné au corps préfectoral : dites-lui merci la prochaine fois que vous voyez un CRS sortir son tonfa. Professeur associé à l'Université de Lorraine, il cumule sa mission préfectorale auprès du ministère avec une activité d'enseignement, d'où sa responsabilité du DU Sécurité intérieure, et des publications aux titres évocateurs comme ces deux ouvrages : Droit fondamental et opérationnel du maintien de l'ordre public et Droit des armes, publiés en 2020 [18].

    Mais Marc Burg est aussi bien de droite. Qu'il soit un grand fan de la police, qu'il condamne les violences des manifestants, on s'y attendait. Par contre, qu'il soit correspondant occasionnel et admirateur du tortionnaire Bigeard, ça on s'y attendait moins [19]. Cette admiration exprime-t-elle une proximité idéologique avec Thibault de Montbrial, qui expliquerait la place d'honneur qui lui est réservée à l'ouverture du DU Sécurité intérieure ?

    Bloc Anti Fasciste (BAF) Nancy

    [1] « Diplôme universitaire Sécurité intérieure », https://fac-droit.univ-lorraine.fr/formations/diplomes-universitaires/#DUSI

    [2] « Thibault de Montbrial », Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Thibault_de_Montbrial

    [3] « Greenpeace : les militants condamnés pour leur intrusion dans la centrale de Cattenom », Le Figaro, 27 février 2018 https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/02/27/01016-20180227ARTFIG00068-des-militants-de-greenpeace-juges-pour-une-intrusion-dans-la-centrale-nucleaire-de-cattenom.php

    [4] « Un homme de fer au barreau », Le Monde, 16 mars 2012 https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/03/16/un-homme-de-fer-au-barreau_1670042_4497319.html

    [5] « Thibault de Montbrial : son plan radical pour rétablir l'ordre », Frontières, 26 avril 2024 https://www.frontieresmedia.fr/societe/thibault-de-montbrial-crsi-insecurite-justice-police-avocat---1522

    [6] « Frontières (média) », Wikipedia https://w.wiki/E2L$

    [7] Liste des intervenants sur le site de l'IFP https://ifpfrance.org/les-intervenants/

    [8] « L'avocat Thibault de Montbrial construit sa rampe de lancement en politique », La Lettre, 13 février 2024 https://www.lalettre.fr/fr/politique_partis-et-elections/2024/02/13/l-avocat-thibault-de-montbrial-construit-sa-rampe-de-lancement-en-politique,110159032-eve

    [9] « La peur doit changer de camp », entretien sur VA+, vers 52'25 https://www.youtube.com/watch?v=r80xaSdYI9k

    [10] « Le député Carlos Martens Bilongo porte plainte pour injures racistes », France3 Paris Ile-de-France, 19 octobre 2024 https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/le-depute-carlos-martens-bilongo-porte-plainte-pour-injures-racistes-3048034.html

    [11] Tweet de Thibaut de Montbrial https://x.com/MontbrialAvocat/status/1814231751788535836#m

    [12] « Immigration : les inquiétants chiffres répertoriés par le CRSI », Frontières, 10 janvier 2024 https://www.frontieresmedia.fr/immigration/immigration-chiffres-crsi-institut-thibault-montbrial

    [13] « La grande interview : Thibault de Montbrial », CNews, 19 juin 2026 https://www.youtube.com/watch?v=EvKe_2Mc55k

    [14] L'Humanité, 12 février 2025 https://www.humanite.fr/politique/anti-avortement/thibault-de-montbrial-cheville-ouvriere-de-pierre-edouard-sterin-pour-faire-converger-les-droites-extremes

    [15] « Thibault de Montbrial : son plan radical pour rétablir l'ordre », Frontières, 16 avril 2024 https://www.frontieresmedia.fr/societe/thibault-de-montbrial-crsi-insecurite-justice-police-avocat

    [16] Post de Marc Burg sur LinkedIn https://fr.linkedin.com/posts/marc-burg-b58423134_on-nest-pas-forc%C3%A9ment-daccord-avec-tous-activity-6976518791279079424-z1Dt

    [17] « La peur doit changer de camp », entretien sur VA+, vers 9'30 https://www.youtube.com/watch?v=r80xaSdYI9k

    [18] Marc Burg, Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Burg

    [19] Deux posts de Marc Burg sur LinkedIn : https://archive.is/sRlzP et https://archive.is/3tdiD

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  • [Vosges] Un jardin à sec, des golfs arrosés : la préfecture choisit son camp

    Pendant que la préfecture des Vosges refuse deux fois de suite d'accorder une dérogation d'arrosage à un jardin botanique qui abrite 2 600 espèces protégées, elle continue d'autoriser les golfs à vider des centaines de mètres cubes d'eau sur leurs pelouses. Le message est clair, et il ne passe pas.

    Niché à 1228 mètres d'altitude sur la Route des Crêtes, le Jardin d'altitude du Haut Chitelet conserve depuis plus d'un siècle une collection de 2 600 espèces végétales de montagne, dont certaines protégées et suivies dans des plans nationaux de conservation. Un patrimoine scientifique et botanique unique en France, aujourd'hui menacé par un choix administratif.

    Sa citerne de récupération d'eau de pluie, d'une capacité de 60 m³, est à sec. Pour éviter que les collections ne dépérissent, le jardin a demandé une dérogation lui permettant un arrosage de sauvegarde : 60 m³ répartis sur un mois, via un système d'irrigation nocturne, automatisé et utilisé avec parcimonie. Une demande raisonnable, pensée pour peser le moins possible sur la ressource en eau.

    Deux fois, la préfecture a refusé.

    Dans le même temps, le régime applicable en période de crise sécheresse continue d'autoriser l'arrosage des greens de golf, jusqu'à 350 m³ par semaine et par tranche de neuf trous. Rapporté à un mois, cela représente plus de vingt-trois fois la quantité que demandait le Haut Chitelet pour sauver ses collections. Deux poids, deux mesures : d'un côté un patrimoine scientifique et une biodiversité rare, de l'autre le confort de loisir d'une poignée de privilégiés. Personne ne conteste la sécheresse ni la nécessité de restreindre les usages de l'eau. Mais quand l'eau se fait rare, elle doit d'abord servir à protéger le vivant, la connaissance et notre patrimoine commun, pas les terrains de jeu.

    Face à ce refus, SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement appellent à un rassemblement le dimanche 30 août à 14h, devant le jardin, Route des Crêtes - Col de la Schlucht. Chaque participant·e est invité·e à venir avec une petite bouteille d'eau transparente, si possible en verre, solidement fermée. Ces bouteilles, levées ensemble lors d'un temps fort collectif, symboliseront la goutte d'eau que chacun·e veut apporter à la sauvegarde du jardin, avant d'être remportées par leurs propriétaires. Aucune eau ne sera versée dans le jardin sans l'accord explicite de ses responsables et des autorités compétentes.

    Les revendications sont claires : la mise en place d'une solution durable permettant au jardin de résister aux sécheresses futures, et la reconnaissance de la conservation scientifique et botanique parmi les usages essentiels de l'eau.

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  • Juges : comment rester indépendants et impartiaux

    La soif de justice est immense, mais l’ignorance de ce que font réellement les magistrat·es l’est tout autant. Ce documentaire leur donne le temps de nous raconter leur métier, la difficulté de juger, les coulisses de la justice. Dans une période où les…
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  • De la défaite amoureuse au désastre climatique

    Avec «Rochebrune», l’histoire d’une femme qui s’interroge sans complaisance sur son couple, le quotidien de sa famille recomposée et les dérives d’une société contemporaine à bout de souffle, Sophie Divry signe un nouveau roman très réussi.
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  • Primaire du PS: derrière le favori Raphaël Glucksmann, Olivier Faure en embuscade

    Donné gagnant pour la primaire de cet automne en vue de la présidentielle de 2027, l’eurodéputé Place publique est pourtant loin de faire le plein de soutiens au sein des troupes socialistes qui se sont réunies à Blois pour leur université d’été. De quoi relancer les espoirs des proches du premier secrétaire du PS.
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  • Trump’s ‘economic D-day’ against Iran risks driving the stakes even higher | Sina Toossi

    As with its approach to Hormuz, the US has mistaken applying pressure for an actual strategy. But Tehran has chips of its own to play

    Donald Trump has found a new way to promise victory over Iran. After months of war have failed to force Iran’s capitulation or collapse, his administration has unveiled what the US Treasury secretary, Scott Bessent, calls Operation Economic Outcast: an effort to cut it off from what remains of the global economy and threaten foreign governments, banks and companies with sanctions if they continue doing business with Tehran.

    There is no question that Iran is vulnerable. Its economy has been battered by years of sanctions, war and a months-long US naval blockade. Iranian officials acknowledge that oil exports and access to foreign currency have been severely constrained. Ordinary Iranians are already enduring high inflation, currency depreciation and worsening living standards. Further economic strangulation will inflict significant additional hardship.

    Sina Toossi is a senior non-resident fellow at the Center for International Policy, where his work focuses on US-Iran relations, US policy toward the Middle East and nuclear issues

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  • Du 30 août au 6 septembre, semaine d'action en soutien à l'antifasciste Gino

    Semaine d'action pour Gino !

    Il y a quelques jours, la justice française a décidé que l'antifasciste Gino devait être extradé vers l'Allemagne. Un pourvoi en cassation a été déposé par ses avocats, laissant un délai de 40 jours pour statuer définitivement. Cette extradition qui pourrait entraîner une peine de plusieurs années de prison en Allemagne, voire une nouvelle extradition vers la Hongrie, où l'antifasciste Maja est actuellement incarcérée dans des conditions alarmantes.

    Cette décision s'inscrit dans la criminalisation croissante de l'antifascisme, alors même qu'on assiste à une résurgence des forces fascistes et réactionnaires à travers l'Europe. Partout, les antifascistes sont poursuivis, réprimés, emprisonnés parce qu'ils s'opposent de manière conséquente à cette situation. En prenant une telle décision, les autorités françaises participent pleinement à la criminalisation de l'antifascisme.

    Face à cette situation, la solidarité est notre meilleure arme pour renforcer notre résistance contre l'État et sa répression ! Nous avons le pouvoir de l'empêcher en agissant !

    Nous appelons à une semaine d'action du 30 août au 6 septembre !

    Organisons des actions devant les ambassades et consulats allemands et français, distribuons des tracts, collons des affiches et menons toute autre action pour soutenir Gino et tous les antifascistes !

    Solidarité avec Gino !
    Solidarité avec tous les antifascistes emprisonnés !
    #FreeAllAntifas

    A l'appel du Comité Solidarité Budapest, Secours Rouge International, Plateforme Voix des Prisonniers, Free All Antifas – Italy

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  • PROPAGATION IMPRIMÉE 4

    Exposition d'affiches collectives : typographie, linogravure, sérigraphie, monotypes, peinture et marbrure accompagné par les notes de l'Orchestre Nobis. Impression en direct.

    La Parole Errante accueille une nouvelle fois l'exposition d'affiches collectives, Propagation imprimée. Les affiches réalisées cet été 2026, en typographie, linogravure, sérigraphie, monotypes, peinture et marbrure investiront la Grande salle de La Parole Errante.
    Et les notes de l'Orchestre symphonique Nobis voyageront dans cet espace redessiné.

    "Bonjour a toustes,
    depuis que 2026 est le nouveau 1984, le permis de tuer pour les flics, la loi RIPOST, la loi d'orientation agricole et autres oppressions en tous genres au profit de la bourgeoisie et de ses intérets, les canicules mortiferes, les feminicides, les meurtre homophobes et racistes, s'enchaînent à toute vitesse.
    On trouve que tout ça constitue toujours plus de bonne raisons d'écrire. Écrire sur du papier, sur les murs, sur les couverture des Closer de la salle d'attente de ton kiné, sur les abris bus, les manches de caddies du carrefour du coin de la rue, les affiches du puy du fou, les smartbox ; à l'aide d'un stylo, d'encre, de peinture, de la pointe de tes clefs, de javel, d'une craie, de blanco et tant d'autre. Écrire pour dire notre feu qu'on ravale trop souvent, la rage qu'on a au ventre et qui nous brûle de l'intérieur.
    Nous on a choisi l'encre et les presses pour faire des affiches à coller dans la rue, dans tes toilette ou dans le salon de ta·on voisin·e. C'est donc pour ça que tu es invité·e le 12 septembre à la Parole Errante pour t'en inspirer et surtout reproduire chez toi et partout ailleurs, avec ou sans fautes, parce que toustes celleux qui ont la capacité d'agencer des lettres qui forment les sonorités d'un message sont invité·es à le faire.

    Si le contenu orthographique de ce mail te derange, n'hesite pas a mettre du blanco, ratturer ou bien tirer une balle dans l'ecran de ton ordinateur de maniere absolument necessaire et strictement proportionée*
    * extrait de la Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale, visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions le 7 juillet 2026, T.A. n° 328.
    Vive l'impression non numérique engagée et libre.
    {{}}
    Violemment tienne,
    l'équipe des rêves"

    Ouverture à 14h - Fermeture 21h59
    Exposition, impressions en direct
    18h Concert de l'Orchestre Nobis

    Entrée libre.
    Petite restauration sur place. (Vous pouvez aussi amener de quoi grignoter )

    Et encore et toujours : FREE GINO, FREE ZAID !

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  • A propos du régime autocratique du président Kais Saïed et de la montée du racisme en Tunisie

    Ce document veut analyser l'ascension du populisme et du racisme utilisés par Kaïs Saïed et parmi la population en Tunisie. Déjà, avant et pendant son accession aux rennes de l'État, le président en Tunisie, s'était rendu populaire en se présentant d'abord comme proche des travailleurs et de la population, et en ayant fait de l'anti-élite et la lutte contre la corruption son principal, voire son unique, axe politique.

    Pour rappel, la population tunisienne avait déjà dans son histoire mené un soulèvement, à savoir la révolution du jasmin du 17 Décembre 2010 au 14 Janvier 2011 qui a culminé sur la fin du règne de feu le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali, donc au règne d'un tyran. Déjà cela. Mais cette révolte s'était arrêtée par son déraillement avec la mise en place d'un gouvernement transitoire qui, en pratique, a dépossédé les travailleurs et la population de leur destin et donc finalement de leurs capacités de prendre des décisions politiques.

    Une grande partie des travailleurs en Tunisie s'étaient régulièrement mobilisés contre tous les nouveaux gouvernements « post révolution » de « l'après Ben Ali » qui ont suivi, sachant qu'ils n'avaient promis que faux espoirs et chimères. C'était alors dans ce contexte-là que Kaïs Saïed avait saisi l'opportunité de se mettre en avant (avec la complicité d'une partie de la bourgeoisie) pour se présenter comme le champion de la logique anti système et contre la corruption puis d'accroître progressivement sa popularité et son influence.
    Avec ce populisme, Kaïs Saïed est rapidement devenu, au début et en l'espace d'une dizaine d'années, une figure de « sauveur du peuple » tunisien. Et cette image s'est consolidée lorsqu'il a remporté l'élection présidentielle tunisienne de 2019 avec une large victoire en se présentant comme un candidat anti-élite, proche des travailleurs et du peuple, extérieur aux partis traditionnels, islamistes, démocrates, etc…ainsi qu'étranger aux magouilles.
    Mais progressivement, sa politique devint de plus en plus autoritaire. Et pour cause, en 2021, il a suspendu le Parlement et concentré ses pouvoirs pour imposer en 2022 une nouvelle constitution lui confirmant les pleins pouvoirs.
    À partir de là, ce seront plusieurs opposants qui seront arrêtés. En 2023, plusieurs figures de l'opposition de tout bord politique ont été arrêtées et jugées dans des affaires dites de « complot contre la sûreté de l'État » et via leur procès en 2025, certains ont même été condamnés à de très lourdes peines, allant jusqu'à plus de 20 ans de prison, ce qui est du jamais vu depuis la chute de feu le tyran Ben Ali.

    L'organisation et la contestation par les travailleurs en Tunisie devant ces mesures autoritaires commencent alors à monter. Et sachant que son pouvoir était susceptible de vaciller tôt ou tard, ce président Kaïs Saïed a alors lancé (d'ailleurs également sur recommandation de certains de ses parrains de l'Occident) une politique démagogique raciste et anti-immigration visant les migrants africains Subsahariens. Et avec le support de la bourgeoisie nationale, cette politique cherche à la fois à diviser les travailleurs et la population et à détourner la colère des classes populaires vers une haine raciste pour casser le potentiel de contestation, mettre au pas la population pour qu'elle ne bronche pas, étant focalisée sur le faux problème de l'immigration subsaharienne, et ainsi aider à renforcer davantage l'image respectable de ce pouvoir brutal. Ainsi, en plus des expulsions, cette politique raciste s'est accompagnée de vagues d'arrestations policières, de mise en examens et d'emprisonnement de militants ou de personnalités antiracistes et outre les expulsions, d'abandons dans le désert, ce qui est criminel ! C'est inhumain, en plus d'être destiné à mettre au pas la population, d'autant plus que ces migrants sont des personnes qui passent par la Tunisie de manière temporaire dans l'espoir de rejoindre l'Europe pour espérer (d'ailleurs très souvent sans succès) une vie meilleure suite aux dégâts causés dans leurs pays à cause des dictatures placées par les grandes puissances si ce n'est pas par ces dernières elles-mêmes.

    Cette montée du racisme dans la culture et la mentalité « populaire » est la suite logique de cette politique gouvernementale populiste. C'est également lié au nationalisme et au patriotisme, tous les deux forts en Tunisie, car en parlant en terme de « peuple » et en réduisant tout à une identité nationale » homogène imaginaire et fantasmée voire élucubrée, on alimente une logique qui mène forcément à une vision de boucs émissaires, donc au racisme, avec le culte du chef, avec un président présenté comme le « porteur de la nation » et « celui qui redresse la nation ». Et partant de là, les travailleurs, les jeunes, les populations, etc…qui ne correspondent pas à ces critères identitaires et « nationaux » sont alors désignés comme des « ennemis », ou comme une « cinquième colonne complotant », soit, ce sont les bouc émissaires idéaux à accuser d'être les responsables de la misère sociale et des problèmes que le pays connait, et à mettre à l'écart. Puis, à cette fin, tout devient permis.

    Pour notre part, militant socialistes libertaires et anarchistes, nous disons qu'il n'y a AUCUN complot que ce soit, et quant aux problèmes que nous connaissons, nous savons très bien d'où ils viennent et au demeurant qui sont les véritables ennemis : ce sont les ennemis de la classe des travailleurs, à savoir les classes parasitaires, incarnées par la bourgeoisie, les maîtres capitalistes, les agents hiérarchiques du système capitaliste étatique et les hauts fonctionnaires, etc…. Ainsi, toute la rhétorique versée n'est que du poison employé pour détourner la colère sociale et faire oublier aux travailleurs la nécessité de s'unir et de contester le système capitaliste et ses instruments qui non seulement nous enferment et nous tiennent en laisse, castrent nos libertés, etc….mais qui sont aussi justement à l'origine de nos problèmes, des malheurs causant les déplacements de populations, etc…..
    La seule réponse est donc d'abord, en plus d'expliquer patiemment la source de nos malheurs, de refuser ensuite ces politiques menant aux divisions pour mieux régner, permettant à nos maîtres de dormir tranquille, et à partir de là, de reconstruire la solidarité entre tous les travailleurs, qu'ils soient « nationaux » ou étrangers, légaux comme « clandestins », d'autant plus que PERSONNE n'est illégal, la Terre appartenant à tous les humains. Tant que les exploités resteront divisés, le pouvoir et la classe dominante continueront de régner, et vice versa.

    C'est pour cela que le salut réside avant tout dans la mise d'un terme à ce système pourri et décadent qu'est le capitalisme, et cela signifie en finir avec le capitalisme et l'État et mettre en place le socialisme libertaire sans État ni capitalisme ni système monétaire, pour concrétiser une véritable libération sociale et politique. C'est donc aussi de faire la révolution pour cela et ainsi achever la révolution du 17 Décembre 2010 – 14 Janvier 2011, qui n'était qu'un début et devait continuer, la chute de Ben Ali n'étant pas une fin en soi.

    Ni État Ni capitalisme ! Mort au capitalisme, à l'État et à ses instruments (forces répressives, système monétaire, etc…) et au racisme !

    A bas les agressions et les pogroms et les préjugés y compris « populaires » contre les migrants !
    Abrogation des barrières sur les migrations et des frontières, qui condamnent justement les populations à la clandestinité !
    Les États, nations et frontières n'ont rien de naturel car la Terre appartient aux humains !

    Liberté de circulation et d'installation pour tous où bon lui semble, peu importe la nationalité !
    Vive l'unité de classe, la révolution sociale libertaire et la mort du capitalisme !
    ASR

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  • Ephéméride des luttes : 30 août

    Aujourd'hui 30 août, l'éphéméride des luttes saborde le vieux monde et cherche à l'envoyer par le fond. Et notamment ceux qui le défendent, que ce soient les sièges de la police, de la pénitentiaire ou des grands industriels.

    1957 : A Barcelone, en pleine dictatute franquiste, mort du guérillero anarchiste José Lluís Facerías sous les balles de la police.

    1970 : "Butch Cassidy and the Sundance Kid" revendique l'explosion du domicile du chef de la police métropolitaine de Londres.

    1971 : A San Francisco et Sacramento, le Weather Underground fait sauter des bureaux de la direction de l'administration pénitentiaire suite à l'assassinat en prison du militant des Black Panthers George Jackson 9 jours plus tôt.

    1974 : - A Tokyo, l'armée rouge japonaise fait exploser une énorme bombe au siège principal de Mitsubishi, faisant de gros dégâts.

    • A Paris, une 4L bourrée d'exposifs saute devant les locaux du journal fasciste 'Minute', revendiqué en soutien à la lutte en Palestine. Les enquêtes redirigeront l'affaire vers Carlos.

    1977 : A Rome, le cinéma 'Ariston' est incendié, alors qu'il avait dans sa programmation un film sur 'Entebbe', à savoir l'intervention des forces armées israéliennes contre le détournement d'un avion par un commando mixte du FPLP et des Cellules Révolutionnaires allemandes.

    1988 : En Irlande du Nord, trois militants de l'IRA (Gerard et Martin Harte, et Brain Mullin) sont abattus par les forces armées britanniques.

    2007 : En Norvège, un navire de la flotte de chasse à la baleine est coulé par un groupe qui pénètre dans le bateau et ouvre les valves d'eau à l'intérieur. Plus de deux millions d'euros de dégâts. C'est le cinquième navire baleinier norvégien qui est coulé depuis 1992. Action revendiquée 'Agenda 21'.

    2010 : A Minsk en Biélorussie, un groupe anarchiste attaque une ambassade russe au molotov et incendie des voitures officielles en solidarité avec la lutte pour la défense de la forêt de Khimki en banlieue de Moscou.

    2013 : A Bussoleno en Italie, deux compresseurs de l'entreprise Geomont sont incendiés dans la nuit, dans le cadre de la lutte No TAV contre la construction de la ligne de TGV Lyon-Turin.

    2016 : A Bruges, un pont en construction sur l'autoroute A11, nouveau tronçon qui doit relier Knokke à Bruges a été incendié et a entièrement brûlé. Les travaux sont effectués par des entreprises qui, à part construire des autoroutes pour améliorer les flux de l'économie capitaliste, construisent aussi des prisons pour défendre l'État, sa loi et la propriété privée. Il s'agit de DG Infra+ (constructeur de la nouvelle prison de Marche-en-Famenne) et Willemen (construction de la nouvelle prison de Leuze-en-Hainaut). (La Cavale via Cette Semaine).

    Allez également voir l'éphéméride anarchiste du 30 août pour plus de biographies.

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  • ‘You’re at war when you get attacked’: Mark Carney shows combative nature in face-off with Trump

    The Canadian PM is one of the few world leaders to stand up to the US president. Former colleagues say they are not surprised

    Mark Carney stood before a walnut-veneered lectern, his face drawn tight, as he announced that talks with Canada’s biggest trading partner had collapsed. “Last spring, I warned that America is trying to break us so that they can own us,” he said. “And I promised: that will never, ever happen. We are keeping that promise.”

    For years, the former central bank governor had worked hard to calm markets. Now, he was asking Canadians to accept uncertainty and confrontation.

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  • Les Gaulois contre la fast fashion : leurs vêtements étaient-ils vraiment écologiques ?

    Les Gaulois·es portaient des vêtements confectionnés avec des matières naturelles résistantes au temps. © Les Arverniales/Henri Derus/Association Trimatrici

    Pantalon rayé vert, tunique à carreaux rouges et bleus, ample châle multicolore… Derrière la vitrine de l’échoppe «En braies et en brogues», cinq mannequins présentent les dernières tendances gauloises. L’exposition «L’étoffe d’un Gaulois», au musée de Gergovie (Puy-de-Dôme), présentée jusqu’en mars 2027, recrée une boutique de mode pour «ne pas intimider les visiteurs avec un sujet scientifique qui concerne tout le monde : le vêtement et le bijou», explique Marion Chastaing, responsable de la médiation du musée.

    Les Gaulois·es, qui vivaient entre le 5ème siècle avant J.-C. et le premier siècle après, portaient des pantalons appelés «braies», des tuniques ou encore des manteaux rayés, à carreaux ou vivement colorés. Leur garde-robe était principalement composée de laine, de lin, de chanvre et de cuir. Mais l’emploi de matières naturelles suffit-il à en faire une mode écologique ?

    Une production artisanale et locale

    Avant d’enfiler une tunique, il fallait s’armer de patience. Après la tonte du mouton, la toison était triée, lavée, cardée (démêlée et aérée) et peignée. La laine était ensuite filée au fuseau. Pour reproduire une tunique gauloise, «cette seule étape a demandé à trois personnes au moins un mois de travail, à raison de trois heures par jour», raconte Marie-Pierre Puybaret, tisserande et consultante en archéologie.

    Les écheveaux (des groupes de fils repliés pour ne pas s’emmêler) étaient ensuite plongés dans des bains de plantes tinctoriales : garance pour le rouge, pastel pour le bleu, gaude ou genêt pour le jaune. Installés sur un métier à tisser vertical, ils étaient croisés afin de former l’étoffe. «À la vitesse d’environ sept centimètres par heure, le tissage des 3,50 mètres de tissu nécessaires à la tunique, puis sa découpe et sa couture, ont demandé cinq semaines supplémentaires, à raison de cinq à six heures par jour», précise Marie-Pierre Puybaret.

    Ces chaussures, appellées brogues, étaient fabriquées avec du cuir. © Valentin Uta/Musée de Gergovie

    Ce temps de fabrication donnait de la valeur au vêtement. La densité de la trame obtenue grâce à un tissage lent le rendait plus solide. Les habits pouvaient ainsi être gardés, réparés et transmis aussi longtemps que possible. La tunique de Bernuthsfeld, découverte en Allemagne et datée du haut Moyen Âge, soit environ cinq siècles après la période gauloise, donne un exemple de la longévité des vêtements. Recouverte de dizaines de pièces et de réparations, elle montre qu’une étoffe ne se jetait pas et qu’on l’utilisait pendant des années.

    Naturel… mais pas sans impact

    L’utilisation de fibres naturelles, la production locale, la fabrication artisanale et la longue durée d’usage font du vestiaire gaulois un modèle de durabilité. Mais son impact environnemental reste complexe. Des chercheur·ses de l’association Moires (Matériaux organiques textiles : identification, recherches, études) rappellent qu’il ne faut pas confondre naturel et inoffensif. «La teinture pouvait nécessiter des mordants [des sels métalliques ou de la pierre d’alun, NDLR] destinés à fixer les couleurs. Certains pouvaient être toxiques», détaille Léna Denain, ingénieure en archéologie à l’université Rennes 2 (Ille-et-Vilaine).

    Le traitement des peaux et des étoffes pouvait également entraîner des rejets polluants. «L’emploi d’urine, dont l’ammoniac était utilisé dans certains ateliers du monde antique, est attesté dans le monde romain. En revanche, son utilisation en Gaule n’est pas démontrée», remarque Nicolas Delferriere, chercheur en histoire de l’art et en archéologie antique à l’université Clermont Auvergne.

    Ce bracelet, fabriqué avec du verre, était réservé aux riches Gaulois·es. © Musée de Gergovie

    Certaines matières employées dès l’âge du fer contenaient de l’amiante. «Des tissus ou bijoux provenaient de centres spécialisés, où une main-d’œuvre servile était possiblement exposée à des substances dangereuses. Le quotidien de ces travailleurs reste cependant mal connu», commente Émeline Retournard, archéologue des textiles de l’Université Clermont Auvergne.

    Pour fabriquer le verre des bijoux, il était nécessaire d’atteindre des températures très élevées, «environ 1 400 degrés pour produire la matière et près de 1 000 degrés pour la transformer», précise Joëlle Rolland, archéologue spécialiste de l’âge du fer, des sociétés celtiques et de l’artisanat du verre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Maintenir ces températures pendant de longues périodes nécessitait de chauffer les fours en continu, et donc de consommer beaucoup de bois.

    À Gergovie, de curieuses découvertes concernant les bijoux

    Dans une vitrine, un bracelet en verre bleu turquoise, presque fluorescent, retient l’attention. «Découvert à Gergovie, il paraît si moderne qu’un collégien l’a pris pour l’intrus de l’exposition», se souvient la médiatrice Marion Chastaing. Pourtant, ce type de bijou appartient bien à la culture gauloise.

    Avant l’invention du verre soufflé, les artisan·es façonnaient la matière par étirement. «Pour obtenir un bracelet sans soudure, ils formaient d’abord une grosse perle, puis l’agrandissaient progressivement», détaille Joëlle Rolland. L’archéologie expérimentale a permis de comprendre ce procédé en observant des artisan·es qui le pratiquent encore en Inde, au Népal ou au Nigeria.

    Quinze années d’essais ont été nécessaires pour reproduire la plupart des décors celtiques, dont certains résistent encore aux verriers contemporains. La matière première venait parfois d’Égypte ou du Proche-Orient. Des réseaux d’échanges étendus reliaient différentes régions d’Europe et du bassin méditerranéen.

    Voir tout

    Le vêtement, déjà symbole d’inégalités sociales

    La plupart des modèles de bijoux en métaux précieux ont été retrouvés dans toute l’Europe celtique. La découverte de fibules, ces broches utilisées pour fixer les vêtements, de torques, ces colliers rigides ouverts sur le devant, et de bracelets fournit de nombreuses informations sur l’appartenance régionale, le statut social ou encore l’identité collective.

    Les parures en verre, qui relèvent d’un artisanat complexe, étaient réservées aux personnes capables de consacrer une part de leur richesse à leur apparence et à la compétition sociale. Avec le temps, les bracelets se sont démocratisés, avec des ornements plus simples et une facture plus étroite.

    Les vestiges textiles restent rares et proviennent souvent de tombes de privilégiées, ce qui donne une image nécessairement partielle de la société. Toutes les Gauloises et tous les Gaulois ne s’habillaient pas luxueusement. Les plus riches portaient des étoffes chatoyantes, des manteaux d’apparat, des broderies métalliques et de nombreux bijoux. Derrière une garde-robe conçue pour durer se dessine donc aussi une société hiérarchisée : la longévité des vêtements ne signifie ni égalité ni accessibilité pour toutes et tous.

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  • Washington Policy Review: August 29, 2026

    Today’s Report

    1. Overview

    2. White House News

    3. Truth Social Posts

    4. Government Department News

    5. 2028 Democratic Presidential Candidates

    6. AI & Tech Company News

    7. Congressional Watch

    8. Policy Impact Analysis & Heatmap

    1. Overview

    President Trump visited the Kennedy Space Center alongside NASA Administrator Jared Isaacman, Secretary of Education Linda McMahon, and media personalities Stephanie McMahon and Triple H. He documented the visit by sharing images from Mission Control and highlighting the facility’s operations. Additionally, Trump accepted the role of Honorary Chairman for the upcoming Presidents Cup in Chicago, expressing excitement to meet the participating athletes.

    Regarding international affairs, Trump shared an op-ed arguing he is “winning the Iran war” and urged his administration to “stay the course.” He also engaged in media criticism, labeling CNN and MSNBC as being in a “DEATH SPIRAL” due to low viewership. Citing pollster Harry Enten, Trump claimed he possesses more popularity than past presidents such as Washington and Lincoln, asserting that Enten has “Credibility.”

    The State Dept issued a formal statement from Spokesman Tommy Pigott expressing condolences following the death of King Harald V of Norway. The statement honored the King as a “close friend of the United States” and emphasized the enduring partnership between the two nations. It specifically referenced the historical bond forged when Norway provided refuge to the royal family during World War II.

    Governor Gavin Newsom announced a compromise on Senate Bill 492, which seeks to mitigate wildfire risks and implement stricter accountability for utility companies. Describing the bill as “real progress,” Newsom noted that the state still requires “full structural reform” to address the long-term stability of the Wildfire Fund. He also highlighted state-level infrastructure and health initiatives, including $44 million for biodiversity projects and the signing of AB 1956 to expand suicide prevention efforts for men and boys.

    California’s new legislative framework creates operational headwinds for the utility sector by tying executive compensation to environmental safety mandates, a shift that threatens to curtail capital expenditure and limit management flexibility. Simultaneously, public sector rhetoric targeting legacy broadcast networks undermines advertising stability, as increased scrutiny accelerates the ongoing migration of viewership toward alternative digital platforms. Conversely, heightened government-industrial partnerships for space exploration provide a bullish tailwind for aerospace participants, though this reliance on public funding leaves the sector vulnerable to shifting administrative priorities and potential “political interference in the information marketplace.” These developments illustrate a complex landscape where intensified regulatory oversight weighs on utilities and traditional media while public-private coordination bolsters the industrial aerospace complex.

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    2. White House News

    No White House news found.

    3. Truth Social Posts

    President Trump highlighted his visit to the Kennedy Space Center alongside NASA Administrator Jared Isaacman, Secretary of Education Linda McMahon, Stephanie McMahon, and Triple H, while also sharing images of Isaacman at NASA Mission Control and posting additional scenes from the facility. In the realm of sports, he accepted an invitation to serve as the Honorary Chairman of the upcoming Presidents Cup in Chicago, describing the teams as “loaded” with talent and expressing his enthusiasm to greet the participating athletes.

    Regarding foreign policy, Trump shared an op-ed asserting that he is “winning the Iran war” and advising that the administration should “stay the course.”

    Turning to the media landscape, Trump claimed that CNN and MSNBC are in a “DEATH SPIRAL” with low viewership. He praised CNN pollster Harry Enten for reporting that Trump is “six times more popular than Abraham Lincoln, George Washington, or any other President,” remarking that Enten has “Credibility.” Trump suggested that while CNN could be rehabilitated under new leadership, MSNBC cannot be saved.

    Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump

    4. Government Department News

    State Department (state.gov)

    Statement by Spokesman Tommy Pigott on the Passing of His Majesty King Harald V of Norway

    Spokesman Tommy Pigott issued a statement extending condolences to Queen Sonja, the Royal Family, and the Norwegian people following the death of King Harald V. The statement highlights the King’s status as a close friend of the United States and acknowledges his commitment to the U.S.-Norway relationship. It notes historical ties, including the refuge provided to the royal family during World War II, and praises the King’s efforts to honor the heritage of Norwegian-Americans and the enduring kinship between the two nations.

    5. 2028 Democratic Presidential Candidates

    Gavin Newsom (gov.ca.gov)

    Governor Newsom statement on compromise to address wildfire risk, support fire survivors, and create stronger accountability

    Governor Newsom announced a compromise on Senate Bill 492, which aims to reduce wildfire risks, prohibit utility executives from receiving bonuses following utility-ignited fires, and prevent hedge fund profiteering from fire survivors. The legislation also creates a Statewide Community Wildfire Strategy to improve prevention coordination. Newsom described the bill as “real progress” but stated the system requires “full structural reform.” He urged the Legislature to address the long-term durability of the Wildfire Fund and stabilize electricity rates in upcoming sessions.

    California invests $44 million in 15 projects to protect biodiversity and expand nature access

    Governor Newsom announced $44 million in funding for 15 projects aimed at conserving California’s lands and coastal waters. This initiative supports the state’s goal to conserve 30% of its land and coastal areas by 2030. The projects are designed to enhance biodiversity and increase public access to natural spaces throughout the state.

    Governor Newsom signs AB 1956 to expand suicide prevention efforts for boys and men

    Governor Newsom signed AB 1956, which formally designates boys and men as a specific group of focus for the California Office of Suicide Prevention. This action builds upon existing state efforts to address behavioral health challenges and suicide risks specifically affecting this demographic.

    California invests $2.7 billion in over 150 transportation and infrastructure projects

    The state is investing $2.7 billion into more than 150 transportation projects. These initiatives are designed to improve safety across the state highway system, bolster infrastructure resilience against extreme climate-driven weather, and enhance general access to transportation networks throughout California.

    JB Pritzker (gov.illinois.gov)

    Daily Public Schedule: Saturday, August 29, 2026

    Governor Pritzker has no public events scheduled for Saturday, August 29, 2026.

    6. AI & Tech Company News

    No relevant AI & tech company updates found for this date.

    7. Congressional Watch

    Covers the 2026-08-28 session — the Congressional Record is published with a one-day delay.

    No Congressional Record found for 2026-08-28.

    8. Policy Impact Analysis & Heatmap

    This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.

    Impact on Market

    Based on today’s policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:

    THEME 1. REGULATORY PRESSURE ON UTILITIES

    California’s new legislative framework intensifies accountability mandates for power companies. By linking executive compensation to environmental safety records, the state is curbing management flexibility. Opposition figures argue this limits the ability to attract top-tier leadership. The long-term risk remains a reduction in utility capital expenditure due to increased operational uncertainty.

    THEME 2. MEDIA SECTOR VOLATILITY

    Public scrutiny of legacy broadcast networks threatens to undermine advertising revenue and long-term brand valuation. Increased rhetoric from the executive branch encourages market skepticism toward traditional media outlets. Critics view this as political interference in the information marketplace. The primary bearish risk involves a sustained decline in viewership and accelerated shifts toward alternative digital platforms.

    THEME 3. GOVERNMENT-INDUSTRIAL SPACE PARTNERSHIPS

    Visible support for space exploration activities points to sustained contract flows for specialized industrial and aerospace participants. This development encourages long-term infrastructure investment through public-private coordination. Some skeptics worry that heavy reliance on political backing creates potential for future funding shocks. The primary risk is sector sensitivity to changing administrative priorities.

    Policy Impact Heatmap with Market Direction

    Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how today’s policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, ▲) suggest bullish impact; negative scores (red, ▼) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.

    State-level intervention in California marks a significant shift in utility regulation. SB 492 directly impacts the profitability and incentive structures of major energy providers. By banning executive bonuses linked to fire-related incidents, regulators are creating new operational friction. Financial firms face similar headwinds as the bill restricts their ability to extract value from legal settlements. This creates a challenging environment for capital allocation in the utility sector.

    Simultaneously, rhetoric targeting the media landscape introduces volatility for broadcasting companies. Declining public sentiment for legacy networks, framed as a “death spiral” by the administration, heightens regulatory and reputational risk. These developments prioritize populist oversight over traditional market incentives. Industry critics argue that such aggressive measures could stifle necessary private investment. Meanwhile, renewed federal attention to space operations offers potential tailwinds for industrial contractors. These signals suggest a complex environment where sector-specific regulation and political narrative dictate market performance.

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  • « Face à l'actualité dramatique, nos jardins peuvent nous aider à tenir »

    Après cet été terrible, du côté de la météo comme de l'actualité politique, il serait tentant de s'enfermer dans son potager. Pourtant, écrit notre journaliste dans cette chronique, ces espaces peuvent être essentiels pour entretenir nos liens.
    Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique mensuelle, elle livre astuces et réflexions, parce que jardiner… c'est politique.
    Cet automne, cet hiver, ne seront pas comme les autres. Vous (…)

    Lire la suite - Chronique / Potager politique
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  • L’Europe en marche arrière

    Alors que l’Europe suffoquait sous la chaleur et les incendies, la priorité estivale de la Commission européenne s’est résumée à faire reculer la capacité régulatrice du continent. Remontons dans le temps : l’entrée en application de l’IA Act le 2 août 2026 devait représenter, selon le spécialiste…
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  • Attaque sur le serveur Austici par les USA

    Cet article reprend le communiqué de May First sur les possibilités de saisies de serveurs, domaines, comptes bancaires et partage quelques informations à la fin sur ce qu'il faut désormais faire pour se connecter et utiliser les services de Autistici/Inventati

    Le mercredi 26 août, le pouvoir exécutif du gouvernement américain a sanctionné Autistici/Inventati, un petit fournisseur Internet italien militant et géré par des bénévoles, pour avoir prétendument fourni des services à des organisations terroristes (voir le communiqué de presse du Département d'État et le communiqué de presse du Département du Trésor).

    May First condamne catégoriquement cette désignation et s'oppose à toute tentative du gouvernement américain de faire taire le discours politique en attaquant les fournisseurs d'accès Internet.

    Cette désignation est familière à May First – c'est la même méthode utilisée contre l'ancien membre de May First, Samidoun. Comme nous l'avons noté dans notre courrier électronique de l'année dernière, le gouvernement américain peut effectivement isoler n'importe quelle organisation sans présenter de preuves ni de procès en alléguant simplement qu'elle soutient le terrorisme.

    Lorsqu'une organisation est inscrite sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN), il devient illégal pour toute personne ou organisation américaine de lui fournir des services ou de collaborer avec elle de quelque manière que ce soit. Cela peut signifier perdre l'accès aux comptes bancaires, aux services financiers, la possibilité de recevoir des dons et tout autre service que vous recevez de toute entreprise basée ou présente aux États-Unis. Même discuter de la situation avec vos camarades les expose au risque d'être accusés de collusion. Deux jours après cette désignation, le nom de domaine d'Autistici (autistici.org) avait déjà été supprimé par leur registraire. Il s'agit d'un puissant outil de répression conçu pour couper les gens des réseaux et des communautés qui les soutiennent.

    Qu'est-ce qu'Autistici/Inventati ?

    Nous encourageons tout le monde à lire la propre déclaration d'A/I concernant la désignation ainsi qu'un article détaillé fournissant un historique et un contexte de leur contribution au mouvement en général et en particulier de leur contribution au réseau mondial d'utilisateur.ices activistes.

    En bref : A/I est l'un des premiers projets d'hébergement autonomes, anticapitalistes et antifascistes au monde. Ils ont été une source d'inspiration pour May First et une source continue de connaissances sur la manière de configurer des serveurs et de soutenir les militants et les organisations du mouvement. De plus, nous avons travaillé ensemble au sein d'une coalition au cours des 10 dernières années.

    Nous encourageons nos membres à faire passer le message et à s'exprimer contre cette désignation, en solidarité avec Autistici et contre le pouvoir dangereux et incontrôlé des sanctions américaines.

    Défendre la technologie du mouvement indépendant

    Autistici, comme May First, est un petit fournisseur d'accès Internet autonome doté d'une infime fraction des ressources des grandes entreprises technologiques. Les cibler de sanctions américaines est excessif et vindicatif : une tentative de punir un fournisseur de technologie aligné sur le mouvement pour ses engagements politiques et d'intimider le reste d'entre nous.

    Les fascistes au pouvoir veulent faire des exemples de projets comme Autistici. Ils veulent faire disparaitre une infrastructure autonome qui refuse la surveillance et le contrôle des entreprises. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire. Parlez-en. Soutenez Autisitici. Soutenez une technologie indépendante et alignée sur le mouvement et défendez notre capacité à communiquer, à organiser et à construire le pouvoir communautaire en dehors des griffes de la Big Tech.

    Communiqué de May First

    Informations importantes :

    Pour l'instant, seul le domaine "autistici.org" a été bloqué par le registry ".org".
    Ça a pour conséquence que les mails envoyés à ces adresses @autistici.org depuis la coupure le 26 aout sont perdus, sauf si envoyés depuis des serveurs camarades (RiseUp.net, Systemli.org, Squat.net, Immerda.ch ...).
    Pour aller voir les mails, il faut faire comme d'habitude mais remplacer "autistici.org" par "inventati.org" dans l'adresse URL, donc changer par exemple "mail.autistici.org" par "mail.inventati.org".
    Si notre nom de email est "smashsionism@autistici.org", notre nom d'utilisateurice reste le même.

    May First Movement Technology est une organisation à but non lucratif qui s'engage dans la construction de mouvements en faisant progresser l'utilisation stratégique et le contrôle collectif de la technologie pour les luttes locales, la transformation mondiale et l'émancipation sans frontières.

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  • Mort de Noël Godin : hommage anarcho-pâtissier

    Noël Godin, celui qui maîtrisait l'art de ridiculiser les puissants, vient de s'éteindre le 23 août 2026, après 80 ans de franche rigolade. Né à Liège, il est le fondateur d'un mouvement novateur et drôle : celui des anarcho-pâtissiers. Son slogan ? « Entartons les pompeux cornichons ». Son principe ? Détruire l'ego des personnalités arrogantes, réactionnaires, riches, de manière non-violente mais directe.

    La scène reste encore aujourd'hui mythique, et elle a enterré la carrière de l'imposteur Bernard-Henri Lévy. Nous sommes en 1985, lors d'une émission en Belgique : le jeune philosophe impérialiste à la chemise ouverte était en pleine ascension, bénéficiant d'une médiatisation indécente pour étaler ses platitudes. Il reçoit soudain une tarte à la crème en pleine face, en direct. L'auteur de l'attentat pâtissier se nomme Noël Godin, dit Georges le Gloupier.

    En réponse à cette farce, BHL, le visage couvert de crème, sort complètement de son personnage d'intellectuel raisonnable. Et pendant que l'entarteur est maintenu au sol par des agents de sécurité, il crie, le visage plein de haine : « Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon ! » Pierre Desproges dira de cette scène qu'elle illustre « la vraie nature des cuistres ». Renaud en fera une chanson. Noël Godin qualifiera sa victime de « tête à tarte par excellence ». À travers cette scène, tout le monde a pu voir la lâcheté et la mégalomanie d'un personnage malfaisant qui se prend trop au sérieux.

    Noël Godin, celui qui maîtrisait l'art de ridiculiser les puissants, vient de s'éteindre le 23 août 2026, après 80 ans de franche rigolade. Né à Liège, il est le fondateur d'un mouvement novateur et drôle : celui des anarcho-pâtissiers. Son slogan ? « Entartons les pompeux cornichons ». Son principe ? Détruire l'ego des personnalités arrogantes, réactionnaires, riches, de manière non-violente mais directe. De ridiculiser les hommes de pouvoir, les intouchables, avec des tartes. De cibler à coup de crème les dominants en répandant une « anarchie joyeuse » à même de sortir de l'impuissance. Un jet de chantilly venait briser la solennité et l'image de toute-puissance.

    Noël Godin était passionné de cinéma, il empruntait à l'univers du cartoon, des sketchs, aux situationnistes et à l'activisme libertaire. Il commence son parcours dès 1968 sur les bancs de l'université, en déversant un pot de colle sur un enseignant connu pour ses idées réactionnaires. Il élabore ensuite, pendant près de 40 années, des plans millimétrés pour entarter des célébrités comme Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor, Jean-Luc Godard, des prêtres… Et devient la hantise des célébrités médiatiques et politiques.

    Parmi ses gros coups : l'entartage en 1998 de Bill Gates, empereur de l'informatique à l'époque. Un employé de Microsoft l'informe que le patron de la multinationale arrive en Belgique, et lui confie son emploi du temps. Le Gloupier monte une équipe pour être sûr de ne pas le rater. Au moment prévu, trois personnes lancent chacune une tarte à la crème au visage du patron, qui court dans un bâtiment. Mais à l'intérieur, un quatrième anarcho-patisssier lui expédie une dernière tarte. La bande crie : « Entartons, entartons le polluant pognon ».

    Autre réussite, l'entartage multiple de Nicolas Sarkozy en 1997. Un complice est envoyé pour demander un autographe à l'homme politique, qui rêve déjà d'être président, et lui administre une tarte au visage. Craignant d'être photographié couvert de crème, Sarkozy court vers un ascenseur, mais un entarteur l'attend à chaque étage ! Le politicien est escorté vers les toilettes par ses gardes du corps, et pense enfin pouvoir se sortir de ce traquenard. Sauf qu'une vingtaine de pâtissiers l'attendent à la sortie, et le couvrent à nouveau de chantilly. Sarkozy se nettoie une nouvelle fois, mais reçoit une dernière tarte en pleine tête pour conclure cette belle série.

    Et BHL ? Godin ne comptait pas en rester là, et devient la cible principale. Le philosophe sera entarté pas moins de 10 fois par le Gloupier et ses équipes, sur plusieurs décennies. Le 10e attentat a lieu à Namur le 30 mai 2015. Une vingtaine de personnes lui envoient des tartes dans une église, malgré la présence de gardes du corps. BHL supplie, à bout de nerfs : « Non, y en a marre ! » Noël Godin dédie cette action au dessinateur satirique Siné, figure historique de Hara Kiri et Charlie Hebdo, qui avait été viré de l'hebdomadaire pour son soutien à la Palestine, et accusé d'antisémitisme. Une tarte atteint aussi le rappeur Doc Gynéco en direct à la télé, alors qu'il avait annoncé soutenir la candidature de Sarkozy.

    Noël Godin écrit aussi beaucoup. Il contribue au journal Siné Hebdo, créé par son ami, où il rédige une chronique intitulée « L'Entarteur littéraire ». Avant cela, il publiait dans un magazine de cinéma belge, appelé « Les Amis du film », et piégeait ses chefs avec de fausses nouvelles, des critiques de faux films et de fausses interviews. Au fil de ses aventures, il fait aussi paraître plusieurs ouvrages, notamment « Crème et châtiment ».

    Intarissable, il joue aussi dans 27 films, fréquente la bande de Groland, devient une véritable célébrité en France comme en Belgique, se déplace partout où ses camarades l'invitent. Il invente une langue et des expressions fleuries, faites de « flibusterie pâtissière », de « gloupinades » et de « youpitamment », c'est-à-dire : « de façon joyeuse ».

    Noël Godin est passé à Nantes en 1996, invité par une bande d'anarchistes. Avec une soixantaine de complices, il organise un entartage géant de prêtres dans la cathédrale Saint-Pierre en pleine messe. Il inspirera plus tard d'autres jeunes nantais qui, dans les années 2010, entarteront le ministre Claude Allègre, puis enfarineront François de Rugy.

    La dernière victime connue du Gloupier est le patron de la compagnie d'aviation Ryan Air, en 2023. Il envoie deux tarte dans le visage du PDG Michael O'Leary avant une conférence à la Commission Européenne, à Bruxelles. L'internationale pâtissière proclame : « Tant que vous nous inonderez avec du CO2, nous vous inonderons de crème fouettée ». L'entarteur avait atteint l'âge vénérable de 77 ans, mais il était toujours en pleine forme.

    Noël Godin qui part, c'est aussi un peu d'une époque qui disparaît : sarcastique, légère comme la crème fouettée, et pleine de possibilités. Car il faut bien dire qu'il est devenu beaucoup plus difficile et risqué d'approcher une personnalité de pouvoir. À présent, les dominants ne se déplacent plus sans des escadrons de vigiles et de policiers, les caméras de surveillance sont omniprésentes, les portiques et autres sas de sécurité sont partout… Et quand une tarte parvient à atteindre un illustre visage, les gardes à vue, plaintes et procès sont systématiques, alors qu'elles étaient rares il y a quelques décennies.

    Même le discours à changé : ce que les médias trouvaient amusant jadis est qualifié d'horrible violence. Plus les forts nous écrasent, plus ils dramatisent les rares offenses qui les visent. Rien ne doit abîmer l'apparence de puissance, et même la crème chantilly est criminalisée.

    Le Gloupier n'est plus, mais l'anarcho-pâtisserie doit continuer à vivre.

    Publié prcédemment :

    https://contre-attaque.net/2026/08/25/mort-de-noel-godin-hommage-anarcho-patissier/

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  • Artemis II astronauts receive nation's highest space honor for their successful moonshot

    Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch and Jeremy Hansen receive Congressional Space Medal of Honor

    The Artemis II astronauts who flew around the moon in April received the US’s highest space honor on Friday.

    Donald Trump presented the Congressional Space Medal of Honor to the three Americans and one Canadian whose lunar flyby for the US space agency Nasa set a new distance record for humanity.

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  • L’embarrassante présence du député RN Julien Odoul à la rentrée politique des amis de Jean-Michel Blanquer

    Le think tank de l’ancien ministre s’est réuni pendant deux jours à Sens, en Bourgogne, autour de personnalités issues du camp présidentiel, de la droite et du Parti socialiste. Samedi, l’élu d’extrême droite de la circonscription a profité de la venue du premier ministre pour faire une apparition, à l’invitation de Matignon.
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  • Le maire de Toulouse s’entête dans son refus de dénoncer la venue de Patrick Bruel

    Invoquant la défense de «l’État de droit», Jean-Luc Moudenc est l’un des rares maires d’une grande ville de France à ne pas déplorer la tournée du chanteur mis en examen pour des violences sexuelles. Provoquant les critiques de l’opposition municipale et la colère, exprimée avec prudence, des organisations féministes.
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  • À Mayotte, Sébastien Lecornu déclare la guerre aux exilés

    En déplacement dans le département, le premier ministre a annoncé la «militarisation» de la lutte contre l’immigration clandestine. Drones, ballons statiques ou encore postes avancés de la Légion étrangère: le gouvernement veut mobiliser l’armée face aux personnes présentées comme étrangères.
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  • Cher Yannick Jadot - Boxing Day #91

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  • Départ canon pour la Twingo, une app suit en direct les trains et une potentielle BYD Dolphin : le récap’ Vroom de la semaine

    À la une sur Vroom cette semaine : la Renault Twingo assure déjà dans les ventes, une carte permet de suivre des trains en direct et BYD s'apprête à révéler une nouvelle BYD Dolphin.

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  • Ex-White House teleprompter operator fined $172,000 for Trump speech bets

    Commodity Futures Trading Commission said Gabriel Perez wagered on Kalshi about words president used in speeches

    A White House teleprompter operator who left his post amid accusations that he used inside knowledge to make bets on Donald Trump’s speeches on an online prediction market has been fined $172,000, according to federal regulators.

    Gabriel Perez illicitly exploited “material, nonpublic information” that he gathered through his work for the president in order to place wagers on the Kalshi platform “for his personal benefit”, the Commodity Futures Trading Commission (CFTC) maintained in a news release on Friday.

    Continue reading...
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  • Le « Starlink russe » en difficulté : ses satellites tombent dans l’atmosphère

    Le projet de constellation de satellites russes semble être en mauvaise passe. Après des annonces évoquant plusieurs centaines d'appareils en orbite d'ici l'année prochaine, les premiers exemplaires commencent déjà à retomber dans l'atmosphère plus tôt que prévu.

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  • Mairie de Chambéry complice de la colonisation au Liban

    Dénonçons l'hypocrisie de l'événement "Une fin d'été aux couleurs du Liban"
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  • 🎉 19 SEPTEMBRE : JOURNEE FESTIVE A DETRIER (73110) 🎉

    Journée festive au Présidio de Détrier ! de 14 à 23h : jeux collectifs, balade naturaliste, visite de la pépinière, discussion argumentée "La chaîne du chêne", concert et DJ set !
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  • Is Donald Trump’s bid to brand Democrats as ‘radical’ communists working?

    In deep red South Carolina, the president helped stoke apprehension of a deeper red surge ahead of November’s US midterm elections

    After casting his vote in South Carolina, a man who introduced himself as Chestnut was unwilling to give his full name. “You don’t have a need to know,” the air force veteran declared. He was, however, happy to share his views.

    “I’m a true American. I believe in the USA,” said the man, outside Christ the Servant Lutheran church in Conway. “And I don’t believe in communism or socialism.”

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  • La puissance surprise de «Big Walk», jeu vidéo qui sort des sentiers battus

    Ce jeu de randonnée farfelu, paru au cœur de l’été, engendre des réactions bouleversées. Ses créateurs nous racontent comment leur projet, imaginé au début de la pandémie de covid-19, a germé pour donner un puissant jeu vidéo sur le contact humain.
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  • Le basketball féminin est confronté aux États-Unis à une vague d’attaques transphobes

    Alors que les équipes féminines de basket aux États-Unis sont en plein essor, des provocateurs tentent de générer une polémique autour de la transidentité. Mais la communauté de la Women’s National Basketball Association résiste.
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  • Rencontre avec Olivier Neveux. "Brecht et les mauvais temps nouveaux"

    Quand ?
    Le 30 septembre à 19h30

    Où ?
    Maison des Métallos 94 Rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris

    Olivier Neveux présente "Brecht et les mauvais temps nouveaux" mercredi 30 septembre 2026 à 19h30 à la librairie Libertalia - Maison des Métallos (94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris).

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  • Rencontre avec Jacques Rancière. Aisthesis

    Quand ?
    Le 22 septembre à 19h30

    Où ?
    Librairie l'Atelier 2bis Rue du Jourdain 75020 Paris

    Jacques Rancière présente "Aisthesis" mardi 22 septembre 2026 à 19h30 à la librairie l'Atelier (2 bis, rue du Jourdain, 75020 Paris).

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  • Les conventions citoyennes avenir de la démocratie ?

    Quand ?
    Le 25 septembre de 19h à 20h30

    Où ?
    Librairie Utopia 1 rue Frédéric Sauton 75005 Paris

    Bertrand Séné fait le pari, dans son roman d'anticipation « Après la Commacratie », que les Conventions Citoyennes tirées au sort seront au coeur de la démocratie de demain. Pour lui, il y a mille raisons de penser que le système basé sur les partis politiques et les élections touche à sa fin et qu'à l'avenir un maximum de décisions seront prises dans des assemblées fonctionnant en intelligence collective.

    Beverley Toudic, chercheuse postdoctorale, est justement au coeur de la préparation et de la mise en oeuvre de la Convention citoyenne pour la démocratie qui se déroulera à Lille de septembre à décembre 2026, dont elle coordonne également l'observation scientifique.

    Bertrand Séné, diplômé de Sciences Po Paris, est auteur de romans d'anticipation. « Écosophia » (2017) imagine les règles du jeu économiques, monétaires et financières qu'il faudra changer pour parvenir à une économie vraiment durable en 2050.

    « Après la Commacratie » (mai 2026) imagine les règles du jeu politique qu'il va falloir changer pour préserver l'avenir de l'Humanité et du monde vivant.

    Beverley Toudic est docteure en droit public de l'Université de Lille. Sa thèse, consacrée à la place du citoyen dans l'élaboration et le contrôle de la loi, s'appuie sur une étude comparée de la France, de l'Italie et de la Suisse. Ses recherches portent plus largement sur la participation citoyenne et les transformations des institutions démocratiques. Elle enseigne le droit public à l'Université et est directrice adjointe de l'Institut Rousseau, laboratoire d'idées indépendant consacré aux enjeux écologiques et démocratiques.

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