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  • Limiter l’accès, redessiner le tracé… En Corse, des pistes pour protéger le mythique GR20 du surtourisme et du changement climatique

    Le GR20 est l’une des grandes randonnées les plus prisées d’Europe. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

    Tout l’été, Vert vous emmène à la découverte d’un site touristique emblématique percuté par le changement climatique.

    Île d’Oléron, calanques de Marseille, Mont-Saint-Michel… Découvrez comment ces endroits se transforment et essayent de s’adapter à un monde en surchauffe. Cette semaine, nous partons en Corse, sur le sentier du GR20. L’une des randonnées les plus prisées d’Europe voit ses pentes s’éroder et sa biodiversité s’effacer.

    Retrouvez tous les épisodes de notre série d’été en cliquant ici.

    «Cette année, c’est le bordel !» L’expression revient invariablement dans la bouche des gardien·nes de refuge et des randonneur·ses sur le parcours du GR20, en Corse. En ce mois de juillet, l’incendie qui s’est déclaré sur la commune d’Albertacce (Haute-Corse) bouleverse l’itinéraire de randonnée et le planning des réservations dans les douze refuges gérés par le parc naturel régional de Corse (PNRC). Le 14 juillet, 200 personnes engagées sur le célèbre sentier se sont retrouvées bloquées au refuge de Tighjettu. Face au risque que l’incendie atteigne le GR20, la préfecture a ordonné la fermeture de la portion de sentier comprise entre la station de ski de Haut Asco* et le refuge de Ciuttulu di i Mori. Cette interdiction n’a été levée que dix jours plus tard, une fois le feu fixé. Plus au sud, un autre tronçon est également resté fermé pendant une semaine.

    L’un des sentiers les plus courus d’Europe

    Balisé depuis 1970, ce chemin de grande randonnée relie Calenzana à Conca, du nord-ouest au sud-est de la Corse. Avec ses 180 kilomètres (km) et près de 12 000 mètres de dénivelé, il est l’un des parcours les plus corsés d’Europe. C’est notamment ce qui en fait un itinéraire incontournable où poser ses semelles pour nombre de passionné·es de trek et de trail à travers le monde.

    Le GR20 traverse la Corse du nord-ouest au sud-est. © IGN

    Résultat, l’engouement déborde en une surfréquentation toujours plus forte. Au risque de déranger la faune, comme le gypaète barbu, seule espèce de vautour présente sur l’île, dont il ne reste que quatre couples. Ou encore de piétiner la flore. «Il y a des endroits où les pentes sont très érodées», constate un professionnel de la montagne corse qui souhaite rester anonyme. Dans la descente vers le lac de Nino, l’un des bijoux du GR20, les passages humains ont creusé une multitude de sentes poussiéreuses qui s’entremêlent sur toute la largeur de la pente, au détriment de la végétation.

    Chaque année, la fréquentation ne cesse d’augmenter. De mai à octobre 2025, le PNRC a comptabilisé 150 000 nuitées dans ses refuges. En 2021, le parc avait enregistré 130 000 nuitées, en augmentation de 25% par rapport à 2019, qui était déjà une saison record post-Covid. Pour l’heure, difficile de se prononcer sur 2026. Les restrictions causées par les incendies poussent des trekkeur·ses à s’orienter vers d’autres itinéraires comme sur les mare a mare (de la mer à la mer) ou le sentier des douaniers du cap Corse. Des destinations promues par la Fédération française de randonnée pédestre comme alternatives à la surpopulation du GR20.

    Chaleur et érosion menacent les espèces corses

    Sur l’île de Beauté, la montagne se réchauffe bien plus vite que le littoral. «En quarante ans, la température moyenne de l’air a augmenté d’1,4°C au bord de la mer et de 5,2°C à 2 000 mètres d’altitude», présente Antoine Orsini, hydrobiologiste à l’université de Corse, en s’appuyant sur les relevés de Météo-France. En altitude, la température de l’air peut dépasser les 30 degrés Celsius (°C). Quant aux rivières, leur eau ne rafraichit plus les baigneur·ses. Pour cause : en été, la température de surface des lacs qui les alimentent dépasse fréquemment les 20°C.

    À 1 710 mètres d’altitude, le lac de Melo, dans la haute vallée de la Restonica, se situe sous la crête empruntée par le GR20. Comme la quarantaine de lacs naturels de Corse, il est une relique de l’époque glaciaire. «Quand j’ai commencé comme professeur, il y a quarante ans, sa température était autour de 17°C en été. En 2022, on l’a mesuré à 21°C. Quatre degrés de plus, c’est monstrueux !», s’inquiète l’hydrobiologiste.

    La pente pour descendre au lac de Nino est érodée par le passage des randonneur·ses. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

    Dans ces conditions, la survie des poissons et autres espèces aquatiques est menacée. «Pour les salmonidés, la limite de mortalité est à 20, 21°C. En 2022, des centaines de poissons sont morts en quelques jours» dans le lac de Nino, déplore Pierre-Jean Albertini, en charge du suivi scientifique des lacs d’altitude à l’Office de l’environnement de l’île. Parmi eux figuraient des truites corses, aussi appelées truites à grosses taches, que l’on trouve uniquement dans la région. Comme ces poissons, «60% des espèces sont endémiques à la Corse, du fait de l’insularité et de l’altitude», détaille Antoine Orsini. La conservation des habitats aquatiques est donc d’autant plus importante.

    La baignade et la fréquentation des berges peuvent aussi polluer l’eau, à cause de la crème solaire, de l’urine et de la sueur. «Les organismes aquatiques y sont extrêmement sensibles. Par exemple, les urines, qu’elles viennent des randonneurs ou du bétail, apportent des chlorures, autrement dit des sels», détaille l’hydrobiologiste. Ces chlorures contribuent à l’eutrophisation des lacs, soit un déséquilibre écologique qui entraîne une prolifération d’algues.

    À proximité du lac de Nino, l’eau des pozzini s’est évaporée. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

    Les berges du lac de Nino sont constituées de prairies tourbeuses, parsemées de ruisseaux et de mares caractéristiques de Corse, les pozzini (pozzines, en français). Les fortes chaleurs et le piétinement des humains et du bétail provoquent leur assèchement et leur érosion. «Lorsque l’on marche sur les pozzini, c’est comme une éponge que l’on presse. L’eau sort et une partie s’évapore», illustre Antoine Orsini. Sur place, plusieurs petits groupes de touristes marchent sur les pozzini pour s’approcher des chevaux et des vaches qui paissent : aucun panneau ne leur indique la fragilité du milieu.

    «Limiter la fréquentation dans l’espace et le temps»

    Après un demi-siècle d’observation de la montagne corse, pour Antoine Orsini, l’expression de changement climatique est trop faible : «Je préfère parler de bouleversement climatique.» De son point de vue, il devient urgent de limiter «dans l’espace et dans le temps» la fréquentation sur le GR20. «Un écosystème que l’on n’agresse pas pourra peut-être s’en sortir», plaide-t-il.

    Pour stabiliser et lisser la fréquentation sur toute la saison, le parc incite à réserver dans ses refuges à l’avance via une plateforme sur internet. Une mesure qui ne suffit pas à enrayer la hausse de la fréquentation, d’autant que d’autres solutions d’hébergement, proposées par des structures privées, sont également disponibles. Le bivouac est interdit en dehors des aires prévues à proximité des refuges et des bergeries qui accueillent du public. Les contrevenant·es risquent une amende de 135 euros. La baignade, interdite dans les lacs, est passible d’une amende de 68 euros.

    Le refuge de Manganu, sur le GR20. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

    Antoine Orsini souhaiterait que le tracé du GR soit plus éloigné des milieux aquatiques et des pozzini. Actuellement, il traverse et jouxte celles du lac de Nino sur près d’1,5 km. L’hydrobiologiste aimerait aussi que des quotas soient instaurés : c’est ce qui se pratique dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il pense qu’il faudrait restreindre l’accès pendant les périodes caniculaires, qui mettent une pression forte sur les milieux. Lorsqu’on lui demande si l’été est toujours adapté pour arpenter la montagne corse, il répond : «On devrait ouvrir le GR trois mois par an, au printemps et à l’automne.»

    Dans une île où la part économique du tourisme est de 39%, selon l’Insee, difficile de faire accepter des restrictions aussi fortes. Pour l’heure, le PNRC n’envisage pas la mise en place de quotas. Contacté, il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Antoine Orsini enjoint aux professionnel·les du tourisme d’être conscient·es que la dégradation de l’environnement nuira aussi au pouvoir attractif de la Corse : «Si on ne fait rien, on va aussi tuer la poule aux œufs d’or.»

    *Pour les noms de localités, des toponymies corses ou françaises peuvent coexister. Nous avons fait le choix d’inscrire les noms retenus sur les cartes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), sauf dans les citations de nos interlocuteurs.

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  • La Supply Chain de demain : Comment l’intelligence artificielle peut réhumaniser les métiers de la logistique

    Le secteur de la logistique vit aujourd’hui un paradoxe majeur. Jamais les chaînes d’approvisionnement n’ont été aussi stratégiques pour les entreprises ; et pourtant, en parallèle, elles n’ont jamais été autant fragilisées. Crises géopolitiques, tensions climatiques, inflation, volatilité de la demande, exigences environnementales, pression sur les coûts : la Supply Chain doit absorber des chocs permanents tout en garantissant un haut niveau de service. Dans le même temps, elle fait face à une autre tension, plus silencieuse mais tout aussi structurante : la pénurie de main-d’œuvre et la difficulté à rendre ses métiers attractifs.

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  • ChatGPT et Roblox bientôt classés “très grandes plateformes” par l’Union européenne dans le cadre du Digital Services Act ?

    L’Union européenne s’apprête à classer ChatGPT et Roblox comme “très grandes plateformes en ligne” suivant les règles édictées par le Digital Services Act (DSA), rapporte Bloomberg.

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  • Tout comprendre en trois minutes aux transferts de remboursement de santé depuis la Sécu vers les mutuelles

    Une nouvelle fois, l'exécutif envisage de dérembourser certains soins et d'en répercuter la charge sur les complémentaires santé. Une nouvelle fois, au détriment des assurés les plus précaires.
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  • Trump says ‘complete disarmament’ of Hamas agreed in Gaza but Israel yet to accept

    US president hails breakthrough but Israeli far-right minister says ‘only solution’ is ‘encouraging emigration and destroying Hamas’

    Donald Trump has declared a breakthrough in negotiations over the disarmament of Hamas in Gaza and the withdrawal of Israeli forces, issues that have so far stalled the implementation of last October’s ceasefire, but Israel has yet to respond officially to the plan and government officials have voiced scepticism over the deal.

    Announcing the agreement in a social media post on Thursday night, Trump said it involved the “complete disarmament” of Hamas and other armed groups in Gaza and was “a monumental step toward ending the fighting”.

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  • Driss Atounane, tué à Bruxelles lors d'une agression raciste

    Driss est décédé le dimanche 26 juillet au matin à la suite des graves blessures, notamment des coups à la tête, qui lui ont été assénées lors de l'agression. La fille de la passagère du tram agressée, Naïma, car elle portait le hijab, dénonce un crime motivé par le racisme et l'islamophobie. Les faits se sont produits le jeudi 23 juillet vers 15h20, à bord du tram de la ligne 55, chaussée de Helmet, à Evere. Un homme s'en est pris à, Naïma, une femme de 65 ans, la visant par des insultes à caractère raciste « Sale marocaine », avant de la menacer de mort. Le témoignage de la fille de Naïma réfute l'explication d'un déséquilibre mental du coupable repris par plusieurs médias et il semble également avancé par le parquet. Son témoignage insiste cependant sur le mobile raciste de l'attaque. Elle précise que sa mère, voilée, a été prise pour cible en raison de cette apparence, avant que l'homme ne se retourne contre Driss Atounane, venu à son secours. Le suspect responsable du meurtre a été inculpé et placé sous mandat d'arrêt. Le parquet, dans un communiqué, a annoncé que l'agresseur allait faire des « tests psychiatriques ». Le parquet ne s'est, pour le moment, pas prononcé quant à la dimension raciste du meurtre et de l'agression. En voulant pointer son abonnement, elle est tombée sur un homme qui a directement commencé a lui dire : « ne pointe pas, sale marocaine ». Elle l'a esquivé et elle est partie s'assoir. Quand elle est partie s'assoir, il lui a dit de manière agressive de ne pas s'assoir, alors elle s'est levée. Il lui a alors assené un coup de poing au niveau de la poitrine, ce qui l'a fait tomber sur le dos. Driss Atounane, qui se rendait à son travail, s'est alors interposé pour la défendre. L'agresseur l'a frappé à l'arrière de la tête avec un objet lourd dissimulé dans un sac. Selon les témoignages, l'agression de Driss était « d'une violence inouïe ». Alors qu'il était encore à terre, l'homme continuait a lui assener des coups à la tête et sur le reste de son corps. Des jeunes présents dans le tram seraient intervenus pour repousser l'homme. « On ne veut pas qu'on remette ça sur le dos de la folie. C'était raciste. L'homme a crié à ma mère : sale Marocaine, je vais te tuer sale Arabe. Ma mère est voilée et il s'en est directement pris à elle et puis à Driss. Elle m'a dit qu'il avait la rage dans ses yeux ». (témoignage de la fille de Naïma). Encore conscient au moment de sa prise en charge, Driss Atounane a été transporté au CHU Brugmann, à Schaerbeek, où il a sombré dans le coma avant de décéder le dimanche matin. La STIB a confirmé de son côté avoir recueilli des témoignages faisant état de propos racistes tenus par l'agresseur. Le parquet de Bruxelles n'a cependant pour l'instant pas confirmé cet aspect de l'enquête. Cette nouvelle agression meurtrière raciste et islamophobe survient alors que le nombre recensé d'attaques et d'agressions d'extrême droite contre la communauté musulmane en Belgique et dans le reste de l'Europe, ne cesse de croitre. Au mois de janvier 2025, un attentat orchestré par un adolescent d'extrême droite avait été déjoué contre une mosquée à Bruxelles. Quelques mois plus tard, au mois d'avril 2025, Aboubakar Cissé avait été tué dans une mosquée en France, un meurtre également motivé par la haine raciste. Il y a quelques mois également, l'UNIA alertait sur l'islamophobie en Belgique. « Le racisme antimusulman s'impose comme l'une des formes de discrimination les plus documentées en Belgique ». Dans le quartier Nord et partout à Bruxelles, la nouvelle de sa mort a suscité une intense émotion. Son fils a salué publiquement le courage de son père, rappelant qu'il était profondément habité par un sens aigu de la justice et de la solidarité. « Vraiment c'est un héros. Il est noble, un pur. Un homme d'une pureté rare, vraiment immense » témoigne Sami, fils de Driss. De nombreux hommages ont salué le courage de Driss Atounane, et nous nous associons pleinement à cet hommage. Mais force est de constater qu'une partie des médias et de la classe politique semble avoir choisi de s'en tenir au seul récit de l'héroïsme, comme s'il suffisait à clore le sujet, au risque de reléguer au second plan la responsabilité de l'agresseur et la dimension raciste de son geste. Célébrer le courage d'un homme ne devrait jamais dispenser de nommer la haine qui l'a tué et qu'il a justement combattue. Personne ne devrait mourir car il a tenté de défendre une femme victime d'une agression islamophobe, car personne, de base, ne devrait avoir à subir d'agression islamophobe. Les funérailles de Driss Atounane se tiendront le vendredi 31 juillet au cimetière multiconfessionnel d'Evere. La prière mortuaire (Salat Janaza) aura lieu à 13h30, à la mosquée Attaouba, a annoncé la famille. Nous adressons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de Driss Atouane. Nous adressons également toute notre solidarité avec Naïma, la seconde victime de cette agression ainsi que ses proches. L'article Driss Atounane, tué à Bruxelles alors qu'il défendait une femme voilée d'une agression raciste est apparu en premier sur Bruxelles Dévie – Média indépendant bruxellois .
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  • Sealing The Midterm Election Deal

    LEFT: Iowa Democratic U.S. Senate candidate Josh Turek. Photo by Charlie Neibergall/Getty Images. CENTER: Mary Peltola. Photo Credit: MaryPeltola.com. RIGHT: Texas Senate candidate James Talarico (D-TX). Photo by John Moore/Getty Images.

    On Sunday, we marked 100 days until Election Day. And while the signs of a blue wave have been flashing for quite a while, there are some mixed signals indicating we should dig further into the most recent polls as well as past trends.

    Twenty years ago, we were similarly approaching the midterm elections during the second term of a president whose approval was stuck below 40 percent, due in part to a deadly and costly war in the Middle East. In 2006, driven by an anti-Bush wave, Democratic House candidates scored an 8 percent popular vote victory, which netted them 31 seats and the House majority. In the U.S. Senate, Democrats won by 11 percent and gained six seats to retake the upper chamber as well.

    The next blue wave election came in 2018, just two years after Donald Trump was first elected President. That year, Democrats retook the House with a net gain of 41 seats and a 8.6 percent popular vote margin. On the Senate side, however, Democrats suffered a net loss of two seats. The same election that returned the Speaker’s gavel to Nancy Pelosi kept Senator Mitch McConnell as Senate Majority Leader for another two years.

    Which scenario are we more likely to see in this year’s election? Considering how narrow the Republican House majority is and what a pro-Democratic year it is turning out to be, the House is likely to flip to Democratic control. But can Democrats flip the Senate as well?

    On one hand, Trump’s approval, much like Bush’s 20 years ago, is consistently mired in the 30s. Ever since Trump returned to the White House, Democrats have overperformed in special elections by an average of 14 percent. And while Democrats began this cycle without much hope of flipping the Senate, now a net of four seats to retake the majority is within reach.

    On the other hand, the Democratic National Committee is reportedly $2 million in debt, the Democratic Party’s favorability is not much higher than Trump’s, and the Republicans’ mid-decade redistricting scheme has given them a structural advantage only a strong Democratic year can overcome.

    So how strong a Democratic year are we looking at?

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    The U.S. House

    The current breakdown of the U.S. House is 218R to 212D with one independent and four vacancies. If Democrats can net three seats in the midterms, they will retake the House.

    The most useful gauge for measuring which party voters want to control the House is the congressional generic ballot polling question.

    Both 50 Plus One and Nate Silver have the average generic ballot result at around 6 percent. According to Silver, Democrats’ advantage on the question of which party voters want to control the U.S. House peaked at 7.1 percent in June and then dropped, but it appears on the rise again in the most recent polls, including Democrats with an 11-point advantage from Emerson Polling.

    Clarity Campaign Labs gives Dems a 10 point advantage.

    And there an eight point advantage from CNN, their highest yet in polling this cycle, up sharply from D+3 in April.

    Notably, the two double digit results are both among Likely Voters, widely seen as a more precise measure of the electorate in November.

    Usually, a 6-point advantage on the generic ballot would be a fairly clear sign of a strong showing for Democrats in November. But this year, thanks to Republicans’ mid-decade redistricting, Democrats face a handicap they need to overcome.

    As Cook Political Report’s David Wasserman explained, after adjusting their partisan voter index (PVI), or the measure of how partisan a district or a state is compared to the nation as a whole, for the ten states that redistricted over the past year, they found a two-point shift toward Republicans to a PVI of R+3, yielding “a more Republican, less elastic House majority.”

    As Wasserman put it in his analysis:

    If no boundaries had changed since 2024 and Democrats hypothetically won every seat more Democratic than a PVI score of R+3 — and nothing else — they would have ended up with 235 districts this fall – a 20-seat gain and the exact same number of seats they held after the 2018 “blue wave” during Trump’s first term.

    But under the new lines, if Democrats were to win every seat more Democratic than a PVI score of R+3 — and nothing else — they would end up with just 223 seats — enough for a majority, but a full dozen seats fewer and just five seats over the magic number of 218.

    Not only did Wasserman find the mid-decade redistricting shifted the playing field toward Republicans, but it has also limited the number of seats that are in play. According to Cook Political Report’s breakdown, only 37 House seats are among the most likely to flip seats (including those rated Lean Republican, Toss-up or Lean Democratic.) As Chris Cilizza notes, at this point in the 1998 cycle, that number was 62.

    Wasserman’s conclusion is essentially that because of the structural advantage Republicans have enshrined for themselves, Democrats have a higher hill to climb than they normally would to win the majority. But they are still favored in this pro-Dem environment. While Kyle Kondik at The Center For Politics agrees with this basic premise, his analysis sees the 2026 map as no worse for Democrats—and even a touch better—than it was in 2018.

    As Kondik writes,

    Despite a variety of findings ranging from a Democratic lead of just a few points (Washington Post/Ipsos) to a double-digit edge (Emerson College), the average Democratic lead in the generic House ballot is in the 56-point range.

    This translates to a Democratic edge in the race for the majority, although not necessarily an overwhelming one, especially when one considers that Republicans made the House map better for themselves through redistricting (that said, the House map isn’t more favorable to Republicans than the 2018 map was, as I just argued in a recent Crystal Ball analysis).

    Conventional wisdom holds that if the election were held today, with a Democratic lead of around six points on the generic congressional ballot, Democrats would retake control of the House. Even conservative elections forecaster Preston Hill anticipates Democrats will prevail in the House with a 221-214 majority, assuming a D+5 lead on the generic ballot. He suggests in a postscript on X that this prediction presumes the Iran war is wrapped up by August, which seems hard to imagine.

    But in 2018, at this point in the cycle, Democrats were up +7 on the generic ballot and ended the cycle D+8 (which translated to 8.6% actual vote margin), and that wasn’t enough to retake the Senate.

    As the generic ballot polling appears to shift into the D+8 territory, the question is whether a similar environment as 2018 will allow Democrats to actually bring the Senate over along with the House.

    The U.S. Senate

    The current Senate landscape has Republicans with a 53-47 majority. This means, with Donald Trump in the White House (and hence JD Vance as the Senate’s tie-breaking vote) Democrats need a net gain of four seats to retake the majority.

    Specifically, that means Democrats must hold Georgia and Michigan, and then flip at least four of the remaining seats, which would most likely come from among North Carolina, Maine, Ohio, Alaska, Iowa and Texas.

    And so far, things are looking up for Democrats. Just today, Larry Sabato’s Crystal Ball shifted the Georgia race to Likely Democratic.

    A new poll out of North Carolina gives Democrat Roy Cooper a nine point lead.

    And after a candidate shake-up, Democrats in Maine were able to smoothly replace Graham Platner on the ballot for U.S. Senate with Troy Jackson, who is already up three against Susan Collins.

    But have Democrats sealed the Senate deal yet? Not according to VoteHub.

    They currently have the Democratic advantage on the generic ballot at 6.3 percent. With this modest Democratic lead, VoteHub projects Democrats have a 75 percent chance of winning the House but only a 47 percent chance of winning the Senate.

    This tracks with VoteHub’s Zachary Donnini’s analysis that Democrats are poised to retake the House (but NOT the Senate) with a generic ballot lead of between D+3.8 and D+7.5. Over 7.5 and it would be a full-fledged Democratic wave, flipping both chambers of Congress blue.

    Interestingly, VoteHub’s own Senate projections, based on polling averages, assume Democrats hold Georgia and Michigan, flip Maine, North Carolina and Alaska, but fall short in Iowa, Ohio and Texas.

    But it’s looking more and more as though these averages may lag behind current trends, due to factoring in of older polls more favorable to Republicans.

    For instance, if we just look at the seven most recent polls added to Nate Silver’s generic ballot estimate, we get an average of D+7.8.

    And then if we look at the most recent polls in the races VoteHub doesn’t yet have in the blue column, we have Josh Turek up 4 percent in Iowa.

    James Talarico up 5 percent in Texas.

    And a poll from last month, which found Sherrod Brown up eight points in Ohio. (Interestingly, this is the margin Brown won by in his last U.S. Senate victory in 2018.)

    We should, of course, not read single polls in individual races as indicative of how those races will turn out in November. As VoteHub’s Zachary Donnini acknowledged in a post just today, their polling averages actually show Democrats “leading in enough states for a 53-seat majority” but their forecast leans R because “fundamentals tilt in their direction in key races.” So with polling moving in Democrats’ direction, the question remains: will the fundamentals follow?

    So, Why Aren’t Democrats Running Away With It?

    Even as Democrats are hovering around a middling six-point advantage on the generic ballot, there are signs that the electorate is abandoning Trump in historic numbers. Just this week, Trump’s approval has hit new lows, not just in individual polls…

    But in his average net approval ratings as well…

    So with historic disapproval for the leader of the party in power, why isn’t that translating to historic support for the party out of power?

    For one, as Harry Enten laid out, there are myriad red flags for Democrats heading into November, not the least of which is a negative net favorability among voters landing a full 25 points worse than this point in 2018.

    This statistic likely goes far to explain why even as most voters disapprove of Trump, those Trump disapprovers are not all sold on voting Dem this year.

    As Matt Yglesias put it,

    Dems are gonna take the House and gain senate seats but it’s notable how badly Democrats are underperforming the “get people who don’t like Trump to vote for the other party” line right now.

    Amy Walter with the Cook Political Report posed the question this way in her latest column:

    Ronald Brownstein laid out this struggle for Democrats in a recent piece at CNN.

    The result is what might be called the 2026 approval gap. From one direction, Trump’s job approval rating has plummeted below the level that triggered midterm wave elections against other contemporary presidents, including Bill Clinton in 1994, George W. Bush in 2006, Barack Obama in 2010 and Trump himself in 2018. And yet most surveys do not show Democrats establishing a clear or consistent advantage in the key races that will decide control of the House and Senate.

    Evan Roth Smith, a Democratic pollster allied with the party’s centrist wing, notes that in 2018, the share of voters who disapproved of Trump’s performance was about 10 points larger than the share who approved. Today, Smith points out, Trump’s net approval rating is about 20 points negative — twice as bad — and yet the Democratic lead in generic ballot tests for the 2026 House election is considerably smaller than the party’s actual advantage of about 8.5 points in the 2018 national House popular vote.

    One one hand, this should perhaps not be terribly surprising since the states where Democrats need to rack up wins to flip the Senate include red states where Trump won in 2024 by double digits, such as Texas, Ohio, Alaska and Iowa. It makes sense that Republican candidates in these states would outperform Trump’s approval there (and continue to win over voters who are generally inclined to vote Republican even if they’ve turned on Trump.)

    The good news for Democrats is there are still 96 days to turn it around. And we are seeing some indications that Democrats may already be making inroads toward the wave they need to flip both the House and Senate in November.

    Take the new CNN poll, which finds Trump’s approval at 34 percent, a new second term low that matches his lowest approval of his first term, just after the January 6th attacks. Among the findings about Trump in that poll:

    • “A record-high 73% of US adults say that President Donald Trump hasn’t paid enough attention to the country’s most important problems”

    • “Roughly two-thirds of Americans think that Trump’s policies have worsened economic conditions and that his military decisions in Iran have hurt the US.”

    • “Around three-quarters say the president is not in touch with the problems ordinary Americans face in their daily lives.”

    • “Trump sees his lowest numbers on a trio of interconnected issues: Just 28% approve of his handling of the situation in Iran, 25% on inflation and 21% on gas prices”

    Brutal stuff.

    In the same poll, Democrats have an eight point advantage on the generic congressional ballot, and the question of “change” may be why.

    Per CNN’s analysis of the poll’s findings, the electorate is looking for massive change this November, even more so than 20 years ago.

    In an indication of the hunger for drastic change in Washington, a majority of voters say that Congress would be better off if most of its current members were unseated in this fall’s election, higher by double digits than the share who felt that way ahead of the Democratic wave election in the midst of the Iraq War in 2006.

    As for how voters intend to make that change, Democrats hold a distinct advantage in voter enthusiasm heading into the midterm elections.

    Democrats also continue to hold a significant advantage in voter enthusiasm and have a 20-point advantage in preferences among those who say they are extremely motivated to vote.

    And importantly,

    By a 10-point margin, Americans now call Democrats more than Republicans “the party of change,” a shift from last spring, when the GOP had a 7-point advantage on that metric.

    The party’s advantages over Republicans don’t end there.

    Notably, this poll was taken from July 23-27, a period marked by a surge in the national price of gas over $4/gallon again in the wake of renewed hostilities in Iran.

    As long as Donald Trump continues on this trajectory, unable to extract us from his war in Iran even as he imposes even more tariffs, ensuring prices continue to rise for the American people, the yearning for change is going to intensify. And as long as Democrats continue to frame themselves as the vehicle for that change, like so:

    And like so:

    And as Troy Jackson made clear to Morning Joe:

    “People in Maine are fed up,” Jackson said Tuesday. “They got healthcare that’s gone out of control. We’re losing hospitals, losing birthing centers. The economy is awful.”

    “We have a chance right now because people are coming together like I’ve never seen before. … People are coming out like crazy because they are upset,” he said. “They know that this government is not working for them. And finally it’s gotten so bad that they’re actually coming out, picking their heads up and want some change.”

    Democrats should be able to ride this discontent to majorities in both chambers of Congress this November, particularly if the next 96 days go as the final stretch ahead of a midterm usually does.

    As G Elliott Morris put it today over at Strength In Numbers,

    “Democrats lead the generic ballot by six points on average. But if you add the two to two-and-a-half points midterms historically break against the president’s party by November, plus the two points likely voters have run ahead of registered voters for seven months, you get D+10.”

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  • Trump’s tax immunity scheme hoists president by his own petard on Blanche AG nomination

    Republican senators sought written limits on settlement, but president held firm despite risk to attorney general pick

    Donald Trump’s refusal to officially end a hugely controversial agreement giving him broad tax immunity and creating a $1.8bn slush fund underscored how the US president’s own self-interest takes precedence above all else in his government.

    For weeks, Todd Blanche, the acting attorney general, has said that the slush fund portion of the agreement was dead. And for a few brief hours on Wednesday, it seemed that the president might agree to a relatively modest request from two Republican senators to put in writing that there were certain limits on an extraordinary tax immunity deal. After all, it seemed like a small price to pay in exchange for getting Blanche, a staunch Trump loyalist who previously served as his personal lawyer, confirmed permanently as the US attorney general.

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  • US Senate rejects bid to rein in Trump’s authority over Iran war

    Measure fails 49-50 as US launches new retaliatory attacks in Iran and lawmakers question the prolonged conflict

    The US Senate on Thursday rejected a largely symbolic effort to limit Donald Trump’s authority to wage war in Iran, amid rising regional tensions after the US conducted a “heavy wave” of retaliatory airstrikes.

    The war powers resolution failed in a 49-50 vote, marking the second time in two weeks the chamber has taken up legislation aimed at forcing Trump to end hostilities.

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  • Rassemblement apéro militant résistance en Luberon

    Résistance en Luberon
    Apéro militant

    Le Sud Luberon entre en lutte.
    Après 2 rendez-vous productifs on vous propose un moment d'échange militant convivial.
    En effet, après les différentes actions gouvernementales et leur propositions de loi "permis de tuer" , il nous semblait évident de nous réunir pour parler ensemble des motivations des partisans fascisto compatible.
    L'ordre du jour est top et on se lance dans un système de conférences débats.
    Venez échanger avec toutes les copaines de Résistance en Luberon.

    Reminder
    Tous les 15 jours les copaines de Résistance en Lubéron vous invitent à rejoindre les apéros militants
    On y parle des luttes en cours et des projets

    Copaines venez avec vos idées et de Quoi partage
    Antifascistes et très gourmandes nous sommes

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  • Manif-action du MEP Marseille aux Catalans 2/08 18h

    Canicule et mépris des plus riches :
    Travailleur·euse de la restauration ou soutien de la lutte syndicale
    Viens hurler ta colère avec nous !

    Alors que la planète crame littéralement et que les travailleur·euse·s de la restauration crèvent de chaud en cuisine et en salle depuis des semaines à cause de la canicule, les bourgeois·e·s marseillais·e·s de leur côté jouissent tranquillement depuis plusieurs jours du privilège de déguster des mets fins au restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, dans une installation éphémère organisée par Air France !

    En résumé : une des compagnies aériennes les plus polluantes d'Europe décide de faire escale dans le restaurant d'une institution marseillaise qui représente à merveille l'entre-soi et le séparatisme de la classe bourgeoise. Cette classe de riches et de possédant·e·s au train de vie obscène et aux investissements nocifs qui a, rappelons-le, une responsabilité accrue dans les bouleversements climatiques et les vagues de chaleur intenses que l'on vit depuis des semaines. On ne pensait pas qu'un tel combo d'indécence était possible, mais apparemment les bourgeois·e·s ne sont jamais avare de nouvelles idées pour nous cracher au visage.

    On sait bien qu'au final ce seront les personnes les plus précaires et les plus pauvres qui seront impactées en premier par les conséquences de cette lutte des classes climatique, c'est à dire celleux qui bossent dans des métiers aux conditions déjà difficiles, aggravées par la chaleur, sans que patrons ou pouvoirs publics ne fassent quoi que ce soit pour améliorer les conditions de travail de la classe laborieuse. On vous renvoie à ce propos aux témoignages collectés par MEP Paris, qui donnent des exemples concrets d'inaction et de mises en danger dans le secteur des HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants).

    Et comme d'habitude les chef·fe·s étoilé·e·s et médiatiques sont toujours là pour jouer leur rôle de dociles serviteurs des puissants en participant allégrement à cette mascarade : on retrouve ainsi pour ce restaurant éphémère les créations de la pâtissière Nina Métayer (sacrée “Meilleure Pâtissière du Monde” en 2023 par l'Union Internationale des Boulangers et Pâtissiers aka un super lobby mondial de patron·ne·s) ou du cuisinier Régis Marcon (qui a un faible pour les réceptions indécentes de Laurent Wauquiez financées indûment par de l'argent public).

    Parce que depuis des semaines on subit en silence la chaleur de plein-fouet et qu'on en peut plus, on te propose de venir te rafraîchir à la plage des Catalans dimanche prochain à 18h pour une manif-action. Au menu : casserolade, zbeul ou autre bordel pour se défouler et hurler notre colère en face du restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, histoire de relâcher toute la pression accumulée et de bien faire comprendre aux riches qu'on est là, qu'on les voit, et qu'on les laissera pas déguster tranquillement leur fucking dîner business class.

    Ce moment sera aussi l'occasion de se rencontrer et de discuter de nos expériences au travail, première étape pour créer la lutte organisée des travailleureuses de la restauration pour de meilleures conditions de travail !

    Travailleur·euse, rejoins-nous ! Client·e soutiens-nous !

    Le MEP Marseille

    MEP (Mise En Place) est un ensemble de collectifs syndicaux autogérés de travailleur·euse·s du secteur des Hôtels, Cafés et Restaurants (HCR).

    Né à Paris à l'été 2024 à l'initiative de syndicalistes et de travailleur·euse·s déterminé·e·s à bâtir un mouvement de solidarité et de défense des droits des salarié·e·s, il s'est depuis développé et compte désormais des antennes à Marseille, Nantes ou Rennes.

    MEP Marseille est un collectif autonome et horizontal, en lien avec les autres antennes du réseau MEP ainsi qu'avec les syndicats du secteur HCR, locaux comme nationaux.

    Notre objectif est de lutter pour des conditions de travail dignes et de mettre fin aux violences ainsi qu'aux pratiques illégales et abusives dans le secteur HCR.

    Serveur·euse·s, cuisinier·ère·s, plongeur·euse·s, baristas : nous formons toustes une même classe de travailleur·euse·s dans un secteur qui nous exploite, nous épuise, nous sous-paie et nous maltraite. Seule la lutte syndicale, nourrie d'entraide et de soutien mutuel, pourra éveiller cette conscience de classe pour obtenir des changements réels.

    Nous militons pour que nos droits soient reconnus et respectés, que le droit du travail soit appliqué, et que notre convention collective soit revue pour garantir des conditions de travail justes et égalitaires, qui prennent en compte la réalité quotidienne d'un secteur en crise, confronté au manque de personnel, marqué par la précarité, la brutalité et la déshumanisation.

    Nous combattons les injustices systémiques qui renforcent les inégalités et les violences envers les personnes minorisées : sexisme, racisme, LGBTQIA+phobies, validisme.

    Nous revendiquons la régularisation sans conditions, l'égalité effective en droits ainsi que la fin des pratiques discriminatoires envers les personnes migrantes et sans-papiers, surreprésentées dans notre secteur et particulièrement exposées à l'exploitation du fait de leur précarité et de leur situation administrative.

    Nous mobilisons tous les moyens nécessaires — manifestations, saisines de l'inspection du travail et des prud'hommes, grèves, actions directes — pour que notre Mise en Place aboutisse au Grand Service : ce moment où nous mettrons fin, une bonne fois pour toutes, aux violences et à la surexploitation dans la restauration, secteur emblématique d'un capitalisme globalisé et destructeur des individus et de la planète.

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  • Kronik des Baumettes #3

    Encore des nuits d'enfer aux Baumettes à cause des coupures d'électricité et d'eau

    ous avons appris que dans la nuit du 14 juillet, il y a eu une coupure d'électricité toute la nuit aux Baumettes, et que dans celle de vendredi à samedi dernier, il y a eu une coupure d'eau et d'électricité jusqu'à 3 heures du matin.
    Depuis plusieurs semaines déjà, les coupures d'électricité sont fréquentes à la prison des Baumettes et aucune mesure n'est prise pour remédier au problème.
    Pas de possibilité d'allumer un ventilateur et d'avoir accès à l'eau : un véritable cauchemar pour les prisonniers et les prisonnieres qui subissent déjà des conditions de détention encore plus dure sous la chaleur de ces dernières semaines.

    Les ventilateurs en rupture de stock, les salles de parloirs brûlantes, les murs en béton qui emmagasinent la chaleur, les cours de promenade sans un seul arbre, des cellules surpeuplées et des caillebotis aux fenetres par lesquelles on ne peut même pas faire passer un stylo : voilà la canicule que vivent les personnes incarcérées, exposées de manière extrêmement dangereuse et potentiellement mortelle à la chaleur de ces dernières semaines.
    En effet, dans l'indifférence générale, un prisonnier, Léon, 72 ans, est mort d'une crise cardiaque à cause de la chaleur à la Centrale de Moulins-Yzeure.

    Lors du rassemblement du 28 juin devant la prison des Baumettes, les prisonnieres ont réussi à nous faire savoir qu'une personne incarcérée à la MAF avait arraché les fenêtres de sa cellule pour faire entrer un peu d'air et qu'elle avait été mise au cachot pour cette raison.

    Pour l'administration pénitentiaire, peu importe que les gens crèvent dans leurs cellules, l'important c'est d'installer des plus en plus de fenetres et grilles qui empechent le passage d'air, que ce soit au QLCO de Vendin le Vieil pour « réduire le risque d'evasion » ou aux Baumettes pour ne pas troubler la tranquillité des riverains des la prison.

    Plein de force à toutes les personnes qui resistent et luttent contre la prison, et qui avec beaucoup de courage en paient le prix.
    Continuons à briser l'isolement et à soutenir les luttes des prisonnier.e.s et de leurs proches, pour ne pas rester seul.e.s face à la violence de la prison !

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  • Manif contre le permis de tuer donné à la police - 19 septembre 2026

    L'Etat vient de donner encore plus de pouvoir et d'impunité à la police, qui pourra tuer sans être inquiétée. Une véritable insulte aux victimes quotidiennes et à leurs proches. On connait les pratiques de la police, son idéologie et son rôle dans la société capitaliste : défendre l'ordre raciste et patriarcal. Alors sortons dans la rue pour bloquer cette fuite en avant, et contrer le monde policier et fasciste en construction. Pour défendre un futur sans dominations.

    ci dessous l'appel à manifester le 19 septembre :
    "APPEL UNITAIRE : NON AU PERMIS DE TUER !

    SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 19 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.

    Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.

    Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.

    Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 19 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.

    C'est maintenant qu'il faut agir."

    pour suivre les infos, sur marseille notamment : https://stopauxviolencesdetat.fr/

    RDV le 19 septembre !

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  • La répression acharnée à Moulin-Yzeure

    Mickaël Gilgenmann, prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure, a été appelé à témoigner lors du procès de Ritchy Thibault le 8 juillet dernier. L'administration pénitentiaire s'était engagé à fournir les moyens pour réaliser son témoignage en visioconférence depuis la prison. Cependant, Mickaël n'a finalement pas été autorisé à témoigner. Imaginant une censure possible car celle-ci est quotidienne en prison, il s'était assuré que sa parole puisse être entendue en cas d'annulation. Le témoignage de Mickaël avait été recueilli en amont durant un appel téléphonique avec Ritchy.

    TW : mutilations

    Le procès a été reporté et le témoignage de Mickaël n'a pas pu être écouté lors de celui-ci. Pourtant l'administration pénitentiaire a tout de même décidé de couper la ligne téléphonique entre Ritchy et Mickaël (étant sur écoute), de le convoquer au prétoire (pour lui donner 10 jours de confinement sans télé ni plaque chauffante) et de lui adresser trois Compte-Rendu d'Incident (CRI) dont deux pour "propos outrageants à l'encontre du président de la République et incitation à la rébellion", sur la base du témoignage qu'il n'a pas pu diffuser.

    Le personnel pénitentiaire a par la suite décidé de ne plus donner à Mickaël les médicaments dont il avait besoin, en dépit de l'ordonnance médicale dont il dispose. Il coupe également les appels téléphoniques sur sa cabine en prétextant des coupures d'électricité. Le personnel pénitentiaire l'humilie à chaque mouvement et l'empêche d'accéder à la douche. Pour finir, il le réveille chaque heure de la nuit pour l'empêcher de dormir.

    En outre, la prison de Moulins-Yzeure continue de servir aux prisonniers des gamelles avec de la nourriture avariée bien que cela ait été signalé depuis plusieurs mois.

    Suite à cet acharnement, Mickaël s'est ouvert le ventre. Il est arrivé au médical menotté dans le dos et c'est seulement à sa demande que le médecin les a enlevé pour le soigner. Il a été recousu sans anesthésie. Quelques jours plus tard, il s'est à nouveau ouvert le bras. Il a refusé d'être recousu car aucune anesthésie digne de ce nom lui a été proposé.

    Face au racisme, à la répression abusive et la censure, nous ne nous tairons pas ! Que la silenciation de tous les prisonniers et la violence qu'ils subissent au quotidien cesse.

    Tout notre soutien va aux voyageurs, aux prisonniers longue peine et à celles et ceux qui ne se laissent pas faire !

    Nous appelons toute personne révoltée par la situation actuelle à contacter la prison :

    Tél. : 04.70.35.15.00
    Adresse : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, 21 rue de
    Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
    Mail : sec.cp-moulins@justice.fr

    Nous partageons ci-dessous le témoignage de Mickaël :

    "Alors bonjour je me présente je m'appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j'ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m'empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l'objet dans ce pays. J'étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l'incapacité de le faire. Aujourd'hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu'il a osé défier ce que vous appelez l'État français. Et quand Macron dit qu'il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l'artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c'est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d'enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd'hui vous gaspillez l'argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd'hui c'est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l'immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd'hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd'hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l'État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu'à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n'en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd'hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l'État et la police tuent, oui, l'État et la police sont racistes. L'État français place l'argent avant l'être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense du gouvernement. Le président peut dire qu'il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n'a pas le droit de dire ce qu'il pense sous peine d'être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer."

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  • Bulle de l’IA: l’avertissement du marché boursier sud-coréen

    La déroute de la Bourse de Séoul attire l’attention de nombreux acteurs financiers. Extrême concentration sur quelques titres, produits spéculatifs, effets de levier, absence de régulation… Une chute qui réunit tous les facteurs ayant nourri la bulle de l’intelligence artificielle et qui, en un instant, peuvent se retourner.
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  • Trump says he 'may' pull Blanche AG nomination temporarily

    President Trump says he is willing to pull Todd Blanche's nomination for attorney general. The news comes as two key Republicans are withholding their support over concerns about the Justice Department's deal with President Trump to end his IRS lawsuit. Trump said Thursday he was willing to end the nomination, but he was by no means conciliatory in his tone, saying he would keep Blanche on as acting attorney general and renominate him later. In addition, Trump took aim at the two Republican senators withholding their support — John Cornyn of Texas and Thom Tillis of North Carolina, both of whose support Blanche would need to advance in his nomination in committee.
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  • Trump Approval Rating: Less Than Half Of Republicans Want More War With Iran

    Trump's approval rating is eight points below where it was in July of his first term and is three points below Biden's 36% approval rating in July 2022 (the AP-NORC poll of 1,165 U.S. adults was conducted July 23-27 and has a margin of error of 3.7). Approval of his handling of the Iran war has declined six points since June, including from 71% to 61% among Republicans. Less than half of Republicans, 48%, say the U.S. should continue military action in Iran, and only 23% of U.S. adults say it should continue.
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  • Saudi Arabia prepares sea and possible land offensive against Houthis

    Yemeni sources say Saudis concentrating forces for what could be attack in central Yemen

    Saudi Arabia is preparing for a major military offensive against the Houthis by sea and possibly by land in central Yemen, Yemeni sources believe, in a move to break the chokehold on its oil exports through the southern Red Sea.

    Saudi forces have been seen withdrawing from the east of Yemen in what could be preparation for a land offensive. At the same time, Riyadh is trying to organise a naval coalition to protect shipping from Houthi attacks in the Red Sea and the Bab al-Mandab strait.

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  • Il finit en prison à cause d'un underscore

    Dans la série, "Il n'y a pas que chez nous que la police fait mal son travail", aujourd'hui, je vous emmène rire avec la police canadienne qui a fait une boulette, mais alors comme jamais j'en ai vu. Et cela bien sûr avec la complicité de la justice, parce que sinon ce serait pas drôle.

    En fait, il y a un Canadien qui vient de passer 18 mois en taule pour pédopornographie sur la messagerie Kik. À l'origine, le suspect dans cette affaire avait le nom d'utilisateur "fus__ro_dah".

    Fus Ro Dah ça vient de The Elder Scrolls V: Skyrim, et ça désigne le cri Unrelenting Force. Ce sont 3 mots de langage draconique : Fus pour la force, Ro pour l'équilibre, Dah pour la poussée et le joueur les hurle pour projeter ses adversaires à l'autre bout de la salle. Fin de ma parenthèse gaming ^^.

    Ceux parmi vous qui ont eu la moyenne au brevet des collèges auront remarqué que dans ce pseudo, il y a 3 underscores. Les boomers appellent ça le "tiret du bas", si jamais vous ne savez pas de quoi je parle. Et pas de bol, notre Canadien qui s'appelle Brandon Klayme s'est fait arrêter en 2020 parce qu'il avait le même pseudo.

    Enfin, pas tout à fait... Lui, il n'avait que deux underscores dans son pseudo "fus_ro_dah". Alors certes, la police du Wisconsin avait bien relevé "fus__ro_dah" dans les 125 messages extraits du téléphone de la victime, mais la demande envoyée à Kik pour obtenir les données du compte, elle, portait sur "fus_ro_dah". Kik a donc répondu avec l'adresse mail rattachée à ce compte-là, et le reste s'est enchaîné tout seul... Google pour l'adresse IP, Bell Aliant pour l'adresse postale, puis la police de Halifax pour la perquisition.

    Donc évidemment, tout ce qui a été collecté en ligne, comme preuve pour l'inculpé, ne lui était absolument pas rattaché. Mais cela n'a pas empêché la justice de le reconnaître coupable en avril 2023 et à le condamner à 18 mois de prison, suivi de 18 mois de probation. Le gars, évidemment, a toujours clamé son innocence, mais peu importe, on sait comment ça marche. Pendant plusieurs jours au tribunal, les procureurs ont passé en revue des tas de preuves contre lui et il a fini par être condamné malgré le fait qu'ils n'aient rien trouvé sur ses appareils électroniques. Une fois encore, la justice fait bien son travail ^^.

    Bref, ce petit _ en trop est passé totalement inaperçu...

    Jusqu'à ce que les avocats qui travaillent sur son dossier se rendent compte de cette subtile erreur. Alors le 23 juillet, la Cour d'appel de la Nouvelle-Écosse ne s'est pas contentée d'annuler la condamnation. Son jugement prend soin de préciser que ce n'est ni un vice de procédure ni un acquittement au bénéfice du doute et heureusement. Ils reconnaissent que Klayme est "factuellement innocent". Quant au titulaire du compte aux deux underscores, un dénommé Jay, son adresse IP pointe vers la Californie...

    Et voilà comment à cause d'un gars qui ne sait pas faire un copier-coller, un gamer Skyrim innocent a passé 18 mois en taule. Évidemment, il a été "décondamné", circulez y'a plus rien à voir.

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  • Trump administration selects five states as candidates for radioactive nuclear waste storage

    The Trump administration has selected five states as candidate locations to take atomic waste, in the latest attempt to solve the United States's decadeslong deadlock over long-term storage for spent nuclear fuel.
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  • Map Shows States Where Nuclear Waste Could be Stored Under Trump Plan

    Five states could store nuclear waste under a new Trump administration plan, the Department of Energy (DOE) announced on Tuesday.
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  • Fifa could draw US Congress inquiry over ‘smash-and-grab scam’, top Democrat warns

    Jamie Raskin targets football body’s proposed commercial sell-off and links to Trump administration

    Fifa could face a sweeping US congressional investigation into its expanding financial and political ties to Donald Trump and his family if Democrats reclaim the House of Representatives in November, a senior party figure has warned.

    Jamie Raskin, the top Democrat on the House judiciary committee, accused global football’s governing body of a “smash-and-grab scam of colossal proportions” after it proposed a multibillion-dollar privatization of its commercial operations.

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  • Côte d’Opale: touristes à la plage, migrants sur le départ et l’extrême droite en embuscade

    Alors que des exilés espèrent obtenir un «taxi-boat» pour rejoindre l’Angleterre, des influenceurs britanniques filment les départs. Dans l’eau, certains tiennent des propos xénophobes, se rapprochent du bateau et posent des questions. Objectif: provoquer, enregistrer les réactions et faire le buzz.
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  • Trump Decides He’d Rather Have Tax Crimes and Rewards for Terrorists Than a Todd Blanche Confirmation


    As John Cornyn, with the backing of Thom Tillis, insisted on the tiniest fragment of integrity, Trump has announced that, “I have no objection to temporarily withdrawing [Todd Blanche’] name [from consideration for the full time job of Attorney General], if they do not do the right thing, and putting him back after Cornyn and Tillis are out of office.”

    If you didn’t already need reason to help James Talarico and Roy Cooper win their Senate races, Trump just gave you another.

    The background, of course, is that Cornyn, especially, was demanding something in writing to back Blanche’s verbal assurances that the Terrorist Slush Fund — the $1.8 billion stolen from taxpayers in a fraudulent “settlement” to pay off people including adjudicated terrorists whom Trump has since pardoned — was dead.

    But it’s not just Trump’s push to reward the people who attacked the Capitol on January 6. In final reports before Trump claimed (as if the President is passive in such matters) that he had no objection to pulling the nomination, Cornyn made it clear that the part of the settlement that immunized Trump for his tax crimes was a problem too.

    Hours before Mr. Trump posted, Mr. Cornyn told reporters that he believed “higher-ups at the White House” were blocking efforts to reach a deal to modify the settlement in Mr. Trump’s lawsuit against the I.R.S.

    Mr. Cornyn said he had sent a proposal to the Justice Department that included limits on a provision in the settlement protecting Trump from I.R.S. audits, a guarantee he said he needed before voting to advance Mr. Blanche’s confirmation.

    “I thought we were pretty close to landing the plane last night,” Mr. Cornyn said. “But this morning there’s been some more complications.”

    David Kurtz does some important analysis of the public statements about Cornyn’s demands.

    If the reporting on Cornyn’s demands is correct, then Trump, Don Jr., Eric, and their company still get the $100 million gift from the President’s own administration to himself. And locking that in has the political (though not legal) effect of Senate Republicans publicly ratifying the corrupt bargain by voting to confirm Blanche.

    That is, Cornyn’s demands are an attempt to make this legally sustainable.

    Those who emphasize that Blanche can continue to serve are correct. But I think the temporary surrender is important for a few legal reasons.

    Blanche has to turn over Epstein documents to Judge Emmet Sullivan today, and that could reveal damning new details on Blanche’s cover-up. But I’m more sanguine than others: Sullivan is not demanding action on the most important of Katie Phang’s asks, the privilege index explaining every redaction.

    Pulling Blanche’s nomination means the submissions that Judge Arun Subramanian required will be litigated before the Senate reconsiders his nomination — Sean Buckley did buy enough time for Jay Clayton to be confirmed, but not for Blanche. And that could matter, not least because Subramanian was already considering sanctions.

    But the potentially biggest impact is in the lawsuits about the Terrorist Slush Fund. In Floyd (the lawsuit in Virginia by people targeted by Blanche’s own politicized DOJ), Trump tried to get rid of the lawsuit by claiming that Blanche had promised under oath saying it was gone.

    Subsequent events underscore that the Fund will not move forward, mooting any concern of the Court or Plaintiffs that the Acting Attorney General’s prior comments were “not under oath” and thus could not be afforded the presumption of regularity. As Acting Attorney General testified, under oath, at his Senate Confirmation hearing on July 15, 2026, the Fund “is a moot issue, meaning there is no weaponization fund. The weaponization fund is dead, it’s not moving forward.” Senate Judiciary Committee, Nomination Hearing of the Honorable Tood Blanche to be Attorney General of the United States (“Nomination Hearing”), at 1:26:42–:49. When pressed further, he emphasized, “the settlement fund is just not moving forward there’s no modification it’s just it never started no money went from the Treasury to any other account there’s no commissioners it’s not moving forward.” Id. at 1:27:12–:22. Later in the same hearing, he reiterated, “I’m under oath today, and I’ve said it’s dead repeatedly.” Id. at 2:30:44-:53

    Cornyn’s resistance has shown, no matter how performatively, that Congress doesn’t believe Blanche’s representations.

    And in the primary challenge to Trump’s lawsuit, before Judge Kathleen Williams, her opinion focused closely on the legal problem with the Attorney General deciding whose tax crimes will and will not be prosecuted.

    On that same day, Acting Attorney General Blanche issued an “order” (the “Release Order”) which referenced the “settlement agreement” and released the President, his relatives, companies, and affiliates from “any and all claims, counterclaims, [and] causes of actions” that “have been or could have been asserted” against Plaintiffs that arise out of “(1) any matters that were raised or could have been raised in the Case or the Pending Agency Claims; (2) Lawfare and/or Weaponization; (3) any matters currently pending or that could be pending (including tax returns filed before the Effective Date) before Defendants or other agencies or departments.”15 Unlike the “settlement agreement,” which was signed by purported representatives of both Plaintiffs and Defendants, only Acting Attorney General Blanche’s signature was on the Release Order. 16 Also on that day, it was reported that IRS officials had prepared a 25-page memorandum17 that outlined major flaws with Plaintiffs’ claims and listed the various defenses that could be advanced on behalf of Defendants, defenses that had been raised in other litigation arising from the disclosures.18

    On June 2, 2026, in testimony before the United States House of Representatives, Acting Attorney General Blanche advised that the Anti-Weaponization Fund would not be moving forward.19 He did not, however, commit to a similar termination of the audit and immunity protections set forth in his Release Order. Six days later, President Trump nominated Mr. Blanche to permanently serve as Attorney General of the United States.

    17 Andrew Duehren, The IRS Thought It Could Fight Trump’s Lawsuit, but It Reached a Deal Anyway, N.Y. TIMES (May 19, 2026), https://www.nytimes.com/2026/05/19/admin/irs-trump-lawsuit-deal.html. The actual memorandum has yet to be published by the Government.

    18 The Court notes that in a subsequent response to a Freedom of Information Act request by Citizens for Responsibility and Ethics in Washington, the DOJ stated that there were no “responsive records within the Civil Division pertaining to [this litigation].” Letter from Brian Flannigan, Div. Couns. for Recs. & Info., Civ. Div., U.S. Dep’t of Just., to Kayvan Farchadi, Citizens for Resp. & Ethics in Wash. (June 3, 2026).

    [snip]

    Moreover, the Release Order, signed only by Acting Attorney General Blanche, extends a blanket grant of immunity to all Plaintiffs and their families and “affiliates,” and precludes all “current or possible” investigations or actions before any other agencies or departments.50 The Release Order also purports to bar the IRS from conducting any future tax audits of President Trump, his sons, and their entities.51 This provision directly contravenes 26 U.S.C. § 7217, titled “Prohibition on executive branch influence over taxpayer audits and other investigations,” which states:

    It shall be unlawful for any applicable person to request, directly or indirectly, any officer or employee of the Internal Revenue Service to conduct or terminate an audit or other investigation of any particular taxpayer with respect to the tax liability of such taxpayer.

    26 U.S.C. § 7217(a).

    The explicit text of this statute prohibits President Trump and his lawyers—one of whom was former White House Counsel—from asking for or promoting termination of an audit directed toward him.52 And acquiescing to any such demand is wholly incompatible with the duties of DOJ attorneys (as well as CEO Bisignano for the IRS) to enforce the law and protect the public interest.

    52 This proviso of the “settlement” also raises the question of whether the agreement violates Article II, Section 3 of the United States Constitution, which directs that the President “shall take [c]are that the Laws be faithfully executed[.]” U.S. CONST. art. II, § 3.

    There is a legal problem with any decision to rewrite the tax provision. Several of them, actually, since Blanche’s memo didn’t include buyoff from the purported parties to the lawsuit. Any changes would reopen the legal question, would provide amici in that case to revisit Blanche’s unlawful tax crimes.

    Judge Kathleen Williams effectively said that Blanche and Trump, in tandem, had violated the one law that names the President specifically 26 USC 7217. Any change to the unlawful immunity provision would repeat the crime after both men were put on notice that it was a crime.

    I suspect the White House may not have been able to placate Cornyn not because they weren’t willing to, but because they couldn’t find a way to do so that would not expose Trump and Todd to further legal exposure (which may be why Cornyn thinks a Trump advisor is the one holding this up: because Trump still has advisors to try to limit the ways in which he can be held legally accountable for his crimes).

    Still, pulling Blanche’s nomination leaves things unsettled. And, particularly with an election in which Talarico and Cooper are currently ahead in polls, you never do know where unsettled things could settle.

    The post Trump Decides He’d Rather Have Tax Crimes and Rewards for Terrorists Than a Todd Blanche Confirmation appeared first on emptywheel.

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  • Musk's Massive Midterm Plot to Rescue Trump Revealed

    Elon Musk is planning a massive political spending push to try to help Republicans prevail in the November midterms despite President Donald Trump's record-low approval ratings.
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  • In The Middle Of A War, The Trump Administration Has Cut National Security Staffing In Half

    The on-again, off-again, new forever war we’ve been cursed with because Donald Trump felt people just weren’t paying attention to him enough is going to be headache for years to come. Trump assumes that if he acts like a bully, everyone will just back down. But now he’s dealing with a regime just as willing to go to extremes, which makes this war look more like a knife fight in a jail yard than anything worth forcing other people to die for.

    Since Trump doesn’t like to hear anything that might undermine his preconceptions, he’s been notoriously resistant to national security briefings since his first term in office. Trump always assumes he’s the smartest person in the room, even though he’s never the most alert person in the room.

    Making sure he only hears what he wants to hear is a full-time job for everyone surrounding the president. And when a toady one step closer to the throne senses someone might say something that upsets the boss, they grab the deck chairs and move them around.

    Consequently, the desire for unquestioning loyalty and the ability to be forgettable enough that no one will remember them when they’re gone has given us an insanely stupid succession of people chosen to be the Director of National Intelligence.

    Tulsi Gabbard — his first pick — jumped straight to MAGA from the Democratic Party. This absurd abandonment of principles was repaid by Trump pressuring her out of the DNI position after it became clear she didn’t agree with all of Trump’s off-the-cuff assertions about the threat posed by Iran. Not that she hadn’t proven to be pretty much useless — if not actually dangerous — anywhere else in the federal government before then, but this exit meant she wouldn’t be doing anything else for as long as Trump still controls the White House.

    As the Trump administration failed to sell MAGA GOP members on re-upping the surveillance program they were all suing about only months ago, the president elevated another one of his buddies to the DNI position.

    Enter Bill Pulte. 

    Trump on Tuesday named Pulte – currently director of the Federal Housing Finance Agency (FHFA) and chairman of Fannie Mae and Freddie Mac – to replace current DNI Tulsi Gabbard, who announced her resignation last month. Pulte lacks any intelligence, military, or congressional experience.  

    That’s not relevant experience. But relevant experience no longer matters. What does matter is asking not what you can do for your country, but what you can do for Trump.

    This is particularly concerning because of Pulte’s history of using private information held by the government as a political weapon. In his FHFA role, he has accused several of the President’s political foes and targets – including New York State Attorney General Letitia James, U.S. Sen. Adam Schiff, D-Calif., and Federal Reserve governor Lisa Cook – of mortgage fraud based on private data held by his agency.  

    Pulte’s subservience wasn’t enough to keep him permanently employed, something I hope will eat away at him for the rest of his life. Trump already had an actual nominee lined up: Jay Clayton. Clayton is now perhaps best known for refusing to say who won the 2020 election, which makes it clear he’s here to serve Trump, rather than the country’s national security interests. But it didn’t stop him from being approved this week.

    But Pulte did serve one purpose during his temporary tenure as the Director of National Intelligence.

    The president in early June tapped federal mortgage regulator Bill Pulte, a political ally with no prior national security experience, to be acting director of national intelligence. Trump said at the time that he wanted Pulte to “start the process” of eliminating some workers.

    To be fair, this was hardly a process that needed to be “started.” Under Tulsi Gabbard, staffing at all intelligence agencies that report to the ODNI had shrunk from 2,000 to 1,300. But at the ODNI itself, jobs still seemed pretty safe. Until just recently.

    The Office of the Director of National Intelligence has shrunk more than is publicly known in recent weeks, losing about 200 personnel to firings and reassignments since June 1, according to data the Trump administration shared with Congress this week.

    The cuts are the latest to hit ODNI, which was created to oversee and coordinate all U.S. spy agencies but has been targeted by President Donald Trump and many Republicans in Congress. 

    That’s 200 firings/reassignments in just the last month. The war with Iran has been ongoing since February 28th, triggered by US air strikes on the nation. Despite the occasional Truth Social post declaring outright victory, the war drags on and it doesn’t appear the administration is capable of closing it out without caving to a long list of Iranian demands.

    So, of course, this is the time to be escalating the dismissal of national intelligence personnel. When the threat level is the highest, the administration continues its politically motivated purges, putting everyone in this nation (and the nations around the war zone) at increased risk of attack.

    And this is political. The people getting purged aren’t people who call Trump “sir” and the Defense Department the “Department of War.” The people who actually serve a valuable purpose in protecting this nation from all threats are being removed because they might stumble across evidence that indicates this administration is bringing this country down from the inside.

    Trump has often maintained a hostile posture toward professional intelligence personnel and their agencies, claiming they tried to undermine him in his first term, particularly with the compiling of reports on Russia’s interference in the 2016 presidential election to aid his campaign. The president has dismissed intelligence analysis on a range of issues, from North Korea’s nuclear policy to Iran’s likely reaction to the attacks the U.S. and Israel launched in February.

    Trump only wants people who nod, cower, and obey. The people around him who desperately want to keep their jobs are throwing anyone not sufficiently MAGA-cooked under the nearest bus and immediately letting Trump know they’ve disappeared the dissidents.

    An entire nation could burn and the only thing these people would say is that the nation’s burning was necessary to save the Republic that’s being flipped by no-bid construction crews into a vainglorious edifice worthy only of a tyrant. This administration is incapable of managing crises. But it’s super-great at creating them. If we’re lucky, we’ll be able to look back at this as a turning point in US history. If we’re not, we won’t get to look back at it at all.

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  • Des policiers municipaux de Saint-Denis filmés en train de faire des roues arrière à moto

    Plusieurs vidéos montrent des motards qui se livrent à ces acrobaties assimilées aux «rodéos urbains». La mairie annonce l’ouverture d’une enquête administrative pour identifier et sanctionner les agents concernés.
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  • Macron l'incendiaire

    Nouvel épisode de Jusqu'ici tout va mal, par Sébastien Fontenelle.
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  • La triste farce de Bernard Arnault

    Le patron de LVMH a dénoncé les critiques d’une série d’articles publiée dans «Le Monde», suscitant le soutien de personnalités allant du centre à l’extrême droite. Un épisode qui en dit long sur la fuite en avant autoritaire et nihiliste de l’homme le plus riche de France.
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  • Trump says he may ‘temporarily’ drop bid to make Blanche US attorney general

    President says he has no objection to pulling his former lawyer’s name until dissenting Republicans are out of office

    Donald Trump said on Thursday he may “temporarily” pull the nomination of Todd Blanche to serve as attorney general, but would keep him in the role in an acting capacity until two Republican senators objecting to his confirmation leave office next year – an extraordinary escalation of an intra-party fight over an agreement to create a $1.8bn slush fund and give the president tax immunity.

    Two Republican senators – John Cornyn of Texas and Thom Tillis of North Carolina – have refused to back Blanche’s nomination until they receive written confirmation from the justice department that it is not moving forward with a widely criticized agreement creating a $1.8bn fund to compensate people claiming they were targets of political weaponization and granting the president, his family and business entities broad immunity from past tax investigations.

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  • US-Iran strikes risk regional war in Middle East - The Latest

    The US military has carried out a wave of airstrikes against Iran in response to Tehran targeting American bases in Jordan. The strikes were launched after Donald Trump vowed to hit Iran ‘very hard’ following a days-long pause in fighting. Iran has expanded its military strikes in the region, raising fears of an all-out war. Lucy Hough speaks to Guardian senior international reporter Peter Beaumont watch on YouTube

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  • US-Iran strikes risk regional war in Middle East - The Latest

    The US military has carried out a wave of airstrikes against Iran in response to Tehran targeting American bases in Jordan. The strikes were launched after Donald Trump vowed to hit Iran ‘very hard’ following a days-long pause in fighting. Iran has expanded its military strikes in the region, raising fears of an all-out war. Lucy Hough speaks to Guardian senior international correspondent Peter Beaumount

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  • Attention à cette fausse histoire de bus scolaire retrouvé 39 ans plus tard

    Source :Compte Facebook, le 23 juillet 2026

    Etiqe :Faux

    Contenu :

    Quinze enfants disparus au cours d’une sortie scolaire en 1989, leur bus découvert 39 ans plus tard, intact, enseveli dans une forêt, sans aucune trace des disparus. À l’intérieur : quelques objets abandonnés, mais aucun corps ni aucune trace des disparus. Sur le tableau de bord, une liste de classe accompagnée d’un mystérieux message : « Nous ne sommes jamais arrivés à Morning Lake. » 

    Racontée comme un fait-divers taillé pour une série Netflix, cette histoire connait un franc succès sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, de nombreux internautes se laissent porter par le récit, et croient à la découverte miraculeuse entre stupéfaction et inquiétude. « Je suis étonnée qu’on ne les ait pas trouvés avant », s’interroge l’une d’entre elles. « Paix à leur âme ! Rendons grâce à Dieu ! » s’emporte une autre, sans doute bouleversée par l’histoire. 

    Que chacun et chacune se rassure : l’histoire a été inventée de toutes pièces pour générer du clic. 

    Des approximations en pagaille 

    Il faut dire que le récit comporte de nombreuses incohérences. L’école Halstead Ridge, cité dans les publications, n’existe pas, tout comme le lac Morning Lake, dont l’homonyme le plus proche est le Morning Star Lake, dans le Nebraska. 

    Par ailleurs, aucun média sérieux n’a relaté cette prétendue histoire : ce qui semble irréaliste au regard de l’impact médiatique qu’aurait pu avoir une telle disparition. À cela s’ajoute le manque d’informations dans les publications: les noms de lieux et de personnages sont génériques, et aucune région, état ou pays n’est mentionné. 

    De plus, la photo qui accompagne les publications présente les caractéristiques d’une image générée par intelligence artificielle. Toutes les inscriptions sur le dossard des ouvriers ou l’avant du bus sont illisibles, un détail fréquent sur les images générées par IA comprenant du texte, que les outils génératifs n’ont pas encore appris à reproduire parfaitement. 

    Autre incohérence : l’état du bus. Enterré pendant plusieurs décennies, il ne semble avoir subi aucun dommage : les pneus et les fenêtres sont en parfait état, et la peinture jaune du véhicule toujours intacte. 

    Un détail peu crédible, mais sans doute secondaire pour les comptes qui diffusent ce récit, dont l’objectif semble moins être d’informer que d’attirer les internautes vers des contenus rémunérateurs.

    Un conte monétisé

    En effet, cette histoire apparait sur les réseaux sociaux en 2025, d’abord en anglais (ici ou ici), puis en français, copiée, traduite, et relayée par des comptes qui postent en commentaire des liens vers une version « complète » du feuilleton. Tous ces sites sont bardés de publicités, qui visent à monétiser le trafic d’internautes curieux d’en apprendre plus sur cette histoire. 

    D’un site à l’autre, les éléments clés du récit changent. La disparition des enfants est datée, parfois le 19 mai 1986 , d’autre fois le 2 mai 1986 ou encore le 17 octobre 1986. Le nom de l’école, du shérif lié à l’enquête, et d’autres détails peuvent également varier. 

    Tout porte à croire qu’il s’agit donc d’une histoire virale montée de toutes pièces pour générer de la viralité sur les réseaux sociaux et du trafic sur des sites internet saturés de publicité. Et sur ce point, les inventeurs de ce récit semblent avoir réussi leur coup.

     

    Auteurs :

    Auteur : Clément François, journaliste

    Relecteur : Etienne Merle, journaliste

    Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

    Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste

    L’article Attention à cette fausse histoire de bus scolaire retrouvé 39 ans plus tard est apparu en premier sur Les Surligneurs.

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  • Trump says US will 'beat the f–king s–t' out of Iran after surprise missile attack

    President Trump vowed Wednesday to "beat the f–king s–t out of" Iran in response to a surprise missile attack by the Islamic Republic targeting US troops stationed in Jordan. "We'll be hitting them hard," Trump told Fox News chief foreign affairs correspondent Trey Yingst in a brief interview early Wednesday. "They're going to get a beating." The president's warning came after the US and Saudi Arabia already launched joint strikes on Iran-aligned terrorists in Iraq on Tuesday following the attempted ambush.
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  • Fragments issus de la carrière de la pratique révolutionnaire

    Note de trognon : Ce texte (initialement publié en allemand en 2025 et traduit ici en français) est une contribution au débat sur la tactique de guérilla, débat qui refait surface au travers de différents textes ces dernières années (textes venues d'Allemagne, des Etats-Unis ou encore d'Italie, dont les références se trouvent à la fin de la présente brochure).

    Sommaire

    Fragments issus de la carrière de la pratique révolutionnaires

    Des questions à nous poser, plutôt que d'attendre la prochaine guérilla militariste ?

    traduit de l'allemand, publié sur emrawi.org

    1. Introduction

    Le mensonge se fige en vérité. Les algorithmes le pérennisent. Et il suffit qu'il soit plus fort que les anciennes certitudes sur ce qu'est la réalité. Ou plutôt : ce qu'elle était.

    Le vieux monde, selon le point de vue des assujettis, a toujours été un véritable enfer. Épuisant pour certains, existentiel pour d'autres, et mortel pour d'autres encore.

    Le nouveau monde a un nouvel enfer à offrir.

    Désormais, le mensonge transformé en vérité se négocie sur de nouvelles places boursières. Tout est réévalué en termes de valeur et de non-valeur. On paie en temps de vie, en cerveaux brûlés et en sentiments manipulés. Le récepteur populaire s'appelle aujourd'hui X. La moindre manifestation de vie est négociée, vendue, trahie, contrôlée. Elle peut être interprétée comme dysfonctionnelle, comme sans valeur, et entraîner la mort.

    Heureusement, il n'y a plus de destruction climatique causée par l'homme, il n'y a que du mauvais temps. « La révolution du bon sens » proclame par décret : il n'y a que deux sexes : la femme et l'homme. Le Groenland appartient aux États-Unis. Hitler était communiste. Pour lutter contre les famines, il faut laisser les gens mourir de faim. Et pour lutter contre les réfugiés, il faut l'état de guerre de la forteresse. Pour lutter contre la guerre, il faut encore plus de guerre. Pour lutter contre encore plus de pauvreté, il faut encore plus de guerre. Le nouvel enfer est à portée de main, avec ses nouvelles réponses.

    Le fascisme – si tant est que ce nom décrive encore correctement ce qui se passe actuellement – revêt un nouveau visage. Ses acteurs sont prêts à se lancer dans la construction totalitaire d'une nouvelle société. Ils ne savent certes pas encore exactement où cela les mènera, mais la direction est claire : le pouvoir, le pouvoir et encore le pouvoir. Après nous, le déluge. Et le plaisir de détruire une morale qui reposait parfois encore sur des critères sociaux les réjouit, à l'image de ce garçon dans le bac à sable qui, avec sa petite pelle, démolit les châteaux des autres enfants et rit quand ils pleurent, crient ou se désespèrent. Plus la douleur est grande, plus la joie est grande. La destruction est comme une addiction pour la nouvelle élite, qui veut détrôner l'ancienne élite et y parviendra. Certains appellent cela la « destruction créatrice » et valorisent ainsi la brutalité du processus.

    Les forces d'opposition internes à cette vague totalitaire ont encore quelques problèmes avec des questions de détail non résolues. Une véritable opposition, une critique des fondements, devient, selon les endroits, une menace pour sa vie. La Russie ou la Chine constituent le modèle de ce qui est possible. Ce n'est qu'une question de temps avant que la torture ne devienne systématiquement la norme aux États-Unis ou en Europe.

    Qui sait vraiment où tout cela nous mène exactement ? Parvenons-nous seulement à suivre le rythme des événements et des répercussions de ce bouleversement, de cette transformation du pouvoir, afin de pouvoir nous y repérer et proposer des formes de résistance prometteuses ? Le bilan est quotidien – pour celleux qui en ont encore la capacité.

    Mais une chose est claire : les appareils d'État sont en train d'être pris d'assaut par les partisans des futures dictatures. La pensée est accaparée par des machines, par des hommes occupant des postes de pouvoir, capables de se servir de ces machines et disposant des ressources nécessaires pour manipuler les gens à une échelle sans précédent. Il est difficile de supporter ces mensonges rabâchés qui sapent tout ce qui pourrait constituer une coexistence humaine, car les moyens de s'y opposer semblent minimes. La réalité est déformée, brisée et ensevelie sous les mensonges pour être ensuite réassemblée. Et nombreux sont celleux qui commencent à répéter ces mensonges, à se réorienter et à rejeter leurs anciennes certitudes. La vie est sous le contrôle des grandes entreprises et des monstres issus d'un cabinet des horreurs patriarcal.

    Les grands groupes du tech s'allient au chauvinisme et aux mouvements fascistes et deviennent une force destructrice qui emporte de nombreuses personnes dans son sillage. Un chauvinisme qui pousse certaines personnes à regarder avec délectation ces gens mourir, tant que les promesses de sécurité leur paraissent encore crédibles. Regarder en temps réel.

    Les forces bourgeoises conservatrices, libérales et « de gauche » se proposent comme tremplins et chantent d'ores et déjà la chanson des maîtres actuels et futurs. Des millions de personnes sont mises pour cible. La liberté est réinterprétée et signifie le mépris et l'anéantissement de toustes celleux qui font obstacle à leur propre « liberté ». La morale, c'est du passé, le pouvoir est tout. La devise : « Make Patriarchat Great Again ».

    Et nous nous trouvons quelque part entre une description délirante d'un avenir qui n'en est pas un. Nous, qui devons d'abord trouver la certitude de vouloir, et de pouvoir, opposer à l'inimaginable une pratique offensive, une pratique armée, dans ce nouveau cycle de l'histoire de l'humanité.

    Et quelque part, la certitude que partout, on va résister. Partout, il y aura des gens qui comprendront l'énorme danger qui nous guette. Que les relations sociales entre les êtres humains, ainsi qu'avec le monde en tant qu'espace de vie, sont menacées. Que notre planète est en danger, avec les conditions de vie dont nous avons besoin pour exister.

    Aussi sombres que soient les perspectives d'un côté, on distingue d'autant plus clairement celleux qui placent l'humanité au-dessus de tout. Celleux qui embrassent la Terre et tous les êtres vivants qui la peuplent, et qui font ce qu'ielles font depuis des siècles : se battre, se défendre, se protéger et protéger les autres, préserver et transmettre le savoir. Acquérir de l'expérience au combat et grandir face aux défis. Tout comme d'autres luttes nous donnent de l'espoir, nous faisons partie, à notre humble échelle, de ce renouveau et donnons de l'espoir à celleux qui sont dos au mur et n'ont d'autre choix que d'aller de l'avant. Nous pouvons au moins essayer.

    Telle est notre situation de départ. Nous avançons à tâtons.

    2) Et maintenant ?

    Nous avons placé en introduction une analyse très sommaire et abrégée, car elle peut s'avérer utile pour cerner la perspective des questions que nous souhaitons mettre en lumière et approfondir, de manière fragmentaire, dans la suite du texte, à partir de la carrière de la pratique révolutionnaire. La violence du bouleversement qui s'annonce, de la transformation des formes de domination telles que nous les connaissons jusqu'à présent, éclipsera toute expérience passée grâce aux possibilités technologiques. Nous n'avons pas de temps à perdre.

    L'ancien est révolu. Affrontons ce bouleversement.

    La nouvelle guérilla urbaine affronte la réalité et intervient.

    La guérilla a besoin de nous.

    Le mot « guérilla » a une grande résonance. Il vient d'une autre époque. Il est dépassé. C'est un terme chargé de sens, auquel s'attachent de nombreux aspects discutables.

    D'une part : selon les anciens concepts idéologiques, de nombreux groupes de guérilla reposaient sur des conceptions du pouvoir généralement associées au modèle d'un « contre-pouvoir ». Il s'agissait en fin de compte de concepts patriarcaux, dans lesquels l'armée de guérilla, issue par exemple de groupes de guérilla urbaine, était considérée comme l'élément censé prendre le pouvoir en cas de victoire. Victoire sur le plan militaire. Et le pouvoir restait généralement entre les mains de cadres masculins. Ce n'était pas le fait qu'ils fussent des hommes qui posait problème, mais leur masculinité, leur élan patriarcal. Et l'idéologie qu'ils avaient développée, qui n'avait jamais eu pour habitude de remettre en question le patriarcat.

    Quand on cite Mao : « Le pouvoir sort du canon des fusils », il s'agit là d'une idéologie purement patriarcale et militariste.

    Le « pouvoir », c'est-à-dire la volonté de résistance, dirions-nous, provenait de la conscience sociale de sa propre situation. L'organisation correspondait aux relations sociales, aux échanges entre les opprimés, et conduisait à des luttes collectives du peuple. Les autoritaires, en premier lieu les communistes, ont généralement pris les conflits sociaux comme moteur, s'en sont emparés et les ont exploités à leur profit pour les canaliser dans des structures de parti et de commandement. La centralisation, le culte du chef et la direction, l'obéissance aveugle et les soldats du parti en ont été le résultat sans joie. Il s'agissait toujours de pouvoir et de la conquête du pouvoir, et non du démantèlement du pouvoir. De nombreux groupes de guérilla, dans divers contextes à travers le monde, ont poursuivi la militarisation des conflits sociaux en vue de la conquête du pouvoir et ont préféré la guerre civile à la révolution sociale lorsqu'ils se sentaient menacés. Avec l'échec de la révolution sociale, il était peut-être encore possible de s'emparer du pouvoir, mais c'en était alors fini de la libération de l'humain de l'asservissement par l'humain. Les divergences et les critiques au sein du mouvement révolutionnaire n'avaient guère de place dans le contexte d'un contre-pouvoir, d'une avant-garde armée, d'une pratique militarisée, d'un plan visant à s'emparer du pouvoir, et elles étaient éliminées. Renégats, dissidents de gauche, dissidents de droite, traîtres à la cause : pan, boum, morts.

    La guérilla, c'est aussi une histoire sanglante : l'exécution des dissidents était la règle, pas l'exception.

    Il faut mettre fin à cette répétition de l'histoire en adoptant une forme différente, une autre organisation et en redéfinissant les objectifs de la guérilla. Les anciens groupes de guérilla, à quelques exceptions près, incarnaient souvent à la fois des espoirs déçus et un écran de projection. À notre sens, il n'y a eu à ce jour aucune réflexion critique de la part d'anciens militants de la guérilla sur le militarisme au sein des groupes armés. Nous n'accordons aucune attention à la répétition d'une orientation discutable d'une future guérilla, ni au désir d'une « guerre de guérilla urbaine », ni à la mise en œuvre d'une « guerre asymétrique » par de tels groupes. De même, le désir de déclencher une « guerre sociale » flirte avec le goût de la guerre. Nous qualifierions cela, notamment l'article paru dans le journal autonome, « Warten auf die anarchistische Guerilla… », de fantasmes patriarcaux masculins. Sur la base de cette structure de pensée, les services secrets attendent peut-être avec joie de venir chercher la prochaine guérilla, mais pas nous. La conclusion de l'article ne correspond pas à son contenu. Ce texte suscite notre rejet le plus total. Dans une réponse intitulée « Sur la capacité d'action anarchiste » (Antisistema, numéro 3), nous nous reconnaissons à travers nos propres réflexions.

    La « guerre sociale » est menée contre les opprimés ; la révolution sociale met fin à cette guerre sociale venue « d'en haut ». Le militarisme et la glorification des conceptions patriarcales du combat mènent à l'échec de la révolution sociale.

    Venons-en à l'autre aspect : le mot « guérilla » vient de loin. Il n'est plus dans le champ de notre propre expérience. On peut donc jouer avec ce terme et l'utiliser comme bon nous semble. Personne ne s'y opposera, encore moins la guérilla elle-même, qui n'existe pas.

    On se pare volontiers d'un esprit rebelle, comme de plumes d'autrui. Parce qu'elle a l'odeur de la subversion, de l'illégalité, de la révolution, la révolution peut être consommée. C'est pratique de jouer à la guérilla de la communication, de pratiquer le « guerilla gardening », de faire soudainement revivre la révolution russe avec Lénine ou d'autres jeux qui valorisent ses propres projets. Sur un t-shirt, dans une publication sur les réseaux sociaux – partout, on vante une radicalité qui ne fait de mal à personne, qui génère des clics et se vend bien. La guérilla est dépouillée de son contexte pour servir de battage médiatique, de coup marketing visant à gagner en visibilité, ou pour faire peur lorsque le mouvement pour le climat est soudainement assimilé au « terrorisme de la RAF ».

    Et puis il y a aussi quelques anciens militants qui se mettent en avant. Et un milieu « rouge », souvent tout juste sorti d'un milieu bourgeois, qui ne les quitte pas d'une semelle, mais qui, bien sûr, aura disparu d'ici quelques années et défendra le système tant détesté qu'ils ont brièvement combattu. Ou pire encore : qui célèbre sans esprit critique une pâle copie des anciens groupes de guérilla et, surtout, qui renforce le radicalisme verbal, le machisme et le militarisme. Nous n'approfondirons pas ce sujet.

    La remarque faite dans Antisistema, selon laquelle le terme « guérilla » provient d'un diminutif de l'espagnol « guerra » (guerre), met en évidence le problème fondamental. Considérons-nous la résistance comme une guerre ? Ou bien comme la destruction du pouvoir et de ses manifestations belliqueuses, en suivant les principes de la révolution sociale ? Ce n'est pas tel ou tel texte qui décide si nous voulons donner un avenir à ce terme, en tant que description d'une forme d'organisation ou en tant que perspective, mais bien la discussion qui s'y rapporte. C'est la pratique qui est déterminante, et non la case idéologique dans laquelle nous la rangeons. Et pour reprendre les propos d'Antisistema : « Développer un mouvement anonyme, invisible et informel, empreint d'engagement, de détermination et d'une perspective à long terme, qui utilise ce qu'on appelle des tactiques de guérilla, c'est en quelque sorte, à un niveau minimal, la pratique du mouvement anarchiste international ».

    Compte tenu de cette réserve quant à la pertinence du terme, et compte tenu de notre analyse prudente concernant la transformation du pouvoir, faisons simplement comme s'il existait une guérilla urbaine dans ce pays. Notamment parce que nous estimons qu'il est juste de ne pas laisser ce terme aux mains du militarisme et de rendre concevable une nouvelle forme de guérilla urbaine, qui est peut-être déjà en marche depuis longtemps.

    Peut-être ne le sait-elle pas elle-même. Peut-être s'en doute-t-elle et ne veut-elle pas être classée dans une catégorie qui pourrait la séparer des flaques, des mares, des ruisseaux, des lacs et des mers, où elle évolue comme un poisson dans une eau trouble ou limpide, et c'est pourquoi elle garde le silence sur son existence. Peut-être ne veut-elle pas donner d'informations inutiles aux enquêteurs. Peut-être ne lit-elle même pas ce texte. Peut-être que la guérilla ne se soucie pas du marketing. Peut-être ne veut-elle pas se cataloguer ainsi pour des raisons politiques compréhensibles. Peut-être est-elle parmi nous depuis longtemps et ne l'avons-nous pas remarqué ? Peut-être est-elle même déjà traquée en tant que guérilla, sans le savoir. Peut-être l'adversaire est-il plus conscient de son existence qu'elle-même ? Peut-être la guérilla ne nous fait-elle pas part de cette persécution, pour des raisons que nous ignorons ? Peut-être cette persécution l'a-t-elle aidée à prendre conscience qu'elle est bel et bien une guérilla. Son silence est-il la preuve de sa non-existence ? Nous disons : non, ce n'est pas le cas. Son silence est-il la preuve de son existence ? Non, ce n'est pas le cas non plus.

    Mais attendons de voir ce que nous allons écrire et laissons les choses suivre leur cours.

    Partons d'une hypothèse : la guérilla urbaine existe déjà.

    Nous n'entendons aucun coup de feu. Est-ce là une preuve de son inexistence ? L'absence de pratique armée n'est-elle pas la preuve qu'il n'y a pas de guérilla dans ce pays ? Ou bien la décision de mener une guérilla urbaine découle-t-elle de la prise de conscience que le pouvoir ne vient justement pas des canons des fusils et qu'il n'est donc pas nécessaire de mettre en place une « Fraction de l'Armée rouge », ce qui ne serait politiquement qu'une répétition d'une erreur ayant conduit à une impasse politique ?

    Qu'est-ce qui est déterminant pour la forme de leur action en tant que guérilla urbaine au sein de noyaux offensifs invisibles ?

    Si les noyaux offensifs sont guidés par l'idée que la révolution sociale est plutôt mise en pièces par la puissance des canons, ou qu'en cas de victoire de la révolution, les structures patriarcales combleront le vide et que toute cette merde recommencera depuis le début – et s'il ne s'agit pas d'une militarisation des conflits sociaux par la domination, dans laquelle une force armée prend le pouvoir, que pourrait alors en conclure une guérilla invisible ?

    Et si les noyaux offensifs se créaient ou s'étaient déjà créés des structures clandestines afin, en tant que noyaux subversifs, d'allumer le feu là où ils se sentent utiles, là où la soif de liberté brûle dans les cœurs, mais où il faut parfois aussi le soutien de la guérilla urbaine invisible ? Et si ce type de guérilla urbaine accompagnait depuis longtemps déjà les luttes sociales, sans vouloir les dominer, sans avancer en tant qu'avant-garde que les masses suivraient alors, ou seraient obligées de suivre ?

    Et quelle est la position de la nouvelle guérilla urbaine vis-à-vis des armes à feu ?

    Car les masses ne disposent que de balais, de faux, de couteaux, de fusils de chasse, de rouleaux à pâtisserie, de bâtons, de pavés, de cocktails Molotov et autres objets du même genre – qui, avec les armes dont elles disposent, ne pourraient vaincre aucune armée. Pas de cette manière. Les armes disponibles lors de la Commune, pendant la révolution russe ou lors de la révolution en Allemagne provenaient de l'armée. Elles provenaient majoritairement de soldats qui s'étaient rangés du côté des insurgés ou étaient eux-mêmes des insurgés. Les armes utilisées au plus fort de la guerre civile espagnole provenaient en grande partie de l'Union soviétique, et seules les forces politiquement disposées à se soumettre au stalinisme en étaient approvisionnées. Par nécessité, par opportunisme ou par conviction. Les autres ont été littéralement laissés à leur sort. Il s'agissait soit d'une prise de pouvoir au sens du communisme autoritaire, soit du fascisme – une révolution sociale n'était pas prévue. Une révolution sociale menée par les anarchistes ne devait pas aboutir, sinon la prétention de l'Union soviétique à être la seule représentante de la libération aurait été remise en cause.

    Les armes du Viêt-Cong et, d'ailleurs, dans la plupart des révolutions, provenaient généralement de la sphère d'influence de l'URSS. Les États-Unis approvisionnaient le camp adverse.

    Et les armes d'aujourd'hui proviennent de l'Iran et d'autres dictatures ; elles proviennent toujours des États-Unis, de la Russie ou de la Chine, et n'ont rien à voir avec l'émancipation. Depuis la création de l'URSS, ces livraisons d'armes n'ont jamais constitué un soutien désintéressé aux mouvements révolutionnaires, mais ont été motivées par des guerres par procuration et des ambitions de pouvoir.

    L'origine des armes, provenant par exemple du trafic de drogue, a influencé l'orientation idéologique des groupes de guérilla, dont les résultats seraient aujourd'hui qualifiés d'échec brutal des tentatives d'émancipation.

    Peut-être qu'un nouveau type de guérilla a mûri depuis longtemps, qui ne cherche pas du tout le conflit armé, car le pouvoir n'est pas renversé en premier lieu par les armes, ne peut pas l'être. Au contraire, la guérilla se pose peut-être la question de savoir comment rester indépendante – des armes et des conditions dans lesquelles elle pourrait se les procurer.

    Parlons brièvement de « l'arme à feu ». Nous sommes certainement d'accord sur le fait qu'il ne s'agit pas de faire de l'arme un dogme, un fétiche. Pourtant, l'attrait pour celle-ci ne disparaît pas pour autant. À notre sens, c'est une masculinité irréfléchie et toxique qui pousse à se sentir encore plus viril grâce à l'arme. La militarisation et la masculinité – ou, pour être plus précis, l'identité patriarcale inscrite dans la socialisation des hommes – sont les ennemies de la résistance révolutionnaire. Certes, les femmes peuvent elles aussi élever l'arme au rang de fétiche, mais en règle générale, la militarisation de la psyché, inculquée aux hommes ou aux personnes perçues comme masculines, est plus propice à ancrer durablement cette fétichisation dans l'esprit. Cette réflexion a peut-être déjà été menée par la guérilla, qui ne se dévoile pas à nous.

    Rendre la lutte armée envisageable et concevable implique une analyse précise des moyens. Ceux-ci ne sont pas neutres sur le plan des valeurs : une arme est un outil patriarcal. Si la nouvelle guérilla urbaine recourt à un tel moyen, elle doit prendre en compte sa signification subtile et dangereuse et s'en affranchir consciemment. En abordant la question du patriarcat et en mettant en place des mécanismes de retour, elle crée peut-être les conditions pour que l'arme ne s'empare pas de sa pensée. C'est peut-être pour cela que nous n'entendons aucun coup de feu, car le débat sur ce sujet a défini d'autres priorités.

    À notre connaissance, cette réflexion n'a jusqu'à présent donné lieu à aucun mouvement armé, ou tout au plus de manière très rudimentaire. Nous n'avons en tout cas connaissance que de rares tentatives historiques dans ce sens. Car lorsque le moyen est devenu une fin en soi, c'est-à-dire lorsque l'arme est devenue l'outil permettant d'accéder au pouvoir, cela a conduit à l'échec de toutes les révolutions qui, à l'origine, ne visaient pas à établir un nouveau régime.

    Les armes sont conçues pour tuer. Quiconque porte une arme dispose d'un outil pour tuer, peut mourir par cette arme et peut devenir un meurtrier. Les images de martyrs, qui trônent sur l'autel comme des icônes, témoignent à nos yeux d'un rapport irréfléchi à la lutte armée.

    La pratique de la guérilla urbaine actuelle ne s'appuie que sur des critères sociaux visant à transformer la situation ; l'arme ne serait donc qu'un moyen, un outil permettant d'atteindre un objectif. Elle n'est pas l'objectif en soi. Et la fin ne justifierait pas non plus les moyens, c'est-à-dire l'arme. Toute action menant à l'objectif sans avoir à recourir à une arme serait préférable. Les armes militarisent toujours. La primauté de la révolution sociale détermine la pratique, même celle d'une action armée. La « révolution sociale », comme le résume notre guérilla urbaine invisible, vise toujours aussi le démantèlement du patriarcat et le démantèlement du pouvoir. La destruction du patriarcat passe par la démilitarisation des structures de pouvoir et des relations sociales, et non par la militarisation de la résistance.

    La guérilla actuelle aurait-elle donc depuis longtemps tourné le dos aux hypothèses historiques selon lesquelles de nombreux noyaux offensifs et armés constituent la base d'une guérilla qui, associée au peuple, forme alors une armée et s'empare du pouvoir ? Et qu'est-ce que le « peuple » ? Cette guérilla d'un nouveau genre ne s'intéresse pas du tout au pouvoir, mais à sa disparition totale. Peut-être ne souhaite-t-elle pas du tout une « guerre populaire », dont certains rêvent sans cesse, mais plutôt un démantèlement offensif et social-révolutionnaire de l'identité nationale et du rejet de toute idée de soulèvement populaire. Les actions qui dépassent les identités nationales, se réfèrent à d'autres luttes dans d'autres pays et s'articulent avec les luttes locales ont le potentiel de priver l'identité nationale et la notion de « peuple » de leur force.

    Si une guérilla ne détourne pas de personnes des mouvements sociaux (et n'affaiblit donc pas ces mouvements) et ne cherche pas non plus à les armer, mais n'exclut pas pour autant catégoriquement le recours aux armes dans l'interaction entre action offensive et révolte sociale permanente, qu'est-ce que cela signifierait alors pour le spectre des options de résistance ? Qui peut débattre de telles questions, si ce n'est avant tout la guérilla, qui ne se révèle pas à nous pour l'instant ? Qu'est-ce qui, bon sang, définit une guérilla à une époque comme la nôtre ? Comment mener des discussions sur sa perspective ?

    Laissons-nous provoquer et bouleverser, et reprenons cette idée : la guérilla existe déjà !

    Deux remarques concernant cette affirmation :

    Premièrement : tu ne la vois pas, et c'est tant mieux.

    Deuxièmement : tu ne la vois pas parce que TU NE TE RECONNAIS PAS dans le miroir. Ce qui, en revanche, est moins bien.

    Le premier point est peut-être vrai ; ce que tu ne reconnais pas, les chasseurs d'humains ne le reconnaissent peut-être pas non plus.

    Le second point pose problème, car les chasseurs d'humains t'ont peut-être reconnu, mais ton analyse ne rend pas compte de la signification qui t'a été attribuée, à toi, à ton groupe ou à ton entourage, depuis longtemps déjà.

    Ce problème pourrait certes être négligeable, car nous ne nous définissons pas par rapport à nos adversaires, mais par nos intentions et nos actions en interaction avec les mouvements sociaux et les conflits. Cependant, la prise de conscience de nos propres actions et la reconnaissance de nos propres possibilités constituent également une occasion d'aller plus loin que ce que l'on s'était jusqu'ici permis d'envisager. Si vous, en tant qu'individu ou en tant que groupe, envisagez la possibilité que vos capacités s'étendent davantage, alors vous êtes en passe de passer d'un petit groupe intervenant ici et là à un groupe de guérilla urbaine. Si vous vous situez dans un contexte plus large, celui de la lutte pour arrêter le « Train Maya » et les massacres dans la forêt tropicale et des combats des peuples autochtones contre la destruction de leurs moyens de subsistance, alors vous n'êtes peut-être pas aussi loin d'un groupe de guérilla urbaine internationaliste que vous ne le pensez. Car cette étape recèle déjà une stratégie politique qui peut s'inscrire dans une continuité, puisqu'un objectif clair se profile à l'horizon. Si, au sein du « cœur de la bête » tant évoqué, vous établissez des liens mondiaux avec d'autres luttes ou réfléchissez concrètement à la manière de soutenir les luttes en cours, par exemple contre la destruction du climat, tout en sabotant le « Green Deal », alors il ne s'agit plus ici d'un mouvement éphémère. Parce que vous travaillez à partir d'analyses, que vous intervenez sur des terrains politiques et que vous créez une continuité en collaboration avec, par exemple, d'autres groupes que vous ne connaissez pas – que ce soit sous différentes appellations, sous un seul nom ou sous une étiquette.

    Si vous avez acquis des compétences techniques qui vous permettent de vous infiltrer profondément dans les structures sociales des nazis, et si ces informations parviennent à des personnes qui organisent des visites à domicile ciblées pour démobiliser les nazis, leur voler leurs armes, analyser leurs disques durs, vider leurs comptes, détruire leurs biens, etc. (!), alors peut-être que la manière dont vous vous situez n'est qu'une question de regard porté sur votre propre action. Quelle que soit la forme que prend votre organisation, nous voyons déjà poindre la guérilla urbaine. Si vous persévérez, accumulez de l'expérience, encaissez des défaites et continuez malgré tout, alors c'est là que réside le potentiel d'un groupe de guérilla urbaine en pleine prise de conscience. Si vous assurez la pérennité de votre quotidien (travail, logement, relations, discussions politiques) et de vos structures afin de préserver la capacité d'action du noyau offensif, vous créez alors les conditions nécessaires à l'existence d'un groupe de guérilla urbaine, aussi petit soit-il. Si, après un certain nombre d'actions offensives, vous constatez que tout cela est certes bien et juste, mais que cela ne représente en quelque sorte qu'une goutte d'eau dans l'océan, ou n'a apporté que peu ou rien, et que vous ne vous dissolvez pas pour autant ni ne vous retirez dans la sphère privée, mais que vous analysez ce qu'il faudrait faire pour sortir de la stagnation et explorer de nouveaux moyens d'intervention offensive, alors vous êtes proches de la guérilla urbaine. Si vous ne recherchez pas le « spectacle » dont le seul but est la présence médiatique, ni une intensification des attaques pour compenser le « manque de perspective politique », vous êtes proches de la guérilla urbaine. Si vous ne pratiquez pas la militarisation (que vous ne confondez pas avec la radicalité) comme réponse à vos questions – mais plutôt le sabotage, qui empêche, interrompt, bloque quelque chose afin d'exercer une influence fortifiante sur les luttes sociales locales et/ou mondiales –, alors vous êtes peut-être proches d'une condition préalable à la guérilla urbaine.

    Et lorsque cela se produit en interaction avec d'autres groupes partageant des objectifs similaires, des avancées sociales révolutionnaires deviennent soudain possibles dans le contexte social, ce qu'un petit groupe ne peut à lui seul réaliser. En ce sens, les accords et les ententes entre différents groupes sont certes utiles et positifs, et constituent également un bond qualitatif par rapport à une pratique diffuse et en partie non engageante. Mais même si le nombre d'actions pertinentes reste important, si l'on n'a pas (au préalable) réfléchi à leur transmission et à leur ancrage au sein des mouvements sociaux, dans les milieux ou dans les secteurs de la société, leur impact s'estompe rapidement. L'objectif de chaque action de la guérilla urbaine est d'encourager, d'élargir les marges de manœuvre, de renforcer ou de consolider les luttes sociales, de transmettre des connaissances, etc. Il y a là une marge de progression pour certains groupes dont on devine, à travers leurs déclarations et la mise en œuvre de leurs actions, que les capacités se rapprochent de celles d'un noyau de guérilla urbaine. Il s'agit toujours, encore et encore, de la lutte pour gagner les cœurs et les esprits des gens. Toucher ces derniers est la tâche des noyaux offensifs. Les médias ne s'en chargent pas à leur place. Cependant, les groupes qui ne participent pas à des actions offensives peuvent également apporter leur soutien en contribuant à diffuser les interventions réussies et, le cas échéant, en les mettant activement en débat (journaux muraux, distributions de tracts, banderoles, participation à des manifestations, diffusion de communiqués au-delà de la bulle). En effet, un noyau offensif est déjà tellement accaparé par la mise en œuvre d'une action qu'il lui est impossible de s'occuper de tout ce qu'il serait judicieux de faire.

    Il ne s'agit pas là d'un jeu de mots ou d'une simple chicane lexicale. Au contraire, la prise de conscience détermine également notre propre positionnement et les options qui en découlent. Ce ne sont pas seulement les choix des noyaux offensifs qui déterminent l'impact d'une action ; les structures qui soutiennent cette perspective sans la mettre elles-mêmes en pratique sont également mises à contribution.

    Nous ne partageons pas l'affirmation contenue dans la brochure « Disruption » selon laquelle il ne serait plus aussi facile aujourd'hui qu'autrefois d'appeler à mener des actions clandestines. Les moyens techniques dont disposent les organes de répression se seraient développés à un point tel que seuls des groupes très disciplinés et spécialisés seraient encore capables de commettre des dégradations matérielles sans se faire prendre. Nous en tirerions exactement la conclusion inverse : les groupes offensifs existants disposent d'une expérience qui leur permet de défier même les moyens techniques des organes de répression, comme en témoignent à nos yeux les nombreuses attaques offensives. Ces groupes sont peut-être en mesure de se réinventer en tant que groupe de guérilla urbaine s'ils le souhaitaient. Et les nouveaux groupes devraient s'organiser en s'appuyant sur ce bagage d'expérience. Et c'est probablement ce qu'ils font, car il est aujourd'hui élémentaire de savoir qu'il faut éviter de laisser des traces d'ADN et que le simple fait d'éviter les empreintes digitales ne suffit plus. Une telle position défensive dans la brochure ne fait que semer une incertitude inutile chez les nouveaux groupes, plus jeunes, et ne contribue pas à les encourager. L'histoire prouve que chaque époque engendre ses propres formes d'organisation, capables de contourner les moyens dont disposent les organes de répression à un moment donné. La résistance existera toujours. Et elle s'appropriera sans cesse les moyens nécessaires pour se défendre efficacement. Et l'être humain, dans sa volonté de liberté, peut développer un potentiel créatif. Si l'on regrette les conditions qui prévalaient pour les actions offensives il y a dix ans ou plus, cela peut certes se comprendre, mais cela n'aide guère si cela débouche ensuite sur une vision générale de la pratique offensive qui a un effet démobilisateur sur le plan politique. La résistance évolue toujours au gré des conditions. Aujourd'hui, plus personne ne rédige de déclaration à l'aide d'outils analogiques, comme une machine à écrire, mais à l'aide d'un ordinateur. Le cryptage et l'envoi des revendications se font par voie numérique. Tout comme l'enveloppe laissait des traces, l'envoi numérique laisse lui aussi des traces sur le réseau, que l'on s'efforce de minimiser autant que possible. Selon les auteurs de la brochure, « seuls des groupes très disciplinés sont encore capables de commettre des dégradations matérielles ». Cela tend plutôt à créer des mythes. Il est toujours bon, en tant que groupe offensif qui se dote d'une structure solide ou qui souhaite s'en doter à l'avenir, de faire preuve de discipline. Celleux qui célèbrent les actions offensives comme un mode de vie se rendront peut-être compte, en cas d'arrestation, qu'ielles auraient pu trouver ailleurs les mêmes sensations fortes, mais sans prendre de risques. Et la « spécialisation » mentionnée plus haut a également de quoi faire reculer. Lorsqu'un groupe a incendié quelque chose ou l'a paralysé de manière significative par d'autres moyens, il s'est généralement doté au préalable des connaissances nécessaires pour que l'engagement des forces soit proportionné au succès politique. Pour que le sabotage aboutisse et qu'un objectif politique soit ainsi atteint. So what ? Où est le problème ?

    Certain-e-s rêvent d'une guérilla. La plupart d'entre nous ont tendance à envisager la guérilla en dehors de notre propre contexte. Peut-être réfléchit-on à la guérilla à travers ses manifestations historiques, souvent discutables. Mais on ne la transpose pas à notre propre groupe.

    Vous vous fermez ainsi vos propres perspectives. Il ne manque peut-être qu'un soupçon de prise de conscience à votre groupe pour qu'il décide de se réorienter en tant que groupe de guérilla urbaine. L'enquête qui s'abat sur vous, le profilage qui vous a localisés et les méthodes auxquelles l'État a eu recours pour vous démanteler ne devraient pas laisser mûrir la terreur de cette prise de conscience avant même que vous n'ayez envisagé la guérilla urbaine. La répression violente qui vise actuellement notamment l'antifa et d'autres groupes a entre autres pour objectif de briser la capacité et l'évolution vers une perspective de groupes de guérilla urbaine social-révolutionnaires capables d'agir. Le bouleversement à venir et la restructuration du pouvoir nécessitent une transition aussi fluide que possible, c'est-à-dire sans contradiction. Il vaut mieux que les fascistes aient la possibilité de participer à l'élaboration de cette transition, car ils garantissent toujours la pérennité du pouvoir, contrairement à une perspective anarchiste qui ne fait aucun compromis en matière de pouvoir. Au contraire, on a même besoin des forces fascistes pour la transition afin de la sécuriser. Le fait de déplorer la sévérité avec laquelle l'État réprime les propres pratiques, par exemple celles de l'antifa, et non celles des fascistes, ne fait que montrer à quel point certain-e-s militant-e-s se prennent peu au sérieux en tant qu'acteur.ice.s. Ce ne sont pas les fascistes qui constituent une menace pour le pouvoir, mais les groupes anarchistes qui s'emparent des contradictions sociales, se rangent aux côtés des troubles sociaux et s'attaquent en même temps aux fascistes. Car les bouleversements évoqués dans l'introduction conduiront à des contradictions et des fractures sociales et libéreront des forces en quête d'orientation. Une guérilla urbaine, un mouvement anarchiste social et offensif de masse (visible et accessible sur les lieux de tension) peut rapidement devenir un facteur, et donc un problème, pour la légitimation de l'énorme processus de restructuration du pouvoir.

    En ce sens, ce texte est un attentat contre notre cerveau.

    Cette prise de conscience doit s'accompagner d'une réflexion sur notre propre pratique, et il faut se concentrer sur les répercussions de cette prise de conscience afin de mener une analyse de la situation actuelle de notre groupe. Et de celle qu'il pourrait atteindre. Et du potentiel qui découle de cette prise de conscience.

    La guérilla urbaine a besoin de nous.

    Elle a besoin de structures et d'un entourage sur lesquels elle peut compter. Elle a besoin d'engagements qui soient respectés. Elle a besoin de certitudes, pas d'inconstance. Elle a besoin de continuité et de capacité d'action. Même lorsque la résistance est au plus bas, elle peut encore attaquer, susciter l'espoir, ouvrir des voies, protéger concrètement les gens, etc. La guérilla urbaine est encore capable, même dans une situation qui semble socialement désespérée, de mener des combats défensifs-offensifs. Car chaque combat défensif recèle le potentiel d'une contre-attaque. Plus la destruction de la Terre et des moyens de subsistance de tous les êtres vivants est grande, plus la nécessité d'une révolution sociale est grande.

    La guérilla a besoin de canaux de communication et de diffusion sûrs, clandestins et fiables.

    Outre d'autres excellents journaux, la guérilla a besoin d'au moins un journal analogique, produit clandestinement et bénéficiant d'une diffusion efficace et sécurisée. L'État ne doit avoir aucune connaissance des personnes qui le réalisent. La guérilla a besoin d'un tel support, qui échappe au contrôle des médias numériques, afin que les débats et échanges puissent se poursuivre dans une situation tendue.

    Un journal (on connaît encore à peine ce concept : un truc en papier, qui bruie entre les mains, aussi « analogique » que le papier toilette), qu'elle n'a pas à réaliser elle-même, mais qui est géré par d'autres noyaux militants, afin que des conseils et des instructions puissent trouver leur chemin vers les mouvements sociaux, sans être diffusés sur Internet. Il s'agit moins de s'accrocher à de vieilles structures dépassées que d'adapter ces structures aux défis à venir. Des débats offensifs qui ne tombent pas directement entre les mains des nazis, des guides pratiques et des consignes de sécurité pouvant revêtir une importance vitale pour les noyaux offensifs, justifient un tel projet analogique. Le risque que nos projets numériques puissent être simplement mis hors service, comme « Linksunten », ou qu'en cas de guerre, Internet soit ralenti comme lors de certaines révoltes récentes dans d'autres pays, ou encore que nos projets numériques soient inondés de contenu indésirable ou de désinformation difficile à détecter, ou enfin que le réseau soit tout simplement coupé, rend nécessaire la mise en place d'alternatives. Celles-ci doivent être mises au point et disponibles au moment où elles seront réellement nécessaires. Un tel projet devrait être l'affaire d'un mouvement militant au sens large, s'étendant jusqu'au mouvement pour le climat.

    Soit dit en passant : s'ils bloquent l'accès à nos médias, si nous ne pouvons plus les consulter comme c'était le cas il y a quelques années avec « Linksunten », alors l'accessibilité à X, Meta, etc. devrait également être réduite à néant. Le prix à payer pour une attaque contre des médias incontrôlés et libres de toute domination devrait être élevé. Il faudrait avoir en réserve un plan B permettant de contourner avec succès les interdictions visant les plateformes et les médias analogiques. Il est possible de faire bien plus que ce que l'on croit.

    La guérilla a besoin de marges de manœuvre non contrôlées dans la vie quotidienne.

    Chaque réservation en ligne, chaque paiement par carte au supermarché sape la résistance. La guérilla a besoin de transactions de paiement non contrôlées. Celleux qui acceptent volontiers d'être suivi-e-s créent les conditions nécessaires à l'encerclement et à l'anéantissement des structures subversives. Celui ou celle qui paie par carte ouvre la porte à un fascisme qui n'a qu'à se servir de nos données pour nous traquer et nous éliminer à l'aide d'algorithmes. Le paiement par carte est parfois devenu inévitable – mais il n'est pas impossible de le contourner. Une pression, un refus massif, que ce soit face à la puce sanitaire, lors de la réservation de voyages ou lors de l'achat le plus banal, n'est pas sans effet. Les magasins qui nous obligent à payer uniquement par carte doivent être boycottés.

    Perturber ou désactiver complètement les caméras et les systèmes de surveillance, incendier les véhicules en mode « surveillance » et utiliser des brouilleurs de téléphones portables, des détecteurs de micros, etc., devrait devenir une pratique courante et bien rodée. Le malaise face à la surveillance s'étend profondément au sein de la société civile, où des alliances potentielles sont envisageables.

    La guérilla urbaine a besoin de lieux de refuge et d'une culture de solidarité. Chaque téléphone portable présent lors d'une réunion sape cette solidarité et met en péril les structures. Chaque présence d'un téléphone portable empêche ou rend difficile pour les membres de la guérilla urbaine d'aborder des thèmes et des questions qui ne peuvent être soulevés dans un cadre surveillé. La dépendance aux smartphones, le fait de les emporter dans tous les recoins de ta ville et chez tous tes ami·e·s, complique et détruit également le milieu dans lequel évolue la guérilla urbaine. Dans des relations sociales surveillées – et le smartphone est le garant de cette surveillance –, la possibilité technique de surveillance sape les conversations confidentielles. Le smartphone détruit les relations de confiance. Personne n'aurait l'idée d'échanger des confidences personnelles, des banalités ou des prises de position politiques en présence physique d'un agent du BKA ou d'un informateur. En présence du « smartphone » de l'informateur, cette culture ne s'applique souvent plus. Les membres des noyaux offensifs devront toutefois se mordre la langue sur certaines questions (qui peuvent te paraître insignifiantes, mais qui ne le sont pas pour la personne qui les pose) s'ils savent que leur interlocuteur porte un micro caché. Celleux qui vivent dans l'illusion de n'avoir rien à cacher parlent sans retenue. Mais celui ou celle qui est conscient-e de la répression et qui doit protéger un projet tel qu'un noyau offensif se gardera bien de s'ouvrir ou d'intégrer naturellement des demandes de soutien dans les conversations. La guérilla a besoin d'une approche différente face à la surveillance technologique, qui s'est déjà largement ancrée dans de nombreux secteurs de la société. Ce travail doit être mené par de nombreux groupes. Ce n'est pas le problème « privé » d'un groupe de guérilla urbaine.

    La guérilla urbaine s'étonne de voir des gens préférer partir au Kurdistan pour y mener la lutte armée, plutôt que de renforcer ici la perspective d'une guérilla urbaine en phase avec son temps et ancrée localement.

    L'ennemi semble clairement identifié dans les régions en guerre, là où l'armée turque réprime la lutte des Kurdes et les bombarde. Celleux qui le souhaitent ne s'attardent pas trop sur les contradictions qui, pour nous, soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses. Nous pensons certes que personne ne se facilite la tâche en partant se battre ailleurs. Même si la critique d'un « tourisme révolutionnaire », par exemple vers l'Amérique latine, concernait déjà des mouvements plus anciens. Pour nous, la contradiction ne réside pas seulement dans le fait de partir, mais aussi dans le fait d'aller s'organiser au sein d'une structure hiérarchique.

    Est-ce trop pénible pour nous, révolutionnaires, de nous enfoncer dans les bas-fonds d'une organisation clandestine dans ce pays, qui n'apporte aucune reconnaissance ? Dans laquelle notre identité, notre ancrage et notre identification ne se construisent pas dans le cadre d'une guérilla ou d'une armée existante, mais où nous devons nous-mêmes travailler sans relâche et lutter quotidiennement pour rester des sujets révolutionnaires ? Nous sommes constamment soumis-e-s à la corruption, et une partie de la soi-disant gauche défend à chaque occasion qui se présente la démocratie et les « valeurs de liberté », protégeant ainsi secrètement sa propre prospérité et ses privilèges, qui ne peuvent exister sans l'exploitation d'autres pays. Dans ces conditions, on peut parfois être pris-e de colère et avoir envie de « prendre le large ». Mais s'agit-il aussi d'une attitude de consommateurs bien élevés qui se précipitent vers le Rojava pour échapper à une contradiction qui, dans notre pays, exige beaucoup d'énergie et de réflexion ? Et quel est, pour certaines personnes, notamment celles socialisées dans la masculinité, le lien entre leur propre militarisme incontesté et leur fétichisme des armes, d'une part, et l'attrait qu'exercent sur elles ces théâtres de guerre, d'autre part ? Qu'est-ce qui alimente cette projection sur une structure hiérarchique et autoritaire dominée par le PKK ? La « libération des femmes » nous apparaît, dans ces argumentations, comme une feuille de vigne destinée à permettre de se rapprocher des armes. Qu'est-ce que cela apporte concrètement sur place, au Rojava, ou ici, dans notre pays, si ce n'est affaiblir la guérilla locale, ici même ?

    Étant donné que les tactiques et stratégies militaires, ainsi que certaines alliances politiques désastreuses, par exemple avec les États-Unis, diffèrent fondamentalement, tant par leurs défis que par leurs objectifs, des critères politiques et des objectifs concrets de la guérilla urbaine dans notre pays, il n'est pas surprenant, au vu des résultats, qu'il existe un parallèle entre ces combats qui ne se reflète pas dans les actions des groupes de guérilla urbaine. Et qui ne se font même pas référence de manière notable.

    La guérilla urbaine nécessite une approche des conflits différente de celle qui s'est dégagée au cours des dernières décennies dans le cadre d'une politique identitaire.

    Au sein de la guérilla urbaine se reflètent bien sûr également les lignes de fracture sociales, lorsqu'elles ne font pas l'objet d'un débat satisfaisant dans le cadre de la société, dont la guérilla pourrait tirer profit. Les noyaux offensifs souhaitent pouvoir tirer profit des débats menés dans leur entourage et qu'ils soient menés avec sérieux, rigueur et sans tomber dans les pièges identitaires. Ou qui aient même la force de concilier les divergences politiques sans pour autant compromettre une perspective anarchiste. Les groupes de guérilla urbaine ne peuvent pas résoudre toutes les questions qui peuvent se poser au sujet des conflits sociaux, y compris au sein même des noyaux offensifs. Même si une guérilla urbaine s'est constituée sous le signe d'une motivation anarchiste, des positions claires peuvent néanmoins rapidement vaciller. Car la réalité est complexe et en constante évolution, et elle nécessite une réflexion et une réaffirmation de soi permanentes. Après tout, la guérilla urbaine doit, selon le pays et la situation, faire preuve d'une force intérieure capable d'affronter la prison, et peut-être à l'avenir aussi la torture ou la mort. (La possibilité d'une destruction par la prison et des conditions assimilables à la torture s'est avérée être un problème pour les antifascistes recherchés issus du soi-disant « complexe de Budapest », qui, en se manifestant, tentent d'anticiper une extradition vers la Hongrie). Certes, la guérilla urbaine a l'« avantage », en tant que noyau offensif, de devoir sans cesse gérer des contradictions internes afin d'assurer sa capacité d'action et d'établir les relations de confiance nécessaires à cet effet. Mais lorsque, par exemple, des controverses existentielles éclatent au sein de structures dites de gauche, cela peut également entraver la capacité d'action de la guérilla urbaine. Si vous avez du mal à vous en faire une idée, il suffit de penser brièvement aux divergences concernant la guerre au Proche-Orient. Ou aux discours sur le dé-colonialisme au sein du spectre antiraciste, avec leurs répercussions jusque dans les camps antiracistes. Ou encore aux divergences et aux blessures, qui n'ont toujours pas été surmontées à ce jour, liées à la gestion de la pandémie et aux mesures prises par l'État.

    En dehors des groupes fixes et contraignants, on évite plus rapidement les conflits difficiles et on procède plus vite à des ruptures que ne le justifie le développement de perspectives révolutionnaires. On se repositionne simplement ou on s'enlise, dans un plaisir tourmenté, dans des luttes identitaires contre l'adversaire du moment au sein de structures dites de gauche. Les ruptures sont également rapidement saisies comme une occasion de dépolitisation, car elles servent de preuve du fossé qui sépare les aspirations de la réalité. Là où les ruptures sont inévitables sur le fond, il n'y a pas d'autre issue, mais de nombreux conflits sont soumis à une culture identitaire qui ne supporte aucune divergence, et encore moins capable d'échanger à ce sujet et de parvenir à des solutions communes.

    La guérilla urbaine repose sur notre capacité à distinguer les différents types de conflits. Quelles sont les causes profondes de ces conflits : l'égoïsme, la soif de domination, les luttes de pouvoir, les querelles et la concurrence ? Où se manifestent-ils dans des vanités blessées et des troubles psychologiques ? Et où reposent-ils réellement sur des divergences fondées sur le fond ? Nous savons tous-tes qu'il s'agit parfois d'un mélange de ces éléments. Mais une divergence politique par rapport à une autre position est discutable. Lorsque les fondamentaux de l'orientation politique coïncident, par exemple pour une société sans hiérarchie, celles-ci constituent le point de départ.

    Grâce à la compréhension mutuelle, nous pouvons parvenir à surmonter la divergence, qui peut alors devenir un enrichissement politique. Cette capacité à discuter et à faire preuve de bienveillance réciproque a disparu chez beaucoup d'entre nous, au sein de ce qu'on appelle la « gauche », car nous préférons souvent nous voir dans une position de supériorité identitaire plutôt que de reconnaître la diversité des réalités. Une divergence alimentée par les egos revêt souvent les traits des « habits neufs de l'empereur ». Les gens n'osent pas contredire les positions défendues par des personnalités égoïstes et avides de pouvoir, de peur de se retrouver eux-mêmes pris dans un shitstorm. Une telle structure, un tel milieu n'offre pas de base à une guérilla urbaine, celle-ci devant pouvoir s'appuyer sur des relations et des liens durables, solidaires, humains et dignes.

    C'est à nous de créer ces structures, de nommer les différences, de les exprimer et d'en tirer ensemble des leçons, ou encore d'en tirer les conséquences là où la politique de pouvoir et les structures de domination ne changent pas. Tout comme certaines personnes puisent leur force dans une politique identitaire, cultivent la contradiction, font de la concurrence leur raison d'être et donnent libre cours à la jalousie et à la haine envers les autres, voire agissent de manière manipulatrice, la compréhension envers d'autres personnes, qu'il s'agit de rallier aux idées anarchistes, ne peut pas mûrir.

    La guérilla urbaine a besoin d'un entourage vigilant, capable d'identifier les mouchards et les personnes indignes de confiance, les frimeurs et les cabotins, et de les tenir à l'écart. Ou plutôt, de les exclure de toutes les structures, aussi insignifiantes soient-elles en apparence. Les structures des luttes sociales sont bien sûr organisées de manière ouverte et accessible, et une paranoïa aveugle détruit les relations de confiance indispensables. Les relations de confiance naissent de la découverte mutuelle et de l'interaction sociale. Certains informateurs de l'État ne supportent pas cette proximité : soit ils fraternisent, soit ils doivent être retirés par leurs « officiers supérieurs ». Il existe bien sûr ces répugnants personnages, formés et infiltrés de manière ciblée, comme Marc Kennedy, qui sont même allés jusqu'à nouer des relations. Les informateurs de l'État qui sont démasqués doivent craindre de payer le prix fort pour leur travail. On ne peut jamais totalement exclure la présence d'informateurs recrutés qui agissent au sein d'un mouvement et qui, pour de l'argent ou d'autres « avantages », par chantage ou en exploitant des divergences politiques, livrent en pâture des structures et, concrètement, des personnes. Nous pensons toutefois qu'un Domhöfer n'aurait jamais été profondément intégré à une culture sociale et humaine d'un mouvement antifasciste non patriarcal, ce qui a fait de lui, à bien des égards, un risque pour la sécurité. Plus nos structures sont humaines et socialement crédibles, plus les relations de confiance sont solides et plus il y a de place pour nos propres contradictions, plus une personne recrutée est susceptible de faire un pied de nez aux services secrets et d'informer ses ami-e-s.

    Un mouvement social anarchiste peut même agir au sein des différents appareils et arracher des personnes à ces structures au sein de l'armée, de la police et des services secrets. Toute personne qui tourne le dos à un organe de répression de l'État et rend compte de son fonctionnement interne contribue à l'évaluation de l'adversaire. Toute personne qui sympathise avec un mouvement social-révolutionnaire et lui transmet des informations le fera en raison de contradictions intérieures par rapport à son travail et grâce à la force de persuasion du mouvement révolutionnaire. Le simple fait de détourner le regard constitue déjà un soutien qu'il ne faut pas sous-estimer. En général, les structures de répression de l'État sont occupées par des personnes qui ont tendance à privilégier des solutions de droite et autoritaires. Mais dans tous les appareils, il y a des personnes en proie à des contradictions, qui sont déchirées par ce qu'elles font. Ou dont la réflexion peut être stimulée par nos paroles. Il est juste, dans une confrontation directe avec les organes de l'État, de les considérer pour l'instant comme un bloc monolithique. Il est faux de considérer ce bloc monolithique comme absolu et de ne pas voir les marges de manœuvre dont nous disposons. Dans des situations conflictuelles, lors d'une grande manifestation par exemple, un appel lancé en masse pour inciter des unités à se retirer ou à se mutiner peut s'avérer judicieux. Au-delà des situations conflictuelles polarisées, il convient d'explorer les confrontations directes sur le fond, mais uniquement si ton action s'inscrit dans le cadre d'un groupe et si ton interlocuteur n'a pas d'intérêt tactique à mener cette discussion.

    Résumons encore une fois.

    Comme nous l'avons déjà laissé entendre, la guérilla urbaine ne tire pas sa légitimité de la possession ou de l'accès à des armes à feu. Elle ne se définit pas non plus par l'utilisation de telles armes, par exemple à des fins d'autodéfense et de protection personnelle. La guérilla urbaine tire sa légitimité de la mise en place d'une structure invisible pour l'adversaire, à partir de laquelle une pratique continue est possible. Cette pratique se définit par ce qui soutient un mouvement social. Là où des ruptures révolutionnaires peuvent être détectées et rendues visibles, et là où des tendances révolutionnaires peuvent être renforcées, voire portées de l'avant, par l'action révolutionnaire. La guérilla urbaine ne se légitime pas nécessairement par l'action visible ; elle opère peut-être dans l'ombre et met en place une structure de haut niveau pour d'autres luttes (collecte de fonds, hébergements, mesures de protection des noyaux offensifs, ravitaillement des militant-e-s entré-e-s dans la clandestinité, etc.). C'est le groupe qui décide de ce niveau en fonction de ses possibilités et des nécessités politiques. L'existence même d'un groupe de guérilla urbaine est déjà un succès. Cette existence n'est pas une fin en soi. Elle ne se contente pas de faire étalage de son existence, elle agit – conformément à ses objectifs et à ses impératifs, elle s'efforce même, lorsqu'elle est sur la défensive, d'adopter une attitude offensive. Et de rester lucide dans l'offensive afin de rallier politiquement le plus grand nombre possible de personnes, car la perspective d'une révolution doit s'inscrire dans le cadre d'un combat social. Une révolution qui ne se situe pas au cœur des processus sociaux et/ou qui n'y est pas ancrée ne sera qu'un énième projet militariste, sans aucune valeur pour les luttes sociales. L'adversaire a tout intérêt à militariser les conflits sociaux dès lors qu'ils acquièrent un potentiel révolutionnaire. L'histoire en regorge. Sur le terrain militaire, tout groupe de guérilla urbaine et tout mouvement de révolution sociale peut être anéanti. L'adversaire intensifie ses efforts de contre-propagande et de désinformation, ainsi que ses actions contre-révolutionnaires et ses attaques militaires. L'infiltration politique et matérielle par des groupes et des courants militaristes, qui vise à militariser les groupes de guérilla, les groupes militants de masse et les mouvements sociaux, est une condition préalable à l'écrasement des soulèvements sociaux. La présence de groupes militarisés au sein des mouvements sociaux et révolutionnaires permet toujours à l'État de garder un pied dans la porte ; c'est pourquoi il convient, dès le début, d'être attentif à ces groupes lorsque des conflits sociaux surgissent. Ils détruisent le mouvement ou sont prêts, le cas échéant, à prendre la « direction » au sein du mouvement social lorsque le pouvoir est sérieusement remis en cause. C'est au sein de ces groupes que se niche la soif de pouvoir. La plupart du temps, ils n'ont pas non plus une conception antimilitariste globale et se concentrent sur un adversaire contre lequel il faut recourir à la force militaire. Il leur manque une conception antimilitariste fondamentale et universelle. Ils préfèrent de loin une guerre civile à une révolution sociale. Car la révolution sociale implique leur propre perte de pouvoir.

    La réponse à la militarisation des conflits sociaux, des mouvements et des révoltes et soulèvements de masse ne peut venir que d'une prise de conscience profondément ancrée, au sein même des mouvements sociaux, d'une opposition politique fondamentale à tout ce qui relève du militaire. Les mouvements sociaux contrent la militarisation d'un conflit en élargissant la pratique révolutionnaire sociale, qui vise à étendre le pouvoir de la rue à une échelle telle qu'elle bloque tout fonctionnement de l'État et contraint, au mieux, l'adversaire à des compromis ou à des retraites tactiques. Un processus révolutionnaire, une fois enclenché et mis en marche, doit être poursuivi avec cohérence. Telle est la leçon tirée de nombreuses luttes sociales et révolutions sociales qui se sont contentées de compromis ou qui n'ont pas osé étendre les processus révolutionnaires et les ont interrompus. Le pouvoir assiégé profitera de ce moment et se montrera comme un adversaire impitoyable afin d'anéantir le mouvement. Pour que, une fois de plus, la défaite s'inscrive profondément en nous. C'est la peur qui leur confère le pouvoir. Rien d'autre. Si les mouvements sociaux parviennent à s'étendre, à s'ancrer au sein même du centre bourgeois, à mobiliser de larges couches de la société grâce au pouvoir de la rue par une combinaison équilibrée de blocages, de refus, de grèves, de militantisme de masse et d'actions de guérilla, la militarisation se heurte alors à un problème de légitimité. L'économie doit être paralysée pour pouvoir dicter nos conditions et faire payer un prix élevé à l'intervention militaire. Dans les dictatures, ces conditions sont bien plus difficiles à remplir si l'armée ne s'effondre pas, au moins en partie, si elle ne reste pas neutre ou si elle ne se désagrège pas d'elle-même en raison d'un taux de désertion élevé.

    Mais d'une manière générale, l'adversaire pense et agit par habitude et de manière systémique en termes de solutions militaires, alors que nous devons penser en termes de réponses sociales. L'ennemi tente toujours de nous entraîner sur le terrain des solutions militaires lorsque nos réponses sociales deviennent trop dangereuses pour lui, lorsque les « tables rondes », la gestion du mouvement, les organisateu-rice-s et les dirigeant-e-s du mouvement échouent, voire lorsque les concessions ne font plus effet. Il est dans son élément dans cette façon de penser militaire et patriarcale. Si nous pensons en termes militaires, nous ne ferons que restructurer la domination, sans la faire disparaître. La guérilla urbaine peut certes, à l'aide d'armes, assurer des combats en renfort ou contraindre certains protagonistes de l'adversaire à se mettre ponctuellement sur la défensive – mais elle ne peut mener à elle seule la révolution sociale. Elle en est un facteur très important, mais jamais le facteur décisif et unique.

    La guérilla urbaine dont nous parlons ne poursuit pas un objectif de prise de pouvoir, mais celui de sa disparition. La guérilla urbaine cherche à entrer en confrontation avec les mouvements sociaux et développe ses attaques dans une interaction politique avec d'autres luttes et leur répercussion sur les actions militantes, voire armées. Cette répercussion n'est pas à elle seule déterminante pour l'action révolutionnaire d'un groupe de guérilla urbaine. L'action peut, et doit parfois même, se mener indépendamment du mouvement social lorsque celui-ci restreint en partie son champ d'action, se cantonnant à des revendications d'ordre symbolique, à des concessions minimales ou au désir de participer au pouvoir.

    Il est toujours important pour la guérilla urbaine de conserver son orientation sociale.

    La guérilla urbaine a besoin d'un mouvement qui n'oublie pas ses prisonnier-e-s, mais qui les considère comme faisant partie intégrante du mouvement, même s'ielles en sont séparés physiquement. Les prisonnier-e-s font partie d'un combat qui doit être mené différemment à l'extérieur qu'à l'intérieur des murs. Lors de chaque action, lors de chaque manifestation, les prisonnier-e-s doivent être mis-e-s en avant. Lorsque l'AfD est bloquée à Riesa, les prisonnier-e-s doivent être visibles, que ce soit sous forme de pancartes portant leurs noms ou dans l'appel à manifester. Cela va de soi.

    Quelques militants d'antifa viennent de se livrer volontairement pour éviter d'être extradés vers la Hongrie, où Maja, par exemple, est incarcérée dans des conditions s'apparentant à de la torture. La pression exercée par l'État sur les antifas, l'extradition criminelle de Maja vers la Hongrie par la justice allemande et une vague fasciste qui ne s'arrêtera pas devant les institutions étatiques exigent des réponses. Aucun-e prisonnier-ère, aucun-e personne en fuite ne doit être oublié-e. Accueillons-les parmi nous. Amplifions leur voix en aidant à la faire entendre à l'extérieur.

    Et la guérilla urbaine a besoin d'un mouvement qui soutienne la lutte en prison et la rende visible à l'extérieur. Chaque prisonnier-ère est un-e otage de l'État et sert également à diviser et à briser un mouvement. Si nous gardons le silence sur nos prisonniers-ères, nous amputons toute perspective de libération de la domination. Une société qui doit enfermer ses contradictions en prison n'est pas une société libre. Un mouvement qui garde le silence sur ses prisonnier-ères se trouve déjà dans une trêve unilatérale avec l'ordre établi. La guérilla urbaine a besoin d'un large débat sur la prison et, à l'avenir, d'un débat sur la possibilité de la torture et sur la manière d'y faire face ! Les structures organisationnelles de la guérilla urbaine doivent rester capables d'agir face à cette éventualité.

    La guérilla urbaine n'est pas quelque part là-bas.

    Au contraire, nous en faisons partie en révolutionnant une culture quotidienne inclusive, en faisant preuve de sérieux et d'engagement dans les discussions et les prises de décision. Nous constituons le terreau d'une guérilla urbaine et permettons aux groupes existants d'aborder et de mener à bien cette évolution qui les attend, dans le cadre d'une culture de résistance sociale plus large. Nous sommes la guérilla urbaine lorsque nous en reconnaissons la justesse et la nécessité, que ce soit par choix personnel ou en raison de nos conditions de vie qui nous empêchent de participer directement à l'un des noyaux offensifs.

    La guérilla urbaine existe grâce à nous – et en relation avec les noyaux offensifs déjà existants. C'est à nous qu'il revient de redéfinir le projet de la guérilla urbaine, de le repenser et de le façonner en fonction des exigences des affrontements à venir.

    Groupe de projet « Paix aux chaumières – Détruisons les palais, les géants de la tech et démantelons les structures chauvines et fascistes »

    [Traduit de l'allemand. Publié sur emrawi.org le 8 février 2025.]

    Autres textes et contributions autour des mêmes questions

    En attendant la guérilla anarchiste (Warten auf die anarchistische Guerilla),
    publié le 13 mai 2024 sur Indymedia DE

    Le secret est de continuer à commencer
    Tinderbox. An offline Journal of Combative Anarchy,numéro 4, printemps 2024

    À propos de la capacité d'agir anarchiste. Une réponse au texte « En attendant la guérilla anarchiste », Antisistema, zeit(ung) jenseits von gut und böse ° n°3, été 2024

    À propos de visibilité et de la proposition de guérilla
    Tinderbox. An offline Journal of Combative Anarchy,numéro 5, été 2024

    Errances dans le sillage des Cellules Révolutionnaires
    Publié dans Antisistema, n°4 (hiver 2024) & en français dans La Houle, n° 2

    A perspective of attack in a collapsing world
    Publié dans Antisistema, n°5 (hiver 2025-spring 2026

    Una proposta di guerra
    Reçu et publié par ilrovescio.info, 16 juin 2026

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  • Infantino allié de Trump à Gaza : la FIFA au service du génocide

    La Coupe du monde 2026 est finie. Ce que l’on en retient ? Une image, lors de la remise du trophée à l’Espagne : Gianni Infantino, président de la FIFA, collé à Donald Trump. Ce que l’on sait moins, c’est que leur complicité a un nom : Gaza. Depuis des…
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  • Communiqué du Collectif La Méandre suite à la traditionnelle fête de cloture de Chalon dans la Rue

    Après avoir lu le communiqué de la Préfecture suite à la soirée de dimanche, il nous a semblé nécessaire de partager notre récit, de décrire comment ue stratégie de peur et de violence a été mise en place tout au long de la soirée par les force de l'ordre.

    Une tradition : la fête de fin de festival là où tout le monde se retrouve

    Comme depuis une dizaine d'années maintenant, le dernier soir du festival, nous organisions la désormais traditionnelle fête de clôture de Chalon dans la rue, cette année le dimanche 26 juillet 2026. Improvisée et de taille modeste à ses débuts, cette fête a attiré de plus en plus de monde au fil des années. Face à cette popularité, nous nous sommes organisé.e.s pour garantir à la fois une bonne ambiance et la sécurité du public. Deux éditions n'ont pas eu lieu car nous n'avions justement ni l'énergie, ni les forces vives pour honorer cet engagement. 
    Tout le monde vient à cette fête : les derniers fêtards qui refusent que le monde reprenne sa marche normale, les professionnels du monde entier venus sélectionner des spectacles, les artistes qui ont joué durant tout le festival, les équipes techniques qui - après avoir permis à l'un des plus grands festivals de France de se tenir - ont elles aussi envie d'en profiter, et enfin les services de renseignements territoriaux. Les autorités se réjouissent qu'enfin les derniers festivaliers aient quitté le centre-ville. 
    Cette année, le contexte était un peu différent : le mercredi 22 juillet 2026, nous avions reçu la visite d'un commissaire de justice venu constater l'occupation illégale de nos bâtiments en vue d'une procédure d'expulsion (CF articles du JSL à ce sujet). Cette fête était alors annoncée comme une fête de soutien au collectif et le public y a répondu largement présent. La joie était au rendez-vous. Au programme : karaoké live - crêpes et DJs de qualité, et, comme chaque année, tout le monde était là.

    Des invités surprises jusqu'alors inconnus des services de la fête

    Aux alentours de 1h30, une vingtaine de policiers, à notre connaissance municipaux, nationaux et membres de la BAC, se sont positionnés autour du port pour en bloquer les accès. Il nous ont alors avoué que cet objectif était en l'état impossible à atteindre (des personnes continuaient à arriver, depuis la zone de la déchetterie ou par le chantier tout proche). Mais un attroupement s'est tout de même naturellement créé sous le pont de Bourgogne, d'où arrivait la majeure partie des nouveaux-venus après la fermeture de la plupart des cours du festival. Cet attroupement s'est progressivement mué en fête parallèle. Pendant environ 3 heures, les forces de l'ordre ont empêché les fêtard.e.s d'accéder à La Méandre, tout en autorisant la sortie des personnes déjà présentes. Le rythme de ces sorties a été ralenti par le peu de lisibilité du dispositif en place et l'agressivité des armes, équipements et 5 chiens déployés. Nous avons plusieurs fois sollicité les agents pour qu'ils rendent la possibilité de sortie plus claire. Un gradé a finalement été chercher un mégaphone. L'effectif s'est donc retrouvé à faire tampon entre les deux fêtes. Quelques moments de tension ont eu lieu au cours de ce blocage. Des membres du collectif se sont alors relayés pour temporiser et négocier avec la police. 
    Vers 2h du matin, nous avons appris qu'une compagnie de CRS était en route pour Chalon. Ces effectifs de la CRS 83 se sont positionnés le long des hangars côté rue Denis Papin vers 4h du matin. 
    À 4h30, avant l'intervention des CRS, nous avons organisé nous-même l'évacuation du site.
    À 4h50, il ne restait sur le site que l'équipe organisatrice de la fête. Après avoir expliqué à la police nationale - avec qui nous échangions régulièrement depuis le début de la soirée - que les personnes restantes faisaient partie des organisateur.ice.s, l'ordre a été donné aux CRS de nous évacuer. Un ligne de CRS s'est alors déployée le long du quai et la charge a été rapidement donnée, sans plus aucune discussion et sans sommation sur un espace privé. Deux tentatives d'interpellation ont échoué malgré les coups portés par les CRS et nous nous sommes réfugié.e.s dans nos hangars, sous les coups de matraques et de pieds donnés dans les rideaux de fer.
    D'après les témoignages, les festivalier.e.s que nous avions invité.e.s à partir et qui se dirigeaient vers l'espace d'hébergement temporaire ont alors été pris en chasse par les mêmes CRS ainsi que de l'autre côté du pont de Bourgogne où la fête qui s'y était improvisée a été dispersée. On nous rapporte des tirs de gaz lacrymogènes, de nombreuses charges sans sommation et des petits groupes de CRS mobiles isolant des personnes et les passant à tabac avant de rejoindre leur ligne, et ce jusqu'aux environs de 5h30. Côté festivalier.e.s, on nous rapporte de nombreuses blessures par contusion. Nous comptons aussi deux interpellations.

    Empêcher cette fête, c'est assumer une stratégie de la peur

    Les témoignages et vidéos que nous avons récolté ainsi que nos différentes interactions tout au long de la soirée avec les forces de l'ordre nous permettent d'affirmer ce qui suit :
    - les policiers nationaux et municipaux qui sont arrivés sur site les premiers n'ont pas été à l'initiative du dialogue avec les organisateur.ice.s. Le commissaire présent, alors que son rôle l'oblige à la clarté, semblait volontairement entretenir une zone de flou quant à ses intentions. Il a reconnu cependant devant certain.e.s interlocuteur.ice.s faire la différence entre le collectif occupant le lieu et le reste du public présent à la fête dans leur objectif d'évacuation.
    -les policiers présents avant l'arrivée des CRS ne prenaient pourtant pas le risque d'empêcher les rares personnes qui débordaient de leur dispositif de passer en longeant la partie des quais sans barrière qui donne sur la Saône. Ils indiquaient régulièrement aux personnes souhaitant sortir qu'elles le pouvaient et les laissaient s'en aller sans fouilles ni contrôles. Les deux maîtres-chiens présents en permanence avec ce premier effectif de police se sont permis de provoquer des spectateur.ice.s avec leurs chiens en faisant des allers-retours au milieu du petit groupe rassemblé côté Port Nord. Certains policiers nationaux ont insulté les festivaliers sans même avoir été provoqués. De par leur simple présence, ils ont engendré un attroupement le long de la Saône qui aurait pu dégénérer. 
    - au moment de leur intervention sur le quai du Port Nord, les CRS se sont déployés le long de la Saône avant d'opérer un mouvement de balayage du quai, tentant ainsi d'évacuer des personnes qui se trouvaient alors sur leur lieu d'hébergement. Ils ont à plusieurs reprises donné des coups, insulté et tenté d'interpeller des membres de l'équipe organisatrice qui rentraient se mettre à l'abri à l'intérieur des hangars. Ils ont finalement frappé violemment sur les rideaux de fer une fois que ces derniers étaient fermés.
    - lors de leur intervention sous le Pont de Bourgogne ainsi que le long des quais, les CRS ont ensuite chassé des groupes qui étaient déjà en train de partir sans opposer de résistance ni même érigé de barricade comme il est mentionné dans le communiqué de presse de la préfecture. Il ont fait usage de gaz lacrymogène à proximité de tentes et de caravanes. Il ont organisé ce que de nombreux témoignages décrivent comme une chasse à l'homme pour cette fin de festival en isolant certains groupes ou individus pour les passer à tabac.

    Qui protège qui ?

    De notre côté, nous avons pour habitude de gérer nos fêtes dans une logique de réduction des risques, en tentant d'anticiper les situations dangereuses liées à un rassemblement festif et de se donner les moyen de les limiter. C'est une pratique propre au monde des free-party, des squats et plus globalement des communautés qui n'ont ni le pouvoir, ni les moyens, ni systématiquement l'envie d'organiser des fêtes dans un cadre légal.
    Ce dimanche soir à la Méandre, une douzaine de personnes se sont pleinement consacrées à la gestion du risque engendré par l'intervention des forces de l'ordre, avec pour objectif de faire durer la fête le plus longtemps possible sans mettre les festivalier.e.s en danger.
    Nous avons commencé par observer et analyser la situation. En allant à la rencontre des forces de l'ordre pour essayer de savoir quel était leur objectif, nous avons assez rapidement constaté que la fête pouvait continuer tant que les effectifs de police n'augmentaient pas, tout en regrettant que de nombreux.ses festivalier.es soient bloqué.es en dehors du site. Nous voulions que la fête dure le plus longtemps possible tout en garantissant un cadre sécurisant.
    Nous avons informé les festivalier.e.s de la présence des forces de l'ordre peu après leur arrivée, afin que les personnes qui le désiraient puissent partir pour éviter des situations de panique. Nous avons appelé à éviter les hostilités. Nous avons par quatre fois au cours de la soirée répété ces invitations et prérogatives et transmis au public des informations rendant compte de la situation, et ce le plus précisément possible.
    Finalement, une fois que l'intervention de la CRS 83 nous a paru imminente, nous avons orienté les derniers festivalier.e.s présent.es en direction de la sortie pensant ainsi satisfaire la demande des forces de l'ordre et éviter une charge de leur part.
    Il est clair que tout au long de la soirée, l'ensemble de nos choix a été guidé par la prise en compte de dangers très probables en cas de d'attaque de la police. Nous avons eu pour volonté de ne pas mettre les personnes présentes face à une situation risquée et piégeuse, provoquée par la seule présence des forces de l'ordre sur le quai en bord de Saône. Nous sommes encore toutes et tous choqué.es par le décès de Steeve lors de la fête de la musique il y a 5 ans à Nantes dans un contexte similaire, et le risque d'une répétition d'un tel drame était présent à tous les esprits dimanche soir à partir du moment où la police s'est installée aux abords des hangars. Pourquoi est-ce la CRS 83 (qui a été créée en 2023 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes sur le modèle de la toute nouvelle CRS 8, pensée comme unité de choc pour les contextes de violences urbaines) qui a été envoyée dans ce contexte, si ce n'est pour envoyer un signal clair d'hostilité à la Méandre et au monde de la fête libre ? 

    On se retrouve l'année prochaine !

    Deux jours après ces événements et suite à notre appel à témoignage, des récits et des vidéos nous arrivent par dizaines et nous nous rendons compte que l'accord silencieux qui rendait cette fête possible les dernières années avait bel et bien volé en éclat. Le fait que cela arrive l'année où le Collectif la Méandre est menacé d'expulsion n'est pas anodin. L'attitude des forces de l'ordre montre la volonté de réprimer par la violence physique et verbale les participant.e.s. afin des les effrayer, sinon pourquoi ne pas avoir laissé le rassemblement se dérouler paisiblement comme à chaque fois ? De notre côté, nous avons mis en place une ligne d'écoute pour prendre en charge les traumatismes psychologiques liés à cette soirée. 
    Dans tout le pays, tous les week-ends, des gens se regroupent pour danser et faire la fête et malgré la répression qui se durcit, les gens continuent de faire la fête et s'organisent pour se protéger de la police. Cette fête que nous organisons avec amour et passion depuis 2018 fait désormais partie de l'ADN du festival, au même titre que le Collectif La Méandre fait partie de la ville de Chalon. Nous nous pensions protégé.e.s de ces logiques sécuritaires et répressives, nous savons aujourd'hui qu'avec toute la bonne volonté dont nous pouvons faire preuve, cela ne sera jamais assez suffisant pour les autorités. L'année prochaine, le monde aura probablement changé mais la nécessité de se retrouver en fin de festival dans la fête sera toujours là. Nous serons là, encore plus nombreux.se.s et chargé.e.s de cette expérience, nous trouverons les moyens de nous retrouver, faites-nous confiance !

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  • Kennedy to host cooking show with focus on inexpensive meals

    Health and Human Services (HHS) Secretary Robert F. Kennedy Jr. has launched a show geared toward teaching Americans how to cook healthy, inexpensive meals. "Thanks to President Trump, we flipped the food pyramid and put real food back where it belongs: at the center of the American plate," Kennedy said in a video he posted Wednesday to YouTube touting "The Real Food Show." "I'm traveling across America, connecting with renowned chefs to show families how to cook delicious, nutritious meals with real ingredients, and all at affordable prices," the HHS secretary added. "America, it's time to eat real food. Let's get cooking."
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  • How views on Trump's handling of Iran have shifted, according to a new AP-NORC poll

    Most Americans say the war in Iran has not been worth fighting, and President Donald Trump's approval rating on Iran has fallen slightly since last month, according to a new AP-NORC poll. The results are a stark repudiation of the Republican president's approach to the conflict, which has dragged on far longer than he originally predicted.
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  • Cette liseuse à moins de 100 € avec sa housse va alléger votre valise cet été

    [Deal du jour] Les vacances, c’est fait pour se détendre. Et quoi de mieux qu’un bon bouquin pour se relaxer ? Mais plutôt que d’alourdir son sac ou sa valise, une bonne liseuse permet d’emporter des milliers de romans avec soi. Et ce modèle à moins de 100 € est tout trouvé.

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  • Le risque d'incendie a doublé en 40 ans en Europe

    Le sud de l'Europe devient de plus en plus inflammable. D'après une étude publiée le 30 juillet dans la revue Scientific Reports, le nombre de journées d'été présentant des conditions très propices au déclenchement et à la propagation de feux de forêt intenses y a plus que doublé au cours des quarante-cinq dernières années.
    Les chercheurs ont procédé en comparant des données sur les feux de forêt répertoriés en France, en Italie, en Grèce et dans la péninsule ibérique à des données (…)

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  • Democrats demand answers over treatment of wounded US troops after Iran strike

    Lawmakers question delays in medical care, casualty figures and Pentagon’s handling of drone attack in Kuwait

    The Trump administration is facing growing demands to explain why wounded US soldiers went more than a week without adequate hospital care after a March drone strike in Kuwait, just days into the US-Israel war on Iran.

    In a letter to the US defense secretary, Pete Hegseth, congressional Democrats urged the Pentagon to answer their questions – which include why the Pentagon’s public casualty count for the war with Iran briefly changed – by 12 August.

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  • Three-quarters of Americans think Trump isn’t focusing on top US issues – poll

    Trump’s overall approval rating slumps to 34%, according to new CNN poll, as midterms testing Republican power loom

    Three-quarters of Americans believe Donald Trump is not paying enough attention to the country’s most important problems, and two-thirds think he places himself above the needs of the US, according to a new poll.

    The CNN survey, conducted by the market research company SSRS, comes less than 100 days before November’s midterm elections in which the president’s Republican party is widely expected to lose control of one or both chambers of Congress.

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  • Burnham says he told Trump he would be ‘pragmatic’ on drilling for oil in North Sea – as it happened

    ‘There is a resource there. When people are struggling, we can’t ignore that,’ the prime minister says when asked about his conversation with Donald Trump

    Q: [From ITV’s Romilly Weeks] You say that Reform UK followed all the rules in relation to donations. But why did George Cottrell give $2m to his mother shortly before she made substantial donations to the party?

    Jenrick said Reform was certain all the rules were followed. Any questions for Cottrell would have to be directed to him, he said.

    It does seem curious that in this case the police have chosen not to take action.

    We’ll see whether they take action against the individual who posted the original tweet, who wore the T-shirt. I’m hearing today that the police may have closed that investigation as well. [See 9.20am.]

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  • Passé leader des voitures électriques, BYD va présenter ses premiers robots humanoïdes début août

    BYD précise ses projets dans la robotique humanoïde. Le constructeur chinois de véhicules électriques a confirmé le 30 juillet au South China Morning Post que de premiers exemplaires seront installés en août dans ses showrooms Di Space dans l’empire du Milieu, à commencer par Zhengzhou.

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  • Seth Meyers on Trump being heckled: ‘just can’t get away from this Epstein thing’

    The late-night host discussed reminders for the president that he was closely associated with the disgraced financier

    Seth Meyers discussed Donald Trump’s unfortunate week of Jeffrey Epstein reminders from his attendance at the White House correspondents’ dinner to being heckled in Michigan.

    On Late Night, Meyers spoke about Trump’s “rough reception” at the past weekend’s dinner where his comedy routine was universally ridiculed.

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  • «On joue avec notre santé» : ce pompier mobilisé en Gironde dénonce le manque de moyens face aux incendies

    Saint-Jean-d’Illac (Gironde), le 29 juillet 2026. Depuis plusieurs jours, les pompier·es combattent les flammes du mégafeu qui ravage une partie de la Gironde et des Landes. © Thierry Olivier/Hans Lucas via AFP

    En Gironde, un incendie aujourd’hui stabilisé a ravagé plus de 42 000 hectares : c’est le feu le plus important qu’ait connu la France depuis 1949. Le territoire hexagonal subit une saison des incendies exceptionnelle, avec déjà 115 000 hectares brûlés depuis le début de l’année. Pour lutter contre les flammes, les pompier·es de tous les départements sont à pied d’œuvre. Entretien avec Laurent Guilloteau, soldat du feu dans les Bouches-du-Rhône qui a prêté main-forte à ses collègues girondin·es ces derniers jours.

    Vous revenez de Gironde, où vous avez lutté contre le feu parti de Saumos. À quel point cet incendie est-il hors norme ?

    Je suis pompier professionnel depuis vingt-trois ans et volontaire depuis vingt-sept ans, basé à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. C’est un département où on a de l’expérience en feux de forêt. Mais celui de Gironde est totalement différent de ceux que j’ai connus auparavant. J’ai été engagé sur l’incendie parti de Saumos, sur les secteurs de Lacanau et de Marcheprime (Gironde). C’était un engagement court de trois jours, mais très intense. On qualifie le feu de «hors-norme», c’est bien le mot. Il a été exceptionnel sur plusieurs points : sa superficie, son intensité et son évolution.

    Toutes les théories de feux de forêt expliquent que ces derniers suivent normalement un sens du vent et un axe de propagation. Mais cet incendie, en raison de son intensité, a créé son propre vent [un pyrocumulonimbus, un nuage généré par l’énorme brasier, a causé des orages et aggravé le feu, NDLR]. L’incendie changeait de direction sans prévenir alors même que le vent était contraire : il avait une propagation anarchique et imprévisible, ça a compliqué notre travail. Les agents ont été résilients car le feu est fourbe : il venait parfois sur nous avant de subitement faire demi-tour.

    Laurent Guilloteau est pompier depuis vingt-sept ans. © Sdis 33

    On est rien face à l’ogre. Ces feux-là, on n’a pas l’habitude de les traiter, c’est très impressionnant pour les jeunes pompiers. Mais ça nous a permis d’acquérir une certaine expérience. Mes équipes ont fait preuve d’humilité et de courage : c’est parfois dur de se dire qu’on peut être inefficaces avec nos lances, face à un feu d’une telle intensité. Alors on se rend utiles sur d’autres enjeux : sauver des animaux – on a sauvé des chevaux –, des maisons…

    «Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.»

    On dormait trois heures par nuit. Sur 24 heures, ça fait vraiment peu de temps de repos. L’énorme fatigue ne tient pas qu’à l’intensité du feu : on manque de moyens et surtout d’hommes. La saison des incendies a démarré très tôt cette année et ce sont souvent les mêmes qui sont engagés.

    Face aux flammes, comment se fait ressentir le manque de moyens et de personnel ?

    Il nous faudrait plus de camions-citernes destinés aux feux de forêt. On en est parfois rendu à utiliser des camions pour feux urbains lors d’incendies forestiers. Cela signifie qu’on expose nos agents parce que ces véhicules n’ont pas les mêmes normes de sécurité que ceux mobilisés habituellement pour éteindre la végétation. La France, malgré tout ce que dit le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, manque de ressources matérielles.

    La polémique autour de notre flotte aérienne est bien réelle : il y a eu une journée durant laquelle, sur les douze Canadair, seuls cinq étaient disponibles car ce sont de vieux appareils. En Gironde, on s’inquiétait de ne pas voir voler les avions pour gérer le feu. Il faut dire qu’on est à un niveau de sécheresse des végétaux absolument inédit en France. Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.

    «Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.»

    Dans tous les cas, ce serait plus facile si on avait plus de personnel ; on manque surtout de ressources humaines. Un Canadair ou un Dash est inefficace s’il n’y a pas de troupes au sol pour parfaire l’extinction. Si elles ne sont pas là, le feu reprend. Le problème, c’est que nous sommes sous-professionnalisés. À la CGT, on a quantifié qu’il manquait au moins 16 000 pompiers professionnels en France. On en a déjà parlé, mais les leçons des incendies de 2022 n’ont pas été tirées. Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.

    Comment se protéger des risques quand on travaille dans un environnement aussi toxique ?

    En ce moment, on fait traverser la France à des milliers de pompiers. Ils font parfois dix heures de trajet en camion pour partir sur les feux de forêt. Comme les gens sur place sont déjà épuisés, les agents qui viennent d’arriver sont engagés directement pour les relayer, malgré le manque de sommeil. Forcément, ça joue sur notre état de vigilance, avec des possibilités d’endormissement. On reste des êtres humains, si on fait presque vingt heures sans dormir, notre état de vigilance s’affaiblit.

    On parle de l’épuisement, du danger direct des flammes, mais encore peu de la toxicité des fumées sur nos équipes. Même doter tous nos agents de masques FFP3 est devenu complexe, alors que ça n’a pas un coût monumental. Il faut renouveler ces masques dans les phases d’attente et pas seulement dans les moments de lutte.

    Les gens qui travaillent pendant seize heures minimum d’affilée sur un feu de forêt, voire vingt-et-une heures, respirent de la fumée de combustible chargée en monoxyde de carbone, en benzène ou en cyanure. La Direction générale de la sécurité civile parle d’une centaine de pompiers blessés ou intoxiqués. Si on avait dû tester tous les agents, je pense qu’il y en aurait eu bien davantage. Plus de la moitié auraient sans doute été mis au repos à cause de ça.

    Le niveau d’engagement et d’exigence demandé est énorme, et on joue avec notre santé. La France a un train de retard, on n’a pas encore d’outil harmonisé pour tracer la santé des pompiers et être capable de dire qui a été exposé, à quel feu et pendant combien d’heures.

    Comment expliquer ce manque de personnel et de matériel ?

    Le problème vient de l’abandon de l’État envers les services publics. On ne travaille pas seulement sur des feux de forêt au quotidien, donc quand le département des Bouches-du-Rhône envoie du monde en renfort contre les incendies dans les Pyrénées-Orientales, en Gironde ou dans le Var, ces gens doivent être remplacés sur leurs journées de garde.

    Dans leur département, le risque continue : en moyenne, nous réalisons plus de 500 interventions par jour sur notre territoire, donc il faut du monde qui reste. La succession de canicules et cette nouvelle vague de chaleur complexifient encore notre travail. Nos missions, ce sont aussi des secours d’urgence aux personnes qui ont des coups de chaud ou font des malaises ; ça, en plus des incendies.

    «La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier.»

    Beaucoup de pompiers aident leurs collègues d’autres départements pendant leurs vacances, en tant que volontaires, en plus de leur temps de travail. Mais on reste des êtres humains, on a aussi besoin de repos.

    L’élan de solidarité a-t-il amélioré vos conditions de travail ?

    En Gironde et ailleurs, les élus locaux ont été formidables, les maires nous ont très bien accueillis. Sur place, les agriculteurs nous ont permis de réduire les délais de transit pour aller chercher de l’eau et pouvoir réattaquer le feu.

    La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier. Les habitants ont fait nos lessives, nous ont préparé nos couchages et nos repas, ils ont apporté des matelas et des draps propres de chez eux. On n’avait que trois ou quatre heures de repos maximum, mais leur bienveillance et le niveau de confort qu’ils nous ont offert dans ce court laps de temps nous ont aidés à être opérationnels. Ce sont les choses simples : quiches et gâteaux faits maison, par exemple, qui permettent aux troupes de ne pas se démobiliser.

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  • Lutte contre les incendies : 10 ans de sous-investissement rattrapés par les flammes

    Entre atermoiements, austérité et prise de conscience tardive, les moyens consacrés à la lutte contre les incendies n'ont pas été renforcés à la hauteur de l'urgence durant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
    On peut tout faire dire aux chiffres, surtout quand l'atmosphère politique devient irrespirable. Depuis plusieurs jours, toutes les familles politiques s'accusent mutuellement d'avoir hypothéqué les moyens de lutte contre les feux de forêt. Le gouvernement martèle qu'il a « (…)

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  • Pannes, aliments gâchés : quand les canicules mettent nos frigos hors service

    Les récents épisodes de canicule ont fait flancher des frigos chez les particuliers comme dans les supermarchés. Voici quelques pistes pour adapter ces appareils indispensables à la chaleur.
    Cette fois, c'est la confiture de framboises qui a tourné. Alcoolisée, elle est immangeable. Dans notre pavillon de banlieue parisienne, le pot était pourtant conservé au réfrigérateur. Mais en cette semaine caniculaire, l'appareil familial semble à l'agonie. Au point de gâcher un aliment aussi peu (…)

    Lire la suite - Info / Quotidien , Canicule
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  • Incendies en Gironde : attention, cette image ne montre pas un cambrioleur déguisé, mais un vrai pompier

    Source :Compte Tiktok, le 26 juillet 2026

    Etiqe :erreur

    Contenu :

    Après les catastrophes naturelles, la rumeur des profiteurs de crises ne laisse personne indifférent. Plusieurs élus et habitants qui ont fui leurs villages en raison des incendies dévastateurs en Gironde s’inquiètent de possibles cambriolages dans leurs maisons inoccupées. 

    Sur les réseaux sociaux, deux photographies, montrant un homme en tenue de pompier devant une baie vitrée, issues d’une caméra de surveillance circulent avec cette légende :  « Un homme déguisé en pompier a tenté d’entrer chez nous aujourd’hui à 17h15 […]. Son comportement était suspect. Par précaution, j’ai contacté la caserne des pompiers pour vérifier son identité, et il s’avère qu’il ne s’agit pas d’un véritable pompier. »

    Si le message et les photos sont authentiques et ont bien été publiés par une habitante du village du Porge dont de nombreuses habitations ont été dévastées par l’incendie, l’information s’avère inexacte : il s’agit d’un vrai pompier, comme l’a reconnu rapidement l’expéditrice du message. 

    Un vrai pompier en intervention 

    Le message dévoilant ces images pour la première fois a été envoyé sur un groupe WhatsApp réunissant des personnes du village du Porge, particulièrement touché par l’incendie. Les photos du soi-disant faux pompier vrai cambrioleur ont alors circulé hors des groupes d’habitants du Porge. 

    Peu de temps après, l’expéditrice a rapidement reconnu une erreur de bonne foi et l’a indiqué sur ses groupes. « Erratum: suite à une situation confuse à mon domicile, j’avais publié la photo d’une personne, en pensant qu’il s’agissait d’un individu tentant de s’introduire chez moi. Il s’agissait en réalité d’un pompier en intervention, et je suis sincèrement désolée pour cette méprise, nous n’avions pas la bonne information. Si vous voyez le poste Merci de ne pas partager. Merci à toutes les équipes de secours pour leur travail. Merci de votre compréhension », alerte l’habitante du Porge qui a confirmé aux Surligneurs qu’il s’agissait d’un vrai pompier.

    Problème : ce rectificatif n’a pas suivi aussi vite que l’image qui a continué sa route virale en solitaire. 

    D’après les services de la préfecture, 224 000 personnes ont été évacuées de manière préventive depuis le début de l’incendie et 240 habitations ont été détruites, tandis que 3 300 sapeurs-pompiers et 1 500 militaires pour les appuyer ont été mobilisés. 

    Dans ces zones, la police nationale rapporte cinq cas d’interpellations en lien avec des infractions en marge des incendies : une personne placée en garde à vue pour recel de bijoux, un individu interpelé avec 44 grands crus soupçonné d’avoir commis un vol par effraction, deux autres interpelées après le vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés et une autre se faisant passer pour un psychologue proposant des séances payantes aux sinistrés.

    Les forces de l’ordre ont mis en place un dispositif sécuritaire visant à dissuader de possibles cambrioleurs dans les zones sinistrées et non occupées par leurs habitants actuellement.

     

    Auteurs :

    Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste

    Relecteur :  Etienne Merle, journaliste

    Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

    Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

    L’article Incendies en Gironde : attention, cette image ne montre pas un cambrioleur déguisé, mais un vrai pompier est apparu en premier sur Les Surligneurs.

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