Canicule et mépris des plus riches :
Travailleur·euse de la restauration ou soutien de la lutte syndicale
Viens hurler ta colère avec nous !
Alors que la planète crame littéralement et que les travailleur·euse·s de la restauration crèvent de chaud en cuisine et en salle depuis des semaines à cause de la canicule, les bourgeois·e·s marseillais·e·s de leur côté jouissent tranquillement depuis plusieurs jours du privilège de déguster des mets fins au restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, dans une installation éphémère organisée par Air France !
En résumé : une des compagnies aériennes les plus polluantes d'Europe décide de faire escale dans le restaurant d'une institution marseillaise qui représente à merveille l'entre-soi et le séparatisme de la classe bourgeoise. Cette classe de riches et de possédant·e·s au train de vie obscène et aux investissements nocifs qui a, rappelons-le, une responsabilité accrue dans les bouleversements climatiques et les vagues de chaleur intenses que l'on vit depuis des semaines. On ne pensait pas qu'un tel combo d'indécence était possible, mais apparemment les bourgeois·e·s ne sont jamais avare de nouvelles idées pour nous cracher au visage.
On sait bien qu'au final ce seront les personnes les plus précaires et les plus pauvres qui seront impactées en premier par les conséquences de cette lutte des classes climatique, c'est à dire celleux qui bossent dans des métiers aux conditions déjà difficiles, aggravées par la chaleur, sans que patrons ou pouvoirs publics ne fassent quoi que ce soit pour améliorer les conditions de travail de la classe laborieuse. On vous renvoie à ce propos aux témoignages collectés par MEP Paris, qui donnent des exemples concrets d'inaction et de mises en danger dans le secteur des HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants).
Et comme d'habitude les chef·fe·s étoilé·e·s et médiatiques sont toujours là pour jouer leur rôle de dociles serviteurs des puissants en participant allégrement à cette mascarade : on retrouve ainsi pour ce restaurant éphémère les créations de la pâtissière Nina Métayer (sacrée “Meilleure Pâtissière du Monde” en 2023 par l'Union Internationale des Boulangers et Pâtissiers aka un super lobby mondial de patron·ne·s) ou du cuisinier Régis Marcon (qui a un faible pour les réceptions indécentes de Laurent Wauquiez financées indûment par de l'argent public).
Parce que depuis des semaines on subit en silence la chaleur de plein-fouet et qu'on en peut plus, on te propose de venir te rafraîchir à la plage des Catalans dimanche prochain à 18h pour une manif-action. Au menu : casserolade, zbeul ou autre bordel pour se défouler et hurler notre colère en face du restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, histoire de relâcher toute la pression accumulée et de bien faire comprendre aux riches qu'on est là, qu'on les voit, et qu'on les laissera pas déguster tranquillement leur fucking dîner business class.
Ce moment sera aussi l'occasion de se rencontrer et de discuter de nos expériences au travail, première étape pour créer la lutte organisée des travailleureuses de la restauration pour de meilleures conditions de travail !
Travailleur·euse, rejoins-nous ! Client·e soutiens-nous !
Le MEP Marseille
MEP (Mise En Place) est un ensemble de collectifs syndicaux autogérés de travailleur·euse·s du secteur des Hôtels, Cafés et Restaurants (HCR).
Né à Paris à l'été 2024 à l'initiative de syndicalistes et de travailleur·euse·s déterminé·e·s à bâtir un mouvement de solidarité et de défense des droits des salarié·e·s, il s'est depuis développé et compte désormais des antennes à Marseille, Nantes ou Rennes.
MEP Marseille est un collectif autonome et horizontal, en lien avec les autres antennes du réseau MEP ainsi qu'avec les syndicats du secteur HCR, locaux comme nationaux.
Notre objectif est de lutter pour des conditions de travail dignes et de mettre fin aux violences ainsi qu'aux pratiques illégales et abusives dans le secteur HCR.
Serveur·euse·s, cuisinier·ère·s, plongeur·euse·s, baristas : nous formons toustes une même classe de travailleur·euse·s dans un secteur qui nous exploite, nous épuise, nous sous-paie et nous maltraite. Seule la lutte syndicale, nourrie d'entraide et de soutien mutuel, pourra éveiller cette conscience de classe pour obtenir des changements réels.
Nous militons pour que nos droits soient reconnus et respectés, que le droit du travail soit appliqué, et que notre convention collective soit revue pour garantir des conditions de travail justes et égalitaires, qui prennent en compte la réalité quotidienne d'un secteur en crise, confronté au manque de personnel, marqué par la précarité, la brutalité et la déshumanisation.
Nous combattons les injustices systémiques qui renforcent les inégalités et les violences envers les personnes minorisées : sexisme, racisme, LGBTQIA+phobies, validisme.
Nous revendiquons la régularisation sans conditions, l'égalité effective en droits ainsi que la fin des pratiques discriminatoires envers les personnes migrantes et sans-papiers, surreprésentées dans notre secteur et particulièrement exposées à l'exploitation du fait de leur précarité et de leur situation administrative.
Nous mobilisons tous les moyens nécessaires — manifestations, saisines de l'inspection du travail et des prud'hommes, grèves, actions directes — pour que notre Mise en Place aboutisse au Grand Service : ce moment où nous mettrons fin, une bonne fois pour toutes, aux violences et à la surexploitation dans la restauration, secteur emblématique d'un capitalisme globalisé et destructeur des individus et de la planète.