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À propos du 17 octobre
L'édition de cette semaine a été chamboulée par la belle journée du 17 octobre et les courbatures qui s'en sont suivies. Une avalanche de récits et d'analyses sont en cours d'édition, pour commencer, ces quelques remarques sur l'heure de vérité présente.
L'intox ou le poker menteur
Tout d'abord, le coup de com' gouvernemental : les services de police auraient fait preuve d'impréparation. Le 17 octobre, l'Etat ne s'y attendait pas. Nous aurions surgi comme un orage d'été imprévu, explosant en un instant dans un ciel jusqu'alors si beau, si pur, si lumineux et étoilé - certes brouillé par les mobilisations lycéennes, mais ceci est un détail. Inattendus donc, saccageant sans pitié les mets raffinés dressés sur la table, gâchant le repas, arrachant la jolie nappe fleurie de la paix sociale, emportant tout dans un grondement criminel.
L'Etat, s'il avait vu la météo, aurait pu faire plus, promet-il dès dimanche matin : on aurait mis les assiettes sous cloche. L'Etat, aujourd'hui fait penser à ce type bourré et titubant à la sortie d'une boîte de nuit sur les Champs, sauvé par le gong et ses potes, levant le poing et promettant qu'il était à deux doigts de remporter la bagarre.
Alerte spoiler : c'est faux.
Donc, commençons par le plus facile : griller le bluff. Démasquer l'escroc. Dans sa main aujourd'hui, un 2 de carreau et un 7 de pique, et par conséquent, deux possibilités seulement : se coucher ou tenter de nous arnaquer. La clique à Macron choisit sans surprise la deuxième option.
Pourquoi la thèse de l'impréparation ne tient pas
Avec un budget de 37 milliards d'euros dont 27 milliards dédiés à la Police et la Gendarmerie Nationale, on aurait pu penser les RG suffisamment dotés pour infiltrer nos réseaux, pourtant publics. Tout y était exposé, depuis des semaines. Nos grands-parents étaient dans la rue, à nos côtés, eux qui pourtant n'ont ni Signal, ni Telegram, ni Instagram. Mais l'Etat, lui, ne savait pas. Peut-être devrait-il penser à engager Mamie. Elle est mieux renseignée.
Parenthèse : si c'était vrai ? S'ils n'avaient vraiment rien vu venir ? Alors combien faut-il ne rien comprendre au pays pour ne pas avoir vu l'explosion venir.
Mais ça ne tient pas. Disons les faits. L'Etat savait. Nunez la cuve à pisse savait.
Pour le dire autrement, voici donc ce qu'on tente de nous faire croire.
Si, ce samedi, à Lyon, Limoges, Marseille, Paris, Pau, Rennes, en Guadeloupe, etc. nous avons marché sur la tête des rois, ce n'est pas de notre fait. Non non braves gens, lycéens, étudiants, ouvriers et paysans, grands-mères en colère, gamins affamés, employés insultés, syndicalistes, prolétaires, et j'en passe, ne vous flattez point. Ne gonflez pas vos égos de cette (pourtant) si évidente et resplendissante victoire populaire sur l'autoritarisme et la violence des sociopathes en uniforme à la botte de Nunez. Vous n'avez pas marché sur la tête des rois. Au contraire, le roi, sa cuve à pisse (on ne se lasse pas de l'injure) et toute sa cour se sont laissés piétinés. Mais pourquoi ? Par négligence. Voilà ce qu'on veut nous faire croire. Braves gens, soyez prévenus. Une fois, pas deux.
Telle est l'embrouille, la tentative un peu ridicule et désespérée de poker menteur. Il faut nous faire croire à l'impréparation. Parce que derrière cette martialité de façade, ça tremble, ça panique.
Il faut entendre la chorale médiatique et ses journalistes de préfecture, du Monde à CNews reprendre en un seul et unique chant du cygne l'embrouille gouvernementale et appeler plus ou moins au carnage vengeur.
Voici donc l'Etat et ses préfets, le ministère de l'intérieur et le violeur de la Justice qui se flagellent (ne gâchons pas notre plaisir, c'est sympathique à voir) sans oublier de nous insulter puisque c'est leur unique langage avec celui des armes. Et tous ces bons soldats (à l'exception du chef suprême de ceux-ci bien sûr, car la honte n'a pas de prise sur Macron) proposent leur démission. Ah non ! répond Macron. Ne me laissez pas seul. Car ils ne sont pas loin - presque dans ma couche.
Il faut entendre l'effroi du roi.
Camarades, la victoire se perçoit à l'odeur de merde qui émane du pouvoir. Oui, ils se chient dessus. Dès samedi, repartons au combat.
Le malaise “pillage” ou la constitution d'un peuple révolutionnaire
A propos du piège cuit et recuit de la division des forces révolutionnaires
Âmes sensibles s'abstenir.
Breaking news : la révolution, c'est violent.
Ce qui ne nous empêche pas d'éprouver de la peine face aux images de ces petits commerçants dévalisés, cette fleuriste en larmes, cet opticien effaré assis au milieu des verres brisés, cette buraliste passée à tabac. Nous leur souhaitons un bon rétablissement, et que l'Etat et les assurances si chères payées indemnisent les victimes collatérales. Proposition : Prendre un peu (ou beaucoup) à Bernard Arnault ou à Bolloré, ces bons patriotes qui - prétendent-ils - aiment tant notre pays. Avec tous les cadeaux fiscaux et autres aides dont ils ont bénéficié à nos frais, peut-être peuvent-ils passer à la caisse - pour une fois.
Reprenons : nous sommes peinés de voir ces petits commerces assaillis, ces vies de labeur parties en éclats, d'autant plus lorsque nous passons devant une agence immobilière, bancaire ou d'intérim' restée intacte. Mais l'explosion d'une rage face à l'injustice ne s'embarrasse pas d'un livret de bonne conduite. Nous pouvons condamner les violences et hurler avec la meute, pour la plus grande jouissance de Laurence Ferrari, de Pascal Praud et leurs amis. Mais nous laisserons ce triste réflexe aux juges et aux curés. Par chance, nous ne sommes ni l'un ni l'autre.
Il faut lire Libération pour comprendre la radicalité de la détestation bourgeoise pour le peuple. Ainsi interroge-t-il « Pourquoi s'en sont-ils pris aux fleurs ? » Mais pour les offrir pardi. A un pote, un manifestant ou un.e amant.e. Car oui, les pauvres aussi ont droit à un joli bouquet. Et plus loin, dans ce même papier, la destruction des agences d'intérim est qualifiée d'« incongrue ». Combien faut-il méconnaître la réalité de la violence du système pour oser écrire ces mots ?
L'histoire de l'humanité est ainsi faite. Les régimes décrépissent, pourrissent puis s'effondrent dans le feu des révoltes. Comment faut-il le dire ? C'est un peuple de miséreux qui s'est exprimé samedi. La France crève la dalle. Nous sommes 10 millions de pauvres. La queue devant les CROUS pour un repas à 1 euro s'étend jusqu'à l'horizon. Nous sommes exploités par le patronat. Nous chauffer et nous nourrir coûte un rein. Partir en vacances avec ses gosses est devenu un luxe. 10 ans de macronie et de cadeaux aux oligarques ont fini de ruiner le pays. On nous berce quotidiennement de l'illusion de la richesse à portée de main, tandis que nos impôts financent le saccage de la planète pour le bénéfice des actionnaires des grands groupes.
Oui, nous avons débordé. Vilain Peuple Indocile, Ta colère aveugle a ruiné des petits commerçants. C'est vrai. Et pourtant. S'il faut tout détruire pour tout reconstruire, alors nous le ferons. Car oui, nous reconstruirons tout. L'exploitation a trop duré.
Ce que nous avons vu samedi 17 octobre : des mères de famille se ruer dans les enseignes de grandes distribution en traînant leurs mioches apeurés derrière elles, et des gosses -la jeunesse de ce pays- saisir leur chance dans des centres commerciaux pour une fois désarmés. Les horribles gauchistes n'y sont pour rien : la France a faim, tout simplement.
Ce qui se joue dans les premiers jours de cette potentielle nouvelle Révolution Française, c'est la constitution d'un peuple révolutionnaire. L'alliance stratégique de tous les affamés, par-delà nos distinctions de classe, de race, de genre. L'alliance des beaufs, des barbares et de cette si détestée gauche de rupture. Tenons bon. Ne cédons rien. Notre pouvoir de renversement est notre force. Ne nous effrayons pas de notre propre puissance. Combien de morts pour nous débarrasser de la monarchie ? Rassurez-vous. Nous n'en avons qu'après les fascistes et les macronistes.
Un dernier point. C'est en restant groupés et en apprenant à reconnaître nos ennemis que nous nous constituons non plus en groupuscules, en îlots et en territoires désignés par la presse et le pouvoir, mais au contraire, dans le seul espoir de notre devenir commun : en peuple révolutionnaire. Quant à nos adversaires les plus raffinés, ils sont simples à reconnaître : ce sont ceux qui tentent de nous diviser entre bons et mauvais manifestants. Entre manifestants et casseurs. Entre casseurs d'ultra-gauche et pilleurs de banlieue, etc. La division est sans fin.
Sachons donc reconnaître - même si cela nous dérange - que le pillage est politique. Intensément et terriblement politique. Que, écrabouillé, isolé, recroquevillé au fond de sa misère, le peuple s'est redressé et que sa colère est politique, jusque dans ses formes les plus subversives et inquiétantes. D'ailleurs, les pillards ont le sens de la formule : quel meilleur symbole du combat contre la vie chère qu'un mannequin Zara déshabillé, abandonné au coin d'une rue ?
Voilà comment s'expriment ceux que l'on muselle.
La victoire ou l'effondrement
L'effet de surprise est passé, et notre message aussi : le 17 octobre était une première sommation. Le gouvernement en a pris acte, et a fait le choix de ne pas reculer. De ne rien concéder. Parcoursup, pour ne citer que lui, est toujours là. Les 10 millions de pauvres aussi. Comme réponse, nous avons eu droit à des mots, toujours des mots comme chantait Dalida, vides de sens de la part d'un maître des horloges totalement déboussolé (et bien moins envoûtant que la chanteuse préféré de nos karaokés d'affamés). Et puis des menaces, comme toujours, et des couvre-feux en bataille de la part des criminels qui lui servent de ministres. Nous ne les oublierons pas et les traduirons très bientôt en justice.
S'il nous a semblé juste et important de souligner la fragilité du pouvoir, rappelons pour conclure qu'une bête n'est jamais si dangereuse que lorsqu'elle est blessée. Le pouvoir, la bourgeoisie et le camp de la réaction patientent, tapie dans l'ombre, prêts à dévorer l'espoir né de la révolte. Déjà, ils s'activent, en cherchant à nous diviser, en suppliant l'armée, la justice, la police, le bon Dieu, de nous arracher les mains, les pieds, la tête. De faire taire les pauvres, les gauchistes et la jeunesse.
Pour cette raison, nous n'avons plus le choix. Nous sommes allés trop loin pour faire machine arrière. L'extrême centre et l'extrême droite préméditent en ce moment même leur vengeance : à n'en pas douter, elle s'annonce terrible. A nous de les faire déjouer et de les en empêcher.
Il faut donc finir le boulot et conquérir le pouvoir. La défaite des Gilets Jaunes en 2021 nous a précipité dans un recul inédit de nos conquêtes sociales, au premier rang desquels le droit de manifester - dont cette journée du 17 octobre n'est qu'une conséquence logique. Si la maxime “si je ne gagne pas, j'apprends” s'applique dans le champ sportif, elle est inutile à la pratique contestataire. Une défaite s'accompagne toujours d'un retour de flammes qui ne nous enseigne rien, mais nous projette dans des années de ténèbres policières et de surveillance tous azimuts des moindres signaux contestataires.
Il nous faut agir avec un sens aigu du devoir. Dès 2016, nous promettions de devenir ingouvernables. Nous le sommes devenus. Désormais, il nous faut vaincre. Pour les blessés, les daronnes et nos mamies. Pour les lycéens qui sont le présent et l'avenir de ce pays et comptent (aussi) sur les adultes pour abolir le vieux monde.
Restons mobilisés jusqu'à la victoire.
Vive la Révolution !
Photo : Bernard Chevalier
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Couvre-feu : mise en scène totalitaire à Paris, Lyon livrée aux fascistes
Hier, un couvre-feu a été déclenché en quelques heures dans de nombreuses villes. À Paris ou à Lyon, c'était le grand show totalitaire.
L’article Couvre-feu : mise en scène totalitaire à Paris, Lyon livrée aux fascistes est apparu en premier sur Contre Attaque.
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« Être du bon côté de l'histoire, c'est être dans la rue » : les activistes écolos et paysans se joignent à la mobilisation
Transmission de connaissances et appui logistique : depuis le début des mobilisations lycéennes, des organisations écolos ont fait le choix d'apporter leur soutien. Dans la rue le 17 octobre, elles ont continué à faire le pont entre les revendications.
Lire la suite - Info / Luttes
Deux jours après, Kaméra Vesic, 53 ans, n'a toujours pas retrouvé sa voix, tant elle a scandé de slogans pendant l'après-midi du samedi 17 octobre. La fondatrice de l'association PikPik, en Seine-Saint-Denis, a répondu présente aux appels (…) -
«Google met à sac les médias français et tout le monde s’en fout» : ce que les résumés IA font au journalisme
Depuis le mois de juillet, Google propose en France des résultats de recherche poussés par l’IA. © Karollyne Videira Hubert/Unsplash
La vue de ces chiffres a donné des sueurs froides à la quasi-totalité des médias français. Dévoilées le 8 octobre par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), les données des principaux titres pour le mois de septembre 2026 ont révélé une chute généralisée de leur trafic. De l’ordre de -20% pour Le Monde, La Dépêche ou Le Figaro par rapport au même mois en 2025 ; -30% pour BFM, France info ou Libération ; -40% pour Le Parisien et même -50% pour Ici (ex-France bleu).
En moyenne, les médias généralistes d’actualité chutent d’environ 22% en septembre. En août, la baisse était déjà de 17%.
L’ACPM ne mesure pas l’audience des médias indépendants, mais il est déjà clair que ceux-ci ne sont pas épargnés. Chez Vert, le trafic de notre site en septembre 2026 est inférieur de 12% par rapport au même mois en 2025, mais surtout 44% en dessous de la moyenne de 2026 !
Certes, la fréquentation des médias en ligne fluctue en fonction de l’actualité. Septembre 2025 avait connu des sommets avec la fin du gouvernement Bayrou ou l’assassinat de Charlie Kirk. Mais une chute aussi brutale et généralisée chez des médias pourtant très différents (locaux, nationaux, sportifs, etc.) n’a probablement pas d’équivalent dans l’histoire récente de la presse. Alors comment l’expliquer ?
La réponse est à chercher du côté de… Google.
Quand nos journalistes travaillent gratuitement pour Google
Depuis le mois de juillet, le géant de la tech a : réduit la visibilité des médias d’actualités dans Discover, son interface qui recommande des contenus dans ses applis ; déployé en France ses résumés IA (les «AI overviews») dans son moteur de recherche.
Lorsque l’on fait une recherche sur Google, des résumés dopés à l’IA s’affichent en haut de la page. © Capture d’écran Google
Le principe ? Vous n’avez plus besoin de lire nos articles.
Le résultat ? Nos journalistes travaillent gratuitement pour Google.
Nos médias, indépendants ou mainstream, emploient des milliers de journalistes professionnel·les pour produire une information de qualité. Elles et ils sont payé·es en salaire. Pas en visibilité, ni en likes.
Quand le public se rend sur nos sites et applis, il est tantôt exposé à des publicités, des appels à s’abonner ou à faire un don. C’est ainsi que notre travail est rémunéré et que vous avez accès à une information de qualité.
Or, comme l’a démontré une étude menée par le laboratoire d’idées Pew research center aux États-Unis, où les résumés IA ont été lancés dès 2024, les internautes cliquent deux fois moins sur les liens d’articles résumés par l’IA que sur les liens classiques.
Quand les informations d’un média apparaissent dans un AI overview, ce sont nos contenus et nos revenus qui passent directement dans les poches de Google grâce aux publicités affichées dans les résultats de recherche.
Avec les résumés IA, c’est Google qui est payé quand vous lisez notre travail.
On assiste au pillage des entreprises de presse françaises par des géants étasuniens de la tech, et à peu près tout le monde, du grand public aux candidat·es à la présidentielle, s’en fout. C’est pourtant gravissime pour notre démocratie.
À ce rythme, vous consommerez bientôt des médias faits par des IA nourries par le contenu d’autres IA, sans humains pour se rendre sur le terrain, donner la parole ou enquêter. Bref, une presse qui ne sera plus capable d’informer librement et de jouer son rôle de contre-pouvoir.
Face à cette situation pressante, que peut-on faire ?
Enlever les résumés IA de Google. Vous trouverez un tuto sur notre site.
Quitter Google : Gmail, Drive, Agenda, Maps, Chrome, etc. Vert lance une série pour vous aider à quitter les Gafam. Les premiers épisodes sont en ligne sur cette page.
S’abonner aux newsletters de Vert pour recevoir nos informations directement dans votre boîte mail, sans dépendre des algorithmes ni des IA.Mais surtout :
Soutenir les médias libres et humains comme VertChaque don à Vert servira à 100% à financer du journalisme libre et de qualité, fait par des humains, au service de notre démocratie.
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[Clisson] Gestival de la Solid – Festival de Conférences Gesticulées
Le 4, 5 et 6 décembre, les habitant·es du Vignoble prennent la parole sur des sujets qui leur tiennent à coeur. Venez donc les encourager !
Après 8 mois d’ouvrage collectif, nos gesticulant·es en herbe se lancent pour leurs premières représentations ! Nous aurons la chance d’accueillir Jean-Philippe et Isabelle pour ouvrir le Gestival. La conférence gesticulée de Jean-Phi est à prix libre. Le reste est gratuit ! Il y aura un petit bar pas cher sur place.
10 conférences gesticulées sont programmées sur 3 jours :
Vendredi : Conf’ d’ouverture à 20h – « Une autre histoire » par Jean-Philippe SMADJA (invité)
Et si l’Histoire telle qu’on nous l’enseigne à l’école était faite pour conserver les rapports de domination plutôt que pour ouvrir les esprits ? Une substance d’émancipation, mise sous tutelle politique au détriment des profs et des élèves ? Entre récits intimes, analyse systémique et riffs de Métal, « Une autre histoire » s’efforce de redonner du sens à cette matière si propice à éveiller l’esprit critique et le pouvoir d’agir.
Samedi :
11h– L’IVG en questionS (⁓1h15) par Isabelle ASSELIN (invitée)
Les droits des femmes, toujours menacés par l’organisation patriarcale des sociétés.
14h– Oups, ma fille est lesbienne ! (⁓1h15) par Laurence
Je pensais ne pas avoir de problème avec l’homosexualité jusqu’au jour où ma fille m’annonce qu’elle est en couple avec… une fille. Et là, les émotions sont plus fortes que la raison, ça déborde, ça questionne… Au fond, serions-nous un peu… homophobes dans un monde hétéronormé ?
16h– L’humain !? Dans les services de soins ? Dans les coulisses de la Qualité (⁓1h30) par Isabelle
Sous la pluie des sigles, des codes et des notifications, les soignants sont trempés… Mais rassurez-vous, ils prennent soin de votre dossier !
18h– Et pourtant… ça s’organise ! Une conférence gesticulée sur l’autogestion (⁓1h30) par Pauline
Et si nous étions beaucoup plus capables de nous organiser que ce qu’on nous a appris à croire ? Est-ce que supprimer les chefs suffit pour partager le pouvoir ? Comment faire pour que chacun puisse réellement prendre sa place et agir ? À travers des histoires personnelles, des expériences collectives, quelques détours par la sociologie et la pensée politique… Je vous invite à regarder autrement nos façons de décider, de coopérer et de nous organiser
20h– Pas de pot dans ma peau. À qui appartient mon corps ? (⁓1h30) par Eloïne
Pendant longtemps, j’ai considéré que le féminisme ce n’était pas pour moi. Et que ça n’était pour personne d’ailleurs : après tout, la bataille semblait déjà gagnée. Puis, petit à petit, j’ai réalisé à quel point les femmes – et notamment leur corps – continuaient d’être opprimées. C’est en commençant à tirer sur sa laisse qu’on prend conscience de son existence…
Dimanche :
11h– Vroum vroum… connard ! Boire et déboire d’une vie en mobilité douce, au milieu de la jungle urbaine (⁓1h) par Petit Vélo
14h– Les Anges du Patriarcat. Bienvenue dans le studio 103. (⁓1h30) par Jessica
À travers la parodie d’une émission de télé-réalité, je vous raconte comment j’ai passé 35 ans à m’excuser d’exister et de me contenter de la place qu’on me donnait. De la cour de récréation aux réflexions sexistes du quotidien. Entre anecdotes personnelles, neuroatypie et tabous du cycle menstruel, je décortique et questionne toutes ces petites règles invisibles qui nous façonnent sous le régime de la domination masculine.
16h– La dualité de l’ornithorynque. Ou les bienfaits de l’anormalisation (⁓1h30) par Emmanuel
Comment rentrer dans les cases bien rigides lorsque l’on est neuro atypique? Comment ne pas perdre sa personnalité bizarre, mais unique, dans une société normée?
18h– Je vous salis ma rue. Pourquoi sauter joyeusement de l’ascenseur social (⁓1h30) par Marie
Se prénommer Marie n’est pas anodin. Grandir dans un milieu catho bourgeois non plus. S’en extraire volontairement ne se passe pas impunément. Mais cela ouvre le regard sur le petit monde des dominants. Il est temps de comprendre les ruses qui maintiennent chacun dans la situation de pouvoir entrer par la porte ou d’être obligé de passer par la fenêtre.
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17 octobre 2026 à Limoges: ambiance insurrectionnelle
Le samedi 17 octobre 2026 était annoncé depuis quelques temps comme une date pouvant réunir de nombreuses personnes en colère contre la situation sociale, économique et politique actuelle. Un des sites appelant à se mobiliser pour cette date affirmait: « Gilets jaunes, Gen Z, Indigné·es, paysan·nes, pompier·es, ouvrier·es, profs, soignant·es, défenseur·euses du climat, habitant·es des quartiers, retraité·es : le samedi 17 octobre, partout, nos luttes s’organisent, nos revendications s’expriment et nos solidarités se construisent. » [https://17octobregiletjaune.net/]
À Limoges, trois rendez-vous étaient fixés (à 10h, un blocage du rond-point de la Valoine, à Feytiat, à 11h un rassemblement Place Denis-Dussoubs, et à 14h une manif au départ du carrefour Tourny).
À 14h, au carrefour Tourny, on s’est vite aperçu qu’on était très nombreu⋅ses, et que la journée serait certainement animée. Mais on était loin de s’imaginer ce qui allait se passer.
Réunissant des gens de tous horizons, la manif s’est élancée joyeusement jusqu’au bout de l’avenue Jean-Gagnant, où de premières frictions avec la police ont eu lieu. Gaz lacrymogènes d’un côté, pierres de l’autre, un point de fixation s’est créé à ce niveau-là, la police bloquant le côté de la rue du Port de Naveix qui mène directement à l’autoroute A20.
Tandis que l’affrontement se densifiait progressivement, une grande partie de la manif continuait son chemin en prenant la rue du Port de Naveix de l’autre côté, jusqu’au croisement du Pont Neuf. Là, tout le monde a compris peu à peu qu’il valait mieux faire demi-tour et rejoindre celles et ceux qui tentaient de franchir les barrages de la police.
Au croisement de l’avenue Jean-Gagnant et de la rue du Port de Naveix, l’émeute a agrégé de nombreuses personnes, la détermination de la foule a fait reculer la police à tel point qu’une voiture de police a été abandonnée sur place, et incendiée.
Le cortège a continué son avancée peu à peu, érigeant plusieurs belles barricades, jusqu’à s’installer sur l’autoroute, faisant fuir les policiers, qui sur l’autoroute ont à nouveau abandonné trois véhicules, tous incendiés. Une partie de leur équipement a également été subtilisé. Tout ça, dans la joie et l’allégresse, sans aucune distinction entre « vilains casseurs » et « gentils manifestants ». Plusieurs milliers de personnes étaient là, à bloquer l’autoroute en toute tranquillité. D’ailleurs, si l’autoroute a été occupée par les manifestant⋅es pendant environ deux heures, elle aurait pu être bloquée pendant bien plus longtemps, puisqu’il n’y avait plus aucun flic à l’horizon. C’est l’envie d’autre chose qui a fait que la manifestation a repris son chemin en retournant en ville. Direction la mairie !
À la mairie, la foule a fait bloc à nouveau, des fenêtres ont été brisées, les murs ont été tagués (« ACAB » et A cerclés, surtout), et le feu est parti du rez-de-chaussée à gauche de l’édifice, semble-t-il dans la salle du Conseil municipal. Sur le square Jacques-Chirac, face à la mairie, la foule était enthousiaste de voir ce lieu du pouvoir s’enflammer. Deux voitures de la police municipale y ont été incendiées, et pour tenter de gâcher l’ambiance la police a brûlé un des arbres du square Jacques-Chirac (un palet de lacrymogène lancé par la police est tombé pile au sommet de cet arbre taillé). La mairie commençait à brûler, et des milliers de personnes étaient là, juste devant la mairie à crier « À bas l’État, les flics et les fachos » après qu’une Marseillaise a été entonnée (plutôt en mode réjouissance révolutionnaire que pour s’apitoyer sur le sort de l’Hôtel de Ville), mais aussi sur tout le croisement faisant face à la mairie, sur l’avenue Baudin et sur les remparts de la place Haute-Vienne.
Après au moins une heure d’occupation du square Jacques-Chirac, la police anti-émeute a refait son apparition d’un coup, noyant le square de gaz lacrymogène, mettant ainsi fin aux festivités municipales. Plusieurs groupes sont alors partis en petits cortèges, principalement par le boulevard Gambetta, mais aussi par le boulevard Louis-Blanc et la rue Haute-Vienne, plusieurs groupes se retrouvant et s’entre-mêlant du côté de la rue Jean-Jaurès. Si les attaques visant la préfecture ont été repoussées par la police (tout comme du côté du commissariat de la Bastide, au nord de la ville), la thématique de la vie chère a pris le dessus en cette fin d’après-midi. Plusieurs magasins de la rue du Clocher ont eu leurs vitrines brisées et ont été pillés: Orange, Foot Locker, Lacoste. D’autres ont probablement été attaqués aussi, puisque même la Fnac aurait été en partie pillée lors des affrontements du côté de la préfecture. Soyons clair⋅es: tous les magasins visés étaient des enseignes du grand capitalisme. Vers 19h, l’ambiance insurrectionnelle a commencé peu à peu à se dissiper. Le centre-ville subissait les agressions de flics qui tournaient et tentaient de reprendre la main sur une situation qui leur avait échappé pendant environ cinq heures. On a appris le lendemain par médias interposés que dix-sept personnes (dont sept mineur⋅es) auraient été interpellées, probablement pendant la soirée. La solidarité devra continuer dans les tribunaux.
Place de la République, le grand panneau touristique « Limoges – le feu créatif » était détourné en « Limoges – voitures de keufs, mairie… le feu créatif » et résumait en quelques mots l’ardeur de cette belle journée limougeaude.
Toutefois, dès le soir du 17 octobre, comme d’habitude en de telles circonstances, les médias ont parlé de « casseurs infiltrés » au sein de manifestations pacifiques. La vérité est pourtant simple: la police était mobilisée et dispersée partout sur le territoire hexagonal. Elle a été dépassée par les événements dans de nombreuses villes, à Limoges comme ailleurs. Dépassée par le nombre, la détermination, la solidarité, la mobilité et l’inventivité des manifestant⋅es. Si tout le monde n’a pas « cassé », tout le monde a participé à cette journée de lutte, en toute complicité. La rage contre le contrôle de l’État sur nos vies et contre l’exploitation capitaliste, les aspirations pour une société plus juste où les mots « Liberté, égalité, fraternité » veulent dire quelque chose de concret et ne sont pas de simples étiquettes républicaines derrière lesquelles des politicien⋅nes peuvent se cacher, tout cela est partagé par de plus en plus de gens. C’est aussi pour ça que l’État crée toujours plus de lois sécuritaires et répressives, comme la loi « casseur-payeur » qu’il nous concocte actuellement.
Les médias et les politicien⋅nes de tous bords tentent aussi de réduire l’identité des manifestant⋅es à quelques catégories stigmatisées de personnes, principalement la fameuse « ultra-gauche » et les « délinquants de banlieue ». À Limoges comme ailleurs, il y avait plein de gens, de toutes origines, de tous âges, de tous genres. Oui il y avait des anarchistes (pas tou⋅tes en mode black bloc, d’ailleurs), oui il y avait des jeunes des quartiers populaires (pas tou⋅tes en mode pillage, ni forcément jeunes d’ailleurs), mais l’ensemble des manifestant⋅es présent⋅es est impossible à résumer en quelques mots, on pourrait ajouter: Gilets jaunes, autonomes, militant⋅es communistes et écolos, teufeur.euses, punks, queers, paysan⋅nes, motard⋅es, retraité⋅es, lycéen⋅nes, étudiant⋅es, travailleur⋅es du public ou du privé, intérimaires ou en CDI, chômeur⋅euses involontaires ou professionnel⋅les, galérien⋅nes de tous bords, et j’en oublie forcément !
Tout ce monde-là, révolté et éreinté par manque de thunes et/ou par trop de travail, a bougé toute la journée avec entraide au-delà des étiquettes ou identités supposées des un⋅es et des autres. Pour soigner les blessé⋅es, pour éloigner les lacrymos, pour distribuer du sérum physiologique ou des masques, pour se ravitailler en eau et en bouffe, pour gérer la panique quand la foule est tentée de courir dans tous les sens, pour se parler entre inconnu⋅es, se tenir ensemble autrement que par des slogans de partis politiques qui sentent l’arnaque à plein nez.
Alors que tout le petit monde politicien pleurniche sur le sort de la mairie de Limoges et tente de faire diversion sur les aspects pré-insurrectionnels de ce 17 octobre, souvenons-nous que les lieux de pouvoir ont toujours été des cibles pour les révolutionnaires et pour la population en colère, que ce soit lors des prémices de la Révolution française, pendant la Commune de Paris, pendant Mai 68 (incendie de la Bourse de Paris, notamment), et même plus récemment, par exemple lors de la révolte des Gilets jaunes de 2018-2019 et pendant celle qui a suivi la mort de Nahel Merzouk en juin-juillet 2023.
« Ensemble tout devient possible, si on est là, si on le veut. » [https://youtu.be/-OILMUvmn2g]
Valaki, le 18 octobre 2026
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En route vers un Automne chaud en 2026 !
En route vers un Automne chaud en 2026 (PDF)
Occupations d’écoles et de places publiques, affrontements avec la police, grèves, blocages de routes et de ports, incendies de bâtiments publics, pillages… En France, en Belgique, en Espagne, en Albanie, en Argentine… en Italie…
Les lycéens, les étudiants, les enseignants, les métallurgistes, les dockers, les ouvriers agricoles, les habitants des banlieues et des “logements sociaux” – bref, la classe ouvrière – se révoltent contre cette réalité capitaliste de merde !
Le Capital mondial et son État ne peuvent nous apporter rien d’autre qu’une misère toujours plus grande, une vie d’exploitation et d’aliénation, ou la mort.
La seule perspective qu’il nous réserve, c’est d’être de la chair à canon dans la guerre capitaliste ou de voir notre force vitale s’épuiser “sur le front intérieur”. Et si nous avons la chance de ne pas vivre en zone de guerre et que nos membres ne sont pas arrachés par les drones tueurs, il reste encore la catastrophe climatique, la pollution et la nourriture toxique, la pauvreté, les prisons, le contrôle de l’État, la militarisation, l’esclavage numérique…
Aujourd’hui, la classe dirigeante commence à paniquer : elle craint que nous ne dépassions les catégories dans lesquelles elle nous a enfermés – étudiants, travailleurs, retraités, chômeurs, hommes ou femmes, “Italiens”, “Français” ou “Albanais”, blancs ou noirs, locaux ou immigrés, “occidentaux” ou “orientaux”… Elle craint que nous ne prenions conscience que nous avons des intérêts de classe communs en tant que prolétaires, par-delà toutes les frontières et toutes les catégories. Au contraire, nos intérêts de classe s’opposent aux leurs, même s’ils ont la même apparence ou parlent la même langue que nous.
Ils ont peur des fantômes de mai 1968, de l’Automne chaud en Italie de 1969-1970, du Mouvement de ‘77, du soulèvement en Albanie en 1997, du “Printemps arabe”, des “Gilets jaunes”, du “soulèvement One Piece” de 2025…
Leurs flics et leurs voyous nous attaquent pour réprimer notre mouvement, mais nous n’avons pas peur ! Au contraire, nous passons à la contre-attaque !
Leurs syndicats tentent d’apaiser notre lutte, en prétendant pouvoir nous ordonner de retourner au travail, mais nous n’obéissons pas !
Leurs partis politiques tentent de nous tromper pour que nous renoncions à notre propre émancipation de classe et que nous les laissions “nous représenter”, mais nous crachons sur la démocratie ! Nous ne faisons pas confiance à ces charlatans, qu’ils soient “de droite”, “de gauche” ou même qu’ils se prétendent “communistes” (ce qu’ils entendent par là c’est le capitalisme repeint en rouge à la manière de Lénine, Mao ou Hoxha) !
Leurs propagandistes sur les réseaux sociaux ou à la télévision tentent de déformer nos intérêts et de nous monter les uns contre les autres, mais nous leur rions au nez !
Nous nous inspirons mutuellement malgré les frontières nationales que nous imposent nos ennemis de classe. Allons plus loin et organisons-nous à l’échelle internationale contre tous les États-nations ! Contre l’État !!!
Transformons les écoles, les usines, les bureaux, les casernes, les prisons, les rues, les places et les quartiers de chaque ville en champ de bataille entre nous, qui luttons pour un changement révolutionnaire, et eux, qui veulent préserver le monde de l’exploitation !
Contre la guerre capitaliste et la paix capitaliste – vers le soulèvement mondial pour le communisme !
GUERRE DE CLASSE
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Broadcom - Une faille Wi-Fi agée de 16 ans toujours sans CVE
Il y a quelques jours, durant la conférence Hexacon à Paris, un chercheur nommé Quentin Kaiser a rendu publique une faille de sécurité qui traîne depuis au moins 2010 dans la fonction WPS de Broadcom. Je dis "qui traine" au présent parce qu'elle n'est toujours pas patchée évidemment. Alors si vous ne savez pas ce qu'est WPS, c'est une fonctionnalité qui permet de connecter un appareil au WiFi sans avoir taper la clé.
Cela veut dire que quelqu'un à portée du réseau sans fil peut faire exécuter son propre code à une box ou à un point d'accès, sans avoir à connaître la clé du réseau et sans même mener un enrôlement WPS jusqu'au bout.
Son exploit, il l'a filmé sur deux box belges. Chez Orange Belgium (une Askey TCG3000), où son code lit la clé Wi-Fi dans la mémoire de la box et la renvoie via les ondes, ce qui lui permet ensuite de rejoindre le réseau. Chez l'opérateur Proximus (une BBOX3V+), il ouvre un shell à distance au travers des trames Wi-Fi, donc sans avoir recours à un serveur extérieur. L'antenne qu'on voit sur la vidéo ci-dessous ne doit d'ailleurs pas faire croire qu'il faut être collé à la box puisque d'après Kaiser, ça marche de loin !!
Votre navigateur ne supporte pas la lecture de vidéos HTML5. Voici un <a href="/faille-wps-broadcom-routeurs-wifi/faille-wps-broadcom-routeurs-wifi-1.mp4">lien vers la vidéo</a>.Le plus gênant, c'est que Broadcom est bien bien au courant. Dans sa réponse à Kaiser, la société dit connaître la faille depuis longtemps et avoir remplacé l'ancien code par une version basée sur hostapd à partir de 2018. Mais elle refuse de lui attribuer un CVE, l'identifiant qui permet à tout le monde de suivre une faille, tout comme de divulgur l'avis de sécu qu'elle dit avoir envoyé aux fabricants.
Du coup, le fix dépend du fabricant qui doit avoir adopté hostapd , et de l'opérateur qui doit avoir poussé le firmware. Et ça c'est pas forcément fait puisque la faille est présente chez Proximus, Orange Belgium et VOO, que rien sur ces box n'est encore corrigé. Et pour les plus vieilles plateformes, celles sous eCos, il parle même de "forever day", c'est à dire une faille qui ne sera JAMAIS corrigée.
Et chez nous, en France ?
Et bien on peut voir dans ses diapos, une page "Passive War Driving in Paris" où sont mentionnée une Livebox Sagemcom Fast5656_OFR et la NB6VAC de SFR qui y sont taguées "Not Patched", alors que trois autres Livebox (Fast5698_OFR, Fast5670_OFR et un répéteur) et une Bbox de Bouygues (F5696b) sont "Patched". Donc ça dépend des box et on n'a pour le moment pas plus d'infos là dessus.
Sachez aussi que couper le WPS ne protège pas forcément mais bon, ça ne coûte rien de le couper si vous ne l'utilisez pas. Autrement, coupez carrément le Wifi et utilisez votre propre routeur ( genre ces merveilleux Deco ) branché en Ethernet au cul de la box.
Et pour les bidouilleurs que vous êtes, Kaiser a publié sur GitHub un script de détection à utiliser avec une box en marche pour voir si elle est faillible ou pas. Ce script nécessite une interface Wi-Fi qui gère le mode moniteur (donc une Alpha ou ce que vous avez sur la main avec du mode monitor fonctionnel). Et bien sûr, c'est à lancer uniquement sur votre propre box et pas chez le voisin sinon vous irez en prison !! Argh !
Source : The Hacker News
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Apple répare à distance des milliers de HomePod : iOS 27.2 corrige le bug du « fantôme »

Avec iOS 27.2, dont la version finale est attendue la semaine prochaine, Apple ajoute une option « Verrouiller les commandes » qui désactive la surface tactile des HomePod. C'est la réponse logicielle au « ghost touch » que les propriétaires de HomePod défaillants attendent depuis des années. Ce défaut poussait de nombreux HomePod et HomePod mini à lancer de la musique en pleine nuit, voire à faire parler Siri.
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Lycéens mobilisés: «Les réseaux, c’est notre contre-pouvoir»
Alors que Gabriel Attal veut couper temporairement les réseaux sociaux et que les plateformes sont convoquées mardi à Bercy, des lycéennes et lycéens interrogés par «Mediapart» racontent comment TikTok, Instagram ou Snapchat ont fait de leur colère un mouvement que plus personne ne peut ignorer. -
5G spatiale : vers une intégration des satellites dans les réseaux mobiles
L’évolution des usages numériques et la recherche d’une couverture mondiale conduisent aujourd’hui les opérateurs à rapprocher ces deux infrastructures, notamment au travers les services dits « Direct-to-Device (D2D) », établissant une liaison directe entre un satellite et un objet (téléphone, capteur, voiture, etc.), sans passer par une antenne relai intermédiaire au sol. Un smartphone peut ainsi communiquer avec un satellite comme il communiquerait avec une station de base terrestre. On parle alors précisément, dans le cas du téléphone mobile, de liaison « Direct to Cell » (D2C).

Si les premiers services commerciaux D2C reposent principalement sur la messagerie et les communications d’urgence, la 5G spatiale, dite plus exactement « 5G Non-Terrestrial Network » (5G NTN), doit intégrer demain les communications satellitaires aux standards et à l’architecture des réseaux mobiles 5G. Selon certaines estimations, les services de connectivité directe entre satellites et appareils devraient générer près de 1,7 milliard de dollars en 2029, contre environ 30 millions de dollars attendus en 2025.
Le Direct-to-Cell : les premiers services satellitaires accessibles depuis un smartphone
Les premiers services commerciaux de connectivité directe entre un satellite et un téléphone mobile grand public sont apparus au début des années 2020. L’utilisateur n’a alors pas besoin d’une antenne satellite dédiée ou d’un terminal spécialisé, tel qu’on le connait avec la téléphonie satellitaire déjà existante depuis les années 90.
Ainsi, Apple propose depuis 2022 une fonction SOS par satellite, permettant à l’iPhone de communiquer directement avec un satellite Globalstar lorsqu’aucune couverture cellulaire ou Wi-Fi n’est disponible. Le satellite transmet ensuite le message vers une station-sol avant son acheminement vers les services d’urgence.
SpaceX propose quant à lui un service D2C permettant à un téléphone 4G/LTE standard de se connecter directement aux satellites en orbite basse, sans modification matérielle ni application spéciale. Les premiers satellites capables de communiquer avec des téléphones 4G ont été lancés début 2024 et le service de messagerie a été commercialisé aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande en 2025, avec T-Mobile et One NZ.
Limites et contraintes physiques des services Direct-to-Cell
Si les solutions précédemment évoquées sont innovantes, elles se limitent principalement à la messagerie et restent éloignées des performances d’un réseau 4G ou 5G terrestre. Une communication vocale ou une connexion de données continue impose des capacités nettement supérieures.
Plusieurs contraintes physiques expliquent cette situation. Un satellite en orbite basse se déplace à plusieurs kilomètres par seconde. Ce mouvement produit un effet Doppler : la fréquence apparente d’un signal varie lorsque l’émetteur et le récepteur se déplacent l’un par rapport à l’autre. Le phénomène est comparable au changement de tonalité d’une sirène lorsque celle-ci approche puis s’éloigne. Dans une liaison satellitaire, le décalage de fréquence évolue en permanence et doit être compensé par le système radio. La distance entre le smartphone et le satellite constitue une autre contrainte. Le terminal doit transmettre vers un satellite situé à plusieurs centaines de kilomètres, avec une puissance d’émission limitée par la taille de son antenne et sa batterie. Le réseau doit également gérer le déplacement des satellites, le changement de faisceau et le passage d’un satellite à l’autre. Ces contraintes expliquent pourquoi les premiers services D2D/D2C sont apparus sur des usages à faible débit.
La 5G NTN : intégrer les satellites dans l’architecture des réseaux mobiles
Pour répondre à ces limites, les industriels travaillent désormais à une évolution plus profonde de l’architecture des réseaux. L’objectif n’est plus seulement de permettre une communication ponctuelle entre un smartphone et un satellite, mais d’intégrer les satellites comme une composante à part entière des réseaux 5G.
Cette évolution repose sur les travaux du 3rd Generation Partnership Project (3GPP). Ce consortium international rassemble les principaux organismes de normalisation des télécommunications, ainsi que les opérateurs mobiles, les équipementiers et les fabricants de semi-conducteurs. Depuis plus de vingt ans, il définit les spécifications techniques des réseaux mobiles, de la 3G jusqu’à la 5G, afin de garantir l’interopérabilité des équipements dans le monde. Les spécifications du 3GPP sont publiées sous la forme de versions successives, appelées Releases. Chaque Release introduit de nouvelles fonctionnalités compatibles avec les précédentes. La Release 17, publiée en 2022, constitue une étape importante puisqu’elle intègre pour la première fois les Non-Terrestrial Networks (NTN) dans la norme 5G. Les Releases 18 et 19 poursuivent ces travaux afin d’améliorer les performances radio, la gestion de la mobilité entre satellites et réseaux terrestres ainsi que la qualité de service.
Les mécanismes introduits dans le 3GPP permettent notamment de compenser l’effet Doppler, de prendre en compte les délais de propagation spécifiques aux communications spatiales et d’adapter automatiquement le fonctionnement des protocoles radio à des satellites en mouvement permanent. À terme, ces évolutions doivent permettre à un opérateur de gérer un satellite comme une station de base supplémentaire au sein de son cœur de réseau 5G (5G Core), sans modifier les mécanismes d’authentification, de gestion des abonnés ou de routage des communications.
Premières expérimentations de la 5G NTN
En Europe, l’un des essais les plus significatifs a été réalisé en juillet 2025 par Eutelsat-OneWeb avec MediaTek, Airbus Defence and Space et Sharp. Les partenaires ont démontré une connexion conforme aux spécifications de la Release 17 entre un terminal 5G et un satellite de la constellation OneWeb. L’objectif était de vérifier que des équipements utilisant exclusivement les standards du 3GPP pouvaient fonctionner sur une constellation en orbite basse. Cette expérimentation constitue une étape importante vers l’intégration des satellites dans les réseaux des opérateurs mobiles et ouvre la voie à une commercialisation dans les années à venir.
D’autres industriels poursuivent des approches complémentaires. AST SpaceMobile développe des satellites équipés d’antennes déployables de plus de 60 m², capables d’établir une liaison directe avec des smartphones conventionnels. Son démonstrateur BlueWalker 3 a réalisé le premier appel vocal 4G entre un smartphone standard et un satellite en 2023, avant de démontrer des communications compatibles 5G en 2024. Les équipementiers Ericsson, Nokia et Samsung participent, de leur côté, aux travaux de normalisation, tandis que Qualcomm et MediaTek développent les futurs modems compatibles NTN destinés aux smartphones.
La 5G NTN : une connexion Internet mobile ultra-rapide et à faible latence partout sur Terre ?
L’objectif à terme de la 5G NTN est d’étendre la connectivité mobile aux territoires où les réseaux terrestres ne peuvent pas assurer une couverture continue. Pour l’utilisateur, la perspective est celle d’une continuité de connexion avec un smartphone classique, y compris dans les déserts, les zones montagneuses, les espaces ruraux isolés ou en mer.
La 5G NTN présente enfin un intérêt en matière de résilience des réseaux. L’intégration des accès terrestres et satellitaires permettrait de disposer de plusieurs chemins de communication et de maintenir une connectivité lorsqu’une partie des infrastructures au sol devient indisponible. Cette capacité intéresse notamment les applications gouvernementales. Elle soulève également une question de souveraineté. La constellation OneWeb d’Eutelsat constitue à ce titre une capacité européenne disponible pour développer des services satellitaires compatibles avec les standards internationaux du 3GPP, même si son exploitation repose sur un écosystème industriel et réglementaire mondial.
Vers un réseau mobile véritablement mondial
L’intégration des satellites dans les standards du 3GPP marque une évolution importante de l’industrie des télécommunications. Les réseaux satellitaires pourraient ne plus être développés comme des infrastructures indépendantes mais comme un prolongement des réseaux mobiles existants. Les premiers services Direct-to-Cell montrent que cette convergence est techniquement possible, tandis que les démonstrateurs d’Eutelsat-OneWeb ou d’AST SpaceMobile préparent l’étape suivante : celle d’une intégration complète des satellites dans les architectures 5G.
Cette évolution restera progressive. Les réseaux terrestres conserveront durablement un avantage en matière de capacité et de débit dans les zones urbaines. Les satellites interviendront principalement pour assurer la continuité de service, étendre la couverture et renforcer la résilience des infrastructures. À mesure que les futures Releases du 3GPP seront déployées et que les constellations gagneront en capacité, la distinction entre réseaux terrestres et réseaux spatiaux pourrait-elle s’estomper ? Pour les opérateurs comme pour les industriels, l’enjeu n’est plus de substituer une infrastructure à une autre, mais de construire un réseau unique, dans lequel le choix entre une antenne terrestre et un satellite deviendra transparent pour l’utilisateur.
Victor-Charlie
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La Switch 2 a enfin droit à son patch pour The Witcher 3 Remastered

La mise à jour 5.01 de The Witcher 3: Wild Hunt – Remastered débarque sur Nintendo Switch 2 avec de nombreux correctifs. Au programme : des améliorations graphiques, de nouvelles options visuelles, des optimisations de performances et plusieurs corrections de bugs, notamment sur les sauvegardes et les commandes.
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Le Rassemblement national pourra-t-il modifier la Constitution par référendum ?

Source :Conférence de presse, 14 octobre 2026
Etiqe :Inconstitutionnel
Contenu :
Le Rassemblement national remet sur la table sa proposition de réviser la Constitution par la voie du référendum de l’article 11. Le 14 octobre, Marine Le Pen a déclaré : « Il est légitime et naturel que les Français puissent s’exprimer sur la modification de la Constitution […] qui vise entre autres à constitutionnaliser le droit des étrangers afin que nous puissions retrouver la maîtrise de l’immigration dans notre pays ».
Quelques jours plus tôt, Richard Ferrand était interrogé sur cette question. Le président du Conseil constitutionnel a écarté la possibilité de réformer la Constitution par un référendum de l’article 11, en rappelant que l’article 89 est selon lui la seule voie de révision. Une intervention qui lui valut les foudres du parti d’extrême-droite.
La révision de la Constitution par référendum en 1962
Pour défendre sa position, Marine Le Pen renvoie au précédent de 1962, lorsque l’article 11 avait servi à organiser un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Le général de Gaulle, alors président de la République, a fait réviser la Constitution en passant par le référendum de l’article 11. Cette révision n’était pas conforme à la Constitution, puisque celle-ci ne peut être révisée qu’en passant par l’article 89. Pour rappel, l’article 11 de la Constitution permet d’adopter une loi ordinaire, c’est-à-dire non constitutionnelle, par la voie du référendum, et non par le Parlement.
Certes, le Conseil constitutionnel s’était à l’époque déclaré incompétent pour contrôler la constitutionnalité de cette loi adoptée par référendum. Pour autant, le Conseil n’est pas tenu par la règle du précédent : il est libre de faire évoluer sa jurisprudence, tant qu’il respecte les textes. De plus, l’absence de contrôle de la violation de la règle n’équivaut pas à une absence de règle.
L’immigration, un thème déjà ouvert au référendum législatif
Le RN n’a pas besoin de réviser la Constitution pour soumettre la question migratoire aux Français. Dans une décision du 11 avril 2024, saisi d’une proposition de loi référendaire des Républicains, le Conseil a jugé qu’une réforme de prestations sociales, d’aides à la mobilité et d’hébergement susceptibles de bénéficier à des étrangers relevait de la politique sociale de la nation, thématique ouverte au référendum. Un référendum législatif portant sur certains aspects de l’immigration est donc envisageable.
Mais une loi référendaire reste soumise à la Constitution. Dans cette même décision, le Conseil a censuré la condition de cinq ans de résidence, ou de trente mois d’activité, imposée aux étrangers non européens en situation régulière pour bénéficier de certaines prestations, jugée disproportionnée au regard des alinéas 10 et 11 du Préambule de 1946. C’est précisément cet obstacle que le RN entend lever en « constitutionnalisant » le droit des étrangers, ce que seul l’article 89 permet.
L’annulation du décret de convocation du référendum par le Conseil
Le Conseil constitutionnel s’est toutefois déclaré compétent, dans une décision Hauchemaille de 2000, pour contrôler les actes préparatoires du référendum, et donc le décret de convocation qui appelle les citoyens aux urnes. Il s’est estimé compétent pour annuler ce décret, et donc potentiellement empêcher la tenue d’un référendum qu’il jugerait contraire à la Constitution.
La légalité du décret conditionne la validité du référendum : c’est par ce contrôle de « la régularité des opérations de référendum » que le Conseil peut faire obstacle à une révision constitutionnelle engagée par la voie de l’article 11.
Un président qui ne respecterait pas une décision du Conseil constitutionnel ?
Jordan Bardella a pour sa part assuré que « Ferrand ne pourra pas empêcher cette consultation ». Un président élu pourrait être tenté de passer outre une décision du Conseil annulant le décret de convocation, en invoquant l’article 5, selon lequel « le Président de la République veille au respect de la Constitution ». Mais l’article 5 n’autorise nullement le président à méconnaître une décision du Conseil constitutionnel, qui n’est susceptible d’aucun recours d’après l’article 62.
Bras de fer en vue entre le Rassemblement national et le Conseil constitutionnel, si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteur : Bertrand-Léo Combrade, professeur de droit public à l’université de Poitiers
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Camille Peugny : « La fin de non-recevoir de la part du gouvernement a accentué la colère des jeunes »
Conditions d'études dégradées, craintes pour l’avenir, injustice de la sélection scolaire, marché du travail fermé : le mouvement des jeunes cristallise les pressions qu’ils subissent, explique le sociologue Camille Peugny. -
Trump has triggered the Ukrainian endgame
After Donald Trump and Vladimir Putin met in Anchorage, Alaska, last year, there was a brief moment when it appeared possible that the US would enforce a peace on Russia and Ukraine. But the conditions for a deal were not in place. Neither Putin nor Zelensky would compromise over the status of the Donbas, the Russian-speaking region in eastern Ukraine of which Russia has occupied 90%. Putin wants it all, and Zelensky refuses to hand over any unoccupied land. -
Women are not the scapegoats of the Trump presidency
"Women were always going to be the first sacrificial lambs in the Trump 2.0 administration." So reads the opening salvo of an April essay headlined "Trump's Disposable Women", written by a senior writer for The Cut whose beat is apparently "systems of power". The Guardian ran a similar essay on Saturday titled "All the president's women: a familiar downward trajectory on Trump's team". Even the Daily Mail noted that "half of the eight women originally tapped for top Cabinet and administration positions have vanished from their posts." Yet this is a trite narrative about the 47th president, and even his biggest detractors should know better. -
Après le 17 octobre, le pouvoir est à la rue
Source : Les Jours
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Au tribunal : Benjamin, 39 ans, notaire et cyberharceleur sexiste
Source : Blast
Des milliers d'insultes, des menaces de viol et une victime traumatisée : en 2021, Mélanie Luce était présidente de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et venait d'être interviewée sur Europe 1. Un passage à l'antenne qui lui aura valu par la suite un déferlement de haine sur les réseaux sociaux.
« Grosse salope, rase les murs quand tu rentres chez toi. Je vais te violer la gorge ».
Cinq ans plus tard, trois hommes seulement sont poursuivis parmi la centaine de harceleurs évoqués, rapporte le journaliste indé Emmanuel Denise, pour Blast. À la barre, elle raconte les séquelles de cette campagne : une crise d'angoisse qui l'a conduite à l'hôpital et des difficultés persistantes à prendre la parole en public. Face à la violence des messages, les justifications politiques ne suffisent pas. Même l'avocate de Benjamin (un des accusés, 39 ans, notaire) reconnaît que « rien ne peut excuser ces propos misogynes et abjects. »
Au-delà de ce procès, une question se pose : comment rendre justice à une femme ciblée par des milliers de messages quand seuls trois auteurs sont poursuivis ? Sur Internet, la haine se déchaîne en meute. Devant la justice, les responsables ne sont qu'une poignée.
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Un bar féministe et queer visé par des tirs de grenades de la police à Toulouse
Source : Mediacités Toulouse
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À peine arrivé à la manifestation parisienne, ce combattant de MMA est blessé au visage par une grenade
Le cas de Mathis Chevalier, blessé au visage par une grenade, démontre l'usage décomplexé, massif et criminel des armes de la police.
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L’édition d’octobre 2026 de Réacteur est en ligne !
Au programme de cette édition Réacteur d'octobre 2026 :
- De la migration ratée au prix SEO : comment Maison June a reconstruit sa croissance organique, par Thibault Willerval
- Ce qui influence vraiment les LLM : le top 10 des facteurs, données à l’appui, par Luca Fancello
- De 1 à 15 ebooks par an sans exploser les coûts créa : structurer une Content Factory, par Hélène Môme
- GEO : 29 agences sur 30 nomment des indicateurs, 9 seulement publient une preuve contrôlable, Par Bertrand Morel
- SEO sur Naver : écosystème de contenu, référencement local, recherche visuelle et GEO [Partie 2], par Killian le Moal
On remercie chaleureusement nos 5 auteurs pour leur réactivité et surtout la qualité des articles publiés !
En bonus : comme d'habitude, cette nouvelle édition accueille également notre veille d'octobre 2026 et une présentation des outils qui ont retenu notre attention ces dernières semaine !
Et, si ce n’est pas encore le cas, abonnez-vous !
De la migration ratée au prix SEO : comment Maison June a reconstruit sa croissance organique
Par Thibault Willerval, Responsable Digimood à Lille
À découvrir dans cet article :
- Pourquoi un cumul de trois opérations à haut risque (rebranding, changement de domaine, migration PrestaShop-Shopify) a rendu le diagnostic particulièrement délicat, et la méthode pour reconstruire la chaîne de transmission des signaux plutôt que chercher une cause unique.
- Comment une roadmap orientée quick wins, mais sans jamais confondre quick win et petite optimisation, a permis d’observer les premiers impacts dès 30 jours après le début de la mission.
- La décision contre-intuitive de reprendre l’ancien plan de migration plutôt que de repartir de zéro, avec l’usage de la Wayback Machine pour reconstituer des contenus disparus.
- Comment pousser Shopify au-delà de ses réglages standards : navigation en silo, fil d’Ariane personnalisé, rendu server-side et signature HTTP pour retrouver des crawls fiables.
- Les résultats chiffrés complets : de 406 à 1 291 mots-clés en Top 3, et une contribution du SEO au chiffre d’affaires passée de 14% à 20% en un an.
Ce qu’on a aimé :Un retour d’expérience rare par sa transparence chiffrée et sa structure méthodique, qui documente un cas de redressement post-migration du diagnostic initial jusqu’au résultat business, sans jamais s’arrêter aux seules métriques de trafic. Thibault Willerval détaille des arbitrages concrets et transposables, notamment sur la priorisation sous contrainte de temps et sur l’idée qu’une redirection 301 ne suffit jamais à elle seule à transférer la valeur d’une page. La conclusion en forme de chaîne de causalité (continuité des signaux → crawl fiable → architecture → pertinence → trafic → business) est le genre de synthèse qu’on garde sous la main pour son prochain projet de migration.
Lire l’article : De la migration ratée au prix SEO : comment Maison June a reconstruit sa croissance organique
Ce qui influence vraiment les LLM : le top 10 des facteurs, données à l’appui
Par Luca Fancello, fondateur de Qwairy
À découvrir dans cet article :
- Le seul levier validé par une véritable expérimentation contrôlée (Princeton, KDD 2024), et pourquoi remplacer le vague par du nommé peut augmenter la visibilité jusqu’à 40%.
- La structure en “rampe de ski” des citations : 44,2% d’entre elles proviennent des 30 premiers pourcents d’une page, et pourquoi le BLUF devient incontournable.
- Pourquoi le query fan-out change radicalement la donne selon le moteur ciblé, avec un écart saisissant entre Perplexity et ChatGPT sur le nombre de sous-requêtes générées.
- Le facteur le plus contre-intuitif pour un SEO : l’autorité off-site, où 15 domaines captent 68% de toute la part de citation sur 680 millions de citations analysées.
- Le facteur le moins couvert ailleurs : comment le simple cadrage d’une question (positif vs critique) peut diviser par 18 la part des sources institutionnelles convoquées par le moteur.
Ce qu’on a aimé :Un article qui a la rigueur méthodologique de dire clairement ce qui relève de la corrélation et ce qui relève de l’expérimentation contrôlée, plutôt que de présenter dix facteurs comme autant de certitudes équivalentes. Luca Fancello assume aussi les tensions entre ses propres données et celles des études externes, notamment sur la fraîcheur du contenu, sans chercher à les lisser artificiellement. Le chapitre sur le e-commerce et le décalage entre “gagner la recommandation produit” et “obtenir le lien marchand” (l’exemple Nike face aux revendeurs est frappant) apporte un éclairage opérationnel rare sur ce sujet. Une synthèse dense, mais qui se termine par un ordre d’action clair pour qui ne sait pas par où commencer.
Lire l’article : Ce qui influence vraiment les LLM : le top 10 des facteurs, données à l’appui
De 1 à 15 ebooks par an sans exploser les coûts créa : structurer une Content Factory
Par Hélène Môme, Brand & Content Designer B2B
À découvrir dans cet article :
- Pourquoi la Content Factory, souvent abordée côté SEO et rédaction, se heurte à un vrai goulot d’étranglement design dès qu’elle intègre des contenus premium comme les ebooks.
- Le plan d’action complet en 5 étapes : de la structuration des échanges avec l’équipe marketing jusqu’à la déclinaison systématique de chaque ebook en formats complémentaires.
- Comment transformer une charte graphique pensée pour un site web en guidelines capables de tenir sur un ebook de 80 pages, sans la dénaturer d’un contenu à l’autre.
- La méthode de production en batch qui permet de mettre en page un ebook environ deux fois plus vite qu’en travaillant page par page.
- Les résultats chiffrés complets sur un an : 15 ebooks produits, 10 jours de travail économisés par ebook, et 150 supports diffusés au total, le tout sans jamais recruter de graphiste en interne.
Ce qu’on a aimé :Un retour d’expérience précieux, parce qu’il aborde un angle du content marketing presque jamais traité : la créa comme véritable moteur, et non simple habillage, d’une stratégie éditoriale à l’échelle. Hélène Môme détaille une méthode concrète et transposable, des gabarits de page réutilisables jusqu’à l’autonomie donnée à l’équipe marketing sur les supports secondaires via Canva. Le rappel final, que chaque format décliné d’un ebook devient une page indexable et un point de captation de leads, fait le pont entre design et SEO d’une manière qu’on retrouve rarement formulée aussi clairement. Un article concret pour toute équipe qui envisage de lancer ou structurer sa propre Content Factory.
Lire l’article : De 1 à 15 ebooks par an sans exploser les coûts créa : structurer une Content Factory
GEO : 29 agences sur 30 nomment des indicateurs, 9 seulement publient une preuve contrôlable
Par Bertrand Morel, Fondateur d’Edikka
À découvrir dans cet article :
- La méthodologie complète d’une observation menée sur 30 agences GEO françaises, et le tableau détaillé qui révèle où exactement le discours du marché décroche de la démonstration.
- Les quatre raccourcis à ne jamais faire : crawler autorisé, contenu récupéré, source citée et marque recommandée ne sont jamais équivalents, malgré ce que suggèrent souvent les discours commerciaux.
- Ce qu’une capture d’écran isolée prouve réellement, et les sept questions à se poser avant d’accepter l’affirmation “notre visibilité IA a doublé”.
- Les dix éléments précis d’un cas GEO réellement auditable, de l’objet mesuré jusqu’à l’élément de contrôle vérifiable par un tiers.
- Un tableau de proportionnalité qui associe à chaque niveau d’affirmation (“la page est citée”, “le GEO a généré des ventes”...) le niveau de preuve minimal qui devrait l’accompagner.
Ce qu’on a aimé :Un article d’une vraie rigueur méthodologique dans un domaine encore jeune et saturé de promesses spectaculaires. Bertrand Morel construit un cadre d’analyse complet et actionnable, avec une grille de dix éléments et un format de publication en six blocs directement réutilisables par quiconque veut documenter un cas GEO sérieusement. La transparence sur les limites de l’étude elle-même, y compris la situation d’Edikka comme éditeur et prestataire du marché, renforce la crédibilité de la démarche plutôt que de la fragiliser. Une lecture indispensable pour quiconque doit évaluer une offre GEO ou documenter ses propres résultats.
Lire l’article : GEO : 29 agences sur 30 nomment des indicateurs, 9 seulement publient une preuve contrôlable
SEO sur Naver : écosystème de contenu, référencement local, recherche visuelle et GEO [Partie 2]
Par Killian Le Moal, Lead GEO & SEO Strategist chez Peak Ace
À découvrir dans cette seconde partie :
- Pourquoi le contenu UGC natif de Naver (Blog, Café, Knowledge iN) pèse plus lourd dans les résultats que le site web lui-même, et comment articuler ces quatre canaux dans un même flux logique.
- Le fonctionnement détaillé de Naver Search Advisor, l’équivalent coréen de Search Console, avec ses cinq sections et les signaux d’alerte à surveiller en priorité.
- Comment optimiser une fiche Naver Place et son système d’avis anti-fraude unique au monde, basé sur l’OCR d’un ticket de caisse pour valider chaque visite.
- La montée en puissance de la recherche visuelle avec Smart Lens et OmniSearch, et les implications concrètes pour l’optimisation des images sur les catégories les plus exposées.
- Le programme Naver Mate, qui confirme officiellement que le nombre de citations dans l’AI Briefing est devenu le nouveau signal d’autorité du marché coréen, avec les cinq principes de contenu publiés par Naver lui-même.
Ce qu’on a aimé :La suite logique et tout aussi documentée de la première partie, qui transforme le cadrage théorique en feuille de route directement actionnable. Killian Le Moal détaille des mécaniques rarement couvertes en dehors de la Corée, comme le système d’avis par ticket de caisse ou les quatre formats distincts de l’AI Briefing, avec des chiffres précis à l’appui (hausse de 105% des réservations pour les petits établissements cités dans le Place-type AI Briefing). La synthèse finale, qui montre comment chaque levier nourrit les autres dans un système circulaire plutôt qu’une liste de tactiques isolées, donne une vraie cohérence stratégique à l’ensemble. Un guide de référence complet pour toute équipe qui s’attaque sérieusement au marché coréen.
Lire l’article : SEO sur Naver : écosystème de contenu, référencement local, recherche visuelle et GEO [Partie 2]
Comme tous les mois, cette nouvelle édition de Reacteur s’accompagne d’une rubrique dédiée aux derniers outils à tester et les articles qui ont retenus notre attention sur le web !
L’article "L’édition d’octobre 2026 de Réacteur est en ligne !" a été publié sur le site Abondance.
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« Turbo-poulet » : la journaliste Axelle Playoust-Braure raconte l’envers d’un succès industriel
Journaliste scientifique spécialisée dans l’agriculture et l’alimentation, Axelle Playoust-Braure enquête depuis plusieurs années sur l’industrie du poulet de chair. Son livre sur les « turbo-poulets » paraîtra début 2027. Elle nous en livre ses principaux enseignements.
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Biodiversité : chefs d'État et médias boudent la COP17, symptôme d'un désintérêt manifeste
Chefs d'État absents, médias peu présents... La COP17 biodiversité s'est ouverte en Arménie dans une certaine indifférence. De nombreux chercheurs et écologistes s'inquiètent du désintérêt suscité par l'effondrement du vivant.
Lire la suite - Info / Nature , Politique
Déforestation, extinction des espèces, monocultures… Partout dans le monde, l'état de la biodiversité est alarmant. L'indifférence que suscite cette érosion est tout aussi inquiétante. Alors que s'ouvre le 19 octobre la 17e réunion de la Conférence des parties (…) -
Black Friday, Noël, soldes : comment préparer sa fin d’année avant le rush
Avec Positive User, la plateforme de marketing automation multicanal qui génère en quelques minutes un plan de fin d’année prêt à l’emploi. Chaque automne, c’est le même scénario. Le Black Friday, fixé cette année au 27 novembre, ouvre une séquence de plus d’un mois qui enchaîne le Cyber Monday, la période de Noël et les …
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Deux poèmes de Nan Marci
Je me demande combien de kilomètres a parcourus
le sang qui bat dans mon corps depuis le
dernier chevet du lit dans l’heure si douce
d’avant 9 h, je me demande si cette distance
pompée par mon cœur je peux d’une manière
ou d’une autre la remonter« oui : en pirogue ! »
- me souffle la petite, solutions en main,
simplicité du monde, clarté aux yeux.
elle joue avec un bâton dans l’eau et fait
des châteaux de galets, humble et pointue,
concentrée du bout du nez.
quelle distance en sang pompé à parcourir pour
remonter le temps du corps jusqu’au moment si
cher à vivre, jusqu’au moment du corps baigné
dans le lait d’arbre tiède« c’est un figuier ! »
- et pourquoi y retourner, pourquoi remonter
le cours violent du sang des veines,
enfreindre la loi de la circulation, mettre le cœur
à contrecourant, faire ravaler
au cœur des kilomètres« au moins mille ! »
- de sang gras, pourquoi ?
pour y être,
c’est tout.
y être
dans le présent lacté qui dilue le monde,
lui prend sa place,
le présent vrai qui fait sonner clair
tous les sons calfeutréschœur d’église le froissement du drap
éclat de vague sur rocher l’enroulement
matinal de la couetteéclair d’août le clapotement des pieds nus
sur le bois vernis du parquetet le soupir de l’éveil derrière la porte
de la chambre est une avalanche lourde,
amplifiée amplifiée, agrandie en échos,
prenant comme nous la place du mondeun seul son grave et chaud et bon
ne faisant que s’amplifier
et ne sachant faire que çaun seul son grave et chaud prenant comme
nous la place du monde
et bon à êtrePas de mains pour la pêche aux figues
maintenant que je possède
mes propres mains
je me demande s’il fut toujours
facile
d’escalader les arbresils me semblaient trop hauts
je n’avais pas de mains
pour la pêche aux figures
je laissais mes mains à d’autresmaintenant que je possède
mon propre nez
je me demande :
quel goût avait le vent
quand j’avais 21 ans ?était-il salé
était-il genre
un peu salé ?comment pourrait-iel me répondre
ellui qui n’a pas de langue
parce qu’iel partage
toujours
la mienne -
Pourquoi l’IA e-commerce doit désormais intervenir au moment de la décision d’achat
L’IA a profondément fait évoluer la manière dont les internautes cherchent une information. Ils ne se contentent plus de saisir quelques mots-clés : ils décrivent un besoin, apportent du contexte, comparent, demandent conseil et attendent une réponse immédiate. Le déploiement des Aperçus IA de Google en France, le 22 juillet 2026, s’inscrit dans cette évolution. …
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Mobile satellitaire : ORANGE et les télécoms européens veulent garder la main sur le réseau
Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone étudient une candidature commune aux fréquences mobiles par satellite en Europe. Les quatre groupes envisagent de mutualiser des infrastructures terrestres et de s’appuyer sur un partenaire spatial. Cette alliance pose une question industrielle : qui contrôlera le service lorsque le réseau mobile passera aussi par l’espace ? S’ils se …
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Mineur·es non accompagné·es : une lutte enfantiste
L es garçons arrivent en petites grappes dans le réfectoire de la maison de quartier de Bois-Blancs, dans l’ouest de Lille. Ils sont une vingtaine. « On va essayer de faire un cercle, ici », propose Amadou.
« Circle », traduit et mime Alicia, la coordonnatrice de l’association Utopia 56, venue prêter main-forte et se charger de la traduction en anglais. Une bonne dizaine de jeunes se rassemblent autour d’elle et tendent l’oreille. Des garçons uniquement, car, ici comme dans le reste de la France, les filles sont peu nombreuses parmi les mineur·es non accompagné·es.
Amadou, Thierrno et Sékou, prennent place dans le cercle. Ils sont les délégués du Collectif des mineur·es non accompagné·es (MNA) de Bois-Blancs. Amadou lance le sujet principal de l’assemblée générale de ce mardi de la fin de mai. Faut-il attendre le rendez-vous au rectorat la semaine prochaine pour évoquer leur scolarisation puis, sans doute, caler une manifestation ? Ne vaut-il mieux pas patienter et se joindre, la semaine suivante, au rassemblement prévu avec d’autres collectifs de jeunes isolé·es ? « C’est à tous les jeunes de décider, pas seulement à leurs délégués », rappelle le garçon au ton posé. Quelques minutes plus tard, un participant, élancé, tee-shirt rouge et cheveux tressés, demande son avis à Alicia. La jeune femme sourit sans mot dire, quand les délégués rappellent le principe du collectif : ici,
ce sont les concernés qui font les choix.Ce rassemblement lillois de jeunes exilés s’inspire du Collectif des jeunes du parc de Belleville, né à l’été 2023, dans l’Est parisien, après qu’ils et elles ont été expulsé·es d’un campement qui les abritait depuis trois mois. Cette organisation autogérée d’adolescent·es arrivé·es en France sans titre de séjour est alors inédite : elle regroupe des jeunes originaires principalement de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire confronté·es au refus de l’État français de reconnaître leur statut
de mineur·e isolé·e et donc d’assurer leur protection, leur hébergement et leur scolarisation, comme l’y oblige l’article 20 de la Convention internationale des droits de l’enfant (lire notre encadré). Pour la première fois en France, des enfants sans papiers s’organisent par elleux-mêmes, pour revendiquer le respect de leurs droits.
Le 28 avril 2026, des porte-parole du Collectif des jeunes du parc de Belleville s’expriment lors de l’assemblée générale hebdomadaire à la Bourse du travail de Paris. En partageant leur expérience, elles et ils donnent de la motivation aux nouveaux et nouvelles arrivantes.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La Déferlante« Ce n’est pas un hasard si le collectif se noue à cet endroit, à ce moment-là, estime Martine El Ouardi, docteure en sociologie. Belleville est très différent des quartiers où les mineur·es isolé·es se réfugiaient [jusque-là]. Il y existe une véritable vie de quartier, avec des habitant·es militant·es, issu·es de migrations et déjà engagé·es dans des luttes. » Cette Canadienne, arrivée à Paris en 2023 pour étudier les effets de l’organisation des Jeux olympiques (JO) sur la politique d’expulsion des personnes migrantes, a rapidement soutenu les jeunes. Comme ses pair·es, elle constate le caractère inédit de cette lutte menée directement par les premier·es concerné·es. Elle décide de la documenter. Jusque-là, les mineur·es non accompagné·es étaient orienté·es vers des associations d’aide aux exilé·es qui tentent de satisfaire leurs besoins les plus élémentaires, mais s’expriment souvent « à la place des jeunes », résume la sociologue.
Autogestion et horizontalité
Hassan, 17 ans, est l’un des délégué·es actuel·les du collectif parisien. Quand il arrive de Guinée, à la fin de 2024, il trouve un refuge plus que précaire sous les tentes installées près du pont Marie, dans le centre de Paris. Il rencontre des jeunes du collectif qui y font des maraudes régulières et l’invitent à se joindre à une assemblée générale. Il y en a une chaque mardi, à la Bourse du travail, près de la place de la République. « J’ai posé la question : qui est le responsable ? Un jeune m’a dit : “Il n’y a pas de responsable, on est ensemble, on essaie de s’organiser pour régler nos problèmes de façon efficace” », raconte-t-il. Aujourd’hui reconnu mineur par l’État et hébergé dans un centre d’accueil pour enfants, Hassan est bien conscient du contraste entre cette autogestion qu’il expérimente et le fonctionnement des associations humanitaires qu’il a fréquentées : « Dans le collectif, chacun est libre de s’exprimer, de nommer ce qui lui fait mal. Les assos, elles, font du cas par cas. Elles nous font attendre en disant : “Tu es arrivé récemment, on doit s’occuper d’untel, qui est là depuis six mois…” Au collectif, on mène la lutte pour tout le monde. »
« Quand ce sont les personnes concernées qui mènent elles-mêmes la mobilisation, elles ont peu à perdre et tout à gagner. »
Martine El Ouardi, sociologueLe collectif de Belleville, puis ceux qui se créent dans la foulée, à Lille, Clermont-Ferrand, Marseille, Lyon, Rennes et plus récemment Tours, accompagnent les jeunes exilé·es débouté·es de la reconnaissance de minorité et les aident à présenter un recours auprès des tribunaux administratifs. Mais les jeunes attendent parfois un an avant d’obtenir une réponse. Durant cette période, les rectorats refusent, la plupart du temps, de les scolariser. En réponse à la politique de rejet des pouvoirs publics, trois revendications principales sont portées par les collectifs de MNA. « L’hébergement pour tout le monde, la réduction de la durée des recours, et la scolarisation généralisée avant le résultat des recours », détaille Barry, un jeune du collectif de Bois-Blancs, à Lille.
La présomption de minorité, une longue bataille politique
Bien que signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant depuis 1990, la France déroge régulièrement à ses obligations de protection des enfants en exil en refusant la scolarisation et l’hébergement des mineur·es étranger·es demandeureuses d’un titre de séjour. De nombreuses associations d’aide aux exilé·es dénoncent le tri qu’opèrent les autorités parmi ces jeunes non accompagné·es, au prétexte qu’ils et elles seraient en réalité majeur·es. Parmi les outils utilisés pour déterminer leur âge, les tests osseux sont particulièrement critiqués.
Dès 2020, la sénatrice écologiste Esther Benbassah rappelait que leur fiabilité scientifique était notoirement contestée et que plusieurs pays – dont l’Australie et le Royaume-Uni – avaient abandonné leur usage. Rappelant que cet examen expose la personne « à des irradiations », elle jugeait « particulièrement contestable de soumettre volontairement des personnes migrantes – qui plus est présumées mineures – à ces dangers, pour des raisons qui n’ont absolument rien de médical ». En décembre 2025, une nouvelle proposition de loi, déposée par le socialiste Emmanuel Grégoire (aujourd’hui maire de Paris) proposait d’instaurer une « présomption de minorité » pour éviter de laisser des enfants étranger·es à la rue. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le texte, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale attend toujours d’être mis à l’ordre du jour du Sénat.En 2023, après l’évacuation du campement du parc de Belleville, le collectif s’est structuré à travers l’occupation de lieux emblématiques de la capitale pour forcer la Ville de Paris à les mettre à l’abri : l’ancienne mairie du 4e arrondissement, le Centquatre, un lieu culturel du 19e arrondissement, puis, en avril 2024, à quelques mois des Jeux olympiques de Paris, la Maison des métallos, une salle de spectacles gérée par la municipalité. Au bout de trois mois rythmés par des menaces réitérées d’expulsion mais aussi une médiatisation grandissante de leurs revendications, 230 mineur·es non accompagné·es et 21 familles finissent par être mis·es à l’abri, dans un gymnase.
Namawa, jeune mère sans papiers et « première déléguée fille » du Collectif des jeunes du parc de Belleville, raconte son engagement lors de l’assemblée générale. Elle lutte dans le collectif depuis juin 2024.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La DéferlanteCette longue série d’occupations enseigne aux adolescent·es les fondamentaux de la lutte politique. Elle leur apprend aussi que leur détermination peut retourner le rapport de force en leur faveur. « Quand ce sont les personnes concernées qui mènent elles-mêmes la mobilisation, elles ont peu à perdre et tout à gagner », analyse Martine El Ouardi. En politisant leur lutte, en élargissant leurs revendications à celle contre le racisme et contre la précarité, les MNA agrègent d’autres groupes à leur mobilisation. En juin 2024, ils et elles refusent par exemple de mettre fin à l’occupation de la Maison des métallos tant qu’une vingtaine de jeunes mères sans papiers ne sont pas, elles aussi, prises en charge par la Ville de Paris. Parmi ces jeunes femmes, Namawa, 28 ans, s’illustre rapidement par sa capacité à tenir tête aux élu·es de la capitale. Un jour, alors qu’Anne Hidalgo, l’ancienne maire de Paris, visite le gymnase dans lequel la Ville a consenti à l’héberger, elle lui lance : « Si on devait échanger nos vies cinq minutes, est-ce que tu penserais que ce gymnase est un logement ? » Rapidement, même si elle n’est pas concernée par les mêmes problématiques que les jeunes mineur·es, la jeune femme devient « la première déléguée fille du collectif », raconte-t-elle, au bord de la petite table de la chambre qu’elle occupe désormais dans un immeuble du Samusocial.
Namawa enlace un camarade de lutte du Collectif des jeunes du parc de Belleville. Aujourd’hui logée dans un immeuble du Samusocial, elle n’est pas concernée par les mêmes problématiques que les mineur·es non accompagné·es, mais se rend tout de même régulièrement aux assemblées générales du Collectif pour témoigner de son expérience.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La DéferlanteCoordination nationale
À l’hiver 2024, le collectif parisien se lance dans une nouvelle action : l’occupation de la Gaîté lyrique, autre établissement
culturel géré par la Ville de Paris. Elle va durer deux mois et demi et se solder par un premier échec. Le 16 mars 2025, la police procède à l’expulsion des jeunes, dans une violence débridée, en blessant six au cours de l’intervention. Vingt-cinq membres du groupe reçoivent une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une procédure habituellement réservée aux adultes, inadaptée à la situation des mineur·es en attente d’une réponse à leur recours administratif. Accompagné d’attaques quotidiennes venues de certains médias d’extrême droite et de militant·es du mouvement d’Éric Zemmour, cet échec ne fait pas pour autant perdre sa vigueur au collectif parisien. En deux ans de mobilisation, entre 2023 et 2025, plus de 500 jeunes ont été scolarisé·es et plus de 1 000 places d’hébergement ont été obtenues – qu’il s’agisse de solutions précaires, dans des gymnases, ou plus pérennes, dans des foyers et des hôtels du Samusocial. Le collectif des jeunes du parc de Belleville a impulsé la création d’une coordination nationale. Elle organise désormais des week-ends pour mettre en commun les combats et porter des revendications à plus grande échelle.
Le 23 avril 2026, un membre du Collectif des jeunes du parc de Belleville participe à l’une des mobilisations organisées devant le tribunal judiciaire de Créteil pour demander la reconnaissance de leur minorité.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La DéferlanteMais, dans cette lutte perpétuelle, le défi le plus difficile à relever pour les collectifs de jeunes est de ne pas laisser s’éteindre l’énergie. De nouveaux et nouvelles mineur·es non accompagné·es arrivent en France chaque jour : « En ce moment, un campement se reforme porte de la Villette », rapporte Gad, un délégué du collectif parisien. À la fin d’avril 2026, leur assemblée générale hebdomadaire a fait le plein. Ce jour-là, alors qu’une bonne centaine de jeunes a pris place sur les chaises grinçantes de la salle Eugène-Varlin, à la Bourse du travail, Ibrahima attrape le micro pour interpeller ses compagnons d’infortune : « Je suis choqué. » Quelques jours plus tôt, un rassemblement était organisé devant le tribunal de Créteil pour protester contre la longueur des recours administratifs. « Il y avait plus de soutiens [des militant·es qui apportent une assistance aux collectifs] que de jeunes à la manif, lance-t-il. Mais c’est nous que ça concerne », insiste le garçon. Après lui, d’autres personnes exhortent les jeunes à participer aux actions prévues. « Seule la lutte paie », assènent-elles, reprenant à leur compte le slogan historique des mouvements de sans-papiers adultes des années 1970, qui les ont beaucoup inspirés.
Des membres du Collectif des jeunes du parc de Belleville soutiennent sa délégation reçue au tribunal pour évoquer leur situation, à Créteil, le 23 avril 2026.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La DéferlanteTrouver des relais
La question de la mobilisation du plus grand nombre, et pas seulement d’une poignée particulièrement motivée, se pose de façon encore plus cruciale dans les collectifs de mineur·es. Car il est difficile de participer à des assemblées générales ou à des manifestations lorsque l’on vit dans la rue et que l’on se bat chaque jour pour prendre une douche ou trouver à manger. « La transmission des luttes est plus compliquée qu’ailleurs car, par la force des choses, quand les membres du collectif obtiennent une réponse positive à leur recours, elles et ils se sentent moins concerné·es », indique Martine El Ouardi. Les jeunes qui décrochent un hébergement, une inscription à l’école et la reconnaissance de leur minorité se lancent à fond dans leur nouvelle vie. Parfois loin. Comme Gad, reconnu mineur, qui a trouvé une place dans un établissement où il apprend l’électricité. « Le juge m’a envoyé à Strasbourg, raconte-t-il. C’est la vie… »
Près du pont Marie, qui relie l’île Saint-Louis au quai de l’Hôtel-de-Ville, à Paris, plusieurs jeunes exilé·es sont installé·es sous des tentes depuis quelques années dans l’attente d’une décision sur la reconnaissance de leur minorité.
Crédit : Valentina Camu / Divergence pour La DéferlanteÀ Lille, Amadou vient également d’obtenir la protection de l’État. Ses camarades félicitent abondamment ce garçon si impliqué. Mais savent qu’il va désormais tracer sa route. Le collectif de Bois-Blancs est en quête de nouveaux délégués. « On essaie de créer un leadership à chaque génération », explique Sékou, « ancien » du groupement lillois, qu’il a rejoint en août 2025. « On veut montrer que la lutte marche, pour pousser les autres à devenir délégués », poursuit le jeune homme. Hassan, à Paris, insiste : « Ne devient pas délégué celui qui le veut mais celui qui le peut. » Celui ou celle qui a du temps à donner, et de l’énergie, pour organiser matériellement les manifestations ou pour faire de la musique pendant les rassemblements, un élément essentiel des mobilisations. La prise de parole en public n’est que la partie visible de l’engagement et nulle obligation n’est faite de s’y coller. « Pour nous aider à parler, nous avons eu des formations données par les soutiens ou par des syndicats », précise Gad. Les délégué·es ont aussi un atout pour convaincre les autres jeunes de s’impliquer à leur tour : l’expérience humaine que représente le collectif. « Au fur et à mesure, je me suis senti chez moi, en famille », raconte Hassan, qui part désormais en maraude solitaire, pour convaincre d’autres jeunes à la rue de rejoindre la lutte commune. « D’abord j’ai cru que le collectif servait juste à aider les gens à trouver un toit ou à aller à l’école. Mais j’ai constaté que ça valait mille fois plus que ça. J’ai noué des relations tellement fortes, tu ne peux pas imaginer. Tellement qu’on en devient puissant. »
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En Belgique, la question des aides publiques aux entreprises s’invite dans le débat sur l’austérité
Le groupe pharmaceutique a annoncé vouloir licencier 15% de ses effectifs en Wallonie, après avoir bénéficié d’aides publiques massives. Malgré les protestations de l’opposition, le gouvernement défend sa politique de subventions, tout en prônant l’austérité et la destruction des protections sociales. -
La Disquette - Un vieux jeu PC par semaine, sans rien installer
La Disquette , j'sais pas si vous êtes déjà tombés dessus, mais c'est un site qui propose chaque semaine un ancien jeu PC Windows jouable gratuitement durant sept jours, sans rien installer. Et cette semaine, et jusqu'au lundi 26 octobre, c'est Grand Theft Auto 2, le Rockstar de 1999. Et ensuite, ce sera Counter-Strike 1.6 à partir du 26, puis Crimson Skies le 2 novembre.
Vous l'aurez compris, le jeu ne tourne pas chez vous puisqu'il s'exécute sur les serveurs du site et déboule en streaming vidéo H.264 avec le son via WebSocket, tout ça décodé par votre navigateur. Du cloud gaming quoi mais pour les vieux jeux. Même GoG n'y avait pas pensé !!
Votre clavier AZERTY est bien sûr pris en charge, la souris peut se verrouiller pour les jeux de tir, et le plein écran capture même les touches Échap, Ctrl+W et la touche Windows (Chrome et Edge) pour éviter les sorties intempestives du jeu.
Le menu de GTA 2 dans sa fenêtre, lancé en invité
Et tout ça s'affiche dans un faux bureau Windows XP bien kitsch comme je l'aime avec ses collines vertes, son bouton démarrer et une fenêtre façon Internet Explorer pour la fiche.
J'ai donc lancé GTA 2 en invité depuis Chrome pour voir ce que ça donne et après un petit son de lecteur de disquette que j'ai adoré, le jeu s'est lancé.
Côté sauvegardes, en mode invité, votre progression ne sera pas conservée à la fermeture de la fenêtre donc pour vraiment vous y mettre, il vous faudra un compte joueur, et cliquer sur le bouton "Garder ma progression" de la fenêtre de jeu. Aucune adresse email n'est demandée, ce qui est cool pour nos data, mais faudra pas oublier votre mot de passe.
Avec un compte, le site enregistrera alors tout seul votre partie, jeu par jeu, et vous la retrouvez le jour où le titre repasse dans la rotation. Sachez juste qu'une session de gaming s'arrête également au bout 15 minutes d'inactivité donc ne vous absentez pas trop longtemps.
Et un grand merci à Bastien, qui développe ce projet sur son temps libre, pour le kiff !
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« Un obus en plein poitrail » : en chansons, Delphine Vince politise le cancer et Octobre rose
Diagnostiquée d'un cancer du sein, l'artiste Delphine Vince chante dans un spectacle les injonctions faites aux femmes malades et interroge les angles morts de la campagne d'Octobre rose, comme les facteurs environnementaux.
Lire la suite - Portrait / Luttes , Santé , Loi Duplomb
Saint-Nazaire et Bouguenais (Loire-Atlantique), reportage
Dans la salle du café-concert, certains sont venus voir la représentation, d'autres simplement pour boire un verre entre amis. Intrigués par le titre, Pochette surprise et brasse coulée, journal d'un cancer du (…) -
Foucault: une nouvelle archéologie de la sexualité et des questions sans réponse
«La Croisade des enfants», nouvel inédit de Foucault qui paraît en cette rentrée, s’interroge sur l’apparition, au XVIIIe siècle, d’un interdit médical de la masturbation. En refermant ce livre reconstitué à partir de notes, des zones d’ombre persistent, notamment sur sa vision de la sexualité infantile. -
Trump Tyranny Tracker | Day 634: Oct. 19, 2026
An electronic voting machine that produces a paper receipt from Election Services & Software. The company is among those bidding to replace all of Georgia’s voting machines but close relationships between state officials and ES&S have raised questions about the fairness of the bidding process. David Goldman/APWelcome to today’s Trump Tyranny Tracker…
Trump officials’ secret plan to hack a voting machine, more Americans injured and dying in ICE custody, and Trump’s latest moves to ease Russian oil sanctions are among today’s top stories.
Today at a Glance
Trump officials sought to secretly hack a voting machine.
ICE faces new allegations of abuse and medical neglect.
Trump defends Russia and says that Russia “has been fine on Ukraine” and “hasn’t been doing much” in Ukraine.
What We Need to Pay Attention To
Trump Appointees Asked a Federal Cybersecurity Agency to Secretly Acquire a Voting Machine — and Hack It
What Happened: DHS officials wanted the Cybersecurity and Infrastructure Security Agency to secretly obtain and hack a voting machine, keep any security flaws from the manufacturer, and send the findings directly to the White House. CISA staff refused, and the plan never went forward. This comes as Trump has cut more than 1,000 positions at the agency since last year.
Why It Matters: Trump officials tried to secretly hack voting equipment and send the findings to the White House while cutting staff at the agency responsible for protecting elections from foreign interference. What were they planning to do?
Source: ProPublica
Corruption
From the Octagon to Quantico: UFC teaching the FBI to fight is its latest tie to Trump world
What Happened: The FBI is pursuing a one-year, no-bid contract with UFC to train federal agents in hand-to-hand combat after roughly 300 agents and trainees attended a seminar in March. UFC CEO Dana White is a longtime Trump ally who campaigned for him in three presidential elections. The contract’s value has not been disclosed.
Why It Matters: A company run by one of Trump’s closest political allies is being positioned to receive a federal contract without competitive bidding. This is another example of cronyism and favoritism under Trump.
Source: The Guardian
Dispute Between Trump Allies Centers on Millions Transferred From Congo
What Happened: The White House is investigating a $17.6 million transfer from an account tied to Congo’s government to a Texas defense company. Former Trump lawyer Alina Habba accused Richard Grenell of diverting money that was supposed to go partly to the Kennedy Center. Her husband, Turhan Mildon, is an adviser to Congo’s president. Grenell denies the allegations, and investigators have not determined why the money was transferred.
Why It Matters: Millions in foreign government funds went to an American defense company, and Trump allies are accusing each other of diverting the money. This is a perfect example of the countless shady financial dealings between Trump, his inner circle, foreign officials, and government contractors.
Source: New York Times
White House preservation group took $2.5M from man who wanted to demolish East Wing
What Happened: The White House Historical Association accepted $2.5 million from Republican donor Vance Patterson, who said he wanted the money used to help demolish the East Wing for Trump’s ballroom. Some donors have since stopped contributing over the group’s silence about the demolition.
Source: The Washington Post
Power Consolidation
Trump Revives 2020 Election Conspiracy Theories as Midterms Loom
What Happened: Trump officials are using lies about the 2020 election to push new federal measures targeting mail ballots, voter rolls, voting assistance in nursing homes, and voting machines. The Supreme Court rejected a plan to restrict mail ballot delivery through the Postal Service. Homeland Security Secretary Markwayne Mullin also asked the Justice Department to investigate voting machines over BS fraud claims.
Why It Matters: Trump is using lies about election fraud to justify federal interference in how states run elections, targeting voting procedures and laying the groundwork to challenge results he doesn’t like.
Source: New York Times
Weaponization of Institutions
Judge Clashes with Justice Department About Trump’s Golf Course Plan
What Happened: Federal Judge Ana Reyes questioned senior Trump officials over the removal of hundreds of trees from Washington’s East Potomac Golf Links, challenging their claims that the work was routine maintenance. She also questioned whether officials concealed Trump’s renovation plans from the court. The DOJ tried unsuccessfully to remove her from the case, while Reyes is considering stopping construction.
Source: New York Times
Meet the small DOJ unit approving some of Trump’s most controversial policies
What Happened: The Justice Department’s Office of Legal Counsel, led by former Trump campaign lawyer T. Elliot Gaiser, has approved military operations in Venezuela, strikes on suspected drug boats without congressional authorization, and a legal opinion declaring the Presidential Records Act unconstitutional. Gaiser has also refused to acknowledge Biden’s 2020 election victory.
Why It Matters: A former Trump campaign lawyer now leads the DOJ office responsible for determining whether presidential actions are legal, approving policies that expand Trump’s power and bypass congressional oversight.
Source: The Washington Post
Media Suppression & Authoritarian Tactics
Election Offices in at Least 32 States Have Received Suspicious Letters
What Happened: Election offices in at least 32 states received letters containing suspicious white powder, forcing evacuations and emergency responses. Substances tested so far were harmless, but the incidents disrupted election operations across the country. This is happening weeks before the election and is similar to the bomb threats called in to polling stations across the country during the 2024 election.
Source: WIRED
Human & Civil Rights Abuses
U.S. Citizen Hospitalized After Being Detained by ICE, His Family Says
What Happened: Ricardo Gonzalez, a U.S. citizen and former city employee, was hospitalized after being beaten by ICE agents in Long Beach, California. He was riding his e-bike when, according to his daughter, agents struck him with an unmarked vehicle, tased him, and pinned him to the ground. Local police found Gonzalez bleeding and handcuffed after ICE requested assistance.
Source: New York Times
Man Who Died in ICE Custody Was Denied Medicine, His Daughter Says
What Happened: Emiliano Andrade-Covarrubias, 56, died after being found unconscious in his cell at an ICE detention center in Laredo, Texas. His daughter says he was repeatedly denied medication for diabetes, high blood pressure, and a heart condition.
Source: New York Times
Groups seek clarity on motive behind Pentagon’s study of women in combat
What Happened: The ACLU and two other civil rights organizations sued the Pentagon for withholding records about its study of women serving in ground combat roles. The groups question the study’s purpose, citing Hegseth’s repeated opposition to women in combat and the selection of a researcher who has questioned their combat readiness.
Source: Military Times
Government Disruption
CDC lags in hiring behind other health agencies after DOGE cuts, union says
What Happened: More than a year after Trump’s DOGE purged 30% of the CDC’s workforce, the agency has replaced just 16.5% of the employees lost, according to a union analysis. Roughly 50 congressionally funded programs are operating with little or no staff, including programs addressing chronic disease, reproductive health, and injury prevention.
Source: ABC News
Trump admin cuts to satellites will set back US weather forecasting by a decade, experts say
What Happened: Trump officials cut NOAA’s weather satellite program from $19.6 billion to $13 billion, reduced the planned fleet from six satellites to four, and eliminated instruments used to monitor lightning, wildfire smoke, and ocean conditions. A Government Accountability Office report warns that the reductions threaten satellite coverage and could set U.S. weather forecasting back nearly a decade.
Source: CNN
Imperial & Geopolitical Watch
Serbian prosecutor probing Trump Tower in Belgrade targeted with spyware
What Happened: Serbian prosecutor Rade Bajić, who is investigating alleged corruption surrounding Jared Kushner's planned Trump Tower development in Belgrade, was targeted with Israeli-made Pegasus spyware after speaking out about political interference. Researchers linked the targeting to a broader surveillance campaign against Serbian opposition figures, activists, and officials. Those responsible have not been identified.
Source: Politico EU
Trump Says He Would Be Open to Meeting With Putin and Xi
What Happened: Trump said he would consider meeting Putin and Xi Jinping next month to discuss nuclear weapons after Putin proposed a three-way summit on Ukraine’s future that would exclude Ukraine. Trump also praised Russia, called for Zelenskyy to be replaced, and questioned what the United States had received for helping Ukraine.
Why It Matters: This is another attempt to force Ukraine into surrender while Trump, Putin, and Xi seek to carve up the world into spheres of influence.
Source: Wall Street Journal
US Allows Dark-Fleet Tankers to Shed Sanctions, Wright Says
What Happened: Energy Secretary Chris Wright said Trump officials are allowing investors to buy sanctioned oil tankers, refurbish them, and return them to commercial service carrying non-sanctioned crude. Wright said the policy could bring dozens or hundreds of vessels from the shadow fleet back into global oil markets as Trump seeks to address fuel shortages and rising prices caused by the Iran war.
Source: Bloomberg
Far-Right & Russian Influence Watch
What Russia’s doing to Ukraine is ‘fine,’ Trump says
What Happened: Trump declared that Russia “has been fine on Ukraine” and “hasn’t been doing much,” despite Russia’s ongoing genocidal war. His remarks came the same day a Russian drone strike killed six people, including two children, and after Russian forces launched more than a dozen ballistic missiles at Kyiv.
Source: Kyiv Independent
Unmasking RussiaTrump Leaves Ukraine Without Advance Missile Warnings and Restricts Starshield as Russia Escalates Deadly AttacksLate Friday night, Trump quietly handed Putin yet another gift, signing an executive order waiving sweeping new sanctions against Russia under the Lindsey Graham Act, just two days before they were set to take effect. This was the latest in a flurry of concessions Trump has made to Putin over the past week, as he helps Russia fund its genocidal invasion and sabotages Ukraine’s ability to defend itself…Read morea day ago · 144 likes · 25 comments · Olga LautmanRussia Appears to Step Up Efforts to Influence U.S. Voters
What Happened: Russia’s Doppelgänger operation, run by the sanctioned Social Design Agency, has escalated its attack on the midterms to influence American voters. Russia continues to exploit divisions over U.S. support for Israel and other wedge issues. Also, X removed 13,000 accounts linked to Russian, Iranian, and Chinese influence operations targeting U.S. politics and candidates.
Source: New York Times
‘No logic’: Finland slams Trump for siding with Putin against Ukraine
What Happened: Finnish Prime Minister Petteri Orpo criticized Trump for siding with Russia, citing his Russian diesel deal and reported restrictions on Ukraine’s access to U.S. military intelligence and Starshield. Orpo warned that Russia remains NATO’s greatest threat and agreed with Zelenskyy that Trump and the United States were on the wrong side of history.
Source: Politico EU
Economic News
Americans brace for brutal winter as heating oil costs rise
What Happened: Heating oil in Maine now costs $5.97 a gallon, compared with about $4 last year, and diesel prices nationwide have reached $6.29. Trump’s war with Iran is pushing energy prices higher, with some families facing thousands of dollars more to heat their homes this winter.
Source: ABC News
Resistance
Check out 50501 for local and nationwide events…
Source: 50501
By the Numbers
32 — States where election offices received suspicious letters containing white powder.
1,000+ — Positions eliminated from CISA over the past year
30% — Share of the CDC staff purged by DOGE
$17.6 million — Transferred from an account linked to Congo’s government to a Texas defense company.
13,000 — Accounts removed by X for links to Russian, Iranian, and Chinese influence operations targeting U.S. politics.
$6.29 per gallon — Average nationwide diesel price
6 — Ukrainians killed in Russian strikes, including two children, as Trump claims that Russia “has been fine on Ukraine.”
What to Watch Next
Trump officials sought to secretly hack voting equipment — Will Congress investigate who ordered the operation and what the White House intended to do with the information?
Another ICE detainee dies amid allegations of medical neglect — Will there be an independent investigation into his death and the deaths of so many others in detention centers?
Serbian prosecutor investigating Kushner project targeted with spyware — Will investigators identify who ordered the surveillance and whether it was connected to the Trump Tower investigation?
Key Takeaways
Election Interference — Trump officials tried to secretly hack voting equipment while continuing to use 2020 fraud lies as a pretext to interfere in elections.
ICE Abuses — Another U.S. citizen was hospitalized after ICE beat him, while a detainee died amid allegations that he was denied medication.
Russia Sanctions — Trump is defending Russia’s deadly attacks on Ukraine, pressuring Ukraine to surrender, and allowing sanctioned oil tankers back into service.
Political Favoritism — Trump allies are fighting over millions transferred from Congo, while the FBI pursues a no-bid contract with a company run by longtime Trump ally Dana White.
Rising Energy Costs — Trump’s war with Iran is raising the costs of heating oil and diesel prices, leaving Americans to pay higher heating bills this winter.
Call to Action
Document Everything: Document purges, corruption, and power grabs. Share credible information with journalists, watchdogs, and legal experts. Silence enables authoritarianism—see something, say something.
Defend Press Freedom: Support independent journalism by subscribing to and sharing reporting that challenges Trump’s power grab.
Mobilize for Action: Organize or join legal efforts and resistance movements to protect democracy and human and civil rights.
Support Whistleblowers: Encourage legal defense funds for government workers facing retaliation for exposing corruption.
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Putin’s Pawns takes you on a journey from the earliest days of the Cold War and Soviet KGB active measures through Russia’s attacks on Western elections, the rise of the far right, Trump and Russia, the genocidal war against Ukraine, influence operations across Europe, and the shadow war unfolding today.
It is the story of how Moscow spent decades learning to exploit the weaknesses of democracies and how those tactics brought us to this moment.
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Thanks for reading the Trump Tyranny Tracker. Stay tuned for more updates.
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In ruby-red Kansas, Trump contemplates the possibility of a Democratic win in the state
The president came out in support of Senator Roger Marshall, who is facing an unexpectedly strong challenge from Democrat Adam Hamilton
The fact that Donald Trump was here at all said more about a looming electoral disaster facing his Republican party next month than anything contained in his dark and discursive 98-minute stump speech.
On Monday, amid raucous chants of “USA! USA!”, the president held his first campaign rally in Kansas for eight years. No Democrat has won a US Senate seat in this ruby-red state since 1932, the year Herbert Hoover was president, Amelia Earhart was the first woman to fly solo across the Atlantic and the Nazis became the biggest party in the German Reichstag.
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Microsoft enrichit son Projet Perception qui automatise la simulation, détection et remédiation des attaques d’agents IA autonomes... à l’aide d’agents IA
L’essor des agents d’intelligence artificielle s’accompagne d’un risque exacerbé pour les systèmes d’information, pourtant déjà bien assez menacés. Pour y faire face, Microsoft avait dévoilé en juillet le Projet Perception, qui met à disposition des entreprises une équipe d’agents IA spécialisés dans la sécurité. En marge de son sommet Frontier Tour organisé ce 20 octobre à La Défense, l’éditeur lance de nouvelles fonctionnalités de gestion dynamique des risques et des permissions.
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Le gouvernement s’acharne contre les indemnités journalières
Le budget en cours de discussion prend de nouveau pour cible les arrêts de travail, alors qu’une série de mesures vient d’entrer en vigueur en ce sens. Derrière cette cacophonie, des attaques répétées envers les malades. -
Les crédits carbone « made in France », moins verts qu'ils le prétendent
Avec le label bas carbone, les pouvoirs publics avaient voulu assainir le marché de la compensation carbone. Mais faute de régulation, cet instrument innovant est peu utilisé. Et il perd de son crédit. -
Mirage ou panacée ? Les promesses du stockage de carbone
Peut-on lutter contre le réchauffement climatique en retirant le carbone de l’atmosphère ? Adopté en 2015, l’accord de Paris fixe bien un objectif d’équilibre entre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et leur absorption par les puits de carbone au cours de la deuxième moitié du XXI e… -
Trump attacks ‘migrants and communists’ as he tries to exploit France unrest
President at Kansas rally tries to turn protests into cautionary tale for US as Republicans face potential midterm losses
As Republicans confront mounting political headwinds ahead of November’s midterm elections, Donald Trump is attempting to turn unrest in France into a cautionary tale for American voters, recasting the demonstrations that began as student protests against crumbling schools and the soaring cost of living as evidence of the dangers of immigration and the erosion of western civilization.
At a rally in Kansas on Monday evening, Trump described France as a once-great nation that had been “conquered, looted, and burned to the ground by migrants, jihadists, and communists”.
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Poll: No immediate bump for Netanyahu from Trump endorsement; 81% of opposition supporters intend to vote, compared to 74% of pro-Netanyahu voters
A Channel 12 poll eight days before the election shows neither the anti- nor pro-Netanyahu blocs close to winning a 61-seat majority in the Knesset, with US President Donald Trump's endorsement of Prime Minister Benjamin Netanyahu giving no immediate bump in support for the premier. In fact, the poll, which was conducted today, sees opposition front-runner Gadi Eisenkot widening the gap by which he is preferred to Netanyahu as prime minister by two percent compared to the same channel's survey last week, to 45-33%. (Israel does not directly elect a prime minister, however.) -
Trump says Netanyahu needs to be re-elected, or else US will have to 'finish the job' against Iran alone
President Donald Trump is supporting Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and his Likud Party in the Oct. 27 Knesset elections, urging Israel voters to pick the man he called a "great warrior" and U.S. "partner for peace" amid the multi-front war on Iran and its nuclear weapons aspirations. "I have watched Bibi under the most trying of times," Trump wrote Sunday morning in a full-throated endorsement of the Likud leader. "Normal men or women in such situations would have wilted under the pressure — But Bibi did not wilt, he actually got stronger, and maintains that same Strength today." -
Will Trump's Endorsement of Netanyahu Fire Up His Campaign or Fizzle?
President Trump's endorsement of Prime Minister Benjamin Netanyahu on Sunday briefly energized the Israeli election, like a shot of adrenaline in an otherwise sluggish campaign. In an effusive social media post, Mr. Trump described Mr. Netanyahu as "a Great Warrior Prime Minister." But that may end up being a gift that barely gives, analysts say, with any effect likely to be short-lived. -
Le soin n'est pas une force de l'ordre
Rearm-europe, cheval de bataille de l'austérité sociale [1]
Déserter s'applique autant dans notre imaginaire qu'au quotidien dans tout espace de production. Refuser l'atomisation de sa vie passe aussi par connaître où et à quoi servent ce que faisons. « Il ne s'agit pas d'être contre la guerre mais de savoir comment y être. » Ainsi que disait un vieux syphilitique.
Notre santé collective et singulière a changé aussi grâce à la technologie, comment préserver la capacité de soigner et de guérir actuelle sans oublier de se poser la question à quel prix, pour qui et jusqu'où. Le système de santé est un enjeu de pouvoir social et politique que nous devons nous réapproprier pleinement. Actuellement, un peu partout en Europe, les états manœuvrent au sein des institutions civiles pour faire accepter leur mobilisation dans la guerre.
Après nous avoir lessiver de leur paix armée, c'est la guerre pour leur paix qui théorise la course à l'armement et le soutien tacite aux massacres toujours en cours aujourd'hui. Ces manœuvres se déclinent dans chaque pays selon leur histoire de résistance et leurs spécificités industrielles.
L'idée d'anticipation d'un conflit armé nous est vendu comme une perspective à long terme, comme un infini exercice polarisant les moyens vers la défense. Nous ne collaborerons pas avec l'effort de guerre actuel. Ce n'est pas la notre.
La militarisation est une industrialisation de la machine de guerre étatique. La France se positionne au rang de deuxième nation exportatrice mondiale de l'armement. Le 19 mars 2025, le plan Rearm Europe ouvre la voie à une augmentation massive des investissements dans la défense, rendant possibles jusqu'à 800 milliards € de dépenses de défense supplémentaires dans les années à venir. Ce keynésianisme militaire est aussi doublé d'un soutien des banques dans leur montage spéculatif avec des livrets défense et un apport à l'investissement de 37 milliard d'euros en France pour l'industrie au service de l'armée.
Pour que cela passe sans trop de heurts, l'état doit s'assurer de l'adhésion de la population. Ce concept de population évolue au travers du concept de guerre. La guerre moderne fait de plus en plus la part belle à la doctrine contre-insurrectionnelle assumant la société civile comme base de l'effort de guerre. La contre-insurrection est une doctrine psychologique sur le contrôle des populations, basée sur le renseignement militaire vers le maintien de l'ordre et la pacification intérieure. Il s'agit alors de ne pas se laisser définir comme population.
« Un hôpital vaut mieux qu'un régiment » pour imposer la colonisation, disait le général lyautey, une des figures militaires ayant contribué à l'élaboration de la doctrine de contre-insurrection. C'est une doctrine française militaire née de la frustration des officiers colons au retour d'Indochine. Dans les années 1960, malgré leur supériorité militaire, ce fut la défaite impériale. Ils commencèrent à repenser leur stratégie à partir du concept de l'intégration du civil dans l'outillage de l'objectif militaire. A cette époque le behaviorisme, l'idée qu'on peut façonner l'homme nouveau va ouvrir le champ aux expérimentations de la guerre psychologique et des techniques de tortures. C'est ce qui est mis en œuvre en Algérie, comme un laboratoire de la doctrine, théorie élaborée ensuite et développé sous la tutelle états-uniennes dans les manœuvres des coups d'état en Amérique latine. En Algérie des manuels circulaient pour imposer des militaires dans l'administratif. Le social et la torture furent pratiquées en même temps dans une perspective de contrôle total. Si après-guerre, la doctrine majeure de la contre insurrection fut l'anti-communisme, elle se déploie maintenant contre toute potentielle subversion au travers du complexe militaro-civil.
Le modèle militaire pénètre la société par le biais de l'urgence provoqué notamment par le manque de moyens au public. Le détournement des budgets vers la défense prive de sous les services publics qui se retrouvent à faire appel à l'armée pour combler son impuissance à soigner. Pour autant le détournement est surtout dans la forme même des soins ou du modèle d'organisation qui s'installent. Le modèle militaire est hiérarchique et tourné vers l'objectif de la remise au front. Ceci n'est pas nouveau car l'organisation occidentale de l'hôpital est fourni principalement par l'héritage des guerres, du triage au développement des technologies chirurgicales. C'est autant contre l'effort de guerre général que contre le modèle qui s'impose à l'hôpital que nous refusons la militarisation sociale.
Imaginons que l'armée devienne le dernier service public, avec un budget à faire crever tous les autres, santé et éducation notamment, tout en prétendant être leur sauveur en cas de crise. Ce que l'effort de guerre vient sauver n'est que cette définition sinistre du pouvoir, où l'Etat se fait garant des profits industriels. L'état providence a été conquis par un rapport de force, qui avait en ligne de mire bien plus que ce compromis actuel. Ce que certains défendent derrière le retour à cet état n'est que le visage de la défaite des aspirations révolutionnaires d'après-guerre, où la notion de public était alors envisagée comme une nécessité commune avant d'être un champ d'investissement.
C'est le même souci qui nous amène à défendre l'accès au soin pour tous que celui de refuser les bombes, de leur fabrication à leur lancement. Tout simplement parce que l'hôpital est à nous, quant à la fabrique des armes nous ne voulons même pas nous la réapproprier. C'est à partir des constats en Allemagne, en Angleterre, en France et ailleurs que nous aimerions partager des perspectives pour anticiper, refuser et s'opposer à la mobilisation de la population dans la course à l'armement. On voit déjà la gestion du covid prise en exemple comme collaboration entre civil et militaire. Le recours à l'armée est présenté comme un bénéfice alors qu'il révèle au fond le manque partout de personnel et de moyens.
Ce qui est décrit comme une crise des moyens n'est autre chose qu'un conflit autour de qui détient ces moyens. Il faut pour assurer le déploiement de l'industrie militaire, garantir son acceptation sociale. L'assentiment des populations est un des champs de bataille psychologique qui sait faire varier ses stratégies. Il y a le gouvernement par la peur, par l'isolement, comme par le chantage économique. Et le choix des mots comme de l'ennemi. A la chute du mur après 1989, on parlait d'intervention spéciale, de frappes chirurgicales et non de guerre. Aujourd'hui au contraire, on assiste à une surenchère du langage militaire. Si l'assentiment social est primordial, c'est justement là qu'il leur sera difficile d'assumer un ennemi intérieur, et c'est là où notre refus commence. Si la guerre se gagne avant tout à l'intérieur, la répression sociale et policière est la base de l'exercice militaire. Le refus de la mobilisation pour une guerre qui n'est pas la notre nous invite à mieux discerner ce qui nous reste à défendre, ce que nous voulons inventer et aussi d'où nous partons. Dans cette course, la santé est un endroit stratégique pour l'état et l'armée, de même nous pensons que cela devrait l'être pour nous.
Si d'un côté, c'est pour assurer la remise au front ou au travail, du notre c'est le point d'où peut être pensée une véritable autonomie, une solidarité qui prenne en compte toutes nos contradictions loin de la charité et de la violence de la marchandisation du soin.
Militarisation de la santé en Allemagne
« L'armée veut le contrôle sur les employés de la santé du secteur civil » [2]
article paru dans Vitalsigns - 2025
“Nous devons être prêts à la guerre d'ici 2029” a annoncé au parlement l'année dernière, le ministre de la défense allemande Boris Pistorius. Karl Lauterbach, le Ministre de la santé, enchaînait à sa suite, à peine une semaine plus tard. “Nous devons aussi être mieux préparés à faire face à des catastrophes majeures et de potentiels conflits militaires”, appelant à des « responsabilités claires, par exemple pour administrer la répartition des blessés dans les hôpitaux allemands ». Dans les jeux de guerre de l'armée allemande et de l'OTAN, le système de santé a toujours joué un rôle important. La personne interviewée, Bernhard Winter, est un membre du conseil de l'Association des médecins démocrates depuis plusieurs années et s'est retrouvé confronté à la militarisation de la santé depuis longtemps.
- Que signifierait la guerre pour le système de santé ?
Bernhard Winter : Le scénario dominant de l'OTAN tourne autour d'une attaque de son flanc Est par la Russie. L'Allemagne servirait alors de pivot pour le déplacement des 750 000 soldats vers le front. D'un autre côté, à peu près mille soldats blessés par jour seraient à transporter vers des hôpitaux, dont 300 auraient des besoins en réanimation avec assistance respiratoire. Ces chiffres viennent directement des expériences de la guerre en Ukraine.
Il est difficile de dire s'ils sont réalistes. Au dernier congrès de chirurgie à Leipzig, il a été annoncé que dans ce scénario des blessures par balles, par éclats et suite aux explosions seront à prévoir. Ces blessés devront être pris en charge d'abord dans les hôpitaux civils car les hôpitaux militaires n'ont que 1 850 lits disponibles. Dietmar Pennig, secrétaire général de la société allemande pour l'orthopédie et la chirurgie traumatologie (DGOU), pense que cette capacité serait épuisée en moins de 48 heures. Dans ce scenario, dix mille lits de soins intensifs seront nécessaires. Deux mille sont disponibles dans les hôpitaux des associations professionnelles travaillant avec l'armée depuis longtemps. Ils ont des accords incluant aussi des formations en situation de guerre. L'armée compte sur deux mille lits de plus de la part des hôpitaux universitaires. Cela laisse encore quatre mille blessés qui devront être pris en charge dans les hôpitaux publics.
À cause de la crise inévitable autour du soin, les représentants de l'armée se positionnent aussi contre la privatisation et la mise sur le marché des hôpitaux. Ils doivent bien être au service du public, disent-ils. L'armée veut surtout dire par là que l'hôpital doit pouvoir être rapidement réquisitionné. Et les lits d'hôpitaux doivent se trouver proches des gares afin d'être rapidement rejoints, ou d'en repartir tout aussi rapidement vers le front.
- Qu'en pensent les travailleurs de la santé ?
Bernhard Winter : Les publications militaires parlent souvent de l'attitude sceptique voire hostile d'une large partie de la société envers les militaires. Les acteurs civils et militaires appellent donc à un changement d'état d'esprit de la part des travailleurs de la santé en particulier. Après 75 ans de paix [3], les gens doivent se faire à l'idée que l'action militaire est nécessaire et normale. Cyniquement, la guerre est présentée comme la norme et le désir de paix comme une attitude de privilégiés. Voici, d'une certaine manière, l'idéologie mise en avant.
Dans les années 80, il y avait de profonds débats contre un projet de loi, qui entre autre chose, actait une formation obligatoire en médecine de guerre. Par exemple, les professionnels médicaux devaient s'entraîner au triage, c'est à dire, à la priorisation selon la gravité des blessures et des perspectives de guérison. Le mouvement pour la paix et de nombreux travailleurs de la santé s'y opposèrent. À ce moment-là, notre slogan, ‘Nous ne pourrons pas vous aider !' fut très efficace pour faire comprendre à la population qu'en cas de guerre nucléaire il n'y aurait pas de protection réelle possible. Il y avait alors un risque que le gouvernement réquisitionne les travailleurs de la santé pour les déployer militairement. Quoi qu'il en soit cette loi sur la sécurité sanitaire tomba à l'eau.
Au début de janvier, Michael Giss, le commandant militaire de l'état fédéral, le Baden-Württemberg indiqua dans un journal que la population devait se préparer au fait que les hôpitaux prennent en charge en priorité ‘les soldats gravement blessés, et que les patients pour appendicite attendraient ». Actuellement, l'armée fait des efforts croissants pour influencer l'opinion dans la profession médicale et parmi les travailleurs de la santé en général, proposant aussi des évènements publics, des conférences et des coopérations avec des associations médicales d'état, des associations professionnelles ou des services d'urgence. En coulisse, le but est encore et encore de toucher les travailleurs du secteur de la santé publique.
Les dernières manœuvres de l'OTAN ont montré que des experts en logistique sont nécessaires pour les opérations de terrain déployées vers l'est. Les militaires ne peuvent assurer les transports seuls. C'est pourquoi, ils veulent que les travailleurs dans les secteurs du transport puissent être réquisitionnés dans le service militaire. Les opérations qui organisent le retour doivent assurer celui des soldats blessés mais aussi celui des civils en fuite.
Le ministre de la santé Lauterbach a de fait, annoncé une loi sur la sécurité sanitaire pour anticiper sur les catastrophes et conflits militaires, qui intégrerait des lois de temps de guerre. La fin de la coalition du gouvernement du SPD, du parti écologique et des libéraux y a mis un terme pour un temps.
- Est-ce que le prochain gouvernement fédéral retentera le coup ?
Bernhard Winter : absolument, peu importe le parti au gouvernement ! Mais la séparation entre le système de santé public et du militaire est devenue confuse avec cette loi fédérale. Dès 2008, la croix rouge a été mise sous le commandement de la médecine de l'armée en cas d'entrée en guerre. Je doute que la plupart des infirmières à la croix rouge savent qu'elles passeront sous les ordres des structures militaires en cas de guerre. La direction de l'ordre de Malte et du service sanitaire de Johanniter cherchent à passer sous le même statut car ils en attendent des bénéfices matériels. Depuis 2023, la stratégie nationale sécuritaire se développe avec une « approche d'intégration à la sécurité ». Les cas cités sont : ‘catastrophes écologiques et naturelles, les accidents chimiques et nucléaires, les épidémies et pandémies, le terrorisme et les conflits armés'.
- Est ce que l'Association des médecins démocrates est contre le fait de se préparer à de telles situations ? Après tout, il n'est pas inconcevable qu'elles se produisent.
Bernhard Winter : Bien sûr, après l'expérience du Covid-19, le système de santé doit se préparer à de futures pandémies, cela est certain, et aussi à faire face à des catastrophes climatiques et des attaques. Nous n'avons rien contre les institutions qui s'entraînent à répondre à ce genre de situations. Par contre la médecine de guerre a un but spécifique. La médecine a pour question centrale : Qu'est-ce qui est le mieux pour le patient à un moment précis ? La médecine de guerre a un objectif différent. Son but est de renvoyer des soldats au front le plus rapidement possible. Ceci concerne particulièrement les armées des pays riches avec beaucoup de moyens et du personnel hautement qualifié sur le plan militaire.
- Ton association critique la coopération croissante entre les institutions civiles et militaires, pourquoi ?
Bernhard Winter : En droit international, l'attaque d'un hôpital est toujours comme un crime de guerre. La réalité est différente : les moyens médicaux sont en train de devenir des cibles de manière prépondérante. Si nous mélangeons le civil et le militaire, il est impossible pour un ennemi militaire de faire la distinction entre les deux. Dans les années 80, le mouvement pour la paix réussit à repousser l'influence des militaires sur la médecine. La situation politique a changé beaucoup depuis.
– Y aura-t-il une résistance si le nouveau gouvernement passe une nouvelle loi sur la sécurité sociale de manière à passer le personnel médical sous les ordres de l'armée en cas de guerre ?
Bernhard Winter : Il y aura probablement des émeutes et des manifestations, quoique moins fortes probablement qu'à l'époque. Notre association reçoit de nombreuses demandes d'informations sur ces questions. Après tout, la situation n'est plus la même après l'attaque de la Russie en Ukraine. Les jeunes sont bouleversés par la menace de la guerre. Maintenant ils apprennent progressivement à faire avec, à dépasser leur passivité et aussi à parler de leurs peurs.
– Les « plans de directives sur la défense générale » de 2023 mentionnent aussi « les dispositifs de traitement temporaires » dans le cas d'usage d'armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires.
Bernhard Winter : Il semble que ce soit une des questions majeures. Dans les années 80, la menace du nucléaire jouait un grand rôle dans les mobilisations. Cette menace existe encore, mais n'est plus aussi centrale dans les débats. Qui peut dire pourtant que la guerre en occident ne sera qu'une confrontation entre chars ? En ce moment le gouvernement et l'armée font en sorte que la question ne se pose plus...
Retour d'une action anti-militariste de travailleurs hospitaliers à Berlin
Contre la conférence des services de secours de Berlin dans l'auditorium de la clinique Virshow, qui appartient à la Charité, le mardi 20 novembre 2025.
Les raisons de ce rassemblement était une conférence de managers de l'université de médecine, invitant des chefs militaires, des soignants, des pompiers et d'autre travailleurs ‘de l'urgence' pour présenter les plans des opérations d'urgence en cas de guerre. La traduction qui suit est une analyse générale. Pendant la conférence, des soignants anti-militaristes et des personnes en soutien ont distribués des centaines de tracts pour dénoncer la militarisation des services.
« Vous seriez probablement en état de choc si l'application d'alerte de votre mobile indique que l'OTAN a invoqué l'article 5 », dit André Solarek, à la tête de « l'unité de résilience, gestion de crise et maîtrise du désastre » à l'hôpital universitaire de la Charité à Berlin. Un colonel de l'armée allemande était supposé prendre la parole à propos du « plan d'opération Allemagne » mais a dû annuler à cause d'un souci d'emploi du temps (il n'est pas improbable non plus que son invitation ait finalement été annulée après l'annonce du rassemblement de contestation !) Le plan d'opération est secret pour le moment. « On se contente de très peu d'informations », ont critiqué des soignants de Berlin pendant la manifestation devant l'entrée.
Cependant, le contenu du « plan pour un système de défense civile dans les hôpitaux de Berlin » est connu. Il a été rédigé par le « senate health administration » en collaboration avec l'armée allemande, l'association de l'hôpital et les gestionnaires de douze cliniques sélectionnées dans la capitale. Le plan contient six scénarios – d'un nombre croissant de patients au sein d'une infrastructure de soins qui fonctionne encore, jusqu'à un conflit armé dans Berlin et une évacuation totale de la capitale. Il est dit que les deux derniers scénarios sont considérés comme « irréalistes » mais doivent être pris en compte.
L'association des médecins démocrates critique en premier lieu le fait « d'envisager ce qu'on appelle le triage inversé » dans lequel le personnel de l'armée légèrement blessé et pouvant retourner rapidement au front sera traité en priorité par rapport aux personnes et civils gravement blessés. Ce dernier est décrit comme une « question très complexe encore en débat » alors que les conventions de Genève sur la protection des civils et les règles de l'Association médicale mondiale (WMA) ont déjà statué sur la question. En cas de guerre, les forces armées allemandes s'attendent jusqu'à 1000 blessés par jour, répartis à travers les hôpitaux allemands. Bien qu'il y a plus de 1800 cliniques en Allemagne, il y a seulement 170 lits pour les grands brûlés, comme l'a souligné Angelika Wilmen dans un discours pendant une action de protestation organisée à Berlin par l'alliance ‘Gesundheit statt Profite' (la santé au lieu des profits).
Les grands brûlés doivent habituellement être soignés à l'hôpital pendant plusieurs semaines ou mois – pendant que davantage de blessures de guerre pourront alors s'ajouter chaque jour.
« On ne sera pas capables de vous aider » est le titre d'une brochure publiée par l'Association des médecins démocrates contre la militarisation de la santé. La possibilité de l'escalade et de l'utilisation des armes nucléaires sont largement ignorées dans presque tous les documents sur la défense civile, a dit Wilmen, qui s'est engagée avec l'internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) pendant plusieurs années. Il est estimé que la bombe d'Hiroshima a elle seule a fait environ 60 000 victimes de brûlures.
L'étudiante en médecine Stella Ziegler, Wilmen a aussi présenté une déclaration d'IPPNW sur les soins aux civils, que chaque professionnel de santé peut soutenir publiquement. « La prévention de la guerre, qu'elle soit conventionnelle ou nucléaire, est le meilleur traitement » peut-on trouver dans la déclaration. Toute formation concernant la médecine de guerre et sa priorité sur les soins médicaux civils y est rejetée. « Cela ne change pas mon obligation et à ma volonté de fournir assistance dans toute situation d'urgence médicale et de continuer à améliorer mes connaissances en médecine d'urgence » a dit Ziegler en lisant cette déclaration pendant la manifestation.
Des inquiétudes concernant les concepts encore peu aboutis de la coopération civile-militaire ont aussi été exprimées dans un sondage. « Si on est honnêtes, on est pas correctement préparés à des situations normales », a expliqué une participante dans l'audience, qui comptait de nombreux professionnels de secours et infirmiers, la plupart d'entre eux ont applaudi. Elle voulait savoir comment fonctionneraient les financements. « Tout a un prix ». « On sait tous que les personnes qui vivent à la rue et les malades mentaux sont simplement perdus » a dit le médecin sénior Götz Möhl du service d'urgences de l'hôpital de l'armée allemande lors du débat d'experts.
Dans l'éventualité d'une guerre, selon le gestionnaire de crise de la Charité, Solarek, il y aura aussi « des patients colonisés par des germes qu'on ne connaît même pas en Europe et avec lesquels il est très difficile pour nous de travailler ». En « période de forte affluence », il pourra être nécessaire « d'ajuster les horaires de travail » ce qui requerra tour à tour l'approbation des conseils de travail et des syndicats. « On devra peut-être aussi s'habituer à l'idée que la présence policière et militaire augmentera dans les espaces publics » a dit Solarek. Les employés qui vont normalement au travail en voiture pourraient aussi envisager de faire des réserves d'essence, a-t-il suggéré. Le plan militaire actuel prévoit une « réquisition forcée » du personnel médical et des infrastructures vers l'effort de guerre – de nombreux travailleurs immigrés du secteur de la santé ne seraient pas touchés par cela et pourraient décider de quitter le pays. Cela mènera certainement à l'effondrement du système de santé et de soins en Allemagne…
Contre la militarisation du secteur de la santé
une position de VitalSign - Article paru en janvier 2025
Nous traduisons ici un article paru sur VitalSign Magazine, journal fabriqué par un collectif de travailleurs des deux plus gros hôpitaux de Bristol au Royaume-uni. Le journal diffusé sur l'hôpital, informe sur les luttes et actualités.
Nous vivons un moment historique, où les élites politiques de la plupart des pays et plusieurs sociétés internationales sont en train de se préparer à des guerres d'envergure. En Europe, les gouvernements et la plupart des partis politiques entérinent le fait que davantage d'argent public soit dépensé pour le réarmement – actuellement cela est chiffré à 800 milliards d'euros. Au royaume-uni, les cabinets ministériels ont dit aux infirmières du NHS [4] qu'elles devaient « laisser tomber leurs revendications salariales afin d'envoyer un message clair à Poutine », pendant que le premier ministre Starmer a promis la mise à disposition de milliers de soldats anglais pour des missions de « maintien de la paix » en Ukraine, et d'augmenter le budget militaire à plus de 13 milliards de livres sterling par an. L'objectif déclaré par l'élite politique est de faire en sorte que « la société soit prête pour la guerre ».
Il est impossible de participer à la guerre à grande échelle sans détourner les ressources principales du secteur civil de la santé vers l'effort de guerre. Dans les guerres modernes, le secteur civil de la santé devient partie prenante des forces armées. Son rôle est de remettre sur pieds les soldats blessés afin d'entretenir la main d'œuvre de réserve pour le front. C'est pourquoi le secteur de la santé est un des principaux acteurs du processus de militarisation actuel. En tant que soignants nous devons discuter de la période actuelle et refuser le rôle que nous sommes censés jouer en devenant des rouages de la machine de guerre. La plupart des soldats de tous les pays sont issus des classes ouvrières et milieux prolétaires – nous nous adressons à eux comme à des collègues et appelons à ce qu'ils refusent de se battre et de mourir pour des guerres qui bénéficieront seulement aux riches et aux puissants.
Dans le débat public actuel, on nous raconte que les guerres sont une caractéristique constante de l'histoire de l'humanité. Cela dissimule les changements fondamentaux que la guerre a subi avec le développement du capitalisme. À l'ère pré-industrielle, les guerres étaient généralement menées par de petites armées, dont les dirigeants se disputaient des territoires délimités. Parce qu'à l'époque le secteur tertiaire était moins développé, une large partie de la population devait continuer à travailler dans le secteur agricole et était rarement ou bien temporairement impliquée dans les conflits. L'impact principal sur la paysannerie, déjà pauvre, a été l'augmentation des impôts qui a souvent déclenché des rebellions.
À partir du 18ème siècle, avec l'émergence du capitalisme –c'est-à-dire le développement de la production industrielle, de la globalisation, d'une économie financière et d'un état-nation – les raisons qui poussent à la guerre et la manière dont elle est menée ont connues une transformation drastique. Avec l'émergence du capitalisme industriel, les guerres sont devenues une caractéristique inhérente du système politico-économique. Elles sont devenues un évènement systémique régulier plutôt que l'expression d'un conflit. Dans les sociétés pré-capitalistes, les crises ont émergé à partir de pénuries dans la production, comme les mauvaises récoltes, et de pénurie des capacités de production. Alors que dans le capitalisme industriel, les crises sont nées de l'établissement d'une sur-production, qui était capable de submerger le marché de produits mais sans faire de profit assez élevé. Avec un système industriel destiné à la sur-production, et un marché mondial limité, on assiste à des phases régulières de compétition entre états-nations, qui mènent à des mesures protectionnistes, comme des droits de douane, des mesures financières ou des expansions coloniales.
Il n'y a pas que les causes des guerres qui ont changé, mais également leurs formes. A partir de la guerre de Crimée et de la guerre civile américaine, on a vu émerger des armées de grande ampleur engager l'entièreté de la société, et être approvisionnées par la production industrielle. Dans la guerre industrielle, ces nations qui tendent à dominer militairement, sont capables de produire de grandes quantités d'armes et sont capables de soutenir et nourrir des armées conséquentes sur une période prolongée. Tous les secteurs de la société, de la science à l'industrie, des transports au secteur de la santé, sont soumis à l'effort de guerre et deviennent par conséquent des cibles au sein de la guerre. Le résultat, ce sont les massacres et destructions de masse des guerres mondiales du 20ème siècle. Avec l'émergence d'une classe ouvrière internationale, l'essence politique des guerres a aussi changé. Tout au long des crises économiques régulières, on constate une augmentation du chômage, de la précarisation et du mécontentement de la classe prolétaire.
Lors de ces périodes, toute classe dominante au sein d'une nation a besoin d'ennemis extérieurs afin de contenir la colère populaire et de la transformer en agressivité nationaliste. La classe dominante utilise toutes les strates de la société, des médias mainstream aux universités, ce qui aide à masquer leur effort de guerre en « juste cause » : « contre les armes de destruction massive en Irak » (les criminels de guerre Blair et Bush), « pour la dénazification de l'Ukraine » (le criminel de guerre Poutine) ou « pour la défense des valeurs des démocraties occidentales » (criminels de guerres de presque tous les gouvernements occidentaux). En même temps, les révoltes de la classe prolétaire et les révolutions ont aussi été capables de mettre fin à des guerres, comme par exemple la rébellion des travailleurs et des soldats en Russie et en Allemagne ont contribué significativement à la fin de la première guerre mondiale, et de la guerre coloniale menée par le Portugal au Mozambique en 1974.
Quel rôle a historiquement joué le secteur de la santé dans la poursuite de la guerre moderne ?
Alors que nous trouvons de multiples exemples de chirurgie d'avant l'ère capitaliste, qui ont permis de soigner des soldats blessés dans toute l'étendue des opérations militaires, le secteur de la santé est devenu une part essentielle de la machine de guerre. Ce ne sont pas des motivations humanitaires à la base, mais l'armée qui a besoin que les soldats « retournent au front ». La guerre moderne dépend du renvoi sur le front de soldats blessés, après qu'ils aient eu des soins médicaux. Cela veut dire que l'objectif général de la santé est inversé. C'est un concept connu sous le nom de « triage inversé », qui veut dire qu'au lieu de procéder au triage habituel où l'on évalue un patient et que l'on soigne selon les priorités médicales, on devra d'abord évaluer la moindre blessure des militaires afin de les soigner en priorité.
Pendant la guerre de Crimée (de 1853 à 1856), les armées française et turque ont accompli 25 000 chirurgies sous chloroforme chez des soldats blessés, et l'armée britannique était en capacité de fournir des unités d'hôpital en préfabriqué. La guerre civile américaine (de 1861 à 1865) est perçue comme la première guerre réellement capitaliste, car elle fait usage des voies de chemin de fer, des télégraphes électriques, des bateaux à vapeur, des navires de guerre blindés, de la production de masse en armement, et voit arriver la production d'armes à feux. Environ 650 000 soldats sont morts sur le champs de bataille, ou de maladies causées par la guerre, et plus d'1,6 millions de soldats ont été blessés. Le conflit armé a nécessité une médicalisation des corps d'armée, et il a aussi été permis par cela. Les chirurgiens ont accompli 60 000 amputations dans des salles d'hôpital improvisées sur le front, avec un taux de létalité de 26 % et un total de 80 000 opérations sous anesthésie.
Le caractère industriel de la réserve sanitaire est devenu un avantage pour les troupes unionistes du nord des USA pendant la guerre, étant donné que presque toute la production de chloroforme était située au nord des états-unis. Pendant la première guerre mondiale et ses guerres de tranchées (de 1914 à 1918), environ 23 millions de soldats et 17 millions de civils ont été blessés. On compte 752 000 vétérans de guerre seulement en Grandebretagne, handicapés à vie, qui ont tous subi une ou plusieurs chirurgies – pendant la bataille de la Somme, les hôpitaux ont reçu entre 2000 et 5000 blessés chaque jour. Les hôpitaux ont été mis sous le commandement de l'armée et plusieurs chirurgiens ont été intégrés dans l'armée en tant qu'officiers militaires.
La seconde guerre mondiale (de 1939 à 1945) a fait environ 24,5 millions de blessés parmi les soldats et 43,5 millions parmi les civils. Avec le développement de l'usage des tanks et des bombardiers, il a été plus difficile d'installer des hôpitaux sur le front, qui devaient alors être plus mobiles. L'invasion de la Normandie, aussi appelée « opération Overlord » est l'exemple le plus parlant concernant l'étendue des blessés. Les forces médicales alliées ont mis à disposition 97 400 lits d'hôpitaux en Grande-Bretagne, mobilisé 8000 médecins et 10 000 infirmières, et collecté plus de 800 000 demi-litres de sang.
Durant la seconde guerre mondiale, le taux de soldats « retournant au front » a considérablement varié, mais une estimation approximative indique qu'environ 50 % des soldats ont été renvoyé au combat. Le taux de soldats « retournant au front » était plus bas chez les soldats russes, pour lesquels la logistique médicale était moins développée. Pendant la guerre entre les USA et la Corée dans les années 50, le taux de retour des soldats sur le front après avoir été blessés était relativement plus haut. Frank A. Reister a analysé qu'il y a eu 72 961 blessés de guerre entre juillet 1950 et juillet 1953. Parmi ces soldats, 2,2 % (1574) sont morts de leurs blessures, 87,9 % (64 159) sont retournés au combat, et 8,5 % (6 239) ont été déclarés handicapés.
Trevor Dupuy a estimé dans son manuel “Handbook on Ground Forces Attrition in Modern Warfare” en septembre 1986 : « finalement, il y a une règle empirique pour pouvoir estimer le taux de retour au front après des blessures de guerre. Sur 100 blessés (blessures de combat ou maladies) 75 retourneront sur le front au bout de 20 jours, soit un taux de 5 par jour entre le 6ème et le 20ème jour après l'admission, et 25 ne retourneront pas sur le front, soit pour cause de décès, soit d'évacuation de la zone intérieure, ou bien encore de démobilisation. » Comme on le verra plus tard, cette estimation est très « optimiste » quand on la compare aux chiffres actuels que l'on connaît à propos des blessures de guerre en Ukraine. Un taux élevé de retour sur le front exige du secteur de l'hôpital qu'il soit confié aux commandes de l'armée et qu'il puisse déployer d'immenses ressources vers le front. Pendant les guerres mondiales, environ la moitié des médecins et infirmières des états en guerre furent déployés comme faisant partie de l'effort de guerre. Au royaume-uni durant la deuxième guerre mondiale, l'ordonnance de contrôle des engagements a été utilisée pour aider à déployer des infirmières sur les zones où il y en avait besoin.
Même plus près de chez nous, l'hôpital royal de Bristol a été confié aux autorités militaires, et avec l'hôpital de Southmead, il devint connu comme le deuxième hôpital militaire du sud. Pendant la première guerre mondiale, les hôpitaux militaires de Bristol ont soigné pas loin de 118 000 hommes à travers l'empire. Sans surprise, une telle monopolisation des ressources pour l'effort de guerre voulait dire que les patients civils étaient délaissés et les taux de morbidité ont alors augmenté drastiquement. En plus de cela, la concentration de soldats blessés et de civils faisait augmenter le risque de pandémies et les maladies incurables se sont aggravées. Encore quelque chose dont nous sommes témoins aujourd'hui en Ukraine et à Gaza.
Tout cela doit être pris en compte lorsqu'on soutient que la collaboration avec le militaire a mené à des avancées dans le domaine du savoir et des technologies médicales. Les adeptes de ce discours suggèrent que les conditions extrêmes du front mènent à davantage d'inventivité concernant les mesures d'hygiène et d'asepsie, et les techniques chirurgicales comme le garrot. Ils déclarent par exemple que la pénicilline a été développée par l'armée américaine (alors qu'elle a été développée par une petite équipe de chercheurs à Oxford), que les premiers sets d'instruments stériles ont été utilisés pendant la guerre du canal de Suez, et que la technologie de chirurgie à distance vient des expériences de guerre en Irak et en Afghanistan. Nombre de médecins et de chirurgiens ont servi dans l'armée et ont développé leurs savoirs en temps de guerre. Le chirurgien allemand et soutien affiché du nazisme Sauerbruch a évoqué Hippocrate en disant de cette guerre qu'elle était « la seule véritable école du chirurgien ». Alors que le complexe militaire a la capacité de financer des projets de recherche médicale très spécifiques, la pertinence réelle pour un usage médical dans le civil est souvent limitée, et ces projets pourraient être développés plus efficacement par le secteur civil si les financements n'étaient pas détournés par le secteur militaire. Ensuite, le type de chirurgies (essentiellement les chirurgies d'urgence pour juguler les hémorragies, et les amputations) est moins pertinent pour les problèmes de santé de la population civile, et les conditions ne sont pas comparables. Dans l'ensemble, les guerres ont massivement drainé en ce qui concerne le matériel médical et le progrès en général.
Quel est le scénario de guerre auquel la classe dirigeante veut préparer le secteur de la santé ?
Depuis que les USA ont perdu la guerre du Vietnam, où la résistance vietcong fut soutenu par un considérable mouvement anti-guerre aux USA et des mutineries des soldats US, les classes dirigeantes occidentales essaient d'éviter un déploiement important de troupes. Pendant les guerres en Irak et en Afghanistan, l'armée américaine a tenté d'utiliser sa supériorité technologique afin d'éviter de devoir mettre « les pieds dans la boue ». Le fait que les USA aient eu le contrôle de l'espace aérien signifie que les soldats blessés pouvaient être évacués assez rapidement : sur plus de 10 000 cas, documentés dans le registre des traumas [5] , de janvier 2007 à mi-mars 2020, 37 % sont retournés au front dans les 72 heures après avoir été opérés. Il est devenu cependant clair que cette stratégie militaire du télé-commandement des années 2000 a échoué, et aujourd'hui les tensions politiques et économiques poussent les puissances occidentales à la confrontation sur le terrain, avec des adversaires bien mieux équipés, comme la Russie, l'Iran et la Chine – ce que les stratèges de guerre appellent les adversaires « near-peer ».
Depuis que les gouvernements en Europe et aux USA ont annoncé un tournant en 2022 et que les politiciens, comme l'ancien ministre de la défense allemand Pistorius, ont demandé que le pays soit « prêt à entrer en guerre d'ici 5 ans », le scénario d'une guerre à grande échelle s'est également inscrit dans le secteur de la santé. Voici quelques citations, qui démontrent que ces « experts médicaux » ne sont pas pour la plupart en train de partager leurs connaissances académiques, mais jouent un rôle majeur dans la préparation à la militarisation en modelant l'opinion du secteur : « Dans la situation des menaces émergentes et de l'agression globale de la Chine, l'Iran, la Corée du nord et de la Russie aujourd'hui, il est nécessaire que tous les chirurgiens – militaires et civils – comprennent les aspects opérationnels et médicaux de la seconde guerre mondiale et considèrent à quel point ces expériences peuvent s'appliquer aux soins pour les blessures de guerre aujourd'hui » (Dr Jeremy Cannon, professeur de chirurgie à l'hôpital universitaire de Pennsylvanie)
« Dans le cas d'un futur conflit avec un adversaire « near-peer » comme la Chine ou la Russie, les USA ne peuvent pas avoir la capacité d'évacuer des troupes blessées rapidement. Sans un hélicoptère fiable ou un transport en avion, beaucoup de blessures peuvent ne pas bénéficier de soins adaptés, la fameuse « golden hour ». Les soixante premières minutes après une blessure grave sont cruciales, et un traitement rapide est essentiel. La guerre qui a lieu en Ukraine illustre le défi pour éviter un retard de soins aux blessés.
Dans les hôpitaux ukrainiens, les médecins ont de plus en plus de mal à soigner les blessures des patients civils et militaires à cause de la résistance aux antibiotiques. Les futurs conflits militaires dans la région indo-pacifique vont présenter des défis similaires, notamment le temps de transport des patients, et la préoccupation quant aux plaies infectées à cause d'un retard de traitement. » (Vikyat Bebarta, Adit Ginde et Arthur Kellermann, professeurs en médecine émergente, USA)
Les exercices militaires à grande échelle estiment environ à 50 000 le nombre de soldats blessés (10 000 qui en mourront, 30 000 qui nécessiteront une évacuation, 10 000 qui retourneront sur le front) sur un combat impliquant 100 000 soldats, avec une estimation quotidienne à plus de 3000 blessés. En y ajoutant le besoin de déploiement rapide du nombre de lits, une conscription médicale est probable. Le système de service sélectif maintient un plan de veille appelé le « système de mobilisation du personnel soignant », qui en cas d'urgence nationale, permettra la conscription du personnel médical incluant les femmes entre 20 et 45 ans. » [6]
« Le royaume-uni doit maintenant commencer à se préparer à des scénarios potentiels de blessures graves. On doit s'attendre dans les futures guerres qui opposent deux états à une plus grande ampleur des blessures que ce que nous connaissons aujourd'hui de la guerre moderne. Ce n'est pas déraisonnable de s'attendre à des centaines de blessés par jour pendant des périodes intenses de combat, si on se réfère au total des blessés (militaires de toutes nationalités) en Afghanistan qui a atteint des sommets, jusqu'à 160 morts et 500 blessés par mois. Cela nécessitera que les ressources dont on dispose ne bénéficient pas à ceux qui en ont le plus besoin, mais aux soldats qui ont les blessures les moins graves. Le « triage inversé » est un concept bien établi, mais on ne sait pas à quel point il sera accepté dans la société, ou même quel impact cela aura sur le moral et la volonté des troupes anglaises. » [7]
L'année dernière, le général Sir Roland Walker, à la tête de l'armée, a mis en garde l'Angleterre en disant qu'elle devait être prête à mener une guerre contre la Russie dans trois ans. « Si nous allons vers un scénario où nous avons ce niveau de blessures et ce type de combats armés, le système de santé ne devrait faire que cela. C'est le stade de l'escalade où nous en sommes » a-t-il ajouté. » [8]
Pendant que ces experts du secteur et les media mainstream poussent à un changement idéologique en partant du haut, on voit déjà diverses formes de collaboration entre le secteur civil et militaire sur le terrain. Le management autour de la pandémie du Covid a intensifié cet entremêlement et a créé de nouvelles structures légales qui permettent l'influence de la militarisation au nom de la « médecine d'urgence et de catastrophe ». De la même manière, la réglementation autour de ce qui est considéré comme une intervention militaire justifiée a été élargie ces dernières années, au-delà du fait que l'OTAN soutient un pays allié - par exemple avec le soi-disant « soutien à un état invité » - et des différents scénarios des nations unies ou des futures missions militaires de l'UE.
Quelles sont les collaborations actuelles entre le secteur de la santé et le secteur militaire ?
Pendant la pandémie, nous avons vu des hommes, jeunes, musclés et en treillis, avoir du mal à faire fonctionner un chariot de repas d'hôpital, ou se perdre dans le labyrinthe de l'hôpital Southmead, alors qu'ils portaient des cartons de serpillières pour le bloc opératoire. Ils ont essayé d'être utiles. Dans d'autres régions, l'armée a en fait occupé un rôle logistique important, par exemple un camarade nous a parlé de ses expériences de travail avec l'armée pour distribuer les vaccins en Grèce. On ne sait pas si ils ont été largement mis en avant afin d'améliorer la réputation de l'armée au sein de la société.
Ce que l'on sait, c'est que depuis cela, les lois et les responsabilités institutionnelles ont changé – comme une partie de la médecine d'urgence ou la gestion de crises – et ce n'est pas l'armée qui a été incorporée aux missions du secteur social, mais le secteur de la santé civile qui s'est fait engloutir dans les besoins de l'armée. Lors de ce processus, nous avons aussi constaté le déplacement de fonds importants, de la recherche médicale civile vers le complexe militaro-industriel. Aux états-unis, ce processus de militarisation a été critiqué au sein même de l'armée, quand le président Donald Trump a annoncé l'opération « Warp Speed » en 2020, qui était supposée fournir « des quantités considérables de vaccins, sûrs et efficaces » à 300 millions d'américains en janvier 2021. Au lieu de fonctionnaires de santé, ce sont les militaires américains qui furent en charge du programme.
Le général Gustave Perna, commandant du matériel de l'armée américaine, a été choisi pour mener la force opérationnelle avec Moncef Slaoui, un capitaliste aventureux qui avait l'habitude de travailler pour GlaxoSmithKline, une compagnie pharmaceutique importante basée au Royaume-uni, et qui siège actuellement aux comités de plusieurs fabricants de vaccins. Ce mariage entre armée et Big pharma leur a donné la mainmise sur un capital de plus de 10 milliards de dollars de fonds destinés aux vaccins. Les fabricants de vaccins contre le covid 19 et tests de dépistage, et les autres cabinets pharmaceutiques ou de santé ont été récompensés à hauteur de plus de 36 milliards de dollars par des contrats du Pentagon.
En Allemagne, les réformes qui datent de la période Covid concernant l'étendue de ce à quoi l'armée peut servir dans les affaires internes ont été récemment élargies. Le comité d'expertise du gouvernement « santé et résilience » par exemple, qui est né du comité d'expertise du Covid, est préoccupé par les « futurs défis » : en plus des pandémies, des catastrophes naturelles et des attaques terroristes, cela inclus également « l'alliance militaire (ou de l'OTAN) ».
Le 5 juin 2024, le cabinet fédéral allemand a adopté le « framework directive for overall defence » (la directive-cadre pour une défense globale), sous le contrôle du ministère fédéral de l'intérieur. Cela assure entre autre l'intégration étendue du système de santé civil au contrôle du Bundeswehr. En mars 2024, le ministre de la santé a annoncé la loi de sécurité sanitaire. La loi prévoit de réguler les soins médicaux dans le cas d'une catastrophe ou d'une guerre en les faisant passer sous le contrôle de l'armée. Dans le même temps, l'augmentation des programmes de formation mixte pour les soldats et les étudiants en médecine, par exemple avec l'option « médecine en mission et médecine de catastrophe » à l'hôpital publique de la Charité à Berlin.
Tout le monde pense que c'est l'Allemagne qui fournira le plus gros des soins aux blessés de guerre dans les futurs conflits armés en Europe, et que son réseau de 650 cliniques de proximité et de 36 hôpitaux universitaires seront la plateforme militaire principale en Europe centrale – et cela joue déjà un rôle important dans le traitement des blessures de guerre du front ukrainien. Les états-unis et l'Europe occidentale, en n'ayant pas pris part à des combats de grande ampleur ces dernières décennies, ont considéré qu'ils étaient trop peu expérimentés sur le terrain des soins aux blessés de guerre. Une étude de 2019 a mis en lumière que 10,1 % des chirurgiens militaires américains étaient prêts à être mobilisables pour soigner blessures de guerre. Ils sont en train de s'intéresser au soi-disant « walker dip », qui fait référence « au modèle selon lequel les soins médicaux militaires progressent en temps de guerre et ces avancées se perdent avant que les prochains conflits se présentent ».
Ce n'est pas une question technique, mais principalement une question sociale plus large, comment les sociétés d'après-guerre ont tendance à exécrer la guerre et la militarisation et à tenter de réduire le déploiement militaire. Même aux USA, il y a seulement un hôpital militaire de traumatologie qui est capable de proposer l'expérience professionnelle nécessaire, « the Brooke Army Medical Center » à Fort Sam Houston au Texas. L'armée américaine dépend par conséquent de plus en plus du partenariat civil-militaire.
Sur qui s'entraîneraient les chirurgiens militaires si ce n'est pas sur des soldats blessés ?
Sur les victimes du champs de bataille que sont la misère urbaine et les guerres de gang bien sûr. Un camarade qui travaille comme infirmier à Chicago nous racontait que les chirurgiens militaires s'entraînent sur les blessés des cités qui arrivent avec des types de blessures par balle ou à l'arme blanche. Les patients sont inclus dans ces soins-là avec des plaies fermées ou pénétrantes. Cela signifie que les membres de FRST entretiennent leurs compétences en traumatologie – dont ils pourraient avoir besoin sur un futur champs de bataille – tout en fournissant davantage de ressources au centre de traumatologie. Comme le nombre de blessés dans les quartiers sud de Chicago ou d'autres quartiers défavorisés n'est pas suffisant, l'armée américaine doit aller plus loin, par exemple en Afrique du sud.
Le département de la défense (DOD) a accordé aux chercheurs de l'armée de l'université de médecine du Colorado 15,6 millions de dollars pour aller en Afrique du sud et étudier les questions relatives aux soins prolongés pour les patients ayant des hémorragies graves, traumatismes crâniens, polytraumatismes et plaies complexes - « des blessures souvent rencontrées en Afrique du sud et dans le cadre d'un champs de bataille ». La même université envoie également des chercheurs en Ukraine : « le département de la défense a attribué 5 millions de dollars aux membres de la faculté du département de médecine d'urgence, pour travailler avec des partenaires en Ukraine sur les défis cliniques et logistiques, associés aux opérations de guerre moderne à grande échelle ainsi qu'aux soins prolongés aux grands blessés. »
Beaucoup de grandes entreprises, en particulier les soi-disant « tech-companies », jouent sur les deux tableaux, celui de l'armée et celui de la santé. Cela est en partie dû à l'opportunisme du business, comme les deux secteurs garantissent des contrats sponsorisés par l'état et sont donc moins dépendants de l'instabilité du marché. Le secteur a besoin d'un approvisionnement important en énergie, par exemple les data-centers en Irlande consomment 21 % des ressources totales du pays en électricité. Cela demande aussi des métaux rares pour sa production de batteries et de puces électroniques. Finalement, ils ont besoin d'un état fort, qui fait appliquer les brevets et droits d'auteurs au niveau mondial, et protège leurs part de marchés de la mise en concurrence « à bas prix » de la Chine. Sans surprise, Google par exemple, a annulé sa promesse de ne pas utiliser l'IA à des fins militaires et de surveillance en février 2025. Cet intérêt du secteur de la technologie pour la supériorité militaire, rend son influence sur le secteur de la santé particulièrement dangereuse. C'est le cas de l'entreprise américaine Palantir. L'entreprise a initialement été fondée par la CIA et s'est spécialisée dans la puissance de l'IA (intelligence artificielle) dans l'armée, la surveillance technologique et les analyses de données. Palantir décrit ses technologies militaires comme pouvant offrir aux clients (qui incluent l'armée américaine, ICE, le ministère de la défense anglais et le gouvernement israélien) « des capacités testées en mission, forgées sur le terrain », afin de livrer « un avantage tactique – sur la terre, dans les airs, en mer et dans l'espace ».
En mars 2020, Dominic Cummings et Simon Stevens (qui fut ensuite PDG du NHS) ont appelé à une réunion afin de voir comment s'attaquer au Covid 19, avec plusieurs grosses entreprises de technologie, notamment Palantir. Dans les jours suivants, Palantir passait un contrat permettant l'usage de son logiciel pour créer une base de données Covid 19. Ce contrat a été passé sans offres compétitives. Matt Hancock a utilisé ses pouvoirs au ministère pour contourner la confidentialité des données des patients et permettre à l'entreprise de traiter ces données. En novembre 2023, il a été alloué à Palantir un contrat de 330 millions de livres sterling afin de créer un nouveau système de traitement des données pour fournir des services « cohérents » au NHS. C'est probablement le plus grand ensemble de données de santé d'une population au monde, et des inquiétudes persistent quant au devenir des données si elles sont entre les mains d'une société privée mondiale. Palantir a fourni des services à l'armée américaine sur des opérations pendant les guerres en Irak et en Afghanistan.
En janvier 2024, Palantir a signé un accord avec les forces d'occupation israéliennes (IOF) afin d'accroître « le ravitaillement en technologie avancée » à Israël pour les soutenir dans leurs missions militaires. À ce jour en janvier 2025, au moins 46 645 palestiniens ont été tués à Gaza –environ 70 % étaient des femmes et des enfants. Palantir étend sa portée au sein du secteur mondial de la santé.
La guerre en Ukraine est un massacre industriel prolongé, qui a emporté avec lui le mythe d'un conflit militaire « propre » pouvant être mené à distance. Environ 95 000 soldats russes et 45 000 soldats ukrainiens ont été tués depuis que la guerre a débuté en février 2022. Les deux états ont des difficultés importantes à remplacer les soldats morts au combat, ou sévèrement blessés, et utilisent de plus en plus de mesures répressives afin d'enrôler des hommes de plus en plus jeunes dans l'armée. L'un des problèmes de l'armée ukrainienne, c'est le taux relativement bas de soldats qui « retournent au front » après des blessures. Selon des chiffres du gouvernement peut-être optimistes, 50 % des 370 000 soldats ukrainiens blessés retournent sur le front. Au moins 50 000 ukrainiens ont perdu un membre, selon le ministère de la santé du pays. Cela est dû d'une part à la gravité des conséquences de l'armement industriel, et d'autre part à l'utilisation prolongée des garrots lorsque les soldats ne peuvent pas être évacués et traités assez rapidement.
L'état ukrainien ne dépend pas seulement entièrement de l'approvisionnement européen et américain en armes, mais également du secteur de la santé européen afin de remettre sur pied ses soldats pour les renvoyer sur les lignes de front. Comme en mars 2024 où plus de 1000 ukrainiens blessés ont été soignés dans les hôpitaux allemands, la plupart d'entre eux étaient des soldats. La hausse de la résistance aux antibiotiques est un autre problème considérable, qui découle du fait de devoir soigner des quantités importantes de blessés. En raison de la croissance de la résistance aux traitements disponibles, le taux de morbidité de la nation a augmenté. « Ils ont des microbes dont ils ne guérissent pas avec des antibiotiques. Ce qu'ils décrivent est presque un retour en arrière, à la première guerre mondiale, l'ère d'avant les antibiotiques pour la chirurgie. Ces gens ont des plaies qui sont maintenant incontrôlées, des infections incontrôlées et incontrôlables avec des antibiotiques, et vous devez revenir à des techniques de la première guerre mondiale. » Si les conditions sont aussi mauvaises en Ukraine, malgré le soutien actif des nations les plus développées du monde, on peut imaginer à quel point les conditions doivent être pires à Gaza, où selon The Lancet, l'espérance de vie de la population générale est descendue à 34,9 ans pendant les douze premiers mois de la guerre, alors qu'elle était de 75,5 ans avant la guerre.
Les conditions de travail des soignants sous un régime militaire en Ukraine sont dures. Beaucoup d'infirmiers font face aux problèmes des salaires impayés, des heures supplémentaires et de la menace de fermeture de l'hôpital. Avant l'invasion russe à grande échelle, à peu près 720 hôpitaux fonctionnaient en Ukraine. En avril 2023, seulement 450 hôpitaux ukrainiens sont en état de fonctionner. Premièrement, parce que l'état est focalisé sur le traitement du personnel de l'armée par les services d'hôpitaux et a fermé ou réduit les services comme le dépistage du cancer, la gynécologie ou la pharmacie. Deuxièmement, parce que le gouvernement utilise l'état d'urgence actuel pour faire appliquer une réforme néolibérale de l'hôpital qui avait été planifiée avant le début de la guerre, afin que les hôpitaux ne soient plus payés pour les services qu'ils fournissent, mais pour des services individuels par patient.
En juillet 2022, le ministère de la santé ukrainien a décidé que les hôpitaux se trouvant en dehors des zones de conflit ne seraient payés que pour les services qu'ils fournissaient aux patients – outrepassant une garantie donnée immédiatement après l'invasion russe du report de cette réforme. Cette « réforme » a mené à des difficultés financières, à des licenciements et à des fermetures. Troisièmement, car des hôpitaux ont été directement attaqués par l'armée russe.
Malgré les circonstances difficiles, les soignants continuent de s'organiser en Ukraine, pour défendre leurs conditions de travail. Des organisations de la base, comme « Be like Nina », essaient de mettre la pression au gouvernement malgré le fait que les rassemblements et manifestations de masse ont été bannis depuis la loi martiale imposée en Ukraine.
Avec l'expansion du rôle du secteur de la santé dans les stratégies de guerre, ce n'est pas surprenant que l'infrastructure de santé et que les soignants deviennent de plus en plus ciblées par des attaques militaires. En 2023 seulement, l'OMS a enregistré 1 520 attaques sur des infrastructures de santé au sein de conflits militaires mondiaux, ce qui a conduit à la mort d'au moins 750 patients et soignants, et à 1 250 blessures. En 2024, les attaques comptabilisées ont augmenté et plus de 2 134 attaques ont ciblé des lieux de soin, comme le 18 novembre. Il y a plusieurs raisons stratégiques, qui se recoupent entre elles, pour lesquelles l'armée attaque les soignants.
Et pendant les premiers moments d'agitation populaire contre les régimes dictatoriaux, les soignants sont particulièrement ciblés, parce qu'ils prodiguent des soins aux manifestants blessés ou aux milices anti-gouvernement.
Syrie
Ces attaques sont devenues plus brutales pendant la guerre civile en Syrie, où la tactique s'est intensifiée en ciblant des soignants individuellement, afin de démoraliser le mouvement d'opposition, jusqu'au bombardement des hôpitaux afin que les villes « tenues par l'opposition » comme Alep, Hama, Idlib, l'est de Ghouta et Homs, deviennent inhabitables. Des médecins de Human Rights rapportent que 782 soignants en Syrie ont été tués entre mars 2011 et septembre 2016. « En syrie, le taux de césariennes a doublé dans certaines régions comme les femmes essaient de diminuer le temps passé à l'hôpital, par crainte d'être ciblées. Après les attaques sur l'hôpital alAtareb, en dehors d'Alep en mars 2021, les médecins de Human Rights ont observé une baisse de 78 % des visites mensuelles de grossesse. Le conflit a également des conséquences dévastatrices pour les campagnes de vaccination : en 2014, après trois années de guerre en Syrie, la couverture vaccinale a chuté de 83 % à 52 %, et presque toute la baisse concerne les régions d'opposition. » [9]
Gaza
On constate que ce sont des stratégies similaires qui sont menées à Gaza, où les attaques et arrestations de soignants s'intensifient jusqu'à la destruction d'une infrastructure de santé entière, afin de forcer la population locale à partir. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dit qu'il a été vérifié que 297 soignants de Gaza avaient été détenus par l'armée israélienne depuis le début de la guerre. Dans la nuit du 14 au 15 février 2024, l'hôpital Nasser, un des plus grands hôpitaux du sud de Gaza, a été pilonné par les forces israéliennes. En novembre 2023, des équipes de Médecins sans frontières avaient déjà documenté des attaques similaires sur les hôpitaux d'Al-shifa et Al-quds, et sur l'hôpital des enfants de Al-nasr au nord de Gaza. En janvier 2024, 84 % des établissements de santé de Gaza avaient été endommagés ou détruits. En juin 2024, selon l'OMS, l'armée israélienne avait attaqué 464 établissements de santé, tué 727 soignants, blessé 933 soignants et endommagé ou détruit 113 ambulances.
Ukraine
Comme on l'a déjà mentionné, la guerre en Ukraine est une guerre industrielle qui nécessite un taux élevé de soldats qui puissent retourner sur le front après avoir été blessés. Dans cette situation, une attaque du secteur de la santé est également une attaque sur une institution militaire importante. Selon un rapport de l'OMS publié en août 2024, à ce mois-là, 1940 attaques avaient ciblé des soignants ou des établissements de soins depuis le début de l'invasion. Des cas sont également rapportés concernant des attaques délibérées de l'armée ukrainienne sur les hôpitaux des régions annexées par l'état russe.
En regard de ces attaques, beaucoup de politiciens, d'ONG et d'associations médicales appellent la « communauté internationale » à adhérer et à faire appliquer la Convention de Genève, qui stipule que les infrastructures de santé devraient être exemptées d'attaques pendant les conflits armés. C'est évidemment un appel sans effet, de la même manière qu'on fait semblant de ne pas voir que les attaques ciblées sur la santé font partie des stratégies militaires, de manière systémique et chez tous les états en guerre.
Cela crée l'illusion qu'il pourrait y avoir une guerre juste, et que la militarisation quotidienne du secteur de la santé – des sessions d'entraînement dans les hôpitaux pour les chirurgiens militaires, à la sous-traitance des services aux sociétés de technologie prêtes à dégainer, et aux réformes qui lient le secteur de la santé à celui de l'armée au nom de la « médecine d'urgence » - n'est pas le problème sous-jacent.
Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire en tant que soignants afin de s'opposer à la militarisation de notre secteur et à la campagne générale pour la guerre.
– N'acceptez pas la logique de « se serrer la ceinture », ou la réduction des soins aux patients pour le budget de la défense !
Le gouvernement a annoncé qu'ils voulaient nous payer seulement 2,3 % de plus en 2025, malgré la hausse des factures d'énergie et des loyers. En même temps, ils veulent supprimer des postes au NHS, privatiser davantage de services et dépenser encore 13 milliards de livres sterling par an pour l'armée. Lors du conflit social en 2022 pour des meilleurs salaires, le gouvernement anglais avait annoncé utiliser 750 personnes au sein du personnel militaire pour remplacer les travailleurs en grève – un acte clair de propagande pour miner l'effort de grève. En tant que soignants, nous devons défendre nos conditions de travail et les conditions de soins de nos patients – par exemple en luttant contre la fermeture de l'unité d'addictologie Acer à l'hôpital de Southmead.
– Refusez l'usage des infrastructures et des ressources du NHS par l'armée ! En tant que travailleurs, nous faisons marcher le monde et collectivement nous avons le pouvoir de décider ce pour quoi on travaille ou pas. Les dockers de Gênes ont refusé de charger et décharger des navires qui transportaient des armes en zones de guerre. Des conducteurs de tramway en Allemagne ont refusé de conduire des trams sur lesquels il y avait des publicités pour recruter dans l'armée, et des étudiants ont protesté contre la tenue de stands de l'armée dans leurs écoles. Des travailleurs de Google aux états-unis ont condamné l'implication de la société dans la guerre à Gaza.
– Soutien aux déserteurs et aux réfugiés !
Les médias mainstream ne relaient pas souvent le fait que des milliers de personnes en Ukraine tentent d'éviter la mobilisation et désertent le front. Les déserteurs ont besoin de soutien, et récemment il y a eu plusieurs manifestations en Allemagne et dans d'autres pays, par des organisations qui soutiennent des déserteurs russes et ukrainiens. Beaucoup de réfugiés tentent de fuir les zones de guerre, refusant d'y participer ou de devenir les victimes d'un massacre mondial. Encore une fois, il y a plusieurs manières de soutenir les réfugiés, en particulier en tant que soignants. Des amis prodiguent des soins médicaux aux réfugiés dans des villes comme Calais, et il y a des campagnes comme « patients not passeports », qui s'assurent que les réfugiés reçoivent des soins au NHS. À un niveau local, il y a des groupes qui protègent les réfugiés des raids policiers.
– Blocus des armes !
Le royaume-uni est un des exportateurs principaux d'armes, fournissant des armes à des pays comme l'Arabie saoudite et Israël, qui les utilisent contre des populations entières au Yémen et à Gaza. Certaines de ces armes sont fabriquées dans la région de Bristol. Il y a des groupes qui essaient de bloquer la machine de guerre.
– Étudiez l'histoire de la lutte des classes !
Bien sûr il existe une différence lorsqu'on lutte dans une démocratie libérale ou sous un régime autoritaire, mais l'histoire montre que nous ne pouvons pas lutter pour nos droits en s'engageant au sein d'une alliance militaire avec notre classe dirigeante. Comme la guerre en Ukraine le démontre, les ouvriers deviennent complètement impliqués dans une escalade militaire dont ils n'ont pas le contrôle, et dans ce processus la démocratie libérale que nous essayons de défendre devient un régime de guerre nationaliste. Notre histoire peut nous apprendre que les ouvriers ont combattu et ont vaincu des régimes autoritaires de manière indépendante, avec leurs propres moyens, avec un plus petit nombre d'estropiés et de morts, et avec un héritage politique qui ne peut pas facilement être récupéré par les chauvinistes et la classe dirigeante, comme la vaillante lutte contre les dictatures militaires au Brésil ou en Corée du sud dans les années 80.
– Etudiez votre propre secteur !
Que ce soit l'éducation, le transport, l'industrie, l'informatique ou le secteur de la production d'énergie, les travailleurs de tous les secteurs sont confrontés à la militarisation. Nous devons entreprendre des efforts de recherche dans nos propres secteurs et les partager avec d'autres. Nous devons construire des comités politiques sur nos lieux de travail qui nous permettent d'agir collectivement. Le système social actuel qui est destiné aux profits, produit régulièrement des crises et des guerres. En tant que classe ouvrière mondiale, il est de notre responsabilité de désarmer la classe dominante, de reprendre les moyens de production et de les transformer en moyens qui permettent une vie meilleure à tous. Organisez-vous, ne désespérez pas !
Stand de recrutement de l'armée à l'hôpital Southmead : Non merci !
En Octobre 2025, des cadres ont envoyés ce message par mail à toute les équipes sur la visite des réservistes qui leur avait « donné énergie et enthousiasme ». Leur visite avait pour but de montrer aux militaires le fonctionnement de l'hôpital public. Pour l'occasion la direction avait autorisé les militaires installer leur stand de recrutement dans l'établissement.
La collaboration entre l'hôpital du Nord de Bristol et de l'armée va encore plus loin. Il y a régulièrement des programmes « d'échanges » organisé par l'hôpital et le ministère de la défense et DE§S (Défense, soutien et équipement). Pendant huit mois les équipes hospitalières et militaires partagent leurs connaissances. Jusqu'à présent 140 personnes y ont participé. « Le DE§S et le NHS sont unique en tant qu'institution dans ces mondes compliqués » dit Tim Whittlestone, médecin siégeant à la direction de l'Hôpital de Bristol : « Partageons notre expérience pour façonner des managers efficaces et résilients. »
Quel est le problème de la collaboration ?
Ces annonces parlent de « partage de compétences » entre communautés. Dit comme ça, cela peut même avoir l'air sympa, mais quel type de communauté est l'armée ? Nous vivons dans un système social où les crises chroniques économiques contraignent les marchés et accroissent la concurrence entre les états-nations. On constate d'abord ‘la guerre des marchés' avec la hausse des prix, suivie de près par des guerres de terrains. Ce dernier siècle cela a entraîné deux massacres mondiaux, tuant plus de 80 millions de personnes. Nous sommes sur le chemin de la guerre à nouveau aujourd'hui. Les politiciens trouvent toujours à se justifier (‘Nous défendons les valeurs occidentales et la démocratie'). Mais en terme de conséquences, il s'agit toujours de sphères d'influences, accès aux ressources et profits à venir. L'armée britannique a participé aux conflits en Irak en 1991 et 2003, au nom de ce mensonge, « se débarrasser des armes de destruction massive ». Ces opérations ont abouti aux meurtres de dizaines de milliers de civils.
Nous assistons à une course à l'armement, mené par les Etats-unis, dont la dépense pour 2026 s'élève à un billion de dollars. Ces budgets puisent dans la baisse de nos revenus et de nos protections sociales, telles que la santé et l'éducation. Le gouvernement n'a plus rien à nous offrir désormais, il brandit un ennemi extérieur pour maintenir leur pouvoir, que ce soit la Russie ou l'Ukaine, la Chine ou les Etats-unis. Le gouvernement souhaite encourager cette mobilisation en renforçant les échanges entre l'armée et le « peuple ».
Le rôle de la santé en guerre
La santé joue un rôle particulier dans les guerres modernes de masse. Actuellement en Ukraine, les deux armées font face à un manque d'hommes, de soldats. Ils augmentent les salaires pour les pauvres ou enrôlent de force les jeunes hommes. Malgré cela, les mesures ne suffisent pas pour combler les lignes de front. Ils ont besoin d'une infrastructure médicale conséquente pour remettre sur pied les soldats blessés. La priorité n'est pas de sauver ceux qui ont les graves blessures mais de soigner ceux qui pourront repartir rapidement au front- c'est ce qu'on appelle le triage inversé. Dans le même temps ils ferment des centaines de lits d'hôpitaux et des services pour les patients civils, au moment où la guerre amène les conditions propices à de nouvelles pandémies.
Nous ne collaborerons pas à cette fuite en avant de mort et de destruction, portée par un système de pouvoir et d'exploitation lui même en bout de course. Nous appelons nos sœurs et frères de classes à déserter l'armée, à refuser d'être instrumentalisé et mutilé pour les intérêts des riches et des patrons. Nous refusons de normaliser la militarisation de notre quotidien, que ce soit dans les écoles où ils viennent chercher les enfants des travailleurs, ou dans les hôpitaux, où le re-armement prive de moyens les patients.
Pas un sou, pas un infirmier pour la guerre des patrons ! Pas de collaboration militaire au NBT !
Etat des lieux en France sur la collaboration entre armée et hôpitaux
« L'hypothèse d'engagement majeur des armées françaises dans un conflit de haute intensité n'est pas une vue de l'esprit. […] Et donc, si [elles] étaient engagées dans le cadre d'une coalition, dont elles pourraient prendre le commandement, bien évidemment, il y aurait des blessés » [10]
En août 2025, le ministère de la santé a envoyé aux ARS (Agences Régionales de Santé) une circulaire ordonnant aux hôpitaux publics de se préparer d'ici mars 2026 à un possible « engagement militaire majeur » [11] . L'objectif annoncé en toute discrétion, était d'être en capacité d'accueillir jusqu'à 100 patients par jour et pendant 60 jours d'affilée sur tout le territoire français.
Le modèle militaire pénètre le système civil, par le biais des modèles d'action en urgence. Sous l'appellation « situations sanitaires exceptionnelles », les plans aux noms d'ORSEC [12] et ORSAN [13] sont élaborés entre le ministère de la santé et celui de la défense, autorisant qu'il puisse y avoir un commandement militaire en cas de besoin. Il n'y a pas si longtemps, la gestion de l'épidémie de Covid a été un terrain d'expérimentation à toute cette politique de militarisation. Confinement, Pass sanitaire, redéfinition des services essentiels et des urgences.
On a accepté les primes pour se la fermer, l'union nationale au nom d'une guerre, à se faire réquisitionner contre applaudissements, à se faire exploiter au nom de la vocation pendant les études, à trier les patients sur le volet et à obéir à des protocoles simplifiés. Cela nous a appris les prémices d'une médecine de guerre. Car la guerre est envisagée comme une crise, une catastrophe comme les autres. La digitalisation de la santé qui s'est imposée à coups de finances et de propagande dans ce contexte, est devenu un moyen de contrôle qui facilite par exemple le tri des patients avec les algorithmes et le quadrillage de l'espace public avec les QR codes.
Par ailleurs, le Service de Santé des Armées qui dépend du ministère de la défense, compte actuellement 16 centres médicaux, un institut de recherche biomédicale des armées, un centre d'épidémiologie et de santé publique des armées, un centre de transfusion sanguine des armées, un service de protection radiologique des armées et 8 hôpitaux militaires dont dépendent obligatoirement les militaires pour leurs premiers soins. Dans le cadre de son nouveau plan stratégique, dévoilé en 2024, le Service de Santé des Armées a l'objectif d' « aligner l'organisation du commandement du temps de paix sur celle du temps de guerre ».
Pour cela on assiste aujourd'hui à un processus de collaboration grandissant entre civil et militaire. Que ce soit dans le public ou le privé des hôpitaux ont signé des accords depuis quelques années pour former des « équipes fusionnées civilo-militaires ». A Brest, le CHRU a entamé progressivement depuis 2009 un modèle d'hôpital public mixte qui instaure que « l'orientation des patients et la mobilité des soignants seront planifiées d'un commun accord » entre l'hôpital militaire et civil. À Lyon, les Hospices Civils et l'hôpital d'instruction des Armées Desgenettes mutualisent depuis 2017 les soins, la recherche, les formations et les exercices de gestion de crise. À Bordeaux, l'hôpital militaire Robert Picqué accueillant aujourd'hui aussi les civils, est voué lui à fermer ses portes pour se destiner uniquement aux soins dédiés à l'armée.
Si la plupart des hôpitaux militaires accueillent encore des patients civils pour le moment, c'est surtout toute l'infrastructure sociale, des formations au choix des disciplines médicales en passant par la recherche qui est au final mise au service de la militarisation. Lorsque les futurs médecins militaires vont en stage à l'hôpital civil par manque de terrain de stage, l'option « santé en milieu militaire » voit le jour pour les étudiants à la fac de médecine. Du coté du ministère des armées, ils financent des thèses en lien avec les axes de santé qui les intéressent (traumatologie, brûlés, risque chimique). Les offres de soignants réservistes ont augmenté, proposant un salaire bien plus attrayant que les postes d'aides soignants et infirmières dans le civil. L'armée propose aussi de prendre en charge la formation d'étudiants en soin en échange d'un contrat d'engagement.
On inaugure un centre de simulation aux « catastrophes » de grande ampleur à Toulouse en 2024 pendant que le service des urgences du même CHU doit fermer quelques jours par manque de personnel. Et les exercices militaires inter-armées ORION 2026 ont travaillé avec la fac de psychologie de Lyon pour mettre en scène des scénarios de déploiement des cellules psychologiques d'urgence sur terrain de guerre.
Un autre élément qui ressort de la circulaire concerne les choix budgétaires et les implantations des établissements de santé. La gestion des bâtiments hospitaliers va vers une centralisation des établissements qui seraient idéalement à proximité des gares et aéroports. Les petites maternités ou des services de psychiatrie de jour ferment, pour centraliser vers des pôles de santé en métropoles.
Autre point d'intervention matérielle de l'armée touche à la production de médicaments. Les autorisations de productions sont réservées aux laboratoires privés, et hormis une antenne hospitalière dans le civil à Paris, seule la Pharmacie Centrale des Armées à Orléans a aussi cette autorisation. Les médicaments adaptés aux conditions militaires (environ 60 références disponibles), sont ensuite gérés par l'établissement de Ravitaillement Sanitaire des Armées de Marseille.
Voici un état des lieux non exhaustif de ce que nous avons pu récolter comme informations. A mentionner aussi le livret « Tous responsables » ou les appels de la croix rouge à « se préparer à la catastrophe. » Cette démarche de l'état s'inscrit dans l'habituation de la population à la peur tout en faisant la publicité de la réserve de l'armée. Tous responsables mais dans la limite où cette responsabilité prend la forme attendue par le gouvernement. En se réappropriant une théorie de psychologie de l'individu pour l'adapter à une société entière, les états s'emparent de la résilience surtout pour armer leur contre-insurrection.
La résilience c'est à la base la capacité des matériaux à recevoir un choc et ne pas se briser. En psychologie c'est une théorie pour caractériser la réaction d'un être au traumatisme pour le surmonter. Mais élargi à la réaction d'une société à un traumatisme, il prend un autre sens que dans un contexte individuel de soin. Ces dernières années le concept de résilience est promu par les gouvernements après avoir créé ou rendu possible la catastrophe. Après Fukushima en 2011, le gouvernement japonais n'avait pas cessé d'employer ce terme pour qualifier la réaction de la population face aux lourdes conséquences d'une société nucléaire. Car répondre par la notion de résilience, c'est dire à la société qu'il faut survivre à la crise en continuant à faire société, à fonctionner sans remettre en question le système qui a causé le traumatisme.
Sans perdre le fil, le secteur militaire se réapproprie le terme de résilience ces dernières années. L'armée française théorise cette doctrine psychologique depuis 2008 dans son livre blanc. Et les exemples cités montrent une certaine inspiration pour des sociétés ultra militarisées : Israel, Ukraine, Taiwan. L'OTAN a son “comité résilience” qui est assumé comme une partie du processus de réarmement, celle d'anticiper et influer la réaction des populations. C'est ce qui peut permettre l'acceptation du changement sociétal, parler sans cesse de la “crise”, de la guerre, en détournant ceux qui la subissent d'une méfiance de ceux qui la produisent. On met en jeu et en valeur notre capacité à résister au choc, à dépasser un traumatisme et qui ne désire pas cela ?
La question est plutôt ce qu'on invisibilise lorsqu'on parle de résilience.
La guerre au cœur de la politique est d'habitude conjurée dans les discours. Macron en use comme d'une réalité nouvelle mais c'est l'absence de réponse dans la rue qui frappe aujourd'hui. Et cette acceptation tacite d'une industrie de l'armement qui assume un marché basé sur la rentabilité des massacres. Le fondement de la prise de pouvoir national-socialiste ou fasciste s'est pensé à partir des appuis industriels et militaires. Le concept d'« état total » de Carl Schmitt, en 1932 en Allemagne, est proposé aux industriels réunis dans l'Association des intérêts communs de Rhénanie-Westphalie avant d'être repris dans le discours d' Hitler en 1933, au congrès des juristes de Leipzig. Ce qui a changé aujourd'hui c'est qu'en 33, le fascisme annonçait la guerre en Europe. Aujourd'hui, elle est déjà là. Partout et sous des formes qui se multiplient tant la technologie s'est déployée à la rendre quotidienne. La continuation de la guerre se fait au travers des instances supra nationales et internationales, car elle est la base nécessaire à la pérennité du capitalisme qui sans elle, ne pourrait déployer à l'infini des nouveaux champs de spéculations financières.
Ce qui fait peur est donc de regarder en face non ce qui vient mais ce que nous avons laissé passer tous les jours. Il faut bien admettre que nous héritons d'une vieille défaite quant à la militarisation mondiale. Maîtrise de l'énergie, du marché des armes, conquête spatiale, quadrillage serré d'un réseau de communication et de captage sont ce qui fondent ouvertement les intérêts de l'état. Ce cannibalisme capitaliste s'appuie sur les vieilles doctrines impériales et racistes basées sur la division des peuples et l'exploitation de toutes les terres. Et il se fond dans tous les recoins du champ social, civil, jusqu'à créer l'idée d'un réarmement de défense.
Les récits d'insoumis réfractaires qui s'opposèrent de diverses manières au service militaire furent perdus pour beaucoup au moment du passage au service volontaire et d'une armée de métier. Parce que tout le monde devait se poser cette question, elle était d'emblée politique. Parce que la guerre ne pouvait devenir une abstraction pour ceux et celles qui profitent de leur situation loin des fronts. La dépossession des corps que cela mettait en question pour chacun et socialement se retrouve aujourd'hui dans la dépossession d'un corps politique. La solidarité qui fut alors nous serait toujours nécessaire pour d'autres désertions, sans oublier que la technologie actuelle de guerre a besoin de main d'œuvre partout dans le civil, les structures de transports et de logistiques, tout comme de notre acceptation.
Solidarité avec ceux et celles qui luttent aujourd'hui ou hier et aux déserteurs de toutes les armées
A la santé des prolétaires, des camarades et de la plèbe réfractaire.
A notre folie commune et nos rêves d'enfants
« Je sais que vous les comptez, pour rien parce que la cour est armée ; mais [...] on les doit compter pour beaucoup, toutes les fois qu'ils se comptent eux-mêmes pour tout. Ils en sont là : ils commencent eux-mêmes à compter vos armées pour rien, et le malheur est que leur force consiste dans leur imagination ; et l'on peut dire avec vérité qu'à la différence de toutes les autres sortes de puissance, ils peuvent, quand ils sont arrivés à un certain point, tout ce qu'ils croient pouvoir. » (Machiavel)
* * * * * *
« Que les travailleurs travaillent, prescription de cachet-cache misère à l'appui. La dissidence et l'inadéquation à cette société, en somme la non-rentabilité, sont médicalisées. Pour les décrire, les termes psychiatriques fleurissent aux cœurs des manuels. Toute tentative de bouleversement est étouffée, on assomme la colère à base d'anxiolytique.
Une certaine médecine ne cherche pas tant à soigner des personnes que la bonne marche de cette société. Dans une société qui nous rend malade sur tous les plans de notre être et qui veut nous soigner pour nous remettre au travail dès qu'on décroche ou lève le petit doigt, la révolte est du côté de la santé. »
Revue Pratiques 2015
[1] Extraits issus de rencontres antimilitaristes autour de la santé- avril 2026
[2] Interview avec le docteur Bernhard Winter sur le tournant militaire dans la santé. Janvier 2025, par Matthias Becker
[3] C'est à dire sur le territoire allemand
[4] Système national de santé britannique
[5] https://warontherocks.com/2023/12/large-scale-combat-operations-will-bring-new-medical-ethics-challenges/
[6] Danielle B. Holt, MD, Département de chirurgie, the uniformed services university of the health sciences
[7] Ed Arnold est Membre supérieur dans la recherche pour la Sécurité européenne, Colonel Si Horne était chef du General Staff's Visiting Fellow au Royal United Services Institute
[8] Le Telegraph
[9] The Lancet
[10] Général Stéphane Groën, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, à France 3, juillet 2024
[11] Article du Canard Enchaîné du 26 août 2025
[12] Organisation de réponse de sécurité civile, dirigé par le préfet
[13] Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles
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À Lyon, les enfants font campagne
En cet après-midi de printemps, durant la pause méridienne, la cour de récréation de l’école élémentaire Louis-Armand, à Villeurbanne, près de Lyon, bruisse des activités des élèves. Assis sur le sol, un grand groupe écoute attentivement une histoire contée par une animatrice.
Un autre, plus restreint et composé en grande majorité de filles, s’est réuni dans une salle de classe laissée à disposition. Badges bariolés autour du cou ou épinglés sur le tee-shirt, les membres du projet Les enfants s’organisent (LEO) sont facilement identifiables.
Depuis décembre 2025, ces élèves font l’expérience d’une activité périscolaire pas tout à fait comme les autres, proposée par une association. Le but : mener une campagne d’interpellation citoyenne pensée par et pour les élèves, qui permettra d’améliorer leur cadre de vie à l’école ou dans leur quartier.
L’association Les enfants s’organisent, créée à Lyon en 2022, forme des animateurices du périscolaire et des directeurices de centres de loisirs à l’accompagnement de projets suivant la méthode du community organizing. Cette méthode née aux États-Unis dans les années 1930 permet à des personnes éloignées de la politique de s’organiser à une échelle locale et d’utiliser des outils pour améliorer leur lieu de vie, l’accès à la santé et aux droits, etc. Ici, tout commence par une page blanche, en partant du principe que les enfants sont capables de choisir elleux-mêmes les actions à mener, de construire leur campagne, puis de la porter devant les autorités concernées. D’autres formes de participation citoyenne pour les enfants existent un peu partout en France, telles que les conseils d’enfants à l’école ou les conseils municipaux des enfants. Mais dans la démarche LEO, les enfants sont décisionnaires du début à la fin et expérimentent ainsi une modalité de démocratie plus directe, sans système de représentation, comme c’est le cas pour les délégué·es de classe.
La méthode LEO repose sur des étapes précises : une première phase d’écoute auprès des autres enfants pour déterminer un sujet de campagne ; une phase de priorisation des idées recueillies ; une enquête pour trouver des solutions ; et enfin l’étape d’interpellation et de négociation avec les adultes responsables du dossier.
Créer du lien entre les élèves
Lors des campagnes accompagnées par l’association – qui peuvent durer de quelques mois à deux ans –, les mobilisations des élèves ont porté sur des projets aussi divers que le réaménagement d’un parc, les menus de la cantine, ou encore un plan contre le harcèlement. Dans une école lyonnaise, les enfants se sont mobilisé·es ce printemps pour rénover une vieille cabane à oiseaux, puis elles et ils ont contacté la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) afin d’organiser une journée de sensibilisation à la rentrée.
En deux mois, février et mars 2026, les membres du projet LEO de l’école Louis-Armand ont recueilli l’avis de 190 de leurs 300 camarades. « On est très fiers, lance Anastassia, 9 ans, avec un grand sourire. Au début, on s’était donné pour objectif d’aller voir 90 enfants sur le temps de la cantine. On se présentait et on leur demandait ce qu’ils voudraient améliorer dans l’école ou le quartier. » De quoi développer leur capacité à aller vers les autres, selon Hélène Balazard, cofondatrice de l’association et chercheuse en science politique au laboratoire Environnement, ville, société de l’université de Lyon : « On les incite à parler en direct le plus possible. C’est aussi l’occasion de créer du lien entre les grands et les petits. »
Les revendications portées par les enfants dans le cadre de leur campagne sont affichées dans les couloirs de l’école élémentaire Louis-Armand, à Villeurbanne (Rhône) : filet de foot pour les cages, plus de jeux ou installation de bancs dans la cour…
Crédit : Elsa Biyick pour La Déferlante
« J’étais plus timide avant, confie Amalia, 10 ans. Maintenant j’ose parler avec des personnes que je ne connais pas. » « Des CP sont venus nous voir pour nous donner leurs idées », explique Gaspard, 9 ans. Lui, comme Laureline, 8 ans, a rejoint l’équipe en cours de route. « Je m’ennuyais le midi, et ça m’a donné envie de faire pareil quand ils ont fait la phase d’écoute », raconte Laureline. Amine, en CM2, a pour sa part rejoint le groupe dès la première réunion d’information, en décembre, « quand [il a] entendu que c’était pour améliorer l’école ».En ce début de mois de mai 2026, la campagne d’écoute et le vote sur les propositions sont achevés. Trois revendications sont souvent revenues : installer des bancs dans la cour, qui n’en dispose pas, y créer plus d’espaces verts et accrocher des filets dans la cage de foot. C’est d’abord sur la première proposition que l’équipe se concentre. Dans les couloirs de l’école, des affiches rosesréalisées par les enfants exposent les résultats, dessins à l’appui.
Sam Rey, animateur périscolaire formé par Enora Ledru, directrice de l’association, projette sur le tableau de la salle de classe le projet de mail écrit par les enfants et adressé à une adjointe de la mairie de Villeurbanne. Le texte détaille leur argumentaire visant à débloquer une enveloppe pour la mise en place de bancs et s’achève par cette phrase laconique : « Nous serons très très déçus de ne pas avoir de réponse. » Églantine, bientôt 11 ans, explique : « On veut des bancs, parce que sinon on est obligés de s’asseoir par terre dans la cour. » « L’idée est aussi d’en faire des bancs de l’amitié, ajoute Laureline. Quand tu te sens seul, tu peux t’asseoir sur le banc et les autres enfants peuvent venir te voir. »
Depuis l’annonce des résultats de la phase d’écoute, des bancs ont été sortis temporairement du préau par le personnel de l’établissement et ont été placés le long du mur des toilettes. « C’est pas le meilleur endroit, à mon avis », souffle Églantine. Des travaux de réfection de la cour étant prévus d’ici quelques années, Brice Trallero, directeur des activités périscolaires de l’école, espère que ce projet émanant des élèves permettra d’accélérer le calendrier.
Une démarche qui porte ses fruits
En l’espace de seulement quatre ans, l’association a étendu son champ d’action de quatre écoles à 45 établissements, des primaires et quelques collèges et centres sociaux, entre Lyon, Villeurbanne, Feyzin (au sud de la métropole lyonnaise) et Grenoble. Les enfants s’organisent, dont le fonctionnement repose sur le travail d’une poignée de salariées, bénéficie de financements municipaux (dont certains, comme ceux de Lyon, arriveront à échéance en 2027) et de quelques financements privés, notamment de la Fondation pour le logement des défavorisés.
LEO donne la priorité aux interventions dans des écoles classées réseau d’éducation prioritaire ou dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville. « Il s’agit de créer les moyens [pour les enfants] de se faire entendre, d’autant plus quand elles et ils sont issus de quartiers populaires », précise Hélène Balazard, cofondatrice de l’association.
Dans un quartier populaire du 9e arrondissement de Lyon, entre les arbres du parc du Vallon qui bordent l’établissement et la ville en contrebas, l’école Les Fougères a été le terrain d’une des premières campagnes LEO de mai 2022 à juin 2024. Les résultats sont là : des dizaines de marquages ludiques ont été dessinés au sol pour que les enfants s’approprient pleinement les espaces extérieurs de l’école, tout en proposant d’autres options que le football. Des parcours de course, des marelles à trois, un morpion, un Twister (jeu d’équilibre et d’acrobaties par équipes)… Le bac à sable dans la cour des maternelles a aussi été nettoyé, alors qu’il était auparavant inutilisable. C’est le résultat de « tous les efforts » mis en œuvre par Amira, 11 ans, Jade, 10 ans, et leurs camarades du groupe LEO.
Depuis la campagne, Amira et Jade sont devenues « un peu célèbres » dans l’école. Elles étaient, au moment du projet, parmi les plus jeunes de l’équipe de huit filles qui se sont lancées dans l’aventure. « J’ai rejoint LEO dès que j’ai entendu que ce serait pour changer les choses dans l’école », indique Amira. « Moi, je voulais faire une activité différente de ce qu’on fait d’habitude », se souvient Jade.
Dans la cour de l’école Les Fougères, l’un des marquages ludiques obtenus grâce à la campagne menée entre 2022 et 2024.
Crédit : Elsa Biyick pour La DéferlanteAu départ, l’idée émerge de mettre balançoires et toboggans dans la cour. Une première
campagne est menée suivant cette proposition, avant que les enfants comprennent que le projet serait à la fois trop coûteux et ne favorisait pas les jeux collectifs. À l’issue de la seconde campagne, les enfants parviennent à faire débloquer 10 000 euros pour la réalisation des marquages et des fresques, ainsi que pour l’installation de tables de pique-nique dans la cour. Une somme importante pour une école : le budget alloué pour ce type de projet est habituellement de 2 000 à 3 000 euros, indique Julia Tavernelli, directrice du temps périscolaire.Pour Amira et Jade, le plus difficile n’a pas été de parler avec les adultes ou la centaine d’autres enfants du CP au CM2, mais tout le processus de sélection des marquages. « Beaucoup de choses nous plaisaient, c’était dur de choisir, mais Yohann Paris [adjoint à l’éducation et à la vie scolaire du 9e arrondissement de Lyon] et Julia nous ont beaucoup aidées », explique Amira.
Développer le leadership des enfants
Quand elle a rejoint l’établissement, peu de temps après la pandémie de Covid-19, Julia Tavernelli était en pleine réflexion sur sa pratique professionnelle. Le projet LEO lui a permis de prendre du recul sur sa posture et de proposer une réorganisation des temps périscolaires. Désormais, les enfants choisissent leur activité le midi et peuvent en proposer de nouvelles, comme un club toupie dont elles et ils ont pu construire le cadre d’utilisation (les toupies doivent par exemple rester dans les sacs hors du temps du midi). « C’est une manière différente d’aborder le métier, alors que beaucoup dans la profession calquent encore le périscolaire sur le cadre de la salle de classe, avec une seule activité pour tous et toutes, explique-t-elle. Sur la confiance en eux et elles, sur la prise de parole, on sent que nos élèves ont moins de mal à partager leurs points de vue maintenant. »
Mettre en place la démarche LEO ne va pas sans difficulté, avec « des environnements scolaires ou périscolaires parfois difficiles, qui peuvent affecter la motivation des enfants sur la durée, observe cependant Enora Ledru, directrice de l’association. Nous essayons, en lien avec les adultes concernés, de trouver des solutions : en adaptant la méthode, en renforçant le suivi de terrain et l’accompagnement des équipes… » Mais encore faut-il que des moyens soient mis dans le périscolaire, alors que le métier d’animateurice est peu valorisé et marqué par un fort turn-over, ce qui ne permet pas toujours de porter les projets sur le long terme.
L’association est parfois aussi confrontée à l’incompréhension des adultes interpellé·es. « Il arrive qu’ils se disent que c’est un échec si la campagne n’aboutit pas, et préfèrent ne pas agir. Mais pour nous, ce qui compte, c’est de développer le leadership des enfants. C’est un apprentissage très concret », souligne Hélène Balazard.
« Ce qui compte, pour moi, c’est que ce ne soit pas les adultes et les adolescents qui décident à notre place. »
Jade, écolière
La cofondatrice de l’association a aussi en mémoire des situations de franche hostilité, comme en 2023–2024, à un projet mené à Lyon par des élèves pour transformer un terrain vague de leur quartier en espace de jeux. La campagne a été portée auprès du bailleur social propriétaire du terrain. Alors qu’un représentant de ce dernier devait assister à une rencontre avec les enfants, seul·es certain·es locataires – des personnes blanches et âgées – s’y sont rendu·es. « Ils ont tenu des propos violents à l’égard des enfants [majoritairement racisé·es], assurant qu’ils feraient bien d’être mieux gardés par leurs parents, se rappelle Hélène Balazard. Une salariée LEO, une enseignante et un adjoint du maire étaient présents et ont dû faire sortir les élèves. » Le maire, indigné, a fini par appeler lui-même le bailleur : « Et ça a fini par marcher. »Pour Jade comme pour Amira, l’important est d’avoir pu, par leur campagne, laisser leur marque dans leur école. « Ce qui compte, pour moi, c’est que ce ne soit pas les adultes et les adolescentes qui décident à notre place. Mon frère de 2 ans, quand il sera en CP, il pourra se servir des marquages. Et peut-être qu’ils seront encore là dans trente ans quand, nous aussi, on aura des enfants », espère Jade.
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« Nous les enfants, on devrait avoir le droit de vote ! »
En juin 2026, à Marseille (Bouches-du-Rhône), cinq filles et deux garçons racisé·es de 9 à 11 ans – Abdelmalek, Alicia, Amilia, Mayssane, Nesrine, Noham et Nour – ont été invité·es à échanger en groupe de parole sur des sujets comme le racisme, l’égalité filles-garçons ou encore le droit de vote des enfants. Ce dispositif a permis de recueillir leur parole sans autre intervention adulte que quelques questions de relance pour aborder ou creuser certains sujets.
Elles et ils vivent en appartement, maison ou hébergement social dans différents quartiers de la ville et sont scolarisé·es dans des écoles élémentaires publiques plutôt mixtes socialement et racialement. Leurs parents sont originaires d’Algérie, de Tunisie, du Cameroun, du Sénégal ou du Yémen et ont des métiers variés (agent de sécurité, architecte, travailleureuses du bâtiment, du nettoyage ou du social, spécialiste en produits pour les peaux noires, etc.).
Selon le principe des groupes de parole, je leur ai proposé de noter sur des papiers des vécus de racisme et de sexisme, puis de les déposer dans un récipient avant de les trier par thématique. Une enfant écrit qu’elle a été « traitée de caca » en maternelle ou que, en primaire, « Antoine disait que [sa] religion était nulle », tandis qu’un autre enfant témoigne qu’un ado lui a dit, en cours de judo : « Retournez chez vous en Afrique. » Un premier temps de discussion est amorcé après la lecture à voix haute de ces témoignages. Il en ressort que le nombre de discours et violences racistes auxquels elles et ils sont exposé·es au quotidien est colossal, et que les adultes ne sont pas d’une grande aide, voire en sont la source directe.
Nesrine Quand les bonnes sœurs portent le voile, personne dit rien, mais quand c’est les femmes musulmanes, là, c’est un problème. C’est pas parce qu’on n’a pas la même couleur de peau, religion ou origines qu’on ne fait pas partie de la même catégorie.
Nour À l’école, il y a souvent des enfants qui disent que les Arabes sont des voleurs.
Abdelmalek On a regardé le film Super Mario, il y avait un singe dedans et un copain m’a dit : « Regarde, c’est Miguel*. » Miguel, il est noir… Je l’ai dit à la maîtresse, elle a puni mon copain.
Amilia En maternelle, j’avais aussi l’impression que la prof était raciste parce que son comportement avec les élèves de couleur de peau noire ou mate était très différent de celui qu’elle avait avec les enfants blancs. Une fois, mon amie Alya* a demandé à se moucher, elle lui a dit « t’as qu’à attendre », mais elle a tout de suite dit oui à Louise*.
Alicia Quand je suis avec ma mère, qui est noire, le voisin nous ignore. Mais pas quand je suis avec mon père, qui est blanc !
Amilia Une fois, un ami parlait arabe avec sa mère dans le tramway. Une vieille dame s’est mise à lui crier dessus : « On en a marre des gens qui viennent des autres pays ! »
Nour C’est pas logique : si t’es arabe ou noir et que t’es né en France, t’es français ! Et pourquoi les gens des pays africains n’auraient pas le droit de venir ? Les Français peuvent aller partout, tranquilles…
Amilia S’il n’y avait pas de gens qui viennent d’autres pays, ça ne serait pas la France. Plein de magasins fermeraient. Elle serait pauvre, la France.
Noham Elle perdrait la moitié de sa population.
Alicia Il faudrait sensibiliser les gens dès l’école. Et pas seulement sur le racisme. Dans la rue, j’ai vu un petit enfant demander à son père pourquoi il donnait pas d’argent à une dame SDF, le père a répondu « parce qu’ils ont qu’à travailler ».
Nesrine C’est surtout la faute des parents. Les enfants ne savent pas ce qui est bien ou mal. Ils répètent ce qu’ils entendent de leurs parents, de Marine Le Pen…Mayssane Elle a dit que si les femmes veulent porter le voile, elles doivent retourner dans leur pays.
Amilia Et que si elle devient présidente, elle n’acceptera plus les personnes qui viennent d’Afrique.
Nour Si elle est élue, j’ai peur que mon papa doive retourner en Tunisie, qu’on soit séparés.
Nesrine Moi aussi. Même si je parle tunisien, je me sens bien en France, j’ai mes copines.
Mayssane Mais si tu veux porter le voile plus tard et que Marine Le Pen est élue, comment tu vas faire ?
Après que les enfants ont noté sur des bouts de papier leurs réponses aux thématiques proposées par la journaliste Mathilde Blézat, elles sont mélangées, puis piochées une à une pour être partagées à l’ensemble du groupe.
Accompagnement à la production photographique : Valentine VermeilEt vous, aimeriez-vous pouvoir voter ?
Unanimes et très enjoué·es, elles et ils s’exclament : « Oh, oui ! » Mayssane tempère : « Mais ce n’est pas autorisé aux moins de 18 ans… » La discussion est lancée.
Alicia Même si on est plus jeunes que la plupart des Français, on fait partie de la France, on devrait avoir le droit de voter. Souvent, les adultes disent : « Ce n’est pas de votre âge, c’est politique, vous n’allez rien comprendre. » C’est faux. C’est sûr qu’il y a des enfants qui vont écrire n’importe quoi sur le bulletin, mais des adultes aussi.
Nour C’est injuste car on est citoyens de France. Mais il faudrait qu’on puisse vraiment voter pour le ou la candidate de notre choix, parce que, des fois, les parents veulent trop influencer les enfants…
Mayssane J’aimerais qu’on me demande mon avis ! Les enfants n’ont pas le droit de penser, de s’exprimer, de dire ce qu’ils ont envie.
Nesrine Je pense qu’il faudrait quand même mettre un âge limite, à 9 ou 10 ans. Parce que si t’as 1 an, tu vas pas aller voter, tu vas rien comprendre.
Abdelmalek Au dernier conseil de maison, il y avait un vote pour décider si on avait le droit de jouer dans une salle commune. J’ai levé la main, mais on m’a dit : « T’as pas le droit de voter parce que t’es un enfant. » Les autres enfants aussi auraient bien aimé donner leur avis. On pourrait faire une manifestation pour se faire entendre et demander le droit de vote !
Pour le droit de vote des enfants ?
En France, certains partis de gauche – La France insoumise, Les Écologistes ou le Parti socialiste – se disent favorables à l’abaissement de la majorité électorale à 16 ans, comme en Autriche, en Argentine ou encore à Malte, mais cette perspective est globalement peu discutée. Pourtant, plaide l’autrice Clémentine Beauvais dans Pour le droit de vote dès la naissance (Gallimard, 2024), les existences des enfants sont directement affectées par les décisions politiques (inaction climatique, casse des services publics, durcissement des mesures racistes…), tandis que leur engagement (contre le réchauffement de la planète ou les violences policières) est souvent dénigré. Leur ouvrir ce droit permettrait de « réoriente[r] l’intérêt médiatique et public vers les mesures qui [les] protègent ». La romancière et traductrice, connue pour ses publications pour la jeunesse, démonte les procès en incompétence, rappelant qu’« être un enfant, c’est déjà une forme d’expertise sur le monde », et appelle au déploiement d’une vraie éducation populaire politique.
Vous avez parlé du racisme tout à l’heure, est-ce que vous vivez aussi des injustices entre filles et garçons ?
Vient alors la lecture des papiers sur l’égalité filles-garçons, qui fait état de commentaires entendus à l’école tels que « les filles sont nulles à la bagarre », ou « les filles disaient que j’étais un garçon car je détestais les jupes et les robes ». Les enfants partagent d’autres vécus.
Mayssane À l’école, des garçons ont râlé parce qu’au basket on était deux filles dans leur équipe. Ils disaient qu’on était pas fortes, sans jamais nous avoir vues jouer ! Ça nous a énervées, alors on leur a fait une sorte de morale.
Nesrine Mon grand frère dit « t’es petite, tu cours pas vite », mais j’ai les mêmes muscles, le même corps que quelqu’un de ma classe. Et, ce n’est pas pour être méchante, mais nous, les filles, on sait faire la cuisine…
Alicia C’est pas tout à fait vrai : il y a des filles qui brûlent tout ce qu’elles touchent ! On dit que les femmes savent cuisiner parce qu’avant elles étaient toutes au foyer.
Amilia J’ai aussi remarqué qu’il y a plus de présidents garçons que filles…
Nesrine Je pense que les gens ne veulent pas prendre de présidentes. Un jour, la maîtresse a dit que les filles, dans le passé, avaient le droit de rien faire. Je pense qu’ils ont gardé ça.
Alicia Il y a une présidente européenne quand même. Elle s’appelle Ursula von… Mais Macron-Ursula, je crois que c’est Macron qui gagne.
Noham En quoi ?
Alicia En pouvoir.
« C’est sûr qu’il y a des enfants qui vont écrire n’importe quoi sur le bulletin de vote, mais des adultes aussi. »
AliciaEst-ce que vous trouvez qu’il y a des inégalités aussi entre les enfants et les adultes ?
Avec celle sur le droit de vote, cette partie est celle qui les galvanise le plus. Elles et ils enchaînent les rires et les récits de demandes fluctuantes et règles arbitraires imposées par les adultes.
Amilia Il y a certaines choses que les enfants devraient avoir le droit de faire, comme cuisiner. Ma mère m’a appris, mais les parents de certaines de mes amies disent qu’elles sont trop jeunes.
Mayssane Les adultes pensent que comme on est enfants, on sait pas quoi dire, on est incompétents.
Alicia En disant « j’ai le droit parce que je suis adulte ! », ils utilisent leur statut pour donner des punitions et des interdits.
Nesrine Quand tu te disputes avec tes parents, ils te disent « baisse les yeux ». Mais quand tu le fais, ils disent « monte les yeux quand je te parle ! ». Quand on essaie de répondre, ils nous disent « arrête de parler » et après, ils disent « réponds-moi ! ».
Noham Quand tu rentres avec une bonne note, un 16, ils te demandent « et ton ami, il a eu combien ? » S’il a eu 18, 19, ils te font un commentaire. Mais si tu dis qu’un autre ami a eu 5, ils sont en mode « mais on s’en fiche de ton ami, ce qui nous intéresse, c’est toi ! ».
Alicia Souvent, les parents, ils sont un peu dispersés. Quand tu te laves les dents rapidement parce qu’ils viennent de te dire « il est 21 heures, tu vas te coucher », ils disent « t’as déjà fini ? Tu l’as mal fait, rebrosse-toi les dents ! ».
Amilia Parfois, je leur demande si je peux les aider à faire le ménage, ils disent « non, c’est bon », mais deux secondes après ils se plaignent « oh, mais il n’y a personne qui m’aide dans cette maison ! ».
Mayssane Les adultes changent tout le temps d’avis !
Nour La maîtresse, c’est pareil. Elle dit « pourquoi tu fais pas ton travail ? » mais quand tu te mets à le faire, elle te dit « c’est plus le moment ! » Quand tu demandes si tu peux aller aux toilettes, elle dit « je vais pas t’interdire », mais si une autre personne demande, elle dit « oh, ça fait trop de gens ! C’est la journée pipi ou c’est comment ? ».
Noham Quand on est en anglais et que je demande si je peux y aller, la maîtresse dit « in English please! » Je lui dis « madame, s’il vous plaît, c’est vraiment pressé ! », mais elle répète « in English, please! ».
Nesrine Nous, on n’a pas le droit d’aller aux toilettes, sinon la maîtresse dit que toute la classe veut y aller.
Nour Une année, la maîtresse nous interdisait de boire, même quand c’était la canicule ! Les adultes, eux, ils ont droit de boire quand ils travaillent…
Alors, si vous aviez le pouvoir, que feriez-vous ?
Je précise « si vous étiez président·e, ministre », mais c’est quand je dis « maire de Marseille » qu’elles et ils réagissent. En toute logique, la politique est d’abord vécue au quotidien, et il leur est plus évident de se projeter au niveau local du pouvoir. Elles et ils reviennent plusieurs fois à cette question, qui devient la synthèse finale du groupe de parole.
Nesrine Si j’étais maire de Marseille, je ferais un grand bâtiment où j’accueillerais tous les SDF, avec tout ce qu’il leur faut pour être bien, genre un hôtel 10 étoiles gratuit.
Abdelmalek Des appartements pour tout le monde ! Avec ma mère, on vit dans une toute petite chambre. La résidence sociale, c’est super parce que je peux jouer avec les autres enfants, mais j’aimerais avoir une chambre pour moi : je pourrais m’habiller et jouer dedans, inviter des copains.
Amilia Moi, je lutterais pour stopper le réchauffement climatique. On pourrait utiliser moins de plastique, réutiliser les ballons troués en les recousant…
Noham J’arrêterais le racisme et la pollution.
Mayssane Je donnerais le droit aux enfants de s’exprimer.
Nour Je donnerais les mêmes droits aux filles qu’aux garçons, et le droit de vote à 10 ans.
Amilia J’interdirais les violations sexuelles. Récemment, une fille qui s’appelle Lyhanna a été violée puis assassinée par le père de sa meilleure amie…
Noham Il faudrait aussi que la guerre soit un gros mot dans notre langue, que ça n’existe plus.
Mayssane Ils disent tout le temps que la guerre, c’est pas bien, mais c’est eux qui l’ont inventée ! Les dirigeants, on doit les faire discuter et se comprendre, parce que c’est plus possible.
Abdelmalek Je changerais le racisme et la mentalité des gens, pour que tout le monde soit respecté et qu’il n’y ait plus d’enfants seuls à la récré ou maltraités par d’autres. Et je ferais la paix dans le monde.
* Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés.
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Mariscadoras, les travailleuses de la mer
Des dizaines de silhouettes noires, râteau à la main, s’avancent dans l’eau à marée descendante. Vêtues de combinaisons en néoprène et d’épais chaussons, ces mariscadoras (« ramasseuses de coquillages » en galicien et en castillan) grattent et ratissent les fonds sableux de la ria d’Arousa, à la recherche de palourdes et de coques. Leur récolte sera ensuite vendue aux mareyeurs de la région.
Sur la côte galicienne, cette pêche à pied artisanale est une tradition ancestrale autant qu’un pivot de l’économie. L’immense majorité de celles qui la pratiquent sont des femmes. Travailleuses indépendantes, elles ont pour la plupart plus de 40 ans et ont souvent préféré ce métier – qui met pourtant leur corps à rude épreuve –
à un travail posté dans les usines du coin. Durant la saison de pêche, qui s’étale généralement d’octobre à février, elles peuvent gagner jusqu’à 30 000 euros chacune.Cependant, depuis une vingtaine d’années, la pollution et le dérèglement climatique mettent en péril leur activité. La température de l’eau – qui dépasse désormais les 20 °C en été – comme sa concentration en sel ne cessent d’augmenter. Des algues se développent, ce qui entrave la reproduction et la croissance des coquillages, dont le nombre a chuté de 80 % ces dernières années. Comme ont chuté les revenus que les mariscadoras pouvaient en tirer.
Depuis 2017, une poignée d’entre elles, organisées au sein du collectif Amar Carril (« Aimer Carril », du nom d’un village
portuaire réputé pour ses palourdes), tentent de sensibiliser la population locale et les touristes aux menaces qui pèsent sur leur profession. En les conviant à leurs sessions de pêche à pied, elles essaient de transmettre les gestes qui fondent cette tradition galicienne.À travers ce reportage, la photographe polonaise Kinga Wrona poursuit son travail de documentation des effets concrets
de la crise climatique. Elle immortalise
la transition d’une communauté locale, entre tradition et adaptation nécessaire à la nouvelle donne environnementale. •TEXTE ET LÉGENDES
Marion Pillas, corédactrice en chef de La DéferlantePHOTOS
Kinga Wrona
Rosana est membre des Mariscadoras, la communauté des pêcheuses de coquillages de Galice, au nord-ouest de l’Espagne.
Cima, pêcheuse de coquillages
Douleurs articulaires, ampoules aux mains… La pêche aux coquillages met le corps des femmes à rude épreuve.
Le dérèglement climatique bouleverse l’écosystème marin, favorise la prolifération des algues et fait disparaître les coquillages. Dans l’estuaire, une station flottante mesure la température et la salinité de l’eau.
Au cours des vingt dernières années, la production de palourdes a chuté de 73 %. L’activité des mariscadoras, qui constitue un des moteurs
de l’économie galicienne, est en sursis.
Luz, une des mariscadoras, dans la ria d’Arousa, en Galice.
Celles qui continuent à pêcher la palourde sur les côtes galiciennes ont conscience que leur activité est menacée. Elles se sont constituées en collectif pour alerter la population sur les effets du dérèglement climatique.
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Trump Tyranny Tracker | Day 631-633: Oct. 16-18, 2026
A rally in Prospect Park in Brooklyn. Instead of mass mobilizations, multiple “hyperlocal” gatherings were encouraged by organizers. Credit...Earl Wilson/The New York TimesWelcome to today’s Trump Tyranny Tracker…
Trump escalating his attacks on elections and political opponents, expanding his immigration crackdown, and funding Russia are among this weekend’s top stories.
Weekend at a Glance
Russia floods social media with fake videos targeting U.S. midterm elections.
Trump moves to bypass new sanctions against Russia.
White House ordered restrictions on Ukraine’s Starshield satellite service.
What We Need to Pay Attention To
Russia Is Using an Army of Bots to Push Fake US Election Videos
What Happened: Russia’s Matryoshka network is spreading fake news videos, AI-generated celebrity clips, and disinformation about Democratic candidates on X, using bots to boost their views. Researchers identified 130 fabricated posts between September 10 and October 9 targeting candidates in 29 of 36 governor’s races and 20 of 35 Senate races.
Why It Matters: As Trump eases sanctions on Russia and undermines Ukraine’s ability to defend itself, Moscow is ramping up its attack on U.S. elections to help Republicans, using fake videos and bot networks to spread lies about Dem candidates and influence voters.
Source: Bloomberg
Corruption
Secret documents reveal donors behind $330 million for Trump’s ballroom
What Happened: Leaked records show $333 million in donations for Trump’s White House ballroom, including $25 million each from Apple, Nvidia, and several billionaires. At least $77 million came from donors who wanted to remain anonymous, and nearly half the money came from companies or executives with federal contracts. Trump is predictably not listed despite claiming he donated.
Why It Matters: Corporations and billionaires with business before Trump’s government are giving millions to his ballroom project, including $77 million from anonymous donors. Trump continues selling access to himself as Americans are left in the dark about who is funding him.
Source: The Washington Post
More Trump Allies Aided Pro-Russian Balkan Government
What Happened: At least six current and former Trump political operatives, including Chris LaCivita and James Blair, traveled to Republika Srpska to help its pro-Russian government around local elections. Katie Wiles, daughter of White House Chief of Staff Susie Wiles, also traveled there with a Texas businessman connected to Donald Trump Jr. to discuss a gas pipeline project.
Why It Matters: Trump’s cronies are running political campaigns to help Kremlin proxies stay in power in the Balkans while pursuing business deals for themselves. Yet another example of mass corruption by Trump and his cronies.
Source: New York Times
Power Consolidation
Trump threatens California officials with imprisonment over stance on mail ballots
What Happened: Trump threatened California election officials with lengthy prison sentences for counting mail-in ballots from more than 20,000 voters his Justice Department claims are likely noncitizens. California officials questioned the accuracy of the federal voter list and refused to exclude the ballots.
Why It Matters: Threatening to jail election officials who refuse to throw out ballots without proof is how authoritarians intimidate those responsible for running elections and pressure them to obey demands by the regime.
Source: Reuters
Trump’s Attacks on Voting Raise Fears He Will Try to Challenge Midterm Results
What Happened: Trump and federal officials continue lying about election fraud, foreign interference, and voting machine security. Election officials fear he is preparing to challenge results he dislikes, potentially by seizing voting equipment or disputing the election’s legitimacy.
Source: New York Times
Trump claims executive privilege to keep Kennedy Center conversations secret
What Happened: Trump is claiming executive privilege to keep his conversations about the Kennedy Center’s planned closure and renovation secret, including discussions with advisers who do not work for the federal government. The DOJ made the claim in response to a lawsuit by Rep. Joyce Beatty seeking records about the project and whether Trump intends to demolish the building.
Source: ABC News
Weaponization of Institutions
Trump’s election fraud task force is going after the people who investigated him
What Happened: A White House election fraud task force led by Trump ally John Solomon has produced no evidence of election fraud and instead released records from investigations into Trump, including Robert Mueller’s Russia investigation and Jack Smith’s classified documents case. Trump allies are using the records to support a Justice Department investigation seeking criminal charges against officials who previously investigated him.
Why It Matters: Trump is turning a federal election fraud task force into another weapon against his political enemies, using all government resources to pursue the officials who investigated him or Russia.
Source: The Washington Post
Justice Department Seeks to Disqualify Judge Overseeing Golf Course Lawsuit
What Happened: The Justice Department moved to disqualify federal Judge Ana Reyes after she ordered senior Interior Department officials to testify about the removal of hundreds of trees from Washington’s East Potomac Golf Links. The work took place despite her earlier instructions against surprise construction, and Trump’s DOJ accused her of bias after she demanded answers.
Source: New York Times
“Devoid of Any Factual Basis”: Again and Again, Judges Have Dismissed Trump’s Voter Data Lawsuits
What Happened: Trump’s Justice Department has sued 30 states and D.C., demanding unredacted voter rolls containing millions of Americans’ personal information. Federal judges have dismissed all 26 cases decided so far, including Trump-appointed judges, finding that the DOJ lacked legal authority or sufficient factual grounds to obtain the records.
Why It Matters: Trump officials are trying to seize sensitive voter information and expand federal power over elections despite repeated court rulings against him. Judges have warned that the records could be used for voter suppression and immigration enforcement.
Source: ProPublica
Media Suppression & Authoritarian Tactics
Chicago-Area Cops Helped HSI Spy on Minnesota Anti-ICE Activists
What Happened: Police departments in and around Chicago helped Homeland Security Investigations agents track anti-ICE activists in Minnesota, despite Illinois laws restricting cooperation with federal immigration enforcement. The surveillance targeted people participating in constitutionally protected protests.
Why It Matters: Federal immigration agents are using local police to monitor people protesting government policies, turning law enforcement resources toward surveillance of political dissent.
Source: WIRED
Human & Civil Rights Abuses
‘Unsafe’ conditions at Texas ICE facility put immigrants at risk of injury or death, lawsuit says
What Happened: New court filings describe physical abuse by guards, inadequate medical care, disease outbreaks, filthy conditions, and food shortages at Camp East Montana, the nation’s largest ICE detention facility at Fort Bliss in Texas. Medical and correctional experts warn that conditions have contributed to preventable deaths and continue to endanger detainees, most of whom have no criminal records.
Source: The Guardian
ICE Called Him a Wanted Man. His Family Said He Had Been Dead Nine Years.
What Happened: ICE agents struck 48-year-old Miguel Parra Hernandez with an SUV as he fled on foot in Houston, shattering his leg, hip, and ankle. Agents claimed they were pursuing a wanted Mexican immigrant, but the suspect’s daughter produced a death certificate showing that the man in DHS’s wanted bulletin had died in 2017.
Source: New York Times
Government Disruption
N.I.H. Hospital Board Rebukes Kennedy Over New Vaccine Injury Clinic
What Happened: The board overseeing the NIH Clinical Center unanimously criticized RFK Jr. for politicizing scientific research following the launch of a new Vaccine Injury Center. Board Chairman Jack Leslie warned that Kennedy appeared to have prejudged the clinic’s findings, threatening the hospital’s scientific independence.
Why It Matters: Kennedy is pushing his conspiracies into federal medical research, putting his extremist beliefs ahead of science and undermining the credibility of the findings.
Source: New York Times
CDC reports 4,410 measles cases as outbreak grows
What Happened: The CDC reported 4,410 measles cases nationwide, up 330 in one week, with 451 hospitalizations. Pennsylvania has recorded 1,260 cases and five deaths, while New York declared a disaster emergency earlier this month. Children and teenagers ages 5–19 account for 42% of cases.
Source: Reuters
Imperial & Geopolitical Watch
Hormuz ship attacks hit record high as Iran escalates strikes with little U.S. response
What Happened: Attacks on commercial ships in and around the Strait of Hormuz have reached record levels as Iran intensifies its strikes. The attacks have reduced oil shipments, disrupted energy markets, and complicated Trump’s efforts to bring down gasoline prices before the midterms.
Why It Matters: Trump has no exit strategy to end his war with Iran as their attacks disrupt global oil supplies and drive up fuel prices in the U.S. and around the world.
Iran Boosts Air Defenses as It Braces For Fresh US Attacks
What Happened: Iran says it has repaired much of its damaged air defense system and acquired additional equipment ahead of possible renewed U.S. attacks. Iranian officials threatened American warships enforcing the naval blockade, while Trump refused to rule out using the largest conventional bomb in the U.S. arsenal against Iran after the midterms.
Source: Bloomberg
Far-Right & Russian Influence Watch
Trump issues order to bypass Russian sanctions in bill named for late Lindsey Graham
What Happened: Trump signed an executive order waiving nearly all sanctions under Lindsey Graham’s sanctions bill, which he signed into law just last month. The order came two days before the sanctions were scheduled to take effect and one week after Trump lifted restrictions on Russian diesel.
Why It Matters: Trump is helping Russia fund its genocidal war by lifting sanctions, allowing Russia to sell diesel, and removing all economic pressure. Meanwhile Russian forces continue to escalate their deadly attacks, targeting Ukrainian civilians.
Source: Politico
Order to limit Starshield for Ukraine came from inside White House, sources say
What Happened: The order to restrict Ukraine’s military Starshield satellite service reportedly came from the White House and was passed to the Pentagon. The restrictions disrupted Ukrainian drone strikes against Russian forces and efforts to intercept Russian attack drones.
Why It Matters: Trump has put the U.S. on Russia’s side, sabotaging Ukraine’s ability to defend itself while protecting Russian oil infrastructure and trying to give Russia an advantage on the battlefield.
Source: Reuters
Ukraine critically low on Patriot interceptors as Russian strikes intensify
What Happened: Ukraine is running out of Patriot interceptor missiles, leaving civilians exposed to deadly Russian ballistic missile attacks. Trump has also threatened to cut intelligence sharing, as Ukrainians report they are no longer receiving advance warnings of Russian missile attacks on Kyiv, leaving Ukrainians with seconds to get to a bomb shelter.
Source: The Washington Post
Germany Slams US Move to Bring Russia Back to the Global Stage
What Happened: German Vice Chancellor Lars Klingbeil criticized Trump for trying to bring Russia back into international diplomacy while Moscow continues its war against Ukraine. His remarks come after Trump eased sanctions on Russia, demanded that Ukraine stop striking Russian oil refineries, and called for Zelenskyy to step aside.
Source: Bloomberg
Economic News
US toy prices surge ahead of holiday shopping season as tariffs, Iran war bite
What Happened: U.S. toy prices rose 6.6% over the past year, including a 4.2% jump in September, as Trump’s tariffs on Chinese imports and higher oil and shipping costs hit retailers ahead of the holiday season. A Reuters/Ipsos poll found that just 21% of Americans approve of Trump’s handling of the cost of living.
Source: Reuters
Resistance
Check out 50501 for local and nationwide events…
Source: 50501
No Kings draws crowds with focus on early voting
What Happened: Thousands of No Kings events took place across the country, bringing together protestors, voters, and grassroots organizers ahead of midterms. The coalition, which includes the ACLU, Indivisible, and Black Voters Matter, shifted its focus from mass protests against Trump to early voting, voter education, and election protection.
Source: NPR
By the Numbers
$333 million — Donations to Trump’s White House ballroom
$77 million — Trump donors requesting anonymity.
6 — Current and former Trump political operatives who traveled to Republika Srpska to assist its pro-Russian government around local elections.
26 — DOJ lawsuits seeking sensitive voter records dismissed by courts.
4,410 — Measles cases reported nationwide, including 451 hospitalizations.
130 — Fake posts that Russia’s Matryoshka bot network has spread targeting midterms.
29 of 36 — Gubernatorial races targeted by Russia’s disinformation campaign, along with 20 of 35 Senate races.
1,000+ — Patriot and THAAD interceptors fired by the U.S. during the first month of Trump’s Iran war.
6.6% — Increase in U.S. toy prices over the past year.
What to Watch Next
Trump escalates threats against election officials — Will courts be able to defend the midterm results and protect election officials?
Trump considers further sanctions relief for Russia — Will he lift sanctions on shadow fleet tankers?
The White House is sabotaging Ukraine’s military capabilities — Will Congress intervene to stop Trump officials from restricting Ukraine’s defenses as they try to help Russia?
The DOJ continues to pursue sensitive voter records — Will it continue demanding personal information after federal judges dismissed 26 lawsuits?
Key Takeaways
Rising Costs — Americans are paying more for everyday goods as Trump’s tariffs and Iran war push up prices and disrupt oil supplies.
Election Interference — Trump is threatening election officials, spreading lies about voter fraud, and using federal agencies to interfere in elections as Russia ramps up its disinformation operations ahead of the midterms.
Political Retaliation — DOJ is going after officials who investigated Trump, trying to remove judges who challenge his actions, and demanding voter records despite repeated court defeats.
Corruption & Foreign Influence — Corporations and billionaires are giving hundreds of millions to Trump’s ballroom project while his cronies help pro-Russian politicians in the Balkans stay in power.
Civil Rights Under Attack — Federal immigration agents are spying on protesters, and detainees are reporting abuse and dangerous conditions at detention centers.
Call to Action
Document Everything: Document purges, corruption, and power grabs. Share credible information with journalists, watchdogs, and legal experts. Silence enables authoritarianism—see something, say something.
Defend Press Freedom: Support independent journalism by subscribing to and sharing reporting that challenges Trump’s power grab.
Mobilize for Action: Organize or join legal efforts and resistance movements to protect democracy and human and civil rights.
Support Whistleblowers: Encourage legal defense funds for government workers facing retaliation for exposing corruption.
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https://youtube.com/@unmaskingrussia
Preorder My New Book…
Putin’s Pawns takes you on a journey from the earliest days of the Cold War and Soviet KGB active measures through Russia’s attacks on Western elections, the rise of the far right, Trump and Russia, the genocidal war against Ukraine, influence operations across Europe, and the shadow war unfolding today.
It is the story of how Moscow spent decades learning to exploit the weaknesses of democracies and how those tactics brought us to this moment.
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Thanks for reading the Trump Tyranny Tracker. Stay tuned for more updates.
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La doctrine du chaos : comment la police a déclenché les affrontements en attaquant les points de rendez-vous
Sur tout le territoire, les mêmes récits. Des groupes de policiers qui agressent les points de rassemblement du 17 octobre.
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«On nous demande d’écrire que LFI est derrière le mouvement»: autour du 17 octobre, la fabrique d’un bouc émissaire
Si le gouvernement désigne «l’ultragauche» et LFI comme responsables des nombreux pillages et incendies de ce week-end, des policiers réfutent ces accusations. Un commissaire des services de renseignement affirme même avoir eu pour consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon. -
L'Émeute prime | Joshua Clover
Une théorie de l'émeute est une théorie de la crise. Cela est vrai à un niveau local et vernaculaire, aux moments de verre brisé et de flammes, au cours desquels l'émeute est censée être l'irruption d'une situation désespérée, la paupérisation parvenue à sa limite, la crise d'une communauté ou d'une ville donnée, pour quelques heures ou quelques jours. On peut cependant comprendre l'émeute dans son sens intrinsèque et structurel uniquement si, pour paraphraser Frantz Fanon, on est à même de découvrir le mouvement historique qui lui confère forme et substance. Il nous faut alors approfondir, voir là où les circonstances amalgamées de l'émeute sont indissociables de la crise capitaliste, systémique et actuelle. (PDF, 216 pages) Source: Entremonde
