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  • Manipulation des LLM : comment l’IA devient une surface d’attaque cognitive

    Manipulation des LLM : l’essentiel à retenir

    Les assistants IA constituent une nouvelle « architecture de choix » : ils sélectionnent des sources, hiérarchisent les faits, reformulent, recommandent et personnalisent de plus en plus leurs réponses. Des expériences montrent qu’un assistant biaisé peut modifier les opinions de son utilisateur. Le marché, des États, des acteurs hostiles (hackers, agents d’influence, gouvernements hostiles…) cherchent déjà à peser sur les recommandations des moteurs génératifs.

    Prompt injection, empoisonnement de mémoire, manipulation des sources ou du RAG ouvrent dès lors une surface d’attaque particulière : détourner le LLM peut permettre d’agir indirectement sur l’humain qui lui fait confiance.

    Sommaire

    De la novlangue au nudge : orienter sans interdire

    Quand l’architecture de choix se met à vous parler

    Convaincre l’homme ? Convaincre d’abord sa machine

    Pirater le conseiller plutôt que convaincre son utilisateur

    La guerre cognitive a trouvé son nouvel intermédiaire

    Tout est là, sauf le flagrant délit

    FAQ

    Dans 1984, George Orwell pousse une intuition jusqu’au cauchemar : réduire progressivement le vocabulaire finit par rendre la critique du régime littéralement impensable. La novlangue travaille en amont du discours, sur l’outil qui permet de le formuler. Si le wokisme, par exemple, repose en partie sur une modification performative du langage, nous ne vivons pas dans un régime totalitaire et brutal.

    Cependant, l’essai de Sayer Ji (auteur et militant américain de la santé naturelle, fondateur de GreenMedInfo), publié en septembre [1], décrit un possible déplacement du contrôle de l’expression : après les contenus publiés, la prochaine cible serait la couche d’« AI mediation » qui intervient avant même que nous ayons fini de chercher, lire ou écrire. Si l’auteur assume une lecture militante des faits, plusieurs mécanismes qu’il évoque sont néanmoins devenus assez concrets pour être examinés sans passer par la case « dystopie ».

    De la novlangue au nudge : orienter sans interdire

    ChatGPT n’est pas le ministère de la Vérité et l’on retire peu de mots du dictionnaire ou du langage courant. Une autre vieille idée aide davantage à comprendre le mécanisme que redoute Sayer Ji : orienter la décision sans supprimer la possibilité de choisir.

    En 2008, Richard Thaler et Cass Sunstein popularisent le nudge [2]. Leur « paternalisme libertarien » repose sur l’architecture de choix : on conserve les options, mais on organise leur présentation afin de favoriser certains comportements. La grande distribution le pratiquait longtemps avant que le concept ne soit formalisé : le produit de marque placée à hauteur des yeux sera plus acheté que son équivalent discount placé en bas de rayon.

    Le nudge conversationnel : comment influencer l’IA qui nous influence 

    L’idée a largement quitté les allées des supermarchés pour s’immiscer partout. En France, la Direction interministérielle de la transformation publique utilise les sciences comportementales pour concevoir des communications, outils numériques ou dispositifs réglementaires plus incitatifs, puis mesurer les changements de comportement [3]. Les réseaux sociaux ont ensuite donné à cette architecture un gigantesque terrain d’expérimentation : classement des publications, recommandations, notifications, récompenses, votre choix reste théoriquement ouvert, il s’effectue simplement dans un environnement subtilement contraint. 

    Les LLM ajoutent un facteur décisif : là où un réseau social peut choisir la publication que vous verrez, un assistant génératif peut aussi participer à la fabrication de la réponse que vous allez lui donner.

    Quand l’architecture de choix se met à vous parler

    Le mot « nudge » apparaît rarement dans la communication des grands laboratoires d’IA, il est trop connoté, mais le fonctionnement est là. Pour répondre, un LLM choisit quelles informations retenir, leur ordre, leur formulation, les réserves à mettre en avant et les alternatives à proposer. Il conseille moins qu’il ne recommande. Lorsqu’il écrit avec nous, il suggère le mot ou la phrase suivante. Avec la mémoire, l’historique et la personnalisation, cette architecture s’adapte à un interlocuteur particulier au fil de l’échange.

    Des mots qui finissent par modifier les idées

    Une étude publiée en août 2026 dans Nature Human Behaviour a analysé plus de 880 000 textes [4]. Lorsque des LLM interviennent dans l’écriture, le sens principal résiste plutôt bien, les styles, beaucoup moins. Ainsi, la variance de complexité rédactionnelle diminue-t-elle de 21 à 50 % selon les jeux de données et les modèles. Probabiliste, l’IA favorise les caractéristiques moyennes, dominantes, les autres s’effacent.

    L’OPECST français alertait déjà en 2024 sur un risque d’« uniformisation cognitive » [5]. Derrière les polémiques sur les écrivains utilisant l’IA se cache une question plus vaste : que devient la diversité de l’expression lorsque des millions de personnes passent quotidiennement leurs textes dans quelques familles de modèles ?

    La pensée ne se réduit heureusement pas au style, mais l’influence de l’IA va bien plus loin. Deux expériences portant sur 2 582 personnes ont-elles ainsi utilisé un assistant d’écriture dont l’autocomplétion était volontairement biaisée sur des questions de société [6]. Après l’exercice, les opinions déclarées s’étaient rapprochées de la position suggérée par l’IA. La majorité des participants n’avait détecté ni le biais ni son influence. Pire ou presque, les avertir avant ou après ne faisait pas disparaître l’effet. Voilà le nudge revenu par la fenêtre. Aucune formulation ou idée n’a été interdite, certaines ont simplement été rendues plus immédiatement disponibles au moment précis où l’utilisateur cherchait ses mots.

    Avec la personnalisation, le « coup de pouce » vous connaît

    Une expérience publiée en 2025 dans Nature Human Behaviour a opposé 900 participants à des humains ou à GPT-4 dans de courts débats [7]. « À nu », GPT-4 ne se montrait pas significativement plus persuasif qu’un individu. En revanche, lorsqu’il disposait d’informations sociodémographiques sur son interlocuteur, GPT-4 était nettement plus convaincant que l’humain : dans les débats où l’un des deux adversaires s’était montré plus persuasif que l’autre, l’IA personnalisée l’emportait dans 64,4 % des cas. Par rapport à un débat entre humains, les auteurs ont calculé que GPT-4 personnalisé avait 81,2 % de chances supplémentaire d’obtenir davantage d’adhésion. Et on parle là d’un modèle sorti en 2023, nous vous laissons imaginer les résultats avec les modèles de pointe fin 2026…

    Le saut par rapport au nudge classique apparaît clairement. Une affiche ne se réécrit pas lorsqu’elle découvre que vous résistez à son message, un assistant conversationnel, si. Le coup de pouce peut devenir individualisé, interactif, puis se corriger à mesure que la conversation avance.

    Convaincre l’homme ? Convaincre d’abord sa machine

    Les professionnels du marketing ont très vite compris l’intérêt du procédé. Pendant vingt ans, le SEO a tenté de convaincre Google qu’une page méritait d’être bien placée dans ses résultats de recherche. Le GEO – Generative Engine Optimization – cherche à faire entrer une source dans la réponse que la machine fabriquera directement pour lui. L’entreprise ne vise plus seulement le clic : elle veut peser sur l’information déjà digérée que l’assistant donnera au consommateur. La présentation des articles de votre média cyber préféré a ainsi évolué pour prendre en compte cette contrainte 

    Blancs, gris ou noirs, les acteurs de l’influence sur l’IA

    Sciences comportementales et IA commencent à se rencontrer

    BVA Nudge Consulting, créé en 2013 sous le nom de BVA Nudge Unit, se présente comme un cabinet spécialisé dans l’application des sciences comportementales [8]. Début octobre 2026, la Human Advantage Conference, soutenue par IPSOS, a précisément réuni sciences comportementales et IA, avec Cass Sunstein parmi les intervenants [9].

    Le même groupe commercialise depuis juillet Synthesio AI Visibility. L’outil mesure ce que ChatGPT, Gemini, DeepSeek ou Amazon Rufus disent des marques, identifie leurs sources et fournit des indications pour « optimiser » leur visibilité et leur positionnement dans les réponses [10]. S’il n’est pas établi que BVA Nudge Consulting combine ses activités de nudge et de GEO, la convergence industrielle se dessine nettement : sciences comportementales d’un côté, optimisation de la réponse générative de l’autre, les deux activités opèrent autour du même instant critique, celui où se forme le choix.

    Du GEO au black-hat GEO

    De l’optimisation de contenus à sa manipulation, il y a un pas que certains n’hésitent pas à franchir. SafeGEO a testé 22 variantes d’attaques sur 600 scénarios de recommandation [11]. Le principe consiste à réécrire la source contrôlée par un vendeur pour rendre un mauvais produit artificiellement convaincant aux yeux de l’agent. Sur Devstral, les attaques réalistes testées font passer en moyenne sa présence parmi les trois produits recommandés de 12,7 % à 90,9 % (+78,2 points). La variante la plus efficace produit un écart encore supérieur : +83,2 points de pourcentage. Les défenses testées réduisent le phénomène sans restaurer le niveau observé avec une source honnête.

    Le référencement vient de retrouver son vieux démon : de même qu’après le SEO est arrivé le black-hat SEO, le GEO a découvert son côté obscur. Le danger est ici évident : si l’on peut manipuler les éléments sur lesquels l’assistant fonde sa recommandation, pourquoi s’arrêter au choix d’un grille-pain ?

    Pirater le conseiller plutôt que convaincre son utilisateur

    Pour un attaquant informationnel, un assistant virtuel possède une précieuse propriété : il a déjà la confiance et l’attention de la cible. Une opération d’influence change alors d’angle d’attaque : plutôt que de concevoir le message le plus convaincant possible pour la cible, on cherche à modifier le système qui fabriquera pour elle des messages, synthèses et recommandations. InCyber a déjà décrit cette extension de la surface d’attaque des LLM : injection de prompt, empoisonnement des données, vol de modèle ou identités non humaines [12].

    Parler à votre IA derrière votre dos

    Cette inversion de la cible existe déjà sous une forme très concrète : l’injection indirecte de prompt permet de parler à l’assistant à travers les contenus qu’il consulte. Une instruction hostile est placée dans une page Web, un document ou un courriel que l’assistant doit consulter. L’humain lit un contenu pendant que sa machine y trouve autre chose, qui lui est spécifiquement destiné.

    Microsoft a observé en 2026 une variante étonnamment prosaïque de cette logique. Pendant soixante jours, ses chercheurs ont recensé 50 tentatives d’« AI Recommendation Poisoning » provenant de 31 entreprises et de plus d’une douzaine de secteurs [13]. Derrière certains boutons « Summarize with AI » se cachaient des instructions demandant à l’assistant de mémoriser une société comme source fiable et de la privilégier ultérieurement.

    Si l’efficacité et la persistance de cette instruction varient selon les assistants (cinquante tentatives ne signifient pas cinquante compromissions réussies), l’intention ne souffre guère d’ambiguïté : on modifie la mémoire de la machine pour infléchir ses recommandations futures. Autrement dit, il s’agit d’une tentative de pirater le nudge.

    Les agents autonomes aggravent encore ce risque, puisqu’une instruction cachée peut désormais conduire la machine à agir et non plus seulement à répondre, comme le relevait récemment InCyber [14] à propos de cette nouvelle surface d’attaque hautement sensible.

    Le RAG devient une supply chain cognitive

    L’attaque cognitive peut être encore plus profonde. En effet, à l’instar d’une application qui dépend de son code, de bibliothèques, de fournisseurs et de mises à jour, un assistant connecté possède sa propre chaîne de dépendances. En compromettre l’un des maillons peut contaminer la suite de la chaîne. Lorsqu’un utilisateur interroge un LLM, celui-ci peut aller chercher l’information dans des documents et des sources externes, notamment grâce à un système RAG. Le Retrieval-Augmented Generation, permet au modèle de consulter des documents avant de répondre, ce qui est pratique pour consulter l’actualité ou pour aller puiser dans les données internes de l’entreprise. C’est aussi un point de vulnérabilité : celui qui contrôle ce que la machine récupère peut par là essayer d’infléchir ce qu’elle conclura.

    Un acteur d’influence peut dès lors prendre cette chaîne à rebours : agir sur les informations ou les instructions auxquelles accède le LLM afin d’orienter les recommandations qu’il adressera ensuite à l’utilisateur. L’intégrité de l’environnement informationnel devient une propriété de cybersécurité parce que cet environnement participe désormais à l’architecture du choix humain.

    La guerre cognitive a trouvé son nouvel intermédiaire

    L’industrie de l’influence n’a pas attendu les LLM pour automatiser la fabrication du faux, mais ces derniers lui offrent un effet de levier considérable, avec des coûts en baisse et une productivité en hausse et, potentiellement, une nouvelle cible.

    Les mercenaires automatisent la perception

    Anthropic affirme avoir démantelé cette année une opération utilisant Claude pour produire et réécrire des contenus politiques diffusés par environ 70 faux médias, 70 comptes X associés et plus de 250 comptes de commentaires [15]. Le laboratoire attribue l’opération à LKM Company, agence française de publicité numérique, et décrit une activité d’« influence-as-a-service » dont les positions variaient selon les clients. Anthropic affirme n’avoir trouvé aucune preuve d’une direction gouvernementale.

    Citizen Lab a parallèlement documenté les méthodes de BlackCore, société israélienne d’influence-for-hire : faux profils, amplification, contenus générés par IA, mesure des résultats et recalibrage [16]. Le laboratoire a notamment reconstitué une formation dispensée à des employés gouvernementaux angolais comprenant une opération supervisée.

    Cette industrialisation des opérations informationnelles par les modèles génératifs avait déjà été analysée dans InCyber : production de récits à grande échelle, adaptation linguistique et contextualisation deviennent beaucoup moins coûteuses [17]. Le métier ressemble de plus en plus au marketing numérique, à ceci près que le produit vendu est autrement plus ambitieux : une perception faussée du réel.

    Empoisonner Internet ? Pas si vite !

    Le réseau prorusse Pravda a fourni une histoire qui collait presque trop parfaitement au narratif occidental sur la guerre hybride : il a tenté de saturer le Web de propagande afin d’« entraîner » les assistants conversationnels à la répéter. Une étude évaluée par les pairs de la Harvard Kennedy School Misinformation Review a testé l’hypothèse : douche froide pour les agents du Kremlin [18]. Les chercheurs ont interrogé des assistants IA sur des sujets visés par le réseau Pravda. Sur 416 réponses, 8 % citaient un site du réseau, 5 % reprenaient ou validaient cette désinformation, parmi lesquelles seul 1 % du total s’appuyaient sur Pravda pour soutenir la désinformation testée. 

    Les chercheurs pointent plutôt les data voids, ces trous documentaires où les sources solides manquent. Inutile de repeindre tout Internet lorsque l’on peut occuper méthodiquement les zones où presque personne d’autre ne publie.

    Pour les militaires, la guerre cognitive entre dans la boucle de rétroaction

    Les armées, elles, ne s’embarrassent guère du mot « nudge ». StoryForge, financé par le programme américain SBIR, associe profilage d’audiences, génération de contenus, simulation et suivi des performances. La plateforme a été testée par plus de 100 personnels, notamment au SOCSOUTH, au 4th Psychological Operations Group et à la 82nd Airborne Division [19].

    L’OTAN a lancé en 2026 un challenge intitulé « Agentic AI for Cognitive Warfare » [20]. Le cahier des charges vise des outils capables d’identifier des audiences adverses, de fabriquer des messages personnalisés et d’adapter la stratégie en temps réel à partir du retour observé. Plus explicite encore, un article du Military Intelligence Professional Bulletin américain envisage l’empoisonnement des LLM par un adversaire afin d’altérer connaissances, perceptions et décisions des utilisateurs militaires [21]. Le scénario reste prospectif et défensif, mais il est facilement retournable. Pratique pour tester des hypothèses « grises » ou « noires » sans s’encombrer de considérations éthiques. En tout état de cause, son objet est déjà celui qui nous occupe : la « cognitive security ».

    INCYBER a récemment consacré plusieurs analyses à ce rapprochement entre cyber, informationnel et cognitif [22], jusqu’à poser le cerveau comme une « infrastructure critique » de la cybersécurité contemporaine [23]. Derrière la formule provocatrice, le déplacement stratégique est bien réel : à mesure que le LLM s’interpose entre l’information et l’utilisateur, il devient un terrain de choix pour la guerre cognitive.

    Tout est là, sauf le flagrant délit

    Récapitulons : les IA conversationnelles tendent à homogénéiser l’écriture, peuvent modifier l’opinion de leurs utilisateurs, sont plus persuasives que des humains. Des acteurs civils, étatiques et militaires cherchent à peser sur leurs recommandations, avec des moyens allant du légitime au franchement illégal. Toutes les pièces du puzzle sont sur la table, sauf une, et de taille : nous n’avons trouvé aucune preuve publique solide d’une opération complète dans laquelle un État aurait compromis ou empoisonné un grand assistant civil, durablement orienté ses réponses, puis mesuré un changement d’opinion ou de comportement dans une population adverse. 

    Les tentatives existent pourtant, et les LLM, en tant qu’ils façonnent une partie de l’environnement informationnel dans lequel chacun réfléchit, écrit ou décide, exercent naturellement une influence sur leurs utilisateurs. Celui qui parvient à orienter la machine n’a peut-être plus besoin de convaincre directement l’homme et laisser la machine s’en charger. Dès lors, leur intégrité devient un enjeu cyber majeur. 

    FAQ – Manipulation des LLM

    Qu’est-ce que le nudge appliqué à l’intelligence artificielle ?

    Le nudge consiste à modifier l’architecture dans laquelle un choix est effectué afin d’en favoriser certains sans interdire les autres. Appliquée aux LLM, cette grille permet d’étudier la sélection des informations, leur ordre, les recommandations, l’autocomplétion ou la personnalisation des réponses.

    Comment peut-on manipuler les recommandations d’un LLM ?

    Plusieurs surfaces existent : contenus optimisés pour les moteurs génératifs, sources récupérées par RAG, prompt injection indirecte ou empoisonnement de mémoire. SafeGEO [11] a montré expérimentalement qu’une source manipulée pouvait fortement modifier certaines recommandations ; Microsoft [13] a documenté des tentatives réelles visant la mémoire d’assistants.

    Les États empoisonnent-ils déjà ChatGPT ou d’autres LLM pour influencer les populations ?

    Aucune preuve publique suffisamment solide identifiée dans cette enquête ne permet d’établir une chaîne complète allant d’une opération étatique d’empoisonnement d’un grand assistant civil jusqu’à un effet comportemental mesuré sur une population. Des doctrines militaires, opérations d’influence automatisées et recherches sur le LLM poisoning documentent en revanche séparément plusieurs maillons du scénario.

    GEO et manipulation des LLM sont-ils la même chose ?

    Non. Le GEO vise normalement à améliorer la visibilité d’un contenu dans les réponses génératives. Des méthodes agressives peuvent cependant exploiter le fonctionnement des agents pour favoriser artificiellement une source ou un produit, la frontière se déplace alors de l’optimisation vers la manipulation.

    Sources

    [1] Sayer Ji, « The Next Wave of Censorship Won’t Look Like Censorship », 12 septembre 2026, https://sayerji.substack.com/p/the-next-wave-of-censorship-wont

    [2] Bibliothèque nationale de France, « Nudge: Improving Decisions about Health, Wealth, and Happiness, Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein », 2008, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41380381f

    [3] Direction interministérielle de la transformation publique (DITP), « Sciences comportementales », https://www.modernisation.gouv.fr/accompagner-les-administrations/laboratoires-interministeriels-dinnovation/sciences

    [4] Nature Human Behaviour, « The shrinking landscape of linguistic diversity in the age of large language models », août 2026, https://www.nature.com/articles/s41562-026-02550-0

    [5] OPECST / Sénat, « ChatGPT, et après ? Bilan et perspectives de l’intelligence artificielle », 28 novembre 2024, https://www.senat.fr/rap/r24-170/r24-1705.html

    [6] PMC, « Biased AI writing assistants shift users’ attitudes on societal issues », 2026, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12978215/

    [7] Nature Human Behaviour, « On the conversational persuasiveness of GPT-4 », 2025, https://www.nature.com/articles/s41562-025-02194-6

    [8] BVA Nudge Consulting by Ipsos, « Who we are », https://www.bvanudgeconsulting.com/who-we-are/

    [9] Ipsos, « The Human Advantage Conference revient pour une troisième édition ! », 1er-2 octobre 2026, https://www.ipsos.com/fr-fr/human-advantage-conference-2026

    [10] Ipsos, « Suivez et optimisez la visibilité de votre marque dans les réponses des IA génératives grâce à Ipsos Synthesio AI Visibility », 9 juillet 2026, https://www.ipsos.com/fr-fr/ipsos-synthesio-ai-visibility

    [11] SafeGEO / University of Toronto et partenaires, « Understanding Generative Engine Optimization Risks in Recommendation Agents », 2026, https://github.com/QianfengWen/SafeGEO

    [12] InCyber, « LLM, agents autonomes et identités non humaines : la nouvelle surface d’attaque de l’IA », 28 mai 2026, https://incyber.org/article/llm-agents-autonomes-et-identites-non-humaines-la-nouvelle-surface-dattaque-de-lia/

    [13] Microsoft Security, « Manipulating AI memory for profit: The rise of AI Recommendation Poisoning », 10 février 2026, https://www.microsoft.com/en-us/security/blog/2026/02/10/ai-recommendation-poisoning/

    [14] InCyber, « IA agentique : quelles menaces pour quelles parades ? », 2026, https://incyber.org/article/ia-agentique-menaces-pour-quelles-parades/

    [15] Anthropic, « Detecting and countering misuse of AI: September 2026 », 10 septembre 2026, https://www.anthropic.com/threat-intelligence-report-september-2026

    [16] Citizen Lab, « BlackCore’s Influence Operations for Hire », 17 septembre 2026, https://citizenlab.ca/research/blackcores-influence-operations-for-hire/

    [17] InCyber, « Influence artificielle : comment les modèles génératifs transforment déjà les opérations informationnelles », 3 juillet 2026, https://incyber.org/article/influence-artificielle-comment-les-modeles-generatifs-transforment-deja-les-operations-informationnelles/

    [18] Harvard Kennedy School Misinformation Review, « LLMs grooming or data voids? LLM-powered chatbot references to Kremlin disinformation reflect information gaps, not manipulation », 2025, https://misinforeview.hks.harvard.edu/article/llms-grooming-or-data-voids-llm-powered-chatbot-references-to-kremlin-disinformation-reflect-information-gaps-not-manipulation/

    [19] U.S. Small Business Innovation Research (SBIR), « StoryForge — Award 218403 », 2025-2026, https://www.sbir.gov/awards/218403

    [20] NATO Allied Command Transformation, « Innovation Challenge 2026-1: Agentic AI for Cognitive Warfare », mars 2026, https://www.act.nato.int/wp-content/uploads/2026/03/rfip026038.pdf

    [21] U.S. Army, Military Intelligence Professional Bulletin, « Narrative Manipulation, Malinfluence Operations, and Cognitive Warfare Through Large Language Model Poisoning with Adversarial Noise », 2025, https://www.lineofdeparture.army.mil/Journals/Military-Intelligence/Military-Intelligence-Archive/2025-July-December/Narrative-Manipulation/

    [22] InCyber, « Guerre cognitive et brutalisation de l’arène informationnelle », 17 août 2026, https://incyber.org/article/guerre-cognitive-et-brutalisation-de-larene-informationnelle/

    [23] InCyber, « Guerre cognitive, cybersécurité et IA : le cerveau est devenu une infrastructure critique », 7 juillet 2026, https://incyber.org/article/guerre-cognitive-cybersecurite-et-ia-le-cerveau-est-devenu-une-infrastructure-critique/

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  • [MinuitDecousu] Épisode #265 Le hussard noir tombe du toit

    Émission enregistrée en direct des studios de Radio Canut le 13/10/2026. Après les blocages la semaine dernière, on rentre dans les bahuts et on tourne dans la manif du jour à #lyon, pour faire 1h de radio et tuer le prof qui est en toi… 🫵Dans cette émission on tourne dans la manifestation du 13 octobre à Lyon et on tend le micro à des lycéen-nes, étudiant-es et profs des lycées Jacques Brel, Brossolette, Marcel Sembat, Paul Seguin et Faÿs. On a aussi eu l’occasion de causer avec une camarade prof en REP+ en banlieue lyonnaise et on a ressorti des tracts du mouvement lycéen de 1971 à Villeurbanne.

    https://audioblog.arteradio.com/blog/139527/podcast/283974

  • “We Can't Punish Our Way Out of This”: A Conversation on Meaningful Accountability After Cornell | The Nation

    A discussion with Rebecca Solnit and Rabbi Danya Ruttenberg about what accountability should look like for survivors of sexual assault and rape. Source: The Nation
  • BBC asks judge to force Trump to sit for deposition as part of his $10bn lawsuit

    BBC asks US federal judge to compel Trump’s lawyers to schedule deposition after his team canceled initial session

    The BBC is asking a federal judge in Florida to force Donald Trump to sit for a deposition as part of the president’s $10bn defamation lawsuit against the British broadcaster.

    According to a Tuesday filing, the BBC and Trump’s legal team had agreed for him to be deposed on Friday. The BBC’s lawyers wrote to the judge that they had spent months trying to secure a location for the deposition from Trump’s team.

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  • New White House press secretary a 'devoted fan' of Trump and MAGA

    President Trump's new White House press secretary Katie Zacharia is expected to take the podium on Tuesday for her first press briefing. Zacharia steps in as Trump's chief spokesperson at a moment when his popularity has fallen to record lows and Republicans are scrambling to limit potential losses in the midterm elections. The Trump administration is also engaged in a legal battle with the press corps that work to cover Trump. Last month, the White House restricted access by CNN, MS NOW and Politico, news organizations that Trump views as unfriendly. The Justice Department has since launched an investigation into the five television networks that share pool video coverage of Trump.
  • Katie Zacharia's 5 Biggest Challenges as Trump's New Press Secretary

    Katie Zacharia begins her new role as President Donald Trump's White House press secretary on Monday, stepping into the spotlight less than a month before the midterm elections. She is taking the highly visible post at a challenging moment for the president and his party. Republicans are embroiled in tough midterm campaigns; the administration's moves on foreign policy are facing intense scrutiny; and the relationship between the White House and the press has been strained by ongoing disputes over media access.
  • Trump’s October Diesel Surprise

    LEFT: U.S. President Donald Trump. Photo by Aaron Schwartz/Getty Images. RIGHT: Russia’s President Vladimir Putin. Photo by Mikhail METZEL / POOL / AFP via Getty Images.

    Three and a half weeks before the midterms, President Trump made a surprise announcement. After a phone call with Russian President Vladimir Putin last Friday, Trump declared that Russia would “immediately supply over 300,000 Tons of Diesel Fuel to the American and Global Marketplace,” with millions more tons to follow. Within hours, the Treasury Department, ever willing to follow orders no matter how illegal, issued a waiver letting anyone buy, ship and import Russian diesel, including into the United States, without running afoul of Treasury’s sanctions on Russia. That waiver runs through April 7, 2027.

    Trump touted the deal as relief for farmers, ranchers and truckers paying $6.28 a gallon or more for diesel. But many, even in his own party, heard it differently. Bloomberg’s evening briefing on Monday summed up the mood:

    “The president’s moves amount to an unwanted October surprise for some Republicans in tough races as their party struggles to maintain its slim majorities in the House and Senate.”

    If this was meant as price relief, consumers shouldn’t get their hopes up. Putin’s opening delivery would cover about 13 hours of what Americans used in a day before the Iran war.

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    What Trump agreed to

    In his Truth Social post, Trump wrote that Russia would send 300,000 tons of diesel right away, another 500,000 tons in November, 1 million tons after that and then 3 million tons more, depending on the condition of its refineries. He promised diesel prices would fall quickly (they won’t), and later told reporters, “I want to thank President Putin.”

    The White House didn’t say who would pay for the diesel or when it would arrive. The Kremlin’s version of the call said only that Russia stood ready to supply oil and oil products to American and global markets, and a Putin aide would not say whether Washington had offered anything in return. A Russian deputy prime minister said Moscow would begin lifting its ban on diesel exports ahead of schedule and could start shipping this month. Russia had barred those exports since July after repeated Ukrainian strikes on its refineries.

    The Treasury waiver goes further than Trump’s announcement. It sets no limit on volume or destination. For six months, Russian diesel can be bought, shipped and sold anywhere in the world, including the United States, without violating Treasury’s sanctions on Russia.

    The announcement landed while Trump’s envoys, Steve Witkoff and Jared Kushner were meeting Ukrainian officials in Miami to discuss a proposal to end the war. Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy was frank: “I believe our team is simply being used as a smokescreen.”

    The sanctions Trump and the Treasury set aside

    There are laws on the books supposed to prevent this. One was enacted just three weeks before the call, when Trump signed a bill designed to choke off the oil and gas money that pays for Russia’s war in Ukraine. The law is named for the late Sen. Lindsey Graham, the South Carolina Republican and longtime Russia hawk who championed it and died suddenly in July, shortly after returning from Kyiv.

    The diesel waiver sets the regime on a collision course with the Graham law and the 2022 ban on all Russian energy imports, which passed the Senate 100-0. That 2022 law allows a president to lift the ban only if Russia agrees to withdraw from Ukraine (it has not), and only after weeks of consultation with Congress and a mandatory waiting period (the White House observed neither). Rep. Lloyd Doggett, a Texas Democrat who was the chief sponsor of that law, says Trump is “directly violating” it.

    One provision of the Graham law may trip up Trump’s plans. It orders the president, “notwithstanding any other provision of law,” to raise tariffs on all Russian goods imported into the United States, fuel included, by this weekend. A president may waive that requirement only after formally certifying to Congress that doing so serves the national interest and explaining why. Separately, a bipartisan group of seven senators confirmed the regime neither consulted Congress nor offered any explanation as required by the 2022 import ban. Sen. Thom Tillis, a North Carolina Republican, said there is “a legitimate case for saying the president’s not following the law.”

    It’s very on brand.

    The Treasury used to sing a different tune about Putin’s military adventurism. Last October, announcing sanctions on Rosneft and Lukoil, Treasury Secretary Scott Bessent called them “Russia’s two largest oil companies that fund the Kremlin’s war machine.”

    Now, Treasury is clearing the way for Russian diesel sales that will help fund that same war machine. The Graham law expressly preserves Treasury’s power to issue licenses allowing otherwise prohibited transactions, though that clause says nothing about the 2022 import ban. On Sunday, Bessent told Fox News that “anyone in Congress who says whether it’s an old bill or the current Lindsey Graham bill (that) prohibits us from doing it is wrong.”

    Less than 10 days of diesel

    The first shipment amounts to about 2.2 million barrels, according to Bloomberg energy columnist Javier Blas. Americans used an average of 3.9 million barrels of diesel and heating oil a day in 2025. Trump’s full package, all 4.8 million tons, comes to roughly 36 million barrels, about nine days of that demand spread over the coming months.

    A week before the Putin call, the G7 had agreed to release 100 million barrels of crude oil and diesel from emergency reserves. By back-of-the-napkin math, Putin’s entire offer comes to just over a third of that.

    Energy analysts were unimpressed. “What does this do to prices? I think probably not much,” remarked Clayton Seigle of the Center for Strategic and International Studies. As for price relief, don’t hold your breath. Michael Lynch of the Energy Policy Research Foundation noted that every barrel Russia sends to America is a barrel its current buyers won’t get, so those buyers will look elsewhere and prices will stay about where they are.

    Tom Kloza, an adviser at Gulf Oil, said market prices fell 7 to 8 cents a gallon on the news, and nearly every trader he spoke with doubted it would change the trend. “Diesel molecules are scarce and promise to be scarce through October, into November and perhaps beyond,” he said. University of Houston energy economist Ed Hirs predicted that relief at the pump would arrive only after Election Day.

    Russia may not have much to give. Ukrainian strikes have cut Russian diesel output by about 30 percent, according to the International Energy Agency, and Moscow is keeping its own tanks full. Seigle added that the deal is a boon to Putin, who is trying to sell off summer-grade diesel before Russians need heavier winter grades.

    Putin had publicly dangled the offer on Oct. 1 at the Valdai forum outside Moscow, he said, “We already have enough diesel fuel. But it won’t reach global markets because of the bans and sanctions against our oil and petroleum products.” Eight days later, Washington issued its diesel sanctions waiver.

    Allies and Ukraine balk

    Europe moved quickly to distance itself from Trump’s chummy new deal with Putin.

    The European Union’s foreign policy chief, Kaja Kallas, noted that Russian strikes had killed more than 80 Ukrainian civilians in two days and warned that suspending sanctions on Russian diesel would hand Moscow more money to wage war. “This is not the time to ease pressure on Russia, and Europe won’t,” she said. On Monday, Kallas announced that EU foreign ministers had adopted nearly 1,600 new sanctions listings targeting Russia’s military-industrial complex. Germany’s fuel trade association said it expected the U.S.-Russia deal to have little effect on prices at German pumps.

    German Chancellor Friedrich Merz declared such a move was out of the question for Germany and Europe, arguing that Russia would negotiate seriously only under pressure. Canadian Prime Minister Mark Carney told Zelenskyy in a call on Sunday that the deal “is in direct opposition to the efforts of Ukraine, Canada, and our allies to create peace and stability in Europe,” his office said. Zelenskyy warned that Moscow would repay the deal “with further terror and perfidy.”

    Trump predictably blamed Zelenskyy. He said Saturday that the U.S. had urged Ukraine to stop striking Russian refineries, adding, “He better damn well stop!” He also said Ukraine should “get a new leader who can make a deal.” His remarks came hours after Russian strikes killed at least 20 people in the Ukrainian city of Zaporizhzhia.

    Congress pushes back

    The deal has opened a rift within the GOP just weeks before Election Day. Rep. Brian Fitzpatrick, a Pennsylvania Republican and co-chair of the Congressional Ukraine Caucus, announced the “Ronald Reagan Peace Through Strength Act,” a bill to block all purchases of Russian oil. He plans to force a vote with a discharge petition, a maneuver that bypasses House leadership if 218 members sign on. Rep. Don Bacon, a Nebraska Republican, agreed to co-sponsor it. “The president has always had a moral blindness when it comes to Putin,” Bacon said. Rep. Marie Gluesenkamp Perez, a centrist Washington Democrat, said she is working with members of both parties on similar legislation.

    Other Republicans also broke ranks with Trump. Sen. Lisa Murkowski of Alaska urged Trump to wield the Graham law’s penalties against Moscow, and former House Foreign Affairs Committee Chairman Michael McCaul warned that lifting sanctions would bankroll Russia’s military. Michigan Senate candidate Mike Rogers and Alaska Sen. Dan Sullivan also distanced themselves from the deal, the New York Times reported.

    Sen. Richard Blumenthal, the Connecticut Democrat who wrote the sanctions law with Graham, blasted the deal. “This agreement with a murdering dictator is a stain on our nation’s character, an insult to Lindsey Graham’s memory, and directly contrary to Congress’s intent in our bipartisan sanctions bill,” he said.

    The White House still has defenders. Senate Majority Whip John Barrasso of Wyoming said on CBS that Trump is focused on bringing down costs. “The president is balancing and has to make tough decisions,” he said. House Majority Whip Tom Emmer of Minnesota also defended the deal on ABC.

    Any legislative fix faces long odds. Congress isn’t scheduled to resume voting for several weeks, and its term ends in January. Any bill would also need to clear the Senate and secure Trump’s signature or enough votes to override his veto.

    Diesel weasel

    Given how little the move is expected to affect prices, and the strong opposition within his own party, a question hangs over the whole deal: Why even bother?

    For starters, Trump may feel he needs to look like he’s doing something about high diesel costs. He can’t publicly turn to allies like Canada, where he has already burned bridges. And he can’t get more oil from the Middle East because of the growing war in the region that he himself started with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu.

    As The Atlantic’s Anne Applebaum argues, there may be something else afoot:

    “The amount of fuel that Russia could export is too small, the impact on pricing too slight, the narrative too late to shape electoral outcomes. This looks, instead, like something very different: an abrupt, Hail Mary attempt to force Ukraine to surrender and to save the Russian economy, perhaps in order to finally complete the multiple business deals that the Russians are known to have discussed with American negotiators and others in Trump’s orbit.”

    Among those deals, as I wrote earlier, is the proposed sale of Lukoil’s foreign oil assets to a group of investors with close ties to Trump’s family and his negotiators. That sale also needs Treasury’s blessing — something that doesn’t seem to be much of an obstacle these days.

    Indeed, by accustoming the public and Congress to broad, shady waivers of otherwise strong Russia sanctions, Treasury may be teeing up its next outrageous move: greenlighting a massively corrupt oil asset sale to investors tied to the very people now supposedly negotiating peace between Russia and Ukraine.

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  • Enter the Zachbot: Trump’s new press secretary malfunctions on podium debut

    Katie Zacharia’s maiden briefing was excruciating – at least her predecessor had delivered her propaganda hot

    Well, that was weird. Katie Zacharia, the new White House press secretary, made her debut on the podium on Tuesday with all the warmth, wisdom and political dexterity of an AI avatar.

    Zacharia was all stilted delivery, nervous tics and lack of eye contact. With an eerie lack of emotion, she served up pro-Trump talking points, took only three questions and vanished after 14 minutes. It was like the West Wing had turned into uncanny valley.

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  • Judge orders Trump administration to halt work on historic DC golf course

    District judge Ana Reyes halts tree-cutting at the East Potomac golf course until 26 October, and now requires advance notice before making course changes

    US district judge Ana Reyes on Tuesday ordered a halt to tree-cutting at the East Potomac golf course until 26 October, putting a further pause on work at the historic Washington DC course that has been part of Donald Trump’s plans to remake the country’’s capital city.

    Reyes issued the order one day after a tense three-hour hearing in which she harshly criticized the government for having deceived her with its actions over the holiday weekend.

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  • Crève l’école

    En écho à toutes les formes de révoltes radicales qui traversent ce mouvement, et dans l’espoir qu’il ne se laisse pas encadrer par les pacificateurs et fossoyeurs habituels, nous avons posé une grande banderole contre ce monde, ses écoles, ses partis et ses syndicats sous le nez du SO de la CGT au moment du passage du cortège de la manif syndicale Place d’Italie – Invalides. La réaction de ces flics de manif qui ne supportent pas la moindre contestation ne s’est pas faite attendre puisqu’ils se sont ramenés à une petite dizaine déterminés à grimper sur l’échafaudage pour la décrocher, et prêts à défoncer des anars et autonomes comme ils rêvent de le faire depuis plusieurs décennies, sous l’œil complice de LFI et des autres syndicats. On a pu entendre des remarques formidables comme « Vous voulez que ça soit comme 2016, tout le monde se met en noir et casse tout ? », « c’est notre manif, c’est nous qui l’avons déclarée ». Cette fois, ils ont fait face à notre détermination, mais aussi au soutien de plusieurs groupes de manifestants lucides sur le rôle des syndicats, ou tout simplement solidaires contre les flics en bleu comme sous couleur de SO syndical, et après une bonne demi-heure d’escarmouches et de coup de pressions ridicules, ils ont fini par lâcher l’affaire et sont repartis penauds, la matraque entre les jambes.
    La banderole a ainsi pu égayer l’ensemble du cortège puis être aussi visible durant le passage de la deuxième manif quand elle a rejoint le trajet de la première. Elle était accompagnée du tract intitulé « Personne ne veut de la vie que l’école nous a prévue ».

    Vive la lutte, crève l’école, les syndicats et les partis défenseurs du vieux monde !

    L’assemblée anti-électorale

  • Le RN, bouclier de la communauté juive, vraiment?

    Depuis les révélations sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, le Rassemblement national répète encore qu’il est le meilleur «bouclier» pour lutter contre l’antisémitisme. Qu’importe si Marine Le Pen ne cesse de défendre et de soutenir des élus mis en cause pour leur antisémitisme.
  • Menacée de dissolution, l’association d’Alain Soral cherche la parade pour continuer à propager son antisémitisme

    Le ministère de l’intérieur veut dissoudre Égalité et Réconciliation, pour provocation «à la haine et à la violence envers les juifs»," "«la communauté LGBT», ou encore «les femmes». Une procédure précipitée par l’affaire Bardella, qui a souligné l’influence d’Alain Soral sur toute une génération de militants.
  • 13 octobre : les luttes convergent, rendez-vous le 17

    En ce mardi 13 octobre, nouvelle étape des mobilisations lycéennes. Adolescents, étudiants, professeurs et salariés convergent pour augmenter la pression. Avec une date que tous ont en ligne de mire : le 17 octobre.
  • Trump speaks on Kimberly Guilfoyle resignation: 'We didn't like what we were reading' – video

    When asked about the decision to request US ambassador Kimberly Guilfoyle's resignation, Donald Trump told the press she 'was doing a good job' but that the administration 'didn't like what we were reading', referring to allegations that Guilfoyle had asked a Trump donor to pay her credit card bill. Guilfoyle, who was once engaged to Trump’s son, Donald Jr, was a longstanding political ally

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  • Trump Bans CNN, Then Has DOJ Investigate CNN For Not Covering Him

    Remember when Elon Musk told advertisers to go fuck themselves… and then sued them (unsuccessfully) for not advertising on his personal propaganda and manipulation site? Well, it appears that Donald Trump is trying a government-backed variation on that abusive power play: claiming that news networks choosing not to cover him after he announced he was initiating a “free press ban” in the White House… is somehow an antitrust violation.

    The Justice Department is investigating whether the major television networks — ABC, CBS, CNN, NBC and Fox News — violated federal antitrust laws when the group briefly suspended their pooled coverage of President Trump, according to six people with knowledge of the department’s action.

    Officials from the Justice Department contacted networks on Friday and demanded communications and materials related to the White House TV pool, the people said. The pool is a longstanding system where the networks share the responsibility of providing footage of the president and distributing it to other news outlets.

    So, before we get into the details here, let’s just do a quick refresher of the same “antitrust 101” lesson I suggested for Elon Musk two years ago during his lawsuit. While there can be antitrust concerns when a group of businesses get together to engage in a boycott, that only applies to situations where that boycott is focused on actual harms to consumers or competition. A boycott with political and expressive aims is protected under the First Amendment, and publicity campaigns aimed at influencing government are not an antitrust violation. This has been established over and over again at the Supreme Court and beyond.

    Indeed, as former FTC chair William Kovacic tells the NY Times, the biggest missing factor here is that for there to be antitrust, there needs to be a commercial motive:

    “The critical ingredient in successful antitrust cases is to demonstrate that there is unmistakably a commercial motive and that the commercial motive predominates,” Mr. Kovacic said. “And I don’t think they would ever be able to do that here.”

    So this “investigation” is little more than fan service for the MAGA faithful in an attempt to create chilling effects on the media after Trump threw a hissy fit that the media wasn’t covering his every damn word as closely as before. The White House TV “pool” reporting involves a rotating group of media entities which share their work with others so that not every journalism org has to have their own camera crew (there are separate pools for radio and print, again to avoid overlap and crowding).

    As a reminder, on Friday, September 18th, Donald Trump announced that he was “banning the free press” from the White House, specifically in the form of pulling the press passes from CNN, Politico, and MSNow reporters. On Monday the 21st of September, CNN had been scheduled to handle the TV pool that day, but since it was barred, it didn’t do so. And the other members of the TV pool — ABC, CBS, NBC, and Fox News — all agreed they would not step in to cover for the White House’s clearly unconstitutional attack on CNN and the other media entities barred from the White House.

    Thus, for a few days there wasn’t TV pool coverage, which seemed to piss off Trump, even though it was all in response to his own First Amendment-violating censorial actions. He took to his own personal pinboard, Truth Social, to whine about the lack of coverage of Chinese leader Xi Jinping’s state visit:

    CNN and MSDNC, to show you how fake they are, today refused to cover one of the Biggest and Most Beautiful Events to take place in many years, the arrival at the White House of the Highly Respected President of China, Xi Jinping, and his beautiful wife, Madam Peng. The event was magnificent—Actually made for Television but, because they’re Fake News, and because they knew how good it would be, they didn’t want credit to be given to ‘TRUMP,’ they refused to be there. That’s why they have such poor Ratings.

    Yes, that’s Donald Trump literally complaining that CNN and MSNow “refused to cover” an event days after he had personally banned them from the White House where the event was happening.

    The MAGA base, of course, quickly spun up nonsense claims about how not covering the president was clearly an antitrust violation (it’s not) with Laura Loomer attacking the current boss of the DOJ’s antitrust division, Stanley Woodward, as secretly a “Democrat.”

    This is all kinds of stupid, given that Woodward has been a MAGA faithful Trump supporter for years. He represented January 6th rioters, and a whole bunch of people in and around Donald Trump, including Peter Navarro, Dan Scavino, and Kash Patel, among others. Politico even dubbed him “the legal nerd who MAGA bigwigs” turn to when they need help. Woodward was also involved in the ridiculous, illegal $1.776 billion slush fund Trump tried to create as part of a “settlement” with himself over his fight with the IRS.

    Meanwhile, back in the actual story, by Thursday of that week a judge had granted a temporary restraining order against the White House, telling the White House to let the reporters back in. It took some time to do so, but eventually CNN, MS Now, and Politico reporters were given their WH press passes back, at least while the TRO remains in effect. And by Friday morning, September 25th, after just four days of no TV pool coverage, the networks restarted the press pool.

    The White House almost immediately tested the boundaries of the TRO by blocking CNN from Air Force One (claiming the TRO only applied to the White House itself) the very next day. CNN was scheduled to handle the TV pool for that Trump trip to Tennessee, so the pool went dark again directly because the White House barred CNN from the flight. That same day, however, the networks announced they would restart the TV pool coverage, just without CNN, effectively caving to the Trump White House.

    So, to sum up, the non-banned networks stood firm to boycott Trump’s TV pool for… five whole days (Monday through Thursday, and then Saturday) before totally caving and continuing to provide Trump pool coverage.

    But Laura Loomer called Stanley Woodward the worst insult you can imagine for a MAGA cultist: “a Democrat.” And thus there must be action to feed the culture war beasts. Hence… an investigation into the networks for refusing to run the TV pool for less than a week in response to Trump illegally banning one member of the pool, that, Trump complained, wasn’t covering him even after he had banned them.

    In a statement on Saturday, a Justice Department spokeswoman, Emily Covington, described the five networks as having “proudly boycotted covering White House events.”

    “Group boycotts among commercial competitors can violate the Sherman Act,” a core antitrust law, Ms. Covington wrote. “The Antitrust Division is simply investigating to determine whether these news organizations have violated the antitrust laws.”

    Again, as discussed above, that’s not at all how the Sherman Act works. And everyone involved knows that full well. The only purpose of this is to (once again) punish the press for its editorial choices — and possibly to get private insight into the networks’ editorial decision-making process as part of the investigation.

    I mean, it really needs to be emphasized here that the DOJ is investigating CNN for “boycotting” pool coverage it was literally banned from providing. In the MAGA cultist worldview, Donald Trump can ban whoever he wants from the “free press” but those he does not ban are absolutely required to cover him and spread his conspiracy theories and bullshit to the world.

    It’s just a continuation of FCC chair Brendan Carr’s threatened investigation into networks that didn’t broadcast Trump’s conspiracy theory-laden speech about China’s supposed interference in the 2020 election (where the documents he declassified actually showed Russia interfered, not China).

    But these stories are all the same basic story: Trump has such a fragile but inflated ego that he believes news networks are required to cover him positively, and that he can punish news orgs that (1) don’t cover him positively or (2) don’t cover him at all.

    That’s not how the First Amendment works, but it is how the MAGA Trump world punishes news organizations for their editorial choices. But, of course, all the people who spent years screaming about “Biden admin censorship” are suddenly very, very quiet.

  • Trump Sends $500 Obamacare Refunds to Nearly 1 Million Americans in 30 States

    Trump Sends $500 Obamacare Refunds to Nearly 1 Million Americans in 30 States
  • À l’Assemblée, le pouvoir droit dans ses bottes mais les pieds dans la boue

    Alors que des milliers de manifestants défilaient pour une cinquième journée de mobilisation, le gouvernement a répondu aux multiples interpellations de la gauche. En première ligne, le ministre de l’intérieur a défendu l’action de ses services contre les «délinquants» et les «casseurs».
  • Sur les réseaux, les influenceurs stars soutiennent les lycéens

    De Squeezie à Lena Situations, en passant par Victor Wembanyama, les célébrités multiplient les messages de soutien aux lycéens mobilisés. Un engagement qui contribue à la popularité du mouvement, et bouscule les frontières traditionnelles de la parole politique.
  • Pour éviter la défaite des républicains aux «midterms», Elon Musk déverse des millions de dollars

    L’homme le plus riche du monde, Elon Musk, est de retour sur la scène politique états-unienne à l’occasion des élections de mi-mandat. Face à la menace de victoires démocrates, le fondateur de SpaceX dépense sans compter et propage sur son réseau social X de fausses informations.
  • «Face à Trump, le Parti démocrate a été nul»

    Avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump et ses candidats sont en difficulté. Quant au Parti démocrate, il est défié par une gauche qui mêle radicalité et pragmatisme. Notre émission avec Cécile Alduy et Mathieu Bonzom, spécialistes des États-Unis.
  • Complotistes, policiers, militaires : le procès d’un putsch pas si grotesque

    Éclipsé des médias par une actualité politique et sociale chargée, le procès du complotiste Rémy Daillet, tenu du 15 septembre au 9 octobre, est passé presque inaperçu. Cet ancien du MoDem, qui a eu son heure de gloire pendant la période covid avec ses…
  • Ben Jennings on Donald Trump and the energy ceasefire between Russia and Ukraine – cartoon

  • ‘I will not be silenced’: Trump critic Ilhan Omar defiant after home raided - The Latest

    Democrats have described a raid on the home of Congresswoman Ilhan Omar as “deeply disturbing” and a “rogue abuse of power” by the Trump administration. The Democratic representative for Minnesota has long been a target of highly personal attacks by Donald Trump, who claims he was not involved in ordering the Justice Department raid. Omar criticised the raid as an attempt to “weaponize law enforcement” as part of a “campaign of political intimidation” against her. Lucy Hough speaks to Guardian US political reporter Shrai Popat – watch on YouTube

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  • « Loi intégrale » contre les VSS : les femmes étrangères rejetées du texte

    Source : Politis Payant
  • Save Europe Act : enquête sur les réseaux et les entreprises derrière la campagne de l'extrême droite pour la « remigration »

    Source : Observatoire des multinationales
  • Loves Trump, lies and conspiracies: Katie Zacharia is the perfect presidential press secretary | Arwa Mahdawi

    The Maga member believes the 2020 election was stolen and seemingly her new boss is saving the world from a cabal of satanic paedophiles. She’ll fit right in then

    Poor Donald Trump. His (third) wife seemingly can’t bear to be near him and his (fifth) press secretary recently abandoned him to be with a baby she had only recently met.

    “She decided she loved her children more than she loved Donald Trump,” the president lamented in August when Karoline Leavitt decided to step down a few months after giving birth. “I’m very upset about this. She has to go home and spend time with her children. That does happen on occasion with some people – when they love their children.”

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  • État de l’autonomie : pour un milieu toto révolutionnaire, pour une ultragauche pensant les oppressions.

    I. L’autonomie : histoire et ligne politique.

    L’autonomie désigne souvent un milieu : milieu toto pour nous, mouvance anarco-autonome pour les keufs, black blocks radicalisés pour BFM… qui est plus ou moins lié au monde des squat – toto des villes – et des ZAD – toto des champs. En gros on est plein de gens qui aimons pas le capitalisme, qui aimons – théoriquement – pas les oppressions systémique non plus, et qui lisons des brochures radicales. Quand on y entre, c’est rarement par la théorie, et on finit par en oublier que l’autonomie ne désigne pas seulement des gens qui font des A cerclés sur les murs et qui ont un look ultra-dark [1], mais aussi un courant politique précis, avec un passé et une histoire. Ces deux réalités de l’autonomie entretiennent une relation complexe et contradictoire, et c’est là-dessus qu’on veut se pencher aujourd’hui.

    L’autonomie correspond à tout ce qui est situé à « gauche » du léninisme, c’est-à-dire toutes les tendances révolutionnaires qui rompent radicalement avec l’autoritarisme et refusent la centralisation, la structuration hiérarchique, l’organisation bureaucratique, la délégation de pouvoir par la représentativité politique, etc… Pour résumer, elle vient historiquement de deux branches : la branche anarchiste – en gros le milieu toto d’aujourd’hui – et la branche ultragauche – aussi appelée marxiste anti-autoritaire ou autonomie communiste, dont les luxembourgistes des années 20 ou l’autonomie italienne des années 70 sont des exemples connus.

    Une des particularités fondamentale de l’autonomie est de s’organiser hors et contre les institutions du capital, en vue de les détruire. Elle part du principe que ces institutions, multiples (l’Etat, la valeur, le travail, l’armée, la police, etc) ne peuvent être conquises ou utilisées à des fins positives. Cela marque une différence fondamentale entre elle et l’extrême-gauche, qui voit dans ces instances des outils dont nous serions dépossédés. Ainsi là où la pensée de gauche est de « réappropriation de ce qui nous est volé » et où sa préoccupation est de placer les bons à la direction de la machine, la pensée autonome est purement destructive de la machine en question, en tant que part non réformable du problème.

    Ce point est déterminant, car il explique pourquoi, entre l’autonomie et tout ce qui constitue la gauche, il y a un gap de ligne : les sauce-dem militants ou les syndicats ne sont pas des alliés critique avec qui on a des querelles sectaires pendant que l’extrême droite avance, mais bien des adversaires politiques dont le programme et la ligne sont antagonistes aux notres. Le manque de compréhension de ce point nous semble réellement problématique, car il marque une perte de compréhension de ce qu’est la ligne autonome.

    II. Les différents courants.

    1. Ultragauche

    Chacune des deux branches de l’autonomie a une histoire foisonnante, faite de multiples tendances. Si on voulait résumer à la serpe, on dirait ça : l’ultragauche, ou autonomie communiste, se définit par rapport aux autres courants communiste par son refus de toute conquête de l’appareil d’Etat et de tout parlementarisme. On peut en voir une préfiguration dans ceux qu’on appelle les « enragés » sous la révolution française, ou dans les communistes anti-léninistes à l’époque de la révolution russe. Les deux situations sont d’ailleurs assez similaires dans certains aspects des dynamiques qui s’y jouent : dans chacun de ces cas, les « ultragauches » sont en conflit avec des « révolutionnaires centralisateurs » – Marat dans un cas, Lénine dans l’autre – qui les traitent de débiles parce qu’ils veulent la révolution tout de suite alors que « le reste du pays n’est pas prêt ».

    C’est donc une histoire qui commence à la seconde 1 du système bourgeois. Il y a, d’un côté, les « extrêmes-gauchistes » qui veulent renverser la table mais selon un plan précis, avec un peuple révolutionnaire bien au pas et qui fait les choses selon leurs ordres. Et de l’autre ceux qui , faisant partie de ce peuple, veulent tout détruire maintenant et sans suivre le plan, et sont donc vus comme des agitateurs « dangereux pour la révolution » par les premiers. On voit bien dès lors que si pour l’extrême-gauche le clivage politique se fait entre les partis bourgeois et la gauche révolutionnaire, pour l’ultragauche, la rupture est un pas plus loin qualitativement : entre les « représentants/chefs/parlementaires », quel que soit leur bord, et les exploité.e.s atomisé.e.s, car pour ces derniers, le rapport social induit par les institutions est plus déterminant que de savoir qui est à leur tête. En effet, peu importe la couleur du parti, peu importent les querelles entre « bons et mauvais gouvernants », si tous sont d’accord pour imposer un ordre social étatiste – même soit-disant transitoire- , le travail à une majorité de la population – sous peine de prison ou de crever de faim – , et pour envoyer la troupe quand cette majorité décide qu’elle veut changer l’état des choses.

    C’est un des socles fondamentaux de l’ultragauche : il n’y a pas, pour elle, de rupture qualitative fondamentale entre démocratie, gouvernement « révolutionnaire », fascisme, pas de différence qui vaille la peine qu’on s’y arrête entre gauche et droite, ni même entre extrême-gauche et extrême-droite. Ce sont toutes des boutiques gestionnaires de l’exploitation, toutes des garantes du rapport social capitaliste, et c’est par ça qu’elles se définissent avant tout. Ainsi, si le fascisme est une forme spécifiquement violente du capital qui doit être combattue, elle ne doit pas l’être en régénérant ses causes dans le même mouvement : c’est seulement par l’angle de l’anti-étatisme que des perspectives émancipatrices peuvent apparaître. De Mao à Allende en passant par Jaurès, Blum, Lenine ou Maduro, il n’y a donc rien à choisir, ce qui reproduit l’Etat étant voué à reproduire en même temps l’exploitation et les oppressions sur lesquelles celle-ci repose. Le seul choix révolutionnaire que l’on peut faire à chaque instant est celui du camp prolétarien, radicalement contre ces Etats.

    L’ultragauche se distingue ainsi par son refus premier de toute alliance transclassiste même lorsque le conflit semble opposer le « raisonnable » voire le « progrès » au « mal absolu ». De là découlent ses critiques de l’auto-gestion [2], de l’antifascisme [3], etc… Cette ligne de classe fait sa force et sa pertinence dans les mouvements de lutte et dans le milieu anticapitaliste : là où l’analyse anarchiste rejette l’Etat sans distinction – ce qui est à notre avis très pertinent, ce n’est pas une critique – , l’ultragauche produit une propagande spécifique contre la gauche et ses enseignes, propagande qui permet une rupture avec la récupération réformiste ou léniniste.

    2. Les « toto »

    La branche anar de l’autonomie vient d’une histoire propre, même si les deux finissent par se mêler. Contrairement au communisme, dont l’ultragauche est un courant très spécifique, on pourrait dire que l’anarchie dans son ensemble est intrinsèquement liée à l’autonomie, du fait de son refus de toute transition étatique vers le communisme et de toute forme de délégation de pouvoir. Ses références sont assez différentes de l’ultragauche : elle va avoir tendance à se réclamer de l’héritage de l’Espagne de 36, des marins de Cronstadt en Russie et des expériences d’auto-organisation menées sous l’impulsion de l’armée de Nestor Makhno en Ukraine.

    Cette branche de l’autonomie est encore la plus vivace par chez nous : globalement il nous semble que la plupart des gens du milieu toto se définiraient plus facilement comme anarchistes ou anarchisants que comme communistes. Le corpus théorique qui la traverse n’est pas ou peu marxiste, il aborde plus l’anticapitalisme depuis l’anti-autoritarisme que depuis la question de l’exploitation, et il insiste plus sur les actions affinitaires de lutte que sur la rhétorique révolutionnaire de masse. C’est d’ailleurs un point important qui distingue ces deux branches : à l’heure actuelle et après de nombreux revirements au cours du temps, on aurait tendance à dire que l’autonomie communiste a pour horizon la révolte prolétarienne généralisée, là où l’autonomie anarchiste fait de la vie militante hors du travail et de la lutte directe contre le système une certaine fin en soi. Tout ça amène à des approches différentes de la politique et de la propagande. Ainsi, les cocos se définissent plus « autonomes » à partir de la ligne politique – être autonome c’est poser une ligne à la fois communiste révolutionnaire et anti-autoritaire – ; tandis que les anars le font souvent plus depuis un mode de vie et d’organisation – être autonome c’est être anticapitaliste, illégaliste et s’organiser dans le « milieu » squat, le « milieu » queerosse, le « milieu » ZAD…

    Un autre point important de l’anarchisme toto est que, depuis quelques années au moins, il est fortement tourné sur la mise en lumière des oppressions et la lutte radicale contre elles. C’est pour nous un de ses apports fondamentaux : ne pas s’arrêter à la lutte des classes telle que définie par Marx, ne pas réduire les problèmes qui nous occupent au capitalisme « pur » ni la question de la classe à une définition masculine et blanche du prolétariat. Et poser très clairement que contrairement à ce que qu’arguent les class first, ce n’est pas parce que le genre et la race sont intriqués dans le capitalisme qu’ils seront abolis automatiquement si on le renverse. Tout ça est d’ailleurs confirmé par de nombreuses recherches récentes qui montrent que les oppressions systémiques de genre existaient dès le soi-disant « communisme primitif ».[on peut notamment voir à ce sujet les conférences de Christophe Darmangeat ou Claudine Cohen, sur youtube. Les deux anthropologues sont en désaccord sur de nombreux points mais l’un d’eux est manifestement partagé : le patriarcat généralisé date au moins du Néolithique et des premières cités, il y a 8000 ans. Pour le paléolithique, ça a l’air moins clair] Il faut donc bien en conclure que seules les luttes radicales contre toutes les formes de l’oppression humaine peuvent mener au communisme/à l’anarchisme réel.

    L’autonomie anarchiste permet ainsi de mettre en lumière que Marx avait un angle mort extrêmement dommageable en définissant la classe sans y intégrer entièrement les oppressions de genre et de race. [4] Cela lui donne une pertinence sur de nombreux points que les courants plus marxistes en France ont souvent du mal à articuler.

    II. Limites des deux courants

    Tout ça étant dit, on veut poser une analyse des limites qu’on voit à chacun de ces courants : ils nous paraissent tous deux avoir des angles morts importants, et gagneraient d’après nous beaucoup à se nourrir des points de pertinence de l’autre.

    1. Ultragauche et autonomie

    Si elle participe au maintien de la ligne de classe dans le milieu autonome, l’ultragauche est souvent plombée par une vision réductionniste. Elle a en effet tendance à tout ramener à la classe, et même à voir les luttes antiracistes ou antipatriarcales comme des parts secondaires ou « partielles » de la lutte anticapitaliste, qui se règleraient d’elles-mêmes mécaniquement dans la révolution. On trouve ainsi chez elle un certain désintérêt ou une incompréhension de ce que sont les autres axes d’oppressions ( à sa décharge, certaines tendances anarchiste de l’autonomie sont aussi très proches de cette rhétorique).
    On dénombre à cause de tout ça pas mal de textes ou podcasts versant dans des analyses réactionnaires quand il faut parler de race ou de genre. C’est évidemment un problème, et ça fout d’autant plus le seum que si elle se réemparait de ces questions pour les articuler à la lumière de son logiciel, l’ultragauche pourrait apporter beaucoup. Au-delà du fait que ça parait un peu scandaleux en 2026, il nous semble en effet qu’une des réponses souhaitable aux courants anti-oppressions léninistes ou sauce-dém actuels serait de construire une lecture spécifiquement autonome des oppressions.

    2. anars

    Quand au milieu toto-anarchiste, on l’a dit, il se distingue dans la sphère révolutionnaire par un certain désir de conscientiser ces oppressions et de lutter contre elles – même si c’est de moins en moins vrai, pas mal d’organisations non anar s’en étant finalement réemparées ces dernières années. Son défaut est là où sont ses qualités : s’il ne s’arrête pas au capitalisme et à la pure lutte des classes, il ne s’y arrête à notre avis pas assez, au point que le capitalisme ne semble parfois plus tant un problème. Si on voulait définir ce qui se passe, on dirait que le milieu toto s’organise encore hors des institutions du capital, mais plus forcément contre elles. On peut ainsi tout à fait voir des totos s’auto-organiser pour pousser à voter à gauche pendant les élections, car pour eux, globalement, la FI c’est bien, la gauche c’est quand même bien, et le problème est plus la droite, le néolibéralisme et le fascisme que la sociale démocratie, qui fait pourtant totalement partie du capitalisme. La relation entre sauce-démie, libéralisme autoritaire et fascisme est ainsi évacuée ou lue depuis un logiciel de gauche. On en arrive même parfois à des analyses un peu délirantes, où les toto encore autonomes sont quasiment vus comme plus responsables de la montée du fascisme par leur refus de participer au vote que la gauche institutionnelle.

    De même, on voit un peu partout des événements « anti-impérialistes » tenir le haut du panier en matière d’antiracisme et ne pas être questionnés dans le milieu, comme si ce terme n’était pas une vieille enseigne des marxistes-léninistes pour diviser le monde selon leur ligne transclassiste habituelle : les « mauvaises bourgeoisies impérialistes et suprémacistes » et les « bonnes nations victimes ». Le soutien à des patries « résistantes » ou à des proto-bourgeoisies « révolutionnaires » est amalgamé à la lutte contre le capital, sans qu’aucune tentative de lecture autonome soit posée. [En fait, pour le dire de façon assez crue, certains courants trotskystes spécifiques, non campistes, posent aujourd’hui des analyses et des critiques plus pertinentes des situations internationales que ce qu’on peut voir dans le milieu toto, alors même qu’eux sont léninistes. Il semble qu’il y a chez eux une mémoire plus forte de certaines bases révolutionnaires que dans le milieu toto. On se retrouve ainsi avec des situations rocambolesques, où des totos se retrouvent proches de divers groupes léninistes campistes, stals ou trotskystes, et où ce sont des courants trotskystes plus « stricts » qui critiquent tous ceux-là sur des bases prolétariennes]

    Cela est d’après nous dû à un manque de colonne vertébrale politique solide. On aurait tendance à dire que le milieu toto est devenu aujourd’hui politiquement gauchiste, c’est-à-dire flou et mélangeant plein de courants, et que l’autonomie anarchiste et l’autonomie communiste ne sont elles-mêmes plus que des tendances en leur sein, pas toujours majoritaires. On pense que c’est le résultat de plusieurs choses, en premier lieu son fonctionnement organique : comme on l’a dit, on y entre rarement par la théorie mais plus par des logiques de milieu social, de cooptation, par des rencontres lors de mouvements sociaux ou d’arrivée dans des lieux de lutte, etc… ce qui fait que l’anarchisme toto est une nébuleuse qui se définit souvent plus par des pratiques, des codes et des opinions que par une ligne. Ensuite, on pense que la question des oppressions joue dans tout ce flou un rôle important. En effet, celle-ci prend enfin depuis quelques années une importance nouvelle, plus difficile à contester qu’auparavant, dans les milieux militants et dans la société française en général. C’est peut-être un pas assez rarement vu à cette ampleur.

    Pour autant, on pense qu’une sorte d’amalgame est fait, et que souvent la question soulevée pour se positionner par rapport à une oppression est « est-ce que tu es en train d’être raciste/sexiste ou non par ton positionnement ». On dirait que le racisme et le sexisme sont des blocs sans nuances, sans déclinaisons politiques, et qu’il s’agit juste d’être pour ou contre. Or, on pense qu’une ligne antiraciste sauce-démisante de droite, sauce-démisante de gauche, léniniste ou autonome n’ont pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, des questions comme « participer au vote », « être pour ou contre le Hamas », « déclarer une manif/partir en sauvage » et globalement de tres nombreuses questions de ligne politiques sont rendues caduques car elles sont placées sous le saint-patronage de l’antiracisme et de l’antisexisme avec un grand A au lieu que la question : « de quel antisexisme/antiracisme parle-t-on ? » soit posée.

    Conclusion

    On a l’impression d’être coincé.e.s entre deux dynamiques pas ouffes au sein de l’autonomie. D’un côté on a l’ultragauche qui fait vivre la théorie autonome pas forcément si présente dans nos squats, mais qui se désintéresse encore trop globalement des questions d’oppressions, la rendant pour partie inaudible. De l’autre, le milieu toto-queer plus forcément autonome, lui, dans lequel les idées de « conscience des oppressions » et d’ « anticapitalisme » sont devenus des sortes de totem – c’est-à-dire des idées générales impossibles à nuancer, des blocs « pour » ou « contre » lesquels on serait, sans aucune réflexion pour savoir de quelle ligne anticapitaliste, antiraciste, antipatriarcale, etc… on parle .

    En vrai, on trouve ça assez logique. On se dit que le combat pour simplement visibiliser les oppressions et gagner du rapport de force là-dessus au sein de la militance a du être un bordel immense qui a potentiellement empêché de gagner en même temps sur la question de la ligne à l’époque. Au-delà de ça, du simple fait d’être transversal à la question de la classe, c’est un combat qui a été mené parallèlement par des groupes de diverses lignes, et c’est donc sous cette multiplicité qu’il s’est répandu dans la société. Il parait finalement pas déconnant que les formes léninisantes et sauce-démisantes de l’antiracisme et de l’antisexisme soient aujourd’hui largement répandues dans le milieu, tout simplement car cela semble plutôt raccord avec l’état du rapport de force entre les différentes tendances anticapitalistes elles-mêmes.

    Enfin, de façon plus générale, il faut bien dire qu’on n’a pas vraiment accès à un corpus clair quand on arrive dans le milieu : pas tant de brochures mettent l’accent sur les différences entre autonomie et autres courants… à l’inverse, de nombreux médias d’autres tendances s’emparent de questions de théorie et d’actualité : la Paduteam (stal), la Zawa Prod (sauce dem), Wissam Xelka (léniniste), Paroles d’Honneur (léninisto-décolonialo-bizarre), Blast (sauce-dem) etc… Il est normal qu’on aille vers eux pour s’informer, si ce sont les seules sources disponibles, et si elles disent quand même plein de trucs pertinents qui aident à s’informer et à réfléchir. Ce faisant, on intègre des morceaux de leur ligne.

    On pense qu’il serait vraiment important qu’on se saisisse de cette situation et qu’on y réponde, autonomes communistes comme anarchistes. Qu’il faudrait reposer le focus spécifiquement sur la propagande de ligne, et répandre partout des réflexions et des points de vue anti-sauces et anti-léninistes détaillés, appuyés, explicités, nuancés– en n’omettant pas nos tatonnements, nos questionnements et nos points de doute -, ainsi que des points de vue de ligne concernant les oppressions, pour permettre à l’autonomie de rester vivace… Parce que ses particularités sont le fruit d’une longue histoire militante, et, si le milieu finissait par devenir une pure nébuleuse non encartée d’extrême-gauche (ou de gauche tout court) à force de manquer de transmission, c’est deux siècles de leçons des luttes passées qui seraient perdus pour les mouvements à venir.

    PS : l’image d’illustration nous a fait rire mais en vrai, on aurait des débats à ouvrir sur le Rojava, la CNT de 36 et le Chiapas, précisément dans la lignée de ce qu’on a développé ici.

    [1] ou shiny-queerisant, selon l’option

    [2] l’autogestion est souvent mise en avant dans la gauche radicale comme une perspective désirable en soi. Cela mène à des situations étranges, comme la glorification d’usines ou de boites « autogérées » qui ne sortent pourtant absolument pas des logiques du capital

    [3] l’antifascisme, en tant que « axe de lutte, groupe uni de tout ce qui est contre l’extrême-droite », représente dans cette logique l’incarnation du camp de la gauche, et répond donc à une logique traansclassiste

    [4] On rappellera d’ailleurs à toutes fins utiles que Hegel, le philosophe sur lequel il s’est appuyé pour construire sa théorie de l’histoire, était un gros raciste de merde.

    https://expansive.info/Etat-de-l-autonomie-pour-un-milieu-toto-revolutionnaire-pour-une-ultragauche-6009

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  • Guide pour être un·e bon·ne allié·e blanc·he au sein d’un collectif anti-raciste

    1/ Ne soyez jamais à l’aise

    Les personnes racisées ne sont pas à l’aise dans les espaces majoritairement blancs et ces espaces sont les plus fréquents dans notre société.

    C’est à votre tour de connaître l’inconfort, d’être mal à l’aise, de constamment questionner votre légitimité, vos actes, votre ton et vos mots.

    Peut-être qu’à force, nous serons plus à l’aise.

    En tant que personne blanche, il est primordial, de toujours interroger la place que vous prenez, les actes que vous faites, les paroles que vous prononcez, le ton que vous employez. À chaque intervention, qu’elle soit, verbale ou non, il faut toujours se demander si la place prise est juste, si elle n’empiète pas sur la place que pourrait prendre des personnes non blanches.

    Réfléchissez avant de parler et d’agir.

    L’égo doit être relégué au cachot, il ne faut jamais se mettre en avant, sauf bien évidemment, pour effectuer les tâches chiantes, pour décharger les personnes racisées, être un·e véritable allié·e en somme.

    2/ Mettez en avant les personnes racisées

    Il ne s’agit pas d’adopter une position passive de retrait, ni une posture seulement de façade qui serait en réalité paternaliste.

    Il faut mettre en oeuvre des moyens concrets pour mettre les personnes racisées, sur le devant de la scène et mener une réflexion constante à ce sujet pour s’améliorer. Une vigilance permanente colllective doit exister.

    Nous sommes dans une société raciste, islamophobe et sexiste, donc naturellement les personnes racisées et encore pire racisées et musulmanes et encore pire racisées, femmes et musulmanes, ne seront pas nécessairement à l’aise pour prendre la place qui leur revient à chaque moment de vie du collectif (tant dans les événements organisés, que les réunions, les groupes de travail…). Il ne faut donc pas simplement attendre qu’elle prenne naturellement la place du devant de la scène et ne pas être gêné·e de la prendre soi-même, si elles ne le font pas.

    Il faut les encourager à prendre cette place, les accompagner, faire en sorte de leur donner confiance en leurs capacités, les aider à développer leurs capacités, leur mâcher le travail si nécessaire, tout en respectant bien entendu leur volonté. Tout le monde ne souhaite pas cette place mais il faut mettre en oeuvre les conditions pour que celles qui sont d’accord pour la prendre, puissent l’avoir.

    Il s’agit d’un travail sur le long terme car il faut détruire ce que la société a inculqué aux personnes minorisées visant à saper leur confiance en soi.

    Le choix de qui prend la parole au nom du collectif est fondamental, il faut autant que possible que ce soit des personnes racisées qui occupent cette place et ce en réalité, peu importe le combat mené par le collectif. Si elles ne peuvent pas le faire, demandez-vous pourquoi et agissez sur les raisons, s’il y a des moyens de le faire. Si ce n’est pas le cas, selon l’objet du discours, demandez-vous si c’est pertinent de prendre cette place, selon votre position. N’oubliez pas que vous pouvez tendre votre micro à des personnes qui ne font pas partie de votre collectif.

    La société prive injustement de visibilité les personnes racisées afin de préserver son ordre suprémaciste. Ce n’est pas à reproduire au niveau des collectifs. C’est important pour les membres du collectif mais également pour le public. Pour que les personnes racisées externes se sentent représentées. Leurs voix doivent être entendues.

    On en a marre de voir des blanc·hes monopoliser les luttes, d’autant plus quand ielles ne sont pas victimes des oppressions qu’ielles prétendent dénoncer.

    3/ Nommer l’éléphant dans la pièce

    Ne pas nommer ce qu’il se passe, c’est le cautionner, le laisser perdurer. Il faut déconstruire cette gêne et se demander d’où elle vient, ce que l’on n’a pas envie d’affronter et pourquoi on ne s’en sent pas capable. Les réalités se nomment pour être traitées et gérées comme elles doivent l’être. Ce n’est pas parce que vous appartenez à la majorité oppressive que vous ne pouvez pas en parler, bien au contraire, c’est à vous de le faire en priorité.

    Les personnes racisées doivent être à l’aise de nommer les choses et c’est de votre responsabilité de permettre un cadre qui les fait se sentir en confiance, les fait savoir qu’elles seront écoutées comme il se doit lorsqu’elles nommeront les choses, que leur parole sera bien accueillie et qu’elles auront le soutien (public et privé) nécessaire.

    Par ailleurs, un mal fait publiquement doit être réparé publiquement, pas discrètement entre deux portes. Ce n’est pas comme ça qu’on instaure une culture de la responsabilité, ni que l’on prend en compte les torts commis.

    Il faut avoir le courage de ne rien laisser passer de la part de vos congénères et du refuser votre confortable silence complice.

    Il est important de parler, dès le début, dès la première rencontre, de la représentation dans le collectif. Les blanc·hes et les racisées doivent savoir quelle sera leur place et être elleux-même en capacité d’y veiller.

    4/ Dégagez votre égo

    Oui vous êtes militant·e, oui vous avez (a priori) déjà mené un travail de déconstruction sur la question de la blanchité, du racisme, de la colonialité. Mais vous ne l’avez pas assez mené. Vous n’êtes pas assez éduqué·es. Ce travail n’est jamais terminé. Vous fautez et allez continuer de le faire. La nécessité de se remettre en question disparaître quand vous disparaîtrez. Les biais racistes et islamophobes ont été tellement intégré dans votre ADN qu’ils seront toujours présents, d’une manière ou d’une autre. C’est un fait mais ce qui compte c’est ce que vous en faites.

    Ne considérez jamais que le travail de déconstruction est fini. Acceptez les critiques, les recadrages et surtout l’inconfort qui les accompagnera. Si une personne vous a dit que vous avez été problématique, vous l’avez été, ne le remettez jamais en cause. Ne minimisez jamais la colère des autres. Réagissez à la hauteur : écoutez, excusez-vous pour le dommage causé, dites que vous allez vous éduquer, éduquez-vous pour changer ce qui a posé problème et proposer une réparation. Une première prise en compte des propos qui vous sont adressés doit être immédiate mais elle ne doit pas s’arrêter à une unique réponse.

    Et si vous avez échoué à réagir convenablement dès le départ, votre responsabilité ne disparaît pas, agissez donc en conséquence.

    Peu importe la forme dans lequel le reproche vous est fait, acceptez-le. La violence que vous recevrez éventuellement ne sera qu’une violence secondaire. La première violence est celle subie par la personne qui aura dû vous faire le reproche, vous éduquer, ce qui par ailleurs est une charge particulièrement désagréable. De manière générale, la non-mixité au sein d’un collectif est une charge pour les personnes racisées, il faut en avoir conscience.

    On s’en fiche de vos émotions, de comment telle ou telle remarque vous a affecté. Ce n’est pas le problème. Ce n’est pas vous la victime. Si vous avez besoin de pleurer, d’exprimer vos émotions pour pouvoir encaisser et être meilleur·e, faites le avec vos congèneres, épargnez-nous ça.

    Être quelqu’un·e d’assez déconstruit·es ne fait pas de vous un héro ou une héroïne. Il est purement détestable d’accepter cette place que d’autres pourraient vous donner ou pire de faire en sorte soi-même d’être mis·e sur ce piédestal. Ne fantasmez pas non plus la déconstruction d’autres personnes blanches et rappelez-vous que derrière chaque personne blanche déconstruite, il y a des personnes racisées qui se sont fatiguées à leur expliquer leurs vies. C’est elles qui méritent l’admiration.

    Ne vous appropriez pas leur travail, comme le colonialisme vous l’a appris. Citez-les et soyez reconnaissant·es.

    Pour quoi et pour qui luttez-vous ? Posez-vous ces questions quand vous ressentez l’envie d’être sous le feux des projecteurs, de recevoir les félicitations externes pour le travail accompli par le collectif.

    ​5/ Prenez soin

    Il est important d’avoir une dynamique de soin au sein de nos collectifs, pour tous·tes, mais en particulier pour les personnes les plus soumises aux oppressions systémiques.

    Le soin n’est pas un concept abstrait, c’est une réflexion a constamment avoir et des actes à mettre en place : féliciter, remercier pour le travail fourni, le valoriser, s’assurer que les gens vont bien, être attentif·ves à elleux notamment aux plus vulnérables, proposer du relais, soutenir particulièrement lorsque des oppressions sont vécues, prendre des nouvelles, proposer son aide…

    Si quelqu’un·e fait beaucoup à un moment donné, il faut vérifier que la personne va bien, lui conseiller de freiner en lui proposant des moyens concrets lui permettant de le faire. Il est important de ne pas laisser les gens se déborder tout en respectant bien sûr la volonté de chacun·e, ce qui revient donc à leur offrir une porte de sortie. On peut choisir de s’épuiser pour une lutte et c’est à respecter. Mais cela doit être justifier par la cause pour laquelle on se bat, non pas par l’organisation défaillante du collectif.

    Tout le monde n’a pas le même rapport au travail, dans une société capitaliste où certain·es ont toujours dû prouver plus que les autres pour espérer être considéré·e. L’existence d’une neuroatypie peut également conduire à un investissement excessif qui sera coûteux. Même si se surcharger peut venir d’un schéma individuel dysfonctionnel, lorsqu’il est mis en œuvre au sein d’un collectif, il est aussi de la responsabilité de ce dernier.

    Par ailleurs, il est fondamental de veiller constamment à une bonne répartition des tâches, à ce que les responsabilité soient partagées et que le collectif ne fonctionne pas sur l’exploitation de quelques personnes.

    La violence est constante dans la société quand on est une personne racisée, voire en plus musulmane. Renseignez-vous sur ces réalités, qui ne sont pas les vôtres et apprenez à les envisager pour ce qu’elles sont, sans chercher à mettre votre regard occidental biaisé dessus.Prenez en compte cette violence : préservez, soutenez, écoutez, croyez, encouragez les personnes racisées.

    Le soin est un vrai sujet constant, qui a sa place dans votre ordre du jour, qui nécessite la mise en place d’outils, de discussions répétés, de groupe de travail sur des thématiques qu’il englobe.

    Si vous n’êtes pas en capacité de prendre soin les un·es des autres, de fonctionner correctement et sainement pour les personnes racisées, ne fonctionnez pas tant que ce n’est pas réglé, c’est préférable aux torts que vous continuerez de causer tant que vous ne prendrez pas vraiment le temps de changer. Si vous priorisez, dans ces condition, l’organisation d’événements, cela en dit long sur le sens qu’ont ceux-ci.

    6/ Attrapez la veste de vos congénères

    Ne laissez rien passer. Reprenez les lieux, les collectifs, les individu·es qui dérapent. En restant à votre place, parce que les délires de whitesaviorism, de paternalisme, c’est non.Vous ne sauvez rien, vous limitez juste votre complicité, dans une société suprémaciste dont vous profitez.

    Il est hors de question de calmer la colère des personnes racisées, de la filtrer, de ne pas la laisser s’exprimer et de choisir soi-même, en tant que personne blanche, comme elle devra être formulée.

    Ce n’est pas aux personnes racisées de le faire. Si elles sont contraintes de le faire, c’est que vous avez échoué. Si elles ont envie de le faire, fermez-la et laissez-les faire.

    Par ailleurs, abstenez-vous de venir dire à une personne racisée, que vous avez remarqué un comportement raciste quand ça n’a aucun intérêt. Demandez vous quel est votre but ? Frimer en montrant que vous êtes en capacité de le repérer ? Avoir un sujet de conversation ? On a pas besoin de ça sauf s’il y a une vraie raison (par exemple un enjeu de protection, de connaître ses ennemi·es), on est déjà bien au courant de la présence du racisme, puisqu’il nous nuit. Au lieu de parler, agissez.

    7/ Soyez les sous-fifres

    Pas de question de représentation sur les tâches les plus chiantes, n’hésitez pas à vous en saisir, n’hésitez pas à décharger les personnes racisées notamment pour qu’elles puissent occuper les rôles où la représentation compte ou ne serait-ce que pour compenser la charge raciale que la blanchité fait peser sur elles.

    Que vous faites peser sur elle. Soyez également aux premiers rangs face à la répression, à faire bloc pour protéger les personnes racisées si besoin car la représsion les touchera toujours plus durement.

    Ayez la décence de ne pas vous moquer de la répression, alors que vous êtes les plus favorisé·es, face à elle.

    8/ Ne vous appropriez pas les réflexions d’autrui

    La colonialité vous a habitué·es à vous approprier les ressources et le travail des personnes non blanches, jugé·es exploitables notamment car inférieur·es.Dans un collectif, cela prend plusieurs formes notamment celle qui consiste à reprendre et faire sienne des réflexions développées et partagées par ses camarades racisé·es, notamment, mais pas que, sur des sujets liés aux enjeux raciaux.

    Taisez-vous ou acquiescez au lieu de reformuler la même idée qui vient d’être dite avec d’autres mots, parfois même de manière plus éloquente, pour reprendre à son compte le propos d’autrui, d’une manière qu’on juge plus acceptable. Pour être pertinent, un discours n’a pas à être tenu par une personne blanche.

    Et si vous souhaitez partagez une idée qui n’est pas la vôtre, qui résulte de réflexions qui ne sont pas les votre, d’un vécu parfois douloureux qui n’est pas le vôtre, ne vous l’appropriez pas et précisez d’où il vient, si c’est possible ou au moins qu’il ne vient pas de vous.Ce comportement est particulièrement déshumanisant.

    9/ Éduquez-vous

    En 2026, plein de ressources sont accessibles pour s’éduquer, il est de votre responsabilité de mener un travail continu et en profondeur à cet égard, particulièrement après que l’on vous ait fait remarquer un comportement problématique. Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre ce moment, car qu’on vous l’ait formulé ou non, vous agissez de manière problématique.

    Ce n’est pas aux personnes racisées et encore moins à celles qui ont été victimes de votre blanchité et de votre manque de remise en question sur le sujet, de faire ce travail. C’est une charge raciale supplémentaire. S’éduquer ce n’est pas simplement lire un post instagram, le repartager, écouter une prise de parole et applaudir.

    C’est intégrer les messages, questionner son propre comportement, identifier ce qui ne va pas et changer. Vous devez adopter une posture active et mettre en place des outils de transformation.Si ce n’est pas inconfortable, essayez encore, c’est que vous n’y êtes pas.

    https://expansive.info/Guide-pour-etre-un-e-bon-ne-allie-e-blanc-he-au-sein-d-un-collectif-anti-raciste-6249

  • «Montrer que l’argent est inégalement réparti» : Centrale Supélec bloquée pour la première fois en soutien au mouvement lycéen

    Nombre d’étudiant·es des écoles d’ingénieurs se sont mobilisé·es pour la première fois, afin de montrer leur soutien aux lycéen·nes. © Mathilde Picard/Vert

    «L’indifférence est un privilège», «Centrale avec les lycéens», «Moins de CRS, plus de CNRS». Ce mardi matin, les étudiant·es de l’école d’ingénieurs CentraleSupélec, sur le plateau de Saclay (Essonne), ont recouvert les entrées de leur établissement de pancartes. Elles et ils ont organisé un blocus pour la première fois afin de relayer les mobilisations lycéennes débutées à la mi-septembre.

    «Le but n’est pas de se réapproprier le mouvement mais de le soutenir», souligne Aurélien*, en deuxième année à Centrale. «À quelques pas d’ici, le lycée Blaise-Pascal d’Orsay a des trous dans son toit, des fuites constantes et parfois même des inondations», s’indigne Nathan*. Derrière lui, un groupe d’amies peaufine des pancartes contre la répression policière. Des poubelles ont été amassées devant le bâtiment principal, flambant neuf, dénommé Francis-Bouygues.

    Il est 8h15. Élèves et professeur·es découvrent qu’il n’est pas possible d’entrer. «Je comprends certaines de leurs revendications, admet l’une des intervenantes, mais pour l’instant ils nous enquiquinent, surtout.» «Et l’école, elle est à qui ? Elle est à nous !», lance un étudiant au mégaphone devant la trentaine d’élèves réunie sur le parvis. Un peu plus loin, le bâtiment Bréguet, celui de la présidence de l’école, a aussi été barricadé.

    Les revendications lycéennes et étudiantes se rejoignent. © Mathilde Picard/Vert

    «Beaucoup ici ont eu de la chance dans leur scolarité, c’est ce qui leur a permis d’arriver dans cette école, remarque Aurélien. On en a conscience et on aimerait mettre fin aux injustices sociales liées à l’éducation.» «Nous voulons montrer que l’argent est inégalement réparti entre établissements», précise Édouard*, en première année à Centrale.

    C’est la première fois que la prestigieuse école est bloquée par ses élèves. Et elle est loin d’être la seule sur le plateau de Saclay, dans cette partie de la région parisienne où se sont implantées de nombreuses écoles d’ingénieurs ces dernières années.

    Les étudiant·es d’AgroParisTech et de l’École normale supérieure étaient sur le pont dès la semaine dernière. Celles et ceux de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), de l’École nationale supérieure des techniques avancées (Ensta), de Télécom Paris ou encore de SupOptique ont commencé les blocages lundi. L’objectif : obtenir la banalisation des cours pour permettre à tout le monde de se rendre en manifestation.

    Des étudiant·es en pharmacie et biologie à l’université Paris-Saclay sont venu·es prêter main-forte aux Centralien·nes. «On se rend compte de nos privilèges et on veut manifester notre solidarité pour les autres», souligne Lisa*. Les inégalités de moyens dénoncées dans les lycées existent aussi dans le supérieur : «Les bâtiments de la fac Paris-Saclay, dans la vallée, sont délabrés, il y fait très froid l’hiver ; ici, sur le plateau, le privé permet de rénover des bâtiments en bon état pour 137 millions d’euros», renchérit Aïcha*.

    L’école CentraleSupélec a été bloquée pour la première fois, ce mardi. © Mathilde Picard/Vert

    Avec des camarades, Antonin* a monté un projet de plateforme de soutien scolaire à l’intention des lycéen·nes de première et terminale en région parisienne. Les étudiant·es veulent offrir des cours bénévolement pour celles et ceux qui le souhaitent.

    De l’autre côté du plateau de Saclay, les étudiant·es de Télécom Paris prennent le petit-déjeuner en petits groupes, devant chaque porte condamnée par des poubelles, grillages et bancs en bois. Elles et ils sont enthousiasmé·es par cette mobilisation d’une rare ampleur. «Dans la plupart des écoles d’ingénieurs, il n’y a pas de syndicats, détaille Sacha*. C’est nouveau pour beaucoup de se faire un avis, de le défendre et d’aller dans la rue pour le porter. Se politiser est un apprentissage.» Selon Rémy*, «ici, les gens ont du mal à s’y mettre, mais ça se fait petit à petit, on a le projet de former un syndicat à Télécom.»

    Des revendications communes entre lycéens et étudiants

    Une rue plus loin, devant un bâtiment qui accueille les cours de multiples écoles, dont Polytechnique (X), l’Ensae et AgroParisTech, certain·es étudiant·es de l’X sont venu·es soutenir le blocus en toute discrétion. «Je ne peux pas m’exprimer, explique l’un d’eux. Nous sommes dans une école militaire dont les membres sont soumis au devoir de réserve.» Pour Sacha*, élève d’AgroParisTech, «nous vivons dans un contexte général où toute la jeunesse craint pour son avenir. On voit bien qu’il y a un risque sur l’approvisionnement en eau en France, des inégalités criantes et une marche vers la guerre.»

    Les étudiant·es et lycéen·nes se sont accordé·es au début du mois sur dix mesures urgentes à appliquer. Parmi leurs revendications : des rénovations d’établissements scolaires et universitaires, une embauche massive de personnel dans l’éducation ou encore la fin de la répression policière.

    Nina est représentante du collectif des doctorant·es du plateau de Saclay, qui soutient aussi la mobilisation étudiante et lycéenne. © Mathilde Picard/Vert

    Les doctorant·es du plateau de Saclay ont également apporté leur soutien au mouvement. «Nous voulons d’abord faire entendre les revendications lycéennes et, dans un second temps, alerter sur l’état de la recherche supérieure, précise Nina*, représentante du collectif et en deuxième année de thèse en économie. Il y a aujourd’hui une mise en concurrence des différents domaines de recherche, avec des réductions de postes pour les sciences humaines et sociales et davantage de financements pour l’IA et l’armement.»

    Pour nombre d’étudiant·es, apprenti·es chercheur·ses ou ingénieur·es, le manque de moyens pour les lycées et dans l’éducation supérieure provient d’un même désinvestissement dans l’éducation nationale.

    Contrairement aux universités rattachées au ministère de l’éducation supérieure et de la recherche, plusieurs écoles d’ingénieurs sont sous la tutelle d’autres ministères correspondant à leurs enseignements : celui des armées pour l’Ensta ou de l’économie pour l’Ensae. Une proximité dont les étudiant·es veulent se servir pour porter les voix des lycéen·nes jusqu’aux différentes instances de l’exécutif. Nina rappelle que «ce n’est pas parce qu’on nous appelle “les élites” que nous voulons être associés à la politique néolibérale du gouvernement».

    *Les personnes interrogées ont souhaité être anonymisées.

  • Pour sauver sa centrale nucléaire, la Hongrie construit un barrage sans autorisation environnementale

    La sécheresse historique qui a touché le Danube cet été menace le fonctionnement de la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Pour éviter son arrêt, le Premier ministre Péter Magyar a lancé, à la mi-août, la construction d'un seuil de pierre dans le fleuve, sans autorisation environnementale ni concertation avec les pays voisins, rapporte Mediapart le 12 octobre.
    L'installation fournit 40 % de l'électricité du pays. Mi-août, 3 des 4 réacteurs étaient à l'arrêt et la centrale ne produisait (…)

    Lire la suite - En bref / Nucléaire , Eau
  • Judicial Notice Supplement (10.11.26): High Drama

    U.S. Ambassador to Greece Kimberly Guilfoyle, a lawyer with possible legal issues (official portrait, cropped by ChatGPT).

    Welcome to another edition of “Judicial Notice Supplement” or “JN Supp.”—a “pocket part” of sorts to Judicial Notice proper, for those of you old enough to know what a pocket part is. In JN Supp., I highlight noteworthy legal news from the prior week that I couldn’t squeeze into the main edition of Judicial Notice.

    As I mentioned in the comments to the last installment of Judicial Notice, I’m hoping to return to the traditional format of a single JN post in the near future—perhaps as early as next weekend. I resorted to the two-post format this time around only because of scheduling issues related to our short family trip down to Disney World (which was a lot of fun, but is now over).

    As usual with JN Supp., this post covers only news that broke last week, i.e., during the week ending October 11 (reflected in the date in the title of this post). Stories from this week will be mentioned in this coming weekend’s Judicial Notice.

    Let’s dive in, shall we?

    Lawyer of the Week: Mathew Rosengart.

    Besides Mathew Rosengart, who secured an excellent outcome for the Grammy-winning singer FKA twigs in her litigation against the actor Shia LaBeouf, these lawyers were in the news last week:

    • In last week’s JN Supp., I mentioned senior prosecutor Kurt Olsen’s resignation from the U.S. Department of Justice’s “grand conspiracy” investigation into how some of Donald Trump’s adversaries allegedly worked in concert to violate his civil rights. According to articles in The New York Times and The Wall Street Journal about the difficulties and delays that are plaguing this probe, Olsen resigned after failing a polygraph test, which created problems for his security clearance. Olsen denied these claims to both publications.

    • Speaking of the DOJ, Assistant Attorney General for Civil Rights Harmeet Dhillon has been hailed as a hero in conservative circles for how she has reshaped the DOJ Civil Rights Division—which now focuses on issues such as alleged racial preferences in elite-university admissions, rather than the division’s traditional enforcement priorities. Not surprisingly, this has led to massive turnover, with around 300 lawyers leaving and 130 coming in—and some of her new hires have unorthodox backgrounds, as reported by Glenn Thrush of The Times.

    • In other Justice Department news, the DOJ’s Office of Professional Responsibility is investigating the conduct of Chicago federal prosecutors in the “Broadview Six” investigation (a controversy previously discussed, at length, in these pages).

    • Speaking of possible prosecutorial misconduct, what’s the latest about embattled Philadelphia District Attorney Larry Krasner? Two prosecutors in his office, Katherine Ernst and Steven Wildberger, accuse Krasner of filing court documents “filled with misrepresentations aimed transparently and shamefully at harming our reputations.” It’s a long story (also covered in past editions of Judicial Notice), but Ernst and Wildberger are antagonists of Krasner in a drama that could end with him getting charged with federal offenses.

    • Yes, this is more political than legal in nature. But because Kimberly Guilfoyle is a lawyer (and former prosecutor) and her alleged conduct could have legal implications, I thought I’d mention the allegations—first reported by the WSJ—that she pleaded with a Trump donor to pay off $100,000 of her Amex bill. I doubt she’ll face any legal consequences, but the controversy could cause Donald Trump to fire her from her current post as U.S. ambassador to Greece. [UPDATE (11:29 a.m.): Trump asked Guilfoyle to resign, according to the new White House Press Secretary, Katie Zacharia—and Guilfoyle promptly tendered her resignation, tweeting that “[s]erving as the United States Ambassador to Greece has been the honor of a lifetime” and that the allegations against her “are false, and I intend to vigorously defend my name, my reputation, and my integrity.”]

    • Turning to happier news, kudos to Jeffrey Chen of Bondurant Mixson & Elmore, who became the rare associate to argue before the U.S. Supreme Court. Representing the petitioner in Johnson v. United States Congress, he faced tough questions from the justices, according to Kelsey Dallas of SCOTUSblog. But regardless of the outcome, it’s obviously an honor to argue before the high court, especially as an associate. (Jeff Chen won’t be an associate for much longer; he’s getting promoted to partner next year, per Jordan Fischer of Bloomberg Law.)

    • Congratulations and best wishes to Conor Kennedy, an associate at the California-based plaintiffs’ firm Wisner Baum, and Giulia Be, the Brazilian pop star, who celebrated their marriage last Saturday in Rio de Janeiro. The hundreds of guests who attended three days of wedding festivities included Secretary of Health and Human Services Robert F. Kennedy Jr., the groom’s father; actress Cheryl Hines, Conor’s stepmother; and a slew of Brazilian celebrities.

    In memoriam:

    • Gordon Davis—a Harvard Law School graduate and former Biglaw partner, best known for helping to turn around Central Park during his successful tenure as head of New York City’s Department of Parks and Recreation—passed away at 85.

    • Joseph P. “Joe” Klock Jr.—described by the SDFLA Blog as “one of the best-known Miami trial lawyers of his generation,” who argued before the U.S. Supreme Court in Bush v. Gore (on behalf of then-Florida Secretary of State Katherine Harris)—passed away at 77.

    • Theodore St. Antoine, dean of the University of Michigan Law School from 1971 to 1978, passed away at 97.

    May they rest in peace.

    Judge of the Week: Judge James Ho.

    In addition to Judge James Ho (5th Cir.) and his latest colorful concurrence, last week brought other news about judges and the judiciary:

    • Justice Samuel Alito is still making the rounds to promote his new book, So Ordered: An Originalist’s View of the Constitution, the Court, and Our Country—and there are a number of Alito-related articles I’d like to bring to your attention:

      • When Greg Stohr of Bloomberg asked whether he might retire from the Supreme Court if the Democrats won control of the Senate in the midterm elections, Justice Alito said, “I intend to stick around through this Term. I made that decision many months ago.” As conservative commentators noted on X, committing to stay through the end of October Term 2026 doesn’t foreclose announcing a retirement after the midterms, but making it effective at the end of the Term—which would let a lame-duck Senate, still controlled by Republicans, confirm his successor. But I think it’s fair to read Justice Alito’s comments as a clue that he is highly unlikely to do that.

      • For broad overviews of Justice Alito’s tenure on the Court and distinctive jurisprudence, check out the justice’s own words—in a wide-ranging podcast interview with Kyle Peterson of the WSJ editorial board—as well as profiles by Maureen Groppe for USA Today and Justin Jouvenal for The Washington Post.

      • And for a discussion of Justice Alito’s SCOTUS service and jurisprudence that engages substantively with So Ordered, check out Jack Goldsmith’s essay in The Atlantic, “Zombie Originalism: Samuel Alito’s efforts to revamp the conservative legal philosophy reveal that a new movement is ascendant.”

    • If Justice Alito were to retire with Donald Trump still in the White House, who might be nominated to fill the justice’s seat? One factor worth noting is that when it comes to his judicial picks, Trump likes them young—and “has appointed far more federal judges who are under 40 than his predecessors,” as reported by Erica Orden in an interesting piece for Politico (in which I’m quoted).

    • On the other end of the age spectrum, the judicial misconduct proceedings against Judge Pauline Newman (Fed. Cir.) have been transferred from the Federal Circuit to the Eleventh Circuit, as reported by Michael Shapiro for Bloomberg Law. As Josh Blackman pointed out at the Volokh Conspiracy, Chief Justice John Roberts made this reassignment not long after the Court declined to hear Judge Newman’s appeal in Newman v. Moore, the case she filed to challenge her suspension from the bench. Might these developments be related?

    • Back in August, I wrote about how Judge Jennifer “Jenn” Mascott (3d Cir.) played a role in running a public-affairs firm that had been led by her late husband Jeff Mascott, after inheriting his ownership stake following his death at 48. Senators Chris Coons and Lisa Blunt Rochester—the two Democratic senators representing Delaware, where Judge Mascott maintains her chambers—have filed an ethics complaint against the judge over this, as reported by Politico (via Howard Bashman’s How Appealing).

    • Speaking of judicial ethics, the DOJ is asking the Fifth Circuit to remove Judge Fred Biery (W.D. Tex.) from future proceedings in the case of Liam Ramos, the five-year-old boy who was detained by ICE in Minnesota and sent with his father to Texas before Judge Biery ordered his release. As noted by Kyle Cheney of Politico, the government is supporting its claim that Judge Biery is biased by citing, among other things, a rather unusual email that the judge sent to counsel in the case (although note that the Fifth Circuit denied the DOJ’s request to add it to the record on appeal).

    • Some friendly advice for Los Angeles Superior Court Judge Robert Draper: when defending yourself at a judicial disciplinary hearing against allegations that you made inappropriate sexual and racial comments, don’t refer to a lawyer who previously appeared before you as a “beautiful young woman.”

    In memoriam: Judge Patrick “Pat” Conmy, who served on the U.S. District Court for the District of North Dakota for 15 years, passed away at 92. May he rest in peace.

    Ruling of the Week: Martin v. United States.

    Aside from a pair of Fifth Circuit cases and Martin v. United States, a decision by the Eleventh Circuit in a case on remand from the Supreme Court, last week’s news didn’t bring many big rulings. One of the most interesting decisions of the past couple of weeks came not from a federal court or a state high court, but from a state intermediate appellate court—specifically, the Arizona Court of Appeals.1

    In State of Arizona v. Horcasitas, the Arizona Court of Appeals affirmed the manslaughter conviction of Gabriel Paul Horcasitas, but vacated his sentence and remanded for resentencing. Writing for a unanimous panel, Presiding Judge D. Steven Williams explained that the trial judge “heard and relied on an [AI video] rendering of the victim speaking to his family, the court, and Horcasitas.” But Judge Williams and his colleagues ruled that this video “was not reliable”:

    [The AI video] does not reflect actual events. Indeed, rather than documenting an event or recording a particular moment, the AI video presents a depiction of the victim and his thoughts created from the imaginings of the victim’s sister.

    Moreover, despite the explanations concerning the genesis of the AI video, it presents the statement (including non-verbal communications made through facial expressions and the like) as coming directly from the victim. It erases the interpretive distance between the family’s belief about what the victim would have said and the victim’s own voice and opinions. Indeed, the AI victim stated, “this here is a true representation of who I was, you know, not how the courtroom portrayed me.” No disclaimer could cure that error.

    The victim’s sister, Stacey Wales—who presented the AI video featuring her deceased brother at sentencing—had this to say to The Times:

    Nobody lied or attempted to deceive the court into believing Chris was alive or had recorded the video before he died. Everyone that reached out to me that saw it that knew Chris emphatically agreed and affirmed the message in the AI video is what Chris believed and could hear him saying in real life.

    The appellate court drew an arbitrary line between media formats. Families routinely play slide shows, display collages, recite hypothetical conversations, or read poetry to convey their grief.

    This is, as far as I know, the first published opinion by an appellate court addressing the use of an AI-generated victim-impact video at sentencing. But I doubt it will be the last, as AI continues to make its presence felt in more and more areas of American life—and law. And I could see other courts coming out differently on this issue.

    Readers, what do you think? (I realize this poll question might be overly simplistic; feel free to qualify or explain your vote in the comments.)

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  • Sainte-Soline: le gouvernement méprise encore la biodiversité

    En donnant un avis favorable à la demande de régularisation de la mégabassine de Sainte-Soline, pourtant déclarée illégale par la justice administrative pour protéger un oiseau en voie d’extinction, la ministre contredit les engagements pris par la France en matière de conservation des espèces.
  • Airbus fait voler son drone de combat Valkyrie en Europe, mais son « cerveau » souverain attendra avant d’embarquer

    Airbus et l'Américain Kratos ont fait voler pour la première fois en Europe le U740 Valkyrie, un drone de combat que l'Allemagne pourrait utiliser dès 2029. Le système de mission européen censé le piloter n'était pas encore à bord.

  • Cyberattaque contre les frigos : la piste de l’obsolescence

    Danfoss, le fabricant danois de systèmes de régulation frigorifique, a attribué, le 13 octobre 2026, à l’obsolescence logicielle la cyberattaque qui a touché ses installations dans des centaines de magasins de grande distribution en France. Le 12 octobre au matin, les équipes de ces magasins ont constaté des températures anormalement élevées dans les rayons réfrigérés et surgelés, dépassant parfois 50 °C. Les produits concernés ont dû être détruits.

    L’attaque a notamment touché plus de 300 magasins Intermarché et Netto, ainsi qu’une centaine de magasins de la coopérative U. Les enseignes E.Leclerc, Carrefour et Monoprix sont également concernées. Les attaquants ont ciblé les systèmes frigorifiques équipés d’une version vulnérable du logiciel de régulation de Danfoss, antérieure à la version 4. Ils ont ainsi pu détourner la fonction de dégivrage pour provoquer une forte hausse de la température des équipements.

    Danfoss a indiqué à l’AFP que « la majorité des unités touchées sont des produits anciens (…) qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité ». Le groupe danois rappelle qu’il recommande « depuis longtemps à ses clients de maintenir les systèmes pris en charge à jour et de migrer les systèmes hérités vers des solutions de génération actuelle ».

    Or, Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a précisé sur BFM : « nos magasins ne sont pas clients de Danfoss : ils le sont de frigoristes qui nous mettent à disposition les solutions de Danfoss ». La responsabilité de ces frigoristes pourrait être examinée.

    Dès qu’il a été informé de l’attaque, le Premier ministre Sébastien Lecornu a saisi l’Anssi et indiqué qu’il suivait le dossier « personnellement ». Le parquet de Paris a ouvert une enquête de sa propre initiative. Aucun groupe cybercriminel n’a revendiqué l’attaque, qui n’a pas été attribuée à ce stade.

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  • Manifestations lycéennes: deux plaintes pour agression sexuelle déposées contre des policiers

    Un homme de 19 ans et une femme de 31 ans dénoncent des faits qui auraient eu lieu lors d’actions en soutien au mouvement lycéen, jeudi 8 octobre à Paris. Une autre femme rapporte une palpation «très appuyée» en guise de représailles. Trois enquêtes sont ouvertes.
  • Apple lance une caméra, un thermostat et une serrure connectée

    Pour accompagner comme il se doit le lancement de son HomeView, véritable centre de pilotage domotique, Apple s'associe à LG et Schneider pour proposer une palanquée de produits connectés pour la maison.

  • Incinérateur CSR : la Métropole de Montpellier vote d’abord, les habitants parleront ensuite

    Réuni ce mardi 13 octobre, le conseil de Montpellier Méditerranée Métropole a rendu un avis favorable au projet de transformation de l’usine Amétyst en unité de combustion de combustibles solides de récupération (CSR), porté par Urbaser. La délibération a été adoptée malgré 12 voix contre et 10 abstentions, alors que l’enquête publique commence à peine. Les élus ont aussi lancé les études pour relier l’aéroport au tramway

    L’ambiance s’est tendue au Conseil de métropole de Montpellier, ce mardi 13 octobre, au moment d’évoquer le projet d’usine CSR (combustible solides de récupération). Le projet consiste à transformer le site d’Amétyst, dans le quartier Garosud-Les Grisettes, en une unité capable de brûler 40 000 tonnes de combustibles solides de récupération par an, à 3 600 mètres de la place de la Comédie afin de créer de la chaleur. La délégation de service public confiée à Urbaser porte sur quinze ans et représente 402 millions d’euros hors taxes, dont 109 millions d’investissements.

    La Métropole met en avant une situation qu’elle juge intenable. Depuis la fermeture de la décharge de Castries en 2019, environ 110 000 tonnes de déchets résiduels partent chaque année vers d’autres sites d’Occitanie pour y être enfouies ou incinérées. Selon la collectivité et le porteur du projet, cela représente 4 000 à 4 500 trajets de camions par an et un surcoût évalué à 27 millions d’euros. Pendant la campagne municipale, Michaël Delafosse avançait aussi une baisse de 10 % de la taxe d’ordures ménagères.

    Le projet divise jusque dans l’ancienne majorité. François Vasquez, ex-vice-président chargé des déchets et artisan de la stratégie zéro déchet votée à l’unanimité en 2022, a perdu sa délégation après s’être opposé au CSR. Il fait partie du Comité de défense contre l’incinérateur 3M, qui a écrit le 25 juin à la préfète de l’Hérault pour réclamer un débat public sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) et un moratoire. La préfète avait refusé en avril une saisine de la CNDP demandée par France Nature Environnement. En septembre, l’association Urbanisme & Citoyens a présenté un « livre noir » sur le projet et annoncé une campagne de tracts et des ateliers pour aider les habitants à participer à l’enquête publique.

    Un avis rendu avant que les habitants s’expriment

    Les élus se prononçaient ce mardi sur la demande d’autorisation environnementale et le permis de construire. Le calendrier de l’enquête publique, lui, démarre à peine. Deux réunions publiques sont prévues salle Pelloutier à 18 h, le 20 octobre et le 6 janvier. Des permanences se tiendront à Montpellier le 27 octobre de 14 h à 17 h et le 23 décembre de 9 h à 12 h, à Lattes (7 novembre de 9 h à 12 h, 2 décembre de 14 h à 17 h), à Saint-Jean-de-Védas (16 novembre de 14 h à 17 h, 8 décembre de 9 h à 12 h) et à Villeneuve-lès-Maguelone (24 novembre de 9 h à 12 h, 17 décembre de 14 h à 17 h).

    Après la concertation du 11 mai au 14 juin, Urbaser a pris plusieurs engagements : contrôles supplémentaires des émissions, étude confiée à un organisme indépendant pour préparer un plan de surveillance environnementale, campagne d’analyses élargie sur les PFAS, mise en ligne des données de surveillance en open data et publication d’un dossier d’information du public. Sur les PFAS, l’engagement va au-delà d’un cadre national encore lâche : depuis un arrêté d’octobre 2024, ces polluants doivent être recherchés dans les fumées, mais aucune méthode ne permet de les mesurer en continu et le texte ne fixe aucune fréquence pour renouveler les campagnes.

    « Deux décisions dans une seule délibération »

    L’élue d’opposition Marie-France Boisbault a contesté la forme du vote. « Il y a deux décisions : un avis consultatif et le suivi environnemental, il faut un vote distinct », a-t-elle plaidé, avant de relever que la Métropole demandait un avis « avant que l’enquête publique ait réellement commencé ».

    Même reproche chez Julia Mignacca (LFI), dont le groupe a voté contre : « La parole des habitants doit arriver avant la décision politique. » L’élue réclame un moratoire le temps d’une convention populaire sur les déchets, et pose une question restée sans réponse précise : que pourra faire la collectivité si les études annoncées révèlent un problème d’émissions de polluants ?

    Salim Jawhari , colistier du milliardaire Mohed Altrad aux dernières municipales, a pointé la contradiction avec la stratégie zéro déchet : « Si on n’a plus de déchets à brûler, on va devoir les importer ? » Patrick Hivin a quant à lui demandé une évaluation du gain réel en CO2 et mis en garde contre le risque de « produire du déchet pour assurer la rentabilité du projet ». L’élu de Lattes Josyan Oliva, sans s’opposer au principe, a insisté sur l’emplacement : à proximité d’écoles et de maisons de retraite, « ça va toucher des milliers d’habitants ».

    « Choisir entre la pollution routière et des émissions ultra-filtrées »

    Côté majorité, l’adjointe Tasnime Akbaraly a usé d’un argument d’autorité en mettant en avant sa « casquette d’épidémiologiste » et a invité à « arrêter de confondre précaution et frilosité ». Elle a repris le chiffre de 4 500 camions par an, rappelant que les poids lourds représentent selon elle la moitié de la pollution atmosphérique. Le choix se résume, à ses yeux, entre la pollution routière et « des émissions fiables et ultra-filtrées » qui produisent de la chaleur.

    Le vice-président Cyril Meunier a rappelé que la loi impose de traiter les déchets sur le territoire, avant de reconnaître : « On est super en retard. » Pierre-Marie Carvajal, maire de Castries et vice-président délégué aux déchets, a assuré que l’État « ferait immédiatement cesser l’exploitation » en cas de problème et que le CSR n’était « en aucun cas un renoncement » à la stratégie zéro déchet. Enfin, Christophe Bourdin (Place publique, allié de la majorité PS) a renvoyé les opposants aux sites où partent aujourd’hui les déchets : « Ça voudrait dire que Lunel c’est bon mais Montpellier c’est pas bon ? » Il a aussi agité la menace d’une explosion de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

    Michaël Delafosse a conclu sur le même registre : sans solution locale, « le contribuable ne financera pas nos équipements publics par l’impôt mais le coût des camions qui exporteront nos déchets ». Délibération adoptée, avec 12 voix contre et 10 abstentions.

    Aéroport : le tram ira jusqu’aux avions

    Autre dossier, même tension entre climat et équipements. La Métropole signe un protocole d’intention avec Mauguio-Carnon et l’agglomération du Pays de l’Or pour lancer les études de desserte de l’aéroport Montpellier Méditerranée. Coût estimé : environ 70 millions d’euros, avec une mise en service possible avant la fin du mandat. « Montpellier est restée la seule grande ville où l’aéroport est déconnecté des transports en commun », a défendu Julie Frèche. La ligne 3 sera prolongée et mettra la gare Saint-Roch à 30 minutes de l’aéroport.

    Antoine Bertrand (LFI) a interrogé ce choix « après l’été caniculaire que nous venons de passer », l’avion restant l’un des modes de transport les plus émetteurs. Il a rappelé une promesse de campagne : « Vous avez promis le tramway jusqu’à la mer, il ira jusqu’à l’aéroport. Monsieur le maire, les Montpelliérains n’ont pas prévu de prendre l’avion jusqu’à Carnon. » Julia Mignacca a opposé à ce projet le service dégradé de la ligne 5 et des « trams-bus au rabais », accusant la majorité de faire « un tram pour les 1 % d’habitants qui peuvent prendre l’avion ». Pascal Heymes, maire de Grabels, a de soôn cté soutenu une délibération qui « corrige une anomalie », la navette actuelle montrant selon lui « le manque criant de transports efficaces ».

    Julie Frèche a laissé à Julia Mignacca « les slogans creux et les formules choc » et défendu son bilan : 1 600 euros d’économies par an pour un foyer de quatre personnes grâce à la gratuité, une baisse de 20 % de l’usage de la voiture et une hausse de plus de 50 % de la fréquentation des pistes cyclables entre 2020 et 2026. À Antoine Bertrand, elle a répondu que la liaison serait décarbonée grâce à la connexion au réseau TER. Michaël Delafosse a tranché à sa façon : « Moi, j’ai promis le tram qui sortait de la Métropole. » Délibération adoptée, la France insoumise s’est abstenue.

    Hébron : 20 000 euros pour l’eau, Tibériade en toile de fond

    Dernier point, une coopération avec la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée, sur l’accès à l’eau. Antoine Bertrand a profité du débat pour évoquer Gaza, où selon lui les trois quarts de la population dépendent de l’aide extérieure pour l’eau. « Face au génocide, nous devons agir ici », a-t-il lancé, demandant la rupture du jumelage entre Montpellier et la ville Israélienne de Tibériade. Une revendication que porte depuis des années le mouvement de soutien au peuple palestinien à Montpellier.

    Rhany Slimane a annoncé que son groupe voterait la subvention de 20 000 euros. L’élu siégeait alors que le tribunal administratif de Montpellier avait annulé le matin même son élection au conseil municipal et à la Métropole, au motif que sa démission de son poste de collaborateur d’un groupe d’opposition n’était pas encore effective au premier tour des municipales. Il entend saisir le Conseil d’État, un recours suspensif qui lui permet de conserver ses mandats d’ici là. En séance, il a affirmé qu’Israël contrôle 84 % des ressources en eau de la Cisjordanie et cité l’ONU sur la confiscation de terres et la destruction d’infrastructures palestiniennes. Selon lui, le marché d’intérêt national de Montpellier continue de vendre des produits issus des colonies, dont il demande le boycott.

    Montpellier : l’opposition de gauche réitère sa demande de suspension du jumelage avec Tibériade

    Clare Hart, élue en charge des relations internationales, a renvoyé la question du jumelage à son échelon : il relève de la Ville, pas de la Métropole. Elle a plaidé pour l’unité autour de « la coopération et la solidarité internationale à la française », en rappelant la suppression de l’USAID par Donald Trump. La délibération a été adoptée à l’unanimité.

    L’article Incinérateur CSR : la Métropole de Montpellier vote d’abord, les habitants parleront ensuite est apparu en premier sur Le Poing.

  • Conduite autonome : Valeo et le laboratoire KE:SAI veulent construire un système d’IA open source adaptable à plusieurs modèles de véhicules

    L’Europe n’a pas dit son dernier mot dans la recherche en conduite autonome. L’équipementier tricolore Valeo et KE:SAI, laboratoire de recherche fondé par le français Kyutai et l’allemand Ellis Institute Tübingen, annoncent ce 13 octobre une initiative pour développer des systèmes de conduite autonome “généralistes”.

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