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  • Mobile money en Afrique : la bataille de la confiance numérique

    Sur les marchés comme dans les commerces de quartier, un simple QR code affiché sur une pancarte suffit parfois à accepter des paiements par téléphone, contrastant avec la faible présence des infrastructures bancaires traditionnelles dans de nombreuses régions africaines. Cette image illustre l’une des particularités de la transformation financière du continent : il est désormais possible de payer un commerçant, d’envoyer de l’argent ou de régler une facture sans nécessairement disposer d’un compte bancaire, mais via un simple téléphone portable. 

    Au Ghana, les kiosques MoMo de MTN matérialisent cette nouvelle infrastructure financière y compris dans les zones peu desservies par les banques. En Côte d’Ivoire les services comme Orange Money se sont également imposés dans les échanges du quotidien. 

    Le mobile money repose en effet sur un portefeuille électronique associé à un numéro de téléphone et sur un réseau d’agents permettant de déposer ou de retirer des espèces. Son essor a favorisé le développement d’un écosystème diversifié, composé d’opérateurs comme Orange Money, de fintech spécialisées dans les paiements comme Wave, mais aussi de sociétés de transfert international telles que Western Union et Ria. 

    Selon la GSMA (organisation internationale qui représente l’écosystème de la téléphonie mobile), l’Afrique comptait 1,2 milliard de comptes enregistrés en 2025. La même année, les services de mobile money ont traité plus de 1 432 milliards de dollars de transactions en Afrique subsaharienne, soit environ les deux tiers de la valeur mondiale des transactions du secteur. Ces chiffres témoignent du rôle central du mobile money dans l’inclusion financière et dans la circulation des capitaux, tout en révélant l’ampleur des flux désormais exposés à la fraude et aux cyberattaques. Cette croissance élargit simultanément la surface d’attaque et augmente le coût potentiel de chaque compromission.

    Une chaîne de confiance attaquée de bout en bout 

    Selon l’African Cyberthreat Assessment Report 2026 d’INTERPOL, la fraude au mobile money a été signalée par 97 % des pays africains interrogés dans le cadre de son évaluation 2026 de la cybermenace. Phishing, détournement de cartes SIM (SIM swap), applications malveillantes et compromission des comptes exploitent désormais les failles d’un écosystème où le numéro de téléphone fait office d’identité financière.

    La menace ne se concentre pas seulement sur une vulnérabilité unique, elle traverse toute la chaîne de paiement, de l’utilisateur aux infrastructures techniques en passant par les agents, les opérateurs télécoms, les fintechs et les banques. 

    En août 2026, la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité de Côte d’Ivoire a alerté sur une campagne visant les utilisateurs de services mobile money. Les cybercriminels diffusaient par SMS et sur les réseaux sociaux des offres attractives accompagnées d’un lien invitant à télécharger une application Android au format APK (Android Package Kit). Une fois installée, celle-ci pouvait compromettre le téléphone et faciliter la modification des paramètres de sécurité ou la réalisation de retraits frauduleux. Cette attaque combinait ingénierie sociale, hameçonnage par SMS et logiciel malveillant : l’utilisateur servait de porte d’entrée vers son propre portefeuille.

    C’est tout le paradoxe du mobile money. Sa simplicité, sa rapidité et son accessibilité depuis un téléphone expliquent son succès, mais étendent également les possibilités de fraude. 

    Kenya : quand le numéro devient la faille

    Lancé en 2007 par Safaricom et Vodafone, M-Pesa a permis à des millions de personnes d’accéder à des services financiers sans passer par une agence bancaire. Plus de huit adultes kényans sur dix utilisent aujourd’hui le mobile money, tandis que M-Pesa a franchi en 2026 le seuil des 40 millions de clients dans le pays. Initialement conçu pour envoyer et recevoir de l’argent, le service permet désormais de payer des commerçants et des factures, de recevoir un salaire, d’épargner ou encore d’accéder à certaines offres de crédit. 

    Cette concentration des services explique la dangerosité du SIM swap. Cette fraude consiste à transférer le numéro d’une victime vers une carte SIM contrôlée par l’attaquant, en détournant une procédure normalement prévue en cas de perte ou de vol du téléphone. Après avoir obtenu des informations personnelles par hameçonnage, ingénierie sociale ou exploitation de données divulguées, le fraudeur peut usurper l’identité du titulaire auprès de l’opérateur. Il devient alors susceptible d’intercepter des codes reçus par SMS, de réinitialiser certains accès et de prendre le contrôle d’un portefeuille mobile ou d’un compte associé.

    Selon INTERPOL, les fraudes au SIM swap ont progressé de 327 % au Kenya en 2025. Plus de 123 000 cartes SIM frauduleuses ont été émises et environ 3,8 millions de dollars ont été détournés de portefeuilles mobiles.

    Le phénomène relève moins d’une intrusion informatique sophistiquée que d’une attaque contre l’identité et les procédures de contrôle. Il prospère grâce à la circulation des données personnelles, à l’inégale application des règles de connaissance client (ou KYC), à l’absence de vérification en temps réel et, parfois, à la complicité d’agents. La rapidité des transferts permet ensuite de disperser les fonds avant que la victime ou l’opérateur ne puisse réagir.

    Anatomie d’un SIM swap 

    Scénario fictif inspiré de mécanismes de fraude documentés.

    Amina, 34 ans, commerçante à Nairobi, utilise quotidiennement son portefeuille mobile pour encaisser ses clients, payer ses fournisseurs et envoyer de l’argent à sa famille.

    J-3 – Ses données sont collectées
    Après avoir cliqué sur un faux message promotionnel, Amina communique involontairement certaines informations personnelles.
    Point de contrôle : détection du phishing et sensibilisation de l’utilisateur.

    ↓

    9 h 00 — Son identité est usurpée
    Le fraudeur se présente auprès d’un agent et demande le remplacement de sa carte SIM.
    Point de contrôle : vérification biométrique ou documentaire renforcée.

    ↓

    9 h 15 — Son téléphone perd le réseau
    Amina ne peut plus appeler ni recevoir de SMS. Son numéro fonctionne désormais sur la carte SIM du fraudeur.
    Point de contrôle : confirmation du remplacement sur un second canal et alerte aux services financiers.

    ↓

    9 h 25 — Son portefeuille est compromis
    Le fraudeur reçoit les codes de validation et réinitialise certains accès associés au numéro.
    Point de contrôle : délai de sécurité après un changement de SIM.

    ↓

    9 h 35 — Les fonds sont dispersés
    Le solde du portefeuille est transféré vers plusieurs comptes avant d’être retiré.
    Point de contrôle : détection des transactions inhabituelles et suspension automatique.

    ↓

    10 h 10 — Amina découvre la fraude
    Elle ne peut plus encaisser ses clients ni payer ses fournisseurs. Elle doit faire bloquer sa ligne, contester les transactions et rétablir ses accès.

    Une fraude individuelle, une défaillance collective : l’attaque progresse parce que les signaux détenus par l’agent, l’opérateur télécom et le service financier ne sont pas croisés assez rapidement.

    Loin de relever d’un scénario purement théorique, cette chaîne de défaillances s’est déjà retrouvée devant la justice kényane. En juin 2026, la Haute cour du Kenya a confirmé la responsabilité conjointe de Safaricom et de Diamond Trust bank après la perte de 4,42 millions de shillings kényans par une cliente victime d’un SIM swap. La juridiction a attribué 60 % de la responsabilité à l’opérateur télécom, qui n’avait pas empêché le remplacement frauduleux de la carte SIM malgré le signalement de la cliente, et 40 % à la banque, qui avait autorisé une succession de transactions inhabituelles. Cette décision montre que chaque acteur conserve une obligation de vigilance propre et ne peut reporter la faute sur un autre maillon de la chaîne.

    L’IA industrialise la fraude 

    L’intelligence artificielle ne crée pas nécessairement de nouvelles formes de cybercriminalité, mais elle permet d’exécuter plus rapidement, à plus grande échelle et à moindre coût des attaques déjà éprouvées. Selon INTERPOL, l’IA est intervenue, à des degrés divers, dans 55 % des affaires de cybercriminalité signalées en Afrique en 2025. Elle est désormais mobilisée à différentes étapes de l’attaque, depuis la collecte d’informations sur les victimes jusqu’à la création de contenus frauduleux, en passant par l’automatisation du phishing et le contournement de certains mécanismes de vérification d’identité. 

    L’ingénierie sociale constitue l’un de ses principaux terrains d’application. Les outils génératifs peuvent produire rapidement des messages crédibles, corriger les maladresses linguistiques et adapter le vocabulaire au pays, à l’opérateur ou au profil de la victime. Dans le cas du mobile money, un fraudeur peut se faire passer pour un agent de support ou pour un proche confronté à une urgence. La génération de voix synthétiques renforce encore cette capacité d’usurpation : l’appel ne repose plus seulement sur un récit convaincant, mais peut reproduire la voix d’une personne connue. L’IA permet ainsi, paradoxalement, de donner à une fraude industrialisée les apparences de la proximité et de la familiarité.

    Elle fragilise également les procédures KYC. À partir d’informations volées ou divulguées, les fraudeurs peuvent fabriquer des profils hybrides combinant des éléments réels et fictifs, générer de faux portraits ou manipuler des vidéos afin de contourner les contrôles d’entrée en relation. 

    INTERPOL indique que ces identités synthétiques ont notamment été utilisées pour ouvrir des comptes bancaires, obtenir des microcrédits mobiles ou enregistrer des cartes SIM sous de faux noms. La correspondance entre une identité, un document et une personne devient plus difficile à établir. 

    Les données de Smile ID témoignent de cette pression croissante sur les systèmes de vérification. L’entreprise indique que la fraude biométrique a atteint une moyenne trimestrielle record de 15 % en Afrique en 2024. Elle relève notamment le recours à des visages modifiés numériquement et à des techniques de substitution faciale, dont la sophistication est renforcée par l’IA générative. Les tentatives de fraude seraient par ailleurs quatre fois plus fréquentes lors de l’authentification d’un utilisateur déjà inscrit que pendant son enregistrement initial. La protection ne peut donc plus se concentrer uniquement sur l’ouverture du compte mais doit couvrir l’ensemble de son cycle de vie. 

    Sécuriser le mobile money, nouveau marché de la confiance numérique 

    Face à l’industrialisation de la fraude, sensibiliser les utilisateurs ne suffit plus. La sécurité doit couvrir toute la transaction : vérification d’identité, authentification, détection des comportements suspects et protection des applications comme des API. L’enjeu n’est plus seulement d’empêcher l’ouverture frauduleuse d’un portefeuille, mais de détecter en temps réel toute rupture dans le comportement habituel de son titulaire.

    Le SIM swap illustre cette nouvelle approche. Grâce aux API développées dans le cadre de la GSMA Open Gateway, une banque ou une fintech peut savoir si la carte SIM d’un client a été récemment remplacée et renforcer immédiatement ses contrôles. L’opérateur télécom devient ainsi un véritable capteur du risque financier. 

    La réponse commence également à se structurer sur le plan institutionnel. En août 2026 la Sierra Leone a validé une feuille de route nationale contre la fraude mobile élaborée avec les autorités financières et cyber, les opérateurs télécoms et les fournisseurs de mobile money, traduisant un changement d’approche où la sécurisation des paiements devient une responsabilité collective. 

    Cette structuration ouvre un marché pour les entreprises européennes spécialisées dans les télécommunications, la cybersécurité et l’identité numérique. Des acteurs européens se positionnent déjà sur ces différents maillons : Orange sur l’exposition sécurisée des signaux issus des réseaux télécoms, IDEMIA sur la vérification documentaire et biométrique. 

    Ce marché n’est toutefois ni homogène ni vierge. Les solutions doivent s’intégrer à des infrastructures, des réglementations et des usages très différents selon les pays, tout en composant avec des acteurs déjà implantés sur le continent. La capacité à nouer des partenariats locaux et à transférer des compétences sera donc aussi déterminante que la performance technologique.


    Sources : 

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  • Quelle joie le rock'n'roll... de droite ?

    « Les paroles de Joe Strummer font tellement pitié quand tu écoutes les Clash » [1]. Cette formule a forcement explosé aux oreilles (enfin, aux yeux), de toutes celles et ceux qui connaissent et apprécient les paroles du cofondateur des Clash... et celles de Didier Wampas.

    Lui et ses musiciens ont du talent et trimballent depuis 40 ans un nihilisme joyeux et foutraque, une belle énergie sur scène et un timbre vocal et musical singulier immédiatement identifiable (ce qui peut aller jusqu'à le rendre insupportable). Bref, les Wampas, on aime ou on aime pas.
    Quoi qu'il en soit, Didier Wampas gagnerait beaucoup à laisser Joe Strummer tranquille. Je pense être parfaitement iconoclaste, mais c'est une différence de posture politique essentielle qui me fait réagir. Le chanteur des Wampas explique qu'il ne « voit pas le rock comme une musique contestataire », qu'il « essaie de ne pas se prendre au sérieux » (tout en renvoyant l'ascenseur en fin d'article à M. Bégaudeau, à qui il arrive pourtant, plus qu'à son tour, de pontifier) et célèbre le rock'n'roll et la « joie de chanter « yéyé », chanter « shalala », chanter n'importe quoi ». Grand bien lui fasse, mais sa conception du rock me semble simplement ... de droite. Très en accord, finalement, avec un air du temps acquis à la résignation, à la fascisation et aux assauts suicidaires contre le vivant. Il est certes préférable pour tout punk (ou pas) qui se respecte d'éviter de « se prendre au sérieux », mais il peut être profitable de comprendre le contresens punk originel tel que le décrit brièvement mais avec beaucoup d'efficacité M@quis dans cet article. La formule « No future ! », devenue slogan, n'est pas l'illustration d'un nihilisme borné plus ou moins rigolo, mais bien l'expression d'une volonté de subversion d'un ordre injuste. Lorsque Julian Temple, le biographe documentaire de Joe Strummer intitule son excellent biopic « The future is unwritten », c'est bien pour montrer que, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les thuriféraires néolibéraux autoritaires de la « fin de l'Histoire » rien n'est écrit d'avance et que l'avenir sera ce que nous en ferons collectivement. Les Sex Pistols se revendiquaient « fleurs dans la poubelle » [2]. D'autres, en France, comme les Bérurier Noir, réussiront à dénoncer « putréfaction, gerbe et nausée » tout en réussissant à impliquer une large partie de la jeunesse à travers à des performances artistiques et politiques impeccablement autonomes.
    Par ailleurs, on croise beaucoup de « fachos », « électeurs Front national » ou
    « racistes » rendus presque sympathiques dans l‘article autobiographique de Didier Wampas. Beaucoup moins de racisé.e.s, pourtant nombreux.ses à la RATP où il travaillait ( les seules références sont « les taudis des chibanis » ou une allusion - dont on se
    serait aisément passés - au titre « Enfonce-toi ta burqa dans l'cul »). Évocation des
    premières émotions musicales, les hommages musicaux s'adressent, à Claude François,
    Johnny, Mike Brant. Le rock arrivera plus tard dans la vie de Didier Wampas, mais il
    semble avoir oublié qu'à l'instar du jazz ou du rap, le rock est une musique minoritaire,
    périphérique, devenue majoritaire, centrale. Il serait inspiré de méditer ces paroles de la
    rappeuse Casey (dans Chuck Berry, Ausgang), qui rappellent que le rock, ce n'est pas que chanter « shalala », loin de là :

    « Ma race a mis dans la musique sa dignité de peur qu'on lui prenne
    A fait du blues du jazz du reggae du rap pour lutter et garder forme humaine
    Et l'Occident qui avait honte a inventé le punk s'est haï lui-même
    Et l'Occident qui avait honte a inventé le punk s'est haï lui-même
    Tu as le cuir la coupe les clopes les bottes et la Fender
    Les anecdotes Les Enfants du Rock la collection de vinyles de ton père
    Je l'ai dans la chair je l'ai dans les veines
    Qu'est-ce que tu crois ? cette histoire est la mienne !
    Et je l'ai dans la chair et je l'ai dans les veines
    Qu'est-ce que tu crois ? cette histoire est la mienne ! »

    Pas fier pour un sou (on ne lui enlèvera pas ça), Didier Wampas rappelle que La
    « carrière » de la Mano Negra et des « Bérus » a pris fin en 1989. Ces derniers se sont
    séparés pour des motifs politiques éminemment respectables (cf. notamment l'émission Mauvais genre avec François Guillemot, ex Bérurier Noir– France culture [3]). Didier Wampas, qui rappelle dès qu'il le peut sa simplicité, sa modestie, son humilité ferait bien de bifurquer avant de finir comme Mick Jagger et ses acolytes, pantins pitoyables de l'industrie musicale, voire soutien électoral de M. Fabien Roussel.

    Un ex-rude boy, toujours antifasciste.

    [1] https://www.monde-diplomatique.fr/2026/07/WAMPAS/69729

    [2] « We're the flowers in the dustbin » https://www.youtube.com/watch?v=yqrAPOZxgzU

    3 Porcherie https://www.youtube.com/watch?v=GlbDGs8h9yY&list=RDGlbDGs8h9yY&start_radio=1

    [3] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mauvais-genres/de-la-tete-a-crete-a-la-fete-du-tet-rencontre-avec-francois-guillemot-2673873

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  • La poule aux œufs d'or, l'horloge technologique et le grand congélateur

    La guerre et a minima son vocabulaire, pénètrent chaque jour davantage les discours publics et politiques, ainsi, le président Emmanuel Macron a annoncé il y a plusieurs mois vouloir organiser le « réarmement démographique de la France ». Parmi les différentes mesures mises en place, l'une d'elle consiste à envoyer une lettre à toutes les françaises de 29 ans afin de les inciter à congeler leurs ovocytes. En réponse, des femmes indisponibles et indivisibles appellent à refuser que ce champs de bataille s'insinue jusque dans les utérus et expliquent pourquoi.

    Un SMS vient d'arriver, j'ai [29] ans,
    Envolée ma [fertilité], j'suis plus un enfant.
    L'horloge tourne, les minutes sont des rides
    Et moi je rêve d'arrêter le temps.
    Variations sur L'horloge tourne de Mickael Miro

    Effet d'annonce ou pas, l'avenir nous le dira, ces prochains jours, toutes les françaises – et les français – de 29 ans recevront un courrier les informant de leur « santé reproductive » pour leur rappeler que les amours fertiles n'ont qu'un temps et qu'il pourrait être bon d'envisager la congélation de leurs gamètes. Il s'agit de la mesure phare du plan de lutte contre l'infertilité qui fait suite à l'appel au « réarmement démographique » lancé par Emmanuel Macron en janvier 2024. Si la continuité évidente entre les deux annonces suffit à elle seule à s'inquiéter du lancement de cette nouvelle campagne, qui tend à militariser l'imaginaire de la naissance, des dynamiques plus profondes semblent également à l'œuvre, laissant deviner un projet de société particulièrement dangereux pour l'autonomie et la santé féminines.

    Le plan de lutte contre l'infertilité, tel qu'il est présenté avec ses mesures pour inciter à la congélation des gamètes, occulte la différence profonde du traitement des corps masculins et féminins, en mettant sur le même plan congélation de gamètes mâles (spermatozoïdes) et congélation de gamètes femelles (ovocytes). Si la congélation du sperme est ancienne et indolore, la congélation des ovocytes est quant à elle beaucoup plus récente, complexe et éprouvante.

    En France, elle a été autorisée en 2011 par la loi bioéthique, d'abord uniquement pour les femmes avec « nécessité médicale » – par exemple lorsqu'une femme subissait un traitement médical susceptible de la rendre infertile. C'est seulement depuis 2021, avec la dernière révision de la loi bioéthique, que la congélation des ovocytes a été ouverte aux femmes « sans indication médicale », à la condition qu'elles aient entre 29 et 37 ans.

    D'après l'agence de biomédecine, une femme sur trois serait intéressée par cette possibilité et la demande aurait été multipliée par 10 en quatre ans (1500 demandes en 2021 ; 15500 en 2024). Mais l'essor de la demande se heurte aux infrastructures : le délai d'attente pour mettre ses œufs dans le grand congélateur est de, en moyenne, 12 à 17 mois et il atteindrait trois ans dans certains hôpitaux. D'où l'annonce l'été dernier par Catherine Vautrin, alors ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles de France, de l'ouverture de 30 nouveaux centres de congélation ovocytaire et l'autorisation de cette pratique aux centres privés d'ici à 2027.

    Malgré la demande que suscite cette possibilité technique, il convient de rappeler que l'extraction des ovocytes est autrement plus lourde et invasive qu'un prélèvement de sperme, obtenu par simple masturbation. Le prélèvement des ovocytes requiert une hyper-médicalisation : batterie d'examens, injections d'hormones pendant plus de dix jours et intervention chirurgicale sous anesthésie, ce qui n'est pas sans risque pour la santé puisque le traitement peut provoquer un syndrome d'hyperstimulation ovarienne nocif pour la fertilité [1]. L'impact physique et psychique de ces pratiques est d'ailleurs sous-étudié, comme bien souvent lorsqu'il s'agit de s'intéresser aux spécificités des corps féminins [Alyson McGregor, Le sexe de la santé, Editions Eres, 2021]. Pourtant, le fait que des femmes fertiles et en bonne santé soient encouragées à recourir à une procréation hyper-technicisée comportant des risques mérite, a minima, de s'interroger sur cette trajectoire.

    Économie de la promesse, exploitation du corps féminin et injonction à la maternité

    « Présentée comme une façon de remédier à l'inégalité biologique entre homme et femme, l'autoconservation ovocytaire constitue plutôt une réponse sociotechnique au déclassement du corps féminin face à un modèle de performance machinique. »
    Céline Lafontaine, Bio-objets

    Si ces techniques rencontrent malgré tout une audience grandissante, c'est qu'elles reposent sur ce que Céline Lafontaine nomme une économie de la promesse et des affects puissants. Mobilisés par le néo-libéralisme, ceux-ci nous rendent plus sensibles à la question du désir individuel de grossesse qu'à l'émergence, en parallèle, d'un prolétariat féminin soumis à un bio-extractivisme. En Belgique, des jeunes filles « donnent » leurs ovules contre de l'argent. En Grande-Bretagne, de jeunes étudiantes anglaises et des femmes endettées « donnent » désormais leurs ovocytes après y avoir été invitées par une publicité reçue sur leur téléphone les incitant à devenir « donneuse d'ovule » : « You will receive compensation of up to £750 for each egg donation treatment cycle ». À New York, le prélèvement d'ovules est autorisé pour la recherche et les réseaux sociaux se font le relai de campagnes publicitaires pour inciter à « donner » ses ovocytes. Une économie « du don » dont l'euphémisme occulte qu'il concerne donc les plus pauvres et les plus vulnérables des femmes [2].

    Campagne de publicité en ligne de banques de gamètes étasuniennes qui promettent « donneuses d'ovocytes vous pouvez recevoir jusqu'à 48 000 $ et aider une famille à accomplir son rêve » ; « nous offrons jusqu'à 275 000 $ de compensation à une jeune femme généreuse, hautement instruite et athlétique, afin de permettre à une famille joyeuse et aimante que son rêve devienne réalité. »

    Les « bio-objets » que sont les gamètes congelés sont porteurs de l'espoir d'une grossesse différée et du rêve de maîtrise de la naissance. Premier motif du recours à l'auto-conservation des ovocytes, celle-ci vient rassurer les femmes célibataires qui se mettent la pression (et/ou la subissent) comme celles qui ne se sentiront jamais prêtes, en faisant miroiter une sorte d'« assurance maternité » et un « outil de gestion de l'incertitude conjugale » face au temps qui passe. Stocker ses ovocytes permettrait aux femmes d'être délivrées de leur rythme corporel propre pour pouvoir vivre au rythme – non négociable - du capitalisme industriel : faire carrière, puis avoir des enfants. Le corps réel, vivant, des femmes est occulté par un corps idéal, un corps-capital devenu variable de gestion et d'optimisation, sur lequel les femmes sont sommées de se responsabiliser et d'investir afin de préserver leur « capital fertilité » et leur « stock d'ovocytes ». Avec le grand congélateur, la bio-citoyenne met ses œufs en sûreté.

    Pourtant, la promesse n'est que rarement tenue, car entre 10% et 25 % seulement des femmes ayant congelé leurs ovocytes entament réellement un parcours de « PMA » aux moyens de ceux-ci [3], sans compter que le taux de grossesses pour un ovocyte dévitrifié se situe en réalité seulement entre 4,5% et 12%, loin derrière les chiffres gonflés généralement mis en avant [4].

    Et alors que commence à devenir audible la souffrance psychique engendrée par les désillusions de l'économie de la promesse, les associations de patients demandent à lever certaines des entraves législatives et éthiques à l'ingénierie reproductive en appelant à optimiser la sélection des embryons à travers le DPI (diagnostic pré-implantatoire), bientôt assisté par le calcul de l'intelligence artificielle [5].

    À la veille de la révision de la loi bioéthique prévue en 2028, le collectif BAMP a lancé une campagne de mobilisation nationale pour faire évoluer la loi sur le sujet du DPI-A : pendant plusieurs jours, de fausses annonces d'affaires de bébé vont apparaître sur la plateforme Vinted sous le hashtag #JamaisPorté.

    En effet, aussi troublant que cela puisse paraître, la pression à la maternité qui pèse sur les femmes ne baisse pas et même, comme le souligne la philosophe Sylviane Agacinski, « l'offre de faire des bébés autrement rend la stérilité plus intolérable que jamais ». Ainsi, en les soumettant aux techniques de la bio-industrie, il s'agit encore et toujours de domestiquer le corps des femmes et de le plier aux logiques socio-économiques, tout en renforçant subrepticement l'injonction à la maternité. La dissociation d'avec la temporalité de la fécondité féminine au nom de la promesse d'une maîtrise techno-scientifique de la reproduction n'émancipe pas les femmes, ne les rend pas plus libres vis-à-vis du travail ou de la maternité.

    Natalisme, administration de l'infertilité et soumission technique

    « Car la société de masse ne pose jamais les problèmes qu'elle prétend “gérer” que dans les termes qui font de son maintien une condition sine qua non. »
    René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable

    À travers la promotion de ces techniques de reproduction, le plan gouvernemental entend d'ailleurs moins s'attaquer aux causes de l'infertilité qu'à la baisse de la natalité (près de 25 % de naissances en moins en 15 ans en France). Dans les pays industrialisés, c'est le recul de l'âge de la première grossesse qui constitue la cause première de la dénatalité. Ce recul est notamment lié à des contraintes sociales (difficulté à concilier travail salarié et maternité) et économiques (logement), sans oublier la fragilisation des liens sociaux. Les injonctions paradoxales et le double bind qui visent spécifiquement les femmes n'y sont peut-être pas pour rien non plus. Nulle surprise donc à ce que ce gouvernement recoure à la seule chose en laquelle il croit : le techno-solutionnisme marchand plutôt que des mesures sociales et écologistes qui permettraient à celles et ceux qui souhaitent mettre au monde des enfants de le faire dans les meilleures conditions.

    Concernant la hausse de l'infertilité, qui toucherait près de 3 millions de français, elle s'explique avant tout par la toxicité des milieux de vie et l'explosion des maladies de civilisation (cancers, diabètes, obésité...). Là encore, le Plan de lutte contre l'infertilité prétend apporter des solutions. Il prévoit le déploiement des plateformes PRÉVENIR (Prévention Environnement Reproduction), destinées à délivrer un « diagnostic environnement » et des recommandations ciblées aux couples désireux d'enfanter, pour leur permettre de « gérer » leur exposition aux perturbateurs endocriniens, produits chimiques et autres pollutions. À leur charge d'appliquer les dispositions adéquates qui demandent évidemment de bénéficier d'un capital financier permettant, par exemple, de déménager, pour fuir un environnement nocif ou de changer de métier (charges lourdes, travail de nuit, surexposition). À travers l'individualisation des problèmes de fertilité et de gestion des risques, les mesures gouvernementales développent une politique nataliste individualiste bien plus qu'une politique de santé publique [6], ce qui a pour effet de dépolitiser les questions bioéthiques et d'occulter le fait que l'artificialisation de le reproduction est à la fois produit et réponse de la société industrielle et de ses nuisances.

    D'Éros à l'ingénierie reproductive

    « Comme si l'enlaidissement de tout n'était qu'un vague détail, propre à offusquer le seul bourgeois esthète. »
    René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable

    « Il faut se défaire de l'idée chimérique que ce sont les grands événements qui déterminent les hommes pour l'essentiel. »
    Siegfried Kracauer

    La transformation de la sexualité procréative et de la maternité en procédures administratives et technoscientifiques constitue une rupture majeure des dernières décennies et demeure un impensé, un tabou. Ces bouleversements dans la manière de concevoir la parenté (qui tend à se fonder sur le concept d'intentionnalité), la filiation et la maternité ne sont pas sans conséquences sociales et politiques. Loin d'approuver l'idée que les technologies reproductives relèveraient d'un progrès social, nous faisons au contraire le constat de la façon dont elles accroissent toujours davantage la mainmise de l'État, du marché et de la technoscience sur notre corps, nos intimités et un des derniers pans de nos existences – la sexualité procréative – qui échappaient encore, il y a peu, aux experts, aux blouses blanches et à leurs dispendieuses machines.

    Ces avancées constituent selon nous une régression sociale et politique, achevant de déposséder les femmes et les hommes, tant de leur rapport social et sexuel mutuel, que du rapport à leur corps et à l'enfantement, désormais appelé à être piloté par une caste, une classe, dont l'empire ne cesse de croître. Qu'il s'agisse de la procréation médicalement assistée, de la maternité de substitution (« gestation pour autrui ») ou de la congélation des gamètes, le lucratif marché de la reproduction artificielle est en plein essor, de 25 milliards en 2019, il devrait atteindre 41 milliards en 2026 [7].

    Nous soutenons l'idée que ces technologies, loin de permettre l'émancipation politique des femmes, nous aliènent et nous soumettent à la caste technicienne ; qu'elles entravent notre autonomie réelle et collective, en faisant miroiter une « autonomie individuelle » qui en réalité accroît les possibilités de notre exploitation par le biais de notre « fonction reproductrice ». Nous affirmons que l'intégration maximale des femmes au rythme machinique du capitalisme industriel n'est pas le gage de leur émancipation mais de leur domestication, de leur conformation à un ordre politique et économique.

    À l'approche d'une nouvelle révision de la loi de bioéthique en 2028, certaines législations relatives à la procréation et à l'embryologie humaine feront encore une fois l'objet de nouvelles modifications : diagnostics préimplantatoires, PMA post mortem, technologie ROPA [8]. Nous nous opposons à ces politiques eugénistes et transhumanistes.

    C'est pourquoi, nous appelons les femmes à ne pas congeler leurs ovocytes.

    À dénoncer pour ce qu'il est ce projet de femme augmentée, de femme-machine. C'est au monde, à la société et à l'organisation du travail de s'adapter aux femmes telles qu'elles sont, avec leur rythme qui n'a rien de honteux.

    Nous appelons à s'opposer à l'artificialisation et à la marchandisation du vivant pour ne pas céder à l'État et aux experts ces parts de notre autonomie.

    Des femmes indisponibles et indivisibles.
    Contre l'ingénierie reproductive et son monde.

    Pour aller plus loin :

    Bio-objets. Les nouvelles frontières du vivant. Céline Lafontaine.
    Le corps-marché, La marchandisation de la vie humaine à l'ère de la bioéconomie, Céline Lafontaine.
    Corps en miettes, Sylviane Agacinski.
    Déclaration de Comilla, Finrrage ( 1989) traduit in L'inventaire n°7, Printemps 2018
    La reproduction artificielle de l'humain, Alexis Escudero, Ed. Le monde à l'envers
    https://www.finrrage.org/
    Guerre généralisée au vivant et biotechnologies [4/4], Le front humain, Groupe Grothendieck, lundimatin
    Bio-objets, les nouvelles frontières du vivant de Céline Lafontaine [Note de lecture]

    [1] Une congélation d'ovocytes se découpe en diverses étapes médicales : cela commence avec une échographie vaginale, visant à évaluer la réserve ovarienne, et par une mesure du taux d'hormones (FSH, œstradiol et HRM). Ce sont ces deux paramètres qui vont déterminer le dosage adéquat du traitement de stimulation ovarienne que la femme devra ensuite suivre. Ce traitement consiste en l'auto-injection d'hormones (antagonistes de la LHRH et gonadotrophines recombinantes) pendant 10 à 12 jours qui ont pour but de faire mûrir un groupe d'ovocytes dans les ovaires. Durant cette phase, la femme devra passer une échographie pelvienne et réaliser des prises de sang tous les 2-3 jours afin de surveiller les réactions de son corps aux hormones. Au bout de 8 à 14 jours, elle recevra une injection dite déclencheuse contenant de la gonadotrophine chorionique humaine ou du Lupron (un médicament) afin d'aider les ovocytes à parachever leur maturation. Environ 36 heures plus tard, les ovocytes seront prélevés au cours d'une intervention chirurgicale pendant laquelle une aiguille guidée par ultrasons est insérée depuis le vagin jusqu'aux ovaires pour aspirer une dizaine ou plus d'ovocytes, le tout sous anesthésie locale ou générale. Une fois ceux-ci prélevés, le cumulus molletonneux de cellules qui entoure les ovocytes est retiré pour préparer à la congélation. Les ovocytes sont alors vitrifiés et plongées dans de l'azote liquide à -196°c avec des produits cryoprotecteurs pour être conservés jusqu'à ce que la femme décide de les utiliser en ayant recours à une PMA.

    [2] Sur la situation en Angleterre, voir : https://abolition-ms.org/actualites/don-et-congelation-dovocytes-contribution-dans-le-cadre-de-lenquete-menee-par-la-commission-des-femmes-et-de-legalite-du-parlement-du-royaume-uni/

    [3] Les chiffres que l'on trouve en ligne varient entre 10 à 25% selon les grands centres de fertilité d'Europe ( Belgique, Espagne). En ce qui concerne les cliniques en Espagne, une usagère qui a renoncé à un parcours de PMA nous confie s'être rendue compte qu'elle pouvait toujours en tirer profit en les vendant à bon prix sur des sites de banque en ligne américains, eu égard à son parcours académique d'excellence et son statut social élevé.

    [4] À ce sujet, lire Léa Frigout. Préservation dite “ sociétale ” de la fertilité de la femme. Santé publique et épidémiologie. 2019. Comme l'explique la chercheuse, « Lors d'une procédure de vitrification chez une femme de moins de 35 ans présentant une bonne réserve ovarienne d'ovocytes, le nombre d'ovocytes recueillis est d'environ 8-13 par cycle, le taux de survie des ovocytes après dévitrification est d'environ 85%, le taux de fécondation par ICSI (injection intra-cytoplasmique d'un spermatozoïde) autour de 70% et le taux global de grossesses autour de 40% (le taux de grossesse est à peu près équivalent que la fécondation ait lieu avec des ovocytes frais ou des ovocytes vitrifiés). Ainsi, Le taux de grossesses pour un ovocyte dévitrifié est de 4,5%-12%. Il faut donc au moins vitrifier 15-20 ovocytes, ce qui correspond en moyenne à deux stimulations ovariennes et deux ponctions d'ovocytes, pour raisonnablement espérer obtenir une naissance ».

    [5] “ Au Mexique, un bébé a été conçu par fécondation in vitro à l'aide d'un dispositif entièrement robotisé, piloté à distance et partiellement contrôlé par l'intelligence artificielle. Premier bébé conçu par une FIV pilotée par l'intelligence artificielle. » , Le monde, Avril 2025. En France, l'hôpital américain de Paris intègre une IA de la startup israélienne AIVF (pour AI-powered In Vitro Fertilization) à la vidéosurveillance de l'embryon.

    [6] Soulignons qu'en même temps que le gouvernement promeut ces mesures, il œuvre à la fermeture des maternités de proximité (- 40 % en 20 ans), au déremboursement des soins de base et à l'augmentation du ticket modérateur. Déjà, en 2011, lorsque la question de la prise en charge à 100% de la PMA fut posée, pour l'élaboration de la loi de financement de la sécurité sociale (en vue de réaliser une économie de 51 millions d'euros) ; il fut finalement décidé de retirer l'hypertension artérielle sévère des affections de longue durée. Un arbitrage de la solidarité nationale qui pose question puisqu'il privilégie le « droit à l'enfant » au remboursement des soins de millions de personnes malades.

    [7] https://theconversation.com/the-business-of-ivf-how-human-eggs-went-from-simple-cells-to-a-valuable-commodity-119168

    [8] La technologie ROPA (Réception de l'ovocyte par le partenaire) est le processus de fécondation in vitro dans lequel une femme porte l'embryon issu de l'ovule de sa compagne et fécondé par un don de sperme.

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  • Médias : le mercato des fachos

    Les néofascistes n'ont pas besoin de faire campagne, les médias la font pour eux, sans aucun contrôle ni contre-discours.

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  • Déclaration officielle pour la journée mondiale de l'entartage année 0

    En sus de l'hommage à Noël Godin que nous publions cette semaine, nous avons reçu cet appel à l'insurrection pâtissière programmée ce dimanche 13 septembre et qui doit marquer la première d'une longue série, jusqu'à l'abolition des pompeux cornichons.

    L'entarteur est mort, vive l'entartage !

    Ce dimanche 13 septembre, Noël Godin aurait fêté son 81e anniversaire.
    Afin de prolonger son bras armé, nous déclarons son jour de naissance
    Journée Mondiale de l'Entartage !

    Entartez-les, entartez-vous, entartons tout !

    Mais où ça se passe ? Partout ! Les têtes-à-tarte ne manquent pas. Qu'ils soient en statues ou en chair, nos chers pompeux cornichons agissent dans votre entourage, sur votre lieu de travail, au coin des rues. Les entartables ont tous une adresse… Laissez-vous guider par la force de la crème pâtissière (de la chantilly fera aussi l'affaire) et vive le terrorisme burlesque !

    Gloup gloup !

    Amicale de l'entartage
    amicale-de-lentartage at proton.me

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  • « Combattre les violences sexistes et sexuelles, c'est garantir la place des femmes dans la CGT »

    Source : Contretemps

    Les violences sexistes et sexuelles (VSS) n'épargnent pas les milieux syndicaux, témoigne Raphaëlle Manière pour la CGT : « propos ou insultes sexistes, exhibition, harcèlement moral à caractère sexiste, harcèlement sexuel, agressions sexuelles, viols. Chaque année, nous établissons entre cinq et dix dossiers », cite Contretemps.

    Cheminote dans le Jura, la militante est aussi celle qui pilote la cellule de veille contre les VSS de la CGT, créée en 2016. À cette époque, certaines adhérentes « ne trouvaient plus leur place dans [le syndicat] ou finissaient par quitter l'organisation », se rappelle Raphaëlle Manière. Ainsi, depuis dix ans, la structure documente tout type de VSS signalées au sein d'un syndicat fédéré par la CGT, mais sans formuler de sanctions. « Le dispositif oblige au contraire chaque organisation et chaque direction à prendre ses responsabilités », explique-t-elle. La cellule vise également à « garantir réellement la place des femmes dans la CGT », qui comptent pour « 39 % » des adhérent·es.

    Plus largement, l'enjeu de cette structure est de lutter contre les angles morts de ce syndicat progressiste. « Lorsqu'un militant occupant des responsabilités est mis en cause, certains peuvent être tentés de penser que l'accusation viserait, à travers lui, la CGT elle-même. Cette rhétorique du complot continue de fonctionner », se désole Raphaëlle Manière. Si la syndicaliste se réjouit d'une prise en compte croissante de ces enjeux par la direction de la CGT, elle dit « rester lucide » sur les oppositions encore nombreuses au sein des différents syndicats de cette fédération.

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    Source : Bon Pote
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  • « Combattre les violences sexistes et sexuelles, c'est garantir la place des femmes dans la CGT »

    Source : Contretemps
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  • Perpignan. Aide aux étranger·es : s'accrocher au droit

    Source : L'Empaillé
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  • 10 leçons sur l'anti-impérialisme à partir de l'expérience iranienne

    Ce texte rédigé par le collectif Roja [1], constitue une intervention collective portée par une partie de la gauche iranienne en diaspora et en exil. Il entend répondre aux problèmes politiques, aux contradictions et aux nouvelles lignes de fracture qui traversent les forces anti-impérialistes et qui se sont accentués depuis le 7 octobre 2023, notamment autour de la question de la République islamique d'Iran. Il propose une analyse critique des raisons pour lesquelles toute politique anti-impérialiste conséquente doit aujourd'hui s'opposer aux guerres impérialistes, aux sanctions et aux projets de changement de régime, tout en combattant simultanément la répression et les massacres perpétrés par la République islamique. Une telle position ne suppose toutefois ni de mettre sur le même plan la République islamique, les États-Unis et Israël, ni d'effacer les profondes asymétries de pouvoir qui les séparent.

    1. Débat sur le sens de l'« impérialisme »

    Les guerres ne se contentent pas de déchiqueter les corps, les territoires, les foyers et les possibilités de vie collective ; elles pénètrent à l'intérieur des organisations et des collectifs politiques, des amitiés et des familles, fragmentent parfois les horizons communs de lutte. Au cœur de la dévastation, les fractures politiques et théoriques se sont également approfondies : sur le sens de l'impérialisme et son lien avec la reproduction du capital mondial, sur le rapport entre guerre extérieure et répression intérieure, sur la possibilité d'une solidarité entre des luttes hétérogènes, et sur les conditions d'élaboration d'une politique émancipatrice qui ne se soumette ni aux camps du pouvoir, ni ne suspende la lutte jusqu'à un « moment plus opportun ».

    Ce qui suit a été écrit dans ce contexte. C'est un texte collectif rédigé du point de vue d'une partie de la gauche iranienne en diaspora. Le point de départ est celui des expériences historiques de l'Iran et du Moyen-Orient. L'horizon est celui d'une réflexion à nouveaux frais sur l'anti-impérialisme et l'internationalisme et ce, au service d'une révolution sociale, à un moment où les bellicistes impérialistes, l'État colonial israélien, l'extrême droite, les nationalismes autoritaires et les États répressifs, chacun à leur manière, s'approprient, dénaturent ou retournent le langage de la libération et de la résistance contre d'autres peuples.

    Notre position exige des clarifications conceptuelles, un rappel des faits historiques, un nouveau regard sur les expériences. Il faut se confronter à des questions qui n'ont pas de réponses toutes faites : une politique antiguerre et anti-impérialiste ne peut se satisfaire du remplacement d'un bloc de pouvoir par un autre. Une telle politique doit se dresser contre la guerre, les sanctions et le changement de régime impérialistes, tout en refusant les politiques de répression et de massacre menées par les États autoritaires et la confiscation étatique de la résistance.

    2. Régime mondial de guerre et reconfiguration violente du Moyen-Orient

    Nous vivons une époque où le capitalisme a adopté la guerre comme mécanisme normal de reproduction de l'ordre mondial. La guerre ne se limite pas aux bombardements, aux terres brûlées, à la destruction des villes, aux meurtres d'enfants. Elle s'est liée à d'autres formes de violence : économique, sécuritaire, technologique. Ce qui se déroule en Iran et plus largement dans cette région, n'est pas non plus un simple débordement de crises antérieures, un épisode de plus dans la longue histoire du colonialisme et de l'occupation, ou une série de guerres séparées les unes des autres ; ce sont des processus enchevêtrés visant à une réorganisation impérialiste et violente de la région. Cette réorganisation a pris des dimensions nouvelles, notamment depuis le 7 octobre 2023, avec le génocide ordonné des Palestinien.nes à Gaza, l'occupation du sud du Liban et les attaques répétées contre Beyrouth, l'annexion de facto de parties de la Syrie, les bombardements du Yémen, et l'agression américano-israélienne de l'Iran. Désormais, sanctions, occupation, génocide, apartheid, siège, guerres hybrides et médiatiques, sabotage numérique, guerre économique, emprise sécuritaire sur la vie quotidienne, militarisation de la société, contrôle des frontières, répression des migrant.es et destruction des infrastructures vitales se produisent dans le cadre de cet ordre guerrier. La guerre n'est plus une rupture ou un moment exceptionnel dans l'ordre existant : elle est l'ordre lui-même.

    La campagne militaire d'Israël et des États-Unis contre les peuples de la région fait partie d'un projet de reconfiguration politique, économique et sociale du Moyen-Orient dans le cadre d'un capitalisme de guerre ; un projet qui vise à consolider un ordre régional centré sur Israël et orienté vers les objectifs hégémoniques extrarégionaux des États-Unis. Ce que Trump appelait en 2020, parallèlement aux accords d'Abraham, le « nouvel ordre du Moyen-Orient », se déploie aujourd'hui sous une forme pure et plus sanglante : l'intensification de la colonisation de peuplement en Cisjordanie et le génocide à Gaza s'accompagnent de la normalisation des relations avec Israël, de la connexion des capitaux des pays du Golfe aux réseaux sécuritaires et logistiques israéliens, du contrôle des corridors et de la domination sur les infrastructures régionales, et finalement de l'enterrement de toute possibilité de libération de la Palestine.

    L'Iran se trouve au cœur de cette reconfiguration violente. La guerre contre l'Iran et le génocide à Gaza ne sont pas, de ce point de vue, deux épisodes séparés. Ils s'inscrivent dans une même configuration qui relie guerre, capital, sécurité, frontières, racisme, occupation et répression. Une position contre la guerre doit donc partir de cet enchevêtrement. Elle ne doit pas dissocier ces enjeux les uns des autres ni exceptionnaliser l'un d'entre eux.

    3. Du droit de souveraineté au droit à l'autodétermination

    L'agression de quarante jours des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, débutée le 28 février 2026, a été présentée dans le discours de Washington et de Tel-Aviv comme une campagne contre le programme nucléaire, les capacités balistiques, les drones et les réseaux militaires régionaux de la République islamique. Mais la réalité de la guerre a démenti ce récit dès les premières heures : maisons, écoles, dispensaires, usines, centres de recherche, installations énergétiques, réseaux de transports et infrastructures vitales de la vie quotidienne ont été pris pour cible. Jusqu'au cessez-le-feu fragile du 8 avril, plus de 3 400 personnes ont été tuées et plus de 25 000 blessées ; environ 3,2 millions de personnes ont été déplacées, et au moins 87 294 infrastructures civiles (résidentielles, commerciales ou économiques) ont été gravement endommagées ou détruites. Dans l'une des attaques les plus catastrophiques des premières heures de la guerre, à Minab et à Lamerd (où certaines armes étasuniennes ont été testées pour la première fois), 168 enfants ont été tué.es par la première frappe et plusieurs dizaines par la seconde. Les coups portés aux infrastructures pétrolières, gazières, pétrochimiques, sidérurgiques, portuaires, électriques et de transport, conjugués à une coupure totale d'Internet (qui constituait la base de l'emploi pour un grand nombre de personnes), ont aggravé la crise de l'emploi ; selon les rapports, environ deux millions d'emplois ont été perdus. Ce qui était présenté mensongèrement comme une frappe chirurgicale contre des « centres militaires » ou une « guerre contre le régime » a en réalité visé les corps, les villes, les moyens de subsistance et l'avenir de plusieurs générations. Cette guerre s'inscrit dans la longue histoire des ingérences, de l'élimination physique des acteurs du programme nucléaire, du sabotage numérique, des attaques contre des installations sensibles, du sabotage des infrastructures vitales et des sanctions qui avaient déjà pris pour cible les médicaments, le travail, la nourriture, l'énergie, l'emploi et la vie quotidienne.

    Défendre son lieu de vie, et plus généralement défendre et protéger la vie collective, est un droit évident des peuples ; mais il y a une différence entre ce droit et ce que l'on nomme « défense de la patrie », devenu nom de code pour la défense des dirigeants de la République islamique. Le droit de souveraineté, du point de vue des intérêts du peuple, signifie le droit à l'autodétermination, l'autonomie et la capacité des peuples à décider de la forme de leur vie commune. Lorsque le droit de souveraineté et le droit à l'autodéfense sont arrachés à cet ensemble fondamental, ils sont facilement absorbés par le langage de la sécurité et de l'autorité (langage juridique de l'Etat) et vidés de leur sens. La défense de la société cède alors la place à la défense de l'appareil de répression de classe, c'est-à-dire la machine politique, administrative et militaire au pouvoir.

    Depuis le début de la guerre, cette même conception étatiste, nationaliste et sécuritaire a été attisée en Iran. La défense des frontières, des forces militaires, de l'intégrité territoriale et de l'unité abstraite de la nation est plus que jamais mise en avant, tandis qu'est écartée l'idée d'une défense par les peuples de leur vie collective et de leur lieu d'existence. Les droits sociaux et politiques sont plus que jamais subordonnés à la rationalité de l'État, et les revendications d'autonomie, d'égalité et d'autodétermination (en particulier pour les nations et minorités opprimées comme les Kurdes, les Azéri.es, les Arabes et les Baloutches, dont la vie et l'action politique font déjà l'objet de politiques ultra sécuritaires) sont criminalisées au nom de la sécurité nationale et de la menace séparatiste.

    Les dirigeants veulent imposer l'idée que la souveraineté signifie que la vie des habitant.es appartient à l'État. Contre cette logique, nous considérons la souveraineté comme la capacité des peuples à administrer, reproduire et transformer la vie collective ; une capacité indissociable de l'autonomie et du droit à l'autodétermination aux niveaux individuel, social, ethnique, national, de genre et sexuel. Notre approche est féministe. Notre point de départ n'est pas la sacralisation des frontières mais les territoires vécus : les corps, les foyers, les quartiers, la terre et l'eau, les infrastructures, le travail reproductif, les rapports sociaux et les réseaux de soin qui rendent possible la continuité de la vie. La lutte contre les bombardements, les sanctions, l'occupation et les destructions impérialistes ne peut pas non plus être séparée de la lutte pour l'autodétermination, la protection des vies et la confrontation avec les rapports d'accumulation, d'exploitation et de domination. Un État dont la souveraineté est déjà fondée sur le patriarcat, le chauvinisme et la logique sécuritaire ne protège pas la société en se préservant lui-même ; il restreint au contraire l'autonomie collective et subordonne les ressources vitales à la survie du pouvoir. Les conséquences de la guerre et du militarisme ne sont d'ailleurs jamais réparties également au sein de la société. Les groupes déjà exposés à la privation des droits, aux discriminations et à la répression étatique (les femmes, les personnes queer, les migrant.es, les classes subalternes et les nations opprimées) portent plus que d'autres le poids des déplacements, de l'insécurité, tout comme en juillet 2026, avec la reprise des affrontements après l'accord et le cessez-le-feu fragile, le sud défavorisé, frontalier et périphérique de l'Iran, de Bandar Abbas et Siric jusqu'à Bouchehr et Chabahar, est redevenu l'un des principaux foyers de violence. Ce sont des régions dont les habitant.es étaient déjà aux prises avec les discriminations, la privation et la négation des moyens de vivre, et qui doivent désormais payer aussi le prix de la poursuite de la guerre et de la destruction. Parallèlement à l'intensification des attaques dans le sud de l'Iran, la République islamique a également poursuivi sa guerre contre le Kurdistan par des frappes de missiles contre le siège des partis kurdes du Rojhelat (région Est du Kurdistan, située actuellement en Iran), établis en exil dans la région du Kurdistan irakien. Au cours de ces attaques, au moins 9 peshmergas du parti de gauche Komala ont été tués et plusieurs autres blessés. Au même moment, la grève de 500 prisonniers condamnés à mort dans la prison de Qezel Hesar s'est poursuivie pendant plus d'une semaine, mais la seule réponse du pouvoir a été la répression et la poursuite des exécutions.

    Sous cet angle, défendre la souveraineté ou défendre l'habitat ça n'est pas défendre l'État illégitime en place ; il s'agit plutôt de défendre les conditions matérielles et sociales de la vie face aux bombardements, à la militarisation, à la dépossession, au colonialisme intérieur, à la répression et au racisme d'État. Ce qui mérite d'être défendu, ce n'est pas la souveraineté des dictateurs, mais la capacité du peuple à construire, préserver et transformer les conditions de sa vie commune ; une souveraineté n'est populaire que lorsque le pouvoir d'imposer la mort et le sacrifice sort du monopole de la classe dirigeante, et que le droit de décider des modalités du maintien de la sécurité, de l'usage des ressources et de définir l'avenir commun revient à la société elle-même. C'est pourquoi, de notre point de vue, il faut défendre l'arrêt immédiat de la guerre impérialiste et le faire sans jamais glorifier l'État iranien.

    Et il faut rappeler que l'existence d'une souveraineté antipopulaire et répressive ne justifie en aucun cas les agressions impérialistes. De même, que l'État iranien cherche à préserver les frontières issues d'histoires coloniales et impérialistes, du centralisme, de l'homogénéisation autoritaire et de la répression des peuples, cela n'équivaut pas non plus à protéger la société.

    Sur cette base, une politique antiguerre féministe ne laisse pas détruire la vie du peuple iranien au nom d'une « libération » impérialiste, et n'accepte pas non plus que l'opposition absolue à l'impérialisme se transforme en bouclier pour l'étatisme autoritaire. Il faut remettre en question le droit de l'État à s'approprier les corps au nom de la nation : le droit d'envoyer les hommes à la guerre, d'imposer aux femmes le rôle de reproductrices de la nation, de contrôler le genre et la reproduction, et de sacrifier certaines populations comme prix à payer pour la survie du pays.

    4. L'état d'urgence comme mode de gouvernance

    L'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, survenue seulement quelques semaines après la répression sanglante du soulèvement de Dey (janvier 2026), a conduit, en plus des destructions massives, à une intensification de la répression intérieure. Dès les premiers jours, l'accès à Internet a été fortement restreint. Selon NetBlocks, les coupures et les perturbations généralisées se sont poursuivies pendant plus de 1 272 heures. Durant cette même période, au moins 35 prisonniers politiques (dont un jeune de 19 ans arrêté lors des manifestations de Dey) ont été exécutés, et environ 3 000 personnes ont été arrêtées sous des chefs d'accusation politiques et sécuritaires.

    Contrairement à ce qu'affirme la propagande impérialiste, la guerre n'a apporté ni liberté, ni sécurité, ni démocratie. Elle a davantage détruit les infrastructures vitales, approfondi la crise, exacerbé les contradictions de classe et l'appauvrissement de la société, consolidé le dispositif militaire et sécuritaire du pouvoir. Après l'accord entre la République islamique et les États-Unis, elle a fait entrer l'Iran dans une situation où s'enchevêtrent destructions, insécurité, siège, inflation, chômage, répression, suspension du temps, incertitudes.

    La menace extérieure devient elle-même un instrument de gouvernance. La logique de l'état d'urgence opère précisément à travers cette transmutation : au nom de la sécurité, l'État transforme un événement temporaire en un mode de gouvernement ; il ferme l'espace politique, accentue les politiques sécuritaires, et qualifie toute opposition de trahison, d'espionnage, de complicité avec l'ennemi ou d'affaiblissement du front intérieur.

    Ce mécanisme n'est d'ailleurs pas nouveau ; il relève des schémas anciens de gouvernance de la République islamique. Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), le même phénomène s'est produit : une guerre destructrice et d'usure a permis à l'Etat d'accélérer la concentration du pouvoir, d'étendre l'appareil sécuritaire, de consolider les Gardiens de la révolution et de militariser la société. Simultanément, les conseils populaires et les forces révolutionnaires de gauche et communistes étaient réprimés, la discipline sur le travail s'était renforcée, et les politiques d'altérisation et de répression des nations et minorités opprimées, accélérées. Les institutions nées au cœur de la révolution étaient démantelées sous la pression de la guerre et au prétexte de la « défense sacrée » ; des milliers de prisonnier.es politiques communistes et moudjahidines du peuple étaient exécuté.es alors qu'ils et elles purgeaient leur peine. Ces exécutions ont été décidées au nom de l'état d'exception (épisode gravé dans la mémoire collective des masses sous le nom de « boucherie des années 1980 ») tandis que le nouvel État militaire et bureaucratique étendait son autorité sur l'ensemble du territoire iranien. Les Gardiens de la révolution, dans ce même contexte, étaient passés du statut de force idéologique et militaire à celui de l'une des principales puissances économiques, sécuritaires et politiques du pays. Ce schéma continue d'opérer. Chaque fois que la crise de légitimité se fait plus visible et que les femmes, les travailleurs et travailleuses, les étudiant.es, les enseignant.es, les retraité.es, les peuples opprimés et les familles en quête de justice entrent en scène, la menace extérieure est utilisée pour déplacer l'agenda, étouffer la vie politique, couper Internet, déployer le tout sécuritaire dans l'espace public et discréditer la voix des victimes.

    Dans un tel contexte où la vie du peuple est prise en otage entre la menace extérieure et la discipline sécuritaire intérieure, la position antiguerre ne peut se limiter à la condamnation de l'agression extérieure ; elle doit aussi dévoiler les mécanismes internes qui mettent la guerre et le climat de guerre au service d'une répression violente et généralisée. Lorsque la répression, les exécutions, l'emprisonnement et la torture en Iran, loin d'être suspendus par la guerre, s'intensifient, on ne peut attendre des familles en quête de justice qu'elles suspendent leur lutte contre ces violences au nom de la guerre.

    De même que nous considérons la criminalisation en Occident des militant.es et organisations pro-palestiniennes et les politiques sécuritaires à leur encontre comme une forme de prolongement de la guerre au sein de la société, nous ne pouvons ignorer ce même mécanisme lorsque la République islamique l'emploie contre ses opposant.es, les militant.es et les organisations indépendantes.

    Une politique antiguerre n'a de sens que dans la résistance conjointe aux agressions extérieures et à l'autoritarisme intérieur. Non dans la mise à l'abri de l'un au nom de la lutte contre l'autre.

    5. Constater l'asymétrie entre puissances et en arriver à hiérarchiser les luttes

    L'impérialisme des Etats-Unis, du coup d'État de 1953 en Iran aux guerres, interventions, sanctions et architectures sécuritaires des dernières décennies, a joué un rôle déterminant dans la destruction de la vie collective au Moyen-Orient. Israël est un État colonial dont la domination sur les Palestinien.nes s'est reproduite depuis des décennies à travers l'occupation, la dépossession, la colonisation, le siège, les déplacements de population et la guerre. L'histoire de la République islamique est elle aussi faite d'emprisonnements et d'exécutions de masse, de démantèlement des conseils ouvriers, de subordination des femmes et de violence contre les nations opprimées et de répression de ses opposant.es. Ces histoires sont enchevêtrées, mais la place et la capacité des forces qui les portent dans l'ordre mondial ne sont pas les mêmes.

    Malgré la multipolarisation croissante de l'ordre mondial, les États-Unis demeurent la plus grande puissance impérialiste au monde ; une puissance dont les capacités militaires, financières, technologiques, juridiques, médiatiques et institutionnelles ne sont pas comparables à celles de la République islamique, et qui lui donnent les moyens d'organiser guerres, sanctions et interventions à l'échelle mondiale. Néanmoins, la domination n'est jamais une simple pyramide avec un sommet unique et une masse de victimes ou de dominé.es à sa base. Le pouvoir et l'oppression sont distribués de manière inégale, et leurs formes, intensités et foyers varient selon les situations géographiques et historiques, les appartenances de classes et aux groupes nationaux, aux positions dans les rapports de genre. Pour de nombreux peuples du monde, les États-Unis demeurent la plus grande menace extérieure ; mais pour des sociétés directement confrontées à l'expansion chinoise en termes d'infrastructures, de flux des capitaux, de dette, à l'extraction des ressources par l'Etat et les entreprises chinoises et à leur influence, la question de l'impérialisme chinois peut être plus concrète et plus déterminante. L'expansion rapide de l'« Initiative 'la Ceinture et la Route' » (Belt and Road Initiative ou « les Nouvelles routes de la soie ») et la multiplication des réseaux d'investissement et des contrats qui lui sont liés montrent que le pouvoir mondial ne peut être compris uniquement à travers un centre unique « super-impérialiste ».

    Reconnaître l'inégalité des puissances ne doit pas nous faire ignorer leur nature également anti-populaire. Cela ne doit pas servir de justification pour établir une hiérarchie entre les souffrances des peuples sous le joug d'une puissance et celles des peuples soumis à une autre, ni pour accorder plus de valeur et de légitimité aux luttes d'un groupe social dans un coin du monde qu'à celles d'un autre groupe ailleurs. Autrement dit, la supériorité militaire et économique, ou l'intensité plus grande d'une menace impérialiste, ne peut fonder une priorité politique ni justifier la suspension d'autres combats. De même, on ne peut affirmer que, parce que les États-Unis sont une puissance plus destructrice, la lutte contre la République islamique devrait cesser ; parce que la guerre et le changement de régime venus de l'extérieur sont des dangers réels, la critique radicale de l'État devrait être renvoyée à plus tard ; parce que les puissances sont asymétriques, les souffrances et les résistances devraient elles aussi être distinguées en principale et secondaires. Les États-Unis, Israël et la République islamique ne sont ni équivalents, ni de même nature, ni dotés d'une même capacité de destruction ; mais la différence d'échelle et de forme du pouvoir ne confère à aucun d'eux une immunité politique. La domination impérialiste n'abolit pas les rapports d'exploitation et de répression au sein de la société, et la violence de la République islamique ne diminue en rien la réalité l'impérialisme occidental.

    Le slogan « Ni République islamique, ni impérialisme » n'est pas une mise en équivalence de ces deux forces. Il ne doit pas être réduit à une formule mathématique qui pèserait deux « maux ». On ne peut mettre les crimes sur deux plateaux d'une balance et prendre, à l'égard des deux, une distance morale et sans risque. Ce slogan rejette une logique qui fait de la délégation du pouvoir et du droit de décider des peuples à une puissance étatique, une nécessité, et ce au nom de l'opposition à une autre puissance. L'impérialisme des Etats-Unis et l'État colonial israélien sont des ennemis des peuples de la région ; la République islamique, elle aussi a restreint la possibilité d'une libération collective et même celle de simplement vivre, avec plus de quatre décennies de politiques d'emprisonnement, d'exécutions de masse, de dépossession et de répression des femmes, des travailleurs et travailleuses, des nations opprimées et minorités ; elle a détruit les possibilités d'auto-organisation. Une politique émancipatrice ne part pas de la recherche d'un « ennemi principal » pour ajourner d'autres combats, mais de la capacité à préserver l'indépendance des luttes.

    6. La fracture entre l'État et la société assiégée par deux discours : de la confiscation impérialiste au déni campiste

    Ces dernières années, l'Iran a connu un cycle intense de soulèvements populaires, de menaces extérieures et d'agressions impérialistes. Le soulèvement de Jina/Mahsa en 2022 a constitué le point culminant d'une série de révoltes et de mouvements sociaux amorcée au moins depuis 2017. Ce cycle a trouvé de nouvelles formes et prolongements dans le soulèvement de l'automne (Aban) 2019, les manifestations étudiantes, les grèves ouvrières, les mouvements d'enseignant.es et de retraité.es, la résistance au Kurdistan et au Baloutchistan, ainsi que les protestations du peuple arabe face à la crise de l'eau et de l'environnement. Par la suite est survenue la guerre de douze jours de juin 2025 ; puis le soulèvement réprimé dans le sang de janvier (Dey) 2026 et, six semaines plus tard seulement, le 28 février, une nouvelle agression impérialiste.

    La menace de guerre pesait depuis des années sur l'Iran, mais après le 7 octobre 2023 et l'extension à la région de la guerre génocidaire à Gaza, elle est passée d'un horizon permanent à une réalité concrète et, il faut le dire, effroyable.

    Dans cette succession, la guerre extérieure et la répression intérieure ne sont pas deux événements séparés, mais deux logiques distinctes et enchevêtrées. L'intensification de la tension géopolitique ouvre le champ aux politiques sécuritaires et à la répression intérieures. Les fractures réelles entre la société et l'État peuvent elles aussi être instrumentalisées par les projets extérieurs de changement de régime et traduites dans le langage de la guerre. Mais cela ne signifie pas que ces deux logiques sont identiques ni que l'une est la simple conséquence de l'autre.

    Les appels à la « pression maximale », aux « sanctions ciblées », aux politiques de « regime change » reposent sur l'illusion qu'il serait possible d'attaquer militairement un État en épargnant la société. Comme s'il était possible de sanctionner, d'isoler, d'assassiner des membres de l'élite étatique ou de s'attaquer militairement au pouvoir sans détruire les infrastructures qui permettent à un peuple de vivre. « Sanctions ciblées », « frappes chirurgicales » et guerre contre le « régime et non contre le peuple » sont autant de formes différentes du fantasme d'une « bonne guerre » ; alors même que cette guerre détruit la société à travers les mêmes réseaux financiers, énergétiques, de transport, de soins, de communication et d'administration publique que visent précisément la guerre et les sanctions. Les guerres impérialistes sont également mortifères sur un autre plan : elles détruisent la possibilité des mobilisations locales, les conditions déjà difficiles dans lesquelles les luttes émergent. Les forces qui renversent les États disposent d'une marge de manœuvre importante dans la définition de l'avenir. Les guerres impérialistes détruisent ainsi le droit à l'autodétermination pour l'avenir et la capacité d'agir des populations locales.

    Cette logique s'accompagne aussi d'une épistémologie coloniale. Dans ce discours, la République islamique n'est pas représentée comme l'une des formations autoritaires du capitalisme contemporain et comme faisant partie des contradictions de l'ordre mondial, mais comme une excroissance extérieure, une entité anormale et un vestige d'un monde précapitaliste. L'Iran est rejeté hors du temps du « nous » ; relégué dans une géographie arriérée que la violence de la guerre pourrait ramener à sa place « naturelle ». L'importance de la formule de Trump du 1er avril 2026, « les renvoyer à l'âge de pierre, là où ils appartiennent », réside précisément dans cet ajout : « là où ils appartiennent ». C'est une politique coloniale : certains peuples et certains territoires sont assignés à un passé prémoderne. Dès lors, la violence à leur encontre devient acceptable. Les bombardements ne détruisent pas que des lieux et des biens. Ils sont aussi un acte qui vise à « ramener » l'autre aux temps que le pouvoir colonial leur a déjà assigné.

    Mais les contradictions et l'écart entre l'État et la société ne sont pas qu'une construction imaginaire. Cette fracture n'est pas une invention de l'impérialisme. Un antagonisme réel et historique s'est formé et intensifié, par le bas, au fil des décennies. Le discours impérialiste ne crée pas cette fracture. Il la déconnecte de son histoire matérielle pour en faire un instrument de guerre : comme si l'État et la société étaient deux réalités indépendantes, et que l'on pouvait anéantir le premier sans que la seconde ne soit blessée, appauvrie et détruite.

    Ce même antagonisme, bien réel, est à l'inverse, nié ou minimisé par le discours campiste. Le soulèvement de janvier 2026 pris forme au milieu de ce même cycle entre révoltes et guerres : produit par l'augmentation de la pauvreté, l'inflation, les sanctions, le blocage politique, la domination de genre et nationale, et la destruction des voies indépendantes d'auto-organisation. La colère des manifestant.es n'était pas le produit d'une opération étrangère. Pourtant, l'une des premières réactions de la République islamique (ainsi qu'une partie du discours dit campiste) a consisté à présenter les manifestant.es comme des « agents du Mossad ».

    Nous sommes ici en présence de deux opérations idéologiques opposées, qui toutes deux déconnectent l'antagonisme réel qui existe entre la société et l'État de son histoire matérielle. Le discours impérialiste transforme cette fracture en technologie d'intervention ; le discours campiste la rend secondaire et accessoire. Le premier se sert de la souffrance et de la colère sociales pour légitimer la guerre ; le second, parce que cette même souffrance et cette même colère risquent d'être récupérées par l'impérialisme, en nie l'autonomie et la vérité historique. Dans les deux récits, le peuple, et en particulier les classes subalternes révoltées, sont réduits à des « dommages collatéraux » d'un combat jugé plus important.

    Dans la logique campiste, la répression est réduite à une réaction défensive, la misère des classes populaires à une simple conséquence des sanctions, le soulèvement populaire à une influence étrangère, et la pluralité des luttes de la diaspora au royalisme et à la droite. Le soutien d'Israël à l'extrême droite et aux forces iraniennes favorables à un regime change venu de l'étranger est réel. Les projets impérialistes cherchent aussi ouvertement à s'approprier la colère sociale ; mais aucun de ces faits n'annule la légitimité de la lutte des peuples qui se sont soulevés contre la pauvreté, la répression, les discriminations et l'absence d'avenir. Réduire un soulèvement social à l'action de services de renseignement étrangers efface son histoire matérielle et nie la subjectivité et la volonté des classes subalternes. L'exploitation par l'impérialisme des protestations populaires ne les invalide pas ; de même que l'exploitation par la République islamique de la question palestinienne n'annule pas la légitimité de la lutte du peuple palestinien.

    Dès lors, la question n'est pas de choisir entre la confiscation impérialiste fondée sur le fantasme d'une « attaque contre le régime sans destruction de la société » et le déni campiste de l'antagonisme entre la société et le pouvoir en Iran, mais de préserver l'indépendance matérielle et politique des luttes.

    7. Des antagonismes effacés des cartes géopolitiques : histoire matérielle de l'accumulation, de la répression et de la résistance en Iran, et le « droit à la révolution par le bas »

    Les contradictions accumulées sur le territoire actuel de l'Iran ne sont pas réductibles à la relation entre la République islamique, les États-Unis et Israël. La République islamique ne se situe pas en dehors de l'ordre mondial capitaliste ; elle en fait partie, même si elle est en contradiction, en concurrence ou hostile avec certaines puissances impérialistes. Son histoire récente n'est pas non plus celle d'une résistance au capitalisme, mais celle de l'approfondissement d'une forme violente d'accumulation, d'exploitation, de dépossession et de l'expansion d'un capitalisme sauvage.

    Les sanctions imposées par les Etats-Unis sont l'une des armes les plus destructrices de la guerre contemporaine. Leur puissance ne découle pas seulement de la décision d'un État, mais repose sur la position dominante du dollar, le contrôle des réseaux financiers et bancaires, la possibilité d'imposer des sanctions extraterritoriales et la capacité à sanctionner des entreprises, des banques et des États tiers. Cette hégémonie monétaire et financière permet aux États-Unis, sans déclaration de guerre officielle, de perturber le flux du crédit, du commerce, des médicaments, de la technologie et de l'accès au marché mondial, et d'imposer le coût de leurs décisions géopolitiques à la vie quotidienne de millions de personnes.

    Mais il ne faut pas transformer un facteur aggravant en cause unique. Les sanctions ont approfondi et réorganisé la domination de classe en Iran, sans l'avoir engendrée. Le pillage et la dépossession, la libéralisation économique, la privatisation clientéliste, la marchandisation des services publics et la déréglementation du travail trouvent leurs racines dans l'histoire même de la République islamique, et étaient déjà à l'œuvre avant l'intensification des vagues de sanctions. Celles-ci ont davantage détruit l'économie, étendu le clientélisme, le marché noir, la captation des rentes par la fraction des élites proches de l'Etat, la contrebande et l'économie sécuritaire, et accru la pression sur les classes subalternes ; mais les rapports de classe et les mécanismes de répression des classes subalternes leur préexistaient.

    La Force Al-Qods, les réseaux transnationaux du pouvoir et l'oligarchie interne des Gardiens de la révolution dessinent une architecture plus large qui concentre les richesses dans les institutions parapubliques, les fondations (bonyad), les complexes économico-militaires. Ce processus est lié aux vagues de dépossession et de privatisation. La privatisation, dans de nombreux cas, n'a pas conduit à un retrait de l'État, mais au transfert des biens publics vers des institutions parapubliques et des réseaux proches du pouvoir. Simultanément, un ordre a été imposé aux classes populaires dans lequel le coût de la vie s'aligne de plus en plus sur les prix des économies nationales en meilleure position dans l'économie mondiale, tandis que les salaires demeurent contenus dans une économie fondée sur des contrats précaires, locaux et sous contrôle.

    Ainsi, on ne peut expliquer l'éruption des crises sociales et politiques iraniennes par la seule situation économique, ni attribuer la crise économique aux seules sanctions. Le récit qui impute toute la misère à la « bourgeoisie occidentalisée », aux « compradores » ou à l'aile réformiste sert souvent de bouclier pour dédouaner les Gardiens de la révolution, les fondations, les réseaux qui permettent la captation de rentes par une minorité de privilégiés, l'oligarchie clérico-militaire et l'ensemble de la classe dirigeante de la République islamique. Une analyse de classe doit se demander qui a profité des sanctions, de la pénurie et de la privatisation clientéliste, qui a eu accès aux devises, au commerce extérieur et aux grands contrats, et enfin, qui a payé le prix de la crise par la pauvreté, le chômage, l'émigration et la répression.

    Cette même économie politique est liée à une longue histoire d'élimination et de répression : de l'élimination des communistes et des démocrates révolutionnaires jusqu'aux libéraux et réformistes au sein même du bloc au pouvoir ; des premiers assauts pour imposer le hidjab obligatoire en mars 1979 jusqu'à la répression du soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » en 2022 ; du démantèlement des conseils ouvriers dès l'instauration de la République islamique jusqu'au massacre de milliers de prisonnier.es politiques en 1988 ; et de la répression sanglante du soulèvement étudiant de juillet 1999 et des assassinats en série d'intellectuel.les et de dissident.es jusqu'à la répression du Mouvement vert en 2009. Cette histoire c'est aussi celle, continue, d'humiliations, de discriminations et d'exploitation des personnes originaires d'Afghanistan, y compris depuis plusieurs générations (les irano-afghan.es, très souvent privé.es des droits les plus élémentaires). Cela ne s'explique pas par la contradiction entre la République islamique et l'impérialisme.

    À cette histoire, il faut ajouter la « guerre intérieure » menée par la contre-révolution islamique contre les peuples opprimés, leur répression, notamment celle des Turkmènes et des Arabes, ainsi que le jihad décrété par Khomeini contre le Kurdistan le 19 août 1979 : envoi de chars et d'hélicoptères, mise en place de tribunaux expéditifs et exécutions collectives. Cette violence fut exercée dans une région qui, avec le slogan « Autonomie pour le Kurdistan, démocratie pour l'Iran », était devenue l'un des principaux étalons d'appréciation du sens de la révolution de 1979, une façon de tester la possibilité d'un avenir démocratique, un rempart contre la monopolisation du pouvoir par les forces de la contre-révolution islamique. Le Kurdistan et le Turkmen Sahra, dans les premiers mois qui suivirent la chute de la dictature du Shah, vivaient l'une des expériences les plus lumineuses d'autogestion populaire, de participation politique et de résistance organisée. Ces expériences, la République islamique naissante a jugé devoir les noyer dans le sang pour asseoir son autorité.

    Ce processus s'est poursuivi les décennies suivantes : de l'automne sanglant (Aban) de 2019 et du massacre des manifestant.es contre le triplement du prix de l'essence, l'acheminement de mitrailleuses douchka dans les roselières de Mahshahr pour réprimer la population arabe, jusqu'à la mort de plus de 220 enfants dans la répression du soulèvement de janvier 2026 (une « école complète », selon les mots de Mohammad Habibi, porte-parole du Conseil de coordination des syndicats d'enseignant.es). Ce sont là les histoires accumulées d'antagonismes et de conflits qui bien qu'aggravés par les ingérences étrangères ne s'y réduisent pas.

    La République islamique n'est pas simplement née du renversement du régime monarchique, allié de l'impérialisme des Etats-Unis. Elle est aussi le produit de l'élimination sanglante de forces qui faisaient elles-mêmes partie du bloc révolutionnaire et se trouvaient au premier rang des luttes anti-impérialistes. Cette histoire qui est donc aussi une histoire des rapports de classe, de genre, de nations opprimées et minorités, le récit campiste la lit à partir de la seule grille d'une contradiction entre « l'Iran » et « les États-Unis ». Comme si tout l'Iran se réduisait à la République islamique, l'État à la société, et le pouvoir au peuple. Dans ce cadre, les forces politiques ne sont pas évaluées selon leur position dans les rapports matériels de classe, d'État, de domination et de libération, mais selon leur relation à l'un des blocs de pouvoir. « L'ennemi de mon ennemi » devient un allié potentiel, et les contradictions internes à chaque camp doivent attendre, aux portes de l'histoire, la résolution de la contradiction avec le camp adverse.

    Cette logique se mêle à une forme d'orientalisme inversé : en apparence anti-occidentale, elle continue pourtant à considérer les grandes puissances comme les seuls sujets de l'histoire. Les peuples du Sud global y sont soit considérés comme des instruments et des objets de l'Occident, soit sommés de devenir l'infanterie de leurs propres États anti-occidentaux ; il ne reste aucune place en dehors de ces deux pôles. Les femmes et les queer, les travailleurs, travailleuses, les précaires, les étudiant.es, les chômeurs et les chômeuses, les Kurdes, les Azéris, les Baloutches, les Arabes d'Ahvaz, les minorités religieuses et les populations non croyantes, les migrant.es afghan.es et leurs descendant.es, les habitant.es des marges urbaines, les prisonnier.es politiques et les exilé.es, les militant.es écologistes et les syndicalistes, dès qu'ils et elles apparaissent en dehors du récit officiel de l'Etat sur la « sécurité nationale », sont accusé.es d'occidentalisation, de complicité avec l'étranger ou d'inconscience et d'immaturité politique. Le campisme, précisément au moment où il prétend défendre le Sud global, invisibilise le « Sud du Sud ».

    Si les femmes-queers d'Iran deviennent, dans le féminisme libéral occidental, des victimes civilisationnelles dont la souffrance sert à justifier les sanctions, les guerres, l'islamophobie ou des politiques d'État racistes restreignant le port du hidjab dans les pays du Nord, la République islamique et ses soutiens campistes qualifient de leur côté toute critique féministe d'occidentalisée. Elle les taxe de trahison ou de complicité avec l'impérialisme. Dans les deux récits, par des mécanismes différents et dans des rapports asymétriques, les femmes-queers sont privées de leur subjectivité politique : d'un côté par un impérialisme qui confisque leur souffrance, de l'autre par ceux qui nient leur résistance au nom de l'hostilité à l'impérialisme. C'est pourquoi l'une de nos responsabilités politiques est de reprendre le féminisme et « Femmes, Vie, Liberté » à ces deux types opposés de confiscation. « Femmes, Vie, Liberté » n'est pas pour nous un simple slogan de protestation contre la République islamique, mais l'expression d'une politique émancipatrice fondée sur l'autonomie et la subjectivité des peuples opprimés.

    Cette même logique vaut aussi pour l'oppression nationale. L'ironie de l'histoire veut que certains partisans de la République islamique et l'extrême droite royaliste bénéficiant du soutien politique d'Israël, se rejoignent dans la négation de l'oppression des nations minorisées, et s'efforcent, à travers les mêmes refrains de « séparatisme » et de « balkanisation », de faire taire la voix des peuples et des nations opprimées.

    8. Ni hostilité absolue, ni complicité totale : contradictions, transactions et politique de survie de la République islamique face à l'Occident

    L'histoire de la politique étrangère de la République islamique ne s'accorde pas avec le mythe d'un affrontement absolu et continu avec l'Occident. On peut penser aux conditions de libération des otages états-uniens (accords secrets avec l'entourage de Reagan avant son élection), aux achats d'armes pendant la guerre, à l'affaire Iran-Contra, à la coopération ponctuelle entre l'Iran et les États-Unis dans le processus de Bonn en 2001 ou encore aux intérêts communs après la chute des Talibans et de Saddam Hussein, aux négociations, ouvertes ou secrètes pour attirer des capitaux après l'accord de Vienne (JCPOA). Les relations entre l'Etat iranien et les pays occidentaux sont un mélange d'hostilité, de concurrence, de transactions et de coopérations ponctuelles. Le projet d'une intégration plus profonde au marché mondial et d'attraction des capitaux étrangers n'était pas non plus simplement la volonté d'une faction extérieure au régime ; les blocs technocrates et favorables au marché, au sein des différentes factions du pouvoir, l'ont eux-mêmes porté.

    La contradiction entre la République islamique, d'une part, et les États-Unis et Israël, d'autre part, est réelle, mais elle n'est ni un principe métaphysique, ni homogène, ni immuable. Elle se recompose en fonction du rapport de forces, des impératifs de survie du régime, des intérêts et des conflits entre blocs au pouvoir, et de la position régionale de l'État. Un gouvernement qui a maintes fois accepté, face aux puissances étrangères, négociations, transactions, replis tactiques ou convergences temporaires, a tracé des lignes rouges bien plus strictes face à l'auto-organisation des femmes, des travailleurs et travailleuses, des peuples opprimés, des familles en quête de justice et des opposant.es politiques. Cette différence même montre que la politique de l'État ne peut être directement déduite de sa rhétorique officielle.

    Dans le même temps, il ne faut pas réduire l'hostilité de la République islamique envers les États-Unis et Israël à une simple « hostilité utile ». La contradiction réelle et son exploitation politique peuvent coexister : les États-Unis et Israël se sont servis de la menace de la République islamique pour militariser la région, vendre des armements et consolider des alliances sécuritaires ; la République islamique, de son côté, s'est servie de la menace matérielle et bien réelle des États-Unis et d'Israël pour étendre et renforcer ses politiques sécuritaires à l'intérieur, poursuivre son expansionnisme régional en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen, réprimer ses opposant.es à l'intérieur comme au-delà des frontières, et imposer une solidarité forcée.

    L'opposition à la guerre ne peut conduire à suspendre l'histoire des luttes du peuple iranien, et la défense de ces luttes ne saurait non plus autoriser leur confiscation impérialiste. Notre position sociale et politique, en tant que personnes liées à ce territoire, position formée au cœur même de cette histoire de luttes, nous impose de défendre l'indépendance du combat face à ces deux logiques.

    9. La Palestine, l'« Axe de la résistance » et les contradictions de l'« anti-impérialisme » étato-centré

    Placer les antagonismes réels de la société iranienne au centre de l'analyse n'est pas pour nous un choix arbitraire, ou un simple geste moral (bien qu'un point de vue moral ne soit pas seulement acceptable, mais nécessaire). Cela découle de notre position sociale et de notre expérience historique. Notre position dans la diaspora est née à l'intersection des violences et des luttes qui ont pris forme sur le territoire actuel de l'Iran. Mais cette position ne signifie ni retrait face à la question palestinienne, ni relativisation de la violence coloniale et impérialiste d'Israël et de ses soutiens occidentaux.

    L'occupation, l'apartheid, le siège et la guerre génocidaire contre les Palestinien.nes sont des vérités matérielles indéniables. La question n'est pas de substituer les luttes d'Iran aux luttes des Palestinien.nes ou l'inverse ; il s'agit de comprendre le rapport entre les luttes émancipatrices et les États qui cherchent à se poser en représentants exclusifs des peuples et de leurs revendications. De ce point de vue, la relation de la République islamique avec la résistance palestinienne est l'une des sources d'ambiguïté du débat actuel sur l'Iran. Alors que les forces de gauche indépendantes, qui croient en une voie dépassant à la fois l'impérialisme et le despotisme, sont privées du droit d'organiser un rassemblement indépendant de soutien à la Palestine à l'intérieur de l'Iran, et que toute organisation indépendante de leur part peut se heurter à une répression immédiate, refuser que la question palestinienne soit le monopole de la République islamique, c'est lutter pour la libération de toute forme de domination. Cela ne signifie pas prendre ses distances avec la lutte anticoloniale palestinienne, mais défendre le principe selon lequel la Palestine, comme toute autre lutte émancipatrice, appartient à son peuple, et non aux États et aux camps de pouvoir qui cherchent à en faire un instrument de répression intérieure.

    Et une lecture erronée de ce que l'on appelle l'« Axe de la résistance » peut conduire à des malentendus déterminants. L'« Axe de la résistance » n'est ni simplement un réseau de forces supplétives de Téhéran, ni un bloc homogène et émancipateur. Cet axe est un ensemble hétérogène d'éléments étatiques, parapublics et supra-étatiques, aux histoires, aux bases sociales, aux intérêts et aux degrés d'indépendance différents : l'un de ses versants, en Palestine, s'inscrit dans la lutte anticoloniale, tandis que l'autre, en Iran, est un agent de la répression de type colonial des nations opprimées intérieures (le colonialisme intérieur). Les composantes de cet « Axe » se sont formées dans le contexte d'occupations, de guerres civiles, de l'effondrement des États et de contradictions sociales spécifiques, et ne peuvent être réduites à de simples instruments dépourvus de volonté propre entre les mains de la République islamique. Néanmoins, ces mêmes forces s'insèrent dans un réseau militaire et sécuritaire dans lequel l'Etat iranien a joué un rôle central par le financement, l'armement, l'organisation et l'orientation stratégique. Certaines ont réellement combattu l'occupation et le colonialisme ; d'autres, notamment durant la guerre de Syrie, ont participé à la répression et à la violence contre d'autres peuples. Le langage simpliste des « proxy » ne suffit pas à comprendre cet ensemble, mais le nom de « résistance » ne les absout pas non plus de leurs contradictions.

    La République islamique a matériellement soutenu une partie de la résistance palestinienne, et ce soutien témoigne d'une contradiction réelle avec Israël et les États-Unis ; nier cette réalité réduirait l'analyse à une forme de propagande géopolitique inversée. Néanmoins, ce soutien s'est progressivement intégré dans l'appareil de sécurité nationale avec la doctrine de la « profondeur stratégique » et la logique de survie du régime et d'expansion de son influence régionale. La question palestinienne, formulée dans les premières années après la révolution dans un mélange de panislamisme, de révolutionnarisme chiite et de revendication du leadership des « déshérités » (mostazafin), est devenue peu à peu l'une des composantes de l'architecture sécuritaire de la République islamique. La contradiction réside précisément ici : ce réseau a, d'un côté, fourni une capacité matérielle de confrontation avec Israël et de soutien à une partie des forces palestiniennes, et, de l'autre, organisé ce soutien selon la logique de la compétition militaire, de la dissuasion sécuritaire et de l'équilibre régional des puissances. Résister à une puissance étrangère ne dispense aucune force d'un examen de ses rapports de pouvoir, de sa relation à la société et de sa manière d'exercer le pouvoir.

    La Syrie est l'un des points les plus clairs de cette contradiction. Il n'est pas possible de défendre l'« Axe de la résistance » sans affronter le rôle de la République islamique dans la survie sanguinaire de l'État d'Assad qui a répondu au soulèvement populaire par les emprisonnements et les tortures de masse, les bombardements, le siège et les déplacements de population. La politique de l'Etat iranien en Syrie reposait sur la protection de son allié, la préservation de la profondeur stratégique et l'expansion de réseaux militaires alignés (aujourd'hui encore, cette logique se poursuit à travers l'extension de la guerre aux pays du Golfe et c'est précisément pour cela que l'appareil militaro-sécuritaire du pouvoir va jusqu'à considérer comme « trahison » la revendication pourtant élémentaire d'un cessez-le-feu immédiat). Ce constat n'invalide ni la lutte des Palestinien.nes contre l'occupation, ni ne minore le rôle d'Israël et des États-Unis dans la région. Il montre que la terminologie de la résistance, une fois détachée des rapports de pouvoir réels, peut devenir, dans d'autres contextes politiques et territoires, un instrument de domination. Le nom de code de la résistance et de la libération à un endroit donné peut, ailleurs, devenir un instrument de répression et de domination ; les appellations ne remplacent pas l'analyse des rapports réels.

    Cette critique ne doit pas conduire à un exceptionnalisme inversé concernant l'Iran. Le rôle des États-Unis et d'Israël dans l'occupation, le génocide et la militarisation de la région est central, mais la centralité de cette violence n'efface pas de l'histoire les puissances régionales : l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen, les Émirats au Soudan et dans la Corne de l'Afrique, la Turquie dans la répression des Kurdes et ses interventions militaires en Syrie et en Irak, la République islamique en Syrie et en Irak, ont chacun, à leur manière, contribué à la reproduction de la guerre, de l'autoritarisme et de la militarisation. Il ne s'agit pas de mettre ces puissances sur un même plan, mais de refuser une politique qui, en fixant son regard sur un seul pôle, rend invisible la violence du bloc rival.

    La contradiction fondamentale de l'anti-occidentalisme étatique de la République islamique est que, en réprimant la gauche, les organisations ouvrières, les mouvements féministes, les luttes nationales et d'autres formes de politique indépendante, elle a affaibli les forces mêmes qui auraient pu porter une résistance populaire à l'impérialisme. La confiscation du langage de la résistance ne transforme pas la société en sujet de l'anti-impérialisme ; elle réduit le peuple à des soldats silencieux de l'État, à des victimes consommables ou à des spectateurs d'une rivalité géopolitique. Un anti-impérialisme qui détruit la possibilité d'une auto-organisation indépendante sape ainsi le terrain sur lequel repose sa propre politique anti-impérialiste.

    Notre position à l'égard de la Palestine part de cet entrelacement. Se tenir aux côtés du peuple palestinien face à l'occupation, à l'apartheid et à l'anéantissement n'exige pas d'oublier les luttes des peuples en Iran ; de même que la défense de la révolte « Femmes, Vie, Liberté » se trouve en contradiction absolue avec tout alignement sur Israël, les projets de regime change extérieur ou le fascisme iranien. Le lien entre la Palestine et « Femmes, Vie, Liberté » ne se construit pas en mettant en équivalence des situations différentes, mais naît d'une solidarité concrète entre des luttes qui ont chacune leurs conditions matérielles propres, tout en étant liées les unes aux autres au sein d'un même ordre régional et mondial.

    Nous n'attendons pas des populations de Palestine ou du Liban, qui vivent sous les bombes, l'occupation et la menace d'anéantissement, qu'elles adoptent les mêmes priorités et le même langage politique que les nôtres. Mais nous attendons des forces qui sont éloignées d'une telle situation d'urgence qu'elles renoncent au moins à soutenir et à célébrer nos bourreaux, et qu'elles fassent de la solidarité par le bas le guide de leur action. La différence des situations matérielles engendre des urgences et des tactiques différentes. La solidarité n'exige pas des regards et des approches identiques, mais blanchir les crimes de telle ou telle force pour préserver la cohésion d'un camp homogène constitue également une violation du principe de solidarité. Défendre la Palestine ne met pas la République islamique à l'abri de la critique, tout comme la lutte contre la République islamique ne peut jamais être instrumentalisée pour justifier la guerre, l'occupation et le colonialisme israéliens.

    10. Au-delà des camps : l'internationalisme par le bas

    Refuser la logique des camps ne constitue pas en soi une politique positive. Rejeter la délégation de la capacité d'agir des peuples aux États et aux blocs de pouvoir n'est qu'un point de départ ; la question la plus difficile est de savoir quels liens peuvent être construits entre des luttes qui se sont formées dans des géographies, territoires, temporalités et des rapports de pouvoir différents, et qui n'ont pas nécessairement le même langage, les mêmes priorités ou le même horizon politique. La question suivante est de déterminer comment, malgré toutes ces fractures, construire un bloc antiguerre puissant.

    Il n'y a ici ni de sujet mondial préexistant, ni de camp pur auquel on pourrait se rallier. Dans le même temps, l'objectif n'est pas de constituer un « troisième camp » entre les deux blocs ; il est de ramener la politique là où elle doit commencer : au niveau des vies réelles, des corps, des expériences historiques, et des luttes qui ne procèdent pas de la logique des États, mais du désir de libération des êtres humains.

    Dans le cadre de l'anti-impérialisme campiste, la position géopolitique d'un État ou d'une force politique détermine souvent d'avance sa position morale et historique. Mais l'expérience des peuples opprimés a montré que le pouvoir et la domination ne viennent pas d'un centre unique, et que la résistance ne se définit pas non plus uniquement face à une seule forme de pouvoir.

    L'Afghanistan est l'un des exemples qui mettent à nu l'impasse d'un anti-occidentalisme purement géopolitique. Si l'hostilité aux États-Unis était, à elle seule, le critère de l'émancipation, ce même critère devrait alors ranger les Talibans parmi les forces libératrices. Mais pour les femmes afghanes, pour les Hazaras qui ont subi des massacres organisés de manière systématique, pour les forces progressistes, les opposant.es et les minorités dont l'éducation, le travail, le corps et la sécurité sont anéantis sous la domination talibane, le slogan « ni Talibans, ni États-Unis » n'est pas une abstraction libérale ; c'est une nécessité vitale. Un slogan comme « ni roi, ni cheikh » (variante de ni chah ni mollah) brise lui aussi ce même dilemme entre « ordre existant ou Occident salvateur ». Il fait émerger un horizon émancipateur, loin des deux pôles. Un horizon qui, contrairement à ce qui est souvent affirmé, n'est pas la répétition des rêves déçus de l'Occident ; car ses composantes ne sont pas prédéterminées, mais se construisent et se transforment au cours d'une lutte autonome.

    Cet internationalisme ne se fonde pas sur la sacralisation des identités, mais sur l'analyse des situations objectives et, plus important encore, sur la reconnaissance mutuelle des résistances et des oppressions dans différentes géographies politiques. Une identité collective ou une force politique peut, dans un champ, être l'objet de discrimination et d'oppression, et, dans un autre champ, lorsqu'elle s'organise au sein d'un État et d'un appareil militaire, se trouver en position de domination. Aucune identité n'est intrinsèquement émancipatrice ; c'est son rapport au pouvoir, à l'État, à la classe, au genre et aux relations de répression qui est déterminant. L'enfant tué sous les bombes d'une puissance impérialiste et l'enfant qui perd la vie sous la machine répressive d'un État autoritaire font tous deux partie d'une même réalité humaine et politique qu'il faut se donner les moyens de voir.

    De ce point de vue, un bloc antiguerre internationaliste n'a de sens que s'il place en son centre celles et ceux qui portent directement, sur leur corps et dans leur vie, le refus de la guerre, de l'occupation, du siège et de la répression. Construire une voix commune par le bas exige une traduction entre des expériences différentes et non simultanées, malgré les écarts entre les imaginaires des différentes géographies politiques. Cela ne se construira pas du jour au lendemain. Pour construire un tel lien, il existe à la fois des conditions objectives et d'abondantes traditions locales et régionales, celles des conseils, des communes, celles de l'autogestion, des expériences de pluralisme et de démocratie par le bas.

    Les expériences du début du XXIe siècle nous ont donné d'importantes leçons à cet égard : de la révolution soudanaise à la solidarité régionale contre le génocide en Palestine, de l'expérience d'autogestion au Rojava aux soulèvements d'octobre 2019 au Liban et en Irak, et au soulèvement transnational de Jina. Ces expériences ne représentent pas un modèle unique, elles n'échappent aux contradictions ; les limites, les échecs et les conflits de chacune font partie de son histoire. Mais ces mêmes expériences hétérogènes montrent que l'alternative à l'ordre impérialiste ne se situe pas nécessairement dans les États-nations autoritaires, patriarcaux et militaro-centrés.

    L'internationalisme émancipateur n'est pas non plus un programme complet et préétabli, mais un processus en formation : le lien entre celles et ceux qui remettent en cause la domination dans ses formes diverses et imbriquées. Celles et ceux qui, sous les bombes, en prison, en exil, soumis aux états d'urgence et à l'intersection des oppressions, maintiennent vivant l'imaginaire de la liberté et de l'égalité ; celles et ceux qui, par la grève et la révolte, la quête de justice et le soin apporté aux autres, la solidarité et la création d'autres mondes, ne renvoient pas leur libération à un « moment plus opportun ». Ils et elles ne mettent pas leur lutte entre parenthèses en attendant l'Histoire.

    Collectif Roja

    [1] Roja est un collectif féministe, internationaliste et anticapitaliste, constitué dans l'exil, basé à Paris. Il est né en septembre 2022, à la suite du féminicide de Jina Amini et du déclenchement simultané du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté).

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  • Hommage à Noël Godin

    Puissance subversive du gamin farceur renvoyant à leur néant les vedettes médiatiques, irrésistible enthousiasme pour la vie et ses débordements, érudition cinéphilique impressionnante et savoir encyclopédique sur la subversion (son Anthologie de la subversion carabinée est une merveille), inventivité du langage, adorable ami... Noël Godin « est parti en douceur sur la pointe des pieds dimanche 23 août 2026 », selon sa compagne, que nous embrassons de tout notre cœur.

    Jambon à cornes ! comme il dirait, sa capacité à se jeter sur les puissants médiatiques du jour en criant Gloup ! Gloup ! nous manque aujourd'hui particulièrement, quand on voit les paltoquets degoche et autres crapules réacs se bousculer sans vergogne sur la ligne de départ de la présidentielle, tant de philosophes Céniouze et autres pompeux cornichons mariannesques, tant d'experts en expertise encombrer l'espace public. L'homme qui avait réussi à interdire la Belgique à BHL (six entartages, quand même !), qui avait à son tableau de chasse Bill Gates et Sarkozy, nous aura beaucoup inspiré en démontrant que la subversion n'est pas une question de testostérone, et pas forcément une question de prise d'arme, mais de courage, d'inventivité et de persévérance.

    Comme nous l'avons écrit par ailleurs : « L'entartage est bel et bien devenu une pratique diffuse qui ne se limite pas aux jouissifs coups de main de l'ami Noël Godin. Les attentats pâtissiers répondent à la nécessité de ridiculiser toutes les formes de pouvoir (politique, médiatique, économique, culturel) tout en échappant à l'enfermement dans la case 'terrorisme' qui fait le jeu de ces mêmes pouvoirs. Cette pratique intervient donc au contact de deux dominations pour les subvertir : la domination médiatique et la domination politique.
    Quand l'entarté est un personnage comme BHL, dont l'existence repose uniquement sur sa maîtrise des circuits médiatiques, l'entartage apparaît comme la seule arme vraiment efficace : la nullité intellectuelle du personnage a été si souvent démontrée que s'acharner encore à la prouver, non content d'être une perte de temps, finit par lui restituer une forme de légitimité perverse (« Si on le critique tant… »). De lui, la seule chose à dire désormais, c'est que son interdiction de fait du territoire belge sous peine d'entartage est une punition qu'il convient d'étendre au reste de la planète. En opposition à la réaction de Godard, entarté pour avoir commis un film sur la Vierge (il a goûté la crème, rigolé et insisté pour que Godin ne soit pas interdit de festival), la réaction si comiquement hystérique de BHL à chaque fois qu'on le couvre de crème, montre bien que le cinéaste sait d'expérience qu'une image est une idée, alors que la starlette « philosophique » n'est qu'une image sans idée.
    En revanche, l'entartage de Chevènement, en mars 2002, alors qu'il était candidat aux présidentielles et qu'il était en train de dire « Il faut comprendre qu'une minorité violente… » prend une toute autre portée. Ne maîtrisant plus grand chose sur le reste d'une vie sociale domestiquée par l'économie, la domination politique tend à se réduire au pouvoir de police, comme pouvoir de définition de ce qu'est le terrorisme et ce que sont les formes d'interventions autorisées. Ce n'est pas par hasard si Chevènement est, à ce jour, le seul des entartés à s'être acharné judiciairement contre Noël Godin et à avoir obtenu une lourde condamnation financière (heureusement épongée en une soirée de solidarité, preuve du soutien que rencontre la guérilla pâtissière). Comme Chevènement l'a dit lui-même : pour un homme public, ce qui est important désormais « c'est son image » et « ce genre d'action vise à empêcher une discussion sérieuse » dans le cadre électoral. »

    A bas le cadre électoral ! Sachons rendre hommage à Noël en continuant la subversion pâtissière ! Gloup ! Gloup ! [1]

    Serge Quadruppani

    [1] À ce titre, voir l'appel à l'insurrection pâtissière publié dans cette même édition.

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  • Désastre, cendres et profit

    Tout le monde s'accorde à dire que l'ampleur inédite des incendies qui se sont propagés aux quatre coins du globe cet été est directement liée au réchauffement climatique et donc au capitalisme. En se penchant sur l'histoire et l'économie politique de la pinède landaise, Alèssi Dell'Umbria propose une analyse, non pas alternative mais complémentaire et approfondie : c'est aussi parce qu'elle a été pensée et construite comme une usine et en détruisant tout l'habitat naturel antérieur que la forêt des Landes se trouve désormais à la merci du moindre mégot.

    À la date du 10 août 2026, près 90 000 hectares de forêts et plantations ont brûlé sur toute la France depuis le début de l'année ; pire que 2022 et ses 65 546 hectares détruits [1]. Le département de la Gironde, dans le Sud-Ouest du pays, aura été à ce jour le plus sinistré, avec 16 feux qui ont détruit environ 40 000 hectares. Près de 200 000 personnes habitant la région ont dû quitter leur domicile pour plusieurs jours, fuyant l'avancée des flammes dans l'exode le plus important que la France ait connu depuis juin 1940... Mais si la sécheresse extrême de cet été explique la multiplication des départs de feu, elle n'explique pas que ceux-ci aient pris une telle ampleur pour aboutir à une véritable catastrophe.

    *

    C'est bien une économie politique à l'origine des mégas feux de forêt qui frappent de plus en plus fréquemment les zones boisées dans le sud de l'Europe, de la Grèce au Portugal. Du reste, en France les feux ne frappent plus seulement les régions méditerranéennes mais des régions jusqu'alors épargnées, comme la Bretagne.

    L'incendie qui vient de ravager la pinède landaise, dans la Gironde, est emblématique à tous points de vue. L'on estime à environ dix-sept millions d'hectares le couvert forestier en France, qui a tendance à gagner du terrain par suite de la déprise agricole, mais sept millions ne sont que des monocultures, dont une grande partie est constituée de pins maritimes ou de sapins douglas. Ces résineux sont déjà hautement inflammables lorsqu'ils se développent de façon spontanée, comme nous le savons depuis longtemps dans les collines provençales, languedociennes et catalanes, mais le système de plantation dont la pinède dite des Landes de Gascogne est l'exemple type démultiplie le risque de façon délirante.

    « La forêt des Landes a été pensée et construite comme une usine » a pu dire à juste titre un biologiste de l'Inrae [2] après le grand incendie de 2022. Il est donc abusif de parler de forêt en ce cas. Comme le dit Jean-Baptiste Vidalou, la forêt est « une réalité sensible, moins un "espace recouvert d'arbres", comme sa définition courante le laisse à penser, qu'une façon singulière d'agencer le monde, de l'imaginer, de s'y attacher » : « un certain alliage, une certaine composition tout à fait singulière de liens, d'êtres vivants, de magie » [3]. Ce sont des plantations qui ont brûlé durant cet été 2026 entre Bordeaux et le littoral atlantique. L'étendue et l'intensité de ce désastre ne peut se comparer qu'aux incendies ayant ravagé les plantations d'eucalyptus et de pins au Portugal ces dernières années.

    Cette région était jadis couverte de landes, marais et marécages, mais aussi d'îlots boisés où le pin maritime côtoyait diverses espèces de chênes, ainsi que des aulnes, des bouleaux et des saules dans les endroits plus humides. La loi forestière de 1857 sur l'assainissement et la mise en culture des Landes de Gascogne imposa le drainage de ces zones humides et leur transformation en plantations de pins maritimes - l'argument aujourd'hui invoqué par les exploitants forestiers, selon lequel rien d'autre ne pousse sur ces terrains sableux est assez spécieux, puisque le drainage systématique a modifié la composition du sol, dans le but d'en réserver l'usage à la seule culture de résineux... Une superficie d'environ un million d'hectares se trouva ainsi vouée à la monoculture du pin maritime. Et l'humus fourni par les résineux étant notoirement plus pauvre en calcium que celui des feuillus, ces sols siliceux et acides n'ont cessé de s'appauvrir depuis un siècle et demi. Mais la défense des intérêts privés autorisant tous les mensonges, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest peut ainsi affirmer que « la seule chose qui pousse correctement sur ces sols, c'est le pin maritime », crédité d'avoir sorti « de la misère cette région malsaine où subsistait un agropastoralisme pauvre et archaïque » [4].

    Les Landes de Gascogne n'ignoraient donc pas le pin maritime au par avant, qui fixait spontanément les cordons des dunes. Les Landais avaient à partir de là développé des procédés d'ensemencement efficaces, que les techniciens venus de Paris après 1857 se contentèrent de reproduire. Les pignadars formaient ainsi 70 000 hectares à la fin du XVIII° siècle, exploités en sylviculture douce pour leur résine (70% de colophane et 30% d'essence de térébenthine). Mais les indigènes savaient aussi creuser des fossés d'écoulement et réguler le couvert forestier pour l'empêcher de s'étendre au détriment des zones de pâturage - les fameuses landes... N'en déplaise aux colonisateurs méprisants, les Landais n'étaient donc pas un peuple souffreteux, mais d'abord besogneux, comme le rapporte le comte Jacques-Antoine de Guibert en 1775 : « Le commerce des bestiaux, qui trouvent dans ces landes un pâturage excellent, la vente de la résine et des bois, y sont deux grandes sources de richesse. Presque toutes les maisons qu'on voit dans ces Landes sont bien bâties, ou en pierre ou en bois, avec des entre-cloisonnements en briques ou en terre, bien blanchies par-dessus ; elles sont toutes couvertes de tuiles. » [5] Jusqu'à la loi de 1857, les Landais avaient toujours été à la fois bergers et agriculteurs, la fumure du bétail permettant d'enrichir des sols sableux, pauvres en nutriments.

    L'éradication des zones humides a toujours été un objectif de gouvernance étatique, les exemples ne manquent pas y compris dans l'histoire récente, l'écocide signifiant tout aussi bien l'ethnocide [6]. Dans le cas des landes gasconnes, ce fut le régime de Napoléon III qui décida de la fin d'un monde existant aux marges de la civilisation industrielle. Le modèle de la plantation est historiquement lié au colonialisme, sucre et coton américain, arachides et huile de palme africains, caoutchouc brésilien et indochinois... Ici la loi de 1857 est emblématique de ce colonialisme intérieur qui a caractérisé la construction de l'État-nation français et détruit méthodiquement toutes les formes de vie locales en même temps qu'il traitait leurs territoires comme des espaces vierges à conquérir. Ces zones humides alternées de grandes étendues sableuses désertes suscitaient donc les élans coloniaux « de ceux qui voulaient traiter les landes avec aussi peu d'égard qu'un pays d'Afrique nouvellement conquis », comme le commente l'historien landais Jacques Sargos [7]. Aux yeux des citadins bourgeois de Paris et Bordeaux, l'agropastoralisme développé par les Landais juchés sur leurs échasses relevait d'un mode de vie arriéré où la culture ne l'aurait pas encore emporté face à la nature. Les Landais étaient assimilés à des sauvages qu'il fallait civiliser, « tant ils diffèrent peu des animaux dont ils ont emprunté la peau », leur parler gascon réduit à du patois à peine bon pour s'adresser au bétail.

    Loin d'être guidée par des préoccupations sanitaires, la Loi relative à l'assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne de 1857 fut donc avant tout une opération d'économie politique. Il s'agissait d'arracher légalement les terres des bergers, pour les transformer en monocultures de pins. Cet accaparement rencontra une vive résistance des Landais, qui incendièrent plus de 30 000 hectares de jeunes forêts en 1868 et 1869. Un système d'autarcie agraire et pastoral reposant sur des solidarités communautaires refusait un système de plantations privées faites pour le marché extérieur.

    La loi de 1857 ordonnait aux communes landaises d'organiser le drainage des sols et leur plantation en pins afin de mettre en vente les terrains ainsi domestiqués. « Décidé par Napoléon III, l'ensemencement transforme les marécages en forêt productive et fait disparaître les derniers bergers montés sur leurs échasses. Ils ont été les acteurs représentatifs d'une économie agropastorale fondée sur le travail de la lande, exerçant un pastoralisme ovin extensif dans un paysage longtemps dominé par les pâturages communaux. La colonisation par les pins exproprie puis met au travail salarial les paysans dans l'industrie du bois et le gemmage, c'est-à-dire la récolte de la résine » [8]. La bourgeoisie parisienne et bordelaise put ainsi accaparer les terres landaises, avec la caution d'une petite bourgeoisie locale qui y trouva sa part.

    *

    Toute l'histoire de la pinède landaise aura été celle d'une fuite en avant productive. Si le gemmage, extraction de la résine, constitua longtemps la principale source de richesse offerte par les plantations, la règle des avantages comparatifs entraina au tournant du siècle l'échange du bois gascon avec du charbon britannique via le port de Bordeaux, ce qui incita à étendre la plantation. Puis la mondialisation devait tarir ces deux activités qui avaient enrichi les grands exploitants durant un siècle. L'extraction de résine cessa dans les années 1970, or le gemmage avait le mérite de permettre une pinède plus diversifiée, avec des arbres vivant jusqu'à 80/100 ans. Puis la production de bois d'œuvre cessa dans les années 1990, une fois l'Espagne entrée dans le marché européen : les scieries landaises ne purent faire face à la concurrence d'une main d'œuvre à bon marché et durent fermer.

    Désormais tournée vers la production de cellulose, de cartons d'emballages et de cageots, la filière bois des Landes se développa depuis en augmentant le nombre d'arbres à l'hectare et en accélérant le rythme des coupes, selon le principe capitaliste qui commande une rotation du capital toujours plus rapide. Alors que pour obtenir du bois d'œuvre il faut laisser l'arbre arriver à maturité, le bois d'un pin de vingt ou trente ans suffit pour faire du papier-cul ou du carton. Or ce sont les arbres plus anciens, à l'écorce plus épaisse, qui offrent le plus de résistance au feu...

    Non seulement les arbres sont coupés de plus en plus jeunes, mais ils sont plantés de plus en plus serrés : 300 à 500 arbres à l'hectare au début du XX° siècle, 2000 un siècle après. Aujourd'hui l'industrie forestière landaise repose plus que jamais sur des rangées d'arbres de la même espèce et du même âge, vouées à des coupes rases de grande envergure. L'exploitation va jusqu'à l'arrachage des souches, destinées à fabriquer des pellets et du papier craft, détruisant ainsi les systèmes racinaires. « C'est un des rares endroits de France, si ce n'est le seul, dans lequel on a tellement appauvri les sols avec des cycles rapides qu'on est obligé de mettre des engrais. Même si on n'avait pas à affronter les conséquences du changement climatique, ce modèle ne serait pas durable. » déclarait un ingénieur forestier quelques mois avant le dernier incendie [9].

    La généralisation de la coupe rase est l'aboutissement logique du régime de la plantation, et la standardisation des arbres plantés s'applique identiquement à la coupe, - au point où quand certains propriétaires de parcelles de dimension modeste contactent une entreprise forestière pour une coupe sélective, ils s'entendent le plus souvent répondre que celle-ci ne se déplace que pour des coupes rases, évidemment adaptées aux nouvelles machines dans lesquelles elle a investi. La logique industrielle agit à tous les niveaux. Ce n'est pas spécifique aux Landes de Gascogne, ni même à la France, et une multinationale comme Ikea se voit régulièrement reprocher ses pratiques de coupes rases en Suède. La coupe rase appelle la replantation, évidemment à l'identique, de sorte que les parcelles sous soumises à une rotation toujours plus épuisante pour les sols.

    De plus, les plantations de résineux en futaie régulière font que l'hiver la pluie est bloquée par une canopée persistante - puisqu'il n'y a plus de feuillus- et ne recharge pas les nappes phréatiques, tandis qu'au printemps celle-ci empêche la lumière d'arriver au sol, empêchant tout développement d'un sous-bois. Ces plantations sont donc tapissées de terres quasiment stériles, où ne se trouve aucun arbre mort alors que c'est dans les souches pourries que se développe la vie. Les couches d'aiguilles de pins ou de sapins, en plus d'acidifier les eaux de ruissellement, en s'accumulant au pied des arbres offrent un terrain parfait aux départs de feu en période estivale. Asséchement du sol, biomasse saturée de résines et alignement d'arbres sur des centaines de mètres, créant de véritables couloirs qui font appel d'air, tout cela créé des conditions pour que le moindre départ de feu se transforme en un incendie gigantesque hors de contrôle. Le risque d'inflammation est sans commune mesure avec les forêts de feuillus, et la vitesse de propagation du feu dans ces plantations y est 5 à 10 fois supérieure.

    *

    La situation est verrouillée du fait que la gestion des pinèdes landaises est entièrement aux mains de ses exploitants : 90% est privée, et le Centre national de propriété foncière, auprès duquel les exploitants de plus de 20 hectares doivent déposer un plan de gestion de leurs parcelles, est lui-même dirigé par des propriétaires forestiers. Regroupant petits propriétaires et grands groupes financiers, la filière bois y représente 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et 34 000 emplois. Elle bénéficie ainsi directement aux communes les moins touristiques de la région, où se trouvent les usines de pâte à papier. Leurs élus locaux sont, pour la plupart, eux aussi propriétaires de parcelles. À chaque incendie, la pinède est donc replantée exactement à l'identique : après le terrible incendie de 1949, après 2022, et sans doute après 2026. Peu importe aux propriétaires que le sinistre ait mis en évidence la fragilité de ce système, ils poursuivent invariablement le drainage des terrains, composant un milieu toujours plus vulnérable aux sécheresses, aux incendies et aux tempêtes - en 1999, des milliers d'arbres ont été détruits par la tourmente, et de nouveau en 2009, les couloirs rectilignes composés par la plantation faisant appel d'air aux vents atlantiques qui n'eurent qu'à s'engouffrer là-dedans pour déraciner ou briser la futaie. Après quoi les parasites, scolytes en tête, peuvent s'installer à domicile sur des troncs affaiblis, la pauvreté génétique de ces arbres leur facilitant la tache.

    À court terme cela ne fera que s'aggraver. La tendance actuelle dans cette région est de déléguer la gestion du patrimoine forestier à des coopératives telles Alliance Forêt Bois, géant de l'industrie forestière né dans les Landes. Les petits propriétaires landais, habitués à agencer la pinède de façon collective depuis l'incendie de 1949 et en fonction de leurs intérêts se voient peu à peu dépossédés, depuis 2020, par les Groupements Forestiers d'Investissement, actifs financiers mis sur le marché pour inciter à investir dans des sociétés d'épargne forestières gérant un patrimoine forestier. Ces nouveaux propriétaires acquièrent ainsi des « actifs verts » : les pinèdes sont valorisées financièrement pour leur fonction de séquestration du carbone, compensant les surplus d'émission de gaz à effet de serre. « Tout laisse à penser qu'en forêt landaise, les groupes forestiers d'investissement contribuent à la financiarisation de la nature, tout en tirant profit de celle-ci, au détriment des petits propriétaires qui avaient pourtant su s'adapter aux différentes transformations de l'industrie du bois depuis la création de la forêt au XIX° siècle. Le modèle économique historique de la forêt des Landes, celui d'un capitalisme terrien et rentier de petits propriétaires, serait alors profondément modifié par l'arrivée de fonds d'investissement alliés aux grands propriétaires et aux coopératives forestières. Jusqu'à présent, les pratiques prédatrices de ces nouveaux acteurs ne sont pas évoquées dans le débat public. » [10]

    Le principal débouché du bois landais, l'industrie papetière, connaît de son côté un mouvement de concentration expéditif ces dernières décennies et des multinationales comme Smurfit Kappa ou Swiss Krono ont installés des usines au milieu de la pinède. Si ce haut niveau de concentration capitaliste dans l'industrie papetière fait face à une propriété encore assez morcelée, où de grandes tenures voisinent encore avec de petites et moyennes parcelles familiales, il semble que les incendies contribuent à accélérer un mouvement de concentration capitaliste des exploitations, lui-même étroitement lié à la financiarisation de la pinède landaise. La petite bourgeoisie des propriétaires qui vivotait de la rente forestière sera sans doute la grande perdante, évidemment incapable de résister à la concentration du capital : cette classe qui a toujours servi de coussin amortissant la violence du capital a quand même contribué à créer les conditions du désastre actuel, sur lequel les capitalistes n'ont plus qu'à surfer allègrement.

    *

    La métropole, qui est la forme sous laquelle le capital étend son emprise territoriale, détruit inexorablement la campagne. Pour l'économie politique, cette dernière n'est plus qu'un espace, au sens le plus neutre, subordonné à la logique métropolitaine. Comme le dit le géographe landais Jean-Pierre Lescarret, « L'histoire économique de la Grande Lande a trop été écrite par les forestiers et les marchands d'histoire. Sans doute la forêt a-t-elle eu ses heures de gloire, mais pour les communautés villageoises, le prix à payer a été très lourd. L'agropastoralisme avait généré une civilisation, le pin a été le fondement d'une économie, ce qui est tout autre chose. » [11]

    Un aspect de cette extension est évidemment la suburbanisation. Dans les Landes de Gascogne, près de huit mille hectares de pinède ont été transformés en lotissements individuels au beau milieu des pins, voire en plate-forme logistique - vendre une parcelle à des promoteurs immobiliers permet à un propriétaire de réaliser un petit capital en une opération, alors qu'il faut des années pour enfin réaliser la plus-value qu'une plantation peut rapporter une fois le bois vendu. Après les incendies, certains forestiers ont reproché aux pavillonnaires d'avoir fait construire en lisière des pinèdes, multipliant les occasions de départ de feu, les pavillonnaires reprochant inversement aux forestiers d'étendre au maximum les surfaces boisées par souci de rentabilité (divers ingénieurs ont effectivement témoigné de pratiques d'extension abusive, d'arbres plantés sur des pare-feu, des talus et des chemins). De fait, les incendies les plus récents ont eu lieu dans la partie nord de la pinède, au sud du bassin d'Arcachon en 2022 et au nord du bassin en direction de Bordeaux en 2026. Autrement dit, dans des secteurs où se sont multipliées les constructions, principalement pavillonnaires, destinée à des gens qui fuyaient la pression foncière qui sévit sur l'agglomération bordelaise et y fait monter les prix [12].

    Une étude réalisée en Gascogne a établi que 80% des départs de feu se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations, « l'urbanisation dans les zones à risque signifie aussi mécaniquement l'augmentation des victimes et des dégâts potentiels, surtout lorsque cette urbanisation se fait sous forme de prolifération anarchique au contact de la forêt » [13]. Il semble que durant l'incendie la protection des villégiatures bourgeoises, autour du bassin d'Arcachon, ait davantage pesé que celle des zones pavillonnaires peuplées de gens relativement modestes. Ainsi les habitants du Porge, qui s'est retrouvé quasiment encerclé par les flammes et où environ deux cent maisons ont été détruites, ont-ils dénoncé le fait que les pompiers aient reçu l'ordre d'abandonner le secteur pour protéger le Cap Ferret, avec ses villas cossues. Un habitant du Porge interrogé par un média a carrément déclaré « ce qui s'est passé ici pendant l'incendie ça relève de la lutte des classes »...

    Le président Macron, qui s'était empressé de déclarer après l'incendie de 2022 « on replante » ne remettra pas en cause le paradigme extractiviste, et ses successeurs pas davantage. De fait le projet industriel E-Cho qui est à l'étude afin de produire du bio-carburant pour avions et bateaux à partir du bois landais à Lacq, au sud des Landes, a été reconnu par l'État comme « projet d'intérêt national majeur »... Les voix qui s'élèvent de tous côtés pour réclamer qu'on replante au moins à 20% en feuillus, qu'on restaure certaines zones humides et qu'on ménage des terrains non boisés, ces voix qui témoignent d'un bon sens élémentaire ont peu de chance d'être entendues face à la folie productive, que le processus de concentration industrielle et de financiarisation vient exacerber.

    Alèssi DELL'UMBRIA, quelque part dans la forêt provençale, août 2026.

    [1] Selon les chiffres communiqués sur le site indépendant www.sylvie-forêt.com. Le ministère de l'Intérieur avance des chiffres supérieurs, 119 000 hectares, mais qui leur fait confiance ?

    [2] Christophe Plomion, « Les Landes, laboratoire de la forêt de demain ? », Libération, 15 mars 2023.

    [3] Jean-Baptiste Vidalou, Être forêts, habiter un territoire en lutte, La Découverte, 2017.

    [4] Forêt de Gascogne. Le journal de la forêt cultivée, no 639, juin 2017. L'argument du paludisme qui fut mis en avant pour justifier le drainage de ces zones humides est aujourd'hui encore agité par les défenseurs de la plantation : mais si les Landais souffraient de fièvres, la malaria n'était pourtant pas la pathologie principale, à une époque où sévissaient là comme ailleurs diverses maladies endémiques comme la tuberculose.

    [5] Laurie Debove, « Assainir les marécages », Wave Magazine, juin 2026.

    [6] Ainsi l'opération entreprise par Saddam Hussein contre les marais dans les deltas du Tigre et de l'Euphrate, après la première guerre du Golfe, qui abritaient une population lacustre traditionnellement rétive à l'autorité de Bagdad... Cf. Alec Absaroka Konigsberg, « Ecocide, Saddam Hussein's Destruction of the Iraqi Marshlands » https://penn.manifoldapp.org/read/ecocide-iraqi-marshlands/section/25c5d84e-2889-4d8c-88e8-9b74fe4fe971.

    [7] Jacques Sargos, Histoire de la forêt landaise, du désert à l'âge d'or, 1997.

    [8] Arthur Guérin-Turcq, « Le feu et le capital, les incendies dans les Landes de Gascogne en 2022 », Études Rurales 2024/2, Éditions de l'EHESS, 2024.

    [9] Sylvain Angerand, fondateur de l'association de défense des forêts Canopée, interview Reporterre le 9 mars 2026.

    [10] Arthur Guérin-Turcq, Id., op.cit.

    [11] Jean-Pierre Lescarret, La vie dans la Grande Lande au temps des bergers et des loups, Pau, Éditions Cairn, 2008

    [12] « Le Sud-Gironde se révèle donc un espace de seuil entre un littoral touristique attractif, une aire urbaine en croissance et un plateau landais plus rural. » dit Guerin-Turcq dans son analyse de l'incendie de 2022, citant le cas typique de la commune de Belin-Beliet, « ville-relais » desservie par l'autoroute gratuite A63, à trois quart d'heure de Bordeaux comme d'Arcachon, deux agglomérations où le prix du mètre carré n'a cessé de grimper. Cette commune, qui s'est trouvée menacée par l'incendie de 2022, a pourtant vu sa population littéralement décupler.

    [13] C. Bouisset, « L'urbanisation anarchique, facteur aggravant des incendies dans les Landes », The Conversation, 11 août 2022, cité par Guerin-Turcq, Id, op.cit.

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  • Campagnes YouTube : la créativité paie plus que le ciblage ou les enchères

    Ce qu'il faut retenir :

    • Selon Nielsen, la créa représente 49% du ROI d'une campagne publicitaire. Ekimetrics va plus loin en estimant qu'une créa optimisée peut plus que doubler le ROI sur YouTube.
    • Pour les formats Demand Gen en in-stream skippable, Google avance trois chiffres précis (données US, juillet 2026) : +12% de conversions avec une voix humaine, +3% avec des sur-titres ou un texte incrusté, +4% en montrant la marque dans les 5 premières secondes.
    • Côté visuels fixes, Google recommande de bannir les faux boutons et flèches cliquables, de privilégier des photos plein cadre plutôt que des bandeaux noirs ou des logos surdimensionnés, et de mettre en scène des visages ou des personnes.

    Pourquoi Google publie cette documentation ?

    Ce nouveau guide s'inscrit dans un contexte où Google automatise de plus en plus les enchères, le ciblage et la gestion des campagnes. Dans ce contexte, la créa reste l'un des rares leviers que les annonceurs peuvent encore piloter directement. En publiant des chiffres précis plutôt qu'un simple appel à "faire de meilleures créas", Google donne aux équipes marketing des repères concrets pour tester et arbitrer leurs assets.

    Les trois chiffres clés pour les formats Demand Gen

    Le document se concentre d'abord sur les publicités in-stream skippable diffusées via Demand Gen. Trois éléments créatifs ont été isolés et mesurés sur des données américaines de juillet 2026 :

    • La voix humaine : son ajout est associé à 12% de conversions en plus en moyenne. C'est, de loin, l'élément le plus impactant parmi ceux testés.
    • Les sur-titres ou le texte incrusté : leur présence apporte 3% de conversions supplémentaires.
    • La visualisation de la marque dès les 5 premières secondes : elle génère 4% de conversions en plus.

    Google insiste particulièrement sur le premier point. L'audio ne devrait pas être traité comme un simple habillage ajouté après coup, mais comme un élément à part entière de la conception, pensé pour l'environnement dans lequel la pub sera réellement visionnée.

    Les bonnes pratiques pour les visuels fixes

    Au-delà des chiffres sur les formats vidéo, Google détaille aussi trois recommandations pour les créas image.

    Supprimer les faux éléments d'interface

    Google déconseille d'intégrer dans les visuels des boutons, flèches ou zones cliquables qui n'ont en réalité aucune fonction. Ces éléments "baked-in" entrent en concurrence avec les vrais boutons d'appel à l'action de YouTube. Résultat : une charge cognitive supplémentaire pour l'utilisateur, qui peut se sentir perdu au lieu d'être guidé vers le site de l'annonceur.

    Adapter le visuel aux codes de YouTube

    Une créa qui ressemble trop à un format publicitaire générique, pensé pour un autre canal, se remarque immédiatement dans un fil YouTube et détonne. Google recommande donc de privilégier des photographies en plein cadre, en haute résolution, ou des visuels de type lifestyle. À l'inverse, les logos surdimensionnés, les zones vides et unies, ou les bandes noires donnent une impression de créa fragmentée et peu naturelle dans l'environnement de la plateforme.

    Mettre en scène des personnes

    Dernier point mis en avant : la présence humaine visible dans une image. D'après Google, les visuels montrant des visages ou des personnes en interaction avec un produit surperforment systématiquement les autres assets. La recommandation est donc d'intégrer des personnes dans les visuels chaque fois que cela reste cohérent avec la campagne.

    Comparaison entre ce qu'il faut faire (à gauche) et ce qu'il ne faut pas faire (à droite) - Source : Google

    Ce que ça change concrètement pour les annonceurs

    Le message de fond de cette documentation dépasse la simple liste de conseils techniques. Google encourage les annonceurs à concevoir des créas pensées spécifiquement pour YouTube, plutôt qu'à recycler des assets initialement conçus pour d'autres canaux publicitaires. Cela concerne aussi bien le choix de la voix que la mise en scène de la marque, le texte incrusté, l'imagerie utilisée ou l'intégration naturelle de la pub dans le fil.

    Pour les équipes qui gèrent des campagnes Demand Gen ou d'autres formats YouTube, l'enjeu n'est donc plus seulement d'avoir suffisamment d'assets, mais de tester différentes variantes de présentation d'un même message : avec ou sans voix humaine, avec ou sans texte incrusté, avec une marque visible dès le départ ou non. Ces tests permettent de s'appuyer sur des données propres plutôt que sur des recommandations génériques.

    L’article "Campagnes YouTube : la créativité paie plus que le ciblage ou les enchères" a été publié sur le site Abondance.

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  • Trump says new Iran bombing won’t last ‘too long’ but US prepared to attack ‘any time we want’ – Middle East crisis live

    US president’s comments come as Iran accused foe of war crime after strike on wedding

    Iranian state media has shared video from the site of the reported attack in Sirik, southern Iran, where officials say US strikes hit a wedding ceremony in a residential area, killing four people including two children aged four and 16.

    Footage reportedly filmed inside the building where the wedding took place shows a debris-strewn floor, with women’s and girls’ embellished sandals and garlands scattered among the wreckage. A separate video shows the heavily damaged building from the outside, with a large hole visible in the roof. Here is an image from the footage released by the Iranian Red Crescent:

    Continue reading...
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  • SIDO Lyon 2026 : Alain Bensoussan intervient sur l’autonomie des robots à l’ère de l’IA

    A l’occasion du SIDO Lyon 2026, Alain Bensoussan interviendra, le mercredi 16 septembre 2026 à 9h30, lors d’une table ronde consacrée aux nouvelles formes d’intelligence artificielle appliquées à la robotique : « Analytique, générative, agentique : quand l’IA booste l’autonomie des robots ».

    De l’IA analytique à l’IA agentique : vers des robots toujours plus autonomes

    Longtemps programmés pour exécuter des tâches déterminées dans des environnements maîtrisés, les robots industriels voient aujourd’hui leurs capacités évoluer sous l’effet des progrès de l’intelligence artificielle.

    IA analytique, IA générative et désormais IA agentique permettent d’envisager des systèmes robotiques capables non seulement d’analyser leur environnement mais également de s’adapter à des situations nouvelles, de planifier des actions et d’interagir de manière plus autonome avec leur environnement.

    L’IA analytique permet d’exploiter les données issues des capteurs afin d’optimiser les trajectoires, la maintenance ou encore le contrôle qualité. L’IA générative ouvre de nouvelles perspectives en matière de programmation en langage naturel, de simulation et d’apprentissage de nouvelles tâches.

    L’IA agentique franchit une étape supplémentaire en permettant aux systèmes d’enchaîner des actions, d’interagir avec d’autres machines ou logiciels et d’adapter leur comportement en fonction des circonstances.

    Cette autonomie croissante soulève cependant des questions essentielles : jusqu’où peut-elle aller ? Quels niveaux de décision peuvent être confiés aux robots ? Comment garantir leur sécurité et leur cybersécurité ? Et comment déterminer les responsabilités lorsqu’un système doté de capacités d’adaptation ou de décision est à l’origine d’un dommage ?

    Autant de questions technologiques, industrielles mais aussi juridiques qui accompagneront nécessairement le développement de la robotique intelligente.

    Une table ronde consacrée aux nouveaux enjeux de la robotique intelligente

    La table ronde réunira :

    • Alain Bensoussan, avocat, Lexing ;
    • Fabrice Deblock ;
    • Frédéric Hélin, Coboteam Auvergne-Rhône-Alpes ;
    • Fabrice Jumel, CPE Lyon ;
    • Anuchika Stanislaus, Secrétariat général pour l’investissement – France 2030.

    Les échanges permettront d’aborder les usages déjà accessibles aux industriels, les perspectives offertes par l’IA agentique mais aussi les limites technologiques et les enjeux de sécurité, de cybersécurité et de responsabilité associés à l’autonomisation croissante des systèmes robotiques.

    Consulter le programme des conférences du SIDO Lyon 2026. 

    SIDO Lyon 2026, rendez-vous de la convergence IA, IoT, robotique et XR

    Les 16 et 17 septembre 2026, le SIDO Lyon réunira à la Cité Internationale de Lyon les acteurs de l’industrie et des services autour des technologies IoT, intelligence artificielle, robotique et XR.

    Pour sa 12e édition, le salon entend mettre en relation l’ensemble de la chaîne de valeur technologique afin d’accompagner les entreprises dans la transformation de leurs activités et le déploiement de solutions innovantes, performantes et sécurisées.

    Informations pratiques

    SIDO Lyon 2026
    16 et 17 septembre 2026
    Centre de Congrès de Lyon – Cité Internationale
    50 quai Charles de Gaulle
    69006 Lyon

    Le salon est réservé aux professionnels.

    Découvrir SIDO Lyon 2026. 
    Créer son badge visiteur. 

    Alain Bensoussan

    Avocat

    Spécialiste en droit des nouvelles technologies de l’informatique

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    • Ces plantes permettent d’enlever le cadmium des sols

      Parmi les espèces les plus connues figurent le tabouret des bois (Noccaea caerulescens) pour le zinc et le cadmium, ou encore la fougère rubanée (Pteris vittata) pour l’arsenic.

      Cet article Ces plantes permettent d’enlever le cadmium des sols est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

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    • Logiciel « Scribe » : Comment les défaillances de pilotage d’un projet informatique de la police ont causé 30 millions d’euros de préjudice à l’Etat

      Dans un arrêt prononcé le 28 août dernier, la Cour des comptes revient en détail sur le projet « Scribe », lancé à la fin de l’année 2015 pour développer un nouveau logiciel de rédaction des procédures destiné à la police et à la gendarmerie nationale.

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    • MapQuest is No. 1 on the App Store after refusing to change Lake Ontario's name

      The most popular iPhone app in the US is one that few people have thought about since dial-up internet: MapQuest. The mapping service is making a comeback on US App Stores after refusing to change Lake Ontario's name, following President Donald Trump's executive order rebranding it as Lake America.
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    • Censure en série : interdiction de montrer le génocide palestinien

      À Deauville et Strasbourg, la cancel culture frappe les images évoquant Gaza, il est interdit de dénoncer le génocide en Palestine.

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    • [Orléans] Pas de congrès pour le RN à les 24 et 25 octobre !

      Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.

      À chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »

      Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.

      Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.

      Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.

      Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.

      Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.

      Rejoignez-nous !

      Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.

      PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !

      Signataires :
      AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)

      Texte alternatif décrivant l'affiche :
      Visuel avec gros message "Pas de congrès pour le RN"
      On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
      Deux pancartes "Orléans 24 - 25/10" et "mobilisations antifa"
      Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis

      RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

      Une participation massive !
      70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
      Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)

      Préparation inter-orga
      Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
      Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.

      Continuons à préparer la défaite du RN !
      Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
      la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
      et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
      Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !

      Coordonnons toutes les échelles locales et globales
      Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
      Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.

      Prochaines réunions
      Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
      La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join

      OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

      Site internet : https://ciaofachos.noblogs.org

      Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
      https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf

      Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

      Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

      Mail : ciaofachos@systemli.org

      Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.

      Instagram : @ciao_fachos (ou sur Imginn)

      Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !

      CIAO FACHOS

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    • [Nancy] Rentrée des City Stars, foot queer et féministe

      C'est la rentrée des City Star ! Rdv chaque dimanche de septembre à 18h30 pour taper dans la ballon.

      On a bien joué cet été et on commence à être assez nombreu.x.ses pour faire des matchs incroyables !

      En septembre on se retrouve les dimanches (06, 13, 20 et 27) 18h30 sur le City Stade au 14 rue Jean Jaurès à Maxéville (le long du canal).

      On apprend à jouer en faisant quelques exercices et en finissant par un match et tout ça dans la bonne humeur et les rires !
      On sera ravi.e de t'accueillir, pas de niveau requis, et si tu préfères tu peux aussi venir juste pour regarder et nous soutenir !

      Si tu as des questions n'hésites pas à nous contacter sur footqueerfeministe.lorraine(at)proton.me

      À bientôt autour d'un ballon !

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    • [Metz] Manifestation en soutien au peulple Palestinien

      Le génocide ne s'est jamais arrêté, alors nous non plus !
      Halte aux massacres !

      Rendez-vous samedi 5 septembre à 14h30 à l'Espanade de Metz.

      Palestine vivra, Palestine vaincra.

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    • Écocide : l’administration Trump organise l’abattage de masse de chevaux sauvages

      Aux USA, des dizaines de milliers de chevaux sauvages risquent la mort malgré leur classement en tant qu’espèce protégée.

      L’article Écocide : l’administration Trump organise l’abattage de masse de chevaux sauvages est apparu en premier sur Contre Attaque.

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    • L’éprouvante rentrée d’une famille en quête d’un toit

      Plus de 2 300 mineurs en France étaient encore sans solution d’hébergement le jour de la rentrée, presque deux fois plus qu’il y a quatre ans. À Villeurbanne, pour Sihem et ses quatre enfants, la journée de reprise de l’école a pris les contours d’une course contre la montre, pour éviter la rue.
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    • 622 000 hectares brûlés en Europe : la carte inédite des incendies de cet été

      Alors que la saison des feux est toujours en cours, l'Europe brûle de partout, le Nord n'étant désormais plus épargné. 622 819 hectares y ont déjà brûlé cette année. Reporterre a cartographié l'étendue des surfaces calcinées.
      La France, l'Espagne, le Royaume-Uni et même la Belgique... L'été 2026 a vu l'Europe s'embraser. En France, 37 191 hectares ont été réduits en cendres en Gironde dans la commune du Porge par l'incendie parti de Saumos le 22 juillet, qui a entraîné l'évacuation de (…)

      Lire la suite - Enquête / Incendies
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    • Incendies : la carte d'un été hors normes en Europe

      Alors que la saison des feux est toujours en cours, l'Europe brûle de partout, le Nord n'étant désormais plus épargné. 637 409 hectares y ont déjà brûlé cette année. Reporterre a cartographié l'étendue des surfaces calcinées.
      La France, l'Espagne, le Royaume-Uni et même la Belgique... L'été 2026 a vu l'Europe s'embraser. En France, 37 191 hectares ont été réduits en cendres en Gironde dans la commune du Porge par l'incendie parti de Saumos le 22 juillet, qui a entraîné l'évacuation de (…)

      Lire la suite - Enquête / Incendies
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    • « C'était un titan, un monstre » : après la tornade, les paysans contraints de repartir de zéro

      Dans l'Aude, une semaine après le passage de la tornade, des paysans tentent de relever leur exploitation. À Saint-Hilaire, un couple d'éleveurs-maraîchers lourdement touché doit désormais tout reconstruire.
      Saint-Hilaire (Aude), reportage
      En arrivant sur l'exploitation de Séverine Mérat et Nicolas Simon, à Saint-Hilaire, dans l'Aude, il faut faire un effort d'imagination pour comprendre. Imaginer qu'il y a encore une semaine se tenaient ici des dizaines d'arbres fruitiers, des allées de (…)

      Lire la suite - Reportage / Climat , Agriculture
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    • «On pourrait atteindre des niveaux jamais enregistrés pour un mois de septembre» : les fortes chaleurs de retour en fin de semaine

      Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 15 août 2026. L’été brûlant joue les prolongations. © Muhammed Said Tako/Anadolu via AFP

      L’été caniculaire ne se fera pas oublier de sitôt. La rentrée et les orages de ces dernières semaines nous avaient presque convaincu·es que l’automne pointait le bout de son nez. C’était sans compter le retour de très hautes températures à partir de ce jeudi. Le mercure devrait monter aux alentours des 30 degrés Celsius (°C) en Île-de-France et dépasser les 35°C, voire 38°C localement dans le sud, de l’Occitanie à la vallée du Rhône. Les valeurs précises restent à déterminer mais elles «pourraient atteindre des niveaux jamais enregistrés pour un mois de septembre», indique à Vert François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

      Ce mardi débutait l’automne météorologique mais, «avec le réchauffement climatique, l’été s’allonge et déborde de sa saison traditionnelle», explique-t-il encore. Cette situation ne surprend donc pas l’expert, qui rappelle que «ces épisodes de chaleur tardifs sont plus fréquents et plus intenses, c’est un des effets attendus du dérèglement».

      En septembre 2023, pour la première fois, la vigilance orange pour risque de canicule avait été déclenchée à la fin de l’été. Un scénario que Météo-France envisage dans certains départements du sud de l’Hexagone pour ce week-end.

      Il est encore tôt pour savoir si l’épisode de chaleur se terminera samedi, dimanche ou en début de semaine prochaine. Une chose est sûre : «Les anomalies de températures seront très marquées», selon François Gourant. Avec les journées qui raccourcissent, les nuits plus longues favoriseront tout de même une baisse du mercure après le coucher du soleil.

      Le nord de l’Hexagone devrait être moins concerné par les fortes chaleurs. Dans la Manche, le thermomètre restera autour des 22 ou 25°C. Or, pour déclarer une vague de chaleur, la moyenne des températures sur tout le territoire hexagonal doit être supérieure ou égale à 25,3°C pendant un jour. Elle doit aussi être supérieure ou égale à 23,4°C pendant au moins trois jours (nuits comprises). Une vague de chaleur n’est donc pas le scénario le plus probable, selon Météo-France, même si elle n’est pas à exclure à ce stade.

      L’année 2026 a été marquée par une succession de trois vagues de chaleur cet été, après une canicule historique au mois de mai. Dans un premier bilan provisoire, Santé publique France relevait que ces températures inédites avaient provoqué 7 300 morts en excès.

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    • Les Français vont-ils trop chez le kiné ?

      En dix ans, le nombre de masseurs-kinésithérapeutes a augmenté de 37 % et les dépenses de kiné prises en charge par l’Assurance maladie ont crû de 47 %. La croissance de l’offre de soins a-t-elle généré sa propre demande ?
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    • Entre la licence et le master, de plus en plus d'étudiants recalés et frustrés

      Tous les diplômés de licence n’accèdent pas aujourd’hui à un master, alors que beaucoup d’entre eux le souhaitent. Avec un marché du travail dégradé, on gagnerait pourtant à augmenter ce taux d’accès.
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    • Dans les logements bouilloires, la colère monte avec la température

      A chaque canicule, la chaleur s’accumule dans de nombreux logements qui se transforment en étuves. Leurs habitants, épaulés par des associations et syndicats de locataires, réclament des mesures d’adaptation.
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    • Dénatalité française : réfléchissons au lieu de paniquer

      Dans son ouvrage La panique démographique. Une réponse féministe (Editions Les petits matins, 2026), Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, critique la vision alarmiste du recul de la natalité en France et montre que ce phénomène résulte d’un diagnostic collectif des femmes…
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    • Que révèle la dénatalité française ?

      Dans son ouvrage La panique démographique. Une réponse féministe (Editions Les petits matins, 2026), Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, critique la vision alarmiste du recul de la natalité en France et montre que ce phénomène résulte d’un diagnostic collectif des femmes…
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    • Washington Policy Review: September 1, 2026

      Today’s Report

      1. Overview

      2. White House News

      3. Truth Social Posts

      4. Government Department News

      5. 2028 Democratic Presidential Candidates

      6. AI & Tech Company News

      7. Congressional Watch

      8. Policy Impact Analysis & Heatmap

      1. Overview

      President Trump directed military strikes against Iranian targets in response to sea mine threats and a failed missile attack on a U.S. base in Jordan. He formally nominated Hung Cao to serve as Secretary of the Navy, characterizing him as a “true WARRIOR.” Additionally, the President authorized federal disaster aid for several states, including Texas and North Dakota, to facilitate recovery efforts following recent severe weather events.

      On Truth Social, Trump maintained a firm posture regarding the conflict with Iran, warning that further escalations could leave “very little left” of the Islamic Republic. He stated he is not interested in negotiations, preferring to maintain his current strategy of controlling the Hormuz Strait. Furthermore, the President used the platform to endorse various Republican candidates and promote the book “Unhumans,” which he used to caution against the “INHUMAN ideology” of communism.

      The State Dept announced $150 million in new aid for Pacific Island nations to foster private sector growth and announced the launch of the Foundry School, a manufacturing workforce initiative. Secretary Rubio extended congratulations to Vietnam on its National Day and welcomed Türkiye’s signing of the Artemis Accords. Meanwhile, the Department of War awarded $11.4 million to Stellant Systems for space-based technology and finalized major logistics and engineering contracts. Treasury officials gathered with G20 counterparts in Asheville to discuss private sector-led growth and the stability of global value chains.

      Governor Beshear criticized Congressman Andy Barr’s support for administration policy, arguing that potential Medicaid funding shifts represent “a Band-Aid on a severed artery” that threatens rural hospitals. Governor Pritzker celebrated Illinois’ 12th credit rating upgrade, though he noted that “the Trump Administration creates uncertainty and new challenges for states.” Governor Newsom highlighted public safety improvements in California, reporting thousands of arrests by Crime Suppression Teams and historically low homicide rates. Governor Moore launched employer registration for Maryland’s new paid family leave program, while Governor Whitmer reminded Michigan residents of the upcoming Home Heating Tax Credit filing deadline.

      OpenAI identified its “Astra” model as reaching the “Critical” cybersecurity capability threshold, necessitating a delayed release to implement enhanced safety safeguards. Anthropic introduced Enterprise Frontier Safeguards to allow businesses to maintain data control while utilizing misuse detection tools, and xAI reported that Grok 4.6 successfully balances biological research utility with safety. NVIDIA and CrowdStrike unveiled “SafeMind,” an agentic cybersecurity system designed to help defenders anticipate and block automated threats using an AI “coevolution loop.”

      The House of Representatives passed several measures on August 31, including the Prison Staff Safety Enhancement Act by a vote of 376-8 and the Local Access to Courts Act. Members also approved the Hershel Woody Williams National Medal of Honor Monument Location Act and legislation focused on trade enforcement and crime victim protections. The House Committee on Rules moved to advance floor debates on upcoming energy, mining, and academic freedom resolutions. The Senate held a pro forma session with no legislative business conducted.

      Escalating military activity in the Strait of Hormuz is driving volatility across global energy markets as concerns regarding infrastructure integrity and supply chain reliability force a recalibration of geopolitical risk premiums. Simultaneously, aggressive capital deployment through the Defense Production Act serves as a structural tailwind for the defense industrial base, bolstering long-term manufacturing capacity despite concerns regarding potential fiscal inefficiencies from limited competition. Conversely, the technology sector faces mounting regulatory headwinds as officials characterize digital consumption as a “public health concern,” creating potential for restrictive policies that threaten to increase compliance costs and erode the foundations of ad-supported revenue models.

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      2. White House News

      No White House news found.

      3. Truth Social Posts

      Trump detailed that the United States is currently conducting powerful strikes against Iranian targets in retaliation for attempted sea mine placement and a failed missile attack on a U.S. base in Jordan, warning that further escalation would leave “very little left of the Islamic Republic of Iran.” He clarified that he is not seeking a bargaining table, stating he prefers the current position of controlling the Hormuz Strait while Iran’s economy suffers, and shared a report suggesting he is winning the conflict. In personnel matters, Trump nominated Hung Cao as Secretary of the Navy, describing him as a “true WARRIOR” and urging the Senate to confirm him immediately.

      Domestically, Trump announced millions in disaster recovery aid for Texas, and similarly approved federal funds for North Dakota, Kansas, Missouri, South Dakota, Kentucky, and Iowa to support recovery from severe weather. During a G20 Finance Ministers meeting in Asheville, he emphasized the strength of the U.S. economy and criticized his predecessor’s response to Hurricane Helene in North Carolina. Furthermore, Trump endorsed Ralph Alvarado for Congress, as well as Keith Faber, Warren Petersen, and Mayes Middleton for their respective state Attorney General races.

      Trump’s recent commentary included an observation regarding Governor Kathy Hochul’s political standing in New York and a note on Jon Voight’s visit to the White House. He highlighted the book “Unhumans” to caution against the “INHUMAN ideology” of communism, promoted reframing the election as a contest between capitalism and socialism, and celebrated American energy dominance. Additionally, he shared news regarding Nvidia’s AI financing initiatives and noted that an individual has been indicted for the vandalism of the World War II Memorial.

      Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump

      4. Government Department News

      State Department (state.gov)

      Promoting Pacific Prosperity: U.S. Engagement at the Pacific Islands Forum

      At the Pacific Islands Forum Partners Dialogue, Deputy Secretary Christopher Landau announced over $150 million in U.S. support for Pacific Island nations. Aligned with an “America First Foreign Policy,” the initiative prioritizes commercial diplomacy and reorients foreign assistance to foster private sector-led economic growth. Under the leadership of President Trump and Secretary Rubio, the U.S. aims to strengthen partnerships through investments in infrastructure, energy security, digital technology, and maritime security, emphasizing that regional stability is vital to the security and prosperity of the United States.

      Vietnam National Day

      Secretary of State Marco Rubio extended congratulations to the government and people of Vietnam on their 81st National Day. Highlighting the “flourishing partnership” between the two nations, Rubio noted the progress made under the Comprehensive Strategic Partnership. The statement commended Vietnam’s leadership in the Indo-Pacific and its role as a founding member of the Board of Peace, expressing a commitment to continued collaboration on shared prosperity and regional security.

      Trump Administration Launches Foundry School to Build the Workforce Behind America’s Manufacturing Comeback

      The Trump Administration is launching the Foundry School, a program designed to train workers for roles in semiconductors, defense, and energy to support the nation’s reindustrialization. Part of the Department’s “Pax Silica” initiative, the school features a curriculum developed by Stanford University and seven partner universities. Vice President JD Vance will headline the launch event on September 3 at the Donald J. Trump Institute of Peace. The program aims to fill an estimated 3.8 million manufacturing jobs by 2033 by connecting students with industry founders and CEOs.

      United States Welcomes Türkiye’s Signing of the Artemis Accords

      Türkiye has become the 71st signatory of the Artemis Accords, pledging to the responsible, peaceful, and sustainable exploration of space. The agreement was signed by Minister of Industry and Technology Mehmet Fatih Kacır and witnessed by U.S. officials at NASA Headquarters. The Accords, established during President Trump’s first term, serve as a framework for international civil space activity. The State Department emphasized Türkiye’s role as a valued NATO ally and a key partner in regional security and defense cooperation.

      Slovakia National Day

      Secretary of State Marco Rubio congratulated the people of Slovakia on Constitution Day, underscoring the strong bilateral partnership based on mutual respect and sovereign interests. Recent cooperation has focused on Slovakia’s military modernization and advancements in civil nuclear energy. Reflecting on his visit to Bratislava, Secretary Rubio expressed the U.S. commitment to deepening the relationship by expanding trade and investment while continuing to work toward a more secure and prosperous transatlantic community.

      Department of War (war.gov)

      Department of War Invests $11.4 Million to Enhance Manufacturing of W-Band Traveling-Wave Tube Amplifiers

      The Department of War has awarded $11.4 million in Defense Production Act Title III funds to Stellant Systems to enhance the production of space-based Traveling-Wave Tube Amplifiers (TWTAs) in Torrance, California. This investment, supporting Executive Order 14369, aims to secure industrial base capabilities and reduce risks for U.S. satellite programs. TWTAs are critical for reliable radio frequency amplification in military and commercial communications. This is one of seven WIRE directorate investments totaling $121.1 million in Fiscal Year 2026.

      Contracts for Sept. 1, 2026

      The Department of War awarded several major contracts: General Electric Co. received $2.87 billion for F/A-18 engine logistics; the Colorado Department of Labor and Employment Division was awarded $1.9 billion for Marine Corps food services; and Raytheon Co. received $42.5 million for air traffic navigation services. Additionally, three firms were awarded a shared $400 million contract for civil engineering services in the Pacific theater, and the State of New Jersey received a $75.4 million contract for food services at Joint Base McGuire-Dix-Lakehurst.

      Department of Health and Human Services (hhs.gov)

      HHS Convenes Leaders at the Live Real Life Symposium to Address Harms of Screen Use in Children

      HHS Secretary Robert F. Kennedy, Jr. hosted the Live Real Life Symposium to address the impact of screen use on childhood development. The initiative aims to reduce harmful screen time by providing families with practical tools. During the event, HHS introduced a children’s book, “The Magic Tablet,” and announced that healthcare providers can now earn accredited continuing education credits by completing the Surgeon General’s advisory and toolkit on screen use. The symposium emphasized collaborative efforts to ensure technology does not replace essential real-world childhood experiences.

      Treasury Department (home.treasury.gov)

      G20 Chair’s Statement

      G20 Finance Ministers and Central Bank Governors convened in Asheville, North Carolina, to discuss promoting private sector-led growth, productivity, and financial stability. The group underscored the importance of ensuring the smooth functioning of global value chains for energy, food, and minerals. Participants expressed concern over energy trade disruptions and emphasized the need for free navigation through the Strait of Hormuz. The statement highlights a commitment to fiscal sustainability, the responsible adoption of artificial intelligence, and the reduction of regulatory burdens to foster global economic expansion.

      United States Trade Representative (ustr.gov)

      Media Credentialing Opens for the G20 Trade Ministerial in Milwaukee, Wisconsin

      Ambassador Jamieson Greer will host the G20 Trade Ministerial in Milwaukee on September 30 and October 1, 2026. Discussions will focus on eradicating forced labor in global supply chains, updating the Most-Favored Nation principle, denouncing the weaponization of food trade, and addressing structural excess capacity. Journalists seeking to cover the event must apply for credentials by September 21. Approved media will receive further details regarding security, logistics, and access.

      5. 2028 Democratic Presidential Candidates

      Gavin Newsom (gov.ca.gov)

      15,000+ arrests. 7,000+ stolen vehicles recovered. Crime Suppression Teams deliver results across California

      Governor Newsom announced that since 2023, California Highway Patrol (CHP) Crime Suppression Teams have made 15,197 arrests, recovered 7,042 stolen vehicles, and seized 656 firearms. These teams, expanded to six regions statewide in 2025, utilize intelligence-driven enforcement to combat organized crime, drug trafficking, and violent offenders in partnership with local law enforcement. Since the statewide expansion, teams have also confiscated nearly 1.7 million grams of illegal drugs, including 240 pounds of fentanyl.

      Governor Newsom visits CHP Academy, highlights next generation of officers and California’s public safety progress

      Governor Newsom visited the CHP Academy to meet with cadets, noting that nearly 400 are scheduled to graduate this year. This brings the total number of graduates since 2019 to over 2,900. The Governor highlighted the state’s successful recruitment campaign to add 1,000 officers and noted that California’s homicide rate reached its lowest level since 1966. These investments support a state-local public safety strategy that saw declines in every major crime category throughout 2025.

      Gretchen Whitmer (michigan.gov)

      Governor Whitmer Announces Home Heating Tax Credit Filing Deadline

      Governor Whitmer is urging eligible Michigan renters and homeowners to apply for the Home Heating Tax Credit by the September 30 deadline. Designed to assist low-income households with winter energy costs, the credit provided an average of $171 per household last year. Officials emphasized that this benefit cannot be claimed retroactively, so residents must file on time. Interested individuals can access free tax preparation services by calling 211 or visiting MichiganFreeTaxHelp.org to determine their eligibility and submit their claims.

      Wes Moore (governor.maryland.gov)

      Governor Moore Announces Employer Registration for Paid Family and Medical Leave Insurance Is Live

      Governor Moore announced that employer registration for Maryland’s Family and Medical Leave Insurance (FAMLI) program is now open. The program will offer employees up to 12 weeks of job-protected, paid leave for family or health needs, with benefits starting in 2028. All Maryland employers with at least one employee must register, though businesses with fewer than 15 employees qualify for a contribution discount. Employers must begin payroll withholdings in January 2027. The initiative aims to support worker stability and improve state economic competitiveness.

      Andy Beshear (governor.ky.gov)

      Gov. Beshear Calls on Congressman Barr To Stand Up for Kentucky’s Rural Hospitals and Healthcare

      Gov. Beshear sent a letter to U.S. Rep. Andy Barr correcting claims regarding Medicaid funding and the Rural Health Transformation Program. The Governor stated that Barr’s support for President Trump’s “Big, Ugly Bill” will cause Kentucky to lose $21 billion in Medicaid funding, threatening 35 rural hospitals and 250,000 residents’ insurance. While HHS Secretary Robert F. Kennedy, Jr. approved $212.9 million for rural health, the Governor noted these funds cannot support struggling hospital operations, which the administration described as “a Band-Aid on a severed artery.”

      Gov. Beshear: Astemo Americas Announces $112 Million Expansion of Madison County Operation, Creating 114 New Jobs

      Astemo Americas is investing over $112 million to expand its Madison County manufacturing facilities, a project expected to create 114 new jobs. This initial phase could grow to a $379 million investment with 282 total jobs, marking the largest private-sector investment in the county in 20 years. The expansion adds 300,000 square feet to the Berea plants to increase the production of hybrid motors. Gov. Beshear cited the project as further evidence of the state’s record-breaking economic growth and strength in the EV manufacturing sector.

      JB Pritzker (gov.illinois.gov)

      Illinois Scores 12th Credit Upgrade Under Gov. Pritzker’s Leadership

      S&P Global Ratings has upgraded Illinois’ general obligation bond rating to an A with a stable outlook, marking the state’s 12th credit upgrade under Governor Pritzker. This follows a recent Moody’s upgrade to A1. Officials credited the state’s eighth consecutive balanced budget and disciplined fiscal management. Governor Pritzker noted these improvements reflect progress despite the fact that “the Trump Administration creates uncertainty and new challenges for states,” adding that Illinois is focusing on strengthening reserves and addressing pension obligations to ensure long-term financial security.

      Daily Public Schedule: Tuesday, September 1, 2026

      Governor Pritzker has no public events scheduled for Tuesday, September 1, 2026.

      6. AI & Tech Company News

      OpenAI (openai.com)

      Path to Astra: critical capabilities and frontier safeguards

      OpenAI has designated its “Astra” model as reaching the “Critical” cybersecurity capability threshold, as it can identify and exploit unknown security flaws without human guidance. The company delayed development to implement stricter safeguards against cyber misuse, including improved refusal of harmful requests and enhanced monitoring. Astra demonstrated significant capability increases over GPT-5.6 Sol, achieving a perfect score on ExploitBench and successfully executing complex exploit chains in testing. OpenAI plans a limited release, initially restricting access to testers and Daybreak Blue users.

      xAI (x.ai)

      Biosecurity at the frontier

      LatchBio’s independent analysis of Grok 4.6 demonstrates its effectiveness in balancing biological research utility with safety. On the BioSecBench-Refusal suite, Grok 4.6 was the only model to score above 50% in both refusing hazardous tasks and completing routine biological work, achieving a 62.1% harmonic mean. The report confirms Grok 4.6 reliably detects and refuses red-team queries while performing comparably to other frontier models in biosurveillance. xAI continues to utilize layered safeguards, including inference-time controls and post-deployment monitoring, to address evolving biosecurity risks.

      Anthropic (anthropic.com)

      Developing Enterprise Frontier Safeguards with our customers

      Anthropic is introducing Enterprise Frontier Safeguards (EFS), a security solution enabling customers to store data in their own cloud infrastructure while maintaining advanced misuse detection. Designed with input from major financial and regulated institutions, EFS allows enterprises to retain control over encryption keys, access policies, and audit logging. By hosting data in their own environments, companies can meet strict regulatory requirements while leveraging automated monitoring to identify sophisticated cyberattacks and agentic misuse. The system will begin rolling out in phases this fall.

      NVIDIA (nvidia.com)

      NVIDIA and CrowdStrike Strengthen Agentic Cybersecurity Frontier

      At the Fal.Con 2026 conference, NVIDIA and CrowdStrike announced the launch of SafeMind, an agentic cybersecurity system. By combining CrowdStrike’s threat data and custom harnesses with NVIDIA Nemotron models, the system creates a continuous “coevolution loop” that allows defensive agents to anticipate and block automated threats. CrowdStrike leadership emphasized that SafeMind is a frontier-class model built for defenders, offering higher accuracy than standard models at a significantly lower cost. The partnership aims to provide organizations with an asymmetric advantage against increasingly rapid, AI-enabled cyberattacks.

      7. Congressional Watch

      Covers the 2026-08-31 session — the Congressional Record is published with a one-day delay.

      Senate

      The Senate met briefly for a pro forma session on August 31, 2026. No legislative business or committee meetings were conducted during this time.

      • None — No legislative actions occurred during the pro forma session [N/A]

      House of Representatives

      The House of Representatives held several sessions throughout the day to process a series of technical bills and legislation addressing criminal justice and veterans affairs. Members also advanced rules to govern upcoming floor debates on energy, mining, and ideological policy resolutions.

      • S. 307, Prison Staff Safety Enhancement Act — Addresses sexual harassment and assault of Bureau of Prisons staff [Passed 376-8 (Roll No. 284)]

      • S. 32, Local Access to Courts Act — Clarifies court locations for certain district courts in Texas and California [Passed 378-10 (Roll No. 285)]

      • S. 858, Hershel Woody Williams National Medal of Honor Monument Location Act — Authorizes a commemorative work on the National Mall [Passed by voice vote]

      • H.R. 6048, NDO Fairness Act — Modifies requirements for delayed legal notices [Passed by voice vote]

      • H.R. 8481, Kayleigh’s Law Act of 2026 — Provides for lifetime injunctions for certain crime victims [Passed by voice vote]

      • H.R. 1869, Protecting American Industry and Labor from International Trade Crimes Act — Strengthens enforcement against trade-related crimes [Passed by voice vote]

      Committee Highlights

      • HOUSE - Committee on Rules — Advanced the rule for floor consideration of energy, mining, and academic freedom legislation

      Coming Up

      The Senate will meet in a pro forma session on Tuesday, September 1, 2026, at 12:30 p.m. The House of Representatives will meet on Tuesday, September 1, 2026, at 11 a.m. to consider rules for upcoming bills regarding domestic mining, lobsterman protection, socialism, and academic freedom.

      Reference: Congressional Record Archive

      8. Policy Impact Analysis & Heatmap

      This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.

      Impact on Market

      Based on today’s policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:

      THEME 1. GEOPOLITICAL RISK AND ENERGY SECURITY

      Military escalation in the Strait of Hormuz elevates the risk premium for global energy markets, as supply chain disruptions remain a primary concern. The administration’s preference for military force over diplomatic bargaining signals a prolonged period of volatility for regional logistics and energy production. Bearish risks include potential retaliatory cyber-attacks on critical energy infrastructure and unpredictable price swings for global crude benchmarks.

      THEME 2. DEFENSE INDUSTRIAL BASE EXPANSION

      Strategic capital injections through the Defense Production Act and high-value logistics contracts are strengthening the defense industrial base. These actions prioritize long-term manufacturing capabilities and supply chain independence for critical components like F414 engines and space-based hardware. Critics contend that relying on sole-source contracts limits competitive bidding and may lead to long-term fiscal inefficiencies for the Department of War.

      THEME 3. REGULATORY PRESSURE ON DIGITAL MEDIA

      Government initiatives targeting the impact of screen time on child development represent an emerging regulatory challenge for the technology and media sectors. By framing digital consumption as a public health concern, officials are laying the groundwork for more stringent platform restrictions. Potential risks include increased compliance costs and significant damage to the ad-supported revenue models that underpin current consumer digital platforms.

      Policy Impact Heatmap with Market Direction

      Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how today’s policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, ▲) suggest bullish impact; negative scores (red, ▼) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.

      Active military engagement in the Strait of Hormuz has intensified geopolitical risk, providing a direct supply-side catalyst for energy prices. This conflict forces a flight-to-safety dynamic, which typically pressures broad financial benchmarks while boosting defense-sector contract valuations. The massive sole-source contract awarded to General Electric underscores a persistent federal commitment to sustaining long-term military readiness, providing revenue visibility for major aerospace industrial players.

      Simultaneously, the large-scale financing agreement for Nvidia’s AI infrastructure highlights the aggressive expansion of the domestic semiconductor and capital-intensive compute markets. This influx of liquidity suggests institutional confidence in AI as a permanent industrial asset class, despite growing regulatory scrutiny. Conversely, the Department of Health and Human Services’ focus on restricting children’s screen time creates a narrative risk for Communication Services and big-tech consumer platforms. Critics argue these interventions reflect a “reckless” regulatory interference in private media consumption, potentially pressuring advertising demand and platform engagement metrics. These bifurcated signals demonstrate a tension between aggressive state-led industrial policy and burgeoning social-regulatory constraints on the technology sector.

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    • Apple Maps Renames Lake Ontario 'Lake America' After Trump Order

      Apple Maps Renames Lake Ontario 'Lake America' After Trump Order Read more about Apple Maps Renames Lake Ontario 'Lake America' After Trump Order
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    • US launches new strikes against Iran as Trump says he's "not trying to force Iran to the negotiating table"

      The U.S. military completed a new wave of strikes Tuesday on targets in Iran as the conflict in the region stretches into its seventh month.
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    • President Trump nominates Hung Cao as Navy Secretary

      President Trump said on Tuesday he would be nominating Hung Cao for Navy Secretary after the predecessor to the role stepped down in April.
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    • USPS 'carefully reviewing' whistleblower claim on plan for Trump's mail in voting order

      The U.S. Postal Service could "derail" the midterm election if it continues rushing out "untested" technology as part of President Trump's push to restrict mail-in voting, a newly released whistleblower report warns.
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    • 'Untested' system for voting by mail could 'derail' midterm, whistleblower claims

      The U.S. Postal Service could "derail" midterm elections as it carries out the Trump administration's plans to limit mail-in voting, according to a whistleblower complaint.
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    • Consider the source: What to know about USPS mail-in ballot rule amid whistleblower claims

      An anonymous whistleblower disclosure alleging that the Postal Service rushed a new ballot-verification system drew attention from Democrats on Tuesday, hours before a key deadline in the Trump administration's mail-in ballot executive order legal battle.
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    • 'Catastrophic failures': Whistleblower warns Trump-proposed USPS mail-in ballot system could 'derail' midterms

      An anonymous government employee whistleblower has come forward to Democratic Sen. Richard Blumenthal, warning that a "rushed, chaotic and fundamentally flawed" effort by the U.S. Postal Service.
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    • Democrats warn of ‘hollowed out’ leadership after army chief resigns amid clashes with Hegseth

      Sudden departure of Daniel Driscoll comes after Pentagon chief removed senior officers and blocked promotions, prompting warnings of a leadership crisis

      A senior Senate Democrat accused Pentagon secretary Pete Hegseth of having “hollowed out” the army’s senior ranks after its top civilian leader resigned after months of internal clashes with Hegseth.

      No official reason was given for army secretary Daniel Driscoll’s departure after 18 months on the job, while thousands of US soldiers are deployed in the Middle East. In a statement on Monday night, White House spokesperson Anna Kelly said Driscoll had been “highly effective in advancing President Trump’s agenda”, citing his work on “readiness and lethality” and his role in Russia-Ukraine negotiations.

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    • Running It Right Into The Ground

      US Defense Secretary Pete Hegseth. Photo by Jim WATSON / AFP via Getty Images.

      Army Secretary Dan Driscoll submitted his resignation on Monday, effective Sept. 3, following months of tension with Defense Secretary Pete Hegseth. The two have reportedly sparred over the direction of the Army and the ouster of a string of senior officers. His departure is the latest high-profile exit at the Defense Department, even as the military conflict with Iran continues with no end in sight.

      Beyond the resignations, personnel questions abound at the Pentagon. Over the past month, Hegseth has blocked the promotions of officers tied to generals he ousted, expanded his wife’s role inside the department and even installed conservative influencers in undisclosed posts to amplify his messaging.

      Then there are serious and often humiliating operational issues. Four senior military leaders logged formal objections to his order extending U.S. forces in the Middle East. And the record-setting stretch at sea for the USS Abraham Lincoln—with failing sanitation, basic food shortages and attempted self-harm by crew members—became a public relations crisis that the secretary’s spokesman dismissed as a “false narrative.”

      The Iran war has understandably absorbed most of the public attention this year, but that has often shielded the department itself from greater scrutiny. Tufts University political scientist Daniel Drezner observed that the war has obscured an important story: Hegseth is running the Department of Defense “right into the ground.”

      That deterioration has taken three main forms: a purge of officers and officials deemed insufficiently loyal; an information ecosystem that rewards loyalty with access while walling out the press; and a military that absorbs the operational cost of policy decisions its own commanders have warned against.

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      Personnel over policy

      Driscoll’s announced departure falls within the first category. He has led the Army since February 2025 but had grown estranged from Hegseth over the direction of the service, according to multiple people familiar with their relationship. The issue appears personal and filled with court intrigue. Much of the friction traces back to Driscoll’s closeness with Vice President JD Vance, a former Yale Law School classmate. Hegseth reportedly viewed Driscoll’s relationship with Vance as giving Driscoll a direct line to the White House.

      In a White House meeting last week, Driscoll raised his concerns about Hegseth’s leadership directly with Donald Trump, according to four people familiar with the conversation. Per reporting by The Atlantic, Trump was reportedly surprised by the number of generals and other senior officers who had been fired, pushed out or passed over for promotion under Hegseth—not exactly a commander in chief in the know. Trump also expressed concern about the depth of the cuts to the Army’s leadership, one source said. Driscoll told Trump he intended to resign, and within days he was gone.

      The tension had been building for months. In April, Hegseth fired Army Chief of Staff Gen. Randy George without explanation. But the firing may have been tied to the “Kid Rock incident”—a prime example of how petty and silly things have become.

      Here’s the scoop on that, per reporting by the Washington Post. Days before his firing, Gen. George was informed by Gen. Chris LaNeve—the second-highest-ranking Army officer, who apparently has been gunning for the top spot—that Hegseth wanted him to drop an investigation into an unauthorized March 28 helicopter flyby of Kid Rock’s Tennessee estate. George believed that the Army should follow standard protocol and determine whether safety regulations had been violated. Following protocol in such a case shouldn’t even be an issue, and George later told colleagues he felt troubled by LaNeve’s instruction to drop the matter.

      Hegseth had already intervened publicly days earlier, unilaterally ending the Army’s review and telling the grounded aircrews to “carry on, Patriots.” Hegseth’s office did not directly address the reported conversation, instead calling LaNeve “precisely the kind of leader the U.S. Army needs right now.” Spokesman Sean Parnell dismissed the Post’s reporting as “regurgitating” a “tired, old story simply to manufacture drama.”

      With Driscoll’s departure, the Army is left without a Senate-confirmed civilian secretary, a Senate-confirmed chief of staff, a confirmed general in charge of operations or a confirmed commander of Army forces in Europe. It also has fewer generals than at any point in recent history, despite more than 450,000 active-duty soldiers.

      LaNeve has been acting chief of staff for nearly five months, often going directly to Hegseth for decisions and bypassing Driscoll, according to defense officials. The drama has now reached the Senate; Hegseth’s expected nomination of LaNeve is already running into Republican opposition, including from Sen. Joni Ernst (R-IA). One congressional staffer said lawmakers are not inclined to “reward Hegseth for what he did to the Army.” Army Undersecretary Michael Obadal is expected to take over in the near term, though many Pentagon officials fear the White House will instead nominate Parnell, who would face his own contentious confirmation.

      Hegseth’s pattern of disfavor and retribution has extended to the officer corps. The New York Times reported that he is blocking the promotions of four Army officers to one-star rank, some with ties to George and to Gen. Chris Donahue. And Hegseth has now removed at least 45 officers from promotion lists this year, more than half of them women or Black service members. In so doing, Hegseth upended the normal promotion process; the officers had already been selected for promotions by peer boards under a system designed to be merit-based and apolitical.

      Access for the loyal, restriction for everyone else

      The department’s second deterioration runs in the opposite direction. Hegseth has granted privileged access to those loyal to him while restricting everyone else. That pattern runs through Hegseth’s own household, through a roster of undisclosed online allies inside the Pentagon and through a media strategy that rewards friendly voices while limiting access for the traditional press.

      Hegseth’s wife, Jennifer, holds no formal title at the Pentagon, but as the New York Times reported she has become her husband’s “most influential adviser and his de facto producer.” Her roles include brainstorming ideas for videos he appears in, prepping him for appearances, sitting in on meetings with journalists and even interviewing potential staff. She was also infamously included in the Signal group chat in which Hegseth shared details of a strike on Houthi targets in Yemen, and her security clearance status has not been disclosed.

      She was also present, the Times reported, for a highly sensitive meeting between Hegseth and top British defense officials after the United States temporarily halted intelligence-sharing with Ukraine. British officials indicated their personnel on the ground in Ukraine were put at risk without the early-warning intelligence the U.S. had been providing on incoming Russian missiles. John Ullyot, a former Pentagon chief spokesman who left the job after three months under Hegseth, called the arrangement “bonkers,” telling the Times it was unacceptable for a defense secretary “to involve his wife in his sensitive official duties, including sharing details of an impending military operation, and face zero consequences. Any president deserves better judgment from his national security leaders.”

      A Pentagon spokesperson countered that Jennifer Hegseth is “a vital asset and a true force multiplier for our mission” and that the department “actively plans to involve her even more deeply in the future.” That should make no one feel more assured. Trump also named her chair of the President’s Military Spouse Commission this month.

      A similar dynamic runs through a set of undisclosed hires the Washington Post reported this week. The Pentagon has installed several conservative veterans with large social media followings in civilian government roles. Neither the Pentagon nor the influencers have disclosed what those jobs entail, even as they use social media to amplify Hegseth’s positions and attack his critics, according to people familiar with the matter and material reviewed by the Post.

      Retired Air Force Col. Rob Maness and retired Army Col. Kurt Schlichter, who respectively have 135,000 and nearly 620,000 followers on Elon Musk’s X platform, hold active Pentagon email addresses assigned to the office of Anthony Tata, the undersecretary of defense for personnel and readiness. A third influencer, retired Army Col. Thomas Anderson, who writes online as Cynical Publius, held a similar assignment earlier this year.

      Pentagon spokesman Joel Valdez declined to say whether any of the three draws a taxpayer-funded salary or how long their assignments are expected to last. Maness has published columns defending Hegseth’s personnel decisions without disclosing his government role. Similarly, Schlichter praised Hegseth’s handling of sailors aboard the USS Abraham Lincoln days before conditions aboard the carrier became a national controversy.

      Online critics have noted that many of these influencers have even defended the White House on the question of the Epstein files.

      Maness, Schlichter and Anderson also represented the Pentagon’s Senior Service College Task Force during a visit to the Army War College in May. Hegseth said in March that the task force was formed to root out “toxic” or “woke” ideology. Task force members questioned students and professors about their views of Hegseth and Joint Chiefs Chairman Gen. Dan Caine. Some students told colleagues they were unsure how candid to be for fear of retaliation, according to people familiar with the visit. In other words, the influencers were pressing War College students on their loyalty to Hegseth while keeping their own Pentagon roles secret.

      The contrast between these propagandists and Hegseth’s treatment of the press corps is stark. In September 2025, the Pentagon began requiring credentialed journalists to pledge not to solicit or publish information, even if unclassified, without prior authorization. Hegseth warned that credentials could be revoked from anyone judged a security risk. Nearly all of the more than 100 journalists who cover the Pentagon refused to sign, surrendering their badges rather than accept the terms. Only 15 signed, most from conservative outlets. The New York Times sued the Defense Department that December, and in March 2026 U.S. District Judge Paul Friedman ruled the policy unconstitutional, finding it discriminated based on “editorial viewpoint” and ordering credentials restored.

      The Pentagon responded within days with a revised policy that relocated reporters’ workspace to an annex outside the building and barred them from moving through the building without an escort. Times attorneys argued the Pentagon was defying the judge’s order “in letter and spirit.”

      The current Pentagon press corps remains composed mostly of outlets that agreed to the original policy, while reporters from the AP and other major news organizations continue covering the Pentagon from outside it. Judge Friedman later blocked enforcement of parts of the revised policy as well, but a federal appeals panel allowed the escort requirement to remain in place. A full panel upheld that decision in July, and the escort requirement remains in force while the underlying case continues.

      The cost the military absorbs

      The department’s third deterioration puts the lives of service members at stake. The U.S. military is now bearing the operational cost of high-level decisions that its own commanders have formally objected to.

      On Aug. 14, Hegseth’s own top commanders pushed back formally against the order to extend U.S. force levels in the Middle East. Citing people familiar with the pushback, the Washington Post reported that the heads of European, Pacific and Southern Commands, along with the Navy’s top admiral, responded with a so-called “non-concur.” In the Secretary of Defense Orders Book, that denotes a formal disagreement with the order, even if they will carry it out.

      To be clear, commanders do occasionally file similar risk warnings. But Slate’s Fred Kaplan, a Pulitzer Prize-winning national security columnist who has covered the Pentagon since the 1980s, noted the difference. Citing a former senior Navy officer and a retired Navy operations officer, Kaplan observed that it is unusual for so many commanders to file such non-concurs simultaneously during an active combat operation, and “still more unusual, perhaps unprecedented,” for the objections to come from commanders who had been chosen or allowed to remain in their posts in part for their perceived loyalty to Trump and Hegseth.

      The Middle East extension order is concerning on several levels. Per the Post’s reporting, it directs some forces to remain in the region through September and others into 2027. European Command and Southern Command leaders told Hegseth that redirecting their ships and surveillance aircraft to support the Iran war has degraded their ability to fulfill homeland-defense missions. Adm. Samuel Paparo, who leads Pacific Command, objected to the continued diversion of an aircraft carrier strike group and destroyers under his command. And Adm. Daryl Caudle, the chief of naval operations, gave Hegseth the bleakest assessment: Barely one-fourth of the Navy’s destroyer fleet is ready to deploy, a sharp decline from prewar levels, and the Navy cannot sustain its current support without a defined end date. One person familiar with the assessment described the overall tenor as an Iran operation that, six months in, had become “too much for too long.”

      The Army and Air Force concurred with extending their deployments but flagged significant risks. Soldiers from the 82nd Airborne Division’s mobilized soldiers who deployed in March will remain overseas for a full year. The division commander wrote to families that leaders “understand that a longer tour weighs heavily on every household, including our own.” Deployments for Army Patriot air-defense units are also expected to be extended.

      The war has also depleted the Pentagon’s stockpile of Patriot interceptors, Terminal High Altitude Area Defense interceptors and long-range Tomahawk missiles. It has cost the Air Force roughly a quarter of its Reaper drone fleet, though the administration disputes that the shortages are as severe as reported. Gen. Dan Caine, chairman of the Joint Chiefs, warned the White House before the war began that the U.S. lacked sufficient munitions and allied support to sustain an extended campaign.

      Pentagon spokesman Parnell said force-duration decisions “are made based on the current threat assessment, strategic priorities established by the President, and the advice of the Chairman of the Joint Chiefs of Staff and Combatant Commanders.” He added that the Pentagon does not discuss the orders book or the concurrences and non-concurrences submitted during its reviews.

      The force-extension order comes on the heels of a public relations disaster for the Pentagon. The USS Abraham Lincoln has been deployed for more than nine months, including a record-setting stretch of over 270 consecutive days at sea. As I wrote last month in The Status Kuo, Military Times and Stars and Stripes reported that sailors had attempted to jump overboard amid deteriorating conditions. This became a national story in mid-August, but Hegseth dismissed the coverage as “completely misrepresented,” and acting Navy Secretary Hung Cao accused the media of “trying to paint our warriors as victims,” even as he acknowledged a small number of mental health cases had been treated aboard. All 13 Senate Armed Services Committee Democrats signed a joint letter demanding answers about conditions crew members described, including water contamination, plumbing failures and supply shortages. The Lincoln has since been ordered home.

      The 2028 question

      Two people familiar with private conversations told NBC News that Hegseth and his wife have discussed the possibility of a 2028 presidential run with friends and associates over the past several months. Interest in the report intensified after Hegseth traveled to the Iowa State Fair earlier this month to campaign for Rep. Zach Nunn—something that itself might constitute a Hatch Act violation.

      Iowa traditionally holds the first spot on the Republican nominating calendar. In response to press inquiries, a Pentagon spokesperson called the speculation of a Hegseth presidential run “foolish,” saying his “main priority is leading the War Department.” Hegseth responded on X: “100% false. We told NBC that, but they just lie w/ anonymous ‘sources.’”

      But if those presidential ambitions prove correct in the end, Hegseth now has some pretty heavy baggage. He will need to overcome a serious record of mismanagement, staff turnover, retaliatory firings, gross nepotism, press suppression and deep personal failings. As the Iran war bogs down with no end in sight and as conditions and morale deteriorate further within the Pentagon, Hegseth’s star is dimming and he could soon be fighting to keep his job. His prospects of emerging from his current position with any kind of trajectory toward higher office remain iffy at best, and they are likely to only worsen the longer he remains secretary of defense.

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    • Tulsi Gabbard Warned Pete Hegseth; Iran Destroyed the US Base in Bahrain Anyway


      In the wake of reports on the suicide attempts on the USS Lincoln, there have been more stories about the damage Iran did to the Navy base in Bahrain. I’ve already noted this NYT story.

      The aircraft carrier U.S.S. Abraham Lincoln’s supply problems began soon after the first day of the war, as Iranian missiles and attack drones fell on a Navy base in Bahrain.

      The Iranian attack, retaliation for the U.S.-Israeli assault on Tehran, destroyed much of the base. And as it went up in smoke, so did a major logistics hub that the Navy has relied on for decades.

      Military Times had this op-ed last week.

      Extensive damage to one of our most significant forward bases in the Middle East is likely to have profound tactical and strategic repercussions that are only now coming into focus.

      The idea that this broad functioning hub, built over decades, was significantly degraded in the space of a few days by a regional player is unimaginable.

      I have fond memories of Bahrain both from past port visits, where it provided much-needed rest and relaxation, decent shopping and fitness options, and from my time as a government trainer when I flew over for shipboard training once every six months. I always felt safe there.

      That NSA Bahrain is now virtually uninhabitable, with families left in limbo, as described in recent reporting, is difficult to grasp.

      [snip]

      The potential loss of NSA Bahrain is effectively the equivalent of losing an aircraft carrier. It could not have come as a surprise that Iran would attack it in retaliation, yet it — and those living and working there — were left exposed and the facilities inadequately protected from Tehran’s ballistic missiles.

      Navy Times has an update, reporting on a meeting from yesterday.

      The Navy’s highest-ranking officer told sailors during a town hall on Monday that it would be a while before the service would return to its main logistics hub in the Middle East after it was heavily damaged early in the Iran war.

      Answering a displaced service member’s question about retrieving personal goods from the base they previously called home, Chief of Naval Operations Adm. Daryl Caudle said the Navy would not be using Naval Support Activity Bahrain for the foreseeable future.

      “We’re not getting back in there anytime soon,” Caudle said. “I just want to be completely honest with that.”

      Because of this sudden focus, there’s this general belief that no one reported on the attack on real time.

      Except NYT did — in what remains, to this day, one of the most important stories about the war (I’ve repeatedly pointed to the satellite image of Prince Sultan Airbase and argued that whatever intelligence help Iran had in targeting these attacks likely killed Benjamin Pennington).

      Video verified by The Times showed that an Iranian one-way attack drone struck a radome on Saturday in the U.S. Navy’s Fifth Fleet headquarters in Manama, Bahrain. The base is the United States’ primary hub for coordinating naval operations in the Middle East.

      Satellite imagery taken of the headquarters the following day showed that at least one additional radome was destroyed.

      The two demolished structures were AN/GSC-52B SATCOM terminals, which play a key role in facilitating high-capacity and near real-time communication for the U.S. military.

      NYT wasn’t the only outlet that cataloged the damage to communications facilities around the Gulf, but its visual journalism team has always been one of the best.

      Less than a week after that story, Planet Labs put a hold on satellite images covering the region. Subsequent reporting made it clear the request came (unsurprisingly) from the US government.

      I gotta believe we were the adversaries DOD tried to keep that information from. Iran was getting its satellite data from Russia. We, the public, were the ones cut off from real-time information about how much damage Iran had done.

      This is the import of this detail from a recent WSJ story.

      Then-Director of National Intelligence Tulsi Gabbard outlined assessments from America’s intelligence apparatus. According to people familiar with the meeting, she told Trump that killing Iran’s supreme leader would likely usher in a more hard-line regime open to acquiring nuclear weapons. Tehran would rush to close the Strait of Hormuz, destabilizing the global energy market. And it would strike U.S. forces and partners in the Middle East, prompting questions about American resolve and reliability with allies.

      Tulsi Gabbard provided specific warnings about strikes on US forces and partners in the Middle East, to say nothing of Hormuz.

      And yet Whiskey Pete Hegseth’s military, stripped of expertise in the name of his white supremacist project, failed to secure Bahrain and other key bases. And that’s why his top advisors say the US cannot continue to fight this war in Iran.

      The post Tulsi Gabbard Warned Pete Hegseth; Iran Destroyed the US Base in Bahrain Anyway appeared first on emptywheel.

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    • Pentagon secretly installs military influencers in civilian roles

      The Pentagon has secretly installed several conservative military veterans with large online followings in government roles, declining to disclose their assignments as they amplify Defense Secretary Pete Hegseth's viewpoints and attack those who scrutinize the Trump administration, according to people familiar with the matter and corroborating material.
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    • Trump said his deal with Venezuela would lower gas prices. Will it?

      President Donald Trump is touting the deal to acquire a vast stake in Venezuela's oil reserves as a game-changing breakthrough that will drive down prices at the pump and begin to refill depleted emergency government oil inventories in the United States.
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    • Il a osé le dire : le gouvernement ironise sur la canicule

      «Rendez-vous compte» : Lecornu se moque de nous plutôt que de démissionner face à la mise en danger de la population.

      L’article Il a osé le dire : le gouvernement ironise sur la canicule est apparu en premier sur Contre Attaque.

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    • Will Trump's Venezuela oil deal lower U.S. gas prices? Here's what experts say.

      President Trump on Friday said a U.S. deal with Venezuela to tap its oil reserves "will substantially lower Gas Prices for all Americans, long into the future." With the average U.S. gas price still above $4 a gallon nationwide, American consumers may be wondering if help is on the way.
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    • Mis en examen pour violences sexuelles, Patrick Bruel annule sa tournée d’automne

      Visé par une trentaine de témoignages dans la presse et mis en examen dans quatre dossiers, Patrick Bruel annonce renoncer à une tournée de trente-cinq concerts. Une décision qui «ne signifie en aucun cas» qu’il «renonce à [se] défendre», indique le chanteur.
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    • Cartographie des extrêmes droites, à Grenoble, l'extrême droite tente de s'implanter.

      En souvenir de Flore FARAGGI, agressée dans la nuit du 20 au 21 août 1944, vers 1h30, par un groupe d'inconnus de 6 à 8 hommes vêtus d'uniformes de Waffen-SS,
      au 18 Grande Rue à Grenoble.

      Elle fut conduite sur le pont suspendu au-dessus de l'Isère, qui relie le centre ville
      au quartier Saint Laurent, exécutée d'une balle dans la tête, et son corps jeté dans l'Isère.
      Son fils Jack, son père et sa mère connurent le même sort.

      Ces meurtriers sont des membres de la Milice française et du Parti Populaire Français
      qui en profitèrent pour piller son logement et son commerce.

      LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L'EXTRÊME DROITE

      Aux élections législatives de 2024, le Rassemblement ational est devenu le parti politique le plus important de la droite et de l'extrême-droite sur la Métropole de Grenoble.

      Les Républicains sont complètement à la dérive et n'atteignent que péniblement les 10 % des voix. Ils sont même incapables de présenter un candidat dans la 5ème circonscription.
      Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, soutenu par les responsables nationaux de la droite qui font la course avec les leaders d'extrême-droite.

      En 2024, les candidats du RN provenaient du parti lui même, mais aussi des anciens républicains qui avaient suivi Eric CIOTTI ainsi que de jeunes militants de l'UNI.
      Les grands chefs du RN, Alexis JOLLY et Thierry PEREZ, ont préféré se présenter dans le Nord-Isère et se faire élire députés.

      Les partis croupions comme Via, La voie du peuple (l'ancien Parti Démocrate Chrétien de Christine BOUTIN) ou Debout la France ( toujours dirigé par Nicolas DUPONT-AIGNAN le premier allié du FN/RN) sont des partis charnières qui permettent à des électeurs de glisser sensiblement vers la droite extrême.

      Enfin Reconquête a quasiment disparu de la métropole ; Marine CHIABERTO, tout en étant responsable du parti en Isère, se présente aux élections à Paris (Candidate Reconquête dans la première circonscription, tête de liste dans le 9 arrondissement ème aux municipales).

      Quasiment absent lors des municipales de 2020, le RN a déposé des listes en 2026. Ils savaient que leur échec était programmé, mais ils visaient plutôt le long terme. 4 listes ont été déposées sur la Métropole grenobloise :

      Valentin GABRIAC, le frère de l'homme au bras tendu, récolte brillamment 5,2 % des voix à Grenoble au premier tour.
      En 2014, Mireille D'ORNANO, avait obtenu 12,55 % des votes. La preuve qu'un « responsable de force de vente » est juste bon à vendre les biscuits d'une multinationale américaine.

      Enzo BILLON, chef du RNJ Isère, candidat à Échirolles, était le seul candidat de la droite et de l'extrême-droite face à quatre listes de gauche.
      Au second tour, sa liste obtient 27 % ; cinq élus fachos siégeront dans le conseil municipal, soit un de plus qu'après les élections de 2026. La campagne de BILLON était très poussive. Il fait nettement moins que le candidat du RN aux législatives de 2024 qui avait récolté 33 % des voix.

      Alexandre LACROIX un ancien Républicain, passé par Reconquête, puis
      recyclé à l'UDR (Union des Droites de CIOTTI) était la tête de liste à Saint-Martin-d'Hères. Il obtient quatre élus municipaux (21 % des voix). Le résultat est très en-dessous du score aux législatives où Édouard ROBERT, un candidat inconnu dans la circonscription avait récolté 31 % sur la ville.

      Quentin FERES (les Républicains, puis Reconquête, puis désormais attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ) a conduit une liste à Domène. La liste a récolté 16 % des voix et donc deux élus municipaux.

      Le bilan électoral est plutôt limité, mais ces quelques élus se glissent insidieusement dans des institutions locales , une autre logique pour « dédiaboliser » le RN. L'objectif réel était de s'inscrire dans les prochaines élections sénatoriales.

      Depuis sa nomination comme responsable départemental en octobre 2023, Thierry PEREZ a fait le ménage chez les militants.
      Exit les « brebis galeuses » qui se répandent en blagues racistes, en insultes antisémites et en messages islamophobes. Par manque de « personnel » le Rassemblement national recrute désormais dans les rangs de l'UNI, et pas qu'un peu :
      Amazigh AICHIOU (Grenoble), Emma ADROUD (Grenoble), Gaël BABUT (Grenoble), Enzo BILLON (tête de liste à Échirolles), Elise COTTAVE (Echirolles), Clara MANCEAU (Saint-Martin-d'Hère), Samuel SAKPA (Grenoble), Léa TONDEUR (Saint-Martin-d'Hères), Stéphane ZEYEN-ILANGUAROUDI (Grenoble) ;

      Déjà, aux élections législatives de 2024, le RN avait siphonné les cadres de l'UNI : Hanane MANSOURI (ancienne grand'cheffe de l'UNI Grenoble) élu députée à Vienne, Antoine SAUZEAU (son suppléant), Vincent CELLIER (suppléant dans la 1ère circonspection de l'Isère) ou Samuel SAKPA (lui aussi candidat suppléant).

      ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 GRENOBLE

      Un article de Streetpress de mars 2026 retrace l'itinéraire de la tête de liste RN : Valentin GABRIAC a frayé avec plusieurs groupes radicaux, antisémites et complotistes : Égalité & Réconciliation, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X,
      Civitas, GRElive, les Patriotes…
      Dans ses conversations avec ses potes il détaille ses positions : haine des LGBT, haine des francs-maçons, apologie du nationalisme pétainiste, antisémitisme, bref
      tous les relents de l'extrême-droite faisandée. GABRIAC est même devenu un agent recruteur pour que les militantes du RN local rejoignent Némésis !

      S'il est devenu candidat, c'est parce qu'il est le délégué adjoint du RN 38 et l'attaché parlementaire du député PEREZ. Du coup, PEREZ a glissé sa femme en seconde position sur la liste – on appelle cela du népotisme !

      Sur la liste RN on trouve en cinquième position Ludovic BLANCO, le président du Cercle Bayard, apôtre de « l'Union des droites ». Ancien président des Jeunes Debout la France (2015), il a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015) et aux législatives (2017 – résultat : 1,53 % des voix). Il rallie Alain CARIGNON
      sur la liste municipale de 2020. Placé en 39 position, son rôle politique est alors dérisoire. Il quitte Debout la France, rejoint Les Patriotes puis adhère à Reconquête. Il gravite désormais autour des députés RN de l'Isère pour tenter d'exister.

      Dans la liste RN, on trouve inévitablement les militants de l'UNI, ou des militants qui avaient suivi Mireille D'ORNANO lors de sa rupture avec le FN, et certains font un retour fracassant : Pascale CURCILOSSE, Victor ARIOLI, Michèle MOIRET, Amélie TENA-SANCHEZ et François GUINARD-BRUN. Incapable de recruter de nouveaux militants, le RN récupère les fonds de tiroirs.

      Enfin, pour clore cet assemblage inquiétant, Catherine GHELMA est une activiste des réseaux sociaux. Elle s'épanche dans un boulgi-boulga nauséeux : volonté de rétablir la peine de mort, hantise d'une « France qui sera musulmane demain », défense de tous les animaux à poils et haine viscérale des musulmans ; elle propose à ses lecteurs de pétitionner sur les thèmes d'extrême-droite...

      La liste de GABRIAC est bien loin de l'image lisse et policée qu'il tente de vendre à
      la presse locale, mais c'est l'inévitable amalgame de l'extrême-droite répugnante.

      L'UNI est désormais le cache-sexe du RN ! On y retrouve même des militants vindicatifs comme Paul STEIGER, toujours accompagné d'Emma PETRON, qui tente d'établir son « ordre national » en menaçant des syndicalistes étudiantes « On va tous vous planter, bande de salopes ! ».

      Désormais des étudiant-e-s carriéristes lorgnent le RN avec attention : propres sur eux, avec un costard et une cravate ou un tailleur cintré, on peut viser un avenir radieux dans l'arrière-cour de la famille LE PEN ou du gendre favori de la noblesse française.

      Divers cercles nationalistes ( Cercle Bayard, Cercle Algérianiste, Centre Lesdiguières et Cercle Droit et Liberté) sont les lieux d'échanges et de formations de militants de toutes l'extrême-droite locale. C'est là aussi où se noue des affinités militantes.

      À L'EXTRÊME-DROITE DE DIEU …

      On ne les voit pas souvent, mais ces cathos intégristes ont de plus en plus tendance à proclamer leur foi dans les rues de Grenoble, comme le 15 août.

      Leurs partis politiques préférés ont souvent été l'Action Française ou les partis chrétiens démocrates. Mais désormais, ils votent sans modération pour le RN, Reconquête et s'enthousiasment pour MARÉCHAL LE PEN, la future « Jeanned'Arc du XXIe siècle » !

      En 2024, 42 % des catholiques pratiquants ont voté pour l'extrême-droite : 32 % pour le RN et 10 % pour Reconquête !
      La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d'enfants y sont scolarisés. L'abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010. L'inventaire des activités nauséeuses de cet individu est atterrant : messe en l'honneur de BASTIEN-THIRY(2017), un officier de l'OAS qui organisa la tentative d'assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l'antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l'homme, c'est une idée fausse, et cette
      idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d'Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l'homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.

      En 2025, le Rectorat de Grenoble s'est enfin penché sur le fonctionnement de l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste. L'école fait mine basse et modifie quatre bricoles pour éviter des poursuites.

      Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu'elle est la descendante d'une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d'Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l'extrême-droite.
      Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé « l'Association de formation de la personne ». Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d'améliorer les conditions de travail, les parents d'élève ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé !
      Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l'Isère.
      Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l'abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d'actions de grâces à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c'est pas bien !

      Ces courants intégristes ont comme finalité de « rechristianiser » la France. Ils ont aussi une phobie sur l'enfance et la jeunesse : séparer leurs marmots du commun des mortels, les isoler dans des structures rétrogrades, qui comme la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont souvent considérées comme sectaires. Leurs écoles ne respectent pas les obligations scolaires, et lorsqu'ils sont adolescents on les confie à des structures comme les Scouts d'Europe ou au Chapitre Sainte-Madeleine.

      Ces cathos intégristes adorent la messe en latin, multiplient les pèlerinages et tournent le dos à la modernité. Ils refusent toujours le droit à l'avortement, condamnent l'utilisation de la gestation pour autrui, refusent le suicide assisté pour les personnes en fin de vie…
      Dans les années 1960, des cathos intégristes – par ailleurs militants anti-avortement – ont créé une association Cler Amour et famille, pour contrecarrer les activités du Planning familial. Ils défendent des « méthodes naturelles de régulation des naissances » comme les méthodes Ogino ou Billings. L' association forme des conseillers conjugaux et familiaux et des éducateurs qui interviennent auprès des adolescents comme l'association Cycloshow. N'ayant le droit d'intervenir que dans les écoles privées ses animateurs interviennent dans le programme EVAR/EVARS relatif à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Leur vision est purement essentialiste et assigne aux jeunes filles la nécessité de procréer comme le conçoit la vision catholique intégriste.
      D'autres associations, telle Alliance Vita, multiplient des conférences sur des sujets de « bio-éthique »avec l'aval de l'évêché. Le responsable local est Gaêl BERNARD. Une de leur dernière manifestation publique était un happening sur la place Grenette à Grenoble.

      L'Association Familiale Catholique a fourni la base militante pour les mobilisations de la « Manif Pour Tous » - devenue depuis Le Syndicat de la Famille. Cette association désigne des représentants qui siègent dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
      Parmi les membres du bureau de l'AFC, on trouve Arnaud BERNARD (fondateur de l'Office Catholique des Pompes funèbres, membre de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, adjoint municipal de Villard-Bonnot), Dominique PALIARD (ancien militant de l'UMP, ancien conseiller municipal de la commune de Burcin, un des leaders de la Manif Pour Tous), Blandine DE RICHECOEUR (fondatrice de l'Etoile du Berger), Élisabeth DE SOOS ( Candidate du FN /RN), ou Jacqueline NICCOLINI-DARMET (ancienne candidate du Parti Chrétien-Démocrate), bref une assemblée de catholiques combattants !

      Nombre de ces militants s'investissent aussi dans des organisations qui ont comme vocation d'intervenir sur les « questions sociales » : l'Ordre de Malte (« pour les démunis »), Magdalena 38 (femmes quittant la prostitution), Le Rocher, oasis des cités (pour « régler la crise des quartiers »), la Maison des familles ou l'Étoile du berger (accueil des femmes battues). Toutes ces associations, présentes sur Grenoble, sont, en partie, financées par La Nuit du Bien Commun, fondée par Pierre-Edouard STERIN, le milliardaire exilé en Belgique pour ne pas payer d'impôt et qui vise à imposer son point de vue à travers le projet PÉRICLÈS ( Patriotes, Enracinés,Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes).

      Parmi ces associations « très sociales », Magadalena 38 approche les prostituées et les incite à rejoindre Solenciel, une entreprise d'insertion. Magdalena 38 a été fondée par Rodolphe BARON, qui, par hasard, est le fondateur de Solenciel.
      L'Inspection du travail de l'Isère est allée regarder d'un peu plus près, et du coup, l'autorisation accordée à Solenciel a été suspendue pour cause de travail dissimulé et de multiples dysfonctionnements (octobre 2025). Décoré en 2024 par Olivier VERAN, alors ministre de la Santé, de l'Ordre du mérite, Rodolphe BARON n'a pas eu la courtoisie de renvoyer sa médaille.

      ACTIVISTES ET TERRORISTES

      Plusieurs petits groupes d'activistes ont essayé de se structurer sur la métropole grenobloise : Verum et fida (2023), une première tentative de groupe Nemesis (2023) ou Fronte Gratiano (2025).

      Le Groupe National Défense composé de lycéens fait l'apologie des chambres à gaz et appelle à la violence contre les personnes LGBT. Cherchant à montrer leur virilité, ils ont tenté d'agresser un cortège de soutien à la Palestine et multiplient des tags nazis dans les rues de Grenoble et Fontaine. Comme beaucoup de militants de l'extrême-droite nazie, ils cherchent à s'inscrire dans une « lutte contre les pédophiles », en associant confusément « élite judéo-maçonique », « immigration », « pédérastie » et soutien à Vladimir POUTINE. Leur activité principale est de participer à des groupes Télégram.

      Active Club est un mouvement international animé par un suprémaciste blanc américain Robert Rundo. Son idéologie prône la violence pour combattre « le grand remplacement » et éviter le « génocide blanc ».
      Afin de ne pas tomber sous le coup de la loi française, Active Club se définit comme une « communauté de jeunes blancs », « s'entraînant aux sports de combat pour se mesurer entre eux ». Ce serait donc « un groupe athlétique qui se concentre sur l'amélioration de notre peuple, et non sur l'agression d'autres personnes ». Leur devise « esprits sains, corps sains ». Ils se mettent en scène dans des vidéos d'entraînement et de combats d'arts martiaux. On dirait presque dit des scouts !
      Leurs auteurs de référence ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l'ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l'OAS, d'Occident et fondateur du Front national).
      Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), exaltation du suprémacisme blanc, allusion à l'OAS, fleurs de Lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car Active Club associe des militants d'origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc…
      Des membres d'Active Club ont participé aux manifestations anti-migrants de St-Brévin et Callac, à la ratonnade de Romans-sur-Isère, au tabassage d'un militant libertaire à Macon, et au défilé du C9M, etc...
      Active Club Dauphiné vivote. Quelques sessions d'arts martiaux dans les stades de l'agglomération, ou dans un parc, des promenades sac au dos avec les groupuscules nazis du coin (Les Allobroges Bourgoin-Jallieu, les Bayards, Valyor) ou plus exotiques (Unité Sud de Perpignan, Active Club Carpentras, les Hussards parisiens).

      En 2025 un autre groupe nationaliste s'est constitué : les Bayards. Ils se définissent comme des « identitaires sans concession ». Leurs activités sont plutôt nocturnes : collage d'affiches sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, pseudo-cérémonie le 11 novembre avec quatre flambeaux et une logorrhée digne de fascistoïdes en culottes courtes : « Les jeunes patriotes ont rappelé l'importance du sang. Le sang reçu, qui fait naître la nation, mais aussi le sang versé, qui la préserve et la régénère. »

      Incapables de s'afficher au grand jour, les Bayards s'associent avec les groupes nationalistes de Lyon (Lyon populaire, ou le groupe Audace) et de Chambéry ( Valyor) pour essayer de gagner en notoriété, ou affichent leur soutien à la Coordination rurale comme à La Tour-du-Pin en montrant clairement qu'ils sont fachos.
      Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n'en sont pas pour autant négligeables.

      Enfin, des organisations plus violentes peuvent émerger avec des projets d'attentat contre des personnes ou des lieux symboliques.

      Un groupe constitué dans l'Isère en 2017, Les Barjols38, était animé par un retraité, Jean Pierre BOUYET, résidant à St-Georges-de-Commiers. BOUYET avait été proche de Debout la France puis s'était accoquiné avec des activistes islamophobes qui voulaient attaquer des mosquées, exécuter des migrants ou tenter un putsch militaire avec prise de l'Élysée et renversement du gouvernement par la violence. Dans leurs échanges, ils considéraient que la situation actuelle était la conséquence des actions sournoises des francs-maçons et sur leur groupe Facebook, ils avaient rassemblé plus de 5000 abonnés.
      Ils décident finalement d'assassiner Macron en Moselle avec un couteau en céramique. 13 personnes sont arrêtées et plusieurs sont condamnés en 2023.

      Un autre groupe terroriste se structure en 2017 : il se nomme WaffenKraft, « puissance de feu » en allemand. Leur leader, Alexandre GILET (French Crusader) est un gendarme dans l'Isère, qui posait sur des photographies avec une kalachnikov devant un drapeau frappé d'un soleil noir. Ce groupe rassemblera une vingtaine de personnes.

      Dans leurs messages, ils dénonçaient le « grand remplacement », reprenant à l'occasion des diatribes d'Eric CIOTTI, de Valérie PÈCRESSE, ou de SORAL.

      Leurs ennemis sont les étrangers, les juifs et les homosexuels. Ils envisagent d'attaquer le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), d'assassiner MÉLENCHON, ou d'organiser un attentat dans une gare de la région parisienne.
      Au cours du procès en 2023, Alexandre Gilet est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Évandre AUBERT, un ardéchois de 28 ans, décrit comme « l'idéologue » du groupe, et un mineur sont tous deux condamnés à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans fermes. Gauthier FAUCON écope lui de trois ans de prison dont un ferme. Les peines sont confirmées en appel en 2024.

      Enfin, six survivalistes ont été arrêtés à Grenoble en mai 2025 car ils voulaient produire des armes avec une imprimante 3D. Leur objectif était de s'équiper en matériel de guerre dans l'éventualité « d'une guerre civile ». Déjà en 2024, huit survivalistes proches d'Égalité et Réconciliation ont été arrêtés dans la Loire, la Haute-Loire et l'Isère. Ils étaient soupçonnés de vouloir mener des actions violentes comme la destruction d'un barrage hydroélectrique, et d'acheter un hameau, pour se protéger d'une guerre civile qu'ils imaginent imminente.

      En janvier 2026, une habitante de Grenoble, Mélycendre, tente de relancer un groupe local de Nemesis. Ce groupuscule est dirigée nationalement par les parisiennes Alice CORDIER et Anaïs ? MARÉCHAL LE PEN. La tentative de création est pilotée par la petite fille LE PEN. Cordialement, Valentin GABRIAC se propose d'inciter les militantes du RN à les rejoindre.
      Le recrutement semble pour l'instant limité, mais les cheffes nationales ont sans doute envisagé un happening local dans une ville comme Grenoble qu'elles considèrent contrôlée par des gauchistes violents. Du coup elles prospectent pour recruter d'anciens policiers ou des gendarmes et constituer une milice privée.
      Plus expliquer en détail ?
      Nous supposons que les autorités sont en train d'instruire une démarche pour vérifier si Nemesis fait partie des « associations ou groupements de fait :
      1° Qui provoquent à des manifestations armées dans la rue ;
      2° Ou qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » (Ordonnance n°2012-351 du 12-03- 2012 )
      Depuis janvier, une militante de nemesis a participé à la manifestation d'Alliance - syndicat de police à Grenoble et à « l'hommage à Quentin » organisé par les groupuscules d'extrême-droite à Lyon.

      LES COMPLOTISTES

      Cinq ans après sa création, Grelive semble s'être réduit à peau de chagrin. Les participants qui avaient milité dans ses rangs sont dispersés.

      Civitas, dont les militants identifiés étaient Frank SINISI et Valentin GABRIAC, a été dissout par le gouvernement en 2023 pour propos antisémites. V. GABRIAC a rejoint le Rassemblement national ou il est devenu à la fois attaché parlementaire, délégué départemental adjoint et candidat à la mairie de Grenoble. Franck SINISI, ancien conseiller municipal FN de Fontaine, déjà condamné en 2017 à une peine de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale pour avoir proposé de financer l'accueil des Roms « avec leurs dents en or », a été placé en garde à vue le 14 janvier 2026 dans l'enquête sur le dépôt de restes de porc devant une mosquée de Fontaine. Il devait être jugé en avril 2026.

      Les Patriotes 38 continuent à manifester avec les derniers militants de Grelive, tel
      François-Marie PÉRIER qui comme toujours se met en scène. Il a même tenu une conférence pour les monarchistes du Centre Ledisguières.

      Les militants des Patriotes continue à se battre pour le Frexit, et les plus jeunes qui
      avaient rejoint la Cocarde étudiante ont disparu du campus universitaire. L'essentiel
      de leur activité est la tenue de banquets communs ou de manifestations telle que la «
      fête du Printemps » qui a réuni une trentaine de militants.

      Les membres d'Égalité et Réconciliation sont plus actifs. En janvier 2026 une conférence sur les 75 ans de Rivarol, journal antisémite et négationniste ; le conférencier était Jérome BOURDON, le directeur de publication du journal, dont les éditos radicalisent la ligne idéologique de l'hebdomadaire en s'en prenant aux libertés individuelles, aux LGBT, aux valeurs de la République et de la démocratie, aux avancées sociales ; il fait l'apologie des régimes fascistes et des criminels de guerre ou coupables de crimes contre l'humanité. Fin avril une autre conférence était celle d'Alain ESCADA, le président de Civitas (Civitas est interdite en France, mais
      existe toujours, notamment en Belgique). En décembre 2025, DIEUDONNÉ
      était présent sur la scène ouverte de la Brasserie du Vercors à Villard-de-
      Lans pour faire son one man show.

      Égalité & Réconciliation rassemble des complotistes de tout genre, des antisémites et des survivalistes qui attendent la fin du monde. Leur grand chef est Alain SORAL (de son vrai nom Alain BONNET) réfugié en Suisse pour échapper à la justice. Outres ses manigances financières, SORAL, défend une alliance entre « l gauche du travail et « la droite des valeurs » pour détruire le « Système » dirigé par « la gauche bobo-libertaire et la droite libérale ». A partir de la Manif Pour Tous, il se focalise sur le «
      communautarisme gay » et le féminisme. Il est devenu un apôtre du virilisme et du masculinisme et nombre d'influenceurs relayent ses positions.

      En guise de conclusion

      L'extrême-droite est multiple.
      Plusieurs stratégies politiques sont à l'oeuvre :
      d'anciens gaullistes fricotent avec les héritiers des Waffen-SS et de l'OAS pour éviter de disparaître ;
      des macronistes préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l'abolition d'une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
      des hommes et femmes d'affaires lorgnent sur les promesses du RN ( moins de « taxes », moins de « contrôles », en clair la disparition du Code du travail) ;
      des actionnaires qui espèrent encore plus de profits ;
      des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat ;

      À l'inverse, il est pour nous nécessaire de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local et social, parce que c'est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l'extrême-droite et son racisme rampant.

      À Grenoble, comme ailleurs,
      on n'est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos.
      C'est à nous de les combattre.

      Pas de fachos dans nos quartiers,
      pas de quartiers pour les fachos !

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