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Nous avons partagé avec la chanteuse Emily Loizeau une balade près des emblématiques murs à pêches de Montreuil. L'artiste de 51 ans, connue pour son engagement écolo, raconte son rapport à la nature et son besoin de « revendiquer des positions claires ».
Montreuil (Seine-Saint-Denis), reportage
Rencontrer Emily Loizeau dans un jardin de Montreuil, c'est s'offrir une parenthèse enchantée dans un quotidien difficile. Entre deux canicules mortifères et au milieu d'une débâcle politique (…)

Trois actualités à retenir cette semaine dans le cyberespace : le fabricant de portefeuilles Bitcoin Coinkite reconnaît l'ampleur d'un piratage massif dû à un bug vieux de 2021, OpenAI reconstitue comment ses agents autonomes ont créé leur propre forum secret avant de pirater Hugging Face et l'Armurerie Lavaux devient la dernière victime en date d'une série de fuites visant les tireurs français.
Dans son discours de victoire, Abelardo de la Espriella a commis un lapsus en présentant son vice-président Juan Manuel Restrepo : il l'a qualifié de « nouveau président » de la Colombie, de manière d'ailleurs tant naturelle qu'il ne s'en est pas rendu compte lui-même. Lors d'autres interventions, de la Espriella a qualifié son vice-président de véritable moteur de la campagne ; et lors du second tour, il a limité ses apparitions publiques, laissant Restrepo prendre la parole dans une grande partie des interviews. Parallèlement, la campagne s'est attachée à discréditer la candidate d'Iván Cepeda à la vice-présidence, Aida Quilcué, en mobilisant une série de préjugés racistes à l'encontre des peuples autochtones. À partir d'une analyse des candidats à la vice-présidence d'Abelardo de la Espriella et d'Iván Cepeda, cet article présente les différentes conceptions de gouvernement, de la politique et du pouvoir qui se sont affrontées au cours de la dernière campagne électorale en Colombie, et permet d'entrevoir les implications de la victoire de de la Espriella ainsi que les points forts de l'opposition de gauche.
Le vice-président d'Abelardo de la Espriella, José Manuel Restrepo, est titulaire d'un doctorat ; il a été ministre des Finances et recteur d'université, et s'est présenté comme le cerveau du nouveau président colombien. Pendant la campagne électorale, Cepeda a présenté comme colistière Aida Quilcué, dirigeante autochtone du peuple Nasa et sénatrice de la République. Au cours de la campagne électorale, la droite a insisté pour qu'un débat ait lieu entre les deux candidats, estimant que la comparaison parlait d'elle-même. Elle avait raison, mais pas dans le sens où elle l'espérait. La comparaison parle effectivement d'elle-même, et ce qu'elle révèle, c'est que la droite continue de confondre les diplômes avec l'intelligence, et l'intelligence avec le pouvoir. Dans ce scénario, il suffit d'asseoir l'économiste face à une femme autochtone ne possédant pas les mêmes diplômes officiels pour que la simple comparaison des parcours certifiés fasse pencher la balance. Ils se trompent sur le fond. Et nous allons développer cet argument en utilisant les mêmes formes académiques qui les intéressent tant.
Ce qui est présenté comme un contraste de compétences est, en réalité, un stratagème de délégitimation. Premièrement, cela relève d'un sophisme d'autorité en supposant que le doctorat, le poste ou la fonction de recteur garantissent une supériorité politique. Deuxièmement, cela relève du « crédentialisme », réduisant la valeur du savoir à ce qu'une institution certifie. Troisièmement, on se trouve face à un sophisme de composition épistémologique, car l'argument considère que la maîtrise des connaissances économiques ou de l'administration publique équivaut à la compréhension de l'ensemble de la vie sociale, territoriale, historique et écologique. Et derrière tout cela se cache un biais plus profond, à savoir la vieille conviction selon laquelle l'intelligence n'appartient qu'à quelques-uns et que les autres doivent se contenter d'obéir ; c'est là que réside le véritable problème : il s'agit de deux conceptions opposées de l'intelligence et du pouvoir.
En 1995, avec la publication de La mésentente, le philosophe Jacques Rancière soutenait que la démocratie n'est pas le gouvernement naturel des plus compétents, mais l'interruption d'un ordre qu'il appelle la police, celui qui détermine d'avance qui compte et qui ne compte pas, qui peut parler et qui doit se taire. La technocratie est la forme la plus commode de cette logique policière, car elle présuppose et surveille les lieux légitimes de la parole, de l'expertise et de la décision, et s'interroge sur les titres comme si elle s'interrogeait sur le droit même d'exister politiquement. Mais la démocratie commence précisément lorsque cette répartition devient contestable.
Aida Quilcué a bouleversé cette répartition en proposant de construire une Colombie où la sagesse des peuples et des communautés participe activement à l'orientation des décisions collectives ; où le développement se mesure à l'aune de la dignité de la vie et non pas uniquement à celle des indicateurs économiques ; où la terre, la culture, l'éducation et la santé constituent les piliers de la justice sociale ; et où le dialogue et la diversité remplacent définitivement l'exclusion et la violence.
En ce sens, Quilcué ne s'est pas présenté à la campagne électorale comme une individualité isolée cherchant à l'emporter sur une autre dans un duel de CV. Elle s'est présentée comme la synthèse d'une intelligence collective composée de communautés, de mémoires, de territoires, de luttes, de langues, de formes d'organisation et de défense de la vie. L'anthropologue Pierre Clastres explique que dans de nombreuses sociétés amérindiennes, le pouvoir ne se concentre pas entre les mains d'un chef souverain, mais circule comme une forme de médiation au sein du collectif. Cette intuition aide à comprendre ce que représentait Quilcué : plutôt qu'une personne isolée face à un expert de la droite, elle était l'expression collective d'une forme d'autorité enracinée dans les relations, les consensus, les expériences partagées et les responsabilités communes.
C'est pourquoi il est plus plausible de dire qu'Aida avait bel et bien le pays en tête, car son intelligence, avant d'être celle d'un génie individuel, s'inscrit dans un cerveau social. C'est là la différence décisive. Le technocrate continue de penser que l'intelligence naît chez l'individu d'exception ; Aida incarne l'idée que l'intelligence se produit au sein d'une multitude, qu'elle se répartit et s'élargit collectivement.
Le problème n'est donc pas politique, mais ontologique. La technocratie reste ancrée dans une conception archaïque du sujet. L'individu expert, porteur d'une raison qui s'applique ensuite à la société comme si celle-ci était une matière inerte. Cette figure semble moderne et cosmopolite, mais elle est en réalité profondément obsolète et provinciale [1]. Elle conserve une hiérarchie archaïque entre ceux qui savent et ceux qui obéissent ; entre ceux qui conçoivent le monde et ceux qui se contentent de l'habiter ; entre ceux qui administrent et ceux qui sont administrés.
Aida Quilcué incarne une autre ontologie politique, celle du monde commun issu d'intelligences multiples. Elle remplace l'idée d'une somme d'individus isolés par une composition de savoirs hétérogènes qui opèrent à différentes échelles et à partir de traditions diverses. Cette différence entraîne des conséquences directes quant à la question la plus urgente à laquelle la Colombie est confrontée, à savoir comment construire un capitalisme véritablement productif dans un pays aux géographies, aux cultures et aux économies radicalement diverses.
Restrepo a une réponse à cette question. Dans ses interviews, il parlait d'intelligence artificielle, de centres de données, de blockchain, de relier le pays aux flux de l'économie numérique mondiale. Cette réponse n'est pas fausse, mais elle est profondément insuffisante. Le philosophe Yuk Hui a démontré que croire en une technologie universelle, neutre et exportable d'un contexte à un autre est en soi une forme de provincialisme colonial. Il n'existe pas une seule technologie – mais des technologies –, au pluriel, indissociables des cosmologies, des territoires et des modes de vie qui les produisent et les soutiennent. Ce que Hui appelle la « technodiversité » [2] n'est ni de la nostalgie ni une idéalisation du retard. C'est une exigence pratique : un pays qui se veut productif doit articuler des formes technologiques à différentes échelles, depuis l'innovation numérique de pointe jusqu'aux savoirs techniques accumulés au fil des siècles dans les communautés rurales, autochtones et populaires. Réduire cette tâche complexe à la mise en place d'infrastructures numériques revient à confondre une pièce du puzzle avec le puzzle tout entier, et à proposer à une grande nation une solution conçue pour une petite province de la pensée.
Il ne s'agit pas d'une abstraction. Par exemple, il y a deux millénaires, dans les plaines alluviales du Sinú et du San Jorge (au nord de la Colombie), le peuple amérindien Zenú a construit un réseau de canaux et de digues destiné à canaliser, à distribuer et ainsi à cohabiter avec l'eau de manière à ce qu'elle parvienne à tous les membres de la communauté. Il s'agissait d'une technologie hydraulique capable de transformer les crues en fertilité et de soutenir la vie pendant des siècles. Aujourd'hui, alors que les digues modernes cèdent et que La Mojana, une région située au nord de la Colombie, s'enfonce à nouveau, l'un des plus importants projets d'adaptation au changement climatique de l'État, financé par le Fonds vert pour le climat, a dû se tourner vers ce savoir zenú. Seulement, pour le reconnaître, la technocratie doit d'abord le traduire dans son propre langage et le rebaptiser « adaptation fondée sur les écosystèmes ». Ce savoir était déjà là ; la science de pointe, lorsqu'elle est intelligente, parvient à le reconnaître sans difficulté, mais, sous l'emprise d'intérêts individuels, elle y parvient à peine.
Au cours des premiers mois de 2026, un front froid arctique — provoqué par un vortex polaire qui s'était déplacé depuis l'Amérique du Nord jusqu'aux Caraïbes — a saturé le haut bassin du fleuve Sinú, provoquant de graves inondations à La Mojana. Ces inondations ont fait plus de 150 000 sinistrés et 14 morts. Les enquêtes ont révélé que la responsabilité de ces conséquences incombait en grande partie à la construction et à l'administration de la centrale hydroélectrique d'Urrá. Durant les années 1990, le peuple autochtone Embera Katío s'était fermement opposé à la construction du barrage, mettant en garde contre les effets négatifs de ce projet sur son peuple et sur la région. Kimy Pernia Dominicó, qui avait mené la lutte contre le projet, a été victime d'enlèvement puis assassiné. Récemment, l'ancienne ministre de l'environnement, Irene Vélez, a affirmé que les inondations n'étaient pas uniquement dues aux changements météorologiques, mais qu'elles étaient en grande partie imputables à la gestion de la centrale hydroélectrique et au plan d'aménagement du territoire qui ne tenait pas compte de l'eau. Selon Vélez, la centrale hydroélectrique a été construite en contradiction avec la logique riveraine, asséchant les champs pour favoriser l'économie d'élevage de la région.
Vandana Shiva a évoqué cette erreur à l'aide d'une métaphore très claire. Les monocultures ne se contentent pas de détruire la biodiversité, elles engendrent également des monocultures de l'esprit. La « monotechnologie » du nouveau vice-président Restrepo fonctionne exactement de cette manière. Elle propose une seule grammaire pour envisager l'avenir du pays, celle d'une économie réduite à la technique, celle des indicateurs, des modèles et des courbes de rendement, et traite tout ce qui se situe en dehors de cette grammaire comme un retard à surmonter ou comme un folklore pouvant être toléré en marge. Le résultat n'est pas la modernité, c'est l'appauvrissement du monde. Et la Colombie, qui aspire à devenir une nation souveraine, ne peut se permettre cette pauvreté.
En ce sens, José Manuel Restrepo est un provincial. Non pas parce qu'il ignore le monde, mais parce qu'il croit que le monde entier peut être compris à partir d'une seule grammaire. Sa province n'est pas géographique, mais épistémologique et mentale. Il habite une petite région de la pensée et la confond avec la totalité du réel. Il parle au nom de la complexité, mais réduit cette complexité à des indicateurs, des courbes, des bilans, des projections et des modèles. Tout ce qui n'entre pas dans ce cadre apparaît comme un retard, un romantisme, un sentimentalisme ou de l'ignorance.
Aida – en tant que représentante d'une intelligence collective – peut évoluer entre différents mondes sans les réduire à un seul. Elle peut dialoguer avec l'économie sans se soumettre à celle-ci. Elle peut dialoguer avec la technique sans devoir pour autant attribuer à la technique une souveraineté absolue. Elle peut penser non seulement le pays, mais aussi la planète, car elle part d'une expérience politique qui ne sépare pas les humains des non-humains, la productivité de la vie, les infrastructures du territoire, le développement de la continuité du bien commun. Telle est sa véritable dimension cosmopolitique. Non pas celle de l'expert mondialisé qui répète les mêmes formules dans n'importe quelle capitale, mais celle de quelqu'un qui sait qu'un pays qui se considère comme démocratique ne peut se maintenir que grâce à une planification capable d'articuler de multiples rationalités sans rejeter d'emblée la valeur de l'une d'entre elles.
Cette différence se manifeste à nouveau dans le type de conservatisme que chacun incarne. Celui du technocrate Restrepo est obsolète, prisonnier de catégories qui ne répondent pas aux défis du monde actuel ; il préserve une conception étroite de la nation, traite les citoyens comme une population à gérer et non comme des acteurs de la décision, et finit souvent par justifier des politiques qui sacrifient les droits, une vieillesse digne, la souveraineté et la nature au nom de l'efficacité. Quel genre de conservatisme est-ce donc qui considère les retraités comme une main-d'œuvre « exploitable » gaspillée, ou la terre comme une réserve exploitable par la fracturation hydraulique et à la disposition de puissances étrangères ? Plutôt que de préserver la patrie, il préserve la logique coloniale consistant à administrer le pays comme un butin, comme des protectorats et des provinces subordonnées.
Aida Quilcué, en revanche, incarne un conservatisme d'un autre ordre. Elle défend la vie, la pluralité, les biens communs, la dignité des personnes âgées, la souveraineté des peuples et l'équilibre des territoires. Elle ne préserve pas le retard ; elle préserve au contraire ce qui permet d'envisager un avenir.
Cela entraîne des conséquences politiques concrètes. Un gouvernement technocratique gère une nation comme s'il s'agissait d'une entreprise ; l'ontologie sur laquelle il s'appuie consiste à réduire le monde à un stock de marchandises et à un espace d'affaires. Il optimise les variables, supprime ce qui, selon lui, n'est pas rentable, finance ou retire son financement en fonction d'indicateurs abstraits et, ce faisant, privilégie l'existence d'une minorité. Un gouvernement qui s'appuie sur l'intelligence collective pose une autre question : comment construire un pays d'abondance où toutes les formes de savoir et de vie trouvent leur place ? La première approche génère efficacité et richesse pour certains. La seconde recherche activement la dignité et la prospérité pour tous.
Le débat ne porte plus sur l'opposition entre technique et ignorance, ni entre modernité et tradition. Il s'agit désormais d'une confrontation entre deux visions de l'avenir. L'une continue de croire que l'intelligence se concentre au sommet, puis se répand sous forme de directives imposées à la société. L'autre comprend que l'avenir ne peut se construire qu'en reconnaissant la nature distribuée de l'intelligence, le rôle essentiel que joue en son sein l'écoute attentive et la force transformatrice qui émerge lorsque l'on favorise la pluralité des points de vue. Pourquoi les Colombiens ont-ils accepté que le dilemme consiste à juger si Quilcué avait réussi ou non l'examen du technocrate, plutôt que de se demander quelles propositions représentaient véritablement un progrès social ?
Il y a deux mille ans, sur ces mêmes terres qui, il y a quelques mois, étaient inondées à La Mojana, un village a compris qu'on ne vainc pas l'eau, mais qu'il faut l'accompagner. Cette intelligence collective, qui répartit au lieu de concentrer, qui guide au lieu de contenir, est toujours présente. Il ne nous reste plus qu'à oser gouverner avec elle.
Santiago Arcila & Juan Cortés
[1] Au sens péjoratif : qui est excessivement attaché à la mentalité ou aux coutumes de sa province ; simple, rustre, borné, provincial.
[2] Yuk Hui, Fragmenter l'avenir (Caja Negra, 2020) : la « technodiversité » signifie qu'il n'existe pas de technique universelle, mais de multiples « cosmo-techniques » liées à chaque cosmologie.
Voyager seule, à pied ou à vélo, est profondément féministe. Réoccuper l'espace public est un geste politique fort d'émancipation, montrent ces autrices dans leurs écrits, autant de cris de rage contre le patriarcat qui met les femmes en cage.
Longtemps, la marche et le vélo ont été racontés comme des aventures d'hommes. Infiniment moins connues, les femmes qui usèrent leurs semelles et fonds de pantalon contre la beauté et la rugosité du monde : Alexandra David-Néel, qui parcourut entre (…)
Island’s government says no approval given after Greenland Energy brings kit ashore for exploratory drilling
An American oil company connected to Donald Trump is preparing to sink wells in remote Greenland despite not having received permission from the local authorities.
As the US president renews his threats to claim the vast Arctic territory, materials to prepare for drilling were brought ashore in recent days on Greenland’s eastern coast.
Continue reading...Élevage caprin et bovin certifié biologique, la ferme de Trofalher, à Guerlesquin (29), a vu son activité stoppée durant un mois à la suite d'un contrôle inhabituel et ressenti comme brutal. Une situation qui illustre la difficulté des petits producteurs à composer avec la rigueur de normes pensées pour l'agro-industrie.
L’article À Guerlesquin, un couple d’éleveurs-fromagers face à une fermeture d’un mois jugée sévère est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
En Andalousie, 100 000 chèvres et moutons pâturent dans des terrains à risque d’incendie pour réduire la végétation inflammable. © Cynthia Vanessa/Flickr
En Andalousie, un cheptel très particulier parcourt les vastes plaines et monts du sud de l’Espagne. On les appelle ici les chèvres et moutons-pompiers. Ces bêtes ne portent pas l’attirail des soldats du feu, mais leur rôle dans la prévention des incendies est fondamental.
Le bétail s’occupe en effet de brouter les zones coupe-feux dans les massifs forestiers, ces espaces peu arborés qui créent une discontinuité et freinent ainsi la propagation des brasiers. Concrètement, le pâturage peut réduire de 61 % en moyenne l’étendue de la surface brûlée et diminuer de moitié la vitesse de propagation des brasiers, selon une étude scientifique sur la prévention du feu dans les écosystèmes méditerranéens.
Actuellement, environ 100 000 animaux conduits par quelque 200 berger·es pâturent près de 6 000 hectares de terrain à hauts risques. Le Réseau d’aires de pâturage coupe-feux d’Andalousie (Rapca) est actif depuis 2005 sous la houlette du gouvernement régional, avec l’appui scientifique du Conseil supérieur de la recherche scientifique (le CSIC, l’équivalent espagnol du CNRS).
Peu connue du grand public, la solution est pourtant ancienne et son efficacité prouvée. Le pastoralisme et l’élevage extensif constituent une des pratiques les plus efficaces et les moins onéreuses pour réduire la végétation inflammable dans les forêts méditerranéennes et limiter ainsi le risque d’incendie, comme le confirme une enquête de la Société espagnole des sciences forestières (SECF) auprès de 69 chercheur·ses et professionnel·les du secteur.
«Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»
Il s’agit même d’une nécessité structurelle pour la plupart des forêts européennes. «Les herbivores et le feu sont les deux principaux consommateurs de la biomasse, explique Francisco Martín Azcárate, biologiste et écologue à l’Université autonome de Madrid. Mais, comme les grands herbivores sauvages [bisons, chevaux sauvages…, NDLR] ont disparu de notre continent, il faut absolument travailler avec leurs descendants domestiques : moutons, chèvres, chevaux…»
«Même une société végétarienne devrait garder ces troupeaux, ne serait-ce que comme gestionnaires du milieu naturel, ajoute-t-il. Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»
La région d’Estrémadure, à l’ouest de l’Espagne, a bien reçu le message. En 2015, quelque 8 000 hectares de la sierra de Gata, vastes monts recouverts de pins à la frontière avec le Portugal, partent en fumée. Un déclic pour le gouvernement régional, qui réagit en lançant un an plus tard le projet Mosaico, en collaboration avec l’université d’Estrémadure.
Le programme repose sur le concept de «coupe-feu productif». Des parcelles à hauts risques d’incendie sont confiées à des agriculteur·ices ou éleveur·ses qui les exploitent et les débroussaillent, éliminant ainsi «une grande partie de la biomasse combustible», retrace Fernando Pulido, biologiste à l’université d’Estrémadure et responsable du projet Mosaico. L’avantage est double : un coupe-feu à moindre coût, et qui maintient une activité locale et durable.
«Il ne s’agit pas d’abattre la forêt mais d’intervenir sur les zones les plus vulnérables, de façon presque chirurgicale, afin de créer suffisamment de discontinuité pour empêcher le feu de tout dévorer en quelques jours», précise l’expert en prévention des incendies.
Ce sont les chercheur·ses qui déterminent où et comment. L’objectif final : recréer un «paysage en mosaïque», où 20 à 30% de la surface forestière est occupée par de l’élevage, des cultures végétales (notamment des oliveraies) ou une sylviculture peu inflammable. En onze ans, 120 coupe-feux productifs sont nés sur environ 12 000 des 110 000 hectares du territoire concerné, pour une réduction estimée à 15% de la taille théorique des grands incendies.
Si la plupart de ces initiatives voient dans l’agriculture extensive la solution, c’est aussi parce qu’elles identifient le dépeuplement rural comme une des causes principales de l’aggravation des incendies. «C’est le premier facteur déclencheur, qui permet à la végétation de croître sans contrôle, sans aucun animal ni être humain pour débroussailler. Le nier, c’est mentir et permettre aux responsables politiques de se dédouaner de leur responsabilité», dénonce Fernando Pulido.
Un constat partagé par Eduard Pla, écologue à l’Université autonome de Barcelone : «La plupart de nos forêts vulnérables sont les plus jeunes, celles qui sont apparues là où l’agriculture a disparu au cours des dernières décennies», détaille cet expert des effets du changement climatique sur les écosystèmes forestiers.
Reste à ne pas idéaliser le passé. L’Espagne d’antan était certes plus exploitée par le monde paysan, mais pas toujours en faveur des écosystèmes. En effet, la surface forestière a dégringolé jusqu’à atteindre son minimum historique dans la première moitié du 20ème siècle, avant de repousser avec l’exode des campagnes.
Aucun des chercheurs consultés ne minimise pour autant l’effet indéniable du réchauffement climatique : il «assèche la biomasse combustible» et la rend plus inflammable, «multiplie les phénomènes météorologiques extrêmes» et pousse les écosystèmes dans leurs derniers retranchements.
Les programmes ibériques veulent rompre avec la surexploitation du vivant en relançant les usages traditionnels de faible intensité et aux bénéfices éprouvés, dont la transhumance, c’est-à-dire le déplacement saisonnier des troupeaux d’un pâturage à un autre. Une pratique ancestrale pratiquée dans une partie de l’Europe et reconnue par l’Unesco depuis 2023.
«Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt. Il suffit de l’adapter au contexte local.»
L’Union européenne finance une partie de ces projets, notamment à travers la Politique agricole commune (PAC) ou le programme LIFE. En avril, l’Andalousie a approuvé une nouvelle série d’aides financières visant à promouvoir le sylvopastoralisme pour la prévention des incendies, dans la lignée du programme Rapca.
En Estrémadure, Mosaico continue de grandir. L’année dernière, une partie du Portugal a rejoint le réseau désormais composé de treize territoires ibériques. Des chercheurs néerlandais et californiens sont même venus étudier le modèle sur place, preuve qu’il inspire. «Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt, assure Fernando Pulido. Il suffit de l’adapter au contexte local.»
Les chercheur·ses déplorent toutefois un manque de moyens financiers et «l’absence d’un véritable cadre législatif», comme le regrette Fernando Pulido. Seuls 30 à 40% des coupe-feux productifs proposés aboutissent, selon le responsable de Mosaico. Reçu au Congrès des députés (l’équivalent espagnol de l’Assemblée nationale) à l’automne 2025, aucune de ses suggestions n’a abouti. Les moutons-pompiers n’éteindront pas les incendies, mais ils sont déjà l’un des outils les plus sobres pour les prévenir. Encore faut-il y mettre les moyens.
Face à l'explosion des besoins de l'intelligence artificielle, les géants de la tech rêvent de voir des data centers dans l'espace. Une promesse spectaculaire, freinée par des coûts vertigineux, des impasses techniques et des risques environnementaux.
Après les réseaux sociaux et les prétoires, la rivalité entre Elon Musk et Sam Altman s'envole dans l'espace. Aux messages du patron de X et SpaceX le traitant d'escroc au lendemain du dépôt d'une plainte par Apple pour vol de secrets (…)
Aujourd'hui 8 août, la journée de l'éphéméride des luttes est rythmée au son des explosions, de poudre et de rage. Et c'est l'insurrection à Marseille, aussi, sachez-le. Souvenez-vous du camarade Gaston.
1870 : A Marseille, face à la situation désastreuse du pays, un mouvement insurrectionnel, avec à sa tête le radical Gaston Crémieux, tente en vain de proclamer la République et d'instaurer une Commune révolutionnaire. Mais le mouvement est rapidement maté et Crémieux est arrêté le lendemain et déféré devant un conseil de guerre. Il faudra attendre le 23 mars 1871 pour qu'une véritable Commune révolutionaire soit effective.
1879 : Naissance d'Emiliano Zapata, révolutionnaire mexicain.
1897 : Assassinat par l'anarchiste Michele Angiolillo du président du Conseil espagnol Antonio Cánovas del Castillo pour venger les condamnés du procès de Montjuïc du 4 mai.
1924 : A Montevideo en Uruguay, parution du premier numéro du journal anarchiste "Ahora" ('Maintenant').
1927 : A Montevideo, une bombe de forte puissance explose dans le dépôt principal de la West Oil India Company, dans le cadre de la campagne de soutien aux anarchistes Italiens Sacco et Vanzetti, qui risquent la condamnation à mort aux Etats-Unis.
1963 : Au Royaume-Uni, une bande de quinze braqueurs attaque le train Londres-Glasgow et parvient à s'enfuir avec 2,6 millions de livres sterling en billets.
1969 : - En Italie, des bombes de faible puissance explosent dans huit trains différents. C'est le début de la stratégie de la tension orchestrée par les groupes néofascistes et les services secrets.
1974 : Démission du président des Etats-Unis Richard Nixon suite au scandale du Watergate.
1977 : - A Montpellier, le groupe 'Les rescapés de Malville' attaque les locaux d'EDF à l'explosif : « Tandis que les centrales nucléaires déversent quotidiennement leur poison mortel, à Malville le capital n'a pas hésité à recourir à l'assassinat et à l'emprisonnement pour désamorcer un mouvement de refus qui échappe de plus en plus au contrôle des partis. […] Si nous avons plastiqué EDF au moment où les syndicats s'élèvent contre les dégradations commises contre ce 'service public', c'est que pour nous EDF est le support idéologique et technique de l'État dans l'implantation des centrales nucléaires. Liberté pour tous les prisonniers ».
Reproduit dans La Canaille à Golfech, mutines séditions, Paris, 2013, p.128-129.
1981 : En Irlande du Nord, mort d'un neuvième gréviste de la faim de l'IRA, Thomas McElwee, après 62 jours. C'est aussi le dixième anniversaire des mesures d'internement total, ce qui provoque des émeutes dans plusieurs zones républicaines du pays. Trois personnes meurent au cours de ces affrontements.
1983 : A Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, attaque contre l'entreprise Culetto qui perdra 25 camions, des bulldozers, des pelles mécaniques, une centrale mobile à béton et un hangar de 1200m², ainsi que contre la centrale à béton de Spie batignolles juste un peu plus loin. Le Mouvement AntiNucléaire (MAN) revendique les sabotages et offrira une interview au journal clandestin 'Toulouse la Canaille' pour expliquer un peu le pourquoi du comment.
1985 : A Francfort, attaque de la guérilla ouest-européenne contre une base américaine de l'US Air Force. Revendiquée par le commando 'George Jackson' d'un groupe mixte d'Action Directe et de la Fraction Armée Rouge. Deux soldats sont tués et plus d'un million de marks de dégâts sont commis.
1994 : A Crossgar en Irlande du Nord, l'IRA abat un officier des troupes royales irlandaises.
1998 : En Angleterre, le Front de Libération Animale (ALF) libère 10% des visons en captivité das le pays, c'est-à-dire 6000.
1999 : En Irlande du Nord, la Irish National Liberation Army (INLA) annonce le cessez-le-feu. C'est l'une des premières tendances de l'IRA à abandonner les armes.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 8 août, riche de biographies.
The seal of the U.S. Department of Homeland Security is displayed outside the headquarters of the Federal Emergency Management Agency, July 25, 2026 in Washington. Kevin Carter/Getty ImagesWelcome to today’s Trump Tyranny Tracker…
Trump’s regime is going after protesters’ Signal chats, protecting Trump and his family from potentially massive tax liabilities, and establishing unprecedented FBI ties with Russia and China.
• ICE threatens elected sheriffs with prosecution for refusing to cooperate with Trump’s deportation campaign.
• Federal judges face escalating threats after ruling against Trump.
• Trump’s National Guard deployment in Washington is projected to cost taxpayers $1.4 billion.
What Happened: DHS is demanding access to private Signal group chats used by protesters who sued the government for violating their free speech rights. The agency is seeking the encrypted messages as part of the lawsuit.
Why It Matters: Protesters sued the government for suppressing their speech, and now the government is using that lawsuit to go after their private conversations. It is another way to identify, track, and intimidate people organizing against Trump’s extreme agenda.
Source: WIRED
What Happened: The White House pressured senators to delay new restrictions on hemp products, inserting the change into a must pass spending bill. The industry lobbying campaign was led in part by the son-in-law of Trump chief of staff Susie Wiles, whose companies sell hemp gummies and vapes.
Why It Matters: This is what corruption looks like: people close to power using government influence and policy in ways to financially benefit their families and allies.
Source: New York Times
What Happened: Major corporations that lobby the federal government gave millions to Trump-chaired Freedom 250 but failed to disclose the donations as potentially required by federal lobbying law. Only three of nearly two dozen corporate sponsors reported their contributions. ExxonMobil, Oracle, and several defense contractors did not.
Why It Matters: Corporations with business before Trump’s government are giving millions to an organization he chairs while failing to disclose the money. It creates another hidden pipeline for companies seeking access and favorable treatment from Trump to funnel money.
Source: NOTUS
What Happened: Todd Blanche, Trump’s former personal lawyer, is keeping a settlement provision shielding Trump, his sons, and the Trump Organization from IRS audits of returns filed before May 19. The protection would prevent the IRS from pursuing more than $100 million in potential back taxes and penalties.
Why It Matters: Trump put loyalists in key government positions, and now he is benefiting from it. His former personal lawyer is running DOJ while preserving a deal that would save Trump and his family more than $100 million and shield them from investigations.
Source: TIME
What Happened: The SEC purchased access to more than a billion airline ticketing records covering travel in the U.S. and around the world. The data included passengers’ names, itineraries, flight details, and credit card information and was likely obtained without warrants.
Why It Matters: Federal agencies are buying enormous amounts of sensitive information about Americans without getting a warrant. It is another tool for a growing surveillance state that can track people while bypassing basic privacy protections.
Source: 404 Media
What Happened: ICE threatened the elected sheriffs of Minneapolis and Chicago with federal witness tampering charges for refusing to give immigration agents broad access to inmates without judicial warrants. Federal courts have already ruled that state and local governments cannot be forced to help enforce federal immigration law.
Why It Matters: Trump is using the threat of federal prosecution to force elected officials to carry out his agenda. Turning law enforcement into a weapon for compelling obedience is a hallmark of authoritarian regime.
Source: New York Times
What Happened: Federal judges who ruled against Trump are facing escalating threats. Judge John McConnell received credible death threats and a delivery invoking the murdered son of another federal judge after blocking Trump’s federal funding freeze. All three judges on his Rhode Island court have received threats tied to rulings against Trump cases.
Why It Matters: Trump and his officials repeatedly attack judges who rule against them, calling them “monsters,” “lunatics,” and illegitimate. This intimidation is meant to make judges fear the consequences of enforcing the law.
Source: The Washington Post
What Happened: More than 50 parents and spouses of active duty U.S. service members have been detained since Trump returned to office, with at least six deported. Trump ended longstanding protections that shielded immediate military family members from detention and deportation.
Why It Matters: Trump’s mass deportation campaign is separating the families of Americans serving in the military. Some service members have been forced to take leave, delay deployments, or care for children alone because their family members were detained or deported.
Source: Associated Press
What Happened: A federal judge found that roughly 134,500 people in Texas prisons face a substantial risk of serious harm from extreme heat, with some cells exceeding 110 degrees. The judge called the system for deciding who gets an air conditioned bed “arbitrary, inadequate, and ineffective,” while Texas continues fighting efforts to require safer conditions.
Source: Mother Jones
What Happened: Trump officials awarded a $150 million no-bid contract to a small Texas law firm to provide legal services to unaccompanied migrant children in government shelters. Only two of its 25 listed lawyers claim relevant immigration experience, while its founder served in Trump’s first term and several attorneys have ties to Trump or conservative causes.
Why It Matters: Trump officials handed $150 million meant to protect children facing deportation to a politically connected firm with almost no immigration experience. The children will get worse representation while people connected to Trump got a massive government contract.
Source: Associated Press
What Happened: ICE has begun summoning Haitian immigrants in Ohio to check-ins, arresting them, fitting them with ankle monitors, and ordering them not to travel more than 75 miles from home. About 50 Haitians with temporary protected status were called in Friday, as Trump moves to strip protections from roughly 350,000 Haitians.
Source: The Washington Post
What Happened: Sailors and Marines aboard the USS Abraham Lincoln are reportedly dealing with severe exhaustion, food and supply shortages, moldy showers, broken laundry facilities, and periods without hot water as the carrier enters its ninth month at sea and fifth straight month of combat operations against Iran. The crew has had only two days off the ship since deploying in November.
Why It Matters: Trump’s prolonged Iran war is pushing U.S. service members to the breaking point. Exhausted crews operating for months with almost no time off creates dangerous conditions where mistakes can become deadly.
Source: MS NOW
What Happened: More than a year after DOGE swept through the federal government, GAO still cannot determine everyone who worked for it or whether they followed ethics requirements. It identified 206 DOGE operatives in the Executive Office of the President, but 10 of 25 agencies failed to provide requested information and others could not produce ethics training or financial disclosure records.
Why It Matters: DOGE operatives were given extraordinary access to government agencies, systems, and sensitive information, and more than a year later we still don’t know who all of them were or whether they followed basic ethics rules. You cannot hold people accountable when the government cannot even identify them.
Source: The Washington Post
What Happened: The Pentagon estimates Trump’s National Guard deployment in Washington will cost taxpayers roughly $1.4 billion if it continues through January 2029. About 4,600 troops are currently deployed, and Trump has ordered them to remain through the end of his term.
Source: Military.com
What Happened: A proposed deal to reopen the Strait of Hormuz would give Iran control over ships entering the Gulf and potentially allow Tehran to collect fees on their cargo. The proposal would be a major concession after five months of war, despite Trump previously insisting Iran would never be allowed to control the waterway.
Why It Matters: Trump started this war demanding Iran’s “unconditional surrender.” Five months later, Iran has more control over one of the most important shipping routes than it had before the war.
Source: Reuters
What Happened: Iran-backed Houthis said they will target Saudi oil tankers in the northern Red Sea after Saudi Arabia diverted ships away from the Bab el-Mandeb. With the Iran war already restricting shipping through the Strait of Hormuz, the threat puts one of Saudi Arabia’s main alternative oil export routes at risk.
Source: Bloomberg
What Happened: The State Department is delaying approval of France’s incoming ambassador to D.C. after French diplomats criticized the U.S. for siding with Russia and North Korea against renewing the U.N. human rights chief’s mandate.
Why It Matters: Trump officials are retaliating against a longtime U.S. ally for criticizing a U.S. decision to side with Russia and North Korea on human rights. They are using diplomatic power to punish an ally for publicly disagreeing with them.
Source: Politico EU
What Happened: Kash Patel has established unprecedented law enforcement ties with China and Russia, including intelligence sharing and monthly personnel exchanges with China’s Ministry of Public Security. Chinese officials have visited multiple FBI facilities, FBI agents have traveled to China, and Patel is planning a similar trip to Russia in October.
Why It Matters: The FBI is opening its personnel, facilities, and investigative information to Russia and China, two of America’s most aggressive intelligence adversaries. These are the same governments whose espionage and influence operations the FBI is supposed to protect the country from.
Source: Reuters
What Happened: Russia fired more than two dozen missiles at Kyiv and surrounding areas overnight, killing at least 17 people and wounding dozens. Ukraine failed to intercept any of the ballistic missiles as its supply of air-defense interceptors runs dangerously low.
Why It Matters: Ukraine has been begging for more interceptors to protect its cities from Russian ballistic missiles. Those missiles are now getting through, and Ukrainians are being killed because the air defenses needed to stop them are running out.
Source: CNN
What Happened: U.S. private employers added just 44,000 jobs in July, well below the 75,000 economists expected and down from 95,000 in June. Leisure and hospitality lost 11,000 jobs.
Source: Wall Street Journal
Check out 50501 for local and nationwide events…
Source: 50501
What Happened: Judge Amit Mehta “reluctantly” dismissed the final eight Jan. 6 cases against Oath Keepers leader Stewart Rhodes and other members after Trump’s Justice Department moved to drop the charges. Mehta said the decision gives them “unearned grace” and closes the last prosecutions seeking accountability for the attack on the Capitol.
Source: MS NOW
$1.4 billion — Projected cost of keeping Trump’s National Guard deployment in Washington through January 2029.
$150 million — No-bid contract awarded to a politically connected Texas law firm to represent unaccompanied migrant children
$100 million+ — Potential back taxes and penalties Trump and his family could avoid under the tax audit shield preserved by Todd Blanche.
1 billion+ — Airline ticketing records the SEC purchased access to, including passengers’ names, travel histories, and credit card info.
350,000 — Haitians who could lose temporary protected status as ICE begins arresting and placing ankle monitors on them.
134,500 — People in Texas prisons facing a substantial risk of serious harm from extreme heat.
4,600 — National Guard troops currently deployed in D.C.
206 — DOGE operatives GAO identified in the Executive Office of the President, despite still being unable to determine everyone who worked for DOGE.
50+ — Parents and spouses of active-duty U.S. service members detained under Trump’s immigration crackdown.
17 — People killed in Russia’s latest missile attack on Kyiv and surrounding areas as Ukraine couldn’t intercept any of the ballistic missiles.
8 — Final Jan. 6 cases against Oath Keepers insurrectionists dismissed after Trump’s DOJ moved to drop the charges.
DHS is trying to gain access to protesters’ private Signal conversations — How far will federal agencies go to identify and track people organizing against Trump?
Kash Patel is opening unprecedented FBI relationships with Russia and China — How much access will these adversaries get to the FBI?
ICE is threatening elected sheriffs with felony prosecution — Will DOJ follow through and prosecute local officials for exercising rights upheld by federal courts?
Trump and his family remain protected from IRS audits that could expose them to more than $100 million in taxes and penalties — Will the tax shield preserved by Todd Blanche remain in place?
Trump’s Iran war is spreading from the Strait of Hormuz into the Red Sea and threatening more of the region’s oil routes — How much further will the fallout spread?
Rising Costs — Higher oil prices, new tariff threats, and growing trade tensions are pushing up the cost of groceries and other everyday essentials.
Surveillance State — From DHS demanding protesters’ private Signal chats to federal agencies buying databases of Americans’ travel and financial information, government surveillance is expanding.
Personal Protection — Trump’s former personal lawyer is preserving a government deal that will save Trump and his family more than $100 million in taxes and penalties.
Federal Intimidation — ICE is threatening elected sheriffs with felony charges while judges who rule against Trump face escalating threats.
Adversaries Welcomed — Kash Patel is opening unprecedented FBI relationships with Russia and China, including intelligence sharing and personnel exchanges with China and an upcoming trip to Russia.
Document Everything: Document purges, corruption, and power grabs. Share credible information with journalists, watchdogs, and legal experts. Silence enables authoritarianism—see something, say something.
Defend Press Freedom: Support independent journalism by subscribing to and sharing reporting that challenges Trump’s power grab.
Contact Lawmakers: Demand accountability for Trump’s unchecked power and war on oversight.
Mobilize for Action: Organize or join legal efforts and resistance movements to protect democracy and human and civil rights.
Thanks for reading the Trump Tyranny Tracker. Stay tuned for more updates.
In June SCOTUS decided two cases, Trump v. Slaughter and Trump v. Cook, on the power of the president to fire members of independent agencies despite tenure protections enacted by Congress. Roberts was joined by the usual five in Slaughter, but in Cook, the majority is the three Democratic appointees, Roberts and Kavanaugh. The cases are irreconcilable. In Slaughter, the Court said that Trump can fire anyone who works for any agencies without cause.
/When an agency “executes” a congressional mandate against private parties, it exercises executive power—no ifs, ands, or quasis about it.
Cook holds that Governors of the Federal Reserve Board can be fired only for cause after notice and a hearing, ignoring the holding in Slaughter, or perhaps reserving it for a later date, on the hypocritical grounds that the Solicitor General waived the Constitutional issue decided in Slaughter.
Slaughter is a case about the Federal Trade Commission, which has rule-maaking authority, the power to impose fines and the power to litigate. The Board of Governor of the Fed has broad regulatory authority over the US banking system, including the power to set monetary policy and to make and enforce rules about reserves. The Humphrey-Hawkins Full Employment Act requires the Fed to set US monetary policy so as to minimize inflation and push towards full employment. Doing so requires enforcing a congressional mandate against private parties by forcing privately-owned banks to increase reserves.
Roberts doesn’t mention the Cook case in his Slaughter opinion, and doesn’t mention Slaughter in his Cook opinion. This article by Lev Menand is a thorough debunking of Roberts’ shoddy reasoning and poor judgment. Menand explains the history and tradition analysis seemingly adopted by Roberts which is similar to that in the absurd Bruen case. Roberts’ version of history and tradition are barely recognizable to people like Menand who know actual history.
Stare decisis and reliance
Slaughter overturns the decision in Humphrey’s Executor v. US. which held that the president could not remove commissioners of the FTC except as permitted by the law creating the agency. Both before and after it was decided, Congress created a number of agencies which are shielded from presidential attack. Roberts deals with those under the heading of reliance. But reliance is just one of the factors used to decide whether a case should be overruled, rather than modified or left alone under the rule of stare decisis.
Stare decisis is the principle that prior decisions should be followed. It’s a fundamental principle in the development of the Common Law, which is the basis for our legal system. In their confirmation hearings, Alito, Gorsuch, Kavanaugh, and Barrett all testified that they accepted stare decisis as a principle governing their jurisprudence. I assume Roberts accepts it, and am less sure about Thomas. Barrett articulated her views about stare decisis and originalism in this article:
The claim that the original public meaning of constitutional text constitutes law is in some tension with the doctrine of stare decisis. Stare decisis is a sensible rule because, among other things, it protects the reliance interests of those who have structured their affairs in accordance with the Court’s existing cases. But what happens when precedent conflicts with the original meaning of the text?
Whatever they told Senators didn’t hold up well in practice. Stare decisis just doesn’t matter to these six in politically charged cases. Cook and Slaughter are two examples, but perhaps the best known is Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, the case that overruled Roe v. Wade. Alito wrote:
In this case, five factors weigh strongly in favor of overruling Roe and Casey: the nature of their error, the quality of their reasoning, the “workability” of the rules they imposed on the country, their disruptive effect on other areas of the law, and the absence of concrete reliance.
The words that follow are merely the substitution of Alito’s opinion for Harry Blackmun’s. Alito doesn’t like the reasoning, thinks it is founded on a serious “error”, thinks the rule is not workable, and misstates the nature of the last two factors. It’s a simple case of changes in members of SCOTUS producing changes in outcomes, a raw exercise of power.
Roberts doesn’t address any of Alito’s first four factors as such. He says it was always a problematic case.He claims Humphrey’s Executor was wrong, on the grounds that the Constitution vests the executive power of the government in the president. That must, he claims, includes the power to fire people at will. He doesn’t explain why. He merely substitutes his pet theory of the unitary executive for two centuries of contrary and more nuanced cases. He says it’s out of step with other decisions, without mentioning that almost all of those decisions are grounded in the unitary executive theory. He doesn’t admit that the unitary executive nonsense was generated by the Federalist Society in the early 1980s.
Roberts says that appellee Slaughter’s reliance argument is based on the creation of agencies with leaders with protected tenure after Humphrey’s Executor. He claims that the rationale for that reliance is false. That fails to account for the fact that many agencies were created with this protection starting with the founding, as Menand shows. Congress didn’t have to explain its decisions to SCOTUS back then. He claims that this protected tenure gives Congress too much power, which is bad.
The underlying dangers
What happened here is that the notion of “reliance” is limited to the bare act of legislating. In the same way, in Dobbs Alito says reliance applies only a tiny number of women pregnant at the date of the opinion. Wpmen who might become pregnant later can’t rely on Roe v. Wade. That’s part of what’s really wrong in both cases. In Dobbs, the issue isn’t any specific woman’s right to control her body. The liberty acknowledged in Roe v. Wade is foundational to the way women participate in our society, and therefore we all rely on it. After Dobbs women’s ability to participate fully in our society was disrupted, and their health was endangered, as was predicted. Here’s a small example: many parents urge their daughters not to attend the college of their choice if it’s in an anti-woman state.
In the same way, allowing the president to fire people for no reason radically restructures the way our government has worked for centuries. Among other things, it means that we have no continuity in many crucial areas such as climate change and labor conditions. It means that the president can use the power of those agencies for personal gain and for punishing his perceived enemies, all without any accountability thanks to the obscene decision in Trump v. US.
Worse, Roberts doesn’t even ask himself if the tenure clause is integral to the statutory scheme. Would Congress have created the FTC or the EPA the same way if it weren’t for Humphrey’s Executor? Why doesn’t the loss of protected tenure mean that the entire statute is unconstitutional? Obviously that would be insanely disruptive, so Roberts is afraid to try to explain.
Perhaps the worst problem is the reality check. It’s bad enough that the Roberts majority has changed the balance of power and reshaped our government to suit their personal preference. But to give the power to Trump is dangerous to the nation and the world. It’s a crime against democracy.
Impeach all six.
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Longtemps tenu pour un vestige archaïque que la science devait dissiper, le magnétisme suscite aujourd'hui une curiosité renouvelée. Et si, face à l'inflammation généralisée du monde moderne, on avait besoin de coupeurs de feu ? Dans Le Retour du monde magique1, la sociologue Fanny Charrasse explore cette pratique de soin moins anachronique qu'elle n'y paraît.
C'est quoi le magnétisme ?
« En tant que sociologue, j'ai choisi de retenir la définition qu'en donnent ceux qui le pratiquent. Pour eux, il s'agit d'un soin énergétique : un art de soigner par l'énergie, une entité invisible dont les magnétiseurs disent ressentir la présence, mais qu'ils décrivent souvent comme subtile, évanescente. Il existe différents styles de magnétisme. Presque tous les magnétiseurs commencent par “couper” le feu, c'est-à-dire soulager les brûlures. Puis ils élargissent progressivement leur champ d'intervention : zona, psoriasis, eczéma, verrues... La démarche est souvent expérimentale : lorsqu'un patient demande si le magnétisme peut arranger son problème, la réponse est d'essayer. Enfin, certains magnétiseurs proposent d'intervenir sur des douleurs articulaires, chroniques, parfois même sur des formes de dépression. »
À vous lire, on a le sentiment que les magnétiseurs de ville sont plus souvent sollicités pour des troubles liés à la santé mentale, tandis qu'en milieu rural, ils semblent surtout intervenir sur des douleurs physiques.
« La différence entre ville et campagne ne tient pas tant à la nature du magnétisme pratiqué qu'à la place qu'il occupe dans le parcours de soin. Dans les territoires ruraux marqués par la désertification médicale, le magnétiseur est souvent plus disponible. Les demandes qui lui sont adressées sont donc très diverses : douleurs articulaires, musculaires, brûlures, problèmes de peau, fatigue, etc. Tout ou presque peut être amené en consultation. À Paris, en revanche, les magnétiseurs sont souvent sollicités lorsque la médecine conventionnelle n'a pas apporté de réponse satisfaisante, ou bien en complément d'un parcours médical déjà engagé. »
Un motif revient dans tous les récits que vous confient les magnétiseurs : ce que vous nommez « l'expérience énigmatique ». De quoi s'agit-il ?
« Je peux citer l'exemple de cette inspectrice qualité qui, après avoir vécu un événement traumatique, raconte avoir vu apparaître des “ êtres tout lumineux”. Sa première réaction a été de penser qu'elle était folle. Cet événement est devenu fondateur dans sa trajectoire de magnétiseuse. Car la question qu'il soulève est vertigineuse : ces “êtres lumineux” existent-ils “vraiment”, c'est-à-dire indépendamment d'elle ? Ou bien s'agit-il d'une simple hallucination ?
« Les magnétiseurs que j'ai croisés posent une question naturaliste »
C'est précisément pour cela que je parle d'“expérience énigmatique” : elle met à l'épreuve la conception de la réalité propre à notre socialisation occidentale. La question de cette femme montre à quel point nous avons tendance à opposer deux régimes d'explication : soit quelque chose existe objectivement, dans le monde, soit il ne s'agit que d'un phénomène intérieur, psychique. »
Vous mobilisez Philippe Descola et son concept de « naturalisme ». En quoi cette notion vous aide-t-elle à comprendre la manière dont le magnétisme est socialement perçu ?
« Au cours de son enquête auprès des Achuar d'Amazonie, Descola observe que ceux-ci attribuent aux animaux une capacité de penser semblable aux humains. À partir de là, il définit l'animisme : une manière de composer le monde dans laquelle les non-humains ont une âme semblable à celle des humains, mais s'en distinguent par leurs corps “de plumes, de poils, d'écailles ou d'écorce”. Il remarque alors qu'en Occident, le rapport entre humains et non-humains se construit à l'inverse. On considère que l'on partage avec les animaux une même biologie : c'est pour cette raison qu'on fait des tests en laboratoire sur des souris, par exemple. Mais on estime qu'on se distingue des animaux par notre réflexivité, notre conscience. Descola nomme cela le “naturalisme”.
Lorsque les magnétiseurs que j'ai croisés se demandent si les esprits, ou les “êtres tout lumineux” existent vraiment, ou si c'est le fruit de leur imagination, ils posent une question naturaliste. Ils cherchent à savoir si ces êtres existent “dans la nature”, comme existent les corps humains ou animaux. S'ils n'existent pas de cette manière, alors ils sont renvoyés du côté de la folie ou de la croyance. En gros, soit les esprits existent objectivement, indépendamment de l'individu qui les perçoit ; soit ils ne sont que le produit d'une subjectivité, d'un trouble psychique ou d'une appartenance culturelle. »
Descola semble faire du naturalisme une caractéristique de la modernité. Est-ce votre cas ?
« Dire que les modernes sont les naturalistes, c'est risquer de renvoyer le magnétisme du côté de la tradition, comme s'il appartenait au passé. Or, nous sommes tous contemporains ! À ce titre, un magnétiseur est tout aussi moderne qu'un médecin, qui est lui-même tout aussi moderne qu'un chaman. Tous habitent le même temps historique.
On peut toutefois parler de “conflit de modernité”. Le sociologue Ulrich Beck évoque une “modernité simple”, qui correspond à la modernité industrielle : celle du progrès technique, de l'expansion capitaliste et de la confiance dans la science. Et de “modernité réflexive”, qui apparaît lorsque les sociétés modernes commencent à interroger leurs contradictions : les dégâts écologiques, les impasses du productivisme ou les limites de la médecine. Il s'agit d'un conflit entre ces deux mouvements de la modernité. L'intégration de pratiques dites “ancestrales” dans le système de soin n'est donc pas un retour en arrière, elle s'inscrit, au contraire, dans la poursuite du processus de modernisation. Le magnétisme peut être compris comme une pratique de la modernité réflexive : non pas comme une survivance archaïque, mais comme une manière d'interroger les excès de l'industrialisation et les effets iatrogènes de certaines pratiques médicales. »
Cela dit, pour que le magnétisme soit accepté dans la modernité, vous expliquez qu'il a d'abord dû se débarrasser de ses aspects magico-traditionnels…
« Pour comprendre la trajectoire du magnétisme, il faut revenir sur son histoire. C'est le médecin et philosophe viennois Franz Anton Mesmer qui importe la pratique en France à la fin du XVIIIe siècle. Très vite, le magnétisme suscite l'engouement, notamment dans les milieux aristocratiques. Louis XVI décide donc de réunir deux commissions chargées d'évaluer son efficacité. Leur verdict : le magnétisme ne serait que “chimère et imagination”, alors même que certains commissaires admettent en avoir éprouvé les effets.
À l'époque, la médecine est en train de définir son territoire légitime d'intervention. Or, en affirmant que les effets du magnétisme relèvent de l'imagination, elle ne dit pas simplement que cette pratique est inefficace. Elle dit aussi, implicitement, que les pouvoirs potentiellement thérapeutiques de l'imagination ne l'intéressent pas.
À partir de là, le magnétisme va être réprimé. Et avec la création de l'Ordre des médecins sous le régime de Vichy, les sanctions sont de plus en plus lourdes. Cette répression pousse les magnétiseurs à se professionnaliser. En 1951, ceux-ci créent une association pour échapper aux poursuites qu'ils jugent injustes. Ils consultent des avocats, qui leur expliquent que le risque est double. D'abord, s'ils prétendent se substituer aux médecins ou promettre la guérison, ils s'exposent à des poursuites pour exercice illégal de la médecine. Ensuite, si leur pratique paraît trop magique – s'ils convoquent des forces surnaturelles, par exemple –, ils risquent d'être violemment disqualifiés.
Le magnétisme tend alors à se “scientifiser”, au sens où il se débarrasse peu à peu de ses éléments les plus ésotériques. Les membres de l'association apprennent alors à présenter leur activité comme une pratique complémentaire, encadrée, qui ne prétend pas remplacer la médecine. »
Un geste très naturaliste finalement ?
« Tout à fait. Avant de mener mon enquête sur le magnétisme, j'ai travaillé sur le chamanisme de la côte nord-péruvienne. Au Pérou, les chamanes ont été poursuivis parce qu'ils détenaient des objets préhispaniques : là où ils voyaient des supports pour leurs rituels, l'État voyait des pièces destinées aux musées. Mais pour se faire accepter, ils n'ont pas cherché de validation scientifique : ils ont plutôt milité pour une reconnaissance comme patrimoine culturel de la nation. Les magnétiseurs français, eux, n'ont jamais mobilisé ce registre patrimonial, alors même qu'ils auraient pu revendiquer des racines anciennes. C'est très européen, et même très français : pour qu'une pratique gagne ses lettres de noblesse, il faut qu'elle montre patte blanche devant la science. Sinon elle s'expose à l'accusation de superstition. »
Propos recueillis par Gaëlle Desnos1 La Découverte, 2023.
En 2014, Abigaël Lordon décide d'arpenter seule le GR2013, un sentier de 365 kilomètres serpentant autour de Marseille, entre nature et zones industrielles. De ce périple de trois semaines à deux pas de chez elle, elle tire un carnet de voyage graphique et poétique qui retrace son éveil féministe.
« Pour faire vibrer un élan, un peu sur un coup de tête. » Abigaël Lordon, 28 ans, décide de se lancer dans une aventure près de chez elle : le GR2013 qui a été inauguré un an plus tôt, à l'occasion de Marseille capitale européenne de la culture. Un chemin en forme de huit de 365 kilomètres qui traverse zones périurbaines, complexes industriels et massifs sauvages, de la Sainte-Victoire à l'étang de Berre. L'autrice prépare cette marche de proximité, rassurée de pouvoir facilement rentrer chez elle si quelque chose se passe mal. Un chemin qui se transforme en éveil féministe et dont Abigaël Lordon tire un joli carnet de voyage graphique Marcher vers soi (Wildproject, 2026).
La marcheuse (re)trace son périple de trois semaines en texte et en image. Armée de son sac à dos de 13 kilos, elle alterne bivouacs, campings et haltes chez l'habitant. Jour après jour, elle se heurte à la sublime et fascinante réalité de la randonnée : la splendeur des paysages, la solitude, mais aussi les conversations entendues aux terrasses et l'omniprésence des stigmates industriels. À chaque page, ses croquis de couleurs vives illustrent le texte, couchant sur le papier visages et paysages.
Plus que la nature, ce sont ses rencontres humaines qui l'amènent à penser politiquement son genre. Partie « en tant qu'être humain », elle se voit « constamment ramenée à [son] corps féminin ». Dès la première nuit, en bivouac, Abigaël décrit la peur qui la saisit. Pas celle de l'ours. Mais celle de l'homme. L'agresseur. « Je suis seule dans la montagne avec ma chatte et mon couteau, écrit-elle. Je n'ose pas bouger d'un millimètre. » Si rien ne lui arrive ce soir-là, elle se trouve confrontée à diverses reprises au sexisme ordinaire et interroge le conditionnement social qui pèse sur les femmes. À plusieurs reprises, on lui demande : « Mais vous n'avez pas peur toute seule ? » Jamais, les passants soucieux ne questionnent l'origine du problème, à savoir le putain de patriarcaca qui nous empoisonne et nous empêche.
Malgré ces contraintes, cela n'empêche pas Abigaël Lordon de déployer une belle plume poétique. L'observation des paysages fait écho à son corps, territoire intime. Face à l'usine de Gardanne, l'autrice décrit des « terrains vagues remplis de métaux lourds, un peu comme du sang coagulé gigantesque ». Sans nommer le capitalisme, c'est pourtant les stigmates du système d'exploitation du vivant que la dessinatrice observe. La pollution industrielle s'entremêle ainsi à la cartographie de ses propres prises de conscience. La marche devient un outil de réappropriation de soi : « La qualité du sol, ses zébrures et sa mollesse forment de nouveaux paysages à explorer dans mon âme. » Cette aventure, à quelques pas de chez elle, lui offre un nouveau pouvoir : la confiance en elle « puisée dans la puissance de la montagne ». Un carnet lumineux au goût de liberté qui donne envie d'enfiler ses chaussures de marche.
Thelma Susbielle
On aurait pu tenter le coup. Faire les innocent·es. Glisser ce journal dans ta boîte aux lettres et siffloter très fort en regardant ailleurs. Quoi ? Une semaine de retard ? Nous ?
Et puis bon. On s'est finalement dit que si tu t'en rendais compte, tu nous en voudrais d'avoir voulu filouter avec toi. Alors, on préfère jouer franc jeu : le bouclage de ce double numéro d'été ne s'est pas exactement déroulé comme prévu. Entre les températures qui montent, les cerveaux cqfdiens rôtis ou partis en transhumance estivale – voire honteusement débauchés par d'autres médias en mal de plumes talentueuses pour remplir leurs pages d'été – et ce traître de mois de juin qui a filé à la vitesse grand V, impossible de finir le journal à temps. À une semaine du D-Day, il a bien fallu se résigner et chouiner auprès de la Sainte Trinité imprimeur-distributeur-diffuseur pour avoir du rab. Et tu sais ce qu'ils nous ont répondu ? « Mais il n'y a aucun de souci ! Il vous faudrait combien de jours en plus ? » Décontenancé·es par tant de mansuétude, on n'a même pas osé gratter plus d'une semaine ! Mais en vérité, on pensait aussi à toi, lectrice, lecteur : il fallait bien que tu aies ton journal pour encaisser d'être privé de vacances ou avant ton grand départ pour la Creuse, la Corse ou Tahiti !
D'ailleurs, toi. Oui, toi, qui pars à Tahiti. Ne te cache pas derrière ton paréo ! On t'a vu avec tes gros sous et ton amour immodéré pour la presse libre. La subvention de notre bon samaritain, la Fondation Un monde par tous, tarde à arriver. En attendant, les factures s'empilent, les retards de salaires prennent racine et notre banquier commence à développer une petite crispation de la paupière gauche. Alors avant de partir, il y a moyen que tu nous envoies un peu de flouze ?
Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages, du point de vue de celui qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, une chronique rallongée pour tenter de répondre à cette brûlante question : puisque la prison ne sert à rien, à quoi sert-elle réellement ?
« Ah bonjour ! Ça fait longtemps que vous êtes dehors ?
– Euh, depuis ce matin. J'veux dire, j'ai pas dormi à la rue quoi...
Mince, j'étais sûr qu'il m'avait reconnu. D'habitude je n'interpelle pas les anciens détenus par crainte de raviver des souvenirs merdiques mais là, c'est lui qui a lancé le premier « bonjour ». « Pardon, on s'est rencontrés à la maison d'arrêt, vous...
– Ah oui, l'atelier dessin ! Vous allez bien ?
– Oui et vous ? Je me disais bien que je ne vous voyais plus. Vous êtes sorti quand ?
– En mars, je crois... Mais j'y retourne bientôt. Ils m'ont remis sept mois au bout de quinze jours dehors ! Maintenant j'attends qu'ils viennent me chercher vu qu'on m'a pas donné de date.
En maison d'arrêt, les détenus restent en moyenne quatre mois. Certains sont transférés après condamnation vers un nouvel établissement, d'autres – la plupart – sortent, avec ou sans aménagement. Avec ce turnover, je tombe régulièrement sur d'anciens taulards dans les rues des petites villes de ma région. Lui, c'est M. Lefler*, je l'ai connu l'hiver dernier, il purgeait une peine courte et semblait habitué des lieux. Un mec très doux, visiblement apprécié des autres détenus, parfois l'air un peu hagard.
Comment peut-on considérer avec autant de nonchalance l'échec total de la tâche à laquelle on dévoue 40 heures par semaine ?
Depuis quelques semaines, je l'aperçois souvent, éclusant des canettes de bière forte sur les bancs du quartier. Il attend qu'on vienne le réincarcérer, cette fois pour outrage et violences sur agents « en état d'ivresse manifeste ».
Mirage de droiteLes prisons où je circule sont pleines de gens comme M. Lefler, à propos desquels la matonnerie déclare goguenarde : « Il connaît la maison mieux que nous ! » ; voire même : « On l'a vu grandir, lui ! » La première fois qu'une officière m'a balancé un truc comme ça, j'étais scié. Comment pouvait-on considérer avec autant de nonchalance l'échec total de la tâche à laquelle on dévoue 40 heures par semaine ? Jusque-là j'étais naïvement persuadé que les gens qui fabriquaient la taule se devaient de croire à son utilité. En réalité, ils et elles sont aux premières loges et n'ignorent donc rien du désastre ; désœuvrement, violence, désocialisation, trauma psychologique et réinsertion fantoche. La taule est un mirage : il faut la regarder de très loin pour s'imaginer qu'elle sert à quelque chose.
D'ailleurs, à quoi est-elle supposée servir ? Comme le système pénal dans son ensemble, la prison a pour objectif de protéger la société en dissuadant la commission d'actes illégaux, en les réprimant lorsqu'ils surviennent, en neutralisant leurs auteurs et en les « réformant » afin qu'ils ne représentent bientôt plus de danger ni pour eux ni pour les autres. Ils pourront alors être réintégrés. Mais dans son dernier livre, la chercheuse et militante abolitionniste Gwenola Ricordeau1 estime que l'institution ne remplit correctement qu'une seule de ces quatre « prétentions » : celle qui consiste à reléguer temporairement les personnes hors de l'espace public. La persistance du crime et de la récidive témoignerait pour sa part de la faillite du modèle carcéral.
De fait, il n'existe aucune donnée scientifique permettant de lier incarcération et baisse de la criminalité – si c'était le cas, les États-Unis où plus de deux millions de personnes sont emprisonnées seraient depuis belle lurette le pays le plus pacifique au monde ! Quant au taux de récidive, en France, il est de près de 63 % sur cinq ans. En gros, deux prisonniers sur trois sont – comme M. Lefler – susceptibles de revenir derrière les barreaux suite à leur libération. Pour y faire quoi ? Principalement rien, tant l'ennui est au cœur de l'expérience de la détention.
Les politiques publiques semblent prises dans un cercle vicieux, une forme d'addiction irrationnelle à la punition
Selon les régimes pénitentiaires, on s'ennuie seul·e ou dans la compagnie forcée d'un·e ou plusieurs co-détenu·es, mais on s'ennuie toujours profondément. On s'ennuie devant la télé, en fumant du shit, en faisant des tractions, en lavant le sol de la taule contre des miettes de salaire. On s'ennuie ferme du vendredi après-midi au lundi matin ou pendant les « vacances », lorsque les activités sont encore plus réduites que d'ordinaire. Dans son premier bouquin, le militant lié au groupe Action directe Jean-Marc Rouillan, appelait ça être « dissout dans l'acide du temps »2. Et cet ennui sidéral, dans des conditions de violences et de privation incompatibles avec la moindre exigence de dignité humaine, rejoué quotidiennement pendant des mois ou des années, devrait permettre aux personnes de réfléchir au sens de leurs actes et de se réhabiliter ? Mieux, cela devrait rétribuer quelque chose aux victimes ?
Crime de masseUne fois établie qu'elle nuit aux détenus mais aussi à leurs proches et à l'ensemble de la société, Gwenola Ricordeau estime que « la prison est un crime de masse commis en bande organisée ». Et de s'interroger : « Si elle ne sert pas à rien, à qui ou à quoi sert-elle ? » Et pourquoi se perpétue-t-elle ? Car de fait, les politiques publiques semblent prises dans un cercle vicieux, une forme d'addiction irrationnelle à la punition où le constat d'inefficacité du système carcéral n'empêche aucunement les magistrats d'enfermer de plus en plus, et les gouvernements successifs de réclamer sans discontinuer de nouvelles places de prison.
C'est qu'il existe des bénéficiaires directs de la prison. Juges, procureurs, greffiers, matons, personnels du ministère de la Justice ou professionnels du secteur de l'insertion ; ce sont tous ceux qui, à un niveau individuel, vivent de la répression et de l'enfermement. Leurs « profits » sont toutefois dérisoires à côté de ceux des grands groupes du BTP comme Bouygues ou Eiffage, qui conçoivent et bâtissent les taules, et des multinationales, comme Gepsa ou Sodexo, qui en assurent la « gestion déléguée » en prenant en charge la maintenance, le nettoyage, la restauration, la blanchisserie mais aussi la formation ou le travail pénitentiaire.
En tant qu'institution du système capitaliste, la prison contribue activement à maintenir son ordre social
Plus de la moitié des détenus sont aujourd'hui « gérés », en France, par une boîte privée dont l'objectif assumé est de rendre ce marché public rentable afin de dégager des bénéfices et de verser des dividendes aux actionnaires.
La suite est plus politique encore. En tant qu'institution du système capitaliste, la prison contribue activement à maintenir son ordre social. Gamin, sur la route des retours de week-end, j'avais une peur bleue lorsque nous longions de nuit la vieille prison du centre-ville : ses hauts murs noircis, ses fenêtres à barreaux auxquelles pendaient serviettes et sacs poubelle... Rien ne m'effrayait autant que d'apercevoir parfois l'un de ces proscrits derrière le point rouge d'une cigarette. Ce lieu incarnait pour moi la matérialisation même du mal sur la Terre et venait se confondre avec le purgatoire que détaillait la dame du catéchisme le mercredi matin. Ceux qui s'y trouvaient ne pouvaient que mériter leur sort.
Cette terreur enfantine, associée au mythe qui prétend que « ça peut arriver à tout le monde », illustre bien le rôle dissuasif de la prison. En réalité, la population criminalisée est clairement définie : ce sont en grande majorité des hommes jeunes, pauvres, peu éduqués et souvent non blancs.
La taule est un mirage : il faut la regarder de très loin pour s'imaginer qu'elle sert à quelque chose
En ceci, la prison est l'une des clés de voûte d'un système raciste et classiste qui cherche à contenir et discipliner les éléments les plus menaçants des classes populaires. C'est ce que rappelle le philosophe Geoffroy de Lagasnerie en réactualisant les thèses de Michel Foucault : « La stratégie du pouvoir pour les contrôler, c'est de les étiqueter comme délinquants et de les faire rentrer et sortir et rentrer et sortir dans un appareil police-prison qui permet de les assigner à une position sociale et donc de maîtriser leur puissance de subversion. »3 Et de conclure que le système pénal a donc moins des « fonctions criminelles » que « des fonctions sociales » et que non seulement il se fiche bien de lutter contre la récidive mais qu'il s'échine à la produire.
Luno1 . Tant qu'il y aura des prisons, Le Passager clandestin, 2026.
2 . Je hais les matins, Agone, 2001.
3 . Voir l'entretien avec Denis Robert sur le média en ligne Blast, 2025.
An outspoken conservative endorsed by Donald Trump was sworn into office as Colombia’s new president on Friday. Abelardo de la Espriella is the seventh rightwing politician to take office in Latin America since the start of Trump’s second term. Kai Wright speaks to former US ambassador to Panama John Feeley about why the region is moving rightwards, and how it is boosting Trump’s foreign policy objectives, from immigration to containing China.
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Democratic candidate for U.S. Senate Abdul El-Sayed speaks to supporters at an election-night rally. Photo by Scott Olson/Getty Images.On Tuesday, Dr. Abdul El-Sayed emerged as the Democratic nominee for U.S. Senate for Michigan after defeating Rep. Haley Stevens by just one point. The result was much closer than most recent polls of the race had predicted. The American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) whose support for Stevens over El-Sayed in the primary became a flashpoint in this race, suggested it may shift its support to Mike Rogers, the Republican in the general election, to keep El-Sayed out of the U.S. Senate. The Democratic establishment, which had broadly supported Stevens in the race, quickly coalesced around El-Sayed, with Stevens herself offering both a full-throated endorsement as well as a photo of the two of them hugging at a Michigan Democratic Party event. On Friday, Michigan Democrats were planning to hold a unity rally to solidify their commitment to their entire Democratic ticket in November.
The left’s track record was mixed on Tuesday. In Michigan’s 7th District, progressive William Lawrence won the Democratic nomination in Elissa Slotkin’s old district, and in MI-13, Sanders and AOC-endorsed Donavan McKinney unseated Rep. Shri Thanedar. In Tennessee, progressive Memphis State Rep. Justin Pearson won the primary for the U.S. House in Tennessee’s newly drawn 9th District. But in the St. Louis-anchored First District of Missouri, Rep. Wesley Bell handily defeated DSA-backed Cori Bush, who was challenging Bell for her old seat that he won in 2024. On the Republican side, Trump-endorsed Rep. Andy Ogles was defeated in the primary for his TN-05 seat by a candidate supported by Tennessee’s Governor Bill Lee. Meanwhile in Michigan’s 8th District, Trump-endorsed Amir Hassan, a Navy veteran and former law enforcement officer from Flint, Michigan, was easily defeated by Tom Smith, a candidate who had dropped out of the race in July. Smith will now return to the race to face Rep. Kristen McDonald Rivet, who is running for her second term representing the swing district in the U.S. House.
Last week, the Department of Justice acknowledged in a court filing that the damage to the Reflecting Pool was due to a “hasty and botched” renovation and dropped the charges it had filed against former Olympian David Hearn, whom it had accused of vandalizing the pool’s floor. Trump took to Truth Social on Saturday to declare that he disagreed with the decision of Jeanine Pirro—his hand-picked U.S. attorney for the District of Columbia—to drop the charges against Hearn, once again calling the damage “vandalism.” Then on Monday, Trump reportedly “laid into Pirro” and “read her the riot act” over her dropping the charges during a White House meeting.
White House continues to target Cook despite decision from justices that upheld Federal Reserve’s independence
Donald Trump is attempting once again to oust the US Federal Reserve governor Lisa Cook over allegations of mortgage fraud, despite a recent US supreme court decision that upheld the central bank’s independence.
Cook reportedly received a letter from the White House this week that provided notice, in accordance to the supreme court’s June ruling, that Trump was “considering removing” her from her Fed position over the same claims of mortgage fraud that he levied against her last summer.
Continue reading...Social media video shows 60-year-old woman being led away in handcuffs, but she was released minutes later
The Argentinian government posted a video on social media showing a 60-year-old woman being led away in handcuffs by two federal police officers during an immigration operation in Buenos Aires.
The woman’s face is shown unblurred in the video, which has nearly 1m views and depicts one of hundreds of such operations carried out by the administration of the far-right president, Javier Milei, directly inspired by Donald Trump’s immigration crackdown in the US.
Continue reading...
Federal immigration officers make an arrest as bystanders film the incident earlier this year in Minneapolis. (AP Photo/John Locher) John Locher/Associated PressWelcome to today’s Trump Tyranny Tracker…
Trump’s regime is monitoring Americans’ social media, collecting DNA from children and people never convicted of crimes, and erasing the remaining Jan. 6 cases against Oath Keepers.
• ICE is building dossiers on U.S. citizens
• DOJ erased the remaining Jan. 6 charges against eight Oath Keepers insurrectionists
• Trump’s Iran war depleted close to 80% of U.S. THAAD interceptors
What Happened: ICE expanded its surveillance program monitoring social media for threats and activity that could interfere with immigration enforcement. Contractors compile dossiers on people flagged by the system, including U.S. citizens, while DHS has issued hundreds of subpoenas to identify anonymous users and sent agents to question people over their posts.
Why It Matters: ICE is building dossiers on Americans, unmasking anonymous users, and sending agents to their homes over online speech. These are authoritarian tactics meant to make people afraid of criticizing the government and organizing to protest.
Source: Wall Street Journal
What Happened: A top CFPB examiner warned staff of “most unpleasant” consequences if they were too aggressive while examining financial firms. Trump officials have also cut CFPB examinations in half and scaled back oversight of student loans, medical debt, and other areas.
Why It Matters: Trump is gutting the agency meant to protect Americans from financial abuse while intimidating the people responsible for policing banks and lenders. Less oversight means corporations can exploit consumers without consequences.
Source: Reuters
What Happened: FCC Chair Brendan Carr and Commissioner Olivia Trusty face ethics complaints for accepting expensive Kennedy Center tickets from Paramount while the FCC reviewed major deals involving the company. Carr has reported more than $75,000 in gifts from CBS or its parent company since 2017, while Trusty accepted two tickets from Paramount worth more than $12,000.
Source: ProPublica
What Happened: Trump’s DOJ sent election monitors to four Michigan cities during the primary: Detroit, Hamtramck, Lansing, and East Lansing. The cities have large Black, Arab-American, Muslim, immigrant, and college student communities.
Why It Matters: Trump is pushing federal control deeper into elections ahead of the midterms, targeting mail voting and voter rolls while sending DOJ monitors into local elections. He continues to lay the groundwork to interfere in elections that will determine control of Congress.
Source: Bloomberg
What Happened: ICE collected around 920,000 DNA profiles for the FBI’s criminal DNA database in 2025, including people never convicted of a crime and children held with their families in immigration detention. Their DNA can be retained indefinitely.
Why It Matters: Hundreds of thousands of people never convicted of a crime, including children, are being placed in a permanent federal DNA database. History has repeatedly shown how dangerous government lists are.
Source: WIRED
What Happened: Senate Democrats say Todd Blanche’s agreement to eliminate Trump’s proposed $1.776 billion slush fund leaves loopholes allowing a similar payout scheme to return. The deal also leaves a sweeping order intact shielding Trump from federal investigations into his past conduct.
Why It Matters: Trump’s former personal lawyer is taking over DOJ while Trump, his family, and companies remain shielded from federal investigations into past conduct. The deal also leaves a path to revive a taxpayer-funded payout scheme for Trump criminals.
Source: The Hill
What Happened: A federal judge granted Trump’s DOJ request to dismiss the remaining Jan. 6 charges against eight Oath Keepers, including Stewart Rhodes, wiping their records clean and effectively ending the largest criminal investigation in DOJ history. Judge Amit Mehta called the dismissals “unearned grace” that diminishes the gravity of Jan. 6.
Source: New York Times
What Happened: More than 20 states and Washington, D.C., sued to block a Trump rule allowing personal information from millions of low-income families receiving federal assistance to be shared across the government and potentially with private entities. The data includes Social Security numbers and immigration status.
Why It Matters: Information families were required to provide to receive government assistance could now be repurposed for surveillance and immigration enforcement. Government benefits should not become a backdoor for collecting and sharing sensitive information on millions of people.
Source: Associated Press
What Happened: Federal judges have ruled against Trump in 75 First Amendment cases involving freedom of speech, religion, and the press. The cases include retaliation against universities and law firms, restrictions on journalists, punishment of pro-Palestinian speech, and excessive force against protesters.
Why It Matters: Trump’s government has lost 75 of 93 First Amendment cases decided during his second term. Courts are repeatedly finding the same thing: Trump is using government power to punish speech, journalists, protesters, and institutions he doesn’t like.
Source: Reuters
What Happened: Edwin Lopez-Cornejo died after a medical emergency while detained at Delaney Hall in New Jersey. His family says he had diabetes, high blood pressure, and seizures and was not receiving access to his medications. The day before his death, he told his mother he had lost feeling in half his face and arm.
Why It Matters: Lopez-Cornejo reportedly went without regular medication and described alarming medical symptoms the day before he died in ICE custody. His family is demanding an independent investigation into whether medical neglect contributed to his death.
Source: Associated Press
What Happened: ICE arrested 51,000 people in July, the highest monthly total in DHS history, as enforcement quietly expanded across the country. Some of those detained had no criminal records and held valid work authorization or parole documents.
Source: ABC News
What Happened: Private contractors are competing for hundreds of millions of dollars in Trump immigration contracts, including a self-deportation contract worth up to $915 million. Companies are profiting from detention, deportation flights, food, laundry, and other services as ICE rapidly expands.
Why It Matters: Trump’s mass deportation operation isn’t only built on cruelty and human rights abuses. It has become a profit machine, with private companies making more money as more people are detained and deported.
Source: Mother Jones
What Happened: ICE detained University of Maryland pharmacy instructor Berhanu Kibret at Dallas-Fort Worth airport as he returned from a conference where he received a “teacher of the year” award. DHS says he overstayed his visa, while the university says he has valid work authorization. He has no reported criminal convictions.
Source: The Guardian
What Happened: The U.S. military has depleted nearly 80% of its THAAD interceptors and roughly half of its Patriot interceptors since the Iran war began, with senior commanders warning that stockpiles are “dangerously low.” The Army has also used virtually all of its highly accurate long-range surface-to-air weapons.
Why It Matters: Trump’s war with Iran is burning through some of America’s most critical missile defenses. The U.S. now has fewer interceptors to protect American troops, defend allies, or respond to other crises.
Source: CNN
What Happened: The State Department plans to close U.S. diplomatic posts in Canada, Japan, Indonesia, Cameroon, and Grenada, following earlier plans to shutter nearly a dozen other missions. The White House budget office had pushed for closing as many as 30 posts as Trump shrinks America’s diplomatic presence abroad.
Source: Reuters
What Happened: Iran believes it has the upper hand after Trump repeatedly threatened major military strikes and then backed down. Tehran has interpreted Trump’s repeated threats without follow-through as American weakness.
Source: Bloomberg
What Happened: Trump officials revoked the visa of Brazil’s ambassador to Washington as tensions escalate ahead of Brazil’s October presidential election. The move follows 50% U.S. tariffs and sanctions imposed amid Trump’s accusations that Brazil is unfairly targeting former President Jair Bolsonaro and other conservatives.
Why It Matters: Trump is using U.S. tariffs, sanctions, and diplomatic pressure to punish Brazil for going after Bolsonaro and his allies. He is using American power to interfere in another country’s election and protect his far-right allies
Source: Wall Street Journal
What Happened: Justin Overbaugh, a Pentagon official overseeing defense intelligence and security agencies, has repeatedly promoted Christian nationalist and far-right figures and ideas. He has praised Christian nationalist Stephen Wolfe, promoted Doug Wilson’s church network, supported Germany’s far-right AfD and British anti-Islam extremist Tommy Robinson, and advocated for government-endorsed Christianity.
Why It Matters: A Pentagon official overseeing U.S. intelligence and security agencies is openly promoting Christian nationalism and far-right movements. Extremist ideology continues to be normalized inside the institutions responsible for national security and across the federal government.
Source: Mother Jones
What Happened: U.S. job openings fell by 178,000 in June to 7.36 million, with healthcare and social assistance recording its largest drop in available jobs in nearly a year. The decline comes as Americans continue facing elevated inflation and economic uncertainty.
Source: Reuters
Check out 50501 for local and nationwide events…
Source: 50501
What Happened: A federal appeals court ruled that Trump’s EPA cannot terminate $20 billion in climate grants that it froze early last year over allegations of waste and fraud. Investigations by the EPA inspector general, Justice Department, and FBI never substantiated those allegations.
Source: New York Times
$75,000+ — Gifts FCC Chair Brendan Carr has reported receiving from CBS or its parent company since 2017.
8 — Oath Keepers whose remaining Jan. 6 charges Trump’s DOJ erased, including leader Stewart Rhodes.
920,000 — DNA profiles ICE added to the FBI’s criminal database in 2025, including children and people never convicted of crimes.
75 of 93 — First Amendment cases Trump’s regime has lost during his second term.
51,000 — ICE arrests in July, the highest monthly total in DHS history.
Nearly 80% — Share of U.S. THAAD interceptors depleted since Trump’s war with Iran began.
50% — Share of U.S. Patriot interceptors depleted since the Iran war began.
$915 million — Potential value of a private contract tied to Trump’s self-deportation program.
$1.776 billion — Size of Trump’s proposed slush fund, which could return in another form.
20+ states — Suing to stop sensitive information on millions of low-income families from being shared across the federal government.
ICE surveillance is expanding beyond immigration enforcement — How far will DHS go in monitoring Americans, unmasking anonymous accounts, and sending agents to question people over political speech?
Trump is pushing federal power deeper into elections — What role will DOJ play in the midterms as Trump targets mail voting, voter rolls, and sends federal monitors into local elections?
The government is building massive databases on people who committed no crimes — Will courts stop ICE from permanently storing DNA and block the government from sharing sensitive benefits data?
Trump’s Iran war is draining U.S. missile defenses — What happens if another crisis erupts while THAAD, Patriot, and other interceptor stockpiles are dangerously low?
The deportation industry is becoming big business — How much more taxpayer money will flow to private companies as ICE arrests and detention continue to surge?
Mass Surveillance — ICE is building dossiers on Americans, collecting DNA from children and people never convicted of crimes, and the government is seeking broader access to sensitive personal data.
Speech Suppression — Trump has lost 75 of 93 First Amendment cases while ICE monitors online speech and federal power is used against critics, protesters, journalists, and institutions.
Deportation Profits — ICE arrests reached a record 51,000 in July while private companies compete for hundreds of millions of dollars from Trump’s expanding detention and deportation operation.
Extremism Normalized — Trump’s DOJ erased the remaining Oath Keepers cases while a Pentagon official overseeing intelligence and security openly promotes Christian nationalism and far-right extremist movements.
Defenses Depleted — Trump’s Iran war has burned through nearly 80% of U.S. THAAD interceptors and roughly half of Patriot interceptors while Iran views his threats as weakness.
Document Everything: Document purges, corruption, and power grabs. Share credible information with journalists, watchdogs, and legal experts. Silence enables authoritarianism—see something, say something.
Defend Press Freedom: Support independent journalism by subscribing to and sharing reporting that challenges Trump’s power grab.
Contact Lawmakers: Demand accountability for Trump’s unchecked power and war on oversight.
Mobilize for Action: Organize or join legal efforts and resistance movements to protect democracy and human and civil rights.
Thanks for reading the Trump Tyranny Tracker. Stay tuned for more updates.
La chorale des Deter-chantent recrute pour sa rentrée 2026-2027 à l'Arche de Noé (Lyon 7) !
Nous sommes une chorale féministe inclusive et autogérée, en mixité choisie MINT : Meufs, personnes Intersexes, Non-binaires (sans mec cis).
Nous nous retrouvons tous les mercredis soirs (19h30 - 21h30) pour chanter, échanger, faire entendre nos voix autour de luttes sociales et environnementales, en prenant de la place ensemble dans l'espace public pour défendre plus d'égalité et de solidarité.
Nous sommes déjà une trentaine, et nous allons ouvrir une dizaine de places pour des inscriptions de nouvelleaux. Pour plus d'équité, nous avons décidé d'organiser un tirage au sort.
→ Si vous êtes intéressé.e.s, merci de nous adresser un mail à deter-chantent@proton.me avec comme objet « Inscription rentrée + votre nom » d'ici le 2 septembre max (avec prénom, nom, adresse mail, et toute autre info que vous jugerez utile) pour que nous puissions bien le traiter, vous envoyer un accusé de réception et vous intégrer au tirage au sort qui aura lieu début septembre.
→ Si vous avez des questions avant de faire cette démarche, nous ferons notre possible pour vous répondre avant la date limite des inscriptions.
→ Et si vous voulez nous rencontrer d'ici là, nous organisons avec d'autres chorales féministes des répétitions ouvertes en mixité choisie femmes + personnes LGBTQIA+, au local de la Comète [https://lacomete.hotglue.me/] à Valmy, les mercredis 22 juillet, 5 et 19 août de 19h à 21h.
Les Deter
Exposition sur Les 90 ans de la Révolution espagnole
Pour ceux et celles qui ne peuvent venir au Cras, quelques images et documents sur l'exposition : https://cras31.info/IMG/pdf/cras_expo_sur_les_90ans_revo_espagnole_2026.pdf
Dessins et Arts Graphiques, dessinatrices et dessinateurs
AOUT 2026 - Permanences :l'expo est visible les mardi et jeudi de 15h à 19h ou sur rendez-vous. Le centre d'archives est ouvert pendant l'été.
Le 19 juillet 1936 marque la contre-offensive ouvrière dans toutes les grandes villes d'Espagne, suite au soulèvement militaire fasciste du 18 juillet. La CNT (Confédération nationale du travail), alors première force syndicale avec plus d'un million d'adhérent-e-s avait permis la victoire du Frente Popular en ne faisant pas campagne en faveur de l'abstention, pour permettre la libération des 30 000 détenus libertaires (emprisonnés suite aux diverses révoltes dont celle des Asturies en 1934). Le 21 juillet est créé le Comité Central des Milices à l'initiative de la CNT, regroupant l'ensemble des organisations ouvrières révolutionnaires et républicaines. Le communisme libertaire est prononcé dans de nombreuses communes et cantons où déjà nombre de terres, d'usines et de services publics sont collectivisés. La CENU (Nouvelle École Unifiée de Catalogne) est créée.
Le Cras propose, à partir de différents supports (affiches, dessins, presse, clichés typographiques…), une exposition de Dessins et Arts Graphiques de différents artistes qui ont œuvré de 1936 à 1939 pour la révolution en Espagne, puis en exil, particulièrement en France et à Toulouse, à partir de 1939.
« L'explosion d'affiches de juillet 1936 à Barcelone », comme l'appelle le dessinateur Carles Fontserè, est un phénomène occulté pendant les 40 années de franquisme. Il est pourtant présent sur tout le territoire. Chaque organisation a alors ses propres dessinateurs et dessinatrice et l'on estime à plus de 3 000, le nombre d'affiches réalisées pendant les trois années de guerre.
On trouve aussi des illustrations et des photomontages pour des revues, la presse, des carnets de dessins et des cartes postales. On dénombre une dizaine de syndicats et regroupements de dessinatrices et dessinateurs. Le Syndicat des Dessinateurs Professionnels à lui seul compte jusqu'à1800 membres.
« L'affiche est un cri collé au mur », Un grito pegado en la pared (Manuel Monleon)
📍 Lieu : Au CRAS - 39, rue Gamelin, 31100 Toulouse
🚇 Métro Fontaine-Lestang | Tram Déodat de Séverac
Tél : 09 51 43 19 08
mail : cras.toulouse@yahoo.com
site internet : https://cras31.info/
L’Éveil de Haute Loire / jeudi 6 août 2026
Les sapeurs-pompiers de Saint-Julien-Chapteuil ont été engagés peu avant 3 heures, dans la nuit de mercredi à jeudi. Un début d’incendie venait d’être signalé sur un engin de chantier stationné en bordure de la RD 28, entre le lieu-dit de La Pénide, commune de Saint-Hostien, et Le Pertuis, à l’endroit où une déviation de la route départementale doit être créée dans les prochains jours, dans le cadre du vaste chantier de contournement de la RN 88. Grâce à l’action des sapeurs-pompiers, le feu s’est limité à la roue avant droite de la pelleteuse.
La gendarmerie s’est rendue sur place jeudi matin. Un technicien de la cellule d’investigation criminelle travaillait, aux côtés d’une patrouille de la brigade de proximité de Saint-Julien-Chapteuil. Les militaires ont procédé à différents relevés dans le but de trouver des traces et indices permettant de déterminer l’origine de l’incendie.
Ces travaux, dont la maîtrise d’ouvrage est confiée à la région Auvergne Rhône-Alpes, connaissent de nombreux détracteurs. Des dégradations ont déjà été constatées par le passé, notamment des graffitis laissés sur des machines lors du chantier préparatoire.
En novembre 2023, les gendarmes avaient fait usage de la force pour déloger des manifestants qui s’étaient allongés sous des barbelés pour empêcher le passage des pelleteuses devant réaliser les travaux de fouilles archéologiques à l’endroit du futur viaduc du Roudesse. Placés en garde à vue, quatre hommes et une femme ont été condamnés en 2025 à payer chacun une amende de 300 € et à dédommager la Région à hauteur de 4.620 €. Au printemps dernier, après la première réunion d’information concernant le début du chantier, l’un des salariés a constaté qu’un pneu de sa voiture avait été dégonflé. Là encore, une enquête de gendarmerie avait été ouverte afin d’établir s’il s’agissait d’un acte criminel.
Le chantier de la construction du viaduc du Roudesse a débuté au printemps et les piles commencent à émerger. En septembre débutera une nouvelle phase du chantier : celle de la création de déviations provisoires de la RD 28. C’est à cet endroit que la pelleteuse touchée par un incendie était stationnée.
C'est l'été et les militant.es sont en vacances*.
C'est l'été et les militant.es sont en vacances*.
9 mois de travail-militant, il faut bien se reposer un peu quand même.
Et puis de toute façon, c'est bien connu, l'été, plus besoin de s'organiser contre la prison ou la guerre puisque les prisonnier.es partent à la mer et qu'il fait trop chaud pour se faire bombarder.
Plus besoin non plus d'imprimer textes, brochures ou affiches, faire fonctionner l'imprimante fait monter les degrés dans la pièce. Et quand on sait en plus que l'industrie du papier fait partie des responsables du réchauffement climatique, on ne peut que saluer cet écogeste.
Plus besoin de cantine pour manger non plus, la canicule, c'est pratique pour ça, ça coupe la faim.
Et surtout, plus besoin d'espace de sociabilité. Toulouse plage, c'est toujours plus sympa solo, non ?
Trêve de plaisanteries...
L'été, les villes sont désertées majoritairement par celleux qui peuvent se permettre de partir en vacances. Pour qui reste, c'est pareil que d'habitude mais en pire. Il n y a presque plus aucune activité ni espace de sociabilité, l'isolement se fait d'autant plus ressentir. Et c'est bien triste que des projets / espaces subversifs participent à cette dynamique en ce mettant en pause. C'est pas un hasard si l'été fait partie des périodes de l'année avec le plus de passages aux urgences psys et de tentatives de suicide. Aussi la plupart des soignant.es et travailleur.euses sociaux sont en vacances et les urgences sont encore plus saturées que jamais. En taule, la canicule rend le quotidien encore plus suffoquant qu'à l'habitude. En ville, les apparts de pauvres sans clims sont les plus à risque et celleux qui y vivent n'ont pas les moyens d'aller se mettre au vert. Pas mal de gent.es à la street se font dégager des zones touristiques où iels zonent l'hiver et se retrouvent coincés dans la fournaise toulousaine à dormir sur le béton brulant, où même les parcs sont fermés la nuit.
Il ne s'agit pas de dire qu'il faut se sacrifier pour la lutte et encore moins ne pas faire de pauses ou ne jamais se reposer. Encore moins de ne jamais bouger de Toulouse. Au contraire, s'il y a autant un besoin de couper/se reposer/vadrouiller qui se manifeste l'été pour certain.es, pourquoi ne pas remettre en question nos rythmes le reste de l'année ? Parce que c'est bien souvent celleux qui ne peuvent pas suivre les rythmes 9 mois sur 12 qui se retrouvent coincées en ville et isolées les 3 mois restants où les militant.es arrêtent de militer et que les initiatives se mettent en pause.
J'entends souvent parler de burn-out militant. Pour beaucoup, le militantisme est un travail, une activité extra-scolaire ou saisonnière, en tous cas séparée de la vie quotidienne. Bref, un truc à côté du taff, un passe temps pour le week-end, un loisir. Le samedi je manifeste, le lundi je suis bonne employée. Le mardi, j'étudie la philo, le mercredi soir je fais une assemblée. On se crame puis on arrête quand ça commence à trop impacter les autres aspects de notre vie, il faut du temps pour le développement personnel tsais. Ou les aspects plus rentables : parce que oui, le militantisme ça paye pas (ou peu…).
Le militantisme est pour moi contradictoire avec mes désirs de liberté et de révolte, avec un refus de l'autorité qui touche à tous les aspects de ma vie et transforme mon lien aux autres et au monde, un monde qui est à détruire, en hiver comme en été. A cela s'ajoute que je trouve ça carrément relou de se retrouver à la remorque du calendrier scolaire.
Bref, un big up à celleux qui continuent leurs initiatives en été !
Mention spéciale à Oestrosoupe et à la bibliothèque anarcha feministe qui maintiennent leurs perms, tout comme ambiance pédale.
Une rageuse parmi d'autres
*J'parle pas des squateur.euses expulsé.es en vadrouille avant réouverture et/ou des galérien.nes qui font les saisons.
« Juillet 1936, dans les casernes catalanes... »
Présentation
La première partie de ce travail est initialement parue en espagnol dans la revue Comunismo 66 du Groupe Communiste Internationaliste (GCI) en février 2017. Bien que l'équipe qui a produit ce matériel ait préparé sa suite dans les numéros suivants de cette revue, une série de circonstances et de ruptures ultérieures ont interrompu le planning prévu. Plus de cinq ans après, une bonne partie des militants qui composaient l'équipe ont décidé de reprendre cette tâche importante, considérant qu'elle représente une contribution qualitative au bilan que notre classe a forgé de cet épisode historique extraordinaire. Cette seconde partie fut publiée par les Proletarios internacionalistas dans la revue Revolución 2 en septembre 2023.
Certains camarades s'interrogent sur l'utilité que peut avoir un tel matériel dans le présent : un bilan d'un processus qui s'est déroulé il y a presque un siècle et sur lequel on a écrit ad nauseam. Tout ce qui est important du point de vue du prolétariat révolutionnaire n'a-t-il pas déjà été dit ? N'y a-t-il pas des questions et des problèmes actuels beaucoup plus importants qui requièrent nos efforts et qui auront plus d'impact, ou du moins qui seront mieux accueillis dans notre communauté de lutte, par rapport à ce « mammouth » sur la lutte en Espagne dans les années 1930 ? Nous ne nions pas qu'il existe des questions actuelles d'une grande pertinence qui sont abordées aujourd'hui au sein des minorités révolutionnaires et d'autres sections de notre classe. Nous n'y sommes pas étrangers et y participons à différents niveaux.
L'antifascisme ne continue-t-il pas à avoir une force hégémonique partout, acquérant une nouvelle vigueur et renforçant la démocratie, le politicisme, la polarisation entre la gauche et la droite, en enrôlant même les prolétaires dans telle ou telle guerre ? Le gestionnisme n'est-il pas l'une des voies par excellence face à la crise de la valorisation du capital ? L'État du Rojava, la guerre Ukraine-Russie, l'utilisation constante d'un moindre mal, l'épouvantail du fascisme, le possibilisme, l'apologie de la prise des centres de production par les travailleurs comme objectif, l'anti-autoritarisme comme monopole du pouvoir dans les mains de l'État… Le bilan présenté ici ne fait qu'approfondir la critique de ces idéologies et d'autres qui restent aujourd'hui un pilier de l'ordre social. Leur pertinence et leur importance sont irréfutables.
Certes, la critique révolutionnaire a déjà passé en revue ces forces de l'ennemi au cours de ces neuf décennies. Mais il s'agit de poursuivre cette tâche en allant plus loin, de contribuer à donner à la critique historique du prolétariat un contenu plus profond et plus concret. En ce sens, nous ne pouvons pas permettre que ces matériaux continuent à circuler et à être discutés exclusivement « en interne » entre quelques camarades et groupes.
Au-delà de l'explication de notre méthodologie d'analyse, la présente contribution expose ce qui est pour nous l'ABC de la révolution et de la contre-révolution dans la région espagnole des années 30, accompagné d'un bref compte-rendu critique du développement de la lutte des classes dans cette période, en soulignant la force du prolétariat, de son associationnisme, de ses tentatives insurrectionnelles. En même temps, nous avons essayé de montrer comment ce processus riche et complexe de la montée de la révolution était parallèle à la constitution et à l'établissement de son contraire : la contre-révolution. En effet, nous avons montré comment, tandis que le prolétariat remettait en cause et attaquait l'ensemble de l'ordre social, tentant d'imposer ses besoins par sa force collective, essayant de faire un saut qualitatif par des tentatives insurrectionnelles, la contre-révolution prenait des formes alternatives pour neutraliser et phagocyter cette force qui menaçait son existence : république, partis de gauche, « alliances ouvrières »… jusqu'à ce qu'elle trouve dans le Front populaire et l'antifascisme la formule sur laquelle la contre-révolution s'est structurée et imposée.
Avec cette contribution, nous considérons que nous avons fait un pas en avant dans l'analyse des fondements de la contre-révolution dans la question espagnole. Il va sans dire que nous encourageons les camarades à nous envoyer toute critique de ce bilan, ainsi que toute information peu connue relative à ce formidable épisode de notre lutte de classe.
Espace de discussion entre personnes psychiatrisées.
Il fait frais à l'Impasse si la chaleur te fait hésiter à venir !
Depuis février 2024, on est quelques un.es à se retrouver presque toutes les deux semaines pour échanger sur nos galères psy et se partager quelques outils. On n'est pas toujours les mêmes, certain.es n'ont loupé quasiment aucune séance, d'autres viennent puis repartent puis reviennent, ou pas.
Les prochains goûters sont les mardis 4 et 18 août de 13h à 16h, toujours à l'impasse, 1 impasse lapujade à Toulouse.
Historique des brunchs
Avec ou sans diagnostics, avec ou sans traitements, avec des parcours variés et venant d'horizons différents, on a jusqu'à maintenant réussi à faire de ces temps d'échange un espace à la fois de soutien et de réflexion sans pour autant être un groupe de parole. Il ne s'agit pas tant de s'interdire de parler de soi et de son propre vécu, que de garder une attention collective à la façon dont on aborde les sujets compliqués pour éviter de se plomber les un·es les autres.
Se retrouver autour d'un brunch, pour un moment chill, c'est aussi l'idée de sortir nos zinzineries du placard où la psychophobie nous enterre malgré nous, et de s'offrir un espace rare où on n'est pas obligé·e de faire semblant que "ouais carrément ça va !" Un espace où questionner la place de "patient·e" à laquelle la psychiatrie nous assigne, sans pour autant porter de jugement sur les choix des un·es et des autres. Où parler de ce monde de dingue (ben ouais c'est pas nous le problème ! Ou pas que en tout cas) qui en plus de nous précariser, de nous surveiller et de nous contrôler, voudrait nous faire porter la responsabilité de ne pas être ces sujets valides, productifs et toujours en quête du bonheur dont rêve le capitalisme. Et nos parents. Et nos potes. Y compris dans les milieux militants où c'est toujours galère de faire entendre que la psychophobie, ben ouais, c'est une oppression structurelle. Ben ouais.
Si tu es un.e professionnel.le en santé mentale, quelque soit ta spécialité, nous préfèrerions que tu ne vienne pas. On va se partager des outils et des vécus, depuis une position de domination partagée qui est celle d'être considéré.e comme fou/folle/inadapté.e/neuroatypique/névrosé.e/anormal.e/etc. En tant que professionnel.le, même si t'as des galères psy de ton coté aussi, tu valide et reproduis, malgré toi, toute une histoire d'abus et de maltraitance dont la psychiatrie, et + largement la "santé mentale", est issue.
Comment ça se passe ?
Ça dure 3h. On est à peu près 3-4-5 personnes, le nombre peut varier mais pas plus que 10 habituellement. Certain·es arrivent avec des propositions, on décide de quoi on a envie de parler et sur quel format : toustes ensemble, en petits groupes ou en binômes. On se partage des outils qu'on trouve intéressants (brochures, bouquins, Bds, adresses de soignant·es à fuir ou à rencontrer...), on fait au moins une pause au milieu, et on grignote tout du long en buvant les trucs qu'il y a sur la table.
Et pis on a un pad, où retrouver les dates des prochains rdvs, se proposer des thématiques pour les prochaines fois et partager des ressources.
https://pad.riseup.net/p/brunchmental2024-keep
A très vite, et portez vous bien !
Oestrosoupe c'est des permanences en non-mixité transfem, transexuelles etc pour s'entraider et s'autonomiser sur nos transitions, pour partager nos expériences loin des cis et des médecins. On a du matos d'injections, des zines sérieux ou rigolos (et mal imprimés).
Tu peux ramener de la nourriture ou de délicieuses boissons ce sera toujours bienvenu !! En ce moment on CREVE de chaud, prend ton micro ventilo ou ton éventail ça va faire du bien à tout le monde :))
C'est un dimanche sur deux, de 14h à 18h au Bicyclit', 18 rue du printemps.
Si tu en as marre de te tartiner de gel plusieurs fois par jour ou de retrouver des patchs collés sur tes fringues. Ou que tu galère à pécho une ordonnance pour obtenir plus de deux pauvres pressions quotidiennes. Si tu as envie de passer aux injecs et qu'il te faut un peu plus qu'un tuto vidéo pour savoir où planter l'aiguille. Ou que tu as besoin de renouveler ton stock de jus de femme. Si tu as des questions que tu imagines tellement idiotes que tu n'oses même pas les poser à ChatGPT !!
Et bien on te propose de venir à notre prochaine permanence pour échanger sur nos pratiques, nos besoins, nos galères et se former aux traitements hormonaux DIY par injection. Pour s'autonomiser face aux médecins et adapter nos THS par nous-mêmes. On aura du matériel de réduction de risques pour se piquer à disposition et de quoi se faire un goûter si chacune ramène de quoi grignoter.
Oestrosoupe c'est les trannies les plus secouées de ta région, un collectif par et pour les transfems dans le but de partager les connaissances intracommunautaires sur les transitions médicales. C'est une expérience d'autonomisation, pour ne pas laisser le savoir à des assos loi 1901 qui perdent parfois les raisons de leur existence dans la gestion administrative et la chasse aux subventions. On croit à des réseaux de solidarité qui ne comptent pas sur la thune de l'état ou le bon vouloir des politiques de pink washing pour se mettre en place.
Vive l'autogestion des transitions, vive le DIY et nique la fRance !!!!!
INFOS PRATIQUES
Horaire : 14h - 18h
Lieu : Bicyclit', 18 rue du Printemps 31000 Toulouse
Date : dimanche 26 juillet, dimanche 9 août et dimanche 23 août
CONTACT
mail : oestrosoupe@riseup.net
Le guide à l'usage des proches de personnes incarcérées à été mis à jour. Il est commandable en version papier ou disponible sur internet.
La dernière version de ce guide datait de 2013 et depuis beaucoup de choses ont changé.
Du fait d'un état de plus en plus répressif, qui instaure des lois de plus en plus répressives, le nombre de personnes en prison depuis 2013 a considérablement augmenté, passant de 67 000 à 86 000 personnes. Cela est vrai aussi pour d'autres dispostifs où la personne est écrouée sans être incarcérée, comme le bracelet électronique. Ainsi, le nombre de personnes sous bracelet est passé de 10 000 à 19 000 entre 2013 et 2026. En paralèlle, le nombre de places en prison a aussi augmenté, permettant d'enfermer de plus en plus de gens.
L'augmentation de cette répression s'observe aussi dans l'allongement de la durée des peines : les peines sont de plus en plus longues, ce qui est en partie favorisé par l'apparition de quartiers spécifiques : là où avant des personnes incarcérées auraient pu être libérées, on observe maintenant un maintien en détention (ou sous d'autres modalités de contrôle et de répression). Il y a aussi la création de quartiers toujours plus sécuritaires, où les personnes sont soumises à des régimes d'isolement très durs, les derniers en date étant les quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).
Ce guide porte essentiellement sur la prison mais il y est évoqué aussi d'autres formes d'enfermement comme les CEF/CER (centre éducatif fermé/renforcé) ou encore les CRA (centre de rétention administratif), prisons qui ne disent pas son nom, et donne également des informations sur le déroulement des procés.
L'idée de ce guide est de se donner des billes face à la taule et de favoriser le lien entre l'intérieur et l'extérieur, qu'il passe de mains en mains entre proches, mais aussi à l'intérieur, qu'il soit distribué devant les prisons...
Le guide est commandable en papier à l'adresse : guideprochesprison(a)riseup.net. Il est à prix libre (incluant la gratuité) pour pouvoir en financer l'impression.
Il est aussi disponible sur le site : guideprochesprison.noblogs.org.
Des personnes qui ont participé à cette mise à jour ont enregistré une émission depuis la salle d'impression pour présenter cette nouvelle édition. Pour l'écouter : Retour ligne automatique
Carapatage#97 – Sortie de l'édition 2026 du guide à l'usage des proches de personnes incarcéréesCarapatage#97 – Sortie de l'édition 2026 du guide à l'usage des proches de personnes incarcérées
Brique par brique, pierre par pierre, mur par mur...
Quelques semaines après de premières informations sur le développement d’une enceinte connectée par OpenAI, le projet se précise. Mark Gurman de Bloomberg a ainsi révélé le 6 août que le créateur de ChatGPT travaillait sur un appareil sans écran, qui aura la forme d’un donut de la taille d’un palet de hockey, avec un design haut de gamme et des matériaux nobles. Équipé de plusieurs haut-parleurs, microphones et de caméras pour analyser l’environnement de l’utilisateur, l’appareil à piles devrait pouvoir fonctionner dans différentes positions, qu’il soit posé sur une table ou tenu en main.

En interrogeant l'intelligence artificielle de Google sur le jeu indépendant Operation Octo, un joueur a obtenu le nom exact d'un personnage encore secret. Son créateur assure ne l'avoir écrit que dans un document Google privé. Mais cette apparente fuite, impossible à reproduire, pourrait cacher une explication moins spectaculaire.

Source :Compte X, le 2 août 2026
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Alors que l’été caniculaire a été l’occasion de faire le point sur le réchauffement climatique et la façon dont nos sociétés s’y adaptent, le photovoltaïque, source d’énergie dite propre, est revenu sur le devant de la scène.
Promu dans un objectif de décarbonation, le photovoltaïque aurait aussi ses torts, selon ses détracteurs. Parmi les critiques avancées : les panneaux solaires réchaufferaient l’atmosphère.
Une publication japonaise vue 3,6 millions de fois dénonce ainsi une température locale importante. « Les panneaux solaires sont un véritable enfer de chaleur. Je pense qu’ils contribuent indéniablement au réchauffement climatique. », assure l’internaute, qui partage une image infrarouge de panneaux solaires pour illustrer cette supposée arnaque.
Sur Facebook, certains relaient cette idée et la mettent en parallèle avec une « hypocrisie » de l’Agenda 2030 – le programme de l’ONU visant à atteindre 17 objectifs de développement durable d’ici 2030, dont le recours à des énergies plus respectueuses de l’environnement. Selon eux, les panneaux solaires seraient une fausse solution contre le « réchauffement climatique ».
« Ces projets […] augmentent la température de l’air à proximité des installations », indique une internaute. Cette hausse pourrait atteindre « cinq degrés », précise-t-elle.
La communauté internationale, loin d’avoir trouvé la solution miracle, aurait-elle donc fait fausse route en misant sur le photovoltaïque pour produire une énergie moins polluante ?
Les Surligneurs se sont penchés sur la question. Les effets thermiques locaux des panneaux solaires – réels – ne peuvent être appréhendés sans analyser l’impact global de cette source d’énergie sur le climat, à l’aune de la consommation mondiale. Deux échelles indispensables pour mesurer la contribution réelle du photovoltaïque au dérèglement climatique.
8,7 % du mix électrique mondial
Le photovoltaïque fait partie des énergies renouvelables dans lesquelles les États sont encouragés par l’ONU à investir afin de « garantir l’accès à une énergie propre et d’un coût abordable ». Selon une étude du think tank Ember publiée en avril 2026, ayant analysé 93 % de la demande électrique mondiale, le photovoltaïque représente 8,7 % du mix électrique en 2026. Il est en passe de dépasser le nucléaire. Cette croissance est notamment portée par la Chine, qui concentre 47 % des capacités solaires installées dans le monde, selon l’Energy Institute.
Si le bilan carbone global du photovoltaïque reste bien inférieur à celui des énergies fossiles, son impact sur la température à l’échelle locale n’est pas encore défini de manière définitive par les travaux scientifiques.
Les surfaces sombres réchauffent l’atmosphère
Les panneaux photovoltaïques sont des objets qui peuvent concentrer, et donc diffuser, beaucoup de chaleur. Pour le comprendre, il faut s’intéresser à la notion d’albédo. Ce terme désigne la capacité d’une surface à réfléchir les rayonnements solaires. Les surfaces sombres en renvoient peu et en absorbent davantage. Les surfaces claires, au contraire, réfléchissent une plus grande part des rayons. Plus l’absorption est importante, plus l’albédo est faible.
« le réchauffement induit par les panneaux photovoltaïques annulait totalement les bénéfices de l’ombrage »
En absorbant ces rayonnements, les surfaces sombres chauffent et diffusent donc de la chaleur. Les panneaux photovoltaïques, sombres, ont ainsi un albédo faible et peuvent contribuer à une hausse locale des températures. Mais cet effet dépend de nombreux paramètres.
La hausse de température pouvant atteindre 5 °C à proximité de panneaux installés sur des toitures urbaines, évoquée par l’internaute, a été observée dans une étude publiée en août 2025, dans laquelle les chercheurs ont quantifié « l’impact du photovoltaïque en toiture sur le microclimat lors de conditions de chaleur extrême ». Ils indiquent que les installations mesurées avaient « augmenté la température de l’air jusqu’à 5,2 °C » à proximité des panneaux, tout en réduisant la température du toit grâce à l’ombrage produit.
Au regard de la balance entre ces deux effets, les chercheurs concluent : « Des simulations énergétiques des espaces situés aux derniers étages [des immeubles] ont révélé que le réchauffement induit par les panneaux photovoltaïques annulait totalement les bénéfices de l’ombrage, entraînant une augmentation nette de 1,5 % [dans des bureaux] de la demande en énergie de refroidissement. »
Ainsi, « si les systèmes photovoltaïques en toiture améliorent la durabilité énergétique, ils peuvent compromettre la sécurité thermique lors de vagues de chaleur extrêmes ». C’est donc bien dans un contexte particulier – une vague de chaleur extrême – que les scientifiques ont effectué ces calculs et, malgré cette augmentation locale des températures, ils ne remettent pas en cause la « durabilité énergétique » de l’énergie photovoltaïque.
Des variations de température contrastées
Une autre étude, portant sur des installations au sol, conclut elle aussi à une hausse locale des températures. « Nos résultats montrent que les températures au-dessus d’une centrale PV [photovoltaïque, ndlr] étaient régulièrement supérieures de 3 à 4 °C à celles des zones naturelles la nuit », peut-on lire dans le résumé.
Malgré ces résultats concordants, une autre étude, publiée en septembre 2024 et menée à Calcutta, en Inde, aboutit à des résultats plus nuancés. À l’échelle de la ville, les chercheurs estiment que les panneaux solaires en toiture pourraient faire monter la température diurne « jusqu’à 1,5 °C » et, en parallèle, faire baisser la température nocturne « jusqu’à 0,6 °C ». Cette baisse de la température s’expliquerait notamment par la minceur des panneaux et leur faible inertie thermique. La chaleur accumulée pendant la journée est ainsi plus rapidement relâchée dans l’air qu’elle ne le serait par un toit nu, dépourvu de panneaux.
De la même façon, une étude plus ancienne, datant de 2013, suggère que des panneaux installés au niveau du sol peuvent réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain. En effet, lorsqu’ils remplacent des surfaces sombres, comme le bitume, qui possèdent déjà un albédo faible, les panneaux solaires peuvent participer à la diminution de la chaleur.
Tous les panneaux ne se valent pas
Ainsi, des panneaux solaires performants, avec un rendement – la part de l’énergie solaire reçue qu’ils transforment en électricité – supérieur à 20 %, peuvent avoir un effet rafraîchissant. « Les panneaux photovoltaïques peuvent refroidir l’air », expliquent les chercheurs dans cette même étude. En effet, plus le rendement d’un panneau solaire est élevé, moins il reste théoriquement d’énergie à dissiper localement sous forme de chaleur. À l’inverse, les chercheurs soulignent que des panneaux avec un rendement très faible, inférieur à 20 %, peuvent contribuer au réchauffement de la ville.
Au-delà de la question de l’effet thermique des panneaux solaires à l’échelle locale – difficile à mesurer, car dépendant de multiples critères – , il convient de mettre ce phénomène en perspective avec les émissions de gaz à effet de serre évitées grâce à la production d’une électricité moins carbonée que celle issue des énergies fossiles.
Un bilan carbone largement positif
Selon l’ADEME, « le bilan environnemental du photovoltaïque est largement positif ». L’Agence estime le bilan carbone des modules récents entre 23 et 25 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure produit. De son côté, la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (UNECE) avance une fourchette allant de 8 à 83 grammes.
« Il ne s’agit pas de considérer qu’une étude est correcte et l’autre incorrecte. Les différences entre leurs résultats découlent simplement des hypothèses retenues et des méthodes de calcul utilisées », explique Paula Pérez-López, enseignante-chercheuse au centre Observation, Impacts, Énergie de Mines Paris – Université PSL.
En effet, au-delà du bilan carbone, l’analyse du cycle de vie (ACV) – méthode utilisée par l’UNECE – permet d’avoir une approche plus globale en matière d’impact environnemental.
« Le bilan carbone est une méthode spécifiquement destinée à évaluer les émissions de gaz à effet de serre. L’analyse du cycle de vie couvre un périmètre plus large : elle mesure également les effets liés au changement climatique, mais aussi différentes formes de toxicité – marine, terrestre et humaine – ainsi que l’épuisement des ressources, entre autres », explique Paula Pérez-López.
« Installer un panneau à Paris, à Nice ou dans le sud de l’Espagne ne produit pas les mêmes résultats », illustre Paula Pérez-López
L’ACV d’un panneau solaire dépend ainsi des matières premières nécessaires à la technologie employée, mais aussi du lieu d’extraction, du transport, de l’installation ou encore de la durée d’utilisation des panneaux photovoltaïques.
« Un système photovoltaïque ne se limite pas toujours au panneau : il comprend parfois également un onduleur, qui convertit le courant continu en courant alternatif, des câbles et différents autres équipements. La fabrication de chacun de ces éléments nécessite des ressources et génère des émissions », ajoute la chercheuse. Tous ces facteurs sont intégrés au calcul via la méthode ACV.
Des énergies fossiles bien plus nocives
Par ailleurs, dans une région très ensoleillée, l’analyse du cycle de vie sera plus positive, car le panneau y produira davantage d’électricité. « Installer un panneau à Paris, à Nice ou dans le sud de l’Espagne ne produit pas les mêmes résultats », illustre Paula Pérez-López. Enfin, remplacer une forêt a davantage de conséquences environnementales qu’installer des panneaux en ville ou dans le désert. Le recyclage complète également le calcul de la méthode ACV.
Un outil interactif a d’ailleurs été développé par MINES-Paritech avec le soutien de l’ADEME afin de calculer l’impact carbone du photovoltaïque à partir de la méthode ACV.
À titre de comparaison, l’UNECE estime que le charbon émet au minimum 751 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure. Ainsi, quelle que soit l’estimation de l’impact carbone retenue, le photovoltaïque affiche un bilan carbone nettement plus favorable que les énergies fossiles.

Répondant à une demande en électricité en augmentation, le photovoltaïque participe donc à limiter la hausse des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.
Une réduction de la température au niveau mondial
Une étude publiée en mars 2025 a estimé qu’un déploiement massif de panneaux photovoltaïques sur les toits pourrait éviter de 0,05 à 0,13 °C de réchauffement mondial d’ici 2050 grâce aux émissions de CO2 évitées – dans l’hypothèse où 30 % de la surface mondiale des toitures serait exploitée avec des panneaux d’un rendement de 20 %.
Cette estimation a toutefois été contestée en partie par une analyse publiée en octobre 2025. Les auteurs estiment que leurs confrères surestiment les émissions évitées, notamment parce qu’un déploiement massif du solaire en toiture peut se substituer à d’autres capacités renouvelables, et pas uniquement aux énergies fossiles. Dans leur étude, la prise en compte de ces effets réduit de 41 à 98 % les bénéfices climatiques estimés par la méthode de la première étude.
Malgré des études aux résultats encore contradictoires, la littérature scientifique admet donc globalement que, même si les panneaux solaires peuvent réchauffer localement l’air, leur effet sur le climat reste bénéfique à l’échelle planétaire, à l’aune de la consommation mondiale d’énergie. Si les panneaux solaires font monter la chaleur, c’est donc avec parcimonie.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
L’article Les panneaux solaires font-ils vraiment monter la température ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Ruling put on hold for two weeks, allowing administration to appeal to US supreme court
A US federal appeals court has ordered the Trump administration to halt construction of the US president’s $400m White House ballroom, in a fresh blow to the controversial project.
Donald Trump, who demolished the historic East Wing of the White House last year to make way for planned ballroom, has repeatedly touted it as “a gift” to the US people.
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Par une courte majorité —moins de 1% des votes— l'extrême droite a remporté les dernières élections présidentielles et est de retour au pouvoir en Colombie à partir du 7 août 2026. De retour car l'extrême droite a gouverné le pays à trois reprises depuis le début du nouveau millénaire. Cependant la nouvelle saison de ce drame, qui vient de débuter, n'est que partiellement la continuation de deux épisodes précédents. Mais que veut-il dire extrême droite en Colombie ? Où résident sa base électorale, les indignations qu'elle mobilise et les revendications qu'elle prétend incarner ? En quoi cette nouvelle version continue les versions antérieures ? En quoi les devance-t-elle ?
Dans ce pays d'Amérique du Sud, être d'extrême droite n'a pas encore consisté à s'opposer à l'immigration ou à l'ethnopluralisme, ni à brandir un nationalisme outrancier aux traits racistes et xénophobes. En revanche, l'extrême droite nationale, en ce premier quart du XXIe siècle, principalement s'est présenté avant tout comme une opposition radicale à toute négociation de paix avec des acteurs armés et très spécialement avec les guérillas.
Mais pour comprendre la nature de cette opposition farouche, il faut entrer davantage dans les nuances : d'abord, il est nécessaire d'avoir en compte que le conflit armé colombien n'est ni une guerre civile classique (à l'espagnole, par exemple), ni un conflit ethnique ou religieux. Il n'implique pas de larges couches de la population qui serait confrontées à d'autres, ni se sent avec la même intensité partout. Etalée sur un territoire deux fois plus grand que celui de la France métropolitaine, la géographie particulière de la Colombie rend les choses favorables à l'extension de ce conflit dans le temps. La cordillère des Andes s'y divisant en trois chaines de montagnes, la Colombie abrite sur son territoire tout à la fois des neiges éternelles gisant à plus de 5000 m d'altitude, des pleines ardentes près de la Caraïbe et ou des forêts tropicales qui couvrent environ la moitié du territoire. Cela explique pourquoi malgré le fait de porter sur soi l'écriteau de « pays dangereux » et une mauvaise réputation liée au trafique des drogues, la Colombie est quand même une des puissances montantes du tourisme dans la région et un pays où, en général, le touriste ne se voit particulièrement exposé à aucun danger pour sa vie dans de vastes zones du pays. Pour les grandes villes, le conflit demeure un arrière-fond relativement lointain qui ne s'en rapproche que de façon dramatique sous la forme d'attentats et avec lequel on rentre en contact de façon quotidienne au téléjournal du soir. Or, pour les périphéries il n'en va pas de même. A San Calixto, dans le nord-est du pays, près de la frontière avec le Vénézuéla, à quelques 12 heures de route de Bogota, ou à Puerto Asís dans le sud-ouest près de la frontière avec l'Équateur, à quelques 723 km de la capitale, le conflit se vit sous une autre intensité : il implique un contrôle territorial grâce auquel, par exemple, les habitants sont arrêtés dans un simple voyage de route entre deux villages, perquisitionnés dans leurs affaires ou enquêtés sur la raison de leur déplacement. Dans certains endroits les groupes illégaux fonctionnent comme une police morale prête à sanctionner des comportements jugés indécents tels que fumer du cannabis ou afficher trop librement son homosexualité. Des pratiques tels que le recrutement forcé des adolescents, la violence sexuelle ou le déplacement des populations entières ont pourri la vie des communautés entières atteignant des pics d'intensité au tournant du dernier siècle. Les chiffres donnent des frissons : plus de 9.000.000 victimes d'un conflit qui dure depuis plus de 60 ans et qui ne parvient pas à se résoudre malgré les efforts, les négociations de paix ou les essais d'une résolution par la voie militaire. Ce conflit implique à la fois les forces armées, des groupes paramilitaires, des guérillas et des organisations criminelles. Le narcotrafic, conséquence de la guerre géopolitique mondiale contre les stupéfiants, en est le combustible car il finance les structures illégales en concurrence ouverte pour le contrôle des routes, ce qui se traduit parfois en affrontements violents qui impactent la vie des communautés : de la possibilité d'ouvrir les écoles jusqu'à la fermeture des commerces, l'interdiction des déplacements ou des couvre-feu routiniers. Bien que la situation se soit fort améliorée les dix dernières années, il n'existe probablement pas un seul Colombien ou Colombienne de plus de 30 ans qui n'ait pas subi directement ou indirectement, par le passé, les effets pervers de ce conflit meurtrier : des parents proches ou éloignés tués, kidnappés, disparus, le carnage de tout un village réfugié dans une chapelle sur laquelle tombe une bombonne de gaz au milieu d'une fusillade, et même un match de football dont les victimes participent de l'histoire de notre infamie nationale.
Tout au long de la dernière décennie du XXe siècle, alors que la guerre ouverte entre des guérillas à phraséologie de gauche et des paramilitaires à phraséologie de droite s'intensifiait, le Parti Libéral gouverne le pays. Au pouvoir, les libéraux se sont comportés tantôt comme un parti de droite, de centre-droite ou encore de centre-gauche, selon la tendance imposée par le candidat gagnant. Mais l'érosion de cette hégémonie s'accélère à partir de 1995, à la suite du scandale de l'infiltration de l'argent de la mafia dans la campagne présidentielle. Les conservateurs remportent enfin les élections de 1998, mettant fin de cette façon à une suite de cinq gouvernements libéraux au pouvoir depuis 1974 (avec une brève pause conservatrice de 82 à 86). Dans ces deux occasions, les conservateurs sont arrivés au pouvoir avec la promesse d'une négociation de paix avec la guérilla des Farc, qui a à chaque fois échouée. Dans les années 90, d'autres groupes de guérilla (M-19, Courant de Rénovation Socialiste, Armée Populaire de Libération, Mouvement Quintín Lame) sont démobilisés mais le paramilitarisme reste actif et grandit autant comme alternative de contre guérilla que comme ethos social : c'est précisément cet ethos qui constitue la première condition de possibilité de la forme actuelle de l'extrême droite nationale, aujourd'hui incarnée par Abelardo de la Espriella, lui-même ayant fait carrière comme avocat défenseur des paramilitaires. Cet ethos fera de la question sécuritaire la priorité première de l'Etat. Il se manifeste comme exaltation de la vie militaire et dans le regard indulgent porté à la fois et sur les violences policières et sur les exactions commises par les forces armées, toutes deux justifiées par l'intérêt supérieur du maintien de l'ordre. Ce soutien public des institutions policières ou militaires, prend souvent le visage d'un négationnisme qui contredit des décisions judiciaires prouvant, par exemple, les milliers de crimes commis par l'armée et la police contre la population civile dans la course folle aux résultats de la lutte contre les guérillas ou dans la répression des manifestations citoyennes. D'après une série de déclarations de De la Espriella, on peut s'attendre à ce que les efforts faits par le gouvernement socio-démocrate de Gustavo Petro pour introduire une culture des droits humains dans la police et l'armée seront vite démontés. Rire insidieux sur le visage, le nouveau président a affirmé vouloir défendre personnellement ceux qui se verront impliqués dans des excès.
In Anno Domini 1998, pour faire la paix avec les Farc, le président Pastrana accepte de démilitariser une aire de 42.000 km2 (soit plus grande que la Belgique ou la Suisse) au sud du pays. Mais, dialogue impossible, alors que le gouvernement veut simplement désarmer les Farc, celles-ci prétendent ouvrir une discussion de fond sur le modèle politique et économique du pays. L'Amérique du Sud commence à virer à gauche mais les Farc profitent des avantages accordés par Pastrana pour se fortifier. Sans un cessez-le-feu capable d'abaisser l'intensité du conflit, le processus de paix entre dans une phase de discrédit irréversible face à l'opinion publique et est suspendu le 20 février 2002, à la suite du spectaculaire kidnapping d'un sénateur dans un vol commercial. La voie était ouverte pour le discours de fermeté contre le terrorisme incarné par Álvaro Uribe Vélez qui, sans grande surprise, remporte l'élection dès le premier tour en mai 2022.
Quoique surgi des entrailles régionales du Parti Libéral, Uribe se fait vite le chantre d'une vision très conservatrice de la société qui privilégie un état militairement fort. Pour cela, il s'est muni de la nouvelle rhétorique anti-terroriste, entrée en scène au niveau international après les attentats d'Al Qaeda à New York le 11 septembre de l'année 2000. Uribe ne s'est présenté comme le candidat d'aucun des deux partis traditionnels même s'il a reçu l'appui de leurs principaux représentants et a compté en permanence avec leur soutien en tant que membres de la coalition qu'il a formée. Le plus important est qu'un nouveau clivage dans la politique colombienne était né. Jusqu'alors, Libéral et Conservateur étaient des partis interclassistes et c'était plus des questions morales ou administratives qui les distinguaient. Ils se disputaient le pouvoir depuis le XIXe siècle et avait contrôlé le pays, à tour de rôle, pendant des périodes plus ou moins longues mais ne se confrontaient que sur des questions telles que l'éducation laïque, certaines libertés civiles, le rôle de l'Église, la réforme agraire. Ils s'étaient montrés néanmoins d'accord, au moins dans le dernier quart du XXe siècle, sur l'application d'une politique néolibérale et servile aux intérêts de Washington. Leur clivage s'était exprimé auparavant soit comme l'opposition entre une intransigeance philocatholique et un progressisme moral et civil, soit entre la défense d'un modèle fédéraliste ou celle d'un modèle centraliste, soit comme opposition entre libre échange et protectionnisme, soit comme dispute entre laïcité et alliance entre l'autel et la république, etc. Leur succession ininterrompue pendant deux siècles avait eu comme prix l'exclusion d'une troisième frange : celle des partis socialistes et de la gauche paysanne et ouvrière. À partir d'Uribe, bien que leurs idéaux se soient conservés en ce qu'ils représentent des principes stables de la politique réactionnaire ou progressiste, un nouveau clivage s'installe enfin : celui de gauche-droite. Si le XXe siècle avait donc été le siècle de l'alternance entre des libéraux et des conservateurs, le XXIe sera celui de l'alternance entre la social-démocratie de gauche, la droite traditionnelle qui a tendance à s'abriter au centre et la nouvelle droite radicale, qu'Uribe a inauguré et qui est en elle-même double dans son action.
Au XXIe siècle, alors que la gauche en Colombie a vécu un processus soutenu de modération et est devenue entièrement socio-démocrate, la droite, quant à elle, a amorcé un processus de radicalisation ou d'uribisation presque total. La tempérance de la gauche (au-delà de la diabolisation qui lui attribuent ses adversaires politiques) s'explique par deux raisons : d'abord, la gauche a été sommée par l'opinion publique de se distinguer clairement des guérillas et d'éviter toute ambiguïté en ce sens. Elle a dû exprimer en permanence son refus de la voie violente et condamner clairement les crimes des guérillas et les considérer comme des organisations à but criminel, quoiqu'en acceptant qu'elles aient quand même une base doctrinaire et une origine historique qui va au-delà d'une simple volonté de délinquance. Par ce fait, la gauche acquiesce au besoin de négocier une paix durable avec les guérillas comme le moyen le moins nocif pour les populations et le plus susceptible pour l'ensemble du pays de mettre fin au conflit. La deuxième raison de cette modération du discours et en général de cette modernisation de son action politique vient du problème vénézuélien. La crise économique dans le pays du chavisme (propulsée entre autres par les sanctions des États-Unis) et l'autocratisme de Maduro ont produit une forte émigration de presque trois millions de personnes sur le territoire national. Les images des moments les plus critiques de cette vague migratoire en 2017 et 2018 ont obligé la gauche colombienne à se distinguer des objectifs et des méthodes de Chávez et de son mouvement politique au Venezuela, d'autant plus que la droite insufflait sans cesse la panique dans l'opinion publique avec le leurre du voisin en crise. De là s'explique le fait que la gauche colombienne soit même très timorée à l'heure de se dire socialiste, le mot étant chargée des accents plutôt négatifs.
La droite quant à elle constitue aujourd'hui un phénomène politique plus hétéroclite que la gauche, fédérée autour du Pacte Historique et l'aile progressiste du Parti Vert. Elle a vécu le processus inverse : celui d'une radicalisation progressive structurée à partir d'Uribe. Par uribisation de la droite colombienne j'entends l'assomption générale du postulat principale de la politique selon cet ex-président, à savoir, que la sécurité manu militari est le devoir principal de l'État. Tout processus de négociation impliquant des bénéfices juridiques tels que des réductions ou de l'aménagement des peines pour les insurgés et ou la reconnaissance politique de leurs groupes constitue pour la ultradroite une concession inacceptable engendrant de nouvelles violences. Seule une reddition sans réserve serait acceptable. L'article de foi principal de la droite radicalisée prétend que les forces légitimes de l'ordre seraient capables d'acculer les criminels de façon à ne pas leur laisser d'autre alternative que cette reddition. Un des symptômes qui prouvent cette uribisation de la droite à l'heure actuelle vient par exemple du fait que le Parti Conservateur, promoteur historique des négociations, se montre à l'heure actuelle réticent à cette politique de main tendue. Les partis traditionnels et le reste des partis de droite, à tendance opportuniste, à défaut de contrôler le pouvoir national, maintiennent une forte présence dans les pouvoirs régionaux et s'allient au niveau national au gagnant, quitte à devoir trahir partiellement leurs principes idéologiques (on pourrait croire par exemple que le Parti Libéral s'opposerait à De la Espriella, mais au contraire ils le soutiennent).
Or, dès le début, l'uribisme s'est montré comme un phénomène à double face, un visage de Janus formé par une faction civiliste plus modéré et une faction autoritaire, voire proto-fasciste. Bien que le Centre Démocratique, parti fondé par Uribe, ait été son habitat naturel, l'uribisme est à plusieurs traits une tendance plus large qui dépasse les frontières d'un seul mouvement politique. Il est parvenu à fédérer en revanche tout un spectre politique sous des postulats communs. Jusqu'à présent ces deux factions avec des tensions non résolues s'étaient maintenues ensemble, soudées par la figure du grand patriarche. Mais l'irruption de De la Espriella représente la fracture du mouvement entrainée par le déclin de la figure de l'ex-président, défait par ailleurs lors des dernières élections parlementaires où il s'était porté candidat. En plus de ladite opposition aux négociations de paix, l'uribisme uribiste et l'uribisme esprielliste partagent une vision conservatrice de la morale et de la société et assument la thèse néolibérale d'un État petit, austère et géré par une technocratie à logique entrepreneuriale. Ce ne sont pas les thèses de fond qui les divisent, mais le style pugnace qui laisse libre cours à un autoritarisme décomplexé incarné par De la Espriella et une partie de sa base sociale et de sa militance. Les deux partagent une rhétorique similaire. L'antisyndicalisme agressif (dans un pays où moins de 5 % des travailleurs sont syndicalisés), par exemple, en est un trait commun. Sauf que dans cette nouvelle mutation, la rhétorique est bien plus agressive et vient agrémenter des théories de la conspiration et un militantisme incisif et cynique exercée sur une fachosphère agrandie qui surfe en plus sur la crête d'une vague mondiale de radicalisme déferlant sur tout l'hémisphère. Cette nouvelle mutation du principe uribiste de la politique colombienne en cette ère de l'IA et des réseaux sociaux acquiert donc un caractère international que le premier uribisme, isolé dans une Amérique du Sud qui avaient entièrement viré à gauche, n'a pas eu. Cette nouvelle vague de radicalisme est plus uniforme dans ses méthodes et homogène dans ses préoccupations avec d'autres processus similaires en Amérique latine et aux États-Unis. C'est ainsi qu'un discours de ligne dure contre l'immigration ou en faveur du port d'armes, des préoccupations absentes dans notre débat politique national jusqu'ici, débarque dans le langage du nouveau gouvernement.
Comme le premier uribisme, le discours religieux qui nie la diversité et dégrade en supercherie les croyances des peuples autochtones redevient à la mode avec De la Espriella mais avec des accents plus rocambolesques encore. L'hostilité envers les partis et l'image d'outsider constitue une nouveauté même si ce n'est qu'un slogan car De la Espriella semble vouloir exercer le pouvoir en concubinage avec les élites politiques traditionnelles. Un discours décadentiste qui voit partout une destruction totale du pays et de sa structure économique (même si les chiffres de croissance et des taux de chômage disent le contraire) est aussi une marque de la nouvelle tendance même si l'idée du leader sauveur de la catastrophe a déjà été exploitée auparavant par Uribe lui-même. L'assomption enfin de l'imaginaire et du vocabulaire libertarien à la Milei distingue l'uribisme esprielliste de l'uribisme uribiste. Si pour le dernier le néolibéralisme est seulement un principe d'action politique, pour le premier il y va aussi d'une connexion subjective avec les valeurs capitalistes, adoptées comme principe de vie et exhibées dans un style de vie ostentatoire à la limite du grotesque. Voilà pour moi ce dont De la Espriella est le nom.
Anibal Pineda Canabal est professeur à l'Institut de Philosophie de l'Université d'Antioquia (Medellín, Colombie).
Sommaire Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme [Radio]
Ce lundi 10 août à 10h30, sur radioairlibre.net ou 87.7 FM à Bruxelles, nous rediffuserons d'abord un court moment dédicace à Raoul Vaneigem, l'anarchiste, écrivain et philosophe belge né à Lessines dans le Hainaut en 1934 et décédé le mardi 28 juillet à l'âge de 92 ans à Barcelone ou il vivait.
Il fut aux côtés de Guy Debord l'une des figures du situationnisme, ce mouvement de contestation radicale du capitalisme et de la « société du spectacle », inspirateur de Mai 68. Il s'est beaucoup intéressé aux Gilets jaunes ("La démocratie est dans la rue, pas dans les urnes"), au Zapatisme et au Rojava comme espaces d'autonomie et d'entraide à l'écart de nouvelles conquêtes du pouvoir.
Pour ceci on rediffusera l'enregistrement la présentation et discussion qui a eu lieu au Boomcafé à Bruxelles le 9 octobre 2025 autour de la lutte des communautés de Paso de Aquila en Mexique, beaucoup moins connu au niveau internationale que la lutte zapatiste, mais elle s'inscrit dans un contexte et développe des processus similaires : l'accès à la terre, l'autonomie et la justice sociale D'abord vous entendrez les représentants de la communauté de Paso de Aguila en appel vidéo et ensuite Luis Salas, militant Mexicain et avocat des droits humains expliquent comment il a pu aider la communauté et il répondent aux questions du publique présent. Ceci est une version en espagnole et traduit en français.
Musiques :
"la vie s'écoule" René Binamé
"Himno zapatista" EZLN
"Gimme tha Power" Molotov
"cancion sin miedo" vivir quintana ftr El Palomar
Pour plus d'info sur la lutte de Paso de Aquila : en espagnol : blog educa oxacaca
et en anglais leur page facebook
Pour plus d'info sur Raoul Vaneigem :
https://le-carnet-et-les-instants.net/raoul-vaneigem-entretien/ (entretien ecrite avec raoul vaneigem) Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme [Radio] Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme [Radio]À l'occasion du cinquantenaire de 1968, une présentation et une discussion critique du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations (Gallimard, 1967) et de De la grève sauvage à l'autogestion généralisée (UGE 10/18, 1974) de Raoul Vaneigem, et surtout de sa critique du capitalisme et son dépassement révolutionnaire – avec Pierre-Ulysse Barranque, doctorant, co-directeur de In Situs. Théorie, spectacle et cinéma chez Guy Debord et Raoul Vaneigem (Grupen, 2013). Raoul Vaneigem, une critique émancipatrice du capitalisme [1re partie, 40 minutes]
Avec une présentation de son contexte d'écriture (suite à une grève générale en Belgique en 1960-1961) et de parution (révoltes étudiantes en Allemagne et aux États-Unis), son auteur (Raoul Vaneigem), son style (littéraire), ses inspirations (Reich, Nietzsche, Marx), son rapport aux surréalistes et aux thèses de Baudrillard et de Lefebvre, son statut de best-seller et d'inspirateur de Mai-Juin 1968, sa critique du marxisme-léninisme, ses références aux révoltes historiques (Russie 1917, Ukraine 1918-1921, Barcelone 1936-1937, Hongrie 1956), son appel à une alliance des ouvriers et des étudiants radicaux, sa critique du travail et de la consommation, et enfin son imaginaire d'un dépassement émancipateur du travail comme activité capitaliste
lecture audio du livre de Raoul Vaneigem - (1967) Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations Raoul Vaneigem - (1967) Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations Lecture audio (version anglais) total self management : Raoul vaneigem Total Self-Management (Vaneigem Audio) Lecture 
Le projet de constellation souveraine IRIS² passe enfin en phase de fabrication. Un coup d'accélérateur majeur pour l'autonomie spatiale de l'Europe, même si la riposte à Starlink devra attendre 2029.
coucou, avant notre pause estivale et pour finir notre saison radiophonique, on a amené des bouts de créations sonores et autres sons que nous découvrons ensemble sur le plateau… on vous invite à déambuler avec nous entre ces propositions et… Continue Reading →
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https://campusgrenoble.org/podcast/degenree-on-pose-avant-la-pause/
Arrêté préfectoral pendant les burelesques
L’adjoit de la préfète de la meuse, Julien Kaiser, a pondu le 4 aout, fidèle à leur habitude, 2 arrêtés préfectoraux:
Vous pouvez avoir les infos détaillés en téléchargeant les arrêtés préfectoraux ici.
1) un arrêté de survol par 2 drones et 1 hélicoptères avec captation d’images entre le mardi 11 août 00H00 et le lundi 18 aout 00h00, dans un rayon de 1500 mètres autour des burelesques qui a lieu à saint Amand sur Ornain.
Les éditions précédentes, les flics ont systématiquement utilisé les hélicoptères en dehors des dates et des périmètres fixés par l’arrêté, n’hésitez pas à les filmer et transmettre leur méthode.
2) Un arrêté du vendredi 14 août 2026 08 heures 00 au lundi 17 août 2026 12 heures 00 interdisant le transport:
– de feu d’artifice.
– de carburants, accélérateurs de caburants, combustibles, acides ou produits chimiques, et de pneus usagés.
– Le transport de bombes à tag
– de matériaux pouvant servir de combustible (bois, paille, poutre)
– objets pouvant servir d’armes
– la consommations d’alcool de groupe 3 à 5 sur la voie publique
– du matos de sonorisation et de sound system
– matériel pouvant couvrir le visage
La liste des communes concernées par l’arrêté:
TREVERAY, SAINT-AMAND-SUR-ORNAIN, NAIX-AUX-FORGES, MENAUCOURT, GIVRAUVAL, LONGEAUX, NANTOIS, VILLERS LE SEC, HEVILLERS, BOVIOLLES, MARSON-SUR-BARBOURE, REFFROY, SAINT-JOIRE, BAUDIGNECOURT, DEMANGE AUX EAUX, BURE, GONDRECOURT-LE-CHATEAU, LUMEVILLE-EN-ORNOIS, HORVILLE EN ORNOIS, MANDRES-EN-BARROIS, CHASSEY-BEAUPRE, BONNET et RIBEAUCOURT
Les arrêtés préfectoraux n’ont jamais été appliqués strictement. Ils servent souvent de prétexte pour faire des contrôles. Dans la pratique, souvent ils n’appliquent pas l’arrêté, mais ils peuvent s’en servir soit pour prendre du matériel, qui peut être récupéré au commissariat à la fin de l’évènement. N’hésitez pas à faire un tour de votre véhicule avant de partir pour retirer les objets non utiles pour l’évènement.
En cas de contrôle, arrêté ou non, tant qu’il n’y a pas de réquisition du procureur, le véhicule n’a pas à être fouillé, même si les flics l’exigent. Demandez la réquisition du procureur (qui n’est pas la même chose que l’arrêté préfectoral), vérifiez l’endroit et la date: vérifiez si elle correspond à l’endroit où vous êtes contrôlé.es et vérifiez les horaires, une réquisitions n’est valable que plusieurs heures. Si elle n’est pas valable les flics ne peuvent ni voir ce qu’il y a dans le véhicule, ni contrôler d’autre personne dans le véhicule que le.a conducteurice.
Si vous voyez des personnes contrôlées sur la route, n’hésitez pas à être solidaire, sortir du véhicule et aller demander aux personnes si elles ont besoin de soutien.
N’hésitez pas à lire le brief legal en contexte burien avant de partir présent ici. Et dans tous les cas venez.
Si vous voulez des infos sur le programme des burelesques c’est ici.

Alors que l’avenir des supports physiques s’annonce compliqué, notamment après l’annonce de Sony de mettre fin à la production de disques physiques d’ici janvier 2028, Capcom ne semble pas particulièrement inquiet.
Trump v. US did more than give Trump immunity for his past crimes. It endorsed the idea that the President could personally intervene in any prosecution at DOJ. And the US Attorney for Chicago just relied on that part of the SCOTUS precendent in the Broadwater 6 case.
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Le Bandero agissait en Islande dans le cadre de l'Opération 86, visant à entraver la dernière campagne de chasse commerciale au rorqual commun menée par l'entreprise Hvalur hf de Kristján Loftsson. Le rorqual commun est pourtant une espèce vulnérable.
Cet article L’Islande a arrêté 21 activistes engagés contre la chasse aux baleines, ils vont être expulsés est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

[Deal du jour] Philips possède une gamme de téléviseurs élégants et performants dotés d’une dalle QLED et de l’Ambilight, dont ce très grand modèle de 75 pouces bénéficie en ce moment d’une réduction de 100 €.