C'est l'été et les militant.es sont en vacances*.
C'est l'été et les militant.es sont en vacances*.
9 mois de travail-militant, il faut bien se reposer un peu quand même.
Et puis de toute façon, c'est bien connu, l'été, plus besoin de s'organiser contre la prison ou la guerre puisque les prisonnier.es partent à la mer et qu'il fait trop chaud pour se faire bombarder.
Plus besoin non plus d'imprimer textes, brochures ou affiches, faire fonctionner l'imprimante fait monter les degrés dans la pièce. Et quand on sait en plus que l'industrie du papier fait partie des responsables du réchauffement climatique, on ne peut que saluer cet écogeste.
Plus besoin de cantine pour manger non plus, la canicule, c'est pratique pour ça, ça coupe la faim.
Et surtout, plus besoin d'espace de sociabilité. Toulouse plage, c'est toujours plus sympa solo, non ?
Trêve de plaisanteries...
L'été, les villes sont désertées majoritairement par celleux qui peuvent se permettre de partir en vacances. Pour qui reste, c'est pareil que d'habitude mais en pire. Il n y a presque plus aucune activité ni espace de sociabilité, l'isolement se fait d'autant plus ressentir. Et c'est bien triste que des projets / espaces subversifs participent à cette dynamique en ce mettant en pause. C'est pas un hasard si l'été fait partie des périodes de l'année avec le plus de passages aux urgences psys et de tentatives de suicide. Aussi la plupart des soignant.es et travailleur.euses sociaux sont en vacances et les urgences sont encore plus saturées que jamais. En taule, la canicule rend le quotidien encore plus suffoquant qu'à l'habitude. En ville, les apparts de pauvres sans clims sont les plus à risque et celleux qui y vivent n'ont pas les moyens d'aller se mettre au vert. Pas mal de gent.es à la street se font dégager des zones touristiques où iels zonent l'hiver et se retrouvent coincés dans la fournaise toulousaine à dormir sur le béton brulant, où même les parcs sont fermés la nuit.
Il ne s'agit pas de dire qu'il faut se sacrifier pour la lutte et encore moins ne pas faire de pauses ou ne jamais se reposer. Encore moins de ne jamais bouger de Toulouse. Au contraire, s'il y a autant un besoin de couper/se reposer/vadrouiller qui se manifeste l'été pour certain.es, pourquoi ne pas remettre en question nos rythmes le reste de l'année ? Parce que c'est bien souvent celleux qui ne peuvent pas suivre les rythmes 9 mois sur 12 qui se retrouvent coincées en ville et isolées les 3 mois restants où les militant.es arrêtent de militer et que les initiatives se mettent en pause.
J'entends souvent parler de burn-out militant. Pour beaucoup, le militantisme est un travail, une activité extra-scolaire ou saisonnière, en tous cas séparée de la vie quotidienne. Bref, un truc à côté du taff, un passe temps pour le week-end, un loisir. Le samedi je manifeste, le lundi je suis bonne employée. Le mardi, j'étudie la philo, le mercredi soir je fais une assemblée. On se crame puis on arrête quand ça commence à trop impacter les autres aspects de notre vie, il faut du temps pour le développement personnel tsais. Ou les aspects plus rentables : parce que oui, le militantisme ça paye pas (ou peu…).
Le militantisme est pour moi contradictoire avec mes désirs de liberté et de révolte, avec un refus de l'autorité qui touche à tous les aspects de ma vie et transforme mon lien aux autres et au monde, un monde qui est à détruire, en hiver comme en été. A cela s'ajoute que je trouve ça carrément relou de se retrouver à la remorque du calendrier scolaire.
Bref, un big up à celleux qui continuent leurs initiatives en été !
Mention spéciale à Oestrosoupe et à la bibliothèque anarcha feministe qui maintiennent leurs perms, tout comme ambiance pédale.
Une rageuse parmi d'autres
*J'parle pas des squateur.euses expulsé.es en vadrouille avant réouverture et/ou des galérien.nes qui font les saisons.