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  • Journée de commémoration du génocide des Yézidis

    Pour rendre hommage aux milliers de martyrs yézidis tués par Daech/l'EI et pour dénoncer le génocide de Shengal. 📍Lundi 3 août, 17 h, Gare des Guillemins – Liège — - We didn't forget the genocide of 2014 in Shengal. Yazidi Genocide Remembrance Day. For the commemoration of thousands of yazidi martyrs killed by Daesh/ISIS and to denounce the Shengal genocide. 📍Monday 3rd of August, 5PM, Gare des Guillemins - Liège
  • Our Wins Of The Week

    This was not a good week to be Donald Trump, or any Republican running in this year’s midterm elections for that matter.

    A new spate of polls showed Trump with record-low approvals.

    33% in AP:

    34% in CNN:

    He even reached the so-called “Bush line” of 32% in a new Quinnipiac poll.

    These polls corresponded with some record-high numbers for Democrats on the generic congressional ballot, which asks which party voters want to control Congress.

    From D+7:

    To D+8:

    To D+10:

    And to make matters worse for Republicans, they are absolutely cratering among Independents.

    Just a reminder that our Tuesday and Thursday content is free for all readers.If you missed this week’s pieces, please check out The Mail’s the Thing and Sealing The Midterm Election Deal.

    Read more

  • COMMUNIQUÉ DU C.H.O.3 - À PROPOS DU SITE LEVAT, DE SON JARDIN ET DE SON BÂTIMENT

    31 juillet 2026

    « Tout ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous. » Nelson Mandela

    Le Collectif des Habitant·es Organisé·es du 3ème Arrondissement de Marseille (C.H.O.3) a pris part aux discussions sur l'avenir du site Levat. Nous rendons aujourd'hui public notre désaccord avec :

    – la décision de la mairie de Marseille ;

    – la volonté de l'association Juxtapoz de continuer à gérer le bâti ;

    – et les propos sur le racisme « anti-blanc » tenus par sa directrice dans un article de Marsactu paru le 11 juillet 2026

    Le site Levat est le seul grand espace vert du quartier, dans une ville où les températures augmentent chaque été et où les îlots de fraîcheur sont devenus indispensables. Nous parlons d'un quartier qui manque aussi cruellement de lieux couverts pour se réunir, organiser des activités, tenir des réunions ou accueillir des événements. Les associations et collectifs qui font vivre la Belle de Mai cherchent toute l'année des locaux, des salles et des espaces disponibles.

    Comme vous le savez peut-être, la mairie de Marseille, propriétaire du site Levat, doit statuer en janvier 2027 sur son avenir. Juxtapoz, qui assurait jusque-là la gestion du bâti, avait officiellement annoncé son départ à partir de cette date (Marsactu, 15 janvier 2025). Des usager·es du site, des habitant·es et des associations du quartier se sont alors réuni·e·s au sein de l'association L.E.V.A.T afin de proposer à la mairie d'élaborer ensemble un projet coconstruit. Après 18 mois de travail collectif et de réunions, L.E.V.A.T a proposé un projet ambitieux visant à :

    – faire du site un lieu réellement ouvert à la Belle de Mai, au 3ème arrondissement et à ses besoins ;

    – prendre au sérieux la réalité d'un quartier populaire ;

    – proposer à la mairie d'être partenaire d'une dynamique collective et ancrée dans le territoire.

    À PROPOS DE LA MAIRIE

    Or, malgré tout le travail mené depuis plus d'un an, la mairie préfère ignorer cette initiative et va lancer un appel à projets via un appel à manifestation d'intérêt (AMI)

    Nous sommes en désaccord avec cette décision pour plusieurs raisons :

    1. Elle va à l'encontre de la position que nous défendons : reconnaître ce site comme un Commun de la ville et du quartier. Elle est également en contradiction avec la signature de la Convention de Faro par l'actuelle mairie de Marseille ;

    2. En privilégiant une mise en concurrence, la mairie ignore le travail déjà accompli par les associations et les habitant·e·s du quartier sur ce site. Une drôle de manière de « remettre le citoyen au centre du jeu démocratique », comme le promettait le programme du Printemps Marseillais ;

    3. Les tiers-lieux et coworking « d'artistes » accaparent des bâtiments dans tout le quartier. Reconduire en l'état la Cité d'artistes sans partager des espaces est un manque de considération pour les nombreuses structures du quartier qui galèrent à avoir des lieux ;

    4. Elle retarde la mise en place d'un projet déjà mûri collectivement ;

    5. Elle risque de transformer un lieu vivant, souple et adapté aux besoins locaux grâce à l'investissement des habitant·e·s en équipement plus fermé, plus contraint et moins accessible ;

    6. Elle traduit un manque de confiance envers les forces locales qui portent déjà au quotidien l'entraide et la solidarité.

    En résumé, ce choix fait par la mairie va à l'encontre de l'intérêt général local. Il affaiblit la dynamique collective déjà engagée et ignore les besoins concrets du quartier de la Belle de Mai.

    Malgré notre rejet de l'A.M.I qui privilégie des logiques commerciales, nous soutenons l'association L.E.V.A.T, à laquelle nous participons. Nous saluons le travail de terrain immense accompli par ses membres.

    À PROPOS DE JUXTAPOZ

    Quant à Juxtapoz, nous apprenons qu'ils·elles ont changé d'avis et souhaitent aussi répondre à cet A.M.I. Cette décision nous paraît difficile à accepter, après 18 mois de travail collectif pour construire une autre solution, plus ouverte, plus démocratique et plus utile au quartier que celle menée jusqu'ici par l'association Juxtapoz. D'autant plus que ses représentant·es ont refusé de participer à cet espace de co-construction.

    Plus grave encore, dans un article de Marsactu publié le 11 juillet, Karine Terlizzi la directrice de Juxtapoz reprend des arguments réactionnaires sur le racisme anti-blanc (Voici le passage en question : « Quant aux critiques sur la mixité, elle les évacue. On ne va pas s'excuser d'être des blancs, se raidit-elle. On embauche sur des compétences, pas au faciès. Si on nous attaque sur ça, c'est du racisme. »). Le racisme anti-blanc n'existe pas, il sert surtout à inverser les rapports de domination et à nier les discriminations réelles.

    Nous appelons les collectifs antiracistes, décoloniaux, queers et féministes à ne pas participer aux programmations de Juxtapoz, et à rejoindre la lutte pour un site ouvert et populaire.

    Aux organisations qui ont déjà proposé des événements engagés avec Juxtapoz, sachez qu'il est possible que les injustices que vous combattez se retrouvent aussi ici, dans l'accès au couvent Levat pour les habitant·e·s.

    Il est temps de parler ouvertement de privilèges : c'est bien là le cœur du problème.

    Depuis son installation, cette structure, installée par l'ancienne municipalité Gaudin sans appel à projets et dans une perspective anti-squat, a toujours eu du mal à s'ouvrir au quartier et à ouvrir les portes aux habitant·e·s. L'association bénéficie pourtant d'un privilège rare : disposer d'espaces communaux dans un quartier populaire. Ce privilège devrait impliquer une responsabilité forte envers le territoire, ses habitant·e·s et leurs usages quotidiens.

    Or, certains usages ont été privilégiés au détriment d'autres. Les activités festives et artistiques occupent une place importante, tandis que les habitant·e·s, pour qui le couvent Levat représente l'un des rares espaces verts du quartier, voient souvent leur accès limité par les événements de Juxtapoz.

    Nous sommes nombreux et nombreuses à venir au jardin, pour nous reposer, nous ressourcer, admirer une nature préservée ou permettre aux enfants d'en profiter en sécurité. Mais à l'arrivée de l'été, ces usages sont régulièrement contraints par des événements de grande ampleur, qui surchargent le jardin, fragilisent sa biodiversité et perturbent le voisinage. Quand les portes du jardin se ferment, les habitant·e·s sortent et se retrouvent sur le bitume des places Cadenat ou Caffo.

    Depuis 8 ans, les 15 associations jardinières se partagent un local de 7 m². Elles n'ont toujours pas accès à la cuisine collective. Ces conditions sont très difficiles et compliquent leurs activités. Malgré leurs demandes répétées auprès de l'association Juxtapoz pour avoir plus d'espace, elles ont toujours reçu un refus. Ce refus paraît difficile à justifier au regard de la taille du bâti communal, qui fait 2500 m².

    Dans sa communication et ses rapports d'activités, l'association Juxtapoz récupère le travail réalisé par des associations locales pour donner une impression d'ouverture et de mixité. Mais dans les faits, elle a refusé à plusieurs reprises de faire évoluer son projet pour intégrer la dimension socio-culturelle portée par les acteurs du territoire. Elle n'a cessé de jouer l'opposition entre artistes et habitant·e·s qu'elle dénonce dans Marsactu. Elle n'a jamais voulu laisser pleinement et de façon autonome les salles et les espaces dont nous avons besoin.

    Aux artistes qui craignent de quitter les lieux : Nous n'avons jamais demandé votre départ mais d'imaginer ensemble un vrai partage des espaces. Certain·e·s ont passé les réunions à défendre leur propre place plutôt que d'imaginer collectivement une répartition des espaces.

    EN CONCLUSION

    L'avenir du site Levat doit se décider avec le quartier, pas contre lui. Face à la mise en concurrence par une AMI et à une candidature qui prolonge une logique d'appropriation, nous défendons un lieu réellement collectif, accessible et partagé par toutes et tous.

    Vidéo

    Lecture Une enquête sur les usages populaires du Jardin Levat
    par Primitivi
    https://www.youtube.com/watch?v=6dkJwzfztdk&t=6s
  • La plus grande victoire de la mafia est d'avoir cessé de ressembler à la mafia

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d'association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d'argent –, mais pas l'organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d'intimidation que représente le lien d'appartenance. Et presque partout, l'attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l'Europe arrête des personnes ; l'Italie a compris qu'il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.
    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud ?
    L'Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu'on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l'Allemagne (Duisbourg 2007 n'a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n'est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c'est que l'Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.
    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c'est le capitalisme qui s'est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s'attaque à l'économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l'économie légale a cessé de se demander d'où vient cet argent.
    Tant que l'Europe traitera la mafia comme une question d'ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l'Italie sur les morts sans en copier les lois. Source: Le Grand Continent
  • Briançon (Hautes-Alpes) : « Refugees welcome »

    Alpes1mag / dimanche 2 août 2026

    Des inscriptions favorables à l’accueil des réfugiés ont été réalisées sur les fortifications de Briançon, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. […]
    Le maire de Briançon réagit vivement après la découverte de tags « Refugees welcome » sur les fortifications de la ville.
    Dans un message publié sur les réseaux sociaux ce dimanche, Arnaud Murgia dénonce une atteinte au patrimoine briançonnais, dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. […] Arnaud Murgia attribue ces inscriptions à des militants favorables à l’accueil des migrants et réclame une réponse des services de l’État. […]

    Le maire annonce que les tags doivent être retirés dans les prochains jours. Il rappelle également qu’un important programme de rénovation des fortifications est en préparation dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030.
    « Les marchés et crédits de rénovation intégrale des remparts, qui verront plus de 10 millions d’euros investis par l’État ces prochains mois, viennent tout juste d’être engagés par Solideo Alpes 2030 », indique Arnaud Murgia.
    Selon l’élu, ces travaux permettront de remettre prochainement les fortifications « intégralement à neuf ». « Dans le cadre des JOP 2030, nous allons investir en trois ans plus que ce que nous avons fait pendant les trente dernières pour donner une nouvelle vie à notre patrimoine national, ici, à Briançon », conclut le premier magistrat.

  • The Guardian view on global corporate tax: a $500bn prize that states must seize | Editorial

    Donald Trump may reject the negotiations, but he cannot veto a global effort to make multinational companies answer to governments

    Governments are told that public services must shrink because money is tight. Yet a new Tax Justice Network report says that countries could capture an extra $500bn a year without raising corporate tax rates. The answer is to tax multinational profits where real economic activity happens – known as unitary taxation. No new profit is created. Revenue simply shifts from tax havens where profits are “booked” to the countries where workers produce and customers spend.

    Making that principle a global tax standard depends on UN talks opening in New York on Monday. Modelled on the UN climate regime, a fiscal framework convention would create the governing body and procedures, with protocols providing detailed rules. The UN wants agreement by late 2027. Donald Trump’s US walked out last year and urged others to follow. None did.

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  • En finir avec l'humour oppressif

    https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_finir_avec_l_humour_oppressif-mai2026-pageparpage-asa-48pa5-2.pdf

    L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.

    Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.

    Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.

    On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société.

    Cette brochure nait de l'envie de constituer un support accessible qui propose des réflexions, des questionnements et des partages d'expérience par rapport à l'humour pour raconter en quoi l'humour est politique.

    Elle tente d'expliciter certains lien entre l'humour et les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir. Puis elle propose quelques pistes pour éviter de véhiculer de l'humour oppressif, pour savoir comment réagir et comment alimenter d'autres types d'humours.

    Version à lire avec la mise en page dans ce pdf : https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_finir_avec_l_humour_oppressif-mai2026-pageparpage-asa-48pa5-2.pdf

    Aahh, l'humour ! Vaste sujet !

    Il y a pleins de choses chouettes que permet l'humour : décompresser, créer de la complicité, tisser du lien social, créer des références communes, dédramatiser une situation, etc.

    Rire un bon coup, ça peut provoquer un genre d'euphorie ultra libérateur, et partager un fou rire avec des gens ça peut être vraiment incroyable ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-001.png>

    Mais bon, ça permet aussi des trucs moins chouettes : véhiculer des idées violentes et discriminantes, exclure quelqu'un, se moquer, renforcer des stéréotypes, engendrer des biais de pouvoir, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-002.png>

    L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.

    Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.

    Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.

    On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-003.png>

    Cette brochure a surtout pour intention de proposer un support de réflexions et de discussions pour regarder l'humour par un prisme politique et par une approche ayant pour point d'entrée les oppressions systémiques.

    Sommaire

    Introduction……………………………………………………………………………………..P2

    Mais qui est la voix off de cette brochure ?…………………………………………….P6

    Contexte d'écriture de cette brochure…………………………..……………………..P10

    En quoi l'humour est politique ? …………………………………………………..…….P12

    Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?……………….………….P16

    Différents types d'humour…………..…………………………………………..………..P23

    Auto-check avant de faire preuve d'humour…………………………….……...…...P27

    Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?……………….……………….P29

    A propos de légèreté et d'insouciance………………………………………………....P36

    A propos de culpabilité, de honte et de responsabiltiés…………………….….….P40

    Apprendre à se connaître pour incarner des formes d'humour appropriés...…P41

    Et l'autodérision dans tout ça ? ………………………………………...…………..…...P43

    Le risque de l'anti-norme oppressive………………………………………….….……..P44

    Vers des nouveaux imaginaires de l'humour ?………………………….…………....P45

    Quelques questionnements en vrac……………………………………...……………..P46

    Remerciements…………………………………………….…………………...…………….P47

    Mais qui est la voix-off de cette brochure ?

    Moi, c'est Asa !

    Je trouve ça toujours difficile de savoir comment se présenter : à la fois, je trouve ça important de contextualiser et de situer son propos, et en même temps, j'ai en tête qu'on fait toujours une sélection de ce qu'on souhaite raconter ou ne pas raconter donc c'est pas toujours évident de trouver la juste quantité d'informations à donner et la manière de le faire. Je vais citer quelques éléments me concernant et que je trouve utile pour comprendre d'où je parle dans cette brochure, mais évidemment c'est une présentation incomplète et biaisée.

    Je suis une personne racisée (asio-descendante) vivant en France métropolitaine, sociabilisée femme (je m'identifie non-binaire) plutôt jeune (née dans les années 2000) et passionnée d'un milliard de sujets. J'ai fait un transfuge de classe : raconté de manière caricaturale, je suis passée d'une famille immigrée plutôt précaire à des milieux intellectuels plutôt bourgeois via des études dans le supérieur plutôt élitistes que j'ai faites.

    Maintenant, je traîne dans des tas de milieux différents : des milieux anarcho-queer, des cercles sociaux se revendiquant de faire du soin politique, des espaces d'extrême gauche où ça parle désobéissance civile et ZAD, des milieux écolos cherchant à faire évoluer l'enseignement supérieur et les entreprises, des sphères institutionnelles ancrés dans le système dominant, etc. Je fréquente parfois des espaces marginalisés, avec des gens ne faisaient pas partie des normes dominantes, tout comme je peux parfois travailler dans des espaces de pouvoir très institutionnels.

    En termes de contrastes, j'ai à la fois passé des repas venant de récup dans des poubelles de supermarché avec des potes précaires, tout comme j'ai aussi participé à des buffets indécents coûtant des milliers d'euros avec des personnalités « connues ».

    Vivre tout un tas de choses dans des milieux très différent me questionne, notamment sur la place que l'humour peut avoir en fonction de différents espaces sociaux et ma manière de vivre les questionnements qui m'animent avec tout mon coeur c'est d'en parler avec des gens, d'animer des ateliers à ces sujets, et d'écrire.

    Pleins d'éléments m'ont amené à écrire cette brochure :

    - Kiffer la formalisation, et creuser des sujets en profondeur

    Quand un sujet attire mon attention, j'ai envie de le décortiquer, de voir le monde par ce prisme, et chercher à comprendre comment les autres le vivent.

    Concernant l'humour, je pense que je me suis beaucoup interrogé sur mon rapport à l'humour, ce qui me faisait rire ou pas, ce qui me mettait à l'aise ou pas, ce que j'incarne avec mon humour et puis plus globalement, les liens entre humour et rapports de pouvoir. J'aime beaucoup mettre en mots et en forme mes réflexions (souvent, surtout issues de discussions avec des ami·es), pour qu'on puisse échanger sur ces bases, débattre dessus et l'idée de centraliser des années de réflexions et de discussions dans un doc me plait bien ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-004.png>

    - Vivre des oppressions systémiques et des injustices au quotidien

    Depuis mon enfance, je me prends des « blagues » racistes. Des « ching chong » au lycée avec des camarades reproduisant à merveilles une caricature de yeux bridés, des questions pouvant s'apparenter à du racisme et autres joyeusetés de vécus d'exclusions et de moquerie du fait de mon appartenance éthnique.

    Ça, c'est la phase visible de l'ice-berg du « parfois l'humour c'est tout pourri ». Il me paraît évident que ces situations sont des vrais sujets, mais j'aimerai bien ne pas me limiter à ces blagues, mais aller creuser aussi les trucs moins évidents et davantage questionnants. Chercher en quoi l'humour, peut implicitement devenir un outil de pouvoir. Des situations où je questionne ma légitimité à ressentir du malaise. Des situations où il n'y a pas vraiment de coupable ni de victime, mais qu'il se joue quand même des trucs pas anodins.

    Mon sentiment d'insécurité par défaut dans les groupes a toujours été là, mais je mets les mots dessus depuis très récemment. Depuis que j'y associe des lunettes des oppressions systémiques, je comprends mieux certains mécanismes rapports de pouvoir implicites qui me font ressentir dans mon corps un sentiment de « je ne suis pas à ma place ici / je ne suis pas en sécurité auprès de ces personnes ». J'ai le souhait que des personnes puissent trouver du réconfort, de la légitimation et des outils à la lecture de cette brochure.

    Je pense que l'humour me touche. Déjà parce que j'ai pas vraiment gagné au jeu de la roue des privilèges (même si j'ai de nombreux privilèges et avantages dans la société) et que je pense que ça contribue à ce que je sois sujette à beaucoup d'humour oppressif. Mais aussi parce que je suis très sensible à toute dynamique de groupe pouvant être excluante, dogmatique, oppressante et que l'humour peut être un formidable instrument pour ça.

    - Désirer contribuer à changer nos mondes

    L'humour a beaucoup de place dans ma vie que je le veuille ou non. Ça me va pas de juste subir sa présence pesante sans rien y faire alors même si l'humour restera toujours un truc plus grand que moi, je me suis dit que sans avoir l'ambition de changer LE monde, je pouvais au moins tenter de changer les petits mondes qui m'entourent.

    Je crois que par l'humour, on peut déconstruire et reconstruire beaucoup de choses. Je pense que questionner la place de l'humour dans nos relations et collectifs, et trouver d'autres voies pour rire ensemble, ça contribue à incarner des cultures du soin.

    - Contribuer à diffuser des cultures de soin

    Le soin, c'est ma boussole de vie. Tout ce qui fait sens pour moi rentre dans cette boussole. Dans ma vie relationnelle, pro, perso et militante, j'essaie de trouver comment diffuser des cultures de soin. Cette brochure s'inscrit dans cette volonté. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-005.png>

    Pourquoi il y a des champignons dans toute la brochure ?

    Parce qu'il y a des champignons délicieux, et d'autres toxiques.

    Et parfois, c'est dificile de les différencier entre eux. : c'est un peu comme l'humour !

    Et aussi parce que j'avais envie d'aérer cette brochûre donc je cherchais à dessiner des personnages mais je suis pas super compétent·e pour dessiner des êtres humains alors les champignons c'était plus facile pour moi.

    Pour les dessins, je me suis beaucoup inspirée de champignons sur Pinterest, la plupart des designs de champignons ne viennent pas de moi même si je les ai adapté à ma façon.

    <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-006.png>

    Contexte d'écriture de cette brochure

    Avant la naissance de cette brochure, il s'est passé pleins de choses !

    Tous pleins d'ateliers...

    J'ai eu la chance de vivre dans un lieu de vie collectif avec beaucoup de passage– on y était parfois une trentaine d'habitant·es - dans lequel on avait l'habitude de s'animer des ateliers entre nous. Ça pouvait être une mini conf, un atelier tricot, une danse collective. N'importe qui pouvait proposer un truc, et ça attirait forcément quelques âmes curieuses et intéressées. Dans ce cadre là, j'ai conçu et animé pour la première fois un cercle de discussion sur l'humour oppressif. On a beaucoup, beaucoup parlé. Tard le soir, jusqu'à s'endormir dans nos canapés tout moelleux. C'est là qu'est né plusieurs éléments de cette brochure, grâce à ces moments collectifs où je me sentais à la fois entourée, et hyper stimulée. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-007.png>

    ...Et un début de formalisation !

    Ensuite, avec mon binôme associatif de l'époque, on a voulu animer un autre atelier à ce sujet, mais en créant des supports qui centraliserait des questionnements et réflexions. Il a donc crée 4 affiches qui nous ont servi pour un atelier organisé dans une asso de notre école. Ces affiches, on les a ensuite pas mal diffusé par ci par là quand on rencontrait des gens qui voulaient creuser ce sujet mais qui savaient pas trop par où commencer.

    J'ai continué à animer des ateliers à ce sujet, sur base de ces affiches mais je ne me retrouvais plus dans certains propos de ces affiches, et plus le temps passait, plus j'avais envie de rajouter des réflexions, compléter tout ça de récits. Et j'ai trouvé que le format brochure était plus propice pour ça.

    Voilà une version un peu plus complète et riche que les affiches qu'on avait formalisé avec Momo. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-008.png>

    Et ainsi, naissa cette brochure ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-009.png>

    Je vois cette brochure comme un condensé de réflexions et questionnements à un instant T. Je serai peut-être plus trop d'accord avec des réflexions que j'ai écrite, il y a sans doute des angles morts dans ce que je propose, mais c'est pas grave ! C'est fait pour être un outil de dialogue, de discussion, pas une proposition de vérité absolue. Je vous laisse donc avec ça en tête. Cette brochure n'a pas l'intention d'être consensuelle, et a plutôt vocation à rendre visible des trucs, pour nourrir des débats et réflexions : à vous de prendre ce qui vous parle ou pas !

    Cette brochure est écrite à la première personne du singulier, car c'est moi qui l'écrit et que je ne souhaite n'engager que moi dans les propos que je tiens, mais il est le fruit de réflexions et questionnements collectifs issus de discussions avec des potes ou des participant·es à des ateliers.

    En quoi l'humour est politique ?

    Je m'aventurerai pas à proposer une définition de ce que c'est la politique, mais j'aimerai malgré tout commencer cette brochure par affirmer que je pense que notre rapport à l'humour est politique, et doit être davantage politisé. Une manière d'expliquer pourquoi l'humour est politique, c'est de visibiliser que l'humour est un acte social et que quand une personne se sent victime d'humour oppressif, c'est pas juste une histoire de liens interpersonnels, mais il s'y joue des enjeux plus systémique. Quand j'exprime que l'humour est politique, c'est pour visibiliser que l'humour s'inscrit toujours dans un contexte socio-politique donné, et qu'il peut créer ou renforcer des dynamiques de pouvoir qui sont loins d'être neutres ou sans conséquences.

    Dans cette partie, je vais partager des réflexions et croyances que j'ai sur l'humour. Elles n'ont pas de valeurs sociologiques ou scientifiques particulières.

    Si vous souhaitez vous renseigner sur ces sujets avec une approche davantage documentée, sourcée et avec des expérimentations sociales, vous pouvez lire la thèse de Léo Facca « Est-ce vraiment “ juste une blague ” ? Effet du groupe ciblé, des préjugés et de l'adhésion aux stéréotypes sur la perception de l'humour de dénigrement : une approche expérimentale. » ou vous renseigner sur les études de psychologie sociale de Monica Romero-Sànchez.

    Perso, je me suis pas beaucoup plongé dans ces références là parce que j'avais pas l'envie et la motivation de faire un travail de recherche solide, alors je propose juste des bouts de réflexions sur pourquoi je pense que l'humour est politique :

    - L'humour véhicule souvent des valeurs et stéréotypes

    Je sais pas s'il serait possible ou souhaitable de quantifier un pourcentage de blagues qui reposent sur des préjugés discriminants, mais j'ai le sentiment que l'humour véhicule principalement des stéréotypes visant des individus et groupes sociaux particuliers : les femmes, les personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les personnes queer, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-011.png>

    Par l'humour, on peut donc véhiculer beaucoup de stéréotypes : les femmes sont nulles et dangereuses au volant, les arabes sont des voleurs, les personnes en situation de handicap sont bêtes, etc.

    Les blagues sexuelles me paraissent se baser souvent sur un imaginaire d'hyper-sexualisation, d'objectification des femmes et minorités de genre, de personnes racisées ou sur une désexualisation de personnes âgées et/ou en situation de handicap. La plupart du temps, les blagues liées à la race reposent davantage sur l'imitation d'accent, des préjugés racistes ou des stéréotypes de classes sociales que sur les désastres du colonialisme.

    Il y a donc des tendances globales concernant ce sur quoi porte l'humour. Et le fait qu'on se moque majoritairement de certains groupes sociaux, c'est pas anodin. Ça dit quelque chose sur notre manière de faire société. Et ça vient renforcer des valeurs.

    - L'humour diffuse, légitime, banalise et rend acceptables socialement des valeurs et stéréotypes

    L'humour contribue à la tolérance de la discrimination. Sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! », l'humour permet de banaliser et rendre acceptables socialement certaines valeurs et stéréotypes. S'il ne paraitrait pas très acceptable socialement d'énoncer sérieusement que les femmes blondes sont plus bêtes que les autres, rire autour d'une blague sur les blondes peut paraître beaucoup plus innoffensif. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-013.png>

    On appelle « humour de dénigrement » une forme d'humour qui favorise les préjugés et la discrimination.1

    - L'humour est un outil de cohésion sociale

    L'humour est un super outil pour identifier des individus qui nous ressemblent, avec qui on peut s'entendre et connecter. Rire avec quelqu'un, ça peut déjà être un signe de compatibilité. Ainsi, l'humour permet d'être un facteur de rapprochement, et conditionne ce qui permet ou pas de faire groupe. Il permet de consolider des normes sociales, en participant à créer des cadres collectifs et peut participer à certaines formes de sentiment d'appartenance.

    Par exemple, les blagues sur la prétendue stupidité des Belges permet de créer de la cohésion sociale pour les Français.es qui se rapprochent en se moquant d'un autre groupe social. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-014.png>

    - L'humour est vecteur de biais de pouvoir

    Dans des dynamiques de groupe, il y a toujours des rapports de pouvoir. Un rapport de pouvoir, c'est pas forcément très visible au premier regard. C'est pas forcément une humiliation bruyante et flagrante. Ça peut être discret, insidieux, mais pas moins violent ou blessant. C'est pour ça que pour moi c'est très important de mettre le doigt et les mots sur comment l'humour peut être vecteur de pouvoir.

    Quand j'observe un groupe, j'aime porter mon attention sur qui parle, qui ne parle pas, qui est écouté, qui ne l'est pas. Comment les identités sociales (genre, classes, races, religion, capital culturel, académique, économique) entrent en jeu dans les interactions.

    L'humour permet un bon prisme d'analyse : Qui fait une blague ? Qui rigole ? Qui ne rigole pas ? Sur quoi portent les blagues ? Quelqu'un qui fait une blague et fait rire les autres attire l'attention, et potentiellement, volontairement ou pas, dicte les normes d'un groupe.

    L'humour est souvent valorisé socialement, et les personnes qui détiennent des formes d'humour qui seraient valorisé dans un cercle social peuvent attirer l'attention, paraître intelligent, avoir de la répartie et ça peut donc leur conférer des formes d'auras, de charisme et de pouvoir.

    Par exemple : J'ai parfois tendance à « clasher » des ami·es avec ma répartie. Ça fait rire, c'est valorisant pour moi, mais c'est parfois très blessant selon ce que je véhicule, ma relation avec la personne cible de la blague, le contexte social et le vécu de la personne cible. C'est une forme de rapport de pouvoir que d'avoir de la rhétorique, de penser rapidement, d'avoir de la répartie, et ça peut sembler banal mais ça peut être vraiment humiliant, excluant et violent de se faire moquer par des blagues. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-015.png>

    Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?

    Parler des oppressions systémiques, c'est vertigineux. Avoir une porte d'entrée, ça permet d'avoir une prise. Il y a des tonnes de manière de définir une oppression systémique, voici ce que je propose :

    Une oppression systémique est le résultat et la composante d'un système qui, pour un critère donné, va engendrer de façon globale des discriminations sur un groupe social dit dominé / opressé / discriminé, et réciproquement conférer des privilèges à un groupe social dit dominant / oppresseur / privilégié. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH231/humour_oppressif-016-2-53c4e.png?1784887761>

    Les oppressions systémiques sont omniprésentes. Dans notre manière d'organiser notre société, dans nos politiques, nos lois, nos institutions mais aussi dans notre manière de penser, de relationner et de s'organiser.

    Elles s'ancrent dans des rapports de pouvoir, se traduisent par des préjugés/stéréotypes et s'incarnent par des postures/comportements oppressifs.

    A propos d'intersectionnalité : pour une approche décloisonnée et systémique des oppressions systémiques

    Présenté sous forme de tableau, les oppressions systémiques et leur système d'oppressions peuvent sembler très cloisonnées. Dans la réalité, toutes les oppressions forment des liens complexes en synergie.

    L'intersectionnalité désigne un concept permettant de penser les identités sociales non pas de façon séparée ou cumulée, mais en synergie pour en identifier leur spécificités.

    Historiquement, ce concept émerge et est popularisé par Kimberlé Crenshaw (militante, avocate, professeur) qui lie la race et le genre pour mettre en lumière que les expériences vécues par une personne noire, et par une femme, ne peuvent pas être comprises et analysées comme deux données séparées ou indépendantes2.

    Dans les grandes lignes, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression n'est pas égale à = 2X d'oppressions

    Mais plutôt, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression = un cocktail singulier et complexe d'oppressions, non cumulables, mais en synergie

    Pourquoi parler d'intersectionnalité ?

    Pour ne pas reduire l'identité d'une personne à un privilèges ou un non-privilège. Chaque personne a son histoire unique, et il me paraît important de prendre en compte de manière nuancée et complexe ça. (= ne pas reduire une personne racisée à une pauvre victime du système raciste, ne pas réduire un mec blanc à un méchant oppresseur)

    Préjugés, discrimination, et oppressions : quelles différences ?

    Inspiré du comic : https://everydayfeminism.com/2017/01/trouble-explaining-oppression/

    Un préjugé est un biais internalisé :

    • "Les relations homosexuelles sont anormales et déviantes"

    • "Les personnes grosses sont moches"

    • "Les musulman·nes ont plus de chance d'être des terroristes"

    Une discrimination est la concrétisation d'un préjugé :

    • Refuser la location d'un appartement à un couple d'homosexuel

    • Se trouver moche car gros·se

    • Suspecter davantage les musulman·es de comportements dangereux

    Les oppressions sont les poids et forces systémiques de ces préjugés et discrminations sur les personnes concernées

    • Des lois qui ne protègent pas les discriminations basés sur l'orientation romantico-sexuelles

    • Des magazines promouvant une culture de la beauté normée

    • Des politiques publiques excluantes des musulman·nes

    Pour lutter contre tous ces systèmes d'oppressions injustes, il faut agir sur tous les maillons de la chaîne !

    A propos de privilèges et de non-privilèges

    Chaque individu a un lot de privilèges et de non-privilèges.

    Le privilège social, ça désigne une notion en sciences sociales, qui offre des avantages sociaux/degrés de prestiges/rangs dans la société en fonction de son appartenances ethniques, de classes sociales, d'âges, de sexe, d'identité de genre, d'orientation sexuelle et relationnelles, de religion, etc.

    Les systèmes de privilèges et non-privilèges impliquent par exemple :

    • Un partage non-équitable de la charge mentale. La charge mentale est le poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur des personnes particulièrement discriminées) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique, et surtout, psychique. Cette préoccupation constante de la logistique du foyer, même dans les moments où elles ne sont pas dans l'exécution de ces tâches est aussi pesante. Cette notion peut être applicable à d'autres domaines que la gestion du foyer.

    • Des différences dans le sentiment de sécurité par défaut dans les espaces publics, les relations, les collectifs, etc.

    • Une exclusion invisibilisée de certains groupes sociaux dans certains espaces.

    • Un rapport à la légitimité différent.

    • Un accès aux richesses et au confort non-équitable.

    • Etc etc etc.

    Avoir des privilèges, c'est pas seulement avoir plus de chances d'avoir sa paie augmentée lorsque l'on est un homme cis blanc. C'est aussi :

    • Avoir le privilège de l'inscouciance et de ne pas se soucier de certaines charges mentales et émotionnelles.

    ◦ Ex : une dynamique typique dans un couple hétéro est la femme portant la charge mentale des tâches ménagères, la charge contraceptive et la charge émotionnelle du couple tandis que l'homme ne comprend même pas en quoi consiste tout ça.

    • Ne pas se rendre compte des oppressions que vivent les autres, et avoir tendance à ne pas les croire, les légitimer. Et/ou chercher à se justifier de ses bonnes intentions sans mettre le focus sur le récit de la personne concernée.

    ◦ Ex : Je constate que la plupart du temps, quand je raconte un vécu de situation raciste que j'ai vécu, la·es personne·s blanche·s devant moi sont souvent choqué·es et arrivent à peine à me croire et vont parfois avoir tendance à remettre en question mon récit ou le minimiser.

    Avoir des non-privilèges, c'est par exemple :

    • Devoir se sur-adapter en permanence pour se faire accepter socialement, et donc performer, compenser, se contorsionner pour correspondre à un fonctionnement normé.

    ◦ Ex : c'est le cas pour des personnes ayant des handicaps invisibles. (#validisme #psychophobie)

    • Se justifier en permanence de ne pas être capable de faire quelque chose et être soupçonné de flemme car "si on veut, on peut" #capacitisme #validisme #psychophobie

    • Ne pas se sentir légitime de prendre la parole.

    • Ne pas se sentir appartenir à un groupe social.

    ◦ Ex : être la seule personne racisée dans un groupe de blanch·es peut entraver le sentiment d'appartenance et la légitimité à trouver sa place

    • Subir de la négligence en ayant moins de chances que ses besoins soient remplis par la société, des collectifs, des relations, etc.

    Apprendre à se situer au niveau de ses privilèges et non-privilèges, et agir en conséquences

    Savoir se situer, ça s'apprend, ça prend du temps, et ça se fait au fur et à mesure de discussions, d'expériences de vie, de conflits, de partages de récits, etc.

    Un outil pouvant être utile pour apprendre à se situer est celui du CRIAW ICREF3.

    Ici, cet outil d'éducation populaire en lien avec des enjeux d'intersectionnalité permet d'illustrer :

    • Par le cercle intérieur : les circonstances particulières de chaque personne, associé à des “rangs” dans la société

    • Par le deuxième cercle : Des aspects identitaires (correspondant à des privilèges et non-privilèges)

    • Par le troisième cercle : Différentes formes de discriminations et systèmes oppressifs

    • Par le cercle extérieur : Des structure et forces plus larges renforçant les systèmes oppressifs

    Proposition d'exercice : Vous pouvez prendre une feuille et écrire les aspects identitaires qui vous concerne du deuxième cercle et tenter d'identifier si vous êtes plutôt privilégié·e ou pas sur chaque aspect. Les réponses ne seront pas forcément binaires car certains aspects pourront être à la fois des privilèges et des oppressions pour vous. L'idée n'est pas d'atteindre une réalité objective parfaite de vos privilèges et oppressions via cet exercice, mais plutôt de se mettre dans une posture de questionnement vis-à-vis de ses identités sociales. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH385/humour_oppressif-017-2-fe831.png?1784887761>

    Chaque personne ayant son lot de privilèges et de non-privilèges. Il peut paraitre important d'apprendre à se situer soi-même, pour pouvoir agir en conséquences.

    Pour guider tes questionnements par rapport à ces enjeux, tu peux te demander :

    • Quels sont mes privilèges ? Quels sont mes non-privilèges ?

    • Comment je me sens par rapport à ça ?

    • Qu'est-ce qui m'interroge à ce sujet ?

    • Quelle place ont les oppressions systémiques dans mes relations ? Dans mes collectifs ? Dans mon quotidien ? Dans ma vie professionnelle ?

    • Est-ce que c'est un sujet dont je parle avec mes proches ? Si oui, comment ?

    • Est-ce que je suis satisfait·e de mon rapport à mes privilèges et les oppressions que je vis ? Et si non, qu'est-ce que j'aimerai être différent ?

    Pourquoi on parle d'oppressions systémiques ?

    Parce que l'humour s'inscrit dans des enjeux en lien avec les oppressions systémiques ! Il peut faire partie de discriminations paraissant inoffensives, anodines et mineurs. Mais en réalité, c'est un instrument puissant, contenant un potentiel de violence fort et permettant de légitimer d'autres formes de violences.

    La pyramide des niveaux de discriminations illustre différents types de discriminations, allant de ce qui paraît le moins violent au plus violent. L'humour se situerait dans un niveau de discrimination plutôt « faible »

    La pyramide des niveaux de discriminations <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L422xH319/humour_oppressif-019-c747d.png?1784887761>

    Toutes ces oppressions systémiques, systèmes d'opppressions et notion de privilèges s'incarnent concrètement sous la forme de discrimination de plusieurs types :

    Des oppressions, il y en a de tous types. Toutes n'ont pas les mêmes effets, ou les mêmes répercussions. Dans cette brochure, je souhaite militer pour que ce qui est considéré comme violent et oppressif ne soit pas limité à de la violence physique et facilement visible. Je souhaite considérer et lutter contre toute forme de discriminations, d'oppressions, et de rapport de pouvoir, aussi "petites" et invisibilisées puissent-elles paraitre.

    Pourquoi les "petites" oppressions invisibilisées sont importantes ?

    Déjà, parce qu'elles ne sont pas si petites que ça ! Elles sont très impactantes du fait de leur caractère répété et omniprésent, et influence comment une personne se perçoit, est perçue, peut se sentir, etc. De plus, elles constituent la base de la pyramide des discriminations et permet et renforce des discriminations plus graves.

    L'humour contribue à la tolérance de la discrimination sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! »

    Dans un monde où il n'est pas acceptable de faire des blagues sexistes, alors, peut-être que le monde le serait moins ?

    De plus, il y a parfois une plus grande capacité d'action sur des discriminations "petites" du fait de leur caractère récurrent et aussi du fait qu'il peut parfois être moins risqué de reprendre quelqu'un sur une blague qu'il a faite et questionner les valeurs qu'il a véhiculé (parfois inconsciemment et involontairement) que d'agir sur des menaces de vie directes.

    L'humour, ce n'est donc pas que des petites blagues, c'est plus que ça. Ça a des impacts et des conséquences fortes et agir dessus est une manière de lutter contre les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir.

    Différents types d'humour

    Est-ce que tous les humours se valent ?

    Je pense que tous les humours ne se valent pas. Il ne s'y joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir selon l'humour qui est véhiculé. Par exemple, je considère qu'un groupe de mec qui se moquent d'une meuf avec des remarques sexistes, c'est pas les mêmes enjeux que des personnes racisées qui se moquent des racistes. Ou encore, je considère qu'une punchline tourné avec un ton humoristique pour protéger une personne qui se fait discriminée, c'est pas à mettre sur la même échelle que quelqu'un qui dit une punchline pour se moquer d'une forme de handicap.

    Proposition de catégories de l'humour

    Pour conceptualiser ça, avec mon binôme associatif de l'époque des affiches, on a fait une proposition de catégorisation de l'humour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH340/humour_oppressif-020-2-af40e.png?1784887761>

    Il y a différentes d'humour parmi tout ça : le comique de situation, le comique de répétition, l'absurde, les plaisanteries, l'ironie, les jeux de mots, le comique de geste, les caricatures, l'autodérisiton, l'humour noir, le sarcasme, la parodie/satire, le burlesque, le grotesque, etc.

    Quelques exemples pour s'y retrouver

    - L'humour ciblant des groupes sociaux

    Ce qu'on désigne comme étant de l'humour oppressif, c'est de l'humour qui participe à perpétuer des oppressions systémiques.

    Exemples :

    • Dire une blague qui se repose sur un biais sexiste : J'ai une fois animé une formation où lorsque j'ai demandé aux participant.es s'iels avaient de quoi noter, un homme cis a répondu « Oui, on a des femmes dans le groupe ! »

    • Renforcer des stéréotypes raciaux par des blagues-devinettes : « Pourquoi les chiens aboient beaucoup en Chine ? Parce qu'ils ne sont pas assez cuits »

    • Véhiculer l'idée que les personnes trisomiques sont bêtes en disant « T'as pas compris ça ? T'es trisomique ou quoi ? »

    Et bon, il pourrait y avoir tout une section « humour internet et memes » sur ce que ce type d'humour peut véhiculer. Ici un exemple illustrant sous la forme d'un raisonnement « scientifique » pourquoi les femmes sont des problèmes. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH339/humour_oppressif-021-2-d1efc.png?1784887761>

    Les dynamiques en œuvre peuvent être nombreuses : renforcement de stéréotypes existants, déshumanisation, action d'exclusion, moqueries, etc.

    En stand-up, on parle parfois de « punching down », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes discriminées et qui reproduit donc des dominations, des oppressions et des humilitations systémiques.

    Ce qu'on appelle humour subversif, c'est un humour qui renverse l'ordre social dominant.

    Exemple :

    • L'humour misandre (qui fait de l'humour sur les mecs cis). « Que donne un mec cis à Emmaüs ? Son avis ! »

    • Tourner en ridicule le journalisme sensationnelle de droite (Gorafi)

    • Tourner en ridicule l'impunité de certaines sphères de pouvoir (Malheurs actuels)

    • Jouer sur un attendu « raciste » pour prendre par surprise et interroger ce présupposé « Comment appelle-t-on un noir qui conduit un avion ? – Un pilote ! »

    En stand-up, on parle parfois de « punching up », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes dominantes et qui crée donc des potentiels de subversion et d'émancipation.

    - L'humour ciblant un individu

    L'humour blessant, c'est de l'humour qui n'est pas en lien avec des oppressions systémiques, mais qui peut blesser une personne.

    Exemple : Quelqu'un trébuche en rentrant dans une classe, quelqu'un le·a filme et puis fait tourner la vidéo en se moquant de la personne.

    L'humour soutenant survient dans l'intention d'aider quelqu'un qui se fait discriminé.

    Exemple : Un mec se moque d'une femme qui a fait la cuisine, et quelqu'un en fait une blague « drôle de façon de dire merci »

    Avantages et limites de ces catégories :

    Ce que j'apprécie dans le fait de catégoriser l'humour, c'est que ça permet de mettre en lumière qu'il ne se joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir dans tout type d'humour. Tous les humours ne sont pas équivalents et ne véhiculent pas les mêmes idées. L'idée n'est pas de dire que l'humour subversif est forcément mieux que l'humour oppressif, mais plutôt qu'il ne se joue pas les mêmes choses quand on se moque de femmes asiatiques que quand on se moque du président des Etats-Unis.

    Evidemment, ces catégories, comme toute tentative de formalisation sont imparfaites. Il y a des formes d'humour difficile à catégoriser, et l'intention n'est pas de réussir à mettre toute forme d'humour dans des petites cases, mais plutôt de mieux identifier ce qui peut se jouer dans une forme d'humour. C'est donc à voir comme un outil : ce n'est pas objectif, ce n'est pas parfait, ça a des limites, mais c'est parfois utile.

    Faut-il cultiver de l'humour subversif alors que ça peut aussi être violent ?

    J'adore l'humour subversif, mais c'est très personnel. J'ai beaucoup débattu à ce sujet et je sais que des personnes que je connais ne sont pas d'accord avec le fait de cultiver quelconque humour pouvant être dénigrant. Cette idée qu'il ne faut cultiver ni l'un, ni l'autre, est en lien avec l'idée que dans tous les cas, il y a de la violence qui est véhiculé et que ça entretient un cycle de la violence qui peut finir par être néfaste pour tout le monde. Si j'adore l'humour subversif, et que je le trouve émancipateur et réparateur, j'aime nuancer ce propos en mettant une vigilance sur la violence qui peut être véhiculée.

    Bref, est-ce qu'il faut faire de l'humour subversif ? Perso j'adore ça, mais c'est fortement débattable !

    Et puis qui décide de ce qui est subversif ou oppressif ? La frontière est floue et subjective. Peut-on tout justifier derrière le drapeau de la subversivité ? Pas sûre.

    Pour autant, je considère ne pas me battre à armes égales avec mes « ennemis », et donc ridiculiser le pouvoir, je pense que c'est une arme qui me parle.

    Est-ce que la fin justifie les moyens ?

    Dans le fond, ça pose la question de : est-ce que la fin justifie les moyens ? Si la fin est louable (= ici, créer une société plus écologiste, juste et inclusive) est-ce que ça justifie d'avoir recours à des moyens violents (= ici, continuer à alimenter des dynamiques de moqueries, d'exclusion). C'est hyper complexe comme sujet, et j'oscille beaucoup entre plusieurs postures, en fonction des enjeux et des sujets. J'ai pas trop de réponses à ça, mais je trouve que c'est chouette de se poser la question et de si l'on souhaite avoir recours à l'humour, et pourquoi.

    Dans tous les cas, il me paraît important de s'interroger sur pourquoi on rigole, et quels peuvent être les risques et effets de ce qu'on véhicule. Et justement ! D'où la proposition de l'outil qui suit :

    Auto-check avant de faire preuve d'humour

    Comment savoir si ma blague est oppressive ? Comment je peux changer mon rapport à l'humour ?

    Hélas, je n'ai pas de solutions miracles sous la main. Je ne pense pas que le monde doit binariser un rapport catégorique à l'humour. Il n'y pas de tampons « humour oppressif / humour non-oppressif ». Je pense que toute situation est complexe, nuancée, et qu'on ne peut jamais s'assurer de la non-offensivité de ce qu'on dit. Par contre, on peut se questionner en amont pour limiter le risque de blesser. Voici une proposition de questionnements à se poser. C'est pas exhaustif et c'est pas parfait. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-023.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-025.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-027.png>

    • Quelles sont mes intentions en faisant une blague (mettre à l'aise, créer de la complicité, rabaisser, me moquer, dédramatiser ?)

    • Est-ce que je ris DE la/les personnes concerné·es par la blague ou AVEC ?

    • Est-ce que les personnes présentes me connaissent assez bien pour comprendre mon intention ?

    • Est-ce que ma blague peut être discriminante ou blessante directement ou indirectement ?

    • Est-ce que ma blague véhicule de la violence ?

    • Est-ce que ma blague peut causer des triggers ?

    • Est-elle risquée du fait qu'elle touche à une caractéristique de groupes sociaux discriminés ?

    • Est-ce que le contexte de ma blague est le bon ?

    • Est-ce que le niveau d'interprétation de ma blague est claire ?

    • Suis-je prêt·e à recevoir des retours négatifs sur des propos que j'ai émis ?

    • Suis-je capable de répondre constructivement en me remettant en question ?

    • Suis-je ouvert·e et capable de ne pas minimiser/délégitimer les ressentis exprimés ?

    Il peut aussi y avoir des questionnements plus introspectifs : qu'est-ce que mon rapport à l'humour dit de moi ? D'où vient mon rapport à l'humour ? Est-ce que j'aime l'humour que je véhicule ou est-ce que j'aimerai le changer ? Si oui, quelles sont mes pistes de changement ?

    Par exemple : j'ai beaucoup fait de l'humour en mode « clasher une personne », parfois de manière humiliante, parce que je voulais paraître intelligente et avoir de la répartie. Je trouvais ça valorisant qu'on rigole à mes blagues, et qu'on puisse être impressionné par la rapidité de mes idées. Mais je me suis rendue compte que je trouvais ça naze de faire ça alors j'essaie d'arrêter (même si je fais parfois de l'humour blessant et je le regrette).

    Se poser les questions, ça peut être très long, et c'est un travail introspectif en soit. S'il ne me semble pas possible de se poser toutes ces questions en amont de chacune de ses blagues, je me dis que ça peut être un bon guide d'introspection pour y réflechir et que pour faire un autocheck rapide avant de faire une blague, il y a la possibilité de se concentrer sur les risques de cette blague : est-ce qu'il y a des risques à véhiculer ce que je vais dire ? Pourquoi ce serait risqué (du fait des personnes présentes, du fait de la nature de la blague) ? Est-ce que les intentions de ma blague sont claires pour les personnes présentes ?

    Moyen mnémotechnique :

    Si vous avez vu la série animée Avatar, le dernier maître de l'air, vous connaissez sûrement Iroh, l'un des personnages réputés comme étant plein de sagesse dans la série. Un moyen pour se souvenir des questionnements, c'est de penser aux :

    Intentions

    Risques

    Ouverture

    de son Humour

    (IROH !)

    Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?

    Au début des ateliers que j'anime, j'aime beaucoup commencer les temps par demander aux participant·es quelles sont leurs intentions et attentes dans l'atelier. La plupart du temps, ce qui revient surtout c'est : comment « bien » réagir face à des situations d'humour oppressives ? <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-029.png>

    Il n'y a pas de bonnes réponses ou de modes d'emplois. Chaque situation est singulière et porte un contexte particulier. Du coup, je vais surtout évoquer des postures, des manières de réagir, et les commenter.

    Comprendre les dynamiques collectives existantes

    Déjà, il y a toujours des dynamiques collectives et des rapports de pouvoir existants en jeu. C'est impossible de tout déceller, et de réussir à tout percevoir finement avec lucidité en tout temps, mais quelques questionnements peuvent aider à observer la situation.

    • Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?

    ◦ Est-ce que les personnes ont une bonne relation ?

    ◦ Est-ce qu'il y a de l'espace pour communiquer entre ces personnes ?

    ◦ Est-ce qu'il y a des biais de pouvoir entre les personnse ?

    ▪ Ex : une participante racontait pendant un atelier ne pas réussir à réagir à des blagues homophobes car la personne qui les racontait était son patron. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-030.png>

    • Est-ce que la personne/les personnes concernées par la blague sont présentes ?

    • Quels sont les risques d'intervenir pendant ou après une blague ? <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L450xH228/humour_oppressif-031-2-7bc66.png?1784887777>

    Il peut donc être important et utile de comprendre le contexte social, et les rapports de pouvoir existant avant de savoir comment réagir.

    Je pense que prendre en compte la temporalité dans les réactions est également important. Je distingue donc les réactions ayant lieu au moment de la situation, ou après.

    Choisir la temporalité de sa réaction

    - Réagir au moment de la situation

    Il y a différentes manières de réagir sur le moment :

    • « Contre-attaquer » directement par l'humour : punchliner, ridiculiser, confronter, etc.

    • Politiser la situation : ramener du sérieux et des enjeux, faire redescendre le rire pour adresser les problématiques. Expliquer en quoi l'humour est politique, et peut être violent. Expliquer les valeurs véhiculées par la blague qui vient d'être faite.

    • Questionner la personne qui a fait la blague : Pourquoi tu te moques ? Est-ce que ta moquerie sous-entends des croyances que tu as ? Pourquoi tu dis ça ? Qu'est-ce que tu sous-entends ? Tu peux répéter ?

    • Parler de ses ressentis : exprimer son malaise, sa colère, sa tristesse en réaction à la blague

    • Etc, etc, ect.

    Perso, je pense pas qu'il y ait de manière parfaite de réagir, car ça dépend trop du contexte, mais je peux identifier quelques avantages et inconvénients de réagir sur le moment.

    Avantages de réagir sur le moment :

    • Réagir sur le moment permet de ne pas « laisser passer » la blague, et de signifier que ce n'est pas accepté et toléré de faire ce genre de blague.

    • Ça peut permettre d'être dans une posture d'allié·e en réagissant et d'être en soutient direct à une personne ou des personnes qui pourraient se sentir mal à l'aise et/ou concernée(s) par la blague.

    • Ça permet de ne pas être complice du moment.

    Inconvénients de réagir sur le moment :

    • Réagir sur le moment peut créer du conflit et faire « dégénerer » une situation. Il y a moins de temps et de recul pour pouvoir réflechir à comment l'on souhaite réagir.

    • Ça peut être humiliant et stigmatisant pour la personne ayant fait la blague de réagir à une blague sur le moment devant d'autres personnes.

    • Le risque social est plus fort et imprévisible lorsque c'est sur le moment dans un moment social plutôt qu'après en interperso ou en plus petit comité.

    • S'il y a une ou des personnes concernées et que vous n'êtes pas personnellement la cible de la blague, réagir sur le moment peut parfois amener à ne pas avoir une réaction mal adaptée pour la ou les personne(s) concernée(s) vu qu'il est souvent difficile de les consulter sur le moment et de s'adapter à leurs besoins.

    - Réagir après le moment de la blague

    Il y a différentes manières de réagir après une blague

    • Cela peut dépendre de qui on va voir après la blague :

    ◦ La personne qui a fait la blague

    ◦ Des personnes éventuellement concernées et/ou mal à l'aise

    ◦ Des témoins

    ◦ Etc.

    • Ça peut dépendre de vos intentions

    ◦ Exprimer son désaccord/son malaise à quelqu'un

    ◦ Faire de la pédagogie

    ◦ Exprimer son soutient

    ◦ Etre dans l'accueil d'éventuelles demandes que l'on pourrait vous faire

    • Ça peut dépendre de la manière dont vous intervenez

    ◦ Plutôt sur un ton sérieux, politisant et intellectuel

    ◦ Plutôt sur un registre émotionnel

    ◦ Plutôt en « confrontation » avec la personne qui a fait la blague, ou plutôt en étant dans une recherche de coopération

    • Bref, les manières de réagir après une blague sont diverses et dépendent de beaucoup de chose !

    Avantages de réagir après :

    • Réagir après permet d'avoir plus de temps pour réflechir à ses postures et sa manière de réagir.

    • Ça peut permettre un terreau plus fertile pour des discussions longues et constructive du fait du côté interperso ou petit comité qui peut davantage créer un cadre intimiste et propice à la confidence contrairement à une réaction à chaud pendant un moment social.

    • Une discussion après le moment peut aussi réduire un potentiel risque de situation confrontante non désirée ou une condamnation rapide de la personne qui vient de faire une blague.

    Inconvénients de réagir après :

    • Il y a des contextes où il n'est pas possible de réagir après, par exemple après de l'humour oppressif émis par quelqu'un dans la rue.

    • Ça peut être difficile de trouver le bon moment, et peut-être que la personne éméttrice ne voudra pas en parler.

    • Il faut un minimum de confiance et de coopération réciproque pour que ça puisse être constructif. Un format de débrief ne parle pas à tout le monde. Par exemple débriefer d'une situation avec mon papa et lui proposer un temps de communication en interperso, ça ne fonctionne pas du tout. Il faut trouver ses stratégies. Souvent, je profite de trajets en voiture avec lui en trouvant une façon légère de revenir sur les choses mais je ne le présente pas comme un débrief. Et souvent, la manière qu'on a de débriefer est pour moi frustante et insatisfaisante.

    Quelques questionnements pour guider sa manière de réagir :

    Il n'y a donc pas de manière parfaite ou miraculeuse de savoir comment réagir. Ça vient en fonction du contexte, des dynamiques de groupe, de votre relation avec les personnes présentes, des enjeux, des risques, de vos ressentis, etc etc ect !

    Je ne souhaite pas proposer un guide pour apprendre comment réagir, mais surtout proposer des manières de réflechir à ça. C'est pour ça que je souhaite proposer quelques questionnements qui peuvent guider sa manière de réagir :

    • Quel est le contexte dans lequel est fait la blague ?

    • Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?

    • Qu'est-ce qui est véhiculé à travers cet humour ?

    • Est-ce que c'est risqué pour moi/pour d'autres, d'intervenir ?

    • Est-ce que je souhaite réagir sur le moment, ou plutôt plus tard ?

    • Comment est-ce que je souhaite réagir ? Quelle posture j'aimerai adopter ?

    • Quelles sont mes intentions en réagissant ?

    Se poser ces questions, c'est très long, et il n'est évidemment pas forcément possible de se poser toutes ces questions pendant un instant humoristique car ce sont des moments qui vont très vite et où il faut avoir parfois le sens du timing pour intervenir au « bon » moment. Mais ce sont des guides à avoir en tête, pour s'entraîner, et pour se questionner collectivement.

    Quelques points qu'il me semblent intéressants d'avoir en tête lorsque l'on souhaite réagir à une blague qui ne nous va pas :

    - Le consentement et le cadre de la discussion

    En allant voir des personnes ciblées, il me semble important de veiller au consentement des personnes concernées et de ne pas imposer une aide non-sollicitée au risque de leur retirer du pouvoir d'agir. Le mieux selon moi est de s'adapter à leurs besoins et leurs demandes, et de voir si vous êtes en capacité d'y répondre. Si quelqu'un s'est senti mal suite à une blague et que vous voulez lui proposer un espace de débrief, vous pouvez lui proposer plusieurs types d'écoutes : de la reformulation de ce qu'iel dit pour s'assurer qu'iel se sente compris·e, de l'empathie pour entrer en résonnance émotionnelle avec son vécu, de la suggestion ou des conseils sur quoi faire si c'est ce qui est demandé, etc.

    Proposer un débrief avec la personne émettrice de la blague peut aussi demander un certain cadre. Tout dépend de votre relation avec cette personne, et de votre manière de réagir. Mais il me semble important de penser aux bonnes conditions pour que ça se passe et à veiller à la forme de son retour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L451xH262/humour_oppressif-032-2-1334f.png?1784887777>

    Par exemple, vous pouvez commencer par lui demander ce qu'elle a pensé de sa blague. Ça peut être intéressant pour ne pas l'enfoncer si elle est déjà en train de se remettre en question. Perso, je trouve ça toujours intéressant de savoir comment l'autre personne a vécu la situation et ça me paraît plus constructif pour adapter sa réaction après.

    - Quelques outils pour prendre soin de sa communication

    Les outils de communication émotionnelle peuvent être aidant pour vivre ce type de situations si ce sont des approches qui vous parlent. Ce ne sont pas des solutions miracles, et ça a évidemment des limites et des défauts, mais personnellement ça m'aide de pouvoir me servir d'outils.

    Parmi les outils qui me parlent, il y a :

    • La Communication Non Violente (ou CNV)4

    ◦ Mais il me semble important de l'incarner dans une approche située et politisée. La CNV, malgré son nom, peut véhiculer de la violence parce que ses outils peuvent permettre à quelqu'un d'avoir l'ascendant intellectuel sur quelqu'un en ayant du vocabulaire, une rhétorique et une manière de tourner les choses qui est incontestable. Selon moi, la CNV ça peut être très aidant, mais ça peut aussi incarner des formes de classisme, d'élitisme et d'intellectualisme dont il faut faire attention car ils peuvent être, même avec de très bonnes intentions, des instruments de manipulation.

    ◦ Pour creuser ce sujet, des podcasts de Méta de Choc étudient les avantages et les dérives de la CNV5

    • Les jeux de cartes qui parlent de besoins et d'émotions pour gagner en vocabulaire, en finesse et en précision pour parler de ses émotions ou de celles des autres.

    ◦ Il y a par exemple les jeux de cartes de Apprentis Giraffes6 ou encore ceux de Comitys7

    • Il y a des facilitations graphiques/des affiches de Fertîles sur les enjeux de feedbacks (faire des retours), de Communication Non Violentes, ou encore d'intentions, disponibles sur leur site qui peuvent être outillantes.

    Bref, il existe de nombreuses ressources pour prendre soin de sa manière de communiquer ! Il en existe bien sûr bien d'autres, mais là ce n'est qu'une courte sélection.

    - Se préparer à être déçu·e et/ou frustré·e

    Même si vous faites de votre mieux, et que vous y mettez tout votre coeur, vos bonnes intentions, le soin dans votre communication et le soin à l'autre : il se peut que vous soyez frustré·e, agacé·e, déçu·e, en colère de la réaction de l'autre personne.

    Un truc qui m'aide d'avoir en tête dans ces cas là, c'est de me dire que du changement, ça prend du temps. Je pense pas qu'il faille nécessairement attendre des personnes qui ont des comportements blessants de changer. Mais j'ai la croyance dans le potentiel et la capacité de changements des gens. Et je pense que si ça arrive, c'est rarement miraculeux et instantané. Ça demande plusieurs essais, du temps, de la remise en question, des changements d'environnement parfois. Bref, votre réaction, votre intervention n'aura peut-être pas l'air très utile sur le moment. Mais je pense que ce type de réaction et d'intervention, aussi minimes puissent-elles paraître, elles sont super utiles, nécessaires et précieuses.

    Elle plantent des graines. Qui peut-être ne vont pas pousser car le terreau n'est pas bon, parce qu'il n'y a pas assez d'eau, parce que ce n'était pas le bon moment pour les planter.

    Bref, il se peut que rien n'en pousse. Mais si ça fait pousser quelque chose, alors il faut du temps, et d'autres ingrédients pour que ça puisse être fertile et constructif. Ça n'invalide évidemment pas les éventuels sentiments de frustration, de colère, de déception, mais je trouve que ça donne au moins du sens et de l'encouragement à réagir.

    Si vous ressentez de la déception, de la frustration, de la colère, c'est légitime. Ça ne veut pas pour autant dire que votre intervention était inutile et ne vas pas faire réflechir l'autre personne.

    A propos de légèreté et d'insouciance

    Questionner son rapport à l'humour, ça peut faire peur

    « Mais c'est beaucoup de travail de penser à tout ça ! Et puis c'est beaucoup de charge mentale ! »

    « Et mes envies de légèreté et d'insouciance, alors ? »

    Quand je suis visibilis·é comme portant des enjeux d'humour oppressifs dans des collectifs, j'ai parfois l'impression d'être pointé du doigt comme une voleuse de fun et de bonheur.

    Ça m'est déjà arrivé de sentir un genre de retenu gêné de quelqu'un quand j'étais là en mode « Bon, ya Asa, il faut pas que je fasse une blague oppressive ! »

    Dans ces moments là, je me dis « ça y est, je suis devenue la police de l'humour ».

  • Un manuel pour identifier les infiltrations policières dans les mouvements militants

    Il présente des méthodes pour repérer d'éventuels agents infiltrés, conduire des enquêtes internes et accompagner les groupes concernés, tout en soulignant que l'identification d'un infiltré repose sur un travail d'investigation long et collectif, sans procédure infaillible. Les auteurs défendent le choix de rendre ces informations publiques, estimant que leur diffusion permet aux organisations de mieux détecter des schémas d'infiltration, de limiter les risques liés à la rétention d'informations et de favoriser un apprentissage collectif. S'appuyant notamment sur l'expérience britannique, ils considèrent que la transparence contribue davantage à prévenir de nouvelles infiltrations qu'à compromettre les enquêtes en cours, tout en insistant sur le fait que le contrôle du processus d'enquête doit rester entre les mains du collectif concerné. Lire le manuel. Disponible en PDF en français, espagnol, anglais, allemand, italien, etc. Lien clair. Lien Tor.
  • International : Appel à une Semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes

    Dans leur appel, ci-dessous, et ici, les organisateur-ices soulignent que de nombreux prisonnier-es restent incarcéré-es et appellent à renforcer les actions de solidarité face à la montée des mouvements fascistes et à la répression visant anarchistes, antifascistes, personnes queer et militants progressistes. Ils invitent à organiser des campagnes d'écriture, rassemblements, projections, actions symboliques ou initiatives de soutien afin de maintenir les liens avec les détenus et de faire circuler leurs voix au-delà des murs des prisons. APPEL Nous vous appelons à passer à l'action durant la Semaine de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes ! Envoyez-nous vos événements et actions à tillallarefree@riseup.net. Appel pour la Semaine International de Solidarité avec les Prisonnier.es anarchistes – Du 23 au 30 août 2026 Marius Mason, un anarchiste antispéciste et écologiste, écrivain, artiste et militant trans était en prison pour la plus longue peine à l'heure actuelle pour des actes de sabotage en défense de l'environnement. Après 17 ans d'enfermement, nous célébrons son transfert suite à sa sortie de prison et son transfert dans une maison de semi-liberté, le 14 mai dernier. À l'intérieur de la prison, il n'a jamais abandonné, mais s'est dressé pour les autres comme pour lui, défendant les droits des prisonnier.es trans et résistant au système carcéral. Toutes ces années, nous avons appelé à lui écrire lors de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes. Maintenant, nous sommes heureux de le retirer de notre liste et de lutter ensemble depuis l'extérieur. Malgré cela, de nombreux compas restent en prison et sur notre liste d'adresses, de nouvelles personnes sont même ajoutées. La solidarité est nécessaire pour lutter contre ce système répressif. La solidarité peut nous porter à travers les moments les plus sombres – une carte postale ou une lettre, un rassemblement devant une prison, une visite, peuvent signifier énormément et donner des forces. L'histoire d'un.e compa en prison partagée lors d'un événement, se multiplie avec les personnes présentes. C'est notre responsabilité de transmettre leurs idées et avec elles, les personnes elles-mêmes voyagent au-delà des murs des prisons. En n'oubliant pas les enfermé.es, la solidarité peut croître. C'est pour ces raisons que chaque année nous appelons à une semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes. Les temps sont de plus en plus durs, le fascisme s'élève, et les États, les fascistes et les conservateurs font de nous les cibles de leur violence – en tant que Queer, Antifas ou anarchistes. Ils essayent de nous écraser comme le montre les condamnations dans l'affaire Prairieland, avec des condamnations allant jusqu'à 100 ans de prison. Ou la tentative de supprimer le mouvement anarchiste en Indonésie où, suite aux affrontements du premier mai, 10 anarchistes sont emprisonnées et risquent de lourdes condamnations. Face à l'adversité, nous devons rester ensemble et agir en solidarité. Renforcer nos communautés et supporter les plus vulnérables. N'oublions pas les enfermé.es et luttons côte à côte. Ce ne sont pas seulement des prisonnier.eres, ce sont nos compas. Marius a montré en long et en large comment nous pouvons faire appel les uns aux autres pour mener un combat commun. Rejoins la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes ! Organise des séances d'écritures de lettres, un événement de solidarité, une projection de film, une action directe, un rassemblement, accroche une banderole ou n'importe quelle autre idée qui te vient et envoie-nous des photos et un court résumé !
  • Jules Vernacular, herbier typographique

    Une invitation à lire et à voir les mots qui nous entourent et un hommage à celleux qui les fabriquent, qu'iels soient professionnel·les de la lettre ou simples lettreur·ices d'un jour. Source: Relevé sur le Net...
  • La sécheresse du Danube assoiffe tout l’est de l’Europe

    Les riverains du plus long fleuve de l’Union européenne sont inquiets: ses eaux atteignent partout des niveaux historiquement bas. Cette catastrophe écologique révèle la fragilité et l’impréparation de l’Europe centrale et des Balkans face au changement climatique.
  • D'indispensables précisions A propos de mon...

    D'indispensables précisions
    A propos de mon article : « A travers l'exemple du musicien chanteur occitan Claude Sicre et des prises de positions de pères fondateurs comme Frédéric Mistral, les côtés troubles de l'idéologie occitane. »

    D'indispensables précisions
    A propos de mon article : « A travers l'exemple du musicien chanteur occitan Claude Sicre et des prises de positions de pères fondateurs comme Frédéric Mistral, les côtés troubles de l'idéologie occitane. »

    Depuis l'affichage sur des sites libertaires de mon article « Fascisme et poésie pure », je reçois des mails qui me demandent des précisions sur les positions de Sicre and C°. Sur des questions qui touchent à la « race » et au « woke », je peux fournir à celles et à ceux que ça intéresse les extraits de la liste de discussion et de diffusion créée autour de la « Linha Imaginot », relatifs à la polémique que j'ai déclenchée. Dans la mesure où Sicre tente de censurer mon article repris par Info Libertaire et propose de rendre publics, pour sa défense, les échanges affichés sur la liste, je pense que ces extraits montrent déjà de quoi il retourne et en quoi mon texte n'est nullement calomniateur. De plus, le modérateur de la liste vient d'afficher les règles à respecter, en particulier « les attaques personnelles, les insultes, le sexisme, le racisme ou toute autre forme de discrimination et de harcèlement ne sont pas tolérés », ainsi que les liens vers « des sites liés à l'extrême droite ou assimilée ». Résumons.

    Première thèse. La polémique ne porte pas seulement sur les sens plutôt récents du terme « race » en occitan, en gascon, etc. Il y a pire. Pour le français qui a commencé à être formaté par les « connétables » de l'État dès le règne des derniers Capets, le terme de « race » fut sanctifié et défini comme synonyme de « lignée franque », comme le rappelle Léon Pokialov dans « Le Mythe aryen ». Voici ce qu'affirme le préambule du XIVe siècle de la Loi salique sur les Francs : « Race illustre, fondée par Dieu lui-même, forte sous les armes, ferme dans ses alliances, profonde dans ses conseils, à la beauté et à la blancheur singulière, au corps noble et sain, audacieuse, rapide, redoutable, convertie à la foi catholique et appelée à dominer les autres races... » Ce que nous nommons, en français moderne, du racisme de type aryen. C'est ce genre de critiques (je ne suis ni le premier, ni le seul, ni le dernier à les faire), rappelées dans ma brochure « Aux origines des doctrines raciales en France » qui a mis Sicre hors de lui : d'où ses dénégations en la matière. Grosso modo, il détache la notion de racisme de celle de race, qui lui est associée, pour la période antérieure à la seconde moitié du XIXe siècle, racisme qu'il date de l'écriture par Gobineau de « L'essai sur l'inégalité des races humaines », époque où le racisme de type scientiste apparaissait à peine, via la phrénologie, car la biologie était dans les langes et la génétique n'existait pas. Pour lui, auparavant, le terme de race « était polysémique », y compris en français. Or, pour « race », les termes de « lignée », de « sang », de « couleur de peau » et, pour finir, celui « d'hérédité », tous liés à des caractéristiques physiques, psychiques, etc., transmissibles étaient monnaie courante depuis belle lurette. Sicre n'a rien inventé. Il ne fait que rabâcher les interprétations, à base d'omissions et de truquages, créées par les doctrinaires du PCF dès les lendemains de la seconde boucherie mondiale. Car ces derniers, pour nier le caractère raciste de la grande majorité des idéologues des Lumières et de leurs héritiers, eux compris, effectuèrent la réécriture intéressée de l'histoire des « races » en France : ils attribuèrent l'apparition du racisme à des monarchistes, façon Gobineau, à des fascistes et, bien entendu, à des nazis afin de blanchir les républicains. Sicre ne fait même pas allusion au « Code noir » de 1710, titre du recueil d'ordonnances royales (la première est celle de Colbert en 1682) destiné à fixer les règles de l'esclavagisme aux colonies : « Les nègres, peuple destiné à l'esclavage » comme l'affirmait le préambule. Code noir qui vient juste d'être officiellement aboli en mai 2026 ! Les descendants actuels des esclaves, qui hurlent contre le caractère limité de la décision de l'Assemblée nationale (elle ne fait même pas allusion au racisme du Code et exclut le moindre dédommagement), apprécieront les omissions du « Trobador ».

    Deuxième thèse. Sicre est l'émule de Felix Castan, le promoteur de la notion restrictive de « décentralisation culturelle » dont les « positions communistes » sont rappelées dans « L'Humanité ». Car Castan, entré au PCF en 1944, ne l'a jamais quitté ni même critiqué pour l'essentiel, à ma connaissance, en particulier pour ses positions contre-révolutionnaires lors des infamies coloniales commises par l'État, parfois avec sa collaboration active : par exemple, lors du vote par les députés du PCF au parlement, en 1956, des « pouvoirs spéciaux » à l'armée en Algérie. Castan resta d'ailleurs muet sur les poussées subversives qui, dès la fin des années 1960, rejetaient le Parti et ses organisations satellites, à commencer par la CGT, y compris dans les usines. Sicre, lui, à la façon des idéologues du Parti des années 1980 et de ses compagnons de route comme Clouscard (qu'il a bien connu), inventeur du prétendu « libéralisme libertaire », a pondu en 2018 le long article « Mai 68 ou le triomphe du manque d'imagination et de diverses provincialisations », réédité par la « Linha Imaginot ». La trame est celle des élucubrations conservatrices et moralisatrices sous pavillon « communiste » à la Clouscard, très bien démontées par la brochure, éditée en ligne en 2019, par Les Meutes Éditions : « Notes sur le capitalisme de la séduction de Michel Clouscard », que j'ai fournie à la liste de diffusion, sans obtenir la moindre réponse. Bref, la « décentralisation culturelle » ne remet pas en cause la nature de l'État mais ne conteste que l'hypercentralisme de l'État hexagonal dans le domaine des langues et des cultures. Hypercentralisme défendu longtemps par le PCF, grosso modo jusqu'aux années 1990, qui marquèrent son recul, puis sa déconfiture. Depuis, il accepte quelque peu la « décentralisation culturelle » pour tenter de racoler des forces électorales additionnelles. Ni plus, ni moins.

    Troisième thèse. Mais au sein des adeptes de la « décentralisation culturelle », il existe d'autres tendances, pas plus ragoûtantes que celle de Sicre. Ainsi, pour défendre avec acharnement son idéologie identitaire gasconne raciale, y compris contre les occitanistes, la chanteuse Orionaa donne, comme Sicre, des définitions officielles de dictionnaires (« Les mots captifs », disait André Breton) à titre d'arguments d'autorité. Ici, celle de la « race » quasi mystique et identitaire du dictionnaire de Simi Patay, créateur de l'Escola Gaston Febus, dans la lettre qu'elle m'envoie sur la liste, entre deux jets d'insultes, en soulignant que Patay n'était « pas très politiquement correct » ! Belle litote ! Il était catholique conservateur, défenseur en bloc des traditions, même les plus patriarcales, faisait la promotion de l'encyclique de Léon XIII sur « le christianisme social » par hostilité au « Midi rouge », puis il devint pétainiste lors de la seconde boucherie mondiale, puisque le Maréchal favorisait les langues « provinciales » contre « l'imposition exclusive de la langue républicaine ». Voir la circulaire de l'un de ses secrétaires d'État, Carcopino, datée de 1941, sur l'éducation. Le journal auquel participait Patay, « Le Patriote des Pyrénées », créé par des curés adeptes de Léon XIII, disparut mi-1944, avant que les maquis du coin, qui comprenaient des Espagnols rescapés de la révolution ibérique, ne détruisent ses locaux. Car le quotidien était collaborationniste sans complexe ni réserve.

    Quatrième thèse. Mais avec Orionaa, la coupe d'immondices n'était pas encore pleine. Elle s'en prend à Joan-Carles Codèrc, l'éditorialiste du dernier numéro de la « Linha », qualifié « d'artiste wokòc » qui serait mon « émule » (c'est la première fois que j'entends son nom). Position qu'elle a développée, non pas de façon critique par rapport à telles ou telles thèses « woke », réelles ou supposées, qui ne lui conviennent pas, mais de manière haineuse : « De mon point de vue très béarnais, les occitanistes sont pénibles (pas tous), les woke sont pénibles (tous), les occitanistes woke sont insupportables, les artistes occitanistes woke sont consternants. » Pour finir elle conseille d'écouter le « génial » Pierre Jourde : « Les valeurs wokistes défendues par la gauche sont des valeurs fascistes ! » https://www.youtube.com/watch?v=juOsk9BXccM Or, Jourde est l'un de ces philosophes sociologues qui, comme Michéa précédemment, est passé du lénino-stalinisme au conservatisme le plus crade, fournissant du grain à moudre à la fosse à purin idéologique des fascistes relookés « purs » républicains en guerre contre le « wokisme », en particulier dans les universités. L'interview du « génial » idéologue réactionnaire est effectuée par « Radio Courtoisie », radio fasciste connue depuis des dizaines d'années, lors de la matinale « Ligne droite » !
    **********
    Voilà. Je n'affirme pas que la totalité des participant(e)s à la liste de diffusion sont des fascistes en puissance. La tendance dominante est plutôt favorable à l'étatisme, façon LFI, voire PCF. avec la demande de création de niches culturelles. Parfois, l'un(e) des intervenant(e)s sur le blog sent passer plus ou moins le vent du boulet réactionnaire à la Orionaa, mais sans en tirer la conclusion nécessaire : au minimum la rupture avec de tel(le)s xénophobes. Voilà ce qui arrive lorsque des individu(e)s placent la séparation culturelle au-dessus de toutes les autres séparations propres au monde de la domination, comme signalé dans mon article « Fascisme et poésie pure ».
    André Dréan
    Fin juillet 2026

    Pour correspondre : nuee93 chez orange.fr

  • JUILLET 2026 A CALAIS

    AU MOINS SEPT PERSONNES MORTES EN JUIN Le 10/07/26, un homme soudanais a été retrouvé mort sur la plage du Touquet. Il tentait la traversée avec sa femme et ses enfants qui ignorant qi'il n'était pas à bord se retrouvent seul.es en UK. Impossible pour elleux de voir le corps et d'assister aux funérailles. Le 23/07/26, le corps d'un homme a été découvert sur la plage de Berck-sur-mer. Le 27/07/26, le corps d'un homme a été trouvé au Cran aux Oeufs à Audinghen. Le 30/07/26, un homme qui tentait de rejoindre le royaume-uni à bord d'un taxi-boat est décédé entre Hardelot et Dannes. Le 30/07/26, trois femmes ont été retrouvées mortes sur la digue du Braek à Dunkerque. Elles auraient été piétinées et asphyxiées lors de la panique du départ. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg?w=251 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg?w=251 INVISIBILISER LES DECES La disparition de la stèle commémorative restée 4 mois au cap Blanc-nez a suscité la curiosité de soutiens et de journalistes. Que ce soient les communes autour du site protégé, le conservatoire du littoral ou Eden62, personne n'a entendu quoi que ce soit ! D'après eux ils ignoraient même l'existence et la présence de cette stèle. Une chose est certaine, des moyens institutionnels ont été nécessaires pour retirer cette lourde pierre gravée et visiblement scellée dans le sol. Personne ne sait ce qu'est devenue cette stèle mais elle reste gravée dans la mémoire collective. https://www.revolutionpermanente.fr/Calais-les-autorites-effacent-la-memoire-des-exiles-morts-a-la-frontiere CHAOS SUR LES PLAGES Les fenêtres météo sont nombreuses en été et amènent leur lot de scènes surréalistes et chaotiques. Le 21/07 à Hardelot, un grand groupe dont des familles courent vers la mer. Les moyens mis en oeuvre pour les empêcher de rejoindre le small boat sont fous… un hélicoptère rasant , des buggys avec une conduite dangereuse, de la bombe poivre et des courses poursuites à pied. Tout ça à quelques dizaines de mètres d'un cours de voile. D'après des témoignages, les conditions de départ sont de plus en plus difficiles. La police suit les groupes en les repérant grâce aux drones et aux hélicoptères et les entravent par tous les moyens, ce qui n'empêche pas les départs mais rend les embarquements plus dangereux. https://www.instagram.com/p/DbGdLgYsO1b/ Les candidat.es au passage sont prêt.es à partir de plus en plus loin pour éviter la police : Un bateau pneumatique de 13 mètres a emmené 165 personnes en UK en partant des environs d'Yport et en longeant la côte pour récupérer des passagers. L'embarcation est partie mercredi 22 au matin pour arriver jeudi après midi ! La taille des bateaux augmente considérablement et avec elle les risques. Le 24/07, la SNSM a porté secours à 90 personnes au large de Dieppe. En juillet, au moins 2316 personnes exilées sont arrivées en UK en bateau pneumatique. HARCELEMENT PARTOUT ET TOUT LE TEMPS La présence policière est étouffante, surtout aux gares de Calais. Le harcèlement est littéralement quotidien dans les bus et dans les trains : les voyageur.euses sont aléatoirement empêchées de monter ou de rester dans les trains et bus, sont obligées d'en descendre, se font parfois arrêtées et emmenées à la PAF pour se voir délivrer une OQTF. Deux agents de Frontex sont de la partie en plus de la PAF, des CRS, de la nationale, de la municipale et de la sécurité ferrovière. Le 22/07 en soirée, la SNCF a carrément fermé ses guichets pour ne pas vendre de tickets aux personnes qui voulaient rejoindre Boulogne ou Dunkerque en payant leur billet en liquide. Le 25/07, un train est resté à l'arrêt plus de 3 heures à la gare de Neufchâtel-Hardelot car le conducteur a refusé de repartir. La raison : trop de migrant.es sur le quai ! La garde Terres et Mers, une brigade équestre coopérant avec la police, passe deux fois par jour dans quelques lieux qui ont pu ou pourraient acueillir un petit camp. Le Fort Nieulay est particulièrement surveillé. MOBILISATIONS A HOSPITAL La mobilisation continue à Hospital à Calais et un nouveau projet a vu le jour à l'initiative de personnes migrantes et solidaires : la construction d'un lieu d'organisation collective. Une semaine et beaucoup d'énergie ont suffi pour construire un lieu accueillant nommé le Markaz Alshebaab (le centre des jeunes). https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg?w=1440 Un matin, deux BACeux se présentant comme de la « division des forêts » puis deux autres soit disant de l'ONF sont venus repérer et prendre des photos du lieu. Deux jours et quelques repérages par drone après, le 08/07, 11 fourgons de CRS, une pelleteuse et une benne sont venus effacer toute trace du Markaz Alshebaab. Il ne reste rien … Le Markaz a été la seule zone expulsée du camp ce jour là. Markaz Alshebaab : Expulsion et suites – Eviction and consequences – Calais Migrant Solidarity Une personne sur place a été embarquée et est ressortie avec une OQTF. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg?w=1440 LUTTES CONTRE LES EXPULSIONS A HOSPITAL Action directe Le 02/07, le lendemain d'une expulsion, des pelleteuses sont venues détruire des habitations. Des personnes ont tenté de bloquer la machine mais le conducteur fou a continué à avancer sur les personnes faisant un sit-in pour le ralentir. Il a renversé un cycliste et avait un comportement hyper dangereux. De nombreuses personnes se sont réunies et ont jeté des objets qui ont cassé la vitre de la machine. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg 11 personnes ont passé la journée en garde à vue, accusées de dégradations mais ont été relâchées dans la soirée. L'affaire a été classée sans suite pour toustes (infraction insuffisamment caractérisée) https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2026/07/03/calais-eviction-excavator-smashed-une-pelleteuse-dexpulsion-eclatee/ Action juridique Le 20/07, la décision du tribunal de Boulogne/mer au sujet de la tentative de suspendre les expulsions du camp Hospital est tombée. Le juge a refusé de faire droit aux demandes des habitant.es et associations. Les assos ont l'intention de continuer à contester les prochaines ordonnances. 20260717_d_cision_TJ_BSM_Hospital_anonymis_e Télécharger INFOS FAFS A croire que le tourisme fasciste a de beaux jours devant lui. Les camps de Loon Plage et Calais sont visités régulièrement. C'est la valse des blogueurs, journalistes, youtubeurs, photographes et autres influenceurs d'extrême droite… Le 07/07, Danny Tommo s'est encore fait arrêter à Douvres car il filmait l'arrivée des demandeur.euses d'asile dans le port. Il a 5 chefs d'accusation à son actif et sera jugé en aôut. Le même jour, à Calais un gars anglais se présentant comme journaliste hurle longuement dans la gare aux personnes exilées qu'il ne faut pas aller en UK. Les associations suspectent qu'un créateur de contenu fasciste se soit infiltré dans le hangar inter-associatif en se faisant passer pour un bénévole. Des habitant.es de Hospital ont alerté des soutiens qu'une voiture passe faire le tour du camp tous les soirs pour tirer des boulons au lance-pierres. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg A Loon-Plage, une voiture a foncé sur une personne (qui va bien) au point de distribution avant de s'enfuir. Chris Philip, un député anglais ultra conservateur n'a pas hésité pas à se mettre à l'eau pour photographier, filmer les personnes exilées sur le départ et faire sa propagande raciste. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg TOUJOURS PLUS Depuis le 01/07, une unité intervient de Dieppe à Pourville pour lutter contre « l'immigration clandestine » . Pilotée par un commandant de police réserviste, l'équipe de 9 réservistes a pour objectif de repérer les candidat.es au passage et dissuader les départs. Les milices se mettent en place. Le nouveau poste de gendarmerie de la garde républicaine a été inauguré le 17/07 au Touquet. Il se situe dans la parc de la Canche. Cet investissement de 4,8 millions d'euros est censé accueillir dix militaires , leur famille et 6 chevaux ! Mission principale : repérer des groupes dans les dunes et lutter contre les départs de small boat … ENQUÊTE PARLEMENTAIRE Après presque 6 mois d'auditions, un rapport a été rendu public le 08/07 sur les conséquences des accords du Touquet. Après les prises de parole d'un grand nombre d'intervenant.es et de visites de terrain, la CEP (commission d'enquête parlementaire) rend ses conclusions. Il en sort une longue liste de recommandations. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cetouq/l17b2998-t1_rapport-enquete
  • Caen: expulsion du squat Langevin, prochaines assemblées du squat le 102suudessous

    Mardi 28 juillet vers 10h, la police nationale a procédé à l’expulsion du squat de la rue Paul Langevin, dans le quartier de la Grâce-de-Dieu.

    Après l’expulsion du squat Duparge le mardi 16 juin et celle du squat du Chemin Vert le mardi 7 juillet, c’est un nouveau squat officialisé par l’Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions qui est expulsé à Caen, et de nouvelles personnes mises à la rue par l’État.

    Le squat du 4 rue Paul Langevin, un grand immeuble de huit étages destiné à un projet de réhabilitation, était squatté depuis le 19 mars 2022. Une petite dizaine d’appartements étaient occupés par des familles en exil. Le propriétaire, le bailleur social Caen La Mer Habitat, avait entamé une procédure de justice, et deux ordonnances d’expulsion, datant de septembre et octobre 2022, avaient été émises par le tribunal judiciaire de Caen.

    D’après la presse, la police a contrôlé la situation administrative de 10 habitant-es présent-es sur les lieux au moment de l’expulsion et une association de protection civile a conduit certain-es d’entre elles et eux vers des solutions temporaires d’hébergement d’urgence.

    Pendant ce temps, les AirBNB se remplissent de touristes et les spéculateurs immobiliers s’enrichissent. Environ 10 000 logements sont vacants dans l’agglomération caennaise (10 197 exactement en 2022 selon les chiffres de l’INSEE), mais le nombre de personnes sans toit ou vivant dans des conditions merdiques ne cesse de grandir. Et pendant que la police passe son été à expulser des squats, la détresse de personnes sans domicile accablées par la chaleur dans la rue est quotidienne, tout comme celle de familles meurtries par l’instabilité et l’insécurité permanente, entre hébergement temporaire par-ci, chambre dans un squat par-là, chez des potes, dans une voiture ou parfois au 115, et celle de milliers d’individus qui peinent à trouver un logement décent. A qui profite le crime ? Aux grands propriétaires et autres marchands de sommeil qui peuvent augmenter les loyers tout en sachant qu’ils trouveront bien quelqu’un prêt à accepter ces conditions, aux agences immobilières qui peuvent se permettre de ne pas répondre à leurs obligations vis-à-vis des locataires et multiplient leurs magouilles, aux entreprises du BTP qui a grand renfort de lobbyisme font croire que le problème du logement n’est qu’une histoire de manque de bâtiments neufs, à l’État et aux politiques bien contents de pouvoir mettre en concurrence tous ces gueux dans l’accès au logement, en agitant bien souvent des idées racistes, fragilisant ainsi de potentielles solidarités subversives, ou encore aux gestionnaires de la misère, grandes associations et entreprises du travail social qui capitalisent sur la situation.

    Les prochaines assemblées du squat du 102suudessous auront lieu le jeudi 13 août à 18h30 et le jeudi 27 août à 18h30.

    Le 102suudessous est squatté depuis le 19 février 2026, au 102 rue de la Délivrande à Caen. C’est une grande maison qui doit être démolie pour laisser place à un énième projet de construction immobilière de cages à lapin, porté par le promoteur 3j promotion. Faut que l’économie tourne !

    Dans un contexte politique et social dans lequel il est de plus en plus difficile de faire exister des espaces de lutte et de vie collective, ce lieu est une tentative de créer un espace pour s’auto-organiser, transmettre des pratiques et des connaissances, zoner, se rencontrer, discuter, et conspirer contre l’État et toutes les dominations.

    Le lieu s’organise en assemblées régulières qui sont des moments de discussion, de propositions et de prises de décisions collectives. L’assemblée est ouverte à tout individu qui se reconnaît dans ces perspectives ou qui serait curieuxse de les découvrir.

    La maison est répartie entre espaces privés des habitant’es et espaces collectifs. Il y a notamment un dortoir collectif pour les gens qui auraient envie de rester un peu, sollicitable en se pointant avec un duvet si possible, ou par mail.

    Squat du 102suudessous
    102 rue de la Délivrande, Caen
    102suudessous@bastardi/net
    https://radar.squat.net/fr/102suudessous

    Squat Langevin
    4 rue Paul Langevin, La Grâce de Dieu, Caen
    https://radar.squat.net/fr/caen/squat-langevin

    Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions
    ag-contre-expulsions [at] riseup [point] net
    https://radar.squat.net/fr/caen/ag-de-lutte-contre-les-expulsions
    https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

    Des squats à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/squated/squat
    Des squats expulsés à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/field_active/1/squated/evicted
    Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen
    Des événements à Caen https://radar.squat.net/fr/events/city/Caen

    Groupes liés aux sans-papiers https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers
    Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
    Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
    Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR

    [Trognon le 1er et 2 août 2026
    https://trognon.info/Prochaines-assemblees-du-squat-le-102suudessous-1132
    https://trognon.info/Expulsion-du-squat-Langevin-1129]

  • [Grèce] Foutre le feu à la taule H24

    Un incendie s'est déclaré à la prison de Koridallou à Athènes. Selon les premières informations, l'incendie a commencé lorsque des détenus du 3e Ptergasa ont mis le feu à leurs lits, protestant contre les conditions inhumaines de détention. Après l'incident, les forces des pompiers et des services de sécurité se sont précipitées sur les lieux. Les efforts visant à éteindre l'incendie sont en cours et jusqu'à présent, les autorités n'ont annoncé aucune information concernant les morts ou les blessés. L'incendie s'est produit un jour après la mort d'une détenue de 57 ans à la prison pour femmes de Thèbes, pendant une période où les réactions dans les prisons s'intensifient. À la prison de Thèbes, les détenus avaient également mis le feu à leur lit, protestant contre le manque total de soins médicaux et l'exposition constante de leur vie au danger, tandis que l'administration pénitentiaire a annoncé qu'après l'intervention du personnel pénitentiaire, « l'ordre a été rétabli. » Alors que les réactions des détenus concernant les conditions dans les prisons continuent, une annonce officielle est attendue de la part des autorités.
  • Manuel pour démasquer un·e flic infiltré·e

    Initialement publiée en 2025 en espagnol sous le titre « Manual para destapar a un policía infiltrado ».

    « Ce manuel a été rédigé par des militant·es ayant subi de près des infiltrations policières, découvertes entre 2022 et 2024. Il s’adresse à toustes les militant·es, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ainsi qu’à toutes les organisations et tous les groupes soucieux de la sécurité de leurs espaces. »

    Brochure également disponible en allemand, anglais, basque, catalan, espagnol, galicien, italien et portuguais.

    Lire en ligne et/ou télécharger en format brochure sur le site du No Trace Project.

  • Un autre FSM a été possible : Cotonou 2026 ou le retour des peuples aux commandes

    Par le regard d’un militant de terrain de la sous-région

    Pendant plus de deux décennies, nous avons sillonné les grandes messes de l’altermondialisme. D’un continent à l’autre, d’ateliers thématiques en panels institutionnels, nous avons assisté à une multiplication de discours et de déclarations d’intention qui peinaient parfois à se traduire en changements concrets pour nos communautés. Le risque était réel : voir le Forum Social Mondial (FSM) se transformer en une routine théorique, coupée des urgences quotidiennes de ceux qui luttent sur le terrain contre l’accaparement des terres ou l’accès à l’eau.

    Mais le processus engagé pour l’édition de Cotonou, en ce mois d’août 2026, marque un tournant salutaire.

    Du modèle importé aux réalités du terrain

    Lorsque les doutes, les tensions sécuritaires dans la sous-région et les pesanteurs bureaucratiques ont menacé la tenue du rassemblement au Bénin, la tentation d’un report ou d’un enlisement dans des débats de procédure était forte au sein des instances internationales.

    C’est là que les mouvements ouest-africains, emmenés notamment par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau (CGLTE-OA), ont fait le choix du pragmatisme. Plutôt que de s’enfermer dans une impasse diplomatique ou d’attendre des solutions venues d’ailleurs, le comité d’organisation s’est tourné vers les leviers sociaux et culturels de notre propre région.

    Des réponses endogènes à des défis complexes

    L’édition de Cotonou s’est appuyée sur trois choix stratégiques majeurs :

    * L’ancrage coutumier : En impliquant l’Alliance des chefs traditionnels dès la phase préparatoire, l’organisation a pu faciliter la traversée des frontières, apaiser les tensions locales et garantir un soutien populaire que les seules voies administratives ne pouvaient assurer.

    * La dynamique des Caravanes : En privilégiant les routes continentales (notamment la grande Caravane partie du Sénégal vers le Bénin), l’événement s’est construit au contact direct des populations rurales, transformant le trajet en un espace d’écoute et de mobilisation concrète.

    * Le recentrage des priorités : La priorité a été donnée aux réseaux paysans, syndicaux et communautaires locaux, limitant la dépendance aux financements extérieurs et aux agendas imposés.

    > Cotonou 2026 démontre qu’un autre Forum était possible : un espace moins axé sur les colloques et davantage ancré dans l’action populaire et les solidarités locales.

    > En replaçant les dynamiques endogènes au cœur de la démarche, l’Afrique de l’Ouest ne s’est pas contentée d’abriter le FSM : elle lui a redonné une impulsion concrète, prouvant que les réponses aux crises globales s’élaborent d’abord à partir des réalités du terrain.

  • [concert anarcho-punk] Conseil général des clodos

    [concert anarcho-punk]  – Conseil général des clodos, prix libre

     

    avec :

     

    • Desahuciados,              anarchopunk, HxC – Espagne-Mexique
    • Kropotskin,                  anarko troubadour  –  Bzh
    • Tados,                           punk HxC, Oi antifa – 34
    • Chouch’n’Molotov,       punk métal antifa – 35
    • fokof,                           punk HxC, Oi antifa – 31
    • AZF                              streetpunk, Oï  – 32
    • D-track,                        punkabilly  –  49

    dès l’aprèm marché punk & DIY, parking camion, camping…

     

    Conseil Général des Clodos @ le puit (35) 35330 Bovel, Ille-et-vilaine, BZH, Samedi 8 Août 2026

    no fb, no cb

    bar

    paf prix libre

     

    demande l’adresse à qui ? à une punk, pardi !

  • Le 20 juillet, un premier incendie ravageait dix hectares de végétation et…

    Le 20 juillet, un premier incendie ravageait dix hectares de végétation et plusieurs habitations dans un bidonville rom quartier Doulon.

    Le 22 juillet vers 19h, un second foyer s’est déclaré dans un campement à Saint-Herblain. Le bilan fait état de huit caravanes, douze véhicules et huit hectares brûlés.

    le 30 juillet, un troisième incendie potentiellement criminelle (c’est pas les gitans) a frappé la communauté. Le sinistre a détruit 7 000 m² de campement ainsi que 8 hectares de végétation supplémentaires. Le bilan est particulièrement lourd : 15 caravanes et 100 véhicules ont été totalement calcinés.

    En dix jours, cette série noire accumule d’immenses dégâts matériels, mais fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer.

     

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  • Doug Burgum Accuses Jeanine Pirro of Lying


    Donald Trump’s psychological need to create his own reality has started to create problems for his efforts to abuse the legal system.

    His attempt to complain that he was debanked by Capital One, for example, forced the bank to reveal that it cut Trump off not because of politics but because of evidence of money laundering.

    To the contrary, those documents and Plaintiffs’ own allegations make clear that Capital One closed Plaintiffs’ accounts for anti-money laundering (“AML”) reasons. The closures were the result of months of analysis and a careful review by Capital One’s AML team in accordance with bank policies and regulatory guidance. Capital One never publicized the termination decision nor its confidential internal process giving rise to the closure, and it permitted Plaintiffs several months (and granted several extensions) to find new banking services, which they did.

    Trump’s attempt to sue himself has because a leaker exposed his tax crimes has, at the least, created new precedents about his own conflicts and could do much worse.

    And as I predicted just two days after Davey Hearn’s arrest, the attempt to actually gin up prosecutions to blame imaginary vandals for Trump’s own corruption did in fact lead to the release of damning proof that Trump’s attempt to fix the reflecting pool instead did serious damage to it.

    The heavy-handed arrests themselves have gotten a lot of attention. Good luck to Jeanine Pirro attempting to prosecute these cases, not least because doing so would require calculating the value of a painted cover that degraded before the defendants came along. Prosecuting these cases would necessitate addressing whether Trump’s repairs did what they were supposed to, an inquiry Pirro will be loathe to do.

    Trump’s emotional neediness may well now be exacerbating things.

    Trump responded to the motion to dismiss Davey Hearn’s case the only way a Narcissist could: by lashing out and lying some more: first, by posting a tweet claiming to “disagree” with Pirro, followed by a video that appears to show Black kids being Black kids, followed by hours of AI slop creating the false illusion he’s sexy.

    To be fair, Trump’s rant had the desired effect. Lazy journalists focused their reports on the motion to dismiss on Trump’s fee fees, not on the corruption described in the MTD or, better yet, the abundant evidence that Pirro is still lying.

    But then Doug Burgum did what courtiers to corrupt dictators are required to do. He performed belief in Trump’s own stated claim that the damage was done by vandals.

    In the process, he did something else: He called Jeanine Pirro a liar.

    In their motion to dismiss, prosecutors claimed they had [made] dozens of attempts [were made] to get Interior to cough up evidence.

    [P]rosecutors specifically involved in the cases related to the Reflecting Pool made dozens and dozens of communications were made in an effort to identify and obtain the materials necessary to have all information to evaluate the case. After significant demands by USAO-DC, USPP provided the police reports and body-worn camera for roughly 10 individuals associated with the Reflecting Pool.

    But then, the prosecutors claim, when they accompanied Hearn’s expert (or lawyer) to the reflecting pool on July 17 (only it was probably July 16), they saw, as if for the first time, that the pool was badly damaged, and so demanded — and received — more material from Interior. And as a result, prosecutors implausibly claim, they learned for the first time how badly Trump fucked up the renovation.

    On July 17, 2026, as a defense expert inspected the now-drained Reflecting Pool, United States Attomey Pirro and senior USAO-DC employees once again visited the site and this time immediately noted extensive damage throughout the now-drained pool, It was at that time that USAO-DC first became aware of the significant damage throughout the pool and accordingly requested all documents from DOI concerning the how the pool was lined and all records regarding the installation of the lining.

    Based on this request, USAO-DC received 695 megabytes of additional documents from DOI, which took days to review. These documents indicated a rushed and flawed installation process, with repeated failures of the lining during the installation process, and extensive peeling of the lining throughout the Reflecting Pool. This was the first time that DOI made USAO-DC aware of such information.

    Now, as this has been developing — including when Nicole Sandler and I recorded our weekly podcast at noon on Friday just hours before the motion to dismiss — I have repeatedly noted how fucking stupid it is to dick around on a case, like this one, on which Norm Eisen is on the defense team. Eisen’s Democracy Defenders litigate against Trump’s corruption on a near daily basis in any case. In the last week, for example, Democracy Defenders have been involved in an AFGE lawsuit to enforce EEOC, they’ve claimed some credit for the ruling halting the Paramount takeover of Warners, and they’ve renewed their effort to get Todd Blanche disbarred. (See their press releases here.)

    But as tireless as Eisen’s civil lawsuits have been, a defense attorney has tools that are unavailable to mere civil litigators, starting with the fact that (as happened here) you can demand certain things in discovery that it usually takes a year or more to get via lawsuit, if even that succeeds.

    And so, I’ve been thinking since Eisen first filed as an attorney for Hearn, you’d have to be fucking stupid to dick around on this case.

    Crazier still, Trump has had it in for Eisen for some time, including him along with Tish James, Alvin Bragg, and Andrew Weissmann, in the list of people from whom he has stripped security clearances. Did he miss that Eisen is involved in this case??? Did he not know that by tampering in the case he might give Norm Eisen leverage to expose more corruption?

    After DOJ filed the motion to dismiss Friday, Eisen, along with co-counsels Mary Dohrmann and Steve Levin, issued a fairly mild statement. Trump owes Hearn an apology, they said.

    The Trump administration’s case against Davey Hearn should have never been brought. Its dismissal today does not erase the abuse of government power in arresting and charging a patriotic American who did nothing wrong. The government’s approach was ready, fire, aim. The administration owes Mr. Hearn an apology.

    But then Trump, by “disagreeing” with Jeanine Pirro, at a minimum gave Hearn’s lawyers reason to demand that Judge Todd Edelman dismiss the case with prejudice. If the President is attacking his US Attorney, after all, then Hearn has no way of ensuring that Trump won’t just replace her with someone who’ll renew the case.

    And then Burgum directly disputed prosecutors’ claim that they [made] “significant demands” [were made] before Interior coughed up the bare minimum of evidence for these cases. Burgum claims Interior complied “in the requested time line.”

    We also provided the U.S. Attorney’s office expert and eyewitness testimony to the damage done by vandals and provided every piece of evidence they asked for in the requested time line detailing each area of damage at the pool.

    To be clear: We know Pirro’s prosecutors are lying. Among other things, the witness who was supposed to testify that Hearn had done $1,000 of damage instead testified, at first, about how much damage pre-existed Hearn’s arrival.

    According to the witness, the pool was leaking more than one million gallons of water per week; its expansion joints had exceeded their service life; and the liner already contained a rip, See Sealed Exhibit 1, Grand Jury Tr. of MR. at 6-7, 19-20 (July 2, 2026). The govemment’s witness further confirmed that repairs were already necessary to address those conditions. Exhibit 1 at 28. Those facts establish the legally relevant baseline: the condition of the property immediately before the alleged conduct.

    And when prosecutors described what is likely that witness’ testimony, they left out all those details.

    W-4, an employee specializing in maintenance and repairs employed by the National Park Service, stated that repairing the additional damage caused to the reflecting pool based on the defendant’s conduct would cost over $1000.

    But before Trump and Burgum opened their yaps, it was not clear that Eisen and Dohrmann and Levin would be able to do much about the clear misrepresentations in the motion to dismiss. After all, dismissing the case normally moots things like a request to see grand jury testimony.

    But now a cabinet member has accused Jeanine Pirro of lying. Doug Burgum has suggested that Pirro had all the evidence she asked for in order to make a sound prosecutorial decision, but charged Hearn anyway.

    Burgum is not going to take the fall for Pirro’s stupid decisions.

    So now, it’s no longer Norm Eisen’s word against Pirro’s, without grand jury transcripts to prove he was right. Now Eisen has a dispute among Trump’s top aides. Eisen has a cabinet member’s claims.

    Which (if Hearn qualifies for legal fees under the Hyde Act, which might be limited if Democracy Defenders paid for his legal expenses) may start Hearn down the same path the Broadview 6 defendants are attempting to go: legal fees, sanctions, even a Special Counsel. He may not get there — it is still exceedingly difficult to get any of these things. But Doug Burgum just gave him an opening to try.

    Before Trump and Burgum opened their yaps, Eisen was asking for an apology.

    Afterwards, Eisen had this to say:

    Trump and Burgum are attacking Pirro because she admitted what we established in our legal filings all along: Trump’s botched renovation was responsible for the damage–not Davey Hearn. However, Pirro’s claim that she and her office were previously duped by Interior is nonsense. Starting immediately after arraignment, our motions repeatedly proved that the administration was to blame for the Reflecting Pool failures, not Davey. This is far from over, as we consider all legal remedies.

    This is far from over, Eisen said after Burgum thought he could help his Narcissistic boss by reinforcing his lies.

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  • Belgique : Le gouvernement prévoit 1 300 places de prison supplémentaires

    Le gouvernement fédéral belge prévoit de créer 1 300 places de prison supplémentaires d'ici la fin de la législature. Ces capacités seront créées par la construction de nouveaux établissements, l'extension de structures existantes et l'installation d'unités modulaires. Le gouvernement entend également renforcer les effectifs du personnel pénitentiaire.
  • The pro-Israel lobby has swayed US presidents since Truman. It must end with Trump | Ian Lustick and Eli Clifton

    Our new book tracks the growth over nearly eight decades, of the most powerful foreign policy lobby in US history

    In 1948, with war raging in Palestine, Harry Truman found himself trapped.

    On one side were Zionist lobbyists and the president’s domestic political advisers, who were urging him to support the establishment of a Jewish state in as much of Palestine as possible. On the other were his top foreign policy and national security officials, led by the secretary of state, George C Marshall. Their unanimous recommendation was to prevent the establishment of a Jewish state, which they believed would trigger war in the Middle East and endanger the future of US relations with the Arab and Muslim world.

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  • Newsom boasts of California's upcoming minimum wage increase, criticizes Trump for ignoring workers

    California's statewide minimum wage is set to rise next year. Starting on Jan. 1, 2027, the statewide minimum wage will rise to $17.40 an hour, an increase Gov. Gavin Newsom boasted about on Friday. Newsom — who has been eyeing a 2028 presidential run — said in a statement that California's fiscal policies helped turn the state into "one of the strongest economies in the world" while the Trump administration and the Republican-led Congress fail to address "everyday cost pressures for working families." The federal minimum wage has remained at $7.25 per hour since 2009.
  • Les racines au secours des plantes | Julie Degen

    Multiplication des vagues de chaleur, fortes précipitations ou assèchement des sols… Ces effets du changement climatique menacent les végétaux. Alors, sous terre, leurs racines mettent en œuvre des mécanismes d'adaptation. Source: CNRS Le journal
  • La sensibilité végétale : au cœur d'une thèse interdisciplinaire

    Dans cet épisode un peu à part de Restez pas planté là, Lucia passe de l'autre côté du micro pour partager un travail qui l'a habitée pendant plus de trois ans : sa thèse consacrée à la sensibilité des plantes. À partir d'une question simple — comment les plantes perçoivent-elles leur environnement ? — l'enquête nous emmène à la croisée de la biologie, de la philosophie et de l'histoire des sciences. On y découvre des organismes loin d'être immobiles ou passifs, capables de capter, transmettre et intégrer une multitude de signaux. Source: Restez pas planté là !
  • Cuba: «Le mythe de la disparition du “son” est une question politique»

    Le «son» de cuba se trouve aux origines de la salsa et se nourrit lui-même des multiples fusions culturelles nées de la douloureuse histoire de l’esclavage. Lorsque survient la Révolution, celle-ci est accusée de mettre fin à la fête et à l’émulation musicale de l’île. À tort.
  • Face aux incendies, le gouvernement brode, les moyens stagnent, le risque explose

    Alors que le ministre de l’intérieur souligne que le budget de la sécurité civile est passé d’à peu près «450 millions en 2017 […] à 800 millions [d’euros] en 2026», cette augmentation budgétaire ne traduit pas l’évolution des moyens dédiés à la lutte contre les feux de forêt.
  • Trump is determined to pursue his trade war – and he may be difficult to stop

    The president’s minions have trawled the statutes to restore roadblocks to trade. The invocation of Smoot-Hawley looks especially dangerous

    Donald Trump may have found the killer weapon to punish countries at will: by imposing tariffs on their exports to the United States.

    The president has been looking for a new tool since February, when the supreme court struck down tariffs he slapped on virtually all of America’s trading partners based on the International Economic Emergency Powers Act, or IEEPA, on the spurious grounds that the US faced a variety of national emergencies. It’s become a parlor game among policy wonks to predict what new legal justification he would deploy to replace them.

    Eduardo Porter is a journalist focused on economics and politics. He writes the newsletter Being There on Substack

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  • For most US small businesses, Trump’s tariffs aren’t the big issue they were

    Tariffs are annoying and disruptive, but this round is less impactful – and business owners are taking them in their stride

    Rebounding from his defeat at the supreme court in February, Donald Trump has recently announced a new round of tariffs, invoking sections of various trade acts to levy amounts on industries and countries based on reasons ranging from “forced labor” to “excess capacity”.

    And how are small and medium-sized businesses in the US reacting? One word: snoozefest.

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  • Decades on from the US’s disastrous campaign in Afghanistan, Trump is making all the same mistakes | Simon Tisdall

    The president has blundered into a ‘forever war’ with Iran he can’t win, but refuses to end. Such hubris has a long history

    It’s five years this month since the chaotic retreat of US forces from Kabul. The Nato-backed invasion and occupation of Afghanistan, launched after the 11 September 2001 terrorist attacks on New York City and Washington DC, is now widely regarded as a failure. It cost the lives of more than 2,400 US and 450 British troops, and tens of thousands of civilians (the exact number is unknown). Although al-Qaida terrorists were routed, their Taliban hosts reimposed repressive, misogynistic Islamist rule after regaining power in 2021. Afghanistan became a byword for ill-considered western interventionism and nation-building. It was the archetypal “forever war”, a phrase first coined during Vietnam.

    If this cautionary tale had any lasting value, it was as a deterrent to politicians and generals tempted to rashly embark on open-ended conflicts without just cause, defined, achievable aims, and an exit strategy. Dismayingly, the forever war lesson had to be learned all over again in Iraq, which the US and UK invaded in 2003 and departed, having caused huge harm for scant benefit, in 2011. “Never again!” was the passionate cry at the time and since. And yet, it seems, the same disastrous pattern is now repeating after Donald Trump’s incomprehensibly foolish decision to attack Iran. A war he termed a “little excursion” is entering its sixth month and has been escalating rapidly. It, too, has a forever feel.

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  • Trump backs down on Iran strikes in expectation of ‘rapidly’ reaching a deal

    US president claims delay is also in response to requests from Iran and other countries in the region

    Donald Trump has said he cancelled planned military strikes against Iran on the basis of “rapidly” reaching a deal on its nuclear programme and the full reopening of the strait of Hormuz.

    The US president paused the strikes in expectation of a breakthrough and in response to requests from Iran and other countries in the region, he claimed on his Truth Social platform on Saturday.

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  • « Révolution des flamants roses » et massacre écologique : le projet du clan Trump va-t-il faire tomber le régime albanais ?

    Face au projet hôtelier de Jared Kushner, le gendre de Trump, l'Albanie se soulève.

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  • In His Tax Fraud Appeal, Donald Trump Says His Failsons Are Just Like Hunter Biden


    I’m genuinely delighted not just that Trump has appealed Judge Kathleen Williams’ order imposing sanctions for the fraud he conducted in her court, but how he has asked for a stay in her ruling, to which she responded by asking the amici she appointed to weigh in again.

    THIS MATTER is before the Court on the Expedited Motion to Stay the Sanctions Order and Related Proceedings Pending Appeal (DE 114 ) (“Motion”), filed by Plaintiffs President Donald J. Trump, Donald J. Trump Jr., Eric Trump, and The Trump Organization, LLC, together with their attorneys Alejandro Brito and Daniel Epstein. In the twenty-four-page Motion, Plaintiffs and their attorneys seek a stay of the Court’s July 13, 2026 Order (DE 106 ) pending appeal and request an expedited ruling from this Court by August 5, 2026. Accordingly, and in light of the fact that Defendants do not intend to appear or file a response to the Motion, the Court requests that the amici curiae previously appointed by the Court on April 29, 2026 (DE 43 )–John Gleeson, David A. O’Neil, Donald B. Verrilli, Jr., Faith E. Gay, Philippe Z. Selendy, and Corey Stoughton–submit a response identifying relevant legal authority and addressing the multiple issues raised in Plaintiffs’ and their attorneys’ Motion to assist the Court in resolving this matter.

    We’re in the Make Attorneys Get Attorneys stage of things, but a single lawyer — DLA Piper’s Chris Oprison — appears to be representing both Trump’s lawyers who were sanctioned, Alejandro Brito and Daniel Epstein, and Trump, his corporate person, and his failsons, replicating one of the problems in the initial suit, the treatment of purportedly different entities as one.

    The motion is, in part, a messaging vehicle (of the sort Trump has already been sanctioned for in SDFL). It mentions the word “collusion” (which, based on Xitter traffic, has probably been sent out to propagandists to repeat over and over) 12 times, even though Williams only used it (three times) in her opinion to refer to accusations 35 former government officials made — just twice — in their own intervention. even though Williams spoke of improper purpose and the government officials spoke of fraud.

    Settlement became proof of collusion, even though there was none, potential (weak) defenses became proof that the claims were fictitious, which they were not, and ordinary professional relationships became proof of coordination, which did not exist.

    [snip]

    On May 29, 2026, the Court ordered Plaintiffs to brief their position on certain issues, “including (1) the charges of collusion and whether the Parties are truly adverse; (2) the assertion that the dismissal in this case was premised on deception by the Parties; and (3) the question of whether the case should be reopened because the Court was the ‘victim of a fraud.’”

    [snip]

    The Sanctions Order’s incorrect findings of collusion, improper purpose, and bad faith all flowed from its threshold legal error on Article III adversity.

    [snip]

    Moreover, disagreement over an “unprecedented” constitutional question cannot support findings of collusion, improper purpose, and bad faith—much less career-altering sanctions against counsel for advancing the contrary view

    [snip]

    The Court appointed six amici, devoted nearly thirty pages to the issue, and then wrongly declared the contrary position “so obvious and so insurmountable” that advancing it established collusion, improper purpose, and bad faith.

    [snip]

    The Sanctions Order’s Purported Indicia of Collusion Do Not Support Its Findings, But Rather Repackage Its Erroneous Theory of Adversity

    Every circumstance the Sanctions Order incorrectly invoked as evidence of collusion is consistent with a genuine controversy resolved by settlement.

    [snip]

    The duration and docket volume of unrelated cases do not establish collusion here.

    [snip]

    Plaintiffs filed on January 29, 2026. The Sanctions Order nevertheless wrongly treated counsel’s appearance at Littlejohn’s October 2023 plea hearing as notice to every Plaintiff of every disclosure, without addressing the later IRS notices. At most, that theory supplied a disputed limitations defense. See Aloe Vera of Am., Inc. v. United States, 699 F.3d 1153, 1160 (9th Cir. 2012) (The date of discovery applies to “knowledge of each particular disclosure” rather than “by a single generalized event.”); Bancroft Glob. Dev. v. United States, 330 F. Supp. 3d 82, 95-97 (D.D.C. 2018) (refusing to dismiss a complaint on statute of limitations grounds). This did not establish knowing misconduct or collusion.

    The remaining circumstances are further removed from collusion.

    [snip]

    With respect to Mr. Brito, the Court acknowledged that he “did not sign the ‘settlement agreement,’ but his name appears on it,” which is not evidence to support any erroneous finding of collusion, nor can it rightfully serve to support the Court’s sanctions against Mr. Brito.

    [snip]

    The May 29 Order directed Plaintiffs to respond to accusations of collusion, adversity, deception, and fraud on the Court. D.E.65 at 2-3. It never ordered Mr. Brito or Mr. Epstein to show cause. It never identified any act by either Attorney as sanctionable. It never advised their professional standing, bar status, or ability to practice in this District was at stake.

    The entire motion argues a straw man, collusion, rather than addressing the question at issue, whether there was any adversity between the parties.

    It does so in a filing that dodges the primary issue: Whether Donald Trump, with the claims of authority he has made in both the Slaughter case (where he won the right to fire people granted independence by Congress) and an Executive Order signed at the beginning of his term, can claim to be adverse from his own DOJ. The stay request doesn’t mention either of those.

    Instead, Oprison (who as Associate White House Counsel helped George W Bush defend against the US Attorney firing scandal) relies heavily on US v Nixon, a case in which there was an Independent Counsel of the sort that Trump — and Aileen Cannon in this District — ruled was unlawful, though he quoted it just once.

    The cases that actually govern this dispute confirm adversity. Nixon requires courts to “look behind names that symbolize the parties to determine whether a justiciable case or controversy is presented.” 418 U.S. at 693. For that reason, Nixon found adversity between the President in his personal capacity and an instrumentality of the Executive Branch.

    In fact, the part of Nixon that Oprison quotes actually supports Judge Williams, because it describes precisely the kind of analysis she did to find that there was no adversity between Trump and the Executive he has made far more unitary than it was in 1974 (when Nixon was issued) or 2006 (when Oprison argued Bush could fire Senate confirmed US Attorneys).

    He views the present dispute as essentially a “jurisdictional” dispute within the Executive Branch which he analogizes to a dispute between two congressional committees. Since the Executive Branch has exclusive authority and absolute discretion to decide whether to prosecute a case, Confiscation Cases, 7 Wall. 454 (1869); United States v. Cox, 342 F.2d 167, 171 (CA5), cert. denied sub nom. Cox v. Hauber, 381 U.S. 935 (1965), it is contended that a President’s decision is final in determining what evidence is to be used in a given criminal case. Although his counsel concedes that the President ha delegated certain specific powers to the Special Prosecutor, he has not “waived nor delegated to the Special Prosecutor the President’s duty to claim privilege as to all materials . . . which fall within the President’s inherent authority to refuse to disclose to any executive officer.” Brief for the President 42. The Special Prosecutor’s demand for the items therefore presents, in the view of the President’s counsel, a political question under Baker v. Carr, 369 U. S. 186 (1962), since it involves a “textually demonstrable” grant of power under Art. II.

    The mere assertion of a claim of an “intra-branch dispute,” without more, has never operated to defeat federal jurisdiction; justiciability does not depend on such a surface inquiry. In United States v. ICC, 337 U. S. 426 (1949), the Court observed, “courts must look behind names that symbolize the parties to determine whether a justiciable case or controversy is presented.” Id. at 337 U. S. 430. [my emphasis]

    The motion for a stay mentions Charles Littlejohn — the guy who, under Donald Trump, leaked the tax returns of Trump that all previous Presidents have released willingly — 25 times in the filing. It mentions Alina Habba, whose intervention in Littlejohn’s sentencing triggered the statute of limitations, just twice, and neither time by name, making it impossible, in theory, to distinguish her from the counsels appealing because they — like Habba before them — got sanctioned for their bullshit lawsuit.

    In reaching that conclusion, the Sanctions Order wrongly treated the claims of the other plaintiffs—Donald Trump Jr., Eric Trump, and The Trump Organization—as “parenthetical” to those of President Trump. Id. at 22 n.29. The Sanctions Order did not separately analyze those Plaintiffs’ injuries, statutory claims, or notice of the disclosures. The Court also concluded that Plaintiffs’ claims were untimely, incorrectly measuring the limitations period from the appearance of President Trump’s counsel at Littlejohn’s plea hearing, without regard to when each Plaintiff received IRS notice of the disclosures at issue. Id. at 5, 37. The Court relied on judicially noticed news reports, public commentary, and other materials outside the record to find information and make erroneous conclusions about the Parties’ and the Attorneys’ motives.

    [snip]

    The Sanctions Order’s statute of limitations analysis also fails. D.E.106 at 5, 24 n.31, 37, 43, 50. The Complaint alleged separate discovery dates for each Plaintiff, beginning with President Trump’s January 29, 2024, IRS notice and extending into 2026 for The Trump Organization. D.E.1 ¶¶ 76-86. Plaintiffs filed on January 29, 2026. The Sanctions Order nevertheless wrongly treated counsel’s appearance at Littlejohn’s October 2023 plea hearing as notice to every Plaintiff of every disclosure, without addressing the later IRS notices. At most, that theory supplied a disputed limitations defense. See Aloe Vera of Am., Inc. v. United States, 699 F.3d 1153, 1160 (9th Cir. 2012) (The date of discovery applies to “knowledge of each particular disclosure” rather than “by a single generalized event.”); Bancroft Glob. Dev. v. United States, 330 F. Supp. 3d 82, 95-97 (D.D.C. 2018) (refusing to dismiss a complaint on statute of limitations grounds). This did not establish knowing misconduct or collusion.

    And it’s in that context in which Oprison makes a stupid move in his otherwise best point. In her opinion, Judge Williams dispensed with Trump’s corporate person and his spawn in a footnote, in significant part because then, as now, they are not treating themselves as a party distinct from Trump.

    29 Counsel for Plaintiffs points to the other Plaintiffs—Donald J. Trump, Jr., Eric Trump, and the Trump Organization, LLC—as having separate, disinterested claims from those of President Trump, establishing a viable case or controversy. However, these Plaintiffs share the same attorney, the same parent company, and the same parent and have not espoused any different or distinct view of this matter or this “Settlement.” Accordingly, the Court will treat their role as parenthetical to that of Lead Plaintiff President Trump.

    Williams’ logic may be sound, but this was a rather cavalier treatment. Oprison relies heavily on any separate claims the failsons might have to argue there was adversity that never manifested in the IRS lawsuit.

    But then he invokes Hunter Biden — the lawsuit Hunter filed because IRS investigators splayed his records all over creation, including on TV, which Littlejohn never did, but which he dropped because he went broke.

    Further, the Sanctions Order’s theory is indefensible as to Donald Trump Jr., Eric Trump, and The Trump Organization. None exercised authority over the IRS or Treasury. Yet the Court wrongly treated their claims as “parenthetical” because of shared counsel, family or corporate ties, and a common litigation position with the President. D.E.106 at 22 n.29. That reasoning would disable all Presidents’ family, friends, former colleagues, and affiliated businesses from asserting private rights against the Executive Branch whenever their interests align with the Executive Branch. That is untenable. Article III does not extinguish private statutory rights through association with the President. See, e.g., Biden v. IRS, No. 1:23-cv-02711-TJK (D.D.C. filed Sept. 18, 2023) (suit by Hunter Biden against the IRS, during President Biden’s term, for the alleged unauthorized disclosure of his tax-return information).

    And I’m interested in that not just because this is a totally inapt example. Hunter didn’t file with his Daddy, after all. He paid — or rather stiffed, which is the matter of ongoing litigation — his own lawyer in the case. The disgruntled IRS agents didn’t reveal Joe Biden’s tax returns because … they were already public. And Hunter was prosecuted using the kind of protections against unitary government that Trump has completely destroyed.

    Hunter Biden never got to avenge the mistreatment of him by the IRS because he went broke. But now Oprison has invited him to tell that story, to explain (as Hunter has been doing non-stop on Xitter of late) how he was never even accused of the kinds of corruption the Trump failsons commit on a daily basis. He certainly never got to lay out how Donald Trump personally intervened in the criminal case against him with both Bill Barr and Jeffrey Rosen, a violation of the same law, 26 CFR 7217, that Williams raised to describe the criminal violations at issue here.

    • After Rudy released the “laptop,” President Trump led chants of “Lock him up” about Hunter Biden.
    • In the wake of the laptop release in mid-October 2020, Trump raised the Hunter prosecution with Bill Barr.
    • Bill Barr admitted having personal knowledge of how information from Scott Brady got shared with Weiss’ team, including on October 23.
    • In December 2020, after the investigation into Hunter was publicly revealed as a tax investigation but while Trump was still President, Trump tweeted twice more about the investigation.
    • On December 27, 2020, in the same hours-long phone call where Trump first floated replacing Jeffrey Rosen with Jeffrey Clark, Trump also raised the Hunter Biden investigation.
    • During his January 6 speech, Trump claimed that if more people had known about the contents of the “laptop,” he would have won and he also taunted, “Where’s Hunter?”
    • Trump posted about Hunter on March 31, 2023 after learning about the Alvin Bragg indictment.
    • Trump posted about the Hunter Biden plea deal three times on the day it was released on June 20, 2023, in one case calling it “The Hunter/Joe Biden settlement.”
    • On June 24, after the IRS agents’ transcripts were released, Trump made two more posts suggesting allegations against Hunter tied to Joe.
    • On June 26, Trump linked to a post falsely claiming that Hunter had shared classified documents with “foreign regimes.”

    Like all else with this lawsuit and much of what Trump has done lately, I’m not sure Trump is going to like where this could go.

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  • Cinq ans après la loi sur la PMA, des délais d’accès toujours plus longs

    Promulgué le 2 août 2021, le dernier texte de bioéthique ouvrait la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens et aux femmes seules. Elles sont depuis confrontées à une attente moyenne «de 17,7 mois», selon les chiffres de 2025 de l’Agence de la biomédecine.
  • Les nuits fauves de Buenos Aires

    Écrit par une Mariana Enríquez de 19 ans, «La descente, c’est le pire» fait la chronique d’une jeunesse qui brûle sa vie dans les rues et les bars de Buenos Aires. Néoromantique et cru, le roman joue d’un gothique rock d’autant plus séducteur qu’il ne dit pas son nom.
  • Eléments de réflexion sur la droitisation de la société

  • Huit morts dans des frappes israéliennes nocturnes sur Gaza après l’accord annoncé

    Les frappes et les tirs israéliens ont eu lieu à plusieurs endroits de la bande de Gaza dans la nuit de samedi à dimanche. Samedi déjà, huit autres personnes avaient été tuées dans de précédentes frappes sur le territoire palestinien.
  • Détruire le "grand Satan marxiste" : plongée dans une secte d'extrême droite

    Ils rêvaient de trouver la pierre philosophale pour éradiquer le communisme. C'est l'histoire d'une secte d'alchimistes installée en Auvergne dans les années 1980. Racisme, xénophobie, retour à la nature, complotisme, rigorisme religieux, obsession d’un…
  • Vive la génération zbeul !

    <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH84/vive-la-generation-zbeul-300-210ed.jpg?1783115237>

    À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.

    En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.

    Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».

    A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.

    Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.

    Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».

    Deux nuits de zbeul généralisé

    Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.

    Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.

    A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.

    Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.

    A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.

    A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.

    A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.

    Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque. <https://infokiosques.net/IMG/png/carte-maroc.png>

    La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...

    Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…

    Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.

    Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).

    Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :

    • A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.

    • A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.

    • A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.

    • A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».

    • À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».

    • A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».

    • A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».

    Un roi qui semble toujours hors d'atteinte

    Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».

    Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.

    D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.

    Des luttes qui restent en mémoire

    Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.

    Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.

    Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.

    Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets

    Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.

    Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...

    Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental

    Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.

    Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».

    Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.

    Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.

    Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.

    Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.

    L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.

    Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !

    Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !

  • Vive la génération zbeul !

    <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH84/vive-la-generation-zbeul-300-210ed.jpg?1783115237>

    À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.

    En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.

    Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».

    A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.

    Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.

    Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».

    Deux nuits de zbeul généralisé

    Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.

    Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.

    A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.

    Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.

    A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.

    A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.

    A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.

    Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque. <https://infokiosques.net/IMG/png/carte-maroc.png>

    La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...

    Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…

    Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.

    Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).

    Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :

    • A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.

    • A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.

    • A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.

    • A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».

    • À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».

    • A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».

    • A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».

    Un roi qui semble toujours hors d'atteinte

    Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».

    Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.

    D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.

    Des luttes qui restent en mémoire

    Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.

    Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.

    Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.

    Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets

    Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.

    Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...

    Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental

    Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.

    Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».

    Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.

    Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.

    Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.

    Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.

    L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.

    Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !

    Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !

  • À Ceuta, l’errance inquiète des jeunes Marocains qui refusent de repartir

    Si la ville semble s’être vidée, il est assez aisé de repérer les jeunes venus du Maroc pour rejoindre l’enclave espagnole cette semaine. Épuisés et isolés, ils se raccrochent à l’espoir de pouvoir construire leur avenir en Europe, et sont aidés par une partie de la population.
  • Rob Sand, le démocrate qui veut reprendre l’Iowa au Parti républicain

    Ancien «swing state» que les deux camps étaient habitués à se disputer, l’Iowa a voté Trump aux trois dernières élections présidentielles. Favori pour le poste de gouverneur, renouvelé en novembre, Rob Sand veut «dépasser les clivages» et mise sur sa capacité de rassemblement.
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