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  • « S’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir ! »

    Pour une hydrologie régénérative : c’est le nom de l’association créée en 2022 par deux hydrologues et un agronome. Charlène Descollonges, Simon Ricard et Samuel Bonvoisin battent la campagne (et la ville) pour expliquer combien il est important de rétablir le cycle naturel de l’eau. Leur proposition prend à contre-pied les politiques actuelles de pompage et d’adaptation à la sécheresse. Samuel Bonvoisin explique pourquoi… et ce que chacun·e peut faire.

    L’âge de faire : L’hydrologie régénérative, ça vient d’où ?

    Samuel Bonvoisin : On a choisi ce terme pour désigner la science de la régénération des cycles de l’eau, par l’aménagement du territoire. C’est balbutiant : on récupère des données éparses auprès des hydrologues, hydroclimatologues, hydrogéologues, agronomes, pour comprendre comment ça fonctionne. Les données sur le cycle de l’eau évoluent, mais sont assez peu diffusées. Il devient urgent d’expérimenter.

    En quoi votre approche est-elle nouvelle ?

    Dès qu’on parle de changement climatique, on parle de gaz à effet de serre. Or, la transformation des paysages aussi a une incidence. Avec le remembrement agricole, on estime qu’1 million de km de haies et 800 000 mares ont été supprimés en France. La profondeur moyenne des sols était de 23 cm il y a deux siècles, elle est aujourd’hui de 15 cm. Or, selon la FAO (1), la matière organique peut retenir environ vingt fois son poids en eau. Enfin, avec la politique du tout-tuyau généralisée dans les années 60, l’eau est évacuée au plus vite des caniveaux vers les égouts, en ville et sur les bords des routes. Les paysages n’ont plus la même capacité de stocker l’eau dans le sol, le sous-sol, la végétation et l’atmosphère. L’enjeu, c’est de travailler dans le sens exactement opposé à ça : ralentir, répartir, infiltrer, stocker.

    Comment ça se passe concrètement ?

    Pour ralentir l’eau, on utilise des techniques agronomiques : couvert végétal, culture sur sol vivant… Il faut aussi répartir son infiltration, car elle a tendance à fuir les crêtes et se concentrer dans les vallées. Par exemple, le Keyline design (2) utilise les courbes de niveaux pour que les sillons de culture dispersent l’eau. Cette technique permet de travailler à grand échelle, avec le matériel habituel. Pour infiltrer l’eau, on convoque des techniques ancestrales. Les baissières ou béals sont des fossés d’infiltration qui suivent les courbes de niveau. Les fascines sont de petites barrières de branchages posées sur de fortes pentes. Il y a aussi les terrasses, les bassins d’infiltration…

    Et en dehors de l’agriculture ?

    On réfléchit par bassin versant. En forêt, on travaille sur l’étagement des arbres. Sur les rivières, on ralentit, on refait du méandrage, on imite les barrages des castors… Et en zone urbaine, on désimperméabilise, on végétalise, on sort de la logique de l’évacuation des eaux. Des techniques, il y a en a plein ! Maintenant, pour avoir un impact à grande échelle, il faut repenser nos politiques agricoles et de gestion des eaux pluviales, et organiser d’urgence un nouveau remembrement !

    Un remembrement ?!

    Oui. Il faut qu’on se retrousse les manches, qu’on se réunisse dans tous les villages, et qu’on se dise : comment on ne laisse plus d’eau fuir le village ? Comment on plante des haies, on réaménage des mares ?

    Vous vous appuyez sur des expériences existantes ?

    Dans les années 50 à 70, Percival Alfred Yeomans, en Australie, a repris la ferme familiale devenue très aride. Fallait-il changer les variétés cultivées pour s’adapter ? Il a choisi d’aller dans le sens opposé, en aménageant le paysage pour qu’il y ait le plus d’eau possible. Son travail a été repris à titre individuel, mais aussi à l’échelle de territoires, en Chine et en Jordanie. En Inde, grâce à la fondation Paani et au financement d’un acteur de Bollywood, des habitants du Maharashtra ont creusé à la houe des milliers de kilomètres de baissières. Quatre ans plus tard, le résultat est incroyable. En France, il y a plein d’exemples, surtout en permaculture, mais seulement par petites touches. Et en 2022, quand la sécheresse a bousculé tout le monde, des agriculteurs qui manifestaient contre les mégabassines ont demandé : on n’en veut pas… mais qu’est-ce qu’on veut ?

    Avez-vous l’impression d’aller à contre-courant ?

    Une partie du monde de l’hydrologie a commencé à se bouger, et il y a de plus en plus de « villes perméable ». Par contre, avec les débroussaillements des sous-bois, on tue la forêt (lire ci-dessus). En agriculture, on fait du pompage, de l’irrigation, et la réponse politique à la sécheresse est celle de la sobriété : remplacer les cultures par des variétés moins gourmandes en eau. Ça ne répond pas au problème, au contraire : on crée des déserts. Attention, s’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir !

    Vous voulez dire qu’en s’adaptant à la sécheresse, on ne fait que l’accompagner ?

    Cette course permanente à l’adaptation est mortifère : l’eau, c’est pas une ressource comme du pétrole, dont il faut simplement limiter l’utilisation ! On est dans un cycle, rendu fonctionnel par les plantes qui y participent. Par exemple, dans le Sud de la France, on est en train de remplacer le maïs par du sorgho, plus adapté à la sécheresse, car il a moins besoin de faire de l’évapotranspiration pour son processus de photosynthèse. Du coup, on n’a plus de transfert d’humidité !

    On sait que végétaliser et rétablir le cycle de l’eau a des effets sur le climat local. Et au-delà ?

    On a l’habitude de parler de géopolitique de l’eau par rapport aux rivières, mais il y a aussi une géopolitique atmosphérique. Les pays continentaux, éloignés de l’évaporation des océans (l’eau bleue), sont plus dépendants que les autres de l’évapotranspiration des végétaux et du sol (l’eau verte). Une fois que l’eau est renvoyée dans l’atmosphère, en moyenne, elle y reste neuf jours, et parcourt 200 à 500 km, avant de retomber sous forme de pluie (3). Le lieu où tombe la pluie est influencé par les masses d’air et les vents dominants. Or, en changeant le paysage, on change aussi les masses d’air (4). En Europe, si les pays côtiers [qui bénéficient de l’eau bleue, ne renvoient plus assez d’eau verte dans l’atmosphère], l’Allemagne et l’Autriche vont se retrouver à sec ! À l’inverse, si on plante massivement dans le sud de la France, on freine l’avancée du désert.

    Si on n’est ni paysan ni élu d’une collectivité, qu’est-ce qu’on peut faire ?

    Tous les gens qui ont une cour ou un espace extérieur, peuvent faire un jardin de pluie en débranchant leur réseau de collecte des eaux pluviales (lire p.19), et planter des écosystèmes jardin-forêt. Ils peuvent aussi sensibiliser, commune par commune, bailleur social par bailleur social, à l’intérêt que l’eau s’infiltre dans le sol plutôt qu’elle ne parte à la station d’épuration, ce qui coûtera moins cher. Les naturalistes, eux, peuvent aider à réhabiliter le castor : le fait de l’avoir éradiqué a contribué à perturber le cycle de l’eau.

    Recueilli par LG lors d’un entretien téléphonique,

    complété par la conférence de Samuel Bonvoisin : « Et si nous pouvions cultiver l’eau ? »

    1- Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies.

    2- Conception sur lignes clés.

    3- C’est une moyenne : il y a aussi des retombées locales.

    4- Un sol artificiel, non couvert, dégradé, renvoie plus de chaleur dans l’atmosphère.

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  • Soigner le mal (climatique) par le mal (minier)

    Si la « transition » consiste à remplacer les énergies fossiles par des renouvelables, sans faire baisser la consommation énergétique globale, cela nécessitera un extractivisme épouvantable, dévastera des régions entières et engendrera des pollutions millénaires.

    C’est un problème majeur de la « transition » qui est pourtant largement passé sous silence : est-il envisageable d’extraire de la planète Terre – système fini – les métaux nécessaires à la construction des machines panneaux solaires, éoliennes, réseaux électriques, etc.) que réclame sa réalisation ? Et surtout, quelles conséquences sociales et environnementales aurait cet extractivisme ? Dans l’ouvrage La Ruée minière au XXIe siècle*, la journaliste et philosophe Celia Izoard mène l’enquête sur « les métaux à l’ère de la transition » et apporte de nombreux éléments de réponse.
    Rio Tinto, le troisième groupe minier de la planète, tient son nom de celui du village espagnol où il a commencé à exploiter le cuivre à la fin du XIXe siècle. L’autrice s’y est rendue pour voir à quoi ressemblait désormais ce site. Réponse, donnée par un guide touristique enthousiaste : un « paysage étrange qui ressemble à la planète Mars ». Certes, un fleuve – le Rio Tinto, c’est malin – continue de couler, mais son eau est tellement acide que rien ne peut y survivre. Sur terre, pas un arbre, pas une plante. Au lieu de la montagne de 535 mètres de haut qui se dressait là il y a quelques décennies, se trouve désormais une fosse, de 420 hectares et 230 mètres de profondeur. Si ce n’était que ça…
    Les exploitations de ce type ne consistent pas uniquement à creuser pour « extraire » les matières intéressantes. Ici, les roches ne contiennent que 0,4 % de chalcopyrite – même pas du cuivre, mais un minéral sulfuré d’où on extrait ce métal. Il faut donc broyer la roche, puis plonger la poudre obtenue dans divers bains chimiques (on vous passe le nom barbare des hydrocarbures utilisés, mais c’est pas joli-joli). A-t-on alors obtenu du cuivre ? Penses-tu ! Tout juste un « concentré » qui ne l’est pas tant que ça : sa teneur ne dépasse pas 23 %.
    Tout ça est donc envoyé en Chine, où il va être chauffé à très haute température pour envoyer les impuretés dans l’atmosphère, puis re-bain chimique associé à une bonne petite électrolyse et,enfin, voilà du cuivre, concentré à 99,99 %,

    UNE CHIMÈRE

    Les mines de la « transition » ne sont donc pas des grands trous qu’il suffirait de reboucher une fois l’exploitation terminée. Elles engendrent des pollutions qui perdureront plusieurs milliers d’années. Or, la « transition énergétique », qui correspond grosso modo à l’électrification de nos usages, nécessiterait un extractivisme tout simplement insoutenable, pour peu qu’on veuille le regarder en face. L’Académie des sciences observe par exemple que « le programme de véhicules électriques français fait appel à des quantités de lithium et de cobalt très élevées, qui excèdent, en fait et à technologie inchangée, les productions mondiales d’aujourd’hui, et ce pour satisfaire le seul besoin français ! ». Le livre de Celia Izoard est en cela essentiel à plus d’un titre. Il démontre, de manière implacable, que la transition qui nous est vendue est une chimère, matériellement irréalisable et qui pourrait, au nom de la lutte contre les émissions de CO2, dévaster la planète d’une autre manière.
    « On ne peut miser sur les énergies renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. » Elle nous montre aussi l’importance, et la légitimité, de lutter contre l’ouverture de nouvelles mines – alors que nous pourrions être tentés de vouloir « prendre notre part » des pollutions utiles à cette transition : les besoins sont tels qu’« ouvrir des mines en Europe ne signifie (…) pas rapatrier les mines, mais en créer en Europe et partout ailleurs. » Selon l’autrice, se battre pour des mines plus « propres » ou plus « responsables » serait une erreur stratégique : « Avant de se demander comment obtenir des métaux de façon moins destructrice, il faut se donner les moyens d’en produire et d’en consommer moins ».

    NB

    * La ruée minière au XXIe siècle, de Celia Izoard, éd. Seuil, coll. écocène, 340 pages, 23 €.

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  • La Lenovo Legion Go S, la meilleure alternative au Steam Deck, tombe sous les 500 €

    [Deal du jour] Alors que le Steam Deck est régulièrement en rupture en raison de la crise de la RAM, certaines consoles concurrentes sont toujours trouvables, et parfois en promotion. La Lenovo Legion Go S passe sous la barre des 500 €.

  • Le poulet de la discorde

    L'arrivée de Master Poulet sur le marché de la restauration rapide aurait pu passer inaperçu si Karim Bouamrane, le maire socialiste de Saint-Ouen par ailleurs candidat depuis peu à la présidence de la République, n'avait eu l'idée de s'opposer à l'installation dans sa ville de l'enseigne au nom du rejet de « la malbouffe dangereuse pour la santé ».

    - 362 été 2026 / Société , Agriculture
  • Que crève la gauche aussi (4) : « Un sauce-dem pour les gouverner tous. »

    A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.

    « ... et dans la réforme les lier »
    Les Insoumistari

    I. the G.A.U.C.H.E.

    Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.

    Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...

    Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]

    Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.

    La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».

    II. La nature du fascisme

    Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.

    Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.

    C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.

    III. Le mélenchonisme qui vient

    Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*

    Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.

    Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.

    Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]

    IV. Que faire ? (lol)

    Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
    1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
    2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
    3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
    4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.

    Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
    Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.

    5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.

    Conclusion

    Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]

    D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.

    A5 A4

    [1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire

    [2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.

    [3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.

    [4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social

    [5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue

    [6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».

  • Pourquoi la France ne fait pas appel au Be-200, bombardier d’eau russe, dans la lutte contre les incendies

    Source :Compte Facebook, le 27 juillet 2026

    Etiqe :Faux

    Contenu :

    Alors que près de 120 000 hectares ont déjà été brûlés depuis le début de l’année 2026, Emmanuel Macron aurait fait « annuler » l’achat de « 16 Canadairs ». C’est en tout cas ce qu’affirme un internaute sur Facebook.

    Des voix s’élèvent pour critiquer le manque de moyens consacrés à la lutte contre les incendies, et l’internaute semble avoir trouvé la solution idéale : demander de l’aide à la Russie.

    Moscou dispose d’un appareil qu’il présente comme particulièrement efficace : le Be-200, capable d’avaler 12 000 litres d’eau en quelques secondes, contre environ 6 000 litres pour les Canadairs CL-415 utilisés par la France. « Hélas la France (Macron), est trop fière pour demander le prêt de ces appareils à la Russie », soutient-il. Et d’ajouter : « [Emmanuel Macron] préfère engraisser ce voleur, corrompu, menteur de Zelensky que de demander à Poutine », ponctue-t-il, sans retenue.

    Les incendies ont déjà fait de nombreuses victimes, à l’image des 220 000 personnes évacuées en Gironde ou des quatre pompiers morts en luttant contre les flammes. Cette situation inédite, liée au dérèglement climatique, peut mettre les nerfs à vif.

    Pour autant, les informations avancées par l’internaute sont fausses ou trompeuses. D’abord, « l’annulation de la commande de 16 Canadairs » est impossible… puisque cette dernière n’existe pas. Ensuite, le bombardier Be-200, présenté sur les réseaux sociaux comme une solution alternative, a fait l’objet, en 2011, de tests qui n’ont pas convaincu les autorités françaises, alors qu’elles envisageaient son acquisition.

    Une commande européenne groupée

    Depuis les départs de flammes, les partis politiques s’accusent mutuellement d’avoir contribué, par leurs décisions, à l’impréparation face aux incendies. Dans ce contexte, il peut être difficile de démêler l’invective du fait.

    Ce que l’on sait, c’est que l’Union européenne a réalisé une commande groupée de Canadairs à l’été 2024, comme le rapporte une note de la commission des finances du Sénat. Au total, 22 appareils ont été achetés et douze d’entre eux serviront à la flotte permanente de rescEU. Il s’agit de la réserve stratégique de protection civile de l’Union européenne, mobilisable lorsque les capacités nationales et les aides volontaires des États membres ne suffisent plus.

    Les dix Canadairs restants seront partagés entre plusieurs pays européens, dont la France, qui recevra deux DHC-515 en février 2028. Ils viendront compléter la flotte française, composée de douze Canadair CL-415 et de huit Dash 8 Q400-MR, qui peuvent larguer jusqu’à 10 000 litres d’eau, mais doivent se poser pour être rechargés. Les secours français disposent également d’hélicoptères bombardiers d’eau et d’Air Tractor, des avions légers pouvant larguer jusqu’à 3 000 litres d’eau.

    Malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucune trace de l’annulation de l’achat de « 16 Canadairs » par la France. Ce chiffre a sans doute été inventé par l’internaute. En revanche, le budget consacré à l’achat de deux Canadairs a bien été annulé en 2024 par le gouvernement de Gabriel Attal, comme Les Surligneurs l’ont déjà documenté.

    Ce n’est pas la seule erreur dans la publication partagée. En effet, l’internaute soutient que la France aurait pu demander un « prêt » à la Russie pour prêter main-forte aux pompiers qui luttent contre les flammes.

    Un test non concluant du BE-200

    Certes, comme l’ont expliqué nos confrères de La Voix du Nord, en juin 2011, le service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes (SDIS 06) avait publié un communiqué de presse expliquant que le Be-200 allait être testé par les secouristes français en vue d’une éventuelle acquisition.

    Mais ce test se serait révélé négatif, à en croire les informations publiées sur le blog de Frédéric Marsaly, journaliste spécialisé dans l’aéronautique. La France aurait ainsi fait le choix de ne pas passer commande auprès de la Russie, notamment en raison de « la consommation de carburant », jugée « élevée » et obligeant à « limiter la charge utile au profit du carburant pour disposer d’une autonomie convenable », écrit le journaliste.

    Et pour cause : en 2011, au moment de ces essais, les relations franco-russes étaient nettement moins tendues qu’elles ne le sont aujourd’hui. La même année, Nicolas Sarkozy affirmait même que les relations entre les deux pays étaient « au beau fixe », tandis que la France finalisait la vente à la Russie de porte-hélicoptères Mistral.

    Les tensions actuelles, aggravées par l’invasion de l’Ukraine et les sanctions adoptées contre Moscou, ne sont sans doute pas de nature à favoriser l’achat d’un appareil russe par la France. Pour autant, ne pas mentionner la décision prise en 2011 sans rappeler que celle-ci aurait d’abord reposé sur des considérations techniques et opérationnelles revient à présenter une explication incomplète et donc trompeuse.

     

    Auteurs :

    Auteur : Antoine Mauvy, journaliste

    Relecteur : Etienne Merle, journaliste

    Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

    Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste

    L’article Pourquoi la France ne fait pas appel au Be-200, bombardier d’eau russe, dans la lutte contre les incendies est apparu en premier sur Les Surligneurs.

  • iPhone 18 et Fold : Apple prévient qu’il n’y aura pas de stock pour tout le monde

    Apple a publié le 30 juillet les résultats de son troisième trimestre fiscal 2026 avec un chiffre d'affaires record de 109,4 milliards de dollars. Mais Tim Cook, pour sa dernière conférence en tant que CEO, alerte sur un éventuel ralentissement à la rentrée : les contraintes d'approvisionnement vont « augmenter fortement » d'ici à fin septembre.

  • En finir avec l'humour oppressif

    <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH108/couv_humour_oppressif-000-f0f8b.png?1784887721>

    L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.

    Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.

    Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.

    On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société.

    Cette brochure nait de l'envie de constituer un support accessible qui propose des réflexions, des questionnements et des partages d'expérience par rapport à l'humour pour raconter en quoi l'humour est politique.

    Elle tente d'expliciter certains lien entre l'humour et les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir. Puis elle propose quelques pistes pour éviter de véhiculer de l'humour oppressif, pour savoir comment réagir et comment alimenter d'autres types d'humours.

    Version à lire avec la mise en page dans ce pdf : https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_finir_avec_l_humour_oppressif-mai2026-pageparpage-asa-48pa5-2.pdf' class=" spip_doc_lien" title='PDF - 2.9 Mio' type="application/pdf <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1784872590> En finir avec l'humour oppressif - version page par page 48 pages à lire sur écran.

    Introduction

    Aahh, l'humour ! Vaste sujet !

    Il y a pleins de choses chouettes que permet l'humour : décompresser, créer de la complicité, tisser du lien social, créer des références communes, dédramatiser une situation, etc.

    Rire un bon coup, ça peut provoquer un genre d'euphorie ultra libérateur, et partager un fou rire avec des gens ça peut être vraiment incroyable ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-001.png>

    Mais bon, ça permet aussi des trucs moins chouettes : véhiculer des idées violentes et discriminantes, exclure quelqu'un, se moquer, renforcer des stéréotypes, engendrer des biais de pouvoir, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-002.png>

    L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.

    Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.

    Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.

    On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-003.png>

    Cette brochure a surtout pour intention de proposer un support de réflexions et de discussions pour regarder l'humour par un prisme politique et par une approche ayant pour point d'entrée les oppressions systémiques.

    Sommaire

    Introduction……………………………………………………………………………………..P2

    Mais qui est la voix off de cette brochure ?…………………………………………….P6

    Contexte d'écriture de cette brochure…………………………..……………………..P10

    En quoi l'humour est politique ? …………………………………………………..…….P12

    Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?……………….………….P16

    Différents types d'humour…………..…………………………………………..………..P23

    Auto-check avant de faire preuve d'humour…………………………….……...…...P27

    Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?……………….……………….P29

    A propos de légèreté et d'insouciance………………………………………………....P36

    A propos de culpabilité, de honte et de responsabiltiés…………………….….….P40

    Apprendre à se connaître pour incarner des formes d'humour appropriés...…P41

    Et l'autodérision dans tout ça ? ………………………………………...…………..…...P43

    Le risque de l'anti-norme oppressive………………………………………….….……..P44

    Vers des nouveaux imaginaires de l'humour ?………………………….…………....P45

    Quelques questionnements en vrac……………………………………...……………..P46

    Remerciements…………………………………………….…………………...…………….P47

    Mais qui est la voix-off de cette brochure ?

    Moi, c'est Asa !

    Je trouve ça toujours difficile de savoir comment se présenter : à la fois, je trouve ça important de contextualiser et de situer son propos, et en même temps, j'ai en tête qu'on fait toujours une sélection de ce qu'on souhaite raconter ou ne pas raconter donc c'est pas toujours évident de trouver la juste quantité d'informations à donner et la manière de le faire. Je vais citer quelques éléments me concernant et que je trouve utile pour comprendre d'où je parle dans cette brochure, mais évidemment c'est une présentation incomplète et biaisée.

    Je suis une personne racisée (asio-descendante) vivant en France métropolitaine, sociabilisée femme (je m'identifie non-binaire) plutôt jeune (née dans les années 2000) et passionnée d'un milliard de sujets. J'ai fait un transfuge de classe : raconté de manière caricaturale, je suis passée d'une famille immigrée plutôt précaire à des milieux intellectuels plutôt bourgeois via des études dans le supérieur plutôt élitistes que j'ai faites.

    Maintenant, je traîne dans des tas de milieux différents : des milieux anarcho-queer, des cercles sociaux se revendiquant de faire du soin politique, des espaces d'extrême gauche où ça parle désobéissance civile et ZAD, des milieux écolos cherchant à faire évoluer l'enseignement supérieur et les entreprises, des sphères institutionnelles ancrés dans le système dominant, etc. Je fréquente parfois des espaces marginalisés, avec des gens ne faisaient pas partie des normes dominantes, tout comme je peux parfois travailler dans des espaces de pouvoir très institutionnels.

    En termes de contrastes, j'ai à la fois passé des repas venant de récup dans des poubelles de supermarché avec des potes précaires, tout comme j'ai aussi participé à des buffets indécents coûtant des milliers d'euros avec des personnalités « connues ».

    Vivre tout un tas de choses dans des milieux très différent me questionne, notamment sur la place que l'humour peut avoir en fonction de différents espaces sociaux et ma manière de vivre les questionnements qui m'animent avec tout mon coeur c'est d'en parler avec des gens, d'animer des ateliers à ces sujets, et d'écrire.

    Pleins d'éléments m'ont amené à écrire cette brochure :

    - Kiffer la formalisation, et creuser des sujets en profondeur

    Quand un sujet attire mon attention, j'ai envie de le décortiquer, de voir le monde par ce prisme, et chercher à comprendre comment les autres le vivent.

    Concernant l'humour, je pense que je me suis beaucoup interrogé sur mon rapport à l'humour, ce qui me faisait rire ou pas, ce qui me mettait à l'aise ou pas, ce que j'incarne avec mon humour et puis plus globalement, les liens entre humour et rapports de pouvoir. J'aime beaucoup mettre en mots et en forme mes réflexions (souvent, surtout issues de discussions avec des ami·es), pour qu'on puisse échanger sur ces bases, débattre dessus et l'idée de centraliser des années de réflexions et de discussions dans un doc me plait bien ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-004.png>

    - Vivre des oppressions systémiques et des injustices au quotidien

    Depuis mon enfance, je me prends des « blagues » racistes. Des « ching chong » au lycée avec des camarades reproduisant à merveilles une caricature de yeux bridés, des questions pouvant s'apparenter à du racisme et autres joyeusetés de vécus d'exclusions et de moquerie du fait de mon appartenance éthnique.

    Ça, c'est la phase visible de l'ice-berg du « parfois l'humour c'est tout pourri ». Il me paraît évident que ces situations sont des vrais sujets, mais j'aimerai bien ne pas me limiter à ces blagues, mais aller creuser aussi les trucs moins évidents et davantage questionnants. Chercher en quoi l'humour, peut implicitement devenir un outil de pouvoir. Des situations où je questionne ma légitimité à ressentir du malaise. Des situations où il n'y a pas vraiment de coupable ni de victime, mais qu'il se joue quand même des trucs pas anodins.

    Mon sentiment d'insécurité par défaut dans les groupes a toujours été là, mais je mets les mots dessus depuis très récemment. Depuis que j'y associe des lunettes des oppressions systémiques, je comprends mieux certains mécanismes rapports de pouvoir implicites qui me font ressentir dans mon corps un sentiment de « je ne suis pas à ma place ici / je ne suis pas en sécurité auprès de ces personnes ». J'ai le souhait que des personnes puissent trouver du réconfort, de la légitimation et des outils à la lecture de cette brochure.

    Je pense que l'humour me touche. Déjà parce que j'ai pas vraiment gagné au jeu de la roue des privilèges (même si j'ai de nombreux privilèges et avantages dans la société) et que je pense que ça contribue à ce que je sois sujette à beaucoup d'humour oppressif. Mais aussi parce que je suis très sensible à toute dynamique de groupe pouvant être excluante, dogmatique, oppressante et que l'humour peut être un formidable instrument pour ça.

    - Désirer contribuer à changer nos mondes

    L'humour a beaucoup de place dans ma vie que je le veuille ou non. Ça me va pas de juste subir sa présence pesante sans rien y faire alors même si l'humour restera toujours un truc plus grand que moi, je me suis dit que sans avoir l'ambition de changer LE monde, je pouvais au moins tenter de changer les petits mondes qui m'entourent.

    Je crois que par l'humour, on peut déconstruire et reconstruire beaucoup de choses. Je pense que questionner la place de l'humour dans nos relations et collectifs, et trouver d'autres voies pour rire ensemble, ça contribue à incarner des cultures du soin.

    - Contribuer à diffuser des cultures de soin

    Le soin, c'est ma boussole de vie. Tout ce qui fait sens pour moi rentre dans cette boussole. Dans ma vie relationnelle, pro, perso et militante, j'essaie de trouver comment diffuser des cultures de soin. Cette brochure s'inscrit dans cette volonté. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-005.png>

    Pourquoi il y a des champignons dans toute la brochure ?

    Parce qu'il y a des champignons délicieux, et d'autres toxiques.

    Et parfois, c'est dificile de les différencier entre eux. : c'est un peu comme l'humour !

    Et aussi parce que j'avais envie d'aérer cette brochûre donc je cherchais à dessiner des personnages mais je suis pas super compétent·e pour dessiner des êtres humains alors les champignons c'était plus facile pour moi.

    Pour les dessins, je me suis beaucoup inspirée de champignons sur Pinterest, la plupart des designs de champignons ne viennent pas de moi même si je les ai adapté à ma façon.

    <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-006.png>

    Contexte d'écriture de cette brochure

    Avant la naissance de cette brochure, il s'est passé pleins de choses !

    Tous pleins d'ateliers...

    J'ai eu la chance de vivre dans un lieu de vie collectif avec beaucoup de passage– on y était parfois une trentaine d'habitant·es - dans lequel on avait l'habitude de s'animer des ateliers entre nous. Ça pouvait être une mini conf, un atelier tricot, une danse collective. N'importe qui pouvait proposer un truc, et ça attirait forcément quelques âmes curieuses et intéressées. Dans ce cadre là, j'ai conçu et animé pour la première fois un cercle de discussion sur l'humour oppressif. On a beaucoup, beaucoup parlé. Tard le soir, jusqu'à s'endormir dans nos canapés tout moelleux. C'est là qu'est né plusieurs éléments de cette brochure, grâce à ces moments collectifs où je me sentais à la fois entourée, et hyper stimulée. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-007.png>

    ...Et un début de formalisation !

    Ensuite, avec mon binôme associatif de l'époque, on a voulu animer un autre atelier à ce sujet, mais en créant des supports qui centraliserait des questionnements et réflexions. Il a donc crée 4 affiches qui nous ont servi pour un atelier organisé dans une asso de notre école. Ces affiches, on les a ensuite pas mal diffusé par ci par là quand on rencontrait des gens qui voulaient creuser ce sujet mais qui savaient pas trop par où commencer.

    J'ai continué à animer des ateliers à ce sujet, sur base de ces affiches mais je ne me retrouvais plus dans certains propos de ces affiches, et plus le temps passait, plus j'avais envie de rajouter des réflexions, compléter tout ça de récits. Et j'ai trouvé que le format brochure était plus propice pour ça.

    Voilà une version un peu plus complète et riche que les affiches qu'on avait formalisé avec Momo. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-008.png>

    Et ainsi, naissa cette brochure ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-009.png>

    Je vois cette brochure comme un condensé de réflexions et questionnements à un instant T. Je serai peut-être plus trop d'accord avec des réflexions que j'ai écrite, il y a sans doute des angles morts dans ce que je propose, mais c'est pas grave ! C'est fait pour être un outil de dialogue, de discussion, pas une proposition de vérité absolue. Je vous laisse donc avec ça en tête. Cette brochure n'a pas l'intention d'être consensuelle, et a plutôt vocation à rendre visible des trucs, pour nourrir des débats et réflexions : à vous de prendre ce qui vous parle ou pas !

    Cette brochure est écrite à la première personne du singulier, car c'est moi qui l'écrit et que je ne souhaite n'engager que moi dans les propos que je tiens, mais il est le fruit de réflexions et questionnements collectifs issus de discussions avec des potes ou des participant·es à des ateliers.

    En quoi l'humour est politique ?

    Je m'aventurerai pas à proposer une définition de ce que c'est la politique, mais j'aimerai malgré tout commencer cette brochure par affirmer que je pense que notre rapport à l'humour est politique, et doit être davantage politisé. Une manière d'expliquer pourquoi l'humour est politique, c'est de visibiliser que l'humour est un acte social et que quand une personne se sent victime d'humour oppressif, c'est pas juste une histoire de liens interpersonnels, mais il s'y joue des enjeux plus systémique. Quand j'exprime que l'humour est politique, c'est pour visibiliser que l'humour s'inscrit toujours dans un contexte socio-politique donné, et qu'il peut créer ou renforcer des dynamiques de pouvoir qui sont loins d'être neutres ou sans conséquences.

    Dans cette partie, je vais partager des réflexions et croyances que j'ai sur l'humour. Elles n'ont pas de valeurs sociologiques ou scientifiques particulières.

    Si vous souhaitez vous renseigner sur ces sujets avec une approche davantage documentée, sourcée et avec des expérimentations sociales, vous pouvez lire la thèse de Léo Facca « Est-ce vraiment “ juste une blague ” ? Effet du groupe ciblé, des préjugés et de l'adhésion aux stéréotypes sur la perception de l'humour de dénigrement : une approche expérimentale. » ou vous renseigner sur les études de psychologie sociale de Monica Romero-Sànchez.

    Perso, je me suis pas beaucoup plongé dans ces références là parce que j'avais pas l'envie et la motivation de faire un travail de recherche solide, alors je propose juste des bouts de réflexions sur pourquoi je pense que l'humour est politique :

    - L'humour véhicule souvent des valeurs et stéréotypes

    Je sais pas s'il serait possible ou souhaitable de quantifier un pourcentage de blagues qui reposent sur des préjugés discriminants, mais j'ai le sentiment que l'humour véhicule principalement des stéréotypes visant des individus et groupes sociaux particuliers : les femmes, les personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les personnes queer, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-011.png>

    Par l'humour, on peut donc véhiculer beaucoup de stéréotypes : les femmes sont nulles et dangereuses au volant, les arabes sont des voleurs, les personnes en situation de handicap sont bêtes, etc.

    Les blagues sexuelles me paraissent se baser souvent sur un imaginaire d'hyper-sexualisation, d'objectification des femmes et minorités de genre, de personnes racisées ou sur une désexualisation de personnes âgées et/ou en situation de handicap. La plupart du temps, les blagues liées à la race reposent davantage sur l'imitation d'accent, des préjugés racistes ou des stéréotypes de classes sociales que sur les désastres du colonialisme.

    Il y a donc des tendances globales concernant ce sur quoi porte l'humour. Et le fait qu'on se moque majoritairement de certains groupes sociaux, c'est pas anodin. Ça dit quelque chose sur notre manière de faire société. Et ça vient renforcer des valeurs.

    - L'humour diffuse, légitime, banalise et rend acceptables socialement des valeurs et stéréotypes

    L'humour contribue à la tolérance de la discrimination. Sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! », l'humour permet de banaliser et rendre acceptables socialement certaines valeurs et stéréotypes. S'il ne paraitrait pas très acceptable socialement d'énoncer sérieusement que les femmes blondes sont plus bêtes que les autres, rire autour d'une blague sur les blondes peut paraître beaucoup plus innoffensif. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-013.png>

    On appelle « humour de dénigrement » une forme d'humour qui favorise les préjugés et la discrimination.1

    - L'humour est un outil de cohésion sociale

    L'humour est un super outil pour identifier des individus qui nous ressemblent, avec qui on peut s'entendre et connecter. Rire avec quelqu'un, ça peut déjà être un signe de compatibilité. Ainsi, l'humour permet d'être un facteur de rapprochement, et conditionne ce qui permet ou pas de faire groupe. Il permet de consolider des normes sociales, en participant à créer des cadres collectifs et peut participer à certaines formes de sentiment d'appartenance.

    Par exemple, les blagues sur la prétendue stupidité des Belges permet de créer de la cohésion sociale pour les Français.es qui se rapprochent en se moquant d'un autre groupe social. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-014.png>

    - L'humour est vecteur de biais de pouvoir

    Dans des dynamiques de groupe, il y a toujours des rapports de pouvoir. Un rapport de pouvoir, c'est pas forcément très visible au premier regard. C'est pas forcément une humiliation bruyante et flagrante. Ça peut être discret, insidieux, mais pas moins violent ou blessant. C'est pour ça que pour moi c'est très important de mettre le doigt et les mots sur comment l'humour peut être vecteur de pouvoir.

    Quand j'observe un groupe, j'aime porter mon attention sur qui parle, qui ne parle pas, qui est écouté, qui ne l'est pas. Comment les identités sociales (genre, classes, races, religion, capital culturel, académique, économique) entrent en jeu dans les interactions.

    L'humour permet un bon prisme d'analyse : Qui fait une blague ? Qui rigole ? Qui ne rigole pas ? Sur quoi portent les blagues ? Quelqu'un qui fait une blague et fait rire les autres attire l'attention, et potentiellement, volontairement ou pas, dicte les normes d'un groupe.

    L'humour est souvent valorisé socialement, et les personnes qui détiennent des formes d'humour qui seraient valorisé dans un cercle social peuvent attirer l'attention, paraître intelligent, avoir de la répartie et ça peut donc leur conférer des formes d'auras, de charisme et de pouvoir.

    Par exemple : J'ai parfois tendance à « clasher » des ami·es avec ma répartie. Ça fait rire, c'est valorisant pour moi, mais c'est parfois très blessant selon ce que je véhicule, ma relation avec la personne cible de la blague, le contexte social et le vécu de la personne cible. C'est une forme de rapport de pouvoir que d'avoir de la rhétorique, de penser rapidement, d'avoir de la répartie, et ça peut sembler banal mais ça peut être vraiment humiliant, excluant et violent de se faire moquer par des blagues. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-015.png>

    Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?

    Parler des oppressions systémiques, c'est vertigineux. Avoir une porte d'entrée, ça permet d'avoir une prise. Il y a des tonnes de manière de définir une oppression systémique, voici ce que je propose :

    Une oppression systémique est le résultat et la composante d'un système qui, pour un critère donné, va engendrer de façon globale des discriminations sur un groupe social dit dominé / opressé / discriminé, et réciproquement conférer des privilèges à un groupe social dit dominant / oppresseur / privilégié. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH231/humour_oppressif-016-2-53c4e.png?1784887761>

    Les oppressions systémiques sont omniprésentes. Dans notre manière d'organiser notre société, dans nos politiques, nos lois, nos institutions mais aussi dans notre manière de penser, de relationner et de s'organiser.

    Elles s'ancrent dans des rapports de pouvoir, se traduisent par des préjugés/stéréotypes et s'incarnent par des postures/comportements oppressifs.

    A propos d'intersectionnalité : pour une approche décloisonnée et systémique des oppressions systémiques

    Présenté sous forme de tableau, les oppressions systémiques et leur système d'oppressions peuvent sembler très cloisonnées. Dans la réalité, toutes les oppressions forment des liens complexes en synergie.

    L'intersectionnalité désigne un concept permettant de penser les identités sociales non pas de façon séparée ou cumulée, mais en synergie pour en identifier leur spécificités.

    Historiquement, ce concept émerge et est popularisé par Kimberlé Crenshaw (militante, avocate, professeur) qui lie la race et le genre pour mettre en lumière que les expériences vécues par une personne noire, et par une femme, ne peuvent pas être comprises et analysées comme deux données séparées ou indépendantes2.

    Dans les grandes lignes, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression n'est pas égale à = 2X d'oppressions

    Mais plutôt, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression = un cocktail singulier et complexe d'oppressions, non cumulables, mais en synergie

    Pourquoi parler d'intersectionnalité ?

    Pour ne pas reduire l'identité d'une personne à un privilèges ou un non-privilège. Chaque personne a son histoire unique, et il me paraît important de prendre en compte de manière nuancée et complexe ça. (= ne pas reduire une personne racisée à une pauvre victime du système raciste, ne pas réduire un mec blanc à un méchant oppresseur)

    Préjugés, discrimination, et oppressions : quelles différences ?

    Inspiré du comic : https://everydayfeminism.com/2017/01/trouble-explaining-oppression/

    Un préjugé est un biais internalisé :

    • "Les relations homosexuelles sont anormales et déviantes"

    • "Les personnes grosses sont moches"

    • "Les musulman·nes ont plus de chance d'être des terroristes"

    Une discrimination est la concrétisation d'un préjugé :

    • Refuser la location d'un appartement à un couple d'homosexuel

    • Se trouver moche car gros·se

    • Suspecter davantage les musulman·es de comportements dangereux

    Les oppressions sont les poids et forces systémiques de ces préjugés et discrminations sur les personnes concernées

    • Des lois qui ne protègent pas les discriminations basés sur l'orientation romantico-sexuelles

    • Des magazines promouvant une culture de la beauté normée

    • Des politiques publiques excluantes des musulman·nes

    Pour lutter contre tous ces systèmes d'oppressions injustes, il faut agir sur tous les maillons de la chaîne !

    A propos de privilèges et de non-privilèges

    Chaque individu a un lot de privilèges et de non-privilèges.

    Le privilège social, ça désigne une notion en sciences sociales, qui offre des avantages sociaux/degrés de prestiges/rangs dans la société en fonction de son appartenances ethniques, de classes sociales, d'âges, de sexe, d'identité de genre, d'orientation sexuelle et relationnelles, de religion, etc.

    Les systèmes de privilèges et non-privilèges impliquent par exemple :

    • Un partage non-équitable de la charge mentale. La charge mentale est le poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur des personnes particulièrement discriminées) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique, et surtout, psychique. Cette préoccupation constante de la logistique du foyer, même dans les moments où elles ne sont pas dans l'exécution de ces tâches est aussi pesante. Cette notion peut être applicable à d'autres domaines que la gestion du foyer.

    • Des différences dans le sentiment de sécurité par défaut dans les espaces publics, les relations, les collectifs, etc.

    • Une exclusion invisibilisée de certains groupes sociaux dans certains espaces.

    • Un rapport à la légitimité différent.

    • Un accès aux richesses et au confort non-équitable.

    • Etc etc etc.

    Avoir des privilèges, c'est pas seulement avoir plus de chances d'avoir sa paie augmentée lorsque l'on est un homme cis blanc. C'est aussi :

    • Avoir le privilège de l'inscouciance et de ne pas se soucier de certaines charges mentales et émotionnelles.

    ◦ Ex : une dynamique typique dans un couple hétéro est la femme portant la charge mentale des tâches ménagères, la charge contraceptive et la charge émotionnelle du couple tandis que l'homme ne comprend même pas en quoi consiste tout ça.

    • Ne pas se rendre compte des oppressions que vivent les autres, et avoir tendance à ne pas les croire, les légitimer. Et/ou chercher à se justifier de ses bonnes intentions sans mettre le focus sur le récit de la personne concernée.

    ◦ Ex : Je constate que la plupart du temps, quand je raconte un vécu de situation raciste que j'ai vécu, la·es personne·s blanche·s devant moi sont souvent choqué·es et arrivent à peine à me croire et vont parfois avoir tendance à remettre en question mon récit ou le minimiser.

    Avoir des non-privilèges, c'est par exemple :

    • Devoir se sur-adapter en permanence pour se faire accepter socialement, et donc performer, compenser, se contorsionner pour correspondre à un fonctionnement normé.

    ◦ Ex : c'est le cas pour des personnes ayant des handicaps invisibles. (#validisme #psychophobie)

    • Se justifier en permanence de ne pas être capable de faire quelque chose et être soupçonné de flemme car "si on veut, on peut" #capacitisme #validisme #psychophobie

    • Ne pas se sentir légitime de prendre la parole.

    • Ne pas se sentir appartenir à un groupe social.

    ◦ Ex : être la seule personne racisée dans un groupe de blanch·es peut entraver le sentiment d'appartenance et la légitimité à trouver sa place

    • Subir de la négligence en ayant moins de chances que ses besoins soient remplis par la société, des collectifs, des relations, etc.

    Apprendre à se situer au niveau de ses privilèges et non-privilèges, et agir en conséquences

    Savoir se situer, ça s'apprend, ça prend du temps, et ça se fait au fur et à mesure de discussions, d'expériences de vie, de conflits, de partages de récits, etc.

    Un outil pouvant être utile pour apprendre à se situer est celui du CRIAW ICREF3.

    Ici, cet outil d'éducation populaire en lien avec des enjeux d'intersectionnalité permet d'illustrer :

    • Par le cercle intérieur : les circonstances particulières de chaque personne, associé à des “rangs” dans la société

    • Par le deuxième cercle : Des aspects identitaires (correspondant à des privilèges et non-privilèges)

    • Par le troisième cercle : Différentes formes de discriminations et systèmes oppressifs

    • Par le cercle extérieur : Des structure et forces plus larges renforçant les systèmes oppressifs

    Proposition d'exercice : Vous pouvez prendre une feuille et écrire les aspects identitaires qui vous concerne du deuxième cercle et tenter d'identifier si vous êtes plutôt privilégié·e ou pas sur chaque aspect. Les réponses ne seront pas forcément binaires car certains aspects pourront être à la fois des privilèges et des oppressions pour vous. L'idée n'est pas d'atteindre une réalité objective parfaite de vos privilèges et oppressions via cet exercice, mais plutôt de se mettre dans une posture de questionnement vis-à-vis de ses identités sociales. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH385/humour_oppressif-017-2-fe831.png?1784887761>

    Chaque personne ayant son lot de privilèges et de non-privilèges. Il peut paraitre important d'apprendre à se situer soi-même, pour pouvoir agir en conséquences.

    Pour guider tes questionnements par rapport à ces enjeux, tu peux te demander :

    • Quels sont mes privilèges ? Quels sont mes non-privilèges ?

    • Comment je me sens par rapport à ça ?

    • Qu'est-ce qui m'interroge à ce sujet ?

    • Quelle place ont les oppressions systémiques dans mes relations ? Dans mes collectifs ? Dans mon quotidien ? Dans ma vie professionnelle ?

    • Est-ce que c'est un sujet dont je parle avec mes proches ? Si oui, comment ?

    • Est-ce que je suis satisfait·e de mon rapport à mes privilèges et les oppressions que je vis ? Et si non, qu'est-ce que j'aimerai être différent ?

    Pourquoi on parle d'oppressions systémiques ?

    Parce que l'humour s'inscrit dans des enjeux en lien avec les oppressions systémiques ! Il peut faire partie de discriminations paraissant inoffensives, anodines et mineurs. Mais en réalité, c'est un instrument puissant, contenant un potentiel de violence fort et permettant de légitimer d'autres formes de violences.

    La pyramide des niveaux de discriminations illustre différents types de discriminations, allant de ce qui paraît le moins violent au plus violent. L'humour se situerait dans un niveau de discrimination plutôt « faible »

    La pyramide des niveaux de discriminations <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L422xH319/humour_oppressif-019-c747d.png?1784887761>

    Toutes ces oppressions systémiques, systèmes d'opppressions et notion de privilèges s'incarnent concrètement sous la forme de discrimination de plusieurs types :

    Des oppressions, il y en a de tous types. Toutes n'ont pas les mêmes effets, ou les mêmes répercussions. Dans cette brochure, je souhaite militer pour que ce qui est considéré comme violent et oppressif ne soit pas limité à de la violence physique et facilement visible. Je souhaite considérer et lutter contre toute forme de discriminations, d'oppressions, et de rapport de pouvoir, aussi "petites" et invisibilisées puissent-elles paraitre.

    Pourquoi les "petites" oppressions invisibilisées sont importantes ?

    Déjà, parce qu'elles ne sont pas si petites que ça ! Elles sont très impactantes du fait de leur caractère répété et omniprésent, et influence comment une personne se perçoit, est perçue, peut se sentir, etc. De plus, elles constituent la base de la pyramide des discriminations et permet et renforce des discriminations plus graves.

    L'humour contribue à la tolérance de la discrimination sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! »

    Dans un monde où il n'est pas acceptable de faire des blagues sexistes, alors, peut-être que le monde le serait moins ?

    De plus, il y a parfois une plus grande capacité d'action sur des discriminations "petites" du fait de leur caractère récurrent et aussi du fait qu'il peut parfois être moins risqué de reprendre quelqu'un sur une blague qu'il a faite et questionner les valeurs qu'il a véhiculé (parfois inconsciemment et involontairement) que d'agir sur des menaces de vie directes.

    L'humour, ce n'est donc pas que des petites blagues, c'est plus que ça. Ça a des impacts et des conséquences fortes et agir dessus est une manière de lutter contre les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir.

    Différents types d'humour

    Est-ce que tous les humours se valent ?

    Je pense que tous les humours ne se valent pas. Il ne s'y joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir selon l'humour qui est véhiculé. Par exemple, je considère qu'un groupe de mec qui se moquent d'une meuf avec des remarques sexistes, c'est pas les mêmes enjeux que des personnes racisées qui se moquent des racistes. Ou encore, je considère qu'une punchline tourné avec un ton humoristique pour protéger une personne qui se fait discriminée, c'est pas à mettre sur la même échelle que quelqu'un qui dit une punchline pour se moquer d'une forme de handicap.

    Proposition de catégories de l'humour

    Pour conceptualiser ça, avec mon binôme associatif de l'époque des affiches, on a fait une proposition de catégorisation de l'humour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH340/humour_oppressif-020-2-af40e.png?1784887761>

    Il y a différentes d'humour parmi tout ça : le comique de situation, le comique de répétition, l'absurde, les plaisanteries, l'ironie, les jeux de mots, le comique de geste, les caricatures, l'autodérisiton, l'humour noir, le sarcasme, la parodie/satire, le burlesque, le grotesque, etc.

    Quelques exemples pour s'y retrouver

    - L'humour ciblant des groupes sociaux

    Ce qu'on désigne comme étant de l'humour oppressif, c'est de l'humour qui participe à perpétuer des oppressions systémiques.

    Exemples :

    • Dire une blague qui se repose sur un biais sexiste : J'ai une fois animé une formation où lorsque j'ai demandé aux participant.es s'iels avaient de quoi noter, un homme cis a répondu « Oui, on a des femmes dans le groupe ! »

    • Renforcer des stéréotypes raciaux par des blagues-devinettes : « Pourquoi les chiens aboient beaucoup en Chine ? Parce qu'ils ne sont pas assez cuits »

    • Véhiculer l'idée que les personnes trisomiques sont bêtes en disant « T'as pas compris ça ? T'es trisomique ou quoi ? »

    Et bon, il pourrait y avoir tout une section « humour internet et memes » sur ce que ce type d'humour peut véhiculer. Ici un exemple illustrant sous la forme d'un raisonnement « scientifique » pourquoi les femmes sont des problèmes. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH339/humour_oppressif-021-2-d1efc.png?1784887761>

    Les dynamiques en œuvre peuvent être nombreuses : renforcement de stéréotypes existants, déshumanisation, action d'exclusion, moqueries, etc.

    En stand-up, on parle parfois de « punching down », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes discriminées et qui reproduit donc des dominations, des oppressions et des humilitations systémiques.

    Ce qu'on appelle humour subversif, c'est un humour qui renverse l'ordre social dominant.

    Exemple :

    • L'humour misandre (qui fait de l'humour sur les mecs cis). « Que donne un mec cis à Emmaüs ? Son avis ! »

    • Tourner en ridicule le journalisme sensationnelle de droite (Gorafi)

    • Tourner en ridicule l'impunité de certaines sphères de pouvoir (Malheurs actuels)

    • Jouer sur un attendu « raciste » pour prendre par surprise et interroger ce présupposé « Comment appelle-t-on un noir qui conduit un avion ? – Un pilote ! »

    En stand-up, on parle parfois de « punching up », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes dominantes et qui crée donc des potentiels de subversion et d'émancipation.

    - L'humour ciblant un individu

    L'humour blessant, c'est de l'humour qui n'est pas en lien avec des oppressions systémiques, mais qui peut blesser une personne.

    Exemple : Quelqu'un trébuche en rentrant dans une classe, quelqu'un le·a filme et puis fait tourner la vidéo en se moquant de la personne.

    L'humour soutenant survient dans l'intention d'aider quelqu'un qui se fait discriminé.

    Exemple : Un mec se moque d'une femme qui a fait la cuisine, et quelqu'un en fait une blague « drôle de façon de dire merci »

    Avantages et limites de ces catégories :

    Ce que j'apprécie dans le fait de catégoriser l'humour, c'est que ça permet de mettre en lumière qu'il ne se joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir dans tout type d'humour. Tous les humours ne sont pas équivalents et ne véhiculent pas les mêmes idées. L'idée n'est pas de dire que l'humour subversif est forcément mieux que l'humour oppressif, mais plutôt qu'il ne se joue pas les mêmes choses quand on se moque de femmes asiatiques que quand on se moque du président des Etats-Unis.

    Evidemment, ces catégories, comme toute tentative de formalisation sont imparfaites. Il y a des formes d'humour difficile à catégoriser, et l'intention n'est pas de réussir à mettre toute forme d'humour dans des petites cases, mais plutôt de mieux identifier ce qui peut se jouer dans une forme d'humour. C'est donc à voir comme un outil : ce n'est pas objectif, ce n'est pas parfait, ça a des limites, mais c'est parfois utile.

    Faut-il cultiver de l'humour subversif alors que ça peut aussi être violent ?

    J'adore l'humour subversif, mais c'est très personnel. J'ai beaucoup débattu à ce sujet et je sais que des personnes que je connais ne sont pas d'accord avec le fait de cultiver quelconque humour pouvant être dénigrant. Cette idée qu'il ne faut cultiver ni l'un, ni l'autre, est en lien avec l'idée que dans tous les cas, il y a de la violence qui est véhiculé et que ça entretient un cycle de la violence qui peut finir par être néfaste pour tout le monde. Si j'adore l'humour subversif, et que je le trouve émancipateur et réparateur, j'aime nuancer ce propos en mettant une vigilance sur la violence qui peut être véhiculée.

    Bref, est-ce qu'il faut faire de l'humour subversif ? Perso j'adore ça, mais c'est fortement débattable !

    Et puis qui décide de ce qui est subversif ou oppressif ? La frontière est floue et subjective. Peut-on tout justifier derrière le drapeau de la subversivité ? Pas sûre.

    Pour autant, je considère ne pas me battre à armes égales avec mes « ennemis », et donc ridiculiser le pouvoir, je pense que c'est une arme qui me parle.

    Est-ce que la fin justifie les moyens ?

    Dans le fond, ça pose la question de : est-ce que la fin justifie les moyens ? Si la fin est louable (= ici, créer une société plus écologiste, juste et inclusive) est-ce que ça justifie d'avoir recours à des moyens violents (= ici, continuer à alimenter des dynamiques de moqueries, d'exclusion). C'est hyper complexe comme sujet, et j'oscille beaucoup entre plusieurs postures, en fonction des enjeux et des sujets. J'ai pas trop de réponses à ça, mais je trouve que c'est chouette de se poser la question et de si l'on souhaite avoir recours à l'humour, et pourquoi.

    Dans tous les cas, il me paraît important de s'interroger sur pourquoi on rigole, et quels peuvent être les risques et effets de ce qu'on véhicule. Et justement ! D'où la proposition de l'outil qui suit :

    Auto-check avant de faire preuve d'humour

    Comment savoir si ma blague est oppressive ? Comment je peux changer mon rapport à l'humour ?

    Hélas, je n'ai pas de solutions miracles sous la main. Je ne pense pas que le monde doit binariser un rapport catégorique à l'humour. Il n'y pas de tampons « humour oppressif / humour non-oppressif ». Je pense que toute situation est complexe, nuancée, et qu'on ne peut jamais s'assurer de la non-offensivité de ce qu'on dit. Par contre, on peut se questionner en amont pour limiter le risque de blesser. Voici une proposition de questionnements à se poser. C'est pas exhaustif et c'est pas parfait. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-023.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-025.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-027.png>

    • Quelles sont mes intentions en faisant une blague (mettre à l'aise, créer de la complicité, rabaisser, me moquer, dédramatiser ?)

    • Est-ce que je ris DE la/les personnes concerné·es par la blague ou AVEC ?

    • Est-ce que les personnes présentes me connaissent assez bien pour comprendre mon intention ?

    • Est-ce que ma blague peut être discriminante ou blessante directement ou indirectement ?

    • Est-ce que ma blague véhicule de la violence ?

    • Est-ce que ma blague peut causer des triggers ?

    • Est-elle risquée du fait qu'elle touche à une caractéristique de groupes sociaux discriminés ?

    • Est-ce que le contexte de ma blague est le bon ?

    • Est-ce que le niveau d'interprétation de ma blague est claire ?

    • Suis-je prêt·e à recevoir des retours négatifs sur des propos que j'ai émis ?

    • Suis-je capable de répondre constructivement en me remettant en question ?

    • Suis-je ouvert·e et capable de ne pas minimiser/délégitimer les ressentis exprimés ?

    Il peut aussi y avoir des questionnements plus introspectifs : qu'est-ce que mon rapport à l'humour dit de moi ? D'où vient mon rapport à l'humour ? Est-ce que j'aime l'humour que je véhicule ou est-ce que j'aimerai le changer ? Si oui, quelles sont mes pistes de changement ?

    Par exemple : j'ai beaucoup fait de l'humour en mode « clasher une personne », parfois de manière humiliante, parce que je voulais paraître intelligente et avoir de la répartie. Je trouvais ça valorisant qu'on rigole à mes blagues, et qu'on puisse être impressionné par la rapidité de mes idées. Mais je me suis rendue compte que je trouvais ça naze de faire ça alors j'essaie d'arrêter (même si je fais parfois de l'humour blessant et je le regrette).

    Se poser les questions, ça peut être très long, et c'est un travail introspectif en soit. S'il ne me semble pas possible de se poser toutes ces questions en amont de chacune de ses blagues, je me dis que ça peut être un bon guide d'introspection pour y réflechir et que pour faire un autocheck rapide avant de faire une blague, il y a la possibilité de se concentrer sur les risques de cette blague : est-ce qu'il y a des risques à véhiculer ce que je vais dire ? Pourquoi ce serait risqué (du fait des personnes présentes, du fait de la nature de la blague) ? Est-ce que les intentions de ma blague sont claires pour les personnes présentes ?

    Moyen mnémotechnique :

    Si vous avez vu la série animée Avatar, le dernier maître de l'air, vous connaissez sûrement Iroh, l'un des personnages réputés comme étant plein de sagesse dans la série. Un moyen pour se souvenir des questionnements, c'est de penser aux :

    Intentions

    Risques

    Ouverture

    de son Humour

    (IROH !)

    Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?

    Au début des ateliers que j'anime, j'aime beaucoup commencer les temps par demander aux participant·es quelles sont leurs intentions et attentes dans l'atelier. La plupart du temps, ce qui revient surtout c'est : comment « bien » réagir face à des situations d'humour oppressives ? <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-029.png>

    Il n'y a pas de bonnes réponses ou de modes d'emplois. Chaque situation est singulière et porte un contexte particulier. Du coup, je vais surtout évoquer des postures, des manières de réagir, et les commenter.

    Comprendre les dynamiques collectives existantes

    Déjà, il y a toujours des dynamiques collectives et des rapports de pouvoir existants en jeu. C'est impossible de tout déceller, et de réussir à tout percevoir finement avec lucidité en tout temps, mais quelques questionnements peuvent aider à observer la situation.

    • Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?

    ◦ Est-ce que les personnes ont une bonne relation ?

    ◦ Est-ce qu'il y a de l'espace pour communiquer entre ces personnes ?

    ◦ Est-ce qu'il y a des biais de pouvoir entre les personnse ?

    ▪ Ex : une participante racontait pendant un atelier ne pas réussir à réagir à des blagues homophobes car la personne qui les racontait était son patron. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-030.png>

    • Est-ce que la personne/les personnes concernées par la blague sont présentes ?

    • Quels sont les risques d'intervenir pendant ou après une blague ? <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L450xH228/humour_oppressif-031-2-7bc66.png?1784887777>

    Il peut donc être important et utile de comprendre le contexte social, et les rapports de pouvoir existant avant de savoir comment réagir.

    Je pense que prendre en compte la temporalité dans les réactions est également important. Je distingue donc les réactions ayant lieu au moment de la situation, ou après.

    Choisir la temporalité de sa réaction

    - Réagir au moment de la situation

    Il y a différentes manières de réagir sur le moment :

    • « Contre-attaquer » directement par l'humour : punchliner, ridiculiser, confronter, etc.

    • Politiser la situation : ramener du sérieux et des enjeux, faire redescendre le rire pour adresser les problématiques. Expliquer en quoi l'humour est politique, et peut être violent. Expliquer les valeurs véhiculées par la blague qui vient d'être faite.

    • Questionner la personne qui a fait la blague : Pourquoi tu te moques ? Est-ce que ta moquerie sous-entends des croyances que tu as ? Pourquoi tu dis ça ? Qu'est-ce que tu sous-entends ? Tu peux répéter ?

    • Parler de ses ressentis : exprimer son malaise, sa colère, sa tristesse en réaction à la blague

    • Etc, etc, ect.

    Perso, je pense pas qu'il y ait de manière parfaite de réagir, car ça dépend trop du contexte, mais je peux identifier quelques avantages et inconvénients de réagir sur le moment.

    Avantages de réagir sur le moment :

    • Réagir sur le moment permet de ne pas « laisser passer » la blague, et de signifier que ce n'est pas accepté et toléré de faire ce genre de blague.

    • Ça peut permettre d'être dans une posture d'allié·e en réagissant et d'être en soutient direct à une personne ou des personnes qui pourraient se sentir mal à l'aise et/ou concernée(s) par la blague.

    • Ça permet de ne pas être complice du moment.

    Inconvénients de réagir sur le moment :

    • Réagir sur le moment peut créer du conflit et faire « dégénerer » une situation. Il y a moins de temps et de recul pour pouvoir réflechir à comment l'on souhaite réagir.

    • Ça peut être humiliant et stigmatisant pour la personne ayant fait la blague de réagir à une blague sur le moment devant d'autres personnes.

    • Le risque social est plus fort et imprévisible lorsque c'est sur le moment dans un moment social plutôt qu'après en interperso ou en plus petit comité.

    • S'il y a une ou des personnes concernées et que vous n'êtes pas personnellement la cible de la blague, réagir sur le moment peut parfois amener à ne pas avoir une réaction mal adaptée pour la ou les personne(s) concernée(s) vu qu'il est souvent difficile de les consulter sur le moment et de s'adapter à leurs besoins.

    - Réagir après le moment de la blague

    Il y a différentes manières de réagir après une blague

    • Cela peut dépendre de qui on va voir après la blague :

    ◦ La personne qui a fait la blague

    ◦ Des personnes éventuellement concernées et/ou mal à l'aise

    ◦ Des témoins

    ◦ Etc.

    • Ça peut dépendre de vos intentions

    ◦ Exprimer son désaccord/son malaise à quelqu'un

    ◦ Faire de la pédagogie

    ◦ Exprimer son soutient

    ◦ Etre dans l'accueil d'éventuelles demandes que l'on pourrait vous faire

    • Ça peut dépendre de la manière dont vous intervenez

    ◦ Plutôt sur un ton sérieux, politisant et intellectuel

    ◦ Plutôt sur un registre émotionnel

    ◦ Plutôt en « confrontation » avec la personne qui a fait la blague, ou plutôt en étant dans une recherche de coopération

    • Bref, les manières de réagir après une blague sont diverses et dépendent de beaucoup de chose !

    Avantages de réagir après :

    • Réagir après permet d'avoir plus de temps pour réflechir à ses postures et sa manière de réagir.

    • Ça peut permettre un terreau plus fertile pour des discussions longues et constructive du fait du côté interperso ou petit comité qui peut davantage créer un cadre intimiste et propice à la confidence contrairement à une réaction à chaud pendant un moment social.

    • Une discussion après le moment peut aussi réduire un potentiel risque de situation confrontante non désirée ou une condamnation rapide de la personne qui vient de faire une blague.

    Inconvénients de réagir après :

    • Il y a des contextes où il n'est pas possible de réagir après, par exemple après de l'humour oppressif émis par quelqu'un dans la rue.

    • Ça peut être difficile de trouver le bon moment, et peut-être que la personne éméttrice ne voudra pas en parler.

    • Il faut un minimum de confiance et de coopération réciproque pour que ça puisse être constructif. Un format de débrief ne parle pas à tout le monde. Par exemple débriefer d'une situation avec mon papa et lui proposer un temps de communication en interperso, ça ne fonctionne pas du tout. Il faut trouver ses stratégies. Souvent, je profite de trajets en voiture avec lui en trouvant une façon légère de revenir sur les choses mais je ne le présente pas comme un débrief. Et souvent, la manière qu'on a de débriefer est pour moi frustante et insatisfaisante.

    Quelques questionnements pour guider sa manière de réagir :

    Il n'y a donc pas de manière parfaite ou miraculeuse de savoir comment réagir. Ça vient en fonction du contexte, des dynamiques de groupe, de votre relation avec les personnes présentes, des enjeux, des risques, de vos ressentis, etc etc ect !

    Je ne souhaite pas proposer un guide pour apprendre comment réagir, mais surtout proposer des manières de réflechir à ça. C'est pour ça que je souhaite proposer quelques questionnements qui peuvent guider sa manière de réagir :

    • Quel est le contexte dans lequel est fait la blague ?

    • Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?

    • Qu'est-ce qui est véhiculé à travers cet humour ?

    • Est-ce que c'est risqué pour moi/pour d'autres, d'intervenir ?

    • Est-ce que je souhaite réagir sur le moment, ou plutôt plus tard ?

    • Comment est-ce que je souhaite réagir ? Quelle posture j'aimerai adopter ?

    • Quelles sont mes intentions en réagissant ?

    Se poser ces questions, c'est très long, et il n'est évidemment pas forcément possible de se poser toutes ces questions pendant un instant humoristique car ce sont des moments qui vont très vite et où il faut avoir parfois le sens du timing pour intervenir au « bon » moment. Mais ce sont des guides à avoir en tête, pour s'entraîner, et pour se questionner collectivement.

    Quelques points qu'il me semblent intéressants d'avoir en tête lorsque l'on souhaite réagir à une blague qui ne nous va pas :

    - Le consentement et le cadre de la discussion

    En allant voir des personnes ciblées, il me semble important de veiller au consentement des personnes concernées et de ne pas imposer une aide non-sollicitée au risque de leur retirer du pouvoir d'agir. Le mieux selon moi est de s'adapter à leurs besoins et leurs demandes, et de voir si vous êtes en capacité d'y répondre. Si quelqu'un s'est senti mal suite à une blague et que vous voulez lui proposer un espace de débrief, vous pouvez lui proposer plusieurs types d'écoutes : de la reformulation de ce qu'iel dit pour s'assurer qu'iel se sente compris·e, de l'empathie pour entrer en résonnance émotionnelle avec son vécu, de la suggestion ou des conseils sur quoi faire si c'est ce qui est demandé, etc.

    Proposer un débrief avec la personne émettrice de la blague peut aussi demander un certain cadre. Tout dépend de votre relation avec cette personne, et de votre manière de réagir. Mais il me semble important de penser aux bonnes conditions pour que ça se passe et à veiller à la forme de son retour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L451xH262/humour_oppressif-032-2-1334f.png?1784887777>

    Par exemple, vous pouvez commencer par lui demander ce qu'elle a pensé de sa blague. Ça peut être intéressant pour ne pas l'enfoncer si elle est déjà en train de se remettre en question. Perso, je trouve ça toujours intéressant de savoir comment l'autre personne a vécu la situation et ça me paraît plus constructif pour adapter sa réaction après.

    - Quelques outils pour prendre soin de sa communication

    Les outils de communication émotionnelle peuvent être aidant pour vivre ce type de situations si ce sont des approches qui vous parlent. Ce ne sont pas des solutions miracles, et ça a évidemment des limites et des défauts, mais personnellement ça m'aide de pouvoir me servir d'outils.

    Parmi les outils qui me parlent, il y a :

    • La Communication Non Violente (ou CNV)4

    ◦ Mais il me semble important de l'incarner dans une approche située et politisée. La CNV, malgré son nom, peut véhiculer de la violence parce que ses outils peuvent permettre à quelqu'un d'avoir l'ascendant intellectuel sur quelqu'un en ayant du vocabulaire, une rhétorique et une manière de tourner les choses qui est incontestable. Selon moi, la CNV ça peut être très aidant, mais ça peut aussi incarner des formes de classisme, d'élitisme et d'intellectualisme dont il faut faire attention car ils peuvent être, même avec de très bonnes intentions, des instruments de manipulation.

    ◦ Pour creuser ce sujet, des podcasts de Méta de Choc étudient les avantages et les dérives de la CNV5

    • Les jeux de cartes qui parlent de besoins et d'émotions pour gagner en vocabulaire, en finesse et en précision pour parler de ses émotions ou de celles des autres.

    ◦ Il y a par exemple les jeux de cartes de Apprentis Giraffes6 ou encore ceux de Comitys7

    • Il y a des facilitations graphiques/des affiches de Fertîles sur les enjeux de feedbacks (faire des retours), de Communication Non Violentes, ou encore d'intentions, disponibles sur leur site qui peuvent être outillantes.

    Bref, il existe de nombreuses ressources pour prendre soin de sa manière de communiquer ! Il en existe bien sûr bien d'autres, mais là ce n'est qu'une courte sélection.

    - Se préparer à être déçu·e et/ou frustré·e

    Même si vous faites de votre mieux, et que vous y mettez tout votre coeur, vos bonnes intentions, le soin dans votre communication et le soin à l'autre : il se peut que vous soyez frustré·e, agacé·e, déçu·e, en colère de la réaction de l'autre personne.

    Un truc qui m'aide d'avoir en tête dans ces cas là, c'est de me dire que du changement, ça prend du temps. Je pense pas qu'il faille nécessairement attendre des personnes qui ont des comportements blessants de changer. Mais j'ai la croyance dans le potentiel et la capacité de changements des gens. Et je pense que si ça arrive, c'est rarement miraculeux et instantané. Ça demande plusieurs essais, du temps, de la remise en question, des changements d'environnement parfois. Bref, votre réaction, votre intervention n'aura peut-être pas l'air très utile sur le moment. Mais je pense que ce type de réaction et d'intervention, aussi minimes puissent-elles paraître, elles sont super utiles, nécessaires et précieuses.

    Elle plantent des graines. Qui peut-être ne vont pas pousser car le terreau n'est pas bon, parce qu'il n'y a pas assez d'eau, parce que ce n'était pas le bon moment pour les planter.

    Bref, il se peut que rien n'en pousse. Mais si ça fait pousser quelque chose, alors il faut du temps, et d'autres ingrédients pour que ça puisse être fertile et constructif. Ça n'invalide évidemment pas les éventuels sentiments de frustration, de colère, de déception, mais je trouve que ça donne au moins du sens et de l'encouragement à réagir.

    Si vous ressentez de la déception, de la frustration, de la colère, c'est légitime. Ça ne veut pas pour autant dire que votre intervention était inutile et ne vas pas faire réflechir l'autre personne.

    A propos de légèreté et d'insouciance

    Questionner son rapport à l'humour, ça peut faire peur

    « Mais c'est beaucoup de travail de penser à tout ça ! Et puis c'est beaucoup de charge mentale ! »

    « Et mes envies de légèreté et d'insouciance, alors ? »

    Quand je suis visibilis·é comme portant des enjeux d'humour oppressifs dans des collectifs, j'ai parfois l'impression d'être pointé du doigt comme une voleuse de fun et de bonheur.

    Ça m'est déjà arrivé de sentir un genre de retenu gêné de quelqu'un quand j'étais là en mode « Bon, ya Asa, il faut pas que je fasse une blague oppressive ! »

    Dans ces moments là, je me dis « ça y est, je suis devenue la police de l'humour ».

  • [Nancy] Apéro antifa au Geyser

    C'est l'été : venez faire la fête au Geyser !!

    Jeudi 13 août, à partir de 19h au 11 Grande Rue.

    L'occasion de se rencontrer ou de se retrouver, d'échanger et de profiter d'un moment festif toustes ensembles. 🥳

    Vous retrouverez aussi tout le merch de l'Assemblée Antifa avec de jolis t-shirts, des linogravures, des stickers, des affiches et des brochures.

    L'alcool est peu cher, les softs sont à prix libre, c'est super et ça se passe au Geyser !

    Biz antifa et à très vite
    ↙️↙️↙️

  • Tout savoir sur l'application FantomApp

    La CNIL accompagne les adolescents avec FantomApp, une application pour aider les adolescents à se protéger sur les réseaux sociaux.
    Pensée par et pour les jeunes, FantomApp répond directement aux besoins exprimés par les jeunes en matière de protection de leurs données personnelles.
    FantomApp, ce sont :
    des outils et des tutos pour protéger ses comptes et nettoyer sa présence en ligne
    des conseils et des contenus pour vous aider en cas de problème
    une application gratuite et sécurisée qui ne collecte aucune donnée (uniquement l'adresse IP, nécessaire pour le fonctionnement de l'application, et le type d'appareil utilisé).
    Icone fantôme - FantomApp
    FantomApp est disponible gratuitement depuis les magasins d'application App Store et Google Play et directement depuis sa version web : fantomapp.fr Source: CNIL
  • Nous y voilà : après OpenAI, Anthropic annonce à son tour que Claude a piraté trois entreprises par erreur

    Une semaine après la révélation du piratage d'Hugging Face par un agent OpenAI incontrôlé, Anthropic annonce avoir identifié trois cas où ses propres modèles ont accédé sans autorisation à des systèmes réels lors de tests de cybersécurité.

  • Déjà - Il devine ce que vous allez taper dans le terminal

    L'humain est paresseux par nature, mais alors je ne vous raconte pas quand il s'agit de taper des lignes de commande... Mais bon, l'IA est arrivée dans nos vies et maintenant nous ne sommes plus que des gros sacs de viande et de graisse dont le cerveau se ramollit jour après jour. Donc, foutu pour foutu, autant y aller à fond et c'est pour cela qu'aujourd'hui, je vais vous parler de l'application Deja.

    Deja est un outil de remplacement intelligent pour un autre outil dont je vous ai déjà parlé qui s'appelle ZSH Auto Suggestions qui va carrément deviner votre prochaine commande ZSH. C'est un truc qui fait donc de la prédiction de commande. Pour l'installer, vous pouvez passer par homebrew ou curl et hop, comme par magie, ce sera intégré directement à votre fichier .zshrc. Ensuite, vous rechargez votre terminal et c'est parti.

    Deja remplace zsh-autosuggestions, le plugin de complétion dont dépend aussi zsh-copilot , donc il ne faut surtout pas garder les deux dans votre plugins=(). En effet, les deux réécrivent les mêmes widgets ZLE, et heureusement, quand deja détecte que l'autre est chargé, il affiche une ligne d'avertissement et se met en retrait plutôt que de coincer votre éditeur de ligne. Si vous gérez votre zsh avec Oh My Zsh ou zinit, il existe aussi une intégration dédiée pour chacun, et dans ce cas il faut enlever la ligne eval que l'installeur a ajoutée au .zshrc, sinon l'intégration est chargée deux fois.

    Autre chose à savoir tout de suite, sinon vous allez chercher un moment : la suggestion s'accepte avec la flèche droite, pas avec Entrée (ça c'est pour envoyer la commande). Ensuite, Ctrl et flèche droite n'acceptent que le mot suivant, Tab ouvre la liste des alternatives classées sans quitter la ligne, et Ctrl+X coupe les suggestions pour toute la session.

    Ça se base sur tout un tas de paramètres que je ne vais pas tous vous lister, mais en gros Deja est au courant du répertoire où vous êtes. Ensuite, si vous tapez des commandes mal fichues, il sera capable de vous en suggérer qui devraient correspondre à votre besoin. Et puis après, il y a l'historique et un score de fréquence ce qui fait que l'outil est vraiment hyper prédictif. Il n'y a pas d'IA derrière, c'est vraiment de l'algorithmie pure, mais ça rend bien des services. Surtout si vous tapez à peu près tout le temps les mêmes commandes au même moment, aux mêmes endroits.

    Par exemple, l'outil retient que vous lancez make test après make build, et pondère la suggestion en conséquence. Les quatre signaux, correspondance floue, fréquence combinée à la récence avec une demi-vie d'une semaine, affinité avec le répertoire courant et probabilité d'enchaînement, sont fondus dans un score unique.

    Le "flou", lui, se règle en trois crans selon l'écart toléré entre les lettres que vous tapez. Tight n'en laisse passer qu'un seul, smart jusqu'à quatre (c'est le réglage par défaut), et loose jusqu'à huit. En smart, taper par exemple gco proposera git checkout main ; alors qu'en loose, ça partira chercher beaucoup plus loin. Et Shift + flèche droite permet de passer au cran de "flou" suivant sans quitter la ligne.

    Bref, je pense que ça va vous faire gagner un max de temps.

    deja est publié sous licence MIT, se pose sur macOS et Linux, et ne connaît que zsh. Et si l'essai ne vous convainc pas, la désinstallation se fait en 4 étapes : enlever la ligne eval du .zshrc, tuer le démon avec pkill -f 'deja daemon', supprimer ~/.local/share/deja/, puis retirer le binaire avec brew uninstall deja ou, si vous êtes passé par le script curl, en supprimant le fichier posé dans ~/.local/bin/.

  • Multiverse Engine - Le moteur 3D d'un fan de jeux rétro en VR

    Si vous êtes du genre à voir la gerboule dans des casques de réalité virtuelle, alors désolé, cette news n'est pas pour vous. En effet, y a un gars passionné qui s'est dit que ce serait cool d'adapter des jeux vidéo rétro en réalité virtuelle.

    Le type a donc développé un rendu VR basé sur le standard OpenXR pour des jeux comme Super Mario 64 Co-op DX, Mario Kart 64, et Dr Robotnik Ring Racers. Pour cela, il a utilisé un standard ouvert commun aux Runtimes VR qui s'appelle OpenXR. Pour que le rendu soit fou dans le casque, le jeu entier est calculé une fois par oeil. Comme ça, au lieu d'être un simple écran à plat qui flotte devant vous, c'est un univers 3D bien immersif.

    Tout ça est dispo sur son site et open source, et Ring Racers propose même quatre modes de vue, dont un diorama qui réduit tout le circuit à une maquette au-dessus de laquelle vous pouvez rouler.

    Et alors, son petit dernier, il est incroyable ! C'est Sonic Robo Blast 2 dont voici la démo :

    Charger la vidéo depuis YouTube Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

    Alors moi j'ai pas eu la chance d'être élevé dans la team Sega quand j'étais plus jeune mais je sais que parmi vous il y a des gros fans de Sonic. Et quand je vois ce jeu revisité qui reprend exactement le jeu d'origine pour y jouer en 3D, ça me fait grave envie même si je sais que je n'aurai pas la patience d'avoir le museau au chaud pendant des heures à l'intérieur d'un casque de VR beaucoup trop lourd pour moi.

    À côté de ces portages, il construit également son propre moteur 3D. Ça s'appelle Multiverse Engine et c'est conçu pour faire tourner Multiverse, un jeu d'exploration dimensionnelle prévu pour écran standard et en VR, où l'on voit tout à travers une caméra de type found footage qui respire, tangue et attrape des morceaux du monde suivant comme des parasites de VHS.

    Rien de compliqué mais surtout des tonnes de références assumées à la SF de l'âge d'or, aux liminal spaces, aux Backrooms et au No Man's Sky d'avant sa sortie. Le jeu a démarré sous Unreal Engine 5 avant qu'il ne juge le plafond du moteur trop bas, d'où ce moteur maison écrit de zéro en C++ et Direct3D 12, avec son propre rendu et son propre éditeur.

    Et sa petite obsession à lui, ce sont les failles dans le jeu (pas les failles de sécurité hein, les vraies failles au sens géologique du terme). C'est pourquoi quand une déchirure s'ouvre dans le décor, le monde derrière est calculé en direct, avec sa lumière, son brouillard et son ciel, au lieu d'être une image plaquée.

    Attention quand même à la confusion, parce qu'il y a un autre Multiverse qui existe et qui est un projet No Man's Sky, sans rapport avec le jeu ci-dessus.

    En tout cas, ce gars est trop fort et son prochain chef-d'œuvre, ce sera Star Fox 64 en VR dont le dev a déjà commencé. Je vous invite vraiment à vous abonner à son compte GitHub et à suivre régulièrement son site web .

  • Google donne de vrais chiffres sur les robots : sans humain, ils se trompent beaucoup… pour l’instant

    Google DeepMind dévoile Gemini Robotics 2, une famille de trois modèles capables de contrôler un robot humanoïde entier, de la marche à la manipulation d'objets. Le chemin à parcourir reste long : ramasser un objet au sol ne fonctionne que dans 45,7 % des cas.

  • Ecologie et féminisme : même combat pour le vivant

    Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l'actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation

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  • Conformité NIS2 et DORA : table ronde à Saint-Malo

    Conformité NIS2 et DORA : ces deux cadres européens renforcent les obligations de gouvernance, de gestion des risques et de continuité numérique. Mais une organisation conforme est-elle, pour autant, capable de résister à une crise cyber majeure ? Anthony Coquer, directeur général de Lexing Technologies, aura le plaisir d’animer une table ronde consacrée à cette question devenue centrale pour les dirigeants, les responsables de la conformité, les DSI, les RSSI et les responsables de la continuité d’activité.
    Le débat se tiendra le vendredi 18 septembre 2026 à Saint-Malo, dans le cadre du 4e colloque national de Souveraine Tech, consacré à la « Résilience des infrastructures et technologies critiques ». Cette édition réunira des décideurs publics et privés afin d’examiner les conditions permettant de maintenir les services essentiels lorsque les organisations sont confrontées à une cyberattaque, à une panne majeure, à une rupture de la chaîne d’approvisionnement ou à la défaillance d’un prestataire critique (1).

    Conformité NIS2 et DORA : dépasser la preuve documentaire

    La conformité est indispensable. Elle permet d’identifier les exigences applicables, de définir les responsabilités, de formaliser les politiques et de conserver les éléments permettant de démontrer la mise en œuvre des mesures attendues. Elle structure également les contrôles, les plans d’action et le dialogue avec les autorités de supervision.
    Toutefois, la présence de procédures, de matrices de risques et de comptes rendus de contrôle ne garantit pas, à elle seule, que l’organisation saura agir lorsque les conditions normales de fonctionnement auront disparu. La résilience est une capacité opérationnelle. Elle se mesure dans la rapidité de la détection, la qualité de la décision, le maintien des fonctions prioritaires, la maîtrise des dépendances et l’efficacité du rétablissement.
    En d’autres termes, la documentation doit traduire des pratiques réellement appropriées par les équipes, connues des dirigeants et éprouvées lors d’exercices réalistes.

    NIS2 : une gouvernance opérationnelle de la cybersécurité

    La directive NIS2 vise à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’Union européenne. Elle place la gestion des risques au cœur de la gouvernance et prévoit notamment des mesures relatives au traitement des incidents, à la continuité des activités, à la gestion des crises, à la sécurité de la chaîne d’approvisionnement, à la gestion des vulnérabilités et à l’authentification renforcée. Elle impose également une implication directe des organes de direction, qui doivent approuver les mesures de gestion des risques et superviser leur mise en œuvre (2).
    La cybersécurité doit être intégrée aux arbitrages stratégiques, budgétaires et opérationnels. Les dirigeants doivent connaître les services essentiels, les scénarios redoutés, les dépendances critiques et les conséquences d’une interruption prolongée.

    DORA : tester la résilience opérationnelle numérique

    Le règlement DORA poursuit une logique comparable dans le secteur financier. Il organise la gestion des risques liés aux technologies de l’information et de la communication, la classification et la notification des incidents, les tests de résilience opérationnelle numérique, le partage d’informations et la maîtrise des risques liés aux prestataires de services TIC. Le texte s’applique depuis le 17 janvier 2025 et place la capacité de continuité et de rétablissement au centre du dispositif (3).
    DORA exige donc des tests réguliers couvrant les systèmes critiques, les tiers, les sauvegardes et la communication de crise. Leurs résultats doivent aboutir à des corrections suivies dans une logique d’amélioration continue. Les conformité NIS2 et DORA supposent de prouver que les fonctions essentielles peuvent être maintenues ou restaurées dans des délais prévus.

    Une table ronde aux regards croisés

    Pour confronter les exigences réglementaires aux réalités opérationnelles, la table ronde réunira Philippe Latombe, député de Vendée, Nouamane Cherkaoui, représentant BPCE-SI, et Auriane Lemesle, du GCS e-Santé Pays de la Loire et de l’APSSIS. Les secteurs financiers et sanitaires offrent des exemples éclairants : ils reposent sur des systèmes interconnectés, traitent des données sensibles et doivent assurer la continuité de services dont l’interruption peut entraîner des conséquences économiques, sociales ou humaines majeures.
    Anthony Coquer animera les échanges en s’attachant à faire émerger des réponses concrètes. Comment distinguer une conformité déclarative d’une résilience démontrée ? Quels indicateurs présenter aux dirigeants ? Comment intégrer les prestataires critiques aux exercices ? À quel moment faut-il déclencher le mode dégradé ? Comment arbitrer entre sécurité, disponibilité et rapidité de rétablissement ?
    La diversité des intervenants permettra également d’interroger le rôle de la puissance publique, des autorités de supervision et des opérateurs. La résilience des infrastructures critiques dépend en effet de la coordination entre de nombreux acteurs. Elle suppose des mécanismes d’alerte fiables, des responsabilités clairement établies, des canaux de communication alternatifs et une capacité à partager rapidement les informations utiles sans aggraver la crise.

    De la conformité à la preuve de résilience

    Plusieurs critères permettent de vérifier que la démarche dépasse la seule production documentaire. Tout d’abord, les fonctions essentielles doivent être identifiées et hiérarchisées. Ensuite, l’organisation doit connaître les ressources, applications, données, personnes et prestataires dont elles dépendent. Elle doit également fixer des objectifs de continuité et de rétablissement cohérents avec les besoins métiers.
    Par ailleurs, les dispositifs doivent être testés dans des conditions suffisamment réalistes : indisponibilité d’un fournisseur de cloud, compromission d’un compte d’administration, corruption des sauvegardes, interruption des communications ou indisponibilité d’un site. Les exercices doivent impliquer les décideurs et ne pas se limiter aux équipes techniques. Enfin, chaque test ou incident doit déboucher sur un retour d’expérience, un responsable, une échéance et une vérification de l’efficacité des mesures correctrices.
    Les conformités NIS2 et DORA peuvent ainsi devenir un puissant accélérateur de maturité, à condition d’être utilisées comme un cadre de transformation.

    Rendez-vous le 18 septembre 2026 à Saint-Malo

    Le 4e colloque national de Souveraine Tech se déroulera au Palais du Grand Large à Saint-Malo. La bande-annonce de l’événement présente les intervenants et l’ambition de cette édition consacrée à la résilience des infrastructures et technologies critiques (4).
    Conformité NIS2 et DORA : rendez-vous à Saint-Malo pour déterminer comment transformer les obligations réglementaires en une capacité réelle, mesurable et durable de résistance, de continuité et de rétablissement.

    Souveraine Tech, « 4e colloque – Résilience des infrastructures et technologies critiques », 18-9-2026, Saint-Malo.
    • Parlement européen et Conseil, Directive (UE) 2022/2555 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’Union, Journal officiel de l’Union européenne, 14 décembre 2022.
    • Parlement européen et Conseil, Règlement (UE) 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier, Journal officiel de l’Union européenne, 14-12-2022.
    • Souveraine Tech, « Bande-annonce du 4e colloque national », YouTube, 2026.

    Anthony Coquer

    Directeur général

    Lexing Technologies

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    • Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en août 2026

      Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de Splann ! met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.

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    • [Metz] 1936 - 2026 : NO PASARAN !

      ➡️ Au programme c'est apéro festif, vernissage d'une vitrine spéciale sur le thème, de nouveaux livres et moment convivial

      Le 18 juillet 1936, les forces réactionnaires et fascistes du Général Franco tentent un coup d'état qui échoue sur une bonne partie du pays et se transforme en guerre civile. La classe ouvrière préparée et déterminée, s'oppose arme à la main aux régiments fascistes.
      S'ensuit alors une véritable révolution sociale sur tous les plans de la société, collectivisation, autogestion, parfois abolition de l'argent…
      Mais face à une armée professionnelle soutenue par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, et à la trahison des staliniens, les avancées autogestionnaires finissent par céder et les dernières poches de résistance tombent en 1939.

      Un slogan ressort alors de cette période : No pasaran ! Un slogan plus que d'actualité en ce moment. Alors viens découvrir, redécouvrir, discuter avec nous de cet exemple révolutionnaire trop peu connu ainsi que son héritage d'aujourd'hui.

      1936-2026 : No Pasarán !
      Vive l'anarchie !

      🗓️ 8 août
      🕘 17h - 20h
      📍 Au Sabot, 21 rue des allemands à Metz

    • [Metz] 1936 - 2026 : NO PASARAN !

      ➡️ Au programme c'est apéro festif, vernissage d'une vitrine spéciale sur le thème, de nouveaux livres et moment convivial

      Le 18 juillet 1936, les forces réactionnaires et fascistes du Général Franco tentent un coup d'état qui échoue sur une bonne partie du pays et se transforme en guerre civile. La classe ouvrière préparée et déterminée, s'oppose arme à la main aux régiments fascistes.
      S'ensuit alors une véritable révolution sociale sur tous les plans de la société, collectivisation, autogestion, parfois abolition de l'argent…
      Mais face à une armée professionnelle soutenue par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, et à la trahison des staliniens, les avancées autogestionnaires finissent par céder et les dernières poches de résistance tombent en 1939.

      Un slogan ressort alors de cette période : No pasaran ! Un slogan plus que d'actualité en ce moment. Alors viens découvrir, redécouvrir, discuter avec nous de cet exemple révolutionnaire trop peu connu ainsi que son héritage d'aujourd'hui.

      1936-2026 : No Pasarán !
      Vive l'anarchie !

      🗓️ 8 août
      🕘 17h - 20h
      📍 Au Sabot, 21 rue des allemands à Metz

    • Une raison de plus d’être antimilitariste : l’incendie en Gironde a fait sauter des obus de la seconde guerre mondiale

      La guerre laisse derrière elle une pollution potentiellement mortelle pour des générations

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    • Selon Madrid, 49 000 personnes ont rejoint Ceuta depuis le Maroc en 24 heures

      Après des rumeurs d’ouverture de la frontière, des milliers de personnes convergent ces derniers jours vers l’enclave espagnole. Dix-huit personnes sont mortes jeudi en tentant de rejoindre le territoire à la nage. Le premier ministre espagnol se rend sur place vendredi.
    • Trêve à Gaza: le Hamas consent à un accord sur le désarmement

      L’accord a été annoncé jeudi soir par Donald Trump. Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises à une instance palestinienne.
    • « Le pin est une véritable boîte d'allumettes »

      Alors que les feux ravagent la Gironde, l'ingénieur forestier Sylvain Angerand, directeur de l'association Canopée, dédiée à la protection des forêts, dénonce une sylviculture intensive inadaptée au changement climatique.
      Près de 43 000 hectares sont partis en fumée en France hexagonale entre le 1er janvier et le 22 juillet 2026, selon le Système européen d'information sur les feux de forêts (Effis). Sylvain Angerand est ingénieur forestier et directeur de l'association Canopée, dédiée à (…)

      Lire la suite - Entretien / Nature , Incendies , Canicule
    • Jacques Médecin, roi de Nice et «beauf» planqué à Punta del Este

      Jacques Médecin a régné sur Nice pendant plus de vingt ans, fondant sa popularité sur un système clientéliste féroce et une bétonisation frénétique. Ayant inspiré le «beauf» à Cabu, il a dérivé vers le racisme le plus crasseux à mesure qu’il était cerné par les affaires. Et a fini sa vie en exil en Uruguay.
    • Incendies : faut-il interdire la chasse pour laisser du répit aux animaux sauvages ?

      Plusieurs associations animalistes demandent un moratoire sur la chasse à Fontainebleau après les incendies. Une requête critiquée par les chasseurs qui n'envisagent pas de faire une croix sur leur loisir.
      Alors que des forêts de Gironde sont ravagées par les incendies, les images de ces chevreuils désorientés, bloqués par une clôture tandis qu'ils tentent de fuir les flammes, ont fait le tour des réseaux sociaux. Il y a quinze jours, les animaux fuyaient une autre forêt dévastée par les (…)

      Lire la suite - Info / Nature , Chasse
    • La France sous les flammes : la faillite criminelle du néolibéralisme

      La France brûle, et nos dirigeants ne font qu'aggraver une situation qu'ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le dogme néolibéral qui nous entraîne dans l'abîme.
      Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu'ils s'acharnent à faire l'inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir (…)

      Lire la suite - Édito / Incendies , Idées
    • Elon Musk, de génie visionnaire à premier influenceur suprémaciste

      Un temps admiré pour ses talents d’ingénieur-entrepreneur, l'homme le plus riche du monde s'est mué en déprédateur de l’Etat et en relais de théories suprémacistes. Cinquième volet de notre série sur les patrons d'extrême droite.
    • Port de Beyrouth, le souffle de la corruption

      Le 4 août 2020, le port de la capitale du Liban était victime d’une des plus grandes explosions de l’histoire. Du pays du Cèdre à la Normandie, en passant par Istanbul et la Géorgie, récit de six ans d’enquête labyrinthique sur les traces des responsables.

      The post Port de Beyrouth, le souffle de la corruption appeared first on Revue21.fr.

    • Oracle va proposer les modèles Gemini de Google aux clients de ses solutions cloud d’entreprise Fusion Applications et NetSuite

      Oracle et Google étendent leur partenariat dans l’intelligence artificielle. Oracle, qui proposait déjà les modèles Gemini de Google aux clients de son cloud d’infrastructure (OCI) va désormais aussi les intégrer dans ses solutions d’entreprise, regroupées sous la dénomination Oracle Cloud Fusion Applications. On y trouve notamment un ERP, une plateforme RH (HCM), une solution de gestion de la supply chain (SCM), et une suite d’outils pour la gestion de la relation client (CX).

    • Avec l&#039;arrivée en France des « aperçus IA », Google fait trembler l’économie du Web

      L'apparition en France des « aperçus IA » sur Google, le 22 juillet dernier, devrait fragiliser encore plus les éditeurs de sites web, dont la presse. Un épisode supplémentaire de la grande transformation de l'économie d'Internet.
    • [Entretien] Agrochimie, État et pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale Hélène Grosbois

      L’ONG dont Hélène Grosbois est présidente dit tout de son combat. En évaluant la toxicité des pesticides de synthèse achetés en France, entre 2013 et 2023, la carte réalisée par Chemical Interests met à jour plus qu’une « bombe à retardement » : l’ampleur d’une catastrophe provoquée par des produits « faits pour tuer ».

      L’article [Entretien] Agrochimie, État et pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale Hélène Grosbois est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.

    • 31 juillet 1977 à Malville : Vital Michalon est assassiné par la police

      En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.

      Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade offensive. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.

      Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :
      aucune procédure de consultation de la population,
      de puissantes campagnes de désinformation de la part d'EDF et du CEA,
      de graves violences policières dont celles aboutissant à la mort de Vital Michalon, et à l'amputation de Michel Grandjean et de Manfred Schultz.

      Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».

      La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.

      Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.
      Voir (de PMO) De Superphénix à ITER : 30 ans de défaite

      « Etat Nucléaire = Etat Totalitaire ! »

      C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.

      Indication de l'emplacement de la stèle de Vital

      Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon Franck Michalon, un des frères de Vital

      Source : communiqué de presse de « Sortir du nucléaire ».
      Deux premières photographies empruntées à ce blog.
      A lire aussi :

      « Des atomes et des keufs » - émission radio autour de la mémoire de la lutte antinucléaire dans le Bugey

      &nbsp|&nbsp14 janvier 2021

      Des militant-e-s luttant contre des projets de centrales dans les années 70 à Malville et au Bugey racontent leur expérience antinucléaire. Danielle nous raconte comment c'était d'être une femme dans ces (...)

    • Limiter l’accès, redessiner le tracé… En Corse, des pistes pour protéger le mythique GR20 du surtourisme et du changement climatique

      Le GR20 est l’une des grandes randonnées les plus prisées d’Europe. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

      Tout l’été, Vert vous emmène à la découverte d’un site touristique emblématique percuté par le changement climatique.

      Île d’Oléron, calanques de Marseille, Mont-Saint-Michel… Découvrez comment ces endroits se transforment et essayent de s’adapter à un monde en surchauffe. Cette semaine, nous partons en Corse, sur le sentier du GR20. L’une des randonnées les plus prisées d’Europe voit ses pentes s’éroder et sa biodiversité s’effacer.

      Retrouvez tous les épisodes de notre série d’été en cliquant ici.

      «Cette année, c’est le bordel !» L’expression revient invariablement dans la bouche des gardien·nes de refuge et des randonneur·ses sur le parcours du GR20, en Corse. En ce mois de juillet, l’incendie qui s’est déclaré sur la commune d’Albertacce (Haute-Corse) bouleverse l’itinéraire de randonnée et le planning des réservations dans les douze refuges gérés par le parc naturel régional de Corse (PNRC). Le 14 juillet, 200 personnes engagées sur le célèbre sentier se sont retrouvées bloquées au refuge de Tighjettu. Face au risque que l’incendie atteigne le GR20, la préfecture a ordonné la fermeture de la portion de sentier comprise entre la station de ski de Haut Asco* et le refuge de Ciuttulu di i Mori. Cette interdiction n’a été levée que dix jours plus tard, une fois le feu fixé. Plus au sud, un autre tronçon est également resté fermé pendant une semaine.

      L’un des sentiers les plus courus d’Europe

      Balisé depuis 1970, ce chemin de grande randonnée relie Calenzana à Conca, du nord-ouest au sud-est de la Corse. Avec ses 180 kilomètres (km) et près de 12 000 mètres de dénivelé, il est l’un des parcours les plus corsés d’Europe. C’est notamment ce qui en fait un itinéraire incontournable où poser ses semelles pour nombre de passionné·es de trek et de trail à travers le monde.

      Le GR20 traverse la Corse du nord-ouest au sud-est. © IGN

      Résultat, l’engouement déborde en une surfréquentation toujours plus forte. Au risque de déranger la faune, comme le gypaète barbu, seule espèce de vautour présente sur l’île, dont il ne reste que quatre couples. Ou encore de piétiner la flore. «Il y a des endroits où les pentes sont très érodées», constate un professionnel de la montagne corse qui souhaite rester anonyme. Dans la descente vers le lac de Nino, l’un des bijoux du GR20, les passages humains ont creusé une multitude de sentes poussiéreuses qui s’entremêlent sur toute la largeur de la pente, au détriment de la végétation.

      Chaque année, la fréquentation ne cesse d’augmenter. De mai à octobre 2025, le PNRC a comptabilisé 150 000 nuitées dans ses refuges. En 2021, le parc avait enregistré 130 000 nuitées, en augmentation de 25% par rapport à 2019, qui était déjà une saison record post-Covid. Pour l’heure, difficile de se prononcer sur 2026. Les restrictions causées par les incendies poussent des trekkeur·ses à s’orienter vers d’autres itinéraires comme sur les mare a mare (de la mer à la mer) ou le sentier des douaniers du cap Corse. Des destinations promues par la Fédération française de randonnée pédestre comme alternatives à la surpopulation du GR20.

      Chaleur et érosion menacent les espèces corses

      Sur l’île de Beauté, la montagne se réchauffe bien plus vite que le littoral. «En quarante ans, la température moyenne de l’air a augmenté d’1,4°C au bord de la mer et de 5,2°C à 2 000 mètres d’altitude», présente Antoine Orsini, hydrobiologiste à l’université de Corse, en s’appuyant sur les relevés de Météo-France. En altitude, la température de l’air peut dépasser les 30 degrés Celsius (°C). Quant aux rivières, leur eau ne rafraichit plus les baigneur·ses. Pour cause : en été, la température de surface des lacs qui les alimentent dépasse fréquemment les 20°C.

      À 1 710 mètres d’altitude, le lac de Melo, dans la haute vallée de la Restonica, se situe sous la crête empruntée par le GR20. Comme la quarantaine de lacs naturels de Corse, il est une relique de l’époque glaciaire. «Quand j’ai commencé comme professeur, il y a quarante ans, sa température était autour de 17°C en été. En 2022, on l’a mesuré à 21°C. Quatre degrés de plus, c’est monstrueux !», s’inquiète l’hydrobiologiste.

      La pente pour descendre au lac de Nino est érodée par le passage des randonneur·ses. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

      Dans ces conditions, la survie des poissons et autres espèces aquatiques est menacée. «Pour les salmonidés, la limite de mortalité est à 20, 21°C. En 2022, des centaines de poissons sont morts en quelques jours» dans le lac de Nino, déplore Pierre-Jean Albertini, en charge du suivi scientifique des lacs d’altitude à l’Office de l’environnement de l’île. Parmi eux figuraient des truites corses, aussi appelées truites à grosses taches, que l’on trouve uniquement dans la région. Comme ces poissons, «60% des espèces sont endémiques à la Corse, du fait de l’insularité et de l’altitude», détaille Antoine Orsini. La conservation des habitats aquatiques est donc d’autant plus importante.

      La baignade et la fréquentation des berges peuvent aussi polluer l’eau, à cause de la crème solaire, de l’urine et de la sueur. «Les organismes aquatiques y sont extrêmement sensibles. Par exemple, les urines, qu’elles viennent des randonneurs ou du bétail, apportent des chlorures, autrement dit des sels», détaille l’hydrobiologiste. Ces chlorures contribuent à l’eutrophisation des lacs, soit un déséquilibre écologique qui entraîne une prolifération d’algues.

      À proximité du lac de Nino, l’eau des pozzini s’est évaporée. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

      Les berges du lac de Nino sont constituées de prairies tourbeuses, parsemées de ruisseaux et de mares caractéristiques de Corse, les pozzini (pozzines, en français). Les fortes chaleurs et le piétinement des humains et du bétail provoquent leur assèchement et leur érosion. «Lorsque l’on marche sur les pozzini, c’est comme une éponge que l’on presse. L’eau sort et une partie s’évapore», illustre Antoine Orsini. Sur place, plusieurs petits groupes de touristes marchent sur les pozzini pour s’approcher des chevaux et des vaches qui paissent : aucun panneau ne leur indique la fragilité du milieu.

      «Limiter la fréquentation dans l’espace et le temps»

      Après un demi-siècle d’observation de la montagne corse, pour Antoine Orsini, l’expression de changement climatique est trop faible : «Je préfère parler de bouleversement climatique.» De son point de vue, il devient urgent de limiter «dans l’espace et dans le temps» la fréquentation sur le GR20. «Un écosystème que l’on n’agresse pas pourra peut-être s’en sortir», plaide-t-il.

      Pour stabiliser et lisser la fréquentation sur toute la saison, le parc incite à réserver dans ses refuges à l’avance via une plateforme sur internet. Une mesure qui ne suffit pas à enrayer la hausse de la fréquentation, d’autant que d’autres solutions d’hébergement, proposées par des structures privées, sont également disponibles. Le bivouac est interdit en dehors des aires prévues à proximité des refuges et des bergeries qui accueillent du public. Les contrevenant·es risquent une amende de 135 euros. La baignade, interdite dans les lacs, est passible d’une amende de 68 euros.

      Le refuge de Manganu, sur le GR20. © Pierre Isnard-Dupuy/Vert

      Antoine Orsini souhaiterait que le tracé du GR soit plus éloigné des milieux aquatiques et des pozzini. Actuellement, il traverse et jouxte celles du lac de Nino sur près d’1,5 km. L’hydrobiologiste aimerait aussi que des quotas soient instaurés : c’est ce qui se pratique dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il pense qu’il faudrait restreindre l’accès pendant les périodes caniculaires, qui mettent une pression forte sur les milieux. Lorsqu’on lui demande si l’été est toujours adapté pour arpenter la montagne corse, il répond : «On devrait ouvrir le GR trois mois par an, au printemps et à l’automne.»

      Dans une île où la part économique du tourisme est de 39%, selon l’Insee, difficile de faire accepter des restrictions aussi fortes. Pour l’heure, le PNRC n’envisage pas la mise en place de quotas. Contacté, il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Antoine Orsini enjoint aux professionnel·les du tourisme d’être conscient·es que la dégradation de l’environnement nuira aussi au pouvoir attractif de la Corse : «Si on ne fait rien, on va aussi tuer la poule aux œufs d’or.»

      *Pour les noms de localités, des toponymies corses ou françaises peuvent coexister. Nous avons fait le choix d’inscrire les noms retenus sur les cartes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), sauf dans les citations de nos interlocuteurs.

    • La Supply Chain de demain : Comment l’intelligence artificielle peut réhumaniser les métiers de la logistique

      Le secteur de la logistique vit aujourd’hui un paradoxe majeur. Jamais les chaînes d’approvisionnement n’ont été aussi stratégiques pour les entreprises ; et pourtant, en parallèle, elles n’ont jamais été autant fragilisées. Crises géopolitiques, tensions climatiques, inflation, volatilité de la demande, exigences environnementales, pression sur les coûts : la Supply Chain doit absorber des chocs permanents tout en garantissant un haut niveau de service. Dans le même temps, elle fait face à une autre tension, plus silencieuse mais tout aussi structurante : la pénurie de main-d’œuvre et la difficulté à rendre ses métiers attractifs.

    • ChatGPT et Roblox bientôt classés “très grandes plateformes” par l’Union européenne dans le cadre du Digital Services Act ?

      L’Union européenne s’apprête à classer ChatGPT et Roblox comme “très grandes plateformes en ligne” suivant les règles édictées par le Digital Services Act (DSA), rapporte Bloomberg.

    • Tout comprendre en trois minutes aux transferts de remboursement de santé depuis la Sécu vers les mutuelles

      Une nouvelle fois, l'exécutif envisage de dérembourser certains soins et d'en répercuter la charge sur les complémentaires santé. Une nouvelle fois, au détriment des assurés les plus précaires.
    • Trump says ‘complete disarmament’ of Hamas agreed in Gaza but Israel yet to accept

      US president hails breakthrough but Israeli far-right minister says ‘only solution’ is ‘encouraging emigration and destroying Hamas’

      Donald Trump has declared a breakthrough in negotiations over the disarmament of Hamas in Gaza and the withdrawal of Israeli forces, issues that have so far stalled the implementation of last October’s ceasefire, but Israel has yet to respond officially to the plan and government officials have voiced scepticism over the deal.

      Announcing the agreement in a social media post on Thursday night, Trump said it involved the “complete disarmament” of Hamas and other armed groups in Gaza and was “a monumental step toward ending the fighting”.

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    • Driss Atounane, tué à Bruxelles lors d'une agression raciste

      Driss est décédé le dimanche 26 juillet au matin à la suite des graves blessures, notamment des coups à la tête, qui lui ont été assénées lors de l'agression. La fille de la passagère du tram agressée, Naïma, car elle portait le hijab, dénonce un crime motivé par le racisme et l'islamophobie. Les faits se sont produits le jeudi 23 juillet vers 15h20, à bord du tram de la ligne 55, chaussée de Helmet, à Evere. Un homme s'en est pris à, Naïma, une femme de 65 ans, la visant par des insultes à caractère raciste « Sale marocaine », avant de la menacer de mort. Le témoignage de la fille de Naïma réfute l'explication d'un déséquilibre mental du coupable repris par plusieurs médias et il semble également avancé par le parquet. Son témoignage insiste cependant sur le mobile raciste de l'attaque. Elle précise que sa mère, voilée, a été prise pour cible en raison de cette apparence, avant que l'homme ne se retourne contre Driss Atounane, venu à son secours. Le suspect responsable du meurtre a été inculpé et placé sous mandat d'arrêt. Le parquet, dans un communiqué, a annoncé que l'agresseur allait faire des « tests psychiatriques ». Le parquet ne s'est, pour le moment, pas prononcé quant à la dimension raciste du meurtre et de l'agression. En voulant pointer son abonnement, elle est tombée sur un homme qui a directement commencé a lui dire : « ne pointe pas, sale marocaine ». Elle l'a esquivé et elle est partie s'assoir. Quand elle est partie s'assoir, il lui a dit de manière agressive de ne pas s'assoir, alors elle s'est levée. Il lui a alors assené un coup de poing au niveau de la poitrine, ce qui l'a fait tomber sur le dos. Driss Atounane, qui se rendait à son travail, s'est alors interposé pour la défendre. L'agresseur l'a frappé à l'arrière de la tête avec un objet lourd dissimulé dans un sac. Selon les témoignages, l'agression de Driss était « d'une violence inouïe ». Alors qu'il était encore à terre, l'homme continuait a lui assener des coups à la tête et sur le reste de son corps. Des jeunes présents dans le tram seraient intervenus pour repousser l'homme. « On ne veut pas qu'on remette ça sur le dos de la folie. C'était raciste. L'homme a crié à ma mère : sale Marocaine, je vais te tuer sale Arabe. Ma mère est voilée et il s'en est directement pris à elle et puis à Driss. Elle m'a dit qu'il avait la rage dans ses yeux ». (témoignage de la fille de Naïma). Encore conscient au moment de sa prise en charge, Driss Atounane a été transporté au CHU Brugmann, à Schaerbeek, où il a sombré dans le coma avant de décéder le dimanche matin. La STIB a confirmé de son côté avoir recueilli des témoignages faisant état de propos racistes tenus par l'agresseur. Le parquet de Bruxelles n'a cependant pour l'instant pas confirmé cet aspect de l'enquête. Cette nouvelle agression meurtrière raciste et islamophobe survient alors que le nombre recensé d'attaques et d'agressions d'extrême droite contre la communauté musulmane en Belgique et dans le reste de l'Europe, ne cesse de croitre. Au mois de janvier 2025, un attentat orchestré par un adolescent d'extrême droite avait été déjoué contre une mosquée à Bruxelles. Quelques mois plus tard, au mois d'avril 2025, Aboubakar Cissé avait été tué dans une mosquée en France, un meurtre également motivé par la haine raciste. Il y a quelques mois également, l'UNIA alertait sur l'islamophobie en Belgique. « Le racisme antimusulman s'impose comme l'une des formes de discrimination les plus documentées en Belgique ». Dans le quartier Nord et partout à Bruxelles, la nouvelle de sa mort a suscité une intense émotion. Son fils a salué publiquement le courage de son père, rappelant qu'il était profondément habité par un sens aigu de la justice et de la solidarité. « Vraiment c'est un héros. Il est noble, un pur. Un homme d'une pureté rare, vraiment immense » témoigne Sami, fils de Driss. De nombreux hommages ont salué le courage de Driss Atounane, et nous nous associons pleinement à cet hommage. Mais force est de constater qu'une partie des médias et de la classe politique semble avoir choisi de s'en tenir au seul récit de l'héroïsme, comme s'il suffisait à clore le sujet, au risque de reléguer au second plan la responsabilité de l'agresseur et la dimension raciste de son geste. Célébrer le courage d'un homme ne devrait jamais dispenser de nommer la haine qui l'a tué et qu'il a justement combattue. Personne ne devrait mourir car il a tenté de défendre une femme victime d'une agression islamophobe, car personne, de base, ne devrait avoir à subir d'agression islamophobe. Les funérailles de Driss Atounane se tiendront le vendredi 31 juillet au cimetière multiconfessionnel d'Evere. La prière mortuaire (Salat Janaza) aura lieu à 13h30, à la mosquée Attaouba, a annoncé la famille. Nous adressons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de Driss Atouane. Nous adressons également toute notre solidarité avec Naïma, la seconde victime de cette agression ainsi que ses proches. L'article Driss Atounane, tué à Bruxelles alors qu'il défendait une femme voilée d'une agression raciste est apparu en premier sur Bruxelles Dévie – Média indépendant bruxellois .
    • Sealing The Midterm Election Deal

      LEFT: Iowa Democratic U.S. Senate candidate Josh Turek. Photo by Charlie Neibergall/Getty Images. CENTER: Mary Peltola. Photo Credit: MaryPeltola.com. RIGHT: Texas Senate candidate James Talarico (D-TX). Photo by John Moore/Getty Images.

      On Sunday, we marked 100 days until Election Day. And while the signs of a blue wave have been flashing for quite a while, there are some mixed signals indicating we should dig further into the most recent polls as well as past trends.

      Twenty years ago, we were similarly approaching the midterm elections during the second term of a president whose approval was stuck below 40 percent, due in part to a deadly and costly war in the Middle East. In 2006, driven by an anti-Bush wave, Democratic House candidates scored an 8 percent popular vote victory, which netted them 31 seats and the House majority. In the U.S. Senate, Democrats won by 11 percent and gained six seats to retake the upper chamber as well.

      The next blue wave election came in 2018, just two years after Donald Trump was first elected President. That year, Democrats retook the House with a net gain of 41 seats and a 8.6 percent popular vote margin. On the Senate side, however, Democrats suffered a net loss of two seats. The same election that returned the Speaker’s gavel to Nancy Pelosi kept Senator Mitch McConnell as Senate Majority Leader for another two years.

      Which scenario are we more likely to see in this year’s election? Considering how narrow the Republican House majority is and what a pro-Democratic year it is turning out to be, the House is likely to flip to Democratic control. But can Democrats flip the Senate as well?

      On one hand, Trump’s approval, much like Bush’s 20 years ago, is consistently mired in the 30s. Ever since Trump returned to the White House, Democrats have overperformed in special elections by an average of 14 percent. And while Democrats began this cycle without much hope of flipping the Senate, now a net of four seats to retake the majority is within reach.

      On the other hand, the Democratic National Committee is reportedly $2 million in debt, the Democratic Party’s favorability is not much higher than Trump’s, and the Republicans’ mid-decade redistricting scheme has given them a structural advantage only a strong Democratic year can overcome.

      So how strong a Democratic year are we looking at?

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      The U.S. House

      The current breakdown of the U.S. House is 218R to 212D with one independent and four vacancies. If Democrats can net three seats in the midterms, they will retake the House.

      The most useful gauge for measuring which party voters want to control the House is the congressional generic ballot polling question.

      Both 50 Plus One and Nate Silver have the average generic ballot result at around 6 percent. According to Silver, Democrats’ advantage on the question of which party voters want to control the U.S. House peaked at 7.1 percent in June and then dropped, but it appears on the rise again in the most recent polls, including Democrats with an 11-point advantage from Emerson Polling.

      Clarity Campaign Labs gives Dems a 10 point advantage.

      And there an eight point advantage from CNN, their highest yet in polling this cycle, up sharply from D+3 in April.

      Notably, the two double digit results are both among Likely Voters, widely seen as a more precise measure of the electorate in November.

      Usually, a 6-point advantage on the generic ballot would be a fairly clear sign of a strong showing for Democrats in November. But this year, thanks to Republicans’ mid-decade redistricting, Democrats face a handicap they need to overcome.

      As Cook Political Report’s David Wasserman explained, after adjusting their partisan voter index (PVI), or the measure of how partisan a district or a state is compared to the nation as a whole, for the ten states that redistricted over the past year, they found a two-point shift toward Republicans to a PVI of R+3, yielding “a more Republican, less elastic House majority.”

      As Wasserman put it in his analysis:

      If no boundaries had changed since 2024 and Democrats hypothetically won every seat more Democratic than a PVI score of R+3 — and nothing else — they would have ended up with 235 districts this fall – a 20-seat gain and the exact same number of seats they held after the 2018 “blue wave” during Trump’s first term.

      But under the new lines, if Democrats were to win every seat more Democratic than a PVI score of R+3 — and nothing else — they would end up with just 223 seats — enough for a majority, but a full dozen seats fewer and just five seats over the magic number of 218.

      Not only did Wasserman find the mid-decade redistricting shifted the playing field toward Republicans, but it has also limited the number of seats that are in play. According to Cook Political Report’s breakdown, only 37 House seats are among the most likely to flip seats (including those rated Lean Republican, Toss-up or Lean Democratic.) As Chris Cilizza notes, at this point in the 1998 cycle, that number was 62.

      Wasserman’s conclusion is essentially that because of the structural advantage Republicans have enshrined for themselves, Democrats have a higher hill to climb than they normally would to win the majority. But they are still favored in this pro-Dem environment. While Kyle Kondik at The Center For Politics agrees with this basic premise, his analysis sees the 2026 map as no worse for Democrats—and even a touch better—than it was in 2018.

      As Kondik writes,

      Despite a variety of findings ranging from a Democratic lead of just a few points (Washington Post/Ipsos) to a double-digit edge (Emerson College), the average Democratic lead in the generic House ballot is in the 56-point range.

      This translates to a Democratic edge in the race for the majority, although not necessarily an overwhelming one, especially when one considers that Republicans made the House map better for themselves through redistricting (that said, the House map isn’t more favorable to Republicans than the 2018 map was, as I just argued in a recent Crystal Ball analysis).

      Conventional wisdom holds that if the election were held today, with a Democratic lead of around six points on the generic congressional ballot, Democrats would retake control of the House. Even conservative elections forecaster Preston Hill anticipates Democrats will prevail in the House with a 221-214 majority, assuming a D+5 lead on the generic ballot. He suggests in a postscript on X that this prediction presumes the Iran war is wrapped up by August, which seems hard to imagine.

      But in 2018, at this point in the cycle, Democrats were up +7 on the generic ballot and ended the cycle D+8 (which translated to 8.6% actual vote margin), and that wasn’t enough to retake the Senate.

      As the generic ballot polling appears to shift into the D+8 territory, the question is whether a similar environment as 2018 will allow Democrats to actually bring the Senate over along with the House.

      The U.S. Senate

      The current Senate landscape has Republicans with a 53-47 majority. This means, with Donald Trump in the White House (and hence JD Vance as the Senate’s tie-breaking vote) Democrats need a net gain of four seats to retake the majority.

      Specifically, that means Democrats must hold Georgia and Michigan, and then flip at least four of the remaining seats, which would most likely come from among North Carolina, Maine, Ohio, Alaska, Iowa and Texas.

      And so far, things are looking up for Democrats. Just today, Larry Sabato’s Crystal Ball shifted the Georgia race to Likely Democratic.

      A new poll out of North Carolina gives Democrat Roy Cooper a nine point lead.

      And after a candidate shake-up, Democrats in Maine were able to smoothly replace Graham Platner on the ballot for U.S. Senate with Troy Jackson, who is already up three against Susan Collins.

      But have Democrats sealed the Senate deal yet? Not according to VoteHub.

      They currently have the Democratic advantage on the generic ballot at 6.3 percent. With this modest Democratic lead, VoteHub projects Democrats have a 75 percent chance of winning the House but only a 47 percent chance of winning the Senate.

      This tracks with VoteHub’s Zachary Donnini’s analysis that Democrats are poised to retake the House (but NOT the Senate) with a generic ballot lead of between D+3.8 and D+7.5. Over 7.5 and it would be a full-fledged Democratic wave, flipping both chambers of Congress blue.

      Interestingly, VoteHub’s own Senate projections, based on polling averages, assume Democrats hold Georgia and Michigan, flip Maine, North Carolina and Alaska, but fall short in Iowa, Ohio and Texas.

      But it’s looking more and more as though these averages may lag behind current trends, due to factoring in of older polls more favorable to Republicans.

      For instance, if we just look at the seven most recent polls added to Nate Silver’s generic ballot estimate, we get an average of D+7.8.

      And then if we look at the most recent polls in the races VoteHub doesn’t yet have in the blue column, we have Josh Turek up 4 percent in Iowa.

      James Talarico up 5 percent in Texas.

      And a poll from last month, which found Sherrod Brown up eight points in Ohio. (Interestingly, this is the margin Brown won by in his last U.S. Senate victory in 2018.)

      We should, of course, not read single polls in individual races as indicative of how those races will turn out in November. As VoteHub’s Zachary Donnini acknowledged in a post just today, their polling averages actually show Democrats “leading in enough states for a 53-seat majority” but their forecast leans R because “fundamentals tilt in their direction in key races.” So with polling moving in Democrats’ direction, the question remains: will the fundamentals follow?

      So, Why Aren’t Democrats Running Away With It?

      Even as Democrats are hovering around a middling six-point advantage on the generic ballot, there are signs that the electorate is abandoning Trump in historic numbers. Just this week, Trump’s approval has hit new lows, not just in individual polls…

      But in his average net approval ratings as well…

      So with historic disapproval for the leader of the party in power, why isn’t that translating to historic support for the party out of power?

      For one, as Harry Enten laid out, there are myriad red flags for Democrats heading into November, not the least of which is a negative net favorability among voters landing a full 25 points worse than this point in 2018.

      This statistic likely goes far to explain why even as most voters disapprove of Trump, those Trump disapprovers are not all sold on voting Dem this year.

      As Matt Yglesias put it,

      Dems are gonna take the House and gain senate seats but it’s notable how badly Democrats are underperforming the “get people who don’t like Trump to vote for the other party” line right now.

      Amy Walter with the Cook Political Report posed the question this way in her latest column:

      Ronald Brownstein laid out this struggle for Democrats in a recent piece at CNN.

      The result is what might be called the 2026 approval gap. From one direction, Trump’s job approval rating has plummeted below the level that triggered midterm wave elections against other contemporary presidents, including Bill Clinton in 1994, George W. Bush in 2006, Barack Obama in 2010 and Trump himself in 2018. And yet most surveys do not show Democrats establishing a clear or consistent advantage in the key races that will decide control of the House and Senate.

      Evan Roth Smith, a Democratic pollster allied with the party’s centrist wing, notes that in 2018, the share of voters who disapproved of Trump’s performance was about 10 points larger than the share who approved. Today, Smith points out, Trump’s net approval rating is about 20 points negative — twice as bad — and yet the Democratic lead in generic ballot tests for the 2026 House election is considerably smaller than the party’s actual advantage of about 8.5 points in the 2018 national House popular vote.

      One one hand, this should perhaps not be terribly surprising since the states where Democrats need to rack up wins to flip the Senate include red states where Trump won in 2024 by double digits, such as Texas, Ohio, Alaska and Iowa. It makes sense that Republican candidates in these states would outperform Trump’s approval there (and continue to win over voters who are generally inclined to vote Republican even if they’ve turned on Trump.)

      The good news for Democrats is there are still 96 days to turn it around. And we are seeing some indications that Democrats may already be making inroads toward the wave they need to flip both the House and Senate in November.

      Take the new CNN poll, which finds Trump’s approval at 34 percent, a new second term low that matches his lowest approval of his first term, just after the January 6th attacks. Among the findings about Trump in that poll:

      • “A record-high 73% of US adults say that President Donald Trump hasn’t paid enough attention to the country’s most important problems”

      • “Roughly two-thirds of Americans think that Trump’s policies have worsened economic conditions and that his military decisions in Iran have hurt the US.”

      • “Around three-quarters say the president is not in touch with the problems ordinary Americans face in their daily lives.”

      • “Trump sees his lowest numbers on a trio of interconnected issues: Just 28% approve of his handling of the situation in Iran, 25% on inflation and 21% on gas prices”

      Brutal stuff.

      In the same poll, Democrats have an eight point advantage on the generic congressional ballot, and the question of “change” may be why.

      Per CNN’s analysis of the poll’s findings, the electorate is looking for massive change this November, even more so than 20 years ago.

      In an indication of the hunger for drastic change in Washington, a majority of voters say that Congress would be better off if most of its current members were unseated in this fall’s election, higher by double digits than the share who felt that way ahead of the Democratic wave election in the midst of the Iraq War in 2006.

      As for how voters intend to make that change, Democrats hold a distinct advantage in voter enthusiasm heading into the midterm elections.

      Democrats also continue to hold a significant advantage in voter enthusiasm and have a 20-point advantage in preferences among those who say they are extremely motivated to vote.

      And importantly,

      By a 10-point margin, Americans now call Democrats more than Republicans “the party of change,” a shift from last spring, when the GOP had a 7-point advantage on that metric.

      The party’s advantages over Republicans don’t end there.

      Notably, this poll was taken from July 23-27, a period marked by a surge in the national price of gas over $4/gallon again in the wake of renewed hostilities in Iran.

      As long as Donald Trump continues on this trajectory, unable to extract us from his war in Iran even as he imposes even more tariffs, ensuring prices continue to rise for the American people, the yearning for change is going to intensify. And as long as Democrats continue to frame themselves as the vehicle for that change, like so:

      And like so:

      And as Troy Jackson made clear to Morning Joe:

      “People in Maine are fed up,” Jackson said Tuesday. “They got healthcare that’s gone out of control. We’re losing hospitals, losing birthing centers. The economy is awful.”

      “We have a chance right now because people are coming together like I’ve never seen before. … People are coming out like crazy because they are upset,” he said. “They know that this government is not working for them. And finally it’s gotten so bad that they’re actually coming out, picking their heads up and want some change.”

      Democrats should be able to ride this discontent to majorities in both chambers of Congress this November, particularly if the next 96 days go as the final stretch ahead of a midterm usually does.

      As G Elliott Morris put it today over at Strength In Numbers,

      “Democrats lead the generic ballot by six points on average. But if you add the two to two-and-a-half points midterms historically break against the president’s party by November, plus the two points likely voters have run ahead of registered voters for seven months, you get D+10.”

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    • Trump’s tax immunity scheme hoists president by his own petard on Blanche AG nomination

      Republican senators sought written limits on settlement, but president held firm despite risk to attorney general pick

      Donald Trump’s refusal to officially end a hugely controversial agreement giving him broad tax immunity and creating a $1.8bn slush fund underscored how the US president’s own self-interest takes precedence above all else in his government.

      For weeks, Todd Blanche, the acting attorney general, has said that the slush fund portion of the agreement was dead. And for a few brief hours on Wednesday, it seemed that the president might agree to a relatively modest request from two Republican senators to put in writing that there were certain limits on an extraordinary tax immunity deal. After all, it seemed like a small price to pay in exchange for getting Blanche, a staunch Trump loyalist who previously served as his personal lawyer, confirmed permanently as the US attorney general.

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    • US Senate rejects bid to rein in Trump’s authority over Iran war

      Measure fails 49-50 as US launches new retaliatory attacks in Iran and lawmakers question the prolonged conflict

      The US Senate on Thursday rejected a largely symbolic effort to limit Donald Trump’s authority to wage war in Iran, amid rising regional tensions after the US conducted a “heavy wave” of retaliatory airstrikes.

      The war powers resolution failed in a 49-50 vote, marking the second time in two weeks the chamber has taken up legislation aimed at forcing Trump to end hostilities.

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    • Rassemblement apéro militant résistance en Luberon

      Résistance en Luberon
      Apéro militant

      Le Sud Luberon entre en lutte.
      Après 2 rendez-vous productifs on vous propose un moment d'échange militant convivial.
      En effet, après les différentes actions gouvernementales et leur propositions de loi "permis de tuer" , il nous semblait évident de nous réunir pour parler ensemble des motivations des partisans fascisto compatible.
      L'ordre du jour est top et on se lance dans un système de conférences débats.
      Venez échanger avec toutes les copaines de Résistance en Luberon.

      Reminder
      Tous les 15 jours les copaines de Résistance en Lubéron vous invitent à rejoindre les apéros militants
      On y parle des luttes en cours et des projets

      Copaines venez avec vos idées et de Quoi partage
      Antifascistes et très gourmandes nous sommes

    • Manif-action du MEP Marseille aux Catalans 2/08 18h

      Canicule et mépris des plus riches :
      Travailleur·euse de la restauration ou soutien de la lutte syndicale
      Viens hurler ta colère avec nous !

      Alors que la planète crame littéralement et que les travailleur·euse·s de la restauration crèvent de chaud en cuisine et en salle depuis des semaines à cause de la canicule, les bourgeois·e·s marseillais·e·s de leur côté jouissent tranquillement depuis plusieurs jours du privilège de déguster des mets fins au restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, dans une installation éphémère organisée par Air France !

      En résumé : une des compagnies aériennes les plus polluantes d'Europe décide de faire escale dans le restaurant d'une institution marseillaise qui représente à merveille l'entre-soi et le séparatisme de la classe bourgeoise. Cette classe de riches et de possédant·e·s au train de vie obscène et aux investissements nocifs qui a, rappelons-le, une responsabilité accrue dans les bouleversements climatiques et les vagues de chaleur intenses que l'on vit depuis des semaines. On ne pensait pas qu'un tel combo d'indécence était possible, mais apparemment les bourgeois·e·s ne sont jamais avare de nouvelles idées pour nous cracher au visage.

      On sait bien qu'au final ce seront les personnes les plus précaires et les plus pauvres qui seront impactées en premier par les conséquences de cette lutte des classes climatique, c'est à dire celleux qui bossent dans des métiers aux conditions déjà difficiles, aggravées par la chaleur, sans que patrons ou pouvoirs publics ne fassent quoi que ce soit pour améliorer les conditions de travail de la classe laborieuse. On vous renvoie à ce propos aux témoignages collectés par MEP Paris, qui donnent des exemples concrets d'inaction et de mises en danger dans le secteur des HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants).

      Et comme d'habitude les chef·fe·s étoilé·e·s et médiatiques sont toujours là pour jouer leur rôle de dociles serviteurs des puissants en participant allégrement à cette mascarade : on retrouve ainsi pour ce restaurant éphémère les créations de la pâtissière Nina Métayer (sacrée “Meilleure Pâtissière du Monde” en 2023 par l'Union Internationale des Boulangers et Pâtissiers aka un super lobby mondial de patron·ne·s) ou du cuisinier Régis Marcon (qui a un faible pour les réceptions indécentes de Laurent Wauquiez financées indûment par de l'argent public).

      Parce que depuis des semaines on subit en silence la chaleur de plein-fouet et qu'on en peut plus, on te propose de venir te rafraîchir à la plage des Catalans dimanche prochain à 18h pour une manif-action. Au menu : casserolade, zbeul ou autre bordel pour se défouler et hurler notre colère en face du restaurant du Cercle des Nageurs de Marseille, histoire de relâcher toute la pression accumulée et de bien faire comprendre aux riches qu'on est là, qu'on les voit, et qu'on les laissera pas déguster tranquillement leur fucking dîner business class.

      Ce moment sera aussi l'occasion de se rencontrer et de discuter de nos expériences au travail, première étape pour créer la lutte organisée des travailleureuses de la restauration pour de meilleures conditions de travail !

      Travailleur·euse, rejoins-nous ! Client·e soutiens-nous !

      Le MEP Marseille

      MEP (Mise En Place) est un ensemble de collectifs syndicaux autogérés de travailleur·euse·s du secteur des Hôtels, Cafés et Restaurants (HCR).

      Né à Paris à l'été 2024 à l'initiative de syndicalistes et de travailleur·euse·s déterminé·e·s à bâtir un mouvement de solidarité et de défense des droits des salarié·e·s, il s'est depuis développé et compte désormais des antennes à Marseille, Nantes ou Rennes.

      MEP Marseille est un collectif autonome et horizontal, en lien avec les autres antennes du réseau MEP ainsi qu'avec les syndicats du secteur HCR, locaux comme nationaux.

      Notre objectif est de lutter pour des conditions de travail dignes et de mettre fin aux violences ainsi qu'aux pratiques illégales et abusives dans le secteur HCR.

      Serveur·euse·s, cuisinier·ère·s, plongeur·euse·s, baristas : nous formons toustes une même classe de travailleur·euse·s dans un secteur qui nous exploite, nous épuise, nous sous-paie et nous maltraite. Seule la lutte syndicale, nourrie d'entraide et de soutien mutuel, pourra éveiller cette conscience de classe pour obtenir des changements réels.

      Nous militons pour que nos droits soient reconnus et respectés, que le droit du travail soit appliqué, et que notre convention collective soit revue pour garantir des conditions de travail justes et égalitaires, qui prennent en compte la réalité quotidienne d'un secteur en crise, confronté au manque de personnel, marqué par la précarité, la brutalité et la déshumanisation.

      Nous combattons les injustices systémiques qui renforcent les inégalités et les violences envers les personnes minorisées : sexisme, racisme, LGBTQIA+phobies, validisme.

      Nous revendiquons la régularisation sans conditions, l'égalité effective en droits ainsi que la fin des pratiques discriminatoires envers les personnes migrantes et sans-papiers, surreprésentées dans notre secteur et particulièrement exposées à l'exploitation du fait de leur précarité et de leur situation administrative.

      Nous mobilisons tous les moyens nécessaires — manifestations, saisines de l'inspection du travail et des prud'hommes, grèves, actions directes — pour que notre Mise en Place aboutisse au Grand Service : ce moment où nous mettrons fin, une bonne fois pour toutes, aux violences et à la surexploitation dans la restauration, secteur emblématique d'un capitalisme globalisé et destructeur des individus et de la planète.

    • Kronik des Baumettes #3

      Encore des nuits d'enfer aux Baumettes à cause des coupures d'électricité et d'eau

      ous avons appris que dans la nuit du 14 juillet, il y a eu une coupure d'électricité toute la nuit aux Baumettes, et que dans celle de vendredi à samedi dernier, il y a eu une coupure d'eau et d'électricité jusqu'à 3 heures du matin.
      Depuis plusieurs semaines déjà, les coupures d'électricité sont fréquentes à la prison des Baumettes et aucune mesure n'est prise pour remédier au problème.
      Pas de possibilité d'allumer un ventilateur et d'avoir accès à l'eau : un véritable cauchemar pour les prisonniers et les prisonnieres qui subissent déjà des conditions de détention encore plus dure sous la chaleur de ces dernières semaines.

      Les ventilateurs en rupture de stock, les salles de parloirs brûlantes, les murs en béton qui emmagasinent la chaleur, les cours de promenade sans un seul arbre, des cellules surpeuplées et des caillebotis aux fenetres par lesquelles on ne peut même pas faire passer un stylo : voilà la canicule que vivent les personnes incarcérées, exposées de manière extrêmement dangereuse et potentiellement mortelle à la chaleur de ces dernières semaines.
      En effet, dans l'indifférence générale, un prisonnier, Léon, 72 ans, est mort d'une crise cardiaque à cause de la chaleur à la Centrale de Moulins-Yzeure.

      Lors du rassemblement du 28 juin devant la prison des Baumettes, les prisonnieres ont réussi à nous faire savoir qu'une personne incarcérée à la MAF avait arraché les fenêtres de sa cellule pour faire entrer un peu d'air et qu'elle avait été mise au cachot pour cette raison.

      Pour l'administration pénitentiaire, peu importe que les gens crèvent dans leurs cellules, l'important c'est d'installer des plus en plus de fenetres et grilles qui empechent le passage d'air, que ce soit au QLCO de Vendin le Vieil pour « réduire le risque d'evasion » ou aux Baumettes pour ne pas troubler la tranquillité des riverains des la prison.

      Plein de force à toutes les personnes qui resistent et luttent contre la prison, et qui avec beaucoup de courage en paient le prix.
      Continuons à briser l'isolement et à soutenir les luttes des prisonnier.e.s et de leurs proches, pour ne pas rester seul.e.s face à la violence de la prison !

    • Manif contre le permis de tuer donné à la police - 19 septembre 2026

      L'Etat vient de donner encore plus de pouvoir et d'impunité à la police, qui pourra tuer sans être inquiétée. Une véritable insulte aux victimes quotidiennes et à leurs proches. On connait les pratiques de la police, son idéologie et son rôle dans la société capitaliste : défendre l'ordre raciste et patriarcal. Alors sortons dans la rue pour bloquer cette fuite en avant, et contrer le monde policier et fasciste en construction. Pour défendre un futur sans dominations.

      ci dessous l'appel à manifester le 19 septembre :
      "APPEL UNITAIRE : NON AU PERMIS DE TUER !

      SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 19 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.

      Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.

      Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.

      Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 19 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.

      C'est maintenant qu'il faut agir."

      pour suivre les infos, sur marseille notamment : https://stopauxviolencesdetat.fr/

      RDV le 19 septembre !

    • La répression acharnée à Moulin-Yzeure

      Mickaël Gilgenmann, prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure, a été appelé à témoigner lors du procès de Ritchy Thibault le 8 juillet dernier. L'administration pénitentiaire s'était engagé à fournir les moyens pour réaliser son témoignage en visioconférence depuis la prison. Cependant, Mickaël n'a finalement pas été autorisé à témoigner. Imaginant une censure possible car celle-ci est quotidienne en prison, il s'était assuré que sa parole puisse être entendue en cas d'annulation. Le témoignage de Mickaël avait été recueilli en amont durant un appel téléphonique avec Ritchy.

      TW : mutilations

      Le procès a été reporté et le témoignage de Mickaël n'a pas pu être écouté lors de celui-ci. Pourtant l'administration pénitentiaire a tout de même décidé de couper la ligne téléphonique entre Ritchy et Mickaël (étant sur écoute), de le convoquer au prétoire (pour lui donner 10 jours de confinement sans télé ni plaque chauffante) et de lui adresser trois Compte-Rendu d'Incident (CRI) dont deux pour "propos outrageants à l'encontre du président de la République et incitation à la rébellion", sur la base du témoignage qu'il n'a pas pu diffuser.

      Le personnel pénitentiaire a par la suite décidé de ne plus donner à Mickaël les médicaments dont il avait besoin, en dépit de l'ordonnance médicale dont il dispose. Il coupe également les appels téléphoniques sur sa cabine en prétextant des coupures d'électricité. Le personnel pénitentiaire l'humilie à chaque mouvement et l'empêche d'accéder à la douche. Pour finir, il le réveille chaque heure de la nuit pour l'empêcher de dormir.

      En outre, la prison de Moulins-Yzeure continue de servir aux prisonniers des gamelles avec de la nourriture avariée bien que cela ait été signalé depuis plusieurs mois.

      Suite à cet acharnement, Mickaël s'est ouvert le ventre. Il est arrivé au médical menotté dans le dos et c'est seulement à sa demande que le médecin les a enlevé pour le soigner. Il a été recousu sans anesthésie. Quelques jours plus tard, il s'est à nouveau ouvert le bras. Il a refusé d'être recousu car aucune anesthésie digne de ce nom lui a été proposé.

      Face au racisme, à la répression abusive et la censure, nous ne nous tairons pas ! Que la silenciation de tous les prisonniers et la violence qu'ils subissent au quotidien cesse.

      Tout notre soutien va aux voyageurs, aux prisonniers longue peine et à celles et ceux qui ne se laissent pas faire !

      Nous appelons toute personne révoltée par la situation actuelle à contacter la prison :

      Tél. : 04.70.35.15.00
      Adresse : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, 21 rue de
      Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
      Mail : sec.cp-moulins@justice.fr

      Nous partageons ci-dessous le témoignage de Mickaël :

      "Alors bonjour je me présente je m'appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j'ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m'empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l'objet dans ce pays. J'étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l'incapacité de le faire. Aujourd'hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu'il a osé défier ce que vous appelez l'État français. Et quand Macron dit qu'il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l'artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c'est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d'enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd'hui vous gaspillez l'argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd'hui c'est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l'immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd'hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd'hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l'État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu'à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n'en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd'hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l'État et la police tuent, oui, l'État et la police sont racistes. L'État français place l'argent avant l'être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense du gouvernement. Le président peut dire qu'il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n'a pas le droit de dire ce qu'il pense sous peine d'être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer."

    • Bulle de l’IA: l’avertissement du marché boursier sud-coréen

      La déroute de la Bourse de Séoul attire l’attention de nombreux acteurs financiers. Extrême concentration sur quelques titres, produits spéculatifs, effets de levier, absence de régulation… Une chute qui réunit tous les facteurs ayant nourri la bulle de l’intelligence artificielle et qui, en un instant, peuvent se retourner.
    • Trump says he 'may' pull Blanche AG nomination temporarily

      President Trump says he is willing to pull Todd Blanche's nomination for attorney general. The news comes as two key Republicans are withholding their support over concerns about the Justice Department's deal with President Trump to end his IRS lawsuit. Trump said Thursday he was willing to end the nomination, but he was by no means conciliatory in his tone, saying he would keep Blanche on as acting attorney general and renominate him later. In addition, Trump took aim at the two Republican senators withholding their support — John Cornyn of Texas and Thom Tillis of North Carolina, both of whose support Blanche would need to advance in his nomination in committee.
    • Trump Approval Rating: Less Than Half Of Republicans Want More War With Iran

      Trump's approval rating is eight points below where it was in July of his first term and is three points below Biden's 36% approval rating in July 2022 (the AP-NORC poll of 1,165 U.S. adults was conducted July 23-27 and has a margin of error of 3.7). Approval of his handling of the Iran war has declined six points since June, including from 71% to 61% among Republicans. Less than half of Republicans, 48%, say the U.S. should continue military action in Iran, and only 23% of U.S. adults say it should continue.
    • Saudi Arabia prepares sea and possible land offensive against Houthis

      Yemeni sources say Saudis concentrating forces for what could be attack in central Yemen

      Saudi Arabia is preparing for a major military offensive against the Houthis by sea and possibly by land in central Yemen, Yemeni sources believe, in a move to break the chokehold on its oil exports through the southern Red Sea.

      Saudi forces have been seen withdrawing from the east of Yemen in what could be preparation for a land offensive. At the same time, Riyadh is trying to organise a naval coalition to protect shipping from Houthi attacks in the Red Sea and the Bab al-Mandab strait.

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