Follow buttons here act as you, not as @rick.
| Label | Kind | State | Action |
|---|---|---|---|
| rss.skyfleet.blue | source | — | — |
| rss.skyfleet.blue | source | — | — |
| rss.skyfleet.blue | source | — | — |
| rss.skyfleet.blue | source | — | — |
Entre Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), le chantier de l’A412, l’autoroute du Chablais, cristallise la colère de militant·es et riverain·es. Le ruban d’asphalte de 16,5 kilomètres en plein cœur de la montagne doit être livré en 2029 ; les travaux ont débuté le 1er septembre et de premiers arbres ont été abattus sur le tracé, lundi.
Perrignier (Haute-Savoie), le 9 septembre 2026. Sur le chantier de l’autoroute A412, les abattages d’arbres ont commencé. © Kim Vaillant/Vert
Vert a rencontré des opposant·es qui se mobilisent pour tenter de bloquer le passage des abatteuses. Pour Jérôme Déthes, maraîcher et membre du syndicat agricole Confédération paysanne 74, ce projet qui rappelle la controversée A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn) est «en train de condamner l’habitabilité de notre territoire en détruisant sa faune, sa flore, ses milieux».
Le chantier s’étendra sur 180 hectares. «On va retrouver environ 80 hectares de forêt détruits et 70 hectares de terres agricoles […] On coupe des corridors écologiques, une quarantaine de cours d’eau», liste Joanna Linares, membre du collectif StopA412. «Il y a des espèces emblématiques comme le castor, le crapaud sonneur à ventre jaune, le grand capricorne…», abonde Jérôme Déthes.
Pour Amedea (une filiale du groupe Eiffage), le concessionnaire de la future voie : «L’autoroute doit être construite pour soulager les routes départementales existantes et les villages traversés par un trafic de transit. […] Amedea a choisi de limiter autant que possible les impacts sur le territoire : par le choix du tracé, la multiplication des ouvrages, leur surdimensionnement.»
Désengorger les villages ? Une fausse promesse, dénonce Joanna Linares : «L’autoroute apportera encore plus de trafic dans notre région ; encore plus de gens viendront s’installer et prendront leur voiture. Ça incite les gens à utiliser des véhicules motorisés individuels, alors qu’il y a plein de solutions de transport en commun disponibles.»
Contactée, la préfecture de Haute-Savoie n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.
The reluctance of later administrations to repudiate Bush-era torture and endless detention laid the groundwork for recent violence
If George W Bush’s abusive response to the September 11 attacks had been prosecuted rather than swept under the rug, Donald Trump would be less able to pursue his lawless policies. We can’t rewind history, but we can learn from our historic failure.
Twenty-five years ago, on a clear and crisp morning, I was sitting in the Human Rights Watch office in the Empire State Building with an unobstructed view of the World Trade Center towers as al-Qaida operatives flew two commercial jets into them. The horror of the attack required a response, but Bush and his vice-president, Dick Cheney, chose to react by throwing out the rulebook. They deployed torture and endless detention without trial in Guantánamo.
Continue reading...
Le phénomène El Niño n'influe normalement pas sur la météo en Europe. Mais son intensité attendue cette année est telle que, conjuguée avec le changement climatique, des scientifiques craignent des conséquences inédites.
Le phénomène climatique El Niño est de retour. Il devrait atteindre une « très forte intensité » avant de parvenir à son apogée vers la fin de l'année, d'après l'Organisation météorologique mondiale. Ce « super El Niño » pourrait même être le plus intense jamais (…)

Si vous passez le plus clair de votre temps assis devant un bureau, investir dans une chaise de bureau ergonomique est aussi crucial que de choisir un bon matelas. Voici les modèles que l'on vous recommande en 2026.

Source :Compte Facebook, le 9 septembre 2026
Etiqe :Déformé
Contenu :
Ce sont des images qui ont fait le tour du monde. Le 11 septembre 2001, à New York, les tours jumelles sont en feu. Deux avions viennent de s’écraser sur le World Trade Center et les États-Unis vivent l’attentat le plus meurtrier de leur histoire, avec la mort de 2977 personnes.
Vingt-cinq ans après les faits, ces attaques font toujours l’objet de nombreuses théories. Parmi elles, certains internautes affirment que le World Trade Center n’aurait pas été attaqué par deux avions mais « un missile ». Ils en veulent pour preuve une vidéo d’une interview de Donald Trump où celui-ci relate sa journée du 11 septembre 2001.
Néanmoins, le président états-unien n’a pas affirmé, durant cette interview, qu’un missile était à l’origine de l’attaque du World Trade Center. De plus, de nombreuses preuves permettent d’affirmer que ce sont bien deux avions qui se sont écrasés, ce jour-là, contre les tours jumelles.
Des propos déformés
Dans la vidéo utilisée comme preuve, le président états-unien explique que, ce jour-là, il n’arrive pas à croire que le premier impact ait été causé par un avion, il se demande si ce n’était pas un missile. Puis, il raconte qu’il a vu « le deuxième avion frapper » et s’est dit : « nous sommes maintenant dans une époque différente ».
Contrairement aux conclusions de certains internautes, il n’a donc pas affirmé qu’un missile était à l’origine de l’effondrement des tours jumelles, le 11 septembre 2001. Il raconte simplement qu’avant de voir le deuxième avion s’écraser, il s’est demandé si ce n’était pas un missile qui était à l’origine du premier impact.
Les allégations portées dernièrement par certains internautes sont donc fausses. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des désinformations de ce type circulent.
Une vidéo du premier impact
Au fil des années, de nombreux travaux, images ou encore témoignages ont permis de reconstituer le déroulé des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Ainsi, le premier impact qu’a subi le World Trade Center a bien été capturé en image, comme il est possible de le voir dans une vidéo récapitulative du Monde.
Pour le premier impact, comme pour le deuxième, il ne fait pas de doute que ce sont des avions détournés qui en sont à l’origine. De la même manière, un rapport de la commission états-unienne d’enquête sur les faits et les circonstances liés aux attaques terroristes qui avait été mise en place à la suite du 11 septembre 2001 ,retrace en partie ce qu’il s’est passé dans les quatre avions de ligne qui ont été détournés ce jour-là. Deux se sont bien écrasés contre les tours jumelles.
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Attentats du 11 septembre 2001 : non, un missile n’a pas frappé le World Trade Center est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Il aura fallu 25 ans pour que la question de la toxicité de l'air après les attentats du 11 septembre 2001 soit exposée. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le septembre 2026 la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité de l'époque.
« Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d'air toxique autour de Ground Zero, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa (…)
Il aura fallu 25 ans pour que la question de la toxicité de l'air après les attentats du 11 septembre 2001 soit exposée. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le septembre 2026 la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité de l'époque.
« Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d'air toxique autour de Ground Zero, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa (…)
“Notre ambition est de devenir la référence des transports collectifs autonomes dans le monde” : Valérie Pécresse voit les choses en grand quand il s’agit de faire rouler des véhicules sans conducteur dans la région la plus peuplée de l’Hexagone. La présidente d’Île-de-France Mobilités a annoncé le 10 septembre le lancement d’un projet de service de transport à la demande autonome, avec le déploiement d’une première navette en 2028 avant une généralisation du service à horizon 2030.

La fiche technique des iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max indique que les deux téléphones n'ont pas le même modem : seul le petit 18 Pro a le droit à la puce C2 fraîchement annoncée par Apple. Selon nos informations à Cupertino, il pourrait s'agir d'une simple erreur de traduction. Tout suggère que la version européenne de l'iPhone 18 Pro Max a le droit au modem développé par Apple, ce qui serait une bonne nouvelle pour l'autonomie.
Plus qu’une séquence politique, cet évènement a été marqué de nombreuses annonces liées à l’intelligence artificielle ou à la connectivité par satellite. L’ensemble de ces annonces traduisent une même dynamique : les infrastructures orbitales s’articulent désormais comme le prolongement naturel des réseaux informatiques terrestres.
Le franco-américain Loft Orbital, le français Mistral AI et l’émirati Marlan Space ont conclu un accord pour le déploiement en orbite d’une constellation de 50 satellites d’observation. Financé par les Émirats Arabes Unis à hauteur d’un milliard de dollars, cette constellation de satellites d’imagerie optique et radar s’appuiera sur une capacité embarquée d’intelligence artificielle développée Mistral AI. Objectif : accroître la capacité de traitement à bord des satellites.
Le traitement embarqué doit permettre de réduire le délai entre l’acquisition d’une donnée et son exploitation. Cette architecture fait du logiciel et des capacités de calcul embarquées des composants directs des systèmes spatiaux. Les données ne sont plus seulement collectées par le satellite avant d’être transmises au sol : une partie de leur analyse est réalisée en orbite, limitant ainsi l’intervention d’opérateurs au sol confrontés à des volumes de données croissant.
Le passage à l’échelle constitue l’autre grande tendance du sommet. En effet, Eutelsat a annoncé une commande de 229 satellites supplémentaires à Airbus pour sa constellation d’internet par satellite OneWeb, pour un contrat d’environ 1 milliard d’euros. Cela s’ajoute à une commande antérieure de 440 satellites passée auprès d’Airbus en 2024 et 2025. Les livraisons de ces précédents satellites doivent commencer au quatrième trimestre 2026.
À terme, cette nouvelle commande doit permettre à Eutelsat de maintenir et d’étendre son réseau en orbite basse jusqu’en 2034. Pour rappel, le groupe franco-britannique exploite aujourd’hui une constellation de plus de 600 satellites qui devrait prochainement s’agrandir puisque deux lancements Ariane 6 sont programmées en 2027 et 2028.
Eutelsat a par ailleurs annoncé un partenariat avec la jeune société française Skynopy pour développer « Global AKAR », une infrastructure terrestre destinée aux services satellitaires. Le projet doit combiner le réseau mondial de stations au sol d’Eutelsat avec les technologies d’orchestration logicielle et de modem virtualisé développées par Skynopy. Plus de 100 antennes opérationnelles doivent être déployées sur plusieurs sites d’ici fin 2029 et ainsi prendre en charge des satellites opérant dans les bandes S, X et Ka, notamment pour l’observation de la Terre, les télécommunications et les futurs services en orbite. L’accord porte sur un composant directement lié à la circulation des données spatiales. Le segment sol doit fournir une interface logicielle commune aux opérateurs et permettre l’exploitation à distance d’antennes existantes.
Grâce à ces nouvelles infrastructures, Eutelsat et Skynopy annoncent un objectif de latence inférieur à trois minutes pour certains cas d’usage, contre environ une heure avec les technologies actuelles, et un débit pouvant atteindre 10 Gbit/s, contre 1 à 2 Gbit/s pour les solutions existantes.
Le sommet a également été marqué par de nouveaux engagements autour de la constellation européenne IRIS², destinée aux communications sécurisées. Thales Alenia Space a obtenu un contrat d’environ 500 millions d’euros pour fournir des charges utiles destinées à 330 satellites, tandis qu’Airbus doit construire une première couche d’au moins 66 satellites. Les premiers lancements sont prévus à partir de 2029.
L’ensemble des dynamiques observées ici montrent que l’économie spatiale se structure désormais autant sur les satellites, les lanceurs, que sur les systèmes numériques qui les entourent : calcul embarqué, intelligence artificielle, logiciels d’orchestration, stations-sol, transmissions de données. De telles annonces nous rappellent donc que les infrastructures spatiales et le monde numérique poursuivent une intégration étroite.
Victor-Charlie
The post <strong>Sommet spatial international</strong> : l’enjeu numérique au cœur de l’espace appeared first on INCYBER NEWS.
Combien de liens ? Vers quelle page ? Pour quel montant ?
Le netlinking se décide encore trop souvent à l'intuition, faute d'une donnée qui relie l'effort d'acquisition au résultat attendu. Develink, acteur spécialisé dans la mise en relation entre annonceurs et éditeurs depuis dix ans, a pris le problème à l'envers dans un nouveau livre blanc : dix univers concurrentiels réels, un annonceur théorique par marché, et une seule question posée à chaque fois : « où l'euro suivant sera-t-il le plus rentable ? »
La méthode s'appuie sur le Develscore, un indicateur maison qui agrège les données de Majestic, Ahrefs et Semrush plutôt que de se reposer sur un seul outil, aucun n'étant parfait pris isolément. Cette approche est au cœur de Develink depuis 2015.
Loin d’être un plaidoyer pour un achat systématique de liens, ce livre blanc met en exergue la réalité du terrain. Sur certaines requêtes analysées verrouillées, qu’on vous laisse découvrir, le conseil est même plutôt de ne rien dépenser.
Le livre blanc de Develink analyse dix secteurs, chacun construit autour d'un annonceur théorique confronté à un panel de concurrents identifiés dans la SERP Google :
La méthode est identique pour chaque univers : diagnostic d'autorité de domaine, segmentation des mots-clés en quatre groupes d'action (défendre l'acquis, pousser une page dont l'autorité est déjà là, renforcer une page distancée, conquérir un terrain où le site est absent), lecture de la présence de l'AI Overview sur chaque requête, puis plan d'action séquencé avec un budget chiffré sur dix-huit mois.
Télécharger le livre blancUn petit exemple : l'univers banque et produits financiers, construit autour d'un annonceur théorique proche du Crédit Mutuel, illustre bien le constat qui revient d'un domaine à l'autre. Le site affiche une autorité de domaine dominante, avec près du double du nombre de domaines référents de son panel de concurrents. Mais cette force ne se traduit pas mécaniquement en positions : les pages qui portent les requêtes ciblées ne comptent, elles, que de deux à cent quarante-trois domaines référents selon les cas.
Le blocage ne se situe donc presque jamais au niveau du domaine, mais de l'URL. C'est là, selon l'étude, que la plupart des budgets de netlinking se perdent.
Sur l'univers épargne, le rapport dévoile quant à lui un déséquilibre marquant : les mots-clés les moins coûteux à conquérir couvrent 85 % du volume de recherche pour seulement 2 572 euros, quand le mot-clé le plus concurrentiel du corpus mobilise à lui seul la majorité de l'enveloppe totale. Le même type d'asymétrie revient sur plusieurs univers analysés, notamment la rentrée scolaire, où 81 % du budget suggéré porte sur seulement 22 % du volume adressable.
Autre enseignement transversal : le rapport repère régulièrement des cas de cannibalisation, deux URL d'un même site positionnées sur la même requête, qui diluent l'effort de netlinking tant qu'une cible n'a pas été désignée.
Sur plusieurs univers, notamment l'épargne, la majorité des requêtes déclenchent déjà un AI Overview. Le rapport recommande de prioriser les mots-clés encore épargnés par ce format tant que la fenêtre reste ouverte, et de concevoir le contenu des pages concernées par l'AI Overview pour être cité par l'IA plutôt que pour viser uniquement la première position organique.
Vous souhaitez en savoir plus ? Le guide complet, avec le détail des dix univers, les tableaux de données et les plans d'action chiffrés, est disponible gratuitement en téléchargement !
Jusqu'au 31 octobre 2026, Develink offre aux lecteurs d'Abondance l’analyse concurrentielle et financière présentée dans ce livre blanc : diagnostic d'autorité, groupes de mots-clés, budgets suggérés et lecture de l'AI Overview appliqués à son propre univers concurrentiel.
Profitez de cette analyse avec le code ABENCHMARK sur Develink !
L’article "Netlinking : où concentrer votre budget face à vos concurrents ? Le livre blanc pour vous décider !" a été publié sur le site Abondance.
The US president is ever more wayward – and has little interest in defending Europe. The constitution may hold him to account, but we can’t wait
If Americans vote for a Republican majority in both houses of Congress in November, “I will issue a dividend to every adult citizen in the United States of America for $5,000.” But they must not spend it in Canada or China or anywhere else outside the US. So said Donald Trump in Texas on Wednesday in advance of the forthcoming midterm elections. He further told voters to “Pretend that I’m on the ballot”. It was a climactic moment in an almost two-hour rant.
Trump does not have the required trillion dollars in his pocket, and it would be illegal to disperse such a sum without congressional approval. In any case, JD Vance now appears to have rowed back on the promise.
Simon Jenkins is a Guardian columnist
Continue reading...Donald Trump has thrown a convention to amp up the Republican base ahead of the midterm elections, but not everyone is thrilled about it. Dozens of officials running for re-election have stayed away, choosing instead to campaign locally. Are they worried about Trump’s current unpopularity weighing down their ticket?
Continue reading...Il s'agit d'une secte au nazisme décomplexé, ultra-violente, manipulant les faits et les images pour se victimiser.
L’article Des nouvelles du groupe Némésis et de ses anges gardiens est apparu en premier sur Contre Attaque.

Source :
Etiqe :
Contenu :
Rachida Dati réintègre la magistrature la semaine même où elle comparaît devant le tribunal correctionnel. Contradiction ? Pas juridiquement : placée en disponibilité pour la durée de ses fonctions ministérielles, elle n’a jamais quitté le corps. Seule une condamnation, par une peine complémentaire ou une sanction disciplinaire, pourrait lui retirer la robe.
Peut-on rejoindre la magistrature la semaine même où l’on s’apprête à comparaître, comme prévenue, devant un tribunal correctionnel ? La question n’a rien de théorique. Ancienne garde des Sceaux et ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati a sollicité et obtenu sa réintégration dans le corps judiciaire, où elle serait proposée à un poste de premier substitut en administration centrale, sans exercer en juridiction.
Elle doit comparaître du 16 au 28 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire Renault-Nissan. La Chancellerie assure qu’elle est dans son droit : explications.
La réintégration relève d’un droit, non d’un choix
Le point est souvent mal compris, alors qu’il commande tout le reste. Nommée au gouvernement, Rachida Dati est magistrate et n’a pas quitté la magistrature : elle a seulement été placée en position de disponibilité pour la durée de ses fonctions ministérielles.
C’est ce que prévoit le décret du 19 février 2024 la concernant, pris sur le fondement de l’article 4 de l’ordonnance du 17 novembre 1958. Ce texte impose que le membre du Gouvernement titulaire d’un emploi public soit placé, pendant la durée de ses fonctions, en disponibilité ou dans une position équivalente.
La conséquence est décisive. Cette mise à l’écart étant liée à la seule durée des fonctions gouvernementales, la cessation de ces fonctions met fin à cette période de disponibilité. Le retour dans la magistrature s’impose alors de lui-même. L’administration ne peut pas la refuser. La Chancellerie l’a d’ailleurs reconnu en indiquant que l’intéressée agissait « comme elle en a le droit ».
La seule marge d’appréciation qui subsiste porte non sur le principe du retour, mais sur le choix de l’affectation, lequel emprunte la procédure ordinaire de nomination. Le poste envisagé relevant du parquet, la nomination est décidée par le garde des Sceaux, après un avis du Conseil supérieur de la magistrature qui, pour les magistrats du parquet, n’est que consultatif.
La question posée par le procès n’est donc pas celle de son retour, acquis, mais celle de ce qu’une condamnation ferait à ce retour.
Quelles conséquences en cas d’éventuelle condamnation ?
La réponse n’est pas automatique. La corruption et le trafic d’influence passifs commis par une personne exerçant une fonction publique sont réprimés par l’article 432-11 du code pénal, qui prévoit jusqu’à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende. Mais cette peine ne fait pas perdre par elle-même la qualité de magistrat. Pour que la porte du corps judiciaire se referme, il faut un autre ressort : soit une peine complémentaire précise, soit une sanction disciplinaire.
C’est ici que se situe le véritable enjeu. Pour ces infractions, l’article 432-17 du code pénal autorise le tribunal à prononcer, à titre complémentaire, l’interdiction des droits civiques (article 131-26) et l’interdiction d’exercer une fonction publique (article 131-27), pour une durée pouvant atteindre dix ans. Depuis 2017, l’inéligibilité est même, pour les manquements à la probité, une peine en principe obligatoire, le juge devant motiver spécialement toute décision de l’écarter.
Or ces peines produisent un effet radical sur un emploi public. L’article L. 550-1 du code général de la fonction publique prévoit ainsi que la condamnation à une interdiction d’exercer un emploi public ou à la privation des droits civiques entraîne la cessation des fonctions et la perte de la qualité d’agent public.
Le raisonnement vaut également pour les magistrats, dont le statut subordonne l’accès au corps à la jouissance des droits civiques, condition dont la perte serait inconciliable avec le maintien dans la fonction. Si le tribunal accompagnait une éventuelle condamnation d’une interdiction d’exercer une fonction publique ou d’une privation des droits civiques, l’ancienne ministre cesserait donc d’être magistrate.
Et dans l’hypothèse d’une procédure disciplinaire ?
Le procès pénal n’épuise pas le sujet. Les faits jugés pourraient en effet nourrir une procédure disciplinaire. Tout manquement d’un magistrat à la probité, à l’honneur ou aux devoirs de son état constitue une faute disciplinaire (article 43 de l’ordonnance de 1958), et l’échelle des sanctions (article 45) monte jusqu’à la révocation.
Pour un magistrat du parquet, cette sanction relève du garde des Sceaux, après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Les deux instances étant autonomes, une relaxe n’interdirait pas une sanction, ni l’inverse. Le garde des Sceaux peut par ailleurs, en cas d’urgence, interdire temporairement au magistrat l’exercice de ses fonctions jusqu’à décision définitive, mesure conservatoire qui ne prive toutefois pas du traitement (dispositions relatives à la discipline).
Le sort du poste et du traitement s’en déduit sous réserve de ce que dira le jugement. Tant qu’aucune peine complémentaire emportant cessation des fonctions n’est prononcée, et en l’absence de sanction disciplinaire, Rachida Dati conserverait son statut de magistrate et son traitement, y compris si une simple interdiction temporaire d’exercice était décidée.
En revanche, le prononcé d’une interdiction d’exercer une fonction publique ou d’une privation des droits civiques, surtout assorti de l’exécution provisoire, la ferait sortir du corps judiciaire, sans que l’administration puisse s’y opposer.
Deux incertitudes demeurent, faute de décision rendue. La portée exacte d’une inéligibilité prononcée seule sur la qualité de magistrat prête encore à discussion. L’interdiction des droits civiques prévue recouvre plusieurs droits distincts, parmi lesquels l’éligibilité, et le tribunal peut n’en prononcer qu’une partie. L’inéligibilité, prononcée obligatoirement pour les atteintes à la probité, peut ainsi être retenue seule.
Reste alors la question, non tranchée, de savoir si la perte de ce seul droit suffit à considérer que Rachida Dati ne jouirait plus de ses droits civiques.
Et l’ensemble dépend du contenu du jugement, à commencer par une éventuelle relaxe. Il conviendra donc de suivre l’audience de septembre pour savoir si la robe qu’elle vient de retrouver lui sera retirée.
Le retour de Rachida Dati dans la magistrature est juridiquement acquis : placée en disponibilité d’office pour la seule durée de ses fonctions gouvernementales, elle n’a jamais quitté le corps, et l’administration ne pouvait pas, sur le principe, s’opposer à sa réintégration.
Ce qu’un procès pourrait changer ne tient pas à la peine principale d’emprisonnement ou d’amende, mais à d’éventuelles peines complémentaires (interdiction d’exercer une fonction publique, privation des droits civiques) ou à une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’à la révocation. Affaire à suivre !
Auteurs :
Auteur : Paul Morris, doctorant en droit privé à l’Université de Picardie Jules Verne, greffier des services judiciaires
Relecteurs : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’université de Lorraine
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
L’article Rachida Dati peut-elle redevenir magistrate malgré son procès pour corruption dans « l’affaire Renault » ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Source : Le Grand Continent
Payant
Source : Marsactu
Payant
Source : Basta !
C'est une première en Europe, la Global Black Pride se tient à Paris en ce moment, après une édition 2022 à Toronto (Canada), puis 2024 à Atlanta (États-Unis). Cet événement a pour objectif de rendre visible une communauté souvent délaissée, celle des personnes noires LGBTQI+. « Les personnes noires LGBTQI et les Prides noires ne bénéficiaient ni des mêmes soutiens ni des mêmes lieux que les autres marches » affirme dans cet article de Basta ! Micheal Ighodaro, Nigérian résidant à Washington, et président de la Global Black Pride.
Sur le même sujet
Le focus international
Mois des fiertés : partout dans le monde, les droits LGBTQI+ en danger
Ce désir de visibilité des personnes queers noires se traduit également par un focus sur les communautés d'Afrique. « Il s'agit également de tourner les projecteurs vers l'Afrique de l'Ouest, et notamment le Sénégal, où la répression des personnes LGBTQI+ s'est violemment accélérée depuis l'adoption d'une proposition de loi durcissant les peines pour actes dits "contre-nature", en mars dernier. » La Global Black Pride doit se tenir jusqu'au 13 septembre.
Source : Delfino.CR - Costa Rica
Lire la traduction automatique en français
Source : Le Courrier des Balkans - Europe du Sud-Est
Payant
Source : Rue89 Strasbourg
Payant
Source : Next
Payant
Source : IrpiMedia - Italie
Lire la traduction automatique en français
Source : 60 millions de consommateurs
Liégeoises et Liégeois, et toute personne intéressée par les luttes de justice, de solidarité et de libération, ne ratez pas l'action annuelle de SEA à Liège ce vendredi 18 septembre en début d'après-midi.
Il s'agira de dénoncer les cruautés toujours à l'œuvre dans les laboratoires de l'ULiège, et le fait que cette université continue de transmettre à ses étudiant·es l'idée que se servir sur le corps des autres est OK. 💩
Oui, la vivisection repose sur une pensée suprémaciste : certaines vies vaudraient moins que d'autres, tellement moins qu'elles n'ont pas d'importance et peuvent être utilisées au bénéfice des humains. (On parle ici de centaines de milliers d'animaux torturés par an, la Belgique étant dans le TOP 5 européen des pays les plus cruels.) Cette pensée suprémaciste (qui hiérarchise la valeur des vies), une fois qu'on l'adopte, a tendance à déborder dans tous les autres domaines et à devenir une vision du monde générale : en effet, si les animaux sont « faits » pour ça, alors les pauvres sont « faits » pour..., les femmes sont « faites » pour..., les personnes bronzées sont « faites » pour..., les enfants sont « faits » pour..., etc. => c'est donc un problème politique global.
Toutes les oppressions sont liées entre elles, il faut les détruire ensemble. ...Et se dresser contre l'exploitation animale, c'est comme prendre le mal à la racine. Cela fait plus d'un siècle que des citoyen·es dénoncent et agissent contre la vivisection. Pourtant, rien ne change.
Ah si, des « contrôles » ont lieu.
D'une part, ces contrôles sont annoncés aux laboratoires. Ce sont des rendez-vous auxquels les laboratoires ont le temps de se préparer. Le degré de « clémence » de ces contrôles est donc d'emblée très haut. D'autres part, ces contrôles gardent pour acquis l'idée que la vie des animaux est négligeable (c'est la pensée spéciste), que se servir sur eux au bénéfice des humains est normal, souhaitable. Puisque c'est « pour la recherche », « pour l'humanité ». À partir de là, on peut accepter et justifier beaucoup d'horreurs, en minimiser la réalité, fermer les yeux sur la souffrance, sur les droits fondamentaux des êtres concernés. C'est d'ailleurs précisément avec de tels raisonnements que les pires horreurs de l'Histoire se sont produites. Au nom du bien. Sans s'inquiéter du vécu des personnes concernées.
Dans les laboratoires de l'ULiège a encore lieu une litanie de cruautés : tests de nage forcée, animaux rendus alcooliques,... Mais surtout, un mode de pensée suprémaciste qui se transmet à la génération suivante de vétérinaires, de médecins, de chercheureuses, etc. Est-ce de ce monde-là que nous voulons ? Une science suprémaciste ? Une médecine suprémaciste ? Un rapport aux animaux ou à la nature suprémaciste ? SEA vous donne donc rendez-vous devant le rectorat de l'ULiège pour crier ensemble et montrer aux politiques et à la société civile que nous refusons le principe de se servir sur le corps des autres, que les animaux n'existent pas pour le bénéfice des humains, que la vivisection est éthiquement intolérable - et qu'elle doit être ABOLIE. (D'autres solutions plus efficaces existent déjà, en plus)
STOP À TOUTES LES LOGIQUES SUPRÉMACISTES !
L'association organisatrice est Suppression des Expériences sur l'Animal asbl (basée à Liège), active depuis de nombreuses années en Belgique via des happenings, veillées, cartes blanches dans la presse, ateliers dans les écoles et campagnes publicitaires dans les métros.
Présence également de la Ligue Internationale Antispéciste (Bruxelles) qui va faire un discours. 🔥
Venez faire du bruit et crier des slogans avec nous !
Vendredi 18 septembre 2026
Université de Liège - Place du 20-août
13h30 - 15h30
#manif #LuttesSociales #suprémacisme #justice #Antispécisme
Alors que les violences policières sont de plus en plus visibles et documentées grâce aux témoignages des personnes concernées, au travail des collectifs, des chercheur·euses et de certain·es journalistes, elles demeurent encore insuffisamment reconnues dans le débat public.
Contrôles discriminatoires, usages disproportionnés de la force, difficultés à faire reconnaître les violences subies, blessures graves et, dans certains cas, décès lors d'interventions policières : ces réalités ne sont pas des cas isolés. Ces situations interrogent le rôle de la police, son fonctionnement, les rapports de domination qu'elle contribue à maintenir et la responsabilité des institutions.
Dans les situations de violences policières, les procédures judiciaires peinent à établir les responsabilités, à reconnaître les préjudices subis et à prévenir la répétition des violences. Ce constat invite aussi à questionner les limites de la justice pénale et à explorer d'autres façons de penser la responsabilité, la réparation et la transformation des institutions.
À l'origine de cette programmation se trouve un journal conçu par Messane Van Praet, dans le cadre de son travail de fin d'étude de graphisme à la Cambre. En donnant à voir et à penser les violences policières à travers une approche graphique, documentaire et critique, ce travail a constitué le point de départ de notre réflexion. Les rencontres, projections, ateliers et débats proposés pendant ces deux semaines prolongent cette démarche en ouvrant un espace d'analyse et de dialogue autour des violences institutionnelles et des différentes conceptions de la justice.
Programme complet et inscriptions :https://www.pac-g.be/events/1312-raisons-dy-reflechir/
( ENGLISH VERSION BELOW)
Appel urgent et extrêmement préoccupant concernant la situation grave et en constante détérioration à laquelle sont confrontés les migrants et les réfugiés détenus en Libye, en particulier les ressortissants érythréens
En tant qu'association et militants qui suivons de près la situation des réfugiés et migrants érythréens transitant par la Libye, nous recevons des informations de plus en plus alarmantes concernant les centres de détention où des milliers de personnes sont retenues dans des conditions extrêmement dangereuses et inhumaines.
Nous appelons de toute urgence l'Union européenne et ses institutions compétentes à prendre des mesures immédiates et à garantir un accès indépendant, un suivi, une assistance médicale et une protection aux personnes détenues.
Centre de détention de Benghazi
La situation dans le centre de détention de Benghazi est particulièrement alarmante. Des milliers de personnes y seraient détenues dans des conditions extrêmement précaires, avec de graves pénuries de nourriture, de soins médicaux et de produits de première nécessité.
Nous avons reçu des informations concernant le décès d'un jeune Érythréen, Filmon, qui serait mort de la tuberculose le 20 août 2026 faute de traitement médical adéquat.
À la même date, selon les témoignages que nous avons reçus, la police a ouvert le feu sur des détenus. Une trentaine de personnes auraient été blessées. Certaines ont subi des blessures extrêmement graves, notamment la perte d'un œil et d'autres parties du corps. Bon nombre des blessés n'ont toujours pas reçu de soins médicaux adéquats.
Nous sommes également profondément préoccupés par le fait qu'une proportion importante des détenus souffrirait de maladies graves, alors que les personnes malades et blessées sont détenues dans des conditions extrêmement dangereuses et de surpeuplement.
Une intervention immédiate est indispensable. Si aucune mesure n'est prise dans les semaines et les mois à venir, nous craignons que d'autres décès ne surviennent et que la situation n'entraîne de graves conséquences humanitaires.
Nous avons également reçu des informations selon lesquelles seuls quatre détenus érythréens auraient été libérés de ce centre de détention après environ un an de détention. Leurs familles auraient versé environ 4 000 dollars américains par personne pour obtenir leur libération par l'intermédiaire de personnes liées à la police. Cependant, nous n'avons par la suite pas pu obtenir d'informations fiables sur le sort ou la sécurité de ces quatre personnes.
Centre de détention de Tajura
La situation à Tajura est tout aussi alarmante.
Plus de 1 200 Érythréens y seraient détenus, aux côtés de milliers d'autres migrants et réfugiés. L'accès au centre est extrêmement limité, ce qui rend très difficile pour les familles, les organisations humanitaires ou les observateurs indépendants de déterminer ce qui s'y passe.
Dans de nombreux cas, nous n'apprenons la situation que lorsqu'une personne décède.
Il y a environ deux semaines, un autre jeune Érythréen serait décédé après être tombé gravement malade pendant sa détention
Bon nombre de ces personnes détenues ont également subi de graves traumatismes psychologiques. Certaines ont été interceptées en mer, tandis que d'autres ont été victimes de violences, d'abus, d'exploitation et ont vécu de longues périodes d'incertitude au cours de leur périple à travers la Libye. Elles sont aujourd'hui détenues dans des conditions effrayantes et dégradantes, sans accès adéquat à des soins médicaux ou psychologiques.
Nous demandons instamment que le centre de détention de Tajura fasse l'objet d'une visite et d'un suivi indépendants dès que possible, avant que d'autres vies ne soient perdues.
Autres centres de détention nécessitant une attention immédiate
Nous exhortons également l'Union européenne à accorder une attention immédiate à d'autres centres de détention, notamment ceux de Sabha et de Brak al-Shati, où des milliers de migrants et de réfugiés seraient détenus.
La situation dans ces centres est également très préoccupante. Les personnes y vivent dans la crainte d'être transférées vers d'autres centres de détention ou d'y être placées, et de graves inquiétudes pèsent sur leur sécurité, leur santé et leur accès aux droits humains fondamentaux.
Notre appel
Nous sommes des militants érythréens et des membres d'une association qui suivons ces cas, car de nombreux Érythréens sont contraints de fuir leur pays en raison de la situation politique actuelle. Pour beaucoup, la Libye devient une étape dangereuse de leur parcours, où ils sont exposés à la détention, à la violence, aux abus, à la traite, à l'exploitation, à la maladie et à la mort.
Nous appelons donc de toute urgence l'Union européenne à :
Prendre des mesures immédiates pour protéger les migrants et les réfugiés détenus en Libye.
Exiger un accès immédiat et indépendant aux centres de détention, notamment à Benghazi, Tajura, Sabha et Brak al-Shati.
Garantir la prise en charge médicale d'urgence des détenus malades ou blessés.
Mener des enquêtes sur les informations faisant état de fusillades, de décès, de mauvais traitements et d'autres violations commises au sein des centres de détention.
Veiller à ce que les détenus blessés bénéficient de soins médicaux et psychologiques adaptés.
Mettre en place des mécanismes de surveillance indépendants capables de documenter les conditions de détention et les décès survenant dans ces centres.
Veiller à ce que les familles puissent obtenir des informations sur leurs proches détenus ou décédés.
Prendre des mesures concrètes pour empêcher de nouveaux décès et de nouvelles violations des droits de l'homme.
Veiller à ce que les personnes vulnérables, notamment celles souffrant de maladies graves et de traumatismes psychologiques, soient identifiées et protégées.
Il s'agit d'une situation humanitaire urgente. Ce sont des êtres humains dont la vie est en danger immédiat. Nous craignons que, sans une intervention rapide, nous assistions à de nouveaux décès et à une catastrophe humanitaire encore plus grave au sein de ces centres de détention.
Manifestation à Londres et à Bruxelles – 12 septembre 2026
Le 12 septembre 2026, nous serons présents à Londres et à Bruxelles pour manifester pacifiquement et sensibiliser le public à la situation des réfugiés érythréens et des autres migrants détenus en Libye.Nous avons également pris contact avec des membres de l'Union européenne et des représentants concernés afin de porter ces témoignages et ces revendications directement à leur attention.
Nous demandons respectueusement à l'Union européenne d'écouter la voix des survivants et des familles et d'agir avant que d'autres vies ne soient perdues.
Nous ne pouvons pas attendre que ces personnes soient mortes pour que le monde prête attention à leurs souffrances.
Nous demandons de toute urgence une réponse concrète et une action immédiate. Urgent and deeply concerning appeal regarding the grave and deteriorating conditions faced by migrants and refugees detained in Libya, particularly Eritrean nationals
As an association and as activists who closely follow the situation of Eritrean refugees and migrants travelling through Libya, we are receiving increasingly alarming information about detention centres where thousands of people are being held in extremely dangerous and inhumane conditions.
We urgently call on the European Union and its relevant institutions to take immediate action and ensure independent access, monitoring, medical assistance, and protection for those detained.
Benghazi Detention Centre
The situation in the detention centre in Benghazi is particularly alarming. Thousands of people are reportedly being detained there in extremely poor conditions, with serious shortages of food, medical care, and basic necessities.
We have received information concerning the death of a young Eritrean man, Filmon, who reportedly died from tuberculosis on 20 August 2026 due to a lack of adequate medical treatment.
On the same date, according to testimonies we have received, police opened fire on detainees. Approximately 30 people were reportedly injured. Some suffered extremely serious injuries, including loss of an eye and other parts of the body. Many of those injured have still not received adequate medical treatment.
We are also deeply concerned that a significant proportion of the detainees are reportedly suffering from serious illnesses, while sick and injured people are kept together in extremely unsafe and overcrowded conditions.
Immediate intervention is essential. If no action is taken in the coming weeks and months, we fear that further deaths and serious humanitarian consequences will occur.
We have also received information that only four Eritrean detainees have reportedly been released from this detention centre after approximately one year of detention. Their families allegedly paid around USD 4,000 per person to secure their release through individuals connected to the police. However, we have subsequently been unable to obtain reliable information about the whereabouts or safety of these four people.
Tajura Detention Centre
The situation in Tajura is equally alarming.
More than 1,200 Eritreans are reportedly detained there, alongside thousands of other migrants and refugees. Access to the centre is extremely limited, making it very difficult for families, humanitarian organisations, or independent observers to establish what is happening inside.
In many cases, we learn about the situation only when someone dies.
Approximately two weeks ago, another young Eritrean reportedly died after becoming seriously ill while in detention.
Many of those detained have also experienced severe psychological trauma. Some were intercepted at sea, while others have experienced violence, abuse, exploitation, and prolonged periods of uncertainty during their journey through Libya. They are now being held in frightening and degrading conditions, without adequate access to medical or psychological care.
We urgently request that the Tajura detention centre be independently visited and monitored as soon as possible, before further lives are lost.
Other Detention Centres Requiring Immediate Attention
We also urge the European Union to pay immediate attention to other detention facilities, including Sabha and Brak al-Shati, where thousands of migrants and refugees are reportedly detained.
The situation in these centres is also a matter of grave concern. People are living in fear of being transferred to or entering further detention facilities, and there are serious concerns regarding their safety, health, and access to basic human rights.
Our Appeal
We are Eritrean activists and members of an association following these cases because many Eritreans are forced to flee their country due to the current political situation. For many, Libya becomes a dangerous stage of their journey, where they are exposed to detention, violence, abuse, trafficking, exploitation, illness, and death.
We therefore urgently call upon the European Union to :
Take immediate action to protect migrants and refugees detained in Libya.
Demand immediate and independent access to detention centres, particularly Benghazi, Tajura, Sabha, and Brak al-Shati.
Ensure urgent medical treatment for sick and injured detainees.
Investigate reports of shootings, deaths, abuse, and other violations occurring inside detention facilities.
Ensure that injured detainees receive appropriate medical and psychological care.
Establish independent monitoring mechanisms capable of documenting the conditions and deaths occurring in these centres.
Ensure that families can obtain information about detained and deceased relatives.
Take concrete measures to prevent further deaths and human rights violations.
Ensure that vulnerable people, including those suffering from serious illnesses and psychological trauma, are identified and protected.
This is an urgent humanitarian situation. These are human beings whose lives are at immediate risk. We fear that without rapid intervention, we will witness further deaths and an even greater humanitarian disaster inside these detention centres.
Demonstration in London and Brussels – 12 September 2026
On 12 September 2026, we will be present in London and Brussels to peacefully demonstrate and raise awareness of the situation of Eritrean refugees and other migrants detained in Libya.
We will bring approximately 30,000 signatures supporting our appeal, together with testimonies from survivors who have personally experienced detention and abuse in Libya.
We have also contacted members of the European Union and relevant representatives to bring these testimonies and demands directly to their attention.
We respectfully ask the European Union to listen to the voices of survivors and families and to act before more lives are lost.
We cannot wait until these people are dead before the world pays attention to their suffering.
We urgently request a concrete response and immediate action.The president’s chaotic schemes of aggrandizement, from Venezuela to Iran, have no larger rationale
Trumpism is the lowest stage of imperialism. “We’re not going to invade Greenland. We’re going to buy it,” Donald Trump reportedly told the annual black-tie dinner on 1 February of the private Alfalfa Club, an assemblage of prominent Washington figures, a number of whom he had publicly humiliated, and others he was investigating or suing. “It’s never been my intention to make Greenland the 51st state. I want to make Canada the 51st state. Greenland will be the 52nd state. Venezuela can be 53rd.” The room greeted several of his remarks with dead silence. His cosplay as the Pirate King was not received as a good-humored takeoff from a Gilbert and Sullivan opera. He went on. “So many people in the room I hate,” he said in a display of honesty. “Most of you I like,” he claimed. Then, at his peak euphoria, he flew off to Mar-a-Lago to plan his attack on Iran, which took place 27 days later.
Trump’s imperialism of piracy and plunder is less of a system even than that of the earliest imperialism of 17th-century privateers raiding the Spanish Main, the divine right of kings, and monarchs dividing up the spoils as favors to create their lords and earls. His schemes of aggrandizement operating by threat and force are justified by no larger rationale, nothing as exalted as “the white man’s burden”, marauding wherever and however he can to seize resources.
Continue reading...L'équipe Next-gen Kaldi de Xiaomi a sorti OmniVoice, un modèle de synthèse vocale qui parle 646 langues et qui est capable de "recopier" une voix à partir d'un extrait de huit secondes minimum. Et tout ça en local et gratuitement !
Le français y est d'ailleurs la cinquième langue du corpus d'entraînement, avec 23 675 heures d'audio de référence sur les 581 000 qu'ils ont avalées. Autant dire que le modèle a entendu du français toute sa vie, et ça s'entend au résultat.
Voilà donc comment cloner votre propre voix, du début à la fin. Comptez 3,3 Go de poids à télécharger la première fois, et quelques minutes de manipulation une fois qu'ils sont sur votre disque.
Pour cela, il vous faut Python 3.10 ou plus récent, et un environnement isolé (sinon vous allez casser autre chose). Sur Mac, les deux lignes suivantes suffiront puisque le modèle utilise le GPU intégré via MPS :
python3 -m venv ~/omnivoice-env && source ~/omnivoice-env/bin/activate
pip install torch==2.8.0 torchaudio==2.8.0
pip install omnivoice num2words
Sur Linux et Windows, ça devra se faire avec une carte NVIDIA (sous Windows, l'environnement s'active avec omnivoice-env\Scripts\activate) sauf que PyTorch doit venir de l'index CUDA, donc remplacez la deuxième ligne par celle-ci :
pip install torch==2.8.0+cu128 torchaudio==2.8.0+cu128 --extra-index-url https://download.pytorch.org/whl/cu128
Notez que sans carte graphique du tout, ça marche quand même. J'ai rejoué la même installation dans un conteneur Linux en processeur seul, elle passe sans rien changer... mais il m'a fallu cinq fois la durée de l'audio en temps de calcul.
Une fois installé, pour savoir que c'est en place, tapez omnivoice-infer --help et là, la liste des options doit s'afficher, sans la moindre erreur d'import. Le num2words de la troisième ligne, lui, ne sert qu'au chemin Python dont je parle plus bas, alors gardez-le sous le coude.
C'est l'étape que tout le monde bâcle et c'est pourtant celle qui est décisive pour avoir un bon résultat. Le projet recommande entre 3 et 10 secondes, pas plus car au-delà, ça ralentit le calcul et ça dégrade le clonage. Prenez donc un passage où vous parlez sans blanc, sans "euh", sans musique derrière, et découpez-le proprement comme ceci avec ffmpeg (ou autre logiciel de votre choix) :
ffmpeg -i mon-enregistrement.m4a -ss 12 -t 8 -ac 1 -ar 24000 moi.wav
La qualité de cet extrait est très importante donc si vous enregistrez votre voix, mettez bien le micro près de la bouche, dans une pièce sans écho, et évitez les MP3 récupéré à partir de YouTube .
Écrivez ensuite dans un fichier ce que dit exactement l'extrait, mot pour mot. Vous pouvez sauter cette étape (le modèle transcrit alors tout seul avec Whisper), sauf qu'il téléchargera 1,6 Go de plus pour ça et qu'il se plante parfois sur un nom propre, ce qui abîme le clonage.
Avant de taper quoi que ce soit, relisez bien votre texte et réécrivez les chiffres en toutes lettres. La ligne de commande n'a aucune option de normalisation, donc "2345" sortira n'importe comment alors que "deux mille trois cent quarante-cinq" se lit tout seul. C'est du côté Python que la normalisation se fait, avec normalize_text=True, la langue passée en language="fr" et le num2words de tout à l'heure... sans la langue, votre texte français part chez le normaliseur anglais qui réclamera même une lib sans version précompilée pour les Mac Apple Silicon.
Voici la commande complète :
omnivoice-infer --model k2-fsa/OmniVoice \
--text "Bonjour, ceci est un test de clonage de voix en français réalisé avec OmniVoice." \
--ref_audio moi.wav --ref_text "$(cat moi.txt)" \
--language fr --num_step 32 --output ma-voix.wav
Vous devez voir passer un "Saved to ma-voix.wav" au bout de quelques secondes. Sur mon M4 Max, j'ai compté 4 à 6 secondes de calcul pour 5,4 secondes d'audio, et moitié moins avec --num_step 16 au prix d'un peu de netteté. Au passage, le facteur 40 fois plus rapide que le temps réel qu'annonce le projet sur son site, ça a été mesuré sur un H100 avec des noyaux d'accélération maison, et pas sur un ordi de bureau...
Si la ligne de commande vous rebute, vous pouvez aussi passer par la commande : omnivoice-demo --ip 127.0.0.1 --port 8001 qui permet de faire la même chose mais dans le navigateur, avec le bouton d'import pour l'extrait et un menu déroulant pour la langue. Pensez juste à lancer export GRADIO_ANALYTICS_ENABLED=False avant, parce que l'interface web appelle les serveurs de Gradio au démarrage et qu'on n'a pas envie de leur filer nos data à ceux-là.
L'audio, lui, ne bouge pas de votre machine.
L'extrait de référence de 8 secondes chargé à gauche, la langue calée sur French, et la sortie de 5 secondes à droite une fois le clonage terminé.
Maintenant, une fois que c'est fait, écoutez le fichier avant d'en faire quoi que ce soit, parce que le modèle avale parfois des morceaux de phrase. Sur mes 24 générations de la même phrase, 5 ont perdu ou déformé un mot. C'était presque toujours le premier ou le dernier... et ce n'est pas une surprise, c'est un bug connu de l'outil. Faut donc relancer parfois plusieurs fois pour avoir un résultat OK.
Dernier truc pour ceux qui passeront par Python : la voix se sauvegarde une fois pour toutes. model.create_voice_clone_prompt() puis .save("ma_voix.pt") produisent un fichier minuscule que les sessions suivantes rechargeront sans repasser par l'extrait ni par la transcription. Regénérez alors une phrase avec, et comparez à l'oreille : si c'est bien la même voix, vous pouvez ranger le WAV de référence.
Voici l'extrait que j'ai généré avec ma voix. Ces 6 secondes d'audio ont pris 14 secondes à la génération sur mon Mac Studio :
Votre navigateur ne supporte pas l'élément audio.Si vous faites faire le boulot par Claude Code, Codex ou n'importe quel agent IA, voilà le brief à lui donner tel quel. J'y ai mis les pièges qui m'ont coûté un peu de temps :
Alors le code d'OmniVoice est bien sous licence Apache 2.0, mais les poids du modèle, eux, sont sous CC-BY-NC à cause du corpus qui a servi à les entraîner. Cela veut dire que tout usage commercial est interdit. Donc si vous avez prévu un projet afin de gagner de l'argent, regardez plutôt du côté de Chatterbox , qui est sous licence MIT, qui parle également français et qui "tatoue" même ses sorties (vu que maintenant c'est obligatoire avec la loi IA).
Pour l'usage perso, en revanche, rien ne vous arrête, et le règlement européen sur l'IA exclut explicitement de son champ l'activité personnelle non professionnelle.
Ce qui est cool avec Omnivoice, c'est que ce clonage de votre voix se fait à 100% en local et c'est bien tout l'intérêt de la manœuvre ! Et si l'idée c'est plutôt de faire lire vos ebooks par la machine, je vous invite à jeter un œil à MLX-Audio côté Mac.
Source : OmniVoice sur GitHub
Dans cette région de l'Est de l'Allemagne, l'extrême droite a atteint un score historique et pourrait se retrouver à diriger le Land. Les médias indépendants cherchent des explications, tandis que la société civile se mobilise.
À l'issue du scrutin du 6 septembre, le parti d'extrême droite allemand AfD a récolté 43,8 % des voix dans un Land de l'est du pays. « L'AfD a remporté la victoire en Saxe-Anhalt dans toutes les tranches d'âge, avec les plus faibles marges chez les plus jeunes et les plus âgés, décrit Deník Referendum. Par ailleurs, plus de la moitié des électeurs masculins d'âge moyen ont voté pour ce parti. »
Si la victoire avait été annoncée par les sondages, le haut taux de participation, à près de 80 %, lui, a surpris. « Le taux de participation record n'a pas nui à ce parti cette fois, mais l'a au contraire favorisé », lit-on dans le média tchèque. « L'AfD a désormais prouvé qu'il est possible de mobiliser les abstentionnistes. Il reste à la gauche d'obtenir des résultats encore meilleurs que la droite dans ce domaine, lit-on dans la version allemande de Jacobin. Cette société a besoin d'une vision d'avenir différente, qui transcende à la fois l'état actuel, délabré, et le retour à un passé fantasmé proposé par l'AfD. »
Sur le même sujet
Le Grand Continent
Comment l'AfD est devenu un parti de masse en Allemagne
Les médias indépendants internationaux cherchent des explications à une telle victoire. « On pourrait certes évoquer l'Allemagne de l'Est, sa transformation, le sentiment d'humiliation après la Réunification, le désengagement des partis traditionnels et la méfiance envers les institutions. Tous ces éléments sont importants. Mais avec un score de 43,8 %, une telle explication ne suffit plus », argumente le site polonais Krytyka Polityczna.
Depuis le Royaume-Uni, openDemocracy explique à son lectorat : « Pour un pays qui, à l'étranger, est encore associé à la stabilité politique, à une industrie solide et à un niveau de vie relativement élevé, un tel résultat peut paraître surprenant. Pourtant, ces dernières années ont profondément marqué l'économie allemande. La production économique réelle a à peine progressé, la production industrielle s'est affaiblie et les ménages ont subi une perte considérable de pouvoir d'achat. » Et complète : « Il n'est guère surprenant que ces événements aient entraîné des changements dans le climat politique. »
Le nouveau gouvernement régional doit être constitué au plus tard le 6 octobre, rappelle Correctiv. L'AfD a annoncé, avant l'élection, ne vouloir gouverner qu'avec une majorité absolue. Or, le parti a obtenu 39 sièges, 3 de moins que les 42 nécessaires pour avoir la majorité au parlement régional. Par ailleurs, il a peu d'alliés.
Le média indépendant allemand se penche sur les possibles scénarios, comme l'alliance avec un petit parti, l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), du nom de sa fondatrice, une ancienne de Die Linke qui a quitté le parti de gauche en 2023. La BSW a cinq sièges. Sinon, de nouvelles élections pourraient être organisées. Si le parti d'extrême droite parvient à diriger le Land, sa capacité d'action sera en partie limitée par les lois fédérales. « L'AfD pourrait toutefois opérer des changements particulièrement importants dans les domaines relevant de la compétence des Länder, notamment l'éducation, la sécurité intérieure et la culture », décrypte le site d'enquête.
Cette victoire électorale a profondément choqué une partie du pays. Dans la capitale allemande, des milliers de personnes se sont mobilisées en réaction aux résultats de cette élection. « Des manifestants se sont rassemblés pacifiquement à la porte de Brandebourg, à Berlin, en faveur de la démocratie, pour dénoncer le parti AfD, anti-immigrés et pro-russe, qui a appelé à des expulsions massives de demandeurs d'asile et à un recul des aides publiques en faveur des énergies renouvelables et de l'audiovisuel public », détaille The Guardian.
Le journal indépendant allemand Taz a parlé à des membres de la société civile après le scrutin. « Nous sommes en dialogue avec nos collègues d'autres pays, y compris ceux dirigés par des gouvernements de droite radicale. Nous apprenons les uns des autres à être plus résilients », témoigne par exemple la directrice du musée d'art de Magdebourg, la capitale du Land.
Sur le même sujet
Lisbeth Media
Elsa Deck Marsault : « Le féminisme a oublié son histoire anti-carcérale »
Les personnes interrogées parlent au média du besoin de faire communauté. « Plus que jamais, la solidarité est nécessaire », dit une femme du Service mobile d'aide aux victimes, qui soutient les personnes victimes des violences d'extrême droite. Bettina Schlauraff, une responsable de l'Église protestante de la région, partage une lueur d'espoir : « Ce qui me donne du courage, c'est la formation, ces derniers mois, d'une société civile très stable sur laquelle nous pouvons désormais compter. Une société civile qui n'hésitera pas à s'exprimer. »

[Deal du jour] Carrefour propose la table d'arcade Head-to-Head Pac-Man d'Arcade1Up à 349,99 € au lieu de 699 €, soit 350 € d'économie sur ce meuble résolument rétro.
Auberon López vient de publier sur son blog un bouton qui freeze complètement les Mac à partir d'un simple clic dans un navigateur. Il a baptisé ça le Deathray (le rayon de la mort quoi...) et c'est un shader WebGPU diffusé via une page web des plus ordinaires, qu'il suffit d'ouvrir d'un simple clic sur un lien.
Ce qui arrive ensuite change d'une fois sur l'autre : Vous aurez le doit à la roue multicolore, ou la souris qui se fige, ou encore parfois des saletés magenta sur une partie de l'écran. Le reste de l'ordinateur, lui, va très bien et vous pouvez vous y connecter en SSH depuis une autre machine sans souci. C'est juste l'affichage qui ne répond plus, et il ne reviendra pas sauf si vous rebootez.
Le fait est que macOS surveille également son WindowServer, le processus qui dessine tout ce que vous voyez. S'il ne répond plus pendant deux minutes, le chien de garde déclenche un kernel panic et la machine redémarre ensuite toute seule. Mais vous pouvez aussi appuyer sur le bouton d'alimentation si vous êtes pressé, mais en croisant les doigts pour que votre navigateur ne rouvre pas l'onglet au redémarrage...
Le truc tient dans un seul fichier HTML, et histoire de vous expliquer un peu plus, un compute shader part dans une boucle écrite sans incrément, donc elle ne se termine jamais, et recopie indéfiniment le même vecteur en mémoire. À côté, le vertex shader qui dessine l'image lit alors cette même zone, et comme le premier ne lâche jamais la main, le second ne peut pas avancer d'un pouce.
Sauf que l'embouteillage ne reste pas cantonné au navigateur. Tous les processus qui veulent le GPU se retrouvent alors à patienter derrière, WindowServer compris, d'où l'écran figé. López dit avoir reproduit la chose dans Chrome, Firefox et Safari, sur des MacBook à puce M tournant sous macOS Tahoe. Après sur les autres systèmes testés, l'onglet rame un bon coup, puis tout rentre dans l'ordre dès qu'on ferme la page.
Mais alors pourquoi eux et pas les autres OS comme Windows ?
Hé bien parce que Windows embarque un mécanisme appelé TDR , qui repère qu'une carte graphique met plus longtemps que prévu à répondre et qui la réinitialise pour éviter que tout le système se bloque. Deux secondes par défaut, et le shader qui déconne se fait éjecter.
Alors que sur Apple Silicon, c'est un coprocesseur maison, l'ASC, qui pilote le GPU avec un firmware Apple et qui s'occupe de tout : énergie, ordonnancement des commandes, préemption des tâches. Asahi Lina , qui a retourné la puce M1 pour écrire un pilote Linux , a d'ailleurs relevé que si ce firmware plante, il n'y a qu'un moyen de s'en sortir. La seule solution c'est de redémarrer complètement la machine.
López a signalé le problème à Apple Security fin juillet. Apple a reproduit le bug, annoncé un correctif et donné un calendrier (confidentiel, donc on ne le connaîtra pas). Puis le 26 août, revirement complet d'Apple qui explique ne voir "aucune implication de sécurité dans ce rapport", lequel n'entraînera donc aucun changement dans ses produits. Le dossier est ensuite parti vers une autre équipe pour d'éventuelles "considérations d'amélioration".
En 2023 pourtant, Ron Masas d'Imperva avait déjà fait planter des Mac, des iPhone et des iPad avec un shader, en WebGL cette fois. Apple avait alors sorti le CVE-2023-40441 , noté 6,5 sur 10, et l'avait bouché en renforçant la validation des entrées pour mieux repérer les boucles folles.
Seulement voilà, sa boucle à lui était énorme mais finie, donc détectable, alors que celle du Deathray tourne pour toujours. Et une boucle infinie, la repérer à coup sûr, c'est le problème de l'arrêt ... donc personne ne sait faire.
López l'écrit d'ailleurs sur son site, les chercheurs en sécurité avec qui la question a été discutée donnent plutôt raison à Apple. Pour la firme, le résultat n'est qu'un plantage, un gel ou une perte de données récupérable, et ça ne constitue pas un réel problème de sécurité. Et sur le principe, ça se défend. Sauf que dans la vraie vie, si vous avez oublié de sauvegarder vos fichiers et que vous cliquez sur ce lien, vous l'avez dans l'os (et pas dans le "MacOS"... roh roh roh).
Donc non, il n'y a rien à installer pour empêcher ça et rien à attendre de Cupertino pour le moment. Voilà, sachez juste que n'importe quel couillon qui aura lu cet article pourra vous envoyer un petit lien par mail, façon rickroll des enfers, ce qui aura pour effet de freezer et faire redémarrer votre Mac.
Désolé !! 🤷♂️
Source : le billet d'Auberon López .
Le chercheur en IA Jacob Coxon a annoncé, le 9 septembre 2026, sa démission d’Anthropic pour protester contre les « risques existentiels » que feraient courir à l’humanité l’entreprise et son ancien employeur, OpenAI. Selon le spécialiste du pretraining, aucun des deux géants de l’IA n’agit de façon responsable : ils se dirigent tous deux vers une « superintelligence auto-améliorante » susceptible de mettre en jeu « l’avenir de l’humanité ».
Jacob Coxon craint que les modèles d’IA à venir ne deviennent « surhumains », au point de pouvoir pirater n’importe quel système ou bouleverser la recherche scientifique mondiale. Il fait toutefois une distinction entre ses deux anciens employeurs : selon lui, OpenAI n’aurait pas mesuré l’ampleur de ces « enjeux civilisationnels ». Anthropic en aurait conscience, mais serait prise au piège d’une « course » à l’innovation qui l’empêcherait de ralentir, de peur qu’un concurrent moins prudent ne prenne un avantage décisif.
Ces entreprises risquent de perdre leur capacité à comprendre le raisonnement interne de leurs modèles et, donc, à s’assurer que ceux-ci agissent conformément aux intentions humaines. Le 6 septembre 2026, Jakub Pachocki, chef scientifique d’OpenAI, a ainsi affirmé que l’outil utilisé pour surveiller ce raisonnement devenait « de moins en moins fiable ».
Jacob Coxon appelle ses anciens collègues à s’interroger sur leur rôle dans cette dangereuse fuite en avant. En février 2026, Mrinank Sharma, chercheur de l’équipe sécurité d’Anthropic, a lui aussi démissionné, pour les mêmes raisons, évoquant un « monde en péril ».
The post Risques existentiels : un ex-chercheur accuse OpenAI et Anthropic appeared first on INCYBER NEWS.
La société de cybersécurité Calif a annoncé, le 8 septembre 2026, avoir développé un ver informatique zero-click auto-propagateur ciblant WeChat, l’application de messagerie centrale dans le cyberespace chinois. Appeler un utilisateur suffit pour infecter son terminal s’il décroche ou laisse sonner suffisamment longtemps. Le ver exploite en effet une faille critique dans la pile VoIP de WeChat, utilisée pour les appels audio et vidéo de l’application.
Après avoir pris le contrôle de l’appareil, le logiciel malveillant peut se propager à l’ensemble des contacts de l’usager. Un tel ver pourrait donc représenter une menace pour le milliard d’utilisateurs de WeChat. Calif a informé Tencent, société mère de l’application, de ses découvertes en juillet 2026. Le groupe a publié des correctifs le 21 août 2026, puis confirmé, fin août, avoir corrigé la faille côté serveur pour l’ensemble des utilisateurs.
Calif souligne l’importance de l’IA dans ce travail d’investigation. « L’IA a permis à notre équipe de découvrir la faille et de mettre au point, en environ deux jours, le premier exploit d’exécution de code à distance (RCE). La création du ver a pris une semaine supplémentaire. Auparavant, le développement d’un ver de cette envergure aurait mobilisé une équipe importante pendant plusieurs mois », lit-on dans le rapport de Calif.
The post Calif a découvert une grave faille dans WeChat appeared first on INCYBER NEWS.
Hervé Fortin, RSSI de la Ville de Lille, est revenu, le 8 septembre 2026, sur la campagne de sensibilisation cyber menée par l’éditeur français Conscio Technologies auprès des agents de la collectivité. Ce programme fait suite à une cyberattaque de grande ampleur qui a touché la Ville de Lille en 2023. L’incident a conduit la Direction du Numérique et des Systèmes d’Information (DNSI), mutualisée pour Lille, Lomme et Hellemmes, à renforcer sa politique de cybersécurité.
L’une des priorités identifiées était de sensibiliser durablement les personnels. L’éditeur français Conscio Technologies a remporté l’appel d’offres, notamment grâce à « une plateforme complète associant contenus pédagogiques, outils de pilotage et indicateurs de suivi », selon Hervé Fortin.
« La qualité et la diversité des contenus proposés nous ont permis de lancer rapidement nos premières campagnes tout en conservant une capacité de personnalisation adaptée à notre organisation », complète-t-il. Après avoir évalué le niveau de maturité cyber des agents, la DNSI et son prestataire ont mis en place un programme combinant ressources en ligne et activités en présentiel. Les thématiques suivantes ont été abordées : phishing, gestion des mots de passe, mobilité, télétravail, ingénierie sociale et bonnes pratiques d’hygiène numérique.
« L’un des principaux bénéfices réside dans la capacité à sensibiliser efficacement un très grand nombre d’agents avec un investissement limité en temps de préparation », indique Hervé Fortin. Les enquêtes menées auprès des personnels montrent qu’ils ont apprécié les formats, jugés accessibles, concrets et directement applicables à leur quotidien professionnel.
The post Sensibilisation cyber pour les agents de Lille appeared first on INCYBER NEWS.
Dans un peu moins de 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Cette page fournit des instructions pour exporter ses données depuis les services de l'infrastructure d'A/I.
Que l'on utilise ou non ces services, cet article est à faire tourner largement afin que personne ne se retrouve en galère le jour venu.
Dans 10 jours, les services fournis par Autistici/Inventati fermeront.
Autistici/Inventati met fin à ses activités de services internet libres et autonomes | 10 septembre
Cela inclut : les adresses email, les listes mail, les services de visio/audioconférence, les sites web hébergés chez elleux, ainsi que le fameux noblogs.org. Donc tous les blogs Noblogs s'éteindront dans 10 jours.
Les adresses email concernées sont celles terminant par @autistici.org, @anche.no, @autistiche.org, @autoproduzioni.net, @bastardi.net, @bruttocarattere.org, @canaglie.net, @canaglie.org, @cryptolab.net, @distruzione.org, @grrlz.net, @hacari.com, @hacari.net, @hacari.org, @insiberia.net, @insicuri.net, @inventati.org, @krutt.org, @logorroici.org, @mortemale.org, @onenetbeyond.org, @paranoici.org, @privacyrequired.com, @stronzi.org, @subvertising.org
Si vous connaissez des personnes ou des collectifs gérant un blog chez Noblogs, un site web hébergé par A/I, ou ayant une adresse email comme citées plus haut, merci de leur envoyer cet article.
Le collectif a publié hier (mardi 8) des instructions en italien et en anglais pour sauvegarder ses données : https://cavallette.noblogs.org/2026/09/10099
Une traduction est disponible ci-dessous ou sur https://squ.at/ai-sauvegarde
Si vous avez besoin d'aide, un groupe Signal a été créé pour s'entraider entre utilisateurices francophones : https://signal.group/#CjQKIB6IcJOchgdobOMkahFnlsKZJsDmgZx3_j1hJrNWs1pfEhAe2l98F6KZ9ewOG68ixnQs
À faire tourner au maximum !
Dans une dizaine de jours les services fournis par Autistici/Inventati s'éteindront.
Cela signifie que les comptes email ne fonctionneront plus : si vous les avez utilisés pour vous enregistrer à des services tiers, il vous faudra y mettre à jour votre email pour une nouvelle adresse.
Cette page fournit des instructions pour exporter les données des services de l'infrastructure d'A/I.
Les comptes « propriétaire » et « administrateur » des blogs vont recevoir un email contenant un lien de téléchargement de la sauvegarde du blog, incluant les articles, les pages, les médias, dans un format permettant de la réimporter dans une autre plateforme WordPress.
Voici un guide pas-à-pas pour importer les données téléchargées dans un nouveau site WordPress :
Si vous voyez une erreur durant le processus de téléversement (par exemple parce que des fichiers sont trop gros), envoyez un email à help@inventati.org. Nous pourrons vous envoyez des instructions sur comment augmenter les limites de téléversement ou comment découper le fichier XML en plus petits morceaux. (Vous pouvez aussi trouver des solutions en ligne.)
Important : importer les fichiers joints n'est possible que si noblogs.org est encore accessible. Quand Noblogs aura cessé de fonctionner, vous devrez installer une extension sur votre nouveau blog afin de changer les liens des fichiers sauvegardés.
Notez aussi que, une fois notre infrastructure éteinte, il ne sera plus possible de nous contacter. Si vous pensez avoir besoin d'aide pour la migration, merci d'importer votre sauvegarde sur votre nouveau site WordPress avant cette date.
Lorsqu'ils sont stockés sur nos serveurs, vos emails sont chiffrés : nous ne pouvons pas accéder à leur contenu, et vous seul·e pouvez les déchiffrer avec votre mot de passe. Il est donc crucial que vous téléchargiez votre boîte mail avant la fermeture des services d'A/I, car il sera ensuite impossible de récupérer vos messages.
Il n'est pas possible de télécharger les emails depuis le webmail. Dans l'interface web, vous pouvez uniquement sélectionner tous vos emails et les effacer afin de vider votre boîte mail. Si vous voulez télécharger vos messages, vous devez installer un client mail sur votre ordinateur. Nous recommandons d'utiliser Thunderbird. Vous pouvez trouver un tutoriel ici :
https://www.inventati.org/docs/mail/thunderbird
Nous ne fournirons pas d'instructions sur comment synchroniser ou exporter vos emails vers des hébergeurs de mails tiers et/ou commerciaux.
Vous pouvez télécharger votre liste de contacts depuis le webmail, via l'option « Exporter » dans le menu « Contacts ».
Paramètres de connexion pour Thunderbird :
Nous recommandons de télécharger le contenu des sites hébergés sur les serveurs d'A/I via le protocole WebDAV à l'aide d'un client compatible. Les paramètres d'accès sont disponibles ici : https://www.inventati.org/docs/web/webdav#how-to-download-your-website
Vous trouverez un « dump » (une archive) des bases de données SQL de votre (ou vos) site(s) dans le dossier principal de votre compte WebDAV.
Logiciels recommandés :
Les administrateurices de listes mail et de newsletters ont déjà reçu un email avec la liste des utilisateurices inscrit·es. Si vous ne l'avez pas reçu, vérifiez dans votre dossier Spam ou envoyez un email à help@inventati.org, en prenant soin de bien mettre le nom de votre liste dans votre message. (Notez que ces informations ne seront envoyées qu'à l'adresse mail de lx ou des administrateurice(s) de la liste.)
Si vous avez activé l'archivage des messages de votre liste mail et voudriez télécharger l'archive, envoyez un email à help@inventati.org et nous essaierons de trouver un moyen de vous aider.
Le climat flambe, le coût de la vie aussi : il est temps de se révolter
L’article Fin du monde, fin du mois : même combat est apparu en premier sur Contre Attaque.
Fatima Berral succédera à Olivier Vallet à la tête de Docaposte Fatima Berral deviendra, le 1er novembre 2026, présidente-directrice générale de Docaposte et directrice générale adjointe de la branche Grand Public et Numérique du Groupe La Poste. L’ancienne dirigeante de Sogelink apporte une expérience de la croissance par le SaaS, les acquisitions et l’expansion internationale. …
L’article DOCAPOSTE, MEDIAWAN, MONACO TECH: les mouvements clés de la semaine est apparu en premier sur FW.MEDIA.

Le 10 septembre 2026, Anthropic, l'entreprise à l'origine de Claude, a publié son rapport sur la menace. Un document de 154 pages où l'on peut lire les différents usages détournés de Claude à travers le monde, interceptés par les équipes en interne.
Mistral AI poursuit sa stratégie de conquête des entreprises avec un nouveau partenariat présenté comme « stratégique » avec Cloudera. L’éditeur américain de plateformes de données va intégrer les modèles et outils du Français à son environnement hybride, donnant à ses clients la possibilité d’exécuter des modèles Mistral sur leurs propres infrastructures, dans le cloud, sur site ou dans des environnements totalement isolés.

Source :Compte Facebook, le 2 septembre 2026
Etiqe :Daté
Contenu :
En novembre 2023, le sénateur Joël Guerriau est accusé par la députée Sandrine Josso d’avoir tenté de la soumettre chimiquement dans le but de l’agresser sexuellement ou de la violer. Deux ans plus tard, il a été condamné en première instance. Il a, depuis, fait appel de cette décision et bénéficie toujours de la présomption d’innocence.
Malgré ces accusations et cette condamnation, certains internautes ont récemment affirmé que Joël Guerriau serait toujours « en poste » et « payé par le Sénat ».
Il n’occupe en réalité plus de mandat de sénateur et aucun élément ne permet d’affirmer qu’il toucherait toujours des indemnités parlementaires.
Des indemnités touchées malgré une mise en retrait
Après avoir d’abord accepté de se mettre en retrait en septembre 2024, Joël Guerriau a finalement démissionné de son mandat de sénateur à l’automne 2025, comme en témoignent de nombreux articles de l’époque (comme ici ou là). L’ancien parlementaire avait alors prétexté qu’il démissionnait en raison d’un précédent engagement et non des accusations à son encontre. La plaignante, Sandrine Josso, avait parlé d’un « repli stratégique, à quelques mois de son procès et après avoir largement profité des privilèges attachés à sa fonction », comme le rapportait à l’époque France Info.
Sur le site du Sénat, il est ainsi possible de voir qu’il n’occupe plus ces fonctions depuis le 5 octobre 2025. Contrairement aux publications relayées sur les réseaux sociaux, il n’est donc plus sénateur et n’est donc logiquement plus payé par le Sénat.
Une fiche de Sénat Infox, la plateforme du Sénat visant à lutter contre les fausses informations relatives à cette dernière, précise d’ailleurs que, depuis sa démission, Joël Guerriau « n’est plus sénateur », « n’est plus rémunéré par le Sénat” et “ne peut plus participer aux travaux du Sénat ».
S’il n’est, aujourd’hui, plus rémunéré par le palais du Luxembourg, il l’a été pendant une longue période entre le moment où il a été accusé et celui où il a démissionné. En effet, si en septembre 2024, Joël Guerriau avait accepté de se mettre en retrait de ses fonctions, il avait continué à se voir verser ses indemnités parlementaires. N’ayant pas démissionné, il avait toujours le droit de les toucher, comme l’expliquait à 20 Minutes Benjamin Morel, constitutionnaliste et maître de conférences à l’université Paris Panthéon-Assas, en juin 2025.
Auteurs :
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
L’article Affaire Joël Guerriau : l’ancien sénateur perçoit-il toujours des indemnités parlementaires ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
As ABC first reported, Joe DiGenova quit his job yesterday as the chief enforcer of Trump’s grievances.
Joe diGenova submitted his resignation to Attorney General Todd Blanche amid what sources described as growing frustrations from Trump and senior DOJ officials regarding his work on the so-called “grand conspiracy” investigation based out of the U.S. Attorney’s Office in the Southern District of Florida.
NYPost had the most detailed explanation of the departure: People at DOJ claimed he was slow-rolling his task, and had sidelined people Main DOJ sent down to help — though DiGenova has tried to claim his “no evidence” comment was taken (by the NYPost!) out of context.
Sources said diGenova had lost support from Department of Justice leaders and the White House amid his “grand conspiracy” investigation, with one source suggesting that the 81-year-old prosecutor and former Trump defense lawyer was “slow-rolling” indictments and getting lost down “rabbit holes.”
Asked whether he had lost focus, diGenova dismissed the accusation and shot back: “If you want indictments where there’s no evidence, you have an ethical problem.”
Another source added that the diGenova had been sharing “unrealistic expectations” for the probe with the president about what was possible and not possible, leading to a confrontation with Attorney General Todd Blanche.
John Solomon, who has been laundering false claims for use in this conspiracy theory, insists the investigation is still ongoing, with what he calls “Senior DOJ prosecutors” still working on it.

With a tiny handful of exceptions, there are no senior prosecutors left at DOJ. There are mediocre lawyers who’ve been promoted for the fealty and willingness to commit crimes in the service of Trump’s demands.
The move came a week after Aakash Singh — who played a key role in Todd Blanche’s most egregious abuses and who has made stupid demands about the timing of other investigative steps — was promoted to Principal Associate Deputy Attorney General.
The Justice Department promoted Aakash Singh, an aide responsible for the aggressive overhaul of US attorneys’ offices to meet Trump priorities, to a top leadership role, said two people familiar with the move.
Singh, 34, is now principal associate deputy attorney general, overseeing operations at DOJ field offices and the litigating divisions within department headquarters.
Singh, in his prior role as associate DAG, became known for a brash style during signature weekly meetings in which he once directed leaders of all 93 US attorneys offices that President Donald Trump is their “chief client.”
Attorney General Todd Blanche, in one of his first major personnel changes since being sworn in last month, is now handing Singh a more sprawling portfolio. Past PADAGs, including Trump’s initial pick in this administration, Emil Bove, have wielded significant law enforcement power behind the scenes by applying tough tactics — at times making unpopular decisions affecting the career workforce.
Thus far, Singh has always found some lackey to do his dirty work for him, with increasing effects on those lackey’s ethical profile. Curiously, Mike Davis, the powerful blowhard and Singh associate who often orders up investigative steps from Xitter, was silent about DiGenova’s departure.
We’ll soon see whether Singh finds another lackey to destroy their legal career in service of Trump’s grievances.
The post Time Runs Out on the Grandest Conspirator appeared first on emptywheel.
Un souverainiste aux propos négationnistes tient un musée à Saint-Ursanne, dans le Jura. Cet article est une enquête sur son passé et son présent dans le Jura.
Le musée s'appelle « Musée Georges Lakhovsky ». Il occupe les anciens bureaux administratifs de l'usine Thécla, à Saint-Ursanne, sur une friche industrielle en reconversion.
On y trouve des dizaines d'oscillateurs à bobines de cuivre, des trousses d'électrothérapie anciennes et des panneaux documentaires. Ce n'est pas une petite collection privée : c'est une grande aire d'exposition.
La visite se fait sur rendez-vous par email, à partir de quatre personnes, contre une contribution financière. Pour les grands groupes, l'épouse du fondateur du musée donne même des concerts de bols chantants.
L'homme s'appelle Heinz Christian Tobler. Son site ne le dit pas. Il ne mentionne d'ailleurs jamais Saint-Ursanne, ni aucune adresse, ni raison sociale, ni numéro d'entreprise. Les seules localités citées sont Tecknau et Mümliswil, c'est-à-dire les anciens domiciles de Tobler.
Tobler dans son musée.
Sur la page d'accueil du site, une photographie mise en ligne le 31 mars 2025. Au mur, une étrange décoration : anneau extérieur, moyeu central et douze bras coudés en forme d'éclair reliant l'un à l'autre. Douze runes Sig disposées en rayons dans un cercle ; c'est le motif de la mosaïque de la Wewelsburg, le château que Himmler avait fait aménager en centre idéologique de la SS. Ce que les milieux néonazis appellent depuis les années 1990 le Soleil Noir.
Le nom est postérieur à 1945, le symbole est depuis les années 1990 une substitution à la croix gammée dans les milieux néonazis et ésotériques, précisément parce qu'il n'est pas interdit.
Sur la page d'accueil du musée, le motif à douze runes Sig.
Maintenant êtes-vous prêt·e ? Nous allons faire un bond d'un siècle dans le passé et remonter le fil de l'histoire jusqu'à aujourd'hui.
Georges Lakhovsky (1869-1942) était un ingénieur français d'origine russe. Il a soutenu dans les années 1920-1930 une théorie dite de l'« oscillation cellulaire » : chaque cellule serait un circuit oscillant, la maladie résulterait d'un déséquilibre de cette oscillation et l'on guérirait en baignant la personne malade dans un très large spectre de fréquences dont son organisme choisirait celle dont il a besoin.
« L'Oscillation cellulaire », l'ouvrage de Lakhovsky (édition Energeia).
La théorie est évidemment classée comme charlatanisme.
L'histoire de Lakhovsky telle que Tobler la raconte est structurellement conspirationniste : les recherches auraient été abandonnées en 1942 « après l'assassinat de Lakhovsky ».
Et sur la page consacrée aux répliques des machines, cette phrase :
« Peut-être qu'on découvrira un de ces appareils quelque part dans 30 à 40 ans […] et peut-être le monde aura-t-il alors tellement changé que cette technologie pourra retrouver la reconnaissance dont elle jouissait jusqu'au décès ciblé de l'inventeur en 1942. Et peut-être pourra-t-on alors de nouveau raconter tout ce qui est possible avec ces appareils, ce qui est aujourd'hui interdit. »
C'est le schéma complotiste de l'invention supprimée : une technologie qui marchait, un inventeur éliminé, une vérité interdite qui attend son heure. Retenez la structure, elle va revenir plusieurs fois.
Heinz Christian Tobler est bourgeois de Lutzenberg, en Appenzell Rhodes-Extérieures. Son grand-père était Ernst Jakob Tobler (1889-1966).
Sur son site actuel, Tobler raconte :
« Mon grand-père, le Dr Jakob Tobler, pionnier et chercheur dans le domaine de la gazéification du bois, a été poussé par l'EMPA (Laboratoire fédéral d'essai des matériaux) après la Seconde Guerre mondiale à falsifier des résultats de recherche. Ceci afin que la gazéification du bois reçoive le coup de grâce au profit des automobiles à essence, c'est-à-dire de l'industrie pétrolière — ce qu'il a refusé. […] Il perdit de ce fait son emploi et fut ensuite, jusqu'à sa retraite, principalement professeur de chimie. »
L'histoire du grand-père est en fait la suivante : Ernst Jakob Tobler était ingénieur agronome de l'EPFZ. Directeur de l'Emmental AG, la société suisse d'exportation du fromage, de 1926 à 1956. Député au Grand Conseil zurichois, puis conseiller d'État de 1919 à 1926 et président du gouvernement zurichois en 1922. Conseiller national PAI (Parti des paysans, artisans et indépendants, l'ancêtre de l'UDC) jusqu'en 1928. Vice-directeur de l'Office fédéral de guerre pour l'alimentation de 1939 à 1946. Administrateur de la Rentenanstalt. Colonel d'artillerie. Bourgeois d'honneur de Küsnacht. Un véritable pilier de l'establishment fédéral.
L'histoire de la falsification, Tobler ne l'a pas inventée : il en a hérité. Car ce grand-père, il ne l'a pas ou pratiquement pas connu. Ernst Jakob meurt à Berne le 8 mai 1966. Son fils Hans-Ulrich, le père de Heinz Christian, était alors installé à Milan avec sa femme Verena. Et la naissance de Heinz Christian se situe justement autours de 1966. Ce qu'il sait de son grand-père, il le tient donc de son père.
Et il y a peut-être une petite part de vérité. Ernst Jakob siégeait à la commission de surveillance des stations fédérales de recherches agricoles et dirigeait l'Office de guerre pour l'alimentation pendant les années où la Suisse roulait au gazogène. De « il surveillait un laboratoire fédéral » à « un laboratoire fédéral a voulu le faire mentir », il n'y a qu'un pas.
Toujours est-il que Tobler a grandi avec cette histoire. Il l'a ensuite appliquée à Lakhovsky assassiné, à son maître spirituel, aux procès de Nuremberg, puis à la Shoah. Une histoire de famille devenue la méthode de récits complotistes.
Avant 2011, Tobler a vécu en Inde dans un « monastère indien », un ashram. Il y aurait créé deux pépinières, rassemblé une collection de 20'000 plantes et se serait occupé de 500 à 1'000 enfants, « en partie orphelins, issus de familles difficiles et de milieux appauvris ». Il précise face caméra avoir passé quatorze ans au Tamil Nadu.
Il nomme lui-même son maître : Swami Premananda.
Heinz Christian Tobler et Swami Premananda.
Prem Kumar Somasundaram (le vrai nom de Swami Premananda), né en 1951 à Matale (Ceylan), tenait un ashram doublé d'un orphelinat à Fatimanagar, au Tamil Nadu : 150 acres, plantations de fleurs, de fruits et de teck. Il est arrêté en 1994. L'accusation lui reproche, avec sept coaccusés, le viol de quinze jeunes filles, dont des mineures, et le meurtre d'un résident de l'ashram qui cherchait à le dénoncer. Cent-neuf témoins sont entendus. Il est condamné en 1997 à deux réclusions à perpétuité consécutives, verdict confirmé par la Haute Cour de Chennai en 2002, puis par la Cour suprême de l'Inde en 2005. Il meurt en détention en février 2011.
Sur son site, Tobler écrit que son retour en Inde a été empêché par la mort, « en réalité l'assassinat », de son maître.
Il quitte l'Inde pour son père mourant.
Tobler arrive en Suisse en 2011, « pratiquement sans ressources » selon son récit. Une année dans les soins aux personnes âgées, puis l'horticulture.
En 2013, il découvre Lakhovsky, achète deux appareils du commerce et décide d'en construire.
Le 16 février 2014, une page intitulée « Traitement par oscillateur à ondes multiples de Lakhovsky, aujourd'hui » affiche un tarif en toutes lettres : 70 francs pour 30 minutes. Séance de quinze minutes maximum entre les antennes, dix minutes de repos, puis un verre d'« eau de guérison » de la médecine siddha. Le contact indiqué est Nazneen Trimurti Tobler, son épouse. Le couple se dit domicilié à Binningen, près de Bâle. La page renvoie explicitement vers un forum dont l'adresse se traduit littéralement par « le cancer, rien qu'une maladie ».
« Preis : 70 CHF.- Dauer : 30 Minuten ». La page du 16 février 2014, avec pour contact l'épouse de Tobler.
Dix jours plus tard, le même texte est reposté sur ce forum de personnes atteintes de cancer, sous le pseudonyme « heinztobler », depuis un compte créé le jour même. Un passage y est ajouté : ils traitent leur première personne atteinte d'un cancer.
Le dispositif de protection est déjà là, mot pour mot celui d'aujourd'hui : ils ne sont pas thérapeutes du cancer mais proposent une « séance wellness vitalisante », l'application se fait sous la responsabilité de chaque personne, aucune parole de guérison n'est prononcée.
En parallèle, une autre trajectoire se met en place.
En octobre 2014, un site suisse consacré à l'OPPT (One People's Public Trust) le présente comme « militant pour la paix Heinz Christian Tobler ». L'OPPT est une construction pseudo-juridique américaine qui prétendait avoir dissous l'ensemble des gouvernements et des banques du monde au moyen de dépôts sans aucune portée juridique. Ce sont les thèses souverainistes, cousines suisses des Reichsbürger allemands : l'État n'existerait pas légalement.
Au même moment, il écrit à la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf pour lui expliquer que la Confédération serait une « FIRME ». Il se désigne lui-même comme « Souverän Heinz Christian Tobler », titre qu'il portera pendant des années, jusque dans le nom de sa chaîne YouTube.
Le 13 avril 2015, un texte paraît sous son nom sur un blog nommé Heimatlobby. On y lit que des Allemands ont été massacrés par dizaines de milliers dans des « camps de concentration polonais », que « Hitler ne pouvait plus attendre », que l'Angleterre refusait toute solution de paix, que des Russes sont tués en Ukraine et qu'il faut se demander si « Poutine a pitié de ses compatriotes comme jadis le chancelier du Reich Adolf Hitler ». Conclusion : les criminels ne sont ni des Allemands ni des Russes.
Il faut préciser ce qu'est Heimatlobby. Son menu de navigation comporte les rubriques « Le Führer… élu par le peuple en 1933 », « La Waffen-SS », « Troisième Reich – la véritable histoire contemporaine », « La vérité interdite ? », et une rubrique entière consacrée à Germar Rudolf, figure du négationnisme allemand. En avril 2018, ses articles récents comprennent « ADOLF AVAIT RAISON SUR ÉNORMÉMENT DE CHOSES ». Tobler y a sa propre catégorie, à côté de « Suisse ».
En 2016, il annonce le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale pour le 18 août, sur la foi d'« informations crédibles de l'OTAN ».
À l'automne 2016, Tobler passe à l'image et prend la caméra. En septembre, il filme une conversation à l'Untersberg, en Autriche, avec un Allemand nommé Frank Willy Ludwig. Ce sera la première d'une série de huit vidéos tournées jusqu'en 2020, qu'ils intitulent Stamm-Tisch (en français "la table des habitués", celle du fond de la salle où l'on refait le monde).
« Table des habitués : jeux des dieux ».
Ludwig exploite un « domaine » appelé Urahnenerbe Germania, aujourd'hui à Liepe, dans le Brandebourg. Le nom renvoie à l'Ahnenerbe, l'institut de recherche pseudo-scientifique fondé en 1935 par Himmler au sein de la SS, dont les équipes ont pratiqué des expériences mortelles sur des personnes détenues. Ludwig le reconnaît lui-même, face caméra, dès cette première vidéo de septembre 2016 : « Ahnenerbe, la société Ahnenerbe, oui, la SS, et ainsi de suite… ». Son site affiche une croix gammée à peine modifiée. Il a participé à des rassemblements néonazis à Dresde, est intervenu dans un réseau négationniste et soutient que les Blancs seraient venus sur Terre il y a 600'000 ans, notamment de la Grande et de la Petite Ourse, tandis que les peaux noires, rouges et jaunes viendraient « de tout autres systèmes solaires ».
Toutes les vidéos sont toujours en ligne sur la chaîne de Ludwig qui n'a jamais été supprimée.
Trois choses méritent d'être soulignées sur cette collaboration.
« Über "Gutmenschen" & "Lügenpresse" — Stamm Tisch — Switzaria 2017 », mis en ligne le 14 juillet 2017. La description dit : « Un film de Heinz Christian Tobler, en réponse à la campagne de haine de divers médias. »
« Das Urahnenerbe », mis en ligne le 24 janvier 2017 sur la chaîne de Ludwig. La description, visible sous la vidéo, commence par : « Après que la chaîne YouTube de Heinz a été fermée, nous la mettons en ligne nous-mêmes ici. »Dans une autre de ces vidéos, il développe ceci :
« Et c'est une pure bêtise de regarder de haut une autre race. Surtout ceux qui le font se sont eux-mêmes abaissés. […] car chez nous, autrefois, on pratiquait véritablement un élevage racial, il y avait les sorcières, qui veillaient, et dans les Wahlburgen on faisait une sélection […] afin que les plus nobles et les meilleurs puissent s'unir […] et les plus nobles avaient le droit de rester dans la mère-patrie, les autres sont partis errer […] c'étaient d'ailleurs les proto-Juifs, les errants. »
Il ouvre sur le refus du mépris racial. Il referme, quatre minutes plus tard, sur les Juifs présentés comme le rebut d'une sélection eugénique germanique. C'est sa méthode entière dans un seul développement. Ce mythe d'origine n'apparaît dans aucune autre source de la mouvance ; il semble lui être propre.
Tout ce qui précède était un amuse-bouche. Voici le plat principal.
Entre 2017 et 2022 au moins, Heinz Christian Tobler a exploité un site web sur un domaine à son propre nom : heinz-christian-tobler.ch. Le domaine a depuis expiré et le site n'existe plus.
Ce qui suit vient des archives de la Wayback Machine. Tout est signé de son nom ou publié par lui sur son domaine.
« Pourquoi la swastika, la croix gammée ? »
C'est le titre de la première section de la page d'accueil. Elle s'ouvre sur une mosaïque de vingt-quatre vignettes, chacune légendée d'un nom de pays ou de culture.
La vignette « Allemagne » est une décoration militaire nazie à croix gammée.
Le texte : « Pourquoi la croix gammée ? Parce que c'est un symbole sacré dans toutes les cultures. […] Swasti signifie en sanskrit le bien-être. Ainsi ce signe était et demeure, depuis les temps immémoriaux, un signe de bien-être. Et il doit le redevenir ! »
Le tour de passe-passe est le suivant : un objet du Troisième Reich glissé dans une série de symboles religieux et archéologiques millénaires.
La grille des vingt-quatre svastikas, en tête de la page d'accueil. En troisième position pour l'Allemagne, une décoration militaire nazie.
Ce qu'il écrit en son nom
La page d'accueil se poursuit par un récit autobiographique, puis, sans transition, la doctrine.
« Par ailleurs, le génocide des Allemands reste à ce jour un sujet tabou, ou bien il est relativisé et ramené à une bagatelle par rapport à Auschwitz, présenté comme nécessaire ou naturel. […] L'Holocauste contre le peuple allemand par les puissances victorieuses est un tabou garanti par l'État ! Les Allemands, semble-t-il, n'ont pas droit à la dignité de victime. Ils sont coupables pour l'éternité ! »
La page « Troisième Reich »
Une très longue page intitulée « Drittes Reich » s'ouvre sur la photographie d'un buste sculpté d'Adolf Hitler, de facture officielle nazie.
On y trouve, dans l'ordre : une longue discussion sur une prétendue ascendance juive de Hitler, appuyée sur deux ouvrages conspirationnistes, des livres audio des mémoires de son ami de jeunesse et d'un dialogue avec son mentor Dietrich Eckart, l'un des textes fondateurs de la théorie du judéo-bolchevisme, un entretien avec un ancien responsable des Jeunesses hitlériennes, une section « Si Adolf Hitler avait été un Rothschild, il n'en aurait pas fait arrêter un ! », une section « Warburg a-t-il financé Adolf Hitler et le NSDAP ? NON ! », un long développement sur l'assassinat supposé de Rudolf Hess et sur Hitler artisan de paix en 1940 et une section intitulée « Adolf Hitler dans le combat contre le Nouvel Ordre Mondial — Appel à la paix : Adolf Hitler voulait la paix ! ».
Puis une section intitulée « Le véritable Holocauste ». Elle est consacrée aux camps de prisonniers de guerre allemands du Rheinwiesen, d'après un ouvrage dont les conclusions ont été réfutées par les historiens de la question. Les camps américains y sont désignés par le mot Todeslager (camps de la mort). Le mot « Holocauste » est retiré aux victimes juives et attribué à d'autres.
« Le véritable Holocauste », au-dessus d'une vidéo tirée de « Other Losses », l'ouvrage de James Bacque sur les camps de prisonniers allemands de 1945.
Himmler en téléchargement
La dernière section s'intitule « La Schutzstaffel comme organisation de combat antibolchevique », est datée du 14 janvier 2017, signée « Deutscher Volksgenosse » (camarade de peuple allemand) et sourcée en fin d'article au National Journal, publication néonazie allemande. Tobler ne l'a pas écrite. Il la republie intégralement, sans un mot de distance, à la suite de ses propres textes.
« La SS comme organisation de combat antibolchevique ». On y lit que « personne d'autre que Heinrich Himmler n'est parvenu à expliquer de façon aussi ramassée le programme mondial international de la juiverie de pouvoir ».
Cette section est consacrée à un écrit de Heinrich Himmler de 1937. On y lit :
« Jusqu'à présent, personne d'autre que Heinrich Himmler n'est parvenu à expliquer de façon aussi ramassée et pourtant aussi approfondie le programme mondial international de la juiverie de pouvoir. »
« Le fait que les nationaux-socialistes aient créé un ordre digne de l'homme est aujourd'hui reconnu même par des chercheurs du Système… »
« … car c'est cette voie de la raison et de l'humanité qui a été abandonnée au profit du système de pouvoir juif globaliste. »
Et en bas de la section, deux liens : la brochure de Himmler Die Schutzstaffel als antibolschewistische Kampforganisation, dix-sept pages, en scan et en version texte, en téléchargement direct. Un compteur affiche 245.
La bibliothèque
Une autre page, intitulée « Leçon d'histoire pour les Allemands », héberge son propre film « Leçon d'histoire pour les Allemands 2018 » en quatre parties, près de quatre heures, signé « Souverän Heinz Christian Tobler ». Il précise que les versions de 2016 ont été « bloquées cinq fois dans le monde entier », que le film « est au service des Lumières populaires » (Volksaufklärung, la racine du nom du ministère de Goebbels) et demande : « Merci de télécharger, partager et sauvegarder. » C'est un appel à contourner les retraits.
Elle propose enfin, en téléchargement gratuit, l'ouvrage négationniste de Gerard Menuhin, Wahrheit sagen, Teufel jagen. Tobler écrit remercier l'auteur de son « aimable autorisation » de le publier en feuilleton. Le traducteur crédité est Jürgen Graf, négationniste suisse condamné en 1998 à quinze mois de prison pour discrimination raciale. Le texte accompagne cette recommandation : « Nous recommandons à chaque lecteur de télécharger et de lire la version intégrale gratuite. Les connaissances qui en découlent sont inestimables ! »
« Texte-source important ». Téléchargement de « Wahrheit sagen, Teufel jagen », traduit par Jürgen Graf.
Sur une page qui lui est entièrement consacrée, le texte de Menuhin republié se termine par deux portraits en vis-à-vis. À gauche, Winston Churchill, légendé « un poivrot de clochard ». À droite, un portrait officiel d'Adolf Hitler, légendé « un Führer visionnaire ».
Un portrait officiel de Hitler « un Führer visionnaire ».
La signature
La page d'accueil se termine ainsi, immédiatement au-dessus de son nom :
« La vérité vaincra !
Victoire, bénédiction et salut au Reich jamais disparu des Allemands ! Puisse la vérité vaincre et le traité de paix devenir réalité !
Heinz Christian Tobler »
En allemand : « Sieg, Segen und Heil dem nie untergegangenen Reich der Deutschen ! » La juxtaposition Sieg / Heil n'est pas fortuite et « le Reich jamais disparu » est le postulat central de la mouvance Reichsbürger.
La formule de clôture de la page d'accueil.Tobler sera médiatisé par trois fois en 2018.
Après quoi, plus rien à notre connaissance. Huit ans de silence, dans toutes les langues.
C'est à partir de là que Tobler devient méthodiquement plus discret. Il faut décrire ce mouvement correctement, parce que la version simple « il a effacé son site » serait fausse : la vérité est plus accablante.
Le site n'a pas été effacé. Il a été reformulé peu à peu. Le texte de la page d'accueil ne bouge pas dans les mois qui suivent les enquêtes ; ce sont les rubriques qui se réorganisent, certaines disparaissant du menu tout en restant accessibles par leur adresse.
Ensuite le mouvement se poursuit, toujours dans le même sens, mais ailleurs : il annonce en 2020 qu'il veut arrêter, construit son dernier appareil, radie son entreprise individuelle, bascule vers le registre muséal sur lakhovsky.ch, supprime son compte Telegram fin 2024, laisse expirer le nom de domaine qui portait son nom. Ces gestes, mis bout à bout, dessinent une volonté de réduire son exposition.
Il en est aujourd'hui à sa quatrième chaîne YouTube : « Kanal 4 ». Le suffixe dit tout : une chaîne bloquée, puis une autre, puis une autre.
En novembre 2021, Tobler s'installe à Saint-Ursanne, une commune jurassienne de 1'300 habitant·es.
Il habite une maison de 1938, construite par le directeur des usines Thécla et léguée à la commune en 1983. Le registre foncier confirme que la commune de Clos du Doubs (commune issue d'une fusion entre Saint-Ursanne et d'autres villages) en est toujours propriétaire. Le procès-verbal de l'assemblée communale du 9 décembre 2021 mentionne qu'« un changement de locataires est intervenu en novembre 2021 » ; la même assemblée vote ce soir-là 105'000 francs de travaux sur le bâtiment, approuvés sans avis contraire, l'amortissement devant être couvert par « le produit des locations ».
Le musée est lui dans les anciens locaux de la même usine, sur la même route, dans des bâtiments commerciaux loués à un tiers. Il ne faut pas confondre les deux.
L'entrée du musée, dans les anciens locaux de l'usine Thécla, telle que Tobler la présente sur sa quatrième chaîne YouTube.
Il s'installe dans une région francophone où il est totalement inconnu de la presse et de la population. Les rédactions jurassiennes ont couvert le site Thécla en janvier 2020, puis l'incendie qui a touché une partie de l'ancienne usine en mars 2026. Elles connaissent le lieu. Elles ignorent qui y habite. Le Röstigraben fonctionne comme une couverture.
Ce dossier repose sur des pièces écrites, publiques et archivées. Il laisse volontairement de côté tout ce qui reposerait sur un témoignage isolé ou une observation de voisinage. Plusieurs pistes ont été suivies puis abandonnées faute de preuve.
Restent des questions qui appellent des réponses. Espérons que cette enquête en appelle une autre, si possible de la part d'une rédaction professionnelle. Les pistes non explorées sont à disposition sur demande.
Le Service de renseignement de la Confédération déclarait en 2018 ne pas considérer les Reichsbürger comme une menace pour la sécurité intérieure. Cette position a une conséquence : personne ne suit ces gens, personne ne les documente. En Allemagne, l'association Reichsbürger « Königreich Deutschland » a été interdite en mai 2025.
Et une question qu'il vaut mieux poser trop tôt que trop tard. Le « domaine » de Ludwig à Liepe n'est pas isolé : il relève d'un phénomène documenté en Allemagne, l'achat de fermes et de maisons par des militant·es völkisch et Reichsbürger dans des régions rurales dépeuplées, jusqu'à peser sur la vie associative et politique d'un village. Rien n'indique aujourd'hui qu'il y ait à Saint-Ursanne autre chose qu'un homme, son épouse et un musée. Mais faut-il attendre qu'une implantation plus large de « citoyens souverains » s'y constitue pour se demander si l'on devrait laisser faire ?
rebel.suisse@nopasaran.ch
@nopasaran.ch_fr
Cet article repose sur des documents publics et archivés :
heinz-christian-tobler.ch conservées par archive.today et la Wayback Machine entre mai 2017 et janvier 2023, sauvegardées hors ligne.lakhovsky.ch.Nous ne publions aucun lien vers les pages négationnistes elles-mêmes, ni vers les fichiers qu'elles proposaient en téléchargement. Mais ces liens, ainsi que l'ensemble des captures d'écran, sont à disposition.

Level-5, le studio japonais derrière Professeur Layton et Yo-kai Watch, est au cœur de discussions autour de son utilisation de l'intelligence artificielle. Alors que le développeur vient d'annoncer le remake de Professeur Layton et l'Étrange Village, ainsi qu'un nouvel épisode inédit, certains soupçonnent déjà l'utilisation d'IA dans le jeu.
En janvier 2026, la présidente de l’université Paul-Valéry alertait Emmanuel Macron sur les suicides et les morts qui frappent son établissement, qu’elle imputait au manque de moyens. Cinq mois plus tard, un rapport de l’Inspection générale renvoyait la balle : l’université n’a jamais cherché à connaître les causes de ces drames, et les signalements de harcèlement s’y perdent dans un dispositif que les syndicats jugent opaque. Entre un ministère et une présidence qui se renvoient la responsabilité, les agents en souffrance, eux, attendent toujours des réponses
« Dans mon université, en 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. » La lettre ouverte d’Anne Fraïsse, présidente de l’université de Montpellier Paul-Valéry, publiée dans Le Mondeen janvier 2026, avait fait grand bruit. La présidente y établissait un lien direct entre ces drames, les conditions de travail dans son établissement et le sous-financement de l’enseignement supérieur par l’État. En effet, l’université Paul-Valéry est l’une des universités les moins bien financées de France, avec un déficit structurel depuis plusieurs années, qui doit conduire à sa mise sous tutelle prochaine du rectorat pour un «contrat de retour à l’équilibre » (Comprendre : un nouveau plan de rigueur budgétaire).
Un exercice auquel la présidente ne croit pas une seconde : « Il n’y a plus rien à gratter, on est déjà à 8 millions d’euros de déficit par an, on n’a aucun fonds de roulement, on ne peut pas faire plus d’économies. On ne peut pas rogner sur la masse salariale, on est déjà en sous-encadrement », nous répond-elle. Conséquence directe de ces politiques d’austérité mises en place par les gouvernements successifs : à quelques jours de la rentrée universitaire 2026, 77 unités de cours restaient sans enseignant au sein du seul département d’études anglophones. « Le ministère refuse de faire suivre les financements, et ce, alors que le nombre d’étudiants augmente », commentait alors Anne Fraïsse dans nos colonnes.
C’est dans ce contexte que le ministère a saisi l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR). Son rapport, rendu en juin 2026 après une quarantaine d’auditions, confirme les faits : quatre agents se sont bien donné la mort depuis 2021, deux enseignants-chercheurs et deux personnels administratifs et techniques, et un agent a été victime d’une crise cardiaque sur son lieu de travail. Mais il révèle surtout autre chose : l’université n’a jamais mené la moindre enquête sur ces décès. Aucune analyse des causes n’a été engagée. Les représentants du personnel l’avaient pourtant réclamée.
Paul-Valéry passe en Établissement Public Expérimental : vers la fin de la fac publique ?
La scène se passe le 14 novembre 2024, en formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), l’instance qui a remplacé le CHSCT. Un syndicat demande explicitement qu’une enquête soit menée après les décès de plusieurs agents. D’après le procès-verbal cité par le rapport, la présidente répond que ces décès ont « de multiples causes dont l’aspect professionnel », mais qu’il n’y a « pas de lien direct avec l’exercice professionnel ». Il n’y aura donc pas d’enquête, ce n’est « pas du ressort de l’établissement ». La demande n’est même pas soumise au vote.
« On s’inquiétait de la part de mal-être au travail qui aurait pu expliquer ces suicides. On a voulu une enquête pour connaître les causes, mais Anne Fraïsse a refusé au motif que les causes étaient d’ordre personnel et sans lien avec le travail », se souvient un représentant de la CGT des universités de Montpellier. Avant d’ajouter : « On n’a pas trop compris la posture d’Anne Fraïsse dans sa lettre ouverte. Elle dit l’inverse de ce qu’elle nous avait dit. »
Contactée par Le Poing, la présidente ne s’en cache pas vraiment. Elle reconnaît « l’ambiguïté du message » envoyé au chef de l’État et « assume parfaitement que l’on puisse prendre cela pour un double discours » : « J’ai été une lanceuse d’alerte sur cette question. On ne peut pas faire de lien direct entre les conditions de travail et les accidents graves, mais j’ai quand même des statistiques inquiétantes dans mon université. Je suis la seule présidente de fac à avoir mis ce sujet sur la table. »
Lors d’une assemblée générale des personnels qu’elle a convoquée le 7 septembre dernier, et dont nous avons obtenu un enregistrement, elle livrait déjà une explication inattendue : « Pour ce qui est d’ouvrir une enquête administrative en cas d’accident grave, j’avoue qu’on n’avait pas obligatoirement pensé à ça. Quand il y a un suicide, ma première pensée ce n’est pas de faire une enquête administrative pour dédouaner l’université. Peut-être qu’on a tort, je ne sais pas, ça ne ressuscitera pas les collègues. »
On n’y avait « pas pensé » ? Les procès-verbaux montrent pourtant que la demande a été formulée, puis écartée. Auprès du Poing, la présidente développe une conception pour le moins personnelle de l’outil : « L’enquête administrative sert à ce que moi, je tranche en dernière instance. Si je ne fais pas d’enquête, c’est que je n’ai pas besoin d’autres éléments pour dire qu’il n’y a pas de lien avec le travail. L’État nous demande de faire des enquêtes administratives, on va les faire, mais elles diront qu’il n’y a pas de lien avec le travail. L’État nous demande de faire ça pour se protéger. »
Une lecture que les syndicats ne partagent pas. « Le but d’une enquête administrative, c’est de chercher pourquoi il y a eu un problème et d’envisager des solutions. C’est pour ça qu’on vous a alerté », rétorquait en séance un représentant CGT lors de l’AG du 7 septembre.
La présidente met aussi en avant des obstacles concrets : la difficulté d’établir qu’un décès hors les murs est un suicide (« Comment on sait que c’est un suicide ? Par les collègues du service »), et le manque de bras. « On a beaucoup de signalements et on n’a plus de volontaires pour faire des enquêtes administratives, surtout chez les enseignants-chercheurs, là où il y a le plus de problèmes. Il va falloir passer par des organismes extérieurs, ça coûte très cher. Pour la première année, on y a mis 100 000 euros. Ces coûts, les inspecteurs ne s’en préoccupent pas. »
Montpellier : Après le « master quantique », l’Université Paul-Valéry n’en a pas fini avec l’ésotérisme
Derrière les chiffres, il y a des trajectoires. Comme celle d’une enseignante-chercheuse que Le Poing a interrogée, et qui préfère rester anonyme. Elle décrit depuis sept ans une situation de harcèlement. « Je ne dors plus, j’ai des maux de tête, de ventre, et l’impression que rien ne peut bouger. Je n’ai fait que suivre les procédures et j’ai vu je ne sais combien de médecins. J’ai dépensé une fortune en soins non remboursés et traitement du stress. »
Suivre les procédures, elle connaît : médecine du travail, cellule « stop violences », présidence de l’université, registre SST, plateforme RPS… Sans que la situation n’évolue pour autant. Contactées, d’autres personnes se disant victimes de harcèlement au sein de l’Université Paul-Valéry n’ont pas souhaité témoigner, certainement par peur de représailles.
Son cas n’a rien d’isolé, à en croire le rapport de l’IGÉSR. Les signalements pour risques psychosociaux sont passés de 38 en 2021 à 63 en 2025, avec déjà 24 signalements sur les six premières semaines de 2026. Agressions, humiliations, harcèlement : le registre en recense dans presque toutes les composantes, avec des points chauds en psychologie (17 signalements), en histoire (10) ou en études arabes. Face à cela, l’établissement n’a engagé que trois procédures disciplinaires depuis 2021, dont aucune, relèvent les inspecteurs, en lien avec des incidents entre personnels.
Interrogée sur ce décalage, Anne Fraïsse relativise la portée des signalements : « Il y a beaucoup de cas où les signalements de harcèlement déposés par des enseignants-chercheurs le sont pour des raisons de luttes internes entre collègues. Beaucoup de gens se vivent comme victimes, mais qui par leur comportement deviennent victimes de ceux qu’ils ont agressés, ce n’est jamais tout noir ou tout blanc. » Des victimes responsables de ce qui leur arrive : voilà qui devrait rassurer les agents qui hésitent encore à signaler.
Que deviennent alors les signalements ? Depuis quelques mois, ils sont réorientés vers un « dispositif RPS » [risques psycho-sociaux] dont les représentants du personnel sont exclus. « Avant, c’était le registre SST [santé et sécurité au travail], et on le traitait en formation spécialisée. Depuis quelques mois, on dit aux gens qu’il faut parler à la cellule RPS, puis le signalement est fermé et ce n’est pas traité », décrit la CGT des Universités de Montpellier. « La cellule est constituée par l’administration ou des gens nommés par elle, il n’y a pas de suivi. On se demande si elle n’est pas là pour étouffer les affaires. On se sent dépossédé de cette question. »
Pour SUD éducation, cette architecture n’a rien d’un accident local. « On travaille à partir du registre SST, connecté au ministère, où tout le monde peut déposer des avis. Ce registre est censé prendre en compte les RPS. Depuis quelques années, les universités segmentent ces registres en créant des cellules dédiées aux RPS où les syndicats sont absents. Elles sont faites pour contourner les organisations syndicales », analyse une militante du syndicat. Avec un effet pervers bien identifié : « Cette multiplication des dispositifs et des plateformes crée un élément de confusion pour un agent en souffrance, qui ne sait pas vraiment où s’orienter. Ça produit du découragement et beaucoup de gens renoncent à faire des signalements. »
L’IGÉSR valide l’essentiel de ces critiques. Le rapport pointe une plateforme de signalement inaccessible aux témoins, un traitement des dossiers possible sans l’accord de la victime, l’absence de psychologue du travail dans le collège chargé d’examiner les situations, et des réponses limitées à des médiations « sans interrogation des facteurs organisationnels ». Il recommande une refonte complète du dispositif, et surtout le déclenchement systématique d’enquêtes administratives en cas de faits graves.« Nous, on demande juste à ce que la présidence suive la loi et fasse faire des enquêtes administratives quand il y en a besoin », résume un militant de SUD Education.
Le 25 juin 2026, du jamais vu : les quatre organisations syndicales de l’établissement, CGT, FSU, SUD et UNSA, refusent unanimement de siéger en F3SCT. Dans un message commun à toute la communauté universitaire, elles décrivent une instance « entravée » depuis plus d’un an : ordre du jour imposé par la présidence, documents transmis hors délais, refus de mise au vote, et des avis votés en séance qui appellent réglementairement une réponse de la présidence sous deux mois, réponses « qui n’arrivent presque jamais ».
La réponse d’Anne Fraïsse, adressée quatre jours plus tard à l’ensemble des personnels, vaut le détour. Sous l’intitulé « Rupture du dialogue social à l’UMPV : vraiment ? », la présidente rappelle que la réglementation impose une réunion de F3SCT par an au minimum, puis aligne son bilan : dix réunions de comité social d’administration, six F3SCT ordinaires, cinq complémentaires, deux extraordinaires.
« La qualité du dialogue social ne se mesure pas quantitativement par le nombre de réunions ! », s’étrangle SUD dans sa réplique de juillet. « Elle s’apprécie à l’aune de la prise en compte des demandes et préconisations des représentants des personnels. » Le syndicat y voit une contradiction de fond : « Il y a un paradoxe : Anne Fraïsse a porté sur la scène nationale la question de la souffrance au travail, mais en interne le dialogue social est rompu avec les syndicats. Sur les questions de RPS, on ne peut pas discuter de l’ordre du jour dans les instances, et quand on demande un point précis sur ces questions, on nous dit non. Anne Fraïsse fait un usage politique de cette situation. »
Auprès du Poing, la présidente retourne l’accusation : « Les syndicats disent que le dialogue social est rompu, mais c’est eux qui refusent de siéger, ou alors ils asphyxient l’ordre du jour avec beaucoup de points, si bien qu’on est obligé de dédoubler les réunions pour tout traiter. Aucune université de France ne réunit la F3SCT une fois par mois… Sinon on peut revenir à ce que fixe la loi, c’est-à-dire une fois par an… »
Sur le fond, trois lectures s’affrontent désormais. Celle de la présidence : les drames s’expliquent par le sous-financement et le sous-encadrement, la responsabilité est d’abord celle de l’État. Celle du rapport : l’université est bien sous-dotée, mais les inspecteurs démontent la causalité simple en observant que les départements les plus en souffrance ne sont pas les moins bien dotés, et pointent des causes internes : organisation illisible, traitement des conflits « partiel et superficiel »… Et celle des syndicats, qui refusent de choisir.
Car les organisations syndicales renvoient les deux camps dos à dos.« On est d’accord avec Anne Fraïsse quand elle dit que le rapport a été commandé pour dédouaner le ministère de toute responsabilité. Mais il y a quand même de sérieux dysfonctionnements en interne », tranche SUD. La CGT insiste de son côté : « Ce rapport dit que ce n’est pas une question d’argent, alors que si, c’est une question d’argent. La sous-dotation dégrade les conditions de travail. »
Un universitaire de Paul-Valéry, qui préfère rester anonyme, pousse l’analyse un cran plus loin : « Le rapport souligne la question réelle du mandarinat, c’est-à-dire une domination exercée par un petit groupe d’enseignants-chercheurs, qui contrôlent les postes, les carrières, les nominations et les décisions, tout en pouvant harceler en toute impunité. Pour autant, il instrumentalise cette situation pour dédouaner de toute responsabilité la pénurie de moyens organisée par le ministère afin de préparer la voie à la fin de la quasi-gratuité des études en France, déjà remise en cause pour les étudiants étrangers. Le rapport est particulièrement malhonnête car il occulte totalement la dégradation systémique des conditions de travail induite par le manque de moyens et pave la voie à la mise sous tutelle de l’université pour une austérité encore plus violente. »
Le syndicat SUD relève d’ailleurs une faille dans le raisonnement des inspecteurs eux-mêmes : « Le rapport dit qu’il n’y a pas de corrélation entre le manque de moyens et la souffrance au travail, car ce ne sont pas les services les plus sous-dotés où il y a le plus de violence. Mais s’il n’y a pas d’enquête en interne, on ne peut pas objectiver ça. » Autrement dit : l’absence d’enquêtes, reprochée à l’université, fragilise aussi les conclusions du rapport qui la lui reproche.
Anne Fraïsse contre-attaque sur le même terrain, lors de l’AG du 7 septembre, avec une pointe d’amertume :« Qui peut écrire dans un rapport “vous ne pouvez pas lier les accidents de travail aux conditions de travail et au stress” parce que les collègues qui se sont suicidés n’appartenaient pas aux départements les plus sous-encadrés ? Ce n’est pas les bons qui se sont suicidés, quoi… Mince, on n’avait pas eu de suicides depuis 25 ans, on en a eu quatre en cinq ans. »
Auprès du Poing, elle enfonce le clou : « Le rapport est fait pour dédouaner le ministère et l’État. » Et s’agace d’un front commun qu’elle ne comprend pas : « Il faut s’interroger sur la casse actuelle des services publics, regarder ce qu’il s’est passé dans les hôpitaux. Au lieu de ça, on dit que c’est la faute de la direction… Moi j’essaie de placer le combat au niveau national. Si le rapport et les syndicats disent que c’est de ma faute, soit, mais je suis étonnée qu’ils aient le même discours… » Et glisse au passage un grief de forme : « Le rapport est sorti avant que je ne puisse le lire, c’est inhabituel. »
Un rapport « extrêmement bureaucratique », juge-t-elle, truffé selon elle d’« erreurs factuelles » : « Il nous demande de faire des enquêtes, des fiches… On va soulever beaucoup de papier mais je ne suis pas sûre que cela change grand-chose. » Elle s’engage néanmoins à appliquer les neuf recommandations : « On les fera, il n’y a aucun point problématique là-dessus. On a donné au rectorat un début de réponse, le calendrier sera décidé par le rectorat. » Tout en conditionnant toute réponse officielle au bras de fer budgétaire en cours : « Je ne répondrai pas tant que je ne saurai pas ce que l’État va mettre dans la balance pour notre établissement. »
En attendant que l’État et la présidence soldent leurs comptes, les agents, eux, restent au milieu. Avec, en guise de réponse à leur souffrance, une « Semaine pour la qualité de vie et conditions de travail » organisée en juin 2025 sans donner la parole aux syndicats, mais avec coachs, sophrologues et ateliers de relaxation musicale intitulés « Se taire ensemble pour se relaxer au son du kigonki ». La sophrologie, rappelons-le, n’est validée ni par la science ni par les autorités de santé. «Ça dépolitise la question des conditions de travail », tacle-t-on chez SUD. L’enseignante-chercheuse interrogée par Le Poing propose une autre piste, plus terre à terre : « Il nous faudrait plus d’infos sur les procédures liées aux RPS, avec un livret qui explique comment faire. » Réponse de la présidente : « On va mettre en place plus d’informations sur les RPS, reste à savoir comment, on est déjà sous-dotés et en sur-travail. »
Le prochain épisode se jouera dans la rue : l’université sera en grève le 29 septembre, dans le cadre de la journée de mobilisation appelée par l’intersyndicale pour défendre les services publics. Les syndicats espèrent sans doute y croiser Anne Fraïsse en tête de cortège.
L’article Vague de suicides à l’Université Paul-Valéry : Anne Fraïsse, la présidente qui ne voulait pas savoir ? est apparu en premier sur Le Poing.
L'esprit de résistance souffle toujours sur les monts d'Arrée. Plusieurs maires appellent leurs administrés à les rejoindre au sommet du Roc'h Trédudon, dimanche 20 septembre, à 20 h, pour manifester contre le déclassement de leurs communes des zones vulnérables aux nitrates.
L’article Contre l’exclusion des monts d’Arrée des zones vulnérables aux nitrates, des maires appellent à manifester le 20 septembre est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.