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Les pires heures de l'été 2026 semblent derrière nous. Mais alors que les canicules, sécheresses et incendies s'éloignent, il ne faut oublier ni ces manifestations du changement climatique, ni leurs responsables, prévient la directrice de la rédaction de Reporterre dans cet éditorial.
Les températures ont baissé, la pluie est revenue, les flammes des incendies se sont calmées. Sur les chaînes d'information, les panaches de fumée, les sols craquelés, les hôpitaux bondés ont rendu (…)
Le grand jour approche. A partir du 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique entrera dans sa phase opérationnelle, après plusieurs années de préparation et un premier report. Toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront également les émettre sous ce format.
Ne nous écoutez pas ... Rejoignez nous !
Tous les mardi de 19h à 20h, nous vous accueillons pour parler de vous, de nous et de votre envie de rejoindre la grille de programme de Canut avec votre propre émission ... alors venez nous voir au 24 Rue Sergent Blandan dans le 1er.
Vous pouvez aussi nous écrire : prog [at] radiocanut.org
à très vite !
Il faut être clair : la contre-révolution en Russie ne commence pas en 1921. Elle commence avec la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917.
C'est précisément sur ce point qu'une grande partie de la gauche communiste commet une erreur d'analyse. En faisant de 1921, de Kronstadt ou de la mise en place de la NEP [1] le moment de la contre-révolution, elle conserve implicitement une lecture d'un bon bolchevisme et d'un mauvais selon laquelle la révolution bolchevique aurait été authentiquement révolutionnaire pendant plusieurs années avant de dégénérer. Cette lecture est complètement erronée.
Le problème fondamental apparaît dès octobre 1917 : un parti politique s'empare du pouvoir d'État et exerce la dictature sur le prolétariat. Les soviets cessent progressivement d'être conçus comme des organes autonomes de la classe ouvrière pour être intégrés à un appareil d'État dominé par le pouvoir bolchevique, notamment à travers le Comité exécutif central panrusse des Soviets (CEC), qui devient l'organe suprême du pouvoir d'État entre les congrès des Soviets. La question n'est donc pas simplement de savoir si Lénine a commis des erreurs, si la guerre civile a provoqué la militarisation ou si la bureaucratie stalinienne est apparue plus tard. Le problème est structurel : le pouvoir politique est confisqué par un parti qui prétend représenter les travailleurs. C'est là que commence la contre-révolution !
La gauche communiste affirme souvent que la révolution aurait été vaincue progressivement sous l'effet de l'isolement international, de la guerre civile, de la pénurie et de la bureaucratisation. Ces facteurs ont évidemment joué un rôle considérable. Mais les invoquer pour repousser la contre-révolution à 1921 revient à passer à côté de la question fondamentale : une révolution ouvrière peut-elle être considérée comme victorieuse lorsque les travailleurs sont politiquement subordonnés au parti qui prétend parler en leur nom ?
La réponse est bien évidemment non : les soviets sont liquidés de leur liberté de décision et d'action, complètement vidés de leurs fonctions décentralisatrices. La Terreur rouge de 1918 va entraîner la persécution des anarchistes et de toutes les autres tendances politiques opposées au pouvoir bolchevique. La Tchéka devient l'un des principaux instruments de cette répression, avec des arrestations, des exécutions et des internements. Cette politique répressive s'étendra progressivement aux socialistes-révolutionnaires de gauche et à d'autres opposants politiques, jusqu'à l'élimination de toute opposition organisée au pouvoir bolchevique. Dans le même temps, la situation économique se dégrade fortement dès 1918. Voline décrit dans « La Révolution inconnue » l'aggravation des pénuries et la désorganisation de la production, dues à la mauvaise gestion et à la centralisation croissante de l'appareil d'État bolchevique. Les nombreuses entreprises en Russie connaissent des difficultés d'approvisionnement, des pénuries de matières premières et une baisse importante de leur production, ce qui remet fortement en question le déterminisme économique marxiste et montre les limites d'une conception qui réduit les transformations sociales aux seules conditions économiques.
Kronstadt n'est donc pas le commencement de la contre-révolution. Kronstadt révèle brutalement une contre-révolution déjà engagée. La répression des insurgés qui réclamaient notamment davantage de démocratie directe soviétique montre jusqu'où le pouvoir bolchevique était prêt à aller pour préserver son monopole politique.De même, la NEP ne constitue pas à elle seule le moment où la révolution aurait cessé d'être révolutionnaire. Elle représente une nouvelle étape dans une situation déjà profondément transformée en capitalisme d'État.
La différence avec une partie de la gauche communiste est donc fondamentale. Celle-ci peut critiquer Lénine, le parti bolchevique, la répression et la bureaucratisation tout en conservant une périodisation qui fait de 1917 une révolution prolétarienne victorieuse et de 1921 son basculement contre-révolutionnaire. Une position véritablement anti-bolchevique doit aller plus loin : le problème n'est pas que le bolchevisme aurait mal tourné ; le problème est que la prise du pouvoir par le parti bolchevique constitue elle-même une rupture avec l'autonomie révolutionnaire des travailleurs. Il est donc nécessaire, dans cette logique, de rejeter toute figure d'autorité et tout culte du chef, qu'il s'agisse de Lénine ou de tout autre individu prétendant parler au nom du prolétariat. Aucun individu, ne peut se substituer à l'action autonome des travailleurs ni prétendre détenir une vérité révolutionnaire qu'ils devraient suivre. C'est précisément cette prétention à parler au nom du prolétariat, à se présenter comme son représentant exclusif et à imposer une vérité politique venant d'une colonne vertébrale qui doit être rejetée. On peut qualifier cette posture de « populisme ouvrier : elle consiste à reprendre le langage marxiste et les revendications ouvrières pour se présenter comme la seule force capable de résoudre les problèmes du prolétariat, en entretenant une logique de chef sauveur du « peuple » et de vérité politique absolue. Il s'agit donc de rejeter toute conception de la formation révolutionnaire en parti d'avant-garde prétendant représenter le prolétariat. Une telle structure reproduit une séparation entre une minorité chargée de diriger, d'organiser et de décider, et une majorité appelée à suivre et à exécuter. Elle produit une nouvelle couche bureaucratique et reproduit les rapports hiérarchiques propres à la société capitaliste. Or, la révolution sociale ne consiste pas à remplacer une classe dirigeante par une autre : elle vise à abolir les rapports de domination, la hiérarchie et le pouvoir politique lui-même.
La libération des travailleurs ne pourra être que l'œuvre des travailleurs eux-mêmes.
C'est précisément pourquoi octobre 1917, et non seulement 1921, doit être placé au centre de la critique anti-bolchevique de la révolution russe.
ASR
[1] Nouvelle politique économique

Après la sidération, le temps de l'action. En cette rentrée, à la sortie d'un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s'engager.
À la sortie de cet été des catastrophes, entre vagues de chaleur, sécheresse et incendies, rendus plus fréquents et intenses par le réchauffement climatique d'origine humaine, Reporterre a adressé un appel à témoignages à ses lecteurs et lectrices : êtes-vous en colère et comment avez-vous décidé d'agir ? Nous (…)
À quelques kilomètres de Kyiv, l’ancien palais de Mejgorié expose aux visiteurs le luxe démesuré dans lequel vivait Viktor Ianoukovitch, président prorusse destitué en 2014. Le fruit d’un détournement des richesses publiques dont l’Ukraine n’est toujours pas pleinement sortie.
The post Au musée ukrainien de la corruption, une autruche et John Lennon appeared first on Revue21.fr.
Les premières études scientifiques sur le lien entre émissions de CO₂ et réchauffement remontent aux années 1820 et se sont multipliées depuis. Pourtant, les réponses à la hauteur de l'enjeu se font toujours attendre.
L'été que l'Europe vient de traverser, ainsi que le tsunami de boue qui s'est déversé sur des populations au Népal, sont catastrophiques. Mais sont-ils pour autant surprenants ? Le réchauffement climatique et l'effet de serre d'origine humaine qui le provoque sont l'objet de (…)
L'éphéméride des luttes du 31 août refuse le service militaire et s'empare des usines, parce qu'elle sait bien que ce sont les ouvriers et les ouvrières qui bâtissent le monde, et notamment les poteaux qui le peuplent.
1794 : A Vaugirard, dans la Plaine de Grenelle, a lieu le pire accident industriel de l'histoire de la France métropolitaine avec l'explosion de la poudrerie, faisant près de 1.400 morts parmi les ouvriers.
1907 : A Amsterdam, fin du congrès anarchiste international, où les débats furent déjà à l'époque largement dédiés à la question du syndicalisme comme outil -ou non- adapté à la révolution sociale, mais aussi à l'antimilitarisme. Une des motions du Congrès : « Par des grèves généralisées à des localités, à des régions, à des professions entières, on soulèvera progressivement la classe ouvrière et on l'entraînera vers la grève générale expropriatrice qui comprendra la destruction de la société actuelle et l'expropriation des moyens de production et des produits. »
1920 : Dans les villes industrielles du nord de l'Italie, un mouvement d'occupation des usines surgit et organise des piquets de grève pour résister aux attaques de la police et des fascistes (qui ne sont pas encore au pouvoir). "Le mouvement prend de l'ampleur début septembre, les patrons sont chassés, l'autogestion se généralise dans les ateliers, mais ne s'étend pas à tout le corps social. Les syndicats réformistes, effrayés par l'ampleur révolutionnaire du mouvement (notamment dans la métallurgie et l'automobile), s'empresseront de signer un accord avec le patronat pour mettre fin au mouvement."
Repris de l'éphéméride anarchiste
1942 : Au Luxembourg, une grève générale se déclenche pour lutter contre le service militaire obligatoire.
1968 : A Carrare en Italie, début du congrès qui donnera naissance à l'Internationale des Fédérations Anarchistes.
1970 : Aux États-Unis, la police arrête le militant du Black Panther Party Wesley Cook, qui prendra par la suite le nom de Mumia Abu-Jamal. Celui-ci est toujours en prison de nos jours, gravement atteint par une maladie qu'il a contracté entre les murs.
1973 : En Irlande du Nord, deux membres de l'IRA sont abattus par l'armée d'occupation britannique.
1980 : En Pologne, après deux semaines de grèves dans tout le pays, le gouvernement se voit contraint de signer les accords de Gdansk, autorisant la création du syndicat Solidarnosc.
1981 : A Ramstein, le commando Sigurd Debus de la Fraction Armée Rouge (RAF) attaque le quartier général de l'US Air Force en Europe.
1994 : En Irlande du Nord, l'"IRA Provisoire" déclare le cessez-le-feu.
1997 : A Paris, un poteau de pont abat la princesse de Galles Lady Diana.
2016 : - A Paujil en Colombie, de lourds affrontements ont lieu entre des manifestant-e-s opposé-e-s à l'exploitation pétrolière et la police, au point que le maire de la ville décrètera un couvre-feu jusqu'au lendemain.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 août, histoire de continuer à chiller avant la rentrée.
Un enfant et son père face à l’étang du Goulot asséché, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
Elles s’arrêtent au bord de ce qui fut un lac. Deux retraitées, bras dessus bras dessous, regardent longuement l’étendue de boue craquelée qui s’étend devant elles. L’une sort son téléphone, prend une photo. «Notre lac…», souffle-t-elle. Leur lac, il n’en reste plus rien. À Lormes (Nièvre), village de 1 250 habitant·es au cœur du Morvan, l’étang du Goulot n’est plus qu’une vaste cuvette brunâtre, bordée d’arbres immobiles sous la chaleur.
En plein mois d’août, alors que le thermomètre a longtemps flirté avec les 40 degrés Celsius (°C), le silence n’est troublé que par le chant des oiseaux. Là où, d’ordinaire, familles, pêcheur·ses et athlètes se pressent au bord de l’eau, il n’y a presque plus personne.
Difficile d’imaginer, en observant ce paysage figé, que ce plan d’eau d’environ dix hectares était encore, au début de l’été, l’un des lieux les plus fréquentés du secteur. Une boucle de promenade, un camping, une aire de jeux, des tables de pique-nique… tout un écosystème de loisirs s’était organisé autour de cet étang.
«Les bancs étaient toujours pleins, il y avait du monde partout», se souvient Martine Grandjean, une habituée des lieux, venue déjeuner en famille sur ses berges. «L’étang, c’est comme l’église sur la colline. C’est un pôle d’attractivité dans la ville, un îlot de fraîcheur quand il fait chaud, le lieu où tout le monde se retrouve pour un bain ou une promenade… Comment ne pas être triste en voyant ça ?», regrette-t-elle.
Martine Grandjean (à droite), attablée avec sa famille à côté de l’étang asséché. © Adrien Marotte/Vert
Cet été 2026, tout a basculé en quelques semaines. Le niveau de l’eau, déjà en baisse les années précédentes, a chuté brutalement. «C’est parti en un mois», se rappelle Florence Saugeras, coordinatrice à l’office de tourisme. Très vite, la baignade et la pêche ont été interdites.
Les poissons ont été pêchés en urgence. Près de 700 à 800 kilos. Des sandres, des carpes, des perches, transférés vers le lac de Chaumeçon, à une quinzaine de kilomètres de là. Malgré l’opération, de nombreux poissons n’ont pu être sauvés.
L’étang du Goulot en août 2025. © Adrien Marotte/Vert
«On observait une baisse du niveau d’eau chaque été, mais nous n’avions jamais vu ça», explique le maire socialiste Christian Paul. Le ruisseau qui alimente l’étang est à sec depuis des semaines. Une étude géotechnique a révélé des brèches à plusieurs mètres sous la digue, dans des couches argileuses fragilisées.
«Très probablement sous l’effet des sécheresses successives, ces couches se sont desséchées, effritées, jusqu’à céder», décrit l’édile. Résultat : l’eau s’infiltre en profondeur et s’échappe de l’étang.
Le maire de Lormes, Christian Paul, à l’entrée de la mairie. © Adrien Marotte/Vert
Le dérèglement climatique n’est sans doute pas le seul facteur, estime le maire, mais il agit comme un accélérateur. Dans le Morvan, la situation hydrologique est alarmante. Le Parc naturel régional évoque des niveaux «historiques» de sécheresse : rivières à sec, eau atteignant parfois 30°C, tourbières qui se vident.
Pour des espèces emblématiques comme la truite fario, l’écrevisse à pattes blanches ou la mulette perlière, la survie est désormais en jeu. «Les petits ruisseaux disparaissent les uns après les autres», alerte le Parc sur ses réseaux. L’étang du Goulot apparaît ainsi comme le symptôme visible d’un déséquilibre plus large.
Pancarte «Attention danger» à l’étang du Goulot, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
Sur place, toutes et tous ne font pas le même lien. «Le climat, il a bon dos, tranche un habitant de la commune. Il y a une fuite, personne ne s’en est aperçu. C’est avant tout une faute humaine.» Une lecture partagée par certain·es habitant·es, qui pointent du doigt un défaut d’entretien.
D’autres, au contraire, évoquent une «accumulation» liée aux sécheresses répétées, aux sols fragilisés et à une évaporation accrue. «Les anciens nous disent qu’ils n’ont jamais vu ça, confie une habitante, qui ne veut pas donner son nom de peur des commérages. On sent qu’il se passe quelque chose depuis quelques années. Voir le lac dans cet état, ça crève le cœur. J’espère que les gens vont prendre conscience de l’urgence.»
Gilbert Combette au comptoir de son bar, La braise du Goulot. © Adrien Marotte/Vert
D’autant que les conséquences ont été immédiates. Écologiques d’abord. La disparition de ce plan d’eau prive la faune d’un refuge et rompt un équilibre fragile pour les poissons, les batraciens, les insectes et les oiseaux. L’étang est classé zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique.
Économiques ensuite. Le camping, qui accueille généralement une importante clientèle néerlandaise, tourne au ralenti. Le restaurant qui fait face au plan d’eau a vu sa fréquentation chuter. «On a sept à huit fois moins de clients», témoigne le patron du bar-restaurant, Gilbert Combette. Les annulations se multiplient. «Les conséquences sont désastreuses, lâche-t-il, déboussolé. Les gens venaient pour se baigner. Là, ils vont ailleurs.»
Le choc est aussi social et symbolique. L’étang était un lieu de promenade, de sport, de rencontres intergénérationnelles. Un espace où l’on venait chercher un peu de fraîcheur lors des épisodes de chaleur, qui ont atteint des niveaux records cette année. Un lieu de baignade également, avec un maître-nageur recruté pour l’été. Seul assis sur un banc, Robin, 15 ans, pianote sur son téléphone portable.
Pour lui, l’assèchement de l’étang est d’abord synonyme d’ennui. «C’est dommage. D’habitude, il y a du monde au camping, les gens viennent pour se baigner. Là, il n’y a personne», confie-t-il. Originaire du Pas-de-Calais, il est venu passer une semaine de vacances avec ses grands-parents. «Je ne sais pas si je reviendrai, souffle-t-il. Le changement climatique ? Ça ne m’intéresse pas plus que ça, mais c’est vrai que, quand je vois le lac à sec et les incendies cet été, c’est assez frappant.»
Le camping de Lormes, en bordure de l’étang, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
«Sauver l’étang est une priorité», assure le maire. Mais la tâche s’annonce complexe. Les premières solutions envisagées préconisent l’installation de plaques métalliques en profondeur pour colmater les fuites et étanchéifier la digue. Coût estimé : entre 500 000 et 1 million d’euros. «On espère obtenir 70 à 80% de financements publics», indique le maire, qui a sollicité l’État et les fonds européens de développement régional.
«On veut agir le plus rapidement possible, mais je me refuse pour l’heure à donner tout calendrier», poursuit-il. Il attend les résultats d’études complémentaires pour confirmer le diagnostic. En attendant, la municipalité cherche aussi à diversifier ses activités touristiques, en misant notamment sur le champ culturel et ses deux événements phares de l’été : son festival de la chanson au mois de juillet et les portes ouvertes de ses ateliers d’artistes, le week-end du 15 août.
Reverend Al Sharpton speaks at March on Washington 2026. Screenshot: CSPAN
Washington DC—Thousands returned to the Lincoln Memorial on Friday morning in a referendum of government for failing to honor its commitment to equal rights for everyone. The March On Washington 2026 was held 63 years to the day Dr. Martin Luther King Jr. delivered his iconic “I Have a Dream” speech. His impassioned message helped usher the civil rights movement from a footnote into prime time, and supercharged the movement which is still going today. It set the standard for what social and economic equality should look like. Friday’s march revived Dr. King’s call to social and economic equality.
As a deep blue sky shadowed the background of a bright white Lincoln Memorial, the speakers told how they would not allow the selfless sacrifices of 1960s civil rights leaders to be swept away.
One after another, speakers said that the nation had failed to keep its promise of equality. They spoke with the same rhythm and reason as Martin Luther King Jr. near the footprints he left 63 years ago. Their words contrasted the country’s 1963 legislative promises against its failed delivery of social and economic access. They concluded that legislative changes to civil rights promises in 2026 were giant steps backwards.
As one solution, speakers urged voters to “have a plan” by registering to vote and taking someone along with them. But there is a point that wrestling executive branch power back into service for those for which it was intended requires more than just voting, especially if the power of the vote is being subverted by executive branch policies that suppress that voting.
For even as they spoke, a new post office rule restricting mailed voting ballots as well as presidential orders demanding States’ voting lists, were being challenged in the courts. Many speakers railed against the Supreme Court decision in Louisiana v. Callais which overturned a lower court ruling and codified partisan gerrymandering as a legitimate government purpose. The recent decision allows States to tilt the balance of power in the legislature more favorably toward White majority districts. It has already resulted in the erasure of Black voting power in Tennessee and Alabama. In those States there are no longer any Black majority voting blocks. The decision further split Black majority voting blocksin six States altogether, severely muting the voices millions of Black voters in Texas, Florida, Louisiana, Tennessee, Alabama, and North Carolina. The Supreme Court decision was a major blow to the 1965 Voting Rights Act.
Speakers Set Tone For November Elections
Chief among the speakers critical of the Supreme Court decision was Revered Al Sharpton, President and Founder of National Action Network, and organizer of the March on Washington 2026. The elder civil rights leader railed against Trump’s attacks on civil rights without mentioning him by name, but he did not need to mention who was behind the attacks.
“The Callais decision by the Supreme Court put a bullet in the heart of voting rights,” he said. Casting the Supreme Court as ruling from a pre-1963 mindset, he said, “But they don’t understand, we’re not going back. We will not let them turn back the hand of time. They can turn back the clock but they can’t turn back time. And if we go home and organize like they did in 1963, we can put a handicap on the most biased, bigoted presidency that we’ve seen in a long time.”
The march was joined by labor, faith, Latino, voting rights and community organizations. The group leaders spoke from the podium on the Lincoln Memorial steps as well. Many leaders who spoke followed in the footsteps of the same labor, clergy, and civil rights leaders of their organization predecessors who spoke in 1963.
“If your vote didn’t matter, they wouldn’t be working so hard to take it away from you,” said Everette Kelly, National President of the American Federation of Government Employees, which is the largest union representing federal and D.C. government employees. Kelly condemned the Doge takeover of government agencies and removal of tens of thousands of government employees who had kept the country operating safely with oversight needed for basic functions such as food inspections, weather forecasting, and air traffic control.
“Our ancestors didn’t pay the price for us to stand here quiet[ly],” he said. “There’s power in ‘We’ and in 10 weeks this election day will show them what a bad mistake that was.”
New York Representative Alexandria Ocasio-Cortez spoke about how the civil right leaders of 1963 were not handed a movement but had to build one. “The civil rights movement is the foundation for a Great Society,” she said. “We are living in the legacy of it today. But their vision went further than their victory. America may have agreed to open the lunch counter but it never committed to us affording the meal.”
Ocasio-Cortez argued, “America is wealthier than it has ever been. Yet millions of Americans work every day to afford the basics. It is not simply an economic failure, it is a moral and structural failure. We must work to fix it.”
Marcos Smyth, an artist working with Third Act-DMV, spoke about the march after he returned home that day. “Minorities and Blacks have been marginalized,” he said. This administration is trying to turn its back on Black people by making it more difficult to vote.”
Smyth brought a paper mache caricature of Trump on a wheeled cart he built. He originally designed and helped other artists build the puppet for the No Kings II rally in March of this year, and refashioned it for the March on Washington. But he didn’t want the caricature of Trump to be anything near the overarching reason the March on Washington was returning to the Lincoln Memorial. But so many people liked the puppet he was delayed by the many requests from participants asking to take a photo with him and the puppet.
“It’s not intended as a get out the vote message,” he said. But it couldn’t be helped to presume it was an inspiration for people to vote because it was Trump that was behind many of their rights being taken away.
Civil Rights Gains of 1963 Are Being Erased
After the 1963 march the nation has made significant progress by 1965, passing legislation codifying equal rights in many sectors which have been retracted in the last 2 years. In 1965, the birth of the great society, equal rights gains finally began to align with forefathers’ visions af a nation of equality and justice for all.. the Civil Rights Act, the Voting Rights Act, .
But the dozens of speakers assembled warned that rights previously gained and the survival of democracy hung in a balance and was weighted down by the willful efforts of the wealthy and powerful influences to diminish it.
Under the policies of the most wealthy president the nation has ever elected, the viability of democracy was at stake, the speakers argued. This is because the wealthy are responsible for the loss of democratic norms by funding its demise. Elon Musk gave $200 million to the Trump presidential reelection campaign in 2019. He also offered voters a lottery of a million dollars if they voted for Trump. It was a lottery which turned out to be a fake ploy to gain votes for Trump. He never paid anyone a million dollars for voting for Trump because it was illegal to do so. Still, many fell for his ploy.
Trump is the nations first multi-billionaire president, leveraging the power of his office to form policy to his personal benefit and self enrichment. No other president has come anywhere close to the amount of wealth accumulated in office while president. The Supreme Court effectively crowned him as an untouchable from prosecution for official acts as president with its ruling in Trump v. United States, so that any official act he takes cannot lead to trial conviction. Further, the Supreme Court has ruled in his favor in nearly every case brought before it. This has in effect green-lighted many of the undoings of the constitutional order, and will make more difficult reversing the damage he has done to civil rights.
The Hart–Celler Act, or Immigration and Nationality Act of 1965, was a federal law passed by the 89th United States Congress and signed into law by President Lyndon B. Johnson. The law abolished the National Origins Formula, which had been the basis of U.S. immigration policy since the 1920s.
Trump’s Department of Homeland Security has through its Immigration and Customs Enforcement division, nearly blown the Immigration and Nationality Act out of existence. The draconian immigration policies under Trump’s White House have led to death of U.S. citizens, immigrants, and mass chaos across the country. The resulting chaos from ICE has enabled kidnapping, disappearance, and unlawful abuse in detention camps of thousands of migrants and immigrants without due process, pending deportation.
ICE “Ha[s] adopted methods and routine tactics that frequently lead to serious civil rights violations. They are committing these violations at a scale and severity without precedent in our nation’s recent history,” according to the ACLU in a July published report documenting 1200 incidents.
In 1965, the Social Security Amendments Act was also signed into law by President Johnson. It was also a part of the vision of the Great Society. It created Medicare and Medicaid, health insurance for those over 65. With the passage of the “Big Beautiful Bill,” legislation, ugly in both application and scope, it would cause the suffering and sickness of millions unable to afford rising costs of medical care in their retirement years. Billions will be cut from the provisions of this 1965 Act in order to afford tax breaks for the wealthy which go into effect in January 2027.
Video contributed by Marcos Smyth with editing by John Zangas.
The post March On Washington Returns To Lincoln Memorial 63 Years After Iconic MLK Speech appeared first on DCMediaGroup.
Kalshi is in the New York City subway system—and probably on its way to the U.S. Supreme Court (photo by David Lat).Welcome to Original Jurisdiction, the latest legal publication by me, David Lat. You can learn more about Original Jurisdiction by reading its About page, and you can email me at davidlat@substack.com. This is a reader-supported publication; you can subscribe by clicking here.
Twenty years ago today, on August 30, 2006, I launched Above the Law. This anniversary led me to reflect on how the world of legal media has changed dramatically over the past two decades—ATL included.
If you look back at my inaugural post on Above the Law, you’ll see my initial vision for the outlet was focused heavily on gossip and humor. And while there are still traces of that DNA at ATL—hello, Biglaw Biter1—it’s fair to say the Above the Law of 2026 is a more serious and substantive publication than the self-described “legal tabloid” of 2006. For instance, I doubt the original ATL would have been the subject of a 1,600-word feature by Elizabeth Williamson of The New York Times (gift link).
As for me, I left ATL in 2019, tried out legal recruiting, and almost died of COVID. That near-death experience made me realize I wanted to return to full-time writing—which I did in May 2021, by activating paid subscriptions here at Original Jurisdiction.
When I launched OJ, I felt the same anxiety I did when I started ATL: Will this flop? Fortunately, like ATL, OJ thrived—and I owe it all to you, my subscribers and sponsors.
Today, I do four things for a living: publish this newsletter, write a Bloomberg Law column, host a podcast, and do some paid speaking. I’m professionally happier than I’ve ever been, and for the first time, I’m not looking for “the next big thing.” My current plan is to keep doing exactly what I’m doing—until I retire, die, or get replaced by AI. To my readers, listeners, and sponsors, I have just two words: thank you.
A programming note: the next OJ podcast episode will air on September 9, instead of September 2 (because of having to schedule the recording around the crazy schedule of my next guest, one of the busiest lawyers in America). But I’ll still have plenty of content for you, possibly including a Supreme Court clerk hiring post; if you’re aware of any hires not included in my last report, please drop me a line.
Now, on to the news—ridiculously busy for the last full week of August.
Lawyer of the Week: Beth Wilkinson.
In a podcast interview I recorded last week with Jacob Robinson for Law of Code (teaser here), he asked me if I’d ever return to practicing law. Although I keep my New York law license active—mostly to keep my mother honest when she tells people, “My son is a lawyer”—I no longer practice, and I have no desire to return to practice.
There are, however, two things I’d be willing to return for, on a temporary basis: to argue before the U.S. Supreme Court, or—more realistically—to try a case to a jury, all the way to verdict (even a boring case, and even as the most junior person on the trial team). And if I drew up a short list of the litigators I’d want to work for, it would include Beth Wilkinson of Wilkinson Stekloff, trial lawyer extraordinaire.
Oh, you want to work with Beth Wilkinson? Take a number. Right now she’s handling three of the biggest litigations in the country, as noted in Jessica Toonkel’s recent profile of Wilkinson in The Wall Street Journal (gift link):
Wilkinson has successfully defended the National Football League and pharmaceutical giant Pfizer, as well as Supreme Court Justice Brett Kavanaugh against accusations of sexual assault in his confirmation hearings, making her a go-to trial lawyer in high-stakes cases. She has won about 60 cases and lost four jury verdicts, two of which were set aside and one settled. She has never had a client pay a judgment.
She is now in the middle of the three most high-stakes media battles in years…. In addition to working for Paramount [in its litigation against state attorneys general trying to block its $81 billion acquisition of Warner Bros. Discovery], Wilkinson is also representing TV station operator Nexstar Media Group in defending its $6.2 billion acquisition of competitor Tegna, a deal state attorneys general have also sued to block, and Walt Disney Co. ABC in its fight with the Federal Communications Commission over the network’s broadcast licenses.
If ABC v. FCC rings a bell, it should: filed by Wilkinson and leading Supreme Court litigator Paul Clement, it was last week’s Litigation of the Week.
Given the many famous cases she has handled over her long career, some of which we discussed in our podcast interview—including, of course, her successful prosecution of the Oklahoma City bombers—Wilkinson has many individual wins to celebrate. But as she told me in our conversation (and later wrote in a Bloomberg Law piece), what excites her most at this point in her career is mentoring and developing younger colleagues, then sitting back and watching them thrive.
In that sense, one of the biggest signs of Wilkinson’s success is a fourth case in the headlines, People of the State of California v. Meta Platforms Inc. This litigation settled in the middle of trial, for $17 billion—which many analysts see as an excellent outcome for the defense (for reasons discussed below, under Litigation of the Week).
Wilkinson Stekloff was trial counsel for Meta, alongside Covington & Burling and Davis Polk—but Wilkinson wasn’t her firm’s main courtroom lawyer. Instead, if you look at Meta’s written filings and news stories about key cross-examinations, you’ll see mention of colleagues like Brian Stekloff and Moira Penza. And that is, in my view, a testament to the team that Beth Wilkinson has helped build at Wilkinson Stekloff: a firm so formidable that clients like Meta will trust it with matters of existential importance—whether or not Beth Wilkinson herself is personally involved.2
Other lawyers in the news:
Speaking of legendary litigators who have appeared on my podcast, David Boies, still going strong at 85, had a good week:
On Thursday, Judge Jed Rakoff (S.D.N.Y.) approved Bank of America’s $72.5 million settlement with Jeffrey Epstein victims who alleged that B of A aided in Epstein’s sex trafficking. Judge Rakoff also signed off on a 30% fee request for the lawyers—including Boies, Sigrid McCawley, and Andrew Villacastin, of Boies Schiller Flexner, and Brad Edwards, of Edwards Henderson.
On Friday, Judge Richard Seeborg (N.D. Cal.) awarded almost $147 million in attorneys’ fees to Boies and his co-counsel in a privacy class action against Google that covered 98 million people and resulted in a $425 million jury verdict. Judge Seeborg said the one-third fee was high but justified, given counsel’s “exemplary performance.” The lawyers included David Boies, Alexander Boies, and Mark Mao of BSF; Bill Carmody, Amanda Bonn, and Shawn Rabin of Susman Godfrey; and Ryan McGee of Morgan & Morgan.
Will Scharf, who will assume the role of White House counsel on September 1, was profiled by Luke Broadwater for The New York Times (gift link via Howard Bashman’s How Appealing). The article struck me as neutral to positive, maybe 6/10; ChatGPT agreed (6.5/10), while Claude dissented (4/10).
Who’s replacing Will Scharf in the influential role of White House staff secretary? A fellow lawyer: current deputy staff secretary Benjamin “Ben” Moss, who graduated from the University of Chicago Law School and previously served as general counsel to then-senator JD Vance (R-Ohio).
Speaking of job changes, Kerry Abrams will step down as dean of Duke Law after more than eight years in the role. Query whether she can resolve the DOJ investigation into alleged racial discrimination in Duke’s admissions before she departs at the end of the 2026-27 academic year.
Abrams is leaving the deanship voluntarily, while staying on at Duke as a member of the faculty. In contrast, Nathaniel Cullerton—the Wachtell Lipton partner caught making out with an associate in Central Park, in a viral video—“is being forced out by the elite law firm,” per The New York Post.
In the August 23 edition of Judicial Notice, I discussed Department of Homeland Security General Counsel James Percival, his thread on X criticizing four judges who ruled against DHS, and an ethics complaint filed against Percival by 128 retired judges, including Nancy Gertner and J. Michael Luttig. In a reader poll that drew almost 600 votes, 65% of you expressed support for the complaint. For additional views, see (or hear) Sarah Isgur of Advisory Opinions, who criticized the complaint as “barfare” (weaponization of the attorney ethics process), or Professor Steve Vladeck of One First, who argued that the real issue isn’t the ethics complaint, but the “abominable” nature of Percival’s conduct.3
In memoriam: assistant U.S. attorney Andrew Haden (S.D. Cal.) passed away on August 19, at 48. Initial reports didn’t specify the cause of death, but last week, the San Diego County Medical Examiner’s Office confirmed that he died by suicide. If you or someone you know is experiencing a mental-health crisis, please call the National Suicide Prevention Lifeline (988) or contact a lawyer assistance program in your state. As someone who is all too familiar with the devastating toll of suicide,4 I encourage you to donate to the American Foundation for Suicide Prevention or a similar charity focused on suicide prevention.
Judges of the Week: Judges Rita Lin and Noël Wise.
Last week, I wrote that the Northern District of California is one of the five most important district courts in the country right now, thanks to its popularity as a venue for (1) big-ticket cases involving Big Tech and (2) challenges to Trump administration policies. I picked Chief Judge Yvonne Gonzalez Rogers (N.D. Cal.) as the most recent Judge of the Week based on her handling of a major tech case, People of the State of California v. Meta Platforms Inc. (discussed below). And now I’m bestowing Judge of the Week honors on two of her colleagues, Judges Rita Lin and Noël Wise, based on their benchslaps of the Trump administration: In the span of roughly 24 hours, these two relatively new Biden appointees ruled against the federal government in a pair of high-profile cases, both based on the First Amendment.
On Thursday, in Anthropic PBC v. U.S. Department of War, Judge Lin blocked the Pentagon’s blacklisting of Anthropic. After the AI giant refused to allow its Claude AI models to be used by the U.S. military for surveillance or autonomous weapons and publicly criticized the government’s views on AI safety, the government took action against Anthropic—including designating the company “a supply chain risk.” Represented by WilmerHale, Anthropic sued, alleging it was retaliated against for its speech in violation of the First Amendment. In a 59-page opinion, Judge Lin agreed, declaring that the Trump administration’s actions were “illegal and baseless.” In one of the opinion’s most widely quoted lines, she wrote, “The empty invocation of national security is not a blank check to punish and retaliate against government critics.”
On Friday, in Stanford Daily Publishing Corporation v. Rubio, Judge Wise ruled that the Trump administration violated the First Amendment by arresting, detaining, and deporting noncitizen students for expressing pro-Palestine views. In a 90-page ruling that Reuters described as “blistering,” she wrote that “in the United States, freedom of speech belongs to the people” and “is not the government’s to take.” As Conor Fitzpatrick of the Foundation for Individual Rights and Expression, counsel to the plaintiffs, told The Times (gift link), “Today’s ruling proves that free speech isn’t a privilege, but the inalienable right of every man, woman, and child.”
In other news about judges and the judiciary:
Josh Morrow, a partner at Lehotsky Cohn, conducted an interesting analysis (posted by Professor Eugene Volokh on the Volokh Conspiracy). Morrow ran 2,250 published opinions from federal appellate courts from 2026 through Pangram, an AI-detection tool, and found that more than 50 showed signs of AI authorship. He then took roughly 300 opinions published in January 2022 by federal circuit courts and fed them into Pangram—and found no signs of AI-generated text. Some folks I discussed this study with were troubled by its findings, but I wasn’t. First, 50 opinions out of 2,250 is a shade over 2%, a tiny percentage. Second, signs of AI authorship simply suggest that AI generated the prose; they don’t denote the presence of hallucinations or other errors.
Justices Clarence Thomas and Samuel Alito overlapped at Yale Law School for two years. Why weren’t they friends? As Thomas recounted to Senator Ted Cruz (R-Tex.) on his podcast, Alito said to Thomas, “Clarence, you were scary.” What did he mean by that? During their YLS years, Alito was the introverted, nerdy conservative that he still is today—while Thomas was “a left-wing radical,” in Cruz’s words, who wore bib overalls and combat boots around 127 Wall Street.
If you’re trying to get rid of your Indiana state criminal case by forging a dismissal order signed by a judge, pick a jurist other than Chief Justice John Roberts. A Colorado man named Joshua Culver learned this the hard way—and now he faces federal charges of impersonation and forgery as well.
In memoriam:
Judith Kreeger, who served as a judge in Miami-Dade’s 11th Judicial Circuit Family Division for more than 25 years, passed away at 85.
Barbara McDermott—who served for almost 14 years as a judge in Philadelphia’s Court of Common Pleas, spending a majority of that time handling homicide cases—passed away at 71.
May they rest in peace.
Job of the Week: an opportunity for an of counsel in trademark litigation.
Lateral Link is working with a global IP practice seeking an exceptional litigator (6+ years) to join as of counsel, handling sophisticated trademark disputes. This is a fantastic opportunity for experienced litigators looking to join a top trademark practice. Prior trademark experience is not required—strong general commercial or IP litigation experience is welcome, provided the candidate has outstanding writing skills and the ability to take a meaningful first-chair role. Candidates from top litigation boutiques or Am Law 100 firms are of particular interest. This role requires proximity to one of the firm’s offices and is not intended to be fully remote. Compensation ranges from $196,000–$350,000, depending on hours, experience, qualifications, and location. To be considered, please send your résumé to Steven Rushing at srushing@laterallink.com.
1. Overview
2. White House News
3. Truth Social Posts
4. Government Department News
5. 2028 Democratic Presidential Candidates
6. AI & Tech Company News
7. Congressional Watch
8. Policy Impact Analysis & Heatmap
President Trump utilized Truth Social to advocate for a protectionist trade policy, specifically targeting Canada. He argued that the U.S. has suffered financial losses and urged Canadian companies to relocate operations domestically to avoid new tariffs. Asserting that his tariff strategy has “revived” the automotive sector, he stated he no longer wishes to rely on Canadian parts or vehicles.
The President also announced a new oil agreement with Venezuela intended to refill the Strategic National Reserve. Regarding cultural and domestic concerns, he criticized New York Governor Kathy Hochul regarding the release of criminals and pledged to restore the World War II Monument after reports of vandalism. Furthermore, he expressed an intention to renovate the “decrepit” Kennedy Center and shared an anecdote regarding Google Maps’ labeling of Lake Ontario as “Lake America.”
Trump initiated a public conflict with media figures, specifically challenging Kristen Welker of *Meet the Press*. He claimed a 99% success rate for his political endorsements and warned he would report the journalist for “purposeful inaccuracy.” Additionally, the State Dept issued two formal statements: one acknowledging the results of Iceland’s recent referendum on EU accession negotiations, and another extending congratulations to Malaysia on its 69th independence anniversary. These updates emphasized the ongoing U.S. commitment to maintaining bilateral partnerships and promoting regional stability.
Forced reshoring initiatives driven by the threat of steep tariffs introduce significant cost headwinds for manufacturing firms with deep cross-border dependencies, potentially dismantling established supply chain efficiencies. Simultaneously, aggressive regulatory intervention in agriculture and media aims to decentralize market power, creating substantial operational volatility for consolidated food processors and communication entities facing heightened political scrutiny. Conversely, strategic efforts to realign energy and aerospace trade flows through state-led partnerships offer new growth avenues, though these “politically-driven” deals risk displacing long-standing commercial arrangements and inviting retaliatory trade friction.
No White House news found.
Trump focused heavily on economic and trade policy, specifically regarding Canada, asserting that the United States has lost billions annually and must incentivize companies to return stateside to avoid tariffs. He urged Canadian companies to relocate immediately, arguing that domestic manufacturing—including the automotive sector—has been “revived” and “saved” through his aggressive tariff strategy. He stated that he no longer wants Canadian parts or cars, labeling the country a poor trade partner. Additionally, he announced plans to refill the Strategic National Reserve using oil from a new deal with Venezuela. These economic efforts were highlighted by an aide who praised his job creation record and a recent aircraft deal with Bangladesh. Other administration actions included breaking the grip of major meat processors, securing the aforementioned oil agreement, and considering legal pathways for Jewish Canadians.
Regarding domestic and cultural issues, Trump criticized New York Governor Kathy Hochul for the release of criminals and vowed to restore the Reflecting Pool and grounds at the World War II Monument following acts of vandalism. He expressed a desire to renovate the “decrepit” Kennedy Center, celebrated a successful NASA launch, and recommended Ted Cruz’s new book about Justice Clarence Thomas. In separate posts, he shared news regarding Google Maps labeling Lake Ontario as “Lake America.”
Trump also launched a sharp offensive against the media, calling for FCC intervention against what he described as “fake polls” and biased reporting. He singled out Kristen Welker of Meet the Press, challenging her characterization of his endorsement success rate. Trump insisted that his record, which he claimed includes a 99% success rate and 100% in Senatorial contests, represents “the strongest Endorsement in the History of Politics,” and he warned that he would report her for “purposeful inaccuracy.”
Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump
United States Response to Iceland’s EU Accession Referendum
The United States acknowledges Iceland’s August 29 referendum regarding the potential resumption of EU accession negotiations. The U.S. government respects the sovereign choice of the Icelandic people and reaffirms its confidence in Iceland’s ongoing role as a vital NATO ally. The State Department remains committed to enhancing the bilateral partnership with Iceland across security, energy, innovation, and economic sectors to promote mutual peace and prosperity.
United States Congratulates Malaysia on 69th Independence Anniversary
Secretary of State Marco Rubio extended congratulations to the people of Malaysia on the 69th anniversary of the nation’s independence. The United States highlights the enduring partnership between the two countries, emphasized by robust economic ties and a mutual commitment to maintaining freedom of navigation in the Indo-Pacific. As a primary investor and trading partner, the U.S. seeks to further deepen cooperation with Malaysia to ensure continued peace and prosperity in the region.
This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.
Based on today’s policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:
Trade policy is shifting toward forced reshoring of North American manufacturing through the threat of steep tariffs. This policy forces firms with heavy Canadian dependencies to evaluate costly supply chain migrations. Opposition groups warn that these actions dismantle efficient cross-border trade networks and invite retaliatory measures from key partners.
The administration is expanding its oversight reach to dismantle established market structures in agriculture and media. By breaking the concentration of meat processors, the government aims to empower smaller producers at the expense of consolidated firms. Concurrently, using the FCC to target media outlets creates a volatile environment for communication companies facing political scrutiny.
The administration is leveraging foreign partnerships to secure vital energy reserves and manufacturing contracts. By tapping Venezuelan supply and securing new aerospace orders from Bangladesh, the government is actively altering trade flows. Observers remain concerned that these specific, politically-driven deals could displace long-standing commercial arrangements.

Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how today’s policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, ▲) suggest bullish impact; negative scores (red, ▼) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.
Policy developments today center on aggressive protectionist shifts and tactical commodity procurement. The escalation of tariff threats against Canadian manufacturing creates significant supply chain uncertainty for the automotive and industrial sectors, forcing firms to weigh higher operational costs against relocation risks. Critics argue these “reckless” trade barriers threaten cross-border integrated manufacturing, potentially spiking consumer prices.
Simultaneously, the administration’s deal with Venezuela to fill the Strategic National Reserves serves as a bullish catalyst for domestic energy market stability, though it disrupts established OPEC supply dynamics. Meanwhile, the directive targeting “big four” meat processors introduces regulatory risk for major food conglomerates, as antitrust intervention seeks to reconfigure supply chains in favor of independent ranchers. The administration’s pursuit of media entities via the FCC introduces a new layer of political risk premium for the communication services sector. These maneuvers reflect a broader transition toward state-directed economic outcomes, where administrative pressure is increasingly prioritized over traditional market equilibrium.
KRSM, company that supplied fuel to Freedom Fuel Network, stole millions worth of gas, Mansfield Oil alleges
The company that supplied fuel to the discount gas stations praised by Donald Trump is being sued for allegedly stealing nearly $4m worth of gas.
Mansfield Oil Company of Gainesville sued KRSM and its president, Syed Kazmi, for allegedly picking up about 1.1m gallons of fuel from 21 May to 7 July, worth more than $3,998,000, and not paying for it.
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Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation par la police d'un dispositif de surveillance du serveur, dissimulée par l'entreprise du datacenter du serveur de l'époque.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et à certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, en tant qu'automédia issu de la mobilisation contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faire d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux états-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Traduit collective de l'anglais du communiqué d'Autistici/Inventati.
Aujourd'hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d'informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l'état, ainsi que dans l'ordonnance judiciaire associée.
Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d'outils d'auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d'activistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d'une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l'attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme…
L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l'humanité.
Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
Traduction collective de l'anglais de l'article "The server called Paranoia : Defend Autistici/Inventati Before September 25", publié le 27 août 2026 sur sabot media. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur « ce qu'on peut faire » n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen, ce qui explique les différences entre les propositions présentées dans le résumé ci-dessus (écrites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l'inscrit sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.
Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.
Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.
La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.
Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.
Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « Affinité politique » ne signifie pas « contrôle opérationnel ». Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.
À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.
Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.
Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20 000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice… une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.
Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le résultat a été le plan R*, lancé en octobre 2005 : un réseau de « communication résistante ». Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure. La répression est devenue architecture.
La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism.
La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août 2026, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroriste par les États-Unis.
La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mail chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.
Les conséquence pourraient être la perte :
Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.
C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.
C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précedentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.
C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.
Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.
Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.
Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement américain n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans les annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.
Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer les services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.
L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
A/I a déjà survécu à l'isolation technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.
L'ajout sur la liste des organisation terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle disparaitre en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense de libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer d'un conseil qualifié à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie Norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.
Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent tant que la désignation de terrorisme s'applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.
A/I a survécu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.
Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État américain discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s'appelait Paranoia.
Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.
Télécharge le livre d'A/I, +KAOS, sur l'histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
Télécharge leur « Media Kit » visuel pour les réseaux sociaux, guides d'archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.
Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et l’hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d’organisation terroriste internationale. À l’heure où cet article est écrit, autistici.org n’est plus joignable. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront bientôt publiées sur leur blog. En attendant, une lettre ouverte (en anglais) peut être signée par des personnes morales ou physiques.

Ce 26 août 2026, l’administration des États-Unis d’Amérique a désigné comme organisation terroriste internationale l’association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d’outils des luttes sociales, d’autogestion numérique qui se voient attaquées. A/I, c’est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boîtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D’ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l’autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d’expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d’autodéfense numérique, s’est poursuivie par l’installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l’argent comme barrière d’entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l’utilisation de leurs services à un critère d’affinité politique. Sous cette condition, la liberté d’expression permise au travers de cette infrastructure n’a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l’égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l’administration états-unienne justifie aujourd’hui la censure de l’intégralité des services d’A/I dans un excès de zèle fasciste qu’on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu’à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l’histoire d’A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l’ironie et l’absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l’affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d’équipements militaires pour l’invasion états-unienne de l’Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l’Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l’installation par la police d’un dispositif de surveillance du serveur, dissimulée par l’entreprise du datacenter du serveur de l’époque.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l’infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d’un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l’Église catholique. Puis en 2010, c’est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de justice italienne, que le plan R* s’est montré efficace pour permettre la survie de l’infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d’une prudence à l’égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l’instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et à certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, en tant qu’automédia issu de la mobilisation contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d’innombrables mailing-lists d’émerger et à des dizaines d’ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faire d’autodéfense numérique et les expériences du collectif à d’autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd’hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l’exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d’utiliser ses services et d’apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d’A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d’accusation de terrorisme, à l’encontre d’un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l’attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d’infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l’extension des leviers utilisés par l’administration pour censurer des services (en l’occurence via l’organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d’A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d’expression et l’intégrité de notre vie privée ainsi que l’autonomie nos moyens d’organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux états-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l’affaire d’expert·es. Apprenons de l’histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c’est l’affaire de toustes !
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Traduit collective de l’anglais du communiqué d’Autistici/Inventati.
Aujourd’hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d’informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l’état, ainsi que dans l’ordonnance judiciaire associée.
Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d’outils d’auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d’activistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d’une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l’attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme…
L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l’humanité.
Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
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Traduction collective de l’anglais de l’article The server called Paranoia: Defend Autistici/Inventati Before September 25, publié le 27 août 2026 sur sabot media. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur « ce qu’on peut faire »n’est pas forcément pertinente d’un point de vue européen, ce qui explique les différences entre les propositions présentées dans le résumé ci-dessus (écrites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d’embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d’un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l’ont amélioré avec des composants de récup’, dont un disque dur extrait de l’ordi du salon d’une personne. Personne n’a de plan formel. Les logiciels sont choisis l’un après l’autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d’expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l’efficacité n’est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu’iels sont en train de construire. Ce jour là, l’un·e des participant·e s’en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l’inscrit sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux événements (d’une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l’état techno-sécuritaire états-unien), c’est l’histoire d’un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d’une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d’abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu’est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.
Autistici/Inventati n’est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d’une décennie d’organisation de l’autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT: premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d’expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu’internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu’à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l’organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l’espace public.
Des personnes de Bologne et d’ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d’Indymedia Italy, mouture locale d’un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d’espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L’intention n’était pas de remplacer l’infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L’intention était de multiplier l’infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L’association des collectifs prit légalement le nom d’Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n’avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n’était payé. Ses ressources venaient de dons, d’évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages: l’une technique, l’autre communicante ; l’une tournée vers la machine, l’autre vers le mouvement qui en avait besoin.
La naissance n’a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l’existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d’elle-même.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu’avec lui-même.
Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu’il fut décidé d’imprimer l’erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d’A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c’est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n’est pas neutre simplement parce qu’il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d’autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.
Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu’à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n’a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l’insfrastructure ne signifie pas être l’auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « Affinité politique » ne signifie pas « contrôle opérationnel ». Offrir à quelqu’un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l’attaque que subit maintenant A/I.
À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s’est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d’A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT: un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d’autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu’il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l’école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l’une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu’exclusivement par les médias institutionnels.
Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n’était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C’était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d’euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d’A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.
Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l’éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d’expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s’était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommé Zenmai créa un site web parodiant celui de l’entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l’apparence du site web de l’entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d’assauts et d’autres équipements militaires pour l’invasion de l’Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d’excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20 000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu’A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l’absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d’intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice… une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu’A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l’ombre, sans qu’iels ne le sâchent.
Le serveur d’A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l’entreprise Aruba à Arezzo [NDLT: ville Italienne à l’est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l’entreprise éteignèrent la machine d’A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d’un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l’Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT: organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d’une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s’est conformé à l’ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n’auraient pas dû être en capacité d’avoir. L’explication était cachée dans une note de bas de page: la police était allé chez Aruba l’année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu’une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d’utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT: la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu’un d’autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s’est passé.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l’a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l’Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le résultat a été le plan R*, lancé en octobre 2005 : un réseau de « communication résistante ». Plutôt que de concentrer les services d’A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d’un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l’intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n’a pas prétendu qu’iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n’existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l’architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d’infrastructure. La répression est devenue architecture.
La pression n’est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation: Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l’église catholique pour enterrer les cas d’abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l’hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d’accès états-unien déconnecte l’intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d’accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l’accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d’ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d’un serveur d’A/I à la demande de l’Italie. L’enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l’organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d’une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu’iels n’avaient ni l’identité des utilisateur·ices ni des journaux d’activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c’était vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n’ont fourni aucune information utile. L’opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L’enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS: Ten Years of Hacking and Media Activism.
La nouvelle attaque est d’un autre ordre. Le 26 août 2026, le département d’État des États-Unis [NDLT: l’équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l’ordre exécutif 13224. Ce n’est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l’un des systèmes d’exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l’hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroriste par les États-Unis.
La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l’étranger, mail chiffrés, tchat, visio-conférence et l’infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d’infrastructure utilisée par le PKK [NDLT: Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l’hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d’État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu’ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d’attaques sur des infrastructures énergétiques, l’hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d’entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan’s Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d’un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d’un crime ; entre maintien d’une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n’a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d’un endroit où parler, publier et s’organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l’État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l’OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s’appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n’y résident pas. L’OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu’au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.
Les conséquence pourraient être la perte :
Les entités extérieures aux États-Unis n’ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l’OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d’une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu’une réquisition légale. Il est peu probable qu’une banque, un registrar [NDLT: une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n’en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d’organisations terroristes.
C’est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Même si l’ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L’infrastructure d’A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l’ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu’iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d’alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu’ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu’un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L’ajout sur la liste produit à lui seul un no man’s land de peur.
C’est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l’État même si A/I reste en ligne. Les précedentes attaques tentaient d’atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d’informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s’attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l’infrastructure d’exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l’État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.
C’est l’État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n’a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l’impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d’identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D’autres pourraient fermer des comptes à l’abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.
Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l’architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d’étendre la vérification d’identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l’infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L’État gagne de l’influence, quand bien même il n’obtient pas les données en clair des disques chiffrés d’A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d’informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.
Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l’aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l’hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l’infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s’inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d’outils de communications n’est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.
Tout ça ne signifie pas que l’ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement américain n’a pas pris la peine d’expliquer sa stratégie au delà des accusations dans les annonces. Mais la logique de l’action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l’infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d’institutions précautionneuses. L’incertitude devient un instrument de contrôle. L’objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d’un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d’expérience de restauration de services en urgence. Il n’a pas d’actionnaires, de siège ou d’employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l’infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l’État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.
Mais ceci n’est pas une simple descente de police.
Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l’argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer les services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.
L’ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
A/I a déjà survécu à l’isolation technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l’infrastrucrure et de participer à l’environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l’architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.
L’ajout sur la liste des organisation terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d’autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s’étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n’est pas une date à laquelle disparaitre en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l’histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense de libertés et s’organiser indépendamment contre la criminalisation d’infrastructures de communication résistantes. L’essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l’infrastructure, déployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s’assurer d’un conseil qualifié à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l’OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d’accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Racontons l’histoire. Partagons l’histoire d’A/I: les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie Norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu’est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d’hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d’A/I, les documents techniques et juridiques, et l’histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d’auteur et les demandes de suppression. N’accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l’archivage pour la recherche ou la presse n’impliquent pas les mêmes enjeux qu’opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n’importe qui envisageant l’hébergement d’un miroir public devrait d’abord chercher des conseils qualifiés.
Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s’opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l’argent tant que la désignation de terrorisme s’applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Écoutons attentivement les réponses publiques d’A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.
A/I a survécu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L’affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L’affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.
Chaque tentative d’isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n’est pas seulement la survie d’un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s’agit de savoir si maintenir de l’infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d’une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d’intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d’infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu’ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l’infrastructure d’A/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
D’ici au 25 septembre, préservons l’histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l’isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l’État américain discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d’une machine de récup’ et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l’infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s’appelait Paranoia.
Le réseau qu’il a créé s’appelle solidarité.
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Télécharge le livre d’A/I, +KAOS, sur l’histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
Télécharge leur « Media Kit » visuel pour les réseaux sociaux, guides d’archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.
Nedib Sidi Moussa viendra présenter son dernier livre « Le spectre du Colonialisme » paru en avril aux Éditions L’échappée.
Commént la question coloniale influe sur la pensée politique contemporaine, les relation internationales, l’accueil des migrant, le sentiment identitaire et le racisme?
Pourquoi y-a-t’il nécessité de proposer un nouvel internationalisme fondé sur des bases politiques et sociales, débarrassé des errements dogmatiques de certains courant issus des « colonial studies » qui agitent depuis 20 ans les Universités ?
Bloquez la date. Des précisions suivront…
Le Spectre du colonialisme
Nedjib Sidi Moussa
Un spectre hante la France : le spectre du colonialisme.
Depuis au moins deux décennies, les factions idéologisées de la production du savoir, du traitement de l’information et de la conquête du pouvoir ont contribué, au gré des « guerres culturelles », à faire du rapport au passé colonial l’une des problématiques les plus sensibles dans une société fragmentée.
Cette question, souvent perçue à travers le prisme algérien, soulève de nombreux enjeux contemporains, par delà les controverses inhérentes aux cercles intellectuels : de la persistance niée du racisme à l’instrumentalisation de la diversité, en passant par la politisation de la présence musulmane, le tout sur fond de décomposition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme néolibéral.
Au croisement de la science politique, de la sociologie critique et de l’histoire des idées, ce livre aborde ces thématiques avec une approche singulière, qui associe pensée matérialiste et méthode dialectique, à rebours de la fausse conscience ou de la mauvaise conscience qui prévalent dans les débats.
Sans concession à l’idéologie dominante ni à ses fausses alternatives, il invite aussi à examiner d’un regard neuf la trajectoire de figures intellectuelles confrontées à la révolution anticoloniale dans le tiers-monde ou à l’avènement d’une France postcoloniale, à l’instar d’Albert Camus, Guy Debord, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson, etc., dont la part d’ombre et de lumière résonne avec force dans la conjoncture actuelle.
paru le Vendredi 03 Avril 2026
05/07/26« D’autres regards sur le postcolonial »
Recension du Spectre du colonialisme de Nedjib Sidi Moussa par Faris Lounis dans Mediapart & En attendant Nadeau.
Stimulant et exigeant, « Le Spectre du colonialisme », recueil de textes du politiste et historien Nedjib Sidi Moussa, donne une cohérence internationaliste à ses ouvrages précédents, dépassant les controverses stériles fondées sur la
[…]29/06/26« Non-renouvellement de contractuels dans l’académie de Versailles : une maltraitance institutionnalisée »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme et du Remplaçant dans Libération.
Enseignant contractuel, Nedjib Sidi Moussa veut attirer l’attention sur la situation de centaines de collègues en CDD, remerciés pour cause de «baisse de besoins». Un plan social qui ne dit pas son nom.
Le symbole est cruel. Une semaine
[…]24/05/26« « La proposition de loi contre l’entrisme islamiste est une étape de plus dans la mise en œuvre d’un projet national-sécuritaire » »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, dans Le Monde.
L’examen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, élu au Sénat depuis près de vingt-deux ans, révèle les obsessions de la droite réactionnaire, estime l’essayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ».
L’adoption, par le
[…]11/05/26« « Surmonter les oppositions binaires Occidental/non Occidental, Blanc/non Blanc, Nord/Sud dans le but d’embrasser l’universalité de notre commune humanité » »
Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, était l’invité de l’émission « Trous Noirs » sur Radio Libertaire.
Nedjib Sidi Moussa, historien d’origine algérienne, regroupe une vingtaine de textes dans Le spectre du colonialisme, paru récemment aux Éditions L’Échappée. Ils couvrent quatorze années jusqu’à 2025 pendant lesquelles, parallèlement aux
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 20h à la librairie Quilombo (23 rue Voltaire, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libre Ère (111 bd de Ménilmontant, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à Solidaire 13, 29 bd Longchamp 13001 Marseille.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libertalia (12, rue Marcelin-Berthelot 93100 Montreuil).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 16h à la librairie La Flibuste (3 rue Jean Jacques Rousseau, 94120 Fontenay-sous-Bois).
Nedjib Sidi Moussa dédicacera Le Spectre du colonialisme lors du Maghreb des livres, organisé par l’association Coup de soleil, à l’Hôtel de ville de Paris (3, rue de Lobau 75004 Paris).
Dans le cadre des Rencontres libertaires du Poitou, Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme le jeudi 16 juillet à partir de 15h
Les Rencontres du Maquis de l’émancipation invitent Freddy Gomez et Nedjib Sidi Moussa à présenter leurs travaux le mardi 11 août (Le Maquis, Hameau de Bois-bas, 34210 Minerve).
Dans le cadre des 4ème Rencontres d’été révolutionnaires, Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme le dimanche 23 août à partir de 10h.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h au Au local des Ami·es de May (25 boulevard de la Renaissance, 44600 Saint-Nazaire).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à la librairie De beaux lendemains (8 Allée Rosa Parks, 93170 Bagnolet).
Diffusion – distribution
Belles Lettres Diffusion Distribution25 rue du Général Leclerc | 92270 Le Kremlin BicêtreTél. 01 45 15 19 70 | Fax. 01 45 15 19 80
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités : faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ; rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.) contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ; préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes ! Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
S'il faut faire preuve de prudence et de méthode pour limiter les risques, ceux-ci ne sont jamais nuls. Se préparer à ces situations, c'est se donner les moyens de les affronter avec plus d'assurance, de mieux y résister, et d'en sortir renforcé.
La thématique du procès politiques pose de nombreuses questions : des choix tactiques (défense classique, rupture, semi-connivence, etc.) au rôle des différents protagonistes (co-accusé.e.s, avocat.e, camarades, famille…).
Ces questions seront abordées dans cette conférence qui est issue des travaux d'une conférence organisée sur ce sujet à Milan par le Secours rouge international.
Au Sacco-Vanzetti
Jeudi 3 septembre à 19H
Date de début : 2 Septembre
Version anglaise ci-dessous
La saison automne-hiver 2026 est sur le point de commencer ! Voici quelques informations utiles :
Date de début : 2 Septembre
Heure : 19h (ouverture)
Lieu : pour recevoir l'adresse, envoyez un e-mail à larage.project@gmail.com 😃
Sport : boxe anglaise ouverte a tous.tes et à tous les niveaux. Jours : lundi et mercredi
Veuillez consulter attentivement les dates du calendrier ci-joint. Les dates qui n'y figurent pas signifient qu'il n'y a pas de cours ce jour-là.
Coût : prix libre– 5 € recommandés par séance
Tenue : vêtements confortables pour le sport et chaussures de sport (si vous n'en avez pas, nous pouvons vous en prêter)
Équipement : protège-dents et bandages, non nécessaires pour le premier entraînement, mais si vous décidez de continuer, il est préférable d'en avoir.
Gants de boxe : si vous n'en avez pas, vous pouvez emprunter les nôtres, mais pour continuer, il est recommandé d'avoir votre propre paire.
Il n'est pas nécessaire d'avoir de l'expérience. Si vous souhaitez participer à un entraînement, envoyez-nous un e-mail et vous recevrez toutes les informations pratiques !
Nous avons hâte de vous retrouver à LA RAGE BOXING WORKOUTS💥🥊
English version :
The 2026 autumn-winter sports season is about to begin. Here is some useful information :
Start date : 2 September
Time:7 p.m. (doors open)
Location : please send an email to larage.project@gmail.com to receive info and the address :D
Sport : boxing (boxe anglaise) in mixity and open to all levels.
Days : Monday and Wednesday
Please carefully review the dates in the attached calendar. Dates not listed in the calendar indicate that there are no classes on that day.
Cost : free price - recommended €5 per training session.
Outfit : comfortable for sport use, sport shoes (if you don't have sport shoes, we have some shoes to lend)
Gears : mouth guard and bends, for first training is not a problem if you don't have them, but if you decide to continue they are compulsory.
Boxing gloves (if you don't have your own you can borrow ours from us, if you decide to continue it is recommended to buy your personal pair)
No experience is necessary. If you would like to participate in a training session, send us an email and we will send you all the practical information you need !
See you soon at LA RAGE BOXING WORKOUTS ! 💥🥊
Rejoins l'assemblée citoyenne etterbeekoise pour dire NON aux visites domiciliaires !
Notre assemblée citoyenne débutera par une explication du projet de loi et de ce qu'il implique, un état des lieux des prochaines échéances parlementaires et une présentation de la campagne No Ice In Belgium. Nous nous diviserons ensuite en petits groupes de réflexion sur différents aspects de la lutte pour faire émerger des idées, intensifier et structurer la lutte. Pour finir, tous·tes ensemble, nous mettrons en commun ce qui en est ressorti et nous fixerons les prochaines dates.
Merci à l'ASBL Animations et Loisirs pour Tous pour nous accueillir dans ses locaux !
Rejoins la campagne contre les visites domiciliaires et pour des zones refuges !
L'extrême-droitisation de la société se renforce, et avec elle, la violence envers les populations exilées. Collaboration avec le régime des talibans, durcissement du regroupement familial, pressions sur la Cour européenne des droits de l'Homme pour renvoyer des exilé·es vers des pays où iels risquent tortures et mauvais traitements, familles avec enfants à qui l'Arizona refuse l'accueil, projet de visites domiciliaires, et depuis le 17 juin, validation du règlement Retour européen, etc.
Contre les visites domiciliaires, construisons des zones refuges. Nos quartiers, nos maisons, nos lieux de convivialité seront des lieux de protection.
Contact du groupe local d'Etterbeek : getmo.etterbeek@gmail.com
Campagne No Ice In Belgium : https://no-ice-in-belgium.net/
ASSEMBLÉE DES SECTEURS EN LUTTE (COMMUNE COLÈRE + AG INTERPRO)
✊🏽 La colère ne s'éteint pas, on est toustes concerné·es par l'austérité, les attaques contre les services publics, les travailleur·euses avec ou sans emploi, les femmes, les personnes précaires, les malades, les étudiant·es…
✊🏽 retour des secteurs en lutte et comment les soutenir ❤️🔥 notamment l'éducation
📣 ASSEMBLÉE DE LUTTE
🗓 Mardi 1er septembre
🕠 Accueil dès 18h15
📍 La ZOT - Rue Ransfort 27, 1080 Molenbeek
PROGRAMME
⏰ 18h30 : Présentation aux nouvelles·eaux
C'est la première fois que tu viens à une assemblée Commune Colère ? Alors viens à 18h30 pour qu'on te présente Commune Colère et qu'on t'explique comment se déroule l'assemblée.
⏰ 19h : Assemblée de lutte
⏰ 22h : Drink
📢 Viens, et ramène du monde !
🍴Possibilité de petite restauration, le bar sera ouvert.
👶 Une garderie peut être organisée sur place et si tu as besoin d'un-e baby-sitter pour ton-tes enfant-s afin de pouvoir participer à l'AG, nous proposons une cagnotte qui tournera pendant l'AG. Elle sera dédiée à t'aider à couvrir les frais engendrés. Viens te signaler aux facilitateur-ices !
➡️ Site web
➡️ Instagram
➡️ Facebook Quand ?
Du 1 septembre à 18h au 25 octobre à 0h
Où ?
Calendrier de Bloquons tout Île-de-France : Actions et soutiens aux manifestations, occupations, grèves...
(septembre/octobre 2026)
– Mardi 1er septembre - 18h : Réunion unitaire nationale contre le congrès du RN à Orléans des 24 et 25 octobre (Bourse du travail, Paris + visio)
– Samedi 5 septembre - 16h à 2h : Soirée de soutien pour que la famille d'El Hacen Diarra puissent aller en procès (Le Chair de poule)
– Mardi 8 septembre : Journée de grève des salariés de librairies à l'appel de la CGT librairies
– Jeudi 10 septembre - 13h30 : Délibéré du procès en appel des inculpés du 8/12 (Cour d'appel de Paris)
– 11-12-13 septembre : Fête de l'Humanité
– Samedi 12 septembre - 15h : Manifestation des Gilets jaunes (Place Jussieu)
– Mardi 15 septembre : Journée de grève dans le secteur des Industries Électriques et Gazières, appel de FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines
– Mardi 15 septembre - 19h30 à 21h : Appel de France nature environnement, Médecins du monde, Solidaires, Greenpeace, Nous toutes, Fondation pour le logement, FAGE, SNPI, CFE CGC et SSPVF (pompiers) à se rassembler pour pour exiger des moyens face au dérèglement climatique (Bercy devant le Ministère de l'Economie, Paris)
– Samedi 19 septembre - 12h à 20h : Techno parade (Bastille à Nation)
Dimanche 20 septembre : Mobilisation nationale contre la loi "permis de tuer"
– Du 19 au 26 septembre : Appel du Collectif national des marches pour la paix à multiplier les initiatives
– > 26 septembre : Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités
– > 26 au 28 septembre : Occupation de la Place de la République par les pompiers
– 29 septembre : Manifestation de la fonction publique, rejoint par l'intersyndicale sapeureuses-pompier.es et les étudiant.es mobilisé.es contre "Bienvenue en France"
– Samedi 3 octobre : Mobilisation internationale Stop Pesticides - Arrêtons Syngenta (Saint-Pierre-la-Garenne)
– 9-10-11 octobre : Mobilisation contre l'inauguration de l'A69
– Samedi 24 et Dimanche 25 octobre : Mobilisation nationale contre le congrès du RN à Orléans
Sur Telegram
Le «Mozart de la finance» est en fait le pire des musiciens, et il a absolument tout raté dans le domaine économique comme dans les autres.
L’article Le Mozart de la finance a tout raté est apparu en premier sur Contre Attaque.
Poésie, politique, lectures, performances, expositions, projections, rencontres, débats, chorale, balades, concerts, sérigrapie, repas partagés, ateliers...
Du 12 au 27 septembre à Saint-Étienne.
PROGRAMME QUINZAINE SOUAD LABBIZE
Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
Dans la Gürtelstraße, dans le quartier de Friedrichshain, de jeunes punks anarchistes ont squatté une maison.
Hugohaus était une auberge de jeunesse vide, située au n°39 de la Gürtelstraße. Ça fait deux ans qu’elle est squattée. Mais le nouveau propriétaire, un spéculateur de Vienne (Autriche), veut maintenant vider la maison et la démolir.
Venez soutenir les habitant⋅es!
La société d’investissement dBS Invest (pour le compte de la société viennoise GSI 2 Entwicklung GmbH) prévoit un nouveau bâtiment avec garage souterrain pour yuppies. Elle a lancé un ultimatum aux habitant⋅es pour qu’ils quittent la maison avant le 31 août 2026.
Cependant, jusqu’à présent il n’y a PAS d’ordre officiel d’expulsion, mais seulement des annonces verbales et une note de la société qui a été accrochée sur la porte.
Contre la menace d’expulsion, de nombreux cercles se mobilisent maintenant avec force pour manifester leur solidarité, les habitant⋅es annonçant être barricadé⋅es parce qu’ils ne font pas confiance aux vigiles recrutés par l’entreprise autrichienne.
Il est bien connu qu’à Berlin, des spéculateurs ont souvent tenté de prendre des mesures illégales pour se débarrasser d’habitant⋅es au moyen de prétendus « titres » commandités, jusqu’à la « démolition à chaud », c’est-à-dire l’incendie.
(…)
Appel à la solidarité:
Tou⋅tes celles et ceux qui souhaitent soutenir concrètement le projet contre la menace actuelle d’expulsion sont invité⋅es à prendre contact!
Soutenez la mobilisation !
Fragt eure lokalen Punks und informierte Kreise in Friedichshain oder checkt wie ihr vor Ort Kontakt aufnehmen könnt.
Jeder Support ist jetzt willkommen, alles wird benötigt!
Freiräume erkämpfen! Wir bleiben alle!



[Traduction de l’allemand d’un article publié le 30 août 2026 sur de.indymedia.org.]
Face à l'accélération du réarmement en Europe, à la montée des logiques de guerre et réactionnaires, à l'austérité au profit de l'armée, à l'armement des génocides et à leurs conséquences sociales, démocratiques et écologiques, nous pensons qu'il est nécessaire de créer des espaces de réflexion à Saint-Étienne, de débat et de mobilisation.
WEEK-END DE RENCONTRES 26-27 SEP
Un événement autour des questions de l'antimilitarisme, de l'opposition à l'austérité et de l'économie de guerre, de la solidarité internationale et des luttes sociales qui y sont liées.
Afin de créer des ponts narratifs, travailler notre réseau de rencontres et nous renforcer de luttes d'ailleurs.
Un événement construit collectivement par plusieurs acteurs : associations, organisations politiques, syndicats, collectifs militants.
Mobilisant ainsi la localité, en échos avec des invités nationaux.
Cantines, débats, ateliers, tables de presse, musique…
Construisons ensemble les résistances locales en nous inspirants de nos frères et sœurs d'ici et d'ailleurs
…de Marseille à Grenoble, de Paris à Genève…
Avec déjà Mathieu Rigouste, Yessa Belkhodja et le collectif de Défense Des Jeunes du Mantois, Ritchy Thibault, Agnès Aoudai et les Mères Isolées, les lycéen.nes en grève et Young Struggle, MARAD juifves décoloniaux Suisse, Fatou Dieng du Réseau Verité et Justice, les féministes contre l'armement des genocides et NousToustes93 antiraciste, camarades syndicalistes, communistes et antifascistes, Andrée Taurinya LFI, la Coalition Guerre À La Guerre….
PROGRAMME À VENIR TRÈS BIENTÔT !
On Thursday, Donald Trump’s executive order restricting mail-in voting was once again blocked by a federal judge.
This follows days after the Supreme Court sided with the Trump administration on a procedural point, which was rendered moot once USPS issued its final rule on how it would implement Trump’s order.
Judge Talwani’s ruling makes the important point that with mail ballots going out as soon as next week in some states, there simply isn’t enough time for the administration to implement its rule for this year’s midterms.
This new ruling is likely to go back to the Supreme Court.
In other positive legal news, a judge has blocked the Justice Department’s request to drop the case against Steve Bannon, who was found to be in contempt of Congress.
Ghislaine Maxwell’s bid to be released from prison has been rejected.
ICE’s mass detention policy got smacked down once again.
And getting tired of all this losing, Donnie?
And as the midterm elections approach, Donald Trump continues to hit new lows in approval.
Just a reminder that our Tuesday and Thursday content is free for all readers.If you missed this week’s pieces, please check out Gouging the Eyes of Big Brother and We Aren’t Talking Enough About These Five Possible Senate Pick-Ups.Trump’s threat comes after host described success record of candidates whom president had endorsed as ‘mixed’
Donald Trump on Sunday said NBC’s Kristen Welker – host of Meet the Press – should face “rebuke or punishment” from the Federal Communications Commission (FCC).
Welker, during a live segment for a local Washington DC affiliate, described the success record of political candidates whom the president had endorsed as “mixed”. The segment aired before Sunday’s edition of Meet the Press.
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Une introduction aux textes de D Hunter que nous traduisons et publions sur le blog de la piraterie
Les textes que nous avons publié sur notre blog depuis sa création sont tous écrits à l'origine par un auteur de Grande-Bretagne nommé D Hunter. Cet auteur et activiste est un des fondateur du Class Work Project, une coopérative de travailleureuses qui développe des théories, des analyses et des pratiques autour des questions d'identité de classe, d'oppression et de stigmatisation, en Grande-Bretagne et au-delà. Iels cherchent à placer au centre les savoirs et les expériences des personnes pauvres et issues de la classe ouvrière, par le biais de l'édition, de l'écriture, de la recherche, de l'éducation et de la formation. D Hunter est l'auteur de CHAV SOLIDARITY (SOLIDARITÉ DE CASSOS), un recueil d'essais qui s'appuie sur son propre parcours — enfant prostitué, adolescent accro au crack, voyou violent et militant — pour examiner comment nos expériences liées à la classe sociale façonnent notre pensée et notre pratique politique. Chav Solidarity est à la fois une autobiographie, une réflexion sur le traumatisme, la classe et l'identité, et un doigt d'honneur adressé à la « politique de la respectabilité ». D Hunter a ensuite publié Tracksuits, Trauma and Class Traitors (Survêt, trauma et traîtres de classe) :
« Cet ouvrage a été écrit pour faire évoluer le discours au sein des mouvements sociaux qui me tiennent à cœur. Il soutient que ceux qui se situent en dehors de l'élite ou de la classe capitaliste — ceux qui se définissent comme socialistes, communistes ou anarchistes — doivent s'attaquer aux rapports de pouvoir inégaux au sein de leurs processus d'organisation et de lutte politique. Cela vaut que l'on considère l'opposition à la classe capitaliste comme une vaste classe ouvrière unifiée, ou que l'on distingue classe moyenne et classe ouvrière, petite bourgeoisie, prolétariat et lumpenprolétariat. » – D Hunter, juin 2020
« Ce livre, tout comme mon précédent ouvrage Chav Solidarity , repose sur le postulat que l'État privilégiera toujours le capital au détriment des gens, et que toute intervention de l'État dans la vie des communautés pauvres et ouvrières visera à consolider son propre pouvoir et à servir les intérêts du capital. »
D Hunter a appris à lire et écrire a l'âge adulte. Depuis il a entrepris des études et travaille aujourd'hui sur une thèse de doctorat en sciences sociales. Les textes que nous traduisons en français et publions sur notre blog sont issus de la newsletter de l'auteur sur substack.
INDEX
• 01 : introduction : La Gauche des quartiers
• 02 : 1/3 Burford
• 03 : 2/3 East Bridge
• 04 : 3/3 Renby
• 05 : Le Cercle ¼ : Arrivée et premières rencontres
• 06 : Le Cercle 2/4 : le groupe de lecture
• 07 : Le Cercle ¾ : La rupture et le règlement de comptes
• 08 : Le Cercle 4/4 : Construire le Cercle
• 09 : 1/7 : La Maison
• 10 : 2/7 : après la discussion
• 11 : 3/7 : les premières rencontres
• 12 : 4/7 : de la crise à la structure
• 13 : 5/7 : un écosystème en expansion
Nous n'avons aucun lien avec le class work Project et D hunter mais nous pensons qu'il est utile de faire découvrir aux activistes francophones cet auteur et ses textes. La Piraterie organise des arpentages sur ce contenu, tenez vous informéx de la prochaine date (canal d'info telegram : https://t.me/piraterieantifainfo )

Un simple curseur qui peut transformer une IA sage en générateur de réponses complètement imprévisibles. Explications.
Outsourcing the industry to China cannot continue, but Europe knows it can no longer count on the US for a solution
The alarm sounded 16 years ago. In 2010, China blocked exports of key rare earths to Japan in a row over disputed islands in the East China Sea. The critical minerals are essential to everything from advanced weaponry and iPhones to electric vehicle batteries and wind turbines, so the rest of the world took note. But it didn’t take much action. China still accounts for about 70% of rare-earth mining globally and 90% of separation and processing.
Then, last year, Beijing forced Donald Trump to back away from his trade war – not with its retaliatory tariffs, but the curbing of rare-earth exports. A scramble for new supplies began in earnest. The year-long trade truce is due to expire in November. The price of erbium, an element essential to communications infrastructure, has already jumped because of fears that export controls will soon be renewed.
Continue reading...Foreign-born citizens | A heartwarming visitor | United States of Trump | What’s in a name? | Against the odds
Our first child was born in Singapore, 30 years ago, through no fault of their own. As UK citizens, we briefly lived there, came back to the UK, had two more children and have lived here ever since. Yet Reform UK would make it harder for our first child to get social housing than their siblings, who were born here (Reform says it would put foreign-born UK citizens lower on social housing list, 23 August). How does that make sense?
Ian Bourne
London
• Re birds’ association with death (Letters, 26 August), in the eight years since the death of my wife, Victoria, a robin has been popping in most days to say hello and pick up stray crumbs from the dog’s biscuits. It can’t be the same robin over all that time as they have such a short lifespan. Is it a message of love from Victoria? No. Is it welcome and heartwarming? Yes.
Denis Nightingale
Stithians, Cornwall
Deal that will reportedly see US take control of 65bn barrels of Venezuelan oil has provoked outrage in her country
Venezuela’s interim president, Delcy Rodríguez, has defended her government’s highly controversial energy deal with Donald Trump, insisting the South American country will maintain ownership and sovereignty over its massive oil reserves.
Rodríguez, who assumed power in January after Trump ordered the abduction of the president, Nicolás Maduro, took to the airwaves on Saturday to push back against criticism of what the US president has called “the biggest oil deal in world history”.
Continue reading...
Back when LOLGOP and I were doing Ball of Thread — our podcast explaining how Trump trained Republicans to despise rule of law — there was one post and one episode we never got around to.
I wanted to explain how I’ve come to think of corruption not just as a thing — “corruption strips countries of their assets” — or an adjective — “Trump is the most corrupt president, ever” — but as a process.
That process not only acquires a momentum of its own that is difficult to reverse, which is one of the things you always hear about corruption. But the process can be used as a tool. The process of corruption can be useful for powerful people for more than just the immediate exchange (and the relationships of secrecy) it creates, but also because corrupt institutions and countries are weaker and easier to manipulate.
I don’t think this is any great insight. It is consistent with all the far more scholarly work on corruption, particularly Brian Klaas’ Corruptible and Anne Applebaum’s Autocracy Inc, both of which I highly recommend. It is just the lens through which I have viewed the process by which Trump thoroughly corrupted the Republican Party, and in so doing, largely destroyed the country.
And because Trump’s whack bid to steal Venezuela’s oil involves the corrupt Venezuelan who played a role in Trump’s 2019 impeachment, now’s a great time to finally write that post.
Counterfactuals are never 20/20. We can never be sure what might have happened but for certain decisions, but for certain events.
But fuck it — let’s try it here.
Do this: Take a minute to think about what would have happened if a whistleblower had not narced out Trump’s bid to extort Volodymyr Zelenskyy on that July 25, 2019 Perfect Phone Call? What would have happened if Adam Schiff hadn’t found a way to make it go public? What would have happened if Trump had not released the Perfect Phone Call transcript on September 25, 2019, just before the two men would meet publicly at the UNGA, in an absolutely astonishing meeting given everything that has happened since?
What would have happened if it had all remained secret, if Zelenskyy had done … we don’t know what … in response to Trump’s demand and Trump had simply given Ukraine the security support Congress had ordered him to give?
Go ahead — go think about that for a minute!

Before I explain how I have thought about that question, let me first note that that call — a call between the predictably corrupt Donald Trump and his fellow celebrity President — was carefully orchestrated. Seven years later will still don’t know all the ways that it was orchestrated, except that Rudy Giuliani and his ability to bypass the professional bureaucracy that no longer exists in Trump 2.0 was at the center of it. We know that Rudy was led down that path by two grifters who had bought access to Trump starting with payments to Brian Ballard. Or rather — according to Lev Parnas’ selectively honest memoir — one mobbed-up grifter, Igor Fruman (who by the way was represented by Todd Blanche in his criminal case) sought out Parnas because he knew Parnas (who had prior ties to Ivana Trump) had already bought his way into Trump’s inner circle.
I knew Igor Fruman through common friends. Born in Belarus, his family emigrated to Detroit when the USSR was shedding even more Jews, Igor was six years older than me and had moved to South Florida, where the Russian, Ukrainian and Belorussian communities were tight. Still, he spent most of his time in Ukraine where he made his money.
I knew about Igor from various Jewish charities we were both involved in and mutual friends, but we weren’t really friends at the time. Igor became interested in me because of the pictures I was posting of myself with Trump on social media and because I was hosting events for Russians for Trump. Igor wanted to get deals done in the petroleum industry and thought I could help.
He owned two popular nightclubs in Kyiv, Mafia Rave and the more upscale Buddha Bar. Both places were very popular with well-heeled men from both the West and East. They mingled at Buddha Bar, got to know each other and made deals, often huge deals.
And after Fruman latched onto the access to Trump that Parnas had paid for, the two of them ended up leading Rudy on a Choose Your Own Adventure Novel seeking dirt on Hunter and Joe Biden, reaching out to one (Viktor Shokin) after another (Yuriy Lutsenko) after another (Dmitry Firtash) after another (Andrii Derkach) corrupt Ukrainian offering to deal that dirt.
The adventure started, at least according to Parnas’ telling, when Rudy’s former prosecutor buddy Bart Schwartz passed on a tip claiming Ukrainian corruption. And can you believe your luck? Rudy got that tip while he was sitting right there in the Grand Havana Room where, just a few years earlier, Paul Manafort (who would also be represented by Todd Blanche, in his New York case) had shared campaign strategy with Konstantin Kilimnik, just hours after a meeting with Rudy and Trump!
Rudy was sitting there in the Grand Havana Room with a different Ukrainian, one who could act as Rudy’s guide to hunt this piece of dirt on Hunter and Joe Biden.
It was one of those days when Giuliani and I were just hanging out at our favorite place, The Grand Havana Room. Operating under the belief that Giuliani would deliver on his promises, I was still very friendly with Trump’s sidekick. There was nothing like The Grand Havana. A private club with a panoramic view of Manhattan, it had the best food, the best drinks and, of course, the finest cigars. He could stay there all day, just doing nothing and shooting the breeze.
But that’s not my style. I have to work. And that’s exactly what I was doing. Giuliani and I might have been friends, but I also knew that he was the key to my future success. So, we were talking about ways to get my business off the ground when he excused himself for an important phone call.
It was Bart Schwartz. I didn’t know him personally, but I did know that he used to be a prosecutor under Giuliani at the SDNY and the two had stayed in touch for years. Schwartz was then acting as a receiver for a hedge fund (a post that would later end with him in big trouble with the SEC), but still kept his eyes and ears open. He had a tip that he thought Giuliani might be interested in.
Giuliani told me that Schwartz had heard that Joe Biden and his son, Hunter, had been involved in something perhaps a bit shadier than mere conflict of interest in Ukraine. Apparently, there had been a couple of letters, whistle blower complaints.
Giuliani was alive with excitement. I had never seen him so happy. He’s a man of strong emotions, but none more pressing than hate. He had no time for Democrats, especially the country club type he considered the Bidens to be. Making it all the sweeter, Biden was the Democrats’ most likely pick to run against Trump in 2020.
And it was Ukraine! He was sitting right beside a well-connected expert on that very country. Giuliani could not believe his luck.
And that’s how it happened that Lev and Igor, with the help of Rudy, got the US Ambassador to Ukraine, who supported anti-corruption efforts, fired. And that’s how Trump came to be on the phone with the newly elected President of Ukraine — elected on a strong anti-corruption platform! — making asks that Rudy and Lev and Igor had led Trump to believe would hit paydirt.
“If it’s what you say I love it, especially later in the summer.”
When the story of that Perfect Phone Call gets told, it is always a story about what Trump did. The story, told that way, hides all the work that went into it, the purchased access, the perfectly cultivated mob ties, the appeals to both Rudy and Trump’s known venality.
But if you look at it from the perspective of the mob ties that orchestrated that phone call, then you see that the call was at least in part an attempt to use Trump’s corruption to corrupt the newly elected President of Ukraine, the guy who had been elected on a platform of fighting corruption but who was also desperate to protect his country against Russia. That the whole scheme was an attempt to capitalize on the failed attempt to use Hunter Biden’s corruption, a process that started in 2014 and leveraged Hunter’s addiction and financial needs, against his father, who also was fighting corruption in Ukraine, that was just gravy.
Once you corrupt someone, you can find any number of ways to exploit that corruption in the future.
I have three opinions about what would have happened if that whistleblower had not spoken up, had not risked his career and freedom to reveal how Trump was using funds appropriated by Congress to make a corrupt demand of the Ukrainian President elected on a platform of fighting corruption.
First, that whistleblower’s ethical decision had absolutely no effect on Trump’s corrupt purpose (except, perhaps, for Lev and Igor). Rudy Giuliani kept up his pursuit of corrupt dirt on Joe Biden. Even in the middle of impeachment, the White House did not stop Rudy from traveling to visit suspected Russian spy Andrii Derkach in December 2019. According to Chuck Grassley, DOJ performed what looks like its end of a quid pro quo in that same month, shutting down an investigation of Burisma that had been started in 2016, shutting down an investigation of Burisma’s corruption smack dab in the middle of an impeachment defense that purported to be interested in corruption at Burisma. Worse still, Bill Barr set up an entire side channel that exonerated Rudy for his knowing outreach to a Russian spy and served as the vehicle via which a different corrupt Ukrainian, Alexander Smirnov, criminally framed Hunter and Joe Biden.
The whistleblower’s sacrifice did not change a fucking thing about the effort, with participation from both Trump’s personal lawyer and his Attorney General (since merged as one in the person of Todd Blanche), to frame Joe and Hunter Biden to help Trump’s election. All that still happened.
It’s even worse though, and this is what Democrats need to both understand and prepare for as they map out how to rein in Trump’s corruption if and when they win back the House. Not only didn’t impeachment slow the corrupt effort kicked off in that meeting in The Grand Havana Room, but I firmly believe that Trump exploited the polarization of the country to use impeachment as a means to demand loyalty from virtually every Republican save Justin Amash in the House and Mitt Romney in the Senate, the latter of whom had the money to pay for private security that gave him the courage to vote for one but not both articles of impeachment.
Romney confessed that he’d spent much of the impeachment trial hoping a way out would present itself: “I did not want to get here.” In fact, that was part of the reason he wanted former National Security Adviser John Bolton to testify about what Trump had told him. “I had the hope that he would be able to say something exculpatory and create reasonable doubt, so I wouldn’t have to vote to convict,” Romney said.
[snip]
When I asked Romney why none of his fellow Republicans had reached the same conclusion, he attempted diplomacy. “I’m not going to try and determine the thinking or motives of my colleagues,” he said. “I think it’s a mistake for any senator to try and get in the head of another senator and judge them.” But as he discussed the various rationalizations put forth by other Republican senators, he seemed to grow exasperated. He took particular issue with the idea—currently quite trendy in his caucus—that Trump’s fate should be decided at the ballot box, not in the Senate.
“I would have liked to have abdicated my responsibility as I understood it under the Constitution and under the writing of the Founders by saying, ‘Let’s leave this to the voters.’” But, he said, “I’m subject to my own conscience.”
When I asked how it felt to be formally disinvited from this month’s Conservative Political Action Conference, he laughed and noted that he hadn’t attended the conference since 2013. But it seems clear that his journey from GOP standard-bearer to party supervillain has been jarring.
Remember: The two articles of impeachment were, first, that Trump corruptly asked a foreign country for election help and, second, that Trump ordered his government — including, among others, current CBO head Russ Vought, current DOJ head of National Security John Eisenberg, current Deputy Director of CIA Mike Ellis, and Brian McCormack — who carried out Trump’s purge of the National Security Council before being purged himself (possibly as a scapegoat for Signalgate) — to defy subpoenas from Congress.
Every single Republican Senator, save Mitt, was willing to claim to believe that Trump was chasing corruption, not acting on his own corruption. Or perhaps for many Republicans, they just did not give a shit what Trump did to stay in power, they were perfectly cool using taxpayer dollars to extort election help. But one way or another, every single Republican Senator but Mitt — including Richard Burr, Bill Cassidy, Susan Collins, Lisa Murkowski, Ben Sasse, and Pat Toomey, all of whom would later go on to vote for Trump’s 2021 impeachment, for which Cassidy has since paid with his seat — every single Senator bought into the bullshit Trump was selling. And every Republican Senator, including Mitt, were cool with Trump blowing off Congress’ sacred duty of impeachment.
And that’s one of the values of corruption, as a process. I can’t tell you how many of the GOP Senators were already so venal, so polarized, they were going to be cool with what Trump did one way or another. Some of them — people like Marsha Blackburn and Ron Johnson and Rick Scott — they were already so corrupt they were bound to applaud Trump’s extortion. But for a good number, they were pushed by partisanship and cowardice and the cover provided by Trump’s lies to do something that they might not have done before Donald Trump came along. This process made them into far worse people than they had been before Trump came along. And few of them — perhaps only John Bolton, who was too cowardly to testify truthfully — have acknowledged since how they debased themselves. I don’t think even Liz Cheney has come clean with her corrupt vote against impeachment in 2019.
Impeachment was a tool Trump used to make every single Republican (save Amash and Mitt) into far worse people. From that point forward they were going to be, and have been, for the most part, far easier to manipulate, far easier to buy off. Trump used impeachment to make corruption the price of admission to the MAGAt Republican Party, that corruption is a tool he has exploited over and over ever since, and that corruption is what has prevented Republicans from standing up against Trump’s destruction of the United States.
But then there’s Zelenskyy, the real mystery in this game of second guessing.
It is impossible to know what would have happened if that call were not made public (frankly, I’m not convinced we know all that happened until it was made public). On the call, Zelenskyy slathers Trump with flattery, parroting Trump’s favorite words back to him.
I would like to confess to you that I had an opportunity to learn from you. We used quite a few of your skills and knowledge and were able to use .it as an example for our elections and yes it is true that these were unique elections.
[snip]
we wanted to drain the swamp here in our country
But Zelenskyy still does that. Seven years later, with the exception of that famous meeting in the White House where Trump tried to sell Zelenskyy out, Zelenskyy still butters everyone up, on a near daily basis. It’s one thing that makes him successful. And that still includes Trump.
Often forgot, though, Zelenskyy agreed to Trump’s asks, both for an investigation into the server and for an investigation of Burisma.
For me as a President, it is very important and we are open for any future cooperation. We are ready to· open a new page on cooperation in relations between the United States and Ukraine. For that purpose, I just recalled our ambassador from United States and he will be replaced by a very competent and very experienced ambassador who will work hard on making sure that our two nations are getting closer. I would also like and hope to see him having your trust and your confidence and have personal relations·with you so we can cooperate even more so. I will personally tell you that one of my assistants spoke with Mr. Giuliani just recently and we are hoping very much that Mr. Giuliani will be able to travel to Ukraine and we will meet once he comes to Ukraine. I just wanted to assure you once again that you have nobody but friends around us. I will make sure that I surround myself with the best and most experienced people. I also wanted to tell you that we are friends. We are great friends and you Mr. President have. friends in our country so we can continue our strategic partnership. I also plan to surround myself with great people and in addition to that investigation, I guarantee as the President of Ukraine that all the investigations will be done openly and candidly.
[snip]
[Zelenskyy’s new prosecutor] will look. into the situation, specifically to the company that you mentioned in this issue. The issue of the investigation of the case is actually the issue of making sure to restore the honesty so we will take care of that and will work on the investigation of the case. [my emphasis]
To be sure, Zelenskyy caveated his answers, especially regarding the Burisma investigation, with language about transparency (and remember, part of this, where it says “the company,” was edited in the transcription process to protect Trump), and so we can’t tell how far he would have gone to feed Trump’s demands for a Burisma investigation if this call had not been made public.
But there were reports that Zelenskyy intended to do a CNN interview on September 13 to announce that investigation, just days after Trump released the aid.
He was going to do it.
And what we do know is that Zelensky backed Trump’s attack on Marie Yovanovitch, the ambassador who, like Joe Biden, had been helping Ukraine fight corruption.
On top of that, I would kindly ask you if you have any additional information that you can provide to us, it would be very helpful for the investigation to make sure that we administer justice in our country with regard to the Ambassador to the United States from Ukraine as far as I recall her name was Ivanovich. It was great that you were the first one who told me that she was a bad ambassador because I agree with you 100%.
In the expected secrecy of that phone call, Zelenskyy joined Trump in his attack on Yovanovitch.
And while Zelenskyy began that joint appearance on September 25 with a comment about how much better it is to discuss corrupt investigations on TV than it is on a secret phone call, he nevertheless played his part, denying that Trump had pressured him, an important denial in Trump’s ultimately weathering of an impeachment.
Reporter: Have you felt any pressure from President Trump to investigate Joe Biden and Hunter Biden?
Zelenskyy: I think you read everything. I think you read text. I’m sorry but I don’t want to be involved to democratic, open [asks how to say вибори in English] elections, elections of USA. No, you heard that we had, I think, good phone call. It was normal, we spoke about many things. And I [shrugs] so, I think think, and you read it, that nobody push it, push me.
Trump: In other words, no pressure.
I’ll be honest: We can’t know but I think if this all hadn’t blown up, Zelenskyy would have given Trump what he wanted. I think it would have taken him down a path where his efforts to defend Ukraine against corruption — and therefore his efforts to defend against Russian dominance — would have failed.
Instead, Zelenskyy has evolved into perhaps most sophisticated leader of our time — still fighting efforts to compromise him with corruption, and fighting even more persistent efforts to defeat Russian-backed disinformation claiming he was corrupt. I think the exposure of that Perfect Phone Call changed the course of history, but via Zelenskyy, not Trump.
The whistleblower’s effort to expose Trump’s corruption failed to have any meaningful effect in the US. If anything, Trump used it as an opportunity to corrupt Republicans who would once have (and who did, in the case of 2016 and Russia) object to foreign interference in US elections. Trump used it as an tool to demand that Republicans sell out their own institutional prerogatives, appropriations (which never even made it into impeachment) and subpoena power, to protect Trump and with him the Republican Party.
Corruption is a process, and by orchestrating that Perfect Phone Call, whatever mobsters were behind the effort got Trump to corrupt almost every single Republican member of Congress, lowering the bar for the next corrupt demand.
But I do suspect that everything would have been different, the entire course of Ukrainian history and with it the history of Europe, would have been different if that call had not been exposed, because it forced Zelenskyy and gave him the means of distancing himself from Trump’s efforts to corrupt him.
It is easy to say that Trump is corrupt, the most corrupt President ever, that his corruption steals from Americans and destroys the country. It is easy to correctly describe the corruption that has always been a key part of Trump’s success.
But if you understand that corruption is a process, the tool by which Trump is easily manipulated, and the tool by which Trump himself has debased virtually every single Republican and coerced them to cede their institutional prerogatives, you understand how it happened and how the corruption he demanded years ago still prevents Republicans from standing up to Trump to save the country.
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Meanwhile, Trump posts video of himself kicking over a Lake Ontario sign and replacing it with Lake America sign
Donald Trump and Canada continued a verbal duel on Saturday over the US government’s administrative renaming of Lake Ontario, with the Ontario premier erecting a giant sign saying “Lake Ontario. Now and Always” – and the American president posting a video of him tearing down an avatar of that sign, erecting a replacement saying Lake America, and dancing to YMCA.
Rhetoric over the naming of Lake Ontario is the public face of an escalating trade dispute between the US and its northern neighbor involving a 50% US tariff on Canadian steel and retaliatory tariffs from Ottawa.
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Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.
The Jeffrey Epstein associate’s apparent last hope would be a Hail Mary from Donald Trump – a presidential pardon
Ghislaine Maxwell seems to be all but guaranteed to have run out of legal avenues to challenge her conviction for her involvement in Jeffrey Epstein’s abuse of girls and young women with perhaps her lingering hopes of freedom resting on a pardon from the Trump administration.
Paul Engelmayer, a Manhattan federal court judge, last week rejected Maxwell’s contention that her constitutional rights were violated at trial and sentencing for her crimes. “Maxwell’s claims are all meritless and all or almost all are frivolous,” Engelmayer wrote in his ruling on the former British socialite’s legal gambit.
Continue reading...Zéro Logement Vacant, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est un service de l'État censé aider les collectivités à remettre sur le marché les logements vides. Il vient de se retrouver au cœur d'une fuite de données colossale.
Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes affirme avoir aspiré près de 149 millions de lignes brutes depuis la plateforme. Après nettoyage des doublons, ça correspondrait à environ 48 millions de personnes différentes. En croisant les noms et les dates de naissance, on grimpe même à plus de 71 millions, mais les deux chiffres ne s'additionnent pas.
D'où vient une telle masse de données ? Essentiellement du foncier. La plateforme avait chargé d'énormes fichiers de propriétaires issus du cadastre et de la DGFiP, autrement dit le fisc. Deux tables contiennent presque tout, environ 82 millions de lignes de propriétaires d'un côté, et 66,9 millions provenant d'un fichier foncier national de 2024 de l'autre.
Le site Cyberattaque.org , qui a pu examiner des échantillons, confirme le pire. On y trouve des identités, des dates de naissance, des adresses postales et des informations liées aux droits de propriété. Un second extrait ajoute des adresses e-mail et des numéros de téléphone. Sur 500 lignes analysées, 453 contenaient un numéro, 274 un e-mail et 423 une date de naissance.
Et ça ne s'arrête pas aux propriétaires. Les comptes des utilisateurs de la plateforme sont aussi dans la nature, à savoir des agents de collectivités, des services de l'État et des prestataires. On parle de leurs e-mails professionnels, de leurs rôles, du SIREN de leur structure, mais aussi d'adresses IP, de sessions récentes et de mots de passe. Bonne nouvelle relative, ces mots de passe sont hachés, le plus souvent en bcrypt, donc pas lisibles directement, ou réutilisés ailleurs.
Le plus inquiétant, c'est la fraîcheur de certaines données, avec des sessions de connexion très récentes dans les échantillons. Ce n'est donc pas une vieille base oubliée dans un coin, mais bien un environnement encore actif.
Pour les propriétaires concernés, le risque immédiat, c'est l'hameçonnage sur mesure. Avec votre nom, votre adresse et votre bien, un faux courrier des impôts devient tout de suite bien plus crédible. Méfiance sur tout ce qui touchera au foncier dans les prochaines semaines.
Source : MacG