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Aujourd'hui 31 juillet, l'éphéméride des luttes perd un militant antinucléaire et d'autres antimilitaristes et se manifeste sous toutes les formes possibles pour que les entreprises de guerre et de conquête s'arrêtent.
We are still fucking angry.
1763 : Le chef Odawa Pontiac et ses troupes remportent une victoire contre l'armée britannique dans la bataille de Bloody Run.
1881 : A Vigo en Galice, parution du premier numéro du journal "La Propaganda - Consacré à la défense et à l'illustration de la classe ouvrière".
1914 : A Paris, mort de Jean Jaurès, assassiné de deux coups de feu trois jours avant le début de la Première Guerre Mondiale, à laquelle il s'opposait farouchement : "plutôt l'insurrection que la guerre". Le nationaliste Raoul Villain, qui le tua, fut à sont tour exécuté par les anarchistes espagnols car il faisait l'informateur pour l'armée franquiste.
1921 : A Berlin, une grande manifestation a lieu pour la fin de toutes les guerres et pour que plus jamais elles ne se produisent.
1959 : Au Pays Basque, création de l'ETA, groupe armé antifranquiste et indépendantiste Basque.
1971 : A Londres, le groupe anarchiste Angry Brigade fait sauter le domicile du secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie suite à son annonce de vouloir fermer les chantiers navals.
1972 : - En Irlande du Nord, le gouvernement britannique envoie 4.000 soldats de plus, portant à 12.000 les forces d'occupation du pays, qui vont détruire les barricades montées par la population. Un adolescent et un membre de l'IRA sont abattus lors de l'opération.
1977 : Plus de 60.000 personnes manifestent contre le nucléaire à Malville dans le cadre d'une mobilisation internationale qui sera violemment réprimée par la police. Elle finira par de durs affrontements, la mort du militant antinucléaire Vital Michalon, la mutilation de trois personnes et des centaines de blessés (photo de l'article).
1982 : A Vireux dans les Ardennes, deux heures d'affrontements ont lieu entre antinucléaires et sidérurgistes d'un côté et policiers de l'autre.
1997 : A Lisballaw en Irlande du Nord, la Continuity Irish Republican Army (CIRA) pose une bombe dans les sous-sols d'un hôtel de luxe, qui est désamorcée par l'armée.
2011 : A Sautron, deux engins de chantier de l'entreprise Vinci sont détruits par des bouteilles de gaz dans le cadre de la lutte de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Voir ici un texte explicatif.
2019 : A Athènes, dans le quartier d'Exarcheia, des affrontements au cocktail molotov ont lieu suite à la libération du policier qui avait assassiné le jeune Alexis Grigoropoulos le 8 décembre 2008 dans le quartier, ce qui avait déclenché une vague de révolte exceptionnelle.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 juillet.
Passports with the president’s portrait, previously only available in DC, will be offered at 27 agencies nationwide
Americans outside the nation’s capital will soon be able to get limited-edition passports that feature a picture of Donald Trump and celebrate the 250th anniversary of the founding of the United States, the state department announced.
The department’s 27 passport agencies nationwide will start offering the special travel documents next month. They previously had only been available at the Washington DC passport office for in-person applicants.
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En première ligne pour lutter contre les incendies, les pompiers inhalent de nombreuses substances toxiques présentes dans les fumées. Ils dénoncent une protection insuffisante et un manque de reconnaissance des risques.
Il y a l'effort physique engagé pendant de longues heures, la manutention réalisée sous des températures élevées, le manque de sommeil et le stress qui abîment les corps des pompiers et leurs esprits. À ces facteurs de risques s'ajoute celui, moins visible, de (…)
Depuis une semaine, le parc des expositions de Bordeaux accueille les évacués des communes touchées par l'incendie en Gironde. Ils ne sont plus qu'une cinquantaine et s'apprêtent à partir, épuisés, mais avec des souvenirs et de belles amitiés.
Bordeaux (Gironde), reportage
Au pied des couchettes et sur une table, des roses blanches dans des bouteilles en plastique ont été déposées, comme pour dire « merci ». Entre la centaine de lits vides, seuls quelques jouets, des gamelles pour chat (…)
You’ve got to admire the Fifa president’s chutzpah in trying to flog off football’s greatest prize. If only Uefa wasn’t being so pesky about it all
Imagine a plan so distasteful that even the Americans and a Middle Eastern nepo-royal football boss can’t be doing with it. Such is the status of Fifa president Gianni Infantino’s scheme to sell off stakes in the World Cup to private investors. More historically, perhaps, the 55 nations that make up Uefa have reacted to this horror show by voting unanimously to boycott Fifa tournaments, including World Cups, if Infantino presses ahead. That would mean Spain and Portugal boycotting their own men’s World Cup next time around, which you’d think – not to call it too soon – would come off as slightly bad vibes.
A testing moment, then, for the haunted cue-ball. Again. Can it really already be time to turn to Infantino once more, even after he appeared in this spot only on Tuesday, after his 15-page Instagram crash-out about his haters? Yes. Yes, I’m afraid it can. Demanding the federations of the world sell off the World Cup to some fund led by Donald Trump’s son-in-law’s brother will regrettably draw attention to you in ways that will prove difficult to control. As indicated, the Fifa president’s plan has contrived to appear vulgar to the North American confederation, Concacaf, as well as the Asian Football Confederation (AFC).
Marina Hyde is a Guardian columnist
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En Bulgarie, le niveau exceptionnellement bas du fleuve Danube a mis au jour des ossements de mammouth. Probablement issus d'un jeune mammouth laineux de la période glaciaire, ils ont été découverts le mercredi 29 juillet dans le nord du pays.
Les vestiges ont été repérés par hasard par un habitant d'un village en bordure du fleuve. « Il s'agit à 100 % d'un mammouth », a affirmé Nikolay Nenov, directeur du musée régional d'histoire de la ville de Roussé, auprès de l'AFP. Contrairement à de (…)
Alors que le gouvernement et le patronat se félicitent du lancement du prétendu «Plan Santé au Travail 2026-2030», nous dénonçons une vaste opération d’enfumage. Derrière les discours lisses sur la « prévention », se cache une réalité brutale : la casse systématique de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT/MP) et le pillage de ses ressources. Retrouvez nos analyses dans notre communiqué.
cnt_so_com_at_mp_juillet2026TéléchargerThis blog is now closed. You can read our latest story here
When asked by a reporter at Camp David about negotiations with Iran, Trump said the US would be “hitting them very hard”.
“We just want to win,” he said. “We’re doing very well, trying to be nice, as nice as you can be in a situation like that, but, you know, they’re being decimated. They have no Navy. They have no air force, they have no anti-aircraft. They don’t have any capability. They have some, but very little.”
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Un week-end de luttes, conférences et musique.
Comme chaque année depuis maintenant 10 ans, le Festival Alta Felicita s'est déroulé à Venaus dans le Val de Susa.
Ce village est l'un des nombreux lieux symboles de la lutte du mouvement NO TAV qui s'oppose à aux chantiers écocides de la ligne de train rapide Turin-Lyon.
Cette lutte qui dure depuis plus de 20 ans est un exemple de résistance et convergence exceptionnel.
A peine le train, parti de Torino, entre dans la Vallée de Susa, vous réalisez la dimension de cette opposition.
Sur les bords de route, dans les gares, sur les montagnes, fleurissent, un peu partout, des tag, des fresques, des drapeaux et des banderoles avec l'inscription NO TAV. Parfois, le slogan change en TAV = Mafie comme l'inscription réalisée avec d'énormes draps blancs sur le flanc d'une montagne.
Une fois sur place, vous découvrirez, assez vite, un autre aspect majeur qui caractérise ce mouvement c'est la diversité des personnes qui le compose. Toutes les générations y sont représentées ainsi qu'une quantité d'associations, mouvements de lutte qui vont de l'association locales des habitante.x.s aux groupes anarchistes de Torino en passant par les activistes écologistes, les centres sociaux et une multitude d'autres groupes du militantisme italien et européen.
Leur point commun, c'est d'empêcher que les divers chantiers du TAV, aux intérêts politiques et mafieux, ne détruisent la Vallée.
Que se soit dans un bar, un agriturismo, petit à petit, passé le moment de méfiance, les habitante.x.s vous font comprendre discrètement qu'iels soutiennent la lutte. Ce qui marque aussi, c'est que l'on ne vous pose pas de question au sujet de votre identité. Touxtes sachant que la Vallée peut compter sur le soutien de militant.e.x.s venant de toute l'Italie et d'Europe qui préfèrent resté discret.e.x.s.
En cas de nécessité, on comprend assez vite que l'on pourra compter sur un réseau disponible à nous orienter vers les bonnes personnes qui composent cette nouvelle résistance.
Au vu des importantes condamnations qui ont frappé les membre.x.s du mouvement, la discrétion est un autre point fondamental.
En tant que novice, on vous oriente petit à petit dans la bonne direction afin de venir grandir les rangs de la résistance au moment venu, mais il est très difficile de connaître les plans d'actions prévus.
Ce qui est une des grandes forces de ce mouvement qui reprend, de toute évidence, les codes de fonctionnement de la Résistance.
Tout le monde peut y trouver un rôle, selon ses propres motivations et le niveau de risque qu'iel veut prendre. Cela va de l'aide comme staff au festival à l'action directe lors des tentatives de destructions matérielles du chantier. La combinaison des deux étant évidemment possible.
L'important étant d'apporter sa contribution à la lutte.
Dans ce contexte, la solidarité est essentielle. Depuis le début du NO TAV les autorités ont à maintes reprises tenté de diviser les divers mouvements de lutte en voulant séparer les gentil.l.e.x.s et les méchant.e.x.s.
A chaque fois la réponse est la même “siamo tutt* Black Bloc“. Cette fois-ci encore, après les impressionnantes attaques aux chantiers orchestrées par les groupes d'antagoniste.x.s durant la manifestation de samedi, les portes paroles historiques du mouvement l'ont répété haut et fort.
Ces personnes qui consacrent leur vie à la réussite de cette lutte et qui, certaines, sont ou ont été condamné.e.x.s à de sévères sanctions allant jusqu'à la prison ferme ou aux arrêts domiciliaires à plus de 70 ans, sont toujours actives. Peut-être moins dans les avants postes de sabotage, quoi que l'on en croise encore beaucoup en deuxième ligne en soutien, mais touxtes ont un rôle important dans la lutte.
Il est du reste fréquent de croiser les leaders historiques des années 2000 débarrassant les poubelles, nettoyant les douches et wc ou vous servir la polenta au festival. C'est quelque chose qui vous marque.
En tant que staff, vous les côtoyez et, après un peu de temps, au fil des récits, vous réalisez que vous servez la polenta au côté d'un leader ou d'une leader du mouvement peut-être même condamné.e par le passé à la prison.
Ces ancien.n.e.x.s sont toujours disponibles à partager leurs savoirs et leurs connaissances du territoire pour préparer les nouvelles incursions aux chantiers. Iels-mêmes, s'adaptant aux nouvelles méthodes d'organisation remarquables et astucieuses des divers Black Bloc.
Ce qui impressione le plus, c'est le niveau de préparation minutieux des attaques.
La manifestation de samedi a débuté avec un important cortège militant et festif. A un certain moment, sans y être préparé, on réalise que le cortège se scinde en plusieurs tronçons prenant diverses directions.
A ce moment là seulement, il devient évident pour la majorité des participant.e.x.s, que l'ambiance va changer. On voit petit à petit qu'une partie des tenues vestimentaires du cortège virent au noir. Les manifestant.e.x.s décident alors de choisir un des cortèges au hasard. D'autres, maintenant revêtu.e.x.s tout de noir, prennent la direction des opérations avec une organisation remarquable. La partie du cortège la plus grande emprunte alors une route en pente jusqu'a atteindre un village d'altitude. Après presque une heure de marche en plein soleil, on commence seulement à comprendre quel est l'objectif de notre groupe.
En effet, dès maintenant, nous allons emprunter des chemins pédestres toujours plus escarpés dans la forêt pour atteindre le chantier principal du TAV, celui de Chiomonte.
Petit à petit, de manière surprenante, des petits groupes s'organisent et il devient de plus en plus évident que la suite des événements ne sera pas de toute tranquillité.
Malgré cela, personne ne fait demi-tour, de manière naturelle nous comprenons que chacun.e.x d'entre-nous est important pour la réussite de cette action. Il semble évident, sans que l'on ait besoin de nous le dire, que nous pourrons touxtes choisir notre niveau d'implication mais que notre présence massive est essentielle à la réussite de l'attaque du chantier.
Une fois devant les premières grilles du chantier le rythme s'accélère brusquement. Les premières grilles cèdent, le groupe avance toujours compact et solidaire. Devant, les affrontements avec la police commencent. Peu à peu, d'autres grilles du chantiers sont abattues, celles d'accès à l'autoroutes aussi.
L'ensemble des participant.e.x.s du cortège est maintenant dans la zone interdite. Personne ne fait demi tour. Certaine.x.s resteront en arrière observant les divers fronts de luttes aux portes du chantier. Même sans s'impliquer directement dans les dévastations du chantier touxtes sont essentiel.e.x.s à la réussite de l'attaque.
Puis, la police étant visiblement à court de gaz lacrymogène, les divers fronts progressent et une partie des personnes présent.e.x.s à l'arrière s'avancent aussi sur l'autoroute ou s'amassent derrières les derniers grillages. Touxtes nous ressentons la nécessité de montrer notre soutien en encouragent les courageux.se.s qui ont réussi à entrer dans le chantier et commencent à le saccager.
La lutte est acharnée, c'est impressionnant, des bâtiments brûlent. La forêt aussi prend dangereusement feux à cause d'un lacrymogène de la police.
Ce qui surprend, à première vue, est étonne, c'est bien évidemment la détermination des divers black blocs, mais la passivité de la police au début des affrontements semble elle aussi surprenante.
Un hélicoptère de la police survolant la marche depuis le début, il est impossible que la police n'aient pas mesurer l'ampleur de l'attaque qui se préparait.
On peut dès lors imaginer, sans trop d'ambiguïté, que les chefs des diverses polices avaient certainement reçu des ordres de laisser le conflit s'embraser afin d'obtenir des images médiatiques spectaculaires qui feront le jeu des leaders des partis politiques.
Allant même, semble t'il, jusqu'à sacrifier la santé des policiers au front. Ce que semble confirmer des témoignages anonymes de certains d'entre-eux laissés à cour de lacrymogène, à la merci des projectiles des antagoniste.x.s.
De manière encore plus évidente, à aucun moment la police n'a tenté d'éteindre l'impressionnant incendie du chantier et de leurs propres véhicules. Exposant ainsi également leurs troupes à des fumées certainement toxiques comme l'ensemble des personnes présentes dans la zone.
Un feux de forêt qui menaçait dangereusement les manifestant.e.x.s à quant à lui été maîtrisé grâce à l'intervention des secouriste.x.s de la manifestation et de manifestant.e.x.s qui ont eu la présence d'esprit d'utiliser la lance incendie de l'autoroute pour en venir à bout. Évitant ainsi un scénario qui aurait pu vite devenir dramatique, le vent soufflant très fort à ce moment exposant une grande partie des personnes aux flammes.
Ce n'est que lorsque lorsque la scène du conflit était devenue visuellement vraiment apocalyptique que la police est intervenue massivement. Une attitude qui semblait dès lors clairement intentionnelle.
La une des médias titrant déjà à ce moment là avec les énormes dégâts subits par le chantier et les nombreux blessés parmi les forces de l'ordre avec des images spectaculaires.
Ce n'est seulement qu'après plus d'une heure d'affrontements que la police est entrée, sans opposition, sur l'autoroute pour mettre rapidement et facilement un terme à l'attaque du chantier. Une solution qui, de toute évidence, aurait pu être prise bien avant et éviter l'ampleur des dégâts.
Cette simple intervention obligeant l'ensemble des personnes encore présentes à fuir en direction de l'unique sortie possible de la zone interdite provoquant un mouvement de panique qui aurait pu être dramatique.
En effet, l'unique voie de sortie étant très étroite et obstruée par les barrières, à peine renversées, obligeait les manifestant.e.x.s à escalader dangereusement un muret pour se réfugier dans la forêt abrupte et reprendre le chemin pedestre lui aussi encombré.
Lorsqu'il ne restait qu'une vingtaine de malheureus.e.x.s encore au delà des barrières, le cordon de police les avait à portée de matraques. L'intervention du bloc de secouriste.x.s protégeant les manifestant.e.x.s les mains levées, ainsi que, de toute évidence, un ordre de ne pas avancé d'un supérieur, a permis aux dernier.x.s manifestant.e.x.s de quitter le lieu en grimpant sur le mur.
Encore une fois, le timing de la police et son manque de détermination, semble indiquer que des ordres précis avaient été donnés afin que les victimes physiques des affrontements ne puissent être recensé que du côté des forces de l'ordre. Ce qui a de toute évidence fonctionné médiatiquement et politiquement.
A ce moment du récit, il est important d' y apporter une précision essentielle, les antagonistes bien que déterminé.e.x.s et combatif.ve.x n'ont pas pour objectif principal de blesser des agents des forces de l'ordre, leur but est d'atteindre les objectifs matériels à détruire. Un exemple illustre bien cette attitude. A un certain moment, il semblait évident qu'il leur aurait été facile de jeter des objets massifs depuis le pont de l'autoroute sur la police en contrebas ce qui n'a pas été le cas fort heureusement.
L'étonnante passivité des forces de l'ordre, qui a fait le jeu des politiques au prix de sacrifier la santé de quelques-uns des leurs et occasionner des dégâts matériels importants (sur ce point, cet aspect semble bien futile au vu des coûts pharaoniques du chantier) semble trouver une confirmation dans les événements qui allaient suivre la manifestation.
En effet, une fois la majorité des opposant.e.x.s au chantier de retour sur le site du festival, des bloques de contrôles réguliers ont été mis en place par les forces de l'ordres empêchant à toute personne de quitter le lieu sans être auparavant identifiée et parfois même photographiée.
Des bloques improvisés à intervalles irrégulières samedi et dimanche et fixes le lundi, le jour du départ des dernier.e.x.s festivalier.ère.x.s.
A noter qu'avant le festival déjà, de nombreux contrôles avaient déjà été effectués à la Gare de Turin et le long des routes qui mènent à Venaus avec enregistrement de données et fotos.
Tous cela probablement pour identifier les participant.e.x.s aux violences après-coup, à l'aide des outils d'intelligence artificielle.
Dans ce climat ultra-sécuritaire, une loi d'urgence a été appliquée spécifiquement pour toute la Vallée interdisant aux commerces la vente de boissons en bouteilles de verre et sous forme de canettes d'alu durant la durée du festival sous prétexte que celles-ci pourraient servir de projectiles contre la Police. Dans la réalité, c'est privé de manière punitive, les commerces locaux de revenus importants.
Comme ont peut le comprendre, à l'heure de l'informatique et de la surveillance de masse, il semble évident que les méthodes des forces de l'ordre ont changé. Si ce n'est pour avoir des images médiatiques de violences et faire le jeu des politiques, la répression prend la forme d'une surveillance massive des foules à laquelle sont adaptées des lois qui s'accompagnent de sanctions pénales de plus en plus sévères.
Dans le contexte des manifestations de ce week-end, les politiques de droites mais pas seulement, évoquent les loi sur la dévastation, le saccage et le terrorisme dont les peines peuvent être plusieurs années de prison ferme.
En réponse à cela, le comité NO TAV a une nouvelle fois rappelé que depuis plus de 20 ans la réponse est la même. SIAMO TUTT* BLACK BLOC* e PARTIAMO TUTT* INSIEME, TORNIAMO TUTT* INSIEME, seul peut-être l'adaptation des slogans au genre neutre à changer.
Enfin, si votre esprit militant vous en dit, allez vous balader dans la Vallée, manger à l'osteria popolare La Credenza à Bussoleno où vous pourrez également vous renseigner sur la lutte et ensuite, prenez le temps de découvrir les nombreux signes qui vous mèneront peut-être au coeur de la resistance.
La prochaine grosse mobilisation est déjà agendée le 3 octobre 2026 à Sant'Ambrogio où sont prévus des chantiers écocides menaçant l'une des sources d'approvisionnement en eau potable les plus importantes de toute la région alors qu'en se moment la sécheresse fait rage partout.
A noter en fin qu'un nouveau camping de la résistance devrait également voir le jour tout prochainement.
Canal Telegram : @notavinfo
*Titre d'un morceau de musique composé par le groupe genevois Hyperculte sur le sujet.
https://hyperculte.bandcamp.com/track/siamo-tutti
Livre conseillé sur le sujet https://www.lyber-eclat.net/livres/contrees/
Podcast conseillé
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/no-tav-la-zad-a-l-italienne-8209930
17 % des fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur véhicule. C'est le constat alarmant de la fondation Vinci autoroutes, dans son enquête annuelle sur les déchets.Parmi ces fumeurs imprudents, plus d'un tiers ne considère pas cela comme dangereux.
Pourtant, 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, selon les chiffres du gouvernement. Dans 70 % des cas, ces feux ont pour origine une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles, réseaux électriques...) ou une (…)
Aucun doute possible. Selon une nouvelle étude du réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), le changement climatique a bien alimenté les phénomènes météorologiques extrêmes à l'origine des incendies dévastateurs en France et en Espagne.
Le changement climatique a rendu la chaleur et la sécheresse, qui favorisent les feux, au moins deux fois plus probables en France. Elles sont au moins 20 fois plus probables en Espagne.
Ces incendies — parmi les pires jamais enregistrés dans (…)
Besoin de votre soutien !
Comme tous les hivers depuis 2020, les équipes de Help4Dunkerque remonte sur le littoral nord, assurer une présence et un soutien auprès des personnes exilées bloquées dans les camps informels du territoire dunkerquois.
Nous sommes une organisation totalement indépendante des subventions publiques et nous avons besoin de votre soutien financier pour continuer à assurer nos actions !
Il existe d'autres moyens de nous aider : en organisant une soirée de soutien, en créant un point de collecte près de chez vous, en chinant du matériel de camping laissé à l'abandon à la fin de festivals, ou encore, en communiquant cette cagnotte et en parlant de la frontière, pour rendre visible une situation trop souvent passée sous silence.
Nos dépenses au cours d'une saison se répartissent entre
- l'achat de stocks alimentaires pour faire tourner le 'teashop' (sucre, thé, café, chocolat, et moults denrées qui font du teashop le premier poste de dépenses) ;
- l'achat d'équipement et de matériel qui nous permettent de répondre aux besoins de premières nécessité des personnes rencontrées sur la jungle (items d'hygiène, couvertures de survie, des chaussettes, des gants, des ponchos de pluie...) ;
- le financement de la logistique (gasoil pour les véhicules, frais administratifs...) ;
- la maintenance des quelques véhicules de l'asso.
Si on fait appel aux dons de particuliers c'est que le constat est le même partout : le nombre de personnes poussées à l'exil et cherchant protection en europe, augmente. En parallèle, la répression des états européens, accentue la pression sur ces personnes et les associations qui cherchent à pallier l'absence de prise en charge.
En gros, on mène les mêmes actions auprès d'un nombre grandissant de personnes, et l'état nous déteste toujours autant.
Alors donnez des sous et faites tourner !
https://www.helloasso.com/associations/help-4-dunkerque/collectes/financement-saison-2026-2027
Pour retrouver la liste de matos et les points de collecte près de chez vous c'est par là : https://help4dunkerque.wordpress.com/les-collectes/
Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l'explosion d'une grenade offensive tirée par les forces de police.
En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.
Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade lacrymogène. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.
Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :
Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».
La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.
Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.
C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.
Indication de l'emplacement de la stèle de Vital
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Source :
communiqué de presse de « Sortir du nucléaire »
Deux premières photographies empruntées à ce blog.
Article repris de rebellyon.info
LG accélère sa feuille de route dans la robotique humanoïde. À l’occasion d’une conférence sur ses résultats du second semestre, l’entreprise sud-coréenne a annoncé avoir lancé la production pilote de versions de tests de son robot humanoïde Cloid, a rapporté le 30 juillet le Seoul Economic Daily.
Trump’s campaign of repression echoes the red scare. But now the government has bigger ambitions and more powerful tools
There are many parallels between the first McCarthy era, roughly 1946 to 1956, and Trump’s campaign of political repression, his own updated McCarthyism.
Both regimes crafted a monster of quasi-facts and innuendo and fed it with fear: an enemy within, well-organized and financed, secretive and violent, allied with evil foreigners and bent on overthrowing capitalism, democracy and Christian morality. Both used flagrantly unconstitutional means to cleanse the nation of the spectral menace.
Continue reading...L’âge de faire : L’hydrologie régénérative, ça vient d’où ?
Samuel Bonvoisin : On a choisi ce terme pour désigner la science de la régénération des cycles de l’eau, par l’aménagement du territoire. C’est balbutiant : on récupère des données éparses auprès des hydrologues, hydroclimatologues, hydrogéologues, agronomes, pour comprendre comment ça fonctionne. Les données sur le cycle de l’eau évoluent, mais sont assez peu diffusées. Il devient urgent d’expérimenter.
En quoi votre approche est-elle nouvelle ?
Dès qu’on parle de changement climatique, on parle de gaz à effet de serre. Or, la transformation des paysages aussi a une incidence. Avec le remembrement agricole, on estime qu’1 million de km de haies et 800 000 mares ont été supprimés en France. La profondeur moyenne des sols était de 23 cm il y a deux siècles, elle est aujourd’hui de 15 cm. Or, selon la FAO (1), la matière organique peut retenir environ vingt fois son poids en eau. Enfin, avec la politique du tout-tuyau généralisée dans les années 60, l’eau est évacuée au plus vite des caniveaux vers les égouts, en ville et sur les bords des routes. Les paysages n’ont plus la même capacité de stocker l’eau dans le sol, le sous-sol, la végétation et l’atmosphère. L’enjeu, c’est de travailler dans le sens exactement opposé à ça : ralentir, répartir, infiltrer, stocker.
Comment ça se passe concrètement ?
Pour ralentir l’eau, on utilise des techniques agronomiques : couvert végétal, culture sur sol vivant… Il faut aussi répartir son infiltration, car elle a tendance à fuir les crêtes et se concentrer dans les vallées. Par exemple, le Keyline design (2) utilise les courbes de niveaux pour que les sillons de culture dispersent l’eau. Cette technique permet de travailler à grand échelle, avec le matériel habituel. Pour infiltrer l’eau, on convoque des techniques ancestrales. Les baissières ou béals sont des fossés d’infiltration qui suivent les courbes de niveau. Les fascines sont de petites barrières de branchages posées sur de fortes pentes. Il y a aussi les terrasses, les bassins d’infiltration…
Et en dehors de l’agriculture ?
On réfléchit par bassin versant. En forêt, on travaille sur l’étagement des arbres. Sur les rivières, on ralentit, on refait du méandrage, on imite les barrages des castors… Et en zone urbaine, on désimperméabilise, on végétalise, on sort de la logique de l’évacuation des eaux. Des techniques, il y a en a plein ! Maintenant, pour avoir un impact à grande échelle, il faut repenser nos politiques agricoles et de gestion des eaux pluviales, et organiser d’urgence un nouveau remembrement !
Un remembrement ?!
Oui. Il faut qu’on se retrousse les manches, qu’on se réunisse dans tous les villages, et qu’on se dise : comment on ne laisse plus d’eau fuir le village ? Comment on plante des haies, on réaménage des mares ?
Vous vous appuyez sur des expériences existantes ?
Dans les années 50 à 70, Percival Alfred Yeomans, en Australie, a repris la ferme familiale devenue très aride. Fallait-il changer les variétés cultivées pour s’adapter ? Il a choisi d’aller dans le sens opposé, en aménageant le paysage pour qu’il y ait le plus d’eau possible. Son travail a été repris à titre individuel, mais aussi à l’échelle de territoires, en Chine et en Jordanie. En Inde, grâce à la fondation Paani et au financement d’un acteur de Bollywood, des habitants du Maharashtra ont creusé à la houe des milliers de kilomètres de baissières. Quatre ans plus tard, le résultat est incroyable. En France, il y a plein d’exemples, surtout en permaculture, mais seulement par petites touches. Et en 2022, quand la sécheresse a bousculé tout le monde, des agriculteurs qui manifestaient contre les mégabassines ont demandé : on n’en veut pas… mais qu’est-ce qu’on veut ?
Avez-vous l’impression d’aller à contre-courant ?
Une partie du monde de l’hydrologie a commencé à se bouger, et il y a de plus en plus de « villes perméable ». Par contre, avec les débroussaillements des sous-bois, on tue la forêt (lire ci-dessus). En agriculture, on fait du pompage, de l’irrigation, et la réponse politique à la sécheresse est celle de la sobriété : remplacer les cultures par des variétés moins gourmandes en eau. Ça ne répond pas au problème, au contraire : on crée des déserts. Attention, s’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir !
Vous voulez dire qu’en s’adaptant à la sécheresse, on ne fait que l’accompagner ?
Cette course permanente à l’adaptation est mortifère : l’eau, c’est pas une ressource comme du pétrole, dont il faut simplement limiter l’utilisation ! On est dans un cycle, rendu fonctionnel par les plantes qui y participent. Par exemple, dans le Sud de la France, on est en train de remplacer le maïs par du sorgho, plus adapté à la sécheresse, car il a moins besoin de faire de l’évapotranspiration pour son processus de photosynthèse. Du coup, on n’a plus de transfert d’humidité !
On sait que végétaliser et rétablir le cycle de l’eau a des effets sur le climat local. Et au-delà ?
On a l’habitude de parler de géopolitique de l’eau par rapport aux rivières, mais il y a aussi une géopolitique atmosphérique. Les pays continentaux, éloignés de l’évaporation des océans (l’eau bleue), sont plus dépendants que les autres de l’évapotranspiration des végétaux et du sol (l’eau verte). Une fois que l’eau est renvoyée dans l’atmosphère, en moyenne, elle y reste neuf jours, et parcourt 200 à 500 km, avant de retomber sous forme de pluie (3). Le lieu où tombe la pluie est influencé par les masses d’air et les vents dominants. Or, en changeant le paysage, on change aussi les masses d’air (4). En Europe, si les pays côtiers [qui bénéficient de l’eau bleue, ne renvoient plus assez d’eau verte dans l’atmosphère], l’Allemagne et l’Autriche vont se retrouver à sec ! À l’inverse, si on plante massivement dans le sud de la France, on freine l’avancée du désert.
Si on n’est ni paysan ni élu d’une collectivité, qu’est-ce qu’on peut faire ?
Tous les gens qui ont une cour ou un espace extérieur, peuvent faire un jardin de pluie en débranchant leur réseau de collecte des eaux pluviales (lire p.19), et planter des écosystèmes jardin-forêt. Ils peuvent aussi sensibiliser, commune par commune, bailleur social par bailleur social, à l’intérêt que l’eau s’infiltre dans le sol plutôt qu’elle ne parte à la station d’épuration, ce qui coûtera moins cher. Les naturalistes, eux, peuvent aider à réhabiliter le castor : le fait de l’avoir éradiqué a contribué à perturber le cycle de l’eau.
Recueilli par LG lors d’un entretien téléphonique,
complété par la conférence de Samuel Bonvoisin : « Et si nous pouvions cultiver l’eau ? »
1- Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies.
2- Conception sur lignes clés.
3- C’est une moyenne : il y a aussi des retombées locales.
4- Un sol artificiel, non couvert, dégradé, renvoie plus de chaleur dans l’atmosphère.
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C’est un problème majeur de la « transition » qui est pourtant largement passé sous silence : est-il envisageable d’extraire de la planète Terre – système fini – les métaux nécessaires à la construction des machines panneaux solaires, éoliennes, réseaux électriques, etc.) que réclame sa réalisation ? Et surtout, quelles conséquences sociales et environnementales aurait cet extractivisme ? Dans l’ouvrage La Ruée minière au XXIe siècle*, la journaliste et philosophe Celia Izoard mène l’enquête sur « les métaux à l’ère de la transition » et apporte de nombreux éléments de réponse.
Rio Tinto, le troisième groupe minier de la planète, tient son nom de celui du village espagnol où il a commencé à exploiter le cuivre à la fin du XIXe siècle. L’autrice s’y est rendue pour voir à quoi ressemblait désormais ce site. Réponse, donnée par un guide touristique enthousiaste : un « paysage étrange qui ressemble à la planète Mars ». Certes, un fleuve – le Rio Tinto, c’est malin – continue de couler, mais son eau est tellement acide que rien ne peut y survivre. Sur terre, pas un arbre, pas une plante. Au lieu de la montagne de 535 mètres de haut qui se dressait là il y a quelques décennies, se trouve désormais une fosse, de 420 hectares et 230 mètres de profondeur. Si ce n’était que ça…
Les exploitations de ce type ne consistent pas uniquement à creuser pour « extraire » les matières intéressantes. Ici, les roches ne contiennent que 0,4 % de chalcopyrite – même pas du cuivre, mais un minéral sulfuré d’où on extrait ce métal. Il faut donc broyer la roche, puis plonger la poudre obtenue dans divers bains chimiques (on vous passe le nom barbare des hydrocarbures utilisés, mais c’est pas joli-joli). A-t-on alors obtenu du cuivre ? Penses-tu ! Tout juste un « concentré » qui ne l’est pas tant que ça : sa teneur ne dépasse pas 23 %.
Tout ça est donc envoyé en Chine, où il va être chauffé à très haute température pour envoyer les impuretés dans l’atmosphère, puis re-bain chimique associé à une bonne petite électrolyse et,enfin, voilà du cuivre, concentré à 99,99 %,
Les mines de la « transition » ne sont donc pas des grands trous qu’il suffirait de reboucher une fois l’exploitation terminée. Elles engendrent des pollutions qui perdureront plusieurs milliers d’années. Or, la « transition énergétique », qui correspond grosso modo à l’électrification de nos usages, nécessiterait un extractivisme tout simplement insoutenable, pour peu qu’on veuille le regarder en face. L’Académie des sciences observe par exemple que « le programme de véhicules électriques français fait appel à des quantités de lithium et de cobalt très élevées, qui excèdent, en fait et à technologie inchangée, les productions mondiales d’aujourd’hui, et ce pour satisfaire le seul besoin français ! ». Le livre de Celia Izoard est en cela essentiel à plus d’un titre. Il démontre, de manière implacable, que la transition qui nous est vendue est une chimère, matériellement irréalisable et qui pourrait, au nom de la lutte contre les émissions de CO2, dévaster la planète d’une autre manière.
« On ne peut miser sur les énergies renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. » Elle nous montre aussi l’importance, et la légitimité, de lutter contre l’ouverture de nouvelles mines – alors que nous pourrions être tentés de vouloir « prendre notre part » des pollutions utiles à cette transition : les besoins sont tels qu’« ouvrir des mines en Europe ne signifie (…) pas rapatrier les mines, mais en créer en Europe et partout ailleurs. » Selon l’autrice, se battre pour des mines plus « propres » ou plus « responsables » serait une erreur stratégique : « Avant de se demander comment obtenir des métaux de façon moins destructrice, il faut se donner les moyens d’en produire et d’en consommer moins ».
NB
* La ruée minière au XXIe siècle, de Celia Izoard, éd. Seuil, coll. écocène, 340 pages, 23 €.
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[Deal du jour] Alors que le Steam Deck est régulièrement en rupture en raison de la crise de la RAM, certaines consoles concurrentes sont toujours trouvables, et parfois en promotion. La Lenovo Legion Go S passe sous la barre des 500 €.
L'arrivée de Master Poulet sur le marché de la restauration rapide aurait pu passer inaperçu si Karim Bouamrane, le maire socialiste de Saint-Ouen par ailleurs candidat depuis peu à la présidence de la République, n'avait eu l'idée de s'opposer à l'installation dans sa ville de l'enseigne au nom du rejet de « la malbouffe dangereuse pour la santé ».
- 362 été 2026 / Société , Agriculture
A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.
« ... et dans la réforme les lier »
Les Insoumistari
I. the G.A.U.C.H.E.
Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.
Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...
Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]
Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.
La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».
II. La nature du fascisme
Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.
Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.
C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.
III. Le mélenchonisme qui vient
Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*
Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.
Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.
Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]
IV. Que faire ? (lol)
Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.
Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.
5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.
Conclusion
Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]
D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.
A5
A4
[1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire
[2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.
[3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.
[4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social
[5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue
[6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».

Source :Compte Facebook, le 27 juillet 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Alors que près de 120 000 hectares ont déjà été brûlés depuis le début de l’année 2026, Emmanuel Macron aurait fait « annuler » l’achat de « 16 Canadairs ». C’est en tout cas ce qu’affirme un internaute sur Facebook.
Des voix s’élèvent pour critiquer le manque de moyens consacrés à la lutte contre les incendies, et l’internaute semble avoir trouvé la solution idéale : demander de l’aide à la Russie.
Moscou dispose d’un appareil qu’il présente comme particulièrement efficace : le Be-200, capable d’avaler 12 000 litres d’eau en quelques secondes, contre environ 6 000 litres pour les Canadairs CL-415 utilisés par la France. « Hélas la France (Macron), est trop fière pour demander le prêt de ces appareils à la Russie », soutient-il. Et d’ajouter : « [Emmanuel Macron] préfère engraisser ce voleur, corrompu, menteur de Zelensky que de demander à Poutine », ponctue-t-il, sans retenue.
Les incendies ont déjà fait de nombreuses victimes, à l’image des 220 000 personnes évacuées en Gironde ou des quatre pompiers morts en luttant contre les flammes. Cette situation inédite, liée au dérèglement climatique, peut mettre les nerfs à vif.
Pour autant, les informations avancées par l’internaute sont fausses ou trompeuses. D’abord, « l’annulation de la commande de 16 Canadairs » est impossible… puisque cette dernière n’existe pas. Ensuite, le bombardier Be-200, présenté sur les réseaux sociaux comme une solution alternative, a fait l’objet, en 2011, de tests qui n’ont pas convaincu les autorités françaises, alors qu’elles envisageaient son acquisition.
Une commande européenne groupée
Depuis les départs de flammes, les partis politiques s’accusent mutuellement d’avoir contribué, par leurs décisions, à l’impréparation face aux incendies. Dans ce contexte, il peut être difficile de démêler l’invective du fait.
Ce que l’on sait, c’est que l’Union européenne a réalisé une commande groupée de Canadairs à l’été 2024, comme le rapporte une note de la commission des finances du Sénat. Au total, 22 appareils ont été achetés et douze d’entre eux serviront à la flotte permanente de rescEU. Il s’agit de la réserve stratégique de protection civile de l’Union européenne, mobilisable lorsque les capacités nationales et les aides volontaires des États membres ne suffisent plus.
Les dix Canadairs restants seront partagés entre plusieurs pays européens, dont la France, qui recevra deux DHC-515 en février 2028. Ils viendront compléter la flotte française, composée de douze Canadair CL-415 et de huit Dash 8 Q400-MR, qui peuvent larguer jusqu’à 10 000 litres d’eau, mais doivent se poser pour être rechargés. Les secours français disposent également d’hélicoptères bombardiers d’eau et d’Air Tractor, des avions légers pouvant larguer jusqu’à 3 000 litres d’eau.
Malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucune trace de l’annulation de l’achat de « 16 Canadairs » par la France. Ce chiffre a sans doute été inventé par l’internaute. En revanche, le budget consacré à l’achat de deux Canadairs a bien été annulé en 2024 par le gouvernement de Gabriel Attal, comme Les Surligneurs l’ont déjà documenté.
Ce n’est pas la seule erreur dans la publication partagée. En effet, l’internaute soutient que la France aurait pu demander un « prêt » à la Russie pour prêter main-forte aux pompiers qui luttent contre les flammes.
Un test non concluant du BE-200
Certes, comme l’ont expliqué nos confrères de La Voix du Nord, en juin 2011, le service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes (SDIS 06) avait publié un communiqué de presse expliquant que le Be-200 allait être testé par les secouristes français en vue d’une éventuelle acquisition.
Mais ce test se serait révélé négatif, à en croire les informations publiées sur le blog de Frédéric Marsaly, journaliste spécialisé dans l’aéronautique. La France aurait ainsi fait le choix de ne pas passer commande auprès de la Russie, notamment en raison de « la consommation de carburant », jugée « élevée » et obligeant à « limiter la charge utile au profit du carburant pour disposer d’une autonomie convenable », écrit le journaliste.
Et pour cause : en 2011, au moment de ces essais, les relations franco-russes étaient nettement moins tendues qu’elles ne le sont aujourd’hui. La même année, Nicolas Sarkozy affirmait même que les relations entre les deux pays étaient « au beau fixe », tandis que la France finalisait la vente à la Russie de porte-hélicoptères Mistral.
Les tensions actuelles, aggravées par l’invasion de l’Ukraine et les sanctions adoptées contre Moscou, ne sont sans doute pas de nature à favoriser l’achat d’un appareil russe par la France. Pour autant, ne pas mentionner la décision prise en 2011 sans rappeler que celle-ci aurait d’abord reposé sur des considérations techniques et opérationnelles revient à présenter une explication incomplète et donc trompeuse.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
L’article Pourquoi la France ne fait pas appel au Be-200, bombardier d’eau russe, dans la lutte contre les incendies est apparu en premier sur Les Surligneurs.

Apple a publié le 30 juillet les résultats de son troisième trimestre fiscal 2026 avec un chiffre d'affaires record de 109,4 milliards de dollars. Mais Tim Cook, pour sa dernière conférence en tant que CEO, alerte sur un éventuel ralentissement à la rentrée : les contraintes d'approvisionnement vont « augmenter fortement » d'ici à fin septembre.
L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.
Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.
Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.
On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société.
Cette brochure nait de l'envie de constituer un support accessible qui propose des réflexions, des questionnements et des partages d'expérience par rapport à l'humour pour raconter en quoi l'humour est politique.
Elle tente d'expliciter certains lien entre l'humour et les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir. Puis elle propose quelques pistes pour éviter de véhiculer de l'humour oppressif, pour savoir comment réagir et comment alimenter d'autres types d'humours.
Version à lire avec la mise en page dans ce pdf : https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_finir_avec_l_humour_oppressif-mai2026-pageparpage-asa-48pa5-2.pdf' class=" spip_doc_lien" title='PDF - 2.9 Mio' type="application/pdf <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1784872590> En finir avec l'humour oppressif - version page par page 48 pages à lire sur écran.
Aahh, l'humour ! Vaste sujet !
Il y a pleins de choses chouettes que permet l'humour : décompresser, créer de la complicité, tisser du lien social, créer des références communes, dédramatiser une situation, etc.
Rire un bon coup, ça peut provoquer un genre d'euphorie ultra libérateur, et partager un fou rire avec des gens ça peut être vraiment incroyable ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-001.png>
Mais bon, ça permet aussi des trucs moins chouettes : véhiculer des idées violentes et discriminantes, exclure quelqu'un, se moquer, renforcer des stéréotypes, engendrer des biais de pouvoir, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-002.png>
L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.
Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.
Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.
On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-003.png>
Cette brochure a surtout pour intention de proposer un support de réflexions et de discussions pour regarder l'humour par un prisme politique et par une approche ayant pour point d'entrée les oppressions systémiques.
Introduction……………………………………………………………………………………..P2
Mais qui est la voix off de cette brochure ?…………………………………………….P6
Contexte d'écriture de cette brochure…………………………..……………………..P10
En quoi l'humour est politique ? …………………………………………………..…….P12
Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?……………….………….P16
Différents types d'humour…………..…………………………………………..………..P23
Auto-check avant de faire preuve d'humour…………………………….……...…...P27
Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?……………….……………….P29
A propos de légèreté et d'insouciance………………………………………………....P36
A propos de culpabilité, de honte et de responsabiltiés…………………….….….P40
Apprendre à se connaître pour incarner des formes d'humour appropriés...…P41
Et l'autodérision dans tout ça ? ………………………………………...…………..…...P43
Le risque de l'anti-norme oppressive………………………………………….….……..P44
Vers des nouveaux imaginaires de l'humour ?………………………….…………....P45
Quelques questionnements en vrac……………………………………...……………..P46
Remerciements…………………………………………….…………………...…………….P47
Moi, c'est Asa !
Je trouve ça toujours difficile de savoir comment se présenter : à la fois, je trouve ça important de contextualiser et de situer son propos, et en même temps, j'ai en tête qu'on fait toujours une sélection de ce qu'on souhaite raconter ou ne pas raconter donc c'est pas toujours évident de trouver la juste quantité d'informations à donner et la manière de le faire. Je vais citer quelques éléments me concernant et que je trouve utile pour comprendre d'où je parle dans cette brochure, mais évidemment c'est une présentation incomplète et biaisée.
Je suis une personne racisée (asio-descendante) vivant en France métropolitaine, sociabilisée femme (je m'identifie non-binaire) plutôt jeune (née dans les années 2000) et passionnée d'un milliard de sujets. J'ai fait un transfuge de classe : raconté de manière caricaturale, je suis passée d'une famille immigrée plutôt précaire à des milieux intellectuels plutôt bourgeois via des études dans le supérieur plutôt élitistes que j'ai faites.
Maintenant, je traîne dans des tas de milieux différents : des milieux anarcho-queer, des cercles sociaux se revendiquant de faire du soin politique, des espaces d'extrême gauche où ça parle désobéissance civile et ZAD, des milieux écolos cherchant à faire évoluer l'enseignement supérieur et les entreprises, des sphères institutionnelles ancrés dans le système dominant, etc. Je fréquente parfois des espaces marginalisés, avec des gens ne faisaient pas partie des normes dominantes, tout comme je peux parfois travailler dans des espaces de pouvoir très institutionnels.
En termes de contrastes, j'ai à la fois passé des repas venant de récup dans des poubelles de supermarché avec des potes précaires, tout comme j'ai aussi participé à des buffets indécents coûtant des milliers d'euros avec des personnalités « connues ».
Vivre tout un tas de choses dans des milieux très différent me questionne, notamment sur la place que l'humour peut avoir en fonction de différents espaces sociaux et ma manière de vivre les questionnements qui m'animent avec tout mon coeur c'est d'en parler avec des gens, d'animer des ateliers à ces sujets, et d'écrire.
Pleins d'éléments m'ont amené à écrire cette brochure :
- Kiffer la formalisation, et creuser des sujets en profondeur
Quand un sujet attire mon attention, j'ai envie de le décortiquer, de voir le monde par ce prisme, et chercher à comprendre comment les autres le vivent.
Concernant l'humour, je pense que je me suis beaucoup interrogé sur mon rapport à l'humour, ce qui me faisait rire ou pas, ce qui me mettait à l'aise ou pas, ce que j'incarne avec mon humour et puis plus globalement, les liens entre humour et rapports de pouvoir. J'aime beaucoup mettre en mots et en forme mes réflexions (souvent, surtout issues de discussions avec des ami·es), pour qu'on puisse échanger sur ces bases, débattre dessus et l'idée de centraliser des années de réflexions et de discussions dans un doc me plait bien ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-004.png>
- Vivre des oppressions systémiques et des injustices au quotidien
Depuis mon enfance, je me prends des « blagues » racistes. Des « ching chong » au lycée avec des camarades reproduisant à merveilles une caricature de yeux bridés, des questions pouvant s'apparenter à du racisme et autres joyeusetés de vécus d'exclusions et de moquerie du fait de mon appartenance éthnique.
Ça, c'est la phase visible de l'ice-berg du « parfois l'humour c'est tout pourri ». Il me paraît évident que ces situations sont des vrais sujets, mais j'aimerai bien ne pas me limiter à ces blagues, mais aller creuser aussi les trucs moins évidents et davantage questionnants. Chercher en quoi l'humour, peut implicitement devenir un outil de pouvoir. Des situations où je questionne ma légitimité à ressentir du malaise. Des situations où il n'y a pas vraiment de coupable ni de victime, mais qu'il se joue quand même des trucs pas anodins.
Mon sentiment d'insécurité par défaut dans les groupes a toujours été là, mais je mets les mots dessus depuis très récemment. Depuis que j'y associe des lunettes des oppressions systémiques, je comprends mieux certains mécanismes rapports de pouvoir implicites qui me font ressentir dans mon corps un sentiment de « je ne suis pas à ma place ici / je ne suis pas en sécurité auprès de ces personnes ». J'ai le souhait que des personnes puissent trouver du réconfort, de la légitimation et des outils à la lecture de cette brochure.
Je pense que l'humour me touche. Déjà parce que j'ai pas vraiment gagné au jeu de la roue des privilèges (même si j'ai de nombreux privilèges et avantages dans la société) et que je pense que ça contribue à ce que je sois sujette à beaucoup d'humour oppressif. Mais aussi parce que je suis très sensible à toute dynamique de groupe pouvant être excluante, dogmatique, oppressante et que l'humour peut être un formidable instrument pour ça.
- Désirer contribuer à changer nos mondes
L'humour a beaucoup de place dans ma vie que je le veuille ou non. Ça me va pas de juste subir sa présence pesante sans rien y faire alors même si l'humour restera toujours un truc plus grand que moi, je me suis dit que sans avoir l'ambition de changer LE monde, je pouvais au moins tenter de changer les petits mondes qui m'entourent.
Je crois que par l'humour, on peut déconstruire et reconstruire beaucoup de choses. Je pense que questionner la place de l'humour dans nos relations et collectifs, et trouver d'autres voies pour rire ensemble, ça contribue à incarner des cultures du soin.
- Contribuer à diffuser des cultures de soin
Le soin, c'est ma boussole de vie. Tout ce qui fait sens pour moi rentre dans cette boussole. Dans ma vie relationnelle, pro, perso et militante, j'essaie de trouver comment diffuser des cultures de soin. Cette brochure s'inscrit dans cette volonté. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-005.png>
Parce qu'il y a des champignons délicieux, et d'autres toxiques.
Et parfois, c'est dificile de les différencier entre eux. : c'est un peu comme l'humour !
Et aussi parce que j'avais envie d'aérer cette brochûre donc je cherchais à dessiner des personnages mais je suis pas super compétent·e pour dessiner des êtres humains alors les champignons c'était plus facile pour moi.
Pour les dessins, je me suis beaucoup inspirée de champignons sur Pinterest, la plupart des designs de champignons ne viennent pas de moi même si je les ai adapté à ma façon.
<https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-006.png>
Avant la naissance de cette brochure, il s'est passé pleins de choses !
Tous pleins d'ateliers...
J'ai eu la chance de vivre dans un lieu de vie collectif avec beaucoup de passage– on y était parfois une trentaine d'habitant·es - dans lequel on avait l'habitude de s'animer des ateliers entre nous. Ça pouvait être une mini conf, un atelier tricot, une danse collective. N'importe qui pouvait proposer un truc, et ça attirait forcément quelques âmes curieuses et intéressées. Dans ce cadre là, j'ai conçu et animé pour la première fois un cercle de discussion sur l'humour oppressif. On a beaucoup, beaucoup parlé. Tard le soir, jusqu'à s'endormir dans nos canapés tout moelleux. C'est là qu'est né plusieurs éléments de cette brochure, grâce à ces moments collectifs où je me sentais à la fois entourée, et hyper stimulée. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-007.png>
...Et un début de formalisation !
Ensuite, avec mon binôme associatif de l'époque, on a voulu animer un autre atelier à ce sujet, mais en créant des supports qui centraliserait des questionnements et réflexions. Il a donc crée 4 affiches qui nous ont servi pour un atelier organisé dans une asso de notre école. Ces affiches, on les a ensuite pas mal diffusé par ci par là quand on rencontrait des gens qui voulaient creuser ce sujet mais qui savaient pas trop par où commencer.
J'ai continué à animer des ateliers à ce sujet, sur base de ces affiches mais je ne me retrouvais plus dans certains propos de ces affiches, et plus le temps passait, plus j'avais envie de rajouter des réflexions, compléter tout ça de récits. Et j'ai trouvé que le format brochure était plus propice pour ça.
Voilà une version un peu plus complète et riche que les affiches qu'on avait formalisé avec Momo. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-008.png>
Et ainsi, naissa cette brochure ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-009.png>
Je vois cette brochure comme un condensé de réflexions et questionnements à un instant T. Je serai peut-être plus trop d'accord avec des réflexions que j'ai écrite, il y a sans doute des angles morts dans ce que je propose, mais c'est pas grave ! C'est fait pour être un outil de dialogue, de discussion, pas une proposition de vérité absolue. Je vous laisse donc avec ça en tête. Cette brochure n'a pas l'intention d'être consensuelle, et a plutôt vocation à rendre visible des trucs, pour nourrir des débats et réflexions : à vous de prendre ce qui vous parle ou pas !
Cette brochure est écrite à la première personne du singulier, car c'est moi qui l'écrit et que je ne souhaite n'engager que moi dans les propos que je tiens, mais il est le fruit de réflexions et questionnements collectifs issus de discussions avec des potes ou des participant·es à des ateliers.
Je m'aventurerai pas à proposer une définition de ce que c'est la politique, mais j'aimerai malgré tout commencer cette brochure par affirmer que je pense que notre rapport à l'humour est politique, et doit être davantage politisé. Une manière d'expliquer pourquoi l'humour est politique, c'est de visibiliser que l'humour est un acte social et que quand une personne se sent victime d'humour oppressif, c'est pas juste une histoire de liens interpersonnels, mais il s'y joue des enjeux plus systémique. Quand j'exprime que l'humour est politique, c'est pour visibiliser que l'humour s'inscrit toujours dans un contexte socio-politique donné, et qu'il peut créer ou renforcer des dynamiques de pouvoir qui sont loins d'être neutres ou sans conséquences.
Dans cette partie, je vais partager des réflexions et croyances que j'ai sur l'humour. Elles n'ont pas de valeurs sociologiques ou scientifiques particulières.
Si vous souhaitez vous renseigner sur ces sujets avec une approche davantage documentée, sourcée et avec des expérimentations sociales, vous pouvez lire la thèse de Léo Facca « Est-ce vraiment “ juste une blague ” ? Effet du groupe ciblé, des préjugés et de l'adhésion aux stéréotypes sur la perception de l'humour de dénigrement : une approche expérimentale. » ou vous renseigner sur les études de psychologie sociale de Monica Romero-Sànchez.
Perso, je me suis pas beaucoup plongé dans ces références là parce que j'avais pas l'envie et la motivation de faire un travail de recherche solide, alors je propose juste des bouts de réflexions sur pourquoi je pense que l'humour est politique :
- L'humour véhicule souvent des valeurs et stéréotypes
Je sais pas s'il serait possible ou souhaitable de quantifier un pourcentage de blagues qui reposent sur des préjugés discriminants, mais j'ai le sentiment que l'humour véhicule principalement des stéréotypes visant des individus et groupes sociaux particuliers : les femmes, les personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les personnes queer, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-011.png>
Par l'humour, on peut donc véhiculer beaucoup de stéréotypes : les femmes sont nulles et dangereuses au volant, les arabes sont des voleurs, les personnes en situation de handicap sont bêtes, etc.
Les blagues sexuelles me paraissent se baser souvent sur un imaginaire d'hyper-sexualisation, d'objectification des femmes et minorités de genre, de personnes racisées ou sur une désexualisation de personnes âgées et/ou en situation de handicap. La plupart du temps, les blagues liées à la race reposent davantage sur l'imitation d'accent, des préjugés racistes ou des stéréotypes de classes sociales que sur les désastres du colonialisme.
Il y a donc des tendances globales concernant ce sur quoi porte l'humour. Et le fait qu'on se moque majoritairement de certains groupes sociaux, c'est pas anodin. Ça dit quelque chose sur notre manière de faire société. Et ça vient renforcer des valeurs.
- L'humour diffuse, légitime, banalise et rend acceptables socialement des valeurs et stéréotypes
L'humour contribue à la tolérance de la discrimination. Sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! », l'humour permet de banaliser et rendre acceptables socialement certaines valeurs et stéréotypes. S'il ne paraitrait pas très acceptable socialement d'énoncer sérieusement que les femmes blondes sont plus bêtes que les autres, rire autour d'une blague sur les blondes peut paraître beaucoup plus innoffensif. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-013.png>
On appelle « humour de dénigrement » une forme d'humour qui favorise les préjugés et la discrimination.1
- L'humour est un outil de cohésion sociale
L'humour est un super outil pour identifier des individus qui nous ressemblent, avec qui on peut s'entendre et connecter. Rire avec quelqu'un, ça peut déjà être un signe de compatibilité. Ainsi, l'humour permet d'être un facteur de rapprochement, et conditionne ce qui permet ou pas de faire groupe. Il permet de consolider des normes sociales, en participant à créer des cadres collectifs et peut participer à certaines formes de sentiment d'appartenance.
Par exemple, les blagues sur la prétendue stupidité des Belges permet de créer de la cohésion sociale pour les Français.es qui se rapprochent en se moquant d'un autre groupe social. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-014.png>
- L'humour est vecteur de biais de pouvoir
Dans des dynamiques de groupe, il y a toujours des rapports de pouvoir. Un rapport de pouvoir, c'est pas forcément très visible au premier regard. C'est pas forcément une humiliation bruyante et flagrante. Ça peut être discret, insidieux, mais pas moins violent ou blessant. C'est pour ça que pour moi c'est très important de mettre le doigt et les mots sur comment l'humour peut être vecteur de pouvoir.
Quand j'observe un groupe, j'aime porter mon attention sur qui parle, qui ne parle pas, qui est écouté, qui ne l'est pas. Comment les identités sociales (genre, classes, races, religion, capital culturel, académique, économique) entrent en jeu dans les interactions.
L'humour permet un bon prisme d'analyse : Qui fait une blague ? Qui rigole ? Qui ne rigole pas ? Sur quoi portent les blagues ? Quelqu'un qui fait une blague et fait rire les autres attire l'attention, et potentiellement, volontairement ou pas, dicte les normes d'un groupe.
L'humour est souvent valorisé socialement, et les personnes qui détiennent des formes d'humour qui seraient valorisé dans un cercle social peuvent attirer l'attention, paraître intelligent, avoir de la répartie et ça peut donc leur conférer des formes d'auras, de charisme et de pouvoir.
Par exemple : J'ai parfois tendance à « clasher » des ami·es avec ma répartie. Ça fait rire, c'est valorisant pour moi, mais c'est parfois très blessant selon ce que je véhicule, ma relation avec la personne cible de la blague, le contexte social et le vécu de la personne cible. C'est une forme de rapport de pouvoir que d'avoir de la rhétorique, de penser rapidement, d'avoir de la répartie, et ça peut sembler banal mais ça peut être vraiment humiliant, excluant et violent de se faire moquer par des blagues. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-015.png>
Parler des oppressions systémiques, c'est vertigineux. Avoir une porte d'entrée, ça permet d'avoir une prise. Il y a des tonnes de manière de définir une oppression systémique, voici ce que je propose :
Une oppression systémique est le résultat et la composante d'un système qui, pour un critère donné, va engendrer de façon globale des discriminations sur un groupe social dit dominé / opressé / discriminé, et réciproquement conférer des privilèges à un groupe social dit dominant / oppresseur / privilégié. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH231/humour_oppressif-016-2-53c4e.png?1784887761>
Les oppressions systémiques sont omniprésentes. Dans notre manière d'organiser notre société, dans nos politiques, nos lois, nos institutions mais aussi dans notre manière de penser, de relationner et de s'organiser.
Elles s'ancrent dans des rapports de pouvoir, se traduisent par des préjugés/stéréotypes et s'incarnent par des postures/comportements oppressifs.
A propos d'intersectionnalité : pour une approche décloisonnée et systémique des oppressions systémiques
Présenté sous forme de tableau, les oppressions systémiques et leur système d'oppressions peuvent sembler très cloisonnées. Dans la réalité, toutes les oppressions forment des liens complexes en synergie.
L'intersectionnalité désigne un concept permettant de penser les identités sociales non pas de façon séparée ou cumulée, mais en synergie pour en identifier leur spécificités.
Historiquement, ce concept émerge et est popularisé par Kimberlé Crenshaw (militante, avocate, professeur) qui lie la race et le genre pour mettre en lumière que les expériences vécues par une personne noire, et par une femme, ne peuvent pas être comprises et analysées comme deux données séparées ou indépendantes2.
Dans les grandes lignes, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression n'est pas égale à = 2X d'oppressions
Mais plutôt, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression = un cocktail singulier et complexe d'oppressions, non cumulables, mais en synergie
Pourquoi parler d'intersectionnalité ?
Pour ne pas reduire l'identité d'une personne à un privilèges ou un non-privilège. Chaque personne a son histoire unique, et il me paraît important de prendre en compte de manière nuancée et complexe ça. (= ne pas reduire une personne racisée à une pauvre victime du système raciste, ne pas réduire un mec blanc à un méchant oppresseur)
Préjugés, discrimination, et oppressions : quelles différences ?
Inspiré du comic : https://everydayfeminism.com/2017/01/trouble-explaining-oppression/
Un préjugé est un biais internalisé :
• "Les relations homosexuelles sont anormales et déviantes"
• "Les personnes grosses sont moches"
• "Les musulman·nes ont plus de chance d'être des terroristes"
Une discrimination est la concrétisation d'un préjugé :
• Refuser la location d'un appartement à un couple d'homosexuel
• Se trouver moche car gros·se
• Suspecter davantage les musulman·es de comportements dangereux
Les oppressions sont les poids et forces systémiques de ces préjugés et discrminations sur les personnes concernées
• Des lois qui ne protègent pas les discriminations basés sur l'orientation romantico-sexuelles
• Des magazines promouvant une culture de la beauté normée
• Des politiques publiques excluantes des musulman·nes
Pour lutter contre tous ces systèmes d'oppressions injustes, il faut agir sur tous les maillons de la chaîne !
A propos de privilèges et de non-privilèges
Chaque individu a un lot de privilèges et de non-privilèges.
Le privilège social, ça désigne une notion en sciences sociales, qui offre des avantages sociaux/degrés de prestiges/rangs dans la société en fonction de son appartenances ethniques, de classes sociales, d'âges, de sexe, d'identité de genre, d'orientation sexuelle et relationnelles, de religion, etc.
Les systèmes de privilèges et non-privilèges impliquent par exemple :
• Un partage non-équitable de la charge mentale. La charge mentale est le poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur des personnes particulièrement discriminées) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique, et surtout, psychique. Cette préoccupation constante de la logistique du foyer, même dans les moments où elles ne sont pas dans l'exécution de ces tâches est aussi pesante. Cette notion peut être applicable à d'autres domaines que la gestion du foyer.
• Des différences dans le sentiment de sécurité par défaut dans les espaces publics, les relations, les collectifs, etc.
• Une exclusion invisibilisée de certains groupes sociaux dans certains espaces.
• Un rapport à la légitimité différent.
• Un accès aux richesses et au confort non-équitable.
• Etc etc etc.
Avoir des privilèges, c'est pas seulement avoir plus de chances d'avoir sa paie augmentée lorsque l'on est un homme cis blanc. C'est aussi :
• Avoir le privilège de l'inscouciance et de ne pas se soucier de certaines charges mentales et émotionnelles.
◦ Ex : une dynamique typique dans un couple hétéro est la femme portant la charge mentale des tâches ménagères, la charge contraceptive et la charge émotionnelle du couple tandis que l'homme ne comprend même pas en quoi consiste tout ça.
• Ne pas se rendre compte des oppressions que vivent les autres, et avoir tendance à ne pas les croire, les légitimer. Et/ou chercher à se justifier de ses bonnes intentions sans mettre le focus sur le récit de la personne concernée.
◦ Ex : Je constate que la plupart du temps, quand je raconte un vécu de situation raciste que j'ai vécu, la·es personne·s blanche·s devant moi sont souvent choqué·es et arrivent à peine à me croire et vont parfois avoir tendance à remettre en question mon récit ou le minimiser.
Avoir des non-privilèges, c'est par exemple :
• Devoir se sur-adapter en permanence pour se faire accepter socialement, et donc performer, compenser, se contorsionner pour correspondre à un fonctionnement normé.
◦ Ex : c'est le cas pour des personnes ayant des handicaps invisibles. (#validisme #psychophobie)
• Se justifier en permanence de ne pas être capable de faire quelque chose et être soupçonné de flemme car "si on veut, on peut" #capacitisme #validisme #psychophobie
• Ne pas se sentir légitime de prendre la parole.
• Ne pas se sentir appartenir à un groupe social.
◦ Ex : être la seule personne racisée dans un groupe de blanch·es peut entraver le sentiment d'appartenance et la légitimité à trouver sa place
• Subir de la négligence en ayant moins de chances que ses besoins soient remplis par la société, des collectifs, des relations, etc.
Apprendre à se situer au niveau de ses privilèges et non-privilèges, et agir en conséquences
Savoir se situer, ça s'apprend, ça prend du temps, et ça se fait au fur et à mesure de discussions, d'expériences de vie, de conflits, de partages de récits, etc.
Un outil pouvant être utile pour apprendre à se situer est celui du CRIAW ICREF3.
Ici, cet outil d'éducation populaire en lien avec des enjeux d'intersectionnalité permet d'illustrer :
• Par le cercle intérieur : les circonstances particulières de chaque personne, associé à des “rangs” dans la société
• Par le deuxième cercle : Des aspects identitaires (correspondant à des privilèges et non-privilèges)
• Par le troisième cercle : Différentes formes de discriminations et systèmes oppressifs
• Par le cercle extérieur : Des structure et forces plus larges renforçant les systèmes oppressifs
Proposition d'exercice : Vous pouvez prendre une feuille et écrire les aspects identitaires qui vous concerne du deuxième cercle et tenter d'identifier si vous êtes plutôt privilégié·e ou pas sur chaque aspect. Les réponses ne seront pas forcément binaires car certains aspects pourront être à la fois des privilèges et des oppressions pour vous. L'idée n'est pas d'atteindre une réalité objective parfaite de vos privilèges et oppressions via cet exercice, mais plutôt de se mettre dans une posture de questionnement vis-à-vis de ses identités sociales. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH385/humour_oppressif-017-2-fe831.png?1784887761>
Chaque personne ayant son lot de privilèges et de non-privilèges. Il peut paraitre important d'apprendre à se situer soi-même, pour pouvoir agir en conséquences.
Pour guider tes questionnements par rapport à ces enjeux, tu peux te demander :
• Quels sont mes privilèges ? Quels sont mes non-privilèges ?
• Comment je me sens par rapport à ça ?
• Qu'est-ce qui m'interroge à ce sujet ?
• Quelle place ont les oppressions systémiques dans mes relations ? Dans mes collectifs ? Dans mon quotidien ? Dans ma vie professionnelle ?
• Est-ce que c'est un sujet dont je parle avec mes proches ? Si oui, comment ?
• Est-ce que je suis satisfait·e de mon rapport à mes privilèges et les oppressions que je vis ? Et si non, qu'est-ce que j'aimerai être différent ?
Pourquoi on parle d'oppressions systémiques ?
Parce que l'humour s'inscrit dans des enjeux en lien avec les oppressions systémiques ! Il peut faire partie de discriminations paraissant inoffensives, anodines et mineurs. Mais en réalité, c'est un instrument puissant, contenant un potentiel de violence fort et permettant de légitimer d'autres formes de violences.
La pyramide des niveaux de discriminations illustre différents types de discriminations, allant de ce qui paraît le moins violent au plus violent. L'humour se situerait dans un niveau de discrimination plutôt « faible »
La pyramide des niveaux de discriminations <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L422xH319/humour_oppressif-019-c747d.png?1784887761>
Toutes ces oppressions systémiques, systèmes d'opppressions et notion de privilèges s'incarnent concrètement sous la forme de discrimination de plusieurs types :
Des oppressions, il y en a de tous types. Toutes n'ont pas les mêmes effets, ou les mêmes répercussions. Dans cette brochure, je souhaite militer pour que ce qui est considéré comme violent et oppressif ne soit pas limité à de la violence physique et facilement visible. Je souhaite considérer et lutter contre toute forme de discriminations, d'oppressions, et de rapport de pouvoir, aussi "petites" et invisibilisées puissent-elles paraitre.
Pourquoi les "petites" oppressions invisibilisées sont importantes ?
Déjà, parce qu'elles ne sont pas si petites que ça ! Elles sont très impactantes du fait de leur caractère répété et omniprésent, et influence comment une personne se perçoit, est perçue, peut se sentir, etc. De plus, elles constituent la base de la pyramide des discriminations et permet et renforce des discriminations plus graves.
L'humour contribue à la tolérance de la discrimination sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! »
Dans un monde où il n'est pas acceptable de faire des blagues sexistes, alors, peut-être que le monde le serait moins ?
De plus, il y a parfois une plus grande capacité d'action sur des discriminations "petites" du fait de leur caractère récurrent et aussi du fait qu'il peut parfois être moins risqué de reprendre quelqu'un sur une blague qu'il a faite et questionner les valeurs qu'il a véhiculé (parfois inconsciemment et involontairement) que d'agir sur des menaces de vie directes.
L'humour, ce n'est donc pas que des petites blagues, c'est plus que ça. Ça a des impacts et des conséquences fortes et agir dessus est une manière de lutter contre les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir.
Est-ce que tous les humours se valent ?
Je pense que tous les humours ne se valent pas. Il ne s'y joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir selon l'humour qui est véhiculé. Par exemple, je considère qu'un groupe de mec qui se moquent d'une meuf avec des remarques sexistes, c'est pas les mêmes enjeux que des personnes racisées qui se moquent des racistes. Ou encore, je considère qu'une punchline tourné avec un ton humoristique pour protéger une personne qui se fait discriminée, c'est pas à mettre sur la même échelle que quelqu'un qui dit une punchline pour se moquer d'une forme de handicap.
Proposition de catégories de l'humour
Pour conceptualiser ça, avec mon binôme associatif de l'époque des affiches, on a fait une proposition de catégorisation de l'humour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH340/humour_oppressif-020-2-af40e.png?1784887761>
Il y a différentes d'humour parmi tout ça : le comique de situation, le comique de répétition, l'absurde, les plaisanteries, l'ironie, les jeux de mots, le comique de geste, les caricatures, l'autodérisiton, l'humour noir, le sarcasme, la parodie/satire, le burlesque, le grotesque, etc.
Quelques exemples pour s'y retrouver
- L'humour ciblant des groupes sociaux
Ce qu'on désigne comme étant de l'humour oppressif, c'est de l'humour qui participe à perpétuer des oppressions systémiques.
Exemples :
• Dire une blague qui se repose sur un biais sexiste : J'ai une fois animé une formation où lorsque j'ai demandé aux participant.es s'iels avaient de quoi noter, un homme cis a répondu « Oui, on a des femmes dans le groupe ! »
• Renforcer des stéréotypes raciaux par des blagues-devinettes : « Pourquoi les chiens aboient beaucoup en Chine ? Parce qu'ils ne sont pas assez cuits »
• Véhiculer l'idée que les personnes trisomiques sont bêtes en disant « T'as pas compris ça ? T'es trisomique ou quoi ? »
Et bon, il pourrait y avoir tout une section « humour internet et memes » sur ce que ce type d'humour peut véhiculer. Ici un exemple illustrant sous la forme d'un raisonnement « scientifique » pourquoi les femmes sont des problèmes. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH339/humour_oppressif-021-2-d1efc.png?1784887761>
Les dynamiques en œuvre peuvent être nombreuses : renforcement de stéréotypes existants, déshumanisation, action d'exclusion, moqueries, etc.
En stand-up, on parle parfois de « punching down », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes discriminées et qui reproduit donc des dominations, des oppressions et des humilitations systémiques.
Ce qu'on appelle humour subversif, c'est un humour qui renverse l'ordre social dominant.
Exemple :
• L'humour misandre (qui fait de l'humour sur les mecs cis). « Que donne un mec cis à Emmaüs ? Son avis ! »
• Tourner en ridicule le journalisme sensationnelle de droite (Gorafi)
• Tourner en ridicule l'impunité de certaines sphères de pouvoir (Malheurs actuels)
• Jouer sur un attendu « raciste » pour prendre par surprise et interroger ce présupposé « Comment appelle-t-on un noir qui conduit un avion ? – Un pilote ! »
En stand-up, on parle parfois de « punching up », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes dominantes et qui crée donc des potentiels de subversion et d'émancipation.
- L'humour ciblant un individu
L'humour blessant, c'est de l'humour qui n'est pas en lien avec des oppressions systémiques, mais qui peut blesser une personne.
Exemple : Quelqu'un trébuche en rentrant dans une classe, quelqu'un le·a filme et puis fait tourner la vidéo en se moquant de la personne.
L'humour soutenant survient dans l'intention d'aider quelqu'un qui se fait discriminé.
Exemple : Un mec se moque d'une femme qui a fait la cuisine, et quelqu'un en fait une blague « drôle de façon de dire merci »
Avantages et limites de ces catégories :
Ce que j'apprécie dans le fait de catégoriser l'humour, c'est que ça permet de mettre en lumière qu'il ne se joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir dans tout type d'humour. Tous les humours ne sont pas équivalents et ne véhiculent pas les mêmes idées. L'idée n'est pas de dire que l'humour subversif est forcément mieux que l'humour oppressif, mais plutôt qu'il ne se joue pas les mêmes choses quand on se moque de femmes asiatiques que quand on se moque du président des Etats-Unis.
Evidemment, ces catégories, comme toute tentative de formalisation sont imparfaites. Il y a des formes d'humour difficile à catégoriser, et l'intention n'est pas de réussir à mettre toute forme d'humour dans des petites cases, mais plutôt de mieux identifier ce qui peut se jouer dans une forme d'humour. C'est donc à voir comme un outil : ce n'est pas objectif, ce n'est pas parfait, ça a des limites, mais c'est parfois utile.
Faut-il cultiver de l'humour subversif alors que ça peut aussi être violent ?
J'adore l'humour subversif, mais c'est très personnel. J'ai beaucoup débattu à ce sujet et je sais que des personnes que je connais ne sont pas d'accord avec le fait de cultiver quelconque humour pouvant être dénigrant. Cette idée qu'il ne faut cultiver ni l'un, ni l'autre, est en lien avec l'idée que dans tous les cas, il y a de la violence qui est véhiculé et que ça entretient un cycle de la violence qui peut finir par être néfaste pour tout le monde. Si j'adore l'humour subversif, et que je le trouve émancipateur et réparateur, j'aime nuancer ce propos en mettant une vigilance sur la violence qui peut être véhiculée.
Bref, est-ce qu'il faut faire de l'humour subversif ? Perso j'adore ça, mais c'est fortement débattable !
Et puis qui décide de ce qui est subversif ou oppressif ? La frontière est floue et subjective. Peut-on tout justifier derrière le drapeau de la subversivité ? Pas sûre.
Pour autant, je considère ne pas me battre à armes égales avec mes « ennemis », et donc ridiculiser le pouvoir, je pense que c'est une arme qui me parle.
Est-ce que la fin justifie les moyens ?
Dans le fond, ça pose la question de : est-ce que la fin justifie les moyens ? Si la fin est louable (= ici, créer une société plus écologiste, juste et inclusive) est-ce que ça justifie d'avoir recours à des moyens violents (= ici, continuer à alimenter des dynamiques de moqueries, d'exclusion). C'est hyper complexe comme sujet, et j'oscille beaucoup entre plusieurs postures, en fonction des enjeux et des sujets. J'ai pas trop de réponses à ça, mais je trouve que c'est chouette de se poser la question et de si l'on souhaite avoir recours à l'humour, et pourquoi.
Dans tous les cas, il me paraît important de s'interroger sur pourquoi on rigole, et quels peuvent être les risques et effets de ce qu'on véhicule. Et justement ! D'où la proposition de l'outil qui suit :
Comment savoir si ma blague est oppressive ? Comment je peux changer mon rapport à l'humour ?
Hélas, je n'ai pas de solutions miracles sous la main. Je ne pense pas que le monde doit binariser un rapport catégorique à l'humour. Il n'y pas de tampons « humour oppressif / humour non-oppressif ». Je pense que toute situation est complexe, nuancée, et qu'on ne peut jamais s'assurer de la non-offensivité de ce qu'on dit. Par contre, on peut se questionner en amont pour limiter le risque de blesser. Voici une proposition de questionnements à se poser. C'est pas exhaustif et c'est pas parfait. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-023.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-025.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-027.png>
• Quelles sont mes intentions en faisant une blague (mettre à l'aise, créer de la complicité, rabaisser, me moquer, dédramatiser ?)
• Est-ce que je ris DE la/les personnes concerné·es par la blague ou AVEC ?
• Est-ce que les personnes présentes me connaissent assez bien pour comprendre mon intention ?
• Est-ce que ma blague peut être discriminante ou blessante directement ou indirectement ?
• Est-ce que ma blague véhicule de la violence ?
• Est-ce que ma blague peut causer des triggers ?
• Est-elle risquée du fait qu'elle touche à une caractéristique de groupes sociaux discriminés ?
• Est-ce que le contexte de ma blague est le bon ?
• Est-ce que le niveau d'interprétation de ma blague est claire ?
• Suis-je prêt·e à recevoir des retours négatifs sur des propos que j'ai émis ?
• Suis-je capable de répondre constructivement en me remettant en question ?
• Suis-je ouvert·e et capable de ne pas minimiser/délégitimer les ressentis exprimés ?
Il peut aussi y avoir des questionnements plus introspectifs : qu'est-ce que mon rapport à l'humour dit de moi ? D'où vient mon rapport à l'humour ? Est-ce que j'aime l'humour que je véhicule ou est-ce que j'aimerai le changer ? Si oui, quelles sont mes pistes de changement ?
Par exemple : j'ai beaucoup fait de l'humour en mode « clasher une personne », parfois de manière humiliante, parce que je voulais paraître intelligente et avoir de la répartie. Je trouvais ça valorisant qu'on rigole à mes blagues, et qu'on puisse être impressionné par la rapidité de mes idées. Mais je me suis rendue compte que je trouvais ça naze de faire ça alors j'essaie d'arrêter (même si je fais parfois de l'humour blessant et je le regrette).
Se poser les questions, ça peut être très long, et c'est un travail introspectif en soit. S'il ne me semble pas possible de se poser toutes ces questions en amont de chacune de ses blagues, je me dis que ça peut être un bon guide d'introspection pour y réflechir et que pour faire un autocheck rapide avant de faire une blague, il y a la possibilité de se concentrer sur les risques de cette blague : est-ce qu'il y a des risques à véhiculer ce que je vais dire ? Pourquoi ce serait risqué (du fait des personnes présentes, du fait de la nature de la blague) ? Est-ce que les intentions de ma blague sont claires pour les personnes présentes ?
Moyen mnémotechnique :
Si vous avez vu la série animée Avatar, le dernier maître de l'air, vous connaissez sûrement Iroh, l'un des personnages réputés comme étant plein de sagesse dans la série. Un moyen pour se souvenir des questionnements, c'est de penser aux :
– Intentions
– Risques
– Ouverture
– de son Humour
(IROH !)
Au début des ateliers que j'anime, j'aime beaucoup commencer les temps par demander aux participant·es quelles sont leurs intentions et attentes dans l'atelier. La plupart du temps, ce qui revient surtout c'est : comment « bien » réagir face à des situations d'humour oppressives ? <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-029.png>
Il n'y a pas de bonnes réponses ou de modes d'emplois. Chaque situation est singulière et porte un contexte particulier. Du coup, je vais surtout évoquer des postures, des manières de réagir, et les commenter.
Comprendre les dynamiques collectives existantes
Déjà, il y a toujours des dynamiques collectives et des rapports de pouvoir existants en jeu. C'est impossible de tout déceller, et de réussir à tout percevoir finement avec lucidité en tout temps, mais quelques questionnements peuvent aider à observer la situation.
• Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?
◦ Est-ce que les personnes ont une bonne relation ?
◦ Est-ce qu'il y a de l'espace pour communiquer entre ces personnes ?
◦ Est-ce qu'il y a des biais de pouvoir entre les personnse ?
▪ Ex : une participante racontait pendant un atelier ne pas réussir à réagir à des blagues homophobes car la personne qui les racontait était son patron. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-030.png>
• Est-ce que la personne/les personnes concernées par la blague sont présentes ?
• Quels sont les risques d'intervenir pendant ou après une blague ? <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L450xH228/humour_oppressif-031-2-7bc66.png?1784887777>
Il peut donc être important et utile de comprendre le contexte social, et les rapports de pouvoir existant avant de savoir comment réagir.
Je pense que prendre en compte la temporalité dans les réactions est également important. Je distingue donc les réactions ayant lieu au moment de la situation, ou après.
Choisir la temporalité de sa réaction
- Réagir au moment de la situation
Il y a différentes manières de réagir sur le moment :
• « Contre-attaquer » directement par l'humour : punchliner, ridiculiser, confronter, etc.
• Politiser la situation : ramener du sérieux et des enjeux, faire redescendre le rire pour adresser les problématiques. Expliquer en quoi l'humour est politique, et peut être violent. Expliquer les valeurs véhiculées par la blague qui vient d'être faite.
• Questionner la personne qui a fait la blague : Pourquoi tu te moques ? Est-ce que ta moquerie sous-entends des croyances que tu as ? Pourquoi tu dis ça ? Qu'est-ce que tu sous-entends ? Tu peux répéter ?
• Parler de ses ressentis : exprimer son malaise, sa colère, sa tristesse en réaction à la blague
• Etc, etc, ect.
Perso, je pense pas qu'il y ait de manière parfaite de réagir, car ça dépend trop du contexte, mais je peux identifier quelques avantages et inconvénients de réagir sur le moment.
Avantages de réagir sur le moment :
• Réagir sur le moment permet de ne pas « laisser passer » la blague, et de signifier que ce n'est pas accepté et toléré de faire ce genre de blague.
• Ça peut permettre d'être dans une posture d'allié·e en réagissant et d'être en soutient direct à une personne ou des personnes qui pourraient se sentir mal à l'aise et/ou concernée(s) par la blague.
• Ça permet de ne pas être complice du moment.
Inconvénients de réagir sur le moment :
• Réagir sur le moment peut créer du conflit et faire « dégénerer » une situation. Il y a moins de temps et de recul pour pouvoir réflechir à comment l'on souhaite réagir.
• Ça peut être humiliant et stigmatisant pour la personne ayant fait la blague de réagir à une blague sur le moment devant d'autres personnes.
• Le risque social est plus fort et imprévisible lorsque c'est sur le moment dans un moment social plutôt qu'après en interperso ou en plus petit comité.
• S'il y a une ou des personnes concernées et que vous n'êtes pas personnellement la cible de la blague, réagir sur le moment peut parfois amener à ne pas avoir une réaction mal adaptée pour la ou les personne(s) concernée(s) vu qu'il est souvent difficile de les consulter sur le moment et de s'adapter à leurs besoins.
- Réagir après le moment de la blague
Il y a différentes manières de réagir après une blague
• Cela peut dépendre de qui on va voir après la blague :
◦ La personne qui a fait la blague
◦ Des personnes éventuellement concernées et/ou mal à l'aise
◦ Des témoins
◦ Etc.
• Ça peut dépendre de vos intentions
◦ Exprimer son désaccord/son malaise à quelqu'un
◦ Faire de la pédagogie
◦ Exprimer son soutient
◦ Etre dans l'accueil d'éventuelles demandes que l'on pourrait vous faire
• Ça peut dépendre de la manière dont vous intervenez
◦ Plutôt sur un ton sérieux, politisant et intellectuel
◦ Plutôt sur un registre émotionnel
◦ Plutôt en « confrontation » avec la personne qui a fait la blague, ou plutôt en étant dans une recherche de coopération
• Bref, les manières de réagir après une blague sont diverses et dépendent de beaucoup de chose !
Avantages de réagir après :
• Réagir après permet d'avoir plus de temps pour réflechir à ses postures et sa manière de réagir.
• Ça peut permettre un terreau plus fertile pour des discussions longues et constructive du fait du côté interperso ou petit comité qui peut davantage créer un cadre intimiste et propice à la confidence contrairement à une réaction à chaud pendant un moment social.
• Une discussion après le moment peut aussi réduire un potentiel risque de situation confrontante non désirée ou une condamnation rapide de la personne qui vient de faire une blague.
Inconvénients de réagir après :
• Il y a des contextes où il n'est pas possible de réagir après, par exemple après de l'humour oppressif émis par quelqu'un dans la rue.
• Ça peut être difficile de trouver le bon moment, et peut-être que la personne éméttrice ne voudra pas en parler.
• Il faut un minimum de confiance et de coopération réciproque pour que ça puisse être constructif. Un format de débrief ne parle pas à tout le monde. Par exemple débriefer d'une situation avec mon papa et lui proposer un temps de communication en interperso, ça ne fonctionne pas du tout. Il faut trouver ses stratégies. Souvent, je profite de trajets en voiture avec lui en trouvant une façon légère de revenir sur les choses mais je ne le présente pas comme un débrief. Et souvent, la manière qu'on a de débriefer est pour moi frustante et insatisfaisante.
Quelques questionnements pour guider sa manière de réagir :
Il n'y a donc pas de manière parfaite ou miraculeuse de savoir comment réagir. Ça vient en fonction du contexte, des dynamiques de groupe, de votre relation avec les personnes présentes, des enjeux, des risques, de vos ressentis, etc etc ect !
Je ne souhaite pas proposer un guide pour apprendre comment réagir, mais surtout proposer des manières de réflechir à ça. C'est pour ça que je souhaite proposer quelques questionnements qui peuvent guider sa manière de réagir :
• Quel est le contexte dans lequel est fait la blague ?
• Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?
• Qu'est-ce qui est véhiculé à travers cet humour ?
• Est-ce que c'est risqué pour moi/pour d'autres, d'intervenir ?
• Est-ce que je souhaite réagir sur le moment, ou plutôt plus tard ?
• Comment est-ce que je souhaite réagir ? Quelle posture j'aimerai adopter ?
• Quelles sont mes intentions en réagissant ?
Se poser ces questions, c'est très long, et il n'est évidemment pas forcément possible de se poser toutes ces questions pendant un instant humoristique car ce sont des moments qui vont très vite et où il faut avoir parfois le sens du timing pour intervenir au « bon » moment. Mais ce sont des guides à avoir en tête, pour s'entraîner, et pour se questionner collectivement.
Quelques points qu'il me semblent intéressants d'avoir en tête lorsque l'on souhaite réagir à une blague qui ne nous va pas :
- Le consentement et le cadre de la discussion
En allant voir des personnes ciblées, il me semble important de veiller au consentement des personnes concernées et de ne pas imposer une aide non-sollicitée au risque de leur retirer du pouvoir d'agir. Le mieux selon moi est de s'adapter à leurs besoins et leurs demandes, et de voir si vous êtes en capacité d'y répondre. Si quelqu'un s'est senti mal suite à une blague et que vous voulez lui proposer un espace de débrief, vous pouvez lui proposer plusieurs types d'écoutes : de la reformulation de ce qu'iel dit pour s'assurer qu'iel se sente compris·e, de l'empathie pour entrer en résonnance émotionnelle avec son vécu, de la suggestion ou des conseils sur quoi faire si c'est ce qui est demandé, etc.
Proposer un débrief avec la personne émettrice de la blague peut aussi demander un certain cadre. Tout dépend de votre relation avec cette personne, et de votre manière de réagir. Mais il me semble important de penser aux bonnes conditions pour que ça se passe et à veiller à la forme de son retour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L451xH262/humour_oppressif-032-2-1334f.png?1784887777>
Par exemple, vous pouvez commencer par lui demander ce qu'elle a pensé de sa blague. Ça peut être intéressant pour ne pas l'enfoncer si elle est déjà en train de se remettre en question. Perso, je trouve ça toujours intéressant de savoir comment l'autre personne a vécu la situation et ça me paraît plus constructif pour adapter sa réaction après.
- Quelques outils pour prendre soin de sa communication
Les outils de communication émotionnelle peuvent être aidant pour vivre ce type de situations si ce sont des approches qui vous parlent. Ce ne sont pas des solutions miracles, et ça a évidemment des limites et des défauts, mais personnellement ça m'aide de pouvoir me servir d'outils.
Parmi les outils qui me parlent, il y a :
• La Communication Non Violente (ou CNV)4
◦ Mais il me semble important de l'incarner dans une approche située et politisée. La CNV, malgré son nom, peut véhiculer de la violence parce que ses outils peuvent permettre à quelqu'un d'avoir l'ascendant intellectuel sur quelqu'un en ayant du vocabulaire, une rhétorique et une manière de tourner les choses qui est incontestable. Selon moi, la CNV ça peut être très aidant, mais ça peut aussi incarner des formes de classisme, d'élitisme et d'intellectualisme dont il faut faire attention car ils peuvent être, même avec de très bonnes intentions, des instruments de manipulation.
◦ Pour creuser ce sujet, des podcasts de Méta de Choc étudient les avantages et les dérives de la CNV5
• Les jeux de cartes qui parlent de besoins et d'émotions pour gagner en vocabulaire, en finesse et en précision pour parler de ses émotions ou de celles des autres.
◦ Il y a par exemple les jeux de cartes de Apprentis Giraffes6 ou encore ceux de Comitys7
• Il y a des facilitations graphiques/des affiches de Fertîles sur les enjeux de feedbacks (faire des retours), de Communication Non Violentes, ou encore d'intentions, disponibles sur leur site qui peuvent être outillantes.
Bref, il existe de nombreuses ressources pour prendre soin de sa manière de communiquer ! Il en existe bien sûr bien d'autres, mais là ce n'est qu'une courte sélection.
- Se préparer à être déçu·e et/ou frustré·e
Même si vous faites de votre mieux, et que vous y mettez tout votre coeur, vos bonnes intentions, le soin dans votre communication et le soin à l'autre : il se peut que vous soyez frustré·e, agacé·e, déçu·e, en colère de la réaction de l'autre personne.
Un truc qui m'aide d'avoir en tête dans ces cas là, c'est de me dire que du changement, ça prend du temps. Je pense pas qu'il faille nécessairement attendre des personnes qui ont des comportements blessants de changer. Mais j'ai la croyance dans le potentiel et la capacité de changements des gens. Et je pense que si ça arrive, c'est rarement miraculeux et instantané. Ça demande plusieurs essais, du temps, de la remise en question, des changements d'environnement parfois. Bref, votre réaction, votre intervention n'aura peut-être pas l'air très utile sur le moment. Mais je pense que ce type de réaction et d'intervention, aussi minimes puissent-elles paraître, elles sont super utiles, nécessaires et précieuses.
Elle plantent des graines. Qui peut-être ne vont pas pousser car le terreau n'est pas bon, parce qu'il n'y a pas assez d'eau, parce que ce n'était pas le bon moment pour les planter.
Bref, il se peut que rien n'en pousse. Mais si ça fait pousser quelque chose, alors il faut du temps, et d'autres ingrédients pour que ça puisse être fertile et constructif. Ça n'invalide évidemment pas les éventuels sentiments de frustration, de colère, de déception, mais je trouve que ça donne au moins du sens et de l'encouragement à réagir.
Si vous ressentez de la déception, de la frustration, de la colère, c'est légitime. Ça ne veut pas pour autant dire que votre intervention était inutile et ne vas pas faire réflechir l'autre personne.
Questionner son rapport à l'humour, ça peut faire peur
« Mais c'est beaucoup de travail de penser à tout ça ! Et puis c'est beaucoup de charge mentale ! »
« Et mes envies de légèreté et d'insouciance, alors ? »
Quand je suis visibilis·é comme portant des enjeux d'humour oppressifs dans des collectifs, j'ai parfois l'impression d'être pointé du doigt comme une voleuse de fun et de bonheur.
Ça m'est déjà arrivé de sentir un genre de retenu gêné de quelqu'un quand j'étais là en mode « Bon, ya Asa, il faut pas que je fasse une blague oppressive ! »
Dans ces moments là, je me dis « ça y est, je suis devenue la police de l'humour ».
C'est l'été : venez faire la fête au Geyser !!
Jeudi 13 août, à partir de 19h au 11 Grande Rue.
L'occasion de se rencontrer ou de se retrouver, d'échanger et de profiter d'un moment festif toustes ensembles. 🥳
Vous retrouverez aussi tout le merch de l'Assemblée Antifa avec de jolis t-shirts, des linogravures, des stickers, des affiches et des brochures.
L'alcool est peu cher, les softs sont à prix libre, c'est super et ça se passe au Geyser !
Biz antifa et à très vite
↙️↙️↙️

Une semaine après la révélation du piratage d'Hugging Face par un agent OpenAI incontrôlé, Anthropic annonce avoir identifié trois cas où ses propres modèles ont accédé sans autorisation à des systèmes réels lors de tests de cybersécurité.
L'humain est paresseux par nature, mais alors je ne vous raconte pas quand il s'agit de taper des lignes de commande... Mais bon, l'IA est arrivée dans nos vies et maintenant nous ne sommes plus que des gros sacs de viande et de graisse dont le cerveau se ramollit jour après jour. Donc, foutu pour foutu, autant y aller à fond et c'est pour cela qu'aujourd'hui, je vais vous parler de l'application Deja.
Deja est un outil de remplacement intelligent pour un autre outil dont je vous ai déjà parlé qui s'appelle ZSH Auto Suggestions qui va carrément deviner votre prochaine commande ZSH. C'est un truc qui fait donc de la prédiction de commande. Pour l'installer, vous pouvez passer par homebrew ou curl et hop, comme par magie, ce sera intégré directement à votre fichier .zshrc. Ensuite, vous rechargez votre terminal et c'est parti.
Deja remplace zsh-autosuggestions, le plugin de complétion
dont dépend aussi zsh-copilot
, donc il ne faut surtout pas garder les deux dans votre plugins=(). En effet, les deux réécrivent les mêmes widgets ZLE, et heureusement, quand deja détecte que l'autre est chargé, il affiche une ligne d'avertissement et se met en retrait plutôt que de coincer votre éditeur de ligne. Si vous gérez votre zsh avec Oh My Zsh ou zinit, il existe aussi une intégration dédiée pour chacun, et dans ce cas il faut enlever la ligne eval que l'installeur a ajoutée au .zshrc, sinon l'intégration est chargée deux fois.
Autre chose à savoir tout de suite, sinon vous allez chercher un moment : la suggestion s'accepte avec la flèche droite, pas avec Entrée (ça c'est pour envoyer la commande). Ensuite, Ctrl et flèche droite n'acceptent que le mot suivant, Tab ouvre la liste des alternatives classées sans quitter la ligne, et Ctrl+X coupe les suggestions pour toute la session.
Ça se base sur tout un tas de paramètres que je ne vais pas tous vous lister, mais en gros Deja est au courant du répertoire où vous êtes. Ensuite, si vous tapez des commandes mal fichues, il sera capable de vous en suggérer qui devraient correspondre à votre besoin. Et puis après, il y a l'historique et un score de fréquence ce qui fait que l'outil est vraiment hyper prédictif. Il n'y a pas d'IA derrière, c'est vraiment de l'algorithmie pure, mais ça rend bien des services. Surtout si vous tapez à peu près tout le temps les mêmes commandes au même moment, aux mêmes endroits.
Par exemple, l'outil retient que vous lancez make test après make build, et pondère la suggestion en conséquence. Les quatre signaux, correspondance floue, fréquence combinée à la récence avec une demi-vie d'une semaine, affinité avec le répertoire courant et probabilité d'enchaînement, sont fondus dans un score unique.
Le "flou", lui, se règle en trois crans selon l'écart toléré entre les lettres que vous tapez. Tight n'en laisse passer qu'un seul, smart jusqu'à quatre (c'est le réglage par défaut), et loose jusqu'à huit. En smart, taper par exemple gco proposera git checkout main ; alors qu'en loose, ça partira chercher beaucoup plus loin. Et Shift + flèche droite permet de passer au cran de "flou" suivant sans quitter la ligne.
Bref, je pense que ça va vous faire gagner un max de temps.
deja
est publié sous licence MIT, se pose sur macOS et Linux, et ne connaît que zsh. Et si l'essai ne vous convainc pas, la désinstallation se fait en 4 étapes : enlever la ligne eval du .zshrc, tuer le démon avec pkill -f 'deja daemon', supprimer ~/.local/share/deja/, puis retirer le binaire avec brew uninstall deja ou, si vous êtes passé par le script curl, en supprimant le fichier posé dans ~/.local/bin/.
Si vous êtes du genre à voir la gerboule dans des casques de réalité virtuelle, alors désolé, cette news n'est pas pour vous. En effet, y a un gars passionné qui s'est dit que ce serait cool d'adapter des jeux vidéo rétro en réalité virtuelle.
Le type a donc développé un rendu VR basé sur le standard OpenXR pour des jeux comme Super Mario 64 Co-op DX, Mario Kart 64, et Dr Robotnik Ring Racers. Pour cela, il a utilisé un standard ouvert commun aux Runtimes VR qui s'appelle OpenXR. Pour que le rendu soit fou dans le casque, le jeu entier est calculé une fois par oeil. Comme ça, au lieu d'être un simple écran à plat qui flotte devant vous, c'est un univers 3D bien immersif.
Tout ça est dispo sur son site et open source, et Ring Racers propose même quatre modes de vue, dont un diorama qui réduit tout le circuit à une maquette au-dessus de laquelle vous pouvez rouler.
Et alors, son petit dernier, il est incroyable ! C'est Sonic Robo Blast 2 dont voici la démo :
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Alors moi j'ai pas eu la chance d'être élevé dans la team Sega quand j'étais plus jeune mais je sais que parmi vous il y a des gros fans de Sonic. Et quand je vois ce jeu revisité qui reprend exactement le jeu d'origine pour y jouer en 3D, ça me fait grave envie même si je sais que je n'aurai pas la patience d'avoir le museau au chaud pendant des heures à l'intérieur d'un casque de VR beaucoup trop lourd pour moi.
À côté de ces portages, il construit également son propre moteur 3D. Ça s'appelle Multiverse Engine et c'est conçu pour faire tourner Multiverse, un jeu d'exploration dimensionnelle prévu pour écran standard et en VR, où l'on voit tout à travers une caméra de type found footage qui respire, tangue et attrape des morceaux du monde suivant comme des parasites de VHS.
Rien de compliqué mais surtout des tonnes de références assumées à la SF de l'âge d'or, aux liminal spaces, aux Backrooms et au No Man's Sky d'avant sa sortie. Le jeu a démarré sous Unreal Engine 5 avant qu'il ne juge le plafond du moteur trop bas, d'où ce moteur maison écrit de zéro en C++ et Direct3D 12, avec son propre rendu et son propre éditeur.
Et sa petite obsession à lui, ce sont les failles dans le jeu (pas les failles de sécurité hein, les vraies failles au sens géologique du terme). C'est pourquoi quand une déchirure s'ouvre dans le décor, le monde derrière est calculé en direct, avec sa lumière, son brouillard et son ciel, au lieu d'être une image plaquée.
Attention quand même à la confusion, parce qu'il y a un autre Multiverse qui existe et qui est un projet No Man's Sky, sans rapport avec le jeu ci-dessus.
En tout cas, ce gars est trop fort et son prochain chef-d'œuvre, ce sera Star Fox 64 en VR dont le dev a déjà commencé. Je vous invite vraiment à vous abonner à son compte GitHub et à suivre régulièrement son site web .

Google DeepMind dévoile Gemini Robotics 2, une famille de trois modèles capables de contrôler un robot humanoïde entier, de la marche à la manipulation d'objets. Le chemin à parcourir reste long : ramasser un objet au sol ne fonctionne que dans 45,7 % des cas.
Au milieu des flammes, les écologistes sont mis en accusation. Stratégie de déni qui rappelle l’antiféminisme. Écologie et féminisme contestent l'actuel modèle économique : il valorise la destruction du vivant bien plus que sa préservation
L’article Ecologie et féminisme : même combat pour le vivant est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Conformité NIS2 et DORA : ces deux cadres européens renforcent les obligations de gouvernance, de gestion des risques et de continuité numérique. Mais une organisation conforme est-elle, pour autant, capable de résister à une crise cyber majeure ? Anthony Coquer, directeur général de Lexing Technologies, aura le plaisir d’animer une table ronde consacrée à cette question devenue centrale pour les dirigeants, les responsables de la conformité, les DSI, les RSSI et les responsables de la continuité d’activité.
Le débat se tiendra le vendredi 18 septembre 2026 à Saint-Malo, dans le cadre du 4e colloque national de Souveraine Tech, consacré à la « Résilience des infrastructures et technologies critiques ». Cette édition réunira des décideurs publics et privés afin d’examiner les conditions permettant de maintenir les services essentiels lorsque les organisations sont confrontées à une cyberattaque, à une panne majeure, à une rupture de la chaîne d’approvisionnement ou à la défaillance d’un prestataire critique (1).
La conformité est indispensable. Elle permet d’identifier les exigences applicables, de définir les responsabilités, de formaliser les politiques et de conserver les éléments permettant de démontrer la mise en œuvre des mesures attendues. Elle structure également les contrôles, les plans d’action et le dialogue avec les autorités de supervision.
Toutefois, la présence de procédures, de matrices de risques et de comptes rendus de contrôle ne garantit pas, à elle seule, que l’organisation saura agir lorsque les conditions normales de fonctionnement auront disparu. La résilience est une capacité opérationnelle. Elle se mesure dans la rapidité de la détection, la qualité de la décision, le maintien des fonctions prioritaires, la maîtrise des dépendances et l’efficacité du rétablissement.
En d’autres termes, la documentation doit traduire des pratiques réellement appropriées par les équipes, connues des dirigeants et éprouvées lors d’exercices réalistes.
La directive NIS2 vise à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’Union européenne. Elle place la gestion des risques au cœur de la gouvernance et prévoit notamment des mesures relatives au traitement des incidents, à la continuité des activités, à la gestion des crises, à la sécurité de la chaîne d’approvisionnement, à la gestion des vulnérabilités et à l’authentification renforcée. Elle impose également une implication directe des organes de direction, qui doivent approuver les mesures de gestion des risques et superviser leur mise en œuvre (2).
La cybersécurité doit être intégrée aux arbitrages stratégiques, budgétaires et opérationnels. Les dirigeants doivent connaître les services essentiels, les scénarios redoutés, les dépendances critiques et les conséquences d’une interruption prolongée.
Le règlement DORA poursuit une logique comparable dans le secteur financier. Il organise la gestion des risques liés aux technologies de l’information et de la communication, la classification et la notification des incidents, les tests de résilience opérationnelle numérique, le partage d’informations et la maîtrise des risques liés aux prestataires de services TIC. Le texte s’applique depuis le 17 janvier 2025 et place la capacité de continuité et de rétablissement au centre du dispositif (3).
DORA exige donc des tests réguliers couvrant les systèmes critiques, les tiers, les sauvegardes et la communication de crise. Leurs résultats doivent aboutir à des corrections suivies dans une logique d’amélioration continue. Les conformité NIS2 et DORA supposent de prouver que les fonctions essentielles peuvent être maintenues ou restaurées dans des délais prévus.
Pour confronter les exigences réglementaires aux réalités opérationnelles, la table ronde réunira Philippe Latombe, député de Vendée, Nouamane Cherkaoui, représentant BPCE-SI, et Auriane Lemesle, du GCS e-Santé Pays de la Loire et de l’APSSIS. Les secteurs financiers et sanitaires offrent des exemples éclairants : ils reposent sur des systèmes interconnectés, traitent des données sensibles et doivent assurer la continuité de services dont l’interruption peut entraîner des conséquences économiques, sociales ou humaines majeures.
Anthony Coquer animera les échanges en s’attachant à faire émerger des réponses concrètes. Comment distinguer une conformité déclarative d’une résilience démontrée ? Quels indicateurs présenter aux dirigeants ? Comment intégrer les prestataires critiques aux exercices ? À quel moment faut-il déclencher le mode dégradé ? Comment arbitrer entre sécurité, disponibilité et rapidité de rétablissement ?
La diversité des intervenants permettra également d’interroger le rôle de la puissance publique, des autorités de supervision et des opérateurs. La résilience des infrastructures critiques dépend en effet de la coordination entre de nombreux acteurs. Elle suppose des mécanismes d’alerte fiables, des responsabilités clairement établies, des canaux de communication alternatifs et une capacité à partager rapidement les informations utiles sans aggraver la crise.
Plusieurs critères permettent de vérifier que la démarche dépasse la seule production documentaire. Tout d’abord, les fonctions essentielles doivent être identifiées et hiérarchisées. Ensuite, l’organisation doit connaître les ressources, applications, données, personnes et prestataires dont elles dépendent. Elle doit également fixer des objectifs de continuité et de rétablissement cohérents avec les besoins métiers.
Par ailleurs, les dispositifs doivent être testés dans des conditions suffisamment réalistes : indisponibilité d’un fournisseur de cloud, compromission d’un compte d’administration, corruption des sauvegardes, interruption des communications ou indisponibilité d’un site. Les exercices doivent impliquer les décideurs et ne pas se limiter aux équipes techniques. Enfin, chaque test ou incident doit déboucher sur un retour d’expérience, un responsable, une échéance et une vérification de l’efficacité des mesures correctrices.
Les conformités NIS2 et DORA peuvent ainsi devenir un puissant accélérateur de maturité, à condition d’être utilisées comme un cadre de transformation.
Le 4e colloque national de Souveraine Tech se déroulera au Palais du Grand Large à Saint-Malo. La bande-annonce de l’événement présente les intervenants et l’ambition de cette édition consacrée à la résilience des infrastructures et technologies critiques (4).
Conformité NIS2 et DORA : rendez-vous à Saint-Malo pour déterminer comment transformer les obligations réglementaires en une capacité réelle, mesurable et durable de résistance, de continuité et de rétablissement.
• Souveraine Tech, « 4e colloque – Résilience des infrastructures et technologies critiques », 18-9-2026, Saint-Malo.
• Parlement européen et Conseil, Directive (UE) 2022/2555 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’Union, Journal officiel de l’Union européenne, 14 décembre 2022.
• Parlement européen et Conseil, Règlement (UE) 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier, Journal officiel de l’Union européenne, 14-12-2022.
• Souveraine Tech, « Bande-annonce du 4e colloque national », YouTube, 2026.
Lexing Technologies
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Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de Splann ! met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.
L’article Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en août 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
➡️ Au programme c'est apéro festif, vernissage d'une vitrine spéciale sur le thème, de nouveaux livres et moment convivial
Le 18 juillet 1936, les forces réactionnaires et fascistes du Général Franco tentent un coup d'état qui échoue sur une bonne partie du pays et se transforme en guerre civile. La classe ouvrière préparée et déterminée, s'oppose arme à la main aux régiments fascistes.
S'ensuit alors une véritable révolution sociale sur tous les plans de la société, collectivisation, autogestion, parfois abolition de l'argent…
Mais face à une armée professionnelle soutenue par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, et à la trahison des staliniens, les avancées autogestionnaires finissent par céder et les dernières poches de résistance tombent en 1939.
Un slogan ressort alors de cette période : No pasaran ! Un slogan plus que d'actualité en ce moment. Alors viens découvrir, redécouvrir, discuter avec nous de cet exemple révolutionnaire trop peu connu ainsi que son héritage d'aujourd'hui.
1936-2026 : No Pasarán !
Vive l'anarchie !
🗓️ 8 août
🕘 17h - 20h
📍 Au Sabot, 21 rue des allemands à Metz
➡️ Au programme c'est apéro festif, vernissage d'une vitrine spéciale sur le thème, de nouveaux livres et moment convivial
Le 18 juillet 1936, les forces réactionnaires et fascistes du Général Franco tentent un coup d'état qui échoue sur une bonne partie du pays et se transforme en guerre civile. La classe ouvrière préparée et déterminée, s'oppose arme à la main aux régiments fascistes.
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La guerre laisse derrière elle une pollution potentiellement mortelle pour des générations
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Alors que les feux ravagent la Gironde, l'ingénieur forestier Sylvain Angerand, directeur de l'association Canopée, dédiée à la protection des forêts, dénonce une sylviculture intensive inadaptée au changement climatique.
Près de 43 000 hectares sont partis en fumée en France hexagonale entre le 1er janvier et le 22 juillet 2026, selon le Système européen d'information sur les feux de forêts (Effis). Sylvain Angerand est ingénieur forestier et directeur de l'association Canopée, dédiée à (…)
Plusieurs associations animalistes demandent un moratoire sur la chasse à Fontainebleau après les incendies. Une requête critiquée par les chasseurs qui n'envisagent pas de faire une croix sur leur loisir.
Alors que des forêts de Gironde sont ravagées par les incendies, les images de ces chevreuils désorientés, bloqués par une clôture tandis qu'ils tentent de fuir les flammes, ont fait le tour des réseaux sociaux. Il y a quinze jours, les animaux fuyaient une autre forêt dévastée par les (…)
La France brûle, et nos dirigeants ne font qu'aggraver une situation qu'ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le dogme néolibéral qui nous entraîne dans l'abîme.
Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu'ils s'acharnent à faire l'inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir (…)
Le 4 août 2020, le port de la capitale du Liban était victime d’une des plus grandes explosions de l’histoire. Du pays du Cèdre à la Normandie, en passant par Istanbul et la Géorgie, récit de six ans d’enquête labyrinthique sur les traces des responsables.
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Oracle et Google étendent leur partenariat dans l’intelligence artificielle. Oracle, qui proposait déjà les modèles Gemini de Google aux clients de son cloud d’infrastructure (OCI) va désormais aussi les intégrer dans ses solutions d’entreprise, regroupées sous la dénomination Oracle Cloud Fusion Applications. On y trouve notamment un ERP, une plateforme RH (HCM), une solution de gestion de la supply chain (SCM), et une suite d’outils pour la gestion de la relation client (CX).
L’ONG dont Hélène Grosbois est présidente dit tout de son combat. En évaluant la toxicité des pesticides de synthèse achetés en France, entre 2013 et 2023, la carte réalisée par Chemical Interests met à jour plus qu’une « bombe à retardement » : l’ampleur d’une catastrophe provoquée par des produits « faits pour tuer ».
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En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.
Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade offensive. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.
Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :
aucune procédure de consultation de la population,
de puissantes campagnes de désinformation de la part d'EDF et du CEA,
de graves violences policières dont celles aboutissant à la mort de Vital Michalon, et à l'amputation de Michel Grandjean et de Manfred Schultz.
Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».
La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.
Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.
Voir (de PMO) De Superphénix à ITER : 30 ans de défaite
C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.
Indication de l'emplacement de la stèle de Vital
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Franck Michalon, un des frères de Vital
Source : communiqué de presse de « Sortir du nucléaire ».
Deux premières photographies empruntées à ce blog.
A lire aussi :
Des militant-e-s luttant contre des projets de centrales dans les années 70 à Malville et au Bugey racontent leur expérience antinucléaire. Danielle nous raconte comment c'était d'être une femme dans ces (...)