En cette rentrée qui s’annonce mouvementée, on en a profité pour mettre à jour notre tract d’antirep de manif.
On a fait peu de changements mais c’est surtout l’occasion de vous partager la version PDF comme ça vous pouvez les imprimer, les plier et les distribuer en autonomie si ca vous amuse !
En tous cas c’est toujours utile de le diffuser au max et ca nous aide bien parce qu’on arrive jamais à être partout <3
Et ca vaut le coup de le rappeller en ce (peut-être) début de mouvement social: on oublie surtout pas de signaler les interpellations au 06 75 30 95 45 et on hésite pas à diffuser le numéro !
Ci-dessous les infos et les fichiers:
Le PDF: TRACT-IT-sept25 (petit tips impression: bien penser au recto-verso sur les bords courts.)
Les images page par page:






LES VACHES À ROULETTES PRÉSENTENTFRANKENSTEINUn opéra-rock communiste de Guillaume ConnanMise en scène : Claire Pautet
Au profit des associations :Résilience GazaSolidarité avec le peuple marocain (SLPM)
10 octobre — 19 h 30Théâtre municipal de Rezé6, rue Guy Lelan
Renseignements : https://atvr.fr
FRANKENSTEIN
Retrouvez-nous au théâtre de Rezé le 10 octobre pour une nouvelle représentation de Frankenstein !
Les bénéfices seront reversés aux associations Résilience Gaza et SLPM.
RÉSILIENCE GAZA
Résilience Gaza est un projet de solidarité concrète avec les Gazaouis en lutte pour leur survie. Basé à Deir al-Balah, ce mouvement effectue des distributions de nourriture, de médicaments et de fournitures scolaires pour les réfugié·es des camps.
SLPM
SLPM est une association fondée par Aziz Menebhi, qui lutte pour la libération du peuple marocain du joug du régime dictatorial au Maroc et de sa complicité avec l’entité sioniste.
Rejoignez-nous pour cette belle soirée de théâtre et de lutte !

Wesh l’équipe, faut qu’on parle de ce qui se passe en ce moment, parce que c’est hyper grave.
Le gouvernement Lecornu vient de présenter son projet de budget pour 2027, et c’est une énorme cure d’austérité : 54 milliards d’euros d’économies sur notre dos.
Concrètement, ils veulent supprimer 1 588 postes de profs (alors qu’on est déjà souvent plus de 35 par classe !), et geler les APL ainsi que les allocations familiales. Bref, c’est une attaque directe contre la jeunesse et les familles les plus pauvres.
Depuis fin septembre, on s’est mobilisés en masse dans les lycées. Mais la réponse de l’État est ultra-violente. En quelques jours, il y a déjà eu plus de 5 000 interpellations (rien que le jeudi 1er octobre, ils ont arrêté 1 949 personnes !).
Le pire, c’est qu’il y a déjà au moins 170 élèves blessés. À Tours et à Argenteuil, des lycéens de 16 ans ont été gravement touchés à l’œil par des tirs policiers, et à Saint-Denis, un autre a fini à l’hôpital pour une suspicion de fracture du crâne.
Face à cette violence, on ne peut plus juste attendre gentiment. Les syndicats officiels (comme la FIDL ou l’Union étudiante) et les partis politiques comme LFI nous demandent de faire des marches pacifiques ou d’attendre sagement les élections de 2027.
Mais on sait très bien que les marches déclarées ne suffisent plus. Ce qui marche vraiment, c’est le blocage strict et le rapport de force.
La preuve : la ministre a déjà dû reculer sur la tarification des BTS et des Prépas grâce à la pression de la rue !
Pour tenir le coup, la rue n’est pas un choix politique, c’est une nécessité.
On doit s’organiser, se protéger et faire bloc.
🛡️ GUIDE DE SURVIE : DE LA RUE À LA GAV
Pour que la solidarité soit notre meilleure arme face à la répression, voici les règles d’or et techniques de défense collective (defco).
Matos de base : Du sérum phy pour les yeux, des fringues sombres et neutres (pas de marques visibles), un masque de protection FFP2, des lunettes de protections, et surtout le numéro d’un groupe d’anti-répression ou d’un proche écrit au marqueur sur le bras.
Technique du parapluie : Les parapluies ne servent pas qu’à se cacher. Ouvrir plusieurs parapluies à l’avant et sur les côtés du cortège crée un mur visuel instantané. Ça bloque les caméras de surveillance, empêche les flics de cibler des personnes et protège des tirs de gaz lacrymo ou de LBD.
« Be Water » (Sois l’eau) : Pas de position fixe si on est encerclés ou dépassés. On reste mobiles, fluides et spontanés. Si une charge arrive, on reflue ensemble sans paniquer, et on se reforme plus loin. On évite de rester statique face aux nasses.
Si tu te fais choper par les flics, active immédiatement le mode « Défense Collective ». En garde à vue (GAV), tu as des droits fondamentaux que la police essaiera de te faire oublier.
Applique la règle des 3 piliers :
Le Droit au Silence : C’est ta meilleure arme. À TOUTES les questions (sauf ton identité de base : nom, prénom, adresse), ta seule et unique réponse doit être : « Je n’ai rien à déclarer ». Ne cherche pas à te justifier ou à raconter ton histoire « pour sortir plus vite », ça sera retenu contre toi ou tes potes.
L’Avocat·e choisi·e ou commis·e d’office : Exige un·e avocat·e dès le début. Aucune audition ou interrogatoire ne peut commencer sans sa présence. Si tu as le nom d’un avocat anti-rep ou d’un collectif sur ton bras, donne-le. Sinon, demande l’avocat d’office.
Le Médecin : Demande à voir un médecin, même si tu penses n’avoir rien. C’est capital pour faire constater d’éventuels coups ou violences policières subis pendant l’interpellation, et ça laisse une trace officielle. Pareil si tu as des médicaments à prendre (pense à en avoir avec toi). Ne dis rien au médecin qui puisse être utilisé contre toi.
Ne rien signer à l’aveugle : Ne signe aucun document (procès-verbal, déclaration) sans l’avoir lu attentivement. Si tu n’es pas d’accord avec ce qui est écrit ou si on a déformé tes propos, refuse de signer.
Rappel crucial pour les mineurs (90% des interpellés en ce moment) : Les flics ont l’obligation de prévenir tes parents ou tuteurs légaux immédiatement. La présence d’un avocat est obligatoire pour les mineurs pendant les auditions. Ne te laisse pas impressionner par leurs coups de pression.
La solidarité ne s’arrête pas quand les flics embarquent quelqu’un.
Si tu vois ton pote se faire choper, suis DIRECTEMENT ces étapes pour le sortir de là :
Prends les infos en direct : Note immédiatement l’heure exacte, le lieu précis de l’arrestation, la tenue qu’il portait, et essaie de capter le matricule (RIO) des flics ou leur unité (BAC, Brav-M, CRS).
Note son identité complète : Note son nom, prénom, sa date de naissance complète et le numéro de téléphone de ses parents (surtout s’il est mineur, c’est super important).
Alerte le groupe légal : Contacte tout de suite le collectif légal ou la « legal team » de ta ville ou de ton mouvement si vous en avez mis un en place. Transmets-leur toutes les infos pour qu’ils puissent chercher dans quel commissariat il a été envoyé.
Préviens ses proches : Si ton pote est mineur, appelle immédiatement ses parents pour qu’ils soient au courant avant que la police ne les appelle (ou s’ils font traîner les choses). Dis-leur de demander tout de suite un·e avocat·e pour leur enfant.
Fais du soutien psy au comico : Ne le laisse pas tout seul. Dès que vous savez dans quel commissariat il est retenu, rassemblez-vous en groupe devant. Faire du bruit et être présents montre aux flics qu’il n’est pas isolé et ça donne de la force à ceux qui sont à l’intérieur.
Mardi 6 octobre, on y va déter, équipés et solidaires : grève nationale et blocage total !
Le numéro de rentrée de Courant Alternatif bientôt dans les boites...
Pour le recevoir abonnez vous. Ci dessous le sommaire et la "une". Les articles seront publiés au fil du mois.
La semaine qui s'achève a été celle d'un soulèvement lycéen inédit par sa puissance, mais aussi par la répression qui s'est abattue
L’article Ne pas relâcher la pression face à la répression est apparu en premier sur Contre Attaque.
Démontage du discours dominant : il est impossible d'être raisonnable avec des dirigeants qui ne le sont pas
L’article Non, il n’y a pas «d’autres façons de se faire entendre» est apparu en premier sur Contre Attaque.
Mobilisation antifasciste contre l'ouverture du nouveau local du Rassemblement national de la Sarthe
- Initiatives / Manifs et rassemblements, Le Mans
La disparition programmée du jury populaire relève d'une attaque sévère contre les principes démocratiques de l'État. Censés incarner le peuple dans le jugement des crimes les plus graves, ces citoyens tirés au sort apparaissent comme le dernier rempart contre une justice classiste et expéditive.
La justice serait trop lente, trop chère, trop laxiste. Darmanin sort la tronçonneuse : sous prétexte de désengorger les cours d'assises, le garde des Sceaux ambitionne de sonner le glas du jury populaire qui permet à des citoyens tirés au sort de participer à la justice de leur pays, en déléguant les procès à des cours professionnelles. Les magistrats – qui n'ont théoriquement pas le droit de grève – sont même descendus dans la rue aux côtés des avocats pour contester la nouvelle loi, ironiquement appelée « sur le respect des victimes ». Il faut dire que les « assises », ces juridictions spécialisées pour les crimes les plus graves, où les procès durent plusieurs jours, voire des semaines, où toutes les parties ont droit à la parole, et où les prévenus sont jugés par leurs semblables, sont considérées comme celles qui s'approchent le plus de l'idéal démocratique hérité de la Révolution française. À force de réformes, cette « justice de luxe », rendue par le peuple et pas seulement au nom de celui-ci, est remplacée par une justice « low cost », vendue par l'État comme plus efficace. Derrière l'argument platement gestionnaire, voire fallacieux du gain de temps et d'argent, s'acharner contre le jury populaire, c'est aussi faire disparaître la seule forme de démocratie directe en France.
Délits de non-initiésAppel de la gendarmerie nationale : ton véhément, menaces d'emprisonnement et d'amende exorbitante pour rappeler à Valentin son devoir citoyen. Le trentenaire a été tiré au sort pour être juré fin 2024. En principe, on ne peut pas s'y soustraire.
« On juge des faits qui sont affreux, mais cela ne veut pas dire que l'on juge des humains horribles »
L'affaire pour laquelle il est convoqué sera jugée en cour d'assises dans un mois. Valentin ne sait pas encore qu'il s'agit d'un meurtre, avec un prévenu de 19 ans, mineur au moment des faits. Avec cinq autres citoyens de fortune, il bénéficie d'une matinée de formation aux principes fondamentaux de la justice française et, surtout, au concept de l'intime conviction : il faut savoir départager une opinion, d'une émotion et d'une preuve. L'exercice est quasi philosophique. « Pour moi qui suis intimement convaincu de rien et qui déteste juger quoi que ce soit, ça m'a un peu déstabilisé », ironise Valentin. Dans certaines juridictions, les jurés sont même amenés à visiter une prison, histoire de se rendre compte qu'ils n'envoient pas un individu à l'hôtel. « Le président de la cour a insisté : on juge des faits qui sont affreux, mais cela ne veut pas dire que l'on juge des humains horribles. Il nous a expliqué en quoi c'est important d'essayer de donner une peine qui soit la plus juste possible autant pour la famille des victimes que pour la vie des accusés. » Des bases auxquelles l'immense majorité de la population n'est pas initiée. Ce rappeur aka animateur auprès des jeunes en difficultés aka livreur à vélo est parfaitement conscient de la violence systémique et classiste qui ronge le pays et ses institutions. « J'avais la sensation d'être la personne la plus proche des accusés. Parmi les jurés, je devais être le seul à avoir déjà mis les pieds dans une cité, qui connaissait les histoires de deals et de règlements de compte. C'est un monde qu'il m'arrive de fréquenter, même si ce n'est pas le mien. »
Ni juge ni maîtreAussi politisé que soit le jeune homme, tout au long du procès, il n'y a pas d'idéologie qui tienne : « Tu prends très au sérieux ce qu'il se passe pendant les débats. Tu te concentres sur l'affaire factuelle, les gens que tu vois et entends. Finalement, tes opinions, c'est pas ça qui est important sur le moment. »
« Être juré, c'est d'abord un poids et une responsabilité, pas un pouvoir »
Instituée dès la Révolution, car la majeure partie de la population étaient alors analphabète, l'oralité des débats participe à la dimension spécifiquement humaine de ce genre de procés. Pendant le délibéré, qui dure aussi longtemps qu'un consensus n'a pas été trouvé, citoyens lambdas et professionnels du droit se retrouvent sur un pied d'égalité. « On était tous bouleversés et aussi très à l'écoute les uns des autres. Être juré, c'est d'abord un poids et une responsabilité, pas un pouvoir. On pouvait dire tout ce que l'on pensait même si ça paraissait bête. On sentait les magistrats un peu moins touchés, mais j'ai réalisé qu'ils ne croient pas non plus en la prison. Or, c'est la seule chose proposée à l'heure actuelle. Eux doivent rendre une peine. » Certains juges prennent soin de s'exprimer en dernier lieu pour ne pas influencer le jury ou d'enlever leur robe pour désamorcer la charge symbolique. Une horizontalité qui a le don de procurer un sentiment de légitimité à chacun. « Cette expérience m'a donné un peu d'espoir : tu te retrouves à faire et à réussir quelque chose de concret avec des inconnus. Malgré des opinions, des âges et des parcours différents, on arrive à communiquer et à s'entendre. »
Empowerment populaireFaire partie d'un jury populaire, ce serait vivre « une conversion démocratique », via le tirage au sort, on ne peut plus égalitaire, en premier lieu.
« Le jury pose des questions que les juges ne se posent plus, ou qui leur paraissent être des évidences »
Docteure en sciences de l'information et de la communication, Célia Bosse a interrogé une cinquantaine d'anciens jurés pour sa thèse. Les témoignages, tous positifs suite à cette expérience, sont unanimes. Conclusion : « Tout le monde devrait le faire. » Les magistrats y gagneraient aussi : « Le jury pose des questions que les juges ne se posent plus, ou qui leur paraissent être des évidences. Ça permet à ceux-ci de garder une réflexivité vis-à-vis de leur métier et de rester en lien avec la société. » Malgré le fond d'air réactionnaire qui plane en France, le jury populaire s'avère plus clément que les professionnels : les assises comptent environ 6 % d'acquittements là où la correctionnelle avoisine les 3-4 %. Les témoignages recueillis par la chercheuse dérogent aux représentations dominantes qui brossent le peuple en pouvoir de juger comme une masse barbare et manipulable. « Notre société a un a priori négatif sur l'aptitude du citoyen, qui serait forcément pris par ses émotions et aurait l'esprit de vengeance. Or, dans le cadre du débat contradictoire, il va juger de manière beaucoup plus spécifique et individualisée qu'un magistrat. » Résultat : le jury populaire a des vertus formatrices mais aussi émancipatrices. La plupart des anciens jurés interrogés ne gobent plus CNews et les louvoiements des politiques en matière de justice, certains sont devenus visiteurs de prison bénévoles, d'autres confient avoir changé leur façon de voter.
Le jury nique l'ÉtatOn comprend mieux pourquoi les représentants de la République ont le jury dans le nez : faudrait pas que les citoyens prennent la confiance en leur pouvoir d'action. Professeur de droit à l'université Paris 8, Benjamin Fiorini est catégorique : « Les périodes où le jury a progressé dans notre pays correspondent toujours à des moments de grande ferveur démocratique : la Révolution française, la deuxième République, la Commune de Paris. En revanche, lorsqu'advient un régime plus autoritaire, autocratique ou répressif, le jury recule. Cette institution est un baromètre démocratique. Vu l'ambiance politique du moment, c'est pas une surprise qu'il soit attaqué. » Sur le podium des pourfendeurs, on trouve Napoléon Bonaparte en tête, suivi de Nicolas Sarkozy. L'ancien président et actuel délinquant en col blanc, a porté le coup le plus lourd de la Ve avec la suppression de quatre jurés sur neuf en première instance. En 2019, la création des cours criminelles départementales, composées de cinq magistrats professionnels pour juger des crimes punis de quinze et vingt ans de réclusion, fait passer la collégialité citoyenne comme superflue. Surfant sur le scandale de l'affaire Lyhanna, Darmanin prend le relais en renforçant ces « cours du viol », comme il les surnomme. Hop hop hop, on économise du temps et de l'argent, on fait du quantitatif, soyons productifs et jugeons les violences sexuelles au rabais. Benjamin Fiorini entrevoit le jour où les juges seront remplacés par une intelligence artificielle. « On est à la croisée des chemins. Il est temps de se dire qu'en tant que citoyens, on peut décider du visage qu'on donne à la justice. C'est un choix politique. » On n'aurait pas cru que la forme de procès la plus théâtralisée s'avère la plus gênante pour un pouvoir politique dont la légitimité reste à prouver. « Pour moi, le vote, c'est la dictature de la majorité, conclut Valentin. Mais j'ai toujours pensé que la démocratie directe, c'était compliqué à mettre en place. Or, même si cette expérience est à huis clos, le jury populaire prouve que quand tout le monde est impliqué et se sent concerné, c'est applicable. Ce à toutes les échelles, j'en suis sûr. » Un ange nommé Bakounine passe.
Orianne Hidalgo-LaurierQu'est-ce qui pouvait mal se passer ? Déposée en décembre 2025, la future « loi intégrale », ou « loi contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants », végétait dans les frigos de l'Assemblée nationale depuis près d'un an. Mais à la faveur de l'indignation générale suscitée par le meurtre de Lyhanna, 11 ans, l'agenda parlementaire change opportunément l'ordre de ses priorités. Dans la foulée, une coalition d'une dizaine d'associations, dont des poids lourds du féminisme carcéral et de l'abolitionnisme du travail du sexe, est auditionnée par une commission parlementaire « transpartisane » (dirigée par le bloc central et les socialistes).
Un meurtre horrible, une subtile instrumentalisation politique et des assos féministes prêtes à coopérer. Voilà qui devrait faire écran de fumée. Si le texte actuel est encore en passe d'être amendé, il assume néanmoins un durcissement répressif. Suppression des peines alternatives aux poursuites pour violences sexuelles, augmentation des peines pour certains viols, création d'un régime pénal autonome de l'inceste, extension de la pénalisation des clients au travail du sexe en ligne… La lutte contre les violences sexistes et sexuelles se mesure à la taille de gourdin qui s'abat sur les auteurs.
Alors bien sûr, on nous promet de former les policiers aux psychotraumas – bientôt des flics déconstruits ? –, de garantir un logement sécurisé pour les victimes de violences – seulement en Outre-mer – et même d'ouvrir des parcours de soins sans avance de frais ni plainte préalable. Formidable. Mais avec quels services publics au juste ? Le logement social saturé, déjà incapable de répondre favorablement aux 2,9 millions demandes en 2025 ? Les hébergements d'urgence qui mettent femmes monoparentales et enfants à la rue depuis cet été ? Le système de santé déjà à l'os ? Quant à Édouard Geffray, qui y va aussi de sa petite mesure, c'est à hurler dans un coussin. Le ministre de l'Éduc nat veut mettre en place un questionnaire de détection des violences à l'école, suivi d'un entretien individuel si l'enfant dénonce des abus. Mais comment tu comptes t'y prendre, Édouard, avec un médecin scolaire pour 13 000 élèves et une infirmière pour 1 300 ? D'autant que côté prévention, l'État sèche les cours depuis 25 ans. La loi de 2001, qui instaurait trois séances annuelles obligatoires d'éducation à la sexualité de la maternelle au lycée, est royalement ignorée : seuls 20 % des élèves en bénéficieraient aujourd'hui. Le prochain budget ne prévoit même pas de ligne dédiée à ce sujet dans l'enveloppe de l'Éducation nationale.
À ce stade, la loi « intégrale », soutenue par la macronie, fixe 3 milliards d'euros de financements. Pendant ce temps, cette même macronie annonce 54 milliards d'« efforts budgétaires » en 2027. À pleurer.
Comment va la justice ? Dans ce dossier d'octobre, CQFD est allé à la rencontre de celleux qui rendent la justice : magistrat·es, avocat·es, juré·es... On découvre notamment comment la comparution immédiate est instrumentalisées par l'exécutif pour servir un projet de société réactionnaire ou encore comment les lois votées par les politiques enterrent l'idéal d'une justice démocratique. Un système qui favorise toujours les mêmes, en étant toujours plus répressif, raciste et classiste.
Hors dossier, on a discuté du "saint sauveur" des Grecs Matthieu Pigasse avec l'économiste Éric Toussaint. Puis, on revient sur l'effacement pur et simple d'un fournisseur italien de services numériques à destination des luttes avec le collectif Autistici/Inventati. Tandis que la rédaction de CQFD du futur s'est immiscé dans nos pages pour faire le bilan, un an après l'élection du candidat à la présidentielle, Fabien Roussel.
Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...
En couverture : « Faites entrer l'accusée » par Quentin Dugay
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– Haro sur le troisième pouvoir
– « C'est tout le contre-pouvoir judiciaire qui est affaibli » - Plaider-coupable en matière criminelle, réforme du régime des nullités et création d'un « sas de détention » arbitraire : le projet de loi sur la justice, porté par Darmanin, grignote toujours plus les droits de la défense. Entretien avec l'avocate Maude Guillemet, membre du Syndicat des avocats de France.
– Magistrature : « Je n'avais pas signé pour ça » - Vice-présidente du tribunal de grande instance de Nîmes jusqu'en 2024, Lucile Laurier retrace ici une quarantaine d'années de carrière dans la magistrature. Un parcours plombé par la charge de travail et le déferlement de lois et de décrets, la plupart de plus en plus répressifs.
– Jury populaire ou révolutionnaire ? - La disparition programmée du jury populaire relève d'une attaque sévère contre les principes démocratiques de l'État. Censés incarner le peuple dans le jugement des crimes les plus graves, ces citoyens tirés au sort apparaissent comme le dernier rempart contre une justice classiste et expéditive.
– Qui veut la peau des jurés ? - Dans La Bataille du jury populaire, Benjamin Fiorini et Ana Pich reviennent sur l'histoire d'une institution vieille de plus de deux siècles, aujourd'hui rattrapée par l'obsession d'une justice plus rapide, plus simple – et sans citoyens.
– Le marteau de l'État - Quand la colère descend dans la rue, la justice accélère. Déjà redoutable en temps normal (surtout pour les plus précaires), la comparution immédiate devient alors l'instrument d'une justice politique et répressive.
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– Crise grecque : « Pigasse n'a absolument pas de quoi se vanter » - Cet été, le gentil Matthieu Pigasse a conté aux Insoumis comment il avait généreusement sauvé la Grèce. Les Grecs, eux, ne lui disent pas merci. On a refait les comptes avec l'économiste Éric Toussaint et spoiler alert : ils ne sont pas bons du tout.
– « On est au tout début de l'histoire du sport mixte » - Dans son documentaire Foot mixte : le match du XXIe siècle, publié en juin 2026 sur la chaîne YouTube de L'Humanité, la réalisatrice et documentariste Isabelle Curet organise le tout premier match de football mixte professionnel avec le Dijon Football Côte-d'Or (DFCO) et s'interroge : et si on trouvait enfin un autre modèle sportif collaboratif entre hommes et femmes ?
– Siamo tutti Autistici - Géant parmi les fournisseurs de services numériques à destination des luttes, le collectif Autistici/Inventati a choisi de rendre les armes face aux pressions de Washington, après un quart de siècle de résistance à la censure. Pour les organisations militantes, la présence en ligne va devoir être repensée.
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– Lu dans... | AfD : les enseignants de Saxe-Anhalt se préparent à l'urgence - Comment les enseignants peuvent-ils résister si l'AfD met effectivement en œuvre ses projets en matière d'éducation ? Le média allemand Correctiv1 s'est entretenu avec ceux qui relèvent ce défi, dans une région où le silence s'est installé dans de nombreuses salles des professeurs.
– Échec scolaire - En comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.
– Peine perdue | Un surnom comme un autre - En comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.
– Politique fiction | Et si… Fabien Roussel remportait l'élection présidentielle ? - La rédaction de CQFD du futur a glissé à notre insu une chronique dans ces pages. Et que ne nous apprend-elle pas ? En 2027, la gauche a raflé la présidentielle ! La gauche, oui, mais quelle gauche ? Pendant la campagne, nos doubles post-élections font durer le suspense et déroulent chaque mois les horizons possibles. Scénario un : 365 jours après avoir élu celui qui se prenait pour un camarade.
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– Bertolt Brecht : « On ne peut plus mener les affaires du capitalisme sans brutalité » - Il y a 90 ans, Bertolt Brecht fuyait l'Allemagne nazie. Lors de son exil, l'auteur de théâtre ne cesse d'écrire sur le rôle des écrivains face aux systèmes réactionnaires. Dans Écrire contre le fascisme, Irène Bonnaud réunit des fragments de textes (poèmes, essais, discours…) dont le sujet principal est la lutte contre le fascisme et le capitalisme.
– Le dernier jour d'un con - Pittsburgh, milieu du XXIe siècle. Vous êtes Harvey Huffstone, vieux boomer engagé dans la procédure d'euthanasie proposée gratuitement par l'hôpital gériatrique du coin. Gratuitement car, à votre grand désarroi, vous vivez dans une utopie écosocialiste où presque tout le monde est heureux, sauf vous.
– Écologie en eaux tièdes - Le film Glaciers d'Arctique, état des lieux montre un monde polaire qui fond à vue d'œil. Le diagnostic est connu, l'angoisse bien installée. Mais pour les quelques dizaines de têtes blanches venues en débattre par une chaude soirée d'été lyonnaise, changer la donne se résume encore à faire un effort de pédagogie. Plongée dans une écologie très informée, mais politiquement désarmée.
– Remplacer le patriarcat par un ballon d'eau chaude - Le 2 octobre, le duo Choffo Blazter sort son deuxième album Je serai toujours aventureuse. Cinq morceaux qui vous emmènent progressivement vers l'émancipation politique.
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– L'édito – Le féminisme au gourdin
– Ça brûle ! – La relève !
– L'animal du mois – Les chèvres sauvages de Marseille
– Abonnement - (par ici)
Géant parmi les fournisseurs de services numériques à destination des luttes, le collectif Autistici/Inventati a choisi de rendre les armes face aux pressions de Washington, après un quart de siècle de résistance à la censure. Pour les organisations militantes, la présence en ligne va devoir être repensée.
6 septembre, le collectif italien Autistici/Inventati (A/I), qui fournit une infrastructure internet gratuite et indépendante destinée à des militants, collectifs et projets associatifs, annonce brutalement l'arrêt de ses activités : « Dans le contexte actuel, le fait de continuer à proposer nos services met en danger nos utilisateur·ices et toutes les personnes qui font partie de nos communautés. » Le contexte, c'est la décision du 26 août de la Maison-Blanche de placer A/I sur la liste des organisations terroristes, activant contre lui le plus puissant levier d'exclusion économique au monde. Depuis le 25 septembre, toute personne physique ou morale entretenant des liens financiers, matériels ou technologiques avec le collectif est devenu passible de sanctions pénales ou financières, sur simple décision de l'administration états-unienne. Le collectif hébergeait 16 000 adresses mail, 10 000 blogs (les fameux noblogs.org), 5 500 listes de diffusion et 1 500 sites internet, ainsi que des services d'audio et de visioconférences pour des organisations militantes.
Pour justifier sa décision, la Maison-Blanche dresse la liste d'organisations qu'elle considère déjà comme terroristes, ayant utilisé les services d'A/I pour planifier ou revendiquer des actions.
« Ils font partie des meilleurs informaticiens de la gauche, mais ils savent garder le sens des priorités »
On y trouve, par exemple, les Britanniques de Palestine Action, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), ou encore Rose City Antifa, un collectif antifasciste nord-américain. Pourtant, A/I n'était que fournisseur de services. Le gouvernement états-unien « ne montre pas qu'A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé », souligne la Quadrature du Net dans un communiqué de soutien. « Sur ce motif, on pourrait également censurer Signal ou WhatsApp », remarque Félix Tréguer, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de surveillance numérique. L'orientation politique d'A/I, publiquement « antifasciste, antimilitariste, anticapitaliste », suffit à Washington. Pas étonnant lorsqu'on sait que les États-Unis ont accueilli au mois de juillet un grand sommet contre « le terrorisme d'extrême gauche », auquel se sont empressé de se rendre des émissaires du ministère français des Affaires étrangères.
Un quart de siècle de résistance balayé en dix joursIl faut dire que l'histoire d'A/I est indissociable des luttes. Son premier coup d'éclat a lieu à Gênes, à l'été 2001, alors qu'un contre-sommet du G8 est violemment réprimé. Le collectif participe au Media Center, un squat ouvert pour permettre aux manifestants de diffuser, de l'intérieur, la sauvagerie policière dont ils sont victimes. Le collectif gagne la confiance du mouvement. Moins de deux ans après la mise en service de son premier serveur, baptisé « Paranoia », A/I héberge déjà plus de 2 000 adresses mail, 205 sites web et plus de 250 listes de discussion.
La répression ne tarde pas. En 2005, le collectif découvre que la police a pénétré dans les locaux de l'entreprise Aruba qui abrite physiquement ses serveurs, pour en copier les données.
« L'infrastructure mise en place par A/I est absolument dingue »
A/I peut mettre au point l'infrastructure informatique la plus sécurisée possible, tant que la machine physique restera hébergée dans les locaux d'un fournisseur commercial, ses données ne seront pas vraiment sécurisées.
A/I met alors en place le « plan R* ». Concrètement, plutôt que de concentrer le stockage de ses données et fonctionnalités en un lieu, il les répartit dans un large réseau étalé sur plusieurs pays. Les machines deviennent remplaçables, les services peuvent déménager quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. Une solution particulièrement robuste face aux attaques policières. Chaque tentative ultérieure de mettre à l'arrêt ses serveurs sera soldée par un échec. « L'infrastructure mise en place par A/I est absolument dingue. Il est quasiment impossible de la censurer techniquement », explique Léa*, une « geek anarchiste » proche du collectif.
« Restez humain·e »Difficile en revanche de résister à la censure administrative. Si A/I est basé en Italie, les sites qu'il héberge ont un nom de domaine – sorte d'adresse numérique – géré par une association états-unienne (Public Interest Registry). C'est le fameux « .org » utilisé par bon nombre d'organisations à but non lucratif.
Les États-Unis n'hésitent pas à proférer des menaces à ceux qui continueraient d'entretenir des liens avec A/I, y compris au-delà de leurs frontières
À partir du moment où les États-Unis classent A/I comme organisation terroriste, débrancher ses milliers de sites est un jeu d'enfant, il suffit de mettre en demeure Public Interest Registry de le faire.
Il aurait cependant été possible de migrer les sites sur un nom de domaine hébergé dans un autre pays, comme le « .it » italien par exemple. Mais, les États-Unis n'hésitent pas à proférer des menaces à ceux qui continueraient d'entretenir des liens avec A/I, y compris au-delà de leurs frontières : « La violation des sanctions états-uniennes peut entraîner des sanctions à l'encontre de personnes américaines et étrangères », menace le communiqué de l'administration Trump. C'est contraire au principe de souveraineté territoriale reconnu par le droit international, mais ça n'a jamais vraiment dérangé les États-Unis. Et ce n'est pas le silence humilié des chancelleries européennes, en plein débat sur leur « souveraineté numérique » qui risque de leur donner tort...
Ainsi abandonné à la merci du président autocrate des États-Unis, A/I prend ses responsabilités : « La possibilité que notre travail puisse provoquer des conséquences légales et financières à celles et ceux qui nous sont proches ne nous laisse pas le choix. » Mieux vaut protéger des personnes que des services informatiques. « Ça démontre toute la sagesse, l'éthique et la finesse politique des membres du collectif, admire Léa. Ils font partie des meilleurs informaticiens de la gauche, mais ils savent garder le sens des priorités. Perdre des sites, des blogs, des adresses mail, c'est chiant. Mais c'est beaucoup moins grave que de laisser les gens être arrêtés, violentés ou tués par des fachos. »
Nouvelle « cryptowar »D'après Félix Tréguer, cette décision s'inscrit dans un contexte plus ancien de « cryptowar », cette guerre menée par les États contre le chiffrement des données numériques depuis le début des années 1990. Il devient criminalisant de vouloir sécuriser ses communications en ligne. En France, l'affaire du 8 décembre 2020 illustrait déjà cette logique.
À l'heure de l'intelligence artificielle et de la surveillance algorithmique de masse, il devient désormais suspect de simplement vouloir protéger sa vie privée
Jugées pour « associations de malfaiteurs terroristes », sept personnes se sont vues reprocher leur utilisation de technologies cryptées. « La DGSI s'est ainsi affairée à démontrer que l'utilisation d'outils comme Signal, Tor, Proton, etc., serait une preuve de la volonté de dissimuler des éléments compromettants », détaille La Quadrature du Net. À l'heure de l'intelligence artificielle et de la surveillance algorithmique de masse, il est désormais suspect de vouloir simplement protéger sa vie privée.
Face à cette fuite en avant de la censure fasciste, la lutte est plus que jamais nécessaire. Au cours des quatre dernières semaines, un travail colossal d'archivage des sites voués à disparaître a été accompli par des militants du numérique. L'intégralité des noblogs, aujourd'hui disparus, est par exemple, accessible en lecture seule sur nublogs.org. Un flyer en ligne détaille, sur « squ.at/ai-flyer-en-ligne », de nombreuses manières d'agir numériquement face aux censures technofascistes. Reste qu'aucun acteur militant n'a aujourd'hui la capacité de remplacer A/I. « Ça a des avantages et des inconvénients. Un maillage de plein de petits fournisseurs militants serait moins facilement attaquable, mais on perdrait la maîtrise technique d'A/I face aux censures qui était vraiment impressionnante », détaille Léa. La militante insiste aussi sur la nécessité pour ceux qui luttent de réduire leur dépendance à l'outil numérique, dont la maîtrise est désormais passée du côté des adversaires politiques. Comme le souligne A/I dans son communiqué : « Maintenant, éteignez vos ordinateurs, sortez de chez vous, luttez, embrassez-vous, continuez de sourire ! »
*Prénom modifié.
Samy Hage et Pierre-Marie You
Loïc est prof d'histoire et de français, contractuel, dans un lycée pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute pétée. Entre sa classe et la salle des profs, face à sa hiérarchie ou devant ses élèves, il se demande : où est-ce qu'on s'est planté ?
Fin août. Dépité, j'ouvre ma messagerie académique. Il paraît qu'ils ont envoyé les emplois du temps. Pour les profs, c'est un peu le moment de la dernière prière où on croit soudainement à un genre de Dieu protecteur capable d'alléger notre planning, et nos épaules avec. Pas de chance cette fois-ci – à croire que j'ai pêché – je commence à 8 heures du lundi au vendredi. « C'est mort, j'y retourne pas ! » Pendant, les quelques jours qui suivent, je grogne ma mauvaise humeur à tous ceux qui me demandent comment j'envisage cette rentrée. J'ai le spleen de septembre, celui qu'on trimballait déjà enfant, et je n'ai rien trouvé de mieux qu'être prof, histoire de ne jamais briser le cercle.
Je ne voulais pas y retourner parce que, comme enfant, je déteste la hiérarchie. Je déteste les horaires qui m'accablent depuis petit et ces satanés murs blancs qui n'inspirent rien, coupent les horizons. Je ne voulais pas y retourner parce que je sais qu'enseigner dans la France de Macron relève d'une bagarre de chaque instant et que nos mobilisations sont rudes et souvent isolées. Je ne voulais pas y retourner parce que c'est de plus en plus insupportable de lire dans les yeux des élèves la détresse et la colère que je ressentais adolescent, assigné à une chaise, 8 heures par jour. Mais j'avais honte de ne pas vouloir y retourner, parce que je sais qu'il y en a qui se lèvent pour plus difficile que moi et pour beaucoup moins que mes 1 900 euros par mois. J'ai intériorisé quelque part la vision dominante selon laquelle mon métier relèverait du privilège plutôt que de la souffrance. Alors, j'ai arrêté de broncher et j'y suis retourné.
Les premiers jours passés, la messe républicaine de la proviseure suivit de réunions de rentrées interminables où chacun s'accroche à ses souvenirs de vacances avant de se faire rouler dessus par le travail, je retrouve mes nouvelles classes. Dans ma posture soulée et détachée, je retrouve finalement quelque chose d'agréable à enseigner. Ils sont sympas, drôles et touchants. Mince, me voilà pris au jeu et reparti pour un an. Alors qu'on travaille sur l'autobiographie, et que je demande aux élèves de choisir un objet qui les définit, l'un d'eux choisit une cage. Je lui demande pourquoi : « J'ai l'impression d'être enfermé entre l'école et chez moi, toute la journée, alors que le seul endroit où je me sens bien, c'est dehors, en nature. » S'en suit un débat, sur l'école et la liberté. Les langues se délient sur la souffrance d'être ici. « C'est une prison ! L'inverse de la liberté ! » J'en rajoute : « Au bout de cinq ou six heures enfermés, on se sent nerveux et se concentrer relève de l'exploit, moi aussi je ne supporte pas. » Dans le couloir, je croise un collègue AESH. Ils vont supprimer deux postes dans le lycée. Les mobilisations vont reprendre. Et j'espère qu'un jour, on arrivera à la briser, cette cage.
Par Loïc
Format : dossier
Le mouvement a débuté le 21 septembre dans un lycée de Créteil, en région parisienne, mais prend sa source dans un malaise qui ne date pas d'aujourd'hui. Manque de professeurs et locaux délabrés sont les principales causes de cette première mobilisation. Retour sur une colère lycéenne contagieuse.
Les revendications ne sont pas nouvelles, mais le ras-le-bol, lui, prend de l'ampleur jour après jour. Le mouvement de contestation lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne, Ile-de-France), sur des revendications principalement liées aux conditions d'enseignement : manque de professeur·es, bâtiments dégradés, pression liée à Parcoursup. Il a suffi d'une semaine pour que la mobilisation, très localisée à l'origine, s'étende à travers le pays. Elle est devenue nationale le 29 septembre. Depuis, les blocages de lycées se sont enchaînés dans d'autres villes, telles que Lille, Marseille, Nantes et jusque dans les territoires d'outre-mer, à La Réunion. Un millier d'établissements étaient concernés le 1er octobre, contre 356 la veille.
Alors que le mouvement a débuté sans débordement apparent, il s'est durci progressivement, à coups de jets de projectiles, de poubelles incendiées... La réponse policière s'est traduite par des gaz lacrymogènes et tirs de lanceurs de balles de défense (LBD). Avec, pour conséquences, plusieurs élèves blessés. La gestion policière suscite d'ailleurs des critiques, comme à Tours (Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire) où un jeune a été grièvement blessé par un possible tir de LBD. À Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise, Ile-de-France), un adolescent a été touché à la mâchoire par un autre tir de LBD. Le Défenseur des droits François-Noël Buffet s'est saisi de cette affaire. Au soir du 1er octobre, le ministère de l'Intérieur dénombrait plus de 1900 interpellations de lycéen·nes.
Après avoir échoué à négocier une sortie de crise lors d'une rencontre vendredi 2 octobre avec des organisations lycéennes, le gouvernement a publié dimanche soir une liste d'engagements en réponse aux revendications du mouvement, en attendant des mesures concrètes « avant fin octobre ». Un première tentative d'apaisement avait aussi été faite le 1er octobre, avec l'abandon de la mesure budgétaire qui prévoyait des frais d'inscription pour les étudiant·es non boursier·es en BTS et en classes préparatoires.
Par ailleurs, plusieurs échanges entre lycéen·nes et rectorats locaux (dont Nice, Bordeaux et Toulouse) ont eu lieu depuis le début des blocus. Bien que le gouvernement ait appelé dimanche à la reprise des cours « partout » le lundi 5 octobre, entre 400 et 500 établissements restaient fermés à cette date par mesure de sécurité. Et la mobilisation pourrait s'intensifier alors que plusieurs syndicats de l'enseignement ont appelés à une large mobilisation le mardi 6 octobre.
Format : dossier
Le mouvement a débuté le 21 septembre dans un lycée de Créteil, en région parisienne, mais prend sa source dans un malaise qui ne date pas d'aujourd'hui. Manque de professeurs et locaux délabrés sont les principales causes de cette première mobilisation. Retour sur une colère lycéenne contagieuse.
Les revendications ne sont pas nouvelles, mais le ras-le-bol lui, prend de l'ampleur jour après jour. Le mouvement de contestation lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil (Île-de-France), sur des revendications principalement liées aux conditions d'enseignement : manque de professeur·es, bâtiments dégradés, pression liée à Parcoursup. Il a suffi d'une semaine pour que la mobilisation, très localisée à l'origine, s'étende à travers le pays. Elle est devenue nationale le 29 septembre. Depuis, les blocages de lycées se sont enchaînés dans d'autres villes telles que Lille, Marseille, Nantes et jusque dans les territoires d'Outre-mer, à La Réunion. Un millier d'établissements étaient concernés le 1er octobre, contre 356 la veille.
Alors que le mouvement a débuté sans débordement apparent, il s'est durci progressivement, à coups de jets de projectiles, de poubelles incendiées... La réponse policière s'est traduite par des gaz lacrymogènes et tirs de lanceurs de balles de défense (LBD). Avec pour conséquences plusieurs élèves blessés. La gestion policière suscite d'ailleurs des critiques, comme à Tours (Centre-Val de Loire) où un jeune a été grièvement blessé par un possible tir de LBD. À Saint-Ouen-l'Aumône, un adolescent a été touché à la mâchoire par un autre tir de LBD (Île-de-France). Le Défenseur des droits François-Noël Buffet s'est saisi de cette affaire. Au soir du 1er octobre, le ministère de l'Intérieur dénombrait plus de 1900 interpellations de lycéens.
Une première tentative de sortie de crise s'est jouée le vendredi 2 octobre, à l'initiative du gouvernement, qui a proposé aux organisations lycéennes une rencontre après avoir reçu des syndicats d'enseignants et des associations de parents d'élèves. Un premier pas avait été annoncé la veille, avec l'abandon de la mesure budgétaire qui prévoyait des frais d'inscription pour les étudiant·es non boursiers en BTS et en classes préparatoires. À Nice et à Bordeaux, les rectorats ont également échangé avec des représentant·es lycéen·nes. Reste à savoir si leurs revendications seront entendues. En attendant, 400 établissements sont restés fermés le vendredi 2 octobre, par mesure de sécurité.
Format : dossier
Le mouvement a débuté le 21 septembre dans un lycée de Créteil, en région parisienne, mais prend sa source dans un malaise qui ne date pas d'aujourd'hui. Manque de professeurs et locaux délabrés sont les principales causes de cette première mobilisation. Retour sur une colère lycéenne contagieuse.
Les revendications ne sont pas nouvelles, mais le ras-le-bol, lui, prend de l'ampleur jour après jour. Le mouvement de contestation lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne, Ile-de-France), sur des revendications principalement liées aux conditions d'enseignement : manque de professeur·es, bâtiments dégradés, pression liée à Parcoursup. Il a suffi d'une semaine pour que la mobilisation, très localisée à l'origine, s'étende à travers le pays. Elle est devenue nationale le 29 septembre. Depuis, les blocages de lycées se sont enchaînés dans d'autres villes, telles que Lille, Marseille, Nantes et jusque dans les territoires d'outre-mer, à La Réunion. Un millier d'établissements étaient concernés le 1er octobre, contre 356 la veille.
Alors que le mouvement a débuté sans débordement apparent, il s'est durci progressivement, à coups de jets de projectiles, de poubelles incendiées... La réponse policière s'est traduite par des gaz lacrymogènes et tirs de lanceurs de balles de défense (LBD). Avec, pour conséquences, plusieurs élèves blessés. La gestion policière suscite d'ailleurs des critiques, comme à Tours (Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire) où un jeune a été grièvement blessé par un possible tir de LBD. À Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise, Ile-de-France), un adolescent a été touché à la mâchoire par un autre tir de LBD. Le Défenseur des droits François-Noël Buffet s'est saisi de cette affaire. Au soir du 1er octobre, le ministère de l'Intérieur dénombrait plus de 1900 interpellations de lycéen·nes.
Après avoir échoué à négocier une sortie de crise lors d'une rencontre vendredi 2 octobre avec des organisations lycéennes, le gouvernement a publié dimanche soir une liste d'engagements en réponse aux revendications du mouvement, en attendant des mesures concrètes « avant fin octobre ». Un première tentative d'apaisement avait aussi été faite le 1er octobre, avec l'abandon de la mesure budgétaire qui prévoyait des frais d'inscription pour les étudiant·es non boursier·es en BTS et en classes préparatoires.
Par ailleurs, plusieurs échanges entre lycéen·nes et rectorats locaux (dont Nice, Bordeaux et Toulouse) ont eu lieu depuis le début des blocus. Bien que le gouvernement ait appelé dimanche à la reprise des cours « partout » le lundi 5 octobre, entre 400 et 500 établissements restaient fermés à cette date par mesure de sécurité. Et la mobilisation pourrait s'intensifier alors que plusieurs syndicats de l'enseignement ont appelés à une large mobilisation le mardi 6 octobre.
Source : INDEX
Source : The Conversation France
Source : Rue89 Strasbourg
Source : Parallèle Sud
Source : Politis
Source : Marsactu
Source : Rue89 Strasbourg
Payant
Le député (Les Écologistes) de Charente-Maritime, Benoît Biteau, lors d’un rassemblement sur l’esplanade des Invalides, à Paris, le 2 juin dernier. © Simon Wohlfahrt/AFP
Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu à l’État français pour prendre les alertes sanitaires sur le cadmium au sérieux. Ce métal lourd est hautement toxique et reconnu comme «cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction» (CMR). En 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait publié un avis retentissant qui alertait sur la surexposition des Français·es à la substance et recommandait de réduire sa teneur dans les engrais phosphatés utilisés dans l’agriculture. Une mesure jugée nécessaire pour protéger la population de ce métal qui s’accumule dans les sols, pénètre les aliments, puis contamine nos corps.
Les agences sanitaires françaises ont depuis multiplié les alertes, en 2021, ou encore 2026. Toutes ignorées, ou quasiment, par la macronie, comme Vert le documentait dans une enquête il y a quelques mois.
La machine à inertie politique a été enrayée ce vendredi matin. Au Journal officiel, les décrets et arrêtés fixant les nouveaux «seuils d’innocuité» à respecter pour les fabricants d’engrais, et fixant les nouvelles teneurs maximales en cadmium, ont enfin été publiés. Et ce, près de six ans après que l’ancien ministre de l’agriculture Julien Denormandie avait promis de le faire, le 17 novembre 2020.
Au 1er janvier 2027, d’après cet arrêté, les engrais phosphatés ne pourront plus contenir plus de 60 milligrammes de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P2O5), contre 90 mg/kg aujourd’hui. Les textes plafonnent également les quantités apportées aux sols : les agriculteur·ices et les entreprises qui épandent des boues d’épuration ne pourront plus dépasser trois grammes de cadmium par hectare et par an.
Avec ce premier abaissement, la France rejoint le seuil européen de 60 mg/kg de P2O5. Elle figurait encore parmi les rares pays de l’Union européenne à autoriser des engrais phosphatés au-delà de cette limite. D’autres, comme la Finlande ou la Hongrie, appliquent déjà, depuis 2021, un plafond nettement plus strict de 20 mg/kg.
«Le gouvernement franchit une nouvelle étape pour mieux protéger la santé des Français, préserver la durabilité des sols et accompagner le développement d’une économie circulaire exigeante», affirme le cabinet de la ministre de l’écologie Monique Barbut, dans un communiqué que Vert a pu consulter avant sa publication.
Interrogé par Vert, il a également assuré que la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés serait ramenée à 20 mg/kg de P2O5 d’ici 2030, avec une étape à 40 mg/kg de P2O5 en 2028. Un revirement important : jusqu’à présent, le gouvernement envisageait d’atteindre le seuil de 20 mg/kg en… 2038. C’est-à-dire près de vingt ans après la première alerte de l’Anses, qui recommandait d’atteindre ce seuil dès 2019. Un autre arrêté, confirmant cette nouvelle trajectoire, devrait paraître ce vendredi, promet le ministère.
«C’est une vraie victoire», confie à Vert Benoît Biteau, député Les Écologistes de Charente-Maritime. Sa proposition de loi sur le cadmium a été adoptée en juin en première lecture à l’Assemblée nationale (notre article) et prévoit une trajectoire d’abaissement semblable à celle retenue par le gouvernement.
Comment expliquer ce changement de cap ? Par «l’exposition médiatique et la pression citoyenne. C’est comme ça qu’on obtient des avancées significatives», estime-t-il. Selon lui, l’accélération de cette trajectoire aurait aussi fait partie des conditions négociées par Monique Barbut pour rester au gouvernement après sa menace de démission, cet été.
À la suite de la décision de la préfète de l’Hérault de fermer de nombreux lycées à Montpellier après la mobilisation d’hier, les lycéen·nes se sont retrouvé·es ce vendredi 2 octobre devant l’établissement Clémenceau. La police a usé de gaz lacrymogène, et un journaliste s’est fait percuter par la moto d’un policier alors qu’il filmait le mouvement. Les observateurs de la Ligue des Droits de L’Homme rapportent une dizaine d’interpellations.
La journée du 1er octobre a été mouvementée à Montpellier : plusieurs établissements étaient bloqués par des lycéens, et des départs d’incendies ont éclaté à Jules-Guesde, Mendez-France et Mermoz. Ce qui a conduit Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, à ordonner la fermeture de ces établissements pour le lendemain.
C’est donc devant le lycée Clémenceau que se sont rejoint les lycéens et étudiants de l’université Paul-Valéry, ce vendredi 2 octobre. S’en est suivi toute la matinée un face à face entre la police et les personnes mobilisées. Des jeunes habillés de noir ont tiré au mortier et lancé des projectiles, la police a fini par répliquer avec du gaz lacrymogène. Une dizaine de personnes a été interpellée selon les observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme. Le journaliste Valentin Levetti, fondateur de Stupmedia, s’est fait percuter la jambe par un des policiers à moto alors qu’il filmait le mouvement. Il était portait un brassard “presse” et était clairement identifiable. Les policiers, eux, ne l’étaient pas. Il a annoncé qu’il allait porter plainte.
Violences policières à #Montpellier : le journaliste Valentin Levetti, fondateur de @StupMedia était en train de couvrir le mouvement lycéen quand une moto de police lui a percuté la jambe. Il portait un brassard presse et était identifiable. Les policiers, eux, ne l’étaient pas https://t.co/Ns0J034cyJ
— Le Poing – Montpellier (@lepoinginfo) October 2, 2026
Les lycéens se sont ensuite rendus au lycée Joffre, où la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des jeunes qui tentaient de s’interposer lors d’une interpellation. L’ambiance s’est peu à peu détendue, et les jeunes ont fini par danser et faire des “battle d’aura” (comprendre, des danses et gestes tirés de la culture internet en face à face) devant un cordon de CRS.
Après Batman, Spiderman et des T-Rex, c’est Mickael Jackson qui est apparu ce 2 octobre, aux côtés des lycéen·nes, à #Montpellier aux abords de l’établissement Joffre, dont l’entrée est bloquée… Par des CRS ! https://t.co/DDizf20boS
— Le Poing – Montpellier (@lepoinginfo) October 2, 2026
Derrière les images de poubelles en feu, les revendications n’ont pas varié depuis le début du mouvement. Parti de Créteil et d’Île-de-France avant de gagner de nombreuses villes, il a démarré à Montpellier le mardi 29 septembre, à Joffre, Jean-Monnet et Jules-Guesde, en pleine journée de grève de la fonction publique contre le projet de budget du gouvernement.
Les lycéen·nes réclament d’abord des moyens : des classes moins chargées (jusqu’à 32 à 35 élèves selon l’Union syndicale lycéenne), davantage de profs, de surveillant·es, d’infirmier·es scolaires et de psychologues, ainsi qu’une revalorisation du salaire des AESH, les accompagnantes d’élèves en situation de handicap, jugées trop peu nombreuses et mal payées. Ils et elles pointent aussi l’état du bâti : locaux mal isolés, intenables pendant les canicules, et l’exigence d’un plan de rénovation thermique pour adapter les lycées au changement climatique. À Clemenceau, un élève décrivait un escalier condamné faute de moyens pour le réparer, et des élèves contraints de faire cours par terre à la rentrée, faute de tables et de chaises. S’y ajoutent la pression de Parcoursup, des emplois du temps jugés trop lourds et l’inquiétude sur la santé mentale des jeunes.
Dernier mot d’ordre, apparu au fil de la semaine : la dénonciation des violences policières visant les lycéen·nes. Dès le 29 septembre, un membre de l’Observatoire des libertés de Montpellier rapportait l’usage d’une gazeuse à main sur des élèves devant Jean-Monnet. Un lycéen de Clemenceau résumait ainsi la situation : « On demande des moyens, ils nous envoient la police. »
Côté universités, les étudiant·es de Paul-Valéry demandent l’abandon de la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es et des moyens pour la fac et le Crous.
L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à une journée « décisive » le mardi 6 octobre, pour un financement massif des lycées et des universités.
Réuni·es en assemblée générale ce vendredi, une centaine d’étudiant·es de Paul-Valéry ont voté un nouveau blocage de la fac le lundi 5 octobre, et appellent à rejoindre la mobilisation nationale du lendemain.
L’article Montpellier : le mouvement lycéen se durcit, la répression aussi est apparu en premier sur Le Poing.
Jusqu'où les flics et l'État iront-ils pour mater la révolte légitime de la jeunesse ? À Toulouse, les fusils d'assaut sont de sortie.
L’article Toulouse : un policier vise une manifestation lycéenne avec un fusil d’assaut est apparu en premier sur Contre Attaque.

Source :BFM TV, 28 septembre 2026
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« Sois jeune et tais-toi » ? Depuis le 28 septembre 2026, un mouvement national étudiant bloque les lycées, pour exiger plus de moyens dans l’Éducation nationale. Questionné sur l’existence d’un droit de grève des lycéens, Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains, a déclaré que « les lycéens ont un droit, c’est d’être en classe, de se taire et d’écouter le professeur ».
Si le porte-parole de la campagne de Bruno Retailleau se veut caricatural, rappelons que les lycéens ont bien d’autres droits.
Les lycéens disposent de libertés
Les textes ne reconnaissent pas aux lycéens un droit de grève comparable à celui dont disposent les salariés. Pour autant, ils disposent de droits et de libertés reconnus par la loi.
Le code de l’éducation mentionne en son article L.511-2 que les lycéens disposent des libertés d’information et d’expression. Le droit de réunion est également reconnu aux élèves et organisé notamment par les articles R.511-1 et R.511-10 du même code, tandis que l’article R.511-9 encadre la liberté d’association dans les lycées.
Ainsi, les lycéens ont le droit de s’exprimer, d’organiser des réunions d’information dans l’établissement sous réserve, notamment, de l’autorisation du chef d’établissement et du respect des conditions prévues par le code de l’éducation et le règlement intérieur. Les libertés d’information et d’expression s’exercent quant à elles dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité et ne peuvent porter atteinte aux activités d’enseignement.
Les lycéens soumis à une obligation d’assiduité
Les lycéens disposent donc d’un droit d’exprimer leur mécontentement, mais restent cependant soumis à une obligation d’assiduité. Ils ne disposent pas d’un droit de grève leur permettant de se soustraire à cette obligation pour participer à une mobilisation pendant leurs heures de cours.
En effet l’article L.511-1 rappelle que les obligations des élèves incluent l’assiduité et le respect des règles de vie collective de l’établissement. Puis, l’article R.511-11 précise que cette obligation implique de se soumettre aux horaires d’enseignement définis par l’emploi du temps de l’établissement.
Un droit au blocage ?
Les lycéens mobilisés ne se contentent pas d’exprimer leur mécontentement : ils bloquent l’accès à leur établissement. Or les libertés qui leur sont reconnues ne couvrent pas ce mode d’action, puisqu’elles ne peuvent porter atteinte aux activités d’enseignement.
Empêcher les autres élèves et le personnel d’entrer au lycée expose donc d’abord à des sanctions disciplinaires, de l’avertissement à l’exclusion définitive (article R. 511-13 du code de l’éducation).
Le blocage peut aussi relever du droit pénal. L’article 431-1 du code pénal réprime le fait d’entraver « d’une manière concertée et à l’aide de menaces » l’exercice de plusieurs libertés, dont celle du travail.
Depuis la loi dite « Séparatisme » de 2021, le texte vise aussi l’exercice de la fonction d’enseignant. Un blocage qui empêche les enseignants et les personnels de travailler peut donc tomber sous le coup de ce texte. La peine encourue est d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Elle passe à trois ans et 45 000 euros lorsque l’entrave est commise à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations.
Le code pénal sanctionne aussi l’occupation de l’établissement pour en troubler la tranquillité et le bon ordre, et la dégradation des locaux, avec une peine aggravée en cas d’incendie, comme cela a pu arriver à Nantes.
Tout blocus ne constitue pas pour autant un délit : les éléments de l’infraction doivent être réunis. L’entrave de l’article 431-1 suppose ainsi une action concertée et des menaces, ou des violences. Tenter de convaincre ses camarades de rejoindre le mouvement, sans pression ni violence et sans les empêcher d’entrer, ne la caractérise pas.
Les lycéens ne disposent donc ni d’un droit de grève, ni d’un droit au blocage. Mais entre se taire en classe et bloquer son lycée, le droit leur laisse une place réelle pour s’exprimer.
Auteurs :
Autrice : Yasmine Razouane, master Droit européen à l’université Paris-Est-Créteil
Relecteurs : Sarah Auclair, doctorante en droit public à l’université Paris-Est-Créteil
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Source : Afrique XXI - Afrique
Source : StreetPress
Source : Next
Payant
Source : Africa Uncensored - Kenya
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Source : Re:Baltica - Europe
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Source : Au Poste
Format : vidéoQuand ?
Le 4 octobre de 14h30 à 16h30
Où ?
Les Fleurs arctiques 45, rue du Pré Saint-Gervais, 75019, Paris
Permanence du C.A.T. - Collectif Anti Travail
RENDONS-NOUS INEMPLOYABLES !
Pas d'entourloupe possible : malgré et contre toutes les utopies sociales-démocrates, tous les discours des partis de gauche et des syndicats, nous ne pensons pas qu'il puisse exister la moindre émancipation dans le travail, ni dans un quelconque mythique "plein emploi". Travailler, c'est sans cesse soumettre de son temps, de sa force et de sa vie à une forme aliénante, que l'on travaille pour une grande firme, pour un petit patron local ou à son propre compte, en intérim, pour une assoc' ou en insertion.
C'est aussi au prix de cette aliénation obligatoire que nous obtenons du chômage, du RSA, de l'AAH, en pointant à France Travail, en donnant peut-être 15 heures de notre temps, en vivant toujours sous cette même menace de devoir montrer à chaque instant qu'on peut faire des efforts et qu'on est, quoi qu'il en soit, disponible aux besoins de l'économie. Nous y sommes pourtant bien obligé.es, puisqu'il faut de l'argent pour vivre dans une société capitaliste et que les quelques centaines d'euros grappillés à l'État-providence déjà mort sont de plus en plus pénibles à obtenir.
Mais ne nous leurrons pas là-dessus : le travail-passion, le travail-vertueux, le travail-inclusif, le travail-addiction, c'est de la merde, rien que de la morale pour justifier et perpétuer les entraves à toute liberté ! Nous pensons qu'il est temps d'amplifier cette lutte, que nous menons tous déjà au quotidien, pour se dégager des chaînons du travail et que cela ne va pas sans mettre des bâtons dans les roues de la doctrine travailliste que France Travail, l'Éducation Nationale, les palais de justice et leurs prisons, les employeurs et agences d'intérim nous inculquent quotidiennement en s'aidant des peines et difficultés encourues par l'absence de revenus, et que parfois nos parents, nos enfants, nos collègues, nos amis et nos dits camarades sollicitent pareillement, par peur d'une vie oisive, marginale et non productive.
Tous les boulots sont des Travaux d'Intérêt Général !
Le contexte actuel va nous atomiser toujours plus, nous concasser en dos cassés et en cervelles bouillies si nous ne cherchons pas à nous organiser contre l'intensification de la mise au travail. Les réformes actuelles de l'assurance-chômage et de l'obtention du RSA à la suite de la création de France Travail cherchent à obliger tout non-travailleur à prouver sans cesse qu'il ou elle travaille à la sueur de son front à se rendre employable ; les Jeux Olympiques ont été pourvoyeurs de larges chantiers aux conditions de travail horribles, alimentant le taux de deux morts au travail par jour en France ; les lycéens sont en première ligne de l'usage punitif du travail, que le gouvernement souhaite renforcer ; l'idéologie travailliste est un des moyens d'organiser le tri moral des sans-papiers (un bon immigré est un immigré qui travaille), et ce tri par le travail concerne tout le monde, comme on a pu le voir pendant la pandémie du covid ; les handicapés et les vieux doivent montrer qu'ils veulent à tout prix un travail qui leur serait prétendument adapté. Les syndicats ne sont pas en reste, eux qui parlent des chômeurs comme de "travailleurs privés d'emploi", renforçant par là le chantage à l'insertion professionnelle dans la grande idéologie de l'inclusivité par le travail.
Envie de chercher comment mettre des grains de sable dans cette machine qui se veut si bien huilée, et foutre en l'air cette vie de labeur ? LE CAT, Collectif Anti Travail, bien félin et férocement oisif, cherche à faire de sa sieste un moment d'organisation pour refuser le travail. Des permanences ont lieu tous les premiers dimanches du mois à 14h30 au 45, rue du Pré-Saint-Gervais (M° Place des Fêtes).
Ce sera l'occasion de réfléchir à des manières d'agiter ce champ de lutte, de chatbarder les officines du travaillisme et de réagir collectivement aux situations précaires de chacun.e. Gare à ceux qui tentent de domestiquer les chats noirs, il paraît que ça porte malheur...
Contact : tousincompetents @ proton.me
Quand ?
Le 12 octobre à 19h45
Où ?
FIAP Jean Monnet 30 Rue Cabanis 75014 Paris
Dans le cadre du Festival Paris 14 Territoire de cinéma sur le thème de la famille, projection de "Wajib, l'invitation au mariage" (2018) d'Annemarie Jacir, en présence de Roland Nurier, réalisateur de "Le Char et l'Olivier, une autre histiore de la Palestine" et de "Yallah Gaza".
En collaboration avec l'association France Palestine Solidarité (AFPS Paris 14-6).
Au sommaire de Bruits de tôles le 1er octobre 2026 : Les morts en prison et l’hypocrisie du Contrôleur général des lieux de privation de liberté Les mineurs incarcérés et le suicide Les proches de détenu·es de Bayonne La révolte des lycéen·nes Affaire de Budapest (communiqué de soutien, verdicts et lettre de Gino) Verdict dans l’affaire du 8 décembre
Suite à l’assemblée générale des étudiants un rendez-vous à 13 h au miroir d’eau. « Ce n’est pas une manifestation. Mais un moment pacifiste. Si vous venez, ayez les mêmes intentions. L’idée n’est pas de partir en manif sauvage. Si ça dégénère, certains d’entre nous auront peur. On a besoin de rassurer après ce qu’il s’est passé hier »
Actuellement les étudiants ce sont réunis au crapa sur l’île de Nantes.
L’info à été publié dans Ouest-France
Suite à l’assemblée générale des étudiants un rendez-vous à 13 h au miroir d’eau. « Ce n’est pas une manifestation. Mais un moment pacifiste. Si vous venez, ayez les mêmes intentions. L’idée n’est pas de partir en manif sauvage. Si ça dégénère, certains d’entre nous auront peur. On a besoin de rassurer après ce qu’il s’est passé hier »
Actuellement les étudiants ce sont réunis au crapa sur l’île de Nantes.
L’info à été publié dans Ouest-France
À Troyes, la police a innové dans la sauvagerie contre le mouvement lycéen : une attaque à la voiture bélier. Ni plus ni moins.
L’article Terrorisme d’État ? À Troyes, la police fonce en voiture sur des lycéens est apparu en premier sur Contre Attaque.
Aires d'accueil polluées, espérance de vie réduite et arguments écolos détournés : l'auteur et juriste William Acker pointe le racisme environnemental que subissent les « gens du voyage ».
Juriste et auteur, William Acker est issu des communautés dites des « gens du voyage ». Après un premier livre en 2021, qui montrait que les aires d'accueil sont majoritairement implantées près de sites pollués, il publie Racisme environnemental. Penser la convergence depuis la lutte contre (…)
Au lendemain de la grave blessure à l’œil de Maël, 16 ans, devant le lycée Balzac, la mobilisation ne faiblit pas à Tours. Ce jeudi 1ᵉʳ octobre, des lycéens se sont de nouveau rassemblés devant plusieurs établissements pour dénoncer les violences policières et réclamer davantage de moyens pour leurs lycées.
The post « On est des cibles faciles » : à Tours, les lycéens mobilisés après la blessure de Maël appeared first on Bondy Blog.
Source : Télé Millevaches
Format : vidéo
Source : Grand-Format
Depuis 2023 le Rassemblement Nazional a choisi la Sarthe comme porte d’entrée stratégique pour tenter de conquérir le Nord-Ouest de l’Etat français, qui lui résiste… et nous ne cesserons de lui résister ! Alors le R-haiNe investit d’importants moyens financiers et humains pour s’implanter localement, parachutant des élu⸱es (1) et l’argent public européen qu’il a détourné par millions.
Le R-haiNe louait déjà un local au Mans depuis au moins 2025, mais il ne l’ouvrait pas au public. Depuis peu il loue un local au 147 rue Gambetta, remplaçant l’association LGBTQIA+ Homogène. Cette dernière en est partie après avoir subi deux fois des dégradations de sa vitrine : détériorations de son affichage et collages d’auto-collants « Europe Jeunesse Révolution » avec croix celtique. Le slogan et le symbole du Groupe Union Défense (GUD), qui est lié au FN/RN depuis sa création (2) et dont 2 membres ont assassiné Federico Martín Aramburú en 2022.
Créé par des nazis et des colons, le R-haiNe est un parti fasciste qui veut à nouveau déporter et exterminer certain⸱es d’entre nous, comme en attestent les écrits judéophobes de son président Jordan Bardella (3). Face au danger de sa prise de pouvoir, nous avons toustes intérêt à nous opposer massivement et efficacement au R-haiNe pour le faire reculer puis disparaître (4).
Samedi 3 Octobre le R-haiNe ouvrira un local au Mans pour en faire son siège départemental et la permanence de l’euro-députée Angéline Furet.
Samedi 3 Octobre nous nous rassemblerons à 15h15 à Lafayette au Mans pour manifester nos solidarités anti-fascistes. Cette manifestation sera la première étape d’une lutte qui parviendra à fermer ce local du R-haiNe !
Nous invitons toustes les individu⸱es et les organisations à nous rejoindre et à partager cet appel.
Les fascistes n’ont pas gagné. Ensemble nous pouvons infliger une défaite au RN dont il ne se remettra pas !
L’Assemblée Générale anti-fasciste de la Sarthe (agantifasciste72@systemli.org) et le Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs (CRAAAME) (le_craaame@riseup.net)
Sources :
1 : https://larnapee.info/Infos-candidat-e-s-Rassemblement-Nazional-second-tour-en-Sarthe-136
2 : https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/la-gud-connection-dans-les-coulisses-du-rn
4 : https://ciaofachos.org/ni-congres-ni-meeting-pour-le-rn/#pourquoi-lutter-contre-le-RN
Quand ?
Le 3 octobre à 15h
Où ?
Fontaine des Innocents place Joachim-du-Bellay 75001 Paris
Nous appelons à un nouveau rassemblement ce samedi à 15h à la Fontaine des Innocents (Métro-RER Châtelet-Les Halles) pour informer les passants de la situation en Palestine.
Les médias se taisent honteusement, tant sur le génocide qui se poursuit à Gaza que sur les agressions des Palestiniens de Cisjordanie, empêchés de circuler, de récolter leurs olives, kidnappés massivement, tandis que l'armée rase leurs maisons ou se les approprie.
Venez informer le public de la nécessité de boycotter tous les produits israéliens, y compris les médicaments génériques de la firme TEVA, que beaucoup trop de gens ignorent encore être israélienne !
— CAPJPO-Europalestine