
Wesh l’équipe, faut qu’on parle de ce qui se passe en ce moment, parce que c’est hyper grave.
Le gouvernement Lecornu vient de présenter son projet de budget pour 2027, et c’est une énorme cure d’austérité : 54 milliards d’euros d’économies sur notre dos.
Concrètement, ils veulent supprimer 1 588 postes de profs (alors qu’on est déjà souvent plus de 35 par classe !), et geler les APL ainsi que les allocations familiales. Bref, c’est une attaque directe contre la jeunesse et les familles les plus pauvres.
Depuis fin septembre, on s’est mobilisés en masse dans les lycées. Mais la réponse de l’État est ultra-violente. En quelques jours, il y a déjà eu plus de 5 000 interpellations (rien que le jeudi 1er octobre, ils ont arrêté 1 949 personnes !).
Le pire, c’est qu’il y a déjà au moins 170 élèves blessés. À Tours et à Argenteuil, des lycéens de 16 ans ont été gravement touchés à l’œil par des tirs policiers, et à Saint-Denis, un autre a fini à l’hôpital pour une suspicion de fracture du crâne.
Face à cette violence, on ne peut plus juste attendre gentiment. Les syndicats officiels (comme la FIDL ou l’Union étudiante) et les partis politiques comme LFI nous demandent de faire des marches pacifiques ou d’attendre sagement les élections de 2027.
Mais on sait très bien que les marches déclarées ne suffisent plus. Ce qui marche vraiment, c’est le blocage strict et le rapport de force.
La preuve : la ministre a déjà dû reculer sur la tarification des BTS et des Prépas grâce à la pression de la rue !
Pour tenir le coup, la rue n’est pas un choix politique, c’est une nécessité.
On doit s’organiser, se protéger et faire bloc.
🛡️ GUIDE DE SURVIE : DE LA RUE À LA GAV
Pour que la solidarité soit notre meilleure arme face à la répression, voici les règles d’or et techniques de défense collective (defco).
Matos de base : Du sérum phy pour les yeux, des fringues sombres et neutres (pas de marques visibles), un masque de protection FFP2, des lunettes de protections, et surtout le numéro d’un groupe d’anti-répression ou d’un proche écrit au marqueur sur le bras.
Technique du parapluie : Les parapluies ne servent pas qu’à se cacher. Ouvrir plusieurs parapluies à l’avant et sur les côtés du cortège crée un mur visuel instantané. Ça bloque les caméras de surveillance, empêche les flics de cibler des personnes et protège des tirs de gaz lacrymo ou de LBD.
« Be Water » (Sois l’eau) : Pas de position fixe si on est encerclés ou dépassés. On reste mobiles, fluides et spontanés. Si une charge arrive, on reflue ensemble sans paniquer, et on se reforme plus loin. On évite de rester statique face aux nasses.
Si tu te fais choper par les flics, active immédiatement le mode « Défense Collective ». En garde à vue (GAV), tu as des droits fondamentaux que la police essaiera de te faire oublier.
Applique la règle des 3 piliers :
Le Droit au Silence : C’est ta meilleure arme. À TOUTES les questions (sauf ton identité de base : nom, prénom, adresse), ta seule et unique réponse doit être : « Je n’ai rien à déclarer ». Ne cherche pas à te justifier ou à raconter ton histoire « pour sortir plus vite », ça sera retenu contre toi ou tes potes.
L’Avocat·e choisi·e ou commis·e d’office : Exige un·e avocat·e dès le début. Aucune audition ou interrogatoire ne peut commencer sans sa présence. Si tu as le nom d’un avocat anti-rep ou d’un collectif sur ton bras, donne-le. Sinon, demande l’avocat d’office.
Le Médecin : Demande à voir un médecin, même si tu penses n’avoir rien. C’est capital pour faire constater d’éventuels coups ou violences policières subis pendant l’interpellation, et ça laisse une trace officielle. Pareil si tu as des médicaments à prendre (pense à en avoir avec toi). Ne dis rien au médecin qui puisse être utilisé contre toi.
Ne rien signer à l’aveugle : Ne signe aucun document (procès-verbal, déclaration) sans l’avoir lu attentivement. Si tu n’es pas d’accord avec ce qui est écrit ou si on a déformé tes propos, refuse de signer.
Rappel crucial pour les mineurs (90% des interpellés en ce moment) : Les flics ont l’obligation de prévenir tes parents ou tuteurs légaux immédiatement. La présence d’un avocat est obligatoire pour les mineurs pendant les auditions. Ne te laisse pas impressionner par leurs coups de pression.
La solidarité ne s’arrête pas quand les flics embarquent quelqu’un.
Si tu vois ton pote se faire choper, suis DIRECTEMENT ces étapes pour le sortir de là :
Prends les infos en direct : Note immédiatement l’heure exacte, le lieu précis de l’arrestation, la tenue qu’il portait, et essaie de capter le matricule (RIO) des flics ou leur unité (BAC, Brav-M, CRS).
Note son identité complète : Note son nom, prénom, sa date de naissance complète et le numéro de téléphone de ses parents (surtout s’il est mineur, c’est super important).
Alerte le groupe légal : Contacte tout de suite le collectif légal ou la « legal team » de ta ville ou de ton mouvement si vous en avez mis un en place. Transmets-leur toutes les infos pour qu’ils puissent chercher dans quel commissariat il a été envoyé.
Préviens ses proches : Si ton pote est mineur, appelle immédiatement ses parents pour qu’ils soient au courant avant que la police ne les appelle (ou s’ils font traîner les choses). Dis-leur de demander tout de suite un·e avocat·e pour leur enfant.
Fais du soutien psy au comico : Ne le laisse pas tout seul. Dès que vous savez dans quel commissariat il est retenu, rassemblez-vous en groupe devant. Faire du bruit et être présents montre aux flics qu’il n’est pas isolé et ça donne de la force à ceux qui sont à l’intérieur.
Mardi 6 octobre, on y va déter, équipés et solidaires : grève nationale et blocage total !