Format : dossier
Le mouvement a débuté le 21 septembre dans un lycée de Créteil, en région parisienne, mais prend sa source dans un malaise qui ne date pas d'aujourd'hui. Manque de professeurs et locaux délabrés sont les principales causes de cette première mobilisation. Retour sur une colère lycéenne contagieuse.
Les revendications ne sont pas nouvelles, mais le ras-le-bol, lui, prend de l'ampleur jour après jour. Le mouvement de contestation lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne, Ile-de-France), sur des revendications principalement liées aux conditions d'enseignement : manque de professeur·es, bâtiments dégradés, pression liée à Parcoursup. Il a suffi d'une semaine pour que la mobilisation, très localisée à l'origine, s'étende à travers le pays. Elle est devenue nationale le 29 septembre. Depuis, les blocages de lycées se sont enchaînés dans d'autres villes, telles que Lille, Marseille, Nantes et jusque dans les territoires d'outre-mer, à La Réunion. Un millier d'établissements étaient concernés le 1er octobre, contre 356 la veille.
Alors que le mouvement a débuté sans débordement apparent, il s'est durci progressivement, à coups de jets de projectiles, de poubelles incendiées... La réponse policière s'est traduite par des gaz lacrymogènes et tirs de lanceurs de balles de défense (LBD). Avec, pour conséquences, plusieurs élèves blessés. La gestion policière suscite d'ailleurs des critiques, comme à Tours (Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire) où un jeune a été grièvement blessé par un possible tir de LBD. À Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise, Ile-de-France), un adolescent a été touché à la mâchoire par un autre tir de LBD. Le Défenseur des droits François-Noël Buffet s'est saisi de cette affaire. Au soir du 1er octobre, le ministère de l'Intérieur dénombrait plus de 1900 interpellations de lycéen·nes.
Après avoir échoué à négocier une sortie de crise lors d'une rencontre vendredi 2 octobre avec des organisations lycéennes, le gouvernement a publié dimanche soir une liste d'engagements en réponse aux revendications du mouvement, en attendant des mesures concrètes « avant fin octobre ». Un première tentative d'apaisement avait aussi été faite le 1er octobre, avec l'abandon de la mesure budgétaire qui prévoyait des frais d'inscription pour les étudiant·es non boursier·es en BTS et en classes préparatoires.
Par ailleurs, plusieurs échanges entre lycéen·nes et rectorats locaux (dont Nice, Bordeaux et Toulouse) ont eu lieu depuis le début des blocus. Bien que le gouvernement ait appelé dimanche à la reprise des cours « partout » le lundi 5 octobre, entre 400 et 500 établissements restaient fermés à cette date par mesure de sécurité. Et la mobilisation pourrait s'intensifier alors que plusieurs syndicats de l'enseignement ont appelés à une large mobilisation le mardi 6 octobre.