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  • Trump Donor Sues Kimberly Guilfoyle For Defamation After Allegations She Asked Him For $100,000

    Eric Deters, a talk radio host, former lawyer and unsuccessful Republican candidate for Kentucky governor and a House seat, said he sued Guilfoyle over her statements to the Wall Street Journal after the newspaper published messages that appear to show the former ambassador asking him to wire $100,000 to her American Express account.
  • Eric Deters files defamation lawsuit against Kimberly Guilfoyle

    Eric Deters, the Republican donor who accused Kimberly Guilfoyle of asking him to wire her $100,000 to pay her American Express bill in exchange for her help with the Trump administration ahead of her Senate confirmation hearing, has filed a defamation lawsuit against Guilfoyle and her legal team.
  • Rep. Ilhan Omar's attorneys demand return of property seized in federal search of her home

    Attorneys for Rep. Ilhan Omar asked the Justice Department on Friday to immediately return property that federal agents seized from her home this week, arguing that the search stemming from an immigration fraud investigation was "neither justified nor lawful." In a letter obtained by The Associated Press, lawyers for the Democrat from Minnesota described the investigation as a baseless effort to go after a longtime political target of Republican President Donald Trump, noting that the search was conducted just weeks before the midterm elections, in which Omar is on the ballot.
  • Trump waives several Russia sanctions as row with Zelensky intensifies

    Donald Trump has blocked numerous sanctions on Russia two days before they were due to take effect, as a row with his Ukrainian counterpart Volodymyr Zelensky deepens. The sanctions were passed by the US Congress and signed into law by Trump in September.
  • Test du SSD NVMe 1 To Fanxiang dans mon NAS

    - Contient des liens affiliés Amazon -

    Je vous parlais hier de mon NAS UGREEN DXP8800 Ultra , ce 8 baies dans lequel j'ai regroupé mes deux anciens serveurs et des dizaines de téraoctets de données. Fanxiang, une marque chinoise de stockage qu'on croise partout sur Amazon, m'a envoyé un SSD NVMe de 1 To au format M.2, cette petite barrette qui se branche directement sur la carte mère.

    Ça tombe plutôt bien, le NAS garde justement deux emplacements M.2 en PCIe 4.0 à côté de ses huit tiroirs.

    Les disques durs mécaniques encaissent très bien les gros transferts qui s'enchaînent, mais ils s'écroulent dès qu'on leur demande des milliers de petits fichiers d'un coup, et c'est exactement le genre de charge que génèrent les applications d'un NAS.

    UGOS Pro, le système maison d'UGREEN, propose deux façons d'utiliser la barrette. Soit en cache, et la machine recopie alors toute seule les fichiers les plus consultés sur le SSD pour les servir plus vite, soit en volume de stockage à part entière. Un seul SSD limite le cache à la lecture, il en faut deux pour accélérer aussi les écritures.

    De mon côté je pars sur un volume dédié, pour y installer mes conteneurs Docker, les bases de données des applications et les métadonnées de Plex, ces milliers de vignettes et de fiches que le serveur consulte en permanence. Les huit disques mécaniques ne travaillent plus que pour les fichiers eux-mêmes.

    La gamme PCIe 4.0 de Fanxiang est donnée pour des pointes à 7 300 Mo/s en lecture. Sauf que dans un NAS, tout passe par le réseau, et mes deux ports 10 Gb/s plafonnent les transferts autour de 1 Go/s, soit sept fois moins que ce que la barrette sait encaisser. Le gain, il est ailleurs, sur ces fameux petits accès où n'importe quel NVMe écrase un disque mécanique.

    Du coup, un modèle abordable comme ce Fanxiang me semble exactement le bon choix pour cet usage. Payer un SSD haut de gamme pour le coller derrière un réseau qui nivelle tout n'aurait aucun sens, d'autant que la marque annonce sur cette gamme 700 To d'écritures cumulées avant usure, de quoi voir venir.

    Et si vous n'avez pas de NAS, la même barrette vous servira forcément. Elle se glisse dans un PC de bureau comme dans un portable récent, dans une PS5 à condition de lui ajouter un dissipateur, ou dans un boîtier externe qui la transforme en disque de poche très rapide pour un Mac.

    Comptez entre 130 et 170 euros le To chez Fanxiang en ce moment, la flambée de la mémoire qui fait déjà grimper les disques durs n'épargne pas les SSD.

  • Trump’s pause on Russia sanctions is ‘reward’ for Putin, Zelenskyy says

    Ukrainian president warns it will embolden Russian leader and intensify war as Moscow hits country’s power plants

    Volodymyr Zelenskyy has described Donald Trump’s decision to roll back sanctions on Russia as a “reward” for Vladimir Putin and warned it will embolden the Russian leader and intensify the Kremlin’s war, as Moscow launched one of its worst strikes yet on Ukraine’s power plants in an attempt to black out the country’s cities before winter.

    The Ukrainian president also said he expected the Trump administration to lift more sanctions against Russia in the future and called for Europe to establish its own negotiations with Moscow as the US has sought better ties and business deals with the Kremlin.

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  • Retour à la case départ: en 2027, le chômage remontera au niveau du début du macronisme

    Le chômage pourrait atteindre 8,8% fin 2027, contre 8,4% fin 2026, selon les prévisions de l’Institut français d’économie. Une hausse qui s’expliquerait par la faiblesse de la croissance, le recul de l’emploi salarié et les limites des politiques de l’emploi menées sous Emmanuel Macron.
  • Après le choc du premier tour, le camp Lula tente une difficile «remontada»

    Sonnés par des résultats qui ont placé Flávio Bolsonaro en tête de l’élection présidentielle, les soutiens du président brésilien rêvent d’un retournement de situation inédit au second tour, le 25 octobre. Leur entrain pourrait toutefois se révéler trop tardif.
  • Penser Demain #3. Résister à l'IA-bsurde

    Quand ?
    Le 5 novembre de 18h à 23h59

    Où ?
    Le Cirque électrique Place du maquis du Vercors 75020 Paris

    Pour cette nouvelle édition de « Penser Demain », les Soulèvements de la Terre - IDF vous convient à une soirée dédiée à la lutte contre l'intelligence artificielle. Face à la vague de l'IA, soi-disant inévitable et qui menace de nous submerger, nous pouvons résister. Refusons la submersion annoncée et mobilisons-nous contre chaque projet destructeur qui y contribue, en Île-de-France et ailleurs !

    Au programme : ateliers, stands, et table-rondes.

    Dès 18h, venez participer à l'atelier de migration numérique organisé par Tribe-X pour vous débarrasser de l'emprise des géants de la tech et vous informer sur des pratiques numériques alternatives, libres et open-source.

    La soirée se poursuivra avec deux tables rondes. La première, intitulée « Le prix de l'IA : extractivisme, spéculation, exploitation », décortiquera la chaîne de production de l'IA pour exposer ses conséquences matérielles (accaparement des ressources économiques, destruction des terres, exploitation des travailleur.euses du clic...).

    La seconde, intitulée « Tout contrôler : impérialisme, technofascisme, IAgriculture », portera sur les usages de l'IA et le projet politique qu'elle soutient. Nous analyserons son rôle dans la technologisation de l'agriculture et dans les stratégies de contrôle et de répression qui participent à la militarisation de nos sociétés et à la montée du technofascisme.

    Pendant toute la soirée, retrouvez aussi les stands de plusieurs organisations et collectifs en lutte.

    Cette soirée s'inscrit dans le cadre des Journées Européennes de mobilisation contre les data centers prédateurs (6/7 novembre).

    Entrée à prix libre. Prenez du cash.

  • Insults, odd obsessions and rambling thoughts: a week in Trump rallies

    President has hit red states to drum up Republican support – and his increasingly strange performances are on full display

    Montana, Tennessee, Alaska. In the run-up to an election, a Republican president typically wouldn’t be campaigning in these traditionally red states.

    These aren’t normal times, however, and Donald Trump, an unpopular president leading an unpopular party, has held rallies in those states in the last week, seeking to drum up support. But a series of eccentric performances from the president means his behavior has been the focus, rather than any of the candidates he is backing.

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  • Se loger quand on est handiE : l’État nous veut à l’institution ou à la rue.

    Note : cet article se base sur des chiffres provenant notamment de “l’état du mal logement en France” rédigé par la Fondation pour le Logement des Défavorisés en 2025 d’une part, et des institutions étatiques d’autre part. A priori, ces rapports ne comptent pas celleux qui ont renoncé à signaler leur situation, celleux qui vivent dans l’invisibilité administrative, celleux qui se débrouillent, celleux dont le handicap n’est pas principalement physique, celleux dont l’environnement n’a pas  été pensé pour elleux. Nous ne déconsidérons pas ces personnes mais avons dû faire avec les chiffres que nous avons pu trouver, l’article serait d’autant plus édifiant si nous avions eu accès à un réel recensement.

     

    Le logement, c’est un droit fondamental et un prérequis indispensable pour une insertion dans la cité, et c’est aussi le territoire du quotidien. C’est là où on mange, où on dort, où on existe. Et pour nous, personnes handicapées, il est très souvent inaccessible, inadapté, inabordable ou les trois à la fois. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un système validiste qui, depuis des décennies, organise notre mise à l’écart du droit commun.

    Vivre chez soi, dans un logement qu’on a choisi, adapté à nos besoins, dans un quartier où on peut se déplacer : pour nous en 2026, ça reste un horizon extraordinairement difficile à atteindre. Des vies entières coincées dans des sous-locations précaires, des logements familiaux dont on ne peut pas partir, des institutions, des structures d’hébergement d’urgence. Des vies en suspens.

    Un marché du logement qui nous exclut d’emblée.

    Trouver un logement quand on est handiE, c’est d’abord se confronter à une offre quasi inexistante. La crise du logement en France est massive : 350 000 personnes sans domicile. 2,7 millions de demandes de logement social ont été effectuées en 2024, un record, et seulement 82 000 logements sociaux ont été financés, le pire résultat depuis 20 ans. Nous sommes noyéEs dans cette pénurie, avec des besoins spécifiques qui ne trouvent aucune réponse.

    Le logement social devrait être une porte de sortie. Il ne l’est pas. Dans le parc social, l’offre de logements accessibles ou adaptés reste bien inférieure aux besoins. Seuls 18 % des logements seraient considérés comme accessibles et 6 % accessibles et adaptés.

    En demandant un logement adapté, on a 14 % de  moins de chances d’obtenir un logement social que pour les autres ménages, et les délais sont rallongés : 23 % des demandereuses handicapéEs ont une demande de logement social de cinq années ou plus, contre 12 % pour les autres demandeureuses.

    Sur le papier, le handicap est un critère de priorité d’accès. Dans les faits, des logements accessibles sont attribués à des personnes valides, parce que le recensement des logements disponibles n’est pas fait, alors que c’est pourtant une obligation légale pour les communes de 5 000 habitants et plus.

    Et quand on n’est pas dans le social, dans le parc privé, les personnes handies ont moins de chances d’accéder à un logement, que ce soit en propriété (9 % de propriétaires accédants contre 23 % pour la population générale) ou en location (19 % contre 24 %).

    Nous sommes considérés comme des locataires indésirables. Revenus jugés insuffisants, profil jugé « à risque », refus de bail déguisés. La discrimination à l’accès au logement est massive et documentée, mais rarement sanctionnée.

    La précarité des handiEs : un cercle structurel, pas une fatalité individuelle.

    Pourquoi sommes-nous si souvent pauvres ? Pas parce que nous ne travaillons pas assez ou pas assez bien. Mais parce que le système économique est conçu par et pour des corps et des esprits valides, et que l’emploi, les transports, la formation, le logement, sont des barrières supplémentaires à franchir.

    Près d’1 personne handicapée sur 3 est en situation de privation matérielle et sociale, soit deux fois plus que le reste de la population. Cela signifie concrètement : ne pas pouvoir se chauffer correctement, se priver de vacances, différer le remplacement d’un meuble usagé.

    Notre principale ressource, pour celleux d’entre nous qui ne peuvent pas travailler ou travaillent peu, c’est l’AAH : l’Allocation aux Adultes Handicapés. Elle s’élevait à 1 041,59 € par mois à taux plein en 2026. Un montant qui reste en dessous du seuil de pauvreté, de 1337 euros en septembre 2026. Cependant, ce taux plein est théorique et la plupart des bénéficiaires touchent une AAH souvent bien inférieure. Avec 1 000 €, on ne choisit pas librement son logement. On prend ce qu’on peut trouver et on le subit.

    Cette précarité financière est inséparable de la précarité résidentielle. Moins de revenus = moins de garanties = moins d’accès au marché.

    Par ailleurs, les personnes handicapées ont beaucoup plus de chances d’êtres exclues du marché de l’emploi :

    “En 2022, seules 38 % des personnes reconnues handicapées sont en emploi, soit 1,8 fois moins souvent que l’ensemble de la population. Leur taux d’activité (en emploi ou au chômage) est nettement plus bas (44 % contre 74 %) et, parmi les actifs, le taux de chômage est plus élevé (12 % contre un peu plus de 7 %), et le chômage plus souvent de longue durée (5 % contre 2 %). Les personnes handicapées sont également 2 fois plus fréquemment dans des situations d’inactivité proches du chômage : 8 % d’entre elles se situent dans le halo autour du chômage, contre 4 % pour l’ensemble de la population.“

    Source : Le taux de chômage des personnes reconnues handicapées recule nettement entre 2015 et 2022 – DARES.

    Il est important également de considérer le plafond de verre éducatif : 1 personne handicapée sur 6 possède un diplôme supérieur au baccalauréat, contre 1 personne sur 3 dans l’ensemble de la population. Ce n’est pas une question de capacités. C’est le résultat d’années d’exclusion scolaire, de non-scolarisation en milieu ordinaire, de mise à l’écart dès l’enfance. La précarité se construit tôt. Elle est héritée d’un validisme systémique.

    La loi ELAN :  une trahison, un recul.

    Vingt ans après la loi Handicap de 2005, qui posait le principe de l’accessibilité « universelle », qu’a-t-on gagné ? En 2018, la loi ELAN est venue sabrer ce principe. L’article 64 a fait marche arrière sur l’objectif d’accessibilité universelle, en abaissant le seuil de logements neufs accessibles à seulement 20% au lieu de 100%. Les 80% restants deviennent des logements « évolutifs », c’est-à-dire des logements où la mise en accessibilité est possible , un terme qui ressemble à une promesse et qui n’en est pas une : accessible plus tard, peut-être, si quelqu’un finance des travaux, si quelqu’un les fait. En faisant baisser le quota de logements accessibles dans la construction neuve et en créant le principe de logement évolutif, le gouvernement a cédé au lobby du bâtiment, à notre détriment.

    L’adaptation du logement : un parcours semé d’embûches.

    Supposons que nous ayons un logement. Il n’est pas adapté. Il faut le rendre accessible. C’est un droit, en théorie. En pratique, c’est un calvaire administratif et financier.

    Les travaux d’adaptation comme une douche à l’italienne, une rampe d’accès, un élargissement de portes, peuvent coûter plusieurs milliers d’euros. Il existe des aides : la PCH aménagement du logement, MaPrimeAdapt’, les aides de l’ANAH (Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat)…

    Cependant, chaque dispositif a ses propres conditions, ses propres plafonds, ses propres délais. On constitue des dossiers. On attend des mois. On relance. On explique encore une fois son handicap, sa vie, ses besoins, à des interlocuteurs qui changent et qui ne se parlent pas. Et quand les aides arrivent enfin, elles ne couvrent souvent qu’une partie des coûts réels.

    Qu’en est-il pour les locataires ? Il faut l’accord du bailleur et certainEs refusent. D’autres acceptent, mais sous conditions restrictives. Et si on quitte le logement, on peut être contraintEs de remettre les lieux en état : c’est-à-dire de supprimer les adaptations qu’on vient de financer. L’autonomie qu’on a construite est démantelée en partant.

    En 2025, 221 000 ménages vivaient dans un logement inadapté, une situation qui entraîne plus de fatigue, d’isolement et des problèmes pour la sécurité des personnes.

    Alors, que faire ?

    Être hébergéE chez un tiers, c’est aussi un mal-logement invisible et augmentant la dépendance. Prendre une chasseureuse d’appartement spécialiséE ? Minimum 2 mois de loyer à débourser et ça existe surtout dans les grandes villes. À savoir que leur spécialisation n’apporte aucune garantie d’obtenir l’appartement prospecté.

    Alors on nous propose, souvent de manière insidieuse : avez-vous pensé à des lieux adaptés à votre situation, avez-vous pensé à l’institution ? L’EHPAD, le foyer de vie, le FAM…Des structures où on sera « prisES en charge », « encadréEs », « accompagnéEs ».Une structure où le modèle médical du handicap est omniprésent. Ce que cela cache, c’est la privation de liberté.

    Nous l’avons documenté (lire l’article sur les violences institutionnelles), et le rapport 2025 de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE le confirme : la violence en institution n’est ni marginale, ni accidentelle. Elle est structurelle. La Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît que l’institutionnalisation constitue en soi une forme de violence et de discrimination.

    La France est particulièrement concernée, comme le rappelle l’ONU dans son rapport de 2021 du Comité des Droits des Personnes Handicapées dédié à la France. Elle y est pointée du doigt car le nombre d’institutions ne cesse d’augmenter, en totale contradiction avec les recommandations de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées de l’ONU.

    Nous ne voulons pas d’institutions réformées. Nous voulons des logements. Des logements accessibles, dans la cité, avec les aides humaines nécessaires pour y vivre selon nos propres choix. Ce n’est pas une revendication utopique. C’est la conséquence directe de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, que la France a ratifiée. Mais entre la ratification et l’application, il y a vingt ans de rhétorique inclusive et d’inaction concrète.

    Ce que nous souhaitons.

    • Pas des lois inappliquées, pas de la charité, mais des droits.
    • L’abrogation de l’article 64 de la loi ELAN et le retour à l’objectif de 100 % de logements neufs accessibles.
    • La mise en place de sanctions réelles pour les communes qui ne respectent pas leurs obligations de recensement des logements accessibles.
    • La revalorisation de l’AAH au-dessus du seuil de pauvreté.
    • Un financement massif des aides humaines à domicile, pour que l’autonomie ne soit pas un luxe réservé aux handiEs aiséEs,
    • Un droit à une réelle priorité dans le logement social.

    Vingt ans après la loi de 2005, nous n’avons pas gagné le droit de vivre chez nous. On nous le promet mais nous n’en pouvons plus d’attendre.

    Car, rappelons-le, une situation dite « de handicap », ça ne veut pas dire une maladie ou une déficience seule, mais une interaction avec un environnement. Et quand un environnement adapté peut considérablement nous aider, à l’inverse, un environnement inadapté peut considérablement nous entraver. 

     

    Sources

    Rapport sur l’état du mal logement en France en 2025.

    Les personnes handicapées plus souvent exposées à des conditions de vie dégradées.

    L’état du mal-logement en France – Rapport complet 2025.

    Voir notre campagne sur la désinstitutionnalisation sur Instagram. 

     

    L’article Se loger quand on est handiE : l’État nous veut à l’institution ou à la rue. est apparu en premier sur Les Dévalideuses.

  • Richard Ferrand attaqué par le RN: la rançon d’un régime laissé vulnérable aux assauts de l’extrême droite

    Marine Le Pen et son parti réclament la démission du président du Conseil constitutionnel. Celui-ci a eu le malheur de rappeler que la Constitution ne pourrait pas être révisée par la voie juridique envisagée par l’extrême droite. L’épisode en dit long sur la violence du projet du RN et sur l’inaction coupable de «l’arc républicain».
  • Pour l’extension et la généralisation des luttes prolétariennes sur tous les continents

    Pour l’extension et la généralisation des luttes prolétariennes sur tous les continents (fr)

    Espagne, France, Chili, Brésil, Mexique, Allemagne, Albanie, Venezuela, Inde, Grèce, Belgique, Honduras, Équateur… 13 pays où, entre septembre et octobre 2026, des manifestations de divers secteurs de la classe ouvrière ont repris contre la dégradation de leurs conditions de vie matérielles (expulsions, coupes budgétaires, vie chère, bas salaires, guerre, etc.) suite aux attaques de la classe capitaliste et de ses États. Et d’autres pays pourraient s’ajouter à cette liste d’ici la fin de l’année.

    Le fait est que ce ne sont ni « la jeunesse », ni « le peuple », ni « les citoyens » qui réclament leurs « droits » contre « l’extrême droite ». Il ne s’agit pas non plus d’une nouvelle révolte mondiale comme celles de 2025 et de 2019. Ce sont des luttes prolétariennes à caractère revendicatif, limitées et contradictoires (revendications sectorielles dans la sphère de la reproduction et non de la production, syndicalisme, interclassisme, démocratisme, nationalisme, etc.) qui se déroulent dans la période contre-révolutionnaire actuelle, mais qui révèle également la crise du rapport capital/travail – et donc des rapports de classe –, ainsi que les limites de la lutte des classes.

    Au fond, le capitalisme n’est plus capable de maintenir les conditions de vie de ses esclaves salariés, même en recourant à des réformes étatiques conçues à cette fin. Seule l’abolition de la société de classes, seule la révolution sociale peut satisfaire immédiatement les besoins matériels de la vie. Pourtant, nous continuons à survivre en ces temps de contre-révolution.

    Dans ce contexte historique, les manifestations en cours constituent un nouveau tournant du cycle actuel de luttes, dont l’évolution et l’issue restent encore incertaines. Bien que certaines de ces manifestations puissent déboucher sur des émeutes avec des barricades et des assemblées, des drapeaux rouges et des cris de guerre sociale, nous sommes encore loin d’une période de reprise révolutionnaire. Cependant, lorsque ces luttes revendicatives se heurteront à leurs propres limites, elles devront les briser pour pouvoir avancer et se transformer alors en luttes révolutionnaires. C’est pourquoi, parallèlement à l’analyse concrète et critique des luttes concrètes, nous, communistes, devons toujours œuvrer pour l’auto-organisation prolétarienne et la rupture révolutionnaire en son sein.

    Proletarios Hartos de Serlo (PHS). Quito, octobre 2026

    Traduction/Édition : Les Amis de la Guerre de Classe

  • Le bal crade

    Le bal crade

    Dynamiques de pédo-agressions en bal trad

    renverse.co

    Le bal trad, c’est un milieu qui se rassemble autour d’événements festifs de danses traditionnelles (plutôt d’Europe mais pas que). C’est un milieu qui est né (en tous cas en France) du mouvement folk revival, porté par des 68ard autour d’envies d’éducation populaire. Il est allé piocher dans les traditions populaires régionales et orales et les a regroupées dans un cadre où les danses et les musiques sont laissées libres d’évoluer, à l’inverse des représentations folkloriques figées. Il est régulièrement décrit comme un milieu « de bisounours » : les gens qui y traine sont en majorité de gauche et les points mis en avant comme positifs sont l’aspect transgénérationnel et une forme d’horizontalité : les musiciens et bons danseurs ne sont pas mis sur un piedestal, mais tout le monde apprend et danse ensemble. C’est aussi un univers auquel on prête un niveau de violence bas : peu de vols, peu d’alcoolisation intense, peu de drogues (sous-entendues drogues durs et usages stigmatisés par ce que y a vla la beuh et le shit). Le bal trad est aussi très (très) blanc. Pour finir, il est imprégné d’idées hippies avec par exemple :

    • beaucoup de polyamour ou polysexe souvent à l’arrache et pas très respectueux des gens impliqués mais aussi des gens autour (peu de notion de pudeur. De ce que j’en ai vu en tous cas, sûrement des gens font de choses carrées à des moments aussi)
    • d’envies « d’enfants collectifs » ou en tous cas de laisser « la communauté » s’occuper des enfants (dans la pratique y a beaucoup de négligence).

    Je fais un tableau pas très réjouissant mais c’est un univers chouette sur plein de points, juste j’y ai fait mon temps étant enfant/ado et je suis un peu amère à ce sujet aujourd’hui. J’ai eu des échos ces dernières années de choses qui bougent petit à petit sur des questions de genre, de queerness, de faire plus gaffe aux agressions sexuelles dans la danse et peut être un peu aussi à la pudeur et aux enfants (j’espère en tous cas). Mais j’ai pas pu le voir moi-même vu que j’y vais plus.

    J’ai décidé de faire ce zine pour parler de quelques trucs dont j’ai été victime ou témoin en tant qu’enfant/ado dans les milieux « bal trad ». Ça tourne autour d’agressions sexuelles et de dynamiques ou comportements pédocriminels. C’est un sujet qui me tourne en tête depuis des années, mais je ne savais pas trop sous quelle forme j’avais envie d’en parler. J’ai décidé de faire un zine en mode témoignage, toute seule, quitte à y revenir plus tard avec plus de monde, plus d’analyses aussi peut être.

     

    Contexte 

    Pour poser un peu le contexte : Je suis une meuf trans, pas encore « out » au moment où ça se déroule. Je viens d’une famille pauvre et principalement monoparentale (même si ma mère a eu des copains à des moments). Aussi, je sais pas à quel point ça a joué un rôle dans ces évènements, mais vu que c’est un milieu très (très) blanc, je préfère préciser, à l’inverse de ma mère et ma sœur qui sont perçues comme blanches, je suis perçue comme racialement ambiguë, ça alterne entre rebeu et métisse. Je viens d’une famille où il y a (eu) de l’inceste, ça m’a d’ailleurs posé question quand je me suis rappelé que c’est ma mère qui a amené ma sœur et moi dans ce milieu quand j’avais 8 ans.

     

    Danse

    C’est un milieu où les gens se retrouvent autour de la danse, donc du corps, on se touche, on rapproche parfois beaucoup nos corps dans certaines danses. Ça rend hyper important d’être carré dans son rapport au corps des autres, à la communication et au consentement. Malheureusement c’était un milieu trop nul à ce niveau. J’espère que ça a un peu évolué depuis que j’ai arrêté d’y traîner. À l’époque, non seulement presque personne en parlait ou faisait des tentatives de développer des outils autour de ces thématiques, mais en plus à chaque fois les personnes se prenaient une vague de réactions réac, défensives.

     

    Bisounours

    Beaucoup de violences sont rendues possibles grâce à l’idée que c’est un « milieu de bisounours », fréquenté uniquement par des « gens bienveillants », avec souvent comme exemple le fait qu’il n’y ait pas de vols. Pour capter le biais qui amène à ce sentiment de sécurité absolu Faudrait peut être creuser du côté du fait que ce soit un entre-soi de blancs, avec pas mal de gens aisés qui adoptent parfois des usages babos. C’est courant de pas voir les problèmes dans son propre groupe social je crois. Pour moi cette vision biaisée entraîne la négation des violences qui s’y jouent, mais aussi une baisse ou une absence de vigilance, notamment vis à vis des enfants, qui sont souvent livrés à eux-mêmes, négligés (les parents qui partent plusieurs heures, à l’autre bout du festival, en les laissant seuls à parfois pas plus de 4 ans), qui déambulent des fois nus au milieu de dizaines d’adultes habillés.

     

    J’ai pas mal traîné avec un groupe de potes plus âgés, voire bien plus âgés (entre 2 et 15 ans de plus que moi). C’était courant pour mes potes d’avoir des relations amoureuses ou sexuelles, et les meufs se retrouvaient souvent à coucher ou relationner avec des gars bien plus âgés (8 à 35 ans d’écart dans ce dont je me rappelle). Y avait aussi quelques fois eu des histoires de potes qui se retrouvaient à avoir les mêmes amant.es que leur daron.ne… Sous couverte de libertinage, polyamour etc, c’était trop pas discuté à la fois les bails d’écarts d’âge, mais aussi de juste faire attention aux gens autour. Pour moi ça devrait passer par avoir une attention aux liens que partagent les autres entre eux, anticiper les insécurités ou les embrouilles que ça peut créer. Mais c’est aussi faire gaffe au bruit dans un contexte de camping, faire gaffe à aller baiser dans un endroit où des personnes (notamment des enfants) peuvent pas tomber sur ce genre de scènes par hasard.

    C’était aussi pas rare que des gars de mon groupe de potes qui avaient entre 17 et 26 ans traînent avec des meufs de 12-16 ans, les prennent sur leurs genoux, leurs fassent des câlins et alimentent des dynamiques de séduction, voire les embrassent ou envisagent une relation amoureuse avec. Je me rappelle d’une histoire où un gars flirtait avec plusieurs meufs hyper jeunes d’une même sororie, et c’est ouf de voir à quel point c’est banalisé dans ce milieu, et même les ponts que ça crée avec l’inceste en le facilitant à plein de niveaux …

    Il y avait beaucoup de personnes de 30-40 ans connues pour sortir avec des meufs très jeunes ( 15-18 ans), et qui tournent énormément autour d’enfants. Tout ça se passe à la vue de tout le monde, de manière décomplexée et banalisée. J’ai l’impression que les critiques étaient anecdotiques et n’entraînaient jamais de mise en sécurité des enfants, ni d’aménagements pour éviter ce genre de situations. Ces personnes sont même parfois soutenues par les organisations des festivals lorsqu’elles sont publiquement critiquées ou visibilisées (j’ai quelques exemples en tête de salariés ou bénévoles qui s’impliquent depuis longtemps dans tel festival ou tel bal, l’ancienneté (entre autres) les prémunit d’être virés ou critiqués par les organisateur.ice.s). (j’aimerais bien être plus précise, mais par souci d’anonymat je ne veux pas détailler plus).

     

    Massages, soins etc

    J’avais bien envie aussi d’aborder une dynamique hyper répandue dans ce milieu je trouve, c’est de déguiser de la séduction ou du contact physique avec une intention sexuelle ou sensuelle (pas toujours consentie du coup), par des soins énergétiques, des massages, etc. J’ai vraiment vu souvent ou vécu des situations où des gens (principalement des gars cis) étaient pas clairs sur leurs intentions, créaient une méga ambiguïté ou une tension sexuelle au moment où ielles réalisaient un « soin » ou un « massage » sur quelqu’un. Ça s’inscrit hyper bien aussi dans les dynamiques pédo avec la personne adulte qui vient éblouir une personne plus jeunes avec des beaux discours. En général ça prend deux formes, d’une part la personne se la pète en disant qu’elle a une « sensibilité aux énergies » ou un « don », d’autre part la personne s’appuie souvent sur des choses qu’elles ressentirait en l’autre, soit des « blessures » qu’elle propose de soigner, soit un « don » repéré chez l’autre et autour duquel on te propose de t’enseigner une pratique. Et en fait beh je pense y a des cas où les deux personnes savent que y a une tension sexuelle en plus du soin, mais je pense que y a plein de fois où vraiment c’est de l’abus déguisé quoi. Et justement beh les gars de mon groupe de pote dont je vous ai parlé avant qui traînent avec des minots, ils utilisent grave cette excuse de massages énergétiques pour toucher le corps de meufs de 12, 15, 17 ans.

     

    Corps

    En ce qui me concerne plus directement, les exemples ne manquent pas de mains au cul ou glissant le long du dos, par des vieux de 70 ans, danses collées forcées, érections de partenaires de danse visibles ou ressentie quand ils se pressent contre moi, etc. Aussi par ce que je trouve important de rappeler que c’est pas que les gars cis qui agressent (ici les enfants) : quand j’avais entre 12 et 14 ans, une meuf d’au moins 25 ans me propose de danser avec elle. Déjà elle force un truc hyper rapproché et collé. Plus la danse avance plus c’est collé et même frotté et petit à petit je me rends compte qu’elle a pas de culotte sous sa jupe et qu’elle est en train de frotter sa chatte contre ma cuisse et qu’elle mouille sur moi. La danse se finit, je dis rien et je pars, je vais voir deux potes (gars cis de 17 et 19 ans). Je leur raconte la situation et leur réaction c’est de se marrer et un peu se moquer de moi en mode : « mec elle est moche, elle a même de la moustache et tout, coup dur pour toi ».

    Je me rappelle aussi qu’à mes débuts, de 8 à 14 ans, lorsque je dansais avec des meufs adultes, je me retrouvais souvent au niveau de leurs seins, et je recevais des tonnes de remarques sexualisantes (souvent de la part de gars cis mais pas que), me disant qu’ielles aimeraient bien être à ma place, que j’avais de la chance, que j’avais « juste la bonne taille », on me prêtait aussi des intentions sexuelles assez souvent, comme si c’était quelque chose dont j’avais conscience et dont je me délectais. Ça me gênait tellement, aussi je l’ai toujours ressenti comme quelque chose de honteux, en mode c’est moi qui faisait quelque chose de mal. La réalité c’est que des adultes me mettaient systématiquement à un endroit sexuellement ambiguë alors que j’étais enfant et que je n’en étais pas du tout là dans ma vie ou mes intentions.

    Ça m’est aussi arrivé quand je traînais avec des potes plus grand.es, qu’au lieu de s’isoler loin de moi, ielles se pécho voire baisent (sous une couette mais quand même) juste devant ou à côté de moi, ou que des potes me racontent de manière assez détaillée leurs moments de cul avec des gens, sans que ce soit une demande de ma part et sans considération pour notre différence d’âge et de moment de vie.

    Y avait aussi des dynamiques d’âge liées à des trucs de conso. Un gars de presque 30 ans qui sortait avec ma meilleure pote de 15 ans a régulièrement apporté et proposé du poppers et des pétards à mes potes et moi (j’avais 11 ans et certain.es de mes potes à peine plus), je me rappelle plus très bien des détails mais je sais que je trouvais chelou qu’un gars si vieux traîne que avec des gens de 11 à 19 ans, surtout avec les enjeux de ramener de la cons et sortir avec une meuf de 15 ans. Et de manière générale c’était encore plus courant et banal les gars qui donnent de l’alcool à des mineurs au milieu de dynamiques de drague avec elleux.

    Y aurait encore beaucoup à dire mais j’aime pas trop l’idée de juste faire un catalogue de récits hardcore, du coup je trouve que ça suffit à se faire une idée là.

    Ce qui m’a donné envie d’écrire cette brochure en vrai, c’est de capter que des gens dans des cercles proches commencent à aller traîner dans des bals trad (moi j’ai déserté ce milieu depuis pas mal d’années maintenant), du coup je trouvais important de visibiliser ces dynamiques craignos. Faites gaffe à vous, mais aussi hésitez pas à intervenir pour protéger les enfants/ados que vous croisez dans ces milieux si vous voyez des trucs chelous. La banalisation produite par les adultes autour de nous a fait beaucoup de mal à des potes et à moi. Ça existe pas un milieu de « bisounours », où y a pas de violence, le fait de dire ça c’est déjà mal barré pour prendre soin des gens qui en vivent.

     

    P.S.

    Si tu veux faire des retours ou demander le pdf, tu peux écrire à : balcrade@riseup.net

    PS : Je suis pas très à l’aise avec le terme pédophile et ce qu’il véhicule comme idées, j’aime pas trop non plus le terme « pédocriminel » qui renvoie direct au système judiciaire et tout ce qui va avec, j’aime pas trop dire juste « pedo » par ce que je trouve ça nomme rien. Bref du coup j’ai pas trouvé mieux que ces termes là pour écrire cette brochure, désolée, mais si vous en connaissez des mieux je suis preneuse !

  • Le site officiel des Républicains a été piraté par des hackers soutenant la…

    Le site officiel des Républicains a été piraté par des hackers soutenant la mobilisation du 17 octobre.

    Ils y ont publié un appel à rejoindre les manifestations pour la révolution.

    Les pirates affirment également avoir volé des données du site, celles de ses membres ainsi que leurs messages privés.

    Ils menacent de transmettre ces informations à des journalistes et à des médias d’investigation si leurs revendications ne sont pas prises au sérieux avant le 20 octobre.

    Ce piratage revendiqué apparaît comme un appel direct à rejoindre le mouvement révolutionnaire.

  • [Saint Nazaire] Soirée d’échange sur les contraceptions testiculaires

    Soirée d’échange sur les contraceptions testiculaires

    jeudi 12 novembre 2026 aux amies de May, à Saint-Nazaire

    18h à 19h : échange sur les méthodes

    19h à 21h : couture de jocskstraps contraceptifs

    Viens coudre des slips contraceptifs avec l’association les Gonades ! L’atelier est ouvert à toustes, que vous soyez déjà expérimenté en couture ou non.

    N’hésite pas à ramener une machine à coudre et des grignotrucs. Il y aura aussi des boissons sur place.

    Pensez à vous inscrire en suivant le QR code sur l’affiche.

    Vous pouvez me joindre à cette adresse mail si besoin : thibaut.lerch@protonmail.com

  • Non à la militarisation de la jeunesse

    Le gouvernement fait de l’école, ce n’est pas nouveau (1), le relais central de la propagande militariste

    – « le réarmement des esprits commence à l’école » (ministre des affaires étrangères, J-N Barrot, mars 2025).

     

    La re militarisation des esprits bat son plein, c’est de circonstance…

    Les mesures gouvernementales pour faire entrer l’armée à l’école sont liées à un discours sur l’intensification des conflits sur la scène internationale et sur l’émergence de puissances hostiles à l’espace européen et à ses valeurs  » démocratiques », avec une insistance forte sur la menace russe. Mais elles correspondent    aussi à une forte droitisation de la société pour qui il y aurait un effondrement de l’autorité qu’il faudrait restaurer, entre autres, par le biais de l’école. Du « nous sommes en guerre » (contre le Covid) de mars 2020 au « accepter de perdre nos enfants », c’est une entreprise de propagande à grande échelle qui est à l’œuvre, avec les jeunes en première ligne, et en particulier ceux.celles des classes populaires auxquel.les il est demandé d’être de bons petits citoyens-soldats prêts à s’engager, pour « défendre la nation »… c’est à dire l’Etat et les intérêts des capitalistes. Les directives éducatives répondent, selon les besoins de l’époque, à des équilibrages jugés indispensables aux intérêts du capital et au maintien de l’ordre social, (Encadré 1). Avec « les besoins de la défense » mis actuellement fortement en avant, l’école renoue    avec l’esprit militariste de J. Ferry qui, en 1882, ordonnait aux instituteurs de faire aimer aux élèves « la France et la mère patrie » … Le Collectif contre la militarisation de la jeunesse et de l’école a recensé pas moins de 150 dispositifs ou structures investies par les armées pour approcher la jeunesse et la recruter à plus ou moins long terme.

     

    Liens Armées-Education Nationale depuis la fin du service militaire obligatoire en 1997 Années 2000 : développement des trinômes académiques (enseignants, militaires, IHEDN-Institut des hautes études de défense nationale) et des classes défense, relancées après leur création en 1982. Instauration de la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD), obligatoire.

    2005 : création dans l’académie de Nice des Classes de défense et de sécurité globale    (CDSG).

    2007 : intégration de l’enseignement de défense dans les programmes scolaires, avec la Journée Défense et Citoyenneté (JDC, plus militarisée que l’ex JAPD), obligatoire. 2011 : généralisation des Classes Défense et Sécurité Globales (CDSG), encadrées par une convention interministérielle.

    2015 : signature d’une convention cadre Éducation nationale-Armées, renforçant les partenariats et ouvrant des lycées militaires et des classes préparatoires aux grandes écoles militaires. 2016 : intégration officielle des CDSG    au protocole entre ministères des Armées et de l’Éducation nationale.

    2018 : lancement du Service National Universel (SNU), organisé par Jeunesse et sports, rattaché au ministère de l’Education Nationale.

    Années 2020 : Multiplication des dispositifs (cadets de la défense, escadrilles air jeunesse, etc.) et augmentation du nombre de classes CDSG.

    2025 : fin du SNU et annonce par Macron d’un service militaire volontaire (le 27/11/2025).

     

     

    Classes Défense et Sécurité globale, un des projets phares Armées-Education nationale

    Alors que l’on comptait 160 de ces classes en 2016, avec 3 700 élèves, il y en a eu, au cours de l’année scolaire 2025-26, environ 1200 pour quelque 32 000 élèves impliqués. Elles progressent fortement en 10 ans, mais elles sont loin de concerner les 5,6 millions de jeunes qui peuplent le second degré. Que sont ces CDSG, et comment fonctionnent-elles ? Le trinôme académique Éducation nationale, Armées, Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) permet à des classes de collèges et de lycées d’être parrainées par une entité du ministère des armées (Classes de défense, avec les militaires), ou d’un autre ministère (Sécurité Globale, avec les flics, les pompiers, les CRS…). L’objectif est triple : « Contribuer à la cohésion nationale, promouvoir l’esprit de défense et garantir l’attractivité des métiers des armées. » C’est d’une préparation idéologique dont il s’agit, qui permet de légitimer la guerre, de préparer la jeunesse à l’ordre guerrier et qui cherche à amener les jeunes à rejoindre l’armée dès la fin du collège ou du lycée. En mars dernier, le ministre de l’Education E. Geffray annonçait que la durée de ces classes passerait de un à trois ans, qu’elles seraient rebaptisées au lycée « classes de défense et de cohésion nationale » et qu’y participer serait mentionné au bac et valorisé sur Parcoursup.

    Dans ces classes, tout au long de l’année, les élèves sont amené.es à rencontrer des militaires ou des membres des « forces de l’ordre », à visiter des installations, à intégrer les « valeurs » militaires. Finalement, celles-ci, obéissance, discipline, respect de la hiérarchie, compétition, conformité … n’ont-elles pas des points communs avec celles que l’école transmet ? Les activités que proposent les CDSG illustrent l’orientation belliciste : « rallyes défense et citoyenneté », séances de tir au pistolet laser, visites de sites militaires, participation à des cérémonies commémoratives, fouilles de cellules pénitentiaires reconstituées et simulation de heurts avec les détenus, simulacres de répression de manifestations avec tout l’attirail de la gendarmerie mobile, ateliers « zéro -tolérance »… Tous les éléments qu’on croit propres à séduire les jeunes sont déployés  : grosses cylindrées, uniformes, « jeux de rôles » violents, armes, jusqu’à la distribution publicitaire de porte-clefs « l’armée de terre recrute »… Lorsque des gradés interviennent pour des conférences, ils utilisent souvent comme supports pédagogiques des livrets de propagande financés par des marchands d’armes    (encadré 2) Les CDSG se déploient dans les zones rurales, les quartiers populaires, les établissements REP et REP+ (2), plutôt que dans les écoles de centres-villes ou de quartiers plus aisés. Les jeunes des classes populaires sont assurément considérés comme la cible qu’il s’agit d’encadrer et de discipliner en priorité…. Il s’agit de tenter d’enrôler d’abord la frange de la population dont l’école a tendance à se débarrasser sous couvert de « difficultés scolaires ». L’armée cherche ainsi à racoler en particulier des élèves des classes professionnelles. Par exemple, des bacs « à coloration marine » sont proposés par la marine nationale dans plus de 100 lycées, tandis que l’armée de terre a créé des « périodes militaires de perfectionnement spécialisé » au sein de ses unités, alignées sur les périodes de formation en milieu professionnel obligatoires pour les élèves. Lorsqu’il s’agit de recruter la chair à patrons et à canon de demain, ces jeunes sont en première ligne.

    Que ce soit à travers la « découverte » des métiers de la police et de l’armée, ou la promesse d’une solde de 800 euros, logement et    nourriture pris en charge, carte de réduction SNCF à 75 % et    « insertion dans le milieu professionnel », c’est aux    nouveaux « volontaires » du service militaire (3) que le gouvernement fait miroiter une porte de sortie face à la précarité, et ce jusqu’au prix de leur vie. Les marchands d’armes, de leur côté, cherchent à recruter dans l’enseignement supérieur les ingénieurs dont ils ont besoin. Les avantages qu’ils sont prêts à leur octroyer sont d’un niveau bien supérieur (encadré 3) ; question de hiérarchie entre classes sociales… Quant au mode de fonctionnent de ces classes défense, il est loin d’être clair : est-il volontaire ou bien obligatoire ?

    C’est normalement à chaque établissement engagé dans la démarche d’en décider. Or, depuis un ou deux ans, des CDSG sont ouvertes et imposées sans consultation des conseils d’administration et malgré l’opposition d’enseignant.es, de parents et d’élèves. Ou bien avec un manque total de transparence : les conventions sont rarement soumises à débat, le contenu des activités n’est pas toujours présenté, privant ainsi parents, enseignants et élèves de tout contrôle. Le dispositif n’est pas toujours volontaire pour les élèves et leurs parents ; et s’il est censé l’être pour les enseignant.es, nombreux font part de pressions de leur hiérarchie pour qu’ils.elles créent ce type de classes.

    Dans les faits on observe donc de grandes disparités  : ici le volontariat des familles est sollicité, ailleurs tous les élèves d’une classe sont concernés sans information préalable des parents. Et si l’un d’eux refuse que son enfant soit « acculturé » à la défense, on lui répond carrément qu’il peut toujours changer d’établissement… Le manque de moyens a sa part dans la création de ces classes défense.

    Alors que les budgets éducatifs et culturels stagnent ou diminuent et que les budgets militaires croissent (4), les CDSG, elles, sont financées et accompagnées par la Direction du service national et de la jeunesse (DSNJ) et la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du ministère des Armées (DPMA).

    Des enseignant.es se disent alors quasiment contraints à signer un partenariat avec le Ministère des Armées pour mener à bien des projets avec leurs élèves, tels des voyages scolaires. Ainsi, et plutôt que de se battre pour obtenir des budgets décents, on permet à l’armée de sponsoriser des sorties, et de diffuser dans l’école sa propagande pour la guerre …, et de créer des divisions au sein des personnels.

     

     

    Un livret de propagande militariste : « Ma première cérémonie militaire » Sorti en 2020, distribué gratuitement dès l’école primaire, ce livret est destiné aux enfants de 4 à 15 ans. Il a été écrit par l’épouse de l’ancien chef d’état-major des armées, François Lecointre.

    Il a bénéficié d’un financement du Fonds du Bien Commun, créé par le milliardaire d’extrême-droite Édouard Stérin, et a été aussi sponsorisé par de gros industriels français de l’armement : Dassault, Safran, Airbus, MBDA Missiles, Arquus, Naval Group, TechnicAtome…

    Ce fascicule traite des cérémonies militaires du 14 juillet et du 11 novembre. Il glorifie l’« esprit martial », la mort « pour la patrie » ; il fait la promotion des différents métiers de l’armée ainsi que    du matériel militaire « moderne et efficace » des armées françaises.

    Ce livret militariste met en avant, et avec fierté, ceux qui sont les bénéficiaires des guerres : les capitalistes, les industriels de l’armement, les idéologues de droite et d’extrême-droite et ceux qui gouvernent pour leurs intérêts…

     

    Une mesure de plus : une cérémonie du 11 novembre obligatoire dans les établissements scolaires

    Les cérémonies patriotiques et militaires, jusque-là contenues à l’extérieur de l’école et à la participation volontaire de quelques élèves, sont désormais généralisées et rendues obligatoires. C’est par une circulaire officielle, annoncée par Macron à la veille des vacances d’été le 2 juillet dernier, qu’est imposée à la rentrée 2026, dans chaque école élémentaire (à partir du CM1), collège et lycée, une « cérémonie commémorative annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » ; elle se tiendra « au choix de l’établissement, dans les quatre jours précédant ou suivant le 11 novembre. » Ceci afin de glorifier un « sacrifice pour la patrie »… qui, comme lors de toutes les guerres, fut une vaste boucherie destinée à défendre les intérêts du capitalisme et de l’impérialisme.

    Dans un contexte de militarisation, la cérémonie d’hommage aux « morts pour la France » s’inscrit dans la continuité de la mise au pas de la jeunesse. Cette initiative supplémentaire récente complète l’entreprise, menée par l’Etat à marche forcée, d’« acculturation des jeunes à la guerre » (Encadré 4)

    La circulaire concernant le 11 novembre précise que la « cohésion nationale » est d’autant plus nécessaire « dans un environnement international marqué par des formes renouvelées de conflictualité ».

    Ce n’est pas tant un hommage aux morts qui est rendu mais la prochaine guerre qu’on prépare, sans poser de questions sur les intérêts qui sont en jeu ni sur la responsabilité des gouvernants. En outre, cette cérémonie est une occasion de plus pour faire pénétrer les armées dans les établissements scolaires : les directeurs d’école, les chefs d’établissement pourront « mobiliser des enseignants », mais aussi faire appel à des réservistes, des associations du monde combattant, des élus locaux…

     

    Armée et enseignement supérieur : des avantages pour les futurs ingénieurs Rien qu’en France, 1,3 million d’emplois seront à pourvoir dans les industries de l’armement au cours des dix prochaines années, tous secteurs confondus  : aéronautique, cybersécurité, technologies spatiales, intelligence artificielle, robotique… Comme les patrons de l’armement cherchent à séduire les jeunes diplômés.es, ils leur proposent des avantages multiples : salaires élevés (un ingénieur en électronique embarqué avec moins de deux ans d’expérience peut exiger jusqu’à 45 000 euros brut annuels, un ingénieur IA 50 000 euros, un architecte en cybersécurité 80 000 euros – Le Monde), onze semaines de congés, aides pour le logement et l’école… Qualité de vie, environnement de travail et hors travail sont intégrés dans les propositions de collaboration faites aux futur.es salariés. …

     

    Quelles résistances ?

    Les dispositifs qui promeuvent les échanges entre les armées et les élèves, comme autant de moyens d’embrigadement et de militarisation de la jeunesse, sont critiqués par les syndicats enseignants (à l’exception de l’UNSA et du    SNALC) et par la FCPE (Fédération de parents), qui réclament leur abandon. Mais il s’agit essentiellement de prises de position par voie de communiqués, de pétitions …, sans réactions d’envergure. Il est vrai qu’il est difficile d’organiser des ripostes collectives face aux dispositifs Ecole-Armée qui se mettent en place de façon dispersée dans l’espace et le temps et ne concernent pas tous les établissements.

    Pour le moment, car si la loi Blanchet (rapporteur des Démocrates), adoptée pat l’assemblée nationale en catimini le 26 mars, obtient le feu vert du sénat, seront instaurés « des cours structurés de défense globale » obligatoires de la 6ème à la terminale (5), en s’appuyant sur des réservistes. « Il s’agit de préparer les lignes arrière qui aident les militaires à faire la guerre – c’est le devoir de chaque citoyen. » (Blanchet) Il y a eu quelques mobilisations sporadiques.

     

    Le guide kaki « Acculturer la jeunesse à l’esprit de défense » Edité par l’Education nationale et paru en novembre 2025, ce livret contient un arsenal de propositions prétendument éducatives qui sont en réalité du bourrage de crâne patriotique. L’école y est conçue par l’Etat comme un espace de conditionnement et d’embrigadement des élèves. L’Education nationale montre ainsi clairement qu’elle est un ministère régalien étroitement soumis au pouvoir politique qui lui dicte la marche à suivre, dans tous les domaines, pour con-former les jeunes.

     

    Des parents sont inquiets et dénoncent un conditionnement des élèves dans un climat politique et géopolitique dominé par des discours bellicistes. Fin 2025-début 2026, certains se sont mobilisés dans des collèges afin de refuser que leurs enfants    participent aux CDSG. Un rassemblement a eu lieu le 23 octobre 2025 à Paris à l’appel de plusieurs organisations (mouvement des mères isolées, SNAP CGT, CGT chômeurs rebelles) pour dénoncer le forum de l’armée organisé par France Travail. Dans quelques lycées l’armée n’est plus invitée au carrefour des métiers en raison de l’opposition des personnels. Des élèves jugent souvent négativement les activités organisées par les militaires : « Ils ont fait ça sans notre demande » ; « L’armée dans la cour de récré, c’est flippant » ; « Ils font passer la guerre pour quelque chose de cool. Mais la guerre, ce n’est pas un jeu, les gens meurent ou finissent traumatisés ». Il arrive que des profs qui contestent, de façon trop isolée, l’intrusion de militaires dans les établissements, subissent des pressions, et même de la répression, de la part de leur hiérarchie.

    Dans quelques lycées, à Rennes, au Mans, à Marseille et à Grenoble, ont eu lieu des blocages qui ont permis d’empêcher des opérations de recrutement de l’armée de terre  ;    des étudiant.es à Nantes ont manifesté devant la fac de droit pour empêcher la tenue d’une conférence par un général… Mais à part quelques exemples de protestation, on constate une absence d’opposition résolue des milieux éducatifs. Or il faudrait des résistances collectives, à l’instar de l’Allemagne où des jeunes sont sortis par milliers dans les rues pour s’opposer au retour du service militaire, ou encore de l’Italie où ont eu lieu des actions de masse et de classe contre la guerre et le militarisme.

    Il est indispensable que les travailleur.ses et les jeunes dont les gouvernants veulent à terme faire de la chair à canon s’opposent au réarmement et à la course à la militarisation, et refusent de servir les intérêts des patrons et des Etats.

    Des enseignant.es ont jugé intéressant de réactiver le collectif Non au SNU qui, avant la suspension de ce service national universel en 2025, rassemblaient personnels, parents et associations pour des actions communes. Il a été reconverti récemment en Collectif national contre la militarisation de la jeunesse et de la société. Une dynamique collective pourrait s’enclencher autour du 11 novembre contre l’obligation d’assurer une cérémonie d’embrigadement guerrier et patriotique, pour exprimer un refus généralisé de collaborer avec la politique belliciste du pouvoir. Il reste quelques petites semaines pour faire savoir que les établissements ne veulent pas se plier à cette mascarade patriotique… Un autre moment de lutte collective serait de s’en prendre au projet de loi Blanchet (5), qui cherche à instaurer un endoctrinement obligatoire au militarisme. Mais surtout, c’est à la construction d’une dynamique plus générale de renouveau des luttes contre les armées que pourrait s’inscrire le combat contre la militarisation de l’école.

     

     

     

    Une adresse utile :   antimilitarisme-education@framagroupes.org

     

     

    Notes :

    1-    En 1982, sous Mitterrand,    après l’instauration par les ministres Charles Hernu (Défense) et Alain Savary (Education nationale) d’une symbiose Ecole-Armée, d’autres protocoles ont été conclus par les gouvernants successifs ; s’ils restreignaient l’application d’une éducation à la défense aux cours d’enseignement moral et civique (EMC), ils    l’ont progressivement étendue à l’ensemble de la scolarité des élèves.

    2- Réseaux d’éducation prioritaire et réseaux d’éducation prioritaire renforcé

    3- Le 27 novembre dernier, Macron a présenté le nouveau « service national » volontaire. L’accueil annoncé de 3 000 jeunes volontaires (18 à 25 ans) dès l’été 2026 a été réalisé, pour une durée totale de 10 mois rémunérés, avec un objectif de 10 000 recrutements par an en 2030 et 50 000 par an en 2035. Et dans l’espoir qu’un bon pourcentage de ces jeunes finissent par s’engager durablement.

    4 – Le total des dépenses prévues pour l’armement de l’État français est de 436 milliards d’euros entre 2024 et 2030. Le budget de l’armée dépasse désormais celui de l’Éducation nationale.

    5- Bien que les sujets de la « défense » et de la sécurité soient intégrés à l’Enseignement Moral et Civique depuis 25 ans, Blanchet en veut plus encore, prétextant que ces heures ne sont pas réellement dispensées, ou de manière « trop dispersée ». « Aimons-nous assez la France pour vouloir inciter nos enfants à l’aimer à leur tour avec passion et ferveur ? » (Blanchet, le 25 février 2026)

     

  • Paris : un cheval de Troie dans les rues

    C'est l'une des images marquantes du jour : un cheval mobile de plusieurs mètres de haut qui parade dans les rues de la capitale ce samedi 17 octobre.

    L’article Paris : un cheval de Troie dans les rues est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Marseille : une usine d’armement complice d’Israël bloquée

    Ce samedi 17 septembre, dès l'aube à Marseille, l'entreprise Eurolinks était bloquée par une centaine de manifestants.

    L’article Marseille : une usine d’armement complice d’Israël bloquée est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • [nouvelle parution] Face à la loi Ripost, les teufeur.euse.s organisent la riposte

    Paru sur nantes.indymedia.org

    Camille fait partie d'un sound system entre Bordeaux et la Bretagne. Il est aussi membre de Tekno Anti Rep, qui s'oppose à la loi Ripost qui vient de passer à l'Assemblée. On discute avec lui de l'aspect subversif de la Free Party, ainsi que de la manière de la défendre dans notre contexte autoritaire et répressif.

    Salut, est-ce que, pour commencer, tu veux te présenter ou présenter tes collectifs ?

    Je m'appelle Camille, je fais partie de Tekno Anti Rep. C'est un collectif qui est principalement centré sur la réponse médiatique, sur l'analyse politique et sur le fait d'organiser tout ce que va être la lutte contre la répression des Free Party. Il y a beaucoup de pôles différents. En ce moment, notre travail porte principalement sur la question de la loi Ripost.

    Très récemment, en juin-juillet, il y a eu les Manifestives, qui existent depuis pas mal d'années, et dont le format depuis 2022, est à l'initiative de Tekno Anti Rep. C'est un événement massif, médiatique et populaire. Le but est depuis le début de le rendre accessible, notamment pour un public qui n'est pas forcément accoutumé aux Free.

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  • À la recherche de notre ancêtre microbien

    Alors que les découvertes sur nos lointains parents unicellulaires s’accumulent, une évidence s’impose: nous sommes issus d’un collectif cellulaire. Reste à trouver quels étaient les partenaires en jeu.
  • 17 octobre : la police saisit illégalement le matériel de protection des journalistes

  • Pesticides: en Bretagne, une petite victoire pour la démocratie de l’eau

    La Commission locale de l’eau de la Vilaine a adopté le 16 octobre un texte limitant l’usage de certains pesticides, malgré les entraves de l’État et de la FNSEA. C’est une première en France pour ces organismes qui expérimentent une forme de démocratie territoriale.
  • All the president’s women: a familiar downward trajectory on Trump’s team

    Half of the women on Trump’s team have been replaced by men, while men facing misconduct allegations remain

    Donald Trump is not, by any measure, a feminist. He has said so himself. But the president has often pointed to his hiring and promoting of women in an attempt to stave off criticism of both his policies and personal conduct over the years.

    During his second term, however, there is one common characteristic among most of those who have departed the Trump administration.

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  • «J’ai peur d’avoir fait tout ça pour rien»: la déferlante de l’IA sidère la communauté mathématicienne

    Depuis l’annonce par OpenAI de la démonstration de 372 problèmes mathématiques majeurs, des chercheurs et des chercheuses s’interrogent sur l’avenir de leur profession. D’autres espèrent que cette crise marquera la fin de la course aux résultats et donnera plus de sens à leur travail.
  • Le 17 octobre a déjà commencé !

    Des actions ont eu lieu ou sont en cours dans toute la France. Le point à 9h30 ce 17 octobre.

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  • «Hacker la tech»: ce que les géants du numérique font au monde et comment les vaincre

    «Mediapart» organise un grand événement public à Paris avec celles et ceux qui, partout dans le monde, se mobilisent pour dénoncer l’emprise des géants du numérique. En partenariat avec «The Guardian», avec notamment la participation de Naomi Klein et d’Alain Damasio. À suivre en direct.
  • 17 octobre : manifestations historiques : retour des gilets jaunes ?

    À la veille de la mobilisation du 17 octobre, une nouvelle génération s’apprête à descendre dans la rue. Sept ans après les Gilets jaunes la colère sociale n’a jamais été aussi forte. Blast est allé à la rencontre de Jérôme Rodrigues, figure…
  • Starlink bridé en Ukraine : ce serait bien Elon Musk qui aurait suggéré l’idée

    Alors qu'il s'est défaussé sur Donald Trump, Elon Musk aurait bien été à l'origine du bridage de Starlink en Ukraine, selon le Telegraph. Dans la nuit du 13 au 14 octobre, les drones ukrainiens qui utilisent le réseau ont perdu la connexion au-delà de 160 km/h.

  • Mouvement lycéen : un adolescent fait un coma diabétique en garde à vue, l’État veut-il un mort ?

    La police brise des adolescents et tente de tuer des lycéens depuis le début du mouvement de la jeunesse, y compris en garde à vue.

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  • [ChroniquesAmer] Chroniques àMer #40| Compil àMer #5

    Après une pause estivale Chroniques àMer, nous revenons ce mois-ci avec une nouvelle saison de podcasts.
    Ce mois-ci, nous vous proposons un nouvel épisode musical qui parle de l’exil, de la douleur des mères de celleux qui partent, de la traversée du désert puis de la mer et des amitiés qui s’y créent, de la résilience face à tous ces murs construits pour enfermer, du racisme et du colonialisme et de la solidarité concrète qui doit réellement se mettre en place.

    https://spectremedia.org/podcast/chroniques-amer-39-compil-amer-5/

  • Thélyson Orélien au test de Voight-Kampff | Thibault Prévost

    Dans un pays de racistes dégénérés, on doute encore instinctivement que les sauvages puissent écrire de la littérature tout seuls. Et désormais, on a même une jolie machine pour le vérifier, sans avoir l'air d'y toucher - pensez-vous, ce n'est pas du suprémacisme, c'est de la science. Vieil écho de l'Histoire qui convoque aussi bien la phrénologie que les tests de QI - à chaque époque sa technique de pointe pour mesurer l'infériorité de l'Autre. Et l'on n'ose imaginer la foudre médiatique qui tomberait sur Orélien s'il venait à confesser avoir utilisé de l'IA pour C'était ça ou mourir - un autre traitement que, au hasard, celui d'Alain Damasio chez C ce soir, où l'on attend toujours que le moindre sourcil se fronce lorsque l'auteur de SF imagine utiliser ce "nouvel outil qui va encore déployer [son] artisanat". Ce soir-là, le mythe de l'écrivain solitaire repart (inexplicablement ?) sauf. Source: Arrêt sur images
  • Soutien aux cheminots du Technicentre

    Quand ?
    Le 17 octobre à 11h

    Où ?
    Technicentre 103, avenue Marx Dormoy, 92220, Bagneux

    Les cheminots du Technicentre TGV à Châtillon s'organisent et appellent à rejoindre le 17 octobre !

    Face à l'inflation et aux menaces de privatisation, les cheminots SNCF de Châtillon appellent à rejoindre la jeunesse et les Gilets jaunes dans la rue le 17 octobre !

    RDV 11h00 devant le Technicentre TGV à Châtillon (Métro L13 Châtillon-Montrouge) puis départ en manifestation vers République.

  • Rassemblement pour soutenir le programme PAUSE et l'évacuation des lauréats gazaouis

    Quand ?
    Le 19 octobre à 16h

    Où ?
    Place Alphonse Humbert Avenue Émile Zola 75015 Paris

    Rassemblement pour soutenir la délégation qui sera reçu à l'annexe du Ministère des Affaires Étrangères, pour parler de la reprise des évacuations des Gazaouis lauréats du programme PAUSE.

    Organisé par le Comité Palestine de Saint-Denis, avec le soutien d'Agir pour la Palestine et Waves of Freedom France.

  • Cantine Gilets Jaunes Montreuil

    Quand ?
    Le 21 octobre de 12h30 à 14h

    Où ?
    AERI 57 Rue Étienne Marcel 93100 Montreuil

    Cantine de soutien avec les Mutilé-es pour l'exemple, des lycéen-nes, des profs, des parents d'élève.

    Dénonçons les violences policières
    Stop aux armes qui tuent, mutilent, blessent...
    Stop aux grenades et lbd
    Stop aux clés d'étranglement, au plaquage ventral, aux matraquages.

    Manifester est un droit !

    Les Mutilé.e.s pour l'exemple

    Nous avons été éborgné.e.s, amputé.e.s, édenté.e.s ou blessé.e.s par des LBD40, des grenades et des matraques des forces de l'ordre lors des manifestations des Gilets Jaunes.

    Nous sommes artisans, boulanger, menuisier, aide-soignante, musiciens, ancien militaire, nous sommes descendu.e.s dans la rue pour faire valoir nos droits et nos vies ne tournent aujourd'hui qu'entre remords, soins et attentes juridiques interminables tout en devant affronter les difficultés contre lesquelles nous nous battions au départ.

    La doctrine de l'État contre ce mouvement a été de « faire des exemples pour décourager les autres de revenir manifester. » Face à un mouvement réclamant plus de démocratie, et dont de nombreux membres n'avaient plus d'alternative (acculés par la faillite des partis politiques à défendre les intérêts des plus fragiles), des politiques puis des préfets ont donné ordre de nasser, tirer dans la foule, faire taire par la peur ce mouvement et toutes les revendications qu'il portait.

    Des passages à tabac gratuits jusqu'aux yeux crevés et aux mains arrachées, les forces de l'ordre ont sévi dans une impunité totale. Des femmes, des vieux, des enfants, désarmés, ont été mutilé.es par des armes censées servir uniquement en cas de « légitime défense ».

    964 victimes graves, 99% des affaires sont classées sans suite !

    Ces armes mutilent et même tuent, les donneurs d'ordres comme les tireurs le savaient. Avant le 17 novembre 2018, pas moins de 42 personnes avaient été énucléées/amputées/tuées par les flashball/LBD40 et grenades (DMP/GLIF4).

    Sans soutien des institutions et de la justice, nous avons décidé de nous rassembler, pour nous entraider, car les démarches sont longues et douloureuses et nous sommes souvent seul.e.s pour les affronter, mais aussi pour nous organiser quant à notre défense juridique.

    C'est pour cela et pour faire entendre nos voix que nous organisons les marches des Mutilé.e.s.

    Pour nous soutenir : HelloAsso

  • Débat Big Data is watching you

    Quand ?
    Le 23 octobre de 19h à 20h30

    Où ?
    La libre pensée 12, rue des Fossés Saint-Jacques, 75005, Paris

    Entre business lucratif, pulsions autoritaires, contrôle social et incompétence crasse, comment vos données personnelles sont vendues, exploitées, échangées n'importe comment dans les services publics.

    Avec Jeanne Martin, lanceuse d'alerte et juriste spécialisée en RGPS. Autrice de "Soldates des données. Une protectrice des données sous haute surveillance".

  • La Région Bretagne sacrifie Kerliver, école dédiée à l’agro-écologie | Notre récap’ d’août 2026

    À quoi pourrait bien servir un centre de formation dédié aux pratiques agricoles et paysagères respectueuses de l'environnement, à l'heure où la plupart des limites planétaires sont déjà dépassées ? Sur la pointe bretonne, la Région Bretagne s'est désengagée du CFA de Kerliver.

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  • 17 octobre 1961 : « Ce massacre est un crime d’État colonial »

    Soixante-cinq ans après le massacre du 17 octobre 1961, la responsabilité de l'État français reste au cœur du combat pour la reconnaissance des crimes coloniaux. Cette nuit-là, à Paris, des milliers d'Algériens venus manifester pacifiquement contre un couvre-feu discriminatoire sont arrêtés, frappés et, pour certains, tués par la police. Pour l'historien Fabrice Riceputi, spécialiste des violences coloniales, ce massacre et l'impunité qui l'a suivi continuent de hanter la République française. Entretien.

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  • Prix du carburant : infirmière, charpentier et apiculteur racontent comment ils font face à la flambée

    Depuis qu'un plein d'essence coûte aussi cher, certains travailleurs, obligés d'utiliser leur voiture, tirent la langue. L'un essaie de relocaliser au maximum ses chantiers, une autre espère des aides de l'État… Témoignages.
    Face à la flambée des prix du carburant — le diésel frôlait les 2,40 euros le 5 octobre — certaines professions sont plus affectées que d'autres. Soignantes en milieu rural, paysans, artisans… Ils et elles ne peuvent pas se passer de leur véhicule pour travailler. (…)

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  • « On a rendu normale, désirable son utilisation » : aux origines de notre addiction au pétrole

    La flambée du prix des carburants est l'un des moteurs de la mobilisation du 17 octobre. La France s'est rendue dépendante du pétrole dès les années 1950, pour tirer profit de sa puissance coloniale, et n'a jamais cessé de renforcer les intérêts qui la lient aujourd'hui à l'or noir, explique l'historien Renaud Bécot.
    Bien plus qu'une crise passagère. La hausse des prix du carburant — et demain potentiellement de l'ensemble des sources d'énergie et d'une grande partie des biens de (…)

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  • La littérature se met à l'écologie : notre sélection de la rentrée

    L'autobiographie d'un hêtre, un hommage poétique à une biologiste emblématique, un oiseau qui change la vie des humains qui l'observent... Découvrez notre sélection de romans écologistes parus ces derniers mois.
    D'année en année, le roman reflète davantage la conscience écologique nouvelle. Il y a encore quinze ans, la frontière restait nette entre le nature writing (écriture de la nature) et la fiction romanesque, le plus souvent sociologie des milieux humains en vase clos. Les sept (…)

    Lire la suite - On en parle / Culture
  • Soixante ans après « La Bataille d’Alger », les résistantes algériennes au cœur du récit

    Sous la colonisation française, le voile des Algériennes devient un enjeu de domination autant qu'un instrument de résistance. Dans La Bataille d'Alger, Gillo Pontecorvo montre comment les femmes ont déjoué les contrôles militaires et participé à la lutte indépendantiste. Soixante ans après sa sortie, le film éclaire une histoire de la révolution algérienne encore largement racontée au masculin.

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  • Priscillia Ludosky, figure du mouvement des Gilets jaunes : «Un trio de générations pourrait se retrouver ce samedi»

    Paris, 20 janvier 2019. Priscillia Ludosky, l’une des porte-parole des Gilets jaunes, lors d’un rassemblement sur le Champ-de-Mars. © Laure Boyer/Hans Lucas via AFP

    Sa pétition «Pour une baisse des prix à la pompe», signée par près de 1,3 million de personnes, avait contribué à faire émerger le mouvement des Gilets jaunes, il y a huit ans. Figure de cette mobilisation historique, Priscillia Ludosky a été candidate citoyenne sur la liste Les Écologistes aux européennes de 2024 et préside désormais le Collectif des luttes sociales et environnementales (CLSE), qui agit dans les outre-mer. Elle entend bien prendre part aux mobilisations prévues partout en France ce samedi. Lancé début septembre sur les réseaux sociaux, l’appel à la mobilisation pourrait marquer un retour des Gilets jaunes, estime-t-elle. Vert l’a rencontrée.

    Doit-on s’attendre à un retour des Gilets jaunes ?

    Je ne sais pas si on peut s’attendre à une mobilisation massive, sous le même format qu’en 2018-2019. Mais en tout cas, plusieurs personnes qui ont participé au mouvement des Gilets jaunes il y a huit ans prévoient des actions. Un décompte des mobilisations circule sur Internet. On y recense 416 manifestations, 90 ronds-points, 150 stations-service, quatre raffineries et 31 dépôts pétroliers [Sur une carte en ligne, près de 1 500 mobilisations étaient recensées à la veille de cette journée, NDLR]. Reste à savoir si toutes ces actions auront effectivement lieu !

    À l’époque, comment le mouvement a-t-il pris ? La situation était-elle comparable à aujourd’hui ?

    Non, pas du tout. En 2018, le mouvement était parti d’une pétition que j’avais lancée en mai et qui a grossi jusqu’en septembre-octobre. Puis j’ai appelé les signataires à sortir dans la rue le 17 novembre.

    Entre septembre et novembre, j’ai organisé énormément de visioconférences avec des personnes partout en France pour leur expliquer comment déclarer une manifestation, où se retrouver dans leur secteur, qui rejoindre, etc. C’est ce travail qui a permis de faire émerger le mouvement !

    Aujourd’hui, tout le travail logistique n’est plus à faire. Lorsqu’une personne appelle à sortir à une date donnée, les gens savent comment s’y prendre : ils occupent les ronds-points, enfilent leur gilet jaune, déclarent des manifestations. Un mode opératoire populaire s’est installé.

    Le mouvement pourrait-il être de plus grande ampleur qu’en 2018 ?

    C’est possible. D’autant que trois générations se rencontrent. Il y a les Gilets jaunes, déjà mobilisés il y a huit ans. Les personnes qui n’étaient pas encore entrées dans la vie active en 2018 – elles ont grandi et ont découvert les inégalités et les difficultés à s’en sortir malgré le travail. Et les lycéens, les collégiens et les étudiants, qui se mobilisent pour réclamer des moyens et des conditions de travail qui leur permettent d’étudier correctement. Ce trio de générations pourrait se retrouver ce 17 octobre.

    Dans le passé, il y a eu plusieurs annonces du retour des Gilets jaunes, sans que cela ne se concrétise vraiment. Qu’est-ce qui pourrait faire la différence cette fois-ci ?

    Je pense que cet appel a rencontré davantage d’écho parce qu’il intervient dans un contexte où plusieurs choses se conjuguent : les mobilisations de la rentrée, notamment dans l’éducation, mais aussi contre la hausse du prix des carburants. Elles s’ajoutent à la préparation de l’anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, le 17 novembre. Tout cela a créé un terrain favorable.

    Quelles sont les causes de la colère ? Ont-elles changé depuis 2018 ?

    Je pense que les causes profondes restent les mêmes, mais qu’elles se sont exacerbées. Depuis 2018, de nouveaux secteurs se sont mobilisés, comme les pompiers et les soignants.

    Priscillia Ludosky à Paris, le 17 octobre 2019. © Bruno Coutier via AFP

    Il y a eu la loi sur la sécurité globale, puis la réforme des retraites… Au fil des mobilisations, les gens ont commencé à faire le bilan : cela fait presque dix ans qu’Emmanuel Macron est au pouvoir et, à leurs yeux, tout se dégrade. Le fait qu’il ait été réélu permet de prendre du recul et d’évaluer sa politique sur la durée. La situation devient pesante.

    Vous évoquez également la situation dans les territoires ultramarins. En quoi ces difficultés éclairent-elles, selon vous, le bilan des politiques menées ?

    Dans les outre-mer, les questions sociales sont particulièrement aiguës. À Mayotte, le taux de pauvreté dépasse les 77%, plus de 15 000 enfants ne sont pas scolarisés et la sécurité alimentaire n’est pas assurée. En Guadeloupe, le réseau d’eau est tellement défaillant que les habitants doivent faire face à des coupures régulières. En Guyane et en Polynésie, les difficultés sont aussi très importantes…

    Quand on accède à la fonction de président ou de présidente de la République, je considère que l’on devrait garantir l’accès à ces droits fondamentaux. Or, ce n’est pas le cas.

    Quel bilan faites-vous des réponses apportées par la macronie depuis 2018 ?

    Il est assez maigre. Nous nous sommes mobilisés sur le revenu universel et nous n’avons pas obtenu ce que nous voulions. Pareil pour la taxe à 0% sur les produits et les services de première nécessité. Sur la taxe carbone, nous avions travaillé avec le Réseau action climat sur un dispositif permettant de reverser une partie des recettes aux populations les plus précaires. Ce sont des mesures qui me semblent relativement simples à mettre en place pour un gouvernement qui se soucierait réellement de ces questions. Pourtant, malgré l’ampleur de la mobilisation, elles n’ont pas été adoptées.

    Les Gilets jaunes avaient obtenu quelques victoires ?

    Oui, Emmanuel Macron a tout de même supprimé la hausse prévue de la CSG [la contribution sociale généralisée, NDLR] pour les retraités. Beaucoup d’entre eux nous avaient remerciés pour ça. Il a également instauré ce que nous appelions la «prime Gilet jaune», devenue la «prime Macron». Là encore, des personnes nous ont remerciés, car elles ont pu toucher de l’argent. Certaines entreprises continuent de verser cette prime.

    Mais une prime ponctuelle ne constitue pas une solution durable. Ce sont des pansements, pas des mesures qui permettent aux gens d’améliorer durablement leur niveau de vie.

    Le mouvement des Gilets jaunes est né de la contestation de la taxe carbone sur les carburants, censée financer la transition écologique. Le mouvement a-t-il contribué à replacer la justice sociale au cœur des préoccupations écologiques ?

    Oui, et je l’ai mesuré plus tard, en parcourant le programme des Verts – que j’ai soutenus lors des élections européennes. J’ai constaté que les dimensions sociales y étaient beaucoup plus présentes qu’avant.

    Même constat au sujet des associations engagées sur les questions écologiques. Le mouvement des Gilets jaunes a été l’occasion de retravailler leur plaidoyer pour y intégrer davantage la dimension sociale, qui était encore trop peu présente. J’ai d’ailleurs moi-même participé à cette réflexion. Dans leurs campagnes et sur leurs visuels diffusés sur les réseaux sociaux, on ne retrouve plus de termes culpabilisants, ce qui est bien. C’est vrai, on ne peut pas culpabiliser les gens sur leurs pratiques si, en face, le gouvernement n’est pas exemplaire et qu’il continue, par exemple, à ne pas taxer le kérosène !

    Le gazole dépasse 2,30 euros le litre. Comment répondre à l’urgence du pouvoir d’achat sans retarder la décarbonation des transports ?

    Il y a beaucoup de solutions à mettre en place et elles ne sont pas nouvelles. Il faut d’abord développer les transports en commun là où ils manquent. Dans certains territoires, il n’y a plus de gare. Des lignes ont progressivement fermé au cours de la dernière décennie, en particulier pendant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

    Il faudrait aussi améliorer la régularité des transports existants. Lorsqu’un bus ne passe que toutes les douze heures, il est difficile de se déplacer autrement qu’en voiture !

    Pour les trajets de longue distance, souvent l’avion est moins cher que le train, ce qui ne pousse pas les gens à changer leurs pratiques… Sur ce sujet, je pense qu’il faudrait aussi développer les trains de nuit. À l’époque des Gilets jaunes, un collectif défendait déjà cette idée. Cela permettrait aux gens de voyager en train sans perdre une journée entière dans les transports.

    Quel regard portez-vous sur les mobilisations lycéennes actuelles ? Voyez-vous des points communs avec le mouvement des Gilets jaunes ?

    Les jeunes ont repris certains codes des Gilets jaunes, notamment sur les réseaux sociaux. Mais ce n’est pas enthousiasmant pour autant. Je trouve surtout triste qu’à leur âge, les jeunes soient encore obligés de se mobiliser pour réclamer des moyens, alors que les enseignants l’ont déjà fait avant eux. Les professeurs ont expliqué ce qui n’allait pas, mais ils [les gouvernements successifs, NDLR] ne les ont pas écoutés.

    C’est donc aux élèves de soutenir les adultes. C’est extraordinaire, mais pas dans le bon sens du terme. Ce n’est pas normal qu’un gouvernement soit rappelé à l’ordre par des enfants et des adolescents qui réclament simplement des moyens minimums pour travailler dans de bonnes conditions. En tout cas, je les soutiens pleinement.

    Quand on voit les ministres de l’éducation nationale se succéder, avec pour principales préoccupations le voile, l’abaya et le téléphone portable, on se dit qu’il y avait peut-être d’autres urgences à traiter, non ?

    Que pensez-vous de la réponse des autorités et de la répression des mobilisations lycéennes ?

    Je pense que ce n’est pas normal d’utiliser des armes de guerre contre des manifestants, et encore moins contre des jeunes. Il y a déjà eu des blessés graves !

    La France est interpellée depuis longtemps par l’ONU, le Conseil d’État et de nombreuses organisations de défense des droits humains sur l’utilisation de ces armes. Elle est l’un des derniers pays d’Europe à utiliser des lanceurs de balles de défense, ou LBD. C’est également le cas des grenades. Ce type d’armes devrait être interdit en manifestation, tout simplement parce qu’elles ne font qu’aggraver la situation.

    Des parents se retrouvent avec des enfants qui ont eu la mâchoire arrachée, une main arrachée. Certains jeunes ont perdu la vue d’un œil… Tout cela devrait alerter les parents, qui feraient bien, selon moi, d’être dehors pour protéger leurs enfants.

    Vous aviez déjà dénoncé ces pratiques pendant le mouvement des Gilets jaunes. Voyez-vous une continuité dans la doctrine de maintien de l’ordre sous Emmanuel Macron ?

    Depuis plusieurs années, et de manière plus intense encore aujourd’hui, le gouvernement utilise les forces de l’ordre comme un bras armé.

    Pendant le mouvement des Gilets jaunes, les autorités étaient allées chercher Didier Lallement pour assurer le maintien de l’ordre à Paris. Alors qu’il avait déjà fait l’objet de critiques concernant ses pratiques violentes de maintien de l’ordre à Bordeaux, notamment de la part d’observateurs et de défenseurs des droits humains. Christophe Castaner, qui était alors ministre de l’intérieur, a également reçu la Légion d’honneur.

    Cela envoie un message très clair. Le président récompense des personnes dont les pratiques ont conduit à des mutilations lors de manifestations.

    Serez-vous présente dans la rue ce samedi 17 octobre ?

    Oui, j’y serai. Je ne sais pas encore où, mais je serai là.

  • Les lycéens font de leur angoisse face à Parcoursup une question politique

    Unanimement dénoncée pour l'incertitude et les inégalités qu'elle génère, la procédure d'affectation dans l'enseignement supérieur condense les critiques du mouvement de contestation sur la condition faite à la jeunesse.
  • « Lutter contre le sentiment que c’est perdu » : discussion sur la transition écologique entre Nathanaël Wallenhorst et Magali Reghezza-Zitt

    Nathanaël Wallenhorst et Magali Reghezza-Zitt, deux chercheurs qui viennent de proposer des exercices d'anticipation climatique, confrontent leurs perspectives sur le possible et le souhaitable, afin d'agir et sortir du marasme.
  • La face cachée de l'empire Nestlé, et 4 autres conseils de lecture

    Pizzas Buitoni contaminées, Perrier peu « naturel »… En tête de notre sélection cette semaine, une enquête du journaliste Alexandre Duyck montre que les scandales des produits Nestlé ne sont que la partie émergée de l'iceberg.
  • Tir groupé

  • Trump pauses new Russia sanctions passed by Congress amid deepening row with Ukraine

    President signed the legislation championed by late senator Lindsey Graham last month but has waived the restrictions as they were due to come into effect

    Donald Trump has put on hold a sweeping new sanctions package targeting the Russian economy, telling Congress the pause on the legislation passed by both chambers was in the national interest.

    In an executive order on Friday, the US president said he was waiving many ⁠sanctions, restrictions and duties ⁠on Russia, in a move that comes as he has been publicly criticising ⁠Ukrainian president Volodymyr Zelenskyy, including suggesting that Ukraine needs a ​new leader.

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  • Et si… Fabien Roussel remportait l'élection présidentielle ?

    La rédaction de CQFD du futur a glissé à notre insu une chronique dans ces pages. Et que ne nous apprend-elle pas ? En 2027, la gauche a raflé la présidentielle ! La gauche, oui, mais quelle gauche ? Pendant la campagne, nos doubles post-élections font durer le suspense et déroulent chaque mois les horizons possibles. Scénario un : 365 jours après avoir élu celui qui se prenait pour un camarade.

    Mathilde Meignan

    Ça avait pourtant démarré en fanfare. D'abord, Fabien Roussel s'était qualifié au deuxième tour, face à Macron, ressorti de derrière les fagots après avoir bricolé la Constitution pour s'offrir un tour de manège supplémentaire. Puis, le soir du résultat final, stupeur générale : le communiste déjoue tous les pronos. Les éditorialistes, jamais à court d'analyses, avaient expliqué « ce casse du siècle » par l'incroyable dynamique née de l'appel du candidat à « organiser des barbecues géants devant les préfectures et les ministères ! ! ! » Les babtou·es périphériques s'étaient mobilisé·es en masse, nous inclus·es, formant d'immenses chenilles humaines au son de « On va gagner ! On va gagner ! » Faut dire que la perspective d'un gouvernement Macron acte III terrifiait à peu près tout le monde. Alors le jour de l'élection de Fabien Roussel, on a tous·tes poussé des grands ouuuufs de soulagement dans une ambiance 1981… Autre temps, même social-traîtrise.

    Les premières mesures du Président-camarade nous avaient pourtant plutôt mis·es en confiance. Passé par 49-3, il était parvenu à indexer nos salaires sur l'inflation. Pour la première fois depuis longtemps, on pouvait goûter au luxe de ne plus être seulement des pauvres qui s'appauvrissent, mais des pauvres dont la pauvreté suit le cours du paquet de pâtes. Pour les plus démuni·es, le gouvernement avait même lancé une grande convention citoyenne pour la solidarité nationale. À l'issue des trois mois de débats, Fabien Roussel avait finalement retenu une mesure que personne n'avait proposée : la création d'un service public de la saucisse au porc, avec distributions quotidiennes au bureau de poste. Les Insoumis·es étaient évidemment tout de suite monté·es au créneau, exigeant une déclinaison hallal, kasher et vegan. Fabien avait fini par céder sur les deux premières revendications, mais avait bloqué sur la dernière. « Les bouffeurs de tofu n'auront qu'à manger la merde des vaches directement à l'abattoir ! » aurait-il éructé en conseil des ministres.

    Quand est-ce qu'on a vraiment réalisé qu'un truc clochait ? Sans doute au moment du vote de la loi programmatique « Tous au travail ! » par le Parlement. L'Assemblée, très majoritairement à droite, était sortie des débats, ravie des propositions faites par le gouvernement. Il s'agissait d'obliger les chômeur·euses à pointer à France travail, rebaptisé « France travail heureux » pour l'occasion. Fini l'obscène farniente affalé·es dans le canap' tout en recomptant ses centimes sur la table basse du salon ! Fini les 300 bornes d'auto-stop pour aller voir ses parents à Noël ! Chaque matin, les chômeur·euses devaient s'entasser dans le hall d'entrée de l'institution, où on leur distribuait un badge avec l'inscription : « Aujourd'hui, je choisis l'emploi ! » Les plus chanceux·ses décrochaient un poste de « contrôleur de travailleurs », nouveau métier consistant à se positionner sept heures par jour derrière quelqu'un·e qui bossait pour de vrai, afin de s'assurer qu'iel ne bosse pas pour de faux. Est-ce que c'était un vrai ou un faux boulot ? Personne ne savait vraiment le dire. Mais dans les médias, des éditorialistes s'alarmaient déjà des failles du dispositif : qui contrôlait les contrôleur·euses ? Pendant ce temps, nous, on se passait discrètement sous le manteau le Manifeste des chômeurs heureux, livre interdit depuis.

    Le problème, c'est que toutes ces mesures de plein emploi coûtaient un pognon de dingue. Le camarade Roussel avait beau avoir rétabli l'impôt sur la fortune et secouer quelques poches d'actionnaires, le trou dans les caisses était profond. Et pour ne rien arranger, l'Hôpital-du-peuple et l'École-des-petits-travailleurs continuaient de creuser le déficit public. D'un côté, le prolétariat appelait à trancher une bonne fois pour toutes la tête de la classe bourgeoise vorace et indigne. De l'autre, les propriétaires des moyens de production criaient : « L'État nous asphyxie ! », « Stop à l'État obèse ! » Coincé dans la quadrature du cercle, secoué de toute part, le camarade Roussel vacillait. C'est alors que les voix du Grand Capital lui sifflèrent à l'oreille des paroles familières : « Rembourse la dette Fabien… Aide-nous à investir Fabien… Baisse le coup du travail Fabien… La croissance te remerciera Fabien ! »

    La suite ne se raconte pas, ce n'est qu'un bis repetita des 40 dernières années… Naïf·ves certain·es espèrent encore qu'en 2032, on fera mieux. Mais la majorité du peuple de gauche respecte le strict héritage communiste de la révolution permanente. Car depuis un an, les syndicats sont dans la rue et les gens ne sont toujours pas content·es.

    Par la rédaction du futur
  • Crise grecque : « Pigasse n'a absolument pas de quoi se vanter »

    Cet été, le gentil Matthieu Pigasse a conté aux Insoumis comment il avait généreusement sauvé la Grèce. Les Grecs, eux, ne lui disent pas merci. On a refait les comptes avec l'économiste Éric Toussaint et spoiler alert : ils ne sont pas bons du tout.

    Colloghan

    Fin août, aux Amfis de La France insoumise, un échange était particulièrement attendu : celui de Matthieu Pigasse et Manuel Bompard. Comment le plus gros cerveau de l'Assemblée nationale allait-il se débrouiller pour pousser le banquier d'affaires autoproclamé « de gauche » dans ses derniers retranchements ? On s'attendait à un choc. Mais sitôt entrés en scène, les deux hommes surprennent par leur connivence. Les questions inoffensives du député laissent le millionnaire enfiler des perles pendant une heure devant une salle étonnamment bienveillante. Et si le public proteste quand ce dernier affirme s'être « fait tout seul », on a quand même l'impression d'assister à un meeting de Matthieu Pigasse plutôt qu'à un débat entre la gauche de rupture et le monde de la finance.

    L'homme d'affaires est notamment revenu sur son rôle dans la crise grecque. Sans sourciller, il assure avoir « annulé 80 % de la dette », le tout « sans aucun dommage » et « pour le peuple ». Autant vous dire qu'on a sérieusement grincé. Alors on est allés en parler avec Éric Toussaint, économiste, porte-parole du Comité pour l'abolition des dettes illégitimes, qui fut également coordinateur de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque en 2015.

    Dans une intervention que tu fais au Parlement grec en 2015, tu dis que l'endettement de la Grèce est davantage privé que public. Peux-tu revenir là-dessus dans un premier temps ?

    « Tout à fait. À l'origine, il y a d'abord une crise des banques privées grecques qui a éclaté en 2009-2010 et qui est le résultat d'années de crédits faciles accordés au secteur privé, favorisés par les grandes banques allemandes et françaises principalement – BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Dexia… En quelques années, l'accumulation de défauts de paiement fragilise fortement le système bancaire grec et place plusieurs établissements au bord de la faillite.

    En 2010, l'État grec est sommé d'intervenir pour sauver les banques. Pour ce faire, on met en place la Troïka : un trio formé par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne. Officiellement, il s'agit de “sauver” la Grèce, en réalité, la Troïka veut surtout protéger les banques françaises et allemandes des pertes qu'elles subiraient si les banques grecques étaient incapables de les rembourser.

    « Les statistiques de la dette publique grecque ont été falsifiées à la hausse pour justifier un plan de sauvetage »

    Il existait bien sûr une dette publique grecque, mais elle était de l'ordre de 100 % du PIB en 2007 avant l'éclatement de la crise financière qui a touché les États-Unis et l'Europe. En 2009, suite à la crise financière internationale, elle avait grimpé à 113 %, c'était sérieux mais pas très différent d'autres pays. Il a donc fallu dramatiser : le périmètre de calcul de la dette a été élargi à des éléments qui n'étaient pas comptabilisés jusque-là, faisant bondir le chiffre officiel à 127 %. Les statistiques de la dette publique grecque ont été falsifiées à la hausse pour justifier un plan de sauvetage. L'audit de la dette grecque l'a démontré. D'ailleurs, le responsable de l'institut de statistique a été condamné par la justice grecque pour falsification à la hausse. »

    C'est à ce moment-là que Matthieu Pigasse entre en scène. Quel a été son rôle ?

    « Il était banquier d'affaires pour le compte de la banque états-unienne Lazard. En 2010, le gouvernement socialiste de Geórgios Papandréou fait appel à lui pour le conseiller dans les négociations avec les créanciers.

    C'est là que se met en place le premier mémorandum, conclu en mai 2010. La Grèce obtient une aide de 110 milliards d'euros, mais aucune restructuration de sa dette n'est engagée. L'idée est de donner aux grandes banques françaises et allemandes un délai pour qu'elles revendent leurs titres sur le marché secondaire avant que la situation ne dégénère. Car plus la situation se dégrade, plus les titres perdent de leur valeur. La restructuration n'intervient qu'en mars 2012, soit près de deux ans après le premier plan d'aide. Or, s'il fallait vraiment “sauver la Grèce”, une restructuration avec réduction de la dette était nécessaire dès 2010. Le FMI a reconnu d'ailleurs plus tard qu'il s'agissait de donner une fenêtre de tir aux banques privées françaises et allemandes pour qu'elles puissent se débarrasser des titres grecs en les revendant à d'autres. Et Lazard, par le conseil de Matthieu Pigasse, a accompagné ce processus. »

    Lui se targue d'avoir annulé 80 % de la dette grecque. D'où sort-il ce chiffre ?

    « Littéralement de son chapeau. Le chiffre officiel, déjà discutable, est de 53,5 %. Concrètement, en 2012, environ 200 milliards d'euros de dette détenue par des créanciers privés ont officiellement été restructurés, avec une réduction de 107 milliards.

    Mais comprenez-moi bien, l'opération a été favorable au milieu d'affaires ! La plupart des grandes banques s'étaient déjà retirées, et les fonds spéculatifs ont pris le relais. Au moment de la restructuration, une obligation grecque d'une valeur de 100 euros s'échangeait sur le marché secondaire pour à peine 22 euros. Lorsque la restructuration a abouti à une décote de 53,5 %, cette créance de 100 euros s'échangeait contre une nouvelle valant 46,5 euros, plus un bonus de 22 euros. Les banques, les fonds d'investissement et les fonds vautours qui avaient acheté des titres au plus bas ont réalisé une belle plus-value ! »

    Cette opération a-t-elle été, comme l'assure Matthieu Pigasse, « sans aucune conséquence » ?

    « Bien sûr que non. Prenons le système public de retraite grec : dans le cadre du mémorandum de 2010, il avait été contraint d'acheter des titres de dette grecque plein pot, c'est-à-dire à 100 % de leur valeur. Mais au moment de la restructuration, ces obligations ont subi une forte décote de 53,5 %. Résultat : des pertes désastreuses pour les caisses de retraite s'élevant à 8,3 milliards d'euros.

    Autre cas particulièrement scandaleux : celui des travailleurs de la compagnie aérienne d'Olympic Airways. Après la privatisation puis la fermeture de l'entreprise, une partie de leurs indemnités de licenciement avait été versée sous forme de titres de dette grecque. La réduction de 53,5 % les a affectés durement.

    De manière générale, une restructuration de dette avec participation du FMI signifie toujours des réductions de salaire, des baisses de dépenses sociales, des privatisations et une diminution du financement des services publics. En Grèce, le salaire minimum légal a été amputé de 25 %, et de 30 % pour les moins de 25 ans. Le montant des retraites, de 30 %, avec suppression des treizième et quatorzième mois.

    « Pour ses désastreux conseils, Pigasse a fait empocher 25 millions d'euros à sa banque ! »

    Dans le même temps, les moyens de l'hôpital public ont été réduits et de nombreux actifs de l'État grec ont été mis en vente. À cette cure d'austérité s'est ajoutée une récession d'une violence exceptionnelle : en quelques années, l'économie grecque a perdu un quart de sa richesse.

    Pigasse n'a absolument pas de quoi se vanter. D'autant que pour ses désastreux conseils, Lazard a empoché 25 millions d'euros ! »

    En 2015, Alexis Tsipras arrive au pouvoir avec la promesse de rompre avec les politiques jusque-là imposées à la Grèce. À ce moment-là, tu défends cette ligne. Pourtant, le gouvernement finit par plier devant les créanciers. Qu'est-ce qui t'as fait perdre la bataille des idées selon toi ?

    « En 2015, lorsque Syriza arrive au pouvoir, le ministre des Finances Yánis Varoufákis a fait appel à Matthieu Pigasse. Cette fois, celui-ci n'a pas été rémunéré. Mais il faut bien comprendre comment fonctionne ce milieu : avant de décrocher un contrat, il y a souvent une phase d'approche et de pro bono.

    « J'ai été approché par un fonds détenant deux milliards d'euros de dette grecque qui voulait m'acheter des informations »

    Finalement, aucune nouvelle restructuration n'a lieu et Pigasse n'obtient pas de contrat. Mais il aura eu le temps de distiller ses conseils qui ont contribué à la capitulation de Tsipras et de Varoufákis.

    De mon côté, à la demande de la présidente du Parlement grec, j'ai agi bénévolement pour défendre une autre voie. L'objectif était de fournir au gouvernement, aux parlementaires, aux syndicats et plus largement à la société grecque des arguments permettant d'éviter la capitulation devant les créanciers.

    Le rapport de force était profondément déséquilibré. Face à nous se trouvaient de grandes institutions financières, la BCE, des créanciers et leurs conseillers (comme Pigasse). J'ai même été approché par un fonds détenant deux milliards d'euros de dette grecque qui voulait m'acheter des informations. Voilà le niveau de pression auquel on était confrontés !

    Finalement, le gouvernement n'a pas eu le courage de suspendre le paiement de cette dette illégitime et a capitulé. »

    Propos recueillis par Clément Amézieux et Gaëlle Desnos
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