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  • Belgique : Une proposition de réforme scolaire cible l'« extrême gauche »

    Une proposition portée par le MR et Les Engagés, soumise au vote du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce 8 septembre, prévoit notamment de sensibiliser les jeunes aux dangers de « l'extrême gauche ». Le texte est dénoncé par de nombreuses organisations, qui y voient une volonté d'assimiler extrême droite, gauche révolutionnaire et communisme et de faire entrer cette lecture politique dans les écoles, les organisations de jeunesse, le monde académique et associatif. Cette démarche participe plus largement à une criminalisation de la gauche révolutionnaire, notamment des militants marxistes, syndicalistes et antifascistes. Par ailleurs, de nombreux observateurs dénoncent également une réécriture de l'histoire de la Résistance, soulignant le rôle joué par les communistes dans la lutte contre le nazisme.
  • Tech : Anthropic accusée de développer des outils de surveillance prédictive

    L'entreprise étatsunienne Anthropic, créatrice de l'IA Claude, est accusée de développer, avec des sociétés spécialisées dans la « détection des risques », des outils permettant de surveiller des manifestations, d'identifier des personnes considérées comme préoccupantes et de transmettre leurs informations aux services de sécurité. Selon Contre Attaque , ces technologies pourraient contribuer à une forme de police prédictive, dans laquelle des comportements jugés suspects ou susceptibles de « s'escalader » sont signalés aux autorités avant même qu'une infraction soit commise. L'entreprise développe parallèlement ses activités liées à la sécurité nationale. Cette controverse s'inscrit dans un débat plus large sur l'utilisation de l'IA par les forces de l'ordre. Aux États-Unis comme en Europe, des systèmes analysant des données policières ou des images de vidéosurveillance sont déjà utilisés ou expérimentés pour identifier des « zones à risque » ou certains comportements.
  • Belgique : La prison de Gand sommée de réduire sa surpopulation

    Le tribunal civil de Gand ordonne à l'État belge de réduire la surpopulation de la prison de Gand, qui accueille jusqu'à 476 détenus pour 246 places. Dans un délai de six mois, le taux d'occupation devra être ramené à 110 % de la capacité réelle, sous peine d'une astreinte de 500 euros par jour et par détenu concerné, pouvant atteindre 45 millions d'euros. Cette décision fait suite à une action de l'Ordre des barreaux flamands, qui dénonce des conditions de détention inhumaines.
  • 🔥 DROGUES : CRIMINALISER OU ACCOMPAGNER ?

    PROJECTION & DISCUSSION — DROGUES, CRIMINALISATION ET RÉDUCTION DES RISQUES https://fb.me/e/4RuRs4cuj Le lundi 5 octobre à 19h00, Bruxelles Panthères vous invite dans son local, au 438 chaussée de Mons à 1070 Bruxelles, pour une projection suivie d'une discussion autour du film documentaire :« Double Peine — Criminalisation toxique des drogues » de Pierre Schonbrodt À Bruxelles, derrière les discours sécuritaires et les politiques de criminalisation, il y a des personnes qui consomment, des travailleurs sociaux, des infirmiers, des éducateurs, des intervenants de rue et des structures qui tentent chaque jour de réduire les risques et de maintenir du lien. L'ASBL Transit est au cœur de cette réalité : accueil psycho-social, hébergement, soins infirmiers, travail de rue et salle de consommation à moindre risque. Le documentaire de Pierre Schonbrodt donne la parole aux personnes directement concernées ainsi qu'aux professionnels confrontés quotidiennement aux conséquences de la politique prohibitionniste. Il interroge notamment la loi belge du 24 février 1921 et un modèle qui, depuis plus d'un siècle, continue de faire de la consommation de drogues une question pénale avant d'en faire une question sociale, sanitaire et politique. Après la projection, nous ouvrirons une discussion sur la criminalisation des drogues, la réduction des risques, la place des services de bas seuil, les politiques publiques et les effets concrets de la répression sur les personnes les plus précarisées. Avec la présence de :• Pierre Schonbrodt — réalisateur du documentaire • Kris Meurant — directeur général adjoint de l'ASBL Transit • Claire Scohier — chargée de mission et chercheuse active au sein d'Inter-Environnement Bruxelles (IEB) • Nordine Saidi — militant antiraciste, Bruxelles Panthères Une discussion qui nous permettra également de poser une question simple mais fondamentale : Que produit réellement la criminalisation des drogues ? Quand la répression marginalise, quand elle éloigne les personnes des soins et des services, quand elle transforme des problèmes sociaux en problèmes policiers et judiciaires, il est nécessaire de questionner le modèle lui-même. À Bruxelles Panthères, nous voulons ouvrir cet espace de discussion à partir des réalités vécues, des pratiques de terrain et d'une critique politique des politiques sécuritaires et carcérales. Bruxelles Panthères 438, chaussée de Mons — 1070 Bruxelles Lundi 5 octobre 2026 19h00 Projection Discussion avec les intervenants Entrée libre — venez, écoutez, débattez, partagez. Bienvenue au local de Bruxelles Panthères. https://fb.me/e/4RuRs4cuj
  • Contre la souveraineté numérique

    Sommaire Constat de dépendance Face à la dépendance numérique : « relocaliser » ? La souveraineté numérique : une proposition irréaliste Combattre la fuite en avant numérique Sobriété numérique vous dites ? Lutte contre la « life.augmented » nous répondons ! Début juin, inquiet de la puissance de calcul développée par deux IA de l'entreprise Anthropic, le gouvernement américain a imposé à cette dernière de bloquer l'accès à certains de ses programmes pour les utilisateurs qui ne sont pas citoyens des États-Unis. C'est ainsi que vendredi 12 juin , Anthropic a coupé l'accès à ses deux IA Mythos 5 et Fable 5 pour le monde entier. Inquiets à leur tour de cette situation nouvelle, dans laquelle un pays d'origine d'une IA peut décider à tout instant d'en couper l'accès, journalistes et politiques européens en arrivent tous à la même conclusion. Face à la dépendance des Européens aux technologies américaines, il faudrait développer une « souveraineté numérique », c'est-à-dire une industrie du numérique locale (semi-conducteurs, logiciels, hébergement de données). Or, cette proposition de « souveraineté numérique » qui fait consensus nous semble à la fois irréaliste – du fait de la nature mondialisée de l'industrie du numérique – et politiquement inconséquente – car elle ne remet pas en cause le modèle de développement technologique qui est précisément la cause de notre dépendance. Mieux : elle encourage la fuite en avant technologique et ses multiples nuisances. Nous refusons donc ce mot d'ordre illusoire. Constat de dépendance Commençons par le constat. C'est un fait, la France et l'Europe sont dépendantes du reste du monde pour leur accès au numérique. Dépendantes des États-Unis, bien sûr, car ceux-ci sont leaders dans le domaine des logiciels. Mais la dépendance va plus loin. En effet, le monde numérique se divise en plusieurs marchés : les logiciels, dont font partie les IA comme celles d'Anthropic ; l'hébergement de données, ces serveurs sur lesquels sont stockées les données et qui sont physiquement situés un peu partout (les données de Google sont stockées aux États-Unis, en Irlande, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, au brésil, au Chili, au Japon, en Chine…) ; la production matérielle de puces électroniques, matériau de base du numérique : pour ces semi-conducteurs, la recherche et développement (R&D) se fait principalement aux États-Unis, la production en Asie du Sud-Est (notamment à Taïwan où est concentrée 75 % de la production mondiale ) ; il faudrait encore ajouter la fabrication des machines de gravure (aux Pays-Bas avec l'entreprise monopolistique ASML), le domaine du packaging des puces (en Asie essentiellement) [1] ; le tout fondé sur l'indigne supplice de l'extraction minière disséminée aux quatre coins du globe (Amériques, Afrique, Asie…) et nécessaire à la fabrication des puces et des batteries alimentant les petits, moyens et gros objets numériques [2] . De tout cela, on déduit que la France et l'Europe ne sont pas indépendantes dans le domaine du numérique. La coupure du service par Anthropic, tout comme l'avait été en 2021 la pénurie de puces électronique pour l'industrie européenne, ne fait que révéler une situation installée depuis longtemps. Face à la dépendance numérique : « relocaliser » ? La réponse tiendrait en un mot : « relocaliser ». C'est ainsi que la majorité des politiques en appellent à mettre en œuvre la « souveraineté numérique », autrement dit à favoriser les centres de données hébergés localement (comme ceux projetés dans le nord de la France ou en Isère ), des logiciels et des IA françaises (la plus connue étant MistralAI), et à produire des semi-conducteurs en France (en particulier à Crolles, avec le projet Liberty de « méga-fab » de STMicroelectronics). Cette proposition autour de la « souveraineté numérique » est politiquement consensuelle. BFMTV décrivait ainsi « une sorte de moment de grâce politique, où tout le monde était d'accord » [3]. Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l'IA, affirmait ainsi que « la souveraineté numérique européenne est une nécessité ». Mais des propos similaires ont été tenus par quasiment tous les politiques. Citons Bruno Retailleau, Jordan Bardella, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Olivier Faure… Même chez les opposants déclarés au capitalisme, on se rengorge de « souveraineté numérique » : la France Insoumise défend dans son programme que puisque « la France ne doit pas dépendre d'autres pays et des multinationales comme les Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (GAFAM) » et « doit pouvoir prendre ses propres décisions », il faut « créer une fonderie française pour microprocesseurs ». Le Monde diplomatique n'est pas en reste, réclamant la « souveraineté numérique » et enjoignant « les gouvernements européens [à] bâtir leur propre industrie en copiant le modèle américain [4] ». La CGT, quant à elle, demande « une politique d'investissement nationale et européenne » visant en particulier « les fondements [du numérique] » et précisément STMicroelectronics (car « le problème, c'est qu'aujourd'hui nos fabricants sont en retard- [5] »). Et tous ces appels politiques, médiatiques et syndicaux de ces dernières années semblent suivis – en partie au moins – d'effets. Pendant que l'État français a promis en 2022 un soutien de 2,9 milliards d'euros à la « méga-fab » de STMicroelectronics (la fameuse « fonderie française pour microprocesseurs » réclamée par LFI), la Commission européenne vient d'annoncer un paquet législatif pour « réduire sa dépendance face aux États-Unis et à la Chine » tandis qu'Emmanuel Macron a ajouté 1,55 milliard d'argent public « pour la filière quantique et les semi-conducteurs » lors du sommet Choose France début juin 2026. De tout cela, le monde « souverainiste de gauche », anti-libéral, syndicaliste, écologiste, ne peut que se féliciter. Les uns parce que si c'est fait chez nous, c'est mieux qu'ailleurs ; les autres parce que tout cela est censé permettre de combattre les entreprises privées de la Tech et le fasciste Trump ; d'autres encore s'illusionnent sur le fait que les nuisances produites ici ne le seront pas ailleurs – c'est touchant de naïveté. Car cette proposition de « relocalisation » qui semble relever du bon sens est en réalité une impasse. Pour deux raisons : l'une pratique, l'autre politique. La souveraineté numérique : une proposition irréaliste La raison pratique tient à la nature même de l'industrie des semi-conducteurs. Comprenons bien qu'il ne s'agit pas ici de relocaliser la production de tomates, de vêtements ou de chaussures, mais une technologie industrielle d'une complexité extrême. « La fabrication de semi-conducteurs est l'activité de fabrication la plus complexe que l'on connaisse actuellement », explique l'Association européenne des entreprises de semi-conducteurs (ESIA) [6]. Quand la CGT affirme qu'« il faut maîtriser la chaîne de production de bout en bout », il est nécessaire de rappeler que les puces électroniques sont un pur produit de la mondialisation capitaliste. À la différence des tomates par exemple, elles nécessitent une division du travail extrêmement poussée : extraction de minerais, purification, conception de machines, recherche logicielle, fonderie, assemblage, tests… à l'heure actuelle, une puce électronique « made in France » fait 2,5 fois le tour du monde et franchit 80 frontières [7]. Imaginons une reprise en main autogestionnaire, socialiste et écologiste du secteur, une « programmation », une « planification » comme le réclame la CGT : peut-être pourrait-on baisser ce nombre de tours du monde à 1,5 (?), mais quoiqu'il en soit, en aucun cas une puce électronique ne peut être un bien local, issu de ressources proches, traité en circuit court, dont la chaîne de production serait maîtrisée de bout en bout et qui serait commercialisé aux seules échelles nationale ou européenne. D'une part, parce que les ressources nécessaires pour fabriquer ces matériaux aux propriétés électriques particulières que sont les semi-conducteurs ne sont pas également réparties sur la planète. Il n'y a pas besoin uniquement de silicium pour faire des puces, mais d'un nombre incalculable de minerais et métaux (cuivre, aluminium, or, étain, germanium, cobalt, mica, tungstène, indium… [8]). Les ressources indispensables à la fabrication de puces ne se cantonnent pas aux seuls minerais, on peut penser au cas de l'hélium, gaz essentiel à l'industrie microélectronique qui a été également mis en avant avec la fermeture du détroit d'Ormuz . La liste est presque infinie, on n'ira pas plus loin, mais on précisera néanmoins que ces ressources proviennent bien souvent des pays du Sud (il faut citer le cas paradigmatique du Congo, documenté par Fabien Lebrun dans Barbarie numérique [9]). Parler de « relocalisation », c'est occulter les rapports d'exploitation coloniaux nécessaires à la production du monde connecté. Que la gravure des puces ait lieu à Crolles ou à Taïwan, le coltan proviendra toujours du Congo – qui possède les deux tiers des réserves mondiales – et pas d'une carrière autogérée du Massif central. La seconde raison qui fait qu'une puce électronique ne peut pas être un bien local tient aux nécessités capitalistiques des industries numériques. Contrairement au mythe propagé par la Silicon Vallée de deux-trois petits génies bricolant dans leur garage, les entreprises qui fabriquent des semi-conducteurs nécessitent des partenariats mondiaux afin de réunir les capitaux suffisants. Pléthores d'exemples démontrent ce point. Quand STMicroelectronics annonce son agrandissement à Crolles en 2022 pour la « souveraineté numérique européenne », le projet est monté en association avec l'entreprise états-unienne GlobalFoundries, qui est censée apporter près de 60 % des fonds privés. Précisons que GlobalFoundries, domiciliée aux Îles Caïman , est détenue à 82 % par les Émirats Arabes Unis . Quand le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA) de Grenoble inaugure sa ligne de production pilote Fames pour l'innovation dans les semi-conducteurs en mars 2025, afin de « renforcer l'écosystème des semi-conducteurs en Europe et réduire les dépendances », le projet est soutenu par des acteurs du monde entier comme Intel, Meta, GlobalFoundries, Nokia… et la directrice de la recherche technologique du CEA Julie Galland rappelle que « la microélectronique se construit avec des acteurs mondiaux ». Quand 75 milliards sont investis pour des data centers dans le nord de la France, c'est une entreprise japonaise qui est à la manœuvre. Idem en Isère, où le projet de « plus grand supercalculateur d'Europe » est à l'initiative d'une entreprise basée à Dubaï avec des capitaux émiratis . Et ainsi de suite. Ces capitaux gigantesques ne sont pas optionnels. Pour l'industrie des puces électroniques, qui exige les machines-outils les plus chères de l'histoire industrielle, des centres de recherche avancés maîtrisant une technologie en complexification permanente, un complexe d'infrastructures de fabrication bien organisées et installées, etc., ces capitaux ont toujours été une nécessité vitale. Leurs montants ont depuis longtemps dépassé ce que peut investir une nation seule : il faut atteindre une masse critique. Et comme il est également nécessaire de les rentabiliser, une production de masse pour un marché d'export a toujours été une condition d'existence de l'industrie des puces électroniques. Les investissements massifs et réguliers sont d'autant plus nécessaires dans un marché en évolution très rapide qui exige de se tenir à la pointe pour ne pas être éliminé. [10] Voilà pourquoi l'échelle multinationale, l'échelle de la production planétaire, de la compétition pour accumuler les plus grands capitaux mondiaux, est la véritable échelle de l'industrie du numérique et la seule possible. Ainsi, si par « souveraineté » on entend la capacité à maîtriser la chaîne de production de bout en bout, alors « souveraineté numérique » est un oxymore. Le numérique est en effet une technologie impériale intimement liée au capitalisme mondialisé. Dans les exemple cités plus haut – et en particulier dans celui de l'agrandissement de STMicro à Crolles – ce n'est pas d'une quelconque « relocalisation » dont il s'agit, tout au plus d'une modification dans les rapports de forces inégaux dus à la maîtrise de certains segments stratégiques de la production. Parer des projets industriels de ce type d'atours anticapitalistes, vanter les progrès de l'électronique européenne comme nous émancipant des États-Unis ou de Taïwan tout en copiant leur modèle revient à propager une illusion, et à masquer le véritable problème : notre dépendance croissante à cette technologie impériale qu'est le numérique. Combattre la fuite en avant numérique Pour ne pas dépendre des puces produites par d'autres régions du monde, pour ne pas se mettre en situation de vassalité, le plus simple n'est pas de produire nos propres puces – on a d'ailleurs vu que c'était impossible – mais de sortir de la dépendance à l'infrastructure numérique. De faire d'autres choix politiques, qui rompent radicalement avec la fuite en avant technologique à l'œuvre. Les puces électroniques sont qualifiées aujourd'hui de « pétrole du XXIe siècle » pour le rôle central qu'elles jouent dans l'économie mondiale, et la dépendance au numérique de nos sociétés ne fait que croître. Face à une addiction toujours plus ancrée, et entretenue par des choix politiques, l'essentiel n'est pas de changer de dealer, mais de décrocher. Non pas produire plus de puces chez nous, mais utiliser chez nous moins de puces. Non pas « dématérialiser » toujours plus (les services publics notamment), mais refuser d'œuvrer à cette accélération. Non pas copier l'industrie américaine, mais développer un autre modèle. La revendication d'une « souveraineté numérique » perpétue l'addiction en refusant de la nommer et de la combattre, se contentant de poser la question du fournisseur de la came. La course à l'innovation n'est pas inexorable, pas plus que le fruit d'une prétendue évolution naturelle ou d'une « loi de l'Histoire ». Il s'agit d'un choix politique et d'un choix de société porté par des acteurs institutionnels. Les milliards qu'on investit dans ce domaine sont des milliards volés à d'autres secteurs : production de tomates, par exemple, ou de vêtements, de chaussures, ou autres activités agricoles, artisanales, ou relevant des services publics. Voilà des domaines où une autonomie territoriale est possible, à la différence de l'électronique. Comme nous le disons depuis trois ans, le collectif STopMicro ne prône pas une illusoire « souveraineté », mais l'autonomie. Le premier terme perpétue le fantasme de puissance propre au capitalisme industriel, renvoyant à la conquête, à la prédation, à l'impérialisme, au choc des Titans, bref : à la domination que nécessite tout pouvoir pour se maintenir. Ce n'est pas par hasard que les apôtres de la « souveraineté numérique » ne semblent guère avoir de problème avec le colonialisme induit par le numérique : la souveraineté, c'est l'autre nom du nationalisme à l'ère de la mondialisation. L'autonomie, quant à elle, nous semble esquisser une piste de sortie pour affronter les défis qui se posent à nous à l'heure de la catastrophe environnementale . Autonomie ne signifie pas autarcie, mais le fait de choisir ses dépendances et ses alliances, d'édicter ses propres normes. Elle n'implique pas non plus la dépendance à une autorité supérieure ou la conquête, c'est-à-dire qu'elle n'implique pas de rapports de domination. Elle revient à prendre en compte la limite de ce qui nous entoure, à penser l'autorégulation de nos besoins et de nos désirs, à prendre en compte la finitude des ressources [11]. C'est pourquoi nous prônons une économie de la subsistance qui laisse plus de place aux activités essentielles comme l'agriculture paysanne et l'artisanat, qui accroissent l'autonomie et la résilience des territoires. Il ne s'agit pas d'une utopie de baba cool, mais d'une nécessité vitale. C'est très concret et actuel : les exemples récents et locaux de Vencorex ou de Teisseire montrent qu'il n'est pas raisonnable de concentrer des centaines d'emplois dans des entreprises à la merci de la moindre fluctuation du marché mondial ou de décisions d'actionnaires [12]. Tout comme il n'est pas raisonnable de développer et de maintenir des industries qui sapent nos conditions d'existence en polluant les sols et les rivières ; là encore l'exemple de l'entreprise Vencorex – à présent qualifiée de « bombe à retardement chimique » par les élus – est éloquent. Sobriété numérique vous dites ? Lutte contre la « life.augmented » nous répondons ! Si l'on partage ce constat, alors on doit lutter contre le projets de connexion généralisée, contre l'utopie de la « life.augmented » (le slogan de STMicroelectronics), et contre les agrandissements d'usines de puces iséroises ; et non prôner une illusoire « relocalisation » de cette vie prétendument « augmentée ». Contre cette utopie dystopique, nous voulons établir un rapport de force politique. En effet, refuser l'accélération numérique ne peut pas se faire individuellement. S'il est louable de se passer de smartphone, de boycotter les réseaux sociaux, d'utiliser le moins possible internet, de refuser la dématérialisation des services publics, etc., rappelons que ce sont les choix politiques qui modifient les rapports sociaux et nous forcent à utiliser toutes ces nouvelles technologies. La technologie n'est pas un outil qui se greffe au monde existant : c'est le monde qui devient technologique : disparition des guichets, formations scolaires sur l'IA, imposition des compteurs Linky et des QR codes… Les plus vifs de nos lecteurs remarqueront ainsi – pour nous en faire critique – que ce texte par exemple, quoique critique du numérique, est rédigé sur un logiciel informatique et mis en circulation par Internet. Eh oui, vifs lecteurs ! Nous aussi nous vivons dans le monde numérique, dont les en-dehors ne cessent de s'amenuiser. Nous participons à cette société, à notre corps défendant. Et c'est avec les outils que nous connaissons et qui sont ceux de la majorité que nous cherchons à briser le consensus social. Au delà de l'éthique individuelle, ce que nous voulons en tant que collectif est d'influer sur les choix de société, sur une prise de conscience collective et de plaider pour un changement des rapports sociaux. Vaste programme ! En effet, refuser l'accélération numérique ne peut pas se contenter d'une « sobriété numérique », même collective. Après sa naissance militaro-industrielle, l'industrie moderne de l'informatique a été construite par le capitalisme avancé, et avant tout pour lui donner les moyens de son avancement. Le capitalisme développe en permanence les outils de production, afin de se reproduire et de croître, il ne peut pas faire de sur-place : il doit par essence innover, se développer, détruire et reconstruire, construire et re-détruire. C'est un système économique et politique maladif basé sur l'innovation permanente, la création de nouveaux marchés et de nouveaux outils de production, et de subjugation, de gestion et de contrôle de la population. Or, la façon dont le capitalisme innove aujourd'hui, c'est par le développement de l'électronique et tous les projets futuristes d'« augmentation » numériquement assistée, enrobés d'un vocabulaire publicitaire écolo, social et éthique : dématérialisation transition, relocalisation, souveraineté, responsabilité, etc. La réalité est hélas plus crue : accélération, renforcement, concentration, exploitation, domination. On l'a compris, l'innovation fait partie du capitalisme. Il n'existe pas et ne peut exister de capitalisme immobile, sobre ou décroissant, découplé de son impact matériel. Ainsi, imaginer se passer de l'électronique, en dépendre moins, faire preuve de « sobriété numérique », engager une « désescalade numérique », voire un « démantèlement numérique », tout cela sans mettre à terre le capitalisme, c'est une aberration. C'est dans cette perspective que nous luttons contre les extensions d'usines de semi-conducteurs du Grésivaudan : la question d'une Europe souveraine en puces électroniques est une aporie. Le numérique est une technologie impériale intimement liée au capitalisme mondialisé et aux rapports coloniaux. Sortir du capitalisme implique de remettre en cause le développement du numérique, tout comme combattre la « life.augmented » implique de remettre en cause le capitalisme. Il n'y a pas de demi-mesure. La lutte contre l'industrie numérique ne connaît pas de frontières. Ne nous laissons pas avoir par les mots d'ordre des politiciens réformistes et idolâtres du Progrès ! No puçaran ! Buvez de l'eau ! Collectif STopMicro, sous la canicule, juillet 2026 Voir en ligne : Contre la « souveraineté numérique » [1] Nous avons détaillé ces deux sujets dans des chapitres de notre livre récemment paru : Anatomie d'une puce, Le monde à l'envers, 2026. [2] Sur ce dernier point, lire Fabien Lebrun, Barbarie numérique, L'échappée, 2024 et Celia Izoard, La ruée minière au XXIe siècle, Seuil, 2024. [3] Raphaël Legendre, éditorialiste, BFMTV, 15/06/2026 https://www.youtube.com/watch?v=AD_BDrwnYqs [4] Robin Lambert, « Souveraineté numérique, le jour d'après », Le monde diplomatique, avril 2026, https://www.monde-diplomatique.fr/2026/04/LAMBERT/69457 [5] Sylvain Delaître, représentant CGT au comité stratégique de la filière sécurité (CSF) du Conseil national de l'industrie, La vie ouvrière, mai 2026, https://nvo.fr/sylvain-delaitre-les-cyberattaques-prolongent-les-conflits-qui-ont-lieu-dans-la-vraie-vie/ [6] https://www.eusemiconductors.eu/sites/default/files/Leaflet%20digital.pdf , cité par Celia Izoard, dans Anatomie d'une puce. [7] https://www.eusemiconductors.eu/sites/default/files/Leaflet%20digital.pdf , cité par Celia Izoard, dans Anatomie d'une puce, op. cit. [8] Nous détaillons la liste de minerais et métaux qu'utilise le site STMicroelectronics de Crolles dans Anatomie d'une puce, op. cit. [9] Fabien Lebrun, Barbarie numérique, L'échappée, 2024. [10] Voir à ce propos Chris Miller, La guerre des semi-conducteurs, 2022. [11] Aurélien Berlan, Terre et Liberté. La quête d'autonomie contre le fantasme de délivrance, La lenteur, 2021. [12] Pour rappel : Vencorex (propriété d'un groupe thaïlandais repris par la filiale hongroise d'un groupe chinois) a supprimé 400 emplois à Jarrie en 2024, Teisseire (racheté par un groupe danois) 200 cette année à Crolles, dans les deux cas pour des raisons boursières. Cela laisse songeur quand on pense aux 6 000 emplois pourvus par STMicroelectronics en Isère, qui se cumulent avec les 1600 de sa voisine Soitec. A lire : Anatomie d'une puce, livre collectif sous la direction de STopMicro. Éditions Le monde à l'envers, 2026.
  • Roblox veut s’affranchir de l’application et d’Internet pour jouer

    Roblox prépare une petite révolution pour sa plateforme. D’ici la fin de 2026, certains jeux pourront être lancés directement depuis un navigateur sans installer l’application. Et à partir de 2027, certains pourront même fonctionner hors ligne. Une évolution qui pourrait changer la manière dont on accède aux nombreux jeux de la plateforme.

  • Propaganda Fest Liège - Lancement du fanzine Conquérir Liège

    En Wallonie c'est 4 Milliard d'euros qui sont transférés des plus pauvres au plus riches par le loyer privé. Le loyer moyen à augmenté de 25% en Wallonie entre 2010 et 2020. Aujourd'hui il coute 888€ par mois en moyenne. 3/4 des menages allouent entre 25 et 35% de leurs revenus au loyer. Dans le bassin liégeois c'est plus de 2000 personnes qui sont en situation de sans-abrisme ou de sans chez-soi en 2026. Près de 20% sont des enfants. Plus de 1000 logements sont laissés inoccupés rien que dans la ville de Liège. Pour une approche sensible de l'état de la ville de Liège check notre Fanzine
  • La relance de l'anti-nucléaire

    Le collectif Microfissures vous invite à une présentation de l'actu belge du nucléaire civil, suivi d'un moment de fabrication de pancartes et banderoles. De 18h30 à 19h15 : les actus sur la relance de la production et le projet d'enfouissement des déchets radioactifs à Mol. Le gouvernement s'est donné jusqu'au 1er octobre pour prendre une décision sur le rachat des réacteurs : de quoi parlent-ils ? A partir de 19h30, nous préparerons des pancartes pour la marche climat du 11 octobre. En tant que collectif antinucléaire et anticapitaliste, nous voulons nous faire entendre et ne pas laisser le discours pro-nucléaire s'installer. Le nucléaire est un désastre écologique permanent. Il est colonial, exploitant, impérialiste et dangereux. Ouverture des portes à 18h Lieu a confirmer :) On aura du matériel pour les pancartes et banderoles. Microfissures est un collectif antinucléaire bruxellois qui s'est constitué autour de l'élaboration de la brochure du même nom. Le collectif s'inscrit dans les luttes anticapitalistes et anarchistes. Nous souhaitons faire connaître l'histoire (coloniale) de la nucléarisation de la Belgique, la présence (radioactive) sur tout le territoire des installations et des déchets ; et les enjeux (désastreux) de sa prolongation.
  • P'tit dej. solidaire + accueil

    Tous les vendredis de 10 à 13h GRATUIT thé / café / petit déjeuner / soupe chargeurs de téléphone ordinateur / imprimante WC (pas de douche) kits hygiène plein de lecture sur place (merci la B.O.U.M) L'idée du « Petit-déjeuner solidaire + accueil », née dans un centre social autogéré du centre-ville de Bruxelles, était de créer un moment d'accueil et de repos pour les personnes vivant dans la rue ou en situation de précarité matérielle. À Bruxelles, il existe de nombreux endroits où trouver de la nourriture, des kits d'hygiène, des vêtements, etc. Cependant, on y trouve souvent des conditions d'accès assez restrictives ainsi que des attitudes qui peuvent être sympas, mais aussi paternalistes et caritatives. Nous avions envie de créer un lieu d'accueil autogéré, qui ne suive pas cette logique, mais où nous nous rencontrons sur un pied d'égalité. Après l'expulsion du centre social, le « P'tit déj. solidaire » s'est installé au Boom Café et s'est développé au fur et à mesure. Grâce à des maraudes régulières et à des contacts avec les structures sociales voisines, nous faisons connaître notre initiative, qui repose d'une part sur une gratuité inconditionnelle et d'autre part sur un moment de convivialité. On y discute et on y chante, mais on y est aussi en toute tranquillité. Tout le monde est le bienvenu.es. Et l'équipe a toujours besoin de renfort. Tu peux venir sur place pour discuter avec les gens, aider à la préparation et au rangement, apporter la récup, marauder dans les rues pour passer l'info aux personnes qui y vivent, ou apporter ta propre initiative. Viens nous voir !
  • Poussières de verre - geste de mémoire autour des féminicides

    Le projet « Poussières de verre » est un espace de deuil collectif en ville qui permet de visibiliser, de soigner et de rendre justice par l'art à travers un vitrail conçu avec l'aide de Lior de Pape et d'une pièce radiophonique. Des dessins issus de collages créés par des personnes proches de victimes de féminicides seront repris en bordure du vitrail. Ces collages naîtront d'un atelier animé par l'artiste pluridisciplinaire Fen Touchemoulin (aussi connue sous le nom de Cheval Metal Tattoos). Iel imagine des manières de réparer nos liens brisés, au monde et à soi, en créant des connexions entre mondes organiques, imaginaires et réels. Iel invite à questionner et repenser nos manières de relationner avec les autres êtres humains et non humains, dans un présent et un futur troubles. Les participant.es sont invité.es à découper des images, des textes, des couleurs, et à les assembler. Un coin radio sera aussi disponible pour s'enregistrer ! Ce sera l'occasion pour les participant.es de se rencontrer et d'échanger autour de leurs expériences de deuil et de résistances. L'atelier aura lieu à la bibliothèque du Botanique, Rue Royale 236, 1210 Saint-Josse-ten-Noode le 26 sept. 2026, 13:00 – 16:30 Les inscriptions se font via le site des Journées du Matrimoine Cet atelier est destiné aux proches de personnes victimes de féminicides*. L'inauguration du vitrail aura lieu le 24 novembre 2026 à partir de 18h dans les serres du jardin Botanique, Rue Royale 236, 1210 Saint-Josse-ten-Noode *féminicides intimes et non-intimes, transféminicides, féminicides politiques, féminicides systémiques, féminicides de masse, féminicides génocidaires, féminicides indirects
  • Trump personality cult alive and well in Dallas – will it power Republican midterm success?

    President the star of the show at two-day convention, but party’s plan to treat November elections as referendum on Trump himself poses grave risks

    “We’re going to have a good time listening to music,” Donald Trump told thousands of supporters in downtown Dallas before handing the mic to an opera singer, “because I’m getting a little bit tired of politics now.”

    Millions of Americans seem tired of politics after a decade dominated by Trump. So the US president’s decision to close out this week’s first ever Republican midterm convention with a plea – treat November’s congressional elections as a referendum on Trump himself – was received by his Democratic opponents with glee.

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  • Tensions simmer on US-Canada border for two towns relying on each other

    Canadians ‘angry’ at Trump for suggesting Canada should become 51st state, says mayor, as US businesses see sales fall amid trade war

    Like many Canadians, Tom Reid isn’t crossing the US-Canada border as often these days. But he needed a haircut.

    The woman who cuts his hair lives in International Falls, Minnesota – her “sister is married to my wife’s cousin”, he explained – and so Reid, whose duty free shop in Fort Frances, Ontario, has to travel to her.

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  • En Suède, les activistes du climat restent mobilisés malgré un horizon politique inquiétant

    À la veille d’un scrutin décisif pour le pays et à l’issue d’une mandature gâchée du point de vue écologique, «Mediapart» est allé à la rencontre de plusieurs générations de militants pour le climat. Défiants envers la scène politique, ils se réjouissent de retrouver des capacités de mobilisation.
  • Élections en Suède: droite et extrême droite jouent leur maintien au pouvoir

    Dimanche 13 septembre, le Parlement de Stockholm sera entièrement renouvelé. Rejetés dans l’opposition il y a quatre ans, les sociaux-démocrates plaident pour l’alternance. Sans clarifier le type de coalition qu’ils formeraient, ni porter un agenda véritablement transformateur.
  • Apple ouvre les précommandes des iPhone 18 Pro et Pro Max aujourd’hui : où les trouver au meilleur prix ?

    Les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max sont disponibles en précommande aujourd'hui, et ils coûtent bien plus cher cette année. Numerama vous aide à suivre ce lancement avec une sélection de toutes les offres régulièrement mise à jour.

  • What can halt Fifa’s authoritarian turn under Infantino? Change from the outside | Jules Boykoff

    The World Cup and its aftermath made clear that Fifa needs independent oversight by governments and NGOs dedicated to preserving the people’s game

    The 2026 World Cup was a whirling swirl of scintillating soccer that prompted much-needed conversations about the vitality of diaspora, the fortitude of the underdog, the power of sport. In a world fractured along myriad cultural axes floating in an entertainment system dominated by on-demand content, the tournament provided a moment, perhaps unlike any other event, that brought together people from different backgrounds to simultaneously experience something meaningful.

    After the tournament concluded, Fifa president Gianni Infantino dropped a political pipebomb into the after-party, proposing to privatize the World Cup by injecting $20bn in private capital, with an assist from JP Morgan and Thrive Capital, the investment vehicle orchestrated by Joshua Kushner, brother to Jared Kushner, Donald Trump’s son-in-law.

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  • [Nancy] Où voudriez-vous enlever de la pub ?

    Partagez-nous l'emplacement d'un dispositif publicitaire que vous aimeriez voir disparaître !

    Peut-être êtes-vous agacé⋅es 😡 par la pub dans l'espace publique, ou visible depuis l'espace publique, ou même depuis des espaces privés ?

    À l'approche du vote au conseil communautaire de la Métropole du Grand Nancy, pour entériner le projet de RLPi, largement assoupli au bénéfice des pro-pubs (voir notre billet récent à ce sujet), on aimerait montrer que la parole anti-pub est bien présente dans le Grand Nancy.

    Si vous êtes plutôt fervent⋅e d'un cadre de vie moins envahi par la pub, partagez-nous où se trouve LE panneau (ou dispositif) publicitaire que vous aimeriez le plus voir être retiré dans le cadre du nouveau RLPi (Règlement Local de Publicité intercommunal) de la Métropole du Grand Nancy. 📍

    👉📝 https://beta.framaforms.org/panneau-pub-a-enlever

    Et s'il y a plus d'un panneau que vous aimeriez voir retiré, remplissez plusieurs fois le formulaire 😉

    Nous préparerons une carte interactive 🗺️ (https://nancy.antipub.org/no-pub/) reprenant les emplacements de toutes les contributions, et pour chacun, le commentaire associé.
    (La carte n'est pas actualisée en temps réel, c'est normal si votre contribution met plusieurs heures pour y figurer ;)

    Merci beaucoup pour votre participation, et n'hésitez pas à faire circuler le plus largement possible.

  • La justice ouvre une enquête sur le site Sexemodel, qui facilite la prostitution des mineures

    Un an après les révélations de «Mediapart», le parquet de Paris a ouvert une enquête visant notamment à obtenir la fermeture de la plus grosse plateforme française de prostitution, contrôlée par un richissime cyberproxénète suisse, accusé de favoriser la traite de jeunes filles mineures.
  • «On a fait toute notre vie ici»: la surprise et l’inquiétude des «gens du voyage» installés sur le futur parc Dragon Ball

    Des centaines de personnes vivent sur le terrain choisi pour le projet de parc d’attractions porté par Emmanuel Macron et l’Arabie saoudite. Les autorités assurent que la communauté, qui a passé neuf ans sur ce site devenu «presque un village», va être relocalisée au sein de l’agglomération.
  • [Charleville-Mézières] Manif contre le permis de tuer

    Rendez-vous dimanche 20 septembre à 11h, départ du Marché de la Ronde Couture.

  • Trump says he would ‘love’ to see unified Ireland and ‘it may as well happen now’ as he visits Dublin – as it happened

    This blog is now closed, you can read more on this story here:

    Reuters has issued a series of alerts on Trump’s latest comments (he is currently meeting with Micheál Martin). Here is what the news agency has reported:

    On Iran: War will end very soon.

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  • [Charleville-Mézières] De la cage à l'abattoir

    LIBEREZ-LES TOUSTES !

    Le philosophe, Mickaël Labbé (De la cage à l'abattoir (Ed. Payot), spécialiste de l'architecture urbaine et très engagé dans la défense de la cause animale dresse ici un constat terrible. Si nous abattons dans le monde chaque année près de 2000 milliards d'animaux (oui vous avez bien lu), cela ne peut se faire qu'à travers l'invisibilisation de cette tuerie de masse, invisibilisation rendue possible par un morcellement de l'espace entre les humains et l'industrie de la viande. Il nous montrera comment démanteler cette architecture, fissurer cet ordre spatial et réinventer de nouveaux espaces permettant des relations plus justes entre les humains et les autres animaux.

    Un collectif antispéciste vient de se créer récemment dans les Ardennes, iels en profiteront pour le présenter. Il y aura également de délicieux cookies vegan à vendre en soutien au refuge Josette et les petites bêtes.

    Chez Josette
    Jeudi 17 septembre
    À partir de 19 h
    5 rue de l'Arquebuse,
    Charleville-Mézières

  • IA et autoritarisme : un avenir inquiétant pour la justice

    Découvrez le dernier volet de la série documentaire en 6 épisodes, à retrouver en intégralité sur Blast. La soif de justice est immense, mais l’ignorance de ce que font réellement les magistrat·es l’est tout autant. Ce documentaire leur donne le temps de…
  • Au Chili, réunion de l’Internationale réactionnaire pour «lutter contre le wokisme, le progressisme et le communisme»

    Ce jeudi 3 septembre, la capitale du Chili ressemblait à un musée des horreurs pour la cinquième édition des rencontres du «forum de Madrid».

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  • [Nancy] Orage de septembre – agenda de la rentrée

    Orage

    Un joli poster, à afficher sur le frigo, ou à avoir dans la poche, pour connaître tous les rendez-vous où se retrouver, autour d'un ballon, d'un livre, d'un café, d'une discussion…

    Version papier à récupérer au Geyser, à Ancrage ou en manif !

    Pour y apparaître, envoyez vos évènements avant le 20 du mois à : orage@autistici.org, nouvelle adresse le mois prochain !

    On cherche des illustrations !

    Collage, linogravure, crayon, … tous les outils sont permis. Pas de thème particulier, mais un format A3, monochrome, bien contrasté, qui sera imprimé en riso.

    On cherche des personnes pour nous aider à distribuer !

    Pour partager et distribuer Orage autour de vous, dans vos collectifs, envoyez nous un mail, on verra ensemble comment vous faire parvenir des exemplaires.

    On cherche du papier !

    Tu peux chourrer du papier A3 au taf, ou ailleurs ? On prend !
    Orage est distribué gratuitement. Ses coûts ne sont pas énormes, mais quand même. Du papier A3, de l'encre, des masters, l'entretien des machines… Nous filer du papier c'est une super façon de nous aider !
    À déposer à Ancrage (48 rue Vayringe), ou au Geyser ouvert les jeudis après-midi à partir de 15h (11 Grande rue, au fond de la cour)

  • Insolite : le maire RN de Carcassonne fait murer un squat… mais se trompe d’adresse

    On entend trop parler de Carcassonne depuis que la ville de 50.000 habitants est tombée entre les mains du Rassemblement National.

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  • [Nancy] Marche contre la loi permis de tuer - Stop aux violences d'état

    Le collectif SAVE (Stop Aux Violences d'État) appelle à un rassemblement, partout en France, le dimanche 20 septembre 2026 à 15h.
    À Nancy ce sera devant la Cité Judiciaire, dans le cadre d'une mobilisation simultanée dans toute la France.

    Nous nous opposons à la proposition de loi instaurant une présomption d'usage légitime de l'arme pour les forces de l'ordre (article L.435-1 du code pénal), surnommée "permis de tuer". Ce texte renverse la charge de la preuve, rend impossible toute mise en garde à vue d'un agent en service, et prive les victimes et leurs familles de tout recours effectif.

    Depuis la loi Cazeneuve de 2017, le nombre de personnes tuées par des tirs policiers a considérablement augmenté. Cette nouvelle proposition de loi aggraverait encore une situation déjà dénoncée par les instances internationales des droits humains.

    Nous exigeons l'abandon de ce texte et une justice réelle pour toutes les victimes de violences d'État.

    SAVE — Stop Aux Violences d'État

  • Turquie, Chine : fuite en avant technopolicière

    Les classiques de la littérature SF semblent poussiéreux et dépassés par les nouveaux engins techno-policiers.

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  • Atelier de yoga trauma-informé en non-mixité — TWS

    Quand ?
    Le 19 septembre à 12h30

    Où ?
    MVAC 13e arrondissement 31, rue Bobillot, 75013, Paris

    L'association The Witches' Society propose un atelier gratuit de yoga trauma-informé, en non-mixité pour les femmes et minorités de genre.

    Animée par une psychologue et professeure de yoga certifiée, cette séance en petit groupe privilégie l'écoute du corps, sans recherche de performance. Chaque personne est libre d'adapter les postures, de faire des pauses ou de quitter la salle sans se justifier. Aucun niveau requis.

    Samedi 19 septembre 2026, de 12h30 à 13h45
    Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 13e
    31, rue Bobillot
    75013 Paris

    Gratuit, sur inscription obligatoire

  • Atelier d'art exutoire. Le mode d'emploi à moi-même

    Quand ?
    Le 23 septembre de 18h30 à 20h30

    Où ?
    MVAC 11e arrondissement 8, rue du Général Renault, 75011, Paris

    L'association The Witches' Society propose un atelier gratuit d'art exutoire animé par Cécile, art-thérapeute, en non-mixité pour les femmes et minorités de genre.

    Sur le thème « Le mode d'emploi à moi-même », cet atelier invite à créer pour exprimer ce qui nous traverse, explorer nos besoins et prendre un temps pour soi. Il offre une autre manière de s'exprimer que par les mots, sans niveau artistique requis. Les fournitures sont mises à disposition.

    Ce rendez-vous s'inscrit dans les espaces de soutien proposés par TWS aux personnes ayant vécu des violences sexistes et sexuelles. Le cadre repose sur le respect des vécus et des identités de genre, le non-jugement, la confidentialité, l'absence de conseils non sollicités et la liberté de parole comme de silence.

    Mercredi 23 septembre 2026, de 18h30 à 20h30.
    Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 11e arrondissement
    8, rue du Général Renault
    75011 Paris.

    Gratuit, sur inscription obligatoire

  • Cette semaine : 1 nouvelle famille avec 3 enfants expulsée laissé à la rue…

    Cette semaine : 1 nouvelle famille avec 3 enfants expulsée laissé à la rue , 3 nouvelles expulsions de famille annoncées=> ne laissons pas faire, plus de 10 familles avec des enfants, des bébés, des femmes enceintes (…) sont à la rue sur saint-nazaire sans hébergement d’urgence !!

    Rendez-vous ce samedi 11h place du dragon à saint-nazaire !
    Ensemble soyons solidaires et présent.e.s pour soutenir les familles !!!

  • [Nantes] Gilets jaunes : rassemblement prefecture

    A l’initiative de la coordination des Gilets Jaunes 44, rassemblement devant la Préfecture pour exiger des mesures gouvernementales sur les prix des carburants, de l’énergie et de l’alimentation. On (c’est-à-dire l’appareil politico-médiatique bourgeois) nous dit que les caisses sont vides. Les caisses des milliardaires  et multi-millionnaires qui échappent à l’impôt n’ont jamais été aussi débordantes. Toute situation socio-économique est le résultat de choix politiques. Elle n’est jamais une fatalité. Naturellement, si nous sommes trop nombreux, les ronds-points de la région le sont également :) Faisons de cette journée un nouveau point de départ !

  • Rencontre autour du livre Jargon libre : Hellyette Bess, des archives, des récits, des gestes (Éditions Terres de Feu., 2026)

    Présentation et discussion autour de l'ouvrage retraçant le parcours de la militante anarchiste Hellyette Bess et l'histoire de sa bibliothèque d'archives révolutionnaires « Le Jargon libre » samedi 26 septembre à 17h à la librairie Le Monte-en-l'air (Paris 20e), en présence d'Hellyette Bess.

    Jargon libre retrace le parcours d'Hellyette Bess, militante anarchiste et l'histoire de sa bibliothèque de consultation de livres et d'archives révolutionnaires dans le quartier de Ménilmontant.
    Aujourd'hui fermé, ce lieu a été un pilier de la mémoire des luttes et un espace unique de transmission. Plus qu'une simple bibliothèque, Le Jargon libre incarnait une pratique politique : celle de conserver et transmettre nos propres traces, sans dépendre des institutions.

    À travers le parcours d'Hellyette Bess, nous explorerons ce que signifie faire vivre la mémoire libertaire au quotidien — non pas comme un fétiche du passé, mais comme un outil pour nourrir les luttes d'aujourd'hui.

  • Clôture de la rencontre Arts, Résistances et Rébellions au Caracol Jacinto Canek, Chiapas

    Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.

    Textes et photos par : Alexis & Piankov
    Traduction de l'espagnol : Claudio

    Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.

    Durant toute la rencontre, et jusqu'à sa clôture, ont eu lieu des performances musicales, de la poésie et de la prose, tant de la part des zapatistes eux-mêmes que des participants extérieurs. Les ateliers furent variés : impressions de sérigraphie sur t-shirt ou papier, auto-défense féminine, marches en territoire zapatiste pour explorer la biodiversité et les paysages volcaniques caractéristiques des montagnes du sud-est mexicain, entre autres.

    Sur la scène centrale s'est tenue la représentation d'un groupe de jeunes zapatistes autour de la pièce « Le commun et le jour d'après », qui renoue avec les principes d'une vie harmonieuse entre les membres d'une communauté et la nature, à travers l'organisation. Avec une emphase sur l'abolition des violences patriarcales, de la propriété privée et des vieux travers de l'ancienne société. Se sont cultivés le partage, la solidarité et l'empathie en faveur d'une vie commune pour éliminer le système capitaliste.

    Cette œuvre nous invite à réfléchir sur les jours à venir, sur la force et l'organisation que nous devons avoir pour ne pas permettre au capitalisme de ressurgir. Car nous savons que, comme une maladie, il sera latent pendant plusieurs années, à nous guetter ; et que sûrement les survivants qui n'auront pas commencé tout de suite à s'organiser autrement reproduiront les mêmes logiques qu'auparavant, simplement car il n'auront pas su faire autrement. Mais il nous faut etre plus fort et astucieux. D'où l'importance de réaliser de telles rencontres, qui nous permettent de continuer à nous confronter à d'autres réalités, d'échanger des connaissances et de maintenir vivant l'espoir.

    En plus de la pièce et de la force d'organisation que nous ont démontrés nos camarades zapatistes lors de cette rencontre, ils nous ont laissé dans le cœur leur grande générosité et un exemple pour faire les choses différemment. Les soirées à danser, les journées radieuses avec les enfants jouant et illuminant tout sur leur passage. Des mères, des pères, et toute une communauté prenant soin collectivement les uns des autres. Femmes et hommes jouant au basket, aux échecs, échangeant des blagues avec les étrangers. Cette rencontre nous aura laissé la montagne et la pleine lune dans les bras, la nourriture, la nature, et au loin le Winikton (l'homme de pierre) observant nos pas.

    Sans aucun doute, tout ceci a constitué un espace de formation à travers la culture. Des anciens combattants chantant sur la prise de San Cristobal jusqu'au jeunes poètes chantant à la liberté, les expressions artistiques ont appuyé le fait que les luttes en commun pour les communs sont des outils pour sauver ce qui nous reste d'humanité et arriver au jour d'après.

    Finalement, lors de la clôture de l'évènement, le sous-commandant Moisés a insisté sur la nécessité de nous organiser chacun sur son territoire, de faire du « buen vivir » (du « bon vivre ** ») un art - que le système capitaliste nous a dénié -, de l'importance de partager les savoirs, de la convergence de nos actions, et surtout de la persévérance dans cette lutte qui avance lentement mais sûrement.

    *Les personnes disparues au Mexique constituent un phénomène massif, en lien avec la violence du crime organisé.
    https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique

    ** Le « Buen Vivir », ou « Lekil Kaltik » en maya Tseltal, est la pratique quotidienne de l'autonomie politique, communautaire et anticapitaliste chez les zapatistes.

    Traduction du texte espagnol publié dans « Noticias de Abajo » par Alexis & Piankov :
    https://noticias.deabajo.abyaya.la/2026/08/31/ezln-cierre-artes/

    Galerie photos :
    https://archive.org/details/Fotos-ez-cierra/

    Discours de clôture du sous-commandant Moisés :

    Lecture Cierre por el Subcomandante Insurgente Moises, Resignarte u Organizarte 30/08/2026
    par Hijos de la Tierra
    https://www.youtube.com/watch?v=zcRXhZM1HhI
  • Patrick Weil : « Il faut un ministère de l’Immigration de plein exercice pour en gérer toutes les dimensions »

    L’approche strictement policière de l’immigration a été contre-productive, estime l’historien. Il vaut mieux mener des politiques rationnelles et, contre l’extrême droite, revaloriser l’histoire politique de la France.
  • « Kroak, kroak » : comment déchiffrer le langage des oiseaux nocturnes

    « Ti-di-di », « kroak, kroak »... Et si l'on profitait des nuits pour écouter les oiseaux ? Fermons les yeux, glissons l'oreille, branchons la parabole et épluchons les sonagrammes !
    Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
    La première fois que j'ai pris conscience de la migration nocturne, cela remonte à l'adolescence. C'était lors d'une des innombrables nuits à la belle entre amis ou en famille. Un chant de caille qui se déplaçait parmi les étoiles ! « Plus (…)

    Lire la suite - Reportage / Animaux
  • Ni eau, ni frigo, ni WC : le dur quotidien de ces bergers dans des cabanes insalubres

    Dans les Alpes, des bergers se battent pour loger dans des cabanes décentes. Encore faut-il que les éleveurs qui les emploient et les propriétaires des lieux soient partants pour se lancer dans de coûteuses rénovations.
    Saint-Paul-sur-Ubaye et Thorame-Basse (Alpes-de-Haute-Provence), reportage
    « J'ai hâte de déménager », glisse Gaston en ouvrant la porte de la cabane qu'il occupe depuis le début du mois de juillet. La fin du mois approche et de l'extérieur, le cadre est idyllique : la (…)

    Lire la suite - Reportage / Agriculture , Social
  • Les échecs de la « démocratisation culturelle », un prétexte pour moins financer la culture

    Au motif qu’elles ne bénéficieraient qu’à une élite, les subventions culturelles font l’objet de critiques et de coupes. Pourtant, les politiques culturelles ont un impact sur une large part de la population.
  • «C’est frappant d’entendre si peu d’alouettes» : dans les jumelles d’un ornithologue à l’heure du déclin des oiseaux

    Ornithologue et chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, Grégoire Loïs compte depuis cinq ans les oiseaux sur un secteur des Yvelines. © Esteban Grépinet/Vert

    Guiperreux (Yvelines), fin avril, quelques semaines avant que le pays bascule dans un été caniculaire. Il est sept heures du matin, le soleil est levé depuis moins d’une heure et dépose timidement ses rayons sur la cime des plus grands arbres. À la lisière d’un bosquet encore humide de rosée, le chant lancinant du merle noir réchauffe l’atmosphère. Il est rapidement rejoint par les notes saccadées du pouillot véloce, petit oiseau verdâtre qui passe sa vie dans les frondaisons. Soudain, le cri nasillard d’un faisan de Colchide retentit au loin.

    Au milieu de ce concert matinal, Grégoire Loïs se tient debout, l’oreille alerte. Jumelles autour du cou et carnet en main, le cinquantenaire griffonne énergiquement le nom de chaque espèce vue ou entendue. Récoltées en suivant un protocole méticuleux, ses observations alimenteront – avec celles de centaines d’autres ornithologues dans toute la France – la précieuse base de données du Suivi temporel des oiseaux communs (le «Stoc»).

    Réalisé chaque printemps depuis 1989, ce comptage permet aux scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) d’estimer l’évolution de l’abondance des différentes espèces à plumes au cours du temps. Le dernier bilan en date, publié en 2021 avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), est sans appel : les oiseaux des villes et des campagnes françaises ont décliné de près de 30% en trente ans.

    «Des gagnants et des perdants»

    «La première fois que nous avons établi une tendance moyenne pour toutes les espèces, nous ne nous attendions pas à voir un tel déclin, se souvient Grégoire Loïs, lui-même chercheur au MNHN, en charge des sciences participatives. Il y a des gagnants et des perdants chez les oiseaux, mais nous ne pensions pas avoir autant de perdants.» Passionné d’ornithologie depuis sa plus tendre enfance, ce natif des Yvelines a vu de ses propres yeux la disparition de plusieurs espèces emblématiques de sa campagne. Vert a suivi le scientifique sur les dix points d’écoute qu’il couvre chaque printemps depuis cinq ans.

    Le «Stoc», un comptage robuste pour suivre l’état des populations d’oiseaux en France

    Le Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc) est l’un des plus anciens comptages naturalistes en France. Plusieurs centaines d’ornithologues y participent chaque année depuis 1989. Chacun se voit attribuer un carré de deux kilomètres de côté tiré au sort à proximité d’un lieu de préférence. À l’intérieur, dix points de comptage sont répartis en tenant compte de la diversité des écosystèmes présents (villages, forêts, rivières…).

    Trois passages doivent être effectués en mars, avril et mai. À chaque point d’écoute, les ornithologues notent la totalité des espèces entendues ou vues en l’espace de cinq minutes, chronomètre en main. Les comptages sont effectués chaque printemps, si possible aux mêmes jours et dans les mêmes conditions météorologiques que les années passées.

    Les données remontées par chaque naturaliste sont ensuite collectées, vérifiées et analysées par des scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle, qui établissent des tendances sur le temps long pour chaque espèce et groupe d’espèces.

    Voir tout

    «Vu le milieu, il devrait y avoir au moins trois rossignols, s’étonne-t-il en pointant du doigt une friche. Quand j’étais gamin, il y en avait partout.» Difficile à observer dans les broussailles dans lesquelles il se terre, le rossignol philomèle est pourtant impossible à manquer lors d’un comptage : il passe ses journées (et même ses nuits !) à chanter, recouvrant même les gazouillis des autres espèces. Si ses populations restent stables ces deux dernières décennies à l’échelle nationale, l’oiseau a vraisemblablement disparu de la zone suivie par l’ornithologue.

    Un peu plus loin, en se rapprochant des habitations, le comptage réserve des surprises plus réjouissantes. Le naturaliste observe de plus en plus de verdiers d’Europe. Une bonne nouvelle pour ce petit passereau habitué des mangeoires : ses populations s’effondrent ces dernières années à cause d’une épidémie de trichomonose, une maladie parasitaire qui touche les voies digestives. En vingt-cinq ans, l’oiseau a perdu près de 70% de ses effectifs au niveau national.

    Le long du parcours, les chants d’alouettes se font timidement entendre. © Esteban Grépinet/Vert

    Le long du chemin, mésanges, pinsons, grives et autres oiseaux très communs se font régulièrement entendre. Ces espèces dites «généralistes», qui peuvent aussi bien vivre en ville qu’à la campagne ou en montagne, sont les seules à connaître une dynamique positive. Le pigeon ramier, reconnaissable à son vol lourd et sa bande blanche sur le cou, en est un cas emblématique : sa population a plus que doublé en vingt-cinq ans.

    Les alouettes ne sont plus à la fête

    À l’inverse, la situation des oiseaux «spécialistes» est plus inquiétante : ceux des milieux agricoles (perdrix, bruants…) ont décliné de 30% en trente ans, et ceux des milieux forestiers (pics, troglodytes…) de 10%. Même les espèces des zones bâties sont en difficulté, avec une chute de 28% depuis 1989. Oiseaux emblématiques des campagnes, qui nichent dans les granges et les garages, les hirondelles rustiques ont vu leurs populations s’effondrer de trois quarts en Île-de-France (notre article).

    «Il est très rare d’être surpris par une espèce. Chaque année, ce sont plutôt les absents qui m’étonnent.»

    Les causes de ces déclins varient selon les espèces et leurs habitudes écologiques : disparition des friches ou des cavités dans les bâtiments rénovés pour certains oiseaux urbains, intensification de l’agriculture à la campagne… Pour les oiseaux insectivores, une récente étude française – basée sur l’analyse des données du Stoc – a mis en avant une «forte corrélation» sur le temps long entre les ventes de produits insecticides et le déclin de ces espèces (notre article).

    Sur son circuit de comptage, qu’il couvre trois fois par an depuis 2021, Grégoire Loïs se remémore des moments marquants. Là, sur ce grand arbre étouffé de lierre, une chouette hulotte s’était envolée en plein jour à son approche. Plus loin, sur un vieux poirier planté au milieu d’un champ de céréales, une pie-grièche écorcheur était figée, tel un fantôme du passé. Typique des haies, où il empale ses proies, ce passereau au bec crochu se fait de plus en plus rare en Île-de-France. Proche cousine, la pie-grièche grise nichait encore dans la région il y a trente ans : elle n’y a plus été observée depuis 2005.

    Un poirier au milieu d’un champ de céréales, sur le parcours du «carré Stoc» de Grégoire Loïs. © Esteban Grépinet/Vert

    «Il est très rare d’être surpris par une espèce. Chaque année, ce sont plutôt les absents qui m’étonnent, témoigne Grégoire Loïs. Cela peut être lié à l’aléatoire, mais aussi à des populations plus faibles.» Le naturaliste s’aventure désormais au milieu des vastes étendues d’orge et de blé, typiques de plaines céréalières du centre de la France. «Vous voyez comme ça s’est calmé ?, chuchote-t-il. Pour l’instant, on entend juste deux espèces», contre une dizaine sur les précédents points d’écoute.

    Symbole de ces campagnes silencieuses, le chant d’une alouette des champs s’étouffe au loin. «Normalement, c’est le bruit de fond omniprésent de ce type de milieu, souffle le chercheur. C’est frappant d’en entendre si peu.» Dès la fin de l’hiver, ce passereau couleur terre passe ses journées à faire résonner son indescriptible gazouillis métallique. Mais l’oiseau bien connu des comptines pour enfants n’est plus à la fête en France : en vingt-cinq ans, sa population a chuté de 32%.

  • Les principes fondamentaux du marxisme écologique, et 3 autres conseils de lecture

    En tête de notre sélection cette semaine, une synthèse sur l’écomarxisme qui revient sur l’émergence de ce courant mal connu, avant d’analyser ses développements contemporains.
  • Céline Dion à Paris : peut-on encore se permettre une telle gabegie écologique ?

    La série de concerts de Céline Dion à Nanterre draine des centaines de milliers de personnes, certaines traversant la planète pour y assister. Au point que cette résidence s'avère plus polluante que les tournées mondiales.
    Encore seize soirs… Samedi 12 septembre commence la résidence de Céline Dion à la Plenitude Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine). Pas de tournée mondiale pour l'artiste québécoise, qui préfère se produire jusqu'au 17 octobre dans la plus grande salle de spectacle (…)

    Lire la suite - Info / Culture
  • Les mots croisés d'Alter Eco : « A réuni Le Maire et Piketty »

    Gini, roi du pétrole, post GATT… Les mots de l'économie se déclinent aussi en cases blanches et noires. Croisez le fer avec Alter Eco ! Et envoyez-nous vos grilles.
  • Ephéméride des luttes : 12 septembre

    Le 12 septembre, l'éphéméride des luttes s'en prend aux fascistes et aux franquistes, tentant d'en finir avec leurs chefs et leurs représentants à travers le monde. Un sain hobby.

    1880 : A Paris, parution du premier numéro du journal 'La Révolution Sociale'. Selon l'éphéméride anarchiste, "Comment un journal anarchiste hebdomadaire en vient à être créé de toutes pièces et financé avec les fonds secrets du Préfet de police de Paris, Louis Andrieux, pour mieux infiltrer le mouvement anarchiste et éventuellement jouer la provocation...
    Utilisant pour cela un agent infiltré (Egide Spilleux), qui prétend que l'argent provient d'une riche anglaise sympathisante, il arrive à abuser Louise Michel qui donne sa caution morale au journal. Cinquante-six numéros paraissent jusqu'au 18 septembre 1881, avant que certain compagnons ne s'étonnent de la désinvolture avec laquelle le journal publie leurs noms et adresses.
    "

    1927 : A Paris, l'anarchiste italien Sergio di Modugno abat le vice-consul fasciste italien à Paris d'une balle de revolver.

    1929 : Au Paraguay, le gouvernement décrète l'état de siège du fait de l'émergence d'un mouvement communiste dans le pays.

    1948 : A Donostia (San Sebastian, Pays Basque), "une tentative d'attentat anarchiste aérien contre Franco a lieu. Après l'achat en France, par l'anarchiste espagnol Laureano Cerrada, d'un petit avion de tourisme qu'ils chargent de bombes, trois compagnons espagnols prennent place dans l'avion (le pilote Primitivo Gómez, José Pérez et Antonio Ortiz) dans le but de bombarder la tribune du Club nautique d'où Franco et les hauts dignitaires du régime doivent présider les régates. Mais le petit avion est rapidement intercepté par quatre avions de chasse espagnols. Son air inoffensif lui sauve la mise et lui évite d'être abattu. Il parvient à rejoindre la France.
    Cela donnera lieu à un échange diplomatique entre la France et l'Espagne et à l'interrogatoire par la police française du pilote et du propriétaire (officiel) de l'avion, l'anarchiste français Georges Fontenis."
    De nouveau extrait de l'éphéméride anarchiste

    1970 : A la base de Dawson Field en Jordanie, le FPLP fait sauter trois avions vides détournés quelques jours plus tôt. C'est l'un des événements qui déclenchera 'Septembre Noir'.

    1977 : A Johannesburg en Afrique du Sud, Steve Biko, un leader des mobilisations antiracistes et anti-apartheid, meurt en prison après avoir été battu et torturé.

    2016 : A Lannion, dans les Côtes-D'Armor, un engin incendiaire explose contre la permanence du Parti Socialiste.

    2017 : Lors de la première grande manifestation contre la Loi Travail numéro 2, des affrontements ont notamment lieu à Paris, où sortent quelques molotov, mais aussi à Nantes et dans une moindre mesure à Lyon, tandis que des centaines de milliers de personnes sont dans la rue partout dans le pays.

    2018 : A Scorzé près de Venise, un hangar contenant le bureau et l'entrepôt d'un élevage de visons sont incendiés, faisant environ 300.000 euros de dégâts à l'industrie de la fourrure, sans qu'aucun animal ne soit blessé.

    Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 12 septembre.

  • Washington Policy Review: September 11, 2026

    Today’s Report

    1. Overview

    2. White House News

    3. Truth Social Posts

    4. Government Department News

    5. Selected Democratic Officials

    6. AI & Tech Company News

    7. Congressional Watch

    1. Overview

    President Trump called on the Smithsonian Institution to exhibit a statue of George Washington by 2032 and requested the installation of an 11-foot Washington statue by September 17, 2026. He defended the proposed $5,000 “Trump Dividend” and highlighted support for himself and Vance at a recent convention.

    The Department of State announced Deputy Secretary Christopher Landau visited Micronesia, the Solomon Islands, and Kiribati to advance economic and security priorities. The Department of War issued multiple contracts, including a $13.4 billion ceiling modification to The Boeing Co. The Treasury Department announced the release of a revised GloBE Information Return to implement an executive order by President Trump, which Secretary Scott Bessent stated rejects the previous administration’s global tax deal.

    Governor Gavin Newsom proclaimed September 11, 2026, as “Patriot Day” in California and welcomed 39 new CAL FIRE Company Officers. Governor Wes Moore launched the fourth class of the Maryland Corps/Service Year Option. Governor Andy Beshear announced various appointments to state boards and commissions, and Governor JB Pritzker announced the appointment of Nathan Catt to the Eastern Illinois University Board of Trustees and scheduled attendance at 9/11 memorial and service events. U.S. Senator Jon Ossoff commemorated the 25th anniversary of the September 11 attacks, stating his intent to “honor and remember all of those who were killed.”

    No news was found for the listed AI and tech companies.

    On September 10, 2026, the Senate held a pro forma session with no business conducted. The House of Representatives met to introduce legislation and agreed to H. Res. 1520, which expresses the sense of the House regarding the 25th anniversary of the September 11, 2001, terrorist attacks. No committee hearings or markups were held.

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    2. White House News

    No White House news found.

    3. Truth Social Posts

    President Trump called on the Smithsonian Institution to honor George Washington with a five-year exhibition at the National Museum of American History leading up to the 300th anniversary of his birth in 2032. He proposed that the museum replace the “Infinity” sculpture with a 30-foot “Colossus statue” of Washington, characterizing the existing modernist sculpture as something that “tells visitors nothing about America, inspires no one, and honors none of our Great American Heroes.” Trump further requested that the museum install an 11-foot Washington statue featured at the Freedom 250 Grand Prix Race in its Flag Hall by Constitution Day, September 17, 2026. He criticized the Smithsonian’s past leadership for focusing on “ideological activism” and a “Decolonization Plan,” arguing that the museum should instead establish a “Center for American Heroes” to tell the stories of those who “built great things” and “defended our Country.”

    Regarding domestic policy and political events, Trump defended the proposed $5,000 “Trump Dividend” for U.S. adults, dismissing criticism from “Dumocrats” who he claimed are hoping the payment never occurs. He asserted that the dividend is supported by the country’s “Trillions of Dollars of Economic Development, Investment, and Pure SUCCESS,” and likened its prospects to his past legislative achievements, such as “THE GREAT BIG BEAUTIFUL BILL” and a $1,776 payment provided to military personnel, which he noted others had previously deemed impossible to enact.

    Trump also highlighted media reports detailing a “Capacity Crowd” that “Goes Wild” for himself and Vance at a midterm convention. He shared additional coverage describing a “Sold-out crowd” in Dallas that was “energized for midterms” during his and Vance’s appearances at the Republican convention.

    Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump

    4. Government Department News

    State Department (state.gov)

    Strengthening U.S. Ties with the Pacific: Deputy Secretary Landau Engages Partners in Federated States of Micronesia, Solomon Islands, and Kiribati

    Deputy Secretary of State Christopher Landau traveled to the Federated States of Micronesia, Solomon Islands, and Kiribati to advance “America First economic and security priorities.” In FSM, he pledged over $100 million for disaster relief. In Solomon Islands, he announced the return of the Peace Corps, funding for battlefield preservation, and infrastructure assessments for Honiara Airport and Parliament. In Kiribati, he announced a study to expand the Kiritimati Island wharf to support maritime security and trade, aligning with the “Kiribati 20-Year Vision.”

    Department of War (war.gov)

    Contracts for Sept. 11, 2026

    The Department of War announced multiple contract awards: The Boeing Co. received a $13.4 billion ceiling modification for Foreign Military Sales (FMS) to Japan, Israel, and future partners. Blue Halo LLC was awarded $99.8 million for the Leveraged Orbital Battlespace Optimization program. Olin Winchester LLC secured a $788.3 million contract for ammunition. Rolls-Royce Solutions America Inc. received a $39.1 million modification for Eitan power packs. Additional contracts were awarded to J & J Contractors Inc., Marinex Construction Inc., Orion Government Services LLC, and Onebrief Inc.

    Treasury Department (home.treasury.gov)

    Treasury Welcomes the Revised GloBE Information Return Implementing President Trump’s Day One Executive Order

    The Treasury Department announced the release of a revised GloBE Information Return (GIR) to implement President Trump’s international tax agenda. Treasury Secretary Scott Bessent stated the move fulfills a “Day One Executive Order” to reject the previous administration’s OECD global tax deal. The revised GIR enables a “side-by-side safe harbor” that exempts U.S.-headquartered companies from Pillar Two cross-border taxes, such as the Income Inclusion Rule and Undertaxed Profits Rule, while establishing standardized reporting for local minimum taxes to reduce compliance burdens.

    5. Selected Democratic Officials

    Gavin Newsom (gov.ca.gov)

    Governor Newsom welcomes CAL FIRE’s newest leaders as they answer the call to serve

    On September 11, 2026, Governor Newsom recognized the graduation of 39 new CAL FIRE Company Officers, the department’s 12th leadership academy of the year. Since 2019, the state has trained over 3,600 emergency response leaders. Fire Chief/Director Joe Tyler stated, “On this day of remembrance, as we honor the legacy of those who came before us, these graduates step forward as leaders.” The administration reports that the CAL FIRE workforce has grown from 5,829 to 11,436 positions over the past five years.

    Governor Newsom proclaims Patriot Day

    Governor Newsom issued a proclamation declaring September 11, 2026, as “Patriot Day” in California to honor the 3,000 victims of the September 11, 2001, terrorist attacks, including 36 Californians. The proclamation highlights the “extraordinary courage” of first responders and civilians during the attacks. To mark the 25th anniversary, Governor Newsom ordered all flags on state buildings to be flown at half-staff, emphasizing the need to ensure future generations understand the “courage, service, and sacrifice” shown in the aftermath of the tragedy.

    Wes Moore (governor.maryland.gov)

    Governor Moore Launches Fourth Class of the Maryland Corps/Service Year Option Program on the Day of Service and Remembrance

    Governor Wes Moore launched Class 4 of the Maryland Corps/Service Year Option on September 11, 2026. Administered by the Department of Service and Civic Innovation, the program places young adults in paid, full-time service roles. Since April 2023, over 1,200 members have participated. For Class 4, the program is expanding specialty corps to include technology, literacy, health, and the new Immigrant Opportunity Corps. Governor Moore stated, “On a day we will always remember, Maryland chooses to honor immeasurable loss with meaningful service.”

    Andy Beshear (governor.ky.gov)

    Gov. Beshear Makes Appointments to Kentucky Boards and Commissions

    Gov. Andy Beshear announced several appointments to state boards and commissions. William Craig Miller was appointed Bracken County Judge/Executive. Other appointments include Andrew Carter to the Louisville/Jefferson County Tourism and Convention Commission, Ken Lewis to the Northern Kentucky Convention Center Corporation Board, John Garrity to the Equine Drug Research Council, Shena Link to the Kentucky Apprenticeship Council, and Eddie Campbell to the School Curriculum, Assessment and Accountability Council. Additionally, Beshear appointed or reappointed members to the Public Advocacy Commission, State Board of Medical Licensure, and Native American Heritage Commission.

    JB Pritzker (gov.illinois.gov)

    Gov. Pritzker Announces One Appointment to Boards and Commissions

    Governor JB Pritzker announced the appointment of Nathan Catt as a member of the Eastern Illinois University Board of Trustees, effective September 11, 2026. Catt, currently a Senior Finance Director at Caterpillar, holds a Bachelor of Science in Accounting and an MBA from Eastern Illinois University. This appointment is subject to confirmation by the Illinois Senate.

    Daily Public Schedule: Friday, September 11, 2026

    On September 11, 2026, Governor Pritzker is scheduled to attend the Chicago Fire Department Engine 42’s annual 9/11 memorial ceremony at Navy Pier at 7:30 AM. At 9:00 AM, the Governor will deliver remarks and participate in a volunteer service event for the 25th anniversary of 9/11 at Union Station in Chicago. Both events have no additional press availability.

    Jon Ossoff (ossoff.senate.gov)

    Sen. Ossoff Commemorates 25th Anniversary of September 11th Terrorist Attacks

    On September 11, 2026, U.S. Senator Jon Ossoff commemorated the 25th anniversary of the September 11 attacks. Senator Ossoff stated his intent to “honor and remember all of those who were killed” and “all of the extraordinary first responders.” He described the event as a “heinous terrorist attack on American soil” and affirmed that the nation will “never cease our vigilance in defending the United States.” Senator Ossoff characterized the service of those involved as an “example of American heroism and patriotism.”

    6. AI & Tech Company News

    No relevant AI & tech company updates found for this date.

    7. Congressional Watch

    Covers the 2026-09-10 session — the Congressional Record is published with a one-day delay.

    Senate

    The Senate met briefly in a pro forma session. No business was conducted, and the chamber adjourned until September 14, 2026.

    • None — No floor activity occurred [None]

    House of Representatives

    The House of Representatives met for a short session to introduce new legislation and report on various committee filings. The House also agreed to a resolution regarding the 25th anniversary of the September 11, 2001, terrorist attacks.

    • H. Res. 1520 — Expresses the sense of the House regarding the September 11, 2001, terrorist attacks on their 25th anniversary [Agreed to]

    Committee Highlights

    • None — No committee hearings or markups were held

    Coming Up

    The Senate will convene on September 14, 2026, for a period of morning business followed by a cloture vote on the nomination of Matthew R. Byrne. The House will convene on September 14, 2026, with a program to be announced.

    Reference: Congressional Daily Digest — 2026-09-10

  • Préférence nationale

  • Aujourd'hui, la maison n'a pas brûlé

    Fin juillet, la France crame. En Gironde, mais aussi dans le Var. Le 21 juillet un feu se déclare près du petit village de Cotignac. Des centaines d'habitants sont évacués en urgence. Dont un couple de nonagénaires prit dans les flammes, sous les yeux d'un petit-fils inquiet.

    « Ils viennent d'être évacués en urgence, ma mère ne veut pas quitter sa voiture, c'est la merde. » Le message de mon père a beau être clair et limpide, je beugue. Ça fait drôle quand même, quand ça arrive pour de vrai à tes proches et pas juste à la télé. Mes grands-parents habitent une jolie maison avec un terrain rempli d'oliviers, proche de Cotignac, un petit village du Haut-Var, réputé pour sa beauté provençale. L'été, les touristes viennent s'y entasser par milliers. Des incendies, ça fait 40 ans qu'ils en voient passer dans cette région qui enregistre chaque année des records de sécheresse.

    « J'ai attrapé le chat et on a filé en voiture vers le village sans fermer la maison »

    Au départ, mon père ne paraît pas très inquiet : « Le feu passe au nord du village, ils ont quand même évacué le camping, mais c'est loin, papi et mamie sont tranquilles. »

    À l'heure du dîner pourtant, mes grands-parents sont tirés de leur baraque par un pompier en panique : « Je n'ai même pas pu m'habiller ! Ils nous ont dit que le feu était tout proche ! Je n'ai pas pu prendre mes papiers ! J'ai attrapé le chat et on a filé en voiture vers le village sans fermer la maison », témoigne ma grand-mère. Ils sont pris dans l'épicentre d'un feu qui file à toute vitesse : 2 000 hectares ont déjà brûlé en dix heures. Une fois sur place, ils rejoignent la salle des fêtes où on leur donne à manger et à boire : « Tout le monde était très gentil, c'était bien organisé. Personne ne pouvait nous loger, vu que tous nos voisins avaient aussi été évacués ! On a donc été logés à l'hôtel d'à côté », raconte papi. Sur les réseaux sociaux, je vois ce village tant familier, attaqué par les flammes comme un exemple type de l'écocide en cours. Une vidéo courte qui nagera dans un flot continu d'images-catastrophes sur lesquelles la plupart des gens glisseront leur pouce, impuissants. Moi, je bloque, regarde dix fois. Le ventre serré, je croise les doigts.

    « Alors, on regardait les flammes »

    Ils ont tous les deux plus de 90 ans. Quarante années de vie qui risquent de disparaître en fumée. Avec le reste de la famille, on discute par téléphone : « Si la baraque crame, ça va les anéantir, que va-t-il rester ? » On ne peut malheureusement rien faire. « Toutes les routes sont bloquées, il faut qu'on attende. T'inquiète, leur moral est bon. »

    « Il n'y avait pas de télé car le patron de l'hôtel voulait que ses clients profitent de la vue par la baie vitrée. Mais la vue, c'était l'incendie ! »

    Le lendemain, ils parviennent à convaincre les pompiers de faire un rapide aller-retour pour récupérer des médicaments. Une partie du terrain a cramé, mais la maison est intacte, les oliviers indemnes. Les pompiers sont parvenus à éteindre le feu avant qu'il n'atteigne la maison. Ils n'ont pas le droit d'y rester pour l'instant.

    « On était logé dans une suite de riches ! Le matelas était tellement épais que je n'arrivais pas à monter dessus, puis il y avait des tas de boutons pour la lumière et la douche, raconte ma grand-mère, exaltée. Il n'y avait pas de télé car le patron de l'hôtel voulait que ses clients profitent de la vue par la baie vitrée. Mais la vue, c'était l'incendie ! Alors, on regardait les flammes... » L'hôtel accueillait aussi les frères et les sœurs du sanctuaire Notre-Dame de Grâces, situé à deux pas du village. À la télé, quand ils sont interrogés, les bigots ne remercient pas les pompiers qui sont parvenus à contenir les flammes devant la chapelle, mais le Tout-Puissant ! « Je retiens surtout qu'ils se goinfraient aux repas servis par l'hôtel », se marre mon grand-père.

    Les arbres noirs

    Deux jours plus tard, mes grands-parents sont enfin autorisés à revenir chez eux. Je les rejoins rapidement à Cotignac. En zigzaguant sur les routes vallonnées qui traversent les forêts de pins et de chênes, on ne se douterait pas qu'un drame a eu lieu quelques jours plus tôt. Le ciel bleu, les cigales. Rien d'autre qu'une impression de vacances en Provence. Puis, le vol d'un canadair, le passage d'un camion-citerne. En s'enfonçant dans le chemin qui mène chez eux, les premiers bords de routes calcinés. Les arbres sont noirs, les poteaux électriques à plat. Les oliviers, dont l'huile est réputée dans le coin, sont explosés à la racine, fendus en deux. Pour la plupart, les habitations sont intactes, mais on voit souvent le tracé au sol du feu à quelques mètres d'elles.

    Face caméra, toujours les mêmes têtes dégueulantes qui font mine de pleurer devant les sinistrés, mais s'extasient devant « cette guerre contre l'incendie » menée par des « soldats du feu »

    D'autres habitants n'ont malheureusement pas eu cette chance : on croise des voitures brulées ou des maisons aux toits effondrés par les flammes. Par moment, le feu semble s'être brutalement arrêté pour rebondir quelques mètres plus loin. Étrange contraste entre Provence bucolique et ambiance de fin du monde.

    Du mal à dormir

    Je les retrouve dans leur maison, volets fermés, à la fraîche. On parle de tout et rien, mais ils semblent quelque peu déboussolés, fatigués. Finalement, le sujet revient vite : « Apparemment, le feu n'est toujours pas fixé, ça brûle vers Barjols. » C'est au-dessus, à une dizaine de kilomètres. « On a du mal à dormir, on se dit qu'on va être réveillés en pleine nuit pour être de nouveau évacués ! » s'inquiète mon grand-père. Et difficile d'avoir des infos en temps réel puisqu'internet est coupé. « À la télé maintenant, ils ne parlent que de la Gironde, on n'existe déjà plus ! Priorité au direct ! s'exclame papi. C'est toujours pareil : d'abord c'est la catastrophe, et dans quinze jours, les médias auront tout oublié. Mais pas les gens qu'ont perdu leur maison ! »

    On zappe d'une chaîne d'info en continu à l'autre pour essayer d'avoir des infos qui s'afficheront quelques secondes sur un bandeau en bas de l'écran. Face caméra, toujours les mêmes têtes dégueulantes qui font mine de pleurer devant les sinistrés, mais s'extasient devant « cette guerre contre l'incendie » menée par des « soldats du feu ». Pas un mot sur le fait que cette « guerre » ressemble plutôt à une débâcle1, tant les budgets pour la lutte contre les incendies sont malmenés ces dernières années. D'après Reporterre, si le gouvernement avait augmenté son budget à la sécurité civile après les forts incendies de 2022, le gouvernement Attal avait, lui, coupé dans les budgets en 2024, empêchant le rachat de deux canadairs. Aujourd'hui, le budget est plus bas qu'en 2022 et l'État dépense moins dans la sécurité civile que pour la police aux frontières...2

    Les jours qui suivent, on coupe le bois mort sur le terrain et débroussaille les alentours de la maison, au cas où le feu s'approche. L'incendie n'est toujours pas fixé. Chaque fois qu'un canadair passe, on lève nos mines inquiètes. « Le voisin passe tous les jours sur le terrain pour vérifier si ça ne reprend pas par sous la terre », raconte mamie, heureuse de cette entraide. Mais, la fameuse solidarité-de-tout-instant vantée par les médias semble être à géométrie variable. Les voisins se renvoient la balle sur le débroussaillage non effectué – une obligation légale du propriétaire, mais qui coûte un bras. Et la tension fait parfois sortir les pulsions racistes les plus délirantes : « “C'est un coup des islamistes !” m'a dit une voisine. Et d'après un autre ça serait les Russes ! » se désole mamie.

    On en oublierait presque que les premiers faiseurs de flammes sont les industries polluantes, les gros agriculteurs qui assèchent les sols et plus généralement une économie capitaliste qui fait exploser le CO2 dans l'atmosphère et multiplie les risques d'incendie. Le soir, on regarde un reportage sur la situation climatique en Sicile. En 2023 et 2024, il n'a quasiment pas plu. Cette période a connu d'immenses incendies qui ont ravagé l'île. Aujourd'hui, la maison n'a pas brûlé. Mais demain, qu'est-ce qui nous attend ?

    Etienne Jallot

    1 . Voir « Y'a le feu au lac », CQFD n°244 (septembre 2025).

    2 . « En infographie : 10 ans de sous-investissement dans la lutte contre les incendies » (30/07/2026).

  • Une belle petite niche

    Dé-fis-ca-li-sa-tion. Défiscalisation ! Défiscalisation !

    Et là, tu te dis : iels ont craqué à CQFD ? Iels sont passé·es de l'autre côté ? Eh bien non, lecteur, lectrice, rassure-toi, personne n'a vendu le Chien rouge à Bercy. On a seulement réussi à mettre en place les dons défiscalisés. C'est important, alors on va tout t'expliquer. D'abord, si tu ne payes pas d'impôts, inutile de te lancer dans l'aventure, va directement au paragraphe suivant. Dans le cas contraire et si t'as envie de nous faire un beau cadeau, direction : https://donorbox.org/cqfd. Grâce à la plateforme J'aime l'info (association loi 1901, reconnue d'intérêt général), ton don peut être défiscalisé à hauteur de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Nous demande pas de traduire ce charabia, on n'est pas inspecteur·ices des finances. Tout ce qu'on sait, c'est que le Chien rouge t'a bricolé une belle petite niche fiscale. En gros, tu nous files un peu de fric, l'État t'en rend une partie, et tout le monde peut continuer à prétendre qu'il maîtrise la situation. Deal ?

    Bienvenu·e à toi qui a sauté le tunnel sur la fiscalité. On voulait juste te dire un petit truc… (Imagine-nous les yeux rivés au sol, les mains qui se tortillent et les joues cramoisies) Tu vois, en ce moment, la presse indépendante, c'est pas évident. Niveau fric, surtout. Donc si t'as quelques pièces qui traînent – un numéro vaut deux canettes –, on les veut bien ! Mais si t'as rien, pas de panique : il y a d'autre manière de nourrir le Chien rouge. Cet été, plusieurs journalistes ont quitté la rédac, alors on cherche de nouvelles plumes, de nouvelles pattes et quelques truffes bien affûtées. Donc si t'as un sujet qui te taraude, une gueulante à pousser ou une enquête à mener, écris-nous à : rédaction.cqfd@gmail.com. Bref : si t'as des sous, on prend. Si t'as des idées, on prend aussi. Et si t'as les deux, là, franchement, tu nous régales !

  • Vous avez eu chaud ?

    Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, plongée dans la fournaise.

    22 personnes ! En ce début juillet, la salle d'activité est pleine à craquer et, à vrai dire, je suis le premier surpris. Même si je crois dur comme fer aux ateliers que nous proposons et aux espaces qu'ils ouvrent dans l'ordinaire de la détention – disons des zones de tranquillité, de divagation possible, à défaut d'évasion – on ne remporte pas souvent un tel succès. Je comprends vite pourquoi : en mon absence mes collègues ont obtenu deux ventilateurs que les détenus s'empressent de mettre à plein régime. Dehors, le soleil cuit les tuiles noires et un halo de chaleur molle s'en échappe.

    « C'est là que vous êtes bande de flemmards ! s'exclame le dernier arrivé.

    — Eh ouais, on va pas aller griller en promenade, Papy ! Y'a zéro ombre à cette heure-là. »

    Papy se marre en agitant les bras. Jeune quadra tatoué dans le cou et sur le dos des mains, il est déjà « deux fois grand-père » comme il aime à le rappeler pour inciter les autres – codétenus comme surveillants – à faire preuve de respect. Papy rejoint la clique du ventilo numéro un et tire un éventail publicitaire de la poche de son survet'.

    Dans un rapport publié en 2024, l'association écolo Notre affaire à tous qualifie le dérèglement climatique en prison de « double peine ». Ici, tout est immédiatement amplifié par la vétusté des locaux, la surpopulation, le manque d'investissement et de volonté politique. Il faut imaginer le pire bâti possible : des complexes entièrement minéraux, dépourvus de végétation ; des pièces petites où cohabitent plusieurs adultes avec une seule fenêtre, jamais de volets. Impossible de se déplacer, mais également de s'abriter du soleil le jour ou d'aérer correctement la nuit. Et dans beaucoup d'établissements, dont ceux que je fréquente, aucune cellule ne dispose encore de douche individuelle. Se laver, ce n'est pas quand on veut ou quand on en a besoin, c'est au mieux trois fois par semaine et toujours au bon vouloir des matons. Le reste du temps, il faut se contenter du lavabo... D'où l'eau sort parfois brûlante en été !

    Et puis, en taule plus qu'ailleurs, les emmerdes s'enfilent comme des perles. Pendant la deuxième vague de chaleur cet été, les frigos ont pété les uns après les autres. Parce qu'ils sont vieux ? Parce qu'il fait 45 degrés en fin d'après-midi ? Allez savoir. Le « partenaire privé » a mis une plombe à réagir et, pendant ce temps, la nourriture cantinée à prix d'or s'est gâtée et a été jetée au pied des bâtiments. En quelques jours, les rez-de-chaussée étaient infestés de cafards.

    Autour de Papy, on s'échange des bons plans, en mode survie : qui reste allongé sur le carrelage une bonne partie de la journée, qui accroche une serviette trempée à sa fenêtre avant d'aller dormir, qui n'achète plus de produits frais de peur qu'ils moisissent. L'association Notre affaire à tous considère que le risque caniculaire touche désormais 100 % des prisons françaises.

    Le lundi suivant nos ventilateurs flambant neufs ont disparu. À la place, une tour en plastique jauni qui crache de l'air tiède en faisant un boucan d'enfer. C'est qu'il fait chaud aussi dans les bureaux de l'administration !

    Luno
  • Ceuta : une riposte populaire antiraciste

    Des abris en feu et des silhouettes tentant de fuir paniquées : à Ceuta, des « manifestant·es » anti-migrant·es ont incendié des campements de fortune le 27 août dernier. Cette agression rappelle l'instrumentalisation de la frontière opérée par l'extrême droite quelques semaines plus tôt à laquelle des habitant·es ont riposté.

    « C'était énorme, quelque chose de jamais vu auparavant. La peur, l'incertitude et le chaos sont devenus palpables rapidement », explique Halima Ahmed, éducatrice spécialisée et porte-parole de l'ONG d'aide aux plus démunis Luna Blanca. Le 30 juillet dernier, l'afflux soudain de 60 000 à 80 000 personnes à Ceuta depuis le Maroc a été brutal pour cette ville autonome espagnole de 83 000 habitant·es. D'autant plus que ce chiffre « dépasse les limites des infrastructures et des services de base pour s'occuper de tous ces gens de manière digne », rappelle Halima. Par conséquent, nombre d'entre elleux, épuisé·es par le trajet réalisé à pied ou à la nage, sont contraint·es d'errer dans les rues en esquivant les contrôles de la flicaille malgré le soutien d'associations et d'habitant·es. Tellement invivable que la grande majorité a fait demi-tour vers le Maroc quelques jours plus tard.

    Rapidement, on évoque qu'une rumeur concernant l'ouverture de la frontière à Ceuta sur les réseaux sociaux serait l'explication d'un tel afflux en si peu de temps. Des médias nationalistes marocains crient à l'ingérence algérienne, tunisienne ou française, quand les ultranationalistes américain·es crient à un complot fomenté dans leur propre pays. Mais la très grande majorité des exilé·es étant marocain·es, comment ne pas pointer du doigt la politique sociale et économique du royaume laissant des centaines de milliers de jeunes sur le carreau, sans espoir si ce n'est de partir ailleurs (voir page 6) ? Les expert·es comme Catherine Wihtol de Wenden, chercheuse au CNRS spécialiste des migrations internationales, évoquent même une instrumentalisation de la carotte migratoire par l'État marocain pour mettre une pression diplomatique sur son voisin espagnol1. Dans la confusion, les extrêmes droites européenne et espagnole ont été les plus promptes à récupérer la situation en crachant sur les 96 morts formellement identifiés à ce jour. La réaction spontanée des Ceutien·nes les a ridiculisés.

    Les réacs européens unis dans la haine

    Face à la détresse des exilé·es, la réponse européenne est unanime : repli sur soi et contrôle. Les expressions popularisées par l'extrême droite « submersion migratoire » ou « invasion migratoire » sont désormais employées à tout va sur le Vieux Continent pour parler de vies humaines. Dès le 31 juillet, les infâmes Bruno Retailleau et Jordan Bardella ont été pris d'une crise de tweets aiguë. Le premier dénonce la politique de régularisation des sans-papiers initiée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, laquelle créerait « un formidable appel d'air qui menace de déstabiliser l'Europe entière ». L'ancien ministre de l'Intérieur français oublie de préciser que ces régularisations ont été réalisées uniquement dans un but économique pour que l'Espagne puisse rester compétitive dans un système capitaliste à bout de souffle. Par ailleurs, la théorie de « l'appel d'air » selon laquelle les politiques d'accueil de réfugié·es pousseraient un nombre encore plus grand de personnes à tenter leur chance sur les chemins de l'exil n'a jamais été étayée par des études scientifiques. De son côté, le président du Rassemblement national appelle à des « expulsions automatiques des clandestins », au « contrôle de nos frontières nationales », à la « protection des frontières extérieures de l'Europe » et à l'« exclusion de l'Espagne de l'accord de Schengen », rejoignant ainsi la position de son homologue italienne Giorgia Meloni. Santiago Abascal, leader du parti d'extrême droite espagnol Vox, appelle quant à lui à une « militarisation permanente de la frontière ».

    « Fascistes hors de notre ville »

    Les groupuscules néonazis, fascistes et identitaires espagnols et européens ont su quant à eux profiter de l'espace Schengen pour venir déverser leur haine directement sur place. Dès le 1er août, des militants de l'organisation néonazie espagnole Núcleo Nacional ont débarqué en ferry à Ceuta. Créée en 2024 à la suite des manifestions nationalistes contre les négociations pour l'amnistie des indépendantistes catalans, celle-ci se compose de membres issus d'autres groupes comme Bastión Frontal, les Ultras Sur du Real Madrid, les Cubos skins ou encore l'organisation fasciste de la Phalange fondée dans les années 1930, puis intégrée au régime franquiste.

    L'influenceur et député européen d'extrême droite espagnol, Alvise Pérez est contraint de battre en retraite dans un café face à une foule qui s'égosille : « Ceuta unie, pas divisée ! »

    À leur arrivée dans l'enclave espagnole, les militants, cagoulés pour certains, t-shirt avec le symbole nazi du soleil noir pour un autre, ont tenté de se rendre à la Plaza de los Reyes dans le centre-ville, escortés par les flics, pour « défendre Ceuta » et « défendre l'Espagne ». Ils ne sont jamais arrivés à destination. Grâce à qui ? Eh bien aux Ceutien·nes qui ont rapidement réagi pour aller sur les lieux en premier aux cris de « fascistes hors de notre ville ! ». « Un groupe de fascistes cagoulés n'avait rien à faire dans une ville dont le multiculturalisme est sa plus grande force », s'indigne Halima Ahmed. Demi-tour les nazis, vous prenez le bateau et vous rentrez chez vous ! Le même jour, l'influenceur et député européen d'extrême droite espagnol, amateur de fake news, Alvise Pérez subit le même sort. Protégé par la police durant toute la journée à essayer d'organiser des petits « happenings » avec ses partisan·es, le fondateur et dirigeant du parti politique Se Acabó La Fiesta (La fête est finie) est contraint une première fois de battre en retraite dans un café face à une foule qui s'égosille : « Ceuta unie, pas divisée ! » Plus tard, la police décide même de l'extrader à bord d'une fourgonnette qui file vers le port sous les déclarations des locaux : « Je suis Espagnol ! Espagnol ! Espagnol ! » En effet, quasiment 50 % de la population de l'enclave revendique à la fois son identité espagnole et musulmane.

    Identitaires de France et d'ailleurs

    Le lendemain, la tension monte d'un cran. Outre la venue de l'influenceur et attaché de presse d'Alvise Pérez, Vito Quiles, les membres de l'initiative « citoyenne » européenne réactionnaire Save Europe Act sont venu·es dégueuler leur rhétorique et leurs concepts racistes. Iels ont tout d'abord « bloqué » le poste-frontière d'Algesiras de l'autre côté du détroit de Gibraltar sur le territoire espagnol aux côtés de la Revuelta, une organisation de jeunesse qui fut proche de Vox. Iels ont ensuite débarqué à leur tour à Ceuta pour organiser une manifestation appelant à la « remigration ». Un concept qui incite à la déportation des immigré·es non européen·nes dans leurs pays d'origine, indissociable de la théorie raciste du « grand remplacement ». Très prisée par les identitaires et les suprémacistes blancs, celle-ci prophétise la destruction de la culture blanche et de l'identité européenne.

    Si aujourd'hui Vox est la troisième force politique à Ceuta avec 20,64 % des voix obtenues lors des dernières législatives en 2023, l'extrême droite groupusculaire la plus radicale n'a jamais réussi à s'y implanter

    Parmi ces « citoyen·nes », nous trouvons surtout des infréquentables de toute l'Europe comme l'influenceuse et militante identitaire néerlandaise Eva Vlaardingerbroek à l'origine de cette initiative. Parmi elleux se trouve également un fasciste de chez nous : Rafael Ferron alias Raphaël Ayma, membre du groupuscule néofasciste provençal Tenesoun.

    Encore une fois, les Ceutien·nes réagissent, répétant inlassablement que « Ceuta [est] unie, pas divisée ». Si aujourd'hui Vox est la troisième force politique à Ceuta avec 20,64 % des voix obtenues lors des dernières législatives en 2023, l'extrême droite groupusculaire la plus radicale n'a jamais réussi à s'y implanter. « Leurs électeurs, principalement racistes, ne supportent pas le fait que l'autre moitié de la population, les Ceutien·nes musulman·es, n'acceptent plus les rôles qui avaient été attribués à leurs grands-parents, qui n'étaient rien d'autre que des domestiques, des livreurs... », analyse Halima. Au moment d'écrire ces lignes, la situation reste tendue entre habitant·es hostiles aux réfugié·es et les structures d'accueil débordées. Mais cette séquence rappelle que l'autodéfense populaire, antifasciste et spontanée fonctionne dans les moments de crise. À bon entendeur.

    Eliott Dognon
  • 9/11 Family Members Demand Trump Admin Release Docs 'Deep State Has Hidden' During Memorial

    Two family members of 9/11 victims demanded during a 25th anniversary memorial Friday that the Trump administration release files that could potentially shed more light on Saudi Arabia's role in the terrorist attack. During a ceremony at the National 9/11 Memorial in New York City, family members of 9/11 victims called for the Trump administration to tell Saudi Arabia, home to Osama bin Laden and most of the hijackers, to "stop lying" about its alleged role in the attacks and demanded that the federal government release related documents. Saudi Arabia has long been accused of playing a part in the terrorist attacks, with allegations ranging from direct Saudi involvement, to theories that the CIA used Saudi assets as cover to obtain human intelligence from two of the hijackers...
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