Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.
Textes et photos par : Alexis & Piankov
Traduction de l'espagnol : Claudio
Après 29 jours, et avec plus d'un millier de participants venus de presque 40 pays différents, vient de s'achever la série de présentations, d'ateliers et de performances que les camarades zapatistes ont convoqués et organisés sur leur territoire. Ils nous ont annoncé la présence de 1111 zapatistes à Mexico, 20 ans après leur dernière venue, pour se tenir aux côtés des Mères et Pères cherchant sans relâche leurs proches disparus* à travers tout le pays.
Durant toute la rencontre, et jusqu'à sa clôture, ont eu lieu des performances musicales, de la poésie et de la prose, tant de la part des zapatistes eux-mêmes que des participants extérieurs. Les ateliers furent variés : impressions de sérigraphie sur t-shirt ou papier, auto-défense féminine, marches en territoire zapatiste pour explorer la biodiversité et les paysages volcaniques caractéristiques des montagnes du sud-est mexicain, entre autres.
Sur la scène centrale s'est tenue la représentation d'un groupe de jeunes zapatistes autour de la pièce « Le commun et le jour d'après », qui renoue avec les principes d'une vie harmonieuse entre les membres d'une communauté et la nature, à travers l'organisation. Avec une emphase sur l'abolition des violences patriarcales, de la propriété privée et des vieux travers de l'ancienne société. Se sont cultivés le partage, la solidarité et l'empathie en faveur d'une vie commune pour éliminer le système capitaliste.
Cette œuvre nous invite à réfléchir sur les jours à venir, sur la force et l'organisation que nous devons avoir pour ne pas permettre au capitalisme de ressurgir. Car nous savons que, comme une maladie, il sera latent pendant plusieurs années, à nous guetter ; et que sûrement les survivants qui n'auront pas commencé tout de suite à s'organiser autrement reproduiront les mêmes logiques qu'auparavant, simplement car il n'auront pas su faire autrement. Mais il nous faut etre plus fort et astucieux. D'où l'importance de réaliser de telles rencontres, qui nous permettent de continuer à nous confronter à d'autres réalités, d'échanger des connaissances et de maintenir vivant l'espoir.
En plus de la pièce et de la force d'organisation que nous ont démontrés nos camarades zapatistes lors de cette rencontre, ils nous ont laissé dans le cœur leur grande générosité et un exemple pour faire les choses différemment. Les soirées à danser, les journées radieuses avec les enfants jouant et illuminant tout sur leur passage. Des mères, des pères, et toute une communauté prenant soin collectivement les uns des autres. Femmes et hommes jouant au basket, aux échecs, échangeant des blagues avec les étrangers. Cette rencontre nous aura laissé la montagne et la pleine lune dans les bras, la nourriture, la nature, et au loin le Winikton (l'homme de pierre) observant nos pas.
Sans aucun doute, tout ceci a constitué un espace de formation à travers la culture. Des anciens combattants chantant sur la prise de San Cristobal jusqu'au jeunes poètes chantant à la liberté, les expressions artistiques ont appuyé le fait que les luttes en commun pour les communs sont des outils pour sauver ce qui nous reste d'humanité et arriver au jour d'après.
Finalement, lors de la clôture de l'évènement, le sous-commandant Moisés a insisté sur la nécessité de nous organiser chacun sur son territoire, de faire du « buen vivir » (du « bon vivre ** ») un art - que le système capitaliste nous a dénié -, de l'importance de partager les savoirs, de la convergence de nos actions, et surtout de la persévérance dans cette lutte qui avance lentement mais sûrement.
*Les personnes disparues au Mexique constituent un phénomène massif, en lien avec la violence du crime organisé.
https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique
** Le « Buen Vivir », ou « Lekil Kaltik » en maya Tseltal, est la pratique quotidienne de l'autonomie politique, communautaire et anticapitaliste chez les zapatistes.
Traduction du texte espagnol publié dans « Noticias de Abajo » par Alexis & Piankov :
https://noticias.deabajo.abyaya.la/2026/08/31/ezln-cierre-artes/
Galerie photos :
https://archive.org/details/Fotos-ez-cierra/
Discours de clôture du sous-commandant Moisés :
Lecture Cierre por el Subcomandante Insurgente Moises, Resignarte u Organizarte 30/08/2026