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Germany's far-right AfD is poised for power – and split on whether to cozy up to Trump
The Alternative for Germany (AfD) party is speeding into state elections in Saxony-Anhalt on Sunday with a sizeable lead in the polls. If the party gets an outright majority, it will put the far right in charge of a state for the first time since World War II. The party is projected to get 42% of the vote in the eastern German state, according to pollster Infratest dimap – a massive jump compared to its support just a couple years ago, and potentially enough to propel it to power in the country's electoral system. -
Appeals court maintains blockade on DHS using database to check state voter rolls
A federal appeals court has ruled to keep in place a lower court blockade on the Department of Homeland Security using its SAVE database to check voter rolls, undercutting the Trump administration's efforts to help states boot noncitizens from their registration lists. The U.S. Circuit Court of Appeals for the District of Columbia, in a 2-1 decision, said the database — officially known as Systematic Alien Verification for Entitlements — can spit back false negatives, or cases where it wrongly identifies a citizen as a noncitizen. -
La campagne présidentielle démarre sur le dos des plus vulnérables
Marine Le Pen cible les femmes voilées, Gabriel Attal charge les «gens du voyage», Édouard Philippe et Bruno Retailleau s’en prennent aux personnes migrantes… Comme marchepieds de leur rentrée politique, la droite et l’extrême droite ont choisi les personnes les plus discriminées. -
Après son départ de «Libé», l’islamophobie encore plus décomplexée du journaliste Jean Quatremer
Dans une interview diffusée le 1er septembre, l’ancien journaliste de «Libération», désormais chroniqueur pour «Marianne» et LCI, étrille son ancienne rédaction. Il en profite aussi pour dire tout le mal qu’il pense de l’islam, cet «ennemi intérieur». -
Stowaway, le site qui vous fait « embarquer » dans les avions qui survolent votre maison

Un avion traverse le ciel au-dessus de votre logement ? Le site Stowaway permet de le suivre en temps réel, puis d’admirer le paysage depuis son « hublot ». Si l'expérience est assez bien faite, elle ne repose évidemment pas sur une caméra installée à bord.
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Iran war likely to drag on for another six months, ex-US defense secretary warns
Leon Panetta tells Guardian US is risking ‘forever war’ and says Pentagon ‘turmoil’ sending message of weakness
Donald Trump’s war with Iran is likely to drag on for another six months, Leon Panetta, the former US defense secretary, has warned, as the US president struggles to find his way out of the controversial conflict.
Panetta declared in an interview that the war with Iran – launched by Trump over six months ago – risks becoming another “forever war in the Middle East”, with no clear end in sight.
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Game on: November elections kick into high gear with control of Congress in the balance
Trump is unpopular and inflation is still high – and Democrats are looking to use that to their advantage
When voters went to the polls in the 2022 midterm elections, all the ingredients were there for Joe Biden’s allies to suffer a wipeout. The president was unpopular, inflation was high and historical trends predicted voters would take out their frustrations by ending the Democratic party’s control of Congress.
But when the ballots were tallied, the gains Republicans expected to make did not quite materialize. They had won the House of Representatives, but only by a slim margin, while Democrats had expanded their majority in the Senate and built up their strength in state legislatures.
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Avant les législatives, Poutine fait taire l’opposition
Les Russes voteront le 20 septembre pour renouveler leur Parlement, la Douma. La persécution du petit parti Iabloko, longtemps considéré comme inoffensif, témoigne d’un pouvoir prêt à tout pour maquiller la lassitude de la population vis-à-vis du conflit en Ukraine. -
Document : Rachida Dati rebondit à Vendôme
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Des résistants aux antifas : combattre le fascisme
Casseurs cagoulés ? Militants ultra violents ? Nouveau terrorisme d’ultra gauche ? Mais au fond, qui sont vraiment les antifas ? Blast vous propose de revenir aux sources du mouvement antifasciste, pour mieux comprendre son histoire et ses héritiers. Des… -
Hemley Boum, le thriller qui enterre les patriarches du Cameroun
L’histoire du Cameroun contemporain lance un défi à la fiction, que relève l’autrice du vibrant roman «Nos vies sauvages». Tandis qu’un régime autoritaire se maintient au fil des ans, les vies de deux femmes s’entremêlent. Tout pourrait les opposer, mais elles vont s’allier. -
Nvidia, chef d’orchestre de la bulle de l’intelligence artificielle
En rachetant pour 13 milliards de dollars la plateforme Hugging Face, le fabricant de puces, plus grosse entreprise du monde, démontre un peu plus son rôle pivot dans l’économie circulaire de l’IA générative. Il en est à la fois l’infatigable artisan et le principal bénéficiaire. -
Mort de Noël Godin : hommage anarcho-pâtissier
La scène reste encore aujourd'hui mythique, et elle a enterré la carrière de l'imposteur Bernard-Henri Lévy. Nous sommes en 1985, lors d'une émission en Belgique : le jeune philosophe impérialiste à la chemise ouverte était en pleine ascension, bénéficiant d'une médiatisation indécente pour étaler ses platitudes. Il reçoit soudain une tarte à la crème en pleine face, en direct. L'auteur de l'attentat pâtissier se nomme Noël Godin, dit Georges le Gloupier.
En réponse à cette farce, BHL, le visage couvert de crème, sort complètement de son personnage d'intellectuel raisonnable. Et pendant que l'entarteur est maintenu au sol par des agents de sécurité, il crie, le visage plein de haine : « Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon ! » Pierre Desproges dira de cette scène qu'elle illustre « la vraie nature des cuistres ». Renaud en fera une chanson. Noël Godin qualifiera sa victime de « tête à tarte par excellence ». À travers cette scène, tout le monde a pu voir la lâcheté et la mégalomanie d'un personnage malfaisant qui se prend trop au sérieux.
Noël Godin, celui qui maîtrisait l'art de ridiculiser les puissants, vient de s'éteindre le 23 août 2026, après 80 ans de franche rigolade. Né à Liège, il est le fondateur d'un mouvement novateur et drôle : celui des anarcho-pâtissiers. Son slogan ? « Entartons les pompeux cornichons ». Son principe ? Détruire l'ego des personnalités arrogantes, réactionnaires, riches, de manière non-violente mais directe. De ridiculiser les hommes de pouvoir, les intouchables, avec des tartes. De cibler à coup de crème les dominants en répandant une « anarchie joyeuse » à même de sortir de l'impuissance. Un jet de chantilly venait briser la solennité et l'image de toute-puissance.
Noël Godin était passionné de cinéma, il empruntait à l'univers du cartoon, des sketchs, aux situationnistes et à l'activisme libertaire. Il commence son parcours dès 1968 sur les bancs de l'université, en déversant un pot de colle sur un enseignant connu pour ses idées réactionnaires. Il élabore ensuite, pendant près de 40 années, des plans millimétrés pour entarter des célébrités comme Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor, Jean-Luc Godard, des prêtres… Et devient la hantise des célébrités médiatiques et politiques.
Parmi ses gros coups : l'entartage en 1998 de Bill Gates, empereur de l'informatique à l'époque. Un employé de Microsoft l'informe que le patron de la multinationale arrive en Belgique, et lui confie son emploi du temps. Le Gloupier monte une équipe pour être sûr de ne pas le rater. Au moment prévu, trois personnes lancent chacune une tarte à la crème au visage du patron, qui court dans un bâtiment. Mais à l'intérieur, un quatrième anarcho-patisssier lui expédie une dernière tarte. La bande crie : « Entartons, entartons le polluant pognon ».
Autre réussite, l'entartage multiple de Nicolas Sarkozy en 1997. Un complice est envoyé pour demander un autographe à l'homme politique, qui rêve déjà d'être président, et lui administre une tarte au visage. Craignant d'être photographié couvert de crème, Sarkozy court vers un ascenseur, mais un entarteur l'attend à chaque étage ! Le politicien est escorté vers les toilettes par ses gardes du corps, et pense enfin pouvoir se sortir de ce traquenard. Sauf qu'une vingtaine de pâtissiers l'attendent à la sortie, et le couvrent à nouveau de chantilly. Sarkozy se nettoie une nouvelle fois, mais reçoit une dernière tarte en pleine tête pour conclure cette belle série.
Et BHL ? Godin ne comptait pas en rester là, et devient la cible principale. Le philosophe sera entarté pas moins de 10 fois par le Gloupier et ses équipes, sur plusieurs décennies. Le 10e attentat a lieu à Namur le 30 mai 2015. Une vingtaine de personnes lui envoient des tartes dans une église, malgré la présence de gardes du corps. BHL supplie, à bout de nerfs : « Non, y en a marre ! » Noël Godin dédie cette action au dessinateur satirique Siné, figure historique de Hara Kiri et Charlie Hebdo, qui avait été viré de l'hebdomadaire pour son soutien à la Palestine, et accusé d'antisémitisme. Une tarte atteint aussi le rappeur Doc Gynéco en direct à la télé, alors qu'il avait annoncé soutenir la candidature de Sarkozy.
Noël Godin écrit aussi beaucoup. Il contribue au journal Siné Hebdo, créé par son ami, où il rédige une chronique intitulée « L'Entarteur littéraire ». Avant cela, il publiait dans un magazine de cinéma belge, appelé « Les Amis du film », et piégeait ses chefs avec de fausses nouvelles, des critiques de faux films et de fausses interviews. Au fil de ses aventures, il fait aussi paraître plusieurs ouvrages, notamment « Crème et châtiment ».
Intarissable, il joue aussi dans 27 films, fréquente la bande de Groland, devient une véritable célébrité en France comme en Belgique, se déplace partout où ses camarades l'invitent. Il invente une langue et des expressions fleuries, faites de « flibusterie pâtissière », de « gloupinades » et de « youpitamment », c'est-à-dire : « de façon joyeuse ».
Noël Godin est passé à Nantes en 1996, invité par une bande d'anarchistes. Avec une soixantaine de complices, il organise un entartage géant de prêtres dans la cathédrale Saint-Pierre en pleine messe. Il inspirera plus tard d'autres jeunes nantais qui, dans les années 2010, entarteront le ministre Claude Allègre, puis enfarineront François de Rugy.
La dernière victime connue du Gloupier est le patron de la compagnie d'aviation Ryan Air, en 2023. Il envoie deux tarte dans le visage du PDG Michael O'Leary avant une conférence à la Commission Européenne, à Bruxelles. L'internationale pâtissière proclame : « Tant que vous nous inonderez avec du CO2, nous vous inonderons de crème fouettée ». L'entarteur avait atteint l'âge vénérable de 77 ans, mais il était toujours en pleine forme.
Noël Godin qui part, c'est aussi un peu d'une époque qui disparaît : sarcastique, légère comme la crème fouettée, et pleine de possibilités. Car il faut bien dire qu'il est devenu beaucoup plus difficile et risqué d'approcher une personnalité de pouvoir. À présent, les dominants ne se déplacent plus sans des escadrons de vigiles et de policiers, les caméras de surveillance sont omniprésentes, les portiques et autres sas de sécurité sont partout… Et quand une tarte parvient à atteindre un illustre visage, les gardes à vue, plaintes et procès sont systématiques, alors qu'elles étaient rares il y a quelques décennies.
Même le discours à changé : ce que les médias trouvaient amusant jadis est qualifié d'horrible violence. Plus les forts nous écrasent, plus ils dramatisent les rares offenses qui les visent. Rien ne doit abîmer l'apparence de puissance, et même la crème chantilly est criminalisée.
Le Gloupier n'est plus, mais l'anarcho-pâtisserie doit continuer à vivre.
Publié précédemment :
https://contre-attaque.net/2026/08/25/mort-de-noel-godin-hommage-anarcho-patissier/
Voir aussi :
Raffarin entarté à Lyon
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Marseille : une rentrée scolaire en mode Kouchner pour le maire Benoit Payan
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Racisme d’État et greenwashing : le grand n’importe quoi de la préfecture nantaise
Des parcelles de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes sont ciblées par l'État pour servir de «compensation écologique» pour construire le CRA
L’article Racisme d’État et greenwashing : le grand n’importe quoi de la préfecture nantaise est apparu en premier sur Contre Attaque.
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Rencontre avec Selim Derkaoui autour de son livre 'L'arabe du samedi soir'
Quand ?
Le 18 septembre à 19h30Où ?
Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 ParisSelim Derkaoui sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2, rue de la Mare, 75020 Paris) le vendredi 18 septembre à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « L'arabe du samedi soir » aux éditions du Seuil. La rencontre sera animée par DJ Missy Ness.
Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :
J'aurais frappé un policier, mais je ne m'en souviens pas. Ce dont je me souviens, ce sont la tentative avortée pour entrer en boîte de nuit, les litres d'alcool ingurgités, et cet after jusqu'au petit matin. Quelques heures plus tard, je me réveille en cellule. Que s'est-il passé ce soir-là ?
Entre le récit intime et l'essai, Selim Derkaoui enquête sur ce qu'il nomme les nuits populaires : aux clubs et free parties, à l'alcool et aux drogues, répondent les contrôles au faciès, les difficiles retours de soirées, les boulots précaires et les corps qui encaissent. De la Normandie aux fêtes parisiennes, l'auteur remonte avec humour le fil de ses virées nocturnes. Il cherche à comprendre comment le capitalisme nous pousse à faire de nos weekends des exutoires - quitte à nous mettre en danger et à rappeler brutalement à l'ordre les minorités politiques. Malgré tout, le samedi soir reste un rituel de survie, de résistance et de dignité ; une véritable conquête sociale arrachée aux dominants.
Selim Derkaoui est journaliste. Il est l'auteur de « La guerre des mots » (2020, avec Nicolas Framont) et de « Rendre les coups » (2023), aux éditions Le Passager clandestin, ainsi que de « Laisse pas traîner ton fils » (2025), paru chez Les Liens qui libèrent.
Dj Missy Ness est une Dj qui raconte l'histoire d'un monde dans sa complexité géopolitique. Elle mélange la crème des courants alternatifs qui illuminent les nuits folles d'Istanbul, de Ramallah, de Beyrouth, de Londres, de Barbès ou de Tunis. Dub, Grime, Hip Hop, Trap, Electro ou rythmes traditionnels nourrissent ses mixs urbains. Pendant plusieurs années, à travers le projet indépendant In Transit, elle a valorisé les scènes musicales émergentes des pays arabes et du Sud Global en organisant des séries de concerts qui rendent hommage à la diversité esthétique et à la migration.
- Voir aussi Le Monte-en-l'air
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Le droit du travail ravagé par Macron. Qui aurait pu prédire ?
Quand ?
Le 16 septembre de 20h à 21h30Où ?
Le Bar commun 135, rue des Poissonniers 75018 ParisLe comité Attac Paris-Nord-Ouest vous propose ce débat autour du droit du travail.
Pendant deux quinquennats, le logiciel néolibéral a tourné à plein et a fait des dégâts sur un de ses épouvantails favoris : le droit du travail.
Dès 2017, les ordonnances Macron ont constitué la régression des droits des travailleurs et travailleuses la plus importante depuis la 2e guerre mondiale.
Ensemble nous nous poserons les questions suivantes :
– Quelles évolutions du droit du travail sous l'ère Macron ?
– Quels impacts sur les acteurs du droit du travail (inspection du travail, organisations syndicales, conseils de prud'hommes...) ?
– Évolution des conditions de travail : de quoi parle t'on ?Intervenant · es :
– Diane ADAM, Ergonome - Union Locale CGT du 18ème arrondissement
– Pascal QUERU, Expert CSE
– Jean DUFFOUR, Avocat spécialiste en droit du travail
– Virgile GARSMEUR, Inspecteur du travail, CGT TEFP -
Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire
Après 142 ans d'enseignement agricole, le centre de Kerliver, à Hanvec (29), vit peut-être sa dernière rentrée. Sur fond de réduction des dépenses, le conseil régional de Bretagne a décidé le transfert de ses formations à Châteaulin et Morlaix. Un collectif de salariés dénonce la brutalité de la manœuvre et croit en l'avenir de ce site tourné vers l’agro-écologie.
L’article Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
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Rencontre avec la photographe Bérangère Fromont
Rencontre avec Bérangère Fromont le 9 septembre à 19h30 au bar le TDTF (43 rue Cavendish, Paris 19e)
À l'occasion de la sortie de son livre « République » paru aux éditions Chose Commune, rencontre et discussion avec la photographe Bérangère Fromont pour parler de son travail photographique.
Bérangère Fromont questionne depuis une quinzaine d'années la notion de résistance. Résistances individuelles ou collectives, luttes politiques, quêtes de visibilité, mais aussi action de résister, comme force de vie. Elle mène une exploration artistique des façons d'habiter le monde en dehors des systèmes et des modes de représentation dominants : habiter poétiquement, éthiquement et politiquement le monde relève pour elle d'une nécessité intime.
Le 9 septembre à 19h30 au bar le TDTF
43 rue Cavendish, 75019 Paris - Métro Laumière -
Le socialisme sauvage : essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours
chapitre II : Marx et la Commune de Paris
Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes depuis la Révolution Française, via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Son but est de relire l'histoire révolutionnaire non depuis l'angle traditionnel et confus de « la révolution contre les bourgeois/les aristocrates » - qui fait comme si la révolution était un bloc - mais depuis un axe fondamental souvent oublié : celui des divers courants libertaires contre les tendances autoritaires du socialisme.
On regrettera certains défauts importants, qu'il est bon d'avoir en tête en parcourant le bouquin. Notamment le fait que les luttes abordées sont très majoritairement des luttes blanches. Ou que l'angle pris fait souvent la part belle aux figures et organisations militantes officielles - là où il serait intéressant de se concentrer un peu plus sur l'action et l'organisation directes du prolétariat.
Ces points étant dits, ce livre apporte de nombreuses informations historiques importantes, souvent effacées de l'histoire des luttes. Il permet ainsi, de façon méthodique et détaillée, de remettre plusieurs points sur les i concernant la question de l'autoritarisme. C'est une chose qui nous semble plus qu'utile à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venir.
Bonne lecture !
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1er chapitre :
Le socialisme sauvage : chapitre I
 | 13 juilletNous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes, majoritairement européennes, depuis la Révolution Française (…)
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30 ans après Saint-Bernard, lutter pour la régularisation des sans-papiers
La Coordination 75 des Sans-Papiers, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France et la Salle Saint-Bruno proposent une semaine de programmation autour des luttes des sans-papiers à l'occasion des 30 ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard
Affiche
Depuis le mouvement des Sans-Papiers de 1996, marqué par l'occupation de l'église Saint-Bernard, le mouvement des sans-papiers s'est structuré au sein de collectifs et de coordinations (de collectifs). Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d'installation.
30 ans après Saint-Bernard, la lutte des sans-papiers continue d'être terriblement d'actualité et a besoin d'être rappelée : votée en 2024, la loi Darmanin restreint encore les conditions du séjour des étrangers. En 2025, une circulaire de Bruno Retailleau viens la compléter : elle rend extrêmement difficile les régularisations, dont le nombre chute, et elle enferme les sans-papiers dans la précarité et l'illégalité. En 2026, c'est au niveau européen que la loi se durçit avec le Pacte Asile et Immigration et le Règlement retour.Programme :
- Exposition de photographies d'Anne Volery du 14 au 18 septembre : « Personne n'est illégal, photographies et récits de Sans-Papiers en lutte ». Inauguration de l'exposition le lundi 14 septembre à 18h00 - Visites guidées les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 18h00 à 19h00.
- Table ronde, Les luttes actuelles des Sans-Papiers avec Anzoumane Sissoko, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France (CSP75, CSP17, CSP Montreuil, Droits Devant !!, CTSPV, CSP93), le Collectif des Jeunes du Parce de Belleville et la Marche des solidarités, le lundi 14 septembre à 19h30.
- Projection-débat de la Ballade des Sans-Papiers, documentaire sur le mouvement de Saint-Bernard. En présence du réalisateur Samir Abdallah et de témoins, soutiens et acteurs du mouvement de 1996 : Mogniss Abdallah (Agence Im'media), Jean-Claude Amara (Droits devant !!), Doro Traoré (membre du Collectif de Saint-Bernard), le jeudi 17 septembre à 19h00.
- Visite de quartier sur les lieux emblématiques de l'histoire de l'immigration dans le 18e arrondissement avec Bernard Masséra le vendredi 18 septembre à 14h00.
- Concert gratuit de Pedro Kouyaté le vendredi 18 septembre à 19h00.
Salle Saint-Bruno, 9 rue Saint Bruno, 75018 Paris
Entrée libre pour tous les événements de la semaine -
Les 16 et 17 octobre 2026 contre la torture en prison
Journées de discussion contre les QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée).
Les 16 et 17 octobre 2026, le collectif anticarcéral de L'Envolée invite à un week-end de discussions contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) : de nouveaux quartiers de haute sécurité qui durcissent encore l'appareil répressif.
L'Envolée et ses invité.es– ancien·nes prisonnier·es, proches, militant·es associatif·ves, avocats... – proposent de faire entendre la voix sans cesse réduite au silence des prisonnier·es, pour comprendre ensemble de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est vraiment le nom, et pour imaginer ensemble les moyens de lutter contre les QLCO.
Torture de l'isolement poussée à l'extrême, déshumanisation des prisonniers et des proches, surveillants cagoulés en permanence : tel est le quotidien dans ces quartiers ouvertement destinés à faire souffrir le plus possible.
Dès leur ouverture, prisonniers et proches ont cherché à faire entendre par tous les moyens qu'un cap avait été franchi en termes de torture carcérale. Malgré la rigueur du dispositif, les prisonniers se sont organisés collectivement (communiqués, blocages, grèves de la faim, recours juridiques).
En fait, c'est le sort de tous les prisonnier·es qui dépend de ces bagarres contre les QLCO, car les pratiques mortifères de ces quartiers sont déjà en train de contaminer toutes les autres prisons.
Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO et leurs proches vivent déjà le fascisme.
Se battre à leurs côtés, c'est lutter contre le glissement de toute la société.
Journées de discussion contre les QLCO
à la Parole Errante, 9 rue François Debergue, Montreuil. Métro 9 Croix de ChavauxVendredi 16 octobre 2026 - 19h
- Présentation du livre « Crever le silence : Comité d'action des prisonniers 1972 - 1980 »
Samedi 20 octobre 2026 - dès 13h
- 14h - Derrière la guerre aux narcotrafiquants, la guerre aux quartiers
- 16h - La bagarre contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée)
- 19h - Repas à prix libre (de la Cantine des Pyrénées)
- 20h - « Dans l'ombre, la lumière », spectacle de K. Miloudi et R. Goldman
- 22h - minuit - DJ Set, Manu Makak
Expos, tables d'infos, des collectifs invités, espace enfants et bar le samedi
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Fini l'élevage et bienvenue à la mine : la « transition verte » détruit la culture de populations autochtones en Suède
À l'approche des élections, le gouvernement suédois et certains partis menacent les droits des éleveurs autochtones Sámis. Ces derniers dénoncent un colonialisme vert, en raison des projets de mines, de barrages et de parcs éoliens qui mettent en péril leur mode de vie millénaire.
Lire la suite - Reportage / Nature , Monde
Jokkmokk (Suède), reportage Le coucher de soleil arctique plonge la forêt de Kallak (Gállak, en same de Lule, langue parlée en Laponie, dans le nord de la Suède et de la Norvège) dans une douce lumière dorée, (…) -
Détergent, bicarbonate, savon noir : comment choisir des produits ménagers plus écologiques
Les labels certifiés par l’Ademe servent de repères dans les supermarchés. © Jean-Michel Delage/Hans Lucas via AFP
80% du temps, notre air intérieur est cinq à sept fois plus pollué que l’extérieur, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Parmi les multiples sources de pollution de notre maison figurent les produits ménagers, qui peuvent contenir des substances toxiques pour l’environnement et la santé.
Pour faire le ménage et assainir son logement sans le contaminer davantage, «le premier réflexe est de limiter le nombre de produits utilisés et de restreindre la dose que l’on applique», souligne Emily Spiesser, référente «consommation plus responsable» pour l’Ademe. «Si vous voulez mieux nettoyer, il faut le faire plus régulièrement, pas utiliser davantage de produit», renchérit le docteur Philippe Carenco, médecin et ancien chef du service d’hygiène du CHU de Nice (Alpes-Maritimes).
Les substances nocives contenues dans les produits ménagers sont multiples. On retrouve de l’ammoniaque dans les nettoyants pour vitres, pour toilettes, cuisinières ou salles de bains, lequel peut irriter les voies respiratoires. Autres ingrédients à risque : les composés organiques volatiles (COV) présents dans les détergents, aérosols ou parfums d’ambiance. Certains sont des cancérogènes avérés, comme le benzène, le toluène et le formaldéhyde. D’après le Haut Conseil pour la santé, en 2021, 91% des produits ménagers testés émettaient cette dernière molécule.
Selon la sensibilité des usager·es, les détergents et autres produits d’entretien peuvent entraîner des effets néfastes immédiats : nausées, asthme, irritations, inflammations des muqueuses, difficultés respiratoires, allergies, toux. Sur le long terme, ils renforcent aussi notre exposition aux perturbateurs endocriniens (qui dérèglent le système hormonal) et peuvent s’ajouter à d’autres polluants de notre quotidien.
Quels sont les produits à éliminer en priorité ?
«Les sprays et produits avec parfums doivent être évités car ils sont présents dans l’air et finissent dans nos poumons, explique Philippe Carenco. Ces substances peuvent être irritantes si on les utilise de façon régulière et sont susceptibles de déclencher des gênes respiratoires chez les personnes sensibles.»
Désodorisants pour toilettes, diffuseurs d’huiles essentielles ou autres aérosols peuvent davantage contaminer notre intérieur que le purifier. Par exemple, la combustion d’encens libère des COV. «Le propre n’a pas d’odeur», insiste Philippe Carenco. Contrairement à une idée très ancrée dans notre culture, les parfums ne sont pas synonymes d’environnement sain, au contraire. Ajoutés aux produits d’entretien, nombre d’entre eux contiennent des phtalates, qui perturbent le système hormonal.
Pour éviter l’accumulation des contaminants dans notre air intérieur, il faut aérer cinq à dix minutes par jour et après avoir fait le ménage. «Lorsqu’on étend son linge et qu’on utilise une lessive parfumée, il est utile d’aérer ; on peut avoir des molécules allergisantes ou nocives pour la santé sur le long terme qui se diffusent dans l’air», indique Emily Spiesser.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que les enfants et les femmes enceintes sont les plus exposé·es aux effets néfastes de la pollution de l’air. De même pour certaines personnes vulnérables (cardiaques, asthmatiques, immunodéprimées).
Faut-il se passer de la Javel et autres désinfectants ?
«On n’a pas à désinfecter quoi que ce soit à la maison, même en cas de gastroentérite d’un membre du foyer, cela n’empêchera pas l’exposition au virus via les surfaces, les précautions doivent porter en premier lieu sur la limitation des contacts directs entre les personnes ainsi que le fréquent lavage des mains.» Philippe Carenco est catégorique : il faut se passer de la Javel et des autres désinfectants. «En moyenne, seules 3% des bactéries de notre maison peuvent provoquer des maladies», selon l’Association Santé Environnement France.
L’Anses rappelle que les savons et détergents naturels suffisent à nettoyer les surfaces en cas de personne malade à la maison. Pourtant, en France, sept ménages sur dix utilisent encore de l’eau de Javel, rapporte l’Ademe. Dans ces logements, les enfants ont plus de risques de développer des infections respiratoires (sinusite, otite, bronchite, pneumonie). Si vous tenez à y recourir, l’institution conseille de la diluer dans de grandes quantités d’eau, en évitant absolument l’eau chaude et le vinaigre.
Les antibactériens, quant à eux, peuvent contenir du triclosan, un perturbateur endocrinien. En plus d’être nocifs pour la santé et d’être inutiles dans un logement de particulier, les désinfectants se retrouvent dans les eaux usées et sont difficilement dégradés par les bactéries des stations d’épuration, chargées de traiter les polluants. Ils participent donc à la pollution de l’environnement.
Les écolabels sont-ils fiables pour choisir son détergent ?
L’Ademe recommande de se fier à plusieurs labels environnementaux dont elle a vérifié la fiabilité. Ecocert, Nature & Progrès : vous pouvez retrouver la liste des certifications ici. Ils sont un critère efficace pour choisir parmi les multiples bouteilles des supermarchés et un meilleur repère que les noms des marques ou des produits. «Certains noms de marques posent problème car ils sous-entendent que le produit est respectueux de l’environnement, alors qu’il ne l’est pas», alerte Emily Spiesser.
Pour les détergents, l’experte recommande l’écolabel européen. «Il permet de limiter l’impact environnemental du produit sur tout son cycle de vie : extraction des matières premières, utilisation et fin de vie ; et il porte sur des normes sanitaires et environnementales.»
Les produits d’entretien labellisés peuvent malgré tout contenir des substances issues de la pétrochimie, mais sont garantis sans perturbateurs endocriniens tels que les alkylphénols.
Les solutions pour nettoyer en douceur
Dans la majorité des cas, le ménage mécanique est préférable aux solutions chimiques : enlever la poussière régulièrement avec un balai ou un aspirateur et laver le sol avec de l’eau chaude suffisent. Même lorsqu’il s’agit de déboucher un évier, il vaut mieux privilégier l’usage d’une ventouse, d’un furet ou dévisser le culot du siphon avant d’utiliser les déboucheurs chimiques comme le Destop.
Ce dernier contient des substances (acide sulfurique, acide chlorhydrique, soude caustique, hydroxyde d’ammonium, entre autres) qui ne peuvent pas être traitées intégralement par le système d’assainissement et qui contaminent les sols et nappes phréatiques.
Un ensemble de produits naturels peut suffire à l’intégralité de votre ménage : le bicarbonate de soude pour déboucher des canalisations ou nettoyer les surfaces, le vinaigre blanc (en petite quantité) pour détartrer ou le savon (noir ou autre) pour dégraisser et laver les surfaces.
Peu importe les produits choisis, «il vaut mieux mettre des gants pour faire le ménage ou la vaisselle», souligne Emily Spiesser. Cela permet d’éviter de mettre sa peau en contact direct avec des substances irritantes ou abrasives.
Pour les plus motivé·es, plusieurs recettes élaborées par l’association de préservation de l’eau et de l’environnement Ceseau permettent de fabriquer soi-même ses produits d’entretien.
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Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026
Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.
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Le 6 septembre 1901, Leon Czolgosz assassine William McKinley, président des États-Unis
À Buffalo, dans l'État de New York, le 6 septembre 1901, Leon Czolgosz tire deux coups de pistolet sur le président des États-Unis, William McKinley, alors qu'il visitait l'exposition Pan-américaine au Temple of Music à Buffalo. Le 14 septembre 1901, le président meurt de ses blessures. Théodore Roosevelt, qui prend sa succession à la présidence, fait voter le 3 mars 1903, l'Anarchist Exclusion Act, interdisant l'immigration des anarchistes et facilitant leur expulsion du sol étasunien.
Leon Czolgosz
Leon Czolgosz naît le 5 mai 1873 à Alpena, dans le Michigan, au sein d'une famille d'émigrants polonais. Il est l'un des huit enfants de la famille américano-polonaise de Paul Czolgosz et de Mary Nowak. À l'âge de dix-sept ans, il trouve un emploi à la Cleveland Rolling Mill Company, mais après le krach économique de 1893, l'usine ferme ses portes. Quand elle ré-ouvre, l'entreprise cherche à réduire les salaires, en réaction de quoi les ouvriers se mettent en grève. Mais rapidement Léon et ses frères sont au chômage. Face à la tourmente économique et sociale autour de lui, Czolgosz ne trouve que peu de réconfort dans l'Église catholique, et recherche rapidement des personnes partageant ses préoccupations concernant l'injustice sociale. Il rejoint plusieurs clubs socialistes d'ouvriers modérés avant de s'intéresser à l'anarchisme. Il commence à lire des publications anarchistes et à assister à des meetings. Il est alors fortement influencé par l'attentat de Gaetano Bresci et essaie de rentrer en contact avec les éditeurs de « Free Society » à Chicago, mais sans succès.
L'attentat
Le 31 août 1901, Czolgosz se rend à Buffalo, dans l'état de New York, où doit se dérouler une grande exposition panaméricaine. Il loue une chambre à l'hôtel Nowak's, au 1078 Broadway. Le 6 septembre, Czolgosz se rend au Temple of Music de l'exposition muni d'un revolver "Safety Automatic" de calibre 32, qu'il avait acheté quatre jours plus tôt. Il fait patiemment la queue pour rencontrer le président William McKinley qui prend un bain de foule. À 16 h 07, Czolgosz atteint le devant de la file. McKinley lui tend la main, et Czolgosz tire deux fois à bout portant sur le président. La première balle ricoche sur un bouton de manteau et se loge dans la veste de McKinley, l'autre blesse gravement le président à l'estomac. Des visiteurs arrêtent immédiatement Czolgosz, alors que McKinley s'effondre en arrière. La police a du mal à garder la foule à l'écart de Czolgosz qui tente de le lyncher.
Leon Czolgosz, arrêté, déclare être un "anarchiste individuel", lié à aucune organisation. Il reconnaît aussi avoir assisté aux meeting d'Emma Goldman mais que d'aucune façon elle ne l'a influencé dans la réalisation de son acte. Sa déclaration aura comme conséquence de placer Emma Goldman sur la liste des personnes les plus surveillées aux États-Unis. Mais ces déclarations restent encore aujourd'hui soumises à débat au sein des milieux anarchistes étasuniens. À l'époque aucune organisatione ou groupe anarchiste ne connaît, ni ne reconnaît Leon Czolgosz comme anarchiste, et ces déclarations ont étés faites dans les bureaux opaques d'une police ouvertement anti-anarchiste. Mais qu'il ait été anarchiste ou pas ne change ni son acte, ni sa portée, ni ses conséquences sur les anarchistes étasuniens. Une chose est sure, Leon Czolgosz s'intéressait à l'anarchisme, il a été influencé par des anarchistes et a clairement assassiné le président William McKinley pour venger les « gens biens, des bonnes personnes qui travaillent », et s'il fut anarchiste, il n'a laissé aucune trace historique évidente pour que nous l'affirmions.
Le 14 septembre, le président McKinley décédera des suites d'une infection.
Le procès et l'exécution spectacle
Après la mort de McKinley, le président Théodore Roosevelt, nouvellement entré en fonction, déclare : « Par rapport à la suppression de l'anarchie, toute autre question sombre dans l'insignifiance ». Le 16 septembre, un grand jury inculpe Czolgosz de meurtre au premier degré. Tout au long de son incarcération, Czolgosz parle librement avec ses gardes, mais refuse toute interaction avec Robert C. Titus et Loran L. Lewis, éminents magistrats devenus avocats et chargés de le défendre, ainsi qu'avec l'expert psychiatre chargé de vérifier sa santé mentale. Il se sait condamné et revendique son crime en plaidant coupable. Les avocats en charge de sa défense plaident, contre sa volonté, la folie et la non-culpabilté lors du procès.
La suite de cette histoire à lire sur le site de rebellyon.info.
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Rencontres anticarcérales du 17 au 27 septembre à Avignon
La prison est-elle vraiment la réponse ?
Et si on imaginait autre chose ?📅 Du 17 au 27 septembre 2026 📍 Avignon
Le collectif Crève la Taule 84 propose une série de rencontres, discussions et événements pour questionner la prison, ses effets et la société qui la produit.
Que vous soyez proches de personnes incarcérées, déjà engagé·es sur ces questions, ou simplement curieux·ses d'en savoir plus, venez découvrir d'autres façons de penser la justice, les violences, la punition et le vivre-ensemble.
Parce que derrière les murs, il y a des vies, des familles et des questions qui nous concernent toutes et tous.
Dans le Vaucluse, Crève la taule 84 lutte contre la prison et contre la société qui l'engendre. Né il y a plus de vingt ans lors de la construction de la prison du Pontet, le collectif s'est remobilisé face au projet d'une nouvelle prison à Entraigues-sur-la-Sorgue.
Il soutient les proches de prisonnier·es, notamment à travers l'émission V'la la Gamelle sur Radio Aïoli, et organise des temps de réflexion sur l'abolition des prisons.En France, la population détenue a augmenté de 139 % depuis 1980, atteignant 86 100 personnes en janvier 2026. Surpopulation, insalubrité, violences, maladies et suicides marquent le quotidien carcéral.
Malgré les condamnations répétées de la France par la justice européenne, l'État continue de construire des prisons et de durcir sa politique pénale. La prison punit, désocialise, détruit des liens et frappe en priorité les personnes les plus précaires et marginalisées.Loin de réduire les violences, l'enfermement peut les aggraver et favoriser la récidive. Alors pourquoi continuons-nous à croire qu'il nous protège ?
Parce que l'insécurité est devenue un outil politique : on désigne des menaces, on construit des ennemis et on présente la punition comme une évidence. On transforme ainsi des problèmes sociaux en responsabilités individuelles.Crève la taule 84 refuse cette logique. Nous ne voulons pas répondre à la haine par la cage, la matraque et l'humiliation, mais par la solidarité, l'organisation et les idées.
Nous sommes abolitionnistes parce que nous refusons la domination et la violence institutionnelle. L'abolition n'est pas un rêve : c'est la nécessité d'imaginer et de construire d'autres façons de prévenir les violences, de réparer les torts et de vivre ensemble.La prison est inutile et néfaste.
L'insécurité imaginaire.
La révolution possible.
L'abolition nécessaire.crevelataule84@riseup.net
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Du punk à l'île égalité !
Oyez oyez, vous pouvez dès à présent réserver votre soirée du vendredi 25 septembre pour une soirée punk à l'île égalité (4, rue de l'Égalité, vers la station de métro Cusset) ! Les festivités commenceront à 20h et l'entrée est bien évidemment à prix libre (0€ compris). Au programme les groupes Penser Saboter, Gagner de l'Argent et NLSQPS.
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6 septembre 1995 : Révoltes tahitiennes contre l'État nucléocrate français
Le 13 juin 1995, Jacques Chirac annonce que la France va conduire huit nouveaux essais nucléaires en Polynésie française, qui seront finalement au nombre de six sur l'atoll de Moruroa, à 1 200 km au Sud-Est de Tahiti. Un tir pour certifier la tête nucléaire TN 75 qui équipe les missiles M-45, et cinq pour la mise au point du programme Simulation. Ce programme d'expériences en laboratoire a besoin de ces tests grandeur nature pour créer des supercalculateurs capables de les remplacer. Une continuité bien dégueulasse entre nucléaire, colonialisme, science, et domination numérique.
Les opposant·e·s polynésien·ne·s ne tardent pas à lancer une mobilisation qui aura une répercussion à l'international, en France, au Japon, en Australie, etc. Dès le 29 juin, entre 10 000 et 15 000 des 220 000 habitant·e·s bloquent les routes avec des barricades au lieu d'aller travailler. 200 flics anti-émeutes de Nouvelle-Calédonie sont dépêchés pour la plus grande mobilisation qu'ait connue Tahiti jusque-là (à titre de comparaison, ça équivaudrait en proportions à 400 000 personnes pour Paris et la banlieue proche aujourd'hui, ou 3,8 millions à l'échelle de l'hexagone).
Parmi les figures publiques on peut citer Oscar Temaru, qui incarne les revendications indépendantistes, et Hiro Tefaarere avec la centrale syndicale A ti'a i mua. Au passage on notera que le premier administre Faaa, petite ville de la banlieue de Papeete, et que le second, avant d'être dirigeant syndical était inspecteur des renseignements généraux. Des politiciens somme toute assez classiques !
Le vendredi 1er septembre les blocages de route reprennent suite à l'arrestation de Temaru. Le 2 septembre, des milliers de personnes arrivent sur Papeete, après 5 jours de marche en deux groupes sur les côtes Est et Ouest, se logeant et se nourrissant chaque nuit dans un village, après des discours et des réunions dans des églises ou des forums. Le leader indépendantiste est relâché sous la pression et la menace de fermer les routes de la ville.
C'est la crainte et la colère des réelles répercussions sanitaires et écologiques du nucléaire qui sont exprimées, ainsi que le rejet de la France, de sa politique coloniale, ses nuisances industrielles et de leurs répercussions sociales, liées au chômage élevé chez les jeunes et aux antagonismes de classes. « Journalistes français, couic ! » s'entend-on dire, par exemple, au passage d'un barrage.Le premier essai a donc lieu mardi 5 septembre à 11:30 dans un climat déjà très tendu. À minuit, 200 travailleur·eus·e·s sur le site de Moruroa se mettent en grève, et un appel à la grève générale est lancé.
Le lendemain matin, rendez-vous est donné à l'aéroport, « seul lien avec l'extérieur » répètent les médias. On comprendra « seul lieu garantissant des invasions de touristes et une économie florissante ». Mais le rideau de fleurs qui cache les fractures sociales ne tient plus ce mercredi 6 septembre 1995. Le portail de la zone Nord est poussé hors de ses rails, avant qu'un grillage ne soit forcé et le tarmac occupé.
Ça part en mode sit-in, mais rapidement des opposant·e·s commencent à s'attaquer à des installations comme les lampes de balisages. Des pierres sont jetées sur un avion AOM (Air Outre-Mer) rempli de voyageur·euse·s, en partie, dit-on, en raison d'une rumeur qui dit que Gaston Flosse, président du gouvernement polynésien et député RPR de son état, est à bord. Ce qui s'avérera inexacte, mais peu importe, les coups pleuvent allègrement sur la carlingue et sur les flics, le décollage est annulé.
Un unique coup bien senti et…
… KO !
Puis c'est au tour de l'aérogare d'être pris d'assaut, avec notamment un engin de chantier utilisé pour des belles dégradations. Le feu est mis à la zone d'embarquement, les locaux de la police de l'air et des frontières, les snacks et restaurants, les boutiques de colliers et de coquillages.
Une fois servis, plus de duty-free
Les affrontements se poursuivent jusque sur le parking où chaque voiture est transformée en torche. On dit que certain·e·s se chargeaient d'empiler des monticules de pierres pendant que d'autres les lançaient, que l'entraide existait aussi bien pour se nettoyer les yeux des gaz lacrymogènes que pour le lancer de Molotov. Les trois escadrons de gendarmes mobiles n'arrivent pas à défendre l'aéroport international qui, rappelons-le quand même, est aussi une infrastructure stratégique. 30 ans auparavant, il avait été agrandi, au même titre que le port de Papeete, pour les besoins de la construction du Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP) sur Moruroa. C'est-à-dire pour les besoins nucléaires de l'État et de son armée, pour qu'ils puissent faire joujou avec des plus gros bateaux et des plus gros navions, et des plus grosses bombes. L'aéroport est joyeusement détruit mais la journée n'est pas terminée et l'émeute s'étend à la ville à la tombée de la nuit. Des flics aux responsables syndicaux, des pompiers aux propriétaires de magasins (principalement des français et des chinois), l'autorité se trouve momentanément dépassée par la situation. Il y aurait eu 200 émeutier·ère·s répandu·e·s dans l'Ouest chic de la ville, s'attaquant à des boutiques de parfum et des centres touristiques ; et auraient même été tenté·e·s par l'Assemblée territoriale et le domicile du Haut-Commissaire français.
« On s'est mariés il y a 2 jours, on vient d'arriver mais on va annuler c'est trop stressant. »
Chambre d'hôtel idéale pour une lune de miel, avec vue imprenable sur le centre ville embrasé
Les commerces sont allégrement pillés, brûlés ou les deux
Le jeudi 7 septembre, le centre ville de Papeete est retourné. Les forces de l'ordre manquaient, tout le monde en convient. Des légionnaires du 5e régiment étranger de Moruroa sont envoyés sur place rejoindre les quelques dizaines de policiers. Oscar Temaru ouvre sa bouche la première fois en 12 heures pour – oh, quelle surprise – appeler au calme. Le samedi matin, plusieurs milliers de personnes se rassemblent pour protester contre les violences. Il y a celles et ceux qui déplorent la destruction de l'image d'une Polynésie accueillante qui irradie l'imaginaire occidental, et il y a celles et ceux qui n'en ont visiblement pas grand-chose à foutre, puisque les affrontements entre les manifestant·e·s et les forces de l'ordre continuent pendant deux jours. Le samedi après-midi, des représentant syndicaux sont arrêtés, dont Hiro Tefaarere, qui est révoqué de la police nationale.
Au lendemain des émeutes, donc, en plein centre-ville, une vingtaine de pilleurs fouillent dans les débris brûles et détrempés d'une grande parfumerie de luxe. Ils remplissent leurs sacs au vu et au su de tout le monde. Les forces de l'ordre interviennent de temps à autre, mais à peine s'éloignent-elles que pilleurs et pilleuses reviennent, fiers de leurs trouvailles respectives. « Tout ce qu'il y avait de mieux est parti », explique une Tahitienne, les bras chargés de bouteilles de parfum.
Pendant ce temps, à l'aéroport de Faaa, une centaine de manifestant·e·s continuent de harceler les forces de l'ordre. Seul le parking, couvert de carcasses de voitures calcinées, sépare les manifestant·e·s des gendarmes. « Ils sont très mobiles et puis ils agissent surtout en petits groupes, un ou deux, avec des cailloux. En plus ils sont très forts ce qui fait qu'ils arrivent à projeter les cailloux très très loin. » déclare le capitaine Tavel, commandant de gendarmerie des Îles du Vent.
Lendemain des émeutes, reportage de l'Établissement Cinématographique et Photographique des Armées
À Papeete, des dizaines de vitrines ont été brisées et près de 20 magasins et bâtiments détruits. Le bilan des heurts, parfois très violents, avec les gendarmes mobiles dans l'aéroport et ses environs s'élevait mercredi soir à 20 blessés, dont 3 graves et 12 hospitalisés. Un manifestant a eu la main arrachée par une grenade. L'aéroport a été fermé pour une durée indéterminée et la police urbaine de Papeete a procédé à une trentaine d'interpellations. Le jeudi soir on comptait 33 gardes à vue.
Le deuxième essai a lieu le 1er octobre, suivi par des manifestations à Papeete, Tokyo et Paris. Le dernier – et 210e – est conduit sur l'atoll de Fangataufa, au Sud de Moruroa, le 27 janvier 1996.
« Nous disposons maintenant de tous les éléments pour relever le grand défi technologique de la simulation. Nous nous en donnerons les moyens. Je sais pouvoir compter sur le dynamisme et la compétence de nos ingénieurs et techniciens pour y parvenir. » déclare Chirac le 23 février 1996.
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Makhno doit rester au Père Lachaise, avec les Communards ! et pas en Ukraine au Panthéon National avec Petlioura !
Notre ami Viatcheslav Azarov, historien ukrainien basé à Odessa, militant anarchiste, spécialiste de Makhno et de la période révolutionnaire (1917-1921) en Ukraine[1], lance un appel aux anarchistes en France et au delà pour protester contre la nouvelle tentative de l'Etat Ukrainien de rapatrier les cendres du fameux révolutionnaire anarchiste d'Ukraine.
Une précédente tentative avait échouée en 2019 [2]. L'enjeu pour l'Etat Ukrainien est de l'inclure de force dans le Panthéon national, de façon à ce qu'il rééquilibre un peu la balance dans la construction du Roman National Ukrainien qui pour le moment compte surtout le pogromiste Petlioura [3] et le collaborateur des nazis Bandera.
« C'est avec une certaine méfiance que j'ai pris connaissance d'une information concernant une réunion à la Présidence de la République, réunissant les dirigeants de la Rada (Parlement) et de l'Institut de la Mémoire nationale, au cours de laquelle a été relancée l'initiative visant à créer en Ukraine un Panthéon des personnalités ukrainiennes éminentes.
Une précédente tentative avait échouée en 2019 [2]. L'enjeu pour l'Etat Ukrainien est de l'inclure de force dans le Panthéon national, de façon à ce qu'il rééquilibre un peu la balance dans la construction du Roman National Ukrainien qui pour le moment compte surtout le pogromiste Petlioura [3] et le collaborateur des nazis Bandera.
Jusqu'à présent, le nom de Nestor Makhno figurait régulièrement sur la liste proposée des combattants pour l'indépendance du XXe siècle, et depuis l'époque de Iouchtchenko (président de l'Ukraine du 23 janvier 2005 au 25 février 2010), nous nous sommes constamment opposés à sa réinhumation. Nous nous y sommes opposés principalement parce que cette initiative était portée par des ennemis impitoyables des idées de Makhno, du modèle de société ukrainienne que le mouvement social portant son nom avait construit et que l'armée makhnoviste avait défendu. Malheureusement, depuis lors, notre pays s'est encore davantage enfoncé dans la voie antisociale et l'extrémisme de droite, et ramener ici la dépouille de cet anarchiste ukrainien de renommée mondiale reviendrait à permettre à ses ennemis de se servir de son nom pour dissimuler leurs exactions contre le peuple travailleur qu'il défendait.
J'espère que les anarchistes français, avec le soutien du mouvement anarchiste mondial, ne laisseront pas un tel sacrilège se produire. Repose en paix en terre étrangère, cher Batko [« petit père »], jusqu'à ce que la dictature oblige les Ukrainiens ordinaires à revenir à tes idées ! »[4]
Les amis de Nestor Makhno (https://makhnohome.wordpress.com), l'initiative « Olga Taratuta » de solidarité avec les déserteurs refractaires et réfugiés russes, ukrainiens et belaruss ainsi que la section en France de l'Association Internationale des Travailleurs (CNT-AIT, https://cnt-ait.info) vous invitent à se retrouver sur la sépulture de Makhno au père lachaise (entrée « Gambetta », métro Gambetta, colombarium, case 6685) le SAMEDI 25 JUILLET 2026, à partir de 14h30
A l'occasion du 92ème anniversaire de la disparition de Makhno.
Nous nous rendrons ensuite sur la sépulture de son compagnon de lutte et d'insurrection Voline (colombarium, case 4084) puis au Mur des fédérés et aux monuments des combattants espagnols de la Liberté, pour nous souvenir de la Révolution sociale initiée en Espagne il y a 90 ans, le 19 juillet 1936, Révolution qui doit tant aux insurgés Ukrainiens et à Makhno (cf. les racines ukrainiennes de la Révolution espagnole https://cnt-ait.info/2022/07/10/racines-ukrainiennes-espagne-1936)
Paix aux chaumières, guerres aux palais !
P.S. :
[1] Nestor MAKHNO (1889 – 1934) était un révolutionnaire anarchiste actif en Ukraine, à l'époque de l'empire russe et du tsar puis après la Révolution de 1917.
Makhno a mené l'armée d'insurrection d'Ukraine. Le mouvement Makhnoviste a été une manifestation de la révolution russe de 1917. De juillet 1918 jusqu'en août 1921, il s'est agi d'un mouvement politique, social, armé, anarchiste ; les paysannes et paysans, les ouvriers et ouvrière ont mené la lutte de classe contre toutes les oppressions, celles des bolcheviks et celles des Blancs – les forces contre-révolutionnaires, mais aussi contre les nationalistes ukrainiens.
Après la défaite du mouvement Makhnoviste en 1921, Makhno s'est enfuit en exil en Europe (Roumanie, Pologne, Allemagne, et finalement France). En 1925, il vivait et travaillait à Paris, où il est resté politiquement actif dans la mouvance anarchiste jusqu'à la fin. Il est mort en 1934, et ses cendres ont été placées dans une urne au cimetière du Père Lachaise. 500 personnes de plusieurs nationalités ont assisté à ses funérailles.
Makhno avait raconté l'histoire du groupe anarchiste de Hulyai Pole, sa ville natale et « capitale » de son éphémère « Fédération du Travail Anti-autoritaire » (https://makhno.home.blog/2025/09/23/1919-voline), ainsi que les événements historiques dans l'Ukraine révolutionnaire dont il fut un acteur de premier plan :
« Notre commune agraire avait été dans le même temps le centre vital économique et agricole de notre système social. Les sociétés n'étaient pas basées sur un égoïsme individuel, mais sur des principes communs, et une solidarité locale et régionale. Dans le même temps, alors que chaque membre de la communauté était solidaires de son prochain, chaque communauté était fédérée aux autres…. Nos communautés étaient un mélange d'agriculture et d'industrie, et même certaines d'entre elles étaient seulement industrielles. Tout le monde combattait et travaillait. Les assemblées populaires prenaient des décisions. Pour mener la guérilla, c'était le comité de guerre, composé par des délégations de chaque détachement de la guérilla qui prenait des décisions. Pour résumer, tout le monde agissait dans un travail collectif, pour éviter la naissance d'une classe dirigeante qui aurait monopolisé le pouvoir. »
Le nom de Makhno est pour toujours associé à la Révolution dans le sud-est de l'Ukraine.[2] Cf l'appel que nous avions lancé en 2019 contre le projet de rapatriment des cendres de Makhno par le Pouvoir Ukrainien :
Le retour du Fantôme de Makhno … https://makhno.home.blog/2026/07/23/retour-makhno/
[3] cf. l'article : 25 Mai 1926 : Samuel Shalom Schwartzbard, le vengeur anarchiste antiraciste, assassine à Paris le nationaliste ukrainien antisémite Symon Petlioura https://makhno.home.blog/2026/05/25/schwartzbard)
[4] Viatcheslav Azarov , 28 mars 2026 [Traduction OCL : https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4737]
Publié précédemment :
https://demainlegrandsoir.org/spip.php?page=article&id_article=3696
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Les sociétés minières creusent leurs trous. Cet hiver, on se déterre, on les y enterre !
Appel à actions contre l'industrie minière
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
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Manuel pour démasquer un·e flic infiltré·e
D'après les données recueillies suite à la découverte d'infiltrations policières au sein d'organisations politiques de gauche en Espagne entre 2022 et 2024.
Sommaire
Manuel
« J'avais entendu dire que lorsque des armées de fourmis étaient en mouvement, si elles arrivaient à une rivière qu'elles devaient traverser, les fourmis de tête se jetaient à l'eau, s'empilant les unes sur les autres en se noyant, offrant leurs propres corps comme pont à celles qui suivaient. »
— Kobayashi Takiji, Une fourmilière à soi et autres nouvelles prolétariennes
Qui l'a écrit ?
Ce manuel a été rédigé par des militant·es ayant subi de près des infiltrations policières, découvertes entre 2022 et 2024. Il s'adresse à toustes les militant·es, d'hier, d'aujourd'hui et de demain, ainsi qu'à toutes les organisations et tous les groupes soucieux de la sécurité de leurs espaces.
Quels sont les objectifs ?
Les objectifs que nous nous sommes fixés lors de la rédaction de ce document étaient les suivants :
- Transmettre l'expérience et les connaissances acquises lors des infiltrations policières et qui nous manquent lorsqu'il s'agit de faire face à elles, y compris comment les prévenir.
- Améliorer la culture de la sécurité au sein des organisations et des groupes.
- Envoyer un message très clair aux militant·es sur la police et l'État : ils ne sont pas infaillibles, et nous vous le démontrons. Il y a des failles dans leur mode opératoire et nous voulons les exposer publiquement et de manière accessible.
Est-il judicieux de le rendre public ?
Avant de rédiger ce manuel, nous avons examiné toutes les options et nous avions quelques doutes. Devions-nous rendre publiques les informations dont nous disposons et celles que nous avons obtenues dans chacune des affaires que nous avons mises au jour et publiées ? Et si cela compromettait les enquêtes en cours ? Et si la police modifiait ses méthodes d'infiltration à l'avenir ?
Nous avons pesé le pour et le contre de la publication d'un tel document et nous avons également consulté et évalué l'expérience du Royaume-Uni à cet égard. Nos conclusions sont les suivantes :
- Nous estimons essentiel de rendre publiques toutes les informations et données obtenues dans les affaires mises au jour jusqu'à présent et qui n'avaient pas encore été publiées. Il ne s'agit évidemment pas de détails morbides et sensationnalistes qui pourraient nous exposer inutilement et qui n'apporteraient rien d'utile aux objectifs que nous poursuivons, mais plutôt des éléments qui permettent réellement de comprendre le fonctionnement de ces pratiques répressives. Rendre ces informations publiques est susceptible d'aider de nombreuses organisations à découvrir des infiltré·es et/ou à écarter d'éventuels soupçons.
- Le fait que nous soyons peu nombreux·ses à détenir des informations aussi importantes signifie que nous ne pouvons les transmettre qu'aux organisations qui nous sont proches et/ou en lesquelles nous avons confiance, favorisant ainsi une logique d'individualisme et de copinage selon le principe du « chacun pour soi », et que ce petit groupe de personnes est chargé d'enquêter sur les soupçons, nous imposant ainsi une responsabilité et une charge de travail logistiquement impossibles à assumer. Outre le danger qu'il y aurait à laisser cette possibilité à notre discrétion, des hiérarchies importantes et des abus de pouvoir pourraient également en découler.
- Il est évident que la police est au courant de ces enquêtes et que, à la simple lecture des articles publiés jusqu'à présent dans les médias, elle aura détecté des schémas communs à toutes les affaires que nous examinons et qui nous aident à affiner notre compréhension du mode opératoire des infiltré·es. Ce seul constat pourrait les amener à envisager une modification de leur stratégie policière, si ce n'est déjà fait. Peut-être prendront-ils cette décision après la publication de ce document. Alors, pourquoi le publier ?
D'une part, nous avons constaté que les tactiques d'infiltration policière sont extrêmement similaires au Royaume-Uni et en Espagne, et ce depuis des décennies. Autrement dit, l'État dispose d'une formule qui fonctionne (ce que les faits démontrent) et, par conséquent, la modifier reviendrait à abandonner cette formule efficace et à risquer d'en essayer une autre sans aucune garantie de succès.
D'autre part, existe-t-il aujourd'hui un canal interne, accessible et suffisamment sécurisé, commun à toustes les militant·es, pour que ces informations ne parviennent pas à la police, y compris aux éventuel·les infiltré·es parmi les militant·es ? Malheureusement, la réponse à cette question est clairement non.
Un autre inconvénient potentiel de la publication de ce document serait de compromettre les enquêtes en cours sur d'éventuel·les infiltré·es. Il est vrai que cela pourrait arriver et que ces personnes pourraient fuir en apprenant qu'elles font l'objet d'une enquête, ou du moins en réalisant que certaines de leurs tactiques ont été exposées publiquement. Si elles fuient, c'est un·e flic infiltré·e de moins dans nos organisations. Si elles restent, nous avons de bonnes chances de les appréhender. Quoi qu'il en soit, nous mettons en balance, d'une part, le risque d'influencer une ou plusieurs enquêtes, et d'autre part, le fait que toustes les militant·es puissent repérer un·e infiltré·e potentiel·le. À notre avis, nous privilégions clairement la seconde option.
Par ailleurs, une autre raison qui nous a convaincus de publier ce manuel est l'expérience britannique et les échanges que nous avons eus avec elleux à ce sujet. Lorsque nous leur avons demandé s'iels avaient tenu de telles discussions internes, iels nous ont confirmé en avoir eu, mais ont néanmoins décidé de publier un manuel similaire. Nous souhaitions également savoir si, après sa publication et avec le recul de quelques années, le bilan était positif. La réponse fut un oui retentissant. Grâce à leurs publications, il a été possible de découvrir de nombreux·ses autres infiltré·es au sein d'organisations ayant eu accès à ce document, sans aucun contact avec elleux. N'oublions pas que si ce document nous était parvenu il y a des années, les dégâts et la durée des infiltrations au sein de l'État espagnol auraient sans doute été bien moindres.
Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi un collectif ou un groupe de personnes ne souhaite pas révéler publiquement la présence d'un·e flic infiltré·e en son sein (honte, orgueil, refus d'admettre une « faiblesse », manque de moyens pour gérer la situation, etc.) En réalité, aussi compréhensible que cela puisse paraître, cette dissimulation ne fait qu'accroître l'insécurité de nos groupes et de nos milieux, et nous prive d'informations précieuses sur ces affaires. Ces informations nous permettraient de continuer à identifier des schémas et de découvrir d'autres cas, et ainsi d'acquérir de nouveaux outils.
Suite à la révélation de plusieurs cas d'infiltration de policier·es nationaux dans des mouvements sociaux et politiques (logement, antiracisme, antifascisme, etc.), les militant·es et les organisations se posent de nombreuses questions : comment ont-iels été découvert·es ? Existe-t-il une méthode ou une formule pour les identifier ? Comment mener une enquête ? Comment savoir si une personne de notre entourage ou active au sein de notre organisation est un·e flic infiltré·e ?
Nous allons tenter de répondre à toutes ces questions en nous appuyant sur notre expérience.
Bien que nous en reparlerons plus tard, il est malheureusement toujours difficile de confirmer des soupçons : il n'existe pas de base de données publique recensant les policier·es infiltré·es, et la recherche de preuves est un long processus d'enquête, même en présence de nombreux éléments à charge.
Les enquêtes fructueuses sur les infiltré·es débutent généralement par des soupçons sur un·e infiltré·e de la part de personnes qui lui sont proches et qui finissent par constituer un groupe d'enquête. Au Royaume-Uni, par exemple, la première étape a consisté pour le groupe à partager et à discuter de ses inquiétudes en interne. Leurs conclusions montrent qu'au fil des années, iels ont observé de bonnes et de mauvaises pratiques en la matière, mais l'important est que ce soit le groupe interne qui contrôle le processus, puisqu'il commence et se termine en son sein.
Pourquoi est-il important que le groupe contrôle le processus ?
- Par souci de discrétion :
- Si le suspect n'est pas policier et que la rumeur se propage, cela pourrait gravement nuire à son image et à sa réputation et lui causer un préjudice psychologique et émotionnel.
- Si le suspect est effectivement policier et découvre qu'il fait l'objet d'une enquête, il pourrait réagir (détourner l'attention, détruire des preuves, exercer des représailles…)
- Par souci de gestion du temps : ne dépendre de personne, ne pas être soumis·es à des pressions pour obtenir des résultats, etc.
- Par intérêt : il est vrai que les médias alternatifs tels que La Directa et El Salto ont joué (et jouent encore) un rôle fondamental dans tous les cas de policier·es infiltré·es démasqué·es, car ils permettent aux militant·es qui les découvrent de rester anonymes et parce qu'ils servent de porte-voix médiatique lorsqu'il s'agit de les dénoncer. Mais il se peut que nous ayons parfois des objectifs et des modes de fonctionnement différents, c'est pourquoi nous considérons qu'il est essentiel que ce groupe de recherche initial gère la temporalité et les informations.
Pourquoi devons-nous être des sujets politiques actif·ves dans l'enquête ?
La plupart des affaires sont déclenchées par des soupçons émanant de notre entourage. Nous pouvons et devons agir. Nous avons les moyens et la capacité d'enquêter sur ces soupçons en toute autonomie, en leur apportant le contexte politique approprié et en suivant toujours des intérêts militants uniquement. Nous savons que les infiltré·es non démasqué·es rejoignent d'autres collectifs et assemblées. Par conséquent, il est de notre responsabilité politique d'enquêter, de révéler la vérité et d'agir en cas de soupçons.
Avoir des soupçons ne suffit pas, car ils ne justifient jamais la propagation de rumeurs. Si les soupçons sont fondés, il incombe au groupe qui enquête de fournir des preuves solides à l'appui de ses affirmations. Nous devons éviter de porter des accusations infondées sans avoir mené une enquête approfondie. Ce comportement, sans les vérifications nécessaires, peut mener à la destruction de groupes et causer des dommages politiques et personnels irréparables.
Ce manuel fournit des informations, des schémas récurrents, des lignes directrices et des recommandations sur les problèmes que vous êtes susceptibles de rencontrer lors du lancement d'une enquête, ainsi que sur les mesures de sécurité à prendre pour prévenir les infiltrations. Une grande partie du texte est consacrée aux expériences de cas récents en Espagne et aux bonnes pratiques développées au cours de la dernière décennie au Royaume-Uni.
Les soupçons
Est-ce que tu as soupçons ?
Cela peut paraître un point étrange à soulever, mais se demander où et quand les soupçons ont commencé est un bon point de départ. On ne soupçonne pas quelqu'un·e sans raison, mais plutôt parce qu'il y a des raisons à ce malaise, un sentiment que quelque chose cloche.
En tant que militant·es, nous ne développons pas seulement des compétences théoriques et politiques, nous développons aussi notre intuition des personnes qui nous entourent. La plupart des soupçons naissent ainsi : peut-être un style vestimentaire qui détonne ou paraît forcé, l'impression que les convictions politiques d'une personne sont moins fortes qu'attendu, un manque de passion qui ne correspond pas aux actes, ou tout simplement le sentiment qu'il s'agit d'une personne étrange qui ne s'intègre pas vraiment. N'oublions pas que les mouvements de protestation attirent toutes sortes de personnalités et que les préoccupations à ce niveau ne suffiront jamais, et seront très probablement mal fondées. Mais il est utile d'identifier le moment où les préoccupations ont commencé.
Une autre forme de suspicion naît de l'analyse rétrospective de dossiers judiciaires, une fois qu'ils ont été examinés. Autrement dit, on peut se rendre compte, des mois ou des années plus tard, qu'un·e (ancien·ne) collègue correspond trop bien au profil, même s'il s'agissait d'un·e militant·e engagé·e ayant mené de nombreuses actions, y compris certaines illégales, et que, lorsqu'iel était votre collègue, vous auriez juré qu'iel n'était pas un·e infiltré·e.
Nous ajoutons une circonstance également très fréquente dans les affaires survenues en Espagne et au Royaume-Uni : le départ soudain, inattendu et inexplicable du/de la camarade (qui se révélera plus tard être un·e infiltré·e) de l'organisation, généralement sous prétexte de graves problèmes familiaux (maladie d'un proche) ou professionnels (changement d'emploi, mutation, etc.)
Quels que soient vos soupçons, ils constituent un point de départ valable. Mais il faut garder à l'esprit qu'il ne s'agit que d'un point de départ. Et comme nous l'avons répété et le répéterons tout au long de ce document, la coïncidence de plusieurs des schémas que nous décrivons ne prouve rien, et nombre d'entre eux sont très courants dans nos milieux. N'oublions pas que toutes leurs actions sont conçues pour se fondre dans la réalité et ne pas éveiller les soupçons ; ce sont donc des situations tout à fait normales.
L'important est de savoir comment agir une fois que vous avez des soupçons.
Soyez prêt·e à ce que le contraire soit prouvé
Si des doutes surgissent quant au comportement ou au passé d'une personne, cela ne signifie pas qu'elle est infiltrée. De nombreuses raisons légitimes peuvent expliquer qu'une personne dissimule son passé, agisse de manière imprévisible et/ou disparaisse subitement. Il est essentiel d'aborder la procédure avec un esprit ouvert et d'être prêt·e à ce que la réalité nous contredise.
Il est toujours préférable de disculper quelqu'un·e plutôt que de confirmer ses pires craintes. Abordez l'enquête en partant du principe qu'il vaut mieux obtenir un résultat positif et, par conséquent, vous tromper, plutôt que de présumer d'emblée le pire.
Commencer une enquête avec la ferme conviction qu'une personne est un infiltré, alors qu'en réalité elle ne l'est pas, vous conduira à tenter l'impossible : prouver quelque chose de faux, avec la dangereuse conséquence de détruire sa réputation. Parfois, il n'y a juste pas de preuves.
Préparez-vous à ne pas trouver de réponses
Le monde de l'infiltration policière est intrinsèquement secret, et tout est mis en œuvre pour qu'il le reste. Il n'existe pas de solution miracle. Les découvertes récentes d'infiltré·es dans la police sont l'exception, non la règle. Plusieurs d'entre elleux ont été découvert·es par hasard, grâce à des soupçons de leur entourage, des erreurs du système et des lacunes dans leurs récits. Au Royaume-Uni, pendant des décennies, malgré des années d'enquêtes, aucune preuve tangible ni réponse claire n'ont été trouvées.
Le groupe de recherche
Notre expérience montre que les soupçons exprimés indépendamment par plusieurs personnes sont ceux qui méritent d'être pris en compte. C'est grâce à ces soupçons collectifs que nous pouvons former un groupe affinitaire pour mener l'enquête. Cette approche permet également d'éviter les situations où une seule personne parvient à convaincre les autres que de légers soupçons constituent une preuve irréfutable.
Au sein des groupes, un système de contrôle et d'équilibre s'établit généralement : une action ou une situation qui paraît suspecte à une personne peut trouver une explication naturelle lorsqu'une personne mieux informée sur la personne ou la situation l'explique.
Lorsqu'un groupe entame une enquête, il est important d'établir des directives dès le départ : à qui le groupe peut-il s'adresser à ce sujet ? Comment garantir la confidentialité et la discrétion ? Que fera-t-on si les soupçons sont confirmés ou infirmés ?
Enquêter sur la vie d'une personne que l'on considérait comme un·e camarade militant·e ou un·e ami·e n'est jamais facile. C'est pourquoi il peut être utile d'intégrer au processus une personne de confiance, sans lien avec la personne soupçonnée, capable de guider le reste du groupe. Cette personne peut avoir différents rôles : veiller au bon déroulement du processus, aider une personne à gérer ses émotions en assumant une part de responsabilité, ou même contribuer à la clôture de l'enquête si elle n'aboutit pas.
Il est tout aussi important de remettre en question les hypothèses et d'examiner les preuves de manière critique, par exemple en aidant le groupe à éviter de surestimer le nombre de preuves disponibles et à se prémunir contre les conclusions hâtives.
Bien qu'il soit possible de mener ce processus individuellement, les personnes ayant mené des recherches seules ont constaté qu'elles auraient préféré être entourées d'un groupe.
Le burn-out
Malheureusement, le burn-out est fréquent dans ces situations. On en parle rarement, et on le traite encore moins correctement.
Cet épuisement est souvent associé à un sentiment de perte de contrôle, voire à une certaine obsession. Cela entraîne une perte de recul et une tendance à percevoir des menaces partout. La paranoïa est une manifestation courante qui peut mener à une véritable chasse aux sorcières contre quiconque aurait tenu des propos déplacés ou agi différemment.
Il existe une frontière ténue entre agir par instinct et réagir à la paranoïa. C'est une autre raison pour laquelle une démarche de groupe est généralement préférable : elle permet de reconnaître et de prendre en charge les symptômes du burn-out.
L'enquête
Comment enquêter sur des soupçons ?
1. Notez vos soupçons
C'est un petit pas, mais il ne faut pas le sous-estimer. Prendre le temps de noter les raisons de vos soupçons permet de mieux cerner et de clarifier ce qui vous inquiète. Cela aide également à cerner le fond de vos craintes et à les partager avec le groupe. Échangez vos connaissances et comparez vos points de vue.
Notez tout ce que vous savez sur la personne, notamment ce qui a initialement éveillé vos soupçons. L'objectif est d'avoir une vision aussi large que possible et d'y voir plus clair.
2. Évaluer les soupçons initiaux
La section suivante s'appuie sur des techniques utilisées depuis des années par la police. L'analyse des infiltré·es découvert·es nous a permis d'élaborer ce document et de reconstituer une grande partie des schémas utilisés. L'étude de leurs méthodes a permis de synthétiser 17 questions fondamentales et d'autres données que nous exploitons.
Bien que ces questions et données puissent être utiles dans divers contextes, les réponses sont basées sur le mode opératoire de l'État espagnol dans des affaires mises au jour entre 2022 et 2024, ainsi que dans plusieurs affaires similaires au Royaume-Uni.
Vous pouvez appliquer ces questions et données à la personne que vous soupçonnez, ou les utiliser comme point de départ. Si un pourcentage élevé de ces questions s'applique à la personne, il est probable que les soupçons soient fondés, mais il est nécessaire d'approfondir l'enquête pour les confirmer.
3. Organiser les données
Au fur et à mesure de l'enquête, organisez clairement les informations (par exemple, par thème). Établissez des chronologies, des cartes, des listes de contacts, d'événements et de lieux où la personne aurait pu se trouver. Repérez les lacunes dans la chronologie des événements et dressez une liste des personne susceptibles de la compléter. Il est essentiel de savoir précisément ce qu'on a et ce qui reste à explorer, surtout si vous travaillez en groupe.
Prenez le temps nécessaire pour recueillir et documenter les témoignages et identifier les personnes concernées. N'oubliez pas que certaines personnes ou certains groupes ne souhaitent pas que leur nom soit divulgué publiquement ni être associés à une infiltration, mais leurs informations sur les affaires peuvent être importantes et on doit essayer de les intégrer à l'enquête. Évaluez également la crédibilité des sources : certaines personnes peuvent avoir des ressentiments ou des préjugés qui influencent leurs souvenirs.
Surtout, conservez vos documents en lieu sûr ! Imaginez les conséquences désastreuses si l'on découvrait que la personne faisant l'objet de l'enquête n'était pas infiltrée, ou si ces informations parvenaient à la police et compromettaient l'enquête.
4. Confirmer ou infirmer les soupçons
Cette étape doit être rigoureuse : il faut examiner chaque aspect du récit de la personne, rechercher les indices et les incohérences. L'objectif est d'établir si l'identité qu'elle a présentée est réelle ou s'il s'agit, au contraire, d'un·e infiltré·e utilisant une fausse identité.
Il est très utile de consulter les profils d'infiltré·es déjà publiés afin d'avoir une idée des détails à rechercher. Mais n'oubliez pas que chaque cas est différent et que certains aspects sont plus importants que d'autres.
Il convient également de vérifier l'étendue de son existence en dehors du groupe auquel elle appartient, ainsi que la véracité de son parcours personnel et professionnel, etc. Vous pouvez tenter de confirmer son existence en retraçant son passé : a-t-elle réellement étudié dans les établissements mentionnés, travaillé aux endroits indiqués, etc.
La date de naissance est toujours une information importante, et dans nos cas, la fausse date coïncide généralement avec la vraie. Il faut également prendre en compte les récits de leur enfance, de leur famille, de leur travail, etc. Il n'est pas rare que les infiltré·es utilisent des détails de leur vie « réelle » pour crédibiliser leur histoire, même si la valeur de ces détails est relative. Dans certains cas, ces bribes d'information se sont révélées décisives, tandis que dans d'autres, elles se sont avérées peu utiles. Il est très difficile de prédire ce qui sera important et ce qui ne le sera pas ; il est donc préférable de tout noter.
Il s'agit généralement d'un long processus d'élimination des possibilités. Il s'agit de déterminer si une personne est un « fantôme », quelqu'un·e qui semble exister, mais qui disparaît lorsqu'on tente d'enquêter sur son passé.
5. Contacter ou intégrer d'autres personnes au groupe
Lorsque vous estimez que vos soupçons nécessitent une confirmation, vous devrez probablement parler à d'autres personnes qui connaissaient la personne suspectée. Cette étape requiert beaucoup de tact : les personnes que vous contactez doivent être au courant des accords du groupe et comprendre la délicatesse de la situation.
Sachez que les personnes que vous contactez peuvent se mettre en colère, être sous le choc ou nier catégoriquement. Préparez-vous bien afin d'éviter que vos soupçons ne soient rejetés et que la réaction ne devienne incontrôlable, et aussi pour éviter que de simples soupçons n'entraînent la divulgation de preuves sans enquête approfondie.
Assurez-vous que les nouvelles personnes disposent de l'espace et du soutien nécessaires pour assimiler la nouvelle. À cette étape, vous devez clairement indiquer que l'enquête, pour le moment, n'en est qu'à ses débuts et qu'aucune conclusion n'a encore été tirée. Vous devez également insister sur les accords de confidentialité.
Il faut faire preuve de beaucoup de tact pour expliquer que l'on soupçonne quelqu'un·e qui pourrait être un·e ami·e proche, ou être en relation, avec les personnes que l'on contacte pour obtenir plus d'informations. Chaque personne réagit différemment et on ne peut pas toujours prévoir comment la situation évoluera. Mais ce qui devrait nous distinguer de la police et de l'État, c'est le soin envers nos camarades, même en cas de divergences politiques. Il est important, à ce stade, de préparer le soutien dont vous et les autres pourriez avoir besoin.
Exprimez les besoins individuels au sein de votre groupe et tenez-vous mutuellement informé·es des actions de chacun·e.
Anticipez comment chacun·e va s'impliquer. Certain·es voudront participer à tous les aspects de l'enquête, d'autres craindront peut-être que l'enquête ne soit qu'un « problème isolé » qui relègue au second plan leurs autres activités politiques, et seront donc juste intéressé·es par les décisions prises. Par ailleurs, il convient d'être attentif·ve à certains points, comme l'équilibre entre des besoins divergents (par exemple, le respect de la vie privée et le désir d'agir) et le risque de burn-out.
Résultats de l'enquête
Il est peu probable que les recherches aboutissent à des résultats définitifs. La certitude absolue concernant les policier·es infiltré·es n'a été atteinte que lorsque leur véritable identité a été découverte. Dans certains cas, cette découverte a été rendue possible par la négligence et les erreurs de l'agent·e infiltré·e concerné·e, comme dans le cas de Dani, qui a remis une clé USB à un·e autre militant·e en pensant avoir effacé les informations qu'elle contenait. Iels ont ainsi pu récupérer des photos de lui en uniforme à l'école de police d'Ávila, des photos avec ses collègues, etc. Dans d'autres cas, la capacité du groupe à exploiter toutes les pistes et à mener des investigations approfondies a permis de révéler leur identité.
Vous trouverez ci-dessous la liste des résultats possibles des enquêtes.
1. Il est prouvé qu'il ne s'agit pas d'un·e infiltré·e
Dans le meilleur des cas, nous pourrons dissiper les soupçons pesant sur la personne concernée. Toutefois, il ne suffit pas d'arriver à cette conclusion et de considérer l'affaire comme close. Nous devrons communiquer nos conclusions à toutes les personnes avec lesquelles la question a été abordée. Nous insistons sur le fait que nous ne pouvons pas nuire à la réputation d'une personne par des insinuations ou en laissant perdurer des rumeurs. Il faudra également décider s'il convient ou non d'informer la personne faisant l'objet de l'enquête.
Pour certaines, cela impliquera un degré de transparence qu'il faudra évaluer, tandis que d'autres pourraient très mal le prendre. D'autres groupes ont tout simplement décidé de ne pas mentionner l'enquête, ce qui risque d'alimenter la polémique.
Selon l'ampleur des soupçons au sein des gens, la question pourrait ressurgir.
N'oubliez pas que si les éléments recueillis tombent entre de mauvaises mains, ces informations pourraient être utilisées contre la personne faisant l'objet de l'enquête. Par conséquent, si les soupçons s'avèrent infondés, détruisez les informations recueillies.
2. Vous n'êtes pas certain·es
Le monde de l'infiltration policière, des informateurices, des mouchard·es et des espions privés est opaque par nature. Il est géré par des structures étatiques dotées de professionnels et de mécanismes qui mettent tout en œuvre pour dissimuler les activités et créer des couvertures. Nombre d'entre nous peuvent avoir des raisons légitimes de ne pas toujours être totalement transparent·es sur leur passé ou leur histoire personnelle. Si l'on ajoute à cela le fait que nos mouvements politiques ont de plus en plus intériorisé une culture de la sécurité et du respect de la vie privée d'autrui, nous nous trouvons dans une situation où il est assez difficile de reconnaître un·e flic infiltré·e.
Si vous soupçonnez une personne qui est ou a été membre de vos assemblées ou collectifs, vous devez être conscient·es qu'il y a de fortes chances que vous ne sachiez jamais si ces soupçons sont ou étaient infondés.
Il est possible que vous vous concentriez sur la mauvaise piste : le problème vient peut-être d'une autre personne du groupe (qui répand peut-être des rumeurs pour brouiller les pistes), ou bien les membres du groupe sont négligent·es en matière de sécurité, ou encore le groupe est soumis à une surveillance technologique. Dans tous ces cas, il est peut-être préférable de mettre de côté les soupçons pour le moment. Vous pouvez aborder le problème sous d'autres angles : examinez les activités de votre collectif ou assemblée et les risques liés à ces activités, ou encore si les fuites vous empêchent de poursuivre votre action politique selon les méthodes choisies.
Nous vous suggérons, pour gérer au mieux cette situation, d'être attentif·ves aux besoins de sécurité et de prendre toutes les précautions possibles à cet égard. Engagez un débat ouvert et honnête sur les menaces potentielles qui pèsent sur votre projet politique et sur les mesures à prendre pour les contrer.
Dans bien des situations, vous ne serez jamais sûr·es à 100 % qu'une personne soit infiltrée. Vous vous retrouvez alors face à la difficile décision de savoir quoi faire ensuite. Par exemple, dans le cadre de l'enquête publique sur les opérations d'infiltration policière au Royaume-Uni, l'Undercover Research Group et d'autres groupes ont rendu publiques des informations sur des infiltré·es. Malgré l'absence de preuves définitives, iels estimaient disposer d'indices suffisants pour confirmer leur implication. Dans ces cas précis, leurs légers doutes les ont conduits à limiter les informations publiées : iels ont décidé de ne pas diffuser de photos ni de noms complets.
En Espagne, des cas similaires existent, mais il a été décidé pour l'instant de ne pas les publier tant que des preuves définitives ne seront pas disponibles. On pourrait citer l'exemple de Marian, exclue de l'association « Mères Contre la Répression » en 2021, mais dont la véritable identité n'a pu être établie avec certitude qu'en 2024.
3. Si vous avez raison…
Si vous avez trouvé des preuves irréfutables, ou des preuves circonstancielles si importantes qu'elles ne peuvent être ignorées, vous devrez réfléchir attentivement aux prochaines étapes. Il est presque toujours judicieux de rendre l'affaire publique, car la plupart des infiltré·es sont actif·ves, ou pourraient l'être à nouveau, dans davantage de territoires et de mouvements qu'on ne le pense. Ces groupes peuvent également être affectés et doivent être informés de l'affaire.
Rendre l'information publique exige de la délicatesse. Voici quelques étapes à suivre :
- Avertissez au préalable les personnes qui ont été en contact avec l'infiltré·e. Cela ne sera peut-être pas toujours possible, mais il est important de faire un effort en ce sens. Il est terrible de découvrir qu'un·e ancien·ne collègue, partenaire ou ami·e était un·e flic infiltré·e en voyant sa photo sur Internet ou dans les médias.
- Veillez à préserver l'anonymat de chacun·e et assurez-vous que toutes les personnes ayant connu l'infiltré soient conscientes de la nécessité de ne pas divulguer d'informations personnelles sans autorisation, telles que les véritables noms des personnes impliquées (ceci est particulièrement important pour les personnes ayant eu des liens étroits, quels qu'ils soient, avec les infiltré·es).
- Rassemblez tous les éléments de preuve et, si possible, collaborez avec des médias alternatifs comme La Directa ou El Salto afin qu'ils les publient et leur donnent une couverture médiatique. Assurez-vous d'être en contact avec des journalistes qui comprennent vos besoins et l'impact émotionnel que ce genre d'affaires peut avoir, surtout si certaines personnes ont eu des liens étroits avec l'infiltré·e. Cela concerne notamment la gestion de la temporalité, le contenu de la publication, etc. Il est également conseillé de fournir un maximum de détails sur les activités auxquelles l'infiltré·e a participé, ainsi que sur son parcours depuis son infiltration, afin que d'autres groupes et personnes puissent les contextualiser : les souvenirs des noms et des visages peuvent s'estomper. Ainsi, nous pouvons aider les autres à savoir de qui iels parlent et à identifier des points communs avec d'autres cas pas encore investigués.
- La gestion de ce processus au sein du groupe est essentielle. Des outils de soutien doivent être préparés pour les personnes les plus touchées par les conséquences. D'après notre expérience, le soutien de centres spécialisés dans la prise en charge des victimes de violences politiques, d'abus et de torture, comme Sira, s'est avéré indispensable.
- Il faut décourager autant que possible les réponses du type « Je le savais déjà ». Elles ne sont jamais utiles, surtout pas pour les personnes concernées. N'oubliez pas qu'elles peuvent encore souffrir de sentiments de culpabilité, de dégoût de soi, etc., et que ces difficultés peuvent mettre des années à se résoudre. De plus, ces réponses reflètent la peur, l'insécurité et le refus d'accepter la situation. Si ces personnes « savaient déjà » à l'époque mais n'ont ni parlé, ni agi, elles ne sont pas du tout solidaires.
Conséquences et enseignements tirés
Que faire si vous découvrez la présence d'un·e infiltré·e parmi vous ?
De manière générale, la discrétion est de mise. Dans ce genre de situation, il existe non seulement un risque de propagation de la paranoïa, mais aussi le risque que la personne concernée découvre les soupçons qui pèsent sur elle. Si cela se produit, elle effacera probablement ses traces et disparaîtra avant que vous puissiez la confronter.
La plupart des neuf cas présentés ici ont été découverts alors que l'infiltration touchait à sa fin. Ces dernier·es ne résidaient plus dans les villes infiltrées, mais laissaient toujours la porte ouverte à un retour, maintenant un contact virtuel par messages et appels.
N'oubliez pas que toute enquête, quel qu'en soit le résultat, peut fragiliser les liens de confiance au sein du groupe. En particulier après une révélation publique, cela peut poser problème si certains membres se sentent exclu·es du processus et sont en colère de ne pas avoir eu leur mot à dire dans les décisions.
Une fois l'enquête terminée (et, rappelons-le, une certitude absolue n'est pas toujours possible), votre groupe devra peut-être déployer des efforts considérables pour rétablir la confiance entre ses membres.
Un·e infiltré·e nouvellement découvert·e peut causer un préjudice personnel important lors de sa fuite. L'impact d'une telle découverte peut diviser les groupes si nous ne disposons pas des preuves nécessaires pour justifier l'enquête. En l'absence de preuves complètes, l'infiltré·e pourrait également tenter de retourner le mouvement, d'autres personnes ou organisations contre le groupe enquêteur, ou encore profiter de sa fuite pour semer la discorde et provoquer des conflits internes.
Soutien mutuel
Enquêter sur un·e infiltré·e et le démasquer a un impact émotionnel profond. L'État, par exemple, apporte un soutien psychologique aux flics infiltré·es, et nous devons être conscient·es de ce qu'une enquête peut impliquer.
Vous devez veiller, à toutes les étapes du processus, à prendre en compte les besoins émotionnels des personnes affectées, ainsi que ceux du groupe enquêteur, même si, dans notre cas, nous étions les mêmes personnes.
Leçons tirées de l'accompagnement émotionnel pendant la phase d'enquête
Lorsqu'on enquête sur des infiltré·es, la confiance en soi et en l'image que l'on renvoie est souvent l'une des premières choses à disparaître. L'impact personnel d'une enquête est souvent sous-estimé.
En nous unissant, nous pouvons créer des espaces de rencontre et de soutien mutuel, en partageant nos expériences et nos idées politiques. C'est l'une de nos plus grandes forces. Il est important de savoir que chacun·e réagit différemment. Les réactions dépendent de la situation de chacun·e au moment des faits et de sa relation avec l'infiltré·e.
Les personnes très proches de l'infiltré·e ont souvent du mal à accepter la tromperie et peuvent mettre du temps à comprendre ce qui s'est passé. Pendant l'enquête, il est important d'en tenir compte et de présenter les informations et les preuves en personne pour aider les personnes concernées à assimiler la nouvelle.
Ne prenez pas de décisions précipitées : les personnes doivent sentir que leurs besoins sont pris en compte et doivent donc avoir la possibilité de les exprimer.
Essayez de mettre de côté les vieilles querelles personnelles et politiques qui pourraient nuire à l'objectivité de l'enquête.
Chacun·e gère la situation au mieux, et nous pensons qu'il est important de respecter les souhaits et les préférences de chacun·e. Certain·es préféreront ne rien savoir, d'autres auront peut-être déjà trop de soucis ou de problèmes dans leur vie pour s'occuper de cette question. Une fois l'enquête terminée et les résultats présentés au collectif ou à l'assemblée, un malaise pourrait apparaître chez celleux qui n'ont pas été invité·es à y participer. Si la situation n'est pas gérée avec tact, elle peut devenir délicate.
Paranoïa
Le fait de soupçonner que l'on partage des espaces, des rassemblements, des collectifs et/ou sa vie avec un·e flic infiltré·e peut engendrer des peurs et de la paranoïa. Parmi les symptômes courants, on peut citer le fait de voir des espions à chaque coin de rue ou le fait de pointer du doigt toute personne ayant eu un comportement légèrement suspect. Il est important de rester vigilant·e. De nombreux facteurs peuvent nous influencer, mais il est crucial de ne pas se laisser emporter par ses peurs et de s'efforcer de mener une enquête sérieuse. La paranoïa est contre-productive et ne fait que perturber le processus.
Si nous partageons des espaces et des collectifs avec des personnes méfiantes, voire paranoïaques, il est essentiel qu'elles se sentent écoutées et comprises. Demandez-leur délicatement ce qu'elles pensent ou craignent ; écoutez-les sincèrement mais avec prudence ; abordez tout désaccord avec respect et soyez ouvert·es à l'idée qu'il peut s'agir non pas de paranoïa, mais de préoccupations sérieuses.
La paranoïa peut aussi se dissimuler sous le masque de la « sensibilité à la sécurité ». La sécurité vise à réduire les risques à un niveau acceptable pour pouvoir poursuivre nos activités. La paranoïa survient lorsque la situation nous échappe et nous paralyse, alimentée par la peur généralisée d'un État et de forces de police apparemment invincibles.
Les questions que nous proposons contribuent à atténuer cette paranoïa grâce à une recherche concrète et un accompagnement personnalisé. S'interroger sur nos connaissances, nos craintes et se concentrer sur des données réelles permet généralement de démasquer les infiltré·es grâce à des informations objectives, sans pour autant se laisser guider par nos peurs. Il s'agit de minimiser les risques afin de poursuivre notre activité politique.
L'enjeu est d'analyser la nature de votre collectif ou assemblée, son degré d'ouverture ou de fermeture souhaité, ses objectifs et, sur la base de cette analyse, d'établir des protocoles de sécurité adaptés, dans lesquels chacun·e se sente à l'aise.
Réflexions finales
Paradoxalement, une enquête bien menée peut être source d'inspiration et de force, même si la découverte d'un·e infiltré·e est, tout au moins, désagréable. Le contenu de ce manuel est issu de plusieurs enquêtes de ce type et de leurs participant·es. Dans certains cas, les groupes en sont ressortis plus forts, bien que le chemin parcouru, et encore en cours, soit souvent semé d'embûches.
En rédigeant ce document, notre intention n'est pas d'encourager la paranoïa, mais de la réduire. Les accusations sont souvent fondées sur des rumeurs et des spéculations qui ne font que servir nos ennemis. Nous avons cherché à proposer des outils et des techniques qui vous permettront de mener des enquêtes approfondies afin de mettre fin aux rumeurs et aux mauvaises pratiques, et de vous renforcer par la même occasion.
Malgré toute la violence avec laquelle la police et l'État attaquent la classe ouvrière organisée, et les profonds dommages que cela cause, nous ne sommes pas anéanti·es. Céder au fatalisme et croire à notre impuissance leur donne le pouvoir de gagner. Il reste encore beaucoup à faire, de nombreux horizons à conquérir et de nombreux combats à mener.
Les tactiques évolueront, s'adapteront à la réalité du terrain au fur et à mesure que nous trouverons des solutions, mais l'essentiel réside dans ce qui nous a motivé à nous engager dans la lutte politique et dans les objectifs d'émancipation que nous poursuivons.
Nous savons désormais que le recours à des infiltré·es a eu des effets secondaires inattendus, comme le dépôt de plaintes ou une aide indirecte à certaines actions. Nous avons connaissance de cas où la présence d'un·e flic infiltré·e a permis de protéger des militant·es, car l'agent·e ne pouvait agir sur la base de certaines informations par crainte d'être découvert·e ou parce qu'iel était ellui-même poursuivi en justice sous sa fausse identité de militant·e.
Enfin, une question qui nous est souvent posée est la suivante : comment attirer de nouvelles personnes dans nos organisations ? Comment concilier ouverture et sécurité ? Comme nous l'avons déjà dit, il n'y a pas de réponse unique. Chaque collectif a ses propres besoins et priorités. L'important est de créer, dès le départ, une culture qui réponde aux ambitions de l'organisation et qui s'y tienne. N'ayez pas peur de poser des questions, mais soyez honnêtes quant à vos motivations. Si vous estimez avoir besoin d'un niveau de sécurité ou de confidentialité plus élevé, identifiez les menaces spécifiques auxquelles vous êtes confronté·es et élaborez un plan pour les contrer afin de minimiser les risques. La sécurité absolue n'existe pas, mais il est toujours possible de trouver des solutions.
L'État peut investir massivement pour tenter de nous arrêter, mais des milliers d'actions ont été menées, de nombreuses organisations prennent des précautions et fonctionnent avec succès, ce qui prouve clairement que nous pouvons les déjouer si nous prenons la situation au sérieux.
Matériel de recherche
Liens pour chaque cas
Avant de commencer cette section, nous tenons à souligner l'importance cruciale de lire tous les articles de presse relatifs aux affaires mises au jour. Nous avons pu en découvrir plusieurs précisément après avoir lu les premiers articles, en repérant des points communs et en constatant que nombre d'entre eux correspondaient aux personnes suspectées. Afin de centraliser ces informations, nous avons répertorié les liens qui vous mènent directement aux articles (en espagnol et en catalan).
- Carlos Pérez Moreno : elsaltodiario.com/policia/policia-infiltrado-movimientos-sociales-madrid-juancar
- María Ángeles Gómez Armendáriz : elsaltodiario.com/policia/marta-estupa-dos-decadas-infiltrada-movimientos-sociales
- Ignacio José Enseñat Guerra : directa.cat/un-agent-de-la-policia-espanyola-sinfiltra-a-lesquerra-independentista-i-al-moviment-pel-dret-a-lhabitatge
- Daniel Hermoso Pérez : directa.cat/dani-el-segon-talp-destat-per-espiar-lactivisme
- María Victoria Canillas Sánchez : elsaltodiario.com/policia/identifican-una-agente-policia-infiltrada-movimientos-sociales-madrid
- Ramón Muñoz Fernández : directa.cat/un-talp-policial-en-lactivisme-de-valencia
- Sergio Gigirey Amado : elsaltodiario.com/policia/seis-anos-infiltrado-movimientos-sociales-madrilenos
- Lucía Rodríguez de Ves : eldiario.es/politica/policia-espio-colectivos-sociales-madrilenos-durante-tres-anos-agente-infiltrada_1_11312665.html
- María Isern Torres : directa.cat/una-policia-sinfiltra-tres-anys-en-els-moviments-populars-de-girona
Les 17 questions que nous abordons
1. Absence de passé ? Manque de racines ?
Généralement, les infiltré·es ont peu de souvenirs. Iels ont souvent une « histoire » : leur lieu d'origine et les raisons de leur départ. Les détails sont généralement rares, et il y a très peu de points communs entre leur monde d'avant et leur monde militant. Il est rare de croiser des ami·es ou de voir des photos de leur « vie d'avant », même s'iels en parlent ou si le suspect dit qu'iel va les revoir. Ces identités étant créées spécifiquement pour ces infiltrations, iels n'ont pas de passé et nous n'en trouverons aucune trace dans les archives ni sur Internet (à l'exception de ce qu'ils ont pu faire dans le cadre de l'infiltration en cours, comme des inscriptions à des compétitions sportives ou à l'université).
Dans la grande majorité des cas sur lesquels ce texte est basé, la ville d'origine de l'infiltré·e n'était pas la même que celle qu'iel a infiltrée. Nous supposons que c'était pour éviter qu'iels soient reconnus ou que leur passé soit plus facilement vérifié (Sergio était de Santiago et a infiltré Madrid, Dani était de Majorque et a fait de même à Barcelone, María était également de Majorque et a infiltré Gérone, etc.) Le cas de Marian serait l'exception, car elle était originaire d'Aranjuez et y menait sa double vie, réelle et fictive.
Iels justifient généralement leur déménagement dans une autre ville par des raisons professionnelles ou d'études (ce qui est courant, la grande majorité des gens le font pour cette raison).
Attention : Dans le cas de Gérone, il a été confirmé que María a présenté des membres de sa famille et des ami·es (qui n'étaient pas des agents de l'État) aux activistes dans les zones qu'elle infiltrait. Nous supposons que cela a été fait sous prétexte de renforcer son récit et ainsi d'instaurer une plus grande confiance dans le milieu où elle opérait. Qui soupçonnerait un·e ami·e/activiste/partenaire si l'on connaît sa mère et ses amis ? C'est pourquoi il est important de se souvenir des coordonnées de ces personnes, adresses, etc., pour les besoins de l'enquête.
2. Leurs idées politiques sont-elles quasi inexistantes ou sous-développées ?
Dans la plupart des cas, les infiltré·es ont très peu à dire sur la politique du mouvement qu'iels infiltrent. Bien qu'iels manifestent un intérêt pour les autres, leur contribution est minime et iels évitent généralement ces débats ou s'en distancient. En revanche, ce sont des « militant·es modèles » quant à leur implication dans la logistique, la gestion des finances, la participation aux assemblées, aux actions, etc.
Lorsqu'iels manifestent un intérêt, celui-ci reste superficiel, voire relève d'une écoute active visant à apprendre, et les ouvrages et documents de référence qu'iels possèdent sont des ouvrages de vulgarisation classiques, peu approfondis.
Attention : Ce constat peut s'appliquer à de nombreuses personnes au sein du mouvement en général, mais dans certains milieux, cette superficialité est frappante.
3. Quelqu'un·e a-t-iel rencontré sa famille ?
Certaines personnes infiltrées n'évoquent jamais leur famille, tandis que d'autres le font fréquemment. Cependant, les occasions de les rencontrer ne se présentent jamais ; il y a toujours des excuses. Les infiltré·es peuvent montrer des photos et d'autres documents indiquant l'existence de prétendus membres de leur famille, et affirmer entretenir des relations étroites avec elle.
D'autres inventent des histoires de relations abusives (et s'en servent pour gagner votre confiance), mais tiennent des propos incohérents sur la façon dont iels vont les rencontrer. Parfois, des crises familiales, comme la maladie grave d'un parent, servent de prétexte à de longues absences.
Comme nous l'avons mentionné à plusieurs reprises dans ce manuel, il existe des schémas communs, mais aussi des exceptions. Dans ce cas précis, l'agente infiltrée à Gérone a présenté sa véritable famille et ses ami·es à son partenaire ; elle a même donné le vrai nom et la profession de son ami·e et de sa mère, et l'a emmené à la maison où elle vivait réellement avec sa mère. Mais leur rencontre ne s'est pas limitée à une seule occasion : la mère de la flic infiltrée a joué un rôle actif tout au long de l'opération, par téléphone et appels vidéo quotidiens.
De plus, même sans contact avec leur environnement habituel, certaines références familiales évoquées lors de l'infiltration pourraient correspondre à des situations réelles. Par exemple, Sergio a mentionné avoir un frère aîné pompier à Santiago, ce qui était exact.
4. Leur travail ou leur vie « personnelle » les oblige-t-iels à s'absenter pendant de longues périodes ou de nombreuses périodes courtes ?
Il semble que de nombreuses personnes infiltrées occupent des « emplois » qui les contraignent à s'absenter pendant de longues périodes, jusqu'à plusieurs semaines d'affilée (généralement en été). Ces absences, professionnelles ou personnelles, leur permettent de gagner de l'argent (par exemple, Sergio, lorsqu'il se rendait en Galice pour voir sa famille, prétendait à son retour que sa grand-mère lui avait donné 500 euros, ce qui lui permettait de justifier une période de chômage ; María, quant à elle, s'absentait souvent l'été en prétextant travailler intensivement dans un club nautique à Majorque pour subvenir à ses besoins).
5. Leur domicile semblait-elle inhabitée ?
Un thème récurrent était le caractère peu accueillant, voire inhabité, de leurs domiciles, malgré quelques exceptions. Certains objets étaient disposés de manière orchestrée, comme pour symboliser un engagement de « militant politique ». L'absence de toute « touche personnelle » et de biens matériels était également flagrante. L'exemple de Carlos est éloquent : sa maison était quasiment dépourvue de décoration, donnant l'impression d'être inhabitée, et l'eau du robinet était brunâtre. De même, celui de María, qui a vécu trois ans dans un appartement touristique sans changer une seule photo, un appartement transformé en location classique en raison de la baisse du tourisme liée à la COVID-19.
Les maisons qu'iels habitent, ou qu'iels prétendent habiter, bénéficient toujours d'un facteur « chanceux » pour y accéder : c'est l'appartement « de leur oncle », « d'une amie de leur mère », « leur patron leur loue un appartement à un prix modique », etc.
Il arrive cependant que l'infiltré·e ne se rende jamais dans l'appartement où iel est censé vivre, ni ne le montre à personne.
Si vous connaissez l'adresse exacte, c'est une piste intéressante à explorer, en commençant par obtenir le titre de propriété.
6. Comment se sont-iels impliqué·es dans l'organisation ou ses cercles ?
Nous faisons référence au premier contact ou à la première expérience évoquée par l'infiltré·e lorsqu'iel rejoint le collectif politique. Dans la plupart des cas, iel a participé à des activités dans des espaces ouverts à contenu politique limité : banques alimentaires, salles de sport associatives, clubs de lecture féministes… Cela constitue une forme de « preuve » lorsqu'il s'agit de s'engager dans un espace plus politisé. Cela inspire généralement plus confiance que de dire qu'on n'a jamais rien fréquenté. Il est essentiel de préciser le moment et le lieu exacts de cette première expérience.
7. Possèdent-iels des compétences de conduite exceptionnelles, sont-iels titulaires de tous les permis de conduire ?
On dit souvent des infiltré·es qu'iels ont des compétences de conduite supérieures à la moyenne, ce qui n'est pas surprenant compte tenu des exigences pour devenir agent·e de police.
Remarque : Cette question est particulièrement pertinente dans le contexte britannique, où les infiltré·es étaient des agent·es ayant une longue expérience au sein des forces de police, où ces compétences de conduite sont acquises. Dans notre contexte actuel, les infiltré·es ont un profil différent (agent·es récemment diplômé·es) et, par conséquent, iels peuvent ne pas posséder ces compétences, même si, sous leur véritable identité, iels sont au moins titulaires d'un permis de conduire, car c'est une condition requise pour l'examen national de police. Sergio, par exemple, possédait tous les permis de conduire, ce qui lui a permis d'effectuer de nombreuses tâches logistiques nécessitant la conduite de camions ou de fourgonnettes.
8. Quel est leur caractère ?
Le charme, la convivialité et la bienveillance des infiltré·es sont souvent soulignés. Iels sont perçu·es comme prêt·es à tout pour aider. Très conciliant·es, iels fuient toute controverse (la leur ou celle d'autrui).
La plupart sont très empathiques et abordables, et font preuve d'une grande audace pour comprendre et gérer les émotions, les conflits et les crises personnelles de leur entourage. Iels proposent généralement une écoute attentive et un soutien émotionnel, toujours avec discrétion, sans jamais empiéter sur la vie privée d'autrui.
Cela ne signifie pas pour autant qu'iels ne peuvent pas, dans certaines situations conflictuelles, adopter d'autres stratégies, conformément aux recommandations de leurs supérieurs.
9. Ont-iels des problèmes d'argent ?
Iels sont souvent disposé·es à aider financièrement les autres, par exemple en ne demandant pas d'argent pour l'essence ou en offrant des tournées de nourriture et de boissons. Parfois, iels prétendent que leurs dépenses sont déjà prises en charge d'une manière ou d'une autre, par exemple par leur travail.
Iels ne sont pas forcément ostentatoires ; iels peuvent même se plaindre de leur situation financière ou sembler devoir faire attention à leurs dépenses pour ne pas se faire remarquer, mais iels semblent toujours avoir accès à l'argent.
10. Les relations sont-elles centrées sur des personnes clés ou sur leur entourage ?
Il est fréquent qu'après leur intégration à un groupe, les individus « ciblent » des personnes clés et se lient étroitement à elles, tant sur le plan personnel que par leur militantisme. De ce fait, iels sont souvent perçus de l'extérieur comme le bras droit de X, ce qui s'avère utile, outre le fait de se rapprocher de leur objectif d'obtention d'informations, pour apaiser d'éventuels soupçons ou pour gagner en crédibilité au sein de l'organisation.
11. Avez-vous détecté quelque chose d'étrange ou de contradictoire ?
Au cours de nos investigations, nous avons relevé plusieurs particularités qui méritent d'être prises en compte :
- Des documents avec des noms différents de celui que nous connaissons (parfois, cela s'explique facilement et ce n'est pas toujours injustifié).
- Leurs vrais réseaux sociaux : Mavi a été découverte en partie grâce à cela. Elle prétendait avoir fréquenté une école de ballet à Grenade et le nom qu'elle a donné correspondait à un nom d'Almeria, sa véritable ville d'origine. Ses véritables réseaux sociaux ont été retrouvés et les noms de famille réel et fictif ne correspondaient pas. María avait expliqué qu'elle proposait ses services de garde de chiens via une application dédiée. Ce profil existait bel et bien et a permis de corroborer son adresse réelle, ce qui a ensuite permis de révéler son identité.
- L'absence des compétences qu'iels prétendent posséder, notamment si elles sont liées à leur emploi supposé. Ou encore, ne pas en savoir assez sur un sujet qui les passionnent pourtant. Par exemple, Ramón et Mavi ont déclaré n'avoir jamais pratiqué d'arts martiaux et pourtant, dès leurs premiers cours, iels ont attiré l'attention précisément parce qu'il était évident qu'iels en avaient des connaissances.
- Iels réagissent à des situations imprévues d'une manière qui indique un entraînement préalable. Il a été prouvé que les infiltré·es disposent d'une équipe derrière eux 24 heures sur 24 qui les surveille grâce aux microphones de leurs appareils électroniques (montres, téléphones portables, ordinateurs, etc.) Il y a eu des situations où régnait un bruit important à l'endroit où se trouvaient l'infiltré·e et son équipe : ne pouvant savoir ce qui se passait, l'équipe alertait la patrouille de police la plus proche qui venait voir ce qui se passait sous prétexte d'un « contrôle de routine » afin de ne pas éveiller les soupçons. De plus, dans plusieurs cas, il a été vérifié que certains appartements du même immeuble que ceux des infiltré·es étaient occupés par des policier·es, et que, lorsque ce n'était pas le cas, un commissariat de police nationale se trouvait à proximité.
- Iels réagissent avec une inquiétude excessive, quoique dissimulée, face à la perte de contrôle de l'information ou à l'incertitude liée aux situations imprévues, aux changements de dernière minute, aux plans improvisés, etc. Nombre d'entre nous peuvent comprendre cette nervosité face à la perte de contrôle, mais il convient d'en tenir compte lors de l'enquête.
- Un détail qui a attiré l'attention des camarades militant·es de Ramón à Valence, compte tenu de son profil militant, était qu'il s'épilait les sourcils.
12. Y a-t-il eu des affaires judiciaires étranges ou un manque d'intérêt de la part de la police ?
Il arrive que dans le cadre d'affaires judiciaires, les poursuites contre des personnes infiltrées soient inexplicablement abandonnées. Dans le cas de Sergio, nous savons que cela s'est produit à au moins deux reprises, et une autre fois dans celui de Carlos. Trois plaintes que nous n'avons jamais reçues et pour lesquelles, curieusement, nous n'avons pas accès au document justifiant la clôture de l'affaire. Il se peut aussi que la police se soit notablement désintéressée d'une organisation pendant la période où l'infiltré·e en faisait partie, ou que des personnes n'aient pas été arrêtées alors qu'il semblait évident qu'elles auraient dû l'être. Nous savons maintenant que les responsables de l'infiltration ont parfois fermé les yeux sur des actions illégales et se sont distanciés de ces actions afin d'éviter d'avoir à procéder à des arrestations.
Attention : L'inverse est également possible.
13. Ont-iels soudainement disparu et évité tout contact ? (déconnexion/exfiltration)
Cette question pourrait faire l'objet d'une section à part entière, car la « stratégie de sortie » ou « l'exfiltration » est un aspect essentiel de l'opération pour celleux qui enquêtent sur une possible infiltration policière. Dans tous les cas connus, les infiltré·es ont exercé leurs fonctions pendant plusieurs années (certain·es sont resté·es moins longtemps car iels ont été identifié·es, comme Mavi, et d'autres plus longtemps, comme Sergio, qui est resté 7 ans, ou Marian, jusqu'à l'âge de 35 ans), puis iels sont parti·es relativement brusquement (iels trouvent un emploi, un proche tombe gravement malade, etc.)
Il est révélateur de constater la récurrence de deux stratégies, parfois combinées :
- Changement d'emploi.
- Un membre de la famille gravement malade. (Plusieurs cas ont été recensés. Par exemple, María a déclaré que son père était atteint d'un cancer très grave, malgré un pronostic de guérison possible. Cette situation, outre le fait de renforcer l'empathie envers des militant·es, a servi à un retrait progressif du milieu.)
Et surtout, iels disparaissent complètement de leur vie militante. Quant à leur vie sociale, iels conservent un contact isolé, presque toujours en ligne. Par exemple, Carlos et Sergio ont continué à utiliser le numéro de téléphone de leur fausse identité, même plusieurs mois, voire deux ans, après leur « déconnexion ». María, en revanche, a maintenu un contact en ligne plus intense. Nous comprenons qu'il s'agit de conserver un lien avec les milieux infiltrés, au cas où iels auraient besoin d'y retourner.
Dans cette section, deux points essentiels méritent une attention particulière :
- Relais et mouvements : Dans plusieurs cas, nous avons constaté des relais entre les infiltré·es. Par exemple, Carlos et Lucía ont pris la place laissée vacante par Sergio lorsqu'il a quitté les deux organisations auxquelles il appartenait. Nous savons également que, dans d'autres cas, un·e autre infiltré·e leur a ouvert la voie, bien que nous ne soyons pas encore en mesure d'en parler. Concernant les mouvements, il est important de noter qu'iels peuvent se déplacer, même s'iels ont été expulsés pour suspicion, mais que cela n'a pas été rendu public. À titre d'exemple, citons le déplacement de Carlos à Vallecas, suite à la dissolution du collectif de jeunes qu'il avait infiltré. Ou encore celui d'Ignacio José et de Ramón, qui participaient simultanément à plusieurs organisations et occupaient différents espaces.
- Réactions après la découverte : Bien que cela puisse paraître évident, aucun·e des infiltré·es découvert·es n'a reconnu avoir été infiltré·e. Ni auprès de la presse qui les a contacté·es avant la publication des articles, ni auprès de leurs « collègues » et « ami·es » dans toutes sortes de situations. Iels ont nié les faits malgré des preuves accablantes, comme des photos et des vidéos les montrant en uniforme de police. Nous supposons qu'iels agissent conformément au protocole policier, ce qui, si cela est possible, ne fait qu'aggraver la situation. La seule exception est le cas de María, qui a admis lors d'un appel vidéo être policière et a expliqué comment un commissariat l'avait contactée pour travailler comme infiltrée après son assermentation. Elle a également reconnu la présence d'autres policier·es en civil dans des villes comme Malaga, Salamanque et Grenade.
14. Réseaux sociaux
Un autre schéma récurrent que nous avons observé est que les infiltré·es créent des profils sur des réseaux sociaux peu de temps avant de commencer leur infiltration. Lors d'une enquête sur une personne suspectée, l'analyse de ses réseaux sociaux est cruciale. Outre la date de création des comptes, il est important d'examiner le nombre d'abonné·es et d'ami·es, car il est rare qu'une personne n'ait que des contacts récents et aucun ami·e de son passé (ce qui rejoint la notion d'absence d'attaches évoquée dans la question 1). On peut même observer sur Instagram le nombre de fois où la personne a changé de nom d'utilisateurice.
Bien entendu, et comme pour tout schéma récurrent, une personne non infiltrée peut avoir de très bonnes raisons de ne pas avoir de réseaux sociaux jusqu'à présent et d'en avoir créé de nouveaux, ou d'avoir rompu avec son passé et de ne plus entretenir de relations avec ses ancien·nes ami·es… Il s'agit néanmoins d'un élément à prendre en compte.
15. Photos
En général, les infiltré·es sont très réticent·es à apparaître sur des photos, seul·es ou en groupe. Iels sont également très réticent·es à partager des photos d'elleux-mêmes, de leur famille, de leurs ami·es, de leur passé… Iels invoquent toujours des situations compliquées ou problématiques comme justification.
Dans plusieurs cas (Sergio, María…), il a été prouvé que les infiltré·es se sont procuré de nombreuses photos de militant·es sous prétexte de « faire des blagues », de « créer des mèmes » ou d'immortaliser des rencontres et des moments de détente dans un contexte de confiance maximale. Soyez vigilant·es.
Il a également été prouvé que les infiltré·es partagent des photos entre elleux pour se couvrir et s'entraider. Par exemple, les cas d'Ignacio José et de Dani. Tous deux étaient des infiltrés à Barcelone et appartenaient à la même promotion, avec María et Ramón. Eh bien, la police a planifié les deux premières histoires concernant leurs fausses identités de telle sorte qu'ils étaient frères (l'un était Daniel Hernández Pons et l'autre Marc Hernández Pons) afin que si l'un d'eux était suspecté, il puisse donner l'autre comme référence.
16. COVID
- La personne que vous surveillez était-elle active au sein du mouvement politique au début de la pandémie ? Comment a-t-elle agi ? Nous avons constaté que les infiltré·es présent·es au début de la pandémie sont retourné·es, comme par hasard, dans leurs lieux d'origine quelques jours seulement avant la déclaration de l'état d'urgence. Chacun·e avec une excuse différente.
- La personne que vous surveillez possède-t-elle un vaccin contre la COVID ? Si oui, vous pouvez lui demander de vous le montrer. Nous avons également constaté qu'aucun·e des infiltré·es n'a jamais présenté ce document (certain·es ont même affirmé·es être antivaccins, ce qui n'est pas si inhabituel, même dans nos milieux). Par conséquent, selon les explications qu'iels donnent ou leur réaction à votre demande de document numérique (passeport COVID), cela pourrait également être un signe de suspicion et une piste à explorer.
17. Téléphones portables
Un autre aspect très intéressant et pertinent concerne les numéros de téléphone utilisés par les infiltré·es. Nous avons confirmé que les infiltré·es d'une même promotion utilisaient des numéros obtenus grâce à des cartes prépayées et que ces numéros étaient très proches. Par exemple, María, Dani, Ignacio José et Ramón, de la même promotion, avaient des numéros commençant par 631. Lucía et Carlos, également de la même promotion, avaient respectivement les numéros 604209458 et 604209448. Le numéro de Sergio était le 654 et celui de María le 650.
Ces informations pourraient s'avérer utiles dans le cadre de toute enquête que vous pourriez mener.
Données importantes
- Iels portent le même nom sous leur véritable identité et leur fausse identité (sauf Marc, qui s'appelait Ignacio José, et Marta, qui s'appelait María Ángeles ou Marian). Ils ont souvent un nom composé (par exemple, Sergio sous sa véritable identité et Sergio Manuel sous la fausse, Lucía et María Lucía, Carlos et Juan Carlos…).
- TRÈS PERTINENT : Iels ont la même date de naissance sous leur véritable identité et leur fausse identité.
- Leur véritable nom figure au Journal officiel de l'État (Boletín Oficial del Estado, BOE) et, jusqu'en 2022, sur leur carte nationale d'identité (Documento Nacional de Identidad, DNI). En raison des lois sur la protection des données, le numéro complet de la carte nationale d'identité n'est pas inclu, ce qui complique légèrement l'enquête.
- Iels commencent à infiltrer quelques mois après l'obtention de leur diplôme de policier. Il faut donc consulter le BOE correspondant à cette année-là. (Par exemple, Sergio a obtenu son diplôme en mai 2014 et, en juillet de la même année, il a été affecté à Moratalaz).
- Iels passent environ un an à l'académie d'Ávila. C'est donc un élément à prendre en compte pour déterminer s'il faut ou non soupçonner quelqu'un·e (en fonction de son âge).
- Iels créent de faux profils sur les réseaux sociaux presque aussitôt après leur infiltration.
- Iels diffusent des vidéos et des photos de leurs remises de diplômes et de leurs stages après avoir quitté l'académie d'Ávila (sur Youtube, dans les médias en ligne, etc.) C'est ainsi que Sergio a été reperé.
- Un moyen quasi infaillible de distinguer une véritable identité d'une fausse identité faisant l'objet d'une enquête consiste à demander à une personne de confiance ayant accès aux données nécessaires (par exemple, un·e professionnel·le de santé) de vérifier si les dates de naissance de la fausse identité et de la véritable identité concordent.
- Titres de propriété : Cet outil vous permet de découvrir qui est propriétaire d'une maison ou d'un local. Application pratique : vous soupçonnez quelqu'un·e et vous connaissez son adresse, vous obtenez le titre de propriété du logement et vous vérifiez qui en est le propriétaire et si cela correspond à la version de la personne faisant l'objet de l'enquête.
- Études : Dans les cas mis au jour jusqu'à présent, il a été prouvé que certain·es infiltré·es se sont inscrit·es à l'université sous de fausses identités et qu'au moins deux d'entre elleux, Sergio et Lucía, l'ont fait en utilisant leur véritable identité pendant leur infiltration (afin de pouvoir passer les examens d'inspecteur interne dans le cas de Sergio). Un autre exemple est celui de Carlos et Dani ; dans les deux cas, ils auraient suivi une formation professionnelle en maintenance et réparation de climatiseurs.
- Recherche par numéro d'identification (ou toute autre donnée) entre guillemets : En saisissant le numéro d'identification réel ou fictif de l'infiltré·e dans un moteur de recherche, entre guillemets, les résultats indiqueront où cette information spécifique apparaît. Par exemple, grâce à cette recherche, nous avons pu découvrir que Sergio avait obtenu un diplôme de droit de l'UNED (Université nationale espagnole d'enseignement à distance) pendant son infiltration.
- « Nota de localización » (note de localisation) : Il s'agit d'un document informatif délivré par le cadastre qui fournit des informations sur les registres fonciers dans lesquels une personne possède un droit enregistré sur un bien immobilier. Grâce à cela, par exemple, nous pouvons découvrir les biens de l'infiltré·e et l'adresse de son ou ses domiciles, en vérifiant sa véritable identité, puisque son nom, son prénom et son numéro d'identification sont publics via le BOE.
- Recherche par véhicule : Cette procédure peut être effectuée en ligne et ne nécessite que l'immatriculation du véhicule. Par exemple, dans le cas de Marian, un véhicule sur lequel il avait été aperçu a été retrouvé. Ces informations, obtenues grâce à l'immatriculation du véhicule, ont permis de corroborer son identité.
- Expertise photographique : À partir de différentes photos de l'infiltré·e, certaines prises dans sa vie réelle et d'autres dans une fausse vie, un expert peut déterminer qu'il s'agit de la même personne, comme l'ont fait El Salto et La Directa dans certains cas.
- Les réseaux sociaux de leur véritable identité : Dans de nombreux cas, aussi surprenant que cela puisse paraître, et probablement en raison du sentiment d'impunité qu'iels ressentent, les infiltré·es et les personnes dont iels vous ont parlé possèdent des comptes sur les réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Facebook…)
Toutes ces données peuvent servir de point de départ à une enquête. Par exemple, si vous connaissez la date précise à laquelle iels ont commencé leur infiltration, et sachant qu'iels utilisent presque toujours le même nom sous leurs deux identités, un premier tri peut être effectué auprès du BOE correspondant et toutes les personnes portant ce nom peuvent être sélectionnées. Nombre d'entre elles peuvent être écartées grâce à l'examen de leurs réseaux sociaux.
Ou encore, si vous connaissez la date de naissance de la personne suspecte et que vous avez une personne de confiance ayant accès aux données nécessaires, vous pouvez vérifier individuellement si la date concorde. Si vous connaissez l'adresse précise où la personne sous enquête est censée résider, en obtenant le titre de propriété ou en trouvant les coordonnées du propriétaire, vous pouvez exploiter cette piste pour confronter les versions. Ou encore, si la personne affirme travailler dans un lieu précis, vous pouvez vérifier aussi discrètement que possible si c'est bien le cas.
Sur Youtube et sur Internet, on trouve des vidéos et des photos de policier·es prêtant serment comme fonctionnaires de police, ainsi que des images de leurs débuts de formation dans différentes villes. Bien que ces dernières années, les promotions aient été massives (2 000 à 3 000 personnes), cela peut permettre de les identifier et les localiser, comme ça a été le cas pour Sergio. Celleux qui utilisent les réseaux sociaux sous leur véritable identité s'en servent comme si iels étaient intouchables. Dans le cas de Carlos, l'un des éléments qui a permis de faire avancer l'enquête a été de retrouver son compte Instagram, car il suivait le profil de la mairie de son village.
En bref, de nombreuses pistes sont à explorer si l'on dispose d'un minimum d'informations sur la fausse identité de l'infiltré·e. Il est utile de recueillir ces informations, par exemple, avant qu'iel rejoigne un groupe. Notre rôle n'est pas d'être détectives privés, mais toute information (nom, prénom, numéro de téléphone, lieu d'études, lieu de travail, antécédents militants, lieu d'origine, réseaux sociaux, adresse, etc.) recueillie pendant cette période peut faciliter une enquête ultérieure. Il convient de rappeler que rencontrer de nouvelles personnes a d'abord pour but de sociabiliser et non pas (ou pas uniquement) un but sécuritaire.
Filtres utiles (mais non infaillibles) à mettre en place avant l'intégration d'une personne dans votre organisation
Comme indiqué dans nos réflexions finales sur notre processus de recherche, la sécurité à 100 % n'existe pas et chaque organisation a ses propres besoins et priorités en la matière, en fonction de son mode de fonctionnement, de ses objectifs, etc. Ces suggestions ne visent pas à encourager la paranoïa ni à imposer leur application à toustes. Chaque organisation doit procéder à sa propre évaluation. Nos recommandations, basées sur notre expérience, sont les suivantes :
- Demander un historique professionnel sans laisser le temps au candidat de le préparer (un code reçu par SMS suffit).
- Demander un acte de naissance. Dans les cas de Sergio, Dani, Marian et Carlos, nous avons constaté que l'état civil a répondu négativement à notre demande d'acte de naissance : IELS N'EXISTENT PAS. Cela diffère considérablement de la situation au Royaume-Uni, où les fausses identités des infiltré·es ont été obtenues à partir de bébés décédés. Deux situations peuvent se présenter :
- Soit la personne visée par l'enquête n'est pas au courant et la demande est faite à son insu. En théorie, seule la personne concernée peut en faire la demande, mais si vous disposez de ses informations de base (nom, prénom et numéro d'identification), vous pouvez également la faire.
- Soit, dans une optique de prévenir d'éventuelles infiltrations, la personne qui cherche à rejoindre le groupe est invitée à demander son acte de naissance en présence d'autres membres du collectif. Les coordonnées doivent être les vôtres afin que le document vous parvienne à vous et non à la personne visée. Il peut vous être envoyé par mail ou par courrier postal.
- De manière générale, tout document officiel que vous pouvez obtenir à l'insu de la personne visée par l'enquête, ou, dans le pire des cas, avec son consentement mais en contrôlant le moment de l'obtention, peut faire l'affaire.
Existe-t-il des limites à ne pas franchir ?
Les affaires révélées jusqu'à présent nous permettent de dissiper des idées reçues et des limites concernant les agissements des policier·es infiltré·es.
Nous savons que beaucoup d'entre nous pensaient, ou pensent encore, que les flics infiltré·es sont soumis·es à un code de déontologie, qu'il y a des choses qu'iels ne se permettent pas de faire. Nous listons quelques-unes de ces choses afin de mieux comprendre jusqu'où iels peuvent aller et de ne pas écarter d'emblée toute enquête.
Certain·es pensaient, ou pensent encore, que les flics infiltré·es ne font jamais les choses suivantes :
- Des actes illégaux.
- Avoir des relations sexuelles avec leurs cibles
- Occuper un emploi salarié (en parallèle de leur mission d'infiltration). Sergio a travaillé plusieurs mois à deux emplois sous une fausse identité, probablement pour étayer son récit et faire taire d'éventuels soupçons.
- Des études universitaires, sous leurs identités réelles ou fictives.
- Introduir un membre de leur famille ou un·e ami·e au sein du groupe infiltré.
- Impliquer des civils ou des personnes étrangères à la police dans l'infiltration, afin de conforter ou de protéger l'alibi de l'infiltré·e.
- Se procurer des documents officiels sous une fausse identité (carte d'identité, permis de conduire, carte de sécurité sociale, relevé bancaire, téléphone portable, contrat de location…)
- Faire en sorte qu'une partie de leur histoire inventée paraisse réelle (María de Girone avec sa famille et ses amis, ou Sergio avec son frère pompier).
- Se faire tatouer des tatouages stylés, comme Dani ou Sergio.
- Utiliser des applications de rencontre pour se rapprocher des militant·es ou des milieux ciblés.
- Collecter des échantillons biologiques de leurs « camarades » sans leur consentement.
- Falsifier des fiches de paie des entreprises (à leur insu) pour les contrats de location des appartements occupés par les infiltré·es.
Nous savons que toutes ces choses ont été faites par des flics infiltré·es, et nous ignorons certainement beaucoup d'autres exemples.
Conclusions
Si vous rencontrez une personne dont le récit correspond à certains de ces critères, cela ne signifie pas nécessairement que vous avez affaire à un·e infiltré·e. Cela signifie simplement que vos soupçons justifient une enquête plus approfondie. Comme nous l'avons déjà indiqué, ce manuel est un guide, un point de départ, et non une méthode infaillible pour prouver une infiltration.
Bien que nous ayons identifié des schémas communs dans les cas espagnols et britanniques, il est possible que d'autres cas restent à prouver. L'objectif est de mettre à jour ce manuel régulièrement, au fur et à mesure que de nouveaux cas apparaissent. C'est pourquoi il est important de conserver toutes les informations et données relatives à chaque cas, car elles peuvent contribuer à reconstituer le puzzle de l'infiltration policière.
Historiquement, les infiltrations policières ont été considérées comme un sujet tabou, pour diverses raisons (honte, « faiblesse », incapacité à gérer la situation, etc.) De ce fait, aucune expérience en la matière n'a été correctement transmise et il n'a pas été possible de développer des outils et des mécanismes permettant de gérer efficacement les soupçons, voire de prévenir les infiltrations. C'est pourquoi nous insistons une fois de plus sur l'importance de rendre les cas publics, de recueillir des informations, de créer des outils et de partager les enseignements tirés.
Bien entendu, nous déconseillons fortement de propager des rumeurs fondées uniquement sur des soupçons et recommandons qu'elles fassent l'objet d'une enquête sérieuse dès que possible. Les rumeurs non confirmées sont très dommageables et peuvent détruire les organisations de l'intérieur, qu'il y ait ou non infiltration réelle.
Il est important de se rappeler que, malgré des points communs dans le mode opératoire des infiltré·es, il existe également de nombreuses différences, selon les objectifs qui leur sont assignés, le type de groupe ou d'environnement qu'iels infiltrent… Iels peuvent même commencer par suivre certains schémas, puis les modifier au fur et à mesure de l'infiltration. N'oublions pas qu'iels bénéficient du soutien d'une équipe entière et que pratiquement tout ce qu'un·e infiltré·e fait ou ne fait pas est calculé et ne relève pas d'une initiative individuelle.
Nous constatons également qu'il existe de nombreuses raisons valables pour lesquelles des personnes peuvent correspondre aux mêmes catégories sans être des infiltré·es ; notre cadre d'analyse n'est pas infaillible. Par exemple, il peut y avoir de bonnes raisons pour qu'une personne n'ait aucun contact avec sa famille, ou pour qu'elle disparaisse pendant un certain temps. Le burn-out est également une raison fréquente de retrait chez les militant·es.
De plus, les opérations d'infiltration ne sont pas toutes identiques ; il y a toujours des variations. Chaque cas est unique et l'infiltré·e s'adapte aux consignes de son équipe en fonction des circonstances et du moment précis de l'infiltration.
Un autre problème important auquel nous avons malheureusement dû faire face dans certains cas est le manque de collaboration de certain·es militant·es qui ont rencontré l'infiltré·e. Cette obstruction à l'enquête était due à de mauvaises relations ou à des querelles passées (ou même présentes). Il faut faire preuve d'une grande clairvoyance et d'une grande maturité politique pour savoir quand et où il convient de mettre de côté ces attitudes. Chaque détail, aussi infime soit-il, peut contribuer à confirmer ou à infirmer un soupçon.
Le fait qu'une personne ne corresponde pas au profil type ne signifie pas qu'il faille écarter tout soupçon. Enfin, nous souhaitons souligner un point important. Bien que l'intention puisse être louable, nous pensons qu'utiliser le caractère « pacifique/inoffensif » des organisations infiltrées par la police comme argument pour dénoncer l'infiltration policière ne fait qu'étouffer tout potentiel révolutionnaire et constitue une erreur stratégique qui peut s'avérer coûteuse à long terme.
Il est clair que ces organisations et mouvements sociaux ne représentent pas un danger immédiat pour l'État lorsqu'ils se livrent « seulement » à la désobéissance civile et à ce qui est considéré comme des « crimes » contre la légalité bourgeoise (opposition aux expulsions, autodéfense antifasciste, grèves…) Mais il y a une différence entre la situation actuelle des organisations et des mouvements sociaux (en termes de contexte, de capacité organisationnelle, de rapport de forces, etc.) et leur évolution future, selon les aspirations et les perspectives que nous souhaitons atteindre. Par conséquent, fonder notre défense discursive sur ce caractère « pacifique » ou « inoffensif » revient à nous condamner à l'impuissance et à limiter notre lutte. Nous sommes convaincu·es qu'il existe de nombreux arguments pour confronter dialectiquement ces pratiques tout en évitant ces erreurs.
Il en va de même lorsqu'on utilise la « légalité » ou l'« illégalité » des méthodes d'infiltration comme argument central. Si elles sont illégales, on changera la loi demain pour les légaliser. L'idée est de présumer que l'État ne connaît aucune limite dans sa lutte contre la classe ouvrière organisée.
Cela ne signifie pas pour autant que nous ne puissions pas, à certains moments et dans le cadre de stratégies spécifiques, exploiter leur illégalité pour ouvrir certains fronts, comme par exemple les poursuites engagées contre des infiltré·es à Barcelone, Gérone et Valence, ou la plainte pour menaces déposée contre l'un·e des infiltré·es à Madrid.
Nous, les rédacteurices de ce manuel, espérons que, en tant que militant·es, vous trouverez ce document utile. Nous y avons partagé nos enseignements et notre expérience tirés de toutes les infiltrations policières que nous avons subies, afin que vous puissiez aborder la situation avec un avantage certain par rapport à celui dont nous disposions à l'époque, qui était quasiment inexistant. Bien que nous ayons fait tout notre possible pour vous guider, nous mettons à votre disposition un moyen de contact pour que vous puissiez nous faire part de vos questions, suggestions et enseignements, qui nous permettront d'enrichir encore davantage ce manuel.
manualinfiltrados@gmail.com
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"Le socialisme sauvage", chapitre 2
Deuxiéme extrait du livre : "Le socialisme sauvage : essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours"
à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venirNous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes depuis la Révolution Française, via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..
Son but est de relire l'histoire révolutionnaire non depuis l'angle traditionnel et confus de « la révolution contre les bourgeois/les aristocrates » - qui fait comme si la révolution était un bloc - mais depuis un axe fondamental souvent oublié : celui des divers courants libertaires contre les tendances autoritaires du socialisme.
On regrettera certains défauts importants, qu'il est bon d'avoir en tête en parcourant le bouquin. Notamment le fait que les luttes abordées sont très majoritairement des luttes blanches. Ou que l'angle pris fait souvent la part belle aux figures et organisations militantes officielles - là où il serait intéressant de se concentrer un peu plus sur l'action et l'organisation directes du prolétariat.
Ces points étant dits, ce livre apporte de nombreuses informations historiques importantes, souvent effacées de l'histoire des luttes. Il permet ainsi, de façon méthodique et détaillée, de remettre plusieurs points sur les i concernant la question de l'autoritarisme. C'est une chose qui nous semble plus qu'utile à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venir.
Bonne lecture !
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Bataille idéologique – Résistance internationaliste contre l'empire du chaos
De la nécessité de comprendre le monde dans une perspective internationaliste, de s'organiser et d'agir en conséquence
Le monde tel que nous le connaissons est en train de s'effondrer. Chaque jour, nous voyons le visage de Trump à l'écran et cela nous dégoûte. Malgré cela, sa présence s'impose, et nous devons relier ces visages des élites dirigeantes à la modernité capitaliste et au capital transnational. Car le constat que le système capitaliste mondial est en crise structurelle profonde n'appartient plus seulement aux analyses de l'école anticapitaliste et socialiste. Même les principaux représentants et acteurs du système capitaliste reconnaissent désormais que nous ne sommes pas simplement confrontés à un ralentissement économique cyclique, mais à une crise multiple qui englobe les dimensions écologique, économique, sociale et géopolitique. Diverses terminologies et cadres analytiques sont utilisés pour définir l'« interrègne » hégémonique mondial – ou phase de transition mondiale. Le marxiste italien Antonio Gramsci a décrit l'interrègne comme une phase où « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître », et où s'accumulent crises, incertitudes et « une grande variété de symptômes morbides ».1
« Si nous ne sommes pas assis à table, c'est que nous sommes au menu. »
Les dernières discussions au « Club des riches », le Forum économique mondial de Davos en janvier 2026, ont une fois de plus mis en évidence la manière dont les élites au pouvoir analysent la situation mondiale actuelle. Il convient ici de noter en particulier le discours2 du Premier ministre canadien Mark Carney, qui a déclaré que nous ne sommes pas dans une phase de transition, mais en pleine rupture. L'ancien ordre mondial ne reviendra pas, a-t-il déclaré, et la nostalgie n'est donc pas une stratégie. Le Premier ministre canadien a averti que les grandes puissances avaient commencé à utiliser l'intégration économique comme une arme, s'appuyant sur « les droits de douane comme levier, les infrastructures financières comme moyen de coercition et les chaînes d'approvisionnement comme vulnérabilités ». Il a ensuite averti que les puissances moyennes devaient unir leurs forces pour éviter d'être écrasées entre les grandes puissances que sont les États-Unis et la Chine. Car si elles ne sont pas à la table des négociations, elles finiront au menu. Il a souligné que le Canada avait bénéficié de l'ancien « ordre international fondé sur des règles », y compris « l'hégémonie américaine », qui avait « contribué à la fourniture de biens publics : des voies maritimes ouvertes, un système financier stable, une sécurité collective et un soutien aux cadres de résolution de conflits ». Cependant, il a déclaré que cet ordre mondial n'existait plus. Il préconise plutôt de l'appeler par son nom : « un système d'intensification de la rivalité entre les grandes puissances, dans lequel les plus forts poursuivent leurs intérêts en utilisant l'intégration économique comme un outil de coercition ».
De la « fin de l'histoire » au « déclin politique »
Cette analyse systémique de la situation actuelle ne se limite pas aux politiciens ; même les pionniers idéologiques du néolibéralisme sont contraints de réfléchir à leurs propres théories sur la victoire ultime du capitalisme. On peut citer l'exemple du penseur Francis Fukuyama, connu pour avoir proclamé sa théorie de la « fin de l'histoire ». C'est en 1992, suite à l'effondrement de l'Union soviétique, qu'il a déclaré que l'évolution idéologique de l'humanité avait atteint son point final, que le socialisme en tant que système social avait échoué et que l'ordre néolibéral était donc le stade final et le plus élevé du développement humain. Au-delà de cela, affirmait-il, il ne pouvait y avoir d'autre modèle politique, social ou économique. À l'époque, l'effondrement du socialisme réel était interprété non pas comme l'expression de défauts internes, mais comme la victoire définitive du capitalisme. La thèse de la « fin de l'histoire » fonctionnait alors comme un manifeste de la modernité capitaliste, proclamant la défaite de l'idée socialiste et déclarant que la démocratie libérale était la destination finale. Mais le temps juge l'histoire sans pitié. La confiance arrogante des forces de la modernité capitaliste de l'époque a désormais cédé la place à une profonde inquiétude, et même Fukuyama, figure de proue de la pensée néolibérale, a remplacé cette thèse par le concept de « déclin politique ». Un examen plus approfondi du parcours intellectuel de Fukuyama et de son évolution de pensée, passant de l'optimisme de la « fin de l'histoire » aux avertissements sur la « décadence politique », peut également être compris comme un résumé des réflexions internes du système de la modernité capitaliste. Dans son ouvrage de 2014, Political Order and Political Decay, il montre comment le système qu'il idéalisait autrefois a été rongé de l'intérieur. Nous ne sommes plus confrontés à un modèle victorieux de modernité capitaliste, mais à une structure qui s'est effondrée sous son propre poids, est devenue lourde et a perdu à la fois son orientation et son esprit.
Selon Fukuyama, la croyance en l'immuabilité du modèle hégémonique américain a atteint son apogée entre 1989 et 2008, le bref « âge d'or ». Cependant, cette image glorieuse a subi sa première fissure majeure avec la crise financière mondiale de 2008. Fukuyama diagnostique ici divers symptômes, mais voit la véritable maladie dans la désintégration des institutions politiques nationales américaines et du tissu social. Fukuyama emprunte le terme de « déclin politique » à son professeur Samuel Huntington. Selon Huntington, les systèmes sont voués à l'échec s'ils ne peuvent s'adapter aux exigences des nouveaux groupes sociaux. Fukuyama applique cette théorie aux États-Unis modernes : les institutions sont initialement créées pour résoudre un problème spécifique, mais avec le temps, elles s'enracinent tellement qu'elles ne peuvent plus s'adapter à l'évolution des conditions environnementales. Les institutions cessent de protéger le bien public et se mettent à défendre les intérêts de leurs propres élites et de petits groupes. Les élites puissantes détournent les ressources de l'État au profit de leurs propres cercles ; le népotisme supplante la performance. L'État, autrefois moteur de la prospérité, est désormais devenu un instrument au service d'intérêts personnels. Fukuyama soutient que le système américain est passé d'une « démocratie » à une « vétocratie ». Ce terme signifie que les réformes nécessaires ne peuvent être mises en œuvre car de nombreux acteurs au sein du système disposent d'un droit de veto. Les freins et contrepoids intégrés au système, qui étaient auparavant un moyen d'améliorer le fonctionnement du gouvernement, sont désormais un moyen de le paralyser. Derrière cette concentration du pouvoir dans un cercle aussi restreint se cache un phénomène sociologique et économique fondamental : la monopolisation rapide du capital. Dans une situation où plus de la moitié de la population mondiale a un revenu inférieur à celui de douze personnes, une telle concentration verticale du pouvoir économique conduit inévitablement à une concentration du pouvoir politique entre les mains d'une seule personne. Cependant, Fukuyama ne considère pas cela comme un effondrement, mais parle d'une « perturbation de l'ordre ». La solution qu'il propose consiste à renforcer la bureaucratie exécutive, à réduire la dépendance excessive du pouvoir judiciaire et à mettre en œuvre des réformes politiques radicales pour briser la « vétocratie ». En tant que libéral, Fukuyama estime que la cause réelle du déclin politique aux États-Unis ne réside pas dans le système capitaliste concurrentiel, mais plutôt dans le dysfonctionnement des institutions politiques. L'approche de Fukuyama repose donc sur la conviction que le libéralisme peut être réparé ou réformé de l'intérieur. Selon Fukuyama, les excès pathologiques du capitalisme pourraient être maîtrisés si les institutions fonctionnaient correctement. Ce n'est pas le système lui-même qui est parasitaire et problématique, mais plutôt les institutions qui sont tout simplement dépassées.
Outre le déclin politique des États-Unis décrit par Fukuyama, l'affaire Epstein ajoute également la composante de l'érosion morale. L'affaire Epstein n'est pas seulement l'une des affaires criminelles les plus sombres de l'histoire moderne, mais aussi une radiographie de la dépravation systémique, morale et intellectuelle de cet « ordre » international américain. Elle représente une contribution à l'histoire sociale du capitalisme et du patriarcat en déclin. Les scandales qui ont été révélés ne montrent pas seulement les actions de quelques individus pervers, mais plutôt comment la politique, le monde universitaire, la finance et l'industrie culturelle ont créé une « caste d'intouchables » patriarcale.
Les États-Unis, « empire du chaos »
Le mouvement de libération kurde considère également que le capitalisme se trouve actuellement dans une phase de crise systémique et structurelle. Il qualifie même la modernité capitaliste de « régime de crise » dans le sens où aucune solution ne peut être attendue du système lui-même, seulement une forme de gestion de crise. En conséquence, les dépressions et les crises sont devenues un état permanent. Les périodes « normales », en revanche, sont l'exception, ou – autrement dit –, la crise est devenue la norme. Le mouvement de libération kurde décrit les guerres et les conflits qui se jouent, à l'ère du capitalisme mondialisé, à différents niveaux entre États-nations comme la troisième guerre mondiale. Il s'agit d'une lutte de pouvoir intra-capitaliste permanente visant à restructurer le système mondial. Les acteurs de cette guerre mondiale tentent d'affaiblir les forces concurrentes et de renforcer leur propre position. Il n'y a pas de lignes de front claires ni d'objectif de victoire militaire rapide. Il s'agit plutôt d'une guerre permanente dans laquelle les contradictions et les conflits se jouent dans le cadre d'alliances changeantes. Aujourd'hui, le capitalisme mondial mène une lutte longue mais continue pour établir de nouvelles constellations politiques et de nouveaux modèles d'ordre conformes à ses propres exigences systémiques. Les luttes, les tensions et les conflits que nous observons dans le monde entier font partie intégrante de cette troisième guerre mondiale. Pour la comprendre, il faut saisir ses racines profondes dans la structure du capitalisme mondial. Cette guerre est également indissociable de la crise de ce système. Le capitalisme mondial traverse une crise multidimensionnelle : le fossé croissant entre riches et pauvres, la destruction écologique, la persistance du patriarcat, les mouvements migratoires, l'armement et la normalisation de la guerre sont autant d'expressions de ce profond bouleversement systémique.
Selon le penseur kurde pionnier Abdullah Öcalan, le système capitaliste, dirigé par les États-Unis, tente de préserver son pouvoir par le biais d'un « empire du chaos »3 : « L'empire du chaos, que l'on pourrait aussi, dans un certain sens, appeler la Troisième Guerre mondiale, n'est pas géré uniquement par des méthodes militaires et politiques, mais de manière plus intense et décisive par les multinationales et les médias. Les multinationales économiques et médiatiques n'hésitent pas à affamer physiquement et mentalement les sociétés afin de les manipuler et de les utiliser à leur guise. Elles espèrent qu'en utilisant leur supériorité scientifique et technologique, elles pourront sauver le système capitaliste du chaos et sortir de la crise renforcé ou, si cela n'est pas possible, au moins minimiser les dégâts autant que possible, en procédant à des restructurations si nécessaire. Dans ce chaos, les méthodes et moyens traditionnels ne sont plus adaptés pour gérer, protéger et maintenir le système avec de simples changements mineurs. Il serait donc plus réaliste d'évaluer les nouvelles approches et mises en œuvre tactiques et stratégiques des États-Unis à la lumière du processus de chaos. »4 Dans ce contexte, nous pouvons observer une nouvelle offensive mondiale du système sous l'administration Trump, qui s'exprime sous diverses formes tant dans la politique intérieure que dans la politique étrangère.
Offensive mondiale de la modernité capitaliste : nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis
Cet empire du chaos mène une guerre contre sa propre population sur le front intérieur et prépare le terrain pour une guerre civile aux États-Unis. L'un des points centraux ici est la terreur semée par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Minneapolis. Cette agence opère en dehors de la loi et forme une force paramilitaire directement subordonnée à l'administration Trump. Avec son recours excessif à la violence, l'ICE peut actuellement être décrite comme les « chemises noires5 des États-Unis ». Dans ce contexte, la question de l'immigration n'est pas le véritable problème pour le gouvernement. Le grand projet qui se cache derrière est le fascisme, dont l'objectif est de détruire la classe ouvrière du pays tant sur le plan économique qu'organisationnel. Dans le même temps, cependant, nous assistons à une résistance généralisée à Minneapolis, qui a atteint son apogée le 23 janvier 2026 avec la première grève générale à grande échelle aux États-Unis depuis près de 80 ans, menée contre les raids de l'ICE et pour les droits des travailleurs.
Nous devons évaluer les nouvelles stratégies et tactiques des États-Unis en tant que puissance hégémonique mondiale en considérant les particularités de ce processus chaotique. Même si la stratégie de Trump suit une logique qui ne peut être déduite de documents de position clairement formulés, mais qui peut plutôt être comprise en observant ses actions imprévisibles en apparence, un examen de la stratégie de sécurité nationale (NSS) des États-Unis publiée en décembre 2025 révèle d'importantes priorités stratégiques et tactiques. Deux aspects sont significatifs dans ce contexte. Premièrement, ce qui est particulièrement nouveau dans la stratégie de sécurité nationale, c'est que, dans le contexte de la lutte pour le pouvoir avec la Chine, l'Amérique latine (dans le jargon américain : l'hémisphère occidental) prend une importance considérable. Non seulement la Russie est présente dans cette région, mais la Chine en particulier est devenue le premier partenaire commercial de la région (à l'exception du Mexique) et, dans le même temps, un investisseur important dans les infrastructures critiques, comme les ports ou encore les réseaux 5G. Selon les États-Unis, cela doit changer. « Nous voulons que les autres pays nous considèrent comme leur partenaire de choix », déclare la NSS, ajoutant que les États-Unis « utiliseront divers moyens » pour « leur rendre plus difficile la coopération avec d'autres ». Deuxièmement, ce plan, appelé « doctrine Donroe » en référence à l'ancienne doctrine Monroe, vise principalement les réserves de matières premières de l'Amérique du Sud, telles que le pétrole du Venezuela et les réserves de lithium de l'Argentine, de la Bolivie et du Chili. Le document stratégique fait référence à plusieurs reprises aux « chaînes d'approvisionnement critiques » : « Le renforcement des chaînes d'approvisionnement critiques dans cet hémisphère réduira les dépendances et augmentera la résilience économique des États-Unis. »6 Cependant, il fait également explicitement référence à l'expansion de la présence militaire en Amérique latine et dans les Caraïbes et à l'intensification de la coopération militaire et en matière d'armement avec les pays de la région – « qu'il s'agisse de la vente d'armes, du partage de renseignements ou de manœuvres conjointes ».
Tout a commencé par l'agression impérialiste contre le Venezuela en janvier de cette année, lorsque, sur ordre de Trump, les troupes US-américaines ont envahi le Venezuela le 3 janvier, tuant des citoyens vénézuéliens et cubains et arrêtant le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse. La doctrine Trump a transformé l'Amérique latine en une sphère d'influence ouverte en actualisant efficacement la doctrine Monroe. La récente intervention militaire au Venezuela s'inscrit dans la continuité logique de cette ligne et doit être comprise comme une tentative impérialiste de rétablir une hiérarchie. En bref, l'intervention au Venezuela n'est pas un incident isolé, mais peut plutôt être considérée comme l'une des étapes de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie US-américaine. Cette intervention constituait une atteinte directe à la souveraineté nationale du Venezuela, par laquelle les États-Unis ont violé la Charte des Nations unies et, par conséquent, le droit international. D'ailleurs, Trump a déclaré ouvertement au New York Times qu'il n'avait pas besoin du droit international. Dans le même temps, Trump remodèle le paysage international à son avantage et remet en question les idées fondatrices de l'ONU en concluant un nouveau « pacte de paix » avec les États fidèles aux États-Unis et en créant un « conseil de paix » à Davos.
Géoéconomie et impérialisme
Afin de comprendre les stratégies de « l'empire du chaos » dans la phase actuelle, il semble judicieux de les examiner à travers les concepts de géoéconomie et d'impérialisme. Ces dernières années, la géoéconomie a été l'un des termes les plus fréquemment utilisés pour expliquer la dynamique actuelle du capitalisme mondial. Le commerce, les investissements, la technologie et les flux financiers sont désormais moins déterminés par les signaux du marché que par les priorités géopolitiques. Bien que ce système ne soit pas nouveau, ces instruments sont désormais utilisés ouvertement et systématiquement dans le cadre de stratégies de réorganisation impériale. La géoéconomie est l'utilisation systématique d'instruments économiques et militaires à des fins géopolitiques et stratégiques. Les droits de douane, les sanctions, les restrictions technologiques, le contrôle des flux financiers et la restructuration des chaînes d'approvisionnement constituent les instruments de base de cette boîte à outils. Il est important de noter que ces interventions ne servent pas à « corriger les défaillances du marché », comme le prétendent souvent les approches conventionnelles, mais plutôt à réorganiser l'équilibre international des pouvoirs. La géoéconomie n'est donc pas une décision politique technique, mais un projet politique, visant à assurer une domination de classe. Le terme a été défini pour la première fois dans les années 1990 par le stratège militaire américain Edward Luttwak comme suit : « Ce néologisme décrit le mieux […] le lien entre la logique du conflit et les méthodes du commerce ou, comme l'aurait écrit Carl von Clausewitz, la logique de la guerre dans la grammaire du commerce. »7 Dans ce contexte, il n'est pas possible de séparer la géoéconomie du débat sur l'impérialisme. Ainsi, il est trompeur d'assimiler l'impérialisme uniquement à l'appropriation de terres ou à l'expansion militaire directe. Au sens de Lénine, l'impérialisme se définit par la concentration et la centralisation du capital, la suprématie du capital financier, la primauté des exportations de capitaux sur les exportations de marchandises et la division hiérarchique de l'économie mondiale entre les grandes puissances. Dans ce contexte, l'essence de l'impérialisme réside dans la refonte et la reproduction de la hiérarchie mondiale à un niveau où la logique du capital et la logique nationale s'entremêlent.
Pour en revenir aux récentes discussions du Forum économique mondial de Davos, le rapport sur les risques mondiaux en 20268 qui y a été présenté résume l'évolution de la perception des risques dans le monde au cours des deux dernières années du point de vue des élites dirigeantes. Un tableau du rapport montre que les conflits géoéconomiques ont gagné huit places dans le raking des plus grandes menaces, représentant le risque qui connaît la croissance la plus rapide. Cela montre que dans la phase d'interrègne hégémonique mondial, qui résulte du déclin relatif de l'hégémonie américaine, la lutte pour réorganiser la hiérarchie mondiale se situe désormais ouvertement au centre de l'économie et de la politique mondiales. Cela rejoint les discours tenus notamment par le Premier ministre canadien.
L'essor de la géoéconomie et son inclusion dans l'ordre du jour principal à Davos sont l'un des signes les plus évidents que l'impérialisme opère aujourd'hui à travers les chaînes de valeur mondiales, les régimes technologiques et les sanctions financières. À cet égard, le cœur du problème n'a pas changé. Il s'agit toujours de savoir qui détermine la hiérarchie mondiale et dans quelles conditions. Dans ce contexte, la stratégie des États-Unis est cruciale. Les États-Unis, qui connaissent un déclin relatif en termes de production et de capacité industrielle, conservent néanmoins dans une large mesure leur supériorité financière et militaire. Cette asymétrie incite les États-Unis à redéfinir la hiérarchie mondiale existante face à la montée en puissance toujours plus rapide de la Chine. La redéfinition géoéconomique de la hiérarchie internationale est l'expression conceptuelle de cette stratégie. La doctrine Trump est la manifestation politique la plus claire de cette orientation. Les guerres commerciales, les droits de douane, les restrictions technologiques et les interventions dans les chaînes d'approvisionnement sont utilisés comme une réponse impériale au déclin relatif des États-Unis. En fin de compte, la géoéconomie n'est pas un terme économique technique, mais le nom donné à la forme actuelle que prend l'impérialisme dans un contexte de crise. Le tableau des risques discuté à Davos reflète les efforts des États-Unis pour établir une nouvelle hiérarchie mondiale. Par conséquent, le débat sur la géoéconomie est inévitablement un débat sur l'impérialisme au XXIe siècle.
IMEC et Pax Silica
Dans ce contexte, les développements en Palestine, au Rojava (Kurdistan), au Venezuela, au Groenland et dans d'autres endroits, qui à première vue semblent confrontés à des problèmes différents, sont également liés entre eux. Ce n'est qu'en expliquant ces liens qu'il sera possible de rassembler ces luttes et ces questions dans l'agenda d'une internationale anticapitaliste. Le capitalisme transnational, sous toutes ses formes, est en train de devenir l'acteur politique mondial central dans cette troisième guerre mondiale. Une caractéristique centrale de l'ère financière est l'imbrication croissante de l'économie et de la politique à l'échelle mondiale. Les décisions politiques et économiques locales et nationales sont de plus en plus contrôlées par des forces super-monopolistiques mondiales. Cela s'accompagne de processus prédateurs et extractivistes sur plusieurs fronts : la terre, l'énergie et les minéraux.
Deux initiatives menées principalement par les États-Unis pour minimiser l'influence de la Chine dans la concurrence mondiale sont particulièrement remarquables dans ce contexte. Tout d'abord, le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) annoncé lors du sommet du G20 les 9 et 10 septembre 2023 dans la capitale indienne New Delhi. Les chefs d'État et de gouvernement des États-Unis, de l'Inde, de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l'Italie, de l'Allemagne, de la France et de l'UE en tant que confédération d'États ont annoncé la création de ce corridor. L'objectif est de relier l'Eurasie orientale et occidentale, c'est-à-dire l'Inde et l'Europe, via le Moyen-Orient sous la forme d'un nouveau réseau de transport, de pipelines, d'électricité et de câbles de données. Cette décision géostratégique est l'un des facteurs à l'origine de l'escalade des conflits observée au Moyen-Orient depuis l'automne 2023. Elle constitue une réponse à l'initiative chinoise « Belt and Road Initiative » (BRI, également connue sous le nom de « Nouvelle route de la soie »), lancée en 2013 et qui vise à englober 150 pays le long de cinq corridors terrestres et d'un corridor maritime.
Du point de vue du concept de géoéconomie décrit ci-dessus, le projet IMEC n'est pas seulement un projet économique. Il est lié à la mise en place d'une nouvelle architecture de sécurité régionale au Moyen-Orient, dans laquelle Israël joue le rôle de centre hégémonique. Cela permettra de faire avancer la transformation de la région conformément au nouvel ordre mondial, de contrôler les réserves et les nouvelles routes énergétiques, d'assurer la libre circulation des capitaux et de limiter la marge de manœuvre de la Russie et de la Chine. Les « accords d'Abraham » jouent également un rôle central dans la mise en œuvre de l'IMEC. Ceux-ci ont été signés à Washington le 15 septembre 2020 par les représentants d'Israël, des Émirats arabes unis (EAU) et de Bahreïn. Dans ce cadre, les deux États arabes ont accepté de reconnaître Israël et d'établir des relations diplomatiques. L'objectif stratégique est ici de soumettre les États arabes à l'hégémonie israélienne dans la région et d'ouvrir la voie à l'IMEC. Le fait qu'aucun moyen d'action, pas même un génocide, ne sera exclu pour atteindre cet objectif et « ouvrir la voie » est clairement démontré par le génocide perpétré à Gaza par l'armée d'occupation israélienne, qui dure depuis le 7 octobre 2023. Les puissances impliquées dans l'IMEC insistent de toutes leurs forces sur la mise en œuvre de ce projet.
La deuxième initiative est le projet Pax Silica, qui ne peut être compris sans référence au projet IMEC et qui exprime clairement le lien entre le militarisme et l'industrie technologique. Pax Silica est une alliance stratégique lancée en décembre 2025 par le département d'État US-américain afin de sécuriser les chaînes d'approvisionnement en matière d'IA, de semi-conducteurs et de minéraux critiques. Ce projet représente une alliance multinationale des États-Unis contre la Chine dans le domaine de l'IA et vise à sécuriser à la fois la chaîne de valeur de l'économie de l'IA et le leadership technologique des États-Unis et de leurs alliés. Il vise à réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine, à remédier au manque d'accès aux minéraux critiques et à former des coalitions de pays partenaires (Australie, Israël, Japon, Singapour et Corée du Sud) pour l'avenir technologique. Cette course à l'intelligence artificielle est également une extension et une intensification de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Il ne s'agit pas seulement d'une compétition pour la technologie elle-même, qui a de nombreuses implications dangereuses dans le domaine de l'armée, la police et la main-d'œuvre, mais aussi d'une compétition pour les matières premières, l'énergie, les routes commerciales et les nouvelles relations économiques avec les pays afin de se procurer ces matières premières. En d'autres termes, la course à l'intelligence artificielle est également une course à la création et au renouvellement d'alliances économiques internationales. Pax Silica cherche également à s'étendre au Moyen-Orient. Comme pour l'IMEC, Israël est un membre fondateur ou central de cette alliance. Il s'agit d'une initiative stratégique visant à consolider la coopération technologique entre les États-Unis et Israël dans le secteur de l'IA et à préparer le Moyen-Orient aux visées des grandes entreprises technologiques et énergétiques. Israël, en tant que puissance hégémonique régionale, incarne cette stratégie capitaliste et Pax Silica dans la région. Pax Silica est une tentative de présenter le génocide comme un projet d'investissement. Gaza doit être transformée en un lieu d'investissement et faire partie de ce projet.
La bataille des idées
Des projets tels que ceux-ci mettent en évidence les liens entre les pratiques génocidaires, impérialistes et extractivistes et les menaces qui pèsent sur la Palestine, le Rojava, le Groenland et diverses régions d'Amérique latine. Les attaques contre le Rojava, qui ont commencé au début du mois de janvier de cette année dans le but de détruire le modèle d'autonomie démocratique, s'inscrivaient également dans un plan international. Il s'agissait d'une stratégie visant à unifier l'État-nation syrien, à liquider toutes les dynamiques de résistance et à les forcer à s'intégrer au régime, pour finalement persuader la Syrie de rejoindre les accords d'Abraham. Le Rojava incarne le contraire des projets hégémoniques de la modernité capitaliste décrits ci-dessus et représente une véritable alternative au système autoritaire et capitaliste. L'idée derrière le modèle social du Rojava n'est pas seulement de combattre les « symptômes de la maladie », mais de s'attaquer aux causes systémiques.
Dans cette phase de dissolution de la modernité capitaliste et de crise structurelle, il existe une possibilité à la fois d'offensives et de développements démocratiques, mais aussi de développements totalitaires-fascistes. Nous nous trouvons dans une période historique où tant les élites dirigeantes que les sociétés remettent profondément en question l'ordre mondial existant, et c'est du degré d'organisation des forces démocratiques et des méthodes, formes d'action et modèles d'organisation sociale appropriés que dépendra la capacité à exploiter le potentiel d'un réveil démocratique. En cette période de chaos, les mouvements démocratiques et égalitaires peuvent, à petits pas efficaces, construire en peu de temps quelque chose qui déterminera l'avenir à long terme. La révolution au Rojava en est un exemple concret et, avec son paradigme de modernité démocratique et de socialisme démocratique, elle ouvre de nouvelles perspectives pour les luttes sociales et le développement d'un ordre social plus juste. Dans ce processus de réorganisation mondiale, il est particulièrement crucial de disposer de concepts idéologiques et politiques convaincants et de solutions viables afin d'avoir une chance réelle d'exercer une influence dans ce chaos.
Pour comprendre à quel point l'empire du chaos craint ces idées, ces discussions et ces pratiques sur les alternatives au système capitaliste existant et tente de les étouffer dans l'œuf, il suffit de regarder les derniers mois.
Malgré le slogan de « la fin de l'histoire et des idéologies », la puissance hégémonique de la modernité capitaliste, les États-Unis, a jugé nécessaire de proclamer la « Semaine de l'anticommunisme »9 l'année dernière, près de 180 ans après la publication du Manifeste communiste de Karl Marx et Friedrich Engels au début de 1848 et plus de 35 ans après l'effondrement de l'Union soviétique et du socialisme réel. Le 7 novembre 2025, jour anniversaire de la révolution socialiste de 1917 en Russie, la Maison Blanche a publié une déclaration proclamant la semaine du 2 au 8 novembre « Semaine de l'anticommunisme ». Le document présente le socialisme comme une menace pour « la foi, la liberté et la prospérité » et met en garde contre les « nouvelles voix » qui répètent prétendument « les vieux mensonges ». Ce faisant, il déclare une fois de plus la guerre à l'idée du socialisme, qu'il avait lui-même déclarée morte. Derrière toute l'assurance du système se cache la peur évidente de la classe et caste dirigeantes face à l'opposition croissante au capitalisme et à l'idée du socialisme, qui insuffle une pensée libre et révolutionnaire dans les sociétés. Le contexte politique immédiat de la déclaration de la Maison Blanche est l'élection municipale à New York, au cours de laquelle plus d'un million de personnes ont voté pour Zohran Mamdani, un « socialiste démocratique » autoproclamé. La « semaine de l'anticommunisme » a été antidatée pour inclure le jour des élections, le 4 novembre, et met sévèrement en garde contre ceux qui « se camouflent derrière les termes de « justice sociale » et de « socialisme démocratique ». Cette hystérie découle du fait que l'opposition au capitalisme se développe rapidement à l'échelle internationale et s'exprime sous diverses formes : les manifestations de masse « No Kings » du 18 octobre, le rejet massif à l'échelle mondiale du génocide israélien à Gaza et les manifestations de la « génération Z » en Afrique et en Asie. Les sondages montrent que 67 % des jeunes aux États-Unis, le centre absolu de la modernité capitaliste, ont une attitude positive ou neutre à l'égard du socialisme, tandis que seulement 40 % sont favorables au capitalisme.
Nous assistons donc également à une attaque idéologique contre les idées qui représentent des alternatives possibles à la modernité capitaliste, en particulier l'idée du socialisme démocratique. Les menaces et les sanctions actuelles contre Cuba doivent également être comprises dans ce contexte. Le président étatsunien Trump a ouvertement déclaré son objectif de renverser le gouvernement socialiste de La Havane. L'attaque impérialiste contre le Venezuela peut également être considérée comme un coup porté à l'un des derniers bastions du socialisme réel sur le continent. Le message adressé à l'hémisphère est clair : tout projet politique qui remet en cause la politique étrangère américaine, même si ce n'est que de manière rhétorique, sera confronté à une pression directe et systématiquement déstabilisé. Tous les projets progressistes qui s'opposent à l'impérialisme américain sont déclarés comme des cibles. Dans ce contexte, le classement de le mouvement Antifa aux États-Unis, ainsi que de groupes de gauche en Allemagne, en Italie et en Grèce, comme « organisations terroristes »10 peut être cité comme un autre exemple de la tentative du gouvernement US-américain d'interdire les idées de gauche. Les attaques de Trump contre le mouvement Antifa visent à diffamer tout ce qui se trouve à sa gauche en le qualifiant de terroriste et, surtout, à diffamer le vaste mouvement antiraciste qui s'est formé à l'échelle nationale après le meurtre de George Floyd par la police il y a quelques années, en le qualifiant de destructeur, violent et chaotique.
Les élites au pouvoir ont ouvertement déclaré que nous étions en pleine bataille idéologique à la suite de la vague mondiale de solidarité avec la Palestine. Lorsque les manifestations pro-palestiniennes se sont étendues aux universités US-américaines et ont conduit à des occupations, les étudiants et les enseignants protestataires exigeant que les universités retirent inves leurs tissements des entreprises étatsuniennes impliquées dans le génocide, cela a constitué une menace directe pour les intérêts du capital transnational et de leur classe. C'est un groupe de multimillionnaires et de milliardaires qui a donné instruction au maire de New York, Eric Adams, d'envoyer la police prendre d'assaut l'université Columbia et d'autres campus de la ville. Le PDG de Palantir, Alex Karp, a clairement indiqué l'importance des enjeux, du point de vue de ces classes capitalistes transnationales, dans les manifestations. Palantir, une entreprise de haute technologie d'une valeur d'un milliard de dollars basée dans la Silicon Valley, a signé un accord avec le ministère israélien de la Défense au début de l'année 2024 afin de fournir aux forces armées israéliennes l'intelligence artificielle et d'autres technologies numériques qui ont été utilisées dans le génocide à Gaza. « Les manifestations sur les campus ne sont pas une question secondaire. Elles sont la question principale », a déclaré Karp. « Si nous perdons la bataille intellectuelle, nous ne pourrons plus jamais lever une armée en Occident. »11
Le socialisme démocratique du XXIe siècle
Trump a clairement indiqué où se trouve le principal ennemi des dirigeants en déclarant que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) devait être considéré comme plus dangereux que l'État islamique (EI)12 . Ici aussi, le PKK représente un mouvement socialiste qui, contrairement au discours de la « fin de l'histoire » dans les années 1990 et au fait que beaucoup se sont détournés du socialisme à cette époque, a déclaré : « Insister sur le socialisme, c'est insister sur l'humanité ». La lutte du mouvement de libération et sa vision d'un Moyen-Orient démocratique et confédéral remettent directement en cause le programme de la modernité capitaliste et sont donc définis par Trump comme une menace. C'est la raison sous-jacente de l'agression contre la révolution du Rojava en particulier et le mouvement de libération du Kurdistan en général.
Dans cette bataille idéologique actuelle, le leader intellectuel kurde Abdullah Öcalan critique également la répétition dogmatique des théories du XIXe ou du début du XXe siècle et l'adhésion rigide à des formules qui ne sont plus pertinentes dans le contexte des conditions sociales actuelles. Il souligne donc la nécessité de reconstruire le socialisme dans un sens philosophique, idéologique et organisationnel et prône un socialisme démocratique du XXIe siècle en résistance à la modernité capitaliste : « L'histoire du socialisme réel au XXe siècle montre que son échec était également fondé sur une incompréhension de cette dialectique : le socialisme centré sur l'État, qui voulait prendre le contrôle de l'État, a finalement été absorbé par celui-ci. Le droit des peuples à l'autodétermination a été réduit à l'État-nation, ce qui constitue un retour en arrière dans la logique de la politique bourgeoise. Le concept d' ‘État-nation prolétarien' ne faisait que reproduire la pensée centrée sur l'État. C'est pourquoi je dis : le socialisme de l'État-nation mène à la défaite, tandis que le socialisme de la société démocratique mène à la victoire. Aujourd'hui, le moment est venu d'avancer vers l'émancipation démocratique sur la base du socialisme de la société démocratique. »13
Alors que le monde tel que nous le connaissons s'effondre, il est crucial que les forces antisystémiques et démocratiques comprennent le monde d'une manière internationaliste, s'organisent en conséquence et agissent en conséquence. Dans un premier temps, cela signifie se détacher des récits qui font passer nos expériences pour uniques et créer davantage de cadres dans lesquels les similitudes et les liens sont mis en évidence. Comme nous l'avons vu, la troisième guerre mondiale s'intensifie chaque jour sous différentes formes dans de nouveaux endroits. Parfois, la diplomatie s'intensifie, parfois la violence ; l'agenda continuera d'être façonné par de multiples crises. Les priorités sur les différents scènes de la crise changeront, mais la guerre dans son ensemble sera menée sur de nombreux fronts. En revanche, les troubles qui secouent depuis 2010 un grand nombre de pays sur différents continents montrent que les peuples, les travailleurs, les jeunes et les femmes s'unissent autour de revendications communes. Tous ces développements rendent nécessaire un mouvement internationaliste organisé et créent en même temps une base concrète pour son émergence.
Ce texte a été rédigé avant la récente attaque d'Israël et des États-Unis contre l'Iran.
1 Antonio Gramsci, Selections from the Prison Notebooks, édité et traduit par Quintin Hoare & Geoffrey Nowell Smith, Londres : Lawrence & Wishart, 1971, p. 276.
3 Öcalan, Abdullah. Au-delà de l'État, du pouvoir et de la violence, pp. 207-208.
4 Ebd.
5 Les chemises noires (en italien : camicie nere) étaient le nom initialement officieux, puis officiel, donné aux membres des milices paramilitaires fascistes italiennes.
6 https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/12/2025-National-Security-Strategy.pdf
7 De la géopolitique à la géoéconomie : logique du conflit, grammaire du commerce, Edward N. Luttwak, Journal : The National Interest
8 https://reports.weforum.org/docs/WEF_Global_Risks_Report_2026.pdf
9 https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/11/anti-communism-week-2025/
10 https://www.tagesschau.de/ausland/amerika/usa-trump-ost-antifa-terror-100.html
11 https://www.youtube.com/watch?v=E1schQrqJFU
12 https://www.zeit.de/politik/ausland/2019-10/us-praesident-donald-trump-pkk-terrormiliz
13 https://english.anf-news.{{com/features/-82521}
publication originale :
Lecture Bataille idéologique – Résistance internationaliste contre l'empire du chaos
par Ali Cicek https://democraticmodernity.com/fr/bataille-ideologique-resistance-internationaliste-contre-lempire-du-chaos/ -
Septa (Ceuta) : L'Europe veut nous imposer une réalité qui n'est pas la notre
COMMUNIQUÉ DE CADRE CAGOULE — 25/08
L'Europe veut présenter le Maroc comme un pays sûr. Un pays paisible. Un pays stable. Un pays vers lequel on pourrait renvoyer des personnes sans même leur demander pourquoi elles l'ont fui.Mais à Ceuta, nous avons vu une autre réalité.
Depuis le 30 juillet, des milliers de Marocaines et de Marocains sont entrés à Ceuta. Pendant plus de vingt jours, nos frères et sœurs harragas ont affronté la faim, les chasses à l'homme, les coups, les humiliations ainsi que les violences physiques et psychologiques. De la part de la police, de la Guardia Civil, de l'armée, des fascistes de Ceuta et de l'État. Et malgré tout, les harragas ont résisté. Parce qu'ils savent mieux que quiconque ce qu'ils cherchent à fuir.
Le Maroc du football, de la télévision, de YouTube, de la publicité et du tourisme n'est pas le Maroc dans lequel vivent les Marocains. La réalité, c'est une fille de neuf ans qui traverse une frontière à la nage pour quitter le Maroc. La réalité, ce sont des mineurs qui quittent leur foyer et entrent dans la mer parce que l'avenir les terrifie. Des filles qui partent parce qu'elles ne sont pas en sécurité. Des mères qui traversent avec leurs enfants parce qu'elles craignent la faim et un avenir inconnu. Des jeunes femmes et des jeunes hommes qui grandissent dans un pays devenu une prison géante. Humiliation. Peur. Répression. Torture. Ignorance imposée.
Et l'Europe appelle cela : « SAFE ». La démocratie est-elle un droit pour tout le monde, ou seulement pour celles et ceux qui possèdent un passeport rouge ou une peau blanche ? Le colonialisme a-t-il pris fin ? Ou a-t-il simplement changé de visage ? L'Europe veut que la pauvreté, la faim et l'humiliation au Maroc paraissent naturelles. Comme si la pauvreté était tombée du ciel. Comme si la répression n'avait aucun auteur. Comme si des personnes avaient simplement décidé, un matin, de se jeter à la mer. L'Europe refuse de considérer la pauvreté dans son contexte politique. Parce que dès que la pauvreté devient politique, quelqu'un doit en répondre.
L'Union européenne ferme les yeux sur les crimes des dictatures africaines lorsque ses intérêts sont protégés. Dans le même temps, elle finance des frontières qui tuent, frappent, traquent et emprisonnent celles et ceux qui fuient : LA PAUVRETÉ. LA GUERRE. LE FASCISME. LA RÉPRESSION.
L'Europe protège les régimes que les personnes tentent de fuir, puis criminalise celles et ceux qui leur échappent. Au Maroc, le salaire minimum se situe autour de 3 000 dirhams. Tu travailles toute la journée. Le loyer engloutit la majeure partie de ton salaire. Pendant ce temps, des entreprises et des investissements européens profitent d'une main-d'œuvre bon marché et d'un système politique qui leur garantit un mot sacré : « STABILITÉ ».
La stabilité pour le capital. Le silence pour tous les autres. L'Union européenne ignore-t-elle réellement la situation sociale au Maroc ? Ignore-t-elle ce que les personnes gagnent, le prix des loyers et le coût de la survie ? Ses analystes sont-ils véritablement aussi incompétents ? Ou l'Europe sait-elle exactement ce qui se passe ? Peut-être que la dictature ne devient un problème que lorsqu'elle cesse de servir les intérêts européens.
Le colonialisme n'est pas seulement un drapeau planté sur une terre. Le colonialisme, c'est aussi : Qui décide de la valeur de ton travail. Qui profite de ta pauvreté. Qui arme les frontières qui te maintiennent enfermé. Qui décide des endroits où ton corps a le droit de se déplacer. Qui attend de toi que tu travailles pour presque rien et que tu meures en silence si tu refuses.
Les harragas ne sont pas une main-d'œuvre bon marché attendant d'être exploitée. Ce sont des travailleuses et des travailleurs libres. Ils revendiquent le droit de travailler dans la dignité. Le droit de vivre dans la dignité. Travailler douze heures par jour pour 300 euros par mois, pendant que 200 euros disparaissent dans le loyer, ce n'est pas la dignité. Il faut appeler cela par son nom : de l'esclavage économique.
À Ceuta, les harragas ne demandaient pas de nourriture. Leur slogan dans les rues était clair :
« ASILO, ASILO, NO COMIDA. »
L'ASILE. PAS LA NOURRITURE.
Parce que nous savons partager la nourriture. Nous venons d'Afrique. Même lorsque la vie est difficile, nous apprenons à partager entre nous le peu que nous possédons. Ils ne demandaient pas à l'Europe de les nourrir. Ils exigeaient que l'Europe cesse de leur refuser le droit d'exister ici. Ils fuient la pauvreté. Mais la pauvreté n'est pas une fatalité. La pauvreté devient un crime politique lorsqu'un État la produit, l'entretient, puis punit celles et ceux qui tentent de lui échapper.
Ils traversent pour fuir l'humiliation. Pour fuir la peur. Pour fuir l'esclavage. Ils ont traversé pour travailler. Pour vivre. Pour reprendre un avenir qui leur avait été refusé.
S'il existe un colonisateur, c'est l'État qui a tué Sankara et condamné El Khattabi à l'exil. S'il existe un criminel, c'est l'État qui a transformé le Maroc en prison géante et appris à ses enfants à le craindre. Le crime n'est pas de franchir une frontière. Le crime, c'est de construire un monde dans lequel un enfant doit traverser la mer pour pouvoir imaginer un avenir.
À Ceuta, les harragas n'ont pas demandé la pitié. Ils se sont organisés. Ils ont résisté. Ils ont occupé les rues. Et ils ont exigé trois choses : LIBERTÉ. DIGNITÉ. JUSTICE.
Ce ne sont pas des privilèges européens. CE SONT DES DROITS.
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Pas de congrès pour le RN à Orléans les 24 et 25 octobre !
Texte d'appel à un contre-congrès massif et déter à Orléans (village et manifestation anti-fascistes) et à des réunions publiques partout pour des transports collectifs vers Orléans.
Et résumé de la dernière réunion publique de la plateforme anti-fasciste Ciao Fachos.PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !
Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.
A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »
Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.
Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.
Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.
Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.
Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.
Rejoignez-nous !
Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.
PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !
Signataires :
AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)
Texte alternatif décrivant l'affiche :
Visuel avec gros message "Pas de congrès pour le RN"
On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
Deux pancartes "Orléans 24 - 25/10" et "mobilisations antifa"
Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandisRÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
Une participation massive !
70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)Préparation inter-orga
Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.Continuons à préparer la défaite du RN !
Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser- la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
- et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !
Coordonnons toutes les échelles locales et globales
Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.Prochaines réunions
Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join
Texte alternatif décrivant le visuel :
Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
Résumé de la réunion publique du 6 août.
Ciao Fachos.OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS
- Site internet : https://ciaofachos.org
- Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf
- Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
- Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation
- Mail : ciaofachos@systemli.org
- Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.
- Instagram : @ciao_fachos
Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !
CIAO FACHOS
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Le collectif d'hacktivistes « Autistici/Inventati », inscrit sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis
Depuis 25 ans, « Autistici/Inventati » héberge une série de services numériques, tels que des boîtes mail non commerciales (@autistici.org, @inventati.org), des listes de diffusion utilisées par des collectifs, des associations et des centres sociaux, ainsi que des blogs d'information ou de communication gérés par des milliers d'entités (noblogs). Le mercredi 26 août 2026, nous avons appris que le gouvernement des États-Unis avait décidé d'inscrire ce petit collectif de bénévoles et de militants numériques italiens sur la liste des organisations terroristes mondiales passibles de sanctions.
Voici le communiqué du collectif Autistici/Inventati : https://cavallette.noblogs.org/2026/08/10076
DÉCLARATION DU COLLECTIF A/I SUR LES SANCTIONS IMPOSÉES PAR LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN À SON ÉGARD
Nous avons appris aujourd'hui que le gouvernement des États-Unis a décidé d'inscrire un petit collectif de bénévoles et de militants numériques italiens sur la liste des organisations terroristes mondiales passibles de sanctions, comme on peut le lire dans les déclarations du Département du Trésor, dans celles du Département d'État et dans le décret exécutif correspondant.
Nous rejetons catégoriquement toutes les accusations formulées dans ces déclarations et, dans le même temps, nous réaffirmons avec force notre engagement à fournir une plateforme d'outils d'autodéfense numérique afin de permettre aux militant·e·s, aux particuliers, aux groupes et aux associations de communiquer librement.
Nous ne nous arrêterons pas et continuerons à faire ce que nous avons toujours fait, en nous opposant par tous les moyens aux fausses accusations montées de toutes pièces par une administration politiquement désespérée dont le seul but est de détourner l'attention des gens et des médias de sa propre violence et de son désir de guerre.
L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et tout le monde a le droit de prendre la parole et de lutter pour l'humanité tout entière.
Collettivo Autistici / Inventati — “Socializzare saperi senza fondare poteri”
Stay human
Communiqué de Free All Antifas - Italie : https://freeallantifas.noblogs.org/attacco-al-collettivo-autistici-inventati/
ATTAQUE CONTRE LE COLLECTIF « AUTISTICI/INVENTATI »
Le 26 août, le gouvernement des États-Unis a inscrit « Autistici/Inventati » sur la liste des « Specially Designated Global Terrorists », en application du décret présidentiel n° 13224, le désignant comme une organisation terroriste mondiale.Une décision qui s'inscrit dans la continuité de la politique de l'administration Trump, qui avait déjà désigné Antifa comme organisation terroriste en 2025. L'invention de cette prétendue organisation est un stratagème visant à créer un ennemi intérieur, afin de délégitimer la dissidence et de criminaliser l'antifascisme.
Dans ce contexte, A/I est également visé, en tant que nœud technologique utilisé par les réseaux antifascistes, qui offre des outils d'autodéfense numérique et de libre communication. Outre A/I, Palestine Action et Masar Badil ont également été visés.
Il ne s'agit pas d'un épisode isolé. Du procès de Budapest aux poursuites contre les antifascistes, en passant par les recours au mandat d'arrêt européen et la fermeture de certains comptes bancaires de la caisse de solidarité Rote Hilfe, nous observons différents dispositifs qui produisent le même effet : délégitimer l'antifascisme et criminaliser la dissidence.
Le fil rouge qui les relie est la tentative d'isoler celles et ceux qui luttent, de s'attaquer aux outils d'organisation et de briser les liens de solidarité.
C'est pourquoi le soutien et la défense d'Autistici/Inventati nous concernent toutes et tous. Défendre les espaces autonomes de communication et de dissidence, c'est défendre la possibilité de construire la solidarité.Free All Antifas - Italie
MISES À JOUR ET INSTRUCTIONS POUR ACCÉDER À LA BOÎTE MAIL
Hier soir, on a commencé à constater certaines conséquences de cette inscription, car une partie des services ne répondent plus : par exemple, en tapant www.autistici.org, le site semble inaccessible. Le blog du collectif sur https://cavallette.noblogs.org/ est mis à jour avec les communiqués officiels, tandis que sur Mastodon, cavallette (@cavallette@mastodon.bida.im) – Mastodon Bida.im a publié les instructions pour continuer à accéder à la boîte mail (uniquement pour consulter les messages archivés, pour l'instant, et non pour recevoir ou envoyer de nouveaux e-mails). Nous vous les reproduisons ci-dessous :
1. Si vous disposez d'une adresse e-mail @autistici.org, nous transférons actuellement votre boîte mail vers un nouveau domaine (des mises à jour suivront). En attendant, vous ne pourrez ni envoyer ni recevoir de nouveaux e-mails, mais vous pourrez tout de même accéder à votre compte. Une fois connecté, vous y trouverez l'intégralité de vos e-mails archivés.
2. Pour les adresses sur d'autres domaines :
– Utilisez la messagerie web : rendez-vous sur notre page d'accueil à l'adresse https://www.inventati.org, cliquez sur « Connexion » en haut à gauche et saisissez votre nom d'utilisateur et votre mot de passe.
– Pour les clients de messagerie, modifiez l'adresse du serveur : de mail.autistici.org à mail.inventati.org (courrier entrant) / de smtp.autistici.org à smtp.inventati.org (courrier sortant). -
Goûter pd
Discussion sur les espace de sociabilité pd
Salut, les pedales
Vous êtes invité au goûter pdMais qu'est-ce que sait le goûter pd ?
Un moment de sociabilité entre pedale où on voudrait parler de ce qui nous traverse nous en tant que pd (nos rapport a la sexualité, aux genre a la drogue aux autres pedale …)
A terme on aimerait bien que se soit un moment récurant pour se retrouver, se rencontrer et peut être même faire autre chose que parler ( projection dessin jeux lecture …)Discussion sur les espace pd
Pour cette première édition on s'est dit d'avoir une discussion sur les espace de sociabilité pd (asso,bar soirée). De se qu'on aime ou pas dedans, de se qu'il crée de cool mais aussi nul,De si on a envie d'y être ou pas, De notre rapport a comment on se sent dedans …
Mais c'est quoi un pd ?
Bonne question Dylan, un pd c'est une personne qui se reconnaît plus ou moin dans des expériences de vie pd (donc si tu demande est-ce que je suis pd, moi je pense que tu l'es un peu …)
Rapport à la conss
on voudrait essayer de pas insisté a la conso drogue et de pas basé notre sociabilité la dessus mais aussi on veut pas être stigmatisant et donc à chacune de faire comme il veut/peut
Voilà tu peut ramener des boissons et des truck a grignoter (vegan)
On se donne rdv aux parc du 26 centenaire a côté du lac assécher
Dimanche 27 septembre a 15h -
Rencontres anticarcérales du 17 au 27 septembre à Avignon
La prison est-elle vraiment la réponse ?
Et si on imaginait autre chose ?
📅 Du 17 au 27 septembre 2026 📍 Avignon
Le collectif Crève la Taule 84 propose une série de rencontres, discussions et événements pour questionner la prison, ses effets et la société qui la produit.Que vous soyez proches de personnes incarcérées, déjà engagé·es sur ces questions, ou simplement curieux·ses d'en savoir plus, venez découvrir d'autres façons de penser la justice, les violences, la punition et le vivre-ensemble.
Parce que derrière les murs, il y a des vies, des familles et des questions qui nous concernent toutes et tous.
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Dans le Vaucluse, Crève la taule 84 lutte contre la prison et contre la société qui l'engendre. Né il y a plus de vingt ans lors de la construction de la prison du Pontet, le collectif s'est remobilisé face au projet d'une nouvelle prison à Entraigues-sur-la-Sorgue.
Il soutient les proches de prisonnier·es, notamment à travers l'émission V'la la Gamelle sur Radio Aïoli, et organise des temps de réflexion sur l'abolition des prisons.
En France, la population détenue a augmenté de 139 % depuis 1980, atteignant 86 100 personnes en janvier 2026. Surpopulation, insalubrité, violences, maladies et suicides marquent le quotidien carcéral.
Malgré les condamnations répétées de la France par la justice européenne, l'État continue de construire des prisons et de durcir sa politique pénale. La prison punit, désocialise, détruit des liens et frappe en priorité les personnes les plus précaires et marginalisées.Loin de réduire les violences, l'enfermement peut les aggraver et favoriser la récidive. Alors pourquoi continuons-nous à croire qu'il nous protège ?
Parce que l'insécurité est devenue un outil politique : on désigne des menaces, on construit des ennemis et on présente la punition comme une évidence. On transforme ainsi des problèmes sociaux en responsabilités individuelles.
Crève la taule 84 refuse cette logique. Nous ne voulons pas répondre à la haine par la cage, la matraque et l'humiliation, mais par la solidarité, l'organisation et les idées.Nous sommes abolitionnistes parce que nous refusons la domination et la violence institutionnelle. L'abolition n'est pas un rêve : c'est la nécessité d'imaginer et de construire d'autres façons de prévenir les violences, de réparer les torts et de vivre ensemble.
La prison est inutile et néfaste.
L'insécurité imaginaire.
La révolution possible.
L'abolition nécessaire.crevelataule84@riseup.net
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Antimilitarisme en Allemagne : actions de blocage d’un centre de recrutement de l’armée à Cologne et d’un site d’armement à Bonn
Le gouvernement allemand fait face à un mouvement antimilitariste de plus en plus puissant, qui multiplie les actions.
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À Lyon, la mobilisation contre les logements bouilloires engrange des premières victoires
Une mobilisation inédite de locataires lyonnais a conduit le maire écologiste Grégory Doucet à intégrer «la chaleur excessive» comme un critère d’insalubrité des logements. Une première, alors qu’une nouvelle vague de températures élevées frappe plusieurs départements. -
Éric Ciotti veut faire «la preuve par Nice» du succès de l’alliance avec l’extrême droite
Pour sa rentrée, le nouveau maire de Nice a présenté sa ville comme un laboratoire de l’union de la droite et de l’extrême droite, déclinable à l’échelle du pays. Sans renoncer à peser, par ses propositions sur les retraites notamment, sur le futur programme présidentiel de Marine Le Pen. -
Insolite : elle a viré Guillaume Meurice mais défend le «pluralisme» pour recruter un militant d’extrême droite
«C’est la grandeur du service public que d’être pluraliste», je veux «des gens qui ne pensent pas la même chose» ose Sybile Veil, qui a purgé France Inter
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TRAHIR LE BINAIRE : un RDV pour partager réflexions, expériences et collations !
Nous vous proposons une mise-en-causeries de nos échos.
Bienvenue à tout le monde !
Proposition : Ramenez un objet dont vous pouvez vous séparer qui symbolise vos relations au Genre (ou plusieurs si vous le souhaitez)
De la part d'Expansive : Cette proposition semble floue et c'est assumé, on vous invite donc à aller découvrir, vous serez surement surpris.es ! La causerie se définiera en fonction des volontés des participantEs.
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25-27 septembre : Stage d'initiation au Drag à Fougères
Si tu as envie de paillettes et d'émulsion collective autour du Drag mais que tu ne sais pas trop par où commencer, rejoins-nous du 25 au 27 septembre à Fougères pour un Stage d'initiation au DRAG. Un stage en auto-gestion et à prix libre.
Salut à toustes !
Notre joyeuse équipe de Drag Queers à le plaisir de vous inviter à notre ✨ Stage d'initiation au DRAG ✨ qui se déroulera du 25 au 27 septembre à Fougères !
C'est un stage en auto-gestion à prix libre, aucune obligation de participer à toutes les activités et il y aura aussi des événements ouverts à toustes (participantEs ou non) comme la Boom Queer 🪩 le vendredi 25 septembre à 20h ! On espère vous y voir nombreuxSES pour s'enjailler ensemble !
On est trop hypéEs et on espère que toi aussi ! N'hésite pas à nous contacter pour toute question à badamlums@proton.me ou sur insta à @smoothie.fugero.
Informations pratiques :
- Pré-requis : aucun ! DébutantE ou habituéE, tout le monde est bienvenu !
- Matériel : idéalement viens avec ce que tu as (maquillage, tenues, etc), et on essaiera de compléter côté maquillage en fonction de nos possibilités.
- Lieu : Atelier de la Tempête, 5 place Edmond Herbert 35 300 Fougères (Lieu accessible PMR)
- Repas : compris (merci d'indiquer les restrictions alimentaires dans le formulaire)
- Hébergement possible, nous prévenir avant pour qu'on puisse s'organiser
- Tarif : PRIX LIBRE. Kessecé ? C'est toi qui décide le tarif que tu peux te permettre. Ça peut être rien du tout, ça peut être quelques euros, ça peut être un million si tu as gagné au loto ! Le principe c'est que chacunE met ce qu'iel peut, et celleux qui peuvent + compensent pour celleux qui peuvent moins. Et si tu peux rien donner du tout, c'est ABSOLUMENT OK et on sera raviEs de te compter parmi nous tout pareil !
- Modalités d'inscription : via le formulaire ci-après (un par personne) sinon par mail à badamlums@proton.me ou sur insta à @smoothie.fugero.
Formulaire : https://framaforms.org/stage-dinitiation-au-drag-fougeres-1784717533
Tous les évènements seront à prix libre, si tu penses donner prévois des espèces :)
Les fonds récoltés serviront à rémunérer ausi justement que possible les artistes, financer les repas, le matériel, et le lieu.
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Programme :
VENDREDI
19-20h : Accueil convivial, dispatch hébergements
20h : BOOM QUEER (en mixité)SAMEDI
14h : Théorie et pratique : se créer un personnage Drag (animé par @moon.e_mr.nobody et @smoothie.fugero)
20h : Soirée ciné-pizza-pyjamaDIMANCHE
14h : Atelier "Choisir et préparer une performance Drag" (animé par @smoothie.fugero)
18h : Restitution public choisi (famille, proches) : AUCUNE OBLIGATION DE PARTICIPER
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Lieu accessible PMR
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Tribune et rassemblement contre l'extradition de Gino ! Dimanche 6/09 à 18h au Vieux-Port
Dans le cadre d'une semaine d'action pour Gino et tous.tes les antifascistes ciblé.es par la répression, rassemblement le 6 septembre au Vieux-Port à 18h. Des camarades du comité Budapest, du Secours Rouge Toulouse et de SAVE interviendront.}} Ateliers de soutien prévus sur place.
Le 19/08 la cour d'appel de Paris a émis un avis favorable à l'extradition vers l'Allemagne de notre camarade Gino. Comme de nombreux.ses antifascistes à travers toute l'Europe, il est pourchassé par la Hongrie, accusé d'avoir participé à une action contre la manifestation néo-nazie du Jour de l'Honneur à Budapest en février 2023.
Alors que la France avait refusé de le livrer à la Hongrie d'Orban, c'est l'Allemagne qui réclame à son tour une extradition. La même Allemagne qui a illégalement déporté Maja, retenu.e à Budapest depuis 2 ans dans des conditions indignes. En Allemagne, Gino encourt jusqu'à 10 ans de prison mais surtout de connaitre le même sort que Maja...
L'Affaire de Budapest est un procès politique dans un contexte où les organisations antifascistes sont considérées comme terroristes en Hongrie ou comme criminelles en Allemagne. La justice française, avec cette décision, joue pleinement leur jeu. Derrière Gino, Zaid, Maja et tous les autres, c'est l'antifascisme tout entier qui est attaqué. Nous devons être à la hauteur.
Nous avons peu de temps. Gino a fait appel devant la Cour de cassation. Jusqu'à ce jugement, saisissons chaque opportunité de faire vivre le soutien. Montrons que derrière nos camarades il y a un mouvement. Un mouvement large, un mouvement fort, un mouvement organisé et surtout un mouvement qui ne se laissera pas intimider.
La répression est la meilleure arme des états bourgeois et des régimes fascistes. Ils veulent nous isoler, nous diviser. Tirons notre force de leurs attaques : mobilisons nous, organisons nous.
Dans le cadre d'une semaine d'action pour Gino et tous.tes les antifascistes ciblé.es par la répression, rassemblons-nous dimanche à 18h au Vieux Port. Des camarades du comité Budapest, du Secours Rouge Toulouse et de SAVE interviendront. Ateliers de soutien prévus sur place.
FREE GINO, FREE THEM ALL !
Signataires : Comité antifasciste du 4eme, Antifa Social Club Marseille, Assemblea per il 25 aprile, Riposte Antifasciste, Afroqueer RevolutionR, UPM, Tsedek !, Stop Aux Violences d'Etat, Comité Free El Mahdi Lyoubi, Collectif Al Manba, Marseille Antifas 1er, VISA 13, Comité antifasciste du 3e, LDH Section Marseille, Collectif Rebel 13, Réseau antifasciste Var, UCL Marseille
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Des nouveaux virus fabriqués par l’intelligence artificielle
Grâce à des modèles d’intelligence artificielle, des chercheurs ont conçu 16 nouveaux virus capables d’infecter une bactérie. Une première qui pourrait se révéler utile dans la lutte contre l’antibiorésistance mais qui soulève de nombreuses questions en matière de biosécurité. -
Judge orders Trump administration to reveal who set up $1.8bn ‘anti-weaponization fund’
Judge issues order as part of discovery process in lawsuit brought by non-profit into now defunct compensation fund
A federal judge has ordered the Trump administration to reveal who set up the structure of a controversial $1.8bn “anti-weaponization fund” to recompense victims of so-called political lawfare that was reportedly dropped by the justice department last month.
Ivan Davis, the US magistrate judge for the eastern district of Virginia, issued the order compelling discovery materials from the government as part of a lawsuit brought by the Democracy Forward non-profit on behalf of plaintiffs including a fired prosecutor and a college professor acquitted of assaulting federal agents at a protest against an immigration raid in California.
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Cher Laurent Alexandre - Boxing Day #92
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[Rennes] Assemblée générale antifasciste
C’est la rentrée pour l’assemblée générale antifasciste de rennes !
Nous nous retrouvons le 8 septembre a 18h Bâtiment L de la fac de Rennes 2 !
Au programme de cette AG:
-Différents événements des fafs ou autres réactionnaires sont prévus dans les semaines et mois à venir. Pensons et construisons la riposte !– Gino, militant antifasciste, est menacé d’extradition vers l’Allemagne où il serait remis aux autorités Hongroise pour avoir empêcher le défilé de néonazis à Budapest.
Dans la continuité de la journée de soutien aux antifascistes lyonnais.es, il nous faut réfléchir a comment apporter notre soutien a Gino et a tous les camarades enfermé.es-reprimé.es.
Ce sera aussi le moment de parler plus largement de la question carcérale.-Une séquence politique particulièrement importante s’ouvre devant nous a travers ces élections présidentielles, il est impératif d’essayer collectivement de penser ce moment, comment nous pouvons y intervenir et quels discours souhaitons nous y diffuser.
-L’AG antifasciste a ouvert un cycle de réflexion sur les enjeux féministes ces derniers mois, ce sera l’occasion d’en faire un retour et de pensez la suite.
-Enfin, comme toujours, si des gens souhaitent apporter à l’ordre du jour un sujet en particulier différent de ceux évoqués ci-dessus, c’est possible !
Nous vous attendons nombreuses et nombreux.
