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  • On expérimente pendant les rencontres radiorageuses donc le flux n’est pas…

    On expérimente pendant les rencontres radiorageuses donc le flux n’est pas en continu, si tu n’entends rien quand tu passes, n’hésite pas à repasser plus tard ;) !

    Parce qu’on bidouille à heures approximatives et on sera là de sûr pour la nuit de la radio le 6 septembre à partir de 16h jusqu’à pas dheure ! en experimentation pendant les rencontres à l’antenne 3-7 septembre 2026 ou bien dans ton player préféré, visitez : https://tribidou.radioasso.net

  • Witkoff and Kushner discussed ‘next steps’ with Putin to end Ukraine war, says US

    Donald Trump’s business ally and son-in-law now heading from Moscow to Kyiv to meet Zelenskyy

    Steve Witkoff and Jared Kushner are heading to Kyiv for the first time in their roles as Donald Trump’s peace envoys to Ukraine, after talks on Saturday in Moscow.

    The White House said Witkoff and Kushner had “discussed substantive plans for next steps” towards ending the war between Ukraine and Russia during their meeting on Saturday in Moscow with Vladimir Putin.

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  • La chute de Fernando Cerimedo, «roi des trolls» et tête de pont trumpiste en Amérique latine

    Maître de la désinformation d’extrême droite, le consultant politique argentin Fernando Cerimedo est poursuivi en Bolivie pour tentative de féminicide. Son arrestation a des répercussions bien au-delà, car il a été le conseiller de nombreux présidents, parmi lesquels Javier Milei.
  • La France déroule le tapis rouge à BAPS, puissante organisation hindoue soutenue par Modi

    Inaugurations, parades, communication dithyrambique: les pouvoirs publics facilitent l’ouverture du «premier temple hindou traditionnel» de France. Treize jours de festivités placées sous le signe de l’amitié entre la France et l’Inde, en dépit des nombreuses controverses entourant l’organisation conservatrice qui est aux manettes.
  • Le Briançonnais se mobilise contre des coupes d’arbres en vue des Jeux de 2030

    Le Comité d’organisation menace de couper un millier de mélèzes à Montgenèvre pour aménager de nouvelles pistes de ski. Un appel à parrainer les arbres est lancé, et une manifestation prévue dimanche 6 septembre.
  • Au Royaume-Uni, Nigel Farage est fragilisé, mais incontesté dans son parti

    De jeudi à samedi, le parti d’extrême droite britannique Reform UK tenait son congrès annuel à Birmingham. Après un été difficile, son chef voulait remotiver les troupes, mais il fait face à de nouvelles accusations de malversations.
  • Pas de congrès pour le RN à Orléans les 24 et 25 octobre !

    PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !

    Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.

    A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »

    Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.

    Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.

    Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.

    Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.

    Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.

    Rejoignez-nous !

    Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.

    PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !

    Signataires :
    AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)

    Texte alternatif décrivant l'affiche :
    Visuel avec gros message « Pas de congrès pour le RN »
    On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
    Deux pancartes « Orléans 24 - 25/10 » et « mobilisations antifa »
    Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis

    SUMÉ DE LAUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

    Une participation massive !
    70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
    Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)

    Préparation inter-orga
    Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
    Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.

    Continuons à préparer la défaite du RN !
    Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
    la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
    et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
    Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !

    Coordonnons toutes les échelles locales et globales
    Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
    Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.

    Prochaines réunions
    Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
    La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join

    Texte alternatif décrivant le visuel :
    Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
    Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
    Résumé de la réunion publique du 6 août.
    Ciao Fachos.

    OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

    Site internet : https://ciaofachos.noblogs.org

    Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
    https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf

    Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

    Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

    Mail : ciaofachos@systemli.org

    Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.

    Instagram : @ciao_fachos

    Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !

    CIAO FACHOS

  • Le point de bascule

    Salut,

    Ce texte, c'est un coup de gueule, a moitié né du déséspoir, et a une autre moitié d'un profond besoin d'une bascule, radicale, brutale et... violente.

    Gino va très certainement être extradé en Allemagne. Et de là-bas, probablement ensuite en Hongrie. Et il lui arrivera des trucs... pas cool. Qu'est-ce que les dangereux mouvements d'extrème-gauche de cette région du monde font pour l'en empêcher ? Des rassemblements et des banderoles. Pas forcément que ça, mais on est sur cet ordre là, principalement. Qui ici pense que cela suffira ? Comme pour Maja. Comme pour toustes les autres. Fût une époque... on l'aurait libéré. Par une évasion de prison ou par une attaque de son convoi.

    De partout dans ce pays de merde, des squats sont sur le point d'être expulsés, remettant des dizaines voir des centaines de personnes à la rue, dans la misère, la chaleur, ou suivant la saison, dans le froid. La rue tue qu'on dit. Oui. La rue tue. Et on est toujours incapables d'empêcher cela. Incapables de défendre les squats. Pourtant, on a été capables de les défendre par le passé. De les faire reculer, de les faire partir. D'être suffisamment menaçant·es pour qu'ils ne viennent même pas nous en sortir. Ou à défaut, de les accueillir avec des... dispositifs, qui ne les laisseraient pas ressortir indemnes.

    Récemment un patron d'entreprise à foncé en camion sur des grévistes, et il est ressorti du poste de police quelques heures plus tard, fanfaronnant. Il n'y a pas si longtemps, on était tout à fait capables de leur faire peur aux patrons. On était capables de les exproprier. De leur faire accepter toutes nos demandes. On était même capables de les rendre hors d'état de nuire définitivement. N'est-ce pas monsieur le PDG de Renault ?

    Pendant qu'ils nous exploitent, nous humilient, nous brisent, nous empoisonnent, et nous tuent... Pendant ce temps-là, la peste brune se fait toujours plus pressante et visible. Eux, ils sont prêts pour la guerre civile. Nous pour l'instant, on est juste prêt·es à aller à l'abattoir faire nos 3x8, et ce jusqu'à ce que ça soit notre tour.

    Si c'est pas votre meilleur rêve d'avenir, va falloir, au moins, commencer à y réflechir.

  • Noyer l'urgence dans l'urgence, intervenir pour que rien ne change

    Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.

    NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES

    Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :

    1.SPECTACULARISER

    La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.

    2. INDIVIDUALISER

    Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.

    3.TRANSFORMER ENRIVE... OU NORMALISER

    Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.

    4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT

    Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.

    L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.

    Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.

    SAUVER POUR NE RIEN CHANGER

    Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.

    À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.

    Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement. Automatic word wrap
    La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.

    NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION

    En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire.

    C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens !

    Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes…

    On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.

    Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes. L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.

    Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.

    L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA

    Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.

    Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.

    Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.

    Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.

    Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.

    Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?

    PASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE

    Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.

    Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.

    Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences.

    Wilden - TERRAIN VAGUE

  • Fox Fires Maria Bartiromo After Text to Trump

    Fox News' decision to abruptly fire Maria Bartiromo, one of the network's most prominent and popular pro-Trump anchors, is stunning conservatives and reviving memories of the network's previous breakups with some of its biggest stars, including Tucker Carlson, Bill O'Reilly and Lou Dobbs.
  • Maria Bartiromo's exit reveals the limits of Fox's loyalty to Trump

    President Donald Trump and Fox News have a mostly mutually beneficial relationship. But every so often, their interests diverge, and Maria Bartiromo is a prime example. Fox took Bartiromo off the air after she leaked internal network guidance to the Trump White House, a source familiar with the matter told CNN. The guidance specified that Fox's programs should not follow Trump down a conspiratorial rabbit hole relating to the 2020 election.
  • Trump Ally Maria Bartiromo Says She Wasn't Fired From Fox Amid Abrupt Exit

    Maria Bartiromo is denying reports on Friday that she was fired from Fox News. In a statement released by her attorney, Bryan Freedman, the prominent financial correspondent disputed "irresponsible reports" on Thursday that she was no longer an employee of Fox News after more than 12 years.
  • The US attorney general is fretting about a ‘pandemic’ of gender transitions in schools | Arwa Mahdawi

    Todd Blanche’s remarks are part of a totally-not-invented moral panic that stretches the limits of the imagination

    Being a public school teacher in the US these days is tough. You’ve got to pay for a lot of your own supplies, deal with smartphone-addicted children and perform gender-affirming surgeries on your lunch break.

    Luckily our intrepid attorney general, Todd Blanche, is on the case. Blanche appeared on Fox News this week to decry a “pandemic” of gender transitions in schools across the US. “There’s not a parent in America, no matter where you live, that would want their school to change and call their child by a different name and not expect to be told about that. We partnered with the Department of Education recently to combat this very trend and, really, pandemic that’s happening in some school districts around the country,” Blanche said. He seemed more concerned with name changes than with surgery, but the president himself has suggested on several occasions that schools are furtively doing surgery on children. During a campaign speech in 2024, for example, Donald Trump said: “Can you imagine … your son leaves the house and you say: ‘Jimmy, I love you so much. Go have a good day in school,’ and your son comes back with a brutal operation? Can you even imagine this?”

    Arwa Mahdawi is a Guardian columnist

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  • « En clair, je disparais d’Internet » : une décision lui fait perdre le nom de domaine sur lequel il a bâti toute sa vie numérique

    Dans un témoignage partagé sur son blog, un ancien développeur de Google raconte comment le nom de domaine qu'il pensait détenir pour le reste de sa vie lui a échappé, et comment il pourrait finir entre de mauvaises mains.

  • Even in safe-haven Massachusetts, trans care is at risk. Young people are fighting to protect it

    Activists are calling on the state attorney general to take action against hospitals that have ended gender-affirming care programs after Trump retook office

    A group of trans activists from across Massachusetts brought their needles, hormone gels, pills and sharps containers to Boston on Wednesday to send a message to state attorney general Andrea Campbell.

    Organizers with the youth-led group Protect Trans Futures (PTF) took their hormone replacement therapy (HRT) in the lobby of her office building, then occupied the space, refusing to leave without a commitment to protect civil rights for trans kids.

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  • Is Iran Flagging or Waiting to Pounce?


    Once again, Donald Trump’s rants on Truth Social,

    Is debunked by the scale of the witch hunt he or his Crusader Secretary of War ordered up.

    U.S. government investigators have taken the extraordinary step of subjecting roughly 50 members of the U.S. military’s Joint Staff to polygraph tests over leaks to journalists, including about how the Iran war has created a shortage of crucial munitions, according to officials briefed on the move.

    The investigators asked military officers and civilian employees on the Joint Staff if they disclosed classified information to members of the press, and about whether they provided information about diminished U.S. munitions stocks.

    The polygraph tests were conducted in August after a flurry of news reports detailed diminished stocks of crucial munitions, including of long-range missiles and Patriot interceptors. The show of force appeared aimed at not just ferreting out anyone who may have shared information, but intimidating others who might do so in the future, according to people with knowledge of the effort.

    Between 1,500 and 2,000 officers and officials work for the Joint Staff, which coordinates operations, policy and war plans with combatant commanders around the world.

    This leak investigation would have been launched in the wake of the last time Trump tried to deny the reports coming from all around (as well as the reports about a spat with Whiskey Pete at Camp David about it).

    But as I noted then, Trump had been warned. Trump told us he had been warned.

    This particular episode is interesting more for the competing narratives that explain the sensitivity about whether Trump can convince Iran the US has a secret stockpile.

    In WSJ, foreign policy expert Yaroslav Trofimev, repeats assessments that time is no longer on Iran’s side, because the US has finally succeeded in getting crude out Hormuz (though not yet matching pre-war levels, and Trofimev makes no mention of the cost of doing so).

    By squeezing the Strait of Hormuz, both the U.S. and Iran expected to outlast their foe, believing time would work in their favor.

    Now, it looks like the trend is moving against Tehran.

    The U.S. naval blockade has prevented Iran from shipping any oil from the Persian Gulf since July. At the same time, despite Iranian drone and missile attacks, Washington has been able to assist Gulf Arab states in moving significant amounts of their crude through the waterway, keeping global oil prices from surging above critical levels.

    “The Iranian blockade is more leaky than the U.S. blockade,” said Samir Madani, co-founder of the maritime intelligence firm TankerTrackers.com. “The Iranians just aren’t able to shut it all down.”

    The strategic question of whether time will eventually work in favor of Washington—or the Tehran regime—has yet to be settled. Iran retains ways of escalating what has now become a protracted conflict, raising costs for the U.S. and its allies. The U.S. military’s ability to maintain the naval blockade for many more months is also uncertain.

    But now it is clear that Tehran’s calculation six months ago, as it shut down the Strait of Hormuz and bottled up one-fifth of the world’s crude oil supply, proved erroneous. The move didn’t trigger a worldwide economic crisis or force President Trump to end the war on Iranian terms.

    That judgement assumes that Iran’s goal was to cause a global crisis that forced Trump’s hand.

    By contrast, two intelligence reporters describe, just a few stories away from the leak witch hunt story on the front page of the NYT, that Iran is actually pretty confident it understands the limits to US power.

    Iran has grown more confident in its ability to attack targets in the Middle East and appears determined to continue the conflict for months to frustrate the United States, according to U.S. intelligence reports in recent weeks.

    In many respects, the assessments reflect what has been observable on the ground as fighting erupted again after a period of relative calm. In the past week, Iran targeted ships in the Strait of Hormuz and American troops in the region, and U.S. forces struck inside Iran, killing military personnel and civilians.

    The new exchanges have been limited so far. But the intelligence reports, according to people who have read them, suggest that Iran’s hard-line government might be contemplating a significant escalation.

    Iran has emerged from months of the on-again, off-again war with a far better understanding of its military strengths and is more sure of its capabilities, according to officials briefed on the intelligence.

    Neither story addresses the US missile shortages. Both acknowledge that Iran still has as a stash, and WSJ describes how the pause allowed Iran to stockpile more.

    There’s no consideration in either of the extent to which Iran is simply planning on bleeding the US dry, possibly in conjunction with Russia and China. There’s likewise no mention that Whiskey Pete has attempted to steal money for infectious disease research because he has blown through so much money.

    House Appropriations Committee Ranking Member Rosa DeLauro (D-CT-03) has learned that officials at the Department of Defense (DoD) are working to divert billions of dollars from the National Institutes of Health (NIH) to supplement the Department’s budget.

    Without notifying Congress or the American people, DoD has signed an interagency agreement that could give the Department access to billions of dollars that Congress provided to NIH for critical biomedical research. These funds were provided to support research to develop treatments or cures for infectious diseases such as influenza, malaria, tuberculosis, HIV, Ebola, and other dangerous pathogens.

    “This secretive attempt to siphon research funds away from NIH is outrageous. The interagency agreement needs to be terminated immediately,” said Ranking Member DeLauro. “These funds were provided for lifesaving medical research, not as extra money for the Department of Defense. It is no secret that the Department of Defense is facing enormous financial pressure because of President Trump’s war of choice with Iran. But the Trump administration cannot make American patients, families, and scientists pay the price. Circumventing Congress to divert money intended to help Americans who are exposed to HIV, influenza, tuberculosis, and other deadly diseases—and directing those funds to the Department of Defense—is beyond the pale.

    I don’t know what will happen, nor whether Iran is just playing to get through the election or longer than that.

    What I do know is that in Trump’s latest attempt to lie, he seems intent on claiming there’s a secret stash of missiles that sustained reporting says the US doesn’t have.

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  • Voilà comment retirer la batterie de la nouvelle Nintendo Switch 2

    L'Europe contraint Nintendo à commercialiser une Switch 2 pourvue d'une batterie plus facilement remplaçable. Une vidéo montre comment fonctionne le changement.

  • Piratage de la DGPiF : un suspect mis en examen

    Le parquet de Paris a confirmé, le 4 septembre 2026, l’interpellation de deux suspects dans le cadre de l’enquête sur les cyberattaques attribuées au groupe ZeroBytes, notamment celle qui a visé la DGPiF en août 2026. Le 18 août, les forces de l’ordre ont arrêté un premier suspect, âgé de 18 ans, mis en examen et placé en détention provisoire le 20 août.

    Dans le dossier du piratage de la DGPiF, il est notamment mis en cause pour « accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données (STAD) à caractère personnel en bande organisée », « modification frauduleuse, extraction, transmission, reproduction et détention de données contenues dans un STAD à caractère personnel en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».

    Déjà connu de la police, il avait fait l’objet de deux mises en examen, en juin 2024 puis en janvier 2025, pour deux cyberattaques commises en 2023 et 2024, alors qu’il était encore mineur. Le 26 août 2026, les autorités ont arrêté un second suspect, âgé de 16 ans, afin d’exploiter son matériel informatique, avant de le libérer à l’issue de sa garde à vue.

    Le parquet de Paris précise que les investigations se poursuivent, sous la conduite d’un juge d’instruction, afin d’identifier les autres membres de ZeroBytes. Outre l’attaque contre l’administration fiscale, le groupe a revendiqué le piratage d’un site de l’Éducation nationale et de la plateforme « Zéro logement vacant ». Selon le parquet de Paris, « France Travail, la Fédération française de handball, Intermarché, SFR, Bureau Vallée ou encore Pulsy » figurent également « parmi les victimes des cyberattaques de ZeroBytes ».

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  • Fuite de données à l’Association des maires de France

    L’Association des maires de France (AMF) a confirmé, le 4 septembre 2026, avoir été victime d’une fuite de données, revendiquée plus tôt dans la journée sur un forum cybercriminel. L’attaquant, qui utilise le pseudonyme « Alduin », affirme que la base dérobée contient 114 000 entrées concernant des élus, des agents territoriaux, des collectivités et d’autres acteurs de l’administration publique française.

    Les éléments diffusés comportent également des informations d’identification, notamment des hachages de mots de passe et des mots de passe en clair. Les données personnelles comprennent notamment :

    • le nom et le prénom ;
    • l’adresse e-mail professionnelle ou personnelle ;
    • la fonction ;
    • la commune, l’intercommunalité ou l’organisation de rattachement ;
    • des informations liées à l’abonnement et au profil AMF.

    Alduin affirme avoir exploité une injection SQL de type UNION sur le site amf.asso.fr pour extraire ces données. L’AMF n’a pas publiquement confirmé cette méthode d’intrusion.

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  • En Saxe-Anhalt, l’AfD rêve d’une majorité absolue pour déclencher un «effet domino»

    Dimanche 6 septembre, l’extrême droite allemande compte sur un succès régional pour crédibiliser sa promesse d’un «sursaut national». Entre nostalgie de l’Est, déception envers les conservateurs et rejet global des élites, des pans entiers de l’électorat penchent pour la liste dirigée par Ulrich Siegmund.
  • Deux héroïnes au cœur de contes inquiétants

    Deux très beaux romans de cette rentrée prennent les chemins du fantastique pour mieux nous parler de notre monde: «Le Livre des souterrains»," "de la nouvelle sensation littéraire Phœbe Hadjimarkos Clarke, et «Caesaria», de l’écrivaine suédoise Hanna Nordenhök.
  • L’internationale fasciste avance à visage découvert

    L'internationale fasciste avance à nouveau à visage découvert, elle n'a même plus besoin d’apparaître comme «respectable» ou «dédiabolisée».

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  • Comment juger dans une institution dévastée ? La face cachée des tribunaux

    La soif de justice est immense, mais l’ignorance de ce que font réellement les magistrat·es l’est tout autant. Ce documentaire leur donne le temps de nous raconter leur métier, la difficulté de juger, les coulisses de la justice. Dans une période où les…
  • Septembre 2026 : sixième canicule de l’année

    À partir de cette année, on peut considérer que la saison des canicules dure 5 mois, de mai à septembre.

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  • Eric Maurin : « Malgré les risques de déclassement, la hausse du niveau moyen d'éducation améliore la situation collective des générations »

    Selon l'économiste Eric Maurin, les grandes vagues de démocratisation scolaire ont été largement bénéfiques collectivement, en France comme ailleurs, même si l'adaptation du marché de l'emploi ne se fait pas mécaniquement.
  • Terreur fasciste : à Lyon, multiples agressions racistes de hooligans néo-nazis aux abords du stade

    En février dernier, le mouvement antifasciste subissait une campagne de criminalisation sans précédent après une bagarre perdue par un groupe néo-nazi à Lyon. À l’époque, nous étions bien peu nombreux à rappeler que cette ville est […]

    L’article Terreur fasciste : à Lyon, multiples agressions racistes de hooligans néo-nazis aux abords du stade est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • EHESS : La chasse aux syndicalistes est ouverte

  • Quatre enfants et une femme tués: la série de meurtres «vicariants» se poursuit à bas bruit

    Mercredi 2 septembre, un homme a tué ses deux enfants et sa belle-mère en Haute-Saône, dans un contexte de séparation. Un nouvel exemple de violences «vicariantes», perpétrées par des pères qui cherchent à anéantir des femmes qui leur échappent.
  • « Quelle santé au pied de la mine ? », réunion publique à Glomel, jeudi 10 septembre, avec Celia Izoard

    Nous donnons rendez-vous aux Glomeloises, aux Glomelois et plus largement à tous les habitants du Kreiz Breizh, jeudi 10 septembre, pour une réunion publique autour des conséquences sanitaires de l'exploitation minière, en présence de Celia Izoard.

    L’article « Quelle santé au pied de la mine ? », réunion publique à Glomel, jeudi 10 septembre, avec Celia Izoard est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.

  • Projection débat sur le colonialisme chimique

    Le groupe local de Paris de l'UCL vous invite à la projection du film Agent Orange, une bombe à retardement.

    Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film Agent Orange, une bombe à retardement, de Thuy Tien Ho et Laurent Lindebrings.

    En quittant le Vietnam en 1975, l'armée américaine a laissé un poison invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d'Agent Orange, produite par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation. En s'infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaine alimentaire. Des millions de Vietnamiens sont victimes de la dioxine, atteints de malformations et de cancers. 40 ans après les derniers épandages, la dioxine continue ses ravages. C'est cette utilisation massive de produit toxique qui a conduit à théoriser la notion d'écocide.

    Alors qu'une manifestation se prépare le 3 octobre pour protester contre les pesticides, cette projection et la discussion qui suivra seront l'occasion de se rappeler de l'utilisation des pesticides comme arme de guerre, de soulever l'importance de lutter contre le colonialisme chimique et pour une écologie anti-impérialiste.

    Rendez-vous à le Jeudi 17 Septembre à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h00 suivie d'une discussion.

  • AG Travail Social IDF 08/09

    🔥 A vos agendas ! C'est la rentrée : AG TS IDF 08/09 🔥

    Chèr.e.s camarades, collègues et étudiant.e.s,

    Étudiant-es, travailleurs et travailleuses du social et médico-social de toute l'Île-de-France, syndicats, collectifs, retrouvons-nous en assemblée générale pour préparer la rentrée qui s'annonce déjà mouvementée !

    La grève reconductible des salarié-es du Samu social de Paris, liée à l'occupation du parvis par plus de 400 personnes à la rue, a marqué l'été. Cette lutte a été l'occasion de regrouper beaucoup de collègues et même des étudiant-es du secteur, conscient-es que la lutte est nécessaire face à la violence des attaques des décideurs : directions, préfecture, mairie.

    Car leurs revendications sont les nôtres, partout. Elles font écho à la lutte à l'œuvre Croix Saint Simon qui se battent contre la liquidation judiciaire des structures de la fondation, à la grève des collègues de l'ASE contre les réorganisations, à celle des collègues de France Travail pour leurs salaires et contre le contrôle renforcé des chômeurs, etc.

    Elles font écho à tout ce qui est dénoncé partout, dans les établissements, les associations, les écoles en travail social, etc.

    Unissons-nous pour un rapport de force à la hauteur, localement comme nationalement !

    Soyons nombreux-ses en Assemblée Générale du Travail Social le 8 septembre à Paris pour :

    • Faire l'état des lieux de la rentrée ;
    • Parler des dates de grève des 15 et 29 septembre ;
    • Organiser les rencontres nationales du travail social en lutte des 3 et 4 octobre à Paris !
    Mardi 8 septembre à 18h30
    Bourse du travail de Paris
    3 rue du Château d'eau (10e)
    Salle Commission 3

    ➡️ Tract d'appel à télécharger, ici en PDF, pour diffusion : https://www.swisstransfer.com/dl/01a06892-86cb-7205-9bd1-55eca417d04d

    ⤵️ Et pour partager le tract d'invitation sur nos réseaux sociaux :
    Insta : https://www.instagram.com/p/DcywEjdDdOc/?igsi=MXFpZHR2NzB3cmljZw==

    Fb : https://www.facebook.com/share/p/19fc6eQuEy/

    ✊️ Soyons nombreux-ses en cette rentrée !

    Merci de diffuser largement ce message et cet appel !
    La Com Mob du TS IDF

  • Les éditeurs indépendants œuvrent pour survivre à leur précarité et à l’emprise des grands groupes

    La concentration progressive du secteur de l’édition fragilise les 2 500 maisons indépendantes actives en France, alors qu'elles assurent la richesse et la diversité de l’offre éditoriale.
  • Interdiction du voile : médias et classe politique se demandent si c’est «applicable» au lieu de dénoncer le racisme

    Le RN lance sa campagne électorale par une proposition d'un racisme décomplexé : interdire le voile dans l'espace public.

    L’article Interdiction du voile : médias et classe politique se demandent si c’est «applicable» au lieu de dénoncer le racisme est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Canicules : « Dans mon champ, rien ne va, et pourtant, dehors, rien ne bouge »

    Le maraîcher Mathieu Yon a été durement touché par les dernières chaleurs. « L'été est terriblement silencieux », écrit-il dans cette chronique, alors que ses cultures ont séché. Rien ne va plus, les canicules se succèdent mais, dehors, « rien ne bouge », dénonce-t-il.
    Le néopaysan Mathieu Yon, installé dans la Drôme en tant que maraîcher biologique en circuit court, est chroniqueur pour Reporterre.
    Le 28 juin 2019, alors que je suis maraîcher dans l'Hérault, j'éprouve dans mon corps (…)

    Lire la suite - Chronique / Agriculture , Canicule
  • Cantines scolaires : le bio manque encore largement à l'appel

    L'immense majorité des établissements scolaires ne respectent pas la loi qui impose au moins 20 % de bio dans les cantines depuis 2022. Une lacune néfaste à la santé des enfants, que la récente loi d'urgence agricole pourrait aggraver.
    « Qu'est-ce que tu as mangé ce midi à la cantine ? » Au sortir de l'école, c'est la question rituelle des parents. Près des trois quarts des 11,6 millions d'élèves seraient demi-pensionnaires, d'après les dernières études disponibles. Si la loi était (…)

    Lire la suite - Info / Pédagogie Éducation , Quotidien , Alimentation
  • Dans les Landes, il fait le pari d'une forêt sans coupe rase

    Dans les Landes, Éric Castex gère une forêt où les pins poussent avec les chênes, où les arbres morts restent au sol et où les coupes rases sont bannies. Une sylviculture qui produit du bois sans casser la forêt. Les incendies ont pourtant rattrapé certaines de ses parcelles.
    Moustey (Landes), reportage
    Dans la forêt du Caplane, à Moustey, dans les Landes, rien n'est vraiment à sa place. Et c'est précisément le projet. Les pins maritimes ne sont pas sagement rangés au cordeau, alignés et (…)

    Lire la suite - Reportage / Forêts
  • «L’exception est devenue la norme» : partout en France, des vendanges toujours plus précoces et beaucoup de questions

    Theix-Noyalo (Morbihan), le 24 août 2026. Le changement climatique affecte la viticulture partout en France. © Sébastien Salom-Gomis/AFP

    Il est fini, ou presque, le temps des vendanges de septembre. Du Languedoc à l’Alsace, en passant par le Bordelais ou la Champagne, nombre de récoltes ont démarré dès le mois d’août dans les vignobles français. La conséquence d’un été plus chaud que jamais, traversé par quatre canicules et une sécheresse historique.

    «Cette année, les vendanges les plus précoces ont commencé autour du 10 août, généralement pour l’appellation Crémant de Bourgogne [un vin effervescent, généralement récolté plus tôt que les autres, NDLR] ; nous n’avions jamais vu ça», témoigne Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB).

    Dans le célèbre vignoble du centre-est de la France, les récoltes se sont étalées tout au long du mois d’août en fonction des cépages, de la localisation des vignes ou du type de vin recherché – de derniers domaines ont démarré la semaine dernière. Historiquement, en Bourgogne, les premiers coups de sécateur retentissaient plutôt vers la fin du mois de septembre. Mais, de saison en saison, le cycle de la vigne n’a cessé d’avancer au gré du réchauffement climatique.

    «Ce qui arrivait tous les trente ans au 20ème siècle revient maintenant tous les deux ans»

    «À partir des années 1980, on observe une inflexion très claire vers une précocité tendanciellement marquée des vendanges, confirme Thomas Labbé, chercheur associé à l’université Bourgogne-Europe et cofondateur du cabinet d’études Patrimoine-Archives-Histoire (Parhis). Depuis les années 2000, ce qui était de l’ordre de l’exception est quasiment devenu la norme.» À partir d’archives remontant jusqu’au Moyen Âge, l’historien a participé à la reconstitution de l’une des plus anciennes séries de dates de vendanges, année après année, sur le domaine viticole des hospices de Beaune (Côte-d’Or).

    Les données, qui courent de 1354 à 2026, sont claires : «Jusqu’en 1987, la moyenne était le 28 septembre ; depuis 1987 et jusqu’à maintenant, la moyenne est au 13 septembre, soit une différence de quinze jours», expose Thomas Labbé. Si les dates records étaient occasionnelles par le passé (à l’image de 1540, année de grande sécheresse en Europe), elles se multiplient ces dernières décennies : «Ce qui arrivait tous les trente ans au 20ème siècle revient maintenant tous les deux ans», résume encore l’historien.

    «La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique.»

    Et cette précocité exceptionnelle est loin de se limiter à la Bourgogne : en Champagne, le ban des vendanges – qui marque l’ouverture officielle de la récolte – a été publié le 12 août, battant de huit jours le précédent record de… 2025. Près de Nantes (Loire-Atlantique), celui du muscadet a été ouvert en urgence le 11 août. Deux jours après, c’était au tour du célèbre beaujolais, au nord de Lyon (Rhône). En Alsace, «au 4 septembre, les deux tiers du vignoble sont déjà vendangés ; ce n’est jamais allé aussi vite et aussi tôt», souffle Arthur Froehly, directeur de l’association de recherche et développement Vinopole Alsace.

    «La précocité des vendanges est un marqueur du changement climatique, mais elle amplifie aussi ses effets sur le vin lui-même. Des vendanges plus précoces se déroulent dans des conditions encore plus chaudes, au cœur de l’été», prévient Jean-Marc Touzard, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). En plus de réchauffer les températures globales, le changement climatique décale les périodes de récolte à des moments de l’année naturellement plus chauds, résume-t-il : «Par rapport aux années 1980, nous sommes dans des conditions de vendanges de +3 à +4°C, ce qui est énorme et accélère de nombreux processus.»

    Année chaude, grands millésimes ?

    Des vendanges plus précoces ne sont pas forcément synonymes de mauvaises récoltes. «Je pense que cette année sera très bonne : un temps chaud et sec, ça veut dire moins de pression de maladies comme le mildiou, donc des vendanges très saines, éclaire Jean-Marc Touzard. Les rendements sont plus faibles dans la plupart des vignobles, mais ils sont compensés par une meilleure qualité.»

    «Dans certaines zones, des vignerons parlent de pertes de 50% par rapport à leur rendement moyen sur les cinq dernières années.»

    «Sur les blancs, nous allons être sur une très grande année à Bordeaux», confirme Marie-Catherine Dufour, qui dirige le service technique du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). «L’état sanitaire du vignoble est très satisfaisant et les raisins présentent un très bon potentiel œnologique», abonde le comité interprofessionnel du vin de Champagne, qui soulève cependant que le manque de pluie a «limité le grossissement des grappes».

    La sécheresse, la canicule, les orages de grêle ou encore le gel printanier qui a frappé plusieurs vignobles en mars (notre article) ont nettement impacté les rendements. Autour de Bordeaux, la situation est «hétérogène», rapporte Marie-Catherine Dufour : «Certains secteurs ont plus souffert que d’autres, notamment là où les sols sont peu profonds, avec des réserves en eau moins importantes. Mais les pluies depuis fin août ont permis de revenir à un équilibre intéressant.»

    «Des parcelles n’ont pas été vendangées car toutes les feuilles sont tombées au mois d’août, avec des baies qui ne faisaient même pas la taille d’une myrtille», s’inquiète Arthur Froehly, de Vinopole Alsace. Sur le vignoble alsacien, une perte de 20 à 30% est pour l’instant estimée, mais la qualité du raisin reste au rendez-vous, ajoute l’expert : «Il faudra être réactif pour les bons crus de l’année 2026 !»

    Alcool, travail nocturne et charge mentale

    La précocité des vendanges bouleverse le travail des viticulteur·ices, qui recherchent constamment, selon le type de vin souhaité, un subtil compromis entre l’acidité, le sucre ou encore les arômes du raisin. «Sur des années comme celles-ci, cet équilibre est encore plus sensible, témoigne Charlotte Huber, pour le vignoble bourguignon. Il faut être très réactif : la vigne a chaud et a des comportements qu’on ne connaît pas encore totalement.»

    Le réchauffement climatique favorise notamment la concentration de sucre dans les baies, qui se transforme en alcool après la fermentation. En Alsace ou dans le Bordelais, la teneur en alcool potentiel a augmenté de près d’un degré par décennie.

    «Au total, une autre conséquence de cette précocité, c’est la charge mentale beaucoup plus forte sur les viticulteurs, complète Jean-Marc Touzard. Ils doivent être plus vigilants, appeler en toute vitesse les vendangeurs…» Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique, de plus en plus d’exploitant·es optent pour des vendanges au petit matin – voire en pleine nuit, notamment dans le Sud.

    «Il existe des stratégies d’adaptation à court terme, comme le choix de la date de vendange, ou le fait de les faire de nuit ; mais ça ne suffit pas, appuie Jean-Marc Touzard. Le réchauffement climatique amène à penser des changements plus profonds.» Fin 2021, le projet Laccave, conduit sur dix ans par une centaine de scientifiques, a identifié les principales pistes d’adaptation : en premier lieu, conserver et améliorer les sols (enherbements, lutte contre l’érosion…). Ensuite, renouveler et diversifier les variétés de vignes, repenser la gestion de l’eau (irrigation raisonnée, pratiques agroécologiques économes en eau…) ou innover dans les techniques de vinification.

  • Enquête sur l’esclavage moderne en France, et 3 autres conseils de lecture

    En tête de notre sélection cette semaine, la sociologue Alizée Delpierre éclaire d’un jour nouveau la surexploitation, en donnant la parole aux personnes qui la subissent et à celles qui l’imposent.
  • Edouard Balladur est mort, sa réforme des retraites agonise

    Edouard Balladur, dont on a annoncé ce lundi 31 août le décès à l’âge de 97 ans, n’a pas (encore) de rue à son nom, mais il nous a légué une réforme éponyme : LA réforme des retraites. Mars 1993. A peine arrivé à Matignon Balladur, fort d’une majorité de 472 députés à l’Assemblée nationale, fait…
  • Deadline

  • Washington Policy Review: September 4, 2026

    Today’s Report

    1. Overview

    2. White House News

    3. Truth Social Posts

    4. Government Department News

    5. 2028 Democratic Presidential Candidates

    6. AI & Tech Company News

    7. Congressional Watch

    8. Policy Impact Analysis & Heatmap

    1. Overview

    President Trump signed a series of executive orders aimed at revitalizing the American ranching industry and strengthening the national food supply chain. These directives mandate a comprehensive regulatory review to ensure financial viability for ranchers and instruct the Interior Secretary to consider delisting gray and Mexican wolves from the Endangered Species Act. Furthermore, the administration announced a “whole-of-government” effort to promote competition in livestock markets by enforcing the Packers and Stockyards Act and establishing new loan programs for small processors. The White House also touted a positive August jobs report, noting that the private sector has added over one million jobs since the President took office.

    On Truth Social, President Trump celebrated the addition of 162,000 jobs in August, attributing the growth to his “Fair Trade Policies” and the use of tariffs. He expressed frustration with the stock market’s performance and demanded that the Federal Reserve lower interest rates, warning he might end trade with deficit-heavy nations if they fail to comply. Trump also criticized political opponents as the “Enemy of the People” and claimed his legal challenges are being resolved, citing testimony from Michael Cohen as a major development. Additionally, he championed his administration’s technological agenda following the G20 Innovation Ministerial and shared updates on the economic impact of the FIFA World Cup.

    The Department of War announced significant defense contracts, including a $508.49 million award to Northrop Grumman and a $336.11 million allocation to Huntington Ingalls Industries for the USS William J. Clinton. In a joint effort with the Treasury, the administration designated the Türkiye-based Golden Global Bank for sanctions under “Operation Economic Outcast,” alleging the institution facilitated money laundering for the Islamic Revolutionary Guard Corps. Secretary of State Marco Rubio announced a diplomatic tour to South America to strengthen ties and discuss regional security. Separately, HHS awarded $11.2 million in grants to expand medical residency programs, with Secretary Robert F. Kennedy, Jr. emphasizing the need for support in rural and tribal communities.

    Governor Gavin Newsom announced a legal victory against the Trump Administration, noting that a preliminary injunction has successfully blocked a USPS rule that critics argued would “restrict voting rights.” In Maryland, Governor Wes Moore signed an executive order establishing the state as a “Recovery-Friendly Workplace,” which mandates that state agencies offer overdose education and prioritize support for employees overcoming substance use disorders. Meanwhile, Illinois Governor JB Pritzker announced $11.4 million in grants to expand workforce training and career opportunities for underrepresented populations. Pritzker also made two state-level appointments to the Department of Labor and the Lottery Control Board.

    Robust domestic manufacturing and industrial sectors benefit from “pro-growth” policies like full expensing and tariff protections, which incentivize localized capital investment, though these measures risk driving inflationary wage pressures that may complicate the Federal Reserve’s interest rate trajectory. Increased regulatory oversight of the meat industry, framed as a check on “monopolistic practices,” introduces operational complexity and potential supply chain disruptions for large-scale agricultural producers. Simultaneously, the expansion of “Operation Economic Outcast” creates bearish headwinds for multinational firms by leveraging the global financial system to impose stricter compliance mandates, thereby elevating risk for banking partners with ties to sanctioned foreign entities.

    2. White House News

    Supporting America’s Ranchers

    President Trump signed an executive order to support the ranching industry, which he claims is vital to the “Nation’s food supply chain and cultural heritage.” The directive mandates a comprehensive regulatory review within 90 days to enhance rancher financial viability. Additionally, it orders the Interior Secretary to evaluate delisting gray and Mexican wolves under the Endangered Species Act to combat predation. Finally, the administration will analyze implementing mandatory country-of-origin labeling for beef to support domestic producers and potentially lower prices for American consumers.

    Reference: https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/09/supporting-americas-ranchers/

    Promoting Fair Competition In Livestock Markets And Expanding Market Access for American Meat Producers

    President Trump issued an executive order to support American ranchers by promoting fair competition and reducing processing barriers. The order mandates “more vigorous enforcement of the Packers and Stockyards Act” to combat “unfair, deceptive, or monopolistic practices” in meat markets. It directs the Secretary of Agriculture to increase investigative resources, expand interstate market access for meat products, and modernize inspection processes. Additionally, the President ordered a new loan program for small processors, aiming to ensure that “United States born, raised, harvested, and processed food the best in the world.”

    Reference: https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/09/promoting-fair-competition-in-livestock-markets-and-expanding-market-access-for-american-meat-producers/

    Fact Sheet: President Donald J. Trump Supports America’s Ranchers

    President Trump signed an Executive Order launching a “whole-of-government effort to protect and fully support America’s ranchers.” This initiative aims to equip ranchers with tools to navigate market disruptions and natural disasters. According to the announcement, the administration is pursuing an “aggressive agenda to reverse Biden’s harmful policies and regulatory burdens” while working to strengthen the national food supply chain. Through these measures, President Trump intends to support ranchers as they “feed our Nation” and ensure their continued prosperity.

    Reference: https://www.whitehouse.gov/fact-sheets/2026/09/fact-sheet-president-donald-j-trump-supports-americas-ranchers/

    Fact Sheet: President Donald J. Trump Promotes Fair Competition in Livestock Markets and Expands Market Access for American Meat Producers

    President Trump signed an Executive Order to support American producers in butchering, processing, packaging, and selling meat across state lines. The administration aims to “strengthen the national food supply chain and foster competition,” allowing ranchers to avoid “being overcharged by monopolistic practices in the meat processing industry.” This initiative maintains food safety standards while expanding domestic market access. The White House emphasized that since his first day in office, “President Trump and his Administration have worked and delivered for America’s ranchers and farmers – the backbone of our Nation’s economy.”

    Reference: https://www.whitehouse.gov/fact-sheets/2026/09/fact-sheet-president-donald-j-trump-promotes-fair-competition-in-livestock-markets-and-expands-market-access-for-american-meat-producers/

    Made in America: Manufacturing, Private Hiring Power Explosive August Jobs Report

    The White House reported that America added 162,000 jobs in August, tripling economists’ expectations. According to spokesman Kush Desai, “The private sector has now created over one million jobs under President Trump,” whose “reindustrialization agenda” is fueling manufacturing and factory construction. The administration attributes this “historic investment boom” to “pro-growth policies,” asserting that the private sector is driving expansion. Consequently, the White House maintains that “President Donald J. Trump’s agenda is working,” with expectations of further job, wage, and economic growth for all Americans.

    Reference: https://www.whitehouse.gov/releases/2026/09/made-in-america-manufacturing-private-hiring-power-explosive-august-jobs-report/

    3. Truth Social Posts

    President Trump championed the American economy today, celebrating an “explosive” August jobs report that saw 162,000 new positions filled, a figure he noted significantly outpaced Bloomberg economist projections. He linked this growth to his “Fair Trade Policies” and the use of tariffs, which he claims are successfully driving a manufacturing renaissance. Despite these positive indicators, Trump criticized the stock market’s downward trend, arguing that outdated fears regarding inflation and growth prevent the nation from reaching its full potential. He demanded that the Federal Reserve lower interest rates, asserting that the United States’ superior credit status warrants the lowest rates in the world and threatening to cease trade with deficit-heavy nations if the board does not act. Additionally, Trump highlighted a robust summer for American travel, noting billions in economic activity from tourism and major events like the FIFA World Cup.

    In the realm of domestic policy and governance, Trump denounced “Extreme Liberal Dumocrats” for their opposition to anti-socialism measures and tax cuts, labeling them the “Enemy of the People.” He advocated for the passage of the Save America Act and shared media coverage suggesting his data center policy be codified into law. Internationally, he touted the success of the G20 Innovation Ministerial in North Carolina, where he said participants embraced the “Carolina Principles” to prioritize technology and A.I. over heavy regulation. He further accused political opponents of suffering from “TDS” and preferring that the U.S. lose in the war in Iran rather than see him succeed. In other matters, he celebrated his upcoming appearance on the Lt. Dan podcast and noted the public’s positive reception to the renaming of Lake Ontario to Lake America.

    Addressing his ongoing legal challenges, Trump announced that Michael Cohen has recanted his testimony in the Manhattan cases, characterizing the admission as an “Act of Bravery” and calling for the immediate dismissal of what he termed “Politically Weaponized” prosecutions. He also invited supporters to the upcoming Republican Convention in Dallas, which he described as the “Greatest RALLY of them all.” Finally, he circulated an opinion piece discussing how his administration might assist Ukraine in the domestic production of Patriot missiles.

    Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump

    4. Government Department News

    State Department (state.gov)

    U.S. Sanctions Dismantle the Iranian Regime’s Revenue Streams

    The U.S. Treasury Department has sanctioned the Türkiye-based Golden Global Bank as part of “Operation Economic Outcast,” a government initiative to isolate Iran from the international financial system. This action aims to disrupt the regime’s ability to launder money and fund terrorist proxies. The Trump Administration states it will utilize all available economic and diplomatic tools to isolate the regime until it ceases its support for terrorism and regional destabilization, while urging global financial institutions to avoid serving as a lifeline for Iranian activities.

    Secretary Rubio’s Travel to Colombia, Ecuador, and Peru

    Secretary of State Marco Rubio is scheduled to visit Colombia, Ecuador, and Peru from September 8–10 to bolster U.S. partnerships. He will meet with leadership in each nation, including the De La Espriella government, President Noboa, and the Fujimori government. The agenda includes coordinating U.S. support for Colombia’s earthquake response, strengthening cooperation against narcoterrorism, and fostering deeper commercial ties. The visit serves to reaffirm the Trump Administration’s commitment to maintaining a secure, prosperous, and democratic Western Hemisphere.

    Department of War (war.gov)

    Contracts for Sept. 4, 2026

    The Department of War announced multiple defense contracts, including a $508.49 million award to Northrop Grumman for missile defense flight test support and a $336.11 million contract to Huntington Ingalls Industries for materials for the future USS William J. Clinton. Other awards include $763.08 million to Pentaq Manufacturing for physical fitness gear, $37.85 million to Global Go LLC for facility repairs, $17.51 million to Griffon Aerospace for communication components, and $12.64 million to American Ordnance. Additionally, Allsteel LLC received $10.44 million for office furniture.

    Media Invitation Announced for United States v. Khalid Shaikh Mohammad et al. Pretrial Hearing

    The Department of War is inviting media to attend pre-trial proceedings for the case against Khalid Shaikh Mohammad and three co-defendants, accused of roles in the September 11, 2001, attacks. Hearings will occur from October 19 to November 13, 2026, at the Expeditionary Legal Complex at Naval Station Guantanamo Bay. Interested media must register by noon on September 11, 2026. Coverage will also be available via closed-circuit television at Fort Meade, Maryland.

    Military Commissions Media Invitation Announced for United States v. Abd al-Rahim al-Nashiri Trial

    Media are invited to cover the military commission trial of Abd al-Rahim al-Nashiri regarding the attack on the USS Cole, beginning October 19, 2026, at Naval Station Guantanamo Bay. Registration for the initial trial sessions must be submitted by noon on September 11, 2026. Proceedings will be available to the public via closed-circuit television sites at Fort Meade, Maryland, and Naval Station Norfolk, Virginia. Tours of detention facilities are not available as part of this media invitation.

    Department of Health and Human Services (hhs.gov)

    HHS Awards More Than $11 Million to Expand Medical Residencies in Rural and Tribal Communities

    HHS, through the Health Resources and Services Administration, has awarded $11.2 million to establish 15 new physician residency programs across 14 states. These grants, provided under the Rural Residency Planning and Development Program, support training in specialties including family medicine, psychiatry, and general surgery. HHS Secretary Robert F. Kennedy, Jr. stated, “We are bringing physician training directly into rural and tribal communities, where doctors are needed most.” Recipients receive up to $750,000 over three years to secure accreditation, recruit faculty, and ensure long-term program sustainability.

    Treasury Department (home.treasury.gov)

    Treasury Severs Iranian Regime’s Financial Lifelines in Türkiye

    As part of “Operation Economic Outcast,” the Treasury Department designated Türkiye-based Golden Global Yatirim Bankasi Anonim Sirketi and its subsidiaries for facilitating transactions for the Islamic Revolutionary Guard Corps-Qods Force. Treasury Secretary Scott Bessent stated the action aims to “bury the head of the Iranian snake” by cutting off international banking access used for money laundering and terrorism financing. The sanctions block all U.S.-held property of the involved entities and warn that further support for the Iranian regime carries significant secondary sanctions risk.

    5. 2028 Democratic Presidential Candidates

    Gavin Newsom (gov.ca.gov)

    Governor Gavin Newsom on California securing massive victory for democracy

    Governor Newsom announced a legal victory against the Trump Administration regarding U.S. Postal Service regulations. A preliminary injunction has blocked a USPS rule that California officials argued would restrict voting rights ahead of the November elections. The Governor stated, “California teamed up with other states and just beat the Trump Administration in defending democracy.” This court order effectively moots an appeal previously pending before the U.S. Supreme Court, allowing the injunction to remain in place during the upcoming election cycle.

    California’s public safety strategy works: Governor Newsom’s commitment helps lower crime as new study shows violence prevention saves lives

    Governor Newsom highlighted data showing record-low crime rates, noting that the state’s 2025 homicide rate hit its lowest level since 1966. A new UC Berkeley study attributes a 61% reduction in firearm homicides in Richmond to its community violence intervention program. The Governor emphasized a multi-faceted approach involving CHP recruitment, organized retail theft crackdowns, and state investments in violence prevention. Newsom stated, “Public safety is about results — and Californians are seeing them,” while reaffirming his commitment to combining law enforcement, accountability, and targeted intervention strategies.

    Six years after Creek Fire, Governor Newsom recognizes historic nighttime CalGuard rescue that saved 242 lives

    Governor Newsom honored the 2020 Creek Fire rescue, where California National Guard aircrews used night-vision technology to evacuate 242 people from the Mammoth Pool Reservoir. The event, highlighted in a new mini-documentary, marked a shift in the state’s approach to nighttime wildfire operations. Newsom remarked, “Our National Guard aircrews looked at a wall of fire, saw hundreds of Californians trapped, and flew into the night.” The mission spurred ongoing investments in nighttime aviation capabilities, with CAL FIRE now operating a fleet of specialized night-capable helicopters.

    Wes Moore (governor.maryland.gov)

    Governor Moore Continues “Delivering for Maryland” Tour in Baltimore County, Spotlighting Investments in First Homebuyers, The Senior Community, and Maryland’s ...

    Governor Moore visited Baltimore County to highlight state investments in housing, senior services, and agriculture. He announced a new Maryland Mortgage Program product offering lower interest rates and 5% down payment assistance for first-time homebuyers who are first responders or teachers. Additionally, the Governor toured the Woodlawn Senior Center, which received $800,000 in state grants for renovations. Moore stated, “Our administration is dedicated to ensuring communities are thriving and no one is left behind,” emphasizing the importance of supporting both public servants and older adults.

    Governor Moore Signs Executive Order Making Maryland a Recovery-Friendly Workplace

    Governor Moore signed an executive order establishing the state as a “Recovery-Friendly Workplace” to support employees overcoming substance use disorders. The mandate requires state agencies to provide overdose response and recovery education. Furthermore, the order updates corrective action policies, mandating that employees be offered support through the Employee Assistance Program before facing punitive measures. Governor Moore remarked, “It’s time that the state walks the walk to show that Maryland supports and values workers in recovery,” citing potential economic gains and reduced workplace turnover.

    JB Pritzker (gov.illinois.gov)

    Gov. Pritzker Announces $11.4 Million to Expand Workforce Training and Career Opportunities Across Illinois

    Governor Pritzker and the Illinois Department of Commerce and Economic Opportunity announced $11.4 million in Job Training and Economic Development (JTED) grants for 23 organizations. The funding aims to assist underemployed, unemployed, and underrepresented populations—including immigrants, rural residents, and justice-involved individuals—in overcoming barriers to employment. A dedicated category for youth aged 16–24 provides academic and technical training alongside support services. The initiative seeks to connect workers with in-demand careers while assisting employers in building a skilled workforce.

    Gov. Pritzker Announces Two Appointments to Agencies, Boards and Commissions

    Governor Pritzker announced two state appointments pending Illinois Senate confirmation. Lydia Colunga-Merchant is appointed as Assistant Director of the Illinois Department of Labor, bringing experience from the Workplace Rights Bureau and private practice focused on employment discrimination. Brett Finley is appointed as a member of the Lottery Control Board; his background includes serving as the Illinois Department of the Lottery’s Chief Financial Officer and extensive experience in internal auditing across various state agencies.

    Daily Public Schedule: Friday, September 4, 2026

    Governor Pritzker has no public events scheduled for Friday, September 4, 2026.

    6. AI & Tech Company News

    No relevant AI & tech company updates found for this date.

    7. Congressional Watch

    Covers the 2026-09-03 session — the Congressional Record is published with a one-day delay.

    No Congressional Record found for 2026-09-03.

    8. Policy Impact Analysis & Heatmap

    This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.

    Impact on Market

    Based on today’s policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:

    THEME 1. INDUSTRIAL RE-SHORING AND LABOR DEMAND

    The stronger-than-expected August jobs report is driving a bullish narrative for domestic manufacturing and industrial sectors. Policy support through “full expensing” and tariff protections encourages localized capital investment and factory construction. However, critics argue these “pro-growth” policies may trigger inflationary wage pressures, potentially forcing a clash with the Federal Reserve over interest rate trajectories.

    THEME 2. FOOD SUPPLY CHAIN INTERVENTIONISM

    The executive focus on ranching aims to reshape the meat industry through increased scrutiny of large-scale “monopolistic practices” and modernization of processing rules. While the administration frames this as a necessary step to support American producers, opponents worry that aggressive regulatory meddling could inadvertently disrupt efficient supply chains. The mandate to delist predator species and enforce labeling rules adds further operational complexity to the agricultural sector.

    THEME 3. ESCALATING FINANCIAL SANCTIONS

    The ongoing expansion of “Operation Economic Outcast” demonstrates the administration’s willingness to use the global financial system as a tool for geopolitical leverage. By sanctioning foreign institutions like Golden Global Bank, the government is effectively raising compliance and operational risks for multinational financial firms. This “whole-of-government” strategy creates significant bearish pressure on emerging market banking partners that maintain ties with restricted regimes.

    Policy Impact Heatmap with Market Direction

    Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how today’s policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, ▲) suggest bullish impact; negative scores (red, ▼) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.

    The August jobs report significantly outperformed expectations, providing a macroeconomic tailwind that suggests robust labor demand despite ongoing concerns regarding interest rate policy. The administration links this growth directly to its “reindustrialization agenda” and tariff-backed trade policies, which appear to be accelerating domestic manufacturing investment. Simultaneously, the aggressive “whole-of-government” approach to the ranching sector signals a pivot toward deregulation and antitrust enforcement within the food supply chain. By prioritizing small-scale processors and mandating a review of current meat market competition, the executive actions attempt to lower consumer costs, though large-scale meat processors may face margin compression due to increased regulatory oversight. Meanwhile, the administration’s “Operation Economic Outcast” continues to tighten international financial conditions, as evidenced by sanctions on Turkish banking assets. These sanctions reinforce a broader “risk premia” narrative regarding global capital flows and Iranian state access to international liquidity. The judicial block on USPS election-related rules introduces a moderate regulatory uncertainty for logistics and government services, highlighting ongoing political tension between federal agencies and state-led legal challenges.

  • Au sommaire du n°255 (en kiosque)

    Le 30 juillet dernier, 60 000 à 80 000 personnes sont afflué à Ceuta depuis le Maroc, provoquant la terreur des fachos. Dans le dossier du mois, CQFD explore la migration et le durcissement des frontières aux portes de l'Europe. Si les migrants continuent d'être instrumentalisés politiquement, deux réactions s'opposent : la violence de l'extrême droite ou la solidarité. CQFD s'intéresse aussi à la précarité et la répression politique qui poussent la jeunesse marocaine à l'exil, ainsi qu'au déclin de la libre circulation au sein de l'espace Schengen, où les contrôles aux frontières sont devenus la norme.

    Hors dossier, CQFD vous emmène découper de la rime au Demi Festival à Sète ainsi qu'en Argentine où la mobilisation a permis d'empêcher l'ouverture des terres rurales aux capitaux étrangers.

    Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

    En couverture : « Ceuta : la frontière des cynismes » par Mona Lobert

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    Ceuta : la frontière des cynismes

    Ceuta : une riposte populaire antiraciste - Des abris en feu et des silhouettes tentant de fuir paniquées : à Ceuta, des « manifestant·es » anti-migrant·es ont incendié des campements de fortune le 27 août dernier. Cette agression rappelle l'instrumentalisation de la frontière opérée par l'extrême droite quelques semaines plus tôt à laquelle des habitant·es ont riposté.

    Petite enclave, grandes manœuvres - À Ceuta, l'espoir de milliers de Marocains s'est fracassé contre la frontière européenne. Mais les images de leur détresse, elles, ont trouvé preneurs : dans les discours de l'extrême droite, mais aussi dans les rapports de force entre États. Car aux frontières d'une Europe devenue forteresse, les mouvements migratoires sont aussi une arme diplomatique.

    Au Maroc, allez directement en prison sans passer par la case départ - Derrière la vitrine du Royaume avec ses infrastructures flambant neuves et ces événements sportifs internationaux, la majorité de la population vit dans la précarité. Malgré le soulèvement sans précédent de la « Gen Z », la main de fer du Makhzen se resserre, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, pour anéantir toute forme de critique.

    Mais où est passé Schengen ? - Trente-six ans après la promesse d'une Europe sans frontières, les contrôles intérieurs se sont durablement réinstallés. Au nom de la sécurité, puis de la lutte contre l'immigration, l'exception est devenue la règle.

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    Actualités d'ici & d'ailleurs

    Aujourd'hui, la maison n'a pas brûlé - Fin juillet, la France crame. En Gironde, mais aussi dans le Var. Le 21 juillet un feu se déclare près du petit village de Cotignac. Des centaines d'habitants sont évacués en urgence. Dont un couple de nonagénaires prit dans les flammes, sous les yeux d'un petit-fils inquiet.

    Croix de guerre idéologique - Du sommet de l'Aneto à ceux des Alpes, les croix chrétiennes sont devenues les étendards d'une lutte où l'extrême droite instrumentalise religion, patrimoine et identité nationale. Face à cette offensive symbolique, la présence de ces marqueurs religieux est de plus en plus contestée dans des espaces qui devraient rester communs et naturels.

    Flèche, le concierge saboteur des temps modernes - Avec sa BD Flèche, l'auteur jurassien Simon Beuret donne vie à une fable attachante et drôle qui raconte l'histoire d'un concierge excentrique autant adepte de la bricole et de la récup', que du sabotage des projets immobiliers menaçant la friche où il vit.

    « En cuisine, on souffre en silence de nos addictions » - Depuis mars 2026, Radio Galère diffuse tous les deuxième et quatrième lundis du mois Brigade Pirate, une nouvelle émission sur les réalités des métiers de la restauration. Une immersion riche en témoignages et anecdotes, entre amour de la cuisine et violences au travail.

    « Y'a pas de faux MC ici ! » - Début août, au Théâtre de la Mer à Sète, se tenait la dixième édition du Demi Festival, le rendez-vous des passionné·es de hip-hop en France. Un événement où le rap continue d'incarner une musique de résistance, à l'heure de l'IA et des menaces fascistes...

    En Argentine, la terre n'est pas à vendre - Cet été, en Argentine, la terre a cristallisé la colère populaire contre l'affreux Javier Milei. Face à la mobilisation, le pouvoir a dû reculer sur l'ouverture des terres rurales aux capitaux étrangers.

    Et au milieu coule la rivière - Organisé chaque été dans la vallée de la Roya, le festival les Passeur·ses d'Humanité veut faire passerelle entre les communautés. Six ans après la tempête Alex, qui avait soulevé un puissant élan de solidarité, la vallée reste un territoire de luttes : pour l'eau, le rail, l'accueil des personnes migrantes.

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    Côté chroniques

    Lu dans... | Israël surveille secrètement ses professeurs. - Le média +972 révèle comment le ministère de l'Éducation israélien a mis sous surveillance plusieurs professeurs pour avoir critiqué l'État hébreu. Parmi eux, beaucoup sont arabes. Extraits.

    La Sellette | « Ils se croient tout permis ! » - En comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.

    Vous avez eu chaud ? - Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, plongée dans la fournaise.

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    Côté culture

    Démoraliser l'armée - « Réfractaires : contre le service militaire, contre la guerre » donne la parole à ceux qui ont refusé de marcher au pas. Un podcast salutaire à l'heure où les vieux clairons recommencent à sonner – et avec, en prime, un casting d'enfer.

    Être ou ne pas être social-traître - Un monde envoûté par le technofascisme où les pouvoirs économique, politique et médiatique s'entrecroisent dans un jeu de billard où tous les coups sont au moins à deux ou trois bandes ? Nous ne sommes pas dans la réalité, mais dans le dernier jeu vidéo du studio estonien ZA/UM qui, en dépit de son rachat controversé, n'a pas perdu sa pertinence.

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    Et aussi...

    - L'édito – Bleu blanc rouge sang

    Ça brûle ! – Une belle petite niche

    L'animal du mois – Le baliste, ou « poisson mordeur »

    Abonnement - (par ici)

  • Permis de tuer

    Un dessin de Fred Sochard

  • Petite enclave, grandes manœuvres

    À Ceuta, l'espoir de milliers de Marocains s'est fracassé contre la frontière européenne. Mais les images de leur détresse, elles, ont trouvé preneurs : dans les discours de l'extrême droite, mais aussi dans les rapports de force entre États. Car aux frontières d'une Europe devenue forteresse, les mouvements migratoires sont aussi une arme diplomatique.

    Cet été, l'extrême droite internationale a appris à placer un nouveau point sur la carte du monde : Ceuta. Ce confetti d'Espagne, accroché à la côte nord du Maroc, s'est brusquement trouvé sous le feu des projecteurs le 30 juillet dernier, lorsque des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart marocaines, ont tenté de contourner la digue frontalière à la nage. En quelques heures à peine, des images d'hommes, de femmes et d'enfants épuisés par la traversée ont été découpées, recadrées et enrôlées dans un récit d'« invasion migratoire ». L'Espagne de Sánchez est désignée coupable par les têtes réactionnaires d'Occident. Au Bundestag, l'AfD exige de savoir si les choix en matière de politique migratoire de Madrid n'ont pas créé « des incitations supplémentaires », tandis que Giorgia Meloni menace d'une « suspension de l'espace Schengen avec l'Espagne ». De l'autre côté de l'Atlantique, le Département d'État de la Maison-Blanche parle même d'« efforts délibérés du gouvernement espagnol visant à faciliter l'immigration clandestine massive vers l'Europe ».

    « Difficile de croire que, dans un pays où la surveillance et le contrôle sont constants, un tel exode ait pu se préparer dans le dos du régime »

    La manipulation est grossière, mais elle interroge. Que cherche à produire ce récit ? Et comment un mouvement migratoire d'une telle ampleur a-t-il pu se passer au nez et à la barbe du régime marocain ? Selon la chercheuse María López, spécialiste en droits humains, la réponse tient en un cocktail explosif « d'inégalités structurelles, de tensions diplomatiques, de dépendance de l'Europe à l'égard du Maroc, de capacités d'accueil limitées et de polarisation politique ».

    Intox sur intox

    Dans une vidéo diffusée sur TikTok, un journaliste de CBS annonce à un jeune Marocain que la police va le renvoyer. Particulièrement insistante, la caméra reste braquée sur son visage, complètement abasourdi. En arabe, en anglais, en espagnol, il tente de répondre quelque chose. Partout dans les médias, les reportages de ce type se sont multipliés. Même sidération, même désarroi, même désillusion dans le regard de ceux qui viennent de faire la traversée. Sur la carte, l'Espagne continentale n'est qu'à une quinzaine de kilomètres de haute mer de Ceuta. Juridiquement, l'enclave est rattachée à l'Union européenne. Mais le raccourci s'arrête là : bien que relevant de l'espace Schengen, la ville est soumise à un régime dérogatoire qui en fait une frontière extérieure [Voir page 7]. En moins de 24 heures, le piège s'est refermé sur les dizaines de milliers de personnes qui venaient de passer et la quasi-totalité a été renvoyée. Devant la caméra du journaliste de CBS, le jeune interviewé ne comprend pas : sur Facebook et Instagram, il a vu passer des publications affirmant que l'Espagne accueillait tout le monde.

    En réalité, cette rumeur est venue se greffer à deux faits réels, mais déformés. Le 8 juillet, le Tribunal suprême espagnol a jugé que le « refoulement à chaud », permettant de repousser immédiatement vers le Maroc toute personne surprise en train de franchir irrégulièrement la frontière, ne s'appliquait pas aux routes maritimes. Pas question pour autant de laisser qui que ce soit s'installer : les migrants interceptés en mer restent soumis à une procédure ordinaire de renvoi. Dans le même temps, l'Espagne achève une vaste campagne de régularisation visant des travailleurs sans papiers déjà installés dans le pays. Sur les réseaux sociaux, les deux informations se sont télescopées, et toutes les subtilités du système migratoire espagnol ont sauté.

    Le 2 août, Rabat tient son explication.

    « Le Maroc sait que Ceuta est une arme diplomatique et qu'il peut décider ou non d'assouplir le contrôle à cette frontière »

    Après trois longs jours de silence embarrassé, le ministère de l'Intérieur pointe des « interprétations erronées de données juridiques et administratives » et la « diffusion de fausses informations ». Une version que María López, chercheuse en droits humains, accueille avec scepticisme : « Difficile de croire que, dans un pays où la surveillance et le contrôle sont constants [Voir page 5, ndlr] , un tel exode ait pu se préparer dans le dos du régime. » Le doute est d'autant plus tenace qu'il existe des précédents. En 2021, environ 8 000 Marocains avaient rejoint Ceuta en moins de 48 heures. En 2024, un mouvement comparable avait au contraire été rapidement repéré sur les réseaux sociaux, puis contenu par les autorités marocaines.

    Problème à trois corps

    « Le Maroc sait que Ceuta est une arme diplomatique et qu'il peut décider ou non d'assouplir le contrôle à cette frontière », souligne la chercheuse en relations internationales Khadija Mohsen-Finan. Un levier d'autant plus efficace à l'heure où l'Europe fait de la migration une véritable obsession. Or, un dossier pique particulièrement la sensibilité de Rabat : l'Algérie, sa grande rivale, et derrière elle, l'épineuse question du Sahara occidental. Le Maroc en revendique la souveraineté ; Alger soutient le camp indépendantiste.

    En 2021, la frontière de Ceuta avait cédé en pleine crise diplomatique après que l'Espagne a accueilli Brahim Ghali, chef du Front Polisario1. Cinq ans plus tard, le décor a changé, mais les rivalités restent intactes : après une ère glaciaire entre Madrid et Alger, provoquée par la reconnaissance espagnole de la marocanité du Sahara occidental, Pedro Sánchez entreprend de renouer avec l'Algérie. Le 20 juillet dernier, il s'y rend en visite officielle et annonce une réunion bilatérale à l'automne. Surtout, Madrid prononce les mots qui comptent : l'Algérie redevient un « partenaire stratégique » et une « nation amie ». Puis, la commission de la Justice du Congrès des députés approuve une proposition de loi facilitant l'accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Un texte encore soumis au vote du Parlement, mais politiquement lourd de sens dans un dossier que le Maroc considère comme hautement stratégique.

    Ennemie de Washington, honnie par Israël, l'Espagne de Sánchez est la cible favorite des droites internationales

    « Il faut comprendre que tout le monde se tient : Madrid est le premier partenaire économique de Rabat ; Rabat tient la clé de la frontière à Ceuta ; Alger fournit une partie des hydrocarbures espagnols. Pendant ce temps, Maroc et Algérie sont à couteaux tirés sur le Sahara occidental – un immense territoire au sous-sol convoité, bordé d'eaux très poissonneuses. Chacun dépend de l'autre et dispose de moyens de pression », résume Khadija Mohsen-Finan.

    Madrid dans le viseur

    Mais les événements de Ceuta ne sont pas seulement l'expression de vieilles rivalités au Maghreb. Autour de Rabat, un autre front s'est révélé. À la Maison-Blanche, la porte-parole Anna Kelly, impute les événements aux « politiques mondialistes » du gouvernement espagnol, tandis que sur son compte X, l'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, reproche à l'Espagne de « donner des leçons » à Israël, alors qu'elle maintient des « enclaves coloniales en Afrique ».

    « Rabat, Washington et Tel-Aviv sont des alliés historiques, rappelle María López. Mais les relations se sont récemment resserrées. » En 2020, les États-Unis sont le premier pays à reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental – geste que le Maroc honore avec zèle en baptisant « Donald J. Trump Highway » l'autoroute qui file jusqu'à Dakhla, en territoires sahraouis occupés. Avec Israël, les relations se normalisent au moment des accords d'Abraham, signés la même année. Et en 2026, l'axe se consolide encore : le 19 janvier, Mohammed VI devient le premier chef d'État arabe et africain à annoncer son ralliement au « Conseil de la paix » voulu par Donald Trump pour Gaza.

    « À Ceuta, l'intérêt d'Israël et des États-Unis dépasse la question migratoire : il s'agit surtout de profiter de l'occasion pour fragiliser le gouvernement espagnol, qui s'est frontalement opposé à la guerre à Gaza et en Iran », estime María López. D'autant que la géographie ajoute une couche stratégique : l'enclave garde le passage de Gibraltar, porte occidentale de la Méditerranée. À l'heure où les routes maritimes sont bousculées par les tensions, les grands détroits redeviennent des pièces maîtresses. Un récent rapport du Congrès américain laisse d'ailleurs entendre que le soutien à Rabat pourrait, à terme, dépasser la seule question du Sahara occidental. Ceuta y est décrite comme un territoire « administré par l'Espagne », formule loin d'être anodine tant elle rejoint la lecture marocaine, qui en revendique la souveraineté depuis 1956. Ennemie de Washington, honnie par Israël, l'Espagne de Sánchez est la cible favorite des droites internationales. Et Ceuta, le fusible pour la faire péter.

    Gaëlle Desnos

    1 . Mouvement politique armé qui revendique l'indépendance du Sahara Occidental.

  • Bleu blanc rouge sang

    La canicule, c'est comme les violences policières : on a dépassé les maximales, mais cette année sera plus douce que les prochaines. L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 7 juillet dernier, une loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions, l'extrême droite en rêvait. Un « permis de tuer » en somme, comme le dénonce une pétition signée par 730 000 personnes. Et avec laquelle le gouvernement se torche allègrement – rappelons que la France, plusieurs fois condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, est multirécidiviste.

    Le pays crame de tous les côtés, mais l'urgence, c'est brosser la volaille dans le sens des plumes. Et rassurer le bourgeois, le profil type des victimes de violences policières étant un jeune homme non blanc issu des quartiers populaires. Ci-après, une liste non exhaustive des tués par les forces de l'ordre lors de contrôles. Amine Bentounsi (2012) : le policier est condamné à 5 ans de prison avec sursis, sans interdiction d'exercer son métier de policier ; il est depuis devenu délégué syndical. Babacar Gueye (2015) : non-lieu en faveur du policier, la légitime défense étant retenue par le tribunal. Amadou Koumé (2015) : les trois policiers sont condamnés à quinze mois de prison avec sursis pour « faute ». Adama Traoré (2016) : non-lieu, l'avocat de la famille a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme. Liu Shaoyao (2017) : non-lieu. Olivio Gomes (2020) : le policier a été condamné à dix ans de prison, puis libéré au bout de deux mois dans l'attente de l'appel prévu en novembre 2026. Souheil El Khalfaoui (2021) : le policier bénéficie du statut de témoin assisté. Alhoussein Camara (2023) : le policier a été mis en examen pour homicide volontaire. Nahel Merzouk (2023) : le chef d'inculpation du policier n'est toujours pas fixé. À cette liste, il faudrait ajouter les morts survenus lors d'opérations de « maintien de l'ordre ».

    Officieusement, la présomption de légitime défense existe déjà, nous direz-vous. Maintenant, c'est carré. Cette loi parachève la militarisation de l'ordre public. En 2014, lorsque le maire d'extrême droite de Béziers offre des Beretta 9 mm à sa police municipale, c'est un tollé. Aujourd'hui, les rares mairies qui refusent d'armer leurs agents sont montrées du doigt. En 2017, le gouvernement socialiste autorise les flics à faire usage de leur arme en cas de « refus d'obtempérer ». Résultat : le nombre de morts a été multiplié par cinq. Au siècle dernier, le profil des victimes de la police était plutôt rouge et noir. Aujourd'hui, l'État extrade : le militant antifa Gino Abazaj est en passe d'être livré à l'Allemagne. Botter les fesses des néonazis, ça serait pas légitime. Préparez vos plus beaux pavés pour le 20 septembre, à défaut de LBD.

  • « Y'a pas de faux MC ici ! »

    Début août, au Théâtre de la Mer à Sète, se tenait la dixième édition du Demi Festival, le rendez-vous des passionné·es de hip-hop en France. Un événement où le rap continue d'incarner une musique de résistance, à l'heure de l'IA et des menaces fascistes...

    Un petit avion fend le ciel du port de Sète en tractant une curieuse banderole. On y lit « MACRON DÉMISSION » avec la tête de l'intéressé incrustée dans l'une des lettres. Sur la berge, le mythique groupe Assassin ouvre la dixième édition du Demi Festival – une programmation 100 % rap, organisée par le plus célèbre des rappeur·euses sétois·es : Demi Portion. Dans la foule, vieux tontons du game et jeunes bousillé·es s'égosillent sur le célèbre refrain : « La justice nique sa mère, le dernier juge que j'ai vu avait plus de vices que le dealer de ma rue. » Au passage de l'avion, les majeurs se lèvent spontanément comme pour rappeler qu'ici, le rap est avant tout un espace de résistance.

    « C'est l'héritage du hip-hop ce festival »

    Le lendemain, sous le cagnard, on traverse cette ville de pêcheurs1 devenue depuis quelques années le repère des touristes accros aux tielles, en manque de coup de soleil. S'iels ne dégoulinent pas, têtes allongées dans leur assiette de moules, iels naviguent à la queuleuleu sur le canal qui parcourt la ville à bord de « miniboats », des petites barques individuelles, ou mieux encore, des bateaux-voitures à la carrosserie de bagnoles américaines des années 1960. Admirez le trompe-l'œil ! Plutôt que de s'attarder dans ce décor de fin du monde, on rejoint des jeunes aux visages patibulaires, spliff au bec et canette de 8.6 en main, qui cassent la démarche vers le Théâtre de la Mer – une scène de quelques milliers de places où les artistes jouent dos aux flots bien calmes en ce début du mois d'août.

    « Il y a beaucoup d'artistes encore très contestataires, mais il faut chercher, ce n'est pas toujours les plus connus ! Après, les valeurs continuent de se transmettre ! »

    À l'inverse, les flows acérés et contestataires des artistes, poings et micros levés, se relaient chaque soir pendant cinq jours – des légendes à faire chialer les anciens, comme Rim'k et son fameux titre « Tonton du Bled », les Marseillais Don Choa et le Rat Luciano de la Fonky Family, mais aussi des plus jeunes comme 2L ou Guerta.

    Le public, qui va de 10 à 60 ans à la louche, tisse le fil entre les générations d'un art qui perdure en France depuis bientôt 40 ans. « C'est l'héritage du hip-hop ce festival. C'est important que les jeunes viennent pour qu'il soit transmis », affirme Perez dans la foule. Membre d'un bar associatif à Avignon et militant politique, il est aussi membre de la Ligue des MC's révolutionnaires dont les mixtapes ont une texture anarco-communiste revendiquée. À la fameuse question : le rap est-il encore suffisamment politique ? Perez répond : « Il y a beaucoup d'artistes encore très contestataires, mais il faut chercher, ce n'est pas toujours les plus connus ! Après, les valeurs continuent de se transmettre ! » Lors des concerts, il n'est pas rare de voir un drapeau palestinien et des keffiehs brandis vers la scène. Au milieu des eaux, l'un des bateaux de la Freedom Flotilla2 assiste tranquillement au spectacle depuis son embarcation. Entre deux passages, l'asso SOS Méditerranée monte sur scène pour faire un point sur la situation désastreuse en mer pour les exilé·es et récolter de l'argent. Le concert de la rappeuse 2L, au flow politique assumé, sonne comme une bonne grosse manif. Entre chaque son, on entonne des « siamo tutti antifascisti » et des « tout le monde déteste la police ».

    Le rap sous menace de mort

    On la retrouve le jour suivant lors d'une table ronde organisée par le festival au Centre régional d'art contemporain (CRAC). Elle est accompagnée de deux journalistes rap, Raphael Da Cruz et Olivier Cachin. Il y a aussi Adil, ancien rappeur qui organisait des ateliers d'écriture à Sète dans les années 2000. Il a tout appris à Demi Portion. Pour lui, le rap était un outil social : « On habitait dans la banlieue de l'île de Thau [à Sète – ndlr], tu ne la vois pas sur les cartes postales celle-là. J'apprenais aux jeunes à bien écrire, je voulais qu'ils racontent leur quotidien avec sérieux tout en maîtrisant la langue de Molière. »

    « Le rap “ conscient ” existe toujours et revient en force dans notre génération. Et puis, se dégager de l'injonction à écrire en bon français est aussi un geste politique »

    Les nouvelles générations rappent-elles toujours avec le même objectif en tête ? Pour les « puristes » qui critiquent la forme et le fond d'aujourd'hui, cette relative « dépolitisation » correspond à « la fin de l'affrontement entre le monde capitaliste et l'URSS et celle des idéaux qui l'accompagnent. La génération qui a suivi a valorisé des rêves individualistes qui correspondaient à cette époque », selon Raphaël Da Cruz. 2L, 24 ans, nuance : « Il y a eu aussi une massification et une diversification croissante des styles, mais le rap “conscient” existe toujours et revient en force dans notre génération. Et puis, se dégager de l'injonction à écrire en bon français est aussi un geste politique. »

    La discussion glisse ensuite sur le rap comme produit de consommation. Le constat est partagé par tous·tes : entre la multiplication des sorties et les plateformes de streaming, on n'écoute plus vraiment d'album. Voilà le rap piégé dans l'accumulation capitaliste.

    « Ce qui m'inquiète, c'est surtout la surveillance de masse. Il ne faut pas délimiter cette lutte au rap, mais la mener plus largement »

    Un invité surprise s'installe : Ihmotep, DJ et beatmaker d'IAM, une légende phocéenne. Accoudé à la table, il régale l'auditoire en bon marseillais : « Ce n'est pas seulement une accumulation, mais aussi une destruction par le matraquage de nouveautés ! On ne laisse pas le temps aux projets de vivre. Avec l'IA, on est en train de tuer notre culture et notre capacité à la faire exister par nous-mêmes ! C'est peut-être un vieux rêve d'anar, mais moi, je supprimerais le streaming ! Black-out d'Internet. » Merci l'ancien. Pour 2L, la lutte contre cette technologie doit être plus générale : « On se plaint de l'IA dans la musique, mais moi, ce qui m'inquiète, c'est surtout la surveillance de masse. Il ne faut pas délimiter cette lutte au rap, mais la mener plus largement. » Déter, la jeune génération.

    Défoncer les portes closes

    En attendant que la révolution sauve le monde et le rap avec, on retourne au festival. L'occasion de discuter avec son fondateur, Rachid Daif aka Demi Portion. « Quand on a loué le théâtre la première année, la mairie était flippée. Ils nous ont envoyé deux camions de l'armée ! Ils auraient préféré qu'on continue à rapper dans nos MJC, nous raconte-t-il dans un canapé près de la scène avec vue plongeante sur le port. Depuis trois ans, on reçoit des subventions à hauteur de 50 000 euros partagées entre la Ville et la région Occitanie. Ça nous permet de faire un soir gratuit sur le port. Mais on reste le festival le moins subventionné de Sète. » Qu'en sera-t-il si l'extrême droite s'immisce jusqu'au pouvoir ? Depuis les dernières élections municipales, le Rassemblement national (RN) contrôle désormais 57 mairies de plus 3 500 habitants dans l'Hexagone. Et dans bon nombre de ces communes, le parti lepéniste retire ses subventions à des associations, des festivals et va même jusqu'à faire annuler des pièces de théâtre ou des expositions qui ne conviennent pas à sa vision identitaire et fantasmée de la culture. Pas de quoi effrayer Demi Portion : « L'an dernier, le candidat RN est venu faire des photos de graffs et de canettes qui traînaient sur le parking du festival. Il a dit qu'il l'interdirait s'il était au pouvoir. Ils ne nous font pas peur ! Au pire, on fera le festival ailleurs ! »

    Quand le festival clôt ses portes autour de deux heures du matin, des centaines d'amateur·es se retrouvent sur le parking pour « freestyler » jusqu'au lever du jour. Des groupes se forment, des enceintes, des baffles, des micros se branchent et des mini-concerts s'improvisent. Chacun·e vient déposer son meilleur texte. Et si tout le monde entonne avec conviction « Y'a pas de faux MC ici ! », difficile parfois pour les femmes de se faufiler dans les cercles. « Laissez passer les go ! Laissez passer les go ! », entonne un crew de meufs venues découper lyricalement le genre masculin sous l'œil de plusieurs artistes du festival. Plus loin, un petit groupe prépare des sandwichs « prix libre » et distribuera son butin à SOS Méditerranée. On recroise Ihmotep : « En 1986, on était douze à rapper à la Plaine, à Marseille ! Et là, il y a 300 personnes qui font des freestyles ! Le rap a gagné ! » Ballottés entre les institutions bourgeoises, l'extrême droite et une industrie huilée à l'économie de marché et aux nouvelles technologies, ces moments ont le goût d'une petite victoire. Quand les premières lueurs du jour claquent leurs rayons sur la mer, on se prend à rêver que le rap et ses punchlines résonnent à travers tous les océans… Et en attendant, « Comme d'hab' ! On continue comme d'hab ! »3

    Eliott Dognon et Étienne Jallot

    1 . Lire : « Pêche en méditerranée : quand le business donne le thon », CQFD n°236 (décembre 2024).

    2 . Lire : « Dans les coulisses de la flottille pour Gaza », CQFD n°251 (avril 2026).

    3 . « 2 chez moi », Demi Portion, 2017.

  • En Argentine, la terre n'est pas à vendre

    Cet été, en Argentine, la terre a cristallisé la colère populaire contre l'affreux Javier Milei. Face à la mobilisation, le pouvoir a dû reculer sur l'ouverture des terres rurales aux capitaux étrangers.

    Le gouvernement de Javier Milei, Président argentin ultra-conservateur, s'est incliné face à l'opposition. Depuis quelques mois, le libertarien tentait de faire passer un projet de loi sur « l'inviolabilité de la propriété privée ». Fidèle à sa politique de la tronçonneuse, le texte visait à faire reculer la responsabilité de l'État concernant l'urbanisation, la protection, l'expulsion et la vente des terres argentines. Mais c'était sans compter sur la vague de mobilisation qui a éclaté dans le pays le 6 août dernier, jour où la proposition passait au Sénat. Malgré la tempête annoncée, une armée de parapluies et de pancartes « La patrie ne se vend pas » s'est emparée de la Plaza Congreso à Buenos Aires pour protester contre ce que les Argentins appellent la loi « extranjerización de las tierras » (« étrangéisation des terres »). Suite aux pressions populaires, Patricia Bullrich, à la tête du camp présidentiel au Sénat, a dû retirer les articles relatifs à la suppression des protections des terres rurales en cas d'incendie ou d'achat par des étrangers.

    Déjà en morceaux

    En Argentine, presque 13 millions d'hectares appartiennent déjà à des étrangers, soit 5 % du territoire national. L'équivalent de l'Angleterre. Pour freiner ce phénomène, des restrictions avaient été mises en place en 2011 avec la « ley de las tierras » (« loi des terres »). Les investisseurs internationaux ne peuvent pas posséder plus de 15 % des superficies provinciales et départementales du pays. Pourtant, cette limite n'est pas respectée dans certains départements, comme celui de Lácar dans la province de Neuquén, où la concentration des terres étrangères monte à 54 %. Le seuil maximal des 15 %, Javier Milei voulait définitivement le supprimer, avant de rétropédaler pour l'augmenter à 25 %. Selon l'Observatoire des terres en Argentine, la loi en vigueur permet encore aux étrangers d'acheter 26 millions d'hectares, mais 36 départements ont déjà atteint la limite fixée. Le but de la dérogation est d'augmenter la concentration étrangère dans les départements les plus convoités, dont ceux près de la cordillère, riches en lithium, minéraux et ressources hydriques.

    Le terrain de l'unité

    « La terre ne se vend pas, elle ne s'incendie pas, elle ne se dévaste pas, elle ne se déforeste pas et elle ne s'expulse pas. La terre est un bien social ! » clame au microphone, Pedro Perett, ex-dirigeant de la Fédération agraire d'Argentine (FAA). Bien que satisfait de l'abandon des mesures jugées problématiques, l'exploitant agricole n'en démord pas : la mobilisation doit continuer. « Il faut secouer l'oligarchie terrienne argentine. Oligarchie et impérialisme sont les deux termes pour qualifier la situation politique actuelle de notre pays. » Directement concernés, certains peuples autochtones, dont les Mapuches de Patagonie, ont aussi décidé de rejoindre la lutte. Nélida Ancalipe, représentante de la communauté Nahuelpan, s'en est fait la porte-parole : « Nous sommes des gardiens de la terre, comme tous les autres peuples originaires de cet État argentin. C'est justement là où nous vivons que se trouve ce qu'ils cherchent : l'eau, le pétrole, les mines. C'est pour ça que le gouvernement s'attaque à ces terres. »

    Dès qu'on touche à la terre, un patriotisme commun se réveille. Surtout après l'acte anti-impérialiste de l'équipe de foot argentine lors du mondial. Après leur victoire contre les Anglais, les joueurs ont déployé à même le terrain une banderole avec l'inscription : « Les îles malouines sont argentines ». Depuis 1833 et son occupation par les britanniques, l'Argentine revendique cet archipel de l'Atlantique Sud, qu'elle a d'ailleurs tenté de récupérer en 1982 avec la guerre des Malouines. Myriam Bregman, avocate des droits humains et députée de gauche, s'y réfère dans son intervention à la marche du 6 août. « Quand les joueurs ont levé le drapeau, nous avons ressenti une fierté immense. Ça nous a tous unis. Ce sont des siècles d'humiliation de la Couronne britannique occupant notre territoire ». Défilant entre les anoraks, Candela, étudiante à Buenos Aires, a également participé à cette grande mobilisation. « Ce n'est pas qu'une simple protestation, c'est une lutte pour nos terres ! Et les luttes se mènent dans la rue. » Pour cette jeune femme péroniste (parti de l'opposition), cette proposition de loi est une mise en vente de l'Argentine : « Il n'y a pas d'acte plus lâche que celui de brader son pays. »

    Et ce sentiment de trahison est partagé par une bonne partie de la société argentine. « Un ensemble d'acteurs se sont réunis pour pouvoir résister à ce projet de loi, explique Leandro Vera Belli, avocat du droit de la ville au Centre d'études légales et sociales d'Argentine (CELS). Une construction transversale s'est faite, reliant les secteurs paysans, indigènes, agricoles mais aussi les organisations de locataires, de droits humains et l'Église. »

    Gros revers

    Force est de constater que [La Liberta Avanza (parti de Milei) n'a pas eu ses soutiens habituels] pour faire passer la proposition de loi initiale. Les « dialoguistes », partis d'opposition modérée ouverts aux dialogues, dont le PRO (Propuesta Republicana) et l'UCR (Unión Cívica Radical), s'y sont opposés sous la pression populaire. Pour avoir la majorité au Sénat, il a fallu plus de 10 heures de débats et un texte amputé de ses chapitres clés – dont la gestion des terres incendiées et la suppression des limites d'achat pour les étrangers. En plus d'avoir capitulé, Milei a dépoussiéré un sentiment de souveraineté derrière le slogan « La Patria No Se Vende », propulsé par de grandes figures argentines aux millions d'abonnés, comme Lali, Dillom, Tina ou encore Nicki Nicole et Emilia Mernes. Ces prises de position ont pu toucher un public jusqu'alors non politisé. « [L'opposition] a dépassé le plan politique pour passer à un programme populaire », affirme l'avocat Leandro Vera Bello. Même si le texte remodelé a bel et bien été adopté par la chambre haute, il rappelle que rien n'est encore joué : « Il reste à voir comment se déroulera son traitement à la Chambre des Députés, et finalement s'il sera approuvé ou non. » D'ici là, les Argentins peuvent puiser dans cette nouvelle force pour freiner la tronçonneuse.

    Chloé Roulet
  • Appétit plombé

    Un dessin de Bésot

  • Vendredi 11/09, « Vendredi commun »

    A partir de 9h : préparation du repas
    11h : 2 ateliers : entraide administrative ou lactofermentation
    12h : repas végétalien (quelques éléments végétariens), ouvert à toustes, même si on n'a pas cuisiné !
    13h : présentation du projet associatif
    14h : rangement, vaisselle, installation du forum et du non-marché
    15h : forum des groupes d'autoproduction (jardin, réparation vélo, boissons à base de plantes, hygiène, entraide administrative...) et non-marché
    16h : rangement
    16h30-17h : debrief et orga du prochain « Vendredi commun » (toujours le 2e vendredi du mois)
    17h : fin
    Inscription si possible : pclyon@ouvaton.org

  • US judge extends block on Trump order to restrict mail-in voting

    Indira Talwani’s ruling presents major setback for president as first states begin to send out mail ballots for midterms

    A federal judge on Friday again blocked Donald Trump’s executive order to impose sweeping restrictions on mail-in voting, the latest in a legal back-and-forth playing out less than two months before election day.

    US district court judge Indira Talwani initially placed a temporary order blocking the president’s mandate and has now extended that prohibition with a stronger preliminary injunction. The ruling comes hours after North Carolina became the first state to start sending out mail-in ballots for the 3 November midterm elections.

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