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Un patron alsacien condamné pour avoir pollué l'eau avec 30 000 tonnes de plastique
Le gérant de l'entreprise de traitement de déchets Locacil, à Feldkirch (Haut-Rhin), a été condamné le 2 septembre à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir pollué deux plans d'eau et un cours d'eau. La société devra, elle, payer 50 000 euros d'amende, auxquels s'ajoutent 1 050 euros de contravention. Le parquet avait initialement poursuivi l'entreprise et son dirigeant pour écocide, une première en France, mais le tribunal correctionnel de Strasbourg a finalement requalifié les faits (…)
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Presentation du livre 'lo sfruttamento della razza' avec Oiza Q. Obasuyi (IT&FR)
📚 Présentation du livre 'Lo sfruttamento della razza' avec Oiza Q. Obasuyi, débat à suivre (IT&FR)
(FR, IT qui sotto)
Racisme systémique, migrations et droits : ouvrir un espace de réflexion
Le CASI-UO, Incendiarie, Piola Libri et Info4Migrants vous invitent le 23 septembre au 198, rue de Mérode pour la présentation du livre Lo sfruttamento della razza d'Oiza Q. Obasuyi, et pour ouvrir ensemble un espace de réflexion autour des formes contemporaines du racisme systémique en Italie et de leurs liens avec le contexte belge.
À partir de son livre, Oiza Q. Obasuyi dialoguera avec Youssef Moukrim d'Info4Migrants autour de la race en tant que construction sociale, de l'exploitation du travail, des permis de séjour et de la différenciation des droits, de la citoyenneté, de la liberté de circulation et du profilage racial. Un échange qui permettra également d'interroger les différences et les liens entre l'Italie et la Belgique, notamment à travers les questions du colonialisme, des migrations et du racisme.
La soirée sera aussi l'occasion de parler d'une migration encore trop peu racontée : celle des personnes racisées qui quittent l'Italie.
Après le dialogue et un temps consacré aux questions du public, nous clôturerons la soirée par une assemblée collective : un moment pour partager idées, réflexions et envies, et réfléchir ensemble à la manière de faire vivre la dynamique initiée par cette rencontre, en construisant à Bruxelles un espace durable de réflexion, de solidarité et d'action.
L'événement se déroulera en italien, avec traduction simultanée en français.
📍 Local du CASI-UO et d'Incendiarie, rue de Mérode 198, 1060 Saint-Gilles
📅 Mercredi 23 septembre
🕕 Ouverture des portes : 18h | Début : 18h30
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(IT)
Razzismo sistemico, migrazioni e diritti : aprire uno spazio di confronto
Il CASI-UO, Incendiarie, Piola Libri e Info4Migrants vi invita il 23 settembre nel locale di Rue de Mérode 198 per la presentazione del libro Lo sfruttamento della razza di Oiza Q. Obasuyi, e per aprire insieme uno spazio di riflessione sulle forme contemporanee del razzismo sistemico in Italia e sulle loro connessioni con il contesto belga.
A partire dal libro, Oiza Q. Obasuyi dialogherà con Youssef Moukrim di Info4Migrant su razza come costruzione sociale, sfruttamento del lavoro, permessi di soggiorno e differenziazione dei diritti, cittadinanza, libertà di movimento e profilazione razziale. Un confronto che permetterà di interrogarsi anche sulle differenze e sulle connessioni tra Italia e Belgio, tra colonialismo, migrazioni e razzismo.
La serata sarà anche un'occasione per parlare di una migrazione ancora poco raccontata : quella delle persone razzializzate che lasciano l'Italia.
Dopo il dialogo e uno spazio dedicato alle domande del pubblico, chiuderemo la serata con un'assemblea collettiva : un momento per condividere idee, riflessioni, desideri e capire come dare continuità a questo incontro, costruendo uno spazio stabile di confronto, solidarietà e azione.
L'evento sarà in italiano con traduzione simultanea in francese.
📍 Locale del CASI-UO e di Incendiarie, Rue de Mérode 198, 1060 Saint-Gilles
📅 Mercoledì 23 settembre
🕕 Apertura porte : 18:00 | Inizio : 18:30 -
Avant-première : À bout de course au Cinéma Vendôme
Chaque course peut être la dernière : un accident, un contrôle, un compte bloqué. À Bruxelles, Abdellah, livreur de repas à domicile, affronte les dangers d'un travail à la fois précaire et nécessaire pour s'en sortir. Entre exil politique, survie économique et engagement dans des collectifs, son parcours révèle l'exploitation au coeur du capitalisme de plateforme et le combat des livreurs pour défendre leurs droits et leur dignité.
La projection sera suivie d'une discussion avec le réalisateur Maxime Kouvaras, ainsi que deux protagonistes du film : Abdellah et Camille.
Infos pratiques :
Le jeudi 8 octobre de 18h30 à 20h30
Cinéma Vendôme — 18 Chaussée de Wavre — 1050 Ixelles Entrée à prix libre et sur réservation -
États-Unis et Canada : des données judiciaires exposées
L’éditeur de logiciels canadien Thomson Reuters a annoncé, le 2 septembre 2026, que le piratage de sa plateforme de gestion des dossiers judiciaires C-Track avait provoqué une fuite « d’informations judiciaires sous scellés » et de données personnelles. L’incident a touché des tribunaux dans au moins douze États américains et un État canadien, essentiellement des cours d’appel, ainsi que la Cour suprême et la Cour supérieure des Îles Vierges américaines.
Thomson Reuters n’a précisé ni l’origine de la faille ni l’éventuelle attribution de l’attaque, et n’a fourni aucune estimation du volume de données concernées. L’éditeur a déclaré avoir découvert cette « activité non autorisée » le 30 juin 2026. L’enquête a établi que la fuite avait commencé en mars 2026.
Selon Thomson Reuters, les données personnelles concernées comprennent des noms, des dates de naissance, des numéros de sécurité sociale et de permis de conduire, ainsi que des informations médicales et relatives à l’assurance maladie. La société a souligné que la faille provenait de son propre environnement et ne résultait pas d’une défaillance des réseaux ou des SI des tribunaux concernés.
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Wero veut devenir la référence du paiement en Europe
L’European Payments Initiative (EPI), un consortium réunissant des banques et acteurs européens du paiement, a présenté, le 3 septembre 2026, les dernières avancées de sa solution de paiement Wero. En France, ce protocole a remplacé Paylib pour les transferts d’argent entre particuliers, directement d’un compte bancaire à l’autre et sans renseigner d’IBAN. D’ici la fin de l’année, toutes les banques commerciales actives en France seront compatibles avec Wero.
EPI souhaite désormais étendre son utilisation aux paiements en ligne. Le consortium a déjà déployé un bouton « Payer avec Wero » chez plusieurs partenaires et souhaite désormais le généraliser à tous les sites marchands. Cette option permet de payer en ligne par virement, sans passer par une carte bancaire. Elle évite ainsi les commissions des réseaux CB, Visa et Mastercard. EPI facture lui aussi des frais, mais à un niveau inférieur.
Wero présente également l’avantage d’être un protocole souverain, sans dépendance technologique vis-à-vis d’acteurs américains, contrairement à Visa, Mastercard, PayPal, Apple Pay ou Google Pay. EPI souhaite en faire la solution de paiement en ligne privilégiée dans l’UE.
Le consortium veut également s’imposer en magasin face à Apple Pay et Google Pay : une application dédiée permettra de régler ses achats depuis un compte bancaire, grâce à la puce NFC du smartphone ou à un QR code. À plus long terme, EPI veut faire de l’application Wero un portefeuille complet, intégrant moyens de paiement, documents d’identité, cartes de fidélité, tickets restaurant et titres de transport.
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En s’opposant à Trump, MapQuest gagne des utilisateurs
Sensor Tower, société spécialisée dans l’analyse des téléchargements d’applications, a révélé, le 2 septembre 2026, la forte progression de MapQuest après le refus de l’app de géolocalisation de suivre une injonction de Donald Trump. Le 27 août 2026, le président des États-Unis, en pleine négociation commerciale tendue avec le Canada, a demandé le remplacement, dans les bases de données américaines, de « Lac Ontario » par « Lac America ».
Limitrophe des deux pays, le lac porte une dénomination d’origine iroquoise, « Ontario », qui a donné son nom à la province la plus peuplée du Canada, où se trouve la capitale fédérale, Ottawa. Google et Apple ont alors adopté « Lac America » dans leurs applications de cartographie, Maps et Plans.
Créé en 1996, le site de gestion d’itinéraires MapQuest a lancé une application de géolocalisation en 2009, à l’audience confidentielle. Elle totalise environ 25 millions de téléchargements depuis 2012, dont 97 % aux États-Unis. Google Maps atteint ce volume sur le sol américain en un mois, tout en étant présent nativement sur la majorité des smartphones Android.
Dès le 27 août 2026, MapQuest a annoncé qu’elle conserverait le nom « Lac Ontario », provoquant une forte hausse des téléchargements. Sur l’App Store américain, l’application est passée, entre le 28 août et le 1er septembre, de la 128e à la première place, toutes applications confondues. En cinq jours, MapQuest a cumulé, selon Sensor Tower, 632 000 téléchargements, soit 56 % de son total depuis le début de 2026.
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« oui, mais l’objection de conscience c’est une approche individualiste, et ce n’est pas avec cette stratégie que l’on va sortir de l’emprise des big tech | du capitalisme »
Réponse à quelques arguments courants en faveur de l’intelligence artificielle générative
Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.
Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.
Lire le contre argumentaire précédent
Réponse courte : objecter ce n’est pas déserter, et ce n’est pas non plus une stratégie individualiste ; c’est pour nous un moyen de garder sa liberté de réflexion et d’organisation collective, face aux injonctions et autres arguments d’inéluctabilité.
La publication du Manifeste a entraîné plusieurs réactions critiques, dont certaines émanent de personnes qui nourrissent également des inquiétudes vis-à-vis de l’IAg telle qu’elle se développe aujourd’hui, c’est-à-dire selon les projets des acteurs de la Big Tech. Plusieurs critiques reprochent ainsi au Manifeste (et à son addendum) de se méprendre sur la nature de l’IAg, suggérant que dans des conditions économiques différentes (une IAg qui ne soit pas aux mains des Big Tech) et moyennant quelques innovations technologiques (une « IAg frugale »), cette technologie pourrait être un vecteur d’émancipation collective (pour les versions ayant un penchant accélérationiste) ou tout simplement utile (pour les versions moins idéologiques). A ce titre, elles critiquent la stratégie du manifeste articulée autour de la notion d’objection de conscience (OdC) face à l’IAg, au motif que celle-ci conduirait à « en abandonner le contrôle au capitalisme ».
D’autres voix critiques – par exemples issues des syndicats – disent se reconnaître pleinement dans les arguments que développe le manifeste pour motiver une résistance à l’IAg dans l’éducation nationale (EN) et l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR), mais jugent que l’OdC s’apparente à une approche individualiste du problème, incapable de contribuer à une transformation radicale de nos institutions et à un changement politique au sein de la société.
Que ce soit donc pour réorienter l’innovation technologique majeure que représente l’IAg vers des voies plus souhaitables que celles promues par la Big Tech, pour « désarmer l’IA » ou pour dépasser le capitalisme, la stratégie qui sous-tend le manifeste ferait, selon ces critiques, fausse route.
C’est à ces différentes critiques que ce paragraphe entend répondre. Pour ce faire, commençons par dissiper d’éventuels malentendus et précisons ce que l’OdC à l’IAg n’est pas.
Objecter n’est pas déserter : c’est probablement parce que l’OdC s’est la plupart du temps manifestée dans des contextes graves et dramatiques sous la forme d’un refus de faire la guerre, qui a pu se traduire pour certain.es objecteur.ices par un acte de désertion, que plusieurs critiques ont considéré que nous invitions à déserter la bataille culturelle qui se mène autour de cette technologie. Pourtant, comme l’a expliqué Guillaume Carbou, l’un des co-auteurs du Manifeste, dans un texte de réponse à ces critiques, cette lecture « prête une intention au Manifeste qui n’y est pas du tout affichée, à savoir celle de se retirer du débat politique par une simple attitude de ‘non usage’ individuel et puriste. Bien au contraire, le manifeste indique clairement que l’enjeu est d’ouvrir des espaces de débat et d’action à propos de la place et du rôle de nos institutions face à l’IA générative et à la numérisation du monde en général. » Concrètement, les co-auteur·ices du Manifeste n’ont jamais été aussi acti·f·ves sur ce sujet, sollicité.es et mobilisé·es dans leur institutions que depuis sa publication.
L’objection de conscience à l’IAg n’est pas une stratégie. L’OdC est une posture qui affirme et visibilise un désaccord avec la tendance générale de déploiement de ces technologies que l’on peut observer dans l’ESR et l’EN – celle-ci prenant parfois la forme d’une injonction à « monter dans le train » de l’IA – en revendiquant un non-usage. Cette posture ne saurait constituer une stratégie dans la mesure où il n’a jamais été envisagé qu’une somme de non-usages individuels puisse endiguer le développement de l’IAg dans nos institutions (et encore moins éroder efficacement les structures du technocapitalisme). Dit autrement, et comme nous l’avons écrit en divers endroits, la posture d’OdC à l’IAg n’est pas une fin, mais un moyen. Si cette posture relève à l’évidence d’un choix personnel et d’une pratique individuelle, ce refus individuel ne s’inscrit pas dans une approche individualiste. En effet, cette posture ne prend sens que dans la mesure où elle traduit une volonté de résistance à l’imposition de ces technologies, celle-ci se matérialisant dans des actions collectives qui ne se cantonnent pas au non-usage.
Tentons maintenant de définir la posture d’OdC à l’IAg. Et d’abord, pourquoi avoir adopté et proposé cette posture ? La position d’OdC constitue l’aboutissement d’un processus de réflexion, qui s’inscrit dans la continuité de la critique de la numérisation de l’éducation : nous critiquons le recours non questionné aux formats numériques d’enseignement et l’accueil enthousiaste fait aux innovations numériques comme autant d’innovations pédagogiques qui seraient nécessairement porteuses d’un progrès. L’arrivée de l’IAg dans le monde de l’enseignement a réactivé et amplifié les raisons qui présidaient à cette critique. Nous, co-auteur·ices du Manifeste avions conscience que le déploiement de ces technologies dans le monde de l’enseignement (et plus largement dans d’autres sphères sociales), allaient provoquer d’immenses dégâts humains, sociaux et environnementaux. Nous avons alors ressenti un profond malaise face aux discours dominants, qui mêlaient enthousiasme, fascination et résignation, mais convergeaient tous vers une invitation, voire une injonction, à intégrer l’IAg dans nos métiers. Ainsi, alors qu’un bouleversement majeur se produisait, nous étions réduit·es à une position d’impuissance et de résignation car – cela était répété à l’envie – « qu’on le veuille ou non, l’IA est là, il faut s’adapter ». La seule alternative à une participation active au processus de déploiement des IAg étant d’être un spectateur impuissant, mis hors-jeu.
Face à ce dilemme apparent et aux discours qui brandissaient l’argument de l’inéluctabilité dès lors que l’on pointait les lourds problèmes associés à ces technologies, la position d’Objection de Conscience nous a semblé être la seule tenable.
Exprimer son OdC est d’abord un moyen pour retrouver une liberté de penser et une liberté de parole. En assumant et en affichant cette position de désaccord, on participe à l’émergence d’une communauté qui partage tout à la fois un profond malaise face à la dynamique de déploiement de l’IAg et une volonté de ne pas s’y résigner. Cela nous a paru être une première étape nécessaire pour envisager des actions collectives, qui auront pour objectif de résister à la vague sans se couper des réalités sociales, dans l’ESR, l’EN et ailleurs : oui l’IAg existe et est utilisée par les étudiant·es et les personnels, oui elle est (en partie) là, mais ce n’est pas une raison pour simplement accompagner le mouvement.
En effet, nous vivons actuellement un moment singulier où ces technologies sont sur le point de profondément modifier de nombreuses pratiques sociales, mais où ces changements sont en train de se faire. Il est aujourd’hui parfaitement possible d’infléchir les trajectoires de déploiement de l’IAg dans l’ESR et l’EN, avant qu’elle ne devienne ancrée dans les usages et les habitudes. Ainsi, au lieu d’en accélérer le « bon usage », comme nous y invite la tendance actuelle, il paraît plus urgent de borner et de limiter drastiquement son emploi, d’en interdire l’utilisation pour des activités jugées clés (l’interdiction de l’usage de l’IAg pour la rédaction d’un mémoire de thèse ou pour la production d’un rapport de thèse n’est par exemple, à notre connaissance, pas encore intégrée dans les chartes des écoles doctorales), développer des formations aux risques que représentent ces technologies (voir la section « Que dire aux étudiant.es ? »), etc. Il s’agit là d’objectifs encore parfaitement atteignables aujourd’hui, pour peu que l’on s’accorde sur le fait qu’ils sont désirables, ce qu’entend affirmer la posture d’OdC.
https://lmsi.net/Oui-mais-moi-j-utilise-de-temps-en-temps-ChatGPT-ou-DeepL-donc-je-ne-me-sens
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Faisons Front par la Rue !
Appel à construire une force populaire

A présent, la catastrophe est là. Et les plus fragiles d’entre nous tombent en premier :
Plus de 7 300 mort·es dans les canicules de cet été, selon un bilan encore provisoire : des personnes âgées, en situation de handicap, des familles précaires dans des logements où l’on étouffe, celleux qui travaillent dehors, ou qui dorment dans la rue. Des paysan·nes regardent leurs champs brûlés, leurs récoltes perdues, leurs troupeaux en difficulté. Des infirmièr·es tiennent à bout de bras des hôpitaux qui suffoquent. Des pompièr·es affrontent des méga-feux devenus la norme, et on leur refuse jusqu’aux moyens de nous protéger.
Face à cela, que font Macron et ses gouvernements ?
Ils répriment. À chaque mobilisation, une seule réponse, toujours la même : plus de police, de prisons, de surveillance et moins de droits, de libertés. Une logique répressive, autoritaire et raciste. Un permis de tuer offert aux forces « de l’ordre » pendant qu’on ampute les moyens de la sécurité civile, du soin et de la transition. Ils choisissent la fuite en avant : Loi « d’urgence » agricole pour autoriser une fois de plus les insecticides tueurs de biodiversité, installer des méga-bassines et des méga-fermes, pour une poignée d’agriculteurs industriels. Asphyxie budgétaire des services publics utiles et généralisation de l’austérité pour tou.tes, au profit de la course à la guerre et de la militarisation de la société et de l’école. Pendant ce temps, les profits de la caste des ultra-riches, qui fabriquent la catastrophe et en tirent fortune (augmentation des prix de l’énergie, capitalisme «vert»…), sont farouchement protégés.
Alors ne demandons plus, contraignons-les !
N’attendons rien des gouvernements, ni des multinationales : construisons, ensemble, le rapport de force qui les obligera à faire ce qui est nécessaire pour affronter le dérèglement climatique. Pour protéger et soutenir, particulièrement celleux qui sont déjà les plus impacté·es.
Ils voudraient nous maintenir divisé·es séparé·es, chacun·e dans son coin, dans sa colère. Mais c’est le même système qui écrase les quartiers populaires, qui épuise les soignant·es, qui ruine les paysan·nes, qui brûle les forêts et assèche les rivières. Face à ces oppressions systémiques, nos luttes doivent aussi devenir systémiques. Avec une réponse commune : un peuple qui se défend, qui se rassemble largement et qui se lève.
Nous, militant·es, écologistes, féministes, antiracistes, syndicalistes, antivalidistes, mobilisé·es pour l’environnement, les droits, la justice sociale, nous appelons à faire front. Par les assemblées populaires, la grève, les blocages, la désobéissance civile, et les occupations.
Dès la rentrée, faisons converger toutes nos colères.
Le 15 septembre devant le ministère de l’Économie, pour une loi de finances à la hauteur de la crise. Le 26 septembre, marchons partout, pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. A l’issue des manifestations, participons aux centaines d’assemblées. Le 29 septembre, soyons en grève avec toute la fonction publique et les pompièr·es. Le 3 octobre, convergeons dans l’Orne, devant Syngenta, contre les pesticides et pour les vivant·es.
Mobilisons-nous le 20 septembre contre le permis de tuer, les 24 et 25 octobre contre le congrès du rassemblement national à Orléans.
Toutes ces luttes, sont des appuis qui contribuent à construire un rapport de force en mesure de gagner face aux milliardaires, aux multinationales et aux gouvernements et qui nous permettront dans une année d’élections de contrer l’accès des extrêmes droites au pouvoir, facilité par les forces réactionnaires du grand patronat, de la droite et de la macronie.
Faisons grandir tout au long de l’année ce pouvoir populaire.
Partout, appuyons chaque mobilisation, amenons le plus grand nombre à la discussion et à la convergence, faisons vivre des assemblées, occupons des places, des ronds-points et transformons ces lieux en la maison commune de nos luttes. Soutenons-nous les un·es les autres : caisses de solidarité, entraide face à la répression, comme face aux catastrophes.
Faisons naître un véritable pouvoir populaire. Organisons-le, structurons-le, renforçons-le. Et préparons, dès maintenant, la possibilité d’un blocage généralisé du pays.
Faisons du 1er mai 2027 celui du peuple, des opprimé·es et des travailleureuses.
Un 1er mai anticapitaliste, contre l’exploitation, la précarité et la misère. Un 1er mai populaire, pour le climat, le vivant, la paix et les justices sociales. Un 1er mai féministe contre le patriarcat, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour les droits des personnes LGBTQIA+. Un 1er mai antivalidiste, contre toutes les exclusions. Un 1er mai antifasciste, contre tous les racismes, l’islamophobie, l’antisémitisme, la négrophobie et la rromophobie. Un 1er mai de solidarité internationale, contre les guerres impérialistes, le colonialisme, les génocides…
Le soir de ce 1er mai, à l’issue des manifestations, occupons les places. Et gardons-les jusqu’au soir du second tour de l’élection présidentielle.
Si les extrêmes-droites ou tout autre pouvoir réactionnaire l’emportent, soyons là, ensemble, pour entrer en résistance.
Si une candidature de rupture l’emporte, soyons là pour l’appuyer et la déborder.
Sans un pouvoir populaire, nous ne pourrons lever les freins institutionnels mis en place par Macron et son monde, ni faire respecter les promesses de rupture. Souvenons-nous de 1936 : ce ne sont pas les urnes seules qui ont arraché les congés payés et la semaine de quarante heures, mais les grèves et les occupations qui ont suivi.Arrachons une vie digne et heureuse pour toutes et tous, dans un monde vivable.
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Speakr - Interrogez toutes vos réunions enregistrées
Vous avez un dossier plein d'enregistrements de réunions, d'entretiens ou de notes vocales que vous avez dictées en marchant, et vous ne les avez jamais réécoutés. Forcément, réécouter doit se faire en temps réel, et un fichier baptisé REC_20260812_143301.m4a ne permet pas forcement de savoir de quoi ça cause... Alors que faire ?
Hé bien le projet Speakr s'attaque exactement à ce problème. Vous y déposez vos fichiers, ou vous enregistrez directement depuis le navigateur en captant le micro, le son du système, ou les deux mélangés. Et en sortie, vous récupérez un texte en clair, cherchable, découpé par intervenant, avec un résumé et les actions à retenir.
Et si vous cliquez sur une ligne du texte transcrit, la lecture se lancera à cet instant précis. Mais Speakr va encore plus loin grâce à sa fonctionnalité Inquire. Grâce à ça, plus besoin de farfouiller dans un enregistrement. Vous posez simplement une question à toute la bibliothèque d'un coup du genre "qu'est-ce qu'on avait décidé sur le tarif, et qui n'était pas d'accord ?".
Un mode agent optionnel, encore en bêta, va même lire les enregistrements concernés un par un avant de répondre, avec des liens numérotés qui ouvrent chaque extrait à la seconde citée. Et chacun décide si ses résumés et ses notes privées sont lisibles par cet agent.
Reste la question qui fâche, parce que le projet se vend comme un truc auto-hébergé, donc privé. Et en creusant un peu, je me suis rendu compte qu'il y avait quand même des choses qui sortaient de la machine. Il y a d'abord la transcription, qui envoie l'audio au moteur qui le transforme en texte. Et celui du texte ensuite, qui expédie la transcription au modèle qui écrit les résumés, les titres et les réponses du chat.
Et dans la configuration de base, les deux usages IA pointent chez un tiers : une clé OpenAI pour l'audio, une clé OpenAI (ou OpenRouter) pour le texte. Votre serveur, lui, ne stockera que des fichiers...
Alors, il faudra bien penser, si vous voulez que ça reste en local, à brancher Ollama à la place d'OpenAI et OpenRouter. Mais couper celui de l'audio se paiera car pour réussir à transcrire de l'audio, il vous faudra quand même une bonne carte graphique et un gros modèle Whisper comme expliqué dans le guide d'installation .
Sans carte, ça tourne quand même, rassure-vous, mais ce sera plus lent.
Pour le reste, c'est du Docker avec SQLite ou PostgreSQL, 2 Go de RAM annoncés pour l'application seule, et tout ce qu'on attend d'un truc qui s'utilise à plusieurs : comptes, authentification unique, partages, API et webhooks signés.
C'est sous licence AGPLv3, doublée d'une licence commerciale pour ceux qui ne veulent pas s'y contraindre.
Niveau outils semblables, il y a Scriberr, dont je vous ai déjà parlé , transcrit en local sans jamais rien envoyer dehors, mais son auteur vient d' annoncer une pause dans le développement . On a aussi l'application Meetily , qui elle, vise le poste de travail plutôt que le serveur d'équipe, et réserve la séparation des voix à son offre payante. Et si c'est de la dictée en direct sur Mac dont vous avez besoin plutôt que d'exploiter des enregistrements déjà faits, j'ai codé Kassis pour ça, qui reste en local lui aussi.
Alors finalement, pourquoi ne pas donner sa chance à Speakr ?
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Après des semaines de suspense, OpenAI dévoile GPT-6 Astra, son modèle le plus avancé et le plus puissant en cybersécurité
Il y a deux jours encore, OpenAI publiait un post concernant Astra, son futur prochain modèle qui aurait atteint un niveau inédit en cybersécurité. Ses capacités seraient suffisamment avancées pour qu’OpenAI ne puisse plus exclure le franchissement de son seuil de risque « critique ». Pour mémoire, ce seuil correspond à la capacité de découvrir et d’exploiter des failles zero-day, voire de concevoir et d’exécuter de manière largement autonome une cyberattaque complexe. Astra aurait notamment découvert deux vulnérabilités inconnues pendant ses évaluations.
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46 % des poissons pêchés pourraient servir à nourrir des poissons d'élevage d'ici 15 ans
Piller l'océan, non pas pour nourrir des humains… mais des poissons d'élevage. Tel est l'horizon vers lequel le secteur de la pêche se dirige, alerte l'ONG Changing Markets dans un rapport publié le 3 septembre, en partenariat avec l'université de Colombie-Britannique (Canada). D'après leurs projections, si l'aquaculture augmente sa production de 75 % d'ici à 2040 — comme le prévoit l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture —, près de la moitié (46 %) des poissons (…)
Lire la suite - En bref / Pêche , Océans -
Flyspeck! DOJ Has Nothing — Except Todd Blanche’s Audition — to Explain Why They Sold Seashells by the Seashore
I’m going to do a substantive post on Jim Comey’s selective and vindictive challenge (motion to dismiss, response, reply).But first I want to look at a particular rebuttal Comey makes that may provide larger lessons about DOJ’s weaponization in the last year.
Comey’s reply spends a lot of time rebutting DOJ’s general response (in which DOJ had US Attorney Ellis Boyle write an affidavit disclaiming he had any animus to Comey, and then claimed that you must prove that a prosecutor himself had animus; this is how DOJ defeated Hunter Biden’s meritorious vindictive prosecution motions). It also dismantles one after another of Boyle’s (or perhaps Stan Woodward’s — I’ll come back to that) dumb misrepresentations.
In Comey’s Motion to Dismiss, a very long section lays out the history of politicization in Trump’s DOJ generally and against Comey specifically (but of course Comey was always at the center of it). That section makes a two-step argument about timing: The investigation was renewed after the EDVA case flopped, and then it was charged as Todd Blanche auditioned for the Attorney General job starting in April.
Days after the district court’s dismissal of the indictment, Director Patel publicly stated that the FBI and DOJ were “not done” and “ha[d] numerous options to proceed” against Mr. Comey. Kash Patel Reveals FBI, DOJ Executing ‘Multiple’ Options on James Comey, Newsweek (Nov. 29, 2025), http://perma.cc/XV4L-KYRW.
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And in April 2026, President Trump suggested that the government was continuing to investigate Mr. Comey, stating that Mr. Comey was a “dirty cop” and “we’re not gonna stand for it.” Jennifer Bowers Bahney, Trump Says ‘I Don’t Know’ If There’s Any Evidence Against Top Dem He Wants to Indict, Yahoo News (Apr. 13, 2026), https://perma.cc/PH3H-D3RC.
That same month, President Trump fired Attorney General Bondi, reportedly because “she couldn’t deliver on his agenda, including the effort to prosecute some of his political enemies.” Monica Alba et al., As Comey is indicted, Trump is said to be happy with acting Attorney General Blanche, NBC News (Apr. 29, 2026), https://perma.cc/P3W5-8E85. The President named Mr. Blanche as Acting Attorney General. In mid-April 2026, President Trump reportedly told Mr. Blanche that he was “audition[ing]” for a permanent appointment as Attorney General. Katelyn Caralle, Top White House officials encouraged potential Bondi replacement to make case to Trump for AG job: Sources, Fox News (Apr. 11, 2026), https://perma.cc/6YM9-FWZ8. Mr. Blanche responded by “ma[king] it clear to senior White House officials that he plans to move more efficiently than Ms. Bondi against Mr. Trump’s targets.” Glenn Thrush et al., Todd Blanche Targets Trump’s Enemies Amid Jockeying to Lead Justice Dept., N.Y. Times (Apr. 24, 2026), https://perma.cc/2EXZ-47SA. He embraced President Trump’s September 2025 post, stating the President’s instruction to the former Attorney General that “JUSTICE MUST BE SERVED” should make Americans “happy.” Laura Jarrett & Ryan J. Reilly, Todd Blanche Says Americans Should be ‘Happy’ Trump is Deeply Involved in DOJ, NBC News (Apr. 14, 2026), https://perma.cc/T8JE-FERA. “At Mr. Blanche’s urging,” the DOJ moved quickly to effectuate the President’s wishes. Thrush et al., Todd Blanche Targets Trump’s Enemies,supra. Mr. Blanche “g[ave] the green light” to investigations into Cassidy Hutchinson (a former White House aide who testified about President Trump’s involvement in the January 6, 2021 riot), Democratic fundraising platform ActBlue, and civil rights organization the Southern Poverty Law Center. Id.
Mr. Blanche also “plan[ned] to revive” efforts to prosecute Mr. Comey after the “botched attempt” in the Eastern District of Virginia. Id. To that end, Mr. Blanche “creat[ed] a special position” within the DOJ for Joseph diGenova, a longtime Trump lawyer who had previously advocated for Mr. Comey’s prosecution. Paul Sperry, Russiagate Prosecutor Calls Audible on ‘Grand Conspiracy,’ WFMZ (June 25, 2026), https://perma.cc/JG84-K2WQ. Mr. Blanche “put [Mr. diGenova] in charge” of investigating a supposed grand conspiracy against President Trump involving Mr. Comey. Thrush, Todd Blanche Targets Trump’s Enemies, supra. Previously, Ms. Bondi had “got[ten] in the way” of these efforts. Id. This appointment followed the removal of a career prosecutor from the case. Charlie Savage & Alan Feuer, U.S. Installs a Trump Loyalist to Lead ‘Grand Conspiracy’ Case Into Trump Foes, N.Y. Times (Apr. 18, 2026), https://perma.cc/YG9V-MTNQ.
The DOJ also set its sights on prosecuting Mr. Comey for his seashells post from a year earlier. As Attorney General, Ms. Bondi had reportedly “pushed her team to keep pursuing” the Eastern District of Virginia case against Mr. Comey, “concluding that [the] case was significantly stronger than potential charges based in North Carolina.” Carol Leonnig & Fallon Gallagher, ‘Seashells’ Case was on Back Burner Until Bondi Fired as AG, say sources, MS Now (Apr. 30, 2026), https://perma.cc/S8VG-M89S. As Deputy Attorney General, Mr. Blanche had reportedly urged caution in prosecuting Mr. Comey for his seashells post. Thrush, Todd Blanche Targets Trump’s Enemies, supra. But with Ms. Bondi ousted and Mr. Blanche seeking a permanent appointment as Attorney General, “the ‘seashells’ case gained new steam,” and “Blanche’s aides instruct[ed] Boyle to seek a grand jury indictment of Comey.” Leonnig & Gallagher, supra.
A passage ten pages later (which appears in the argument about law) picks up that narrative where it left off and describes that you don’t generally let people who threatened the President to sit out there for most of a year.
Nonetheless, with the Eastern District of Virginia indictment dismissed and Mr. Blanche needing to please President Trump during his “audition,” Mr. Blanche’s aides “instruct[ed] Boyle to seek a grand jury indictment of Comey.” See supra p. 16.
The government’s revival of a fruitless investigation based on political expediency evidences the impact of animus on the decision to prosecute. Where the “government ha[s] followed unusual discretionary procedures in deciding to prosecute,” those aberrant procedures provide strong evidence that the prosecution was brought for an improper reason. United States v. Greene, 697 F.2d 1229, 1236 (5th Cir. 1983). Generally, when law enforcement becomes aware that an individual has threatened the President, officials act quickly to charge and arrest that individual. See, e.g., United States v. Lang, No. 3:25-cr-409 (D.S.C. filed Mar. 4, 2025) (15-day delay); United States v. Carillo, No. 5:24-cr-16 (W.D. Va. filed Aug. 2, 2024) (6-day delay); United States v. Butler, No. 7:22-cr-46 (W.D. Va. filed Dec. 7, 2022) (6-day delay); United States v. Merryman, No. 1:22-cr-50 (D. Md. filed Feb. 10, 2022) (1-day delay); United States v. Henthorn, No. 5:19-cr-8 (N.D. W. Va. filed Jan. 22, 2019) (4-day delay). Had Mr. Comey’s post been assessed as a true threat, the government’s normal process would have led it to act quickly here as well. Instead, the indictment took 348 days.
Boyle’s response ignores a great many points Comey raised in the longer narrative, ignoring even the things Kash Patel or Todd Blanche said in public as if they were Fake News, and focuses on the first step of that process — what happened after the EDVA case flopped. But he responded to the one about timing. That long delay only proves the seriousness of the investigation, Boyle claimed.
Comey’s arguments about prosecutorial delay also miss the mark. If anything, such delay militates against any suggestion of vindictiveness, because it confirms this was a genuine investigation. Regardless, courts do not flyspeck the timing of criminal investigations beyond applying (when appropriate) the five-year statute of limitations that Congress established. See 18 U.S.C. § 3282(a). That is because separation of powers principles preclude district courts from second-guessing how efficiently criminal investigations have unfolded, at least absent any indication of strategic delay aimed at prejudicing a defendant.
The “(when appropriate)” is a nice tell: because the Grand Conspiracy investigation into Comey is doing all sorts of crazy things to get around statutes of limitation.
Anyway, that comment set up this rebuttal from Comey: Nothing you did in the interim made it into the search warrant or response.
The record belies the government’s claim (at 25) that its 348-day delay in seeking the indictment “confirms this was a genuine investigation.” Not a single piece of evidence cited by the government in its oppositions or search warrants was obtained in the ten months between June 2025 and the issuance of the indictment on April 28, 2026. Instead, nearly all the government’s evidence—including the post itself, Mr. Comey’s novel, and texts from Patrice Comey and Person1—stems from the week the post was published (May 15-22, 2025). See Dkt. 54 at 3-11. Other evidence cited by the government, such as its interview with former mafia member Salvatore Gravano, was collected after the indictment issued—and so cannot possibly explain the government’s delay in seeking that indictment. See id. at 9
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Although some courts have hesitated to apply the presumption pretrial, none of their animating reasons exists here. Most notably, courts are reluctant to presume vindictiveness if the sole indication is the addition of new charges after a defendant invoked routine pretrial rights, because “[i]n the course of preparing a case for trial, the prosecutor may uncover additional information that suggests a basis for further prosecution.” Goodwin, 457 U.S. at 381; see, e.g., Villa, 70 F.4th at 711. Here, by contrast, only the initial indictment is at issue, and the government cites no additional evidence learned post-dismissal of the Virginia indictment that prompted this one; to the contrary, its investigation developed only powerful exculpatory evidence (such as the absence of “86” as a synonym for “kill” in mob prosecutions). See supra p. 12. And while it is true that defendants “routinely” invoke procedural rights pretrial, Goodwin, 457 U.S. at 381, Mr. Comey’s successful challenge to the Virginia prosecution, which undermined the functioning of an entire U.S. Attorney’s Office, was far from routine.
That argument — and the secret filing about something that happened on April 27, the day before the indictment — made me go back and re-read the affidavit Pat Fitzgerald did accompanying the original motion to dismiss, and sure enough that’s true: A September search, Fitzgerald notes — done at the request of an AUSA — for any instances of a violent connotation to 86 in the cases Comey pursued. A November search in one mob trial. Another November search of another one. Then, Fitzgerald’s affidavit and the exhibits note, that search plus a series of interviews resume in April — a search on April 14, another the night before the indictment, and then a bunch of stuff in May, after the indictment, which obviously could not have influenced the charging decision.
All that reflects very differently on Comey’s motion to suppress two warrants, which is one reason I want to focus on this. FBI Agent April Floyd didn’t mention the work she and others had done in September or November in the March search warrant for Jim Comey’s Apple account, which is part of Comey’s complaint. Nor did she mention the exculpatory things DOJ’s key witness — the person who hates Comey but nevertheless only came to view 86 47 as a threat after they listened to Rudy Giuliani rant about it — said. Floyd did an interview on April 13 with that person, and still didn’t include most of it in the search affidavit because they didn’t say what Floyd wanted them to say, which may be why Floyd interviewed a Secret Service agent on April 20 to manufacture a claim Dave Kelley had withheld information because he didn’t give them information they had not asked for. This timing argument supports an inference that Floyd’s omissions were not just material (and they undoubtedly were, with respect to the key witness), but served to hide how DOJ found nothing when they investigated this last year but then decided to revisit the case again in April, during the period Todd Blanche was auditioning to be Attorney General.
And April Floyd obscured that they had looked hard but found nothing in order to get a warrant from Apple — a warrant to obtain material for which someone got a preservation order as the EDVA collapsed last fall and again before Judge Colleen Kollar-Kotelly “allowed” DOJ to destroy the evidence they had deliberately violated Jim Comey’s attorney-client privilege to access that information last year.
Floyd’s omissions are important for that reason. They show that DOJ found nothing last year and dropped the investigation and then renewed it when Blanche took over as Acting AG, yet still had not gotten what DOJ claims is inculpatory, the interview with Sammy the Bull, before indicting. And, as Comey noted, DOJ never bothered to read the returns obtained with that March 23 warrant, which Floyd claimed she needed to determine Comey’s state of mind when he posted the seashells photo and also to obtain the metadata for the photo that the very same warrant claimed Dave Kelley had been trying to withhold, before indicting.
Moreover, Mr. Boyle’s affidavit underscores that something irregular appears to have happened in April 2026, after Mr. Blanche became the Acting Attorney General. Mr. Boyle avers that: “Leading up to the decision to present the evidence to the grand jury, the prosecution team reviewed all evidence collected up to that point.” Dkt. 53-1 ¶ 11; see Opp. 24. But the discovery record shows that while the government had collected Mr. Comey’s Apple iCloud account, it proceeded to indict before it had the opportunity to review the materials collected. See Suppl. Aff. of Patrick J. Fitzgerald, filed concurrently under seal.
“The Indictment was approved and obtained before the agents or prosecutors had access to the communications or their contents,” AUSA Tim Severo told Pat Fitzgerald in June, and that delay couldn’t have been because of a filter team — the excuse Todd Blanche made at his indictment press conference — because they didn’t filter known attorney communications.
Floyd got a warrant claiming she needed it to investigate, but she didn’t use that material do basic things necessary to weigh whether a crime had been committed.
And all this gets into personnel issues, the way in which Trump’s DOJ serially move prosecutors around in a bid to get Comey prosecuted.
I’ve put a timeline of some of them below (I’ll go back and fill them in later). But one line in Comey’s motion to dismiss is key — and fairly coy. He states, relying on this Bloomberg story, that Boyle loaned two AUSAs to the EDVA case, “at least one” of whom oversaw the seashells case; the quotation here is from Bloomberg.
Ms. Halligan received assistance in her prosecution efforts from Ellis Boyle, installed two months earlier as interim U.S. Attorney for the Eastern District of North Carolina. Ben Penn, Top Comey Prosecutor Parroted Trump on Way to Targeting His Foe, Bloomberg Law (Apr. 30, 2026), https://perma.cc/5ZL9-CTSP. After no career prosecutors joined Ms. Halligan’s prosecution of Mr. Comey, “[Mr.] Boyle loaned two of [his] office’s more seasoned . . . prosecutors” to the Eastern District of Virginia prosecution. Id.; see Notices of Appearance, United States v. Comey, No. 1:25-cr-272 (E.D. Va. Oct. 6, 2025), Dkt. Nos. 17, 18. “At least one” of these prosecutors was investigating Mr. Comey’s social-media post while working in the Eastern District of North Carolina. Penn, supra; see supra p.10. 3
3 Both of these prosecutors resigned from the DOJ in January 2026.
This is all very coy. In neither the MTD nor Pat Fitzgerald’s affidavit does Fitzgerald describe who this AUSA is.
On May 21, 2025, an Assistant United States Attorney (“AUSA”) in the Eastern District of North Carolina (“EDNC”) wrote to a Secret Service agent that “I’ve been ordered to open this case in EDNC.” Ex. A. [012063]
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22. In September 2025, at the request of an EDNC AUSA, the FBI searched its Sentinel system—a database of all FBI investigations and information going back decades—for the purpose of determining whether Mr. Comey was exposed to a violent interpretation of the term “86” at the FBI:
But the documents show who that AUSA is: Gabriel Diaz is the guy who was ordered to open this investigation back in May 2025.

And Diaz was still working the case on September 18, when he asked the FBI to see if 86 came up in Sentinal files.

Boyle — who might be fun to play poker with, or even more fun to see cross-examined by any of the superb lawyers defending Comey — filled in some of the blanks that Comey’s coyness elicited.
1 Prior to my time as U.S. Attorney, in May 2025, AUSA Gabriel Diaz was assigned to handle the investigation of Comey in EDNC related to this case. After the indictment in the EDVA, AUSA Diaz was detailed to EDVA to assist with the criminal prosecution of Comey in that district. Although AUSA Diaz initially handled some of the initial investigations on this matter, he stopped working on this case after his detail to the EDVA occupied the majority of his time in October 2025 and November 2025. And as of late December 2025, AUSA Diaz is no longer a prosecutor in this office.
That implies Nate Lemons, the other AUSA farmed out to EDVA, did not do any work on this case. I wonder what he was doing instead?
And at least per Boyle, Diaz left before January; he left in December, around the time DOJ was fiddling with Dan Richman’s attempt to unring the bell of the privilege violations that Lemons and Diaz had participated in in EDVA.
The other parts of this timeline worth noting are the way Matthew Petracca (whom Boyle implies did not have a role in the prosecutorial decision, which is one of many reasons Boyle’s affidavit is dogshit) was put in charge of presenting the case to the grand jury two days before doing so, and left the team no more than 16 days afterwards, when Todd Blanche started colluding with the mob to sustain this investigation.
The lone signatory on the indictment was Matthew Petracca, an Assistant U.S. Attorney with a background in state Medicaid fraud and little federal criminal experience. Penn, supra. Mr. Petracca was hired by U.S. Attorney Boyle and reportedly joined the office only months before seeking the indictment, “after more experienced lawyers in the office investigating the sea shells post . . . left the case.” Penn, supra. 4 Mr. Petracca has since withdrawn from the case and transferred to the Civil Division. Dkt. 16.
4 Mr. Petracca converted from a Special Assistant U.S. Attorney to Assistant U.S. Attorney in the Criminal Division effective April 26, 2026, two days before the indictment. Fitzgerald Aff. ¶ 42.
The really important detail, however, involves Stan Woodward.
For reasons that aren’t at all clear to me, Stan Woodward and his counselor appears in DOJ’s selective prosecution response.
STANLEY E. WOODWARD, JR. Associate Attorney General
W. ELLIS BOYLE United States Attorney
ANNA L. EDWARDS Counsel to the Associate Attorney General
/s/ Timothy M. Severo
TIMOTHY M. SEVERO
Now that I realize that though, I suspect Woodward wrote much of this filing; he is well practiced in writing things for an audience of one, the guy paying the bills. And the DOJ response cites a lot of case law, but also includes things Trump would want to see, such as citations to Judge Tanya Chutkan’s ruling in US v Trump that Joe Biden hadn’t ordered up the prosecution of Trump, a case that bears no likeness to this one.
But Woodward’s involvement is important because he’s the one who swooped in and tried to unfuck the mess Lindsey Halligan made of Dan Richman’s effort to get his devices back.
Stan Woodward is the one on the hook for reading Comey’s privileged materials, and then making efforts so DOJ could reconstruct those privileged communications by obtaining a new warrant directly from Apple.
Woodward is still around, doing the dirtiest work in Todd Blanche’s corruption factory.
Timeline
May 21: Gabriel Diaz ordered to open seashells case in EDNC.
August 7: Ellis Boyle appointed.
August 11: Ellis Boyle sworn in.
September 18: Diaz does first search for 86 in Gambino files, CCs FAUSA Phil Aubart.
October 6: Nate Lemons and Gabriel Diaz file notice of appearance in EDVA.
October 12: Lemons applies for Filter Protocol.
November 11: April Floyd opens seashells case as full investigation.
November 17: DOJ obtains first preservation order from Apple; Floyd receives Secret Service file.
November 24: Judge Currie dismisses the EDVA case.
November 26: Dan Richman moves to get DOJ to delete his records.
January 2026: Both Lemons and Diaz resign from DOJ.
January 2, 2026: Stan Woodward files notice of appearance in Richman suit.
January 5, 2026: Ellis Boyle nominated.
January 20: Lindsey Halligan resigns.
February 20: Judge Kollar-Kotelly permits DOJ to delete materials from Richman; DOJ obtains second preservation order from Apple.
March 23: Agent Floyd obtains warrant for Apple materials preserved after EDVA case.
April 2: Pam Bondi fired; Joe DiGenova explains it is because of Grand Conspiracy probe.
April 13: Aubart and Floyd interview Person-1.
April 14: FAUSA Phil Aubart submits more search terms for Sentinal.
April 17: Blanche appoints Joe DiGenova to run Grand Conspiracy.
April 20: Joe DiGenova sworn in.
April 24: Matthew Petracca still Special AUSA.
April 26: Petracca made AUSA.
April 27: Something secret happens; Ellis Boyle’s nomination sent to Senate.
April 28: Jim Comey indicted in North Carolina.
May 11-15: Petracca moves off the case to Civil Division.
May 13: Aubart interviews Sam Gravano.
May 18: Ellis Boyle confirmed.
May 20: Sealed document in Richman suit; April Floyd obtains warrant for Google.
May 22: Sealed document in Richman suit.
June 3: Todd Blanche nominated.
June 5: AUSA Tim Severo explains that no one from the investigative team reviewed the Apple returns before the indictment.
June 18: Sealed document in Richman suit.
August 10: Todd Blanche confirmed.
The post Flyspeck! DOJ Has Nothing — Except Todd Blanche’s Audition — to Explain Why They Sold Seashells by the Seashore appeared first on emptywheel.
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Noyer l'urgence dans l'urgence, intervenir pour que rien ne change
Critique de l'humanitaire et son monde : un texte publié par Terrain Vague - 1er septembre 2026
Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.
NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES
Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :
1.SPECTACULARISER
La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.
2. INDIVIDUALISER
Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.
3.TRANSFORMER EN DÉRIVE... OU NORMALISER
Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.
4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT
Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.
L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.
Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.
SAUVER POUR NE RIEN CHANGER
Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.
À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.
Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement.
La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION
En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire. C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens ! Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes… On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.
Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes.
L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.
Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.
L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA
Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.
Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.
Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.
Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.
Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.
Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?
DÉPASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE
Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.
Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.
Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences.
Wilden - TERRAIN VAGUE
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Tags en solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes
Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes 2026, nous sommes sortis dans les rues de Caen écrire des tags sur les murs, pour évoquer la situation d'anarchistes enfermé-e-s en Italie, en Indonésie, en Grèce, au Chili, et notre haine du système carcéral.
Entre autres :
« Solidarité avec Dimitra et Marianna emprisonnées par l'état grec Ⓐ »
« Solidarité avec les anarchistes de « Chaos Star » en Indonésie »
« Solidarité avec tous les prisonnier-e-s de la guerre sociale »
« Solidarité avec Pietro, prisonnier en Italie »
« Feu au 41bis
Feu aux QLCO
Feu aux prisons Ⓐ »« Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes au Chili »
« Anna Beniamino
Alfredo Cospito
Liberté ! Ⓐ »« Crève la taule Ⓐ »
« Fransciso y Monica a la calle ! Ⓐ »
« Monica y Franciso a la calle ! Ⓐ »
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Is Jon Ossoff the key to Democratic success in 2028? | Politics Weekly America
This week, Jonathan Freedland speaks to David A Graham of the Atlantic about why Jon Ossoff decided to take the fight to Donald Trump in August, and why this has rattled Republicans
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«Il y a pas mal de fric à se faire»: les curieuses pratiques du député RN José Beaurain
D’anciens collaborateurs accusent le parlementaire de l’Aisne de s’être enrichi sur les fonds de l’Assemblée nationale. L’un d’eux raconte à «Mediapart» s’être vu proposer un coup immobilier sur la vente de bâtiments publics. L’élu d’extrême droite conteste, et a annoncé déposer plainte pour diffamation. -
[Nantes] Levée de fonds festive antiraciste
Le vendredi 04/09 à Askip, Mouna ُمنى, Aïnhoa, Ludi et Oki Kuhu organisent une soirée de soutien à 3 collectifs anti-racistes nantais : Isonomia et le collectif Anti CRA, à qui les fonds collectés seront reversés, ainsi qu’Urgence Palestine, qui tiendra un stand de produits palestiniens (keffieh, bijoux, broderies) pendant l’évènement.
Les trois collectifs ouvriront la soirée par des prises de paroles et temps d’échange libres, et le reste de la nuit sera rythmé par les DJ sets survoltés de nos 4 artistes. Au programme : afrobeats, baile funk, amapiano, caribbean rythms, raï, rap, house, bass music… de quoi se vider la tête en secouant les hanches 🤪
Durant la soirée, de la petite restauration sera mise en vente pour les amoureux.ses de nourriture caribéenne. Privilégiez le cash ici aussi les gourmand.es ! 😏
Venez donner du love à ces collectifs locaux et partager ce moment pour une lutte antiraciste festive ! On va pouvoir gueuler, peut-être pleurer, manger et twerker ensemble 💓 Et fuck un facho tous les joursss!!
📝Rendez-vous :
VENDREDI 04/09 de 18h à 2h
ASKIP, 2 allée Frida Kahlo 4400 Nantes
Prix libre – CASH & PAYPAL ONLY 🙏🏽
Le prix libre permet de récolter les fonds qui seront redistribués aux associations. Venir à cet événement c’est les soutenir ! -
Bio : les ventes en hausse de 3,6 % en 2025
Le marché alimentaire bio est reparti à la hausse en 2025, après plusieurs années de recul. Selon le rapport Évaluation de la consommation des ménages de produits alimentaires biologiques en 2025, publié en ce début septembre par l'Agence bio, les ventes au détail ont atteint 12,617 milliards d'euros en 2025, soit +3,6 % par rapport à 2024. Cette progression combine une hausse des prix de 1,6 % et une augmentation des volumes de 2 %, alors que ces derniers étaient en recul continu depuis (…)
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« La ministre fait le choix d'enterrer plus de 80 % des paysans »
Face à la violence des aléas climatiques, le plan d'urgence agricole annoncé par le gouvernement n'est pas à la hauteur, estime le syndicaliste paysan Thomas Gibert. Avec le chercheur Iñaki Garcia de Cortazar Atauri, il esquisse des pistes d'adaptation à cette nouvelle donne climatique.
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1,2 milliard d'euros. C'est la somme des aides d'urgence annoncées par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, vendredi 4 septembre, face à la catastrophe agricole de cet été infernal. Le plan, (…) -
Manifestation contre le génocide à Gaza
Manifestation le 5 septembre 2026 à 15h place Darcy contre le génocide à Gaza, contre l'occupation en Cisjordanie et les destructions au Sud-Liban : Manifestons aussi contre l'empoisonnement de la terre et de l'eau.
Collectif 21 pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens
Manifestation le 5 septembre 2026 à 15h place Darcy
Contre le génocide à Gaza,
Contre l'occupation en Cisjordanie et les destructions au Sud-Liban :
Manifestons aussi contre l'empoisonnement de la terre et de l'eau.La Bande de Gaza dévastée est contaminée par des métaux toxiques et des munitions non explosées, et seuls 3% de sa superficie sont désormais exploitables.
En Cisjordanie, l'état d'Israël déverse depuis 59 ans ses déchets toxiques.
Dans le sud d'Israël, des pesticides sont pulvérisés sur les cultures des Bédouins pour les forcer à partir.
Dans le sud du Liban, l'armée d'Israël brule forêts et vergers.
Ces ravages incurables porteurs de maladies et de mort constituent un crime contre l'humanité !
La communauté internationale doit intervenir pour assurer la protection des peuples en danger.
Quand le droit international est bafoué et que la terre est détruite, nous sommes tous fragilisés.C'est pourquoi le collectif-paix 21 pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appel à une manifestation le SAMEDI 05 SEPTEMBRE 2026 : DEPART 15H00 PLACE DARCY.
LE PEUPLE PALESTINIEN A BESOIN DE NOUS TOUS.
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Emballement sur les réseaux sociaux : comment la rumeur d’une fillette « enlevée », à Croix, dans le Nord est devenue virale

Source :Compte Facebook, le 27 août 2026
Etiqe :erroné
Contenu :
« Enlèvement en live d’un enfant/fille à Croix rue Raspail. J’ai essayé de le courser à pied malheureusement j’ai pas réussi à le stopper. Partagez. » Ce message a été publié ce mercredi 26 août, dans un premier temps sur le réseau social Snapchat, avant d’être largement relayé sur Facebook et notamment dans les groupes locaux. Avec ce texte, une photographie d’une grosse voiture ainsi que sa plaque d’immatriculation signalée en gras et surligné en jaune, pour appeler à la vigilance des habitants.
La page Facebook Roubaix Web, suivie par plus de 203 000 personnes, avait notamment relayé cette image, avant de la supprimer pour ne laisser que le texte bien plus nuancé. « À Croix, des riverains lancent un appel. Une personne aurait été kidnappée. La publication circule sur les réseaux », peut-on lire.
Les publications ont alerté cette petite commune de 20 500 habitants, en périphérie de Roubaix, dans le Nord, donnant lieu à de nombreuses spéculations. « Il aurait grillé un feu rouge et pris l’autoroute », a commenté un internaute. « On laisse ce genre de dégénéré circuler librement encore un qui avait déjà des antécédents et qu’on laisse dehors », présume une autre. Pourtant, aucun enlèvement n’a en réalité été signalé.
Le procureur dément
Face à la propagation de la rumeur, le procureur de la République de Lille a démenti qu’une fillette ait été enlevée à Croix. « Il apparaît que circule sur les réseaux sociaux une photographie d’un fourgon, son immatriculation avec un commentaire faisant état de l’enlèvement d’une fillette à Croix. Ces informations sont fausses. Je tenais à le préciser officiellement et à inviter tout un chacun à s’abstenir de rediffuser cette photographie et son commentaire », a réagi le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, dès le jeudi 27 août, comme le rapportent Lille actu et Ici Hauts-de-France.
Il a également tenu à ajouter que « la diffusion de fausses informations est pénalement réprimée » et a appelé à la prudence face à la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux.
La Voix du Nord a de son côté rapporté le témoignage de deux personnes qui affirment avoir assisté à la scène et se disent « traumatisées ». Ils racontent : « Une jeune fille entre 15 et 18 ans hurlait dans la camionnette, on a entendu ‘Maman, au secours, aide-moi !’ elle tapait contre les vitres à tel point que le véhicule bougeait ! Ensuite quand les riverains se sont approchés la voiture est partie en trombe en grillant un feu rouge, quand je vois ça, pour moi c’est un enlèvement. » Auprès du journal local, ils assurent toutefois ne pas avoir vu la jeune fille être forcée de monter dans le véhicule.
Après ce témoignage, le procureur a à nouveau voulu rassurer : « Tout a été vérifié, les protagonistes ont été entendus et il n’y a aucun enlèvement établi. » Et il précise que « tout le monde va bien ».
Auteurs :
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Emballement sur les réseaux sociaux : comment la rumeur d’une fillette « enlevée », à Croix, dans le Nord est devenue virale est apparu en premier sur Les Surligneurs.
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Six people refused to get off ICE deportation plane – now they’re held in limbo in Equatorial Guinea
Believed to be first US deportations to fourth country, six face ‘horrific conditions’ in Equatorial Guinea, say lawyers
In late August, around 20 people were put on a flight in the US, shackled at the wrists, waist and ankles, and sent to Liberia as part of one of the largest third-country deportation arrangements of Donald Trump’s second term.
Although more than 23,000 people have been sent to 26 countries other than their own since last year, that day saw something that had not happened before: six people refused to get off the plane – and were instead taken to another country.
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Stowaway - Squattez le hublot d'un vol qui n'est pas le vôtre
Hey, j'sais pas si vous avez vu, mais il y a un avion qui passe au-dessus de votre toit en ce moment même ! Et youpi, merci la vie, Stowaway vous propose de vous téléporter dedans afin de vous asseoir à son hublot. Et n'allez pas croire que c'est une simple simulation codée à la va-vite... Non, le rendu est hyper réaliste puisque le ciel, la météo et la lumière sont également ceux que vous avez chez vous au même instant.
Sur Stowaway, vous cliquez un appareil, la caméra le rattrape, et vous embarquez. C'est aussi simple que ça ! Ensuite vous tournez la tête à la souris, vous zoomez à la molette, et le relief défilera dessous. Les satellites passeront aussi, avec même leur nom affiché à côté.
Vous pouvez même choisir votre position dans l'avion : cockpit, aile gauche, aile droite ou arrière de l'avion,
Le mieux c'est que vous n'êtes obligatoirement pas coincé au-dessus de chez vous puisque le panneau de localisation accepte un nom de ville, ou une latitude et une longitude tapées à la main au dix-millième de degré. Dans sa version basique, le site est entièrement gratuit, mais si vous voulez pouvoir faire de la recherche par numéro de vol, suivre la route origine-destination de l'appareil, avoir un terrain photoréaliste avec les vrais bâtiments, ainsi que Roger, un assistant à qui on demande des choses en langage courant, il faudra vous acquitter de 4,99 $ par mois.
Après Marco qui m'a envoyé l'info m'a aussi donné sa combine : vous repérez un vol en cours sur un globe 3D qui suit le trafic , vous relevez les coordonnées d'un point qu'il survole, vous les collez dans Stowaway, et vous cliquez sur l'avion. Ça permet de se passer de la recherche par numéro de vol.
Et ça, c'est la vue d'un satellite.
Après, ce qui est dommage, je trouve, c'est que la version gratuite ne permet d'avoir qu'une imagerie satellite qui est certes libre, mais beaucoup moins fine, et qui est posée sur un relief calculé et sans les bâtiments. Mais bon, ça fait quand même le taf !
Les avions, eux, viennent d' airplanes.live , avec adsb.lol en secours, deux agrégateurs communautaires dont les récepteurs sont construits et hébergés par des passionnés. Les orbites des satellites, quant à eux, viennent de CelesTrak, la météo d'Open-Meteo.
Du coup la limite c'est que les positions arrivent en retard, incomplètes, ou pas du tout, et beaucoup d'appareils n'apparaissent jamais... Ce n'est donc pas un remplacement pour Flightradar24 mais plutôt un site pour kiffer... En tout cas, moi, j'aime beaucoup sa vibe un peu chill avec le bruit des oiseaux, le vent, les jolis nuages, le soleil, etc. C'est vraiment très chouette.
Et si vous voulez juste voir à quoi ça ressemble sans rien régler, une place au hublot tourne en direct sur YouTube, 24 h sur 24, avec le son de la cabine.
Ah et Stowaway, ça veut dire passager clandestin... Bien trouvé !
Merci à Marco pour le partage !
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Canicules, mégafeux, sécheresse extrême : plus de 15 millions de Français éco-anxieux pendant cet été apocalyptique, un record
L’éco-anxiété a atteint un niveau inédit en France cet été. © Andrej Ivanov/AFP
C’est une détresse mentale face aux enjeux environnementaux qui peut se manifester par la peur, l’isolement social, voire une difficulté à dormir et à vivre sereinement. Au cœur de l’été, l’éco-anxiété a touché la population française à un niveau inédit. C’est ce que vient de conclure l’observatoire de l’éco-anxiété (Obseca). L’organisme avait réalisé en 2024 la première étude française de référence sur le sujet, en partenariat avec l’Agence de la transition écologique (Ademe). Il vient de renouveler l’enquête et en dévoile les premiers résultats, avant une publication définitive fin septembre.
Comme pour l’étude précédente, l’Obseca a utilisé «l’échelle d’éco-anxiété de Hogg» pour son analyse. Cette méthode permet de mesurer le niveau d’angoisse des sondé·es, selon l’intensité des symptômes (inquiétude, trouble du sommeil, sentiment de responsabilité personnelle, etc.). En tout, 1 019 personnes ont été soumises à un questionnaire en pleine troisième vague de chaleur de l’été, du 17 au 24 juillet (faire le test pour connaitre son propre niveau d’éco-anxiété).
Les résultats, ensuite extrapolés à l’ensemble de la population, permettent d’estimer à 15,1 millions le nombre de personnes qui se reconnaissaient, au cœur de la troisième vague de l’été, dans les symptômes de l’éco-anxiété. Cela correspond à près d’un·e Français·e sur trois âgé·e de 15 à 64 ans. Un nombre en hausse de 20% par rapport à la précédente étude du genre conduite fin août 2024 – hors période de canicule.
«Le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français»
Ces résultats sont le signe d’une «bascule», explique à Vert Pierre-Eric Sutter, psychologue et psychothérapeute, spécialiste de l’éco-anxiété et co-auteur de ces travaux. Ils montrent «que le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français ; qu’ils ont compris qu’ils n’échapperaient plus à ses effets», poursuit-il.
Dans le détail, c’est la proportion de personnes «moyennement éco-anxieuses» et «fortement éco-anxieuses» qui a le plus augmenté (+2,6 millions). Le nombre de personnes «très fortement éco-anxieuses» est resté relativement stable – preuve de l’existence d’une éco-anxiété sévère «structurelle» dans la population, analyse Pierre-Eric Sutter. À l’autre bout de l’échelle, le nombre de personnes «très peu» à «peu» anxieuses a diminué, passant de 70% de la population en 2024 à 64% cet été.
Peu de différences selon le genre, le territoire ou la catégorie socio-professionnelle… «Tout le monde est concerné par l’éco-anxiété», atteste Pierre-Eric Sutter. La catégorie des 15-24 ans est toutefois la plus touchée et l’est «significativement plus que celle des 35-64 ans», détaille l’enquête. En tête des préoccupations des sondé·es : les incendies (très inquiétants pour 47% d’entre elles et eux), les canicules (44%) et l’extinction des espèces (41%). De manière générale, «plus vous vous intéressez à l’environnement, plus vous avez des chances de devenir éco-anxieux», analyse le psychothérapeute.
Transformer l’angoisse en action
L’étude a estimé à 420 000 le nombre de personnes présentant un «risque psychopathologique», soit celui de basculer vers une dépression ou un trouble anxieux. Un chiffre qui n’a pas augmenté sous l’effet des catastrophes de l’été, mais qui reste «alarmant», selon l’étude.
Pour faire face au sentiment d’angoisse, le meilleur remède est de «passer à l’action», conseille vivement Pierre-Éric Sutter. Et d’insister : «C’est ainsi qu’on évite de tomber dans une peur maladive qui sidère et empêche d’agir.»
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Figure réserve jusqu’à 100 000 GPU Nvidia : un contrat pouvant atteindre 6 milliards de dollars pour entraîner ses robots humanoïdes
La start-up américaine de robotique humanoïde Figure a annoncé le 3 septembre un partenariat pluriannuel avec Nscale qui doit lui permettre d’accéder au maximum à 100 000 GPU Nvidia basés sur l’architecture Vera Rubin.
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🤿🪶La rentrée littéraire de La Déferlante
C’est ainsi que, en plein cœur de l’été puis dès son retour au travail, notre équipe a compulsivement tourné, corné, annoté des pages, dans l’espoir de vous proposer une sélection digne des meilleures chroniques littéraires du Masque et la Plume. En un poil plus woke, vous verrez…
Promis – même si ce n’est pas l’envie qui nous manque – on ne fera pas ici la promo de Les mauvais jours finiront, le passionnant recueil de six mois de correspondance entre Alice Zeniter et Phœbe Hadjimarkos Clarke, à paraître dans quelques semaines à La Déferlante Éditions
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Mais on vous parlera d’ouvrages (romans, essai, bande dessinée) qu’on a lus cet été et qui valent, selon nous, que vous vous dérobiez quelques heures aux impératifs de la rentrée. Quitte à répondre à celles et ceux qui vous dérangent : « Débrouillez-vous, je ne suis là pour personne ! »Très bonne(s) lecture(s),
Signé
: toute l’équipe de La Déferlante
Le Livre des souterrainsAvec un art consommé du pastiche et grâce à une prodigieuse construction romanesque, Phœbe Hadjimarkos Clarke livre un récit féministe d’une grande force, qui fait du corps féminin un territoire de fiction, de désir et de puissance. Tout en saisissant avec acuité les grands maux de notre monde contemporain (surchauffe de la planète, technofascisme et racisme antimigrants), son Livre des souterrains nous fait perdre nos repères et traverser bien des frontières. Affreusement jubilatoire.
→ Le Livre des souterrains, Phœbe Hadjimarkos Clarke, Éditions du sous-sol, 2026. 21,50 euros.
Toute une vie à chercherRothko Taylor a longtemps été tenu⋅e éloigné⋅e de la petite station balnéaire qui l’a vu⋅e grandir. À sa sortie de prison, iel a 36 ans et n’est plus l’adolescent⋅e qui marchait à côté de sa vie. Dans ce deuxième roman, le poète et rappeur britannique Kae Tempest raconte l’âpreté d’une adolescence trans dans l’Angleterre du début des années 2000, les liens familiaux contrariés, la découverte de soi dans les yeux d’une aimée et, peu à peu, la douceur d’un retour à la vie. Truffé de citations musicales, hanté par le flow mondialement célèbre de son auteur, ce récit écrit à la serpe nous jette sans ménagement dans les montagnes russes émotionnelles de son antihéros. Un voyage dont on sort étonnamment apaisé⋅e.
→ Toute une vie à chercher, Kae Tempest, trad. Madeleine Nasalik, Éditions de l’Olivier, 2026. 23 euros.
PossédésDans ce premier roman, Laetitia Faure raconte sa propre histoire : celle d’une femme qui cherche désespérément à soigner les blessures de son enfance.
Elle entremêle les souvenirs de sa vie de petite fille, dans une villa cossue de Cannes où tout n’est qu’apparences, et ses consultations de thérapeutes en tous genres (du magnétiseur en visio au kinésiologue). Avec beaucoup d’autodérision et de subtilité, l’autrice raconte ses errements dans le développement personnel, mais aussi le poids de la religion et des silences familiaux. On plonge avec elle dans les années 1980 pour découvrir la violence d’une éducation soumise à la loi de Dieu et du père, qui décident de tout – y compris des vacances obligatoires dans les lieux saints et les retraites spirituelles. Possédés raconte l’histoire d’une évasion, que l’on suit avec intérêt.
→ Possédés, Laetitia Faure, Seuil, 2026. 21,50 euros.
En attendant Marky MoonMark est mort. Mais ce qui rend Renata inconsolable, c’est que son meilleur ami ne vienne pas lui rendre visite sous forme de fantôme. Car des fantômes, Renata en croise partout, tout le temps. Et encore plus depuis que la communauté queer de New York, dans laquelle elle évolue, est décimée par une épidémie qui n’a pas encore de nom.
Natalie Adler, dont c’est le premier roman, nous entraîne dans le New York du début des années 1980. Le sida et la gentrification galopante sont en train d’abîmer de manière irréversible des modes de vie alternatifs, héritages des décennies précédentes. Le chagrin et la dérision se mêlent dans ce magnifique portrait de communautés qui tentent de déjouer la catastrophe avec un certain panache.
→ En attendant Marky Moon, Natalie Adler, trad. Caroline Bouet, Phébus. 23,50 euros.
Petit Manuel de lutte contre l’islamophobiePourquoi le racisme antimusulman est-il souvent nié, au point de disqualifier le concept d’islamophobie ? Comment réagir et comprendre les effets de cette discrimination spécifique ? Quels liens entretient-il avec le complotisme ? Le Petit Manuel de lutte contre l’islamophobie d’Hanane Karimi est une boîte à outils très utile pour comprendre et lutter. En posant un cadre historique clair, la sociologue démontre comment l’islamophobie d’État peut basculer dans des pratiques autoritaires. Un livre à garder dans sa poche pour les jours où on a besoin de prendre du recul et d’agir.
→ Petit Manuel de lutte contre l’islamophobie, Hanane Karimi, Éditions du commun, 18 euros. À paraître le 18 septembre.
Une grossesse sur quatreDès les premières pages, l’enquête de Camille Drouet Chades, illustrée par Manon Mugnier, nous met face à un problème de société majeur : l’invisibilisation médicale et politique des arrêts spontanés de grossesse (autrement appelés « fausses couches »). La journaliste a elle-même expérimenté l’indifférence de certain⋅es de ses proches et du monde médical lors de plusieurs de ces épisodes. Avec, comme pour des centaines de milliers de femmes chaque année, des conséquences graves sur sa santé physique et mentale. Poussant au-delà du récit intime, l’enquête dévoile l’indifférence politique à l’égard de la santé des femmes, mais également l’indigence d’un système de santé, forcé, par manque de moyens, de négliger certain⋅es patientes. Une bande dessinée à mettre entre toutes les mains !
→ Une grossesse sur quatre. Enquête sur le tabou de la « fausse » couche, Camille Drouet Chades et Manon Mugnier, La Revue dessinée/Casterman. À paraître le 9 septembre. 25 euros.
Erratum
À propos de l’article « Non-représentation d’enfants, le combat des mères protectrices », publié dans le n° 23 de la revue La Déferlante, à paraître ce vendredi 4 septembre 2026.
Des erreurs concernant plusieurs éléments factuels et judiciaires nous conduisent à publier le présent erratum. Dans la version papier de l’article, des informations relatives à la situation d’une mère – qui témoigne sous le nom de Cynthia – et de son fils ont été rapportées de manière inexacte ou incomplète.
Nous précisons que, contrairement à ce qu’expose l’article, le père du fils de Cynthia n’a fait l’objet d’aucune condamnation pénale pour violences conjugales. La procédure correspondante s’est conclue par un non-lieu. L’article affirme par ailleurs que, concernant les faits dénoncés par le fils de Cynthia, « la plainte avait été immédiatement classée sans suite ». C’est une erreur, puisqu’une information judiciaire, portant notamment sur des faits qualifiés de viol sur mineur, est actuellement en cours. L’article attribue à « un expert » la recommandation de ne pas remettre le fils de Cynthia à son père. Cette formulation est inexacte : la non-remise de l’enfant faisait suite à des instructions écrites des services de police demandant à Cynthia de ne pas remettre l’enfant à son père. La chronologie des faits rapportée dans l’article est également incomplète et susceptible d’en fausser la compréhension : la décision du juge aux affaires familiales du 29 août 2023 de placer l’enfant au domicile du père aurait dû faire apparaître qu’une information judiciaire concernant les faits de violence dénoncés à propos du fils de Cynthia était alors en cours. Enfin, l’article évoque une « contre-expertise » psychiatrique concernant Cynthia sans préciser que deux expertises psychiatriques indépendantes ultérieures ont conclu à l’absence de toute pathologie, dont l’une avait été ordonnée judiciairement.
La version de cet article disponible en ligne sur notre site a été corrigée le
27 août 2026, à partir des précisions apportées par Cynthia. Nous la remercions et lui présentons nos excuses sincères pour les erreurs présentes dans la version initiale de l’article. -
Patrick Bruel annule sa tournée. Le combat pour la loi intégrale continue
Alors que l'attention médiatique s'attarde sur Patrick Bruel, les militantes rappellent l'urgence : obtenir une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles dotée de véritables moyens.
L’article Patrick Bruel annule sa tournée. Le combat pour la loi intégrale continue est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
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Rentrée de la Chorale des Canulars
C'est la rentrée de la chorale des canulars.
Venez chanter avec nous les lundis à 19h30 à la comète, au 4 rue Nérard à Lyon 9.
Au programme un apéro partagé de 19h30 à 20h30, puis la transmission de nouveaux chants et la reprise de nombreux chants de lutte.
Les repet sont ouvertes à toustes, sans prérequis, juste l'envie de lutter en chanson.
pour plus d'infos : https://lachoraledescanulars.fr/ -
Après de la prison pour un banderole : un procès inédit sous X qui finit en relaxe
« Comme le parquet général a fait appel, il y aura un second jugement par la cour d'appel de Grenoble qui pourra remettre en question l'ensemble des conclusions présentées ici.
Le dossier est particulièrement complexe tant les premières procureures en charge du dossier ont fait du zèle. Ici, on se concentre surtout sur la question du fichage et pas sur le blocage en tant que tel, ni sur le récit de la répression en gav ou en prison.
Le résumé des éléments clés sont en fin d'article. »SYNTHÈSE DES FAITS :
Le jeudi 14 mai, 8 personnes bloquent un pont névralgique de Valence avec une banderole, et 2 personnes se suspendent au dessus de l'A7. Dans le cadre d'un week end de mobilisation contre le projet de déviation routière de St Péray.
Sur le pont, il est 6h30 et le traffic est très faible. En 5 minutes une première voiture de flics arrive mais l'action se poursuit. Sous le pont, sous les "écureuil.les", une voie est banalisée sur l'A7 par les flics et les agents d'autoroute ce qui créé de gros bouchons en ce WE de pont. Après 1h de laisser-faire, 6 personnes sont interpellées sur le pont et les 2 "écureuil.les" sont capturé.es autour de 8h30 par la CNAMO.En garde à vue, 7 des 8 interpellé.es gardent le silence, y compris sur leurs identités, et refusent la prise de signalétique (photos, empreintes). Les auditions, en présence de leur avocat, sont filmées à la demande du parquet, ce qui est inédit pour ce type de profil (personnes majeures + "petit" délit). Plus tard iels apprennent sur les PV des flics que des captures d'écrans prélevées de ces enregsitrements ont servi à de la comparaison faciale avec le TAJ, ou qu'elles ont été envoyées à un services de police du coin pour avis (probablement les renseignements territoriaux).
« A l'avenir on zieutera sur la table si y'a pas une caméra qui est déjà en train de filmer avant de s'assoir pour une audition. »Par la suite, 3 personnes se voient assigner une identité en procédure par comparaison faciale algorithmique avec le TAJ. Et 2 autres via une comparaison photo envoyée par un service de la police nationale de la Drôme. Si ce service mystère prend la peine d'utiliser le conditionnel dans son PV, la suite de la procédure se passera de ces précautions. Une 6e identité est assignée sans aucune précision dans les PV, ni photo de comparaison. La 7e personne silencieuse reste sans identité assignée.
A partir de là, en plus des numéros abritaires initiaux (XH1, XH2, XF1...),les procès verbaux utilisent les identités assignées et appellent les camarades avec ces noms là.
Après 36h de GAV et avant le déferrement du vendredi soir, 1 personne (faussement) reconnue par les renseignements et la 7e personne silencieuse donnent finalement leurs vraies identités. Le parquet requiert le placement en détention provisoire des 8 interpellés (pour une banderole), et la Juge de la Détention et des Libertés le suit pour les 5 qui n'ont pas confirmé leur identité et place en contrôle judiciaire les 3 autres (couvre feu, interdiction de paraitre à Valence où certaines travaillent,etc). Les 5 passeront 3 nuits en maison d'arrêt avant leur comparution immédiate (CI) du lundi, poursuivi.es pour entrave à la circulation, mise en danger de la vie d'autrui et refus de signalétique (photo/empreinte + ADN).
Avant l'audience de la CI, une des personnes incarcérées qui s'était vue attribuer une mauvaise identité par le TAJ, a donné sa réelle identité à la maison d'arrêt.
En comparution immédiate, devant le fiasco de la révélation de deux mauvaises identités et dans le doute évident des autres (âge délirant etc), le parquet demande un report pour continuer ses recherches sur les identités et demande, sans argumenter, le maintient en détention provisoire. Le tribunal accepte le report, demande de pousuivre l'enquête et lève toutes les détentions et les contrôles judiciaires. Nos camarades sont libéré.es le lundi à 20h après un passage en prison pour la levé d'écrou (=les papiers de sortie de prison).
Pendant ce délai de report, le seul acte d'enquête réalisé est le croisement avec le TAJ, des empreintes prélevées en prison (c'est obligatoire pour les détenu.es). Mais les matons des deux prisons (Valence et Lyon-Corbas) communiquent des scans illisibles ou tout noircis, et les procès verbaux des enquếteurs expliquent qu'iels ne peuvent rien en tirer.
L'audience du 6 juillet se déroulera donc sans plus de précisions pour les 4 silencieux.ses. 3 d'entre elleux décideront quand même de se présenter à l'audience afin de s'exprimer sur la lutte et la répression. Mais maintiendront leur silence quant aux questions sur leur identité, leur taf, logement, famille etc.
Pendant l'audience, l'avocat prouve qu'une des identité assignée est fausse en présentant un relevé bancaire correspondant à la période de détention et la pièce d'identité de la personne faussement poursuivie. Cette troisième identité discalifiée renforce le discrédit sur la procédure. A noter que cette personne usurpée avait pourtant demandé et obtenu l'effacement de son TAJ, donc sa photo n'aurait pas dû s'y trouver.
LES REQUISITIONS
La procureure, manifestement en mauvaise posture, insiste pour que les personnes soient condamnées et persiste à demander de la taule pour une banderole : trois mois de prison avec sursis et 500 € d'amende. Et ce, malgré les erreurs manifestes concernant leurs identités, arguant qu'iels devront « gérer avec leur conscience » le fait de faire condamner de mauvaises personnes à leur place (sic). Y compris donc la personne usurpée dont on sait qu'elle faisait ses achats à l'autre bout de la France pendant les 5 jours d'enfermement.
LE JUGEMENT DES PERSONNES SOUS X
Le tribunal accepte la demande de nullité des avocat.es : il estime notamment que les flics ont procédé au recueil des photos des prévenus sans accord ni information préalable des personnes concernées, en utilisant un stratagème dissimulé pour les identifier, ce qui constitue "une preuve déloyale" en droit. Et la police ne pouvait pas utiliser les films d'audition pour la reconnaissance faciale car cela équivaut à une prise de signalétique de force, ce qui n'est possible que pour des délits réprimables de 3 ans de taule ou plus, et sous réquisition du parquet (article 55-1 du Code de procédure pénale). Les éléments de procédure obtenus grâce à ces procédés sont donc annulés.
Par ailleurs, le tribunal considère qu'il ne peut pas juger une personne sans preuve suffisante de son identité. Les 2 qui ont obtenu la nullité de la reconnaissance faciale et les 2 autres qui se sont vu attribuer une identité par les renseignements ou sans méthode connue sont donc relaxées. A ce stade rien n'indique si les identités assignées étaient vraies ou fausses.
Concernant les 4 autres personnes dont l'identité était désormais connue à l'audience :
Sur la signalétique :
- Elles ont été relaxées pour le refus d'ADN (relevé biologique) parce qu'aucun procès verbal ne mentionnait ce refus. Le parquet avait fait un amalgame entre "signalétique" et "relevés biologiques" et avait poursuivi les inculpé.es pour les deux. Et les copaines ont souligné à l'audience qu'on ne leur avait jamais demandé le prélèvement ADN.
- Elles ont aussi été relaxées pour le refus de signalétique (emreintes/photo), car aucun procès verbal ne mentionnait qu'elles avaient été informées que le fait de refuser de donner sa signalétique était un délit. A noté que dans son réquisitoire, la proc avait même demandé la condamnation pour refus de signalétique de la seule personne qui avait accepté photo et empreinte pendant la GAV...
Sur les faits de blocage :
- Les copaines ont été relaxé.es pour "mise en danger de la vie d'autrui". Les juges ont souligné que c'est un délit qui demande que le parquet justifie quelles lois ou règles de sécurité ont été délibéremment enfreintes pour mettre en danger la vie d'autrui, ce que la procureure n'avait même pas pris le soin de faire dans son réquisitoire.
- Iels ont été relaxé.es pour l'entrave à la circulation au nom de la liberté d'expression. Le tribunal a estimé que l'infraction était caractérisée, mais avec une nuisance limitée, sans "violence" ou rebellion, avec un motif lisible et d'intérêt général. Donc dans la droite ligne de la jurisprudence récente et des textes européens, entrer en voie de condamnation aurait constitué une "atteinte disproportionnée à la liberté d'expression et de manifestation".
Précisions concernant l'appel : suite au jugement, le procureur de Valence n'a pas fait appel dans ce délai de 10 jours. Cependant le parquet général de la cour d'appel de Grenoble s'est saisi du dossier et a lui-même fait appel au 20e jour (délai maximum pour le parquet général). Donc l'ensemble du dossier sera de nouveau jugé avec possiblement de nouvelles conclusions. Ce type d'appel, relativement rare, serait un signe que le procès a eu un certain écho politique et juridique. Et peut être que la jurisprudence sur l'usage de la reconnaissance faciale que cela implique ne satisfait pas les magistrat.es haut placé.es ... De notre coté ou de celui du parquet, cette affaire a de grandes chances de finir en Cassation.
A RETENIR :
- La reconnaissance faciale c'est de la merde, ça on savait, mais en plus ça marche mal. Leur logiciel et les services de renseignements ont attribué de mauvaises identités et malgré les preuves des dysfonctionnements, enquêteurs et parquet n'hésitent pas à fonder entièrement leur procédure dessus, quitte à faire condamner de mauvaises personnes.
- MAIS, le tribunal a au final annulé la reconnaissance faciale parce qu'elle a été réalisé à partir des photos tirées des vidéos des auditions en GAV au motif que cela constituait une prise de signalétique de force et que, en l'occurence, le délit ne permettait pas la prise de force (peine encourue inférieure à 3ans).
- Le tribunal a considéré qu'il ne pouvait pas juger des personnes sans identité fiable.
- Le tribunal a considéré que le délit de refus de signalétique n'était pas constitué parce qu'aucun procès verbal ne mentionnait explicitement que le caractère délictuel de ce refus avait été présenté aux GAVé.es.
- La liberté d'expression a une nouvelle fois été au coeur de la relaxe pour les faits de blocage.
D'autres infos sur les GAFAM :
https://www.facebook.com/p/Les-amies-de-la-Plaine-de-St-P%C3%A9ray-61552982354725/
https://www.instagram.com/ami.e.s_plaine_st_peray/ -
Bar de rentrée du Silure
No-G7, et si les casseuses et casseurs avaient raison ?
No-G7, et si les casseuses et casseurs avaient raison ?
Vendredi 4 septembre
18h-18h45 Présentation du collectif Silure ; intervention et retours sur No-G7
19h-22h Bar et hot-dogsSilure 2.0, Parking de l'usine Parker,
20C rue Jacques-Grosselin,
1227 Carouge📢 Le week-end No-G7 des 13 et 14 juin dernier à Genève laissera des traces. Malgré tous les obstacles, une grande mobilisation contre les guerres de Trump et Nétanyahou a traversé les rues de notre ville. Malgré les intimidations et la campagne médiatico-politique de terrorisation des esprits, des dizaines de miliers de personnes ont défié l'état d'urgence imposé par une ministre prête à réprimer son propre électorat avec l'assentiment pantouflard de la gauche institutionnelle. On a tout fait pour saboter cette mobilisation et pourtant elle a eu lieu. Qu'est-ce qu'il va maintenant en ressortir ? Comment faire durer cet élan collectif ? Et si c'était les casseurs-euses qui avaient raison ?
Bref, c'est l'heure de rembobiner la séquence qu'on vient de vivre collectivement !
Le Silure vous invite à en discuter le 4 septembre dès 18h dans le parking de l'usine Parker à Carouge. Dans la seconde partie de soirée dès 19h, bar et hot-dogs vegan à prix populaire.
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Cartographie des extrêmes droites de Grenoble
En souvenir de Flore FARAGGI, agressée dans la nuit du 20 au 21 août 1944, vers 1h30, par un groupe d'inconnus de 6 à 8 hommes vêtus d'uniformes de Waffen-SS, au 18 Grande Rue à Grenoble.
Elle fut conduite sur le pont suspendu au-dessus de l'Isère, qui relie le centre ville au quartier Saint Laurent, exécutée d'une balle dans la tête, et son corps jeté dans l'Isère. Son fils Jack, son père et sa mère connurent le même sort.
Ces meurtriers sont des membres de la Milice française et du Parti Populaire Français qui en profitèrent pour piller son logement et son commerce.
L'EXTRÊME-DROITE S'IMPLANTE
Il y a d'un côté les résultats électoraux du Rassemblement nationalou de Reconquête, très inquiétant lors des élections européennes ou législatives, et plus nettement en retrait lors des élections municipales. Nous avons aussi largement insisté sur les réseaux des catholiques intégristes, leurs diverses associations, leur volonté d'imposer leurs visions rétrogrades et leurs tentatives de contrôler la jeunesse.
Plusieurs groupes activistes et agressifs ont tenté de se constituer sur la métropole. Ils s'inscrivent dans un courant suprémaciste qui fait de la violence le fondement de leur projet. Pour l'instant, aucun de ces groupuscules n'a réussi à s'imposer.
Alimentant cette extrême-droite, plusieurs structures développent des discours complotistes et conspirationnistes. La crise du Covid a été un accélérateur : nombre des théories fumeuses et dangereuses ont proliféré et elles imprègnent largement la fachosphère.L'objectif de ce travail est de faire un état de l'extrême-droite sur Grenoble et de souligner les pratiques locales de ces groupes. Une cartographie permet d'identifier les réseaux et de proposer une grille de lecture. Au centre de ce livret, une cartographie a été réalisée pour une meilleure compréhension spatiale de notre propos
Pour imprimer le document : A4, Recto Verso, imprimer sur le bord court, ajuster à la page
LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L'EXTRÊME DROITE
Aux élections législatives de 2024, le Rassemblement ational est devenu le parti politique le plus important de la droite et de l'extrême-droite sur la Métropole de Grenoble.
Les Républicains sont complètement à la dérive et n'atteignent que péniblement les 10 % des voix. Ils sont même incapables de présenter un candidat dans la 5ème circonscription.
Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, soutenu par les responsables nationaux de la droite qui font la course avec les leaders d'extrême-droite.En 2024, les candidats du RN provenaient du parti lui même, mais aussi des anciens républicains qui avaient suivi Eric CIOTTI ainsi que de jeunes militants de l'UNI.
Les grands chefs du RN, Alexis JOLLY et Thierry PEREZ, ont préféré se présenter dans le Nord-Isère et se faire élire députés.Les partis croupions comme Via, La voie du peuple (l'ancien Parti Démocrate Chrétien de Christine BOUTIN) ou Debout la France (toujours dirigé par Nicolas DUPONT-AIGNAN le premier allié du FN/RN) sont des partis charnières qui permettent à des électeurs de glisser sensiblement vers la droite extrême.
Enfin Reconquête a quasiment disparu de la métropole ; Marine CHIABERTO, tout en étant responsable du parti en Isère, se présente aux élections à Paris (Candidate Reconquête dans la première circonscription, tête de liste dans le 9 arrondissement ème aux municipales).
Quasiment absent lors des municipales de 2020, le RN a déposé des listes en 2026. Ils savaient que leur échec était programmé, mais ils visaient plutôt le long terme. 4 listes ont été déposées sur la Métropole grenobloise :
Valentin GABRIAC, le frère de l'homme au bras tendu, récolte brillamment 5,2 % des voix à Grenoble au premier tour.
En 2014, Mireille D'ORNANO, avait obtenu 12,55 % des votes. La preuve qu'un « responsable de force de vente » est juste bon à vendre les biscuits d'une multinationale américaine.
Enzo BILLON, chef du RNJ Isère, candidat à Échirolles, était le seul candidat de la droite et de l'extrême-droite face à quatre listes de gauche.
Au second tour, sa liste obtient 27 % ; cinq élus fachos siégeront dans le conseil municipal, soit un de plus qu'après les élections de 2026. La campagne de BILLON était très poussive. Il fait nettement moins que le candidat du RN aux législatives de 2024 qui avait récolté 33 % des voix.
Alexandre LACROIX un ancien Républicain, passé par Reconquête, puis
recyclé à l'UDR (Union des Droites de CIOTTI) était la tête de liste à Saint-Martin-d'Hères. Il obtient quatre élus municipaux (21 % des voix). Le résultat est très en-dessous du score aux législatives où Édouard ROBERT, un candidat inconnu dans la circonscription avait récolté 31 % sur la ville.
Quentin FERES (les Républicains, puis Reconquête, puis désormais attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ) a conduit une liste à Domène. La liste a récolté 16 % des voix et donc deux élus municipaux.Le bilan électoral est plutôt limité, mais ces quelques élus se glissent insidieusement dans des institutions locales , une autre logique pour « dédiaboliser » le RN. L'objectif réel était de s'inscrire dans les prochaines élections sénatoriales.
Depuis sa nomination comme responsable départemental en octobre 2023, Thierry PEREZ a fait le ménage chez les militants.
Exit les « brebis galeuses » qui se répandent en blagues racistes, en insultes antisémites et en messages islamophobes. Par manque de « personnel » le Rassemblement national recrute désormais dans les rangs de l'UNI, et pas qu'un peu :
Amazigh AICHIOU (Grenoble), Emma ADROUD (Grenoble), Gaël BABUT (Grenoble), Enzo BILLON (tête de liste à Échirolles), Elise COTTAVE (Echirolles), Clara MANCEAU (Saint-Martin-d'Hère), Samuel SAKPA (Grenoble), Léa TONDEUR (Saint-Martin-d'Hères), Stéphane ZEYEN-ILANGUAROUDI (Grenoble) ;Déjà, aux élections législatives de 2024, le RN avait siphonné les cadres de l'UNI : Hanane MANSOURI (ancienne grand'cheffe de l'UNI Grenoble) élu députée à Vienne, Antoine SAUZEAU (son suppléant), Vincent CELLIER (suppléant dans la 1ère circonspection de l'Isère) ou Samuel SAKPA (lui aussi candidat suppléant).
ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 GRENOBLE
Un article de Streetpress de mars 2026 retrace l'itinéraire de la tête de liste RN : Valentin GABRIAC a frayé avec plusieurs groupes radicaux, antisémites et complotistes : Égalité & Réconciliation, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X,
Civitas, GRElive, les Patriotes…
Dans ses conversations avec ses potes il détaille ses positions : haine des LGBT, haine des francs-maçons, apologie du nationalisme pétainiste, antisémitisme, bref
tous les relents de l'extrême-droite faisandée. GABRIAC est même devenu un agent recruteur pour que les militantes du RN local rejoignent Némésis !S'il est devenu candidat, c'est parce qu'il est le délégué adjoint du RN 38 et l'attaché parlementaire du député PEREZ. Du coup, PEREZ a glissé sa femme en seconde position sur la liste – on appelle cela du népotisme !
Sur la liste RN on trouve en cinquième position Ludovic BLANCO, le président du Cercle Bayard, apôtre de « l'Union des droites ». Ancien président des Jeunes Debout la France (2015), il a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015) et aux législatives (2017 – résultat : 1,53 % des voix). Il rallie Alain CARIGNON
sur la liste municipale de 2020. Placé en 39 position, son rôle politique est alors dérisoire. Il quitte Debout la France, rejoint Les Patriotes puis adhère à Reconquête. Il gravite désormais autour des députés RN de l'Isère pour tenter d'exister.Dans la liste RN, on trouve inévitablement les militants de l'UNI, ou des militants qui avaient suivi Mireille D'ORNANO lors de sa rupture avec le FN, et certains font un retour fracassant : Pascale CURCILOSSE, Victor ARIOLI, Michèle MOIRET, Amélie TENA-SANCHEZ et François GUINARD-BRUN. Incapable de recruter de nouveaux militants, le RN récupère les fonds de tiroirs.
Enfin, pour clore cet assemblage inquiétant, Catherine GHELMA est une activiste des réseaux sociaux. Elle s'épanche dans un boulgi-boulga nauséeux : volonté de rétablir la peine de mort, hantise d'une « France qui sera musulmane demain », défense de tous les animaux à poils et haine viscérale des musulmans ; elle propose à ses lecteurs de pétitionner sur les thèmes d'extrême-droite...
La liste de GABRIAC est bien loin de l'image lisse et policée qu'il tente de vendre à
la presse locale, mais c'est l'inévitable amalgame de l'extrême-droite répugnante.L'UNI est désormais le cache-sexe du RN ! On y retrouve même des militants vindicatifs comme Paul STEIGER, toujours accompagné d'Emma PETRON, qui tente d'établir son « ordre national » en menaçant des syndicalistes étudiantes « On va tous vous planter, bande de salopes ! ».
Désormais des étudiant-e-s carriéristes lorgnent le RN avec attention : propres sur eux, avec un costard et une cravate ou un tailleur cintré, on peut viser un avenir radieux dans l'arrière-cour de la famille LE PEN ou du gendre favori de la noblesse française.
Divers cercles nationalistes ( Cercle Bayard, Cercle Algérianiste, Centre Lesdiguières et Cercle Droit et Liberté) sont les lieux d'échanges et de formations de militants de toutes l'extrême-droite locale. C'est là aussi où se noue des affinités militantes.
À L'EXTRÊME-DROITE DE DIEU …
On ne les voit pas souvent, mais ces cathos intégristes ont de plus en plus tendance à proclamer leur foi dans les rues de Grenoble, comme le 15 août.
Leurs partis politiques préférés ont souvent été l'Action Française ou les partis chrétiens démocrates. Mais désormais, ils votent sans modération pour le RN, Reconquête et s'enthousiasment pour MARÉCHAL LE PEN, la future « Jeanned'Arc du XXIe siècle » !
En 2024, 42 % des catholiques pratiquants ont voté pour l'extrême-droite : 32 % pour le RN et 10 % pour Reconquête !
La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d'enfants y sont scolarisés. L'abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010. L'inventaire des activités nauséeuses de cet individu est atterrant : messe en l'honneur de BASTIEN-THIRY(2017), un officier de l'OAS qui organisa la tentative d'assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l'antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l'homme, c'est une idée fausse, et cette
idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d'Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l'homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.En 2025, le Rectorat de Grenoble s'est enfin penché sur le fonctionnement de l'école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste. L'école fait mine basse et modifie quatre bricoles pour éviter des poursuites.
Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu'elle est la descendante d'une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d'Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l'extrême-droite.
Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé « l'Association de formation de la personne ». Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d'améliorer les conditions de travail, les parents d'élève ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé !
Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l'Isère.
Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l'abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d'actions de grâces à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c'est pas bien !Ces courants intégristes ont comme finalité de « rechristianiser » la France. Ils ont aussi une phobie sur l'enfance et la jeunesse : séparer leurs marmots du commun des mortels, les isoler dans des structures rétrogrades, qui comme la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont souvent considérées comme sectaires. Leurs écoles ne respectent pas les obligations scolaires, et lorsqu'ils sont adolescents on les confie à des structures comme les Scouts d'Europe ou au Chapitre Sainte-Madeleine.
Ces cathos intégristes adorent la messe en latin, multiplient les pèlerinages et tournent le dos à la modernité. Ils refusent toujours le droit à l'avortement, condamnent l'utilisation de la gestation pour autrui, refusent le suicide assisté pour les personnes en fin de vie…
Dans les années 1960, des cathos intégristes – par ailleurs militants anti-avortement – ont créé une association Cler Amour et famille, pour contrecarrer les activités du Planning familial. Ils défendent des « méthodes naturelles de régulation des naissances » comme les méthodes Ogino ou Billings. L' association forme des conseillers conjugaux et familiaux et des éducateurs qui interviennent auprès des adolescents comme l'association Cycloshow. N'ayant le droit d'intervenir que dans les écoles privées ses animateurs interviennent dans le programme EVAR/EVARS relatif à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Leur vision est purement essentialiste et assigne aux jeunes filles la nécessité de procréer comme le conçoit la vision catholique intégriste.
D'autres associations, telle Alliance Vita, multiplient des conférences sur des sujets de « bio-éthique »avec l'aval de l'évêché. Le responsable local est Gaêl BERNARD. Une de leur dernière manifestation publique était un happening sur la place Grenette à Grenoble.L'Association Familiale Catholique a fourni la base militante pour les mobilisations de la « Manif Pour Tous » - devenue depuis Le Syndicat de la Famille. Cette association désigne des représentants qui siègent dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
Parmi les membres du bureau de l'AFC, on trouve Arnaud BERNARD (fondateur de l'Office Catholique des Pompes funèbres, membre de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, adjoint municipal de Villard-Bonnot), Dominique PALIARD (ancien militant de l'UMP, ancien conseiller municipal de la commune de Burcin, un des leaders de la Manif Pour Tous), Blandine DE RICHECOEUR (fondatrice de l'Etoile du Berger), Élisabeth DE SOOS ( Candidate du FN /RN), ou Jacqueline NICCOLINI-DARMET (ancienne candidate du Parti Chrétien-Démocrate), bref une assemblée de catholiques combattants !Nombre de ces militants s'investissent aussi dans des organisations qui ont comme vocation d'intervenir sur les « questions sociales » : l'Ordre de Malte (« pour les démunis »), Magdalena 38 (femmes quittant la prostitution), Le Rocher, oasis des cités (pour « régler la crise des quartiers »), la Maison des familles ou l'Étoile du berger (accueil des femmes battues). Toutes ces associations, présentes sur Grenoble, sont, en partie, financées par La Nuit du Bien Commun, fondée par Pierre-Edouard STERIN, le milliardaire exilé en Belgique pour ne pas payer d'impôt et qui vise à imposer son point de vue à travers le projet PÉRICLÈS ( Patriotes, Enracinés,Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes).
Parmi ces associations « très sociales », Magadalena 38 approche les prostituées et les incite à rejoindre Solenciel, une entreprise d'insertion. Magdalena 38 a été fondée par Rodolphe BARON, qui, par hasard, est le fondateur de Solenciel.
L'Inspection du travail de l'Isère est allée regarder d'un peu plus près, et du coup, l'autorisation accordée à Solenciel a été suspendue pour cause de travail dissimulé et de multiples dysfonctionnements (octobre 2025). Décoré en 2024 par Olivier VERAN, alors ministre de la Santé, de l'Ordre du mérite, Rodolphe BARON n'a pas eu la courtoisie de renvoyer sa médaille.ACTIVISTES ET TERRORISTES
Plusieurs petits groupes d'activistes ont essayé de se structurer sur la métropole grenobloise : Verum et fida (2023), une première tentative de groupe Nemesis (2023) ou Fronte Gratiano (2025).
Le Groupe National Défense composé de lycéens fait l'apologie des chambres à gaz et appelle à la violence contre les personnes LGBT. Cherchant à montrer leur virilité, ils ont tenté d'agresser un cortège de soutien à la Palestine et multiplient des tags nazis dans les rues de Grenoble et Fontaine. Comme beaucoup de militants de l'extrême-droite nazie, ils cherchent à s'inscrire dans une « lutte contre les pédophiles », en associant confusément « élite judéo-maçonique », « immigration », « pédérastie » et soutien à Vladimir POUTINE. Leur activité principale est de participer à des groupes Télégram.
Active Club est un mouvement international animé par un suprémaciste blanc américain Robert Rundo. Son idéologie prône la violence pour combattre « le grand remplacement » et éviter le « génocide blanc ».
Afin de ne pas tomber sous le coup de la loi française, Active Club se définit comme une « communauté de jeunes blancs », « s'entraînant aux sports de combat pour se mesurer entre eux ». Ce serait donc « un groupe athlétique qui se concentre sur l'amélioration de notre peuple, et non sur l'agression d'autres personnes ». Leur devise « esprits sains, corps sains ». Ils se mettent en scène dans des vidéos d'entraînement et de combats d'arts martiaux. On dirait presque dit des scouts !
Leurs auteurs de référence ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l'ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l'OAS, d'Occident et fondateur du Front national).
Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), exaltation du suprémacisme blanc, allusion à l'OAS, fleurs de Lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car Active Club associe des militants d'origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc…
Des membres d'Active Club ont participé aux manifestations anti-migrants de St-Brévin et Callac, à la ratonnade de Romans-sur-Isère, au tabassage d'un militant libertaire à Macon, et au défilé du C9M, etc...
Active Club Dauphiné vivote. Quelques sessions d'arts martiaux dans les stades de l'agglomération, ou dans un parc, des promenades sac au dos avec les groupuscules nazis du coin (Les Allobroges Bourgoin-Jallieu, les Bayards, Valyor) ou plus exotiques (Unité Sud de Perpignan, Active Club Carpentras, les Hussards parisiens).En 2025 un autre groupe nationaliste s'est constitué : les Bayards. Ils se définissent comme des « identitaires sans concession ». Leurs activités sont plutôt nocturnes : collage d'affiches sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, pseudo-cérémonie le 11 novembre avec quatre flambeaux et une logorrhée digne de fascistoïdes en culottes courtes : « Les jeunes patriotes ont rappelé l'importance du sang. Le sang reçu, qui fait naître la nation, mais aussi le sang versé, qui la préserve et la régénère. »
Incapables de s'afficher au grand jour, les Bayards s'associent avec les groupes nationalistes de Lyon (Lyon populaire, ou le groupe Audace) et de Chambéry ( Valyor) pour essayer de gagner en notoriété, ou affichent leur soutien à la Coordination rurale comme à La Tour-du-Pin en montrant clairement qu'ils sont fachos.
Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n'en sont pas pour autant négligeables.Enfin, des organisations plus violentes peuvent émerger avec des projets d'attentat contre des personnes ou des lieux symboliques.
Un groupe constitué dans l'Isère en 2017, Les Barjols38, était animé par un retraité, Jean Pierre BOUYET, résidant à St-Georges-de-Commiers. BOUYET avait été proche de Debout la France puis s'était accoquiné avec des activistes islamophobes qui voulaient attaquer des mosquées, exécuter des migrants ou tenter un putsch militaire avec prise de l'Élysée et renversement du gouvernement par la violence. Dans leurs échanges, ils considéraient que la situation actuelle était la conséquence des actions sournoises des francs-maçons et sur leur groupe Facebook, ils avaient rassemblé plus de 5000 abonnés.
Ils décident finalement d'assassiner Macron en Moselle avec un couteau en céramique. 13 personnes sont arrêtées et plusieurs sont condamnés en 2023.Un autre groupe terroriste se structure en 2017 : il se nomme WaffenKraft, « puissance de feu » en allemand. Leur leader, Alexandre GILET (French Crusader) est un gendarme dans l'Isère, qui posait sur des photographies avec une kalachnikov devant un drapeau frappé d'un soleil noir. Ce groupe rassemblera une vingtaine de personnes.
Dans leurs messages, ils dénonçaient le « grand remplacement », reprenant à l'occasion des diatribes d'Eric CIOTTI, de Valérie PÈCRESSE, ou de SORAL.
Leurs ennemis sont les étrangers, les juifs et les homosexuels. Ils envisagent d'attaquer le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), d'assassiner MÉLENCHON, ou d'organiser un attentat dans une gare de la région parisienne.
Au cours du procès en 2023, Alexandre Gilet est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Évandre AUBERT, un ardéchois de 28 ans, décrit comme « l'idéologue » du groupe, et un mineur sont tous deux condamnés à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans fermes. Gauthier FAUCON écope lui de trois ans de prison dont un ferme. Les peines sont confirmées en appel en 2024.Enfin, six survivalistes ont été arrêtés à Grenoble en mai 2025 car ils voulaient produire des armes avec une imprimante 3D. Leur objectif était de s'équiper en matériel de guerre dans l'éventualité « d'une guerre civile ». Déjà en 2024, huit survivalistes proches d'Égalité et Réconciliation ont été arrêtés dans la Loire, la Haute-Loire et l'Isère. Ils étaient soupçonnés de vouloir mener des actions violentes comme la destruction d'un barrage hydroélectrique, et d'acheter un hameau, pour se protéger d'une guerre civile qu'ils imaginent imminente.
En janvier 2026, une habitante de Grenoble, Mélycendre, tente de relancer un groupe local de Nemesis. Ce groupuscule est dirigée nationalement par les parisiennes Alice CORDIER et Anaïs ? MARÉCHAL LE PEN. La tentative de création est pilotée par la petite fille LE PEN. Cordialement, Valentin GABRIAC se propose d'inciter les militantes du RN à les rejoindre.
Le recrutement semble pour l'instant limité, mais les cheffes nationales ont sans doute envisagé un happening local dans une ville comme Grenoble qu'elles considèrent contrôlée par des gauchistes violents. Du coup elles prospectent pour recruter d'anciens policiers ou des gendarmes et constituer une milice privée.
Plus expliquer en détail ?
Nous supposons que les autorités sont en train d'instruire une démarche pour vérifier si Nemesis fait partie des « associations ou groupements de fait :
1° Qui provoquent à des manifestations armées dans la rue ;
2° Ou qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » (Ordonnance n°2012-351 du 12-03- 2012 )
Depuis janvier, une militante de nemesis a participé à la manifestation d'Alliance - syndicat de police à Grenoble et à « l'hommage à Quentin » organisé par les groupuscules d'extrême-droite à Lyon.LES COMPLOTISTES
Cinq ans après sa création, Grelive semble s'être réduit à peau de chagrin. Les participants qui avaient milité dans ses rangs sont dispersés.
Civitas, dont les militants identifiés étaient Frank SINISI et Valentin GABRIAC, a été dissout par le gouvernement en 2023 pour propos antisémites. V. GABRIAC a rejoint le Rassemblement national ou il est devenu à la fois attaché parlementaire, délégué départemental adjoint et candidat à la mairie de Grenoble. Franck SINISI, ancien conseiller municipal FN de Fontaine, déjà condamné en 2017 à une peine de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale pour avoir proposé de financer l'accueil des Roms « avec leurs dents en or », a été placé en garde à vue le 14 janvier 2026 dans l'enquête sur le dépôt de restes de porc devant une mosquée de Fontaine. Il devait être jugé en avril 2026.
Les Patriotes 38 continuent à manifester avec les derniers militants de Grelive, tel
François-Marie PÉRIER qui comme toujours se met en scène. Il a même tenu une conférence pour les monarchistes du Centre Ledisguières.Les militants des Patriotes continue à se battre pour le Frexit, et les plus jeunes qui
avaient rejoint la Cocarde étudiante ont disparu du campus universitaire. L'essentiel
de leur activité est la tenue de banquets communs ou de manifestations telle que la «
fête du Printemps » qui a réuni une trentaine de militants.Les membres d'Égalité et Réconciliation sont plus actifs. En janvier 2026 une conférence sur les 75 ans de Rivarol, journal antisémite et négationniste ; le conférencier était Jérome BOURDON, le directeur de publication du journal, dont les éditos radicalisent la ligne idéologique de l'hebdomadaire en s'en prenant aux libertés individuelles, aux LGBT, aux valeurs de la République et de la démocratie, aux avancées sociales ; il fait l'apologie des régimes fascistes et des criminels de guerre ou coupables de crimes contre l'humanité. Fin avril une autre conférence était celle d'Alain ESCADA, le président de Civitas (Civitas est interdite en France, mais
existe toujours, notamment en Belgique). En décembre 2025, DIEUDONNÉ
était présent sur la scène ouverte de la Brasserie du Vercors à Villard-de-
Lans pour faire son one man show.Égalité & Réconciliation rassemble des complotistes de tout genre, des antisémites et des survivalistes qui attendent la fin du monde. Leur grand chef est Alain SORAL (de son vrai nom Alain BONNET) réfugié en Suisse pour échapper à la justice. Outres ses manigances financières, SORAL, défend une alliance entre « l gauche du travail et « la droite des valeurs » pour détruire le « Système » dirigé par « la gauche bobo-libertaire et la droite libérale ». A partir de la Manif Pour Tous, il se focalise sur le «
communautarisme gay » et le féminisme. Il est devenu un apôtre du virilisme et du masculinisme et nombre d'influenceurs relayent ses positions.En guise de conclusion
L'extrême-droite est multiple.
Plusieurs stratégies politiques sont à l'oeuvre :
d'anciens gaullistes fricotent avec les héritiers des Waffen-SS et de l'OAS pour éviter de disparaître ;
des macronistes préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l'abolition d'une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
des hommes et femmes d'affaires lorgnent sur les promesses du RN ( moins de « taxes », moins de « contrôles », en clair la disparition du Code du travail) ;
des actionnaires qui espèrent encore plus de profits ;
des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat ;À l'inverse, il est pour nous nécessaire de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local et social, parce que c'est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l'extrême-droite et son racisme rampant.
À Grenoble, comme ailleurs,
on n'est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos.
C'est à nous de les combattre.Pas de fachos dans nos quartiers,
pas de quartiers pour les fachos ! -
Il voulait «faire la peau aux écolos» : à la barre, le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau réaffirme ses propos
Le président national de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, ce jeudi 3 septembre à Auch (Gers). © Théo Mouraby/Vert
Les uns lui imputent des propos indignes d’une figure à «la carrure nationale». Les autres voient plutôt «quelqu’un de spontané, qui a en lui une colère tout à fait légitime» et qui est surtout «l’homme à abattre d’un syndicat qui dérange». Lunettes sur la tête, courte barbe blanche grignotant ses joues, Bertrand Venteau s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel d’Auch (Gers), jeudi.
Le président national de la Coordination rurale (CR) était jugé pour «provocation publique et directe non suivie d’effets à commettre un crime ou un délit». Le 19 novembre dernier, jour de son élection à la tête du syndicat agricole contestataire, il avait déclaré : «Les écolos, la décroissance veulent nous crever. Nous devons leur faire la peau.»
La phrase, réécoutée pendant l’audience, avait fait réagir de nombreuses associations écologistes. France nature environnement (FNE), Générations futures, et FNE Occitanie-Pyrénées se sont constituées parties civiles. «Il y en a ras le bol des menaces et des intimidations. Et la CR est coutumière du fait», dénonce auprès de Vert Jean-François Julliard, directeur général de FNE.
Et cela jusqu’aux portes du tribunal. À 13h15, des membres de la CR venu·es en soutien à leur président ont jeté des œufs sur les plaignant·es qui entraient dans la salle d’audience, tout en les insultant. Les projectiles ont touché de manière indiscriminée des membres des associations, pourtant escorté·es par la police, et une avocate qui se rendait au tribunal pour une autre affaire. «Personne ne doit pouvoir se présenter à un tribunal sous les sifflets. La scène qui s’est passée tout à l’heure n’est pas digne d’un combat politique et syndical ; c’est ce type de discours qui peut avoir un effet délétère», a tonné le président de la cour, Philippe Rigault, en faisant référence aux propos incriminés.
«Faire la peau, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?»
Face aux juges, Bertrand Venteau a tenté plusieurs défenses. Il a d’abord assuré qu’il croyait être dans un cadre privé au moment de son discours : «Il n’y aurait jamais dû y avoir des journalistes à ce moment-là.» Pourtant, sa prise de parole avait lieu lors du 32ème congrès du syndicat, auquel des reporters étaient accrédité·es. Ensuite, il a expliqué qu’il ne pouvait pas les voir, sur scène, à cause de la lumière des projecteurs au moment de son discours. «Je ne vous crois pas», a répliqué le procureur de la République, Claude Derens.
Vient l’explication du sens de son propos. Bertrand Venteau pointe une nébuleuse, un mouvement de pensée – «l’écologie punitive et la décroissance» – à combattre sur le terrain des idées, pas un ennemi à éliminer physiquement. «Beaucoup de gens considèrent que “faire la peau”, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?», a feint de s’interroger le président. «Pour moi, c’est combattre idéologiquement et arrêter d’être en permanence sous le joug, critiqué et stigmatisé par ces gens-là», a répondu le prévenu. «Quand on dit qu’on doit dépecer la partie adverse. Vous savez ce que c’est, dépecer un animal ?», a insisté la cour.
«La forme n’est peut-être pas la bonne, mais j’assume mes dires», a maintenu le président de la CR, qui s’est aussi réjoui de l’adoption de la décriée loi d’urgence agricole. «Si mes propos ont permis de revenir sur un débat législatif apaisé qui a permis ces avancés, il le fallait», conclut-il. «Il est drôle que vous ayez utilisé le mot “apaisé”», a remarqué le président du tribunal.
«La CR n’est pas au-dessus des lois»
Le mot a aussi fait réagir les parties civiles. «Je ne sais pas si c’est ça la définition du mot “apaisé” de Monsieur Venteau, mais je ne me suis jamais aussi peu sentie en sécurité en arrivant à une audience», a soufflé à la barre Nadine Louverjat, pour l’ONG Générations futures, dont le t-shirt noir était encore marqué par des traces d’œufs.
Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale, prend la parole devant le tribunal d’Auch, avant son procès, jeudi 3 septembre. © Théo Mouraby/Vert
Anne Roques, juriste à FNE, a compté quatre attaques de la CR contre des associations membres de son réseau en décembre 2025. Soit le mois suivant le dérapage de Bertrand Venteau. Elle en donne un exemple : en Charente-Maritime, le 10 décembre dernier, des salarié·es ont retrouvé une tête et la peau d’un sanglier devant leurs locaux. «C’est une référence directe aux propos de Monsieur Venteau. La CR n’est pas au-dessus des lois», assène-t-elle.
Sur le banc des prévenus, Bertrand Venteau souffle ou lève les yeux au ciel à de rares moments. Le reste du temps, il tourne ses lunettes dans ses mains ou tripote le bas de son jean. Parfois, il scrute les murs de la salle d’audience, comme s’il attendait que tout cela passe. Son conseil, Josyane Andrieu-Filliol, plaide la relaxe pour absence de preuve. Pour elle, le parquet ne peut pas prouver que l’assemblée dans laquelle les propos ont été prononcés était publique. Elle balaye le sens de ceux-ci : «une métaphore». Elle insinue également un traitement défavorable à l’encontre de son client, une «sorte de privilège» pour le faire passer rapidement devant la justice, comme un «deux poids, deux mesures».
Un deuxième procès ce vendredi
Un discours entendu devant le palais de justice, de la bouche des adhérent·es de la CR. Cyrille (il n’a pas voulu donner son nom), 56 ans, trouve qu’il y a deux côtés : «Un qui doit fermer sa gueule [les agriculteur·ices, NDLR], et l’autre qui a le droit de tout dire», comme «les représentants de l’écologie», à qui il reproche de gagner leur vie en faisant de la politique.
«Être le porte-parole de milliers de gens qui souffrent, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi», a tranché le procureur, dénonçant une parole qui «voue un groupe à la vindicte populaire de ses électeurs et adhérents». Il a requis une amende de 30 000 euros avec sursis. Le délibéré a été fixé au 15 octobre.
À la sortie de la salle d’audience, Bertrand Venteau a retrouvé les 200 à 300 agriculteur·ices toujours présent·es. Il a confié au micro que le lancer d’œufs lui avait causé plus d’ennuis qu’autre chose dans l’enceinte du tribunal : «C’était peut-être une bêtise… Mais, un œuf, ça n’a jamais tué personne.» Il renvoie d’ailleurs la faute sur le préfet, «qui n’a rien fait pour que cela se passe bien». Pour éviter la confrontation, il aurait fallu, selon lui, faire entrer les plaignant·es par la porte de derrière, en catimini.
Il reconnait avoir passé un moment pénible devant les juges ; il va devoir s’y habituer : ce vendredi, il est attendu devant la cour d’appel de Limoges (Haute-Vienne) pour une autre affaire. Cette fois pour outrages, menaces et intimidation d’élu·es et de fonctionnaires de l’État, avec deux autres prévenus.
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Rejoins la Mutinerie : apéro de présentation du collectif antifasciste & anticapitaliste
La Mutinerie fête ses 1 an !
Nous sommes issu·es du mouvement social du 10 septembre 2025, « Indignons-nous, bloquons tout ». Depuis 1 an, nous menons des actions dans la continuité de cette dynamique : de collages à détournements de pubs en passant par la redécoration des escaliers de la Croix Rousse, on organise de nombreuses actions de terrains.
On fait le bilan de tout ça à l'occasion de nos 1 an, et on te présente nos campagnes à venir à l'occasion !
📅 RDV jeudi 10 sept.
🕡 A partir de 18h30
📍 Au bar DrYeast, Lyon 04
🚇 Métro Croix-Rousse (métro C)Découvre nos actions, rencontre l'équipage et rejoins la Mutinerie !
⚓ Au programme
Présentation de l'équipage
Retour rapide sur nos origines, les valeurs qui guident nos actions et notre fonctionnement interneRetour sur nos actions passées
Découvre nos modes d'actions, nos échecs et surtout nos succèsNos campagnes à venir
Nos objectifs à l'horizon 2027 et les projets qu'on va porterRejoindre la Mutinerie
Nos modes d'action te parlent ? Bienvenue à bord camarade !Ateliers libres
Plusieurs ateliers sont prévus pour expérimenter concrètement ce qu'on fait en militant avec la Mutinerie : maquillage anti-IA, atelier bazooks (projections lumineuses sur des bâtiments), détournements d'affiches publicitaires...Soutien au camarade
La camaraderie, c'est aussi donner de la force à un de nos membres qui fait face à des procès abusifs et injustes. Des stands de ventes de gâteaux et goodies seront prévus pour le soutenir !
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Le ministère de la Transition écologique piraté
Le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature a indiqué, le 4 septembre 2026, avoir saisi le parquet après une « attaque informatique sophistiquée » débutée fin août 2026. Le ministère a révélé l’incident dans la soirée du 2 septembre 2026, en précisant qu’il avait visé ses outils de messagerie, et annoncé avoir pris « des mesures particulières ».
Le site des consultations publiques en matière d’environnement et ceux de plusieurs administrations régionales relevant du ministère sont restés inaccessibles pendant une partie de la journée du 2 septembre. Le même jour, un cybercriminel anonyme a revendiqué l’attaque et affirmé détenir « des milliers de données ».
L’Anssi a déclaré « intervenir au profit d’administrations du ministère de la Transition écologique, suite à des suspicions de compromission de certains comptes utilisateurs et dans le cadre d’investigations ». À ce stade, le ministère n’a toutefois pas confirmé de fuite de données.
Cette attaque survient dans un contexte marqué par le piratage récent de plusieurs acteurs publics sensibles, notamment la DGFiP, le ministère de l’Éducation nationale et le site Zéro logement vacant. Le 31 août 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé à un « sursaut sur le volet cyber », en donnant deux semaines aux membres de son gouvernement pour déployer dans leurs administrations le plan de sécurisation lancé en avril 2026.
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[BruitsDeToles] Bruits de tôles – Émission du 3 septembre 2026
Au sommaire de Bruits de tôles le 3 septembre 2026 : Moben sorti des QLCO Soutien à un déserteur russe Paul Tancre, tué par la police Verdict dans une affaire de mutilations datant des Gilets jaunes Sans-papiers : Une enfant refoulée à la frontière Allongement de la durée de rétention Manifeste de Cotonou pour la liberté de circulation Contre la construction d’un centre de rétention à Notre-Dame-des-Landes
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Le sénateur américain Bernie Sanders appelle à l’interdiction de la « superintelligence artificielle »
« Suspendez le développement de l’intelligence artificielle maintenant ». C’est un appel sans concession que fait le sénateur Bernie Sanders au peuple américain, aux institutions et surtout aux entreprises du secteur de l’intelligence artificielle. Le sénateur, aux côtés de Greg Casar, élu du Texas à la Chambre des représentants des États-Unis, porte une proposition de loi plutôt radicale : « The Ban Artificial Superintelligence Act ».
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Pannes quasi simultanées chez Claude, ChatGPT et Grok : ce que l’on sait de la coïncidence du 3 septembre

Trois pannes quasi simultanées ont frappé Anthropic, OpenAI et xAI le jeudi 3 septembre 2026. Seul SpaceX, maison-mère de xAI, a donné une explication publique.
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Ugo Bienvenu, réalisateur du film Arco : « Je préfère fabriquer des châteaux de sable que les détruire »
Source : Climax -
30 ans après Saint-Bernard, lutter pour la régularisation des sans-papiers
Quand ?
Du 14 septembre à 18h au 18 septembre à 21hOù ?
Lieux multiplesLa Coordination 75 des Sans-Papiers, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France et la Salle Saint-Bruno proposent une semaine de programmation autour des luttes des sans-papiers à l'occasion des 30 ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard
Depuis le mouvement des Sans-Papiers de 1996, marqué par l'occupation de l'église Saint-Bernard, le mouvement des sans-papiers s'est structuré au sein de collectifs et de coordinations (de collectifs). Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d'installation. 30 ans après Saint-Bernard, la lutte des sans-papiers continue d'être terriblement d'actualité et a besoin d'être rappelée
Programme :
o Exposition de photographies d'Anne Volery du 14 au 18 septembre : « Personne n'est illégal, photographies et récits de Sans-Papiers en lutte ». Inauguration de l'exposition le lundi 14 septembre à 18h00 - Visites guidées les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 18h00 à 19h00.
o Table ronde, Les luttes actuelles des Sans-Papiers avec Anzoumane Sissoko, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France (CSP75, CSP17, CSP Montreuil, Droits Devant !!, CTSPV, CSP93), le Collectif des Jeunes du Parce de Belleville et la Marche des solidarités, le lundi 14 septembre à 19h30.
o Projection-débat de la Ballade des Sans-Papiers, documentaire sur le mouvement de Saint-Bernard. En présence du réalisateur Samir Abdallah et de témoins, soutiens et acteurs du mouvement de 1996 : Mogniss Abdallah (Agence Im'media), Jean-Claude Amara (Droits devant !!), Doro Traoré (membre du Collectif de Saint-Bernard), le jeudi 17 septembre à 19h00.
o Visite de quartier sur les lieux emblématiques de l'histoire des Sans-Papiers dans le 18è arrondissement avec Bernard Masséra le vendredi 18 septembre à 14h00.
o Cérémonie avec les collectifs de Sans-Papiers devant la nouvelle plaque commémorative à l'Église Saint-Bernard le vendredi 18 septembre à 17h00.
o Concert gratuit de Pedro Kouyaté le vendredi 18 septembre à 19h00.
Entrée libre pour tous les événements de la semaine
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Projection Gilets Jaunes : Les Pas du Monde
Quand ?
Le 3 octobre de 19h30 à 0hOù ?
La BAM - Bibliothèque Associative de Malakoff 14 Impasse Carnot 92240 MalakoffFilm de Iro Siafliaki (86mn, 2025) suivie d'une discussion avec la réalisatrice et la monteuse.
Le mouvement des gilets jaunes vu comme une marche.
En reconfiguration permanente, elle traverse les espaces des luttes contemporaines, l'histoire et le champ des possibles. Mise à l'épreuve des corps, des évidences et des dispositifs cinématographiques, la marche est surtout expérience sensible d'une vie qui se transforme.- Voir aussi projection
- Voir aussi b-a-m
