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  • Belgique : La police confisque des banderoles de militants antifascistes au Bois du Cazier

    La police de Charleroi a confisqué une banderole et des affiches de militants antifascistes venus protester contre la présence de responsables italiens d'extrême droite aux commémorations du 70ᵉ anniversaire de la catastrophe du Bois du Cazier. Survenue le 8 août 1956 à Marcinelle, près de Charleroi, cette catastrophe minière avait fait 262 morts, dont 136 Italiens, et constitue un symbole majeur de l'histoire minière et de l'immigration italienne en Belgique. Les militants ont également été invités à quitter les lieux. Parmi les responsables visés figurait Ignazio La Russa, président du Sénat italien et membre de Fratelli d'Italia, le parti d'extrême droite de Giorgia Meloni. Les militants soulignaient que sa présence aux commémorations était une insulte à la mémoire des victimes.
  • Tech : Une grave faille de sécurité dans Tails

    Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat. La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice. La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails .
  • Juillet sans nom

    Sommaire Montréal (Canada) : Les responsables de la crise ont des noms et des adresses Wiedemannsdorf (Allemagne) : cramer la continuité historique Dijon (Côte-d'Or) : le constructeur de prisons Pennequin sous le feu Leverkusen (Allemagne) : double sabotage ferroviaire Grenoble (Isère) : le constructeur de prisons Eiffage sous le feu Ottawa (Canada) : « Mangez les riches » 10 ans en voyage – Une accolade depuis la clandestinité Saint-Étienne (Loire) : « Contre toutes les armées et tous les États, partout, tout le temps ! » Sur les civilisés [Brochure] Post-scriptum à La flamme d'or [Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla Crémone (Italie) : sabotage solidaire d'un poste électrique Montréal (Canada) : Les responsables de la crise ont des noms et des adresses À la classe propriétaire, Why we break windows ? Pourquoi est-ce qu'on a brisé vos fenêtres (et peinturé vos bureaux) ? Comme chaque 1er juillet, plusieurs ménages locataires vont se retrouver à la rue. D'autres dans des logements inadéquats, insalubres et/ou trop chers. Dans les prochains jours, on va entendre parler de la crise du logement. Des prix qui montent. Du manque de logements disponibles. Pis comme à chaque année, la majorité des gens vont passer à un autre appel. On connait la chanson. Mais une chose dont on ne parle jamais, ou que du bout des lèvres, c'est des responsables de la crise. Le logement n'est pas en crise comme par magie. Les ménages qui se retrouvent à la rue ne sont pas les victimes du marché invisible. La gentrification et la financiarisation du logement ne sont pas des phénomènes naturels. Il y a des gens derrière cette crise, des gens derrière ce marché, des gens derrière ces phénomènes. Et ces gens ont des noms et des adresses. https://sansnom.noblogs.org/archives/27641 Wiedemannsdorf (Allemagne) : cramer la continuité historique Voilà pourquoi la demeure familiale du président nazi du Chili, Antonio José Kast a cramé aujourd'hui (traduit de l'allemand de Kontrapolis, 24 juin 2026 Au Chili, a eu lieu la révolte de 2019 [voir ici] qui a été éteinte par la pandémie de covid. et pacifiée par le référendum sur la Constitution. [https://sansnom.noblogs.org/archives/27648 ] Dijon (Côte-d'Or) : le constructeur de prisons Pennequin sous le feu Dijon contre les CRA : un tractoptelle en moins pour les collabo de Pennequin … Par une belle soirée de mai, nous nous sommes faufilé.es dans les locaux flamboyants (mais pas encore totalement flambés …) de la société Pennequin, fierté du BTP local, qui a choisi de se lancer dans la construction d'une nouvelle prison pour sans papiers (un CRA), à Longvic, à côté de Dijon. https://sansnom.noblogs.org/archives/27694 Leverkusen (Allemagne) : double sabotage ferroviaire [Le 11 juillet 2026, est sorti un communiqué du Commando Angry Birds, revendiquant le sabotage qui venait de mettre en tilt la ligne Cologne-Düsseldorf, un axe ferroviaire très fréquenté de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, région la plus peuplée d'Allemagne. Concrètement, un premier dispositif incendiaire à retardement a été déposé la nuit de jeudi à vendredi 10 juillet, dans un regard situé sur le pont qui enjambe la rivière Wupper (un affluent du Rhin), au nord de la ville de Leverkusen, et un second dispositif a été placé le long des voies, quelques centaines de mètres plus loin, à Langenfeld. De nombreux câbles de signalisation à fibre optique ont été détruits, entraînant une interruption partielle du trafic et de nombreux retards. Rappelons que ce groupe est actif dans le coin depuis 2023, en publiant à la fois des communiqués numérotés de sabotage (qu'on peut retrouver ici) et des manuels techniques pour en étendre la pratique. On trouvera ci-dessous une traduction de leur communiqué n°8, qui a revendiqué ce sabotage, paru sur de.indymedia.] https://sansnom.noblogs.org/archives/27666 Grenoble (Isère) : le constructeur de prisons Eiffage sous le feu Pelleteuse d'Eiffage, brûle ! Dans la nuit du 27 au 28 juin, nous avons incendié une pelleteuse près des chantiers de l'A480 [autoroute urbaine de la métropole grenobloise], appartenant à APPR / Eiffage. Sans vouloir viser particulièrement ce chantier, cette attaque est avant tout une participation à l'offensive contre cette entreprise qui construit des prisons et des CRA partout en France. Nous voulons leur dire que tous leurs projets sont une cible et sont accessibles. Ottawa (Canada) : « Mangez les riches » Ottawa : Des camions vandalisés au centre de distribution de Metro. Salut Metro, tu te demandes toujours qui sont ces gens qui se sont introduits dans la cour de ton centre de distribution à Sandy Hill ? Celleux qui ont percé sans peine les pneus de tes camions — vingt-cinq pour être exact — et saboté le système de freinage de six autres ? Qui ont entièrement recouvert ces mêmes camions de peinture ? Vous obligeant à les laver à la hâte le lendemain matin pour ne pas avoir à traverser la ville avec des slogans comme « Mangez les riches » et « Fuck Metro » affichés sur vos camions. Oh, mais attendez, vous ne pouviez pas, les pneus étaient à plat ! Comme on pouvait le lire sur l'un de vos camions : pas de pneus, pas de profits, n'est-ce pas ? https://sansnom.noblogs.org/archives/27757 10 ans en voyage – Une accolade depuis la clandestinité Mes très cher-e-s Depuis nulle part, je vous serre fort contre mon cœur et j'aimerais vous faire savoir que dans l'ensemble je vais bien ! Malheureusement, les derniers jours ont été un peu rudes, ce jubilé ne cessait de me catapulter vers le passé et ce jour où j'ai dû toustes vous laisser derrière moi. Cette vibrante visualisation de cette époque a eu pour conséquence de faire remonter des sentiments archivés. 10 ans se sont écoulés … Et bien que le temps soit une illusion, je retombe toujours dans le fait d'y croire. Pourtant, alors que je vous écris ces lignes, le passé tombe en écailles de la vieille façade et une bourrasque balaye l'avenir. Je suis avec vous, ici ou ailleurs. Et rien ne peut interrompre ce lien. https://sansnom.noblogs.org/archives/27741 Saint-Étienne (Loire) : « Contre toutes les armées et tous les États, partout, tout le temps ! » Contre la propagande militariste d'extrême gauche Le NPA et BDS projettaient un film militariste pro-ukraine, on était pas hyper content.es. Jeudi 2 juillet, le NPA et BDS sainté projetaient au cinéma Le Méliès le film « Guerre en Ukraine Les combattants anti-autoritaires ». Des copaines avaient vu le film, et on a décidé d'aller y apporter notre grain de sel. Le film projeté par le NPA et BDS, en plus de se dire « anti-autoritaire », explique que pour résister à l'attaque de l'État russe, il faudrait s'engager dans l'armée régulière ukrainienne, ce que font d'ailleurs des anarchistes, assumant par là de se battre aux côtés de néo-nazis. On a voulu apporter une critique antimilitariste. Sur les civilisés Le seul manuscrit de Joseph Déjacque qui nous soit parvenu est une lettre écrite le 20 février 1861, à la veille d'embarquer pour cette Europe, dont il était absent depuis sept ans. Dans cette dernière, adressée à un proscrit français réfugié en Suisse, Déjacque exprime tout son mépris pour un pays où il avait espéré trouver une plus grande liberté, mais où régnait au contraire « le crétinisme politique et religieux ». Les mots de Déjacque sur la société nord-américaine de l'époque sont très durs, et il vaut la peine de les rappeler ici : https://sansnom.noblogs.org/archives/27763 [Brochure] Post-scriptum à La flamme d'or Si la réception de la brochure [sortie en février 2026, voir le PDF ici] a été assez largement positive – du moins dans les quelques retours reçus – elle a aussi suscité de vives attaques, principalement concernant la partie sur les « leurres identitaires ». Cela a même valu quelques mots doux lors d'une causerie dans des rencontres anarchistes, certaines personnes qualifiant le texte de « raciste » et « transphobe ». Au passage, à titre perso, quand je considère que quelqu'un porte une position raciste et/ou transphobe, surtout dans ce genre d'espace, j'essaie de faire en sorte de le virer, et si je n'y parviens pas, je me casse. Mais il semble que porter jusqu'au bout les conséquences de sa pensée exprimée ne soit pas un principe de base pour tout le monde. https://sansnom.noblogs.org/archives/27796 [Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla [Jeudi 30 et vendredi 31 juillet 2026, près de 50 000 migrants ont pris d'assaut avec succès la frontière qui sépare le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta, causant la mort d'au moins 72 d'entre eux, avant que la plupart ne reparte dans l'autre sens. L'article ci-dessous, qui revient en détail sur les premiers assauts contre cette frontière et la question de l'auto-organisation, a été publié en décembre 2008 dans le premier numéro de la revue anarchiste internationale « A corps perdu ».] https://sansnom.noblogs.org/archives/27808 Crémone (Italie) : sabotage solidaire d'un poste électrique Le 1er juillet dernier, nous avons saboté un poste électrique. L'heureux hasard a voulu qu'une partie du centre de Crémone se retrouve plongé dans le noir. Plus de lumière dans les rues. Sans crier gare, un black out s'est diffusé et a duré quelques heures. L'énergie est liée à la guerre, la guerre à la répression, et répression signifie prison. Par ce geste, nous avons voulu agir pour exprimer notre solidarité avec les anarchistes arrêtés le 16 juin. Salut à tous les rebelles du monde, aussi bien ceux qui sont en taule que ceux qui luttent à l'extérieur. En ces temps d'horreurs, nous ne pouvons oublier Ramy et Fakir*. https://sansnom.noblogs.org/archives/27802
  • Vers un état d’exception pour préparer la guerre

    Aucune réserve, aucune limite. Le Conseil Constitutionnel a validé le 6 août l'intégralité des mesures militaristes du gouvernement.

    L’article Vers un état d’exception pour préparer la guerre est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Après quatre années de guerre, les vacances «sans frime» des Ukrainiens

    «Le tourisme intérieur affiche une reprise progressive», confirme la présidente de l’agence nationale pour son développement, Natalya Tabaka. L’ouest, moins touché par les attaques russes, est devenu la première destination des voyageurs et voyageuses du pays, selon les chiffres de l’organisation.
  • « Arrêtez de parler à notre place et écoutez-nous ! » - Entretien sur le Travail du Sexe avec l'association PDA

    Scorpion, Léa et Sana font partie de l'association bisontine PDA (Partage, Droits & Autonomie). Dans un entretien réalisé pendant la Poudrière en 2022, iels reviennent sur les difficultés d'organisation des travailleurs et travailleuses du sexe et sur les conséquences des dernières lois.

    Crédit illustration : @Ed Lab

    Cet entretien a eu lieu en juin 2022, au micro de la radio pirate de la Poudrière, un festival féministe et auto-géré qui s'est déroulé à l'Espace autogéré des Tanneries. Il a ensuite été retranscrit pour être publié dans Dijoncter Papier #6.

    L'article est également consultable en format pdf mis en page : « Arrêtez de parler à notre place et écoutez-nous ! » - Version pdf

    Pour commencer, est-ce que vous pouvez présenter rapidement PDA ? 

    Léa : PDA a été créé il y a plus de onze ans, parce qu'on avait la volonté de s'organiser. Au départ on n'était pas en non-mixité donc je peux pas dire « entre TDS » mais plutôt « autour des TDS ». On était d'abord un collectif puis on s'est monté·es en association. Évidemment on a fait plein de choses différentes. Maintenant on est en non-mixité entre TDS.

    Siana : Pendant longtemps on avait pas de lieu pour s'organiser, et là on a un local depuis deux ans, avec une friperie gratuite à disposition des collègues. On peut y boire un café et se ressourcer entre collègues, parler de tout et rien, de nos problèmes, trasher un peu les clients, ça fait du bien.

    Scorpion : Surtout on a le mérite d'exister en région Grand-Est, parce qu'il n'y a aucune autre asso ou collectif.

    Pourquoi vous avez fait le choix de passer d'un collectif à un statut d'asso ?

    Léa : À ce moment-là on avait un peu l'illusion qu'on pourrait avoir des subventions. Enfin, on a pas essayé très fort mais il y avait une motivation là-dessus. On s'est fait un peu échauder par nos premières démarches et le fait qu'on s'est heurté·es à pas mal d'abolitionnisme [1] de la part des pouvoirs publics, dès le début. Du coup, ça nous a découragé, on a plus jamais fait de demandes de subventions auprès des services publics. On a parfois demandé à des fondations, on n'a jamais rien eu de ce côté-là non plus. Mais on sait jamais, le fait d'être une asso ça permet d'aller chercher l'argent là d'où il devrait venir normalement.

    Scorpion : D'un autre côté, on n'a pas vraiment de comptes à rendre et ça nous laisse une certaine liberté, une liberté d'action dans l'asso en tout cas.

    Siana : Aujourd'hui, on est plus ou moins d'accord sur le fait qu'on a plus vraiment envie d'attendre grand chose des pouvoirs publics et qu'on préfère s'auto-gérer et vivre avec les dons, réussir à avoir un financement à travers d'autres collectifs, d'autres assos.

    Est-ce que vous pouvez parler du changement de mixité au sein de PDA ?

    Siana : On a des moments en non mixité entre TDS qui permettent de s'entraider. On est pas une association totalement en non-mixité. Par exemple, une fois par mois on organise un café discussion avec les personnes qui veulent venir, qui veulent continuer une déconstruction, ce genre de choses. On a des évènements ouverts à tout le monde.

    Scorpion : En fait, c'est juste qu'on a des moments entre collègues, c'est nécessaire pour que des TDS continuent à venir et se sentent en sécurité. On risquait trop à laisser participer tout le monde sans forcément connaître les intentions des gens. C'est bien plus risqué en tout cas. 

    Léa : Pour la convivialité, je trouve que ça crée un truc complètement différent de pouvoir être entouré·e de gens qui vivent la même chose ou des choses communes en tout cas sur certains aspects. 

    On s'est heurté·es à pas mal d'abolitionnisme des pouvoirs publics dès le début.

    J'aimerais bien, si vous voulez, que vous parliez plus de vous. Votre histoire par rapport à cette asso ? Comment vous l'avez découvert ? Est-ce que vous militez là-bas depuis sa création ? Qu'est-ce que ça a changé de la découvrir ?  

    Siana : J'ai découvert l'asso un peu par hasard. Il faut savoir qu'avec l'asso, on fait ce qu'on appelle des maraudes. Donc on contacte des collègues pour dire qu'on existe, que s'iels ont besoin, on est là, que s'iels ont besoin de capotes, de produits d'hygiène, d'un soutien, d'informations juridiques ou quoi que ce soit, on est là. On rencontre des collègues par ce biais-là. Moi je suis pas arrivée comme ça mais un petit peu quand même en fait, j'étais sur les réseaux sociaux par le biais d'un autre journal qui publie aussi sur les réseaux. C'était le moment des premières portes ouvertes de PDA et c'est arrivé sur mon fil d'actualité. J'ai vu plein de commentaires putophobes. J'avais commencé la prostitution quelques mois auparavant. J'avais pas du tout les codes, j'étais pas du tout militante à ce moment-là. Je voyais des commentaires horribles et je voulais juste mettre un commentaire positif en mode "oh c'est trop bien, bon courage". La personne qui avait contacté le journal pour faire cet article est venue dans mes messages privées, on a discuté. De fil en aiguille, elle a compris que j'étais TDS et j'ai mis beaucoup de temps à venir à l'asso. Sachant qu'à la base je n'étais pas du tout dans les milieux militants ou dans les milieux associatifs. J'ai mis du temps à venir et puis finalement j'ai été beaucoup embarquée dans les évènements, petit à petit, c'est venu naturellement en fait. 

    Léa : Moi j'ai été là à la création de l'asso et du coup je peux parler du fait que je travaillais déjà depuis une dizaine d'années. J'ai commencé à bosser complètement solo et ça m'a fait un bien fou quand j'ai commencé à comprendre qu'il y avait des gens qui partageait mon point de vue sur le TDS. Même pas forcément de la part de collègues parce qu'au départ je n'en connaissais pas. J'ai lu King-Kong Theory [2], ça m'a donné une pêche d'enfer et je suis partie en stop faire une manif TDS à Paris, j'ai compris que ça existait les manifs TDS. Après, j'ai pu échanger avec des collègues, découvrir des nouvelles façons de bosser. Puis, à un moment donné, il y a eu cette volonté de faire cet asso à Besançon avec une collègue et des allié·es.

    Scorpion : Moi, du coup j'ai découvert PDA il y a à peu près deux ans. Maintenant je suis militant à l'asso, mais ça fait à peu près huit ans que j'exerce la prostitution. J'en ai parlé petit à petit à des personnes de confiance mais en étant isolé, en continuant à bosser dans mon coin. Cette personne de confiance est une de mes meilleures amies, je lui ai parlé de ça et à son tour elle est devenue TDS suite à mon parcours, et elle a rejoint cette asso. Après c'est moi qui l'ai suivie. Du coup, c'est un peu grâce à elle que j'ai découvert PDA parce que je me suis dit "finalement pourquoi pas commencer à s'ouvrir au monde du TDS et sortir de ma grotte". J'ai pris mes marques petit à petit. Je pense qu'on a toustes rejoint l'asso comme ça, en se demandant ce qu'on pouvait faire. Voilà, petit à petit, on trouve ses repères et on se met un peu au militantisme. Ça fait carrément du bien de fréquenter des gens comme nous et ça je le soupçonnais pas une seule seconde !

    Léa : Dans les façons de rencontrer des collègues en dehors de PDA, il y a les maraudes et je voulais préciser qu'elles sont soit virtuelles soit réelles. On a aussi rencontré pas mal de collègues en allant dans la rue, là où les collègues travaillent. Donc ça crée des liens qui sont aussi intéressants. 

    Siana : Pour trouver des collègues, depuis deux ans on a aussi bien développé les réseaux, je pense qu'avant ça existait pas trop. Et c'est en développant la communication que les gens sont venus près de nous. La communication nous a permis de rencontrer des collègues, ce qui est cool.

    Ça fait carrément du bien de fréquenter des gens comme nous et ça, je le soupçonnais pas une seule seconde !

    Sur quoi portaient les dernières luttes que vous avez mené ?

    Siana : Au niveau de PDA on s'engage sur plein de choses. La priorité c'est quand même d'apporter du soutien localement aux collègues. On essaye aussi de lutter et de militer pour nos droits parce qu'on en manque cruellement, et pour plus de reconnaissance. C'est compliqué dans le sens où les TDS commencent seulement à être accepté·es dans les milieux militants et dans les milieux féministes. Il faut savoir que la toute première fois où on nous a officiellement invité·es, c'était en 2021 par le Collectif 25 novembre de Dijon. On a été invité·es à rejoindre la marche des fiertés en septembre. C'est vraiment la toute première fois où on a pu être invité·es. D'habitude pour manifester dans des milieux féministes, comme pour le mois de novembre [3] ou pour le 8 mars, on y allait mais on n'était pas invité·es. On se sentait pas à notre place. Pourtant, on avait besoin de prendre cette place, on avait besoin de revendiquer des choses, on se sentait exclu·es. On est une association située à Besançon, et pourtant, on n'a pas vraiment d'allié·es sur place. Ça commence un peu à bouger mais c'est compliqué. On a des mouvements qui sont principalement abolitionnistes (le Mouvement du Nid, Osez le féminisme), c'est elleux qui sont souvent appelé·es pour organiser des manifestations. On a essayé de faire des échanges avec ces organismes mais ça n'a pas abouti à grand chose. Donc voilà, autant dire que c'est compliqué et qu'on est quand même extrêmement heureux et heureuses d'avoir des allié·es de qualité (rire), des gens qui puissent enfin nous inviter à des évènements comme La Poudrière.

    Scorpion : Oui, on peut parler aussi de deux autres types d'actions quotidiennes, qui sont un peu la routine de l'asso. Pour les maraudes web, on contacte les travailleurs et travailleuses du sexe qui ont des annonces en ligne. On organise aussi, chaque second samedi du mois, comme une sorte de mini portes ouvertes, pour sensibiliser, faire un petit peu de pédagogie. Donc même si vous êtes de Dijon, venez nous voir à Besançon les seconds samedis du mois ! On essaie de créer un peu de lien avec les structures allié·es qui sont assez rares dans le coin. Et qu'est-ce qu'on fait d'autres ? Ben beaucoup de manifestations  !

    Léa : Après, il y a des choses qui sont de l'ordre du quotidien, de l'entraide et des trucs pratiques sur place. Du genre, « j'ai un tuyau sur comment avoir tel ou tel truc », échanger des compétences parce que tout le monde n'a pas les mêmes ou la même position dans la société. Donc forcément c'est super utile de s'entraider. Il y a aussi des trucs de sécurité quand on parle d'entraides, des trucs d'autodéfense. Il y a aussi le fait de participer un peu à du plaidoyer par rapport à ce qu'il se passe au niveau national et international. On a été aux rencontres de Paris la semaine dernière où on a pu rencontrer des collègues de partout et participer à la construction de revendications communes, etc.

    Siana : Il y a aussi les journées de lutte contre les violences faites aux TDS le 17 décembre. Malheureusement, nous, on est quand même une toute petite ville, on ne peut pas organiser ça chez nous donc s'il y a des gens un peu partout dans la France qui nous entendent, n'hésitez pas à aller rejoindre les TDS dans la rue parce qu'on a besoin d'allié·es sur le terrain aussi. À Dijon, c'est trop cool parce que demain [le 24 juin 2023], c'est la marche des fiertés, on va manifester avec nos petits parapluies rouges. Il ne faut pas hésiter à venir aussi nous aider sur le terrain quand il y a des journées spécialement pour les luttes TDS. Je pense aussi au 13 avril, le jour de la loi sur l'indemnisation du client donc des lois qui nous précarisent énormément.

    C'est quoi qui rend compliqué l'organisation de manifestations à Besançon ?

    Siana : Besançon c'est une petite ville. Faire une manifestation de TDS, de la même façon qu'une manifestation de pride, c'est un outing [4] même si on va mettre des masques. Le fait que des allié·es viennent nous aider, ça nous donne de la force et on se sent plus anonyme. Et oui, on n'est pas assez nombreu·ses pour faire une marche pour nous. En fait, même Besançon et Dijon, ça ne suffirait pas. Il y a des trucs organisés à Lyon, Strasbourg quelques fois. Je sais qu'à Lyon il y en a souvent. Peut-être que dans les années à venir ça va évoluer. En même temps, on est TDS mais ça veut pas forcément dire qu'on est militant·es. On ne veut pas forcer toustes les collègues, on milite chacun·e à son échelle et aller dans la rue pour manifester c'est puissant. 

    Scorpion : Ça donne beaucoup d'énergie mais ça peut être un danger. Ça peut comporter des risques, qui plus est dans une toute petite ville. Je trouve ça assez fort de pouvoir faire partie de manifestations dans sa propre ville. Mais bon, chez nous on n'est pas très bien accueilli·es. 

    Léa : On a participé à des manifestations sur Besançon mais c'était sur d'autres sujets où on se sent un petit peu moins visibles que si on était sur une manifestation vraiment centrée sur le TDS, comme des manifestations féministes ou des manif type 1er mai. 

    Comment vous expliquer que vous soyez la seule association de TDS dans les régions BFC et Grand Est ? Sachant que c'est une grande région où il y a quand même des villes comme Strasbourg, Nancy, Dijon, etc.

    Scorpion : Léa, peut-être que tu peux parler des difficultés du début de l'asso, qu'est-ce qui a été compliqué ?

    Léa : Oui mais ça n'explique pas les choses parce que c'était un contexte complètement différent. La visibilité du TDS et le respect du TDS a vachement changé et, aujourd'hui, je ne sais pas ce qui empêche les gens de monter de petites structures, peut-être qu'on n'est pas au courant. Je n'ai pas de réponse...

    Siana : Après, ça doit demander une énergie incroyable de commencer, un courage aussi parce que moi, créer l'asso, je ne sais pas si j'aurais été capable de le faire. Je pense qu'il faut déjà avoir un bon réseau parce qu'il faut avoir des compétences. Et puis il y a aussi un certain classisme...

    Scorpion : Faut se sentir en confiance avec le petit noyau avec lequel tout a commencé dans ta tête. Vous étiez un petit groupe quand même, vous étiez quatre.

    Léa : Deux TDS et deux non TDS. Mais toustes dans les luttes LGBTQIA+.

    Scorpion : Donc une énergie commune, c'est peut-être ça aussi qu'il faut pour débuter la construction d'une asso. 

    Siana : J'imagine que c'est quand même compliqué aussi parce qu'en France, les politiques, les institutions, etc. ne veulent pas entendre parler du TDS. Ce qui nous sauve, enfin ce qui permet à PDA de ne pas être empêchée par les associations abolitionnistes de Besançon c'est qu'on met beaucoup l'accent sur la santé sexuelle. On peut pas monter une asso communautaire sans passer par là sinon on n'est pas autorisé·es. À partir du moment où on s'organise entre collègues, même dans le but de se soutenir, ça passe sous la loi du proxénétisme. D'ailleurs les associations abolitionnistes nous accusent de proxénétisme. Donc c'est pour ça qu'il faut mettre l'accent beaucoup sur la santé sexuelle. 

    Scorpion : Oui, ou redéfinir le proxénétisme. 

    Siana : Aidez-nous à lutter pour ça.

    Tout est utilise contre nous, pour nous dissuader d'exercer.

    Je me demandais justement si vous pouviez dire deux mots sur la loi contre le proxénétisme ?

    Siana : En fait, on a ce cliché en France, que le proxénète c'est seulement le gros mec cis mac qui va tabasser ses putes pour les obliger à travailler, alors que la loi du proxénétisme est beaucoup plus complexe. En fait, toute personne qui apporte un soutien aux TDS prosti', qui profite un petit peu ou pas du tout de son argent, qui l'aide dans ses démarches de travail, qui l'accompagne au boulot, qui lui prête son appartement, c'est du proxénétisme. Quand les hôtels repèrent les collègues, iels peuvent plus louer de chambres d'hôtel et sont expulsé·es des chambres. Quand on est TDS, on peut se faire expulser du jour au lendemain de son appart parce que les propriétaires qui le remarquent sont officiellement hors-la-loi. C'est des proxénètes parce que même s'iels n'en sont pas conscient·es, on leur donne notre argent du TDS pour payer le loyer, iels sont donc proxénètes hôteliers selon la loi. Et là, ce qui est le plus embêtant, à mon sens, c'est tout ce qui a un rapport avec le proxénétisme de soutien. On n'a pas le droit d'apporter son soutien, d'accompagner la prostitution d'autrui. Un exemple tout con, j'ai pas le droit d'envoyer un message à des collègues pour dire « allez pas voir ce gars-là, il est dangereux », parce que c'est de proxénétisme selon la loi.

    Léa : Ça isole énormément, on peut pas être coloc en tant que TDS prosti' : ni coloc d'une autre TDS ni d'une personne lambda. Tout échange économique dans notre vie est à proscrire parce que si on paye quelque chose à quelqu'un·e, c'est qu'iel profite de notre argent et s'iel nous paye c'est du proxénétisme. On ne peut pas avoir de partenaire affectif, c'est n'importe quoi.

    Scorpion : Tout est utilisé contre nous, pour nous dissuader d'exercer. Le panel de situation de proxénétisme est hyper large. Peut-être des personnes lambdas et mal informées imaginent le proxénétisme par le prisme de l'exploitation, de la contrainte, du forcing, de l'ultra-violence que peuvent subir les TDS. Mais cette loi dessert tout le monde, même s'il y a des personnes dans ces situations-là, elle dessert vraiment la totalité des personnes qui exercent ce métier.

    Léa : Sachant que si ces lois sur le proxénétisme n'étaient plus dans les lois françaises, on se baserait sur le droit du travail qui interdit déjà l'esclavage et la traite humaine en France. Tout ça est réprimé de façon beaucoup plus saine, c'est beaucoup mieux défini que les lois qui nous concernent nous dans notre travail. On trouve que ce serait même beaucoup plus efficace contre les vraies situations de proxénétisme et de violence.

    Ce serait quoi pour vous la manière la plus saine d'exercer votre métier ? Est-ce que vous avez des revendications ?

    Léa : Nos revendications c'est de ne pas définir une façon d'exercer le métier au détriment des autres. Ce qu'on voudrait c'est avoir le plus de choix possibles à disposition. On peut se sentir plus sécure d'une façon ou d'une autre, trouver ça plus facile d'être indépendante, d'être dans un contexte salariale ou coopératif, l'important c'est qu'on ait le maximum d'option vu que ce métier n'est pas facile. Ce qui ressemble le plus à un truc idéal, c'est déjà de dépénaliser le travail du sexe.

    Scorpion : Et que la pensée globale arrête de laisser croire que la violence est intrinsèque au métier. Et pouvoir traiter la violence là où il y en a. Pour ça il faut un cadre, il suffit pas d'interdire. La prostitution existe, comment on l'encadre ? Ça fait suffisamment de temps que ça existe pour pas dire : « On va supprimer la prostitution cette année ! » Ça ne peut pas marcher comme ça. Il faut un cadre qui soit le même pour tou·tes les travailleu·ses. Nous sommes des travailleu·ses, nous voulons avoir les mêmes « droits » que les autres travailleu·ses. « Droit » avec de gros guillemets parce qu'ils sont bafoués dans beaucoup de boulots. Mais en tout cas, s'en approcher un petit peu.

    Siana : Et ce qu'on réclame aussi, c'est de laisser la parole aux concerné·es avant tout. Il y a eu des manifestations de collègues déjà bien avant que cette loi passe pour dire « c'est pas bien, ça va nous tuer » et ces personnes n'ont pas été écoutées. Ça serait bien que les politiques acceptent que c'était du caca, et qu'il serait temps de se remettre en question, d'écouter les personnes concernées. Et que les abolos acceptent que les lois qu'elles ont voulu faire passer nous ont plus tué·es qu'autres choses, qu'elles nous ont obligé·es à travailler avec des méthodes beaucoup plus complexes, à nous isoler plus dans la rue, à accepter le non-port du préservatif. La négociation de la capote c'est un sujet qui revient tout le temps avec les clients, ça ne devrait pas être une question, on devrait pouvoir être protégé·es systématiquement. Tout ça c'est le résultat de ces lois, elles étaient sensées nous sauver et elles nous tuent, il faut l'accepter à un moment et arrêter de parler à notre place. Écoutez-nous parce qu'on en peut plus.

    Scorpion : Les décideurs n'écoutent pas.

    Léa : Ils couchent avec nous et ils votent contre nous.

    On va conclure cette discussion. Est-ce que vous avez des messages à faire passer ?

    Scorpion : N'hésitez pas à vous informer sur le sujet du TDS directement. Si vous vous posez une question il y a plusieurs sites qui sont de sources fiables. Le site vers lequel j'oriente le plus souvent c'est celui du STRASS, syndicat du travail sexuel, vous trouverez toutes les réponses à vos questions.

    Léa : Et si vous êtes TDS ou si vous connaissez quelqu'un·e qui est TDS, vous pouvez entrer en contact avec nous, on sera très content·es de faire votre connaissance.

    Scorpion : Aussi, on a une bibliothèque solidaire à l'association, pour y accéder c'est le second samedi de chaque mois, de 16h à 20h. On a plein de livres qui tournent autour du TDS, c'est la bibliothèque « Au bonheur des garces ». Venez faire un tour à Besançon !

    Ed Lab

    Quelques définitions rédigées par PDA

    Travail du sexe (TDS) : terme-parapluie qui désigne les métiers ou pratiques mettant en scène une prestation sexuelle qui, dans la majorité des cas, est un service rendu en échange d'une compensation monétaire. Le TDS regroupe donc : les personnes exerçant la prostitution (en rue, appart', hôtel, camionnette,...), les acteurs/actrices porno, les dominas, les cameuses/cameurs, les strip-teaseuses/strip-teaseurs... 
    La prostitution en particulier est régie par un ensemble de lois extrêmement répressives (même si le fait de l'exercer en soi n'est pas interdit en France).
    Or, d'après la déclaration universelle des droits de l'homme : « toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail ».
    Évidemment, nous avons conscience que la notion du « choix » est complexe : il s'agit plutôt d'un spectre, avec de nombreux facteurs, qui offrent aux personnes une marge de manœuvre plus ou moins large pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches. 

     Pénalisation des clients : loi du 13 Avril 2016. Met fin au délit de racolage et rend illégal l'achat de services sexuels. Les clients se raréfient, ce qui rend plus dures nos conditions de travail. Une baisse du nombre de clients signifie plus de temps passé au travail, dans des endroits plus isolés, et pousse les TDS à reconsidérer des pratiques autrefois non acceptées (le port du préservatif, un client potentiellement désagréable voire dangereux, une pratique non-souhaitée,...).

     Le parcours de sortie de la prostitution (PSP)  : Volet « social » de la loi de 2016, le PSP prévoit l'allocation ridicule de 343 euros par mois, en échange de laquelle la personne bénéficiaire doit promettre qu'elle cessera de se prostituer. Le PSP prévoit également une autorisation (seulement provisoire) de séjour, pour les personnes sans papières, ce qui les maintient dans la précarité, sans la certitude d'être régularisées à l'issue du PSP (d'une durée de 24 mois maximum).
    Le PSP, dans sa forme actuelle, a été fait sur mesure avec et pour les assos abolitionnistes, les seules à avoir été consultées pour sa création. Il établit par exemple qu'une asso, pour obtenir l'agrément préfectoral d'accompagnement, doit délibérer en Assemblée Générale en faveur d'une politique dont la finalité est la sortie de la prostitution. Cela exclut évidemment les organisations communautaires composées de TDS, ou les associations en général qui souhaitent accompagner/soutenir TOUTES les personnes prosti', y compris celles qui ne formulent pas le souhait d'arrêter ce travail. Pour beaucoup d'entre nous, et pour une variété de raisons, la prostitution constitue la meilleure option pour payer le loyer/les courses/les factures, pour permettre aux enfants de partir en vacances, pour compléter des revenus insuffisants, etc... 

     Délit de proxénétisme : Les réalités de terrain sont complexes et variées, et l'article 225-5 du code pénal extrêmement maladroit. Il interdit « d'assister, d'aider ou de protéger la prostitution d'autrui ». Cet article hypocrite empêche surtout l'entraide et l'auto-organisation.
    Quelques exemples de situations qui rentrent/peuvent rentrer dans le délit de proxénétisme : 

    • Aider une collègue à mettre son annonce de travail en ligne
    • Cohabiter (couple, collocation, enfant majeur.e,...) avec une personne qui exerce la prostitution
    • Embaucher une tierce personnes pour effectuer les tâches intermédiaires qui sont fondamentales dans notre activé : assurer le secrétariat, la sécurité, se faire conduire sur son lieu de travail, etc...
    • Louer un appart à un.e prosti' (délit de proxénétisme hôtelier). Énième discrimination qui rend notre accès au logement compliqué.

    Il est évident que cet arsenal de loi, résultat des politiques abolitionnistes/prohibitionnistes, nous protège peu et participe à notre précarisation, à notre isolement et à notre marginalisation, et nous exposent toujours plus aux violences. 
    Nous voulons pouvoir bénéficier du droit commun qui définit et sanctionne déjà les situations de violences, ainsi que les situations de traite / d'esclavage, d'une manière beaucoup plus pertinente (CF Article 224-1 B du code Pénal, sur le travail forcé/service forcé).

    [1] L'abolitionnisme désigne les positions de certaines féministes ou de certaines institution vis-à-vis du travail du sexe. Tout en prétextant défendre les droits des femmes, les positions abolitionnistes promeuvent souvent des lois qui pénalisent les clients et les soutiens des (TDS).

    [2] King King Theory est un essai de Virginie Despentes sorti en 2006. Le chapitre « coucher avec
    l'ennemi » raconte l'expérience du travail du sexe de l'autrice et défend la prostitution.

    [3] Différents évènements féministes ont lieu chaque année au mois de novembre, autour de la journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et de la journée du souvenir trans.

    [4] L'outing c'est le fait qu'une partie de notre identité soit dévoilée contre notre volonté.

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  • Belgian Activisme Festival - BAF CAMP

    Je vous présente le Belgium Activism Festival camp. Cet article est rédigé pour vous confirmer la bonne nouvelle et vous dévoiler le site qui l'accompagne : https://belgian-activism-festi-camp.be/index.html. Les billets seront bientôt disponibles ! Ce festival aura lieu du 20 au 23 août, aux jardins du Moulin de Grupont. Nous nous réunissons autour de la question « Comment lutter ensemble ? » en Belgique. Ce festival se veut autogéré, tout·e·s participant·e·s en devient aussi acteur·ice ! On pense accueillir 500 personnes par jour, le prix est libre et conscient. Si vous avez des initiatives ou des idées n'hésitez pas à nous les partager. Le programme se finalise petit à petit, on y verra des ateliers pratiques, des conférences, des espaces jeux, des concerts,... et encore plein de surprises toute plus engagées les unes que les autres. Ce festival aura lieu du 20 au 23 août mais on à partir du 15 on aura besoin du plus de forces possibles pour aménager l'espace. Les constructions se feront dans la joie et dans la bonne humeur, on a hâte de vous rencontrer ! Si vous êtes disponibles et motivé·e·s n'hésitez pas à nous contacter : volontairesBAF@proton.me Au plaisir de vous voir en août ! Le BAF CAMP festival. [EN] The sky is blue and a word is spreading through the Belgian valleys.... This summer, for its first edition, an activist festival will take place. What am I saying—a festival ? A gathering, a ray of hope in the midst of the current crisis, a space where Belgian struggles can come together. Let me introduce you to the Belgian Activism Festival. This article is written to confirm the good news and introduce the website : https://belgian-activism-festi-camp.be/en/index.html. Tickets will be available soon ! This festival will take place from August 20 to 23, at the Moulin de Grupont gardens. We're coming together around the question “How can we fight together ?” in Belgium. This festival is meant to be self-organized—every participant becomes an active actor ! If you have initiatives or ideas, don't hesitate to share them with us. The program is gradually taking shape ; it will feature hands-on workshops, talks, play areas, concerts, and many more surprises, each more engaging than the last. We are planning to host approximatively 500 persons. The festival will take place from August 20 to 23, but starting on the 15th, we'll need as many forces as possible to set up the space. We'll be setting everything up in a fun and cheerful atmosphere—we can't wait to meet you ! If you're available and eager to help, please don't hesitate to contact us : volontairesBAF@proton.me We look forward to seeing you in August ! The BAF CAMP festival. [NL] De zon schijnt in de blauwe lucht, er gaat een gerucht rond in de Belgische valleien... Deze zomer zal er voor het eerst een activistisch kamp plaatsvinden. Wat zeg ik, een festival, een samenzijn, een lichtpuntje in de huidige catastrofe, een plek waar de Belgische strijdbewegingen elkaar kunnen ontmoeten. Ik laat je graag kennismaken met het Belgisch Activistisch Festival Camp ! We presenteren graag onze website : https://belgian-activism-festi-camp.be/nl/index.html. Het BAF-camp vindt plaats van 20 tot 23 augustus, in de tuinen van de « Moulin de Grupont ». We komen bij elkaar rond de vraag “Hoe kunnen we samen strijden in België ?“. Dit festival verloopt in zelfbeheer, alle aanwezigen worden betrokken in de dagelijkse organisatie. We verwachten ongeveer 500 mensen per dag. De toegangsprijs is aan vrije bijdrage in overeenstemming met je mogelijkheden. De tickets zijn binnenkort verkrijgbaar ! Het programma krijgt langzaam maar zeker vorm, met praktische workshops, lezingen, speelruimtes, concerten... en nog veel meer verrassingen, de ene nog geëngageerder dan de andere. Als je ideeën hebt of initiatief wil nemen om het kamp mee vorm te geven, laat het ons weten ! Het kamp vindt plaats van 20 tot 23 augustus, maar vanaf 15 augustus hebben we zoveel mogelijk hulp nodig om de plek in te richten, tenten op te zetten, etc. Wij zorgen voor een vrolijke en gezellige sfeer tijdens de opbouw en kijken ernaar uit je daar te ontmoeten ! Als je tijd hebt en graag wil helpen, neem dan contact met ons op via volontairesBAF@proton.me. Tot in augustus ? Het BAF-CAMP
  • Ces rats naufragés sur des îles isolées qui menacent les colonies d’oiseaux marins

    Débarqués probablement après des échouages il y a 25 ans, les rats noirs ont proliféré sur l’île de Clipperton, à 1 000 kilomètres du Mexique dans le Pacifique. Leurs prédations menacent la biodiversité exceptionnelle du site, dont des colonies d’oiseaux marins. Un problème récurrent sur les îles isolées dont la solution, à la logistique compliquée, est l’éradication des rongeurs.
  • Le réseau Atlas, le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin : les bâtisseurs du « fémonationalisme » en France

    Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.

    Le réseau Atlas et le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin participent à l'édification du « fémonationalisme ». En payant une structure comme l'Institut de Formation Politique (IFP) où ont notamment été formées la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon, ils donnent une assise financière et des réseaux d'influence à des courants nationalistes pouvant aussi se revendiquer féministes. D'autres initiatives voient également le jour dans les médias et le champ littéraire pour « armer » intellectuellement une idéologie fondamentalement inégalitaire.

    Le réseau Atlas créé en 1981 par Anthony Fisher est un réseau « libertarien » et ultraconservateur finançant à travers le monde des structures visant à défendre l'économie de marché et à limiter l'État au simple accomplissement de ses fonctions « régaliennes » à savoir la police, la « justice », et l'armée. Ses fonds composés de contributions issues de sociétés comme Philip Morris, Pfizer, ExxonMobil ou Michelin financent en France de nombreuses initiatives dites d'extrême-droite, qu'elles se revendiquent du nationalisme, du souverainisme ou du libéralisme.

    • La première d'entre elles fut dès 1981 l'Institut Économique de Paris (IEP) fondée par l'économiste Pascal Salin et l'homme d'affaires Guy Plunier [1].
    • L'Institut de Formation Politique (IFP) dirigé par Alexandre Pesey voit lui le jour en 2004 et forme la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon. Alexandre Pesey s'est formé en 2000 au Leadership Institute « partenaire de longue date du réseau Atlas  [2]. Il est aussi soutenu par le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin [3].
    • L'association Éclats de femme lancée le 21 octobre 2024 par Claire Géronimi bénéficie également du soutien de Pierre-Édouard Stérin [4]. Reconnue d'intérêt général en mai 2025 elle affirme « apporter un soutien concret à toutes les victimes d'agression » et noue des partenariats notamment avec l'école de commerce Hautes Études Commerciales (HEC) Paris et la maison Louis Vuitton [5]. Claire Géronimi occupe en même temps le poste de vice-présidente de l'Union des Droites pour la République (UDR) dirigée par l'ancien président du parti Les Républicains (LR) Éric Ciotti qui s'est rallié au Rassemblement National (RN) lors des élections législatives anticipées de 2024.

    Le rôle central de La Manif Pour Tous

    La chercheuse Magali Della Sudda affirme dans son livre « Les nouvelles femmes de droite » publié en 2022 aux éditions Hors d'atteinte que La Manif Pour Tous (LMPT) active officiellement à partir du 17 novembre 2012 relève avant tout d'une rencontre des droites autour des questions de genre et de la défense de la famille hétérosexuelle [6]. Le collectif Némésis serait donc le fruit des convergences créées par LMPT facilitées par l'acquisition en 2014-2015 de Canal + et ses filiales par le groupe Bolloré. La présidente de Némésis Alice Cordier se voit ainsi invitée régulièrement en 2021 dans l'émission « Touche Pas à Mon Poste (TPMP) » animée par Cyril Hanouna sur la chaîne de télévision C8 [7].

    Le financement de Némésis demeure lui assez flou : égérie durant plusieurs années de la marque de nutrition sportive Prozis, Alice Cordier semble développer son collectif grâce au placement de produits et aux vues réalisées sur les réseaux sociaux [8].

    Des productions littéraires et médiatiques pour la « famille » et la « natalité »

    Depuis le discours d'Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 sur le « réarmement démographique » plusieurs livres savamment médiatisés sont sortis : « La terreur jusque sous nos draps : sauver l'amour des nouvelles morales » de Noémie Halioua aux éditions Plon, « L'effacement des mères, du féminisme à la haine de la maternité » d'Ève Vaguerlant aux éditions de l'Artilleur, « L'Enfant est l'avenir de l'homme : la réponse d'une mère au mouvement « No kids » » d'Aziliz Le Corre aux éditions Albin Michel et « Yes kids : La colère d'une mère face aux nouveaux diktats de la famille » de Gabrielle Cluzel aux éditions Fayard (propriétés de Bolloré). Chacune de ces autrices présente un profil sur lequel il est nécessaire de s'attarder quelques instants.

    • Noémie Halioua travaille comme « journaliste » pour Le FigaroVox (branche extrême-droitière du Figaro créée en 2014 par l'ancien directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles Alexis Brézet). Elle intervient également sur d'autres « médias » comme CNews, Sud Radio, I24 News, LCI, Europe 1 ou Radio J. Elle a aussi participé au lancement du site Factuel en mai 2023 parrainé par la présentatrice de la chaîne de télévision CNews Christine Kelly.
    • Ève Vaguerlant de son côté est enseignante, agrégée et docteur en lettres modernes. La promotion de son livre a surtout été assurée par Le Figaro, Sud Radio, Radio Courtoisie, Radio Notre Dame ou encore les chaînes YouTube « Le Crayon » et « Femelliste » animée par Marguerite Stern et Dora Moutot.
    • Aziliz Le Corre pour sa part travaille au Journal Du Dimanche (JDD, propriété de Bolloré). Elle intervient ainsi dans Le Figaro, sur CNews, dans la revue « Front Populaire », dans Marianne, Le Point ou elle aussi sur Le Crayon et Femelliste.
    • Gabrielle Cluzel enfin dirige le site Boulevard Voltaire fondé en 2012 entre autres par le maire de Béziers Robert Ménard. On peut la retrouver comme les autres sur CNews, Sud Radio, Frontières, Radio Courtoisie et Famille Chrétienne.

    Toutes ces autrices cherchent manifestement à embrayer sur le discours de Macron du 16 janvier 2024 et les « mesures » annoncées par sa « ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » Aurore Bergé.

    Dans le même style, le média « Lou » né en avril 2023 dans la lignée du site « neo.tv » affirme promouvoir les « femmes fortes », les « mères inspirantes » et cible « une femme de 35 ans, active professionnellement et mère de deux enfants » selon sa rédactrice en chef Clémence Majani [9]. Lancé en novembre 2020, neo.tv bénéficie depuis 2022 d'un financement de Pierre-Édouard Stérin. Il compte parmi ses cofondateurs Stéphane Simon dirigeant de la société Open Media Factory ayant d'après les journalistes Rozenn Le Carboulec et Camille Regache réalisé plusieurs vidéos pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen de 2022 [10].

    « L'Institut Iliade pour la Longue Mémoire Européenne » né en 2014 à l'initiative d'anciens membres du « Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) » et du « Carrefour de l'Horloge (ex-Club de l'Horloge) » cherche pareillement à faire émerger des figures médiatiques pour porter en avant des thèmes comme la maternité, la naissance et l'éducation des enfants. C'est le cas par exemple de Floriane Jeannin, auditrice de la promotion Patrick Pearse de l'Institut Iliade et présentatrice de l'émission « Les femmes et les enfants d'abord » sur la chaîne de télévision en ligne « TVLibertés ».

    C'est également le cas d'Anne Trewby, cofondatrice du mouvement « Antigones » et formatrice à l'institut Iliade pour le module « Guerre des sexes : repenser la complémentarité entre l'homme et la femme ». Ses deux livres « Femmes, réveillez vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme » et « Le Néo-féminisme à l'assaut d'Internet » sont ainsi publiés aux éditions de La Nouvelle Librairie fondées en août 2019 par le rédacteur en chef de la revue « Éléments pour la civilisation européenne » François Bousquet.

    Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin comme pois(s)ons pilotes de la lutte anti-avortement

    Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin demeurent aujourd'hui des piliers de l'extrême-droite française. Milliardaires, catholiques et identitaires, ils font désormais marcher à plein leurs médias, observatoires, instituts de sondage et autres outils de propagande.

    L'avortement représente à ce sujet pour eux une crainte majeure. Dans un pays qui pour eux décline démographiquement, pas question que la famille hétérosexuelle soit mise à mal par une honteuse propagande anti-conceptionnelle !

    Les chaînes de Bolloré se sont elles déjà mobilisées. Juste avant de cesser d'émettre le 1er mars 2025, C8 a repassé par surprise un film qu'elle avait déjà diffusé le 16 août 2021 : il s'agit du film américain « Unplanned » produit en 2019 par la compagnie « Soli Deo Gloria » et distribué par la maison de production évangélique Pinnacle Peak Pictures (anciennement Pure Flix).

    Le 25 février 2024, sa cousine CNews s'était illustrée durant l'émission « En quête d'esprit » présentée chaque dimanche par Aymeric Pourbaix débauché de l'hebdomadaire « France Catholique » acheté par Bolloré en 2018. Trois jours avant le vote du Sénat pour la constitutionnalisation de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), Aymeric Pourbaix explique à ses téléspectateur-ice-s que l'avortement représente la première cause de mortalité dans le monde avec « 73 millions de décès par an » devant le cancer (10 millions de décès) et le tabac (6 millions de décès).

    Sanctionnée d'une amende de 100 000 euros par l'Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM), la chaîne s'est par la suite confondue en excuses par la voix de ses « journalistes » vedettes comme Laurence Ferrari, Sonia Mabrouk et Christine Kelly. Cette charge n'est pourtant que celle d'une longue série d'assauts idéologiques engagée par Bolloré sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) depuis la création de C8 en 2005 sous le nom de « Direct 8 ».

    L'émission « En quête d'esprit » en est d'ailleurs l'un des symptômes les plus criants. Ce fameux 24 février était par exemple présente en plateau Lucie Pacherie juriste de la Fondation Jérôme Lejeune, fer de lance de la lutte anti-IVG depuis sa création le 25 mars 1995 et reconnue d'utilité publique le 21 mars 1996.

    L'émission « En quête d'esprit » a elle démarré le 5 juillet 2020 succédant ainsi à un autre programme religieux de Bolloré, l'émission « Dieu merci ! » diffusée sur C8 de 2005 à 2012. Aymeric Pourbaix y est assisté de Véronique Jacquier, elle aussi venue de « France Catholique » et chroniqueuse en même temps dans « L'heure des pros » animée par Pascal Praud sur CNews.

    Le « fémonationalisme » participe donc d'une machine de guerre plus globale visant en fait à détruire des revendications féministes telles que le droit à l'avortement derrière des impératifs de natalité, de perpétuation de la « famille française », de la « souche » ou de la « civilisation » européenne. La mise en avant d'une féminité épanouie par le biais de la maternité et de l'hétérosexualité en est sûrement l'image la plus parlante.

    Le ciblage des femmes étrangères vise ainsi à les dénoncer comme des rivales dans un hypothétique accès aux droits et celui des hommes étrangers comme des coupables systématiques du patriarcat qui d'ailleurs pour Anne Trewby n'existe pas. Sa « grille de lecture » fondée sur « l'unité d'un corps national compris comme fondé sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » semble bien résumer les raisons de l'existence aujourd'hui du « fémonationalisme » [11].

    L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire

    [1] « De débuts timides à la professionnalisation du réseau », Le réseau Atlas, la France et l'extrême-droitisation des esprits. La machine de guerre idéologique d'une nouvelle extrême-droite, libertarienne et ultraconservatrice, Observatoire des multinationales (ODM), 22 mai 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-lafrance-
    et-l-extreme-droitisation-des-esprits/.

    [2] « L'Institut de formation politique, vivier des droites radicales et de leur union », ODM, 12 juin 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-la-france-et-l-extreme-droitisation-des-esprits/l-institut-de-formation-politique-vivier-des-droites-radicales-et-de-leur-union.

    [3] https://periclesfrance.org/.

    [4] Ibid.

    [5] https://www.eclatsdefemme.com/notre-association.

    [6] « La réactivation des clivages politiques par le genre : un enjeu clivant dans l'espace politique », Les nouvelles femmes de droite, éditions Hors d'atteinte (2022), page 60.

    [7] « Des professionnelles de l'activisme culturel », Ibid, page 155.

    [8] « Islamophobie et féminisme identitaire », Prozis, la marque de nutrition sportive préférée des fafs, Daphné Deschamps et Arthur Weil-Rabaud : https://www.streetpress.com/sujet/1704281732-prozis-marque-nutrition-sportive-sponsor-faf-neonazis-influenceurs-mila-pierrot.

    [9] "C. MAJANI (Lou) : « Nous touchons 10 millions de Français chaque mois »", Prescilia Sitbon, Média+ : https://www.lemediaplus.com/c-majani-lou-nous-touchons-100-millions-de-francais-chaque-mois.

    [10] "« Un producteur qui « fricote avec l'extrême droite »", Derrière "Lou Media" et "neo.tv", une nébuleuse très (très) droitière, Rozenn Le Carboulec et Camille Regache, Arrêt sur images : https://www.arretsurimages.net/articles/derriere-lou-media-et-neo-tv-une-nebuleuse-tres-tres-droitiere.

    [11] "« Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview]", Breizh-Info, propos recueillis par Audrey D'Aguanno le 19 avril 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/?fbclid=IwAR3SWGpaIAE8kOIg6VtAB8qKNNvSLB3V1deFa01GObbmVW8dl3_-hb2WlG8.

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  • Permanence syndicale des travailleureuses du livre du 15 septembre de 19h à 21h

    Des camarades de la branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires tiennent une permanence syndicale pour répondre à toutes tes questions : envie de te syndiquer, problèmes au travail, ou envie d'échanger, on est à ton écoute.

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    📚Tu travailles dans l'édition, la librairie, la distribution, la diffusion, en bibliothèque, en festival littéraire...

    ⭐Tu es écrivain.e, illutrateur.ice, traducteur.ice, correcteur.ice, maquettiste, éditeur.ice, préparateur.ice de copie, attaché.e de presse, libraire, agent.e, fabricant.e, cariste, préparateur.ice de commandes, vendeur.euse, technicien.ne de maintenance machines, informaticien.ne, tu fais du marketing, de la communication, de la vente de droits, de la gestion de stock...
    ⭐Tu es free-lance, artiste-auteurice, travaille en agence, es salarié.e dans une structure indépendante ou dans un groupe.

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    N'hésite pas à venir nous parler !

  • Les terrils, montagnes noires devenues poumons verts

    Les terrils, ces montagnes de gravats liés à l'exploitation minière, sont plus vivants qu'on ne le pensait quand ils ont été édifiés. Plusieurs décennies après l'arrêt des mines, une guide nous révèle l'étendue de la faune et de la flore qu'ils accueillent.
    Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), reportage
    Il faut s'imaginer un paysage à la Germinal de Zola, matérialisé pour l'éternité par le film de Claude Berri (1993). De la fumée, des bruits métalliques. Des hommes, la pauvreté et (…)

    Lire la suite - Reportage / Nature , Mines et métaux
  • [Rennes] 1312 – ACAB –  quartier de la Poterie – des CRS ont percuté un hom…

    [Rennes] 1312 – ACAB –  quartier de la Poterie – des CRS ont percuté un homme sur le boulevard (ou rue) Michel Gérard qui entoure le quartier de la poterie ( terminus sud de Rennes). Alors qu’il circulait hier soir à trottinette un homme a subit une tentative d’assassinat par les policiers / gendarmes / CRS.  Malgré des informations très contradictoires et fortement contrôlées, cet homme serait encore dans le coma ce samedi 8 août 2026.

  • Actions directs contre le CRA au champs de manoeuvre. La préfecture a insta…

    Actions directs contre le CRA au champs de manoeuvre.

    La préfecture a installé des barrières devant le terrain où ils veulent construire un CRA. Il y a deux semaines des camarades sont allé.es les débouloner (voir article). La préfecture les a remises. On s’est dit que c’était à notre tour d’aller les enlever. Arrivé.es sur place, on a trouvé toutes les barrières en vrac par terre. Bravo à l’équipe déterminée qui est passé avant nous !

  • «Montrer qu’il y a d’autres modèles possibles» : face aux géants des mers, une initiative inédite aide les petits pêcheurs à se lancer

    Installé à Cherbourg-en-Cotentin, Baptiste Vannier espère débuter une activité de pêche à la ligne, au filet et au casier à partir de septembre. © Cécile Massin/Vert

    «Bienvenue à bord !» lance Baptiste Vannier en sautant, le pas léger, dans son bateau amarré au port de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Sur le ponton, rien ne distingue a priori sa vedette de pêche des autres navires, et pourtant. Fièrement paré de ses liserés bleus, ce bateau a été acquis par le pêcheur normand de 28 ans grâce au soutien de Mer de liens. Une première.

    Créée en décembre 2025 par l’association Pleine mer, cette société de pêche citoyenne et solidaire a été pensée comme le pendant maritime de la foncière agricole Terre de liens. Alors que la première achète des terres grâce à l’épargne citoyenne pour permettre à des paysan·nes de s’installer en agriculture biologique, la seconde veut acheter des bateaux pour permettre aux artisan·nes qui veulent pratiquer une pêche durable de lancer leur activité. Un fonctionnement inédit dans le secteur.

    «Un jeune marin-pêcheur qui veut s’installer doit acheter un bateau, mais aussi acquérir les droits pour pêcher telle ou telle espèce», débute Augustin Malliart, installé à Brest (Finistère) et codirecteur de Mer de liens. «C’est justement là que ça se corse», poursuit le professionnel. De fait, les licences sont souvent difficiles à obtenir, car déjà attribuées à d’autres pêcheur·ses.

    Dans le même temps, à l’échelle de l’Union européenne, les quotas de pêche sont répartis entre navires en fonction des quantités de poissons pêchées précédemment. Résultat ? Plus un navire a pêché, plus il obtiendra de quotas. «Les bateaux sont ensuite revendus en fonction des quantités pêchées antérieurement, et donc de leur quotas, ce qui alimente la spéculation et fait grimper le coût de certains bateaux, qui deviennent tout bonnement inaccessibles aux jeunes pêcheurs», regrette le codirecteur de Mer de liens.

    75 000 euros récoltés grâce à l’épargne citoyenne

    Face à cette répartition, qui défavorise les artisan·nes au profit des acteurs industriels sans prendre en compte l’impact environnemental des méthodes de pêche (notre article), «c’est là qu’on intervient», sourit Augustin Malliart. Concrètement, Mer de liens se propose d’acheter des bateaux puis de les revendre aux pêcheur·ses artisan·nes. Pour cela, elle joue également le rôle de banque en leur accordant des prêts à taux très bas (1%). «Ça permet de leur rendre accessibles des bateaux qui ne l’auraient jamais été autrement», s’enthousiasme le professionnel.

    Baptiste Vannier espère relancer une pratique aujourd’hui inexistante en Normandie : la pêche en plongée de coquilles Saint-Jacques. © Cécile Massin/Vert

    Ces emprunts sont rendus possibles grâce au modèle de l’actionnariat solidaire. Pour le bateau de Baptiste Vannier, la levée de fonds citoyenne lancée par Mer de liens a ainsi permis de récolter pas moins de 75 000 euros (sur les 200 000 espérés) auprès de particuliers, mais aussi de personnalités comme la navigatrice Isabelle Autissier, la journaliste Inès Léraud ou encore le professeur en écologie marine Didier Gascuel. «Les épargnants s’engagent à laisser leur argent au moins cinq ans, ce qui nous permet d’acheter des bateaux et de faire fonctionner la structure», précise Augustin Malliart.

    «J’ai été attiré par la souplesse de remboursement, mais aussi par la mise à disposition de leur réseau de poissonniers, restaurateurs et grossistes désireux de favoriser la pêche artisanale

    Le bateau et les droits de pêche associés progressivement achetés par le pêcheur, Mer de liens reste ensuite propriétaire à 20% de la toute nouvelle société, «ce qui nous permet de ne pas jouer uniquement le rôle de banque, mais aussi d’être pleinement investi dans le projet en aidant le pêcheur à structurer son projet, à trouver les bons partenaires pour valoriser et commercialiser ses produits…», insiste Augustin Malliart.

    Autant d’aspects qui ont séduit Baptiste Vannier, qui aspirait depuis longtemps à se lancer à son compte. «J’ai été attiré par la souplesse de remboursement, mais aussi par la mise à disposition de leur réseau de poissonniers, restaurateurs et grossistes désireux de favoriser la pêche artisanale, précise le pêcheur. C’est un vrai atout dans ce milieu où avoir les bons contacts est primordial», ajoute-t-il, concentré à décoller de la coque du bateau le nom donné par l’ancien propriétaire pour y apposer le sien – Paua – en grandes lettres noires.

    Contrebalancer l’hégémonie de la pêche industrielle

    Avant de rejoindre Mer de liens, le pêcheur a signé une charte «pour une pêche plus durable» établie par le comité scientifique de l’association et via laquelle il s’est engagé, entre autres, à diversifier les espèces ciblées, réduire son empreinte sur les fonds marins, respecter les quotas et la réglementation ou encore optimiser la consommation de carburant.

    L’initiative Mer de liens espère pouvoir accompagner trois à quatre projets d’installation par an. © Cécile Massin/Vert

    Des pratiques respectueuses des fonds marins que Baptiste Vannier dit avoir toujours respectées, «mais c’est bien qu’elle soient écrites noir sur blanc», sourit le pêcheur. «Ces principes pourraient sembler logiques, mais dans les faits ils ne sont pas forcément respectés et les contrôles restent peu fréquents, le rejoint Augustin Malliart. C’est pour ça qu’on insiste autant dessus».

    Fort de ces valeurs communes, Baptiste Vannier espère débuter dès septembre une activité de pêche à la ligne, au filet et au casier. Il pense même relancer une activité – pour le moment inexistante en Normandie – de pêche en plongée de coquilles Saint-Jacques. «La plongée, ça a toujours été mon dada, sourit-il. J’aime les sensations que ça procure, mais aussi le fait qu’avec cette technique, on prélève les coquillages à la main un par un et que les quantités sont donc faibles et restent gérables.»

    Pour Baptiste Vannier, protéger les fonds marins passe par des méthodes de pêche durables, mais aussi par la valorisation des produits en circuits courts et le respect de la disponibilité des ressources halieutiques. «La pêche en plongée a un impact quasi-nul, abonde Augustin Malliart. C’est pour ça qu’on y est très favorable.» De là à faire de Mer de liens un outil de lutte contre l’hégémonie de la géants de la pêche ? «Ce serait un peu irréaliste de le prétendre, confesse-t-il. L’ambition, c’est plutôt de nous rendre utile pour des projets qui auraient du mal à se concrétiser sans notre aide.»

    Alors que, d’après l’association Pleine mer, près d’un tiers des navires de moins de 12 mètres ont disparu en 25 ans et que le nombre de pêcheur·ses artisan·nes s’amenuise, Mer de liens espère accompagner trois à quatre projets par an. La société de pêche s’apprête d’ailleurs à lancer une nouvelle levée de fonds à la rentrée avec, dans le viseur, l’installation de deux jeunes marins-pêcheurs bretons à partir de 2027. «Ce qu’on veut, c’est montrer qu’il y a d’autres modèles possibles», conclut Augustin Malliart, sans se faire d’illusions sur le rapport de force actuel.

  • « Les régimes d'élaboration de frontières » : comprendre la crise migratoire mondiale avec Harsha Walia

    Depuis les 30 et 31 juillet, le monde occidental vit au rythme d'images et de discours apocalyptiques concernant le franchissement massif de la frontière de l'enclave espagnole de Ceuta par près de 60 000 personnes migrantes. Dans le moment d'intense sursaut réactionnaire et sécuritaire ou de fascisation à l'échelle européenne et internationale, les gouvernements et mouvements d'extrême-droite ne se sont pas fait prier pour hurler à l'invasion migratoire et au signe bien matériel du « grand remplacement en cours ». De la comparaison des photographies du désespoir des personnes en exil à celles des zombies du film médiocre (et de propagande pro-israélienne) World War Z [1] par le nazillon de la tech Elon Musk au manifestations des groupuscules néo-fascistes devant l'ambassade du Maroc à Madrid, tout le monde y est allé de son petit mot pour dresser l'épouvantail de l'horreur migratoire pour alimenter la suprémacie blanche européenne.

    Les gouvernements français, italiens, anglais et tant d'autres se sont évidemment précipité devant les micros des médias pour se battre à qui fera la plus belle sortie racelarde et qui fermera le plus vite ses frontières avec l'Espagne. En France, Macron a bien entendu demandé au ministre de l'Intérieur Laurent Nunez de renforcer les contrôles dans les Pyrénées et en Italie, Georgia Meloni a carrément annoncé le retrait temporaire de l'Italie de l'espace Schengen. Une belle manière de rappeler la farce démocratique et libérale que constitue ces accords de "libre-circulation" dans l'Union Européenne depuis 1995. Nombreux ont été également les chefs d'Etat à conspuer l'Etat marocain et sa frontière "passoire", alors même que l'Union Européenne et l'agence Frontex financent chaque année à hauteurs de plusieurs milliards d'euros des pays tiers pour externaliser sa politique migratoire.

    Avec l'augmenation du nombre de passages par la route dite de la Méditerranée occidentale entre le Maroc et l'Espagne (7004 entrées en 2015 contre 31 219 en 2022 selon les chiffres de Frontex), notamment en raison de l'acharnement raciste anti-migrants des régimes italiens et libyens, l'Union Européenne a fait du Maroc un allié stratégique dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PVE). La "sécurisation" de la Méditerranée, c'est-à-dire le faire d'en faire un rempart contre les migrations africaines vers l'Europe est au coeur même de la PVE, notamment via la Direction générale de la Justice et des affaires intérieures qui promeut avec les pays tiers voisins "une coopération rapprochée dans des domaines tels que la gestion des frontières, l'immigration, la lutte contre le terrorisme, le trafic d'êtres humains... » Cette coopération judiciaire et policière autour de l'immigration méditerranéenne s'est accentuée à partir de la présidence espagnole de l'UE en 2002 qui a été marqué par de nombreux accords bilatéraux signés avec le Maroc. Un des piliers de cette coopération a été cette transaction raciste qui consiste dans le fait que le Maroc agisse comme rempart de l'Union Européenne autour des enclaves de Ceuta et Melilla si l'Espagne accepte d'embaucher des travailleurs saisonniers marocains, notamment dans le secteur agricole. [2]

    Si les images du franchissement massif de la frontière extérieure européenne a été massivement commenté, les 72 migrant-es (bilan provisoire) ayant perdu la vie lors du franchissement [3], elleux, ont été complètement laissé-ers de côté. Ces 72 mort-es, dont sont directement responsables les gouvernements de l'Union Européenne et l'agence Frontex, s'ajoutent aux (au moins) 3254 mort-es durant le franchissement de la Méditerranée sur la seule année 2025. Le récit du franchissement de frontière ne fonctionne que lorsqu'il rencontre celui de la supérmacie blanche qui défend son pré-carré de l'invasion qui causerait sa propre perte. Aux yeux de l'UE, des gouvernements européens, de Frontex, si la frontière cause autant de morts, c'est qu'elle remplit parfaitement sa fonction.

    Le 30 juillet, soit la même nuit que l'épisode de Ceuta, au moins 6 personnes (dont des enfants) ont perdu la vie en tentant de traverser la manche, après avoir été violemment attaqué les flics français à coup de plus d'une trentaine de lacrymos et une longue nasse de 80 personnes [4]. Elles et eux, comme des centaines d'autres, sont mort-es dans le silence de la nuit, à cause des politiques sécuritaires et racistes européennes.

    Un texte pour comprendre ce qui est en jeu

    Pour prendre un peu de hauteur au dessus de la masse d'informations réactionnaires et fascisantes, on propose ici la lecture d'un court chapitre de l'excellent livre Frontières et domination. Migrations, capitalisme et nationalisme. de la militante et écrivaine canadienne Harsha Walia, publié en 2023. Dans ce bouquin, Harsha Walia essaie de désencastrer les questions migratoires des images médiatiques déshumanisante et des discours sur la prétendue "crise migratoire". Harsha Walia explique que cette "crise" n'est que la résultante des effets combinés de la colonisation, de la mondialisation capitaliste, de l'exploitation de travail de l'extractivisme et du changement climatique global. Elle retrace la manière dont la frontière a constitué un des fondements de la formation des Etats modernes, de la hiérachisation sociale, du contrôle de la main d'oeuvre et de la promotion de nationalismes réactionnaires voires fascisants.

    On propose ici la lecture du quatrième chapire de l'ouvrage, qui détaille les différents régimes d'élaboration des frontières. Harsha Walia détaille ainsi quatre manières autour desquelles les frontières sont élaborées : l'exclusion (l'expulsion directe des migrant-es du fait de murs, de centre de détention et de déportation), la dispersion territoriale (c'est à dire la gestion de la frontière à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays, par tous les moyens de surveillance et les pratiques disciplinaires disponibles), l'inclusion-marchandisation (le fait de transformer les migrant-es/réfugié-es en travailleur-euses temporaires ou sans papier afin de limiter délibérément leur pouvoir de négociation) et enfin le contrôle du discours (la manipulation des expressions qui concerne la migration, à la fois dans le champ politique et médiatique). Le chapitre 4 intervient après que l'autrice est revenue sur l'histoire de la frontière aux Etats-Unis, sur les guerres intérieures et extérieures réalisées par l'impérialisme américain (qui ont elles-mêmes causées des mouvements de population) et sur les raisons de la migration quye sont la dépossession, la privation et le déplacement forcé à cause du régime capitaliste et des impérialismes. Harsha Walia termine le chapitre que nous présentons en détaillant les mécanismes impérialistes de l'externalisation des frontières. Elle raconte notamment comment la politique américaine du "Remain in Mexico" a mené au décès de plusieurs milliers de migrants centre-américains au Mexique depuis le début des années 2010, une situation qui n'est bien sûr pas sans rappeler la politique que l'Union Européenne mène bras dessus bras dessous avec la Lybie, la Turquie ou encore bien sûr le Maroc.

    L'autrice : Harsha Walia

    Harsha Walia est une militante et écrivaine bahreïnienne basée à Vancouver. Ayant fait des études de droit, elle défend depuis plus de vingt ans la justice migratoire, la solidarité avec les peuples autochtones et la libération du peuple palestinien. Elle a notamment cofondé le groupe de défense des droits des migrants No One Is Illegal, elle participe également au comité d'organisation de la Women's Memorial March qui a lieu chaque 14 février au Canada et aux Etats-Unis pour commémorer les filles et femmes autochtones assassinées ou disparues (Missing and Murdered Indigenous Women).

    Chapitre 4. Les régimes d'élaboration de frontières

    Il y avait un mur. Il ne semblait pas important. Il était formé de pierresnon taillées cimentées sans soin. Un adulte pouvait regarder par-dessus, et même un enfant pouvait l'escalader. Là où il croisait la route, il n'y avait pas de porte, il s'estompait en une simple figure géométrique, une ligne, une idée de frontière. Mais cette idée était réelle. Elle était importante. Durant sept générations il n'y avait rien eu de plus important au monde que ce mur. Ursula K. LE GUIN, Les dépossédés

    Tôt un matin d'avril 2002, Bennett Patricio Jr. a été renversé et traîné sur plus de 30 mètres par une voiture de la U.S. Border Patrol en territoire Tohono O'odham. L'adolescent a eu les côtes brisées et le crâne fracassé. Le conseil législatif Tohono O'odham a qualifié sa mort de crime d'État et dénoncé sa mise en danger par des agents de la U.S. Border Patrol comme une violation de la souveraineté de la nation. L'achat Gadsden de 1853, par lequel les États-Unis ont acquis une partie du territoire mexicain, a tracé une frontière artificielle sur le territoire Tohono O'odham entre ce qui est aujourd'hui le sud de l'Arizona, aux États-Unis, et le nord du Sonora, au Mexique. Cent kilomètres de frontière séparent les deux pays en terre autochtone, si bien qu'une armée d'agents frontaliers patrouille régulièrement dans la réserve. Ils ont également passé à tabac, aspergé de gaz lacrymogène et abattu par balles des Tohono O'odham. Des drones vrombissent et des caméras de surveillance traquent les migrants. En 2013, près de 11 000 migrants ont été arrêtés en territoire Tohono O'odham [5]. D'autres sont morts dans le désert ; on retrouve en moyenne 70 cadavres sur la réserve chaque année [6]. La CBP a engagé la principale entreprise d'armement privée d'Israël, Elbit Systems, pour bâtir dix tours de surveillance, faisant des Tohono O'odham l'une des communautés les plus militarisées aux États-Unis [7].

    Lorsque le président Donald Trump a annoncé la construction d'un mur frontalier en Arizona, le vice-président de la nation Tohono O'odham, Verlon Jose, a déclaré : « Il faudra d'abord me passer sur le corps [8]. » La lutte des Tohono O'odham contre le mur se situe à l'intersection des guerres indiennes et des politiques de sécurité aux frontières ; pour citer Ofelia Rivas, membre de la nation, « le mur va être dans ma cour arrière – le mur, et toutes les mesures politiques qui y sont associées [9] ». Un mur frontalier entraînerait des dommages écologiques irréversibles, perturberait les migrations animales, entraverait les pèlerinages des Tohono O'odham vers des sites sacrés, et séparerait des familles réparties de part et d'autre de la frontière. Le dynamitage pour la construction du mur sur le site de l'Organ Pipe Cactus National Monument, lieu de sépulture Tohono O'odham, a aussitôt été dénoncé comme une profanation par les dirigeants autochtones. Les Tohono O'odham ont répondu aux projets de Trump par une vidéo intitulée « Le mot “mur” n'existe pas en o'odham ».

    Si imposants soient-ils, les murs ne sont pas infranchissables. Des gens les escaladent, les traversent et les contournent tous les jours. Et, bien que les murs constituent l'aspect le plus spectaculaire de la domination par les frontières, cette dernière a de multiples facettes. Ce chapitre décrit et examine quatre stratégies qui la constituent : l'exclusion, la dispersion territoriale, l'inclusion-marchandisation et le contrôle du discours. Ces stratégies de domination renforcent le racisme, une structure de pouvoir qui établit des différences et des hiérarchies raciales, et que Ruth Wilson Gilmore a décrite comme « la production et l'exploitation, extralégales ou cautionnées par l'État, de la prédisposition de groupes déterminés à une mort prématurée [10] ». En partant de Gilmore, Jasbir Puar avance que lepillage capitaliste et impérialiste provoque un état d'affaiblissement qui équivaut à une lente agonie. À rebours de la conception néolibérale du handicap comme un état exceptionnel ou symptomatique, cet affaiblissement résulte de la biopolitique quotidienne et raciste consistant à « travailler d'une main et lutter de l'autre [11] ». La gouvernance frontalière se situe à la jonction de cette logique productive et guerrière, de l'exclusion et de l'extraction, produisant des corps « considérés comme ouverts aux sévices » et à l'affaiblissement continu qui sert les visées de la domination raciale et de classe [12].

    Quatre stratégies de gouvernance frontalière

    Pour survivre aux Terres frontalières
    tu dois vivre sin fronteras
    être une croisée de chemins.
    Gloria ANZALDÚA, Borderlands/La Frontera : The New Mestiza

    L'exclusion

    L'exclusion consiste à juguler et à expulser les migrants au moyen de murs, de centres de détention et de déportations. La gouvernance par l'exclusion permet de renforcer le contrôle du territoire, consolide l'identité nationaliste fondée sur la race, et criminalise les migrants et les réfugiés en les désignant comme des « indésirables » et des « intrus ». La détention et l'expulsion de masse, ainsi que les violentes rafles et descentes militarisées, visent à punir, à intimider et à dissuader. L'illégalité des migrants n'a pourtant rien d'une donnée objective ; les gens deviennent illégaux – sont déclarés illégaux – en vertu de restrictions imposées par les États, qui limitent le droit d'entrer ou de séjourner dans un pays donné. Partout dans le monde, il devient de plus en plus difficile d'obtenir un statut de résident permanent légal, du fait de l'instauration de visas d'entrée, des rejets de demandes d'asile, de la suppression du droit du sol, des obstacles au regroupement familial et de la déchéance de résidence en raison decontestables infractions criminelles ou relatives à la sécurité. Par conséquent, le nombre de personnes qui franchissent des frontières illégalement ne cesse d'augmenter. La loi crée l'illégalité, et le racisme la figure de l'immigrant illégal. En 2017, la majorité des étrangers ayant dépassé la durée de séjour autorisée ne venaient pas d'un pays d'Amérique latine – bien que les migrants et les réfugiés latinxs forment la vaste majorité des détenus –, mais du Canada, et ils étaient 92 000 [13]. Ensemble, les Canadiens et les Européens rassemblent près de la moitié des infractions pour des séjours indûment prolongés aux États-Unis, mais sont rarement placés en détention [14]. Race et illégalité sont des constructions indissociables et, comme le souligne Mary Romero, « des lois apparemment exemptes de tout caractère racial revêtent une dimension raciale dans le cadre des pratiques du maintien de l'ordre [15] ».

    « Bâtissons un mur ! » s'est imposé comme cri de ralliement pour les gouvernements de droite des quatre coins du monde. Trump rêverait d'un mur frontalier entouré de douves grouillant d'alligators et surmonté d'une clôture électrique, de pointes acérées et de tireurs d'élite [16]. Financée à coups de milliards de dollars sur le budget militaire du Pentagone, la construction du mur de Trump devrait nécessiter quelque 300 000 litres d'eau par jour [17]. Son administration entend utiliser les migrants bloqués par le mur et arrêtés à la frontière comme cobayes dans le cadre d'un vaste programme de prélèvement d'ADN et de données biométriques destiné à enrichir les bases de données du FBI [18]. Des centristes comme Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden ont eux aussi fait preuve de « fermeté vis-à-vis de l'immigration » en sécurisant la frontière. Les appels à la construction de murs frontaliers ont une force d'attraction émotionnelle et politique importante, parce qu'ils font apparaître la nation comme « vulnérable et agressée, mais aussi juste et puissante [19] ». La frontière offre un éventail de figures discursives : le clandestin, le terroriste, le criminel, l'envahisseur, des caricatures pour lesquelles le mur représente un moyen de dissuasion des plus visibles et viscéraux. Les murs et le spectacle de leur construction, affirme Wendy Brown, « confèrent un caractère permanent et invincible auxmenaces auxquelles ils répondent [20] ». Les murs renforcent ainsi l'idée d'un État-nation homogène, insistant sur la différence et la séparation d'avec les personnes jugées indésirables. Depuis la chute du mur de Berlin, 70 murs ont été érigés sur notre planète désormais fortifiée et barbelée [21].

    Cette fièvre sécuritaire a en outre transformé la frontière en un terrain d'essai dystopique, favorisant l'essor d'une industrie de la sécurité frontalière qui pèse 500 milliards de dollars [22], et qui œuvre à la construction d'un « mur virtuel » mobilisant technologies de surveillance électronique intrusives, prises de décision automatisées, analyse prédictive de données, logiciels de reconnaissance faciale et systèmes biométriques que des sangsues comme Amazon, Palantir, Elbit Systems et European Dynamics testent sur des migrants et des réfugiés. Ces compagnies sont bien placées pour devenir ce que Shoshana Zuboff appelle « les sources du surplus crucial du capitalisme de surveillance : les objets d'une opération, technologiquement avancée et de plus en plus inéluctable, d'extraction de matière première [23] ». Ces changements symboliques, numériques et physiques en matière de sécurité frontalière constituent « la conséquence la plus durable et profonde de la guerre mondiale au terrorisme » et comptent parmi les projets les plus coûteux entrepris par des États [24]. Les murs frontaliers, qui traversent et détruisent des habitats fragiles où des drones de surveillance traquent les humains, sont devenus des technologies clés de la gouvernance d'État. Tout État moderne, d'ailleurs, se doit d'avoir une frontière sécurisée.

    En plus des murs, la détention et l'expulsion sont les formes les plus visibles et violentes de l'exclusion. Les expulsions, soit le fait pour des personnes d'être physiquement renvoyées d'un pays par les autorités, ont grimpé en flèche. En 2018, les États-Unis ont procédé à un nombre stupéfiant de 287 741 déportations – soit autant d'actes de violence [25]. Fait tout aussi incroyable, les détentions pour des infractions aux lois migratoires ont été multipliées par 20 au cours des quatre dernières décennies [26]. À l'heure actuelle, l'ICE retient en moyenne 52 500 personnes par jour dans plus de 200 centres de détention [27]. La séquestration et le confinement renforcent la criminalisation sur la base de la race et du genre. Chaque année, les États-Unis arrêtent un demi-million de migrants, en majorité latinxs et caribéens, parmi lesquels, selon César Cuauhtémoc García Hernández, figurent des personnes incarcérées par l'impitoyable ICE, le U.S. Marshals Service, le Bureau des prisons et d'autres agences du maintien de l'ordre [28].

    L'incarcération des immigrants est une forme de violence fondée sur le genre établie et exercée par l'État. Le nombre de femmes honduriennes, salvadoriennes et guatémaltèques qui franchissent la frontière des États-Unis pour fuir la violence a presque triplé [29]. Ces survivantes cherchent la sécurité, mais subissent la violence de l'incarcération. L'isolement cellulaire, les difficultés d'accès à des soins de santé reproductive, les fouilles intégrales et la violence sexuelle sont monnaie courante. Entre 2012 et 2018, 1 148 plaintes pour violence sexuelle ont été déposées par des détenues contre l'ICE, parmi les 33 126 plaintes relatives à des abus enregistrées entre 2010 et 2016 [30]. Dans les centres de détention de migrants comme dans tous les milieux carcéraux en général, les femmes trans sont particulièrement sujettes à la violence et font état de harcèlement sexuel, de fouilles intégrales par des gardes de genre masculin, de privation d'accès à des soins médicaux et d'isolement cellulaire sous couvert de détention protégée. La détenue Nicoll Hernández-Polanco raconte que des gardes l'ont soumise à une fouille corporelle abusive : « Ils touchaient mes parties génitales et mes seins. Ils écartaient mes jambes et touchaient mes fesses avec un gant en latex. Le garde m'a tiré les cheveux, m'a poussée contre le mur et m'a dit de ne pas oublier que je me trouvais dans un centre de détention pour hommes [31]. » Les femmes trans sont régulièrement incarcérées dans des installations de détention réservées aux hommes et, en 2017, sont restées enfermées pendant des périodes deux fois plus longues que la durée moyenne de détention [32].

    Parallèlement à l'augmentation du nombre de migrants emprisonnés, celui des établissements de détention privés a explosé. L'une des pratiques les plus scandaleuses des États capitalistes néolibéraux est la sous-traitance de l'incarcération à des sociétés privées. Aux États-Unis, 75 % despersonnes détenues pour des infractions liées à l'immigration sont incarcérées dans des installations gérées par des entreprises comme GEO Group et CoreCivic, tandis que 9,7 % des budgets fédéraux dédiés à l'application de la loi sur l'immigration financent le secteur privé [33]. G4S est l'une des plus importantes compagnies de sécurité dans le monde et l'un des premiers employeurs du secteur privé. Elle déploie ses tentacules en Australie, en Israël, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis, où elle mène ses activités dans les prisons des quartiers défavorisés, les centres de détention d'immigrants, les établissements pénitentiaires pour mineurs et les camps de torture destinés aux prisonniers politiques. Les prisons privées se sont implantées à la faveur de contrats immunisés contre la récession, dans les années 1980. CoreCivic a inauguré la première prison privée aux États-Unis en 1984 et a dépensé 9,7 millions de dollars pour faire pression sur la Sous-commission de la Sécurité intérieure de la Commission des crédits de la Chambre des représentants afin de faire adopter des politiques favorisant la détention. Le lobbyisme a porté ses fruits : l'entreprise tire désormais un quart de ses bénéfices de contrats avec l'ICE et ses actions ont grimpé de 137 % après que l'administration Trump eut renforcé les capacités de détention [34]. Principaux bailleurs de fonds de la Commission des crédits de la Chambre des représentants, des entrepreneurs de la militarisation de la frontière comme Lockheed Martin, General Dynamics, Northrop Grumman, Raytheon et Boeing ont versé au total 27,6 millions de dollars à des membres de la Commission en douze ans [35]. Un juge a mêmeété condamné pour avoir reçu 2,8 millions de dollars en pots-de-vin de la part de centres de détention privés, en contrepartie de l'alourdissement des peines des enfants migrants [36]. C'est une manne aussi pour les organismes à but non lucratif. Southwest Key Programs se voit attribuer des contrats fédéraux d'une valeur de 995 millions de dollars pour gérer des installations de détention pour jeunes immigrants [37].

    Bien que des entités privées tirent profit de la détention des immigrants et que leur travail de lobbyisme encourage l'incarcération, Jackie Wang rappelle que « l'exploitation économique ne suffit pas à expliquer le caractère racialisé de l'incarcération de masse [38] ». L'importance que lesprogressistes accordent à la privatisation dans leur opposition à la détention des immigrants masque le fait que, dans la plupart des pays, les centres de détention sont des institutions publiques structurées de façon à maintenir la violence de l'État. Le complexe carcéro-industriel sert avant tout à réguler le capitalisme racial et à enfermer ses populations excédentaires, perpétuant ainsi la violence à l'égard des communautés opprimées. En second lieu, il représente un marché en plein essor pour les grandes sociétés et les gouvernements et agences de l'État. Au total, des immigrants ont versé 204 millions de dollars à l'ICE pour leur mise en liberté sous caution, tandis que des milliers de municipalités élargissent leur assiette fiscale en imposant des amendes et des frais de justice à des résidents en majorité noirs [39].

    L'opposition progressiste distingue en outre la détention civile de l'incarcération pour motifs criminels. Elle affirme que les migrants détenus ne sont pas des criminels, et que leur détention n'est justifiée par aucun crime préalable. De tels discours établissent une distinction entre les victimes innocentes et les personnes qui « méritent », semble-t-il, d'être enfermées. En dépit du mythe libéral de la présomption d'innocence, toutes les institutions carcérales ont pour logique fondamentale la présomption de culpabilité. Aux États-Unis et au Canada, un nombre disproportionné de prisonniers sont des personnes noires ou autochtones qui font les frais du profilage racial, doivent répondre de multiples accusations, sont gardées à vue sans caution, reçoivent des condamnations pour des infractions mineures (souvent liées à la drogue et à la pauvreté), écopent de peines minimales obligatoires et se font tabasser et violer en prison ou torturer en isolement cellulaire. Leurs vies après la prison sont également minées par l'exclusion, à cause notamment de la surveillance électronique et de la difficulté à trouver du travail, qui poussent à la récidive. Les prisons sont les « nouveaux pensionnats [40] » et les « “plantations” de notre époque [41] ». Les femmes autochtones ou noires sont parmi les populations dont le taux d'incarcération connaît la croissance la plus rapide. Aux États-Unis, le taux d'incarcération des femmes noires augmente deux fois plus vite que celui des femmes blanches [42]. Dans un ouvrage où elle expose en détail lacontinuité entre l'esclavage, les lois Jim Crow et l'incarcération de masse, trois systèmes de contrôle visant avant tout les Noirs, Michelle Alexander fait valoir que l'incarcération de masse « fonctionne plus comme un système de castes que comme un système de contrôle de la criminalité [43] ». Lisa Monchalin avance de même que l'incarcération des femmes autochtones au Canada ne constitue pas un simple problème de « surreprésentation », mais un élément fondamental de la gouvernance carcérale coloniale fondée sur le genre [44]. Le colonialisme de peuplement n'est pas seulement un « pipeline » menant aux prisons, mais un système carcéral en soi, structuré par la spoliation des terres, l'imposition de la Loi sur les Indiens – qui privait de leurs droits des dizaines de milliers de femmes autochtones et réglementait pour beaucoup d'autres leur statut d'Indienne et leur appartenance à une bande – et l'enlèvement des enfants autochtones à leur famille.

    Dans les économies capitalistes raciales marquées par la dette etl'austérité, le renforcement de la gouvernance carcérale va de pair avec l'accaparement des richesses, la désindustrialisation, le démantèlement des services publics, la ségrégation entre les quartiers résidentiels protégés et les ghettos, ainsi que la production et la régulation simultanées du travail précaire et du chômage. La revendication d'innocence est une position politique limitée, dans la mesure où la criminalité est, comme l'illégalité, une construction politique. La criminalité est fabriquée d'après des définitions changeantes du crime, et régulée de manière à soutenir un régime de racisation et de protection de la propriété. Pour Ruth Wilson Gilmore, notre tâche politique ne consiste pas à défendre l'innocence, mais « à attaquer l'ensemble du système par lequel s'opère la criminalisation [45] ». Les abolitionnistes de la police et des prisons visent l'abrogation de la captivité carcérale et de la criminalisation dans tous les écosystèmes sociaux et les rapports avec l'État. L'abolition, explique Dylan Rodríguez, « est constituée d'une foule d'actes qui se recoupent de longue date, dispersés dans l'espace et le temps, qui révèlent l'envers du Nouveau Monde et de ses formes ultérieures – la police, la prison, le tribunal criminel, le centre de détention, la réserve, la plantation et la “frontière” [46] ». S'inspirant des luttes pour l'abolition de l'esclavagemenées par les Noirs, les appels à abolir le contrôle de l'immigration se substituent aux propositions assimilationnistes de réforme de l'immigration. Le mouvement organisé autour du DREAM Act, par exemple, valorisait les migrants « bons » et « méritants » dotés de diplômes universitaires, d'une expérience professionnelle et de casiers judiciaires vierges, ce qui en faisait une campagne politique axée sur l'appel à l'innocence. Par opposition à cette campagne, comme le soulignent les membres de l'organisation latinx Mijente, « #Not1More réclamait un moratoire sur les expulsions – une idée au cœur des appels à l'abolition de l'ICE. Une idée radicale – à l'époque – selon laquelle nul ne devrait être soumis aux sévices des contrôles de l'immigration [47] ».

    La disperstion territoriale

    La dispersion territoriale s'effectue par l'internalisation et l'externalisation de la protection frontalière. Elle s'appuie sur la surveillance biométrique et des pratiques disciplinaires à l'intérieur du pays, ainsi que sur l'externalisation impériale au-delà de ses frontières. Autrement dit, la frontière est élastique, et cette ligne magique peut exister n'importe où dans l'État-nation. Ainsi, lorsque les personnes sans papiers franchissent la frontière, elles ne sortent pas pour autant du tunnel. Les frontières internes distinguent, au sein de l'État-nation, les citoyens des autres. Certains des États-providence les plus progressistes, comme le Canada et les pays scandinaves, sont aussi ceux qui restreignent le plus sévèrement l'accès des personnes sans papiers aux prestations sociales, aux soins de santé, à l'éducation, aux services de garde, voire à l'obtention d'un permis de conduire. Les infirmières, les enseignants et les travailleurs sociaux sont ainsi transformés en gardes frontaliers, et la reproduction des frontières s'impose dans leur quotidien.

    L'internalisation de la protection frontalière prévoit en outre la collaboration entre différentes agences par la mise en commun de bases de données telles que l'initiative Secure Communities aux États-Unis, et la délégation de l'application des lois migratoires aux institutions locales de santé, d'éducation, de transport, d'emploi et de maintien de l'ordre. Bienque des municipalités se soient déclarées « villes sanctuaires », s'engageant à garantir à leurs résidents sans papiers un accès aux services publics et à limiter la coopération avec les agents de l'immigration, ce sont encore les interventions de police dans des quartiers assiégés qui mènent le plus à des expulsions. Kesi Foster écrit : « Même si les représentants locaux ne laissent pas l'ICE entrer dans nos écoles par la grande porte pour prendre nos enfants, des forces de police locales militarisées embarquent des jeunes de couleur, menottés, par la porte de derrière [48]. » Près de la moitié des expulsions des États-Unis s'inscrivent dans le Criminal Alien Program (Programme pour les criminels étrangers), visent des non-citoyens accusés d'infractions liées à l'immigration, à la drogue ou au Code de la route, et la majorité des arrestations d'immigrants mobilisent les établissements pénitentiaires et le système d'injustice criminelle [49]. Les fouilles arbitraires et les rafles sont donc des techniques indissociables de criminalisation des migrants pauvres noirs, autochtones, latinxs, musulmans, queers et trans. Par ailleurs, la juridiction de la CBP est étendue et ses agents peuvent notamment arrêter et fouiller en toute légalité des véhicules jusqu'à 160 kilomètres à l'intérieur des frontières – ce qui couvre une zone abritant près des deux tiers de la population du pays [50]. L'internalisation de la frontière instaure, par conséquent, un régime frontalier omniprésent fondé sur la surveillance raciste et un climat de peur permanent qui rend la vie insupportable aux sans-papiers afin de les pousser à s'expulser. La frontière est également externalisée et s'étend bien au-delà de sa juridiction territoriale, comme nous le verrons dans la dernière section de ce chapitre.

    L'inclusion-marchandisation

    L'inclusion-marchandisation des migrants et des réfugiés consiste à en faire des travailleurs temporaires ou sans papiers au pouvoir de négociation délibérément réduit, afin de garantir l'accumulation du capital. La menace d'une expulsion, même si elle n'est pas mise à exécution – il n'est pas dans les intérêts de l'État et du capital d'expulser tout le monde –, permet une exploitation accrue de la main-d'œuvre. Aux États-Unis, 52 % des entreprises menacent de dénoncer leurs employés aux autorités migratoiresen cas de campagnes de syndicalisation [51]. En 2019, dans le Mississippi, l'une des plus importantes rafles de l'histoire récente des États-Unis a donné lieu à l'arrestation de 680 ouvriers des usines de transformation Peco et Koch. Propriété du milliardaire Joseph Grendys, Koch Foods était devenue un foyer de mobilisation des travailleurs latinxs après une campagne de syndicalisation organisée en 2005 et suivie d'un procès pour discrimination et harcèlement sexuel qui a duré sept ans. Les ouvriers ont obtenu un règlement de 3,75 millions de dollars, juste avant d'être raflés, étrangement, par l'ICE [52].

    La descente à l'usine de Koch Foods n'est pas un épisode singulier de la répression d'État qui s'abat sur les travailleurs migrants. Elle rappelle notamment la déportation de Bisbee en Arizona, où, en 1917, 1 300 mineurs en grève affiliés aux IWW ont été expulsés par des miliciens mandatés, ou encore l'expulsion de Jesús Pallares, leader syndical de la Liga Obrera de Habla Española (Ligue ouvrière hispanophone), forte de 8 000 membres, en 1936. Si les travailleurs sont déclarés illégaux, il n'en va jamais de même pour la plus-value qu'ils produisent. La marchandisation et l'asservissement de la main-d'œuvre migrante s'appuient sur les deux premières stratégies de gouvernance frontalière, qui produisent l'exclusion et l'illégalité. Sujets expulsables, les migrants doivent, pour se prémunir d'un tel sort, demeurer des travailleurs dociles. Le capitalisme dépend donc de l'exclusion sociale et raciale engendrée par les frontières pour subordonner la main-d'œuvre, comme nous le verrons au chapitre 7.

    Le contrôle du discours

    Le contrôle du discours se donne à lire dans la manipulation des expressions « crise des réfugiés » et « crise des migrants ». On présente souvent les réfugiés comme des personnes persécutées en quête de sécurité, alors que les migrants sont désignés comme de « faux réfugiés » motivés par des raisons économiques et qui ne seraient donc pas dignes d'être protégés. On distingue de plus les migrants des immigrants, lesquels sont généralement perçus et choisis par l'État comme des acteurs économiques en pleine ascension sociale, tandis que les réfugiés demandeurs d'asile sont séparés des réfugiés relevant de la Convention des Nations Unies, qui sont « acceptés » ou « réinstallés » et se voient attribuer un statut légal par les Nations Unies ou un État. La distinction entre réfugiés et migrants, cependant, est floue, compte tenu surtout de leurs trajectoires illégales et clandestines et de leurs réseaux communs. Le terrorisme de l'extractivisme et la précarité de la guerre ne sont pas si faciles à démêler. Comme nous le rappelle Teju Cole, « le pistolet pointé sur votre tempe peut être l'extrême pauvreté, la lutte constante pour la survie ou une écrasante monotonie [53] ». Ou pour citer Suketu Mehta : « Que ce soit pour fuir ou pour atteindre quelque chose, vous êtes toujours en cavale [54]. » J'emploie « migrants et réfugiés » ensemble, non pas pour confondre les parcours de vie ou gommer les différences matérielles, mais afin de rejeter les dichotomies contraint/volontaire, digne/indigne, vrai/faux, et de représenter la migration irrégulière comme une force autonome qui défie et dépasse les caractérisations et les contrôles de l'État.

    L'eurocentrisme et l'anticommunisme façonnent de manière décisive l'ordre juridique international et, partant, l'ordre discursif qui gouvernent les réfugiés et les migrants. La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, selon laquelle un réfugié est une personne poussée à fuir par une « crainte justifiée de persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques », a été élaborée par des États européens en réaction à l'holocauste perpétré par les nazis, alors même que ces États se dissociaient, ontologiquement, des personnes déplacées par leurs propres empires [55]. Aimé Césaire a condamné les Européens parce que, disait-il, « [le nazisme], on l'a supporté avant de le subir […] parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens [56] ». En outre, par un tour de passe-passe, la Convention codifie le droit des personnes persécutées de demander asile, mais n'exige pas des États signataires qu'ils le leur accordent effectivement. Tout au long des années 1950, les États-Unis ont donné la préférence à une catégorie idéologiquement acceptable de réfugiés désignés comme des « fugitifs » et qui, victimes de persécutions du fait de leur race, de leur religion ou de leurs opinions politiques, « ont fui l'Union des républiques socialistes soviétiques ou d'autres régions communistes, à domination communiste ou sous occupation communiste de l'Europe [57] ». L'OIM, l'une des plus importantes organisations intergouvernementales de la planète, est un autre pilier de la gestion de la migration. Lors de sa fondation en 1951, l'OIM a été appuyée par les États-Unis pour fournir des services et un soutien logistique visant à contenir la migration mondiale conformément aux objectifs de la guerre froide. Elle compte aujourd'hui parmi les principaux facilitateurs de l'« aide au retour volontaire » et, à ce titre, persuade des gens de s'expulser eux-mêmes [58]. Les institutions migratoires internationales gouvernant les migrants et les réfugiés ont ainsi créé une série de catégories juridiques distinctes et une hiérarchie des droits de façon à gérer, diviser et contrôler les personnes en mouvement.

    L'externalisation, une forme d'impérialisme frontalier

    Derrière les scènes d'horreur montrant les rafles et les centres de détention surpeuplés se cachent les dispositifs de pointe plus sophistiqués et dangereux, qui permettent l'externalisation des frontières : les interdictions, la détention extraterritoriale, les ententes sur les tiers pays sûrs et la sous- traitance des contrôles frontaliers à des pays tiers. L'externalisation des frontières, qui s'inscrit dans la stratégie de dispersion territoriale susmentionnée, rassemble toutes les technologies et mesures utilisées hors du territoire pour empêcher les migrants et les réfugiées de tomber sous la juridiction d'un État. En théorie, les États signataires de la Convention de 1951 sont tenus de traiter les demandes d'asile et de respecter le principe du non-refoulement. Cette obligation en vertu du droit international garantit qu'aucun État ne renvoie de force des réfugiés vers un pays où ils risquent d'être persécutés. Il existe néanmoins un consensus politique, surtout entre États occidentaux, selon lequel les migrants et les réfugiés devraient demeurer dans leurs pays d'origine ou, tout au plus, chercher asile dans les pays voisins. L'externalisation permet de gouverner par la prévention et la dissuasion, bien au-delà de la frontière elle-même, de sorte que « de façoncroissante, la définition de la frontière s'applique aux pratiques de gestion mises en œuvre “là où se trouve le migrant” plutôt qu'à la limite territoriale de l'État [59] ».

    L'interdiction désigne le refoulement préventif par l'imposition de sanctions aux compagnies aériennes qui transportent des personnes voyageant sans visa, ou par l'envoi de patrouilles pour intercepter les bateaux des migrants et des réfugiés avant qu'ils n'atteignent les eaux territoriales. Depuis des décennies, des interdictions maritimes décrétées par des pays européens en Méditerranée et par l'Australie dans la région de l'Océanie, et récemment présentées par les gouvernements comme des « mesures de lutte contre la traite des êtres humains », justifient la saisie et la destruction d'embarcations de fortune. Les États-Unis disposent également d'un Programme d'interdiction des migrants, dont j'ai retracé la genèse dans le chapitre 2 et qui permet aux gardes-côtes d'arraisonner les bateaux en provenance des Caraïbes et de placer leurs occupants en détention à Guantánamo avant de les expulser. La garde côtière s'emploie ainsi à faire appliquer les lois migratoires en mer, sous prétexte que le fait d'« intercepter ces contrevenants dans les eaux signifie qu'ils peuvent être renvoyés en toute sécurité vers leur pays d'origine sans passer par les processus coûteux [qui auraient été] nécessaires s'ils étaient parvenus à entrer aux États- Unis [60] ». Au Canada, l'Agence des services frontaliers collabore avec des compagnies aériennes commerciales à l'étranger afin qu'elles appliquent des méthodes de surveillance. En 2018, un nombre record de 7 208 personnes, dont une majorité de Roumains, de Mexicains, d'Indiens, de Hongrois et d'Iraniens, ont été empêchées de monter à bord d'avions à destination du Canada pour cause de « documents inadéquats [61] ». Les premières mesures d'interdiction du Canada remontent à l'aube du XX siècle, quand les autorités interdisaient au personnel des chemins de fer de vendre de billets de train aux Noirs arrivant des États-Unis [62].

    Les ententes sur les tiers pays sûrs sont des accords bilatéraux en vertu desquels les réfugiés doivent présenter leur demande d'asile dans le premier pays qu'ils atteignent, ce qui les empêche de demander l'asile ailleurs. En vigueur depuis 2004, l'entente entre les États-Unis et le Canada interdit à laplupart des réfugiés de demander l'asile à un point d'entrée officiel dans l'un des deux pays s'ils ont d'abord transité par l'autre. Étant donné que la majorité des réfugiés passent par les États-Unis pour se rendre au Canada et non l'inverse, l'entente s'est traduite par une réduction de 49 % du nombre de demandes d'asile aux postes frontaliers terrestres canadiens [63]. Après le décret anti-immigration de Trump, des milliers de réfugiés se sont présentés à la frontière canadienne. Nombre d'entre eux ont été encouragés par la campagne de communication du premier ministre Trudeau : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. #BienvenueAuCanada », a-t-il déclaré sur Twitter. En réalité, la plupart des 45 517 migrants et réfugiés centraméricains, africains et caribéens qui se trouvaient alors aux États-Unis tombaient sous le coup de l'entente sur les tiers pays sûrs et ont été forcés d'entreprendre de périlleux voyages [64]. Plusieurs ont perdu des membres à cause d'engelures après avoir marché des heures par des températures polaires. En 2017, Mavis Otuteye, une grand-mère ghanéenne de 57 ans, a été retrouvée morte d'hypothermie dans un fossé près de la frontière entre les États-Unis et le Canada. Durant la première année de la présidence de Trump, quelque 7 787 réfugiés haïtiens sont arrivés au Canada, où nombre d'entre eux ont été détenus dans des camps de l'armée installés à la frontière [65]. S'inspirant de l'entente sur les tiers pays sûrs avec le Canada, Trump a annoncé la signature d'une série d'accords avec le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Honduras, obligeant ces pays à accepter les demandes d'asile des réfugiés en transit. Il est désormais pratiquement impossible pour des réfugiés de fuir vers le nord et de demander l'asile aux États-Unis. Dans l'UE, le règlement de Dublin prévoit le renvoi des demandeurs d'asile vers un précédent pays d'arrivée, et un accord entre l'UE et la Turquie repose sur la présomption que la Turquie représente un tiers pays sûr. Ces ententes deviennent un mécanisme répandu de diplomatie migratoire qui permet d'empêcher les réfugiés de demander l'asile dans le pays de leur choix et de les renvoyer de force vers un pays de transit.

    En outre, la sous-traitance du contrôle migratoire à des pays tiers revêt de plus en plus la forme d'une intervention impériale, révélant, au-delà du lien de cause à effet entre impérialisme et migration, comment l'externalisation du contrôle de la migration est elle-même devenue une méthode d'impérialisme contemporain. Le régime d'externalisation des frontières de l'UE existe depuis trente ans. Les pays d'Afrique, en particulier, sont contraints d'accepter la sous-traitance des frontières de l'UE, qui tend à devenir une condition à l'octroi d'aides. Présentée en détail au chapitre 6, l'externalisation des frontières de l'UE se fait par un système de contrôle perfectionné qui comprend la surveillance par drone de la Méditerranée, les patrouilles menées aux frontières de dizaines de pays non- membres par les missions d'assistance frontalière de l'UE et le déploiement de troupes européennes dans la région du Sahel.

    Jamais en reste, la CBP a formé 15 000 agents frontaliers dans 100 pays [66]. Todd Miller note que « [si vous] fermez les yeux et pointez vers n'importe quelle masse terrestre sur une carte du monde, votre doigt indiquera sans doute un pays qui renforce d'une manière ou d'une autre ses frontières avec l'aide de Washington [67] ». En Afghanistan et en Irak, les forces spéciales et les unités tactiques de la U.S. Border Patrol collaborent étroitement avec l'armée américaine afin de prolonger les occupations impérialistes de ces deux pays [68]. En Amérique centrale, la U.S. Strategy for Engagement in Central America (Stratégie des États-Unis pour l'implication en Amérique centrale) a pour but d'accroître la sécurité aux frontières et d'empêcher la migration. Les États-Unis forment et financent également des agents de l'immigration au Salvador, au Guatemala, au Honduras et au Mexique par l'intermédiaire du Grupo Conjunto de Inteligencia Fronteriza (Groupe conjoint de renseignement frontalier) et échangent des renseignements au moyen de bases de données communes afin d'empêcher des membres de gangs présumés de demander l'asile. Les enlèvements de migrants – on en a dénombré près de 9 800 en six mois entre fin 2008 et début 2009 au Mexique –, dont les médias se font largement l'écho, ne sont pas des actes de violence commis au hasard par des membres du crime organisé, mais reflètent plutôt la réorganisation desrapports sociaux et de propriété dans un contexte où la guerre à la drogue seconjugue à celle contre les migrants [69]. Comme on l'a vu au chapitre 2, la guerre aux stupéfiants menée par les États-Unis favorise la spoliation néolibérale, fait régner l'austérité par le biais de la gouvernance carcérale et cautionne les opérations de terreur contre-insurrectionnelle des paramilitaires. Ces processus contraignent nombre de Mexicains à immigrer, justifiant en retour la sous-traitance de la protection de la frontière au Mexique, où les États-Unis assurent la formation de policiers et d'agents frontaliers. Le discours sur le narcotrafic permet en outre de contrôler la migration avec l'aide de l'armée et de paramilitaires qui séquestrent, rackettent, voire massacrent et font disparaître des migrants avec l'aval de l'État. Peu après la mise sur pied du Mexico-Guatemala- Belize Border Region Program par les États-Unis, le département de la Sécurité intérieure a déclaré : « La frontière entre le Guatemala et le Chiapas [au Mexique] constitue désormais notre frontière sud [70]. » Les États-Unis ont d'ailleurs déployé des garde-frontières et des enquêteurs au Guatemala afin d'y restreindre la migration. En réaction, 300 membres de l'Assemblée des peuples de Huehuetenango ont occupé en 2019 le point de contrôle de Mesilla, à la frontière Guatemala-Mexique, et mis en évidence les liens entre l'extractivisme, la dépossession des terres, la migration forcée et la militarisation de la frontière [71].

    La stratégie américaine de sous-traitance impériale ressort particulièrement dans les récents Protocoles de protection des migrants adoptés par Trump, et mieux connus comme le programme « Remain in Mexico », en vertu desquels les migrants et les réfugiés, dont 16 000 enfants et mineurs, ont été forcés de rester au Mexique dans l'attente d'une audience aux États-Unis [72]. La première année d'entrée en vigueur de cette politique, plus de 59 000 personnes ont été renvoyées au Mexique pour attendre le traitement de leur demande d'asile, et seules 11 d'entre elles ont obtenu une réponse favorable [73]. En avril 2020, invoquant la pandémie de coronavirus, les autorités migratoires des États-Unis ont provisoirement suspendu toutes les audiences d'asile, à la suite de quoi des milliers de gens se sont retrouvés bloqués dans un camp bondé de la ville frontalière deMatamoros, sans eau courante ni électricité [74]. Avant ces protocoles, l'Initiative Mérida, un programme impliquant les États-Unis et le Mexique qui a coûté plusieurs milliards de dollars, avait pour axes principaux la lutte contre le narcotrafic et le renforcement du contrôle de l'immigration à la frontière sud du Mexique. Lancée par Bush fils et prolongée sous Obama, l'Initiative Mérida incluait la formation, le financement et l'équipement des agents de maintien de l'ordre mexicains par les États-Unis. De plus, le ministère des Communications et du Transport du Mexique redevenait propriétaire du chemin de fer « La Bestia » en 2016, entraînant une augmentation du nombre d'arrestations des migrants qui ont coutume d'emprunter cette ligne ferroviaire pour voyager à l'intérieur du Mexique.

    La militarisation et la paramilitarisation du Mexique ont conduit à l'appréhension, dans le pays, de 520 000 migrants d'Amérique centrale, entre 2015 et 2018 [75]. Soixante-dix mille migrants ont en outre disparu entre 2006 et 2016 – ce que le Mesoamerican Migrant Movement (Mouvement méso-américain pour les migrants) a qualifié d'« holocauste de migrants » – et des milliers d'autres ont subi des viols et des agressions [76]. Huit migrantes d'Amérique centrale sur dix se sont déclarées victimes de chantage sexuel ou de viol [77]. L'escalade dans l'horreur s'est poursuivie en 2019 lors du déploiement de la Garde nationale du Mexique à la frontière afin d'honorer la promesse du gouvernement mexicain d'adopter « des mesures sans précédent » pour freiner la migration, après les menaces de sanctions douanières brandies par Trump. Du sud du Chiapas à la frontière avec les États-Unis, une batterie de points de contrôle attend désormais tous les voyageurs qui arrivent au Mexique. Le nombre de migrants centraméricains détenus au Mexique a doublé depuis l'introduction de ces mesures répressives [78]. Début 2020, les forces de police mexicaines ont bloqué et aspergé de gaz lacrymogène 4 000 migrants et réfugiés en majorité honduriens, puis détenu et expulsé plus de 1 800 d'entre eux [79]. La même année, en pleine pandémie de COVID-19, des centaines de détenus majoritairement honduriens et salvadoriens de cinq centres de détention du Mexique ont protesté contre leur détention prolongée dans des conditions de surpeuplement et d'insalubrité. Dans un accès de désespoir,des détenus du centre de détention de Tenosique ont mis le feu à l'établissement, causant la mort tragique d'Héctor Rolando Barrientos Dardón, un réfugié guatémaltèque [80].

    La politique du « Remain in Mexico » touche aussi des migrants et des réfugiés africains, dont le nombre dans le pays a triplé depuis 2017 [81]. Après avoir voyagé des mois par-delà des océans, des fleuves, des jungles et des chaînes de montagnes dans une dizaine de pays et après avoir été contraints d'abandonner leurs amis décédés en cours de route, ils se retrouvent coincés au Chiapas parce que le Mexique refuse de leur délivrer les documents exigés pour entrer aux États-Unis. Les migrants et les réfugiés qui arrivaient au Mexique recevaient auparavant un avis stipulant qu'ils avaient vingt-et-un jours pour quitter le pays, durant lesquels ils se rendaient jusqu'à la frontière nord pour entrer aux États-Unis. À présent, les documents leur ordonnent de quitter le pays par la frontière sud et leur interdisent de voyager vers le nord. Plus de 3 000 personnes originaires d'Angola, du Burkina Faso, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, d'Érythrée, d'Éthiopie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Mali, de Mauritanie, de la République du Congo, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo ont fondé à Tapachula une Assemblée des migrants africains. Dans un message au reste du monde, elles ont dénoncé leur situation : « Depuis que nous avons quitté nos pays, nos vies n'ont consisté qu'en une fuite permanente. Nous nous sentons désespérés, découragés, démoralisés, seuls et abandonnés [82]. » Leurs manifestations à l'automne 2019 pour revendiquer le droit fondamental à l'alimentation, à l'hygiène, au logement et à la mobilité ont été réprimées par des agents armés et la Garde nationale. À ce jour, ces personnes demeurent immobilisées au Mexique.

    Ces formes d'externalisation de la frontière, couplées à sa militarisation, ont permis aux États impériaux d'ériger non seulement des murs, mais de véritables forteresses qui s'étendent loin au-delà de la frontière. Par exemple, la Conférence des cinq nations, soit la collaboration entre l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis en matière d'immigration et de sécurité frontalière, prévoit le partagede registres d'empreintes digitales, de données biométriques de réfugiés, ainsi que l'inquiétante alliance des services de renseignement de ces pays sous le nom de « Five Eyes ». En outre, il n'est pas fortuit que les forteresses externalisées soient souvent imposées à des pays tiers déjà soumis au joug de l'impérialisme. Qu'elle use de la manière douce par des accords d'aide ou qu'elle fasse directement des menaces de guerre commerciale, la diplomatie migratoire oblige des pays d'Afrique, d'Amérique latine, du Moyen-Orient et d'Océanie à prendre en charge des missions de contrôle migratoire qui cimentent les relations impériales et mondialisent la violence raciale de la détention. Les deux prochains chapitres retracent l'origine de ces systèmes d'externalisation et d'immobilisation dans le cadre de la fondation coloniale de l'Australie blanche et de son actuelle solution du Pacifique, puis de l'Europe forteresse, érigée spécialement pour repousser les Africains au moyen d'un réseau complexe de contrôles impériaux. À l'instar des liens étroits qui unissent la formation de la frontière des États- Unis et leur politique migratoire décrits dans les chapitres précédents, ces forteresses protégeant l'Australie et l'Europe ont pour piliers l'empire, le colonialisme de peuplement, la traite atlantique des esclaves et la servitude pour dettes. Comme l'affirme d'ailleurs Angela Davis, « le mouvement [pour les droits] des réfugiés est le mouvement pour les droits civiques de notre époque. [83] »

    [1] Le film dépeint notamment la ville de Jérusalem comme la seule à avoir survécu à l'apocalypse zombieen raison de l'ingéniosité de l'armée israélienne et du Mossad, on y voit notamment un gigantesque mur qu'il est impossible de ne pas comparer avec celui, bien réel, qui sépare les territoires volés des territoires palestiniens. Sur le film et sur l'implication du ministère des affaires culturelles israélien dans le champ de la production cinématographique, une vidéo de la chaîne GDF sur Youtube : https://youtu.be/7rLgFYpakh8?si=G8c-vjua1brHd5eE

    [2] Ce dernier paragraphe a notamment été bien aidé par ce mémoire de recherche publié sur la question en 2022 : La sous-traitance de la politique migratoire européenne au Maroc : reflet d'une incapacité des États membres à s'accorder sur une politique migratoire commune : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04600960v1/document

    [3] Info trouvée dans Le Monde « Ceuta : au moins 72 personnes sont mortes en voulant rejoindre l'enclave espagnole, selon les autorités locales ; le Maroc fait état de 11 décès » : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/02/ceuta-au-moins-72-personnes-sont-mortes-en-voulant-rejoindre-l-enclave-espagnole_6737289_3212.html

    [4] Le tout est rapporté par l'association Utopia 56 dans un communiqué de presse et sur leurs réseaux sociaux

    [5] Tim McDonald, « The Man Who Would Be the First Climate Change Refugee », BBC News,
    5 novembre 2015.

    [6] Perla Trevizo, « Tribes Seek to Join Immigration Reform Debate », Arizona Daily Star, 14 juin
    2013.

    [7] Michael Dear, Why Walls Won't Work : Repairing the US-Mexico Divide, Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 158.

    [8] Will Parish, « The U.S. Border Patrol and an Israeli Military Contractor Are Putting a Native American Reservation Under “Persistent Surveillance” », The Intercept, 25 août 2019 ; Todd Miller, « How Border Patrol Occupied the Tohono O'odham Nation », In These Times, 12 juin 2019.

    [9] « Tohono O'odham National Tribal Chairman Says Nation Won't Allow Border Wall to Be Built »,
    ABC 15 Arizona, 15 novembre 2016.

    [10] Ofelia Rivas citée dans Dianna M. Náñez, « A Border Tribe, and the Wall That Will Divide It »,
    USA Today, 2021

    [11] Ruth Wilson Gilmore, Golden Gulag : Prisons, Surplus, Crisis, and Opposition to Globalizing
    California, Berkeley, University of California Press, coll. « American Croosroads », 2007, p. 247.

    [12] Jasbir Puar, The Right to Maim : Debility, Capacity, Disability, Durham, Duke University Press,
    coll. « ANIMA : Critical Race Studies Otherwise », 2017, p. 64.

    [13] Ibid., p. 81.

    [14] Alan Gomez, « Homeland Security : More Than 600,000 Foreigners Overstayed U.S. Visas in 2017 », USA Today, 7 août 2018.

    [15] Entry/Exit Overstay Report : Fiscal Year 2015, Washington, U.S. Department of Homeland Security, 2016. Données calculées à partir de la colonne « Total des dépassements de séjour suspectés dans le pays » ; le total pour tous les pays est de 482 781 dépassements de séjour suspectés.

    [16] Mary Romero, « Keeping Citizenship Rights White : Arizona's Racial Profiling Practices in
    Immigration Law Enforcement », Law Journal for Social Justice, vol. 1, 2011, p. 97-113.

    [17] Michael D. Shear et Julie Hirschfeld Davis, « Shoot Migrants' Legs, Build Alligator Moat :
    Behind Trump's Ideas for Border », The New York Times, 1er octobre 2019.

    [18] Ryan Devereaux, « Mining the Future : Climate Change, Migration, and Militarization in Arizona », The Intercept, 3 octobre 2019.

    [19] Associated Press, « Trump Administration to Expand DNA Collection at Border and Give Data to FBI », The Guardian, 3 octobre 2019

    [20] Wendy Brown, Murs. Les murs de séparation et le déclin de la souveraineté étatique, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Penser/croiser », 2009, p. 186.

    [21] Ibid., p. 139.

    [22] Reece Jones, « Introduction », dans Reece Jones (dir.), Open Borders : In Defense of Free Movement, Athens, University of Georgia Press, coll. « Geographies of Justice and Social Transformation », 2019, p. 3.

    [23] Todd Miller, Border Patrol Nation : Dispatches from the Front Lines of Homeland Security, San Francisco, City Lights, 2014, p. 42.

    [24] Shoshana Zuboff, L'âge du capitalisme de surveillance. Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir, Paris, Zulma, 2020 [2018], p. 28.

    [25] Reece Jones, Border Walls : Security and the War on Terror in the United States, India, and Israel, Londres, Zed Books, 2012, p. 2.

    [26] Kate Smith, « Immigrant Deportation Filings Hit Record High in 2018, New Report Shows », CBS News, 8 novembre 2018.

    [27] Emily Kassie, « Detained : How the US Built the World's Largest Immigrant Detention System », The Guardian, 24 septembre 2019.

    [28] « Editorial : Don't Look Away from Concentration Camps at the Border », National Catholic Reporter, 19 juin 2019.

    [29] César Cuauhtémoc Garcia Hernández, « Abolishing Immigration Prisons », Boston University Law Review, vol. 97, no 1, 2017, p. 245-300

    [30] Chiara Cardoletti-Carroll, Alice Farmer, Leslie E. Vélez (dir.), Women on the Run : First-Hand Accounts of Refugees Fleeing El Salvador, Guatemala, Honduras, and Mexico, Genève, HCR, 2015.

    [31] Alice Speri, « Detained, Then Violated », The Intercept, 11 avril 2018.

    [32] Adam Frankel, « “Do You See How Much I'm Suffering Here ?” : Abuse against Transgender Women in US Immigration Detention », Human Rights Watch, 23 mars 2016.

    [33] « The Precarious Position of Transgender Immigrants and Asylum Seekers », Human Rights
    Campaign, 4 janvier 2019

    [34] Livia Luan, « Profiting from Enforcement : The Role of Private Prisons in U.S. Immigration Detention », Migration Policy Institute, 2 mai 2018 ; John Washington, « The Amount of Money Being Made Ripping Migrant Families Apart Is Staggering », The Nation, 28 octobre 2019.

    [35] Luan, « Profiting from Enforcement », loc. cit.

    [36] Todd Miller, « More Than A Wall : Corporate Profiteering and the Militarization of US Borders », The Transnational Institute, 16 septembre 2019.

    [37] Nancy MacLean, Democracy in Chains : The Deep History of The Radical Right's Stealth Plan for America, New York, Viking, 2017, p. 219

    [38] Manny Fernandez et Katie Benner, « The Billion-Dollar Business of Operating Shelters for Migrant Children », The New York Times, 21 juin 2018.

    [39] Jackie Wang, Capitalisme carcéral, Paris, Divergences, 2019 [2018], p. 254.

    [40] Meagan Flynn, « ICE Is Holding $204 Million in Bond Money, and Some Immigrants Might
    Never Get it Back », The Washington Post, 26 avril 2019 ; Michael W. Sances et Hye Young You, « Who Pays for Government ? Descriptive Representation and Exploitative Revenue Sources », The Journal of Politics, vol. 79, no 3, juillet 2017, p. 1090-1094.

    [41] Pam Palmater citée dans Amanda Coletta, « Canada's Indigenous Population Is Overrepresented in Federal Prisons—and It's Only Getting Worse », The Washington Post, 1er juillet 2018. [NdT : Le terme « pensionnat » désigne ici des écoles religieuses créées en 1880 par le gouvernement du Canada fin d'assimiler les enfants autochtones à la société canadienne. Les pensionnats ont durablement perturbé et marqué les communautés autochtones. Le dernier a fermé ses portes en 1996.

    [42] Rinaldo Walcott et Idil Abdillahi, BlackLife : Post-BLM and the Struggle for Freedom, Winnipeg, ARP Books, coll. « Semaphore », 2019, p. 44.

    [43] « Incarceration of Women Is Growing Twice as Fast as that of Men », Equal Justice Initiative, 5 novembre 2018.

    [44] Michelle Alexander, La couleur de la justice. Incarcération de masse et nouvelle ségrégation raciale aux États-Unis, Paris, Syllepse, coll. « Radical America », 2017 [2010], p. 25.

    [45] Lisa Monchalin, The Colonial Problem : An Indigenous Perspective on Crime and Injustice in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 2016.

    [46] Ruth Wilson Gilmore, « Race, Capitalist Crisis, and Abolitionist Organizing : An Interview with
    Ruth Wilson Gilmore », entrevue par Jenna Loyd dans Jenna M. Loyd, Matt Mitchelson et Andrew Burridge (dir.), Beyond Walls and Cages : Prisons, Borders, and Global Crisis, Athens, University of Georgia Press, coll. « Geographies of Justice and Social Transformation », 2012, p. 43.

    [47] Dylan Rodríguez, « Abolition as Praxis of Human Being : A Foreword », Harvard Law Review, vol. 132, no 6, avril 2019, p. 1577.

    [48] Tania Unzueta, « We Fell in Love in a Hopeless Place : A Grassroots History from #Not1More to Abolish ICE », Medium, 29 juin 2018.

    [49] Kesi Foster, « There Are No Sanctuaries », Black Organizing Project, 16 décembre 2016.

    [50] Tanya Maria Golash-Boza, Deported : Immigrant Policing, Disposable Labor, and Global Capitalism, New York, New York University Press, coll.« Latina/o Sociology », 2016, p. 177 et 185 ; Marybeth Onyeukwu, « Black Immigrants' Lives Matter : Disrupting the Dialogue on Immigrant Detention », Truthout, 22 juillet 2015.

    [51] « The Constitution in the 100-Mile Border Zone », ACLU, s. d. [21 juin 2018]

    [52] Joseph Nevins, « Policing Mobility : Maintaining Global Apartheid from South Africa to the
    United States », dans Loyd, Mitchelson et Burridge (dir.), Beyond Walls and Cages, op. cit., p. 21.

    [53] Zack Ford, « ICE Raids Followed a Massive Sexual Harassment Settlement at Mississippi Plants », Think Progress, 8 août 2019.

    [54] Teju Cole, « Migrants Welcome », The New Inquiry, 7 septembre 2015.

    [55] Suketu Mehta, « This Land Is Their Land », Foreign Policy, 12 septembre 2017.

    [56] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme suivi de Discours sur la négritude, Paris, Présence africaine, 1955, p. 13.

    [57] Conférence de plénipotentiaires des Nations Unies sur le statut des réfugiés et des apatrides, Acte final et Convention relative au statut des réfugiés, ONU, 1951, article 1, p. 14.

    [58] Sarah Lazare, « How the Red Scare Shaped the Artificial Distinction Between Migrants and Refugees », In These Times, 5 février 2018.

    [59] Fabian Georgi et Susanne Schatral, « Toward a Critical Theory of Migration Control : The Case of the International Organization for Migration », IMIS-Beiträge, no 40, mai 2012, p. 193-221.

    [60] Maribel Casas-Cortes, Sebastian Cobarrubias et John Pickles, « “Good Neighbours Make Good Fences” : Seahorse Operations, Border Externalization and Extra-Territoriality », European Urban and Regional Studies, vol. 23, no 3, 2016, p. 231-251.

    [61] « Enforcing Immigration Laws », site de la Garde côtière des États-Unis, s. d.

    [62] Nicholas Keung, « Record Number of Canada-Bound Visitors Barred from Flights on Advice of Canada Border Agents », The Star, 17 juillet 2019.

    [63] Vilna Bashi, « Globalized Anti-Blackness : Transnationalizing Western Immigration Law, Policy, and Practice », Ethnic and Racial Studies, vol. 27, no 4, juillet 2004, p. 584-606.

    [64] « Rapport sur la première année de l'Accord sur les tiers pays sûrs : les portes se ferment pour les réfugiés », Conseil canadien pour les réfugiés, 2005.

    [65] « Statistiques relatives aux personnes arrivées à la suite d'un passage irrégulier à la frontière », Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, 1er mars 2023.

    [66] « Les faits, tout simplement : les demandeurs d'asile », Statistiques Canada, 17 mai 2019.

    [67] Miller, Border Patrol Nation, op. cit., p. 199 ; Todd Miller, Empire of Borders : The Expansion of the US Border around the World, Londres / New York, Verso, 2019.

    [68] Ibid., p. 6.

    [69] Ibid., p. 4.

    [70] Dawn Paley, Drug War Capitalism, Oakland, AK Press, 2014, p. 147.

    [71] Adam Isacson, Maureen Meyer et Gabriela Morales, « Mexico's Other Border : Security,
    Migration, and the Humanitarian Crisis at the Line with Central America », Washington Office on Latin America, juin 2014.

    [72] NISGUA, « Guatemala Resists U.S. Border Imperialism », août 2019.

    [73] Kristina Cooke, Mica Rosenberg et Reade Levinson, « U.S. Migrant Policy Sends Thousands of Children, including Babies, Back to Mexico », Reuters, 11 octobre 2019.

    [74] Sandra Cuffe, « One Year into “Remain in Mexico”, the U.S. Is Enlisting Central America In Its Crackdown on Asylum », The Intercept, 29 janvier 2020 ; Gustavo Solis, « Remain in Mexico Has a 0.1 Percent Asylum Grant Rate », San Diego Union Tribune, 15 décembre 2019.

    [75] Cat Cardenas, « Still Fearing Violence, Migrants Subject to Trump's Remain in Mexico Policy
    Are Now Bracing for a Pandemic », Texas Monthly, 10 avril 2020.

    [76] Clare Ribando Seelke, « Mexico : Evolution of the Mérida Initiative, 2007-2020 », Congressional
    Research Service, 28 juin 2019.

    [77] Deborah Bonello et Erin Siegal McIntyre, « Is Rape the Price to Pay for Migrant Women Chasing the American Dream ? », Splinter News, 10 septembre 2014.

    [78] « Record Number of African Migrants Coming to Mexican Border », PBS News, 16 juin 2019 ;
    Simone Schlindwein, « Halfway round the World by Plane : Africa's New Migration Route », Deutsche Welle, 2 août 2019.

    [79] Kirk Semple et Brent McDonald, « Mexico Breaks Up a Migrant Caravan, Pleasing White House », The New York Times, 24 janvier 2020.

    [80] Kirk Semple, « Overflowing Toilets, Bedbugs and High Heat : Inside Mexico's Migrant Detention Centers », The New York Times, 3 août 2019.

    [81] « Record Number of African Migrants Coming to Mexican Border », PBS News, 16 juin 2019 ; Simone Schlindwein, « Halfway round the World by Plane : Africa's New Migration Route », Deutsche Welle, 2 août 2019.

    [82] « African Migrants Assembly Created in Chiapas », El Enemigo Común, 2 septembre 2019.

    [83] Angela Davis citée dans Lalitha Chelliah et Chris Peterson, « Angela Davis : “The Refugee
    Movement Is the Civil Rights Movement of Our Time” », Green Left, 29 octobre 2016.

    la bibli anticarcérale, c'est un prête-nom de publication qui sert à proposer des textes, des ressources et des archives des luttes anticarcérales et abolitionnistes pénales. Si jamais y'a quand même une boîte à lettres : labibliantik@riseup.net

  • The Broadview ICE Agent’s 7-Minute Gap


    I’m still working on my big post showing that US Attorney Andrew Boutros made a false claim in his attempt to stave off sanctions for the misconduct in the Broadview 6 case.

    But first I want to point to a seven minute … well, let’s call it an anomaly. I’m not yet sure it’s a gap … that occurred on the second day of grand jury testimony, the day grand jurors told prosecutor Sheri Mecklenburg that her case was a crock of shit.

    As I noted in this post, his explanation for how the Front Office (that is, he himself and his Criminal Chief) got involved “in realtime” doesn’t make sense. The post laid out Boutros’ weird attempt to rationalize AUSA William Hogan’s failure to inform Judge April Perry that she was mistaken in believing that the huge gaps in the grand jury transcripts they gave her were due to tech failures. Boutros pointed to things like orange lights and on buttons to justify Hogan’s lack of candor.

    Boutros points to Mecklenburg’s reference to her battery running out as a tech problem. But that does’t reflect any involvement by his managers at all, or explain when they would have heard something was wrong to know to intervene.

    Boutros attributes the way the transcript that day ended to yet more technical difficulties.

    Agent A gave his testimony. Id. at 40-54. After another technical issue, the transcript reveals there was off-the-record discussion and “the testimony was abruptly stopped.” Id. at 54. The grand jury was not asked to return an indictment that day. Id.; R. 187 at 32. Rather, when Experienced AUSA 1 contacted members of the Front Office in “realtime” regarding the “excusing of grand jurors,” the grand jury session was “immediately called off.” R. 187 at 51.

    Mecklenburg’s battery ran out.

    O. Did you use your flashing law enforcement lights?

    A. I did not, although I — I thought that I could.

    Q. Let me stop you.

    A. Okay.

    MS. MECKLENBURG: I need the batteries on the recorder.

    (Discussion held off the record.)

    (Whereupon the testimony was abruptly stopped.)

    This may well be a technical issue, but it doesn’t explain why Boutros credited himself — in his first speaking part in this case on April 21 — with calling off the grand jury sessions in “real time.”

    With respect to the excusing of grand jurors that took place, which was the second time that the prosecutor sought to return an indictment, that is an issue that I was aware of in realtime. And once I became aware of it, I immediately called off that grand jury session.

    Especially since he pinky swears he didn’t know of the vouching or ex parte conversations that were at issue in the October 16 grand jury appearance he claims to have called off in real time.

    9 The United States Attorney was emailed a copy of the transcript from the October 9, 2025, grand jury presentation on October 14, 2025, but has no recollection of reviewing the transcript at that time, and is quite certain he did not review the transcript at that time. The United States Attorney did not receive a copy of the October 16 or October 23, 2025, transcripts until late April 2026, shortly before the Government moved to dismiss the indictment. At that time (late April 2026), the United States Attorney reviewed relevant portions of all three transcripts. Irrespective, no one ever brought the vouching or ex parte issues to the United States Attorney’s attention until late April 2026, nor was the United States Attorney aware of the vouching or ex parte issues until late April 2026.

    By all appearances, that session ended because Mecklenburg’s battery ran out, not because Boutros intervened.

    The 7-minute, um, anomaly may explain it.

    The treatment of both law enforcement witnesses’ testimony is funky here; I’ll deal with the weirdness of the FBI witness in the main post, probably. The transcript for that guy was released in three batches: DOJ used his testimony as an excuse to redact broad swaths of the redacted October 9 transcript they first shared with Judge Perry. Then DOJ unsealed parts of it for what was publicly released as the main transcript. Then they released a partial transcript of his testimony later.

    (I want to thank Biden Bus Barrister Matthew Skiba for helping me understand the anomaly with this transcript.)

    With the ICE agent’s October 16 testimony (see note below for his October 23 testimony), however, DOJ released his transcript as part of the main transcript, but showed that it was transcribed separately.

    That October 16 transcript includes time stamps (the October 9 and October 23 ones do not). The end of the main transcript shows him walking in for testimony at 10:04.

    A notation explains that his testimony “is not included in this transcript.” End of excerpt.

    The second part of the transcript shows the grand jury reconvening at 2:43PM, seemingly almost four hours and forty minutes later — an awfully long time for lunch!! — and starts with the foreperson swearing him in. (The difference in typeface size here is due to my screencap.)

    The timestamp on the transcript is not far off that 2:43 start. Mecklenburg starts at 3:10.

    That timestamp seems to increment as you’d expect from there, with timestamps in the margin every 20 or 30 seconds. The third to last question Mecklenburg asks him is marked as 3:33.

    All that suggests he testified for almost 23 minutes.

    Except that the last timestamp on his testimony is 10:11 — seven minutes after the end of the first part of the transcript. But four hours before when this session formally began.

    Call me crazy but where it says Ms. Mecklenburg looks like heavier typeface.

    You could attribute it to some screw up in the two grand jury transcripts except for two things: the clear identification of the second session starting at 2:43PM. And the tick tock of the timestamp in the margin that suddenly reverts back four hours. Tick tock. Tick tock. Tick to–oops! My battery died!

    There are some other, um, anomalies with this transcript that I’m still unpacking.

    For the moment, all I can say is that the ICE agent who drove his Expedition into a bunch of people who were peacefully protesting and then accused them of assaulting him also seems to have a time machine, in which he flew back and forth in time four hours as grand jurors called the whole thing a crock of shit.

    Update: I didn’t talk about the ICE dude’s second testimony, on October 23. His testimony was handled similarly to the way it was on October 16, with a separate testimony, with its own timestamp, within the whole. His testimony appears about 45 minutes into the grand jury presentation, and it continues for 40 pages after that. Aside from the introductions, there are no timestamps on this transcript.

    The post The Broadview ICE Agent’s 7-Minute Gap appeared first on emptywheel.

  • Les autoradios ont des oreilles… et deux balises GPS !

    Mise à jour de la dernière trouvaille (https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/) : un fil qui n’a pas été suivi jusqu’au bout lors du premier démontage amenait à un boîtier aimanté fixé à une paroi entre l’arrière de l’autoradio et la boite à gants (il fallait démonter un autre cache en plastique). Il contenait une grosse batterie et une autre balise GPS (Taoglas, Quectel M66, Ublox MaxM10) avec carte SIM (voir photos). Vu la connectique et vu que le fil était branché au premier dispositif (voir photos), ce boîtier ne semble pas avoir été ajouté entre temps.

     

  • Le XPeng G9L arrive en France, Mercedes arrête le tout-tactile et BMW met une pub dans ses voitures : le récap’ Vroom de la semaine

    À la une sur Vroom cette semaine : XPeng ajoute un nouveau SUV à sa gamme, Mercedes fait un retour en arrière et une pub pour Spider-Man dans les écrans de BMW.

  • Les États du Golfe tentent de dessiner une nouvelle architecture de sécurité régionale

    Les pays du Moyen-Orient cherchent à diversifier leurs partenariats et leurs alliances. Ils ont en effet dressé le constat que le 7-Octobre, les guerres menées par Israël puis celle des États-Unis contre l’Iran ont sonné le glas de l’ordre ancien, lorsque le parapluie militaire états-unien leur garantissait stabilité et sécurité.
  • Pourquoi et comment devient on juge

    La soif de justice est immense, mais l’ignorance de ce que font réellement les magistrat·es l’est tout autant. Ce documentaire leur donne le temps de nous raconter leur métier, la difficulté de juger, les coulisses de la justice. Dans une période où les…
  • Quatre rappeurs marocains face à la répression

    En l’espace de quelques mois, des artistes engagés ont été condamnés à des peines allant du sursis à la prison ferme. Leurs arrestations ravivent la tension historique entre le pouvoir et ceux qui sont perçus comme des catalyseurs de contestation sociale.
  • WhatsApp déploie la commande @tous pour notifier tous les membres d’un groupe même en sourdine

    Une nouvelle commande de notification est arrivée dans l'application mobile WhatsApp, afin d'alerter tout le monde quand un message très important doit être transmis rapidement.

  • Amazon casse le prix de cette petite batterie externe qui recharge trois appareils en même temps

    [Deal du jour] Cette batterie externe INIU Ultra en promotion est l'alliée des voyages. Avec ses 20 000 mAh, elle permet de recharger jusqu'à trois appareils en simultané, dans un format compact qui se glisse dans un sac.

  • Puerto Rico: «Bad Bunny a propulsé la salsa sur la plus grande scène mondiale»

    Le succès phénoménal de Bad Bunny, qui s’est toujours engagé en faveur de son île natale, ne se contente pas de remettre le territoire colonisé au centre de la carte. Il suscite des vocations auprès des jeunes générations, désireux de se réapproprier les rythmes traditionnels.
  • Des affiches anti-impérialistes et anti-militaristes à coller partout !

    L'AG anti-militariste et anti-impérialiste qui se réunit les 3 et 23 de chaque mois au 17 rue Abbé Grégoire (Le lieu), à réalisé des affiches contre Thalès et Lynred.

    Elle sont téléchargeables à ce lien : https://collectifsiag.noblogs.org/des-affiches-anti-imperialistes-a-coller-partout/
    A afficher et coller partout !

    La prochaine AG aura lieu le 3 septembre 2026 à 18h30 au Lieu et sera une AG bilan et perspectives. L'AG est ouverte à toustes et ne nécessite aucune connaissance ou compétences particulières

    Guerre à Thalès ! Free Palestine !

  • Grenoble Capitale de la Guerre

    L'assemblée anti-militariste et anti-impérialiste vous invite à participer au weekend Grenoble Capitale de la Guerre, le 14, 15 & 16 novembre 2026.

    Plus d'informations sur le programme à venir !

    Vous pouvez également participer à l'élaboration de ce weekend en venant aux AG tous les 3 et 23 de chaque mois au Lieu (17 rue abbé Grégoire, Grenoble).

    Salutations anti-impérialistes !

    Contexte de l'AG

    Cela fait maintenant plus de 2 ans que la guerre génocidaire en Palestine et à Gaza se déroule sous nos yeux, après plus de 100 ans de violences coloniales. Ce génocide est alimenté par des technologies produites localement. STMicroelectronics (présente dans la région mais aussi dans l'État colonial israélien) exporte par exemple à l'entité sioniste des technologies de pointe, qui contribuent au développement militaire de son armée d'occupation.

    Depuis des mois, des individu·e·s sont en lutte, ici et ailleurs, contre ces complicités de génocide. C'est dans ce contexte que nous appelons à une Assemblée générale ouverte pour amplifier la lutte contre l'armement et contre l'impérialisme.

    Alors viens ! Que tu sois un·e individu·e ou que tu représentes une organisation, ce sera un endroit pour s'organiser et se coordonner. Ces AG ont lieu les 3 et 23 de chaque mois à 18h30 au Lieu (17, rue Abbé Grégoire 38000 Grenoble).

    Des responsabilités locales, nationales et européennes écrasantes

    La France est le deuxième pays exportant le plus d'armes au monde. Elle alimente directement les guerres en cours, et sa puissance militaire s'est elle-même développée sur une histoire coloniale faîte de massacres, de pillages et de dépossessions. C'est cette puissance militaire qui lui permet de maintenir sa domination coloniale et impérialiste aujourd'hui.

    Le complexe militaro-industriel de la France alimente aussi les structures d'oppressions à d'autres niveaux. Et ce, en accaparant des terres agricoles dans toute la région pour construire des usines ultra-polluantes comme en fournissant du matériel de surveillance algorithmique ou des drones, utilisés pour les contrôles racistes dans nos quartiers, aux frontières, ou dans les territoires encore colonisés.

    Alimentant les guerres à l'extérieur, l'Europe militarise de plus en plus ses frontières, causant ainsi la mort de milliers de personnes. Frontex, l'agence européenne de militarisation et surveillance des frontières, utilise des drones dont certains composants sont produits par Thalès, une entreprise présente a Moirans et Montbonnot.

    Un continuum colonial qui s'étend jusqu'à l'intérieur des frontières nationales

    À l'intérieur du territoire national, la répression s'accentue constamment. Elle vise principalement les quartiers populaires et les personnes issues de l'immigration post-coloniale. Ce racisme d'État s'exprime dans une islamophobie exacerbée qui a des conséquences dramatiques pour des millions de personnes. L'arsenal répressif de la police suit également ce mouvement, celle-ci s'équipant d'armes et de technologies de surveillance de plus en plus sophistiquées. Lynred (une entreprise située à Veurey Voroise) expose ainsi ses technologies au Milipol, le salon mondial de la répression intérieure des États.

    Dans ses colonies, la France continue le pillage des minerais nécessaires à la fabrication des technologies de pointe et de l'armement. C'est par une répression sanguinaire que l'État français y maintient sa domination coloniale.

    La recherche au service de la guerre

    La militarisation passe aussi par les universités (dont l'UGA) et les écoles d'ingénieurs (dont Phelma - INP) qui adaptent leurs programmes pour les besoins de l'industrie militaire, formant ainsi les personnes nécessaires à la conception de ses drones et ses missiles. Grenoble est un des centres français majeurs de recherche et de production dans le domaine de l'armement. De nombreuses entreprises et start-ups conçoivent et produisent dans la métropole des pièces d'armes, composants électroniques, et autres solutions informatiques à destination de l'armée. Nombre d'entre elles fournissent directement l'entité sioniste : Caterpillar, HPE, IC'Alps, Microoled...etc.

    Un bellicisme en marche

    Le gouvernement actuel nous parle de se préparer à un conflit armé dont il est lui-même architecte. On nous demande d'être prêt·e·s à faire des sacrifices pour la nation, de s'unir sous un drapeau que nous n'avons pas choisi. Ce prétexte a bon dos pour étouffer la contestation sociale, au moment où les fascistes et réactionnaires de tout bord soutiennent cette escalade belliciste. Dans le même temps, nos luttes féministes sont récupérées au service d'un nationalisme blanc et instrumentalisées à des fins guerrières et coloniales. Cette instrumentalisation tente de camoufler que les guerres sont étroitement liées au racisme, au capitalisme et au patriarcat.

    Concrètement, cette marche à la guerre se traduit par des mesures comme la réindustrialisation du territoire annoncée en mai 2025 (40 milliards d'euros d'investissements) ou le service militaire volontaire, qui remplace le SNU pour recruter dans l'armée dès le plus jeune âge, ciblant en particulier les plus précaires. Le budget militaire, quant à lui, a doublé depuis 2017 (de 32,7 milliards à 57,1 milliards d'euros). Tout cela a donc un coût énorme, financé par nos impôts, et participe de la casse sociale dont nous faisons actuellement les frais.

    L'actualité mondiale est faite d'attaques

    Partout les impérialismes font des ravages. Dernier exemple en date, les États-unis ont lancé une offensive militaire sur le Venezuela pour piller leurs ressources et assurer leur domination sur l'Amérique du sud. Et ce sont les mêmes États-Unis qui cherchent à instrumentaliser à leur avantage les révoltes en Iran, pour tenter d'instaurer un régime à leurs bottes dans cette région.

    Agir !

    Loin d'être impuissant·es, nous pouvons et devons nous opposer à l'impérialisme, qu'il soit états-unien, français, israélien, ou d'autre nature.

    Alors voilà, l'idée de cette AG est de proposer à toute personne motivée et à toutes les organisations intéressées de venir se coordonner contre le militarisme et contre l'impérialisme, depuis Grenoble. Pas besoin d'être un expert du sujet ni d'avoir un bagage militant, tout est à construire ensemble !

    تحيا فلسطين Tahya Filastin

  • Créneau d'essai Roller Derby 🛼

    Recrutement saison 2026-2027

    Et si toi aussi tu rejoignais les Cannibal Marmots ?

    🦫🛼Jouer
    Cette rentrée on propose deux créneaux d'essai auxquels s'inscrire pour tester le roller derby (mais il faudra en choisir un seul) le vendredi 18 septembre à 21h ou le jeudi 24 septembre à 19h30. Pas besoin de savoir patiner, tous les niveaux sont les bienvenus !
    Cet essai est gratuit et on peut te prêter des patins et des protections.
    On précise que le jour de l'essai ne correspond pas forcément au créneau de l'entraînement à l'année (1x/semaine). Les places sont limitées, on met une jauge de 15 personnes par séances d'essai !

    🦓🦩Arbitrer
    En patins ou à pied, on est sûr-es que les rayures ou le noir t'iront très bien ! Notre crew d'arbitres La Harde sera ravi de t'accueillir et te former.

    🦄🌟Bénévoler
    Que ce soit sur les matchs que l'on organise localement ou bien en déplacement, on a toujours besoin de bénévoles pour que les événements puissent se tenir et pour encourager toutes les équipes !

    Si ça te parle, clique sur ce lien pour avoir accès au formulaire de recrutement :
    https://forms.gle/GZqJiNUotwTh8YgH9

    Si vous avez des questions n'hésitez pas à nous contacter à : training.marmots@gmail.com

    Pour en savoir plus sur nous, c'est par ICI

    A tout vite on espère ! 😉

  • Resto Malap le lundi 31 août 2026

    En 2026, le Resto Malap cuisine au Bar Radis (15 Rue Gustave Flaubert, Grenoble) les lundis soirs.
    On vous y retrouve ce mois-ci le lundi 31 août !

    Début de service à 19h, dernier service à 20h30.
    La réservation n'est pas obligatoire mais elle est fortement conseillée (cela nous permet d'anticiper) !
    Prix accessibles (entre 8 et 20 euros pour un repas).

    Lien Hello Asso : https://www.helloasso.com/associations/resto-malap/evenements/reservation-bar-radis-31-aout

    En cas de problème, vous pouvez nous contacter à ce numéro : 0749876554

  • «C’est chacun pour soi»: dans le Marais poitevin, la sécheresse exacerbe les tensions liées au partage de l’eau

    En un mois, trois barrages ont été ouverts illégalement dans les canaux de la région naturelle. À qui profite le délit? Des agriculteurs sont soupçonnés d’avoir rempli leur bief – un canal d’irrigation – pour leurs céréales, mais le maire d’une commune appelle à la prudence.
  • Contre la propagande militariste d'extrême gauche

    Jeudi 2 juillet, le NPA et BDS sainté projettaient au Méliès le film « Guerre en Ukraine Les combattants anti-autoritaires ». Des copaines avaient vu le film, et on a décidé d'aller y apporter notre grain de sel.

    Le film projeté par le NPA et BDS, en plus de se dire « anti-autoritaire », explique que pour résister à l'attaque de l'Etat russe, il faudrait s'engager dans l'armée régulière ukrainienne, ce que font d'ailleurs des anarchistes, assumant par là de se battre aux côtés de néo-nazis. On a voulu apporter une critique antimilitariste.

    En effet, on est plutôt du côté des déserteurices. La position que les anarchistes d'ukraine essaient d'imposer dans les cercles anarchistes nous débetectent, sans parler que toute critique est renvoyée à des positions pro-russes (campisme quand tu nous tiens).

    Pendant que deux copaines tenaient une banderole « A bas toutes les armées et tous les Etats », d'autres copaines diffaient un texte d'anarchistes d'italie que tu peux trouver ici :
    https://distrohaokah.noblogs.org/files/2024/02/Sabotons-la-guerre-.pdf

    Avant qu'on déploie la banderole, le chef du NPA vient nous parler. On va pas s'étendre là-dessus, mais en gros tout en disant qu'il aimait pas Zelensky mais que face à l'Etat Russe fallait s'engager dans l'armée, pour finir par nous dire qu'on soutenait le projet de Grande Russie (ce qui pour un communiste est assez savoureux...)

    Pas grand monde est venu à la projo, mais on a eu globalement de bonnes discussions, une personne a décidé de pas aller voir le film finalement.

    Et aussi, ça nous a fait du bien de faire cette petite action qui a pas demandé grand chose, d'apporter une position anarchiste et anti-militariste face aux faux-critiques du militarisme.

    Contre toutes les armées et tous les Etats, partout, tout le temps !

  • Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes

    Solidarity.international / s.d.

    Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes 2026 // 23 – 30 août

    Nous vous appelons à passer à l’action durant la Semaine de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes!
    Envoyez-nous vos événements et actions à tillallarefree@riseup.net.

    Appel pour la Semaine International de Solidarité avec les Prisonnier.es anarchistes – Du 23 au 30 août 2026

    Marius Mason, un anarchiste antispéciste et écologiste, écrivain, artiste et militant trans était en prison pour la plus longue peine à l’heure actuelle pour des actes de sabotage en défense de l’environnement. Après 17 ans d’enfermement, nous célébrons son transfert suite à sa sortie de prison et son transfert dans une maison de semi-liberté, le 14 mai dernier.

    À l’intérieur de la prison, il n’a jamais abandonné, mais s’est dressé pour les autres comme pour lui, défendant les droits des prisonnier.es trans et résistant au système carcéral. Toutes ces années, nous avons appelé à lui écrire lors de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.

    Maintenant, nous sommes heureux de le retirer de notre liste et de lutter ensemble depuis l’extérieur.

    Malgré cela, de nombreux compas restent en prison et sur notre liste d’adresses, de nouvelles personnes sont même ajoutées. La solidarité est nécessaire pour lutter contre ce système répressif. La solidarité peut nous porter à travers les moments les plus sombres – une carte postale ou une lettre, un rassemblement devant une prison, une visite, peuvent signifier énormément et donner des forces. L’histoire d’un.e compa en prison partagée lors d’un événement, se multiplie avec les personnes présentes. C’est notre responsabilité de transmettre leurs idées et avec elles, les personnes elles-mêmes voyagent au-delà des murs des prisons. En n’oubliant pas les enfermé.es, la solidarité peut croître.

    C’est pour ces raisons que chaque année nous appelons à une semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.

    Les temps sont de plus en plus durs, le fascisme s’élève, et les états, les fascistes et les conservateurs font de nous les cibles de leur violence – en tant que Queer, Antifas ou anarchistes.
    Ils essayent de nous écraser comme le montre les condamnations dans l’affaire Prairieland, avec des condamnations allant jusqu’à 100 ans de prison. Ou la tentative de supprimer le mouvement anarchiste en Indonésie où, suite aux affrontements du premier mai, 10 anarchistes sont emprisonnées et risquent de lourdes condamnations.

    Face à l’adversité, nous devons rester ensemble et agir en solidarité. Renforcer nos communautés et supporter les plus vulnérables. N’oublions pas les enfermé.es et luttons côte à côte. Ce ne sont pas seulement des prisonnier.eres, ce sont nos compas. Marius a montré en long et en large comment nous pouvons faire appel les uns aux autres pour mener un combat commun.

    Rejoins la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes !

    Organise des séances d’écritures de lettres, un événement de solidarité, une projection de film, une action directe, un rassemblement, accroche une banderole ou n’importe quelle autre idée qui te vient et envoie-nous des photos et un court résumé !

  • Bremgarten (Suisse) : L’ABC Bélarus a été refusée au Salon du livre anarchiste

    Anarchist Black Cross Belarus / dimanche 2 août 2026

    L’ABC Bélarus a été refusée au Salon du livre anarchiste de Bremgarten, en Suisse.
    Voici comment vous pouvez nous soutenir.

    Cette année, nous avons demandé de participer au Salon du livre anarchiste de Bremgarten, avec une présentation sur la répression au Bélarus et notre table de presse. Nous avons été refusé.es « à cause du sujet de la guerre ». Comme nous n’avons reçu aucune autre justification du refus de notre demande, nous ne pouvons que supposer que cela est lié à notre position sur la guerre en Ukraine et à la participation d’anti-autoritaires à celle-ci.

    Nous reconnaissons et comprenons le fait que les organisateur.trices du Salon du livre puissent avoir une position différente de la nôtre, mais nous trouvons cette décision décevante. Non seulement parce que nous la voyons comme un choix d’isolement plutôt que de dialogue. Plus important encore, cela interfère directement avec notre capacité à prendre soin des compas emprisonné.es au Bélarus.

    À l’heure actuelle, il y a quinze personnes en prison que nous soutenons. La durée restante de leurs peines varie de plusieurs mois à plus de dix-huit ans.

    Beaucoup de nos compas font face à des pressions et à du harcèlement de plus en plus forts, en prison, à cause de leurs liens avec le mouvement anarchiste. Ils/elles subissent régulièrement le confinement dans des cellules d’isolement, la pression psychologique, l’isolement social, le refus délibéré de soins médicaux et des prolongations de leurs peines, avec des raisons fallacieuses.

    En plus du soutien à celles/ceux qui sont en prison, nous continuons à soutenir les compas qui ont été récemment libéré.es et déporté.es de force, sans possibilité de revenir. Ils/elles se retrouvent dans une situation où elles/ils doivent reconstruire leur vie à partir de zéro, tout en essayant de subvenir à leurs besoins de base, comme se nourrir et avoir un logement.

    Pour le dire de manière directe, tout ce travail nécessite beaucoup d’argent.

    Les événements en présentiel sont pour nous plus que des occasions de parler de l’anarchisme biélorusse et de rencontrer de nouveaux compas. Ils sont aussi un moyen de collecter des fonds pour les prisonnier.es – et un moyen très efficace.

    Les salons du livre à l’international nous rapportent généralement environ 2 000 ou 3 000 euros chaque année, avec des dons et de ventes de notre distro. Au Bélarus, cette somme peut couvrir quinze visites d’avocats, ou sept colis avec de la nourriture, des vêtements et de médicaments pour un.e prisonnier.es, ou quelques mois de frais de subsistance pour un.e compa déporté.e.

    Les dons mensuels que nous recevons s’élèvent à environ 400 ou 500 euros, ce qui ne permet pas de couvrir les besoins de tou.tes les compas que nous soutenons.

    Tout cela pour dire que nous voulons transformer ce refus en un appel à la solidarité internationale, un appel adressé surtout aux compas de Suisse.

    Voici comment vous pouvez nous soutenir :

    – Faites des dons ici (chaque petit don nous aide) : https://abc-belarus.org/en/about-us/donate/
    – faites des achats auprès de notre distro : https://www.sabotage.ninja/category/collectives/abc-belarus-collectives/
    – partagez cet appel avec vos compas
    – si vous allez au Salon du livre, appelez à soutenir l’ABC Bélarus et parlez de notre travail et des prisonnier.es dont nous nous occupons
    – organisez un événement au bénéfice de l’ABC Bélarus
    – si vous voyez un événement auquel nous devrions participer, faites-le nous savoir.

    Ce n’est pas la première fois que l’ABC Bélarus est bannie de tels événements et nous croyons que cette tendance ne fera que s’accélérer. La possibilité que nous ne soyons plus en mesure de soutenir nos compas en prison nous inquiète beaucoup.

    Cependant, nous ne sommes pas seulement une « caisse », qui évitera les sujets inconfortables, afin de garantir l’arrivée de fonds. Nous sommes un collectif politique et notre analyse de la façon dont les dictatures fonctionnent et se renforcent mutuellement fait partie de notre anarchisme tout autant que notre travail anticarcéral.

    Par conséquent, nous continuerons à garder la guerre en Ukraine dans notre ordre du jour, plutôt que regarder ailleurs.

    Chaque jour, dans notre lutte, nous voyons la solidarité internationale en action, même nos compas derrière les murs épais des prisons biélorusses peuvent le ressentir.

    Cette solidarité nous donne un espoir révolutionnaire, l’espoir que, peu importe la force de l’État, de l’impérialisme et du patriarcat, nous l’emporterons.

    Merci pour votre solidarité et pour cet espoir.

    Anarchist Black Cross Bélarus

  • Donald Trump Told Us He Was Warned about the Missile Shortage Before He Started the Iran War


    There have been three important stories about the missile shortage that currently prevents Trump from trying to reverse the humiliating defeat he has suffered in Iran.

    First, WaPo describing a spat at Camp David, in which Trump laid into Whiskey Pete Hegseth because Trump’s Fox News Host didn’t tell him about the missile shortages.

    President Donald Trump’s frustration over the Iran war boiled over at Camp David last week, where he demanded answers from Defense Secretary Pete Hegseth on why he had apparently been misled on extreme munitions shortages that now threaten to limit military options with Iran, two people familiar with the exchange told The Washington Post.

    The encounter took place on the sidelines of his Cabinet meeting at Camp David on Friday where Trump vented at Hegseth that he thought the munitions issue “had been fixed,” according to both people familiar with the conversation, who, like others, spoke on the condition of anonymity due to fear of retaliation.

    The shortages, particularly in long-range guided missiles and air-defense interceptors, have been part of the reason Trump has pulled back from launching additional massive strikes against Iran in recent days, one of the sources said.

    [snip]

    Back at Camp David, as he was confronted by Trump over the bare weapons stockpile, Hegseth defended himself and blamed his deputy, Stephen Feinberg, for the shortages and for not ensuring Trump was fully apprised of the issue, both people familiar said.

    The exchange underscored Trump’s increasing frustration with his defense secretary, who was one of the biggest early advocates for taking military action against Iran, convincing Trump it would be a quick and relatively easy win, according to multiple officials.

    The story has been updated to reflect the aftermath: Sean Parnell’s accusations that the story is not true, multiple statements affirming Trump’s support for his Crusader Secretary of Defense, Trump’s insistence both that the US has all the missiles it needs and that the people who said differently committed treason.

    The especially weird part of Parnell and Karoline Leavitt’s attempt to deny the flap, though, is shouldn’t the President be angry with a Secretary of Defense who conducted the war in such a dumbass way, losing the war while blowing the missile reserves?

    And in case Trump’s threats to hunt down the people who revealed the missile shortage — which has been publicly reported over and over and over — didn’t already make clear the shortage is real, midway through the week there was the Reuters story that said almost all long range missiles are gone.

    The U.S. Army has used up much of its global stockpile of highly accurate long-range missiles during its five-month war with Iran, ​according to three people familiar with the data, raising concerns about the military’s readiness for future conflicts.

    The missiles are principally the Army’s surface-to-surface weapons, known as Army Tactical Missile Systems (ATACMS) and Precision Strike Missiles (PrSM). The U.S. ‌has used “virtually all” of these weapons, according to two of the sources.

    CNN matched with a story saying that nearly 80% of THAAD interceptors are gone.

    Finally there’s the CNN story describing that Dan Caine wants to find an off-ramp from the Iran war because of the missile shortage.

    Over the last few weeks, Chairman of the Joint Chiefs Gen. Dan Caine has privately made clear to other top Trump advisers that the US needs to find an off-ramp from the war with Iran — because the military options on the table to escalate the conflict could backfire and airpower alone is unlikely to achieve President Donald Trump’s stated objectives, according to three sources familiar with the matter.

    “Caine is looking for an off ramp,” one of the sources said bluntly.

    Caine is not alone in his view that the war has reached a crossroads. He has discussed concerns about the military options for escalating the conflict and raised the prospect of finding an off-ramp from the war with other key Cabinet officials, including CIA Director John Ratcliffe, Secretary of State Marco Rubio and Vice President JD Vance, two of the sources said.

    The top US general has recently side-barred with some of those key, like-minded Trump advisers in an effort to facilitate interagency coordination and ensure they are on the same page ahead of meetings with the president. The aim has been to make clear the limitations and pitfalls of the available military options, including those that do not involve putting US boots on the ground, the sources said.

    Thanks in part to the squealing Trump and Sean Parnell are doing, the buzz has focused on the recriminations, as if it is unknowable how much of a surprise this missile shortage is.

    It’s not. Trump told us himself, on  February 23, five days before he started this war. As I laid out in April, after first Axios and then WaPo (including some of the journalists on this week’s story) and also — as I noted when they got subpoenaedWSJ all warned about the missile shortages, and other risks to the Iran invasion. And that same day, Trump responded.

    Mostly, Trump attempted to deny that Caine was against the war. But in the process, he basically said he would decide whether or not to go to war, not Caine.

    • I am the one that makes the decision
    • [I]f [Caine] is told to do so
    • [H]e only knows […] how to WIN

    Donald Trump told us on February 23, before he started this war, that he was reading the stories describing that he was warned, including about the missile shortage. And his response was to say that the decision was his, that if we went in spite of the warnings, the decision was his.

    The post Donald Trump Told Us He Was Warned about the Missile Shortage Before He Started the Iran War appeared first on emptywheel.

  • Blanche confirmation allows Trump to continue ‘pervasive, breathtaking corruption’, says Schumer – as it happened

    Senate minority leader condemns Republicans after Donald Trump’s former defense lawyer confirmed by 50 votes to 49 early on Saturday morning. This blog is now closed.

    Joe Biden’s prostate cancer has spread throughout his body, causing the former president great pain, his son Hunter Biden said during an interview broadcast Friday.

    “The cancer has spread, metastasized into his bones and further,” Hunter Biden said in a sit-down with the BBC. “It’s very painful and it’s very debilitating in many respects.”

    Continue reading...
  • À propos du réseau CommemorAction

    « CommemorAction » est un mot-valise qui associe les termes commémoration et action.
    Il exprime à la fois notre engagement à garder la mémoire de celles et ceux qui sont morts ou ont disparu dans leur quête de liberté de circulation, ainsi que nos revendications pour la vérité, la justice et la responsabilité !

    Les personnes réfugiées et migrantes sont contraintes de risquer leur vie en traversant la mer, le désert ou d'autres zones frontalières, parce qu'elles ne peuvent pas emprunter des routes sûres en raison de régimes de visas restrictifs. Dans ce contexte, des dizaines de milliers de personnes sont mortes et continuent de mourir aux frontières de l'Union européenne.
    Des proches des victimes, des survivant·es et des personnes solidaires ont créé le réseau transnational CommemorAction en 2020. Des familles de victimes de violences policières et étatiques à caractère raciste ont également rejoint le réseau CommemorAction. Nous nous souvenons des personnes mortes et disparues, nous leur rendons hommage, et nous agissons et protestons contre les conditions et les politiques responsables de ces morts.
    Dans cette brochure, nous retraçons quelques étapes de la construction de ce réseau transnational. Nous présentons plusieurs expériences issues des rencontres transnationales de CommemorAction organisées au cours des six dernières années. Nous rassemblons également plusieurs prises de parole et témoignages de proches ayant perdu des êtres chers et aujourd'hui engagé·es dans le réseau CommemorAction.
    Nous espérons que ce recueil de textes et les nombreuses photographies permettront de donner un aperçu du processus CommemorAction et d'en offrir une première compréhension. Bien entendu, ce petit livret reste fragmentaire. Il ne prétend en aucun cas être exhaustif ; il ne constitue qu'un aperçu des multiples activités et efforts déployés pour rendre hommage aux personnes mortes et disparues et pour agir contre le régime migratoire meurtrier.

    En solidarité avec toutes les personnes mortes ou disparues du fait des violences d'État le long des routes migratoires et dans nos quartiers !
    Juillet 2026

    La brochure est aussi disponible en anglais sur le site https://commemoraction.net/ accès direct

  • Les autoradios ont des oreilles

    Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

    Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.

    La musique a bien dû leur casser la tête !

    infos trouvées ici : https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/

  • Que crève la gauche aussi (4) : « Un sauce-dem pour les gouverner tous ... »

    A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.

    « ... et dans la réforme les lier »
    Les Insoumistari

    I. the G.A.U.C.H.E.

    Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.

    Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...

    Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]

    Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.

    La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».

    II. La nature du fascisme

    Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.

    Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.

    C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.

    III. Le mélenchonisme qui vient

    Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*

    Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.

    Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.

    Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]

    IV. Que faire ? (lol)

    Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
    1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
    2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
    3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
    4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.

    Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
    Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.

    5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.

    Conclusion

    Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]

    D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.

    A4

    A5

    livret

    [1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire

    [2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.

    [3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.

    [4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social

    [5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue

    [6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».

  • Derrière le tourisme en Grèce, l’exploitation à grande échelle

    Le succès du pays méditerranéen, qui bat chaque année des records de recettes et d’affluence, cache des conditions de travail parfois insupportables pour des dizaines de milliers de travailleurs. Les saisonniers fuient désormais l’industrie touristique en nombre.
  • How the Navy SEALs Lost Their Way

    For a community that once prided itself on being quiet professionals, the Navy SEALs are hard to miss these days. Bookshelves groan under the weight of endless SEAL memoirs that have become a content farm for Hollywood blockbusters and TV streaming series. A number of SEAL veterans have also built second careers as podcast hosts, leadership consultants, Hollywood consultants, or pitchmen for supplements, energy drinks, and merchandise. Seven retired SEALs are current members of Congress, and others hold senior posts in the Trump administration.

    Few other special operations communities behave this way. Only a handful of former Delta Force operators and Army Rangers have written books, and a few serve in Congress, but most keep quiet. No one hears from the operators in the Air Force’s special tactics squadron or those in secretive units with classified codenames, who are the true quiet professionals.

    So what happened to the SEALs? The short answer is that the War on Terror happened, and they lost their way. The longer answer, laid out in journalist Matthew Cole’s 2022 book Code Over Country: The Tragedy and Corruption of SEAL Team Six, is that SEALs became completely unaccountable, leading some to believe, not without reason, that they could do whatever they wanted—on the battlefield and off.

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  • Bluster and backdown have turned Iran war into Trump’s own Groundhog Day

    The US president’s profound ignorance of his enemy has led to an impotent cycle of empty threats, analysts say

    Being the subject of mockery may be the most intense of all Donald Trump’s known aversions.

    Yet more than five months after embarking on a war of choice against Iran, the US president risks attracting ridicule as he struggles to secure a military victory – while repeatedly threatening devastating bombardment against the Tehran regime, only to back down on the pretext of renewed negotiations.

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  • Trump loyalist Todd Blanche confirmed by Senate as US attorney general

    Major win for president as former personal lawyer wins approval despite outcry over $1.8bn slush fund

    The US Senate voted to narrowly confirm Todd Blanche as attorney general in a major win for Donald Trump, who will now have his one-time personal attorney sitting atop the nation’s law enforcement apparatus.

    Senator Bill Cassidy of Louisiana cast the deciding vote in Blanche’s favor after two other Republicans – Susan Collins of Maine and Lisa Murkowski of Alaska – voted against him. Every Democrat rejected Blanche’s nomination as the Republican-led Senate voted 50-49.

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  • Atteinte à la « race blanche » à Crépol, l’État consacre le mythe identitaire

    Communiqué du collectif Peaux Noires, Ligne Rouge, sur le jugement rendu dans l’affaire Crépol, qui franchit un cap alarmant vers l’ethno-nationalisme d’État.

    Le 20 juillet 2026, les juges d’instruction chargés de l’affaire de Crépol ont requalifié les mises en examen des quatorze personnes poursuivies pour la mort de Thomas Perotto (tué le 19 novembre 2023 à Crépol (Drôme), après avoir été frappé à l’arme blanche), en retenant contre elles une circonstance aggravante de racisme visant, selon les termes mêmes du dossier, « la race blanche et la nation française ». Que de tels mots soient aujourd’hui inscrits noir sur blanc par une institution judiciaire de la République, à la demande de parties civiles parmi lesquelles l’AGRIF, officine identitaire d’extrême droite catholique, n’est pas un détail de procédure. Il s’agit ici d’un basculement de l’institution judiciaire. Disons-le sans détour : Thomas Perotto avait seize ans, et la mort de cet adolescent est une tragédie. C’est précisément parce que ce deuil-là est réel que nous refusons qu’il devienne l’arme idéologique qu’en fait, méthodiquement, depuis novembre 2023, toute l’extrême droite française, jusqu’à armer les ratonnades et les expéditions punitives menées, dans les semaines qui ont suivi le drame, au nom de la « race blanche ».

    Car le « racisme anti-blanc » n’existe pas. La négrophobie et l’islamophobie sont structurelles parce qu’elles organisent concrètement, chaque jour, la relégation, la surveillance et la mise à mort de nos vies. Il n’existe, en face, aucun système qui organise l’infériorisation des Blancs en tant que Blancs. Retourner ce concept contre les racisé.e.s n’est qu’obtenir la négation pure et simple de ce combat, et offrir à l’extrême droite ainsi qu’à l’ensemble du bloc réactionnaire de la bourgeoisie une nouvelle tribune pour intensifier son offensive idéologique raciste.

    Cette vérité éclate dès qu’on observe le deux poids deux mesures de l’appareil judiciaire et politique. En février 2026, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence pour Quentin Deranque, militant d’extrême droite néonazi. Neuf mois plus tôt, la même Conférence des présidents avait d’abord refusé le moindre hommage à Aboubakar Cissé, jeune musulman assassiné de dizaines de coups de couteau. Voilà, à nu, la hiérarchie des morts que dresse l’État. Le même mépris gouverne les qualifications pénales : Mahamadou Cissé, abattu par un voisin, s’est vu offrir un « crime par exaspération » avant que son meurtrier ne soit remis en liberté, soutenu par une cagnotte d’extrême droite ; pour Aboubakar Cissé, le parquet s’est empressé d’écarter la qualification terroriste et de psychologiser le geste, « envie obsessionnelle de tuer » ; à Saverne, un homme qui tira sur une famille maghrébine aux cris de « sales bougnoules » et » je vote RN » vit les faits ramenés à de simples « violences aggravées » ; à Brest, le 5 juillet, une femme musulmane voilée touchée par un tir dans un parc, devant son enfant, vit l’enquête pour tentative d’homicide ramenée à de simples « violences volontaires », au terme de près de deux semaines de silence médiatique national, la presse locale ne parlant que d’« une femme », pas un mot de son voile. Quand la victime est noire ou musulmane : lenteur, minimisation, psychologisation. Quand il s’agit de la » race blanche » : la machine trouve ses mots en quelques jours. Il n’y a là aucun hasard. Les institutions pénales appliquent la définition du racisme telle que l’État français la conçoit, et leur principale, si ce n’est leur seule, raison d’être est d’entériner et de protéger l’ordre capitaliste et le suprémacisme blanc qui lui est consubstantiel. En consacrant juridiquement la » race blanche » et la » nation française » comme catégories à défendre la justice accorde une légitimité intellectuelle et offre une victoire politique à tous les groupuscules identitaires. Elle franchit un pas décisif vers l’ethno-nationalisme d’État.

    Nous refusons ce deux poids deux mesures. Nous refusons que la vie des Noir.es, des musulman-es et des racisé.es soit reléguée au rang de fait divers pendant que l’on érige la « race blanche en catégorie protégée du droit. Nous refusons que l’appareil judiciaire, arme d t de race, prétende plus longtemps arbitrer avec neutralité les rapports de domination qu’il est fait pour reproduire.

    Peaux Noires Ligne Rouge dénonce cette requalification comme un précédent d’une gravité inouïe et un blanchiment de l’idéologie identitaire par l’État. Nous n’avons rien à quémander à cette justice. Notre tâche est ailleurs : reconstruire, contre le racisme qui la divise, l’unité de notre classe.

    Organisons-nous, préparons la riposte. Tout le pouvoir au peuple ! « Le travail sous peau blanche ne peut s’émanciper où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri » – Karl Marx

    https://rebellyon.info/Atteinte-a-la-race-blanche-a-Crepol-l-40083

  • Traduction : Une Proposition de guerre

    Traduction de la revendication du sabotage de l’oléoduc transalpin en mars. l’original : https://ilrovescio.info/2026/06/16/una-proposta-di-guerra/

    UPG-1

    Ce texte a été traduit pour être lu et débattu. Nous n’en partageons pas tous les aspects. Sa forme est étrange oudérangeante par moment, mais nous le trouvons stimulant, percutant, et les thèmes qu’il aborde, trop nombreux pourêtre énumérés, ont de quoi nourrir quelques discussions.Publié en Italie en juin 2026, il se compose de trois parties. La première constitue la revendication du sabotage demars 2026 contre l’Oléoduc Transalpin dans la région du Friouli-Venezia-Giulia, attaque qui a mis à l’arrêt plusieursraffineries dans plusieurs pays. Elle en détaille les motivations, et les réactions. La seconde est une réflexion critiquesur les pratiques en cours aujourd’hui, et en particulier dans le mouvement de soutien au peuple palestinien, assortied’une proposition. La troisième est une analyse des évolutions du pourvoir, et les perspectives stratégiques qui endécoulent. Ce texte en annonce, en outre, un deuxième à venir.Comme pour toute traduction, le contexte compte : publiées dans le mouvement italien, ces paroles s’inscrivent dansla continuité d’une tradition où se conjuguent l’analyse des rapports sociaux avec celle des infrastructurestechnologiques, et les réflexions sur les modes d’organisation offensive. Mais dans ce contexte fortement marqué parla répression, elles s’inscrivent aussi en rupture avec des pratiques qui ne permettent pas de s’en prémunir, et quimaintiennent l’action dans le champ du symbolique. Si elles peuvent aussi résonner ailleurs, ces paroles doivent êtreprises pour ce qu’elles sont : un communiqué, pris dans la situation italienne, et dont la forme joue probablement àcompliquer une éventuelle identification. Nous avons pris soin d’en faire une traduction à la lettre.

  • Au feu des années 1968, un nouveau PSU

    Les grèves de mai et juin 1968 vont autant radicaliser que transformer le Parti socialiste unifié. D’organisation insérée dans la gauche institutionnelle française, il va progressivement se muer en «premier parti révolutionnaire d’Europe».
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