Timeline

explore river

Every post and feed across this instance

  • Grenoble Capitale de la Guerre

    L'assemblée anti-militariste et anti-impérialiste vous invite à participer au weekend Grenoble Capitale de la Guerre, le 14, 15 & 16 novembre 2026.

    Plus d'informations sur le programme à venir !

    Vous pouvez également participer à l'élaboration de ce weekend en venant aux AG tous les 3 et 23 de chaque mois au Lieu (17 rue abbé Grégoire, Grenoble).

    Salutations anti-impérialistes !

    Contexte de l'AG

    Cela fait maintenant plus de 2 ans que la guerre génocidaire en Palestine et à Gaza se déroule sous nos yeux, après plus de 100 ans de violences coloniales. Ce génocide est alimenté par des technologies produites localement. STMicroelectronics (présente dans la région mais aussi dans l'État colonial israélien) exporte par exemple à l'entité sioniste des technologies de pointe, qui contribuent au développement militaire de son armée d'occupation.

    Depuis des mois, des individu·e·s sont en lutte, ici et ailleurs, contre ces complicités de génocide. C'est dans ce contexte que nous appelons à une Assemblée générale ouverte pour amplifier la lutte contre l'armement et contre l'impérialisme.

    Alors viens ! Que tu sois un·e individu·e ou que tu représentes une organisation, ce sera un endroit pour s'organiser et se coordonner. Ces AG ont lieu les 3 et 23 de chaque mois à 18h30 au Lieu (17, rue Abbé Grégoire 38000 Grenoble).

    Des responsabilités locales, nationales et européennes écrasantes

    La France est le deuxième pays exportant le plus d'armes au monde. Elle alimente directement les guerres en cours, et sa puissance militaire s'est elle-même développée sur une histoire coloniale faîte de massacres, de pillages et de dépossessions. C'est cette puissance militaire qui lui permet de maintenir sa domination coloniale et impérialiste aujourd'hui.

    Le complexe militaro-industriel de la France alimente aussi les structures d'oppressions à d'autres niveaux. Et ce, en accaparant des terres agricoles dans toute la région pour construire des usines ultra-polluantes comme en fournissant du matériel de surveillance algorithmique ou des drones, utilisés pour les contrôles racistes dans nos quartiers, aux frontières, ou dans les territoires encore colonisés.

    Alimentant les guerres à l'extérieur, l'Europe militarise de plus en plus ses frontières, causant ainsi la mort de milliers de personnes. Frontex, l'agence européenne de militarisation et surveillance des frontières, utilise des drones dont certains composants sont produits par Thalès, une entreprise présente a Moirans et Montbonnot.

    Un continuum colonial qui s'étend jusqu'à l'intérieur des frontières nationales

    À l'intérieur du territoire national, la répression s'accentue constamment. Elle vise principalement les quartiers populaires et les personnes issues de l'immigration post-coloniale. Ce racisme d'État s'exprime dans une islamophobie exacerbée qui a des conséquences dramatiques pour des millions de personnes. L'arsenal répressif de la police suit également ce mouvement, celle-ci s'équipant d'armes et de technologies de surveillance de plus en plus sophistiquées. Lynred (une entreprise située à Veurey Voroise) expose ainsi ses technologies au Milipol, le salon mondial de la répression intérieure des États.

    Dans ses colonies, la France continue le pillage des minerais nécessaires à la fabrication des technologies de pointe et de l'armement. C'est par une répression sanguinaire que l'État français y maintient sa domination coloniale.

    La recherche au service de la guerre

    La militarisation passe aussi par les universités (dont l'UGA) et les écoles d'ingénieurs (dont Phelma - INP) qui adaptent leurs programmes pour les besoins de l'industrie militaire, formant ainsi les personnes nécessaires à la conception de ses drones et ses missiles. Grenoble est un des centres français majeurs de recherche et de production dans le domaine de l'armement. De nombreuses entreprises et start-ups conçoivent et produisent dans la métropole des pièces d'armes, composants électroniques, et autres solutions informatiques à destination de l'armée. Nombre d'entre elles fournissent directement l'entité sioniste : Caterpillar, HPE, IC'Alps, Microoled...etc.

    Un bellicisme en marche

    Le gouvernement actuel nous parle de se préparer à un conflit armé dont il est lui-même architecte. On nous demande d'être prêt·e·s à faire des sacrifices pour la nation, de s'unir sous un drapeau que nous n'avons pas choisi. Ce prétexte a bon dos pour étouffer la contestation sociale, au moment où les fascistes et réactionnaires de tout bord soutiennent cette escalade belliciste. Dans le même temps, nos luttes féministes sont récupérées au service d'un nationalisme blanc et instrumentalisées à des fins guerrières et coloniales. Cette instrumentalisation tente de camoufler que les guerres sont étroitement liées au racisme, au capitalisme et au patriarcat.

    Concrètement, cette marche à la guerre se traduit par des mesures comme la réindustrialisation du territoire annoncée en mai 2025 (40 milliards d'euros d'investissements) ou le service militaire volontaire, qui remplace le SNU pour recruter dans l'armée dès le plus jeune âge, ciblant en particulier les plus précaires. Le budget militaire, quant à lui, a doublé depuis 2017 (de 32,7 milliards à 57,1 milliards d'euros). Tout cela a donc un coût énorme, financé par nos impôts, et participe de la casse sociale dont nous faisons actuellement les frais.

    L'actualité mondiale est faite d'attaques

    Partout les impérialismes font des ravages. Dernier exemple en date, les États-unis ont lancé une offensive militaire sur le Venezuela pour piller leurs ressources et assurer leur domination sur l'Amérique du sud. Et ce sont les mêmes États-Unis qui cherchent à instrumentaliser à leur avantage les révoltes en Iran, pour tenter d'instaurer un régime à leurs bottes dans cette région.

    Agir !

    Loin d'être impuissant·es, nous pouvons et devons nous opposer à l'impérialisme, qu'il soit états-unien, français, israélien, ou d'autre nature.

    Alors voilà, l'idée de cette AG est de proposer à toute personne motivée et à toutes les organisations intéressées de venir se coordonner contre le militarisme et contre l'impérialisme, depuis Grenoble. Pas besoin d'être un expert du sujet ni d'avoir un bagage militant, tout est à construire ensemble !

    تحيا فلسطين Tahya Filastin

  • Créneau d'essai Roller Derby 🛼

    Recrutement saison 2026-2027

    Et si toi aussi tu rejoignais les Cannibal Marmots ?

    🦫🛼Jouer
    Cette rentrée on propose deux créneaux d'essai auxquels s'inscrire pour tester le roller derby (mais il faudra en choisir un seul) le vendredi 18 septembre à 21h ou le jeudi 24 septembre à 19h30. Pas besoin de savoir patiner, tous les niveaux sont les bienvenus !
    Cet essai est gratuit et on peut te prêter des patins et des protections.
    On précise que le jour de l'essai ne correspond pas forcément au créneau de l'entraînement à l'année (1x/semaine). Les places sont limitées, on met une jauge de 15 personnes par séances d'essai !

    🦓🦩Arbitrer
    En patins ou à pied, on est sûr-es que les rayures ou le noir t'iront très bien ! Notre crew d'arbitres La Harde sera ravi de t'accueillir et te former.

    🦄🌟Bénévoler
    Que ce soit sur les matchs que l'on organise localement ou bien en déplacement, on a toujours besoin de bénévoles pour que les événements puissent se tenir et pour encourager toutes les équipes !

    Si ça te parle, clique sur ce lien pour avoir accès au formulaire de recrutement :
    https://forms.gle/GZqJiNUotwTh8YgH9

    Si vous avez des questions n'hésitez pas à nous contacter à : training.marmots@gmail.com

    Pour en savoir plus sur nous, c'est par ICI

    A tout vite on espère ! 😉

  • Resto Malap le lundi 31 août 2026

    En 2026, le Resto Malap cuisine au Bar Radis (15 Rue Gustave Flaubert, Grenoble) les lundis soirs.
    On vous y retrouve ce mois-ci le lundi 31 août !

    Début de service à 19h, dernier service à 20h30.
    La réservation n'est pas obligatoire mais elle est fortement conseillée (cela nous permet d'anticiper) !
    Prix accessibles (entre 8 et 20 euros pour un repas).

    Lien Hello Asso : https://www.helloasso.com/associations/resto-malap/evenements/reservation-bar-radis-31-aout

    En cas de problème, vous pouvez nous contacter à ce numéro : 0749876554

  • «C’est chacun pour soi»: dans le Marais poitevin, la sécheresse exacerbe les tensions liées au partage de l’eau

    En un mois, trois barrages ont été ouverts illégalement dans les canaux de la région naturelle. À qui profite le délit? Des agriculteurs sont soupçonnés d’avoir rempli leur bief – un canal d’irrigation – pour leurs céréales, mais le maire d’une commune appelle à la prudence.
  • Contre la propagande militariste d'extrême gauche

    Jeudi 2 juillet, le NPA et BDS sainté projettaient au Méliès le film « Guerre en Ukraine Les combattants anti-autoritaires ». Des copaines avaient vu le film, et on a décidé d'aller y apporter notre grain de sel.

    Le film projeté par le NPA et BDS, en plus de se dire « anti-autoritaire », explique que pour résister à l'attaque de l'Etat russe, il faudrait s'engager dans l'armée régulière ukrainienne, ce que font d'ailleurs des anarchistes, assumant par là de se battre aux côtés de néo-nazis. On a voulu apporter une critique antimilitariste.

    En effet, on est plutôt du côté des déserteurices. La position que les anarchistes d'ukraine essaient d'imposer dans les cercles anarchistes nous débetectent, sans parler que toute critique est renvoyée à des positions pro-russes (campisme quand tu nous tiens).

    Pendant que deux copaines tenaient une banderole « A bas toutes les armées et tous les Etats », d'autres copaines diffaient un texte d'anarchistes d'italie que tu peux trouver ici :
    https://distrohaokah.noblogs.org/files/2024/02/Sabotons-la-guerre-.pdf

    Avant qu'on déploie la banderole, le chef du NPA vient nous parler. On va pas s'étendre là-dessus, mais en gros tout en disant qu'il aimait pas Zelensky mais que face à l'Etat Russe fallait s'engager dans l'armée, pour finir par nous dire qu'on soutenait le projet de Grande Russie (ce qui pour un communiste est assez savoureux...)

    Pas grand monde est venu à la projo, mais on a eu globalement de bonnes discussions, une personne a décidé de pas aller voir le film finalement.

    Et aussi, ça nous a fait du bien de faire cette petite action qui a pas demandé grand chose, d'apporter une position anarchiste et anti-militariste face aux faux-critiques du militarisme.

    Contre toutes les armées et tous les Etats, partout, tout le temps !

  • Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes

    Solidarity.international / s.d.

    Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes 2026 // 23 – 30 août

    Nous vous appelons à passer à l’action durant la Semaine de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes!
    Envoyez-nous vos événements et actions à tillallarefree@riseup.net.

    Appel pour la Semaine International de Solidarité avec les Prisonnier.es anarchistes – Du 23 au 30 août 2026

    Marius Mason, un anarchiste antispéciste et écologiste, écrivain, artiste et militant trans était en prison pour la plus longue peine à l’heure actuelle pour des actes de sabotage en défense de l’environnement. Après 17 ans d’enfermement, nous célébrons son transfert suite à sa sortie de prison et son transfert dans une maison de semi-liberté, le 14 mai dernier.

    À l’intérieur de la prison, il n’a jamais abandonné, mais s’est dressé pour les autres comme pour lui, défendant les droits des prisonnier.es trans et résistant au système carcéral. Toutes ces années, nous avons appelé à lui écrire lors de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.

    Maintenant, nous sommes heureux de le retirer de notre liste et de lutter ensemble depuis l’extérieur.

    Malgré cela, de nombreux compas restent en prison et sur notre liste d’adresses, de nouvelles personnes sont même ajoutées. La solidarité est nécessaire pour lutter contre ce système répressif. La solidarité peut nous porter à travers les moments les plus sombres – une carte postale ou une lettre, un rassemblement devant une prison, une visite, peuvent signifier énormément et donner des forces. L’histoire d’un.e compa en prison partagée lors d’un événement, se multiplie avec les personnes présentes. C’est notre responsabilité de transmettre leurs idées et avec elles, les personnes elles-mêmes voyagent au-delà des murs des prisons. En n’oubliant pas les enfermé.es, la solidarité peut croître.

    C’est pour ces raisons que chaque année nous appelons à une semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.

    Les temps sont de plus en plus durs, le fascisme s’élève, et les états, les fascistes et les conservateurs font de nous les cibles de leur violence – en tant que Queer, Antifas ou anarchistes.
    Ils essayent de nous écraser comme le montre les condamnations dans l’affaire Prairieland, avec des condamnations allant jusqu’à 100 ans de prison. Ou la tentative de supprimer le mouvement anarchiste en Indonésie où, suite aux affrontements du premier mai, 10 anarchistes sont emprisonnées et risquent de lourdes condamnations.

    Face à l’adversité, nous devons rester ensemble et agir en solidarité. Renforcer nos communautés et supporter les plus vulnérables. N’oublions pas les enfermé.es et luttons côte à côte. Ce ne sont pas seulement des prisonnier.eres, ce sont nos compas. Marius a montré en long et en large comment nous pouvons faire appel les uns aux autres pour mener un combat commun.

    Rejoins la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes !

    Organise des séances d’écritures de lettres, un événement de solidarité, une projection de film, une action directe, un rassemblement, accroche une banderole ou n’importe quelle autre idée qui te vient et envoie-nous des photos et un court résumé !

  • Bremgarten (Suisse) : L’ABC Bélarus a été refusée au Salon du livre anarchiste

    Anarchist Black Cross Belarus / dimanche 2 août 2026

    L’ABC Bélarus a été refusée au Salon du livre anarchiste de Bremgarten, en Suisse.
    Voici comment vous pouvez nous soutenir.

    Cette année, nous avons demandé de participer au Salon du livre anarchiste de Bremgarten, avec une présentation sur la répression au Bélarus et notre table de presse. Nous avons été refusé.es « à cause du sujet de la guerre ». Comme nous n’avons reçu aucune autre justification du refus de notre demande, nous ne pouvons que supposer que cela est lié à notre position sur la guerre en Ukraine et à la participation d’anti-autoritaires à celle-ci.

    Nous reconnaissons et comprenons le fait que les organisateur.trices du Salon du livre puissent avoir une position différente de la nôtre, mais nous trouvons cette décision décevante. Non seulement parce que nous la voyons comme un choix d’isolement plutôt que de dialogue. Plus important encore, cela interfère directement avec notre capacité à prendre soin des compas emprisonné.es au Bélarus.

    À l’heure actuelle, il y a quinze personnes en prison que nous soutenons. La durée restante de leurs peines varie de plusieurs mois à plus de dix-huit ans.

    Beaucoup de nos compas font face à des pressions et à du harcèlement de plus en plus forts, en prison, à cause de leurs liens avec le mouvement anarchiste. Ils/elles subissent régulièrement le confinement dans des cellules d’isolement, la pression psychologique, l’isolement social, le refus délibéré de soins médicaux et des prolongations de leurs peines, avec des raisons fallacieuses.

    En plus du soutien à celles/ceux qui sont en prison, nous continuons à soutenir les compas qui ont été récemment libéré.es et déporté.es de force, sans possibilité de revenir. Ils/elles se retrouvent dans une situation où elles/ils doivent reconstruire leur vie à partir de zéro, tout en essayant de subvenir à leurs besoins de base, comme se nourrir et avoir un logement.

    Pour le dire de manière directe, tout ce travail nécessite beaucoup d’argent.

    Les événements en présentiel sont pour nous plus que des occasions de parler de l’anarchisme biélorusse et de rencontrer de nouveaux compas. Ils sont aussi un moyen de collecter des fonds pour les prisonnier.es – et un moyen très efficace.

    Les salons du livre à l’international nous rapportent généralement environ 2 000 ou 3 000 euros chaque année, avec des dons et de ventes de notre distro. Au Bélarus, cette somme peut couvrir quinze visites d’avocats, ou sept colis avec de la nourriture, des vêtements et de médicaments pour un.e prisonnier.es, ou quelques mois de frais de subsistance pour un.e compa déporté.e.

    Les dons mensuels que nous recevons s’élèvent à environ 400 ou 500 euros, ce qui ne permet pas de couvrir les besoins de tou.tes les compas que nous soutenons.

    Tout cela pour dire que nous voulons transformer ce refus en un appel à la solidarité internationale, un appel adressé surtout aux compas de Suisse.

    Voici comment vous pouvez nous soutenir :

    – Faites des dons ici (chaque petit don nous aide) : https://abc-belarus.org/en/about-us/donate/
    – faites des achats auprès de notre distro : https://www.sabotage.ninja/category/collectives/abc-belarus-collectives/
    – partagez cet appel avec vos compas
    – si vous allez au Salon du livre, appelez à soutenir l’ABC Bélarus et parlez de notre travail et des prisonnier.es dont nous nous occupons
    – organisez un événement au bénéfice de l’ABC Bélarus
    – si vous voyez un événement auquel nous devrions participer, faites-le nous savoir.

    Ce n’est pas la première fois que l’ABC Bélarus est bannie de tels événements et nous croyons que cette tendance ne fera que s’accélérer. La possibilité que nous ne soyons plus en mesure de soutenir nos compas en prison nous inquiète beaucoup.

    Cependant, nous ne sommes pas seulement une « caisse », qui évitera les sujets inconfortables, afin de garantir l’arrivée de fonds. Nous sommes un collectif politique et notre analyse de la façon dont les dictatures fonctionnent et se renforcent mutuellement fait partie de notre anarchisme tout autant que notre travail anticarcéral.

    Par conséquent, nous continuerons à garder la guerre en Ukraine dans notre ordre du jour, plutôt que regarder ailleurs.

    Chaque jour, dans notre lutte, nous voyons la solidarité internationale en action, même nos compas derrière les murs épais des prisons biélorusses peuvent le ressentir.

    Cette solidarité nous donne un espoir révolutionnaire, l’espoir que, peu importe la force de l’État, de l’impérialisme et du patriarcat, nous l’emporterons.

    Merci pour votre solidarité et pour cet espoir.

    Anarchist Black Cross Bélarus

  • Donald Trump Told Us He Was Warned about the Missile Shortage Before He Started the Iran War


    There have been three important stories about the missile shortage that currently prevents Trump from trying to reverse the humiliating defeat he has suffered in Iran.

    First, WaPo describing a spat at Camp David, in which Trump laid into Whiskey Pete Hegseth because Trump’s Fox News Host didn’t tell him about the missile shortages.

    President Donald Trump’s frustration over the Iran war boiled over at Camp David last week, where he demanded answers from Defense Secretary Pete Hegseth on why he had apparently been misled on extreme munitions shortages that now threaten to limit military options with Iran, two people familiar with the exchange told The Washington Post.

    The encounter took place on the sidelines of his Cabinet meeting at Camp David on Friday where Trump vented at Hegseth that he thought the munitions issue “had been fixed,” according to both people familiar with the conversation, who, like others, spoke on the condition of anonymity due to fear of retaliation.

    The shortages, particularly in long-range guided missiles and air-defense interceptors, have been part of the reason Trump has pulled back from launching additional massive strikes against Iran in recent days, one of the sources said.

    [snip]

    Back at Camp David, as he was confronted by Trump over the bare weapons stockpile, Hegseth defended himself and blamed his deputy, Stephen Feinberg, for the shortages and for not ensuring Trump was fully apprised of the issue, both people familiar said.

    The exchange underscored Trump’s increasing frustration with his defense secretary, who was one of the biggest early advocates for taking military action against Iran, convincing Trump it would be a quick and relatively easy win, according to multiple officials.

    The story has been updated to reflect the aftermath: Sean Parnell’s accusations that the story is not true, multiple statements affirming Trump’s support for his Crusader Secretary of Defense, Trump’s insistence both that the US has all the missiles it needs and that the people who said differently committed treason.

    The especially weird part of Parnell and Karoline Leavitt’s attempt to deny the flap, though, is shouldn’t the President be angry with a Secretary of Defense who conducted the war in such a dumbass way, losing the war while blowing the missile reserves?

    And in case Trump’s threats to hunt down the people who revealed the missile shortage — which has been publicly reported over and over and over — didn’t already make clear the shortage is real, midway through the week there was the Reuters story that said almost all long range missiles are gone.

    The U.S. Army has used up much of its global stockpile of highly accurate long-range missiles during its five-month war with Iran, ​according to three people familiar with the data, raising concerns about the military’s readiness for future conflicts.

    The missiles are principally the Army’s surface-to-surface weapons, known as Army Tactical Missile Systems (ATACMS) and Precision Strike Missiles (PrSM). The U.S. ‌has used “virtually all” of these weapons, according to two of the sources.

    CNN matched with a story saying that nearly 80% of THAAD interceptors are gone.

    Finally there’s the CNN story describing that Dan Caine wants to find an off-ramp from the Iran war because of the missile shortage.

    Over the last few weeks, Chairman of the Joint Chiefs Gen. Dan Caine has privately made clear to other top Trump advisers that the US needs to find an off-ramp from the war with Iran — because the military options on the table to escalate the conflict could backfire and airpower alone is unlikely to achieve President Donald Trump’s stated objectives, according to three sources familiar with the matter.

    “Caine is looking for an off ramp,” one of the sources said bluntly.

    Caine is not alone in his view that the war has reached a crossroads. He has discussed concerns about the military options for escalating the conflict and raised the prospect of finding an off-ramp from the war with other key Cabinet officials, including CIA Director John Ratcliffe, Secretary of State Marco Rubio and Vice President JD Vance, two of the sources said.

    The top US general has recently side-barred with some of those key, like-minded Trump advisers in an effort to facilitate interagency coordination and ensure they are on the same page ahead of meetings with the president. The aim has been to make clear the limitations and pitfalls of the available military options, including those that do not involve putting US boots on the ground, the sources said.

    Thanks in part to the squealing Trump and Sean Parnell are doing, the buzz has focused on the recriminations, as if it is unknowable how much of a surprise this missile shortage is.

    It’s not. Trump told us himself, on  February 23, five days before he started this war. As I laid out in April, after first Axios and then WaPo (including some of the journalists on this week’s story) and also — as I noted when they got subpoenaedWSJ all warned about the missile shortages, and other risks to the Iran invasion. And that same day, Trump responded.

    Mostly, Trump attempted to deny that Caine was against the war. But in the process, he basically said he would decide whether or not to go to war, not Caine.

    • I am the one that makes the decision
    • [I]f [Caine] is told to do so
    • [H]e only knows […] how to WIN

    Donald Trump told us on February 23, before he started this war, that he was reading the stories describing that he was warned, including about the missile shortage. And his response was to say that the decision was his, that if we went in spite of the warnings, the decision was his.

    The post Donald Trump Told Us He Was Warned about the Missile Shortage Before He Started the Iran War appeared first on emptywheel.

  • Blanche confirmation allows Trump to continue ‘pervasive, breathtaking corruption’, says Schumer – as it happened

    Senate minority leader condemns Republicans after Donald Trump’s former defense lawyer confirmed by 50 votes to 49 early on Saturday morning. This blog is now closed.

    Joe Biden’s prostate cancer has spread throughout his body, causing the former president great pain, his son Hunter Biden said during an interview broadcast Friday.

    “The cancer has spread, metastasized into his bones and further,” Hunter Biden said in a sit-down with the BBC. “It’s very painful and it’s very debilitating in many respects.”

    Continue reading...
  • À propos du réseau CommemorAction

    « CommemorAction » est un mot-valise qui associe les termes commémoration et action.
    Il exprime à la fois notre engagement à garder la mémoire de celles et ceux qui sont morts ou ont disparu dans leur quête de liberté de circulation, ainsi que nos revendications pour la vérité, la justice et la responsabilité !

    Les personnes réfugiées et migrantes sont contraintes de risquer leur vie en traversant la mer, le désert ou d'autres zones frontalières, parce qu'elles ne peuvent pas emprunter des routes sûres en raison de régimes de visas restrictifs. Dans ce contexte, des dizaines de milliers de personnes sont mortes et continuent de mourir aux frontières de l'Union européenne.
    Des proches des victimes, des survivant·es et des personnes solidaires ont créé le réseau transnational CommemorAction en 2020. Des familles de victimes de violences policières et étatiques à caractère raciste ont également rejoint le réseau CommemorAction. Nous nous souvenons des personnes mortes et disparues, nous leur rendons hommage, et nous agissons et protestons contre les conditions et les politiques responsables de ces morts.
    Dans cette brochure, nous retraçons quelques étapes de la construction de ce réseau transnational. Nous présentons plusieurs expériences issues des rencontres transnationales de CommemorAction organisées au cours des six dernières années. Nous rassemblons également plusieurs prises de parole et témoignages de proches ayant perdu des êtres chers et aujourd'hui engagé·es dans le réseau CommemorAction.
    Nous espérons que ce recueil de textes et les nombreuses photographies permettront de donner un aperçu du processus CommemorAction et d'en offrir une première compréhension. Bien entendu, ce petit livret reste fragmentaire. Il ne prétend en aucun cas être exhaustif ; il ne constitue qu'un aperçu des multiples activités et efforts déployés pour rendre hommage aux personnes mortes et disparues et pour agir contre le régime migratoire meurtrier.

    En solidarité avec toutes les personnes mortes ou disparues du fait des violences d'État le long des routes migratoires et dans nos quartiers !
    Juillet 2026

    La brochure est aussi disponible en anglais sur le site https://commemoraction.net/ accès direct

  • Les autoradios ont des oreilles

    Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

    Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.

    La musique a bien dû leur casser la tête !

    infos trouvées ici : https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/

  • Que crève la gauche aussi (4) : « Un sauce-dem pour les gouverner tous ... »

    A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.

    « ... et dans la réforme les lier »
    Les Insoumistari

    I. the G.A.U.C.H.E.

    Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.

    Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...

    Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]

    Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.

    La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».

    II. La nature du fascisme

    Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.

    Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.

    C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.

    III. Le mélenchonisme qui vient

    Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*

    Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.

    Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.

    Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]

    IV. Que faire ? (lol)

    Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
    1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
    2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
    3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
    4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.

    Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
    Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.

    5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.

    Conclusion

    Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]

    D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.

    A4

    A5

    livret

    [1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire

    [2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.

    [3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.

    [4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social

    [5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue

    [6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».

  • Derrière le tourisme en Grèce, l’exploitation à grande échelle

    Le succès du pays méditerranéen, qui bat chaque année des records de recettes et d’affluence, cache des conditions de travail parfois insupportables pour des dizaines de milliers de travailleurs. Les saisonniers fuient désormais l’industrie touristique en nombre.
  • How the Navy SEALs Lost Their Way

    For a community that once prided itself on being quiet professionals, the Navy SEALs are hard to miss these days. Bookshelves groan under the weight of endless SEAL memoirs that have become a content farm for Hollywood blockbusters and TV streaming series. A number of SEAL veterans have also built second careers as podcast hosts, leadership consultants, Hollywood consultants, or pitchmen for supplements, energy drinks, and merchandise. Seven retired SEALs are current members of Congress, and others hold senior posts in the Trump administration.

    Few other special operations communities behave this way. Only a handful of former Delta Force operators and Army Rangers have written books, and a few serve in Congress, but most keep quiet. No one hears from the operators in the Air Force’s special tactics squadron or those in secretive units with classified codenames, who are the true quiet professionals.

    So what happened to the SEALs? The short answer is that the War on Terror happened, and they lost their way. The longer answer, laid out in journalist Matthew Cole’s 2022 book Code Over Country: The Tragedy and Corruption of SEAL Team Six, is that SEALs became completely unaccountable, leading some to believe, not without reason, that they could do whatever they wanted—on the battlefield and off.

    Read more

  • Bluster and backdown have turned Iran war into Trump’s own Groundhog Day

    The US president’s profound ignorance of his enemy has led to an impotent cycle of empty threats, analysts say

    Being the subject of mockery may be the most intense of all Donald Trump’s known aversions.

    Yet more than five months after embarking on a war of choice against Iran, the US president risks attracting ridicule as he struggles to secure a military victory – while repeatedly threatening devastating bombardment against the Tehran regime, only to back down on the pretext of renewed negotiations.

    Continue reading...
  • Trump loyalist Todd Blanche confirmed by Senate as US attorney general

    Major win for president as former personal lawyer wins approval despite outcry over $1.8bn slush fund

    The US Senate voted to narrowly confirm Todd Blanche as attorney general in a major win for Donald Trump, who will now have his one-time personal attorney sitting atop the nation’s law enforcement apparatus.

    Senator Bill Cassidy of Louisiana cast the deciding vote in Blanche’s favor after two other Republicans – Susan Collins of Maine and Lisa Murkowski of Alaska – voted against him. Every Democrat rejected Blanche’s nomination as the Republican-led Senate voted 50-49.

    Continue reading...
  • Atteinte à la « race blanche » à Crépol, l’État consacre le mythe identitaire

    Communiqué du collectif Peaux Noires, Ligne Rouge, sur le jugement rendu dans l’affaire Crépol, qui franchit un cap alarmant vers l’ethno-nationalisme d’État.

    Le 20 juillet 2026, les juges d’instruction chargés de l’affaire de Crépol ont requalifié les mises en examen des quatorze personnes poursuivies pour la mort de Thomas Perotto (tué le 19 novembre 2023 à Crépol (Drôme), après avoir été frappé à l’arme blanche), en retenant contre elles une circonstance aggravante de racisme visant, selon les termes mêmes du dossier, « la race blanche et la nation française ». Que de tels mots soient aujourd’hui inscrits noir sur blanc par une institution judiciaire de la République, à la demande de parties civiles parmi lesquelles l’AGRIF, officine identitaire d’extrême droite catholique, n’est pas un détail de procédure. Il s’agit ici d’un basculement de l’institution judiciaire. Disons-le sans détour : Thomas Perotto avait seize ans, et la mort de cet adolescent est une tragédie. C’est précisément parce que ce deuil-là est réel que nous refusons qu’il devienne l’arme idéologique qu’en fait, méthodiquement, depuis novembre 2023, toute l’extrême droite française, jusqu’à armer les ratonnades et les expéditions punitives menées, dans les semaines qui ont suivi le drame, au nom de la « race blanche ».

    Car le « racisme anti-blanc » n’existe pas. La négrophobie et l’islamophobie sont structurelles parce qu’elles organisent concrètement, chaque jour, la relégation, la surveillance et la mise à mort de nos vies. Il n’existe, en face, aucun système qui organise l’infériorisation des Blancs en tant que Blancs. Retourner ce concept contre les racisé.e.s n’est qu’obtenir la négation pure et simple de ce combat, et offrir à l’extrême droite ainsi qu’à l’ensemble du bloc réactionnaire de la bourgeoisie une nouvelle tribune pour intensifier son offensive idéologique raciste.

    Cette vérité éclate dès qu’on observe le deux poids deux mesures de l’appareil judiciaire et politique. En février 2026, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence pour Quentin Deranque, militant d’extrême droite néonazi. Neuf mois plus tôt, la même Conférence des présidents avait d’abord refusé le moindre hommage à Aboubakar Cissé, jeune musulman assassiné de dizaines de coups de couteau. Voilà, à nu, la hiérarchie des morts que dresse l’État. Le même mépris gouverne les qualifications pénales : Mahamadou Cissé, abattu par un voisin, s’est vu offrir un « crime par exaspération » avant que son meurtrier ne soit remis en liberté, soutenu par une cagnotte d’extrême droite ; pour Aboubakar Cissé, le parquet s’est empressé d’écarter la qualification terroriste et de psychologiser le geste, « envie obsessionnelle de tuer » ; à Saverne, un homme qui tira sur une famille maghrébine aux cris de « sales bougnoules » et » je vote RN » vit les faits ramenés à de simples « violences aggravées » ; à Brest, le 5 juillet, une femme musulmane voilée touchée par un tir dans un parc, devant son enfant, vit l’enquête pour tentative d’homicide ramenée à de simples « violences volontaires », au terme de près de deux semaines de silence médiatique national, la presse locale ne parlant que d’« une femme », pas un mot de son voile. Quand la victime est noire ou musulmane : lenteur, minimisation, psychologisation. Quand il s’agit de la » race blanche » : la machine trouve ses mots en quelques jours. Il n’y a là aucun hasard. Les institutions pénales appliquent la définition du racisme telle que l’État français la conçoit, et leur principale, si ce n’est leur seule, raison d’être est d’entériner et de protéger l’ordre capitaliste et le suprémacisme blanc qui lui est consubstantiel. En consacrant juridiquement la » race blanche » et la » nation française » comme catégories à défendre la justice accorde une légitimité intellectuelle et offre une victoire politique à tous les groupuscules identitaires. Elle franchit un pas décisif vers l’ethno-nationalisme d’État.

    Nous refusons ce deux poids deux mesures. Nous refusons que la vie des Noir.es, des musulman-es et des racisé.es soit reléguée au rang de fait divers pendant que l’on érige la « race blanche en catégorie protégée du droit. Nous refusons que l’appareil judiciaire, arme d t de race, prétende plus longtemps arbitrer avec neutralité les rapports de domination qu’il est fait pour reproduire.

    Peaux Noires Ligne Rouge dénonce cette requalification comme un précédent d’une gravité inouïe et un blanchiment de l’idéologie identitaire par l’État. Nous n’avons rien à quémander à cette justice. Notre tâche est ailleurs : reconstruire, contre le racisme qui la divise, l’unité de notre classe.

    Organisons-nous, préparons la riposte. Tout le pouvoir au peuple ! « Le travail sous peau blanche ne peut s’émanciper où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri » – Karl Marx

    https://rebellyon.info/Atteinte-a-la-race-blanche-a-Crepol-l-40083

  • Traduction : Une Proposition de guerre

    Traduction de la revendication du sabotage de l’oléoduc transalpin en mars. l’original : https://ilrovescio.info/2026/06/16/una-proposta-di-guerra/

    UPG-1

    Ce texte a été traduit pour être lu et débattu. Nous n’en partageons pas tous les aspects. Sa forme est étrange oudérangeante par moment, mais nous le trouvons stimulant, percutant, et les thèmes qu’il aborde, trop nombreux pourêtre énumérés, ont de quoi nourrir quelques discussions.Publié en Italie en juin 2026, il se compose de trois parties. La première constitue la revendication du sabotage demars 2026 contre l’Oléoduc Transalpin dans la région du Friouli-Venezia-Giulia, attaque qui a mis à l’arrêt plusieursraffineries dans plusieurs pays. Elle en détaille les motivations, et les réactions. La seconde est une réflexion critiquesur les pratiques en cours aujourd’hui, et en particulier dans le mouvement de soutien au peuple palestinien, assortied’une proposition. La troisième est une analyse des évolutions du pourvoir, et les perspectives stratégiques qui endécoulent. Ce texte en annonce, en outre, un deuxième à venir.Comme pour toute traduction, le contexte compte : publiées dans le mouvement italien, ces paroles s’inscrivent dansla continuité d’une tradition où se conjuguent l’analyse des rapports sociaux avec celle des infrastructurestechnologiques, et les réflexions sur les modes d’organisation offensive. Mais dans ce contexte fortement marqué parla répression, elles s’inscrivent aussi en rupture avec des pratiques qui ne permettent pas de s’en prémunir, et quimaintiennent l’action dans le champ du symbolique. Si elles peuvent aussi résonner ailleurs, ces paroles doivent êtreprises pour ce qu’elles sont : un communiqué, pris dans la situation italienne, et dont la forme joue probablement àcompliquer une éventuelle identification. Nous avons pris soin d’en faire une traduction à la lettre.

  • Au feu des années 1968, un nouveau PSU

    Les grèves de mai et juin 1968 vont autant radicaliser que transformer le Parti socialiste unifié. D’organisation insérée dans la gauche institutionnelle française, il va progressivement se muer en «premier parti révolutionnaire d’Europe».
  • 🎪ZKAROUSSEL 🎪

    ► SAMEDI 8 AOÛT 💥 ▸ 16h : Atelier masques Mapache (Chili 🌶️) ▸ 17h : Tournoi foot ⚽️ ▸ Dake - live painting 🎨 ▸ Sky Sound Dub .........................chill ▸ Cabaret jonglerie - Mito ▸ 21h → ANTIFANFARE...................... chauffe chauffe ! 🔥 ▸ 22h30 → Rap Sam Panda 🎤 (Soudan) ▸ 00h → The LITTLE DOGS 🇨🇱🤘 (chili) rock ska déjanté ▸ 01h → TROPICALES DJIPSIES - Didi ▸ 03h → DJ Octo & Shark VS Koon.+ Ping-pong DJ ⏰ ON FERME À 5H (et on remet ça dimanche !). ► DIMANCHE 9 AOÛT Piscine 🏊 & foot ▸ 18h : Baque de Chuva (brésil) percussions brésiliennes 🥁 ▸ 19h30 : Ama Keme Kemo (Cumbia) ▸ 21h : Thaissinha DJ set ! 🎧 🍽️ ON MANGE QUOI ? Samedi : Plat éthiopien par Samira & Ziyad. Dimanche : PIZZAS à gogo 🍕 ! 📍 Zonneklopper – Chaussée de Neerstalle 172, 1190 BXL 🎟️ Entrée 5€ Zkaroussel.art #ZKaroussel #FestivalParticipatif #Bruxelles #Zonneklopper #ArtEtFête
  • Juan Sebastián Carbonell : « Une IA socialiste n’est pas envisageable »

    Selon le sociologue Juan Sebastián Carbonell, face à l’IA, aucune tâche, même complexe ou très qualifiée, n’échappe à la taylorisation. Cette logique pourrait remodeler durablement le travail, y compris les métiers créatifs.
  • Posez la question au cachalot

    Un magnat du pétrole, un éco-technophile et un cachalot sont dans un bar. Ils se sont mis à boire et, inévitablement, à se la raconter. Le pétrolier regarde le cachalot et déclare que sans les combustibles fossiles, les 75 espèces de baleines auraient été chassées pour leur huile jusqu'à l'extinction. « Mon industrie et sa technologie ont sauvé ton gros cul. » L'éco-technophile s'est alors incrusté dans la discussion. Selon lui, sauver les baleines était un jeu d'enfant. « Vous, les pétroliers, vous avez peut-être sauvé quelques baleines, mais les technologies bas carbone vont sauver cette foutue planète – y compris les pétroliers. » À ce moment, le cachalot pose son whisky pour exprimer son indignation. « Bande d'idiots. Le pétrole a accéléré le massacre des baleines, et les technologies vertes ne vont probablement pas sauver la planète. Vous deux, bande de crétins, ne connaissez rien à l'énergie ni à ses conséquences imprévues. » C'est là une parabole moderne sur l'énergie. Les gens pensent généralement que lorsque les marchés sont à court d'une ressource ou, dans le cas des baleines, lorsque les marchés exterminent plusieurs espèces, la civilisation trouvera une nouvelle ressource qui remplacera l'ancienne. De la même manière, les énergies renouvelables sont censées mettre à la retraite les combustibles fossiles, n'est-ce pas ? Mais l'histoire du massacre des baleines raconte une histoire beaucoup plus complexe et nuancée. Le sociologue américain Richard York détaille cette histoire dans un intrigant essai de 2017 intitulé Why Petroleum Did Not Save the Whales. Naturellement, les magnats du pétrole aiment à penser que le boom pétrolier de 1859 en Pennsylvanie, qui déversa du kérosène sur le marché nord-américain, aurait produit un ralentissement de la demande d'huile de baleine utilisée à l'époque pour l'éclairage. Mais comme le documente York dans son essai, les preuves historiques montrent que la plupart des massacres de baleines ont eu lieu au XXe siècle et en grande partie après la Seconde Guerre mondiale, grâce aux combustibles fossiles et à d'autres innovations. Le pétrole a simplement permis de tuer plus de baleines, plus efficacement que jamais auparavant. Cette histoire de conséquences imprévues hante déjà les sources d'énergie renouvelables, ajoute York. York a vérifié les faits, et ces derniers indiquent clairement que les économies de marché n'utilisent pas le solaire, l'éolien ou la géothermie pour remplacer le pétrole, le gaz ou le charbon, mais pour augmenter la consommation globale d'énergie. De plus, le pétrolier et l'éco-technophile partagent la même ignorance flagrante : ils croient tous les deux que la technologie sauvera la situation et feront progresser le monde vers un avenir meilleur. Malheureusement, cette hypothèse ne vaut pas mieux que les promesses de production venant du fabricant d'automobiles Tesla : le monde de l'énergie est un système technique complexe qui n'évolue pas de manière linéaire, et ce pour une raison simple tenant à la nature même de la technologie, explique York. La technologie, qu'elle soit fossile ou verte, augmente le nombre de produits et services qui utilisent de l'énergie, ce qui finit par créer une plus grande demande. York résume habilement la question : « Les technologies sont généralement déployées pour augmenter les profits, et non pour conserver les ressources », écrit-il. « Les producteurs travaillent à créer des marchés et à accroître la consommation de leurs produits afin de favoriser l'accumulation de richesse. » Cela explique non seulement pourquoi le pétrole n'a pas sauvé les baleines, mais aussi pourquoi les économies réalisées grâce à l'efficacité énergétique ne se traduisent généralement pas par une réduction de la consommation d'énergie. Les consommateurs et les producteurs se contentent de dépenser les économies réalisées pour trouver d'autres moyens de consommer plus d'énergie. Mais revenons à l'histoire des baleines. Comme toute baleine franche pourrait vous le dire, les Américains ont maîtrisé l'art de massacrer les géants au XVIIIe siècle. Après avoir épuisé les baleines franches, les tueurs de Nantucket se sont tournés vers les cachalots, leur huile étant meilleure que la graisse de bétail pour les bougies ; elle les rendait aussi plus brillantes. Les cachalots constituaient également une proie facile à attraper : ils étaient timides et aimaient s'étendre à la surface de l'eau. En 1833, les Américains dominaient la chasse à la baleine. L'industrie américaine à elle seule employait 70 000 hommes et quelque 1 200 navires. Elle rapportait également de gros profits aux Quakers pacifistes qui dominaient l'industrie. (A l'époque, d'autres communautés religieuses « éthiques » évitaient le coton fabriqué par les esclaves et les lampes à huile parce qu'elles brûlaient de la graisse de baleine). Dans sa magnifique histoire des baleines intitulée Leviathan, Philip Hoare note que « le baleinier était une sorte de pirate-mineur – un excavateur de pétrole océanique alimentant la fournaise de la Révolution industrielle autant que n'importe quel homme extrayant le charbon de la terre. » L'huile de baleine lubrifiait les machines industrielles et illuminait les maisons. Les scientifiques estiment aujourd'hui que 300 000 cachalots ont été tués dans le monde avec une technologie rudimentaire : « par des équipages de voiliers qui utilisaient de petites embarcations pour les poursuivre, les harponner, les épuiser et les transpercer » entre 1712 et 1899. Mais les combustibles fossiles ont fait croître ces chiffres. Au XXe siècle, le massacre s'est accéléré pour atteindre près de trois millions d'animaux. La chasse à la baleine industrielle moderne est apparue dans les années 1860, lorsque l'industrie baleinière américaine de faible technicité entrait en crise. La Guerre Civile avait réquisitionné la plupart des navires baleiniers américains pour des objectifs militaires, alors les Norvégiens ont comblé le vide. La technologie standard des voiliers, des barques à rame et des harpons à main avait permis de pêcher les populations de baleines franches et de cachalots dans l'Atlantique et le Pacifique. Les prix de l'huile de baleine ont également chuté lorsque le kérosène commençait à inonder le marché de l'éclairage domestique. Le magazine Vanity Fair a même mis en valeur la popularité du kérosène dans un dessin animé montrant un groupe de cachalots célébrant un « Grand Bal donné par les baleines en l'honneur de la découverte des puits de pétrole en Pennsylvanie. » L'une des baleines portait une banderole avec le message « Nous ne pleurons plus à cause de notre graisse. » (jeu de mots entre « whale » et « wail » difficile à traduire : « We wail no more for our blubber »). Mais la célébration était en avance de plus d'un siècle. Bientôt, des navires propulsés au charbon – et plus tard au diesel – ouvriront de nouvelles zones de chasse à la baleine en permettant à l'industrie de poursuivre les baleines bleues et les rorquals communs, des espèces qui se déplacent plus rapidement et comptent parmi les plus grands mammifères sur Terre. Un harpon explosif mis au point par un chasseur de phoques norvégien, Svend Foyn, a également facilité la tâche pour tuer les baleines les plus rapides. Les navires-usines, qui pouvaient transformer les baleines en mer, ont également facilité la folie meurtrière. Comme l'a raconté un observateur en 1938, un seul navire-usine moderne pouvait prendre plus de baleines en une saison « que la flotte baleinière américaine de 1846 » qui comptait plus de 700 voiliers. Le sociologue York écrit : « Le navire-usine et sa flotte ne pourraient pas exister sans les combustibles fossiles qui alimentaient toute l'opération. Ils ont permis le stockage de longue durée des produits de la baleine en faisant fonctionner des congélateurs (pour la viande) et en traitant l'huile de baleine pour qu'elle ne devienne pas rance. » Au fur et à mesure que le massacre s'accentuait, les baleiniers ont diversifié leurs produits et créé de nouvelles demandes. L'os de baleine, le plastique de l'époque, permettait de fabriquer des corsets et des arceaux pour l'industrie de la mode tandis que les militaires découvraient une nouvelle innovation : la fabrication de nitroglycérine. De leur côté, les chercheurs canadiens pensaient que la viande de baleine pourrait se vendre aussi bien que le bœuf. Les frères Lever possédaient même leur propre entreprise de chasse à la baleine pour faciliter leur approvisionnement en graisse de baleine pour fabriquer du savon. Puis le processus d'hydrogénation a permis de transformer l'huile de baleine en margarine. Ce fut un best-seller pendant des années, jusqu'à ce que le beurre prenne sa place. Dans les années 1930, la très active industrie baleinière a sponsorisé ses propres – et non officiels – « Jeux Olympiques de la Baleine ». Les jeux opposaient tous les pays baleiniers qui se battaient pour « attraper le plus de baleines possible avant qu'elles ne soient prises par les baleiniers d'un autre pays. » Dans ces années-là, l'huile de baleine constituait une part si importante de l'approvisionnement alimentaire du Royaume-Uni qu'entre 1932 et 1936, « elle représentait 37 % de la teneur en margarine, 21 % du composé de saindoux et 13 % de la teneur en savon…. En 1938, le gouvernement britannique a classé l'huile de baleine, avec la viande et le sucre, parmi les produits essentiels à la dite défense nationale. » Après la Seconde Guerre mondiale, le prix de l'huile de baleine a de nouveau augmenté en raison de la pénurie générale d'huiles alimentaires. En conséquence, un groupe de pays, dont les États-Unis, l'Argentine, l'Australie, l'URSS, le Danemark, la Suède, l'Italie et même l'Autriche, pays sans littoral, ont annoncé leur intention de tuer davantage de baleines au nom du progrès de l'humanité. Les statistiques sur la chasse aux baleines donnent à réfléchir. Les scientifiques calculent maintenant que les navires de chasse industriels ont tué près de 2,9 millions de baleines au XXe siècle, « ce qui en fait (au moins en termes de biomasse pure) peut-être la plus grande chasse de l'histoire de l'humanité. » L'efficacité du massacre dépasse l'entendement : « Entre 1900 et le milieu de l'année 1962, les méthodes industrielles ont tué autant de cachalots qu'au cours des XVIIIe et XIXe siècles réunis. De manière incroyable, cet exploit a ensuite été répété entre 1962 et 1972. » Les Soviétiques ont tué la plupart des baleines à bosse autour de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie dans les années 1960, non pas parce qu'ils avaient besoin de viande ou d'huile de baleine, mais parce qu'ils avaient des plans économiques quinquennaux à réaliser et la technologie pour y parvenir. Ils ont donc tué, comme l'a documenté plus tard un scientifique, « sans aucune autre raison que le fait de dire qu'ils les avaient tués. » Alors que l'abattage industriel diminuait la taille et le nombre des baleines, la Commission baleinière internationale a essayé de gérer le carnage, mais avec comme souci principal de perpétuer la technologie de l'industrie. Il est révélateur que la commission n'ait pas approuvé de moratoire sur la chasse à la baleine avant 1985. Les leçons à en tirer sur l'énergie sont nombreuses. L'industrie de la baleine nous dit par exemple que les économies humaines ne réagissent pas avec empressement – ni avec raison – à l'épuisement d'une marchandise. La découverte et l'exploitation du pétrole auraient pu empêcher le massacre de près de trois millions de baleines au XXe siècle, mais ce ne fut pas le cas. Ce n'est pas parce qu'il existe un substitut – le kérosène pour l'huile de baleine ou les énergies renouvelables pour certains combustibles fossiles – que le marché les utilisera à des fins de conservation. La perspective d'une régulation de la chasse à la baleine a également incité les chasseurs à capturer le plus grand nombre de baleines possible avant l'entrée en vigueur de la réglementation. Les économistes appellent désormais cette réponse perverse à l'épuisement des ressources le « paradoxe vert ». L'économiste allemand Hans-Werner Sinn affirme par exemple que la société joue le même jeu avec les combustibles fossiles. Il craint que « les politiques visant à réduire la demande future de combustibles fossiles ne se retournent contre les propriétaires de ressources en les incitant à avancer leurs plans d'extraction, accélérant ainsi le réchauffement climatique ». En fait, la plupart des pays exportateurs de pétrole veulent construire plus d'oléoducs et exporter plus de combustibles lourds en carbone le plus rapidement possible. La parabole de la baleine comporte également d'autres vérités importantes, selon York. Les solutions technologiques ont leurs limites et on ne peut pas compter sur elles pour résoudre de graves problèmes environnementaux. Le pétrole aurait pu fournir tous les substituts nécessaires pour mettre fin à l'industrie baleinière, mais au lieu de cela, les combustibles fossiles ont dynamisé le massacre. Le pétrole et les autres nouvelles technologies mettent en évidence « l'imprévisibilité fondamentale des systèmes complexes », écrit York. Les innovations technologiques ne rendent pas obsolètes les ressources ou ne mènent pas à leur conservation, mais augmentent la production « afin d'augmenter les profits ». L'histoire montre également que les tentatives de gestion de la chasse à la baleine au XXe siècle sont devenues un débat interminable sur l'état des stocks jusqu'à ce qu'il n'y ait pratiquement plus de baleines. Un débat similaire a lieu aujourd'hui avec le changement climatique et l'épuisement des ressources pétrolières bon marché. Malgré des conditions climatiques plus extrêmes et des situations d'urgence coûteuses, les dirigeants mondiaux continuent de débattre. Pendant ce temps, l'industrie continue d'exploiter ce qui est aujourd'hui le pétrole le plus cher et le plus difficile à extraire au monde, qu'il soit extrait d'un bassin au Texas ou des profondeurs de l'océan. Peut-être que le dernier mot devrait revenir à York : « Largement répandu, l'espoir de voir les nouvelles technologies aider les sociétés à surmonter les problèmes environnementaux revient à faire l'hypothèse suivante encore couramment acceptée : les technologies auraient principalement les conséquences voulues par ceux qui les développent et/ou les déploient. » Les baleines, quant à elles, savent que ce n'est pas le cas, parce que la technologie a des conséquences imprévues. Un certain Andrew Texte originellement publié dans la revue Takakia, rugissements contre la société techno-industrielle # 1 (hiver 2023-2024
  • Maghreb: la démographie bousculée par la chute de la natalité

    Mariages tardifs, recul du niveau de fécondité, recrudescence du célibat… Les sociétés tunisienne, algérienne et marocaine connaissent depuis quelques années une révolution de leur démographie, en dépit du poids des injonctions religieuses.
  • Quelques dingueries des dernières semaines

    Sommaire [Espagne] Contre le tourisme et la gentrification [Allemagne] : Les Ulm5 dénoncent leur procès et défendent leur action militante Août noir 2026 : Appel à un mois d'action et de propagande [Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla Témoignages de la Bataille de Jénine – Walid Daqqah [Corée du Sud] Ni armée, Ni IA [Sri Lanka] l'armée déployée pour une nouvelle émeute en prison [Espagne] Contre le tourisme et la gentrification repris depuis la presse du 15/07/2026. À Madrid, un groupe anonyme de « sabotage anti-touriste » a affirmé avoir repris une série de propriétés à louer à court terme, ciblant les systèmes d'accès automatique utilisés par les visiteurs. L'action a concerné plus de 200 appartements touristiques dans différents quartiers de la capitale espagnole, de Lavapiés à Vallecas, en passant par Carabanchel, Latina et Tetuán. Les manifestants ont bloqué les soi-disant » cajetines », les boîtes installées à l'extérieur des bâtiments pour stocker les clés et permettre l'enregistrement sans rencontrer le propriétaire, laissant aussi des messages comme « Más vecinas, menos Airbnb » (« Plus de voisins, moins de Airbnb »). https://dingueries.noblogs.org/?p=4066 [Allemagne] : Les Ulm5 dénoncent leur procès et défendent leur action militante Les cinq militants de l'Ulm5 ont livré leurs témoignages devant le tribunal de Stuttgart, affirmant avoir agi pour dénoncer les liens entre l'entreprise d'armement Elbit Systems et le génocide en cours à Gaza. Ils présentent leur action comme une démarche visant à empêcher la fourniture d'armes et à alerter sur la responsabilité allemande dans le conflit. Lors de leurs déclarations, les accusés ont également critiqué les conditions de leur procès et demandé la reconnaissance du caractère politique de leur engagement. Lors de la 11ᵉ audience du procès des Ulm5 à Stuttgart, la défense a demandé l'audition de Marian Rachow, PDG d'Elbit Systems Deutschland, estimant que son témoignage pourrait confirmer l'implication du groupe dans le soutien aux opérations militaires israéliennes à Gaza, notamment via des transferts de technologies, des livraisons d'équipements et des liens financiers. La défense accuse également le parquet de ne pas avoir enquêté sur ces éléments et demande le remplacement du procureur principal. Août noir 2026 : Appel à un mois d'action et de propagande Initialement publié sur Contra Info le 08/07/2026 Appel à un mois d'action et de propagande lancé par les camarades Lupi, Tortuga et Belén En août 2024, trois camarades anarchistes sont décédé.es subitement et accidentellement dans des circonstances différentes. À la suite de ces événements, nous nous sommes fixé pour défi de diffuser leurs idées, leurs récits de lutte, ces contributions authentique. C'est ainsi que nous lançons à nouveau un appel pour un « Août noir ». Nous voulons que Luciano Balboa « Lupi », Luciano Pitronello « Tortuga » et Belén Navarrete continuent d'être présent.es dans l'action et la propagande, à l'image des réponses apportées l'année dernière par des anonymes et des sympathisant.es dans différents territoires. https://dingueries.noblogs.org/?p=4077 [Archives] 2008 : A l'assaut de Ceuta et Melilla [Jeudi 30 et vendredi 31 juillet 2026, près de 50 000 migrants ont pris d'assaut avec succès la frontière qui sépare le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta, causant la mort d'au moins 72 d'entre eux, avant que la plupart ne reparte dans l'autre sens. L'article ci-dessous, qui revient en détail sur les premiers assauts contre cette frontière et la question de l'auto-organisation, a été publié en décembre 2008 dans le premier numéro de la revue anarchiste internationale « A corps perdu ».] https://dingueries.noblogs.org/?p=4082 Témoignages de la Bataille de Jénine – Walid Daqqah Traduit et publié par Samidoun Paris-Banlieue le 16/04/2026 Dans le cadre des mobilisations autour de la journée des prisonnier·es palestinien·nes du 17 avril, Samidoun Paris Banlieue vous propose de retrouver des traductions inédites de textes écrits par les prisonnier·es palestinien·nes et déjà disponibles au format papier sur les stands que nous tenons lors des évènements auxquels nous sommes invité·es. En cette journée des prisonnier·es palestinien·nes 2026, et pour cloturer cette série, après les traductions des textes de Walid Daqqah, Zakaria Zubeidi , Abdel Nasser Issa, Kamil Abu Hanish, Nael Barghouti, Ibrahim Hamed, Nader Sadqa, et le “Séminaire du mouvement des prisonnier·es” nous vous partageons ce livre d'une grande valeur historique du combattant, écrivain et martyr Walid Daqqah. Dans ce livre, Walid Daqqah a reccueilli les paroles de ses camarades combattants incarcérés après leur lutte héroique dans le camp de Jénine face à l'armée sioniste, en 2002 lors de l'Intifada d'Al Aqsa. https://dingueries.noblogs.org/?p=4085 [Corée du Sud] Ni armée, Ni IA Huit personnes ont été interpellées après avoir « tenté de pénétrer illégalement dans la base aérienne d'Osan par l'entrée principale du site », et remises à la police, selon un communiqué de l'armée américaine transmis à l'AFP. La police sud-coréenne a indiqué à l'AFP que les étudiants étaient placés en garde à vue, mais qu'ils avaient refusé de s'exprimer lors des interrogatoires. Dans un communiqué publié sur Facebook, le groupe d'étudiants a condamné l' »interruption » par l'armée américaine d'un projet de pôle de fabrication de puces prévu à Gwangju (sud). La Corée du Sud a largement bénéficié de l'essor de l'intelligence artificielle (IA), qui dope les bénéfices de fabrication de ses entreprises de puces, en particulier SK hynix et Samsung Electronics. https://dingueries.noblogs.org/?p=4091 [Sri Lanka] l'armée déployée pour une nouvelle émeute en prison volé dans la presse du 02/08/2026. Le Sri Lanka a déployé des centaines de militaires et des commandos d'élite dimanche face à une nouvelle émeute dans une prison surpeuplée où un détenu a été tué et six autres blessés, a indiqué la police. https://dingueries.noblogs.org/?p=4096
  • US accused of meddling in British politics with $500,000 grant for ‘public education’ courses

    Documents published on US embassy’s website prompt claims of attempt to export Maga propaganda to UK

    The US embassy in London is offering grants of up to half a million dollars for new “public education” programmes in what has been criticised as interference in British domestic politics.

    Using language that the pro-Trump Maga movement has sought to appropriate, a funding notice identifies a goal of fostering a “national conversation” about “shared civilizational values” underpinning US-UK ties. Priority will go to applicants aiming to celebrate “freedom of speech” and “limited government”.

    Continue reading...
  • La souris gaming Logitech PRO X2 Superstrike passe sous les 150 € sur Amazon

    [Deal du jour] Logitech a bousculé le marché des souris gamer avec la PRO X2 Superstrike et sa technologie haptique inédite. Amazon propose le coloris Lunar Eclipse à 149,99 € au lieu de 179,99 €, soit 30 € d'économie sur l'une des références du jeu compétitif.

  • Les mots croisés d'Alter Eco : « Réalise le rêve du Medef »

    Retraites, patronat, salaires… Les mots de l'économie se déclinent aussi en cases blanches et noires. Croisez le fer avec Alter Eco ! Et envoyez-nous vos grilles.
  • La vie de couple des salariés, c’est (presque) sacré

    L’employeur n’a pas à s’immiscer dans les histoires de cœur des salariés. Sauf quand ces relations conjugales troublent le bon fonctionnement de l’entreprise ou mettent en péril les liens de confiance avec celle-ci.
  • L'institut Iliade, Bolloré, Stérin et Křetínský attaquent en meute le Planning Familial

    Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias du groupe Bolloré.

    Le 11 avril 2026 s'est tenu à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris le colloque de « l'institut Iliade pour la longue mémoire européenne ». Les « libertés », présentées comme le thème central du colloque, ont donc servi ce jour-là à réunir des figures de l'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur du vrai-faux magazine satirique La Furia et Alice Cordier, cheffe du collectif Némésis. Le 70e anniversaire de l'association du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) sert aussi de carburant aux paniques morales habituelles des médias du groupe Bolloré comme CNews ou le Journal Du Dimanche (JDD).

    « Liberté », « Europe », « Destin » ou encore « Civilisation » : autant de termes mobilisés par l'institut « Iliade pour la longue mémoire européenne » le 11 avril 2026 à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris. À deux pas de l'Assemblée Nationale, cette association héritière de la Nouvelle Droite (ND) et du Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) a donc réuni à l'occasion de son 13e « colloque » annuel toute une panoplie de figures d'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur avec Marsault et Papacito du pseudo-magazine La Furia et Alice Cordier du collectif Némésis. Le plus ancien de tous ces « activistes » présent dans les mouvements nationalistes depuis la fin des années 60, Jean-Yves Le Gallou, était évidemment de la partie. Sa fondation Polémia qu'il a créée en 2002 organise aussi des événements presque annuellement comme le « Forum de la Dissidence » ou les « Bobards d'Or » dont l'édition 2026 a été retransmise en direct par le « média » Frontières qui avait pour l'occasion envoyé l'une de ses têtes d'affiche, Louise Morice.

    Une nébuleuse ancienne proche de La Manif Pour Tous

    La Manif Pour Tous (LMPT), qui s'est illustrée en 2012 et 2013 par sa lutte contre l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, a entraîné dans son sillage la formation de nombreuses organisations. Parmi elles, on peut citer « Les Antigones », collectif identitaire que l'on peut considérer comme les ancêtres de Némésis. « Les Antigones » a ainsi été fondé par des militantes issues d'une scission de l'organisation royaliste « l'Action Française » et du club de scoutisme de la ND baptisé « Europe Jeunesse ». LMPT semble dans ce cadre avoir permis aux Antigones d'amorcer une dynamique que l'on peut retrouver à la fois dans Némésis et à la fois dans l'environnement de la ND comme l'institut Iliade.

    Par exemple, la présidente des Antigones Anne Trewby est interviewée le 19 février 2024 sur le site d'extrême-droite Breizh-Info par Audrey d'Aguanno, participante à l'édition 2023 du colloque de l'institut Iliade. Anne Trewby affirme ainsi que « le patriarcat n'existe pas » et que l'unité du corps national doit être « fondée sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » [1]. En 2023, LMPT change de nom et s'appelle désormais le Syndicat de la Famille (SF).

    Sa présidente depuis 2013 s'appelle pour sa part Ludovine Dutheil de la Rochère et vient de la Fondation Jérôme Lejeune, opposée depuis sa création en 1995 à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Le 9 mars 2026, elle déclare dans un article du Journal Du Dimanche (JDD), propriété du groupe Bolloré que le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) qui fête en 2026 son 70e anniversaire ignore les femmes qui veulent s'occuper de leurs enfants.

    Le groupe Bolloré joue évidemment un rôle majeur dans le développement de ce type d'idées. On peut citer à titre d'exemple le passage non annoncé du film « Unplanned » sur son ancienne chaîne C8 juste avant de cesser définitivement d'émettre le 28 février 2025. Ce film, déjà diffusé en 2021 par la même chaîne, dénonce ouvertement l'avortement et est arrivé sur le marché français de la vidéo à la demande du fait de la société SAJE Distribution. Cette entreprise a de son côté été fondée en 2012 grâce au soutien de la Communauté de l'Emmanuel dans le sillage de LMPT. Elle distribue aussi le film « Vaincre ou mourir » produit en 2023 par Studiocanal, propriété du groupe Bolloré et de « Puy du Fou Films », le tout en partenariat avec le « Fonds du Bien Commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin [2].

    En matière de lutte contre l'IVG, Stérin aide par exemple l'association Familya que le MFPF de Meurthe-et-Moselle dénonce du fait de la proximité de son fondateur avec l'association « Alliance VITA » fondée en 1993 par Christine Boutin [3]. Le MFPF est d'ailleurs souvent la cible de campagnes médiatiques venant notamment des hebdomadaires Marianne, Franc-Tireur, Valeurs Actuelles (VA) et Charlie Hebdo. Le 25 septembre 2018, l'antenne des Bouches-du-Rhône du MFPF est ainsi accusée par Hadrien Mathoux sur le site de Marianne de se rapprocher « des valeurs de l'intégrisme musulman ».

    La collaboration avec l'association Lallab est également critiquée conduisant par conséquent la « secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » de l'époque Marlène Schiappa à menacer le MFPF de lui couper les subventions que l'État lui octroie [4]. Ce secrétariat d'État devenu depuis ministère est occupé aujourd'hui par Aurore Bergé, qui s'occupe surtout actuellement de mettre en œuvre des « mesures » suite au discours d'Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique » prononcé le 16 janvier 2024.

    Elle semble cependant écartée du « plan de lutte contre l'infertilité » lancé le 5 février 2026 à grands renforts de communication sur internet par la « ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées » [5]. Le 22 août 2022, Marianne s'attaque de nouveau au MFPF par la voie de Marguerite Stern et Dora Moutot qui dénoncent dans une tribune « l'idéologie transactiviste » qui le paralyserait [6]. L'historienne Marie-Jo Bonnet y voit quant à elle l'avènement d'une « idéologie transhumaniste » et un « détournement de la puissance maternelle » dans un entretien accordée au quotidien Le Figaro le 24 janvier 2023 [7].

    Des polémiques bruyantes pour renflouer les caisses

    Ces « polémiques » pour le moins bruyantes surviennent dans un contexte de transformation du paysage médiatique avec à la clé un renforcement du pouvoir des milliardaires sur de nombreux titres de presse. Marianne représente à ce titre un excellent exemple du fait de sa reprise en avril 2018 par Daniel Křetínský, directeur de la société tchèque EPH produisant de l'électricité à base de gaz et de charbon. Křetínský nomme en septembre de la même année Natacha Polony à la tête de la rédaction de son nouvel hebdomadaire, en redressement judiciaire depuis 2016 et donc en quête de « débats » stériles et racoleurs.

    Le même phénomène s'observe à VA sous la férule d'Yves de Kerdrel puis de Geoffroy Lejeune, actuel directeur de la rédaction du JDD. Se basant en effet sur une « étude » réalisée par Kantar TNS MB (à l'époque TNS Sofres), il lance une formule qui le mènera à une condamnation pour diffamation après avoir publié un dossier intitulé « Roms, l'overdose ». Lejeune mène à son tour VA à une condamnation devenue définitive le 16 janvier 2024 du fait du rejet du pourvoi en cassation intenté par l'hebdomadaire. Il avait pour le coup diffusé une bande dessinée représentant la députée de La France Insoumise (LFI) Danièle Obono en esclave, ce qui avait généré une condamnation confirmée en appel pour « injure publique à raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion » [8].

    Křetínský et Stérin au service de l'extrême-droite

    Marianne, Franc-Tireur ou encore la chaîne de télévision T18 : autant de médias dirigés par Křetínský dont la « colonne » idéologique s'articule autour du tapageur mouvement appelé Printemps Républicain (PR). Les intervenant·e·s issu·e·s de ce groupe comme Raphaël Enthoven, Caroline Fourest, Rachel Khan, Amine El Khatmi, Abnousse Shalmani ou Richard Malka défilent ainsi aussi bien dans les médias de Křetínský que dans ceux de Bolloré, du groupe Bouygues ou même de l'audiovisuel public.

    L'une des conséquences concrètes des attaques contre le MFPF réside surtout dans la baisse des subventions publiques qui lui sont versées. L'exemple le plus frappant à ce sujet se situe dans la région Pays de la Loire où sa présidente Christelle Morançais a décidé en novembre 2024 de supprimer intégralement les financements jusqu'ici alloués au MFPF [9]. Morançais soutient en même temps via un partenariat officiel à Nantes et Angers les « Nuits du Bien Commun » lancées en 2017 par Stérin [10]. Elle a également lancé en 2025 une « plate-forme d'orientation » pour les lycéen·ne·s de la région en collaboration avec le média Le Crayon dont Stérin a rejoint le capital en 2023 [11]. Le département du Loiret a lui retiré 10 % de sa subvention au MFPF en 2025 et 2026 [12]. La préfecture d'Orléans a pourtant versé en 2025 24000 euros à Familya pour son installation dans la ville [13].

    Tout cela ne semble nullement déranger le PR davantage occupé à s'enfoncer dans une croisade acerbe contre le « wokisme » et « l'islamo-gauchisme  [14]. La volonté affiché de son mentor Křetínský de constituer un nouveau monopole devrait pourtant le faire réagir. Křetínský dirige en effet le groupe Editis qui comprend 55 maisons d'édition et cherche depuis janvier 2026 à prendre le contrôle total de la Fnac qui décerne pas moins de 12 prix littéraires. Stérin de son côté a acquis VA en décembre 2025 et investissait déjà avant dans le mensuel L'Incorrect, dans le média en ligne Cerfia [15] et dans la station Radio Courtoisie selon un article publié le 31 mars 2026 sur le site Médiapart. Cette omniprésence de milliardaires dans le capital des médias s'imbrique ici avec les attaques contre le MFPF menées conjointement par Bolloré, Stérin et Křetínský. Les baisses de subventions publiques viennent enfin compléter ce tableau visant à faire reculer les droits sexuels et reproductifs ainsi que ceux des femmes et des minorités de genre.

    L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire

    [1] « « Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview] », Breizh-Info, 19 février 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/.

    [2] « Avant-première de « Vaincre ou Mourir » », 10 janvier 2023 : https://fondsdubiencommun.com/evenements/avant-premiere-de-vaincre-ou-mourir/.

    [3] « [Nancy] Communiqué du Planning Familial 54 sur l'association Familya » : https://manif-est.info/Nancy-Communique-du-Planning-Familial-54-sur-l-association-Familya-3788.html.

    [4] « Laïcité au Planning familial : Marlène Schiappa demande des explications », Hadrien Mathoux, Marianne, 3 octobre 2019 : https://www.marianne.net/politique/laicite-au-planning-familial-marlene-schiappa-demande-des-explications.

    [5] « Lancement de la première réunion du comité de pilotage du plan fertilité et des travaux ministériels sur la santé périnatale et maternelle », 5 février 2026 : https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/lancement-de-la-premiere-reunion-du-comite-de-pilotage-du-plan-fertilite-et-des.

    [6] « Mme Élisabeth Borne, féministes, nous nous inquiétons de ce que devient le Planning familial », Marguerite Stern et Dora Moutot, Marianne, 22 août 2022 : https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/mme-elisabeth-borne-feministes-nous-nous-inquietons-de-ce-que-devient-le-planning-familial.

    [7] « Affiche du Planning familial : « C'est la victoire totale du genre masculin » », Le Figaro, 24 janvier 2023 : https://video.lefigaro.fr/figaro/medias/affiche-du-planning-familial-cest-la-victoire-totale-du-genre-masculin-20220823.

    [8] « Arrêt de la Cour de cassation », Chambre criminelle, 16 janvier 2024 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048990882.

    [9] « Suppression des subventions du Conseil Régional en Pays de la Loire », communiqué de presse du 25 novembre 2024 du Planning Familial : https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial-de-maine-et-loire-49/le-planning-familial/suppression-des-subventions-du.

    [10] « Entre la Nuit du bien commun, Pierre-Édouard Stérin et l'extrême droite, des liens multiples et inextricables », Clément Le Foll et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 12 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/entre-la-nuit-du-bien-commun-pierre-edouard-sterin-et-l-extreme-droite-des.

    [11] « Bad buzz, clashs et invités d'extrême droite : Le Crayon, les Cyril Hanouna du web ? », Jérémie Rochas, Street Press, 9 décembre 2025 : https://www.streetpress.com/1765195804-bad-buzz-clashs-invites-extreme-droite-crayon-cyril-hanouna-web/.

    [12] « Le Planning familial du Loiret tire (de nouveau) la sonnette d'alarme sur une baisse de ses financements », Ici Radio, 9 mars 2026 : https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/le-planning-familial-du-loiret-tire-de-nouveau-la-sonnette-d-alarme-sur-une-baisse-de-ses-financements-1035041.

    [13] « À Orléans, la maison Familya dans le collimateur du collectif féministe 45 et de la CGT », Ici Radio, https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/orleans/a-orleans-la-maison-familya-dans-le-collimateur-du-collectif-feministe-45-et-de-la-cgt-9372213.

    [14] « Le Printemps républicain et ses alliés, ceux qui ont fait le lit de l'extrême droite », Hugo Boursier et Pierre Jequier-Zalc, Politis, 11 septembre 2024 : https://www.politis.fr/articles/2024/09/le-printemps-republicain-et-ses-allies-ceux-qui-ont-fait-le-lit-de-lextreme-droite/.

    [15] « Périclès, Smartbox, ingénierie financière, nouveaux investissements... Les secrets de l'empire Stérin », Olivier Blamangin et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 5 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/sterin-pericles-smartbox-organigramme.

    Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.

    Pour soutenir financièrement radio, rdv sur radio-libertaire.org rubrique « nous soutenir », télécharger bon de souscription et le retourner complété au 145 rue Amelot 75011 Paris ou envoyer un chèque à l'ordre de DMC.

  • Mayday chez les Corses //\\ PODCAST

    Il y a les belles plages de sable fin que les continentaux prennent tous les étés et la pauvreté qui ronge jusqu'au granit des sommets. Il y a la vie pastorale mythifiée et les touristes venus trouver l'authenticité. Il y a les luttes politiques nationalistes et les moyens utilisés pour arriver à les mener. Il y a des statues-menhir vieilles de 4000 ans et de jeunes archéologues qui cherchent à mieux les comprendre. Il y a la paillote chez Francis, la réserve de Scandola, des histoires d'attentats et de mafia. Il y a comme toujours des documentaires, des textes et d'autres suprises, c'est donc Mayday chez les Corses et ça s'écoute par exemple ici

    Mayday c'est mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Ile de France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday

  • Laïcité coloniale et lois d'exception en Afrique française

    Texte paru dans le numéro 1878 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.

    Le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État nous permet de revenir sur une histoire jalonnée d'exceptions. Nous l'avons évoqué notamment avec l'historien Sadek Sellam que nous avons invité plusieurs fois durant notre émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois sur Radio Libertaire à 11h30. L'application à géométrie variable de la laïcité française nous montre ainsi que le culte musulman en Algérie et aux colonies fit l'objet d'un dirigisme troublant de la part de l'État.

    L'émission « Médias et antifascisme » que nous animons sur Radio Libertaire tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 depuis le 11 octobre 2024 s'est penché plusieurs fois sur des sujets liés à la laïcité. Avec l'historien Sadek Sellam, nous nous sommes employés à analyser les applications bancales de la loi du 9 décembre 1905 jusqu'à nos jours. Nous avons ainsi évoqué à partir du 14 mars 2025 la gestion en France du culte musulman notamment à travers le cas de la grande mosquée de Paris.

    Cette institution inaugurée en 1926 met ainsi en valeur une gestion coloniale et dirigiste d'un culte considérée à la fois comme exotique et dangereux. La mosquée a en effet été inaugurée presque trois ans après la création par le conseil municipal de Paris d'une « section d'affaires indigènes nord-africaines ». Le maréchal Hubert Lyautey à cette époque « résident général de la République au Maroc » avait ainsi été consulté pour un projet d'institut musulman imaginé initialement par le professeur Paul Bourdarie.

    Ce dernier enseignait au collège libre des sciences sociales, dirigeait la revue « Indigène » et voulait mettre « en contact les jeunes éléments les plus cultivés de l'islam avec la fleur de la science et de la société française ». Si la mosquée a pu voir le jour, le projet d'institut fut allègrement saboté par Lyautey qui craignait sa possible influence sur les « jeunes musulmans » [1]. L'État versa tout de même à cet institut purement fictif des subventions jusqu'en décembre 1980. Une « commission nationale des français musulmans » présidée par le secrétaire d'État aux rapatriés Jacques Dominati venait en effet de montrer le non-fonctionnement de cet institut.

    Un autre exemple du non-respect de la laïcité par le gouvernement fut la nomination de Hamza Boubakeur au poste de recteur de la mosquée de Paris le 18 mai 1957. Ce dernier était hostile à l'indépendance de l'Algérie et faisait selon le chef du gouvernement Guy Mollet mieux l'affaire qu'Ahmed Benghabrit.

    Celui-ci avait succédé à son oncle Kaddour qui dirigeait la mosquée depuis sa création. Il fut ainsi « limogé » pour avoir refusé de coopérer avec le commissariat de police du cinquième arrondissement de Paris où se situe la mosquée. Son refus de lutter contre le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et sa dénonciation de la torture poussa Mollet à nommer à sa place un homme aux ambitions politiques bien trempées.

    Boubakeur cherchait en effet à partir de 1960 à devenir le président d'une République saharienne qui aurait été issue de la séparation du Sahara du reste de l'Algérie. Ce plan de participation soutenu par le premier ministre français Michel Debré tomba finalement à l'eau. La nomination de Boubakeur à la tête de la mosquée de Paris fut elle condamnée en 1963 par le tribunal administratif de Paris. Cela n'empêcha pas Boubakeur de rester à son poste jusqu'en 1982 avant que l'Algérie ne prenne le relais de la France dans le versement de subventions à la mosquée de Paris [2].

    La laïcité inexistante en Algérie et en Afrique Occidentale Française

    L'article 43 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État stipule que « des règlements d'administration publique détermineront les conditions dans lesquelles la présente loi sera applicable à l'Algérie et aux colonies ». L'article 11 alinéa 6 du décret du 27 septembre 1907 déterminant les conditions d'application en Algérie de la loi de 1905 affirme de son côté que le gouverneur général peut accorder des indemnités de fonction aux ministres qui exercent le culte public. Cette disposition censée ne durer que dix ans fut en fait prolongée jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962 [3].

    Cette nouvelle entorse à la laïcité sur le territoire de la République portait un nom : celui d'instrumentalisation. En effet, le maintien d'un « clergé musulman » en Algérie française avait vocation à faire admettre à ses habitant-e-s le projet de « califat occidental » de Lyautey. Ce projet avait en fait pour but de « nommer » calife le sultan du Maroc nouvellement conquis par la France. Ayant mené la conquête du Maroc, Lyautey voulait ainsi que le sultan avec qui il avait signé le traité de protectorat en 1912 devienne « calife » des « possessions musulmanes » de la France [4]. Pour cela, le gouvernement comptait sur l'action d'une confrérie présente en Algérie afin de convaincre un maximum de ses adeptes de se ranger derrière le sultan du Maroc [5].

    Un autre exemple de remise en cause de la laïcité par l'État fut la rédaction d'un rapport sur l'Afrique Occidentale Française (AOF) par l'historien Charles-André Julien dont nous avons parlé dans notre émission du 14 mars 2025. Sadek Sellam nous indique à ce sujet que ce dernier était alors à la tête du Haut Comité Méditerranéen et de l'Afrique du Nord. Charles-André Julien appelait ainsi dans l'un de ses rapports à soutenir les confréries maraboutiques au détriment des embryons d'élites francophones plus laïcisées [6].

    L'historien Jean-Louis Triaud nous explique pour sa part que « l'administration coloniale ne fut jamais neutre à l'égard de l'islam » en Afrique de l'ouest. Il rappelle en outre que la loi de séparation des Églises et de l'État « ne se préoccupait ni de colonies ni d'islam » [7]. Concernant Charles-André Julien, nous avons abordé le 14 mars 2025 sa tribune dans le journal Le Monde du 15 février 1961. En réponse au livre de l'écrivain Michel Habart intitulé « Histoire d'un parjure », Julien publie un texte dénonçant « une caricature de l'histoire ». Il remet ainsi en cause les nombreux massacres de tribus orchestrés dès les débuts de la conquête française que Michel Habart n'hésite d'ailleurs pas à qualifier de génocides. Sa vision de la laïcité et celle de l'histoire de la conquête paraissent donc ici pour le moins étriquée.

    Le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l'État doit donc nous permettre de connaître précisément l'histoire de la laïcité sur le territoire de la République française. En 1905, ce territoire était composé en très large majeure partie de colonies. La vraie-fausse application de la laïcité dans ces pays nous montre que ce concept s'arrête là où les intérêts coloniaux français débutaient. Concernant ces intérêts, nous n'avons malheureusement pas fini d'en constater les dégâts. Nous n'avons pas non plus fini de constater les blocages, censures et refus obstinés d'analyser l'Histoire comme celle de la conquête de l'Algérie.

    Notre émission du 14 mars 2025 intervenait en effet juste après l'éviction du journaliste de la station de radio RTL Jean-Michel Aphatie coupable aux yeux de sa direction d'avoir comparé certains massacres commis par la France en Algérie à celui commis par les allemands à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Notre émission avait aussi lieu trois jours après l'annonce par France Télévisions de la déprogrammation du film « Algérie, sections armes spéciales » sur l'utilisation d'armes chimiques par la France durant la guerre d'Algérie. La laïcité doit donc selon nous être analysée à l'aune de son absence ou de son dévoiement en Algérie, en Afrique de l'ouest et dans bien d'autres contrées de l'empire colonial français.

    L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » sur Radio Libertaire

    [1] « La mosquée de Paris : du projet à sa réalisation », La politique musulmane de la France au XXe siècle, Pascal Le Pautremat, éditions Maisonneuve & Larose (2003), page 338.

    [2] « Les pouvoirs spéciaux et l'islam en France », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), Sadek Sellam, éditions Fayard (2006).

    [3] « La construction de la dérogation : entre impératif républicain et réalité coloniale », La séparation des Églises et de l'État à l'épreuve de la situation coloniale. Les usages de la dérogation dans l'administration du culte musulman en Algérie (1905-1959), Raberh Achi, Politix : revue des sciences sociales du politique, numéro 66, deuxième trimestre 2004, page 87.

    [4] « Quand la France rêvait d'un calife pour son empire musulman », Jalila Sbaï, 8 septembre 2016, Orient XXI.

    [5] « Le projet de califat occidental de Lyautey », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), ouvrage cité plus haut.

    [6] "Mémoires, « vérités » médiatiques et vérité historique", Sadek Sellam, 17 avril 2025, article publié sur le site musulmansenfrance.fr.

    [7] « Une laïcité coloniale. L'administration française et l'islam en Afrique de l'ouest (1860-1960) », Politique, religion et laïcité, ouvrage collectif sous la direction de Christine Peyrard, éditions des Presses Universitaires de Provence, 2009.

    Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.

    Pour soutenir financièrement radio, rdv sur radio-libertaire.org rubrique « nous soutenir », télécharger bon de souscription et le retourner complété au 145 rue Amelot 75011 Paris ou envoyer un chèque à l'ordre de DMC.

  • Les autoradios ont des oreilles

    Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

    Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.

    La musique a bien dû leur casser la tête !

    PS : article lu par ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/.

  • « On a une responsabilité quand on écrit des chansons » : une après-midi avec Emily Loizeau

    Nous avons partagé avec la chanteuse Emily Loizeau une balade près des emblématiques murs à pêches de Montreuil. L'artiste de 51 ans, connue pour son engagement écolo, raconte son rapport à la nature et son besoin de « revendiquer des positions claires ».
    Montreuil (Seine-Saint-Denis), reportage
    Rencontrer Emily Loizeau dans un jardin de Montreuil, c'est s'offrir une parenthèse enchantée dans un quotidien difficile. Entre deux canicules mortifères et au milieu d'une débâcle politique (…)

    Lire la suite - Portrait / Culture
  • Le désastre Coldcard, un forum secret d’agents IA et les tireurs français encore exposés : on vous raconte la semaine Cyberguerre

    Trois actualités à retenir cette semaine dans le cyberespace : le fabricant de portefeuilles Bitcoin Coinkite reconnaît l'ampleur d'un piratage massif dû à un bug vieux de 2021, OpenAI reconstitue comment ses agents autonomes ont créé leur propre forum secret avant de pirater Hugging Face et l'Armurerie Lavaux devient la dernière victime en date d'une série de fuites visant les tireurs français.

  • Intelligence multiple contre polycrise entrepreneuriale

    Dans son discours de victoire, Abelardo de la Espriella a commis un lapsus en présentant son vice-président Juan Manuel Restrepo : il l'a qualifié de « nouveau président » de la Colombie, de manière d'ailleurs tant naturelle qu'il ne s'en est pas rendu compte lui-même. Lors d'autres interventions, de la Espriella a qualifié son vice-président de véritable moteur de la campagne ; et lors du second tour, il a limité ses apparitions publiques, laissant Restrepo prendre la parole dans une grande partie des interviews. Parallèlement, la campagne s'est attachée à discréditer la candidate d'Iván Cepeda à la vice-présidence, Aida Quilcué, en mobilisant une série de préjugés racistes à l'encontre des peuples autochtones. À partir d'une analyse des candidats à la vice-présidence d'Abelardo de la Espriella et d'Iván Cepeda, cet article présente les différentes conceptions de gouvernement, de la politique et du pouvoir qui se sont affrontées au cours de la dernière campagne électorale en Colombie, et permet d'entrevoir les implications de la victoire de de la Espriella ainsi que les points forts de l'opposition de gauche.

    Le vice-président d'Abelardo de la Espriella, José Manuel Restrepo, est titulaire d'un doctorat ; il a été ministre des Finances et recteur d'université, et s'est présenté comme le cerveau du nouveau président colombien. Pendant la campagne électorale, Cepeda a présenté comme colistière Aida Quilcué, dirigeante autochtone du peuple Nasa et sénatrice de la République. Au cours de la campagne électorale, la droite a insisté pour qu'un débat ait lieu entre les deux candidats, estimant que la comparaison parlait d'elle-même. Elle avait raison, mais pas dans le sens où elle l'espérait. La comparaison parle effectivement d'elle-même, et ce qu'elle révèle, c'est que la droite continue de confondre les diplômes avec l'intelligence, et l'intelligence avec le pouvoir. Dans ce scénario, il suffit d'asseoir l'économiste face à une femme autochtone ne possédant pas les mêmes diplômes officiels pour que la simple comparaison des parcours certifiés fasse pencher la balance. Ils se trompent sur le fond. Et nous allons développer cet argument en utilisant les mêmes formes académiques qui les intéressent tant.

    Ce qui est présenté comme un contraste de compétences est, en réalité, un stratagème de délégitimation. Premièrement, cela relève d'un sophisme d'autorité en supposant que le doctorat, le poste ou la fonction de recteur garantissent une supériorité politique. Deuxièmement, cela relève du « crédentialisme », réduisant la valeur du savoir à ce qu'une institution certifie. Troisièmement, on se trouve face à un sophisme de composition épistémologique, car l'argument considère que la maîtrise des connaissances économiques ou de l'administration publique équivaut à la compréhension de l'ensemble de la vie sociale, territoriale, historique et écologique. Et derrière tout cela se cache un biais plus profond, à savoir la vieille conviction selon laquelle l'intelligence n'appartient qu'à quelques-uns et que les autres doivent se contenter d'obéir ; c'est là que réside le véritable problème : il s'agit de deux conceptions opposées de l'intelligence et du pouvoir.

    En 1995, avec la publication de La mésentente, le philosophe Jacques Rancière soutenait que la démocratie n'est pas le gouvernement naturel des plus compétents, mais l'interruption d'un ordre qu'il appelle la police, celui qui détermine d'avance qui compte et qui ne compte pas, qui peut parler et qui doit se taire. La technocratie est la forme la plus commode de cette logique policière, car elle présuppose et surveille les lieux légitimes de la parole, de l'expertise et de la décision, et s'interroge sur les titres comme si elle s'interrogeait sur le droit même d'exister politiquement. Mais la démocratie commence précisément lorsque cette répartition devient contestable.

    Aida Quilcué a bouleversé cette répartition en proposant de construire une Colombie où la sagesse des peuples et des communautés participe activement à l'orientation des décisions collectives ; où le développement se mesure à l'aune de la dignité de la vie et non pas uniquement à celle des indicateurs économiques ; où la terre, la culture, l'éducation et la santé constituent les piliers de la justice sociale ; et où le dialogue et la diversité remplacent définitivement l'exclusion et la violence.

    En ce sens, Quilcué ne s'est pas présenté à la campagne électorale comme une individualité isolée cherchant à l'emporter sur une autre dans un duel de CV. Elle s'est présentée comme la synthèse d'une intelligence collective composée de communautés, de mémoires, de territoires, de luttes, de langues, de formes d'organisation et de défense de la vie. L'anthropologue Pierre Clastres explique que dans de nombreuses sociétés amérindiennes, le pouvoir ne se concentre pas entre les mains d'un chef souverain, mais circule comme une forme de médiation au sein du collectif. Cette intuition aide à comprendre ce que représentait Quilcué : plutôt qu'une personne isolée face à un expert de la droite, elle était l'expression collective d'une forme d'autorité enracinée dans les relations, les consensus, les expériences partagées et les responsabilités communes.

    C'est pourquoi il est plus plausible de dire qu'Aida avait bel et bien le pays en tête, car son intelligence, avant d'être celle d'un génie individuel, s'inscrit dans un cerveau social. C'est là la différence décisive. Le technocrate continue de penser que l'intelligence naît chez l'individu d'exception ; Aida incarne l'idée que l'intelligence se produit au sein d'une multitude, qu'elle se répartit et s'élargit collectivement.

    Le problème n'est donc pas politique, mais ontologique. La technocratie reste ancrée dans une conception archaïque du sujet. L'individu expert, porteur d'une raison qui s'applique ensuite à la société comme si celle-ci était une matière inerte. Cette figure semble moderne et cosmopolite, mais elle est en réalité profondément obsolète et provinciale [1]. Elle conserve une hiérarchie archaïque entre ceux qui savent et ceux qui obéissent ; entre ceux qui conçoivent le monde et ceux qui se contentent de l'habiter ; entre ceux qui administrent et ceux qui sont administrés.

    Aida Quilcué incarne une autre ontologie politique, celle du monde commun issu d'intelligences multiples. Elle remplace l'idée d'une somme d'individus isolés par une composition de savoirs hétérogènes qui opèrent à différentes échelles et à partir de traditions diverses. Cette différence entraîne des conséquences directes quant à la question la plus urgente à laquelle la Colombie est confrontée, à savoir comment construire un capitalisme véritablement productif dans un pays aux géographies, aux cultures et aux économies radicalement diverses.

    Restrepo a une réponse à cette question. Dans ses interviews, il parlait d'intelligence artificielle, de centres de données, de blockchain, de relier le pays aux flux de l'économie numérique mondiale. Cette réponse n'est pas fausse, mais elle est profondément insuffisante. Le philosophe Yuk Hui a démontré que croire en une technologie universelle, neutre et exportable d'un contexte à un autre est en soi une forme de provincialisme colonial. Il n'existe pas une seule technologie – mais des technologies –, au pluriel, indissociables des cosmologies, des territoires et des modes de vie qui les produisent et les soutiennent. Ce que Hui appelle la « technodiversité » [2] n'est ni de la nostalgie ni une idéalisation du retard. C'est une exigence pratique : un pays qui se veut productif doit articuler des formes technologiques à différentes échelles, depuis l'innovation numérique de pointe jusqu'aux savoirs techniques accumulés au fil des siècles dans les communautés rurales, autochtones et populaires. Réduire cette tâche complexe à la mise en place d'infrastructures numériques revient à confondre une pièce du puzzle avec le puzzle tout entier, et à proposer à une grande nation une solution conçue pour une petite province de la pensée.

    Il ne s'agit pas d'une abstraction. Par exemple, il y a deux millénaires, dans les plaines alluviales du Sinú et du San Jorge (au nord de la Colombie), le peuple amérindien Zenú a construit un réseau de canaux et de digues destiné à canaliser, à distribuer et ainsi à cohabiter avec l'eau de manière à ce qu'elle parvienne à tous les membres de la communauté. Il s'agissait d'une technologie hydraulique capable de transformer les crues en fertilité et de soutenir la vie pendant des siècles. Aujourd'hui, alors que les digues modernes cèdent et que La Mojana, une région située au nord de la Colombie, s'enfonce à nouveau, l'un des plus importants projets d'adaptation au changement climatique de l'État, financé par le Fonds vert pour le climat, a dû se tourner vers ce savoir zenú. Seulement, pour le reconnaître, la technocratie doit d'abord le traduire dans son propre langage et le rebaptiser « adaptation fondée sur les écosystèmes ». Ce savoir était déjà là ; la science de pointe, lorsqu'elle est intelligente, parvient à le reconnaître sans difficulté, mais, sous l'emprise d'intérêts individuels, elle y parvient à peine.

    Au cours des premiers mois de 2026, un front froid arctique — provoqué par un vortex polaire qui s'était déplacé depuis l'Amérique du Nord jusqu'aux Caraïbes — a saturé le haut bassin du fleuve Sinú, provoquant de graves inondations à La Mojana. Ces inondations ont fait plus de 150 000 sinistrés et 14 morts. Les enquêtes ont révélé que la responsabilité de ces conséquences incombait en grande partie à la construction et à l'administration de la centrale hydroélectrique d'Urrá. Durant les années 1990, le peuple autochtone Embera Katío s'était fermement opposé à la construction du barrage, mettant en garde contre les effets négatifs de ce projet sur son peuple et sur la région. Kimy Pernia Dominicó, qui avait mené la lutte contre le projet, a été victime d'enlèvement puis assassiné. Récemment, l'ancienne ministre de l'environnement, Irene Vélez, a affirmé que les inondations n'étaient pas uniquement dues aux changements météorologiques, mais qu'elles étaient en grande partie imputables à la gestion de la centrale hydroélectrique et au plan d'aménagement du territoire qui ne tenait pas compte de l'eau. Selon Vélez, la centrale hydroélectrique a été construite en contradiction avec la logique riveraine, asséchant les champs pour favoriser l'économie d'élevage de la région.

    Vandana Shiva a évoqué cette erreur à l'aide d'une métaphore très claire. Les monocultures ne se contentent pas de détruire la biodiversité, elles engendrent également des monocultures de l'esprit. La « monotechnologie » du nouveau vice-président Restrepo fonctionne exactement de cette manière. Elle propose une seule grammaire pour envisager l'avenir du pays, celle d'une économie réduite à la technique, celle des indicateurs, des modèles et des courbes de rendement, et traite tout ce qui se situe en dehors de cette grammaire comme un retard à surmonter ou comme un folklore pouvant être toléré en marge. Le résultat n'est pas la modernité, c'est l'appauvrissement du monde. Et la Colombie, qui aspire à devenir une nation souveraine, ne peut se permettre cette pauvreté.

    En ce sens, José Manuel Restrepo est un provincial. Non pas parce qu'il ignore le monde, mais parce qu'il croit que le monde entier peut être compris à partir d'une seule grammaire. Sa province n'est pas géographique, mais épistémologique et mentale. Il habite une petite région de la pensée et la confond avec la totalité du réel. Il parle au nom de la complexité, mais réduit cette complexité à des indicateurs, des courbes, des bilans, des projections et des modèles. Tout ce qui n'entre pas dans ce cadre apparaît comme un retard, un romantisme, un sentimentalisme ou de l'ignorance.

    Aida – en tant que représentante d'une intelligence collective – peut évoluer entre différents mondes sans les réduire à un seul. Elle peut dialoguer avec l'économie sans se soumettre à celle-ci. Elle peut dialoguer avec la technique sans devoir pour autant attribuer à la technique une souveraineté absolue. Elle peut penser non seulement le pays, mais aussi la planète, car elle part d'une expérience politique qui ne sépare pas les humains des non-humains, la productivité de la vie, les infrastructures du territoire, le développement de la continuité du bien commun. Telle est sa véritable dimension cosmopolitique. Non pas celle de l'expert mondialisé qui répète les mêmes formules dans n'importe quelle capitale, mais celle de quelqu'un qui sait qu'un pays qui se considère comme démocratique ne peut se maintenir que grâce à une planification capable d'articuler de multiples rationalités sans rejeter d'emblée la valeur de l'une d'entre elles.

    Cette différence se manifeste à nouveau dans le type de conservatisme que chacun incarne. Celui du technocrate Restrepo est obsolète, prisonnier de catégories qui ne répondent pas aux défis du monde actuel ; il préserve une conception étroite de la nation, traite les citoyens comme une population à gérer et non comme des acteurs de la décision, et finit souvent par justifier des politiques qui sacrifient les droits, une vieillesse digne, la souveraineté et la nature au nom de l'efficacité. Quel genre de conservatisme est-ce donc qui considère les retraités comme une main-d'œuvre « exploitable » gaspillée, ou la terre comme une réserve exploitable par la fracturation hydraulique et à la disposition de puissances étrangères ? Plutôt que de préserver la patrie, il préserve la logique coloniale consistant à administrer le pays comme un butin, comme des protectorats et des provinces subordonnées.

    Aida Quilcué, en revanche, incarne un conservatisme d'un autre ordre. Elle défend la vie, la pluralité, les biens communs, la dignité des personnes âgées, la souveraineté des peuples et l'équilibre des territoires. Elle ne préserve pas le retard ; elle préserve au contraire ce qui permet d'envisager un avenir.

    Cela entraîne des conséquences politiques concrètes. Un gouvernement technocratique gère une nation comme s'il s'agissait d'une entreprise ; l'ontologie sur laquelle il s'appuie consiste à réduire le monde à un stock de marchandises et à un espace d'affaires. Il optimise les variables, supprime ce qui, selon lui, n'est pas rentable, finance ou retire son financement en fonction d'indicateurs abstraits et, ce faisant, privilégie l'existence d'une minorité. Un gouvernement qui s'appuie sur l'intelligence collective pose une autre question : comment construire un pays d'abondance où toutes les formes de savoir et de vie trouvent leur place ? La première approche génère efficacité et richesse pour certains. La seconde recherche activement la dignité et la prospérité pour tous.

    Le débat ne porte plus sur l'opposition entre technique et ignorance, ni entre modernité et tradition. Il s'agit désormais d'une confrontation entre deux visions de l'avenir. L'une continue de croire que l'intelligence se concentre au sommet, puis se répand sous forme de directives imposées à la société. L'autre comprend que l'avenir ne peut se construire qu'en reconnaissant la nature distribuée de l'intelligence, le rôle essentiel que joue en son sein l'écoute attentive et la force transformatrice qui émerge lorsque l'on favorise la pluralité des points de vue. Pourquoi les Colombiens ont-ils accepté que le dilemme consiste à juger si Quilcué avait réussi ou non l'examen du technocrate, plutôt que de se demander quelles propositions représentaient véritablement un progrès social ?

    Il y a deux mille ans, sur ces mêmes terres qui, il y a quelques mois, étaient inondées à La Mojana, un village a compris qu'on ne vainc pas l'eau, mais qu'il faut l'accompagner. Cette intelligence collective, qui répartit au lieu de concentrer, qui guide au lieu de contenir, est toujours présente. Il ne nous reste plus qu'à oser gouverner avec elle.

    Santiago Arcila & Juan Cortés

    [1] Au sens péjoratif : qui est excessivement attaché à la mentalité ou aux coutumes de sa province ; simple, rustre, borné, provincial.

    [2] Yuk Hui, Fragmenter l'avenir (Caja Negra, 2020) : la « technodiversité » signifie qu'il n'existe pas de technique universelle, mais de multiples « cosmo-techniques » liées à chaque cosmologie.

  • Partir seule, tracer sa route : ces livres féministes pour passer à l'acte

    Voyager seule, à pied ou à vélo, est profondément féministe. Réoccuper l'espace public est un geste politique fort d'émancipation, montrent ces autrices dans leurs écrits, autant de cris de rage contre le patriarcat qui met les femmes en cage.
    Longtemps, la marche et le vélo ont été racontés comme des aventures d'hommes. Infiniment moins connues, les femmes qui usèrent leurs semelles et fonds de pantalon contre la beauté et la rugosité du monde : Alexandra David-Néel, qui parcourut entre (…)

    Lire la suite - Info / Féminisme , Sélection culturelle
  • Greenland issues ‘strong warning’ as Trump-linked oil firm prepares to drill

    Island’s government says no approval given after Greenland Energy brings kit ashore for exploratory drilling

    An American oil company connected to Donald Trump is preparing to sink wells in remote Greenland despite not having received permission from the local authorities.

    As the US president renews his threats to claim the vast Arctic territory, materials to prepare for drilling were brought ashore in recent days on Greenland’s eastern coast.

    Continue reading...
  • À Guerlesquin, un couple d’éleveurs-fromagers face à une fermeture d’un mois jugée sévère

    Élevage caprin et bovin certifié biologique, la ferme de Trofalher, à Guerlesquin (29), a vu son activité stoppée durant un mois à la suite d'un contrôle inhabituel et ressenti comme brutal. Une situation qui illustre la difficulté des petits producteurs à composer avec la rigueur de normes pensées pour l'agro-industrie.

    L’article À Guerlesquin, un couple d’éleveurs-fromagers face à une fermeture d’un mois jugée sévère est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.

  • Des moutons contre les flammes : quand l’Espagne paie ses éleveurs pour prévenir les incendies

    En Andalousie, 100 000 chèvres et moutons pâturent dans des terrains à risque d’incendie pour réduire la végétation inflammable. © Cynthia Vanessa/Flickr

    En Andalousie, un cheptel très particulier parcourt les vastes plaines et monts du sud de l’Espagne. On les appelle ici les chèvres et moutons-pompiers. Ces bêtes ne portent pas l’attirail des soldats du feu, mais leur rôle dans la prévention des incendies est fondamental.

    Le bétail s’occupe en effet de brouter les zones coupe-feux dans les massifs forestiers, ces espaces peu arborés qui créent une discontinuité et freinent ainsi la propagation des brasiers. Concrètement, le pâturage peut réduire de 61 % en moyenne l’étendue de la surface brûlée et diminuer de moitié la vitesse de propagation des brasiers, selon une étude scientifique sur la prévention du feu dans les écosystèmes méditerranéens.

    Actuellement, environ 100 000 animaux conduits par quelque 200 berger·es pâturent près de 6 000 hectares de terrain à hauts risques. Le Réseau d’aires de pâturage coupe-feux d’Andalousie (Rapca) est actif depuis 2005 sous la houlette du gouvernement régional, avec l’appui scientifique du Conseil supérieur de la recherche scientifique (le CSIC, l’équivalent espagnol du CNRS).

    Le pâturage : une nécessité structurelle

    Peu connue du grand public, la solution est pourtant ancienne et son efficacité prouvée. Le pastoralisme et l’élevage extensif constituent une des pratiques les plus efficaces et les moins onéreuses pour réduire la végétation inflammable dans les forêts méditerranéennes et limiter ainsi le risque d’incendie, comme le confirme une enquête de la Société espagnole des sciences forestières (SECF) auprès de 69 chercheur·ses et professionnel·les du secteur.

    «Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»

    Il s’agit même d’une nécessité structurelle pour la plupart des forêts européennes. «Les herbivores et le feu sont les deux principaux consommateurs de la biomasse, explique Francisco Martín Azcárate, biologiste et écologue à l’Université autonome de Madrid. Mais, comme les grands herbivores sauvages [bisons, chevaux sauvages…, NDLR] ont disparu de notre continent, il faut absolument travailler avec leurs descendants domestiques : moutons, chèvres, chevaux…»

    «Même une société végétarienne devrait garder ces troupeaux, ne serait-ce que comme gestionnaires du milieu naturel, ajoute-t-il. Sans ces animaux, notre écosystème est dysfonctionnel et vulnérable aux incendies, aux maladies, aux pertes de biodiversité.»

    Retrouver un paysage mosaïque

    La région d’Estrémadure, à l’ouest de l’Espagne, a bien reçu le message. En 2015, quelque 8 000 hectares de la sierra de Gata, vastes monts recouverts de pins à la frontière avec le Portugal, partent en fumée. Un déclic pour le gouvernement régional, qui réagit en lançant un an plus tard le projet Mosaico, en collaboration avec l’université d’Estrémadure.

    Le programme repose sur le concept de «coupe-feu productif». Des parcelles à hauts risques d’incendie sont confiées à des agriculteur·ices ou éleveur·ses qui les exploitent et les débroussaillent, éliminant ainsi «une grande partie de la biomasse combustible», retrace Fernando Pulido, biologiste à l’université d’Estrémadure et responsable du projet Mosaico. L’avantage est double : un coupe-feu à moindre coût, et qui maintient une activité locale et durable.

    «Il ne s’agit pas d’abattre la forêt mais d’intervenir sur les zones les plus vulnérables, de façon presque chirurgicale, afin de créer suffisamment de discontinuité pour empêcher le feu de tout dévorer en quelques jours», précise l’expert en prévention des incendies.

    Ce sont les chercheur·ses qui déterminent où et comment. L’objectif final : recréer un «paysage en mosaïque», où 20 à 30% de la surface forestière est occupée par de l’élevage, des cultures végétales (notamment des oliveraies) ou une sylviculture peu inflammable. En onze ans, 120 coupe-feux productifs sont nés sur environ 12 000 des 110 000 hectares du territoire concerné, pour une réduction estimée à 15% de la taille théorique des grands incendies.

    Endiguer l’abandon rural

    Si la plupart de ces initiatives voient dans l’agriculture extensive la solution, c’est aussi parce qu’elles identifient le dépeuplement rural comme une des causes principales de l’aggravation des incendies. «C’est le premier facteur déclencheur, qui permet à la végétation de croître sans contrôle, sans aucun animal ni être humain pour débroussailler. Le nier, c’est mentir et permettre aux responsables politiques de se dédouaner de leur responsabilité», dénonce Fernando Pulido.

    Un constat partagé par Eduard Pla, écologue à l’Université autonome de Barcelone : «La plupart de nos forêts vulnérables sont les plus jeunes, celles qui sont apparues là où l’agriculture a disparu au cours des dernières décennies», détaille cet expert des effets du changement climatique sur les écosystèmes forestiers.

    Reste à ne pas idéaliser le passé. L’Espagne d’antan était certes plus exploitée par le monde paysan, mais pas toujours en faveur des écosystèmes. En effet, la surface forestière a dégringolé jusqu’à atteindre son minimum historique dans la première moitié du 20ème siècle, avant de repousser avec l’exode des campagnes.

    Aucun des chercheurs consultés ne minimise pour autant l’effet indéniable du réchauffement climatique : il «assèche la biomasse combustible» et la rend plus inflammable, «multiplie les phénomènes météorologiques extrêmes» et pousse les écosystèmes dans leurs derniers retranchements.

    Financer et encadrer le pastoralisme

    Les programmes ibériques veulent rompre avec la surexploitation du vivant en relançant les usages traditionnels de faible intensité et aux bénéfices éprouvés, dont la transhumance, c’est-à-dire le déplacement saisonnier des troupeaux d’un pâturage à un autre. Une pratique ancestrale pratiquée dans une partie de l’Europe et reconnue par l’Unesco depuis 2023.

    «Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt. Il suffit de l’adapter au contexte local.»

    L’Union européenne finance une partie de ces projets, notamment à travers la Politique agricole commune (PAC) ou le programme LIFE. En avril, l’Andalousie a approuvé une nouvelle série d’aides financières visant à promouvoir le sylvopastoralisme pour la prévention des incendies, dans la lignée du programme Rapca.

    En Estrémadure, Mosaico continue de grandir. L’année dernière, une partie du Portugal a rejoint le réseau désormais composé de treize territoires ibériques. Des chercheurs néerlandais et californiens sont même venus étudier le modèle sur place, preuve qu’il inspire. «Le concept de paysage mosaïque est applicable à n’importe quel territoire confronté aux feux de forêt, assure Fernando Pulido. Il suffit de l’adapter au contexte local.»

    Les chercheur·ses déplorent toutefois un manque de moyens financiers et «l’absence d’un véritable cadre législatif», comme le regrette Fernando Pulido. Seuls 30 à 40% des coupe-feux productifs proposés aboutissent, selon le responsable de Mosaico. Reçu au Congrès des députés (l’équivalent espagnol de l’Assemblée nationale) à l’automne 2025, aucune de ses suggestions n’a abouti. Les moutons-pompiers n’éteindront pas les incendies, mais ils sont déjà l’un des outils les plus sobres pour les prévenir. Encore faut-il y mettre les moyens.

  • Des data centers dans l'espace : la nouvelle lubie désastreuse d'Elon Musk et Jeff Bezos

    Face à l'explosion des besoins de l'intelligence artificielle, les géants de la tech rêvent de voir des data centers dans l'espace. Une promesse spectaculaire, freinée par des coûts vertigineux, des impasses techniques et des risques environnementaux.
    Après les réseaux sociaux et les prétoires, la rivalité entre Elon Musk et Sam Altman s'envole dans l'espace. Aux messages du patron de X et SpaceX le traitant d'escroc au lendemain du dépôt d'une plainte par Apple pour vol de secrets (…)

    Lire la suite - Info / Numérique , Sciences
  • Ephéméride des luttes : 8 août

    Aujourd'hui 8 août, la journée de l'éphéméride des luttes est rythmée au son des explosions, de poudre et de rage. Et c'est l'insurrection à Marseille, aussi, sachez-le. Souvenez-vous du camarade Gaston.

    1870 : A Marseille, face à la situation désastreuse du pays, un mouvement insurrectionnel, avec à sa tête le radical Gaston Crémieux, tente en vain de proclamer la République et d'instaurer une Commune révolutionnaire. Mais le mouvement est rapidement maté et Crémieux est arrêté le lendemain et déféré devant un conseil de guerre. Il faudra attendre le 23 mars 1871 pour qu'une véritable Commune révolutionaire soit effective.

    1879 : Naissance d'Emiliano Zapata, révolutionnaire mexicain.

    1897 : Assassinat par l'anarchiste Michele Angiolillo du président du Conseil espagnol Antonio Cánovas del Castillo pour venger les condamnés du procès de Montjuïc du 4 mai.

    1924 : A Montevideo en Uruguay, parution du premier numéro du journal anarchiste "Ahora" ('Maintenant').

    1927 : A Montevideo, une bombe de forte puissance explose dans le dépôt principal de la West Oil India Company, dans le cadre de la campagne de soutien aux anarchistes Italiens Sacco et Vanzetti, qui risquent la condamnation à mort aux Etats-Unis.

    1963 : Au Royaume-Uni, une bande de quinze braqueurs attaque le train Londres-Glasgow et parvient à s'enfuir avec 2,6 millions de livres sterling en billets.

    1969 : - En Italie, des bombes de faible puissance explosent dans huit trains différents. C'est le début de la stratégie de la tension orchestrée par les groupes néofascistes et les services secrets.

    • Le même jour, les Beatles prennent leur fameuse photo d'Abbey Road.

    1974 : Démission du président des Etats-Unis Richard Nixon suite au scandale du Watergate.

    1977 : - A Montpellier, le groupe 'Les rescapés de Malville' attaque les locaux d'EDF à l'explosif : « Tandis que les centrales nucléaires déversent quotidiennement leur poison mortel, à Malville le capital n'a pas hésité à recourir à l'assassinat et à l'emprisonnement pour désamorcer un mouvement de refus qui échappe de plus en plus au contrôle des partis. […] Si nous avons plastiqué EDF au moment où les syndicats s'élèvent contre les dégradations commises contre ce 'service public', c'est que pour nous EDF est le support idéologique et technique de l'État dans l'implantation des centrales nucléaires. Liberté pour tous les prisonniers ».
    Reproduit dans La Canaille à Golfech, mutines séditions, Paris, 2013, p.128-129.

    • A Turin, des bâtons de dynamite sont jetés dans un commissariat de police par une fenêtre.
    • A Lucca en Toscane, le groupe 'Lotta Armata per il Comunismo' fait sauter une puissante charge explosive contre les répétiteurs de TV, coupant le réseau de la région.

    1981 : En Irlande du Nord, mort d'un neuvième gréviste de la faim de l'IRA, Thomas McElwee, après 62 jours. C'est aussi le dixième anniversaire des mesures d'internement total, ce qui provoque des émeutes dans plusieurs zones républicaines du pays. Trois personnes meurent au cours de ces affrontements.

    1983 : A Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, attaque contre l'entreprise Culetto qui perdra 25 camions, des bulldozers, des pelles mécaniques, une centrale mobile à béton et un hangar de 1200m², ainsi que contre la centrale à béton de Spie batignolles juste un peu plus loin. Le Mouvement AntiNucléaire (MAN) revendique les sabotages et offrira une interview au journal clandestin 'Toulouse la Canaille' pour expliquer un peu le pourquoi du comment.

    1985 : A Francfort, attaque de la guérilla ouest-européenne contre une base américaine de l'US Air Force. Revendiquée par le commando 'George Jackson' d'un groupe mixte d'Action Directe et de la Fraction Armée Rouge. Deux soldats sont tués et plus d'un million de marks de dégâts sont commis.

    1994 : A Crossgar en Irlande du Nord, l'IRA abat un officier des troupes royales irlandaises.

    1998 : En Angleterre, le Front de Libération Animale (ALF) libère 10% des visons en captivité das le pays, c'est-à-dire 6000.

    1999 : En Irlande du Nord, la Irish National Liberation Army (INLA) annonce le cessez-le-feu. C'est l'une des premières tendances de l'IRA à abandonner les armes.

    Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 8 août, riche de biographies.

  • Trump Tyranny Tracker | Day 563: Aug 5, 2026

    The seal of the U.S. Department of Homeland Security is displayed outside the headquarters of the Federal Emergency Management Agency, July 25, 2026 in Washington. Kevin Carter/Getty Images

    Share

    Welcome to today’s Trump Tyranny Tracker…

    Trump’s regime is going after protesters’ Signal chats, protecting Trump and his family from potentially massive tax liabilities, and establishing unprecedented FBI ties with Russia and China.

    Today at a Glance

    • ICE threatens elected sheriffs with prosecution for refusing to cooperate with Trump’s deportation campaign.

    • Federal judges face escalating threats after ruling against Trump.

    • Trump’s National Guard deployment in Washington is projected to cost taxpayers $1.4 billion.

    What We Need to Pay Attention To

    DHS Wants Protesters’ Signal Group Chats

    What Happened: DHS is demanding access to private Signal group chats used by protesters who sued the government for violating their free speech rights. The agency is seeking the encrypted messages as part of the lawsuit.

    Why It Matters: Protesters sued the government for suppressing their speech, and now the government is using that lawsuit to go after their private conversations. It is another way to identify, track, and intimidate people organizing against Trump’s extreme agenda.

    Source: WIRED

    Corruption

    Trump Seeks a Boost for Hemp That Would Benefit a Top Aide’s Family

    What Happened: The White House pressured senators to delay new restrictions on hemp products, inserting the change into a must pass spending bill. The industry lobbying campaign was led in part by the son-in-law of Trump chief of staff Susie Wiles, whose companies sell hemp gummies and vapes.

    Why It Matters: This is what corruption looks like: people close to power using government influence and policy in ways to financially benefit their families and allies.

    Source: New York Times

    Freedom 250 Sponsors Failed to Disclose Donations — A Potential Lobbying Law Violation

    What Happened: Major corporations that lobby the federal government gave millions to Trump-chaired Freedom 250 but failed to disclose the donations as potentially required by federal lobbying law. Only three of nearly two dozen corporate sponsors reported their contributions. ExxonMobil, Oracle, and several defense contractors did not.

    Why It Matters: Corporations with business before Trump’s government are giving millions to an organization he chairs while failing to disclose the money. It creates another hidden pipeline for companies seeking access and favorable treatment from Trump to funnel money.

    Source: NOTUS

    Power Consolidation

    Todd Blanche Kept Trump’s Tax Audit Shield. It Could Erase a $100 Million IRS Bill

    What Happened: Todd Blanche, Trump’s former personal lawyer, is keeping a settlement provision shielding Trump, his sons, and the Trump Organization from IRS audits of returns filed before May 19. The protection would prevent the IRS from pursuing more than $100 million in potential back taxes and penalties.

    Why It Matters: Trump put loyalists in key government positions, and now he is benefiting from it. His former personal lawyer is running DOJ while preserving a deal that would save Trump and his family more than $100 million and shield them from investigations.

    Source: TIME

    Weaponization of Institutions

    The SEC Bought Airline Data to Monitor Flights Worldwide

    What Happened: The SEC purchased access to more than a billion airline ticketing records covering travel in the U.S. and around the world. The data included passengers’ names, itineraries, flight details, and credit card information and was likely obtained without warrants.

    Why It Matters: Federal agencies are buying enormous amounts of sensitive information about Americans without getting a warrant. It is another tool for a growing surveillance state that can track people while bypassing basic privacy protections.

    Source: 404 Media

    ICE Threatens Sheriffs With Prosecution Over Access to Inmates

    What Happened: ICE threatened the elected sheriffs of Minneapolis and Chicago with federal witness tampering charges for refusing to give immigration agents broad access to inmates without judicial warrants. Federal courts have already ruled that state and local governments cannot be forced to help enforce federal immigration law.

    Why It Matters: Trump is using the threat of federal prosecution to force elected officials to carry out his agenda. Turning law enforcement into a weapon for compelling obedience is a hallmark of authoritarian regime.

    Source: New York Times

    Subscribe now

    Media Suppression & Authoritarian Tactics

    This federal judge ruled against Trump. Then the threats began.

    What Happened: Federal judges who ruled against Trump are facing escalating threats. Judge John McConnell received credible death threats and a delivery invoking the murdered son of another federal judge after blocking Trump’s federal funding freeze. All three judges on his Rhode Island court have received threats tied to rulings against Trump cases.

    Why It Matters: Trump and his officials repeatedly attack judges who rule against them, calling them “monsters,” “lunatics,” and illegitimate. This intimidation is meant to make judges fear the consequences of enforcing the law.

    Source: The Washington Post

    Human & Civil Rights Abuses

    Trump’s immigration crackdown has detained more than 50 military spouses and parents

    What Happened: More than 50 parents and spouses of active duty U.S. service members have been detained since Trump returned to office, with at least six deported. Trump ended longstanding protections that shielded immediate military family members from detention and deportation.

    Why It Matters: Trump’s mass deportation campaign is separating the families of Americans serving in the military. Some service members have been forced to take leave, delay deployments, or care for children alone because their family members were detained or deported.

    Source: Associated Press

    Heat Is Killing Texas Prisoners, and State Leaders Won’t Shell Out for AC

    What Happened: A federal judge found that roughly 134,500 people in Texas prisons face a substantial risk of serious harm from extreme heat, with some cells exceeding 110 degrees. The judge called the system for deciding who gets an air conditioned bed “arbitrary, inadequate, and ineffective,” while Texas continues fighting efforts to require safer conditions.

    Source: Mother Jones

    Legal aid groups alarmed as Trump administration awards $150M migrant child contract to Texas firm

    What Happened: Trump officials awarded a $150 million no-bid contract to a small Texas law firm to provide legal services to unaccompanied migrant children in government shelters. Only two of its 25 listed lawyers claim relevant immigration experience, while its founder served in Trump’s first term and several attorneys have ties to Trump or conservative causes.

    Why It Matters: Trump officials handed $150 million meant to protect children facing deportation to a politically connected firm with almost no immigration experience. The children will get worse representation while people connected to Trump got a massive government contract.

    Source: Associated Press

    ICE begins outfitting Haitian immigrants with ankle monitors, attorneys say

    What Happened: ICE has begun summoning Haitian immigrants in Ohio to check-ins, arresting them, fitting them with ankle monitors, and ordering them not to travel more than 75 miles from home. About 50 Haitians with temporary protected status were called in Friday, as Trump moves to strip protections from roughly 350,000 Haitians.

    Source: The Washington Post

    Government Disruption

    Moldy showers and no soap: Military families are outraged by conditions on USS Lincoln

    What Happened: Sailors and Marines aboard the USS Abraham Lincoln are reportedly dealing with severe exhaustion, food and supply shortages, moldy showers, broken laundry facilities, and periods without hot water as the carrier enters its ninth month at sea and fifth straight month of combat operations against Iran. The crew has had only two days off the ship since deploying in November.

    Why It Matters: Trump’s prolonged Iran war is pushing U.S. service members to the breaking point. Exhausted crews operating for months with almost no time off creates dangerous conditions where mistakes can become deadly.

    Source: MS NOW

    Government watchdog still can’t identify who all worked for DOGE

    What Happened: More than a year after DOGE swept through the federal government, GAO still cannot determine everyone who worked for it or whether they followed ethics requirements. It identified 206 DOGE operatives in the Executive Office of the President, but 10 of 25 agencies failed to provide requested information and others could not produce ethics training or financial disclosure records.

    Why It Matters: DOGE operatives were given extraordinary access to government agencies, systems, and sensitive information, and more than a year later we still don’t know who all of them were or whether they followed basic ethics rules. You cannot hold people accountable when the government cannot even identify them.

    Source: The Washington Post

    National Guard’s Washington DC Deployment Will Cost $1.4 Billion by 2029: DOD

    What Happened: The Pentagon estimates Trump’s National Guard deployment in Washington will cost taxpayers roughly $1.4 billion if it continues through January 2029. About 4,600 troops are currently deployed, and Trump has ordered them to remain through the end of his term.

    Source: Military.com

    Imperial & Geopolitical Watch

    Proposed Hormuz deal would give Iran control of inbound traffic, sources say

    What Happened: A proposed deal to reopen the Strait of Hormuz would give Iran control over ships entering the Gulf and potentially allow Tehran to collect fees on their cargo. The proposal would be a major concession after five months of war, despite Trump previously insisting Iran would never be allowed to control the waterway.

    Why It Matters: Trump started this war demanding Iran’s “unconditional surrender.” Five months later, Iran has more control over one of the most important shipping routes than it had before the war.

    Source: Reuters

    Yemen’s Houthis Say They’ll Target Tankers in Northern Red Sea

    What Happened: Iran-backed Houthis said they will target Saudi oil tankers in the northern Red Sea after Saudi Arabia diverted ships away from the Bab el-Mandeb. With the Iran war already restricting shipping through the Strait of Hormuz, the threat puts one of Saudi Arabia’s main alternative oil export routes at risk.

    Source: Bloomberg

    Washington holds up approval for France’s US ambassador pick amid human rights spat

    What Happened: The State Department is delaying approval of France’s incoming ambassador to D.C. after French diplomats criticized the U.S. for siding with Russia and North Korea against renewing the U.N. human rights chief’s mandate.

    Why It Matters: Trump officials are retaliating against a longtime U.S. ally for criticizing a U.S. decision to side with Russia and North Korea on human rights. They are using diplomatic power to punish an ally for publicly disagreeing with them.

    Source: Politico EU

    Far-Right & Russian Influence Watch

    Under Patel, FBI forges unprecedented law enforcement ties with China, Russia

    What Happened: Kash Patel has established unprecedented law enforcement ties with China and Russia, including intelligence sharing and monthly personnel exchanges with China’s Ministry of Public Security. Chinese officials have visited multiple FBI facilities, FBI agents have traveled to China, and Patel is planning a similar trip to Russia in October.

    Why It Matters: The FBI is opening its personnel, facilities, and investigative information to Russia and China, two of America’s most aggressive intelligence adversaries. These are the same governments whose espionage and influence operations the FBI is supposed to protect the country from.

    Source: Reuters

    No Russian ballistic missiles shot down by Ukraine in night of attacks that killed 17

    What Happened: Russia fired more than two dozen missiles at Kyiv and surrounding areas overnight, killing at least 17 people and wounding dozens. Ukraine failed to intercept any of the ballistic missiles as its supply of air-defense interceptors runs dangerously low.

    Why It Matters: Ukraine has been begging for more interceptors to protect its cities from Russian ballistic missiles. Those missiles are now getting through, and Ukrainians are being killed because the air defenses needed to stop them are running out.

    Source: CNN

    Economic News

    Private-Sector Hiring Missed Expectations in July, ADP Report Says

    What Happened: U.S. private employers added just 44,000 jobs in July, well below the 75,000 economists expected and down from 95,000 in June. Leisure and hospitality lost 11,000 jobs.

    Source: Wall Street Journal

    Resistance

    Check out 50501 for local and nationwide events…

    Source: 50501

    Judge ‘reluctantly’ tosses Oath Keepers’ Jan. 6 cases despite their ‘unearned grace’

    What Happened: Judge Amit Mehta “reluctantly” dismissed the final eight Jan. 6 cases against Oath Keepers leader Stewart Rhodes and other members after Trump’s Justice Department moved to drop the charges. Mehta said the decision gives them “unearned grace” and closes the last prosecutions seeking accountability for the attack on the Capitol.

    Source: MS NOW

    By the Numbers

    • $1.4 billion — Projected cost of keeping Trump’s National Guard deployment in Washington through January 2029.

    • $150 million — No-bid contract awarded to a politically connected Texas law firm to represent unaccompanied migrant children

    • $100 million+ — Potential back taxes and penalties Trump and his family could avoid under the tax audit shield preserved by Todd Blanche.

    • 1 billion+ — Airline ticketing records the SEC purchased access to, including passengers’ names, travel histories, and credit card info.

    • 350,000 — Haitians who could lose temporary protected status as ICE begins arresting and placing ankle monitors on them.

    • 134,500 — People in Texas prisons facing a substantial risk of serious harm from extreme heat.

    • 4,600 — National Guard troops currently deployed in D.C.

    • 206 — DOGE operatives GAO identified in the Executive Office of the President, despite still being unable to determine everyone who worked for DOGE.

    • 50+ — Parents and spouses of active-duty U.S. service members detained under Trump’s immigration crackdown.

    • 17 — People killed in Russia’s latest missile attack on Kyiv and surrounding areas as Ukraine couldn’t intercept any of the ballistic missiles.

    • 8 — Final Jan. 6 cases against Oath Keepers insurrectionists dismissed after Trump’s DOJ moved to drop the charges.

    What to Watch Next

    DHS is trying to gain access to protesters’ private Signal conversations — How far will federal agencies go to identify and track people organizing against Trump?

    Kash Patel is opening unprecedented FBI relationships with Russia and China — How much access will these adversaries get to the FBI?

    ICE is threatening elected sheriffs with felony prosecution — Will DOJ follow through and prosecute local officials for exercising rights upheld by federal courts?

    Trump and his family remain protected from IRS audits that could expose them to more than $100 million in taxes and penalties — Will the tax shield preserved by Todd Blanche remain in place?

    Trump’s Iran war is spreading from the Strait of Hormuz into the Red Sea and threatening more of the region’s oil routes — How much further will the fallout spread?

    Key Takeaways

    Rising Costs — Higher oil prices, new tariff threats, and growing trade tensions are pushing up the cost of groceries and other everyday essentials.

    Surveillance State — From DHS demanding protesters’ private Signal chats to federal agencies buying databases of Americans’ travel and financial information, government surveillance is expanding.

    Personal Protection — Trump’s former personal lawyer is preserving a government deal that will save Trump and his family more than $100 million in taxes and penalties.

    Federal Intimidation — ICE is threatening elected sheriffs with felony charges while judges who rule against Trump face escalating threats.

    Adversaries Welcomed — Kash Patel is opening unprecedented FBI relationships with Russia and China, including intelligence sharing and personnel exchanges with China and an upcoming trip to Russia.

    Call to Action

    Document Everything: Document purges, corruption, and power grabs. Share credible information with journalists, watchdogs, and legal experts. Silence enables authoritarianism—see something, say something.

    Defend Press Freedom: Support independent journalism by subscribing to and sharing reporting that challenges Trump’s power grab.

    Contact Lawmakers: Demand accountability for Trump’s unchecked power and war on oversight.

    Mobilize for Action: Organize or join legal efforts and resistance movements to protect democracy and human and civil rights.

    Thanks for reading the Trump Tyranny Tracker. Stay tuned for more updates.

    Leave a comment

  • The Roberts Majority Restructured Government


    Posts in this series

    In June SCOTUS decided two cases, Trump v. Slaughter and Trump v. Cook, on the power of the president to fire members of independent agencies despite tenure protections enacted by Congress. Roberts was joined by the usual five in Slaughter, but in Cook, the majority is the three Democratic appointees, Roberts and Kavanaugh. The cases are irreconcilable. In Slaughter, the Court said that Trump can fire anyone who works for any agencies without cause.

    /When an agency “executes” a congressional mandate against private parties, it exercises executive power—no ifs, ands, or quasis about it.

    Cook holds that Governors of the Federal Reserve Board can be fired only for cause after notice and a hearing, ignoring the holding in Slaughter, or perhaps reserving it for a later date, on the hypocritical grounds that the Solicitor General waived the Constitutional issue decided in Slaughter.

    Slaughter is a case about the Federal Trade Commission, which has rule-maaking authority, the power to impose fines and the power to litigate. The Board of Governor of the Fed has broad regulatory authority over the US banking system, including the power to set monetary policy and to make and enforce rules about reserves. The Humphrey-Hawkins Full Employment Act  requires the Fed to set US monetary policy so as to minimize inflation and push towards full employment. Doing so requires enforcing a congressional mandate against private parties by forcing privately-owned banks to increase reserves.

    Roberts doesn’t mention the Cook case in his Slaughter opinion, and doesn’t mention Slaughter in his Cook opinion. This article by Lev Menand is a thorough debunking of Roberts’ shoddy reasoning and poor judgment. Menand explains the history and tradition analysis seemingly adopted by Roberts which is similar to that in the absurd Bruen case. Roberts’ version of history and tradition are barely recognizable to people like Menand who know actual history.

    Stare decisis and reliance

    Slaughter overturns the decision in Humphrey’s Executor v. US. which held that the president could not remove commissioners of the FTC except as permitted by the law creating the agency. Both before and after it was decided, Congress created a number of agencies which are shielded from presidential attack. Roberts deals with those under the heading of reliance. But reliance is just one of the factors used to decide whether a case should be overruled, rather than modified or left alone under the rule of stare decisis.

    Stare decisis is the principle that prior decisions should be followed. It’s a fundamental principle in the development of the Common Law, which is the basis for our legal system. In their confirmation hearings, Alito, Gorsuch, Kavanaugh, and Barrett all testified that they accepted stare decisis as a principle governing their jurisprudence. I assume Roberts accepts it, and am less sure about Thomas. Barrett articulated her views about stare decisis and originalism in this article:

    The claim that the original public meaning of constitutional text constitutes law is in some tension with the doctrine of stare decisis. Stare decisis is a sensible rule because, among other things, it protects the reliance interests of those who have structured their affairs in accordance with the Court’s existing cases. But what happens when precedent conflicts with the original meaning of the text?

    Whatever they told Senators didn’t hold up well in practice. Stare decisis just doesn’t matter to these six in politically charged cases. Cook and Slaughter are two examples, but perhaps the best known is Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, the case that overruled Roe v. Wade. Alito wrote:

    In this case, five factors weigh strongly in favor of overruling Roe and Casey: the nature of their error, the quality of their reasoning, the “workability” of the rules they imposed on the country, their disruptive effect on other areas of the law, and the absence of concrete reliance.

    The words that follow are merely the substitution of Alito’s opinion for Harry Blackmun’s. Alito doesn’t like the reasoning, thinks it is founded on a serious “error”, thinks the rule is not workable, and misstates the nature of the last two factors. It’s a simple case of changes in members of SCOTUS producing changes in outcomes, a raw exercise of power.

    Roberts doesn’t address any of Alito’s first four factors as such. He says it was always a problematic case.He claims Humphrey’s Executor was wrong, on the grounds that the Constitution vests the executive power of the government in the president. That must, he claims, includes the power to fire people at will. He doesn’t explain why. He merely substitutes his pet theory of the unitary executive for two centuries of contrary and more nuanced cases. He says it’s out of step with other decisions, without mentioning that almost all of those decisions are grounded in the unitary executive theory. He doesn’t admit that the unitary executive nonsense was generated by the Federalist Society in the early 1980s.

    Roberts says that appellee Slaughter’s reliance argument is based on the creation of agencies with leaders with protected tenure after Humphrey’s Executor. He claims that the rationale for that reliance is false. That fails to account for the fact that many agencies were created with this protection starting with the founding, as Menand shows. Congress didn’t have to explain its decisions to SCOTUS back then. He claims that this protected tenure gives Congress too much power, which is bad.

    The underlying dangers

    What happened here is that the notion of “reliance” is limited to the bare act of legislating. In the same way, in Dobbs Alito says reliance applies only a tiny number of women pregnant at the date of the opinion. Wpmen who might become pregnant later can’t rely on Roe v. Wade. That’s part of what’s really wrong in both cases. In Dobbs, the issue isn’t any specific woman’s right to control her body. The liberty acknowledged in Roe v. Wade is foundational to the way women participate in our society, and therefore we all rely on it. After Dobbs women’s ability to participate fully in our society was disrupted, and their health was endangered, as was predicted. Here’s a small example: many parents urge their daughters not to attend the college of their choice if it’s in an anti-woman state.

    In the same way, allowing the president to fire people for no reason radically restructures the way our government has worked for centuries. Among other things, it means that we have no continuity in many crucial areas such as climate change and labor conditions. It means that the president can use the power of those agencies for personal gain and for punishing his perceived enemies, all without any accountability thanks to the obscene decision in Trump v. US.

    Worse, Roberts doesn’t even ask himself if the tenure clause is integral to the statutory scheme. Would Congress have created the FTC or the EPA the same way if it weren’t for Humphrey’s Executor? Why doesn’t the loss of protected tenure mean that the entire statute is unconstitutional? Obviously that would be insanely disruptive, so Roberts is afraid to try to explain.

    Perhaps the worst problem is the reality check. It’s bad enough that the Roberts majority has changed the balance of power and reshaped our government to suit their personal preference. But to give the power to Trump is dangerous to the nation and the world. It’s a crime against democracy.

    Impeach all six.

    The post The Roberts Majority Restructured Government appeared first on emptywheel.

  • « Un magnétiseur est tout aussi moderne qu'un médecin »

    Longtemps tenu pour un vestige archaïque que la science devait dissiper, le magnétisme suscite aujourd'hui une curiosité renouvelée. Et si, face à l'inflammation généralisée du monde moderne, on avait besoin de coupeurs de feu ? Dans Le Retour du monde magique1, la sociologue Fanny Charrasse explore cette pratique de soin moins anachronique qu'elle n'y paraît.

    C'est quoi le magnétisme ?

    « En tant que sociologue, j'ai choisi de retenir la définition qu'en donnent ceux qui le pratiquent. Pour eux, il s'agit d'un soin énergétique : un art de soigner par l'énergie, une entité invisible dont les magnétiseurs disent ressentir la présence, mais qu'ils décrivent souvent comme subtile, évanescente. Il existe différents styles de magnétisme. Presque tous les magnétiseurs commencent par “couper” le feu, c'est-à-dire soulager les brûlures. Puis ils élargissent progressivement leur champ d'intervention : zona, psoriasis, eczéma, verrues... La démarche est souvent expérimentale : lorsqu'un patient demande si le magnétisme peut arranger son problème, la réponse est d'essayer. Enfin, certains magnétiseurs proposent d'intervenir sur des douleurs articulaires, chroniques, parfois même sur des formes de dépression. »

    À vous lire, on a le sentiment que les magnétiseurs de ville sont plus souvent sollicités pour des troubles liés à la santé mentale, tandis qu'en milieu rural, ils semblent surtout intervenir sur des douleurs physiques.

    « La différence entre ville et campagne ne tient pas tant à la nature du magnétisme pratiqué qu'à la place qu'il occupe dans le parcours de soin. Dans les territoires ruraux marqués par la désertification médicale, le magnétiseur est souvent plus disponible. Les demandes qui lui sont adressées sont donc très diverses : douleurs articulaires, musculaires, brûlures, problèmes de peau, fatigue, etc. Tout ou presque peut être amené en consultation. À Paris, en revanche, les magnétiseurs sont souvent sollicités lorsque la médecine conventionnelle n'a pas apporté de réponse satisfaisante, ou bien en complément d'un parcours médical déjà engagé. »

    Un motif revient dans tous les récits que vous confient les magnétiseurs : ce que vous nommez « l'expérience énigmatique ». De quoi s'agit-il ?

    « Je peux citer l'exemple de cette inspectrice qualité qui, après avoir vécu un événement traumatique, raconte avoir vu apparaître des “ êtres tout lumineux”. Sa première réaction a été de penser qu'elle était folle. Cet événement est devenu fondateur dans sa trajectoire de magnétiseuse. Car la question qu'il soulève est vertigineuse : ces “êtres lumineux” existent-ils “vraiment”, c'est-à-dire indépendamment d'elle ? Ou bien s'agit-il d'une simple hallucination ?

    « Les magnétiseurs que j'ai croisés posent une question naturaliste »

    C'est précisément pour cela que je parle d'“expérience énigmatique” : elle met à l'épreuve la conception de la réalité propre à notre socialisation occidentale. La question de cette femme montre à quel point nous avons tendance à opposer deux régimes d'explication : soit quelque chose existe objectivement, dans le monde, soit il ne s'agit que d'un phénomène intérieur, psychique. »

    Vous mobilisez Philippe Descola et son concept de « naturalisme ». En quoi cette notion vous aide-t-elle à comprendre la manière dont le magnétisme est socialement perçu ?

    « Au cours de son enquête auprès des Achuar d'Amazonie, Descola observe que ceux-ci attribuent aux animaux une capacité de penser semblable aux humains. À partir de là, il définit l'animisme : une manière de composer le monde dans laquelle les non-humains ont une âme semblable à celle des humains, mais s'en distinguent par leurs corps “de plumes, de poils, d'écailles ou d'écorce”. Il remarque alors qu'en Occident, le rapport entre humains et non-humains se construit à l'inverse. On considère que l'on partage avec les animaux une même biologie : c'est pour cette raison qu'on fait des tests en laboratoire sur des souris, par exemple. Mais on estime qu'on se distingue des animaux par notre réflexivité, notre conscience. Descola nomme cela le “naturalisme”.

    Lorsque les magnétiseurs que j'ai croisés se demandent si les esprits, ou les “êtres tout lumineux” existent vraiment, ou si c'est le fruit de leur imagination, ils posent une question naturaliste. Ils cherchent à savoir si ces êtres existent “dans la nature”, comme existent les corps humains ou animaux. S'ils n'existent pas de cette manière, alors ils sont renvoyés du côté de la folie ou de la croyance. En gros, soit les esprits existent objectivement, indépendamment de l'individu qui les perçoit ; soit ils ne sont que le produit d'une subjectivité, d'un trouble psychique ou d'une appartenance culturelle. »

    Descola semble faire du naturalisme une caractéristique de la modernité. Est-ce votre cas ?

    « Dire que les modernes sont les naturalistes, c'est risquer de renvoyer le magnétisme du côté de la tradition, comme s'il appartenait au passé. Or, nous sommes tous contemporains ! À ce titre, un magnétiseur est tout aussi moderne qu'un médecin, qui est lui-même tout aussi moderne qu'un chaman. Tous habitent le même temps historique.

    On peut toutefois parler de “conflit de modernité”. Le sociologue Ulrich Beck évoque une “modernité simple”, qui correspond à la modernité industrielle : celle du progrès technique, de l'expansion capitaliste et de la confiance dans la science. Et de “modernité réflexive”, qui apparaît lorsque les sociétés modernes commencent à interroger leurs contradictions : les dégâts écologiques, les impasses du productivisme ou les limites de la médecine. Il s'agit d'un conflit entre ces deux mouvements de la modernité. L'intégration de pratiques dites “ancestrales” dans le système de soin n'est donc pas un retour en arrière, elle s'inscrit, au contraire, dans la poursuite du processus de modernisation. Le magnétisme peut être compris comme une pratique de la modernité réflexive : non pas comme une survivance archaïque, mais comme une manière d'interroger les excès de l'industrialisation et les effets iatrogènes de certaines pratiques médicales. »

    Cela dit, pour que le magnétisme soit accepté dans la modernité, vous expliquez qu'il a d'abord dû se débarrasser de ses aspects magico-traditionnels…

    « Pour comprendre la trajectoire du magnétisme, il faut revenir sur son histoire. C'est le médecin et philosophe viennois Franz Anton Mesmer qui importe la pratique en France à la fin du XVIIIe siècle. Très vite, le magnétisme suscite l'engouement, notamment dans les milieux aristocratiques. Louis XVI décide donc de réunir deux commissions chargées d'évaluer son efficacité. Leur verdict : le magnétisme ne serait que “chimère et imagination”, alors même que certains commissaires admettent en avoir éprouvé les effets.

    À l'époque, la médecine est en train de définir son territoire légitime d'intervention. Or, en affirmant que les effets du magnétisme relèvent de l'imagination, elle ne dit pas simplement que cette pratique est inefficace. Elle dit aussi, implicitement, que les pouvoirs potentiellement thérapeutiques de l'imagination ne l'intéressent pas.

    À partir de là, le magnétisme va être réprimé. Et avec la création de l'Ordre des médecins sous le régime de Vichy, les sanctions sont de plus en plus lourdes. Cette répression pousse les magnétiseurs à se professionnaliser. En 1951, ceux-ci créent une association pour échapper aux poursuites qu'ils jugent injustes. Ils consultent des avocats, qui leur expliquent que le risque est double. D'abord, s'ils prétendent se substituer aux médecins ou promettre la guérison, ils s'exposent à des poursuites pour exercice illégal de la médecine. Ensuite, si leur pratique paraît trop magique – s'ils convoquent des forces surnaturelles, par exemple –, ils risquent d'être violemment disqualifiés.

    Le magnétisme tend alors à se “scientifiser”, au sens où il se débarrasse peu à peu de ses éléments les plus ésotériques. Les membres de l'association apprennent alors à présenter leur activité comme une pratique complémentaire, encadrée, qui ne prétend pas remplacer la médecine. »

    Un geste très naturaliste finalement ?

    « Tout à fait. Avant de mener mon enquête sur le magnétisme, j'ai travaillé sur le chamanisme de la côte nord-péruvienne. Au Pérou, les chamanes ont été poursuivis parce qu'ils détenaient des objets préhispaniques : là où ils voyaient des supports pour leurs rituels, l'État voyait des pièces destinées aux musées. Mais pour se faire accepter, ils n'ont pas cherché de validation scientifique : ils ont plutôt milité pour une reconnaissance comme patrimoine culturel de la nation. Les magnétiseurs français, eux, n'ont jamais mobilisé ce registre patrimonial, alors même qu'ils auraient pu revendiquer des racines anciennes. C'est très européen, et même très français : pour qu'une pratique gagne ses lettres de noblesse, il faut qu'elle montre patte blanche devant la science. Sinon elle s'expose à l'accusation de superstition. »

    Propos recueillis par Gaëlle Desnos

    1 La Découverte, 2023.

  • « Seule dans la montagne avec ma chatte et mon couteau »

    En 2014, Abigaël Lordon décide d'arpenter seule le GR2013, un sentier de 365 kilomètres serpentant autour de Marseille, entre nature et zones industrielles. De ce périple de trois semaines à deux pas de chez elle, elle tire un carnet de voyage graphique et poétique qui retrace son éveil féministe.

    « Pour faire vibrer un élan, un peu sur un coup de tête. » Abigaël Lordon, 28 ans, décide de se lancer dans une aventure près de chez elle : le GR2013 qui a été inauguré un an plus tôt, à l'occasion de Marseille capitale européenne de la culture. Un chemin en forme de huit de 365 kilomètres qui traverse zones périurbaines, complexes industriels et massifs sauvages, de la Sainte-Victoire à l'étang de Berre. L'autrice prépare cette marche de proximité, rassurée de pouvoir facilement rentrer chez elle si quelque chose se passe mal. Un chemin qui se transforme en éveil féministe et dont Abigaël Lordon tire un joli carnet de voyage graphique Marcher vers soi (Wildproject, 2026).

    La marcheuse (re)trace son périple de trois semaines en texte et en image. Armée de son sac à dos de 13 kilos, elle alterne bivouacs, campings et haltes chez l'habitant. Jour après jour, elle se heurte à la sublime et fascinante réalité de la randonnée : la splendeur des paysages, la solitude, mais aussi les conversations entendues aux terrasses et l'omniprésence des stigmates industriels. À chaque page, ses croquis de couleurs vives illustrent le texte, couchant sur le papier visages et paysages.

    Plus que la nature, ce sont ses rencontres humaines qui l'amènent à penser politiquement son genre. Partie « en tant qu'être humain », elle se voit « constamment ramenée à [son] corps féminin ». Dès la première nuit, en bivouac, Abigaël décrit la peur qui la saisit. Pas celle de l'ours. Mais celle de l'homme. L'agresseur. « Je suis seule dans la montagne avec ma chatte et mon couteau, écrit-elle. Je n'ose pas bouger d'un millimètre. » Si rien ne lui arrive ce soir-là, elle se trouve confrontée à diverses reprises au sexisme ordinaire et interroge le conditionnement social qui pèse sur les femmes. À plusieurs reprises, on lui demande : « Mais vous n'avez pas peur toute seule ? » Jamais, les passants soucieux ne questionnent l'origine du problème, à savoir le putain de patriarcaca qui nous empoisonne et nous empêche.

    Malgré ces contraintes, cela n'empêche pas Abigaël Lordon de déployer une belle plume poétique. L'observation des paysages fait écho à son corps, territoire intime. Face à l'usine de Gardanne, l'autrice décrit des « terrains vagues remplis de métaux lourds, un peu comme du sang coagulé gigantesque ». Sans nommer le capitalisme, c'est pourtant les stigmates du système d'exploitation du vivant que la dessinatrice observe. La pollution industrielle s'entremêle ainsi à la cartographie de ses propres prises de conscience. La marche devient un outil de réappropriation de soi : « La qualité du sol, ses zébrures et sa mollesse forment de nouveaux paysages à explorer dans mon âme. » Cette aventure, à quelques pas de chez elle, lui offre un nouveau pouvoir : la confiance en elle « puisée dans la puissance de la montagne ». Un carnet lumineux au goût de liberté qui donne envie d'enfiler ses chaussures de marche.

    Thelma Susbielle
  • En retard, nous ?

    On aurait pu tenter le coup. Faire les innocent·es. Glisser ce journal dans ta boîte aux lettres et siffloter très fort en regardant ailleurs. Quoi ? Une semaine de retard ? Nous ?

    Et puis bon. On s'est finalement dit que si tu t'en rendais compte, tu nous en voudrais d'avoir voulu filouter avec toi. Alors, on préfère jouer franc jeu : le bouclage de ce double numéro d'été ne s'est pas exactement déroulé comme prévu. Entre les températures qui montent, les cerveaux cqfdiens rôtis ou partis en transhumance estivale – voire honteusement débauchés par d'autres médias en mal de plumes talentueuses pour remplir leurs pages d'été – et ce traître de mois de juin qui a filé à la vitesse grand V, impossible de finir le journal à temps. À une semaine du D-Day, il a bien fallu se résigner et chouiner auprès de la Sainte Trinité imprimeur-distributeur-diffuseur pour avoir du rab. Et tu sais ce qu'ils nous ont répondu ? « Mais il n'y a aucun de souci ! Il vous faudrait combien de jours en plus ? » Décontenancé·es par tant de mansuétude, on n'a même pas osé gratter plus d'une semaine ! Mais en vérité, on pensait aussi à toi, lectrice, lecteur : il fallait bien que tu aies ton journal pour encaisser d'être privé de vacances ou avant ton grand départ pour la Creuse, la Corse ou Tahiti !

    D'ailleurs, toi. Oui, toi, qui pars à Tahiti. Ne te cache pas derrière ton paréo ! On t'a vu avec tes gros sous et ton amour immodéré pour la presse libre. La subvention de notre bon samaritain, la Fondation Un monde par tous, tarde à arriver. En attendant, les factures s'empilent, les retards de salaires prennent racine et notre banquier commence à développer une petite crispation de la paupière gauche. Alors avant de partir, il y a moyen que tu nous envoies un peu de flouze ?

  • À qui profite le crime ?

    Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages, du point de vue de celui qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, une chronique rallongée pour tenter de répondre à cette brûlante question : puisque la prison ne sert à rien, à quoi sert-elle réellement ?

    « Ah bonjour ! Ça fait longtemps que vous êtes dehors ?

    – Euh, depuis ce matin. J'veux dire, j'ai pas dormi à la rue quoi...

    Mince, j'étais sûr qu'il m'avait reconnu. D'habitude je n'interpelle pas les anciens détenus par crainte de raviver des souvenirs merdiques mais là, c'est lui qui a lancé le premier « bonjour ». « Pardon, on s'est rencontrés à la maison d'arrêt, vous...

    – Ah oui, l'atelier dessin ! Vous allez bien ?

    – Oui et vous ? Je me disais bien que je ne vous voyais plus. Vous êtes sorti quand ?

    – En mars, je crois... Mais j'y retourne bientôt. Ils m'ont remis sept mois au bout de quinze jours dehors ! Maintenant j'attends qu'ils viennent me chercher vu qu'on m'a pas donné de date.

    En maison d'arrêt, les détenus restent en moyenne quatre mois. Certains sont transférés après condamnation vers un nouvel établissement, d'autres – la plupart – sortent, avec ou sans aménagement. Avec ce turnover, je tombe régulièrement sur d'anciens taulards dans les rues des petites villes de ma région. Lui, c'est M. Lefler*, je l'ai connu l'hiver dernier, il purgeait une peine courte et semblait habitué des lieux. Un mec très doux, visiblement apprécié des autres détenus, parfois l'air un peu hagard.

    Comment peut-on considérer avec autant de nonchalance l'échec total de la tâche à laquelle on dévoue 40 heures par semaine ?

    Depuis quelques semaines, je l'aperçois souvent, éclusant des canettes de bière forte sur les bancs du quartier. Il attend qu'on vienne le réincarcérer, cette fois pour outrage et violences sur agents « en état d'ivresse manifeste ».

    Mirage de droite

    Les prisons où je circule sont pleines de gens comme M. Lefler, à propos desquels la matonnerie déclare goguenarde : « Il connaît la maison mieux que nous ! » ; voire même : « On l'a vu grandir, lui ! » La première fois qu'une officière m'a balancé un truc comme ça, j'étais scié. Comment pouvait-on considérer avec autant de nonchalance l'échec total de la tâche à laquelle on dévoue 40 heures par semaine ? Jusque-là j'étais naïvement persuadé que les gens qui fabriquaient la taule se devaient de croire à son utilité. En réalité, ils et elles sont aux premières loges et n'ignorent donc rien du désastre ; désœuvrement, violence, désocialisation, trauma psychologique et réinsertion fantoche. La taule est un mirage : il faut la regarder de très loin pour s'imaginer qu'elle sert à quelque chose.

    D'ailleurs, à quoi est-elle supposée servir ? Comme le système pénal dans son ensemble, la prison a pour objectif de protéger la société en dissuadant la commission d'actes illégaux, en les réprimant lorsqu'ils surviennent, en neutralisant leurs auteurs et en les « réformant » afin qu'ils ne représentent bientôt plus de danger ni pour eux ni pour les autres. Ils pourront alors être réintégrés. Mais dans son dernier livre, la chercheuse et militante abolitionniste Gwenola Ricordeau1 estime que l'institution ne remplit correctement qu'une seule de ces quatre « prétentions » : celle qui consiste à reléguer temporairement les personnes hors de l'espace public. La persistance du crime et de la récidive témoignerait pour sa part de la faillite du modèle carcéral.

    De fait, il n'existe aucune donnée scientifique permettant de lier incarcération et baisse de la criminalité – si c'était le cas, les États-Unis où plus de deux millions de personnes sont emprisonnées seraient depuis belle lurette le pays le plus pacifique au monde ! Quant au taux de récidive, en France, il est de près de 63 % sur cinq ans. En gros, deux prisonniers sur trois sont – comme M. Lefler – susceptibles de revenir derrière les barreaux suite à leur libération. Pour y faire quoi ? Principalement rien, tant l'ennui est au cœur de l'expérience de la détention.

    Les politiques publiques semblent prises dans un cercle vicieux, une forme d'addiction irrationnelle à la punition

    Selon les régimes pénitentiaires, on s'ennuie seul·e ou dans la compagnie forcée d'un·e ou plusieurs co-détenu·es, mais on s'ennuie toujours profondément. On s'ennuie devant la télé, en fumant du shit, en faisant des tractions, en lavant le sol de la taule contre des miettes de salaire. On s'ennuie ferme du vendredi après-midi au lundi matin ou pendant les « vacances », lorsque les activités sont encore plus réduites que d'ordinaire. Dans son premier bouquin, le militant lié au groupe Action directe Jean-Marc Rouillan, appelait ça être « dissout dans l'acide du temps »2. Et cet ennui sidéral, dans des conditions de violences et de privation incompatibles avec la moindre exigence de dignité humaine, rejoué quotidiennement pendant des mois ou des années, devrait permettre aux personnes de réfléchir au sens de leurs actes et de se réhabiliter ? Mieux, cela devrait rétribuer quelque chose aux victimes ?

    Crime de masse

    Une fois établie qu'elle nuit aux détenus mais aussi à leurs proches et à l'ensemble de la société, Gwenola Ricordeau estime que « la prison est un crime de masse commis en bande organisée ». Et de s'interroger : « Si elle ne sert pas à rien, à qui ou à quoi sert-elle ? » Et pourquoi se perpétue-t-elle ? Car de fait, les politiques publiques semblent prises dans un cercle vicieux, une forme d'addiction irrationnelle à la punition où le constat d'inefficacité du système carcéral n'empêche aucunement les magistrats d'enfermer de plus en plus, et les gouvernements successifs de réclamer sans discontinuer de nouvelles places de prison.

    C'est qu'il existe des bénéficiaires directs de la prison. Juges, procureurs, greffiers, matons, personnels du ministère de la Justice ou professionnels du secteur de l'insertion ; ce sont tous ceux qui, à un niveau individuel, vivent de la répression et de l'enfermement. Leurs « profits » sont toutefois dérisoires à côté de ceux des grands groupes du BTP comme Bouygues ou Eiffage, qui conçoivent et bâtissent les taules, et des multinationales, comme Gepsa ou Sodexo, qui en assurent la « gestion déléguée » en prenant en charge la maintenance, le nettoyage, la restauration, la blanchisserie mais aussi la formation ou le travail pénitentiaire.

    En tant qu'institution du système capitaliste, la prison contribue activement à maintenir son ordre social

    Plus de la moitié des détenus sont aujourd'hui « gérés », en France, par une boîte privée dont l'objectif assumé est de rendre ce marché public rentable afin de dégager des bénéfices et de verser des dividendes aux actionnaires.

    La suite est plus politique encore. En tant qu'institution du système capitaliste, la prison contribue activement à maintenir son ordre social. Gamin, sur la route des retours de week-end, j'avais une peur bleue lorsque nous longions de nuit la vieille prison du centre-ville : ses hauts murs noircis, ses fenêtres à barreaux auxquelles pendaient serviettes et sacs poubelle... Rien ne m'effrayait autant que d'apercevoir parfois l'un de ces proscrits derrière le point rouge d'une cigarette. Ce lieu incarnait pour moi la matérialisation même du mal sur la Terre et venait se confondre avec le purgatoire que détaillait la dame du catéchisme le mercredi matin. Ceux qui s'y trouvaient ne pouvaient que mériter leur sort.

    Cette terreur enfantine, associée au mythe qui prétend que « ça peut arriver à tout le monde », illustre bien le rôle dissuasif de la prison. En réalité, la population criminalisée est clairement définie : ce sont en grande majorité des hommes jeunes, pauvres, peu éduqués et souvent non blancs.

    La taule est un mirage : il faut la regarder de très loin pour s'imaginer qu'elle sert à quelque chose

    En ceci, la prison est l'une des clés de voûte d'un système raciste et classiste qui cherche à contenir et discipliner les éléments les plus menaçants des classes populaires. C'est ce que rappelle le philosophe Geoffroy de Lagasnerie en réactualisant les thèses de Michel Foucault : « La stratégie du pouvoir pour les contrôler, c'est de les étiqueter comme délinquants et de les faire rentrer et sortir et rentrer et sortir dans un appareil police-prison qui permet de les assigner à une position sociale et donc de maîtriser leur puissance de subversion. »3 Et de conclure que le système pénal a donc moins des « fonctions criminelles » que « des fonctions sociales » et que non seulement il se fiche bien de lutter contre la récidive mais qu'il s'échine à la produire.

    Luno

    1 . Tant qu'il y aura des prisons, Le Passager clandestin, 2026.

    2 . Je hais les matins, Agone, 2001.

    3 . Voir l'entretien avec Denis Robert sur le média en ligne Blast, 2025.

  • Blanche rescinds fund for Trump allies after GOP senators threaten to block his attorney general bid

    Acting Attorney General Todd Blanche issued a formal order late Sunday terminating President Donald Trump's $1.8 billion "anti-weaponization fund" to compensate his political allies, a move that follows weeks of negotiations with two Republican senators who were blocking his nomination to become attorney general.
  • Trump-backed incumbent ousted in House primary as GOP redistricting push set to reshape Tennessee

    President Donald Trump's clout with Republican voters was put to the test in Tennessee Thursday, as voters headed to the polls for the state's first primaries under a newly redrawn congressional map designed to bolster Republicans' chances of expanding their thin majority in the U.S. House this fall.
  • Americans Pay the Price for Trump's War While Oil and Gas Companies Get Rich

    As the war grinds on, there is no end in sight to the high energy and gasoline prices plaguing American families.
Older posts