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Soumission et compromission : Moteur !
Où en est le cinéma français depuis la tribune Zapper Bolloré et les menaces de Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, de couper les financements de ses signataires ?
Les auteur.ice.s de cet article décortiquent les mécaniques et les logiques à l'œuvre tant du point de vue du groupe Canal + que de ceux qui seraient censés s'y opposer par exemple la Société des réalisatrices et réalisateurs de films, des faisceaux et des ombres.Le cinéma français adore les résistant·es mort·es. Mort·es, on peut les célébrer sans risque. Iels ne signent plus de tribunes, ne contrarient aucun financeur, ne mettent le zbeul dans aucune assemblée générale, ni aucun festival. Leur courage est devenu patrimoine. Il ne coûte plus rien.
Mort, Pialat est devenu un grand auteur national : on célèbre aujourd'hui la frontalité que le milieu supportait si mal lorsqu'elle lui était adressée. Dès sa mort, ils ont réduit Godard à ses premiers films : Hazanavicius l'avait déjà empaillé dans Le Redoutable, Linklater est venu restaurer la vitrine avec Nouvelle Vague. À ce rythme, on aura bientôt davantage de films sur le tournage d'À bout de souffle que de spectateur·ices d'Ici et ailleurs.
Quand Kechiche mourra à son tour, ils réduiront La Graine et le Mulet à la danse, au couscous et au « vivre-ensemble », et prendront soin de laisser son film le plus fort, Vénus noire, dans l'angle mort : trop radical, trop cash, ça manque de vaseline (de nuance, pardon), un tel miroir tendu à la blanchité.
Macron a bien panthéonisé Manouchian.
Bien vivante, Adèle Haenel s'est levée, a nommé la violence, quitté la salle, puis le cinéma lui-même. Elle a refusé de continuer à servir d'alibi à une industrie déterminée à ne rien changer, déplacé son travail vers le spectacle vivant et ses engagements vers d'autres fronts, jusqu'à la Global Sumud Flotilla.
Haenel hors champ, Hanouna plein écran : leur politique culturelle tient en un montage.
Et après avoir raconté la ZAD sur Disney+, ils sortiront dans les UGC un biopic de l'assassinat policier d'Adama.
Né·es avant la honte
Ces derniers mois, deux films français ont observé comment une société entre en collaboration : par l'ambition, les intérêts, l'obéissance, les carrières et les bureaux bien davantage que par une conversion collective au mal.
Fort et gras de ses quelques 30 millions d'euros de budget, Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli déploie une grosse machine historique, démonstrative, travaillée par la fascination romanesque qu'exercent ses personnages. Le film glisse ainsi vers une forme d'héroïsation du binôme qu'il entend mettre à nu. Il saisit pourtant avec une réelle acuité la trajectoire de Jean Luchaire, ce pacifiste social-démocrate que l'ambition, les réseaux et le goût du fric et du pouvoir poussent au cœur de la mafia collaborationniste. Là réside tout son intérêt : un miroir tendu à ce milieu qui croit encore pouvoir fréquenter les puissants sans finir par leur appartenir. L'analyse des intérêts et des mécanismes sociaux organisant cette dérive demeure inaboutie, mais le film percute notre présent, du RN à CNews et Canal+, jusqu'à celles et ceux qui prétendent sauver la vitrine sans regarder l'édifice. Jean Dujardin est excellent (je sais, ça fait bizarre mais c'est factuel), et le film se piège dans cette performance : son charisme donne au collabo une ampleur que la mise en scène ne maîtrise pas. Nastya Golubeva, elle, rappelle l'incandescence trouble de Naomi Watts dans Mulholland Drive.
Avec environ 5 millions d'euros, Notre Salut d'Emmanuel Marre emprunte une tout autre voie. La collaboration n'y apparaît pas figée par le jugement de l'Histoire. Le film nous saisit dans le présent même de sa fabrication. Aucun destin écrit, aucun traître désigné à l'avance. Un homme (l'arrière-grand-père du cinéaste, incarné par Swann Arlaud, l'un des rares acteurs français à s'être engagé publiquement contre Bolloré) cherche sa place, veut réussir, se rend utile, fait carrière, administre. À chaque étape, une autre décision reste possible. Il choisit toujours celle qui lui permet de continuer.
Le monstre prend ici la forme banale d'une carrière. Le sale s'installe par décisions successives, glissements bureaucratiques et traductions administratives. Il entre dans les bureaux par la langue du management, de l'efficacité et de la responsabilité, jusqu'à devenir l'organisation ordinaire de la saloperie. Arlaud joue la médiocrité sans la sauver, la lâcheté sans l'expliquer, l'obéissance sans lui fournir d'excuse. Et c'est passionnément juste.
Dujardin donne au collabo l'éclat du personnage tragique ; Arlaud montre combien un homme terne, ambitieux et disponible peut suffire.
Quelques semaines plus tard, le petit monde du cinéma français en rejouait les gestes en direct. La menace devenait un « petit temps de latence », le chantage une « négociation », la capitulation un « accord historique », la mise au pas un appel à « rester uni·es ».
Le cinéma mainstream ne raconte plus la collaboration pour nous apprendre à la reconnaître. Il en recycle déjà la langue : complexité, responsabilité, apaisement, intérêt supérieur.
La menace est la liste
Après la publication de la tribune Zapper Bolloré, Maxime Saada a annoncé que Canal+ ne financerait plus les films de celles et ceux qui auraient porté « préjudice à l'image » du groupe.
Il a refusé le terme de « liste noire ». Le 28 juillet, il répétait pourtant à l'AFP :
« Je reste sur ma position, qui est que, si des gens portent préjudice à l'image de Canal+, on ne financera pas leur film. »
« Nulle liste noire », donc. Seulement des noms auxquels l'argent cessera d'arriver.
La menace est la liste.
Plus besoin de fichier ni de consigne écrite. Les producteur·ices font le tri avant le rendez-vous. Les agent·es recommandent la prudence. Chaque cinéaste apprend à convertir une signature, un post ou une phrase en risque financier pour son prochain opus. Le pouvoir peut même se dispenser de censurer directement : celles et ceux qui espèrent encore être financé·es accomplissent le travail à sa place.
La veille, Canal+ et les principales organisations professionnelles avaient signé un accord portant sur 980 millions d'euros d'investissements entre 2028 et 2032. La menace était connue. Son retrait n'a jamais conditionné la signature.
Cinq ans de visibilité pour l'argent. RN ou pas, la profession a sauvé son cul : sa seule priorité. Cinq ans d'incertitude pour celles et ceux qui ouvrent leur gueule.
L'accord a fixé le prix du silence. Les flux sont sécurisés. La peur sera collectivisée.
Canal+ ne fait pas l'aumône
Sous couvert d'aide au cinéma, Canal+ achète des droits, des exclusivités, des catalogues, des abonné·es et une position toujours plus forte dans l'ensemble de la chaîne : production avec STUDIOCANAL, distribution, diffusion, plateforme. Le groupe détient également 34 % d'UGC et dispose d'une voie vers sa prise de contrôle à partir de 2028.
Les 980 millions annoncés sur cinq ans représentent 196 millions par an. Canal+ affiche environ 6,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. L'investissement équivaut à moins de 3 % de ce chiffre.
Voilà le « sacrifice historique » devant lequel une profession entière devrait se mettre à genoux.
Dans l'une des principales économies du monde, on nous explique qu'aucun cinéma ne pourrait exister hors de la dépendance à un groupe privé. Renforcer les financements publics, européens et régionaux, inventer des dispositifs mutualisés ou coopératifs : tout cela relèverait de l'irréalisme. Seule mériterait le nom de réalité celle que les puissants ont construite à leur avantage. Cette dépendance résulte d'un choix politique et d'un effondrement de l'imagination. Ils livrent les cinéastes à un marché déjà capturé, puis baptisent ce rapt « sauvetage du cinéma ».
Le communiqué promet aussi la « diversité ». Ce mot ne garantit ni davantage de documentaires, ni davantage de films féministes, queer, crip, noirs, arabes ou issus des classes populaires. Dans ces accords, la diversité fonctionne d'abord comme une catégorie économique, un segment de production, un terme suffisamment vague pour ne déranger aucun ordre établi.
Et tout cela est accompli au nom des fameux « films du milieu ».
Le milieu : ni les grosses machines capables de survivre seules, ni les œuvres les plus fragiles, mais le centre institutionnel de la production française : celui qui siège aux tables de négociation et transforme sa propre survie en intérêt général du cinéma.
La blanchisserie culturelle
On nous rejoue le vieux numéro du bon et du mauvais Bolloré. Il faudrait distinguer les « bonnes équipes cinéma » de Canal+ de la machine idéologique CNews, comme on nous demande depuis des années de séparer l'homme de l'artiste, l'industriel du militant, la main qui paie de la bouche qui ordonne.
Maxime Saada préside pourtant le directoire du groupe Canal+, auquel appartient CNews.
Séparer Canal+ de CNews revient à séparer la main qui signe les chèques de celle qui tient le mégaphone. Elles appartiennent au même corps. CNews mène l'offensive politique à visage découvert. Canal+ conserve la façade culturelle : les films, les artistes, le sport, les tapis rouges, les discours sur la création et la « diversité ». L'un vocifère. L'autre remet les prix. L'un banalise un imaginaire identitaire, catholique réactionnaire et suprémaciste blanc. L'autre maintient l'empire dans le cercle de la respectabilité culturelle.
Les deux fonctions se complètent. Chacune rend l'autre possible. Canal+ est la blanchisserie culturelle de l'empire Bolloré : l'argent du cinéma y nettoie la politique de CNews.
De Mai 68 à la médiation
La Société des réalisatrices et réalisateurs de films est née en juin 1968 pour défendre la liberté des cinéastes contre les pouvoirs économiques et les concentrations. Elle a créé la Quinzaine des cinéastes comme espace de rupture et de contre-pouvoir.
Face à la menace de Canal+, la SRF a proposé une « médiation » destinée à « rétablir la confiance ». Une organisation née d'une rupture en est donc venue à proposer une médiation.
Entre qui et qui ? Entre le groupe qui peut financer ou écarter un projet et les cinéastes qui dépendent de ses décisions ? Entre celui qui tient le chéquier et celle qui risque de perdre son film ? Entre la bouche et le bâillon ?
La médiation fabrique une symétrie imaginaire entre la menace et la personne menacée. Elle transforme une intimidation en malentendu, puis fait des cinéastes visé·es les parties coresponsables d'une crise qu'il faudrait « apaiser ».
Voilà la vieille langue sociale-démocrate : responsabilité, dialogue, concertation.
Elle présente le conflit comme plus dangereux que le pouvoir qui le produit. Sous prétexte de désarmer les deux camps, elle désarme toujours le même.
Le scrutin comme piège
Le 20 juin, l'assemblée générale de la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) devait décider si l'association signerait Zapper Bolloré.
Trois jours avant l'AG, un membre du bureau adressait cette prophétie dans un gros mailing :
« Si cette motion passe, 500 films ne se feront pas. »Cinq cents films.
Le chiffre rond qui écrase toute discussion. Signez contre Bolloré et vous aurez personnellement envoyé cinq cents films à la morgue. Chaque bulletin arrivait déjà lesté de la culpabilité d'avoir détruit le cinéma français.
Mais de quels films parlait-il ?
Des films sans argent se tournent par centaines. Des cinéastes y travaillent gratuitement, des équipes avancent les frais, des producteur·ices s'endettent. Beaucoup restent ensuite sur le bord de la route, faute de distributeur, de salles ou de séances. Personne ne convoque une assemblée générale pour annoncer leur disparition. Personne ne comptabilise les œuvres étouffées par la concentration de la distribution et de l'exploitation. Personne ne pleure les films terminés que presque personne ne pourra voir.
Ceux-là n'entrent pas dans les « 500 films ».
Dans la bouche des représentant·es du milieu, « le cinéma » désigne la fraction déjà reconnue par la machine : celle qui entre dans les tableaux de financement, circule entre les mêmes guichets et dépend de Canal+. Les autres peuvent crever en silence. Leur disparition ne menace aucun accord. La formule protégeait un circuit, ses positions, ses habitudes et ses dépendances. Canal+ devenait la condition d'existence du cinéma lui-même. Contester son pouvoir revenait à assassiner les films. Le chantage du financeur avait trouvé un cinéaste pour porte-voix.
La faute change alors de camp. Le puissant menace ; les menacé·es auraient eu le tort de le contrarier. La colère du financeur leur est imputée, ainsi que tout ce que les négociateur·ices n'auraient pas obtenu.
Il n'y a plus de ligne rouge, ni jaune, ni verte
Il faudrait cesser de découvrir chaque semaine qu'une nouvelle « ligne rouge » vient d'être franchie. Les lignes sont derrière nous.
Il y a dix jours, les services de Sébastien Lecornu ont réuni les principales banques françaises afin de chercher les moyens de faciliter l'accès de Marine Le Pen à un prêt de campagne, malgré les condamnations successives du RN et de plusieurs de ses cadres. Condamnée en appel à un an de prison ferme sous bracelet électronique pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a pourtant été rendue éligible : la cour a considéré sa peine d'inéligibilité ferme comme déjà purgée, en invoquant notamment « la liberté de choix de l'électeur ».
Un bracelet électronique ne suffit donc pas à vous barrer la route de l'Élysée ; une empreinte digitale, en revanche, suffit à vous expulser. Le danger a quitté le futur. Il s'organise au présent.
À la préfecture de Paris, des personnes exilées dites “dublinées” (dont les empreintes digitales, de gré mais surtout de force, ont été relevées dans un autre pays de l'UE et sont inventoriés dans le fichier Eurodac) se présentent chaque mois au 8e bureau, où des pièges leurs sont tendus pour les expulser dans des Beechcraft qui décollent quotidiennement du Bourget. Sous l'Occupation, cet exact même bureau (source l'avocate Mylène Stambouli) abritait un service chargé du contrôle, du fichage et de l'arrestation des Juif·ves.
Comparer n'est pas confondre. La continuité administrative suffit à interdire toute innocence sur ce que produisent les bureaux, les catégories et l'obéissance. Les bureaux ont une histoire. Les catégories ont des effets. L'obéissance produit des victimes bien avant que celles et ceux qui obéissent acceptent de se reconnaître comme responsables. Le fascisme avance longtemps avant que les gens raisonnables consentent à prononcer son nom.
Pendant ce temps, ils discutent du bon vocabulaire, du bon ton, du bon moment et de la nécessité de préserver le dialogue.
Pas de zone grise non plus
Le modèle français du cinéma est né d'une conviction simple : soustraire les œuvres aux seules forces du marché. L'organisation actuelle de la dépendance des artistes envers quelques groupes privés trahit cette promesse. Les cinéastes ne doivent aux financeurs ni silence, ni loyauté, ni gratitude.
Une seule phrase aurait dû ouvrir toute négociation avec Maxime Saada : Aucun film ne peut être refusé, retardé ou défavorisé en raison des opinions publiques de celles et ceux qui le portent.
Cette garantie devait précéder toute signature. Pas une médiation. Pas une cellule de veille chargée de compter les premières victimes. Pas un petit temps de latence.
Le cinéma mainstream adore les résistant·es mort·es. Mort·es, on peut capter leur héritage sans subir leur colère. Il est temps de rendre la Résistance aux vivant·es. La liberté de créer ne se négocie pas contre le silence, ne se conditionne pas à la bonne conduite et ne se défend pas en tenant le registre des puni·es. Elle se garantit avant toute signature, ou elle est abandonnée. Attendre les premières représailles pour les comptabiliser, c'est avoir déjà reconnu au financeur le droit de punir. C'est déjà choisir son camp.
Ni vu.e.s ni vendu.e.s
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Discrimination en travail
Nous avons tendance à apprécier l'humiliation au travail en l'indexant sur le degré d'exploitation subi ou supposé (salaires, conditions de travail, types de contrats, etc.). On en déduirait presque et à tort que celles et ceux qui bénéficient d'un « bon poste » seraient épargnés, que le chantage qui veut que pour survivre il nous faut vendre l'essentiel de notre vie, serait presque acceptable avec une bonne clim' et la fiche de paie qui va avec. Laura Montmory raconte ici avec humour l'histoire d'une humiliation parfaitement ordinaire. Un travail, une grossesse et -surprise !- la non reconduction de son contrat.
Tu reçois les félicitations d'un jury automate dès que tu l'annonces. Ta grossesse fait consensus, à part chez deux trois ou multipares inquiètes, au syndrome de stress post-traumatique réactivé, dès que se diffuse une mise bas à venir. Ou peut-être est-ce le congé, le travail que tu laisses, mais tu n'y penses pas. Il va sans dire, mais ça va mieux en le disant, qu'au bureau tout le monde se croit de gauche. Tendance régularisation des étrangers, défense des LGBTQIA2S+ : les ennemis diraient woke. Les salaires sont mauvais, tu bosses à l'hôpital, public et psychiatrique.
Tu ne ressens que très furtivement ce petit complexe de supériorité lors de l'annonce, cette petite dinguerie de l'esprit qui un instant se croit rentier. Dans quelques mois je vous plante : au revoir, au revoir, président. A vrai dire, tu n'es pas vraiment prête à t'absorber à nouveau dans ce gouffre de la maternité. Tu as tout le temps la nausée, tu peux vomir dès qu'un effluve de transpiration te parviens, tu t'endors sur ton azerty à toute heure du jour et tu chiales des chansons tristes. Bref, t'as la vie qui t'pique les yeux.
Tu ne t'attardes pas sur ton annonce et poursuis, entre deux passages aux toilettes, des réponses compulsives pour tenter de faire diminuer une boite mail toujours plus pleine. Pour te donner du cœur à l'ouvrage, tu t'imagines dans un de ces jeux auxquels tu n'as pourtant jamais joué, Counter Strike ou autre. Munie d'un fusil d'assaut, immense, phallique, tu butes, le plus vite possible, des méchants qui dégringolent par nuées. Quand on les a tous buté, d'autres encore arrivent, plus méchants, plus armés, plus coriaces. Les méchants ce sont tes mails non lus qui s'empilent les uns sur les autres à une vitesse vertigineuse, et les plus armés ce sont les représentants des services déconcentrés de l'état qui s'adressent à toi, petits prestataires de marché public, dans un style ampoulé et emphatique, une logorrhée diarrhéique qui dissimule à peine qu'ils te parlent comme à une merde. Tu imites leur style en prenant bien soin de paraitre médiocre : tu ne voudrais pas atteindre une supériorité dialectique qu'ils maquilleront en dégradation de la qualité de service.
Tu réalises en parallèle les démarches en vigueur : avec un taux de HCG bien trop élevé pour être honnête, ton léger ballonnement grossira irrémédiablement jusqu'à en chier une grosse pastèque, c'est la sage-femme qui l'atteste. Tu envoies les papiers officiels aux représentants de la bureaucratie qui te payent, soit deux ou trois services différents, le plus est l'ennemi du moins. En toi s'active alors déjà cette petite musique de la surproductivité pour créer ta défense. Tu vas t'absenter, et tandis que tes forces s'amenuisent pour créer de nouveaux organes, tu redoubles d'efforts, tu te lèves plus tôt, tu te rends disponible pour pallier des absences au sein de l'équipe, tu réponds tard armé de ton fusil à pompe imaginaire, tu kill des emails sans discontinuer puis tu comates à dix-neuf heures sur le canapé pendant que, du haut de ses trois ans, Elena Warrior te lit des histoires de fuites et de poussin masqué.
Tu te fais violence, tu as le choix entre vomir toutes les deux heures et dormir douze heures par nuit sous l'effet des traitements contre l'hyperémèse gravidique, et comme tu es contractuelle à durée déterminée au sein de la fonction publique et que ton contrat arrive à échéance dans les prochains mois, tu tâtonnes et demande si un renouvellement de tout cela serait possible. Ta boss accueille la nouvelle avec sa bonhomie habituelle, tu fais du bon travail, et l'ensemble des financements sont pérennisés au moins jusqu'à la fin de l'année. Tu repars confiante, mais comme l'anxiété est ta meilleure amie, tu doubles l'échange oral d'un email où tu manifestes ton fort intérêt pour les missions passionnantes qui te sont confiées, tu en égraines enjeux et perspectives, challenges de développement, diversification de l'activité, et tout ce blabla entrepreneurial qui fonctionne sans ambages.
Car ton intérêt premier, disons-le clairement, est surtout un intérêt pour la protection sociale et le maintien de salaire. Et c'est là que le bât blesse. Ton travail de cadre engagée sur des outils de formation en santé mentale ne te passionne guère. Tu pensais en arrivant ici tout comprendre de la psyché humaine : tu t'es finalement retrouvée enfermée dans un simulacre de séminaire Tupperware qui se répète à l'infini, pour lequel tu réserves des sempiternelles salles de formations, des vidéoprojecteurs, fais coïncider des plannings avec des villes, avec des noms, et tu coches frénétiquement des cases dans un fichier Excel bardé de couleurs criardes. Parfois tu rêves que tout est coché, que tout est vert, que tout est fini. Tu rêves de tout repeindre en vert. Faire croire à tout le monde que tu peux partir, que ta mission est terminée, qu'il n'y a plus rien à faire, comme lorsque le médecin admet ton grand-père en soins palliatifs. Mais soudain les cases peintes en vertes à nouveau tournent rouge, dans un fondu enchaîné rapide, un roulis de machines à sous en fond sonore, clac clac clac clac clac, un bruit de cartes que l'on mélange, qui signifie que tout est remis en jeu, que tu dois à nouveau pousser ta bouse tout en haut d'une montagne qui sera aussitôt dévalée, encore et encore.
Avec ton bide qui s'étire et tes hanches qui s'élargissent chaque jour, tu commences à te demander comment tu vas faire pour masquer le polichinelle dans le tiroir, plutôt dans le buffet que tu commences à devenir, à l'ensemble de tes partenaires institutionnels. Alors tu serres la boite d'anxiolytique dans ta main, l'ordonnance des au cas où et des si besoin, et tu demandes à ta boss comment annoncer ta déformation non professionnelle. Qui va prendre en charge les doléances et assurer que travail se fasse. Tu fais ça à distance, une question fuyante par SMS, qui prendrait la forme d'un rappel à l'ordre. Bien sûr, comme tu as un mauvais pressentiment, tu rumines et tu gonfles ton entourage. Ton entourage, qui dans ces cas-là se résume à ton conjoint, patient et presque saint homme, t'eût-il engrossé. Ton conjoint t'écoute te plaindre et râler et décrire des scénarios apocalyptiques d'incapacité à offrir à ta progéniture le nouveau babycook ou une poussette digne de son nom, pendant que lui, ingénieur racheté par une firme américaine, se voit prescrire une augmentation et une promotion.
Ta cheffe finit par te filer rendez-vous et t'annonce, avec quelques trémolos dans la voix, que la direction de l'hôpital ne souhaite pas renouveler ton contrat. Tu tombes des nues : ce renouvellement couvrirait une grande partie de la durée de ton congé maternité, et cela représente une contrainte financière pour l'établissement. Contrainte financière, pour toi, il n'y en aurait pas. Car c'est toi qui as voulu un deuxième enfant, assumes-en les conséquences. En plus de te payer pour être en congés maternité, il faudrait provisionner l'assurance chômage te concernant. Donc financièrement, c'est compliqué. Tu ne sais toujours pas pour qui c'est compliqué. Pour l'hôpital, qui se fait passer pour un sans-dent - malgré sa déclaration de quatre millions de bénéfices annuels -, pour le contribuable, étranglé d'impôts, pour les collègues, qui, contrainte financière oblige, n'auront pas l'opportunité de voir ton poste remplacé ?
Choquée que l'on ne puisse plus vouloir de toi, tu questionnes ce qui va advenir. Tu as toujours été une bonne élève, une exemplaire élève. Sauf en techno. Ce qui va advenir de toi, à sept mois et demi de grossesse, qui pourrait bien vouloir t'embaucher, quatre semaines avant le début officiel de ton congés maternité. Si eux ne veulent pas de toi et demi, de toi à demi, qui en voudra ?
Tu ne voulais pas en faire toute une histoire, tu aurais bien gobé même n'importe quel bobard si quelqu'un s'était au moins donné l'obligeance d'en inventer un. Mais plus personne ne te parle, ta cheffe passe devant ton bureau d'un air préoccupé, tes mails de demandes de rendez- vous pendouillent dans le vide. Tu t'es faite ghoster. Et il faudrait que tu t'estimes heureuse. T'estimer heureuse d'une sortie honorable. T'estimer heureuse qu'après quelques hésitations, on t'octroie ce qui était déjà acquis, comme si les droits sociaux n'en étaient pas vraiment, devaient être réexaminés, réajustés, mérités puis adoubés par une autorité suprême, qui jugerait à nouveau du bien-fondé de ta personne. C'est assez paradoxal finalement, de considérer les gens comme des matricules mais de réexaminer leurs droits à l'aune de leurs motivations à exceller dans des tâches stupides, de leur passion pour la stupidité bureaucratique, de leur allégeance envers la sainteté de l'hôpital, avec cette chapelle centenaire, immobile et docte, que tu croises tous les matins à vélo.
T'estimer heureuse que l'on ne t'ait pas tout bonnement virée, après avoir osé exprimer en entretien annuel que tu ne trouvais pas l'intégralité de ta fiche de poste palpitante. Qu'il y avait même un décalage certain entre tes compétences initiales et ce que tu étais amenée à exécuter. T'estimer heureuse et te tenir tranquille, la fermer pour une fois, ne pas chercher à désobéir, à faire ta justicière, à te battre contre plus grand que toi. T'estimer heureuse de ne pas avoir été violée, après tout, tu portes toujours des jupes trop courtes. Quand on reste dans le cadre, on ne s'en porte pas plus mal.
Tu ne te sens pas des plus subversives. Tu revendiques juste le maintien de tes droits dans un moment où tu es le plus vulnérable. Comme cela devrait l'être pour tous, les chômeurs, les retraités, les malades, les zinzins et les enfants, petits et grands. Tu n'as pas envie de culpabiliser d'être enceinte, tu vas déjà t'effrayer de tout, de l'allaitement, du sommeil, des SUV, de la nounou, de la crèche, de l'école, des copains de l'école, des toboggans, des piscines, des descentes à vélo, du roller, des darons, des pédophiles et des licornes.
T'estimer heureuse, dites-vous. Et tu réponds qu'à ce jeu d'expression centenaire, nul n'est censé ignorer la loi.
Laura Montmory
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Cassandre
Il convient peut-être avant toute chose de dissiper un malentendu. Les kinologues n'ont pas pour projet d'établir un palmarès de films politiquement exemplaires ni à distribuer des certificats de bonne conduite idéologique. Nous nous intéressons plutôt à des films qui, par leur forme autant que par leur propos, nous semblent ouvrir des espaces d'émancipation radicale.
Nous ne cherchons pas la démonstration d'une vérité politique à l'écran, pas plus que nous n'adhérons à la tendance du cinéma prescriptif, qui souhaite imposer sa logique, ses présupposés, jusqu'au cadre d'interprétation qu'il détermine et condamne. Nous ne cherchons plus dans l'œuvre le miroir complaisant de nos propres certitudes, le confort d'un discours déjà acquis, encore moins l'alignement docile sur une quelconque orthodoxie. Et nous ne nous emploierons pas davantage à traquer, avec toute la rigueur critique requise, tout ce qui y contreviendrait. Nous tâcherons plutôt de déceler partout où cela semble encore possible des indices de libération, des signes d'affinité, de convergence et de camaraderie. Voilà ce que nous recherchons dès à présent dans l'œuvre : la complicité du lien et les rapprochements qu'elle sous-tend.
Le premier film d'Hélène Merlin nous rappelle précisément qu'il est parfaitement possible de « délivrer un message » sans rien sacrifier à l'exigence narrative et esthétique, ni à l'ambition cinématographique d'une œuvre, fût-elle « politique » et « sociale ». Cassandre démontre également que la force d'un propos tient moins à son insistance qu'à sa sincérité, démontre qu'il est toujours possible de défendre une perspective sans sermonner son auditoire, sans recourir au moralisme, à la menace de la sanction ou au sentiment de culpabilité. À vrai dire, Cassandre ne souhaite jamais nous convertir, encore moins de façon péremptoire, ne nous assène aucune évidence, Cassandre fait tout autrement le pari de notre intelligence, au risque de se heurter à ce qui, en nous, lui résiste.
Il n'est plus si courant de voir des sujets d'une si grande importance traités avec la complexité, la justesse et la profondeur qu'ils méritent, car ces qualités sont encore trop souvent perçues comme des obstacles à la compréhension, plutôt que comme des chemins vers elle. Des chemins, évidemment plus sinueux qu'une ligne droite, plus embrouillés, plus obscurs et plus brumeux qu'un grand discours, mais donc aussi plus proches de ce que sont la conscience, l'existence, les réalités humaines.
Cassandre réaffirme en ce sens combien l'ambiguïté et l'ambivalence peuvent être plus subversives que toutes les déclarations consensuelles régurgitant, sans conviction, des valeurs surlignées dans n'importe quel cahier des charges. Car l'ambivalence permet de questionner tout ce que la netteté efface, tout ce qu'elle s'ingénie à signifier, et donc tout ce qu'elle nous empêche de penser par nous-mêmes, tout ce qu'elle réduit au moment même où elle prétend le révéler.
Cassandre ne relève donc pas de la récitation, ni de ce cinéma diplomatique qui se contente d'être aussi lisse qu'un toboggan sur lequel se doit de glisser tout un public à satisfaire. Un film qui refuse de transformer ses personnages en discours ou en thèse, qui échappe aux assignations simplistes comme aux oppositions binaires. La chose est assez rare pour qu'elle soit ici remarquée.
Par conséquent, Cassandre compte parmi les exceptions qu'il convient de saluer, de reconnaître et de valoriser. Cassandre nous provoque, nous défie, nous dérange, nous désarme, soit, mais Cassandre, surtout, nous avertit, nous transmet quelques vérités sans doute difficiles à entendre. À nous de faire en sorte qu'elles soient accueillies, écoutées, puis crues.
Les kinologues : Je n'avais pas vu un film qui croise autant de rapports de pouvoir depuis The Nightingale de Jennifer Kent. Tu traites énormément de dominations à l'écran : domination hommes/femmes, adultes/enfants, humains/animaux… Avais-tu envie d'aborder toutes ces thématiques dès la conception du projet, ou se sont-elles imbriquées les unes aux autres avec le temps ?
Hélène Merlin : Oui, j'avais dès le début envie de peindre une systémie de la violence. D'autant plus que les familles marquées par un climat incestueux sont aussi fréquemment des milieux dans lesquels s'exercent des formes de domination à l'égard des animaux. De la même manière, les sociétés patriarcales sont traversées par des rapports de domination entre les hommes et les femmes, les hommes et les enfants. Donc oui, pour moi, tout est lié.
C'était d'autant plus important que le décor du centre équestre occupe presque les deux tiers du film. Et puisque c'est précisément cet univers qui va sauver la jeune fille, j'avais aussi envie de montrer comment la violence circule.
À certains moments, on peut être victime ; à d'autres, on peut aussi exercer une forme de violence. L'idée était de montrer cette circulation de la violence d'un personnage à l'autre.
Par exemple, si l'on remonte à l'histoire du père lorsqu'il était enfant, on comprend qu'il a lui-même été abusé par des curés au petit séminaire. Cette violence qu'il a subie, une fois devenu père, il va à son tour l'exercer sur son fils sous la forme d'une violence éducative. Puis elle va déferler sur sa fille, s'immiscer dans la relation entre le frère et la sœur, et évidemment atteindre l'épouse. Et à mesure que Cassandre est exposée à cette violence, pris au piège, elle en vient, à son tour, à exercer sa colère sur l'animal.
Pour moi, tout cela relève d'un même continuum de violence.
En plus des rapports de domination évoqués plus haut, j'ai été frappé par la façon dont le film donne à voir une forme de domination relativement peu explorée, qui me semble être celle de l'esprit sur le corps. Une domination qui s'inscrit dans l'héritage d'une tradition philosophique ayant longtemps accordé la primauté à la raison, au contrôle et à la maîtrise de soi, au détriment des émotions, des sensations, de l'intuition. Dans ton film, Cassandre tente d'agir le plus rationnellement possible face à une situation qui ne l'est plus du tout. On peut voir ton héroïne se débattre intérieurement, entre pulsions de violence et dépersonnalisation. J'ai toutefois l'impression que le film ne se contente pas seulement de mettre en image les mécanismes psychologiques de la dissociation, mais propose également une critique culturelle plus large, celle d'une tendance à vouloir tout objectiver, maîtriser, rationaliser, quitte à se couper progressivement de l'expérience sensible et du ressenti. Cette articulation entre traumatisme et culture constituait-elle un axe de réflexion important pour toi ?
Oui, parce qu'encore une fois, cette question du traumatisme est commune à tous les personnages. Quand tu parles de traumas d'un point de vue culturel, le père, qui a connu des violences de guerre, les a subis par l'intermédiaire d'un système de violence qui est culturel. Quand on va à l'armée, on nous apprend à nous endurcir, on violente les jeunes qui y entrent. Ce système-là va créer du traumatisme, de la violence…
Je voulais montrer aussi que, de façon toute simple, on peut se reconnecter à ses émotions, qu'il suffit presque de les écouter, de leur donner de la place, de tenter de renouer avec cette intuition. Et effectivement, la pensée rationnelle et comptable du père, qui, en apparence, veut faire de sa fille une sorte de guerrière, est dans le même temps dans une forme de déni absolu de l'identité de ses enfants. Il ne leur laisse aucune place, il les étouffe par la parole. Il y a quelque chose de très envahissant de la part des parents. C'est ce qui fait que, dans cette famille, il n'y a pas de place pour l'émotion, il n'y a pas de place pour l'Être.
Je souhaitais donc mettre en opposition des systèmes éducatifs, même au niveau équestre. La manière de monter un cheval à l'armée n'est pas la même que tout ce que promeut le courant de la pensée éthologique, la relation à l'animal, les chuchoteurs, etc. Je souhaitais mettre en miroir des manières d'aborder l'éducation, l'individu, la pensée…
La rationalité, tout à fait militaire de Cassandre, semble d'ailleurs être héritée du père, qui porte tous les traits traditionnels de la masculinité : cérébral, logique, imperméable et froid. Les scènes de présentation des deux parents sont d'ailleurs très éclairantes. Un père rationnel, théorique et prétentieux, jouant contre lui-même au jeu de go, contre une mère en cuisine, confectionnant dans l'argile des visages de poupées. Lui, dans la stratégie, la pensée, l'abstraction. Elle, dans le geste, la création, la matière. Cette assignation de genre était-elle importante pour toi, de façon à encadrer le récit avec des archétypes immédiatement identifiables, et donc, de rendre immédiatement lisible l'opposition entre des pôles traditionnellement associés au masculin et au féminin ? Et si oui, à quelles fins ?
C'est très juste.
Théoriquement, tout individu est, à la base, relié à ses émotions et à ses sensations. Mais le père, formaté par l'armée, par la violence de guerre et par tout ce qu'il a traversé, en est venu à devenir une sorte de caricature de lui-même. Qu'il se retrouve à jouer contre lui-même au jeu de go ou aux échecs, représente à quel point il est complètement piégé, et aussi, à quel point il ne laisse plus aucune place à l'enfant qu'il a été. Dans la voix off du début, la narratrice précise qu'enfant, le père rêvait d'être dessinateur, ce qui témoigne d'une fibre artistique, d'une certaine sensibilité. Puis, il est entré dans l'armée, et est devenu l'homme que l'on découvre dans le film. Il y a là, aussi, une forme de violence transmise de génération en génération aux enfants, puisque tu parlais d'adultisme tout à l'heure. Et les rapports entre les adultes et les enfants, la violence éducative que les uns font subir aux autres, coupent les enfants de leurs élans naturels, de leur sensibilité.
Donc oui, le père est caricaturé comme une figure assez masculiniste, occupant une position de pouvoir, mais une position qu'il exerce depuis celle d'un homme déchu, puisqu'on comprend qu'il a été écarté de l'armée à la suite d'une blessure. Un traumatisme dont il ne se remettra jamais vraiment. C'est aussi la raison pour laquelle il est autant présent à la maison, il ne peut plus exercer une position dominante sur un champ de bataille, au sein de l'armée, ni même dans un cadre professionnel. Cette perte de statut le conduit à renforcer encore davantage son emprise sur sa famille, sur ses proches, sa femme et ses enfants. Il se retrouve en quelque sorte réduit à une position flottante, celle d'un homme qui n'a plus vraiment sa place dans la société, qui n'a plus de travail et qui s'accroche aux dernières miettes de pouvoir qui lui restent.
Quant à la mère, la situer dans la cuisine permettait évidemment de mettre en lumière les injonctions faites aux femmes, l'idée selon laquelle une femme doit avant tout être une mère au foyer. Ensuite, le fait qu'elle fabrique des poupées en porcelaine visait à souligner qu'elle a, contrairement à son mari, conservé un lien avec sa créativité, avec sa part d'enfance, qu'elle transmet d'ailleurs à Cassandre, puisque celle-ci, une fois adulte, deviendra marionnettiste. Il existe donc, dans cette filiation parents-enfants, dans cette filiation mère-fille, une part d'héritage positif. Quelque chose qui lui permettra de s'en sortir, puisque les marionnettes deviendront aussi le moyen par lequel Cassandre racontera son histoire. Je souhaitais donc montrer que l'héritage familial n'est pas uniquement fait de choses négatives.
Chaque individu s'interroge, à un moment ou un autre, sur ce qu'il a reçu de ses parents ; il y a inévitablement des « casseroles », des chaînes, des névroses, tout un tas d'ordures dont il faut savoir se débarrasser, mais il y a aussi, me semble-t-il, des clefs qui peuvent nous permettre de surmonter nos traumatismes et nos blessures. C'est d'ailleurs le père qui transmet l'équitation à Cassandre, c'est lui qui lui partage cette passion-là, ce rapport à l'animal, et c'est ce qui, au final, va la sauver.
Et oui, j'avais aussi envie de pousser la caractérisation des parents, afin de prendre un certain recul et d'aborder ces personnages avec un peu d'humour noir, jusqu'à ce qu'ils basculent presque dans la caricature. Mais mes parents sont vraiment comme ça. Je n'ai pas forcé les traits de personnages inexistants. J'ai plutôt cherché à me concentrer sur certains éléments suffisamment forts pour les identifier rapidement.
La mère est justement présentée comme une ex-soixante-huitarde, autrefois féministe, anarchiste, antimilitariste, qui a paradoxalement basculé vers le conservatisme (obsessionnelle sur la question des poils féminins) et se retrouve soumise à l'autorité d'un mari, qui plus est militaire… Le récit nous laisse entendre qu'elle semble avoir intériorisé une vision en partie misogyne des relations hommes-femmes. Elle défend, par exemple, systématiquement les hommes, et porte sur les femmes un regard pour le moins critique. La mère est donc à la fois décrite comme une alliée objective du patriarcat, autrement dit comme une femme prisonnière d'une forme de déni, et, dans le même temps, comme une femme qui semble avoir beaucoup sacrifié pour atteindre une stabilité matérielle qui lui manquait, à l'instar de millions de femmes à travers les siècles. On sent ainsi une véritable empathie pour tes personnages, une forme de compréhension et de bienveillance à leur égard, malgré le contexte dramatique du récit. Était-il important pour toi de les écrire dans leur complexité et leur ambivalence, afin de nous soustraire à tout jugement moral réducteur ?
Le personnage de la mère est en effet plein de contradictions, mais comme tout le monde, en fait. Ces personnages sont profondément ancrés dans leur époque. Cette femme a été jeune pendant Mai 68, une période de révolution sexuelle, une révolution des mœurs où, d'un coup, il fallait être une femme libre, il fallait baiser, ne pas être « prude » ... Il y a donc aussi eu une forme de confusion dans cette révolution. Une confusion parce que… qu'est-ce que la « liberté » ? Est-ce que devoir baiser à tout va pour ne pas être « prude », c'est être libre ? Ou est-ce que la liberté réside plutôt dans la possibilité de dire non, de choisir, etc. ? On passait en fait d'un carcan à un autre. D'un carcan « judéo-chrétien » : il faut se marier, avoir des relations sexuelles dans ce cadre-là, vivre sous l'autorité du mari, sans droit de vote ni compte en banque, à quelque chose d'ultra-permissif, notamment sur la question du corps et de la sexualité. Il y a donc eu une forme de confusion, une forme de déplacement des normes. Être libre revenait parfois à baiser avec tout le monde, à accepter une forme d'injonction à la disponibilité sexuelle, et surtout à ne jamais dire non, sinon, on était tout de suite cataloguée comme étant « prude ».
Donc je voulais noter cette contradiction, y compris dans le mouvement féministe, montrer qu'aujourd'hui on regarde cette époque autrement, et que, finalement, tout ce qui se passe à l'heure actuelle est aussi la conséquence de ce qui s'est joué autour de Mai 68. Tous les abus, toutes les histoires de pédocriminalité, le côté ultra-permissif du rapport au corps… C'est une période où Matzneff écrivait des bouquins et allait chez Bernard Pivot vanter ses frasques pédocriminelles. C'est aussi le début de la pédopsychiatrie, où Dolto valide des positions controversées, notamment concernant les relations adultes-enfants. Il y a eu des aberrations à cette époque. Sauf que les parents, élevés dans ce contexte, n'avaient pas toujours le recul nécessaire. Et donc, aujourd'hui, évidemment que les femmes de cette génération ont totalement intégré les codes du patriarcat, exercent et transmettent à leur tour cette part de violence. La question de l'épilation, cette injonction faite aux femmes d'être toujours propres, toujours prêtes à baiser, elle la lègue à sa fille, sans même réaliser que c'est problématique.
Et, effectivement, on comprend que la mère est née dans une famille pauvre, prolétaire, qui a fui la guerre. Elle a réussi à changer de classe sociale, ce qu'on pourrait en quelque sorte qualifier de transfuge de classe par mariage, parce qu'elle a trouvé un homme protecteur, dominant, qui lui apporte une forme de sécurité. On comprend aussi très bien que le choix d'un tel homme répondait, en partie, au besoin de s'échapper de sa propre famille. On comprend également qu'elle a été violée, qu'elle a rencontré son mari juste après, et l'on peut donc supposer que ce traumatisme a nécessairement eu un impact sur elle. Le fait qu'elle choisisse un homme qui appartient à l'armée, qui est un « guerrier », résulte très probablement d'un choix inconscient. Le choix de quelqu'un qui a été violée, de quelqu'un qui a été violentée, et qui cherche de la sécurité, qui cherche à sauver sa peau.
C'est tous ces paradoxes du personnage maternel que l'on retrouve d'ailleurs de façon beaucoup plus claire dans le monologue de fin, où elle dit à sa fille, que ce qu'elle lui souhaite, c'est qu'elle gagne son propre argent, qu'elle fasse des études, qu'elle soit libre. Et en même temps, elle le formule avec une telle violence que c'est profondément paradoxal. Mais ce qui motive la mère dans cette éducation, c'est effectivement que sa fille s'en sorte. Sauf qu'elle lui demande aussi de s'épiler pour trouver un mari, un mari riche qui lui permettra de faire de l'équitation. C'est donc un personnage traversé par plein des paradoxes, qui sont aussi des injonctions. Parce qu'à son époque, le mariage, c'est aussi la solution qu'elle a trouvée.
Pour moi, c'est vraiment la fresque d'une société, d'une époque, à travers ces personnages. Que sont devenus ces jeunes de Mai 68 lorsqu'ils sont devenus parents ? Quel type d'éducation ont-ils exercé ? Qu'ont-ils fait de cet héritage ? Et ce n'est pas une question de critique ou de dénonciation, plutôt une manière de prendre du recul sur une société, comprendre les phases qu'elle a traversées, et tenter de comprendre où elle en est aujourd'hui, afin d'éviter toutes les violences faites aux enfants, et notamment les violences sexuelles.
Quant à la question de l'écriture, de la complexité et de l'ambivalence des personnages, honnêtement, cela ne m'intéresse pas de faire des procès aux gens. Et puis, derrière, il s'agit surtout de mes parents. C'est le rapport que j'entretiens avec eux. C'est ce qui m'a permis de les comprendre et de les pardonner. Comprendre quelles ont été leurs vies, savoir qu'ils ont connu la pauvreté, la guerre, une certaine époque. On ne peut pas simplement condamner les individus. Il s'agit d'essayer de comprendre ce qui s'est joué pour eux dans leur propre vie, quels ont été leurs traumatismes, comment ils ont essayé de les dépasser, quels outils ils avaient à cette époque. Parce qu'en fait, dans les années 70-80, ce n'était pas si courant d'aller voir des psys, ce n'était pas si facile, ni même si commun, d'être aidé, de demander de l'aide et de se faire accompagner.
Je viens d'une autre époque que celle de ma mère, et je reconnais les privilèges dont je dispose aujourd'hui. C'est aussi ce qui me rend capable de regarder ces personnages-là, mes parents, en tenant compte de l'influence que la société exerce directement sur les individus. Ça n'enlève rien à la responsabilité individuelle dans ce qui se joue dans les familles, mais ça permet d'expliquer les choses.
Personnellement, c'est pendant l'écriture du scénario que j'ai fait ce trajet-là, ce chemin pour les comprendre. Et ça ne m'intéressait pas du tout qu'on les condamne, ou que ce soit facile pour le spectateur de désigner un bourreau et une victime. Même le personnage du frère est victime de la violence éducative du père, on voit bien qu'il est lui aussi pris dans un système. Je voulais déconstruire la figure de l'agresseur, du « méchant » qu'on imagine dans une ruelle avec un couteau, prêt à exercer sa force de façon violente.
Pareil pour Cassandre, je souhaitais déconstruire la figure de la victime idéale, celle qui pleure, appelle au secours, se plaint, demande de l'aide, se défend, etc. Cassandre ne se défend pas, n'appelle pas au secours, ne pleure pas, ne repousse pas son frère, sa stratégie de survie ne correspond pas à ce qu'on attendrait d'une victime. Ayant reçu une éducation un peu « guerrière », Cassandre a développé ce tempérament-là, elle va plutôt aller au carton, va provoquer les situations pour avoir sur elles une forme de maîtrise et de contrôle. Sauf que, dès lors qu'on décide où, quand et comment cela va se passer, on n'est plus tout à fait « victime ».
Quelqu'un qui regarde le film sans trop se poser de questions pourrait se dire qu'elle provoque son frère, qu'elle est consentante, qu'elle en a envie, puisqu'elle le lui propose. Mais tout cela est évidemment beaucoup plus complexe. Ce sont des mécanismes psychologiques bien plus complexes qu'on ne peut l'imaginer. Et montrer cette complexité, c'est inviter les spectateurs à regarder au-delà des apparences. Et puis, cette compréhension est essentielle dans le traitement juridique de ces situations. Mieux les comprendre permet aussi de mieux prévenir les violences et d'éviter qu'elles ne se reproduisent.
Donc, qu'il s'agisse du père, de la mère, du frère ou de Cassandre, je souhaitais travailler des comportements et des paradoxes propres à chacun des personnages.
Si aucun milieu social n'est épargné par l'inceste, ton film se déroule néanmoins dans une classe bien spécifique, qu'on imagine être entre la haute bourgeoisie et une forme d'aristocratie. Cet espace dans le film semble avoir été pensé comme un espace insulaire, en marge du monde et de ses conventions. Je ne sais pas jusqu'à quel point ce milieu social relève de la fiction ou de l'autobiographie, mais a-t-il été volontairement pensé comme un espace isolé de la réalité sociale, et donc, dans une certaine mesure, isolé de ses conséquences ?
Je ne définirais pas le contexte social comme relevant de la « haute bourgeoisie » ou de « l'aristocratie », puisqu'on devine un manoir un peu en décrépitude, on voit que le style est ancien, que ce n'est pas du flambant neuf… On devine plutôt une famille aisée, une bourgeoisie décadente, en fin de cycle, avec cette idée de fin d'un monde.
J'aurais dû préciser « déclassée ».
Oui, c'est ça. Ensuite, je ne voulais pas reproduire le cliché selon lequel l'inceste n'existerait que chez les pauvres, dans les HLM, dans des familles où l'on dort à dix par chambre, issues de l'immigration. Je souhaitais volontairement casser cet imaginaire. L'inceste existe dans toutes les classes sociales, et on s'en rend de plus en plus compte. La famille Kouchner, par exemple, des gens éduqués, cultivés, issus des milieux journalistiques ou politiques, en est un exemple flagrant. Il me semble que dans le film Dalva, qui est sorti un ou deux ans avant Cassandre, la classe sociale est inférieure, on est dans un univers prolétaire, la gamine est placée en foyer… Il y a là quelque chose qui correspond à un imaginaire plus attendu des classes sociales inférieures. Et je voulais prendre le contre-pied de cette idée reçue.
Plus personnellement, je n'ai pas du tout grandi dans la bourgeoisie. Pour autant, mes parents ont réussi à se construire une vie et à nous offrir un certain confort matériel et financier. Pour eux, c'était d'ailleurs leur grande victoire, on n'a jamais manqué de rien, on a toujours eu un toit sur la tête. Ayant connu la pauvreté, le froid, la faim, ils estimaient que c'était le plus beau cadeau qu'ils pouvaient faire à leurs enfants. Sauf qu'en réalité, il existe un tel problème autour de l'éducation, de la transmission et des relations humaines que, si l'on met en parallèle ce « cadeau » de sécurité matérielle avec la violence psychologique exercée, on comprend que ça ne suffit pas.
Ensuite, le choix du manoir tel que je l'ai pensé relevait de l'idée qu'il puisse incarner le patriarcat, une structure, rigide, qui enferme tout le monde. Parce qu'il n'y a pas que les femmes qui en sont victimes, il existe aussi des injonctions faites aux hommes : être virils, brutaux, dominants... Donc pour moi, sur un plan plus métaphorique, ce manoir incarne cette force invisible qui pèse sur tous les personnages, une structure qui les piège dans son architecture, qui les écrase, comme le poids d'un héritage générationnel dont on hérite malgré soi. C'est la part la plus lourde de l'héritage, celle sous laquelle on croule, sa plus mauvaise part.
Toute la première partie du film évoque un climat incestuel : la manière dont les parents traitent leurs enfants, la promiscuité, le rapport à la pudeur… J'imagine que ces éléments ne relèvent pas uniquement d'une mécanique de montée en tension dramatique, mais participent aussi d'une démarche plus illustrative visant à mettre en évidence certains signaux d'alerte, certains comportements, au sein d'un environnement familial dysfonctionnel. Y avait-il une volonté clairement « éducative » dans ces mises en situation ?
Oui, absolument. Il y avait des enjeux « pédagogiques ». Je souhaitais peindre un système familial dysfonctionnel, et plus précisément le système de l'inceste. Ce système repose sur de nombreux petits dérèglements, de petites déviances qui, une fois mises bout à bout et accumulées, finissent par créer un système de violence et permettent l'apparition ainsi que la répétition de l'inceste. Mais si on les isolait un par un — une petite blague de cul, une remarque sur le corps — tous ces éléments pris séparément ne paraîtraient pas nécessairement problématiques. C'est leur accumulation, leur répétition, qui en font un système.
Donc oui, la voix off, qui au tout début du film présente de manière ludique les personnages et leur passé, permettait de planter le décor. Parce qu'un inceste n'arrive jamais de nulle part. Généralement, dans les familles où l'inceste apparaît, il y en avait déjà eu auparavant, parfois sur plusieurs générations. Il survient là où existe déjà un climat qui le rend possible. Le climat incestuel n'est pas séparé de l'inceste, il fait partie intégrante du système.
Montrer la promiscuité, l'absence de portes, les blagues sur le corps… c'est tout un climat où quelque chose de la sexualité suinte en permanence, une violence, une absence de limites, un non-respect des identités de chacun, une confusion entre les générations et les rôles. L'idée était donc de montrer progressivement tout ce qui rend possible l'inceste entre le frère et la sœur. Quel est le terreau de cette violence ? Qu'est-ce qui permet son émergence ?
L'autorité semble jouer un rôle primordial dans la subjectivité du personnage de Cassandre. Elle respecte l'autorité du père, approuve les cris de son instructeur… J'ai l'impression que le film suggère que l'éducation autoritaire peut structurer un rapport au monde qui rend plus difficile la perception de certaines formes de violence ? Est-ce que je me trompe ?
Non, c'est totalement ça. Lorsqu'on est formaté d'une certaine manière, on finit par croire que le monde fonctionne vraiment comme ça et qu'il faut s'y soumettre, au point de ne plus pouvoir imaginer d'autres façons de penser ou d'agir que celles qui nous ont été inculquées.
C'est pour ça que Cassandre a un rapport à la vie qui est brutal ; c'est au contact du centre équestre, petit à petit, qu'elle va découvrir une autre manière de se comporter, de gérer ses émotions, d'entrer en relation — avec l'animal comme avec les gens du centre — ainsi qu'une autre façon de communiquer. Elle est comme projetée dans un autre monde dans lequel elle doit tout réapprendre.
Il y a une scène qui me touche particulièrement. C'est celle dans laquelle le père vient pour monter à cheval et se retrouve avec Cassandre dans le bureau de l'instructeur. Dans cette scène, les deux figures paternelles se font face, et Cassandre est comme prise entre les deux. À ce moment-là, elle perçoit combien son père est « handicapé », combien il est prisonnier de ses mécanismes et de son rapport au monde. Elle comprend qu'il s'agit de la rencontre de deux univers, au point qu'elle en vient presque à traduire les paroles de son père.
C'est un moment du film dans lequel le père apparaît comme maladroit, intimidé, un peu niais, parce qu'il ne sait pas se comporter. Et toute la gêne que cela peut procurer à Cassandre, d'assister à cette scène, à cette rencontre impossible…
C'est intéressant aussi de constater que, dès que le père quitte son manoir, dès qu'il descend de sa voiture, toute son autorité s'effondre instantanément.
Oui, il est ridicule… d'autant plus avec son costume de pantin.
C'est comme s'il perdait toute son aura, jusque dans le regard de sa fille, comme s'il perdait toute sa stature, toute la hiérarchie qu'il pouvait incarner dans le manoir, qui est, de facto, son domaine. À l'extérieur, dans le monde réel, il n'a plus rien d'un tyran, c'est un clown.
Totalement. Un clown, un enfant, il porte ce ridicule-là.
Le fait qu'il se prenne très au sérieux ajoute une dimension burlesque à la scène. En y repensant, c'est effectivement un comportement d'enfant, je n'y avais pas pensé…
Franchement, quand tu regardes le comportement des hommes politiques, les crises incroyables qu'ils nous font. Les Sarkozy, les Mélenchon… ils sont tellement la caricature des hommes de pouvoir qui en veulent pour régner. Des petits garçons colériques… Il y a quelque chose de tellement infantile, de tellement puéril dans ce type de conduite ; c'est désespérant, en fait.
D'un autre côté, voir des foules se bousculer pour les acclamer, les défendre ou leur vouer un culte me semble tout aussi puérile, et tout autant désespérant.
C'est clair.
Pour revenir à notre sujet : Cassandre oscille tout au long du récit entre la soumission et la révolte, la stupeur et le défi, la provocation, l'espoir de contrôle et la répétition du traumatisme. Tout cela crée un énorme malaise pour le spectateur qui, comme elle, se retrouve dans un immense flou, dans une immense confusion. Le film nous permet de comprendre que ce qui, d'un point de vue extérieur, pourrait s'apparenter à une forme de réciprocité n'est en réalité qu'une stratégie d'évitement. Tout cela est très fin, très ambivalent et complexe, et pourtant le film parvient très bien à l'expliciter. N'était-ce pas une difficulté supplémentaire que d'ajouter une telle profondeur psychologique à un film abordant déjà un tabou ?
Je ne pouvais pas parler de quelque chose de complexe en simplifiant. (rires) Pour moi, c'était une évidence, je souhaitais aborder un sujet complexe dans toute sa complexité. Et je voulais aussi placer le spectateur à l'endroit de la victime, être au plus près de ce qu'elle vit, de ce que vivent toutes les victimes dans des familles dysfonctionnelles.
Parce qu'en réalité, lorsqu'on est dans ces familles-là, on est baigné dans la confusion. On ne sait plus quoi penser ni quoi ressentir, parce qu'il existe une sorte de mouvement permanent de la pensée, des contradictions permanentes entre ce qui est dit et ce qui est fait. L'idée était donc que le spectateur puisse lui aussi être happé, au début du film, par la voix off, par cette présentation haute en couleur des parents, par le rythme, par la musique. Comme s'il entrait dans cet univers avec une forme d'émerveillement. Il ne saisit pas toutes les informations immédiatement, puis, petit à petit, il sera plongé dans les profondeurs du récit et se retrouvera confronté à cette même confusion que celle que l'on éprouve lorsqu'on grandit dans ce type de famille. À ce moment-là, on ne sait plus quoi penser.
Lorsque Cassandre provoque les événements qui vont conduire au passage à l'acte, le spectateur est complétement désorienté. Il en vient même à remettre en question son statut de victime. Parce qu'on a tous des représentations préconçues, parce qu'on a tous des clichés en tête. Mais le fait d'être immergé dans cette famille révèle la difficulté qu'on a à s'y situer. On ne comprend plus vraiment ce qui se joue, et l'on ne sait pas quelle attitude on aurait eue à sa place. En réalité, tant qu'on ne se retrouve pas soi-même dans une situation aussi complexe, il est impossible de savoir quelle serait notre réaction. La réaction de Cassandre, le fait qu'elle soit un peu « bizarre », témoigne de l'impact du dysfonctionnement familial. La violence du viol, la sidération et le comportement qui s'ensuit, tout cela participe d'une même logique. Dans un climat anormal, les comportements qui émergent sont eux aussi anormaux. Il ne peut pas y avoir de réaction parfaitement rationnelle ou parfaitement logique dans une situation qui ne l'est pas. Je souhaitais mettre tout cela en évidence.
Je voulais également montrer à quel point le frère, qui est pourtant « l'agresseur », apparaît progressivement comme psychologiquement plus fragile que sa sœur. Il y a chez lui quelque chose de profondément vulnérable. Le fait d'être en permanence écrasé par le père, d'être constamment humilié, moqué, rabaissé... Il y a donc entre Cassandre et son frère un rapport de force qui est en réalité très ambivalent. Pour autant, la violence advient, et elle en est la victime.
Mais au fond, tous deux sont victimes, des victimes collatérales d'un système familial dysfonctionnel et violent.
Le film démasque aussi une illusion morale : celle du dit « libre arbitre ». Beaucoup de décisions dans le film se jouent dans l'ombre de l'irrationnel, de l'inconscient, de la peur, du désordre et de la honte. Tout se mélange, se dilue, s'amalgame et s'embrouille. Dans ce contexte, la notion de « responsabilité » devient franchement problématique. Ce n'est pas évident à faire passer comme message, surtout dans une époque qui valorise de moins en moins la nuance et la subtilité.
(rires) Oui oui, on ne vit plus vraiment dans une époque qui valorise la nuance et la subtilité. C'est très juste. Concernant la question du libre arbitre, en réalité, il suffit d'aller chez un psy ou un psychanalyste pour se rendre compte que la plupart des choix que l'on fait dans sa vie ne sont pas vraiment des choix. Ils sont largement guidés par notre éducation, notre vécu, nos blessures personnelles. En fait, tous nos actes, toutes nos paroles, tous nos comportements et tous nos liens prennent souvent racine dans l'enfance, notamment dans la relation aux parents.
Donc la question du libre arbitre… bon, il n'y a pas de libre arbitre. (rires)
Et en même temps, si l'on veut essayer de conquérir un tant soit peu de libre arbitre, il faut précisément entreprendre un travail de déconstruction. Regarder d'où l'on vient, comment on a grandi, s'intéresser à l'histoire de nos parents, de nos familles, de nos pays, de nos sociétés. C'est à cette condition que l'on peut commencer à se demander ce qu'il est possible de faire pour ne pas être simplement la marionnette d'un système, pour ne pas reproduire malgré soi ce dont on a hérité.
Donc, en conclusion : allons tous chez les psys ! (rires)
(rires) Ça ferait effectivement du bien à pas mal de monde. Ceci dit, vu le prix d'une séance, ça risque de prendre encore un peu de temps avant de se démocratiser dans toutes les classes sociales.
C'est vrai…
Le film ne s'applique pas non plus à reproduire le schéma binaire de la « victime idéale » et du « bourreau sanguinaire », pourtant très présent dans le cinéma contemporain, notamment dans le revival post-MeToo du genre « rape and revenge ». Ton film est au contraire du côté de l'ambiguïté, de la confusion et de la difficulté. Est-ce que le choix de ne pas reproduire cette dualité n'a pas rendu le projet plus difficile à faire comprendre ?
Si, tout à fait. D'ailleurs, les premières années, lorsqu'on cherchait des financements, les gens ne comprenaient pas pourquoi je faisais de l'humour avec l'inceste, pourquoi je faisais des blagues, pourquoi les parents étaient drôles. Ils ne comprenaient pas, notamment les membres du CNC, qui n'a d'ailleurs pas financé le film.
Au tout début, quand on a commencé à chercher des financements en 2019, on s'est pris une longue série de refus. Et c'est parce qu'en 2021, il y a eu le livre de Camille Kouchner, la vague MeTooInceste, le livre de Neige Sinno, celui de Vanessa Springora… autant d'événements qui ont participé à une libération de la parole et ont permis de mieux comprendre ces sujets. Donc, lorsqu'on a repris la recherche de financements en 2023, France Télévisions a tout de suite soutenu le film, parce que la société avait mûri, parce que les gens avaient eu le temps d'assimiler certaines choses. Mais en 2019, même si le scénario devait être encore un peu « vert », tous les retours que je recevais étaient somme toute identiques : « On ne comprend pas pourquoi vous voulez faire rire », « J'ai ri en lisant le scénario, c'est malaisant ». Oui, l'inceste, c'est malaisant. C'est normal, d'éprouver un malaise envers un sujet malaisant.
Le problème venait surtout de la confusion entre le sujet et la manière de le traiter. Il faudrait raconter des histoires tristes à la manière des frères Dardenne, de Ken Loach, en étant super déprimant. Moi, ce n'est pas ma manière d'être au monde. Ce n'est pas ce que je voulais faire. Pour moi, l'intelligence, l'analyse et le rire sont aussi des moyens de dépasser le traumatisme, de le transcender, plutôt que de s'enfermer dans la souffrance.
Et puis, j'ai hérité de l'humour noir de mes parents, qui étaient fans de Coluche, de Desproges. J'ai grandi avec cet humour-là. C'était donc la manière avec laquelle je souhaitais raconter cette histoire, mais les gens ne la comprenaient pas. J'avais beau dire que j'étais légitime à la raconter comme je voulais, puisque c'était la mienne, je dois bien dire que cela a été très compliqué au début.
Je crois que c'est véritablement l'enchaînement des mouvements #MeToo et des œuvres consacrées à ce sujet qui a permis une meilleure compréhension de ces mécanismes…
Je me disais très clairement que la façon si singulière que tu avais de traiter de sujets si tabous, et ce sans jamais recourir aux formes conventionnelles pour les représenter, avait très certainement dû être compliquée à faire accepter. Le fait de sortir de certaines conventions narratives, le fait que la « victime » ne soit pas complètement « passive » ou qu'elle ne soit pas présentée comme radicalement « parfaite », le fait qu'elle ne corresponde plus tout à fait aux critères avec lesquels on nous a habitués à la définir, tout cela me paraissait particulièrement ambitieux. En revanche, je me demandais si ce choix de la complexité et de l'ambiguïté n'avait pas rendu le film plus compliqué à défendre, notamment auprès des producteurs.
Les premiers producteurs avec lesquels j'avais signé ont abandonné le projet en 2022.
Donc de 2019 à 2022, une équipe défendait le projet ?
J'ai signé avec une première prod en 2018. On a donc décidé de monter le film entre 2018 et 2019. En 2020, c'est le Covid. En 2021, c'était chaud, parce que les cinémas ne rouvraient pas. En 2022, on enchaîne trois tentatives de financement CNC, sans succès. Et comme les premiers producteurs ne parvenaient pas à financer le film, ils ont fini par abandonner.
Je suis donc reparti avec mon scénario, j'ai retrouvé une nouvelle boîte de prod, et en moins d'un an, on a tourné le film.
Mais, encore une fois, ce n'était plus la même époque. Les obstacles auxquels nous étions confrontés entre 2019 et 2021, au-delà du Covid, renvoyaient aussi à une question de maturité sociétale, à la manière dont on pouvait parler de ce projet-là.
Ensuite, la production avec laquelle nous avons finalement fait le film avait aussi un certain nombre de demandes. Par exemple, elle souhaitait que l'on coupe la phrase grossophobe du personnage de la mère.
Sérieusement ?
Oui, elle voulait couper cette phrase parce qu'elle craignait que, sortie de son contexte et envoyée sur les réseaux, on puisse accuser le film de grossophobie. J'ai dû lutter pour la conserver. Il y a eu plein de moments où la prod a cherché à simplifier les choses pour que le film soit mieux compris. Et à vrai dire, il y a beaucoup de gens qui n'ont pas compris ce film, justement parce qu'il est trop subtil, trop complexe…
J'ai accompagné le film sur près de cinquante projections après sa sortie, et plusieurs fois, des spectateurs m'ont affirmé que Cassandre n'était pas vraiment victime. J'ai donc dû réexpliquer, encore et encore, les mécanismes, expliquer ce qui se passe. À chaque projection ou presque, il y avait au moins une remarque allant dans ce sens : qu'elle aurait provoqué son frère, qu'elle était consentante… bref, tout ce que dit le père. C'est assez « marrant », d'une certaine manière, de voir que les propos du père peuvent être repris par des spectateurs, alors même que ce personnage est clairement associé à une figure malveillante. Et pourtant, son raisonnement est facilement réapproprié.
Mais oui, ça a clairement été compliqué de trouver les financements.
Le fait qu'une phrase puisse être écartée par peur d'un scandale hypothétique témoigne quand même d'un niveau d'autocensure assez incroyable.
C'est vraiment l'époque…
Ça me semble particulièrement risqué de jouer à ce jeu-là, parce qu'on ne sait jamais jusqu'où une telle logique peut s'étendre.
Oui, c'est carrément flippant.
En plus, c'est tout ce qui m'a fait aimer le film, cette sensibilité, cette nuance, cette subtilité, et en même temps, ce ton volontairement malaisant. On ne sait pas toujours quoi penser, ni comment le penser. Le film demande à être digéré, décanté, revu plusieurs fois, il provoque un certain nombre de questionnements, et c'est précisément ce qui me semble bénéfique. Ce n'est pas un film qui vient t'expliquer la vie ou conforter des préjugés…
Lorsque je faisais les projections en salle, beaucoup de gens me disaient justement l'avoir vu deux fois. (rires) Une personne m'a même affirmé l'avoir vu cinq fois au cinéma, et sur Instagram, une autre m'a écrit l'avoir vu neuf fois ! Donc oui, je pense que c'est un film assez riche, qui mérite en effet plusieurs visionnages.
Sinon, pour être honnête, le conformisme moral, la bien-pensance actuelle, le fait de mettre les gens dans des cases, de simplifier les faits, tout cela ne me convient pas…
Je trouve ça rassurant. Parce que la « Netflixisation » d'une partie de la production culturelle, personnellement, je sature… Que ce soit dans les scénarios, les dialogues ou les questions de représentation… L'utilisation de personnages issus des minorités comme faire-valoir « progressistes » par l'industrie, exploités comme des espèces de pancartes inclusives qui n'apportent absolument rien sur le plan narratif, écrits de façon toujours unidimensionnelle, sans profondeur psychologique, toujours bienveillants, drôles, sans aucune aspérité… L'intention affichée est certainement louable, mais le résultat est tellement déshumanisant. Le plus inquiétant, c'est de voir combien se satisfont de cet état de fait, combien s'en contentent ou, pire, y voient une forme d'accomplissement. Une fois de plus, le marché est parvenu à récupérer la situation et à la retourner à son avantage. C'est un peu désolant…
En réalité, chaque génération, chaque époque a ses propres enjeux et, bien souvent, lorsqu'une génération va dans un extrême, la suivante tend à aller dans l'autre. Je pense qu'il faut essayer de ne pas devenir trop cons. En ce moment, c'est ce qui se passe. Reste à voir ce que ça donnera dans dix ou vingt ans, comment tout ça évoluera. Mais c'est certain qu'en ce moment, c'est compliqué…
J'ai cru comprendre que le film avait été boycotté par certains festivals. Avec le recul, penses-tu que cela tienne plutôt au sujet, à la singularité de ton approche, ou à une combinaison des deux ?
C'est moi qui ai dit ça (rires). Donc, comment dire…
Moi, je débarque dans le milieu du cinéma sans connaître personne. Je n'ai pas fait d'école de cinéma, je ne connais rien à ce milieu, bref, je n'ai rien fait comme il faut. Et puis, c'est aussi un univers où l'entre-soi est assez présent, et moi, je ne suis personne. En plus, j'arrive avec un sujet qui dérange et qui touche énormément de monde. De près ou de loin, cette thématique met les gens mal à l'aise. C'est un tabou de société, et il n'y avait pas vraiment eu de film sur le sujet auparavant. À cela s'ajoute l'idée que l'époque est particulièrement inflammable sur ces questions. Le traitement est assez audacieux, puisqu'il y a de l'humour. Et puis, le monde du cinéma va mal depuis le Covid, il y a de moins en moins de spectateurs en salle. Donc, à tous les niveaux — distribution, programmation, exploitation — tout le monde s'est dit que personne n'irait voir ce film.
Quant aux festivals, et Cannes plus encore, c'est quand même un milieu où le copinage joue beaucoup. Et comme je le disais plus tôt, je ne suis absolument personne. La société de production qui me soutient n'avait produit qu'un seul film auparavant, et le distributeur était un jeune distributeur de films « tout public ». Cassandre était peut-être l'un des premiers films un peu singuliers qu'ils avaient à défendre. Mon traitement et ma mise en scène naviguent eux aussi entre les genres. Et pour ne rien arranger, je me suis permis des libertés qu'on voit assez rarement dans le cinéma français… Quand Xavier Dolan prend des libertés formelles, il est adoubé — peut-être aussi parce que c'est un homme… C'est sans doute un raccourci, et je ne lui enlève évidemment rien de son talent. Mais moi, je suis une fille, je ne connais personne, et je veux parler d'un sujet dont personne ne veut entendre parler. Personne n'a envie de parler d'inceste, personne n'a envie d'aller voir un film sur les violences sexuelles. Ça saoule tout le monde. Et puis, on sortait de la vague MeToo. Un livre, on peut le refermer quand on le souhaite. Un film, c'est autre chose, c'est être immergé dans une expérience dont on peut avoir le sentiment d'être prisonnier. Il y a quelque chose de beaucoup plus confrontant dans le cinéma.
Enfin bref, le sujet, le fait de ne disposer d'aucun réseau, sans compter les libertés formelles et de ton que je m'autorise, tout cela a fait que nous avons été très peu sélectionnés en festivals.
À cela venaient encore s'ajouter des logiques de stratégie commerciale, parce que le cinéma est avant tout une industrie. Quinze jours avant notre sortie, les distributeurs avaient un très gros film sur lequel ils avaient beaucoup misé, puis quinze jours après, un autre gros film à défendre. Dans ce contexte, Cassandre a été un peu glissé entre les deux.
Le film, n'ayant pas été sélectionné en festival, sa date de sortie a été fixée en fonction des autres sorties et des recettes qu'elles étaient susceptibles de générer. Ce sont aussi des logiques de survie propres à cette industrie. Un film reste un produit : on choisit ceux que l'on met en tête de gondole, comme on choisit celui qui finira en bout de rayon.
En termes de diffusion, par exemple, on est partis avec 120 salles au lancement en France. C'est monté jusqu'à 140, mais on ne peut pas être réellement compétitifs dans ces conditions. Pour donner un ordre d'idée, le film sorti deux semaines avant le nôtre bénéficiait d'une exposition comprise entre 600 et 800 salles. On ne joue pas dans la même catégorie. Ils ont réalisé près de 500 000 entrées, ce qui est assez logique dans ces conditions. Si Cassandre avait été mieux distribué, il aurait aussi pu trouver davantage de spectateurs.
Sans compter que les retours spectateurs ont dû être majoritairement très positifs, non ?
J'ai eu de très bons retours presse, pour commencer, puis de très très bons retours spectateurs. Énormément de gens m'ont écrit — certains m'écrivent encore aujourd'hui — pour me dire que le film leur a plu.
Il y a aussi eu beaucoup d'anciennes victimes qui m'ont écrit pour me remercier d'avoir fait le film, tout en me disant qu'elles n'iraient pas le voir, par peur du traumatisme. C'est quelque chose qu'il faut prendre en compte : les victimes elles-mêmes, qui auraient pu soutenir le film, ne se sentaient souvent pas en mesure d'aller le voir. Cela ajoute une complexité supplémentaire, dans la mesure où les premiers concernés n'iront probablement pas en salle.
Alors oui, ça a été un pari de faire ce film. Un pari pour la production, un pari pour la distribution. Le simple fait de l'avoir à leur catalogue, même sans le mettre particulièrement en avant, représentait déjà une prise de risque. Donc je ne jette la pierre à personne, tous ceux qui ont travaillé sur ce film, à un moment ou à un autre, ont pris un risque. Parce que c'est un film dont l'équilibre est sur le fil. Si on fait trop de blagues, ça ne passe pas ; si on est trop dark, ça ne passe pas non plus. C'était un véritable numéro d'équilibriste. Par conséquent, tous ceux qui ont fait le pari du film ont pris un risque.
Mais pour résumer, on a fait une dizaine de festivals. Alors qu'à Cannes, franchement, on peut voir des films nullissimes. J'ai des copines qui ont réalisé des films, peut-être plus accessibles, et qui ont fait vingt ou trente festivals dans le monde entier… Parce que les programmateurs cherchent aussi des films susceptibles de trouver leur public.
Encore une fois, il faut prendre un peu de recul : qu'est-ce que l'industrie ? Qu'est-ce que l'industrie du cinéma post-Covid ? Quels sont les enjeux ? C'est tout cela, en réalité, qu'il faut prendre en compte.
Pour revenir à la structure du film, tu n'imposes pas non plus de résolution punitive à ton récit, contrairement à ce qu'ont proposé un certain nombre d'œuvres féministes libérales ces dernières années… Dans ton film, l'émancipation ne passe ni par la justice ni par la vengeance, mais par la sororité, l'amitié, la solidarité et la fugue. C'est un point de vue, malheureusement, assez marginal au cinéma. Qu'est-ce qui a motivé ce choix narratif ?
Je souhaitais transmettre dans ce film tout ce qui m'a aidée à m'en sortir. Et l'amitié en fait partie, les animaux en font partie, la nature en fait partie. Je voulais mettre en avant des solutions. Parce que, d'accord, on vit effectivement des traumatismes, mais comment fait-on pour vivre avec ? Comment fait-on pour s'en sortir ?
Je ne me suis jamais inscrite dans un désir de vengeance, et je n'ai même jamais eu envie de cultiver la colère. Parce que, lorsqu'on est en colère, on en est la première victime. On se met dans des états émotionnels qui nous écrasent et nous rendent prisonniers de notre propre colère.
Moi, ce que je voulais, c'était comprendre. Comprendre pour ne pas reproduire, comprendre pour pardonner. Et chacun fait évidemment comme il veut et comme il peut, mais mon chemin — et c'est aussi ce qui m'a apaisée — a été de chercher à comprendre ce qui s'est joué pour chacun.
Je n'avais pas envie de porter le poids de la haine ou de la colère éternellement. Et puis, de mon point de vue, tout le monde est victime. Dans le patriarcat, tout le monde est pris dans des mécanismes qui le dépassent, il y a un endroit où tout le monde est malheureux. Et dans cette famille-là, le frère est fondamentalement une victime collatérale.
C'est ma manière de cheminer qui m'a poussée à partager mes solutions plutôt qu'à aller vers quelque chose de spectaculaire, de sanguinaire… de toute façon, tout ça ne me ressemble pas.
J'ai été personnellement très agréablement surpris par les effets de style et l'ambiance baroque, presque fantastique, du film. Le cinéma français nous a en effet plutôt habitué à traiter les sujets « sérieux » dans une atmosphère austère, quasi documentaire. Pourquoi avoir opté pour ce parti pris esthétique ?
Pour moi, il y avait quelque chose de l'ordre du sensoriel. Je voulais que le spectateur se place à l'endroit de ce que ressent Cassandre, de ses sensations. En fait, lorsqu'on vit un choc émotionnel, lorsqu'on est en état de sidération, on entretient un rapport au réel qui devient confus. Il peut y avoir une forme de distorsion spatio-temporelle : on peut voir les espaces bouger, comme si l'on était sous l'effet de substances, entendre des hallucinations auditives, des sortes de larsens dans les oreilles, des acouphènes. C'est cette expérience subjective que j'ai cherché à traduire à travers Cassandre. Cela passe notamment par ces flashs, ces moments où l'esprit court-circuite, où des images mentales l'envahissent, des mini-scénarios qui se déroulent dans sa tête et se superposent à la réalité. Par exemple, lorsqu'elle embrasse son moniteur d'équitation, lorsqu'elle se blottit contre lui ou lorsqu'elle repousse violemment son frère. Ce sont des mécanismes psychiques qu'on appelle des phobies d'impulsion. Mais si ces situations ne sont pas à proprement parler réelles, les sensations qu'elles engendrent, elles, le sont. Moi, en tant qu'individue, en tant qu'humaine, j'ai ces mini-scénarios dans la tête, ces acouphènes, ces larsens dans les oreilles, ce rapport à l'espace parfois distordu… Je souhaitais donc placer le spectateur dans un rapport plus sensoriel, lui faire vivre une expérience émotionnelle et physique, pas seulement théorique. D'où l'usage du son, de l'image, du montage, au service de ce que je raconte, aussi en termes de sensations.
Lorsqu'elle se fait épiler et qu'elle traverse ces moments d'absence, avec ces plans en top shot, c'était aussi une manière de rappeler les récits de personnes ayant vécu des expériences de mort imminente, ces sensations de sortie de corps. Dans les états de dissociation, on peut aussi se percevoir en dehors de son propre corps.
L'enjeu était donc de voir comment, par la technique cinématographique, on pouvait montrer ce que traverse le personnage. Je me suis permise ce genre de liberté pour servir le sujet, le récit, le personnage et, finalement, le spectateur. Autre exemple, dès que le récit bascule en 1998 et jusqu'à la fin du film, l'écran s'élargit. Au début, on est en format carré, puis, millimètre par millimètre, l'image s'ouvre progressivement. Pour moi, cela traduit l'idée que le spectateur, comme le personnage principal, a d'abord des œillères, puis que, graduellement, son champ de vision s'élargit, son horizon s'élargit, et c'est ce qui lui permettra de se dégager de sa condition. C'est grâce à cette meilleure vision, à cette meilleure compréhension de ce qui se joue pour elle, que Cassandre peut finalement s'échapper.
Tous ces petits procédés techniques racontent donc quelque chose du trajet du personnage, et de ce qu'il ressent.
Finalement, que ce soit dans les sujets abordés, la manière de les aborder, et jusque dans la forme même que tu as donnée à ton premier film, on peut dire qu'il est à contre-courant de tout ce qu'on pourrait attendre d'une telle œuvre…
Peut-être. (rires) J'avoue ne pas suivre de mouvement particulier. Je n'ai pas fait d'études de cinéma. Je parle avec ce que je suis, avec ce que j'ai, avec mon propre rapport au monde. Et le film raconte aussi ce rapport au monde-là, un rapport sensoriel, émotionnel…
Je crois qu'avant même de raconter une histoire, un film raconte la personne qui le porte.
Plutôt à contre-courant aussi, tu te présentes comme écoféministe, un courant de pensée largement ancrée dans la tradition anarchiste. On voit dans le film que tu t'es attaché à rendre visible le type de relation que l'on peut entretenir avec l'animal, et la manière dont on peut collaborer avec les non-humains sans les soumettre. Ce sont des questions que se sont posées de nombreux libertaires, de Louise Michel à Marie Huot, d'Élisée Reclus à Sophie Zaïkowska. Au tout début de l'entretien tu évoquais justement un « continuum de violence ». Alors, envisages-tu, comme eux, l'idée que les différents systèmes de domination forment un ensemble interconnecté, où les rapports au vivant, aux animaux et aux humains participent d'une seule et même logique ?
Très clairement, lorsqu'on observe la violence qu'on exerce sur la nature, les animaux, les femmes, les enfants… c'est un continuum de violence mondial. Donc oui, pour moi, tout est lié.
Et si on apprenait dès l'enfance à respecter les animaux et la nature, peut-être qu'on pourrait sauver la planète. (rires) Mais vu comme c'est parti, ça me semble compliqué.
Je ne pense pas qu'on puisse séparer les choses, les cloisonner…
Pour clôturer cet entretien, disons que ton film s'inscrit dans un contexte social et culturel marqué par une mise en visibilité croissante de la question de l'inceste. Le rapport de la CIIVISE, les travaux de Dorothée Dussy, le roman Triste tigre de Neige Sinno, les documentaires de Christine Angot et de Léna Rivière [1], ainsi que, plus largement, la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, donnent le sentiment que les choses évoluent et que la compréhension de ces phénomènes gagne en finesse, en nuance, notamment dans l'analyse des systèmes de domination. Que t'inspire cette évolution, et pour finir, qu'en espères-tu ?
Il y a encore beaucoup à faire. Il peut y avoir des avancées, mais il faut rester vigilant face aux reculs, qui restent toujours envisageables. Ce que j'en espère ? Qu'on protège mieux les enfants. Quand on voit la mort de Lyhanna, la garde à vue de Bruel… Il y a tellement d'affaires, c'est vertigineux. Je ne sais pas comment on va faire face à tout ça, comment on va gérer tout ça.
Pour autant, ce qui me rassure, c'est que même les plus jeunes sont désormais sensibilisés à ces questions, à la question du consentement, à la question des injonctions. Peut-être que cette génération, une fois adulte, produira moins de problèmes, ou que ces problèmes seront mieux et plus rapidement pris en charge. Mais tout ça, c'est aussi une question d'argent. Accompagner les victimes dans leurs procédures judiciaires et dans leur chemin vers la guérison coûte très cher. Moi, ça fait quasiment vingt ans que je vais voir des psys, des ostéopathes, des kinés, que je fais des stages de développement personnel, pour essayer d'aller mieux, de ne pas reproduire la violence, de guérir les symptômes physiques et psychologiques… C'est sans fin. Quand des gens de mon âge sont propriétaires, ont des familles, des enfants, moi j'en suis encore à essayer d'aller bien. Il y a là une inégalité très forte, qui se manifeste aussi dans la non-reconnaissance du traumatisme.
Donc ce que je souhaite et ce que j'attends, c'est que les victimes soient mieux accompagnées, et que les agresseurs le soient aussi, parce que, dans la majorité des cas, ils ont eux-mêmes été victimes. De toute façon, si on ne les accompagne pas pour comprendre ce qui s'est joué pour eux, pour leur apprendre à se comporter autrement, il y a des récidives — on le voit bien. Donc quels choix politiques seront pris pour que tout le monde soit accompagné dans le bon sens ?
Mais bon… entre les guerres qui éclatent ici et là, on préfère mettre les budgets dans l'armement.
Les choix sont faits.
Au moins, on finit sur une note positive. (rires)
(rires) Après, si toutes les jeunes générations, sensibilisées depuis l'enfance à ces problématiques, parviennent à les résoudre… tout le courant écolo, les collectifs, les tiers-lieux artistiques, les squats, les occupations à la campagne, peut-être que tout cela peut aussi se répandre.
En réalité, il faut sans doute peu de choses pour faire basculer la société dans un autre modèle.
On croise les doigts.
Les kinologues
Illustrations & Graphisme : https://mielo3.bigcartel.com/products
https://www.instagram.com/miel.o3[1] Le documentaire Queen of Bongo de Léna Rivière reste disponible en accès libre, ici.
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À Ceuta, des milliers d’exilés pris au piège après la traversée
Les 30 et 31 juillet, quelque 72 000 personnes ont rejoint Ceuta depuis le Maroc, principalement par la mer. Si près de 70 000 d’entre elles sont depuis retournées au Maroc, des milliers de personnes restent dans l’enclave espagnole, sans solution d’hébergement et dans l’espoir de gagner le continent européen. Reportage.
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En Gironde, après le feu, le temps des questions
Alors que l’incendie est fixé en Gironde, après avoir détruit 42 000 hectares de forêt et 240 habitations, les sinistrés s’interrogent sur les origines de ce mégafeu, sur les moyens mobilisés par l’État pour y faire face et sur les choix tactiques des services de secours. Décryptage. -
Ceuta: le déni du gouvernement marocain face à la crise sociale
Après quatre jours de silence, le gouvernement marocain a pris la parole pour se dédouaner: sans réellement aborder la crise sociale, l’exécutif a pointé la responsabilité de la justice espagnole dans la crise de Ceuta, tout en rappelant que le Royaume n’est pas le" "«gendarme» de l’Europe. -
Caen: C’est la coupure qui fait déborder le vase !
Une première version du tract « C’est la coupure qui fait déborder le vase !» a été distribué devant les locaux de la SAUR à Ifs au mois de juin 2026. Voilà une nouvelle version du tract avec quelques corrections.C’est la coupure qui fait déborder le vase !
À propos de coupures d’eau dans l’agglomération caennaiseDepuis le printemps 2024 dans l’agglomération caennaise, les squats se font de nouveau couper l’eau. Ces six dernières années, les distributeurs avaient arrêté de la couper et d’empêcher son rétablissement dans les squats investis par l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, suite à une lutte engagée en 2017 par cette dernière contre Veolia.
Pendant plusieurs mois des gens débarquaient régulièrement dans les locaux de Veolia pour exiger l’annulation d’une facture d’eau de 6600 euros pour un grand squat de la Guérinière occupé pendant plus de trois ans. Face au distributeur qui se dédouanait de toute responsabilité en renvoyant vers les pouvoirs publics, la mairie puis le CCAS (centre communal d’action sociale) ont été occupés, forçant ce dernier à éponger la dette.
Début 2023, le syndicat Eau du bassin Caennais a délégué la gestion du réseau d’eau à Eaux de Normandie (filiale de Suez), et à la SAUR, et les coupures ont recommencé. Coïncidence ? Alors qu’avant iels se contentaient de retirer les compteurs d’eau, maintenant iels envoient leurs petites mains faire le sale boulot : dans un squat à Fleury-sur-orne, l’eau a été coupée et l’accès à l’arrivée d’eau bouché avec du gravier et du sable ; au squat rue général Duparge, même chose avec du ciment, sous l’œil des propriétaires (de l’Administration Pénitentiaire) ; puis une coupure d’eau dans un squat à Bourguébus ; et de nouveau une tentative de coupure au squat du 102suudessous, suivie d’une tentative de sectionner les canalisations souterraines en creusant un grand trou dans la rue. Et c’est seulement les interventions dont on a connaissance… Y’en a ras le bol !
Pendant que le système industriel accapare les ressources en eau, les gestionnaires font la chasse aux mauvais payeurs pour grappiller quelques centimes et quelques gouttes d’eau. On doit payer l’eau à cause de groupes, États comme grandes entreprises, qui se l’approprient pour la marchandiser et s’enrichir sur un besoin vital. Ces charognards fixent les prix, et soit tu paies soit tu meurs. Si y’a des gens qui volent l’eau, c’est bien ceux-là, et pas celleux qui se débrouillent pour ne pas payer quelques mètres cubes pour un usage domestique. On nous culpabilise avec des leçons de morale sur la consommation individuelle (fais pipi dans ta douche !), pendant que l’industrie des énergies (nucléaire en tête) pollue des fleuves entiers pour refroidir leurs centrales, que l’agro-alimentaire dépense des tonnes d’eau pour arroser les champs pleins de pesticides et empoisonner les sols, que l’industrie du BTP assèche pour construire des prisons, et que l’industrie de l’armement assoiffe pour fabriquer drones et chars.Si il faut couper l’eau, c’est aux industries, quelles qu’elles soient !
Que dit la loi française (pour l’instant) ?
Depuis 2013 (Loi Brottes), couper l’eau dans une résidence principale est illégal en France, même si les habitant-e-s ne payent pas l’eau. De même, la pratique du « lentillage » (réduire le débit d’eau plutôt que de couper l’eau directement) est illégale. De nombreuses décisions de justice ont entériné ce principe en condamnant Veolia ou la Saur pour des coupures d’eau chez des particuliers. Ces condamnations s’appuient sur l’article L115-3 du Code de l’action sociale et des familles : « Les distributeurs d’eau ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’eau aux personnes ou familles ».Contacts :
ag-contre-expulsions [at] riseup [point] net
eausecours [at] canaglie [point] netAssemblée générale de lutte contre toutes les expulsions
ag-contre-expulsions [at] riseup [point] net
https://radar.squat.net/fr/caen/ag-de-lutte-contre-les-expulsions
https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/Des squats à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/squated/squat
Des squats expulsés à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen
Des événements à Caen https://radar.squat.net/fr/events/city/CaenGroupes liés aux sans-papiers https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers
Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR[Trognon, le 3 août 2026 https://trognon.info/Tract-C-est-la-coupure-qui-fait-deborder-le-vase-1133]
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Ceuta: la crise politique et diplomatique passée, l’Espagne obtient le soutien des Européens
À la suite de l’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans l’enclave la dernière semaine de juillet, une partie des pays de l’UE avaient attaqué le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez. Mardi, les ministres de l’intérieur des vingt-sept pays membres ont échangé, lors d’une réunion informelle dans un «climat constructif». -
En Italie, l’opposition déjà divisée sur les primaires et son programme
Les dirigeants du Mouvement Cinq Étoiles, Giuseppe Conte, et du Parti démocrate, Elly Schlein, se sont empoignés sur la question de l’aide militaire à l’Ukraine. Un épisode qui indique le long chemin restant à parcourir par l’opposition pour s’unir et représenter une alternative solide à Giorgia Meloni. -
Google touché par une première : un agent IA a été détourné pour en piéger un autre

Des chercheurs ont démontré la toute première attaque agent contre agent en conditions réelles, en exploitant une faille dans le kit de développement d'agents IA de Google pour Python.
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Capital One Says Money Laundering, Not January 6 Riot, Led To Shutdown Of Trump Accounts
I don’t know but when your best argument is “we got locked out of our accounts for supporting violent insurrectionists,” maybe it’s time to stop arguing.
But if there’s anything Trump likes, it’s being a plaintiff in a lawsuit. So, that’s exactly what the Trump Organization argued, in hopes of pressuring Capital One into a presumably hefty settlement.
The case centers on roughly 385 accounts tied to the Trump Organization, Eric Trump and a collection of affiliated businesses — including a winery, a bottled-water company and a golf course developer — that banked with Capital One for more than a decade before the accounts were shut down in mid-2021.
In an amended complaint filed earlier in July, the Trump-affiliated companies insisted the closures had nothing to do with financial crime or money-laundering, but everything to do with politics.
The Trump Organization alleges Capital One moved to distance itself from Donald Trump after the Capitol riot and that the bank’s cited anti-money-laundering rationale was invented after the fact to cover for that decision.
If you need a reason to “distance” your company from persons or organizations, that’s a pretty good reason. If you’ve chosen to align yourself with violent insurrectionists and rely on them for financial support, then it’s pretty much “you’ve made your bed, now please take your business elsewhere.”
But what Capital One is alleging in its response to the Trump Organization’s lawsuit somehow makes the Trump Organization look even worse than it did when it first filed its lawsuit alleging some weird form of political persecution.
According to Capital One’s motion to dismiss [PDF], this had nothing to do with acts that were unsavory (buddying up with violent insurrectionists) and everything to do with stuff that is indisputably illegal, rather than merely unseemly.
The SAC [second amended complaint] concedes that Capital One’s decision to terminate the accounts was expressly permitted by the governing agreement and instead rests on vague allegations of political discrimination that are not supported by any of the documents attached to the SAC. To the contrary, those documents and Plaintiffs’ own allegations make clear that Capital One closed Plaintiffs’ accounts for anti-money laundering (“AML”) reasons. The closures were the result of months of analysis and a careful review by Capital One’s AML team in accordance with bank policies and regulatory guidance. Capital One never publicized the termination decision nor its confidential internal process giving rise to the closure, and it permitted Plaintiffs several months (and granted several extensions) to find new banking services, which they did.
It wasn’t because you guys wanted to destroy democracy! It’s because you seemed like you were engaged in actual crimes!
In any event, as Trump and his Trumpians surely know, private companies can terminate accounts at a moment’s notice for any reason they choose to do so. That’s the bargain consumers agree to when utilizing corporate services. Just because it happens to you doesn’t make it immediately actionable. If you don’t like the terms of the agreement, don’t agree to it. Take your business elsewhere. Otherwise, deal with it and take your business elsewhere when you’re told this particular place of business is no longer an option.
But let’s not lose sight of the main thing here. The Trump Organization walked into court insisting it was the victim of “political discrimination.” Now, the organization is facing the considerable possibility of limping out of court looking like the grifters we’ve always assumed them to be.
And claiming Capital One had a legal obligation to tell the Trump Organization it was being investigated for suspected money laundering does nothing but allow Capital One to permanently link the organization to money-laundering allegations on the public record. No one suspected of criminal activity is due a head’s up, whether it’s from a private entity or a government agency.
As Capital One points out, no matter whose name is on the letterhead, the institution’s obligations during this money laundering investigation were to the government, not to the aggrieved party hoping to turn this into a paycheck.
Plaintiffs’ argument that Capital One should have proceeded with the contractually-permitted termination process differently and given Plaintiffs an opportunity to explain suspicious transactions fails for the additional reason that Capital One had no duty to do so. As a federally regulated financial institution, Capital One is subject to the Bank Secrecy Act (“BSA”) and its implementing regulations, under which a bank’s BSA-mandated compliance obligations are “owed to the United States and not private bank customers.”
The Trump Organization now has multiple self-inflicted gunshot wounds in its feet. It could stop the bleeding by conceding defeat and agreeing to the dismissal. But if history has proven anything, it’s that Trump never knows when to stop. And while this isn’t Trump himself suing, it’s safe to assume the Trump Organization won’t accept defeat. But it probably should. If it insists on keeping this case alive, there’s a good chance some more rounds of discovery will be necessary. And when that happens, all the details supporting Capital One’s money laundering investigation are going to come out. I, for one, hope this litigation survives this motion to dismiss.
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La loi d’urgence agricole instaure-t-elle une primauté des usages agricoles sur l’eau ?

Source :Le Monde, le 20 juillet 2026
Etiqe :Pas tout à fait
Contenu :
L’adoption de ce texte controversé aura conduit à la démission – non acceptée – de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ce 22 juillet 2026. Pour la ministre, opposée au texte et sans soutien visible au sein de son gouvernement, il s’agit d’un « recul environnemental ». Si elle évoque, en priorité, la réintroduction d’un pesticide interdit depuis 2020, la ministre avait précédemment dit regretter un texte déséquilibré concernant le partage de l’eau.
Elle est loin d’être la seule à s’inquiéter de cet aspect de la loi. Dans une tribune dans Le Monde le 20 juillet, une spécialiste des politiques agricoles justifiait les craintes que provoque ce texte, car il consacrerait « la primauté absolue des usages agricoles de l’eau sur les besoins des autres usagers ». D’autres personnes ont mis en avant cette apparente priorité aux usages agricoles, comme le pointe du doigt une hydrologue, sur France Info, le 17 juillet 2026. « Ce projet de loi d’urgence agricole, il dit que les usages agricoles sont prioritaires devant tout le reste », assure-t-elle.
S’il est vrai que cette loi d’urgence agricole modifie les processus de gouvernance de l’eau et permet plus de dérogations pour les agriculteurs et agricultrices concernant le stockage de l’eau, la loi n’instaure pas, juridiquement parlant, une priorité pour les usages agricoles.
Désormais, la vie biologique ne prévaudra pas sur l’activité économique agricole
Le chapitre Ier du troisième titre de la loi entend « développer et sécuriser le stockage de l’eau pour les agriculteurs et l’ensemble des usagers ». Dans ces articles, il n’est pas fait mention d’une « primauté » ou « priorité », à proprement parler.
Le premier article modifie toutefois le code de l’environnement en inscrivant un principe de non-priorité. L’article L. 211-1 de ce code dispose que la gestion équilibrée de l’eau doit permettre de satisfaire des exigences, mais aussi de satisfaire ou concilier différents usages et liste les exigences dans cet ordre : de la vie biologique, du libre écoulement des eaux et enfin de l’agriculture.
S’il n’y avait pas à proprement parler de hiérarchie dans la loi, implicitement, une hiérarchie des exigences et donc des usages était faite par leur place dans le texte. Ce que fait la loi d’urgence agricole, c’est précisément d’inscrire dans le marbre qu’il n’y a pas de hiérarchie. « Les exigences mentionnées aux 1° à 3° du présent II sont conciliées, sans qu’aucune d’entre elles prévale, par principe, sur les autres. » Juridiquement, cela ne change pas grand-chose, mais symboliquement, il s’agit de mettre sur un même plan les activités économiques et la santé du vivant.
Dans ce même article de la loi d’urgence agricole, un objectif est inscrit : « l’État se fixe comme objectif le doublement des volumes de stockage d’eau pour les usages agricoles d’ici à 2035″. Cet objectif dans une loi ordinaire donne un tempo clairement favorable aux agriculteurs, mais ne lie pas vraiment l’État car il n’a pas de valeur contraignante.
Un principe de non-régression agricole introduit dans la loi, puis supprimé
Il faut dire que cet article de la loi était beaucoup plus étoffé après son introduction par le Sénat. Lorsque les sénateurs l’ont ajouté, un paragraphe introduisait une réelle priorité pour les usages agricoles. « Cette gestion [équilibrée et durable de la ressource en eau, ndlr] est mise en œuvre dans le respect du principe de non‑régression agricole, entendu comme la préservation des conditions nécessaires à l’atteinte de l’objectif de souveraineté alimentaire », précisait l’article.
Très critiqué par certains parlementaires qui y voyaient la porte ouverte à un « accaparement de l’eau » par une minorité d’agriculteurs. Cet article controversé sur la non-régression, dans lequel la ministre de la Transition écologique voyait bel et bien une « priorité » donnée à l’usage agricole de l’eau au détriment, par exemple de « l’eau potable et la sécurité civile », sera finalement supprimé en commission mixte paritaire.
S’il n’existe plus, la loi va dans le sens d’une facilitation de l’accès à la ressource en eau, notamment via la possibilité de stocker l’eau.
Le préfet peut passer outre une partie de la démocratie locale de l’eau
Pour bien comprendre, il faut revenir sur la manière dont s’opère le partage de l’eau sur le territoire français. Depuis des dizaines d’années, une « démocratie de l’eau » a été mise en place pour répartir au mieux la ressource entre les usagers. Sur chaque bassin, il existe des SDAGE (schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau) institués par la loi sur l’eau de 1992, et leurs déclinaisons locales, les SAGE.
Ces SAGE définissent à l’échelle locale le partage de la ressource en eau entre usagers, qu’ils soient agriculteurs, industriels ou particuliers. Ils sont mis au point par les commissions locales de l’eau (CLE), dont la composition est définie par le code de l’environnement (art. R. 212-30 et suiv.). On y trouve des représentants des usagers, dont les agriculteurs, mais aussi des représentants des collectivités territoriales ou des établissements, tels que les parcs nationaux. L’équilibre des représentations au sein de cette CLE est donc essentiel, puisque c’est en son sein que se définit le partage de l’eau à l’échelle locale.
Or, la composition des CLE a, précisément, été repensée pour donner plus de place aux agriculteurs au détriment des représentants des autres usagers. Un tiers des sièges reviennent désormais aux agriculteurs. De plus, la loi crée au sein des CLE une commission technique chargée d’instruire les questions relatives aux usages agricoles de l’eau sera spécifiquement mise en place.
Or, la composition des CLE a, précisément, été repensée pour donner plus de place aux agriculteurs au détriment des représentants des autres usagers. Un tiers des sièges reviennent désormais aux agriculteurs. De plus, la loi crée au sein des CLE une commission technique chargée d’instruire les questions relatives aux usages agricoles de l’eau sera spécifiquement mise en place.
Autre contournement de la démocratie locale de l’eau, pour réaliser des retenues d’eau – les fameuses bassines – il faut, depuis 2015, présenter un projet de gestion de l’eau (PTGE) dont le cadre est constitué par la commission locale de l’eau, mais aussi d’autres personnes intéressées et non-membres de la CLE : si les personnes désignées relèvent du monde agricole, là encore, le partage de l’eau ne sera plus assuré de manière impartiale.
À cela s’ajoute que la loi d’urgence agricole donne plus de pouvoir au préfet. Il peut désormais autoriser un PTGE qui ne respecte pas les volumes d’eau du SAGE (à l’échelle locale donc), même s’il doit toujours respecter ceux – plus larges – du SDAGE. Le préfet peut donc passer outre la démocratie locale.
Or, si le SAGE dégage des volumes d’eau en fonction d’études hydroclimatiques (via les volets Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) et donc des données scientifiques, il n’est pas encore précisé sur quoi seront obligés de se baser les PTGE. Un décret en Conseil d’État devra les fixer.
D’autres aspects affaiblissent cette gestion locale démocratique de l’eau. La loi dispose que, par dérogation pour les projets de stockage de l’eau, la réunion publique nécessaire pour toute autorisation environnementale est remplacée par une simple « permanence organisée par le commissaire enquêteur ou la commission d’enquête ».
Si le volet eau de la loi d’urgence agricole ne consacre donc pas juridiquement la « primauté » des usages agricoles, dans la concrétisation de la loi, le robinet a été déplacé un peu plus vers les mains des agriculteurs dans le but de favoriser le stockage de l’eau vu comme la solution hydrique unique. Et ce, malgré les incertitudes climatiques qui persistent sur cette solution. « Galvanisé par le vote de la loi », un syndicat agricole a d’ailleurs déjà appelé à ne plus respecter les restrictions d’eau.
Auteurs :
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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Loi d’urgence agricole : cette disposition autorisant le préfet à passer outre une décision de justice passera-t-elle le Conseil constitutionnel ?

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La loi d’urgence agricole, votée le 21 juillet, permet au préfet, en cas d’annulation d’une autorisation de prélèvement d’eau, de passer outre la décision de justice et d’autoriser, pour une durée provisoire de trois ans maximum, les prélèvements. Ce mécanisme interroge le principe de séparation des pouvoirs, mais aussi à l’effectivité des recours. Pourrait-il être censuré par le Conseil constitutionnel ?
La loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été votée le 21 juillet, elle doit encore passer devant le Conseil constitutionnel. Nul doute que de nombreux griefs d’inconstitutionnalité seront soulevés contre plusieurs dispositions de cette loi destinée à satisfaire le monde agricole contre l’activisme de certaines organisations de la société civile, et en particulier l’activisme juridique. Ce 4 août, huit ONG de défense de l’environnement et le syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont été dans ce sens et demandé au Conseil constitutionnel de censurer la loi sur plusieurs fondements, et notamment sur le stockage de l’eau.
Il est vrai que le contexte est à l’avalanche de recours devant le juge administratif contre toutes sortes de projets, y compris les infrastructures d’irrigation. De nombreuses annulations en découlent, ce qui est logique lorsque l’autorisation accordée par l’administration est contraire à la loi : l’État ne peut pas édicter des lois de protection de l’environnement du côté du législateur pour faire plaisir à l’opinion, pour ensuite faire violer ces lois du côté de l’exécutif pour faire plaisir à certaines catégories socio-professionnelles, sans que le pouvoir judiciaire réagisse. C’est l’État de droit.
Reste que sous la pression de ces mêmes catégories, cet État de droit est bien malmené : une des dispositions de la loi en cause modifie le code de l’environnement et prévoit que « En cas d’annulation d’une autorisation de prélèvement délivrée à un organisme unique de gestion collective des prélèvements d’eau pour l’irrigation […], l’autorité administrative peut, à titre provisoire et pour une durée maximale de trois ans […] autoriser la poursuite des prélèvements jusqu’à la délivrance d’une nouvelle autorisation, en tenant compte notamment de la nature et de la portée de l’illégalité en cause, des considérations d’ordre économique et social, dont la prévention de pertes irréversibles pour les productions végétales de cycle long, ou de tout autre motif d’intérêt général pouvant justifier la poursuite des prélèvements… ».
En clair : des justiciables obtiennent une décision de justice empêchant un projet de prélèvement d’eau jugé illégal, mais le préfet pourra en quelque sorte suspendre les effets de cette décision de justice par une autorisation « à titre provisoire », mais tout de même pendant trois ans, le temps de rectifier l’autorisation qui a été annulée. Et le prélèvement reprend donc malgré la décision de justice.
Entrave à la séparation des pouvoirs ?
Cet article et quelques autres qui lui sont calqués éveillent un gros soupçon d’inconstitutionnalité, celui d’atteinte au principe de séparation des pouvoirs : ni la loi ni l’exécutif ne peuvent paralyser l’action du juge, sauf, comme le juge lui-même y consent, en cas de risques de graves troubles à l’ordre public. Par une jurisprudence Couitéas de 1923 : le Conseil d’État a admis que l’administration était légitime à refuser d’exécuter un jugement en raison de circonstances exceptionnelles. Cette exception est très encadrée par la CEDH depuis 2005, par le Conseil constitutionnel, et même par la Cour de justice de l’Union européenne, lorsque le fait pour l’administration de ne pas exécuter une décision de justice empêche le droit européen de s’appliquer. Or, bien des autorisations de prélèvement ou de rétention d’eau que le tribunal juge illégales le sont justement en raison d’une violation du droit de l’Union européenne.
Le juge s’en tient au droit parce qu’il y est obligé, et l’administration lui oppose l’ordre public, il y a donc conciliation entre autorité de la chose jugée et objectif constitutionnel de maintien de l’ordre public.
Dans l’affaire Couitéas, les raisons pour lesquelles le juge a admis que l’administration refuse d’exécuter une décision de justice tenaient à un risque de révoltes en Tunisie sous protectorat français, pouvant déboucher sur une quasi-guerre civile. Le juge s’en tient au droit parce qu’il y est obligé, et l’administration lui oppose l’ordre public, il y a donc conciliation entre autorité de la chose jugée et objectif constitutionnel de maintien de l’ordre public. En est-on à ce point lorsque le juge annule une autorisation de prélèvement d’eau ? Rien n’est moins sûr.
Le juge dit « illégal ! », l’administration pourra dire « cause toujours ! »
Ce court-circuitage du juge est d’autant plus flagrant que la loi autorise ni plus ni moins l’administration à remettre en cause le raisonnement du juge. Lorsqu’un juge estime qu’une autorisation administrative de prélèvement d’eau est illégale, il ne le fait pas par dogmatisme, il applique le droit de l’environnement et pèse déjà les conséquences de ses décisions, notamment au regard de la gravité de l’illégalité. Une illégalité purement formelle (de type signature manquante consultation hâtive d’un organisme) peut se régulariser, tandis qu’une illégalité de fond (violation de normes environnementales) ne se rattrape pas.
Or, la loi votée au Parlement autorise le préfet à reprendre tout le raisonnement du juge à l’aune des risques de pertes de récoltes en particulier, au détriment des autres intérêts généraux. Le juge est précisément chargé de mettre en balance tous les intérêts publics et privés, et la loi permet au préfet de balayer tout ce raisonnement. Cela ressemble à une intrusion de l’exécutif dans le judiciaire.
Concrètement, des défenseurs d’une cause en justice obtiennent gain de cause contre une autorisation administrative de prélèvement d’eau à des fins agricoles. Cette autorisation n’existe donc plus, elle est annulée. La loi ne peut pas frontalement autoriser les prélèvements malgré l’annulation, l’entrave à la séparation des pouvoirs serait trop voyante. Alors, elle permet au préfet de délivrer une « autorisation provisoire » le temps de reprendre toute la procédure d’autorisation qui a été annulée par le juge. La décision de justice est respectée en apparence, mais contournée en réalité.
D’autant que cette suspension des effets d’une décision de justice par la délivrance d’une autorisation provisoire de l’autorité peut durer trois ans. En matière de prélèvements d’eau, en trois années, les conséquences peuvent être dramatiques pour l’ensemble des usagers et pour l’environnement.
Entrave à l’effectivité des recours
La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen pose le principe de la garantie des droits (art. 16). Cette garantie se concrétise par le droit au recours en justice, lequel n’est pas remis en cause par la nouvelle loi. Mais le droit au recours, c’est aussi, le droit à l’exécution par l’État des décisions de justice : en termes juridiques, il s’agit du droit à l’effectivité des décisions de justice, ou leur effet utile. À quoi sert d’aller devant un tribunal et pour obtenir gain de cause, si en bout de course l’État ne fait pas respecter le jugement ?
Or, c’est ce qui arrive dans le cas présent lorsque le juge annule pour illégalité une décision du préfet et que le même préfet prend une décision provisoire destinée à se substituer à la décision initiale annulée, pendant trois ans. Ajoutons que la Cour européenne des droits de l’Homme défend également le droit à l’exécution des décisions de justice, depuis 1997.
Le recours toujours possible contre « l’autorisation provisoire »
Certes, et même si la loi ne le dit pas, la délivrance d’autorisation provisoire peut elle-même être attaquée en référé-suspension, car tout acte administratif peut toujours faire l’objet d’un recours en annulation (Dame Lamotte, 1950) et donc d’un référé-suspension. Le juge reprendra alors la main à la demande des associations qui avaient obtenu l’annulation de l’autorisation initiale, pour éventuellement bloquer son bloqueur en suspendant l’autorisation provisoire. Et dans ce cas la loi n’a pas prévu d’autorisation provisoire destinée à court-circuiter l’annulation d’une précédente autorisation provisoire. Il est possible que le Conseil constitutionnel s’accroche à cette possibilité de recours pour admettre la constitutionnalité de cette nouvelle disposition, la justice ne serait pas rendue totalement contournable.
Reste qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a dans ce texte une belle entrave à la séparation des pouvoirs et une intrusion de l’exécutif dans la justice, avec la bénédiction du législateur. Comme le législateur ne peut ni politiquement ni juridiquement revenir sur tous les progrès de la législation environnementale depuis les années 1970, il bidouille.
Auteurs :
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Relecteur : Vincent Doebelin, maître de conférences en droit public, docteur à l’Université de Haute-Alsace
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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100 hectares brûlés dans une réserve naturelle aux Pays-Bas
Les incendies sévissent de plus en plus au nord : la réserve naturelle de Boschhuizerbergen, dans le sud-est des Pays-Bas, est en proie aux flammes depuis lundi 3 août. Le feu s'est rapidement propagé : de 21 hectares brûlés lundi après-midi, il était déjà passé à une centaine d'hectares mardi, rapporte la NOS, la radio-télévision publique néerlandaise.
Lire la suite - En bref / Incendies
Si la cause de l'incendie n'est pas encore établie, sa propagation rapide est liée aux rafales de vent, mais aussi aux températures (…) -
« Les oligarques nous font croire à une pseudo démocratie »
Félix Marquardt est difficile à cerner. On l’a vu faire son come back sur les réseaux sociaux autour de Gaza et du chiffrage des morts qu’il trouve nettement sous évalué. Son parcours est sinueux et alambiqué. Présenté comme consultant et essayiste, il… -
Winterthur: défendons les maisons squattées, un logement digne pour tout le monde! Gisi reste!
Appel internationale à l’action et solidarité Cher.ères ami.e.s, cher.ères camarades.
On a besoin de votre aide et solidarité.
Le plus ancien squat de Winterthur (et probablement de la Suisse) est menacé d’expulsion imminente à partir du premier août. La Gisi, situéeà la rue General-Guisan 31, a été squattée en janvier 1997 et est restée depuis un logement pour beaucoup des gens avec peu d’argent, un point de rencontre et un lieu culturel non-commercial.
Pendant les dernières années nous – la Häuservernetzung Winterthur et le mouvement de gauche de la ville- avons tout éssayé pour empêcher cette expulsion et de sauver ce lieu de sa destruction.
Mais la propriétaire, la SKKG – une fondation d’art et immobilière très riche – veut rénover la maison pour cinq millions de franc suisse. Comme pour toutes les maisons en leur possession iels en veulent extraire le plus de profit possible. Ainsi les riches peuvent s’approprier le dernier coin du centre-ville
La SKKG est propriétaire de plus que 2200 appartements en Suisse et est responsable de l’expulsion des pauvres en rénovant ou démolissant ses maisons. Ces maisons qui étaient souvent sans entretien pour des décennies. Les habitant.e.s, squatteur.euses ou locataires ont dû les maintenir. Et maintenant la fondation veut en extraire encore plus des profits avec des démolitions et rénovations de luxe.
Cette politique cause l’expulsion des travailleur.euses et pauvres de la ville. Nous luttons contre ça et défendons la Gisi au coeur de la vielle-ville de Winterthur.
Venez-nous voir, aidez-nous à mobiliser contre l’expulsion violente de la Gisi. Faites ce que vous voulez pour organiser votre soutien.
Si vous savez pas comment nous soutenir voici quelques idées:
Organisez des actions politiques; peignez des murs, suspendez des banderoles, organisez des manifestations. Créez des affiches ou autocollants, écrivez des articles et des chansons et des lettres aux résponsables de la SKKG (b [point] stefanini [at] skkg [point] ch, claudia [point] siegle [at] terresta [point] ch) ou la ville (sekretariat [point] dpr [at] win [point] ch).
Restez en contact avec nous! Il y aura une mobilisation contre l’expulsion en août. Venez à Winterthur et participez à cette lutte sociale. S’iels réussiront de nous expulser, il y aura une manif le samedi suivant.
Nous savons que la destruction de logement abordable et des espaces autogérés est un problème global. Nous sommes nombreuses et nombreux, les profiteur.euses peu. Construisons la solidarité et démantelons le capitalisme!
Love and rage
Häuservernetzung Winterthur3.8.2026
Häuservernetzung Winterthur
https://wohnraumverteidigen.org/Gisi
General Guisan strasse 31
8400 Winterthur, Suisse
https://radar.squat.net/en/winterthur/gisi-subkultura-ggs31
http://ggs31.arachnia.ch/Des squats en Suisse: https://radar.squat.net/fr/groups/country/CH/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Suisse: https://radar.squat.net/fr/groups/country/CH
Des événements en Suisse: https://radar.squat.net/fr/events/country/CH -
Abcdaire #3
C'est le mois d'août, et pour cette émission on vous propose une playlist sans blabla, un abcdaire de sons piochés dans nos émissions de ces douze derniers mois.
Prenez soin, prenez des forces, y'a du pain sur la planche et pas celle de surf…
à bientôt
Bonne écoute !La playlist :
A. Renata Flores Ft Los Mirlos – AKAKAW
Voir en ligne : ici le lien pour télécharger l'émission
B. Transrimel ترنسريمال_- Badiâa Bouhrizi
C. Ana Lua Caiano - Se Dançar É Só Depois
D. Doria, DiDi
E. Empress Piru.ni una menos ! - nicht eine weniger !
F. Khooneye Ma - Marjan Farsad خونه ی ما - مرجان فرساد
G. Grace et volupté Van Van – Platanes
H. LAPPART EST TROP PETIT - Hellon x cheapjewels (prod. Boka Esquina)
I. I Just Dont Want You (To Say Goodbye), The Womack Sisters
J. Juste Shani, Matrixée
K. Koumiya Leila, AYAW
L. Brise, lâcher les rennes
M. Angell Mutoni - Higher feat Boukuru
N. Naïka - WHAT A DAY !
O. Oneda, Deliveroo
P. Alewya - Play
Q. Báilame vida, Flamenco Queer feat. Ana Brenes
R.Rubio, Árboles
S. Anomalie Magnétique- SMOKE
T. TRIBADE & ELANE - Entre dos aguas
U. Usha Uthup Cover Blowin In The Wind
V. Becoming, Megan Vice ft. TT The Artist
W. ちゃんみな (Chanmina)- WORK HARD
X. XI&T, H4CK3R
Y. Lora Yeniche - Nés comme ça
Z. Zinée.Acier -
Non, des millions de moustiques ne sont pas largués par hélicoptère au-dessus de plusieurs régions françaises

Source :Compte Instagram, le 03 août 2026
Etiqe :N’importe quoi
Contenu :
La onzième plaie d’Égypte ? Depuis le début du mois d’août 2026, une vidéo montrant un hélicoptère dispersant une substance dans les airs circule massivement sur les réseaux sociaux. Selon les textes qui l’accompagnent, l’appareil relâche « des millions de moustiques […] au-dessus de plusieurs régions ».
La voix off affirme que ces lâchers auraient pour objectif de « réguler la biodiversité » et de « lutter contre certaines espèces invasives ». Mais l’opération aurait, toujours selon la vidéo, échappé à tout contrôle.
« Ces moustiques relâchés par millions commencent déjà à envahir les zones habitées », peut-on entendre. Ils provoqueraient des « piqûres en masse », au point que certaines personnes ne pourraient plus « ouvrir leurs fenêtres ».
Et d’en conclure, avec une syntaxe approximative : « La justification parle de programme écologique, en réalité, beaucoup y voient une expérience mal contrôlée qui se retourne contre la population […] des riverains demandent des explications claires ».
Cela tombe bien, c’est précisément le rôle des Surligneurs. Alors, expliquons et soyons clairs.
Aucune source
Tout d’abord, aucun des éléments avancés dans la vidéo n’est accompagné d’une source. Le lieu de la scène n’est pas précisé, pas plus que la date ou l’identité de l’organisme qui serait responsable de cette prétendue opération. Les extraits diffusés sont, par ailleurs, de simples images d’illustration qui ne permettent pas, non plus, d’étayer les affirmations avancées.
Aucun média français ne semble par ailleurs avoir fait état d’une invasion de moustiques liée à des lâchers cet été. La presse régionale, généralement en première ligne pour couvrir ce type d’événement, ne rapporte aucun événement comparable.
D’où viennent alors cette vidéo et les informations qui l’accompagnent ? Malgré nos recherches, Les Surligneurs n’ont pas pu déterminer avec certitude le lieu ni la date de la scène filmée. Une chose est néanmoins certaine, la séquence a suscité de nombreuses hypothèses sur le forum Reddit… il y a deux ans. La vidéo ne date certainement pas de cet été.
Malgré le flou qui entoure l’origine de la vidéo, il est clair que la prétendue invasion est fausse.
Des moustiques mâles stériles qui ne piquent pas
Il existe bel et bien des essais de lâchers de moustiques, dont certains sont ponctuellement organisés en France, notamment à La Réunion. Ces opérations visent, justement, à réduire la population de moustiques et non pas à l’augmenter, avec pour ligne de mire : prévenir les maladies.
Comment ça marche ? La technique de lâchers de moustiques stériles consiste à élever en laboratoire un grand nombre de moustiques mâles, puis à les rendre stériles par irradiation avant de les relâcher dans la zone ciblée.
« C’est une technique de contrôle des naissances qui, si elle est appliquée suffisamment longtemps, réduit la population cible de moustiques », résume sur son site le Cirad, l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales qui a mené cette expérimentation aux côtés de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Les mâles stérilisés s’accouplent avec les femelles sauvages, mais ces accouplements ne produisent pas, ou très peu, de descendants viables. Répétés régulièrement et en nombre suffisant, les lâchers sont censés entraîner une diminution progressive de la population de l’espèce visée.
Contrairement aux femelles, les mâles ne piquent pas les humains. Dans l’expérimentation réalisée à La Réunion, les mâles stériles transportent également une petite quantité de pyriproxyfène, un régulateur de croissance qui empêche les larves d’atteindre le stade adulte.
Autrement dit, les éléments présentés par les internautes sont faux. Les opérations françaises documentées visent à relâcher uniquement des mâles, qui ne piquent pas : elles ne peuvent donc pas, par leur principe même, expliquer des « piqûres en masse ».
Des études prometteuses
Des essais de lâchers de moustiques mâles stériles ont été conduits dès les années 1960 en Floride (États-Unis). La technique a ensuite fait l’objet d’essais dans plusieurs pays, notamment en Italie, tandis que des projets pilotes ont également été développés au Mexique.
En France, des lâchers expérimentaux par drones ont été réalisés en 2021 à La Réunion. Les résultats publiés sont « encourageants » : lors de l’essai mené à Saint-Joseph, les chercheurs ont observé une réduction d’envrion 88 % de la population locale d’Aedes aegypti [espèce de moustique vecteur de la dengue, ndlr], indique l’IRD sur son site internet.« Aujourd’hui, la science n’a pas encore établi avec certitude de lien entre les lâchers de moustiques stériles et la diminution de la propagation de certaines maladies. Les essais réalisés, notamment à La Réunion, doivent justement permettre d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs », détaille aux Surligneurs, Frédéric Simard, entomologue à l’IRD.
D’autres municipalités en métropole utilisent cette technique mais pour des raisons différentes : lutter contre la prolifération des moustiques et leurs nuisances. C’est le cas à Toulouse, à Brive-la-Gaillarde, ou encore à Montpellier, avec des résultats salués par les autorités et les habitants, à en croire les articles de presse sur le sujet.
Enfin, les recherches des Surligneurs n’ont permis d’identifier aucun lâcher de moustiques par hélicoptère en France. Et pour cause : « Dans cette vidéo, ce seraient des milliards de moustiques qui seraient relâchés en une seule fois. Or, nous ne sommes pas encore capables de relâcher un tel volume de moustiques. Cette technologie n’existe tout simplement pas, même si de nouvelles méthodes de transport sont en cours de développement », poursuit Frédéric Simard.
« Lorsque des moustiques sont relâchés par drones à quelques mètres seulement au-dessus du sol, les prédateurs, notamment les oiseaux, se ruent sur leurs proies. Très peu de ces moustiques arrivent vivants au sol. Dans la vidéo, l’hélicoptère vole à une altitude très élevée, ce qui ne saurait être une stratégie de lâcher efficace de toute façon. »
Les opérations documentées en France sont réalisées depuis le sol ou à l’aide de drones, notamment à La Réunion. Pour autant, l’utilisation d’un hélicoptère est possible : à Hawaï, aux États-Unis, des moustiques mâles porteurs de la bactérie Wolbachia sont relâchés par hélicoptère au-dessus de forêts montagneuses et difficiles d’accès, afin de réduire les populations de moustiques qui transmettent le parasite responsable du paludisme aviaire. Mais cette opération ne correspond pas aux programmes réalisés en France.
Auteurs :
Auteur : Etienne Merle, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
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Gabriel Attal charge les «gens du voyage», les associations dénoncent de l’antitsiganisme
Les déclarations du candidat à l’élection présidentielle ravivent le débat sur la stigmatisation d’une population déjà confrontée à de fortes discriminations. Associations et défenseurs des droits des voyageurs déplorent une vision réductrice qui occulte les difficultés d’accueil et les obligations des collectivités. -
Milliardaires et finance de l’ombre: l’accumulation jusqu’à l’extrême
Comment taxer les milliardaires, alors que les extrêmes droites se rapprochent partout des leaders du capitalisme financiarisé? La députée (LFI) Aurélie Trouvé en débat avec Quentin Parrinello, directeur à l’Observatoire international de la fiscalité, et le sociologue Ugo Palheta, lors du Mediapart Festival, le 6 juin 2026. -
Todd Blanche’s attorney general nomination will advance to full US Senate vote
Blanche, formerly Trump’s personal lawyer, confirmed in writing that $1.8bn slush fund for president’s allies was dead
The US Senate judiciary committee voted along party lines to advance Todd Blanche’s nomination for attorney general after he confirmed in writing that a planned $1.8bn slush fund for Donald Trump’s allies was dead. Experts say, however, that Trump could easily reverse the deal.
His nomination will now proceed to the full Senate, where it will probably face intense skepticism from Democrats.
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« C'est la campagne silencieuse » : quand les vergers sont remplacés par des champs de maïs
Dans le Val-d'Oise, de nombreux vergers sont arrachés et remplacés par des cultures céréalières. Leur disparition entraîne une réduction de la diversité des habitats, pourtant essentiels à la faune.
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Ézanville (Val-d'Oise), reportage
Par la vitre du train qui traverse le nord de Paris, on observe le paysage qui défile. Après Sarcelles, les espaces urbanisés laissent place à de grandes étendues de blé doré alternant avec des champs verts. Nous retrouvons Benoît Huet, représentant de (…) -
Face à la menace sécuritaire, l’Autriche veut allonger son service militaire
Le gouvernement autrichien a annoncé vouloir allonger de trois mois le service militaire, obligatoire pour les jeunes hommes. Une décision prise à la suite des menaces liées à la guerre d’agression russe et qui interroge en creux la pertinence de la neutralité du pays. -
OpenAI avance qu’Astra, son prochain modèle d’IA, aurait résolu 10 problèmes mathématiques complexes, dont certains posés depuis plus de 50 ans
Les grands modèles de langage (LLM) parviendront-ils à résoudre aisément des problèmes mathématiques ouverts ? C’est en tout cas ce que veut prouver OpenAI. L’entreprise d’IA a présenté le 1er août dix résultats de recherche sur des problèmes ouverts “de longue date” en mathématiques et en informatique théorique, obtenus à l’aide d’une version interne d’Astra, sa prochaine famille de modèles d’IA.
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Mégaferme à saumons : le projet contesté est autorisé par la préfecture de Gironde
Par un arrêté du 4 août, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a accordé l'autorisation environnementale au projet très contesté de méga-usine terrestre de saumons, au Verdon-sur-Mer. Ce projet porté par la société Pure Salmon, financé par un fonds d'investissement singapourien, prévoit la construction d'une usine sur 14 hectares au bout de l'estuaire de la Gironde, pour produire 10 000 tonnes de saumons par an.
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« Ce projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le (…) -
«Faire primer l’intérêt de la nature sur celui d’un loisir» : la pression monte pour suspendre la chasse dans les zones incendiées
Un cervidé fuyant les flammes lors d’un incendie en Californie (États-Unis), en 2018. © Noah Berger/AFP
Chevreuils fuyant les flammes, oisillons asphyxiés, tortues brûlées… La faune sauvage souffre face aux incendies qui ravagent la France cet été. Les feux de forêt, comme ceux de Gironde, ont probablement causé la mort de dizaines de milliers d’animaux, même si un bilan exhaustif reste difficile à estimer.
Devant ce désastre écologique, les appels à interdire la chasse dans les zones sinistrées se multiplient. La pétition «Pas de fusil sur les cendres» lancée sur la plateforme Change.org par Bruno Valentin, un gérant de refuge pour animaux dans le Cantal, a recueilli à ce jour plus de 380 000 signatures.
Le texte appelle notamment à un «moratoire immédiat de la chasse dans nos forêts incendiées» ainsi qu’à la mise en place d’un «périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués». Des pétitions similaires ont été déposées sur le site de l’Assemblée nationale, mais sont moins suivies pour le moment.
Des adaptations «au cas par cas»
Dans leur sillage, cinq associations de défense des animaux ont envoyé ce mardi une lettre à la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lui demandant de suspendre les activités de chasse dans les territoires marqués par des incendies, mais aussi plus largement par la sécheresse ou la canicule. «Il est de votre responsabilité, Madame la Ministre, de faire primer l’intérêt de la nature sur celui d’un loisir, et de décréter sans délai ce moratoire», implore le texte, que Vert a pu consulter.
«On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques»
Les associations ciblent notamment la chasse d’été, autorisée sous conditions pour quelques animaux (chevreuil, sanglier, renard), et appellent à reporter l’ouverture générale de la chasse (qui commence généralement début septembre) «tant que les conditions écologiques restent critiques». «On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques», précise auprès de Vert Richard Holding, de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).
Face aux critiques, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, a dénoncé fin juillet dans La Dépêche du Midi une proposition «ridicule» et «idéologique d’écolos qui n’y connaissent rien». «On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies, on sait juger par nous-mêmes», argue-t-il.
La FNC prône une discussion «au cas par cas avec les préfets concernés […] au sein de chaque territoire communal». Juridiquement, ces derniers peuvent suspendre la chasse sur dix jours renouvelables «en cas de calamité» qui serait «susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier». Plusieurs fédérations départementales se sont déjà prononcées pour des interruptions de chasse dans les zones incendiées, comme dans les Pyrénées-Orientales ou dans le massif du Bois Noir (Hautes-Alpes).
«Ce ne sont pas aux chasseurs de décider, nous demandons à ce que l’État se responsabilise et reprenne le pouvoir pour protéger la faune sauvage», tance Richard Holding. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ont évoqué des adaptations des calendriers de chasse «au cas par cas, territoire par territoire», et «en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs».
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Le studio de Stellar Blade s’enfonce dans la mauvaise foi après son utilisation de l’IA

C'est reparti pour un tour. Après avoir utilisé l'IA générative dans sa dernière vidéo pour promouvoir Stellar Blade: Blood Rain, le studio Shift Up ne digère visiblement pas les messages dénonçant ce recours à l'IA. Son PDG a décidé de prendre la parole, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas content.
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[LaCourteEchelle] LA COURTE ECHELLE DU 01 0826
LA COURTE ECHELLE DU 01 0826
https://radiogalere.org/emission/la-courte-echelle/la-courte-echelle-du-01-0826
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Amazon devient la cinquième entreprise au monde à dépasser les 3000 milliards de dollars de capitalisation boursière
Amazon vient de rejoindre le cercle très fermé des entreprises valorisées plus de 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, après Apple, Microsoft, Alphabet et Nvidia. Le titre a progressé de près de 5% pour atteindre un nouveau record historique à plus de 285 dollars, portant sa hausse à plus de 23% depuis le début de l’année.
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Avant l'écoféminisme, Suzanne Césaire tissait déjà le lien entre colonisation et destruction du vivant
[Ces précurseuses écolos et féministes 2/5] Longtemps restée dans l'ombre de son mari, Suzanne Césaire a pourtant, dans sa courte carrière littéraire, tracé les lignes d'une identité martiniquaise singulière, ancrée dans son rapport à la terre.
Lire la suite - Idée / Féminisme , Idées
« Toujours et partout, dans les moindres représentations, primat de la plante, la plante piétinée mais vivace, morte, mais renaissante, la plante libre, silencieuse et fière. »
Lorsque Suzanne Césaire trace ces lignes de l'article « Malaise d'une (…) -
Copier un lien sur iPhone et le coller sur un PC Windows sera bientôt possible en Europe

Microsoft a demandé à Apple, via le portail d'interopérabilité imposé par le DMA, de pouvoir synchroniser le presse-papiers d'un iPhone avec un PC Windows. Apple a accepté et détaille sa solution technique : un système d'extensions qui traite le PC comme un accessoire appairé. Il devrait être déployé avec iOS 28 entre 2027 et 2028.
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Trump and Pirro BOTH Screwed Up by Rushing to Beat July 4
As noted in this post, WaPo has a worthwhile piece on Trump’s pressure on Jeanine Pirro regarding the reflecting pool.It confirms that Pirro not only knew about but reviewed the motion to dismiss against Davey Hearn before it was filed; I had my doubts.
Pirro reviewed and signed off on the motion after speaking with Michael Spence, the chief of the unit handling Superior Court cases in the U.S. attorney’s office, according to people familiar with the matter who spoke on the condition of anonymity to discuss internal deliberations.
It reveals that Trump lashed out at Pirro, in part, because she did not warn him prosecutors were going to drop the case, something that would have been done by a memo to Blanche who could then inform Trump in a DOJ that was not hopelessly corrupt.
[T]he president soon grew angry for another reason: Pirro did not give the White House a heads-up about dropping the charges, a White House official said. The president spoke with her by phone Saturday to discuss the decision, a call first reported by CNN.
Both revelations may be of use for Hearn’s lawyers as they try to get some accountability for the false charges.
On that note, the piece even includes Norm Eisen’s comments, contesting Pirro’s insinuation that they didn’t already know their case was shit, more prominently than most stories on this.
Norm Eisen, a lawyer for Hearn, said he did not accept the claim that the Justice Department was unaware of evidence indicating Hearn’s innocence. Eisen cited public photographs and reports demonstrating that the damage probably stemmed from contractor errors.
“The idea that Jeanine Pirro and her office were somehow hornswoggled by Interior is not credible,” Eisen said.
Where the story goes awry is in holding either Pirro or Trump accountable for their own corruption.
To be sure, WaPo lays out the evidence of Trump’s failures. It starts its story with four paragraphs describing Trump’s boasts about being able to repair the reflecting pool when others could not.
Standing on the basin of the Lincoln Memorial’s Reflecting Pool in early May, President Donald Trump promised to fix the leaks and other problems that had long plagued one of the capital’s most recognizable landmarks.
“It’s going to last, I would say 50 years,” he said. “It’ll last, it’s going to last a long time.”
Trump vowed to finish the job in time for July Fourth celebrations on the National Mall. He and his aides cast the project, launched with a multimillion-dollar no-bid contract and without the normal review process, as a demonstration of how quickly the longtime real estate magnate could transform Washington.
Trump’s changes instead lasted a few days.
But when it quotes Trump expressing displeasure with the contractor who, Trump said, was rushing, it doesn’t circle back and remind readers that the contractor was rushing — and had been picked via a no-bid process that excluded better qualified contractors — because “Trump vowed to finish the job in time for July Fourth celebrations on the National Mall.”
“I’m not saying I was 100 percent thrilled with the contractor, but the contractor was rushing,” he said in the Oval Office, noting that workers had a tight deadline.
The contractor whose rush job resulted in a failed renovation was rushing because Trump demanded and paid him extra to do so.
The rest of the story — describing how Trump, “believed he could personally drive the project, having transformed the relationship between the White House and National Park Service staff,” and also describing how that was possible because DOGE cuts left “fewer experienced officials between junior staff and political appointees” — provides abundant reason to blame Trump for everything:
- The DOGE decision to fire qualified people
- The determination to get the pool done by July 4
- The choice of the unqualified contractor
- The exclusion of people with knowledge on historic preservation from the project
It shows all the things Trump did wrong (and WaPo has led on this story from the start) and contrasts them with Trump’s promise he could do no wrong. It even notes that Hearn’s “charges gave administration officials cover for their claim that the pool’s problems stemmed from deliberate damage,” something I noted in real time.
But it doesn’t quite say that Trump is angry because he himself failed. It doesn’t call out Trump for blaming the contractor for the rush he himself demanded.
There’s great reporting on Trump’s failures in here, but it ultimately lands its punch only through subtle irony that will be widely missed in this day and age.
And by treating the MTD uncritically, the piece pulls even more punches against Jeanine Pirro.
Its coverage of Pirro’s role focuses on what the MTD claims she could have seen, even while noting it took Hearn’s expert visit on July 16 (WaPo doesn’t correct what appears, based on a Hearn filing submitted the same day as the visit, to be an incorrect date) before any prosecutors — it says Pirro did so herself — visited the pool that had been drained almost a week earlier, on July 10.
The pool was drained again July 10 for more repairs.
[snip]
She visited the pool on July 1 to inspect the damage, according to court records. When a grand jury indicted Hearn the next day on a felony charge of destruction of property — the sole felony vandalism charge pursued in connection with the pool — Pirro gave a news conference and later a Fox News interview in which she described him “forcefully and violently” tugging at the liner with both hands and shouting at a Park Service employee who told him to stop.
“I didn’t charge anything harshly,” she told reporters at the time, adding that “there was tremendous damage.”
But inside the U.S. attorney’s office, frustration was building with Interior officials, who had yet to furnish the information prosecutors were requesting about the damage to the pool. All the prosecutors had were a set of “bare-bones” police reports from the Park Service officers who had arrested Hearn and three other defendants who were charged with misdemeanor offenses, according to a Justice Department filing.
When Hearn’s defense team toured the site on July 17 [sic], Pirro visited again. With the pool drained, prosecutors could see the damage more clearly, according to her office’s court filing.
And that’s Pirro’s excuse for charging Hearn, on July 2, even though the public (and, as WaPo links, the WaPo itself) had recorded abundant damage before Hearn came along. The full paragraph complaining that Interior didn’t hand over all its records — paraphrased in WaPo’s timeline — really lays it on thick. Prosecutors [made] dozens and dozens of attempts [were made] to get responsive information from the Park Police.
At the outset of the investigation into the damage at the Reflecting Pool, USAO-DC received barebones police reports from the United States Park Police (“USPP”) which is an agency within the DOL and under the jurisdiction of the DOI. The government requested “everything,” including all reports, all statements, witness statements, defendant’s admissions, citation notices, photographs, body worn camera footage, and surveillance footage, to include any and all inculpatory and exculpatory material from DOI relating to the instant case and the other cases where USPP had taken reports of vandalism related to the Reflecting Pool. Indeed, prosecutors specifically involved in the cases related to the Reflecting Pool made dozens and dozens of communications were made in an effort to identify and obtain the materials necessary to have all information to evaluate the case. After significant demands by USAO-DC, USPP provided the police reports and body-worn camera for roughly 10 individuals associated with the Reflecting Pool.
Only after the July 17 visit to the pool (which probably happened on July 16) did Interior turn over records that showed the entire case was shite, Pirro’s filing claims. And because of the volume, it took “days” to read them all (but still almost two weeks and multiple damning filings before they dropped the case against Hearn).
It was at that time that USAO-DC first became aware of the significant damage throughout the pool and accordingly requested all documents from DOI concerning the how the pool was lined and all records regarding the installation of the lining.
Based on this request, USAO-DC received 695 megabytes of additional documents from DOI, which took days to review.
But here’s what the timeline actually shows.
Even if you buy prosecutors’ improbable claims that they lived in DC metro and remained ignorant of the coverage of the pool’s problems before Hearn’s arrest, even if you excuse their failure to walk the 1.4 miles to check out the pool after it was drained on July 10, even if you believe the pool visit was on July 17 and not July 16, in spite of the court filing with a July 16, 6:27PM timestamp (or if you suspect there was a second visit with Pirro herself on July 17), prosecutors still knew their case was shit by July 17, the day before Speedy Trial Act would have required them to charge Hearn.
Sure, given the other slovenliness exhibited by prosecutors, it might be a reach to assume they would have done the due diligence that Hearn’s prosecutors forced them to do if they had not already charged him.
But even granting all the fluff built into prosecutors’ timeline, they still had time to test the evidence before charging Davey Hearn. They still had time to get the evidence from Interior before the STA would have expired.
Instead, Jeanine Pirro rushed out to get the indictment and do a press conference (Michael Spence, who signed the MTD, attended) on the last business day before July 4. After wailing about anarchy (and, later in the presser, refusing to answer questions about January 6), Jeanine Pirro made this presser indicting 3-time Olympian Davey Hearn on fabricated charges about America’s Declaration of Independence from tyranny, all the while boasting about expert evidence just over three hours after her expert had altered their testimony upon being recalled before the grand jury.
This is not the way of a civilized society. It is anarchy.
[snip]
The other part of that executive order was to make DC beautiful, and as part of that, in anticipation of the celebration of 250 years of American history, the President — as you heard from him — has been able to improve and to clean up 50 parks, more than 48 monuments that have been repaired, 22 fountains have been returned to service, and these monuments and fountains must be protected. And those who decide they want to do harm will be held accountable.
[snip]
The United States Attorney’s Office for the District of Columbia remains committed to protecting our national resources, our monuments and our parks from vandals, and we are especially committed to doing so in advance of our 250th Anniversary.
This press conference was dialed up to serve Trump’s plans for the Fourth and the way we can prove that is that prosecutors confessed in their motion to dismiss that they didn’t yet have all the evidence they had been asking for when they indicted Hearn in time for a pre-holiday press conference.
They didn’t wait for the evidence.
They indicted Davey Hearn so Jeanine Pirro could have her pre-July 4 press conference.
Everything that went wrong with the reflecting pool, including the damage to the pool itself and the fabricated charges against Davey Hearn, went wrong for two reasons: Trump’s unprecedented corruption, and his rush to include the reflecting pool in his Narcissistic hijacking of the Nation’s celebration of independence.
And both Trump and Pirro should be held accountable for that.
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Non, le secours catholique ne « favorise » pas les familles musulmanes

Source :Compte Facebook, le 2 août 2026
Etiqe :Aucune preuve
Contenu :
Chaque été, de nombreuses associations caritatives facilitent le départ en vacances de familles aux revenus modestes, par l’intermédiaire d’aides financières, de séjours organisés, ou d’un accompagnement personnalisé.
Ces initiatives ont pour objectif de lutter contre l’exclusion sociale et la souffrance psychologique que subissent ceux qui ne peuvent pas quitter leur foyer. L’Observatoire des inégalités rappelle qu’en 2025, deux millions d’enfants ne sont pas partis en vacances parce que leurs parents n’en avaient pas les moyens financiers.
Dans un reportage publié dimanche sur les réseaux sociaux, la chaîne M6 a choisi de mettre en avant l’action du Secours Catholique, qui a permis d’envoyer en vacances le jeune Yaya et sa famille dans un camping de la région parisienne. On y voit le jeune garçon « enchainer les sauts dans la piscine », sous le regard de ses parents souriants.
Mais un détail va faire bouillir les internautes : la famille de Yaya est musulmane. Un torrent de commentaires racistes pointe alors du doigt un « secours catholique qui profite aux musulmans » ou « aux étrangers » plutôt qu’aux « Français ». Certains assurent même que l’association discrimine les familles « européennes pauvres ».
En réalité, rien ne permet d’affirmer que le Secours Catholique, ou d’autres associations, privilégie les familles musulmanes ou étrangères au détriment d’autres bénéficiaires.
Un fantasme raciste
Face à ce torrent de commentaires racistes, dans les rangs du Secours Catholique, c’est d’abord la stupéfaction qui prime. « On est navrés de ces commentaires qui montrent surtout une méconnaissance du travail de notre association, se désole Damien Delpech, coordinateur des actions vacances de l’association. Même si l’association s’inscrit dans une histoire, elle ne compare ou n’oppose aucune religion. Nos statuts sont très clairs à ce sujet. »
Dans ses statuts, l’association promet d’« apporter partout où le besoin s’en fera sentir, de façon inconditionnelle, tout secours et toute aide, directe ou indirecte, morale ou matérielle, quelles que soient les origines, les opinions philosophiques ou religieuses des personnes. »
Les associations sont d’ailleurs soumises à l’interdiction générale de discrimination inscrite à l’article 225-1 du Code pénal, qui délimite plus de 25 critères de discrimination, dont la religion et l’origine.
Les seules exceptions dans le domaine associatif relèvent des structures dont le public est ciblé, comme par exemple les associations de protection des femmes victimes de violences, qui ont le droit de réserver leur accès seulement aux femmes.
Ce n’est pas le cas du Secours Catholique, dont le cœur d’action est « la charité chrétienne », et plus précisément « lutter contre les causes de pauvreté, d’inégalité et d’exclusion », indique les statuts. L’association assume également être « prioritairement attentive aux plus pauvres et à la reconnaissance de leur dignité ».
« On n’aide pas plus les catholiques, que les athées ou les musulmans, martèle Damien Delpech. Le prisme qui est le nôtre, c’est celui de la vulnérabilité, de la précarité. »
Autrement dit, les internautes s’appuient sur le cas d’une seule famille pour en déduire une généralité. Or, à ce jour, il n’existe aucune preuve que le Secours Catholique a manqué à ses obligations de non-discrimination.
Des vacances solidaires pour tous
Dans le cadre de cet accompagnement des publics précaires tout au long de l’année, le Secours Catholique anime un pôle « Vacances Solidaires » qui défend « un droit aux vacances pour tous« .
Ces départs peuvent prendre plusieurs formes : l’accueil familial de vacances, qui permet à un enfant de séjourner seul au sein d’une famille bénévole ; les camps de vacances, comparables à des colonies ; ou encore les séjours en famille, dans un camping ou un gîte. C’est cette dernière formule qui est présentée dans le reportage.
Ce dispositif, qui concerne 3 000 personnes chaque année, « n’offre » pas clés en main des vacances, comme l’avancent plusieurs internautes. Les familles participent au financement du départ, aidées par l’association et d’autres partenaires historiques, comme les « Caisses d’Allocations Familiales, de l’Agence Nationale pour les Chèques Vacances (ANCV), de l’UCPA et de certains Conseils Régionaux et municipalités. »
Damien Delpech précise que ces propositions se font « dans une deuxième ou troisième intention », après « des mois d’accompagnement ». Ce dernier peut prendre différentes formes selon les besoins des familles : aide dans les démarches administratives, soutien moral, conseils ou aide alimentaire. Le départ en vacances est donc une étape supplémentaire d’assistance à des familles précaires.
L’association assure que ce sont les bénévoles sur le terrain qui ont l’entière responsabilité de proposer aux familles ces accompagnements, avec pour seule limite leurs budgets locaux et la nécessité d’accompagner les familles dans l’organisation du départ, présenté avant tout comme un « projet« , où le choix du lieu et la forme des vacances sont d’autant de manières de suivre les familles au cours de l’année.
Ici, c’est la délégation de Seine-et-Marne qui a permis à la famille de Yaya de partir une semaine dans le camping de La Peupleraie à Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne. L’initiative profite donc logiquement à des familles précaires de la région francilienne, la proximité du camping facilitant le transport. Le camping est un partenaire régulier de l’antenne locale du Secours Catholique, chaque délégation tissant ses propres partenariats dans l’ensemble du territoire.
Pour les internautes adeptes du comptage, une autre vidéo, publiée par le Secours Catholique récemment, présente la même initiative dans un camping normand, où Mélissa, une autre bénéficiaire du Secours Catholique, et ses enfants profitent d’un séjour organisé par l’association.
Et les associations musulmanes ?
« On sait tous que JAMAIS une association de musulmans offrira des vacances à des blancs/chrétiens ! Ça va toujours dans un sens mais jamais dans l’autre ! » Agacés par le travail du Secours Catholique, des internautes assurent que si la situation était inversée, les associations musulmanes n’aideraient pas le reste de la population.
Il existe pourtant un équivalent musulman du Secours Catholique, appelé le Secours Islamique, qui organise de nombreuses actions en France en faveur des personnes en situation de précarité. Il y a quelques jours encore, son antenne locale bordelaise a offert repas et soutien aux pompiers engagés dans la lutte contre les incendies en Gironde. Ils organisent aussi régulièrement des maraudes et des campagnes d’aide alimentaire ouvertes à tous.
D’autres associations musulmanes comme Muslim Hands, Human Appeal ou Amatullah, organisent des actions ouvertes à toutes les personnes en situation précaire en France.
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
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Dix-huit mois après la réception de son premier prototype de surface, la Marine nationale poursuit son effort en direction de la lutte anti-mines. La Direction générale de l'armement vient de commander 12 nouveaux drones navals et sous-marins.
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Léger et doté d’un écran 16″, ce laptop Lenovo idéal pour travailler passe sous les 500 €

[Deal du jour] S'équiper à un bon prix en informatique afin de changer son équipement de travail est possible, à condition de trouver les bonnes offres. Cdiscount propose justement l'ordinateur portable Lenovo IdeaPad Slim 3 à un meilleur prix.
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Samedi 29 et dimanche 30 août 2026 : WE Antifa dans la Manche !
Pourquoi un WE Antifa ?
😡 Face aux offensives racistes et fascistes du gouvernement dont la dernière est l'ignoble loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité, sic !).
😡 Face à l'augmentation du danger fasciste : du RN aux groupuscules identitaires en passant par les médias d'extrême droite.
😡 Face à la répression des antifas, aux agressions fascistes et racistes récurrentes, face au boomerang masculiniste, transphobe et homophobe…
💪🏽💪🏽 Nous devons nous organiser, y compris dans nos campagnes !!
🔥🔥Ensemble faisons reculer le fascisme et toutes les formes d'oppression !Qui dit WE antifa, dit quelques petites installations et préparations en amont !
N'hésite pas à venir nous filer un coup de main du mercredi 26 août au samedi matin.
Si tu penses venir, tu peux indiquer ta présence sur ce formulaire.
Versions à imprimer : Tracts et affiche
Programme :
🍅 Samedi 12h : accueil et repas partagé
Chacun apporte un petit quelque chose !☀️ Samedi à partir de 14h :
📢 Combattre l'anti-tsiganisme : présentation du livre « Voleurs de poules » par son auteur
Ritchy Thibault, d'origine manouche et gitane, revient sur l'histoire des personnes romani et voyageuses en France, appelées nomades ou gens du voyage par le pouvoir.
Il s'attaque au racisme institutionnel qui perdure aujourd'hui, notamment à travers le droit à l'éducation, la santé, la citoyenneté, etc.
Dans la période de fascisation que nous traversons, faire reculer l'anti-tsiganisme, c'est aussi faire reculer l'extrême droite et son poison raciste.🤎 Cercle de parole en non-mixité raciale
Si tu es une personne non blanche, tu es bienvenue ! L'idée est de partager (ou simplement écouter) nos vécus en tant que personne non blanche. C'est un espace assez rare, d'autant plus en campagne. Il est possible que tu te sentes isolé.e avec ton vécu. Ensemble, c'est le moment de nous sentir connexté.es et de transformer nos récits individuels en expérience collective puissamment émancipatrice Atelier pochoirs & graphs
Tranformons nos cascades ratées en messages antifa à semer à tout bout de mur. Viens faire ton pochoir antifa avec des vieilles radio (les tiennes si tu veux) et ton visuel préféré. Échanges d'astuces pour bien grapher, et fresque collective de nos créations.🥊 Boxe populaire
Plus que de la boxe, il s'agit d'échanger nos pratiques d'autodéfense pour se protéger et protèger les autres ! Avoir une tenue confortable n'est pas à négliger.📖 Arpentage de Face au fascisme, sortir de l'impasse démocrate
Lecture collective du texte publié par la Coordination autonome de Brest sur bourrasque-info.org en juin 2024.📢 Atelier Punchline : Répondre aux discours de haine
Conçu et animé par QueeRévolution, cet atelier prend la forme d'un jeu où notre mission sera de trouver des réponses aux paroles et idées fascistes, LGBT-phobes, racistes, validistes, classistes, sexistes, etc.
Cet exercice peut permettre de discuter de ce que peut être un propos de haine, et de s'armer contre ceux-ci par l'union et le sens de la répartie !🍅 20h : À table ! Repas vegan à prix libre.
🎵🎶 21h : concert puis DJ set !
📢 Dimanche a 11h : s'organiser contre le fascisme
À l'occasion d'un brunch, temps d'échange d'expériences sur les luttes antifascistes pour s'organiser face à la montée des fascismes : créer un espace où on se donne de la force, où on échange des perspectives, du concret, et où on se (re)motive mais où on laisse aussi s'exprimer et vivre nos divergences dans nos manières de lutter contre le fascisme.🎠 Espace enfants
Un espace enfants avec des personnes pour s'en occuper est prévu afin de permettre aux parents de participer au week-end.
Afin de les accueillir aux mieux (qu'iels investissent cet espace ou non sur place), cela peut être bien de nous avertir à l'avance de leur présence.⛺ Camping sur place avec espace MINT (Meuf, intersexe, non binaire, trans)
🚗 Pour venir :
La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),
- route Percy-Montabot :
À gauche sur la route Percy-Montabot
1 km après le gros pylône ou,
- en venant de Tessy :
2e à droite après le bourg de Montabot
Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84 (autoroute Rennes-Caen) & de la gare SNCF de Villedieu-les-Poëles
PaFaCaB 50, Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères, pafacab50 chez autistici.org
Plus d'infos et potentielles mises à jour sur trognon.info. - route Percy-Montabot :
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Samedi 29 et dimanche 30 août 2026 : WE Antifa dans la Manche !
Pourquoi un WE Antifa ?
😡 Face aux offensives racistes et fascistes du gouvernement dont la dernière est l'ignoble loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité, sic !).
😡 Face à l'augmentation du danger fasciste : du RN aux groupuscules identitaires en passant par les médias d'extrême droite.
😡 Face à la répression des antifas, aux agressions fascistes et racistes récurrentes, face au boomerang masculiniste, transphobe et homophobe…
💪🏽💪🏽 Nous devons nous organiser, y compris dans nos campagnes !!
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Chacun apporte un petit quelque chose !☀️ Samedi à partir de 14h :
📢 Combattre l'anti-tsiganisme : présentation du livre « Voleurs de poules » par son auteur
Ritchy Thibault, d'origine manouche et gitane, revient sur l'histoire des personnes romani et voyageuses en France, appelées nomades ou gens du voyage par le pouvoir.
Il s'attaque au racisme institutionnel qui perdure aujourd'hui, notamment à travers le droit à l'éducation, la santé, la citoyenneté, etc.
Dans la période de fascisation que nous traversons, faire reculer l'anti-tsiganisme, c'est aussi faire reculer l'extrême droite et son poison raciste.🤎 Cercle de parole en non-mixité raciale
Si tu es une personne non blanche, tu es bienvenue ! L'idée est de partager (ou simplement écouter) nos vécus en tant que personne non blanche. C'est un espace assez rare, d'autant plus en campagne. Il est possible que tu te sentes isolé.e avec ton vécu. Ensemble, c'est le moment de nous sentir connexté.es et de transformer nos récits individuels en expérience collective puissamment émancipatrice Atelier pochoirs & graphs
Tranformons nos cascades ratées en messages antifa à semer à tout bout de mur. Viens faire ton pochoir antifa avec des vieilles radio (les tiennes si tu veux) et ton visuel préféré. Échanges d'astuces pour bien grapher, et fresque collective de nos créations.🥊 Boxe populaire
Plus que de la boxe, il s'agit d'échanger nos pratiques d'autodéfense pour se protéger et protèger les autres ! Avoir une tenue confortable n'est pas à négliger.📖 Arpentage de Face au fascisme, sortir de l'impasse démocrate
Lecture collective du texte publié par la Coordination autonome de Brest sur bourrasque-info.org en juin 2024.📢 Atelier Punchline : Répondre aux discours de haine
Conçu et animé par QueeRévolution, cet atelier prend la forme d'un jeu où notre mission sera de trouver des réponses aux paroles et idées fascistes, LGBT-phobes, racistes, validistes, classistes, sexistes, etc.
Cet exercice peut permettre de discuter de ce que peut être un propos de haine, et de s'armer contre ceux-ci par l'union et le sens de la répartie !🍅 20h : À table ! Repas vegan à prix libre.
🎵🎶 21h : concert puis DJ set !
📢 Dimanche a 11h : s'organiser contre le fascisme
À l'occasion d'un brunch, temps d'échange d'expériences sur les luttes antifascistes pour s'organiser face à la montée des fascismes : créer un espace où on se donne de la force, où on échange des perspectives, du concret, et où on se (re)motive mais où on laisse aussi s'exprimer et vivre nos divergences dans nos manières de lutter contre le fascisme.🎠 Espace enfants
Un espace enfants avec des personnes pour s'en occuper est prévu afin de permettre aux parents de participer au week-end.
Afin de les accueillir aux mieux (qu'iels investissent cet espace ou non sur place), cela peut être bien de nous avertir à l'avance de leur présence.⛺ Camping sur place avec espace MINT (Meuf, intersexe, non binaire, trans)
🚗 Pour venir :
La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),
- route Percy-Montabot :
À gauche sur la route Percy-Montabot
1 km après le gros pylône ou,
- en venant de Tessy :
2e à droite après le bourg de Montabot
Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84 (autoroute Rennes-Caen) & de la gare SNCF de Villedieu-les-Poëles
PaFaCaB 50, Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères, pafacab50 chez autistici.org
Plus d'infos et potentielles mises à jour sur trognon.info. - route Percy-Montabot :
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Rubio hopes US can reach Hormuz deal with Iran ‘very shortly’ as officials say progress has been made – as it happened
This live blog is now closed.
Iran and Oman have made progress toward a deal to reopen the strait of Hormuz, a potential breakthrough that could help end the war in the Middle East, regional officials have said.
Under the emerging agreement, ships would enter the Persian Gulf through an Iranian-controlled route and exit through a route controlled by Oman, with service fees charged for providing security and preserving the maritime environment, two regional officials told the Associated Press.
Continue reading... -
La sécheresse des petits cours d'eau en juillet est « la plus critique jamais observée »
Selon les derniers relevés de l'Office français de la biodiversité (OFB), les observations réalisées sur l'écoulement des petits cours d'eau sur le territoire fin juillet confirment « une situation exceptionnelle », « la plus critique jamais observée à cette période », depuis le début des relevés en 2012.
Lire la suite - En bref / Eau
Les cours s'assèchent à une vitesse folle. Fin juillet, 1 373 cours d'eau sont touchés par des ruptures d'écoulement ou des assecs. C'est 554 de plus qu'il y a seulement un mois. 43 % des (…) -
Juillet 2026 : le mois le plus chaud jamais enregistré en France
Marqué par une vague de chaleur « remarquable par sa durée », le mois de juillet que nous venons de vivre est le plus chaud jamais relevé par Météo-France depuis 1900.
Lire la suite - En bref / Climat , Canicule
Le mois de juillet 2026 est le plus chaud jamais enregistré en France, tous mois confondus, depuis le début des mesures en 1900, selon Météo-France. La température moyenne sur le mois atteint 24,9 °C, plus chaud encore qu'août 2003 (24,8 °C) et juillet 2006 (24,4 °C).
Météo-France note une « anomalie importante » de (…) -
13 au 16 août 2026 - Camping sur Fracking
La 5e édition du « Camping sur Fracking » est annoncée ! Du 13 au 16 août 2026, c'est à Glovelier dans le Jura que ça se passe.
Contexte
La tension est grande ici. L'Etat veut à tout prix imposer son projet au service du capitalisme vert industriel, et le Jura n'en veut pas !
Si vous n'êtes pas au courant, voilà treize ans que Geo-Energie Suisse appuyé par la Confédération planifient le projet de « géothermie pétrothermale profonde par fracturation hydraulique » (santé !) sur le site de Haute-Sorne, là où il y a sonper (tiens, ça rappelle un truc, non ? Big up aux Buriennexs). Un petit détour par leur site web et on se rend rapidement compte que bon nombre d'autres lieux sont visés... à condition que ça marche à Haute-Sorne...
C'est donc un projet pilote. Au bon plaisir. Mais un projet qui va bon train, à coup de millions injectés, de terres bétonnées, de sol calcaire fragilisé, de « plateforme officielle de dialogue et de transparence » mon cul et de securitas embauchés H24 pour surveiller un trou.
Si vous voulez plus d'arguments tangibles sur pourquoi c'est une fuite en avant monumentale, vous pouvez lire la brochure « Ni ici, ni ailleurs ».
(https://rnvrs.co/analyses/article/ni-ici-ni-ailleurs-de-la-lutte-locale-contre-la-geothermie-profonde-a-la-4555)De l'eau, de l'eau jaillit le feu
Cette année, la question des ressources en eau est au centre de la rencontre. A plusieurs égards, le projet de géothermie profonde est un désastre ; risques de pollution des nappes phréatiques, rejets d'eaux contaminées et accaparement de ressources. Sujet important et brûlant d'autant plus qu'une demande de prélèvement d'eau dans le ruisseau proche, le Tabeillon, est actuellement en cours (non merci !) ; et qu'ils envisagent même de palier le manque en se servant dans le réseau d'eau potable.
Camping Paradise
Treize ans de projet imposé et treize ans que la lutte des locaux s'intensifie. Le camping est un lieu qui mêle les sphères militantes écologistes et technocritiques et les organisations locales actives sur le terrain depuis belle lurette. On y sera pour se retrouver et discuter, écouter des histoires de luttes et des témoignages, construire une catapulte, s'informer sur les avancées du projet, jouer, faire de grandes bouffes pop, goûter à l'autogestion et écouter des concerts qui nous donnent envie de lutter ensemble ! C'est possible de venir uniquement pour un après-midi ou une soirée, ou de faire quelques nuits sous la tente.
Ni ici, ni ailleurs, avenir meilleur
Franchement, si vous n'avez pas encore rencontré les rebelles jurassiennesx antifracking, c'est le moment idéal. Alors que Geo-Energie Suisse a déjà fait un premier forage exploratoire, les voitures des entreprises qui collaborent avec leur projet brûlent, leurs bureaux sont vandalisés à coup de masse et de bombes puantes. Les grilles du chantier sont déjà tombées une fois et les securitas n'ont pas réussi à arrêter les oposantexs déterminéexs. Le chantier a été recouvert de merde par un tracteur à la manif il y a 2 ans et les flics anti émeutes jurassiens ont dû être dépoussiérés pour tenter d'empêcher la rage des manifestantexs de s'exprimer.
On se réjouit de vous voir à Glovelier ! Le camping sera voisin du site de géothermie profonde, qui se trouve être devenu un vrai château fort, avec des cameras et capteur de mouvement et des securitas dans chaque coin surveillant, on l'a dit, H24 le lieu. Tout un symbole !
Voici le programe :
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Sécheresse : un village englouti refait surface en Indonésie
Les images aériennes sont saisissantes. Le village indonésien de Somang, dans l'ouest de l'île de Java, était englouti sous les eaux d'un réservoir créé en 2023 pour approvisionner Jakarta. Mais la baisse du niveau de l'eau due à la sécheresse fait réapparaître les ruines de bâtiments.
Lire la suite - En bref / Monde , Eau
Les résidents avaient été relocalisés, leurs habitations submergées par les eaux du barrage de Karian. « Leurs maisons, leurs mosquées, leurs routes et leurs souvenirs avaient disparu sous les eaux », décrit (…) -
Gazette de la Guillotière #2
La Gazette de la Guillotière est un journal papier à l'initiative du CLIP, publié (on l'espère) plusieurs fois par an, dont l'objectif est de rassembler tous·tes celles et ceux qui habitent, qui passent, qui traînent, qui travaillent, qui mangent, qui se retrouvent… bref qui font vivre la Guill'. L'idée est de pouvoir partager nos vécus, nos liens, nos préoccupations, nos revendications et tout ce qui fait solidarité. Les rubriques, qui peuvent varier d'un numéro à l'autre, reflètent la vie du quartier.
Dans ce numéro :
un article sur Geoffrey Clavel propriétaire (entre autres) des bars problématiques Pignouf et Les Grévistes,
une contre-cartographie de la Place du Pont,
un article sur la commune de la Guillotière,
et d'autres articles à découvrir dans ce deuxième numéro !Bonne lecture !
Gazette2.pdf
Qu'est-ce que le CLIP ?
Le Comité de lutte d'initiative populaire (CLIP) s'est créé suite à la dissolution de l'Assemblée Nationale en juin 2024. La montée du racisme décomplexé ainsi que la dégradation de nos conditions matérielles d'existence (logement, bouffe, santé...) nous a amené à nous organiser pour imaginer des jours meilleurs. La situation politique impose de construire dès maintenant des espaces d'organisation et d'autodéfense dans nos quartiers pour apporter une réponse immédiate aux offensives de l'extrême droite et des capitalistes en général.
Nous refusons de normaliser la violence institutionnelle et nous souhaitons nous organiser pour y faire face. Nous pensons qu'il est essentiel de porter les idées révolutionnaires autour de nous, avec nos voisin⋅es, nos collègues, dans nos espaces de loisirs, de vie quotidienne.Concrètement le CLIP souhaite œuvrer à :
la solidarité concrète dans le quartier et l'autodéfense de classe (lutte contre la gentrification et la spéculation immobilière, contre les expulsions locatives, entraides concrète face aux galères quotidiennes, etc.)
la lutte contre toutes les expressions du racisme dans nos espaces de vie et plus généralement contre toutes les formes de discriminations (contrôles au faciès, discours médiatique réactionnaire sur le quartier, récupération de l'extrême-droite, etc.)
l'organisation et le renforcement du mouvement social en général (mobilisation face aux attaques antisociales des différents gouvernements, solidarité internationale etc.).
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Former progressive Squad member Cori Bush attempts political comeback against Missouri US Rep. Bell
Former U.S. Rep. Cori Bush is attempting a political comeback Tuesday in a Missouri Democratic primary that tests evolving views on American-Israeli relations, just two years after the progressive "Squad" member was ousted by voters in favor of Wesley Bell. The rematch in a heavily Democratic St. Louis district is one of several consequential primaries. In western Missouri, Republicans are picking a candidate to try to unseat Democratic Rep. Emanuel Cleaver in a dramatically reshaped district that is part of President Donald Trump's attempt to retain a slim House majority in the midterms. -
Tattoo circus à Genève – 11-12-13 septembre 2026
Le 4e Tattoo Circus Genève aura lieu du 11 au 13 septembre prochains. Tatouages, piercings, bouffe, sérico, concerts et infokiosk à prix libre et en soutien aux personnes détenuexs, leurs proches et les collectifs anti-carcéraux.
Le 4e Tattoo Circus Genève aura lieu du 11 au 13 septembre prochains. On se retrouve pour continuer de s'informer, partager des expériences, faire connaître les luttes actuelles et les perspectives d'organisation et de solidarité. Le but premier du tattoo circus* est de récolter des fonds pour les détenuexs et les collectifs qui les soutiennent ainsi que leurs proches, et qui luttent contre les frontières et la répression.
Tatouages, piercing, bouffe, sérico, concerts et infokiosk à prix libre. Les tatouages se feront tous les jours jusqu'à 18h, dès 15h le vendredi, et dès 10h le week-end. La liste des tattoueureusex à venir…
TOUT EST PRIX LIBRE, PRENDS DU CASH
Programmation détaillée et définitive à venir…
VENDREDI 11 septembre
• 15h début des tattoos
• 17h discussion
• 19h repas
• dès 20h concerts et performances...
SAMEDI 12 septembre
• 10h début des tattoos et des discussions
• 13h repas et atelier d'écriture à des détenuexs
• 19h repas et animations
• Dès 21h concert et Dj's
DIMANCHE 13 septembre
• 10h début des tattoos et des discussions
• 13h repas
• 17h fin du tattoo circus… et tout le long de l'évènement, il y aura des stands de collectifs, un infokiosk, un atelier d'écriture de lettres aux détenuexs, de la sérigraphie, des repas et des canapés pour continuer les discussions.
Renseigne-toi pour le lieu…TOUT EST PRIX LIBRE, PRENDS DU CASH
* C'est quoi un tattoo circus ? Né à Rome en 2007 dans les milieux anarchistes, puis organisé régulièrement dans différentes villes en Europe, c'est un évènement où les tatoueureusexs, pierceureusexs et autres participantexs renoncent à tout profit personnel pour que tous les bénéfices aillent en soutien à des détenuexs, leurs proches et des luttes anticarcérales.
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Trump blasts Pirro's handling of Reflecting Pool controversy: 'Really disappointed'
President Donald Trump expressed disappointment Monday in U.S. Attorney for the District of Columbia Jeanine Pirro's handling of the Reflecting Pool controversy, claiming she "choked." Pirro's office moved last week to drop charges against a former Olympic athlete they accused of vandalizing the Reflecting Pool outside the Lincoln Memorial, claiming that new information has since indicated that damage to the pool was the result of a rushed job. -
What's Next in Reflecting Pool Case That Is 'Far From Over'
The decision by Jeanine Pirro, the U.S. attorney for the District of Columbia, to abandon prosecutions alleging vandalism at the Lincoln Memorial Reflecting Pool has sparked tension within the Trump administration that could end her tenure. The about-face also could provide an avenue for three-time Olympian David Hearn and other defendants to sue the government and press for sanctions against the prosecutors. -
Reflecting pool damage was the result of botched work, not vandals, DOJ says
President Donald Trump's botched renovation of the Lincoln Memorial Reflecting Pool was the result of a "hasty" installation by the contractor, and not vandalism, the Department of Justice revealed Friday afternoon. U.S. Attorney for the District of Columbia Jeanine Pirro, in a motion to dismiss charges against former Olympian David Hearn for allegedly vandalizing the reflecting pool, wrote that previously undisclosed problems with the installation of its blue lining make proving a felony destruction of government property charge difficult. -
Contrairement aux idées reçues, l’allocation de rentrée scolaire est utilisée pour acheter des fournitures

Source :Compte Facebook, le 26 juillet 2026
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Contenu :
La date a été fixée : l’allocation de rentrée scolaire (ARS) 2026 sera versée aux parents par leur Caf le 4 août à La Réunion et à Mayotte, et le 18 août en métropole, Guadeloupe, Guyane et Martinique.
Attribuée chaque rentrée sous conditions de ressources à environ 3 millions de familles comptant un ou des écoliers, étudiants ou apprentis, l’ARS a été revalorisée de 0,8 % en 2026. Son montant sera de 426, 450 ou 466 euros par enfant, selon s’il est âgé de 6 à 10 ans, de 11 à 14 ans ou de 15 à 18 ans.
Qui dit période de versement de l’ARS, dit polémique sur l’utilisation de ces fonds par les parents. Comme chaque année, internautes et commentateurs soupçonnent déjà, à un mois de la rentrée scolaire, que cet argent soit détourné pour investir dans des achats jugés superflus ou ostentatoires, et non dans les fournitures scolaires.
Sur Facebook et TikTok, les parents sont suspectés de s’offrir un téléviseur, le dernier iPhone, des sacs à main de luxe, ou encore de l’alcool. Parfois publiés sous couvert de l’humour, ces posts sont pris très au sérieux par de nombreux internautes qui s’indignent en commentaire, réclamant des « preuves d’achat » ou suggérant de transformer l’ARS en bons d’achat afin de prévenir les dérives supposées.
Cette infox, qui revient tous les ans ou presque, n’est corroborée par aucune étude statistique. Au contraire, les recherches menées sur les dépenses effectuées avec l’ARS démontrent que cette aide est majoritairement consacrée aux achats de fournitures.
La quasi-totalité des foyers achète des fournitures
Aucune loi n’encadre l’utilisation de l’ARS, les parents sont donc libres de la dépenser comme ils le souhaitent. Pour autant, 98 % de ses bénéficiaires achètent des fournitures scolaires, pour un montant moyen annuel de 146 euros sur ce poste par enfant, selon une étude de la Cnaf datant de 2023 menée auprès de 2 000 familles.
Mais les coûts de scolarité des enfants ne s’arrêtent pas là. Les dépenses scolaires annuelles des bénéficiaires concernent aussi les vêtements (96 % d’entre eux, 370 euros en moyenne), l’assurance scolaire (81 % et 35 euros), les équipements de sport (79 % et 95 euros), la cantine (69 % et 335 euros), etc.
Au total, sur l’année, les allocataires de l’ARS déboursent, en moyenne par enfant, 1 315 euros de frais pour les envoyer à l’école. L’allocation de rentrée scolaire, au maximum de 466 euros par enfant, ne couvre donc qu’un tiers du coût annuel associé à l’éducation.
Son montant correspond en revanche aux dépenses réalisées au moment de la rentrée, d’environ 400 euros par enfant, indique le rapport de la Caf.
Une aide pour des familles en difficulté
La Caf rappelle par ailleurs dans son rapport que l’ARS est une aide visant à soutenir les foyers « modestes ». « En moyenne, les familles bénéficiaires [avaient] un revenu mensuel de 1 836 euros nets [en 2023]. La moitié d’entre elles (49 %) sont monoparentales et, dans les trois quarts des cas, l’autre parent ne contribue pas aux dépenses scolaires en dehors de la pension alimentaire », explique l’organisme.
Une famille bénéficiaire sur six (16 %), soit environ 480 000 familles, déclare devoir emprunter ou recevoir de l’argent de leur entourage pour financer la rentrée scolaire, en plus de l’ARS. Et plus des deux tiers (72 %) des foyers l’ayant touché disent que sans cette aide, ils auraient dû se serrer la ceinture.
D’où vient la rumeur ?
La légende du détournement de l’ARS a été popularisée par le sénateur Edouard Courtial (Union centriste). En 2008, alors qu’il était encore député UMP (devenu Les Républicains), le parlementaire voulait amender la loi de financement de la Sécurité sociale pour que l’allocation soit versée grâce à des « chèques achats », plutôt que par simple virement.
« L’allocation de rentrée ne doit pas servir à acheter un écran plat », estimait alors l’élu, qui assurait que « certains distributeurs d’électroménager enregistrent des pics de vente d’écrans plats au moment de la rentrée ».
Problème : les pics d’achats des télévisions se situent plutôt en début ou en fin d’année, comme l’avait documenté Libé en 2021. Les mois de versement de l’ARS, août et septembre, enregistrent les pires performances pour les ventes de moniteurs, selon des données de l’institut Gfk obtenues par le quotidien.
Les séries statistiques de la Banque de France relatives au commerce de détail ne permettent pas non plus d’isoler un soi-disant pic de consommation des équipements électroniques ou électroménagers au mois d’août.
Bien qu’elle ne soit jamais étayée, la rumeur du détournement de l’ARS revient tout de même à chaque rentrée, ou presque, au gré d’amendements ou de propositions de loi soumis au Parlement.
En 2019, par exemple, la sénatrice socialiste Samia Ghali voulait mieux « contrôler » cette aide qui pourrait servir à « acheter un frigo ou un écran plat ».
Deux ans plus tard, le ministre de l’Éducation lui-même, Jean-Michel Blanquer, avait relayé cette désinformation, avant d’ouvrir la porte à une modification des modalités de versement.
Confronté par le média Brut au manque de preuves appuyant ses déclarations, celui qui a désormais quitté la vie politique avait botté en touche, préférant accuser des chiffres « assez datés » qui lui donnaient tort. Il avait alors reçu le soutien appuyé du président de la République, Emmanuel Macron.
La Cour des comptes préconise de conserver la méthode de versement
Le fonctionnement de l’ARS pourrait-il tout de même être amélioré ? Dans un rapport paru en 2021, la Cour des comptes estimait le coût de cette aide à environ 2,6 milliards d’euros annuels pour l’année 2020. Mais l’institution, d’habitude si tatillonne sur les dépenses publiques, n’a pas trouvé grand-chose à redire sur le dispositif tel qu’il existe actuellement.
Les magistrats financiers affirmaient que les modalités de versement de l’ARS, qui « couvrent toutes les familles visées, en limitant le risque d’erreurs et de fraude », « méritent […] d’être maintenues ». « Le législateur n’a pas entendu contraindre l’utilisation de cette allocation en la réservant à l’acquisition de certains produits ou services », rajoutait la juridiction.
Alors pourquoi cette obsession pour l’ARS ? D’après le sociologue des classes populaires Camille François, auteur de De gré et de force : comment l’État expulse les pauvres (La Découverte, 2023), la désinformation sur l’utilisation de l’ARS porte la trace « du vieux préjugé selon lequel les pauvres ne sauraient pas gérer leur argent, et que leur mauvaise gestion serait la cause de leur pauvreté ». Or, les principaux déterminants de la pauvreté en France sont, entre autres, l’exclusion sociale et l’inactivité.
Grâce à l’ARS, la part de ses bénéficiaires vivant sous le seuil de pauvreté a baissé de 41,2 % à 38,7 % en 2019, selon la Cnaf. Dans le même temps, le taux de pauvreté n’a cessé de grimper en France, selon les chiffres de l’Insee. En 2024, 15,4 % des Français se trouvaient sous le seuil de pauvreté, soit le niveau le plus haut depuis 1996.
Auteurs :
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). Conformément aux règles d’indépendance éditoriale des Surligneurs, la Cnaf n’est pas intervenue dans la rédaction de l’article ni ses conclusions.
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