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Timeline

  • Face à la terreur israélienne, les Palestinien-ne-s affirme leur volonté de vivre, de rester sur leur terre

    Quand ?
    Le 19 septembre à 14h

    Où ?
    Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 13e 31, rue Bobillot, 75013, Paris

    L'association France Palestine Solidarité Paris-Sud et Palestine Vivra ! Collectif Unitaire de Soutien au Peuple Palestinien Paris 13e organisent une rencontre avec 3 intervenant-e-s :

    – Sonia FAYMAN, membre de l'UJFP et présidente d'ATL Jénine ; son intervention portera sur Gaza et Jénine
    – Aïssa RAHMOUNE, secrétaire général de la FIDH, interviendra sur la situation des prisonnier-e-s politiques palestinien-ne-s
    – Tariq NATSHEH, militant palestinien des droits humains pour le respect du droit humanitaire et du droit internationale. Il interviendra sur la situation en Cisjordanie.

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  • Pique Nique Antispéciste

    Pique Nique Antispéciste
    L'AG Antispéciste vous convie à un pique nique 100% végan pour découvrir l'AG, la lutte pour le droit des animaux et nos recettes véganes. Copain.e.s et animaux non-humains bienvenu.e.s !
    Dimanche 6 septembre à 19h30 au parc Georges Pompidou.

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  • Permanence antispéciste

    Permanence antispéciste
    Tous les 2èmes samedi du mois, de 15h00 à 18h00.
    Au Local autogéré (7 rue Pierre Dupont, 38100 Grenoble).

    L'Assemblée Générale Antispéciste te convie à sa permanence antispéciste (qui a lieu tous les deuxièmes samedi du mois) ! Un moment convivial pour partager des idées, des actions et faire preuve de solidarité avec la lutte des animaux pour leur libération ! Goûter et brochures sur place.

    Contact : ag-antispe-grenoble@riseup.net
    https://agag.noblogs.org/

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  • Soirée apéro-rencontre entre ouvrièr.es agricoles

    Vendredi 25 septembre 2026 à 19h00

    Après une saison d'été 2026 particulièrement difficile, marquée par des chaleurs extrêmes à répétition, on vous propose ce temps d'échange entre ouvrières agricoles (salarié.es, stagiares, woofeur.euses, travailleur.euses..)

    L'objectif est de se rencontrer lors d'un moment convivial entre personnes qui partagent les mêmes réalités de travail, pour pouvoir échanger nos expériences, s'entraider ou même simplement vider son sac.

    N'hésitez pas à faire tourner l'info à toutes les personnes qui pourraient être intéressées !

    Sud ouvrier.es agricoles 38"

    À 19h

    À la Cata
    16 traverse des îles
    Grenoble

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  • Soirée RTT

    Au programme :
    18h30 atelier d'écriture par et pour meufs et personnes queer à 18h30, viens comme ça, pas besoin de réviser (pas besoin de stylo non plus si tu en as pas on en aura !)
    20h scène ouverte, même mixité sur scène, tout le monde bienvenue dans le public pour tout type de textes, n'importe quelle forme sera accueillie comme il se doit !
    Parce qu'on visibilisera jamais assez ces questions, la soirée sera en soutien au collectif enfantiste 38 [contact]
    On a hâte !

    mardi 22 septembre
    18h30 atelier d'écriture*, 20h scène ouverte*
    au bar Le commun des mortels, rue aimé berey
    entrée gratuite, prix libre en soutien au collectif enfantiste 38

    *mixité meufs et personnes queer, tout le monde dans le public

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  • Noyer l'urgence dans l'urgence, intervenir pour que rien ne change

    Comme le travail médical et humanitaire, l'action sociale est de plus en plus confrontée à l' urgence, alors même que l' essence de sa mission d'écoute ou de lien social demande du temps. L'urgence lui impose une réponse rapide face au mal-logement, à l'asile, aux VSS, aux problèmes de santé ou au chômage. Plutôt que de faire taire ces crises qui sont autant de signes de ses défaillances, l'Etat semble préférer les assumer et organiser leur prise en charge, en co-gestion avec le monde associatif. Que cache cette intervention humanitaire providentielle ? Il faut moins y voir une tentative de l'Etat de s'améliorer en continu que d'évacuer les problèmes sociaux structurels en les traitant comme des urgences. Avec l'urgentisation du social, l'Etat a trouvé une manière de relativiser ses failles ; il les noie dans le spectacle du traitement de leurs effets. L'urgence apparaît domestiquée, acceptable et organisée par une gouvernementalité humanitaire s'étendant de l'Etat à l'associatif et alliant délicatement compassion et rationalisation, aide et condition, intégration et exclusion.

    NOYER LES CAUSES DANS LES SYMPTÔMES

    Pour l'Etat (et celleux qui souhaitent l'améliorer), reconnaître des urgences comme le sans-abrisme, le chômage, l'accueil des exilé-es, les violences faites aux femmes ou aux personnes LGBT+ permet de déplacer l'attention des causes vers les symptômes de l'urgence. Plusieurs tactiques de décentrage et donc de déresponsabilisation sont alors à l'oeuvre :

    1.SPECTACULARISER

    La mise en spectacle de la violence et de la prise en charge des inégalités et des crises sociales occultent leurs origines que sont le travail, le capitalisme, l'Etat ou ses frontières. Elle permet de répondre à quelques situations - souvent médiatisées comme le plan Grand froid à Paris ou l'accueil massif de migrant-es ukrainien-nes - plutôt qu'à toutes. Lâcher du lest par-çi par-là, pour mieux régner sur la totalité. Conjointement, la mise en urgence d'un sujet laisse induire qu'il est possible de sortir de l'impuissance : de la crise peuvent émerger des victoires. Il ne s'agira jamais d'augmenter réellement nos libertés mais d'insertions professionnelles, de régularisations ou d'indemnisations. L'aide d'urgence permet de digérer les revendications sociales, de légitimer l'intervention institutionnelle et de perpétuer l'illusion de la prise en charge de nos besoins. Une stratégie reprise souvent inconsciemment par les cadres associatifs et autres gestionnaires de l'urgence pour éviter la délicate perspective de la transformation radicale de la société, peu propice aux dons, aux subventions ou aux votes.

    2. INDIVIDUALISER

    Le décor une fois posé, le décentrage de la cause vers le symptôme s'opère ensuite en ignorant les origines structurelles et les rapports de domination pour préférer individualiser et moraliser leur responsabilité. Du côté des pouvoirs publics, c'est par exemple la critique de travailleurs sociaux maltraitants plutôt que celle d'un travail qui rend violent ou encore, d'hommes errants menaçants plutôt que l'abolition des frontières qui précarisent. Du côté des associations, une exclusion de certains individus violents de leurs dispositifs d'aide, une moralisation de la question politique avec des bons et mauvais points militants ou une concentration de la critique sur des “grands méchants” (Bardella, Bolloré, etc.), bien plus fédératrice qu'une critique de la démocratie et de son travail, de la gauche, de ses centres de rétention administrative (créés par Mitterand) et de ses frontières.

    3.TRANSFORMER EN DÉRIVE... OU NORMALISER

    Puis quand un rapport systémique de domination n'est plus ignorable ou que la défense se complique, la stratégie du pouvoir peut être d'en reconnaître la dimension structurelle tout en la traitant comme crise et dérive, donc en l'évacuant aussitôt comme un “dysfonctionnement” corrigeable. La diversion vers les “dérives” s'accompagne de nouvelles explications, bien loin de leur radicalité première, et de mesures dont l'objectif n'est pas un changement de structure, mais d'un retour à la normalité. La pirouette fait céder du terrain mais seulement pour un temps. Ainsi, les causes de la misère des SDFs sont souvent naturalisées comme une fatalité (quand elles ne sont pas attribuées à ces mêmes individus), comme une externalité négative malheureuse d'un système capitaliste imparfait mais “le moins pire qu'on ait”, ce qui permet alors d'évincer toute critique du travail ou du capital qui pourtant les met à la rue. Plutôt que de viser la transformation de la société ou la sortie du capitalisme, on cherchera à réduire et à contenir les violences familiales, les cercles vicieux de l'alcoolisme ou les imperfections du marché du travail, en renversant ces symptômes comme des causes premières de nos urgences. Quand l'Etat parle de problèmes managériaux, de plans d'investissements à mener, de santé mentale ou de perte de sens à corriger, le monde associatif peut lui revendiquer un manque de moyens à combler (pour continuer de faire plus ou moins la même chose, toujours en moins pire) ou pointer du doigt un manquement au droit, ce même droit qui structure et légitime par ailleurs les dominations de l'Etat et de sa justice. L'associatif cherchera souvent plus à en corriger les “abus” qu'à dépasser leurs structures. On chantera “un toit c'est un droit” et conclurons nos manifestations après des mises-à-l'abri ou des régularisations, aussi temporaires que cycliques. Comme si les rafles de personnes exilées, leurs encampements et leurs refoulements aux frontières de l'Europe n'étaient que des dérives. On scandera “Vérité et justice”, comme si les meurtres policiers n'étaient que des bavures à faire reconnaître par la Justice, que le droit était du côté de l'émancipation, que deux siècles de démocratie capitaliste étaient réformables.

    4.NOYER LE TOUT DANS LE TOUT

    Enfin, le décentrement de la cause vers le symptôme s'achève en noyant l'urgence dans l'urgence, en la multipliant de telle façon qu'il n'y en ai plus vraiment, ou que l'on s'y habitue. Pour bien laver son linge, il suffit de le mélanger et de laisser tourner la machine. Gérer l'urgence c'est en faire non plus une temporalité extraordinaire, mais la modalité normalisée de l'action, sociale ou humanitaire. Saturer l'espace public de crises concurrentes aux effets spectaculaires, les multiplier et les traiter avec la même énergie jusqu'à ce que cette importance de tout ne veuille plus rien dire. Une urgence de tout qui s'auto-institue, s'autonomise et s'annule dans un même geste.

    L'urgence sidère par la gravité et le spectaculaire de ses symptômes : des violences s'exercent, des campements sont érigés, des situations dégénèrent, des gens meurent. La dramatisation et le lexique guerrier soutiennent alors leur gravité, que ce soit pour affronter le coronavirus, le chômage ou le terrorisme ou en parlant de “crises migratoires”. A la “War on drugs” américaine, Darmanin renchérit par la “Bataille de Stalingrad“. L'information nous vient par l'image qui clive ou qui fédère, toujours autour d'affects et d'indignations universelles comme la souffrance ou les Droits de l'Homme, inlassablement récupérés par les pouvoirs en place qui se placent en pompiers de leur propre incendie. Sidérante, l'urgence émeut et indigne autant qu'elle paralyse et immobilise ; elle pousse soit à la tétanie, soit à l'action immédiate de palliation, à la panique, aux pulsions conservatrices et aux réflexes humanitaires, pour le moins pire plutôt que contre le tout.

    Tout comme la surinformation désinforme, l'empilement des crises produit une concurrence des urgences qui empêche toute politisation globale des problèmes. Ce que l'on attendait hier de l'avenir et des grands projets révolutionnaires semble davantage exigé dans le présent, heureuse nouvelle s'il était moins un présent de la résignation, du moins pire et de la réforme qu'un présent de l'expérimentation de la liberté et de la révolte. Irrémédiablement, la réponse à tous ces problèmes est un Etat plus fort et plus progressiste, appelé de nos voeux à chaque élection. Ou de nouvelles personnes providentielles comme a pu l'être Emmanuel Grégoire et tant d'autres, auto-proclamé pourfendeur des violences faites aux enfants et du sans-abrisme. C'est lui qui, lorsque le sujet des SDF reviendra chaque hiver comme une urgence, déclenchera des “plans Grand Froid” alors qu'iels seront expulsé-es et mourront dans la rue le reste de l'année.

    SAUVER POUR NE RIEN CHANGER

    Cette temporalité cyclique de l'urgence sociale traduit une politique de la pitié qui se déclenche surtout à l'approche du pire, donc généralement de la mort. Pour faire objet d'indignation consensuelle dans l'opinion publique, la mortalité doit être spectaculaire et imminente : noyade en Méditerranée, enfants à Gaza, victimes du SIDA ou mort-es dans la rue. Contrairement aux rêves droitsdel'hommistes, l'urgence n'est jamais universelle, traitée de manière inconditionnelle. Elle dépend d'une reconnaissance politique, en réaction à une situation dramatique ou par anticipation de son aggravation potentielle. Toujours a postériori, par calcul du nombre de morts acceptables. Comme si la mort n'était inacceptable que dans certaines situations d'injustice, celles où les victimes ne méritaient vraiment pas leur situation. Comme si la mort constituait l'ultime et unique garde-fou moral capable de contraindre à l'intervention, la seule chose contre laquelle l'opinion publique peut encore s'indigner, à ceci près que toutes les morts ne semblent pas se valoir. En outre, ce n'est même plus tant le décès d'une personne sans-abri qui émeut en tant que telle mais l'espace que son événement occupe dans l'actualité, la politique se faisant plus que jamais celle de l'émotion.

    À l'instrumentalisation de la compassion par les politiques publiques et caritatives qui invitent au secours plutôt qu'à la révolte s'ajoute un répertoire d'actions lié au sauvetage par l'intégration. La morale humanitaire semble indiquer de prendre soin des individus, sufisamment pour les sauver de la mort et maintenir leur capacité productive mais suffisamment peu afin d'éviter l'émergence d'autres possibles. Les mettre à l'abri aux quatres coins de la France dans des hébergements d'urgence éphémères pour les isoler et tuer leurs luttes. Atténuer la souffrance pour ne rien changer, parler d'exclusion pour ne pas parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté, parler d'inégalités, de racisme ou de pauvreté pour ne pas parler du capitalisme ou du travail. Individualiser les malheurs plutôt que les penser en termes de dominations, parler de traumas à soigner plutôt qu'interroger leurs origines, montrer de la compassion face aux souffrances plutôt que d'interroger la justice de l'Etat et des organisations qui s'y réfèrent. La lutte pour l'autonomie et la liberté s'effacent devant le langage humanitaire des pouvoirs publics.

    Cette dépolitisation par l'urgence est entretenue en bout de chaîne par nos organisations militantes qui pour vivre ou se faire connaître jouent le jeu de la spécialisation des crises et des politiques publiques en investissant une “cause” comme l'enfance, les VSS ou le sans-abrisme. Etat, partis ou associations traitent chaque cause d'urgence au cas par cas, occultant leurs origines systémiques liées à l'organisation du travail, aux rapports de domination, à la captation des richesses ou l'organisation de la dépendance économique qui peuvent expliquer chacune de ces urgences. Puisqu'aller plus loin dans la critique signerait la fin de leurs financements, de leur légitimité voire de leur existence, les associations et organisations militantes se contentent généralement d'un plaidoyer de réforme et en appellent finalement toujours à un capitalisme plus inclusif plutôt qu'à son renversement. Automatic word wrap
    La faim, le mal-logement et les différentes violences sociales sont pourtant les résultats du capitalisme. Ce qu'il y a derrière ces urgences, ce sont des écarts répétés et grandissants entre le revenu et le coût de la vie, du surendettement, des expulsions de plus en plus fréquentes et d'autres processus anti-sociaux et inégalitaires nourris par l'Etat, son monde économique, sa démocratie et ses organisations “gestionnaires malgré elles”.

    NORMALISER L'URGENCE, LÉGITIMER L'INTERVENTION

    En inscrivant les souffrances sociales comme dérives à soigner, l'Etat et les pouvoirs associatifs justifient ainsi mieux leur propre intervention. L'Etat efface non seulement sa responsabilité à la source mais s'auto-institue dans le même mouvement comme seul calmant légitime. En bon gestionnaire de sa propre crise, ses plans contre les VSS, ses aides sociales et autres fumisteries rejouées à chaque élection légitiment son existence ainsi que celle de ses différents acteurs de la gestion de l'urgence, qu'ils soient politiques, humanitaires, ingénieurs ou militaires. Normalisée, l'urgence est renversée et récupérée comme élément de pacification : il ne s'agit plus de lutter mais d'être solidaires, ensemble pour le moins pire.

    C'est la nature même de l'Etat, qui quand il ne peut pas se trouver d'ennemis extérieurs pour fédérer autour de guerres, doit se tourner vers des ennemis intérieurs à expulser ou des urgences à pallier. La crise justifie la mise en place de moyens extraordinaires comme les camps, les statuts administratifs précaires, les centres de rétention ou de nouvelles formes de dépendance (plans de régularisation, aides sociales etc) qui sont autant d'outils de pacification sociale. Une intervention naturalisée, non questionnable et même souhaitée : il en va de la survie des gens !

    Pendant l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19, la police a pu punir sans passer par un juge grâce à l'usage massif d'amendes forfaitaires, qui ont particulièrement été appliquées dans les quartiers pour les maintenir dociles. À Paris, des formations et des assermentations express ont été données aux services de sécurité des bailleurs sociaux (le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance) pour permettre aux gardiens de patrouiller dans les résidences HLM, dresser des procès-verbaux face aux “incivilités” et faire respecter les mesures de confinement. Les exceptions du droit d'un Etat d'urgence permanent. Dans le même mouvement, l'intervention associative prend tout son sens. Par la gestion des urgences, la question sociale cesse d'être pensée en termes de rapports de classe ou d'affinités révolutionnaires pour être fragmentée en bénévoles “soutiens”, salarié-es expert-es et “publics” bénéficiaires, selon le vocable symbole de cette asceptisation et victimisation des luttes. Là où émergeaient les idées d'entraide, de conflictualité ou d'autonomie populaire apparaissent subventions, expertise, prévention, accompagnement, évaluation et partenariats. Distribution alimentaire sans espace politique, atelier CV plutôt qu'organisation collective, participation symbolique des “premier-es concerné-es” ou communication humanitaire basée sur des témoignages plus que sur des ouvertures d'espaces autonomes…

    On nous soutiendra que ces compromissions ou que l'aide à l'intégration (par le travail et les papiers) avant la révolution vient des “premier·es concerné·es”, alors que tout est fait dans la société et dans les organisations d'aide d'urgence pour que les plus précaires n'aient ni le temps ni l'espace de demander autre chose que l'aide humanitaire. Et que nous, “soutiens”, travaillions - potentiellement salaire à la clé - à réparer des symptômes qui donnent du sens à notre militance. C'est ainsi tout un système de représentation de nos besoins qui est validé sous couvert d'humanisme, occultant d'autres perspectives d'entraide, de questionnement, de collectivisation et d'autonomie. L'organisation de l'urgence agit ici comme extension de la démocratie représentative qui nous prive de nos moyens d'organisation et de subsistance. Ce sont nos cadres étatiques ou sociaux qui décrètent nos urgences et débloquent nos aides, ou nous-mêmes qui finissons par devenir nos propres cadres, que ce soit par quête de sens, par croyance de pouvoir faire mieux de l'intérieur ou par “nécessité”.

    Ces renversements remplacent la défense conflictuelle de l'infinité de nos désirs par l'écoute, la médiation et la réparation de nos problèmes. Plutôt que de produire une critique de l'Etat, de nouvelles formes d'entraide ou de renoncement au travail, l'énergie militante est captée par le travail social, qui individualise et psychologise les problèmes. L'urgence substitue l'entraide qualitative par l'aide quantitative : les bon·nes gestionnaires évaluent, essayent de faire le plus avec le moins et rationnalisent les rapports sociaux dans ces espaces. Autrement dit : le conflit devient souffrance et la politique se dévoile pour ce qu'elle est : prise en charge. Il ne nous reste alors plus qu'à soigner les symptômes et à manifester quelques joyeux dimanches, pour dénoncer quelques dérives.

    Adossée aux logiques de marchandisation à l'oeuvre dans le secteur associatif, l'urgence justifie la privatisation de la protection sociale : mutuelles et assurances privées pour les « inclu·es », associations caritatives pour les « exclu·es ». Cette confiscation de l'aide nous dépossède de notre responsabilité, l'aide est déléguée à des professionnel·les de l'urgence qui la cadrent et la régulent pendant que la solidarité devient un délit si l'on accueille des sans-papiers. C'est aussi l'urgence et ses aides qui justifient les interventions militaro-humanitaires à l'étranger, sous couvert de droit international, de neutralité ou du droit d'ingérence. L'expertise et l'aide d'urgence légitiment des “guerres justes” correctement menées ou des génocides encadrés par couloirs humanitaires. C'est l'urgence qui a justifié les plein pouvoirs accordés à Hugo Chavèz pour gérer les pluies et coulées de boue de 1999 et organiser la militarisation qui s'en est suivie. En France, c'est l'urgence terroriste de 2015 qui a pavé la voie des lois de surveillance et de répression policière ou des hausses de dépenses militaires. Le droit de l'état d'urgence et les dispositifs de surveillance anti-terroriste se sont depuis plus que jamais immiscés dans le droit des étrangers. A Mayotte comme en Guyane, l'état d'urgence a servi de prétexte pour intensifier les opérations de contrôle des frontières et de la régularité du séjour des individus. C'est aussi l'extension de l'Etat d'urgence anti-terroriste qui a permis de faciliter le démantèlement de la “jungle” de Calais, expulsée en trois jours début 2016. Avant de justifier l'expulsion, l'état d'urgence et la menace terroriste ont d'abord été utilisés pour sécuriser la frontière en érigeant une clôture de 4m de haut le long du port de Calais et différents dispositifs de clôtures, de vidéo-surveillance, de détection infrarouge et de lumières pour empêcher le passage par l'Eurotunnel. L'état d'urgence a ici servi à dissuader les tentatives de passage et s'est ensuite étendu à l'interdiction de différentes manifestations sous prétexte que les autorités ne disposaient pas des moyens nécessaires pour en assurer la sécurité. L'état d'urgence semble tendre vers sa permanence, il justifie l'exception au droit qui encadre sa gestion par ailleurs. Le droit n'a jamais limité l'Etat, il en est son langage le plus efficace. Dans le régime de l'urgence, le droit devient même performatif et se soumet au politique qui s'autonomise : quand Macron a annoncé le confinement et le pass sanitaire, la base légale était encore floue et le pays a immédiatement appliqué la mesure. La politique humanitaire prônera toujours l'exception comme méthode de gouvernement : le pouvoir agit au nom de l'urgence pour devancer le droit et préserver l'ordre existant.

    L'URGENCE EST LÀ, LA CRITIQUE ATTENDRA

    Noyer l'urgence dans l'urgence ne consiste pas seulement à multiplier les crises et à brouiller les causes dans le traitement de leurs symptômes, mais aussi à organiser un régime d'action et d'instantanéité dans lequel tout doit être traité immédiatement, contre le temps de la critique. Tout comme la satisfaction immédiate de nos désirs par la consommation nous empêche d'accéder à d'autres désirs, le régime de l'urgence devient une forme de gouvernance. Il impose un tempo qui légitime la confiscation du pouvoir ou le maintien d'espaces politiques descendants qui brident les velléités subversives et dé-radicalisent les discussions. Les pouvoirs publics comme le milieu associatif se montrent particulièrement créatifs en la matière.

    Le spectacle de la crise et de l'urgence provoque en effet souvent soit sidération et immobilisme face aux crises, soit un besoin irrépressible de résolution immédiate de ces symptômes, que ce soit pour trouver du sens dans l'absurde ou pour que la violence ne reste pas aux portes de notre confort. Réorientée vers la réaction immédiate — pétitions, indignations, bénévolat par ci par là, campagnes rapides — l'énergie critique s'attaque aux effets visibles et spectaculaires — la crise écologique, sociale ou le fachisme — ainsi qu'au pouvoir en place ou à venir et ne s'étend rarement à une critique plus large des structures qui rendent possibles et permanentes ces dominations, comme le pouvoir en tant que tel ou les formes acceptables du capitalisme, qu'elles soient démocratiques ou humanitaires. Car ces structures nous font vivre et sont désirées par beaucoup, ou constituent des repères moraux et militants d'où peuvent partir des luttes et des espoirs. Car toute critique d'un au-delà de l'immédiat à gérer devient idéologique et indécente lorsque des vies sont en jeu (et que des salaires dépendent des dons et de la popularité de l'association). La critique associative ne concerne peu les conditions de production de l'urgence elle-même, ni les dispositifs qui la rendent permanente, ni l'organisation politique d'une attention saturée, fragmentée, où chaque problème est immédiatement remplacé par un autre.

    Sans finalité autre que la suspension de l'urgence pour un temps, nos actions de manifestation, de maraudes ou d'hébergement d'urgence deviennent alors des fins en soi, des objets de luttes qui se suffisent à eux-mêmes et reviennent en boucle. La réalisation de nos missions d'urgence étant déjà si difficile au vu des conditions allouées par l'Etat - et acceptées par les associations qui en vivent - que l'essentiel de notre temps va au soulagement de la crise plutôt qu'à son dépassement. Il n'y a ni temps ni moyen pour la création d'espaces nouveaux d'auto-détermination. Les espaces de solidarité associative et les luttes sociales pourraient pourtant être intéressants au vu des situations politiques qu'ils génèrent, peut-être s'ils étaient davantage chargés d'autonomie et d'horizons inconnus plutôt que d'être pilotés par la classe d'encadrement associative. Fatalement, nos revendications sont souvent défensives et s'arrêtent à la défense des droits, à l'intégration par le travail ou aux demandes de prises en charge, à l'optimisation des symptômes donc. La gauche sous ses formes partisanes ou associatives s'est spécialisée dans l'intégration de la critique sociale et révolutionnaire pour la rendre “réaliste” et donc réformiste et inaudible. Un fatalisme justifié par un “pragmatisme” stratégique qui commanderait d'avancer victoire par victoire, quitte à tourner en rond pendant des décennies. Opposant des catégories d'individus entre elles, nourrissant le capital en main d'oeuvre et suppliant l'intervention de l'Etat, ces luttes pour défendre nos droits nous condamnent à la réforme et au statu quo, gagne-pain de la gauche et terreau de l'extrême-droite pourtant combattue, quand elles ne sont pas rattachées à des critiques et perspectives révolutionnaires de transformation totale de la société.

    Dans le travail médical, la crise du Covid a par exemple montré que les débats de lutte se concentraient sur la gestion quotidienne (hôpitaux, restrictions, chiffres) tandis que les questions structurelles — sous-financement chronique des systèmes de santé, dépendance industrielle, choix politiques antérieurs — passaient au second plan ou devenaient inaudibles, car “moins urgentes”. Pire, elles étaient liées à des défaillances de l'Etat plutôt qu'à son existence en tant que telle.

    Dans le travail social ou humanitaire, la lutte pour les droits suspend souvent la critique de l'organisation et donc de la représentation de nos besoins. L'heure n'est jamais au débat sur nos pratiques, ni à la “grandiloquente révolution pour bourgeois idéalistes”, mais à la résolution de l'urgent par l'action. Entendons par là distribution alimentaire, envois de CV, cours de français et autres prestations d'accès aux droits. Entendons par là les droits de bien s'intégrer à la nation, au travail, à la langue française et de rentrer dans le rang. Les acteurs de l'urgence ont naturalisé le turnover de leurs salariés comme une évidence en temps contraint. Ce turnover entrave toute critique interne, comme au Samu Social, connu pour désespérer et changer d'opérateurs téléphoniques du 115 tous les trois mois.

    Si la dimension intrinsèquement présentéiste de l'urgence bride la critique, elle organise de la même manière le deuil de nos idéaux. Autant survalorisée qu'humanitarisée, l'action est vidée de tout horizon libertaire et autonomisant. Antidote à l'incertitude, l'action sociale ou humanitaire ressemble à une fuite en avant. Elle répond à nos crises de sens avec des petites victoires concrètes du quotidien et emporte nos idéaux radicaux et autonomes dans ses prises en charge, ses régularisations et ses sourires. Chez les caritatifs co-gestionnaires de l'urgence, il apparaît vite vain de s'attaquer à ces causes de la boucle de l'urgence, trop multiples, profondes, aux responsabilités diluées et trop politiques, clivantes et par la même occasion peu propices aux dons. Et puis, on ne dévore pas la main de l'Etat qui nous nourrit, sinon on ne pourrait plus opérer, et si on existe plus qui s'occupera de la misère ?

    DÉPASSER LE GOUVERNEMENT HUMANITAIRE

    Quand le gouvernement s'humanitarise, l'humanitaire se gouvernementalise dans un même geste. Les années 80 ont marqué le passage d'un pouvoir disciplinaire brutal à une gouvernementalité plus thérapeutique, compassionnelle, humanitaire. La création du Secrétariat à l'action humanitaire par Chirac marquera la fusion humanitaire et sécuritaire d'un ensemble d'institutions étatiques et associatives que Didier Fassin qualifie de “gouvernement humanitaire”. Plus que jamais, la solidarité s'est professionnalisée et les politiques sociales et humanitaires sont devenues des technologies de gouvernement adaptées au capitalisme néolibéral. Comme Chirac et son Samu Social, les gouvernements de droite comme de gauche investissent le social et l'humanitaire avec le monde associatif. Gestion des camps, assistance médico-sociale, maraudes, hébergements d'urgence, insertion professionnelle… Ce qui relève de l'aide d'urgence est intégré à une normalité compressée et rationalisée pour coller au tempo de la crise permanente. La souffrance sociale hier ignorée est désormais un objet majeur des politiques publiques qui cherchent à réduire la “fracture sociale” pour réintégrer certain·es “exclu·es” dans la société et son travail. Une manière de contenir la colère en s'attaquant aux symptômes de l'urgence sociale plutôt qu'à ses racines. La souffrance des exclu-es indésirables sera elle invisibilisée et empêchée de se transformer en luttes, par précarisation organisée, répression sur leurs lieux de survie, éclatement des communautés de lutte ou récupérations gauchistes et prises en charge de pacification. Le politique administre les affects, les traumatismes, les comportements ; il abandonne pour de bon la transformation des structures sociales et légitime sa violence par la protection des vulnérables.

    Par l'aide sociale et d'urgence, il ne s'est jamais agi que de donner une contrepartie sociale aux grandes dynamiques néolibérales de privatisation du pays. Défendre l'inclusion sociale pour diviser bons et mauvais-es immigré-es. Combattre la résistance des citoyen-nes à la nation et au travail. Combattre l'exclusion sociale jusqu'à en faire une fin en soi, coquille vide dépouillée de toute autre velléité, sans remonter à sa source. En témoignera le Pacte parisien de lutte contre l'exclusion et sa Nuit de la Solidarité, outil de communication solidaire de la ville de Paris pour continuer par ailleurs sa politique de spéculation immobilière, d'expulsion et de traque des sans-papiers. Promettre des avantages (aides, régularisations) à certain-es pour casser les luttes. Faire plonger les associations dans le piège subventionné de la défense des acquis sociaux et de l'intégration par la langue ou le travail. Montrer patte blanche, digérer nos colères, agiter la peur de l'extrême-droite. Faire oublier la critique de la démocratie et continuer plus sereinement notre exploitation. L'urgence sociale est ainsi renversée comme délai supplémentaire que nos démocraties s'accordent pour oblitérer leurs failles fondamentales, nous occuper à traiter nos problèmes sociaux comme des dérives et repousser toujours plus nos révoltes. Par l'action et la victoire, l'aide d'urgence donne du sens à notre misère militante. Elle sépare nos luttes en causes spécialisées (climat, violences policières, inégalités, conflits internationaux), occulte ce qui les unit et nous pousse à formuler des revendications thématiques plutôt qu'à tout refuser.

    Les associations humanitaires souvent en lutte contre les politiques de l'Etat tentent de tendre vers un au-delà du simple soulagement des urgences, en alliant pansement humanitaire nécessaire et plaidoyer structurel de long terme. Mais leur régime d'urgence, leur dépendance au financement et leurs horizons politiques étatistes bloquent leurs militant-es dans une charité désautonomisante et dans des rapports de luttes réformistes. Certain-es préfèreront le moins pire à l'idéal et en feront une religion nommée social-démocratie. D'autres sortiront la tête de l'urgence humanitaire et de la réforme. Iels continueront peut-être de panser des plaies mais passeront de l'aide à l'entraide et s'essayeront à la création d'espaces d'auto-détermination. Au-delà du symptôme et de l'humanitaire, iels chercheront plutôt à porter des coups matériels et discursifs à la racine, au capital, au travail, aux frontières, à la démocratie, aux prisons, aux solutions de l'Etat et à tout ce qui nous fait tourner en rond. Par le bas, de tous les côtés, sans représentation ni organisation qui définit nos urgences.

    Wilden - TERRAIN VAGUE

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  • Autistici / noblogs : qualifiés de terroriste par Trump, vigilance !

    Pour info, Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d'email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L'organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux.


    Noblogs : "Connecting radical people. Non commercial, antifascist, antisexist, privacy-oriented blog platform"

    Autistici/Inventati, un fournisseur associatif italien de services numériques, et soutien des luttes de gauche, vient d'être sanctionné par les États-Unis. L'hébergeur n'a enfreint aucune loi en Italie, mais s'est retrouvé dans le viseur de Trump.

    Article d'Emma Bougerol publié le 3 septembre 2026
    publié sur basta média.

    L'hébergeur indépendant Autistici/Inventati, abrégé A/I, ne choisit pas ses « clients » pour leur portefeuille mais pour leurs idées. Depuis sa création en 2001, l'organisation a une politique stricte : elle n'aide que ceux qui se considèrent antifascistes, antiracistes, antisexistes et antimilitaristes. « Dans notre port, nous n'offrons notre protection qu'à ceux qui osent braver ces vents de haine qui, malheureusement, soufflent sur toute l'Europe », lit-on dans leur présentation. L'organisation propose à des groupes militants d'héberger boîtes mail, listes de diffusions, sites web et autres services de communication pour assurer leur confidentialité et ainsi les protéger.

    A/I a également choisi de travailler avec des organisations outre-Atlantique. Le Salon du livre anarchiste de Seattle, par exemple, héberge son site grâce à l'organisation italienne. Le 26 août, l'organisation de l'événement publie sur son compte Bluesky un avertissement : bientôt, leur site pourrait être inaccessible.

    Ce jour-là, l'administration du président Trump a décidé que ce petit hébergeur alternatif italien était désormais considéré comme une « organisation terroriste internationale » par les États-Unis. Le collectif A/I rapporte à Basta ! avoir appris la nouvelle par des articles dans les médias. Il ne s'y attendait pas : « On ne pensait pas être aussi importants. »

    Dans le communiqué publié le même jour, le Département d'État reproche à l'hébergeur de fournir ses services à des groupes anarchistes, d'extrême gauche et antifa partout dans le monde, ainsi qu'à des organisations étrangères désignées comme terroristes par les États-Unis. « Il s'agit d'une décision de censure grave et inédite », a réagi La Quadrature du Net, une association française de défense des libertés numériques.

    Dans le viseur de Trump

    Le 22 septembre 2025, le président des États-Unis avait désigné la « mouvance antifa » comme organisation terroriste. Elle est vue, par le pouvoir trumpiste, comme un bloc homogène et organisé. Pam Bondi, alors procureur générale des États-Unis, promettait même en octobre 2025 de « détruire l'organisation entière du sommet à la base », citait le journal Le Monde.

    En réalité, « les antifas sont très peu structurés, sans hiérarchie, statut ou organisation précise, écrivait le chercheur Mario Del Pero dans The Conversation en 2020, à propos du contexte états-unien. Le terme renvoie plus à une nébuleuse qu'à une association : un réseau souple de militants, partageant une philosophie générale, essayant parfois de coordonner leurs activités, mais opérant généralement de manière spontanée, réactive et à un niveau très local. »

    Mais en juin dernier, les premières condamnations liant l'« idéologie antifa » et le terrorisme ont eu lieu au Texas : un procès pour des faits survenus lors d'une manifestation à l'extérieur d'un centre de détention pour immigrants, où une personne a tiré sur un policier (les circonstances sont débattues par les parties).

    Une infrastructure peut désormais être qualifiée de « terroriste »

    Au cours de l'audience, les procureurs ont soutenu que le groupe de personnes de tous âges, unies par des convictions politiques de gauche et progressistes, constituait une « cellule antifa du nord du Texas ». En plus de la personne condamnée à 100 ans de prison pour tentative de meurtre, d'autres militants d'extrême gauche ont écopé de lourdes peines basées sur des charges terroristes, notamment d'avoir « apporté un soutien matériel à des terroristes ».

    C'est sur ce dernier point que l'administration Trump s'est basée pour qualifier l'organisation italienne de « terroriste ». Autrement dit, fournir des services numériques ou une aide quelconque à des personnes considérées comme « antifa » par Washington vaut d'être qualifié de terroriste à son tour. Résultat : Autistici/Inventati a été inscrite sur la liste de sanctions de l'OFAC, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers, qui gère et applique les sanctions économiques et commerciales décidées par les États-Unis. Les organisations, banques, fournisseurs et autres entreprises qui travaillaient avec A/I et qui sont basés aux États-Unis ont jusqu'au 25 septembre pour cesser tout lien avec l'association italienne.

    « Les États-Unis ne visent pas une organisation opérationnelle, mais une infrastructure, analyse le chercheur Beniamino Irdi, interviewé par Decode 39. Il s'agit d'un élargissement du champ d'application des contre-mesures aux services techniques et aux infrastructures susceptibles d'être utilisés par des acteurs jugés dangereux. L'élément essentiel réside toutefois dans le principe qui est ainsi établi : l'infrastructure elle-même peut devenir l'objet d'une contre-mesure. »

    « Ça pourrait arriver à n'importe lequel d'entre nous »

    « Ça fait peur. C'est basé sur une décision d'un président qui se lève du mauvais pied, sans décision de justice. Il n'y a presque rien qui permette à une structure comme A/I de contester une décision comme celle-ci… À part peut-être aller au tribunal aux États-Unis », réagit, du côté français, Martin, membre du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires, ou Chatons. « C'est une décision administrative complètement arbitraire », s'inquiète-t-il.

    Avant même le 25 septembre, les conséquences pour l'hébergeur indépendant et celles et ceux qui l'utilisent sont déjà nombreuses. Le site web de l'organisation, autistici.org, n'est plus accessible depuis le 28 août. Selon La Quadrature du Net, ce nom de domaine « a été suspendu par le Public Interest Registry (PIR), l'organisme américain qui gère les noms de domaines en .org. Cela empêche ainsi les utilisateur·ices d'accéder à leurs mails et aux services fournis par A/I. »

    L'entreprise de paiements en ligne PayPal a bloqué leur compte. Leur banque italienne, Banca Etica, une banque coopérative, a déjà annoncé suspendre leur compte courant par peur de faire l'objet de « sanctions secondaires » et demande une réaction des institutions italiennes et européennes pour s'assurer de leur protection si elle venait à réactiver le compte.

    Mais le collectif A/I n'attend pas grand-chose de l'Italie, gouvernée par l'extrême droite de Giorgia Meloni. Ses membres constatent un climat national en leur défaveur. « On est effarés, confie de son côté Martin. Ça pourrait arriver à n'importe lequel d'entre nous. » La logique adoptée par l'administration américaine de qualifier de « terroriste » une organisation sur la seule base de la fourniture de services à des groupes considérés arbitrairement comme terroristes par les États-Unis peut toucher tout le monde. La décision, complète la Quadrature du Net, « constitue un précédent dangereux pour tous les collectifs et personnes qui construisent chaque jour des communications respectueuses de la vie privée et s'affranchissent des États et du Web centralisé ».

    Martin explique aussi que le problème est bien plus profond. « Cela fait longtemps que nous avons des discussions dans le monde du libre sur le pouvoir que les États-Unis ont sur Internet et la manière dont ils gèrent leurs opposants, souligne le membre du collectif Chatons. Le fait que les États-Unis, en appuyant sur un bouton, peuvent désactiver une structure qui pourtant respecte les lois dans son pays, c'est inquiétant. »

    Sur simple décision unilatérale, le pays de Donald Trump pourrait décider d'un « kill switch », c'est-à-dire de couper l'accès d'un ou plusieurs pays à ses services en ligne. « Ce blocage démontre la dépendance technologique et politique vis-à-vis des États-Unis », pointe aussi la Quadrature du Net.

    « Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre »

    « Si le technofascisme se renforce aux États-Unis, le pays peut couper des accès à des pans complets de l'économie », craint Martin. Même si le terme de « souveraineté numérique » revient souvent dans les discours politiques ces dernières années, en France comme au niveau européen, l'Europe reste largement dépendante des technologies étasuniennes. « La Russie ou la Chine ont des réseaux internet qui peuvent fonctionner presque totalement en autonomie, indépendants des États-Unis, qui peuvent réagir en cas de gros coup dur… Côté européen, on ne peut pas du tout faire ça », complète Martin.

    Concernant le cas d'Autistici/Inventati, le temps se réduit avant l'application stricte des sanctions américaines. Dans une lettre ouverte, les soutiens de l'organisation – des bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles – appellent à la révocation ou à la révision de la décision de sanction, à ne pas faire de l'anonymat ou de la confidentialité des échanges en ligne une preuve d'intention terroriste, ou encore à une réponse publique des institutions. Le but de la décision de Trump « c'est l'isolation, écrivent-ils. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. »

    Le collectif A/I est reconnaissant envers les nombreux témoignages de solidarité et les propositions d'aide venus du monde entier, « y compris de la France », précise-t-il. Pour les aider, il faut garder un œil sur le site miroir de celui qui a été supprimé, inventati.org, ainsi que sur leur blog. « Nous travaillons actuellement sur différentes propositions qui seront rendues publiques et diffusées, disent ses membres. Ceux qui souhaitent nous aider n'ont donc qu'à rester à l'écoute. » Face à son avenir incertain, Autistici/Inventati a un dernier message à adresser, formulé comme un souhait pour le futur : « Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre. »

    LIENS

    L'article de Nantes indymédia
    le blog d'Autisctici, Cavallette pour suivre leurs actualités
    La lettre de soutien de la Quadrature du net

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  • Trump again asks supreme court to restrict mail-in voting as midterms loom

    Legal fight continues as states begin sending out ballots for voters to vote by mail in November’s midterm elections

    The Trump administration renewed its appeal to the US supreme court on Sunday to allow restrictions on mail-in voting, after a federal judge had blocked new limits on such ballots, just ahead of November’s midterm elections.

    The latest filing follows a decision by US district court judge Indira Talwani on Friday to extend a court order preventing the US Postal Service (USPS) from enforcing Donald Trump’s executive order.

    The Associated Press contributed reporting

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  • [Saint Nazaire] Pique nique antifa politique et joyeux

    Pique nique antifa, politique et joyeux

    Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de joie, d’espoir, de se rencontrer, de créer des liens, d’adelphité, d’espoir, de partage, de joie.

    Parce que nous sommes plus nombreuseux que ce qu’en disent les médias de Bolloré et autres ultrariches, qui à l’aide de sondage nous font croire que la victoire de l’extrême droite est déjà pliée.

    Ses mêmes médias tentent aussi de discréditer les mouvements antifascistes. Ils racontent que nous sommes les méchant.e.s, vont jusqu’à dire/insinuer que nous sommes les nouveaux nazis mais l’antifascisme c’est tout l’inverse, peut importe le collectif, les groupes, les gens et la forme de lutte.

    A Saint-Nazaire, ville profondément ouvrière, nous savons que le fascisme est 1 fléau et nous, les antifas luttons contre toute forme d’autoritarisme, de discrimination, d’oppression, militons pour + de justice, d’équité, pour 1 monde meilleur. On se rassemble pour vivre en paix les un.e.s avec les autres peut importe les croyances, la culture, les orientations.

    Alors soyons nombreuseux pour 1 moment convivial autogéré (si vous avez envie d’animer 1 atelier, 1 cercle de parole, 1 jeu, faire du jonglage, … ça serait hyper bienvenu, n’hésitez pas à nous contacter pour organiser ça en amont)

    Les antifa sont les allié.e.s des pauvres, de l’antiracisme, du féminisme, des personnes en situation de handicap, des LGBTQIAP+, des pays colonisés, des personnes opprimées et discriminées dans le monde.

    Nous vous demandrons pendant ce pique nique de porter attention à vos privilèges et ne pas avoir de comportements ni de propos discriminants, oppressifs, irrespectueux, … Le droit à l’erreur existe, on peut tou.te.s faire des erreurs mais il est impératif d’écouter si quelqu’un.e nous pointe des propos ou comportements inappropriés, de prendre du recul, de se remettre en question puis de prendre ses responsabilités, reconnaître ses erreurs et voir avec la personne, le groupe, comment réparer. Nous serons tou.te.s responsable du cadre. Nous privilégions l’inclusivité

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  • Meurtre d’Aramburú: les deux suspects et le RN, le récit d’une longue histoire

    Les deux assassins présumés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, ont gravité pendant des années dans une bande d’amis mêlant proches de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, responsables de la branche jeunesse du parti et militants du GUD. Des liens qu’ils tentent aujourd’hui de gommer.
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  • Do the Right Thing de Spike Lee : caniculisation des rapports sociaux entre dominés

    « On a tous chaud ! Tous ! » clamait un ignare télévisuel en mai dernier. L’homme en question affirmait ainsi l’égalité de tous devant la canicule, avec le petit air satisfait et goguenard qui lui sert de signature depuis plusieurs années. Pourtant,…
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  • Le Pays basque pleure encore «Fede» Martín Aramburú, «le meilleur ami de tout le monde» à Biarritz

    La mort du rugbyman, le 19 mars 2022, avait bouleversé le monde de l’ovalie et le Pays basque, où l’Argentin était retourné vivre après sa carrière. À l’approche du procès des militants d’extrême droite accusés de l’avoir assassiné, le 7 septembre à Paris, ses proches se mobilisent et entretiennent son souvenir.
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  • Meurtre d’Aramburú: le procès d’une extrême droite qui tue

    Quatre ans après la mort de l’ancien international de rugby argentin, les militants d’extrême droite accusés de l’avoir assassiné sont jugés aux assises. Les deux principaux, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, ont déjà été condamnés pour des violences liées au GUD, groupuscule violent de la mouvance.
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  • SCALEUP FEST 2026 : rendez-vous à Budapest pour la croissance internationale

    Les 16 et 17 septembre 2026, Scaleup Fest prévoit de réunir à Budapest environ 250 fondateurs, dirigeants et investisseurs. Consacré au développement des entreprises technologiques d’Europe centrale et du Sud-Est, l’événement associe retours d’expérience, ateliers et rencontres autour de l’expansion internationale, du financement et des acquisitions. Scaleup Fest mise sur un format resserré pour faciliter …

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  • [Nantes] Assemblée anarchiste

    Assemblée anarchiste le vendredi 11 septembre de 19h30 à 21h30

    On propose cette assemblée car on ressent un manque d’espaces d’organisation et de rencontre anarchiste à Nantes.

    On sait qu’on est pas mal d’anarchistes à se croiser dans différentes luttes mais on trouverait ça chouette d’avoir un moment dédié pour se retrouver de temps en temps. On se dit que ca pourrait servir autant d’espace d’organisations concrètes que de lieu de discussions où c’est possible parfois de parler de fond sans échéances, urgence, ni objectifs (orga dans un collectif, une AG, etc…). Peut être aussi que ça pourrait permettre d’être dans de la création de nouveaux trucs plutôt que toujours dans la réaction.

    On est plusieurs à avoir cette envie et à en avoir parlé ensemble donc on a fait en sorte de lancer un truc avec ce premier rdv mais on a pas envie de garder cette place là si y’a des prochaines fois; l’idée ce serait que ça s’autogère sans chef•fes et qu’on voit ensemble ce qu’on a envie de faire de ces assemblées.

    Du coup si ça vous parle, ça peut être chouette de réflechir à quels sujets vous voulez amener, et à la forme que vous voudriez donner à cet espace.

    On aimerait que ce soit ouvert à toutes les personnes à qui ça donne envie de venir et que ça puisse permettre de sortir un peu de nos entre-soi habituels. Ca serait chouette que ce soit justement un endroit où l’on puisse venir trouver de l’énergie, des gens avec qui faire des actions, se former ou encore explorer des nouvelles idées…

    On se retrouve là-bas vendredi!

    Accès: B17 c’est au 17 rue Paul Bellamy à Nantes, au fond à gauche de la 2ème cour, au dessus du garage auto. L’accès se fait par un sol pavé irrégulier et il y a ensuite un escalier pour accéder au lieu qui est au 1er étage.

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  • Exécution de Federico Aramburú par des néo-nazis il y a 4 ans : le procès s’ouvre demain

    En mars 2022, des militants d'extrême droite armés, déjà condamnés, proches de policiers et liés au RN assassinaient une star du rugby.

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  • Un canon à micro-ondes pour protéger les futurs data centers en orbite des satellites espions

    Une startup polonaise veut équiper des satellites de stockage de données d'un canon à micro-ondes censé griller l'électronique des engins qui s'en approchent de trop près.

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  • Soutien à Autistici/Inventati, hébergeur désigné comme « terroriste » par l'administration Trump

    Nous invitons toutes les organisations à signer la lettre en anglais de Sabot Media.

    Vous pouvez également faire apparaitre le nom de votre organisation sur cette version française en signant ici.

    Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l'ont ajouté à la liste d'organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l'ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d'une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l'heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.

    Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d'email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L'organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.

    L'annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l'infrastructure d'A/I. Elle ne montre pas qu'A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?

    Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d'hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l'infrastructure en culpabilité par association.

    Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu'intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C'est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l'exécutif états-unien peut imposer une isolation économique sans qu'un tribunal ait jugé si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers.

    Autistici/Inventati n'est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l'affinité politique est distincte d'un contrôle opérationnel. Fournir un compte d'email, une plateforme de publication ou un serveur n'est pas la même chose que de planifier tout ce qu'un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire.

    Nous appelons donc à :

    La révocation immédiate de cette classification, ou son réexamen rapide et transparent, accompagné de la publication de la base factuelle et légale sur laquelle s'appuie cette décision. Cette transparence doit être suffisante pour une analyse et une contestation publiques.

    Une distinction claire entre la fourniture d'infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

    La confidentialité, le chiffrement, le pseudonymat et le refus de conserver des données identifiantes ne doivent pas être traités comme des preuves d'activité ou d'intention terroriste.

    Une protection pour l'investigation, la recherche, l'archivage et le plaidoyer indépendants.

    Les journalistes, les bibliothèques, les chercheurs et chercheuses et les archivistes communautaires devraient être en capacité de documenter cette affaire sans être traités comme des parties intégrantes de l'entité désignée.

    La résistance à la sur-conformité des institutions.

    Les banques, les registraires, les hébergeurs, les fournisseurs de certifications et les entreprises des NTIC devraient rendre publiques les restrictions auxquelles elles sont soumises, notifier leurs contraintes légales chaque fois que c'est permis, et éviter de détruire de l'information ou des relations au-delà de ce que la loi requiert réellement.

    Une réponse publique de la part des institutions qui défendent les libertés numériques, la liberté d'expression et les libertés individuelles.

    Garder le silence, ce serait permettre la création d'un précédent sur le ciblage des infrastructures autonomes.

    Nous n'attendons pas de chaque signataire qu'il ou elle cautionne toute publication ou position politique d'A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu'ils et elles défendent une distinction structurelle : l'infrastructure de communication n'est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle.

    Le but de la classification économique, c'est l'isolation. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. Nous voulons préserver les archives publiques, analyser les allégations du gouvernement états-unien, résister à la sur-conformité et défendre la capacité des mouvements à communiquer sans se soumettre à la surveillance des entreprises ou des États.

    Autre article qui donne d'autres informations :

    Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.

    A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.

    Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.

    Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.

    Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.

    À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.

    Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.

    De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :

    • faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ;
    • rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.)
    • contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
    • préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.

    Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").

    Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !

    Pour aller plus loin

    Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.

    Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)

    Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.

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  • Son-video allège de 350 € ce très grand téléviseur Hisense de 75 pouces

    [Deal du jour] Envie d'un grand écran pour le salon ? Le Hisense 75U7SE est un modèle de 75 pouces, soit 190 cm de diagonale. Une belle bête qui représente tout de même près de trois à quatre baguettes de pain mises bout à bout. Il passe à 949 € au lieu de 1 299 € chez Son-Vidéo.

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  • 'Zéro bébé à la rue'

    Quand ?
    Le 7 septembre de 19h à 20h

    Où ?
    Hôtel de ville 5 Rue de Lobau, 75004, Paris, France

    L'action "Zéro bébé à la rue" continue tous les premiers lundis du mois.

    Nous serons lundi 7 septembre devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31, rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,

    – Pour dire NON à l'inacceptable.

    – Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue.

    – Pour dire notre indignation devant les derniers chiffres du baromètre « enfants à la rue de l'UNICEF et fédération des acteurs de la solidarité", du 18 août 2026 : 2355 enfants dont 514 de moins de 3 ans dorment à la rue, chiffre sous évalués car ils ne parlent que de ceux qui ont appelé le 115.

    – Pour dire notre attente au maire de Paris qui a promis zéro enfant à la rue cet hiver.

    Pole de santé des Envierges
    RESF Titon Souzy Pilatre

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  • Arpentage du livre 'L'écoféminisme en défense des animaux'

    Quand ?
    Le 24 septembre à 19h

    Où ?
    Le Baranoux 78 Rue Compans 75019 Paris

    Rendez-vous le jeudi 24 septembre pour un arpentage du livre "L'Ecoféminisme en défense des animaux", recueil de textes de différentes autrices coordonné par Myriam Bahaffou et Tristan Lefort-Martine.

    C'est quoi, un arpentage ?

    Un arpentage est une méthode de lecture collective d'un livre, issue de l'éducation populaire. Lors d'un temps déterminé, plusieurs personnes se partagent un document écrit et chacun.e en lit individuellement une courte partie. Ensuite, il y a un temps de restitution collectif et de discussion ou chacun.e partage aux autres le contenu de sa lecture.

    Présentation du livre

    Ce recueil met enfin à la disposition du lectorat francophone un choix de textes qui explorent les liens entre féminisme et antispécisme. Les premiers sont l'oeuvre des Feminists for Animal Rights (Carol J. Adams, Marti Kheel, Greta Gaard et Josephine Donovan) qui, conjuguant activisme de terrain et analyse théorique, ont construit dans les années 1980 et 1990 une position écoféministe végane, critique des biais masculinistes des théories de la libération animale et de l'écologie. Dans une seconde partie, des féministes antispécistes contemporaines (Mirha-Soleil Ross, pattrice jones, Sunaura Taylor, Syl et Aph Ko) reviennent sur cet héritage en le complexifiant par leurs réflexions sur le travail du sexe, la transidentité, les violences sexuelles, le handicap ou la race.

    L'entrée est à prix libre (gratuité comprise) et sans inscription.
    Sur place il y aura aussi un infokiosque et un bar 100% vegan

    Quand ?
    Le jeudi 24 septembre à 19 heures.

    Où ?
    Au Baranoux
    78, rue Compans
    Paris 19e.
    Dans la grande salle au fond.

    Accessibilité ?
    Il y a une porte d'entrée avec un rebord, qu'il faut enlever pour passer avec un fauteuil donc tu peux nous écrire pour la retirer quand tu arrives si besoin.
    L'arpentage aura lieu dans la grande salle à l'intérieur, accessible aux personnes à mobilité réduite.
    Les toilettes ne sont pas aux normes PMR.

    graphisme par @teppichhai39

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  • Trump admin ends $45M support for Namibia HIV program

    The Trump administration announced it will be ending $45 million in support for Namibia's HIV response program following two decades of annual payments. The U.S. will provide its final $45 million payment in the 2027 fiscal year as "this support will transition into a technical cooperation model," according to a Friday joint statement from Namibia's Ministry of International Relations & Trade and the U.S. Embassy in Namibia.
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  • Germany's far-right AfD is poised for power – and split on whether to cozy up to Trump

    The Alternative for Germany (AfD) party is speeding into state elections in Saxony-Anhalt on Sunday with a sizeable lead in the polls. If the party gets an outright majority, it will put the far right in charge of a state for the first time since World War II. The party is projected to get 42% of the vote in the eastern German state, according to pollster Infratest dimap – a massive jump compared to its support just a couple years ago, and potentially enough to propel it to power in the country's electoral system.
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  • Appeals court maintains blockade on DHS using database to check state voter rolls

    A federal appeals court has ruled to keep in place a lower court blockade on the Department of Homeland Security using its SAVE database to check voter rolls, undercutting the Trump administration's efforts to help states boot noncitizens from their registration lists. The U.S. Circuit Court of Appeals for the District of Columbia, in a 2-1 decision, said the database — officially known as Systematic Alien Verification for Entitlements — can spit back false negatives, or cases where it wrongly identifies a citizen as a noncitizen.
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  • La campagne présidentielle démarre sur le dos des plus vulnérables

    Marine Le Pen cible les femmes voilées, Gabriel Attal charge les «gens du voyage», Édouard Philippe et Bruno Retailleau s’en prennent aux personnes migrantes… Comme marchepieds de leur rentrée politique, la droite et l’extrême droite ont choisi les personnes les plus discriminées.
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  • Après son départ de «Libé», l’islamophobie encore plus décomplexée du journaliste Jean Quatremer

    Dans une interview diffusée le 1er septembre, l’ancien journaliste de «Libération», désormais chroniqueur pour «Marianne» et LCI, étrille son ancienne rédaction. Il en profite aussi pour dire tout le mal qu’il pense de l’islam, cet «ennemi intérieur».
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  • Stowaway, le site qui vous fait « embarquer » dans les avions qui survolent votre maison

    Un avion traverse le ciel au-dessus de votre logement ? Le site Stowaway permet de le suivre en temps réel, puis d’admirer le paysage depuis son « hublot ». Si l'expérience est assez bien faite, elle ne repose évidemment pas sur une caméra installée à bord.

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  • Iran war likely to drag on for another six months, ex-US defense secretary warns

    Leon Panetta tells Guardian US is risking ‘forever war’ and says Pentagon ‘turmoil’ sending message of weakness

    Donald Trump’s war with Iran is likely to drag on for another six months, Leon Panetta, the former US defense secretary, has warned, as the US president struggles to find his way out of the controversial conflict.

    Panetta declared in an interview that the war with Iran – launched by Trump over six months ago – risks becoming another “forever war in the Middle East”, with no clear end in sight.

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  • Game on: November elections kick into high gear with control of Congress in the balance

    Trump is unpopular and inflation is still high – and Democrats are looking to use that to their advantage

    When voters went to the polls in the 2022 midterm elections, all the ingredients were there for Joe Biden’s allies to suffer a wipeout. The president was unpopular, inflation was high and historical trends predicted voters would take out their frustrations by ending the Democratic party’s control of Congress.

    But when the ballots were tallied, the gains Republicans expected to make did not quite materialize. They had won the House of Representatives, but only by a slim margin, while Democrats had expanded their majority in the Senate and built up their strength in state legislatures.

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  • Avant les législatives, Poutine fait taire l’opposition

    Les Russes voteront le 20 septembre pour renouveler leur Parlement, la Douma. La persécution du petit parti Iabloko, longtemps considéré comme inoffensif, témoigne d’un pouvoir prêt à tout pour maquiller la lassitude de la population vis-à-vis du conflit en Ukraine.
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  • Document : Rachida Dati rebondit à Vendôme

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  • Des résistants aux antifas : combattre le fascisme

    Casseurs cagoulés ? Militants ultra violents ? Nouveau terrorisme d’ultra gauche ? Mais au fond, qui sont vraiment les antifas ? Blast vous propose de revenir aux sources du mouvement antifasciste, pour mieux comprendre son histoire et ses héritiers. Des…
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  • Hemley Boum, le thriller qui enterre les patriarches du Cameroun

    L’histoire du Cameroun contemporain lance un défi à la fiction, que relève l’autrice du vibrant roman «Nos vies sauvages». Tandis qu’un régime autoritaire se maintient au fil des ans, les vies de deux femmes s’entremêlent. Tout pourrait les opposer, mais elles vont s’allier.
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  • Nvidia, chef d’orchestre de la bulle de l’intelligence artificielle

    En rachetant pour 13 milliards de dollars la plateforme Hugging Face, le fabricant de puces, plus grosse entreprise du monde, démontre un peu plus son rôle pivot dans l’économie circulaire de l’IA générative. Il en est à la fois l’infatigable artisan et le principal bénéficiaire.
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  • Mort de Noël Godin : hommage anarcho-pâtissier

    La scène reste encore aujourd'hui mythique, et elle a enterré la carrière de l'imposteur Bernard-Henri Lévy. Nous sommes en 1985, lors d'une émission en Belgique : le jeune philosophe impérialiste à la chemise ouverte était en pleine ascension, bénéficiant d'une médiatisation indécente pour étaler ses platitudes. Il reçoit soudain une tarte à la crème en pleine face, en direct. L'auteur de l'attentat pâtissier se nomme Noël Godin, dit Georges le Gloupier.

    En réponse à cette farce, BHL, le visage couvert de crème, sort complètement de son personnage d'intellectuel raisonnable. Et pendant que l'entarteur est maintenu au sol par des agents de sécurité, il crie, le visage plein de haine : « Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon ! » Pierre Desproges dira de cette scène qu'elle illustre « la vraie nature des cuistres ». Renaud en fera une chanson. Noël Godin qualifiera sa victime de « tête à tarte par excellence ». À travers cette scène, tout le monde a pu voir la lâcheté et la mégalomanie d'un personnage malfaisant qui se prend trop au sérieux.

    Noël Godin, celui qui maîtrisait l'art de ridiculiser les puissants, vient de s'éteindre le 23 août 2026, après 80 ans de franche rigolade. Né à Liège, il est le fondateur d'un mouvement novateur et drôle : celui des anarcho-pâtissiers. Son slogan ? « Entartons les pompeux cornichons ». Son principe ? Détruire l'ego des personnalités arrogantes, réactionnaires, riches, de manière non-violente mais directe. De ridiculiser les hommes de pouvoir, les intouchables, avec des tartes. De cibler à coup de crème les dominants en répandant une « anarchie joyeuse » à même de sortir de l'impuissance. Un jet de chantilly venait briser la solennité et l'image de toute-puissance.

    Noël Godin était passionné de cinéma, il empruntait à l'univers du cartoon, des sketchs, aux situationnistes et à l'activisme libertaire. Il commence son parcours dès 1968 sur les bancs de l'université, en déversant un pot de colle sur un enseignant connu pour ses idées réactionnaires. Il élabore ensuite, pendant près de 40 années, des plans millimétrés pour entarter des célébrités comme Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor, Jean-Luc Godard, des prêtres… Et devient la hantise des célébrités médiatiques et politiques.

    Parmi ses gros coups : l'entartage en 1998 de Bill Gates, empereur de l'informatique à l'époque. Un employé de Microsoft l'informe que le patron de la multinationale arrive en Belgique, et lui confie son emploi du temps. Le Gloupier monte une équipe pour être sûr de ne pas le rater. Au moment prévu, trois personnes lancent chacune une tarte à la crème au visage du patron, qui court dans un bâtiment. Mais à l'intérieur, un quatrième anarcho-patisssier lui expédie une dernière tarte. La bande crie : « Entartons, entartons le polluant pognon ».

    Autre réussite, l'entartage multiple de Nicolas Sarkozy en 1997. Un complice est envoyé pour demander un autographe à l'homme politique, qui rêve déjà d'être président, et lui administre une tarte au visage. Craignant d'être photographié couvert de crème, Sarkozy court vers un ascenseur, mais un entarteur l'attend à chaque étage ! Le politicien est escorté vers les toilettes par ses gardes du corps, et pense enfin pouvoir se sortir de ce traquenard. Sauf qu'une vingtaine de pâtissiers l'attendent à la sortie, et le couvrent à nouveau de chantilly. Sarkozy se nettoie une nouvelle fois, mais reçoit une dernière tarte en pleine tête pour conclure cette belle série.

    Et BHL ? Godin ne comptait pas en rester là, et devient la cible principale. Le philosophe sera entarté pas moins de 10 fois par le Gloupier et ses équipes, sur plusieurs décennies. Le 10e attentat a lieu à Namur le 30 mai 2015. Une vingtaine de personnes lui envoient des tartes dans une église, malgré la présence de gardes du corps. BHL supplie, à bout de nerfs : « Non, y en a marre ! » Noël Godin dédie cette action au dessinateur satirique Siné, figure historique de Hara Kiri et Charlie Hebdo, qui avait été viré de l'hebdomadaire pour son soutien à la Palestine, et accusé d'antisémitisme. Une tarte atteint aussi le rappeur Doc Gynéco en direct à la télé, alors qu'il avait annoncé soutenir la candidature de Sarkozy.

    Noël Godin écrit aussi beaucoup. Il contribue au journal Siné Hebdo, créé par son ami, où il rédige une chronique intitulée « L'Entarteur littéraire ». Avant cela, il publiait dans un magazine de cinéma belge, appelé « Les Amis du film », et piégeait ses chefs avec de fausses nouvelles, des critiques de faux films et de fausses interviews. Au fil de ses aventures, il fait aussi paraître plusieurs ouvrages, notamment « Crème et châtiment ».

    Intarissable, il joue aussi dans 27 films, fréquente la bande de Groland, devient une véritable célébrité en France comme en Belgique, se déplace partout où ses camarades l'invitent. Il invente une langue et des expressions fleuries, faites de « flibusterie pâtissière », de « gloupinades » et de « youpitamment », c'est-à-dire : « de façon joyeuse ».

    Noël Godin est passé à Nantes en 1996, invité par une bande d'anarchistes. Avec une soixantaine de complices, il organise un entartage géant de prêtres dans la cathédrale Saint-Pierre en pleine messe. Il inspirera plus tard d'autres jeunes nantais qui, dans les années 2010, entarteront le ministre Claude Allègre, puis enfarineront François de Rugy.

    La dernière victime connue du Gloupier est le patron de la compagnie d'aviation Ryan Air, en 2023. Il envoie deux tarte dans le visage du PDG Michael O'Leary avant une conférence à la Commission Européenne, à Bruxelles. L'internationale pâtissière proclame : « Tant que vous nous inonderez avec du CO2, nous vous inonderons de crème fouettée ». L'entarteur avait atteint l'âge vénérable de 77 ans, mais il était toujours en pleine forme.

    Noël Godin qui part, c'est aussi un peu d'une époque qui disparaît : sarcastique, légère comme la crème fouettée, et pleine de possibilités. Car il faut bien dire qu'il est devenu beaucoup plus difficile et risqué d'approcher une personnalité de pouvoir. À présent, les dominants ne se déplacent plus sans des escadrons de vigiles et de policiers, les caméras de surveillance sont omniprésentes, les portiques et autres sas de sécurité sont partout… Et quand une tarte parvient à atteindre un illustre visage, les gardes à vue, plaintes et procès sont systématiques, alors qu'elles étaient rares il y a quelques décennies.

    Même le discours à changé : ce que les médias trouvaient amusant jadis est qualifié d'horrible violence. Plus les forts nous écrasent, plus ils dramatisent les rares offenses qui les visent. Rien ne doit abîmer l'apparence de puissance, et même la crème chantilly est criminalisée.

    Le Gloupier n'est plus, mais l'anarcho-pâtisserie doit continuer à vivre.

    Publié précédemment :

    https://contre-attaque.net/2026/08/25/mort-de-noel-godin-hommage-anarcho-patissier/

    Voir aussi :

    Raffarin entarté à Lyon

    https://rebellyon.info/Raffarin-entarte-a-Lyon

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  • Marseille : une rentrée scolaire en mode Kouchner pour le maire Benoit Payan

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  • Racisme d’État et greenwashing : le grand n’importe quoi de la préfecture nantaise

    Des parcelles de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes sont ciblées par l'État pour servir de «compensation écologique» pour construire le CRA

    L’article Racisme d’État et greenwashing : le grand n’importe quoi de la préfecture nantaise est apparu en premier sur Contre Attaque.

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  • Rencontre avec Selim Derkaoui autour de son livre 'L'arabe du samedi soir'

    Quand ?
    Le 18 septembre à 19h30

    Où ?
    Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 Paris

    Selim Derkaoui sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2, rue de la Mare, 75020 Paris) le vendredi 18 septembre à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « L'arabe du samedi soir » aux éditions du Seuil. La rencontre sera animée par DJ Missy Ness.

    Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :

    J'aurais frappé un policier, mais je ne m'en souviens pas. Ce dont je me souviens, ce sont la tentative avortée pour entrer en boîte de nuit, les litres d'alcool ingurgités, et cet after jusqu'au petit matin. Quelques heures plus tard, je me réveille en cellule. Que s'est-il passé ce soir-là ?

    Entre le récit intime et l'essai, Selim Derkaoui enquête sur ce qu'il nomme les nuits populaires : aux clubs et free parties, à l'alcool et aux drogues, répondent les contrôles au faciès, les difficiles retours de soirées, les boulots précaires et les corps qui encaissent. De la Normandie aux fêtes parisiennes, l'auteur remonte avec humour le fil de ses virées nocturnes. Il cherche à comprendre comment le capitalisme nous pousse à faire de nos weekends des exutoires - quitte à nous mettre en danger et à rappeler brutalement à l'ordre les minorités politiques. Malgré tout, le samedi soir reste un rituel de survie, de résistance et de dignité ; une véritable conquête sociale arrachée aux dominants.

    Selim Derkaoui est journaliste. Il est l'auteur de « La guerre des mots » (2020, avec Nicolas Framont) et de « Rendre les coups » (2023), aux éditions Le Passager clandestin, ainsi que de « Laisse pas traîner ton fils » (2025), paru chez Les Liens qui libèrent.

    Dj Missy Ness est une Dj qui raconte l'histoire d'un monde dans sa complexité géopolitique. Elle mélange la crème des courants alternatifs qui illuminent les nuits folles d'Istanbul, de Ramallah, de Beyrouth, de Londres, de Barbès ou de Tunis. Dub, Grime, Hip Hop, Trap, Electro ou rythmes traditionnels nourrissent ses mixs urbains. Pendant plusieurs années, à travers le projet indépendant In Transit, elle a valorisé les scènes musicales émergentes des pays arabes et du Sud Global en organisant des séries de concerts qui rendent hommage à la diversité esthétique et à la migration.

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  • Le droit du travail ravagé par Macron. Qui aurait pu prédire ?

    Quand ?
    Le 16 septembre de 20h à 21h30

    Où ?
    Le Bar commun 135, rue des Poissonniers 75018 Paris

    Le comité Attac Paris-Nord-Ouest vous propose ce débat autour du droit du travail.

    Pendant deux quinquennats, le logiciel néolibéral a tourné à plein et a fait des dégâts sur un de ses épouvantails favoris : le droit du travail.

    Dès 2017, les ordonnances Macron ont constitué la régression des droits des travailleurs et travailleuses la plus importante depuis la 2e guerre mondiale.

    Ensemble nous nous poserons les questions suivantes :

    – Quelles évolutions du droit du travail sous l'ère Macron ?
    – Quels impacts sur les acteurs du droit du travail (inspection du travail, organisations syndicales, conseils de prud'hommes...) ?
    – Évolution des conditions de travail : de quoi parle t'on ?

    Intervenant · es :

    – Diane ADAM, Ergonome - Union Locale CGT du 18ème arrondissement
    – Pascal QUERU, Expert CSE
    – Jean DUFFOUR, Avocat spécialiste en droit du travail
    – Virgile GARSMEUR, Inspecteur du travail, CGT TEFP

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  • Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire

    Après 142 ans d'enseignement agricole, le centre de Kerliver, à Hanvec (29), vit peut-être sa dernière rentrée. Sur fond de réduction des dépenses, le conseil régional de Bretagne a décidé le transfert de ses formations à Châteaulin et Morlaix. Un collectif de salariés dénonce la brutalité de la manœuvre et croit en l'avenir de ce site tourné vers l’agro-écologie.

    L’article Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.

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  • Rencontre avec la photographe Bérangère Fromont

    Rencontre avec Bérangère Fromont le 9 septembre à 19h30 au bar le TDTF (43 rue Cavendish, Paris 19e)

    À l'occasion de la sortie de son livre « République » paru aux éditions Chose Commune, rencontre et discussion avec la photographe Bérangère Fromont pour parler de son travail photographique.

    Bérangère Fromont questionne depuis une quinzaine d'années la notion de résistance. Résistances individuelles ou collectives, luttes politiques, quêtes de visibilité, mais aussi action de résister, comme force de vie. Elle mène une exploration artistique des façons d'habiter le monde en dehors des systèmes et des modes de représentation dominants : habiter poétiquement, éthiquement et politiquement le monde relève pour elle d'une nécessité intime.

    Le 9 septembre à 19h30 au bar le TDTF
    43 rue Cavendish, 75019 Paris - Métro Laumière

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  • Le socialisme sauvage : essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours

    chapitre II : Marx et la Commune de Paris

    Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes depuis la Révolution Française, via un axe anarchiste, communiste antiautoritaire, ultragauchiste, autonome, etc..

    Son but est de relire l'histoire révolutionnaire non depuis l'angle traditionnel et confus de « la révolution contre les bourgeois/les aristocrates » - qui fait comme si la révolution était un bloc - mais depuis un axe fondamental souvent oublié : celui des divers courants libertaires contre les tendances autoritaires du socialisme.

    On regrettera certains défauts importants, qu'il est bon d'avoir en tête en parcourant le bouquin. Notamment le fait que les luttes abordées sont très majoritairement des luttes blanches. Ou que l'angle pris fait souvent la part belle aux figures et organisations militantes officielles - là où il serait intéressant de se concentrer un peu plus sur l'action et l'organisation directes du prolétariat.

    Ces points étant dits, ce livre apporte de nombreuses informations historiques importantes, souvent effacées de l'histoire des luttes. Il permet ainsi, de façon méthodique et détaillée, de remettre plusieurs points sur les i concernant la question de l'autoritarisme. C'est une chose qui nous semble plus qu'utile à l'heure où la sociale-démocratie reprend du galon, sous ses divers avatars réformistes et léninistes, menaçant de récupérer les luttes à venir.

    Bonne lecture !

    A4

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    1er chapitre :

    Le socialisme sauvage : chapitre I

    &nbsp|&nbsp13 juillet

    Nous reproduisons ici en brochures les différents chapitres du livre « le socialisme sauvage », de Charles Reeve. Il retrace l'histoire de diverses luttes, majoritairement européennes, depuis la Révolution Française (…)

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  • 30 ans après Saint-Bernard, lutter pour la régularisation des sans-papiers

    La Coordination 75 des Sans-Papiers, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France et la Salle Saint-Bruno proposent une semaine de programmation autour des luttes des sans-papiers à l'occasion des 30 ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard

    Affiche

    Depuis le mouvement des Sans-Papiers de 1996, marqué par l'occupation de l'église Saint-Bernard, le mouvement des sans-papiers s'est structuré au sein de collectifs et de coordinations (de collectifs). Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d'installation.
    30 ans après Saint-Bernard, la lutte des sans-papiers continue d'être terriblement d'actualité et a besoin d'être rappelée : votée en 2024, la loi Darmanin restreint encore les conditions du séjour des étrangers. En 2025, une circulaire de Bruno Retailleau viens la compléter : elle rend extrêmement difficile les régularisations, dont le nombre chute, et elle enferme les sans-papiers dans la précarité et l'illégalité. En 2026, c'est au niveau européen que la loi se durçit avec le Pacte Asile et Immigration et le Règlement retour.

    Programme :

    • Exposition de photographies d'Anne Volery du 14 au 18 septembre : « Personne n'est illégal, photographies et récits de Sans-Papiers en lutte ». Inauguration de l'exposition le lundi 14 septembre à 18h00 - Visites guidées les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 18h00 à 19h00.
    • Table ronde, Les luttes actuelles des Sans-Papiers avec Anzoumane Sissoko, l'Intercollectif des Sans-Papiers d'Île-de-France (CSP75, CSP17, CSP Montreuil, Droits Devant !!, CTSPV, CSP93), le Collectif des Jeunes du Parce de Belleville et la Marche des solidarités, le lundi 14 septembre à 19h30.
    • Projection-débat de la Ballade des Sans-Papiers, documentaire sur le mouvement de Saint-Bernard. En présence du réalisateur Samir Abdallah et de témoins, soutiens et acteurs du mouvement de 1996 : Mogniss Abdallah (Agence Im'media), Jean-Claude Amara (Droits devant !!), Doro Traoré (membre du Collectif de Saint-Bernard), le jeudi 17 septembre à 19h00.
    • Visite de quartier sur les lieux emblématiques de l'histoire de l'immigration dans le 18e arrondissement avec Bernard Masséra le vendredi 18 septembre à 14h00.
    • Concert gratuit de Pedro Kouyaté le vendredi 18 septembre à 19h00.

    Salle Saint-Bruno, 9 rue Saint Bruno, 75018 Paris
    Entrée libre pour tous les événements de la semaine

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  • Les 16 et 17 octobre 2026 contre la torture en prison

    Journées de discussion contre les QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée).

    Les 16 et 17 octobre 2026, le collectif anticarcéral de L'Envolée invite à un week-end de discussions contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) : de nouveaux quartiers de haute sécurité qui durcissent encore l'appareil répressif.

    L'Envolée et ses invité.es– ancien·nes prisonnier·es, proches, militant·es associatif·ves, avocats... – proposent de faire entendre la voix sans cesse réduite au silence des prisonnier·es, pour comprendre ensemble de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est vraiment le nom, et pour imaginer ensemble les moyens de lutter contre les QLCO.

    Torture de l'isolement poussée à l'extrême, déshumanisation des prisonniers et des proches, surveillants cagoulés en permanence : tel est le quotidien dans ces quartiers ouvertement destinés à faire souffrir le plus possible.

    Dès leur ouverture, prisonniers et proches ont cherché à faire entendre par tous les moyens qu'un cap avait été franchi en termes de torture carcérale. Malgré la rigueur du dispositif, les prisonniers se sont organisés collectivement (communiqués, blocages, grèves de la faim, recours juridiques).

    En fait, c'est le sort de tous les prisonnier·es qui dépend de ces bagarres contre les QLCO, car les pratiques mortifères de ces quartiers sont déjà en train de contaminer toutes les autres prisons.

    Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO et leurs proches vivent déjà le fascisme.
    Se battre à leurs côtés, c'est lutter contre le glissement de toute la société.

    Journées de discussion contre les QLCO
    à la Parole Errante, 9 rue François Debergue, Montreuil. Métro 9 Croix de Chavaux

    Vendredi 16 octobre 2026 - 19h

    • Présentation du livre « Crever le silence : Comité d'action des prisonniers 1972 - 1980 »

    Samedi 20 octobre 2026 - dès 13h

    • 14h - Derrière la guerre aux narcotrafiquants, la guerre aux quartiers
    • 16h - La bagarre contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée)
    • 19h - Repas à prix libre (de la Cantine des Pyrénées)
    • 20h - « Dans l'ombre, la lumière », spectacle de K. Miloudi et R. Goldman
    • 22h - minuit - DJ Set, Manu Makak

    Expos, tables d'infos, des collectifs invités, espace enfants et bar le samedi

    https://lenvolee.net/

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  • Fini l'élevage et bienvenue à la mine : la « transition verte » détruit la culture de populations autochtones en Suède

    À l'approche des élections, le gouvernement suédois et certains partis menacent les droits des éleveurs autochtones Sámis. Ces derniers dénoncent un colonialisme vert, en raison des projets de mines, de barrages et de parcs éoliens qui mettent en péril leur mode de vie millénaire.
    Jokkmokk (Suède), reportage Le coucher de soleil arctique plonge la forêt de Kallak (Gállak, en same de Lule, langue parlée en Laponie, dans le nord de la Suède et de la Norvège) dans une douce lumière dorée, (…)

    Lire la suite - Reportage / Nature , Monde
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  • Détergent, bicarbonate, savon noir : comment choisir des produits ménagers plus écologiques

    Les labels certifiés par l’Ademe servent de repères dans les supermarchés. © Jean-Michel Delage/Hans Lucas via AFP

    80% du temps, notre air intérieur est cinq à sept fois plus pollué que l’extérieur, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Parmi les multiples sources de pollution de notre maison figurent les produits ménagers, qui peuvent contenir des substances toxiques pour l’environnement et la santé.

    Pour faire le ménage et assainir son logement sans le contaminer davantage, «le premier réflexe est de limiter le nombre de produits utilisés et de restreindre la dose que l’on applique», souligne Emily Spiesser, référente «consommation plus responsable» pour l’Ademe. «Si vous voulez mieux nettoyer, il faut le faire plus régulièrement, pas utiliser davantage de produit», renchérit le docteur Philippe Carenco, médecin et ancien chef du service d’hygiène du CHU de Nice (Alpes-Maritimes).

    Les substances nocives contenues dans les produits ménagers sont multiples. On retrouve de l’ammoniaque dans les nettoyants pour vitres, pour toilettes, cuisinières ou salles de bains, lequel peut irriter les voies respiratoires. Autres ingrédients à risque : les composés organiques volatiles (COV) présents dans les détergents, aérosols ou parfums d’ambiance. Certains sont des cancérogènes avérés, comme le benzène, le toluène et le formaldéhyde. D’après le Haut Conseil pour la santé, en 2021, 91% des produits ménagers testés émettaient cette dernière molécule.

    Selon la sensibilité des usager·es, les détergents et autres produits d’entretien peuvent entraîner des effets néfastes immédiats : nausées, asthme, irritations, inflammations des muqueuses, difficultés respiratoires, allergies, toux. Sur le long terme, ils renforcent aussi notre exposition aux perturbateurs endocriniens (qui dérèglent le système hormonal) et peuvent s’ajouter à d’autres polluants de notre quotidien.

    Quels sont les produits à éliminer en priorité ?

    «Les sprays et produits avec parfums doivent être évités car ils sont présents dans l’air et finissent dans nos poumons, explique Philippe Carenco. Ces substances peuvent être irritantes si on les utilise de façon régulière et sont susceptibles de déclencher des gênes respiratoires chez les personnes sensibles.»

    Désodorisants pour toilettes, diffuseurs d’huiles essentielles ou autres aérosols peuvent davantage contaminer notre intérieur que le purifier. Par exemple, la combustion d’encens libère des COV. «Le propre n’a pas d’odeur», insiste Philippe Carenco. Contrairement à une idée très ancrée dans notre culture, les parfums ne sont pas synonymes d’environnement sain, au contraire. Ajoutés aux produits d’entretien, nombre d’entre eux contiennent des phtalates, qui perturbent le système hormonal.

    Pour éviter l’accumulation des contaminants dans notre air intérieur, il faut aérer cinq à dix minutes par jour et après avoir fait le ménage. «Lorsqu’on étend son linge et qu’on utilise une lessive parfumée, il est utile d’aérer ; on peut avoir des molécules allergisantes ou nocives pour la santé sur le long terme qui se diffusent dans l’air», indique Emily Spiesser.

    L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que les enfants et les femmes enceintes sont les plus exposé·es aux effets néfastes de la pollution de l’air. De même pour certaines personnes vulnérables (cardiaques, asthmatiques, immunodéprimées).

    Faut-il se passer de la Javel et autres désinfectants ?

    «On n’a pas à désinfecter quoi que ce soit à la maison, même en cas de gastroentérite d’un membre du foyer, cela n’empêchera pas l’exposition au virus via les surfaces, les précautions doivent porter en premier lieu sur la limitation des contacts directs entre les personnes ainsi que le fréquent lavage des mains.» Philippe Carenco est catégorique : il faut se passer de la Javel et des autres désinfectants. «En moyenne, seules 3% des bactéries de notre maison peuvent provoquer des maladies», selon l’Association Santé Environnement France.

    L’Anses rappelle que les savons et détergents naturels suffisent à nettoyer les surfaces en cas de personne malade à la maison. Pourtant, en France, sept ménages sur dix utilisent encore de l’eau de Javel, rapporte l’Ademe. Dans ces logements, les enfants ont plus de risques de développer des infections respiratoires (sinusite, otite, bronchite, pneumonie). Si vous tenez à y recourir, l’institution conseille de la diluer dans de grandes quantités d’eau, en évitant absolument l’eau chaude et le vinaigre.

    Les antibactériens, quant à eux, peuvent contenir du triclosan, un perturbateur endocrinien. En plus d’être nocifs pour la santé et d’être inutiles dans un logement de particulier, les désinfectants se retrouvent dans les eaux usées et sont difficilement dégradés par les bactéries des stations d’épuration, chargées de traiter les polluants. Ils participent donc à la pollution de l’environnement.

    Les écolabels sont-ils fiables pour choisir son détergent ?

    L’Ademe recommande de se fier à plusieurs labels environnementaux dont elle a vérifié la fiabilité. Ecocert, Nature & Progrès : vous pouvez retrouver la liste des certifications ici. Ils sont un critère efficace pour choisir parmi les multiples bouteilles des supermarchés et un meilleur repère que les noms des marques ou des produits. «Certains noms de marques posent problème car ils sous-entendent que le produit est respectueux de l’environnement, alors qu’il ne l’est pas», alerte Emily Spiesser.

    Pour les détergents, l’experte recommande l’écolabel européen. «Il permet de limiter l’impact environnemental du produit sur tout son cycle de vie : extraction des matières premières, utilisation et fin de vie ; et il porte sur des normes sanitaires et environnementales.»

    Les produits d’entretien labellisés peuvent malgré tout contenir des substances issues de la pétrochimie, mais sont garantis sans perturbateurs endocriniens tels que les alkylphénols.

    Les solutions pour nettoyer en douceur

    Dans la majorité des cas, le ménage mécanique est préférable aux solutions chimiques : enlever la poussière régulièrement avec un balai ou un aspirateur et laver le sol avec de l’eau chaude suffisent. Même lorsqu’il s’agit de déboucher un évier, il vaut mieux privilégier l’usage d’une ventouse, d’un furet ou dévisser le culot du siphon avant d’utiliser les déboucheurs chimiques comme le Destop.

    Ce dernier contient des substances (acide sulfurique, acide chlorhydrique, soude caustique, hydroxyde d’ammonium, entre autres) qui ne peuvent pas être traitées intégralement par le système d’assainissement et qui contaminent les sols et nappes phréatiques.

    Un ensemble de produits naturels peut suffire à l’intégralité de votre ménage : le bicarbonate de soude pour déboucher des canalisations ou nettoyer les surfaces, le vinaigre blanc (en petite quantité) pour détartrer ou le savon (noir ou autre) pour dégraisser et laver les surfaces.

    Peu importe les produits choisis, «il vaut mieux mettre des gants pour faire le ménage ou la vaisselle», souligne Emily Spiesser. Cela permet d’éviter de mettre sa peau en contact direct avec des substances irritantes ou abrasives.

    Pour les plus motivé·es, plusieurs recettes élaborées par l’association de préservation de l’eau et de l’environnement Ceseau permettent de fabriquer soi-même ses produits d’entretien.

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  • Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.

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  • Le 6 septembre 1901, Leon Czolgosz assassine William McKinley, président des États-Unis

    À Buffalo, dans l'État de New York, le 6 septembre 1901, Leon Czolgosz tire deux coups de pistolet sur le président des États-Unis, William McKinley, alors qu'il visitait l'exposition Pan-américaine au Temple of Music à Buffalo. Le 14 septembre 1901, le président meurt de ses blessures. Théodore Roosevelt, qui prend sa succession à la présidence, fait voter le 3 mars 1903, l'Anarchist Exclusion Act, interdisant l'immigration des anarchistes et facilitant leur expulsion du sol étasunien.

    Leon Czolgosz

    Leon Czolgosz naît le 5 mai 1873 à Alpena, dans le Michigan, au sein d'une famille d'émigrants polonais. Il est l'un des huit enfants de la famille américano-polonaise de Paul Czolgosz et de Mary Nowak. À l'âge de dix-sept ans, il trouve un emploi à la Cleveland Rolling Mill Company, mais après le krach économique de 1893, l'usine ferme ses portes. Quand elle ré-ouvre, l'entreprise cherche à réduire les salaires, en réaction de quoi les ouvriers se mettent en grève. Mais rapidement Léon et ses frères sont au chômage. Face à la tourmente économique et sociale autour de lui, Czolgosz ne trouve que peu de réconfort dans l'Église catholique, et recherche rapidement des personnes partageant ses préoccupations concernant l'injustice sociale. Il rejoint plusieurs clubs socialistes d'ouvriers modérés avant de s'intéresser à l'anarchisme. Il commence à lire des publications anarchistes et à assister à des meetings. Il est alors fortement influencé par l'attentat de Gaetano Bresci et essaie de rentrer en contact avec les éditeurs de « Free Society » à Chicago, mais sans succès.

    L'attentat

    Le 31 août 1901, Czolgosz se rend à Buffalo, dans l'état de New York, où doit se dérouler une grande exposition panaméricaine. Il loue une chambre à l'hôtel Nowak's, au 1078 Broadway. Le 6 septembre, Czolgosz se rend au Temple of Music de l'exposition muni d'un revolver "Safety Automatic" de calibre 32, qu'il avait acheté quatre jours plus tôt. Il fait patiemment la queue pour rencontrer le président William McKinley qui prend un bain de foule. À 16 h 07, Czolgosz atteint le devant de la file. McKinley lui tend la main, et Czolgosz tire deux fois à bout portant sur le président. La première balle ricoche sur un bouton de manteau et se loge dans la veste de McKinley, l'autre blesse gravement le président à l'estomac. Des visiteurs arrêtent immédiatement Czolgosz, alors que McKinley s'effondre en arrière. La police a du mal à garder la foule à l'écart de Czolgosz qui tente de le lyncher.

    Leon Czolgosz, arrêté, déclare être un "anarchiste individuel", lié à aucune organisation. Il reconnaît aussi avoir assisté aux meeting d'Emma Goldman mais que d'aucune façon elle ne l'a influencé dans la réalisation de son acte. Sa déclaration aura comme conséquence de placer Emma Goldman sur la liste des personnes les plus surveillées aux États-Unis. Mais ces déclarations restent encore aujourd'hui soumises à débat au sein des milieux anarchistes étasuniens. À l'époque aucune organisatione ou groupe anarchiste ne connaît, ni ne reconnaît Leon Czolgosz comme anarchiste, et ces déclarations ont étés faites dans les bureaux opaques d'une police ouvertement anti-anarchiste. Mais qu'il ait été anarchiste ou pas ne change ni son acte, ni sa portée, ni ses conséquences sur les anarchistes étasuniens. Une chose est sure, Leon Czolgosz s'intéressait à l'anarchisme, il a été influencé par des anarchistes et a clairement assassiné le président William McKinley pour venger les « gens biens, des bonnes personnes qui travaillent », et s'il fut anarchiste, il n'a laissé aucune trace historique évidente pour que nous l'affirmions.

    Le 14 septembre, le président McKinley décédera des suites d'une infection.

    Le procès et l'exécution spectacle

    Après la mort de McKinley, le président Théodore Roosevelt, nouvellement entré en fonction, déclare : « Par rapport à la suppression de l'anarchie, toute autre question sombre dans l'insignifiance ». Le 16 septembre, un grand jury inculpe Czolgosz de meurtre au premier degré. Tout au long de son incarcération, Czolgosz parle librement avec ses gardes, mais refuse toute interaction avec Robert C. Titus et Loran L. Lewis, éminents magistrats devenus avocats et chargés de le défendre, ainsi qu'avec l'expert psychiatre chargé de vérifier sa santé mentale. Il se sait condamné et revendique son crime en plaidant coupable. Les avocats en charge de sa défense plaident, contre sa volonté, la folie et la non-culpabilté lors du procès.

    La suite de cette histoire à lire sur le site de rebellyon.info.

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  • Rencontres anticarcérales du 17 au 27 septembre à Avignon

    La prison est-elle vraiment la réponse ?
    Et si on imaginait autre chose ?

    📅 Du 17 au 27 septembre 2026
📍 Avignon

    Le collectif Crève la Taule 84 propose une série de rencontres, discussions et événements pour questionner la prison, ses effets et la société qui la produit.
    Que vous soyez proches de personnes incarcérées, déjà engagé·es sur ces questions, ou simplement curieux·ses d'en savoir plus, venez découvrir d'autres façons de penser la justice, les violences, la punition et le vivre-ensemble.
    Parce que derrière les murs, il y a des vies, des familles et des questions qui nous concernent toutes et tous.

    Dans le Vaucluse, Crève la taule 84 lutte contre la prison et contre la société qui l'engendre.
Né il y a plus de vingt ans lors de la construction de la prison du Pontet, le collectif s'est remobilisé face au projet d'une nouvelle prison à Entraigues-sur-la-Sorgue.
    Il soutient les proches de prisonnier·es, notamment à travers l'émission V'la la Gamelle sur Radio Aïoli, et organise des temps de réflexion sur l'abolition des prisons.

    En France, la population détenue a augmenté de 139 % depuis 1980, atteignant 86 100 personnes en janvier 2026.
Surpopulation, insalubrité, violences, maladies et suicides marquent le quotidien carcéral.
    Malgré les condamnations répétées de la France par la justice européenne, l'État continue de construire des prisons et de durcir sa politique pénale.
La prison punit, désocialise, détruit des liens et frappe en priorité les personnes les plus précaires et marginalisées.

    Loin de réduire les violences, l'enfermement peut les aggraver et favoriser la récidive.
Alors pourquoi continuons-nous à croire qu'il nous protège ?
    Parce que l'insécurité est devenue un outil politique : on désigne des menaces, on construit des ennemis et on présente la punition comme une évidence.
On transforme ainsi des problèmes sociaux en responsabilités individuelles.

    Crève la taule 84 refuse cette logique. Nous ne voulons pas répondre à la haine par la cage, la matraque et l'humiliation, mais par la solidarité, l'organisation et les idées.
    Nous sommes abolitionnistes parce que nous refusons la domination et la violence institutionnelle.
L'abolition n'est pas un rêve : c'est la nécessité d'imaginer et de construire d'autres façons de prévenir les violences, de réparer les torts et de vivre ensemble.

    La prison est inutile et néfaste.
    L'insécurité imaginaire.
    La révolution possible.
    L'abolition nécessaire.

    crevelataule84@riseup.net

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  • Du punk à l'île égalité !

    Oyez oyez, vous pouvez dès à présent réserver votre soirée du vendredi 25 septembre pour une soirée punk à l'île égalité (4, rue de l'Égalité, vers la station de métro Cusset) ! Les festivités commenceront à 20h et l'entrée est bien évidemment à prix libre (0€ compris). Au programme les groupes Penser Saboter, Gagner de l'Argent et NLSQPS.

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