2 millions de saumons abattus chaque année, c'est le projet de la société Pure Salmon, qui souhaite construire au Verdon-sur-Mer une usine de 75 000 m². Reporterre enquête, dans cette vidéo, sur les problèmes écologiques qu'il soulève.
Élèvera-t-on bientôt des saumons en cuve, comme on élève déjà des poulets en batterie ? En France, nous n'en avons jamais été aussi proches. D'ici deux ans, la société Pure Salmon entend construire une usine à saumons de 75 000 m² au Verdon-sur-Mer, dans (…)

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 4 octobre 2026. Établissements insalubres, classes surchargées… les revendications des lycéen·nes sont nombreuses. © Kenzo Tribouillard/AFP
Imagine, tu as 16 ans en 2026, et… toute ta vie, tu n’as connu que des crises : financière, économique, climatique, démocratique, inflation, Gilets jaunes, etc.
Tu n’as aucune idée de comment tu paieras un loyer pour tes études. D’ailleurs tu n’as même pas encore choisi un métier que tu sais déjà que ton boulot sera bientôt remplacé par une IA. Tu t’attends à galérer encore plus que tes parents. Non seulement tu es certain·e de ne jamais toucher de retraite, mais en plus tu es à peu près sûr·e de mourir avant ça (au choix) de : la guerre, l’IApocalypse, le climat, une pandémie, etc.
Tu es né·e dans un monde post-11 septembre 2001, où la suspicion et la surveillance sont partout. Tu n’as pas connu l’extrême droite à moins de 20% aux élections, ni l’époque où le racisme était massivement rejeté dans les médias et où Pascal Praud était journaliste sportif.
Tu as passé l’année de tes 10 ans enfermé·e chez toi, au lieu d’être tout le temps fourré·e avec tes copains/copines. Pendant des mois, ta seule fenêtre sur le monde, c’étaient les réseaux sociaux, et on t’explique que tu as un problème avec ça.
Tu sais que l’eau, l’air et la nourriture sont contaminés par des milliers de substances, que la France est championne du monde des cancers, que la crise climatique peut tuer des milliers de Français·es chaque année… et les adultes «raisonnables» ont l’air de s’en foutre. Depuis trois ans, tu assistes en direct au premier génocide du 21ème siècle… et les adultes «raisonnables» ont aussi l’air de s’en foutre.
On dit de ta génération qu’elle est débile à cause «des écrans» comme si tu avais le pouvoir d’interdire TikTok. Pourtant, quand tu oses demander une éducation décente avec un·e prof à chaque cours, tu t’exposes à la violence.
Ah et sous les vidéos, où on voit des garçons et des filles qui pourraient être tes camarades de classe se faire étrangler ou détruire la mâchoire par des CRS en armure, des adultes commentent : «Ils avaient qu’à pas brûler des poubelles», «Bien fait». Les adultes «raisonnables» (c’est pour ça qu’ils ont le droit de vote, non ?) sont celles et ceux qui utilisent une violence «sans retenue» pour t’apprendre les bonnes manières.
Quand tu restes dans ton coin, on dit que ta génération est «égoïste». Quand tu t’engages pour les autres, tu es traité·e au mieux d’«idéaliste» (ça veut dire idiot), au pire de sauvageon·ne. Si tu es sage, on ne t’écoute pas. Si tu es violent·e, on te fait taire. Quoi que tu fasses, tu as tort.
Et si, pour une fois, on écoutait les premier·es concerné·es ?
Ils ne s'attendaient à rien mais ils sont quand même déçus. La liste des points de captage d'eau qui devront faire l'objet de mesure de protection, publié par le média Contexte, a déçu les associations et collectivités locales concernées par la protection de l'eau potable.
Le projet de décret, qui doit être présenté le 12 octobre aux acteurs de l'eau, identifie 2 000 captages considérés comme « prioritaires » (sur un total de 33 000 en France). Cette version de la « feuille de route » (…)
Sur 91 œufs prélevés partout en France, 52 contiennent des polluants éternels (PFAS) et 23 dépassent la norme de qualité, selon une campagne de tests conduite par la cellule investigation de Radio France et des rédactions locales ICI.
« Ils provenaient aussi bien de zones où la présence de PFAS avait déjà été signalée que de lieux choisis sans indice particulier de contamination », précise l'enquête. Dans le lot, deux échantillons ont des taux extrêmement élevés et une dizaine présentent (…)
La réouverture de l’enquête du viol en réunion d’une étudiante à l’université de Cornell aux États-Unis, d'abord classée en 2024, provoque une vague d’indignation dans le pays. La gouverneure de l’État de New York souhaite revoir la loi pour améliorer la lutte contre les violences sexuelles.
L’article Viol collectif à l’université de Cornell : la gouverneure de New York veut faire évoluer la loi est apparu en premier sur Les Nouvelles News.
Les chaînes d'information en continu ont consacré seulement 3,4 % de leur temps d'antenne à l'environnement, sur l'ensemble de l'année 2025, selon un rapport de QuotaClimat et la Fondation Jean-Jaurès. Pour CNews, la chaîne détenue par Vincent Bolloré, ce chiffre tombe à 2 %.
Les associations ont également examiné 75 heures de programme dédié à la loi Duplomb, permettant notamment la réintroduction de pesticides interdits, sur les quatre chaînes d'information en continu (BFMTV, LCI, (…)
Dans plusieurs villes de France, des paysans ont rejoint les lycéens le 6 octobre au matin et défilent avec eux. « On détruit la campagne, on détruit l'école », résume un éleveur.
Avranches (Manche) et Bordeaux (Gironde), reportage
« Nous, on se mobilise pour les services publics, pour notre futur. De voir la Confédération paysanne, pour nous, c'est important. Ça veut dire que la convergence des luttes existe », s'est réjoui auprès de Reporterre un élève bordelais, le 6 octobre. Dans (…)
Dans plusieurs villes de France, des paysans ont rejoint les lycéens le 6 octobre au matin et défilent avec eux. « On détruit la campagne, on détruit l'école », résume un éleveur.
Avranches (Manche) et Bordeaux (Gironde), reportage
« Nous, on se mobilise pour les services publics, pour notre futur. De voir la Confédération paysanne, pour nous, c'est important. Ça veut dire que la convergence des luttes existe », s'est réjoui auprès de Reporterre un élève bordelais, le 6 octobre. Dans (…)
La pression s'accroît sur la ministre de la Mer, Catherine Chabaud. Le 5 octobre, le conseil régional des Hauts-de-France a adopté à l'unanimité un vœu porté par la majorité de Xavier Bertrand (Les Républicains) soutenant l'interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière. Ce, alors que le gouvernement, malgré des annonces prometteuses au printemps, rechigne depuis plusieurs semaines à mettre en place cette mesure, pourtant exigée par les pêcheurs eux-mêmes, (…)
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Source :Compte X d'Éric Ciotti, 1er octobre 2026
Etiqe :Inconstitutionnel
Contenu :
En réaction aux blocages de lycées, Éric Ciotti, président de l’UDR, demande que les parents des auteurs des violences prennent en charge les réparations et propose des sanctions concernant certaines prestations sociales, jusqu’au retrait du logement social.
Une proposition qui fait écho à celle d’Éric Zemmour visant les élèves responsables de harcèlement. Mais supprimer les aides sociales d’une famille pour sanctionner le comportement d’un enfant est contraire à la Constitution.
Un jugement préalable indispensable
La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui constituent un délit (article 322-1 du Code pénal). C’est donc bien l’élève lui-même qu’il faut identifier et poursuivre pour le faire condamner par la juridiction des mineurs.
Pour supprimer les allocations bénéficiant à la famille, il faudrait ensuite aviser la caisse d’allocations familiales de cette condamnation. Ce partage d’information se heurte à la protection de la vie privée, d’autant que la justice pénale des mineurs obéit à des règles de publicité restreinte destinées à préserver leur relèvement éducatif.
C’est un premier obstacle, mais il y en a un autre bien plus haut à franchir.
Une sanction collective inconstitutionnelle
Supprimer des allocations en raison d’un comportement constitue une sanction. Or, toute sanction est soumise, même si elle est prononcée par l’administration, aux exigences de l’article 8 de la Déclaration de 1789, comme le rappelle le Conseil constitutionnel. De cet article 8, le Conseil déduit que nul n’est punissable que de son propre fait, principe, d’ailleurs repris par l’article 121-1 du Code pénal. La sanction collective en raison d’un fait individuel est donc contraire à la Constitution.
Priver une famille de ses allocations en raison du comportement d’un enfant revient à frapper des parents qui n’ont commis aucune faute, ainsi que des frères et sœurs étrangers aux faits. Une suppression automatique de l’allocation méconnaîtrait en outre les principes de proportionnalité et d’individualisation des peines, qui découlent du même article 8.
Les allocations sociales sont indépendantes du comportement de l’enfant
Les prestations familiales relèvent de la solidarité nationale, que l’alinéa 10 du Préambule de 1946 rattache au devoir de la Nation d’assurer à la famille les conditions nécessaires à son développement. Elles dépendent de la résidence en France et sont versées à la personne qui assume la charge effective et permanente de l’enfant, sans égard à son comportement. Seule l’incarcération ou le placement de l’enfant pourrait justifier la suppression d’une allocation, mais il ne s’agit pas d’une sanction des parents : simplement, l’enfant étant placé ou incarcéré, il n’est plus à la charge des parents, le temps que dure cette mesure.
Possible de faire payer les parents pour les dégâts
Là où le maire de Nice n’a pas tort en droit, c’est sur la possibilité de faire payer les dommages causés par leurs enfants aux parents. Les parents sont responsables civilement de plein droit des dommages causés par leur enfant mineur (article 1242 du Code civil), et la région propriétaire du lycée peut leur réclamer réparation devant le juge. La difficulté tient dans le fait qu’un élève agit rarement seul et qu’il faut donc partager la charge d’indemnisation entre tous les parents d’élèves responsables.
Les parents peuvent aussi être poursuivis pour leur propre faute s’ils manquent à leurs obligations éducatives (article 371-1 du Code civil et article 227-17 du Code pénal).
Le gouvernement choisit une autre voie
En pleine actualité de colère sociale, le gouvernement a accéléré l’examen de son projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l’espace public, dit « casseur-payeur ». Son article 4 permettrait de saisir les allocations familiales et les aides au logement, aujourd’hui en principe insaisissables, pour recouvrer des dommages et intérêts fixés par une condamnation définitive.
Cela vaudrait aussi pour les condamnations pénales prononcées contre un enfant mineur, et dont les parents sont tenus de répondre financièrement si le juge décide en plus d’indemniser la victime.
Les prestations ne seraient ni suspendues ni supprimées car la Constitution l’interdit, comme nous l’avons dit. Elles serviraient à payer une dette fixée par un juge, avec des retenues calculées pour préserver un reste à vivre. Dans son avis du 3 septembre 2026, le Conseil d’État a validé ce mécanisme.
Le gouvernement ferait ainsi payer les réparations en saisissant les allocations, tandis qu’Éric Ciotti, lui, veut supprimer les allocations à titre de sanction : c’est toute la différence.
Le projet de loi doit être examiné par le Sénat début octobre.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
L’article Peut-on supprimer les allocations des parents de « casseurs » lycéens, comme le veut Éric Ciotti ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Près de deux ans après un contrôle de police qui avait dégénéré à Corbeil-Essonnes, révélé par le Bondy Blog, deux policiers et deux jeunes hommes étaient jugés lundi 5 octobre au tribunal d’Évry-Courcouronnes. Au cœur de l’audience, les images racontent une scène qui ne correspond pas au procès-verbal policier. Le parquet a requis quatre mois de prison avec sursis contre l’un des fonctionnaires pour violences.
The post À Corbeil-Essonnes, les images mettent à mal le récit policier appeared first on Bondy Blog.
Glyphosate, Convention citoyenne pour le climat… Certains renoncements du président sont durs à avaler. © Manon Cruz/AFP
Le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron touche bientôt à sa fin. Quelques mois avant l’élection présidentielle, Vert revient sur ses dix années au pouvoir à travers une série rétrospective intitulée «C’était Macron». Pour ce premier épisode, retour sur les promesses et les renoncements écologiques du président.
Emmanuel Macron, ex-ministre de l’économie sous François Hollande, fait 66,10 % au second tour face à Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national (RN). Puis, aux législatives un mois plus tard, son parti, En Marche, remporte la majorité absolue. Celui qui a qualifié la transition écologique de «défi du 21ème siècle» recrute un militant célèbre comme ministre de l’environnement : Nicolas Hulot.
Dans son programme :
→ «Un plan de transition agricole de 5 milliards d’euros» ;
→ «Placer la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides» ;
→ «Rénover 1 million de logements mal isolés d’ici 2022» ;
→ «Diviser par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique» ;
→ 50% de «bio, écologiques ou issus de circuits courts» dans les cantines.
Emmanuel Macron fait le buzz en répondant au président étasunien Donald Trump, qui venait d’annoncer le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Il invite les scientifiques des États-Unis à venir poursuivre la recherche en matière de changement climatique en France, où l’État financera leurs projets.
D’abord opposé à la réautorisation de cet herbicide controversé au sein de l’Union européenne, Emmanuel Macron s’engage à interdire le glyphosate en France, «au plus tard dans trois ans».
J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans. #MakeOurPlanetGreatAgain
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) November 27, 2017
En 2023, un nouveau vote, où la France s’abstient, permet de reconduire l’herbicide pour dix ans supplémentaires. Il est toujours autorisé en France.
La «loi Hulot» met un point final à la recherche d’hydrocarbures en France et programme la fin des concessions existantes au plus tard le 1er janvier 2040. En réalité, la France produit moins de 1% de sa consommation de pétrole et 0,1% de sa consommation de gaz, mais le texte a une valeur hautement symbolique à l’international car c’est une première mondiale.
En décidant l’abandon définitif de cet antique projet d’aéroport en Loire-Atlantique – devenu symbole de la lutte contre les «grands projets inutiles», comme les surnomment les opposant·es –, Emmanuel Macron marque indéniablement des points auprès des défenseur·ses de l’environnement.
Emmanuel Macron et les «grands projets inutiles»
Juillet 2018, le projet d’autoroute A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn) est relancé.
Novembre 2019, le président enterre un second chantier hautement contesté : le mégacomplexe de loisirs et de commerces Europacity, censé sortir de terre à Gonesse, dans le Val-d’Oise.
Septembre 2026, il soutient un projet saoudien de trois parcs d’attractions géants à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).
«Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là», annonce-t-il, amer, au micro de France Inter. «J’espère qu’il en tirera des leçons», explique-t-il à propos d’Emmanuel Macron. Depuis, Nicolas Hulot a quitté la vie politique à la suite d’accusations d’agression sexuelle et de viol.
Le mouvement de contestation sociale le plus marquant de l’histoire récente a été déclenché par la hausse de la taxe carbone, qui renchérit notamment le prix des carburants. Rapidement, le gouvernement annonce geler le montant de cette taxe, qui l’est toujours depuis.
De novembre à mai 2019, chaque samedi, les Gilets jaunes ont défilé dans les rues pour protester contre le gouvernement. © Éric Feferberg/AFP
D’abord présenté à tort comme «anti-écologiste», le mouvement des Gilets jaunes rappelle que la transition écologique ne peut se faire au détriment des plus pauvres. C’est le sens du slogan «Fin du monde, fin du mois, même combat», largement repris dans les sphères écolos.
Initiative inédite en France, la Convention citoyenne pour le climat est une réponse du gouvernement au mouvement des Gilets jaunes. Les 150 tiré·es au sort sont chargé·es de trouver ensemble comment réduire les émissions de gaz à effet de serre «dans un esprit de justice sociale». En juin 2020, après neuf mois de travaux, elles et ils présentent 149 propositions que le président s’engage à soumettre «sans filtres» au gouvernement, au Parlement ou directement à référendum.
La pandémie de Covid-19 met la France à l’arrêt. Pour limiter la propagation du virus, un premier confinement strict durera jusqu’au 11 mai 2020. Deux autres, plus légers, suivront en octobre-décembre 2020, puis en avril-mai 2021. L’épidémie a causé 116 000 décès en France, selon l’Insee.
Promise par François Hollande en 2012, la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire du pays est concrétisée par Emmanuel Macron en 2020.
Sur le nucléaire : concrètement, 14 réacteurs de 900 MW seront fermés d’ici 2035. Ce mouvement commencera à l’été 2020 avec l’arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim. Il se prolongera avec la fermeture de 4 à 6 réacteurs avant 2030.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) November 27, 2018
De son prédécesseur, le président a aussi repris l’objectif de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique, de 75 à 50%.
À des entrepreneur·ses de la «French Tech» convié·es à l’Élysée, Emmanuel Macron explique : «J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile, mais je ne crois pas au modèle Amish.» Un tacle sévère à la gauche et aux Verts qui, la veille, avaient demandé un moratoire sur le déploiement de la 5G.
Censée traduire les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, la loi «Climat et Résilience» est un échec qui acte la rupture entre Emmanuel Macron et les défenseur·ses de l’environnement. Efficacement vilipendées par plusieurs industries (automobile, aéronautique, agrochimie, publicité), ses mesures sont aseptisées, d’abord par le gouvernement puis au Parlement. Cinq ans plus tard, seules 24 des 149 propositions sont véritablement appliquées, selon le WWF France. Les participant·es à la Convention citoyenne se sentent trahi·es.
Rompant avec ses promesses passées, Emmanuel Macron fait un discours fondateur sur «la renaissance du nucléaire français» : prolongation de tous les réacteurs qui peuvent l’être, construction de six nouveaux EPR2 et études pour huit supplémentaires. Pour «reprendre le contrôle de notre destin énergétique», le président promet aussi d’accélérer sur le solaire et l’éolien en mer, mais d’être «raisonnable» sur l’éolien terrestre, qu’il juge sujet à controverses.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie plonge l’Europe et la France dans une sévère crise énergétique et inflationniste. En quelques mois, l’UE doit se détourner de la Russie, qui assurait plus 45% de son approvisionnement en gaz et 27% en pétrole.
En lice pour le second tour de l’élection présidentielle face à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, Emmanuel Macron dédie un discours à l’écologie. En cas de réélection, il s’engage à nommer un premier ministre «directement chargé de la planification écologique», afin d’aller «deux fois plus vite» dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Emmanuel Macron l’emporte avec 58,55 % des suffrages face à Marine Le Pen. Mais, aux législatives de juin 2022, la coalition présidentielle échoue à obtenir la majorité absolue à l’Assemblée, tandis que droite (et extrême droite) et gauche font jeu égal.
Après un été marqué par des incendies exceptionnels, Emmanuel Macron annonce vouloir «réparer la nature» en plantant un milliard d’arbres en dix ans, soit un renouvellement de 10% de la forêt française. L’idée est séduisante, mais la mise en œuvre critiquée de toutes parts : le mode de subvention encourage les coupes rases suivies de nouvelles plantations, parfois en monoculture. «En pratique, l’État subventionne la perte de biodiversité», expliquait même le secrétaire général adjoint à la planification écologique en 2025.
D’abord interdite, puis férocement réprimée, la manifestation contre le projet de «mégabassine» à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) est un moment majeur de criminalisation des luttes écologistes.
Sainte-Soline : @GDarmanin dénonce des "événements inqualifiables".
— LCP (@LCP) March 28, 2023
"J'ai décidé d'engager la dissolution des Soulèvements de la terre", indique le ministre de l'Intérieur.#DirectAN #QAG pic.twitter.com/77Zs835r59
Images et témoignages accablent les forces de l’ordre, mais le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, accuse l’«extrême-violence» des «éco-terroristes». Sa décision, inédite, de dissoudre le mouvement environnemental des Soulèvements de la Terre, sera retoquée par le Conseil d’État.
Malgré une franche opposition dans la population, le gouvernement promulgue sa réforme controversée reculant l’âge du départ à taux plein de 62 à 64 ans. Avant cela, il avait utilisé l’article 49-3 de la Constitution pour passer en force à l’Assemblée et échappé de justesse (9 voix) à une motion de censure votée par toutes les oppositions. En 2026, l’Assemblée post-dissolution suspend la réforme jusqu’en 2028.
Dans le programme d’Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle de 2017 :
Cette loi «à la xénophobie décomplexée», selon une cinquantaine d’organisations, marque un tournant politique majeur. Pour la première fois, un texte reprenant de nombreux marqueurs de l’extrême droite est adopté grâce aux voix conjuguées du bloc présidentiel et du Rassemblement national.
Partie du quart sud-ouest de l’Hexagone, une vaste mobilisation d’agriculteur·ices gagne la France. Elles et ils dénoncent pêle-mêle la baisse de leurs revenus, la multiplication des normes, les accords de libre-échange et la concurrence déloyale.
La colère agricole qui s’exprime dès la fin 2023 ne cessera d’émailler le second mandat d’Emmanuel Macron. © Luc Auffret / Anadolu via AFP
Le gouvernement répond surtout par un assouplissement des règles environnementales, en particulier la suspension du plan Ecophyto, qui visait à réduire de 50% les usages de pesticides d’ici à 2030. La colère agricole continuera de s’exprimer régulièrement jusqu’à la fin du quinquennat.
Au soir des élections européennes, le parti d’Emmanuel Macron essuie une sévère déconvenue (14,60%) face au Rassemblement national (31,31%). Le président prononce alors la dissolution de l’Assemblée nationale, «un temps de clarification indispensable», selon lui. Un mois plus tard, le Nouveau Front populaire (qui réunit les partis de gauche) arrive en tête du second tour (182 sièges) devant le bloc présidentiel (163 sièges) et l’extrême droite (143 sièges). Toutefois, Emmanuel Macron refuse de nommer un·e premier·e ministre de gauche.
Présentée par des défenseur·ses comme une réponse à la colère agricole, l’adoption de la proposition de loi du sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb crée une vive polémique dans le pays.
Des militant·es de la Confédération paysanne lors d’un rassemblement contre la loi Duplomb à Paris. © Esteban Grépinet/Vert
Sous couvert «de lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur», le texte acte de nombreux reculs environnementaux, dont le plus inflammable est la réintroduction de pesticides interdits (finalement intégré à la loi d’urgence agricole). Une pétition réclamant l’abrogation du texte atteint 2,1 millions de signatures. En vain.
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En essayant de «démolir l’Iran», le président étasunien Donald Trump déclenche l’une des plus graves crises énergétiques mondiales. En France, l’envolée des prix du gaz et du pétrole plonge des millions de Français·es dans la précarité. Pour ne pas aggraver le déficit public, le gouvernement lance un plan d’électrification sans «argent nouveau» tout en refusant de s’attaquer aux superprofits d’entreprises comme TotalEnergies.
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Symboles du premier quinquennat Macron, les zones à faibles émissions (ZFE) entendent limiter la pollution dans les agglomérations en interdisant l’accès à certains véhicules anciens et polluants. La droite et l’extrême droite obtiennent leur suppression lors de l’examen du contesté projet de loi de «simplification de la vie économique». Si le Conseil constitutionnel finira par sauver le dispositif, l’épisode démontre que la macronie a perdu la main politiquement.
L’été le plus chaud jamais enregistré en France (depuis le début des mesures en 1900) provoque plus de 8 000 décès en excès et marque les esprits. La sécheresse est également la plus intense jamais observée en France, et des incendies records emportent près de 100 000 hectares de végétation. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, demande à la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, d’accélérer la mise en œuvre du plan d’adaptation au changement climatique (publié en mars 2025).
Initiée dans les années 1990, l’autoroute de 53 kilomètres reliant Toulouse (Haute-Garonne) à Castres (Tarn) s’est concrétisée sous la présidence d’Emmanuel Macron. Le décret déclarant le projet d’utilité publique date de juillet 2018 et le contrat de concession entre l’État et l’entreprise Atosca a été signé en avril 2022. Le chantier, entaché d’irrégularités, a rencontré une vive opposition, sur le site et dans les tribunaux.

Source :Compte X de Valérie Pécresse, 29 septembre 2026
Etiqe :TRÈS ALÉATOIRE…
Contenu :
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et donc en charge des lycées, en veut à Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qu’elle accuse d’avoir, avec son parti LFI, « chauffé à blanc » « les casseurs », et de « juger la violence légitime ». Elle lui réclame « 100 000 € de frais de remplacement du portail du lycée Paul Éluard, frais de gardiennage et de nettoyage du site ». Soyons clairs, c’est de la communication politique et Valérie Pécresse elle-même ne doit probablement pas y croire juridiquement (elle fut un temps conseillère d’État !).
En théorie, une région qui subit un dommage matériel en raison d’une commune peut obtenir réparation, soit à l’amiable, soit en émettant à l’encontre de la commune ce qu’on appelle un « titre exécutoire » (c’est-à-dire un acte administratif qui rend celui qui le reçoit automatiquement débiteur de l’administration), que la commune pourra contester devant le juge administratif. C’est le droit commun.
Ainsi, imaginons des travaux publics sur une voie communale, commandés par la commune, mais qui tournent mal en raison d’une mauvaise organisation, et qui aboutissent à endommager un édifice régional (par exemple l’hôtel de région ou un lycée). La région serait fondée à demander une indemnisation à la commune, et l’affaire se règlerait entre les assureurs des deux collectivités.
Et le cas échéant la commune qui a indemnisé la région pourrait se retourner contre l’entreprise qui a effectué les travaux et son assureur. C’est simple et cela arrive. La solution est d’autant plus évidente qu’en l’occurrence le lien de causalité est clair, entre la mauvaise gestion des travaux et les dégâts subis par la région.
Pas de lien de causalité directe
Or dans l’affaire du portail du lycée Paul Éluard de Saint-Denis, c’est le lien de causalité qui va manquer. De façon générale, un juge ne peut condamner une personne X à indemniser une personne Y que si les dégâts subis par Y sont bien imputables (c’est le terme juridique) à X, autrement dit s’il existe une causalité directe entre le comportement de X et les dégâts subis par Y. Sans quoi, pas de condamnation possible.
En l’occurrence, comment prouver que la destruction du portail est bien imputable à la commune de Saint-Denis, compte tenu du comportement (réel ou supposé) de son maire ?
D’autant que Valérie Pécresse elle-même brouille les pistes, accuse aussi LFI, parti auquel elle devrait donc aussi réclamer une partie du prix du portail. Surtout, les manifestants ont-ils détruit le portail de leur propre initiative, ou parce qu’ils sont infiltrés par des casseurs, ou parce que le maire le leur aurait demandé ou les y aurait encouragés ?
À supposer que le maire de Saint-Denis et son parti LFI aient encouragé les lycéens à manifester dans la violence, comment arriver, sur la base de ces faits très généraux, à leur imputer juridiquement la destruction d’un portail ? La cause directe de cette destruction tient ici assurément à quelques personnes qui y ont participé et qui l’ont organisée. Il appartient aux forces de l’ordre de les retrouver et de déterminer s’ils ont agi sur ordre ou sur demande du maire de Saint-Denis et de LFI. Rien d’évident donc…
Une causalité indirecte ?
Faire remonter la « chaine de causalité » (c’est-à-dire l’enchainement des causes) à la commune de Saint-Denis et son maire supposerait le raisonnement suivant : des personnes ont détruit un portail, elles sont les responsables directs ; mais ces personnes n’auraient pas agi ainsi si le maire et LFI ne les avaient pas encouragées, ce qui fait de ces derniers des responsables indirects, susceptibles alors de contribuer à l’indemnisation, par exemple à 50 %.
Mais ce raisonnement ne tient pas. D’abord parce que la notion d’encouragement à détruire est très vague. Ensuite parce qu’une chaîne de causalité peut s’étendre à volonté : existe-t-il un lien de causalité entre les conditions d’apprentissage dans certains lycées et la colère des lycéens qui finit par aboutir à la destruction du portail ? On perçoit bien le danger : ce n’est plus de l’appréciation juridique, mais de l’argumentation politique, et aucun juge ne s’y aventurera.
À moins que Valérie Pécresse n’invoque une carence de la commune dans l’exercice de la police municipale. Après tout, le maire, autorité de police administrative, est garant de la sécurité et du bon ordre dans sa commune. Or, la présence du maire au beau milieu des manifestants a pu au contraire gêner les forces de l’ordre. Ce n’est donc évidemment pas le maire qui a dégradé le portail, bien entendu, mais sa présence sur place a pu rendre possible cette dégradation. Là encore, le résultat devant un juge serait très aléatoire.
L’État responsable ?
Valérie Pécresse pourrait-elle se retourner contre l’État sur le fondement de la responsabilité du fait des attroupements ? L’article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure prévoit que « l’État est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis (…) par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens », quitte pour lui à se retourner contre les auteurs directs des dégâts s’ils sont arrêtés.
Selon le juge, la notion d’attroupement s’applique uniquement aux manifestations spontanées, ou encore aux émeutes spontanées : ce fut le cas très médiatisé d’une foule se révoltant et incendiant un garage privé, après que deux adolescents ont péri à la suite d’une collision entre leur mini-moto et un véhicule de police (Conseil d’État, 30 décembre 2016). Ce fut aussi le cas des débordements en marge de blocages autoroutiers des gilets jaunes, avec des manifestants qui ont détruit des péages autoroutiers (Conseil d’État, 30 septembre 2025).
Cela exclut donc les dommages prémédités au sens où les auteurs de dégâts n’ont aucune intention revendicative et ne visent que la destruction. Ainsi, les dommages provoqués par des casseurs sont exclus, même lorsqu’ils sont infiltrés (Cour administrative d’appel de Toulouse, 24 juin 2025).
C’est le cas de pillages en Guadeloupe en marge de manifestations : selon le Conseil d’État, « ces agissements, visant au pillage de magasins à seule fin de profit, étaient le fait de groupes d’individus qui, s’étant introduits dans ces deux commerces alors que le couvre-feu était en vigueur, sans qu’aucun lien ne soit établi entre leur intrusion et les mouvements de revendication » (Conseil d’État, 18 mars 2026).
Ce n’est donc pas un attroupement et l’État n’est pas responsable, sauf à établir que les actions délictuelles qui ont conduit à la dégradation du portail sont bien le fait d’élèves qui expriment de cette manière leur mécontentement et n’ont pas pour objectif principal de commettre des dégradations. Cela signifie, pour Valérie Pécresse, de reconnaître que les dégradations ne sont pas le fait de casseurs seulement, mais bien des élèves manifestants.
Reste qu’il n’est pas toujours facile pour un juge de trancher lorsque casseurs et manifestants sont étroitement mêlés (Cour administrative d’appel de Paris 30 mai 2025).
Ainsi, il est arrivé qu’un juge rende l’État responsable lorsque casseurs et manifestants agissent en même temps et que les dégâts ne peuvent être clairement imputés aux uns ou aux autres.
La région Île-de-France, ou le cas échéant son assureur, peut donc tenter cette voie contre l’État, sans garantie.
Auteurs :
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Relecteur : Franck Waserman, professeur de droit public à l’université Littoral Côte d’Opale
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Le 1er juillet, le neuvième entrepôt de distribution d’Amazon en France a été mis en service à Colombier-Saugnieu (Rhône). © Capture d’écran/Google street view
Le leader mondial du e-commerce, Amazon, étend un peu plus son influence sur le territoire français. Début juillet, son neuvième entrepôt de distribution a été inauguré à Colombier-Saugnieu (Rhône), à proximité de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. L’entreprise possède désormais plus de 35 sites à travers le pays.
«Un projet d’envergure», s’est félicité le préfet de région, Étienne Guyot, précisant que «les services de l’État [avaient] naturellement pris leur part» à cette implantation. Ce gigantisme tient en quelques chiffres : 180 000 mètres carrés sur trois niveaux – soit vingt-cinq terrains de football –, 40 000 étagères de stockage, 4 000 robots, la promesse de 3 000 embauches d’ici 2027, pour 200 millions d’euros investis.
Cette inauguration en appelle d’autres : Amazon a choisi de faire de la région Auvergne-Rhône-Alpes une priorité. En juillet et en août, alors que la canicule s’installait, les annonces se sont succédé : ouverture d’ici fin 2026 d’une plateforme logistique de 50 000 mètres carrés à Mably (Loire), deuxième niveau de 36 000 mètres carrés sur le site de Montélimar (Drôme) et projet de construction d’un entrepôt de 31 000 mètres carrés à Saint-Georges-les-Bains (Ardèche).
Début juillet a aussi été le moment choisi par Amazon pour publier ses émissions de dioxyde de carbone (CO2), avec à la clé une hausse de 16% en 2025 (et de 58% depuis 2019). Le groupe promet pourtant la neutralité carbone d’ici 2040. Une augmentation due au recours à l’intelligence artificielle (IA), grosse émettrice de CO2. En 2026, Amazon a investi dans l’IA aux côtés de Meta, Microsoft et Alphabet (Google), pour un total à quatre de plus de 600 milliards d’euros. Au même moment, la firme supprimait 10% de ses emplois de bureau dans le monde, soit 30 000 postes.
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Si le géant étasunien dirigé par Jeff Bezos, l’un des soutiens actifs du président des États-Unis Donald Trump, est très critiqué en France depuis des années, les opposant·es à son déploiement se font de moins en moins entendre. Sur les quatre nouveaux sites prévus en Auvergne-Rhône-Alpes, seul celui de Colombier-Saugnieu a fait l’objet de recours, déposés par des associations et par la Ville de Lyon, tous rejetés.
Dans un contexte de tension sur l’emploi, un argument massue est brandi par Amazon pour promouvoir son implantation dans chaque nouvelle commune, repris en chœur par les élu·es : la création d’emplois. Sandrine Auquier, la maire (sans étiquette) de Colombier-Saugnieu, s’est ainsi réjouie de l’arrivée du mastodonte : «C’est une excellente nouvelle pour le territoire, a-t-elle appuyé le 1er juillet 2026. Ils vont faire crescendo, ils commencent à 600 emplois, puis à terme 3 000 emplois.»
De son côté, la maire (sans étiquette) de Saint-Georges-les-Bains, Geneviève Peyrard, confirme à Vert : «50 emplois créés, ce n’est pas rien pour une commune comme la nôtre.» Jacques Dubay, ex-maire (divers droite) de Saint-Péray (Ardèche) et ancien président de la communauté de communes Rhône Crussol, où se trouve Saint-Georges-les-Bains, confie, fataliste : «Les maires se disent que s’ils refusent Amazon sur leur territoire, c’est une autre commune qui en profitera.»
À terme, près de 3 000 emplois sont promis par Amazon sur le site de Colombier-Saugnieu (Rhône). © Capture d’écran/Google street view
Même chez les syndicalistes, les propos sont nuancés. «La direction du site nous a annoncé le triplement de l’effectif des techniciens de maintenance et le doublement au service informatique, explique Cindy Gencel, préparatrice de commandes sur le site de Montélimar, salariée d’Amazon depuis 2015 et déléguée CGT. Donc c’est plutôt pas mal. Avec le nombre d’emplois que ce doublement de surface va générer, il y a très peu d’opposition au projet.»
Pourtant, les conditions de travail ne font pas vraiment rêver : la plupart des emplois au sein d’Amazon sont peu qualifiés et souvent pénibles. «Il y a beaucoup de postes de manutentionnaires et de préparateurs de commande, avec des gestes répétitifs, précise Cindy Gencel. Forcément, ça abîme. Il y a beaucoup de tendinites et d’accidents du travail. Mais la direction les conteste systématiquement.»
Car le dialogue social semble lui aussi particulièrement pénible. «Au fil des ans, nous avons perdu la majorité de nos acquis sociaux, comme la prime d’intéressement, la prime de transports ou la possibilité d’avoir des actions d’Amazon, remplacées par d’autres mesures qui nous rapportent beaucoup moins», souligne la préparatrice de commandes. Tous ces problèmes semblent peser assez peu pour les élu·es face aux promesses d’embauches. D’autant que les maires ont, de fait, des marges de manœuvre limitées. «Nous ne pouvons pas intervenir dans des transactions privées, explique Geneviève Peyrard. Les entreprises sont libres de vendre leurs terrains à Amazon. Et nous n’avions pas les moyens d’acheter une parcelle de plusieurs millions d’euros.»
La mairie de Saint-Georges-les-Bains a toutefois suspendu l’autorisation de construire, à la demande du département. Pour cause : le projet d’Amazon doit augmenter le flux de circulation de 400 véhicules par jour, alors que la départementale 86, censée les supporter, atteint déjà son seuil maximal de 10 000 passages quotidiens. «Nous attendons un nouveau projet, plus compatible avec les capacités routières, qui comprenne aussi la construction d’un rond-point et d’un mur anti-bruit», indique Geneviève Peyrard.
D’autres communes parviennent à anticiper un peu plus, à l’exemple de Saint-Péray, qui avait posé des conditions préalables à la reprise de la grande friche d’une coopérative, FruitCoop. «La loi accorde peu de moyens aux maires en matière d’urbanisme, explique Jacques Dubay. Mais pour le projet FruitCoop, qui a mis sept ans à aboutir, nous ne voulions absolument pas de logisticiens de type Amazon, car ces entreprises représentent très peu d’emplois au mètre carré et posent des problèmes de circulation.»
Aidée par la communauté de communes et par Epora, un établissement public foncier qui a racheté la friche et l’a désamiantée (pour un coût total de plusieurs millions d’euros) pour la lui revendre au bout de quelques années, la collectivité locale a gagné son pari. «Ça a été très long à aboutir, rembobine Jacques Dubay. Nous avions affiché clairement la couleur dès le début : pas de logisticien et pas de zone commerciale comme on les voit en périphérie des villes et qui tuent le petit commerce, mais une zone d’activité artisanale.» Des artisan·es à la place des robots : une formule gagnante qui pourrait inspirer d’autres communes face au rouleau compresseur Amazon.
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Ces conditions d’étude désastreuses, couplé à l’augmentation du niveau de la vie, à la crise écologique et aux tensions géopolitiques entraînent un mal-être profond.
Cet article L’Éducation nationale asphyxiée : quand la jeunesse se soulève face au mépris d’État est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
C'est plus encore que le budget total du ministère de la Justice, et presque l'équivalent de celui du ministère de la Santé. Le 5 octobre, le président de la Commission des finances et député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a rendu les conclusions de sa mission flash consacrée aux coûts des fortes températures, de la sécheresse et des incendies de l'été 2026. Résultat : son estimation atteint les 16 milliards d'euros.
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Nous, Dévalideuses, apportons tout notre soutien au mouvement des lycéens qui se mobilisent depuis fin septembre contre les conditions d’enseignements indignes et les inégalités. Iels réclament simplement des classes fonctionnelles, protégées du froid l’hiver et des canicules l’été, des enseignantEs présentEs, et des ascenseurs en état de marche. Iels demandent également la suppression de la plateforme Parcoursup, peu transparente, qui aggrave depuis des années les inégalités sociales et territoriales.
Leurs mots d’ordres sont légitimes. D’autant plus que la mobilisation a été initiée par les lycéenNEs des quartiers populaires et établissements les plus victimes d’injustices sociales et de privation de moyens.
Les conditions de dégradation qui sont dénoncées excluent encore plus que d’habitude les étudiants en situation de handicap de l’éducation nationale. On pense à toutes les vidéos d’ascenseurs en panne et d’espaces dégradés, sans oublier le manque d’AESH.
La violente répression policière qui leur est proposée est indigne et gravissime. En tant qu’antivalidistes, nous analysons plusieurs choses dans la répression que subissent les lycéenNEs :
Une immense violence raciste et adultiste avec le classique double standard “trop jeunes pour avoir leurs propres idées, et assez vieux pour se faire taper dessus”
L’adultisme est le système d’oppression et de domination des adultes sur les enfants et les adolescentES. Voir le travail du Collectif enfantiste
Le processus d’infantilisation est une stratégie fréquente pour tenter de décrédibiliser la parole d’un groupe. Une stratégie que nous connaissances bien, en tant que personnes et militantEs handicapées.
Les enfants racisés sont victimes d’une intersection d’oppressions, comme le décrit Fatima Ouassak dans la Puissance des mères aux éditions La Découverte. Ils sont privés de leur statut d’enfant, perçus comme plus âgés et devant répondre de leurs actes comme des adultes alors même qu’iels sont parfois très jeunes.
C’est une double violence adultiste : en plus d’être violentés physiquement, leurs revendications sont complètement ignorées, quand elles ne sont pas tournées en dérision. Acrimed a analysé le traitement médiatique et seulement 8% du temps d’antenne est dédié aux revendications.
Leur colère, plus que légitime, est stigmatisée, et c’est partie intégrante de la domination des adultes sur les jeunes. Le messager du dysfonctionnement est désigné comme problème, ça évite de s’occuper du réel dysfonctionnement.
La mutilation et les violences handicapantes font partie intégrante du projet d’Etat.
Mercredi 30 septembre 2026, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil après un tir de LBD lors d’un blocage. Ce lundi 5 septembre, un autre lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement.
Amnesty International dénonce l’usage d’armes envers les jeunes et appelle les forces de l’ordre à cesser l’usage des LBD.
Comme lors des gilets jaunes, l’Etat mutile des populations qu’il considère “négligeables” et joue sur la peur de l’invalidité. C’est une menace immédiate faite aux militantEs.
Les lycéenNEs sont ainsi privés de leur droit d’expression citoyenne. Les élèves handicapéEs sont de fait totalement excluEs de ces espaces de manifestation, rendus dangereux par la répression.
Au sein des Dévalideuses, nous comptons des militantEs qui étaient investies au lycée ou pendant leurs études. Toustes témoignent en ce sens. “J’étais militante étudiante, et la violence policière nous est arrivée dessus, petit à petit j’ai intégré la peur de cette violence. En devenant malade j’ai eu encore de plus en plus peur d’aller exercer mes droits et j’ai souvent renoncé.”
Le ministre de l’Intérieur a assuré que si « aucune consigne de retenue » n’a été passée, la consigne est aussi « d’utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité intérieure ».
Tout ceci advient dans un contexte où la présomption de légitime défense de la police est en passe d’être appliquée. Les vidéos qui circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux laissent planer de gros doutes concernant certaines situations de légitime défense.
Puisque l’on n’évoque seulement les violences dans le traitement médiatique, parlons-en : La proposition de budget du gouvernement pour 2027 entérine une extrême violence contre les services publics en demandant des coupes de budget dans les fonctions de base et en refusant de taxer justement les milliardaires. C’est bien là, la violence initiale qui devrait nous révolter tous et toutes.
Comment soutenir le mouvement ?
Rappelons que soutenir les lycéenNEs sans rajouter une couche d’adultisme, c’est aussi ne pas prendre leur place, ne pas récupérer politiquement leur action, et ne pas contrôler leur manière de lutter par exemple.
1. Relayer le petit guide à l’usage des adultes qui souhaitent soutenir la jeunesse sans contribuer à l’opprimer au passage
2. Relayer ce flyer de ressources juridiques pour se protéger lors des mobilisations et anticiper les gardes à vues, rédigé par Comité des avocats de France à vos proches mobilisés
3. Soutenir financièrement la Légal Team Antiraciste qui fait un travail de mise à disposition de ressources et d’avocat essentiel. Relayer leurs contenus à vos proches et jeunes mobilisés
4. Participer à la caisse de grève du lycée Paul Eluard, dans le 93, où la mobilisation a commencé tôt et avec ampleur et où le personnel s’est mis en grève en soutien aux élèves rapidement.
5. Pour les gens qui organisent : réfléchissez à comment rendre votre com de lutte et vos mobilisations accessibles à tous et toutes avec nos guides
6. Rejoindre les mobilisations. Celle du 6 octobre 2026 pour commencer
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