Quand ?
Le 19 septembre à 13h
Où ?
Place d'Italie Place d'Italie 75013 Paris
LES JEUNES DÉFICIENTS VISUELS APPELLENT À UNE MOBILISATION NATIONALE
Deux personnes aveugles sont mortes ces derniers mois après être tombées sur les voies du métro, à Paris puis à Lyon. Ces drames mettent en lumière les conséquences concrètes d'un manque d'accessibilité des transports : une perte d'autonomie, mais aussi une exposition à des situations de danger qui pourraient être évitées.
C'est pourquoi nous, collectif de jeunes citoyens aveugles et malvoyants pour l'accessibilité des transports, appelons à une mobilisation nationale le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie devant la mairie du 13e.
« On a perdu la vue. Pourquoi devrait-ont aussi perdre la vie ? »
L'accessibilité est aussi une question de sécurité
Pour les personnes aveugles et malvoyantes, l'absence d'aménagements adaptés peut transformer un déplacement quotidien en véritable parcours à risque : absence de repères, informations voyageurs inaccessibles, correspondances difficiles à identifier, cheminements mal conçus ou équipements indispensables en panne.
« Ne pas rendre les transports accessibles, ce n'est pas seulement limiter notre autonomie. C'est aussi compromettre notre sécurité. L'accessibilité ne doit pas être considérée comme un confort ou comme une politique réservée au handicap : elle permet concrètement à chacun de se déplacer de manière plus sûre », estime Benjamin, l'organisateur du mouvement.
La sécurité ne doit toutefois pas être pensée au détriment de l'autonomie. Pour les personnes handicapées, pouvoir se déplacer librement suppose de pouvoir bénéficier de transports à la fois accessibles, fiables et sécurisés.
De la marche blanche à la mobilisation nationale
Cette mobilisation inédite s'inscrit dans la continuité de la première marche blanche organisée à Paris en hommage à Germain au mois de janvier, après son décès dans le métro. Réunis à Denfert-Rochereau pour lui rendre hommage, nous avons souhaité faire de cette mobilisation un point de départ pour porter une revendication plus large : l'accessibilité des transports ne peut plus être traitée comme une question secondaire.
Le samedi 19 septembre 2026 à 13h00, place d'Italie, devant la mairie du 13e arrondissement de Paris, nous appelons ainsi à un rassemblement pour demander des mesures concrètes en faveur de transports sécurisés. Cette mobilisation ne concerne pas uniquement Paris ou les grandes métropoles : nous demandons une véritable politique nationale, qui prenne également en compte les territoires ruraux et périurbains, où l'absence de solutions de transport accessibles peut avoir des conséquences majeures sur l'autonomie et la vie quotidienne.
Un plan national, avec des engagements vérifiables
Le collectif demande au Gouvernement de mettre en place un plan national pluriannuel pour l'accessibilité des transports comprenant notamment :
– un état des lieux public de l'accessibilité des réseaux de transport sur l'ensemble du territoire ;
– un calendrier de mise en accessibilité à court, moyen et long terme ;
– des financements clairement identifiés ;
– un responsable désigné pour chaque engagement ;
– la mise en accessibilité des stations, gares et arrêts, mais également des correspondances et des cheminements ;
– des informations voyageurs accessibles visuellement et auditivement ;
– le maintien en fonctionnement des équipements indispensables à l'accessibilité et des solutions de remplacement en cas de panne ;
– des solutions de transport accessibles dans les territoires ruraux et périurbains ;
– l'association systématique des personnes en situation de handicap à la conception, aux tests et au suivi des aménagements.
« Nous ne voulons plus de nouvelles annonces sans calendrier. Nous demandons des dates, des moyens et des résultats. », annonce Samantha, porte-parole du collectif.
Du handicap à l'intérêt général
Si la mobilisation est née d'une réalité vécue par des jeunes déficients visuels, ses revendications dépassent largement le seul handicap visuel.
Une station accessible est également plus facile à utiliser pour une personne âgée, un parent avec une poussette, une personne enceinte, une personne temporairement blessée ou un voyageur se déplaçant avec des bagages.
Dans les territoires ruraux et périurbains, l'enjeu est encore plus important. Lorsqu'une personne qui ne peut pas conduire ne dispose pas d'un transport accessible, ce sont potentiellement son accès aux études, à l'emploi, aux soins et à ses proches qui sont remis en cause.
Texte paru en italien à l'été 2022, dans le n°7 du Giornale anarchico, et traduit pour la distro Haokah en novembre 2025 (https://distrohaokah.noblogs.org/).
Le texte rappelle que la perspective révolutionnaire est au coeur de l'anarchisme. Pourtant, « aujourd'hui plus qu'hier encore, il y a des trompettes qui de tous les coins nous parlent du caractère impraticable de la lutte révolutionnaire, du fait qu'elle est hors du temps et hors limite de temps. On nous dit que nous devrions nous adapter. Et le faire impliquerait entre autres d'adopter, définitivement, cette logique de l'action pour l'action ».
Il n'y aurait plus qu'à agir sans but, de manière atomisée et sans « aspirer à l'appel de l'utopie » ; il n'y aurait plus qu'à répondre au besoin intime de cohérence, ou à la sensibilisation, éventuellement par le geste, sans se jeter dans la lutte révolutionnaire avec méthode et stratégie.
Cela peut même aller jusqu'à la reddition face au pouvoir, en s'adaptant au rabais, adaptation « qui au fur et à mesure, en l'espace de quelques décennies drapées d'une atmosphère de fin de l'histoire, a conduit en fin de compte au retrait d'une partie du mouvement vers ces thèses libérales indéfendables pour tout anarchiste et à repousser fermement car elles provoquent un désistentialisme totalement inoffensif pour le pouvoir » [désistentialisme, jeu de mot en italien entre renoncement/résignation et existentialisme].
C'est ainsi qu'une partie du mouvement anarchiste, décomposé en logiques de milieux, peut se ranger du côté de l'Etat ukrainien contre l'Etat russe, « choix interventionniste qui n'a rien de révolutionnaire et encore moins d'internationaliste », ou de se transformer en extrême-gauche du programme du capital, comme n'importe quel gauchiste.
Brochure complète à télécharger ici : https://distrohaokah.noblogs.org/files/2025/11/L-anarchisme-revolutionnaire-contre-le-renoncement.pdf
Ce vendredisoir 21 aout 2026 à 20h à radioairlibre.net ou 87.7FM à Bruxelles rediffusion de l'émission tranche d'anar à laquelle on annonce la nouvelle édition du festival Farm or Die fin août 2026 et on rediffuse le reportage sonore du festival Farm or Die, première édition de l'année passée fin août 2025.𝙪𝙣 𝙛𝙚𝙨𝙩𝙞𝙫𝙖𝙡 𝙞𝙩𝙞𝙣𝐞́𝙧𝙖𝙣𝙩 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙧𝙢𝙚 𝙚𝙣 𝙛𝙚𝙧𝙢𝙚. C'est à la rencontre des paysannes et paysans engagé-es dans des modèles agricoles inspirants, qu'un collectif d'artistes fera chemin en cette fin d'été en Entre-Sambre-et-Meuse.
L'objectif : créer du réseau, renforcer des synergies et développer de l'entraide au travers d'une dynamique festive et revendicatrice.
En 2025, l'aventure a démarré à Vierves-sur-Viroin, est passée par la Bergerie de la Scayes, pour se rendre ensuite à L'Amagda à Macon et terminer en beauté à la Ferme de la Sarthe !
Et cette année il ya la suite, la 2 ième édition du festival farm or die aura lieu du jeudi 27 aout jusqu'à dimanche 31 aout. Le convoi se déplacera en itinérance dans 4 fermes paysannes, du jeudi 27 au dimanche 30 août 2026 : 𝙁𝙚𝙧𝙢𝙚 𝙙𝙪 𝙈𝙖𝙪𝙨𝙩𝙞𝙩𝙘𝙝𝙞 (𝙇𝙀𝙀𝙍𝙉𝙀𝙎) 𝙁𝙚𝙧𝙢𝙚 𝙙𝙪 𝙥𝙧𝐞́ 𝙖𝙪𝙭 𝙘𝙝𝐞̂𝙣𝙚𝙨 (𝙈𝘼𝘾𝙊𝙉) 𝘽𝙚𝙧𝙜𝙚𝙧𝙞𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙎𝙘𝙖𝙮𝙚𝙨 (𝙊𝙄𝙂𝙉𝙄𝙀𝙎) 𝙁𝙚𝙧𝙢𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙞𝙣𝙚𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙧𝐞́𝙨 (𝙁𝙀𝙎𝘾𝙃𝘼𝙐𝙓)
Chaque escale sera l'occasion de rencontrer les paysannes et paysans dans leur cadre de vie, de mettre leurs pratiques en lumière, et d'entendre leurs engagements pour mieux les propager.
Il y aura aussi des tables de presse, des prises de paroles, des stands associatifs et d'autres joyeusetés (jonglerie, sérigraphie live, contes,…) !
Pour plus d'infos sur les activités et les groupes de musiques festival Farm or Die 2026 voici ici
et à la page facebook de chaque ferme : Ferme du Maustitchi
Ferme du pré aux chênes
Bergerie de la Scayes
Ferme des reines des prés
Pendant presque un an, un groupe de citoyen·nes du service d'insertion sociale du CPAS d'Amay, accompagné par Article 27 Wallonie et le Pac Huy-Waremme, s'est réuni pour transformer ces constats en paroles, en analyses et en revendications, au travers d'ateliers d'éducation populaire.
Déconnecté·es est le fruit de ce travail collectif : un podcast qui donne à entendre des vécus trop souvent ignorés et questionne les choix de société qui fabriquent ces exclusions.
Ce podcast est un appel à agir. Les inégalités numériques ne sont pas une fatalité ni une responsabilité individuelle : elles sont un enjeu de justice sociale qui doit être reconnu, débattu et placé au cœur de l'agenda politique.
Illustration par François D'Alcamo
GUERRE SOCIALE SUR L'ALTIPLANO
Les manifestations en Bolivie se sont intensifiées ces dernières semaines. La normalité et la paix sociale, tant convoitées par les capitalistes, ont volé en éclats. Des dizaines de barrages routiers sur les axes stratégiques reliant La Paz à Cochabamba, Oruro et aux postes-frontières avec le Chili et le Pérou ne cessent de se multiplier, malgré la répression atroce exercée par la police, des bandes militaires et des tueurs à gages à la solde du pouvoir, auxquels le prolétariat a répondu par une véritable violence de classe organisée.
La société marchande, par la voix de ses porte-parole, aux allures de chacals, et de ses journalistes, véritables vautours, s'empresse de déverser ses idéologies et sa haine raciale contre les insurgés. Dans un premier temps, ils accusent les rebelles d'être tous, sans distinction, des partisans d'Evo Morales (manipulés par les vestiges de l'idéologie du MAS) et passent sous silence le fait que ces journées de lutte dans les rues ne sont pas menées par un personnage obsolète, mais constituent la réponse de la classe ouvrière aux conditions de vie misérables et aux politiques de famine des marionnettes au pouvoir qui cherchent à accélérer le pillage des ressources (eau, lithium, terres, minerais) et à imposer davantage de mesures d'austérité.
Dans le même temps, les organisations gravitant autour de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), les secteurs miniers, les paysans et les groupes autochtones ont intensifié leurs manifestations et exigé la démission du président Rodrigo Paz. Les « dirigeants sociaux » (ou plutôt les bureaucrates chargés d'éteindre l'incendiesocial) ont dénoncé la « trahison du gouvernement envers la base populaire » et ont rejeté les appels officiels au dialogue. Mais pour nous, anarchistes-communistes, toutes ces plaintes ne sont qu'une supercherie : il n'y a pas de trahison en tant que telle, car il s'agit là de l'action naturelle de la bourgeoisie qui impose sa volonté pour assurer la pérennité de la domination du Capital.
Les organisations syndicales ne constituent en aucun cas une arme dans la lutte contre le capital, mais elles sont un outil parfaitement intégré au système, qui sert de médiateur et de conciliateur entre la classe dirigeante et les exploités, afin de réguler le prix de la force de travail et d'empêcher la classe ouvrière de se constituer en force révolutionnaire. Une autre de leurs caractéristiques répugnantes est qu'elles ont pour fonction de canaliser la force massive de la classe vers des intérêts sectoriels, contribuant ainsi à la division et à la fragmentation de la lutte, et entretenant l'illusion selon laquelle chaque secteur professionnel, chaque race, chaque ethnie aurait des intérêts particuliers, déconnectés du reste.
Tout comme cela s'est produit récemment en Équateur avec la CONAIE (Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur), qui n'a servi qu'à épuiser, paralyser et anéantir les mobilisations, les grandes organisations bureaucratiques « d'avant-garde » chargées des négociations (y a-t-il d'ailleurs quelque chose à négocier avec nos ennemis de classe ?) tentent une nouvelle fois d'entraîner la classe ouvrière dans le piège des illusions démocratiques bourgeoises, afin que tout reste comme avant, voire empire.
Le gouvernement de ce morveux de Rodrigo Paz s'est empressé de négocier des accords visant à diviser le mouvement, en accordant des concessions à certains secteurs mobilisés. Il a négocié avec les coopératives, il a annulé une dette de 95 millions de bolivianos auprès de la Caisse nationale de santé et a maintenu la subvention sur les carburants. Il a également négocié avec le corps enseignant et avec la COB d'El Alto, et a signé un accord avec les dirigeants des « ponchos rouges » de La Paz. Ces secteurs se sont peu à peu retirés du conflit. Il était évident qu'une partie de la base désapprouvait ses dirigeants pour avoir signé cet accord.
Nous nous permettons de citer un extrait d'un texte qui circule sur le web, qui illustre et corrobore ce qui précède (même si nous ne partageons pas sa perspective de « démocratie ouvrière »), démontrant comment ces mafias de « professionnels des luttes et des mobilisations » sont les véritables fossoyeurs de tout projet révolutionnaire :
« Pendant que ce 30 mai, les Assemblées générales d'auto-organisation comme celle de Patacamaya avec la participation des représentants des 77 communautés de la province Aroma, décident de leur côté comme partout dans tout le pays, de rejeter tout dialogue avec le gouvernement, d'exiger sa démission et de maintenir les blocages illimités tout en radicalisant la mobilisation avec aujourd'hui 93 barrages contre 60 il y a deux jours, de son côté la direction de la COB, la principale centrale syndicale ouvrière, se dérobe une fois de plus et repousse – sous des prétextes de sécurité – l'Assemblée générale nationale où devait être décidé aujourd'hui ou de négocier avec le gouvernement ou de continuer la lutte jusqu'à sa chute. Et pour bien tenter d'empêcher cette Assemblée, la direction de la COB ne donne aucune date pour la prochaine.
L'attitude de la direction de la COB est claire pour tout le monde.
Beaucoup de comités d'auto-organisation avaient appelé à participer à cette Assemblée pour décider de continuer la lutte afin de renverser le gouvernement, et c'était sûr qu'ils seraient majoritaires entraînant la base de la COB avec eux, ce qui aurait transformé de fait cette assemblée ouverte de la COB en direction nationale autoorganisée de la lutte pour renverser le pouvoir. La direction de la COB a montré aujourd'hui qu'elle ne veut pas renverser le pouvoir et qu'elle ne veut pas pour ça que le mouvement insurrectionnel en cours appartienne à ceux qui l'animent.
Beaucoup parlent de trahison.
En même temps, ça ne surprend pas grand monde, vu que la COB avait déjà trahi la première phase du mouvement en décembre/janvier 2026 et surtout ça ne décourage pas parce que les comités d'auto-organisation ont largement averti de ce qui risquait de se passer.
Ça ne cassera pas le mouvement. Ça donnera juste envie aux comités d'auto-organisation de mettre en place par eux-mêmes cette direction démocratique nationale [SIC !] qui manque au mouvement et qui aurait pu se réunir aujourd'hui. » [Information provenant de Luttesinvisibles]
Voilà comment fonctionnent la gauche, le syndicalisme et le citoyennisme. Aujourd'hui, ils nous entraînent dans la grève, mais avant ou pendant le processus, ils nous ont déjà vendu aux conglomérats d'entreprises voraces et à leurs clans politiques.
Tant qu'on restera prisonnier du discours selon lequel cette lutte vise à défendre la démocratie et la souveraineté contre la montée de l'extrême droite et du fascisme, nous serons condamnés à mener ce combat sans ébranler les structures du système capitaliste, et à nous contenter de simples changements de gouvernement au cours desquels la bourgeoisie nationaliste prépare le terrain pour l'arrivée de bourgeoisies excentriques et encore moins scrupuleuses (les Milei, les Noboa, les Bukele, les Trump).
La Bolivie possède une grande tradition de combativité dans le domaine de la lutte des classes (depuis le soulèvement ouvrier de 1952 jusqu'aux guerres de l'eau de 2000 et du gaz de 2003). Ces journées de lutte ont été rendues possible par l'existence d'une communauté de lutte (perspective collective, réseaux de soutien, assemblées, groupes de logistique) ; et il apparaît clairement que, même si l'ampleur d'un mouvement ne le rend pas invulnérable, sans une base sociale qui se lance dans la lutte et se soutienne mutuellement, la paix sociale du capitalisme s'imposera d'autant plus violemment, même si le prolétariat se trouve dans une situation d'extrême précarité et de misère (voir le cas de l'Argentine).
ET APRÈS L'INSURRECTION ?
D'autre part, il convient de préciser que la situation actuelle de l'insurrection prolétarienne en Bolivie ne s'inscrit pas dans le contexte d'une révolution mondiale, mais au contraire, elle se déroule dans un tourbillon de contre-révolution, où la bourgeoisie se montre désespérée dans sa quête d'accumulation du capital — en accélérant la guerre, l'écocide et le contrôle technologique. L'action des blocs bourgeois, qui incarnent les nouveaux fascismes et les nouvelles droites, tend à exacerber les contradictions de classe, mais cela ne signifie pas pour autant que notre classe réponde automatiquement avec éloquence et détermination aux attaques du capitalisme. Il est clair qu'on ne peut pas tout laisser à la spontanéité.
Si le flambeau de la lutte est porté par la Centrale ouvrière bolivienne (COB) réformiste, suite au déclin du MAS, c'est parce que de fait les conditions ne sont pas encore suffisamment mûres pour faire contrepoids et mener une insurrection généralisée qui dépasse les limites d'une démocratie frileuse et du gauchisme. Cependant, surmonter cela ne dépend pas spécifiquement de la simple volonté de quelques individus ou d'une organisation, mais ne peut être que le résultat de bilans et de ruptures au cours de la lutte elle-même.
Deux décennies de soulèvements à travers le monde confirment une fois de plus que lutter sous les bannières des secteurs de la gauche réformiste et progressiste revient à se condamner à la stagnation et à des revers cuisants qui brisent le moral collectif du prolétariat. Il n'est pas surprenant qu'en Bolivie, bien qu'il existe actuellement une communauté de lutte prolétarienne dotée d'une grande combativité, il y ait des limites dues à la confusion et à l'apathie, qui risquent de mener le soulèvement dans une impasse.
Cela signifie-t-il qu'il faille rester les bras croisés« jusqu'à ce que les conditions soient réunies » ? Nous ne le pensons pas. Même si nous savons que nous ne sommes même pas encore dans une phase « prérévolutionnaire », ce n'est ni la fin du chemin, ni la fin de la lutte, et encore moins notre défaite définitive.
Les faits concrets témoignent de la lutte prolétarienne, non pas telle qu'elle devrait être, mais telle qu'elle est : contradictoire au milieu du chaos et de la révolte, avec l'ingérence inévitable, dans sa phase initiale, de secteurs interclassistes et réformistes qui chercheront à tirer profit de la situation. Elle ne surgira jamais dans des conditions idéales et à notre convenance. C'est pourquoi il ne sert à rien de nous isoler au nom d'une pureté révolutionnaire. En tant qu'agitateurs et révolutionnaires, nous devons encourager le débordement des organisations mêmes qui se sont révélées obsolètes afin d'étendre la lutte, non pas pour « les améliorer ou les changer de l'intérieur », mais pour les briser, les dépasser et créer nos propres organes autonomes qui répondent à nos intérêts historiques de classe… et ainsi jusqu'à la révolution sociale.
Il est absurde de penser qu'après des décennies durant lesquelles le prolétariat et ses structures de résistance et de lutte radicale ont été mis en pièces (que ce soit par la répression ou la cooptation), il va soudainement se mobiliser pour partir à l'assaut du ciel, un programme révolutionnaire à la main et en brandissant un drapeau avec l'inscription Omnia sunt communia. La lutte des classes ne fonctionne pas ainsi. Ce n'est pas que le prolétariat « prenne d'abord conscience, devienne révolutionnaire, puis se lance dans la lutte », mais c'est au cours du processus de lutte (toujours tumultueux, complexe, semé de contradictions et d'erreurs) qu'il développe sa conscience et révèle sa perspective révolutionnaire, ou du moins, c'est là que les limites ignominieuses du réformisme deviennent plus évidentes, ce qui l'oblige à repenser ses méthodes de lutte.
Les secteurs qui sont déjà profondément ancrés dans les organisations de base, et qui ont pris conscience que le fait de déléguer la lutte à d'autres ne mènera qu'à une impasse, doivent se confronter à cette problématique et se réorganiser afin de surmonter cette contradiction.
La réponse du gouvernement est claire : état d'urgence, loi de bâillonnement, répression brutale et recours immédiat à la force policière pour étouffer dans l'œuf le soulèvement au plus vite. Malgré les morts, il n'y est pas encore parvenu et son désespoir grandit. Mais qu'en est-il de l'autre côté de la barricade ? Allons-nous continuer à nourrir l'espoir stupide que d'autres gouvernements progressistes ou le bloc sino-russo-iranien interviendront de l'extérieur pour nous sauver ? Tous les États sont les ennemis du prolétariat et, tôt ou tard, ils nous écraseront ou nous livreront comme un trophée à leurs rivaux. Le prolétariat n'a pas d'amis parmi la bourgeoisie ; il ne peut compter que sur ses propres forces, sa mémoire historique et ses méthodes de lutte.
La poudrière reste à deux doigts d'exploser, les mobilisations se poursuivent et les assemblées de quartier battent leur plein, mais nous ne devons pas baisser la garde. Nous savons que l'un des points faibles de toutsoulèvementréside dans le faitque plusil se prolonge, plus le poids de la fatigue et du désespoir pèse lourdement sur les insurgés. La pénurie de produits de première nécessité, de médicaments et de fournitures s'aggrave en raison des barrages et du manque de carburant, ce qui est crucial pour la poursuite de la résistance prolétarienne.
Ce qui se passe en Bolivie doit apporter de précieux enseignements à notre arsenal dans cette guerre des classes. De deux choses l'une : soit nous avançons vers l'abolition du capital, de l'argent, du marché, de l'État et des classes… soit nous prolongerons notre misère sous ce système.
Vive la révolte prolétarienne en Bolivie !
Vive ceux qui luttent !
Ni gauche, ni droite !
Mort à l'État et au capital !
Contre la Contra – juin 2026
Source en espagnol : https://materialesxlaemancipacion.espivblogs.net/2026/06/04/bolivia-en-la-encrucijada-de-la-insurreccion-y-la-contrarrevolucion/
Traduction française : Les Amis de la Guerre de Classes / Los Amigos de la Guerra de Clases
Le 20 août, l'éphéméride des luttes se révolte contre l'occupation, agit contre les fascistes de toutes les couleurs et lutte contre la destruction des terres pour le profit capitaliste.
1858 : Charles Darwin présente sa Théorie de l'évolution au monde scientifique. Il s'agit de l'une des principales remises en question de la conception théologique sur l'apparition de la vie sur Terre.
1904 : Dans le Colorado, des mineurs s'emparent de la mine de Cripple Creek et déportent les officiers du gouvernement.
1927 : A Cordoba en Argentine, dans le cadre de la campagne de soutien aux anarchistes Italiens Sacco et Vanzetti, qui risquent la condamnation à mort aux Etats-Unis, une bombe détruit une partie de l'usine Ford, faisant de gros dommages aux installations.
1940 : A Mexico, le militant communiste catalan Ramón Mercader assassine Léon Trotsky à coups de piolet pour le compte de Staline.
1955 : En Algérie, le FLN déclenche une insurrection contre l'armée d'occupation française et les tortures qu'elle fait subir à la population. Si la révolte fait 123 morts, ce n'est rien en comparaison de la répression qui s'en suit : 12.000 personnes sont tuées par l'armée.
1962 : A Madrid, le groupe Defensa Interior, lié aux résistant-e-s anarchistes contre la dictature franquiste, font sauter les locaux des journaux La Vanguardia et ABC.
1967 : - Le groupe anarchiste Primero de Mayo mitraille l'ambassade des États-Unis à Londres pour protester contre les liens économiques qui lient les USA à l'Espagne franquiste.
1968 : Les troupes du Pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie pour écraser un mouvement de contestation populaire, ce qui provoque de grosses ruptures entre la gauche radicale vis-à-vis du Parti Communiste.
1981 : En Irlande du Nord, un dixième et dernier militant de l'IRA (plus précisément de l'INLA : Irish National Liberation Army) meurt des suites d'une grève de la faim, après 60 jours. Il s'agit de Michael Irvine, âgé de 27 ans.
1985 : A Dublin, a Brigade Tyrone de l'IRA abat un prestataire de service de l'armée anglaise.
1988 : A Ballygawley en Irlande du Nord, l'IRA fait sauter une mine au passage d'un bus de transport de l'armée anglaise : 8 soldats sont tués, 28 autres blessés.
2015 : Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, une fourgonnette de la gendarmerie venue réaliser une expulsion ne parvient pas à s'enfuir lors de la réaction immédiate des soutiens. Elle sera totalement détruite à coups de batte de base-ball.
L’article Assassinat de Sonia Bellina, agression transphobe à Montpellier : chronique morbide d’un patriarcat « ordinaire » est apparu en premier sur Le Poing.
Dernièrement, Mélenchon a présenté son plan pour réorganiser l'hexagone sous forme d'« écorégions ». Pour le moins que l'on puisse dire, celui-ci nous laisse plus que perplexes. Présenté comme une mesure majeure de son programme dans le cadre de l'organisation de sa future planification écologique, il vise à redécouper les régions en se basant prioritairement sur l'eau et les bassins versants.
Si, en soi, l'idée de rompre avec l'abominable découpage précédent de Hollande – uniquement pensé dans une logique néolibérale de compétition entre les territoires – pour le remplacer par un nouveau prenant mieux en compte les réalités naturelles et les écosystèmes locaux paraît louable, elle pose de nombreuses questions quant aux modalités de sa mise en œuvre, et au respect de la volonté des populations concernées.
Une Bretagne toujours amputée du Pays Nantais
Point positif pour commencer : la Bretagne n'étant pas structurée autour d'un seul bassin versant mais autour d'une « arborescence de rivières », Mélenchon nous explique qu'il ne serait pas prévu de disparition de la région Bretagne a ce stade. Il y a quelques semaines, la publication sur les réseaux sociaux d'une carte non validée par LFI avait en effet fait couler beaucoup d'encre.
Pour le reste, c'est le flou total. Si la Bretagne ne disparaît pas, elle reste toujours amputée de la Loire Atlantique sur la carte présentée jeudi 30 juillet par Mélenchon. Cela alors même que le réseau hydrographique du Pays nantais justifierait à lui seul la réunification : comme le rappelle la Coordination démocratique bretonne dans un communiqué récent : « près de 45 % du réseau hydrographique de la Loire-Atlantique ne relève pas du bassin versant de la Loire, tandis que les enjeux environnementaux de l'estuaire dépendent directement des politiques maritimes de la péninsule bretonne ».
L'argument de l'eau ne permet donc en rien d'expliquer le maintien de la partition de la Bretagne dans le projet de LFI. Bien au contraire !
Pire, lors de son discours de Paimpont à l'occasion du 14 juillet (no comment), Mélenchon a semblé, une nouvelle fois, fermer définitivement la porte à toute possibilité de réunification, alors qu'il était pourtant clairement attendu sur le sujet. Singulier quand on sait que se projet de redécoupage est présenté comme encore non définitif, perfectible, et qu'il sera censé prendre en compte l'avis des populations.
Lors de son allocution destinée à présenter publiquement son projet de biorégions, il a expliqué, faussement étonné, que lorsqu'il a commencé à évoquer autour de lui l'idée de redécouper les régions, la première question qui lui était posée portait sur les frontières de la Bretagne. On a ainsi pu le voir s'exclamer avec dédain « Pourquoi la Bretagne ? Je ne sais pas… ».
Doit-on rappeler qu'en 2018, une pétition demandant la tenue d'un referendum est parvenue à réunir plus de 105 000 signatures d'habitant-es du Pays-Nantais ?
Soit plus de 10 % du corps électoral du département ? Que depuis des décennies, la quasi-totalité des études d'opinion montre qu'une large majorité des Breton-nes sont favorables à la réunification ? La dernière enquête en 2021 montrait qu'en cas de referendum, 63 % des habitant-es du département se prononcerait en faveur de la réunification… Ce taux montant même à 79 % chez les sympathisant-es insoumis-es ! Qu'en 2014, plus de 30 000 personnes défilaient dans les rues de Nantes en faveur du retour du Pays-Nantais en Bretagne administrative ? Tout ceci malgré des décennies de propagande de la région Pays de la Loire ? Que la partition de la Bretagne fut décidée arbitrairement sous Vichy sans aucune consultation populaire ? Que lors de la création des départements les députés bretons firent expressément en sorte que la Bretagne ne soit pas diluée comme les autres dites « provinces » ?
Lors des dernières élections municipales, William Aucant, tête de liste insoumise à Nantes, s'était engagé à faire pression en faveur d'un referendum sur la réunification lors de la prochaine campagne présidentielle : « pour que le peuple décide. Le département est une terre de gauche qui doit le rester. Le rattachement à la Bretagne serait un signe politique en forme de résistance. » Mensonge purement électoraliste ? Ou paroles sincères recadrées depuis par la direction parisienne du parti ?
Toujours est-il qu'encore une fois, Mélenchon semble avoir tranché seul et pour tout le monde, avec comme seule boussole ses lubies jacobines, quitte pour cela à occulter les réalités démocratiques, culturelles, historiques, et même écologiques qui convergent toutes en faveur de la réunification.
Un projet sincère ? Ou juste un argument de comm bidon visant l'électorat écolo ?
Sur le papier, le projet de biorégions a tout pour plaire. En décrivant des régions aux pouvoirs élargis et ayant la main sur l'agriculture, les agences de santé, les transports, et l'environnement, afin d'adapter au mieux les politiques de planification écologique aux réalités locales, LFI porte une idée très proche des revendications de notre collectif, et de la gauche autonomiste et indépendantiste bretonne en général. Mais derrière les belles paroles, quelles compétences auront en réalité ces régions ? Avec quel pouvoir législatif et quels moyens budgétaires ? Quelle autonomie réelle vis-à-vis de l'État et de Paris ?
Pour l'instant, le projet ressemble surtout à un joli plan de comm pensé depuis Paris pour rafler les voix d'un électorat écolo et citadin.
Lors de son allocution de présentation, Mélenchon, a ainsi dit tout et son contraire, déclarant : « Il faut changer en comprenant que la défense écologique ne peut pas simplement être le résultat de structures verticales et étatique (…) ne peut pas simplement être une addition de bureaucraties. »… pour nous vendre un projet décidé dans un bureau, par une commission présidée par deux député-es, sans aucune consultation des populations concernées. La différence avec la méthode employée par le gouvernement Hollande lors de sa réforme de 2014 n'est pas frappante !
Du reste, la comparaison entre la carte pour l'instant proposée par LFI, et celle des bassins versants, fait plus que douter du sérieux et de la sincérité du projet.
En plus du Pays Nantais dont le maintien de la séparation avec le reste de la Bretagne ne semble être motivé que par de pures raisons idéologiques, la Normandie se voit diluée dans une infâme région englobant Paris et s'étendant jusqu'à la Champagne, alors même qu'à l'instar de la Bretagne, elle possède essentiellement un réseau de petits fleuves côtiers qui justifierait largement son maintien en tant que région.
Le Marais Poitevin se retrouve scindé en deux régions alors que son importance environnementale et patrimoniale majeure justifierait à elle seule la création d'une région unifiant le Poitou et la Saintonge (soit l'ancienne région Poitou-Charente plus la Vendée). L'hydrologie ne justifie non plus absolument en rien la séparation de Marseille du reste de la Provence…. Et la liste est encore longue !
Dans les faits, ce découpage en bassins versants montre assez vite ses limites et ouvre la porte aux dérives technocratiques les plus arbitraires.
Disons-le clairement, nous ne croyons absolument pas en la sincérité de la brusque mue fédéraliste de Mélenchon et de LFI. Celle-ci est en contradiction avec quasiment l'ensemble des positions tenues par le parti ces dernières années, du vote contre la loi Molac à l'opposition récente à l'Assemblée contre la re-création d'une région Alsace, pourtant souhaitée par 80 % des Alsacien-nes.
Biorégions, 6e République, referendum d'initiative citoyenne, referendum révocatoire… LFI promet à tout va, sans pour autant jamais vraiment expliquer comment tout cela est censé finir par s'imbriquer.
Lors des débats à l'Assemblée nationale portant sur l'Alsace, Emmanuel Fernandes, député LFI du Bas-Rhin, décrivait le projet porté par LFI une fois au pouvoir sous la forme d'un triptyque « Etat, département, commune ». Soit un projet évoquant furieusement la France d'avant Mitterrand et la création des régions, ainsi que celui du RN qui, lui, défend ouvertement la suppression de l'échelon régional.
Jacobinisme et mépris de classe
Pour nombre de Breton-nes, Mélenchon est une figure honnie, et il est difficile de leur donner tort.
En 2007, dans une note de blog toujours lisible sur Internet, il qualifiait le breton enseigné de « pseudo langue-bretonne » créée sur demande des nazis : « J'écris « pseudo langue bretonne » car ce qui est nommé de cette façon n'est aucune des cinq langues parlées historiquement mais une « langue unifiée » dont le vocabulaire et la grammaire furent fixés à la demande de l'occupant nazi ».
Outre qu'à notre connaissance, aucun linguiste sérieux ne découpe le breton en cinq dialectes différents – la langue bretonne formant, comme toute les langues non-unifiées par un Etat-nation, un continuum divisible en un nombre variable de dialectes sans frontière clairement définie – le nombres de néo-locuteurs parvenant à converser avec leur grands-parents, leurs voisins, ou encore qui mettent un point d'honneur à parler le breton propre à leur famille ou à leur lieu d'origine, prouve chaque jour à quel point cette affirmation est mensongère et absurde. Il suffit d'écouter les radios en langue bretonne pour savoir à quel point les dialectes restent pratiqués et enseignés. Ce qui n'empêche pas des militant-es de gauche, ne parlant (comme Mélenchon) pas un seul mot de breton, de régulièrement reprendre cette thèse d'un néo-breton qui serait à la fois totalement chimique et crypto-nazi.
En 2008, il qualifiait les écoles Diwan de « secte » dans une prise de parole où il se qualifiait aussi « fier d'être un jacobin ». Position réitérée en 2021 par la consigne donnée aux parlementaires du groupe insoumis de voter contre la Loi Molac et l'enseignement immersif en langues dites régionales.
En 2013, il traitait les Bonnets rouges d'« esclaves qui manifestent pour les droits de leurs maîtres », qualifiait le mouvement de « bêtise régionaliste », et appelait à un contre-rassemblement le même jour que la grande manifestation du mouvement à Quimper. Contre-rassemblement pathétique qui fut un échec cuisant puisque n'étant basé sur aucune assise populaire.
Difficile, dans ces conditions, de voir la décision de maintenir la Loire-Atlantique séparée du reste de la Bretagne comme autre chose qu'un caprice parisianiste et personnel contre l'unité bretonne.
Le mépris de Mélenchon ne semble pas viser que les Breton-nes.
Récemment lors d'une conférence de l'Institut la Boétie où il cherchait à expliquer son concept de « créolisation », il qualifiait Bruno Retailleau de « sortant du fond de la Vendée là bas, ou ils ont jamais vus la mer » et immédiatement de poursuivre « Alors là c'est pas la peine de parler avec eux, par ce qu'ils comprennent même pas de quoi on parle ! ». Les positions racistes et xénophobes de Retailleau sont ainsi ramenées à ses seules origines vendéennes, et l'ensemble des Vendéen-nes sont essentialisé-es et condamné-es, par leur origine et leur situation sociale supposée, à ne pouvoir que partager ces mêmes positions.
Enfin, le leader insoumis a visiblement fait passer la consigne en interne d'abandonner toute tentative de s'adresser à ceux qu'il nomme les « fâchés pas fachos », ses classes populaires blanches rurales et périphériques gagnées par le vote RN. Dans un auditorium on peut ainsi l'entendre s'exclamer « il n'y a pas de fâchés pas fachos. Ils sont fachos, qu'ils soient fâchés ou pas. Et d'abord racistes ! ». Difficile de faire plus beau cadeau à l'extrême droite que de condamner ainsi publiquement tout un pan des classes populaires à une bascule irrémédiable dans le fascisme.
En fétichisant les individus sur la base de leur vote, réel ou supposé, Mélenchon élude les processus sociopolitiques lourds qui poussent toujours plus ces populations dans les bras de l'extrême droite.
Etonnament, les belles idées de la gauche, qui pense en terme d'individus forgés d'abords malgré eux par leur environnement social, ne semblent pas concerner les populations en dehors des grandes villes. Pour celles-ci, il est autorisé de retomber dans le champ de l'affect, de l'essentialisation, et de la morale, propre à la droite.
Dans son ouvrage « Ascendant beauf », l'autrice Rose Lamy explique pourtant clairement comment cette figure du prolo de droite, stupide et réac, est érigée en élément de distinction bien commode par toute une frange des classes moyennes et supérieures citadines pour camoufler son propre racisme – tout parallèle avec la sociologie d'une large frange de l'électorat blanc de LFI étant évidemment purement hasardeux et fortuit. Elle explique également comment cela permet d'invisibiliser, voir même de justifier, la violence vécue par toute une partie des classes populaires (inégalités d'accès aux soins, corps détruits par le travail, inégalités de santé et d'espérance de vie, suicides, accidents de travail mortel, alcoolisme, mortalité routière etc.).
Aux législatives de 2024, le RN a doublé ses scores en Bretagne par rapports à celles de 2022. Cette même année, aux élections européennes, nous avons, la boule au ventre, vu le RN arriver pour la première fois en tête dans la quasi-totalité des communes bretonnes.
Personne ne nous fera croire pour autant qu'en l'espace de deux ans, une part significative de nos proches, de nos voisin-nes, de nos collègues sont devenus nazis. La Bretagne fait partie des endroits où la digue face à l'extrême droite aura cédé en dernier. Pourtant, nous ne somme pas dupes sur le fait que, pour nombre de militant-es de gauche, cela ne fera que confirmer l'idée préconçue depuis des décennies que notre pays est, par essence, un pays de fachos en raison de sa forte identité.
L'origine du jacobinisme
Jacobinisme et mépris vis-à-vis des ruraux à gauche trouvent leur source dans la Révolution française, moment charnière qui a durablement ancré le clivage droite/gauche. A cette époque, la bourgeoisie, emprunte des idées des Lumières, cherche à substituer à la figure du roi, autrefois seule garante de la légitimité de l'État et de l'unité de la nation, celle du Peuple français souverain. Mais cette figure abstraite de peuple français va vite se heurter au réel : l'ancien royaume est un agrégat de populations aux langues, coutumes et mœurs variés, sans aucune cohérence réelle entre elles.
Pire : dans nombre d'endroits, et particulièrement le Massif armoricain (Bretagne, Vendée, Anjou, Maine et Basse Normandie), l'euphorie collective retombe rapidement pour laisser place à l'hostilité sourde, puis à la révolte armée.
Aujourd'hui encore, l'immense majorité de la gauche continue de présenter les chouans et les insurgé-es vendéen-es comme des arriéré-es réactionnaires.
L'origine de la révolte trouve pourtant son origine dans des conceptions radicalement opposées du progrès humain auxquelles aurait dû aboutir l'abolition des privilèges, et opposant, d'un côté, une bourgeoisie citadine, nouvelle maîtresse du pouvoir et pleine de grandes idées philosophiques, et de l'autre, des populations rurales toujours empruntes de fort liens de solidarité communautaire, et totalement imperméables à des concepts abstraits tels que ceux de « nation » ou de « citoyens ».
On ne peut que recommander la lecture de Michel Ragon, écrivain anarchiste d'origine vendéenne et auteur de La mémoire des vaincus. Dans son livre 1793 L'insurrection vendéenne et les malentendus de la liberté, il explique ainsi :
« a-t-on réfléchi que, pour la population rurale d'alors, l'État disparaissait si le roi qui l'incarnait n'existait plus ? Le roi mort, la population rurale retrouve ses instincts d'autonomie, d'anarchisme fondamental. Elle se sent dégagée de la tutelle étatique, libre des ses choix, de son identité. ».
« En Vendée, deux conceptions de la liberté s'affrontent en 1793. Les Vendéens s'insurgent sur une idée populaire de la liberté : la liberté communale (contre le pouvoir centralisateur), la liberté religieuse (contre la laïcisation obligatoire), la liberté de la langue (le patois contre le français administratif). Les républicains combattent l'insurrection au nom d'une idéologie de la liberté, donc d'une abstraction. Leur théorie philosophique de la liberté, héritée des philosophes encyclopédistes, est toute intellectuelle. C'est une théorie d'avocat. La certitude des révolutionnaires d'être dans la vérité les conduit à imposer cette perversion : une dictature de la liberté. ».
Les guerres de l'Ouest engendrèrent un traumatisme qui a fixé pour longtemps le paysage politique.
Encore aujourd'hui des pans entiers du Massif Armoricain sont de droite depuis cette époque. Mais elles ont aussi imprimé à gauche le cliché de populations rurales perçues comme par essence arriérées, stupides et réactionnaires. C'est là l'origine du jacobinisme : le progrès ne peut émaner que de centres instruits et éclairés, qui doivent l'imposer à des périphéries obscurantistes et réfractaires, par le sang s'il le faut.
Cette vision a imprégné par la suite le marxisme, jusqu'au bolchevisme et au stalinisme, qui ont mené une véritable guerre contre la paysannerie et les minorités nationales de l'ancien empire russe, à coup de famines organisées, de massacres et de déportations. En France, elle a été aussi pendant longtemps à gauche une des principales justification de la colonisation.
C'est aussi à la suite de cette histoire, et au nom de cette vision unilatéral du progrès, que le français fut imposé. Quitte pour cela à traumatiser deux ou trois générations d'enfants, et même si le seul effet en terme d'égalité fut d'accroître les privilèges de la bourgeoisie francophone et de Paris sur le reste de l'hexagone.
Comme le disait Barère : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton, l'émigration et la haine de la République parlent allemande ; la contre-révolution parle l'italien, et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreur. ».
l'urgence de déjacobiniser la gauche (et LFI) !
Le projet de biorégions porté par LFI s'inscrit clairement dans cette filiation jacobine. Dans une récente interview donné à la chaîne Le Média, la députée Claire Lejeune commence en se référant explicitement à la création des départements à la place des anciennes provinces au moment de la Révolution française. Dans les deux cas, l'idée est la même : faire table rase de tout en fonction du plan d'une petite élite éclairée est légitime et nécessaire pour réellement changer les choses en profondeur.
Au cours de la discussion, elle oppose ainsi un « ancien monde », incarné par les régions de Hollande au découpage dicté par des raisons strictement économiques, au « nouveau monde » proposé par LFI dans lequel le découpage régional serait cette foi dicté par des critères strictement écologiques.
Economie contre écologie, au final on ne fait que remplacer une vision purement technique du monde par une autre tout aussi purement technique.
Les bases sont simplement différentes. Le sentiment d'appartenance des populations, leurs identités locales, l'attachement à une terre, les données culturelles et historiques, sont considérés comme des affects irrationnels et archaïques.
Plogoff, Le Pellerin, Le Carnet, Notre Dame des Landes, marée noires, Paysans travailleurs, défense des marais salants, projets miniers, lutte contre le remembrement, contre l'agriculture intensive et les algues vertes… Si, depuis des décennies, la Bretagne est un modèle en terme de luttes écologistes, c'est pourtant bien par ce que celles-ci s'y incarne dans la défense d'une terre et d'un peuple, et non pas à travers une écologie simplement morale, technique ou abstraite. Une écologie qui refuse de prendre en compte les réalités identitaires, culturelles, historiques et spirituelles des populations – c'est-à-dire qui est construite malgré elles et contre elles – est une écologie vouée à l'échec.
Le concept de Nouvelle France aurait pu être l'occasion d'une reconnaissance commune des populations issues de l'immigration post-coloniale et des particularismes et spécificités des autres populations de l'hexagone. Cela aurait été le meilleur moyen de couper l'herbe sous le pieds du RN et de l'extrême droite. Au lieu de ça, en prétendant tout reconstruire à partir de rien, le projet de biorégions nie encore une fois les identités populaires, laissant ce champ libre aux réactionnaires et à l'extrême droite.
Qui croit sérieusement que supprimer la Normandie, l'Alsace ou l'Auvergne va aider en quoi que ce soit la transition écologique ? Que la création de nouvelles régions factices dans laquelle les populations ne se reconnaissent absolument pas va pousser les gens à se réapproprier les outils démocratiques comme LFI prétend vouloir le favoriser ? Si la Bretagne est dans la situation catastrophique sur plan agricole qu'elle connaît aujourd'hui, c'est bien parce qu'une poignée de décideurs à Paris a décidé d'en faire l'usine agro-industrielle de la France en promettant en échange monts et merveilles aux Bretons et aux Bretonnes. Merci, mais en terme de centralisme jacobin sous couvert de belles idées, on a déjà donné.
En 2022, les sympathisant-es insoumis-es accusaient Roussel et ses 2,28 % d'avoir empêché Mélenchon d'accéder au second tour. Mais s'est-on demandé quel nombre de voix les positions ultra-jacobines de Mélenchon lui ont fait perdre ? Notamment dans les territoires à forte identité comme la Bretagne ou les Pays d'Oc ? Idem pour les prises de positions et les votes contre l'enseignement immersif en langues dites régionales. Aujourd'hui, on entend les zinzinsoumis faire la chasse aux abstentionnistes plus à gauche qu'eux, pendant que leur leader insulte les habitant-es d'une région entière, et que leur partie cherche à bloquer les aspirations démocratique de l'immense majorité des Alsacien-nes. Drôle de priorité pour gagner des voix !
Dans son allocution de présentation du projet de biorégions, on pouvait entendre Mélenchon dire : « Les cartes qui tournent autour de l'eau sont souvent en même temps des cartes politiques de l'ancien régime et du temps long. » puis « Il y a donc un rapport immédiat entre les grands facteurs géographique structurants, la culture et la politique. Il n'est pas question pour nous tout d'un coup d'effacer la culture et la politique… Parce que tout simplement ça ne fonctionnerait pas… »
Voilà au moins un constat que nous partagerons avec Mélenchon. Il est donc plus que temps pour une gauche qui espère vaincre de sortir de ses ornières et d'appliquer à la lettre ses prétentions démocratiques.
Une fois ce constat posé, notre rôle n'est pas d'attendre une inflexion de la part du grand leader.
Il est d'imposer nos thèmes et nos revendications dans la campagne, afin de s'engouffrer dans la brèche ouverte par la FI sur l'aberrant découpage régional de 2015. C'est pourquoi nous vous donnons rendez vous dans les rues de Nantes pour la défense de la réunification et de l'autonomie le 26 septembre prochain !
Dispac'h, le 19 août 2026
La Nouvelle République / samedi 15 août 2026
Ils ont également versé du ciment dans des trous et sur plusieurs buses d’arrosage, tout en semant des graines et en plantant des carottes sur les greens. « Il est urgent de repenser l’usage de l’eau, notamment l’été : quelles activités sont soutenables dans un monde en pleine urgence climatique ? Il faut prioriser ce qui est vital pour l’être humain et le vivant », avancent les activistes dans un message non signé, avant de proposer, avec un brin d’ironie, « que les greens des golfs et leur système d’arrosage soient mis au service de la population, en les transformant par exemple en jardins potagers partagés ».
Les jardiniers du Domaine de Beauvoir ont pu remettre les trous en état dès vendredi et le parcours est accessible aux golfeurs, ce week-end.
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franceinfo / lundi 17 août 2026
Lorsque les clients et les salariés sont arrivés, dans la matinée du vendredi 14 août, sur le green du golf de Mignaloux-Beauvoir (Vienne), ils s’attendaient à voir un terrain propre et vert, comme ils l’avaient laissé la veille. Mais ce n’est pas ce qu’ils ont vu. Loin de là. « C’est le travail d’une année, donc quand on a vu ça, cela nous a mis un sacré coup« , précise François Gauthier, intendant du parcours.
Dans la nuit du 13 au 14 août, des activistes écologistes ont en effet dégradé le golf. Les greens des trous 3 et 1 ont été endommagés, notamment avec du béton. « Il y a eu une découpe de la surface en profondeur« , précise Édouard Guillaumet, le propriétaire des lieux. « Ils nous ont également laissé un message écologique. »
« Moins de greens, plus de racines » : voilà ce qu’ont écrit ces activistes. Ils souhaitaient, en effet, alerter sur « la crise hydrique et son lot d’injustices sociales« . Ils dénoncent notamment l’hypocrisie de « gaspiller de jour comme de nuit pour un loisir de quelques privilégiés« . « Ce luxe est indécent« , assurent-ils dans un communiqué envoyé le 15 août.
Au même moment, ils estiment que de nombreux pans de la société sont impactés par la sécheresse. « Les syndicats agricoles redoutent des pertes considérables dans la production de nourriture« , précisent-ils, indiquant également que « 40 000 personnes » doivent faire face à des coupures d’eau. « Il est urgent de repenser l’usage de l’eau, notamment l’été« , estiment-ils.
Les activistes proposent de transformer les greens de golf et leur système d’arrosage « en jardins potagers partagés« , pour que l’endroit « soit mis au service de la population« . De son côté, Édouard Guillaumet précise que [on s’en fout ; NdAtt.]
Le propriétaire comprend le message écologique de cette mobilisation, mais il s’oppose donc « à la forme » qu’a prise cette action. Il a décidé de porter plainte. […]
Le Monde / mercredi 19 août 2026
La cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 19 août, la remise à l’Allemagne du militant antifasciste albanais surnommé « Gino », que la France avait refusé précédemment de remettre à la Hongrie par crainte pour ses droits fondamentaux.
Rexhino Abazaj, alias « Gino », « se pourvoit en cassation », a annoncé à la sortie de l’audience Youri Krassoulia, son avocat, dénonçant une décision « scandaleuse ». Le trentenaire est accusé par la Hongrie de violences contre des néonazis qui défilaient à Budapest en février 2023. Il encourt une peine allant jusqu’à 24 ans de prison dans ce pays et jusqu’à 10 ans en Allemagne, des victimes présumées étant de nationalité allemande.
En avril 2025, la France avait refusé de le remettre à Budapest, invoquant des « risques » d’un « traitement inhumain » en prison et l’incertitude de lui garantir un procès équitable dans ce pays membre de l’Union européenne.
Le militant antifasciste était donc depuis au cœur d’une autre procédure, enclenchée depuis 2025, l’Allemagne le réclamant pour les mêmes faits. « Gino » est libre – il doit être remis à l’Allemagne dans dix jours et avait trois jours pour se pourvoir en cassation – et vit à Paris.
Lors d’une précédente audience en juin, Laurent Pasquet-Marinacce, autre avocat de « Gino », avait soulevé un « risque » : « Nous n’avons pas les moyens de savoir si la Hongrie a condamné en son absence notre client : si la France le remet à l’Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu’il exécute sa peine là-bas ? »
Le Télégramme / mardi 18 août 2026
Un nouveau message a été découvert mardi 18 août près du port de Kérity, à Penmarc’h, sur le mur privé d’une propriété située à proximité de l’ancienne capitainerie. L’inscription « Non aux résidences secondaires » succède ainsi au tag anti-touristes – « Tourists go home » [le tag complet dit : « Tourists go home – Refugees welcome » ; NdAtt.] – signalé la veille dans la commune.
Ce nouvel acte déplace le débat sur la question complexe de l’habitat et du logement en Pays bigouden. En ciblant la présence des résidences secondaires, il pointe du doigt une problématique bien réelle sur le territoire : la prolifération de logements fermés une grande partie de l’année et la difficulté croissante pour les actifs locaux d’accéder à la propriété ou à la location.
Si la municipalité applique déjà une majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, la tension autour du foncier demeure vive. La création de logements sociaux et d’habitations accessibles à l’année figure d’ailleurs parmi les priorités affichées par la mairie pour répondre au manque de solutions de logement pour la population permanente.
A partir de 18h30 venez a l'espace saint Jean a l'argentiere la bessee pour un atelier d'écriture au prisonnier.es
Venez rencontrer les gens qui offrent le café aux familles devant la prison à Gap et qui, ce 26 aout, au centre social de l'Argentiere, ramènent stylos, feutres et envellopes pour ecrire a des enfermé.e.s qui cherchent des correspondant.e.s pour lutter contre l'isolement carcéral.
Pas besoin d'être un.e crack en orthographe ou en dessin, pas même besoin de savoir écrire le français ! Pas besoin non plus de connaître la prison, d'y avoir un proche (mais si c'est le cas, on vous aidera a faire la 1ere lettre avec plaisir). On vous apporte des adresses et des combines et puis on s'y met ensemble... on peut même partager un apéro ensuite !
Mardi 18 aout 2026, les autorités ont ordonné l’évacuation et le démantèlement de deux camps de Roms du quartier de Doulon de Nantes avec le concours des forces de l’ordre. L’opération s’est déroulée dans le calme mais a plongé la dizaine de familles concernées parmi lesquelles de nombreux travailleurs et enfants scolarisés dans le quartier dans l’incertitude, aucune solution de relogement ne leur ayant été proposée.

Les éditeurs de la présente farde ne partagent pas forcément la ligne politique telle que développée dans ces informations, mais il nous a néanmoins semblé important de faire circuler des éléments qui permettent une certaine analyse des luttes menées par notre classe en Bolivie.
« Alors que dans de nombreuses démocraties, les revendications sociales trouvent des canaux institutionnels relativement stables, en Bolivie, la mobilisation de rue, la grève, la révolte et la rébellion constituent historiquement un instrument permanent et légitime de contestation du pouvoir politique. La protestation fait partie intégrante de la tradition politique du pays. Le recours à la mobilisation sociale comme mécanisme de pression pour infléchir les décisions de l’État, promouvoir des transformations structurelles, voire renverser des gouvernements, de droite comme de gauche, est quelque chose d’extrêmement vivant. Ainsi, rien que pour la période récente, on a eu la révolution de l’eau de 2000, la révolution du gaz de 2003, les mobilisations pour l’autonomie, la marche indigène TIPNIS, les manifestations du 21 février, la crise de 2019 et celle de 2020 et les récents blocages de cette année 2026, tous d’une ampleur du type des Gilets Jaunes en France, associé au mouvement des retraites et à la préparation de la grève générale du 10 septembre 2025 mais avec de fréquents affrontements violents, parfois insurrectionnels avec prise des armes, de nombreux morts mais aussi de nombreuses victoires jusqu’à la chute de gouvernements, deux en 20 ans. »
Sommaire USA : L'ICE recourt à l'alimentation forcée de migrants en grève de la faim France : L'État condamné à indemniser cinq blessés lors de l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes USA : Une forte représentation des hommes noirs parmi les prisonniers politiques de longue durée Argentine : Expulsion violente d'une communauté indigène à Jujuy Hongrie : Agression de l'antifa Maja et sanction disciplinaire après un conflit sur ses vêtements Inde : La police élargit son enquête contre des étudiants après un hommage à G. N. Saibaba USA : Le condamné à mort Keith LaMar obtient un sursis de trois ans USA : Le prisonnier libano-américain Mohamad Hamad dénonce la surveillance et le profilage du FBI Turquie : La musicienne kurde Nuarîn, résidant en France depuis 11 ans, arrêtée à son arrivée USA : ICE va équiper ses agents de gants électriques dans le cadre d'un contrat de 20 millions de dollars USA : Un mouvement de sabotages vise les caméras Flock USA : Luigi Mangione reconnaît avoir tué un patron de l'assurance santé Allemagne : Vague de solidarité après le témoignage d'une militante accusant un policier turc de viol France : Le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la loi Ripost et renforce la répression des free parties Mali : Dix ans de prison requis contre Ras Bath après plus de trois ans de détention Inde : Modi appelle à identifier et isoler les « Naxalites intellectuels » France : Le Conseil constitutionnel censure l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans USA : Des détenus de la prison de Lawrence en grève de la faim contre leurs conditions de détention Allemagne : Les autorités bloquent le passage du navire Handala II vers Gaza Turquie : Des militants socialistes détenus dénoncent la répression avant le sommet de l'OTAN Allemagne : Trois perquisitions à Berlin et dans le Brandebourg dans une enquête sur un braquage de banque Philippines : Des prisonnières politiques dénoncent la disparition de 7 millions de pesos de leurs fonds Palestine : Intensification des arrestations et violences israéliennes contre les Palestiniens Maroc : La solidarité s'organise avec l'artiste Yasser Mounbir en détention préventive
USA : L'ICE recourt à l'alimentation forcée de migrants en grève de la faim
Le service américain de l'immigration (ICE) a eu recours à l'alimentation forcée pour mettre fin aux grèves de la faim de migrants détenus. Plusieurs cas ont été rapportés, dont celui d'un demandeur d'asile kurde au Texas, nourri de force pendant huit mois avant son expulsion fin 2025. L'ICE ne reconnaît pas officiellement cette pratique, mais des responsables de l'administration ont assumé la possibilité d'y recourir lorsque la santé des détenus est jugée en danger. De nombreux obersvateurs, dont des avocats et des médecins, dénoncent une atteinte aux droits des grévistes de la faim, qui réclament notamment de meilleures conditions de détention, l'accès à des appels ou à des services dans leur langue.
France : L'État condamné à indemniser cinq blessés lors de l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes
Le tribunal administratif de Nantes a condamné l'État à indemniser cinq personnes, dont deux journalistes et trois manifestants, blessées par des grenades GLI-F4 lors de l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en avril 2018. Les victimes recevront entre 3 260 et 9 500 euros, le tribunal ayant estimé que l'usage de cette grenade, jugée particulièrement dangereuse, constituait une « faute » de l'État. La responsabilité de l'État a toutefois été réduite de 20 à 30 % dans certains dossiers, au motif que les victimes s'étaient maintenues sur les lieux malgré les affrontements. Environ 300 opposants, une centaine de gendarmes et trois journalistes avaient été blessés lors de l'évacuation partielle de la ZAD en avril 2018.
USA : Une forte représentation des hommes noirs parmi les prisonniers politiques de longue durée
Aux États-Unis, les hommes noirs sont fortement représentés parmi les personnes détenues pendant plusieurs décennies. On peut notamment citer Mumia Abu-Jamal, incarcéré depuis 44 ans, ainsi que plusieurs autres prisonniers, libérés ou décédés en détention, qui ont passé jusqu'à 67 ans derrière les barreaux. Cette situation s'inscrit dans un système carcéral marqué par la répression politique et le racisme d'État.
Parmi les prisonniers politiques noirs cités figurent Ruchelle Magee (67 ans de détention), Edward Poindexter (53 ans), Romaine « Chip » Fitzgerald (51 ans), Veronza Bowers (50 ans), Sundiata Acoli (49 ans), Jalil Muntaqim (49 ans), Russell « Maroon » Shoatz (49 ans), Herman Bell (45 ans), David Rice (45 ans), Mumia Abu-Jamal (44 ans), Albert Woodfox (43 ans), Herman Wallace (41 ans), Christopher « Naeem » Trotter (41 ans), John « Balagoon » Cole (41 ans), Mutulu Shakur (37 ans), Sekou Odinga (33 ans) et Robert Hillary King (29 ans).
Selon un rapport de 2022 du National Registry of Exonerations, les Africains-Américains représentent 13,6 % de la population états-unienne, mais 53 % des personnes dont la condamnation a été annulée après avoir été reconnues innocentes depuis 1989. Ils sont sept fois plus susceptibles que les Blancs d'être victimes d'une condamnation injustifiée pour des crimes graves.
Argentine : Expulsion violente d'une communauté indigène à Jujuy
À Humahuaca, dans la province de Jujuy, un conflit foncier oppose deux factions de la communauté indigène de Santa Rosa au sujet de la propriété d'un terrain. Les dirigeants actuels contestent les titres et plans présentés par la partie adverse, qu'ils jugent irréguliers et non reconnus par le cadastre. C'est dans ce contexte qu'une décision judiciaire a conduit à l'expulsion de plusieurs familles vivant sur les lieux. Les membres de la communauté contestent la légalité de la procédure.
L'opération policière a été marquée par l'usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, faisant au moins dix blessés, tandis que trois maisons ont été détruites. Des enfants âgés de 1 à 7 ans ont également été emmenés sans notification préalable à leurs parents. Les familles expulsées, désormais sans logement, réclament une aide urgente des autorités municipales et provinciales et ont engagé des démarches judiciaires pour dénoncer les violences et les irrégularités présumées de l'intervention.
Hongrie : Agression de l'antifa Maja et sanction disciplinaire après un conflit sur ses vêtements
Depuis fin juin 2026, les autorités de la prison de Budapest où l'antifa non-binaire Maja est détenu·e cherchent à lui interdire le port de vêtements féminins, sans lui fournir de justification légale écrite. Le 17 juillet, plusieurs gardiens l'ont violemment maîtrisée après son refus de se changer, lui causant plusieurs blessures. Iel a ensuite été conduite à l'hôpital sous escorte, tandis que ses vêtements féminins étaient retirés de sa cellule.
Une procédure disciplinaire a été engagée contre Maja, accusé·e d'avoir agressé les agents, et une exclusion de trois mois des activités récréatives et collectives a été prononcée. Cette sanction, actuellement suspendue dans l'attente de l'appel, est une mesure supplémentaire de pression visant à limiter son expression de genre.
Inde : La police élargit son enquête contre des étudiants après un hommage à G. N. Saibaba
La police de Mumbai a élargi son enquête visant d'anciens étudiants du Tata Institute of Social Sciences (TISS) après un hommage organisé en octobre 2025 à G. N. Saibaba , universitaire et défenseur des droits humains décédé en 2024 qui a été emprisonné à plusieurs reprises pour des liens présumés avec le Parti Communiste d'Inde (Maoïste). Neuf personnes avaient été poursuivies après avoir, selon la police, scandé des slogans réclamant la libération des militants Umar Khalid et Sharjeel Imam, détenus sous la loi antiterroriste UAPA. L'un des anciens étudiants a été arrêté le 7 août 2026 après le rejet de sa demande de liberté anticipée, un autre reste recherché.
L'enquête s'étend désormais à deux professeurs du TISS, auxquels la police a adressé des convocations pour des messages WhatsApp échangés avec l'étudiant arrêté, ainsi qu'à des travaux de terrain réalisés dans le cadre obligatoire de sa formation. La justice et la police présentent ces activités comme des éléments à examiner dans l'enquête, tandis que les étudiants et leurs avocats contestent les accusations et dénoncent une pression sur les libertés académiques et politiques.
USA : Le condamné à mort Keith LaMar obtient un sursis de trois ans
Condamné à mort dans l'Ohio pour la mort de cinq détenus lors de la révolte de la prison de Lucasville en 1993, Keith LaMar a obtenu un sursis de trois ans, repoussant son exécution à 2030. Ses avocats disent avoir découvert de nouveaux éléments susceptibles de démontrer qu'il a été injustement condamné, notamment des preuves qui auraient été dissimulées lors de son procès. LaMar a passé plus de 30 ans à l'isolement et était jugé devant un jury entièrement blanc.
Depuis son précédent sursis, LaMar dénonce des conditions de détention qu'il qualifie de torture, affirmant notamment que des produits chimiques sont régulièrement diffusés autour de sa cellule et contaminent sa nourriture. Il dit avoir déposé plus de 50 plaintes sans obtenir de réponse satisfaisante. Le gouverneur républicain Mike DeWine, qui a récemment déclaré ne plus considérer la peine de mort comme dissuasive, a justifié le sursis par les difficultés d'approvisionnement en produits nécessaires aux injections létales. Les soutiens de LaMar réclament désormais sa grâce et la révision de sa condamnation.
USA : Le prisonnier libano-américain Mohamad Hamad dénonce la surveillance et le profilage du FBI
Militant libano-américain pro-palestinien et ancien étudiant de Penn State, Mohamad Hamad est détenu depuis avril 2025 dans une prison de haute sécurité en Pennsylvanie, sans procès à ce jour. Il dénonce avoir subi une surveillance et des perquisitions répétées du FBI, notamment grâce à des drones, hélicoptères, équipes au sol et un dispositif GPS placé sur sa voiture. Arrêté après une enquête portant notamment sur des graffitis pro-palestiniens et la possession de matériaux utilisés pour fabriquer des feux d'artifice artisanaux, il affirme avoir été présenté au tribunal comme un « agent du Hamas ».
Plus de 20 organisations de défense des droits et de soutien à la Palestine ont lancé une campagne réclamant l'abandon des charges ou, à défaut, sa remise en détention à domicile. Ses soutiens dénoncent une procédure fédérale disproportionnée et une détention prolongée sans jugement. Hamad affirme n'avoir enfreint aucune des conditions de son assignation à résidence avant son arrestation en avril 2025.
Turquie : La musicienne kurde Nuarîn, résidant en France depuis 11 ans, arrêtée à son arrivée
Résidant en France depuis onze ans, la musicienne kurde Nuarîn a été arrêtée à son arrivée en Turquie, à l'aéroport de Çukurova. Placée en garde à vue mardi 11 août, elle a ensuite été mise en détention. Les motifs de son arrestation n'ont pas été communiqués et une ordonnance de confidentialité empêche pour l'instant de connaître les charges retenues contre elle.
Originaire de Nusaybin, dans la province de Mardin, Nuarîn a commencé sa carrière musicale en 2004 au Centre culturel de Mésopotamie à Mersin, avant de poursuivre une carrière solo à partir de 2008. Installée en région parisienne, elle continue d'y exercer son activité artistique.
USA : ICE va équiper ses agents de gants électriques dans le cadre d'un contrat de 20 millions de dollars
Le département étatsunien de la Sécurité intérieure prévoit de dépenser 10 à 20 millions de dollars, sans appel d'offres, pour équiper l'ICE de gants électriques fabriqués par la société du Kentucky Compliant Technologies. Le dispositif G.L.O.V.E., qui délivre une décharge électrique pour maîtriser les personnes résistantes, est déjà utilisé par plusieurs services de police et organismes de sécurité.
USA : Un mouvement de sabotages vise les caméras Flock
Une vague de sabotages vise le réseau de plus de 120 000 caméras Flock, déployées dans 49 États. Installées à la demande des forces de l'ordre, ces caméras photographient les véhicules et enregistrent plaques, modèles, couleurs et caractéristiques distinctives, alimentant une base de données nationale conservée pendant 30 jours. Le système permet également de rechercher des personnes à partir de caractéristiques physiques ou vestimentaires et de suivre leurs déplacements sans mandat judiciaire.
Critiqué pour les atteintes à la vie privée et leur rôle dans la surveillance de masse, le réseau a notamment été utilisé pour espionner des proches, suivre des femmes se rendant dans d'autres États pour avorter ou transmettre illégalement des informations sur des migrants à l'ICE. Le mouvement anti-Flock assemble de nombreuses personnes et a contribué à la résiliation des contrats par plus de 70 municipalités ces derniers mois.
USA : Luigi Mangione reconnaît avoir tué un patron de l'assurance santé
Luigi Mangione a reconnu devant une juge fédérale de New York avoir abattu en décembre 2024 M. Thompson, dirigeant du plus grand groupe étatsunien d'assurance santé. Après son plaidoyer de culpabilité dans une procédure fédérale, ses avocats ont demandé l'abandon de l'accusation de meurtre portée séparément par l'État de New York, estimant qu'il ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits.
Allemagne : Vague de solidarité après le témoignage d'une militante accusant un policier turc de viol
Après avoir rendu publiques des accusations de violences sexuelles , dont un viol qu'elle a subi en détention en Turquie, l'activiste de FKO Paula Maier a suscité une vague de solidarité en Allemagne. Des centaines de personnes ont participé à des rassemblements et manifestations dans plusieurs villes, dénonçant les violences et la répression et appelant à transformer ces expériences en mobilisation contre les violences faites aux femmes.
Des actions ont notamment eu lieu à Leipzig, Cologne, Stuttgart, Hambourg, Berlin, Essen, Düsseldorf, Gelsenkirchen et Chemnitz. D'autres mobilisations sont prévues les 15, 16 et 19 août, ainsi qu'une manifestation contre les violences sexuelles le 24 août à Francfort.
France : Le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la loi Ripost et renforce la répression des free parties
Le Conseil constitutionnel a validé le 14 août l'essentiel de la loi Ripost , tout en censurant sept des trente dispositions examinées. Le texte durcit notamment les sanctions contre les free parties : jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende pour les organisateurs, et six mois de prison et 7 500 euros d'amende pour les participants, avec une amende forfaitaire de 300 euros. Il autorise également la suspension administrative du permis de conduire en cas de consommation répétée de stupéfiants, y compris lorsque la personne ne conduisait pas au moment des faits.
Le Conseil constitutionnel a toutefois censuré plusieurs mesures, dont la destruction sous 24 heures de véhicules utilisés lors de rodéos, la fermeture de commerces vendant des mortiers d'artifice, l'usage de caméras-piétons par certains agents privés et certaines restrictions concernant les détenus. Ils ont également encadré l'utilisation des drones et de la vidéoprotection algorithmique.
Mali : Dix ans de prison requis contre Ras Bath après plus de trois ans de détention
Le parquet malien a requis dix ans de prison ferme et 240 000 FCFA d'amende contre le chroniqueur et militant Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, dont le procès s'est ouvert le 10 août à Bamako, plus de trois ans après son arrestation. Il est notamment poursuivi pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants » par le biais des technologies de l'information et de la communication, ainsi que pour d'autres infractions. Ras Bath conteste les accusations et affirme avoir simplement exercé son droit de critiquer les autorités. Le parquet a également requis dix ans de prison, dont cinq avec sursis, contre la militante contre la vie chère Rokia Doumbia, dite Rose Vie Chère.
Inde : Modi appelle à identifier et isoler les « Naxalites intellectuels »
Lors des célébrations du 80e anniversaire de l'indépendance, le Premier ministre d'extrême droite Narendra Modi a appelé à « identifier et isoler » les « Naxalites intellectuels », qu'il accuse d'avoir infiltré les institutions et d'influencer les politiques publiques.
Mouvement maoïste né en Inde dans les années 1960, le naxalisme s'est notamment traduit par le développement d'une guerre populaire menée par le Parti communiste d'Inde (maoïste). Modi estime que la menace idéologique demeure et appelle à la vigilance, malgré l'affaiblissement de la guérilla en raison de l'intensification des campagnes de contre-insurrection. Modi a également affirmé que son gouvernement avait fait de l'éradication du naxalisme une priorité depuis 2014, celui-ci étant considéré comme une menace stratégique pour l'État indien.
France : Le Conseil constitutionnel censure l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Le Conseil constitutionnel a censuré l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, prévue par une loi récemment adoptée , estimant qu'elle porte une atteinte disproportionnée à leur liberté d'expression et de communication. La mesure, qui devait entrer en vigueur le 1er septembre et concerner notamment TikTok, Instagram, Snapchat, X, certaines fonctionnalités de YouTube, les messageries et des jeux en ligne, est ainsi abandonnée. L'institution a également estimé que la loi ne prévoyait pas de garanties suffisantes pour encadrer la vérification de l'âge des utilisateurs, notamment en précisant les modalités techniques de cette vérification et les limites à respecter afin de protéger leur vie privée.
Après cette décision, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de préparer rapidement une nouvelle version « juridiquement robuste » de l'interdiction. Le Conseil constitutionnel ne s'est en revanche pas prononcé sur l'interdiction du téléphone portable au lycée, également prévue par le texte.
USA : Des détenus de la prison de Lawrence en grève de la faim contre leurs conditions de détention
Au moins 25 détenus placés à l'isolement au Lawrence Correctional Center, dans l'Illinois, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et des traitements inhumains. Des militants appellent à soutenir les grévistes et à interpeller l'administration pénitentiaire afin de faire pression pour l'amélioration de leurs conditions.
Allemagne : Les autorités bloquent le passage du navire Handala II vers Gaza
Navire de la Freedom Flotilla Coalition en route vers Gaza, le Handala II a été contraint de quitter le port de Kiel après un incident lors de son accostage, qui a endommagé une passerelle et légèrement le bateau. Les autorités allemandes ont procédé à une inspection approfondie et exigé le départ du navire après réparation et règlement des dommages. Le navire ne sera par ailleurs pas autorisé à emprunter le canal de Kiel et devra contourner le Danemark par Skagen, ce qui pourrait entraîner des retards. Le Handala II retournera au Danemark pour effectuer les réparations et devra renoncer aux escales prévues à Bremerhaven et Brighton. La coalition affirme toutefois maintenir son objectif d'atteindre Brest le 28 août, avant de poursuivre la traversée vers Gaza avec le navire britannique M/S Kate.
Turquie : Des militants socialistes détenus dénoncent la répression avant le sommet de l'OTAN
Avant le sommet de l'OTAN organisé à Ankara les 7 et 8 juillet, les autorités turques ont arrêté puis placé en détention de nombreux socialistes, communistes, progressistes, journalistes, syndicalistes ou encore universitaires. 225 personnes ont été interpellées lors d'opérations menées le 23 juin, dont 178 ont été placées en détention dans le cadre de différentes affaires. Depuis leur prison, six militants socialistes détenus à Marmara ont dénoncé leur arrestation et réaffirmé leur opposition à l'OTAN et aux politiques impérialistes.
Ils affirment notamment dans leur texte : « Nous avons clamé haut et fort que nous ne permettrions pas que notre région devienne une base, un centre de l'impérialisme et de son organisation de guerre, l'OTAN. Nous avons défendu l'unité et la lutte internationales du prolétariat. Nous avons été arrêtés et placés en détention par le pouvoir, qui ne pouvait tolérer cela, sur la base de motifs arbitraires et à la suite d'une perquisition à domicile. »
Allemagne : Trois perquisitions à Berlin et dans le Brandebourg dans une enquête sur un braquage de banque
Le 12 août, trois perquisitions ont été menées à Berlin, dans les quartiers de Neukölln et Kreuzberg, ainsi que dans le Brandebourg, dans le cadre d'une enquête sur un braquage de banque commis à Aix-la-Chapelle en 2013. L'affaire est rapprochée d'un autre braquage visant la Pax-Bank en 2014, pour lequel plusieurs anarchistes avaient été poursuivis en 2017 et la militante prénommée Lisa condamnée. Une personne arrêtée récemment en Espagne et extradée vers l'Allemagne est actuellement en détention provisoire, soupçonnée d'avoir participé au braquage de 2013.
Les perquisitions, menées par les polices criminelles du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Berlin, visaient notamment Lisa, ainsi que sa compagne en tant que témoin. Les enquêteurs recherchaient des supports de données et des documents manuscrits et ont également fouillé des espaces communs et des caves. Lisa a été conduite au commissariat, où ses empreintes et des photographies ont été relevées, avant d'être relâchée. Les opérations ont duré six à sept heures.
Philippines : Des prisonnières politiques dénoncent la disparition de 7 millions de pesos de leurs fonds
Des prisonnières politiques de la Correctional Institution for Women, à Mandaluyong, demandent le remboursement de près de 7 millions de pesos (environ 100 000 euros) disparus des fonds déposés par les familles des détenues. Un audit aurait révélé que, sur environ 13 millions de pesos enregistrés dans le système, seuls 6 millions étaient disponibles. Les détenues demandent que les responsables soient identifiés et sanctionnés, ainsi que la suppression du système de « trust fund », un dispositif interne de la prison dans lequel l'argent envoyé par les familles est déposé et conservé, avant que les détenues puissent en retirer une somme limitée chaque semaine pour leurs besoins courants.
Elles dénoncent également la solution proposée par l'administration, qui prévoit d'augmenter le prix des appels téléphoniques de 3 à 5 pesos pour cinq minutes et de suspendre la part des détenues dans ces revenus afin de reconstituer les fonds disparus. Elles estiment que les détenues, victimes de la disparition de leur argent, ne doivent pas en supporter le coût. Elles ont saisi la Commission des droits humains, le ministère de la Justice et la Chambre des représentants afin qu'une enquête soit menée.
Palestine : Intensification des arrestations et violences israéliennes contre les Palestiniens
Les forces israéliennes ont intensifié ces derniers jours les arrestations, perquisitions et violences contre des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. À Gaza, trois chauffeurs de camions d'aide humanitaire ont été arrêtés près du point de passage de Kerem Shalom, au sud-est de Rafah. En Cisjordanie, plusieurs personnes ont été arrêtées lors de raids à Ramallah, Bethléem et Hébron. À Beit Einun, plus de dix jeunes hommes ont été arrêtés après une attaque menée par des colons israéliens, tandis qu'à Tarqumiyah, des habitants ont été violemment frappés lors de perquisitions, faisant trois blessés. À Beit Ummar, les forces israéliennes ont également endommagé le contenu d'une maison avant d'arrêter un jeune homme de 20 ans. Ces opérations s'inscrivent dans une intensification des arrestations, des incursions et des violences visant les Palestiniens, parallèlement aux attaques menées par des colons israéliens dans plusieurs secteurs de Cisjordanie occupée.
Maroc : La solidarité s'organise avec l'artiste Yasser Mounbir en détention préventive
Artiste marocain de 22 ans spécialisé dans le dessin, la peinture et les fresques murales, Yasser Mounbir est détenu depuis le 15 juin 2026 à la prison Oukacha d'Aïn Sebaâ. Il est poursuivi pour outrage à une institution constitutionnelle et à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. Une audience est prévue le 17 août au tribunal de première instance d'Aïn Sebaâ, où un rassemblement de soutien est organisé à l'appel de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et son comité de soutien.
Éducatrice spécialisée de profession, Jeanne Jaeck fait partie des bénévoles qui ont assisté les nombreux évacués qui se sont entassés au Parc de expositions de Bordeaux. Elle raconte le chaos, l'anxiété diffuse et néanmoins, la solidarité.
Les incendies, on les a connus en 2022 avec le secteur de la dune du Pilat. Alors, lorsqu'on nous annonce, mercredi dernier, qu'un feu est en cours au niveau de Saumos, on a tous comme un goût amer de déjà-vu. La veille, deux pompiers sont décédés dans un feu sur Mérignac, commune proche Bordeaux. Le feu s'étend, un deuxième départ au niveau des Landes, à Biscarrosse, et le cauchemar commence. Le nuage est là, stagnant au loin de la métropole bordelaise pendant 3 jours. Et vendredi soir, en l'espace de quelques minutes, Bordeaux est recouvert d'un immense nuage de fumée.
Les évacuations dégringolent les unes après les autres. Le climat devient anxiogène, terrorisant. Les cerveaux semblent marcher au ralenti. Alors, avec mon copain, nous décidons, dimanche, après avoir repris nos esprits, de partir aider sur le Parc des Expositions, à Bordeaux, en tant que bénévoles : les réfugiés climatiques. Accompagnés d'un ami à nous, on se présente sur le parking et commence alors le début des informations contradictoires : « Plus de bénévoles pour aujourd'hui », « À partir de 19 h », « À partir de 21 h », « À partir de 20 h ». Puis, sur Internet, on y voit des stories de personnes à l'intérieur qui mettent en avant les difficultés rencontrées et le manque de bénévoles. On repart alors sans avoir pu pénétrer à l'intérieur, avec la conviction que demain, on re tentera de prêter main forte.
Le lendemain, avec mon copain, un ami et une voisine on arrive vers 18h heure, sans trop savoir s'ils manquent de bénévoles. Bordeaux métropole est gestionnaire de cette organisation, On scanne un QR code, on attend dans un sas que les missions soient apparemment proposées en fonction des compétences de chacun. Ils cherchent des personnes pour « faire du social » sur le parking. Sur le moment on ne comprend pas trop. Je me porte volontaire pour l'équipe de bénévoles composée d'éducatrices et de psy. On décide de faire des binômes psy/educ. Sur les parkings ? Bon ok, why not ? Puis là, on nous balance que les gens sont apeurés, qu'il y a eu des agressions sexuelles, des vols dans les véhicules. Beaucoup de personnes ne sont pas dans l'enceinte même du parc des expo mais dans leurs voitures. Accompagnée de ma binôme psychologue, on tourne sur le parking pour « allez vers ».
On rencontre des gens dans une extrême précarité, effrayés, énervés, traumatisés. Des couples de personnes de 70 ans qui refusent de quitter leurs véhicules par peur de se faire voler le peu de choses qui leur restent. Voici les personnes que nous avons abordées lors de cette soirée de prévention bénévole. Un monsieur, complètement empêché psychiquement de sortir de sa voiture, qui n'est entré qu'une seule fois dans le parc des expos pour prendre quelques bananes. Il n'a rien avalé depuis 3 jours. Il a réussi à chopper un camion qui livre des packs d'eau. Il nous dit : « J'ai volé un pack, j'avais peur de rentrer dedans ». Il n'a presque plus de médicaments pour soigner ses troubles et ne sait pas s'il peut se rendre à la pharmacie car sa voiture n'a plus de batterie. Il y a branché son téléphone trop longtemps. Une famille de 5 personnes dans une Twingo garée à des centaines de mètres de l'entrée car, il y a 2 jours, il y avait une autre entrée située devant leur place de parking. Elle a ensuite fermé. Depuis, ils n'ont pas osé déplacer leurs voitures. Le papy fait donc des aller-retours incessants pour chercher de l'eau, aller aux toilettes sans savoir s'il peut rapprocher sa voiture. Dans cette voiture un enfant avec un casque anti-bruit qui est en incapacité psychique d'être en contact avec le bruit, les lumières de ces grands hangars remplis de milliers de personnes. Un monsieur de 70 ans avec sa femme qui dorment dans leur voiture mais sont gênés par le bruit de la caravane en face qui passe de la musique. On lui propose de déplacer son véhicule. Mais le monsieur a un infirmier qui passe trois fois par jour pour lui faire des dialyses. Dans sa voiture. Sur cette place de parking. Il a peur qu'en la déplaçant, l'infirmier ne le retrouve pas.
Retour dans un des halls du parc des expositions. Des milliers de lits, des tables en plastiques, des repas distribués, des produits d'hygiènes distribués, un concert au fond du hangars à côté des lits. Des personnes âgées qui dorment sur des lits de camp, accrochés à leurs cannes. Des chiens, des chats, des oiseaux. Un brouhaha ambiant, une lumière aveuglante encore à 23h. Et, au milieu, les caméras, les journalistes, la police qui observe les bénévoles décharger des kilos d'eau, de vivres, sans bouger. Une seule patrouille qui passe pour surveiller les kilomètres de parking du parc des expositions. Une scène de guerre.
Les évacués du parc des expositions, entre précarité et isolement se retrouvent comme du bétails, mélangés, sans considération, parfois perdus, souvent sans accès aux informations concernant les incendies, sans savoir même où se trouve les douches ! Mais au milieu de tout ça il y a une lumière qui éclaire plus fort que celle des néons dans les hangars : la solidarité, l'humanité.
Se pose alors la question de ce que cela met en lumière de notre société capitaliste à bout de souffle. Car, au-delà du récit particulier de ces déplacés, au-delà de l'anecdote journalistique qui présente l'engagement louable des bénévoles, nous sommes là face à un miroir grossissant des inégalités sociales de ce pays et dont le gouvernement ne se soucient pas .On retrouve les mêmes logiques déployées pendant l'épidémie de Covid-19 : les mêmes précarisés, le même vocabulaire guerrier de la part de nos dirigeants, la même glorification des sauveurs par le pouvoir qui n'hésite pas à les matraquer à la moindre revendication (hier les soignants, aujourd'hui les pompiers). Et les citoyens, qui de bric et de broc, s'organisent parce qu'il n'y a pas (plus) le choix. Peut-être que l'autogestion limitera les pots cassés. Mais on n'oublie pas. On ne pardonne pas.
Jeanne Jaeck
Retrouvez l'article initial sur Lundi.am
Depuis des décennies, des vagues insurrectionnelles embrasent régulièrement le monde : contre les politiques de la Troïka et de la gauche réformiste en Grèce en passant par les multiples mobilisations dans le monde. Mais chaque reflux de ces luttes laisse son lot de camarades emprisonné·es et réprimé·es, avec souvent un rapport direct entre la qualité de leur engagement et le niveau de représailles de la contre-révolution. Jeudi 27 août dès 18H30 au Sacco et Vanzetti, dans le cadre de la Semaine de soutien aux prisonnier·es anarchistes et du Black August, nous vous invitons à une soirée de soutien et d'écriture de lettres aux prisonnier·es anarchistes afin de leur apporter la chaleur de notre solidarité. Parce qu'iels ne lâchent rien, parce qu'iels sont derrière les barreaux pour leur combat révolutionnaire et qu'on voudrait les réduire au silence : Soutenons-les ! La solidarité est notre arme !
📆 Jeudi 27 août 18h30 📍 Au Sacco et Vanzetti
54 chaussée de Forest 🍲 Boissons à prix solidaires
Qu'est-ce qui relie le vaste monde du travail du sexe à la galaxie anarchiste ? Existe-t-il une convergence entre ces deux thématiques ? Qu'est-ce que les anarchistes peuvent apprendre des travailleureuses du sexe (TdS) et qu'est-ce que les travailleureuses du sexe peuvent apprendre des anarchistes ?
Ces questions et d'autres sont explorées par notre nouvelle publication « illégale élégance - perspectives anarchistes et travail du sexe ». Récit à la première personne de 10 ans d'expérience anarchiste du travail du sexe, accompagné de 13 contributions supplémentaires provenant de France, Allemagne, Maroc, Suisse, Afrique du Sud, Canada et Italie, toutes réalisées par des personnes anarchistes et travailleureuses du sexe. Ce sont des expériences personnelles, uniques, intimes, philosophiques et corporelles de certaines facettes du travail du sexe drapées dans différentes perspectives critiques envers toutes formes d'autorités.
L'idée de cette publication n'est pas de parler au nom des TdS, ni de parler au nom des anarchistes. Face à deux mondes aussi vastes, cette démarche n'aurait aucun sens. C'est un récit entièrement subjectif à travers lequel chaque lécteurice est invité.x.e à ressortir avec son propre avis. Les réflexions présentées ici sont pensées pour être des tremplins et non des cages.
À travers cela, nous espérons rafraîchir le débat en cours et offrir des esquives et perspectives intéressantes face à des positions souvent binaires, voire assez stériles (le travail du sexe c'est bien, le travail du sexe c'est mal… fin du débat).
Format A4, 84 pages, couleurs
Pour commander des versions papier de cet ouvrage, organiser une présentation, nous envoyer des feedbacks, des témoignages supplémentaires, pour nous aider dans sa diffusion, sa traduction ou sa transformation sous d'autres formats – par exemple en forme audio – écrivez-nous à evasions@riseup.net
Comme pour chaque publication du Projet-Evasions, le PDF est librement disponible et la version papier est diffusée à Prix Libre.
Les photographies utilisées sont des joyaux mis à disposition par La Fille Renne. Big love.
Avec Rage & Amour
Projet-Evasions.org Nos autres publications sur le travail du sexe Guide de sécurité numérique pour travailleureuses du sexe Hate Work – Support Sexworkers - Un interview autour du travail du sexe Voir en ligne : Illégale éléganceAvez-vous entendu parler des NGT ? Probablement pas, et c'est pourtant une nouvelle offensive majeure de l'agro-industrie en Europe.
L’article Le retour des OGM ? Les NGT, nouvelle offensive agro-industrielle validée par l’UE est apparu en premier sur Contre Attaque.
Racisme d'État et justice de classe : la vie d'enfants racisés vaut-elle moins qu'une cannette de soda ?
L’article 15 mois de sursis pour avoir tiré sur des enfants est apparu en premier sur Contre Attaque.
Dans l'éphéméride des luttes du 19 août, la police française tue de nouveau et démontre encore que seules les formes de lutte qui ne dérangent personne sont tolérées par le pouvoir. Mais c'est en parallèle de la légalité (et contre elle) que se développent les luttes avec le plus de potentiel.
1944 : Paris est libérée de l'occupation nazie.
1954 : Aux USA, le Parti Communiste est interdit.
1955 : A Nantes, le jeune ouvrier Jean Rigollet est abattu par la police au cours de grèves insurrectionnelles.
1962 : A San Sebastián/Donostia, au Pays Basque espagnol, une bombe détruit la maison d'été du dictateur Franco, ce qui sera revendiqué par le groupe Défense Intérieure, lié aux résistant-e-s anarchistes. Le même jour, ils placent aussi des explosifs dans les locaux des journaux Ya et Pueblo à Madrid.
1969 : - A Brighton, une bombe explose contre les bureaux de recrutement de l'armée.
1982 : - Le gouvernement annonce la dissolution de l'organisation Action Directe.
1983 : A Munster, les Cellules Révolutionnaires et les Rote Zora incendient le service de navettes aéroportuaires de Günther Menger, organisateur de voyages de tourisme sexuel en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.
1989 : Le siège de la radio pirate Radio Caroline en mer du Nord est pris d'assaut par les gouvernements anglais et néerlandais.
2015 : A Porto Alegre au Brésil, incendie du hall de la banque Bradesco contre la restructuration du capitalisme en 'capitalisme vert'.
2016 : A Aurillac, une émeute se déclenche lors du festival bien connu en contestation des nombreux contrôles policiers déployés dans la ville dans le cadre de l'état d'urgence.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du19 août.
Le Comité de Solidarité Budapest appelle à soutien, lors de la décision sur l'extradition de Gino vers l'Allemagne
- Solidarité / Solidarité antifasciste, GinoGandalf contre Palantir : c'est la scène surréaliste mais réjouissante qui vient d'avoir lieu à Buenos Aires, devant le domicile du milliardaire d'extrême droite Peter Thiel.
L’article «Vous ne passerez pas» : en Argentine, un cortège de Gandalf s’oppose à Peter Thiel est apparu en premier sur Contre Attaque.
C'est la question que se posent certaines personnes, et à laquelle un collectif périgourdin (1) répond positivement. Au-delà de la question de ce que l'on fait de Bugeaud, il est utile de revenir sur son rôle dans l'Histoire.
- 362 été 2026 / Leur Histoire, Notre Mémoire , Colonialisme, Racisme , Françafrique
Le samedi 5 septermbre à 17 heures il y aura à voir et à entendre au CIRA à propos de François Villon, Gaston Couté et Georges Brassens
Villon Couté Brassens intemporels et parallèles est une projection commentée-chantée
Jean Foulon, interprète et guitariste du groupe Le P'tit Crème, accompagne l'auteur-illustrateur Jean-Pierre Joblin pour cette projection qui mettra en exergue les rapports très étroits, les similitudes d'inspiration et de parcours entre François Villon, Gaston Couté et Georges Brassens. La projection s'articule sur trois axes : “La révolte et l'anarchie”, “L'amour et tout son fourbi” et “Les danses macabres”. Elle sera suivie d'une rencontre avec les artistes qui dédicaceront leurs livres et CD.
Entée à prix libre (chapeau).
CIRA – Centre international de recherches sur l'anarchisme
50 rue Consolat, 13001 Marseille
Téléphone : 09 50 51 10 89
Courriel : cira.marseille@gmail.com
Sur Internet : https://www.cira-marseille.info
Permanences : lundi et mercredi de 15 heures à 18 heures 30 et vendredi de 10 heures à 16 heures (sauf les 7 et 14 août) ainsi que sur rendez-vous.
Char à l’effigie de la Vierge financé par la mairie de Béziers, processions de la Saint-Roch au départ d’un équipement municipal montpelliérain : la fédération héraultaise de la Libre Pensée a de nouveau saisi la préfète Chantal Mauchet, qu’elle estime tenue de faire respecter la loi de 1905. La préfecture a répondu, sans rien trouver à redire. L’association a répliqué point par point le 17 août
C’est un rituel aussi installé que la féria elle-même. Chaque mois d’août, la fédération de l’Hérault de la Libre Pensée (LP34) écrit à la préfecture pour dénoncer ce qu’elle considère comme des entorses à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, à Béziers comme à Montpellier. Nouveauté cette année : la préfecture répond. Le directeur de cabinet de la préfète, le sous-préfet Marin Lassalle, a adressé à l’association une longue lettre argumentée, à laquelle la LP34 a répliqué le 17 août. Sur le fond, les deux parties campent sur leurs positions.
Premier grief de l’association : l’intégration d’une messe et d’une procession au programme officiel de la féria de Béziers, qui s’est tenue du 12 au 15 août. La LP34 pointe surtout le financement par la commune d’un char représentant la Vierge, pour un montant qu’elle chiffre à 98 000 euros hors taxes en 2025, et la construction d’une statue mariale de dix mètres de haut. Elle s’étonne aussi de la présence d’élus en écharpe tricolore aux cérémonies religieuses, et rappelle que les précédents préfets Hugues Moutouh et François-Xavier Lauch avaient eux-mêmes assisté à la messe d’ouverture, sans jamais s’en expliquer malgré ses demandes.
La préfecture ne conteste pas ces faits, mais leur qualification juridique. Pour elle, la seule représentation d’un symbole religieux ne suffit pas à caractériser une subvention à un culte : encore faut-il examiner la fonction de l’œuvre dans la manifestation et ses dimensions artistique, culturelle ou festive. Même raisonnement pour l’écharpe : aucun texte n’interdit à un maire d’assister à une cérémonie religieuse ceint de son insigne, sa présence pouvant relever de ses fonctions de représentation. Quant à la présence d’un préfet à une procession, elle peut répondre, écrit le cabinet, à une finalité institutionnelle, sans valoir adhésion personnelle au culte.
L’association ne l’entend pas ainsi. Dans sa réponse, elle convoque la jurisprudence du Conseil d’État, notamment l’annulation en 2013 des subventions publiques aux ostensions limousines, pour soutenir que toute aide à une procession serait illégale. Elle rappelle au passage que le juge administratif annule chaque année depuis 2017 l’installation de la crèche de Noël dans l’hôtel de ville de Béziers, sans que Robert Ménard n’y renonce. Difficile, selon elle, de plaider le simple folklore : le maire de Béziers, écrit-elle, « ne cache pas le caractère religieux de l’évènement, mais en fait même un étendard ».
Séparatisme : entretien avec Eugénie Loison de la Libre Pensée | « La laïcité n’est pas une valeur à défendre, mais une loi »
Sur le second dossier, la réponse préfectorale brille par son silence : pas un mot sur les fêtes de la Saint-Roch, organisées à Montpellier les 15 et 16 août avec le concours de la municipalité. La LP34 ne manque pas de le relever. L’association évoque une subvention de 15 000 euros à l’Association internationale saint Roch de Montpellier (AISRM) et surtout la mise à disposition de la Maison des relations internationales, d’où sont parties, avant d’y revenir, deux processions portant la statue du saint. Si cette occupation a été consentie gratuitement, il s’agirait selon elle d’une aide indirecte à un culte, prohibée par la jurisprudence du Conseil d’État. L’AISRM affirme de son côté n’organiser que les volets profanes des festivités, et le programme officiel évite soigneusement le mot « procession ». L’association suggère, non sans malice, qu’il aurait été « plus clair » de faire partir le cortège du parvis de l’église où la statue est entreposée le reste de l’année.
La LP34 signale enfin que des communes plus petites suivent le mouvement, citant Sérignan, dont la mairie organise directement les fêtes de saint Roch, messes et processions comprises.
Aucun juge n’a, à ce stade, été saisi des éditions 2026, et les qualifications avancées de part et d’autre restent donc des interprétations. En attendant, l’association veut voir un progrès dans ce désaccord épistolaire : elle remercie la préfète d’avoir répondu, « une attitude à laquelle [ses] deux prédécesseurs immédiats ne l’avaient pas habituée ». Dans l’Hérault, la laïcité avance à petits pas. Le courrier aussi.
L’article Laïcité : entre la Libre Pensée et la préfecture de l’Hérault, un dialogue de sourds courtois est apparu en premier sur Le Poing.
Ces dernières semaines, et celles qui vont suivre, un certain nombre d'évènements festifs ont eu lieu à Dole, qui en disent long sur la pente glissante dans laquelle s'engage la mairie
On ne va pas revenir dessus très longtemps, mais bien sûr on doit commencer par la tenue, pour la troisième fois, d'un « banquet du Canon Français » à Dole, seule ville de Franche-Comté à bien vouloir accueillir l'évènement.
Le caractère identitaire du « Canon » a été largement démontré et à Dole même, il a été l'occasion d'agressions homophobes, racistes et sexistes lors des précédentes éditions.
Un soutien complet (Dolexpo loué ou prêté par la structure propriétaire dont le président est…le maire de Dole) et même une présence assurée par ce même maire de Dole à la soirée financée par le milliardaire d'extrême droite Stérin et en présence, notamment, d'élus RN de Côte d'Or.
C'est aussi par le prisme des gens qu'elle accueille en grande pompe qu'on peut analyser la politique municipale Doloise :
Ex star du journalisme sportif du service public, Nelson Montfort, si l'on ne revient que sur le plus récent, est en roue libre depuis quelques mois : il a commencé par défendre le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini sur CNews après sa condamnation pour corruption de mineurs.
On n'est donc pas étonné ensuite de voir annoncé deux mois plus tard qu'il devient chroniqueur sur la tristement célèbre chaine de Bolloré.
Celui-ci voit un vrai tapis rouge déroulé pour lui à Dole, puisque non content d'avoir été un des invités du Critérium cycliste du 01 août 2026, le nouveau chroniqueur de CNews a également l'honneur d'être le parrain de la prochaine édition du weekend gourmand du chat perché qui se tiendra en septembre.
Ça coupe l'appétit !
Autre ancienne gloire de la TV publique : l'humoriste Tex était aussi de la partie pour le Critérium.
Au-delà d'être un énorme has-been, on rappelle qu'il s'est fait virer de France 2 pour le recyclage d'une vanne immonde sur les violences sexistes et qu'il a largement été pointé du doigt pour des comportements sexistes dans tous les aspects de sa carrière.
On s'étale où vous avez compris ?
Cerise sur le gâteau, c'est le chanteur Amir qui assure cette année le concert de rentrée.
Le chanteur de variété est un soutien actif de l'armée israélienne (Tsahal), dont il a fait partie. Il a par exemple donné un concert à Hébron, en Cisjordanie occupée et colonisée, en soutien à Tsahal. Il est à ce jour, toujours un soutien de la guerre génocidaire menée à Gaza par Israël.
Comme tous les soutiens au génocide il tente de se cacher derrière une instrumentalisation de l'antisémitisme. Ce n'est pas sa judéité (eh non !) qui lui est reprochée mais son soutien actif à une politique qui rappelle les heures les plus sombres de l'histoire. Sans surprise, cela n'émeut pas la mairie de Dole.
L'année prochaine, peut-être, ils déterront Milosevic pour faire des reprises de Sardou ?
Info Bonus
La première partie sera assurée par Larsen Lapin, groupe de Fabrice Schlegel, figure locale de la droite radicale (comme il aime se présenter lui même) et soutien indéflectible du tristement connu collectif identitaire féminin Némésis, et par intermitence du maire.
Ces évènements et invitations, rémunérées par la ville, cela va sans dire, avec votre argent, mis bout à bout en disent quelque chose de ce qui se passe à Dole.
Un tel concentré de dingueries au métre carré donne l'image en miniature de ce qui se passe pour le parti (LR) du maire Gagnoux au niveau national : une radicalisation politique à l'extrême-droite.
Que ce soit par une reconnaissance sincère que les idéologies racistes et fascisantes, notamment du RN, est aussi la leur ou par calcul politique (des signaux envoyés à ceux qu'ils pensent être les futurs gagnants des prochaines élections) la droite « républicaine » a visiblement fait son choix, tant au niveau local que national.
Quoi qu'il en soit, que dans une petite ville comme Dole on ait en quelques semaines :
Retrouvez l'article initial sur Rabasse.info
A l'été 1981 un certain nombre d'affrontements entre policiers et des jeunes du quartier ont lieu aux Minguettes (Vénissieux). Ces événements qui se déroulent au long de l'été, connaissent un pic et s'étendent à d'autres quartiers de l'agglomération. Le quartier est frappé de plein fouet par la crise. Trois ans auparavant, Renault-RVI, principal employeur du coin, a supprimé 5000 emplois. Entre 1978 et 1982 la ville avait déjà perdu 10 000 habitants, principalement parmi les plus aisés partant vers les communes voisines.
Pendant ces quelques années d'existence (85-92) l'organisation Os cangaceiros prend part à différents conflits, tente de nouer des complicités, de rendre compte de situations, cherchant à créer par leur action des liens entre les luttes isolées les unes des autres. Leurs modes d'actions furent multiples : publications de revues, livres et tracts, sabotages, vie en commun, refus du travail, système D pour trouver de la thune... Rien de bien exceptionnel pour un groupe de quelques individus se considérant comme une association de délinquants, de chômeurs-à -vie - certes bavards - mettant à profit leur temps libre pour imaginer des formes de destruction du vieux monde, sans pour autant verser dans l'activisme gauchiste ou le militantisme armé qu'ils critiquent même sévèrement. Ils se refusaient à se qualifier de « politiques » et cherchaient par leurs pratiques à remettre en cause le principe même de politique comme activité séparée. Tout comme ils s'opposaient à la distinction entre prisonniers « politiques » et « droits communs ».
Introduction à la réédition de l'incendie millénariste,
L'incendie millénariste
Aux Minguettes, où la solidarité entre habitants est une réalité importante, la situation est particulièrement critique. Le développement du chômage et de la ségrégation sociale, auquel s'ajoute le racisme, minent le moral des habitants. C'est dans cette atmosphère que certains, par ennui ou par goût du jeu, organisent des rodéos en voitures volées dans le bloc d'immeuble de Monmousseau. En réaction la police renforce immédiatement son contrôle sur toute la zone. La tension monte lentement et finalement : « La colère prend le dessus ». Plusieurs nuits durant, les rodéos de voitures volées se multiplient. Elles sont ensuite brûlées. On en comptabilisera, à la fin du mois de septembre 1981, plus de 200. Jeunes et CRS s'affrontent, souvent dans une violence inconnue jusqu'alors, le tout sous les yeux de la presse nationale [1].
Au final des check-points sont dressés partout autour des Minguettes et la police entre en force dans le quartier. L'ordre revient, en façade tout du moins.
Tout au long de l'année suit une répression continue s'abattant sur l'agglomération et quand arrive l'été suivant, l'ambiance est une nouvelle fois particulièrement tendue. C'est dans ce contexte que le groupe Os Cangaceros publie l'affiche que nous avons retranscrite ici qui résume les événements à la mi-1982
Ça va saigner !
Été 81 [2], les gens de l'est lyonnais ont montré comment gagner : ils ont fait exemple la dimension collective du jeu avec les voitures volées donne l'ampleur du scandale. Hors course les flics ! Combien de fois l'excitation publique a tenu la rue quand les rodéos se terminaient en incendies à la barbe des flics : désormais, la police ne peut plus y intervenir sans que le public se lève contre elle.En ce début d'été 82, l'état est décidé à étouffer ce scandale. Il a lancé une opération d'extermination massive contre les jeunes prolétaires de l'Est lyonnais ! Tous les moyens, CRS et Trigano, sont conjugués pour que plus rien n'apparaisse.
Toute une population est mise au secret afin d'être anéantie. Dans la masse anonyme des prolétaires sans banderoles ni chefs, les flics arrêtent ce qu'ils peuvent : des otages, pris au hasard des occasions et des prétextes (créés sur mesure, tortures à l'appui). La justice fait le reste : mettre le maximum de gens hors circulation pour cet été.
Pendant ce temps, les menteurs spécialisés nous annoncent que tout est calme sur place. Ils l'ont en effet mis au calme, le mec qui faisait un rodéo voici un mois, et qui s'est écrasé contre un poteau après que les porcs-batards lui aient logé une balle dans la nuque – et qui est toujours à l'hosto. Comme ils ont mis au calme plusieurs jeunes de la Zup des Minguettes emprisonnés plusieurs mois pour des affaires d'auto-défense anti-flics.
L'intensité de la répression et du quadrillage nous contraint à mettre toujours plus de méthode dans notre furie. De toutes façons, le goût du rodéo est entré dans les mœurs d'une époque ; comme celui des incendies. Chaque nuit, dans l'est lyonnais, on voit des flammes. Dans la Zup de Vénissieux, les flics sont toujours aussi bien reçus … tous les espoirs sont permis.
Parmi les beaux excès qui agitent les nuits de l'Est lyonnais, il nous plaît de signaler celui-ci : dans la nuit du 25 au 26 juin ; 10 voitures ont été incendiées sur le parking d'une résidence pour cadres de Villeurbanne, à proximité du domicile de Charles Hernu. Sur les murs de la surface commerciale en france, des phrases pleines d'esprit : « Aux rodéos-boys emprisonnés », « Les flics nous exterminent en banlieue, soyons cruels », « Ça va saigner », « Un bon flic est un flic mort », « Feu ! Contre la rouille » et sur les murs d'une ANPE voisine : « Nous ne travaillerons jamais ».
Pendant ce temps, Mauroy veut mettre au travail obligatoire tous les jeunes de 16 à 18 ans. Cette belle jeunesse n'attend plus l'usine pour foutre le feu aux voiture de contremaîtres. Defferre [3] demande à Trigano de nous préparer des petits divertissements pour l'été ! Et ces limaces d'éducateurs qui veulent nous animer ! Saviez vous, à propos, que des moniteurs de la police veulent donner des cours de conduite aux jeunes des Zup cet été…
Tout ce qui rampe sur la terre est gouverné par les coups.
A nous de les donner.Os Cangaceros.
[1] Les Minguettes, un marqueur national de la politique de la Ville : retour sur les années 1980 et zoom sur la Marche pour l'égalité ouvrage collectif
[2] http://www.ina.fr/video/CAB8101344401/incidents-lyon-video.html
[3] Gaston de son petit nom est le ministre de l'intérieur de F. Mitterand de 81 à 84
« Minguette blues » : aux origines de l'antiracisme moral Le texte qui suit a été écrit en octobre 1984 et publié dans le premier numéro de la revue Os Cangaceiros paru en janvier 1985. Il parle des événements qui, à partir des émeutes de 1981 jusqu'à la « Marche contre le racisme et pour l'égalité des droits » fin 1983, marquent le début des (...)
27 mars 2025
Vous trouverez ici deux agendas militants pour Rennes et ses alentours. Ils sont alimentés et modérés régulièrement par des personnes sympathiques (disctinctes d'expansive.info).
Et pensez aussi à publier [1] sur expansive.info ! 😀
Il est extrait de la boucle signal "Agenda Lutte" (accessible ici) qui s'est lancé pendant le mouvement du 10/09.
✏️ Fonctionnement :
Nous essaierons de mettre à jour cet agenda sur cette page aussi régulièrement que possible.
(MAJ : 17/08 - 22h45)
⚠️ On met en pause la régularité de l'agenda pendant la période d'été, avec une seule mise à jour par semaine a priori le lundi, jusque fin août. On ne fera (presque) pas de veille sur les réseaux, on relèvera juste les événements postés sur le formulaire : https://framaforms.org/annoncer-un-evenement-dans-lagenda-lutte-1773579401
⚠️Samedi 22 août
✊️14 - 17 h place République par Anonymous for the Voiceless, organisation internationale d'activisme végane. : cube of truth
✊️🇵🇸 🇱🇧 15 - 16h30 place République reprise des rassemblements hebdomadaires de soutien au peuple Palestinien et Libanais, par l'AFPSDimanche 23
📖🟣🏳️🌈 15 à 18 h au parc de Maurepas (16 Boulevard Raymond Poincaré) : rendez-vous vers le jardin chinois, par la Bibli queerféministe du Bocal : permanence en plein air au parc Maurepas. Viens découvrir notre sélection de livres et de zines, emprunter et rendre des livres ou juste te poser au soleil !
Samedi 29
✊️🇵🇸 🇱🇧 15 - 16h30 place République rassemblement hebdomadaire de soutien au peuple Palestinien et Libanais, par l'AFPS
Samedi 5 septembre
📣14 - 17h République par AG antispéciste Rennes : Manifestation contre l'exploitation animale : 14h village associatif / 15h30 départ en manif. Contact : agantispecisterennes@riseup.net
vendredi 11 septembre
🎭💧20h au 360, 6 cours des Alliés, par la Compagnie Safar : spectacle - Marées. Le 19 septembre 2010, sur une plage, deux manifestations se font face. En bas, les écologistes dénoncent les algues vertes. En haut, sur la dune, des agriculteurs contestent cette accusation. Entre les deux, une frontière invisible. gratuit, dans la limite des places disponibles. Pour en savoir plus : https://ciesafar.com/marees/
(réservation conseillée : https://www.helloasso.com/associations/cie-safar/evenements/marees )Mercredi 16 septembre
🎵🎭19h au Dibar, 7 Place Thérèse Pierre : Cabaret Politique Intimiste 3/3 : VAPEURS : plus d'info : https://rennes.demosphere.net/rdv/19535
Samedi 19 septembre
✊️ Mobilisation contre la loi permis de tuer, par plusieurs organisations. initiative nationale en cours de construction à Rennes, plus d'infos à venir.
🟣🎉🎲🎵✊️14h-00h30 BàM (Bâtiment à Modeler), 2 rue André Trasbot (Cleunay) par noustoutes35-rennes : Kermesse féministe ! : Pour commencer l'année militante, viens partager ce temps militant et festif : il y aura 🃏des jeux pour grands et petits, une tombola,des discussions politiques pour attaquer l'année militante et échanger sur les actualités, un quizz Féministe, un Drag Show, de quoi se désaltérer et se sustenter tout au long de la journée, une boom pour clôturer la journée. Tout le programme sera révélé au fur et à mesure sur nos réseaux ! Prix libreJeudi 24 septembre
✊️💧🌱🌿9h Lieu inconnu pour le moment : Vote du SAGE Vilaine : Le 24 septembre sera ENFIN voté le SAGE Vilaine, document réglementant l'ensemble des usages de l'eau et les moyens de sa protection, mais également les moyens de lutte contre les sécheresses et les inondations. La FNSEA, les JA et la CR se mobiliseront indubitablement pour empêcher son vote, faisons entendre la voix des citoyen.nes, paysan.nes et de l'écosystème non humain. ---lieu à venir---
Samedi 3 octobre
✊️ 11h place de la République, PARIS, par L214, horaire et stands à confirmer : la marche initialement prévue le samedi 11 juillet a été reportée à ce 3 octobre en raison de la canicule
marche pour la fermeture des abattoirs, avec une vegan place, ouverte au public de 12h à 19h, composée d'une quarantaine de stands (restauration, associations, refuges/sanctuaires, épicerie/artisanat, sensibilisation à la cuisine/nutrition)
✊️12h Mobilisation internationale STOP PESTICIDE à SAINT PIERRE LA GARENNE (Eure) programme complet ici https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/stop-pesticides-mobilisation-internationale-le-3-octobre-2026
plus d'infos ici stop-syngenta3oct.comSamedi 10 octobre
🚜✊12h à la Paquelais, VIGNEUX DE BRETAGNE (44) - zad NDDL, à pied, en tracteur, en vélo, des semis contre le CRA : manifestation contre l'utilisation de terres de la zad pour construire un Centre de Rétention Administrative à Nantes.
lien site : https://zadforever.blog/2026/08/13/des-semis-contre-le-cra-%c2%b7-10-octobre-26-%c2%b7-la-paquelais/Dimanche 25 octobre
✊️ Appel à bloquer le congrès du RN à Orléans
Ceci est l'agenda militant historique de Rennes.
Il est actualisé automatiquement depuis le site Démosphère Rennes.
Rendez-vous sur leur site pour proposer vos événements, ou accéder à davantage d'outil, comme l'exportation automatique vers votre calendrier personnel par exemple.
agenda
[1] Lis le guide de publication !
Nous réfléchissons à des solutions techniques pour fusioner Agenda Luttes, notre agenda Expansive et Démosphère, si vous avez envie d'y réfléchir aussi contactez-nous ! 😀
Dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 août 2022, une équipe de la BST (Brigade Spécialisée de Terrain, anciennement Unités TErritoriales de Quartier à leur création par Brice Hortefeux en 2008 qui correspond à la police de proximité) affectée à Vénissieux sont à la recherche d'un véhicule volé dans la commune. Sur le parking de l'hypermarché Carrefour et du garage Feu Vert de Vénissieux, le chef d'équipage, Geoffray D. tire à de nombreuses reprises sur les deux jeunes qui occupent le véhicule. Le premier Adam B. (20 ans), meurt sur le coup. Le second, Raihaine S. (25 ans), meurt le lendemain soir à l'hôpital.
L'équipage de flics justifie d'avoir assassiné les deux jeunes hommes en invoquant un "refus d'obtempérer" et une situation soi-disant de légitilme défense. Pourtant, comme l'explique la mère d'Adam, Fatiha, il est fortement permis de douter de la version policière. Adam B. et Raihane S. sont deux des 13 personnes tuées par la police dans des véhicules en mouvement au cours de l'année 2022 pour « refus d'obtempérer ».
Depuis 2017 et l'adoption de l'article L435-1 du Code de la sécurité intérieure (dite loi Cazeneuve), 393 personnes ont été assassinées par la police. Cette loi, qualifiée par de nombreux collectifs de proches de victimes de crimes d'Etat de "permis de tuer", autorise les flics et gendarmes à justifier comme ils le souhaient l'usage de leurs armes de service dans le cadre de contrôles de véhicules. La loi décuple de fait le pouvoir discrétionnaire de la police de donner la mort dans les quartiers populaires et sur les personnes non-blanches. Le collectif de lutte contre la police et les violences sécuritaires Désarmons-les écrivait en 2025 que durant "ces trois dernières années [2022, 2023, 2024] le délit de « refus obtempérer » est devenu l'alibi numéro un des policiers ou gendarmes. Il a été motivé dans un quart ou la moitié des morts constatées : 17 refus constatés en 2024 (25 % des cas) , entraînant 5 décès par balles et 12 accidents ; 20 en 2023 (47%), à l'origine de 2 chutes fatales, 3 tirs par balles et 15 accidents mortels ; 21 en 2022 (50%), 12 par balles, 3 noyades, 2 chutes et 4 accidents mortels."
Le "refus d'obtempérer" est devenu un blanc-sein judiiciaire pour la police à partir de février 2019, date à laquelle la cour d'Orléans rend son non-lieu dans l'assassinat d'Angelo Garand par le GIGN sur le terrain de sa famille aux alentours de Blois. La décision du tribunal se alors basait pour la toute première fois sur le nouvel article L435-1 du code de la sécurité intérieure, promulgué seulement un mois avant l'assassinat d'Angelo. Depuis le meurtre d'Angelo par les gendarmes du GIGN, les meurtres commis par les forces de police n'ont fait qu'exploser.
Comme si la loi Cazeneuve ne suffisait pas, un projet de loi de présomption de légitime défense de la police a été voté en première lecture à l'Assemblée le 7 juillet dernier, venant répondre à une demande sempiternelle de la droite et de l'extrême-droite (dans le programme électoral du FN depuis 2007) et des miliciens du syndicats de FDO Alliance. Il ne fait aucun doute que cette loi, qui doit poursuivre son chemin législatif en septembre, viendra encore aggraver le nombre de personnes assassinées par la police et la gendarmerie.
Fin 2025, l'émission Minuit Décousu donnait un entretien à Fatiha, la mère d'Adam afin qu'elle puisse s'exprimer sur son combat pour la vérité et la justice dans la mort de son fils Adam. Elle continue encore aujourd'hui son combat, notamment contre la future loi "permis de tuer" depuis qu'elle a été annoncée médiatiquement.
Minuit Décousu : Est-ce que tu peux te présenter et nous dire pourquoi on se retrouve devant un micro ensemble aujourd'hui ?
Fatiha : Je m'appelle Fatiha. On se retrouve aujourd'hui devant un micro parce que mon fils Adam a été abattu par la police il y a trois ans. Une instruction est en cours en ce moment, mais de nombreuses questions se posent autour des circonstances de sa mort. Une nuit d'août 2022, Adam avait 20 ans. Il se trouvait avec Raihane, 26 ans, dans une voiture stationnée sur le parking de Carrefour de Vénissieux. Un équipage de police est arrivé et, faisant une recherche, constate que le véhicule, une Renault Megane Sport, est signalé volé. Le chef de bord décide de procéder à un contrôle. Le conducteur aurait voulu se soustraire au contrôle, aurait fait une marche arrière, puis une marche avant, pour aller percuter le chef de bord qui se serait retrouvé sur le capot et aurait ouvert le feu pour sauver sa vie. C'est le récit de la police. Il tire huit balles, dont cinq traversent le pare-brise, en visant la tête et le thorax. Il tue Adam sur place. Raihane décédera à l'hôpital quelques heures plus tard. L'un des coéquipiers, un stagiaire, tire trois balles. Donc, officiellement, on a ce qu'on appelle un refus d'obtempérer, qui se solde par des tirs policiers en situation de légitime défense. Nous n'avons pas d'autres récits que celui des policiers, puisque selon eux, aucune image de vidéosurveillance de Carrefour n'est exploitable, et qu'il n'y aurait pas de témoins.
Extrait du rapport d'Index : image satellite de localisation des faits (p. 5)
Fatiha : Les faits se déroulent à minuit. Nous n'avons aucun moyen de contester cette version des faits. Une seule parole, celle de la police, est à l'œuvre, et donc c'est cette parole qui maîtrise aussi la communication auprès des médias. C'est ainsi que les journaux du matin présentent les deux garçons dans la bouche de Gérald Darmanin comme très défavorablement connus des services de police, ce qui n'est pas le cas d'Adam, qui est connu pour détention et usage de cannabis. C'est donc faux, mais c'est quelque chose de récurrent dans la stratégie de communication en cas d'homicide policier : le fait de criminaliser les victimes. D'ailleurs, le Progrès du vendredi qui le qualifie de très défavorablement connu des services de police corrige sa version le dimanche d'après en mentionnant un casier judiciaire vierge.
Ce que je dirais c'est qu'il y a un certain nombre d'éléments qui me posent véritablement question. Tout d'abord il y a un premier élément extrêmement important qui a été si je puis dire lâché par le mis en cause lui-même, tandis que ses coéquipiers n'y font jamais allusion concernant la voiture volée : une mégane sport. Le fichier national des voitures volées, consulté par les policiers avant d'intervenir, affiche une consigne qui est “la surveillance prime sur l'interpellation”. “La surveillance prime sur l'interpellation”. Il va quand même au contact. Pourquoi ? À notre connaissance, la question lui a pas été posée, et ainsi, l est sorti du bureau du juge comme témoin assisté. Donc ça, c'est une première chose qui est, à mon avis, très importante pour nous de savoir. Mais alors, pourquoi ? Comme il y a cette consigne, avant d'intervenir, l'équipage appelle le centre de commandement pour la même recherche. Donc ils indiquent le numéro d'immatriculation et on sait que c'est à cause de cette consigne qu'ils appellent. Quand on questionne les coéquipiers, ils l'expliquent différemment en disant : “oh bah il manquait des informations sur notre fiche, la fiche était incomplète.” Mais à aucun moment ils n'évoquent cette mention de la surveillance prime sur l'interpellation. Et au moment des échanges avec le centre de commandement, juste avant l'intervention, deux des policiers prétendent que le centre de commandement leur commande d'interpeller. Les échanges avec le centre de commandement, nous on les a écoutés, et à aucun moment il n'est question d'interpellation. À aucun moment on ne leur demande d'interpeller. Il suffit que la personne au bout du fil confirme que le véhicule est volé. pour que le chef de bord parte en action. Ça interpelle aussi ces policiers qui, il faut le dire, mentent, donnent des informations non seulement erronées mais absolument mensongères. On peut se poser la question de savoir s'ils sont honnêtes. Ensuite, au cours des auditions, les deux policiers qui ont tiré, lorsqu'ils sont auditionnés, présentent des schémas pour indiquer l'itinéraire que le fourgon de police a pris entre le moment où ils se trouvaient derrière le garage Feu vert à appeler le centre de commandement et à surveiller le véhicule et le moment où ils se sont retrouvés devant le véhicule volé. Pour l'interpellation, eh bien, ces deux schémas sont contradictoires. L'un affirme qu'ils arrivent par la droite de Feu vert, et l'autre indique qu'ils arrivent par la gauche. L'IGPN ne relève absolument pas cette contradiction. Donc, questionnement encore.
Qu'est-ce que je peux ajouter ? Il y a d'autre part très peu d'empressement, à mon avis, à interroger des témoins. On a su par hasard, en auditionnant un témoin qui s'était présenté spontanément, qu'il y avait une personne sur le parking dans sa voiture, qui était vraiment un témoin direct, qui a été témoin de la scène et que l'on a invité à partir quand tout a été terminé, sans prendre ses coordonnées. Est-ce qu'on n'avait pas besoin de connaître la vérité ? Est-ce qu'on n'avait pas besoin de son témoignage pour l'enquête Ça pose question aussi. Bon, il se trouve que la personne a quand même été entendue parce que le premier témoin a parlé d'elle en disant que c'était son amie, qu'elle était sur place et qu'à ce moment-là, il ne savait pas qu'elle était sur place. Mais du reste, tous les témoins présents sur les lieux n'ont pas été interrogés. Je trouve que c'est problématique.
Ensuite, sur les constatations sur le véhicule, la Renault Megane. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 18 au 19 août 2022. Au matin du 19 août, il y a des constatations faites sur le véhicule, qui est criblé de balles, etc. Et le PV indique que la carrosserie est en très bon état. Bon, c'est clair, la carrosserie est en très bon état. Il y avait juste un choc au niveau du pare-choc, mais on l'a su par le propriétaire du véhicule, il était bien antérieur au fait. Eh bien, quelques mois plus tard, quand il est question de faire l'analyse, l'expertise balistique, l'expert note qu'il y a un enfoncement sur le capot du côté gauche. Et lors de la deuxième expertise, le deuxième expert note qu'il y a un enfoncement et des rayures. Il y a de quoi se poser des questions. On a posé la question, on n'a pas eu de réponses, mais je trouve ça très problématique, encore une fois.
MD : Selon toi ce qu'est ce que tu penses qu'il s'est réellement passé ? Comment tu en es arrivée à reconstituer ce scénario ? Quels sont les éléments qui t'ont mis sur cette / sur ces pistes ?
Fatiha : Alors, moi, j'ai ma petite idée sur le fait déclencheur. C'est ma vision personnelle qui est liée aux éléments du dossier que je connais. Et pour comprendre, il faut remonter à l'après-midi du jour des faits. C'est une séance que l'IGPN n'a pas inclue dans son enquête. Je tiens à le noter aussi parce que, à mon avis, elle constitue vraiment une clé de compréhension de ce qui s'est passé ce soir-là. Au moment où il prend son service avec son équipage - je vais l'appeler le chef de bord, c'est lui qui est mis en cause - apprend par téléphone que sa moto, qui est garée près de son domicile dans le sud de Lyon, est en train d'être volée. Oullins, ce n'est pas leur secteur d'intervention à ces policiers-là. C'est en dehors du champ réglementaire. Pour autant, le chef de bord embarque aussitôt son équipage sur les lieux. Arrivé là, il repère les malfaiteurs et, au terme d'une course-poursuite dans les rues d'Oullins, il retrouve la moto abandonnée dans un parking. Très bien. Il retrouve la moto, mais les voleurs ont pris la fuite. Du coup, il continue à patrouiller sur les lieux. Un moment, ensuite, les collègues de la BAC qui sont présents leur demandent de partir en raison du fait que leur véhicule est sérigraphié et facilement repérable. Eux-mêmes, ils sont en train de surveiller et essaient d'appréhender les voleurs. Donc, à un moment donné, ils s'en vont. J'imagine que le chef de bord est très en colère, qu'il enrage même tellement qu'il revient pratiquement aussitôt. Ils font l'aller-retour et reviennent sur les lieux pour patrouiller encore. À mon avis, ils n'arrivent pas à se résoudre à lâcher l'affaire. Ils ne supportent pas le fait que ces voleurs s'en tirent, quoi. Quand on questionne ses collègues sur son état d'esprit, évidemment, ils répondent qu'il est calme, même très calme pour quelqu'un qui vient de se faire voler sa moto. Ce n'est pas vrai. À mon avis, ce n'est pas vrai. Il a un sentiment de frustration énorme qui le conduit ce soir-là à intervenir, en dépit de la consigne contraire, à viser la tête, à viser le thorax. Pour moi, bon, ça peut peut-être que ça paraîtra simpliste à certains, mais c'est ça se tient parfaitement. C'est ce qui peut expliquer qu'il ne tient pas compte de la consigne et que tout à coup il décide de se défouler sur qui il peut trouver devant lui. D'ailleurs, à partir de ce moment-là, à partir du moment où il décide d'intervenir, pour moi, je ne peux plus rien affirmer. On ne peut pas savoir ce qui s'est vraiment passé. Pourquoi ? Parce que les déclarations sont contradictoires, les témoignages aussi. On ne sait pas exactement où sont situés les policiers, les véhicules. Les policiers apportent des témoignages vraiment très approximatifs, très flous, en disant qu'ils n'y voyaient rien, qu'il faisait très sombre. Et à les entendre, ils étaient dans une nuit totale et ils opéraient totalement à l'aveugle. C'est ce qui ressort de leur de leur témoignage.
Moi, je n'imagine pas ce qui s'est passé. Je n'y comprends rien. Et bien, j'en profite pour parler de d'Index. Index, c'est une ONG d'investigation indépendante qui travaille au moyen de la modélisation 3D et qui est intervenue sur le dossier à la suite de l'expertise balistique. Il en résulte que le récit des policiers défie les lois de la physique et de l'espace. L'enchaînement des gestes nécessaires pour effectuer cinq tirs ciblés depuis une position couchée sur le capot du véhicule apparaît comme quasiment impossible. D'autant plus que cet enchaînement de gestes aurait été accompli en équilibre sur un véhicule en mouvement. Voilà. Maintenant, on attend la reconstitution. C'est ce qui nous apportera sans doute plus de clarté. En tout cas, on l'espère.
Extrait du rapport d'Index : reconstitution des tirs policiers (p. 13)
Fatiha : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les éléments que je viens de citer, quand même, posent question. C'est déjà un certain nombre de choses qui méritent d'être regardées de près, mais on a encore autre chose. Au départ du dossier, l'une des premières douches froides qu'on a reçues, nous les parties civiles, c'est d'apprendre qu'il n'existait aucune image exploitable des faits qui se sont pourtant déroulés sur un parking d'un centre commercial sous vidéo surveillance. La fusillade a eu lieu dans un lieu surveillé, donc je m'attendais à ce qu'il y ait des images, mais non. On a évidemment un PV d'exploitation de la vidéosurveillance qui mentionne des caméras qui ne sont pas orientées sur le parking de Feu vert. Il est écrit que les vidéos n'apportent rien à l'enquête et on en garde une seule qu'on met sous scellé. Voilà donc a priori je n'ai je n'ai aucune raison de douter de ce PV. Donc là, la vidéo qui est mise sous scellé, on a pu la visionner récemment et cette vidéo laisse apparaître une incohérence temporelle. Qui laisse penser que le film a subi une coupe. Voilà. On a deux heures de lecture au lieu de trois. Nous avons demandé des explications et on les attend.
MD : Quelles démarches t'as entrepris après, pour obtenir la vérité et la justice ?
Fatiha : Dès la fin 2023, j'ai saisi la Défenseure des droits. Alors la Défenseure des droits, ça fait ça fait deux ans qu'on est en contact. Je la tiens informée de l'évolution de la procédure. En discutant, j'ai appris que que la défenseur des droits pouvait avoir un pouvoir d'enquête, que ce que je ne savais pas. Simplement, ce pouvoir d'enquête ne peut lui être octroyé que par le juge d'instruction. Donc, une demande a été faite et j'ai vraiment l'espoir qu'elle soit entendue pour mettre un peu de lumière sur toutes ces zones d'ombre dans l'enquête.
MD : Clairement, le meurtre d'Adam et de Raihane il intervient dans une séquence de violences policières toutes justifiées par le « refus d'obtempérer », est ce que tu veux / peux revenir un peu là dessus ? T'as connaissance d'autres personnes affaires proches ? T'as été en lien avec d'autres familles qui ont connu la même chose ?
Fatiha : Donc la loi de février 2017, dite loi Cazeneuve, ministre de l'Intérieur de François Hollande. Cette loi, relative à la sécurité publique, autorise les policiers français à tirer sur les occupants de véhicules, même lorsqu'ils ne représentent pas une menace immédiate. À partir de là, on a noté clairement une augmentation des tirs policiers mortels et qu'on incluait toujours dans un cadre de “refus d'obtempérer”. Des études sérieuses ont été faites, notamment par Sebastian Roché , Paul Le Derff et Simon Varaine dans la revue Esprit de 2022, où ils mettait clairement en corrélation cette loi et l'explosion du nombre de décès suite à des interventions policières. Peut-être que cette loi mériterait d'être interrogée. Ça a été le cas l'année dernière. Il y a deux députés, l'un du Parti socialiste, j'ai oublié son nom, et un de Renaissance, qui ont remis un rapport, qui en gros disait que rien ne prouvait que l'augmentation des décès suite à des interventions policières était liée à cette loi. Oui, ils ont osé l'affirmer et même l'un d'eux reconnaissait que peut-être le champ d'utilisation des armes avait été quand même élargi. Eh bien. Il disait qu'il ne valait mieux pas mécontenter les policiers et donc qu'il ne fallait toucher à rien. Voilà.
Sur d'autres familles qui ont vécu la même chose, oui, je suis en lien avec un certain nombre de familles. J'ai assisté à quelques événements organisés en mémoire de victimes et pour réclamer justice et vérité. Alors, j'avoue que j'ai j'ai pas j'ai pas beaucoup beaucoup d'énergie et je suis pas des plus actives mais je suis dans la boucle je me tiens informée et c'est assez terrible ce qui se passe c'est plombant même de voir ce qui se passe en particulier pour les personnes en détention qui décèdent, là c'est kafkaïen.
Vingt ans après Ziyed et Bouna, la situation a empiré en termes de crimes perpétrés par les policiers. Voilà, je permets de nommer Ziyed et Bouna puisqu'on est en plein dans on est en plein dans la commémoration de ces deux garçons morts pour n'avoir pas été secourus par des policiers [1].
MD : Aujourd'hui en novembre 2025, tu en es où dans l'affaire au niveau judiciaire ? Au niveau personnel ? Tu as encore des démarches en cours ?
Fatiha : L'instruction continue, ça fait trois ans, on avance très lentement. C'est le temps de la justice qui est long, c'est ce qu'on nous dit. En tout cas, chaque demande d'acte, chaque demande Prends un temps fou, prends un temps fou, et on vit perpétuellement dans l'attente, dans l'attente de réponse, et après les réponses, d'autres réponses encore. Voilà. Mais on continue, on continue. On ne baissera pas les bras. Moi, je peux juste te dire, je l'ai. Une nuit d'été, le ciel m'est tombé sur la tête, et aujourd'hui, je rampe sous les décombres.
Pour retrouver l'émission #235 de Minuit Décousu "Permis de tuer" :
Alors que le nombre de mort-es de la police et des matons ne cesse d'augmenter, on a pris le temps cette semaine de réaliser 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec les crimes d'État, en partant de (...)
[1] l'entretien est réalisé proche des vingt ans de la mort des deux jeunes hommes en 2005
Dans l'éphéméride des luttes du 18 août, on sait que la seule chose à laquelle servent les prisons, c'est à s'en évader. Pour continuer à lutter contre le capitalisme et les fascistes de toutes les couleurs.
1927 : A Sofia en Bulgarie, dans le cadre de la campagne de soutien aux anarchistes Italiens Sacco et Vanzetti, qui risquent la condamnation à mort aux Etats-Unis, une bombe explose de nuit dans le bâtiment où se réunit la délégation américaine dans le pays.
1932 : A Madrid, Congrès constitutif de la FIJL, la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires. Celle-ci sera interdite en France le 14 novembre 1963 sous la pression du régime franquiste. Elle sera l'une des principales organisations de résistance armée contre Franco.
1962 : Dans le Connecticut, cinq personnes sont arrêtées alors qu'elles tentaient de détruire le système de lancement de sous-marins militaires.
1970 : A Londres, explosion dans les bureaux de la compagnie aérienne Ibéria, alors que l'Espagne est en pleine dictature franquiste.
1971 : En Irlande du Nord, le militant de l'IRA Eamon Lafferty est abattu par l'armée britannique.
1974 : 19 membres de l'IRA parviennent à s'évader de la prison de Portlaoise. Seul un d'entre eux est recapturé.
1985 : A Cologne, le chantier d'un nouveau laboratoire de technologie génétique est réduit en miettes par des explosifs posés par les Rote Zora.
1998 : En Irlande du Nord, l'IRA 'véritable' (rIRA) annonce le cessez-le-feu suite au désastre de son action dans la ville d'Omagh quelques jours plus tôt.
2007 : En Espagne, mort en prison du communiste libertaire Jerónimo Arnay Avilés.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 18 août.
Une semaine de festivités à la ZAD, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Dans la France à Macron, toutes les ZAD sont tombées... Toutes ?! Non ! La Chab'ZAD résiste encore et toujours contre le projet de l'A412.
L'A412, c'est 16km d'autoroute inutiles relieraient Thonon-les-Bains à Machilly en Haute Savoie. L'intérêt, nul ; La répercussion environnementale, catastrophique.
Pour mener à bien ce magnifique projet, l'État peut compter sur Eiffage, généreux constructeur de prisons (décrites comme des camps de vacances par les journaleux.reuses)¹ qui commence déjà à installer les bases vie² pour l'autoroute tout au long du tracé. En Septembre c'est l'obtention de l'Autorisation Environnementale pour Eiffage et ça signifie le début des coupes, le détournement des cours d'eau et les expulsions.
Pour revenir à nos irréductibles zadistes, iels occupent depuis Septembre dernier 3ha du tracés de l'autoroute. À la Chab'ZAD, on construit des cabanes pour un monde meilleur³, on vit, on glande et on rit toustes ensemble sur le dos de l'État.
Dans le contexte à venir de potentielle expulsion et de début des travaux, on a besoin de soutien et de thunes.
C'EST POURQUOI NOUS VOUS INVITONS AU SKIBIDI CHAB'FEST 2 !? Une semaine de festivités, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Au programme, des concerts, du son, des spectacles, et beaucoup de barricades ! Il y aura un campement pour t'installer, une cantine vegan prix libre tous les jours et un parking dédié.
Plus d'info pratiques et sur le programme à venir sur chabzad.noblogs.org, sur Instagram (chab_zad) ou Telegram (t.me/chablazad).
(même la ville de genève est contre le projet, venez la team.)
[1] - Eiffage a remporté récemment deux nouveaux projets de prisons et va construire le siège social polonais de Frontex. Honnêtement c'est dur de compter le nombre de projets de merde à leur actif.
[2] - Lieu de vie des ouvrier.es pendant les travaux.
[3] - Un monde un peu moins nul plus probablement.
Cours de tango pour débutant.es queers
Pour découvrir et partager une danse sociale, intime, accessible et dégenrée
Tous les mardis (hors vacances scolaires) de 20h à 21h30
Au clair du quartier (1 bis rue des Champs Élysées Grenoble)
Prix libre / suggestion 5€-10€/cours - 1er cours d'éssai offert.
Lancement le mardi 15 septembre.
Infos : tangoqueer38@gmail.com
Le mercredi 16 septembre aura lieu la réunion de rentrée de l'AG féministe au Lîeu (17 rue Abbé Grégoire). Au programme, présentation et organisation des événements à venir — dont une projection le 26 septembre ainsi que le week-end antifa du 16 au 18 octobre.
Les nouvelles personnes sont les bienvenues, un accueil convivial est même prévu à 18h. La réunion à proprement parler débute à 18h30.
Attention, nous avons décidé lors de l'AG exceptionnelle de juin de modifier le rythme des AGs pour passer à deux AGs (plus courtes) par mois. Elles auront désormais lieu les 1er et 16 de chaque mois (l'AG de mi-octobre sera décalée en raison du weekend antifa qui aura lieu du 16 au 18 octobre).
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L'Assemblée générale féministe de Grenoble est née pendant le mouvement des retraites en 2019. L'ambition initiale était de produire un discours féministe au sein de cette lutte : cette envie est toujours ce qui anime cette AG. Nous nous inscrivons dans les luttes locales dans lesquelles nous amenons une perspective féministe, nous portons la mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles autour du 25 novembre et nous construisons la grève féministe du 8 mars.
L'AG féministe de Grenoble se réunit en mixité choisie sans mecs cis. Elle rassemble à la fois des individus autonomes et des personnes mandatées par leur collectif, leur syndicat, leur association.
Nous vous donnons rendez-vous le mardi 1er septembre à 19h au PPM (en face de la Bobine) pour un pique-nique partagé de rentrée, histoire de nous retrouver et/ou faire connaissance dans un cadre convivial. Contributions salées, sucrées ou liquides appréciées !
Comme le reste des événements portés par l'AG féministe, celui-ci se déroulera en mixité choisie sans mecs cis.
Au plaisir de vous rencontrer et vous retrouver !
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Créée en 2019, l'AG féministe de Grenoble rassemble des individus et des personnes mandatées par leur organisation politique et syndicale. Elle a pour objectif d'organiser la lutte féministe à Grenoble. Elle se rassemble en mixité choisie sans homme cis-genre.
Elle a pour objectif d'organiser un mouvement féministe autonome, dans une perspective anticapitaliste ancrée sur le territoire de l'agglomération grenobloise. L'AG se veut être un espace de politisation des expériences individuelles, permettant l'inter-connexion des luttes et des solidarités transversales.
Elle organise notamment les manifestations du 25 novembre et du 8 mars, mais également des temps de formation sur des sujets diverses liés au féminisme tout au long de l'année. Elle s'inscrit également dans les luttes contre les réformes anti-sociales, racistes, islamophobes, transphobes et sexistes.
L'assemblée Féministe n'est ni un collectif, ni une association, ni une organisation. De ce fait elle se base sur l'auto-organisation de ses membres et rassemble des personnes avec des lignes politiques variées.
Nous proposons un groupe de parole et d'échange autour d'une boisson. Contrairement aux idées reçues, le travail n'est pas toujours séparé du temps libre. Bien souvent il nous suit même en dehors des horaires qui lui sont dédiés. Dans cet atelier, voici les points que nous pourrons aborder :
C'est un espace d'échange gratuit, sans inscription, qui aura lieu le mercredi 26 août 2026 de 16h30 à 18h30 à l'Accorderie, au 62 rue Général Ferrié, à Grenoble. L'immeuble est situé en face de l'épicerie solidaire Episol.
Vous pouvez nous écrire pour poser vos questions : leschomeureusesdelaccorderie@proton.me
En tant que groupe de pairs, nous ne sommes pas ouverts aux professionnel·le·s de l'accompagnement, de l'insertion, de coaching et pratiques de développement personnel dont l'activité est en lien avec la thématique abordée.

Dans la France à Macron, toutes les ZAD sont tombées... Toutes ?! Non ! La Chab'ZAD résiste encore et toujours contre le projet de l'A412.
L'A412, c'est 16km d'autoroute inutiles relieraient Thonon-les-Bains à Machilly en Haute Savoie. L'intérêt, nul ; La répercussion environnementale, catastrophique.
Pour mener à bien ce magnifique projet, l'État peut compter sur Eiffage, généreux constructeur de prisons (décrites comme des camps de vacances par les journaleux.reuses)¹ qui commence déjà à installer les bases vie² pour l'autoroute tout au long du tracé. En Septembre c'est l'obtention de l'Autorisation Environnementale pour Eiffage et ça signifie le début des coupes, le détournement des cours d'eau et les expulsions.
Pour revenir à nos irréductibles zadistes, iels occupent depuis Septembre dernier 3ha du tracés de l'autoroute. À la Chab'ZAD, on construit des cabanes pour un monde meilleur³, on vit, on glande et on rit toustes ensemble sur le dos de l'État.
Dans le contexte à venir de potentielle expulsion et de début des travaux, on a besoin de soutien et de thunes.
C'EST POURQUOI NOUS VOUS INVITONS AU SKIBIDI CHAB'FEST 2 !? Une semaine de festivités, de chantiers co et de skibidi-bêtises ouverte à toutes du 26 Août au 3 Septembre.
Au programme, des concerts, du son, des spectacles, et beaucoup de barricades ! Il y aura un campement pour t'installer, une cantine vegan prix libre tous les jours et un parking dédié.
Plus d'info pratiques et sur le programme à venir sur chabzad.noblogs.org, sur Instagram (chab_zad) ou Telegram (t.me/chablazad).
[1] - Eiffage a remporté récemment deux nouveaux projets de prisons et va construire le siège social polonais de Frontex. Honnêtement c'est dur de compter le nombre de projets de merde à leur actif.
[2] - Lieu de vie des ouvrier.es pendant les travaux.
[3] - Un monde un peu moins nul plus probablement.
Pendant deux mois, les luttes contre les enfermements policier, judiciaire, coloniaux, psychiatriques s'invitent au local autogéré de la rue Dupont !
On expose ensemble nos créations artistiques ou pas du tout artistiques pour
informer sur les systèmes dégueulasses d'enfermements mis en place par l'éTat et ses sbires
argumenter sur pourquoi ces systèmes doivent disparaître
raconter les luttes passées et actuelles contre les enfermements, menées de l'intérieur (grèves, évasions, prises d'otage...) et à l'extérieur (solidarité avec les proches de personnes enfermées, caisses de solidarité, parloirs sauvages, sabotages de chantier...)
inventer celles à venir
Des affiches, des brochures, un ordi et un casque audio pour consulter une sélection de vidéos, une sélection de livres dispo à la bibliothèque du local autogéré, des exemples de courriers de soutien envoyés à des personnes enfermées, des listes d'adresses de personnes à qui écrire et de numéros de téléphone à appeler pour soutenir des camarades ou des inconnu·es...
À vivre comme une invitation de plusieurs mètres carrées à militer ensemble contre tous les enfermements (avec des vrais morceaux d'infos pratiques et concrètes dedans).
L'expo sera installée et visible du 07/09/26 au 30/10/26 au local autogéré : 7, rue Pierre Dupont, 38000 Grenoble (partiellement accessible PMR, c'est à dire que la salle principale l'est mais pas les WC et la cuisine).
Elle est accessible notamment :
lors des permanences de la bibliothèque et de la distro du local tous les mercredi de 17h à 21h
et tous les samedi de 15h à 18h
ainsi que lors des autres activités du local autogéré (notamment les permanences d'entraide, les concerts ou autre... voir l'agenda du local autogéré https://www.lustucrust.org/localautogere/).
Chacun·e est invité·e à ajouter ses contributions, affiches, dessins, idées, souvenirs... Du matériel sera à disposition pour ça aussi.
Une soirée de lancement est prévue le mercredi 09/09/26.
À partir de 17h ce jour-là, des ateliers pour écrire à des personnes enfermées, pour faire des affiches ensemble et dessiner un monde sans prison.
À partir de 18h un buffet vegan.
À 19h des prises de parole de collectifs invités, comme Lyon Anti CRA, le Réseau de Soins Communautaires, le collectif Salut, ça va ?, le Collectif de Lutte Anti-Carcéral...
De 20h à 22h, une discussion collective sur les luttes contre les enfermements.
L'expo et la soirée de lancement sont gratuites.
Des coups de main en amont ou des contributions à verser avant la soirée de lancement sont aussi les bienvenues ! Le plus simple pour l'instant c'est d'écrire à l'adresse de renarde (comme l'animale) chez le fournisseur gresille.org
Et ci-dessous l'affiche si vous voulez en imprimer et en coller partout dans Grenoble (sur les panneaux autorisés bien sûr).
Comment adopter une attitude nuancée envers la nécessité de l'action armée dans le cadre de conflits extrêmement violents ? Lorsque le niveau de violence d'une lutte augmente, comment s'assurer que l'autonomie et l'entre-aide continuent d'orienter notre activité et non les priorités des groupes armés qui souvent se font passer pour « la résistance » ? À l'heure où l'on glorifie les luttes militarisées menées par des groupes armés spécifiques, il est plus important que jamais de marquer la différence entre l'action militante et militaire. C'est-à-dire, la différence entre les tactiques et les formes d'escalade issues de l'auto-organisation des classes opprimées et celles imposées par des groupes spécialisés dans la violence organisée.
Cet atelier s'inspire de perspectives anarchistes sur la révolution syrienne des années 2010 et l'autonomie italienne des années 1960-1970 pour offrir quelques points de départ sur la façon d'éviter la mainmise des groupes militarisés sur les luttes devenues violentes.
Il y aura une présentation du texte avec l'autrice pendant une vingtaine de minutes, suivie d'une discussion.
Le mercredi 19 août, à 19h, au Local Autogéré
Pour télécharger le texte : https://upload.disroot.org/r/ozuYKYcL#rFQCJ1DKpYZZQy27JmYXPHDp2PC3tPJ6QjlOGGW4VM8=
Nous écrivons cet appel à une période où la civilisation industrielle révèle l'importance de ses fondations : les sous-sols.
Armée par la science et la technologie, la méga-machine extractive repousse les frontières cognitives et territoriales. Tout est désormais transformé en matières premières. De la France à la Chine, des États-Unis à la Russie, d'Imerys à Rio Tinto en passant par BHP Biliton ou Anglo American, états et entreprises passent le monde au peigne fin, brossant jusqu'aux fonds marins et l'Antarctique, à la recherche de minerais aux noms insolites (lithium, cobalt, tungstène, beryllium, etc). Des milliardaires, comme Elon Musk pour le plus connu, investissent dans l'aérospatial afin de prospecter des gisements cosmiques. Ici-bas, sur Terre, la démesure du pillage capitaliste et patriarcal approfondit ses ravages. Les mines entraînent guerres , vols, viols, maladies, pollutions et travail de forçat dans les espaces colonisés comme au Congo, en Indonésie ou en Amérique du Sud. À cet impérialisme s'ajoute l'exploitation intra-muros, alors que la vieille Europe recommence à accueillir la voracité minière à bras ouverts. Que ce soit à Jadar en Serbie ou au Portugal avec le site de Covas do Barosso, en passant par le très médiatisé projet Emili au cœur de la France métropolitaine, et… l'Ukraine, les mêmes logiques de sacrifice des territoires et des populations sont à l'œuvre. Ces dernières continuant de subir la dépossession, la répression et la mise au silence. Les pouvoirs d'états à travers l'USGS, le BRGM et autres centres de recherche et les financeurs (Union Européenne, BPI, actionnaires comme Glencore) provoquent ainsi de nouvelles guerres, de nouvelles dévastations, afin de siphonner les matières fossiles et minérales des sous-sols.
La mondialisation de l'extractivisme est en cours mais ses horreurs ne se font pas sans opposition. Des luttes acharnées se mènent en Laponie, au Canada, en Kanaky, au Sahara, en France, en Grèce, en Allemagne, pour conserver l'eau, la terre. Pour survivre. Des projets sont contestés, retardés, certains sont abandonnés. Face à l'ampleur de la dévastation, n'oublions pas notre force collective.
Nous croyons ce système faillible, que sa subversion est possible.
Nous voulons le saper à sa base. Grâce à l'imagination, l'inspiration, l'audace !
Partout où ce message circulera, que ces deux mois (Février-Mars 2027) soient semés d'actions autonomes et diverses contre les entreprises minières et ceux qui collaborent avec elles.
Bien appliquées, de petites forces peuvent devenir de grandes menaces.
Les chiffres des dégâts provoqués par le chaos climatique en Europe et dans le monde donnent le vertige.
L’article La planète brûle : près de 600.000 hectares partis en fumée en Europe, 150 millions dans le monde est apparu en premier sur Contre Attaque.
reçu par mail (en espagnol) / mi-août 2026

(image issue des médias grand public)
À minuit, le 15 juin de cette année, nous avons fait détoner un engin explosif à la Caisse des retraites et des pensions des Forces armées, à Montevideo, en Uruguay. Il a été fabriqué avec des matériaux accessibles à tout le monde et activé avec un simple système mécanique.
La Caisse Militaire est une concrétisation claire de la manière dont le pouvoir nous vole, nous exploite et nous réprime. Une caisse subventionnée avec le sang de tout le monde, pour enrichir et corrompre les militaires qui, le cas échéant, tireront sur les révolté.es.
Nous traînons nos chaînes, nous vivons en raclant le fond de nos salaires, pour alimenter le mécanisme de l’exploitation. Le capital et les forces répressives vont toujours main dans la main, pour nous sucer nos vies et, si jamais nous nous rebellons : tuer, torturer et faire disparaître.
Nous avons choisi de cibler l’infrastructure de nos misères et de nos angoisses. Ce n’est pas la voisine, ce n’est pas celui/celle qui vit dans la rue, ce ne sont pas les toxicomanes, ni le petit voleur. Ce ne sont pas les gamin.es qui finissent au service des narcotrafiquants. L’ennemi, c’est une poignée de privilégiés, c’est l’autorité, ce sont ceux qui sont en haut de la hiérarchie et les partis politiques qui tirent profit de l’administration de leur fief.
Ils savent où ils sont.
Ici, les tortionnaires constituent une véritable institution, qui fait ce pour quoi elle existe : protéger les intérêts des riches et des puissants. Avant et pendant la dictature, les militaires ont agi en fonction de leur raison d’être et non pas à titre exceptionnel. Ici, au Congo ou à Haïti, il n’y a pas eu d’erreurs, il n’y a pas eu d’excès, la fonction de l’armée est de garantir l’exploitation.
Cette année, ils ont eu un rôle de protagonistes. Ils ont placé des chars dans des quartiers. Mais pas avant d’avoir promené à travers le territoire et traité comme une star l’armée coloniale, en jouant à la guerre sur leurs porte-avions. Aimez-vous jouer à la guerre, Monsieur le Président ?
La ministre a qualifié cette action de fait isolé. Au contraire, cette action s’inscrit dans la longue trajectoire de la lutte contre l’oppression. Elle est une mémoire active contre les bourreaux que vous protégez et dirigez. Les rebelles disparu.es [desaparecidxs], torturé.es et emprisonné.es d’hier et d’aujourd’hui sont présent.es dans l’action directe, dans la confrontation avec le capital et l’État qui le protège. Mille funérailles avec mille personnes en silence ne compensent pas l’abandon de la lutte.
La nuit du 15 juin, une fois de plus, il a été évident qu’il est possible d’attaquer de manière percutante, que leur panoptique ne nous observe pas tout le temps, qu’il y a suffisamment de fissures pour transformer l’ennui, la colère en rébellion. Il s’agit de mettre la main à l’œuvre.
La répression ne vient pas seulement sous forme de bottes militaires. Les écrans sont des chaînes, l’offensive s’y distrait.
Dans le Río de la Plata, il y a du bois qui brûle sans fumée [il y a des choses qui se passent sans qu’on ne les voie ; NdAtt.]. Avec des essais et des erreurs, avec détermination et prudence, avec ce que l’on a sous la main. Arme ton groupe !
Sara Ardizzone, Alessandro Mercogliano, Kyriakos Ximitris, Mauricio Morales et Santiago
Maldonado dans la mémoire active.
never sleep / vendredi 7 août 2026
Ce véhicule de l’ICE, avec la plaque d’immatriculation de l’État de New York n° MBL6213, a été vu lors de trois épisodes distincts de mise en place ou d’enlèvement.
Ensuite, il a été vu garé dans [le quartier new-yorkais de] Southside Williamsburg, alias Los Sures ; alors nous avons donné un petit coup avec un pic à glace à deux de se pneus, tagué « ICE OUT » [l’ICE dehors], pour alerter les voisin.es, et brisé deux vitres latérales et le pare-brise avec un poinçon central automatique à ressort. C’est un petit outil bien pratique, un peu plus silencieux qu’un marteau, après tout on ne voudrait pas réveiller nos cher.es voisin.es.
L’image est pixelisée, mais si vous regardez de plus près, vous pouvez voir les trous dans les fenêtres latérales. En ce moment, l’ICE augmente son activité à New York, SI VOUS VOYEZ QUELQUE CHOSE, FAITES QUELQUE CHOSE ! Effacez vos traces.
dingueries [on a rectifié le titre] / samedi 8 août 2026
Il y a quelques nuits, on a décidé de se lancer un défi : détruire quatre tours de surveillance en une seule nuit. On s’est rendu compte que c’était plus facile que prévu, et super marrant en plus ! On en a détruit une près du pont piétonnier entre Clinton et la 14e, une autre au CVS de la 33e et deux au Fred Meyers de la 28e.
On a constaté qu’il nous fallait moins de 30 secondes pour grimper sur la tour, casser toutes les caméras, détruire les panneaux solaires, écrire un message et crever les pneus de la remorque. C’est un autre communiqué qui nous a donné l’idée de grimper sur la tour. On n’a rencontré aucun problème pendant nos aventures, et certains potes nous ont même encouragés et remerciés d’avoir réglé ces nuisances.
Nous avons réussi à éteindre les lumières bleues clignotantes en cassant le boîtier situé au sommet de la tour de surveillance, mais nous encourageons tout le monde à continuer d’expérimenter pour trouver des moyens plus rapides et plus efficaces de les neutraliser !
Quatre de moins, il en reste encore beaucoup. Au travail, Portland !
Remplie par les seules pluies hivernales, la réserve d'eau de Sainte-Soline a vu ses stocks à sec en moins de deux mois de fortes chaleurs. Si l'évaporation apparaît possible, la Coopérative de l'eau des Deux-Sèvres affirme avoir utilisé l'eau pour irriguer, bien que la justice ait suspendu ses autorisations.
La Rochelle (Charente-Maritime), correspondance
Censée permettre à l'agriculture de lutter contre les sécheresses liées au changement climatique, la mégabassine de Sainte-Soline (…)
Avril 1996. Dans la foulée d’une série de lois destinées à durcir les lois sur l’immigration et la naturalisation, Henri Cuq dépose son rapport écrit à la demande d’Alain Juppé sur « La situation et le devenir des foyers de travailleurs immigrés ». Suit en 1997, la loi qui crée les « résidences sociales » et le plan destiné à liquider les anciens foyers de travailleurs, logement pérenne pour travailleurs vivant séparés de leurs familles, et les remplacer par des « résidences sociales », logements provisoires destinés à accompagner vers le parc de logement de droit commun des précarisés de toutes sortes.
Cela fait trente ans que les militants du Copaf et les délégués des foyers luttent pour faire entendre les revendications de dignité minimale issues de la grève des loyers des foyers Sonacotra et autres dans les années 1975-80 :
Depuis lors, deux milliards et demi d’euros ont été dépensés pour des millions de mètres carrés de placoplâtre censés symboliser le triomphe du « tout individualisé », la grande amélioration de confort et de dignité fournie aux résidents qui est le but publicitaire annoncé de l’opération.
En réalité et caché par un vocabulaire bourré d’euphémismes, il s’agit de liquider les foyers, de liquider la vie collective, de réduire à néant les droits à l’auto-détermination des résidents, et de remplacer des logements pérennes par des logements de transition. Il s’agit de transformer le bâti pour en changer la population et le fonctionnement. Il s’agit d’une sorte d’épuration sociale et ethnique déguisée, qui s’opère en douce et par une violence homéopathique, goutte à goutte, semaine après semaine, conçue pour éviter tout conflit de front.
Le Copaf, ses militants, ses sympathisants, les délégués, ne peuvent pas laisser cet « anniversaire » passer sans marquer le coup, sans attirer l’attention des élites notables qui nous gouvernent et qui sont censées nous représenter, sans s’adresser à l’opinion publique en disant : attention il y a actuellement oppression, discrimination et ségrégation à l’œuvre, dans la société française.
C’est pourquoi nous proposons de travailler sur un « mois des fêtes de foyers » s’étendant du 31 octobre 2026 au 6 décembre 2026.
L’idée est d’organiser des débats publics dans cinq villes où les foyers constituent un élément important de l’histoire sociale et du tissu urbain, éventuellement suivis de repas et/ou de performances musicales. Ces débats exposeront le point de vue des délégués, des résidents, des politiques et du mouvement associatif sur l’ensemble de ce programme et sur les points de résistance qui persistent encore. Les villes pressenties sont Paris 20ème, Saint Denis, Montreuil, Vitry et Boulogne-Billancourt.
Le mois se conclura par un meeting final, programmé à la Salle Henaff de la Bourse du Travail à Paris, le samedi 5 décembre 2026. Le but est non seulement de faire publicité et agitation autour de ce programme et de ses effets, mais aussi de préparer notre engagement collectif dans les échéances politiques de 2027.
Toutes les personnes et toutes les associations qui souhaitent s’associer à la construction de ces événements sont invitées à nous contacter par mail ou par téléphone.