Avril 1996. Dans la foulée d’une série de lois destinées à durcir les lois sur l’immigration et la naturalisation, Henri Cuq dépose son rapport écrit à la demande d’Alain Juppé sur « La situation et le devenir des foyers de travailleurs immigrés ». Suit en 1997, la loi qui crée les « résidences sociales » et le plan destiné à liquider les anciens foyers de travailleurs, logement pérenne pour travailleurs vivant séparés de leurs familles, et les remplacer par des « résidences sociales », logements provisoires destinés à accompagner vers le parc de logement de droit commun des précarisés de toutes sortes.
Cela fait trente ans que les militants du Copaf et les délégués des foyers luttent pour faire entendre les revendications de dignité minimale issues de la grève des loyers des foyers Sonacotra et autres dans les années 1975-80 :
Depuis lors, deux milliards et demi d’euros ont été dépensés pour des millions de mètres carrés de placoplâtre censés symboliser le triomphe du « tout individualisé », la grande amélioration de confort et de dignité fournie aux résidents qui est le but publicitaire annoncé de l’opération.
En réalité et caché par un vocabulaire bourré d’euphémismes, il s’agit de liquider les foyers, de liquider la vie collective, de réduire à néant les droits à l’auto-détermination des résidents, et de remplacer des logements pérennes par des logements de transition. Il s’agit de transformer le bâti pour en changer la population et le fonctionnement. Il s’agit d’une sorte d’épuration sociale et ethnique déguisée, qui s’opère en douce et par une violence homéopathique, goutte à goutte, semaine après semaine, conçue pour éviter tout conflit de front.
Le Copaf, ses militants, ses sympathisants, les délégués, ne peuvent pas laisser cet « anniversaire » passer sans marquer le coup, sans attirer l’attention des élites notables qui nous gouvernent et qui sont censées nous représenter, sans s’adresser à l’opinion publique en disant : attention il y a actuellement oppression, discrimination et ségrégation à l’œuvre, dans la société française.
C’est pourquoi nous proposons de travailler sur un « mois des fêtes de foyers » s’étendant du 31 octobre 2026 au 6 décembre 2026.
L’idée est d’organiser des débats publics dans cinq villes où les foyers constituent un élément important de l’histoire sociale et du tissu urbain, éventuellement suivis de repas et/ou de performances musicales. Ces débats exposeront le point de vue des délégués, des résidents, des politiques et du mouvement associatif sur l’ensemble de ce programme et sur les points de résistance qui persistent encore. Les villes pressenties sont Paris 20ème, Saint Denis, Montreuil, Vitry et Boulogne-Billancourt.
Le mois se conclura par un meeting final, programmé à la Salle Henaff de la Bourse du Travail à Paris, le samedi 5 décembre 2026. Le but est non seulement de faire publicité et agitation autour de ce programme et de ses effets, mais aussi de préparer notre engagement collectif dans les échéances politiques de 2027.
Toutes les personnes et toutes les associations qui souhaitent s’associer à la construction de ces événements sont invitées à nous contacter par mail ou par téléphone.