Dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 août 2022, une équipe de la BST (Brigade Spécialisée de Terrain, anciennement Unités TErritoriales de Quartier à leur création par Brice Hortefeux en 2008 qui correspond à la police de proximité) affectée à Vénissieux sont à la recherche d'un véhicule volé dans la commune. Sur le parking de l'hypermarché Carrefour et du garage Feu Vert de Vénissieux, le chef d'équipage, Geoffray D. tire à de nombreuses reprises sur les deux jeunes qui occupent le véhicule. Le premier Adam B. (20 ans), meurt sur le coup. Le second, Raihaine S. (25 ans), meurt le lendemain soir à l'hôpital.
L'équipage de flics justifie d'avoir assassiné les deux jeunes hommes en invoquant un "refus d'obtempérer" et une situation soi-disant de légitilme défense. Pourtant, comme l'explique la mère d'Adam, Fatiha, il est fortement permis de douter de la version policière. Adam B. et Raihane S. sont deux des 13 personnes tuées par la police dans des véhicules en mouvement au cours de l'année 2022 pour « refus d'obtempérer ».
Depuis 2017 et l'adoption de l'article L435-1 du Code de la sécurité intérieure (dite loi Cazeneuve), 393 personnes ont été assassinées par la police. Cette loi, qualifiée par de nombreux collectifs de proches de victimes de crimes d'Etat de "permis de tuer", autorise les flics et gendarmes à justifier comme ils le souhaient l'usage de leurs armes de service dans le cadre de contrôles de véhicules. La loi décuple de fait le pouvoir discrétionnaire de la police de donner la mort dans les quartiers populaires et sur les personnes non-blanches. Le collectif de lutte contre la police et les violences sécuritaires Désarmons-les écrivait en 2025 que durant "ces trois dernières années [2022, 2023, 2024] le délit de « refus obtempérer » est devenu l'alibi numéro un des policiers ou gendarmes. Il a été motivé dans un quart ou la moitié des morts constatées : 17 refus constatés en 2024 (25 % des cas) , entraînant 5 décès par balles et 12 accidents ; 20 en 2023 (47%), à l'origine de 2 chutes fatales, 3 tirs par balles et 15 accidents mortels ; 21 en 2022 (50%), 12 par balles, 3 noyades, 2 chutes et 4 accidents mortels."
Le "refus d'obtempérer" est devenu un blanc-sein judiiciaire pour la police à partir de février 2019, date à laquelle la cour d'Orléans rend son non-lieu dans l'assassinat d'Angelo Garand par le GIGN sur le terrain de sa famille aux alentours de Blois. La décision du tribunal se alors basait pour la toute première fois sur le nouvel article L435-1 du code de la sécurité intérieure, promulgué seulement un mois avant l'assassinat d'Angelo. Depuis le meurtre d'Angelo par les gendarmes du GIGN, les meurtres commis par les forces de police n'ont fait qu'exploser.
Comme si la loi Cazeneuve ne suffisait pas, un projet de loi de présomption de légitime défense de la police a été voté en première lecture à l'Assemblée le 7 juillet dernier, venant répondre à une demande sempiternelle de la droite et de l'extrême-droite (dans le programme électoral du FN depuis 2007) et des miliciens du syndicats de FDO Alliance. Il ne fait aucun doute que cette loi, qui doit poursuivre son chemin législatif en septembre, viendra encore aggraver le nombre de personnes assassinées par la police et la gendarmerie.
Fin 2025, l'émission Minuit Décousu donnait un entretien à Fatiha, la mère d'Adam afin qu'elle puisse s'exprimer sur son combat pour la vérité et la justice dans la mort de son fils Adam. Elle continue encore aujourd'hui son combat, notamment contre la future loi "permis de tuer" depuis qu'elle a été annoncée médiatiquement.
Minuit Décousu : Est-ce que tu peux te présenter et nous dire pourquoi on se retrouve devant un micro ensemble aujourd'hui ?
Fatiha : Je m'appelle Fatiha. On se retrouve aujourd'hui devant un micro parce que mon fils Adam a été abattu par la police il y a trois ans. Une instruction est en cours en ce moment, mais de nombreuses questions se posent autour des circonstances de sa mort. Une nuit d'août 2022, Adam avait 20 ans. Il se trouvait avec Raihane, 26 ans, dans une voiture stationnée sur le parking de Carrefour de Vénissieux. Un équipage de police est arrivé et, faisant une recherche, constate que le véhicule, une Renault Megane Sport, est signalé volé. Le chef de bord décide de procéder à un contrôle. Le conducteur aurait voulu se soustraire au contrôle, aurait fait une marche arrière, puis une marche avant, pour aller percuter le chef de bord qui se serait retrouvé sur le capot et aurait ouvert le feu pour sauver sa vie. C'est le récit de la police. Il tire huit balles, dont cinq traversent le pare-brise, en visant la tête et le thorax. Il tue Adam sur place. Raihane décédera à l'hôpital quelques heures plus tard. L'un des coéquipiers, un stagiaire, tire trois balles. Donc, officiellement, on a ce qu'on appelle un refus d'obtempérer, qui se solde par des tirs policiers en situation de légitime défense. Nous n'avons pas d'autres récits que celui des policiers, puisque selon eux, aucune image de vidéosurveillance de Carrefour n'est exploitable, et qu'il n'y aurait pas de témoins.
Extrait du rapport d'Index : image satellite de localisation des faits (p. 5)
Fatiha : Les faits se déroulent à minuit. Nous n'avons aucun moyen de contester cette version des faits. Une seule parole, celle de la police, est à l'œuvre, et donc c'est cette parole qui maîtrise aussi la communication auprès des médias. C'est ainsi que les journaux du matin présentent les deux garçons dans la bouche de Gérald Darmanin comme très défavorablement connus des services de police, ce qui n'est pas le cas d'Adam, qui est connu pour détention et usage de cannabis. C'est donc faux, mais c'est quelque chose de récurrent dans la stratégie de communication en cas d'homicide policier : le fait de criminaliser les victimes. D'ailleurs, le Progrès du vendredi qui le qualifie de très défavorablement connu des services de police corrige sa version le dimanche d'après en mentionnant un casier judiciaire vierge.
Ce que je dirais c'est qu'il y a un certain nombre d'éléments qui me posent véritablement question. Tout d'abord il y a un premier élément extrêmement important qui a été si je puis dire lâché par le mis en cause lui-même, tandis que ses coéquipiers n'y font jamais allusion concernant la voiture volée : une mégane sport. Le fichier national des voitures volées, consulté par les policiers avant d'intervenir, affiche une consigne qui est “la surveillance prime sur l'interpellation”. “La surveillance prime sur l'interpellation”. Il va quand même au contact. Pourquoi ? À notre connaissance, la question lui a pas été posée, et ainsi, l est sorti du bureau du juge comme témoin assisté. Donc ça, c'est une première chose qui est, à mon avis, très importante pour nous de savoir. Mais alors, pourquoi ? Comme il y a cette consigne, avant d'intervenir, l'équipage appelle le centre de commandement pour la même recherche. Donc ils indiquent le numéro d'immatriculation et on sait que c'est à cause de cette consigne qu'ils appellent. Quand on questionne les coéquipiers, ils l'expliquent différemment en disant : “oh bah il manquait des informations sur notre fiche, la fiche était incomplète.” Mais à aucun moment ils n'évoquent cette mention de la surveillance prime sur l'interpellation. Et au moment des échanges avec le centre de commandement, juste avant l'intervention, deux des policiers prétendent que le centre de commandement leur commande d'interpeller. Les échanges avec le centre de commandement, nous on les a écoutés, et à aucun moment il n'est question d'interpellation. À aucun moment on ne leur demande d'interpeller. Il suffit que la personne au bout du fil confirme que le véhicule est volé. pour que le chef de bord parte en action. Ça interpelle aussi ces policiers qui, il faut le dire, mentent, donnent des informations non seulement erronées mais absolument mensongères. On peut se poser la question de savoir s'ils sont honnêtes. Ensuite, au cours des auditions, les deux policiers qui ont tiré, lorsqu'ils sont auditionnés, présentent des schémas pour indiquer l'itinéraire que le fourgon de police a pris entre le moment où ils se trouvaient derrière le garage Feu vert à appeler le centre de commandement et à surveiller le véhicule et le moment où ils se sont retrouvés devant le véhicule volé. Pour l'interpellation, eh bien, ces deux schémas sont contradictoires. L'un affirme qu'ils arrivent par la droite de Feu vert, et l'autre indique qu'ils arrivent par la gauche. L'IGPN ne relève absolument pas cette contradiction. Donc, questionnement encore.
Qu'est-ce que je peux ajouter ? Il y a d'autre part très peu d'empressement, à mon avis, à interroger des témoins. On a su par hasard, en auditionnant un témoin qui s'était présenté spontanément, qu'il y avait une personne sur le parking dans sa voiture, qui était vraiment un témoin direct, qui a été témoin de la scène et que l'on a invité à partir quand tout a été terminé, sans prendre ses coordonnées. Est-ce qu'on n'avait pas besoin de connaître la vérité ? Est-ce qu'on n'avait pas besoin de son témoignage pour l'enquête Ça pose question aussi. Bon, il se trouve que la personne a quand même été entendue parce que le premier témoin a parlé d'elle en disant que c'était son amie, qu'elle était sur place et qu'à ce moment-là, il ne savait pas qu'elle était sur place. Mais du reste, tous les témoins présents sur les lieux n'ont pas été interrogés. Je trouve que c'est problématique.
Ensuite, sur les constatations sur le véhicule, la Renault Megane. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 18 au 19 août 2022. Au matin du 19 août, il y a des constatations faites sur le véhicule, qui est criblé de balles, etc. Et le PV indique que la carrosserie est en très bon état. Bon, c'est clair, la carrosserie est en très bon état. Il y avait juste un choc au niveau du pare-choc, mais on l'a su par le propriétaire du véhicule, il était bien antérieur au fait. Eh bien, quelques mois plus tard, quand il est question de faire l'analyse, l'expertise balistique, l'expert note qu'il y a un enfoncement sur le capot du côté gauche. Et lors de la deuxième expertise, le deuxième expert note qu'il y a un enfoncement et des rayures. Il y a de quoi se poser des questions. On a posé la question, on n'a pas eu de réponses, mais je trouve ça très problématique, encore une fois.
MD : Selon toi ce qu'est ce que tu penses qu'il s'est réellement passé ? Comment tu en es arrivée à reconstituer ce scénario ? Quels sont les éléments qui t'ont mis sur cette / sur ces pistes ?
Fatiha : Alors, moi, j'ai ma petite idée sur le fait déclencheur. C'est ma vision personnelle qui est liée aux éléments du dossier que je connais. Et pour comprendre, il faut remonter à l'après-midi du jour des faits. C'est une séance que l'IGPN n'a pas inclue dans son enquête. Je tiens à le noter aussi parce que, à mon avis, elle constitue vraiment une clé de compréhension de ce qui s'est passé ce soir-là. Au moment où il prend son service avec son équipage - je vais l'appeler le chef de bord, c'est lui qui est mis en cause - apprend par téléphone que sa moto, qui est garée près de son domicile dans le sud de Lyon, est en train d'être volée. Oullins, ce n'est pas leur secteur d'intervention à ces policiers-là. C'est en dehors du champ réglementaire. Pour autant, le chef de bord embarque aussitôt son équipage sur les lieux. Arrivé là, il repère les malfaiteurs et, au terme d'une course-poursuite dans les rues d'Oullins, il retrouve la moto abandonnée dans un parking. Très bien. Il retrouve la moto, mais les voleurs ont pris la fuite. Du coup, il continue à patrouiller sur les lieux. Un moment, ensuite, les collègues de la BAC qui sont présents leur demandent de partir en raison du fait que leur véhicule est sérigraphié et facilement repérable. Eux-mêmes, ils sont en train de surveiller et essaient d'appréhender les voleurs. Donc, à un moment donné, ils s'en vont. J'imagine que le chef de bord est très en colère, qu'il enrage même tellement qu'il revient pratiquement aussitôt. Ils font l'aller-retour et reviennent sur les lieux pour patrouiller encore. À mon avis, ils n'arrivent pas à se résoudre à lâcher l'affaire. Ils ne supportent pas le fait que ces voleurs s'en tirent, quoi. Quand on questionne ses collègues sur son état d'esprit, évidemment, ils répondent qu'il est calme, même très calme pour quelqu'un qui vient de se faire voler sa moto. Ce n'est pas vrai. À mon avis, ce n'est pas vrai. Il a un sentiment de frustration énorme qui le conduit ce soir-là à intervenir, en dépit de la consigne contraire, à viser la tête, à viser le thorax. Pour moi, bon, ça peut peut-être que ça paraîtra simpliste à certains, mais c'est ça se tient parfaitement. C'est ce qui peut expliquer qu'il ne tient pas compte de la consigne et que tout à coup il décide de se défouler sur qui il peut trouver devant lui. D'ailleurs, à partir de ce moment-là, à partir du moment où il décide d'intervenir, pour moi, je ne peux plus rien affirmer. On ne peut pas savoir ce qui s'est vraiment passé. Pourquoi ? Parce que les déclarations sont contradictoires, les témoignages aussi. On ne sait pas exactement où sont situés les policiers, les véhicules. Les policiers apportent des témoignages vraiment très approximatifs, très flous, en disant qu'ils n'y voyaient rien, qu'il faisait très sombre. Et à les entendre, ils étaient dans une nuit totale et ils opéraient totalement à l'aveugle. C'est ce qui ressort de leur de leur témoignage.
Moi, je n'imagine pas ce qui s'est passé. Je n'y comprends rien. Et bien, j'en profite pour parler de d'Index. Index, c'est une ONG d'investigation indépendante qui travaille au moyen de la modélisation 3D et qui est intervenue sur le dossier à la suite de l'expertise balistique. Il en résulte que le récit des policiers défie les lois de la physique et de l'espace. L'enchaînement des gestes nécessaires pour effectuer cinq tirs ciblés depuis une position couchée sur le capot du véhicule apparaît comme quasiment impossible. D'autant plus que cet enchaînement de gestes aurait été accompli en équilibre sur un véhicule en mouvement. Voilà. Maintenant, on attend la reconstitution. C'est ce qui nous apportera sans doute plus de clarté. En tout cas, on l'espère.
Extrait du rapport d'Index : reconstitution des tirs policiers (p. 13)
Fatiha : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les éléments que je viens de citer, quand même, posent question. C'est déjà un certain nombre de choses qui méritent d'être regardées de près, mais on a encore autre chose. Au départ du dossier, l'une des premières douches froides qu'on a reçues, nous les parties civiles, c'est d'apprendre qu'il n'existait aucune image exploitable des faits qui se sont pourtant déroulés sur un parking d'un centre commercial sous vidéo surveillance. La fusillade a eu lieu dans un lieu surveillé, donc je m'attendais à ce qu'il y ait des images, mais non. On a évidemment un PV d'exploitation de la vidéosurveillance qui mentionne des caméras qui ne sont pas orientées sur le parking de Feu vert. Il est écrit que les vidéos n'apportent rien à l'enquête et on en garde une seule qu'on met sous scellé. Voilà donc a priori je n'ai je n'ai aucune raison de douter de ce PV. Donc là, la vidéo qui est mise sous scellé, on a pu la visionner récemment et cette vidéo laisse apparaître une incohérence temporelle. Qui laisse penser que le film a subi une coupe. Voilà. On a deux heures de lecture au lieu de trois. Nous avons demandé des explications et on les attend.
MD : Quelles démarches t'as entrepris après, pour obtenir la vérité et la justice ?
Fatiha : Dès la fin 2023, j'ai saisi la Défenseure des droits. Alors la Défenseure des droits, ça fait ça fait deux ans qu'on est en contact. Je la tiens informée de l'évolution de la procédure. En discutant, j'ai appris que que la défenseur des droits pouvait avoir un pouvoir d'enquête, que ce que je ne savais pas. Simplement, ce pouvoir d'enquête ne peut lui être octroyé que par le juge d'instruction. Donc, une demande a été faite et j'ai vraiment l'espoir qu'elle soit entendue pour mettre un peu de lumière sur toutes ces zones d'ombre dans l'enquête.
MD : Clairement, le meurtre d'Adam et de Raihane il intervient dans une séquence de violences policières toutes justifiées par le « refus d'obtempérer », est ce que tu veux / peux revenir un peu là dessus ? T'as connaissance d'autres personnes affaires proches ? T'as été en lien avec d'autres familles qui ont connu la même chose ?
Fatiha : Donc la loi de février 2017, dite loi Cazeneuve, ministre de l'Intérieur de François Hollande. Cette loi, relative à la sécurité publique, autorise les policiers français à tirer sur les occupants de véhicules, même lorsqu'ils ne représentent pas une menace immédiate. À partir de là, on a noté clairement une augmentation des tirs policiers mortels et qu'on incluait toujours dans un cadre de “refus d'obtempérer”. Des études sérieuses ont été faites, notamment par Sebastian Roché , Paul Le Derff et Simon Varaine dans la revue Esprit de 2022, où ils mettait clairement en corrélation cette loi et l'explosion du nombre de décès suite à des interventions policières. Peut-être que cette loi mériterait d'être interrogée. Ça a été le cas l'année dernière. Il y a deux députés, l'un du Parti socialiste, j'ai oublié son nom, et un de Renaissance, qui ont remis un rapport, qui en gros disait que rien ne prouvait que l'augmentation des décès suite à des interventions policières était liée à cette loi. Oui, ils ont osé l'affirmer et même l'un d'eux reconnaissait que peut-être le champ d'utilisation des armes avait été quand même élargi. Eh bien. Il disait qu'il ne valait mieux pas mécontenter les policiers et donc qu'il ne fallait toucher à rien. Voilà.
Sur d'autres familles qui ont vécu la même chose, oui, je suis en lien avec un certain nombre de familles. J'ai assisté à quelques événements organisés en mémoire de victimes et pour réclamer justice et vérité. Alors, j'avoue que j'ai j'ai pas j'ai pas beaucoup beaucoup d'énergie et je suis pas des plus actives mais je suis dans la boucle je me tiens informée et c'est assez terrible ce qui se passe c'est plombant même de voir ce qui se passe en particulier pour les personnes en détention qui décèdent, là c'est kafkaïen.
Vingt ans après Ziyed et Bouna, la situation a empiré en termes de crimes perpétrés par les policiers. Voilà, je permets de nommer Ziyed et Bouna puisqu'on est en plein dans on est en plein dans la commémoration de ces deux garçons morts pour n'avoir pas été secourus par des policiers [1].
MD : Aujourd'hui en novembre 2025, tu en es où dans l'affaire au niveau judiciaire ? Au niveau personnel ? Tu as encore des démarches en cours ?
Fatiha : L'instruction continue, ça fait trois ans, on avance très lentement. C'est le temps de la justice qui est long, c'est ce qu'on nous dit. En tout cas, chaque demande d'acte, chaque demande Prends un temps fou, prends un temps fou, et on vit perpétuellement dans l'attente, dans l'attente de réponse, et après les réponses, d'autres réponses encore. Voilà. Mais on continue, on continue. On ne baissera pas les bras. Moi, je peux juste te dire, je l'ai. Une nuit d'été, le ciel m'est tombé sur la tête, et aujourd'hui, je rampe sous les décombres.
Pour retrouver l'émission #235 de Minuit Décousu "Permis de tuer" :
Alors que le nombre de mort-es de la police et des matons ne cesse d'augmenter, on a pris le temps cette semaine de réaliser 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec les crimes d'État, en partant de (...)
[1] l'entretien est réalisé proche des vingt ans de la mort des deux jeunes hommes en 2005