Dark Nights / mercredi 22 juillet 2026
Les anarchistes emprisonné.es ont été arrêté.es dans les jours qui ont suivi la manifestation du Premier mai à Bandung [voir ici et ici ; NdAttt.]. Ils/elles sont accusé.es d’avoir participe à une émeute et de la destruction volontaire d’équipements publiques, à la suite d’un affrontement qui a eu lieu le 1er mai 2026 sur le Jalan Cikapayang (au carrefour entre Cikapayang et Pasupati), dans la ville de Bandung, au cours duquel la police a été attaquée.
Ces graves accusations portent sur des infractions comme le fait de provoquer des incendies ou des explosions mettant en danger la sécurité publique, le fait de commettre des actes de violence collective contre des personnes ou des biens, en public, ainsi que d’association de malfaiteurs. De plus, les compas sont accusé.es d’avoir préparé et utilisé des cocktails Molotov. Mpe est accusé d’être le « leader », ce qui, pour un anarchiste, est absurde. Les compas arrêté.es ont été tabassé.es et maltraité.es par les flics, au cours de leurs interrogatoires, pendant une période de trois semaines, en l’absence d’un bon avocat. Une pression psychologique intense et de la violence physique ont été utilisées à l’encontre des détenu.es, pour essayer de leur faire faire de fausses déclarations.
Au total, treize (13) personnes ont été arrêtées et emprisonnées au cours de l’enquête sur les émeutes.
– Trois (3) d’entre elles étaient des mineurs et ont ensuite été libérés, avec l’obligation de pointer à la police.
– Les dix (10) prisonniers restants sont :
1. Ripan Ripandi
2. Muhamad Rafly
3. Ismail
4. Dani Maulana
5. Rangga
6. Cikal
7. Haikal
8. Fadel
9. Fadil
10. Hadi Isan
Liberté pour les prisonniers – Renversons l’État
Mise à jour : le jeudi 23 juillet 2026, le procès des compagnons inculpés dans l’affaire de la manifestation du Premier mai 2026 à Bandung, c’est à dire Mpe, Dilan et Pablo, [a commencé] au tribunal du district de Bandung.
Act for freedom now! / samedi 1er août 2026
On a établi un calendrier des prochaines dates de libération des anarchistes emprisonné.es car pris.es pour cible lors des mesures de répression prises par l’État, suite à la mobilisation d’août–septembre 2025, à Bandung. Ces compas ont été poursuivis.es pour des actions directes, y compris les incendies qui ont visé la banque Hana [voir ici ; NdAtt.] et le bâtiment de la Chambre provinciale des représentants (DPRD) de Java occidental, ainsi qu’à cause des persécutions contre les administrateurs de la plateforme « Black Bloc Zone » – une affaire largement présentée par les médias grand public comme affaire « Chaos Star ».
Prochaines libérations dans les affaires d’actions directe « Chaos Star »
Plusieurs compas emprisonné.es dans le cadre des affaires liées à des actions directes approchent de la date prévue pour leur libération :
– Rhexcy : il est censé [être sorti] le 29 juillet 2026
– Tebe et Iyong : censés [être sortis] le 31 juillet 2026
– Jalus : censé [être sorti] le 3 août 2026
– Apip : censé sortir en septembre 2026
La situation d’autres compas emprisonné.es
Au-delà des affaires principales, pour des incendies, d’autres compas capturé.es dans le cadre de luttes connexes font face à des conditions variables, dans les prisons de l’État :
Affaire de la bombe de propane au poste de police de Gentong [voir ici ; NdAtt.] :
– Adit et Nopal : ils sont censés sortir l’année prochaine (2027).
– Pem et Herdy : sortis il y a plusieurs mois.
Administrateurs de « Black Bloc Zone » :
– Dana et Abul : déjà libérés des prisons de l’État.
– Komar : actuellement incarcéré une nouvelle fois par les forces de l’État, à Surabaya, avec une date de sortie prévue pour septembre prochain.
Solidarité avec tou.tes les prisonnier.es anarchistes.
Pour l’Internationale noire.
Going Underground
juillet 2026
Dark Nights / samedi 18 juillet 2026
Ces dernières semaines, nous avons été plongé.es dans les tranchées du soutien juridique. Accompagner les personnes enlevées par la Densus (ndt : Densus 88, l’unité spéciale antiterroriste de la police indonésienne) n’est pas seulement une question tactique – c’est la manière dont nous cartographions leurs méthodes de répression pour les démanteler. Par-dessus tout, nous refusons d’abandonner qui que ce soit à la merci de l’appareil d’État.
Nous sommes en train de diminuer le soutien à Komar, car il est déjà assisté par le ST (ndt : Setapol, Union des prisonniers politiques) et d’autres. Notre priorité continuent à être les prisonnier.es restant.es du Premier mai 2026 et tou.tes celles/ceux qui doivent encore affronter les tribunaux sans solidarité. Bien entendu, cela inclut Adit, qui restera en prison jusqu’à l’année prochaine.
Les fonds qu’on nous avait initialement refusés, de la part du ST, ont été redirigés vers la famille de Dani. Leur appareil bureaucratique a déjà refusé d’apporter son soutien à Mpe, nous ne comptons donc plus sur eux. La famille de Dani vit en dessous du seuil de pauvreté et il était son seul soutien financier. C’est pourquoi les dons et les ventes de t-shirts continuent à être urgents : ils empêchent que sa famille sombre et soutiennent le travail de solidarité plus large.
Aujourd’hui, un nombre important de jeunes anarchistes pourrissent encore, détenu.es par la police. Beaucoup ont été arrêté.es après le 1er mai 2026. La plupart n’a reçu aucune assistance juridique – en particulier dans les villes les plus petites, où il n’existent même pas de structures d’assistance juridique. Nous continuons à chercher tous les canaux possibles pour les contacter et les soutenir.
Des comptes-rendus provenant de différentes sources confirment que la LBH (ndt : Organisation d’aide juridique de Jakarta) et la plupart des organisations institutionnelles d’aide juridique ont refusé de les assister. La raison est claire : leurs actions ont été trop destructrices, trop conflictuelles et ils/elles refusent de se soumettre à la chaîne de commandement bureaucratique imposée par ces organisations. C’est la raison pour laquelle la plupart de ceux/celles qui sont encore emprisonné.es continuent sans soutien juridique.
Prisonnier.es actuel.les :
Surabaya : +20-25 personnes
Cilacap/Purwokerto : 7 personnes
Makassar : 5 personnes
Ciamis : un nombre encore indéterminé
Bandung : 5 personnes (sans compter Mpe et ses compas)
Palang Hitam
Dark Nights / samedi 18 juillet 2026
Le compte-rendu des emprisonnements
Palang Hitam, 10 juillet 2026
Ce document montre, en détail, le nombre d’affaires actuellement traitées par le Palang Hitam. Si nous avions plus de fonds à notre disposition, nous pourrions fournir plus de soutien aux autres affaires dont nous continuons d’être mis.es au courant. Veuillez nous contacter à l’adresse palanghitam(no scums) riseup (acab) net, si vous pouvez nous aider à aider les compas en prison.
Il est nécessaire de fournir aux prisonnier.es des fonds pour leurs dépenses, le cas échéant pour leurs familles, et pour ceux/celles qui ont besoin d’avocats, car les avocats commis d’office travaillent avec les flics et les procureurs pour baiser les accusé.es. Quand nous sommes en mesure d’employer des avocats professionnels, la torture et les abus peuvent être arrêtés. Cela est important car de nombreux.ses accusé.es sont maltraité.es et menacé.es, jusqu’à ce qu’ils/elles donnent des faux témoignages. Dans un cas, à Surabaya, un jeune homme est mort des blessures dues à la torture.
L’unité antiterroriste Densus 88 cartographie le mouvement anarchiste et ses relations internes, en utilisant la menace et la torture. Cette unité utilise une surveillance généralisée des données, ainsi que des logiciels espions, qu’ils envoient à des blogs et à des comptes des réseaux sociaux, pour infiltrer les téléphones et les appareils des compas. Nous recommandons l’utilisation de moyens de sécurité informatique et téléphonique, tout en étant conscient.es de leurs limites.
Des responsables officiels indonésiens auraient participé au sommet organisé par l’administration américaine contre le « terrorisme d’extrême-gauche » et nous rappelons à tout le monde, dans la rue et dans le cyberespace, qu’il faut rester attentif.ves face à la forte possibilité d’une répression supplémentaire. Quand les révolutions ne sont faites qu’à moitié, nous creusons nos propres tombes.
Palang Hitam International
Un moment convivial organisé pour les mineur·es trans, non-binaires, en questionnement et leur famille, par des personnes concernées. Accompagnement individuel possible sur place.
Anglophones bienvenu·es
Samedi 29 août, de 16h à 18h30 au Centre LGBTI de Grenoble
Un moment de support à la transition organisé par et pour des personnes trans, non-binaires, intersexes, trav, toute personne déviantes de genre et en questionnement. (Parcours médical, administratif, santé mentale, RDR, questionnements, etc.). Accompagnement individuel possible sur place.
Anglophones bienvenu·es.
Mardi 25 août, de 18h30 à 20h30 au Centre LGBTI de Grenoble
Salut à tou·tes,
"Soin militant", "care", "inclusivité des luttes" et "dans les luttes"...
Le 30 de chaque mois, de 18h à 21h, les "rencontres du soin militant" de l'agglo grenobloise permettent à des personnes intéressées par le sujet de se retrouver pour se faire part de leurs besoins, idées, envie etc de projets divers et variés à ce sujet !
Concrètement ça peut être un espace pour se connaître, se coordonner entre les différents collectifs et groupes affinitaires qui proposent du soin dans les luttes à Grenoble, mais aussi pour que ce·lles qui ne font pas partie d'un groupe ou quoi, puisse participer aux discussions générales sur les besoins de nos milieux, ce qu'on pourrait imaginer, ce qui manque, ce qu'on fait bien ou qu'on peut améliorer...
On espère qu'il pourra aussi continuer à en naître des envies de monter des projets ! Dans la charte des rencontres, c'est écrit : "Les Rencontres Autonome du Care pour une INclusion Emancipatrice et Sociale (RACINES) espèrent être les racines de plein d'initiatives collectives qui tendraient à favoriser l'inclusivité réelle dans les luttes pour les massifier et les radicaliser."
On aimerait que ces rencontres soient les plus inclusives possibles. L'idée est notamment que quiconque puisse formuler des besoins spécifiques (soit directement à la rencontre, soit via un document anonyme en ligne (https://nuage.gresille.org/index.php/s/5XxjGsstkd2jJY8) ou via un·e personne relai par exemple) et que le groupe de personne présentes réfléchisse à les mettre en œuvre.
On peut venir quand on veut, avec des choses à boire et à manger si on veut. L'ordre du jour est déterminé par les personnes présentes. Idéalement si on arrive tou·tes à l'heure (18h) ça permet de se présenter tou·tes, de poser le cadre et de se mettre d'accord ensemble sur ce dont on a envie de parler mais on fait comme on peut bien sûr. Pour avoir une idée des envies des autres personnes, il y a un document de proposition d'ordre du jour (en pagaille ^^) ici : https://nuage.gresille.org/index.php/s/idMZfxt6c5kKtin
On peut trouver la charte complète, qui précise les modalités de fonctionnement, ici : https://nuage.gresille.org/index.php/s/FLYYHf5F9kGz9Ft Les rencontres sont souveraines. Les décisions qui changeraient la charte doivent être prises à l'unanimité à deux rencontres de suite entre 19h et 20h.
C'est ok que chacun·e apporte à boire et à manger. Espaces intérieurs non-fumeur. On demande aux personnes qui auraient besoin de boire de l'alcool de masquer les contenants et de ne pas en faire la promo. Si on ne peut pas aérer, on demandera si c'est possible de porter des masques (on essaye de les fournir).
On essaye de varier les lieux des rencontres. Les rencontres sont organisées par des personnes volontaires venues à une précédente rencontre et accompagnée de celleux qui ont en déjà organisées.
C'est possible de poser toutes les questions que vous voulez à l'avance à racines@gresille.org aussi.
N'hésitez pas à en parler autour de vous si vous en avez envie et/ou sur vos réseaux, etc.
À bientôt ! Et pis bin avec ou sans RACINES prenons soin les un·es des autres pour abattre ce système de merde !
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !





PS : article trouvé ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/.
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il revient sur les raisons de son silence, la mort de proches à Gaza — dont celle de la tante de son épouse Sabah —, la réduction de l'aide humanitaire et une situation qui empire chaque jour, à Gaza comme en Cisjordanie.
Samedi 25 juillet.
Salut les amis. Toujours vivant.
Chers lecteurs, chères lectrices, cela fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles, et je vous prie de me pardonner. Je sais que vous vous êtes inquiétés et que les informations sur Gaza vous manquent. J'ai eu quelques soucis de santé, mais ensuite, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas repris l'écriture. Sabah, ma femme, me demandait souvent : « Pourquoi n'écris-tu pas ? » Le problème, c'est que je n'avais pas de réponse. Depuis plus d'un mois, je vivais avec un cerveau qui voulait parler de tout, et un cœur saturé de chagrin et de tristesse qui n'avait pas envie de parler. Peut-être que ce génocide qui ne cesse pas depuis trois ans, ces catastrophes et massacres quotidiens, ce stress permanent pesaient trop lourd.
Il y a beaucoup de choses à raconter et, en même temps, la communauté internationale n'a rien à dire. Rien de ce qu'il se passe à Gaza n'a d'écho dans le silence du monde. Ni dans mon propre silence que je ne comprends pas moi-même. De quoi était-il fait ? Peut-être que j'avais simplement besoin de me reposer. Peut-être que j'étais arrivé à un point où j'avais besoin de ne rien dire, où je n'avais plus rien à dire.
Chaque jour on apprend la mort d'un ami proche, d'un voisin, dans un bombardement ou à cause d'une maladie non soignée.
Pendant le mois écoulé, nous sommes passés par de grands moments de tristesse. Sabah a perdu sa tante, pas à cause d'un bombardement, mais à cause des rats. Oui, à cause des rats. À Gaza, vous le savez, plus de 1,5 million de personnes vivent toujours sous des tentes dans des camps de fortune. Ces gens sont entassés les uns à côté des autres, concentrés dans 30 % de la surface de Gaza, c'est-à-dire à peu près 120 kilomètres carrés. Récemment, et surtout avec la chaleur, la majorité de ces tentes ont été attaquées par les rats, par les souris, par les reptiles, par les rongeurs.
Quand ils installent leurs bâches, les déplacés essaient de trouver un mur auquel adosser leur abri, afin d'économiser les toiles sur un côté, et pour avoir un pan solide où planter des clous, par exemple. C'est ce qu'avait fait la tante de Sabah. Elle n'avait été déplacée qu'une fois, contrairement à la majorité des Gazaouis, qui ont dû errer d'un endroit à un autre sous les attaques israéliennes. Elle était originaire du quartier de Shejaya — dans l'est de la ville de Gaza —, qui a été complètement rasé par l'armée israélienne. Elle avait fini sous une tente dans le centre de la ville. Cette tente, elle l'avait plantée contre le mur resté debout d'une maison détruite. Il a fini par s'effondrer sur la famille : les rats avaient creusé des trous sous ses fondations fragiles. Toute la famille s'est retrouvée à l'hôpital. Huda est morte au bout de quelques jours. Qu'elle repose en paix. Sa fille a été amputée d'une jambe. Elle est diabétique, ce qui va aggraver ses souffrances.
Il y a aussi l'histoire de cet ami que vous connaissez peut-être, le rappeur palestinien Ayman Mghames qui travaillait avec moi quand j'étais fixeur. Il m'aidait pour les contacts avec les journalistes et pour les traductions. Il a eu la chance de pouvoir quitter Gaza avec sa femme et ses enfants, et est actuellement en France. Malheureusement, il n'a pas pu faire évacuer sa mère, ainsi que son frère et sa famille. Sa belle-sœur a été transférée avec ses enfants en Égypte, où elle est traitée pour un cancer. Le frère d'Ayman était resté à Gaza avec sa mère. Mais il souffrait d'une insuffisance rénale qui lui a été fatale, faute de soins adéquats. Qu'il repose en paix.
Ce n'est qu'un mort parmi tant d'autres. Chaque jour, on apprend la mort d'un ami proche, d'un voisin, dans un bombardement ou à cause d'une maladie non soignée. Tout cela dans le silence du monde entier. Bien sûr, je ne parle pas des populations. Je sais qu'il y a une forte mobilisation, que ce soit en France ou ailleurs, et je sais que beaucoup de lecteurs et lectrices attendent mon journal parce qu'ils veulent savoir ce qu'il se passe à Gaza. Ils veulent savoir la vérité, connaître la réalité.
L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens.
Je parle du silence des dirigeants et des décideurs de la communauté internationale. Nous sommes étranglés par l'occupation, massacrés par les Israéliens, dans une impunité totale, à Gaza comme en Cisjordanie où les colons armés attaquent sans cesse les villages. L'objectif, c'est la déportation des Palestiniens. Le plan est désormais sur la table. En Cisjordanie, il est mis en œuvre par les colons, protégés par l'armée d'occupation. Des agences de presse ont récemment rapporté la version israélienne d'une attaque de colons contre un village proche de Naplouse : des « randonneurs » auraient été « attaqués » par des Palestiniens. De paisibles promeneurs amateurs de nature parcourant les territoires palestiniens pour en admirer les paysages auraient donc été agressés par des terroristes sanguinaires qui détestent les sacs à dos.
Il s'agissait en réalité d'une milice de colons armés de fusils M16 venus, comme à leur habitude, harceler et brutaliser les habitants. Un jeune Palestinien a saisi l'arme du chef de bande et l'a tué sur le coup. Les « randonneurs » ont le droit d'attaquer les villages, de brûler les mosquées et les champs, de tuer qui ils veulent. Les Palestiniens qui veulent simplement vivre sur leurs terres n'ont pas le droit de gâcher leurs promenades.
La majorité de la population dépend de l'aide humanitaire qui diminue de plus en plus.
Lire la suite sur orientxxi
Une première version de ce tract a été distribué devant les locaux de la SAUR à Ifs au mois de juin 2026. Voilà une nouvelle version du tract avec quelques corrections.
C'est la coupure qui fait déborder le vase !
À propos de coupures d'eau dans l'agglomération caennaise
Depuis le printemps 2024 dans l'agglomération caennaise, les squats se font de nouveau couper l'eau. Ces six dernières années, les distributeurs avaient arrêté de la couper et d'empêcher son rétablissement dans les squats investis par l'Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, suite à une lutte engagée en 2017 par cette dernière contre Veolia.
Pendant plusieurs mois des gens débarquaient régulièrement dans les locaux de Veolia pour exiger l'annulation d'une facture d'eau de 6600 euros pour un grand squat de la Guérinière occupé pendant plus de trois ans. Face au distributeur qui se dédouanait de toute responsabilité en renvoyant vers les pouvoirs publics, la mairie puis le CCAS (centre communal d'action sociale) ont été occupés, forçant ce dernier à éponger la dette.
Début 2023, le syndicat Eau du bassin Caennais a délégué la gestion du réseau d'eau à Eaux de Normandie (filiale de Suez), et à la SAUR, et les coupures ont recommencé. Coïncidence ? Alors qu'avant iels se contentaient de retirer les compteurs d'eau, maintenant iels envoient leurs petites mains faire le sale boulot : dans un squat à Fleury-sur-orne, l'eau a été coupée et l'accès à l'arrivée d'eau bouché avec du gravier et du sable ; au squat rue général Duparge, même chose avec du ciment, sous l'œil des propriétaires (de l'Administration Pénitentiaire) ; puis une coupure d'eau dans un squat à Bourguébus ; et de nouveau une tentative de coupure au squat du 102suudessous, suivie d'une tentative de sectionner les canalisations souterraines en creusant un grand trou dans la rue. Et c'est seulement les interventions dont on a connaissance... Y'en a ras le bol !
Pendant que le système industriel accapare les ressources en eau, les gestionnaires font la chasse aux mauvais payeurs pour grappiller quelques centimes et quelques gouttes d'eau. On doit payer l'eau à cause de groupes, États comme grandes entreprises, qui se l'approprient pour la marchandiser et s'enrichir sur un besoin vital. Ces charognards fixent les prix, et soit tu paies soit tu meurs. Si y'a des gens qui volent l'eau, c'est bien ceux-là, et pas celleux qui se débrouillent pour ne pas payer quelques mètres cubes pour un usage domestique. On nous culpabilise avec des leçons de morale sur la consommation individuelle (fais pipi dans ta douche !), pendant que l'industrie des énergies (nucléaire en tête) pollue des fleuves entiers pour refroidir leurs centrales, que l'agro-alimentaire dépense des tonnes d'eau pour arroser les champs pleins de pesticides et empoisonner les sols, que l'industrie du BTP assèche pour construire des prisons, et que l'industrie de l'armement assoiffe pour fabriquer drones et chars.
Si il faut couper l'eau, c'est aux industries, quelles qu'elles soient !
Que dit la loi française (pour l'instant) ?
Depuis 2013 (Loi Brottes), couper l'eau dans une résidence principale est illégal en France, même si les habitant-e-s ne payent pas l'eau. De même, la pratique du « lentillage » (réduire le débit d'eau plutôt que de couper l'eau directement) est illégale. De nombreuses décisions de justice ont entériné ce principe en condamnant Veolia ou la Saur pour des coupures d'eau chez des particuliers. Ces condamnations s'appuient sur l'article L115-3 du Code de l'action sociale et des familles : « Les distributeurs d'eau ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l'interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d'eau aux personnes ou familles ».
Contacts :
ag-contre-expulsions [at] riseup.net
eausecours [at] canaglie.net
Le tract en deux formats (pour lecture et impression) :
L'éphéméride des luttes du 3 août revient loin dans l'histoire, avant d'en arriver et d'être dramatiquement concentrée sur le conflit nord-irlandais. Aujourd'hui, on se rend compte de jusqu'où risque de mener la lutte.
1312 (très bonne année) : A Liège, une révolte populaire s'empare de 132 membres du patriciat local et les brûlent sur la place publique.
1789 : A Rouen, Bordier et Jourdan incitent les révolutionnaires à piller les maisons de riches et à s'emparer de leurs biens. Bordier sera arrêté dans les jours suivants et finalement pendu pour ces propos.
1894 : A Lyon, fin du procès de l'anarchiste Sante Caserio, qui poignarda à mort le président de la République française Sadi Carnot le 24 juin. Il est condamné à mort.
1907 : A Barcelone, création de l'organisation Solidaridad Obrera (Solidarité ouvrière), qui se fondra en 1910 dans la CNT.
1920 : A Belfast, en Irlande du Nord, de violentes émeutes se déclenchent contre l'occupation britannique. On verra plus loin que le conflit nord-irlandais ne fera par la suite que s'approfondir.
1959 : A Bissau en Guinée Portugaise, la police portugaise tire sur une foule de grévistes, faisant une cinquantaine de morts.
1960 : Le Niger obtient son indépendance vis-à-vis de la France coloniale.
1963 : En Espagne, pendant la dictature franquiste, le guérillero antifasciste 'Caraquemada' est tué, tandis que les anarchistes Granados et Delgado sont arrêtés à Madrid, accusés d'avoir posé des explosifs contre des bâtiments liés à la dictature.
1969 : A Belfast, des affrontements sanglants éclatent contre l'occupation britannique. Ceux-ci s'étendront sur seize jours.
1972 : En Irlande du Nord, un soldat britannique meurt dans une explosion d'une bombe de l'IRA à Urney, près de Clady, tandis que le militant de l'IRA Robert Mc Crudden, âgé de 19 ans, est abattu par l'armée à Belfast lors d'une fusillade.
1973 : A Dublin, l'IRA cambriole une armurerie.
1974 : A Belfast, le militant de l'IRA Martin Skillen, âgé de 21 ans, est abattu par l'armée britannique qui occupe l'Irlande du Nord.
1975 : Sortie du jeu vidéo Pong sur Atari, histoire de changer d'ambiance.
1976 : - A Portrush en Irlande du Nord, l'IRA commet six attentats à la bombe de façon simultanée.
1983 : Au Sénégal, création du Front d'action anti-impérialiste/Suxxali Reew Mi.
1992 : A Belfast, l'IRA abat un soldat britannique alors qu'il faisait une patrouille.
2004 : - A Spokane, dans l'État de Washington, le Eastern Washington Chapter de l'ELF (Front de Libération de la Terre) incendie un Hummer de 55.000 dollars, renvendiqué contre la guerre en Irak et Bush.
2017 : A Saint-Denis, tard dans la nuit, quatre véhicules de la police municipale sont incendiés sur le parking sécurisé du commissariat et deux autres ont leurs vitres cassées.
2019 : A Nantes, plusieurs manifestations ont lieu en hommage à Steve Maia Caniço, noyé dans la Loire le soir de la fête de la musique lors d'une intervention policière, ainsi que contre les violences policières. Lors de celle de l'après-midi, des affrontements commencent immédiatement contre la police, qui dureront plusieurs heures dans le centre-ville.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 3 août pour un peu plus de légereté.
Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
PS : article trouvé par ici, https://nantes.indymedia.org/posts/167658/les-autoradios-ont-des-oreilles/.
Quand ?
Le 3 août de 19h à 20h
Où ?
Hôtel de Ville 31, rue de Rivoli, 75004, Paris
L'action "zéro bébé à la rue" continue tous les premiers lundis du mois.
Nous serons lundi 3 août devant l'Hôtel de Ville de Paris au niveau du 31, rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel
Pour dire NON à l'inacceptable
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15, rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway Avenue de France.
— Pôle de santé des Envierges
— RESF Titon Souzy Pilatre
Sommaire Canada : Le militant Ahmad Hajahmad Jarrar poursuivi pour des discours liés à la Palestine Allemagne : Les Ulm5 dénoncent leur procès et défendent leur action militante USA : Appel à écrire à Daniel « Des » Sanchez Estrada, transféré dans une prison fédérale en Californie France : Un homme mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste » reste sous contrôle judiciaire France : JCDecaux poursuit des militants anti-publicité d'Extinction Rébellion Turquie : Les Mères du samedi réclament justice pour quatre disparus du dossier Birlik-Alabalık Turquie : Mobilisations dans trois villes pour la libération de prisonniers gravement malades Turquie : Appel des familles à fournir de la vitamine B1 aux détenus en grève de la faim Italie : Amende après des feux d'artifice tirés devant la prison de Salerne Royaume-Uni : Cinq propalestiniens risquent une qualification terroriste lors de leur condamnation France : Une violente intervention policière dénoncée à Ivry-sur-Seine Palestine : Report du verdict dans le procès du dirigeant de gauche Raja Eghbarieh Philippines : 560 prisonniers politiques recensés en juin 2026 Turquie : Commémorations des 12 révolutionnaires morts lors de la grève de la faim de 1996 Cameroun : Un homme condamné à six mois de prison pour outrage au chef de l'État Cachemire : Affrontements lors d'une marche de manifestants vers Muzaffarabad Turquie : Maintien en détention de l'humoriste Deniz Göktaş poursuivi pour un spectacle satirique International : Appel à commémorer les victimes de l'opération Kagaar en Inde USA : 13 arrestations lors d'une action contre un centre de l'ICE dans le Vermont Baléares : Des charges policières après une manifestation contre le tourisme de masse à Palma Tunisie : Quatre organisateurs de la flottille Sumud maintenus en détention provisoire Irlande : Découverte d'une voiture piégée, deux personnes arrêtées France : Deux antifascistes mis en examen dans l'affaire Quentin Deranque portent plainte contre des fascistes Cameroun : Le militant anticolonialiste et panafricaniste André Blaise Essama toujours détenu Turquie : Déclaration de militantes féministes emprisonnées Europe : Un an après la libération de Georges Abdallah, des affiches pour célébrer cette victoire Turquie : Un syndicaliste et une socialiste libérés après cinq mois de détention Philippines : Des violations des droits humains massives sous la politique anti-insurrectionnelle Chili : L'état de santé du prisonnier révolutionnaire Juan Aliste Vega se dégrade Irlande : Des prisonniers républicains confrontés à des procédures judiciaires prolongées Russie : Fondateur de Telegram, Pavel Durov inculpé pour « complicité de terrorisme » Chili : Une disparue de la dictature retrouvée vivante après 50 ans France : Un militant Gilets jaunes condamné à payer près de 5 000 € après un post Facebook contre la BAC Royaume-Uni : Perché 17 heures sur Big Ben avec un drapeau palestinien, il est durement condamné USA : L'administration Trump confie un immense centre de rétention pour migrants à une prison privée Turquie : Des jeunes militantes socialistes emprisonnées appellent à la résistance Chili : Un tribunal condamne un média pour des propos racistes et sexistes envers une militante mapuche Turquie : Un rapport dénonce une « crise systémique » des droits humains dans les prisons de l'ouest du pays Syrie : 628 personnes portées disparues après les combats de janvier au Rojava USA : GrapheneOS met en avant ses protections après une affaire judiciaire inédite Espagne : Le média La Directa poursuivi après une enquête sur des policiers infiltrés Inde : Répression contre les étudiants après la démission du ministre de l'Éducation USA : Autumn Hill dénonce sa condamnation politique à 50 ans de prison pour avoir lutté contre ICE Allemagne : Le renseignement intérieur enquête sur Prosfygika Royaume-Uni : La Cour suprême examine l'interdiction de Palestine Action Allemagne : Le chanteur du groupe Bob Vylan expulsé après des propos pro-palestiniens Cologne : Perquisitions contre des militantes féministes Iran : Des exécutions déclenchent des manifestations Turquie : Des prisonnières communistes de Bakırköy sont transférées vers d'autres prisons Catalogne : Quatre manifestants solidaires de Pablo Hasél acquittés Royaume-Uni : Le prisonnier pro-palestinien Umer Khalid privé de la prière du vendredi France : Le prisonnier Mickaël Gilgenmann dénonce des représailles à la prison de Moulins Yzeure Hongrie : Mobilisation de soutien lors du procès en appel des antifas Maja, Gabri et Anna Cachemire : Plus de 3 000 arrestations lors d'une vaste opération menée par la police indienne France : Un logiciel de géolocalisation de masse vendu à des grandes entreprises Brésil : Une action anti-impérialiste devant un magasin Havan ravive les appels à une répression accrue Iran : Des prisonniers se cousent les lèvres pour dénoncer la vague d'exécutions Azerbaïdjan : Quatre communistes condamnés pour avoir déployé des symboles soviétiques Turquie : Des détenues entament des grèves de la faim de 15 jours en soutien aux prisonniers en lutte USA : Jakhi Isaiah, poursuivi dans deux affaires, voit son procès reporté et sa peine fédérale se préciser Philippines : Affrontement entre la Nouvelle Armée Populaire et l'armée dans le Mindoro oriental Europe : Le Secours Rouge a participé au camp d'été de Young Struggle Maroc : El Mahdi Lyoubi remis en liberté provisoire
Canada : Le militant Ahmad Hajahmad Jarrar poursuivi pour des discours liés à la Palestine
Militant pro-palestinien de 33 ans, Ahmad Hassan Hajahmad fait face à une accusation de « participation ou contribution aux activités d'un groupe terroriste » au Canada, passible de 10 ans de prison. Les accusations sont liées à des discours prononcés lors de manifestations en 2024 contre le génocide en cours à Gaza. Son avocat Mohamed El Rashidy souligne qu'aucune violence, arme ou victime n'est associée à l'affaire et souligne que ces poursuites sont une atteinte à la liberté d'expression. Les défenseurs de Jarrar dénoncent une instrumentalisation des lois antiterroristes et une répression accrue des mobilisations pro-palestiniennes au Canada. Ils critiquent notamment la liste canadienne des organisations terroristes, qui intègre la plupart des organisations politiques palestiniennes, ainsi que l'usage de dispositifs policiers spécialisés contre des militants.
Allemagne : Les Ulm5 dénoncent leur procès et défendent leur action militante
Les cinq militants de l'Ulm5 ont livré leurs témoignages devant le tribunal de Stuttgart, affirmant avoir agi pour dénoncer les liens entre l'entreprise d'armement Elbit Systems et le génocide en cours à Gaza. Ils présentent leur action comme une démarche visant à empêcher la fourniture d'armes et à alerter sur la responsabilité allemande dans le conflit. Lors de leurs déclarations, les accusés ont également critiqué les conditions de leur procès et demandé la reconnaissance du caractère politique de leur engagement.
Lors de la 11ᵉ audience du procès des Ulm5 à Stuttgart, la défense a demandé l'audition de Marian Rachow, PDG d'Elbit Systems Deutschland, estimant que son témoignage pourrait confirmer l'implication du groupe dans le soutien aux opérations militaires israéliennes à Gaza, notamment via des transferts de technologies, des livraisons d'équipements et des liens financiers. La défense accuse également le parquet de ne pas avoir enquêté sur ces éléments et demande le remplacement du procureur principal.
USA : Appel à écrire à Daniel « Des » Sanchez Estrada, transféré dans une prison fédérale en Californie
Prisonnier politique et figure de l'affaire de Prairieland , Daniel Rolando Sanchez Estrada (surnommé « Des ») a été transféré au centre pénitentiaire fédéral de Victorville, dans le sud de la Californie, où il devrait rester incarcéré dans un avenir proche. Ses soutiens appellent à lui écrire pour l'accompagner dans cette nouvelle étape, marquée par un éloignement important de sa famille restée au Texas.
Les consignes indiquent notamment d'utiliser uniquement de l'encre bleue ou noire, du papier blanc sans lignes et d'écrire sur une seule face de chaque feuille. Les expéditeurs sont invités à ne pas inclure d'informations qu'ils ne souhaiteraient pas voir rendues publiques ou utilisées devant un tribunal, en particulier dans le contexte de son appel en cours. Au-delà de ces précautions, ses soutiens encouragent des messages personnels et bienveillants, en l'appelant Des, Daniel ou Dani, et en partageant des récits autour de la nature, des animaux, de la cuisine végane, de l'art, de la spiritualité, de l'histoire ou des activités en plein air.
Daniel Rolando Sanchez Estrada
#95099-511
FCI Victorville Medium II
Federal Correctional Institution
PO Box 3850
Adelanto, CA 92301
États-Unis
France : Un homme mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste » reste sous contrôle judiciaire
La cour d'appel de Paris a décidé de maintenir sous contrôle judiciaire un homme de 28 ans mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes » et soupçonné par le parquet national antiterroriste de préparer une attaque contre des policiers. Présenté par l'accusation comme proche de « l'ultragauche radicale violente », il avait été placé sous contrôle judiciaire le 9 juillet , une décision que le Pnat avait contestée en demandant son placement en détention provisoire.
Lors d'une perquisition à son domicile dans l'Essonne, les enquêteurs auraient découvert des documents politiques d'extrême gauche. Ses avocats contestent la présentation du dossier par l'accusation, estimant que l'affaire a été instrumentalisée et que leur client n'a jamais eu d'activité militante. L'instruction va se poursuivre sous contrôle judiciaire.
France : JCDecaux poursuit des militants anti-publicité d'Extinction Rébellion
Après avoir été débouté en mars 2026 dans une première procédure visant trois militants d'Extinction Rébellion à Angers, JCDecaux engage une nouvelle action en justice contre deux autres militants accusés d'avoir décroché des publicités en novembre 2025. Leur procès est prévu le 25 septembre 2026 devant le tribunal d'Angers. Le collectif dénonce un « acharnement contre les lanceurs d'alerte » et une répression des actions anti-publicité. Extinction Rébellion appelle à un rassemblement de soutien devant le tribunal le jour même dès 9H et à contribuer aux frais de justice des militants poursuivis.
Turquie : Les Mères du samedi réclament justice pour quatre disparus du dossier Birlik-Alabalık
Lors de leur 1113ᵉ rassemblement, les Mères du samedi ont demandé que les responsables de la disparition forcée et de l'assassinat de Abdulbaki Birlik, Kemal Birlik, Zübeyir Birlik et Zeki Alabalık soient jugés. Les quatre hommes avaient disparu à Mardin le 29 mars 1995 : Kemal Birlik et Zeki Alabalık, qui devaient être libérés de prison ce jour-là, auraient été rejoints à leur sortie par Abdulbaki et Zübeyir Birlik avant d'être emmenés de force par des militaires selon des témoins.
Les restes des quatre victimes ont été retrouvés en 2013 dans un ancien puits à Yurtderi, à Mardin, après des démarches des familles et de l'Association des droits humains (İHD), puis identifiés par l'Institut médico-légal. Les familles accusent une politique d'impunité après l'acquittement des responsables présumés, dont des membres des forces de sécurité liés aux activités du JİTEM dans les années 1990. Les Mères du samedi affirment vouloir poursuivre leur lutte pour faire établir la vérité et obtenir la condamnation des responsables de ces disparitions et meurtres.
Turquie : Mobilisations dans trois villes pour la libération de prisonniers gravement malades
Des rassemblements organisés le 25 juillet à Izmir, Istanbul et Ankara par des organisations de défense des droits humains ont demandé la libération de trois prisonniers gravement malades : Kazım Avcı, İrfan Yılmaz et Mehmet Şirin Çelik. Les manifestants dénoncent le maintien en détention de personnes souffrant de pathologies lourdes et de handicaps sévères, malgré des risques vitaux, ainsi que des conditions de prise en charge jugées incompatibles avec leur état de santé. Les organisations mettent en avant des retards ou refus de libération, y compris dans le cas d'İrfan Yılmaz malgré un avis médico-légal estimant son maintien en prison inadapté, ainsi que des pratiques dénoncées comme contraires aux droits humains, telles que le recours aux menottes lors d'hospitalisations ou de soins. Elles demandent la libération immédiate des trois détenus ou, à défaut, un accès à des soins continus et adaptés.
Turquie : Appel des familles à fournir de la vitamine B1 aux détenus en grève de la faim
Les familles de détenus incarcérés à la prison de type L n°6 de Marmara accusent l'administration pénitentiaire de refuser de fournir de la vitamine B1 à leurs proches engagés dans une grève de la faim illimitée. Elles estiment que cette décision met gravement en danger leur santé et dénoncent une atteinte à leur droit aux soins.
Dans leur appel (Instagram) , les familles demandent au public de contacter la direction de l'établissement afin d'exiger la distribution de vitamine B1 et de demander une réponse aux revendications des grévistes. Elles affirment que le refus de fournir ce complément indispensable lors d'une grève de la faim pourrait entraîner des séquelles graves, voire des décès, et dénoncent une pratique illégale.
Italie : Amende après des feux d'artifice tirés devant la prison de Salerne
La police municipale de Salerne a infligé une amende de 1 000 euros à plusieurs personnes ayant tiré des feux d'artifice devant la prison de Fuorni, dans la nuit du 25 au 26 juillet. Les autorités indiquent que cette intervention s'inscrit dans le cadre d'une ordonnance municipale interdisant l'usage non autorisé de matériel pyrotechnique et d'un renforcement des contrôles dans les secteurs jugés sensibles de la ville.
Royaume-Uni : Cinq propalestiniens risquent une qualification terroriste lors de leur condamnation
Cinq militants de Palestine Action, condamnés en juin 2026 pour des dégradations commises contre une agence Barclays à Burnley en août 2024, pourraient voir leur peine assortie d'une qualification liée au terrorisme. L'action visait à dénoncer les investissements de la banque dans Elbit Systems, principal fabricant d'armes israélien. Selon leur défense, cette possibilité n'avait été évoquée ni pendant le procès ni au moment du verdict, avant que le juge n'indique vouloir s'appuyer sur une décision récente rendue dans l'affaire de quatre activistes de l'affaire dite des Filton 25.
France : Une violente intervention policière dénoncée à Ivry-sur-Seine
Une intervention de la BAC, le 21 juillet dans le quartier Monmousseau à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, suscite des vives condamnations. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un important usage de gaz lacrymogène et des interventions physiques des policiers. Des habitants affirment que les forces de l'ordre ont fait usage de gaz, de lanceurs de balles de défense et de matraques alors que de nombreuses familles et des enfants étaient présents. Une femme a été hospitalisée après un malaise.
Palestine : Report du verdict dans le procès du dirigeant de gauche Raja Eghbarieh
Le tribunal de première instance de Haïfa a reporté au 8 septembre 2026 l'audience de prononcé du verdict concernant Raja Eghbarieh, militant de gauche et membre du mouvement de Palestiniens de 48 Abnaa al-Balad. L'audience, initialement prévue le 27 juillet, a été ajournée sans explication officielle communiquée par le tribunal ou les autorités judiciaires. Raja Eghbarieh fait l'objet de poursuites depuis plusieurs années liées à son activité politique et à des publications sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il est accusé d'« incitation ».
Philippines : 560 prisonniers politiques recensés en juin 2026
Selon l'organisation de défense des droits humains Karapatan, 560 prisonniers politiques sont détenus aux Philippines en juin 2026. Parmi eux, 165 ont été arrêtés sous le gouvernement de Ferdinand Marcos Jr., 103 sont des femmes, 77 sont des personnes âgées et 73 souffrent de problèmes de santé. Le recensement indique également la présence de 10 consultants et membres du personnel du Front national démocratique des Philippines (NDFP) parmi les détenus, ainsi que quatre personnes arrêtées alors qu'elles étaient mineures. Turquie : Commémorations des 12 révolutionnaires morts lors de la grève de la faim de 1996
Plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie ont commémoré en juillet 2026 le trentième anniversaire de la mort de 12 prisonniers politiques lors de la grève de la faim et du jeûne de la mort de 1996. Cette mobilisation a débuté le 20 mai 1996 avec un appel commun lancé par des détenus affiliés à neuf organisations révolutionnaires : le DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple), le MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste), le TKP/ML (Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste), le TKP(ML) (qui deviendra le MKP – Parti Communiste Maoïste en 2003), le TİKB (Union des communistes révolutionnaires de Turquie), le TKEP-L (Parti communiste du travail de Turquie – Léniniste), le TDP (Parti de la révolution de Turquie), EKİM (Octobre) et le Direniş Hareketi (Mouvement de résistance).
Cette lutte faisait suite à la circulaire du 6 mai 1996 du ministre de la Justice Mehmet Ağar, qui prévoyait l'introduction de cellules individuelles d'isolement, appelées « tabutluk » (« cellules cercueil ») par leurs opposants, constituant une étape vers les futures prisons de type F. La mobilisation, à laquelle ont participé environ 2 540 prisonniers, a commencé par une grève de la faim illimitée avant de se transformer en jeûne de la mort pour certains détenus. Elle s'est achevée le 27 juillet 1996 après une médiation menée par l'écrivain Yaşar Kemal, le musicien et militant culturel Zülfü Livaneli et l'avocat Eşber Yağmurdereli. Cette démarche a permis de conclure un accord historique contraignant les autorités à abandonner leur projet de mise en isolement strict et à suspendre les transferts vers ces cellules d'isolement. « La garantie de notre victoire est dans la justesse de notre cause et dans notre détermination » : banderole du TKP/ML dans une prison turque en 1996.
Les douze prisonniers décédés pendant cette mobilisation sont : Aygün Uğur (TKP(ML), mort au 63ᵉ jour de grève), Altan Berdan Kerimgiller (DHKP-C, 65ᵉ jour), İlginç Özkeskin (DHKP-C, 66ᵉ jour), Hüseyin Demircioğlu (MLKP, 67ᵉ jour), Ali Ayata (TKP(ML), 68ᵉ jour), Müjdat Yanat (DHKP-C, 68ᵉ jour), Ayçe İdil Erkmen (DHKP-C, 69ᵉ jour), Tahsin Yılmaz (TİKB, 69ᵉ jour), Yemliha Kaya (DHKP-C, 69ᵉ jour), Ulaş Hicabi Küçük (TİKB, 69ᵉ jour), Osman Akgün (TİKB, 69ᵉ jour) et Hayati Can (TKP(ML), décédé à l'hôpital après la fin de l'opération). Cameroun : Un homme condamné à six mois de prison pour outrage au chef de l'État
Au Cameroun, un homme a été condamné à six mois de prison ferme pour outrage au président de la République après la publication, en avril, d'un message sur les réseaux sociaux que le tribunal a jugé offensant envers le chef de l'État, bien que celui-ci n'y soit pas nommé. Placé en détention provisoire depuis son arrestation deux jours après la publication, il restera emprisonné jusqu'en octobre, en tenant compte de la période déjà effectuée.
Cachemire : Affrontements lors d'une marche de manifestants vers Muzaffarabad
Des affrontements ont éclaté à Rawalakot, dans le Cachemire administré par le Pakistan, lorsque des milliers de partisans du Joint Awami Action Committee (JAAC), un mouvement de défense des droits civiques récemment interdit , ont tenté de rejoindre la capitale régionale, Muzaffarabad. Au moins cinq manifestants ont été tués, tandis que la police fait état de deux agents blessés.
Le JAAC, qui boycotte les élections régionales en cours, réclame notamment la suppression de 12 sièges réservés aux réfugiés au Parlement local, estimant qu'ils permettent aux partis pakistanais d'influencer la formation du gouvernement régional.
Turquie : Maintien en détention de l'humoriste Deniz Göktaş poursuivi pour un spectacle satirique
Un tribunal d'Istanbul a rejeté la demande de remise en liberté de l'humoriste Deniz Göktaş, emprisonné depuis le 3 juillet à la suite d'un spectacle satirique. Initialement visé pour « dénigrement des valeurs religieuses », il est désormais poursuivi pour « incitation publique à la haine et à l'hostilité », une qualification pénale qui a permis son placement en détention provisoire. La justice a estimé que cette détention restait conforme à la loi.
Les avocats de Deniz Göktaş dénoncent une atteinte à la liberté d'expression et contestent l'existence de motifs concrets justifiant son incarcération. Ils soulignent que le spectacle, joué à des centaines de reprises depuis trois ans, ne représentait aucun danger pour l'ordre public et devait être considéré comme relevant de la satire et de l'humour noir.
International : Appel à commémorer les victimes de l'opération Kagaar en Inde
Le Revolutionary Students' Front (RSF) appelle les organisations et militants révolutionnaires, progressistes et démocratiques du monde entier à participer à la « Semaine des martyrs », organisée du 28 juillet au 3 août. Cette campagne visen à rendre hommage aux personnes tuées lors de l'opération de contre-insurrection Kagaar qui a fait des centaines de morts. USA : 13 arrestations lors d'une action contre un centre de l'ICE dans le Vermont
Treize personnes ont été arrêtées lors d'une action de désobéissance civile non violente visant le Centre national d'analyse criminelle et de ciblage de l'ICE, situé à Williston, dans le Vermont. Présenté comme un centre stratégique de l'agence étatsunienne chargée de l'immigration et du contrôle douanier, ce site centraliserait des activités de surveillance, d'analyse de données et de ciblage utilisées dans les opérations de l'agence. Les participants affirment avoir perturbé le fonctionnement du centre pendant une journée afin de dénoncer les pratiques de surveillance et les opérations d'expulsion menées par l'ICE. Les participants réclament la suppression de l'ICE et la remise en cause de ses méthodes d'action.
Baléares : Des charges policières après une manifestation contre le tourisme de masse à Palma
Une manifestation rassemblant plus de 70 000 personnes à Palma, aux Baléares, contre la massification touristique a été le théâtre de violentes interventions policières. Alors que les organisateurs disposaient d'une autorisation pour tenir leur rassemblement final aux Voltes, la police espagnole a bloqué l'accès au site avec un important dispositif antiémeute, provoquant des tensions puis plusieurs charges contre les participants. Les forces de l'ordre ont fait usage de matraques et de balles en caoutchouc contre des manifestants, faisant au moins une quinzaine de blessés, dont cinq hospitalisations.
Tunisie : Quatre organisateurs de la flottille Sumud maintenus en détention provisoire
En Tunisie, quatre organisateurs de la Global Sumud Flotilla sont toujours détenus après plus de 140 jours de détention provisoire. Wael Nawar, Nabil Al Shnoufi, Ghassan Henchiri et Ghassan Boughdiri ont été arrêtés en mars 2026 et poursuivis dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons de complot lié au blanchiment d'argent et de fraude qui concerneraient le financement de la flottille.
Trois autres personnes arrêtées dans cette affaire ont été libérées sous conditions restrictives, tandis que les quatre organisateurs restants demeurent incarcérés dans des conditions difficiles, certains ayant rencontré des problèmes de santé. Leurs soutiens demandent l'abandon des poursuites, la levée des restrictions imposées aux personnes libérées et la remise en liberté immédiate des quatre détenus.
Irlande : Découverte d'une voiture piégée, deux personnes arrêtées
Les autorités irlandaises ont renforcé leur action contre les groupes républicains dissidents après l'interception d'une voiture piégée près de la frontière avec l'Irlande du Nord. Une étudiante de 25 ans et un homme d'une quarantaine d'années ont été inculpés pour possession d'explosifs dans le cadre de cette enquête. La Nouvelle IRA est soupçonnée d'être impliquée. La police a indiqué que l'engin, composé de Semtex, un explosif militaire, et d'un détonateur, était suffisamment sophistiqué pour provoquer une explosion de grande ampleur.
La femme a obtenu une libération sous caution grâce à une défense privée, tandis que le second accusé, faute de moyens financiers et en raison d'un conflit sur l'aide juridictionnelle, s'est présenté seul devant la Cour pénale spéciale avant d'être placé en détention. L'Association irlandaise de bienfaisance des prisonniers républicains (IRPWA) dénonce une rupture de l'égalité devant la justice et accuse le gouvernement irlandais de communiquer de manière volontairement floue sur cette affaire afin de justifier le durcissement de la répression contre les milieux républicains.
France : Deux antifascistes mis en examen dans l'affaire Quentin Deranque portent plainte contre des fascistes
Deux personnes mises en examen et en détention préventive dans l'affaire de la mort du néo-nazi Quentin Deranque ont déposé plainte contre une quinzaine de militants fascistes pour violences en réunion avec préméditation, usage d'armes et dissimulation du visage. Elles s'appuient notamment sur une vidéo montrant des affrontements survenus le 12 février à Lyon, où des militants d'extrême droite apparaissent armés de béquilles, d'un parapluie, de gaz lacrymogène et d'un fumigène.
Les plaignants dénoncent également une enquête dissociée de celle portant sur la mort de Quentin Deranque, estimant que cette séparation empêche l'accès à des éléments essentiels. Leur objectif est d'obtenir le statut de partie civile afin de consulter le dossier consacré aux violences attribuées aux militants fascistes.
Cameroun : Le militant anticolonialiste et panafricaniste André Blaise Essama toujours détenu
André Blaise Essama est détenu depuis le 7 novembre 2025 à la prison de New-Bell, à Douala, et doit comparaître devant un tribunal militaire le 10 août. Son état de santé est préoccupant, avec des craintes d'une aggravation en raison de ses conditions de détention. Connu pour ses actions visant les symboles du colonialisme français, notamment par le déboulonnage de statues, il a été arrêté à de nombreuses reprises au cours de son engagement.
Son arrestation est intervenue dans le contexte de la répression qui a suivi les manifestations contestant les résultats de l'élection présidentielle d'octobre 2025. Les autorités camerounaises sont accusées d'avoir procédé à des arrestations massives et de détenir de nombreux opposants politiques, tandis que plusieurs décès en prison, attribués au manque de soins, ont été signalés ces derniers mois.
Turquie : Déclaration de militantes féministes emprisonnées
Sept jeunes militantes de l'Özgür Genç Kadın (Jeunes Femmes Libres), Cemre, İrem, Şebnem, Şevin, Hale, Zehra et Zelina, sont détenues à la prison pour femmes de Sincan, à Ankara, après avoir été arrêtées le 23 juin en raison de leur engagement contre l'OTAN et de leur mobilisation féministe et anti-impérialiste. Dans une lettre depuis leur détention, elles dénoncent une répression visant à entraver leurs engagements. Face à ça, elles déclarent vouloir poursuivre leur engagement malgré les arrestations et affirment que ces mesures renforcent leur solidarité avec les luttes féministes.
Bonjour les ami·e·s, les camarades,
Nous vous saluons tou·te·s depuis la prison pour femmes de Sincan avec des bras pleins d'amour. Comme vous le savez, dans la nuit du 23 juin, nous avions été placées en garde à vue, subissant des tortures, avant d'être incarcérées, depuis les résidences universitaires KYK où nous logions ainsi que depuis nos maisons familiales et étudiantes.
En tant que jeunes femmes, nous savons très bien pourquoi nous sommes ici. Nous connaissons l'OTAN à travers ses politiques démographiques qui réduisent le corps des femmes à l'objectif de donner naissance à des soldats pour la guerre, et par le fait qu'elle est elle-même l'auteur de violences sexuelles contre les femmes dans chaque pays qu'elle pénètre pour y apporter la destruction.
Sur ces terres, nous la connaissons [cette politique] à travers sa tentative de militariser toutes les couches de la société par le biais de discours haineux dirigés contre les corps et les vies des femmes et des LGBTI+, orchestrés via des politiques démographiques menées sous le projet de « la Décennie de la Famille ».
Aujourd'hui, l'État turc, qui souhaite « accueillir » à Ankara cette organisation de guerre aux mains sanglantes afin qu'elle puisse planifier de nouvelles politiques de guerre dans notre région et décider du sort de l'ensemble des peuples du Moyen-Orient et du monde, en particulier des femmes, vise à étouffer notre voix en arrêtant les jeunes femmes qui veulent amplifier la lutte anti-OTAN. Nous le répétons d'ici : dans tous les espaces où nous nous trouvons, nous continuerons toujours à proclamer que « le corps des femmes n'est pas un champ de bataille » et à amplifier notre lutte anti-impérialiste et anti-OTAN.
Loin d'intimider les jeunes femmes que nous sommes, les arrestations et les gardes à vue nous poussent à nous serrer encore plus les coudes. Celles et ceux qui tentent de réprimer notre résistance en Iran, en Irak, en Palestine, au Rojava ne pourront pas empêcher notre lutte pour la liberté des femmes. Fortes de notre solidarité féminine, nous continuons de résister, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Restez avec la résistance et l'espoir ! ÖGK (Jeunes Femmes Libres) Europe : Un an après la libération de Georges Abdallah, des affiches pour célébrer cette victoire
Le 25 juillet 2026, à l'occasion du premier anniversaire de la libération de Georges Abdallah , des campagnes d'affichage ont été menées à Bruxelles, Zurich et Toulouse par des sections du Secours Rouge International pour célébrer cette victoire politique et rappeler la nécessité de poursuivre la mobilisation en faveur des prisonniers politiques palestiniens. Dans les rues de Zurich
En particulier, des affiches mettent en avant la situation d'Ahmad Sa'adat, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), détenu depuis 2006 dans les prisons israéliennes et dont les conditions de détention suscitent de vives inquiétudes.
Turquie : Un syndicaliste et une socialiste libérés après cinq mois de détention
Deux militants arrêtés lors des opérations du 3 février visant des organisations de gauche ont été libérés à l'issue de leurs premières audiences. Gamze Toprak, responsable locale du Parti socialiste des opprimés (ESP) à Sultangazi, et Kanber Saygılı, ancien dirigeant du syndicat Limter-İş affilié à la confédération DİSK, étaient détenus depuis plus de cinq mois avec des dizaines d'autres militants dans le cadre d'une enquête visant la gauche révolutionnaire.
Lors de leurs procès, les deux accusés ont dénoncé une criminalisation de leurs activités politiques et syndicales, affirmant que les faits reprochés concernaient des actions publiques relevant de la liberté d'expression, du droit d'organisation et de l'activité syndicale. Leurs avocats ont contesté la solidité des accusations, basées selon eux sur des interprétations policières et des éléments sans lien direct avec une activité illégale.
Philippines : Des violations des droits humains massives sous la politique anti-insurrectionnelle
Entre juillet 2022 et juin 2026, les programmes de contre-insurrection menés sous les administrations de Ferdinand Marcos Jr. et Rodrigo Duterte ont entraîné de graves violations des droits civils et politiques. Le bilan fait état de 147 exécutions extrajudiciaires, 892 arrestations illégales ou arbitraires, 16 disparitions forcées et 580 cas de redditions forcées ou présentées comme telles. Les campagnes anti-insurrectionnelles de l'État philippin ont également provoqué des déplacements forcés de populations, tandis que plus de 11 millions de cas de menaces, harcèlements ou intimidations sont recensés. Chili : L'état de santé du prisonnier révolutionnaire Juan Aliste Vega se dégrade
Militant révolutionnaire chilien et ancien membre du Mouvement de la jeunesse Lautaro (MJL), Juan Aliste Vega est hospitalisé après une importante dégradation de son état de santé en détention. Emprisonné depuis près de trente ans dans différents dossiers liés à son engagement politique, il a développé une grave pathologie après plusieurs mois de douleurs à la hanche gauche initialement traitées par des antalgiques. Des examens ont finalement révélé une tumeur cancéreuse à la hanche avec des métastases dans plusieurs parties du corps.
Actuellement pris en charge à l'hôpital pénitentiaire de l'ancienne prison de Santiago, Juan Aliste Vega reçoit des soins palliatifs et un suivi médical renforcé. Figure des luttes anticarcérales et des mobilisations de prisonniers politiques au Chili, il continue d'affirmer sa volonté de résister malgré la gravité de son état, tandis que ses soutiens dénoncent les conditions de prise en charge médicale en détention et appellent à maintenir la solidarité autour des prisonniers politiques.
Irlande : Des prisonniers républicains confrontés à des procédures judiciaires prolongées
Plusieurs militants républicains irlandais restent détenus ou soumis à des procédures judiciaires prolongées. Ciaran Maguire et Sean Farrell attendent encore une décision des tribunaux, tandis que Charlie Love, Christie Gillen et Christy O'Kane, déjà reconnus coupables, attendent le prononcé de leur peine. Barry Toman et Ciaran « Zack » Smyth sont maintenus en détention provisoire depuis plusieurs mois après des refus de libération sous caution. Gavin Coyle purge actuellement une peine de huit ans prononcée par une cour spéciale sans jury de type Diplock, un dispositif judiciaire instauré en Irlande du Nord pendant les « Troubles », le conflit opposant principalement les forces britanniques et les groupes républicains et loyalistes entre la fin des années 1960 et l'accord du Vendredi saint de 1998. Il attend également les éléments d'un nouveau dossier judiciaire, dont la transmission à sa défense reste incertaine.
D'autres prisonniers contestent leurs condamnations ou attendent l'examen de leurs recours. Shea Reynolds et Dee Duffy doivent voir leur appel examiné en novembre, tandis que Sean McVeigh attend encore une date d'audience. Christie Robinson, condamné à 22 ans de prison, et Brendan McConville, condamné à 25 ans, attendent une réponse de la Commission de révision des affaires criminelles. Niall Sheerin attend quant à lui une nouvelle audience de libération conditionnelle après un refus en décembre.
Russie : Fondateur de Telegram, Pavel Durov inculpé pour « complicité de terrorisme »
Les autorités russes ont inculpé le fondateur de Telegram, Pavel Durov, pour « complicité d'activité terroriste » et ont émis un mandat de recherche international à son encontre. Moscou l'accuse de ne pas avoir supprimé des canaux utilisés, selon le FSB, par les services ukrainiens pour recruter de jeunes Russes et organiser des actes de sabotage, des attentats, des cyberescroqueries et d'autres activités criminelles sur le territoire russe. Cette affaire s'inscrit dans le contexte du durcissement des restrictions numériques en Russie, qui reproche depuis plusieurs années à Telegram de ne pas coopérer avec les autorités malgré plus de 150 000 demandes de suppression de contenus. Pavel Durov, actuellement en France où il est déjà mis en examen dans une autre procédure liée à la modération des contenus de la plateforme, reste soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire sans autorisation.
Chili : Une disparue de la dictature retrouvée vivante après 50 ans
Bernarda Vera, considérée pendant un demi-siècle comme une victime de disparition forcée sous la dictature d'Augusto Pinochet, a été retrouvée vivante en Argentine. Arrêtée en 1973 après le coup d'État, elle était officiellement présumée morte. Un test ADN, réalisé en juillet 2026, a confirmé son identité. Après avoir fui en Argentine, elle avait ensuite vécu en Suède avant de revenir en Argentine.
France : Un militant Gilets jaunes condamné à payer près de 5 000 € après un post Facebook contre la BAC
Hubert Sodereau, figure des Gilets jaunes à Angers, a fait appel de sa condamnation après la publication sur Facebook d'un visuel montrant six policiers de la BAC accompagné du message « Nique la BAC, la police tue », diffusé à l'occasion des manifestations du 1er mai 2025. Poursuivi pour cette publication, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, au versement de 3 000 € de dommages et intérêts (500 € à chacun des six policiers), à 770 € de frais de procédure au profit des parties civiles, ainsi qu'à 254 € de frais de justice, auxquels s'ajoutent 900 € d'honoraires d'avocat pour la procédure d'appel. Afin de le soutenir, ses soutiens ont mis en place une cagnotte.
Royaume-Uni : Perché 17 heures sur Big Ben avec un drapeau palestinien, il est durement condamné
Daniel Day, militant propalestinien de 30 ans, a été condamné à 14 mois de prison avec sursis pendant deux ans après avoir escaladé pieds nus Big Ben le 8 mars 2025 et y être resté 17 heures avec un drapeau palestinien. Diffusée en direct sur Instagram, son action a entraîné un important dispositif de secours, la fermeture de plusieurs rues autour du Parlement britannique, l'interruption de milliers de visites et un coût estimé à 92 000 livres sterling pour les finances publiques. Reconnu coupable de trouble à l'ordre public et d'intrusion sur un site protégé, il devra également effectuer jusqu'à 20 jours de « réhabilitation », porter un bracelet électronique pendant quatre mois et sera placé sous le suivi des services de probation.
USA : L'administration Trump confie un immense centre de rétention pour migrants à une prison privée
L'administration étatsunienne a signé un contrat de cinq ans avec le groupe privé GEO Group pour exploiter un nouveau centre fédéral de rétention pour migrants en Caroline du Nord. Installé dans une ancienne prison fédérale à Winton, le site pourra accueillir 1 320 personnes et devrait devenir l'un des plus grands centres de ce type sur la côte Est. L'entreprise privée sera rémunérée par l'État pour fournir à l'ICE des services de sécurité, de maintenance, de restauration, de soins médicaux et d'accompagnement juridique, et estime que ce contrat pourrait lui rapporter environ 80 millions de dollars de chiffre d'affaires dès la première année complète d'activité. Cette décision s'inscrit dans le renforcement de la politique migratoire de Donald Trump, marqué par une forte hausse des arrestations d'immigrés en situation irrégulière.
Turquie : Des jeunes militantes socialistes emprisonnées appellent à la résistance
Des militantes de la Fédération des associations de la jeunesse socialiste (SGDF), détenues dans la prison pour femmes de Sincan, ont été arrêtées lors d'une vaste opération policière menée dans la nuit du 22 au 23 juin contre des centaines de militants de gauche, socialistes et révolutionnaires. Elles dénoncent des perquisitions violentes, des gardes à vue prolongées et des pressions policières, affirmant que ces arrestations auraient été justifiées par une « mesure préventive » avant le sommet de l'OTAN organisé en Turquie les 7 et 8 juillet. Dans leur lettre, les militantes accusent les autorités de criminaliser la contestation politique et appellent à poursuivre la mobilisation anti-impérialiste malgré les arrestations.
Chers camarades, bonjour.
Comme vous le savez, dans la nuit du 22 au 23 juin, plus de 200 personnes de gauche, socialistes et révolutionnaires ont été mises en garde à vue lors de perquisitions menées dans des domiciles et des foyers étudiants. Nos portes ont été défoncées pour entrer chez nous, et nous avons été maintenues des heures durant menottées dans le dos. Durant nos trois jours de garde à vue, nous avons subi diverses tortures de la part de la police politique ainsi que des tentatives de recrutement comme indics. Les tortures que nous avons subies n'ont pas été consignées dans les procès-verbaux.
Le motif invoqué pour notre incarcération a été une « mesure préventive avant le prochain sommet de l'OTAN ». Il est impossible de dissocier les diverses tortures exercées par la police de l'État fasciste et toutes ces attaques de garde à vue et d'arrestation des conditions dans lesquelles nous nous trouvons. Dans le processus actuel que traverse notre géographie, les prémices de la prochaine 3e guerre de partage impérialiste se précisent, les contradictions entre blocs impérialistes s'approfondissent, et les États-Unis amplifient leurs menaces de guerre contre les États qui ne s'accordent pas avec leurs intérêts, en particulier au Moyen-Orient et en Amérique latine. Le sommet de l'OTAN, où la poursuite de tous ces processus sera planifiée et où seront prises les décisions relatives aux préparatifs de guerre impérialiste, devait se tenir cette année les 7 et 8 juillet à Ankara.
La tenue de cette réunion en Turquie montre clairement que la Turquie jouera un rôle actif dans la guerre impérialiste à venir, si l'on considère l'industrie de la guerre que l'État turc ne cesse d'élargir et dans laquelle il investit massivement, ainsi que le soutien logistique qu'il fournit aux impérialistes dans les guerres et les attaques en cours. Alors que la jeunesse est poussée vers l'absence d'avenir, la pauvreté et le chômage, les universités — qui devraient être des lieux où se développent l'éducation scientifique et la pensée libre — sont transformées en arrière-cours de l'industrie de l'armement. On cherche à y élever des soldats pour les intérêts impérialistes et des esclaves pour les intérêts du capital. Dans les centres de formation professionnelle (MESEM), le travail des enfants bon marché est subordonné à l'industrie de l'armement. Quant aux politiques démographiques menées sous le nom de « Décennie de la famille », elles soumettent les corps et les vies des femmes et des LGBTI+ à un état de siège.
En tant que Jeunesse Socialiste, nous avons été emprisonnées aujourd'hui parce que nous élevons la lutte contre tout cet encerclement impérialiste et que nous insistons sur un terrain unifié. Cependant, ces pressions et ces attaques d'arrestations en cours ne peuvent ni briser notre volonté, ni briser la ligne de lutte anti-impérialiste que nous menons depuis Paramaz jusqu'à aujourd'hui. Nous élèverons la lutte tant à l'intérieur qu'à l'extérieur et briserons la chaîne du désespoir.
Prison pour femmes de Sincan
Les membres du SGDF, prisonnières de l'OTAN Chili : Un tribunal condamne un média pour des propos racistes et sexistes envers une militante mapuche
Au Chili, le tribunal de Río Bueno a reconnu une discrimination arbitraire envers Millaray Huichalaf, une machi mapuche-williche, c'est-à-dire une autorité spirituelle traditionnelle du peuple autochtone mapuche-williche, après des articles publiés par le média Bío Bío Comunicaciones S.A. La justice a estimé que l'utilisation répétée du surnom « la machi des sacrifices », les références mettant en doute son rôle spirituel et un sous-titre la présentant comme « une femme perdue » contribuaient à une stigmatisation fondée sur ses origines autochtones, ses croyances et son genre.
Le tribunal a ordonné au média de retirer ces formulations, de publier une rectification, de former une grande partie de sa rédaction aux normes en matière de discrimination et de payer une amende ainsi que les frais de justice. Millaray Huichalaf, qui défend depuis plus de quinze ans le fleuve Pilmaiquén face à des projets hydroélectriques, voit dans cette décision une reconnaissance du rôle que peuvent jouer certains discours médiatiques dans la marginalisation des peuples autochtones et des défenseurs de l'environnement.
Turquie : Un rapport dénonce une « crise systémique » des droits humains dans les prisons de l'ouest du pays
L'Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a publié un rapport dénonçant de nombreuses violations des droits humains dans les prisons de la région Égée au cours des six premiers mois de 2026. Les mauvais traitements, les sanctions disciplinaires arbitraires, les transferts forcés, les restrictions de communication, les obstacles à l'accès aux soins et le maintien en détention de prisonniers malades sont des pratiques récurrentes.
L'organisation affirme également que de nombreux détenus politiques voient leur libération retardée par des commissions administratives qui évalueraient leur « bonne conduite » au-delà des décisions judiciaires. Le rapport dénonce aussi des restrictions visant les détenus kurdes, les personnes privées de nationalité ainsi que les femmes incarcérées, confrontées à des discriminations liées au genre et à leur identité politique. L'ÖHD critique enfin les limitations imposées aux publications, livres et journaux d'opposition ou en langue kurde.
Inde : Le dirigeant maoïste Misir Besra incarcéré après son arrestation
Le dirigeant maoïste Misir Besra, membre du bureau politique du Parti communiste d'Inde (maoïste), a été placé en détention après son arrestation dans le Jharkhand lors de l'opération militaire « Daura Pahad ». Arrêté avec quatre autres membres présumés du mouvement dans une zone forestière du district de Dhanbad, il a été transféré sous haute sécurité après des interrogatoires au siège de la police à Ranchi, puis présenté à un examen médical avant d'être envoyé à la prison de Dhanbad. Les autorités avaient annoncé une récompense de 2,20 crore de roupies (environ 220 000 euros) pour sa capture, faisant de lui l'un des cadres maoïstes les plus recherchés du pays.
Âgé de 65 ans, Besra, également connu sous plusieurs pseudonymes (Sagar, Bhaskar ou Sunirmal), était considéré comme l'un des derniers hauts responsables actifs de la guérilla naxalite. Son arrestation rappelle notamment le souvenir de 2009, lorsqu'une cinquantaine de combattants maoïstes avaient attaqué un tribunal de Lakhisarai, dans le Bihar, pour le libérer alors qu'il était sous escorte policière. Les forces de sécurité se concentrent désormais sur les autres dirigeants encore recherchés, notamment Asim Mandal, présenté comme l'un des derniers cadres importants du mouvement dans le Jharkhand.
Syrie : 628 personnes portées disparues après les combats de janvier au Rojava
628 personnes sont toujours portées disparues à la suite des affrontements survenus entre le 6 et le 29 janvier 2026 , lors des attaques menées par Daesh et des groupes liés à HTS contre plusieurs zones du nord de la Syrie, notamment les quartiers de Şêxmeqsûd et Eşrefiyê à Alep . Des centaines de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), des forces de sécurité intérieure et des Unités de protection des femmes (YPJ) ont été capturés ou arrêtés durant les combats. Parmi les 628 disparus, 138 sont détenus dans des prisons situées à Raqqa, Idlib, Deir ez-Zor, Alep, Homs et Manbij, sans qu'aucune information sur leur sort n'ait pu être obtenue.
USA : GrapheneOS met en avant ses protections après une affaire judiciaire inédite
GrapheneOS a publié un rappel détaillé de ses mécanismes de sécurité, notamment en matière de chiffrement, de gestion des mots de passe et de protection contre l'extraction de données. Le système, basé sur Android 17 et actuellement réservé aux smartphones Pixel, souligne également des fonctionnalités comme la limitation des tentatives de déverrouillage, le redémarrage automatique en mode sécurisé et le « mot de passe de contrainte », qui efface les données de l'appareil lorsqu'il est saisi.
Cette communication intervient alors que, pour la première fois aux États-Unis,un citoyen est poursuivi pour avoir utilisé cette fonctionnalité . Samuel Tunick est accusé d'avoir volontairement effacé les données de son téléphone lors d'un contrôle à la frontière en saisissant un mot de passe de contrainte. L'affaire soulève une question juridique majeure : l'utilisation d'un mécanisme de sécurité intégré peut-elle être assimilée à une destruction de preuves, notamment dans le cadre d'une fouille réalisée sans mandat ? En tout cas, les avocats de Tunick contestent la légalité de son arrestation et de la procédure engagée contre lui.
Espagne : Le média La Directa poursuivi après une enquête sur des policiers infiltrés
L'Agence espagnole de protection des données (AEPD) a engagé une procédure de sanction contre le média catalan La Directa après la publication d'enquêtes révélant l'infiltration de policiers sous de fausses identités dans les milieux indépendantistes et les mouvements sociaux. La procédure fait suite à une plainte déposée par quatre des agents infiltrés, qui contestent la publication d'informations et d'images les concernant, bien que le média affirme avoir pris des mesures pour protéger leur identité réelle. Afin de se défendre, le média a lancé une large campagne de soutien pour dénoncer cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse.
Inde : Répression contre les étudiants après la démission du ministre de l'Éducation
En Inde, les organisateurs du mouvement étudiant du « Parti du peuple des cafards » dénoncent une vaste répression après la démission du ministre de l'Éducation, obtenue à l'issue de plusieurs semaines de manifestations . Des centaines d'étudiants ont été arrêtés dans plusieurs États dirigés par le BJP, le parti d'extrême droite au pouvoir, malgré les assurances du gouvernement qu'aucune mesure de rétorsion ne serait prise contre les manifestants. Les personnes interpellées font l'objet de poursuites pénales particulièrement lourdes et cette répression cible notamment les étudiants musulmans. Le mouvement menace de reprendre les mobilisations si les arrestations se poursuivent.
USA : Autumn Hill dénonce sa condamnation politique à 50 ans de prison pour avoir lutté contre ICE
Autumn Hill, militante trans, a accordé sa première interview depuis la prison du comté de Johnson au Texas après avoir été condamnée à 50 ans de détention dans l'affaire dite Prairieland suite à la manifestation de 2025 devant un centre de rétention ICE au Texas. Accusée avec huit autres personnes de liens avec une supposée « cellule antifa » et de soutien matériel au terrorisme, elle conteste les faits qui lui sont reprochés et affirme que son procès revêt une dimension politique. « Je me considère absolument comme une prisonnière politique. Il est clair, à mon avis, que j'ai été incarcérée pour des raisons politiques. Il est clair, à mon avis, que nous avons été jugés pour des raisons politiques et que le juge qui m'a condamnée, Reed O'Connor, différent du juge Mark Pittman, a lui aussi prononcé des peines pour des raisons politiques. Mark Pittman et Reed O'Connor ont clairement indiqué qu'ils estimaient que cette sentence envoyait un message à ceux qui, selon eux, “partagent une idéologie justifiant la violence politique”. » Hill dénonce également son incarcération dans un établissement pour hommes et l'utilisation de son affaire comme exemple de répression contre les opposants à l'administration Trump. Elle et ses coaccusés ont fait appel.
Allemagne : Le renseignement intérieur enquête sur Prosfygika
Le service de renseignement intérieur allemand a tenté à plusieurs reprises, en juin et juillet 2026, de contacter un militant à Berlin par l'intermédiaire de sa famille afin d'obtenir des informations sur les liens entre les mouvements politiques allemands et la communauté de squats de Prosfygika en Grèce . Les agents ont évoqué la préparation d'un rapport destiné au gouvernement allemand sur des activités politiques liées à la Grèce.
Royaume-Uni : La Cour suprême examine l'interdiction de Palestine Action
La Cour suprême britannique a autorisé l'examen en appel du jugement concernant l'interdiction de Palestine Action, classée organisation terroriste par le gouvernement britannique. Cette décision intervient après deux étapes devant la Cour d'appel : lors d'un premier recours, celle-ci avait estimé l'interdiction illégale. Lors d'un second examen, cette décision avait ensuite été annulée, maintenant la proscription en vigueur. L'affaire dite des Filton 25, utilisée pour justifier l'interdiction, a déjà conduit à la condamnation de plusieurs militants pour des faits qualifiés de terrorisme.
Allemagne : Le chanteur du groupe Bob Vylan expulsé après des propos pro-palestiniens
Pascal Robinson-Foster, chanteur du groupe britannique Bob Vylan, a été retenu à l'aéroport de Berlin puis expulsé vers le Royaume-Uni en juin 2026 en raison de propos tenus lors d'un concert au festival de Glastonbury en 2025, où il avait lancé un slogan visant l'armée israélienne. X
Charger le post En cliquant, vous acceptez le chargement de contenu depuis un service externe.
Les autorités allemandes l'ont présenté comme une menace pour la sécurité publique, estimant que ses prises de position pouvaient contribuer à une radicalisation de certains groupes. L'interdiction d'entrée a finalement été levée fin juillet sans explication détaillée. Son avocat dénonce une atteinte à la liberté d'expression et l'utilisation du droit migratoire pour cibler des voix critiques d'Israël. Robinson-Foster conteste les accusations d'antisémitisme et de propagande en faveur d'organisations interdites, rappelant qu'aucune infraction pénale n'a été retenue contre lui au Royaume-Uni ou en Allemagne.
Cologne : Perquisitions contre des militantes féministes
Le 28 juillet au matin, trois domiciles de militantes ont été perquisitionnés simultanément à Cologne par les forces de l'ordre allemandes. Ces opérations sont liées à des actions féministes menées dans le cadre des mobilisations du 8 mars 2026. Les policiers sont intervenus avec un bélier et sans avertissement préalable, avant de fouiller les logements pendant plusieurs heures. Des documents, écrits, photographies et objets personnels ont été consultés ou saisis. Les militantes affirment que les forces de l'ordre ont eu recours à la contrainte physique lors de leur entrée dans les appartements, avec notamment une arme sortie dans l'un des cas rapportés. Elles indiquent également que des objets appartenant à d'autres personnes vivant dans les logements ont été emportés. Après les perquisitions, les militantes ont été conduites au commissariat pour des mesures d'identification et des interrogatoires.
Iran : Des exécutions déclenchent des manifestations
Le 28 juillet à Ispahan, l'Iran a exécuté publiquement deux hommes condamnés à mort pour le meurtre de quatre policiers lors des manifestations anti-régime de janvier 2026. Organisée sur la place Alikhani, cette pendaison devait servir d'exemple, mais elle a provoqué une réaction inverse : plusieurs centaines de personnes ont scandé des slogans hostiles aux forces de l'ordre avant d'être dispersées par la police antiémeute à l'aide de gaz lacrymogène, de tasers et de tirs de sommation. Ces exécutions s'inscrivent dans un durcissement de la répression politique. Au moins 52 personnes liées aux manifestations de janvier 2026 ont déjà été exécutées cette année, tandis qu'une soixantaine d'autres restent menacées de la peine capitale.
Turquie : Des prisonnières communistes de Bakırköy sont transférées vers d'autres prisons
Deux détenues de la prison fermée pour femmes de Bakırköy, Dilek Tataş et Güneş Akan, ont été transférées le 31 juillet vers d'autres établissements pénitentiaires dans le cadre d'un transfert disciplinaire. Ces transferts s'inscrivent dans une série de déplacements similaires. Le 20 juillet, trois autres prisonnières communistes de Bakırköy, Songül Dilek, Hatice Duman et Zeynep Yeter, avaient déjà été transférées à la prison fermée pour femmes de Şakran, dans la province d'Izmir.
Catalogne : Quatre manifestants solidaires de Pablo Hasél acquittés
L'Audience de Barcelone a acquitté quatre jeunes poursuivis pour les manifestations de 2021contre l'emprisonnement du rappeur communiste Pablo Hasél. Ils étaient accusés de troubles à l'ordre public aggravés, d'atteinte à l'autorité et de dégradations, et encouraient entre cinq et huit ans et demi de prison. Dans son jugement, le tribunal estime que les poursuites reposaient sur un dossier collectif dépourvu de preuves individualisées. Il souligne également que les dommages imputés aux prévenus pouvaient avoir été causés lors d'autres interventions policières menées pendant les manifestations.
Royaume-Uni : Le prisonnier pro-palestinien Umer Khalid privé de la prière du vendredi
Emprisonné pour sa participation à des actions de Palestine Action, Umer Khalid a été empêché d'assister à la prière musulmane du vendredi le 31 juillet à la prison de Wormwood Scrubs. L'administration a invoqué une panne d'ascenseur, sans proposer d'alternative, ce que ses soutiens dénoncent comme une discrimination liée à son handicap et une atteinte à sa liberté de religion. Cet incident intervient deux jours après une plainte déposée contre les retards récurrents lors des visites. Les proches d'Umer Khalid affirment que les visites, censées durer deux heures, sont régulièrement écourtées et accusent l'établissement de ne pas respecter les droits des détenus en attente de jugement.
Charger le post En cliquant, vous acceptez le chargement de contenu depuis un service externe.
France : Le prisonnier Mickaël Gilgenmann dénonce des représailles à la prison de Moulins Yzeure
Des proches de Mickaël Gilgenmann, détenu à la centrale de Moulins Yzeure, dénoncent des mesures de représailles après qu'il a été sollicité pour témoigner au procès du militant Ritchy Thibault . Bien que son témoignage en visioconférence n'ait finalement pas eu lieu, l'administration pénitentiaire lui aurait infligé une sanction disciplinaire, plusieurs comptes rendus d'incident et des restrictions affectant ses communications et ses conditions de détention.
Le collectif affirme également que le détenu a été privé de certains soins, soumis à des humiliations et empêché d'accéder régulièrement à la douche, des accusations que l'administration n'a pas commentées. Cette situation a conduit Mickaël Gilgenmann à s'automutiler à deux reprises. Ses soutiens appellent à interpeller l'établissement afin de dénoncer cette situation et ont diffusé une de ses déclarations que nous publions ci-dessous.
Alors bonjour je me présente je m'appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j'ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m'empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l'objet dans ce pays. J'étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l'incapacité de le faire. Aujourd'hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu'il a osé défier ce que vous appelez l'État français. Et quand Macron dit qu'il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l'artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c'est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d'enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd'hui vous gaspillez l'argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd'hui c'est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l'immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd'hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd'hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l'État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu'à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n'en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd'hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l'État et la police tuent, oui, l'État et la police sont racistes. L'État français place l'argent avant l'être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense du gouvernement. Le président peut dire qu'il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n'a pas le droit de dire ce qu'il pense sous peine d'être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer.
Hongrie : Mobilisation de soutien lors du procès en appel des antifas Maja, Gabri et Anna
La procédure d'appel concernant Maja, Gabri et Anna, condamnés en février à 8 ans, 7 ans et 2 ans de prison avec sursis à Budapest , se tiendra les 18 et 30 septembre 2026 devant une autre juridiction de la capitale. Leurs soutiens appellent à une présence solidaire lors des audiences. Les personnes souhaitant y participer ou rejoindre la mobilisation peuvent contacter le comité de soutien afin d'organiser leur venue et de coordonner leur présence sur place : solikomitee-maja@systemli.org
Charger le post En cliquant, vous acceptez le chargement de contenu depuis un service externe.
Cachemire : Plus de 3 000 arrestations lors d'une vaste opération menée par la police indienne
Les forces indiennes ont arrêté plus de 3 000 personnes au Cachemire administré par l'Inde lors d'une vaste opération de répression lancée après la mort, le 22 juillet 2026 à Anantnag, d'un membre du groupe spécial de police. Des perquisitions et arrestations massives ont suivi dans plusieurs zones, ainsi que des détentions arbitraires. Ces arrestations s'ajoutent aux milliers de Cachemiris déjà détenus dans les prisons indiennes pour des motifs politiques présumés.
France : Un logiciel de géolocalisation de masse vendu à des grandes entreprises
Selon une enquête de Mediapart , le logiciel israélien Webloc, capable de retracer les déplacements de centaines de millions de téléphones grâce à des données publicitaires, est commercialisé en France auprès d'entreprises privées depuis 2025. Initialement présenté comme réservé aux services de police et de renseignement, cet outil a notamment été testé dans le cadre d'une enquête sur des vols visant une filiale de LVMH, avant que le groupe n'affirme y avoir renoncé en raison des enjeux juridiques. En effet, des experts estiment que l'utilisation de telles données pourrait contrevenir aux règles européennes de protection de la vie privée.
Brésil : Une action anti-impérialiste devant un magasin Havan ravive les appels à une répression accrue
Un engin explosif de faible puissance a été déclenché le 2 juillet à l'intérieur de la réplique de la Statue de la Liberté d'un magasin Havan à Maceió, sans faire de blessés ni causer de dégâts. Des tracts portant des messages anti-impérialistes et le symbole de la faucille et du marteau ont été retrouvés sur place. Connu pour son soutien à Jair Bolsonaro, le propriétaire de l'enseigne, Luciano Hang, a dénoncé un « acte terroriste » et appelé les autorités à renforcer la répression contre les auteurs présumés.
L'enquête a été confiée à la police civile, tandis que Hang a une nouvelle fois assimilé ces actions à une menace terroriste, comme il l'avait déjà fait lors de précédents incendies, dégradations et graffitis visant les symboles de son entreprise. Des responsables politiques, des commentateurs et certains partis de gauche ont eux aussi qualifié des actions similaires de « terroristes » ou réclamé des enquêtes judiciaires, contribuant à justifier un renforcement de la répression des mouvements révolutionnaires sous couvert de lutte contre le terrorisme.
Iran : Des prisonniers se cousent les lèvres pour dénoncer la vague d'exécutions
Des centaines de détenus de la prison de Ghezel Hesar, près de Téhéran,observent depuis la mi-juillet une grève de la faim pour dénoncer l'intensification des exécutions en Iran , notamment pour des accusations liées aux mouvements de contestation du début de l'année 2026. Certains prisonniers se sont cousu les lèvres afin d'alerter l'opinion internationale sur cette répression, alors qu'environ un millier de personnes ont été exécutées depuis le début de l'année.
Les détenus réclament la suspension des exécutions et une réforme de la législation. Les autorités ont répondu en renforçant les restrictions de communication et en transférant certains prisonniers, tandis que les exécutions se poursuivent à un rythme record.
Azerbaïdjan : Quatre communistes condamnés pour avoir déployé des symboles soviétiques
Le 29 juillet, un tribunal de Bakou a condamné quatre militants communistes pour avoir participé à un rassemblement avec les drapeaux de l'URSS et de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan lors de l'anniversaire de la Révolution d'Octobre de 1917. Accusés d'atteinte à l'ordre public et de diffusion de contenus communistes, ils ont été condamnés à des peines allant d'un an et demi à deux ans de prison. Les « preuves » présentées comprenaient notamment des ouvrages marxistes-léninistes, des publications de gauche et des archives soviétiques. Les accusés ont rejeté les charges, dénonçant une persécution politique liée à leur engagement militant.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de durcissement de l'anticommunisme officiel en Azerbaïdjan, où des propositions visent à interdire les symboles soviétiques et criminaliser l'idéologie communiste. Parallèlement, les autorités promeuvent une lecture nationaliste de l'histoire soviétique et réhabilitent certains mouvements antisoviétiques dans plusieurs pays de l'Organisation des États turciques (organisation intergouvernementale regroupant principalement des États turcophones, dont la Turquie, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizstan et l'Ouzbékistan).
Turquie : Des détenues entament des grèves de la faim de 15 jours en soutien aux prisonniers en lutte
Des prisonnières de la maison d'arrêt pour femmes de Kandıra (province de Kocaeli) ont entamé, le 1er août 2026, une grève de la faim de soutien de 15 jours à Güzin Tolga, détenue à la prison pour femmes de Şakran, qui mène depuis le 13 juillet 2026 une grève illimitée contre l'imposition d'une carte d'identité pénitentiaire réservée aux détenus. Aysun Akdağ, Ayten Öztürk, Yıldız Keskin et Nurgül Acar participent à cette action de solidarité.
Cela s'inscrit dans la lutte menée par plusieurs prisonniers politiques qui poursuivent des grèves de la faim illimitées contre la surveillance permanente par caméra, les cartes d'identité imposées aux détenus et les conditions d'incarcération dans les prisons de type F et les cellules d'isolement dites « cellules de puits ». Cem Dursun (membre de Grup Yorum) et Tacettin Erol Şahin (membre de Dev-Genç) ont commencé leur grève le 29 avril 2026. Hasan Basri Yıldız a débuté la sienne le 18 mai 2026, tandis qu'Emircan Yazı et Cemil Kurt l'ont commencée le 15 juillet 2026.
USA : Jakhi Isaiah, poursuivi dans deux affaires, voit son procès reporté et sa peine fédérale se préciser
Le militant anti-impérialiste Jakhi Isaiah (anciennement connu sous le nom de Jakhi McCray) a demandé à être désormais appelé Jakhi Isaiah, ou simplement Jakhi, afin que son identité actuelle soit respectée dans les communications publiques à son sujet. À l'occasion de Black August , période de commémoration des luttes noires et en soutien aux prisonniers africains-américains, Jakhi revendique l'héritage des luttes noires nées dans les prisons états-uniennes et appellent à poursuivre les mobilisations.
Son procès, lié à des accusations de délit pour le versement présumé de peinture sur une statue de l'université Columbia, a été reporté à la semaine du 31 août 2026 après des erreurs de calendrier et l'ajout de nouveaux témoins par l'accusation. Dans une autre affaire fédérale, pour laquelle il a plaidé coupable à un chef d'accusation d'incendie volontaire passible de 5 à 20 ans de prison, un rapport de probation recommande une peine de trois à quatre ans, inférieure au minimum légal obligatoire. Ses soutiens estiment néanmoins qu'une peine de cinq ans reste probable et appellent à la solidarité financière et politique autour de son procès.
Charger le post En cliquant, vous acceptez le chargement de contenu depuis un service externe.
Philippines : Affrontement entre la Nouvelle Armée Populaire et l'armée dans le Mindoro oriental
La Nouvelle Armée Populaire (NPA), branche armée du Parti Communiste des Philippines, affirme qu'une de ses unités du commandement Lucio de Guzman a affronté, le 29 juillet 2026 dans le village de Del Pilar, dans la province du Mindoro oriental, des soldats de la 203e brigade d'infanterie de l'armée philippine. Selon la NPA, ses combattants se trouvaient dans la zone pour rencontrer des paysans et des populations autochtones, évaluer leurs conditions de vie et leur apporter une assistance.
Europe : Le Secours Rouge a participé au camp d'été de Young Struggle
Des membres de plusieurs sections du Secours Rouge International ont participé au camp d'été de Young Struggle réunissant environ 400 jeunes venus de plusieurs pays européens, notamment d'Allemagne, de France, du Royaume-Uni et d'Italie. Ils sont intervenus lors d'une table ronde intitulée « Fascisme, militarisme et répression : comment organiser la résistance ? », consacrée notamment aux stratégies d'organisation face à la répression. Avant de commencé leurs discours, ils ont rendu hommageaux 12 prisonniers révolutionnaires morts lors de la grève de la faim de 1996 en Turquie , avec une minute de silence saluée par les participants. Le Secours Rouge a présenté sa conception de l'antirépression comme partie intégrante du processus révolutionnaire, dépassant une simple logique défensive, ainsi que son approche de la solidarité et de l'organisation collective face aux différentes formes de répression.
Lors d'une soirée de commémoration dédiée aux martyrs de la révolution dans le monde, les membres du Secours Rouge ont également pris la parole sur la guerre populaire en Inde à l'occasion de la semaine de commémoration des martyrs de l'opération Kagaar. Maroc : El Mahdi Lyoubi remis en liberté provisoire
Le 31 juillet, le tribunal de Casablanca a accordé la mise en liberté provisoire de El Mahdi Lyoubi, détenu depuis le 15 juillet à la prison d'Oukacha. Sa prochaine audience est fixée au 2 octobre 2026. Poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle » en vertu de l'article 179 du Code pénal marocain, il reste passible de six mois à deux ans de prison ainsi que d'une amende. Le comité de soutien salue cette décision tout en dénonçant une offensive contre la liberté d'expression au Maroc. Il rappelle les arrestations récentes de plusieurs artistes ainsi que le maintien en détention de plus de 600 personnes arrêtées après le mouvement GenZ 212 de l'automne 2025, et appelle à poursuivre la mobilisation jusqu'au procès d'octobre.
Le 31 juillet, le tribunal de Casablanca a accordé la mise en liberté provisoire de El Mahdi Lyoubi, détenu depuis le 15 juillet à la prison d'Oukacha. Sa prochaine audience est fixée au 2 octobre 2026. Poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle » en vertu de l'article 179 du Code pénal marocain, il reste passible de six mois à deux ans de prison ainsi que d'une amende. Le comité de soutien salue cette décision tout en dénonçant une offensive contre la liberté d'expression au Maroc. Il rappelle les arrestations récentes de plusieurs artistes ainsi que le maintien en détention de plus de 600 personnes arrêtées après le mouvement GenZ 212 de l'automne 2025, et appelle à poursuivre la mobilisation jusqu'au procès d'octobre.
Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.
La musique a bien dû leur casser la tête !
Face au désastre climatique qui s'emballe, la société industrielle appuie sur l'accélérateur. Transition énergétique, innovations technologiques et renouveau industriel sont appelés à la rescousse des rouages qui se grippent et des moteurs qui crachotent.
Dans son sillage, le navire titanesque du progrès laisse un paysage affligeant de béton et d'acier, d'usines et de chaînes technologiques, de pollutions et de plastiques, de chimères agrochimiques et d'irradiations durables. A bord de ce navire, le confort des cabines peut être amélioré, la salle des machines réorganisée, les officiers au gouvernail remplacés, mais la liberté n'y est pas possible. Ce qui nous reste alors, c'est de l'envoyer au plus vite par le fond et oser le saut dans les eaux libres.
Avant-propos
Dans une froide nuit d'avril de 1912, huit musiciens jouent pour la dernière fois sur le pont d'un paquebot transatlantique. L'orchestre, composé d'un quintette et d'un trio, avait été embauché pour le voyage inaugural du plus grand bateau de croisière jamais construit. Le Titanic fut baptisé « l'insubmersible » par une presse impressionnée par les techniques de pointe employées lors de sa construction. Cependant, le paquebot heurta un iceberg et coula. Deux-tiers des voyageurs et de l'équipage se noyèrent dans les eaux glaciales de l'Océan Atlantique.
Jusqu'au dernier moment, le célèbre orchestre continua à jouer. Entre valses joyeuses et morceaux intimes amenant l'auditoire à faire la paix avec le sort qui les attendait, les musiciens auraient contribué à prévenir la panique à bord. D'autres témoignages soulignèrent que leurs notes créèrent un faux sentiment de sécurité qui aurait poussé les gens à ne pas quitter le navire à temps. Quoi qu'il en soit, les huit musiciens, tous morts lors du naufrage, sont entrés dans la légende, exemples sanctifiés d'un héroïsme presque surréel. Sous les averses si caractéristiques de l'Écosse, des centaines d'experts et de délégués de tous les États du monde se sont réunis début novembre 2021 à l'occasion du vingt-sixième sommet sur le changement climatique organisé par les Nations-Unis. Baptisé COP26, c'était loin d'être un voyage inaugural et de nombreux orchestres furent déjà embauchés pour accompagner les péripéties de l'industrialisme lors de son naufrage annoncé. Depuis 1992, début de ces conférences quasi annuelles, les valses et les symphonies, toujours grandioses, jouent les airs de transition écologique, croissance durable, développement vert, économie dématérialisée. Surtout pas de panique. Mais aujourd'hui, il semble que même les meilleurs musiciens ne sauraient plus masquer que le glas a sonné… Difficile de ne pas prendre les larmes et la voix brisée du président de la conférence, qui s'est excusé lors de la séance finale pour le résultat lamentable – aucun accord permettant aux adeptes de la politique de croire à une réduction sensible des émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent le climat n'a été conclu – comme les signes d'une renonciation, d'une acceptation du destin devenu inexorable. Mêmes les plus optimistes quant aux possibilités de l'industrialisme à réaliser un changement de peau qui ne soit pas juste caméléonesque reconnaissent désormais qu'il sera impossible de garder le réchauffement climatique sous les 1,5 degrés. Depuis les débuts de l'industrialisme, le réchauffement a été d'au moins 1,5 degré. Les changements climatiques ont été importants et se vérifient maintenant presque année après année.
Le changement climatique n'est donc pas un iceberg que la société
industrielle pourrait heurter. Ce n'est pas une possibilité plus ou
moins probable. C'est un fait. L'activité industrielle, la dévastation des forêts, l'empoisonnement des fleuves, l'intoxication de l'air a déséquilibré la biosphère au point d'engendrer des bouleversements, des basculements et des transformations presqu'impossibles à prévoir, à modéliser. Les améliorations techniques ou les technologies plus vertes n'y peuvent plus rien : ce n'est que de la musique pour nous amener à faire la paix avec le naufrage final que connaîtra cette civilisation désastreuse, animée par le culte de la croissance matérielle, de la domination, de l'exploitation du vivant, de l'accaparement… en somme, du pouvoir. Tout ce qui va encore accroître ce pouvoir (de nouvelles ressources énergétiques pour combler les pénuries de combustibles fossiles aux technologies augmentant encore plus la domination du vivant au nom d'une gestion écologique) ne fait qu'ajouter une nouvelle symphonie à l'œuvre accumulée déjà extrêmement déconcertante. Une bonne partie des enjeux se situent aujourd'hui en effet sur la question énergétique. Les « besoins » énergétiques de la société tout-numérique ne vont qu'accroître. Si aucune « décroissance » n'est politiquement ou économiquement possible en préservant les paradigmes actuels (exploitation, pouvoir, conquête), les enjeux pour les capitaines de cette société se situent alors non pas tellement dans la réduction des émissions, mais dans une addition des ressources énergétiques pour faire face au binôme menaçant de l'épuisement des ressources et de l'emballement climatique. Dans ce sens, une éventuelle relance du nucléaire est donc parfaitement mariable avec l'exploitation du vent, des marées, des cours d'eau, du soleil, de la chaleur géothermique etc. Si le naufrage est bel et bien en cours, rien n'empêche aux capitaines d'ordonner à l'équipage de jeter encore une dernière pellée de charbon dans les fours, d'augmenter la pression sur les chaudières à vapeur, de faire tourner les pompes pour évacuer l'eau qui submerge les compartiments.
Car de toutes parts, l'eau est en train de rentrer dans « l'insubmersible paquebot » qu'est notre civilisation. Chaque fuite multiplie la pression avec laquelle l'eau fait sauter les rivets, les soudures, les boulons qui maintiennent le navire à flot. L'été dernier [2021], les fumées des feux de forêts aux dimensions dantesques qui ravageaient la Sibérie ont pour la première fois atteint le Pôle Nord, mettant le feu à la mèche qui fera détonner la « bombe de carbone » capturé dans les glaces en train de fondre. Les tempêtes tropicales qui ravageaient avec une violence toute nouvelle les territoires proches de l'équateur annonçaient les sécheresses bibliques qui frappèrent d'autres régions quelques mois plus tard. Ce sont les rétroactions climatiques : les phénomènes par lesquels « un effet sur le climat agit en retour sur ses causes d'une manière qui peut le stabiliser ou au contraire l'amplifier ». Dans le cas de rétroactions négatives (tout phénomène qui, par exemple, contribue au réchauffement climatique), leur accumulation ou enchaînement peut mener à un emballement où les déséquilibres sont tels qu'ils marquent des points de non-retour et entrainent des modifications profondes du climat.
Monter sur le pont pour scruter l'horizon afin d'avertir les passagers sur la proximité d'icebergs, c'est refuser de comprendre que les
points de non-retours ont déjà lacéré la coque de la société industrielle. La question n'est certes pas si il y aura un grand changement climatique, ni même de quel ordre il sera, la question est de savoir si nous sommes enfin prêts à résister aux sirènes de la musique qui prévient la panique, mais aussi la révolte. La question, ce n'est pas de savoir combien de places il y a dans les bateaux de sauvetage, ni d'invoquer l'arrivée prochaine du Carpathia pour un sauvetage en attendant le prochain naufrage. A l'heure où le glas a sonné, que les horizons sont bouchés, et que le débat tourne autour des préférences pour tel ou tel prétendu sauvetage (énergies renouvelables, géo-ingénierie, artificialisation ultérieure de l'agriculture, projets aussi pharaoniques que totalitaires pour « restaurer le climat »,…), la liberté réside chez celles et ceux qui œuvrent à faire couler le navire avant qu'il intoxique tout l'océan avec son carburant, tout l'air avec ses fumées vicieuses, tout univers mental avec le bruit de ses machines et les notes de ses symphonies de distraction. Cette liberté ne peut pas être porteuse de lendemains qui chantent, des ciels bleus sans nuages, de programmes d'un bien-être garanti. Elle ne peut que devenir ce qu'elle est : sauvage et belle, courageuse et douce, capable d'envoyer le navire et ses capitaines au fond de l'abîme. Elle est sans regret et ne viendra à la rescousse d'aucun nostalgique du pouvoir, qu'il soit aspirant-chef ou citoyen confiant en l'État. Alors, rompre les rangs, c'est maintenant.
Le chant du cygne a commencé.
Le chant du cygne, Saborder la société industrielle et défier le sort qu'elle nous réserve, Tumult [2022], 2e édition été 2026, 304 pages // format 190 x 125mm, 12 euros.
Pour toute commande : tumult_anarchie@riseup.net
Sommaire 🦚 August 3rd : Yazidi Genocide Remembrance Day 🌹 August 15th : Day of Revival and Resistance 🎶 August 21-23 : Kurdish Culture Week in Brussels 🌱 August 22, 2pm : Building Autonomy workshop @BAF Camp 🗣️ August 27th, 6pm : Sociology of Freedom @Unity Bookshop 📣 August 29&30 : Peoples Festival of Resistance @Mundo Matongé 🦇 August 30. Protest action to demonstrate unity in the face of rampant fascism.
🦚 August 3rd : Yazidi Genocide Remembrance Day
Le 3 août 2014, l'État islamique a lancé une offensive brutale contre Shengal, visant le peuple yézidi. Cela a été une campagne d'extermination marquée par des massacres, de l'esclavage et des déplacements forcés. Aujourd'hui encore, des milliers de femmes et d'enfants sont portés disparus. Cette année, à l'occasion du 12e anniversaire du génocide de Shengal, les organisations de femmes yézidies réclament que les responsables soient traduits en justice.
On August 3rd 2014, ISIS launched a brutal offensive on Shengal, targeting the ancient Yazidi people. It was a campaign of annihilation marked by massacres, slavery, and forced displacement. Even today, thousands of women and children remain missing. This year, on the 12th anniversary of the Shengal Genocide, Yazidi women organizations are calling for those responsible to be held accountable.
Le documentaire Hêza (force) raconte l'histoire de Suad Murad Xelef, une femme Yézidi qui a été victime de génocide, qui a été vendue comme esclave sexuelle et qui a prit les armes contre l'EI. / The documentary Hêza (strength) tells the story of Suad Murad Xelef, a Yazidi woman who suffered genocide, was sold as a sex slave and took up arms against ISIS. More info sur 🔗 https://www.instagram.com/hezastrenght/ / 🔗 https://heza-film.com/
+ Lire / Read 🔗 https://abolitionmedia.noblogs.org/10133/ 🌹 August 15th : Day of Revival and Resistance
Le 15 août 1984 marque le début de la résistance armée contre l'impérialisme, le colonialisme et l'occupation au Kurdistan. Cette date est considérée comme le jour de la renaissance, car à l'époque, l'identité kurde avait été pratiquement anéantie, en particulier dans la partie nord (turque) du Kurdistan.
August 15th 1984 marks the start of the armed resistance against imperialism, colonialism and occupation in Kurdistan. This date is referred to as the day of revival, referring to the fact that at that time the Kurdish identity had been nearly annihilated, especially in the Northern (Turkish) part of Kurdistan.
Pour en savoir plus, lire / To know more, read Meral Çiçek's The Day of Revival : The Ongoing Significance of 15 August for the Kurdish Freedom Movement in 🔗 https://www.peaceinkurdistancampaign.com/wp-content/uploads/2020/11/Day-Of-Revival-15-August-1984-and-the-PKKs-Struggle-for-Human-Freedom.pdf
🎶 August 21-23 : Kurdish Culture Week in Brussels
La Semaine de la culture kurde se tiendra du 21 au 23 août sur la Place d'Espagne à Bruxelles ! Venez nous rejoindre pour découvrir la culture kurde à travers la cuisine traditionnelle, la musique folklorique et la danse. Le programme complet sera annoncé prochainement. Entrée libre.
Kurdish Culture Week will take place on August 21–23 at Place d'Espagne in Brussels ! Join us to experience Kurdish culture through traditional food, folklore music, and dance. The full program will be announced soon. Free entrance. 🌱 August 22, 2pm : Building Autonomy workshop @BAF Camp
L'Académie de la modernité démocratique (ADM) et Defend Rojava Belgium organise une rencontre au BAF Camp sur le sujet "De la révolution au Rojava à la mise en place concrète de l'autonomie.
ADM @academy_of_democraticmodernity and Defend Rojava Bel are organizing the workshop « From the revolution of Rojava to building autonomy in practice » at the BAF (Belgian-Activist-Festi) Camp.
More info on 🔗 https://bafcamp.be/
🗣️ August 27th, 6pm : Sociology of Freedom @Unity Bookshop
Lecture et discussion / Reading and discussion at Unity Bookshop (chaussée de Wavre, 83, 1050 Ixelles, Brussels) organized by ADM @academy_of_democraticmodernity. La sociologie de la liberté est le troisième tome d'une série de cinq ouvrages intitulée Le Manifeste pour une civilisation démocratique, d'Abdullah Öcalan. Dans cet ouvrage, l'auteur revient sur les origines de la culture humaine afin d'apporter un éclairage sur les enjeux du XXIe siècle et d'explorer des solutions possibles. Nous lirons différentes sections en petits groupes, puis nous en discuterons ensemble. The Sociology of Freedom is the third volume in a series of five works titled The Manifesto of Democratic Civilization by Abdullah Öcalan. In it, he revisits the origins of human culture to offer perspectives on twenty-first-century issues and explore potential solutions. We will read different sections in smaller groups and then discuss them as a whole.
🔗 https://www.instagram.com/p/DbLfji4iITg/ 📣 August 29&30 : Peoples Festival of Resistance @Mundo Matongé
Pour la Paix, la Démocratie et la Libération / For Peace, Democracy & Liberation :
Deux jours de tables rondes thématiques et de performances / Two days of thematic roundtables and cultural performances, rue d'Edimbourg 26, 1050 Ixelles. Doors open at 9am.
🦇 August 30. Protest action to demonstrate unity in the face of rampant fascism.
More info soon (and via @ilps_belgium)
— -Insta & FB links (please share if you use those platforms🙏)
🔗 https://www.instagram.com/p/DbdSz1oiM_i/
🔗 https://www.facebook.com/DefendRojavaBel/posts/pfbid02d5jJRASC5npRCS3KWuytwqitPngarRjuFmV7ubfvpUhRhse8h9FwNCdzhe7gH55ul
— -
💬 To stay informed : Defend Rojava Bel Signal solidarity group🔗 https://link.infini.fr/defend_rojava_bel*]
Pour rendre hommage aux milliers de martyrs yézidis tués par Daech/l'EI et pour dénoncer le génocide de Shengal.
📍Lundi 3 août, 17 h, Gare des Guillemins – Liège
— -
We didn't forget the genocide of 2014 in Shengal.
Yazidi Genocide Remembrance Day.
For the commemoration of thousands of yazidi martyrs killed by Daesh/ISIS and to denounce the Shengal genocide.
📍Monday 3rd of August, 5PM, Gare des Guillemins - Liège
31 juillet 2026
« Tout ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous. » Nelson Mandela
Le Collectif des Habitant·es Organisé·es du 3ème Arrondissement de Marseille (C.H.O.3) a pris part aux discussions sur l'avenir du site Levat. Nous rendons aujourd'hui public notre désaccord avec :
– la décision de la mairie de Marseille ;
– la volonté de l'association Juxtapoz de continuer à gérer le bâti ;
– et les propos sur le racisme « anti-blanc » tenus par sa directrice dans un article de Marsactu paru le 11 juillet 2026
Le site Levat est le seul grand espace vert du quartier, dans une ville où les températures augmentent chaque été et où les îlots de fraîcheur sont devenus indispensables. Nous parlons d'un quartier qui manque aussi cruellement de lieux couverts pour se réunir, organiser des activités, tenir des réunions ou accueillir des événements. Les associations et collectifs qui font vivre la Belle de Mai cherchent toute l'année des locaux, des salles et des espaces disponibles.
Comme vous le savez peut-être, la mairie de Marseille, propriétaire du site Levat, doit statuer en janvier 2027 sur son avenir. Juxtapoz, qui assurait jusque-là la gestion du bâti, avait officiellement annoncé son départ à partir de cette date (Marsactu, 15 janvier 2025). Des usager·es du site, des habitant·es et des associations du quartier se sont alors réuni·e·s au sein de l'association L.E.V.A.T afin de proposer à la mairie d'élaborer ensemble un projet coconstruit. Après 18 mois de travail collectif et de réunions, L.E.V.A.T a proposé un projet ambitieux visant à :
– faire du site un lieu réellement ouvert à la Belle de Mai, au 3ème arrondissement et à ses besoins ;
– prendre au sérieux la réalité d'un quartier populaire ;
– proposer à la mairie d'être partenaire d'une dynamique collective et ancrée dans le territoire.
À PROPOS DE LA MAIRIE
Or, malgré tout le travail mené depuis plus d'un an, la mairie préfère ignorer cette initiative et va lancer un appel à projets via un appel à manifestation d'intérêt (AMI)
Nous sommes en désaccord avec cette décision pour plusieurs raisons :
1. Elle va à l'encontre de la position que nous défendons : reconnaître ce site comme un Commun de la ville et du quartier. Elle est également en contradiction avec la signature de la Convention de Faro par l'actuelle mairie de Marseille ;
2. En privilégiant une mise en concurrence, la mairie ignore le travail déjà accompli par les associations et les habitant·e·s du quartier sur ce site. Une drôle de manière de « remettre le citoyen au centre du jeu démocratique », comme le promettait le programme du Printemps Marseillais ;
3. Les tiers-lieux et coworking « d'artistes » accaparent des bâtiments dans tout le quartier. Reconduire en l'état la Cité d'artistes sans partager des espaces est un manque de considération pour les nombreuses structures du quartier qui galèrent à avoir des lieux ;
4. Elle retarde la mise en place d'un projet déjà mûri collectivement ;
5. Elle risque de transformer un lieu vivant, souple et adapté aux besoins locaux grâce à l'investissement des habitant·e·s en équipement plus fermé, plus contraint et moins accessible ;
6. Elle traduit un manque de confiance envers les forces locales qui portent déjà au quotidien l'entraide et la solidarité.
En résumé, ce choix fait par la mairie va à l'encontre de l'intérêt général local. Il affaiblit la dynamique collective déjà engagée et ignore les besoins concrets du quartier de la Belle de Mai.
Malgré notre rejet de l'A.M.I qui privilégie des logiques commerciales, nous soutenons l'association L.E.V.A.T, à laquelle nous participons. Nous saluons le travail de terrain immense accompli par ses membres.
À PROPOS DE JUXTAPOZ
Quant à Juxtapoz, nous apprenons qu'ils·elles ont changé d'avis et souhaitent aussi répondre à cet A.M.I. Cette décision nous paraît difficile à accepter, après 18 mois de travail collectif pour construire une autre solution, plus ouverte, plus démocratique et plus utile au quartier que celle menée jusqu'ici par l'association Juxtapoz. D'autant plus que ses représentant·es ont refusé de participer à cet espace de co-construction.
Plus grave encore, dans un article de Marsactu publié le 11 juillet, Karine Terlizzi la directrice de Juxtapoz reprend des arguments réactionnaires sur le racisme anti-blanc (Voici le passage en question : « Quant aux critiques sur la mixité, elle les évacue. On ne va pas s'excuser d'être des blancs, se raidit-elle. On embauche sur des compétences, pas au faciès. Si on nous attaque sur ça, c'est du racisme. »). Le racisme anti-blanc n'existe pas, il sert surtout à inverser les rapports de domination et à nier les discriminations réelles.
Nous appelons les collectifs antiracistes, décoloniaux, queers et féministes à ne pas participer aux programmations de Juxtapoz, et à rejoindre la lutte pour un site ouvert et populaire.
Aux organisations qui ont déjà proposé des événements engagés avec Juxtapoz, sachez qu'il est possible que les injustices que vous combattez se retrouvent aussi ici, dans l'accès au couvent Levat pour les habitant·e·s.
Il est temps de parler ouvertement de privilèges : c'est bien là le cœur du problème.
Depuis son installation, cette structure, installée par l'ancienne municipalité Gaudin sans appel à projets et dans une perspective anti-squat, a toujours eu du mal à s'ouvrir au quartier et à ouvrir les portes aux habitant·e·s. L'association bénéficie pourtant d'un privilège rare : disposer d'espaces communaux dans un quartier populaire. Ce privilège devrait impliquer une responsabilité forte envers le territoire, ses habitant·e·s et leurs usages quotidiens.
Or, certains usages ont été privilégiés au détriment d'autres. Les activités festives et artistiques occupent une place importante, tandis que les habitant·e·s, pour qui le couvent Levat représente l'un des rares espaces verts du quartier, voient souvent leur accès limité par les événements de Juxtapoz.
Nous sommes nombreux et nombreuses à venir au jardin, pour nous reposer, nous ressourcer, admirer une nature préservée ou permettre aux enfants d'en profiter en sécurité. Mais à l'arrivée de l'été, ces usages sont régulièrement contraints par des événements de grande ampleur, qui surchargent le jardin, fragilisent sa biodiversité et perturbent le voisinage. Quand les portes du jardin se ferment, les habitant·e·s sortent et se retrouvent sur le bitume des places Cadenat ou Caffo.
Depuis 8 ans, les 15 associations jardinières se partagent un local de 7 m². Elles n'ont toujours pas accès à la cuisine collective. Ces conditions sont très difficiles et compliquent leurs activités. Malgré leurs demandes répétées auprès de l'association Juxtapoz pour avoir plus d'espace, elles ont toujours reçu un refus. Ce refus paraît difficile à justifier au regard de la taille du bâti communal, qui fait 2500 m².
Dans sa communication et ses rapports d'activités, l'association Juxtapoz récupère le travail réalisé par des associations locales pour donner une impression d'ouverture et de mixité. Mais dans les faits, elle a refusé à plusieurs reprises de faire évoluer son projet pour intégrer la dimension socio-culturelle portée par les acteurs du territoire. Elle n'a cessé de jouer l'opposition entre artistes et habitant·e·s qu'elle dénonce dans Marsactu. Elle n'a jamais voulu laisser pleinement et de façon autonome les salles et les espaces dont nous avons besoin.
Aux artistes qui craignent de quitter les lieux : Nous n'avons jamais demandé votre départ mais d'imaginer ensemble un vrai partage des espaces. Certain·e·s ont passé les réunions à défendre leur propre place plutôt que d'imaginer collectivement une répartition des espaces.
EN CONCLUSION
L'avenir du site Levat doit se décider avec le quartier, pas contre lui. Face à la mise en concurrence par une AMI et à une candidature qui prolonge une logique d'appropriation, nous défendons un lieu réellement collectif, accessible et partagé par toutes et tous.
Lecture Une enquête sur les usages populaires du Jardin Levat
Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d'association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d'argent –, mais pas l'organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d'intimidation que représente le lien d'appartenance. Et presque partout, l'attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l'Europe arrête des personnes ; l'Italie a compris qu'il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger. Alpes1mag / dimanche 2 août 2026
Des inscriptions favorables à l’accueil des réfugiés ont été réalisées sur les fortifications de Briançon, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. […]
Le maire de Briançon réagit vivement après la découverte de tags « Refugees welcome » sur les fortifications de la ville.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux ce dimanche, Arnaud Murgia dénonce une atteinte au patrimoine briançonnais, dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. […] Arnaud Murgia attribue ces inscriptions à des militants favorables à l’accueil des migrants et réclame une réponse des services de l’État. […]
Le maire annonce que les tags doivent être retirés dans les prochains jours. Il rappelle également qu’un important programme de rénovation des fortifications est en préparation dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030.
« Les marchés et crédits de rénovation intégrale des remparts, qui verront plus de 10 millions d’euros investis par l’État ces prochains mois, viennent tout juste d’être engagés par Solideo Alpes 2030 », indique Arnaud Murgia.
Selon l’élu, ces travaux permettront de remettre prochainement les fortifications « intégralement à neuf ». « Dans le cadre des JOP 2030, nous allons investir en trois ans plus que ce que nous avons fait pendant les trente dernières pour donner une nouvelle vie à notre patrimoine national, ici, à Briançon », conclut le premier magistrat.
L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.
Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.
Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.
On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société.
Cette brochure nait de l'envie de constituer un support accessible qui propose des réflexions, des questionnements et des partages d'expérience par rapport à l'humour pour raconter en quoi l'humour est politique.
Elle tente d'expliciter certains lien entre l'humour et les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir. Puis elle propose quelques pistes pour éviter de véhiculer de l'humour oppressif, pour savoir comment réagir et comment alimenter d'autres types d'humours.
Version à lire avec la mise en page dans ce pdf : https://infokiosques.net/IMG/pdf/en_finir_avec_l_humour_oppressif-mai2026-pageparpage-asa-48pa5-2.pdf
Aahh, l'humour ! Vaste sujet !
Il y a pleins de choses chouettes que permet l'humour : décompresser, créer de la complicité, tisser du lien social, créer des références communes, dédramatiser une situation, etc.
Rire un bon coup, ça peut provoquer un genre d'euphorie ultra libérateur, et partager un fou rire avec des gens ça peut être vraiment incroyable ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-001.png>
Mais bon, ça permet aussi des trucs moins chouettes : véhiculer des idées violentes et discriminantes, exclure quelqu'un, se moquer, renforcer des stéréotypes, engendrer des biais de pouvoir, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-002.png>
L'humour est omniprésent, et pourtant, les conséquences de ce qu'il transporte avec lui sont souvent invisibilisés.
Et oui, on dit des trucs « juste pour rire », il faut « pas prendre au sérieux » ce qui est dit, et puis si on rigole pas c'est « qu'on est pas drôle ». Alors, c'est difficile de combattre les méfaits de l'humour quand ses effets paraissent difficiles à rendre visible.
Naviguer dans le brouillard de l'humour n'est pas un voyage facile.
On ne va pas tout explorer ici, l'idée est de partager des questionnements et des bouts de réflexions, mais pas de proposer une approche globale, systémique et exhaustive de la place de l'humour dans notre société. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-003.png>
Cette brochure a surtout pour intention de proposer un support de réflexions et de discussions pour regarder l'humour par un prisme politique et par une approche ayant pour point d'entrée les oppressions systémiques.
Introduction……………………………………………………………………………………..P2
Mais qui est la voix off de cette brochure ?…………………………………………….P6
Contexte d'écriture de cette brochure…………………………..……………………..P10
En quoi l'humour est politique ? …………………………………………………..…….P12
Quels liens entre oppressions systémiques et humour ?……………….………….P16
Différents types d'humour…………..…………………………………………..………..P23
Auto-check avant de faire preuve d'humour…………………………….……...…...P27
Comment réagir à de l'humour oppressif/blessant ?……………….……………….P29
A propos de légèreté et d'insouciance………………………………………………....P36
A propos de culpabilité, de honte et de responsabiltiés…………………….….….P40
Apprendre à se connaître pour incarner des formes d'humour appropriés...…P41
Et l'autodérision dans tout ça ? ………………………………………...…………..…...P43
Le risque de l'anti-norme oppressive………………………………………….….……..P44
Vers des nouveaux imaginaires de l'humour ?………………………….…………....P45
Quelques questionnements en vrac……………………………………...……………..P46
Remerciements…………………………………………….…………………...…………….P47
Moi, c'est Asa !
Je trouve ça toujours difficile de savoir comment se présenter : à la fois, je trouve ça important de contextualiser et de situer son propos, et en même temps, j'ai en tête qu'on fait toujours une sélection de ce qu'on souhaite raconter ou ne pas raconter donc c'est pas toujours évident de trouver la juste quantité d'informations à donner et la manière de le faire. Je vais citer quelques éléments me concernant et que je trouve utile pour comprendre d'où je parle dans cette brochure, mais évidemment c'est une présentation incomplète et biaisée.
Je suis une personne racisée (asio-descendante) vivant en France métropolitaine, sociabilisée femme (je m'identifie non-binaire) plutôt jeune (née dans les années 2000) et passionnée d'un milliard de sujets. J'ai fait un transfuge de classe : raconté de manière caricaturale, je suis passée d'une famille immigrée plutôt précaire à des milieux intellectuels plutôt bourgeois via des études dans le supérieur plutôt élitistes que j'ai faites.
Maintenant, je traîne dans des tas de milieux différents : des milieux anarcho-queer, des cercles sociaux se revendiquant de faire du soin politique, des espaces d'extrême gauche où ça parle désobéissance civile et ZAD, des milieux écolos cherchant à faire évoluer l'enseignement supérieur et les entreprises, des sphères institutionnelles ancrés dans le système dominant, etc. Je fréquente parfois des espaces marginalisés, avec des gens ne faisaient pas partie des normes dominantes, tout comme je peux parfois travailler dans des espaces de pouvoir très institutionnels.
En termes de contrastes, j'ai à la fois passé des repas venant de récup dans des poubelles de supermarché avec des potes précaires, tout comme j'ai aussi participé à des buffets indécents coûtant des milliers d'euros avec des personnalités « connues ».
Vivre tout un tas de choses dans des milieux très différent me questionne, notamment sur la place que l'humour peut avoir en fonction de différents espaces sociaux et ma manière de vivre les questionnements qui m'animent avec tout mon coeur c'est d'en parler avec des gens, d'animer des ateliers à ces sujets, et d'écrire.
Pleins d'éléments m'ont amené à écrire cette brochure :
- Kiffer la formalisation, et creuser des sujets en profondeur
Quand un sujet attire mon attention, j'ai envie de le décortiquer, de voir le monde par ce prisme, et chercher à comprendre comment les autres le vivent.
Concernant l'humour, je pense que je me suis beaucoup interrogé sur mon rapport à l'humour, ce qui me faisait rire ou pas, ce qui me mettait à l'aise ou pas, ce que j'incarne avec mon humour et puis plus globalement, les liens entre humour et rapports de pouvoir. J'aime beaucoup mettre en mots et en forme mes réflexions (souvent, surtout issues de discussions avec des ami·es), pour qu'on puisse échanger sur ces bases, débattre dessus et l'idée de centraliser des années de réflexions et de discussions dans un doc me plait bien ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-004.png>
- Vivre des oppressions systémiques et des injustices au quotidien
Depuis mon enfance, je me prends des « blagues » racistes. Des « ching chong » au lycée avec des camarades reproduisant à merveilles une caricature de yeux bridés, des questions pouvant s'apparenter à du racisme et autres joyeusetés de vécus d'exclusions et de moquerie du fait de mon appartenance éthnique.
Ça, c'est la phase visible de l'ice-berg du « parfois l'humour c'est tout pourri ». Il me paraît évident que ces situations sont des vrais sujets, mais j'aimerai bien ne pas me limiter à ces blagues, mais aller creuser aussi les trucs moins évidents et davantage questionnants. Chercher en quoi l'humour, peut implicitement devenir un outil de pouvoir. Des situations où je questionne ma légitimité à ressentir du malaise. Des situations où il n'y a pas vraiment de coupable ni de victime, mais qu'il se joue quand même des trucs pas anodins.
Mon sentiment d'insécurité par défaut dans les groupes a toujours été là, mais je mets les mots dessus depuis très récemment. Depuis que j'y associe des lunettes des oppressions systémiques, je comprends mieux certains mécanismes rapports de pouvoir implicites qui me font ressentir dans mon corps un sentiment de « je ne suis pas à ma place ici / je ne suis pas en sécurité auprès de ces personnes ». J'ai le souhait que des personnes puissent trouver du réconfort, de la légitimation et des outils à la lecture de cette brochure.
Je pense que l'humour me touche. Déjà parce que j'ai pas vraiment gagné au jeu de la roue des privilèges (même si j'ai de nombreux privilèges et avantages dans la société) et que je pense que ça contribue à ce que je sois sujette à beaucoup d'humour oppressif. Mais aussi parce que je suis très sensible à toute dynamique de groupe pouvant être excluante, dogmatique, oppressante et que l'humour peut être un formidable instrument pour ça.
- Désirer contribuer à changer nos mondes
L'humour a beaucoup de place dans ma vie que je le veuille ou non. Ça me va pas de juste subir sa présence pesante sans rien y faire alors même si l'humour restera toujours un truc plus grand que moi, je me suis dit que sans avoir l'ambition de changer LE monde, je pouvais au moins tenter de changer les petits mondes qui m'entourent.
Je crois que par l'humour, on peut déconstruire et reconstruire beaucoup de choses. Je pense que questionner la place de l'humour dans nos relations et collectifs, et trouver d'autres voies pour rire ensemble, ça contribue à incarner des cultures du soin.
- Contribuer à diffuser des cultures de soin
Le soin, c'est ma boussole de vie. Tout ce qui fait sens pour moi rentre dans cette boussole. Dans ma vie relationnelle, pro, perso et militante, j'essaie de trouver comment diffuser des cultures de soin. Cette brochure s'inscrit dans cette volonté. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-005.png>
Parce qu'il y a des champignons délicieux, et d'autres toxiques.
Et parfois, c'est dificile de les différencier entre eux. : c'est un peu comme l'humour !
Et aussi parce que j'avais envie d'aérer cette brochûre donc je cherchais à dessiner des personnages mais je suis pas super compétent·e pour dessiner des êtres humains alors les champignons c'était plus facile pour moi.
Pour les dessins, je me suis beaucoup inspirée de champignons sur Pinterest, la plupart des designs de champignons ne viennent pas de moi même si je les ai adapté à ma façon.
<https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-006.png>
Avant la naissance de cette brochure, il s'est passé pleins de choses !
Tous pleins d'ateliers...
J'ai eu la chance de vivre dans un lieu de vie collectif avec beaucoup de passage– on y était parfois une trentaine d'habitant·es - dans lequel on avait l'habitude de s'animer des ateliers entre nous. Ça pouvait être une mini conf, un atelier tricot, une danse collective. N'importe qui pouvait proposer un truc, et ça attirait forcément quelques âmes curieuses et intéressées. Dans ce cadre là, j'ai conçu et animé pour la première fois un cercle de discussion sur l'humour oppressif. On a beaucoup, beaucoup parlé. Tard le soir, jusqu'à s'endormir dans nos canapés tout moelleux. C'est là qu'est né plusieurs éléments de cette brochure, grâce à ces moments collectifs où je me sentais à la fois entourée, et hyper stimulée. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-007.png>
...Et un début de formalisation !
Ensuite, avec mon binôme associatif de l'époque, on a voulu animer un autre atelier à ce sujet, mais en créant des supports qui centraliserait des questionnements et réflexions. Il a donc crée 4 affiches qui nous ont servi pour un atelier organisé dans une asso de notre école. Ces affiches, on les a ensuite pas mal diffusé par ci par là quand on rencontrait des gens qui voulaient creuser ce sujet mais qui savaient pas trop par où commencer.
J'ai continué à animer des ateliers à ce sujet, sur base de ces affiches mais je ne me retrouvais plus dans certains propos de ces affiches, et plus le temps passait, plus j'avais envie de rajouter des réflexions, compléter tout ça de récits. Et j'ai trouvé que le format brochure était plus propice pour ça.
Voilà une version un peu plus complète et riche que les affiches qu'on avait formalisé avec Momo. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-008.png>
Et ainsi, naissa cette brochure ! <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-009.png>
Je vois cette brochure comme un condensé de réflexions et questionnements à un instant T. Je serai peut-être plus trop d'accord avec des réflexions que j'ai écrite, il y a sans doute des angles morts dans ce que je propose, mais c'est pas grave ! C'est fait pour être un outil de dialogue, de discussion, pas une proposition de vérité absolue. Je vous laisse donc avec ça en tête. Cette brochure n'a pas l'intention d'être consensuelle, et a plutôt vocation à rendre visible des trucs, pour nourrir des débats et réflexions : à vous de prendre ce qui vous parle ou pas !
Cette brochure est écrite à la première personne du singulier, car c'est moi qui l'écrit et que je ne souhaite n'engager que moi dans les propos que je tiens, mais il est le fruit de réflexions et questionnements collectifs issus de discussions avec des potes ou des participant·es à des ateliers.
Je m'aventurerai pas à proposer une définition de ce que c'est la politique, mais j'aimerai malgré tout commencer cette brochure par affirmer que je pense que notre rapport à l'humour est politique, et doit être davantage politisé. Une manière d'expliquer pourquoi l'humour est politique, c'est de visibiliser que l'humour est un acte social et que quand une personne se sent victime d'humour oppressif, c'est pas juste une histoire de liens interpersonnels, mais il s'y joue des enjeux plus systémique. Quand j'exprime que l'humour est politique, c'est pour visibiliser que l'humour s'inscrit toujours dans un contexte socio-politique donné, et qu'il peut créer ou renforcer des dynamiques de pouvoir qui sont loins d'être neutres ou sans conséquences.
Dans cette partie, je vais partager des réflexions et croyances que j'ai sur l'humour. Elles n'ont pas de valeurs sociologiques ou scientifiques particulières.
Si vous souhaitez vous renseigner sur ces sujets avec une approche davantage documentée, sourcée et avec des expérimentations sociales, vous pouvez lire la thèse de Léo Facca « Est-ce vraiment “ juste une blague ” ? Effet du groupe ciblé, des préjugés et de l'adhésion aux stéréotypes sur la perception de l'humour de dénigrement : une approche expérimentale. » ou vous renseigner sur les études de psychologie sociale de Monica Romero-Sànchez.
Perso, je me suis pas beaucoup plongé dans ces références là parce que j'avais pas l'envie et la motivation de faire un travail de recherche solide, alors je propose juste des bouts de réflexions sur pourquoi je pense que l'humour est politique :
- L'humour véhicule souvent des valeurs et stéréotypes
Je sais pas s'il serait possible ou souhaitable de quantifier un pourcentage de blagues qui reposent sur des préjugés discriminants, mais j'ai le sentiment que l'humour véhicule principalement des stéréotypes visant des individus et groupes sociaux particuliers : les femmes, les personnes racisées, les personnes en situation de handicap, les personnes queer, etc. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-011.png>
Par l'humour, on peut donc véhiculer beaucoup de stéréotypes : les femmes sont nulles et dangereuses au volant, les arabes sont des voleurs, les personnes en situation de handicap sont bêtes, etc.
Les blagues sexuelles me paraissent se baser souvent sur un imaginaire d'hyper-sexualisation, d'objectification des femmes et minorités de genre, de personnes racisées ou sur une désexualisation de personnes âgées et/ou en situation de handicap. La plupart du temps, les blagues liées à la race reposent davantage sur l'imitation d'accent, des préjugés racistes ou des stéréotypes de classes sociales que sur les désastres du colonialisme.
Il y a donc des tendances globales concernant ce sur quoi porte l'humour. Et le fait qu'on se moque majoritairement de certains groupes sociaux, c'est pas anodin. Ça dit quelque chose sur notre manière de faire société. Et ça vient renforcer des valeurs.
- L'humour diffuse, légitime, banalise et rend acceptables socialement des valeurs et stéréotypes
L'humour contribue à la tolérance de la discrimination. Sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! », l'humour permet de banaliser et rendre acceptables socialement certaines valeurs et stéréotypes. S'il ne paraitrait pas très acceptable socialement d'énoncer sérieusement que les femmes blondes sont plus bêtes que les autres, rire autour d'une blague sur les blondes peut paraître beaucoup plus innoffensif. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-013.png>
On appelle « humour de dénigrement » une forme d'humour qui favorise les préjugés et la discrimination.1
- L'humour est un outil de cohésion sociale
L'humour est un super outil pour identifier des individus qui nous ressemblent, avec qui on peut s'entendre et connecter. Rire avec quelqu'un, ça peut déjà être un signe de compatibilité. Ainsi, l'humour permet d'être un facteur de rapprochement, et conditionne ce qui permet ou pas de faire groupe. Il permet de consolider des normes sociales, en participant à créer des cadres collectifs et peut participer à certaines formes de sentiment d'appartenance.
Par exemple, les blagues sur la prétendue stupidité des Belges permet de créer de la cohésion sociale pour les Français.es qui se rapprochent en se moquant d'un autre groupe social. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-014.png>
- L'humour est vecteur de biais de pouvoir
Dans des dynamiques de groupe, il y a toujours des rapports de pouvoir. Un rapport de pouvoir, c'est pas forcément très visible au premier regard. C'est pas forcément une humiliation bruyante et flagrante. Ça peut être discret, insidieux, mais pas moins violent ou blessant. C'est pour ça que pour moi c'est très important de mettre le doigt et les mots sur comment l'humour peut être vecteur de pouvoir.
Quand j'observe un groupe, j'aime porter mon attention sur qui parle, qui ne parle pas, qui est écouté, qui ne l'est pas. Comment les identités sociales (genre, classes, races, religion, capital culturel, académique, économique) entrent en jeu dans les interactions.
L'humour permet un bon prisme d'analyse : Qui fait une blague ? Qui rigole ? Qui ne rigole pas ? Sur quoi portent les blagues ? Quelqu'un qui fait une blague et fait rire les autres attire l'attention, et potentiellement, volontairement ou pas, dicte les normes d'un groupe.
L'humour est souvent valorisé socialement, et les personnes qui détiennent des formes d'humour qui seraient valorisé dans un cercle social peuvent attirer l'attention, paraître intelligent, avoir de la répartie et ça peut donc leur conférer des formes d'auras, de charisme et de pouvoir.
Par exemple : J'ai parfois tendance à « clasher » des ami·es avec ma répartie. Ça fait rire, c'est valorisant pour moi, mais c'est parfois très blessant selon ce que je véhicule, ma relation avec la personne cible de la blague, le contexte social et le vécu de la personne cible. C'est une forme de rapport de pouvoir que d'avoir de la rhétorique, de penser rapidement, d'avoir de la répartie, et ça peut sembler banal mais ça peut être vraiment humiliant, excluant et violent de se faire moquer par des blagues. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-015.png>
Parler des oppressions systémiques, c'est vertigineux. Avoir une porte d'entrée, ça permet d'avoir une prise. Il y a des tonnes de manière de définir une oppression systémique, voici ce que je propose :
Une oppression systémique est le résultat et la composante d'un système qui, pour un critère donné, va engendrer de façon globale des discriminations sur un groupe social dit dominé / opressé / discriminé, et réciproquement conférer des privilèges à un groupe social dit dominant / oppresseur / privilégié. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH231/humour_oppressif-016-2-53c4e.png?1784887761>
Les oppressions systémiques sont omniprésentes. Dans notre manière d'organiser notre société, dans nos politiques, nos lois, nos institutions mais aussi dans notre manière de penser, de relationner et de s'organiser.
Elles s'ancrent dans des rapports de pouvoir, se traduisent par des préjugés/stéréotypes et s'incarnent par des postures/comportements oppressifs.
A propos d'intersectionnalité : pour une approche décloisonnée et systémique des oppressions systémiques
Présenté sous forme de tableau, les oppressions systémiques et leur système d'oppressions peuvent sembler très cloisonnées. Dans la réalité, toutes les oppressions forment des liens complexes en synergie.
L'intersectionnalité désigne un concept permettant de penser les identités sociales non pas de façon séparée ou cumulée, mais en synergie pour en identifier leur spécificités.
Historiquement, ce concept émerge et est popularisé par Kimberlé Crenshaw (militante, avocate, professeur) qui lie la race et le genre pour mettre en lumière que les expériences vécues par une personne noire, et par une femme, ne peuvent pas être comprises et analysées comme deux données séparées ou indépendantes2.
Dans les grandes lignes, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression n'est pas égale à = 2X d'oppressions
Mais plutôt, une identité sociale liée à une oppression + une identité sociale liée à une autre oppression = un cocktail singulier et complexe d'oppressions, non cumulables, mais en synergie
Pourquoi parler d'intersectionnalité ?
Pour ne pas reduire l'identité d'une personne à un privilèges ou un non-privilège. Chaque personne a son histoire unique, et il me paraît important de prendre en compte de manière nuancée et complexe ça. (= ne pas reduire une personne racisée à une pauvre victime du système raciste, ne pas réduire un mec blanc à un méchant oppresseur)
Préjugés, discrimination, et oppressions : quelles différences ?
Inspiré du comic : https://everydayfeminism.com/2017/01/trouble-explaining-oppression/
Un préjugé est un biais internalisé :
• "Les relations homosexuelles sont anormales et déviantes"
• "Les personnes grosses sont moches"
• "Les musulman·nes ont plus de chance d'être des terroristes"
Une discrimination est la concrétisation d'un préjugé :
• Refuser la location d'un appartement à un couple d'homosexuel
• Se trouver moche car gros·se
• Suspecter davantage les musulman·es de comportements dangereux
Les oppressions sont les poids et forces systémiques de ces préjugés et discrminations sur les personnes concernées
• Des lois qui ne protègent pas les discriminations basés sur l'orientation romantico-sexuelles
• Des magazines promouvant une culture de la beauté normée
• Des politiques publiques excluantes des musulman·nes
Pour lutter contre tous ces systèmes d'oppressions injustes, il faut agir sur tous les maillons de la chaîne !
A propos de privilèges et de non-privilèges
Chaque individu a un lot de privilèges et de non-privilèges.
Le privilège social, ça désigne une notion en sciences sociales, qui offre des avantages sociaux/degrés de prestiges/rangs dans la société en fonction de son appartenances ethniques, de classes sociales, d'âges, de sexe, d'identité de genre, d'orientation sexuelle et relationnelles, de religion, etc.
Les systèmes de privilèges et non-privilèges impliquent par exemple :
• Un partage non-équitable de la charge mentale. La charge mentale est le poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur des personnes particulièrement discriminées) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique, et surtout, psychique. Cette préoccupation constante de la logistique du foyer, même dans les moments où elles ne sont pas dans l'exécution de ces tâches est aussi pesante. Cette notion peut être applicable à d'autres domaines que la gestion du foyer.
• Des différences dans le sentiment de sécurité par défaut dans les espaces publics, les relations, les collectifs, etc.
• Une exclusion invisibilisée de certains groupes sociaux dans certains espaces.
• Un rapport à la légitimité différent.
• Un accès aux richesses et au confort non-équitable.
• Etc etc etc.
Avoir des privilèges, c'est pas seulement avoir plus de chances d'avoir sa paie augmentée lorsque l'on est un homme cis blanc. C'est aussi :
• Avoir le privilège de l'inscouciance et de ne pas se soucier de certaines charges mentales et émotionnelles.
◦ Ex : une dynamique typique dans un couple hétéro est la femme portant la charge mentale des tâches ménagères, la charge contraceptive et la charge émotionnelle du couple tandis que l'homme ne comprend même pas en quoi consiste tout ça.
• Ne pas se rendre compte des oppressions que vivent les autres, et avoir tendance à ne pas les croire, les légitimer. Et/ou chercher à se justifier de ses bonnes intentions sans mettre le focus sur le récit de la personne concernée.
◦ Ex : Je constate que la plupart du temps, quand je raconte un vécu de situation raciste que j'ai vécu, la·es personne·s blanche·s devant moi sont souvent choqué·es et arrivent à peine à me croire et vont parfois avoir tendance à remettre en question mon récit ou le minimiser.
Avoir des non-privilèges, c'est par exemple :
• Devoir se sur-adapter en permanence pour se faire accepter socialement, et donc performer, compenser, se contorsionner pour correspondre à un fonctionnement normé.
◦ Ex : c'est le cas pour des personnes ayant des handicaps invisibles. (#validisme #psychophobie)
• Se justifier en permanence de ne pas être capable de faire quelque chose et être soupçonné de flemme car "si on veut, on peut" #capacitisme #validisme #psychophobie
• Ne pas se sentir légitime de prendre la parole.
• Ne pas se sentir appartenir à un groupe social.
◦ Ex : être la seule personne racisée dans un groupe de blanch·es peut entraver le sentiment d'appartenance et la légitimité à trouver sa place
• Subir de la négligence en ayant moins de chances que ses besoins soient remplis par la société, des collectifs, des relations, etc.
Apprendre à se situer au niveau de ses privilèges et non-privilèges, et agir en conséquences
Savoir se situer, ça s'apprend, ça prend du temps, et ça se fait au fur et à mesure de discussions, d'expériences de vie, de conflits, de partages de récits, etc.
Un outil pouvant être utile pour apprendre à se situer est celui du CRIAW ICREF3.
Ici, cet outil d'éducation populaire en lien avec des enjeux d'intersectionnalité permet d'illustrer :
• Par le cercle intérieur : les circonstances particulières de chaque personne, associé à des “rangs” dans la société
• Par le deuxième cercle : Des aspects identitaires (correspondant à des privilèges et non-privilèges)
• Par le troisième cercle : Différentes formes de discriminations et systèmes oppressifs
• Par le cercle extérieur : Des structure et forces plus larges renforçant les systèmes oppressifs
Proposition d'exercice : Vous pouvez prendre une feuille et écrire les aspects identitaires qui vous concerne du deuxième cercle et tenter d'identifier si vous êtes plutôt privilégié·e ou pas sur chaque aspect. Les réponses ne seront pas forcément binaires car certains aspects pourront être à la fois des privilèges et des oppressions pour vous. L'idée n'est pas d'atteindre une réalité objective parfaite de vos privilèges et oppressions via cet exercice, mais plutôt de se mettre dans une posture de questionnement vis-à-vis de ses identités sociales. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH385/humour_oppressif-017-2-fe831.png?1784887761>
Chaque personne ayant son lot de privilèges et de non-privilèges. Il peut paraitre important d'apprendre à se situer soi-même, pour pouvoir agir en conséquences.
Pour guider tes questionnements par rapport à ces enjeux, tu peux te demander :
• Quels sont mes privilèges ? Quels sont mes non-privilèges ?
• Comment je me sens par rapport à ça ?
• Qu'est-ce qui m'interroge à ce sujet ?
• Quelle place ont les oppressions systémiques dans mes relations ? Dans mes collectifs ? Dans mon quotidien ? Dans ma vie professionnelle ?
• Est-ce que c'est un sujet dont je parle avec mes proches ? Si oui, comment ?
• Est-ce que je suis satisfait·e de mon rapport à mes privilèges et les oppressions que je vis ? Et si non, qu'est-ce que j'aimerai être différent ?
Pourquoi on parle d'oppressions systémiques ?
Parce que l'humour s'inscrit dans des enjeux en lien avec les oppressions systémiques ! Il peut faire partie de discriminations paraissant inoffensives, anodines et mineurs. Mais en réalité, c'est un instrument puissant, contenant un potentiel de violence fort et permettant de légitimer d'autres formes de violences.
La pyramide des niveaux de discriminations illustre différents types de discriminations, allant de ce qui paraît le moins violent au plus violent. L'humour se situerait dans un niveau de discrimination plutôt « faible »
La pyramide des niveaux de discriminations <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L422xH319/humour_oppressif-019-c747d.png?1784887761>
Toutes ces oppressions systémiques, systèmes d'opppressions et notion de privilèges s'incarnent concrètement sous la forme de discrimination de plusieurs types :
Des oppressions, il y en a de tous types. Toutes n'ont pas les mêmes effets, ou les mêmes répercussions. Dans cette brochure, je souhaite militer pour que ce qui est considéré comme violent et oppressif ne soit pas limité à de la violence physique et facilement visible. Je souhaite considérer et lutter contre toute forme de discriminations, d'oppressions, et de rapport de pouvoir, aussi "petites" et invisibilisées puissent-elles paraitre.
Pourquoi les "petites" oppressions invisibilisées sont importantes ?
Déjà, parce qu'elles ne sont pas si petites que ça ! Elles sont très impactantes du fait de leur caractère répété et omniprésent, et influence comment une personne se perçoit, est perçue, peut se sentir, etc. De plus, elles constituent la base de la pyramide des discriminations et permet et renforce des discriminations plus graves.
L'humour contribue à la tolérance de la discrimination sous l'apparence de légèreté et par prétexte de « on dit ça juste pour rigoler, ça va ! »
Dans un monde où il n'est pas acceptable de faire des blagues sexistes, alors, peut-être que le monde le serait moins ?
De plus, il y a parfois une plus grande capacité d'action sur des discriminations "petites" du fait de leur caractère récurrent et aussi du fait qu'il peut parfois être moins risqué de reprendre quelqu'un sur une blague qu'il a faite et questionner les valeurs qu'il a véhiculé (parfois inconsciemment et involontairement) que d'agir sur des menaces de vie directes.
L'humour, ce n'est donc pas que des petites blagues, c'est plus que ça. Ça a des impacts et des conséquences fortes et agir dessus est une manière de lutter contre les oppressions systémiques et les rapports de pouvoir.
Est-ce que tous les humours se valent ?
Je pense que tous les humours ne se valent pas. Il ne s'y joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir selon l'humour qui est véhiculé. Par exemple, je considère qu'un groupe de mec qui se moquent d'une meuf avec des remarques sexistes, c'est pas les mêmes enjeux que des personnes racisées qui se moquent des racistes. Ou encore, je considère qu'une punchline tourné avec un ton humoristique pour protéger une personne qui se fait discriminée, c'est pas à mettre sur la même échelle que quelqu'un qui dit une punchline pour se moquer d'une forme de handicap.
Proposition de catégories de l'humour
Pour conceptualiser ça, avec mon binôme associatif de l'époque des affiches, on a fait une proposition de catégorisation de l'humour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH340/humour_oppressif-020-2-af40e.png?1784887761>
Il y a différentes d'humour parmi tout ça : le comique de situation, le comique de répétition, l'absurde, les plaisanteries, l'ironie, les jeux de mots, le comique de geste, les caricatures, l'autodérisiton, l'humour noir, le sarcasme, la parodie/satire, le burlesque, le grotesque, etc.
Quelques exemples pour s'y retrouver
- L'humour ciblant des groupes sociaux
Ce qu'on désigne comme étant de l'humour oppressif, c'est de l'humour qui participe à perpétuer des oppressions systémiques.
Exemples :
• Dire une blague qui se repose sur un biais sexiste : J'ai une fois animé une formation où lorsque j'ai demandé aux participant.es s'iels avaient de quoi noter, un homme cis a répondu « Oui, on a des femmes dans le groupe ! »
• Renforcer des stéréotypes raciaux par des blagues-devinettes : « Pourquoi les chiens aboient beaucoup en Chine ? Parce qu'ils ne sont pas assez cuits »
• Véhiculer l'idée que les personnes trisomiques sont bêtes en disant « T'as pas compris ça ? T'es trisomique ou quoi ? »
Et bon, il pourrait y avoir tout une section « humour internet et memes » sur ce que ce type d'humour peut véhiculer. Ici un exemple illustrant sous la forme d'un raisonnement « scientifique » pourquoi les femmes sont des problèmes. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L500xH339/humour_oppressif-021-2-d1efc.png?1784887761>
Les dynamiques en œuvre peuvent être nombreuses : renforcement de stéréotypes existants, déshumanisation, action d'exclusion, moqueries, etc.
En stand-up, on parle parfois de « punching down », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes discriminées et qui reproduit donc des dominations, des oppressions et des humilitations systémiques.
Ce qu'on appelle humour subversif, c'est un humour qui renverse l'ordre social dominant.
Exemple :
• L'humour misandre (qui fait de l'humour sur les mecs cis). « Que donne un mec cis à Emmaüs ? Son avis ! »
• Tourner en ridicule le journalisme sensationnelle de droite (Gorafi)
• Tourner en ridicule l'impunité de certaines sphères de pouvoir (Malheurs actuels)
• Jouer sur un attendu « raciste » pour prendre par surprise et interroger ce présupposé « Comment appelle-t-on un noir qui conduit un avion ? – Un pilote ! »
En stand-up, on parle parfois de « punching up », c'est-à-dire, faire de l'humour en ciblant des personnes dominantes et qui crée donc des potentiels de subversion et d'émancipation.
- L'humour ciblant un individu
L'humour blessant, c'est de l'humour qui n'est pas en lien avec des oppressions systémiques, mais qui peut blesser une personne.
Exemple : Quelqu'un trébuche en rentrant dans une classe, quelqu'un le·a filme et puis fait tourner la vidéo en se moquant de la personne.
L'humour soutenant survient dans l'intention d'aider quelqu'un qui se fait discriminé.
Exemple : Un mec se moque d'une femme qui a fait la cuisine, et quelqu'un en fait une blague « drôle de façon de dire merci »
Avantages et limites de ces catégories :
Ce que j'apprécie dans le fait de catégoriser l'humour, c'est que ça permet de mettre en lumière qu'il ne se joue pas les mêmes dynamiques de pouvoir dans tout type d'humour. Tous les humours ne sont pas équivalents et ne véhiculent pas les mêmes idées. L'idée n'est pas de dire que l'humour subversif est forcément mieux que l'humour oppressif, mais plutôt qu'il ne se joue pas les mêmes choses quand on se moque de femmes asiatiques que quand on se moque du président des Etats-Unis.
Evidemment, ces catégories, comme toute tentative de formalisation sont imparfaites. Il y a des formes d'humour difficile à catégoriser, et l'intention n'est pas de réussir à mettre toute forme d'humour dans des petites cases, mais plutôt de mieux identifier ce qui peut se jouer dans une forme d'humour. C'est donc à voir comme un outil : ce n'est pas objectif, ce n'est pas parfait, ça a des limites, mais c'est parfois utile.
Faut-il cultiver de l'humour subversif alors que ça peut aussi être violent ?
J'adore l'humour subversif, mais c'est très personnel. J'ai beaucoup débattu à ce sujet et je sais que des personnes que je connais ne sont pas d'accord avec le fait de cultiver quelconque humour pouvant être dénigrant. Cette idée qu'il ne faut cultiver ni l'un, ni l'autre, est en lien avec l'idée que dans tous les cas, il y a de la violence qui est véhiculé et que ça entretient un cycle de la violence qui peut finir par être néfaste pour tout le monde. Si j'adore l'humour subversif, et que je le trouve émancipateur et réparateur, j'aime nuancer ce propos en mettant une vigilance sur la violence qui peut être véhiculée.
Bref, est-ce qu'il faut faire de l'humour subversif ? Perso j'adore ça, mais c'est fortement débattable !
Et puis qui décide de ce qui est subversif ou oppressif ? La frontière est floue et subjective. Peut-on tout justifier derrière le drapeau de la subversivité ? Pas sûre.
Pour autant, je considère ne pas me battre à armes égales avec mes « ennemis », et donc ridiculiser le pouvoir, je pense que c'est une arme qui me parle.
Est-ce que la fin justifie les moyens ?
Dans le fond, ça pose la question de : est-ce que la fin justifie les moyens ? Si la fin est louable (= ici, créer une société plus écologiste, juste et inclusive) est-ce que ça justifie d'avoir recours à des moyens violents (= ici, continuer à alimenter des dynamiques de moqueries, d'exclusion). C'est hyper complexe comme sujet, et j'oscille beaucoup entre plusieurs postures, en fonction des enjeux et des sujets. J'ai pas trop de réponses à ça, mais je trouve que c'est chouette de se poser la question et de si l'on souhaite avoir recours à l'humour, et pourquoi.
Dans tous les cas, il me paraît important de s'interroger sur pourquoi on rigole, et quels peuvent être les risques et effets de ce qu'on véhicule. Et justement ! D'où la proposition de l'outil qui suit :
Comment savoir si ma blague est oppressive ? Comment je peux changer mon rapport à l'humour ?
Hélas, je n'ai pas de solutions miracles sous la main. Je ne pense pas que le monde doit binariser un rapport catégorique à l'humour. Il n'y pas de tampons « humour oppressif / humour non-oppressif ». Je pense que toute situation est complexe, nuancée, et qu'on ne peut jamais s'assurer de la non-offensivité de ce qu'on dit. Par contre, on peut se questionner en amont pour limiter le risque de blesser. Voici une proposition de questionnements à se poser. C'est pas exhaustif et c'est pas parfait. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-023.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-025.png> <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-027.png>
• Quelles sont mes intentions en faisant une blague (mettre à l'aise, créer de la complicité, rabaisser, me moquer, dédramatiser ?)
• Est-ce que je ris DE la/les personnes concerné·es par la blague ou AVEC ?
• Est-ce que les personnes présentes me connaissent assez bien pour comprendre mon intention ?
• Est-ce que ma blague peut être discriminante ou blessante directement ou indirectement ?
• Est-ce que ma blague véhicule de la violence ?
• Est-ce que ma blague peut causer des triggers ?
• Est-elle risquée du fait qu'elle touche à une caractéristique de groupes sociaux discriminés ?
• Est-ce que le contexte de ma blague est le bon ?
• Est-ce que le niveau d'interprétation de ma blague est claire ?
• Suis-je prêt·e à recevoir des retours négatifs sur des propos que j'ai émis ?
• Suis-je capable de répondre constructivement en me remettant en question ?
• Suis-je ouvert·e et capable de ne pas minimiser/délégitimer les ressentis exprimés ?
Il peut aussi y avoir des questionnements plus introspectifs : qu'est-ce que mon rapport à l'humour dit de moi ? D'où vient mon rapport à l'humour ? Est-ce que j'aime l'humour que je véhicule ou est-ce que j'aimerai le changer ? Si oui, quelles sont mes pistes de changement ?
Par exemple : j'ai beaucoup fait de l'humour en mode « clasher une personne », parfois de manière humiliante, parce que je voulais paraître intelligente et avoir de la répartie. Je trouvais ça valorisant qu'on rigole à mes blagues, et qu'on puisse être impressionné par la rapidité de mes idées. Mais je me suis rendue compte que je trouvais ça naze de faire ça alors j'essaie d'arrêter (même si je fais parfois de l'humour blessant et je le regrette).
Se poser les questions, ça peut être très long, et c'est un travail introspectif en soit. S'il ne me semble pas possible de se poser toutes ces questions en amont de chacune de ses blagues, je me dis que ça peut être un bon guide d'introspection pour y réflechir et que pour faire un autocheck rapide avant de faire une blague, il y a la possibilité de se concentrer sur les risques de cette blague : est-ce qu'il y a des risques à véhiculer ce que je vais dire ? Pourquoi ce serait risqué (du fait des personnes présentes, du fait de la nature de la blague) ? Est-ce que les intentions de ma blague sont claires pour les personnes présentes ?
Moyen mnémotechnique :
Si vous avez vu la série animée Avatar, le dernier maître de l'air, vous connaissez sûrement Iroh, l'un des personnages réputés comme étant plein de sagesse dans la série. Un moyen pour se souvenir des questionnements, c'est de penser aux :
– Intentions
– Risques
– Ouverture
– de son Humour
(IROH !)
Au début des ateliers que j'anime, j'aime beaucoup commencer les temps par demander aux participant·es quelles sont leurs intentions et attentes dans l'atelier. La plupart du temps, ce qui revient surtout c'est : comment « bien » réagir face à des situations d'humour oppressives ? <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-029.png>
Il n'y a pas de bonnes réponses ou de modes d'emplois. Chaque situation est singulière et porte un contexte particulier. Du coup, je vais surtout évoquer des postures, des manières de réagir, et les commenter.
Comprendre les dynamiques collectives existantes
Déjà, il y a toujours des dynamiques collectives et des rapports de pouvoir existants en jeu. C'est impossible de tout déceller, et de réussir à tout percevoir finement avec lucidité en tout temps, mais quelques questionnements peuvent aider à observer la situation.
• Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?
◦ Est-ce que les personnes ont une bonne relation ?
◦ Est-ce qu'il y a de l'espace pour communiquer entre ces personnes ?
◦ Est-ce qu'il y a des biais de pouvoir entre les personnse ?
▪ Ex : une participante racontait pendant un atelier ne pas réussir à réagir à des blagues homophobes car la personne qui les racontait était son patron. <https://infokiosques.net/IMG/png/humour_oppressif-030.png>
• Est-ce que la personne/les personnes concernées par la blague sont présentes ?
• Quels sont les risques d'intervenir pendant ou après une blague ? <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L450xH228/humour_oppressif-031-2-7bc66.png?1784887777>
Il peut donc être important et utile de comprendre le contexte social, et les rapports de pouvoir existant avant de savoir comment réagir.
Je pense que prendre en compte la temporalité dans les réactions est également important. Je distingue donc les réactions ayant lieu au moment de la situation, ou après.
Choisir la temporalité de sa réaction
- Réagir au moment de la situation
Il y a différentes manières de réagir sur le moment :
• « Contre-attaquer » directement par l'humour : punchliner, ridiculiser, confronter, etc.
• Politiser la situation : ramener du sérieux et des enjeux, faire redescendre le rire pour adresser les problématiques. Expliquer en quoi l'humour est politique, et peut être violent. Expliquer les valeurs véhiculées par la blague qui vient d'être faite.
• Questionner la personne qui a fait la blague : Pourquoi tu te moques ? Est-ce que ta moquerie sous-entends des croyances que tu as ? Pourquoi tu dis ça ? Qu'est-ce que tu sous-entends ? Tu peux répéter ?
• Parler de ses ressentis : exprimer son malaise, sa colère, sa tristesse en réaction à la blague
• Etc, etc, ect.
Perso, je pense pas qu'il y ait de manière parfaite de réagir, car ça dépend trop du contexte, mais je peux identifier quelques avantages et inconvénients de réagir sur le moment.
Avantages de réagir sur le moment :
• Réagir sur le moment permet de ne pas « laisser passer » la blague, et de signifier que ce n'est pas accepté et toléré de faire ce genre de blague.
• Ça peut permettre d'être dans une posture d'allié·e en réagissant et d'être en soutient direct à une personne ou des personnes qui pourraient se sentir mal à l'aise et/ou concernée(s) par la blague.
• Ça permet de ne pas être complice du moment.
Inconvénients de réagir sur le moment :
• Réagir sur le moment peut créer du conflit et faire « dégénerer » une situation. Il y a moins de temps et de recul pour pouvoir réflechir à comment l'on souhaite réagir.
• Ça peut être humiliant et stigmatisant pour la personne ayant fait la blague de réagir à une blague sur le moment devant d'autres personnes.
• Le risque social est plus fort et imprévisible lorsque c'est sur le moment dans un moment social plutôt qu'après en interperso ou en plus petit comité.
• S'il y a une ou des personnes concernées et que vous n'êtes pas personnellement la cible de la blague, réagir sur le moment peut parfois amener à ne pas avoir une réaction mal adaptée pour la ou les personne(s) concernée(s) vu qu'il est souvent difficile de les consulter sur le moment et de s'adapter à leurs besoins.
- Réagir après le moment de la blague
Il y a différentes manières de réagir après une blague
• Cela peut dépendre de qui on va voir après la blague :
◦ La personne qui a fait la blague
◦ Des personnes éventuellement concernées et/ou mal à l'aise
◦ Des témoins
◦ Etc.
• Ça peut dépendre de vos intentions
◦ Exprimer son désaccord/son malaise à quelqu'un
◦ Faire de la pédagogie
◦ Exprimer son soutient
◦ Etre dans l'accueil d'éventuelles demandes que l'on pourrait vous faire
• Ça peut dépendre de la manière dont vous intervenez
◦ Plutôt sur un ton sérieux, politisant et intellectuel
◦ Plutôt sur un registre émotionnel
◦ Plutôt en « confrontation » avec la personne qui a fait la blague, ou plutôt en étant dans une recherche de coopération
• Bref, les manières de réagir après une blague sont diverses et dépendent de beaucoup de chose !
Avantages de réagir après :
• Réagir après permet d'avoir plus de temps pour réflechir à ses postures et sa manière de réagir.
• Ça peut permettre un terreau plus fertile pour des discussions longues et constructive du fait du côté interperso ou petit comité qui peut davantage créer un cadre intimiste et propice à la confidence contrairement à une réaction à chaud pendant un moment social.
• Une discussion après le moment peut aussi réduire un potentiel risque de situation confrontante non désirée ou une condamnation rapide de la personne qui vient de faire une blague.
Inconvénients de réagir après :
• Il y a des contextes où il n'est pas possible de réagir après, par exemple après de l'humour oppressif émis par quelqu'un dans la rue.
• Ça peut être difficile de trouver le bon moment, et peut-être que la personne éméttrice ne voudra pas en parler.
• Il faut un minimum de confiance et de coopération réciproque pour que ça puisse être constructif. Un format de débrief ne parle pas à tout le monde. Par exemple débriefer d'une situation avec mon papa et lui proposer un temps de communication en interperso, ça ne fonctionne pas du tout. Il faut trouver ses stratégies. Souvent, je profite de trajets en voiture avec lui en trouvant une façon légère de revenir sur les choses mais je ne le présente pas comme un débrief. Et souvent, la manière qu'on a de débriefer est pour moi frustante et insatisfaisante.
Quelques questionnements pour guider sa manière de réagir :
Il n'y a donc pas de manière parfaite ou miraculeuse de savoir comment réagir. Ça vient en fonction du contexte, des dynamiques de groupe, de votre relation avec les personnes présentes, des enjeux, des risques, de vos ressentis, etc etc ect !
Je ne souhaite pas proposer un guide pour apprendre comment réagir, mais surtout proposer des manières de réflechir à ça. C'est pour ça que je souhaite proposer quelques questionnements qui peuvent guider sa manière de réagir :
• Quel est le contexte dans lequel est fait la blague ?
• Quelles sont les relations entre les personnes présentes ?
• Qu'est-ce qui est véhiculé à travers cet humour ?
• Est-ce que c'est risqué pour moi/pour d'autres, d'intervenir ?
• Est-ce que je souhaite réagir sur le moment, ou plutôt plus tard ?
• Comment est-ce que je souhaite réagir ? Quelle posture j'aimerai adopter ?
• Quelles sont mes intentions en réagissant ?
Se poser ces questions, c'est très long, et il n'est évidemment pas forcément possible de se poser toutes ces questions pendant un instant humoristique car ce sont des moments qui vont très vite et où il faut avoir parfois le sens du timing pour intervenir au « bon » moment. Mais ce sont des guides à avoir en tête, pour s'entraîner, et pour se questionner collectivement.
Quelques points qu'il me semblent intéressants d'avoir en tête lorsque l'on souhaite réagir à une blague qui ne nous va pas :
- Le consentement et le cadre de la discussion
En allant voir des personnes ciblées, il me semble important de veiller au consentement des personnes concernées et de ne pas imposer une aide non-sollicitée au risque de leur retirer du pouvoir d'agir. Le mieux selon moi est de s'adapter à leurs besoins et leurs demandes, et de voir si vous êtes en capacité d'y répondre. Si quelqu'un s'est senti mal suite à une blague et que vous voulez lui proposer un espace de débrief, vous pouvez lui proposer plusieurs types d'écoutes : de la reformulation de ce qu'iel dit pour s'assurer qu'iel se sente compris·e, de l'empathie pour entrer en résonnance émotionnelle avec son vécu, de la suggestion ou des conseils sur quoi faire si c'est ce qui est demandé, etc.
Proposer un débrief avec la personne émettrice de la blague peut aussi demander un certain cadre. Tout dépend de votre relation avec cette personne, et de votre manière de réagir. Mais il me semble important de penser aux bonnes conditions pour que ça se passe et à veiller à la forme de son retour. <https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L451xH262/humour_oppressif-032-2-1334f.png?1784887777>
Par exemple, vous pouvez commencer par lui demander ce qu'elle a pensé de sa blague. Ça peut être intéressant pour ne pas l'enfoncer si elle est déjà en train de se remettre en question. Perso, je trouve ça toujours intéressant de savoir comment l'autre personne a vécu la situation et ça me paraît plus constructif pour adapter sa réaction après.
- Quelques outils pour prendre soin de sa communication
Les outils de communication émotionnelle peuvent être aidant pour vivre ce type de situations si ce sont des approches qui vous parlent. Ce ne sont pas des solutions miracles, et ça a évidemment des limites et des défauts, mais personnellement ça m'aide de pouvoir me servir d'outils.
Parmi les outils qui me parlent, il y a :
• La Communication Non Violente (ou CNV)4
◦ Mais il me semble important de l'incarner dans une approche située et politisée. La CNV, malgré son nom, peut véhiculer de la violence parce que ses outils peuvent permettre à quelqu'un d'avoir l'ascendant intellectuel sur quelqu'un en ayant du vocabulaire, une rhétorique et une manière de tourner les choses qui est incontestable. Selon moi, la CNV ça peut être très aidant, mais ça peut aussi incarner des formes de classisme, d'élitisme et d'intellectualisme dont il faut faire attention car ils peuvent être, même avec de très bonnes intentions, des instruments de manipulation.
◦ Pour creuser ce sujet, des podcasts de Méta de Choc étudient les avantages et les dérives de la CNV5
• Les jeux de cartes qui parlent de besoins et d'émotions pour gagner en vocabulaire, en finesse et en précision pour parler de ses émotions ou de celles des autres.
◦ Il y a par exemple les jeux de cartes de Apprentis Giraffes6 ou encore ceux de Comitys7
• Il y a des facilitations graphiques/des affiches de Fertîles sur les enjeux de feedbacks (faire des retours), de Communication Non Violentes, ou encore d'intentions, disponibles sur leur site qui peuvent être outillantes.
Bref, il existe de nombreuses ressources pour prendre soin de sa manière de communiquer ! Il en existe bien sûr bien d'autres, mais là ce n'est qu'une courte sélection.
- Se préparer à être déçu·e et/ou frustré·e
Même si vous faites de votre mieux, et que vous y mettez tout votre coeur, vos bonnes intentions, le soin dans votre communication et le soin à l'autre : il se peut que vous soyez frustré·e, agacé·e, déçu·e, en colère de la réaction de l'autre personne.
Un truc qui m'aide d'avoir en tête dans ces cas là, c'est de me dire que du changement, ça prend du temps. Je pense pas qu'il faille nécessairement attendre des personnes qui ont des comportements blessants de changer. Mais j'ai la croyance dans le potentiel et la capacité de changements des gens. Et je pense que si ça arrive, c'est rarement miraculeux et instantané. Ça demande plusieurs essais, du temps, de la remise en question, des changements d'environnement parfois. Bref, votre réaction, votre intervention n'aura peut-être pas l'air très utile sur le moment. Mais je pense que ce type de réaction et d'intervention, aussi minimes puissent-elles paraître, elles sont super utiles, nécessaires et précieuses.
Elle plantent des graines. Qui peut-être ne vont pas pousser car le terreau n'est pas bon, parce qu'il n'y a pas assez d'eau, parce que ce n'était pas le bon moment pour les planter.
Bref, il se peut que rien n'en pousse. Mais si ça fait pousser quelque chose, alors il faut du temps, et d'autres ingrédients pour que ça puisse être fertile et constructif. Ça n'invalide évidemment pas les éventuels sentiments de frustration, de colère, de déception, mais je trouve que ça donne au moins du sens et de l'encouragement à réagir.
Si vous ressentez de la déception, de la frustration, de la colère, c'est légitime. Ça ne veut pas pour autant dire que votre intervention était inutile et ne vas pas faire réflechir l'autre personne.
Questionner son rapport à l'humour, ça peut faire peur
« Mais c'est beaucoup de travail de penser à tout ça ! Et puis c'est beaucoup de charge mentale ! »
« Et mes envies de légèreté et d'insouciance, alors ? »
Quand je suis visibilis·é comme portant des enjeux d'humour oppressifs dans des collectifs, j'ai parfois l'impression d'être pointé du doigt comme une voleuse de fun et de bonheur.
Ça m'est déjà arrivé de sentir un genre de retenu gêné de quelqu'un quand j'étais là en mode « Bon, ya Asa, il faut pas que je fasse une blague oppressive ! »
Dans ces moments là, je me dis « ça y est, je suis devenue la police de l'humour ».
Une invitation à lire et à voir les mots qui nous entourent et un hommage à celleux qui les fabriquent, qu'iels soient professionnel·les de la lettre ou simples lettreur·ices d'un jour.
Source: Relevé sur le Net...
D'indispensables précisions
A propos de mon article : « A travers l'exemple du musicien chanteur occitan Claude Sicre et des prises de positions de pères fondateurs comme Frédéric Mistral, les côtés troubles de l'idéologie occitane. »
D'indispensables précisions
A propos de mon article : « A travers l'exemple du musicien chanteur occitan Claude Sicre et des prises de positions de pères fondateurs comme Frédéric Mistral, les côtés troubles de l'idéologie occitane. »
Depuis l'affichage sur des sites libertaires de mon article « Fascisme et poésie pure », je reçois des mails qui me demandent des précisions sur les positions de Sicre and C°. Sur des questions qui touchent à la « race » et au « woke », je peux fournir à celles et à ceux que ça intéresse les extraits de la liste de discussion et de diffusion créée autour de la « Linha Imaginot », relatifs à la polémique que j'ai déclenchée. Dans la mesure où Sicre tente de censurer mon article repris par Info Libertaire et propose de rendre publics, pour sa défense, les échanges affichés sur la liste, je pense que ces extraits montrent déjà de quoi il retourne et en quoi mon texte n'est nullement calomniateur. De plus, le modérateur de la liste vient d'afficher les règles à respecter, en particulier « les attaques personnelles, les insultes, le sexisme, le racisme ou toute autre forme de discrimination et de harcèlement ne sont pas tolérés », ainsi que les liens vers « des sites liés à l'extrême droite ou assimilée ». Résumons.
Première thèse. La polémique ne porte pas seulement sur les sens plutôt récents du terme « race » en occitan, en gascon, etc. Il y a pire. Pour le français qui a commencé à être formaté par les « connétables » de l'État dès le règne des derniers Capets, le terme de « race » fut sanctifié et défini comme synonyme de « lignée franque », comme le rappelle Léon Pokialov dans « Le Mythe aryen ». Voici ce qu'affirme le préambule du XIVe siècle de la Loi salique sur les Francs : « Race illustre, fondée par Dieu lui-même, forte sous les armes, ferme dans ses alliances, profonde dans ses conseils, à la beauté et à la blancheur singulière, au corps noble et sain, audacieuse, rapide, redoutable, convertie à la foi catholique et appelée à dominer les autres races... » Ce que nous nommons, en français moderne, du racisme de type aryen. C'est ce genre de critiques (je ne suis ni le premier, ni le seul, ni le dernier à les faire), rappelées dans ma brochure « Aux origines des doctrines raciales en France » qui a mis Sicre hors de lui : d'où ses dénégations en la matière. Grosso modo, il détache la notion de racisme de celle de race, qui lui est associée, pour la période antérieure à la seconde moitié du XIXe siècle, racisme qu'il date de l'écriture par Gobineau de « L'essai sur l'inégalité des races humaines », époque où le racisme de type scientiste apparaissait à peine, via la phrénologie, car la biologie était dans les langes et la génétique n'existait pas. Pour lui, auparavant, le terme de race « était polysémique », y compris en français. Or, pour « race », les termes de « lignée », de « sang », de « couleur de peau » et, pour finir, celui « d'hérédité », tous liés à des caractéristiques physiques, psychiques, etc., transmissibles étaient monnaie courante depuis belle lurette. Sicre n'a rien inventé. Il ne fait que rabâcher les interprétations, à base d'omissions et de truquages, créées par les doctrinaires du PCF dès les lendemains de la seconde boucherie mondiale. Car ces derniers, pour nier le caractère raciste de la grande majorité des idéologues des Lumières et de leurs héritiers, eux compris, effectuèrent la réécriture intéressée de l'histoire des « races » en France : ils attribuèrent l'apparition du racisme à des monarchistes, façon Gobineau, à des fascistes et, bien entendu, à des nazis afin de blanchir les républicains. Sicre ne fait même pas allusion au « Code noir » de 1710, titre du recueil d'ordonnances royales (la première est celle de Colbert en 1682) destiné à fixer les règles de l'esclavagisme aux colonies : « Les nègres, peuple destiné à l'esclavage » comme l'affirmait le préambule. Code noir qui vient juste d'être officiellement aboli en mai 2026 ! Les descendants actuels des esclaves, qui hurlent contre le caractère limité de la décision de l'Assemblée nationale (elle ne fait même pas allusion au racisme du Code et exclut le moindre dédommagement), apprécieront les omissions du « Trobador ».
Deuxième thèse. Sicre est l'émule de Felix Castan, le promoteur de la notion restrictive de « décentralisation culturelle » dont les « positions communistes » sont rappelées dans « L'Humanité ». Car Castan, entré au PCF en 1944, ne l'a jamais quitté ni même critiqué pour l'essentiel, à ma connaissance, en particulier pour ses positions contre-révolutionnaires lors des infamies coloniales commises par l'État, parfois avec sa collaboration active : par exemple, lors du vote par les députés du PCF au parlement, en 1956, des « pouvoirs spéciaux » à l'armée en Algérie. Castan resta d'ailleurs muet sur les poussées subversives qui, dès la fin des années 1960, rejetaient le Parti et ses organisations satellites, à commencer par la CGT, y compris dans les usines. Sicre, lui, à la façon des idéologues du Parti des années 1980 et de ses compagnons de route comme Clouscard (qu'il a bien connu), inventeur du prétendu « libéralisme libertaire », a pondu en 2018 le long article « Mai 68 ou le triomphe du manque d'imagination et de diverses provincialisations », réédité par la « Linha Imaginot ». La trame est celle des élucubrations conservatrices et moralisatrices sous pavillon « communiste » à la Clouscard, très bien démontées par la brochure, éditée en ligne en 2019, par Les Meutes Éditions : « Notes sur le capitalisme de la séduction de Michel Clouscard », que j'ai fournie à la liste de diffusion, sans obtenir la moindre réponse. Bref, la « décentralisation culturelle » ne remet pas en cause la nature de l'État mais ne conteste que l'hypercentralisme de l'État hexagonal dans le domaine des langues et des cultures. Hypercentralisme défendu longtemps par le PCF, grosso modo jusqu'aux années 1990, qui marquèrent son recul, puis sa déconfiture. Depuis, il accepte quelque peu la « décentralisation culturelle » pour tenter de racoler des forces électorales additionnelles. Ni plus, ni moins.
Troisième thèse. Mais au sein des adeptes de la « décentralisation culturelle », il existe d'autres tendances, pas plus ragoûtantes que celle de Sicre. Ainsi, pour défendre avec acharnement son idéologie identitaire gasconne raciale, y compris contre les occitanistes, la chanteuse Orionaa donne, comme Sicre, des définitions officielles de dictionnaires (« Les mots captifs », disait André Breton) à titre d'arguments d'autorité. Ici, celle de la « race » quasi mystique et identitaire du dictionnaire de Simi Patay, créateur de l'Escola Gaston Febus, dans la lettre qu'elle m'envoie sur la liste, entre deux jets d'insultes, en soulignant que Patay n'était « pas très politiquement correct » ! Belle litote ! Il était catholique conservateur, défenseur en bloc des traditions, même les plus patriarcales, faisait la promotion de l'encyclique de Léon XIII sur « le christianisme social » par hostilité au « Midi rouge », puis il devint pétainiste lors de la seconde boucherie mondiale, puisque le Maréchal favorisait les langues « provinciales » contre « l'imposition exclusive de la langue républicaine ». Voir la circulaire de l'un de ses secrétaires d'État, Carcopino, datée de 1941, sur l'éducation. Le journal auquel participait Patay, « Le Patriote des Pyrénées », créé par des curés adeptes de Léon XIII, disparut mi-1944, avant que les maquis du coin, qui comprenaient des Espagnols rescapés de la révolution ibérique, ne détruisent ses locaux. Car le quotidien était collaborationniste sans complexe ni réserve.
Quatrième thèse. Mais avec Orionaa, la coupe d'immondices n'était pas encore pleine. Elle s'en prend à Joan-Carles Codèrc, l'éditorialiste du dernier numéro de la « Linha », qualifié « d'artiste wokòc » qui serait mon « émule » (c'est la première fois que j'entends son nom). Position qu'elle a développée, non pas de façon critique par rapport à telles ou telles thèses « woke », réelles ou supposées, qui ne lui conviennent pas, mais de manière haineuse : « De mon point de vue très béarnais, les occitanistes sont pénibles (pas tous), les woke sont pénibles (tous), les occitanistes woke sont insupportables, les artistes occitanistes woke sont consternants. » Pour finir elle conseille d'écouter le « génial » Pierre Jourde : « Les valeurs wokistes défendues par la gauche sont des valeurs fascistes ! » https://www.youtube.com/watch?v=juOsk9BXccM Or, Jourde est l'un de ces philosophes sociologues qui, comme Michéa précédemment, est passé du lénino-stalinisme au conservatisme le plus crade, fournissant du grain à moudre à la fosse à purin idéologique des fascistes relookés « purs » républicains en guerre contre le « wokisme », en particulier dans les universités. L'interview du « génial » idéologue réactionnaire est effectuée par « Radio Courtoisie », radio fasciste connue depuis des dizaines d'années, lors de la matinale « Ligne droite » !
**********
Voilà. Je n'affirme pas que la totalité des participant(e)s à la liste de diffusion sont des fascistes en puissance. La tendance dominante est plutôt favorable à l'étatisme, façon LFI, voire PCF. avec la demande de création de niches culturelles. Parfois, l'un(e) des intervenant(e)s sur le blog sent passer plus ou moins le vent du boulet réactionnaire à la Orionaa, mais sans en tirer la conclusion nécessaire : au minimum la rupture avec de tel(le)s xénophobes. Voilà ce qui arrive lorsque des individu(e)s placent la séparation culturelle au-dessus de toutes les autres séparations propres au monde de la domination, comme signalé dans mon article « Fascisme et poésie pure ».
André Dréan
Fin juillet 2026
Pour correspondre : nuee93 chez orange.fr
AU MOINS SEPT PERSONNES MORTES EN JUIN
Le 10/07/26, un homme soudanais a été retrouvé mort sur la plage du Touquet. Il tentait la traversée avec sa femme et ses enfants qui ignorant qi'il n'était pas à bord se retrouvent seul.es en UK. Impossible pour elleux de voir le corps et d'assister aux funérailles.
Le 23/07/26, le corps d'un homme a été découvert sur la plage de Berck-sur-mer.
Le 27/07/26, le corps d'un homme a été trouvé au Cran aux Oeufs à Audinghen.
Le 30/07/26, un homme qui tentait de rejoindre le royaume-uni à bord d'un taxi-boat est décédé entre Hardelot et Dannes.
Le 30/07/26, trois femmes ont été retrouvées mortes sur la digue du Braek à Dunkerque. Elles auraient été piétinées et asphyxiées lors de la panique du départ. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg?w=251 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/la-frontiere-tue.jpg?w=251 INVISIBILISER LES DECES
La disparition de la stèle commémorative restée 4 mois au cap Blanc-nez a suscité la curiosité de soutiens et de journalistes. Que ce soient les communes autour du site protégé, le conservatoire du littoral ou Eden62, personne n'a entendu quoi que ce soit ! D'après eux ils ignoraient même l'existence et la présence de cette stèle. Une chose est certaine, des moyens institutionnels ont été nécessaires pour retirer cette lourde pierre gravée et visiblement scellée dans le sol. Personne ne sait ce qu'est devenue cette stèle mais elle reste gravée dans la mémoire collective.
https://www.revolutionpermanente.fr/Calais-les-autorites-effacent-la-memoire-des-exiles-morts-a-la-frontiere
CHAOS SUR LES PLAGES
Les fenêtres météo sont nombreuses en été et amènent leur lot de scènes surréalistes et chaotiques.
Le 21/07 à Hardelot, un grand groupe dont des familles courent vers la mer. Les moyens mis en oeuvre pour les empêcher de rejoindre le small boat sont fous… un hélicoptère rasant , des buggys avec une conduite dangereuse, de la bombe poivre et des courses poursuites à pied. Tout ça à quelques dizaines de mètres d'un cours de voile. D'après des témoignages, les conditions de départ sont de plus en plus difficiles. La police suit les groupes en les repérant grâce aux drones et aux hélicoptères et les entravent par tous les moyens, ce qui n'empêche pas les départs mais rend les embarquements plus dangereux.
https://www.instagram.com/p/DbGdLgYsO1b/
Les candidat.es au passage sont prêt.es à partir de plus en plus loin pour éviter la police : Un bateau pneumatique de 13 mètres a emmené 165 personnes en UK en partant des environs d'Yport et en longeant la côte pour récupérer des passagers. L'embarcation est partie mercredi 22 au matin pour arriver jeudi après midi ! La taille des bateaux augmente considérablement et avec elle les risques. Le 24/07, la SNSM a porté secours à 90 personnes au large de Dieppe.
En juillet, au moins 2316 personnes exilées sont arrivées en UK en bateau pneumatique.
HARCELEMENT PARTOUT ET TOUT LE TEMPS
La présence policière est étouffante, surtout aux gares de Calais.
Le harcèlement est littéralement quotidien dans les bus et dans les trains : les voyageur.euses sont aléatoirement empêchées de monter ou de rester dans les trains et bus, sont obligées d'en descendre, se font parfois arrêtées et emmenées à la PAF pour se voir délivrer une OQTF. Deux agents de Frontex sont de la partie en plus de la PAF, des CRS, de la nationale, de la municipale et de la sécurité ferrovière.
Le 22/07 en soirée, la SNCF a carrément fermé ses guichets pour ne pas vendre de tickets aux personnes qui voulaient rejoindre Boulogne ou Dunkerque en payant leur billet en liquide.
Le 25/07, un train est resté à l'arrêt plus de 3 heures à la gare de Neufchâtel-Hardelot car le conducteur a refusé de repartir. La raison : trop de migrant.es sur le quai !
La garde Terres et Mers, une brigade équestre coopérant avec la police, passe deux fois par jour dans quelques lieux qui ont pu ou pourraient acueillir un petit camp. Le Fort Nieulay est particulièrement surveillé.
MOBILISATIONS A HOSPITAL
La mobilisation continue à Hospital à Calais et un nouveau projet a vu le jour à l'initiative de personnes migrantes et solidaires : la construction d'un lieu d'organisation collective.
Une semaine et beaucoup d'énergie ont suffi pour construire un lieu accueillant nommé le Markaz Alshebaab (le centre des jeunes). https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/youth-center.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-1-2.jpg?w=1440 Un matin, deux BACeux se présentant comme de la « division des forêts » puis deux autres soit disant de l'ONF sont venus repérer et prendre des photos du lieu. Deux jours et quelques repérages par drone après, le 08/07, 11 fourgons de CRS, une pelleteuse et une benne sont venus effacer toute trace du Markaz Alshebaab. Il ne reste rien … Le Markaz a été la seule zone expulsée du camp ce jour là. Markaz Alshebaab : Expulsion et suites – Eviction and consequences – Calais Migrant Solidarity
Une personne sur place a été embarquée et est ressortie avec une OQTF. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg?w=1440 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/markaz-fin.jpg?w=1440 LUTTES CONTRE LES EXPULSIONS A HOSPITAL
Action directe
Le 02/07, le lendemain d'une expulsion, des pelleteuses sont venues détruire des habitations. Des personnes ont tenté de bloquer la machine mais le conducteur fou a continué à avancer sur les personnes faisant un sit-in pour le ralentir. Il a renversé un cycliste et avait un comportement hyper dangereux. De nombreuses personnes se sont réunies et ont jeté des objets qui ont cassé la vitre de la machine. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/pelleteuse-2.jpg 11 personnes ont passé la journée en garde à vue, accusées de dégradations mais ont été relâchées dans la soirée. L'affaire a été classée sans suite pour toustes (infraction insuffisamment caractérisée)
https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2026/07/03/calais-eviction-excavator-smashed-une-pelleteuse-dexpulsion-eclatee/
Action juridique
Le 20/07, la décision du tribunal de Boulogne/mer au sujet de la tentative de suspendre les expulsions du camp Hospital est tombée. Le juge a refusé de faire droit aux demandes des habitant.es et associations. Les assos ont l'intention de continuer à contester les prochaines ordonnances. 20260717_d_cision_TJ_BSM_Hospital_anonymis_e Télécharger
INFOS FAFS
A croire que le tourisme fasciste a de beaux jours devant lui. Les camps de Loon Plage et Calais sont visités régulièrement. C'est la valse des blogueurs, journalistes, youtubeurs, photographes et autres influenceurs d'extrême droite… Le 07/07, Danny Tommo s'est encore fait arrêter à Douvres car il filmait l'arrivée des demandeur.euses d'asile dans le port. Il a 5 chefs d'accusation à son actif et sera jugé en aôut.
Le même jour, à Calais un gars anglais se présentant comme journaliste hurle longuement dans la gare aux personnes exilées qu'il ne faut pas aller en UK. Les associations suspectent qu'un créateur de contenu fasciste se soit infiltré dans le hangar inter-associatif en se faisant passer pour un bénévole. Des habitant.es de Hospital ont alerté des soutiens qu'une voiture passe faire le tour du camp tous les soirs pour tirer des boulons au lance-pierres. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/boulon-1.jpg A Loon-Plage, une voiture a foncé sur une personne (qui va bien) au point de distribution avant de s'enfuir. Chris Philip, un député anglais ultra conservateur n'a pas hésité pas à se mettre à l'eau pour photographier, filmer les personnes exilées sur le départ et faire sa propagande raciste. https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg https://passeursdhospitalites.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/07/chris-philip-3.jpg TOUJOURS PLUS Depuis le 01/07, une unité intervient de Dieppe à Pourville pour lutter contre « l'immigration clandestine » . Pilotée par un commandant de police réserviste, l'équipe de 9 réservistes a pour objectif de repérer les candidat.es au passage et dissuader les départs. Les milices se mettent en place. Le nouveau poste de gendarmerie de la garde républicaine a été inauguré le 17/07 au Touquet. Il se situe dans la parc de la Canche. Cet investissement de 4,8 millions d'euros est censé accueillir dix militaires , leur famille et 6 chevaux ! Mission principale : repérer des groupes dans les dunes et lutter contre les départs de small boat …
ENQUÊTE PARLEMENTAIRE
Après presque 6 mois d'auditions, un rapport a été rendu public le 08/07 sur les conséquences des accords du Touquet. Après les prises de parole d'un grand nombre d'intervenant.es et de visites de terrain, la CEP (commission d'enquête parlementaire) rend ses conclusions. Il en sort une longue liste de recommandations.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cetouq/l17b2998-t1_rapport-enquete
Mardi 28 juillet vers 10h, la police nationale a procédé à l’expulsion du squat de la rue Paul Langevin, dans le quartier de la Grâce-de-Dieu.
Après l’expulsion du squat Duparge le mardi 16 juin et celle du squat du Chemin Vert le mardi 7 juillet, c’est un nouveau squat officialisé par l’Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions qui est expulsé à Caen, et de nouvelles personnes mises à la rue par l’État.
Le squat du 4 rue Paul Langevin, un grand immeuble de huit étages destiné à un projet de réhabilitation, était squatté depuis le 19 mars 2022. Une petite dizaine d’appartements étaient occupés par des familles en exil. Le propriétaire, le bailleur social Caen La Mer Habitat, avait entamé une procédure de justice, et deux ordonnances d’expulsion, datant de septembre et octobre 2022, avaient été émises par le tribunal judiciaire de Caen.
D’après la presse, la police a contrôlé la situation administrative de 10 habitant-es présent-es sur les lieux au moment de l’expulsion et une association de protection civile a conduit certain-es d’entre elles et eux vers des solutions temporaires d’hébergement d’urgence.
Pendant ce temps, les AirBNB se remplissent de touristes et les spéculateurs immobiliers s’enrichissent. Environ 10 000 logements sont vacants dans l’agglomération caennaise (10 197 exactement en 2022 selon les chiffres de l’INSEE), mais le nombre de personnes sans toit ou vivant dans des conditions merdiques ne cesse de grandir. Et pendant que la police passe son été à expulser des squats, la détresse de personnes sans domicile accablées par la chaleur dans la rue est quotidienne, tout comme celle de familles meurtries par l’instabilité et l’insécurité permanente, entre hébergement temporaire par-ci, chambre dans un squat par-là, chez des potes, dans une voiture ou parfois au 115, et celle de milliers d’individus qui peinent à trouver un logement décent. A qui profite le crime ? Aux grands propriétaires et autres marchands de sommeil qui peuvent augmenter les loyers tout en sachant qu’ils trouveront bien quelqu’un prêt à accepter ces conditions, aux agences immobilières qui peuvent se permettre de ne pas répondre à leurs obligations vis-à-vis des locataires et multiplient leurs magouilles, aux entreprises du BTP qui a grand renfort de lobbyisme font croire que le problème du logement n’est qu’une histoire de manque de bâtiments neufs, à l’État et aux politiques bien contents de pouvoir mettre en concurrence tous ces gueux dans l’accès au logement, en agitant bien souvent des idées racistes, fragilisant ainsi de potentielles solidarités subversives, ou encore aux gestionnaires de la misère, grandes associations et entreprises du travail social qui capitalisent sur la situation.
Les prochaines assemblées du squat du 102suudessous auront lieu le jeudi 13 août à 18h30 et le jeudi 27 août à 18h30.
Le 102suudessous est squatté depuis le 19 février 2026, au 102 rue de la Délivrande à Caen. C’est une grande maison qui doit être démolie pour laisser place à un énième projet de construction immobilière de cages à lapin, porté par le promoteur 3j promotion. Faut que l’économie tourne !
Dans un contexte politique et social dans lequel il est de plus en plus difficile de faire exister des espaces de lutte et de vie collective, ce lieu est une tentative de créer un espace pour s’auto-organiser, transmettre des pratiques et des connaissances, zoner, se rencontrer, discuter, et conspirer contre l’État et toutes les dominations.
Le lieu s’organise en assemblées régulières qui sont des moments de discussion, de propositions et de prises de décisions collectives. L’assemblée est ouverte à tout individu qui se reconnaît dans ces perspectives ou qui serait curieuxse de les découvrir.
La maison est répartie entre espaces privés des habitant’es et espaces collectifs. Il y a notamment un dortoir collectif pour les gens qui auraient envie de rester un peu, sollicitable en se pointant avec un duvet si possible, ou par mail.
Squat du 102suudessous
102 rue de la Délivrande, Caen
102suudessous@bastardi/net
https://radar.squat.net/fr/102suudessous
Squat Langevin
4 rue Paul Langevin, La Grâce de Dieu, Caen
https://radar.squat.net/fr/caen/squat-langevin
Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions
ag-contre-expulsions [at] riseup [point] net
https://radar.squat.net/fr/caen/ag-de-lutte-contre-les-expulsions
https://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/
Des squats à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/squated/squat
Des squats expulsés à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen/field_active/1/squated/evicted
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) à Caen https://radar.squat.net/fr/groups/city/caen
Des événements à Caen https://radar.squat.net/fr/events/city/Caen
Groupes liés aux sans-papiers https://radar.squat.net/fr/groups/topic/sans-papiers
Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR
[Trognon le 1er et 2 août 2026
https://trognon.info/Prochaines-assemblees-du-squat-le-102suudessous-1132
https://trognon.info/Expulsion-du-squat-Langevin-1129]
Initialement publiée en 2025 en espagnol sous le titre « Manual para destapar a un policía infiltrado ».
« Ce manuel a été rédigé par des militant·es ayant subi de près des infiltrations policières, découvertes entre 2022 et 2024. Il s’adresse à toustes les militant·es, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ainsi qu’à toutes les organisations et tous les groupes soucieux de la sécurité de leurs espaces. »
Brochure également disponible en allemand, anglais, basque, catalan, espagnol, galicien, italien et portuguais.
Lire en ligne et/ou télécharger en format brochure sur le site du No Trace Project.

Par le regard d’un militant de terrain de la sous-région
Pendant plus de deux décennies, nous avons sillonné les grandes messes de l’altermondialisme. D’un continent à l’autre, d’ateliers thématiques en panels institutionnels, nous avons assisté à une multiplication de discours et de déclarations d’intention qui peinaient parfois à se traduire en changements concrets pour nos communautés. Le risque était réel : voir le Forum Social Mondial (FSM) se transformer en une routine théorique, coupée des urgences quotidiennes de ceux qui luttent sur le terrain contre l’accaparement des terres ou l’accès à l’eau.
Mais le processus engagé pour l’édition de Cotonou, en ce mois d’août 2026, marque un tournant salutaire.
Du modèle importé aux réalités du terrain
Lorsque les doutes, les tensions sécuritaires dans la sous-région et les pesanteurs bureaucratiques ont menacé la tenue du rassemblement au Bénin, la tentation d’un report ou d’un enlisement dans des débats de procédure était forte au sein des instances internationales.
C’est là que les mouvements ouest-africains, emmenés notamment par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau (CGLTE-OA), ont fait le choix du pragmatisme. Plutôt que de s’enfermer dans une impasse diplomatique ou d’attendre des solutions venues d’ailleurs, le comité d’organisation s’est tourné vers les leviers sociaux et culturels de notre propre région.
Des réponses endogènes à des défis complexes
L’édition de Cotonou s’est appuyée sur trois choix stratégiques majeurs :
* L’ancrage coutumier : En impliquant l’Alliance des chefs traditionnels dès la phase préparatoire, l’organisation a pu faciliter la traversée des frontières, apaiser les tensions locales et garantir un soutien populaire que les seules voies administratives ne pouvaient assurer.
* La dynamique des Caravanes : En privilégiant les routes continentales (notamment la grande Caravane partie du Sénégal vers le Bénin), l’événement s’est construit au contact direct des populations rurales, transformant le trajet en un espace d’écoute et de mobilisation concrète.
* Le recentrage des priorités : La priorité a été donnée aux réseaux paysans, syndicaux et communautaires locaux, limitant la dépendance aux financements extérieurs et aux agendas imposés.
> Cotonou 2026 démontre qu’un autre Forum était possible : un espace moins axé sur les colloques et davantage ancré dans l’action populaire et les solidarités locales.
> En replaçant les dynamiques endogènes au cœur de la démarche, l’Afrique de l’Ouest ne s’est pas contentée d’abriter le FSM : elle lui a redonné une impulsion concrète, prouvant que les réponses aux crises globales s’élaborent d’abord à partir des réalités du terrain.
avec :
dès l’aprèm marché punk & DIY, parking camion, camping…
Conseil Général des Clodos @ le puit (35) 35330 Bovel, Ille-et-vilaine, BZH, Samedi 8 Août 2026
no fb, no cb
bar
paf prix libre
demande l’adresse à qui ? à une punk, pardi !
Le 20 juillet, un premier incendie ravageait dix hectares de végétation et plusieurs habitations dans un bidonville rom quartier Doulon.
Le 22 juillet vers 19h, un second foyer s’est déclaré dans un campement à Saint-Herblain. Le bilan fait état de huit caravanes, douze véhicules et huit hectares brûlés.
le 30 juillet, un troisième incendie potentiellement criminelle (c’est pas les gitans) a frappé la communauté. Le sinistre a détruit 7 000 m² de campement ainsi que 8 hectares de végétation supplémentaires. Le bilan est particulièrement lourd : 15 caravanes et 100 véhicules ont été totalement calcinés.
En dix jours, cette série noire accumule d’immenses dégâts matériels, mais fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer.
/wp-content/uploads/2026/07/VID_20260731_142428.mp4
Face au projet hôtelier de Jared Kushner, le gendre de Trump, l'Albanie se soulève.
L’article « Révolution des flamants roses » et massacre écologique : le projet du clan Trump va-t-il faire tomber le régime albanais ? est apparu en premier sur Contre Attaque.
Contre l'extrême droite, la lutte des classes !
- 362 été 2026 / Mouvements Sociaux , Politique , Idéologies , Réflexion , Société , Fascisme, Antifascisme
À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.
En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.
Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».
A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.
Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.
Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».
Deux nuits de zbeul généralisé
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.
Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.
A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.
A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.
A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.
A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.
Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque. <https://infokiosques.net/IMG/png/carte-maroc.png>
La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...
Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…
Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.
Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).
Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :
• A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.
• A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.
• A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.
• A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».
• À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».
• A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».
• A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».
Un roi qui semble toujours hors d'atteinte
Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».
Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.
D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.
Des luttes qui restent en mémoire
Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.
Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.
Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.
Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets
Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.
Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...
Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental
Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.
Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».
Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.
Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.
Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.
Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.
L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.
Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !
Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !
À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.
En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.
Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».
A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.
Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.
Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».
Deux nuits de zbeul généralisé
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.
Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.
A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.
A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.
A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.
A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.
Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque. <https://infokiosques.net/IMG/png/carte-maroc.png>
La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...
Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…
Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.
Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).
Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :
• A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.
• A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.
• A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.
• A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».
• À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».
• A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».
• A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».
Un roi qui semble toujours hors d'atteinte
Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».
Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.
D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.
Des luttes qui restent en mémoire
Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.
Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.
Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.
Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets
Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.
Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...
Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental
Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.
Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».
Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.
Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.
Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.
Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.
L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.
Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !
Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !
À travers Micrurus nous avons simplement souhaité penser et faire penser la médecine d'un point de vue libertaire. Notre but ici n'est pas de construire une nouvelle doctrine, mais de rassembler des textes qui peuvent nourrir la réflexion et amener à des actions.
SOMMAIRE
* ÉDITO
* Préfiguration d'un véritable système de soin universel – Alex BRADSHAW
* Hygiène publique, santé et sexualité : quelques concepts anarchistes – Richard CLEMINSON
* De l'isolement du ressenti dans la sphère politique – Sam DAICRUS
* Quelques questions relatives à la constitution de dispositifs de soin autonomes – Frédérique PASQUIER ET Josep RAFANELL I ORRA
* Maladie et Capital – Alfredo BONNANNO
* Cette sève qui nous unit – Babayaga
Micrurus vol. II – janvier 2018
SOMMAIRE
* ÉDITO
* État et psychiatrie : une histoire d'intérêts communs (Romain Bonnel)
* Le conseil de l'ordre des médecins : l'incarnation du pouvoir médical (Léon Moriba)
* Négationnistes en congrès (Les sanctuaires de l'abîme, Nadine et Thierry Ribault)
* L'enfermement et la question de l'autorité médicale (Pierre & Kassandra)
* Clinique ou politique ? (Collectif La Petite Alternative de Santé)
* Silence, ici on lutte. La délégation du soin dans les milieux anars (Sam Daicrus)
La revue est téléchargeable sur le site de Micrurus
Depuis août 2014, à l'initiative de différents groupes de l'Anarchist Black Cross, une semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-es anarchistes est organisée.
depuis le site internet de Solidarity International
Appel pour la Semaine International de Solidarité avec les Prisonnier.es anarchistes – Du 23 au 30 août 2026
Marius Mason, un anarchiste antispéciste et écologiste, écrivain, artiste et militant trans était en prison pour la plus longue peine à l'heure actuelle pour des actes de sabotage en défense de l'environnement. Après 17 ans d'enfermement, nous célébrons son transfert suite à sa sortie de prison et son transfert dans une maison de semi-liberté, le 14 mai dernier.
À l'intérieur de la prison, il n'a jamais abandonné, mais s'est dressé pour les autres comme pour lui, défendant les droits des prisonnier.es trans et résistant au système carcéral. Toutes ces années, nous avons appelé à lui écrire lors de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.
Maintenant, nous sommes heureux de le retirer de notre liste et de lutter ensemble depuis l'extérieur.
Malgré cela, de nombreux compas restent en prison et sur notre liste d'adresses, de nouvelles personnes sont même ajoutées. La solidarité est nécessaire pour lutter contre ce système répressif. La solidarité peut nous porter à travers les moments les plus sombres – une carte postale ou une lettre, un rassemblement devant une prison, une visite, peuvent signifier énormément et donner des forces. L'histoire d'un.e compa en prison partagée lors d'un événement, se multiplie avec les personnes présentes. C'est notre responsabilité de transmettre leurs idées et avec elles, les personnes elles-mêmes voyagent au-delà des murs des prisons. En n'oubliant pas les enfermé.es, la solidarité peut croître.
C'est pour ces raisons que chaque année nous appelons à une semaine de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes.
Les temps sont de plus en plus durs, le fascisme s'élève, et les états, les fascistes et les conservateurs font de nous les cibles de leur violence – en tant que Queer, Antifas ou anarchistes.
Ils essayent de nous écraser comme le montre les condamnations dans l'affaire Prairieland, avec des condamnations allant jusqu'à 100 ans de prison. Ou la tentative de supprimer le mouvement anarchiste en Indonésie où, suite aux affrontements du premier mai, 10 anarchistes sont emprisonnées et risquent de lourdes condamnations.
Face à l'adversité, nous devons rester ensemble et agir en solidarité. Renforcer nos communautés et supporter les plus vulnérables. N'oublions pas les enfermé.es et luttons côte à côte. Ce ne sont pas seulement des prisonnier.eres, ce sont nos compas. Marius a montré en long et en large comment nous pouvons faire appel les uns aux autres pour mener un combat commun.
Rejoins la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier.es anarchistes !
Organise des séances d'écritures de lettres, un événement de solidarité, une projection de film, une action directe, un rassemblement, accroche une banderole ou n'importe quelle autre idée qui te vient et envoie-nous des photos et un court résumé !
Envoyez-nous vos événements et actions à tillallarefree [at] riseup.net
Mardi 28 juillet vers 10h, la police nationale a procédé à l'expulsion du squat de la rue Paul Langevin, dans le quartier de la Grâce-de-Dieu.
Après l'expulsion du squat Duparge le mardi 16 juin et celle du squat du Chemin Vert le mardi 7 juillet, c'est un nouveau squat officialisé par l'Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions qui est expulsé à Caen, et de nouvelles personnes mises à la rue par l'Etat.
Le squat du 4 rue Paul Langevin, un grand immeuble de huit étages destiné à un projet de réhabilitation, était squatté depuis le 19 mars 2022. Une petite dizaine d'appartements étaient occupés par des familles en exil. Le propriétaire, le bailleur social Caen La Mer Habitat, avait entamé une procédure de justice, et deux ordonnances d'expulsion, datant de septembre et octobre 2022, avaient été émises par le tribunal judiciaire de Caen.
D'après la presse, la police a contrôlé la situation administrative de 10 habitant-es présent-es sur les lieux au moment de l'expulsion et une association de protection civile a conduit certain-es d'entre elles et eux vers des solutions temporaires d'hébergement d'urgence.
Pendant ce temps, les AirBNB se remplissent de touristes et les spéculateurs immobiliers s'enrichissent. Environ 10 000 logements sont vacants dans l'agglomération caennaise (10 197 exactement en 2022 selon les chiffres de l'INSEE), mais le nombre de personnes sans toit ou vivant dans des conditions merdiques ne cesse de grandir. Et pendant que la police passe son été à expulser des squats, la détresse de personnes sans domicile accablées par la chaleur dans la rue est quotidienne, tout comme celle de familles meurtries par l'instabilité et l'insécurité permanente, entre hébergement temporaire par-ci, chambre dans un squat par-là, chez des potes, dans une voiture ou parfois au 115, et celle de milliers d'individus qui peinent à trouver un logement décent. A qui profite le crime ? Aux grands propriétaires et autres marchands de sommeil qui peuvent augmenter les loyers tout en sachant qu'ils trouveront bien quelqu'un prêt à accepter ces conditions, aux agences immobilières qui peuvent se permettre de ne pas répondre à leurs obligations vis-à-vis des locataires et multiplient leurs magouilles, aux entreprises du BTP qui a grand renfort de lobbyisme font croire que le problème du logement n'est qu'une histoire de manque de bâtiments neufs, à l'Etat et aux politiques bien contents de pouvoir mettre en concurrence tous ces gueux dans l'accès au logement, en agitant bien souvent des idées racistes, fragilisant ainsi de potentielles solidarités subversives, ou encore aux gestionnaires de la misère, grandes associations et entreprises du travail social qui capitalisent sur la situation.
Week-end antifasciste organisé à la Grange de Montabot, 2 impasse de la Bessardière à Montabot (50) par PaFaCaB 50 (Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères)
😡 Face aux offensives racistes et fascistes du gouvernement dont la dernière est l'ignoble loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité, sic !).
😡 Face à l'augmentation du danger fasciste : du RN aux groupuscules identitaires en passant par les médias d'extrême droite.
😡 Face à la répression des antifas, aux agressions fascistes et racistes récurrentes, face au boomerang masculiniste, transphobe et homophobe…
💪🏽💪🏽 Nous devons nous organiser, y compris dans nos campagnes !!
🔥🔥Ensemble faisons reculer le fascisme et toutes les formes d'oppression !
Qui dit WE antifa, dit quelques petites installations et préparations en amont !
N'hésite pas à venir nous filer un coup de main du mercredi 26 août au samedi matin.
Si tu penses venir, tu peux indiquer ta présence sur ce formulaire .
🍅 Samedi 12h : accueil et repas partagé
Chacun apporte un petit quelque chose !
☀️ Samedi à partir de 14h :
📢 Combattre l'anti-tsiganisme : présentation du livre « Voleurs de poules » par son auteur
Ritchy Thibault, d'origine manouche et gitane, revient sur l'histoire des personnes romani et voyageuses en France, appelées nomades ou gens du voyage par le pouvoir.
Il s'attaque au racisme institutionnel qui perdure aujourd'hui, notamment à travers le droit à l'éducation, la santé, la citoyenneté, etc.
Dans la période de fascisation que nous traversons, faire reculer l'anti-tsiganisme, c'est aussi faire reculer l'extrême droite et son poison raciste.
🤎 Cercle de parole en non-mixité raciale
Si tu es une personne non blanche, tu es bienvenue ! L'idée est de partager (ou simplement écouter) nos vécus en tant que personne non blanche. C'est un espace assez rare, d'autant plus en campagne. Il est possible que tu te sentes isolé.e avec ton vécu. Ensemble, c'est le moment de nous sentir connexté.es et de transformer nos récits individuels en expérience collective puissamment émancipatrice
Atelier pochoirs & graphs
Tranformons nos cascades ratées en messages antifa à semer à tout bout de mur. Viens faire ton pochoir antifa avec des vieilles radio (les tiennes si tu veux) et ton visuel préféré. Échanges d'astuces pour bien grapher, et fresque collective de nos créations.
🥊 Boxe populaire :
Plus que de la boxe, il s'agit d'échanger nos pratiques d'autodéfense pour se protéger et protèger les autres ! Avoir une tenue confortable n'est pas à négliger.
📖 Arpentage de Face au fascisme, sortir de l'impasse démocrate
Lecture collective du texte publié par la Coordination autonome de Brest sur bourrasque-info.org en juin 2024.
📢 Atelier Punchline : Répondre aux discours de haine
Conçu et animé par QueeRévolution, cet atelier prend la forme d'un jeu où notre mission sera de trouver des réponses aux paroles et idées fascistes, LGBT-phobes, racistes, validistes, classistes, sexistes, etc.
Cet exercice peut permettre de discuter de ce que peut être un propos de haine, et de s'armer contre ceux-ci par l'union et le sens de la répartie !
🍅 20h : À table ! Repas vegan à prix libre.
🎵🎶 21h : concert puis DJ set !
📢 Dimanche a 11h : s'organiser contre le fascisme.
À l'occasion d'un brunch, temps d'échange d'expériences sur les luttes antifascistes pour s'organiser face à la montée des fascismes : créer un espace où on se donne de la force, où on échange des perspectives, du concret, et où on se (re)motive mais où on laisse aussi s'exprimer et vivre nos divergences dans nos manières de lutter contre le fascisme.
🎠 Espace enfants
Un espace enfants avec des personnes pour s'en occuper est prévu afin de permettre aux parents de participer au week-end.
Afin de les accueillir aux mieux (qu'iels investissent cet espace ou non sur place), cela peut être bien de nous avertir à l'avance de leur présence.
⛺ Camping sur place avec espace MINT (Meuf, intersexe, non binaire, trans)
🚗 Pour venir :
La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),
Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84 (autoroute Rennes-Caen) & de la gare SNCF de Villedieu-les-Poëles
PaFaCaB 50, Pas de Fascistes dans nos Campagnes Bocagères, pafacab50 chez autistici.org
L'éphéméride des luttes du 2 août résonne du son des explosions. Celles des camarades, qui ciblent des objectifs précis, et malheureusement celles des fascistes, qui les font péter dans le tas sans distinction. On a toujours des bonnes raisons de détester les fascistes.
1900 : A Paris, l'anarchiste François Salsou tente de tuer le shah de Perse à l'aide d'un révolver lors d'une visite officielle, mais son arme s'enraye et le coup ne part pas.
1918 : A Vancouver au Canada, c'est la première grève générale de l'histoire du pays. Plus de 300 personnes tentent à deux reprises de défenestrer le représentant du patronat depuis ses propres bureaux. Des affrontements ont également lieu dans la ville. En image illustrant l'éphéméride d'aujourd'hui, un épisode de la journée.
1922 : A Paris, l'anarchiste illégaliste Mécislas Charrier est guillotiné à Paris, après avoir tenté une attaque de train pour en dépouiller les voyageurs de première classe. Il marche vers la fin en chantant L'Internationale.
1943 : Dans le camp d'extermination de Treblinka, une grande révolte des prisonniers a lieu : après qu'un prisonnier de 14 ans se soit introduit dans l'armurerie du camp, et ait commencé à passer des armes vers l'extérieur, c'est le début du soulèvement. De l'autre côté du camp, des ouvriers dont la corvée était de nettoyer les bâtiments remplacent secrètement leur désinfectant par de l'essence. Après qu'un coup d'envoi soit tiré, grenades et tirs ont commencés à pleuvoir sur les gardes non préparés, tandis que des cocktails molotov mettaient feu aux barraquements et que les prisonnier.e.s se précipitaient vers les grillages. Les estimation du nombre d'évadés vont de 150 à 600 et ceux du nombre de morts chez les SS et les gardes ukrainiens de 0 à 200. Au final, seulement 52 rebelles ont survécu jusqu'à la fin de la guerre.
1968 : En Espagne, ETA abat Melitón Manzanas, chef de la police de San Sebastian/Donostia et ancien collaborateur de la Gestapo, en représailles à la mort du militant de l'organisation Txabi Etxeberria sous les balles de la police le 7 juin.
1975 : A Madrid, les GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste du Premier Octobre) abattent deux membres de la Guardia Civil à Madrid. C'est la première action à être revendiquée par le groupe, qui restera actif jusqu'en 2000.
1976 : A Brest, l'Hôtel des Impôts est la cible d'un attentat à l'explosif du Front de Libération de la Bretagne/Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB/ARB).
1977 : - A Paris, cocktails molotov et pavés contre EDF.
1979 : A Armagh en Irlande du Nord, l'IRA fait sauter des mines au passage de soldats britanniques, en tuant 2. Le nombre de soldats britanniques tués par l'IRA depuis 1969 passe alors la barre des 300.
1980 : A Bologne, une bombe posée par les néofascistes des NAR provoque la mort de 85 personnes et en blesse 200 autres. Il était 10.25 du matin, et l'une des horloges qui s'était stoppée à ce moment-là indique toujours cette heure, en mémoire des victimes.
1981 : - En Irlande du Nord, un huitième membre de l'IRA, Kieran Doherty, meurt suite à une grève de la faim, qui dura 73 jours en ce qui le concerne.
1984 : Action Directe fait sauter le siège de l'European Space Agency.
2001 : A Londres, la rIRA ('real' Irish Republican Army) fait sauter une bombe dans la zone de Ealing, faisant de gros dégâts, après avoir averti la police d'un coup de téléphone.
Voir en plus de ça l'éphéméride anarchiste du 2 août, pleine d'autres choses encore !
France Travail développe un algorithme de profilage des chômeur·euses à des fins de contrôle. Cet algorithme, encore en phase de test, manifeste la volonté de France Travail de massifier les contrôles via l'utilisation d'outils numériques. Nous appelons à la mobilisation contre cet algorithme illégal et à son abandon par la direction de France Travail.
La Quadrature du net publie en partenariat avec la cellule investigation de Radio France.
Le 10 décembre dernier, un nouvel outil numérique était présenté au comité d'éthique IA de France Travail. Intitulé « Ciblage du Contrôle de la Recherche d'Emploi », son objectif est de « recourir à l'IA » afin d'« identifier les dossiers nécessitant un examen approfondi » et d'« alimenter automatiquement l'outil de contrôle de la recherche d'emploi ». Lors de sa présentation, cet outil était en phase active de test, étape préalable à un déploiement plus large.
En d'autres termes, l'ancien Pôle Emploi cherche à se doter d'un outil similaire à ceux que nous dénonçons à la CNAF ou à l'Assurance maladie, visant à automatiser la sélection des personnes devant faire l'objet d'un contrôle.
Cet algorithme vise à « prédire » quel·les chômeur·euses manqueraient à leurs obligations de recherche d'emploi. Concrètement, il repose sur la construction de profils « suspects/non suspects » fondée sur l'analyse de dizaines de milliers de contrôles passés1. Chaque personne inscrite est ensuite assignée à l'un de ces profils sur la base des données personnelles que détient France Travail. Celles et ceux classifié·es comme « suspect·es » sont placé·es sur une liste de personnes prioritaires à contrôler.
Si cet algorithme est aujourd'hui testé sur les profils de personnes en situation de rupture conventionnelle2, France Travail souhaite « étendre l'utilisation du modèle à d'autres publics » afin d'« alimenter automatiquement l'outil de contrôle et transmettre chaque mois des listes de contrôle ciblés »3. En prenant en compte l'ensemble des personnes au RSA, dont l'inscription à France Travail est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, ce sont plus de 6 millions de personnes qui pourraient se voir profiler chaque mois par l'algorithme4.
À ce jour, nous disposons seulement de la liste des 26 variables utilisées par l'algorithme, mais nous ne connaissons pas les règles utilisées dans la construction des profils5. Nous ne sommes donc pas en mesure de déterminer, via des simulations, quelles populations sont les plus ciblées par cet outil. Nous avons fait une demande d'accès au code source de l'algorithme mais, eu égard à l'opacité qu'entretient France Travail vis-à-vis de ses outils numériques, il est peu probable qu'elle aboutisse.
Parmi les catégories de variables retenues, notons notamment celles relatives aux « activités déclarées », à la « visibilité du demandeur d'emploi » (par exemple si le CV est en ligne sur le site de France Travail), à la recherche d'un travail dans un « métier en tension », au « niveau de formation », à « l'ancienneté d'inscription », ou encore à « l'historique des manquements » (absence à un rendez-vous par exemple). On retrouve également la présence d'une activité non salariée, critère par ailleurs utilisé par la CNAF dans son dernier algorithme de scoring pour dégrader la note des personnes en emploi précaire.
Mais l'absence de transparence quant aux règles de classification de l'algorithme ne doit pas masquer l'essentiel. Comme le montrent les exemples de la CNAF et de la CNAM, ces algorithmes sont dangereux en eux-mêmes, car ils sont des outils particulièrement efficaces pour organiser, en toute impunité, la répression de populations entières, et en particulier des plus vulnérables.
En premier lieu car, comme nous l'avions documenté en détail dans le cas de la CNAF, l'introduction d'algorithmes dopés à l'IA ou au « machine learning » dépolitise la question du contrôle social et des violences associées. France Travail ne fait pas exception : le document présenté à son comité d'éthique avance, dans un paragraphe intitulé « Pourquoi recourir à l'IA ? », que cette dernière permettrait une « suppression des a priori » en proposant « des dossiers à contrôler sur la base de critères objectifs ».
Ce que l'on observe ici c'est la transformation d'un problème politique – le choix des critères de sélection des personnes à contrôler – en un problème purement technique. Cette dépolitisation s'accompagne d'une délégitimation de la critique des politiques de contrôle, puisque ces dernières sont désormais censées être « neutres » et « objectives ». Elle procède également d'une déresponsabilisation des dirigeant·es qui n'ont plus à assumer, en leur nom, les politiques qui conduisent au ciblage de certaines catégories de personnes.
Ajoutons enfin que le profilage algorithmique est utilisé pour invisibiliser le caractère discriminatoire des politiques de contrôle à travers l'individualisation du processus de sélection. Nul·le n'est contrôlé·e parce qu'il ou elle fait partie de telle ou telle population, mais parce que son « score » individuel s'est détérioré.
À cela s'ajoute l'opacité qui entoure le code des algorithmes de profilage. En permettant aux responsables des institutions sociales de taire la réalité du tri social organisé, elle complique considérablement la mise en lumière de leurs dérives.
On rappellera ici que, dans le cas de la CNAF, le code source de l'algorithme n'a été obtenu qu'après une longue bataille juridique et médiatique, tandis que celui de l'Assurance maladie ne l'a été qu'à la faveur d'une erreur de caviardage par l'administration. Pendant des années, l'absence de publication des paramètres de ces algorithmes a permis à ces institutions d'organiser le sur-contrôle de certaines populations (femmes isolées, personnes au RSA, personnes en situations de handicap…) sans jamais avoir à rendre de comptes. Pire, les dirigeant·es de ces institutions ont profité de cette opacité pour aller jusqu'à se vanter du recours à des outils de « modernisation » à la « pointe de la technologie ».
Ce risque est particulièrement fort concernant France Travail. Car, loin de la communication de sa direction vantant un recours à une IA « éthique » et « transparente »6, toutes nos demandes d'accès au code des IA utilisées par France Travail sont, à ce jour, restées lettres mortes. En violation flagrante de la loi, France Travail a notamment refusé de nous communiquer la moindre information sur des IA aussi sensibles que celles utilisées pour échanger par SMS afin de proposer des offres d'emplois à des usager·ères (MatchFt) ou celle que France Travail a généralisé auprès de ses conseillers afin de les aider dans leurs tâches quotidiennes (ChatFt)7. Pire, dans ces deux cas, l'institution n'a même pas pris la peine de motiver sa décision auprès de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) – l'institution chargée d'indiquer si ces refus sont légaux ou pas – lorsque nous l'avons saisie.
Le développement de ce nouvel outil de profilage s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication des outils numériques de contrôle au sein de France Travail. Rien que l'année dernière, nous alertions déjà sur le déploiement de « robots » visant à automatiser la décision de clore ou non un contrôle. Ces « robots » intervenaient lors du contrôle lui-même, alors que le nouvel algorithme intervient en amont, lors de la sélection des personnes à contrôler.
Ce qui se dessine, c'est la volonté d'automatiser l'ensemble de la chaîne de contrôle afin de répondre aux objectifs gouvernementaux de massification des contrôles, dont le nombre est passé de 200 000 en 2017 à 730 000 en 2025. En 2027, l'objectif fixé par le gouvernement est d'en réaliser 1,5 millions8.
Mais c'est du côté de l'IA générative que les risques les plus importants existent aujourd'hui. Alors que France Travail multiplie le développement d'IA (ChatfT, NeoFt, MatchFT…), on ne peut que s'attendre à ce qu'une IA générative soit déployée à des fins de contrôle. Connectée au dossier de la personne contrôlée, elle formulerait une « suggestion » quant à la décision à prendre par le ou la contrôleur·euse. Ce serait une étape décisive vers une automatisation totale du contrôle de la recherche d'emploi et la possibilité de massifier, à moindre coût, le contrôle et la surveillance des millions de personnes inscrites à France Travail.
Il est fondamental que France Travail change de politique. Celle qui se dessine, une automatisation toujours plus inhumaine du contrôle, doit être rejetée. Il est encore plus inquiétant de voir que les dirigeant·es de France Travail ne veulent pas voir la réalité sociale de leur politique de contrôle et préfèrent s'enfermer dans la douce mélodie du solutionnisme technologique. Alors pour nous aider à continuer la lutte, vous pouvez nous faire un don et retrouvez l'ensemble de nos publications sur l'utilisation par les organismes sociaux d'algorithmes à des fins de contrôle social sur notre page dédiée.