Une première version de ce tract a été distribué devant les locaux de la SAUR à Ifs au mois de juin 2026. Voilà une nouvelle version du tract avec quelques corrections.
C'est la coupure qui fait déborder le vase !
À propos de coupures d'eau dans l'agglomération caennaise
Depuis le printemps 2024 dans l'agglomération caennaise, les squats se font de nouveau couper l'eau. Ces six dernières années, les distributeurs avaient arrêté de la couper et d'empêcher son rétablissement dans les squats investis par l'Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, suite à une lutte engagée en 2017 par cette dernière contre Veolia.
Pendant plusieurs mois des gens débarquaient régulièrement dans les locaux de Veolia pour exiger l'annulation d'une facture d'eau de 6600 euros pour un grand squat de la Guérinière occupé pendant plus de trois ans. Face au distributeur qui se dédouanait de toute responsabilité en renvoyant vers les pouvoirs publics, la mairie puis le CCAS (centre communal d'action sociale) ont été occupés, forçant ce dernier à éponger la dette.
Début 2023, le syndicat Eau du bassin Caennais a délégué la gestion du réseau d'eau à Eaux de Normandie (filiale de Suez), et à la SAUR, et les coupures ont recommencé. Coïncidence ? Alors qu'avant iels se contentaient de retirer les compteurs d'eau, maintenant iels envoient leurs petites mains faire le sale boulot : dans un squat à Fleury-sur-orne, l'eau a été coupée et l'accès à l'arrivée d'eau bouché avec du gravier et du sable ; au squat rue général Duparge, même chose avec du ciment, sous l'œil des propriétaires (de l'Administration Pénitentiaire) ; puis une coupure d'eau dans un squat à Bourguébus ; et de nouveau une tentative de coupure au squat du 102suudessous, suivie d'une tentative de sectionner les canalisations souterraines en creusant un grand trou dans la rue. Et c'est seulement les interventions dont on a connaissance... Y'en a ras le bol !
Pendant que le système industriel accapare les ressources en eau, les gestionnaires font la chasse aux mauvais payeurs pour grappiller quelques centimes et quelques gouttes d'eau. On doit payer l'eau à cause de groupes, États comme grandes entreprises, qui se l'approprient pour la marchandiser et s'enrichir sur un besoin vital. Ces charognards fixent les prix, et soit tu paies soit tu meurs. Si y'a des gens qui volent l'eau, c'est bien ceux-là, et pas celleux qui se débrouillent pour ne pas payer quelques mètres cubes pour un usage domestique. On nous culpabilise avec des leçons de morale sur la consommation individuelle (fais pipi dans ta douche !), pendant que l'industrie des énergies (nucléaire en tête) pollue des fleuves entiers pour refroidir leurs centrales, que l'agro-alimentaire dépense des tonnes d'eau pour arroser les champs pleins de pesticides et empoisonner les sols, que l'industrie du BTP assèche pour construire des prisons, et que l'industrie de l'armement assoiffe pour fabriquer drones et chars.
Si il faut couper l'eau, c'est aux industries, quelles qu'elles soient !
Que dit la loi française (pour l'instant) ?
Depuis 2013 (Loi Brottes), couper l'eau dans une résidence principale est illégal en France, même si les habitant-e-s ne payent pas l'eau. De même, la pratique du « lentillage » (réduire le débit d'eau plutôt que de couper l'eau directement) est illégale. De nombreuses décisions de justice ont entériné ce principe en condamnant Veolia ou la Saur pour des coupures d'eau chez des particuliers. Ces condamnations s'appuient sur l'article L115-3 du Code de l'action sociale et des familles : « Les distributeurs d'eau ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l'interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d'eau aux personnes ou familles ».
Contacts :
ag-contre-expulsions [at] riseup.net
eausecours [at] canaglie.net
Le tract en deux formats (pour lecture et impression) :