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  • 11/10 : marche festive contre le fascisme et le racisme

    Rendez-vous dimanche 11 octobre à 14h place des Fêtes en musique, avec un goûter familial à l'arrivée à l'UL CGT.

    - Initiatives / Manifs et rassemblements
  • Les dépendances artificielles / Une émission de mayday

    Dans cette émission il est question de dépendance aux drogues et aux robots.

    Comment on continue de voir nos ami-es quand cela suppose aussi de se retrouver face aux drogues que l'on ne veut plus voir ?
    Face au gouffre existentiel, les nouveaux robots dopés à l'intelligence artificielle peuvent-ils être des thérapeutes ?
    Quelles nouvelles dépendances sont induites par l'utilisation de l'automation dans des champs toujours plus grand de nos vies ?

    Ce sont quelques-unes des nombreuses questions que l'on s'est posé pour construire cette émission. Elle s'écoute par exemple ici ou sur toutes les plateformes de podcast

    Les dépendances artificielles Une émission de mayday

    Si le lecteur ne fonctionne pas vous pouvez retrouver l'émission ici

    Mayday c'est mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Ile de France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille), JetFM (Nantes). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday

  • Appel à la grève mardi 13 octobre

    L'intersyndicale de Côte d'or appelle à une nouvelle journée de grève et de manifestation mardi prochain.

    Dans un communiqué, l'intersyndicale (CGT educ'action, FO, SUD, FSU, CFDT et UNSA) revient sur les évènements du 8 octobre devant Carnot, avant d'appeler massivement à rejoindre le mouvement le mardi 13 octobre.

    Dans les blocages, les lycéen·nes apprécient que les syndicats soient là et jouent leur rôle pour les protéger de la répression disproportionnée qu'ils subissent depuis 10 jours. L'AG de plus de 200 personnes a permis aux lycéen·nes d'exprimer leurs revendications principales : plus de moyens, de postes (profs, infirmières, psys, assistants sociaux, AED, AESH, etc) ; allégement des effectifs ; adaptation des infrastructures au réchauffement ; EdT moins chargés ; moins de pression et d'inégalités dans Parcoursup.

    Ce matin 8 octobre, les organisations syndicales devant le lycée Carnot cherchaient à apaiser les tensions ; mais malgré une situation encore calme, tout le monde sans distinction a été gazé et dispersé pendant l'intervention des pompiers. Le gazage a fermé la seule voie d'évacuation, provoquant un fort mouvement de panique, des blessures et de nombreux malaises. Pendant ce temps, une voiture de la BAC a fait mine de foncer sur les manifestant·es qui fuyaient.
    Partout ailleurs, ce 8 Octobre, on comptait de nombreux blocages : Castel, Hippolyte Fontaine, Montchapet, de Gaulle, Eiffel… la motivation des lycéen·nes ne faiblit pas !

    Les revendications des lycéen·nes rejoignent les nôtres ! Elles rejoignent même, plus largement, toutes les revendications qui exigent qu'on en finisse avec les budgets d'austérité. Encore 54 milliards de moins dans le budget Lecornu ! Le ministre Geffray se vante d'avoir un budget en hausse de 1,2 milliards ; pourtant en valeur réelle hors pensions et corrigé de l'inflation, il baisse de 200 millions.

    Les lycéen·nes nous montrent la voie par leur détermination et la reconduction de leur mouvement.

    Leur mobilisation fait peur au gouvernement, et elle peut l'obliger à reculer. C'est maintenant, sans attendre, qu'il faut les rejoindre. L'intersyndicale appelle à une nouvelle grève à partir du 13 Octobre.

    AG à la Bourse du travail à 10h (pour favoriser le soutien aux blocages des lycées avant l'AG).
    Rassemblement au Rectorat à 14h (compte-rendu de l'audience avec la rectrice le 6 octobre)
    Puis départ en manifestation du Rectorat à la place Wilson.
  • Sois jeune et casse tout ! / une émission de Minuit Décousu

    Au printemps dernier, on s'était lancé dans un double documentaire sonore sur le mouvement contre le CPE puis sur celui contre la Loi Travail. Deux mouvements majeurs pour les lycéen·nes et les étudiant·es de leur époque, à dix ans d'écart. Notre plan secret, c'était de faire une émission sur le grand mouvement social de la jeunesse de 2026. C'était écrit, le mouvement devait arriver, rien ne pouvait nous échapper : c'est la prophétie Minuit Décousu.

    Cette semaine, on a donc tendu notre micro au collectif autonome lycéen Rafal, pour nous parler de la stratégie du mouvement, de la répression à l'intérieur et à l'extérieur des lycées, dont le but est de marquer les chairs, les esprits et les dossiers scolaires. On a aussi interrogé des lycéen·nes qui organisaient leur premier blocage, sur les effets que ça a sur leur politisation et sur la construction d'une AG inter-lycéenne qui permet de reprendre du pouvoir quand on est délaissé de tous les espaces politiques qui nous concernent. En filigrane à travers l'émission, les lycéen·nes se positionnent contre l'adultisme et la fiction de manipulation du mouvement, et affirment leur volonté de construction d'un autre monde.

    https://audioblog.arteradio.com/embed/283505

    Photographie : blocage devant le lycée Récamier à Lyon par @effugax

    Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours), Radio Vassivière (Limousin) et Cause Commune (Paris/IDF). Semaine après semaine pendant une heure, on en découd avec la nuit et on tire les fils de sons, de textes, d'archives et de voix qui s'entremêlent.

  • Gaza : comment le génocide se poursuit un an après le « cessez-le-feu »

    Un an après le « cessez-le-feu » du 10 octobre 2025, censé mettre fin à la guerre génocidaire menée par Israël contre la bande de Gaza en échange de la libération des otages israéliens, l’enclave a quitté les radars médiatiques. Comme si la situation y…
  • « Découvrez comment fonctionne le logiciel » : massivement partagé, cet outil IA veut mettre la rétro-ingénierie à la portée de tous

    Branché sur les assistants de code, l’outil open source REA permet de faire décortiquer un programme par une IA en lui posant simplement une question. Plébiscité en quelques jours, il soulève déjà des questions juridiques.

  • Les tribunes ont la parole

    Geste magnifique des supporters lensois en soutien au mouvement de révolte de la jeunesse.

    L’article Les tribunes ont la parole est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Omnibus pesticides: comment l’agro-industrie a tenu la plume du commissaire Olivér Várhelyi

    Un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory détaille les actions des fabricants de pesticides et des syndicats agricoles productivistes européens auprès de la Commission européenne pour alléger les contrôles des pesticides et les autoriser à vie.
  • Pesticides: l’Union européenne dérégule à tout-va

    Ce week-end, des rassemblements sont organisés contre la «loi omnibus X» sur les pesticides, proposée par la Commission européenne. Les autorisations illimitées de mise sur le marché de substances potentiellement nocives inquiètent bien au-delà des cercles militants.
  • Cartographier le vivant, le périlleux graal des écologues

    Dresser des cartes de la répartition et de l’abondance des espèces, vieux rêve des naturalistes, semble désormais à portée de main. Mais la prudence s’impose dans leur interprétation et leurs usages.
  • Le fascisme est de retour

    Dans ce premier épisode Ugo Palheta interroge le retour du fascisme. On a beaucoup craint le retour de la "bête immonde" mais on n'a pas pris garde à l'avertissement de Brecht : c'est le "ventre fécond" qu'il fallait surveiller, le ventre du capitalisme…
  • « On veut être représentés » : les lycéens du 93 prennent la parole à l’Assemblée nationale

    Quelques heures après une manifestation à Bastille, 90 lycéens de Seine-Saint-Denis ont été reçus à l’Assemblée nationale par des députés de La France insoumise. Manque de moyens, violences policières, invisibilisation des quartiers populaires : pendant plus de deux heures, ils ont porté leurs revendications et réaffirmé leur volonté de parler en leur propre nom.

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  • Les géants de l’IA préparent déjà l’après-catastrophe et redoutent deux scénarios en particulier

    Selon Axios, les dirigeants d’Anthropic, d’OpenAI et d’autres entreprises de l’IA simulent en privé la crise politique qui suivrait un premier accident majeur causé par l’IA.

  • ‘Gaza is a moral tear in the universe’: Naomi Klein and Astra Taylor | Radical Thinking with Aditya Chakrabortty – podcast

    Are we really living through ‘end times fascism’? Naomi Klein and Astra Taylor think so.

    In a new series from the Guardian, the pair speak to Radical Thinking with Aditya Chakrabortty in an extended interview. From Trump 2.0 and the rise of the tech billionaire to Gaza and the climate emergency, Klein and Taylor argue we are not just lurching from crisis to crisis but are in a new and dangerous moment in history. But they haven’t given up hope of a fightback

    Radical Thinking will be published every Saturday in the Politics Weekly feed

    You can watch the full interview with Naomi Klein and Astra Taylor here.

    Aditya’s suggested reading:

    Naomi Klein and Astra Taylor’s End Times Fascism is out now and available here. It began life as a special essay in the Guardian, which you can read here.

    A different take on whether Trump 2.0 is fascist comes from the economist Branko Milanović on his brilliant Substack.

    Elon Musk gives Donald Trump millions, and Trump gives Musk vast access to power. To read more, look at Quinn Slobodian and Ben Tarnoff’s Long Read for the Guardian and their recent book Muskism: a Guide for the Perplexed.

    For some sensational reporting on Trump’s second term, look at Regime Change by Maggie Haberman and Jonathan Swan.

    How did the business class learn to love Trump and embrace chaos? Paul Heideman gives a lucid analysis in his recent book Rogue Elephant.

    If you want more on the new tech bros of Silicon Valley, here are four recommendations:

    - In their book, Klein and Taylor regularly cite Karen Hao’s Empire of AI.

    - There’s also The Nerd Reich, just out from Gil Durán.

    Continue reading...
  • Jeudi 8 octobre à Nantes : mobilisation massive et résistance collective face aux provocations policières

    Une nouvelle manifestation de la jeunesse a rassemblé plus de 10.000 personnes à Nantes ce jeudi 8 octobre.

    L’article Jeudi 8 octobre à Nantes : mobilisation massive et résistance collective face aux provocations policières est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Trump scelle un accord surprise avec Poutine sur le diesel, Zelensky s’indigne

    Donald Trump a annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés états-unien et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam de Volodymyr Zelensky, qui a dénoncé une décision «indigne».
  • Inégalités, discriminations, colonialité. Quels impacts sur la santé ? Semaine décoloniale d'Ivry

    Quand ?
    Le 14 octobre à 19h

    Où ?
    Espace Robespierre 2 Rue Robespierre, 94200, Ivry-sur-Seine, France

    Pour cette troisième rencontre de la Semaine décoloniale d'Ivry, professionnelles, spécialistes du monde de la médecine, militantes et actrices de terrain notamment à Ivry échangeront sur le thème : "Inégalités, discriminations, colonialité, quels impacts sur la santé ?"

    Annonce jointe !

    Retrouvez le programme complet et l'annonce de chacune des rencontres :

    – sur Instagram
    – sur Facebook

    Pour soutenir notre Semaine, indépendante et auto-financée, payer les frais de transport des intervenants, les impressions, l'organisation des rencontres...

    A bientôt !

    L'Intercollectif ivryen organisateur de la Semaine décoloniale d'Ivry - ivrydecolonial@gmail.com

  • 6e Semaine décoloniale, Ivry-sur-Seine

    Quand ?
    Du 12 octobre à 19h au 18 octobre à 21h

    Où ?
    Espace Robespierre 2 Rue Robespierre, 94200, Ivry-sur-Seine, France

    Pour la 6e année, la Semaine décoloniale d'Ivry, revient, du 12 au 18 octobre prochains !️

    L'Intercollectif organisateur de la Semaine propose de nouveau une série de rencontres antiracistes, anti-colonialistes et anti-impérialistes.

    Indépendante et entièrement auto-financée, l'équipe organisatrice en appelle, comme les années précédentes, à la solidarité de toutes et tous.

    Merci pour votre participation, dans l'attente de vous rencontre à Ivry.

    A très bientôt !

    — L'intercollectif ivryen, organisateur de la Semaine décoloniale, ivrydecolonial@gmail.com

  • Grandes écoles, universités catholiques, bastions conservateurs et écoles d’ingés ont rejoint le mouvement

    C'est toute une génération qui se lève, des banlieues aux quartiers chics. L'État est en train de se mettre à dos l'intégralité de la jeunesse.

    L’article Grandes écoles, universités catholiques, bastions conservateurs et écoles d’ingés ont rejoint le mouvement est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • 14/10 : Mario Club saison 2

    Présentation du séminaire et discussion autour de l'extrême droite en Lorraine, avec le programme de la saison 2026/2027

    - Initiatives / Nancy, Rencontres et débats
  • Dominique Méda : « L’insatisfaction envers le travail ne cesse d’augmenter en France, surtout chez les jeunes »

    Des salariés qui doutent de tenir jusqu'à la retraite, une perte de sens largement ressentie, des jeunes désabusés… Selon la sociologue Dominique Méda, il faut redonner la parole et du pouvoir à celles et ceux qui travaillent.
  • «Ils ont besoin de repreneurs, on a besoin de terres» : dans l’Essonne, des personnes exilées reprennent une ferme sans pesticides ni irrigation

    Julien Raymond, Agathe Le Galiot et Mahamadou Camara, alias Backo, récoltent des tomates cerises à la ferme de Marcoussis. © Natacha Marbot/Vert

    Des silhouettes s’affairent le long d’une rangée de plants de tomates cerises, en cette chaude après-midi de septembre. Au-dessus des têtes, des lignes à haute tension crépitent. La récolte est bonne, les légumes sucrés. Sur ces terres, la sécheresse estivale n’a pas été la catastrophe vécue par un bon nombre d’agriculteur·ices. Au milieu du plateau de Nozay, en majorité couvert de cultures céréalières, cette ferme de maraîchage à Marcoussis (Essonne) fait figure d’exception. Sur seize hectares de plantations, aucun recours à l’irrigation, aux pesticides ou aux engrais.

    Une camionnette bleue couverte de poussière se gare plus loin dans le champ. Arlette et Marc Mascetti descendent, chapeaux vissés sur la tête. «Voilà les patrons», lance Julien Raymond, l’un des maraîchers. Dans une poignée de mois, le couple d’agriculteur·ices partira à la retraite, déjà repoussée de quelques années. Elle et il laissent leur place à quatre maraîcher·es de l’association A4 : Julien Raymond, Agathe Le Galiot, Perside Djimpon Fotso et Mahamadou Camara, alias Backo. Pour l’instant, tout ce petit monde collabore, dans l’attente de la cession complète de l’exploitation, prévue au début de l’hiver.

    «Le monde agricole a besoin de reprises, nous avons besoin de terres», lance Backo, cofondateur d’A4. L’équation semble imparable. Pour cette association créée en 2022 par des personnes en situation d’exil dans les domaines de l’agriculture et de l’artisanat, cette acquisition est une première. Avec plus d’un agriculteur·ice sur deux qui partira à la retraite d’ici 2030, l’enjeu de la reprise des fermes touche de plein fouet le monde paysan. «Tout ce que nous voulions, assure Arlette Mascetti, c’étaient des jeunes maraîchers pour reprendre notre projet. On n’aurait pas pu trouver mieux.»

    «On ne veut pas seulement demander le boulot, on veut le créer»

    Backo égrène les tomates cerises d’un geste habile. Il raconte : «L’association est pensée par et pour les personnes concernées» – ce qui ne l’empêche pas d’être ouverte à des personnes qui ne sont pas exilées. Investi dans les luttes pour le logement et les papiers dans les années 2010, il remarque à l’époque que les associations et collectifs venus en soutien ont tendance à parler à leur place. «Nous pensons mieux savoir ce qui est bon pour nous. C’est pour cela que nous avons créé A4», explique-t-il.

    Après plusieurs mois d’enquête sur le terrain et de nombreuses rencontres, notamment sur la zone à défendre (ZAD) contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, l’association est créée. Elle est pensée comme un réseau d’entraide pour accompagner les différents projets des membres. «En plus de l’agriculture, nous avons des personnes intéressées par la plomberie, la soudure, la poterie et même la transformation du chocolat», liste Backo. Et d’insister sur le mot d’ordre : «On ne veut pas seulement demander du boulot, on veut le créer.»

    Marco Mascetti cultive cette terre depuis quarante ans. Il cherchait des repreneur·ses qui souhaitaient continuer son mode d’agriculture, sans pesticides et sans irrigation. © Natacha Marbot/Vert

    «Parmi les membres d’A4, beaucoup viennent d’Afrique de l’Ouest, et souvent de zones rurales. S’ils n’étaient pas agriculteurs eux-mêmes, c’était le cas de leur famille. Cela fait sens pour eux de travailler dans ce domaine», explique le cofondateur de l’association. Ainsi, l’association s’est lancée dans des tests agronomiques. Sur un terrain prêté par la mairie de Mitry-Mory (Seine-et-Marne), A4 cultive avec des semences d’Afrique de l’Ouest, de Syrie et du Liban.

    Agathe poursuit : «Cela fait partie des projets que nous continuerons à la reprise complète de la ferme. Nous plantons du sorgho, du mil, du sésame, du bissap, des variétés non françaises de tomates ou d’aubergines. Avec un terrain pérenne, nous pourrons planter les semences sur plusieurs années, pour les adapter et les stabiliser.»

    Si les envies ne manquent pas, elles sont largement empêchées par les contraintes administratives et logistiques qui pèsent sur les personnes en exil. «En situation irrégulière, on ne peut pas passer le permis, donc se déplacer en zone rurale est compliqué. Cela rend très dépendant des transports publics», explique Agathe Le Galiot, membre d’A4 depuis 2022. Derrière les rangées de pieds de tomate se dresse un bâtiment agricole en lambris de bois. Grand de 900 mètres carrés, il a dû être reconstruit après un incendie en 2022. «Nous espérons pouvoir à terme en aménager une partie pour en faire des logements», précise la maraîchère.

    Une ferme pour faire le lien entre ville et campagne

    Cette nouvelle ferme dans l’Essonne «ouvre la perspective à de nombreux projets», précise-t-elle encore. Le montage financier n’a pas été simple, car l’ensemble de l’exploitation revient à un million d’euros. «Nous avons récolté les fonds grâce à des dons de particuliers, quelques donations d’héritages, des fondations privées… Et nous commençons à demander des subventions publiques», détaille Agathe Le Galiot.

    Les communes alentour soutiennent le projet. La ferme a aussi pu organiser une journée portes ouvertes où se sont rencontré·es des client·es parisien·nes, des membres de l’association et quelques locaux et locales. «Faire le lien entre la ville et les zones rurales fait partie des valeurs d’A4», note Julien Raymond, qui a quitté ses études en statistiques pour devenir paysan.

    La reprise de la ferme des Mascetti présente le défi de perpétuer le système agronomique exceptionnel mis en œuvre depuis des années. Pour le néoagriculteur, «le secret est de bien connaître la terre et de savoir la travailler en conséquence». Marc Mascetti abonde : «Notre terre, qui est argileuse, est souvent mal-aimée. C’est pourtant la meilleure en rétention d’eau. Par contre, il faut savoir la travailler pile au bon moment car, trop sèche, elle devient du béton ; et, trop humide, de la glaise.»

    Cultiver sans eau, sans engrais et sans pesticides

    Le père de Marc Mascetti cultivait de la fraise en monoculture. En prenant sa suite dans les années 1980, il transforme l’exploitation en polyculture, avec une rotation lente et une grande diversité de légumes. «Si on perd une culture, il y en aura toujours une autre pour la sauver», détaille l’agriculteur. Cette année, les pommes de terre ont souffert de la canicule et ont été dévorées par les doryphores, de petits coléoptères.

    La terre argileuse capte l’eau et permet de garder les racines au frais lors des fortes chaleurs. © Natacha Marbot/Vert

    En revanche, pour les légumes dont les racines ont eu le temps de s’ancrer en profondeur et de rester au frais, les 40 degrés Celsius (°C) de l’été ont été supportables. D’un geste du bras, Marc Mascetti désigne une parcelle à une centaine de mètres : «Nos choux sont en train de végéter en attendant la pluie. Mais, le jour où elle arrivera, ce sera de toute beauté.»

    La transmission entre les Mascetti et l’association A4 se fait doucement depuis le début de l’année 2026. Sur les marchés des beaux quartiers parisiens, où la ferme a déjà bonne réputation, les client·es sont content·es de savoir que le stand et la qualité des légumes resteront. À partir de cet hiver, le domaine s’appellera «Ferme Sankara», en hommage au président burkinabé révolutionnaire, écologiste et féministe, assassiné en 1987.

    La coopérative agricole formée sera quant à elle nommée «Ciwara». En bambara, la langue principale du Mali, cela signifie «laborieux, qui aime à travailler la terre». Un terme cher à Backo : «Pour ceux qui en connaissent la signification, il porte l’espérance. Et, avec l’espoir, on peut travailler deux fois plus qu’avec sa force naturelle.»

  • L'écologie contre-attaque : Reporterre lance sa grande tournée

    En amont de la présidentielle, Reporterre organise une série de rencontres en France pour mettre, enfin, l'écologie au centre. Parce que l'urgence climatique est plus forte que jamais. Et parce que l'extrême droite se trouve aux portes du pouvoir.
    Ce sera le dernier scrutin avant la fin du monde. Sans vouloir crier au loup (et pourquoi pas finalement ?), la prochaine élection présidentielle sera cruciale, sans commune mesure avec toutes les précédentes.
    D'abord parce que nous sommes au (…)

    Lire la suite - Édito / Luttes , Alternatives
  • Oiseaux & Crocodiles - culture et politique de l'inceste

    Intro

    Ça commence par une soirée, un évènement politique, une
    rencontre quelconque. Je raconte ma vie :

    « Je suis militant anticarcéral, ça veut dire qu'on lutte pour l'abolition des flics, de l'institution judiciaire, et de la taule. Et qu"on cherche à développer des alternatives dans des approches communautaires, qui sont transformatrices et non punitives. »

    Ca ne manque jamais. Il, elle, iel, va me répondre, droit dans
    les yeux :

    « Ah, et qu'est-ce qu'on fait pour les pédophiles ? »

    Il va ensuite falloir argumenter sans imploser ou exploser.

    Je suis fatigué de cette hypocrisie. Le but de ce texte est de le
    refiler à toutes les personnes qui seraient intéressées
    d'entendre mon avis sur la pédophilie et l'inceste en tant que
    militant.anticarcéral qui a vécu des violences sexuelles dans
    l'enfance. Pour que je n'ai plus jamais à le faire au moment où
    on me l'impose.

    Je ne suis expert en rien, ni chercheur, ni historien, ni anthropologue, encore moins sur ces sujets en particulier. Mon but n'est pas d'informer en recopiant des statistiques, mais de politiser les questions de pédophilie et d'inceste (mais vous pouvez trouver toutes ces informations dans les sources à la fin).

    Avertissement

    En raison des conséquences traumatiques des violences sexuelles, la lecture de ce texte peut potentiellement déclencher tout un tas de symptomes du désagréable au franchement grave, voire provoquer des décompensation psys.

    Ne le lisez que si vous sentez que c'est le bons moments et assurez vous d'avoir des ressources pour vous aider autours de vous.

    Plusse ces ressources sont variées et de qualité
    (ami.es ; soignant.es qui font leur taf ; aide
    matérielle si besoin ; lieux et activités dans lesquels
    vous pouvez vous réfugier ; travailler à avoir une
    vie qui a du sens ; blablabla) plusse c'est le mieux.
    Si vous êtes largué.es mais que vous voulez lire
    quand même, y'a aussi des ressources écrites et en ligne à la fin.

    « Ah, et qu'est-ce qu'on fait des pédophiles » (ou pourquoi cette question me saoule)

    Je me demande souvent si c'est une interrogation sincère. J'ai
    longtemps interprété cette phrase, venant d'inconnu.es,
    comme au choix : un coup de baton narquois dans les côtes ;
    de la simple maltraitance ; du je-m'en-foutisme absolu ; de la
    naïveté totale ; de la provocation.

    Une chose est sûre, ça ne relève jamais de l'inquiètude réelle.
    Ce n'est pas une question qui appelle à la recherche de
    solution. Et surtout, ça n'a aucune trace d'empathie. Ni pour
    les enfants qui subissent ces violences. Ni pour les adultes que
    nous sommes devenus.

    Il y aurait une personne sur dix qui aurait subi des violences
    sexuelles avant sa majorité.

    Si on prend en compte la variété de ces agressions, par
    exemple : conversations explicites, faire voir des contenus
    pornographiques, blagues ou remarques sexualisantes,
    exhibitionnisme/voyeurisme, attouchements, viols...

    Si on prend en compte la varité des mécanismes qui les
    entourent : silenciation, manipulation, chantage, abus de
    pouvoir, contrainte, inversion des responsabilités, insultes,
    coups...

    Si on prend en compte la variété des lieux dans lesquelles
    elles sont susceptibles de se produire : famille, école, clubs
    sportifs et autres, lieux de culte, couple, dans la rue ou
    n'importe où...

    Si on prend en compte tout ça, on peut se dire qu'on a
    probablement soi-même subi des violences de cet ordre, ou
    alors nos potes, ou alors des gens qu'on croise, avec qui on
    travaille. Plein. Tout un tas de gens.

    Peut-être qu'on a même été témoins. Plusieurs fois. Peut-être qu'on ne s'en est pas rendu.e compte. Peut-être qu'on a rien dit. Ou alors qu'on a dit et que...

    ... ce que j'essaye d'expliquer, c'est qu'en me posant la
    question "Ah, et qu'est-ce qu'on fait des pédophiles ?", alors que je viens de me présenter comme militant anticarcéral, on ne se pose pas la question de savoir si je m'en suis coltiné. Des
    pédophiles. Alors que la probabilité que ce soit le cas est
    élevée. Il est sous entendu que mon engagement politique est
    idéaliste. Qu'il ne prendrait pas en compte le plus grave. Il me
    semble même parfois qu'on teste ma moralité : dans les cas
    les plus graves, est-ce que je serai prêt à défendre des
    monstres ?

    Demander "Ah, mais qu'est-ce qu'on fait des pédophiles ?" est
    toujours une manière de se laver les mains. De faire comme si
    le problème se situait ailleurs. Chez les autres. De se faire
    valoir en montrant qu'on trouve ça horrible. Qu'il y a des
    monstres. Et qu'on en est pas, nous.

    C'est une déresponsabilisation individuelle et collective bien
    pratique.

    C'est nier le poids des structures patriarcales, de la
    domination des adultes sur les enfants. C'est nier la culture du
    viol et de l'inceste.

    La pédophilie n'existe pas

    Evacuons les définitions juridiques. Je ne vais pas donner de
    définition de la pédophilie, ni de l'inceste. Mais on peut se
    poser quelques questions pour en cerner les contours, et
    tenter des pistes de reflexion :

    Est-ce que la pédophilie est une "orientation sexuelle", "un crime", une "déviance" ?

    C'est provocateur mais pas anodin. L'idée de l'orientation
    sexuelle a été portée dans les années 70, y compris à gauche.
    Elle crée un parallélisme avec l'homosexualité en naturalisant
    l'orientation sexuelle. On naitrait pédé. On naitrait hétéro. On
    naitrait pédophile. Ces discours ont été dévastateurs dans la
    banalisation des violences sexuelles diffusées partout, dans
    tous types de média. Cette période a nourri un imaginaire
    d'enfants consentants, et de désirs pédophiles naturels, innés
    et souhaitables.

    En créant un parallélisme entre orientation homosexuelle et
    orientation pédophile, le baton pour se faire battre est tendu
    aux réactionnaires qui pourront facilement stigmatiser les
    pratiques homosexuelles. Si il existe des orientations
    sexuelles, alors l'homosexualité et la pédophilie sont des
    déviances au même titre, et les deux doivent être combattues
    et éradiquées.

    Le concept d'orientation sexuelle a été complètement absorbé
    par les cultures LGBT+, au détriment d'une lecture politique
    de ces questions. C'est un abandon des luttes révolutionnaires
    pour se ranger du côté de l'acceptabilité, du patriarcat, de la
    famille traditionelle, de l'essentialisation des sexualités.

    On pourrait se dire que depuis, les choses ont changé. Il est
    vrai que l'inceste et la pédophilie ne sont plus défendables de
    la même manière. Ces actes ont été "re-diabolisés", ou du
    moins on aimerait le penser. Pourtant, l'hypothèse de
    l'orientation sexuelle pédophile n'a pas disparue, elle est
    même courante. Le truc, c'est qu'elle a plusieurs noms. Elle
    peut prendre la forme de l'hypothèse biomédicale (la
    pédophilie est une maladie, qu'on a de naissance ou qu'on
    attrappe, et il faut la soigner avec des médicaments ou de la
    thérapie). Elle peut aussi prendre la forme de la criminalité ou
    de la moralité (la pédophilie est un crime, une faute
    personnelle, et la personne doit en payer le prix par de la
    prison et des amendes, ce qui lui fera comprendre que ce
    qu'elle a fait est très mal).

    Renvoyer à la déviance, à la folie, est quelque chose
    d'intéressant à analyser. La pédophilie dans l'ensemble de ses
    mécanismes produit de la folie. Etre agressé sexuellement par
    un adulte (qu'on nous présente toujours comme soit "de
    confiance" soit comme "un inconnu à qui il ne faut pas
    parler") à des conséquences importantes sur la psyché des
    enfants...

    et des adultes qu'iels vont devenir.

    Ces conséquences vont souvent
    amener ces personnes à être
    psychiatrisées et médicalisées au cours
    de leur vie, parfois
    sans que cette cause ne soit évoquée. Ni même consciente. Si
    les pédophiles existent, et que leur cas relève de la déviance,
    de la maladie ou de la psychiatrie, on les met donc dans le
    même sac pathologique que les victimes et les anciennes
    victimes, dans un effet miroir étrange.

    L'angle de la criminalité et de la moralité peut être lu avec la
    même grille d'analyse que n'importe quelle thématique
    anticarcérale. En cas de violences sexuelles, pédophiles ou
    non, ce n'est pas la victime qui va être pris en compte en
    premier lieu dans ses besoin. Le premier réflexe n'est pas de
    lui venir en aide, ni même de la mettre en sécurité. Ce qui se
    passe réellement, c'est que la dénonciation est difficile, la
    version de la victime sera mise en doute tantis qu'on
    s'empressera de recueillir la version de l'agresseur, les proches
    prennent partie et s'entre-déchirent, la sanction (si elle existe)
    n'est satisfaisante pour personne. Et les violences ont toutes
    les chances de se reproduire, puisqu'elles n'ont pas été
    éradiquées à leur source. La responsabilité des proches ne
    sera pas mise en jeu, ni celle de la structure familiale (ou
    scolaire, ou religieuse, ou...).

    Le traitement pénal de la
    pédophilie est une fumisterie.

    (ce qui ne veut pas dire que vous ne devez pas porter plainte)
    (si c'est ce que vous souhaitez)

    Comment penser les choses autrement ? On peut par exemple
    faire le choix de plutôt considérer l'hétérosexualité comme
    une structure sociale et un rapport de pouvoir patriarcal, en y
    associant d'autres concepts (celui de "père de famille", celui
    de famille nucléaire, celui de couple, celui d'autorité parentale,
    celui d'exploitation du travail domestique/sexuel/reproductif/
    émotionnel, celui de viol conjugal...).
    De ce point de vue là, un couple homosexuel peut tout à fait
    reproduire des mécanismes issus des structures de
    l'hétérosexualité. Ca permet de mieux comprendre le cadre
    qui rend possible la pédophilie, en la recentrant sur son
    incarnation réelle : l'inceste, comme manifestation des rapport
    de domination au sein de la famille.

    Est-ce qu'avoir des pensées intrusives, des rêves, des cauchemars, des flashback voir des fantasmes mettant en scène des actes sexuels impliquant des enfants relève de la pédophilie ?

    C'est encore très provocateur. Et c'est fait exprès. Dans la continuité d'un mythe de la pédophilie, il est assez confortable de penser qu'il y aurait des Pédophiles, des personnes qui fantasmeraient sur des enfants (tandis que le reste du monde disposerait d'un espace mental totalement sain).

    Dans la même logique, les personnes qui vivent ces experiences (pensées intrusives, rêves, flashback...) ne pourront que se sentir extrement coupables de ne pas être en capacité de les repousser. Elles en sont en quelque sortes rendues responsables. Pourtant, on ne contrôle pas ses pensées : tout au plus peut-on avoir un recul critique dessus.

    Effectivement, la plupart des personnes qui ont vécu des agressions sexuelles enfant vont connaitre ce genre de choses. C'est déjà épuisant en soi. Ce qu'il l'est encore plus, c'est de croire que cela signifie qu'on a la pédophilie en soi, et que ces manifestations prédisent que l'on pourrait passer à l'acte.

    La peur panique à l'idée
    de se retrouver en
    présence d'enfant, ou
    pire, en responsabilité
    vis à vis d'elleux, de
    crainte d'être un danger
    pour elleux, est un
    phénomène récurrent
    chez les anciennes
    victimes.

    Attention quand même : dans les procès, les
    matraitances y compris sexuelles, sont souvent
    invoquées par la défense des personnes
    accusées. Le but est de dédouaner la personne
    de la responsabilité de ses actes. En tant que
    féministe, il m'est impossible de ne pas croire
    quelqu'un.e qui affirme avoir subit des
    agressions sexuelles, quand bien même iel en
    aurait ellui-même produit. Mais la théorie du
    cycle de la violence ne sert ici qu'à masquer le
    choix que chacun.e doit faire à un moment
    donné :

    Soit on valide les rapports de domination. On accepte de
    s'en servir au détriment des autres. On incorpore
    l'idéologie dominante et on participe à la répendre.
    Soit on s'oppose à ces rapports de domination. On refuse
    d'en tirer profit. On décide de les identifier et de les
    nommer, on réfléchit à d'autres modes de relations.

    Soit on fait le choix d'agresser des enfants, soit on
    ne le fait pas.

    Une fois que c'est clair pour tout le monde, on peut
    commencer à s'interroger sur la culture de l'inceste que
    nous partageons toustes.

    Est-ce que vous aimez des chansons qui valorisent
    l'inceste ? Gainsbourg ? Où plutôt, ses chansons vous ont
    écoeuré. ? Vous avez essayez d'en parler ? Qu'est-ce
    qu'on vous a répondu ?

    Combien de livre et de films, parmi les plus reconnus, les
    plus cités, parlent de relation de pouvoir érotisés entre
    des hommes et des filles plus jeunes/plus fragiles/plus
    soumises ? Connaissez-vous des couples où la différence
    d'âge, de ressources, de position sociale, est importante ?
    Comment sont-elles perçue par votre entourage ? Qui
    s'interroge ? Qui s'en fout ?

    Si vous consommez du porno, vous avez déjà constaté
    l'omniprésence de contenu,s à connotation incestueuse
    ou pédophile (il n'est pas nécessaire que des enfants
    soient réellement présents, mais la pédophilie et l'inceste
    peuvent être suggérées par la jeunesse des actrices, par
    l'épilation intégrale, par les expressions et les attitudes,
    par le titre des vidéos, par le style de dessin dans le cas
    des hentai...) ? Ou mettant en scène de la violence, de la
    contrainte, de l'objectification ? Est-ce que vous évitez ces
    contenus, ou est-ce qu'ils vous attirent ?

    Avez vous déjà subi, été témoin, ou formulé vous même
    des remarques sexualisantes à des enfants ou des
    adolescent.es ? A quel âge c'est arrivé ? Est-ce que ces
    remarques ont été remises en question, critiquées ?
    Quelles ont été leur impact sur vous, sur les personnes qui
    en étaient la cible ?

    La majorité sexuelle avant la majorité civile ça vous
    interroge ?

    Est-ce que vous croyez que les enfants doivent obéir à leur
    parents ? Aux adultes ? Pourquoi ?
    Quels sont les droits qu'on accorde aux parents, et aux
    adultes en général, vis-à-vis du corps des enfants ? Est-ce
    que les chirurgies de réassignation sexuelle sur les enfants
    intersexes vous paraissent légitimes ? Comment réagissez-
    vous quand vous voyez ou soupçonnez des maltraitances
    envers un enfant ? Est-ce que vous en parlez ? Quelles
    sont les réactions ?

    Ca vous parait normal qu'à chaque polémique
    islamophobe sur le voile, le burkini ou l'abaya, des
    hommes s'impliquent autant dans leur obsession de
    déshabiller des femmes et des gamines ?

    La liste des ces questions n'est pas du tout exhaustive. Elle
    n'a pas pour objectif le relativisme ("au fond, on est toustes un peupédophiles"), ni la minimisation des agressions. J'essaye juste de montrer que, qu'on ait vécu soi-même des violences sexuelles pendant l'enfance, ou non, nous sommes toustes à minima témoins de manifestations de la culture de l'inceste. Nous sommes également toustes susceptibles d'y participer, alors même que nous n'avons agressé personne.

    C'est quoi, à la fin, cette histoire de tabou ?

    Tabou est le mot qui est associé presque
    automatiquement à l'inceste. L'anthropologie
    traditionnelle place l'interdit de l'inceste comme passage
    de l'humain à l'état de culture. L'économie des relations
    sexuelles tournée vers l'extérieur du groupe est censée
    représenter l'échange primaire des ressources et la
    possibilité de faire société.

    Il existe pourtant un vaste champs critique et féministe de
    l'anthropologie qui conteste cette théorie depuis sa
    formulation, mais il a été effacé et oublié. Cette
    anthropologie critique nous apprend que le tabou n'est
    pas la pratique de l'inceste (puisqu'elle est universelle,
    omniprésente), mais le fait d'en parler.

    Cette approche est cependant plus complexe, car en
    parler, tout le monde le fait. Que ce soit sur le mode de la
    romantisation ou de la monstruosité, l'inceste est sans
    cesse présent dans tous les médias, tous les discours. De
    très nombreuses personnes ont dit l'inceste qu'elles
    avaient subi, que des proches ont subi (il y a une liste dans
    les sources).

    Les enfants parlent, d'une manière ou d'une autre. Les
    signes de traumatismes sexuels sont détectables la
    plupart du temps.

    Le problème est plutôt de savoir qui est là pour écouter.
    Nous évoluons dans des structures sociales ou certaines
    personnes seront davantages entendues que d'autres. On
    privilégie le point de vue des hommes par rapport à celui
    des femmes. Des blanc.hes par rapport à celui des
    racisé.es. Des riches par rapport à celui des pauvres. Des
    adultes par rapport à celui des enfants.

    Admettons maintenant que les enfants parlent, et que
    quelqu'un.e écoute. Reste encore à les croire. La parole
    des enfants est sans doute celle dont on doute le plus. Il y
    a méfiance et inversion concernant la parole des enfants,
    lesquels sont perçus comme menteurs, trompeurs ou
    trompés, manipulateurs ou manipulés.

    Devenir adulte ne garanti pas de sortir des processus de
    silenciation. La silenciation ne peut être comprise que si
    on admet que les violences sexuelles sur les enfants
    puissent exister de manière "pure", sans autres violences,
    sans autres dysfonctionnement dans la relation.
    Le silence sera réactualisé à chaque fois que les
    mécanismes de l'inceste seront réactualisé.

    La silenciation opère dans la complaisance de la société,
    dans son déni. Mais aussi dans les réponses punitives et
    carcérales, car la crainte de briser le groupe social impliqué et de porter préjudice à l'agresseur est central
    dans le silence des victimes. C'est rendu possible par la
    priorité qui est donnée à la protection de l'institution
    (famille, collectif, entreprise, école, église...).

    Chaque fois qu'une parole sur l'inceste se libère et que la
    réaction en face est une explosion de colère, de dégoût,
    les sentiments de la personne qui témoignent sont
    balayés par ceux de la personne qui reçoit, et la renvoient
    au silence.

    L'inceste est-il une affaire de famille ?

    Les expert.es médiatiques (souvent des
    hommes) qui vont être invités à
    expliquer ce qu'est l'inceste passent en
    en général beaucoup de temps sur les liens de parentés et
    le cadre légal des unions dans différentes cultures. Il y a
    une sorte de confusion entre inceste et consanguinité, si
    l'on peut dire. Ainsi, il y aurait inceste en fonction de la
    proximité relative entre deux personnes dans l'arbre
    généalogique.

    Pourtant, l'inceste n'est "une affaire de famille" que dans
    la mesure où la famille nucléaire est une unité centrale
    dans nos sociétés.

    Une famille est un huis-clos, circonscrit à un lieu (le
    logement), dans lequel les enfants ont une place
    subordonnée, puisque légalement, si le père n'a plus
    aujourd'hui le droit de vie ou de mort sur sa femme et ses
    enfants, il n'en reste pas moins détenteurs de l'autorité
    parentale qui ouvre tout un tas de droits sur les autres
    membres de la famille. Cette domination potentielle des
    parents sur leur enfants est également symbolique
    (l'imaginaire des droits des parents sur leurs enfants
    dépasse le simple cadre légal).

    La famille est considérée comme lieu d'amour et de
    protection par défaut. On ne s'imagine jamais qu'elle
    puisse ne pas aimer, ou aimer mal. Alors que c'est là où se
    produisent la majorité des violences. Ces violences ne se
    comprennent que dans l'articulation entre le pouvoir de
    domination des un.es sur les autres au sein de la
    hiérarchie familiale / sociale, et les rapports d'amour et de
    dépendance essentiels aux enfants pour leur construction.

    Vu comme ça, on peut se dire que n'importe quelle relation à connotation érotique, amoureuse ou sexuelle entre un.e enfant et une personne que l'enfant va considérer comme un.e mentor, un.e parent.e, une référent.e, un.e prof... à une dimension incestueuse.

    C'est le sens qu'on des témoignages comme celui d'Adele
    Haenel lorsqu'elle parle des viols imposés par le
    réalisateur Christophe Ruggia alors qu'elle avait 13 ans :
    ce n'était pas son père, ce n'était pas une membre de sa
    famille. Mais elle l'admirait, et il avait, de fait, du pouvoir
    et une influence sur elle par son seul statut social.

    L'inceste est impossible à comprendre si on ne prend pas
    en compte la dimension d'amour, de reconnaissance,
    d'admiration, de loyauté, de dépendance, de confiance,
    de la part de la victime envers son agresseur.

    L'inceste est impossible à comprendre si l'on est pas
    capable de voir que la plupart des groupes sociaux
    auxquels nous appartenont ont une structure
    hiérarchique et patriarcale qui autorise les un.es à
    exploiter les autres.

    Cette lecture peut aussi s'appliquer a des violences
    sexuelles qui n'impliquent pas directement d'enfant. Si on
    considère l'inceste comme une rapport de domination
    sexuel patriarcal, la place à laquelle la personne violentée
    est réduite (souvent femmes ou minorités de genre,
    handicapés, racisé.es...), même lorsqu'elle est adulte, est
    celle d'un enfant. D'un.e mineure, sur laquelle on peut
    s'arroger des droits. Les mécanismes et cadres qui
    permettent ces violences sont semblables.

    Les enfants peuvent-ils être pédophiles ?

    Celle là est particulièrement douloureuse. Et
    probablement inaudible pour certain.es. Pourtant,
    beaucoup de violences sexuelles ont lieu entre enfants, et
    sont imposées par un.e ainé.e sur le plus jeune. Ce fait
    n'est pas révélateur de la perversité de l'ainé.e, mais des
    dysfonctionnement de son environnement. L'abus de
    pouvoir sexuel envers d'autres enfants plus jeunes relève
    de la reproduction des rapports hiérarchique érotisés
    produits par des adultes référents dans l'entourage.

    L'ainé.e n'a pas forcément besoin d'avoir été victime
    d'inceste. Simplement d'en avoir été témoin, ou d'avoir
    intégré que, ici, les un.es ont le droit d'utiliser les autres, y
    compris de cette manière là. Ce n'est donc que le
    révélateur d'un fonctionnement latent au sein de la
    famille (au sens large).

    Par exemple, il peut s'agir d'un fonctionnement où les plus
    grands parlent de sexualité devant les plus jeunes comme
    si iels parlaient à des pairs (les ainé.es vont regarder des
    contenus pornographiques en présence des plus jeunes).
    Il peut aussi s'agir d'un environnement où l'intimité de
    chacun.e n'est pas respectée ; où imposer sa nudité est
    naturel, ou entrer dans la chambre ou dans la salle de bain
    lorsque les autres y sont est rendu acceptable.

    L'impensé des agressions entre enfants repose sur les
    préjugés que nous avons sur les elleux :
    – Iels seraient par nature innocents, ce qui nous empêche
    de les penser comme victimes autant que comme
    agresseurs (dans les deux cas, parler de ce sujet est jugé
    comme pervers, et enfants victimes comme agresseurs
    seront aussi considérés avant tout comme pervers)
    – Iels seraient irrationnels, incapable de savoir ce qui est
    bon pour elleux, et n'auraient pas les capacités pour
    porter leurs propres intérêts politiques.
    – Iels sont considérés, de manière contradictoire, à la fois
    comme des sauvages à civiliser, à la fois comme des êtres
    inaptes à la violence.

    Il est dangereux de faire des agressions produites pas des
    enfants sur d'autres enfant un angle mort des réflexions
    sur l'inceste, en particulier parce que lorsqu'un enfant
    agresse, il est probable qu'iel soit lui même en danger.

    Toucher, c'est moins pire que violer ?

    Cette partie est sans doute la plus insupportable à écrire.
    Elle sera donc la plus courte possible. Plusieurs féministes
    ont théorisé la manière dont la hiérarchisation légale des
    atteintes sexuelle est patriarcale et centrée sur la
    personne qui produit l'agression (et non sur celle qui la
    reçoit).

    Dans cette hiérarchisation, proposer ou insinuer est moins
    grave que faire. Se faire toucher est moins grave que de
    toucher. Les attouchements sont moins grave que les
    viols. La fellation est moins grave que la pénétration
    vaginale, elle même moins grave que la sodomie, etc.

    Bien sûr, je ne cherche pas à dire que certains actes (ainsi
    que leur répétition, et les autres violences physiques ou
    psychologiques associées) n'ont pas des conséquences
    plus graves que d'autres sur les personnes qui les
    subissent. Statistiquement. Mais une personne qui a vécu
    l'inceste se demandera toujours si tout ça était
    suffisament que ça mérite qu'on en parle. Alors que ça
    mérité toujours qu'on en parle.

    On ne se demande donc pas ce qui est réellement
    important du point de vue d'un enfant agressé
    sexuellement. Je ne suis pas dans la tête d'un.e autre,
    donc je ne peux que dire ce qui était important pour moi :

    Ne pas me sentir en sécurité dans ma maison. Etre mis en
    position de responsabilité des actes et des émotions des
    adultes autour de moi. Ne pas faire confiance aux adultes
    autour de moi en cas de problème. Ne pas être cru quand
    j'ai tenté de parler de violences dans la famille, et à
    l'école, ou de la part de médecins. Avoir été entretenu
    dans l'idée que j'étais "mature", "en avance pour mon
    âge". Avoir constaté l'incapacité des adultes autour de moi
    à s'occuper de mes besoins élémentaires. Avoir constaté
    leur incapacité à me protéger. La négligence.

    L'acte en lui-même a eu finalement assez peu d'importance. Ce n'était pas sa gravité légale ou morale qui a determiné les conséquences que ça a eu sur moi. Par contre, ça a determiné mon incapacité à l'identifier comme agression sexuelle et inceste.

    Tout ça pour dire que la pédophilie n'existe pas. Si elle
    existe, c'est à la marge. L'inceste lui, est bien réel. Réduire
    la question de l'inceste à une question de monstres ne
    permet pas du tout de sortir de la culture de l'inceste, et
    encore moins de protéger les enfants. Se demander "ce
    qu'on fait des pédophiles" revient comme d'habitude à se
    concentrer sur l'acte et l'agresseur, pas sur les besoins des
    victimes et sur les conditions qui ont rendu ça possible.

    La banalisation et la dramatisation

    Ecarter un violeur d'enfant d'une famille ne réglera pas le
    problème de l'inceste dans cette famille. Et encore moins
    le problème de l'inceste dans sa globalité.

    Il y aurait milles choses supplémentaires à dire sur le sujet.
    De quoi parler pendant des heures, des jours. De quoi
    écrire des milliers et des milliers de page. Mais ce texte
    n'ira pas beaucoup plus loin que ça.
    Un dernier mort sur la banalisation et la dramatisation.

    L'inceste est banalisé, car il est autour de nous et
    personne ne le voit. L'inceste est dramatisé, car on fait
    semblant de ne pas le voir, et quand on est contraint de le
    voir, les réactions sont d'une telle intensité qu'elles
    feraient taire n'importe qui. L'inceste est banalisé, car on
    fait semblant de ne pas le voir, et quand on est contraint
    de le voir, les réaction peuvent (aussi) être le déni ou
    l'indifférence. Ce qui ferait taire n'importe qui. L'inceste
    est dramatisé, car on s'empresse d'en faire la
    caractéristique des monstres, des personnes qui seraient
    différentes de nous, qu'on devrait donc soigner de gré ou
    de force, isoler ou abattre. L'inceste et banalisé, car les
    dominants pensent avoir des droits, avant d'avoir des
    responsabilités, envers celleux qu'ils dominent.

    L'inceste
    est dramatisé, car dès qu'on parle d'enfants, l'émotion
    prend toute la place, l'analyse politique s'efface.
    Pour remettre l'inceste à sa place, on a besoin d'en faire
    une analyse politique. Admettre que le drame est banal.

    Ne plus accepter cette banalité. La solution est sans doute
    quelque part de ce côté là : nous avons une responsabilité
    collective à
    1) ne plus fermer les yeux sur l'inceste, sur son étendu, sur
    sa gravité
    2) détruire les rapports de domination et les lieux où ils
    s'incarnent. Détruire le système famille et le patriarcat.
    Opposer une autre culture à la culture de l'inceste.

    Merci d'avoir lu.

    SOURCES ET RESSOURCES

    LIVRES (essais)

    • Iris Brey, Juliet Drouar, La Culture de l'inceste, Seuil,
      2022
    • Dorothée Dussy, Le Berceaux des dominations, Pocket,
      2021
    • Dorothée Dussy, L'Inceste, bilan des savoirs, La
      Discussion
    • Françoise Héritier, Les Deux Sœurs et leur mère :
      anthropologie de l'inceste, Odile Jacob, 1994
    • George Viragello, Histoire du viol : 16 -20 siècle,
      Seuil, 1998.


    LIVRES (témoignages et fictions)

    • Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit, 2011
    • Delphine de Vigan, Les Loyautés, 2018
    • Claude Ponti, Les Pieds-bleus, 1998
    • Toni Morrisson, L'Oeil le plus bleu, 1970
    • Dimitri Rouchon-Borie, Le Démon de la colline aux
    • loups, 2021
    • Toute l'oeuvre de Christine Angot
    • Gabriel Tallent, My Absolut Darling, 2017


    Vidéos et audios (témoignages, conférences, podcasts)

    • Charlotte Pudlowski, Ou peut-être une nuit, Louie
      Media, 2020
    • Charlotte Bienaimé, Inceste et pédocriminalité, Arte
      radio, 2020
    • Victoire Tuaillon, La loi des pères, Binge audio, 2021
    • Victoire Tuaillon, Qui sont les incesteurs ?, Binge
      audio, 2021
    • Richard Gaitet, Bookmakers : Claude Ponti, Arte radio,
      2022


    Sites, associations et collectifs

    • CIIVISE (Commission Indépendante sur l'Inceste et les
      Violences Sexuelles faites aux Enfants)
    • Face à l'Inceste
    • AREVI (Association d'action/recherche et échange
      entre les victimes d'inceste)

    SUR RENNES

    • Groupe de parole mensuel au Bocal Féministe
    • Le CRI (Collectif Rennais contre l'Inceste)
  • Les violences policières et leur déni, seule réponse de l’Etat à la crise sociale

    Des gilets jaunes au mouvement lycéen, les dix années de macronisme ont été marquées par une répression toujours plus brutale des mouvements sociaux. L'Etat, qui en refuse la responsabilité, a choisi la fuite en avant.
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    En tête de notre sélection cette semaine, « Le vol de la démocratie » : la philosophe Fabienne Brugère et la politologue Agathe Cagé alertent sur la rapidité avec laquelle les libertés publiques peuvent reculer. Une lecture indispensable.
  • A Gaza, l’IA sert à tuer et ce n’est pas un roman

    La république des lettres se déchire autour du cas Thélyson Orélien, auteur exclu de la course au prix Goncourt pour cause d’utilisation présumée de l’intelligence artificielle pour la rédaction de son roman C’était ça ou mourir. L’œuvre étant maintenue en lice pour le Renaudot, on se gardera bien…
  • Preuve formelle

  • Trump fumes over Nobel peace prize snub and criticizes Norway

    President complains about not winning prize in year he started war with Iran and says: ‘We will not forget, Norway’

    Donald Trump complained on Friday about not winning the Nobel peace prize for 2026, a year in which he started a war with Iran.

    At what was supposed to be a rally for other Republican candidates in Syracuse, New York, the US president devoted a long portion of his speech to airing his grievances with the Nobel committee.

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  • Australia does not ‘need or want Russian fuel’, Chris Bowen says, after Trump deal to buy diesel from Putin

    Energy and climate change minister says Russia should not be rewarded for ‘illegal and immoral invasion of Ukraine’

    Australia’s energy minister has said Russia “should not be rewarded for their illegal and immoral invasion of Ukraine” after the US president, Donald Trump, struck a deal with Vladimir Putin to buy diesel from the country.

    The energy and climate change minister, Chris Bowen, said on Saturday Australia did not “need or want Russian fuel” while updating reporters on the country’s fuel reserves.

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  • Ukraine war briefing: Kyiv blasts peace talks as just ‘smokescreen’ for Trump‘s Russian diesel deal

    Trump’s announcement a betrayal of Ukraine, Democrats say; Ukraine strikes major datacentre in Russia. What we know on day 1,690

    Ukrainian peace negotiators in Miami have been used as a “smokescreen” for a “weak” decision by Donald Trump to lift diesel sanctions on Russia, Volodymyr Zelenskyy said in a furious response to the US president’s backflip on Russian sanctions. In a move likely to create a fresh crisis with Washington’s Nato allies, Trump announced the deal with Putin on his Truth Social network, saying it was essential to reduce fuel prices in the US, which have soared as a result of his decision to go to war with Iran. The Ukrainian president, who flew to Washington last month to plead with US lawmakers to pass tougher sanctions on Russia, said in a statement on Friday that it was “unfortunately, a weak decision by strong partners”. “I believe our team is simply being used as a smokescreen. And that is certainly not fair. It is certainly not how partners should treat each other.”

    Negotiators for the ⁠US, Ukraine and Europe ⁠held ​six ‌hours ‌of talks ‌in Miami on Friday with the aim ‌of reaching agreement ​on ending ​the war ​in ​Ukraine, ​a ‌source ​briefed ​on the talks said. They discussed a postwar economic package for Ukraine and potential new security architecture between Europe and Russia, the source said. President Trump announced the diesel deal as his envoy Steve Witkoff and son-in-law Jared Kushner were meeting with Ukrainian officials in Florida to discuss a peace plan.

    Trump’s announcement was a betrayal of Ukraine, the European allies and US national security, said Senate Democratic leader Chuck Schumer, top Democrat on the Foreign Relations Committee Sen. Jeanne Shaheen, and senior Democrat senator, Elizabeth Warren. “Enough is enough,” the senators wrote. “The President must end his war with Iran instead of funding Russia’s war machine.”

    A number of prominent Republicans joined Democrats on Friday to condemn Trump for lifting the diesel sanctions, including congressman Don Bacon, who said the majority of Americans supported Ukraine. “The President’s policies towards Russia and Ukraine are failures. We need moral clarity not moral ambiguity.”

    Ukraine struck and partly disabled a major datacentre operated by Russian technology company Yandex on Friday in the second such action in successive days. Yandex, which is heavily involved in Russia’s ​AI development, said its data centre in the Kaluga region south-west of Moscow had been struck by Ukrainian drones and partly put out of action. Ukrainian arms maker Firepoint said Kyiv had used its FP-1 one-way attack drones to mount the ⁠strike.

    Four Ukrainians were arrested in Vienna this week on ⁠suspicion of spying, Austrian interior minister, Gerhard Karner, said on Friday, with Ukrainska ⁠Pravda newspaper saying two ⁠of ​its team were among those detained. Three remain in custody, Karner said, declining ⁠to provide further details because the investigation was ongoing. Austrian news agency APA quoted a ⁠spokeswoman for the Ukrainian embassy in Vienna as saying ​it was awaiting ‌an explanation from the ‌Austrian authorities on the circumstances of and legal grounds ‌for the arrests. The embassy did not immediately respond to a request for comment.

    Russian ⁠forces struck ​three cargo vessels in and ⁠around Ukraine’s Black Sea ports on ⁠Friday, Russia’s defence ministry ​said. The ‌ministry said ‌one vessel was ‌hit in the port of Mykolaiv, another in the port of Chornomorsk and ‌a third, bound for Odesa, in the ​Black Sea. According to the ministry, all three vessels ⁠were being used ​to supply ​the Ukrainian ​military. Reuters could ​not ‌independently verify ​the ​report or the claim.

    Russian strikes killed three people and wounded at least eight across Ukraine, officials said Friday, as Ukraine struggles to counter escalating Russian bombardments that have killed more than 50 people over the past three days.

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  • Bertolt Brecht : « On ne peut plus mener les affaires du capitalisme sans brutalité »

    Il y a 90 ans, Bertolt Brecht fuyait l'Allemagne nazie. Lors de son exil, l'auteur de théâtre ne cesse d'écrire sur le rôle des écrivains face aux systèmes réactionnaires. Dans Écrire contre le fascisme, Irène Bonnaud réunit des fragments de textes (poèmes, essais, discours…) dont le sujet principal est la lutte contre le fascisme et le capitalisme.

    Bien que presque centenaires, les mots de Bertolt Brecht résonnent aujourd'hui avec une triste justesse. Né en 1898 en Allemagne, cet artiste a dédié sa vie à transformer le théâtre en outil de réflexion politique. Banni par les nazis qui brûlent ses livres en place publique le 10 mai 1933, l'écrivain passe quinze ans en exil et continue de se battre contre le fascisme, le capitalisme et la guerre. Si le public retient surtout ses pièces, il est aussi l'auteur de nombreux poèmes, nouvelles et essais théoriques.

    Écrire contre le fascisme (Divergences, 2026), un recueil de textes rédigés par Brecht entre 1933 et 1939, traduits et préfacés par Irène Bonnaud, éclaire la responsabilité des écrivains. Pour le dramaturge, avant même de combattre le fascisme, il faut s'attaquer au capitalisme et à l'ordre bourgeois, seuls systèmes capables de l'engendrer. Marqué par la Première Guerre mondiale, il dénonce un conflit conçu comme une entreprise économique où les pauvres servent de chair à canon.

    Alors, face au fascisme, que doit-on écrire ? Et surtout, comment ? Celui qui n'a jamais eu de diplôme universitaire s'interroge sur la langue tandis que les nazis réinventent la vérité à travers leurs discours. « Brecht inspecte les mots avec une méfiance renouvelée », écrit Irène Bonnaud. Sa méthode est radicalement critique : « Supprimer toute formulation suspecte, ou, a minima, désinfecter les mots avant usage, une sorte d'asepsie nécessaire pour éviter de contaminer l'antifascisme avec les mots du fascisme. »

    Face à la volonté de réduire le peuple à une masse homogène et indifférenciée, l'écrivain doit au contraire diviser, d'après Brecht. « L'étonnement déclenche une activité critique, qui est la condition de l'art et d'une politique émancipatrice », indique la chercheuse. Plutôt que l'empathie passive et l'identification, le metteur en scène privilégie la distanciation. En brisant l'illusion théâtrale, il invite le spectateur à analyser activement ce qu'il voit dans une attitude résolument critique. Extraits.

    Thelma SusbielleDans de nombreux paysArchive – date incertaine

    « Dans de nombreux pays (leur nombre s'accroît), on ne peut plus mener les affaires du capitalisme sans brutalité. Quelques-uns croient encore que ça va aller ; mais jetant un œil sur leur compte en banque, ils se persuaderont tôt ou tard du contraire. Ce n'est qu'une question de temps.

    Un appel contre le fascisme ne peut être sincère ni honnête si on n'y mentionne pas les rapports sociaux qui l'engendrent comme par nécessité naturelle. Qui ne veut pas abandonner la propriété privée des moyens de production ne se débarrassera pas du fascisme ; au contraire, il en aura besoin. Bien sûr, je sais que des formulations comme propriété privée des moyens de production sont laides, peu romantiques, nullement poétiques. Mais personne ne songe à employer ces mots à cause de leur beauté. Ils sont simplement utiles, c'est-à-dire : dire ce qu'ils disent est utile. Et s'il faut choisir entre user de mots laids, secs, doctrinaires, parler de choses aussi basses que gagner sa vie, manger à sa faim, ou laisser vaincre le fascisme, on devrait se décider pour ces mots. »

    Enterrement du fouteur de merde dans un cercueil de zinc1Poème – 1933

    Ici, dans ce zinc Est couché un homme mort Ou ses jambes et sa tête Ou moins encore Ou rien du tout, vu que c'était Un fouteur de merde. Il a été repéré comme coupable. Enterrez-le. Mieux vaut Que sa femme l'accompagne seule à la fosse. Qui l'accompagne Sera repéré aussi. Ça là dans le zinc Vous a poussé à toutes sortes de choses À vouloir manger à votre faim Habiter au sec Faire bouffer les gosses Insister pour être payé Et à la solidarité avec tous Vos semblables et À penser. ça là dans le zinc a dit Que la production avait besoin d'être organisée autrement Et que vous, les millions qui travaillez, Deviez reprendre la direction. Pour vous, rien n'ira mieux avant. Et vu que ça là dans le zinc a dit ça Il a fini dans le zinc et il faut l'enterrer Comme un fouteur de merde qui vous a tourné la tête Et celui d'entre vous qui parlera de manger à sa faim Et d'habiter au sec Et celui qui insistera pour être payé Et faire bouffer ses gosses Celui qui pensera et se déclarera solidaire De tous les opprimés Celui-là À partir de maintenant et à jamais Doit finir dans le zinc comme lui Le fouteur de merde qu'on va enterrer.

    Les écrivains doivent écrire la véritéTexte publié dans un numéro du quotidien Pariser Tageblatt – décembre 1934

    « Pour nous autres qui écrivons, il est important de savoir à qui nous disons la vérité et qui nous la dit. La grande vérité de notre temps [...] est que notre continent s'enfonce dans la barbarie parce qu'on veut maintenir tel qu'ils sont les rapports de propriété des moyens de production. Il est difficile d'écrire cette vérité, difficile de la reconnaître, difficile de faire en sorte qu'on puisse en faire quelque chose. À quoi sert d'écrire quelque chose dont il ressort que l'état dans lequel nous sombrons est barbare (ce qui est vrai), s'il n'est pas clairement dit pourquoi nous en sommes arrivés là ? Il nous faut dire qu'on torture parce que les rapports de propriété doivent demeurer. [...] En outre, il nous faut dire cela à ceux qui souffrent le plus de ces rapports de propriété, qui ont donc le plus grand intérêt à leur transformation : aux ouvriers et à ceux que nous pouvons convaincre de se faire leurs alliés, parce qu'eux-mêmes ne possèdent pas de moyens de production au sens strict, même s'ils touchent une part des profits. Quand on demande à l'écrivain d'écrire la vérité, on lui demande beaucoup. »

    Notes sur Courage d'Heinrich Mann Article jamais publié, écrit pour la revue Das Wort – mars 1939

    « Le fascisme n'est pas un épisode, il est la dernière phase. Il n'est pas le quatrième acte du grand spectacle Ascension et règne de la bourgeoisie, mais le cinquième. Et le spectacle n'aura pas de happy end. C'est justement la dépravation, la monstruosité et l'incompétence du régime qui empêchent beaucoup d'entre nous de reconnaître le malheur dans toute son étendue, de comprendre sa signification profonde. La prise de pouvoir est survenue comme quelque chose de tout à fait soudain, comme un choc, quelque chose qu'on ne pouvait pas prévoir. Étrangement, nous ne soumettons pas à la critique notre incapacité à prévoir, mais conférons à ce terrible événement quelque chose, pour ainsi dire, d'anhistorique, d'extérieur, d'étranger à l'évolution organique, quelque chose de momentané, comme s'il n'appartenait pas à la ligne normale des événements, nous représentant une ligne qui contiendrait une discontinuité plus ou moins imprévisible et qui pourrait ensuite reprendre son cours normal. On dénie aux fascistes leur caractère bourgeois [...]. En argumentant ainsi, on ne voit pas qu'il s'agit d'une bourgeoisie dépravée, devenue monstrueuse, incapable de remplir son rôle en tant que classe, et on ne comprend rien. [...] En réalité, ce qu'on a sous les yeux, c'est le passage d'une oppression et d'une exploitation non sanglante à une oppression et à une exploitation sanglante. La somme des années de vie arrachée en temps normal au peuple, piétiné, écrasé, pressuré est plus grande que la somme des années de vie qui lui est retirée à présent, et même plus grande que celle qui pourra lui être arrachée dans les guerres qui viendront. […]

    Ainsi, comme le capitalisme a besoin de crises cycliques de surproduction dont il ne peut se débarrasser d'autre manière [...] qu'en détruisant cette surproduction, il a aussi besoin de ses guerres : c'est un ordre économique qui ne fonctionne qu'avec des crises et des guerres. On peut dire que le capitalisme n'est vraiment devenu insupportable que dans sa dernière phase, sa phase fasciste, mais il est devenu fasciste en tant que capitalisme. [...]

    Ce que nous avons dans le mode de production bourgeois, c'est un mode de production sanglant et guerrier, aussi sanglant et guerrier qu'il doit (et peut) être pour que les forces productives puissent continuer à voguer sous le fouet du profit. »

    1 . Les militants de gauche torturés et tués par les nazis étaient rendus à leur famille dans des cercueils de zinc hermétiquement fermés.

  • Le marteau de l'État

    Quand la colère descend dans la rue, la justice accélère. Déjà redoutable en temps normal (surtout pour les plus précaires), la comparution immédiate devient alors l'instrument d'une justice politique et répressive.

    Depuis cinq ans, La Sellette1 observe la justice rendue dans les audiences de comparutions immédiates (CI), une procédure brutale dans laquelle les prévenu·es passent directement du commissariat au palais de justice, et finissent le plus souvent en prison. Habituellement, leur profil est déterminant : le parquet – c'est-à-dire les services du procureur de la République – décide d'envoyer en CI les personnes qui ont un casier judiciaire, ou qui n'ont pas de travail, pas de foyer, ou pas de titre de séjour.

    La comparution immédiate est l'un des moyens utilisés par le gouvernement pour réprimer les mouvements sociaux

    En l'absence de ces « garanties de représentation », la justice estime que celles-ci risqueraient de disparaître dans la nature si elles étaient convoquées plusieurs mois plus tard.

    Outre cet usage habituel, la CI est aussi l'un des moyens utilisés par le gouvernement pour réprimer les mouvements sociaux. Soulèvement dans les quartiers populaires en 2005 après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, luttes contre le Contrat première embauche (CPE) en 2006 ou la loi Travail en 2016, mouvement d'occupation des places Nuit debout la même année, Gilets jaunes en 2018 et 2019, autant de moments où le ministre de la Justice a fait passer à tous les parquets – ses subordonnés hiérarchiques – des instructions par voie de circulaires, leur demandant de privilégier la CI aux procédures ordinaires. Plus récemment l'année 2023 a connu deux mouvements qui ont été l'occasion d'un recours massif à la CI.

    Au nom de la liberté

    Le 16 mars 2023, après deux mois d'importantes mobilisations et en l'absence de majorité au Parlement, le gouvernement recourt à l'article 49.3 de la Constitution pour passer en force sa réforme des retraites. Face aux manifestations de colère que cette décision suscite, le ministre de la Justice adresse deux jours plus tard une dépêche à ses procureur·es, les appelant à recourir à la CI pour « les faits les plus graves, en particulier les violences commises à l'encontre des élus ou des membres des forces de l'ordre ». Ces consignes sont cependant rarement évoquées en audience par les parquets, qui préfèrent se peindre en défenseurs des libertés constitutionnelles plutôt qu'en simples exécutants des volontés ministérielles.

    Samir D. est jugé pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre et avoir résisté pendant son interpellation. Face à une salle remplie de militant·es venu·es soutenir le prévenu, la procureure se lève et commence très fort : « Il faut protéger les forces de l'ordre, seules garantes de la liberté constitutionnelle de manifester ! » Prise dans son élan, elle va jusqu'à affirmer que « les forces de l'ordre sont là pour assurer la sécurité des manifestants ». La moitié de la salle éclate de rire2. Si les procureur·es se défendent habituellement d'instrumentaliser la justice au profit du gouvernement, certain·es utilisent explicitement la procédure de CI pour envoyer un message à tous·tes les manifestant·es.

    Juges comme procureur·es reprochent volontiers aux prévenu·es l'ensemble des dégâts commis pendant les manifestations

    Jonathan T. est jugé pour avoir jeté des cailloux en direction des policiers à la fin de la manifestation contre la réforme des retraites qui s'est déroulée deux jours plus tôt. Au début de ses réquisitions, la procureure tient à expliquer pourquoi le parquet a envoyé en CI un prévenu sans casier judiciaire, qui a reconnu les faits, pour des violences qui n'ont pas occasionné d'incapacité totale de travail : « Il ne faut pas oublier que les faits se déroulent dans un contexte de graves troubles à l'ordre public qui provoquent des dégâts importants, que nous allons devoir toutes et tous payer. Il y a des personnes qui ne sont là que pour saccager, elles s'en prennent aux habitants de la ville qui ne peuvent plus sortir de chez eux parce qu'ils ont peur. Alors oui, le parquet fait passer cette affaire en comparution immédiate ! Le passage dans cette procédure et la peine ont vocation à être exemplaires. »

    Les juges, contrairement aux procureur·es, ne sont pas soumis·es hiérarchiquement au ministre de la Justice. Cette indépendance n'est toutefois pas toujours perceptible en audience. Juges comme procureur·es reprochent volontiers aux prévenu·es l'ensemble des dégâts commis pendant les manifestations.

    Enzo, à peine 18 ans, comparaît pour avoir tenté de mettre le feu à une poubelle pendant une manifestation. Avant de résumer l'affaire, la présidente a une remarque : « Nous sommes là pour juger les faits qui se sont déroulés pendant la manifestation, pas pour juger les opinions politiques. Il ne s'agit pas de sanctionner le droit constitutionnel de manifester et la liberté d'expression. Ce n'est pas le tribunal de la pensée. » Elle cite le procès-verbal de contexte fourni par la police. Celui-ci donne, selon elle, les informations objectives sur la manifestation : « Les policiers ont noté très précisément l'heure où la manifestation commence à dégénérer : 16 heures 01. C'est là qu'il y a eu des dégradations filmées que les citoyens ont pu regarder depuis leur télévision. Les manifestants qui ne veulent pas cautionner ce qui se passe après se dispersent. Les premières interpellations ont eu lieu à 17 heures 30. Ce qui veut dire que les policiers ont laissé aux gens une heure et demie pour s'en aller tranquillement. » La présidente évoque longuement et avec émotion le saccage d'un abribus – que pourtant le prévenu n'est pas accusé d'avoir cassé : « Le citoyen qui n'a pas envie de prendre son véhicule ou même celui qui n'a pas les moyens d'avoir un véhicule ne peut plus prendre les transports ! La personne qui veut juste se mettre à l'abri du mauvais temps ne peut plus le faire. »

    Les manifestant·es toulousain·es contre la réforme des retraites ont été pour la plupart condamné·es à des peines avec sursis ou du travail d'intérêt général, souvent accompagnées d'interdictions de manifester et de dommages et intérêts à payer aux policiers. C'est une réponse judiciaire lourde, inscrite au casier judiciaire, et qui fait suite à une arrestation parfois brutale, une ou deux nuits au commissariat, voire de la détention provisoire. De quoi dissuader de continuer à participer au mouvement social, comme on l'entend dans la déclaration finale de l'un des prévenu·es : « Je suis vraiment désolé, vous ne me reverrez jamais dans cette situation. Je ne manifesterai plus jamais. »

    Pas des vrai·es manifestant·Es

    Les peines avec sursis et les alternatives à la détention auxquelles ont été condamné·es les manifestant·es contre la réforme des retraites tranchent toutefois avec le traitement subi par les prévenu·es arrêté·es pendant les soulèvements qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk, 17 ans, tué par la police le 27 juin 2023 au cours d'un contrôle routier. Trois jours plus tard, Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, diffuse une circulaire aux services du parquet leur demandant de privilégier le recours à la CI et d'ouvrir quand c'est possible de nouvelles salles d'audience pour pouvoir juger les personnes arrêtées.

    Le message est passé. À Grenoble, par exemple, deux audiences de CI sont ouvertes le dimanche 2 juillet pour juger une trentaine de personnes jusqu'après minuit. Devant l'Assemblée nationale, Dupond-Moretti loue l'obéissance des procureur·es : « Je dois dire que l'encre de la circulaire était à peine sèche que déjà les procureurs la mettaient en œuvre. » Les juges aussi ont suivi. Et il tient à les féliciter : « De la même façon, je veux rendre hommage aux magistrats du siège et aux greffiers qui pendant des heures et des heures ont répondu à ces exactions insupportables. Naturellement, la justice a été au rendez-vous de la fermeté que j'appelais de mes vœux. » De fait, le 5 juillet, le ministère de la Justice annonce avoir incarcéré 448 personnes sur les 585 passées en CI.

    La plupart des personnes jugées après la mort de Nahel Merzouk ont un casier vierge, des « garanties de représentations » et comparaissent souvent pour des jets de projectiles en direction des forces de l'ordre.

    Il ne viendrait pas à l'esprit des magistrat·es de trouver une dimension politique aux manifestations de ces jeunes racisé·es issu·es des quartiers populaires

    Leur « profil judiciaire » n'est donc pas si éloigné de celui des manifestant·es contre la réforme des retraites. Mais la distance sociale qui les sépare des gens de justice est bien plus grande. Par ailleurs, là où les magistrat·es reconnaissent au moins aux personnes luttant contre une réforme le mérite de participer à un vrai mouvement social – quoique d'une mauvaise manière –, il ne leur viendrait pas à l'esprit de trouver une dimension politique aux manifestations de ces jeunes racisé·es issu·es des quartiers populaires. La comparution immédiate redevient alors ce qu'elle est par essence : une machine à emprisonner.

    La Sellette

    1 . à travers des chroniques d'audiences à retrouver sur leur blog lasellette.org et aussi chaque mois dans CQFD

    2 . Les extraits sont tous issus de chroniques d'audiences qui se sont tenues à la chambre des comparutions immédiates de Toulouse en mars 2023.

  • La relève !

    Si le mois de septembre refuse toujours obstinément de ressembler à un début d'automne – avec des températures qui donnent davantage envie de boire un pastis à l'ombre que de sortir les pull-overs de Noël –, CQFD a bel et bien fait sa rentrée. Pour tout vous dire, le pavillon du Chien rouge, qui prend toujours un peu l'eau, a dû voguer avec un équipage très réduit cet été. Les dernier·es survivant·es des précédentes tempêtes ont vu leurs semblables être happé·es par un phénomène météorologique épouvantable, bien connu sous le nom de France travail : gigantesque dépression administrative poussant les individus vers le salariat, le grand Capital ou la caisse de l'épicerie paysanne du coin (courage Orianne). Mais alors qu'on croyait chavirer pour de bon, le Chien rouge a aboyé dans cette chronique et sur le monde numérique à la recherche de nouveaux copains et nouvelles copines de galère. Et quelle ne fut pas notre surprise d'entendre toquer à la porte de la rédac à plusieurs reprises ! Samy, Angèle, Pierre-Marie, Clément ou encore Orion ont répondu présent·es pour prendre leur quart. Vous tombez à pic moussaillon·nes ! Ces nouveaux bras ne sont pas de trop ! Souquez les artimuses maintenant ! Car le courant qui veut nous emmener à droite ne s'épuise jamais. Quant à vous, chers lecteurs, lectrices, rassurez-vous : le pavillon du Chien rouge n'a pas dit son dernier « ouaf ». Et sans vouloir faire dans le teasing, restez branché·es : ça arrive fort les frères (et les sœurs) !

    On en profite pour remercier tous·tes celles et ceux qui nous ont fait des dons défiscalisés sur donorbox.org. Vé, notre vigie vigilante, a rarement été si peu alarmiste face à la situation financière du journal. Mais chaque euro compte, et ce n'est pas une raison pour cesser de nous soutenir. Faites acte de piraterie : défendez la presse libre et continuez de nous couvrir d'or !

  • Écologie en eaux tièdes

    Le film Glaciers d'Arctique, état des lieux montre un monde polaire qui fond à vue d'œil. Le diagnostic est connu, l'angoisse bien installée. Mais pour les quelques dizaines de têtes blanches venues en débattre par une chaude soirée d'été lyonnaise, changer la donne se résume encore à faire un effort de pédagogie. Plongée dans une écologie très informée, mais politiquement désarmée.

    Histoire de sortir des 32 degrés de mon appartement, je me suis rendu au cinéma indépendant art et essai et climatisation de mon quartier, à Lyon, pour assister à la projection d'un film documentaire intitulé Glaciers d'Arctique, état des lieux, en présence du réal, Pierre Dugowson, et du spéléo-glaciologue Léo Decaux. Les planètes semblaient donc alignées pour savourer une soirée entre solides camarades écoterroristes ; quelle ne fut pas ma déception.

    Le film, pourtant, recèle bien des qualités. Il s'articule principalement autour de la célèbre glaciologue Heïdi Sevestre qui présente son travail au Svalbard, petit archipel septentrional norvégien qui se réchauffe sept fois plus vite que le reste du globe. Les plans sont longs et permettent une impeccable immersion dans cet extraordinaire environnement. La parole est offerte aux universitaires installés sur place, dont le constat est unanime : chaque année déjoue leurs projections les plus inquiétantes. Quelques instants saisissants clôturent en beauté le film : un plan fixe sur la banquise qui donne à entendre son souffle, un indescriptible craquement sourd. On y découvre des militants contre l'exploitation minière en eaux profondes qui constitue une pratique extractiviste dévastatrice de grande échelle. On sympathise avec les pingos, genre de petits volcans qui s'affaissent par le milieu et laissent s'échapper une eau couleur rouille. On nous rappelle que la fonte du permafrost va libérer des virus qui se sont endurcis sans lumière ni oxygène, ainsi qu'une quantité astronomique (équivalente aux émissions annuelles de l'Union européenne) de gaz à effet de serre que les gros bourgeois du capitalisme d'hier ont émis et qui ont été enfermés dans ce sol gelé. Heïdi Sevestre, entre deux visites du glacier Longyearbyen, exprime sa crainte face à l'explosion techno-solutionniste hallucinatoire qui fait florès aujourd'hui dans les grands groupes industriels.

    La critique de la géo-ingénierie par la glaciologue est claire, mais on aurait pu souhaiter qu'elle soit un peu plus offensive politiquement

    Une mauvaise idée, ce gigantesque rideau polaire sous-marin imaginé pour bloquer les méchants courants chauds qui attaquent les glaciers ? Pas top, ces pompes alimentées au pétrole qui arrosent le glacier afin de l'épaissir ? La critique de la géo-ingénierie par la glaciologue est claire, mais on aurait pu souhaiter qu'elle soit un peu plus offensive politiquement. Le techno-solutionnisme n'est-il pas simplement l'un des prétextes pour continuer le business as usual et légitimer, au nom de la prétendue transition énergétique, une nouvelle étape dans la ruée extractiviste qui nous précipite dans le chaos ?

    Les bons élèves

    La déception survient surtout lors de l'échange avec la salle. Ce qui frappe est l'unanimité autour de certains topoï dépolitisants. Le capitalisme est sans cesse naturalisé, et ce sont les affects qui sont pointés du doigt : les « décideurs » seraient mal informés, alors organisons une projection à l'Assemblée ! Les « gens » ne sont pas « au courant », alors parlons-en ! Cette vision individualisante rend le dépassement du capitalisme impossible, comme si les sociétés humaines ne s'étaient organisées de tout temps qu'avec ce mode de production. Lorsque le mot est enfin lâché – dernière intervention ! – il est entendu comme un synonyme de cupidité. Mais enfin, si même des profs blancs retraités qui se déplacent pour voir des films documentaires écolos un soir de semaine ne voient pas de lutte des classes et d'exploitation dans « la société », ne serait-ce pas le signe de quelque chose ?

    La bourse ou la vie ?

    Ma hot take, la voici : la classe moyenne blanche éduquée de gauche croit que « les choses » changeront lorsque « les gens » seront informés des conséquences de leur « mode de vie ». Eux, informés, ils le sont. Ainsi, en dépolitisant la relation qu'entretiennent productions scientifiques et diffusion auprès du grand public par le biais des industries culturelles, ils aboutissent à une aporie teintée de mépris de classe et d'autosatisfaction. Ils restent aveugles à l'évidence : il n'existe pas de solution au désastre écologique à l'intérieur du capitalisme puisque l'accumulation du capital consiste nécessairement en la destruction des conditions d'habitabilité de la planète dans l'intérêt de la bourgeoisie industrielle extractiviste.

    J'aurais pu deviner l'odeur de la soirée plus tôt. En effet, avant le film étaient diffusés trois courts spots à l'initiative d'une organisation lyonnaise nommée Odysseus 3.1, dont le but est de sensibiliser aux enjeux écologiques, mais dans une ambiance team building. L'un d'eux mettait en scène une équipe souriante, dynamique et motivée sur fond de musique épique et d'inscription de phrases comme : « Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ! » On les voit s'échiner à sortir les « vélo'v » (vélos mis en libre service par la métropole de Lyon) jetés dans le Rhône par d'impolis concitoyens. N'est-on pas en droit de se demander si la priorité est de porter un discours – certes nécessaire mais totalement insuffisant – sur l'incivilité des autres, quand l'entreprise qui commercialise ces vélos n'est autre que JCDecaux, leader mondial de la communication extérieure, c'est-à-dire du mobilier urbain publicitaire ? Mieux vaut sortir les vélos de l'eau ou brûler les panneaux de pub à LED ?

    Samuel Tudeh
  • Zelenskyy furious as Trump announces deal to buy Russian diesel

    US president says agreement needed to lower fuel prices, but move likely to create fresh crisis with Ukraine and Nato allies

    Donald Trump is on a fresh collision course with Volodymyr Zelenskyy and European allies after his stunning agreement to buy Russian diesel upended years of US and western pressure on the Kremlin to end its war against Ukraine.

    Zelenskyy reacted furiously to Trump’s announcement of the deal with Vladimir Putin on Friday, calling it “absolutely terrible” and “not fair and not honest”.

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  • Le 24 octobre 1975, les Islandaises ont bloqué tout le pays par une grève générale

    « Ça a été le plus grand jour de ma vie après la naissance de mes enfants », confie Maria Sigurdardottir. « Être entourée d’autant de femmes qui partageaient le même objectif, c’était quelque chose ! Je n’ai jamais plus ressenti quelque chose de tel dans ma vie. »

    Cet article Le 24 octobre 1975, les Islandaises ont bloqué tout le pays par une grève générale est apparu en premier sur La Relève et La Peste.

  • Trump says Iran could take out CA cities. Pentagon to livestream execution. GOP abandons races as Democrats expand map.

    US President Donald Trump. Photo by Kent NISHIMURA / AFP via Getty Images.

    MAGA Crowd Cheers as Trump Suggests California Cities Could Get Nuked by Iran

    At a campaign rally in Grand Island, Nebraska on Monday, Donald Trump fantasized about the destruction of Los Angeles and San Diego by Iran. When speaking about the war he launched in February, Trump said, “It’s a small price to pay for keeping the world safe, keeping our country safe. They can take out a city, let ’em take out Los Angeles, let ’em take out San Diego. This is a very small price to pay.” At the mention of the destruction of two American cities, the Trump rally crowd cheered loudly.

    Governor Gavin Newsom fired back at Trump, posting, “After sending the National Guard and Marines to occupy California, Donald Trump is now saying our foreign enemies should ‘take out’ Los Angeles and San Diego. He is deranged and dangerous.” According to The Hill, Newsom said “Trump was ‘mentally ill’ and called for the 25th Amendment to be invoked.” San Diego Mayor Todd Gloria wrote, “San Diego is not collateral damage. We are not expendable. And we are never a ‘small price to pay.’ Keep our city out of your reckless war talk.” White House Communications Director Steven Cheung responded saying, “The media freakout over President Trump’s comments is not rooted in reality. He was clearly stating U.S. cities would have been threatened if a nuclear Iran hadn’t been stopped. America is safer because of the President. Iran has no nuclear, no navy, no air force, and no money.”

    On Wednesday, during a rally in San Antonio, Texas, Trump doubled down on the comments, saying, “You want to see trauma? You want to see problems? And I said it the other day, let them hit a missile into San Diego or Los Angeles on the way. You want to see a horror show? You wanna see problems? Let them hit San Diego. Let them hit Los Angeles. You want to see some bad things happen? You want see a country in free fall? We’re not going to let that happen, we protect our cities, we protect our country, we’re not letting that happen.”

    Pentagon Will Livestream Execution of Fort Hood Killer

    In the wake of Tennessee’s botched execution of Christa Pike by lethal injection last week, Defense Secretary Pete Hegseth announced on Wednesday that the execution of Nidal Hasan, who killed 13 people in a 2009 mass shooting at the Fort Hood Army base in Texas, would be livestreamed for the public to view.

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  • Grève dans les écoles et Manifestation

    💥 Mardi 13 octobre : GRÈVE DANS LES ÉCOLES ✊
  • Federal judge rules against Trump DoJ’s policy of collecting state voter rolls

    Judge says justice department policy of checking state voter rolls against a federal immigration database is unlawful

    A federal judge ruled on Friday that the US justice department’s policy of collecting states’ unredacted voter rolls to check them against a federal immigration database is unlawful.

    The ruling, by the US district judge Sparkle Sooknanan, was a setback for Donald Trump, who has pushed his administration to ramp up investigations into non-citizen voting ahead of the November midterm elections, with control of Congress at stake.

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  • [Lenvolée] Conditions de parloirs : de pire en pire depuis le Covid – Gilets jaunes : retour sur un mouvement

  • Projection du film "Yallah Gaza" de Roland Nurier

    Projection du film "Yallah Gaza" à Albertville
  • AG du Queerclub

    Assemblée générale du Queerclub, venez nombreux·ses !
  • Projection du film - "Jenine dans le viseur" de Ehab Ghafri

    Urgence Palestine Chambéry, Afps Chambery et @lesbatisseursdespoir73, vous invitent à une soirée de projection du documentaire « Jenine dans le viseur », en présence du réalisateur, metteur en scène et psychologue palestinien, Ehab Ghafri.
  • Rassemblement Palestine- Albertville

    Rendez vous a 10h devant la mairie !
  • Rassemblement pour la Palestine - Chambéry

    RASSEMBLEMENT 17H PL DE GENÈVE STOP GENOCIDE COLONISATION APARTHEID STOP à l’ IMPUNITE d ’ISRAEL IL EST URGENT DE PRENDRE DES SANCTIONS INTERNATIONALES CONTRE ISRAEL
  • Procès Dati-Ghosn : au cœur d'une affaire sensible

    Source : Le Média Format : vidéo
  • « Pourquoi faudrait-il du courage pour dire la vérité ? » : Navi Pillay, qui a dirigé le rapport de l'ONU sur le génocide à Gaza, remporte le prix Nobel de la paix (Anglais)

    Source : Common Dreams - États-Unis Lire la traduction automatique en français
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