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  • Navier-Stokes, conjecture de Poincaré… : quels sont ces fameux problèmes du millénaire

    Si vous trouvez la solution à l'un de ces problèmes mathématiques, vous pourrez empocher un million de dollars. L'Institut de mathématiques Clay offre cette récompense pour résoudre des énigmes réputées insurmontables.

  • Mettez à jour Plex ! (même sans savoir contre quoi)

    Si vous faites tourner un Plex Media Server quelque part chez vous, sachez que le 1er septembre dernier, Plex a publié un avis de sécurité qui demande aux propriétaires de serveur de passer en 1.43.3, et aux utilisateurs de l'application Desktop de passer en 1.115.0. Les versions 1.43.2 et antérieures sont donc toutes concernées.

    Et c'est à peu près tout ce que l'annonce contient... Ils évoquent "un certain nombre de problèmes de sécurité", sans un mot sur ce qui est touché, ni sur la façon dont ça s'exploite, ni sur la gravité. Plex dit avoir demandé des identifiants CVE et promet de revenir publiquement donner des détails ensuite. Mais cela fait 8 jours et pour le moment, rien. Même la base de vulnérabilités du NIST ne renvoie rien sur "Plex Media Server"...

    Mais de son côté, la Shadowserver Foundation , elle, n'a pas attendu les détails. En réponse à l'avis de Plex, elle scanne Internet tous les jours à la recherche des serveurs non patchés. Et à ce jour, elle en a dénombré plus de 36 000 exposés dont 16 000 rien qu'aux États-Unis.

    Mais bon, peu importe... Comme personne ne sait ce que la faille permet, inutile d'essayer de jauger le risque. La seule question qu'on doit tous se poser, c'est de savoir si nos serveurs sont joignables depuis l'extérieur. Si l'accès distant est activé, ou qu'une redirection de port sur la box ou un sous-domaine pointe dessus, vous êtes sûrement dans le lot que Shadowserver a débusqué. Pire, des cybercriminels pourraient exploiter cette vulnérabilité... Donc mettez à jour rapidement.

    C'est pas sorcier. Sous Windows, macOS et Linux, vérifiez que vous êtes bien en 1.43.3 ou plus récent, et sinon le paquet vous attend sur la page de téléchargement. Pour les installations Docker, Plex renvoie au README de son dépôt. Par contre, si votre Plex tourne sur un NAS, Plex prévient lui-même que le paquet peut ne pas encore être arrivé dans le magasin d'applications du constructeur. N'attendez pas qu'il descende tout seul, récupérez-le et installez-le à la main depuis l'interface du NAS.

    Et si vous vous dites qu'un serveur de films n'intéresse personne, souvenez-vous de LastPass. En 2022, les attaquants sont entrés dans l'ordinateur d'un ingénieur de la boîte par son Plex Media Server , qui était encore sur une vieille version, et sont ressortis avec les coffres chiffrés des clients.

    Alors allez-y.

    Source : BleepingComputer

  • Sit-in devant le SPF Affaires étrangères

    SIT-IN devant le SPF Affaires étrangères JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026 à 18:00 pour demander au gouvernement fédéral d'organiser l'évacuation en accord avec l'armée israélienne. La Belgique bloque l'entrée de 13 étudiants palestiniens de Gaza malgré leurs visas et des bourses d'études et de recherche. Plusieurs pays dont la France, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne ont obtenus l'évacuation d'étudiants. (Les évacuations sont donc possibles !) La Belgique n'a pas la volonté politique de le faire, elle n'envisage aucune évacuation après celles de décembre 2025. (Même la Belgique y arrive quand elle le veut !) Faisons entendre nos voix, demandons à nos représentants de se mettre d'accord et d'organiser une évacuation pour permettre aux 13 étudiants gazaouis de participer à la prochaine année académique . Le prochain conseil des ministres aura lieu le vendredi 11 septembre. Retrouvons-nous Jeudi 10 septembre, 18h. SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement rue des Petits Carmes, 15 1000 Bruxelles Belgique
  • Rencontre de luttes pour le droit au logement

    Si tu es de près ou de loin engagé.e dans la lutte pour des logements dignes pour tou·tes, tu connais peut-être les Housing Action Days. Parti d'une intiative militante rassemblant plusieurs pays, ce mouvement cherche, chaque année fin mars, à mettre l'accent sur le logement à travers des actions plus ou moins radicales. Trouver, se payer, et rester dans un logement à Bxl est encore et toujours plus compliqué. Avec les quelques personnes qui coordonnent les HAD, on pense que des actions fortes et radicales restent nécessaires, tout autant qu'une mobilisation très large, sur un problème qui concerne toujours plus du monde mais touche aussi certains groupes de manière plus violente. Les militant.es, squatteur.euses, personnes sans-papiers possèdent une expérience précieuse dans cette lutte. ✊ Le 22 septembre, on aimerait réfléchir ensemble autour de certaines thématiques centrales dans la lutte pour des logements dignes à Bxl (dont : la répression – en particulier des squatteur.euse et personnes sans papiers, la baisse des loyers, la fermeture des places d'accueil et la vente de logement social...), et voir comment s'organiser et se renforcer mutuellement dans nos luttes. 📍Rdv le 22/09 de 18h à 21h à la Poissonnerie, avenue de la Reine 89 à Schaerbeek. 💌 Ceci est une invitation ouverte, n'hésite pas à partager l'info ! 📝 Ce sera plus simple pour nous organiser si tu t'inscris avant le 20/09 via ce formulaire : https://framaforms.org/had-2027-luttes-logement-a-bxl-1788792373. 🍲On prévoit de quoi grignoter mais n'hésite pas à amener ton souper. ❤️Fais nous savoir via la formulaire si tu as des besoins spécifiques.
  • Soirée de soutien à 'La Locale solidaire'

    Quand ?
    Le 27 septembre de 17h à 22h

    Où ?
    CICP - Centre International de Culture Populaire 21 ter, rue Voltaire, 75011, Paris, France

    Rentrée pour le Collectif Contre Culture avec le Syndicat CNT des travailleurs/travailleuses de l'Education 93 pour un nouveau lieu de vie, de rencontre et d'organisation solidaire et autogéré à Aubervilliers.

    La CNT STE-93 organise un événement de soutien à La Locale Solidaire, association basée à Aubervilliers, @local_autogere_auber sur Instagram, où auront lieu une discussion sur les lieux de rencontre, d'organisaitons et de vies solidaires alternatifs suivi de concerts des groupes King Kong Meuf, Glottes Control et Cydonia.

    La Locale vise à créer un lieu de vie solidaire et autogéré à Aubervilliers où chacun.e pourrait s'organiser, cuisiner, se rencontrer, faire vivre les luttes solidaires et antifascistes. L'association a déjà fait l'acquisition d'un lieu au 49, rue Moutier à Aubervilliers ; les fonds générées par l'événement permettront de poursuivre les travaux nécessaires à l'ouverture au public et à rembourser l'achat du local.

    Le STE-93 a interrogé des membres de La Locale en février, émission disponible via ce lien

    – 17h30 : discussion à propos des lieux de vie, de rencontre et d'organisation avec le collectif.

    – Musiques avec :

    • KING KONG MEUF (punk meuf)
    • GLOTTES CONTROL (punk girlz)
    • CYDONIA (boyz band)

    COLLECTIF CONTRE CULTURE
    au CENTRE INTERNATIONAL DE CULTURE POPULAIRE
    21 TER RUE VOLTAIRE
    75011 PARIS
    METROS ALEXANDRE DUMAS - AVRON

    BLOG
    ARCHIVES ANTERIEURES
    RETRANSMISSION INTERVIEWS SOUTIEN ET GROUPES DE LA SOIREE EN DIRECT DANS L'EMISSION KONSTROY TOUS LES DIMANCHES DE 18 A 20H SUR RADIO "CAUSE COMMUNE" - 93.1 Megateuf

    Prix libre - pas d'attitudes ou propos racistes, sexistes ou discriminatoires
    Pas de verre et laissez les animals tranquillous à la maison ou à des aminches

  • « D'où il sort celui-là ? » : ce loup n'attaque pas les troupeaux et n'a pas peur des humains

    Le loup qui rode depuis mai autour du col Agnel, dans les Hautes-Alpes, semble différent de ses congénères : il ne s'attaque pas aux troupeaux et n'a pas peur des humains. Des associations craignent qu'il ne soit abattu quand même.
    Col Agnel (Hautes-Alpes), reportage
    Un sifflement déchire le silence. Bref. Aigu. Comme un éclat de verre. Un second cri lui fait écho. Puis un troisième. Les marmottes sonnent l'alerte. À l'entrée d'un terrier, quatre d'entre elles se sont figées. (…)

    Lire la suite - Reportage / Animaux , Nature , Montagne
  • Robots humanoïdes : Neura Robotics fait appel à l’italien Seco pour fabriquer les modules de calcul de ses robots 4NE1

    Elle est l’une des start-up européennes les plus en vogue dans la robotique humanoïde : Neura Robotics, connue pour son modèle 4NE1, a annoncé le 7 septembre un partenariat avec l’entreprise italienne Seco afin de travailler sur les modules de calcul électronique de ses robots de pointe. “Grâce à son concept de membres intelligents, la détection et le calcul sont distribués dans tout le robot, rapprochant l’intelligence des articulations, des capteurs et des interactions physiques où des décisions en temps réel sont nécessaires”, explique la jeune pousse allemande.

  • Événement de soutien à un internet militant & autonome

    Quand ?
    Le 12 septembre de 18h30 à 23h

    Où ?
    La Kunda (entrée Lagaisse) 46, rue Jules Lagaisse 94400 Vitry-sur-Seine

    L'offensive de Trump contre Autistici/Inventati aura une seule conséquence : multiplier A/I partout.
    Voir ici et là

    Nous organisons un événement de rencontre, partage et discussion ce samedi 12 septembre à la Kunda pour réfléchir ensemble à quelle réponse apporter depuis où nous sommes

    Au programme : infokiosques, discussion, projection et cantine vegan.
    Tout sera à prix libre !

  • Souveraineté numérique : Face à la ruée vers les data centers géants, le marseillais Phocea DC mise sur des infrastructures edge de quelques mégawatts

    Alors que la plupart des investissements annoncés dans les data centers portent sur des campus de plusieurs dizaines, voire centaines de mégawatts (MW), le marseillais Phocea DC défend une trajectoire presque inverse. L’opérateur veut bâtir un réseau de data centers edge de quelques mégawatts, implantés en ville, proches des utilisateurs et mieux intégrés au tissu local.

  • Some Vulnerable Republicans Are Ducking Out Of Trump's Midterm Convention

    Several vulnerable Republicans plan to skip the party's unusual midterm convention in Dallas this week amid President Donald Trump's falling approval ratings and ongoing voter blowback on issues like his war on Iran and rising gas prices. Sens. Susan Collins (R-Maine) and Dan Sullivan (R-Alaska), as well as House Reps. Brian Fitzpatrick (R-Pa.), David Valadao (R-Calif.) and Tom Barrett (R-Mich.) will not attend. Sen. Mike Rounds (R-S.D.), an incumbent in a solid Republican seat who's facing an independent challenger, also doesn't plan to go to the convention, according to The Hill. Neither will former New Hampshire Sen. John Sununu, who's running to retake a Senate seat in the swing state, per The New York Times...
  • « Taxe du slip » ? non, le nouveau malus textile ne vise ni tous les vêtements, ni toutes les marques

    Source :Compte Facebook, le 2 septembre

    Etiqe :TROMPEUR

    Contenu :

    « Nouvelle taxe du slip […] Préparez-vous à payer plus cher », cingle un internaute sur Facebook. « Donc au moment où plus personne ne peut vivre correctement de son travail, le gouvernement organise la hausse massive du prix des vêtements ? », s’indigne un autre.

    C’est peu dire que l’entrée en vigueur du malus textile s’est attiré les foudres des réseaux sociaux. Les critiques, nombreuses, se basent essentiellement sur une infographie du journal Le Parisien où différents montants de pénalités sont affichés selon des types de vêtements.

    On y découvre que la pénalité appliquée à la contribution du producteur est fixée à 50 centimes pour une paire de chaussettes en 2026 et 2027, et pourra atteindre 2 € à partir de 2030. Elle s’élève à 12 € pour un manteau ou une veste en 2026 et 2027 et à 19,50 € à partir de 2030.

    Des sommes globalement trompeuses, car présentées sans aucune contextualisation. Contrairement à ce que laissent entendre les publications, tous les vêtements ne seront pas concernés. Comme le précisait déjà l’article initial du Parisien, la mesure vise uniquement ceux commercialisés par les enseignes de mode ultra-éphémère, ou « express ».

    L’ultra fast fashion visée

    Cette mode est définie par la loi du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. À son article 1, il est indiqué que « relèvent de la mode ultra-express les pratiques industrielles et commerciales des producteurs qui ont pour conséquence la diminution de la durée d’usage ou de la durée de vie de produits en raison de la mise sur le marché d’un nombre élevé de références de produits neufs et de la faible incitation à réparer ces produits. »

    Mais alors concrètement qui est visé par ce nouveau malus ? Si la loi ne cite aucune enseigne, les plateformes chinoises telles que Temu, Shein ou encore AliExpress sont visées.

    Ainsi, dans une vidéo publiée sur LinkedIn, Serge Papin, le ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme, et du Pouvoir d’achat, citait, en évoquant l’entrée en vigueur du malus, les « 7 000 à 8 000 références » proposées tous les jours par Shein. « Les marques européennes et françaises, bien plus raisonnables, en sont préservées de fait. », dévoilait-il également dans une interview au journal Ouest-France.

    Le gouvernement chinois s’est même positionné sur le sujet en menaçant la France de mesures de rétorsion comme le rapportait Le Monde, le 3 septembre.

    Possible impact pour le consommateur

    Aussi, contrairement à ce que suggèrent les publications, les malus qui seront appliqués aux produits vendus par les marques de mode ultra-éphémère ne seront pas directement payés par les consommateurs français. De fait, ce seront les marques elles-mêmes qui se verront impactées.

    « À compter du 1er septembre 2026, les contributions financières versées par les producteurs à l’éco-organisme » [Refashion] « sont modulées selon les pénalités associées à la durabilité liée aux pratiques industrielles et commerciales. », est-il détaillé dans l’arrêté publié au Journal officiel le 28 août dernier.

    Les producteurs concernés devront donc acquitter une contribution plus élevée lorsque leurs pratiques, évaluées notamment à partir de la largeur de leur gamme et de l’incitation à réparer leurs produits, conduisent à un score inférieur ou égal au seuil fixé.

    Dès lors, les producteurs concernés répercuteront-ils ces pénalités sur le prix de vente de leurs produits ? C’est envisageable, mais il est trop tôt pour le dire, puisque le dispositif est actif depuis le 1er septembre seulement.

    Interrogée par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Anne-Cécile Violland, la députée rapporteure de la loi du 8 juillet 2026 à l’Assemblée nationale, indiquait que « juridiquement, rien n’oblige le fabricant à répercuter ce malus sur les consommateurs. Mais, dans les faits, il pourra l’ajouter au prix de vente. » Contactée, l’élue n’a pas répondu à nos questions.

    Précision importante, ces montants peuvent être plafonnés : la loi prévoit que, sur demande motivée du producteur, l’éco-organisme doit limiter la pénalité à 50 % du prix de vente hors taxe du produit.

    Les malus affichés par les publications représentent des montants maximums. En effet, la valeur du malus « peut atteindre jusqu’à 50 % du prix dans la limite de 12 € en 2026 et 19,50 € en 2030 », détaille le ministère de l’Économie et des Finances.

    La loi précise que cette limitation à 50 % du prix de vente hors taxe intervient sur demande motivée du producteur. Ainsi, pour un manteau auquel correspond une pénalité de 12 €, le montant effectivement dû peut être inférieur si ce plafond vient à s’appliquer.

     

    Auteurs :

    Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste

    Relecteur : Etienne Merle, journaliste

    Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

    Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

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  • Ce pack avec GTA VI en précommande ajoute un casque gaming JBL gratuitement

    [Deal du jour] Grand Theft Auto VI arrive le 19 novembre 2026 sur PS5, et les précommandes sont ouvertes depuis fin juin. Le site Joybuy propose la version PS5 en pack avec un casque de jeu JBL Quantum 100P pour 79,99 €.

  • La contre-attaque du Canada sur les droits de douane va-t-elle pénaliser son économie ?

    Une nouvelle salve de droits de douane américains frappe des secteurs canadiens très intégrés à l’économie des Etats-Unis. Le Canada riposte, au risque d’en subir des conséquences.
  • Nouvelle-Calédonie: les leaders kanak réclament l’ouverture d’une enquête contre Attal, Darmanin, Dupond-Moretti et Lecornu

    La Cour de justice de la République a enregistré, le 9 septembre, une plainte visant les ministres chargés de la crise qui a secoué l’archipel en 2024. Elle est signée par six militants indépendantistes qui estiment, éléments à l’appui, avoir été transférés et incarcérés en métropole «pour des motifs de nature exclusivement politique».
  • Face à la victoire de l'extrême droite dans un Etat-région allemand, un cordon sanitaire est encore possible

  • « On ne veut pas d’AD Laurent à Auch » : pétition contre l’influenceur masculiniste évincé de TikTok

    Banni des réseaux sociaux pour avoir propagé une vision toxique de la sexualité, AD Laurent revient influencer les jeunes dans les discothèques. Et il est difficile de le contrer.

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  • Trump told Putin he wants swift end to Ukraine war and US-Russia ties restored, Kremlin says

    Donald Trump told Russian President Vladimir Putin by phone on Tuesday that he wanted a swift end to the ‌war in Ukraine, which would allow U.S.-Russia ties to be fully restored, the Kremlin said, adding that Putin had supported the U.S. president's view. The call, which the Kremlin said lasted an hour, followed a weekend visit to Moscow and Kyiv by U.S. envoys Steve Witkoff and Jared Kushner, who are trying to revive stalled ​talks designed to find a way to end the fighting.
  • Trump didn't oppose UK sanctions on Israeli settlements

    The Trump administration did not oppose a UK-led initiative to impose new sanctions on Israeli settlements in the occupied West Bank, U.S. officials and Western diplomats say. Why it matters: The White House's decision not to push back on the UK effort, which 11 other Western countries have joined, is a signal of its frustration with the Netanyahu government's policy in the West Bank.
  • 11 septembre, Julien Odoul à Gevingey. Insulte révisionniste de la rafle de gevingey ?

    Réunion de rentrée du R.N. Jurassien.

    Ce responsable local et élu de l'yonne pour le rassemblement national, parti révisionniste, dont le fondateur a été outrancier quant aux déportations et aux chambres à gaz, dont certains fondateurs sont issus des rangs des nazis de la seconde guerre mondiale, va venir à Gevingey ce 11 septembre.

    A-t-il choisi spécifiquement le lieu, quelques mois après le 82e anniversaire de la rafle de Gevingey, lors de laquelle dix-neuf personnes ont été déportées et une seule est revenue ?

    Pour rappel, à partir du printemps 1944, la répression de l'armée allemande prend une autre dimension.
    A partir du 9 avril, est menée l'opération Frühling contre les maquis de l'Ain et du Haut Jura avec la présence active des SS.
    Dans le Bas Jura, le 26 avril, sur dénonciation, un groupe de maquisards est attaqué à Frébuans par les soldats allemands. Le commandant Foucaut, résistant, est abattu. Dans la foulée, a lieu une rafle d'habitants de Trenal dont plusieurs personnes juives réfugiées. Pour une raison que l'on ignore, toutes les personnes sont libérées, et, c'est sur la commune de Gevingey que vont s'abattre les foudres de l'occupant qui rafle 19 femmes, hommes et enfants qui seront déportés au début du mois de mai à Auschwitz.

    Seule rescapée de cette rafle, Simone Polak qui témoigne encore dans ses livres mais aussi dans la vidéo réalisée par Dominique Gayet sur la Rafle de Gevingey.

    Gevingey fut le seul village du département où eut lieu une rafle de personnes juives.
    Lors de la commémoration des 80 ans de la rafle, quasiment tous les maires de la comcom et les élus du département étaient présents ainsi que les associations mémorielles.

    Lors de la future et proche venue de Julien Odoul pour sa réunion de rentrée, les élus locaux de tous bords vont-ils aller lui passer la brosse à reluire, jouer l'indifférence ? Ou vont-ils se positionner clairement ?

    Lors de sa venue, les associations mémorielles vont-elles continuer à minimiser les actes politiques, racistes, impérialistes, et autoritaires, du R.N.? Ou vont-elles enfin retrouver la mémoire des combattants et déportés de 39-45, résistants, et humains pour condamner des positions toujours semblables aux anciens occupants, essentialistes, autoritaires, et racistes ?

    Credit photo daniellebrulebois.fr

  • Trump expands Canada trade fight with sweeping ban on Canadian imports

    The Trump administration will ban imports of Canadian dairy products, most alcoholic beverages and motorcycles, the White House announced Tuesday, marking a sharp escalation in the trade dispute between the neighboring countries. The restrictions will take effect in three weeks, according to the White House. The move came hours after Canada imposed retaliatory tariffs on $20 billion worth of U.S. imports. The latest action deepens a trade conflict between two of North America's largest trading partners, with both governments imposing new measures despite their closely integrated economies and longstanding commercial relationship.
  • Trump banning import of Canadian booze, motorcycles, other goods into U.S.

    U.S. President Donald Trump is banning the import of Canadian alcohol, motorcycles and various other products into the U.S. Trump signed five proclamations on Tuesday night, which will ban those Canadian imports as of Sept. 29, and slap 50 per cent tariffs on a series of other products starting next week. Whey products and molasses are also included in the new ban, while certain dairy products, paper and wood products, aluminum products, furniture and mattresses will be subject to 50 per cent levies.
  • Trump bans some Canadian imports as North America trade war intensifies

    President Trump said the U.S. would ban Canadian alcohol, some dairy products and large motorcycles, sharply escalating a trade war largely fought with tariffs. Why it matters: The measures deepen the economic rift between countries that have spent decades interlinking commerce, threatening disruption for businesses and consumers on both sides of the border.
  • Cette semaine dans l’Hérault : mobilisations étudiantes, de l’énergie, de la santé et de l’action sociale, contre la répression des GJ et soutiens à la Palestine

    Mercredi 9 septembre

    Montpellier : goûter d’accueil du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) à 16h, sur la pelouse d’Atrium à l’entrée de l’université Paul Valéry

    Montpellier : soirée conférence et débat avec Frank Mintz, historien et militant libertaire auteur du livre “L’autogestion dans l’Espagne révolutionnaire”, organisé par l’Union Communiste Libertaire. Ce sera à partir de 19h à La Carmagnole, 10 rue de la Palissade

    Jeudi 10 septembre

    Montpellier : rassemblement de soutien à José Luis Moragues, militant BDS/UP Montpellier attaqué en justice par les présidentes du CRIF Languedoc-Roussillon et du Centre Culturel Juif Simone Veil (CCJSV) pour une vidéo dénonçant leur soutien politique à Israël. Ce sera à 13h au Tribunal Judiciaire, place Pierre Flotte.

    Frontignan : ouverture de l’épicerie associative de la Coopérative Intégrale du Bassin de Thau (CIBT). Les principaux produits disponibles sont des produits locaux, de saison, bio, en circuit-court et à prix libre (légumes, fruits, pain, farine, œufs, fromages de chèvre, miels, confitures, tisanes, sirops, vins, huile d’olive, huiles culinaires, vinaigres aux plantes, sel aux herbes, savons et baumes avec des plantes cultivées localement, riz de Camargue, lentilles, pois chiches.) Ce sera de 17h à 18h30 au local associatif La Grève, 19 bis boulevard Victor Hugo

    Frontignan : discussion sur la loi « permis de tuer », qui prévoit une présomption d’usage légitime de l’arme par les forces de l’ordre qui va au-delà de la légitime défense, de 18h30 à 20h30 au local associatif La Grève, 19 bis boulevard Victor Hugo

    Samedi 12 septembre

    Montpellier : fête “La rentrée de la lutte des classes” au local associatif Le Quartier Généreux, 2 quai des Tanneurs, de 12h30 à 23h30. Au programme : conférence et ateliers militants, repas partagés, animations et jeux de kermesse, et une boom en soirée. Plus de détails sur le programme par ici

    Lundi 14 septembre

    Montpellier : permanence du BIB Hackerspace, pour venir boire un coup ou discuter questions informatiques, numériques ou biologiques, avec un collectif autogéré privilégiant logiciels libres et protection des données. Dès 18h30 à La Tendresse, 80 impasse Flouch

    Mardi 15 septembre

    Béziers : rassemblement à 9h à Enedis Ovalie, puis à 11h devant la sous-préfecture, à l’initiative des salarié-es électricien-nes et gaziers-ères, dans le cadre d’une mobilisation contre la remise en question du tarif spécial sur l’énergie dont bénéficient les agents

    Montpellier : manifestation étudiante contre les frais d’inscription prévus à l’entrée de certaines formations pour les étudiant-es étrangers-ères et la suppression des APL pour certain-es étudiant-es étrangers-ères hors UE. Ce sera à 10h place Albert 1er.

    Montpellier : rassemblement à 10h à Trancavel, à l’initiative des salarié-es électricien-nes et gaziers-ères, dans le cadre d’une mobilisation contre la remise en question du tarif spécial sur l’énergie dont bénéficient les agents

    Montpellier : rassemblement régional de 12h à 14h devant la préfecture contre le manque de moyens dans la santé et l’action sociale, appelé aussi par les syndicats de l’énergie. La CGT sera aussi présente de 9h à 12h sur la place de la Comédie

    Montpellier : rassemblement de soutien à Roland Veuillet, convoqué à 14h devant la Cour d’Appel de Montpellier pour des faits remontant au mouvement des gilets jaunes

    Montpellier : conférence-débat sur le thème “L’extrême-droite dans le Midi, permanences et mutations.”, dès 19h à La Carmagnole, 10 rue de la Palissade. Avec Philippe Secondy, historien, auteur de “La persistance du Midi blanc” et de “Fabrication d’un collabo” et Emmanuel Négrier, politiste, CEPEL, directeur de la revue Pôle sud. Dans le cadre du festival antifasciste et solidaire Les Fourmilières.

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  • ‘They’re ready to come home’: the movement to bring young voters back to Democrats

    After young people shifted right for Trump, Democratic-aligned groups across the US are eager to capture gen Z voters before November’s midterm elections

    On the first day of the fall semester at California State University, Northridge, student organizers holding “Hot People Vote” signs wheeled a bright pink wagon outside the student union. They offered “no strings attached” donuts, heart-shaped sunglasses and voting information for the November general election. Even though it was 105F outside, dozens of people stopped by to chat with the Donuts + Democracy volunteers and register to vote.

    One student told organizer Dzian Tran that she didn’t plan to vote because she was disillusioned with politics. Tran chatted with her about how civic engagement is important to democracy and how some elections are won by a margin of only 400 votes. As she thanked Tran, the student held her phone up to a QR code to get more information about voting.

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  • Cafards, matelas au sol : la justice exige des mesures d'urgence à la prison d'Aix-Luynes

    Source : Marsactu Payant
  • 5 ans de prison avec sursis requis contre Olivier Bouygues pour chasse illégale

    Source : La Relève et La Peste
  • En 2050, le climat pourrait être la première source de tensions dans la société française

    Source : Le Nouveau Paradigme
  • École en France, le choix de l'inégalité

    Source : Là-bas si j'y suis Payant Format : vidéo
  • Le cyberharcèlement de la judoka Léa Fontaine révèle la montée inquiétante des masculinistes sur les réseaux sociaux

    Source : Parallèle Sud

    Même si les luttes contre les discriminations avancent, ces dernières restent quand même relativement très fréquentes. Cet article de Parallèle Sud, revient sur le cyberharcèlement subi par la judokate Léa Fontaine suite à sa victoire du Grand Slam de Lausanne (Suisse) à la fin du mois d'août.

    L'article indique que cette « vague de commentaires sexistes et grossophobes » révèle surtout la montée en puissance des masculinistes sur les réseaux sociaux. Parallèle Sud fait intervenir Évelyne Corbière Naminzo, ancienne présidente de l'Union des femmes réunionnaises (UFR) et aujourd'hui sénatrice de La Réunion, d'où est originaire Léa Fontaine, ainsi que Victor Abel-Gagné, président de la LDH (Ligue des droits de l'Homme).

    Ce dernier affirme surtout que « Nous sommes dans un monde qui hyperexpose les sportifs et les artistes. [...] Le problème, c'est que l'algorithme tend à mettre en avant ce qui fait mal »
    Par ailleurs, les avancées féministes s'exposent à un retour de bâton masculiniste.
    Alors quelles solutions ? Si la justice avance lentement, c'est certainement à cause d'une « question de moyens » estime Évelyne Corbière Naminzo.

  • Sebta (Ceuta) : une juge espagnole met le Maroc au cœur de l'enquête judiciaire

    Source : Enass - Maroc
  • Violences dans le périscolaire : à Villeurbanne, des failles dans le processus de recrutement

    Source : Mediacités Lyon Payant
  • Le cyberharcèlement de la judoka Léa Fontaine révèle la montée inquiétante des masculinistes sur les réseaux sociaux

    Source : Parallèle Sud
  • « Ce n'est sans doute que le début » : le Royaume-Uni, la France et le Canada s'apprêtent à interdire les importations en provenance des colonies israéliennes (Anglais)

    Source : Common Dreams - États-Unis Lire la traduction automatique en français
  • Conflit : Ce qui reste de Boko Haram, 12 ans plus tard…

    Source : Data Cameroon - Cameroun
  • Dans le Sud de la France, une « terre de femmes » à l'écart du patriarcat

    Source : Les Jours Payant
  • Meurtre d’Aramburú: «Loïk était comme un enfant qui ne sait pas gérer sa frustration»

    Lors de l’examen de leurs personnalités, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, les militants d’extrême droite radicale ayant fait feu sur l’ancien international de rugby argentin, ont été confrontés à leur passé, fait d’actes de violence répétés et d’indifférence aux décisions de justice.
  • Trump to address midterm convention after Qatar-gifted plane delayed by emergency-slide check – live

    President to give speeches on both days of unconventional gathering in Dallas; president boards Air Force One after crew inspects the slide

    Stefany Shaheen, the daughter of a longtime New Hampshire senator and former governor, has won the Democratic nomination in the race for Chris Pappas’s former House seat.

    Stefany Shaheen’s mother Jeanne Shaheen is a former governor who has represented New Hampshire in the Senate since 2009. The younger Shaheen’s family ties to the Democratic establishment – and accusations of nepotism – became a point of attack by her opponent in the primary race.

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  • Affaire du 8/12/20 : délibéré de l'appel le 10 septembre

    Le délibéré sera rendu ce jeudi 10 septembre 2026, à la Cour d'Appel de Paris, à 13h30. Toutes les formes de solidarité sont bienvenues. Sur place pour faire nombre face à la violence de l'Etat, mais d'autres formes de soutiens, délocalisées, seront aussi précieuses.

    Article en parti repris de nantes.indymedia.org (pour une soirée de soutien organisée à Rennes le 30/10. pour relayer sur trognon, nous avons retiré les paragraphes d'invitation à la soirée de soutien de Rennes, mais vous pouvez le retrouver sur l'article originel)

    C'est une affaire qui commence à dater, mais dont on attend toujours de pouvoir tourner la page. Le 8 décembre 2020, avant le lever du jour, des arrestations avaient lieu dans toute la France avec les moyens de l'antiterrorisme – le RAID avec des cagoules têtes de mort, des armes de guerres pointées sur les gens, des maisons saccagées… Puis quatre jours de garde-à-vue à Levallois Perret, dans la même ambiance, terrorisante. Le 11 décembre, le contrôle judiciaire est prononcé pour deux d'entre elleux et les cinq autres sont incarcéré·es dans cinq prisons différentes d'Île-de-France, sous le statut DPS (détenu·e particulièrement signalé·e). L'un d'entre-elleux, Libre Flot, est placé en isolement total.

    Cette affaire, c'est celle d'une association de malfaiteurs terroriste, qui vise directement « l'ultra-gauche », selon les termes du dossier. Sept personnes en lien avec un militant internationaliste, Libre Flot, qui a répondu en 2017 à l'appel des populations du Rojava pour protéger la paix en participant à la guerre de légitime défense contre Daech et l'armée turque. Comme le dit le Collectif des Combattantes et Combattants Francophones du Rojava dans une tribune de soutien : « Nous sommes allés au Rojava avec la volonté de défendre une révolution basée sur la démocratie directe, la coexistence pacifique entre communautés, l'égalité femmes-hommes et le juste partage des richesses, autant de valeurs dont l'État français se réclame sans jamais les appliquer. » À partir de là, les renseignements fantasment un « revenant » qui chercherait à mettre à profit des compétences militaires acquises en Syrie pour créer une milice qui aurait pour cible l'Etat français et ses forces de l'ordre. Une surveillance du fameux malfaiteur en chef a été mise en place dès son retour du Rojava, comme pour beaucoup de volontaires internationalistes, et les agents de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) ont été témoins de propos hostile à la police dans la bouche du militant et de ses ami.es punks libertaires. Ça ne leur a pas plu, dont acte.

    Libre Flot, dans leur fable, c'est le chef de la bande d'anarchistes (lol). Il est enfermé à l'isolement pendant 16 mois, en préventive. Sentant les séquelles sur sa santé, sur ses capacités cognitives, sur sa vie, Flo démarre une grève de la faim, qui lui permettra de sortir de taule après 37 jours. Il a beaucoup écrit pendant cette période et après, et un livre est sorti en 2025 aux éditions Du bout de la ville : Anticiper le bruit sec des verrous. Parmi les autres personnages de l'histoire, on trouve un artificier à Disneyland et pour des clips, deux inséparables amateurs de tir sportif et de vieilles armes, une lectrice de brochures et utilisatrice de Tails, un adepte de voyages et aspirant soutien du Rojava, et un autre copain de Flo qui sera condamné plus légèrement, sa formation en PNL (programmation neuro-linguistique, un truc de développement personnel) ne paraissant pas effrayer les enquêteurs.

    2020, une partie de cette bande se retrouve confinée ensemble (pour une partie, s'y rencontrent pour la première fois), et hop, voilà une association de malfaiteurs. Quatre autres inculpé·es feront aussi plusieurs mois de prison, avant le procès qui n'a eu lieu qu'en octobre 2023, et qui a abouti à leur condamnation pour avoir donné l'impression à la DGSI, au PNAT et à ces juges d'avoir envie d'attaquer des flics. « Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste ». Et ce sans qu'aucun projet spécifique n'existe, en assumant que des suspicions d'intentions suffisent, « sans qu'il soit nécessaire de démontrer une participation aux crimes ou à leur préparation » écrivait le juge d'instruction Jean-Marc Herbaut. Condamné·es pour avoir participé sans participer. Certain·es des inculpé·es sont aussi rendu·es coupables du « refus de remettre la convention secrète de chiffrement d'un moyen de cryptologie », c'est-à-dire l'accès à du matériel informatique. Les peines vont de deux ans de sursis simple à cinq ans de prison ferme. Le temps de détention provisoire effectué étant déduis, et le reste étant aménageable en bracelet électronique, ces peines ne les amèneraient pas à retourner en prison. Mais elles sont alourdies par un certain nombre d'interdictions (de contact entre elleux, de travailler dans certains secteurs, de port d'armes, de déplacement de plus de deux semaines) et d'obligations (de soin, de travail), et par l'inscription au FIJAIT (fichier judiciaire des auteurs d'infraction terroriste). Pendant tout ce temps, la surveillance des communications et du quotidien continue, ainsi que les rendez-vous CPIP (conseiller.ère pénitentier.ère d'insertion et de probation). Une répression protéiforme donc, depuis bientôt six ans.

    Six des sept personnes condamnées ont fait appel de cette décision, et ont encore du attendre deux ans et demi avant d'avoir droit à un nouveau mois de mascarade judiciaire (du 4 au 22 mai 2026 pour l'appel). Ces deux procès ont traité du même dossier terriblement vide, basé sur les mêmes interrogatoires traumatisants avec le même juge d'instruction tout à fait convaincu de leur dangerosité et les mêmes flics affolés par ces marginaux qui osent se tatouer des ACAB et écouter des musiques aux paroles explicitement anti-autoritaires, avec les mêmes livres et brochures (on a vu à quel point les infokiosques leur font peur)… Ces mêmes moments de jeu d'air-soft et de fabrication de pétards ont été transformés par des chien·nes de garde de l'État paranoïaques en entrainements para-militaires et en préparation d'attentats… Le récit creux a été collectivement façonné par des agents de l'État tout-puissant, où les droits des détenu·es et de la défense ont été maintes fois bafoués : des refus systématiques des demandes de mise en libertés mettant en danger la vie de Libre Flot, aux fouilles à nues systématiques en détention, en passant par les multiples et veines demandes de la défense de faire venir au procès les crapuleux agents de la DGSI qui ont retranscrit les écoutes en mettant leur grain de sel pour faire peur (les avocat·es sont allé·es jusqu'à saisir la Cour Européenne des Droits Humains pour ça !).

    Ce procès est celui de ce qu'yels appellent l'« ultra-gauche », accusée d'être violente par essence. C'est un procès où des paroles, même des blagues, même des chansons, sont prises pour des actes. C'est le procès du mouvement punk. C'est le procès des ZAD. C'est le procès de la protection des données personnelles, de Signal, Tor et Tails. C'est le procès de l'internationnalisme et de l'anarchisme, même si les personnes condamnées ne s'en revendiquent pas forcément. Le procès en première instance a été raconté dans des chroniques par une quinzaine d'autaires dans le livre Qui terrorise qui ? paru en 2026 aux éditions Tahin Party.


    Le délibéré sera rendu ce jeudi 10 septembre 2026, à la Cour d'Appel de Paris, à 13h30. Toutes les formes de solidarité sont bienvenues. Sur place pour faire nombre face à la violence de l'Etat, mais d'autres formes de soutiens, délocalisées, seront aussi précieuses.


    Pour en savoir plus sur l'affaire et suivre les nouvelles, il est encore possible de consulter le blog des soutiens : soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org. Mais la répression antiterroriste s'intensifie, et l'hébergeur de ce blog, Autistici/Inventati, a été classé comme organisation terroriste par Trump. Nous espérons pouvoir donner une nouvelle adresse de blog prochainement. Une cagnotte est disponible en ligne, les besoins de soutien financier sont très importants. Pour en savoir plus sur l'affaire, voilà une brochure de synthèse : Qui_terrorise_qui

    Cette affaire pourrait bien créer une jurisprudence très dangereuse pour les libertés, en particulier politiques. C'est pour cette raison que les cibles ont décidé de se battre quelques années de plus pour contester cette décision, malgré leur envie de retrouver une vie plus tranquille. Nous encourageons tout le monde à se renseigner et à parler de cette affaire, et surtout, surtout à ne pas se laisser anti-terroriser.

  • La gauche en campagne, sondages, partenariats médiatiques… «Mediapart» a répondu à vos questions

    Valentine Oberti, codirectrice éditoriale du journal, et Sarah Benhaïda, journaliste chargée des gauches au service politique, ont répondu à vos questions sur la vie de la rédaction et la rentrée politique, mercredi 9 septembre, dans le cadre d’un chat.
  • Piratage de données de santé : les informations médicales de plus de 3500 patients atteints d’un cancer exposées

    Le 7 septembre, un utilisateur d’un forum cybercriminel a publié une archive qu’il présente comme issue de Jinko.care, rapporte Radio France. Selon les éléments diffusés, elle pèserait environ 3,7 Go et comprendrait 85 tables issues de Firestore, représentant plus de 883 000 lignes, ainsi qu’une archive Firebase contenant plus de 2600 fichiers. Le nombre de comptes concernés serait d’environ 3550.

  • Trump Prioritizes Golf and Horst Wessel Over 9/11


    When Charlie Kirk was shot, according to Regime Change, participants in a Signal chat that included Kirk, Trump’s failson, and top Trump officials asked Kirk whether he was okay — which is either a testament to how continuous this Signal group was, or the participants’ own inability to imagine harm to anyone on it.

    Around 2:30 p.m. in Washington, on Wednesday, September 10, a group chat on Signal buzzed with some vague but unsettling news. Andy Surabian, a close friend and advisor to both the vice president and the President’s oldest son, shared a link about a shooting at a Turning Point USA event in Utah where Charlie Kirk was speaking. Charlie was their friend. The replies came in fast.

    Hey Charlie, is this true? Charlie, are you OK?

    The group included not only Kirk and Surabian, JD Vance and Donald Trump Jr., but several senior White House and administration officials and other influential operatives. Kirk was normally a chatty participant. Now he was silent, and his friends felt a knot in their stomachs.

    Trump, true to form, at first responded with the grief of a sociopath who had lost someone useful to him.

    Man. Charlie,” Trump said. “He’s such a good guy. He really helped me out in 2024. He got the youth vote.”

    Then Trump turned to paranoia.

    Nobody knew anything about the gunman at that stage, but Trump was already describing the assassination as a group effort, using the pronoun they. “We need to be looking at these people,” he told his aides. “They’re killing our people. They tried to kill me.”

    The rest of that chapter describes how Stephen Miller used the murder as a convenient excuse to criminalize leftists (while, in several places, the authors exhibited a stunning inability to distinguish propaganda from reality themselves).

    Slogging through this book made me realize something I had been puzzling: Trump’s schedule this week, starting with a stand-in event for 9/11 at which Trump told lies so shameless they might actually garner more than a day of criticism.

    Trump and his flunkies paid their tribute to 9/11 three days early.

    One reason he did a stand-in event is obvious. Trump will attend the Irish Open this weekend, which will be at Doonbeg, an hour from my house (I won’t be there, or here).

    His presence will create significant difficulties for the event, both for security reasons and protests, which sucks for the actual golfers.

    But Trump won’t be at Doonbeg on the 11th, the actual 9/11 anniversary. He’ll be in Dublin, among other things, meeting with Irish President Catherine Connolly, a leftist whose sister was snatched from a flotilla to support Gaza this spring. Taoiseach Michael Martin sounded … unconvincing when claiming this would all be very “grand” (which can have a connotation like, “bless your heart” does in the South).

    The trip to Dublin is likely cover; until fairly recently he was still considering appearing at the 9/11 commemoration, until he learned he could not give a speech.

    President Trump is not planning to attend a ceremony in Manhattan for the 25th anniversary of the terrorist attack on the World Trade Center, in part because he wanted to deliver a speech and the annual event has long barred remarks, according to four people with knowledge of the events.

    Mr. Trump’s team had conducted advance visits at the site and had initially signaled to officials in New York and in Washington that the president intended to visit the memorial space known as ground zero, two of the people with knowledge of the events said.

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    There are other considerations that led to Mr. Trump honoring the day in Washington, including that he will depart the next day for his golf course in Doonbeg, Ireland, where the Irish Open tournament will take place. Leaving from John F. Kennedy International Airport in New York City, or from Newark Liberty International Airport in New Jersey, would snarl air and motor traffic to a much greater extent than with Mr. Trump leaving from Joint Base Andrews in Maryland

    But then there’s the question of the Convention, which will be in Dallas today and tomorrow. It turns out an unpopular lame duck is not a great draw for a big grift, so now the GOP is giving seats away.

    The Republican National Committee is giving seats away.

    Two days before Donald Trump’s midterm convention opens in Dallas, Texas, the party that promised the largest such gathering in a decade has been running a public lottery for free tickets, dangling front-row seats and VIP treatment to whoever enters.

    The RNC has found itself in a tricky spot after building the event around Trump, whose approval rating is the lowest of his political career. A number of Republicans have also decided to skip the convention rather than be seen on camera celebrating an unpopular president who could drag down their prospects of re-election.

    [snip]

    A text message sent to party donors as recently as last week encouraged them to ask for “FREE TICKETS,” while some GOP operatives were told last week that there are still seats available for the event. Donors who click on the text message link were entered into a lottery that would also bestow a front-row seat upon one lucky winner.

    And for those willing to pay, $250,000 will get a donor a seat at a roundtable with Trump —and a commemorative photo if they want to shell out another $88,600.

    For $20,000, donors get to be “honorary delegates” and receive a Texas shirt and cowboy hat.

    But many of the higher-profile potential attendees have already made public plans to skip the entire thing, with some balking at the $25,000 cost of attending and others annoyed at the prospect of spending days away from the campaign trail for what will amount to a multi-day rally for someone who will never appear on a ballot again.

    Then there’s the problem that the unpopular lame duck has scheduled himself to compete with the first NFL football games.

    Driving the news: The GOP’s Sept. 9-10 convention in Dallas will go head-to-head with the two opening games of the NFL season, which are expected to draw huge audiences each night.

    • Some GOP operatives are privately incredulous that a convention designed to draw attention to the party’s fall candidates was scheduled opposite the NFL.
    • They fear the GOP will struggle to persuade voters — particularly men, who powered President Trump’s 2024 comeback — to choose politics over football.

    The convention’s opening night will overlap with the New England Patriots playing the Seattle Seahawks in a Super Bowl rematch. It will be on NBC and its streaming platform, Peacock. In Dallas that night, Vice President Vance will deliver the convention’s keynote speech.

    • The convention’s second night will coincide with a rivalry matchup between the San Francisco 49ers and the Los Angeles Rams, which will be streamed on Netflix. Trump is the keynoter in Dallas that night.

    Maggie Haberman attributed the timing conflict to inattention.

    These people are busy. But they’re not too busy to consider this detail (from Axios, above).

    Organizers also are planning dramatic moments, with planned commemorations to mark the one-year anniversary of pro-Trump activist Charlie Kirk’s assassination and the 25th anniversary of the Sept. 11 terror attacks.

    The one way this schedule makes sense is that Trump prioritized golf and Charlie Kirk over 9/11.

    That’s not remotely surprising, mind you.

    But don’t be surprised if Trump goes full Horst Wessel again.

     

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  • Présidentielles : le RN veut favoriser les multipropriétaires

    Autre mesure phare et injuste du RN : la fin de l'encadrement des loyers. Cette mesure fait pourtant économiser près de 1000 euros par an à certains foyers.

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  • «Prendre soin de vous en prenant soin du monde» : les conseils du psychologue Pierre-Éric Sutter pour faire face à l’éco-anxiété

    Psychologue et psychothérapeute, Pierre-Éric Sutter est aussi président de l’Observatoire de l’éco-anxiété (Obseca). © DR

    Qu’on le veuille ou non, l’été 2026 restera celui d’une bascule. Au plus fort de la troisième vague de chaleur, fin juillet, 15 millions de Français·es se reconnaissaient dans les symptômes de l’éco-anxiété – un record. C’est ce qu’a révélé, la semaine dernière, une étude de l’Observatoire de l’éco-anxiété, Obseca (notre article).

    Aux manettes de cette enquête, le psychologue et psychothérapeute Pierre-Éric Sutter. Auprès de Vert, il revient sur cette inquiétude face à la crise environnementale, qui peut être aussi bien bénéfique que paralysante. Pour éviter qu’elle ne dégrade la santé mentale, il invite à apprivoiser ses peurs, à reconnaître les limites de son pouvoir individuel et à retrouver une capacité d’action à sa mesure.

    C’est quoi, l’éco-anxiété ?

    Il n’y a pas de définition consensuelle. La plus simple et la plus opérationnelle, selon moi, consiste à parler d’inquiétudes vis-à-vis de la crise environnementale.

    Il existe toute une gradation. Au départ, il peut s’agir d’inquiétudes passagères. Puis ces pensées peuvent revenir de plus en plus régulièrement, jusqu’à devenir permanentes et très intrusives. C’est l’évolution de ces inquiétudes qui va déterminer si l’éco-anxiété est adaptative ou mal-adaptative.

    Quelle est la différence entre les deux ?

    On peut faire un parallèle avec la différence entre être déprimé et être dépressif. Lorsque vous perdez un être cher, vous pouvez traverser une période de déprime sans pour autant souffrir de dépression. Vous ressentez de la tristesse et vous vous posez des questions existentielles, mais, progressivement, vous retrouvez un état de santé mentale positif.

    En revanche, si cette détresse psychologique s’installe durablement, elle peut évoluer vers une psychopathologie, comme une dépression. Pour l’éco-anxiété, c’est la même chose. Une personne peut être très inquiète de la dégradation de l’environnement sans présenter de trouble psychique. Son éco-anxiété est alors adaptative. Mais si elle ne parvient plus à réguler cette inquiétude et que celle-ci devient envahissante, elle peut basculer vers une forme mal-adaptative et développer, en plus, une dépression réactionnelle ou un trouble anxieux généralisé.

    À quoi reconnaît-on une éco-anxiété devenue mal-adaptative ?

    Dans les formes les plus graves, les personnes peuvent être envahies par des ruminations : «On va tous mourir», «C’est la fin du monde», «On ne peut rien y faire», «À quoi bon continuer à vivre ?» Elles peuvent être constamment tétanisées par la peur, ne plus parvenir à agir, rester en boule au fond de leur lit et perdre le goût de la vie. Certains patients peuvent aussi avoir des pensées suicidaires.

    Quand ces inquiétudes ne vous quittent plus, qu’elles vous empêchent de dormir, que vous êtes constamment triste ou que vous avez spontanément des crises de larmes, il faut s’en préoccuper.

    L’inquiétude face à la crise environnementale paraît légitime. Peut-on alors qualifier l’éco-anxiété de maladie ?

    Il ne faut pas confondre la cause et les conséquences. Les professionnels du soin observent des symptômes et cherchent à comprendre ce qui les a provoqués. Dans le cas de l’éco-anxiété, il y a d’un côté la souffrance des personnes et, de l’autre, la crise environnementale qui provoque leurs inquiétudes. Cette cause n’est évidemment pas de leur faute : elle relève aussi du politique.

    Dire qu’il ne faudrait pas être «éco-anxieux», mais «éco-furieux», me paraît méprisant pour la souffrance des gens. Certaines personnes souffrent réellement. Reconnaître cette souffrance ne signifie pas nier les causes politiques du dérèglement climatique. On peut à la fois s’attaquer à ces causes et prendre soin des personnes qui en subissent les conséquences psychologiques.

    Il est par ailleurs parfaitement légitime d’être inquiet face aux problèmes environnementaux. Nous respirons tous le même air, nous buvons tous la même eau et nous dépendons tous des mêmes conditions pour nous nourrir. Il existe donc des raisons rationnelles de s’inquiéter. Ce qui pose problème, c’est lorsque cette inquiétude dégrade la santé mentale.

    L’éco-anxiété, c’est une réaction saine, alors ?

    Oui. L’anxiété nous informe de l’existence d’un danger et peut nous mettre en action. Si un bus vous fonce dessus et que vous n’avez pas peur, vous ne faites pas le pas de côté qui peut vous sauver. Face à la crise environnementale, c’est la même mécanique : la peur peut nous permettre de prendre conscience du danger et de nous y adapter.

    C’est pourquoi je me réjouis qu’un nombre croissant de personnes s’inquiètent pour l’environnement – à condition, bien entendu, que cette inquiétude reste adaptative et ne les rende pas malades. Ce que je défends, c’est une saine inquiétude : celle qui nous prépare au monde qui arrive au lieu de nous immobiliser.

    La peur est saine lorsqu’elle nous informe d’un danger. Il faut apprendre à l’apprivoiser et à élaborer une stratégie d’action réaliste. Les personnes éco-anxieuses peuvent parfois voir arriver certains changements un peu avant les autres, parce que leur inquiétude les conduit à modifier leurs habitudes et à se préparer.

    Comment accompagnez-vous vos patients souffrant d’éco-anxiété mal-adaptative ?

    Souvent, je préconise cinq grandes étapes. Cela peut prendre entre six mois et un an et demi pour tout mettre en place.

    La première consiste à réduire la surcharge cognitive. Il ne s’agit pas d’arrêter de s’informer : l’information est indispensable pour comprendre le danger et agir. Mais répéter dix fois la même information négative ne sert à rien. À force de s’abreuver de mauvaises nouvelles, le cerveau sature. Il faut donc limiter cette «infobésité» et rééquilibrer les informations négatives par des informations positives, notamment en recherchant des initiatives et des solutions qui fonctionnent.

    La deuxième étape porte sur la régulation émotionnelle. Il faut comprendre ses peurs, les respecter et les apprivoiser. Lorsqu’on est entièrement pris dans l’émotion, on ne parvient plus à rationaliser. Or la peur contient une énergie considérable : une fois canalisée, elle peut devenir le prélude à l’action.

    La troisième étape consiste à renoncer à devenir un «super-héros de l’environnement». Il faut accepter qu’on ne peut pas tout régler et se concentrer sur ce qui dépend réellement de soi.

    La quatrième est la construction d’un «écoprojet» adapté à ses préoccupations, à ses ressources et à ses compétences. Si vous êtes informaticien, vous n’avez pas nécessairement besoin de devenir maraîcher pour contribuer à un projet écologique. Vous pouvez mettre vos compétences informatiques au service d’un écolieu ou d’une initiative collective. L’objectif doit être ajusté aux ressources de la personne, et non l’inverse.

    La cinquième étape consiste à retrouver l’espérance et à célébrer les petites victoires. Toutes les avancées comptent : avoir apprivoisé une peur, trouvé un projet adapté, mobilisé une compétence ou abandonné une habitude devenue incompatible avec ses valeurs. Cette gratification permet de contrebalancer les informations négatives et de retrouver progressivement un équilibre intérieur.

    Passer à l’action suffit-il pour aller mieux ?

    Non, pas toujours. Certains de mes patients me disent : «J’ai mis en place des écogestes, mais ce n’est pas avec cela que j’ai sauvé la planète.» Évidemment : personne ne sauvera la planète à lui tout seul. Il faut faire le deuil de cette idée.

    Se lancer seul, tête baissée, en pensant pouvoir tout régler, peut conduire à un burn-out écologique. Cela concerne aussi certains militants. Le passage à l’action doit donc être raisonné. Il faut distinguer ce qui dépend de soi de ce qui n’en dépend pas et se réapproprier son pouvoir d’agir à son niveau.

    Ce que je sais, c’est qu’une personne souffrant d’une éco-anxiété adaptative parvient à retrouver un équilibre intérieur et à prendre soin d’elle-même en prenant soin du monde. Elle trouve un projet à sa mesure, qui lui permet de réduire sa surcharge cognitive et émotionnelle, de passer à l’action et de retrouver de l’espérance.

    Comment avez-vous perçu la publication par le gouvernement, cet été, d’un guide pour gérer son éco-anxiété ?

    Sur le fond, je n’ai rien à dire. C’est presque un copié-collé du rapport sur l’éco-anxiété auquel j’ai participé avec l’Ademe [l’Agence de la transition écologique, NDLR] en 2025. En revanche, sur la forme, c’est un beau raté, vu le contexte. Tout flambe et on parle des conséquences sur les individus sans parler des causes du dérèglement climatique et de la responsabilité de l’État au regard de son inaction climatique. C’est une belle maladresse de communication.

  • Republicans kick off ‘midterm convention’ to overcome Trump unpopularity

    Republicans plan to center the US president at the two-day event, while slamming Democrats as socialists

    Republicans are gathering in Texas on Wednesday for a rare “midterm convention”, as they attempt to convince Americans to vote for a party led by a deeply unpopular president who has overseen inflation and led the US into an increasingly unpopular war.

    Donald Trump will dominate the two-day convention, appearing both nights as the GOP works to cling to control of the House of Representatives in November. Republicans plan to put the president at the center of the event, a bold strategy given his approval rating is hovering at about 38%, while accusing the Democratic party of being socialist and out of touch with Americans.

    Chris Hippensteel contributed to reporting

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  • Le nettoyage ethnique de la Palestine, 1948 : moment fondateur de l'Etat colonial d'Israël

    Un épisode de l'émission Sortir du capitalisme autour de l'expulsion forcée de 750 000 Palestiniens et Palestiniennes en 1948, la « Nakba », moment fondateur de l'Etat colonial d'Israël, à partir de L'épuration ethnique de la Palestine (La Fabrique, 2024) de l'historien israélien Ilan Pappe.

    ÉMISSION À ÉCOUTER ICI !

    L'épisode (1 heure 20 minutes), à écouter de préférence après notre épisode en deux parties Colonisation de peuplement : aux racines du « conflit israélo-palestinien », comporte :

    Une présentation des enjeux politiques, historiques et mémoriels de l'épisode ;

    Une analyse des racines historiques à long et moyen terme de la Nakba : projet sioniste d'un Etat juif à majorité juive en Palestine, colonisation britannique, création et renforcement d'un proto-Etat et d'une proto-armée israélienne, écrasement de la grande révolte arabe de 1936-39, plans de partage britanniques et projets sionistes de « transfert » forcé des Palestiniens et Palestiniennes… ;

    Une présentation du contexte immédiat qui précède l'expulsion forcée des Palestiniens et Palestiniennes en 1948 : vague d'attentats sionistes anti-britanniques, afflux de rescapés de la Shoah, départ des Britanniques de Palestine, et plan de partage de l'ONU de novembre 1947 ;

    Une histoire de la Nakba : exil de l'élite palestinienne et passage d'une stratégie de « représailles » à une stratégie d'épuration ethnique du côté des dirigeants sionistes (hiver 1947-48), plan Daleth, épuration ethnique de la Palestine urbaine et début de l'épuration ethnique de la Palestine rurale (printemps 1948), guerre israélo-arabe et achèvement de l'épuration ethnique de la Palestine rurale (mai 1948 – 1949) ;

    Une analyse des techniques d'épuration ethnique, entre terrorisme, massacres et expulsions forcées ;

    Une déconstruction des mythes historiques autour de la guerre israélo-arabe de 1948-49, et notamment autour du rapport de force entre Israël et ses adversaires arabes ;

    Quelques études de cas : le massacre de Deir Yassin, l'expulsion des Palestiniens et Palestiniennes de Haïfa, la non-expulsion des Palestiniens et Palestiniennes de Nazareth ;

    Une analyse de la radicalisation du vocabulaire des ordres militaires sionistes puis israéliens : de l'idée d'expulsion des villages « hostiles » à l'appel explicite à « nettoyer » les villages palestiniens ;

    Une critique du rôle passif de l'ONU et de la complicité active ou passive des troupes britanniques lors de la Nakba ;

    Une conclusion qui met en parallèle le massacre en cours à Gaza et la Nakba, les deux moments les plus violents de l'histoire israélo-palestinienne.

    Plus d'infos sur la page de Sortir du capitalisme

  • Brest: rassemblement antifasciste

    Rassemblement antifasciste, vendredi 10 septembre à 18h, à l’arrêt de tram Château.

    Depuis plus d’un an, il y a dans Brest une augmentation d’attaques et d’agressions aux revendications fascistes. Ce week-end, le niveau de violence est monté d’un cran quand deux personnes cagoulées, armées de matraques et gazeuses, sont entrées par effraction dans un bâtiment squatté et s’en sont pris à une personne endormie, la laissant gravement blessée. En portant leurs coups aux cris de « sale antifa », ils ont été clairs sur leurs motivations.

    Il semble évident que cette agression était préméditée, que du repérage ait été fait dans ce but. D’autres effractions ont eu lieu durant l’été, des agressions de rue, intimidations dans le quartier de St-Martin, tags, etc. Cet événement lache et violent s’inscrit dans une dynamique de terreur qui vise à détruire mentalement et physiquement des personnes précaires, pour la seule raison qu’elles dorment dans un squat, et pour leur appartenance politique supposée. N’étant pas isolée, cette agression nous concernent toustes.

    Parce que nous refusons le bruit des bottes dans nos quartiers, parce qu’après la rue ils s’en prennent à nos lieux de vie, parce que nous refusons que nos voisin.es ou quiconque ailleurs puissent être victimes de telles violences, parce que nous voulons pouvoir dormir sur nos deux oreilles ; pour les personnes racisées, sexisées et vulnérables qu’ils mettent en danger, nous appelons à un rassemblement à l’arrêt de tram Château le 10 septembre à 18h.

    Des squatteur.euses de Brest.

    Des squats en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/country/FR/squated/squat
    Des groupes en France https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
    Des événements en France https://radar.squat.net/fr/events/country/FR

  • Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Le serveur qui s'appelait Paranoia : défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Cette brochure est une traduction collective de l'anglais d'un article publié le 27/08/2026 sur sabotmedia1 elle même postée en ligne le 30/08/2026 sur manif-est.info2. Depuis sa publication, la situation a évolué dramatiquement. Nous préciserons ces évolutions entre crochets quand c'est nécessaire. Tout ce qui suit et n'est pas entre crochets constitue donc l'article original. Bonne lecture !

    Cet article est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur "ce qu'on peut faire" n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen. On invite à des réflexions et propositions complémentaires dans ce sens afin de réflechir collectivement à quelle solidarité mettre en place depuis chez nous.

    À l'heure où cette traduction est publiée, les sites de autistici ne sont plus joignables. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront publiées sur leur blog : https://cavallette.noblogs.org [Le 6 septembre, A/I a malheureusement annoncé s'auto-dissoudre, signifiant la fin de leurs services mails et d'hébergement de blogs dans un futur proche]

    [Il est possible de suivre l'évolution de la situation (pour l'instant) sur le blog : https://keepitfree.ai ou grâce à sabotmedia sur Mastodon par exemple : https://kolektiva.social/@AberdeenLocal1312. Il n'est plus question de soutenir A/I mais de faire fleurir des alternatives décentralisées partout où c'est possible.]

    Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.

    Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.

    Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.

    Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : "A/I existe désormais."

    Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist") et l'inscrit sur la "liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées" ("Specially Designated Nationals and Blocked Persons list").

    La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
    Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable.

    Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.

    Avant A/I : La contre-culture internet italienne

    Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de "bulletin-board systems" [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés. Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.

    Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.

    Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.

    Le serveur qui ferma la porte en laissant les clés à l'intérieur

    La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.

    Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.

    Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.

    Le manifeste du collectif³ décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. "Affinité politique" ne signifie pas "contrôle opérationnel". Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.

    Gênes : baptême du feu pour l'infrastructure

    À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.

    Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2.000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.

    Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.

    Quand Trenitalia découvre l'effet Streisand

    La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers appelé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20.000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.

    Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice... une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.

    La répression d'Aruba

    Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.

    En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.

    A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.

    Le plan R* : la répression devient architecture

    Le résultat a été le plan R*, lancé en Octobre 2005 : un réseau de "communication résistante". Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.

    Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure.

    La répression est devenue architecture.

    Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la Norvège

    La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
    Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de "Privacy Hero" du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.
    Des milliers de comptes ont été copiés au passage.

    Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism et dans leur version de leur propre histoire⁴.

    26 août 2026

    La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist"). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis.

    La déclaration publique du Trésor états-unien5 se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mails chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'une infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État6 va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.

    Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.
    Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.

    Suite : le 25 septembre

    Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.

    Les conséquence pourraient être la perte :
    • de comptes bancaires et moyens de paiement,
    • d'accès aux dons et levées de fonds liées aux États-Unis,
    • d'hébergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit réseau,
    • de noms de domaines et services associés,
    • de comptes de certificats, de sécurité et d'envoi d'e-mails
    • de services logiciels et de communication,
    • de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
    • d'accès aux services de A/I pour les personnes résidant aux États-Unis.

    Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.

    C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.

    Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur

    Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourraient juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.

    C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précédentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.

    C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.

    Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.

    Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.

    Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement états-unien n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans ses annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.

    A/I peut-il survivre à ça ?

    A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
    Toute son infrastructure part du principe que :
    • les serveurs seront saisis ;
    • les hébergeurs coopéreront avec la police ;
    • les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices ;
    • les entreprises censureront le contenu controversé ;
    • certaines machines et sites d'hébergement deviendront inaccessibles ;
    • les données et les services doivent donc être chiffrés, distribués et remplaçables.

    Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux États-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.

    Mais ceci n'est pas une simple descente de police.

    Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer leurs services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.

    L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
    • les banques ;
    • les dons ;
    • les domaines ;
    • les contrats avec des hébergeurs ;
    • la bande passante ;
    • les certificats ;
    • les dépendances logicielles ;
    • les relations avec des institutions internationales.

    A/I a déjà survécu à l'isolement technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus largement, encourt un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.

    La mise-au-silence n'est pas pour le 25 septembre

    L'ajout sur la liste des organisations terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, elles, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.

    Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle A/I peut disparaître en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense des libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir public ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer des conseils qualifiés à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC7 met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.

    Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.

    Ce que les soutiens peuvent faire d'ici au 25 septembre

    Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.

    Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent, tant que la désignation de terrorisme s'applique, sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent rechercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.

    Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est accessible sur https://cavallette.noblogs.org/] tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.

    Le réseau nommé solidarité

    A/I a survécu aux tentatives de censure des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.

    Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.

    A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.

    Elle va aussi dépendre de nous.

    D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État états-unien discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Ça reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.

    Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
    Le premier serveur s'appelait Paranoia.

    Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.

    « Le pouvoir se structure comme une araignée qui tisse sa toile pour attraper et immobiliser des insectes ; mais ces mêmes insectes, qui se déplacent le long des filaments de cette toile, peuvent l'utiliser pour entrer en contact, communiquer et organiser leur libération. »

    Aldo Braibanti

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