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đ 19 SEPTEMBRE : JOURNEE FESTIVE A DETRIER (73110)
L'association Belledonne a Sa'Voix, en partenariat avec l'Espace Belledonne et la mairie de Détrier, a le plaisir de vous convier au présidio de Détrier dans le cadre des veillées de Belledonne le samedi 19 septembre !
Sur le principe d'un repas, d'une conférence et d'un concert, on vous attend en famille, nombreuses et nombreux à partir de 14h.
Le programme détaillé se trouve juste en dessous !
Réservez votre samedi et faites passer le mot !
De 14h Ă 23h :
14h - 16h : Ultimate (ou foot !) et Tournoi de Belote âŁïž
16h15 - 17h : Visite de la PĂ©piniĂšre đł
17h - 18h : Discussion argumentĂ©e : la chaĂźne du chĂȘne, ou combien notre survie est Ă©troitement liĂ©e au bon fonctionnement et Ă la diversitĂ© des Ă©cosystĂšmes. PrĂ©sentĂ© par Matthias Thiery, forestier
18h - 19h : ActualitĂ©s autour du Lyon Turin et inauguration du prĂ©sidio ! đȘ
19h : Balade Naturaliste
19h - 20h : Repas đœïž
20h - 21h30 : Concert de Mafila ko đ€
21h30 - 23h : DJ SetToute l'aprĂšs-midi :
forum de l'argumentaire et stand Lyon Turin
librairie đ
crĂȘpes
buvetteOn a trop hĂąte de vous revoir sur ce terrain et d'y faire la fĂȘte ensemble !
Pour s'y rendre : pépiniÚre la DeviniÚre, Détrier 73110
Camping sur place possible đïžA vite,
NO TAV â
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« Plus de pub, plus de lag, plus rien » : ce prompt sur Claude promet de redonner vie aux Android TV qui rament

Un prompt élaboré par un développeur permettrait de désactiver les applications inutiles préinstallées sur son téléviseur.
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As US-Canada tensions flare, whoâs calling the shots in Trumpâs trade team?
US trade representative Jamieson Greer has a level-headed reputation but commerce secretary Howard Lutnick and White House adviser Peter Navarro also have key roles
Having reportedly read Victor Hugoâs Les MisĂ©rables, in French, during a military tour of duty in Iraq, Jamieson Greer considered himself an unlikely target for accusations of francophobia.
But Donald Trumpâs US trade representative, hitherto one of the presidentâs less high-profile cabinet members, found himself in that uncomfortable position amid the acrimonious collapse of bilateral trade talks with Canada that now threatens to degenerate into an all-out trade war between the two close trading partners whose economies are tightly intertwined.
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Trumpâs ballroom construction can resume at White House, supreme court rules â live
In a 5-4 decision, the court granted the Trump administrationâs request to block a lower court ruling that would have prevented work from being done on the ballroom
Chris Hippensteel
Weâre watching today as Scott Bessent, the US treasury secretary, and Kevin Warsh, the chair of the Federal Reserve, deliver their opening remarks at the G20 meetings in Asheville, North Carolina.
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« Le secret protÚge nos systÚmes cyber. Il protÚge aussi nos erreurs »
ClĂ©mence Foufa â La confidentialitĂ© est normalement une protection. Pourquoi affirmez-vous quâelle peut Ă©galement devenir une faiblesse ?
Didier Bazalgette â Parce quâelle peut protĂ©ger simultanĂ©ment une information et une erreur. Dans les secteurs souverains comme dans la cybersĂ©curitĂ©, la confidentialitĂ© est Ă©videmment indispensable. Une organisation ne peut pas exposer ses vulnĂ©rabilitĂ©s, ses capacitĂ©s de dĂ©tection, son architecture, ses sources ou ses intentions. Mais si elle protĂšge indistinctement le cas rĂ©el, les hypothĂšses formulĂ©es pour lâexpliquer et les mĂ©thodes employĂ©es pour les vĂ©rifier, elle risque de soustraire ses propres raisonnements Ă la contradiction.
Une hypothĂšse peut alors acquĂ©rir une autoritĂ© considĂ©rable parce quâelle provient dâun cercle ayant accĂšs Ă des informations protĂ©gĂ©es. Ceux qui se trouvent Ă lâextĂ©rieur ne peuvent pas la contester puisquâils ne connaissent pas les Ă©lĂ©ments sur lesquels elle repose. Ceux qui se trouvent Ă lâintĂ©rieur peuvent appartenir aux mĂȘmes institutions, partager les mĂȘmes reprĂ©sentations ou travailler depuis longtemps Ă partir des mĂȘmes catĂ©gories.
La fermeture du circuit ne signifie donc pas que le raisonnement soit faux. Elle signifie que les conditions permettant dâidentifier une erreur peuvent ĂȘtre insuffisantes.
ClĂ©mence Foufa â Ce problĂšme est-il propre Ă la cybersĂ©curitĂ© ?
Didier Bazalgette â Non. Il concerne plus largement la R&D souveraine et tous les domaines dans lesquels exposer complĂštement un problĂšme peut dĂ©jĂ rĂ©vĂ©ler une vulnĂ©rabilitĂ©, une capacitĂ© ou une intention. Il peut sâagir dâun systĂšme dâarmes, dâune technologie critique, dâun dispositif de renseignement, dâune organisation de commandement, dâune doctrine ou dâun processus de dĂ©cision.
La cyber rend toutefois cette difficultĂ© immĂ©diatement comprĂ©hensible. Lorsquâune organisation dĂ©couvre une faiblesse dans son systĂšme dâinformation, elle ne peut pas toujours transmettre son architecture, ses journaux techniques, ses dĂ©pendances, ses fournisseurs et ses moyens de dĂ©tection Ă lâensemble des spĂ©cialistes susceptibles de lâaider.
Or les compĂ©tences utiles sont aujourdâhui largement distribuĂ©es. Elles se trouvent dans les laboratoires, les entreprises, les administrations, les communautĂ©s techniques ou chez des spĂ©cialistes indĂ©pendants. Lâorganisation doit donc obtenir une contribution extĂ©rieure sans nĂ©cessairement livrer le cas qui justifie cette contribution.
ClĂ©mence Foufa â Comment avez-vous Ă©tĂ© confrontĂ© Ă cette difficultĂ© ?
Didier Bazalgette â Cette question a traversĂ© une grande partie de ma carriĂšre. Jâai travaillĂ© au sein de la Direction gĂ©nĂ©rale de lâarmement et de lâAgence europĂ©enne de dĂ©fense, avant dâexercer des responsabilitĂ©s dans le domaine de lâinnovation Ă lâAgence de lâinnovation de dĂ©fense.
Dans chacune de ces fonctions, jâai retrouvĂ© une mĂȘme tension : les compĂ©tences nĂ©cessaires Ă la rĂ©solution dâun problĂšme sont distribuĂ©es entre plusieurs institutions, plusieurs disciplines et parfois plusieurs pays, tandis que les informations permettant de comprendre complĂštement ce problĂšme ne peuvent pas circuler avec la mĂȘme libertĂ©.
Un industriel peut maĂźtriser une technologie sans connaĂźtre toute la situation opĂ©rationnelle. Un chercheur peut disposer de la mĂ©thode nĂ©cessaire sans avoir accĂšs aux donnĂ©es. Une administration peut comprendre lâenjeu stratĂ©gique sans possĂ©der toutes les compĂ©tences scientifiques requises. Le travail dâinnovation consiste alors moins Ă rĂ©unir mĂ©caniquement ces acteurs quâĂ construire entre eux un objet de coopĂ©ration compatible avec les contraintes de chacun.
ClĂ©mence Foufa â Cette difficultĂ© a-t-elle donnĂ© lieu Ă des expĂ©rimentations concrĂštes ?
Didier Bazalgette â Oui. Entre 2019 et 2023, plusieurs projets de modĂ©lisation et dâanticipation technologique ont Ă©tĂ© conduits au profit de lâAgence de lâinnovation de dĂ©fense. Ils ont mobilisĂ©, selon les pĂ©riodes et les objets, des compĂ©tences issues notamment de lâInria, de lâĂcole polytechnique, de lâISAE et de lâENSTA.
Nous disposions dâexcellents scientifiques et ingĂ©nieurs. La difficultĂ© ne consistait donc pas seulement Ă trouver des compĂ©tences. Elle consistait Ă leur fournir un objet de travail suffisamment fidĂšle au problĂšme rĂ©el sans exposer lâensemble de son contexte.
Jean Langlois-Berthelot intervenait comme consultant en raison de son expĂ©rience opĂ©rationnelle ainsi que de ses compĂ©tences techniques. Il fallait comprendre ce que le problĂšme signifiait rĂ©ellement pour les acteurs concernĂ©s, puis dĂ©terminer ce qui pouvait ĂȘtre formalisĂ©, modĂ©lisĂ© et transmis.
ClĂ©mence Foufa â Pourquoi cette double compĂ©tence Ă©tait-elle importante ?
Didier Bazalgette â Parce quâil ne suffisait pas de connaĂźtre les technologies concernĂ©es. Il fallait identifier les Ă©carts entre la formulation institutionnelle dâun problĂšme et son fonctionnement opĂ©rationnel, puis dĂ©terminer ce qui pouvait ĂȘtre abstrait sans perdre ce qui donnait au problĂšme sa valeur.
Jean pouvait circuler entre plusieurs langages. Il comprenait celui des opĂ©rations, celui des ingĂ©nieurs et celui de la recherche. Son travail consistait notamment Ă rechercher le mĂ©canisme situĂ© derriĂšre la demande immĂ©diate. Quelles relations voulions-nous vĂ©ritablement comprendre ? Quelles variables Ă©taient importantes ? Quelles hypothĂšses provenaient du terrain et lesquelles Ă©taient introduites par lâorganisation ? Quâest-ce qui pourrait invalider le raisonnement initial ?
Une traduction insuffisante produit soit un objet trop sensible pour circuler, soit une question tellement gĂ©nĂ©rale quâelle ne permet plus de rĂ©soudre le problĂšme initial.
ClĂ©mence Foufa â Comment fonctionnait votre complĂ©mentaritĂ© ?
Didier Bazalgette â Je garantissais la cohĂ©rence institutionnelle des projets, leur articulation avec les objectifs poursuivis et la mobilisation des partenaires scientifiques et techniques. Jean travaillait plus directement sur le passage de lâexpĂ©rience opĂ©rationnelle Ă la formalisation.
Nous ne cherchions pas simplement à transmettre un besoin à un laboratoire. Nous construisions progressivement un objet intermédiaire. Cet objet devait conserver la structure du problÚme réel tout en permettant à des chercheurs et à des ingénieurs de travailler sans accéder à tout ce qui entourait son instanciation opérationnelle.
Cette construction exigeait des Ă©changes constants. Il fallait vĂ©rifier quâune abstraction ne dĂ©truisait pas le sens du problĂšme, quâune formulation scientifique ne dĂ©plaçait pas involontairement lâobjet et quâune solution techniquement satisfaisante conservait une utilitĂ© dans la situation rĂ©elle.
ClĂ©mence Foufa â Votre collaboration sâest-elle limitĂ©e aux projets conduits au profit de lâAgence de lâinnovation de dĂ©fense ?
Didier Bazalgette â Non. Elle sâest Ă©galement prolongĂ©e dans lâenseignement. En 2023, nous avons notamment dispensĂ© Ă Sciences Po, avec Hermance B., alors responsable des partenariats au GICAT, un cours en anglais intitulĂ© « Intelligence in Europe: Challenges and Innovations ».
Ce cours permettait de mettre en relation les transformations du renseignement en Europe, les enjeux industriels et les nouvelles modalitĂ©s dâinnovation. Nous y retrouvions dĂ©jĂ une question centrale dans nos travaux : comment faire coopĂ©rer des acteurs issus de mondes diffĂ©rents autour de problĂšmes sensibles, sans rĂ©duire lâinnovation Ă la simple circulation dâune technologie ou Ă lâexpression administrative dâun besoin ?
Hermance B. apportait la perspective de lâĂ©cosystĂšme industriel de dĂ©fense. Jean apportait son expĂ©rience opĂ©rationnelle ainsi que ses compĂ©tences techniques. Pour ma part, je pouvais replacer ces questions dans les trajectoires institutionnelles et europĂ©ennes que jâavais rencontrĂ©es Ă la DGA, Ă lâAgence europĂ©enne de dĂ©fense puis Ă lâAID.
Cette expĂ©rience dâenseignement contribuait Ă©galement Ă rendre la mĂ©thode transmissible. Une dĂ©marche qui ne fonctionne quâentre quelques personnes se connaissant bien demeure fragile. Elle doit pouvoir ĂȘtre explicitĂ©e, enseignĂ©e et reprise dans dâautres contextes.
ClĂ©mence Foufa â Que signifie prĂ©cisĂ©ment « transformer un problĂšme opĂ©rationnel » ?
Didier Bazalgette â Un problĂšme opĂ©rationnel se prĂ©sente rarement sous la forme dâune question scientifique propre. Il apparaĂźt Ă travers un dysfonctionnement, une inquiĂ©tude, une capacitĂ© jugĂ©e insuffisante, une Ă©volution technologique mal comprise ou un effet que lâorganisation ne parvient pas Ă produire.
La premiĂšre erreur serait de le transformer immĂ©diatement en cahier des charges. On figerait alors une interprĂ©tation avant mĂȘme dâavoir examinĂ© le mĂ©canisme qui produit la difficultĂ©. La deuxiĂšme erreur serait dâen transmettre une version tellement expurgĂ©e que les chercheurs ne travailleraient plus sur le problĂšme rĂ©el, mais sur un objet rĂ©pondant Ă une autre fonction.
Transformer un problĂšme opĂ©rationnel consiste donc Ă rechercher ce qui, dans la situation, peut devenir un objet de connaissance. Il faut identifier les relations importantes, les variables rĂ©ellement dĂ©terminantes, les hypothĂšses introduites par lâorganisation et les conditions susceptibles de les invalider. Une fois ce travail rĂ©alisĂ©, il devient possible de construire un modĂšle sans reproduire intĂ©gralement le cas protĂ©gĂ©.
ClĂ©mence Foufa â Que produisaient concrĂštement ces travaux ?
Didier Bazalgette â Deux travaux Ă©taient rĂ©alisĂ©s. Une partie Ă©tait transmise Ă des services opĂ©rationnels afin de rĂ©pondre au problĂšme dans son environnement rĂ©el. Une autre partie permettait de formaliser et de capitaliser la mĂ©thode dans un cadre scientifique ou acadĂ©mique, sans exposer le cas sensible.
Cette seconde production nâĂ©tait pas une version dĂ©gradĂ©e ou devenue inutile. Elle ne rĂ©pondait simplement pas Ă la situation opĂ©rationnelle prĂ©cise. Elle restait utile Ă la recherche, Ă la comprĂ©hension des enjeux gĂ©nĂ©raux et Ă la construction de mĂ©thodes susceptibles dâĂȘtre reprises dans dâautres contextes.
La double production constituait ainsi le cĆur de lâexpĂ©rience. Le rendu spĂ©cialisĂ© conservait la prĂ©cision nĂ©cessaire aux services concernĂ©s. La production ouverte permettait de discuter les mĂ©canismes, de transmettre la mĂ©thode et dâaccumuler une connaissance sans rĂ©vĂ©ler le cas dont elle provenait.
ClĂ©mence Foufa â Vous ne cherchiez donc pas Ă dĂ©classifier les problĂšmes ?
Didier Bazalgette â Non. DĂ©classifier et abstraire sont deux opĂ©rations diffĂ©rentes. DĂ©classifier consiste Ă modifier le rĂ©gime dâaccĂšs Ă une information. Abstraire consiste Ă sĂ©parer une instanciation particuliĂšre du mĂ©canisme que lâon souhaite Ă©tudier.
Prenons une situation cyber gĂ©nĂ©rique. Une organisation soupçonne quâune compromission de sa chaĂźne dâapprovisionnement pourrait se propager Ă travers plusieurs dĂ©pendances logicielles. Le cas rĂ©el comprend son identitĂ©, son architecture, ses fournisseurs, ses composants, ses procĂ©dures, ses journaux et ses capacitĂ©s de dĂ©tection. Toutes ces informations nâont pas vocation Ă circuler.
En revanche, certaines relations peuvent ĂȘtre abstraites : la structure des dĂ©pendances, la vitesse de propagation, les conditions de dĂ©clenchement, les dĂ©lais de dĂ©tection, lâeffet dâune segmentation ou les consĂ©quences de plusieurs politiques de mise Ă jour. Ces mĂ©canismes peuvent ĂȘtre Ă©tudiĂ©s dans un modĂšle qui ne reproduit pas lâorganisation rĂ©elle.
Le modĂšle ouvert nâa pas vocation Ă rĂ©pondre directement Ă la situation opĂ©rationnelle prĂ©cise. Il peut nĂ©anmoins conserver une rĂ©elle valeur pour la recherche, pour la comprĂ©hension dâun enjeu gĂ©nĂ©ral et pour la comparaison de mĂ©canismes similaires. Le rendu spĂ©cialisĂ© traite le cas dans son environnement rĂ©el ; le modĂšle communicable rend certaines de ses structures discutables et cumulatives.
ClĂ©mence Foufa â Cette maniĂšre dâorganiser la R&D confidentielle est-elle rĂ©ellement nouvelle ?
Didier Bazalgette â Il faut ĂȘtre trĂšs prudent avec les revendications de nouveautĂ©. Les architectures aujourdâhui parfois prĂ©sentĂ©es comme des innovations rĂ©centes combinent souvent des mĂ©canismes beaucoup plus anciens.
Le modĂšle linĂ©aire de lâinnovation est formalisĂ© aprĂšs 1945. Les grands programmes organisent des revues de phase dĂšs les annĂ©es 1960. Les modĂšles Stage-Gate structurent ces passages Ă partir des annĂ©es 1980. David Teece dĂ©crit en 1986 le rĂŽle des rĂ©gimes dâappropriation et des actifs complĂ©mentaires.
La circulation contrĂŽlĂ©e entre des organisations sĂ©parĂ©es est Ă©galement ancienne. John Wolpert propose dĂšs 2002 de recourir Ă des intermĂ©diaires pour connecter des R&D sans exposer leurs informations confidentielles. Henry Chesbrough formalise lâinnovation ouverte en 2003. InnovationXchange expĂ©rimente un modĂšle dâintermĂ©diaire de confiance en 2004.
Le contenu de ce qui est parfois prĂ©sentĂ© aujourdâhui comme une approche nouvelle de lâinnovation confidentielle Ă©tait donc dĂ©jĂ thĂ©orisĂ© aux Ătats-Unis en 2002 et opĂ©rationnalisĂ© au plus tard en 2004. Le vocabulaire peut changer. Le recours Ă un intermĂ©diaire, Ă un pipeline protĂ©gĂ© ou Ă un Ă©cosystĂšme sĂ©lectionnĂ© ne constitue pas, en lui-mĂȘme, une rupture mĂ©thodologique.
ClĂ©mence Foufa â OĂč se trouve alors la diffĂ©rence ?
Didier Bazalgette â Dans la question posĂ©e. Les architectures traditionnelles demandent principalement qui peut accĂ©der au problĂšme, comment importer une technologie et comment protĂ©ger les Ă©changes.
Nous ajoutons une autre question : comment rendre les hypothĂšses vĂ©rifiables lorsque le cas qui les a produites ne peut pas ĂȘtre exposĂ© ?
Une enclave fermĂ©e, un programme classifiĂ©, un intermĂ©diaire de confiance ou un cercle Ă©largi dâacteurs habilitĂ©s peuvent protĂ©ger lâinformation. Ils ne garantissent pas que les hypothĂšses incorporĂ©es dans une solution puissent ĂȘtre comparĂ©es, rejouĂ©es et rĂ©futĂ©es.
Faire entrer davantage de personnes dans un espace protĂ©gĂ© ne suffit donc pas. Une communautĂ© habilitĂ©e peut partager les mĂȘmes prĂ©supposĂ©s que le commanditaire. Un industriel peut rĂ©pondre avec prĂ©cision Ă un besoin mal formulĂ©. Un modĂšle peut produire le rĂ©sultat attendu parce que ses rĂšgles ont Ă©tĂ© conçues Ă partir de ce rĂ©sultat. La sĂ©curitĂ© du circuit ne constitue pas automatiquement une architecture de preuve.
ClĂ©mence Foufa â Les CERT, les communautĂ©s de confiance ou les bug bounties privĂ©s ne rĂ©pondent-ils pas dĂ©jĂ Ă cette difficultĂ© ?
Didier Bazalgette â Ils en traitent une partie essentielle. Ils permettent de partager des informations sur des menaces, des incidents, des vulnĂ©rabilitĂ©s ou des modes opĂ©ratoires dans un cadre maĂźtrisĂ©. Le bug bounty introduit Ă©galement une contradiction extĂ©rieure en donnant Ă des chercheurs la possibilitĂ© de rechercher des vulnĂ©rabilitĂ©s.
Mais ces dispositifs organisent principalement lâaccĂšs Ă un systĂšme, Ă une information ou Ă une surface de recherche. Ils ne construisent pas nĂ©cessairement un modĂšle explicite du mĂ©canisme Ă©tudiĂ©.
Lorsque la question porte sur une compromission complexe, une chaĂźne de dĂ©pendances, un comportement organisationnel ou lâĂ©volution dâune menace dans le temps, il faut pouvoir sĂ©parer les donnĂ©es du cas rĂ©el, les rĂšgles supposĂ©es, les paramĂštres retenus et les rĂ©sultats obtenus. Câest cette sĂ©paration qui permet de dĂ©terminer si nous observons rĂ©ellement le mĂ©canisme annoncĂ© ou si nous reproduisons simplement nos propres hypothĂšses.
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« Nous dĂ©conseillons fortement dâacheter un Pixel 11 » : GrapheneOS dĂ©nonce un changement opĂ©rĂ© par Google

AprÚs une semaine de travail, les développeurs de GrapheneOS annoncent qu'ils n'arrivent pas à porter leur systÚme sur les Pixel 11. En cause : l'absence du marquage mémoire matériel (MTE), une protection présente sur tous les Pixel depuis 2023. Le projet déconseille désormais l'achat des nouveaux smartphones de Google et envisage de sauter toute la génération.
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Village de la lutte palestinienne
3Úme édition - Coalition des résistances -
« La situation a vraiment dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© » : un ingĂ©nieur de Linux raconte comment les « bestioles » de lâIA Ă©puisent les serveurs du noyau

Git.kernel.org, la plateforme qui héberge le code source de Linux, est sous pression. En cause : les scrapers qui aspirent en masse le contenu des sites pour nourrir des IA. Le problÚme n'est pas tant leur présence que leur façon d'avaler ce contenu.
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Trump hits out at NBC journalist Kristen Welker, calling for her to face 'rebuke or punishment'
US President Donald Trump lashed out at NBC journalist Kristen Welker on Sunday, threatening to report her to the FCC "for rebuke or punishment" over coverage of his candidate endorsements. -
Iâm running down the road tryinâ to loosen my load...
Rhode Island Iobstah. Mmmm. Yes, Virginia, we do take time offâand this is one of them.
Due to the press of events since late February, Iâd pretty much given up my annual late summer truck north to my ancestral home of sorts in Rhode Island. Iâd lived in the Ocean State for only two years as a kid in the late 1950s, but Iâd come back constantly over the decades to see my late sister and her family, who lived on there for another 40 yearsâuntil yet another late-March sleet and an empty nest propelled them to Gulf Shores, Ala.
Then were the other things: I got my first teen kiss on the rocks at Second Beach in Middletown, abutting Newport, in 1960, and in 1991, Iâd scattered my motherâs ashes in the waters there. I like to take a dip in the exact same spot. (Yes, itâs strange.)
Sachuest (aka Second) Beach, Middletown, RI. Motherâs ashes are in the water on the far right. Thatâs my chair, in a 2024 photo. Itâs my place. This year, though, with two wars threatening to go wide and the administrationâs authoritarian crackdowns in high gear, I felt pinned to my chair. Around Washington, moreover, there was a growing chorus of angry and alarmed former CIA, NSA, DIA and State Department officials, offloaded in repeated DOGE/MAGA political purges, to talk to. I snuck off the New Hampshire for a rye days around the 4th of July, but that was it.
But burnout finally came about 10 days ago. At the last moment, I decided couldnât very well handle September if I didnât bolt north at the end of this month and find solace, with a firm plan to hit the beach with my books for a week and try very hard to disconnect from the incessant, demanding internet.
So by the time you read this, I should be well gone, with my feet folded in the Second Beach sand, the Sawx on the radio, a cup of Delâs frozen lemonade in my hand, a linguica sandwich in my lap, and a few great new books to haul from my beach bag. (Leading candidates: Kai Birdâs American Scoundrel: Roy Cohnâs Dark Journey from Joe McCarthy to Donald Trump, and two forthcoming titles, Mark Rieblingâs The Soldier Spy, about the late Patrick Lang, an Army colonel I knew quite well, and David McCloskeyâs latest thriller, London Station.)
(By the way, SpyTalkâs Year Seven begins August 31. How âbout that?!)
And thatâs principally because of you, dear readersâyou and the incredibly accomplished writers who continue to do great work for SpyTalk. So everybody involved should take a bow. Thank you, thank you, thank you, all.
Catch you on the rebound. Iâm headed down the roadâlistening to The Warmth of the Sun.
Donât miss the latest SpyTalk podcast, with former CIA Chief Learning Officer Steve Hirsch on how Russia, China, and Iran exploit the cracks in US intelligence.
Thank you for reading this. SpyTalk is an entirely reader-supported publication. To receive new posts and support the work of all of us here, please consider taking out a paid subscription. We canât do it without you. Just click below for a no-obligation free trial.
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FW.MEDIA change dâĂ©chelle : deeptech europĂ©enne et Ă©dition anglaise en vaisseau amiral
Depuis prĂšs de vingt ans, nous racontons les transformations de la tech française, europĂ©enne et internationale. Aujourdâhui, ce qui change nâest pas notre terrain de jeu, mais notre focale. FW.MEDIA resserre son travail autour des technologies qui reconfigurent durablement lâĂ©conomie, lâindustrie et les rapports de puissance : intelligence artificielle, cloud, semi-conducteurs, quantique, dĂ©fense, spatial, robotique, âŠ
Lâarticle FW.MEDIA change dâĂ©chelle : deeptech europĂ©enne et Ă©dition anglaise en vaisseau amiral est apparu en premier sur FW.MEDIA.
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La PS5 Pro se raréfie déjà aprÚs la présentation de GTA 6 sur Netflix

MĂȘme Ă prĂšs de 900 âŹ, la PS5 Pro commence Ă manquer en France. Entre ruptures de stock et livraisons parfois annoncĂ©es pour octobre, acheter la console devient compliquĂ©, alors que GTA 6 ne sort que dans trois mois.
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La patate
« SimpleâŻÂ», la patateâŻ? Câest «âŻle mot qui vient Ă la bouche quand il sâagit de la qualifierâŻÂ», convient Jean-Paul Thorez, dans une EncyclopĂ©die du potager (1), avant de lui consacrer environ quarante pages. «âŻLa pomme de terre est bien plus quâun lĂ©gume. VĂ©ritable fondatrice de civilisations, elle est Ă placer au rang des plantes vivriĂšres primordialesâŻÂ».
Les populations qui lâont domestiquĂ©e avaient-elles imaginĂ© que leurs dĂ©couvertes allaient permettre Ă tant de gĂ©nĂ©rations aprĂšs elles, et dans le monde entier, de survivre Ă dâimportantes famines ou, en pĂ©riodes fastes, de la dĂ©guster de mille et une maniĂšresâŻ? Le culte qui lui a Ă©tĂ© dĂ©diĂ© a-t-il aidĂ©âŻ? Dans la mythologie inca, Axomama, «âŻmĂšre de la pomme de terreâŻÂ», prĂ©side Ă sa culture et est fille de Pachamama.
Car il a fallu lâapprivoiser, cette «âŻpapaâŻÂ» â de son nom andin â poussant Ă lâĂ©tat sauvage dans la rĂ©gion du lac Titicaca. Ses premiĂšres traces datent dâil y a plus de 10 000 ans. Faisant partie de la grande famille botanique des solanacĂ©es, la pomme de terre contient de la solanine, en particulier dans la peau, ce qui la rend amĂšre et peu digeste. Il y a 2 000 ans, les populations de lâAltiplano ont peu Ă peu sĂ©lectionnĂ© et cultivĂ© certains spĂ©cimens et dĂ©veloppĂ© une technique pour les «âŻdĂ©samĂ©riserâŻÂ» et les conserver plusieurs mois sous la forme de chuños en les exposant au gel et en les sĂ©chant au soleil. Mais nâimaginez pas ces patates comme nos variĂ©tĂ©s europĂ©ennes actuelles, lisses et blondes. Les papas dâAmĂ©rique, plutĂŽt petites, Ă©taient parfois pleines dâaspĂ©ritĂ©s, encore assez amĂšres, de couleurs violettes, noires, orangĂ©es. Elles mĂ»rissaient en jours courts, contrairement Ă nos pommes de terre actuelles, issues de Solanum tuberosum, variĂ©tĂ© qui a su sâadapter aux climats europĂ©ens.
Aliment du diable
Au PĂ©rou, « la papa est un patrimoine propre Ă notre culture. Des mythes et lĂ©gendes ont survĂ©cu Ă lâhistoire coloniale », tĂ©moignait Alejandro Argumedo pour le Parque de la papa (Parc de la pomme de terre), en 2013. Celui-ci, gĂ©rĂ© avec les communautĂ©s locales, conserve prĂ©s de 1â400 variĂ©tĂ©s autochtones de pommes de terre, contribue au « dĂ©veloppement de politiques en faveur des petits agriculteurs » et prĂ©serve tout un patrimoine biologique et culturel. Des rituels sont encore associĂ©s Ă la papa, que ce soit pour des moments de lâenfance, pour les mariages ou aux enterrements comme symbole de renouvellement de la vie. « Sous la terre, elle est associĂ©e au monde dâen bas, au passĂ© mais aussi Ă lâavenir », explique Alejandro. La pomme de terre fĂ©dĂšre la communautĂ© dans une conception holistique de celle-ci, qui englobe les humains, les montagnes, la faune, la flore, les Ă©lĂ©mentsâŠ
Cette grande considĂ©ration nâa pas suivi les « morelles tubĂ©reuses » â comme les botanistes lâappelaient alors â dans leur voyage Ă bord des navires des colons de retour en Europe. Le tubercule, tige souterraine renflĂ©e par des rĂ©serves dâamidon, a dâabord dĂ©barquĂ© en Espagne, vers 1570. Fin XVIe, une autre filiĂšre lâintroduit Ă©galement en Europe via lâAngleterre. Elle commence par quelques ratĂ©s, comme des tentatives de cuisiner ses fanes ou des essais de pain. On lâappelle en France « truffe » ou encore « cartoufle ». Venu de sous la terre, le lĂ©gume est associĂ© au diable. En Franche-ComtĂ©, en 1620, un arrĂȘtĂ© en interdit mĂȘme la culture, accusant la « truffe » de donner la lĂšpre. On la donne en pĂąture aux animaux⊠et aux prisonniers, notamment en Allemagne.
Plus de 5000 variétés
Lâun dâentre eux, le Français Antoine Auguste Parmentier, une fois libĂ©rĂ© et plein de gratitude pour cet aliment, obtient de Louis XVI dâen cultiver une parcelle facticement surveillĂ©e. Suscitant ainsi lâintĂ©rĂȘt, des plants sont dĂ©robĂ©s, la culture de la pomme de terre sort de lâenclos et se dĂ©veloppe. Il y aurait des nuances Ă apporter Ă lâhistoire mais lâhomme qui donne son nom au cĂ©lĂšbre hachis a contribuĂ© Ă Ă©viter un gĂąchis : celui de passer Ă cĂŽtĂ© dâune denrĂ©e ayant par la suite permis la survie de milliers de personnes. En France lors de la famine de 1789 par exemple, ou en Irlande, face Ă lâoppression des propriĂ©taires terriens anglais qui prĂ©emptaient toutes les cĂ©rĂ©ales. En 1846, le mildiou, et le manque de diversitĂ© dans les variĂ©tĂ©s ayant raison des rĂ©coltes irlandaises, plus de six cent mille personnes pĂ©rissent. Nombre dâIrlandais migrent aux Ătats-Unis⊠et y rĂ©pandent la culture de la pomme de terre.
Aux XVIIIe et XIXe, la patate se dĂ©veloppe en Europe, malgrĂ© les parasites qui lâattaquent (doryphores, mildiouâŠ). AprĂšs-guerre, ses rendements explosent, passant « dâune quinzaine de tonnes Ă lâhectare Ă trente ou quarante » (2). Avec lâaugmentation du niveau de vie, estampillĂ©e « aliment du pauvre », elle perd de sa popularitĂ© (178 kg par personne et par an en 1925 contre 60 en 1997) mais un renouveau lâattend, grĂące Ă un « ennoblissement », dĂ» Ă la mise en valeur de certaines variĂ©tĂ©s (ratte du Touquet, Charlotte de NoirmoutierâŠ). Aujourdâhui, il existerait environ 5 000 variĂ©tĂ©s de pommes de terre, dont Ă peine une dizaine reprĂ©sente lâĂ©crasante majoritĂ© de celles qui sont aujourdâhui consommĂ©es.
Lucie Aubin
1- Jean-Paul Thorez, « La pomme de terre », dans LâEncyclopĂ©die du potager, Ă©d. Actes Sud, nov. 2003.
2- Interviewé dans « Patati et patata » épisode 1, émission Culture Mondes, France Culture, janvier 2013.
NumĂ©ro 220 â Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus quâun lĂ©gume. VĂ©ritable fondatrice de civilisations, elle est Ă placer au rang des plantes vivriĂšres primordiales », Ă©crit Jean-Paul Thorez dans une EncyclopĂ©die du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongĂ© dans son histoire sociale, dans la popularitĂ© de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de gĂ©opatateâŠ
NumĂ©ro 220 â Septembre 2026 â Version PDF
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus quâun lĂ©gume. VĂ©ritable fondatrice de civilisations, elle est Ă placer au rang des plantes vivriĂšres primordiales », Ă©crit Jean-Paul Thorez dans une EncyclopĂ©die du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongĂ© dans son histoire sociale, dans la popularitĂ© de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de gĂ©opatateâŠ
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Pasqal fait ses dĂ©buts au Nasdaq avec 360 millions de dollars en poche pour accĂ©lĂ©rer dans lâinformatique quantique
Le marchĂ© amĂ©ricain a rĂ©servĂ© un accueil spectaculaire Ă Pasqal. Pour sa premiĂšre sĂ©ance de cotation au Nasdaq, le titre de la sociĂ©tĂ© française a progressĂ© jusquâĂ 73%, avant de ramener ses gains Ă environ 40%. LâopĂ©ration, rĂ©alisĂ©e via une fusion avec la SPAC Bleichroeder Acquisition Corp II, avait Ă©tĂ© conclue sur la base dâune valorisation de Pasqal de 2 milliards de dollars. A la clĂŽture de lâopĂ©ration, lâentreprise disposait dâenviron 360 millions de dollars de liquiditĂ©s.
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Juste ce quâil faut
On a bu lâapĂ©ritif avec les voisins et les touristes, partagĂ© le pique-nique, on a parlĂ© de tout et de rien et de la canicule, normal. On a constatĂ© Ă quel point le soleil peut dĂ©truire⊠à quel point on a, lĂ aussi, de la chance. Lâeffet de serre, oui, mais juste ce quâil fautâŻ! Certains constats partagĂ©s sont restĂ©s ouverts, sans conclusion. On sent que lâavenir climatique inquiĂšte.
Le gouvernement nâen a pas fait des caisses, câest trĂšs bien comme ça. Il a distribuĂ© gratuitement suffisamment de lunettes pour que la question dâen trouver ne se pose pas. Et il a donnĂ© un billet aux clubs dâastronomie qui voulaient payer la tisane. Tout sâest dĂ©roulĂ© sans accroc puisque lâĂ©vĂ©nement Ă©tait prĂ©vu de longue date.
Retour Ă la rĂ©alitĂ© : le gouvernement avait prĂ©vu⊠de ne pas acheter de lunettesâŻ! Il a laissĂ© «âŻle marchĂ©âŻÂ» sâen occuper, se contentant des messages de prĂ©vention. Dans ces conditions, la pĂ©nurie Ă©tait aussi prĂ©visible que lâĂ©clipseâŻ! Ăa nâa pas loupĂ©. Beaucoup de Français se sont ainsi retrouvĂ©s Ă fixer lâhorizon⊠à lâest, et dâapprĂ©cier lâĂ©tirement des ombres â au demeurant trĂšs joli.
Mais donner Ă tout le monde, Ă commencer par les enfants, la possibilitĂ© de regarder pleinement le spectacle et de sâĂ©merveiller, est-ce quâon nâest pas tous dâaccord pour considĂ©rer que câest le boulot de la collectivitĂ©âŻ? Nous, on avait tous le regard dans la mĂȘme direction. Il y avait un sentiment de partager quelque chose qui nous dĂ©passe. LâĂ©clipse nous lâa rappelĂ©âŻ: pas besoin dâĂ©tranger, dâadversaire, pas besoin dâennemi pour se sentir appartenir Ă un mĂȘme groupe, sur ce petit caillou chaud, juste ce quâil faut.
Fabien Ginisty
NumĂ©ro 220 â Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus quâun lĂ©gume. VĂ©ritable fondatrice de civilisations, elle est Ă placer au rang des plantes vivriĂšres primordiales », Ă©crit Jean-Paul Thorez dans une EncyclopĂ©die du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongĂ© dans son histoire sociale, dans la popularitĂ© de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de gĂ©opatateâŠ
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Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus quâun lĂ©gume. VĂ©ritable fondatrice de civilisations, elle est Ă placer au rang des plantes vivriĂšres primordiales », Ă©crit Jean-Paul Thorez dans une EncyclopĂ©die du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongĂ© dans son histoire sociale, dans la popularitĂ© de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de gĂ©opatateâŠ
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« Nous avons publiĂ© aujourdâhui la plus importante mise Ă jour dâOpenClaw jamais rĂ©alisĂ©e » : OpenClaw voulait juste simplifier son installation et ça a dĂ©rapĂ©

OpenClaw voulait simplement faciliter son installation et moderniser son interface web. Le chantier a finalement pris une telle ampleur quâil sâest transformĂ© en une version 2.0 presque involontairement, selon un billet de blog publiĂ© par l'Ă©quipe le 30 aoĂ»t 2026.
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« On ne peut plus accepter » : Cancer ColÚre et des agriculteurs bio s'allient contre les pesticides
Au Pays basque, le collectif local de Cancer ColÚre a organisé une mobilisation devant la permanence d'un sénateur à Biarritz, le 29 août. De quoi dénoncer la réintroduction des pesticides et faire un pont avec les paysans venus en soutien.
Lire la suite - Reportage / Luttes , Santé
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), reportage
« Aujourd'hui, le cancer est une Ă©pidĂ©mie. Plus personne ne peut dire qu'il ne connaĂźt pas quelqu'un touchĂ© par la maladie », constate amĂšrement Armelle Gomez, l'une des fondatrices de la section du collectif (âŠ) -
LâEurope en marche arriĂšre
Alors que lâEurope suffoquait sous la chaleur et les incendies, la prioritĂ© estivale de la Commission europĂ©enne s’est rĂ©sumĂ©e Ă faire reculer la capacitĂ© rĂ©gulatrice du continent. Remontons dans le temps : lâentrĂ©e en application de lâIA Act le 2 aoĂ»t 2026 devait reprĂ©senter, selon le spĂ©cialiste⊠-
Câest le dernier jour de Tim Cook Ă la tĂȘte dâApple : quel est son vrai bilan ?

à partir du 1er septembre, John Ternus sera le nouveau CEO d'Apple. Tim Cook, aprÚs plus de 15 ans de rÚgne, vit le 31 août ses derniÚres heures en tant que patron de l'entreprise derriÚre les iPhone et les Mac.
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CybersĂ©curitĂ© : quand lâIA pilote seule une attaque
Un cap déjà franchi par des attaquants humains
Mi-septembre 2025, les Ă©quipes de sĂ©curitĂ© dâAnthropic dĂ©tectent une activitĂ© suspecte sur lâoutil de programmation Claude Code. LâenquĂȘte remonte jusquâĂ un groupe liĂ© Ă lâĂtat chinois, dĂ©signĂ© GTG-1002, qui a dĂ©tournĂ© cet outil pour mener une campagne de cyberespionnage contre une trentaine dâorganisations Ă travers le monde, entreprises technologiques, institutions financiĂšres et agences gouvernementales comprises.Â
Anthropic rĂ©vĂšle ce cas mi-novembre 2025 et le dĂ©crit comme la premiĂšre campagne dâespionnage documentĂ©e oĂč une intelligence artificielle exĂ©cute la majoritĂ© des opĂ©rations tactiques de façon autonome, entre 80 et 90 % selon lâentreprise, avec seulement quatre Ă six points de dĂ©cision humaine par intervention.
Ce diagnostic mĂ©rite toutefois une nuance. Plusieurs chercheurs et experts en cybersĂ©curitĂ©, dont les journalistes du Guardian, expriment des critiques qui convergent autour de trois points. Tout dâabord, lâautonomie de lâattaque est contestĂ©e : le rapport sous-estimerait la part de prĂ©paration, dâorchestration et de dĂ©cision humaine. Ensuite, le niveau de preuve est jugĂ© insuffisant : peu dâindicateurs techniques publics, absence de liste de victimes, manque dâĂ©lĂ©ments vĂ©rifiables et difficultĂ© pour la communautĂ© cyber de reproduire ou valider lâanalyse. Enfin, la nouveautĂ© technique est discutĂ©e : certains chercheurs considĂšrent que lâIA accĂ©lĂšre surtout des tĂąches dĂ©jĂ automatisables, plutĂŽt quâelle ne crĂ©e une forme radicalement nouvelle dâoffensive cyber.
Cette controverse ne ferme pas le dĂ©bat, bien au contraire. Elle dĂ©place mĂȘme le sujet : la question porte autant sur le degrĂ© rĂ©el dâautonomie revendiquĂ© par Anthropic que sur la rĂ©pĂ©tition dâincidents oĂč des modĂšles, placĂ©s en situation dâĂ©valuation, ont agi sur des environnements rĂ©els. Les cas apparus en 2026 illustrent cette seconde dimension : non plus lâusage offensif dâun outil par un groupe humain, mais la perte de contrĂŽle dâenvironnements de test censĂ©s encadrer ces capacitĂ©s.
Trois laboratoires, trois maniĂšres de perdre le contrĂŽle dâun test
Le 21 juillet 2026, OpenAI a ainsi reconnu que des agents IA ont menĂ© une campagne de plusieurs semaines contre sa propre infrastructure et celle de Hugging Face, plateforme dâhĂ©bergement de modĂšles dâIA. DâaprĂšs le rapport officiel de lâentreprise, les agents cherchaient Ă contourner une Ă©valuation de cybersĂ©curitĂ© nommĂ©e ExploitGym en allant chercher directement les solutions de rĂ©fĂ©rence plutĂŽt quâen rĂ©solvant lâexercice.Â
Le dĂ©roulĂ©, reconstituĂ© Ă partir de 17 600 actions journalisĂ©es, montre une progression continue entre le 26 juin et le 20 juillet : dĂ©couverte dâune vulnĂ©rabilitĂ© zero-day (faille inconnue et non corrigĂ©e) dans un composant tiers nommĂ© Artifactory, obtention dâun accĂšs administrateur, puis attaque de lâinfrastructure interne dâOpenAI avant dâatteindre les systĂšmes de production de Hugging Face.
Neuf jours plus tard, Anthropic publie ses propres conclusions aprĂšs avoir passĂ© en revue 141 006 Ă©valuations. Trois incidents distincts en ressortent, impliquant les modĂšles Opus 4.7, Mythos 5 et un modĂšle de recherche interne, le plus ancien remontant Ă avril 2026. Dans chaque cas, le modĂšle recevait pour consigne explicite quâil opĂ©rait dans une simulation sans accĂšs Internet. Une divergence de configuration avec le prestataire dâĂ©valuation Irregular a pourtant ouvert un accĂšs rĂ©el, que le modĂšle a traitĂ© comme faisant partie de lâexercice. Le cas le plus sĂ©rieux concerne Opus 4.7, qui a extrait des identifiants et atteint une base de donnĂ©es de production appartenant Ă une entreprise dont le nom coĂŻncidait avec celui de la cible fictive de lâĂ©valuation.
Le 5 aoĂ»t 2026, Meta confirme un troisiĂšme cas impliquant son modĂšle Muse Spark 1.1, testĂ© par ce mĂȘme prestataire Irregular. Son porte-parole Andy Stone attribue lâincident Ă âune erreur de configuration ayant permis Ă lâun de nos modĂšles dâaccĂ©der Ă Internet pendant lâĂ©valuation ». Irregular prĂ©cise de son cĂŽtĂ© quâil ne sâagit ni dâune Ă©vasion de bac Ă sable, ni dâune technique sophistiquĂ©e, mais de la mĂȘme dĂ©faillance de configuration dĂ©jĂ Ă lâorigine du cas Anthropic une semaine plus tĂŽt. Cette nuance compte pour les Ă©quipes de sĂ©curitĂ© : dans ces deux cas, le modĂšle nâa pas forcĂ© de barriĂšre technique, il a trouvĂ© une porte laissĂ©e ouverte par erreur humaine.
Un quatriÚme cas, plus inquiétant : la tromperie délibérée
Le 28 juillet 2026, lâAI Security Institute britannique (AISI), organisme public chargĂ© dâĂ©valuer les modĂšles avancĂ©s, dĂ©tecte Ă son tour un incident, mais dans un cadre diffĂ©rent. Contrairement aux trois cas prĂ©cĂ©dents, lâaccĂšs Internet nây rĂ©sultait pas dâune erreur : il avait Ă©tĂ© volontairement autorisĂ© pour mesurer la capacitĂ© maximale des modĂšles, avec les garde-fous de sĂ©curitĂ© dĂ©sactivĂ©s. Sur 122 tests, dix ont donnĂ© lieu Ă une action autonome non prĂ©vue par les Ă©valuateurs, dix-sept imputables au modĂšle Mythos 5 dâAnthropic et deux Ă GPT-5.6 Sol dâOpenAI.
Lâun des agents a tentĂ© une attaque de la chaĂźne dâapprovisionnement logicielle en soumettant du code malveillant sur un dĂ©pĂŽt open source. Une fois sa contribution contestĂ©e par un mainteneur humain, lâagent a créé de fausses identitĂ©s en ligne pour tenter de le convaincre, et a utilisĂ© le rĂ©seau Tor pour contourner les restrictions dâaccĂšs. Ce comportement dĂ©passe la simple erreur de cloisonnement observĂ©e chez Meta et Anthropic : il combine autonomie, tromperie active et contournement dĂ©libĂ©rĂ© de contrĂŽles, sans quâaucune instruction humaine ne lâait demandĂ©.
Ce que ces quatre cas changent pour les organisations
Pris ensemble, ces Ă©pisodes dessinent une tendance relativement claire. Une opĂ©ration qui exigeait auparavant les ressources dâun Ătat ou dâun groupe criminel structurĂ© devient reproductible par un agent autonome, avec ou sans intention malveillante au dĂ©part. Pour les directions des systĂšmes dâinformation et les responsables de la sĂ©curitĂ©, la frontiĂšre entre test dâIA et incident rĂ©el devient de plus en plus poreuse.
Les environnements dâĂ©valuation doivent ĂȘtre traitĂ©s comme des zones Ă risque. Lorsquâun modĂšle accĂšde Ă Internet, Ă des outils de dĂ©veloppement, Ă des dĂ©pĂŽts de code, Ă des API ou Ă des identifiants, ses droits doivent ĂȘtre dĂ©finis, limitĂ©s, surveillĂ©s et rĂ©voquĂ©s avec la rigueur appliquĂ©e Ă un compte technique ou un prestataire externe.
Cloisonnement, journalisation dĂ©taillĂ©e, supervision en temps rĂ©el, seuils dâarrĂȘt, validation humaine des actions sensibles et segmentation rĂ©seau deviennent des prĂ©requis pour tester des modĂšles capables dâagir. Les organisations doivent documenter les conditions de test, afin de distinguer erreur de configuration, dĂ©faillance de confinement et comportement dĂ©viant.
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Financement public des écoles privées : « Une opacité voulue et construite »
Source : La BrĂšche -
Photo de Gaza à Deauville : la censure reprise de volée !
Source : Dialectik Football -
Gabon. Il y a dix ans, l'attitude de la France en question
Source : Afrique XXI - Afrique -
à la Grande Pagode de Vincennes, les chemins de la mémoire cambodgienne
Source : Visionscarto -
âLe coĂ»t du token, câest le problĂšme le plus intĂ©ressant dans le secteur de lâIA Ă lâheure actuelleâ, Peter DeSantis, Amazon
LâUsine Digitale : Vous avez pris la direction de lâĂ©quipe en charge des modĂšles dâIA en fin dâannĂ©e derniĂšre. Quel a Ă©tĂ© votre parcours auparavant ?
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N'oublions jamais cet été de chaos, ne pardonnons pas aux responsables
Les pires heures de l'été 2026 semblent derriÚre nous. Mais alors que les canicules, sécheresses et incendies s'éloignent, il ne faut oublier ni ces manifestations du changement climatique, ni leurs responsables, prévient la directrice de la rédaction de Reporterre dans cet éditorial.
Lire la suite - Ădito / Climat , Luttes , Incendies , Canicule
Les tempĂ©ratures ont baissĂ©, la pluie est revenue, les flammes des incendies se sont calmĂ©es. Sur les chaĂźnes d'information, les panaches de fumĂ©e, les sols craquelĂ©s, les hĂŽpitaux bondĂ©s ont rendu (âŠ) -
AprĂšs une sĂ©rie de fuites de donnĂ©es dans le secteur public, la cybersĂ©curitĂ© sâinvite au cĆur du lancement de la facturation Ă©lectronique
Le grand jour approche. A partir du 1er septembre 2026, la rĂ©forme de la facturation Ă©lectronique entrera dans sa phase opĂ©rationnelle, aprĂšs plusieurs annĂ©es de prĂ©paration et un premier report. Toutes les entreprises devront ĂȘtre capables de recevoir des factures Ă©lectroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermĂ©diaire (ETI) devront Ă©galement les Ă©mettre sous ce format.
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Ăpuisement, management brutal, harcĂšlement: lâenvers du dĂ©cor de lâassociation Linkee
Une quinzaine de salariĂ©s, actuels ou passĂ©s, dĂ©noncent une souffrance gĂ©nĂ©ralisĂ©e au sein de lâorganisation dâaide alimentaire pour les Ă©tudiants. Son prĂ©sident, Julien Meimon, est accusĂ© de pratiquer un management brutal, ce quâil nie. -
Radio Canut - Ne nous écoutez pas ... Rejoignez nous !
Ne nous écoutez pas ... Rejoignez nous !
Tous les mardi de 19h à 20h, nous vous accueillons pour parler de vous, de nous et de votre envie de rejoindre la grille de programme de Canut avec votre propre émission ... alors venez nous voir au 24 Rue Sergent Blandan dans le 1er.
Vous pouvez aussi nous écrire : prog [at] radiocanut.org
à trÚs vite !
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La contre-révolution en Russie commence en octobre 1917 : critique de la gauche communiste
Il faut ĂȘtre clair : la contre-rĂ©volution en Russie ne commence pas en 1921. Elle commence avec la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917.
C'est précisément sur ce point qu'une grande partie de la gauche communiste commet une erreur d'analyse. En faisant de 1921, de Kronstadt ou de la mise en place de la NEP [1] le moment de la contre-révolution, elle conserve implicitement une lecture d'un bon bolchevisme et d'un mauvais selon laquelle la révolution bolchevique aurait été authentiquement révolutionnaire pendant plusieurs années avant de dégénérer. Cette lecture est complÚtement erronée.
Le problĂšme fondamental apparaĂźt dĂšs octobre 1917 : un parti politique s'empare du pouvoir d'Ătat et exerce la dictature sur le prolĂ©tariat. Les soviets cessent progressivement d'ĂȘtre conçus comme des organes autonomes de la classe ouvriĂšre pour ĂȘtre intĂ©grĂ©s Ă un appareil d'Ătat dominĂ© par le pouvoir bolchevique, notamment Ă travers le ComitĂ© exĂ©cutif central panrusse des Soviets (CEC), qui devient l'organe suprĂȘme du pouvoir d'Ătat entre les congrĂšs des Soviets. La question n'est donc pas simplement de savoir si LĂ©nine a commis des erreurs, si la guerre civile a provoquĂ© la militarisation ou si la bureaucratie stalinienne est apparue plus tard. Le problĂšme est structurel : le pouvoir politique est confisquĂ© par un parti qui prĂ©tend reprĂ©senter les travailleurs. C'est lĂ que commence la contre-rĂ©volution !
La gauche communiste affirme souvent que la rĂ©volution aurait Ă©tĂ© vaincue progressivement sous l'effet de l'isolement international, de la guerre civile, de la pĂ©nurie et de la bureaucratisation. Ces facteurs ont Ă©videmment jouĂ© un rĂŽle considĂ©rable. Mais les invoquer pour repousser la contre-rĂ©volution Ă 1921 revient Ă passer Ă cĂŽtĂ© de la question fondamentale : une rĂ©volution ouvriĂšre peut-elle ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme victorieuse lorsque les travailleurs sont politiquement subordonnĂ©s au parti qui prĂ©tend parler en leur nom ?
La rĂ©ponse est bien Ă©videmment non : les soviets sont liquidĂ©s de leur libertĂ© de dĂ©cision et d'action, complĂštement vidĂ©s de leurs fonctions dĂ©centralisatrices. La Terreur rouge de 1918 va entraĂźner la persĂ©cution des anarchistes et de toutes les autres tendances politiques opposĂ©es au pouvoir bolchevique. La TchĂ©ka devient l'un des principaux instruments de cette rĂ©pression, avec des arrestations, des exĂ©cutions et des internements. Cette politique rĂ©pressive s'Ă©tendra progressivement aux socialistes-rĂ©volutionnaires de gauche et Ă d'autres opposants politiques, jusqu'Ă l'Ă©limination de toute opposition organisĂ©e au pouvoir bolchevique. Dans le mĂȘme temps, la situation Ă©conomique se dĂ©grade fortement dĂšs 1918. Voline dĂ©crit dans « La RĂ©volution inconnue » l'aggravation des pĂ©nuries et la dĂ©sorganisation de la production, dues Ă la mauvaise gestion et Ă la centralisation croissante de l'appareil d'Ătat bolchevique. Les nombreuses entreprises en Russie connaissent des difficultĂ©s d'approvisionnement, des pĂ©nuries de matiĂšres premiĂšres et une baisse importante de leur production, ce qui remet fortement en question le dĂ©terminisme Ă©conomique marxiste et montre les limites d'une conception qui rĂ©duit les transformations sociales aux seules conditions Ă©conomiques.
Kronstadt n'est donc pas le commencement de la contre-rĂ©volution. Kronstadt rĂ©vĂšle brutalement une contre-rĂ©volution dĂ©jĂ engagĂ©e. La rĂ©pression des insurgĂ©s qui rĂ©clamaient notamment davantage de dĂ©mocratie directe soviĂ©tique montre jusqu'oĂč le pouvoir bolchevique Ă©tait prĂȘt Ă aller pour prĂ©server son monopole politique.De mĂȘme, la NEP ne constitue pas Ă elle seule le moment oĂč la rĂ©volution aurait cessĂ© d'ĂȘtre rĂ©volutionnaire. Elle reprĂ©sente une nouvelle Ă©tape dans une situation dĂ©jĂ profondĂ©ment transformĂ©e en capitalisme d'Ătat.
La diffĂ©rence avec une partie de la gauche communiste est donc fondamentale. Celle-ci peut critiquer LĂ©nine, le parti bolchevique, la rĂ©pression et la bureaucratisation tout en conservant une pĂ©riodisation qui fait de 1917 une rĂ©volution prolĂ©tarienne victorieuse et de 1921 son basculement contre-rĂ©volutionnaire. Une position vĂ©ritablement anti-bolchevique doit aller plus loin : le problĂšme n'est pas que le bolchevisme aurait mal tourné ; le problĂšme est que la prise du pouvoir par le parti bolchevique constitue elle-mĂȘme une rupture avec l'autonomie rĂ©volutionnaire des travailleurs. Il est donc nĂ©cessaire, dans cette logique, de rejeter toute figure d'autoritĂ© et tout culte du chef, qu'il s'agisse de LĂ©nine ou de tout autre individu prĂ©tendant parler au nom du prolĂ©tariat. Aucun individu, ne peut se substituer Ă l'action autonome des travailleurs ni prĂ©tendre dĂ©tenir une vĂ©ritĂ© rĂ©volutionnaire qu'ils devraient suivre. C'est prĂ©cisĂ©ment cette prĂ©tention Ă parler au nom du prolĂ©tariat, Ă se prĂ©senter comme son reprĂ©sentant exclusif et Ă imposer une vĂ©ritĂ© politique venant d'une colonne vertĂ©brale qui doit ĂȘtre rejetĂ©e. On peut qualifier cette posture de « populisme ouvrier : elle consiste Ă reprendre le langage marxiste et les revendications ouvriĂšres pour se prĂ©senter comme la seule force capable de rĂ©soudre les problĂšmes du prolĂ©tariat, en entretenant une logique de chef sauveur du « peuple » et de vĂ©ritĂ© politique absolue. Il s'agit donc de rejeter toute conception de la formation rĂ©volutionnaire en parti d'avant-garde prĂ©tendant reprĂ©senter le prolĂ©tariat. Une telle structure reproduit une sĂ©paration entre une minoritĂ© chargĂ©e de diriger, d'organiser et de dĂ©cider, et une majoritĂ© appelĂ©e Ă suivre et Ă exĂ©cuter. Elle produit une nouvelle couche bureaucratique et reproduit les rapports hiĂ©rarchiques propres Ă la sociĂ©tĂ© capitaliste. Or, la rĂ©volution sociale ne consiste pas Ă remplacer une classe dirigeante par une autre : elle vise Ă abolir les rapports de domination, la hiĂ©rarchie et le pouvoir politique lui-mĂȘme.
La libĂ©ration des travailleurs ne pourra ĂȘtre que l'Ćuvre des travailleurs eux-mĂȘmes.
C'est prĂ©cisĂ©ment pourquoi octobre 1917, et non seulement 1921, doit ĂȘtre placĂ© au centre de la critique anti-bolchevique de la rĂ©volution russe.ASR
[1] Nouvelle politique économique
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Rentrée scolaire : « On assiste à la résurgence du travail des enfants, c'est une régression historique »

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AprÚs l'électrochoc de l'été 2026, ils et elles ont décidé de « passer à l'action »
AprÚs la sidération, le temps de l'action. En cette rentrée, à la sortie d'un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s'engager.
Lire la suite - Info / Luttes
Ă la sortie de cet Ă©tĂ© des catastrophes, entre vagues de chaleur, sĂ©cheresse et incendies, rendus plus frĂ©quents et intenses par le rĂ©chauffement climatique d'origine humaine, Reporterre a adressĂ© un appel Ă tĂ©moignages Ă ses lecteurs et lectrices : ĂȘtes-vous en colĂšre et comment avez-vous dĂ©cidĂ© d'agir ? Nous (âŠ) -
Au musée ukrainien de la corruption, une autruche et John Lennon
Ă quelques kilomĂštres de Kyiv, lâancien palais de MejgoriĂ© expose aux visiteurs le luxe dĂ©mesurĂ© dans lequel vivait Viktor Ianoukovitch, prĂ©sident prorusse destituĂ© en 2014. Le fruit dâun dĂ©tournement des richesses publiques dont lâUkraine nâest toujours pas pleinement sortie.
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RĂ©chauffement climatique : comment les scientifiques prĂȘchent dans le dĂ©sert depuis 200 ans
Les premiĂšres Ă©tudes scientifiques sur le lien entre Ă©missions de COâ et rĂ©chauffement remontent aux annĂ©es 1820 et se sont multipliĂ©es depuis. Pourtant, les rĂ©ponses Ă la hauteur de l'enjeu se font toujours attendre.
Lire la suite - Info / Climat
L'Ă©tĂ© que l'Europe vient de traverser, ainsi que le tsunami de boue qui s'est dĂ©versĂ© sur des populations au NĂ©pal, sont catastrophiques. Mais sont-ils pour autant surprenants ? Le rĂ©chauffement climatique et l'effet de serre d'origine humaine qui le provoque sont l'objet de (âŠ) -
Ephéméride des luttes : 31 août
L'éphéméride des luttes du 31 août refuse le service militaire et s'empare des usines, parce qu'elle sait bien que ce sont les ouvriers et les ouvriÚres qui bùtissent le monde, et notamment les poteaux qui le peuplent.
1794 : A Vaugirard, dans la Plaine de Grenelle, a lieu le pire accident industriel de l'histoire de la France métropolitaine avec l'explosion de la poudrerie, faisant prÚs de 1.400 morts parmi les ouvriers.
1907 : A Amsterdam, fin du congrĂšs anarchiste international, oĂč les dĂ©bats furent dĂ©jĂ Ă l'Ă©poque largement dĂ©diĂ©s Ă la question du syndicalisme comme outil -ou non- adaptĂ© Ă la rĂ©volution sociale, mais aussi Ă l'antimilitarisme. Une des motions du CongrĂšs : « Par des grĂšves gĂ©nĂ©ralisĂ©es Ă des localitĂ©s, Ă des rĂ©gions, Ă des professions entiĂšres, on soulĂšvera progressivement la classe ouvriĂšre et on l'entraĂźnera vers la grĂšve gĂ©nĂ©rale expropriatrice qui comprendra la destruction de la sociĂ©tĂ© actuelle et l'expropriation des moyens de production et des produits. »
1920 : Dans les villes industrielles du nord de l'Italie, un mouvement d'occupation des usines surgit et organise des piquets de grÚve pour résister aux attaques de la police et des fascistes (qui ne sont pas encore au pouvoir). "Le mouvement prend de l'ampleur début septembre, les patrons sont chassés, l'autogestion se généralise dans les ateliers, mais ne s'étend pas à tout le corps social. Les syndicats réformistes, effrayés par l'ampleur révolutionnaire du mouvement (notamment dans la métallurgie et l'automobile), s'empresseront de signer un accord avec le patronat pour mettre fin au mouvement."
Repris de l'éphéméride anarchiste1942 : Au Luxembourg, une grÚve générale se déclenche pour lutter contre le service militaire obligatoire.
1968 : A Carrare en Italie, début du congrÚs qui donnera naissance à l'Internationale des Fédérations Anarchistes.
1970 : Aux Ătats-Unis, la police arrĂȘte le militant du Black Panther Party Wesley Cook, qui prendra par la suite le nom de Mumia Abu-Jamal. Celui-ci est toujours en prison de nos jours, gravement atteint par une maladie qu'il a contractĂ© entre les murs.
1973 : En Irlande du Nord, deux membres de l'IRA sont abattus par l'armée d'occupation britannique.
1980 : En Pologne, aprÚs deux semaines de grÚves dans tout le pays, le gouvernement se voit contraint de signer les accords de Gdansk, autorisant la création du syndicat Solidarnosc.
1981 : A Ramstein, le commando Sigurd Debus de la Fraction Armée Rouge (RAF) attaque le quartier général de l'US Air Force en Europe.
1994 : En Irlande du Nord, l'"IRA Provisoire" déclare le cessez-le-feu.
1997 : A Paris, un poteau de pont abat la princesse de Galles Lady Diana.
2016 : - A Paujil en Colombie, de lourds affrontements ont lieu entre des manifestant-e-s opposé-e-s à l'exploitation pétroliÚre et la police, au point que le maire de la ville décrÚtera un couvre-feu jusqu'au lendemain.
- A AthÚnes, le Groupe d'Autodéfense Révolutionnaire tire plusieurs coups de feu sur l'ambassade du Mexique en soutien avec les luttes mexicaines à Oaxaca.
Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 août, histoire de continuer à chiller avant la rentrée.
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«Comment ne pas ĂȘtre triste en voyant ça ?» : au cĆur du Morvan, un Ă©tang Ă sec et des touristes dĂ©sabusĂ©s
Un enfant et son pĂšre face Ă lâĂ©tang du Goulot assĂ©chĂ©, en aoĂ»t 2026. © Adrien Marotte/Vert
Elles sâarrĂȘtent au bord de ce qui fut un lac. Deux retraitĂ©es, bras dessus bras dessous, regardent longuement lâĂ©tendue de boue craquelĂ©e qui sâĂ©tend devant elles. Lâune sort son tĂ©lĂ©phone, prend une photo. «Notre lacâŠÂ», souffle-t-elle. Leur lac, il nâen reste plus rien. Ă Lormes (NiĂšvre), village de 1 250 habitant·es au cĆur du Morvan, lâĂ©tang du Goulot nâest plus quâune vaste cuvette brunĂątre, bordĂ©e dâarbres immobiles sous la chaleur.
En plein mois dâaoĂ»t, alors que le thermomĂštre a longtemps flirtĂ© avec les 40 degrĂ©s Celsius (°C), le silence nâest troublĂ© que par le chant des oiseaux. LĂ oĂč, dâordinaire, familles, pĂȘcheur·ses et athlĂštes se pressent au bord de lâeau, il nây a presque plus personne.
Difficile dâimaginer, en observant ce paysage figĂ©, que ce plan dâeau dâenviron dix hectares Ă©tait encore, au dĂ©but de lâĂ©tĂ©, lâun des lieux les plus frĂ©quentĂ©s du secteur. Une boucle de promenade, un camping, une aire de jeux, des tables de pique-nique⊠tout un Ă©cosystĂšme de loisirs sâĂ©tait organisĂ© autour de cet Ă©tang.
«Les bancs Ă©taient toujours pleins, il y avait du monde partout», se souvient Martine Grandjean, une habituĂ©e des lieux, venue dĂ©jeuner en famille sur ses berges. «LâĂ©tang, câest comme lâĂ©glise sur la colline. Câest un pĂŽle dâattractivitĂ© dans la ville, un Ăźlot de fraĂźcheur quand il fait chaud, le lieu oĂč tout le monde se retrouve pour un bain ou une promenade⊠Comment ne pas ĂȘtre triste en voyant ça ?», regrette-t-elle.
Martine Grandjean (Ă droite), attablĂ©e avec sa famille Ă cĂŽtĂ© de lâĂ©tang assĂ©chĂ©. © Adrien Marotte/Vert
Cet Ă©tĂ© 2026, tout a basculĂ© en quelques semaines. Le niveau de lâeau, dĂ©jĂ en baisse les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, a chutĂ© brutalement. «Câest parti en un mois», se rappelle Florence Saugeras, coordinatrice Ă lâoffice de tourisme. TrĂšs vite, la baignade et la pĂȘche ont Ă©tĂ© interdites.
Du jamais vu
Les poissons ont Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s en urgence. PrĂšs de 700 Ă 800 kilos. Des sandres, des carpes, des perches, transfĂ©rĂ©s vers le lac de Chaumeçon, Ă une quinzaine de kilomĂštres de lĂ . MalgrĂ© lâopĂ©ration, de nombreux poissons nâont pu ĂȘtre sauvĂ©s.
LâĂ©tang du Goulot en aoĂ»t 2025. © Adrien Marotte/Vert
«On observait une baisse du niveau dâeau chaque Ă©tĂ©, mais nous nâavions jamais vu ça», explique le maire socialiste Christian Paul. Le ruisseau qui alimente lâĂ©tang est Ă sec depuis des semaines. Une Ă©tude gĂ©otechnique a rĂ©vĂ©lĂ© des brĂšches Ă plusieurs mĂštres sous la digue, dans des couches argileuses fragilisĂ©es.
«TrĂšs probablement sous lâeffet des sĂ©cheresses successives, ces couches se sont dessĂ©chĂ©es, effritĂ©es, jusquâĂ cĂ©der», dĂ©crit lâĂ©dile. RĂ©sultat : lâeau sâinfiltre en profondeur et sâĂ©chappe de lâĂ©tang.
Le maire de Lormes, Christian Paul, Ă lâentrĂ©e de la mairie. © Adrien Marotte/Vert
Le dĂ©rĂšglement climatique nâest sans doute pas le seul facteur, estime le maire, mais il agit comme un accĂ©lĂ©rateur. Dans le Morvan, la situation hydrologique est alarmante. Le Parc naturel rĂ©gional Ă©voque des niveaux «historiques» de sĂ©cheresse : riviĂšres Ă sec, eau atteignant parfois 30°C, tourbiĂšres qui se vident.
Pour des espĂšces emblĂ©matiques comme la truite fario, lâĂ©crevisse Ă pattes blanches ou la mulette perliĂšre, la survie est dĂ©sormais en jeu. «Les petits ruisseaux disparaissent les uns aprĂšs les autres», alerte le Parc sur ses rĂ©seaux. LâĂ©tang du Goulot apparaĂźt ainsi comme le symptĂŽme visible dâun dĂ©sĂ©quilibre plus large.
Pancarte «Attention danger» Ă lâĂ©tang du Goulot, en aoĂ»t 2026. © Adrien Marotte/Vert
Sur place, toutes et tous ne font pas le mĂȘme lien. «Le climat, il a bon dos, tranche un habitant de la commune. Il y a une fuite, personne ne sâen est aperçu. Câest avant tout une faute humaine.» Une lecture partagĂ©e par certain·es habitant·es, qui pointent du doigt un dĂ©faut dâentretien.
Dâautres, au contraire, Ă©voquent une «accumulation» liĂ©e aux sĂ©cheresses rĂ©pĂ©tĂ©es, aux sols fragilisĂ©s et Ă une Ă©vaporation accrue. «Les anciens nous disent quâils nâont jamais vu ça, confie une habitante, qui ne veut pas donner son nom de peur des commĂ©rages. On sent quâil se passe quelque chose depuis quelques annĂ©es. Voir le lac dans cet Ă©tat, ça crĂšve le cĆur. JâespĂšre que les gens vont prendre conscience de lâurgence.»
Gilbert Combette au comptoir de son bar, La braise du Goulot. © Adrien Marotte/Vert
Dâautant que les consĂ©quences ont Ă©tĂ© immĂ©diates. Ăcologiques dâabord. La disparition de ce plan dâeau prive la faune dâun refuge et rompt un Ă©quilibre fragile pour les poissons, les batraciens, les insectes et les oiseaux. LâĂ©tang est classĂ© zone naturelle dâintĂ©rĂȘt Ă©cologique, faunistique et floristique.
Ăconomiques ensuite. Le camping, qui accueille gĂ©nĂ©ralement une importante clientĂšle nĂ©erlandaise, tourne au ralenti. Le restaurant qui fait face au plan dâeau a vu sa frĂ©quentation chuter. «On a sept Ă huit fois moins de clients», tĂ©moigne le patron du bar-restaurant, Gilbert Combette. Les annulations se multiplient. «Les consĂ©quences sont dĂ©sastreuses, lĂąche-t-il, dĂ©boussolĂ©. Les gens venaient pour se baigner. LĂ , ils vont ailleurs.»
Sauver lâĂ©tang, «une priorité»
Le choc est aussi social et symbolique. LâĂ©tang Ă©tait un lieu de promenade, de sport, de rencontres intergĂ©nĂ©rationnelles. Un espace oĂč lâon venait chercher un peu de fraĂźcheur lors des Ă©pisodes de chaleur, qui ont atteint des niveaux records cette annĂ©e. Un lieu de baignade Ă©galement, avec un maĂźtre-nageur recrutĂ© pour lâĂ©tĂ©. Seul assis sur un banc, Robin, 15 ans, pianote sur son tĂ©lĂ©phone portable.
Pour lui, lâassĂšchement de lâĂ©tang est dâabord synonyme dâennui. «Câest dommage. Dâhabitude, il y a du monde au camping, les gens viennent pour se baigner. LĂ , il nây a personne», confie-t-il. Originaire du Pas-de-Calais, il est venu passer une semaine de vacances avec ses grands-parents. «Je ne sais pas si je reviendrai, souffle-t-il. Le changement climatique ? Ăa ne mâintĂ©resse pas plus que ça, mais câest vrai que, quand je vois le lac Ă sec et les incendies cet Ă©tĂ©, câest assez frappant.»
Le camping de Lormes, en bordure de lâĂ©tang, en aoĂ»t 2026. © Adrien Marotte/Vert
«Sauver lâĂ©tang est une priorité», assure le maire. Mais la tĂąche sâannonce complexe. Les premiĂšres solutions envisagĂ©es prĂ©conisent lâinstallation de plaques mĂ©talliques en profondeur pour colmater les fuites et Ă©tanchĂ©ifier la digue. CoĂ»t estimé : entre 500 000 et 1 million dâeuros. «On espĂšre obtenir 70 Ă 80% de financements publics», indique le maire, qui a sollicitĂ© lâĂtat et les fonds europĂ©ens de dĂ©veloppement rĂ©gional.
«On veut agir le plus rapidement possible, mais je me refuse pour lâheure Ă donner tout calendrier», poursuit-il. Il attend les rĂ©sultats dâĂ©tudes complĂ©mentaires pour confirmer le diagnostic. En attendant, la municipalitĂ© cherche aussi Ă diversifier ses activitĂ©s touristiques, en misant notamment sur le champ culturel et ses deux Ă©vĂ©nements phares de lâĂ©té : son festival de la chanson au mois de juillet et les portes ouvertes de ses ateliers dâartistes, le week-end du 15 aoĂ»t.
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RĂ©unir lâĂ©cole et le collĂšge pour survivre : la stratĂ©gie gagnante dâun petit Ă©tablissement de la Meuse
A Varennes-en-Argonne, lâĂ©cole et le collĂšge partagent les mĂȘmes locaux depuis deux ans. Un regroupement qui a sauvĂ© les Ă©tablissements face la baisse dĂ©mographique. Et qui permet des innovations pĂ©dagogiques. -
March On Washington Returns To Lincoln Memorial 63 Years After Iconic MLK Speech
Reverend Al Sharpton speaks at March on Washington 2026. Screenshot: CSPAN
Washington DCâThousands returned to the Lincoln Memorial on Friday morning in a referendum of government for failing to honor its commitment to equal rights for everyone. The March On Washington 2026 was held 63 years to the day Dr. Martin Luther King Jr. delivered his iconic âI Have a Dreamâ speech. His impassioned message helped usher the civil rights movement from a footnote into prime time, and supercharged the movement which is still going today. It set the standard for what social and economic equality should look like. Fridayâs march revived Dr. Kingâs call to social and economic equality.
As a deep blue sky shadowed the background of a bright white Lincoln Memorial, the speakers told how they would not allow the selfless sacrifices of 1960s civil rights leaders to be swept away.
One after another, speakers said that the nation had failed to keep its promise of equality. They spoke with the same rhythm and reason as Martin Luther King Jr. near the footprints he left 63 years ago. Their words contrasted the countryâs 1963 legislative promises against its failed delivery of social and economic access. They concluded that legislative changes to civil rights promises in 2026 were giant steps backwards.
As one solution, speakers urged voters to âhave a planâ by registering to vote and taking someone along with them. But there is a point that wrestling executive branch power back into service for those for which it was intended requires more than just voting, especially if the power of the vote is being subverted by executive branch policies that suppress that voting.
For even as they spoke, a new post office rule restricting mailed voting ballots as well as presidential orders demanding Statesâ voting lists, were being challenged in the courts. Many speakers railed against the Supreme Court decision in Louisiana v. Callais which overturned a lower court ruling and codified partisan gerrymandering as a legitimate government purpose. The recent decision allows States to tilt the balance of power in the legislature more favorably toward White majority districts. It has already resulted in the erasure of Black voting power in Tennessee and Alabama. In those States there are no longer any Black majority voting blocks. The decision further split Black majority voting blocksin six States altogether, severely muting the voices millions of Black voters in Texas, Florida, Louisiana, Tennessee, Alabama, and North Carolina. The Supreme Court decision was a major blow to the 1965 Voting Rights Act.
Speakers Set Tone For November Elections
Chief among the speakers critical of the Supreme Court decision was Revered Al Sharpton, President and Founder of National Action Network, and organizer of the March on Washington 2026. The elder civil rights leader railed against Trumpâs attacks on civil rights without mentioning him by name, but he did not need to mention who was behind the attacks.
âThe Callais decision by the Supreme Court put a bullet in the heart of voting rights,â he said. Casting the Supreme Court as ruling from a pre-1963 mindset, he said, âBut they donât understand, weâre not going back. We will not let them turn back the hand of time. They can turn back the clock but they canât turn back time. And if we go home and organize like they did in 1963, we can put a handicap on the most biased, bigoted presidency that weâve seen in a long time.â
The march was joined by labor, faith, Latino, voting rights and community organizations. The group leaders spoke from the podium on the Lincoln Memorial steps as well. Many leaders who spoke followed in the footsteps of the same labor, clergy, and civil rights leaders of their organization predecessors who spoke in 1963.
âIf your vote didnât matter, they wouldnât be working so hard to take it away from you,â said Everette Kelly, National President of the American Federation of Government Employees, which is the largest union representing federal and D.C. government employees. Kelly condemned the Doge takeover of government agencies and removal of tens of thousands of government employees who had kept the country operating safely with oversight needed for basic functions such as food inspections, weather forecasting, and air traffic control.
âOur ancestors didnât pay the price for us to stand here quiet[ly],â he said. âThereâs power in âWeâ and in 10 weeks this election day will show them what a bad mistake that was.â
New York Representative Alexandria Ocasio-Cortez spoke about how the civil right leaders of 1963 were not handed a movement but had to build one. âThe civil rights movement is the foundation for a Great Society,â she said. âWe are living in the legacy of it today. But their vision went further than their victory. America may have agreed to open the lunch counter but it never committed to us affording the meal.â
Ocasio-Cortez argued, âAmerica is wealthier than it has ever been. Yet millions of Americans work every day to afford the basics. It is not simply an economic failure, it is a moral and structural failure. We must work to fix it.â
Marcos Smyth, an artist working with Third Act-DMV, spoke about the march after he returned home that day. âMinorities and Blacks have been marginalized,â he said. This administration is trying to turn its back on Black people by making it more difficult to vote.â
Smyth brought a paper mache caricature of Trump on a wheeled cart he built. He originally designed and helped other artists build the puppet for the No Kings II rally in March of this year, and refashioned it for the March on Washington. But he didnât want the caricature of Trump to be anything near the overarching reason the March on Washington was returning to the Lincoln Memorial. But so many people liked the puppet he was delayed by the many requests from participants asking to take a photo with him and the puppet.
âItâs not intended as a get out the vote message,â he said. But it couldnât be helped to presume it was an inspiration for people to vote because it was Trump that was behind many of their rights being taken away.
Civil Rights Gains of 1963 Are Being Erased
After the 1963 march the nation has made significant progress by 1965, passing legislation codifying equal rights in many sectors which have been retracted in the last 2 years. In 1965, the birth of the great society, equal rights gains finally began to align with forefathersâ visions af a nation of equality and justice for all.. the Civil Rights Act, the Voting Rights Act, .
But the dozens of speakers assembled warned that rights previously gained and the survival of democracy hung in a balance and was weighted down by the willful efforts of the wealthy and powerful influences to diminish it.
Under the policies of the most wealthy president the nation has ever elected, the viability of democracy was at stake, the speakers argued. This is because the wealthy are responsible for the loss of democratic norms by funding its demise. Elon Musk gave $200 million to the Trump presidential reelection campaign in 2019. He also offered voters a lottery of a million dollars if they voted for Trump. It was a lottery which turned out to be a fake ploy to gain votes for Trump. He never paid anyone a million dollars for voting for Trump because it was illegal to do so. Still, many fell for his ploy.
Trump is the nations first multi-billionaire president, leveraging the power of his office to form policy to his personal benefit and self enrichment. No other president has come anywhere close to the amount of wealth accumulated in office while president. The Supreme Court effectively crowned him as an untouchable from prosecution for official acts as president with its ruling in Trump v. United States, so that any official act he takes cannot lead to trial conviction. Further, the Supreme Court has ruled in his favor in nearly every case brought before it. This has in effect green-lighted many of the undoings of the constitutional order, and will make more difficult reversing the damage he has done to civil rights.
The HartâCeller Act, or Immigration and Nationality Act of 1965, was a federal law passed by the 89th United States Congress and signed into law by President Lyndon B. Johnson. The law abolished the National Origins Formula, which had been the basis of U.S. immigration policy since the 1920s.
Trumpâs Department of Homeland Security has through its Immigration and Customs Enforcement division, nearly blown the Immigration and Nationality Act out of existence. The draconian immigration policies under Trumpâs White House have led to death of U.S. citizens, immigrants, and mass chaos across the country. The resulting chaos from ICE has enabled kidnapping, disappearance, and unlawful abuse in detention camps of thousands of migrants and immigrants without due process, pending deportation.
ICE âHa[s] adopted methods and routine tactics that frequently lead to serious civil rights violations. They are committing these violations at a scale and severity without precedent in our nationâs recent history,â according to the ACLU in a July published report documenting 1200 incidents.
In 1965, the Social Security Amendments Act was also signed into law by President Johnson. It was also a part of the vision of the Great Society. It created Medicare and Medicaid, health insurance for those over 65. With the passage of the âBig Beautiful Bill,â legislation, ugly in both application and scope, it would cause the suffering and sickness of millions unable to afford rising costs of medical care in their retirement years. Billions will be cut from the provisions of this 1965 Act in order to afford tax breaks for the wealthy which go into effect in January 2027.
Video contributed by Marcos Smyth with editing by John Zangas.
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Judicial Notice (08.30.26): Paying The Piper
Kalshi is in the New York City subway systemâand probably on its way to the U.S. Supreme Court (photo by David Lat).Welcome to Original Jurisdiction, the latest legal publication by me, David Lat. You can learn more about Original Jurisdiction by reading its About page, and you can email me at davidlat@substack.com. This is a reader-supported publication; you can subscribe by clicking here.
Twenty years ago today, on August 30, 2006, I launched Above the Law. This anniversary led me to reflect on how the world of legal media has changed dramatically over the past two decadesâATL included.
If you look back at my inaugural post on Above the Law, youâll see my initial vision for the outlet was focused heavily on gossip and humor. And while there are still traces of that DNA at ATLâhello, Biglaw Biter1âitâs fair to say the Above the Law of 2026 is a more serious and substantive publication than the self-described âlegal tabloidâ of 2006. For instance, I doubt the original ATL would have been the subject of a 1,600-word feature by Elizabeth Williamson of The New York Times (gift link).
As for me, I left ATL in 2019, tried out legal recruiting, and almost died of COVID. That near-death experience made me realize I wanted to return to full-time writingâwhich I did in May 2021, by activating paid subscriptions here at Original Jurisdiction.
When I launched OJ, I felt the same anxiety I did when I started ATL: Will this flop? Fortunately, like ATL, OJ thrivedâand I owe it all to you, my subscribers and sponsors.
Today, I do four things for a living: publish this newsletter, write a Bloomberg Law column, host a podcast, and do some paid speaking. Iâm professionally happier than Iâve ever been, and for the first time, Iâm not looking for âthe next big thing.â My current plan is to keep doing exactly what Iâm doingâuntil I retire, die, or get replaced by AI. To my readers, listeners, and sponsors, I have just two words: thank you.
A programming note: the next OJ podcast episode will air on September 9, instead of September 2 (because of having to schedule the recording around the crazy schedule of my next guest, one of the busiest lawyers in America). But Iâll still have plenty of content for you, possibly including a Supreme Court clerk hiring post; if youâre aware of any hires not included in my last report, please drop me a line.
Now, on to the newsâridiculously busy for the last full week of August.
Lawyer of the Week: Beth Wilkinson.
In a podcast interview I recorded last week with Jacob Robinson for Law of Code (teaser here), he asked me if Iâd ever return to practicing law. Although I keep my New York law license activeâmostly to keep my mother honest when she tells people, âMy son is a lawyerââI no longer practice, and I have no desire to return to practice.
There are, however, two things Iâd be willing to return for, on a temporary basis: to argue before the U.S. Supreme Court, orâmore realisticallyâto try a case to a jury, all the way to verdict (even a boring case, and even as the most junior person on the trial team). And if I drew up a short list of the litigators Iâd want to work for, it would include Beth Wilkinson of Wilkinson Stekloff, trial lawyer extraordinaire.
Oh, you want to work with Beth Wilkinson? Take a number. Right now sheâs handling three of the biggest litigations in the country, as noted in Jessica Toonkelâs recent profile of Wilkinson in The Wall Street Journal (gift link):
Wilkinson has successfully defended the National Football League and pharmaceutical giant Pfizer, as well as Supreme Court Justice Brett Kavanaugh against accusations of sexual assault in his confirmation hearings, making her a go-to trial lawyer in high-stakes cases. She has won about 60 cases and lost four jury verdicts, two of which were set aside and one settled. She has never had a client pay a judgment.
She is now in the middle of the three most high-stakes media battles in yearsâŠ. In addition to working for Paramount [in its litigation against state attorneys general trying to block its $81 billion acquisition of Warner Bros. Discovery], Wilkinson is also representing TV station operator Nexstar Media Group in defending its $6.2 billion acquisition of competitor Tegna, a deal state attorneys general have also sued to block, and Walt Disney Co. ABC in its fight with the Federal Communications Commission over the networkâs broadcast licenses.
If ABC v. FCC rings a bell, it should: filed by Wilkinson and leading Supreme Court litigator Paul Clement, it was last weekâs Litigation of the Week.
Given the many famous cases she has handled over her long career, some of which we discussed in our podcast interviewâincluding, of course, her successful prosecution of the Oklahoma City bombersâWilkinson has many individual wins to celebrate. But as she told me in our conversation (and later wrote in a Bloomberg Law piece), what excites her most at this point in her career is mentoring and developing younger colleagues, then sitting back and watching them thrive.
In that sense, one of the biggest signs of Wilkinsonâs success is a fourth case in the headlines, People of the State of California v. Meta Platforms Inc. This litigation settled in the middle of trial, for $17 billionâwhich many analysts see as an excellent outcome for the defense (for reasons discussed below, under Litigation of the Week).
Wilkinson Stekloff was trial counsel for Meta, alongside Covington & Burling and Davis Polkâbut Wilkinson wasnât her firmâs main courtroom lawyer. Instead, if you look at Metaâs written filings and news stories about key cross-examinations, youâll see mention of colleagues like Brian Stekloff and Moira Penza. And that is, in my view, a testament to the team that Beth Wilkinson has helped build at Wilkinson Stekloff: a firm so formidable that clients like Meta will trust it with matters of existential importanceâwhether or not Beth Wilkinson herself is personally involved.2
Other lawyers in the news:
Speaking of legendary litigators who have appeared on my podcast, David Boies, still going strong at 85, had a good week:
On Thursday, Judge Jed Rakoff (S.D.N.Y.) approved Bank of Americaâs $72.5 million settlement with Jeffrey Epstein victims who alleged that B of A aided in Epsteinâs sex trafficking. Judge Rakoff also signed off on a 30% fee request for the lawyersâincluding Boies, Sigrid McCawley, and Andrew Villacastin, of Boies Schiller Flexner, and Brad Edwards, of Edwards Henderson.
On Friday, Judge Richard Seeborg (N.D. Cal.) awarded almost $147 million in attorneysâ fees to Boies and his co-counsel in a privacy class action against Google that covered 98 million people and resulted in a $425 million jury verdict. Judge Seeborg said the one-third fee was high but justified, given counselâs âexemplary performance.â The lawyers included David Boies, Alexander Boies, and Mark Mao of BSF; Bill Carmody, Amanda Bonn, and Shawn Rabin of Susman Godfrey; and Ryan McGee of Morgan & Morgan.
Will Scharf, who will assume the role of White House counsel on September 1, was profiled by Luke Broadwater for The New York Times (gift link via Howard Bashmanâs How Appealing). The article struck me as neutral to positive, maybe 6/10; ChatGPT agreed (6.5/10), while Claude dissented (4/10).
Whoâs replacing Will Scharf in the influential role of White House staff secretary? A fellow lawyer: current deputy staff secretary Benjamin âBenâ Moss, who graduated from the University of Chicago Law School and previously served as general counsel to then-senator JD Vance (R-Ohio).
Speaking of job changes, Kerry Abrams will step down as dean of Duke Law after more than eight years in the role. Query whether she can resolve the DOJ investigation into alleged racial discrimination in Dukeâs admissions before she departs at the end of the 2026-27 academic year.
Abrams is leaving the deanship voluntarily, while staying on at Duke as a member of the faculty. In contrast, Nathaniel Cullertonâthe Wachtell Lipton partner caught making out with an associate in Central Park, in a viral videoââis being forced out by the elite law firm,â per The New York Post.
In the August 23 edition of Judicial Notice, I discussed Department of Homeland Security General Counsel James Percival, his thread on X criticizing four judges who ruled against DHS, and an ethics complaint filed against Percival by 128 retired judges, including Nancy Gertner and J. Michael Luttig. In a reader poll that drew almost 600 votes, 65% of you expressed support for the complaint. For additional views, see (or hear) Sarah Isgur of Advisory Opinions, who criticized the complaint as âbarfareâ (weaponization of the attorney ethics process), or Professor Steve Vladeck of One First, who argued that the real issue isnât the ethics complaint, but the âabominableâ nature of Percivalâs conduct.3
In memoriam: assistant U.S. attorney Andrew Haden (S.D. Cal.) passed away on August 19, at 48. Initial reports didnât specify the cause of death, but last week, the San Diego County Medical Examinerâs Office confirmed that he died by suicide. If you or someone you know is experiencing a mental-health crisis, please call the National Suicide Prevention Lifeline (988) or contact a lawyer assistance program in your state. As someone who is all too familiar with the devastating toll of suicide,4 I encourage you to donate to the American Foundation for Suicide Prevention or a similar charity focused on suicide prevention.
Judges of the Week: Judges Rita Lin and Noël Wise.
Last week, I wrote that the Northern District of California is one of the five most important district courts in the country right now, thanks to its popularity as a venue for (1) big-ticket cases involving Big Tech and (2) challenges to Trump administration policies. I picked Chief Judge Yvonne Gonzalez Rogers (N.D. Cal.) as the most recent Judge of the Week based on her handling of a major tech case, People of the State of California v. Meta Platforms Inc. (discussed below). And now Iâm bestowing Judge of the Week honors on two of her colleagues, Judges Rita Lin and NoĂ«l Wise, based on their benchslaps of the Trump administration: In the span of roughly 24 hours, these two relatively new Biden appointees ruled against the federal government in a pair of high-profile cases, both based on the First Amendment.
On Thursday, in Anthropic PBC v. U.S. Department of War, Judge Lin blocked the Pentagonâs blacklisting of Anthropic. After the AI giant refused to allow its Claude AI models âto be used by the U.S. military for surveillance or autonomous weapons and publicly criticized the governmentâs views on AI safety, the government took action against Anthropicâincluding designating the company âa supply chain risk.â Represented by WilmerHale, Anthropic sued, alleging it was retaliated against for its speech in violation of the First Amendment. In a 59-page opinion, Judge Lin agreed, declaring that the Trump administrationâs actions were âillegal and baseless.â In one of the opinionâs most widely quoted lines, she wrote, âThe empty invocation of national security is not a blank check to punish and retaliate against government critics.â
On Friday, in Stanford Daily Publishing Corporation v. Rubio, Judge Wise ruled that the Trump administration violated the First Amendment by arresting, detaining, and deporting noncitizen students for expressing pro-Palestine views. In a 90-page ruling that Reuters described as âblistering,â she wrote that âin the United States, freedom of speech belongs to the peopleâ and âis not the governmentâs to take.â As Conor Fitzpatrick of the Foundation for Individual Rights and Expression, counsel to the plaintiffs, told The Times (gift link), âTodayâs ruling proves that free speech isnât a privilege, but the inalienable right of every man, woman, and child.â
In other news about judges and the judiciary:
Josh Morrow, a partner at Lehotsky Cohn, conducted an interesting analysis (posted by Professor Eugene Volokh on the Volokh Conspiracy). Morrow ran 2,250 published opinions from federal appellate courts from 2026 through Pangram, an AI-detection tool, and found that more than 50 showed signs of AI authorship. He then took roughly 300 opinions published in January 2022 by federal circuit courts and fed them into Pangramâand found no signs of AI-generated text. Some folks I discussed this study with were troubled by its findings, but I wasnât. First, 50 opinions out of 2,250 is a shade over 2%, a tiny percentage. Second, signs of AI authorship simply suggest that AI generated the prose; they donât denote the presence of hallucinations or other errors.
Justices Clarence Thomas and Samuel Alito overlapped at Yale Law School for two years. Why werenât they friends? As Thomas recounted to Senator Ted Cruz (R-Tex.) on his podcast, Alito said to Thomas, âClarence, you were scary.â What did he mean by that? During their YLS years, Alito was the introverted, nerdy conservative that he still is todayâwhile Thomas was âa left-wing radical,â in Cruzâs words, who wore bib overalls and combat boots around 127 Wall Street.
If youâre trying to get rid of your Indiana state criminal case by forging a dismissal order signed by a judge, pick a jurist other than Chief Justice John Roberts. A Colorado man named Joshua Culver learned this the hard wayâand now he faces federal charges of impersonation and forgery as well.
In memoriam:
Judith Kreeger, who served as a judge in Miami-Dadeâs 11th Judicial Circuit Family Division for more than 25 years, passed away at 85.
Barbara McDermottâwho served for almost 14 years as a judge in Philadelphiaâs Court of Common Pleas, spending a majority of that time handling homicide casesâpassed away at 71.
May they rest in peace.
Job of the Week: an opportunity for an of counsel in trademark litigation.
Lateral Link is working with a global IP practice seeking an exceptional litigator (6+ years) to join as of counsel, handling sophisticated trademark disputes. This is a fantastic opportunity for experienced litigators looking to join a top trademark practice. Prior trademark experience is not requiredâstrong general commercial or IP litigation experience is welcome, provided the candidate has outstanding writing skills and the ability to take a meaningful first-chair role. Candidates from top litigation boutiques or Am Law 100 firms are of particular interest. This role requires proximity to one of the firmâs offices and is not intended to be fully remote. Compensation ranges from $196,000â$350,000, depending on hours, experience, qualifications, and location. To be considered, please send your rĂ©sumĂ© to Steven Rushing at srushing@laterallink.com.
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Washington Policy Review: August 30, 2026
Todayâs Report
1. Overview
2. White House News
3. Truth Social Posts
4. Government Department News
5. 2028 Democratic Presidential Candidates
6. AI & Tech Company News
7. Congressional Watch
8. Policy Impact Analysis & Heatmap
1. Overview
President Trump utilized Truth Social to advocate for a protectionist trade policy, specifically targeting Canada. He argued that the U.S. has suffered financial losses and urged Canadian companies to relocate operations domestically to avoid new tariffs. Asserting that his tariff strategy has ârevivedâ the automotive sector, he stated he no longer wishes to rely on Canadian parts or vehicles.
The President also announced a new oil agreement with Venezuela intended to refill the Strategic National Reserve. Regarding cultural and domestic concerns, he criticized New York Governor Kathy Hochul regarding the release of criminals and pledged to restore the World War II Monument after reports of vandalism. Furthermore, he expressed an intention to renovate the âdecrepitâ Kennedy Center and shared an anecdote regarding Google Mapsâ labeling of Lake Ontario as âLake America.â
Trump initiated a public conflict with media figures, specifically challenging Kristen Welker of *Meet the Press*. He claimed a 99% success rate for his political endorsements and warned he would report the journalist for âpurposeful inaccuracy.â Additionally, the State Dept issued two formal statements: one acknowledging the results of Icelandâs recent referendum on EU accession negotiations, and another extending congratulations to Malaysia on its 69th independence anniversary. These updates emphasized the ongoing U.S. commitment to maintaining bilateral partnerships and promoting regional stability.
Forced reshoring initiatives driven by the threat of steep tariffs introduce significant cost headwinds for manufacturing firms with deep cross-border dependencies, potentially dismantling established supply chain efficiencies. Simultaneously, aggressive regulatory intervention in agriculture and media aims to decentralize market power, creating substantial operational volatility for consolidated food processors and communication entities facing heightened political scrutiny. Conversely, strategic efforts to realign energy and aerospace trade flows through state-led partnerships offer new growth avenues, though these âpolitically-drivenâ deals risk displacing long-standing commercial arrangements and inviting retaliatory trade friction.
2. White House News
No White House news found.
3. Truth Social Posts
Trump focused heavily on economic and trade policy, specifically regarding Canada, asserting that the United States has lost billions annually and must incentivize companies to return stateside to avoid tariffs. He urged Canadian companies to relocate immediately, arguing that domestic manufacturingâincluding the automotive sectorâhas been ârevivedâ and âsavedâ through his aggressive tariff strategy. He stated that he no longer wants Canadian parts or cars, labeling the country a poor trade partner. Additionally, he announced plans to refill the Strategic National Reserve using oil from a new deal with Venezuela. These economic efforts were highlighted by an aide who praised his job creation record and a recent aircraft deal with Bangladesh. Other administration actions included breaking the grip of major meat processors, securing the aforementioned oil agreement, and considering legal pathways for Jewish Canadians.
Regarding domestic and cultural issues, Trump criticized New York Governor Kathy Hochul for the release of criminals and vowed to restore the Reflecting Pool and grounds at the World War II Monument following acts of vandalism. He expressed a desire to renovate the âdecrepitâ Kennedy Center, celebrated a successful NASA launch, and recommended Ted Cruzâs new book about Justice Clarence Thomas. In separate posts, he shared news regarding Google Maps labeling Lake Ontario as âLake America.â
Trump also launched a sharp offensive against the media, calling for FCC intervention against what he described as âfake pollsâ and biased reporting. He singled out Kristen Welker of Meet the Press, challenging her characterization of his endorsement success rate. Trump insisted that his record, which he claimed includes a 99% success rate and 100% in Senatorial contests, represents âthe strongest Endorsement in the History of Politics,â and he warned that he would report her for âpurposeful inaccuracy.â
Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump
4. Government Department News
State Department (state.gov)
United States Response to Icelandâs EU Accession Referendum
The United States acknowledges Icelandâs August 29 referendum regarding the potential resumption of EU accession negotiations. The U.S. government respects the sovereign choice of the Icelandic people and reaffirms its confidence in Icelandâs ongoing role as a vital NATO ally. The State Department remains committed to enhancing the bilateral partnership with Iceland across security, energy, innovation, and economic sectors to promote mutual peace and prosperity.
United States Congratulates Malaysia on 69th Independence Anniversary
Secretary of State Marco Rubio extended congratulations to the people of Malaysia on the 69th anniversary of the nationâs independence. The United States highlights the enduring partnership between the two countries, emphasized by robust economic ties and a mutual commitment to maintaining freedom of navigation in the Indo-Pacific. As a primary investor and trading partner, the U.S. seeks to further deepen cooperation with Malaysia to ensure continued peace and prosperity in the region.
8. Policy Impact Analysis & Heatmap
This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.
Impact on Market
Based on todayâs policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:
THEME 1. PROTECTIONIST TRADE FRICTION
Trade policy is shifting toward forced reshoring of North American manufacturing through the threat of steep tariffs. This policy forces firms with heavy Canadian dependencies to evaluate costly supply chain migrations. Opposition groups warn that these actions dismantle efficient cross-border trade networks and invite retaliatory measures from key partners.
THEME 2. REGULATORY INTERVENTION IN FOOD AND MEDIA
The administration is expanding its oversight reach to dismantle established market structures in agriculture and media. By breaking the concentration of meat processors, the government aims to empower smaller producers at the expense of consolidated firms. Concurrently, using the FCC to target media outlets creates a volatile environment for communication companies facing political scrutiny.
THEME 3. STRATEGIC COMMODITY REALIGNMENT
The administration is leveraging foreign partnerships to secure vital energy reserves and manufacturing contracts. By tapping Venezuelan supply and securing new aerospace orders from Bangladesh, the government is actively altering trade flows. Observers remain concerned that these specific, politically-driven deals could displace long-standing commercial arrangements.
Policy Impact Heatmap with Market Direction

Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how todayâs policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, âČ) suggest bullish impact; negative scores (red, âŒ) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.
Policy developments today center on aggressive protectionist shifts and tactical commodity procurement. The escalation of tariff threats against Canadian manufacturing creates significant supply chain uncertainty for the automotive and industrial sectors, forcing firms to weigh higher operational costs against relocation risks. Critics argue these ârecklessâ trade barriers threaten cross-border integrated manufacturing, potentially spiking consumer prices.
Simultaneously, the administrationâs deal with Venezuela to fill the Strategic National Reserves serves as a bullish catalyst for domestic energy market stability, though it disrupts established OPEC supply dynamics. Meanwhile, the directive targeting âbig fourâ meat processors introduces regulatory risk for major food conglomerates, as antitrust intervention seeks to reconfigure supply chains in favor of independent ranchers. The administrationâs pursuit of media entities via the FCC introduces a new layer of political risk premium for the communication services sector. These maneuvers reflect a broader transition toward state-directed economic outcomes, where administrative pressure is increasingly prioritized over traditional market equilibrium.
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Discount gas stations praised by Trump sold $4m of stolen fuel, lawsuit claims
KRSM, company that supplied fuel to Freedom Fuel Network, stole millions worth of gas, Mansfield Oil alleges
The company that supplied fuel to the discount gas stations praised by Donald Trump is being sued for allegedly stealing nearly $4m worth of gas.
Mansfield Oil Company of Gainesville sued KRSM and its president, Syed Kazmi, for allegedly picking up about 1.1m gallons of fuel from 21 May to 7 July, worth more than $3,998,000, and not paying for it.
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Autistici/Inventati dĂ©signĂ© « organisation terroriste internationale » par les Ătats-Unis
Ce 26 aoĂ»t 2026, l'administration des Ătats-Unis d'AmĂ©rique a dĂ©signĂ© comme organisation terroriste internationale l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). DerriĂšre ce nom, ce sont 25 ans de mĂ©moire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numĂ©rique qui se voient attaquĂ©es. A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hĂ©bergent des milliers de boĂźtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurĂ©s ou menacĂ©s. Cette dĂ©cision, dont les premiĂšres consĂ©quences commencent Ă apparaĂźtre, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-lĂ , la communautĂ© hacker internationale appelle Ă une large mobilisation de solidaritĂ© antifasciste pour la dĂ©fense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos rĂ©seaux numĂ©riques alternatifs.
Paranoia, la premiĂšre machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est nĂ©e Ă Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expĂ©rimentations technologiques populaires entremĂȘlĂ©es. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodĂ©fense numĂ©rique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant Ă garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
LĂ oĂč les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barriĂšre d'entrĂ©e, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services Ă un critĂšre d'affinitĂ© politique. Sous cette condition, la libertĂ© d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilitĂ© collective Ă l'Ă©gard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration Ă©tats-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intĂ©gralitĂ© des services d'A/I dans un excĂšs de zĂšle fasciste qu'on lui connaĂźt particuliĂšrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'Ă la catastrophe que reprĂ©sente cette derniĂšre actualitĂ©, l'histoire d'A/I est Ă©maillĂ©e de plusieurs Ă©vĂ©nements parfois rocambolesques, mettant en lumiĂšre toute l'ironie et l'absurditĂ© des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dĂ©noncer le transport d'Ă©quipements militaires pour l'invasion Ă©tats-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquĂȘte contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails Ă©taient hĂ©bergĂ©s par A/I, a rĂ©vĂ©lĂ© l'installation par la police d'un dispositif de surveillance du serveur, dissimulĂ©e par l'entreprise du datacenter du serveur de l'Ă©poque.
Ă la suite de cette affaire, le collectif a initiĂ© un chantier titanesque de mesures anti-rĂ©pression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de rĂ©sister aux tentatives de censure d'un jeu-vidĂ©o dĂ©nonçant la pĂ©docriminalitĂ© au sein de l'Ăglise catholique. Puis en 2010, c'est face Ă la police norvĂ©gienne, en complicitĂ© avec une cour de justice italienne, que le plan R* s'est montrĂ© efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grĂące Ă plusieurs relais Ă travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposĂ© des milliers de boĂźtes mail, A/I a toujours insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d'une prudence Ă l'Ă©gard de sa propre confidentialitĂ©. Aucune infrastructure numĂ©rique ne sera jamais indemne de vulnĂ©rabilitĂ©, Ă l'instar des humains eux-mĂȘmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et Ă certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naĂźtre, en tant qu'automĂ©dia issu de la mobilisation contre le G8 de GĂȘnes. Elle a Ă©galement permis Ă d'innombrables mailing-lists d'Ă©merger et Ă des dizaines d'ateliers et discussions Ă travers le monde de diffuser les savoir-faire d'autodĂ©fense numĂ©rique et les expĂ©riences du collectif Ă d'autres communautĂ©s en lutte.
Appel Ă mobilisation
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs maniÚres, dans la mesure de vos capacités :
- faire connaĂźtre cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, âŠ) ;
- rejoindre la coalition de défense d'A/I en vous rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.) ;
- contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
- préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux états-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !
Déclaration publique d'Autistici/Inventati
Traduit collective de l'anglais du communiqué d'Autistici/Inventati.
Aujourd'hui, nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d'informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l'état, ainsi que dans l'ordonnance judiciaire associée.
Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d'outils d'auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d'activistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons Ă faire ce que nous faisons depuis toutes ces annĂ©es, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d'une administration politiquement dĂ©sepĂ©rĂ©e, avec pour seul but de dĂ©tourner l'attention publique et mĂ©diatique loin de leurs propre violence et bellicismeâŠ
L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l'humanité.
Collectif Autistici/Inventati â rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
Un serveur nommé Paranoia : défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre
Traduction collective de l'anglais de l'article "The server called Paranoia : Defend Autistici/Inventati Before September 25", publié le 27 août 2026 sur sabot media. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur « ce qu'on peut faire » n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen, ce qui explique les différences entre les propositions présentées dans le résumé ci-dessus (écrites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 derniĂšres annĂ©es, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre Ă la censure, Ă la surveillance et aux descentes de police. Le 26 aoĂ»t, les Ătats-Unis ont dĂ©signĂ© ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo Ă©conomique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ăa aurait du ĂȘtre une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scÚne se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu prÚs 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un aprÚs l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derriÚre le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là , l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : « A/I existe désormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelĂ©es : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 aoĂ»t 2026, les Ătats-Unis dĂ©signent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et l'inscrit sur la liste des Ressortissants SpĂ©cialement DĂ©signĂ©s et des Personnes BloquĂ©es (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siÚcle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.
Le 25 septembre, le dĂ©lai accordĂ© aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hĂ©bergeurs et autres institutions sont sommĂ©es de couper tous liens qui resteraient aprĂšs cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre Ă la disparition de serveurs. Les Ătats-Unis tentent maintenant de rendre le collectif Ă©conomiquement et technologiquement infrĂ©quentable. Mais dĂ©couvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en gĂ©nĂ©ral.
Avant A/IÂ : La contre-culture internet italienne
Autistici/Inventati n'est pas sorti du nĂ©ant. Ses racines plongent dans plus d'une dĂ©cennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT : premiĂšres agoras numĂ©riques du jeune internet], de centres sociaux autogĂ©rĂ©s dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expĂ©rimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des annĂ©es 1990, des rĂ©seaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors mĂȘme qu'internet Ă©tait peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens rĂ©unissaient dĂ©veloppeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogĂ©rĂ©s.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, oĂč les gens pouvaient apprendre Linux, monter des rĂ©seaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose Ă partager plutĂŽt qu'Ă vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. Ă Milan, les personnes affiliĂ©es au LOA Hacklab utilisĂšrent le nom Autistici pour dĂ©crire leur intense fascination pour la technologie et leur dĂ©sir de mettre en lumiĂšre la politique cachĂ©e en son sein. Ă Florence, le projet Inventati Ă©tait plus orientĂ© vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour ĂȘtre imprimĂ© et collĂ© directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les camĂ©ras de surveillance dans l'espace public.
Des personnes de Bologne et d'ailleurs Ă©taient aussi impliquĂ©es. Beaucoup participĂšrent au dĂ©veloppement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un rĂ©seau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les Ă©vĂšnements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les mĂ©diatisent. Les diffĂ©rents groupes partageaient le mĂȘme problĂšme : le mouvement nĂ©cessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privĂ©s, mais les infrastructures indĂ©pendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacitĂ©s mais contre un prix Ă©levĂ©, une dĂ©pendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffrĂ© leur proposant une rencontre. Le message fĂ»t traitĂ© comme dans un film d'espionnage : clĂ©s PGP, signes de reconnaissances savament arrangĂ©s, un endroit et une heure secrĂšte. Puis les florentins arrivĂšrent dans une bagnole rouillĂ©e lĂ©gendaire appelĂ©e le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bĂątiment avec stupĂ©faction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. AprÚs le dßner, les florentins dévoilÚrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutÎt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évÚnements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.
Le serveur qui ferma la porte en laissant les clés à l'intérieur
La naissance n'a pas Ă©tĂ© uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversĂ©e, ordonnant par accident Ă la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-mĂȘme.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-mĂȘme.
Le collectif a trouvĂ© ça si reprĂ©sentatif de son image qu'il fut dĂ©cidĂ© d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mĂ©lange de rigeur technique et de refus de se prendre au sĂ©rieux devint une caractĂ©ristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommĂ©s, entre autres : Tchernobyl, Rancune, RĂ©volte, DĂ©sobĂ©issance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). DerriĂšre les blagues, c'est une position politique qui se dĂ©veloppait. La communication devrait ĂȘtre gratuite et accessible. La connaissance grandit en Ă©tant partagĂ©e. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposĂ© virtuel. Les systĂšmes grĂące auxquels on parle dĂ©terminent qui peut parler, qui peut Ă©couter, qui dĂ©tient les Ă©changes et qui peut ĂȘtre rĂ©duit au silence. A/I a commencĂ© Ă fournir des sites webs, des emails privĂ©s et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement Ă©tendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-confĂ©rence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicitĂ© ou exploitation de donnĂ©es Ă des fins commerciales.
Le manifeste du collectif dĂ©crit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des donnĂ©es personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il rĂ©serve les ressources limitĂ©es de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutĂŽt qu'Ă des entreprises, partis politiques, religions Ă©tablies ou institutions qui ont dĂ©jĂ les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais Ă©tĂ© un hĂ©bergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas ĂȘtre l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « AffinitĂ© politique » ne signifie pas « contrĂŽle opĂ©rationnel ». Offrir Ă quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas Ă©crire tous les emails qui sont envoyĂ©s ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rĂŽle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.
GĂȘnes : baptĂȘme du feu pour l'infrastructure
Ă peine quelques mois aprĂšs la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est rĂ©uni Ă GĂȘnes. Plusieurs participant·es d'A/I Ă©taient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participĂ© Ă la crĂ©ation du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indĂ©pendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des cĂąbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policiĂšres indiscriminĂ©es dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'Ă©cole Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et tĂ©moignages de premiĂšre main transmis via une infrastructure indĂ©pendante. GĂȘnes est ainsi l'une des premiĂšres manifestations majeures Ă ĂȘtre documentĂ©e sous tous les angles par ses participant·es plutĂŽt qu'exclusivement par les mĂ©dias institutionnels.
Pour A/I, ce fĂ»t aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fĂźrent face Ă la mĂȘme violence ensemble, tout en maintenant les systĂšmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. AprĂšs GĂȘnes, A/I n'Ă©tait plus une simple expĂ©rimentation technique, curieuse et rigolote. C'Ă©tait devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crĂ»t rapidement. En 2003, A/I hĂ©bergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. HĂ©berger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hĂ©bergeurs commerciaux auraient facturĂ© des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une rĂ©ponse avec les KAOS Tours : des tournĂ©es combinant collectes de fonds, fĂȘtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidĂ©os, crĂ©er des archives numĂ©riques et streamer de la radio.
Les tournées levÚrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégùts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.
Quand Trenitalia découvre l'effet Streisand
La premiĂšre confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommĂ© Zenmai crĂ©a un site web parodiant celui de l'entreprise ferroviĂšre italienne Trenitalia. Iels copiĂšrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dĂ©nonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres Ă©quipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intĂ©rĂȘts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coĂ»t estimĂ© Ă environ 20 000 âŹ. Le tribunal ordonna dans un premier temps Ă A/I de suspendre le site parodique. Internet rĂ©pondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors qu'A/I retire Ă©galement les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilitĂ© que des moteurs de recherche puissent ĂȘtre poursuivis Ă leur tour pour avoir rĂ©fĂ©rencĂ© ces mĂȘmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web Ă©tait protĂ©gĂ© par le droit Ă la satire et au dĂ©bat public pour des faits d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. La page fĂ»t alors republiĂ©e et Trenitalia fĂ»t condamnĂ©e Ă rembourser A/I de ses frais de justice⊠une victoire extraordinaire pour un collectif de bĂ©nĂ©voles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opĂ©ration plus pernicieuse se trĂąmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sĂąchent.
La répression d'Aruba
Le serveur d'A/I Ă©tait, Ă cette Ă©poque, hĂ©bergĂ© dans un centre de donnĂ©es de l'entreprise Aruba Ă Arezzo [NDLT : ville Italienne Ă l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne dĂ©barqua chez Aruba, mandatĂ©e par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise Ă©teignĂšrent la machine d'A/I et laissĂšrent la police en copier les disques durs. Les enquĂȘteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installĂšrent des Ă©quipements pour intercepter le trafic. A/I fĂ»t faussement informĂ© que la coupure du service Ă©tait due Ă un problĂšme Ă©lectrique. Le collectif ne dĂ©couvrit la vĂ©ritĂ© que prĂšs d'un an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommĂ© de fermer la boĂźte mail utilisĂ©e par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcĂ©rale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquĂȘte tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformĂ© Ă l'ordonnance du tribunal et a demandĂ© les documents liĂ©s Ă ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquĂȘteurs n'auraient pas dĂ» ĂȘtre en capacitĂ© d'avoir. L'explication Ă©tait cachĂ©e dans une note de bas de page : la police Ă©tait allĂ© chez Aruba l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente et avait obtenu un accĂšs au serveur de A/I. Une affaire qui prĂ©tendait ne concerner qu'une simple boĂźte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchĂ©es : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de GĂȘnes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accĂšs Ă des communications confidentielles de dĂ©fense Ă propos des poursuites dĂ©coulant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a rĂ©vĂ©lĂ© une vĂ©ritĂ© brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bĂątiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accĂšs au contenu du serveur aux autoritĂ©s et dissimuler ce qui s'est passĂ©.
A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.
Le plan R* : la répression devient architecture
Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© le plan R*, lancĂ© en octobre 2005 : un rĂ©seau de « communication rĂ©sistante ». PlutĂŽt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribuĂ© les donnĂ©es chiffrĂ©es et les fonctionalitĂ©s entre des serveurs situĂ©s dans plusieurs pays. Les machines consultĂ©es par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent ĂȘtre dĂ©mĂ©nagĂ©s quand du matĂ©riel est saisi ou quand un hĂ©bergeur devient hostile. La perte d'un nĆud ne peut plus exposer ou rĂ©duire au silence l'intĂ©gralitĂ© de la communautĂ©. R* signifie rĂ©plication, redondance, rĂ©sistance et autres mots commençant par R. Son architecture a Ă©tĂ© conçue non seulement pour survivre Ă des pannes mĂ©caniques, mais aussi pour tenir bon face Ă des attaques politiques. A/I n'a pas prĂ©tendu qu'iels pouvaient garantir une sĂ©curitĂ© parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelĂ© aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle Ă un hĂ©bergeur, y compris A/I. Iels ont rĂ©duit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut ĂȘtre saisie. Iels ont encouragĂ© les utilisateur·ice·s Ă chiffrer leurs communications parce que mĂȘme l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles Ă risque.
Le collectif à transformé une opération de surveillance secrÚte en leçon d'infrastructure. La répression est devenue architecture.
Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la NorvÚge
La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accÚs états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. AprÚs consultation des avocats, le fournisseur d'accÚs conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accÚs au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. à ce moment-là , A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de maniÚre indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opĂ©rant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres rĂ©sistantes Ă la censure malgrĂ© de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires Ă rĂ©pĂ©tition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvĂ©gienne a copiĂ© les disques durs d'un serveur d'A/I Ă la demande de l'Italie. L'enquĂȘte faisait suite Ă des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation nĂ©ofasciste CasaPound. Les autoritĂ©s cherchaient des informations Ă propos d'une boĂźte mail. A/I avait dĂ©jĂ expliquĂ© qu'iels n'avaient ni l'identitĂ© des utilisateur·ices ni des journaux d'activitĂ©, mais les enquĂȘteurs voulaient apparament vĂ©rifier si c'Ă©tait vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le rĂ©seau opĂ©rait de nouveau normalement. Les disques saisis Ă©taient chiffrĂ©s et n'ont fourni aucune information utile. L'opĂ©ration est devenue un scandale en NorvĂšge. Des avocats, journalistes et associations de dĂ©fense des droits numĂ©riques ont demandĂ© la raison pour laquelle la police norvĂ©gienne avait copiĂ© les communications privĂ©es de milliers de personnes en rĂ©ponse Ă une demande Ă©trangĂšre insuffisamment justifiĂ©e. L'enquĂȘte italienne a fini par ĂȘtre abondonnĂ©e. LĂ oĂč une autre organisation aurait pu interprĂ©ter les perquisitions Ă rĂ©pĂ©tition comme une preuve que son projet Ă©tait impossible, A/I les a interprĂ©tĂ©es comme une preuve que leur projet Ă©tait nĂ©cessaire. Son histoire est documentĂ©e dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism.
26 août 2026
La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 aoĂ»t 2026, le dĂ©partement d'Ătat des Ătats-Unis [NDLT : l'Ă©quivalent Ă©tats-unien du ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres] a dĂ©signĂ© Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au mĂȘme moment, le Bureau du contrĂŽle des avoirs Ă©trangers du dĂ©partement du TrĂ©sor (Office of Foreign Assets Control) a placĂ© A/I sur la liste des Ressortissants SpĂ©cialement DĂ©signĂ©s et des Personnes RefusĂ©es (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exĂ©cutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systĂšmes d'exclusion Ă©conomique les plus puissants au monde. Les Ătats-Unis affirment que A/I fournit des architectures numĂ©riques spĂ©cialisĂ©es, des communications chiffrĂ©es et de l'hĂ©bergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations dĂ©jĂ dĂ©signĂ©es comme terroriste par les Ătats-Unis.
La dĂ©claration publique du TrĂ©sor Ă©tats-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hĂ©bergement de sites Ă l'Ă©tranger, mail chiffrĂ©s, tchat, visio-confĂ©rence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette dĂ©claration dĂ©crit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sĂ©lectionner spĂ©cifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise Ă disposition d'infrastructure utilisĂ©e par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le TrĂ©sor Ă©tats-unien considĂšre l'hĂ©bergement de cette infrastructure comme un soutien matĂ©riel ou technologique au terrorisme. Le dossier du dĂ©partement d'Ătat va encore plus loin, dĂ©crivant les attaques, les communiquĂ©s et publications qu'ils affirment ĂȘtre passĂ©s par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures Ă©nergĂ©tiques, l'hĂ©bergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraĂźnement de la police Ă Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des dĂ©clarations attribuĂ©es Ă des organisations armĂ©es. Les dĂ©clarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifiĂ© ces actions, sĂ©lectionnĂ© des cibles, transfĂ©rĂ© des armes, dirigĂ© les groupes citĂ©s ou rĂ©digĂ© les contenus hĂ©bergĂ©s sur ses systĂšmes. Ils ne prĂ©cisent pas Ă quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette dĂ©signation dĂ©fend une idĂ©e plus large et plus lourde de consĂ©quences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut ĂȘtre considĂ©rĂ© en soi comme du terrorisme.
Cette thĂ©orie met Ă bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinitĂ© politique et contrĂŽle opĂ©rationnel ; entre protection de la vie privĂ©e et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rĂ©daction de tout ce qui est publiĂ© dessus. A/I n'a jamais prĂ©tendu ĂȘtre politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure prĂ©cisĂ©ment parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit oĂč parler, publier et s'organiser au-delĂ des entreprises et du contrĂŽle de l'Ătat. Les Ătats-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Suite : le 25 septembre
Puisque A/I est dĂ©sormais considĂ©rĂ© comme une organisation terroriste par les Ătats-Unis, tous ses actifs dĂ©tenus au Ătats-Unis (possĂ©dĂ©s directement, ou contrĂŽlĂ©s par un tiers) doivent ĂȘtre bloquĂ©s et dĂ©clarĂ©s Ă l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargĂ© de faire appliquer les sanctions financiĂšres]. Sauf dĂ©rogation, les citoyen·ne·s et institutions Ă©tats-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les Ătat-Unis, mĂȘme si les parties prenantes n'y rĂ©sident pas. L'OFAC a accordĂ© une dĂ©rogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nĂ©cessaires Ă la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, Ă 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui ĂȘtre versĂ©s ; ils doivent ĂȘtre placĂ©s sur des comptes gelĂ©s. AprĂšs cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nĂ©cessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date Ă partir de laquelle les entreprises et individus rĂ©sidant aux Ătats-Unis sont supposĂ©s couper tout lien avec A/I.
Les consĂ©quence pourraient ĂȘtre la perte :
- de comptes bancaires et moyens de paiement,
- d'accĂšs aux dons et levĂ©es de fonds liĂ©es aux Ătats-Unis,
- d'hébergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit réseau,
- de noms de domaines et services associés,
- de comptes de certificats, de sécurité et d'envoi d'e-mails
- de services logiciels et de communication,
- de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
- d'accĂšs aux services de A/I pour les personnes rĂ©sidant aux Ătats-Unis.
Les entitĂ©s extĂ©rieures aux Ătats-Unis n'ont pas Ă appliquer automatiquement les censures imposĂ©es par la loi Ă©tats-unienne. Cependant, l'OFAC a menacĂ© les institutions financiĂšres Ă©trangĂšres de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entitĂ© dĂ©signĂ©e comme terroriste. Cette menace pourrait ĂȘtre aussi destructrice qu'une rĂ©quisition lĂ©gale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entitĂ© qui gĂšre des noms de domaines] ou un hĂ©bergeur europĂ©en connaisse prĂ©cisĂ©ment les obligations qui lui sont imposĂ©es par la loi Ă©tats-unienne. Ses juristes seront probablement enclins Ă considĂ©rer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font frĂ©quemment du zĂšle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et rĂ©voquer des accĂšs, quand bien mĂȘme la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, Ă©viter de contacter ou interrompre des Ă©changes avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaĂźt sur une liste d'organisations terroristes.
C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquiÚrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.
Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur
MĂȘme si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des Ătats-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisĂ©e par des Ă©crivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie prĂ©cisĂ©ment parce que les plateformes commerciales ne sont pas sĂ»res, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs donnĂ©es. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-mĂȘme est placĂ© sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hĂ©bergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic Ă la frontiĂšre ou un enquĂȘteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hĂ©siter Ă contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait Ă©viter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considĂ©rer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nĂ©cessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit Ă lui seul un no man's land de peur.
C'est une raison pour laquelle cette action pourrait ĂȘtre utile Ă l'Ătat mĂȘme si A/I reste en ligne. Les prĂ©cedentes attaques tentaient d'atteindre le collectif Ă travers diffĂ©rentes machines, boĂźtes mails ou fournisseurs. A/I y a rĂ©pondu en distribuant ses sytĂšmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent Ă un autre niveau : les relations qui permettent Ă l'infrastructure d'exister. PlutĂŽt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de donnĂ©es, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s Ă isoler le collectif. PlutĂŽt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'Ătat peut rendre les contacts coĂ»teux et lĂ©galement pĂ©rilleux.
C'est l'Ătat-surveillance qui opĂšre Ă travers des intermĂ©diaires privĂ©s. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent ĂȘtre conduits Ă policer le rĂ©seau par eux-mĂȘmes. Chaque institution va tracer sa propre frontiĂšre dĂ©fensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identitĂ©, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de dĂ©fense de la vie privĂ©e. D'autres pourraient fermer des comptes Ă l'abri des regards, sans possibilitĂ© de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entitĂ©s dont les dĂ©cisions sont difficiles Ă voir, contester ou simplement documenter.
Les consĂ©quences nĂ©fastes qui en rĂ©sultent ne se limitent pas Ă la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautĂ©s controversĂ©es impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'Ă©tendre la vĂ©rification d'identitĂ©, la modĂ©ration automatique et la rĂ©tention de donnĂ©es. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systĂšmes commerciaux plus faciles Ă surveiller, Ă cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'Ătat gagne de l'influence, quand bien mĂȘme il n'obtient pas les donnĂ©es en clair des disques chiffrĂ©s d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissidentâ es deviennent plus faciles Ă observer.
Ce prĂ©cĂ©dent dĂ©passe les projets spĂ©cifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privĂ©e et l'hĂ©bergement de publications controversĂ©es peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour argumenter que l'infrastructure elle-mĂȘme constitue une complicitĂ©, alors les fournisseurs de mails chiffrĂ©s, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les rĂ©seaux sociaux fĂ©dĂ©rĂ©s et autres hĂ©bergeurs indĂ©pendants ont tous des raisons de s'inquiĂ©ter. Les faits et lois seraient spĂ©cifiques Ă chaque fois. Le danger consiste Ă normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traitĂ© comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilitĂ©s, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue Ă quiconque utilise ses systĂšmes.
Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrĂštement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les consĂ©quences envisagĂ©es adviendront. Le gouvernement amĂ©ricain n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratĂ©gie au delĂ des accusations dans les annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblĂ©e contre des faits identifiables par une large pĂ©nalisation de l'infrastructure. La mise en application est dĂ©placĂ©e du tribunal Ă une toile diffuse d'institutions prĂ©cautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrĂŽle. L'objectif immĂ©diat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressĂ© Ă quiconque construit des systĂšmes de communication hors du contrĂŽle Ă©tatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra ĂȘtre retenu contre vous.
A/I peut-il survivre à ça ?
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
les serveurs seront saisis ; les hĂ©bergeurs coopĂ©reront avec la police ; les gouvernements demanderont des informations Ă propos des utilisateur·ices ; les entreprises censureront le contenu controversé ; certaines machines et sites d'hĂ©bergement deviendront inaccessibles ; les donnĂ©es et les services doivent donc ĂȘtre chiffrĂ©s, distribuĂ©s et remplaçables.
Cette prĂ©paration compte. A/I est basĂ© en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuĂ©e dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compĂ©tentes. Il ne dĂ©pend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs dĂ©cennies d'expĂ©rience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siĂšge ou d'employé·e·s Ă payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'Ătat moins de leviers que ce Ă quoi il est habituĂ©. Il serait surprenant que le site web, le systĂšme de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armĂ©s des projets informatiques de sa taille pour faire face Ă des saisies de machines ou Ă des censures ponctuelles.
Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
Le plan R* a Ă©tĂ© concu pour faire face Ă la disparition de serveurs. Il ne peut pas Ă lui tout seul, empĂȘcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de rĂ©voquer les services par peur des mesures de rĂ©torsion Ă©tats-uniennes.
L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
- les banques ;
- les dons ;
- les domaines ;
- les contrats avec des hébergeurs ;
- la bande passante ;
- les certificats ;
- les dépendances logicielles ;
- les relations avec des institutions internationales.
A/I a dĂ©jĂ survĂ©cu Ă l'isolation technique. Les Ătats-Unis tentent maintenant une excommunication financiĂšre et institutionnelle. Les services proposĂ©s sont, certes, rĂ©silients, mais la capacitĂ© de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer Ă l'environnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra aprĂšs le 25 septembre dĂ©pendra donc non seuleument de l'architecture qui hĂ©berge les donnĂ©es de A/I, mais aussi de la solidaritĂ© avec le collectif lui-mĂȘme.
La mise-au-silence n'est pas pour le 25Â septembre
L'ajout sur la liste des organisation terroristes vise Ă isoler. La rĂ©ponse doit ĂȘtre une solidaritĂ© informĂ©e, indĂ©pendante et rigoureuse. Les personnes qui rĂ©sident aux Ătats-Unis ne doivent pas improviser de dons, dĂ©guiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermĂ©diaires, voire A/I, Ă des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'Ă©tendre au-delĂ des ressources financiĂšres : assistance technique, traduction, plaidoyer, Ă©vĂšnements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque lĂ©gal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre n'est pas une date Ă laquelle disparaitre en silence. EnquĂȘtes indĂ©pendantes, communiquĂ©s, manifestations et dĂ©bats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, dĂ©monter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de dĂ©fense de libertĂ©s et s'organiser indĂ©pendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication rĂ©sistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites prĂ©cises sont difficiles Ă Ă©tablir. Quiconque chercherait Ă faire des levĂ©es de fonds, remplacer l'infrastructure, dĂ©ployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer d'un conseil qualifiĂ© Ă propos des sanctions. Un document de fĂ©vrier 2025 concernant le soutien matĂ©riel dans le cadre de restrictions de l'OFAC met en garde contre le fait que mĂȘme des soutiens lĂ©galistes peuvent attirer la surveillance, des enquĂȘtes, des restrictions d'accĂšs aux Ătats-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne rĂ©pondez pas Ă leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Ce que les soutiens peuvent faire d'ici au 25Â septembre
Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, GĂȘnes, les tounĂ©es KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie NorvĂ©gienne. Ne laissons pas le rĂ©cit Ă©tatique devenir le seul tĂ©moignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de dĂ©fense. Demandons aux collectifs d'hĂ©bergement indĂ©pendants, aux organisations de dĂ©fense des libertĂ©s numĂ©riques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux Ă©ditions indĂ©pendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de rĂ©pondre publiquement. PrĂ©servons les archives. Les serveurs peuvent ĂȘtre saisis. Les domaines peuvent ĂȘtre suspendus. Les hĂ©bergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les Ă©crits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialitĂ©, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accĂ©dons pas Ă des comptes privĂ©s et respectons les mesures de sĂ©curitĂ©. La prĂ©servation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mĂȘmes enjeux qu'opĂ©rer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hĂ©bergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiĂ©s.
Documentons les excÚs de zÚle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de maniÚre indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grùce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent tant que la désignation de terrorisme s'applique sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent chercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.
Ăcoutons attentivement les rĂ©ponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien lĂ©galement indĂ©pendant. Les dĂ©clarations du collectif devraient nous servir de rĂ©fĂ©rence sur la maniĂšre de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnĂ©e, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immĂ©diat est de rendre A/I impossible Ă faire disparaitre en silence.
Le réseau nommé solidarité
A/I a survĂ©cu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accĂšs secrets de la police, Ă la saisie de disques, aux hĂ©bergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquĂȘtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hĂ©bergeurs a produit de la redondance. La saisie norvĂ©gienne a montrĂ© que le rĂ©seau pouvait ĂȘtre remontĂ© en quelques heures.
Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusĂ© la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunitĂ© de former plus de personnes sur comment se protĂ©ger collectivement. Les Ătats-Unis ont maintenant transformĂ© cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme du terrorisme ; si la protection de la vie privĂ©e peut ĂȘtre redĂ©finie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut ĂȘtre prĂ©sentĂ© comme une obstruction ; et si un hĂ©bergeur peut ĂȘtre tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passĂ© vingt-cinq ans Ă se prĂ©parer au jour oĂč un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, dĂ©placer un service, restaurer des donnĂ©es chiffrĂ©es et continuer Ă opĂ©rer aprĂšs le dĂ©branchement d'une prise par la police ou un hĂ©bergeur. Les Ătat-Unis tentent quelque chose de diffĂ©rent. Ils essayent d'intimider les banques, les hĂ©bergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens Ă travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur rĂ©ussite dĂ©pendra en partie de l'infrastructure d'A/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
D'ici au 25 septembre, prĂ©servons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. PrĂ©parons une dĂ©fense lĂ©gale. Ne laissons pas l'Ătat amĂ©ricain discrĂštement Ă©tablir que construire des infrastructures respectant la confidentialitĂ© pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblĂ©es autour d'une machine de rĂ©cup' et ont dĂ©libĂ©rement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la piĂšce Ă©tait censĂ© apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur s'appelait Paranoia.
Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.
Télécharge le livre d'A/I, +KAOS, sur l'histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
Télécharge leur « Media Kit » visuel pour les réseaux sociaux, guides d'archivage, encarts de presse, modÚles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.
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Autistici/Inventati dĂ©signĂ© « organisation terroriste internationale » par les Ătats-Unis
Les Ătats-Unis attaquent Autistici/Inventati (un Ă©quivalent italien de Riseup et lâhĂ©bergeur de noblogs.org) en les qualifiant dâorganisation terroriste internationale. Ă lâheure oĂč cet article est Ă©crit, autistici.org nâest plus joignable. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rĂ©tablir les services. Il est probable que des nouvelles seront bientĂŽt publiĂ©es sur leur blog. En attendant, une lettre ouverte (en anglais) peut ĂȘtre signĂ©e par des personnes morales ou physiques.

Ce 26 aoĂ»t 2026, lâadministration des Ătats-Unis dâAmĂ©rique a dĂ©signĂ© comme organisation terroriste internationale lâassociation en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). DerriĂšre ce nom, ce sont 25 ans de mĂ©moire et dâoutils des luttes sociales, dâautogestion numĂ©rique qui se voient attaquĂ©es. A/I, câest un peu le Riseup italien. Iels hĂ©bergent des milliers de boĂźtes mails et de listes de diffusion ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurĂ©s ou menacĂ©s. Cette dĂ©cision, dont les premiĂšres consĂ©quences commencent Ă apparaĂźtre, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. Dâici-lĂ , la communautĂ© hacker internationale appelle Ă une large mobilisation de solidaritĂ© antifasciste pour la dĂ©fense de nos infrastructures et pour lâautonomie de nos rĂ©seaux numĂ©riques alternatifs.
Paranoia, la premiĂšre machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est nĂ©e Ă Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et dâexpĂ©rimentations technologiques populaires entremĂȘlĂ©es. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique dâautodĂ©fense numĂ©rique, sâest poursuivie par lâinstallation de toute une infrastructure visant Ă garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
LĂ oĂč les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent lâargent comme barriĂšre dâentrĂ©e, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent lâutilisation de leurs services Ă un critĂšre dâaffinitĂ© politique. Sous cette condition, la libertĂ© dâexpression permise au travers de cette infrastructure nâa cependant jamais garanti de responsabilitĂ© collective Ă lâĂ©gard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, lâadministration Ă©tats-unienne justifie aujourdâhui la censure de lâintĂ©gralitĂ© des services dâA/I dans un excĂšs de zĂšle fasciste quâon lui connaĂźt particuliĂšrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusquâĂ la catastrophe que reprĂ©sente cette derniĂšre actualitĂ©, lâhistoire dâA/I est Ă©maillĂ©e de plusieurs Ă©vĂ©nements parfois rocambolesques, mettant en lumiĂšre toute lâironie et lâabsurditĂ© des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de lâaffaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dĂ©noncer le transport dâĂ©quipements militaires pour lâinvasion Ă©tats-unienne de lâIrak en 2003. En 2005, une enquĂȘte contre une cellule italienne de lâAnarchist Black Cross, dont les emails Ă©taient hĂ©bergĂ©s par A/I, a rĂ©vĂ©lĂ© lâinstallation par la police dâun dispositif de surveillance du serveur, dissimulĂ©e par lâentreprise du datacenter du serveur de lâĂ©poque.
Ă la suite de cette affaire, le collectif a initiĂ© un chantier titanesque de mesures anti-rĂ©pression de lâinfrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de rĂ©sister aux tentatives de censure dâun jeu-vidĂ©o dĂ©nonçant la pĂ©docriminalitĂ© au sein de lâĂglise catholique. Puis en 2010, câest face Ă la police norvĂ©gienne, en complicitĂ© avec une cour de justice italienne, que le plan R* sâest montrĂ© efficace pour permettre la survie de lâinfrastructure grĂące Ă plusieurs relais Ă travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposĂ© des milliers de boĂźtes mail, A/I a toujours insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© dâune prudence Ă lâĂ©gard de sa propre confidentialitĂ©. Aucune infrastructure numĂ©rique ne sera jamais indemne de vulnĂ©rabilitĂ©, Ă lâinstar des humains eux-mĂȘmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales et Ă certains squats a notamment permis au mouvement Indymedia de naĂźtre, en tant quâautomĂ©dia issu de la mobilisation contre le G8 de GĂȘnes. Elle a Ă©galement permis Ă dâinnombrables mailing-lists dâĂ©merger et Ă des dizaines dâateliers et discussions Ă travers le monde de diffuser les savoir-faire dâautodĂ©fense numĂ©rique et les expĂ©riences du collectif Ă dâautres communautĂ©s en lutte.
Appel Ă mobilisation
De fait, A/I fait aujourdâhui partie des collectifs de rĂ©fĂ©rence dans les communautĂ©s hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et lâexigence technique acquise que pour son approche anti-Ă©litiste qui permet Ă toustes dâutiliser ses services et dâapprendre Ă les rĂ©pliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en dĂ©fense dâA/I, de plusieurs maniĂšres, dans la mesure de vos capacitĂ©s :
- faire connaĂźtre cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, âŠ) ;
- rejoindre la coalition de dĂ©fense dâA/I en vous rapprochant dâorganisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de dĂ©fense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.) ;
- contribuer Ă lâarchivage dĂ©centralisĂ© de Noblogs ;
- préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.
Par ailleurs, dans un contexte de rĂ©pression dĂ©bridĂ©e, Ă coups dâaccusation de terrorisme, Ă lâencontre dâun nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, lâattaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives dâinfrastructures alternatives sur internet. Elle dĂ©montre lâextension des leviers utilisĂ©s par lâadministration pour censurer des services (en lâoccurence via lâorganisme chargĂ© des noms de domaine en « .org »).
Au-delĂ dâA/I, cette invitation Ă la solidaritĂ© est donc aussi un gros coup de pied au cul pour dĂ©fendre notre libertĂ© dâexpression et lâintĂ©gritĂ© de notre vie privĂ©e ainsi que lâautonomie nos moyens dâorganisation en ligne. Il est urgent de rĂ©flĂ©chir collectivement Ă la dĂ©pendance aux Ă©tats-unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes et renforcer leur indĂ©pendance autant que possible en documentant le travail et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement lâaffaire dâexpert·es. Apprenons de lâhistoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et câest lâaffaire de toustes !
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DĂ©claration publique dâAutistici/Inventati
Traduit collective de lâanglais du communiquĂ© dâAutistici/Inventati.
Aujourdâhui, nous apprenons que le gouvernememt Ă©tats-unien vise un petit collectif dâinformatique italien, gĂ©rĂ© bĂ©nĂ©volement, par des sanctions disproportionnĂ©es comme chacun·e peut le lire dans les dĂ©clarations du trĂ©sor et de lâĂ©tat, ainsi que dans lâordonnance judiciaire associĂ©e.
Nous dĂ©nions toutes allĂ©gations diffusĂ©es dans ces dĂ©clarations, et nous affirmons fermement notre volontĂ© de fournir une plateforme dâoutils dâauto-dĂ©fense numĂ©rique, rĂ©pondant aux besoins de communication libre dâactivistes et autres individus, groupes et organisations.
Nous ne reculerons pas, nous continuerons Ă faire ce que nous faisons depuis toutes ces annĂ©es, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations dâune administration politiquement dĂ©sepĂ©rĂ©e, avec pour seul but de dĂ©tourner lâattention publique et mĂ©diatique loin de leurs propre violence et bellicismeâŠ
Lâantifascisme et lâanticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester nâest pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour lâhumanitĂ©.
Collectif Autistici/Inventati â rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.
Restons humain.
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Un serveur nommé Paranoia: défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre
Traduction collective de lâanglais de lâarticle The server called Paranoia: Defend Autistici/Inventati Before September 25, publiĂ© le 27 aoĂ»t 2026 sur sabot media. Il est Ă©crit avec une perspective Ă©tats-unienne, donc la partie sur « ce quâon peut faire »nâest pas forcĂ©ment pertinente dâun point de vue europĂ©en, ce qui explique les diffĂ©rences entre les propositions prĂ©sentĂ©es dans le rĂ©sumĂ© ci-dessus (Ă©crites depuis le contexte français) et celles ci-dessous.
Au cours des 25 derniĂšres annĂ©es, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre Ă la censure, Ă la surveillance et aux descentes de police. Le 26 aoĂ»t, les Ătats-Unis ont dĂ©signĂ© ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures dâembargo Ă©conomique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.
Ăa aurait du ĂȘtre une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.
Mais la scÚne se déroule un beau dimanche ensoleillé.
Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA Ă Milan autour dâun ordinateur assemblĂ© avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit Ă peu prĂšs 8 euros. Iels lâont amĂ©liorĂ© avec des composants de rĂ©cupâ, dont un disque dur extrait de lâordi du salon dâune personne. Personne nâa de plan formel. Les logiciels sont choisis lâun aprĂšs lâautre. Toutes les dĂ©cisions sont discutĂ©es jusquâĂ ce que tout le monde soit dâaccord. Intentionnellement, la personne avec le moins dâexpĂ©rience technique est mise derriĂšre le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que lâefficacitĂ© nâest pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce quâiels sont en train de construire. Ce jour lĂ , lâun·e des participant·e sâen souvient, iels dĂ©clarent : « A/I existe dĂ©sormais. »
Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelĂ©es : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 aoĂ»t 2026, les Ătats-Unis dĂ©signent Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist) et lâinscrit sur la liste des Ressortissants SpĂ©cialement DĂ©signĂ©s et des Personnes BloquĂ©es (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list).
La distance entre ces deux Ă©vĂ©nements (dâune machine recyclĂ©e dans un hacklab Ă Milan, Ă la machinerie de lâĂ©tat techno-sĂ©curitaire Ă©tats-unien), câest lâhistoire dâun collectif qui ne dĂ©mord pas, depuis un quart de siĂšcle, dâune proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans dâabord devoir se livrer Ă de grandes entreprises ou Ă des gouvernements.
Le 25 septembre, le dĂ©lai accordĂ© aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hĂ©bergeurs et autres institutions sont sommĂ©es de couper tous liens qui resteraient aprĂšs cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre Ă la disparition de serveurs. Les Ătats-Unis tentent maintenant de rendre le collectif Ă©conomiquement et technologiquement infrĂ©quentable. Mais dĂ©couvrons ensemble ce quâest A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en gĂ©nĂ©ral.
Avant A/I : La contre-culture internet italienne
Autistici/Inventati nâest pas sorti du nĂ©ant. Ses racines plongent dans plus dâune dĂ©cennie dâorganisation de lâautonomie italienne, de radios pirates, de « bulletin-board systems » [NDLT: premiĂšres agoras numĂ©riques du jeune internet], de centres sociaux autogĂ©rĂ©s dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et dâexpĂ©rimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des annĂ©es 1990, des rĂ©seaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors mĂȘme quâinternet Ă©tait peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens rĂ©unissaient dĂ©veloppeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogĂ©rĂ©s.
Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, oĂč les gens pouvaient apprendre Linux, monter des rĂ©seaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose Ă partager plutĂŽt quâĂ vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. Ă Milan, les personnes affiliĂ©es au LOA Hacklab utilisĂšrent le nom Autistici pour dĂ©crire leur intense fascination pour la technologie et leur dĂ©sir de mettre en lumiĂšre la politique cachĂ©e en son sein. Ă Florence, le projet Inventati Ă©tait plus orientĂ© vers la communication, la publication, et lâorganisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour ĂȘtre imprimĂ© et collĂ© directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les camĂ©ras de surveillance dans lâespace public.
Des personnes de Bologne et dâailleurs Ă©taient aussi impliquĂ©es. Beaucoup participĂšrent au dĂ©veloppement dâIndymedia Italy, mouture locale dâun rĂ©seau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les Ă©vĂšnements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les mĂ©diatisent. Les diffĂ©rents groupes partageaient le mĂȘme problĂšme : le mouvement nĂ©cessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privĂ©s, mais les infrastructures indĂ©pendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacitĂ©s mais contre un prix Ă©levĂ©, une dĂ©pendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffrĂ© leur proposant une rencontre. Le message fĂ»t traitĂ© comme dans un film dâespionnage : clĂ©s PGP, signes de reconnaissances savament arrangĂ©s, un endroit et une heure secrĂšte. Puis les florentins arrivĂšrent dans une bagnole rouillĂ©e lĂ©gendaire appelĂ©e le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bĂątiment avec stupĂ©faction.
Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelĂ©e La Balena. AprĂšs le dĂźner, les florentins dĂ©voilĂšrent leur plan sĂ©ditieux : monter un autre serveur autonome. Lâintention nâĂ©tait pas de remplacer lâinfrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. Lâintention Ă©tait de multiplier lâinfrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas Ă couper les communications de toutes les communautĂ©s en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrĂ©gĂ© A/I. Lâassociation des collectifs prit lĂ©galement le nom dâInvestici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle nâavait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les dĂ©cisions Ă©taient prises en cherchant des consensus plutĂŽt que par votes. Personne nâĂ©tait payĂ©. Ses ressources venaient de dons, dâĂ©vĂšnements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom Ă©tait un choix. Tel Janus, A/I Ă©tait une crĂ©ature Ă deux visages: lâune technique, lâautre communicante ; lâune tournĂ©e vers la machine, lâautre vers le mouvement qui en avait besoin.
Le serveur qui ferma la porte en laissant les clĂ©s Ă lâintĂ©rieur
La naissance nâa pas Ă©tĂ© uniquement glorieuse. Le second jour de lâexistence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversĂ©e, ordonnant par accident Ă la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas dâelle-mĂȘme.
Le serveur ne pouvait donc plus communiquer quâavec lui-mĂȘme.
Le collectif a trouvĂ© ça si reprĂ©sentatif de son image quâil fut dĂ©cidĂ© dâimprimer lâerreur sur des T-shirts. Ce mĂ©lange de rigeur technique et de refus de se prendre au sĂ©rieux devint une caractĂ©ristique dâA/I. Les serveurs suivants furent nommĂ©s, entre autres : Tchernobyl, Rancune, RĂ©volte, DĂ©sobĂ©issance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). DerriĂšre les blagues, câest une position politique qui se dĂ©veloppait. La communication devrait ĂȘtre gratuite et accessible. La connaissance grandit en Ă©tant partagĂ©e. Un logiciel nâest pas neutre simplement parce quâil existe dans un monde supposĂ© virtuel. Les systĂšmes grĂące auxquels on parle dĂ©terminent qui peut parler, qui peut Ă©couter, qui dĂ©tient les Ă©changes et qui peut ĂȘtre rĂ©duit au silence. A/I a commencĂ© Ă fournir des sites webs, des emails privĂ©s et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement Ă©tendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-confĂ©rence, de streaming, de proxy mail anonymes et dâautres outils de communication encore. Le tout sans publicitĂ© ou exploitation de donnĂ©es Ă des fins commerciales.
Le manifeste du collectif dĂ©crit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des donnĂ©es personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il rĂ©serve les ressources limitĂ©es de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutĂŽt quâĂ des entreprises, partis politiques, religions Ă©tablies ou institutions qui ont dĂ©jĂ les moyens de se faire entendre. A/I nâa jamais Ă©tĂ© un hĂ©bergeur commercial politiquement neutre. Fournir de lâinsfrastructure ne signifie pas ĂȘtre lâauteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. « AffinitĂ© politique » ne signifie pas « contrĂŽle opĂ©rationnel ». Offrir Ă quelquâun·e une adresse email ne signifie pas Ă©crire tous les emails qui sont envoyĂ©s ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rĂŽle central dans lâattaque que subit maintenant A/I.
GĂȘnes: baptĂȘme du feu pour lâinfrastructure
Ă peine quelques mois aprĂšs la mise en ligne de Paranoia, le G8 sâest rĂ©uni Ă GĂȘnes. Plusieurs participant·es dâA/I Ă©taient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participĂ© Ă la crĂ©ation du Media Center du mouvement [NDLT: un squat qui rassemblait des journalistes indĂ©pendant·es, ainsi que dâautres voix alternatives du mouvement], en tirant des cĂąbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce quâil se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policiĂšres indiscriminĂ©es dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans lâĂ©cole Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et tĂ©moignages de premiĂšre main transmis via une infrastructure indĂ©pendante. GĂȘnes est ainsi lâune des premiĂšres manifestations majeures Ă ĂȘtre documentĂ©e sous tous les angles par ses participant·es plutĂŽt quâexclusivement par les mĂ©dias institutionnels.
Pour A/I, ce fĂ»t aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fĂźrent face Ă la mĂȘme violence ensemble, tout en maintenant les systĂšmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. AprĂšs GĂȘnes, A/I nâĂ©tait plus une simple expĂ©rimentation technique, curieuse et rigolote. CâĂ©tait devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crĂ»t rapidement. En 2003, A/I hĂ©bergeait plus de 2 000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. HĂ©berger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hĂ©bergeurs commerciaux auraient facturĂ© des milliers dâeuros par an pour de tels services. Le collectif apporta une rĂ©ponse avec les KAOS Tours : des tournĂ©es combinant collectes de fonds, fĂȘtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres dâA/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidĂ©os, crĂ©er des archives numĂ©riques et streamer de la radio.
Les tournĂ©es levĂšrent des fonds, mais leur but principal Ă©tait lâĂ©ducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe dâexpert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communautĂ© comprenne la machinerie dont elle dĂ©pendait de plus en plus. Chaque attaque ultĂ©rieure envers A/I provoquerait une variation de cette rĂ©ponse : dĂ©couvrir ce qui sâĂ©tait passĂ©, rĂ©parer les dĂ©gĂąts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile Ă dĂ©truire.
Quand Trenitalia dĂ©couvre lâeffet Streisand
La premiĂšre confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers nommĂ© Zenmai crĂ©a un site web parodiant celui de lâentreprise ferroviĂšre italienne Trenitalia. Iels copiĂšrent lâapparence du site web de lâentreprise tout en dĂ©nonçant son implication dans le transport de chars dâassauts et dâautres Ă©quipements militaires pour lâinvasion de lâIrak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intĂ©rĂȘts ainsi que la publication dâexcuses dans deux journaux majeurs pour un coĂ»t estimĂ© Ă environ 20 000 âŹ. Le tribunal ordonna dans un premier temps Ă A/I de suspendre le site parodique. Internet rĂ©pondit en reproduisant le site tout autour de la toile.
Trenitalia demanda alors quâA/I retire Ă©galement les liens vers les sites miroirs (impliquant lâabsurde possibilitĂ© que des moteurs de recherche puissent ĂȘtre poursuivis Ă leur tour pour avoir rĂ©fĂ©rencĂ© ces mĂȘmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web Ă©tait protĂ©gĂ© par le droit Ă la satire et au dĂ©bat public pour des faits dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. La page fĂ»t alors republiĂ©e et Trenitalia fĂ»t condamnĂ©e Ă rembourser A/I de ses frais de justice⊠une victoire extraordinaire pour un collectif de bĂ©nĂ©voles ! Mais tandis quâA/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opĂ©ration plus pernicieuse se trĂąmait dans lâombre, sans quâiels ne le sĂąchent.
La rĂ©pression dâAruba
Le serveur dâA/I Ă©tait, Ă cette Ă©poque, hĂ©bergĂ© dans un centre de donnĂ©es de lâentreprise Aruba Ă Arezzo [NDLT: ville Italienne Ă lâest de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne dĂ©barqua chez Aruba, mandatĂ©e par un procureur de Bologne. Les techniciens de lâentreprise Ă©teignĂšrent la machine dâA/I et laissĂšrent la police en copier les disques durs. Les enquĂȘteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installĂšrent des Ă©quipements pour intercepter le trafic. A/I fĂ»t faussement informĂ© que la coupure du service Ă©tait due Ă un problĂšme Ă©lectrique. Le collectif ne dĂ©couvrit la vĂ©ritĂ© que prĂšs dâun an plus tard, par accident.
En mai 2005, A/I fut sommĂ© de fermer la boĂźte mail utilisĂ©e par lâAnarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT: organisation anti-carcĂ©rale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre dâune enquĂȘte tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I sâest conformĂ© Ă lâordonnance du tribunal et a demandĂ© les documents liĂ©s Ă ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquĂȘteurs nâauraient pas dĂ» ĂȘtre en capacitĂ© dâavoir. Lâexplication Ă©tait cachĂ©e dans une note de bas de page: la police Ă©tait allĂ© chez Aruba lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente et avait obtenu un accĂšs au serveur de A/I. Une affaire qui prĂ©tendait ne concerner quâune simple boĂźte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers dâutilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchĂ©es : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT: la legal team de GĂȘnes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accĂšs Ă des communications confidentielles de dĂ©fense Ă propos des poursuites dĂ©coulant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a rĂ©vĂ©lĂ© une vĂ©ritĂ© brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bĂątiment de quelquâun dâautre. Un fournisseur commercial peut donner accĂšs au contenu du serveur aux autoritĂ©s et dissimuler ce qui sâest passĂ©.
A/I a retirĂ© la machine de chez Aruba, lâa nettoyĂ©e et a restorĂ© les services essentiels. Des questions parlementaires furent posĂ©es en Italie et au niveau EuropĂ©en. Le collectif Ă voyagĂ© dans tout le pays et Ă travers lâEurope pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le rĂ©seau.
Le plan R* : la répression devient architecture
Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© le plan R*, lancĂ© en octobre 2005 : un rĂ©seau de « communication rĂ©sistante ». PlutĂŽt que de concentrer les services dâA/I sur une seule machine, le collectif a distribuĂ© les donnĂ©es chiffrĂ©es et les fonctionalitĂ©s entre des serveurs situĂ©s dans plusieurs pays. Les machines consultĂ©es par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent ĂȘtre dĂ©mĂ©nagĂ©s quand du matĂ©riel est saisi ou quand un hĂ©bergeur devient hostile. La perte dâun nĆud ne peut plus exposer ou rĂ©duire au silence lâintĂ©gralitĂ© de la communautĂ©. R* signifie rĂ©plication, redondance, rĂ©sistance et autres mots commençant par R. Son architecture a Ă©tĂ© conçue non seulement pour survivre Ă des pannes mĂ©caniques, mais aussi pour tenir bon face Ă des attaques politiques. A/I nâa pas prĂ©tendu quâiels pouvaient garantir une sĂ©curitĂ© parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelĂ© aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle Ă un hĂ©bergeur, y compris A/I. Iels ont rĂ©duit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui nâexiste pas ne peut ĂȘtre saisie. Iels ont encouragĂ© les utilisateur·ice·s Ă chiffrer leurs communications parce que mĂȘme lâarchitecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles Ă risque.
Le collectif Ă transformĂ© une opĂ©ration de surveillance secrĂšte en leçon dâinfrastructure. La rĂ©pression est devenue architecture.
Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la NorvÚge
La pression nâest pas retombĂ©e. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation: Pedopriest, un jeu satirique dĂ©nonçant les efforts faits par lâĂ©glise catholique pour enterrer les cas dâabus sexuels commis par le clergĂ©. Lea crĂ©ateur·ice du jeu le retire temporairement pour Ă©pargner lâhĂ©bergeur. A/I en hĂ©berge alors une copie. Suite Ă une plainte dĂ©posĂ©e par une organisation de protection des enfants non-identifiĂ©e, un fournisseur dâaccĂšs Ă©tats-unien dĂ©connecte lâintĂ©gralitĂ© du serveur de Noblogs. AprĂšs consultation des avocats, le fournisseur dâaccĂšs conclut finalement que la satire Ă©tait lĂ©gale et restaure lâaccĂšs au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contestĂ© reste accessible ailleurs et a Ă©vitĂ© une censure plus large. Ă ce moment-lĂ , A/I est devenu un refuge important hors des rĂ©seaux sociaux commerciaux, alors en pleine Ă©mergence. Noblogs permettait Ă chacun·e de publier de maniĂšre indĂ©pendante, sans publicitĂ©, exploitation de donnĂ©es ou nĂ©cessitĂ© de lier le contenu Ă une identitĂ© lĂ©gale.
Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses dâONGs opĂ©rant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de « Privacy Hero » du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres rĂ©sistantes Ă la censure malgrĂ© de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires Ă rĂ©pĂ©tition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvĂ©gienne a copiĂ© les disques durs dâun serveur dâA/I Ă la demande de lâItalie. LâenquĂȘte faisait suite Ă des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de lâorganisation nĂ©ofasciste CasaPound. Les autoritĂ©s cherchaient des informations Ă propos dâune boĂźte mail. A/I avait dĂ©jĂ expliquĂ© quâiels nâavaient ni lâidentitĂ© des utilisateur·ices ni des journaux dâactivitĂ©, mais les enquĂȘteurs voulaient apparament vĂ©rifier si câĂ©tait vraiment le cas.
Des miliers de comptes ont été copiés au passage.
Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le rĂ©seau opĂ©rait de nouveau normalement. Les disques saisis Ă©taient chiffrĂ©s et nâont fourni aucune information utile. LâopĂ©ration est devenue un scandale en NorvĂšge. Des avocats, journalistes et associations de dĂ©fense des droits numĂ©riques ont demandĂ© la raison pour laquelle la police norvĂ©gienne avait copiĂ© les communications privĂ©es de milliers de personnes en rĂ©ponse Ă une demande Ă©trangĂšre insuffisamment justifiĂ©e. LâenquĂȘte italienne a fini par ĂȘtre abondonnĂ©e. LĂ oĂč une autre organisation aurait pu interprĂ©ter les perquisitions Ă rĂ©pĂ©tition comme une preuve que son projet Ă©tait impossible, A/I les a interprĂ©tĂ©es comme une preuve que leur projet Ă©tait nĂ©cessaire. Son histoire est documentĂ©e dans le livre du collectif, +KAOS: Ten Years of Hacking and Media Activism.
26 août 2026
La nouvelle attaque est dâun autre ordre. Le 26 aoĂ»t 2026, le dĂ©partement dâĂtat des Ătats-Unis [NDLT: lâĂ©quivalent Ă©tats-unien du ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres] a dĂ©signĂ© Autistici/Inventati comme organisation terroriste (Specially Designated Global Terrorist). Au mĂȘme moment, le Bureau du contrĂŽle des avoirs Ă©trangers du dĂ©partement du TrĂ©sor (Office of Foreign Assets Control) a placĂ© A/I sur la liste des Ressortissants SpĂ©cialement DĂ©signĂ©s et des Personnes RefusĂ©es (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous lâordre exĂ©cutif 13224. Ce nâest pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active lâun des systĂšmes dâexclusion Ă©conomique les plus puissants au monde. Les Ătats-Unis affirment que A/I fournit des architectures numĂ©riques spĂ©cialisĂ©es, des communications chiffrĂ©es et de lâhĂ©bergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations dĂ©jĂ dĂ©signĂ©es comme terroriste par les Ătats-Unis.
La dĂ©claration publique du TrĂ©sor Ă©tats-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hĂ©bergement de sites Ă lâĂ©tranger, mail chiffrĂ©s, tchat, visio-confĂ©rence et lâinfrastructure technique soutenant Noblogs. Cette dĂ©claration dĂ©crit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sĂ©lectionner spĂ©cifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise Ă disposition dâinfrastructure utilisĂ©e par le PKK [NDLT: Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le TrĂ©sor Ă©tats-unien considĂšre lâhĂ©bergement de cette infrastructure comme un soutien matĂ©riel ou technologique au terrorisme. Le dossier du dĂ©partement dâĂtat va encore plus loin, dĂ©crivant les attaques, les communiquĂ©s et publications quâils affirment ĂȘtre passĂ©s par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, dâattaques sur des infrastructures Ă©nergĂ©tiques, lâhĂ©bergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre dâentraĂźnement de la police Ă Atlanta, du groupe militant Janâs Revenge et des publications contenant des dĂ©clarations attribuĂ©es Ă des organisations armĂ©es. Les dĂ©clarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifiĂ© ces actions, sĂ©lectionnĂ© des cibles, transfĂ©rĂ© des armes, dirigĂ© les groupes citĂ©s ou rĂ©digĂ© les contenus hĂ©bergĂ©s sur ses systĂšmes. Ils ne prĂ©cisent pas Ă quel moment A/I a eu connaissance dâun acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.
Au contraire, cette dĂ©signation dĂ©fend une idĂ©e plus large et plus lourde de consĂ©quences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut ĂȘtre considĂ©rĂ© en soi comme du terrorisme.
Cette thĂ©orie met Ă bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinitĂ© politique et contrĂŽle opĂ©rationnel ; entre protection de la vie privĂ©e et dissimulation dâun crime ; entre maintien dâune plateforme de publication de contenu et rĂ©daction de tout ce qui est publiĂ© dessus. A/I nâa jamais prĂ©tendu ĂȘtre politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure prĂ©cisĂ©ment parce que les mouvements radicaux avaient besoin dâun endroit oĂč parler, publier et sâorganiser au-delĂ des entreprises et du contrĂŽle de lâĂtat. Les Ătats-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.
Suite : le 25 septembre
Puisque A/I est dĂ©sormais considĂ©rĂ© comme une organisation terroriste par les Ătats-Unis, tous ses actifs dĂ©tenus au Ătats-Unis (possĂ©dĂ©s directement, ou contrĂŽlĂ©s par un tiers) doivent ĂȘtre bloquĂ©s et dĂ©clarĂ©s Ă lâOFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargĂ© de faire appliquer les sanctions financiĂšres]. Sauf dĂ©rogation, les citoyen·ne·s et institutions Ă©tats-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions sâappliquent aussi aux transactions qui passent par les Ătat-Unis, mĂȘme si les parties prenantes nây rĂ©sident pas. LâOFAC a accordĂ© une dĂ©rogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nĂ©cessaires Ă la fermeture des relations existantes avec A/I, jusquâau 25 septembre 2026, Ă 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui ĂȘtre versĂ©s ; ils doivent ĂȘtre placĂ©s sur des comptes gelĂ©s. AprĂšs cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nĂ©cessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date Ă partir de laquelle les entreprises et individus rĂ©sidant aux Ătats-Unis sont supposĂ©s couper tout lien avec A/I.
Les consĂ©quence pourraient ĂȘtre la perte :
- de comptes bancaires et moyens de paiement,
- dâaccĂšs aux dons et levĂ©es de fonds liĂ©es aux Ătats-Unis,
- dâhĂ©bergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit rĂ©seau,
- de noms de domaines et services associés,
- de comptes de certificats, de sĂ©curitĂ© et dâenvoi dâe-mails
- de services logiciels et de communication,
- de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
- dâaccĂšs aux services de A/I pour les personnes rĂ©sidant aux Ătats-Unis.
Les entitĂ©s extĂ©rieures aux Ătats-Unis nâont pas Ă appliquer automatiquement les censures imposĂ©es par la loi Ă©tats-unienne. Cependant, lâOFAC a menacĂ© les institutions financiĂšres Ă©trangĂšres de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte dâune entitĂ© dĂ©signĂ©e comme terroriste. Cette menace pourrait ĂȘtre aussi destructrice quâune rĂ©quisition lĂ©gale. Il est peu probable quâune banque, un registrar [NDLT: une entitĂ© qui gĂšre des noms de domaines] ou un hĂ©bergeur europĂ©en connaisse prĂ©cisĂ©ment les obligations qui lui sont imposĂ©es par la loi Ă©tats-unienne. Ses juristes seront probablement enclins Ă considĂ©rer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien nâen vaut pas la chandelle. Les institutions font frĂ©quemment du zĂšle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et rĂ©voquer des accĂšs, quand bien mĂȘme la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, Ă©viter de contacter ou interrompre des Ă©changes avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaĂźt sur une liste dâorganisations terroristes.
Câest ainsi que les sanctions Ă©tats-uniennes acquiĂšrent une puissance mondiale : pas simplement par voie lĂ©gale, mais aussi par une peur institutionelle.
Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur
MĂȘme si lâajout sur la liste des organisations terroristes des Ătats-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. Lâinfrastructure dâA/I est utilisĂ©e par des Ă©crivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui lâont choisie prĂ©cisĂ©ment parce que les plateformes commerciales ne sont pas sĂ»res, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs donnĂ©es. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce quâiels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-mĂȘme est placĂ© sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal dâalarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hĂ©bergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic Ă la frontiĂšre ou un enquĂȘteur pourrait juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hĂ©siter Ă contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait Ă©viter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considĂ©rer quâouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nĂ©cessite quâun gouvernement ne poursuive qui que ce soit. Lâajout sur la liste produit Ă lui seul un no manâs land de peur.
Câest une raison pour laquelle cette action pourrait ĂȘtre utile Ă lâĂtat mĂȘme si A/I reste en ligne. Les prĂ©cedentes attaques tentaient dâatteindre le collectif Ă travers diffĂ©rentes machines, boĂźtes mails ou fournisseurs. A/I y a rĂ©pondu en distribuant ses sytĂšmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins dâinformations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions sâattaquent Ă un autre niveau : les relations qui permettent Ă lâinfrastructure dâexister. PlutĂŽt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de donnĂ©es, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s Ă isoler le collectif. PlutĂŽt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, lâĂtat peut rendre les contacts coĂ»teux et lĂ©galement pĂ©rilleux.
Câest lâĂtat-surveillance qui opĂšre Ă travers des intermĂ©diaires privĂ©s. Le gouvernement nâa pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent ĂȘtre conduits Ă policer le rĂ©seau par eux-mĂȘmes. Chaque institution va tracer sa propre frontiĂšre dĂ©fensive, souvent plus large que la loi ne lâimpose. Certaines pourraient demander davantage de documents dâidentitĂ©, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de dĂ©fense de la vie privĂ©e. Dâautres pourraient fermer des comptes Ă lâabri des regards, sans possibilitĂ© de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entitĂ©s dont les dĂ©cisions sont difficiles Ă voir, contester ou simplement documenter.
Les consĂ©quences nĂ©fastes qui en rĂ©sultent ne se limitent pas Ă la censure. Elles peuvent changer lâarchitecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautĂ©s controversĂ©es impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons dâĂ©tendre la vĂ©rification dâidentitĂ©, la modĂ©ration automatique et la rĂ©tention de donnĂ©es. Les utilisateur·ices pourraient migrer de lâinfrastructure de confiance du mouvement vers des systĂšmes commerciaux plus faciles Ă surveiller, Ă cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. LâĂtat gagne de lâinfluence, quand bien mĂȘme il nâobtient pas les donnĂ©es en clair des disques chiffrĂ©s dâA/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus dâinformations et les relations sociales entre les dissidentâ es deviennent plus faciles Ă observer.
Ce prĂ©cĂ©dent dĂ©passe les projets spĂ©cifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si lâaligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privĂ©e et lâhĂ©bergement de publications controversĂ©es peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour argumenter que lâinfrastructure elle-mĂȘme constitue une complicitĂ©, alors les fournisseurs de mails chiffrĂ©s, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les rĂ©seaux sociaux fĂ©dĂ©rĂ©s et autres hĂ©bergeurs indĂ©pendants ont tous des raisons de sâinquiĂ©ter. Les faits et lois seraient spĂ©cifiques Ă chaque fois. Le danger consiste Ă normaliser ceci : un fournisseur dâoutils de communications nâest plus traitĂ© comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilitĂ©s, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue Ă quiconque utilise ses systĂšmes.
Tout ça ne signifie pas que lâajout sur la liste cible secrĂštement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les consĂ©quences envisagĂ©es adviendront. Le gouvernement amĂ©ricain nâa pas pris la peine dâexpliquer sa stratĂ©gie au delĂ des accusations dans les annonces. Mais la logique de lâaction est visible. Il remplace une accusation ciblĂ©e contre des faits identifiables par une large pĂ©nalisation de lâinfrastructure. La mise en application est dĂ©placĂ©e du tribunal Ă une toile diffuse dâinstitutions prĂ©cautionneuses. Lâincertitude devient un instrument de contrĂŽle. Lâobjectif immĂ©diat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressĂ© Ă quiconque construit des systĂšmes de communication hors du contrĂŽle Ă©tatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra ĂȘtre retenu contre vous.
A/I peut-il survivre à ça ?
A/I a vu la répression étatique arriver de loin.
Toute son infrastructure part du principe que :
- les serveurs seront saisis ;
- les hébergeurs coopéreront avec la police ;
- les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices ;
- les entreprises censureront le contenu controversé ;
- certaines machines et sites dâhĂ©bergement deviendront inaccessibles ;
- les donnĂ©es et les services doivent donc ĂȘtre chiffrĂ©s, distribuĂ©s et remplaçables.
Cette prĂ©paration compte. A/I est basĂ© en Italie, pas aux Etats-Unis. Son infrastructure est distribuĂ©e dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compĂ©tentes. Il ne dĂ©pend pas dâun fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs dĂ©cennies dâexpĂ©rience de restauration de services en urgence. Il nâa pas dâactionnaires, de siĂšge ou dâemployé·e·s Ă payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que lâinfrastructure soit maintenue par des volontaires donne a lâĂtat moins de leviers que ce Ă quoi il est habituĂ©. Il serait surprenant que le site web, le systĂšme de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armĂ©s des projets informatiques de sa taille pour faire face Ă des saisies de machines ou Ă des censures ponctuelles.
Mais ceci nâest pas une simple descente de police.
Le plan R* a Ă©tĂ© concu pour faire face Ă la disparition de serveurs. Il ne peut pas Ă lui tout seul, empĂȘcher les banques de bloquer lâargent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de rĂ©voquer les services par peur des mesures de rĂ©torsion Ă©tats-uniennes.
Lâajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :
- les banques ;
- les dons ;
- les domaines ;
- les contrats avec des hébergeurs ;
- la bande passante ;
- les certificats ;
- les dépendances logicielles ;
- les relations avec des institutions internationales.
A/I a dĂ©jĂ survĂ©cu Ă lâisolation technique. Les Ătats-Unis tentent maintenant une excommunication financiĂšre et institutionnelle. Les services proposĂ©s sont, certes, rĂ©silients, mais la capacitĂ© de les financer, de remplacer lâinfrastrucrure et de participer Ă lâenvironnement technologique plus large, encourrent un risque bien plus grand. Ce qui adviendra aprĂšs le 25 septembre dĂ©pendra donc non seuleument de lâarchitecture qui hĂ©berge les donnĂ©es de A/I, mais aussi de la solidaritĂ© avec le collectif lui-mĂȘme.
La mise-au-silence nâest pas pour le 25 septembre
Lâajout sur la liste des organisation terroristes vise Ă isoler. La rĂ©ponse doit ĂȘtre une solidaritĂ© informĂ©e, indĂ©pendante et rigoureuse. Les personnes qui rĂ©sident aux Ătats-Unis ne doivent pas improviser de dons, dĂ©guiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par dâautres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, eux, les intermĂ©diaires, voire A/I, Ă des sanctions. Les interdictions pourraient aussi sâĂ©tendre au-delĂ des ressources financiĂšres : assistance technique, traduction, plaidoyer, Ă©vĂšnements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque lĂ©gal pour les personnes apportant leur soutien.
Mais le 25 septembre nâest pas une date Ă laquelle disparaitre en silence. EnquĂȘtes indĂ©pendantes, communiquĂ©s, manifestations et dĂ©bats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter lâhistoire de A/I, dĂ©monter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de dĂ©fense de libertĂ©s et sâorganiser indĂ©pendamment contre la criminalisation dâinfrastructures de communication rĂ©sistantes. Lâessentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites prĂ©cises sont difficiles Ă Ă©tablir. Quiconque chercherait Ă faire des levĂ©es de fonds, remplacer lâinfrastructure, dĂ©ployer un miroir publique ou fournir une assistance technique directe devrait sâassurer dâun conseil qualifiĂ© Ă propos des sanctions. Un document de fĂ©vrier 2025 concernant le soutien matĂ©riel dans le cadre de restrictions de lâOFAC met en garde contre le fait que mĂȘme des soutiens lĂ©galistes peuvent attirer la surveillance, des enquĂȘtes, des restrictions dâaccĂšs aux Ătats-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne rĂ©pondez pas Ă leurs questions et contactez un avocat.
Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.
Ce que les soutiens peuvent faire dâici au 25 septembre
Racontons lâhistoire. Partagons lâhistoire dâA/I: les hacklabs, Paranoia, GĂȘnes, les tounĂ©es KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie NorvĂ©gienne. Ne laissons pas le rĂ©cit Ă©tatique devenir le seul tĂ©moignage public de ce quâest A/I. Construisons une coalition de dĂ©fense. Demandons aux collectifs dâhĂ©bergement indĂ©pendants, aux organisations de dĂ©fense des libertĂ©s numĂ©riques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux Ă©ditions indĂ©pendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de rĂ©pondre publiquement. PrĂ©servons les archives. Les serveurs peuvent ĂȘtre saisis. Les domaines peuvent ĂȘtre suspendus. Les hĂ©bergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les Ă©crits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes dâA/I, les documents techniques et juridiques, et lâhistoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialitĂ©, le droit dâauteur et les demandes de suppression. NâaccĂ©dons pas Ă des comptes privĂ©s et respectons les mesures de sĂ©curitĂ©. La prĂ©servation individuelle, lâarchivage pour la recherche ou la presse nâimpliquent pas les mĂȘmes enjeux quâopĂ©rer publiquement une infrastructure de remplacement ; nâimporte qui envisageant lâhĂ©bergement dâun miroir public devrait dâabord chercher des conseils qualifiĂ©s.
Documentons les excĂšs de zĂšle. RĂ©pertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin Ă leurs services ou suppriment du contenu. PrĂ©servons les dĂ©clarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette dĂ©signation va au-delĂ de sa formulation officielle. Exigeons des rĂ©ponses. Demandons aux groupes de dĂ©fense des libertĂ©s numĂ©riques, aux institutions europĂ©ennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions amĂ©ricaines dĂ©manteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives europĂ©en·nes. Organisons-nous de maniĂšre indĂ©pendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matĂ©riel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indĂ©pendant sur les droits sâopposant aux dĂ©signations de terrorisme Ă tout va. PrĂ©parons un soutien matĂ©riel lĂ©gal. A/I a historiquement survĂ©cu grĂące aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de lâargent tant que la dĂ©signation de terrorisme sâapplique sans une autorisation claire. Les organisations de dĂ©fense des libertĂ©s numĂ©riques et de soutien juridique peuvent chercher des mĂ©canismes de soutien lĂ©gaux, et les potentielles procĂ©dures de retrait de la liste.
Ăcoutons attentivement les rĂ©ponses publiques dâA/I [NDLT : le blog du collectif est toujours accessible], tout en maintenant notre soutien lĂ©galement indĂ©pendant. Les dĂ©clarations du collectif devraient nous servir de rĂ©fĂ©rence sur la maniĂšre de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnĂ©e, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immĂ©diat est de rendre A/I impossible Ă faire disparaitre en silence.
Le réseau nommé solidarité
A/I a survĂ©cu aux tentatives de censures des grandes entreprises, aux accĂšs secrets de la police, Ă la saisie de disques, aux hĂ©bergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquĂȘtes internationales. Lâaffaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. Lâaffaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hĂ©bergeurs a produit de la redondance. La saisie norvĂ©gienne a montrĂ© que le rĂ©seau pouvait ĂȘtre remontĂ© en quelques heures.
Chaque tentative dâisoler le collectif a diffusĂ© la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunitĂ© de former plus de personnes sur comment se protĂ©ger collectivement. Les Ătats-Unis ont maintenant transformĂ© cette histoire en un test mondial. Ce nâest pas seulement la survie dâun collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il sâagit de savoir si maintenir de lâinfrastructure pour les mouvements radicaux peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme du terrorisme ; si la protection de la vie privĂ©e peut ĂȘtre redĂ©finie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut ĂȘtre prĂ©sentĂ© comme une obstruction ; et si un hĂ©bergeur peut ĂȘtre tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.
A/I a passĂ© vingt-cinq ans Ă se prĂ©parer au jour oĂč un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, dĂ©placer un service, restaurer des donnĂ©es chiffrĂ©es et continuer Ă opĂ©rer aprĂšs le dĂ©branchement dâune prise par la police ou un hĂ©bergeur. Les Ătat-Unis tentent quelque chose de diffĂ©rent. Ils essayent dâintimider les banques, les hĂ©bergeurs, les registrars, les fournisseurs dâinfrastructure et les soutiens Ă travers le monde pour quâils abandonnent le collectif. Leur rĂ©ussite dĂ©pendra en partie de lâinfrastructure dâA/I.
Elle va aussi dépendre de nous.
Dâici au 25 septembre, prĂ©servons lâhistoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons lâisolation. Enseignons les outils. PrĂ©parons une dĂ©fense lĂ©gale. Ne laissons pas lâĂtat amĂ©ricain discrĂštement Ă©tablir que construire des infrastructures respectant la confidentialitĂ© pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblĂ©es autour dâune machine de rĂ©cupâ et ont dĂ©libĂ©rement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la piĂšce Ă©tait censĂ© apprendre. Cela reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.
Ne centralisons pas lâinfrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.
Le premier serveur sâappelait Paranoia.
Le rĂ©seau quâil a créé sâappelle solidaritĂ©.
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TĂ©lĂ©charge le livre dâA/I, +KAOS, sur lâhistoire des travaux du collectif, disponible gratuitement.
TĂ©lĂ©charge leur « Media Kit » visuel pour les rĂ©seaux sociaux, guides dâarchivage, encarts de presse, modĂšles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidaritĂ© avec A/I ou en savoir plus.
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[St Nazaire] Rencontre debat « le spectre du colonialisme »
Nedib Sidi Moussa viendra prĂ©senter son dernier livre « Le spectre du Colonialisme » paru en avril aux Ăditions LâĂ©chappĂ©e.
CommeÌnt la question coloniale influe sur la pensĂ©e politique contemporaine, les relation internationales, lâaccueil des migrant, le sentiment identitaire et le racisme?
Pourquoi y-a-tâil nĂ©cessitĂ© de proposer un nouvel internationalisme fondĂ© sur des bases politiques et sociales, dĂ©barrassĂ© des errements dogmatiques de certains courant issus des « colonial studies » qui agitent depuis 20 ans les UniversitĂ©s ?
Bloquez la date. Des prĂ©cisions suivrontâŠ
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Le Spectre du colonialisme
Nedjib Sidi MoussaUn spectre hante la France : le spectre du colonialisme.
Depuis au moins deux dĂ©cennies, les factions idĂ©ologisĂ©es de la production du savoir, du traitement de lâinformation et de la conquĂȘte du pouvoir ont contribuĂ©, au grĂ© des « guerres culturelles », Ă faire du rapport au passĂ© colonial lâune des problĂ©matiques les plus sensibles dans une sociĂ©tĂ© fragmentĂ©e.
Cette question, souvent perçue Ă travers le prisme algĂ©rien, soulĂšve de nombreux enjeux contemporains, par delĂ les controverses inhĂ©rentes aux cercles intellectuels : de la persistance niĂ©e du racisme Ă lâinstrumentalisation de la diversitĂ©, en passant par la politisation de la prĂ©sence musulmane, le tout sur fond de dĂ©composition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme nĂ©olibĂ©ral.
Au croisement de la science politique, de la sociologie critique et de lâhistoire des idĂ©es, ce livre aborde ces thĂ©matiques avec une approche singuliĂšre, qui associe pensĂ©e matĂ©rialiste et mĂ©thode dialectique, Ă rebours de la fausse conscience ou de la mauvaise conscience qui prĂ©valent dans les dĂ©bats.
Sans concession Ă lâidĂ©ologie dominante ni Ă ses fausses alternatives, il invite aussi Ă examiner dâun regard neuf la trajectoire de figures intellectuelles confrontĂ©es Ă la rĂ©volution anticoloniale dans le tiers-monde ou Ă lâavĂšnement dâune France postcoloniale, Ă lâinstar dâAlbert Camus, Guy Debord, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson, etc., dont la part dâombre et de lumiĂšre rĂ©sonne avec force dans la conjoncture actuelle.
paru le Vendredi 03 Avril 2026
05/07/26« Dâautres regards sur le postcolonial »
Recension du Spectre du colonialisme de Nedjib Sidi Moussa par Faris Lounis dans Mediapart & En attendant Nadeau.
Stimulant et exigeant, « Le Spectre du colonialisme », recueil de textes du politiste et historien Nedjib Sidi Moussa, donne une cohérence internationaliste à ses ouvrages précédents, dépassant les controverses stériles fondées sur la
[âŠ]29/06/26« Non-renouvellement de contractuels dans lâacadĂ©mie de Versailles : une maltraitance institutionnalisĂ©e »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme et du Remplaçant dans Libération.
Enseignant contractuel, Nedjib Sidi Moussa veut attirer lâattention sur la situation de centaines de collĂšgues en CDD, remerciĂ©s pour cause de «baisse de besoins». Un plan social qui ne dit pas son nom.
Le symbole est cruel. Une semaine
[âŠ]24/05/26« « La proposition de loi contre lâentrisme islamiste est une Ă©tape de plus dans la mise en Ćuvre dâun projet national-sĂ©curitaire » »
Tribune de Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, dans Le Monde.
Lâexamen du travail parlementaire de Bruno Retailleau, Ă©lu au SĂ©nat depuis prĂšs de vingt-deux ans, rĂ©vĂšle les obsessions de la droite rĂ©actionnaire, estime lâessayiste Nedjib Sidi Moussa, dans une tribune au « Monde ».
Lâadoption, par le
[âŠ]11/05/26« « Surmonter les oppositions binaires Occidental/non Occidental, Blanc/non Blanc, Nord/Sud dans le but dâembrasser lâuniversalitĂ© de notre commune humanité » »
Nedjib Sidi Moussa, auteur du Spectre du colonialisme, Ă©tait lâinvitĂ© de lâĂ©mission « Trous Noirs » sur Radio Libertaire.
Nedjib Sidi Moussa, historien dâorigine algĂ©rienne, regroupe une vingtaine de textes dans Le spectre du colonialisme, paru rĂ©cemment aux Ăditions LâĂchappĂ©e. Ils couvrent quatorze annĂ©es jusquâĂ 2025 pendant lesquelles, parallĂšlement aux
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 20h à la librairie Quilombo (23 rue Voltaire, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa prĂ©sentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 Ă la librairie Libre Ăre (111 bd de MĂ©nilmontant, 75011 Paris).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à Solidaire 13, 29 bd Longchamp 13001 Marseille.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libertalia (12, rue Marcelin-Berthelot 93100 Montreuil).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 16h à la librairie La Flibuste (3 rue Jean Jacques Rousseau, 94120 Fontenay-sous-Bois).
Nedjib Sidi Moussa dĂ©dicacera Le Spectre du colonialisme lors du Maghreb des livres, organisĂ© par lâassociation Coup de soleil, Ă lâHĂŽtel de ville de Paris (3, rue de Lobau 75004 Paris).
Dans le cadre des Rencontres libertaires du Poitou, Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme le jeudi 16 juillet à partir de 15h
Les Rencontres du Maquis de lâĂ©mancipation invitent Freddy Gomez et Nedjib Sidi Moussa Ă prĂ©senter leurs travaux le mardi 11 aoĂ»t (Le Maquis, Hameau de Bois-bas, 34210 Minerve).
Dans le cadre des 4Ăšme Rencontres dâĂ©tĂ© rĂ©volutionnaires, Nedjib Sidi Moussa prĂ©sentera Le Spectre du colonialisme le dimanche 23 aoĂ»t Ă partir de 10h.
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h au Au local des Ami·es de May (25 boulevard de la Renaissance, 44600 Saint-Nazaire).
Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h à la librairie De beaux lendemains (8 Allée Rosa Parks, 93170 Bagnolet).
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Diffusion â distribution
Belles Lettres Diffusion Distribution25 rue du GĂ©nĂ©ral Leclerc | 92270 Le Kremlin BicĂȘtreTĂ©l. 01 45 15 19 70 | Fax. 01 45 15 19 80
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Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre
Ce 26 aoĂ»t 2026, l'administration des Ătats-Unis d'AmĂ©rique a dĂ©signĂ© comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). DerriĂšre ce nom, ce sont 25 ans de mĂ©moire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numĂ©rique qui se voient attaquĂ©es.
A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premiÚres conséquences commencent à apparaßtre, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là , la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.
Paranoia, la premiĂšre machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est nĂ©e Ă Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expĂ©rimentations technologiques populaires entremĂȘlĂ©es. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodĂ©fense numĂ©rique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant Ă garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.
LĂ oĂč les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barriĂšre d'entrĂ©e, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services Ă un critĂšre d'affinitĂ© politique. Sous cette condition, la libertĂ© d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilitĂ© collective Ă l'Ă©gard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration Ă©tats-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intĂ©gralitĂ© des services d'A/I dans un excĂšs de zĂšle fasciste qu'on lui connaĂźt particuliĂšrement de nos jours.
Depuis 2001 et jusqu'Ă la catastrophe que reprĂ©sente cette derniĂšre actualitĂ©, l'histoire d'A/I est Ă©maillĂ©e de plusieurs Ă©vĂ©nements parfois rocambolesques, mettant en lumiĂšre toute l'ironie et l'absurditĂ© des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dĂ©noncer le transport d'Ă©quipements militaires pour l'invasion Ă©tats-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquĂȘte contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails Ă©taient hĂ©bergĂ©s par A/I, a rĂ©vĂ©lĂ© l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.
Ă la suite de cette affaire, le collectif a initiĂ© un chantier titanesque de mesures anti-rĂ©pression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de rĂ©sister aux tentatives de censure d'un jeu-vidĂ©o dĂ©nonçant la pĂ©docriminalitĂ© au sein de l'Ăglise catholique. Puis en 2010, c'est face Ă la police norvĂ©gienne, en complicitĂ© avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montrĂ© efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grĂące Ă plusieurs relais Ă travers le monde.
Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposĂ© des milliers de boĂźtes mail, A/I a toujours insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d'une prudence Ă l'Ă©gard de sa propre confidentialitĂ©. Aucune infrastructure numĂ©rique ne sera jamais indemne de vulnĂ©rabilitĂ©, Ă l'instar des humains eux-mĂȘmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naĂźtre, Ă partir des mobilisations contre le G8 de GĂȘnes. Elle a Ă©galement permis Ă d'innombrables mailing-lists d'Ă©merger et Ă des dizaines d'ateliers et discussions Ă travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodĂ©fense numĂ©rique et les expĂ©riences du collectif Ă d'autres communautĂ©s en lutte.
De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs maniÚres, dans la mesure de vos capacités : faire connaßtre cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ; rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.) contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ; préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.
Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).
Au-delĂ d'A/I, cette invitation Ă la solidaritĂ© est donc aussi un gros coup de pied au cul pour dĂ©fendre notre libertĂ© d'expression et l'intĂ©gritĂ© de notre vie privĂ©e ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de rĂ©flĂ©chir collectivement Ă la dĂ©pendance aux Ătats-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indĂ©pendance autant que possible en documentant le travail effectuĂ© et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes ! Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des Ătats-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.
Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)
Le blog de A/I ou iels publieront peut ĂȘtre de nouveaux articles. -
Le procĂšs politique : ThĂ©orie et pratique â Principes et tactiques
S'il faut faire preuve de prudence et de méthode pour limiter les risques, ceux-ci ne sont jamais nuls. Se préparer à ces situations, c'est se donner les moyens de les affronter avec plus d'assurance, de mieux y résister, et d'en sortir renforcé.
La thĂ©matique du procĂšs politiques pose de nombreuses questions : des choix tactiques (dĂ©fense classique, rupture, semi-connivence, etc.) au rĂŽle des diffĂ©rents protagonistes (co-accusĂ©.e.s, avocat.e, camarades, familleâŠ).
Ces questions seront abordées dans cette conférence qui est issue des travaux d'une conférence organisée sur ce sujet à Milan par le Secours rouge international.
Au Sacco-Vanzetti
Jeudi 3Â septembre Ă 19H -
LA RAGE - La saison automne-hiver 2026
Date de début : 2 Septembre
Version anglaise ci-dessous
La saison automne-hiver 2026 est sur le point de commencer ! Voici quelques informations utiles :
Date de début : 2 Septembre
Heure : 19h (ouverture)
Lieu : pour recevoir l'adresse, envoyez un e-mail Ă larage.project@gmail.com đ
Sport : boxe anglaise ouverte a tous.tes et à tous les niveaux. Jours : lundi et mercredi
Veuillez consulter attentivement les dates du calendrier ci-joint. Les dates qui n'y figurent pas signifient qu'il n'y a pas de cours ce jour-lĂ .
CoĂ»t : prix libreâ 5 ⏠recommandĂ©s par sĂ©ance
Tenue : vĂȘtements confortables pour le sport et chaussures de sport (si vous n'en avez pas, nous pouvons vous en prĂȘter)
Ăquipement : protĂšge-dents et bandages, non nĂ©cessaires pour le premier entraĂźnement, mais si vous dĂ©cidez de continuer, il est prĂ©fĂ©rable d'en avoir.
Gants de boxe : si vous n'en avez pas, vous pouvez emprunter les nÎtres, mais pour continuer, il est recommandé d'avoir votre propre paire.
Il n'est pas nécessaire d'avoir de l'expérience. Si vous souhaitez participer à un entraßnement, envoyez-nous un e-mail et vous recevrez toutes les informations pratiques !
Nous avons hĂąte de vous retrouver Ă LA RAGE BOXING WORKOUTSđ„đ„
English version :
The 2026 autumn-winter sports season is about to begin. Here is some useful information :
Start date : 2 September
Time:7 p.m. (doors open)
Location : please send an email to larage.project@gmail.com to receive info and the address :D
Sport : boxing (boxe anglaise) in mixity and open to all levels.
Days : Monday and Wednesday
Please carefully review the dates in the attached calendar. Dates not listed in the calendar indicate that there are no classes on that day.
Cost : free price - recommended âŹ5 per training session.
Outfit : comfortable for sport use, sport shoes (if you don't have sport shoes, we have some shoes to lend)
Gears : mouth guard and bends, for first training is not a problem if you don't have them, but if you decide to continue they are compulsory.
Boxing gloves (if you don't have your own you can borrow ours from us, if you decide to continue it is recommended to buy your personal pair)
No experience is necessary. If you would like to participate in a training session, send us an email and we will send you all the practical information you need !
See you soon at LA RAGE BOXING WORKOUTS ! đ„đ„ -
Assemblée citoyenne & ateliers de réflexion contre les visites domiciliaires
Rejoins l'assemblée citoyenne etterbeekoise pour dire NON aux visites domiciliaires !
Notre assemblée citoyenne débutera par une explication du projet de loi et de ce qu'il implique, un état des lieux des prochaines échéances parlementaires et une présentation de la campagne No Ice In Belgium. Nous nous diviserons ensuite en petits groupes de réflexion sur différents aspects de la lutte pour faire émerger des idées, intensifier et structurer la lutte. Pour finir, tous·tes ensemble, nous mettrons en commun ce qui en est ressorti et nous fixerons les prochaines dates.
Merci à l'ASBL Animations et Loisirs pour Tous pour nous accueillir dans ses locaux !
Rejoins la campagne contre les visites domiciliaires et pour des zones refuges !
L'extrĂȘme-droitisation de la sociĂ©tĂ© se renforce, et avec elle, la violence envers les populations exilĂ©es. Collaboration avec le rĂ©gime des talibans, durcissement du regroupement familial, pressions sur la Cour europĂ©enne des droits de l'Homme pour renvoyer des exilé·es vers des pays oĂč iels risquent tortures et mauvais traitements, familles avec enfants Ă qui l'Arizona refuse l'accueil, projet de visites domiciliaires, et depuis le 17 juin, validation du rĂšglement Retour europĂ©en, etc.
Contre les visites domiciliaires, construisons des zones refuges. Nos quartiers, nos maisons, nos lieux de convivialité seront des lieux de protection.
Contact du groupe local d'Etterbeek : getmo.etterbeek@gmail.com
Campagne No Ice In Belgium : https://no-ice-in-belgium.net/ -
Assemblée des secteurs en lutte
ASSEMBLĂE DES SECTEURS EN LUTTE (COMMUNE COLĂRE + AG INTERPRO)
âđœ La colĂšre ne s'Ă©teint pas, on est toustes concerné·es par l'austĂ©ritĂ©, les attaques contre les services publics, les travailleur·euses avec ou sans emploi, les femmes, les personnes prĂ©caires, les malades, les Ă©tudiant·esâŠ
âđœ retour des secteurs en lutte et comment les soutenir â€ïžâđ„ notamment l'Ă©ducation
đŁ ASSEMBLĂE DE LUTTE
đ Mardi 1er septembre
đ Accueil dĂšs 18h15
đ La ZOT - Rue Ransfort 27, 1080 Molenbeek
PROGRAMME
Ⱐ18h30 : Présentation aux nouvelles·eaux
C'est la premiÚre fois que tu viens à une assemblée Commune ColÚre ? Alors viens à 18h30 pour qu'on te présente Commune ColÚre et qu'on t'explique comment se déroule l'assemblée.
Ⱐ19h : Assemblée de lutte
Ⱐ22h : Drink
đą Viens, et ramĂšne du monde !
đŽPossibilitĂ© de petite restauration, le bar sera ouvert.
đ¶ Une garderie peut ĂȘtre organisĂ©e sur place et si tu as besoin d'un-e baby-sitter pour ton-tes enfant-s afin de pouvoir participer Ă l'AG, nous proposons une cagnotte qui tournera pendant l'AG. Elle sera dĂ©diĂ©e Ă t'aider Ă couvrir les frais engendrĂ©s. Viens te signaler aux facilitateur-ices !
âĄïž Site web
âĄïž Instagram
âĄïž Facebook -
Chinese bot farm caught red-handed trying to influence heated AI data center debate
The social media platform X, formerly known as Twitter, has uncovered a massive suspected Chinese bot farm conducting "influence operations" online in the United States, including pushing an anti-artificial intelligence and anti-data center narrative. This comes as a national debate rages over the costs and benefits of continuing to develop artificial intelligence at breakneck speed and the massive data centers required to power it. The debate also has immense political implications, dividing parties internally as many members of the GOP break with President Donald Trump on AI and data centers.