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  • Calendrier de Bloquons tout Île de France. Actions et soutiens aux manifestations , occupations, grèves

    Quand ?
    Du 1 septembre à 18h au 25 octobre à 0h

    Où ?

    Calendrier de Bloquons tout Île-de-France : Actions et soutiens aux manifestations, occupations, grèves...
    (septembre/octobre 2026)

    Mardi 1er septembre - 18h : Réunion unitaire nationale contre le congrès du RN à Orléans des 24 et 25 octobre (Bourse du travail, Paris + visio)
    Samedi 5 septembre - 16h à 2h : Soirée de soutien pour que la famille d'El Hacen Diarra puissent aller en procès (Le Chair de poule)
    Mardi 8 septembre : Journée de grève des salariés de librairies à l'appel de la CGT librairies
    Jeudi 10 septembre - 13h30 : Délibéré du procès en appel des inculpés du 8/12 (Cour d'appel de Paris)

    11-12-13 septembre : Fête de l'Humanité

    Samedi 12 septembre - 15h : Manifestation des Gilets jaunes (Place Jussieu)
    Mardi 15 septembre : Journée de grève dans le secteur des Industries Électriques et Gazières, appel de FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines
    Mardi 15 septembre - 19h30 à 21h : Appel de France nature environnement, Médecins du monde, Solidaires, Greenpeace, Nous toutes, Fondation pour le logement, FAGE, SNPI, CFE CGC et SSPVF (pompiers) à se rassembler pour pour exiger des moyens face au dérèglement climatique (Bercy devant le Ministère de l'Economie, Paris)
    Samedi 19 septembre - 12h à 20h : Techno parade (Bastille à Nation)
    Dimanche 20 septembre : Mobilisation nationale contre la loi "permis de tuer"

    Du 19 au 26 septembre : Appel du Collectif national des marches pour la paix à multiplier les initiatives
    > 26 septembre : Marche nationale pour le climat, la paix et les solidarités
    > 26 au 28 septembre : Occupation de la Place de la République par les pompiers

    29 septembre : Manifestation de la fonction publique, rejoint par l'intersyndicale sapeureuses-pompier.es et les étudiant.es mobilisé.es contre "Bienvenue en France"
    Samedi 3 octobre : Mobilisation internationale Stop Pesticides - Arrêtons Syngenta (Saint-Pierre-la-Garenne)

    9-10-11 octobre : Mobilisation contre l'inauguration de l'A69

    Samedi 24 et Dimanche 25 octobre : Mobilisation nationale contre le congrès du RN à Orléans

    Sur Telegram

  • Le Mozart de la finance a tout raté

    Le «Mozart de la finance» est en fait le pire des musiciens, et il a absolument tout raté dans le domaine économique comme dans les autres.

    L’article Le Mozart de la finance a tout raté est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Quinzaine Souad Labbize

    Poésie, politique, lectures, performances, expositions, projections, rencontres, débats, chorale, balades, concerts, sérigrapie, repas partagés, ateliers...
    Du 12 au 27 septembre à Saint-Étienne.

    LE PROGRAMME COMPLET ICI :

    PROGRAMME QUINZAINE SOUAD LABBIZE
  • Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.

    A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.

    Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.

    Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.

    Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.

    À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.

    Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.

    De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :

    • faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ;
    • rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.)
    • contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
    • préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.

    Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).

    Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !

    Pour aller plus loin

    Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.

    Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)

    Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.

  • Berlin (Allemagne): non à l’expulsion de Hugohaus !

    Dans la Gürtelstraße, dans le quartier de Friedrichshain, de jeunes punks anarchistes ont squatté une maison.

    Hugohaus était une auberge de jeunesse vide, située au n°39 de la Gürtelstraße. Ça fait deux ans qu’elle est squattée. Mais le nouveau propriétaire, un spéculateur de Vienne (Autriche), veut maintenant vider la maison et la démolir.

    Venez soutenir les habitant⋅es!

    La société d’investissement dBS Invest (pour le compte de la société viennoise GSI 2 Entwicklung GmbH) prévoit un nouveau bâtiment avec garage souterrain pour yuppies. Elle a lancé un ultimatum aux habitant⋅es pour qu’ils quittent la maison avant le 31 août 2026.

    Cependant, jusqu’à présent il n’y a PAS d’ordre officiel d’expulsion, mais seulement des annonces verbales et une note de la société qui a été accrochée sur la porte.

    Contre la menace d’expulsion, de nombreux cercles se mobilisent maintenant avec force pour manifester leur solidarité, les habitant⋅es annonçant être barricadé⋅es parce qu’ils ne font pas confiance aux vigiles recrutés par l’entreprise autrichienne.

    Il est bien connu qu’à Berlin, des spéculateurs ont souvent tenté de prendre des mesures illégales pour se débarrasser d’habitant⋅es au moyen de prétendus « titres » commandités, jusqu’à la « démolition à chaud », c’est-à-dire l’incendie.

    (…)

    Appel à la solidarité:

    Tou⋅tes celles et ceux qui souhaitent soutenir concrètement le projet contre la menace actuelle d’expulsion sont invité⋅es à prendre contact!

    Soutenez la mobilisation !

    Fragt eure lokalen Punks und informierte Kreise in Friedichshain oder checkt wie ihr vor Ort Kontakt aufnehmen könnt.

    Jeder Support ist jetzt willkommen, alles wird benötigt!

    Freiräume erkämpfen! Wir bleiben alle!

    [Traduction de l’allemand d’un article publié le 30 août 2026 sur de.indymedia.org.]

  • 26-27 septembre : Saint Étienne Contre La Guerre

    Face à l'accélération du réarmement en Europe, à la montée des logiques de guerre et réactionnaires, à l'austérité au profit de l'armée, à l'armement des génocides et à leurs conséquences sociales, démocratiques et écologiques, nous pensons qu'il est nécessaire de créer des espaces de réflexion à Saint-Étienne, de débat et de mobilisation.

    WEEK-END DE RENCONTRES 26-27 SEP

    Un événement autour des questions de l'antimilitarisme, de l'opposition à l'austérité et de l'économie de guerre, de la solidarité internationale et des luttes sociales qui y sont liées.

    Afin de créer des ponts narratifs, travailler notre réseau de rencontres et nous renforcer de luttes d'ailleurs.

    Un événement construit collectivement par plusieurs acteurs : associations, organisations politiques, syndicats, collectifs militants.

    Mobilisant ainsi la localité, en échos avec des invités nationaux.

    Cantines, débats, ateliers, tables de presse, musique…

    Construisons ensemble les résistances locales en nous inspirants de nos frères et sœurs d'ici et d'ailleurs

    …de Marseille à Grenoble, de Paris à Genève…
    Avec déjà Mathieu Rigouste, Yessa Belkhodja et le collectif de Défense Des Jeunes du Mantois, Ritchy Thibault, Agnès Aoudai et les Mères Isolées, les lycéen.nes en grève et Young Struggle, MARAD juifves décoloniaux Suisse, Fatou Dieng du Réseau Verité et Justice, les féministes contre l'armement des genocides et NousToustes93 antiraciste, camarades syndicalistes, communistes et antifascistes, Andrée Taurinya LFI, la Coalition Guerre À La Guerre….

    PROGRAMME À VENIR TRÈS BIENTÔT !

  • Our Wins Of The Week

    On Thursday, Donald Trump’s executive order restricting mail-in voting was once again blocked by a federal judge.

    This follows days after the Supreme Court sided with the Trump administration on a procedural point, which was rendered moot once USPS issued its final rule on how it would implement Trump’s order.

    Judge Talwani’s ruling makes the important point that with mail ballots going out as soon as next week in some states, there simply isn’t enough time for the administration to implement its rule for this year’s midterms.

    This new ruling is likely to go back to the Supreme Court.

    In other positive legal news, a judge has blocked the Justice Department’s request to drop the case against Steve Bannon, who was found to be in contempt of Congress.

    Ghislaine Maxwell’s bid to be released from prison has been rejected.

    ICE’s mass detention policy got smacked down once again.

    And getting tired of all this losing, Donnie?

    And as the midterm elections approach, Donald Trump continues to hit new lows in approval.

    Just a reminder that our Tuesday and Thursday content is free for all readers.If you missed this week’s pieces, please check out Gouging the Eyes of Big Brother and We Aren’t Talking Enough About These Five Possible Senate Pick-Ups.

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  • Trump says NBC’s Kristen ‌Welker should face ‘punishment’ from FCC

    Trump’s threat comes after host described success record of candidates whom president had endorsed as ‘mixed’

    Donald Trump ⁠on Sunday said NBC’s Kristen ‌Welker – host of Meet the Press – should face “rebuke or punishment” from the Federal Communications Commission (FCC).

    Welker, during a live segment for a local Washington DC affiliate, described the success record of political candidates whom the president had endorsed as “mixed”. The segment aired before Sunday’s edition of Meet the Press.

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  • Présentation du travail de D Hunter, ecrivain activiste

    Une introduction aux textes de D Hunter que nous traduisons et publions sur le blog de la piraterie

    Les textes que nous avons publié sur notre blog depuis sa création sont tous écrits à l'origine par un auteur de Grande-Bretagne nommé D Hunter. Cet auteur et activiste est un des fondateur du Class Work Project, une coopérative de travailleureuses qui développe des théories, des analyses et des pratiques autour des questions d'identité de classe, d'oppression et de stigmatisation, en Grande-Bretagne et au-delà. Iels cherchent à placer au centre les savoirs et les expériences des personnes pauvres et issues de la classe ouvrière, par le biais de l'édition, de l'écriture, de la recherche, de l'éducation et de la formation. D Hunter est l'auteur de CHAV SOLIDARITY (SOLIDARITÉ DE CASSOS), un recueil d'essais qui s'appuie sur son propre parcours — enfant prostitué, adolescent accro au crack, voyou violent et militant — pour examiner comment nos expériences liées à la classe sociale façonnent notre pensée et notre pratique politique. Chav Solidarity est à la fois une autobiographie, une réflexion sur le traumatisme, la classe et l'identité, et un doigt d'honneur adressé à la « politique de la respectabilité ». D Hunter a ensuite publié Tracksuits, Trauma and Class Traitors (Survêt, trauma et traîtres de classe) :
    « Cet ouvrage a été écrit pour faire évoluer le discours au sein des mouvements sociaux qui me tiennent à cœur. Il soutient que ceux qui se situent en dehors de l'élite ou de la classe capitaliste — ceux qui se définissent comme socialistes, communistes ou anarchistes — doivent s'attaquer aux rapports de pouvoir inégaux au sein de leurs processus d'organisation et de lutte politique. Cela vaut que l'on considère l'opposition à la classe capitaliste comme une vaste classe ouvrière unifiée, ou que l'on distingue classe moyenne et classe ouvrière, petite bourgeoisie, prolétariat et lumpenprolétariat. » – D Hunter, juin 2020

    « Ce livre, tout comme mon précédent ouvrage Chav Solidarity , repose sur le postulat que l'État privilégiera toujours le capital au détriment des gens, et que toute intervention de l'État dans la vie des communautés pauvres et ouvrières visera à consolider son propre pouvoir et à servir les intérêts du capital. »

    D Hunter a appris à lire et écrire a l'âge adulte. Depuis il a entrepris des études et travaille aujourd'hui sur une thèse de doctorat en sciences sociales. Les textes que nous traduisons en français et publions sur notre blog sont issus de la newsletter de l'auteur sur substack.

    INDEX

    • 01 : introduction : La Gauche des quartiers

    • 02 : 1/3 Burford
    • 03 : 2/3 East Bridge
    • 04 : 3/3 Renby

    • 05 : Le Cercle ¼ : Arrivée et premières rencontres
    • 06 : Le Cercle 2/4 : le groupe de lecture
    • 07 : Le Cercle ¾ : La rupture et le règlement de comptes
    • 08 : Le Cercle 4/4 : Construire le Cercle

    • 09 : 1/7 : La Maison
    • 10 : 2/7 : après la discussion
    • 11 : 3/7 : les premières rencontres
    • 12 : 4/7 : de la crise à la structure
    • 13 : 5/7 : un écosystème en expansion

    Nous n'avons aucun lien avec le class work Project et D hunter mais nous pensons qu'il est utile de faire découvrir aux activistes francophones cet auteur et ses textes. La Piraterie organise des arpentages sur ce contenu, tenez vous informéx de la prochaine date (canal d'info telegram : https://t.me/piraterieantifainfo )

  • On vous explique la température d’une IA : ce curseur qui change toutes les réponses

    Un simple curseur qui peut transformer une IA sage en générateur de réponses complètement imprévisibles. Explications.

  • The Guardian view on rare earths: it’s common sense to secure essential supply chains | Editorial

    Outsourcing the industry to China cannot continue, but Europe knows it can no longer count on the US for a solution

    The alarm sounded 16 years ago. In 2010, China blocked exports of key rare earths to Japan in a row over disputed islands in the East China Sea. The critical minerals are essential to everything from advanced weaponry and iPhones to electric vehicle batteries and wind turbines, so the rest of the world took note. But it didn’t take much action. China still accounts for about 70% of rare-earth mining globally and 90% of separation and processing.

    Then, last year, Beijing forced Donald Trump to back away from his trade war – not with its retaliatory tariffs, but the curbing of rare-earth exports. A scramble for new supplies began in earnest. The year-long trade truce is due to expire in November. The price of erbium, an element essential to communications infrastructure, has already jumped because of fears that export controls will soon be renewed.

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  • Nonsensical housing policy from Reform | Brief letters

    Foreign-born citizens | A heartwarming visitor | United States of Trump | What’s in a name? | Against the odds

    Our first child was born in Singapore, 30 years ago, through no fault of their own. As UK citizens, we briefly lived there, came back to the UK, had two more children and have lived here ever since. Yet Reform UK would make it harder for our first child to get social housing than their siblings, who were born here (Reform says it would put foreign-born UK citizens lower on social housing list, 23 August). How does that make sense?
    Ian Bourne
    London

    • Re birds’ association with death (Letters, 26 August), in the eight years since the death of my wife, Victoria, a robin has been popping in most days to say hello and pick up stray crumbs from the dog’s biscuits. It can’t be the same robin over all that time as they have such a short lifespan. Is it a message of love from Victoria? No. Is it welcome and heartwarming? Yes.
    Denis Nightingale
    Stithians, Cornwall

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  • De Hollande à Darmanin, le week-end de faux-semblants d’Édouard Philippe

    Après un débat avec François Hollande samedi, l’ancien premier ministre a retrouvé Gérald Darmanin dimanche, à Tourcoing, pour tenter de teinter sa campagne d’une «fibre sociale». Derrière un narratif rodé et l’errance d’une partie des sociaux-démocrates, le patron d’Horizons défend en réalité des mesures très à droite.
  • Nicola Jennings on Donald Trump, fossil fuels and climate disaster – cartoon

  • Venezuela’s Delcy Rodríguez defends ‘endless’ benefits of her oil deal with Trump

    Deal that will reportedly see US take control of 65bn barrels of Venezuelan oil has provoked outrage in her country

    Venezuela’s interim president, Delcy Rodríguez, has defended her government’s highly controversial energy deal with Donald Trump, insisting the South American country will maintain ownership and sovereignty over its massive oil reserves.

    Rodríguez, who assumed power in January after Trump ordered the abduction of the president, Nicolás Maduro, took to the airwaves on Saturday to push back against criticism of what the US president has called “the biggest oil deal in world history”.

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  • ICE deports Afghans and others to Africa, expanding "third country" deportations

    Over a 10-day period, the Trump administration sent more than 100 deportees from Afghanistan, Cuba, Nicaragua and other nations to eight countries across Africa, expanding its "third country" deportation campaign, according to internal U.S. government documents obtained by CBS News.
  • “It’s Better to Be on TV than by Phone:” Corruption Is a Process


    Back when LOLGOP and I were doing Ball of Thread — our podcast explaining how Trump trained Republicans to despise rule of law — there was one post and one episode we never got around to.

    I wanted to explain how I’ve come to think of corruption not just as a thing — “corruption strips countries of their assets” — or an adjective — “Trump is the most corrupt president, ever” — but as a process.

    That process not only acquires a momentum of its own that is difficult to reverse, which is one of the things you always hear about corruption. But the process can be used as a tool. The process of corruption can be useful for powerful people for more than just the immediate exchange (and the relationships of secrecy) it creates, but also because corrupt institutions and countries are weaker and easier to manipulate.

    I don’t think this is any great insight. It is consistent with all the far more scholarly work on corruption, particularly Brian Klaas’ Corruptible and Anne Applebaum’s Autocracy Inc, both of which I highly recommend. It is just the lens through which I have viewed the process by which Trump thoroughly corrupted the Republican Party, and in so doing, largely destroyed the country.

    And because Trump’s whack bid to steal Venezuela’s oil involves the corrupt Venezuelan who played a role in Trump’s 2019 impeachment, now’s a great time to finally write that post.

    Counterfactuals are never 20/20. We can never be sure what might have happened but for certain decisions, but for certain events.

    But fuck it — let’s try it here.

    Do this: Take a minute to think about what would have happened if a whistleblower had not narced out Trump’s bid to extort Volodymyr Zelenskyy on that July 25, 2019 Perfect Phone Call? What would have happened if Adam Schiff hadn’t found a way to make it go public? What would have happened if Trump had not released the Perfect Phone Call transcript on September 25, 2019, just before the two men would meet publicly at the UNGA, in an absolutely astonishing meeting given everything that has happened since?

    What would have happened if it had all remained secret, if Zelenskyy had done … we don’t know what … in response to Trump’s demand and Trump had simply given Ukraine the security support Congress had ordered him to give?

    Go ahead — go think about that for a minute!

    Before I explain how I have thought about that question, let me first note that that call — a call between the predictably corrupt Donald Trump and his fellow celebrity President — was carefully orchestrated. Seven years later will still don’t know all the ways that it was orchestrated, except that Rudy Giuliani and his ability to bypass the professional bureaucracy that no longer exists in Trump 2.0 was at the center of it. We know that Rudy was led down that path by two grifters who had bought access to Trump starting with payments to Brian Ballard. Or rather — according to Lev Parnas’ selectively honest memoir — one mobbed-up grifter, Igor Fruman (who by the way was represented by Todd Blanche in his criminal case) sought out Parnas because he knew Parnas (who had prior ties to Ivana Trump) had already bought his way into Trump’s inner circle.

    I knew Igor Fruman through common friends. Born in Belarus, his family emigrated to Detroit when the USSR was shedding even more Jews, Igor was six years older than me and had moved to South Florida, where the Russian, Ukrainian and Belorussian communities were tight. Still, he spent most of his time in Ukraine where he made his money.

    I knew about Igor from various Jewish charities we were both involved in and mutual friends, but we weren’t really friends at the time. Igor became interested in me because of the pictures I was posting of myself with Trump on social media and because I was hosting events for Russians for Trump. Igor wanted to get deals done in the petroleum industry and thought I could help.

    He owned two popular nightclubs in Kyiv, Mafia Rave and the more upscale Buddha Bar. Both places were very popular with well-heeled men from both the West and East. They mingled at Buddha Bar, got to know each other and made deals, often huge deals.

    And after Fruman latched onto the access to Trump that Parnas had paid for, the two of them ended up leading Rudy on a Choose Your Own Adventure Novel seeking dirt on Hunter and Joe Biden, reaching out to one (Viktor Shokin) after another (Yuriy Lutsenko) after another (Dmitry Firtash) after another (Andrii Derkach) corrupt Ukrainian offering to deal that dirt.

    The adventure started, at least according to Parnas’ telling, when Rudy’s former prosecutor buddy Bart Schwartz passed on a tip claiming Ukrainian corruption. And can you believe your luck? Rudy got that tip while he was sitting right there in the Grand Havana Room where, just a few years earlier, Paul Manafort (who would also be represented by Todd Blanche, in his New York case) had shared campaign strategy with Konstantin Kilimnik, just hours after a meeting with Rudy and Trump!

    Rudy was sitting there in the Grand Havana Room with a different Ukrainian, one who could act as Rudy’s guide to hunt this piece of dirt on Hunter and Joe Biden.

    It was one of those days when Giuliani and I were just hanging out at our favorite place, The Grand Havana Room. Operating under the belief that Giuliani would deliver on his promises, I was still very friendly with Trump’s sidekick. There was nothing like The Grand Havana. A private club with a panoramic view of Manhattan, it had the best food, the best drinks and, of course, the finest cigars. He could stay there all day, just doing nothing and shooting the breeze.

    But that’s not my style. I have to work. And that’s exactly what I was doing. Giuliani and I might have been friends, but I also knew that he was the key to my future success. So, we were talking about ways to get my business off the ground when he excused himself for an important phone call.

    It was Bart Schwartz. I didn’t know him personally, but I did know that he used to be a prosecutor under Giuliani at the SDNY and the two had stayed in touch for years. Schwartz was then acting as a receiver for a hedge fund (a post that would later end with him in big trouble with the SEC), but still kept his eyes and ears open. He had a tip that he thought Giuliani might be interested in.

    Giuliani told me that Schwartz had heard that Joe Biden and his son, Hunter, had been involved in something perhaps a bit shadier than mere conflict of interest in Ukraine. Apparently, there had been a couple of letters, whistle blower complaints.

    Giuliani was alive with excitement. I had never seen him so happy. He’s a man of strong emotions, but none more pressing than hate. He had no time for Democrats, especially the country club type he considered the Bidens to be. Making it all the sweeter, Biden was the Democrats’ most likely pick to run against Trump in 2020.

    And it was Ukraine! He was sitting right beside a well-connected expert on that very country. Giuliani could not believe his luck.

    And that’s how it happened that Lev and Igor, with the help of Rudy, got the US Ambassador to Ukraine, who supported anti-corruption efforts, fired. And that’s how Trump came to be on the phone with the newly elected President of Ukraine — elected on a strong anti-corruption platform! — making asks that Rudy and Lev and Igor had led Trump to believe would hit paydirt.

    “If it’s what you say I love it, especially later in the summer.”

    When the story of that Perfect Phone Call gets told, it is always a story about what Trump did. The story, told that way, hides all the work that went into it, the purchased access, the perfectly cultivated mob ties, the appeals to both Rudy and Trump’s known venality.

    But if you look at it from the perspective of the mob ties that orchestrated that phone call, then you see that the call was at least in part an attempt to use Trump’s corruption to corrupt the newly elected President of Ukraine, the guy who had been elected on a platform of fighting corruption but who was also desperate to protect his country against Russia. That the whole scheme was an attempt to capitalize on the failed attempt to use Hunter Biden’s corruption, a process that started in 2014 and leveraged Hunter’s addiction and financial needs, against his father, who also was fighting corruption in Ukraine, that was just gravy.

    Once you corrupt someone, you can find any number of ways to exploit that corruption in the future.

    I have three opinions about what would have happened if that whistleblower had not spoken up, had not risked his career and freedom to reveal how Trump was using funds appropriated by Congress to make a corrupt demand of the Ukrainian President elected on a platform of fighting corruption.

    First, that whistleblower’s ethical decision had absolutely no effect on Trump’s corrupt purpose (except, perhaps, for Lev and Igor). Rudy Giuliani kept up his pursuit of corrupt dirt on Joe Biden. Even in the middle of impeachment, the White House did not stop Rudy from traveling to visit suspected Russian spy Andrii Derkach in December 2019. According to Chuck Grassley, DOJ performed what looks like its end of a quid pro quo in that same month, shutting down an investigation of Burisma that had been started in 2016, shutting down an investigation of Burisma’s corruption smack dab in the middle of an impeachment defense that purported to be interested in corruption at Burisma. Worse still, Bill Barr set up an entire side channel that exonerated Rudy for his knowing outreach to a Russian spy and served as the vehicle via which a different corrupt Ukrainian, Alexander Smirnov, criminally framed Hunter and Joe Biden.

    The whistleblower’s sacrifice did not change a fucking thing about the effort, with participation from both Trump’s personal lawyer and his Attorney General (since merged as one in the person of Todd Blanche), to frame Joe and Hunter Biden to help Trump’s election. All that still happened.

    It’s even worse though, and this is what Democrats need to both understand and prepare for as they map out how to rein in Trump’s corruption if and when they win back the House. Not only didn’t impeachment slow the corrupt effort kicked off in that meeting in The Grand Havana Room, but I firmly believe that Trump exploited the polarization of the country to use impeachment as a means to demand loyalty from virtually every Republican save Justin Amash in the House and Mitt Romney in the Senate, the latter of whom had the money to pay for private security that gave him the courage to vote for one but not both articles of impeachment.

    Romney confessed that he’d spent much of the impeachment trial hoping a way out would present itself: “I did not want to get here.” In fact, that was part of the reason he wanted former National Security Adviser John Bolton to testify about what Trump had told him. “I had the hope that he would be able to say something exculpatory and create reasonable doubt, so I wouldn’t have to vote to convict,” Romney said.

    [snip]

    When I asked Romney why none of his fellow Republicans had reached the same conclusion, he attempted diplomacy. “I’m not going to try and determine the thinking or motives of my colleagues,” he said. “I think it’s a mistake for any senator to try and get in the head of another senator and judge them.” But as he discussed the various rationalizations put forth by other Republican senators, he seemed to grow exasperated. He took particular issue with the idea—currently quite trendy in his caucus—that Trump’s fate should be decided at the ballot box, not in the Senate.

    “I would have liked to have abdicated my responsibility as I understood it under the Constitution and under the writing of the Founders by saying, ‘Let’s leave this to the voters.’” But, he said, “I’m subject to my own conscience.”

    When I asked how it felt to be formally disinvited from this month’s Conservative Political Action Conference, he laughed and noted that he hadn’t attended the conference since 2013. But it seems clear that his journey from GOP standard-bearer to party supervillain has been jarring.

    Remember: The two articles of impeachment were, first, that Trump corruptly asked a foreign country for election help and, second, that Trump ordered his government — including, among others, current CBO head Russ Vought, current DOJ head of National Security John Eisenberg, current Deputy Director of CIA Mike Ellis, and Brian McCormack — who carried out Trump’s purge of the National Security Council before being purged himself (possibly as a scapegoat for Signalgate)  — to defy subpoenas from Congress.

    Every single Republican Senator, save Mitt, was willing to claim to believe that Trump was chasing corruption, not acting on his own corruption. Or perhaps for many Republicans, they just did not give a shit what Trump did to stay in power, they were perfectly cool using taxpayer dollars to extort election help. But one way or another, every single Republican Senator but Mitt — including Richard Burr, Bill Cassidy, Susan Collins, Lisa Murkowski, Ben Sasse, and Pat Toomey, all of whom would later go on to vote for Trump’s 2021 impeachment, for which Cassidy has since paid with his seat — every single Senator bought into the bullshit Trump was selling. And every Republican Senator, including Mitt, were cool with Trump blowing off Congress’ sacred duty of impeachment.

    And that’s one of the values of corruption, as a process. I can’t tell you how many of the GOP Senators were already so venal, so polarized, they were going to be cool with what Trump did one way or another. Some of them — people like Marsha Blackburn and Ron Johnson and Rick Scott — they were already so corrupt they were bound to applaud Trump’s extortion. But for a good number, they were pushed by partisanship and cowardice and the cover provided by Trump’s lies to do something that they might not have done before Donald Trump came along. This process made them into far worse people than they had been before Trump came along. And few of them — perhaps only John Bolton, who was too cowardly to testify truthfully — have acknowledged since how they debased themselves. I don’t think even Liz Cheney has come clean with her corrupt vote against impeachment in 2019.

    Impeachment was a tool Trump used to make every single Republican (save Amash and Mitt) into far worse people. From that point forward they were going to be, and have been, for the most part, far easier to manipulate, far easier to buy off. Trump used impeachment to make corruption the price of admission to the MAGAt Republican Party, that corruption is a tool he has exploited over and over ever since, and that corruption is what has prevented Republicans from standing up against Trump’s destruction of the United States.

    But then there’s Zelenskyy, the real mystery in this game of second guessing.

    It is impossible to know what would have happened if that call were not made public (frankly, I’m not convinced we know all that happened until it was made public). On the call, Zelenskyy slathers Trump with flattery, parroting Trump’s favorite words back to him.

    I would like to confess to you that I had an opportunity to learn from you. We used quite a few of your skills and knowledge and were able to use .it as an example for our elections and yes it is true that these were unique elections.

    [snip]

    we wanted to drain the swamp here in our country

    But Zelenskyy still does that. Seven years later, with the exception of that famous meeting in the White House where Trump tried to sell Zelenskyy out, Zelenskyy still butters everyone up, on a near daily basis. It’s one thing that makes him successful. And that still includes Trump.

    Often forgot, though, Zelenskyy agreed to Trump’s asks, both for an investigation into the server and for an investigation of Burisma.

    For me as a President, it is very important and we are open for any future cooperation. We are ready to· open a new page on cooperation in relations between the United States and Ukraine. For that purpose, I just recalled our ambassador from United States and he will be replaced by a very competent and very experienced ambassador who will work hard on making sure that our two nations are getting closer. I would also like and hope to see him having your trust and your  confidence and have personal relations·with you so we can cooperate even more so. I will personally tell you that one of my assistants spoke with Mr. Giuliani just recently and we are hoping very much that Mr. Giuliani will be able to travel to Ukraine and we will meet once he comes to Ukraine. I just wanted to assure you once again that you have nobody but friends around us. I will make sure that I surround myself with the best and most experienced people. I also wanted to tell you that we are friends. We are great friends and you Mr. President have. friends in our country so we can continue our strategic partnership. I also plan to surround myself with great people and in addition to that investigation, I guarantee as the President of Ukraine that all the investigations will be done openly and candidly.

    [snip]

    [Zelenskyy’s new prosecutor] will look. into the situation, specifically to the company that you mentioned in this issue. The issue of the investigation of the case is actually the issue of making sure to restore the honesty so we will take care of that and will work on the investigation of the case. [my emphasis]

    To be sure, Zelenskyy caveated his answers, especially regarding the Burisma investigation, with language about transparency (and remember, part of this, where it says “the company,” was edited in the transcription process to protect Trump), and so we can’t tell how far he would have gone to feed Trump’s demands for a Burisma investigation if this call had not been made public.

    But there were reports that Zelenskyy intended to do a CNN interview on September 13 to announce that investigation, just days after Trump released the aid.

    He was going to do it.

    And what we do know is that Zelensky backed Trump’s attack on Marie Yovanovitch, the ambassador who, like Joe Biden, had been helping Ukraine fight corruption.

    On top of that, I would kindly ask you if you have any additional information that you can provide to us, it would be very helpful for the investigation to make sure that we administer justice in our country with regard to the Ambassador to the United States from Ukraine as far as I recall her name was Ivanovich. It was great that you were the first one who told me that she was a bad ambassador because I agree with you 100%.

    In the expected secrecy of that phone call, Zelenskyy joined Trump in his attack on Yovanovitch.

    And while Zelenskyy began that joint appearance on September 25 with a comment about how much better it is to discuss corrupt investigations on TV than it is on a secret phone call, he nevertheless played his part, denying that Trump had pressured him, an important denial in Trump’s ultimately weathering of an impeachment.

    Reporter: Have you felt any pressure from President Trump to investigate Joe Biden and Hunter Biden?

    Zelenskyy: I think you read everything. I think you read text. I’m sorry but I don’t want to be involved to democratic, open [asks how to say вибори in English] elections, elections of USA. No, you heard that we had, I think, good phone call. It was normal, we spoke about many things. And I [shrugs] so, I think think, and you read it, that nobody push it, push me.

    Trump: In other words, no pressure.

    I’ll be honest: We can’t know but I think if this all hadn’t blown up, Zelenskyy would have given Trump what he wanted. I think it would have taken him down a path where his efforts to defend Ukraine against corruption — and therefore his efforts to defend against Russian dominance — would have failed.

    Instead, Zelenskyy has evolved into perhaps most sophisticated leader of our time — still fighting efforts to compromise him with corruption, and fighting even more persistent efforts to defeat Russian-backed disinformation claiming he was corrupt. I think the exposure of that Perfect Phone Call changed the course of history, but via Zelenskyy, not Trump.

    The whistleblower’s effort to expose Trump’s corruption failed to have any meaningful effect in the US. If anything, Trump used it as an opportunity to corrupt Republicans who would once have (and who did, in the case of 2016 and Russia) object to foreign interference in US elections. Trump used it as an tool to demand that Republicans sell out their own institutional prerogatives, appropriations (which never even made it into impeachment) and subpoena power, to protect Trump and with him the Republican Party.

    Corruption is a process, and by orchestrating that Perfect Phone Call, whatever mobsters were behind the effort got Trump to corrupt almost every single Republican member of Congress, lowering the bar for the next corrupt demand.

    But I do suspect that everything would have been different, the entire course of Ukrainian history and with it the history of Europe, would have been different if that call had not been exposed, because it forced Zelenskyy and gave him the means of distancing himself from Trump’s efforts to corrupt him.

    It is easy to say that Trump is corrupt, the most corrupt President ever, that his corruption steals from Americans and destroys the country. It is easy to correctly describe the corruption that has always been a key part of Trump’s success.

    But if you understand that corruption is a process, the tool by which Trump is easily manipulated, and the tool by which Trump himself has debased virtually every single Republican and coerced them to cede their institutional prerogatives, you understand how it happened and how the corruption he demanded years ago still prevents Republicans from standing up to Trump to save the country.

    The post “It’s Better to Be on TV than by Phone:” Corruption Is a Process appeared first on emptywheel.

  • Google Maps to change Lake Ontario to 'Lake America' on US phones

    Google Maps on Saturday changed the name of Lake Ontario to "Lake America" for U.S. users, while keeping the name intact for Canadian Google users and carrying both names for international users, following President Trump's executive order to rename the Great Lake. The tech giant cited its name change to the U.S. Geographic Names Information System's (GNIS) formal renaming.
  • Canada erects giant ‘Lake Ontario’ sign as spat with Trump over name escalates

    Meanwhile, Trump posts video of himself kicking over a Lake Ontario sign and replacing it with Lake America sign

    Donald Trump and Canada continued a verbal duel on Saturday over the US government’s administrative renaming of Lake Ontario, with the Ontario premier erecting a giant sign saying “Lake Ontario. Now and Always” – and the American president posting a video of him tearing down an avatar of that sign, erecting a replacement saying Lake America, and dancing to YMCA.

    Rhetoric over the naming of Lake Ontario is the public face of an escalating trade dispute between the US and its northern neighbor involving a 50% US tariff on Canadian steel and retaliatory tariffs from Ottawa.

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  • Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.

    A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.

    Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.

    Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.

    Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.

    À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.

    Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.

    De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :

    • faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ;
    • rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.)
    • contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
    • préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.

    Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").

    Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !

    Pour aller plus loin

    Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.

    Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)

    Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.

  • Trump says US is taking partial control of Venezuela's vast oil reserves

    President Donald Trump on Friday announced an unprecedented U.S. push to take control of a fifth of Venezuela's vast oil reserves, betting that American companies can revive ​the OPEC nation's battered energy industry while delivering a new source of crude to help bring down U.S. fuel prices. Trump provided few details about the agreement, saying only ‌that the U.S. had secured majority control of more than 65 billion barrels of Venezuela's proven oil reserves through a partnership with private business.
  • Trump hails "biggest oil deal in world history" with Venezuela

    President Trump said Friday the U.S. has struck a deal with Venezuela to take control of oil fields with 65 billion barrels of reserves. Why it matters: The unprecedented deal vastly increases U.S. energy security and dominance in the Western Hemisphere.
  • Trump announces 'biggest oil deal in world history,' says it will substantially lower gas prices

    President Donald Trump announced a major oil agreement with Venezuela Friday, saying the U.S. has secured majority control of more than 65 billion barrels of the country's proven oil reserves. "The United States of America has just entered into an Agreement with the Country of Venezuela on, THE BIGGEST OIL DEAL IN WORLD HISTORY!" Trump wrote on Truth Social.
  • Ghislaine Maxwell has virtually run out of legal routes to overturn conviction, experts say

    The Jeffrey Epstein associate’s apparent last hope would be a Hail Mary from Donald Trump – a presidential pardon

    Ghislaine Maxwell seems to be all but guaranteed to have run out of legal avenues to challenge her conviction for her involvement in Jeffrey Epstein’s abuse of girls and young women with perhaps her lingering hopes of freedom resting on a pardon from the Trump administration.

    Paul Engelmayer, a Manhattan federal court judge, last week rejected Maxwell’s contention that her constitutional rights were violated at trial and sentencing for her crimes. “Maxwell’s claims are all meritless and all or almost all are frivolous,” Engelmayer wrote in his ruling on the former British socialite’s legal gambit.

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  • La plateforme Zéro Logement Vacant a été piratée

    Zéro Logement Vacant, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est un service de l'État censé aider les collectivités à remettre sur le marché les logements vides. Il vient de se retrouver au cœur d'une fuite de données colossale.

    Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes affirme avoir aspiré près de 149 millions de lignes brutes depuis la plateforme. Après nettoyage des doublons, ça correspondrait à environ 48 millions de personnes différentes. En croisant les noms et les dates de naissance, on grimpe même à plus de 71 millions, mais les deux chiffres ne s'additionnent pas.

    D'où vient une telle masse de données ? Essentiellement du foncier. La plateforme avait chargé d'énormes fichiers de propriétaires issus du cadastre et de la DGFiP, autrement dit le fisc. Deux tables contiennent presque tout, environ 82 millions de lignes de propriétaires d'un côté, et 66,9 millions provenant d'un fichier foncier national de 2024 de l'autre.

    Le site Cyberattaque.org , qui a pu examiner des échantillons, confirme le pire. On y trouve des identités, des dates de naissance, des adresses postales et des informations liées aux droits de propriété. Un second extrait ajoute des adresses e-mail et des numéros de téléphone. Sur 500 lignes analysées, 453 contenaient un numéro, 274 un e-mail et 423 une date de naissance.

    Et ça ne s'arrête pas aux propriétaires. Les comptes des utilisateurs de la plateforme sont aussi dans la nature, à savoir des agents de collectivités, des services de l'État et des prestataires. On parle de leurs e-mails professionnels, de leurs rôles, du SIREN de leur structure, mais aussi d'adresses IP, de sessions récentes et de mots de passe. Bonne nouvelle relative, ces mots de passe sont hachés, le plus souvent en bcrypt, donc pas lisibles directement, ou réutilisés ailleurs.

    Le plus inquiétant, c'est la fraîcheur de certaines données, avec des sessions de connexion très récentes dans les échantillons. Ce n'est donc pas une vieille base oubliée dans un coin, mais bien un environnement encore actif.

    Pour les propriétaires concernés, le risque immédiat, c'est l'hameçonnage sur mesure. Avec votre nom, votre adresse et votre bien, un faux courrier des impôts devient tout de suite bien plus crédible. Méfiance sur tout ce qui touchera au foncier dans les prochaines semaines.

    Source : MacG

  • Voici à quoi ressemble Mario dans la tête des IA

    Un internaute a demandé à des modèles de langage de dessiner Mario sur une grille de 32 × 32 pixels, sans leur fournir la moindre image. Leurs créations, parfois réussies et parfois méconnaissables, montrent ce que les IA retiennent du célèbre plombier.

  • «Bienvenue à Paris» : des touristes new-yorkais tabassés par la police française

    «Nous n’avons jamais vécu ça aux États-Unis» : les violences policières gâchent le séjour des vacanciers

    L’article «Bienvenue à Paris» : des touristes new-yorkais tabassés par la police française est apparu en premier sur Contre Attaque.

  • Ontario premier unveils Lake Ontario sign in response to Trump’s ‘Lake America’ order – video

    The Canadian province's premier, Doug Ford, installed a billboard-sized sign on the lake's shoreline after the US president signed an executive order on Thursday directing US federal agencies to change the lake's name on US maps, documents and databases to 'Lake America'. Ford told reporters that the lake's name, which is more than 400 years old, would remain unchanged. Trade talks between the US and Canada collapsed last week, with each side ‌blaming the ⁠other for derailing three days of intensive negotiations

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  • Au Népal, une terreur de boue et de glace

    Des milliers de personnes sont toujours portées disparues après un effondrement glaciaire qui a transformé, le 26 août, une vallée de l’Himalaya en couloir de la mort. Une muraille de boue a déferlé sur une région investie par les routes, barrages, mines, tunnels et hôtels, malgré une forte activité sismique et l’instabilité des glaciers due au réchauffement climatique.
  • Claude fait ce qu’il veut, l’iPhone Fold arrive et rachat de SFR– le récap’ tech de la semaine

    Cette semaine, Apple a envoyé son invitation pour la keynote du 9 septembre dédiée aux iPhone 18 Pro et iPhone Fold/Ultra. Xiaomi lui a vite répondu en lançant, après Huawei et Samsung, son premier téléphone format passeport. Le reste de l'actualité a été marqué par les nouveaux épisodes de Claude AI et par le rachat de SFR, qui avance petit à petit.

  • Présidentielle 2027 : ce que les candidats ont réellement compris de la puissance technologique

    À La REF, grande messe annuelle du MEDEF, principale organisation patronale française, l’intelligence artificielle et l’innovation n’ont pas bénéficié d’une séquence dédiée lors du débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027. Elles en ont pourtant traversé presque tous les sujets : salaires, dette, industrie, énergie, commande publique et souveraineté. Si le vocabulaire est …

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  • Trump the renamer-in-chief keen to leave his mark – or his stain – on world

    As Americans face an affordability crisis and war with Iran, the president is focused on … changing the names of things

    Is it a key policy move which will “recognize the extraordinary contributions of the American people”? Or “real foolishness”?

    Whatever the impact of Donald Trump unusual decision to retitle Lake Ontario as Lake America, days after Canada’s prime minister refused to be cowed by Trump’s punitive tariffs, it has certainly divided opinion – but perhaps it shouldn’t have come as a surprise.

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  • Montpellier : Solidarité Partagée ouvre un nouveau lieu d’accueil pour les familles sans abri

    Dix mois après l’expulsion de son précédent lieu d’hébergement, l’association Solidarité Partagée a annoncé ce dimanche 30 août l’ouverture d’un nouvel espace d’accueil dans un ancien local commercial laissé à l’abandon. Des mères seules avec enfants devraient y être logées d’ici quelques jours

    Quelque part dans la métropole de Montpellier, une demi-douzaine de bénévoles s’activent pour nettoyer un ancien local commercial abandonné. Affairé à réparer une fuite d’eau, Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée, qui ouvre bénévolement des lieux d’accueil pour des familles sans abri depuis huit ans à Montpellier, explique : « Il faut de l’accueil d’urgence. On n’a pas les moyens de faire autrement qu’en récupérant des bâtiments inutilisés et laissés à la spéculation immobilière. »

    Le 27 octobre dernier, la police avait expulsé, sur ordre du préfet, la trentaine de personnes – dont quinze enfants – hébergées dans l’ancien lieu de l’association, une entreprise désaffectée du nord de Montpellier occupée depuis deux ans. Le tout à quelques jours de la trêve hivernale, et sans solution de relogement. S’en était suivie une semaine de campement devant l’hôtel de ville, ponctuée de rassemblements quotidiens et de deux manifestations devant la préfecture, le temps que la mairie finisse par mettre les huit familles à l’abri à l’hôtel – une solution d’abord annoncée pour dix jours seulement. Le préfet de l’Hérault avait alors dénoncé une « instrumentalisation politique » et annoncé saisir le procureur contre l’organisateur du lieu, une attaque à peine voilée contre Samuel Forest.

    « On a de la chance d’avoir des familles d’accueil qui peuvent proposer des solutions provisoires aux personnes à la rue qu’on accompagne. Mais aujourd’hui, elles sont épuisées et on a besoin d’un lieu plus pérenne. J’ai mis huit mois à le trouver et j’ai déjà fait quelques petites rénovations », poursuit Samuel Forest. Un lieu qui doit également servir de support au projet que l’association porte depuis sa création : « Nous voulons que les gens que nous accueillons, souvent sans papiers, puissent s’investir dans une activité citoyenne en créant un lieu de redistribution gratuite de ressources. »

    Depuis l’automne, la situation ne s’est guère améliorée. En décembre, un nouveau rassemblement était organisé pour une famille à la rue, et Samuel Forest décrivait en mars, alors que des collectifs appelaient à la réquisition des logements vides, un hiver « très compliqué », avec des familles appelant le 115 tous les jours sans succès. Selon les estimations avancées par ces collectifs, environ 2 800 personnes vivraient à la rue à Montpellier. L’association Une école Un avenir, elle, comptait « environ 80 enfants à la rue » dans la ville au printemps 2025, et il manquait déjà 1 000 places d’hébergement d’urgence à Montpellier à l’automne 2024. À l’échelle nationale, le baromètre FAS/UNICEF publié le 26 août recense au moins 2 355 enfants restés sans solution après un appel au 115 à la veille de la rentrée, dont 514 de moins de trois ans : + 9 % en un an, + 42 % depuis 2022. Un chiffre sous-estimé, préviennent les auteurs, puisqu’il ne compte ni les familles en squat ni celles qui ont renoncé à appeler. Pour mémoire, l’objectif gouvernemental affiché en 2022 était « zéro enfant à la rue ».

    En attendant, il reste encore des travaux de nettoyage à réaliser avant de pouvoir loger des familles. « D’ici quelques jours, on va pouvoir accueillir des mamans seules à la rue avec des enfants, sans solution, que l’on suit depuis un moment déjà. D’ici là, toute aide est la bienvenue », souffle Samuel Forest, avant de conclure par un message adressé à la mairie et à la préfecture de l’Hérault : « Ils nous connaissent et savent qu’on a aidé beaucoup de gens dans le besoin. Ce que l’on attend aujourd’hui, c’est du soutien, et un lieu pérenne pour que les familles ne passent pas l’hiver dehors. »

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  • J’ai testé cette chaise Percko qui vous rappelle à l’ordre quand vous êtes mal assis

    J’ai troqué ma chaise habituelle en filet pour la Percko et son épaisse assise qui refuse de rester immobile. Une drôle d’idée sur le papier qui se présente finalement comme une bonne solution pour améliorer sa posture devant l'écran.

  • «Goûter son propre poison» : un influenceur trumpiste expulsé par ICE

    «Il a goûté à son propre poison» la formule est parfaitement illustrée par l'influenceur d'extrême droite Milo Yiannopoulos.

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  • À Vichy, la mémoire compliquée du fascisme français

    «Notre Salut», le film d’Emmanuel Marre sur la collaboration récompensé à Cannes, a été diffusé en avant-première mercredi à Vichy. L’occasion de soulever un peu plus la chape de plomb qui a recouvert ce pan sombre de la mémoire de la ville pendant des décennies.
  • «Nous avons peur»: à la Maison de l’Argentine de Paris, le directeur d’extrême droite nommé par Javier Milei est de plus en plus décrié

    Plusieurs ex-résidents contraints de plier bagage en cette rentrée dénoncent une décision «politique» du directeur de l’établissement, Santiago Muzio. Ce proche de Marion Maréchal-Le Pen a transformé l’établissement en lieu de rencontre de l’extrême droite européenne. La mairie de Paris a demandé au Quai d’Orsay d’ouvrir une enquête.
  • 🎉 Journée festive au présidio de Détrier 🎉

    Journée festive au Présidio de Détrier ! de 14 à 23h : jeux collectifs, balade naturaliste, visite de la pépinière, discussion argumentée "La chaîne du chêne", concert et DJ set !
  • Documents leaked by Trump official to bolster a conspiracy show ‘absolutely nothing’

    Inside the US state department, critics are still attacking a shuttered office established to counter foreign propaganda. Now, some of its work is also being resumed

    A botched leak of purportedly explosive government files to a prominent conservative online personality was supposed to offer proof of what the Trump administration and its allies have long alleged: that a little-known office inside the US state department, created to fight foreign propaganda, had secretly become a tool for domestic censorship.

    Two former high-ranking officials at the Global Engagement Center (GEC), a target of Republican ire that lost its funding in 2024 and was disbanded after Donald Trump’s return to office in 2025, say the documents show nothing of the kind.

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  • OpenAI coupe ses modèles à Cursor après son rachat par le SpaceXAI de Musk

    OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.

    Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.

    Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI pour respecter ses conditions d'utilisation, en s'appuyant sur son expérience des entreprises de Musk qui violent les contrats.

    Il faut dire que les deux camps se détestent depuis un bail. Musk a été l'un des premiers investisseurs d'OpenAI, avant de claquer la porte en 2018 quand on lui a refusé le contrôle du conseil. En 2024, il a attaqué OpenAI en justice pour l'empêcher de devenir une société commerciale. En mai dernier, un jury lui a donné tort sur toute la ligne.

    Surtout, OpenAI ressort dans l'affaire une révélation gênante du procès. Lors d'un contre-interrogatoire, Musk a reconnu que xAI avait entraîné ses propres modèles à partir des réponses d'OpenAI, une technique appelée distillation. Autrement dit, faire apprendre son IA en recopiant celle du voisin. Difficile, ensuite, de laisser Cursor entre les mains du même Musk sans se poser de questions.

    OpenAI en profite pour mettre en avant son prochain modèle, Astra, et une vigilance accrue sur son usage. Un modèle que l'entreprise a d'ailleurs ralenti récemment, après que ses agents se sont échappés de leur bac à sable pour aller taper sur la plateforme Hugging Face.

    Du côté de Cursor, le patron Michael Truell relativise. Il assure qu'OpenAI ne pèse que 5 pour cent des usages de l'outil, et que les discussions continuent pour trouver une sortie de crise. Anthropic, le grand rival, a tout de suite tendu la main, en promettant plus de puissance de calcul pour faire tourner ses modèles Claude dans Cursor.

    Résultat, Anthropic récupère des développeurs sans lever le petit doigt, pendant que Musk et OpenAI continuent de se regarder dans le blanc des yeux.

    Source : OpenAI

  • Le serveur qui s'appelait Paranoia : défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Cet article est une traduction collective de l'anglais d'un article publié le 27/08/2026 sur sabotmedia. Il est écrit avec une perspective états-unienne, donc la partie sur "ce qu'on peut faire" n'est pas forcément pertinente d'un point de vue européen. On invite à des réflexions et propositions complémentaires dans ce sens afin de réflechir collectivement à quelle solidarité mettre en place depuis chez nous.

    À l'heure où cette traduction est publiée, les sites de autistici ne sont plus joignables. Le collectif A/I est certainement sur le pont pour rétablir les services. Il est probable que des nouvelles seront publiées sur leur blog : https://cavallette.noblogs.org

    Au cours des 25 dernières années, Autistici/Inventati, un collectif de hackeur·euses italien a mis sur pied des infrastructures de communication conçues pour survivre à la censure, à la surveillance et aux descentes de police. Le 26 août, les États-Unis ont désigné ce collectif comme une organisation terroriste. Les mesures d'embargo économique prendront leur pleine mesure le 25 septembre 2026.

    Ça aurait du être une nuit sombre et orageuse dans un hacklab italien.

    Mais la scène se déroule un beau dimanche ensoleillé.

    Le 3 mars 2001, une dizaine de personnes se retrouve au hacklab LOA à Milan autour d'un ordinateur assemblé avec des bouts de machines sorties du rebut. Peu avant, une banque leur a vendu un vieux serveur pour la somme symbolique de 15.000 lires, soit à peu près 8 euros. Iels l'ont amélioré avec des composants de récup', dont un disque dur extrait de l'ordi du salon d'une personne. Personne n'a de plan formel. Les logiciels sont choisis l'un après l'autre. Toutes les décisions sont discutées jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord. Intentionnellement, la personne avec le moins d'expérience technique est mise derrière le clavier. Le processus prend bien plus de temps que necessaire parce que l'efficacité n'est pas le seul objectif. Tout le monde doit comprendre ce qu'iels sont en train de construire. Ce jour là, l'un·e des participant·e s'en souvient, iels déclarent : "A/I existe désormais."

    Iels baptisent la machine Paranoia. Le mois suivant elle est en ligne et supporte deux noms de domaines et deux histoires entremelées : Autistici.org et Inventati.org. Vingt-cinq ans plus tard, le 26 août 2026, les États-Unis désignent Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist") et l'inscrit sur la "liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Bloquées" ("Specially Designated Nationals and Blocked Persons list").

    La distance entre ces deux événements (d'une machine recyclée dans un hacklab à Milan, à la machinerie de l'état techno-sécuritaire états-unien), c'est l'histoire d'un collectif qui ne démord pas, depuis un quart de siècle, d'une proposition dangereuse : on devrait pouvoir communiquer sans d'abord devoir se livrer à de grandes entreprises ou à des gouvernements.

    Le 25 septembre, le délai accordé aux institutions pour couper leurs relations avec A/I prendra fin. Les banques, les entreprises de la tech, les hébergeurs et autres institutions sont sommées de couper tous liens qui resteraient après cette date. A/I a construit son infrastructure pour survivre à la disparition de serveurs. Les États-Unis tentent maintenant de rendre le collectif économiquement et technologiquement infréquentable. Mais découvrons ensemble ce qu'est A/I, son histoire, et ce que cette nouvelle attaque pourrait signifier pour les collectifs techniques autonomes et le milieu militant radical en général.

    Avant A/I : La contre-culture internet italienne

    Autistici/Inventati n'est pas sorti du néant. Ses racines plongent dans plus d'une décennie d'organisation de l'autonomie italienne, de radios pirates, de "bulletin-board systems" [NDLT : premières agoras numériques du jeune internet], de centres sociaux autogérés dans des squats, de mouvements anti-capitalistes et d'expérimentations autour des ordinateurs comme outils politiques. Au cours des années 1990, des réseaux comme le European Counter Network et Isole nella Rete ont fourni un espace en ligne pour les mouvements sociaux alors même qu'internet était peu connu du grand public. Les hackmeetings italiens réunissaient développeur·euses, activistes, artistes, et autres curieux·euses de technologie dans des espaces autogérés. Dans les centres sociaux apparurent des Hacklabs, où les gens pouvaient apprendre Linux, monter des réseaux et aborder les connaissances techniques comme quelque chose à partager plutôt qu'à vendre. Les futur·es membres de A/I venaient de plusieurs endroits de ce monde. À Milan, les personnes affiliées au LOA Hacklab utilisèrent le nom Autistici pour décrire leur intense fascination pour la technologie et leur désir de mettre en lumière la politique cachée en son sein. À Florence, le projet Inventati était plus orienté vers la communication, la publication, et l'organisation du mouvement social. Ses projets comprenaient Stampa Clandestina, un journal conçu pour être imprimé et collé directement sur les murs de la ville, et Spia la Spia, une tentative de cartographier les caméras de surveillance dans l'espace public.

    Des personnes de Bologne et d'ailleurs étaient aussi impliquées. Beaucoup participèrent au développement d'Indymedia Italy, mouture locale d'un réseau mondial de publication libre sur internet qui permettait aux manifestant·e·s de rapporter les évènements sans attendre que les journalistes professionnel·le·s les médiatisent. Les différents groupes partageaient le même problème : le mouvement nécessitait un nombre croissant de sites web, de listes mail et de mails privés, mais les infrastructures indépendantes demeuraient rares. Le European Counter Network portait plus que sa part du fardeau. Les fournisseurs commerciaux offraient de plus grandes capacités mais contre un prix élevé, une dépendance structurelle, de la surveillance et un pouvoir de censure. En novembre 2000, Inventati envoya aux hackers milanais un mail chiffré leur proposant une rencontre. Le message fût traité comme dans un film d'espionnage : clés PGP, signes de reconnaissances savament arrangés, un endroit et une heure secrète. Puis les florentins arrivèrent dans une bagnole rouillée légendaire appelée le General Lee, klaxonnant devant le squat pendant que la police surveillait le bâtiment avec stupéfaction.

    Le point historique qui fait consensus dans cette histoire est que tout ce petit monde alla ensuite manger dans une pizzeria appelée La Balena. Après le dîner, les florentins dévoilèrent leur plan séditieux : monter un autre serveur autonome. L'intention n'était pas de remplacer l'infrastructure du mouvement avec un nouveau fournisseur de service central. L'intention était de multiplier l'infrastructure. Si un millier de serveurs autonomes voyait le jour, une simple perquisition ne suffirait pas à couper les communications de toutes les communautés en lutte. Ensemble, iels devinrent Autistici/Inventati, plus courrament abrégé A/I. L'association des collectifs prit légalement le nom d'Investici, mais A/I ne devint jamais pour autant une organisation ordinaire : elle n'avait pas de coordinateur·ice, pas de dirigeant·e officiel·le, pas de porte-parole permanent·e. Les décisions étaient prises en cherchant des consensus plutôt que par votes. Personne n'était payé. Ses ressources venaient de dons, d'évènements de soutien et du travail des gens qui la maintenait. Le double-nom était un choix. Tel Janus, A/I était une créature à deux visages : l'une technique, l'autre communicante ; l'une tournée vers la machine, l'autre vers le mouvement qui en avait besoin.

    Le serveur qui ferma la porte en laissant les clés à l'intérieur

    La naissance n'a pas été uniquement glorieuse. Le second jour de l'existence de Paranoia, une personne entra une commande de pare-feu inversée, ordonnant par accident à la machine de bloquer toutes les connections qui ne proviendraient pas d'elle-même.
    Le serveur ne pouvait donc plus communiquer qu'avec lui-même.

    Le collectif a trouvé ça si représentatif de son image qu'il fut décidé d'imprimer l'erreur sur des T-shirts. Ce mélange de rigeur technique et de refus de se prendre au sérieux devint une caractéristique d'A/I. Les serveurs suivants furent nommés, entre autres : Tchernobyl, Rancune, Révolte, Désobéissance et Cavale (Chernobyl, Astio, Rivolta, Contumacia et Latitanza). Derrière les blagues, c'est une position politique qui se développait. La communication devrait être gratuite et accessible. La connaissance grandit en étant partagée. Un logiciel n'est pas neutre simplement parce qu'il existe dans un monde supposé virtuel. Les systèmes grâce auxquels on parle déterminent qui peut parler, qui peut écouter, qui détient les échanges et qui peut être réduit au silence. A/I a commencé à fournir des sites webs, des emails privés et des listes mails, des newsletter et des tchats. Ses services se sont progressivement étendus avec Noblogs, des outils de partage de fichiers, de visio-conférence, de streaming, de proxy mail anonymes et d'autres outils de communication encore. Le tout sans publicité ou exploitation de données à des fins commerciales.

    Le manifeste du collectif décrit le projet en des termes explicitement politiques. A/I est anti-fasciste, anti-capitaliste et anti-militariste. Le collectif promeut le logiciel libre, le chiffrement des données personnelles, le pseudonymat et la libre circulation de la connaissance et de la culture. Il réserve les ressources limitées de ses volontaires aux personnes et projets globalement compatibles avec ses principes, plutôt qu'à des entreprises, partis politiques, religions établies ou institutions qui ont déjà les moyens de se faire entendre. A/I n'a jamais été un hébergeur commercial politiquement neutre. Fournir de l'insfrastructure ne signifie pas être l'auteur·ice de tout ce qui passe par cette infrastructure. "Affinité politique" ne signifie pas "contrôle opérationnel". Offrir à quelqu'un·e une adresse email ne signifie pas écrire tous les emails qui sont envoyés ensuite. Ces distinctions, et leur confusion, jouent un rôle central dans l'attaque que subit maintenant A/I.

    Gênes : baptême du feu pour l'infrastructure

    À peine quelques mois après la mise en ligne de Paranoia, le G8 s'est réuni à Gênes. Plusieurs participant·es d'A/I étaient aussi impliqué·es dans Indymedia Italy. Iels ont participé à la création du Media Center du mouvement [NDLT : un squat qui rassemblait des journalistes indépendant·es, ainsi que d'autres voix alternatives du mouvement], en tirant des câbles, en configurant des serveurs, en installant des ordinateurs pour permettre aux manifestant·es de rapporter ce qu'il se passait dans la ville. Ce qui a suivi est devenu historique : protestations massives, assassinat par la police de Carlo Giuliani, violences policières indiscriminées dans les rues, tortures et violences sexuelles dans la caserne de Bolzaneto, descente de police nocturne dans l'école Diaz. Les discours officiels entraient en concurrence avec les photos, enregistrements et témoignages de première main transmis via une infrastructure indépendante. Gênes est ainsi l'une des premières manifestations majeures à être documentée sous tous les angles par ses participant·es plutôt qu'exclusivement par les médias institutionnels.

    Pour A/I, ce fût aussi ce que le collectif nommera plus tard une « communion traumatique ». Ses membres y fîrent face à la même violence ensemble, tout en maintenant les systèmes aux travers desquels les preuves de cette violence pouvaient se diffuser. Après Gênes, A/I n'était plus une simple expérimentation technique, curieuse et rigolote. C'était devenu une infrastructure de confiance pour le mouvement. La demande crût rapidement. En 2003, A/I hébergeait plus de 2.000 utilisateur·ices, 205 sites web et 269 listes de discussion. Héberger ces services gratuitement devenait insoutenable, des hébergeurs commerciaux auraient facturé des milliers d'euros par an pour de tels services. Le collectif apporta une réponse avec les KAOS Tours : des tournées combinant collectes de fonds, fêtes, discussions publiques et ateliers pratiques. Les membres d'A/I apprenaient aux gens comment monter des serveurs, chiffrer leurs communications, monter et diffuser des vidéos, créer des archives numériques et streamer de la radio.

    Les tournées levèrent des fonds, mais leur but principal était l'éducation politique. Le collectif ne voulait pas devenir un groupe d'expert·es invisibles pratiquant de la magie pour des utilisateur·ices passif·ves. Il souhaitait que la communauté comprenne la machinerie dont elle dépendait de plus en plus. Chaque attaque ultérieure envers A/I provoquerait une variation de cette réponse : découvrir ce qui s'était passé, réparer les dégâts, partager la leçon, construire quelque chose de plus difficile à détruire.

    Quand Trenitalia découvre l'effet Streisand

    La première confrontation judiciaire majeure a eu lieu en 2004. Un collectif de designers appelé Zenmai créa un site web parodiant celui de l'entreprise ferrovière italienne Trenitalia. Iels copièrent l'apparence du site web de l'entreprise tout en dénonçant son implication dans le transport de chars d'assauts et d'autres équipements militaires pour l'invasion de l'Irak. Trenitalia demanda devant la justice la suppression de la page, le versement de dommages et intérêts ainsi que la publication d'excuses dans deux journaux majeurs pour un coût estimé à environ 20.000 €. Le tribunal ordonna dans un premier temps à A/I de suspendre le site parodique. Internet répondit en reproduisant le site tout autour de la toile.

    Trenitalia demanda alors qu'A/I retire également les liens vers les sites miroirs (impliquant l'absurde possibilité que des moteurs de recherche puissent être poursuivis à leur tour pour avoir référencé ces mêmes liens). A/I fit appel. Le 14 septembre 2004, le tribunal statua que le site web était protégé par le droit à la satire et au débat public pour des faits d'intérêt général. La page fût alors republiée et Trenitalia fût condamnée à rembourser A/I de ses frais de justice... une victoire extraordinaire pour un collectif de bénévoles ! Mais tandis qu'A/I se battait au grand jour devant le juge contre la censure, une opération plus pernicieuse se trâmait dans l'ombre, sans qu'iels ne le sâchent.

    La répression d'Aruba

    Le serveur d'A/I était, à cette époque, hébergé dans un centre de données de l'entreprise Aruba à Arezzo [NDLT : ville Italienne à l'est de la Toscane]. Le 15 juin 2004, la police italienne débarqua chez Aruba, mandatée par un procureur de Bologne. Les techniciens de l'entreprise éteignèrent la machine d'A/I et laissèrent la police en copier les disques durs. Les enquêteurs saisirent ainsi les certificats de chiffrement et installèrent des équipements pour intercepter le trafic. A/I fût faussement informé que la coupure du service était due à un problème électrique. Le collectif ne découvrit la vérité que près d'un an plus tard, par accident.

    En mai 2005, A/I fut sommé de fermer la boîte mail utilisée par l'Anarchist Black Cross italienne Crocenera Anarchica [NDLT : organisation anti-carcérale de soutien aux prisonnier·es politiques], dans le cadre d'une enquête tentaculaire impliquant des accusations de complot et de subversion anarchiste. A/I s'est conformé à l'ordonnance du tribunal et a demandé les documents liés à ce dossier. Ces documents contenaient des messages que les enquêteurs n'auraient pas dû être en capacité d'avoir. L'explication était cachée dans une note de bas de page : la police était allé chez Aruba l'année précédente et avait obtenu un accès au serveur de A/I. Une affaire qui prétendait ne concerner qu'une simple boîte mail avait potentiellement compromis des miliers de comptes et des dizaines de milliers d'utilisateur·ice·s de listes mails. Parmi les personnes touchées : des avocats et des experts techniques travaillant pour le Genoa Legal Forum [NDLT : la legal team de Gênes suite aux manifs anti-G8]. La police a donc pu avoir accès à des communications confidentielles de défense à propos des poursuites découlant des agissements de la police lors du G8. Cette violation a révélé une vérité brutale. A/I peut faire tourner son propre serveur, le configurer avec attention et refuser de stocker des logs identifiants, mais la machine physique reste dans le bâtiment de quelqu'un d'autre. Un fournisseur commercial peut donner accès au contenu du serveur aux autorités et dissimuler ce qui s'est passé.

    A/I a retiré la machine de chez Aruba, l'a nettoyée et a restoré les services essentiels. Des questions parlementaires furent posées en Italie et au niveau Européen. Le collectif à voyagé dans tout le pays et à travers l'Europe pour expliquer la faille. Mais surtout, il a reconstruit le réseau.

    Le plan R* : la répression devient architecture

    Le résultat a été le plan R*, lancé en Octobre 2005 : un réseau de "communication résistante". Plutôt que de concentrer les services d'A/I sur une seule machine, le collectif a distribué les données chiffrées et les fonctionalités entre des serveurs situés dans plusieurs pays. Les machines consultées par le public deviennent remplaçables. Les services peuvent être déménagés quand du matériel est saisi ou quand un hébergeur devient hostile. La perte d'un nœud ne peut plus exposer ou réduire au silence l'intégralité de la communauté. R* signifie réplication, redondance, résistance et autres mots commençant par R. Son architecture a été conçue non seulement pour survivre à des pannes mécaniques, mais aussi pour tenir bon face à des attaques politiques. A/I n'a pas prétendu qu'iels pouvaient garantir une sécurité parfaite. Au contraire, iels ont sans cesse rappelé aux utilisateur·ices de ne jamais accorder une confiance aveugle à un hébergeur, y compris A/I. Iels ont réduit les logs et les informations identifiantes au strict minimum, car une information qui n'existe pas ne peut être saisie. Iels ont encouragé les utilisateur·ice·s à chiffrer leurs communications parce que même l'architecture serveur la plus solide ne peut compenser les pratiques individuelles à risque.

    Le collectif à transformé une opération de surveillance secrète en leçon d'infrastructure. La répression est devenue architecture.

    Le Vatican, un jeu vidéo satirique, et la Norvège

    La pression n'est pas retombée. En 2007, un homme politique italien demande la censure de Operation : Pedopriest, un jeu satirique dénonçant les efforts faits par l'église catholique pour enterrer les cas d'abus sexuels commis par le clergé. Lea créateur·ice du jeu le retire temporairement pour épargner l'hébergeur. A/I en héberge alors une copie. Suite à une plainte déposée par une organisation de protection des enfants non-identifiée, un fournisseur d'accès états-unien déconnecte l'intégralité du serveur de Noblogs. Après consultation des avocats, le fournisseur d'accès conclut finalement que la satire était légale et restaure l'accès au serveur. Le plan R* a permis que le contenu contesté reste accessible ailleurs et a évité une censure plus large. À ce moment-là, A/I est devenu un refuge important hors des réseaux sociaux commerciaux, alors en pleine émergence. Noblogs permettait à chacun·e de publier de manière indépendante, sans publicité, exploitation de données ou nécessité de lier le contenu à une identité légale.

    Ses utilisateur·ices incluaient des organisations du mouvement, des auteur·ices individuel·les, des dissident·es, des artistes et des travailleur·euses d'ONGs opérant dans des environnements dangereux. En 2008, A/I a reçu le prix de "Privacy Hero" du Progetto Winston Smith italien pour avoir créé des infrastructures de communication libres résistantes à la censure malgré de faibles ressources, des attaques techniques et des poursuites judiciaires à répétition. Puis, le 6 novembre 2010, la police norvégienne a copié les disques durs d'un serveur d'A/I à la demande de l'Italie. L'enquête faisait suite à des menaces et tags antifascistes ciblant les membres de l'organisation néofasciste CasaPound. Les autorités cherchaient des informations à propos d'une boîte mail. A/I avait déjà expliqué qu'iels n'avaient ni l'identité des utilisateur·ices ni des journaux d'activité, mais les enquêteurs voulaient apparament vérifier si c'était vraiment le cas.

    Des milliers de comptes ont été copiés au passage.

    Le plan R* permis de restaurer les services ailleurs en environ deux heures. En moins de vingt-quatre heures, le réseau opérait de nouveau normalement. Les disques saisis étaient chiffrés et n'ont fourni aucune information utile. L'opération est devenue un scandale en Norvège. Des avocats, journalistes et associations de défense des droits numériques ont demandé la raison pour laquelle la police norvégienne avait copié les communications privées de milliers de personnes en réponse à une demande étrangère insuffisamment justifiée. L'enquête italienne a fini par être abondonnée. Là où une autre organisation aurait pu interpréter les perquisitions à répétition comme une preuve que son projet était impossible, A/I les a interprétées comme une preuve que leur projet était nécessaire. Son histoire est documentée dans le livre du collectif, +KAOS : Ten Years of Hacking and Media Activism et dans leur version de leur propre histoire.

    26 août 2026

    La nouvelle attaque est d'un autre ordre. Le 26 août, le département d'État des États-Unis [NDLT : l'équivalent états-unien du ministère des affaires étrangères] a désigné Autistici/Inventati comme organisation terroriste ("Specially Designated Global Terrorist"). Au même moment, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor (Office of Foreign Assets Control) a placé A/I sur la liste des Ressortissants Spécialement Désignés et des Personnes Refusées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons list) sous l'ordre exécutif 13224. Ce n'est pas simplement une condamnation du gouvernement. Cela active l'un des systèmes d'exclusion économique les plus puissants au monde. Les États-Unis affirment que A/I fournit des architectures numériques spécialisées, des communications chiffrées et de l'hébergement pour des groupes antifascistes et autres mouvements radicaux, incluant des organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis.

    La déclaration publique du Trésor états-unien se concentre sur les services que A/I fournit : hébergement de sites à l'étranger, mails chiffrés, tchat, visio-conférence et l'infrastructure technique soutenant Noblogs. Cette déclaration décrit notamment la ligne politique antifasciste et anti-militariste de A/I, leur pratique de sélectionner spécifiquement des projets compatibles avec leur ligne politique et la mise à disposition d'une infrastructure utilisée par le PKK [NDLT : Parti des travailleurs du Kurdistan]. Le Trésor états-unien considère l'hébergement de cette infrastructure comme un soutien matériel ou technologique au terrorisme. Le dossier du département d'État va encore plus loin, décrivant les attaques, les communiqués et publications qu'ils affirment être passés par les infrastructures de A/I. Leurs exemples incluent des revendications de sabotage de lignes de chemin de fer et de pipelines en Europe, d'attaques sur des infrastructures énergétiques, l'hébergement du groupe antifasciste Rose City Antifa, la lutte contre le projet de centre d'entraînement de la police à Atlanta, du groupe militant Jan's Revenge et des publications contenant des déclarations attribuées à des organisations armées. Les déclarations publiques du gouvernement ne montrent pas que A/I a planifié ces actions, sélectionné des cibles, transféré des armes, dirigé les groupes cités ou rédigé les contenus hébergés sur ses systèmes. Ils ne précisent pas à quel moment A/I a eu connaissance d'un acte particulier ni si iels en avaient eu connaissance avant que ça ne se produise.

    Au contraire, cette désignation défend une idée plus large et plus lourde de conséquences : construire des infrastructures de communications pour des mouvements radicaux peut être considéré en soi comme du terrorisme.

    Cette théorie met à bas la distinction entre un fournisseur de services et un·e utilisateur·ice ; entre affinité politique et contrôle opérationnel ; entre protection de la vie privée et dissimulation d'un crime ; entre maintien d'une plateforme de publication de contenu et rédaction de tout ce qui est publié dessus. A/I n'a jamais prétendu être politiquement neutre. Iels ont construit cette infrastructure précisément parce que les mouvements radicaux avaient besoin d'un endroit où parler, publier et s'organiser au-delà des entreprises et du contrôle de l'État. Les États-Unis utilisent maintenant cette intention comme preuve contre elleux.

    Suite : le 25 septembre

    Puisque A/I est désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, tous ses actifs détenus au États-Unis (possédés directement, ou contrôlés par un tiers) doivent être bloqués et déclarés à l'OFAC [NDLT : Office of Foreign Assets Control, un organisme chargé de faire appliquer les sanctions financières]. Sauf dérogation, les citoyen·ne·s et institutions états-unien·ne·s ont interdiction de fournir ou recevoir des fonds, biens ou services impliquant A/I. Ces restrictions s'appliquent aussi aux transactions qui passent par les État-Unis, même si les parties prenantes n'y résident pas. L'OFAC a accordé une dérogation temporaire qui autorise les transactions ordinaires nécessaires à la fermeture des relations existantes avec A/I, jusqu'au 25 septembre 2026, à 12h01. Les paiements dus au collectif ne peuvent pas lui être versés ; ils doivent être placés sur des comptes gelés. Après cette date butoir, une nouvelle autorisation sera nécessaire pour toute transaction. Le 25 septembre est donc la date à partir de laquelle les entreprises et individus résidant aux États-Unis sont supposés couper tout lien avec A/I.

    Les conséquence pourraient être la perte :

    • de comptes bancaires et moyens de paiement,
    • d'accès aux dons et levées de fonds liées aux États-Unis,
    • d'hébergement de serveurs, infrastructures de cloud et services de transit réseau,
    • de noms de domaines et services associés,
    • de comptes de certificats, de sécurité et d'envoi d'e-mails
    • de services logiciels et de communication,
    • de liens avec des fournisseurs non-états-uniens craignant des sanctions secondaires,
    • d'accès aux services de A/I pour les personnes résidant aux États-Unis.

    Les entités extérieures aux États-Unis n'ont pas à appliquer automatiquement les censures imposées par la loi états-unienne. Cependant, l'OFAC a menacé les institutions financières étrangères de sanctions secondaires si elles facilitent des transactions significatives pour le compte d'une entité désignée comme terroriste. Cette menace pourrait être aussi destructrice qu'une réquisition légale. Il est peu probable qu'une banque, un registrar [NDLT : une entité qui gère des noms de domaines] ou un hébergeur européen connaisse précisément les obligations qui lui sont imposées par la loi états-unienne. Ses juristes seront probablement enclins à considérer que maintenir des relations commerciales avec un petit collectif anarchiste italien n'en vaut pas la chandelle. Les institutions font fréquemment du zèle. Les fournisseurs pourraient fermer des comptes et révoquer des accès, quand bien même la loi ne les y oblige pas. Des organisations pourraient retirer des liens vers A/I, éviter de contacter ou interrompre des échanges avec A/I simplement parce que le nom du collectif apparaît sur une liste d'organisations terroristes.

    C'est ainsi que les sanctions états-uniennes acquièrent une puissance mondiale : pas simplement par voie légale, mais aussi par une peur institutionelle.

    Plus largement, la cible est la communauté autour du serveur

    Même si l'ajout sur la liste des organisations terroristes des États-Unis cible A/I, ses effets ne seront pas circonscrits au collectif. L'infrastructure d'A/I est utilisée par des écrivain·es, organisateur·ices, chercheur·euses, artistes, collectifs de publications et personnes qui l'ont choisie précisément parce que les plateformes commerciales ne sont pas sûres, sont politiquement hostiles, ou concues pour exploiter leurs données. Ces utilisateur·ices ne sont pas sanctionné·es automatiquement parce qu'iels ont une adresse mail chez A/I, ou publient sur Noblogs. Mais quand le fournisseur lui-même est placé sur la liste noire des organisation terroristes, un simple lien peut devenir un signal d'alarme. Une banque pourrait pinailler sur un paiement. Un hébergeur de mails pourrait limiter ou bloquer la distribution des emails. Un·e employeur, un flic à la frontière ou un enquêteur pourraient juger une adresse suspiscieuse. Un·e journaliste pourrait hésiter à contacter une source. Un·e chercheur·euse pourrait éviter une archive. Un·e nouvel·le utilisateur·ice pourrait considérer qu'ouvrir un compte est trop dangereux. Rien de tout ça ne nécessite qu'un gouvernement ne poursuive qui que ce soit. L'ajout sur la liste produit à lui seul un no man's land de peur.

    C'est une raison pour laquelle cette action pourrait être utile à l'État même si A/I reste en ligne. Les précédentes attaques tentaient d'atteindre le collectif à travers différentes machines, boîtes mails ou fournisseurs. A/I y a répondu en distribuant ses sytèmes, en chiffrant ses disques et en retenant le moins d'informations possible. Ces pratiques ont rendu les traditionnelles saisies et mesures de surveillance moins efficaces. Les sanctions s'attaquent à un autre niveau : les relations qui permettent à l'infrastructure d'exister. Plutôt que de casser le chiffrement, le gouvernement peut contraindre les banques, les registrars, les centres de données, les entreprises informatiques et les utilisateur·ice·s à isoler le collectif. Plutôt que de prouver devant un tribunal que chaque utilisateur·ice est coupable, l'État peut rendre les contacts coûteux et légalement périlleux.

    C'est l'État-surveillance qui opère à travers des intermédiaires privés. Le gouvernement n'a pas besoin de mettre un flic dans chaque salle de serveur quand les juristes, les banques et les plateformes peuvent être conduits à policer le réseau par eux-mêmes. Chaque institution va tracer sa propre frontière défensive, souvent plus large que la loi ne l'impose. Certaines pourraient demander davantage de documents d'identité, sauvegarder plus de logs, surveiller le contenu politique ou rejetter tout bonnement les projets de défense de la vie privée. D'autres pourraient fermer des comptes à l'abri des regards, sans possibilité de contestation. La mise en application se dissout dans de multiples entités dont les décisions sont difficiles à voir, contester ou simplement documenter.

    Les conséquences néfastes qui en résultent ne se limitent pas à la censure. Elles peuvent changer l'architecture de la communication du mouvement. De petits fournisseurs de services autonomes pourraient conclure que servir des petites communautés controversées impliquerait un risque existentiel. De plus grandes plateformes pourraient, elles, appuyer sur le fait que ce sont de nouvelles raisons d'étendre la vérification d'identité, la modération automatique et la rétention de données. Les utilisateur·ices pourraient migrer de l'infrastructure de confiance du mouvement vers des systèmes commerciaux plus faciles à surveiller, à cartographier, et auxquels il est facile de demander de fournir des documents. L'État gagne de l'influence, quand bien même il n'obtient pas les données en clair des disques chiffrés d'A/I : les gens prennent leurs distances les un·es des autres, les fournisseurs collectent plus d'informations et les relations sociales entre les dissident⋅es deviennent plus faciles à observer.

    Ce précédent dépasse les projets spécifiquement anarchistes ou anti-fascistes. Si l'aligement politique avec les utilisateur·ices, les mesures de protection de la vie privée et l'hébergement de publications controversées peuvent être utilisées pour argumenter que l'infrastructure elle-même constitue une complicité, alors les fournisseurs de mails chiffrés, les sites de publication radicaux, les archives communautaires, les VPNs, les réseaux sociaux fédérés et autres hébergeurs indépendants ont tous des raisons de s'inquiéter. Les faits et lois seraient spécifiques à chaque fois. Le danger consiste à normaliser ceci : un fournisseur d'outils de communications n'est plus traité comme simple diffuseur avec ses propres droits et responsabilités, mais comme un complice de chaque acte que le gouvernement attribue à quiconque utilise ses systèmes.

    Tout ça ne signifie pas que l'ajout sur la liste cible secrètement chaque utilisateur·ice de A/I, ni que toutes les conséquences envisagées adviendront. Le gouvernement états-unien n'a pas pris la peine d'expliquer sa stratégie au delà des accusations dans ses annonces. Mais la logique de l'action est visible. Il remplace une accusation ciblée contre des faits identifiables par une large pénalisation de l'infrastructure. La mise en application est déplacée du tribunal à une toile diffuse d'institutions précautionneuses. L'incertitude devient un instrument de contrôle. L'objectif immédiat est de supprimer A/I. Le message plus large est adressé à quiconque construit des systèmes de communication hors du contrôle étatique et commercial : cet abri que vous fournissez pourra être retenu contre vous.

    A/I peut-il survivre à ça ?

    A/I a vu la répression étatique arriver de loin.

    Toute son infrastructure part du principe que :

    • les serveurs seront saisis ;
    • les hébergeurs coopéreront avec la police ;
    • les gouvernements demanderont des informations à propos des utilisateur·ices ;
    • les entreprises censureront le contenu controversé ;
    • certaines machines et sites d'hébergement deviendront inaccessibles ;
    • les données et les services doivent donc être chiffrés, distribués et remplaçables.

    Cette préparation compte. A/I est basé en Italie, pas aux États-Unis. Son infrastructure est distribuée dans plusieurs pays. Ses services sont maintenus par des personnes hautement compétentes. Il ne dépend pas d'un fournisseur unique, minimise les informations identifiantes et a plusieurs décennies d'expérience de restauration de services en urgence. Il n'a pas d'actionnaires, de siège ou d'employé·e·s à payer. Ses frais de roulement sont relativement modestes, et le fait que l'infrastructure soit maintenue par des volontaires donne a l'État moins de leviers que ce à quoi il est habitué. Il serait surprenant que le site web, le système de mails ou Noblogs disparaissent purement et simplement le 25 septembre. A/I est probablement parmi les mieux armés des projets informatiques de sa taille pour faire face à des saisies de machines ou à des censures ponctuelles.

    Mais ceci n'est pas une simple descente de police.
    Le plan R* a été concu pour faire face à la disparition de serveurs. Il ne peut pas à lui tout seul, empêcher les banques de bloquer l'argent, les registrars de suspendre les domaines, ou les entreprises aux quatre coins du globe de révoquer leurs services par peur des mesures de rétorsion états-uniennes.

    L'ajout sur la liste cible le tissu autour des serveurs :

    • les banques ;
    • les dons ;
    • les domaines ;
    • les contrats avec des hébergeurs ;
    • la bande passante ;
    • les certificats ;
    • les dépendances logicielles ;
    • les relations avec des institutions internationales.

    A/I a déjà survécu à l'isolement technique. Les États-Unis tentent maintenant une excommunication financière et institutionnelle. Les services proposés sont, certes, résilients, mais la capacité de les financer, de remplacer l'infrastrucrure et de participer à l'environnement technologique plus largement, encourt un risque bien plus grand. Ce qui adviendra après le 25 septembre dépendra donc non seuleument de l'architecture qui héberge les données de A/I, mais aussi de la solidarité avec le collectif lui-même.

    La mise-au-silence n'est pas pour le 25 septembre

    L'ajout sur la liste des organisations terroristes vise à isoler. La réponse doit être une solidarité informée, indépendante et rigoureuse. Les personnes qui résident aux États-Unis ne doivent pas improviser de dons, déguiser des paiements, ou faire parvenir des ressources par d'autres personnes, organisations, monnaies ou pays. Cela pourrait les exposer, elles, les intermédiaires, voire A/I, à des sanctions. Les interdictions pourraient aussi s'étendre au-delà des ressources financières : assistance technique, traduction, plaidoyer, évènements de soutien ou autres services rendus pourraient impliquer un risque légal pour les personnes apportant leur soutien.

    Mais le 25 septembre n'est pas une date à laquelle A/I peut disparaître en silence. Enquêtes indépendantes, communiqués, manifestations et débats politiques restent possibles. Nous pouvons raconter l'histoire de A/I, démonter les affirmations du gouvernement, contacter des journalistes et des organisation de défense des libertés et s'organiser indépendamment contre la criminalisation d'infrastructures de communication résistantes. L'essentiel en pratique est de parler et agir pour A/I sans lui fournir de fonds ou de services directement. Les limites précises sont difficiles à établir. Quiconque chercherait à faire des levées de fonds, remplacer l'infrastructure, déployer un miroir public ou fournir une assistance technique directe devrait s'assurer des conseils qualifiés à propos des sanctions. Un document de février 2025 concernant le soutien matériel dans le cadre de restrictions de l'OFAC met en garde contre le fait que même des soutiens légalistes peuvent attirer la surveillance, des enquêtes, des restrictions d'accès aux États-Unis ou des litiges. Si les flics vous questionnent, ne répondez pas à leurs questions et contactez un avocat.

    Cet article propose une analyse politique, pas un conseil légal.

    Ce que les soutiens peuvent faire d'ici au 25 septembre

    Racontons l'histoire. Partagons l'histoire d'A/I : les hacklabs, Paranoia, Gênes, les tounées KAOS, la victoire Trenitalia, la faille Aruba, le plan R*, Noblogs et la saisie norvégienne. Ne laissons pas le récit étatique devenir le seul témoignage public de ce qu'est A/I. Construisons une coalition de défense. Demandons aux collectifs d'hébergement indépendants, aux organisations de défense des libertés numériques, aux hacklabs, aux projets de logiciel libre, aux librairies radicales, aux éditions indépendantes, aux journalistes, aux juristes, aux chercheur·euses et aux utilistateur·ices de répondre publiquement. Préservons les archives. Les serveurs peuvent être saisis. Les domaines peuvent être suspendus. Les hébergeurs peuvent paniquer. Sauvegardons les écrits de Noblogs publiquement accessibles et ayant une importance historique, ainsi que les manifestes d'A/I, les documents techniques et juridiques, et l'histoire du mouvement. Enregistrons les URL sources, les auteur·ices, les dates de publications et de consultation. Respectons la confidentialité, le droit d'auteur et les demandes de suppression. N'accédons pas à des comptes privés et respectons les mesures de sécurité. La préservation individuelle, l'archivage pour la recherche ou la presse n'impliquent pas les mêmes enjeux qu'opérer publiquement une infrastructure de remplacement ; n'importe qui envisageant l'hébergement d'un miroir public devrait d'abord chercher des conseils qualifiés.

    Documentons les excès de zèle. Répertorions les entreprises, banques, registrars, plateformes et institutions qui mettent fin à leurs services ou suppriment du contenu. Préservons les déclarations et les correspondances. Les archives publiques doivent montrer dans quelle mesure cette désignation va au-delà de sa formulation officielle. Exigeons des réponses. Demandons aux groupes de défense des libertés numériques, aux institutions européennes et aux responsables politiques si iels vont laisser des sanctions américaines démanteler un collectif de communication italien. Demandons quelles protections existent pour les infrastructures, utilisateur·ices et archives européen·nes. Organisons-nous de manière indépendante. Proposons des discussions publiques sur les infrastructures autonomes, les sanctions, la surveillance et les lois sur le soutien matériel. Publions des explications de la situation. Enseignons le chiffrement. Soutenons le travail indépendant sur les droits s'opposant aux désignations de terrorisme à tout va. Préparons un soutien matériel légal. A/I a historiquement survécu grâce aux dons, mais les soutiens aux US ne devraient pas envoyer ou faire parvenir de l'argent, tant que la désignation de terrorisme s'applique, sans une autorisation claire. Les organisations de défense des libertés numériques et de soutien juridique peuvent rechercher des mécanismes de soutien légaux, et les potentielles procédures de retrait de la liste.

    Écoutons attentivement les réponses publiques d'A/I [NDLT : le blog du collectif est accessible sur https://cavallette.noblogs.org/] tout en maintenant notre soutien légalement indépendant. Les déclarations du collectif devraient nous servir de référence sur la manière de raconter son histoire et sa situation. Toute campagne coordonnée, canal de collecte de fonds ou service direct demande un examen juridique distinct. Notre objectif immédiat est de rendre A/I impossible à faire disparaitre en silence.

    Le réseau nommé solidarité

    A/I a survécu aux tentatives de censure des grandes entreprises, aux accès secrets de la police, à la saisie de disques, aux hébergeurs hostiles, aux attaques de parlementaires et aux enquêtes internationales. L'affaire Trenitalia a produit des miroirs et une victoire juridique. L'affaire Aruba a produit le plan R*. La censure des hébergeurs a produit de la redondance. La saisie norvégienne a montré que le réseau pouvait être remonté en quelques heures.

    Chaque tentative d'isoler le collectif a diffusé la connaissance sur le fonctionnement de la surveillance et de la censure. Chaque attaque est devenue une opportunité de former plus de personnes sur comment se protéger collectivement. Les États-Unis ont maintenant transformé cette histoire en un test mondial. Ce n'est pas seulement la survie d'un collectif de hackers italiens qui est en jeu. Il s'agit de savoir si maintenir de l'infrastructure pour les mouvements radicaux peut être considéré comme du terrorisme ; si la protection de la vie privée peut être redéfinie comme une dissimulation ; si refuser de collecter des informations personelles peut être présenté comme une obstruction ; et si un hébergeur peut être tenu politiquement et juridiquement responsable de chaque texte, tactique et revendication transmis au travers de ses machines.

    A/I a passé vingt-cinq ans à se préparer au jour où un de ses serveurs disparaitrait. Iels savent comment remplacer une machine, déplacer un service, restaurer des données chiffrées et continuer à opérer après le débranchement d'une prise par la police ou un hébergeur. Les État-Unis tentent quelque chose de différent. Ils essayent d'intimider les banques, les hébergeurs, les registrars, les fournisseurs d'infrastructure et les soutiens à travers le monde pour qu'ils abandonnent le collectif. Leur réussite dépendra en partie de l'infrastructure d'A/I.

    Elle va aussi dépendre de nous.

    D'ici au 25 septembre, préservons l'histoire. Partageons-la. Construisons une coalition. Documentons l'isolation. Enseignons les outils. Préparons une défense légale. Ne laissons pas l'État états-unien discrètement établir que construire des infrastructures respectant la confidentialité pour la contestation est en soit un acte de terrorisme. Il y a vingt-cinq ans, dix personnes se sont rassemblées autour d'une machine de récup' et ont délibérement pris trop de temps pour la configurer parce que tout le monde dans la pièce était censé apprendre. Ça reste la leçon. Ne laissons pas la connaissance aux expert·e·s.

    Ne centralisons pas l'infrastructure. Ne laissons pas les cibles se retrouver seules.

    Le premier serveur s'appelait Paranoia.

    Le réseau qu'il a créé s'appelle solidarité.

    Déclaration publique de Autistici/Inventati : (source)

    Aujourd'hui nous apprenons que le gouvernememt états-unien vise un petit collectif d'informatique italien, géré bénévolement, par des sanctions disproportionnées comme chacun·e peut le lire dans les déclarations du trésor et de l'état, ainsi que dans l'ordonnance judiciaire associée.
    Nous dénions toutes allégations diffusées dans ces déclarations, et nous affirmons fermement notre volonté de fournir une plateforme d'outils d'auto-défense numérique, répondant aux besoins de communication libre d'activistes et autres individus, groupes et organisations.
    Nous ne reculerons pas, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis toutes ces années, et nous ferons tout notre possible pour contrer les fausses accusations d'une administration politiquement désepérée, avec pour seul but de détourner l'attention publique et médiatique loin de leurs propre violence et bellicisme...
    L'antifascisme et l'anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n'est pas du terrorisme. Et chacun·e a le droit de se faire entendre et de lutter pour l'humanité.

    Collectif Autistici/Inventati – rendre les savoirs communs sans rechercher le pouvoir.

    Restons humain.

    Télécharge le livre d'A/I, +KAOS, sur l'histoire des travaux du collectif, disponible gratuitement (ici ou ).

    Télécharge leur "Media Kit" visuel pour les réseaux sociaux, guides d'archivage, encarts de presse, modèles, et flyers si toi ou ton collectif veut montrer sa solidarité avec A/I ou en savoir plus.

  • Avez-vous démissionné sans le savoir ?

    Le meat proxy s'invite dans les débats autour de l'usage de l'IA dans un environnement professionnel. Si vous passez votre journée à copier/coller du texte qui vient d'une intelligence artificielle sans le relire, avez-vous quitté votre job sans vous en rendre compte ? Pour la rentrée, on vous partage l'édition de ToujoursPlus, notre newsletter gratuite qui décortique le présent pour anticiper l'avenir. Abonnez-vous ici !

  • [Nancy] Des formateurs à la « sécurité intérieure » à l'Université… très à droite

    Le DU Sécurité intérieure dispensé à la faculté de droit de Nancy depuis plusieurs années forme des professionnels… de la sécurité intérieure, donc a priori pas des gauchistes. Mais il reste surprenant de découvrir que l'un des intervenants, mis à l'honneur à chaque séance inaugurale, est un poids lourd de l'union des droites et un acteur du réseau Stérin.

    Le diplôme universitaire Sécurité intérieure est un diplôme proposé très publiquement par la fac de droit(e ?) de l'université de Lorraine à Nancy. Sur son site, on trouve une brochure [1] dont les premières lignes feraient presque envie. On va même jusqu'à nous vendre l'importance de la sécurité intérieure dans la lutte contre les catastrophes climatiques. Bon, après on revient aux fondamentaux de la sécurité intérieure : les Gilets jaunes, la Nouvelle Calédonie, le narcotrafic, le crime organisé.

    Et pour s'y former, quoi de mieux que des immersions dans la gendarmerie nationale, les CRS ou le RAID ? L'université publique a tout prévu : « Le DUSI a aussi signé des conventions de partenariat avec l'Ecole Nationale supérieure de police (ENSP), la région de gendarmerie du Grand Est, la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire du Grand Est, l'Agora des directeurs de la sécurité, le SDIS 57 et le RAID ». Et les parrains des promotions sont tout aussi prestigieux : on y trouve tout autant le meurtrier de Rémi Fraisse qu'Edouard Philippe, ou encore l'ancien Défenseur des droits Jacques Toubon qui y fait figure de gauchiste.

    Les intervenants, quant à eux, sont assez divers quoique globalement très masculins. On y trouve quelques universitaires et plein de professionnels, ou encore en 2025 Mathieu Klein, maire de Nancy, dont on se demande un peu ce qu'il fait là (et lui peut-être aussi puisqu'il a disparu de l'organigramme pour 2026). On découvre le nom de quelques personnes, comme Jean-Noël Devillers, chef du service zonal du renseignement territorial pour la zone Est, ou d'autres plus insaisissables, dont le nom a été flouté.

    Thibault de Montbrial, très à droite… non : encore plus à droite

    Un intervenant dans cette liste mérite qu'on s'y attarde : Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et président fondateur du Cercle de Réflexion sur la Sécurité Intérieure. Ex-parachutiste pendant son service militaire, l'avocat est connu, il a travaillé sur de grandes affaires (affaire Clearstream, etc.), jusqu'à la défense des frères Bogdanov contre le CNRS [2].

    Mais en parallèle, il s'est occupé d'affaires un peu plus révélatrices de ses convictions. Il a par exemple, pour le compte d'EDF, fait condamner Greenpeace [3]. Sur les affaires moins médiatiques, Thibault de Montbrial défend des victimes ou des policiers plutôt que des figures du grand banditisme, et il se justifie en décrivant la police comme « garant des libertés » (haha). Dans un article du Monde de 2012, il parle de son attachement à la nation, attention ça fait peur : « Pour moi, la nation, ce n'est pas un vain mot. J'ai des frissons quand j'entends La Marseillaise, voir le drapeau me fait vibrer. » Mais il se veut aussi rassurant : « Je suis très républicain, c'est incompatible avec les thèses d'extrême droite. » [4] Depuis, il a continué de défendre plein de flics, y compris les deux meurtriers de Cédric Chouviat.

    Et il a un peu plus assumé ses convictions politiques, en devenant conseiller de Pécresse puis candidat LR aux législatives en 2022. Mais en bon défenseur de l'ordre, il s'est radicalisé. En 2023, Thibault de Montbrial est membre du comité stratégique de Livre Noir, puis de son successeur Frontières [5], média clairement situé à l'extrême droite, connu pour son manque de déontologie et ses pratiques à la limite de la légalité. En 2025, le Conseil national des barreaux a ainsi saisi le procureur de la République, suite à la publication par Frontières d'« une liste de 60 avocats considérés comme "coupables" de "l'invasion migratoire", [la diffusion] sur X leurs photos, déclenchant un mouvement de harcèlement à leur encontre, ainsi que des menaces de mort. » [6] Voilà qui illustre certainement le slogan favori de Thibault de Montbrial, « La peur doit changer de camp ». C'est tout de même un peu limite de cautionner ces méthodes pour un intervenant dans une faculté de droit.

    Thibault de Montbrial donne aussi des conférences au très conservateur Institut de formation politique, proche de la Manif pour tous et vecteur de l'union des droites [7]. Il faut dire que l'union des droites, c'est un peu son truc depuis quelques années. Des commentateurs analysent en 2024 : « De Darmanin à Zemmour, le pénaliste cultive ses réseaux au sein de la droite dure et se tient prêt à mettre son expertise sécuritaire au service d'une écurie politique. » [8] Et cet été 2026, l'intéressé affiche clairement ses ambitions : « J'assumerai d'une manière ou d'une autre de faire partie de cette nouvelle génération politique. » [9]

    En octobre 2024, l'avocat est par ailleurs visé par une plainte pour injures à caractère raciste déposée par le député Carlos Martens Bilongo [10], pour des propos l'ayant assimilé à un délinquant [11].

    Thibault de Montbrial est donc le président fondateur du Cercle de Réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI). Il s'agit d'un think tank où on trouve Patrick Stefanini (dont on se souvient du passage au ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration), ou encore Florence Bergeaud-Blackler, « spécialiste » autoproclamée des Frères Musulmans. L'activité principale du CRSI, c'est de pondre des rapports qui orientent le débat public, parfois repris mot pour mot dans la presse pour dire des trucs racistes [12], parfois justifiant l'invitation de son fondateur sur CNews [13]. Le CRSI sert également à organiser des conférences où Retailleau dit partager le combat de Némésis. On ne sera pas étonné d'apprendre que le CRSI est financé par Stérin, dans le cadre de son projet Périclès. Le journal L'Humanité, qui a révélé le système Stérin début 2025, qualifie Thibault de Montbrial de « figure centrale dans l'écosystème », et titre l'un de ses papiers : « Thibault de Montbrial, cheville ouvrière de Pierre-Édouard Stérin pour faire converger les droites extrêmes » [14]. L'air de rien, on a donc affaire à un poids lourd de la réaction.

    Thibaut de Montbrial prend la pose avec Le Jarl, influenceur d'extrême droite impliqué dans des violences

    … et qui dit des trucs de droite à la fac

    Depuis 2022 au moins, Thibault de Montbrial anime le séminaire de rentrée du Diplôme universitaire Sécurité intérieure, et il doit le faire à nouveau à la rentrée 2026 à la mi-septembre. Son séminaire est classé dans le module « Les enjeux de la sécurité intérieure ». Thibaut de Montbrial étant avocat, il pourrait bien dispenser des cours purement techniques sur ce sujet. Il ne faudrait pourtant pas oublier qu'il a une vision politique en matière de sécurité intérieure : il prône un choc d'autorité, il pense la lutte contre la délinquance comme une véritable guerre, et il associe l'insécurité à la « submersion migratoire » [15].

    Et en 2022, ses propos sur l'autorité étaient suffisamment marqués idéologiquement pour que le directeur de ce DU, Marc Burg, doive préciser : « On n'est pas forcément d'accord avec tous ses propos mais… » [16]

    Mais manifestement, les propos et le pedigree de Thibault de Montbrial ne sont pas suffisants pour lui retirer cette mission prestigieuse d'ouverture donc de cadrage de cette belle formation. Gageons que la séance inaugurale de 2026 le verra exulter après l'adoption par l'Assemblée nationale de la loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre »… lui qui, quarante ans après la mort de Malik Oussekine en décembre 1986, exprime en quoi cela pose un problème : « Un jeune avait été tué par des policiers, et il s'appelait Malik Oussekine, et il est devenu le symbole de ce qu'il ne faut pas faire. Et froidement, bien sûr, c'est évident qu'on ne peut pas se réjouir, et les policiers et gendarmes ne sont pas là pour tuer des jeunes Français. Mais, du coup, il y a eu une inhibition, et ce qui a guidé la doctrine du maintien de l'ordre en France depuis, c'est : il ne faut pas qu'il y ait de blessés et a fortiori de morts chez les gens qui sont en face. » [17] Ah quels regrets…

    Un responsable de diplôme flic, puis préfet… condamné pour violences aggravées sur conjoint

    Il faut dire que le profil du directeur de ce DU est lui aussi bien intéressant. Marc Burg étudie à Sciences Po, puis est auteur d'une thèse en sciences politiques. Il devient commissaire de police vers la fin des années 1980, est ensuite détaché sous-préfet en 1995, comme directeur de cabinet de Claude Erignac. Après un passage dans l'Ain puis en Meurthe-et-Moselle, il devient préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Aquitaine le 26 novembre 2010, puis préfet de Lot-et-Garonne le 9 décembre 2011.

    Le 25 mars 2013, la police intervient à la préfecture, alors que Marc Burg venait d'avoir une altercation avec son épouse. Celle-ci avait déposé plainte, aboutissant à la condamnation du préfet en première instance à 2 mois d'emprisonnement avec sursis, puis à sa reconnaissance de culpabilité et dispense de peine en appel. Suite à cette condamnation, Marc Burg est suspendu de ses fonctions pour trois mois dont deux avec sursis. Il est alors préfet en poste au ministère de l'Intérieur. Il l'est toujours aujourd'hui, tout en disposant d'un bureau à la préfecture à Nancy. Il a depuis notamment élaboré un guide sur l'ordre public destiné au corps préfectoral : dites-lui merci la prochaine fois que vous voyez un CRS sortir son tonfa. Professeur associé à l'Université de Lorraine, il cumule sa mission préfectorale auprès du ministère avec une activité d'enseignement, d'où sa responsabilité du DU Sécurité intérieure, et des publications aux titres évocateurs comme ces deux ouvrages : Droit fondamental et opérationnel du maintien de l'ordre public et Droit des armes, publiés en 2020 [18].

    Mais Marc Burg est aussi bien de droite. Qu'il soit un grand fan de la police, qu'il condamne les violences des manifestants, on s'y attendait. Par contre, qu'il soit correspondant occasionnel et admirateur du tortionnaire Bigeard, ça on s'y attendait moins [19]. Cette admiration exprime-t-elle une proximité idéologique avec Thibault de Montbrial, qui expliquerait la place d'honneur qui lui est réservée à l'ouverture du DU Sécurité intérieure ?

    Bloc Anti Fasciste (BAF) Nancy

    [1] « Diplôme universitaire Sécurité intérieure », https://fac-droit.univ-lorraine.fr/formations/diplomes-universitaires/#DUSI

    [2] « Thibault de Montbrial », Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Thibault_de_Montbrial

    [3] « Greenpeace : les militants condamnés pour leur intrusion dans la centrale de Cattenom », Le Figaro, 27 février 2018 https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/02/27/01016-20180227ARTFIG00068-des-militants-de-greenpeace-juges-pour-une-intrusion-dans-la-centrale-nucleaire-de-cattenom.php

    [4] « Un homme de fer au barreau », Le Monde, 16 mars 2012 https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/03/16/un-homme-de-fer-au-barreau_1670042_4497319.html

    [5] « Thibault de Montbrial : son plan radical pour rétablir l'ordre », Frontières, 26 avril 2024 https://www.frontieresmedia.fr/societe/thibault-de-montbrial-crsi-insecurite-justice-police-avocat---1522

    [6] « Frontières (média) », Wikipedia https://w.wiki/E2L$

    [7] Liste des intervenants sur le site de l'IFP https://ifpfrance.org/les-intervenants/

    [8] « L'avocat Thibault de Montbrial construit sa rampe de lancement en politique », La Lettre, 13 février 2024 https://www.lalettre.fr/fr/politique_partis-et-elections/2024/02/13/l-avocat-thibault-de-montbrial-construit-sa-rampe-de-lancement-en-politique,110159032-eve

    [9] « La peur doit changer de camp », entretien sur VA+, vers 52'25 https://www.youtube.com/watch?v=r80xaSdYI9k

    [10] « Le député Carlos Martens Bilongo porte plainte pour injures racistes », France3 Paris Ile-de-France, 19 octobre 2024 https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/val-d-oise/le-depute-carlos-martens-bilongo-porte-plainte-pour-injures-racistes-3048034.html

    [11] Tweet de Thibaut de Montbrial https://x.com/MontbrialAvocat/status/1814231751788535836#m

    [12] « Immigration : les inquiétants chiffres répertoriés par le CRSI », Frontières, 10 janvier 2024 https://www.frontieresmedia.fr/immigration/immigration-chiffres-crsi-institut-thibault-montbrial

    [13] « La grande interview : Thibault de Montbrial », CNews, 19 juin 2026 https://www.youtube.com/watch?v=EvKe_2Mc55k

    [14] L'Humanité, 12 février 2025 https://www.humanite.fr/politique/anti-avortement/thibault-de-montbrial-cheville-ouvriere-de-pierre-edouard-sterin-pour-faire-converger-les-droites-extremes

    [15] « Thibault de Montbrial : son plan radical pour rétablir l'ordre », Frontières, 16 avril 2024 https://www.frontieresmedia.fr/societe/thibault-de-montbrial-crsi-insecurite-justice-police-avocat

    [16] Post de Marc Burg sur LinkedIn https://fr.linkedin.com/posts/marc-burg-b58423134_on-nest-pas-forc%C3%A9ment-daccord-avec-tous-activity-6976518791279079424-z1Dt

    [17] « La peur doit changer de camp », entretien sur VA+, vers 9'30 https://www.youtube.com/watch?v=r80xaSdYI9k

    [18] Marc Burg, Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Burg

    [19] Deux posts de Marc Burg sur LinkedIn : https://archive.is/sRlzP et https://archive.is/3tdiD

  • [Vosges] Un jardin à sec, des golfs arrosés : la préfecture choisit son camp

    Pendant que la préfecture des Vosges refuse deux fois de suite d'accorder une dérogation d'arrosage à un jardin botanique qui abrite 2 600 espèces protégées, elle continue d'autoriser les golfs à vider des centaines de mètres cubes d'eau sur leurs pelouses. Le message est clair, et il ne passe pas.

    Niché à 1228 mètres d'altitude sur la Route des Crêtes, le Jardin d'altitude du Haut Chitelet conserve depuis plus d'un siècle une collection de 2 600 espèces végétales de montagne, dont certaines protégées et suivies dans des plans nationaux de conservation. Un patrimoine scientifique et botanique unique en France, aujourd'hui menacé par un choix administratif.

    Sa citerne de récupération d'eau de pluie, d'une capacité de 60 m³, est à sec. Pour éviter que les collections ne dépérissent, le jardin a demandé une dérogation lui permettant un arrosage de sauvegarde : 60 m³ répartis sur un mois, via un système d'irrigation nocturne, automatisé et utilisé avec parcimonie. Une demande raisonnable, pensée pour peser le moins possible sur la ressource en eau.

    Deux fois, la préfecture a refusé.

    Dans le même temps, le régime applicable en période de crise sécheresse continue d'autoriser l'arrosage des greens de golf, jusqu'à 350 m³ par semaine et par tranche de neuf trous. Rapporté à un mois, cela représente plus de vingt-trois fois la quantité que demandait le Haut Chitelet pour sauver ses collections. Deux poids, deux mesures : d'un côté un patrimoine scientifique et une biodiversité rare, de l'autre le confort de loisir d'une poignée de privilégiés. Personne ne conteste la sécheresse ni la nécessité de restreindre les usages de l'eau. Mais quand l'eau se fait rare, elle doit d'abord servir à protéger le vivant, la connaissance et notre patrimoine commun, pas les terrains de jeu.

    Face à ce refus, SOS Massif des Vosges et Vosges Nature Environnement appellent à un rassemblement le dimanche 30 août à 14h, devant le jardin, Route des Crêtes - Col de la Schlucht. Chaque participant·e est invité·e à venir avec une petite bouteille d'eau transparente, si possible en verre, solidement fermée. Ces bouteilles, levées ensemble lors d'un temps fort collectif, symboliseront la goutte d'eau que chacun·e veut apporter à la sauvegarde du jardin, avant d'être remportées par leurs propriétaires. Aucune eau ne sera versée dans le jardin sans l'accord explicite de ses responsables et des autorités compétentes.

    Les revendications sont claires : la mise en place d'une solution durable permettant au jardin de résister aux sécheresses futures, et la reconnaissance de la conservation scientifique et botanique parmi les usages essentiels de l'eau.

  • Juges : comment rester indépendants et impartiaux

    La soif de justice est immense, mais l’ignorance de ce que font réellement les magistrat·es l’est tout autant. Ce documentaire leur donne le temps de nous raconter leur métier, la difficulté de juger, les coulisses de la justice. Dans une période où les…
  • De la défaite amoureuse au désastre climatique

    Avec «Rochebrune», l’histoire d’une femme qui s’interroge sans complaisance sur son couple, le quotidien de sa famille recomposée et les dérives d’une société contemporaine à bout de souffle, Sophie Divry signe un nouveau roman très réussi.
  • Primaire du PS: derrière le favori Raphaël Glucksmann, Olivier Faure en embuscade

    Donné gagnant pour la primaire de cet automne en vue de la présidentielle de 2027, l’eurodéputé Place publique est pourtant loin de faire le plein de soutiens au sein des troupes socialistes qui se sont réunies à Blois pour leur université d’été. De quoi relancer les espoirs des proches du premier secrétaire du PS.
  • Trump’s ‘economic D-day’ against Iran risks driving the stakes even higher | Sina Toossi

    As with its approach to Hormuz, the US has mistaken applying pressure for an actual strategy. But Tehran has chips of its own to play

    Donald Trump has found a new way to promise victory over Iran. After months of war have failed to force Iran’s capitulation or collapse, his administration has unveiled what the US Treasury secretary, Scott Bessent, calls Operation Economic Outcast: an effort to cut it off from what remains of the global economy and threaten foreign governments, banks and companies with sanctions if they continue doing business with Tehran.

    There is no question that Iran is vulnerable. Its economy has been battered by years of sanctions, war and a months-long US naval blockade. Iranian officials acknowledge that oil exports and access to foreign currency have been severely constrained. Ordinary Iranians are already enduring high inflation, currency depreciation and worsening living standards. Further economic strangulation will inflict significant additional hardship.

    Sina Toossi is a senior non-resident fellow at the Center for International Policy, where his work focuses on US-Iran relations, US policy toward the Middle East and nuclear issues

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  • Du 30 août au 6 septembre, semaine d'action en soutien à l'antifasciste Gino

    Semaine d'action pour Gino !

    Il y a quelques jours, la justice française a décidé que l'antifasciste Gino devait être extradé vers l'Allemagne. Un pourvoi en cassation a été déposé par ses avocats, laissant un délai de 40 jours pour statuer définitivement. Cette extradition qui pourrait entraîner une peine de plusieurs années de prison en Allemagne, voire une nouvelle extradition vers la Hongrie, où l'antifasciste Maja est actuellement incarcérée dans des conditions alarmantes.

    Cette décision s'inscrit dans la criminalisation croissante de l'antifascisme, alors même qu'on assiste à une résurgence des forces fascistes et réactionnaires à travers l'Europe. Partout, les antifascistes sont poursuivis, réprimés, emprisonnés parce qu'ils s'opposent de manière conséquente à cette situation. En prenant une telle décision, les autorités françaises participent pleinement à la criminalisation de l'antifascisme.

    Face à cette situation, la solidarité est notre meilleure arme pour renforcer notre résistance contre l'État et sa répression ! Nous avons le pouvoir de l'empêcher en agissant !

    Nous appelons à une semaine d'action du 30 août au 6 septembre !

    Organisons des actions devant les ambassades et consulats allemands et français, distribuons des tracts, collons des affiches et menons toute autre action pour soutenir Gino et tous les antifascistes !

    Solidarité avec Gino !
    Solidarité avec tous les antifascistes emprisonnés !
    #FreeAllAntifas

    A l'appel du Comité Solidarité Budapest, Secours Rouge International, Plateforme Voix des Prisonniers, Free All Antifas – Italy

  • PROPAGATION IMPRIMÉE 4

    Exposition d'affiches collectives : typographie, linogravure, sérigraphie, monotypes, peinture et marbrure accompagné par les notes de l'Orchestre Nobis. Impression en direct.

    La Parole Errante accueille une nouvelle fois l'exposition d'affiches collectives, Propagation imprimée. Les affiches réalisées cet été 2026, en typographie, linogravure, sérigraphie, monotypes, peinture et marbrure investiront la Grande salle de La Parole Errante.
    Et les notes de l'Orchestre symphonique Nobis voyageront dans cet espace redessiné.

    "Bonjour a toustes,
    depuis que 2026 est le nouveau 1984, le permis de tuer pour les flics, la loi RIPOST, la loi d'orientation agricole et autres oppressions en tous genres au profit de la bourgeoisie et de ses intérets, les canicules mortiferes, les feminicides, les meurtre homophobes et racistes, s'enchaînent à toute vitesse.
    On trouve que tout ça constitue toujours plus de bonne raisons d'écrire. Écrire sur du papier, sur les murs, sur les couverture des Closer de la salle d'attente de ton kiné, sur les abris bus, les manches de caddies du carrefour du coin de la rue, les affiches du puy du fou, les smartbox ; à l'aide d'un stylo, d'encre, de peinture, de la pointe de tes clefs, de javel, d'une craie, de blanco et tant d'autre. Écrire pour dire notre feu qu'on ravale trop souvent, la rage qu'on a au ventre et qui nous brûle de l'intérieur.
    Nous on a choisi l'encre et les presses pour faire des affiches à coller dans la rue, dans tes toilette ou dans le salon de ta·on voisin·e. C'est donc pour ça que tu es invité·e le 12 septembre à la Parole Errante pour t'en inspirer et surtout reproduire chez toi et partout ailleurs, avec ou sans fautes, parce que toustes celleux qui ont la capacité d'agencer des lettres qui forment les sonorités d'un message sont invité·es à le faire.

    Si le contenu orthographique de ce mail te derange, n'hesite pas a mettre du blanco, ratturer ou bien tirer une balle dans l'ecran de ton ordinateur de maniere absolument necessaire et strictement proportionée*
    * extrait de la Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale, visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions le 7 juillet 2026, T.A. n° 328.
    Vive l'impression non numérique engagée et libre.
    {{}}
    Violemment tienne,
    l'équipe des rêves"

    Ouverture à 14h - Fermeture 21h59
    Exposition, impressions en direct
    18h Concert de l'Orchestre Nobis

    Entrée libre.
    Petite restauration sur place. (Vous pouvez aussi amener de quoi grignoter )

    Et encore et toujours : FREE GINO, FREE ZAID !

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