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Report: Mass Deportations Cost $2,358 per Taxpayer
American taxpayers would pay about $2,358 each to fund President Donald Trump's mass deportation effort, according to a new calculator released by the Economic Policy Institute. The Trump administration rejects the claim, however, instead saying the real cost to taxpayers comes from illegal immigration. The left-leaning EPI analysis, highlighted by Axios, estimated the federal government will spend roughly $268.9 billion on deportation efforts during Trump's second term through funding provided by the One Big Beautiful Bill Act, appropriations, and other sources. -
Trump deportations cost taxpayers $2,358 each
American taxpayers would pay about $2,358 each for President Trump's mass deportation push, according to a new calculator tool from the Economic Policy Institute. Why it matters: The estimate fuels debate over whether billions of federal dollars devoted to deportations could instead fund other public priorities such as food assistance, health care or housing. -
Map Shows ICE Deportation Costs in Every US County
A new report suggests the money spent on deportations across the United States could be spent on funding over 925,000 schoolteachers or pay for over 5 million veterans' medical care. The findings from the Economic Policy Institute (EPI) showed federal tax dollars being spent down to the state and county levels, as the Trump administration has drastically ramped up immigration enforcement over the past 18 months with the goal of mass deportations. -
Quand les victimes d’ingérences étrangères «glissent vers la communication politique»
Rayna Stamboliyska, experte en cybersécurité et spécialiste des menaces émergentes, s’inquiète de voir des responsables politiques s’autoproclamer victimes d’opérations de désinformation. Elle craint une décrédibilisation de la menace, alors que trois potentiels candidats à la présidentielle ont été visés. -
[Livre] Révolution et Contre-Révolution dans la Région Espagnole des Années Trente
« Juillet 1936, dans les casernes catalanes... »
Présentation
La première partie de ce travail est initialement parue en espagnol dans la revue Comunismo 66 du Groupe Communiste Internationaliste (GCI) en février 2017. Bien que l'équipe qui a produit ce matériel ait préparé sa suite dans les numéros suivants de cette revue, une série de circonstances et de ruptures ultérieures ont interrompu le planning prévu. Plus de cinq ans après, une bonne partie des militants qui composaient l'équipe ont décidé de reprendre cette tâche importante, considérant qu'elle représente une contribution qualitative au bilan que notre classe a forgé de cet épisode historique extraordinaire. Cette seconde partie fut publiée par les Proletarios internacionalistas dans la revue Revolución 2 en septembre 2023.
Certains camarades s'interrogent sur l'utilité que peut avoir un tel matériel dans le présent : un bilan d'un processus qui s'est déroulé il y a presque un siècle et sur lequel on a écrit ad nauseam. Tout ce qui est important du point de vue du prolétariat révolutionnaire n'a-t-il pas déjà été dit ? N'y a-t-il pas des questions et des problèmes actuels beaucoup plus importants qui requièrent nos efforts et qui auront plus d'impact, ou du moins qui seront mieux accueillis dans notre communauté de lutte, par rapport à ce « mammouth » sur la lutte en Espagne dans les années 1930 ? Nous ne nions pas qu'il existe des questions actuelles d'une grande pertinence qui sont abordées aujourd'hui au sein des minorités révolutionnaires et d'autres sections de notre classe. Nous n'y sommes pas étrangers et y participons à différents niveaux.
L'antifascisme ne continue-t-il pas à avoir une force hégémonique partout, acquérant une nouvelle vigueur et renforçant la démocratie, le politicisme, la polarisation entre la gauche et la droite, en enrôlant même les prolétaires dans telle ou telle guerre ? Le gestionnisme n'est-il pas l'une des voies par excellence face à la crise de la valorisation du capital ? L'État du Rojava, la guerre Ukraine-Russie, l'utilisation constante d'un moindre mal, l'épouvantail du fascisme, le possibilisme, l'apologie de la prise des centres de production par les travailleurs comme objectif, l'anti-autoritarisme comme monopole du pouvoir dans les mains de l'État… Le bilan présenté ici ne fait qu'approfondir la critique de ces idéologies et d'autres qui restent aujourd'hui un pilier de l'ordre social. Leur pertinence et leur importance sont irréfutables.
Certes, la critique révolutionnaire a déjà passé en revue ces forces de l'ennemi au cours de ces neuf décennies. Mais il s'agit de poursuivre cette tâche en allant plus loin, de contribuer à donner à la critique historique du prolétariat un contenu plus profond et plus concret. En ce sens, nous ne pouvons pas permettre que ces matériaux continuent à circuler et à être discutés exclusivement « en interne » entre quelques camarades et groupes.
Au-delà de l'explication de notre méthodologie d'analyse, la présente contribution expose ce qui est pour nous l'ABC de la révolution et de la contre-révolution dans la région espagnole des années 30, accompagné d'un bref compte-rendu critique du développement de la lutte des classes dans cette période, en soulignant la force du prolétariat, de son associationnisme, de ses tentatives insurrectionnelles. En même temps, nous avons essayé de montrer comment ce processus riche et complexe de la montée de la révolution était parallèle à la constitution et à l'établissement de son contraire : la contre-révolution. En effet, nous avons montré comment, tandis que le prolétariat remettait en cause et attaquait l'ensemble de l'ordre social, tentant d'imposer ses besoins par sa force collective, essayant de faire un saut qualitatif par des tentatives insurrectionnelles, la contre-révolution prenait des formes alternatives pour neutraliser et phagocyter cette force qui menaçait son existence : république, partis de gauche, « alliances ouvrières »… jusqu'à ce qu'elle trouve dans le Front populaire et l'antifascisme la formule sur laquelle la contre-révolution s'est structurée et imposée.
Avec cette contribution, nous considérons que nous avons fait un pas en avant dans l'analyse des fondements de la contre-révolution dans la question espagnole. Il va sans dire que nous encourageons les camarades à nous envoyer toute critique de ce bilan, ainsi que toute information peu connue relative à ce formidable épisode de notre lutte de classe.
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The Trump Administration Promises the 'Largest Denaturalization Effort Ever'
The Trump administration pledged to define itself largely by a hard-line approach to immigration. In keeping with that promise, it is pursuing what the government calls the "largest denaturalization effort ever." Denaturalization isn't new, but it has been used sparingly in modern history, in part because it is extremely costly and time-consuming amid finite resources. An immigrant may be denaturalized for a few reasons, including misrepresenting themselves to the government in a way that helped them obtain citizenship and committing certain crimes prior to naturalization occurring. -
The Fight Between Airlines And ICE Is Heating Up
Airlines are engaged in a tense battle with Immigration and Customs Enforcement (ICE) over the federal agency's efforts to arrest more targets at airports. As the Trump administration ramps up its mass deportation campaign, ICE officers have increasingly been seen making arrests at airports. It's part of a new tactic to nab foreigners who have overstayed their visas. -
No evidence? No problem. Trump pushes ahead on false claims that Reflecting Pool was vandalized
Jeanine Pirro this week found out there is a trade-off between loyalty to President Donald Trump and being loyal to reality. The U.S. attorney for the District of Columbia — a fierce defender and decades-long friend — openly refuted Trump's claims of vandalism regarding one of his treasured construction projects in the nation's capital, admitting in court filings that damage to the Lincoln Memorial Reflecting Pool was due to shoddy workmanship. -
À moins d’un an de la présidentielle, les ingérences étrangères apparaissent
Après avoir agi pendant les municipales, les réseaux russes s’attaquent désormais aux prétendants à l’Élysée pour la présidentielle de 2027. Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann ont récemment été visés par plusieurs campagnes de désinformation. -
US federal judge halts order for Trump to turn over financial records to BBC
Judge issues temporary pause while he considers Trump’s request to revise his libel lawsuit against BBC
A federal judge has temporarily halted an order requiring Donald Trump to turn over detailed financial information about his business empire to the BBC as part of an ongoing libel lawsuit.
US district judge Roy Altman issued the temporary pause while he considers Trump’s request to revise and narrow parts of his lawsuit against the BBC over a 2024 documentary that aired in the UK.
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Mort de la journaliste Amal Khalil au Liban: des ONG accusent Israël de «crime de guerre»
Amnesty International et Human Rights Watch estiment que «l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir que» la journaliste de «Al-Akhbar» et sa collègue Zeinab Faraj «étaient des civiles, mais les a ensuite ciblées». -
Après les profiteurs de guerre et de famine, les profiteurs de canicule
Il y avait les profiteurs de guerre, qui font de l'argent sur les ventes d'armes, il y a désormais les profiteurs de canicule.
L’article Après les profiteurs de guerre et de famine, les profiteurs de canicule est apparu en premier sur Contre Attaque.
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Portland (USA) : Une balade de minuit espiègle
Rose City Counter-Info / lundi 3 août 2026
L’autre nuit, un groupe d’ami.es s’est réuni pour une soirée amusante et aventureuse. Inspiré.es par la récente annonce de Camover [voir ici ; NdAtt.], nous sommes sorti.es semer un peu le chaos contre l’État de surveillance.
Nous avons flâné dans le Central Eastside, qui a été transformé en un quartier « branché », pour la vie nocturne des yuppies. Des tags autorisés (pardon, de l’« art de rue ») recouvrent les murs qui étaient autrefois vivants et intéressants. La sécurité privée rôde, s’assurant que personne ne traîne trop longtemps devant tel studio de design ou telle brasserie haut de gamme. Les caméras sont partout – sur chaque immeuble, elles regardent chaque ruelle et chaque fissure, en clignotant et en observant, en silence.Nous nous en sommes pris principalement aux caméras qui se trouvaient le long des allées très fréquentées et dans des endroits où les gens aiment traîner et camper. Nous les avons atteintes avec des ballons de baudruche remplis de peinture (ce qui s’est avéré difficile et peu pratique), nous avons grimpé pour pulvériser de la peinture en spray sur leurs lentilles et les avons cassées en morceaux avec des marteaux. Au cours de la nuit, nous sommes tombé.es sur trois tourelles équipées de caméras, de marque LVT [Live View Technologies – voir ici pour plus d’infos et ici pour une attaque précédente ; NdAtt.] – celles avec des lumières bleues clignotantes. Nous les avons mises hors service toutes les trois, en détruisant les panneaux solaires avec des pierres et des marteaux et en recouvrant l’une d’entre elles avec un peu de peinture. Tout au long du parcours, nous avons posé des tags contre la surveillance, comme « Tuons les caméras de surveillance » et « Chaque caméra est un objectif » .
Dans l’ensemble, ça a été un moment joyeux, plein de bêtises, et certainement on le reportera.
PS : Est-ce que quelqu’un.e veut essayer de battre notre record de trois tourelles de caméras en une seule nuit ?
Note d’Attaque : les compas de Puget Sound Anarchists ont relié cette revendication, l’accompagnant de ces photos de tourelles LVT récemment vandalisées, sans être sûrs qu’il s’agisse de celles dont il est question dans le texte. En tout cas, ça montre ce que sont ces tourelles.
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USA : Sept ans depuis ta mort au combat
Fugitive Distro / mardi 14 juillet 2026
Sept ans depuis ta mort au combat… Willem Van Spronsen présent dans la lutte
« Je suis quelqu’un qui pense en noir et blanc.
Les camps de détention son des abomination.
Je ne resterai pas à regarder.
Je n’a pas beaucoup plus à dire que cela.Je met de côté mon cœur brisé et je me soigne de la seule façon que je connais – en étant utile.
Je compartimente efficacement ma douleur…
Et c’est avec joie que je vais me mettre à cette tâche. »Dernière déclaration de Willem Van Spronsen
Le 13 juillet a marqué le septième anniversaire de cette nuit-là [voir ici ; NdAtt.], quand tu as attaqué ce misérable Northwest Detention Center, un camp de concentration qui garde nos proches en captivité.
Sept ans depuis que tu as été tué au combat, par la police de Tacoma.Rien n’est pardonné, rien n’est oublié.
Je profite de ce moment pour réfléchir à la situation actuelle – l’ennemi que tu étais parti combattre a été élevé au rang d’armée privée du président et commet chaque jour des actes de terreur. Non pas la terreur telle que le terrorisme, cette piètre justification de la répression politique, mais la terreur telle que des actes qui ne visent pas à appliquer une loi, mais à terroriser les gens pour qu’ils se soumettent. Les camps de concentration débordent et d’autres vont être construits, tellement de gens sont kidnappés que certaines personnes disparaissent dans les rouages du système. Des gens sont torturés et violés dans ces camps, alors qu’à l’extérieur des personnes sont brutalisées et tuées.
Rien que cette semaine, trois personnes ont été assassinées par l’ICE à travers le pays – en Floride, un homme encore non identifié a été tué alors qu’il fuyait de l’ICE ; dans le Maine, Johan Sebastián Durán Guerrero a été la cible des tirs et a été tué par l’ICE ; au Texas, l’ICE a tiré sur Lorenzo Salgado Araujo et l’a tué.
Partout dans les territoires dominés par l’État américain, l’ICE a envahi des villes et raflé des gens, alors que ses opérations continuent, comme une réalité quotidienne, dans des communautés situées en dehors de certains endroits particulièrement médiatisés.
Au Texas, des camarades ont été condamné.es à des peines allant de 30 à 100 ans, pour une manifestation solidaire bruyante au centre de détention de l’ICE de Prairieland, tout comme quinze camarades de Minneapolis qui ont été inculpé.es pour leur implication dans la résistance à l’occupation de la ville par l’ICE.
Cette terreur a eu pour effet secondaire de déchaîner une véritable source d’auto-organisation autonome. Des affrontements avec l’ICE aux émeutes à grande échelle, aux réseaux autonomes d’aide juridique et de réponse rapide, la réponse a été source d’inspiration : les gens ne vont pas simplement s’asseoir ou détourner le regard, alors que ceux/celles qui sont exclu.es sont embarqué.es, comme dans « The Foreigner ». Si Willem était en vie, je suis sûr.e qu’il plongerait tête baissée dans ces efforts.
Mais il n’est pas en vie et son absence nous oblige à nous montrer à la hauteur des standards qu’il a fixée – en fin de compte, ces camps de concentration doivent être réduits en cendres et les retenu.es libéré.es une fois pour toutes.
C’est dans un dialogue avec ton souvenir que les anarchistes, nous devons nous engager et revigorer ce principe anarchiste des plus importants – le rejet de la nation, le rejet des frontières et la fraternité universelle avec tous les gens. La terre est notre patrie ! Personne n’est étranger.e ! Tout le monde est une famille !
La mémoire noire – la mémoire de nos luttes passées et de nos combattant.es tombé.es au combat – nourrit nos cœurs et nous renforce pour la lutte à venir, nous donne une continuité et nous transmet les leçons du passé. C’est dans cet esprit que j’écris ces brèves réflexions en mémoire de Willem Van Spronsen.
Willem Van Spronsen présent dans la lutte !
Une mort en action est un appel éternel à la lutte !
Une chaleureuse accolade à toutes les personnes qui luttent contre l’ICE !
Vive l’anarchie !Un.e membre de Fugitive Distro
PS : Voici de la musique publiée par Willem peu avant sa mort.
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Rebecca Hendin on Donald Trump’s pursuit of a multimillion-dollar lawsuit against the BBC – cartoon
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100 000 camions autonomes d’ici 2030 : Le sino-américain Pony.ai accélère dans le transport de marchandises
Huit ans après avoir commencé à développer ses premiers camions autonomes, Pony.ai passe à la vitesse supérieure. La société sino-américaine annonce ce 6 août vouloir accélérer le déploiement de ses camions légers autonomes et passer le cap des 100 000 unités produites à horizon 2030.
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Avec 35 millions de dollars, SAPIOM veut devenir le contrôleur de gestion des agents IA
Les agents IA peuvent enchaîner des dizaines d’appels de modèles, utiliser des outils externes, acheter des services et recommencer plusieurs fois une opération sans que l’entreprise sache précisément ce que chaque mission lui a coûté. Alors que les budgets consacrés à l’intelligence artificielle subissent leurs premiers audits, une nouvelle couche d’infrastructure, à l’instar de SAPIOM, …
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Chamboulement à la tête de Google DeepMind avec le départ de quatre vétérans et la mise en retrait de Demis Hassabis
Grand chamboulement au sein de Google DeepMind cette semaine avec le départ ou la mise en retrait de plusieurs dirigeants, à commencer par son CEO et cofondateur Demis Hassabis. Il va passer à un rôle de président de l’organisation (chairman), ainsi qu’à celui de Chief Scientist d’Alphabet. Pour rappel, DeepMind est la division de Google en charge de la recherche en intelligence artificielle.
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DIRONS-NOUS QUE NOUS NE SAVIONS PAS ?
« Le milliardaire ne cache pas qu'il mène un "projet civilisationnel" réactionnaire d'extrême droite, à travers ses chaînes de télé comme CNews et ses maisons d'édition. […] La concentration inédite de la chaîne de financement entre les mains de Vincent Bolloré lui donne toute liberté d'agir le moment venu. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas » [1].
Au début du mois de mai 2026, c'est par ces mots que le monde du cinéma alertait sur le « danger civilisationnel » à venir. Mis à part les auteurs de Grasset, on ne sache pas qu'il se soit produit dans le monde de l'édition [2], un mouvement identique à celui qui a secoué le festival de Cannes en 2026. En fait, cela dépasse largement les sphères du cinéma ou de l'édition ; il s'agit d'un phénomène plus profond et plus étendu dont la clarification se dérobe à cause de son caractère totalement inédit, de l'effondrement des contre-pouvoirs organisés, de la déconfiture de la théorie politique et de quelques autres obstacles de nature idéologique. L'objet de ce texte est d'aborder certains de ces blocages à la lumière d'expériences récemment vécues.
La réception d'un manuscrit sur la guerre coloniale russe en Ukraine a suscité la réaction suivante d'un éditeur dont voici la seule phrase in extenso : « Nous vous remercions pour cette proposition, mais nous ne souhaitons pas publier de livre sur ce type de sujet. Nous avons réorienté notre ligne éditoriale vers des sujets plus incarnés depuis l'année dernière ». Cette réponse a été uniquement prise comme point de départ des réflexions qui suivent.À chacun de choisir son mode d'incarnation
« Des sujets plus incarnés » est-il écrit. C'est justement dans la chair, dans le corps des Ukrainiens et des Ukrainiennes que la guerre de Poutine s'est douloureusement et massivement incarnée depuis plus de quatre années. Et faute de mieux à la place où nous sommes, qu'y a-t-il de plus « incarné » que de soutenir la mémoire des deux millions de morts et de blessés provoqués par cette guerre totale à nos portes [3], une guerre qui dépasse en durée celle de 1914-1918 [4] et dont les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre (ces derniers se comptant par dizaines de milliers) n'ont pas d'équivalent sur le continent européen depuis 1945 ?
« Incarné » est-il dit. Il s'agit bien de cela en effet : cette guerre restera vraisemblablement incarnée dans la mémoire de beaucoup d'entre-nous et dans l'inconscient de ceux qui auront détourné leurs regards devant cette tragédie [5]. D'autant que, selon de nombreuses sources, Poutine prépare une nouvelle mobilisation après les élections du 20 septembre 2026 : en effet, toutes les frontières en direction de l'ouest ou du sud sont fermées depuis le mois de juillet 2026 (à l'exception d'un point de passage vers la Géorgie), cela dans le but d'éviter un exode massif identique à celui qui a suivi l'ordre de mobilisation partielle de septembre 2022. Il y a là une volonté manifeste de poursuivre cette guerre et sa probable extension [6] puisque le maître du Kremlin a depuis longtemps désigné à sa population et à son premier cercle l'Occident (assimilé à l'OTAN) comme ennemi existentiel ; d'ailleurs, il lui fallait a minima échafauder une construction idéologique comme celle-ci pour entreprendre une telle aventure coloniale [7]. Mais pour la première fois il faut le noter, son porte-parole Dmitri Peskov a déclaré le 5 juillet 2026 : « Il y a une guerre en cours, une vraie guerre » alors que l'usage de ce terme était jusqu'alors totalement interdit sous peine de poursuites. Il a expressément justifié l'emploi de ce terme en expliquant que « l'opération militaire spéciale avait évolué en guerre en raison du soutien apporté à Kiev par l'Occident, notamment par Berlin, Paris et Washington [8] ». Comme du temps de l'URSS, il faut savoir interpréter les moindres évolutions du vocabulaire utilisé au sommet de la nomenklatura : l'état de guerre est ainsi officialisé et il permettra de décréter une mobilisation (quelle qu'en soit le périmètre) et peut-être même la loi martiale.
Au-delà des mots et de la formulation employés par l'éditeur, ce qui est donné à entendre pourrait approximativement s'énoncer comme suit : « Loin de nous les analyses et encore plus la théorie ; nous souhaitons être au plus près des préoccupations personnelles et quotidiennes de tout un chacun », ce qui est légitime dans l'absolu, à une exception près, à savoir lorsque ces préoccupations viennent renforcer un déni ou entériner de fait un recul, une reddition ou une collaboration. Cette orientation éditoriale actuelle qui se veut « incarnée », se retrouve dans les médias classiques qui mettent désormais en avant l'émotion [9] au détriment de l'analyse. C'est ainsi qu'ils pensent endiguer la fuite de leurs jeunes publics vers les facilités d'Internet. Cela ressort d'une courte vue qui n'a aucune chance de juguler cette déshérence.De l'abstraction érigée en système désincarné
Néanmoins, il est vrai que la désincarnation de la réflexion théorique a sévi depuis des lustres, faute de références historiques, anthropologiques ou sociologiques concrètes. Un des derniers exemples en date en est le courant néo-marxien d'origine allemande connu sous le nom de « Critique de la Valeur » dont nous avions suivi le séminaire parisien en 2015 et 2016, moins désincarné il est vrai, à ce moment-là. La Wertkritik a partagé avec Louis Althusser l'idée que le capitalisme est un « procès sans sujet » [10] mais a poussé ce concept plus loin, en affirmant que les humains eux-mêmes sont dominés par les abstractions réelles (l'argent, la valeur) qui les agissent. Quelles sont les racines de cette élaboration ?
À travers une problématisation structurale héritée de Claude Lévi-Strauss [11] et via son concept de « rupture épistémologique », Althusser avait érigé les écrits de Marx postérieurs à 1845 en une œuvre ainsi devenue « scientifique » ; double exclusion du sensible dont nous allions apprendre plus tard en quoi elle structurait avec excès l'inconscient de l'auteur. L'arrière plan politique de cette théorisation était tributaire d'une époque dominée par un stalinisme manichéen par essence : les êtres humains (et surtout les paysans qui étaient assimilés à un groupe social rétrograde) étaient considérés comme les jouets d'une marche grandiose vers le « socialisme » et cette horreur était justifiée en stipendiant tout humanisme comme une valeur bourgeoise à combattre [12]. En conséquence, toute anthropologie politique fut ostracisée et avec elle la capacité des êtres humains organisés à devenir précisément des sujets de l'histoire. Or, la spécificité de la civilisation capitaliste pouvait tout à fait être prise en compte, tout en avançant que, comme toute civilisation, elle se soutient d'un Imaginaire qui lui est propre, en l'occurrence structuré par la rationalité calculatrice, une rationalité transgressive par essence [13]. Certes, les individus qui la composent y participent et en sont le plus souvent les jouets, mais il appert de l'histoire moderne ou contemporaine que l'emprise de cet Imaginaire peut être défait dans certaines circonstances [14]. Encore faut-il soutenir une vision dynamique non linéaire et non réifiée de cette histoire.
Il reste que la démarche initiale de la Wertkritik – en partie inspirée de Georg Lukács [15] et de l'École de Francfort [16] – fut bienvenue dans cette traversée du désert et que nous partageons toujours son pronostic d'effondrement inéluctablement cataclysmique du capital.
Mais au-delà de ce courant, la complaisance pérenne dans l'abstraction absconse a des origines très largement refoulées qui se situent en particulier dans la dévastation intellectuelle profonde qui a suivi la guerre de Trente ans (1914-1945) [17].
Jean-Paul Sartre, qui n'a jamais caché sa soif de notoriété, a connu les écrits de Heidegger lors de son séjour à l'Institut français de Berlin en 1933-1934, puis s'est attelé à la rédaction de L'Être et le néant, publié en 1943, c'est-à-dire en pleine Occupation [18], tandis que d'autres s'organisaient dans la Résistance. Comprenant que tout était à rebâtir et qu'il y avait-là une opportunité de reconnaissance sociale ou académique à saisir, beaucoup, comme lui, se sont alors mis à emprunter ou imiter le verbiage du nazi Heidegger.
Plus près de nous, la perdition des intellectuels français en quête de notoriété vers l'eldorado états-unien [19] à la fin des années 1960, l'effondrement programmé des facultés des lettres et sciences humaines dès 1969 au travers de la réforme d'Edgar Faure [20], l'externalisation des classes ouvrières (en Asie in fine) et la disparition de contre-pouvoirs dignes de ce nom, n'ont pas favorisé l'indispensable travail de refondation d'une problématique totalisante à hauteur humaine.
Mais cette déperdition de l'intellectualité critique est actuellement en train d'atteindre des niveaux inédits : la terrible acculturation numérique des êtres humains sur l'ensemble de la planète éradique même la possibilité neuro-physiologique de penser, laquelle exige la capacité de mobiliser une « mémoire longue dans le cortex, pour simplifier [21].Les dégâts pérennes d'une triple rupture de mémoire
Encore largement invisibilisée, précisément à cause des fractures socio-politiques concomitantes qui les spécifient, nous avons déjà attiré l'attention sur les « trois ruptures de mémoire » qui manifestent leurs effets délétères depuis 1945 et obèrent de manière durable la conscience politique. Ces effets sont d'autant plus destructeurs lorsqu'aucun travail de mémoire n'a été tenté. Il n'est qu'à constater les dégâts pérennes qui résultent d'un totalitarisme soviéto-stalinien non reconnu et non critiqué comme tel par les populations de la fédération de Russie depuis un siècle : c'est ce qui a produit une décérébration politique profonde de ces foules et laisse le champ libre à la dictature mafieuse du Kremlin. A contrario, mais dans une autre situation historique évidemment, le gouvernement sud-africain avait mis en place la commission Vérité et Réconciliation en 1994, avec pour but de remédier au lourd héritage de l'apartheid. Les quatre mesures centrales de cette justice transitionnelle et restauratrice (procès, publication de la vérité, réparations et réformes administratives) étaient destinées à garantir la reconnaissance des faits et la commémoration des violations passées, l'État de droit et, à terme, l'apaisement voire la réconciliation, afin de multiplier les chances de revenir à un fonctionnement pacifié et démocratique [22].
Outre l'attitude des gouvernements, l'enseignement de l'histoire tient une place importante lorsqu'il s'agit d'évaluer les épreuves du passé. C'est également une discipline indispensable à toute élaboration politique. Malheureusement, elle a été notablement marquée au début du XXe siècle en France par la cécité initiale de l'école des Annales. À sa décharge, on ne peut s'empêcher de penser que les puissants partis staliniens de l'époque en avaient fait leur domaine réservé [23]. Il n'empêche, Shlomo Sand pointe le fait, dans Crépuscule de l'histoire [24], que la revue des Annales n'ait publié aucun article sur la Première Guerre mondiale dans les années 1920 et 1930, et que des décennies plus tard, Pierre Nora et Jacques Le Goff aient fait l'impasse sur la guerre d'Algérie. Ainsi, l'histoire socio-politique fut en grande partie reléguée au second plan pour finir par se perdre dans une série intitulée « la vie quotidienne au temps de… », ce qui nous a même valu, à la fin du XXe siècle, toute une « histoire des couleurs ».
Marc Bloch, en tant que Résistant, avait en quelque sorte dépassé dans sa pratique les limites initiales de l'école des Annales dont il était un des fondateurs avec Lucien Febvre. Il eut en outre des démêlés majeurs avec ce dernier car il refusait de se soumettre aux lois antisémites de Vichy. Quant à Braudel, il a rédigé l'essentiel de sa thèse en captivité. Si, à l'évidence, une œuvre ne peut se réduire aux circonstances de son élaboration, cela n'empêche pas d'examiner quelle fut l'attitude de l'auteur vis-à-vis de celles-ci, surtout lorsqu'elles étaient exceptionnelles. C'est pourquoi il est important de ne pas les passer sous silence. Il est même des accélérations de l'histoire qui fonctionnent comme un révélateur des attitudes politiques. Faut-il rappeler la longue impasse de l'historiographie française quant à la collaboration dans ce pays, sans parler de son amnésie persistante concernant les exactions coloniales parfois commises en métropole même [25] ? C'est dans ce contexte historiographique que se sont produites les ruptures de mémoire précédemment citées, ruptures qui ont accompagné des effondrements politiques majeurs.
Le premier d'entre-eux a suivi la guerre de Trente ans [26] mais fut recouvert par la mythification gaullo-communiste de la Résistance [27], par le capitalisme de reconstruction, la célébration du progressisme, du productivisme et de la science, le modernisme technologique états-unien et in fine, par la guerre froide.
Le second, qui débute en 1973 avec le coup d'État de Pinochet au Chili (aussitôt suivi des économistes néolibéraux formés par Milton Friedman à Chicago), s'achève avec l'effondrement de l'URSS en 1991 [28]. La question du rapport de force socio-politique avec les classes ouvrières organisées était devenue obsédante pour le capital à la suite des révoltes de 1968 de par le monde. Les délocalisations industrielles se sont alors succédées et le néolibéralisme s'est imposé avec sa contre-révolution culturelle : destruction des services et libertés publiques, des protections et relations sociales, marchandisation des relations humaines et du vivant, remise en cause de l'État de droit, toutes choses qui visaient à instituer les individus comme des entrepreneurs d'eux-mêmes, après avoir été des « self made men ».
L'effondrement actuel, beaucoup plus profond que les précédents, ressort d'une régression anthropologique inédite dans l'histoire de l'humanité. L'informatique, Internet et les intelligences artificielles sont en passe de générer une colonisation barbare et foudroyante, entretenue par de puissantes entreprises états-uniennes [29] et chinoises (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).
Dans ces conditions, l'orientation éditoriale ou intellectuelle qui consisterait à en rester à l'écume des jours ou à la surface des choses n'est qu'un symptôme parmi d'autres, de la fuite devant l'élaboration politique, ce qui a contribué de longue date à la défaite radicale à venir en 2027 ici, [30] et possiblement ailleurs en Europe (Allemagne, Espagne, Pologne et Italie). En effet, comment lutter lorsque l'analyse de la situation et de ses causes fait largement défaut ou qu'elle est délégitimée ou encore lorsqu'elle est reléguée, consciemment ou pas, à l'arrière-plan.
Ainsi en est-il d'une certaine « contre-culture écologique ».
Mais évitons immédiatement les malentendus : la légitimité de cet axe de lutte n'est pas en cause. Ce qui nous occupera plus loin, c'est d'en faire une analyse interne et de voir la place sociale qu'elle occupe. Notons toutefois au passage qu'un courant institutionnalisé de l'écologie œuvre depuis des années à donner un statut de personne juridique à des entités naturelles. Non seulement cela ne les préservera pas de l'atteinte à la biodiversité, mais c'est en outre verser dans le judiciarisation de tous les rapports sociaux, comme c'est le cas aux États-unis depuis longtemps. Or, faire appel au droit dans n'importe quelle circonstance privée ou publique, c'est le symptôme d'un effondrement majeur des liens sociaux et d'une vaine tentative de contournement de ces rapports socio-politiques déliquescents.Les racines d'une « contre-culture » écologique
Plus fondamentalement, revenons à la place acquise par les mouvements écologiques depuis cinq décennies, une place qui est venue recouvrir et masquer de facto le manque abyssal d'élaboration théorico-politique, tandis que, depuis les années 2000, les algorithmes expulsent radicalement de la conscience ce type de préoccupation.
Après la naissance des mouvements de préservation et de conservation d'Elisée Reclus états-uniens au XIXe siècle [31], après les contributions d'Henry David Thoreau ou et alors qu'elle fut longtemps cantonnée aux cercles naturalistes et scientifiques, l'écologie n'est devenue un mouvement social – très divers, dans ses attendus et dans ses objectifs – que tardivement [32]. En 1971 est fondée Greenpeace et en 1972, le rapport Meadows, toujours cité comme précurseur, fut le résultat d'une commande passée au Massachusetts Institute of Technology qui utilisait déjà la modélisation World3 pour simuler par informatique les interactions entre système Terre et activités humaines. En 1974 en France, René Dumont fut le premier écologiste à pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Le pacifisme non violent et anti-nucléaire, la désobéissance civile et l'objection de conscience, le tiers-mondisme et la critique de la croissance infinie sont autant de thèmes qui ont marqué ses débuts en Europe occidentale, dans le reflux de mai 1968. Ces fondements épars donneront naissance à des courants hétérogènes, voire opposés. Par ailleurs, les paradigmes de la croissance et du progrès sans fin, alors partagés par les tenants du capital et des partis qui se réclamaient du socialisme, n'auront pas clarifier les débats, ni contribué à une unification théorico-politique de ces mouvements. Toujours est-il que c'est cette diversité originelle qui sera précisément fondatrice d'une sorte de « contre-culture » appelée à combler le vide laissé par les effondrements politiques pointés plus haut.L'écologie, une discipline aux pieds d'argile
Au-delà de ces aspects socio-historiques, venons-en à ce qui la constitue à présent, c'est à dire aux études scientifiques, dont le premier rapport émanant du groupe inter-gouvernemental des experts sur l'evolution du climat (GIEC) fut rendu public en 1990. Il a depuis été notablement revu et complété [33]. Notons au passage qu'hormis les scientifiques de ce domaine, personne n'est en mesure de vérifier par soi-même ces approches, ces calculs, sans parler des modélisations statistiques ; les citoyens n'ont donc aucun contrôle sur ces travaux, au contraire de ceux émanant d'une délégation de pouvoir encadrée.
Bien sûr, il ne s'agit pas de mettre en cause l'honnêteté des chercheurs, mais de souligner que le mode de connaissance scientifique moderne [34] dont ils se réclament ne s'autorise que de lui-même et de ses pairs et engendre, au mieux, une adhésion qui ressemble fort à une croyance, nous y reviendrons. Entendons-nous bien : ces travaux font consensus, nous croyons en leur pertinence et en la légitimité de ce champ de bataille, sauf lorsqu'elle s'enferme dans l'au-delà des cieux. Il n'empêche que, pour beaucoup, cela fonctionne comme les textes sacrés d'antan qui permettaient de se retrouver ensemble : Greta Thunberg est devenue une icône populaire à l'âge de 15 ans. Mais les communions se font à présent plutôt autour de la recherche d'un autre mode de vie. Or, les échecs de Notre-Dame-des-Landes et du Rojava ont clairement signifié que les États ne tolèreront ces expérimentations que jusqu'à un certain point. Pour parer à ces limites, les tentatives se sont alors faites plus locales, voire plus individuelles afin d'éviter cette question irrésolue : comment vivre autrement sans destituer l'ancien monde [35] ?
Il reste que l'édifice écologique est également impacté par la remise en cause massive de la notion même de vérité au travers de l'acculturation numérique [36]. Cela se vérifie chaque jour de manière exemplaire aux États-Unis, que ce soit dans les mouvements MAGA ou QAnon, lesquels drainent environ un tiers de la population de ce pays comme « followers ». Il leur suffit simplement d'y opposer d'autres croyances avec le puissant relais des algorithmes. Mais il y a encore plus délicat ; l'écologie repose sur le mode de connaissance scientifique moderne dont il n'est toujours pas compris en quoi :
i) il est intrinsèquement une des sources de l'inhumanité galopante en excluant le sensible,
ii) le fondement d'une informatisation numérique universelle issue de l'algèbre de Boole,
iii) et la puissante source d'une relativisation de la notion de vérité [37].
Ces trois questions sont capitales, mais il y a un écueil supplémentaire. Lorsque l'origine de ces dérèglements climatiques n'est pas pointée – à savoir le règne du capitalisme thermo-industriel – alors cela fragilise encore un peu plus cette adhésion et peut amener à se compromettre gravement dans des publications de droite extrême comme la revue Limites, aujourd'hui disparue. De nombreux mouvements d'extrême droite ont d'ailleurs compris tout le profit qu'ils pouvaient tirer d'une profession de foi écologique, tandis que de grandes entreprises se sont repeintes en vert. Seule une écologie politique fermement anti-capitaliste survivra aux tempêtes à venir, ce que l'on ne peut demander au GIEC, qui est une organisation intergouvernementale.
Il reste que même les « scientifiques du climat » ont leurs points aveugles : aucun n'a eu le courage de se lancer dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre produites par le nucléaire depuis l'extraction minière de l'uranium jusqu'au recyclage des déchets en passant par la recherche et les 2 000 explosions atomiques qui ont eu lieu depuis huit décennies. Il faut dire que cela serait contradictoire avec une appartenance au Commissariat à l'Energie Atomique, par exemple. C'est pourquoi le nucléaire est maintenant classé dans les énergies décarbonnées. En d'autres termes, le gouvernement des scientifiques, comme le proposait Auguste Comte au XIXe siècle [38], ne serait pas plus souhaitable que les autres.Deux versions du politiquement correct, un même recul politique
Autre question, qui malgré les apparences n'est pas sans lien avec les précédentes et qui a surgi à la suite d'une visite de l'exposition sur l'archéologie organisée dans les sous-sols du Collège de France [39]. Il aurait pu s'ensuivre l'envoi d'une lettre ouverte aux commissaires de cette exposition pour l'introduction d'un « Wokisme [40] avancé » dans l'enceinte de cette vénérable institution. En effet, outre des inexactitudes (la « vallée de Néander » n'existe pas [41]) plusieurs panneaux pointent la vision des « femmes préhistoriques » colportée à la fin du XIXe siècle, c'est-à-dire aux débuts de l'archéologie, avec pour illustration la reproduction de peintures de cette époque qui nous apparaissent à juste titre caricaturales aujourd'hui : les femmes préhistoriques allaitent ou balayent la grotte tandis que monsieur revient avec le gibier chassé, ce qui est une représentation tout aussi caricaturale. Pour ceux qui n'auraient éventuellement pas compris, cela se répète sur plusieurs panneaux. Cette critique est quelque peu anhistorique et facile comme dans de nombreuses attitudes « politiquement correctes ». Encore avons-nous échappé à une « Gender Archaeology » états-unienne qui soutiendrait l'existence d'un matriarcat perdu [42]. Mais cela n'empêche pas la diffusion d'une vidéo qui montre Yves Coppens et Donald Johanson comme les deux découvreurs de Lucy [43] en novembre 1974, en Ethiopie. Or non seulement cela fut également le fruit du travail de Tom Gray et Maurice Taïeb, mais surtout celui de Raymonde Bonnefille, la seule femme du groupe dont la présence et le nom sont passés sous silence mais qui eut un rôle important dans cette expédition ô combien difficile : elle a par exemple expliqué que l'Ethiopie était alors en pleine révolution, qu'il n'y avait ni téléphone, ni GPS, ni route d'accès et que la température avoisinait les quarante degrés [44]. En outre, il eût été à propos de rappeler qu'au moins jusqu'à la sédentarité des périodes Jōmon ou néolithique [45], les femmes étaient, encore plus qu'au XIXe siècle ou à présent, astreintes de facto à allaiter les nouveau-nés pendant plusieurs années afin que quelques-uns d'entre-eux puissent vivre. C'est ainsi que le rôle social de droits nouveaux chèrement acquis et la perspective historique longue passent à la trappe. Autrement dit, la défense d'une juste cause avec des arguments faibles ou faux entérine une confusion dommageable dont les échecs retentissants du parti démocrate aux États-unis sont un exemple achevé.
Cela rappelle aussi le douloureux souvenir d'une manifestation place de la République lorsqu'il s'agissait de soutenir la mémoire de Mahsa Amini, kurde iranienne décédée en septembre 2022 qui se battait avec d'autres femmes contre le port du voile dans son pays [46]. Il y avait le mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F), Femme Azadi, Filles d'Iran, mais peu de mouvements féministes français sur la place mis à part ses courants fondateurs des années 1970 (Alliance des Femmes pour la Démocratie, Planning familial) et encore moins de « gôches » par peur de contrarier certaines populations, fussent-elles adhérentes au salafisme. Plus dure sera la chute.Épilogue provisoire :
Savoirs, connaissances et croyances modernes
Depuis au moins trois millions d'années, les êtres humains se sont forgé des savoirs au contact de leur environnement animal, végétal et minéral, mais d'autres domaines, à savoir l'alternance des saisons, la rotation des étoiles, l'avènement de la mort, etc. furent à l'origine de croyances, étant donné – comme nous le dirions aujourd'hui – que ce Réel échappe, qu'il est hors de portée. Ces croyances se sont peu à peu étendues et structurées en animismes, puis ont été organisées dans des « récits d'origine » que nous appelons des mythes [47]. Lorsque les groupes semi-nomades de chasseurs-cueilleurs sont passés à des organisations sociales plus complexes liées à la sédentarisation [48], ces croyances ont, en écho, progressivement évolué vers une personnification déifiée qui s'est par la suite figée en ce que nous nommons des religions, d'abord polythéistes, portées à l'écrit à partir du milieu du quatrième millénaire avant notre ère.
Ainsi, les quatre-vingt quinze pour cent d'agriculteurs et d'éleveurs qui composaient la population terrestre avant la révolution thermo-industrielle de la fin du XVIIIe siècle, évoluaient entre des savoirs liés à leur expérience ancestrale et des croyances religieuses. Mais lorsqu'au XIXe siècle l'urbanité s'est étendue [49] avec le capitalisme, alors, nous sommes majoritairement devenus des individus « hors sol ». Tandis que les savoirs avaient déjà largement cédé la place, le mode de connaissance scientifique moderne, via l'enseignement laïc, gratuit et obligatoire pour tous, faisait aussi reculer les croyances religieuses. Un nouveau rapport à la vérité allait s'imposer à tous.
Mais qu'on le veuille ou non, il était demandé et l'on demande encore aux enfants ou aux adolescents de croire aux connaissances enseignées, fussent-elles « objectivement fondées ». C'est ainsi que nous sommes restés, mêmes adultes, des êtres de croyances, mais celles-ci sont d'un type nouveau, plus moderne. Elles reposent en grande partie sur un mode de connaissance qui prétend rendre compte du Réel – un impossible dont il se prévaut malgré tout – avec tous les problèmes que cela entraîne : le monde sensible et la réalité matérielle des rapports sociaux en sont intrinsèquement expulsés ; sans parler du fait qu'il a largement participé à la structuration de l'Imaginaire [50] de la civilisation instaurée à la fin du XIXe siècle.
Qu'en conclure, au moins provisoirement ? D'une part que l'écologie est une contre-culture fragile de ce double point de vue : elle est tributaire de la croyance dans les résultats du mode de connaissance qui la fonde. C'est pourquoi viser les rapports sociaux de production qui sont à la base du réchauffement climatique, de l'extinction des espèces etc. garde tout son sens. Mais c'est surtout viser un mode de production qui est par essence attentatoire à la vie sur Terre.Jean-Marc Royer, juillet 2026
[1] « Zapper Bolloré », tribune du monde du cinéma publiée par Libération le 11 mai 2026
[2] On regrettera encore longtemps la disparition des éditions Maspero qui n'ont jamais eu d'équivalent.
[3] Soutenir la mémoire des défunts fait même partie du lent processus d'hominisation depuis Néandertal. Ce nombre de victimes fait consensus ; cela dit, il ne peut prétendre en refléter la totalité, du fait que l'armée russe les a parfois ensevelies dans des fosses communes comme à Boutcha, Irpin et plus massivement encore à Marioupol.
[4] Et celle de Staline contre le IIIe Reich, entre le 21 juin 1941 et le 9 mai 1945.
[5] À ce propos on ne peut qu'être atterré par le « double standard », non seulement des gouvernements lorsqu'il s'agit de dénoncer la barbarie, mais aussi de ceux qui prétendent lutter contre celle-ci. En effet, pourquoi les Ukrainiens ne pourraient jouir des mêmes droits à exister que les Palestiniens ? Le gouvernement des uns serait-il plus contestable que celui des autres ? De plus, les mobilisations massives des ukrainiens contre certaines décisions gouvernementales en 2025 et 2026, c'est-à-dire en temps de guerre, n'ont pas d'équivalent connu en Europe contemporaine.
[6] Tous les services de renseignement occidentaux confirment une intensification des opérations de sabotage, de cyber-attaques et d'ingérences russes en Europe. Cf. le rapport « Menaces russes sur le flanc oriental de l'OTAN : scénarios, stratégie et enjeux pour la sécurité européenne », Harvard Kennedy School, Belfer center, février 2026.
[7] Ce qui ne l'a pas empêché d'en utiliser de nombreuses autres depuis les débuts de cette guerre.
[8] Interview accordée au journaliste Pavel Zaroubine et confirmée à Roger Köppel, journaliste et rédacteur en chef du magazine suisse alémanique pro-russe Die Weltwoche le 9 juillet 2026.
[9] Par le choix de sujets à forte valeur émotionnelle ou par le fait de privilégier les « micros-trottoirs », y compris sur France Culture.
[10] Dans Louis Althusser (1918-1990), Pour Marx, Maspero, 1965. Dans les années 1970, ce reproche fut également adressé à Marx jusqu'à ce que certains attirent l'attention sur ses écrits postérieurs à la Commune de Paris.
[11] Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté, PUF, 1ère éd. 1949.
[12] Pour le résumer à grands traits, Staline considérait les « masses » comme les rouages d'une machine à construire, subordonnant toute vie humaine à une collectivité abstraite, à la volonté du parti, de l'État et au grand architecte (ensuite devenu un « grand timonier »).
[13] Cf. les articles « Capital et mode de connaissance scientifique moderne » ou « Métaphysique du capital », publiés sur Technologos, Sciences en bobines, Réseau sortir du nucléaire, Autre futur, Lundi matin…
[14] Cf. l'article « L'Imaginaire du capitalisme comme civilisation » sur Internet ou Cycle 1968, Bibliothèque Associative de Malakoff, 2018.
[15] L'œuvre de Georg Lukács fut appréciée en France lorsque Histoire et conscience de classe, fut publié par les éditions de Minuit, en 1960.
[16] L'École de Francfort – dont la tentative de synthèse entre marxisme et psychanalyse fut connue à travers les écrits d'Herbert Marcuse ou d'Erich Fromm – a marqué l'histoire intellectuelle de la fin des années 1960.
[17] Concept issu de la lecture des livres d'Enzo Traverso et Eric Hobsbawm. Cf. les articles publiés à ce sujet sur Technologos, Sciences en bobines, Réseau sortir du nucléaire, Autre futur, Lundi matin.
[18] Il y aurait énormément à dire sur l'attitude de J-P. Sartre et S. de Beauvoir entre 1933 et 1945. Ainsi, à l'été 1943, il utilisera ses relations, notamment René Delange patron du journal Comœdia, collaborateur, intime du Sonderführer Gerhard Heller, pour obtenir un emploi à Simone de Beauvoir sur Radio Vichy, entre janvier et avril 1944. Cela ne l'empêchera pas d'édicter les critères par lesquels reconnaître une « œuvre résistante » dans le comité des écrivains d'obédience stalinienne après guerre. Cf. à ce propos l'œuvre de la germaniste Ingrid Galster : Sartre, Vichy et les intellectuels, L'Harmattan, 2001 ; La naissance du phénomène Sartre. Raisons d'un succès (1938-1945), Seuil, 2001 ; dir : Sartre et la question juive, La Découverte, 2005 ; Sartre devant la presse d'Occupation. Le Dossier critique des Mouches et Huis clos. Presses Universitaires de Rennes, 2005 ; Sartre sous l'occupation et après. Nouvelles mises au point, L'Harmattan, 2014.
[19] Outre les émoluments afférents, être invité ou enseigner aux États-unis était regardé comme une promotion indépassable jusqu'à il y a peu. Quant à une première analyse des déboires de la pensée dans ce pays, cf. J-M Royer, « Les évangéliques autour de Trump », histoire et théorie critique #3. Jacques Derrida, participe au colloque sur le structuralisme de 1966 à l'université Johns Hopkins ; Jean Baudrillard fréquente l'école californienne de Palo-Alto dans les années 1970 ; au cours de ces mêmes années, Michel Foucault multiplie les séjours et séminaires à Buffalo et surtout à Berkeley et Claremont ; de la fin des années 1970 jusqu'à son décès, Jean-François Lyotard a occupé plusieurs postes de professeur invité et titulaire dans des universités prestigieuses ; René Girard a accompli toute sa carrière universitaire aux États-unis ; Jean-Pierre Dupuy, introducteur de Gunther Anders en France, enseigne à Stanford depuis plus de quarante ans. Cette liste ne prétend pas être exhaustive.
[20] En instituant « l'autonomie des universités », cette réforme mettait en cause la validité nationale des diplômes universitaires, tout en ouvrant la porte à la privatisation des études supérieures. Cf. à ce sujet Yves Dupont, L'Université en miettes, L'Échappée 2014.
[21] Cf. Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital, Seuil, 2019. Cf. également la série des onze « Carnets de réclusion » publiés pendant le Covid-19 sur Autre Futur ou Lundi matin et « New generation, lost generation », Psychanalyse et théorie critique sur autre futur.
[22] Même si son fonctionnement été à juste titre critiqué, la CVR été internationalement saluée pour avoir évité un bain de sang et tenté de fonder un récit national commun.
[23] Un domaine triplement réservé en quelque sorte : ils se sont institués les héritiers de la révolution russe, les gardiens de l'Histoire, les représentants du prolétariat. Grâce à une domination syndicale, politique puis éditoriale largement soutenue par Moscou, ils ont bâti un rapport de forces qu'il ne faisait pas bon contester.
[24] Shlomo Sand, Crépuscule de l'Histoire, Flammarion, 2015.
[25] Ce fut Jean-Luc Einaudi, qui, en solitaire, passa près d'un quart de siècle à exhumer une tuerie unique dans l'histoire contemporaine de la France : le massacre des manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris.
[26] La périodisation de cet effondrement politique demanderait d'amples développements. Mais notons que les agissements et les guerres coloniales françaises n'ont officiellement pris fin qu'en 1962 et que jusqu'en 1969, le pays s'était doté d'un homme providentiel en la personne d'un général.
[27] Le PCF qui ne s'est engagé dans la résistance qu'après la rupture du pacte Staline-Ribbentrop en juin 1941, s'est auto-proclamé le « parti des 100 000 fusillés » alors qu'au total il y en eu environ trois fois moins sur tout le territoire. Cf. Fontaine Thomas, « Chronologie : Répression et persécution en France occupée 1940-1944 », Sciences Po, 7 décembre 2009.
[28] La désindexation du dollar par rapport à l'or en 1971, la crise pétrolière de 1973, l'Anschluss de la RDA en 1990, sont d'autres dates marquantes de cette période.
[29] Meta, Alphabet, Microsoft, Amazon, Tesla, Apple, Nvidia dépassent la capitalisation de 1 000 milliards de dollars en bourse, soit ensembles 16500 milliards, c'est-à-dire cinquante fois le budget annuel de l'État français ou cinq fois le PIB national. Cf. à ce propos la série des onze « Carnets de réclusion » déjà mentionnés.
[30] Marine Le Pen bénéficiera des expériences européennes en cours. Ses premières mesures viseront sûrement à consolider, élargir sa base sociale, notamment vers le Medef et les électeurs du marais centriste. Nous verrons d'un côté la radicalisation et la reconfiguration des groupes d'extrême droite et de l'autre des tentations de « faire le dos rond en attendant que ça passe », comme en Italie.
[31] Les parcs de Yellowstone ou Yosemite représentaient « la création originelle », le lien privilégié des états-uniens avec « leur terre promise », une nature sauvage (wilderness) érigée en analogue de la pureté nationale, toutes choses qui contribuèrent, avec une religiosité omniprésente, à refouler profondément les soubassements esclavagistes, colonisateurs et violents de ce pays.
[32] Il y eut des journaux comme La Gueule ouverte (fondé avec des animateurs de Harakiri), Survivre et vivre, Le Sauvage etc. En évitant de verser dans la critique anachronique, la relecture de ces journaux ou des positions du mouvement anti-nucléaire de l'époque nous a fait prendre conscience lors du séminaire donné à la bibliothèque associative de Malakoff en 2016 des impasses de l'époque, dont certaines perdurent encore. Par exemple, la qualification du nucléaire comme crime contre l'humanité, reste confidentielle. De même, la place de « la technique » dans les œuvres de Charbonnier et d'Ellul n'a pas été suffisamment critiquée ni rapportée à ce qui fonde toutes les techniques industrielles, à savoir le mode de connaissance scientifique moderne.
[33] Le GIEC a notamment revu à la hausse la place du méthane (essentiellement émis par les ruminants et les rizières) lors de la publication de son Sixième Rapport d'évaluation paru en août 2021.
[34] Cf. Jean-Marc Royer, La science, creuset de l'inhumanité, L'Harmattan, 2012 et les nombreux articles disponibles sur Internet à ce sujet.
[35] À moins de s'illusionner sur la trilogie « préfiguration-essaimage-bifurcation » encore soutenue par quelques décroissants et collapsologues ? Cf. à ce sujet Michel Lepesant « Prendre les difficultés avec (la) Mesure », 4 novembre 2017, Blog du Monde : Décroissances.
[36] On ne peut qu'être interloqué par la confondante similitude des réactions de détresse psychiques, ici aussi bien qu'en fédération de Russie, devant les coupures de réseaux.
[37] Cf. à ce propos Jean-Marc Royer, « Capital et mode de connaissance scientifique moderne » sur Autre futur, Technologos ou lundi matin.
[38] Et Geoffroy de Lagasnerie, le 7 juillet 2026 aux Rencontres de Pétrarque.
[39] Exposition nommée « Préhistoire : entre utopie et réalité » et qui a fermé ses portes le 19 juillet 2026.
[40] Le wokisme désigne la démarche d'origine essentiellement évangélique (être éveillé) moralisatrice et progressiste qui visait à l'égalité et à la justice à la manière états-unienne, c'est-à-dire dépolitisée, et dont on constate les résultats régressifs dans ce pays. Par ailleurs, la pratique de la dénonciation publique, d'où qu'elle vienne, ne peut être acceptée.
[41] Il s'agit de celle de la Düssel, un affluent du Rhin dont la beauté fut chantée par le poète allemand Neumann (1650-1680) dont le nom fut grécisé en Neander suivant la mode de la Renaissance. Cf. Marcel Otte, « Néandertal, une histoire belge ? », Carbone 14, France Culture 16 mars 2024
[42] Cf. Vincent Charpentier, « Le matriarcat ou l'archéologie du genre », Carbone 14, France Culture, 29 juin 2024.
[43] Reconstitution du squelette de cet Australopithecus qui démontre l'existence de la bipédie il y a plus de trois millions d'années.
[44] Cf. Vincent Charpentier, « Lucy, juste cinquante ans, mais plus de trois millions d'années », France Culture, L'entretien archéologique, 8 novembre 2024.
[45] Au Japon, la période Jōmon se caractérise, entre autres choses, par une sédentarité bien plus précoce qu'en Eurasie.
[46] Cf. « En images : le soulèvement des femmes iraniennes après la mort de Mahsa Amini soutenu partout dans le monde », Le Monde, 25 septembre 2022.
[47] Cf. Jean-Loïc Le Quellec, « Préhistoire et Mythologie », France Culture, Le Salon noir, 23 avril 2016.
[48] Jean Guilaine, Les Néolithiques et nous : sommes-nous si différents ?, Odile Jacob, 2025. « Le néolithique de Jean Guilaine », France Culture, le salon noir, 10 mars 2015.
[49] « Rappelons que la population en ville n'était que de 6,4 % en 1850, 14 % en 1900 et inférieur à 30 % en 1950 et plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en ville, 57 % exactement ». France Culture, Carbone 14, 28 janvier 2023.
[50] Un Imaginaire structuré par « la rationalité calculatrice et transgressive ». Cf. les articles publiés à ce sujet su Technologos, Bibliothèque associative de Malakoff, Autre futur, Lundimatin, Internet Archive.
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Trump denies US low on key munitions in war with Iran after reports of shortages
President’s comment come after report he had demanded answers from Pete Hegseth over alleged shortages
Donald Trump has lashed out at reports that the US is running short of key munitions in its war with Iran, threatening long prison sentences for officials who leak information about the military’s weapons stocks.
The US president claimed on Thursday that the US had “massive amounts” of ammunition and said more was being manufactured and shipped to the region, as his frustration over the conflict spilled into a public attack on the media.
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« À force d’aller vite, nous perdons ce qui constitue l’épaisseur de nos vies »
Dans ce deuxième épisode, nous avons interrogé Olivier Hamant, chercheur en biologie et directeur de l’institut Michel-Serres – pour les ressources et les biens communs, à Lyon. S’inspirant de l’observation des arbres, il préconise, pour survivre aux crises, de renoncer à la performance.
Et de développer des organisations moins cohérentes, plus lentes, mais plus résistantes aux turbulences climatiques et politiques.Dans Antidote au culte de la performance. La robustesse du vivant (Gallimard, collection « Tracts », 2023), vous affirmez que le développement durable et la sobriété sont aujourd’hui des concepts dépassés. Pourquoi ?
Le développement durable est une notion qui apparaît en 1987 dans le « rapport Brundtland », publié par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU. En se popularisant, dans les années 1990, elle a permis de penser le développement économique de manière intergénérationnelle. Mais quand on parle de développement, on parle toujours de croissance, même si elle est verte !
Quant à la sobriété, c’est une belle valeur pour une humanité qui a déjà consommé les ressources planétaires. Mais si l’on ne questionne pas le culte de la performance, cela reste un mot flottant vidé de son sens. Car pour atteindre la sobriété, on mise encore trop souvent sur la seule efficacité énergétique, avec à la clé de possibles effets rebonds. Il est par exemple absurde de mettre en service des avions « propres » si c’est pour assurer des liaisons low cost et acheminer des touristes vers un week-end à l’autre bout du monde ou pour transporter de la fast-fashion.
En quoi l’observation de la nature peut-elle nous aider à survivre à cette époque ?
En réalité, il ne s’agit pas de survivre, mais plus simplement de vivre avec les irrégularités du climat et les turbulences de la nature et de la société.
Le mois de juin 2026 a connu une moyenne de températures de + 3,8 °C par rapport aux normales depuis 1947 et des pics de chaleur qui, dans certaines régions, ont atteint les + 15 °C. Cet été, nous allons vivre sous des températures que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoyait initialement pour 2100.
Lors des crises, le vivant privilégie la robustesse (être stable et viable dans les fluctuations) à la performance (atteindre son objectif avec le moins de moyens possible). L’arbre est un bel exemple de ce fonctionnement, car sa robustesse tient précisément à ses contre-performances : redondance des feuilles, hétérogénéité des fleurs, croissance extrêmement lente, déperdition d’énergie. Lors de la photosynthèse, les plantes utilisent seulement 1 % de l’énergie solaire qu’elles ont absorbée, le reste est perdu. Donc ce n’est pas du tout performant. Ces faiblesses apparentes donnent des marges de manœuvre qui permettent d’absorber les chocs, tels que les fluctuations lumineuses, les sécheresses, les maladies, les incendies…
« Pour nous, humain⋅es qui nous développons dans la collaboration, la performance est une philosophie de vie mortifère. »
Pourquoi ces contre-performances sont-elles également indispensables dans les organisations humaines ?
Ce que dit Hartmut Rosa, un sociologue allemand penseur de l’accélération, c’est que les membres d’une société performante n’interagissent plus entre elles et eux. C’est la société de l’expert, du self-made man, de l’autoroute. À force de tout optimiser, d’aller vite, nous perdons ce qui constitue l’épaisseur de nos vies : les discussions, les surprises, les chemins de traverse. Pour nous, humain⋅es qui nous développons dans la collaboration, la performance est une philosophie de vie mortifère.
Dans un monde en polycrise, la leçon à retenir est simple : il va falloir donner le primat à la robustesse, car optimiser fragilise. Il ne s’agit plus d’avoir des objectifs de croissance, mais de construire des structures pérennes qui résistent aux turbulences. Il ne s’agit pas de s’adapter (c’est un objectif bien trop prétentieux dans un monde imprévisible), mais d’être adaptables.
Concrètement, comment nos organisations peuvent-elles, dès aujourd’hui, gagner en robustesse ?
En réalité, la robustesse est déjà partout : en matière d’innovation, par exemple, on a montré qu’une molécule abondante dans le bois (la lignine) permet de stocker l’électricité aussi efficacement que le lithium. Nous pouvons aussi remplacer presque tous nos plastiques issus du pétrole fossile par du plastique compostable fabriqué à base de champignons. Certes, la bioéconomie est moins performante que l’extraction minière ou pétrolière, mais, en retour, elle est plus robuste socialement et écologiquement, parce qu’elle dépend de ressources locales, peu polluantes et biodégradables.
Dans les organisations humaines, c’est la même chose. Des collectifs citoyens, des entreprises ou associations, ou encore certains territoires développent d’ores et déjà la robustesse. Par exemple, la petite commune de Saint-Martin‑d’Auxigny (Cher) a rendu à la rivière ses méandres pour que la zone humide qu’elle irrigue puisse servir de tampon en cas de crue. À Clermont-Ferrand, la librairie Les Volcans a résisté à la fermeture en choisissant le statut de SCOP [société coopérative et participative], qui peut survivre en dehors d’une rentabilité forcenée.
En matière d’organisation politique, la démocratie participative est peut-être plus lente à obtenir des résultats que le système représentatif, mais elle est plus robuste dans la durée, car les contre-pouvoirs jouent un rôle stabilisateur.
Sur le plan politique, la course à la performance se nécrose pour former un système ultracapitaliste et autoritaire, incarné à l’international par des personnes comme Donald Trump, Elon Musk, Vladimir Poutine ou Benyamin Nétanyahou. Et, à l’inverse des initiatives vertueuses qu’on vient de citer, les catastrophes que cette course engendre [guerres, génocides, destructions d’écosystèmes, etc.] font les gros titres des chaînes d’information en continu. On le sait bien : un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse.
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Attention à cette fausse image alimentant l’idée que le fauchage tardif favorise les incendies

Source :Compte Facebook, le 2 août 2026
Etiqe :trompeur
Contenu :
Le contraste est saisissant. Sur l’image : un sanglier calciné, une forêt brûlée, deux cervidés qui semblent avoir échappé aux flammes et un grand panneau « Débroussaillage, tardif pour une faune et une flore préservée », au bord d’une route. Les internautes s’emballent, sur le réseau social Facebook (ici, ici, ici, ou ici) : « Hé oui… La voilà la bien-pensante écolo. Pour une forêt mieux brûlée ! » ; « Félicitations à l’idéologie ‘écolo’ venue des bureaux, des villes. […] Et après ça, ils veulent nous donner des leçons sur la gestion de notre terroir. »
En cause, selon eux, le « débroussaillage tardif », appelé plutôt fauchage tardif. Une pratique visant à préserver la biodiversité en débroussaillant le plus tard possible, entre la fin du printemps et de l’été. Cela permet à la végétation d’effectuer un cycle complet : attendre la fin de la floraison des espèces permet d’arriver à la période de production des graines, de favoriser la pollinisation et la reproduction des invertébrés et oiseaux nichant au sol.
Si le débroussaillage agit bien comme un rempart à la propagation des incendies, faire un parallèle entre un fauchage tardif et les feux de forêt est trompeur… d’autant plus qu’il s’appuie ici sur une fausse image.
Une image choc générée par IA
En effet, cette photo choc n’est pas authentique. Le détecteur d’images générées par intelligence artificielle d’OpenIA détecte un filigrane SynthID, c’est-à-dire que l’image a été créée à partir de ses outils. Forensic d’InVID-WeVerify repère également des anomalies dans cette image.
Par ailleurs, des éléments sur le panneau peuvent alerter sur la supercherie. L’annonce « Débroussaillage, tardif pour une faune et une flore préservée » présente des problèmes de formulation et d’accord. La virgule devrait être placée après « tardif » et il faudrait écrire « préservées ». De plus, le terme « fauchage » est davantage utilisé lorsque le débroussaillement est tardif plutôt que celui de « débroussaillage ».
Cette image s’inscrit dans le flot d’images fausses ou décontextualisées qui ont circulé avec les feux en Gironde (ici et ici) et mettant notamment en scène des animaux (ici), dont plusieurs ont été traitées par Les Surligneurs.
Une opération de débroussaillement dans l’actualité
Elle a émergé le 1er août 2026 sur les réseaux sociaux, quelques jours après le départ de l’incendie à Saumos, le 22 juillet. Un débroussaillement est justement évoqué comme ayant pu être à son origine. Cependant, le déclenchement du feu par une étincelle produite par le passage d’une broyeuse pour le compte d’Enedis est « l’hypothèse privilégiée », d’après le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul. Une enquête préliminaire est en cours.
Le 4 août, alors que des enquêteurs se sont rendus sur place, au kilomètre zéro, Sud Ouest informe que « la thèse d’un départ de feu accidentel, lié à des travaux forestiers autorisés, reste privilégiée ».
Ce débroussaillement à la broyeuse, qui pourrait être à l’origine des mégafeux, est-il à mettre dans le même panier que les « fauchage[s] tardif[s] » décriés par les publications ?
« Ce n’est pas le débroussaillement tardif qui est problématique, c’est celui qui n’est pas fait. Il faut s’attacher à ce que ce soit fait avant les périodes à risque », explique Christophe Chantepy, expert en Défense des forêts contre les incendies (DFCI) pour l’Office national des forêts (ONF). Il s’agit d’éviter aussi bien un départ accidentel de feu à cause d’une étincelle que la propagation de l’incendie à cause des zones non débroussaillées.
« La règle, c’est que ce soit fait avant que la saison à risque soit présente, classiquement, les mois de juillet et août qui, de plus en plus, commence à grignoter sur le mois de juin [avec le réchauffement climatique], développe-t-il. Un fauchage tardif repoussé avant la saison feu de forêt n’est pas gênant. »
Pour le spécialiste, il n’est pas juste de pointer comme responsable des feux de forêt, le fauchage tardif. D’autant que « le débroussaillement en été n’est pas complètement interdit », précise Christophe Chantepy. « Il est souvent déconseillé et il devient interdit quand, localement sur une période donnée, le préfet en interdit l’usage. »
Le fauchage tardif, entre intérêt et risque
Comme suggéré par les internautes, cette pratique a une visée écologique. « Dans bon nombre de communes, le souhait de prendre en compte la biodiversité amène à repousser les périodes de fauchage, poursuit Christophe Chantepy, notamment des accotements de voiries dont elles ont la charge, à la fin de printemps, au début d’été ou certaines fois au mois d’août pour pouvoir conserver sur les bords de route une végétation un petit peu haute est plus accueillante, notamment pour les insectes ou d’autres types de faune. »
Le fauchage tardif peut même avoir un intérêt dans la lutte contre les incendies, lorsqu’il concerne le débroussaillement au sol notamment, ce qui est principalement le cas de part et d’autre d’une route (comme sur l’image générée par IA). « Il vaut mieux avoir un fauchage tardif au mois de juin plutôt qu’un fauchage trop précoce pendant l’hiver, pour ne pas avoir à revenir derrière, car la végétation a bien repoussé depuis, développe l’expert de l’ONF. La pousse de la végétation a surtout lieu au début du printemps et les espaces auront repoussé l’été venu. Donc, le fauchage des bords de route, notamment au mois de juin, c’est une bonne chose. »
Cependant, cette pratique peut comporter des risques : à force d’avoir trop repoussé, on peut se retrouver dans une période d’interdiction de débroussaillement du fait des conditions de sècheresse. Décaler à juillet, août ou l’automne est problématique, juge Christophe Chantepy. « On aura des bords de route qui pourraient être ‘accueillants’ pour un mégot et donc participer à l’éclosion d’un départ de feu, parce que mal débroussaillé ». Il est donc nécessaire d’anticiper ces travaux.
Les débroussaillements, nécessaires et obligatoires
En France, 52 départements sont concernés par des obligations légales de débroussaillement (OLD), en application du Code forestier. Dans ces départements, certains massifs sont classés comme étant particulièrement exposés au risque feu de forêt, par arrêté ministériel, et une zone tampon de 200 m leur est associée. Au total, 7 500 communes sont concernées et il est possible de consulter les zones en question sur une carte IGN en ligne via le Géoportail. Les constructions et voiries se trouvant dans ce périmètre sont soumises aux OLD et doivent respectivement être débroussaillées sur 50 m de profondeur et jusqu’à 20 m.
En 2025, 90 % des maisons touchées se trouvaient sur des terrains non débroussaillés, d’après les chiffres de l’ONF et de Géorisques. Près de 190 constructions ont été sévèrement endommagées ou entièrement détruites majoritairement dans le sud de la France, complète l’ONF.
« Débroussailler les abords de son habitation, c’est créer une ceinture de sécurité en cas de feu de forêt », est-il souligné sur le site de Géorisques. Concrètement, l’objectif est de « réduire l’intensité d’un incendie en limitant la quantité de combustible disponible » et de « ralentir la progression du feu en créant des discontinuités dans la végétation ».
Il est ainsi recommandé de couper la partie herbacée et les buissons ainsi que de mettre à distance les arbres entre eux et de les élaguer sur 2 m de haut, sans oublier le nettoyage après chaque opération d’entretien. « On a encore un fossé énorme pour avoir des OLD appliquées un peu partout, observe Christophe Chantepy. Pour autant, on sent quand même une pente ascendante dans la prise de conscience et la réalisation effective sur le terrain. »
Plus largement, Les Vérificateurs de TF1 sont venus contrecarrer d’autres allégations selon lesquelles les règles de débroussaillement favoriseraient la biodiversité au détriment de la prévention des incendies.
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
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Présidentielle : Glucksmann, Philippe et Attal visés par des campagnes d’ingérence russes

Source :Compte X, 30 juillet 2026
Etiqe :déstabilisation
Contenu :
Gabriel Attal atteint de la maladie de Parkinson et à la tête d’un « empire de la drogue » ? C’est ce qu’à tenté de faire croire une campagne de désinformation en ligne visant le candidat à la présidentielle ces derniers jours. Selon son entourage, interrogé par l’AFP, c’est le Secrétariat général à la défense et à la Sécurité nationale (SGDSN), et plus particulièrement la cellule spécialiste des ingérences étrangères, Viginum, qui a détecté, ces tentatives, dont la piste remonte jusqu’en Russie.
Ces attaques interviennent quelques jours après celles qui ont visé ses opposants politiques, Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe. Ces campagnes lancées en grande majorité sur le réseau social, X, usurpent l’identité de médias français comme BFM TV, RFI ou Le Parisien pour faire passer des histoires embarrassantes… et fausses.
Une campagne peu crédible
Les candidats, déjà déclarés ou largement pressentis, à l’élection présidentielle de 2027 ont été touchés par plusieurs histoires différentes entre le 22 juillet et le 4 août, que Viginum confirme aux Surligneurs.
Pour les trois politiques, le procédé était le même : de faux reportages usurpant l’identité de plusieurs médias, dont BFM TV pour Edouard Philippe, Blast pour Raphaël Glucksmann, et plusieurs unes de journaux pour Gabriel Attal.
À chaque fois, un narratif différent a pour but de desservir le candidat à la présidentielle : Edouard Philippe serait atteint de démence, Léa Salamé tenterait de « soudoyer les médias » pour faire élire son compagnon Raphaël Glucksmann, et Gabriel Attal serait à la tête d’un empire de la drogue légué par son père.
Certains narratifs allant même jusqu’à usurper l’identité de personnalités médiatiques comme Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, incarné par une grossière voix générée par intelligence artificielle, et qui assure avoir reçu un mail de Léa Salamé, qu’il accuse de « propagande rémunérée ». L’image de Salomé Saqué et Christophe David, journalistes de Blast, est aussi utilisée pour parfaire l’illusion.
Storm-1516, un mode opératoire russe
Viginum impute chacun de ces exemples au mode opératoire Storm-1516, faisant de la Russie la responsable probable de ces attaques.
Le principe est simple : ces contenus sont d’abord publiés sur des comptes « jetables », qui vont être rapidement repérés et supprimés par les services de modération. Les fausses informations vont être entre-temps reprises par des sites d’actualité tiers, peu fiables, mais dont les articles vont être cités sur les réseaux sociaux par des internautes malhonnêtes ou simplement inattentifs.
Les Surligneurs ont eu affaire à ce mode opératoire à de multiples reprises. Très récemment, Viginum l’avait identifié derrière une vidéo où trois hommes se présentant comme des soldats du Hezbollah menaçaient de commettre des actes terroristes à Paris le 14 juillet. Quelques mois plus tôt, un faux site de la même galaxie avait tenté de lier Emmanuel Macron aux révélations de l’affaire Epstein.
Soutien politique unanime
En réponse à ces dernières attaques, Jean-Luc Mélenchon, autre candidat à la présidentielle, a appelé à la création d’un « Front Commun des candidats contre les ingérences déstabilisant la campagne présidentielle ». Il a notamment rappelé que la France insoumise avait été visée lors des dernières municipales par une ingérence étrangère visant plusieurs de ses candidats, dont Sébastien Delogu et François Piquemal.
Libération, en partenariat avec le quotidien israélien Haaretz, était parvenu à remonter à la source de cette campagne de désinformation : l’entité israélienne BlackCore, spécialiste des campagnes d’influence en ligne.
À huit mois de l’élection présidentielle et face à la multiplication de ces attaques, le Premier ministre Sébastien Lecornu se félicite de la mise en place d’un « dispositif de détection » et de transmission automatique de ces cas d’ingérence en ligne, ayant permis de repérer facilement les trois dernières campagnes. Il assure qu’un projet de loi a déjà été présenté en Conseil des ministres pour endiguer ce phénomène, et que Matignon relancera dès la rentrée ce travail « avec l’ensemble des formations politiques ».
Auteurs :
Auteur : Clément François, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste
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Attention à cette vidéo sortie de son contexte qui montrerait une arrestation de trafiquant de drogue en Argentine

Source :Compte Facebook, 2 août 2026
Etiqe :Faux
Contenu :
Une journée ensoleillée à la plage qui se transforme en arrestation spectaculaire : voilà le récit qui accompagne une vidéo diffusée par des internautes sur les réseaux sociaux. Selon eux, les images montreraient un « criminel recherché pour trafic de stupéfiants » qui aurait été « arrêté sans résistance » par les forces spéciales sur une plage argentine, alors qu’il se trouvait avec ses enfants.
Sur la vidéo, un homme, les pieds dans l’eau sur une plage fréquentée, sort une arme de son maillot de bain et la braque sur une autre personne, que l’on ne distingue pas entièrement, avant de se retirer.
Si la vidéo est authentique, l’histoire est tout autre que celle racontée par les internautes. Il ne s’agit pas d’un terrible baron de la drogue, comme l’affirment les publications, et l’altercation a eu lieu au Brésil, et non en Argentine. Enfin, la scène n’a donné lieu à aucune interpellation.
Une plage au Brésil
Une rapide recherche par image inversée montre que la séquence commence à circuler en ligne à partir du 21 juillet. Elle conduit également à une version plus longue de la vidéo.
Cette séquence étendue apporte un premier élément décisif. Elle permet de mieux distinguer le second protagoniste, vêtu de jaune fluorescent : il s’agit d’un kitesurfeur. On comprend également que la dispute entre les deux hommes a commencé plus près du rivage.
Même si leurs paroles restent difficiles à entendre, les gestes sont plus explicites. L’homme armé paraît le plus agressif physiquement : c’est lui qui porte le premier coup, avant de sortir son pistolet. À la fin de l’enregistrement, il retourne sur le sable et rejoint un enfant ainsi qu’une femme. Par ses gestes en direction d’un autre homme, il semble ensuite chercher à rassurer les vacanciers présents.
À ce stade, les images contredisent déjà le récit d’une arrestation menée par des forces spéciales : on ne voit aucune interpellation. Reste toutefois à déterminer précisément le lieu et l’identité des personnes impliquées.
La description accompagnant la même séquence, publiée par un autre internaute, fournit une nouvelle piste et remet en cause la version diffusée par d’autres usagers des réseaux sociaux. « Des moments de tension ont été observés à la plage d’Arubinha, à Arraial do Cabo, à la suite d’une dispute entre deux hommes », affirme-t-il. Or, cette plage ne se trouve pas en Argentine, mais bien au Brésil.
Un policier en civil
Un deuxième indice se trouve dans l’enregistrement sonore. Les personnes présentes parlent portugais, ce qui renforce la piste brésilienne. En Argentine, la langue majoritairement parlée est l’espagnol, tandis que le Brésil est lusophone.
Une vidéo publiée sur Google par un vacancier à proximité de la plage d’Arubinha, à Arraial do Cabo, vient conforter cette localisation. On y reconnaît notamment des arbres semblables à ceux visibles près du rivage au moment de l’altercation. Les indices géographiques et linguistiques convergent donc : la scène n’a pas été filmée en Argentine, mais bien au Brésil, sur la plage d’Arubinha.
Un article du portail d’information brésilien G1 Globo apporte des précisions sur les circonstances de l’incident.
La journaliste Loara Ramos, autrice de l’article, rapporte qu’une altercation a opposé un policier en civil à un kitesurfeur le mardi 21 juillet, sur la plage d’Arubinha. Le policier aurait estimé que sa famille était en danger, car un groupe de kitesurfeurs évoluait trop près du bord. C’est dans ce contexte qu’il aurait sorti son arme.
« La police civile a indiqué que toutes les personnes impliquées ont été identifiées et sont actuellement interrogées. L’affaire est instruite par le commissariat n° 132 », précise également l’article.
En définitive, la vidéo ne montre ni un trafiquant de drogue recherché ni une tentative de meurtre suivie d’une arrestation par les forces spéciales : elle documente une altercation survenue au Brésil entre un kitesurfeur et un policier en civil, dont le comportement fait l’objet d’une enquête.
Auteurs :
Auteur : Antoine Mauvy, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Antoine Mauvy, journaliste
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Pinterest dévoile les tendances mode de la saison des festivals 2026
Ce qu'il faut retenir :
- Les recherches « tenues de festival été » ont augmenté de +400 % sur Pinterest, signe que les festivaliers préparent leurs looks bien avant les premiers concerts.
- Six grandes tendances se dégagent : maximalisme tropical, style pirate, indie sans effort, pop Y2K, transparence euphorique et esthétique « grand drama ».
- Pinterest lance un partenariat inédit avec Le Touquet Music Beach Festival, avec un tableau dédié pour planifier ses tenues, ainsi que des contenus exclusifs et des challenges créatifs sur place.
- L'esthétique « showgirl » explose littéralement, avec une hausse de +945 % des recherches associées.
Du maximalisme tropical au style pirate
La tendance qui écrase toutes les autres, c'est le maximalisme tropical. Plumes, franges et paillettes dorées s'y mêlent dans une ambiance de carnaval, portée notamment par l'explosion des recherches « esthétique showgirl » (+945 %). On y retrouve aussi les tenues « tropicoqueta » (+105 %) et les robes à franges dorées (+30 %).
À l'opposé, le style piratecore mise sur le récup et l'imperfection assumée : ceintures superposées, suédine usée et maquillage légèrement baveux. Les recherches de maquillage yeux pirate grimpent de +330 %, tandis que les mini-jupes en suédine progressent de +195 %.
Indie, pop et transparence : trois façons différentes de vibrer
Le style indie sans effort séduit les nostalgiques de l'esthétique rock des années 2000 : t-shirts de groupes chinés, chemises en flanelle usées et allure décontractée mais pointue. Les recherches de tenues rock années 2000 et d'outfits shoegaze progressent chacune de +60 %.
À l'inverse, la tendance pop Y2K joue la carte de l'excès assumé, avec des jeans aérographés (+75 %) et l'esthétique « Frutiger Aero » (+40 %), qui mélange brillance techno et maximalisme pop.
Autre ambiance avec la tendance « sheer euphoria » : organza transparent et soies oversize pour des looks doux et émotionnels, pensés pour les moments de complicité entre amis sur le dancefloor. Les jupes transparentes street style et les chemises en organza progressent toutes deux de +60 %.
Le grand drama, ultime tendance de la saison
Dernière esthétique repérée par Pinterest : le grand drama, où l'exagération devient la règle. Chaussures dépareillées, maquillage contrasté et superpositions audacieuses composent des looks pensés comme de véritables costumes. Les recherches de tenues dépareillées bondissent de +75 %, celles de maquillage dramatique des yeux de +45 %.
L’article "Pinterest dévoile les tendances mode de la saison des festivals 2026" a été publié sur le site Abondance.
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« Bon sang, le lecteur a les droits admin ? » : OpenAI révèle le forum secret que ses agents ont créé avant de pirater Hugging Face

Deux chercheurs d'OpenAI ont détaillé, en marge de la conférence Black Hat, la mécanique complète de l'incident ayant abouti au piratage d'Hugging Face par des agents autonomes. Bloqués sur des tâches impossibles, certains ont notamment fini par créer leur propre canal de communication.
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Flora Tristan, la révolutionnaire qui dénonçait déjà la pollution industrielle au XIXe siècle
[Ces précurseuses écolos et féministes 4/5] Critique du progrès industriel et pionnière du socialisme, Flora Tristan aura passé sa vie à tenter d'améliorer le sort des ouvriers et la condition des femmes.
Lire la suite - Idée / Féminisme , Idées
Nous sommes en 1830 à Londres. Un brouillard — le fameux « smog » — flotte sur la ville, et les cheminées des usines crachent une épaisse fumée. L'Angleterre achève sa révolution industrielle, et le charbon coule à flots dans les veines de la capitale britannique.
Carnet à la main, une (…) -
« Nous développons des modèles de télépathie » : cette chercheuse a quitté OpenAI pour communiquer avec l’IA par la pensée

Naomi Bashkansky a quitté OpenAI pour rejoindre Conduit, une startup qui veut convertir l’activité cérébrale en instructions pour des agents d’IA comme Codex. Son pari : remplacer un jour les prompts par un simple bandeau neuronal.
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L’économie réelle de l’intelligence artificielle
L’économie de l’IA générative se caractérise par une tension entre l’explosion des usages et la concentration des capacités de production stratégiques. Une analyse de Thomas Renault issue du dernier numéro de L’Economie politique. -
Trump’s Gaza Board of Peace issues first building contract – for a military base
Exclusive: Louisiana firm awarded tender to build rudimentary outpost to house Moroccan troops
Donald Trump’s Board of Peace, which was set up in January to oversee the reconstruction of Gaza, has finally issued its first construction contract in the devastated territory: a project to build a rudimentary 150-person military outpost to house Moroccan troops, a source familiar with the matter told the Guardian.
The contract, which has not yet been finalised, was awarded to Arkel International, a Louisiana-based firm that has previously carried out work with the US government in countries such as Iraq.
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Soirée de soutien aux prisonniers politiques marocains et de la GenZ 212 - 6 août à 18h à l'Amicale du futur
Jeudi 6 août 2026, rendez-vous à l'Amicale du futur ( (31 rue Sébastien Gryphe-Lyon 07))de 18h à minuit pour un bar de soutien aux prisonniers de la gen z et prisonniers politiques marocains.
Au programme :
DJ set
Distro
Bar/Snack💫 Faites tourner sans hésiter ! 🫶
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Des aborigènes ont récupéré 33 000 hectares de zones humides pour les régénérer
« Le Grand Cumbung n’est pas seulement une terre – comme son frère de l’autre côté de la rivière Gayini, il est unique. C’est un pays porteur d’une profonde signification culturelle et écologique pour notre communauté. Assurer son avenir signifie que nous pouvons restaurer et protéger ce paysage extraordinaire pour les générations à venir », a déclaré Jamie Woods, Président du Conseil tribal Nari Nari
Cet article Des aborigènes ont récupéré 33 000 hectares de zones humides pour les régénérer est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
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Cash is king: Washington Republicans bankroll midterms as National Democrat coffers are in the red
On the heels of President Donald Trump's Tuesday fundraiser in Los Angeles, and with the November midterms less than 100 days away, Washington Republicans hold a commanding financial edge over Washington Democrats that could prove decisive in key races for control of Congress. -
Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3) | Élodie Safaris
C'est un emballement médiatique qui cristallise quelques-uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l'antisémitisme et la liberté d'expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s'est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique Source: Arrêt sur images -
ACLU blasts Trump’s new orders on birthright citizenship, saying they are doomed to fail in court– as it happened
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One quick note on the contempt resolution: Senator Rand Paul may try to send it straight to the Department of Justice, since advancing it in the Senate would require 60 votes. Republicans hold just 53 seats, making it almost certain to fall short of that threshold.
Republicans on a Senate committee voted to hold Anthony Fauci in contempt of Congress on Thursday. This comes after a bitter hearing last week, where the retired public health official invoked the fifth amendment for fear of self-incrimination and possible prosecution by Republican lawmakers on the homeland security and governmental affairs committee – who have routinely vilified Fauci for his handling of the Covid-19 response.
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Quand la SNCF spécule sur les billets de train pendant les incendies
Bienvenue dans l'univers impitoyable de la «tarification dynamique» et du «yield management» à la SNCF privatisée.
L’article Quand la SNCF spécule sur les billets de train pendant les incendies est apparu en premier sur Contre Attaque.
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Exclusive: Major Republican fundraiser winning contracts from Trump administration, emails reveal
Palmer Luckey has donated $5.9m to Republicans and bundled more, while reaping billions in Pentagon contracts
Wealthy Republicans on the west coast received an emailed invitation in July to an upcoming fundraiser titled “Keep the Senate”. The email, obtained by the Guardian, described the event as a “private roundtable and dinner with the National Republican Senatorial Committee” where donors can pledge $50,000 for seats at the head table, and mingle with legislative heavy hitters from Capitol Hill including the Senator majority leader, John Thune, and Mike Rogers, who is running for Senate in Michigan with Donald Trump’s endorsement.
One of the organizers listed on the invite was the defense industry tycoon Palmer Luckey, the 33-year-old co-founder of sprawling weapons manufacturer Anduril Industries.
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Eight days of fury: Paper trail exposes FBI bid to probe Trump as Russian asset for firing Comey
The latest declassified documents relating to the FBI's politically motivated investigations into President Donald Trump revealed that the Bureau secretly investigated Trump for alleged ties to Russia over his firing of then-FBI Director James Comey. As Just the News' John Solomon reported Wednesday, the electronic communication opening the probe was sent on May 16, 2017 – a mere week after Trump fired Comey. The FBI knew that the firing had nothing to do with Russia, yet investigated the sitting president anyway. -
Corse: le FLNC-UC menace les non-Corses venant vivre sur l’île, l’antiterrorisme saisi
Le Front de libération nationale corse-Union des combattants estime que le processus qui vise à donner une autonomie à l’île, approuvé le 23 juin par l’Assemblée, est une «mascarade», et dénonce «l’arrivée massive de près de 5 000 étrangers, dont une grande majorité de Français» chaque année. -
Taxis autonomes à Londres : Première étape pour Uber et Wayve, qui obtiennent l’autorisation de proposer des trajets avec chauffeur de sécurité
L’arrivée de taxis autonomes à Londres se précise. Uber et Wayve, qui planchent sur un service de taxis autonomes dans la capitale britannique dans les prochains mois, ont annoncé le 5 août avoir obtenu l’autorisation de l’organisme responsable des transports en commun Transport for London (TfL) leur permettant de disposer de licences de VTC.
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Des milliers de places d’hébergement d’urgence menacées à Paris pour des raisons budgétaires
Au cœur de l’été, l’État a prévenu les associations parisiennes gérant l’hébergement d’urgence d’une baisse, allant jusqu’à 10%, de leurs financements. Elles sont inquiètes pour les publics vulnérables et des mises à la rue à venir. -
Intimidations, faux PV, prison: les rouages de la répression de la GenZ marocaine
Alors qu’ils réclamaient pacifiquement la fin de la corruption, un meilleur système de santé et d’éducation, les jeunes du mouvement GenZ 212 ont été confrontés à la police, d’une «brutalité excessive»," "selon une organisation des droits humains. «Mediapart» revient sur le destin de trois jeunes. -
Racisme au travail : ces violences qui abîment la santé mentale
Au printemps, l'Institut d'études et d'actions citoyennes (IEAC) organisait un colloque consacré aux discriminations raciales au travail et à leurs conséquences sur la santé mentale. Professionnel·les de santé mentale, juristes, représentant·es syndicaux et salarié·es se sont retrouvés pour mieux reconnaître et combattre ces violences.
The post Racisme au travail : ces violences qui abîment la santé mentale appeared first on Bondy Blog.
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«Si c’est pour qu’il naisse sur une planète en guerre et en feu, ce n’est pas la peine» : elles voulaient un enfant, mais leur vie a basculé cet été
Canicules, incendies, sécheresses… Pour ces Français·es, l’été 2026 marque un tournant dans leur réflexion sur la parentalité. © Aurore Chapon
Canicules, incendies et sécheresse : face à un climat qui s’emballe, l’avenir des Français bascule
Désir d’enfants, déménagement, changement de carrière ou de vie… Vert a recueilli des centaines de témoignages de personnes dont l’avenir a été percuté par cet été infernal. Découvrez leur histoire dans notre série en quatre volets intitulée «2026, l’été de la bascule».
Retrouvez tous les épisodes de notre série d’été en cliquant ici.Ce 8 juin 2026, Mathilde* a probablement pris l’une des décisions les plus radicales de sa vie : renoncer à sa fertilité. Atteinte d’un cancer du sein diagnostiqué trois mois plus tôt, cette jeune femme de 32 ans s’apprête à commencer une hormonothérapie susceptible de compromettre sérieusement ses chances d’avoir un enfant. Les soignant·es lui proposent de faire congeler ses ovocytes. Elle refuse.
«Dans ma chambre d’hôpital, il faisait 35 ou 36 degrés. La fenêtre était recouverte d’une couverture de survie et je venais d’apprendre la réintroduction de pesticides interdits, raconte-t-elle à Vert. J’ai compris que les prochaines années allaient être un défi, et je me suis dit : à quoi bon faire un enfant dans ce monde ?» Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire machine arrière, explique Mathilde. Si elle a dû choisir dans l’urgence, elle l’assure : «Je ne regrette pas mon choix».
En mai, juin puis juillet, quatre canicules successives ont accablé la France hexagonale, et mis les corps, les esprits et la société tout entière à rude épreuve. Pour beaucoup de Français·es, l’été 2026 a fait du changement climatique une réalité brutale. Un «choc» qui, chez certain·es, a fait vaciller leur désir d’enfant – jusqu’au renoncement.
«Si je fais des enfants, qu’est-ce qu’ils vont boire ?»
Emma* fait partie de celles et ceux qui doutent encore. Les vagues de chaleur successives et la «dépression» dans laquelle elles l’ont plongée ont profondément ébranlé les certitudes de cette Iséroise de 31 ans. La canicule de juin «m’a fait entrer dans une spirale très noire», confie-t-elle. «Pour la première fois, j’ai eu un aperçu concret de l’avenir. Les oiseaux ne chantaient plus dehors, les tomates de mon potager ont arrêté de pousser, les pollinisateurs avaient disparu. J’étais en état de sidération totale», confie-t-elle.
Est-il souhaitable de mettre au monde un enfant dans ces conditions ? «J’y pense tout le temps : si j’en fais, qu’est-ce qu’ils vont boire ? Qu’est-ce qu’ils vont manger ? Dans quel contexte vais-je les élever ? Je n’ai pas de réponse. Mais ça me travaille.»
Quand Emma hésite encore, d’autres estiment avoir arrêté leur choix. À quelques centaines de kilomètres plus au nord, Émilie*, ingénieure agronome de 25 ans, l’affirme : «Je n’aurai pas d’enfant.» Avec son compagnon, elle vit sous les combles d’un immeuble mal isolé à Mantes-la-Ville, dans les Yvelines. Les trois vagues de chaleur de l’été ont transformé son appartement en étuve et achevé de dissiper les derniers doutes de la jeune femme.
«Avant cet été, je réfléchissais déjà à faire une ligature des trompes [méthode de stérilisation définitive, NDLR], mais j’hésitais encore parce qu’une partie de moi voulait croire en l’avenir. Ça y est, j’ai perdu toute forme d’espoir», rapporte-t-elle. Dans deux ans, son implant contraceptif arrivera à son terme. Cette fois, elle le jure : «Il n’y aura pas de nouveau moyen de contraception réversible après.»
Une inquiétude déjà mesurée par les démographes
Ne pas vouloir d’enfant dans «un monde qui brûle» n’est pas un phénomène nouveau. Les témoignages recueillis par Vert illustrent un constat déjà établi par les démographes : l’inquiétude face à l’avenir peut peser sur le nombre d’enfants désiré.
En 2024, l’Institut national d’études démographiques (Ined) a interrogé 12 800 personnes vivant en France hexagonale. Dans une étude publiée en 2025, ses chercheur·ses constataient que les Françaises et Français souhaitaient moins d’enfants qu’auparavant, notamment en raison de leurs «craintes» pour le futur. «Les personnes très inquiètes pour l’avenir des générations futures souhaitent en moyenne 0,11 enfant de moins que les autres», écrivaient les auteur·ices.
Cet écart pourrait-il encore augmenter après cet été ? Pour le sociologue Milan Bouchet-Valat, co-auteur de l’étude, ce n’est pas à écarter : «De manière générale, on peut penser que les épisodes climatiques extrêmes tels que les canicules renforcent cet effet», explique-t-il à Vert.
«Je regrette d’avoir fait un enfant dans ce monde»
Subir ces canicules brutales à répétition, «c’est se rendre compte qu’on est dans un train lancé à pleine vitesse, qu’il y a un mur devant et que personne n’actionne le frein», résume Émilie. «Je ne veux pas avoir la responsabilité de mettre au monde une personne qui aura à vivre dans ce monde-là. Je ne veux pas d’un enfant qui connaîtra des étés à 50 degrés, la violence du système capitaliste, et qui verra que les responsables politiques n’écoutent rien, poursuit-elle. Je pense que cet enfant serait malheureux.»
Son témoignage résonne avec ceux de Léa* et Thomas*. La première a 30 ans et vit à Orléans (Loiret). Le second travaille comme comptable près de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Tous deux ont déjà un enfant. Et tous deux affirment que, si leur décision avait dû être prise après cet été, ils auraient peut-être renoncé à devenir parents.
«Je regrette d’avoir fait un enfant dans ce monde, confie Thomas. J’aime ma fille, mais j’ai peur pour son avenir. Je suis désormais certain que je ne ferai pas de deuxième enfant. Si c’est pour qu’il naisse sur une planète en guerre et en feu, ce n’est pas la peine.»
Léa abonde : «J’ai eu une grossesse formidable. J’ai un bébé formidable. Et j’adorerais en avoir un deuxième. Mais pourquoi mettre une personne supplémentaire sur cette Terre, alors que celle-ci ne va pas bien ? Ça fait déjà des mois que je me dis ça. L’été 2026 m’a confortée dans cette décision-là. À regret, je m’empêcherai d’avoir un autre enfant.»
«Il faudrait un changement profond de système»
Nous avons posé cette même question à Emma, Thomas, Émilie et Léa : qu’est-ce qui pourrait encore vous faire changer d’avis ? «Une bonne grosse révolution», répond cette dernière. Il faudrait, énumère-t-elle, «qu’on plante davantage d’arbres, que la société soit vraiment écoutée, qu’on mette la santé, les personnes âgées et les enfants au cœur de nos priorités».
Émilie aussi aurait besoin d’«un changement profond de système». «Emmanuel Macron appelle au réarmement démographique. Ça montre sa déconnexion profonde avec la réalité. Car c’est en partie de sa faute si je ne peux pas faire d’enfant», blâme-t-elle.
Pour Emma, l’espoir d’un sursaut politique n’a pas totalement disparu. Son choix pourrait notamment dépendre du résultat de l’élection présidentielle de 2027. «Si c’est La France insoumise ou Les Écologistes au pouvoir, je pourrais revoir ma décision. C’est la seule chose à laquelle je me raccroche maintenant», confie-t-elle.
Et d’asséner : «Si je prenais la décision définitive de ne pas faire d’enfant, ce serait vraiment par contrainte. Et je tiendrais pour responsable une partie de nos responsables politiques actuels. Ce sont eux qui ne prennent pas en compte les enjeux écologiques, qui continuent à spéculer et polluer sans limite, pendant que, nous, on remet en question notre avenir».
*Le prénom a été modifié.

