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Appel international à l'action et solidarité
Défendons les maisons squattées - logement digne pour tout le monde ! Gisi reste !
Cher.ères ami.e.s, cher.ères camarades.
On a besoin de votre aide et solidarité.
Le plus ancien squat de Winterthur (et probablement de la suisse) est menacé d'évacuation imminente à partir du premier août. La Gisi, située à la rue General-Guisan 31, était squattée en janvier 1997 et est restée depuis un logement pour beaucoup de gens avec peu d'argent, un point de rencontre et un lieu culturel non-commercial.
Pendant les dernières années nous - la Häuservernetzung Winterthur et le mouvement de gauche de la ville- avons tout.e.s essayé.e.s d'empêcher cette évacuation et de sauver ce lieu de sa destruction.
Mais la propriétaire, la SKKG - une fondation d'art et immobilière très riche - veut rénover la maison pour cinq millions. Comme pour toutes les maisons en leur possession iels en veulent extraire le plus de profit possible. Comme ça iels causent que les riches s'approprient même le dernier coin du centre-ville
La SKKG est propriétaire de plus de 2200 appartements en Suisse et est responsable de l'expulsion des pauvres ici et ailleurs en renovant ou démolissant ses maisons. Ces maisons qui étaient souvent laissées crouler pour des des décennies. Les habitant.e.s, squatteur.euses ou locataires on dû les maintenir eux-mêmes. Et maintenant la fondation veut en extraire encore plus de profits avec des démolitions et rénovations de luxe.
Cette politique cause l'expulsion des travailleur.euses et pauvres de la ville. Nous luttons contre ça et défendons la Gisi au coeur de la vielle-ville de Winterthur.
Venez nous voir, aidez nous a mobiliser contre l'éxpulsion violente de la Gisi. Faites ce que vous voulez pour montrer votre soutien.
Si vous savez pas comment nous soutenir voici quelques idées :
Organisez des actions politiques ; peignez des murs, suspendez des banderoles, organisez des manifestations. Créez des affiches ou autocollants, écrivez des articles et des chansons et des lettres aux responsables de la SKKG (b.stefanini@skkg.ch, claudia.siegle@terresta.ch) ou la ville (sekretariat.dpr@win.ch).
Restez en contact avec nous ! Il y aura une mobilisation contre l'évacuation en août. Venez à Winterthur et participez a cette lutte sociale. S'iels réussiront de nous expulser, il y aura une manif le samedi suivant.
Nous savons que la destruction de logement abordable et des espaces autogérés est un problème global. Nous sommes nombreux, les profiteur.euses peu. Construisons la solidarité et démantelons le capitalisme !
Love and rage
Häuservernetzung Winterthur3.8.2026
wohnraumverteidigen.org
Telegram : t.me/gisibleibtPs. Envoyez des images et restez en contact. Informations actuelles sur notre chaîne telegram
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1793 aura-t-il lieu ?
En proposant de commenter la fameuse Constitution de 1793 qui a tant parlé aux Gilets jaunes, le GRC (Groupe Révolutionnaire Charlatan) propose ici d'explorer le décalage entre le caractère destituant des moments insurrectionnels et révolutionnaires et leur conversionen une forme constituante. Pour le dire autrement, le tiraillement historique entre la volonté d'abolir les fondements même du pouvoir et la captation de ce désir par ce qu'il reste de ses formes squelettiques.
Ce texte propose de prolonger la réflexion et l'élaboration engagées dans Vers une politique de la destitution. Il s'inscrit également dans la continuité des pistes ouvertes dans la trilogie Interrègne parue dans lundimatin [1].
« Anéantissez donc à jamais tout ce qui peut détruire un jour votre ouvrage ; songez que le fruit de vos travaux n'étant réservé qu'à nos neveux, il est de votre devoir, de votre probité, de ne leur laisser aucun de ces germes dangereux qui pourraient les replonger dans le chaos dont nous avons tant de peine à sortir ; déjà nos préjugés se dissipent, déjà le peuple abjure les absurdités catholiques, il a déjà supprimé les temples, il a culbuté les idoles, il est convenu que le mariage n'était plus qu'un acte civil. Les confessionnaux brisés servent aux foyers publics, les prétendus fidèles, désertant le banquet apostolique, laissent les dieux de farine aux souris. […] Encore un effort, puisque vous travaillez à détruire tous les préjugés, n'en laissez subsister aucun, s'il n'en faut qu'un seul pour les ramener tous ; combien devons-nous être plus certain de leur retour, si celui que vous laissez vivre est positivement le berceau de tous les autres ? »
Sade, La Philosophie dans le boudoir, tome II, 1795À Santiago comme à Paris
Chili, 25 octobre 2020. Après des mois de manifestations insurrectionnelles, le gouvernement concède un référendum en vue d'élire une assemblée constituante. Le vote a lieu les 15 et 16 mai 2021, et l'assemblée entre en action le 4 juillet pour une durée d'un an. Ce processus constituant vient en refermer un autre : le processus révolutionnaire, ouvert le 7 octobre 2019 quand des groupes de jeunes mécontents de la hausse du prix du ticket de métro avaient décidé de refuser de payer et de sauter les tourniquets collectivement. L'inventivité collective, la joie émeutière, la détermination de la Primera Línea et le sentiment d'avoir le ciel au bout des doigts laissent finalement place au sérieux protocolaire et au formalisme démocratique, et par deux fois, la constitution ainsi rédigée va être rejetée par référendum puis abandonnée. La suite est connue : la gauche remporte les élections de novembre-décembre 2021, avec un taux d'abstention qui avoisine 50%, et s'installe au pouvoir en mars 2022. Mais les lendemains déchantent et, en décembre 2025, un candidat d'extrême droite, fils de nazi, est élu à la tête du pays sur fond de hausse spectaculaire de la participation (+38% au premier tour et +29% au second). Une nouvelle fois, l'espoir d'une voie chilienne vers une société plus libre et égalitaire a été déçu. Une nouvelle fois, le parti de la contre-révolution est parvenu à refermer le processus révolutionnaire en lui imposant la temporalité et les formes institutionnelles du pouvoir démocratique : mirage référendaire, moment de communion électorale nationale, gouvernement de gauche, percée de l'extrême droite.
En France, l'insurrection chilienne a trouvé une forme de résonance dans le mouvement des Gilets jaunes. Ce n'était pas le prix du ticket de métro mais bien celui du carburant qui a mis le feu aux poudres et révélé les aspirations et le courage de centaines de milliers de personnes confrontées au coût grandissant de la vie et au mépris inébranlable des gouvernants, à la disqualification permanente dans la sphère médiatique et à la brutalisation extrême du maintien de l'ordre. Parmi les doléances du mouvement, on retrouvait celles, centrales, du Référendum d'Initiative Citoyenne et de la démission de Macron ; un changement de gouvernement et une participation augmentée et active des citoyens à la vie politique par voie référendaire. En l'absence d'autre chose à formuler, les révoltes commencent toujours par là. Mais les revendications du mouvement ne doivent pas occulter le fait que, plus qu'une opposition à une taxe ou un gouvernement en particulier, c'était un combat pour la dignité de la vie. Pour le dire autrement, ce que le mouvement a déclaré ne traduisait pas entièrement ce qu'il voulait. En l'absence d'un langage commun, les actes sont allés plus loin que la parole sans trouver le moyen d'exprimer leurs buts. À l'inverse des révolutions dites marxistes, qui avaient hérité du langage de leur siècle, bien que leur contenu ait pu être différent de ce que leur idéologie induisait – démocratie représentative, économie mixte, parlementarisme, justice fiscale, réforme agraire, etc. Il y a toujours un décalage entre les désirs exprimés et vécus, pendant l'insurrection, et ce qui se concrétise ensuite : cette ruse de la raison est le calvaire des révoltés et de leur émancipation échouée.
Il faut aussi reconnaître au mouvement des Gilets jaunes une puissance négative qui prit tout le monde de court en venant mettre en crise l'existant, et qui lui permit d'éprouver et de dépasser certaines formes institutionnelles sans s'y laisser figer : refus catégorique de la représentation et des chefs, refus de la séparation dans les temps de délibération et de décision, abolition du samedi en tant que jour comme les autres, suppression des usages aliénés de la route et du rond-point, refus de l'appartenance droite-gauche, dilution des assignations « identitaires » dans le Gilet jaune, désertion de l'atomisation sociale dans la mise en commun des pensées, des paroles et des repas, etc. Ainsi donc, rien ne permet d'affirmer que le mouvement aurait nécessairement pris une dimension constituante en cas de victoire – si tant est que ce mot ait encore un sens. Pas même ses références appuyées et obligées à la Révolution française, celle des manuels scolaires, qui a constitué le seul imaginaire commun et immédiatement accessible aux foules fluorescentes. Parmi tout l'arsenal de symboles et d'affects déployés, du bonnet phrygien et de la Marseillaise (qui a fini, par endroits, à se réduire au cri « Aux armes ! ») au sentiment d'appartenir au parti transhistorique des « petits », il y avait cette phrase : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoir. » Article 35 de la Constitution jamais appliquée de l'An I, promulguée le 4 août 1793, quatre ans jour pour jour après l'abolition des privilèges.
Tout ce qu'il y avait d'intéressant à dire au sujet du processus constituant chilien a déjà été dit. Quant aux usages et mésusages de « notre » constitution française, ils sont amplement commentés par la presse et la sphère médiatique. Il s'agit dès lors, simplement et avec modestie, de se livrer à quelques commentaires sur cette fameuse Constitution de 1793 qui a tant parlé aux Gilets jaunes, jusqu'à réactiver quelque chose de l'ordre de l'affect du sans-culotte, tiraillé entre devenir citoyen et devenir révolutionnaire ; entre intégration augmentée aux logiques du pouvoir républicain et destitution violente de ce qui le fonde.
Article 1. Le but de la société est le bonheur commun
La gauche dite radicale réunie autour du pôle insoumis se retrouve derrière la volonté de poser un geste constituant, signe d'une refonte formelle des termes du pouvoir. Il s'agit, pour le dire poliment, de faire entrer la République dans le XXIe siècle – ou plus précisément, dans ce que la gauche considère comme tel. L'ampleur de la « crise démocratique » révélée avec le mouvement des Gilets jaunes appelle une grande communion nationale, plus grande encore que l'appel des urnes présidentielles. Le geste constituant se dévoile alors comme une négation de la guerre sociale et civile larvée ; comme une manœuvre opérée depuis le pouvoir pour réunir un corps social non seulement en proie à la division, mais aussi conscient de celle-ci. Il faut donner l'impression au « peuple », entendu comme réservoir de souveraineté et de légitimité des institutions, qu'il possède encore sa souveraineté et que le pouvoir, qui s'exerce quotidiennement sur et contre lui, lui appartient toujours. Voilà l'opération d'identification à la Nation et à la République, nécessaire pour rendre le pays à nouveau gouvernable, que les promesses sociales de la gauche insoumise viennent occulter. C'est cette vérité qu'il nous faut dévoiler, cette logique de l'ennemi qu'il nous faut éviter, afin de nous assurer d'œuvrer pour une révolution sans pouvoir.
Il y avait quelque chose de singulier dans l'identification du mouvement des Gilets jaunes à 1789 et 1793, qui vient faire rupture avec le logiciel marxiste et ouvriériste du siècle passé, dont beaucoup de camarades peinent encore à faire le deuil – nous y reviendrons très brièvement. Les références à la Commune de Paris étaient plus que marginales, et celles à Mai 68 sûrement générationnelles. Les grandes figures de la Révolution française étaient d'ailleurs absentes des discours et des références du mouvement, preuve s'il en est d'une forme de cohérence et de clarté dans les principes de celles et ceux qui se sont constitués comme masse agissante. Parce qu'il n'y avait pas de place pour les chefs, il n'y avait pas plus de place pour Robespierre, si cher à la gauche insoumise, que pour Babeuf, si cher aux exégètes et autres entrepreneurs du contre-récit national – toujours si prompts à réhabiliter les vedettes de la tradition « progressiste » du pouvoir, des promesses étatistes et du socialisme des chefs. Qu'a représenté la Révolution française pour la masse agissante des Gilets jaunes ? Un soulèvement informe, un assaut vengeur contre les institutions en charge de la gestion de leur misère quotidienne, une volonté sans arrière-pensée politicienne, dont on amalgame les grands moments et les acteurs pour mieux en saisir la signification historique. Le langage du mouvement, aussi bien sa composante insurrectionnelle – qui assumait la violence politique – que sa masse de complices, tournait autour de l'insurrection comme droit inaliénable et devoir sacré ; comme légitime défense et comme assaut frontal contre la violence du pouvoir. Il y avait sans doute là quelque chose de l'ordre de la traduction, de la verbalisation des conditions subjectives, morales et même psychiques des partisans du mouvement. Un simple article constitutionnel, souvenir d'une éducation élémentaire sur la période, qui prend subitement tout son sens et toute sa place dans la nouvelle situation qui s'ouvre et dans les nouveaux gestes qui se posent ; une phrase qui leur semblait à la hauteur de l'événement, de l'offense du pouvoir et d'eux-mêmes… Les marxologues, les thésards en philosophie et les spécialistes de l'abstraction n'ont qu'à bien se tenir.
« Le marxisme ne reposait pas sur la théorie de Marx, mais sur l'Etat qui se l'était annexé. Cet Etat, l'Etat soviétique, reposait uniquement sur une révolution, la révolution russe de 1917, dont il avait été la sanglante défaite. La révolution russe avait nécessité la contre-révolution russe, l'ouverture du débat sur le monde en 1917 avait nécessité son étouffement marxiste en 1921. Entre autres mesures contre-révolutionnaires, les bolchéviques avaient organisé la société en classes, isolant, encadrant et paralysant la majorité des pauvres modernes de Russie dans la classe ouvrière russe, qui n'existait en rien auparavant. L'ébauche de cette organisation avait déjà été entreprise dans le reste de l'Europe, où une classe ouvrière s'était déjà constituée, mais de manière moins stalinienne que ce qu'avait entrepris Lénine en Russie contre la révolution, et qui fut ensuite appliqué au reste de l'Europe de manière léniniste par Staline. Depuis que les ouvriers allemands se sont révoltés à Berlin sur la Stalinallee en 1953, les pauvres, par tous les moyens ont combattu, déserté, dissolu la classe ouvrière, malgré les efforts de leurs ennemis. Et de fait, ce n'est pas l'idéologie marxiste qui fondait et maintenait la classe ouvrière, c'est la classe ouvrière qui fondait et maintenait l'idéologie marxiste. Maintenant que les pauvres ne sont plus organisés en classes (et plus organisés du tout d'ailleurs) l'idéologie marxiste, qui a perdu son fondement, s'effondre. La révolution iranienne a prouvé dans la contre-révolution iranienne, que pour étouffer le débat sur l'humanité, l'idéologie qui avait étouffé le débat de 19I7 ne suffit plus. »
Bibliothèque des émeutes, Bulletin n°1, avril 1990)Article 27. Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres
En période de reflux des insurrections, les révolutionnaires se trouvent en position de faiblesse apparente. Notre camp est aujourd'hui confronté à des processus constituants qui se produisent quand les possibles peinent à émerger, qui viennent renforcer l'hégémonie démocratique et jeter un voile sur la nature de la guerre en cours. Il faut partir de cette faiblesse devant ce qu'il convient de nommer contre-révolution, et explorer les soulèvements de notre temps à la recherche de ce qui persiste, comme irréductible, dans le refus du pouvoir.
Refuser le pouvoir, c'est déceler les logiques qui reproduisent une séparation hiérarchique entre les individus et les communautés, et s'opposer aux opérations de capture intentées par la gauche, qui cherche à se poser comme le représentant obligé des pauvres et des opprimés, et de l'étatisme, rationalité des civilisés de la barbarie – auquel la gauche est acquise – qui s'impose comme le médiateur systématique de nos rapports sociaux, qui organise à notre place et au-dessus de nous nos solidarités, qui prétend gérer nos besoins en en confiant la charge à des spécialistes, et qui juge la légitimité de nos désirs à l'aune des courbes de croissance. Voilà l'unification sociale réalisée par l'État moderne, qui fait passer notre dépendance pour une liberté. Refuser le pouvoir, c'est aussi rompre avec une certaine conception de la révolution, celle qui « apprend aux masses à lire » et dont on mesure statistiquement les succès – et les horreurs. Si nous parlons d'opérations de « capture », c'est qu'il se joue une forme d'enfermement de la puissance déployée pendant le moment révolutionnaire, qui laisse aux insurgés le sentiment amer de s'être fait prendre au piège et désarmer.
De ce point de vue, la Constitution de 1793 se présente évidemment comme une opération de capture, qui intervient dans une ambiance révolutionnaire où se sont succédées des menaces récurrentes des sans-culottes sur la Convention, la prise du Palais des Tuileries, la destitution puis l'exécution du roi. Le tour de force est toujours aussi un aveu de faiblesse. Le geste qui remet l'institution au centre de la politique et l'État au cœur des décisions reconnaît du même coup la perte, momentanée, d'un monopole sur la vie de la cité, et ainsi sa propre contingence : non, le pouvoir n'est pas naturel, et sa légitimité ne tombe pas du ciel. Plus encore dans le cas de la Constitution de 1793 : le pouvoir reconnaît sa tendance inhérente à la tyrannie, et annonce d'une certaine manière la possible venue de nouvelles insurrections. D'aucuns y verront un but contre son camp, mais il faut parfois savoir perdre pour gagner. Tout comme il a fallu tuer le roi pour sauver le principe monarchique et lui permettre de pénétrer la dimension constitutionnelle du pouvoir. Les institutions expriment la souveraineté du peuple, le moment de son passage de sujet à objet de sa propre histoire. Les Gilets jaunes ont été ce « peuple » théoriquement souverain mais objectivement et subjectivement relégué. Élevés dans le mensonge, ils ont appris à y croire, jusqu'à se soulever pour en demander la réalisation. Le spectre est entré dans la maison, il n'aura de cesse de la hanter. L'insurrection reste une force même après sa capture.
Bien entendu, nous n'occultons pas le caractère de défaite de l'objet de nos divagations. Mais l'exemple révèle une dialectique de l'institution : de même que la bureaucratisation par en bas après la révolution de 1917, où les pauvres et les exploités ont découvert la liberté de parole généralement sans savoir lire et écrire, les sujets modernes – les citoyens – ont fait l'expérience de l'horizontalité – qu'ils ont considéré comme la seule forme valable et donc véritable de démocratie. Cette expérience s'est heurtée à un régime républicain héritier du principe monarchique, dont toute l'histoire est celle de la lutte contre l'autodétermination des pauvres, et qui existe au quotidien comme une sphère séparée – c'est la question des privilèges – et écrasante – c'est la question de la police et de l'impôt.
La critique de l'institution, comme forme venant capturer la puissance du monde pour l'enfermer dans une série de questions et de gestions spécialisées, était bien là en germe dans la Révolution française, qui a propulsé l'humanité dans son ère moderne. Elle s'est traduite dans la revendication d'une refondation par en bas, d'une grande réforme supposée ouvrir les possibles –ce qui s'est rejoué dans le RIC et la revendication de la démission du gouvernement et du président. Mais en 2018 comme en 1793, ça n'a pas eu lieu. Et il y a fort à parier que cela n'aura pas lieu non plus en 2027 en cas de prise du pouvoir par la gauche insoumise – faisons confiance au Chili pour baliser les sentiers perdants des stratégies de la gauche.
« Toute émancipation signifie réduction du monde humain, des rapports sociaux à l'homme lui-même. L'émancipation politique est la réduction de l'homme, d'une part au membre de la société civile, à l'individu égoïste et indépendant, d'autre part au citoyen, à la personne morale. C'est seulement lorsque l'homme individuel, réel, aura recouvré en lui-même le citoyen abstrait et qu'il sera devenu en tant qu'individu un être générique dans sa vie empirique, dans son travail individuel, dans ses rapports individuels ; lorsque l'homme aura reconnu et organisé ses forces propres comme forces sociales et ne retranchera donc plus de lui la force sociale sous l'aspect de la force politique ; c'est alors seulement que l'émancipation humaine sera accomplie. »
Marx, Sur la Question juive, 1843Article 34. Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé
Il faut apprendre à penser contre la tendance téléologique de l'histoire, qui juge les événements à partir de leurs seuls résultats. Jamais l'attaque contre les fondements du pouvoir ne fut aussi féroce et grandiose que pendant la Révolution française. Nous en vivons toujours les conséquences – comme pouvait le dire Zhou Enlai à Henry Henry Kissinger, sur un malentendu. Car c'est bien la Révolution française qui a inventé la démocratie représentative comme modèle de société qui allait dominer les deux siècles à venir. Et c'est toujours elle qui y a introduit en germe la possibilité de son dépassement : l'idée d'une histoire faite librement par et pour les hommes. Ces derniers ne manqueront pas de se doter de nouvelles contre-institutions, qui deviendront ou non des institutions, et de les détruire pour mieux « poursuivre ailleurs la folie du mouvement ». Cette même folie contenue dans la démarche du jeune Marx, que Kostas Papaïoannou pouvait décrire comme une « vaste entreprise visant à affranchir l'homme de ce qui n'est pas lui même, lui apprendre à se faire lui-même dans ses rapports réels avec le monde, l'émanciper des chimères transcendantes qui obscurcissent son esprit, le rendent étranger à sa vie et lui interdisent de reconnaître sa vérité. » (Hegel, 1966)
La constitution de 1793 a cristallisé l'hypothèse destituante, qui s'inscrit à travers elle dans le temps long de l'époque moderne à laquelle nous faisons face. L'insurrection permanente contre la machine froide de l'État, contre les fétiches et les hiérarchies, se trouvait ainsi immiscée entre les lignes d'une autorité nouvelle. Neutralisée dans la sphère symbolique d'un texte organique du passé, elle est peut-être encore capable de se faire force matérielle pendant les soulèvements. Comme une insulte à la face des dieux qui s'étaient arrogés l'histoire longue, elle sanctionne l'usage de la violence politique comme inhérent dans le nouveau contrat social. C'est le caillou dans la chaussure de la souveraineté séparée, la contradiction que le pouvoir ne parvient pas à évacuer. On l'aura compris, l'inscription du principe insurrectionnel dans une constitution, c'est-à-dire dans la projection de la légitimité du pouvoir, dans son déploiement historique, vient contredire toute idée de fin de l'histoire : tant qu'il y aura du pouvoir, il y aura des insurrections, (on) vivra le communisme. Et de fait, si l'État n'a pas appliqué sa constitution sulfureuse, les ennemis du pouvoir lui sont restés fidèles dans leurs conspirations et leurs surgissements successifs. Et il y en a eu beaucoup, ne serait-ce que jusqu'à la Commune de Paris (Trois glorieuses de 1830, canuts en 1831 et 1834, printemps des peuples puis insurrection ouvrière en 1848, insurrection paysanne provençale méconnue contre le coup d'État du 2 décembre 1851, soulèvement contre le Second Empire en 1870).
Affiche des Éditions Plagiat
Il revient désormais au camp révolutionnaire de formuler sa charge négative, ses refus catégoriques, cette part d'irréductible qui persiste dans la haine du pouvoir, dans la rage tenace de transformer radicalement le monde et de lui donner un langage. Il n'est pas question d'apprendre à l'humanité à vivre, c'est-à-dire à faire usage du monde : elle s'en chargera très bien toute seule. Il faut pour le lui permettre détruire ce qui la détruit et de destituer ce qui l'aliène. Alors se révélera et se déploiera toute la puissance prisonnière des logiques de l'institution.
« Aujourd'hui en revanche, on ne voit aucun contenu humain de ce type, aucun symbolisme supérieur, aucun “signe” où on puisse se reconnaître soi-même comme totalité, dans un État ressenti comme une machine impersonnelle et terroriste et non pas comme un problème tragique. Dans notre attitude vis-à-vis de l'État moderne, qui tend à transformer toute la société en camp de travail et de “rééducation”, il manque l'élément d'ambivalence sur lequel se fonde la chose tragique : entre nous-mêmes et l'État, le seul rapport dont on puisse prendre conscience est purement et simplement sa négation totale. “Il n'y a pas d'idée de l'État, écrivait Schelling à Hegel, car l'État est quelque chose de mécanique, pas plus qu'il n'y a l'idée d'une machine.” Et pourtant, je pense qu'il n'y a jamais eu d'époque avant aujourd'hui où le pouvoir a été à ce point l'unique catégorie par la même la société s'est pensée elle-même toute entière, et où le pouvoir a pris en même temps les dimensions intégrales et afflictives d'un “destin”. Jamais auparavant la machine oppressive de l'État n'a été aussi perfectionnée et n'a été exercée sur des populations aussi passives qu'elles le sont actuellement. Jamais domination d'hommes sur les hommes n'a eu à sa disposition des moyens d'oppression aussi performants sur les plans matériel, technique, organisationnel et idéologique, au point qu'ils rendent impossible, et parfois impensable, l'exercice de tout contrôle “par en bas”. »
Kostas Papaïoannou, La Masse et l'Histoire, 2003)Article 34 (suite). Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé
Le mouvement des Gilets jaunes a sans doute manqué d'un sujet révolutionnaire trouvé dans la lutte, qui permette de dépasser les signifiants vagues venus prendre la relève du « sujet historique » prolétarien ou du « sujet national » peuple, ou même les revendications floues de justice sociale et d'amélioration des conditions matérielles qui sont devenues la norme des soulèvements. Ils sont restés à la lisière de la catégorie – ou du signifiant – « peuple », jusqu'à en devenir l'incarnation consciente et active : « On est là », s'exclament les segments en mouvement de ce « peuple qui manque », chez qui la fierté laborieuse – « Pour l'honneur des travailleurs » – reste un liant essentiel et diffus malgré le dépérissement du marxisme et des partis communistes, et qui n'a pas abandonné ses rêves d'un « monde meilleur ». Ce « On est là » pouvait aussi exprimer une appartenance temporaire, fondée sur la lutte et non sur une objectivation forcée et détachée du mouvement vivant. Mais il manquait les mots nouveaux pour donner forme à la transformation de la société tant désirée, réduite à sa formulation la plus vague et imprécise : « Pour un monde meilleur ». Un cap qualitatif a sans doute été franchi dans l'autodétermination des partisans du mouvement en tant que « Gilets jaunes » : des foules se sont constituées en masse agissante et se sont dotées d'une identité politique propre, de formes de rencontre-délibération-décision originales et ont cherché – par la pétition, les doléances, la revendication du RIC, l'assemblée des assemblées – à formuler un début un projet de transformation de la société, qui a en définitive échoué à prendre une tournure révolutionnaire, mais qui a été aux avant-postes d'une époque nouvelle.
Dans toute cette identité vague, assemblement improbable de bribes d'identité nationales, révolutionnaires et républicaines, on observe une nouvelle forme du vieil adage selon lequel l'émancipation suit le chemin de l'aliénation : les catégories fétichisées du système (nation, peuple) et ses lieux de non-rencontre (ronds-points, week-ends), sa légitimité de fond (souveraineté populaire et fiscale) et ses identités floues sont à la fois revendiquées, réappropriées et brisées, fondant ainsi une forme d'appartenance transitive qui réunit, frappe, et irrigue les consciences sans les cadenasser dans un projet politique. L'échec durable de toutes les figures et groupes issus de 2018 à former une appartenance politicienne montre avec force l'aspect éphémère et localisé du caractère de « masse historique » des Gilets jaunes. Ces partisans d'un genre nouveau ont ainsi subverti, ou du moins détourné, ce qui fondait leur participation passive à l'ordre social, en sortant temporairement de la non-existence à laquelle ils étaient assignés, en cessant d'être les petits serviteurs inconscients d'une machine de guerre devenue si totale qu'on ne trouve désormais personne pour se sentir coupable ni même responsable de rien.
On peut y voir un signe positif pour l'avenir : une preuve de la capacité des insurgés à formuler des appartenances temporaires, qui donnent un langage et une ambiance aux gestes de révoltes sans accoucher d'une formule constituante qui « reproduirait automatiquement tous les aspects non-critiqués du vieux monde ». On peut aussi craindre, comme dans le cas du soulèvement chilien, du Printemps Arabe ou encore du mouvement de 2023 en France et de la récente vague « Gen Z », que l'impossibilité à formuler une appartenance de ce type, ou ensuite à la prolonger dans le temps sans la réifier, conduisent à une même impasse : une insurrection qui échoue à formuler un projet positif, qui peine à nommer ses adversaires à la racine, et finit par tomber en léthargie et déserter son momentum, laissant soin à l'État, la vieille élite politicienne ou encore la gauche de reformuler un projet constituant qui prospère sans difficulté sur le vide laissé par la révolte. Pour l'heure, le mouvement de 2018-2019 est peut être l'ébauche la plus avancée qui soit d'une formule partisane capable de briser les obstacles systémiques des derniers cycles de lutte ; mais il manifeste également toutes les contradictions de ces derniers cycles, et il faut le garder à l'esprit pour ne pas en faire une référence réconfortante, qu'on manifeste pour arrêter la critique au lieu de la commencer
Cette formule d'appartenance éphémère et irrécupérable pose la question suivante : la construction d'une force révolutionnaire est-elle possible sans sujet révolutionnaire ? Encore une fois, nous insistons, il ne s'agit pas ici de théoriser en amont un sujet pour lui confier le fardeau de l'histoire, mais bien de se demander si un sujet peut émerger dans et par la lutte, au terme d'un processus d'objectivation qui rendrait possible de reconnaître sa propre force et de poser les bases – les formes d'organisation, le langage – d'un monde nouveau. D'aucuns diront que la force des Gilets jaunes tenait précisément de cette immanence du sujet, de son évanescence, qui rendit à son tour possible l'absence de récupération. De fait, la puissance des Gilets jaunes n'a pas été retournée pour renforcer l'existant, pour restaurer la légitimité du pouvoir, pour moderniser l'appareil productif ou institutionnel. Elle a en revanche été le prétexte d'une accélération répressive, comme tous les soulèvements défaits. Mais dans l'intégration partielle comme dans la répression totale, on aurait tort d'oublier la grandeur de ce qui a été écrasé pour faire le procès en collaboration des vaincus de l'histoire.
Les dernières révoltes nous enseignent que le défaut d'un langage propre et d'un projet positif constitue désormais l'obstacle principal à l'agir révolutionnaire, et même à sa pensée. Le camp révolutionnaire doit affronter la contradiction en prenant le taureaux par les cornes : d'une main, nommer la négativité encore à l'œuvre dans la société ; de l'autre, faire émerger des potentialités révolutionnaires en dehors de l'impuissance du présent, de son absence de mot d'ordre, de la désuétude du passé, de la nostalgie de la classe ouvrière et de sa mission historique. En somme, reconnaître que l'hypothèse d'une histoire dénouée de tout fétichisme, d'une histoire comme œuvre consciente de l'homme, doit s'affranchir de ses origines et devenir une pure négativité pour être à même, un jour, de formuler un projet positif pour le genre humain.
1793 a déjà eu lieu. Encore un effort.
Groupe Révolutionnaire Charlatan
4 août 2026[1] Partie 1 - Etat des lieux d'une décomposition
Partie 2 - La gauche dans le marécage
Partie 3 - La guerre sociale aura-t-elle lieu ? -
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«Nous avons détruit Gaza, mais je ne ressens aucune culpabilité. Ce sont les animaux qui m’importent»
L’article Cynisme colonial : quand les génocidaires prétendent prendre soin des animaux est apparu en premier sur Contre Attaque.
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Mémoires ensevelies
Directeur de l'hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, le pédiatre Hussam Abu Safiya a été arrêté en 2024 après avoir refusé d'évacuer l'établissement. Nous avions déjà évoqué l'ombre blanche de cette blouse blanche dans nos pages. Amnesty International a récemment alerté l'opinion quant aux tortures qu'il subit et aux risques qui pèsent sur sa vie même.
Ci-dessous un poème comme un hommage, pour les morts et les vivants, pour les fantômes du génocide. Contre l'oubli. Une tentative de faire d'un être qui soigne un symbole, comme un pansement à placer sur la mémoire d'un territoire, comme un peu de gaze pour Gaza.Ne pas
Oublier
S'atteler à
Ne pas
Oublier les morts
Les vivants
Les morts-vivants
Ceux que l'on torture
Chaque jour
& qui chaque jour
Se suspendent à la vie
Comme à un croc
De boucher
Ceux que l'on exécute
Chaque jour
À coups de silence
& qui chaque jour
Renaissent
En notre espoir
Traversent
Tous les isolements
Ne pas
Oublier
Hussam Abu Safiya
La tache blanche
Parmi les gravats
Le Docteur
Des morts &
Des vivants
Planté en son hôpital
En la ruine de son hôpital
Se tenir auprès
Des murs qui le tiennent
Dans ces sous-sols
Rongés de simulacres
& pour la mémoire d'un territoire
Résister à l'image
Résister dans l'image
De celui qui soigne
Car emporté
En d'autres images
Qui s'incrustent contre
L'image unique du génocide
Mais il nous est difficile
D'en faire
Un remuement d'âme
Désarmé de haine
De ramener l'information
À une sensation
Le nombre à la vie
Le détail à la souffrance
Mais non pas de cette souffrance
Qui se virtualise
Dans sa médiatisation
De celle qui est une souffrance
Dans la chair
Dans la chair d'image
En ce même instant
Où une compassion
Qui cisaille les corps
Place en nos mains vides
Un éclat
De grenade ou d'amour
Non comme une fatalité
Ou comme une rage
Mais comme une promesse
Diffuse & partagée
Sans frontières
Qu'aucune force
Ne peut terrasser
Qu'aucune terre
Ne peut engloutir
Car peut-on encore
Détruire la ruine d'une ruine
L'atome de l'autre
Que l'on porte
En secret
Dans ses ciels siens
On y réinvente
Des constellations anciennes
Les nomme
De tous les noms
De la Palestine
Noms des corps
Gravés comme une promesse
De préservation
De la vie en son idée
Mais il nous est difficile
D'imaginer dans l'atrocité
De la multitude assassinée
L'image négative
Qui les annulerait
Toutes
Un souvenir
Qui les regrouperait
Tous
Comme on rassemble des ombres
Avant une exécution
Ou avant la distribution
D'un repas pauvre
Un peu de lentilles
Sous l'œil du drone
Distribution
De nourriture ou de balles
L'alimentaire par le métal
Par les quelques kilogrammes
Qui traversent les nuages
Mais qu'y a-t-il encore
Derrière son œil
Plus grand que la mort
Derrière le bourdonnement du drone
Derrière son chiffre des morts
Si ce n'est ces quelques noms
Qui resurgissent
Comme quelques incertitudes
Celles qui restent là
À remuer
Dans l'enfouissement
De leurs restes
Ne pas
Oublier
Tenter de ne pas
Oublier l'inconnu
& l'inconnu des corps
Le flottement des décomptes
& des décombres
Des histoires
Des liens d'histoires
Qui se tissent
Les unes aux autres
Comme des résistances
Jusqu'à la microscopie triste
Des langues arrachées
Avant le langage
Avant même qu'il n'apparaisse
Avec ses maladresses d'enfance
Pour redonner
Rire & chair
Au squelette d'un pays
Ces êtres à peine nés
Morts pour l'éternité
D'une bombe
& que dans l'abstraction
De nos comptabilités maigres
On dissout
Comme on dissout
Une puissance dans un pouvoir
Car le drame du génocide
Demeure dans la microscopie
D'une abstraction qui consume
Les singularités
Leurs puissances d'ipséité
Abstraction de l'humain en lui-même
Jusqu'à sa destruction
Jusqu'à la destruction
De toute trace
De son unicité
Humain pris dans une entité vague
À laquelle il appartiendrait
À ce peuple sans visages
À cette terre au peuple sans visages
& par laquelle il devrait
Connaître sa fin
Toutes les fins
Recommencées
De leurs vengeances
Lorsque l'on veut tuer
& que l'on veut tuer un peuple
On lui arrache le visage
On ruine le monde
& on déverse ses débris
Sur la microscopie
Des noms du monde
Ceux qui s'agglomèrent
Comme un rêve
Pour former une multitude
Son infinité de visages
Arrachés au nom
Du droit & des frontières
& pour nous
Qui vacillons
Du côté des complicités
Dans la détresse de se confronter
À la pensée d'un tel phénomène
De l'ensevelissement
À cette multitude des visages
Qui se décomposent
La nécessité commande
De s'attacher
À ce qui se détisse
De tramer
À rebours de l'histoire
Les histoires enterrées
Sous l'ogive
Grammaire des leurres
Perfection de leurs univers satellitaires
D'y creuser un symbole
Négatif de l'image
Où tout peut vivre
Où tous peuvent survivre
D'y placer tout
L'espoir que l'on peut
& de le jeter au monde
Pour réparer les mondes
Les langues & les langages
À l'envers des ruines
Pruine du béton
& immeubles aussi horizontaux
Que les corps qu'ils enserrent
C'est l'esprit plongé
Dans la pulvérisation
Génocidaire d'un peuple
Que nous contemplons
Le déblai de ces images
Sans pouvoir
Rien y faire
Ni même le tri
Se confondant
À ce qui nimbe
Ce vide
À l'invisible des cendres
Indistinctes
D'os & de viande
Putréfaction abandonnée
À l'oubli des décombres
On compte
& on compte la part visible des morts
En délaissant
L'agonie & la disparition
À l'innommable & à l'innombrable
Au-dessus du génocide
En dessous de la langue qui le désigne
Nous mâchons l'image de la ruine
Placée entre nos principes abîmés
Comme la conscience
Qui se refuse
Aux strates de cicatrices
Qui défont nos identités
Comme le linceul
Que l'on dispose sur un espace vide
Cet espace vide toujours plein
De corps pulvérisés
Dont la poussière
Absorbe
Le sang & la culpabilité
L'irréalité qui nous pique
De torpeur
Face à l'ossature des bâtiments
Mélangée
Aux ossements brisés
Des enfants
Le paysage se défait
Il se fait tout intérieur
On l'incorpore
Pour se dévorer soi-même
Avec tout l'ocre qui devient
Une variation grise
Variation d'un même cri
Portrait meurtri
D'une terre
Sous son territoire
Là où flotte
De leurs dehors
À nos dedans
Une grisaille
Maintenant
Une contingence de la vie
Maintenant
Une croyance
Celle que dans notre nuit
L'espérance contamine
& se démultiplie
Qu'elle renverse
La logique
Du chiffre & de ses morts
Tout
Pour se dévouer à ce point fixe
Qui survit à la nuit
& placer sur cette tentative
Un désespoir d'espérance
Un nom
De pureté
Safiya
Comme un principe de la traversée
Pour que les gestes impurs
D'accaparement de l'insaisissable
Car toutes nos paroles sont faites de sable
& tout espace demeure insaisissable
Face à la matière fugitive de nos agitations
Vaines tentatives d'émietter
Le vague de la terre
Sans ses corps
Là où rien ne s'échoue
De la lueur
& de sa persistance
Étincelle d'une vie
Qui résiste
À toutes nos pulsions
D'occidentN. N. Sof
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Profitant du commerce mondial, le trafic de «narcobananes» prospère
En pleine expansion en Europe, le narcotrafic profite aussi du commerce transatlantique des bananes pour se développer. Le sujet s’est fait plus saillant ces dernières années avec la mise en cause par la presse d’une entreprise familiale du président de l’Équateur, Daniel Noboa. -
Au Brésil, Flávio Bolsonaro, sur les traces de son père
Le fils aîné de l’ex-président brésilien, assigné à résidence pour tentative de coup d’État, s’est lancé comme candidat à la présidentielle pour prendre sa relève. S’il dispose d’une base solide à trois mois du scrutin, sa candidature a du mal à convaincre ses alliés. -
Trump Blasts Big Oil Companies for 'Making Too Much Money'
President Trump said Chevron and ExxonMobil are "making too much money" and should return some of their profits back to the public. "When you look at one company where they made 12 times what they made the year before, they ought to give some of that back to the public," Trump told reporters in the Oval Office on Monday. "And they better cut the retail price, the consumer price." -
Oil companies are profiting from the US-Iran war. That's a political headache for Trump
They're making too much money," President Donald Trump said in the Oval Office on Monday. Oil companies — and their colossal profits — were the latest target of his ire. "I don't like it. And I should be the last one to say because I'm a big free enterprise guy," Trump told reporters. -
Let’s call Trump’s approach to Iran what it is: kindergarten diplomacy | Moustafa Bayoumi
Amid stop-and-start threats and with a divided staff, it’s clear Trump has no idea how to end a war that shouldn’t have begun
On Thursday, 23 July, after weeks of escalating attacks between the US and Iran, Donald Trump told a reporter that Iran hadn’t received “enough pain yet”, and he leveled a threat. “I am considering a massive attack. Bigger than ever before,” he warned. “I am close to making a decision.” Then, on Monday 27 July, he called it off.
A few days later, on Friday 31 July, Trump said: “We’ll be hitting them very hard. At some point, they’re going to say: ‘We just can’t take it any more.’” This time, it took him just one day to back down.
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Dark Taoism
Contre tous les Mencius de l'Empire des Lumières sombres, contre la fascination si sérieuse pour le CEO-papisme et toutes sortes de chefferie, voici une fable facétieuse qui puise son inspiration dans la tradition du dark taoism (taoïsme noir). Une tradition inventée pour un mouvement plein d'avenir. La dialectique peut-elle défaire des nœuds sans les toucher ? Peut-être, peut-être, si on l'abandonne enfin en suivant la voie du dark taoism.
Dans le Pays de Song, vivait le disciple du grand dialecticien Ni Yue. Un jour, l'Empereur le fit chercher pour dénouer le nœud auquel il était emmêlé : comment gouverner sans gouverner ?
— Hélas, dit l'Empereur, j'ai lu tous les livres. Et je n'y ai rien trouvé. J'ai écouté tous les lettrés, aucun ne m'a aidé. On te dit digne de ton maître, le très-habile Ni Yue, capable de défaire tous les nœuds. Montre-moi comment dénouer celui-ci !
Le disciple de Ni Yue observa en silence le nœud. Il s'abstint d'y toucher et, sans même en faire le tour, sortit du Palais. Il erra loin. On ne le revit plus. L'Empereur, lui, resta interdit. Au matin, les courtisans le trouvèrent pendu, nu, le cou enserré par le nœud de ses habits de Souverain. Ainsi le royaume put rapprendre, petit à petit, l'art et la joie de ne pas être gouverné.
Atelier Oncléo
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Avec ses robots mobiles, la start-up suisse Exclaim Robotics veut automatiser la maintenance des data centers pour l’IA
Installer des robots mobiles pour automatiser les opérations de maintenance dangereuses pour les opérateurs humains dans les data centers : c’est en quelque sorte le credo de la start-up suisse Exclaim Robotics. Cette dernière sort de terre et a annoncé le 4 août une levée de fonds en seed de 4,95 millions de dollars (4,3 millions d’euros). Le tour de table a été mené par le capital-risqueur suisse Founderful et le britannique Playfair.
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«Complètement démesuré» : la préfecture de Gironde autorise le plus grand projet de ferme à saumons de l’Union européenne
En janvier 2026, l’opposition aux fermes à saumons a rassemblé des associations de tous bord, des organisations de pêche et nombre de riverain·es. © Cyril Nahon
C’est «une usine qui va menacer la ressource en eau alors que le territoire subit déjà un stress hydrique», dénonce la porte-parole de l’ONG Seastemik, Esther Dufaure, auprès de France 3. L’implantation d’une mégaferme à saumons en Gironde, d’une ampleur inédite en France avec jusqu’à 10 000 tonnes produites par an, a été autorisée le 3 août par l’État «dans un cadre environnemental strict» alors que des habitant·es, des ONG et des parlementaires s’opposent à son installation.
Ce projet de 280 millions d’euros porté par la filiale française de la société Pure Salmon, financée par un fonds d’investissement singapourien, «présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire», a justifié mardi la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. Cette usine terrestre d’élevage de saumons, en circuit fermé, doit être construite sur 14 hectares au Verdon-sur-Mer, au bout de l’estuaire de la Gironde, à partir de 2027.
Une décision qui provoque la colère des associations. La ferme à saumons aurait besoin de prélèvements d’eau très importants, jusqu’à 6 500 m3 par jour pour ce projet. Un chiffre qui interloque, d’autant plus dans le contexte actuel de sécheresse qui a participé à alimenter les incendies historiques subis par le département.
Dès 2025, 27 ONG ont dénoncé, dans un Appel pour l’océan, un projet «complètement démesuré» qui menacerait l’écosystème du «plus grand et plus sauvage estuaire» d’Europe, avec des rejets de boues au détriment de la pêche et de la culture de coquillages. Les professionnel·les s’inquiètent des risques pour leurs ressources. «Il y aura forcément un déséquilibre environnemental», s’indigne Philippe Morandeau, éleveur d’huîtres sur l’île d’Oléron au micro de France 3.
Emplois, encadrements des rejets : la préfète tente de se justifier
Alors que la pisciculture marine française ne représentait en 2024 que 5 807 tonnes de poissons, toutes espèces confondues, d’après les chiffres officiels, le projet girondin et ses 10 000 tonnes de saumons par an deviendra le plus important de toute l’Union européenne, selon Pure Salmon. Toutefois, des productions atteignent 12 000 t/an en Norvège, précise l’entreprise.
Pour la préfète, l’installation de la mégaferme «répond à plusieurs enjeux d’intérêt général : la reconversion d’une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, la création de 250 emplois directs et la production sur le territoire national du poisson le plus consommé par les Français, et actuellement importé à 99%.»
L’autorisation environnementale «est assortie de prescriptions environnementales particulièrement exigeantes qui encadreront aussi bien la phase de travaux que l’exploitation de l’installation» et feront l’objet d’un «contrôle permanent», tente de rassurer la représentante de l’État.
Elle cite notamment «la protection des ressources en eau et des milieux aquatiques», «la qualité des rejets aqueux dans le milieu naturel», «la préservation de la biodiversité et des espèces protégées» ou encore «la gestion des odeurs et limitation des émissions lumineuses».
Experts et associations soulignent les risques environnementaux
Jugeant les risques environnementaux trop importants, plusieurs centaines d’opposant·es ont manifesté en janvier dernier et en décembre 2025 sur le lieu d’implantation. Et l’enquête publique a enregistré plus de 20 000 contributions, défavorables dans leur quasi-totalité. Durant celle-ci, la commission locale de l’eau, le Bureau des ressources géogologiques et minières (BRGM) et le conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, également opposés au projet, avaient pointé un déficit d’information derrière les «affirmations rassurantes». Alors que le projet est situé dans un espace naturel protégé, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) a déploré le manque de quantification précise des rejets d’azote et de phosphore dans les eaux.
Malgré cette importante mobilisation, la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable en mars, comme le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) il y a un mois.
Une proposition de loi soutenue par une centaine de député·es allant de La France insoumise (LFI) aux Républicains réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons. Déposée en mars 2025, elle n’a pas encore été examinée à l’Assemblée nationale.
La technologie ne résout pas tout
La société Pure Salmon assure que sa «technologie éprouvée» garantit «un impact maîtrisé sur la biodiversité». La méthode utilisée est fondée sur un système de recirculation d’eau, «RAS» (pour recirculating aquaculture systems). Cela signifie que l’eau est toujours en mouvement, filtrée, traitée et réutilisée. Elle est «adoptée par de plus en plus de pays producteurs de poissons et reconnue comme étant la plus vertueuse quant aux volumes d’eaux nécessaires au fonctionnement de ce type d’installation», assure la préfecture.
«De l’enfumage», balaient les opposant·es, qui annoncent qu’une dizaine d’ONG dont Seastemik et L214 vont déposer prochainement un recours contentieux devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Si les principes de l’aquaculture en recirculation «sont aujourd’hui bien établis», des projets de cette taille constituent «un changement d’échelle» avec encore peu de «références opérationnelles» dans le monde, pointait l’Ifremer dans une note publiée en mars.
«Pure Salmon reconnaît les capacités sensorielles des poissons dans son dossier technique mais prévoit des densités très élevées (60 à 70 kg/m3) incompatibles avec les besoins du saumon atlantique, une espèce migratrice vivant en milieu ouvert», souligne l’association de lutte pour le bien-être animal L214. Selon celle-ci, «chaque individu aura seulement l’équivalent d’une demi baignoire».
Pure Salmon, de son côté défend ses bonnes intentions, affirmant que «le bien-être animal est au cœur du projet» et que l’approvisionnement de la ferme obéit à des «normes strictes», assurant aux saumons une alimentation «responsable et traçable».
Le projet divise également au sein du gouvernement. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, s’y était opposée «à titre personnel» lors d’une audition au Sénat en avril. «Il n’y a aucune raison qu’il ne se fasse pas», avait répondu son collègue de l’industrie, Sébastien Martin, lors d’un déplacement en juin en Gironde.
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Vitamine D pour les bébés : un business dangereux pour leur santé
Vantés sur les réseaux sociaux, des compléments alimentaires en vitamine D pour bébés peuvent faire courir des dangers d'atteintes rénales en cas de surdosage. Un produit de la marque Nateos, estampillée naturelle, a fait l'objet d'un rappel.
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« Pourquoi ce produit est-il dangereux ? Motif de rappel : teneur en vitamine D supérieure à la valeur indiquée » : l'alerte sur le complément alimentaire Gouttes de soleil commercialisé par Nateos est tombée le 11 mai et a paniqué les parents qui en (…) -
L’eau, un bien commun que la loi d’urgence agricole met en danger
Votée le 21 juillet au terme d’un parcours houleux, la loi d’urgence agricole prévoit notamment de faciliter l’établissement de nouveaux ouvrages de stockage d’eau destinée à l’irrigation − autrement dit des mégabassines − en allégeant les procédures préalables de concertation. Ceci alors que, en… -
OpenAI pousse trois nouveaux outils dans les écoles, en pleine épidémie de triche à l'IA
OpenAI a présenté trois nouveaux modules destinés à l'enseignement, un pour les professeurs du primaire et du secondaire, un pour ceux du supérieur, et un dernier pour les étudiants eux-mêmes.
Le premier passe par ChatGPT for Teachers, la version gratuite réservée aux enseignants vérifiés (pour le moment uniquement américains) et à leurs établissements. Il fabrique des ressources adaptées au niveau de chaque élève, produit des visuels interactifs et se branche sur les référentiels pédagogiques locaux.
Les deux autres arrivent par ChatGPT Edu, la formule sous licence que les universités achètent pour tout leur campus. Un enseignant du supérieur peut y mettre à jour son programme, monter un site de cours, produire des évaluations multimédias, et reconditionner l'ensemble pour la plateforme pédagogique de son établissement.
Les étudiants, eux, récupèrent un tuteur, des quiz générés à la volée, des fiches de révision et des explications en images. OpenAI précise qu'ils doivent définir leurs objectifs, choisir leurs sources et examiner ce que la machine leur sort.
L'orientation du projet tient en une phrase : l'IA devrait soutenir l'apprentissage et non le raccourcir. Mouais...
Le contexte rend cette approche un peu particulière en fait. La triche assistée par IA s'est installée comme une routine dans les écoles du monde entier, au point que l'Université nationale autonome du Mexique a suspendu des inscriptions après une fraude massive à ses examens d'entrée.
Les travaux qui s'accumulent ne vont pas d'ailleurs dans le sens d'OpenAI. Une étude du MIT a mesuré à l'électroencéphalogramme, l'examen qui enregistre l'activité électrique du cerveau, une activité nettement plus faible chez les étudiants qui rédigeaient avec l'IA. Le résultat est sans appel. Ces mêmes étudiants se souvenaient beaucoup moins bien de ce qu'ils venaient d'écrire.
Une autre enquête, publiée l'an dernier par le Center for Democracy and Technology, montre que les enseignants du primaire et du secondaire réclament surtout qu'on leur explique comment intégrer ces outils, et qu'ils redoutent aussi les dégâts sur les apprentissages.
Il y a un détail qui m'a fait un peu tiquer dans la communication d'OpenAI. La société prend soin de préciser que les enseignants gardent la main sur les décisions pédagogiques, sur la notation et sur les actions automatisées, ce qui laisse penser que la question s'est quand même posée en interne, et surtout qu'on est sur une première étape.
Source : The Register
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Déambulation sur les pas de Rezvani
La plupart d'entre nous connaissent au moins quelques airs composés par Serge Rezvani, de ceux que Jeanne Moreau ou Anna Karina chantaient chez Truffaut ou chez Godard. Peut-être sans savoir son nom ni son pseudonyme : Cyrus Bassiak. Soit son prénom initial et le mot russe pour dire « va-nu-pieds ».
Le propos est ici, à partir d'une approche biographique, faisant moins de cas de ses chansons ou de sa peinture (on ne peut tout aborder d'un coup !), d'explorer les livres, d'ouvrir des fenêtres sur certains d'entre eux, à travers des extraits où l'on découvrira un homme indépendant et sans retenue sur ses idées.« Le monde conspire contre l'amour. » [1]
« Combien j'ai en moi de rires inemployés ! » [2]
Fils d'un acteur iranien, professeur-conteur [3], et aussi magicien, et d'une violoniste russe, juive, disciple de Gurdjieff, qui mourut bien trop tôt, alors que son fils avait tout juste dix ans, Serge Rezvani est né en Iran et n'avait qu'un an quand ses parents s'installèrent en France. Il parlera d'une mère qui prenait la vie au tragique et d'un père inconstant et volage qui semblait au contraire s'en amuser. Lui-même se disant « habité par la mort et par le rire » et redoutant « que l'un ou l'autre ne prenne le dessus » [4]. Sans grandes attaches, évoluant dans un milieu désordonné mais libre, il connaît très jeune la misère et la vie de bohème. Durant l'occupation, ce juif athée [5] est placé dans l'œil du cyclone, chez des Russes orthodoxes ouvertement antisémites, il échappe ainsi à la répression, en toute innocence, au cœur d'une ambiance le plus souvent favorable aux nazis. À peine âgé de quinze ans, las, il saute le mur de la pension et commence à fréquenter l'atelier de la Grande Chaumière où beaucoup d'artistes viennent vivre et travailler. Lui-même, fort créatif, dessine beaucoup et avec talent. Il rencontre en ce lieu « tout à la fois hors du monde et au centre du monde » [6] deux amis qui seront pour lui comme des frères : Jacques Lanzmann [7] et Pierre Dmitrienko [8]. Jacques Lanzmann, son frère Claude et sa sœur Évelyne vivent chez leur mère, Paulette, et son nouveau conjoint, le poète Monny de Boully, ancien surréaliste, proche du Grand Jeu [9], ami notamment de Max Jacob et de Henri Calet. Cet homme comptera plus pour lui que son propre père, écrira-t-il dans Le testament amoureux. Et c'est une seconde famille autrement protectrice que découvre ainsi Rezvani. Évelyne est amoureuse d'un très brillant condisciple normalien de Claude, un certain Gilles Deleuze, lequel se débrouille mal en amour et rompt avec la jeune femme. C'est le jeune Serge qui console la délaissée désemparée, la sort de son chagrin, au point que bientôt ils se marient. Mais Deleuze réapparaîtra un jour et les amours initiales reprendront, avant que de se dissoudre à nouveau. Si Claude Lanzmann en parle avec maints détails dans son livre de mémoires, Le lièvre de Patagonie, c'est aussi qu'Évelyne, devenue actrice, connaîtra une fin tragique. Dans ce même ouvrage Claude Lanzmann fait écho au procès qu'il intenta contre Rezvani après la sortie du Testament amoureux, fort mécontent du portrait que l'auteur a tracé de lui, le présentant notamment en juif fanatique [10]. Il gagna son procès, le livre fut expurgé de certains passages. Longtemps après, apprenant le décès de Jacques Lanzmann (en 2005), Serge Rezvani, peu doué pour la rancœur, écrira une lettre à Claude pour lui dire son attachement et sa tristesse de l'avoir blessé [11].
Au sortir de la guerre, manquant de papier, Rezvani récupère des caissettes à savon en bois, dessine et grave sur le fond des profils de femmes qu'il a l'occasion de montrer à Monny de Boully, lequel les propose au regard de quelques amis nommés Louis Aragon, Jean Cocteau, Paul Éluard. C'est avec Éluard que l'aventure se poursuivra, les deux deviennent amis, Éluard publie un livre à tirage limité comprenant un sien poème et quelques gravures du jeune homme de dix-sept ans.
« Jusqu'à elle, en toute femme je craignais de découvrir… et je finissais par découvrir toujours quelque chose qui aurait pu me rappeler ma mère malade. » [12]
Évelyne et Serge ont déjà entamé leur séparation quand Danièle Adenot paraît à l'horizon. « Voilà la femme qu'il t'aurait fallu » glisse Évelyne à son mari. « Oui », répond spontanément Serge [13]. Et c'est avec cette femme, effectivement qu'il va vivre cinquante années de pur amour. Danièle sera sa complice autant que sa muse, la Lula que nous connaissons par les nombreux livres où elle prédomine, qui semblent presque co-écrit par elle. Car elle aussi, elle peint, elle écrit, elle lit, elle s'exprime. S'ils ne se sont jamais rien promis, ainsi que le dit la chanson de Pierrot le fou : Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours / Ô mon amour / Jamais tu ne m'as promis de m'adorer / Toute la vie… ils se sont aimés toujours. Pour commencer, ils quittent Paris : « nous nous sommes enfuis pour vivre ‘‘fémininement'' notre amour. » [14] expliquera-t-il plus tard.
C'est dans le Var que les amants trouvent refuge, ils s'installent à La Garde-Freinet, où ils louent un cabanon, finissent par acheter un mas en ruine, qui s'appelle La Béate, pour y vivre d'abord sur un mode des plus rustiques, sans électricité ni eau. Et chaque matin il faut chercher l'eau à la source. « Je vais chercher du bois, de l'eau, des châtaignes derrière la maison, tout a un sens, rien n'est abstrait. », écrit Rezvani à son ami René Ehni dans un passage de Mille aujourd'hui [15]. Sauf de brèves excursions à Paris, ils y passent des années entières très heureuses. Il faut dire que les visites ne manquent pas, jusqu'à des amis qui viennent habiter leur voisinage. Par la suite ils séjourneront régulièrement à Venise, dans une maison située en face de la Giudecca [16].
Depuis qu'un jour des années cinquante la chanteuse et amie Francesca Solleville lui a offert une guitare, Rezvani s'est mis à écrire des chansons à partir de quelques accords et de mots simples mais absolument vécus. Chansons qui le sortent du silence dans lequel la peinture l'enfermait peu à peu, et il peut dire ainsi son amour pour sa compagne, et chanter ses peurs et ses espoirs. Se faisant, Rezvani commence réellement à prendre la parole [17]. Et il se trouve que ces chansons plairont beaucoup à son amie Jeanne Moreau et à son compagnon Jean-Louis Richard qui les feront connaître à François Truffaut. Le tourbillon de la vie, le cinéaste a voulu en faire un tube et l'a mis dans son film Jules et Jim, où Rezvani apparaît et accompagne Jeanne Moreau à la guitare. Le pari de Truffaut est gagné, voici Serge et Lula garantis de la pauvreté pour un temps.
Rezvani vivait toujours de sa peinture, qui trouvait des acheteurs, mais sans pour autant bien supporter le marché de l'art ni ce monde obsédé par l'argent. Ses tableaux reflétaient une sorte d'envers de lui-même, il s'en explique dans Le portrait ovale [18] où il raconte son passage de la peinture à l'écriture, mutation qui se produit au milieu des années soixante.
« Je vivais l'acte de peindre comme un spasme douloureux que je comparerais aujourd'hui au silence immobile d'une mouche dont on aurait arraché ailes et pattes. Bâillonné, ne pouvant émettre d'autres signaux qu'excrémentiels, qu'on me comprenne, noyé dans ma sauce visqueuse je hurlais en dedans, pas du dedans, en dedans. Aujourd'hui c'est avec un certain dégoût que je revois ces traces. Mon atelier à l'époque où je peignais ces tableaux ressemblait à une morgue ou au frigo d'un boucher. Mais un frigo éteint, et où les viandes pourrissaient, un charnier verdâtre, rosâtre, bleuâtre, exsangue, pourri.
J'ai vu des gens entrer dans ce lieu mortel et ressortir aussitôt au bord du vomissement. Secrêtement, j'en étais assez content. » [19]
L'écriture va lui ouvrir l'espace dont il a besoin, la liberté d'expression à laquelle il aspirait, sans doute d'autant plus depuis la rencontre de Danièle, qui elle aussi s'exprime par la peinture et l'écriture, si bien que l'œuvre de Rezvani est à certains égards une œuvre « jumelle » [20]. Mais voici comment il raconte sa délivrance, toujours dans Le portrait ovale :
« Enfin je parlais. Enfin j'avais accès au mouvement, aux parfums, aux rires. Mes toiles me semblèrent tout à coup des sortes de momies poudreuses dont j'aurais été le gardien depuis trop longtemps. Je fermais mon atelier, me jurant de ne plus (jamais, me disais-je) y remettre les pieds. Fini ! Ah, j'avais trop souffert de mes images silencieuses ! Ici, sur le papier, de l'air frais circulait. » [21]
En 1967 est publié Les années-lumière, le premier livre de Rezvani, « roman-autobiographique » où il tente de retrouver et réinterroger son enfance et sa jeunesse, dès lors qu'elles lui paraissent situées à des… années-lumière. Jacqueline Piatier dans Le Monde en parle ainsi : « […] … la peur de la bombe atomique étreint le narrateur et rejoint le sentiment de panique que sa mémoire garde des bombardements de 1940 et 1944. Une continuelle tension entre la vie et la mort donne ainsi sa charge au livre qui oscille convulsivement entre les sanglots et le rire, et mêle l'horreur et la farce lubrique à la célébration de la joie de vivre et d'aimer. Une sauvagerie s'en dégage, une ivresse dionysiaque qui emporte dans son élan peurs, dégoûts, hantises et assure le triomphe d'une sexualité enfin comblée, corps et âme. Ces tribulations d'une enfance avide et sevrée de tendresse ne tournent jamais en récit apitoyé, encore moins désespéré. » [22]
Suivra Les années Lula, couvrant l'heureuse période d'épanouissement à deux, en osmose avec la nature. Ces deux livres et les suivants sont de libres et forts témoignages (Le testament amoureux) ou fantaisie (Mille aujourd'hui) sur une expérience de vie nourrie de joie de générosité. Ils portent indéniablement la marque d'une époque d'après-guerre délibérément chargée d'enthousiasme et d'audace enivrée. « … années soixante-dix où nos livres comptaient plus par la vitalité, l'énergie, l'élan, que par le fini. » [23]
Pour autant qu'ils soient centrés sur un cercle réduit de protagonistes, et dénués d'idéologies revendiquées, les écrits de Rezvani n'occultent en rien le monde tel qu'il va ni la politique proprement dite. En 1971, après un séjour en Iran, il publie dans Le Monde un papier féroce sur le régime du shah, dénonçant les agissements de la police politique, la savak, et les nombreux emprisonnements d'opposants. Ce qui lui vaudra d'être sur une liste noire des personnes à abattre dressée par cette même savak. En 1973, c'est dans La Gueule ouverte, le « journal qui annonce la fin du monde », qu'il propose un « éloge de la lenteur » toujours d'actualité, où il croque l'homme lent, le sensuel, l'artiste, le doux, qui sont les seuls à refuser la nature humaine naturellement violente, illustrée par la brute entreprenante et agressive qui l'emporte toujours. « Toute la technologie délirante dont nous sommes amoindris va dans le sens des pulsions naturelles qui poussent les êtres animés à se déplacer le plus vite possible pour avaler, détruire, coloniser. » [24] Déjà dans Mille aujourd'hui, il vilipendait « le goût de l'entreprise, qui caractérise les coboy's du Far West et des machines à sous, a gagné, gangrené les coins les plus reculés, lèpre qui ronge la foisonnante beauté des collines » [25].
Rezvani écrit également pour le théâtre, parfois sur des sujets nettement politiques. Toujours sur la situation iranienne, dans la foulée de ses articles, il écrit une satire féroce qui sera présentée au festival d'Avignon [26] et une chanson que chantera Francesca Solleville. Autre pièce politique, Capitaine Schelle, capitaine Eçço, qui s'attaque à la violence du capitalisme à travers les affaires du pétrole.
Quelques années plus tard, sous forme d'un journal embrassant les années 1982-1983, paraît Variations sur les jours et les nuits, une série de réflexions plus ou moins spontanées qui laisse apparaître un Rezvani tranchant et réflexif. À propos des faux carnets attribués à Hitler, fabriqués par un faussaire, mais authentifiés dans un premier temps par certains experts, dans lesquels on croyait déceler un dictateur presque mesuré et navré des excès de ses généraux [27], Rezvani note :
« Comme l'histoire des peuples n'est qu'un long tissu de falsifications, on peut être assuré qu'à plus ou moins longue échéance l'Allemagne trouvera le moyen de réintégrer Hitler dans son histoire. Mais pour combler ce trou, ne doit-elle pas commencer par le laver du crime de génocide ? Première tentative : les carnets du Führer. D'autres suivront. » [28]
Et ce passage sur Israël se lira avec d'autant plus d'intérêt aujourd'hui :
« Comment Israël, cet État si moderne, si bandé vers le but, réussira-t-il à garder vivants ses millions d'assassinés ? Chaque kilomètre avalé par son armée efface de la mémoire, chaque bataille gagnée, chaque action d'éclat épaissit la nuit dans laquelle s'enfonce le passé. Si le vieux peuple juif, entre tous, a su vivre dans un présent de plus de cinq mille ans, c'est bien parce que la mémoire était son territoire. De tous les peuples de la terre, parce que sans terre, il a su annuler l'espace et le temps. Aujourd'hui le peuple élu perd en ‘‘verticalité'' ce qu'il accapare ‘‘horizontalité''. » [29]
Comme pour bien des aspects de la crise terrible et multiple que plus personne ne peut décemment nier, la matière ne manque pas pour indiquer à quel point la lucidité n'a manqué qu'à ceux qui ne voulaient pas voir, car il suffit de lire les auteurs les moins idéologues pour trouver l'annonce de ce qui allait survenir.
Pas plus qu'il n'accepte de mettre les pieds en Iran, pas question de cautionner un tel régime, Rezvani ne consent, malgré les invitations, à se rendre en Israël. En 2004, dans un entretien accordé à Michel Doussot et Yves Couprie, il déclare : « … je ne veux pas aller en Israël bien que je sois à moitié juif. Je suis invité à Tel-Aviv par des gens qui travaillent sur mes livres. Tant qu'il y aura le mur, tant qu'Israël sera ce qu'il est actuellement, je n'irai pas. Je ne peux pas cautionner des choses aussi insupportables. » [30]Ce même entretien se conclut par une belle question, avec une réponse toute rezvanienne :
« Un jour, vous avez parlé de votre vie comme d'une utopie réalisée. Est-ce une forme d'engagement politique que d'avoir mené cette existence ?
— Ce n'est pas une action politique, car on ne peut pas décider d'être heureux. D'avoir rencontré ma femme a été très important pour moi. Nous avons vécu cinquante ans, non pas de bonheur, qui est un mot galvaudé, mais de félicité absolue, quotidienne. Nous avons eu beaucoup de chance de trouver un lieu de vie exceptionnel dans le midi : une belle maison dans un vallon, près d'une source… En fait, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le fait d'habiter cette maison, isolés, nous rendait très curieux et concernés par ce qui se passait dans le monde. Bizarrement, la solitude peut être une caisse de résonance. Nous étions à la fois à l'écart et au centre du monde. Nous avons été les hôtes de réfugiés iraniens, chiliens, etc. Nous nous sommes occupés de Régis Debray quand il était emprisonné en Bolivie… Dans cette maison, j'ai beaucoup voyagé, dans ma tête et dans mes écrits. Mais je n'ai jamais projeté ma vie. Je pense que lorsqu'on sait trop ce que l'on veut, ce n'est en général pas très bon. Il vaut mieux savoir ce que l'on ne veut pas. En refusant ce que nous ne voulions pas, nous avons obtenu ce que nous ne savions pas… Quant à l'utopie proprement dite, je regrette que les Soviétiques nous l'aient tuée. C'est le grand problème de notre époque. » [31]Quant à cette utopie vécue, infinie lune de miel des deux amants heureux, elle sombra lentement avec la maladie d'Alzheimer dont Lula fut atteinte et dont la progression s'étala sur une dizaine d'années, laissant Serge dans un très triste et douloureux désarroi. Un très beau livre-témoignage, moitié journal, moitié analyse, qu'il écrit en parallèle de son désarroi, tâche de rapporter au plus près l'étrangeté qui s'est installée dans l'esprit de cette femme jusqu'alors si miraculeusement proche. Aveu de la frayeur qui survient en constatant une certaine raideur de la face et surtout de voir qu'elle « est devenue d'autant plus méconnaissable que tout d'elle est encore là mais sans elle ! » [32]. L'auteur du Testament amoureux essaie de décrire le phénomène d'éloignement spirituel dans lequel le couple se trouve précipité. C'est que Lula ne reconnaît plus son amant-complice, elle a l'impression de vivre avec un autre, un imposteur. Elle se souvient avoir vécu avec un homme merveilleux, elle l'évoque avec nostalgie sans saisir que cet homme est celui qui vit encore à ses côtés, mais surtout, « la voici réfugiée dans l'innocence des années enfantines où tout était douceur et protection… » [33]. A-t-elle un livre en cours de lecture, il constate qu'elle en est toujours à la même page, qu'elle fait semblant. Parfois elle évoque sa solitude et cette… saleté, qui n'est autre que sa maladie, qu'elle perçoit sans la connaître. Lui, il refuse de suivre les conseils des amis, les manuels qui expliquent comment mentir au malade, pour leur bien et pour le bien des accompagnants. Il refuse ne serait-ce que de prendre en main ces ouvrages « aussi odieux pour [lui] que le seraient des lettres de dénonciation anonymes » [34]. Il fait aménager une annexe à leur maison, afin qu'une personne aidante puisse y être logée. Mais le voici perdu, angoissé, ayant de nouveau peur de retrouver sa mère malade et mutilée, et lui découvrant ses plaies, alors que Lula était justement la femme qui l'avait guéri de cette phobie traumatique. Ainsi la femme qui était restée la plus mystérieuse, à toujours redécouvrir car la plus inconnaissable, tout en étant sa complice absolue, voici qu'elle s'engloutissait dans le plus vague d'elle-même, tandis que lui, désarçonné, demeurait témoin sur la rive. « Tu ne te rends pas compte de ce que je vis », lui dit-elle un jour [35].
« Plus de cinquante ans ont coulé sans heurts, sans ‘‘réveil'' jusqu'à ce que d'un coup tout s'arrête et que le temps devienne brusquement trop long pour elle qui maintenant ne fait plus rien à longueur de jour et s'ennuie. J'écris et elle s'ennuie. Et plus elle s'ennuie et tourne en rond, tentant de me cacher ses yeux presque constamment remplis de larmes, plus j'écris sur nous, sur elle, sur ce qui a lieu et a eu lieu, dans ces pages d'adieu définitif… » [36]
Lula meurt en 2005. Rezvani reste dans la vie, toujours retenu et impliqué dans le processus de création qu'elle appelle. Il se marie à nouveau et entreprend de nouveaux livres. Il écrit notamment un essai sur les vêtements et leur inutilité première : La femme dérobée. On y retrouve ses thèmes favoris, la robustesse de la faiblesse, la féminité…
« On sait qu'au sein de chaque espèce l'infantilisation ‒ donc la fragilisation ‒ est l'arme inhibitrice du faible. Chez le loup, par exemple, le dominé se couche immédiatement sur le dos, offrant sa gorge aux crocs du dominant ‒ ce qui paralyse chez lui toute pulsion violente. On le voit alors claquer des mâchoires au dessus du vaincu dans un simulacre d'égorgement puis reculer comme submergé de dégoût. Car on ne se tue pas entre loups. Il en est de même chez les singes qui nous sont si proches. Chez toutes les espèces une sorte de code inhibiteur, un verrou, semble jouer en faveur de la survie du faible ‒ c'est-à-dire de celui qui plus tard assurera l'avenir de l'espèce. » [37]
Et pour ce qui est du vêtement, qui n'existe en fait qu'en tant que cache-sexe et donc pour valoriser la sexualité, il lui paraît qu'il n'a pas été inventé pour se protéger, car les humains étaient d'abord des êtres velus, à sang chaud, mais bien pour fabriquer la nudité. Le vêtement, à la longue, a fait d'eux des singes glabres épris de confort, mais surtout leur a permis de jouer leur propre rôle. La nudité par soulignement, avec ses attraits spécifiques, avec l'apparence des genres, c'est ce à quoi on parvient avec l'habillage, développant la distinction des uns par rapport aux autres, l'identité. « Toute l'histoire des civilisations n'est que l'histoire des mœurs, et principalement de l'acceptation ou de la révolte du féminin face au masculin… ou le contraire ‒ ce qui revient au même. C'est dire que les empires se sont faits et défaits comme s'est fait et défait l'ourlet des robes… » [38]
L'espèce humaine se distinguerait, non par son chant, non par son agressivité, ni même par son humour, puisque certains animaux semblent l'exercer, mais bien par le vêtement. « N'est-ce pas à ça que le vêtement a servi ? À rien d'autre qu'à notre idée de l'humain. Nos vêtements sans nous ne sont rien… et nous sans nos vêtements pas beaucoup plus. » [39]
Ce livre pourrait être en quelque sorte l'aboutissement théorique de la pensée de Rezvani sur le féminin, avec en amont, par exemple, disons l'article de La gueule ouverte cité plus haut et en aval la pièce qu'il a écrite sur Artemisia Gentileschi [40], femme peintre de l'époque post-Caravage, violée par son précepteur, le peintre Agostino Tassi, qui sera condamné. Artemisia se vengera à sa façon en donnant le visage de Tassi à Holopherne dans son célèbre tableau Judith décapitant Holopherne. Si, pour Rezvani, les femmes et les hommes appartiennent clairement à deux civilisations différentes, le féminin devrait être l'apanage le mieux partagé…
Oubliés dans ce trop bref exposé, les romans, parmi lesquels, son maître-livre : La traversée des monts noirs. Un huis-clos de haute intensité où le lecteur silencieux comme le narrateur se découvre dans un train bloqué par la neige avec des savants ornithologues de diverses nationalités bavardant entre eux. Un conte à la manière orientale qui remue les thèmes chers à Rezvani, à la fois libre et exilé de cœur.
L'ouvrage le plus récent, publié cette année (2026), n'est pas un roman, mais une suite de fragments réflexifs, explicitement intitulée Méditations, on retrouve là encore les obsessions de notre auteur : le devenir humain, Israël, les animaux, la psychologie des tyrans, le rapport à notre corps, le féminin, etc. Voyons, par exemple, cette méditation, très caractéristique :
« Ce refus de silence, de réflexion, cette nécessité de combattre toujours pour donner la réponse, avant même que la question soit émise, l'Homme s'en est toujours enorgueilli comme de sa spécifité. Qu'aujourd'hui cette pulsion il la transcende dans des réalisations techniques de plus en plus complexes ne peut masquer la grossièreté de ce réflexe ancestral qui le fait agir en vainqueur-destructeur.
Que sa curiosité se soit affinée jusqu'à se prolonger dans ses instruments d'une miraculeuse sensibilité n'enlève rien à la brutalité simiesque de sa pulsion de domination, donc d'anéantissement du sensible.
Ce même mâle qui imposa à sa femelle l'ablation du clitoris travaille aujourd'hui dans nos instituts de recherche. Il rêve d'eugénisme et, sous prétexte de libérer la femme de sa ‘‘femellitude'', il la rend complice de ses travaux en vue de substituer ses machines au pouvoir d'engendrer de la Femme.
Et quand les plus intelligentes d'entre elles se rebellent en tentant, pour commencer, de féminiser le langage, elles ne font que révéler la faiblesse de leur lutte contre l'épaisseur des normes masculines dont le langage efficace s'est construit, puisqu'à l'origine l'Homme n'a eu besoin que de produire des onomatopées dans le but d'avertir, de faire peur et ordonner. » [41]
ou encore :
« Pas d'inquiétude, l'humanité arrivera fatalement au neutre ! L'encéphalogramme plat est annoncé par l'intelligence artificielle sans fantaisie qui vous déchargera de la vôtre.
Comme la science vous déchargera de votre féminitude !
Ça vient !
Ça y est.
C'est. » [42]Il y a peu, Rezvani chantait encore sur scène, en compagnie de son amie, la comédienne Nathalie Akoun. Les projets ne manquent pas, en dépit de l'âge qui avance vers le siècle (il aura 100 ans en 2028). Il mentionne souvent sa curiosité insatiable, soulignant par ailleurs que « chaque avancée de notre irrépressible curiosité a réduit d'autant notre rapport quasi mystique aux valeurs dites ‘‘humaines'' » [43].
En attendant, au terme de ces quelques pages amicales, il n'est pas interdit de saluer l'amoureux de la vie avec juste quelques mots de lui, extraits de la chanson qu'on entendait dans Pierrot le fou :
« Nos sentiments nous ont liés bien malgré nous sans y penser
À tout jamais
Des sentiments plus forts et plus violents que tous les mots d'amour connus
Et inconnus
Des sentiments si fous et si violents, des sentiments auxquels avant nous n'aurions
Jamais cru… »Jean-Claude Leroy
[1] Serge Rezvani, Le testament amoureux, Stock, 1981, p. 469.
[2] Serge Rezvani, Méditations, Les Belles Lettres, 2026, p. 154.
[3] Et auteur ! Dans Mille aujourd'hui (Stock, 1972), Serge Rezvani rapporte : « J'ai relu le livre de mon père sur le théâtre primitif iranien. » (p. 19 de l'édition Livre de Poche).
[4] Cf. Serge Rezvani, Le testament amoureux, op. cit., p. 11.
[5] « Né de l'islam, circoncis à la synagogue de Nice par la volonté d'une mère juive disciple de Gurdjieff, confié à des sœurs catholiques, puis à différentes sectes, ensuite caché en Suisse où je dus subir l'enseignement de l'école du dimanche protestante, puis enfin remis entre les mains d'un père magicien qui me jeta dans un internat orthodoxe russe, où ma jolie voix me permit en chantant dans le chœur de goûter les seules joies que la religion m'ait apportées, je peux dire qu'en moi rien ne remue à l'évocation du mot Dieu. » Le testament amoureux, p. 238.
[6] Ibid. p. 98.
[7] Jacques Lanzmann (1927-2006), sera célèbre comme écrivain et parolier (notamment des chansons de Jacques Dutronc), co-fondateur et rédacteur en chef du magazine Lui de 1963 à 1968.
[8] Pierre Dmitrienko (1925-1974), peintre et sculpteur.
[9] Le Grand Jeu, revue située en marge du surréalisme, fondée par René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, Roger Vaillant, Pierre Minet, etc. Pour une approche documentée de Monny de Boully, on peut consulter Monny de Boully, Au-delà de la mémoire, Samuel Tastet éditeur, 1991.
[10] Le Monde 5 février 1982, Article de Josyane Savigneau. Et dans Le Testament amoureux, à propos de Claude Lanzmann, Rezvani écrit : « Son refus des Palestiniens répond je crois à un réflexe viscéral d'horreur et d'effroi envers les ‘‘perdants'', les sans-patrie, les dispersés, c'est le refus véhément de l'image du Juif tel que la diaspora l'avait modelé. »
[11] Le lièvre de Patagonie, Gallimard, 2007, p 173-174.
[12] Serge Rezvani, L'éclipse, Actes Sud/Babel, p. 120.
[13] Le testament amoureux, op. cit., p. 307.
[14] Serge Rezvani, Ultime amour, Les Belles Lettres, 2012, p. 19.
[15] Serge Rezvani, Mille aujourd'hui, Stock, 1972 (p. 16 de l'édition Livre de Poche).
[16] Cf. Entretien recueilli par Michel Doussot et Yves Couprie en 2004. https://blogpasblog.wordpress.com/2012/06/09/le-monde-selon-serge-rezvani/
[17] Cf. le texte d'introduction de Serge Rezvani
à Notre folle jeunesse (Deyrolle, 1994), cité sur la notice Wikipédia de Serge Rezvani.[18] Serge Rezvani, Le portrait ovale, Gallimard, 1976.
[19] Ibid., p. 40-41.
[20] Lula voit parfois son amant comme un être double, elle écrit un jour dans son journal : « Il est tellement double que j'ai rêvé des deux, je suis avec lui et ensemble nous cherchons l'autre. » in Serge Rezvani, L'Éclipse, Actes Sud, 2003, p. 195.
[21] Le portrait ovale, op. cit., , p. 34.
[22] Le Monde, 25 octobre 1967.
[23] Variations sur les jours et les nuits, Le Seuil, 1985, p. 378.
[24] Serge Rezvani, Tu as le droit d'être un homme lent, La Gueule ouverte, juillet 1973.
[25] Mille aujourd'hui, op. cit., p. 373.
[26] Le camp du drap d'or, présenté au festival d'Avignon en 1971.
[27] https://fr.wikipedia.org/wiki/Carnets_d%27Adolf_Hitler
[28] Variations sur les jours et les nuits, op. cit., p. 245.
[29] Ibid., p. 343.
[30] Le monde selon Serge Rezvani, entretien avec Michel Doussot et Yves Couprie, 2012 : https://blogpasblog.wordpress.com/2012/06/09/le-monde-selon-serge-rezvani/
[31] Ibid., 2012.
[32] L'éclipse, Actes Sud Babel, 2007, p. 16.
[33] Ibid., p. 19.
[34] Ibid., p. 108.
[35] Ibid., p. 135.
[36] Ibid., p. 134-135.
[37] Serge Rezvani, La femme dérobée, Actes sud, 2005, p. 12-13.
[38] La femme dérobée, op. cit., p. 115.
[39] La femme dérobée, op. cit., p. 175.
[40] Moi, Artemisia !, Les Belles Lettres, 2023.
[41] Méditations, op. cit., p. 52.
[42] Ibid., p. 130-131.
[43] Ibid., p. 179.
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C’est la fin de Google Assistant sur Android

10 ans après son lancement, l'Assistant Google s'arrêtera sur Android le 4 septembre. C'est l'intelligence artificielle Gemini qui prend le relai : Google juge la technologie est suffisamment mature pour ne plus avoir besoin de les faire cohabiter.
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Pendant un test de sécurité, le modèle d'OpenAI a piraté un vrai site sans le savoir
OpenAI a publié le détail de deux incidents survenus pendant des évaluations de sécurité confiées à des laboratoires extérieurs. Le plus notable des deux lui a été signalé le 29 juillet par Irregular, une société qui teste la résistance des modèles aux usages offensifs.
L'exercice était un capture the flag, le format classique des compétitions de sécurité où il faut dénicher une information cachée en exploitant les faiblesses d'un système, monté uniquement pour cette occasion. Le modèle avait été prévenu qu'il n'avait aucun accès à internet.
Il y a eu deux ratés. Une erreur de configuration laissait en réalité passer le trafic vers le réseau public, et le nom inventé pour la cible de l'exercice qui, ô hasard de la vie et des internets, correspondait à un vrai domaine déposé par un malheureux.
Le modèle a donc attaqué un site bien réel en croyant travailler sur la maquette. Il a trouvé des identifiants qui traînaient et s'en est servi pour administrer le site.
OpenAI insiste sur deux points. Aucune faille inconnue n'a été utilisée, juste une vulnérabilité basique, et le modèle n'a pas cherché à s'échapper de son bac à sable puisque la porte était déjà ouverte. Irregular n'a pour l'instant relevé aucun dégât en dehors des données du site concerné, et l'enquête continue.
Le même évaluateur a d'ailleurs vécu la scène deux fois. Un modèle Claude est tombé sur un autre vrai site portant le nom d'une cible fictive, y a repéré des services exposés, récupéré des identifiants et atteint une base de données de production.
Ces histoires commencent à s'empiler l'air de rien. En juillet, un modèle d'OpenAI était sorti de son environnement de test pour aller fouiller les serveurs de Hugging Face, la grande plateforme de partage de modèles, dans le seul but de tricher à une évaluation. Anthropic a reconnu fin juillet que les siens avaient pénétré trois entreprises pendant des tests.
Le cas qui m'a le plus choqué à titre perso, vient de l'institut britannique de sécurité de l'IA. Un modèle y a monté une attaque sur la chaîne d'approvisionnement d'un projet open source bien réel, en fabriquant de faux comptes GitHub et en faisant de l'ingénierie sociale sur ses mainteneurs, le tout derrière Tor histoire de brouiller son origine. L'institut parle de la première tromperie de cette gravité visant une vraie personne, non prévenue, dans le monde réel.
Le problème, c'est quand on se projette un peu, il est à peu près certain que ce genre de truc va se généraliser dans les mois et années à venir, et ça va devenir un vrai problème.
Source : Bleeping Computer
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La suite de Ready Player One arrive et les choses sérieuses commencent

Le projet d'adaptation de Ready Player Two donne enfin un vrai signe de vie. Le scénariste Zak Penn vient d'officialiser ce que Warner Bros. gardait sous clé, l'écriture du script est bel et bien lancée.
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L’armée russe a tiré dans la nuit 115 drones et 28 missiles à haute vitesse, notamment balistiques. L’Ukraine n’a pas pu abattre un seul missile russe lors de cette attaque meurtrière, a indiqué l’armée de l’air. -
Après les incendies, la Gironde commence à mesurer aussi les dégâts économiques
L’activité économique, en particulier dans le tourisme, va pâtir des feux massifs en Gironde. Les secteurs touchés demandent des aides et espèrent des moyens pour que cette catastrophe ne se reproduise plus. -
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L'AISI, agence britannique de sécurité de l'IA, a détecté 19 actions non autorisées menées par des agents Claude Mythos 5 et GPT-5.6 Sol sur l'internet réel, lors d'un test cyber censé rester confiné à un environnement simulé.
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Nos corps liés
On est bouleversés à juste titre par les échos et images atroces qui nous arrivent ces derniers jours des comptoirs coloniaux au Maroc. On pleure la presque centaine de morts de tous âges, et on entend l'ampleur du long désespoir qu'elles racontent comme une tragédie. Mais on est là en territoire connu : longtemps qu'on s'émeut, périodiquement et par vagues, du durcissement des lois et pactes européens et nationaux, des naufrages en mer emportant des centaines, des corps retrouvés en montagne quand vient le dégel, des adolescents fauchés dans les tunnels frontaliers ou retrouvés gelés au cul des avions.
Et puis. On revient à nos existences, à nos vacances, à nos soucis. Aux baignades dans la mer et aux randonnées en montagne, aux frontières qu'on traverse comme on se mouche. Comme si nos corps étaient étanches. Incapables de se laisser transformer par ce qui a lieu pour d'autres, aux portes de chez soi. Incapables d'en faire un centre de gravité, une urgence absolue, un scandale que rien n'apaise. Nos vies ici, bien assises dans leur droit, ne sont pourtant pas coupées de celles qui en sont privées. L'asymétrie inouïe, obscène, qui nous accorde le droit de circuler et de migrer comme un privilège mérité dont sont privés tant d'autres : n'est pas qu'une circonstance malheureuse dont nous n'aurions qu'à nous indigner comme si nous n'étions pas partie prenante. C'est sur ces vies spoliées empêchées entravées que s'arrachent les nôtres. Où pensons nous puiser nos élans productifs maniaques, si ce n'est à la conscience enfouie qu'ils se nourrissent du sang, de la terre, du droit, de la destruction réelle ou symbolique d'autres ? La consistance anthropologique européenne reste coloniale et assassine, et ça nous va. Combien de personnes pour lutter aux côtés des exilés ? Combien pour ouvrir leur porte, désobéir ? Combien pour travailler à mettre en oeuvre le plus jamais ça nulle part à l'égard de qui que ce soit ? Petite fille d'un mort à Auschwitz et d'une survivante, c'est dans le sort fait à ceux qui font le dur choix de l'exil que je reconnais le plus intimement la mémoire que porte mon corps. Celle d'une coupure radicale entre les sorts, entre les corps, entre les histoires comme si elles n'étaient pas entremêlées depuis bien longtemps. D'un abandon de l'autre à toutes les tortures qui paveront sa route, et dont notre mauvaise conscience se console d'une déploration. On relègue le sentiment d'urgence politique d'un mot bien utile dans la boîte à outils de nos consciences européennes : il s'agirait de préoccupations humanitaires. Pas humaines non. Pas vitales. Pas essentielles. On ne mesure donc pas le racisme que sous tend tout ce fatras idéologique ? Il suffit de penser à l'accueil bras ouverts et compatissant des réfugiés ukrainiens en 2022. Il est temps d'engager une autre forme de responsabilité politique. De se laisser comprendre que les politiques migratoires européennes et nationales sont portées en notre nom et pour notre confort. Que des corps sont privés, torturés, enfermés, tués pour que les nôtres s'ébrouent aisément. Le mouvement social dit chaque fois : ne faisons pas du combat aux côtés des exilés un centre, c'est trop clivant. Les partis de gauche notabilisés, continuant sur la lancée complaisamment initiée par Jospin en 2002 : refusent idem d'en faire le centre parce-que-c'est-trop-clivant. Se laissant ainsi mollement (lâchement) prendre au piège de la droite (extrême), qui dicterait jusqu'aux termes de nos combats. Parmi ceux qui courent aujourd'hui à la présidence : personne pour réclamer la fermeture des CRA, le démantèlement des murs et clôtures ou la remise à plat du statut des frontières. Nous nous situons à un moment charnière, où il est question de se laisser basculer collectivement dans la haine et la destruction - ou de vouloir la vie. Et la vie ne se découpe pas, ce qui s'en prend à une vie s'en prend à la vie. La vie qu'on veut est bonne pour tous ensemble. Son horizon est terrien. Elle n'est pas dupe des frontières état-nationales. La terre elle-même nous fait la démonstration qu'on réclame : la vie bonne pour une poignée conduit à la prédation et à l'accumulation exponentielles jusqu'à l'auto-destruction apocalyptique. La prise de conscience est possible aujourd'hui comme jamais (et ce serait la chance de l'époque, qui provoquerait une réaction à mesure du possible), de toutes les alliances possibles avec d'autres existences et d'autres réalités. On peut s'organiser. En nombre. Offrir ce qu'on a à offrir en partage. De la place, de l'argent, du temps, une vie, des mots, des cris dans la rue. Travailler à l'égalité concrète au lien et au partage, comme on résiste. On ne peut plus faire avec nos petits arrangements. Le sort fait aux exilés doit devenir pour nous un centre. Depuis quelques mois le mot déportation est revenu prendre place tranquillement dans le vocabulaire européen. Ça doit nous faire muter, éperonner notre sens de l'horreur et du scandale, nous tenir lieu de miroir. A moins d'admettre qu'on tolère le racisme et l'inégalité, qu'on accepte de prendre part active au suprémacisme et à la domination, jusqu'à la mise à mort d'innocents sans nombre
Natacha Samuel
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Cette manette pour Switch 2 à moins de 25 € est la meilleure alternative aux Joy-Con

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Democracy is at stake when foolish humans bet on machines being intelligent | Rafael Behr
We need an enlightened US president to make the case for global AI regulation. Donald Trump is the exact opposite of what is needed
When I am woken by the sound of my dog whining, I understand that she is hungry and wants me to get up. When my alarm clock goes off, I don’t consider its needs. It is following an instruction to rouse me at a certain time but it doesn’t care if I stay in bed. It doesn’t try to get me up by other means. The dog, on the other hand, will go to plan B. She barks.
This capacity for autonomous action was once a difference between animals and machines. AI has blurred the line. Advanced models devise their own strategies to reach a goal. The task might be defined by a human master, but the machine weighs its options for delivery. It can make its own choices. Given rules, it can break them.
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Pixels de suivi emailing : les nouvelles règles Cnil 2026
À l’issue d’une consultation publique, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a adopté, le 12 mars 2026, une recommandation encadrant le recours aux pixels de suivi emailing.
La Cnil qualifie l’insertion d’un pixel dans un courriel d’opération de lecture sur le terminal de l’utilisateur, ce qui la fait entrer dans le champ d’application de l’article 82 de la loi Informatique et libertés, lequel transpose en droit français l’article 5, paragraphe 3, de la directive 2002/58/CE dite « ePrivacy ».
Cette qualification, reprise des lignes directrices 2/2023 du CEPD n’allait pourtant pas de soi : à la différence du cookie, qui procède d’une écriture sur le terminal, le pixel se borne à provoquer l’envoi d’informations vers l’expéditeur, sans qu’aucune donnée ne soit à proprement parler stockée sur l’équipement de l’utilisateur.
Il en résulte que le recueil préalable du consentement libre, spécifique, éclairé et univoque du destinataire, au sens de l’article 4, paragraphe 11, du RGPD, est requis, sauf à entrer dans le champ, limitativement défini, des exemptions.Les pixels de suivi emailing assimilés au régime des cookies
La recommandation précise le champ des finalités soumises à consentement : mesure de performance à des fins d’optimisation des campagnes, personnalisation du contenu ou du canal d’envoi, constitution de profils à des fins de ciblage cross-canal et détection de fraude publicitaire. Le régime ainsi défini pour les pixels de suivi emailing est strictement indépendant du régime propre à l’envoi du courriel qui les héberge.
Un courriel de prospection peut ainsi être valablement adressé sans consentement au titre du soft opt-in de l’article L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques, ou dans le cadre d’une prospection BtoB en rapport avec la fonction du destinataire, sans que cette licéité ne s’étende pour autant au pixel qu’il contient : celui-ci demeure soumis, indépendamment de la base retenue pour l’envoi, à l‘article 82 de la loi Informatique et libertés et requiert donc un consentement distinct.
Cette dualité de régimes, propre à la matière des traceurs, oblige à distinguer, dans l’analyse de conformité, la licéité de l’envoi de celle du dispositif de mesure qu’il contient.Les exemptions strictement encadrées par la Cnil
Certains usages échappent toutefois à cette exigence de consentement préalable, dès lors qu’ils demeurent strictement nécessaires au service demandé par le destinataire. Tel est le cas des pixels concourant exclusivement à la sécurisation d’une authentification, par exemple pour vérifier qu’un courriel contenant un code d’accès a bien été ouvert par son destinataire légitime.
La mesure de la délivrabilité bénéficie également d’une exemption, tant sous sa forme individuelle que globale, mais dans des limites strictement proportionnées : seule la date de la dernière ouverture d’un courriel, sans autre précision, peut être retenue afin de purger les adresses inactives d’une base de diffusion. Dès que cette mesure sert, en réalité, une finalité de personnalisation ou de ciblage, elle bascule dans le champ du consentement, y compris lorsqu’elle porte sur un courriel transactionnel tel qu’une confirmation de commande ou une réinitialisation de mot de passe.
Une troisième exemption, plus rarement mobilisée, couvre la conservation d’une trace d’ouverture destinée à démontrer le respect d’une obligation légale d’information, par exemple lorsqu’un texte impose de justifier qu’une information a effectivement été portée à la connaissance de son destinataire.Un délai de mise en conformité fixé au 14 juillet 2026
S’agissant des adresses déjà collectées, la recommandation ménage un régime transitoire : le suivi peut continuer, à la condition qu’une information claire soit adressée aux destinataires dans un délai de trois mois suivant la publication du texte, soit avant le 14 juillet 2026, afin de leur permettre de s’opposer au suivi pour les courriels à venir.
Ce régime transitoire ne vaut que pour le stock d’adresses déjà collectées : il ne s’agit pas d’un re-consentement rétroactif, mais d’une simple obligation d’information assortie d’un droit d’opposition, s’inscrivant dans le prolongement de l’obligation d’information prévue à l’article 13 du RGPD.
Pour toute collecte de consentement postérieure à la publication de la recommandation, le droit commun s’applique sans ménagement : le consentement procède d’un acte positif et le silence du destinataire vaut refus.
La Cnil a annoncé des contrôles à compter de l’expiration de cette période transitoire. La formule prudente employée par la recommandation, qui évoque un délai ne devant, « en principe », pas excéder trois mois, laisse toutefois subsister une incertitude sur le caractère strictement impératif de cette échéance.
À défaut de valeur contraignante propre à une recommandation, le risque contentieux se déplacera vraisemblablement vers le terrain de la preuve de la diligence raisonnable du responsable de traitement, plutôt que vers celui du respect littéral du délai.La notion de finalités connexes et la responsabilité du responsable de traitement
La Cnil admet qu’un consentement unique puisse couvrir à la fois la prospection commerciale directe et l’utilisation de pixels de suivi contribuant directement à la personnalisation de cette prospection, dès lors que ces finalités sont présentées comme connexes. Cette notion, absente tant du RGPD que des précédentes recommandations de la Cnil, ne fait l’objet d’aucune définition précise ; elle entre en tension potentielle avec le principe de limitation des finalités posé par l’article 5, paragraphe 1, sous b), du RGPD, et l’absence de critères objectifs de connexité pourrait fragiliser la prévisibilité du dispositif autant que la validité du consentement ainsi recueilli, ce point méritant d’être suivi avec attention.
Le recours à un prestataire technique n’emporte pas transfert de responsabilité : la qualité de responsable de traitement, au sens de l‘article 4, paragraphe 7, du RGPD, s’apprécie au regard de la détermination des finalités et des moyens, et non de l’exécution matérielle du dispositif. Est ainsi qualifié de responsable de traitement l’organisme ayant décidé l’envoi de la campagne, qu’il en soit ou non l’auteur technique, la plateforme d’emailing n’intervenant, le cas échéant, qu’en qualité de sous-traitant au sens de l’article 28 du RGPD, ce qui suppose l’existence d’un contrat de sous-traitance conforme.
Face à ces évolutions, une revue globale des pratiques existantes s’impose avant l’envoi de nouvelles campagnes : cartographie des usages de pixels et des finalités poursuivies, distinction entre usages techniques et usages marketing, vérification, pour chaque finalité, de la nécessité d’un consentement, adaptation des parcours de collecte, mise à jour du registre des traitements au titre de l’article 30 du RGPD et des politiques de confidentialité, et, selon l’ampleur du profilage en cause, examen de l’opportunité de réaliser une analyse d’impact sur la protection des données au sens de l’article 35 du RGPD.
À défaut d’un tel encadrement, l’entreprise s’expose à un risque de non-conformité et de sanction.
Les pixels de suivi emailing ne sont donc pas prohibés, mais leur licéité suppose désormais un consentement recueilli et documenté selon les modalités précisées par la Cnil. Les entreprises disposent d’ici la mi-juillet 2026 pour sécuriser leurs pratiques et éviter tout risque de contrôle.Article coécrit avec Kenza Declercq, avocate, collaboratrice du département Droit de l’IA & Contentieux technologiques du cabinet Lexing.
Virginie Bensoussan-Brulé
AvocateDirectrice du pôle Contentieux du numérique
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Le rôle de Sadie Sink dans Spider-Man: Brand New Day est resté secret jusqu’au bout pour une bonne raison

Disney, Marvel Studios et Sony Pictures se sont accordés sur un point important concernant Spider-Man: Brand New Day. Il était en effet crucial que le rôle de Sadie Sink reste secret pendant la promotion.
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Decoding America: are the Democrats having their own Maga moment?
In this episode of Guardian Australia’s weekly US politics podcast, co-hosts Jonathan Yerushalmy and Reged Ahmad take a look at how the Michigan Senate primaries could decide the future of the Democrats. This is a race that has revealed the civil war raging inside the party, as some seek to take it further to the left, with candidates such as Abdul El-Sayed. But will this schism be the Democrats’ Maga moment, or will it leave the party open to a Republican communist ‘red scare’ campaign that could cost them the midterms?
They also look at why the Senate unanimously passed a resolution declaring its opposition to any presidential pardon for Ghislaine Maxwell, the longtime associate of Jeffrey Epstein, as well as the next chapter in the reflecting pool saga and why Donald Trump said US attorney and Maga faithful Jeanine Pirro had ‘folded like an umbrella’
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El-Sayed holds narrow lead in Michigan Senate primary but race too close to call
Senate unanimously passes resolution opposing pardon for Ghislaine Maxwell
Trump accuses Jeanine Pirro of ‘folding’ by dropping reflecting pool charges
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TravelTech : comment HandleVisa digitalise l’accompagnement des voyageurs
Les formalités de voyage demeurent l’une des zones les moins fluides de l’expérience touristique. Réserver un vol ou un hôtel ne demande que quelques minutes, tandis qu’une demande de visa, d’autorisation électronique ou de déclaration préalable oblige souvent le voyageur à consulter plusieurs sources, à interpréter des consignes techniques et à ressaisir des informations sensibles. …
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Armed man arrested near Trump's golf course ahead of president's visit
Authorities in California have arrested a man who was seen near a golf course owned by President Donald Trump in the Los Angeles area, ahead of the president's visit for a fundraising dinner there. Jeanine John Taele, 38, was found with a pistol and illegal ammunition at the Trump National Golf Course in Rancho Palos Verdes, investigators say. -
Trump-backed Republican advances to face vulnerable Democrat in key House battleground
Republicans just took a major step forward in their goal to keep the House majority this November. A GOP hopeful backed by President Donald Trump advanced in a jungle primary for Washington's 3rd Congressional District alongside Rep. Marie Gluesenkamp Perez, D-Wash., and the two will now face each other in this fall's general election. -
La crise climatique est une question de nourriture plus que de température
Une explosion des prix puis des pénuries et des famines si nous ne stoppons pas l'écocide
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Festi'FAL #5 : Vers l'antifascisme et au-delà !
Le Festi'FAL revient le 3 octobre prochain à la Caserne Fonck pour fêter ses 5 ans !
Alors que le mouvement antifasciste subit des attaques médiatiques et politiques sans précédent, il n'a jamais été aussi vivant !
Face au gouvernement Arizona – projet néolibéral et autoritaire – et à la montée des tensions internationales, la riposte sociale est en marche.
Il est vital de dépasser le simple rejet du fascisme rampant, de la casse sociale et des discriminations. Il est temps de poser la question essentielle : Si nous sommes antifascistes, que voulons-nous construire ensemble ?
Pour en discuter, on se retrouve le 3 octobre pour des rencontres, des ateliers, des débats et une grosse soirée pour fêter 5 ans de luttes et d'alternatives !
(!) Le programme des activités est toujours en construction, la soirée est bookée ! Plus d'infos sur le reste du programme prochainement…
Lien fb -
Un développeur fait tourner les cinématiques de Command & Conquer sur un Atari ST de 1985
Jonas Eschenburg se tape un petit délire cet été, en portant Command & Conquer sur Atari ST, et il vient de s'occuper des cinématiques du jeu, le tout sur une machine équipée d'un Motorola 68000 cadencé à 8 MHz. Le même garçon avait déjà fait tourner Doom dessus.
Le décalage vaut le détour. Command & Conquer sort en 1995 sur PC, en VGA 256 couleurs, soit dix ans après l'Atari ST, qui affiche lui 16 couleurs en 320 par 200 points.
Envoyer les pixels bruts à l'écran est hors de question sur ce genre de matériel. La machine n'a ni le débit de lecture ni la puissance de calcul pour ça.
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Eschenburg a donc écrit son propre codec, baptisé STV, adapté du format VQA que Westwood utilisait à l'époque pour ses vidéos. Le principe repose sur un codebook, autrement dit un dictionnaire de petits carrés de pixels : au lieu de transmettre chaque image entière, le fichier envoie surtout des numéros qui pointent vers des motifs déjà connus du lecteur.
L'astuce est en réalité ailleurs. Les blocs sont découpés pour tomber pile sur l'organisation mémoire de l'Atari, qui range ses couleurs en plans séparés plutôt qu'en pixels contigus, ce qui permet au processeur de recopier les motifs sans passer son temps à réorganiser les bits.
La palette et le dictionnaire se mettent à jour en continu pendant la lecture, et pas une fois pour toutes au début du fichier. Ça évite le gros pâté de blocs baveux qu'on attendrait d'une compression aussi agressive.
Le tout fonctionne sur un 8 MHz d'origine. Sans accélérateur. A priori, aucun jeu Atari ST n'avait affiché de vidéo plein écran avant celui-là.
Le jeu, lui, reste beaucoup plus poussif pour le moment : quelques images par seconde en 16 couleurs, correct seulement à partir d'un Falcon, et il réclame 4 Mo de mémoire. Autour du codec, Eschenburg a publié une dizaine d'utilitaires, dont un encodeur pour fabriquer les fichiers STV et un lecteur natif pour les regarder sur la machine.
Tout est sous licence GPL sur GitHub, le portage se récupère sur itch.io, et il faut fournir ses propres fichiers du jeu d'origine puisque le projet n'a rien à voir avec EA.
Détail amusant, le son ne sort que sur STe et Falcon. Sur un ST de base, les cinématiques défilent en silence complet. La question étant maintenant de savoir si tout ça ne m'a pas donné envie de rejouer à Command and Conquer, pour ressortir mon premier pseudo de game : Moissonneuse killer (vraiment).
Source : Hackaday
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Washington Policy Review: August 4, 2026
Today’s Report
1. Overview
2. White House News
3. Truth Social Posts
4. Government Department News
5. 2028 Democratic Presidential Candidates
6. AI & Tech Company News
7. Congressional Watch
8. Policy Impact Analysis & Heatmap
1. Overview
President Trump commemorated the 236th birthday of the U.S. Coast Guard, praising personnel as “America’s maritime first responders” tasked with countering cartels and stopping illegal maritime activity. He touted a $25 billion investment to modernize the fleet with new cutters and icebreakers as part of a “new Golden Age for America.” Additionally, the President championed his “America First” economic agenda, citing a manufacturing sector expansion and a $1.5 billion investment from Octapharma that is expected to create 1,500 jobs.
President Trump highlighted a media appearance by Treasury Secretary Scott Bessent, directing his followers to the official’s recent interview on CNBC. This social media post served to amplify the administration’s messaging on current economic policy and fiscal updates.
Governor Gavin Newsom issued three specific requests and updates regarding California’s wildfire season, including an invitation for President Trump to deliver overdue federal aid for 2025 wildfire recovery. Newsom noted that only $37 million of $1.5 billion in FEMA claims had been received, stating, “There are moments that rise above politics.” Furthermore, the Governor announced the deployment of CAL FIRE resources to assist Washington and Oregon, asserting that the state “believes in science,” and secured federal grants for the ongoing Gann Fire in Calaveras County.
Governor Wes Moore of Maryland issued a statement regarding the passage of a legislative amendment focused on congressional redistricting. Moore warned that “President Trump and Republicans across the country are working to rig the system, weaken voting rights, and make this pain permanent.” He argued that the amendment is necessary to prevent “political redlining” and to ensure that electoral authority remains with the citizens of Maryland.
NVIDIA announced several major initiatives, including a partnership with the National Science Foundation to expand regional AI infrastructure and the commercial release of “Alpamayo 2 Super,” an open model for autonomous vehicles and robotaxis. The company also unveiled advancements in GPU-optimized storage designed to bypass CPU bottlenecks in high-demand AI environments. Additionally, NVIDIA joined the Open Secure AI Alliance to promote the “Shared AI Findings Exchange” (SAFE) guidelines, which aim to standardize cybersecurity transparency and incident sharing for agentic AI systems. OpenAI also announced new cybersecurity safeguards for its models and introduced education-focused plugins for ChatGPT Work and Codex, while Anthropic appointed Mariano-Florentino Cuéllar as its first Chief Global Affairs Officer.
On August 3, the Senate passed several bills, including the Foreign Robocall Elimination Act, the Bankruptcy Threshold Adjustment Act, and the Youth Poisoning Protection Act. Senators also voted 89-4 to advance the AGOA Extension Act, which is intended to serve as a legislative vehicle for upcoming government funding measures. Meanwhile, the House of Representatives held only a brief pro forma session with no substantive legislative business or votes conducted.
Aggressive federal support for industrial reshoring strengthens domestic manufacturing capital expenditure, though this growth faces bearish headwinds from potential international trade retaliation and uneven regional implementation. In the technology sector, the focus on data architecture and hardware efficiency mitigates scaling bottlenecks for agentic AI, yet this transition increases systemic vulnerability through concentrated hardware reliance and heightened cybersecurity risks. Meanwhile, the strategic use of omnibus legislative vehicles like the AGOA Extension Act provides market stability by preventing fiscal shutdowns, even as critics argue this approach “circumvents traditional debate” and obscures the granular visibility of sector-specific regulatory shifts.
2. White House News
Presidential Message on the Birthday of the United States Coast Guard
President Trump commemorates the 236th birthday of the United States Coast Guard, honoring their service as “America’s maritime first responders.” He highlights their role in defending against “narco-terrorist cartels” and stopping the “illegal invasion at sea.” President Trump underscores his Administration’s $25 billion investment to rebuild the fleet, including new cutters, helicopters, and icebreakers, alongside recent bonuses for personnel. Emphasizing a “new Golden Age for America,” he pledges his continued support for the service members, praising their role in ensuring national security and prosperity.
Reference: https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/2026/08/presidential-message-on-the-birthday-of-the-united-states-coast-guard/
Manufacturing Jobs Flock to the U.S. Thanks to President Trump’s America First Economic Agenda
President Trump’s economic agenda, featuring “Working Families Tax Cuts and America First trade policies,” is credited with driving an economic revival in the U.S. manufacturing sector, which saw its strongest expansion in over four years this July. Marking seven consecutive months of growth, this trend is highlighted by Switzerland-based Octapharma’s recent $1.5 billion investment to construct its first U.S. facility, creating 1,500 jobs. President Trump and his administration remain committed to their promise to “reshore American jobs, revitalize our domestic supply chain, and put America First.”
Reference: https://www.whitehouse.gov/releases/2026/08/manufacturing-jobs-flock-to-the-u-s-thanks-to-president-trumps-america-first-economic-agenda/
3. Truth Social Posts
Trump highlighted a recent media appearance by Treasury Secretary Scott Bessent, directing attention to the official’s interview with Joe Kernen on CNBC.
Reference: https://truthsocial.com/@realDonaldTrump
4. Government Department News
No relevant government department updates found for this date.
5. 2028 Democratic Presidential Candidates
Gavin Newsom (gov.ca.gov)
Governor Newsom is calling on President Trump to deliver federal disaster aid pledged 18 months ago following the January 2025 wildfire storms. While the President visits Los Angeles for a fundraiser, the Governor noted that California has received only $37 million of $1.5 billion in submitted FEMA claims. Newsom stated, “There are moments that rise above politics. This could be one of them, Mr. President,” urging the administration to fulfill its commitment to survivors in Altadena, Pacific Palisades, and Malibu who are still rebuilding.
California is deploying 20 CAL FIRE engines and four Rapid Extraction Module Support teams to assist with wildfires in Washington and Oregon. Since July 16, the state has coordinated the movement of 380 personnel and 60 engines to the Pacific Northwest. Governor Newsom emphasized the state’s solidarity with neighbors facing climate-driven threats, asserting, “We believe in science, and we also believe in our own eyes.” These deployments supplement local firefighting capacity and will not impact California’s internal emergency response readiness.
Governor Newsom secures federal assistance to support response to Gann Fire in Calaveras County
California has secured a Fire Management Assistance Grant (FMAG) from FEMA to support suppression efforts for the Gann Fire, which began on August 3 in Calaveras County. The fire has burned over 6,495 acres, forcing the evacuation of 1,473 residents. The grant allows state and local agencies to seek 75% reimbursement for eligible suppression costs. Governor Newsom stated that the assistance strengthens the state’s ability to “accelerate containment efforts, protect lives and property, and support communities facing ongoing evacuations.”
Governor Newsom announces appointments 8.4.2026
Governor Newsom announced several appointments, including Luis Garnica as Warden of Mule Creek State Prison and Jolie Poper as Chief Deputy General Counsel for the Department of Corrections and Rehabilitation. Additionally, Joseph Cannata and Vincent Hoenigman were appointed or reappointed to the Tahoe Regional Planning Agency Governing Board, and Natalie Arroyo was reappointed to the Klamath River Renewal Corporation Board of Directors. Most of these roles do not require Senate confirmation.
Wes Moore (governor.maryland.gov)
Governor Moore praised the Maryland General Assembly for passing a constitutional amendment regarding congressional redistricting. Moore stated that he has warned that “President Trump and Republicans across the country are working to rig the system, weaken voting rights, and make this pain permanent.” He argued that the amendment prevents “political redlining” and ensures that the final authority on representation rests with Maryland voters. Moore urged citizens to support the measure in the November election to maintain local control over the redistricting process.
6. AI & Tech Company News
OpenAI (openai.com)
Third-party cyber evaluations involving OpenAI models
OpenAI has detailed recent incidents regarding third-party cybersecurity evaluations of its AI models. In response, the company has implemented new safeguards designed to improve the rigor and security of the model testing and evaluation process.
New ways to learn and teach with ChatGPT Work and Codex
New education-focused plugins for ChatGPT Work and Codex are now available to support K–12 and higher education environments. These tools are designed to assist teachers, students, and researchers in their efforts to facilitate learning, conduct research, and build new projects.
Anthropic (anthropic.com)
Mariano-Florentino (Tino) Cuéllar to join Anthropic as Chief Global Affairs Officer
Mariano-Florentino (Tino) Cuéllar has been appointed as Anthropic’s first Chief Global Affairs Officer to lead international policy, strategy, and government relations. Cuéllar previously served as President of the Carnegie Endowment for International Peace and as a Justice of the Supreme Court of California. Having served on the President’s Intelligence Advisory Board and various academic and policy institutions, he will transition from his role as a Trustee of Anthropic’s Long-Term Benefit Trust to lead the company’s collaboration with global governments on AI development and governance.
NVIDIA (nvidia.com)
NVIDIA is partnering with the U.S. National Science Foundation to support State and Regional AI Infrastructure Hubs, aiming to broaden access to AI computing, software, and technical expertise. Modeled after NVIDIA’s collaboration with the University of Florida, the initiative helps university consortia pool resources to foster regional innovation. The program focuses on building a skilled workforce through flexible AI education and infrastructure, enabling institutions to address local economic needs and research priorities while preparing students for the AI economy.
NVIDIA has released Alpamayo 2 Super for commercial use under the Linux Foundation’s OpenMDW-1.1 license. Designed for robotaxis and autonomous vehicles, the model provides frontier-scale reasoning to handle complex, rare driving scenarios. It offers 360-degree context and produces causal reasoning traces and trajectory planning. According to NVIDIA, the model outperforms competitors like GPT-4o and Gemini 2.5 Pro on driving-centric benchmarks. It is part of an “open model” family designed to provide a cloud-to-car workflow that allows developers to customize and deploy autonomous systems efficiently.
As AI Increases Demands on Memory, Storage Steps Up
At the Future of Memory and Storage conference, NVIDIA unveiled storage advancements to support high-demand AI environments. The company is open-sourcing its cuFile APIs to allow GPUs to interact directly with storage, bypassing CPU bottlenecks and enabling microsecond-speed data access. NVIDIA also introduced the “Storage-Next” initiative, a collaboration with over 40 industry partners to create standardized, GPU-optimized storage architectures. These efforts aim to make storage an active component of the data path, ensuring that AI-powered systems can securely and efficiently process massive, concurrent data requests.
AI Leaders Propose SAFE Guidelines for Cybersecurity Transparency
The Open Secure AI Alliance, representing over 120 organizations, has proposed the Shared AI Findings Exchange (SAFE) guidelines to improve agentic AI cybersecurity. The initiative, supported by the Linux Foundation and members including NVIDIA, Cisco, and CrowdStrike, seeks to create a framework for sharing information on AI incidents and “near misses” to reduce systemic risk. NVIDIA highlighted its contributions to the defensive stack, including open-source tools for agent governance, runtime security, and vulnerability scanning, emphasizing that collective defense is essential for securing rapidly evolving AI agent systems.
7. Congressional Watch
Covers the 2026-08-03 session — the Congressional Record is published with a one-day delay.
Senate
The Senate conducted legislative business, including passing three bills related to public safety, bankruptcy eligibility, and robocalls. Senators also advanced the procedural path for an African trade extension bill that serves as the vehicle for a government funding measure.
H.R. 6500, AGOA Extension Act — Procedural motion to move toward consideration of this trade bill, which will also serve as a vehicle for a continuing resolution [Passed 89-4 (Vote No. 218)]
S. 2666, Foreign Robocall Elimination Act — Directs the FCC to establish a task force to combat unlawful robocalls [Passed by voice vote]
S. 3977, Bankruptcy Threshold Adjustment Act — Modifies specific bankruptcy eligibility requirements in federal law [Passed by voice vote]
S. 289, Youth Poisoning Protection Act — Bans the sale of products containing high concentrations of sodium nitrite to individuals [Passed by voice vote]
House of Representatives
The House held a brief pro forma session on Monday, August 3, with no substantive legislative business or votes conducted. The session lasted approximately 15 minutes.
No significant actions — No legislative business or voting occurred [N/A]
Committee Highlights
Senate Committee on the Budget — Examined the current state and reality of the Medicaid program
Senate Finance Subcommittee on Health Care — Examined the role of biotechnology in building a resilient health care future
Senate Committee on the Judiciary — Examined consumer costs associated with AI surveillance pricing
Senate Select Committee on Intelligence — Examined certain classified intelligence matters
Coming Up
The Senate will reconvene at 10:00 a.m. on Tuesday, August 4, 2026, to continue consideration of the AGOA Extension Act. The House of Representatives is scheduled to meet next in a pro forma session at 9:00 a.m. on Thursday, August 6, 2026.
Reference: Congressional Record Archive
8. Policy Impact Analysis & Heatmap
This analysis is provided for informational purposes only. It does not constitute investment advice or a recommendation to buy or sell any security.
Impact on Market
Based on today’s policy developments, our analysis identifies the following market impact themes:
THEME 1. INDUSTRIAL RESHORING AND MANUFACTURING EXPANSION
The administration is aggressively promoting capital expenditure in domestic manufacturing as a proxy for economic success. By linking tax cuts and trade policy to specific investment announcements, the executive branch attempts to validate its economic strategy. Bearish risks include potential trade friction if these protections create retaliatory measures from foreign partners. Critics also note that federal support remains inconsistent, as domestic recovery in regions suffering from natural disasters remains stalled despite promised funding.
THEME 2. AI INFRASTRUCTURE DE-BOTTLENECKING
Technological focus is shifting from pure compute power to the underlying data architecture required for agentic AI. NVIDIA’s integration with the NSF and new CPU storage products aim to resolve efficiency constraints that threaten to stall AI adoption at scale. While this enhances throughput for heavy users, it also increases reliance on centralized hardware providers. Cybersecurity concerns persist, as even collaborative efforts to share incident data face the risk of revealing proprietary vulnerabilities to sophisticated adversaries.
THEME 3. FISCAL LEGISLATIVE VEHICLES
The Senate is utilizing the AGOA Extension Act as a legislative engine to ensure government funding continuity. This procedural step is intended to avoid market-disrupting shutdowns while addressing broader trade obligations. The reliance on such legislative ‘vehicles’ often leads to complex, omnibus-style bills that complicate sector-specific policy visibility. Opposition figures warn that this method circumvents traditional debate, potentially leaving controversial policy changes buried within necessary appropriations.
Policy Impact Heatmap with Market Direction

Each cell shows an estimated impact score on a fixed scale of -10 to +10, reflecting how today’s policy developments may affect each market sector. Positive scores (green, ▲) suggest bullish impact; negative scores (red, ▼) suggest bearish pressure. Rows and columns are sorted by impact strength, and sectors and policy events with no meaningful impact are omitted. The heatmap, the analysis below, and the Impact on Market themes above are produced from a single unified analysis: the heatmap visualizes the magnitudes, while the text explains the causal reasoning behind them.
Government policy and industrial expansion are driving current market sentiment. The Senate’s move to use the AGOA extension as a vehicle for government funding provides a critical signal for fiscal stability, reducing potential volatility around a looming budget expiration. Simultaneously, the administration is emphasizing manufacturing growth, citing capital inflows like the new Octapharma facility as evidence of successful ‘America First’ industrial policy. Critics, however, argue that such growth remains uneven, as evidenced by local leadership complaints regarding delayed federal disaster aid in California, which they characterize as an ‘18-month’ failure to address urgent recovery needs.
Technological advancement is pivoting toward infrastructure integration. NVIDIA’s deployment of NSF AI hubs and new storage architectures directly addresses the ‘bottleneck’ issues currently plaguing high-compute AI environments. These moves are likely to lower barriers to entry for research institutions, theoretically broadening the customer base for accelerated computing. The cybersecurity initiatives led by the Open Secure AI Alliance represent a proactive regulatory posture, attempting to standardize safety protocols before systemic failures occur. Such moves aim to protect intellectual property, though they reflect rising anxieties that ‘agent speed’ attacks may outpace current defensive infrastructure.
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Trump espère un accord dès mercredi sur Ormuz, lance un nouvel ultimatum à l’Iran
Un accord temporaire de soixante jours serait en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l’Iran et le sultanat d’Oman. En mer Rouge, un navire indien a coulé mardi après avoir été attaqué. Le gouvernement yéménite a attribué l’attaque aux houthis. -
Vente d’AIRTABLE : qui perd réellement de l’argent dans une sortie à 2,25 milliards de dollars ?
Après avoir levé près de 1,4 milliard de dollars et atteint une valorisation de 11,7 milliards fin 2021 lors de sa série F, AIRTABLE s’apprête à être repris par l’italien BENDING SPOONS. Mais la décote de 81 % ne dit pas comment les pertes seront réparties. Entre trésorerie nette, actions préférentielles, ventes secondaires et stock-options, …
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«Tant de choses auraient pu mal tourner»: Sonita Muluh, haltérophile belge victime d’un sabotage raciste
Après avoir empêché la championne du monde de force athlétique de battre un nouveau record, un assistant lituanien a revendiqué un geste raciste. Auprès de «Mediapart», Sonita Muluh déplore plus globalement des discriminations systémiques au sein de sa fédération internationale. -
Couler un bateau pour attirer les poissons et les plongeurs
La ville de La Ciotat et son club de plongée historique tentent de convaincre l’État de saborder un navire, une pratique interdite en Méditerranée. Leur objectif: créer un récif artificiel foisonnant de vie pour les plongeurs. L’intérêt pour la biodiversité est, lui, controversé. -
«Partir, c’est perdre tout un monde»: les femmes âgées, victimes invisibles des violences conjugales
Dotées de faibles retraites et imprégnées d’une éducation les obligeant à «faire famille» à tout prix, des femmes séniors subissent en silence des violences qui durent depuis des décennies. L’absence de dispositifs d’accueil adaptés à leurs besoins complique leur accompagnement. -
Balade dans le jardin de George Sand, pionnière de la pensée écologiste
[Ces précurseuses écolos et féministes 3/5] George Sand, autrice aux plus de 70 romans, est connue pour ses combats humanistes et féministes. Mais elle se passionnait surtout pour la nature, notamment dans son domaine du Berry, que Reporterre a visité.
Lire la suite - Idée / Féminisme , Idées
Nohant-Vic (Indre), reportage
Depuis l'époque de la romancière, rien ou presque n'a changé. Entre un jardin de cèdres et de chênes, non loin d'une roseraie qui fut son endroit préféré et de l'ancien potager qui la nourrissait, l'ancienne (…) -
Paradoxes humains, catastrophe climatique
L’Allemagne veut atteindre la neutralité carbone en 2045, mais carbure toujours au charbon. Une valse des contraires, symptomatique de nos renoncements écologiques, captée froidement par le photographe Ingmar Björn Nolting.
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Running, trail et triathlon, des sports bourgeois ?
La course à pied, le trail et le triathlon connaissent un succès croissant, jusque dans leurs formats les plus exigeants. Ces pratiques se diffusent socialement, mais leur démocratisation reste très relative. -
Ephéméride des luttes : 5 août
Le 5 août de l'éphéméride des luttes déborde des luttes passées et espère bien que tous les 5 août à venir seront aussi amoureux de la liberté que ceux d'avant l'ont été.
1305 : En Angleterre, l'armée anglaise parvient à capturer près de Glasgow le leader de la révolte écossaise William Wallace. Celui-ci sera transféré à Londres, où il sera condamné et exécuté.
1689 : 1500 Iroquois attaquent le village de Lachine en Nouvelle France.
1812 : Aux USA, à Brownstone Creek, les guerriers de Tecumseh tendent une embuscade à plus de 200 soldats américains et les mettent en fuite.
1882 : A Montceau-les-Mines, la 'Bande Noire', composée de mineurs anarchistes, commet la première de ses actions en s'attaquant à l'église de la Mission du Bois du Verne.
1899 : A Valladolid, parution du premier numéro du journal 'La Protesta'.
1910 : Mort du "Père Lapurge" Constant Marie, communard et chansonnier anarchiste. Il sera notamment perquisitionné et arrêté plusieurs fois par la police pour les textes de ses chansons, notamment ceux de "Dame Dynamite".
1914 : A Cleveland en Ohio, installation du premier feu de traffic électrique.
1927 : - A Montevideo, une bombe très puissante est placée près de la City Bank et fait d'énormes dégâts. Les anarchistes l'y ont placée là dans le cadre de la campagne internationale de soutien aux anarchistes Sacco et Vanzetti de Boston, qui passent alors en procès et risquent la condamnation à mort.
- A New York, le même jour et dans le même cadre, de puissantes bombes interrompent totalement le transit des lignes de métro. La police déclare que la puissance des bombes dépasse celle de Wall Street de 1920.
- A Philadelphie, une charge de dynamite détruit une partie de l'église de Sainte Emmanuelle suite à des sermons que le prêtre avait adressé contre Sacco et Vanzetti.
1962 : En Afrique du Sud, arrestation de Nelson Mandela. Le même jour, c'est la mort de Marilyn Monroe.
1966 : John Lennon déclare que les Beatles sont plus célèbres que Jésus-Christ.
1974 : A Bruxelles, les Groupes d'Action Révolutionnaire Internationaliste (GARI) placent des voitures piégées contre les locaux d'Ibéria, deux succursales de la Banque Espagnole et une agence de tourisme spécialisée dans les vacances en Espagne.
- A Quimper, le Front de Libération de la Bretagne/Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB/ARB) fait sauter un Fokker 27 de la compagnie aérienne Air Inter.
1977 : - Mobilisations partout en soutien aux inculpés de Malville, la grande manifestation contre les centrales nucléaires de la fin juillet ayant abouti à de nombreuses arrestations, beaucoup de blessé-e-s et la mort d'un militant antinucléaire.
- A Rome, incendie de la porte du consulat français contre la répression des luttes antinucléaires en France.
- Toujours à Rome, des engins incendiaires sont lancés contre le siège du TAR, qui a annulé la suspension des travaux de la centrale nucléaire de Montalto di Castro. Ces deux dernières actions sont revendiquées par un message qui termine par 'Non aux centrales nucléaires'.
- A Gap, dans la nuit, le centre EDF est attaqué au molotov contre le nucléaire.
1980 : Dans le XIVème arrondissement de Paris, un commando d'Action Directe attaque la mairie et y dérobe des passeports, cartes d'identité et tampons officiels.
1981 : - Ronald Reagan licencie sans préavis près de 12.000 contrôleurs aériens qui faisaient grève.
- En Irlande du Nord, l'IRA mène une série d'attentats à la bombe dans sept zones du pays, notamment à Belfast, Derry et Lisburn (voir logo de l'article, la bombe de la rue royale)
1983 : A Belfast, 22 membres de l'IRA sont condamnés à plus de 4.000 ans de prison.
1984 : A Bonn, les Cellules Révolutionnaires et les Rote Zora incendient un camion de Kreuzer pour protester contre les conditions de travail en prison et en psychiatrie.
1986 : A Munster, les Rote Zora incendient l'Institut de génétique humaine de l'université, qui étudiait les liens entre déviation génétique et structure sociale.
1992 : En Afrique du Sud, une manifestation mixte de plus de 100.000 personnes se déroule pour la fin de l'apartheid.
1998 : A Rio de Janeiro, plus de 10.000 personnes affrontent la police lors d'une manifestation contre la privatisation du secteur des télécommunications.
2017 : A Toulouse, une camionnette de Spie Batignoles est incendiée pour leur implication dans la construction des prisons et en solidarité avec des anarchistes incarcéré-e-s. Revendiqué "Arson Lupin".
Voir l'éphéméride anarchiste du 5 août.
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Missouri rejects citizens’ bid for vote on Trump-backed redistricting plan
Missouri’s top election official has rejected a petition for a referendum on new congressional districts
Missouri’s top election official has rejected a citizens’ petition seeking a statewide referendum on the state’s redistricting plan backed by Donald Trump.
Supporters of the referendum had submitted hundreds of thousands of petition signatures in an effort to force a November election on whether to use a new US House map approved by the Republican-led state legislature. But the Republican secretary of state, Denny Hoskins, asserted on Tuesday that the petition was void because congressional redistricting plans cannot be subject to voter referendums.
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US revokes Brazil ambassador’s visa in escalation of diplomatic feud
Move is retaliation for Lula’s government refusal to approve Trump’s nominee for ambassador in Brasília
Donald Trump’s administration has revoked the visa of Brazil’s ambassador to the US in a sharp escalation of a diplomatic feud with the country’s president, Luiz Inácio Lula da Silva.
The US state department said Maria Luiza Ribeiro Viotti’s visa had been cancelled in retaliation for Brazil’s refusal to approve Trump’s nominee for ambassador in Brasília and its decision last month to deny visas to two US diplomats seeking to visit ahead of an October election.
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Mike Lindell, MyPillow CEO, steps down from post to run for Minnesota governor
Trump loyalist, who also has president’s endorsement, has spent millions trying to prove 2020 election was ‘stolen’
Mike Lindell is leaving his role with the MyPillow company to focus on his campaign to become the next governor of Minnesota. In a social media post published on Tuesday, Lindell said that the company was strong enough to withstand his departure.
“This decision is not about walking away. It is about stepping forward to serve. I am putting Minnesota above myself, my title, and my business interests so I can give this campaign and the people of our state my full time, energy, and attention,” Lindell said.
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Armed man arrested at Trump’s California golf course
Jeanine John Taele allegedly took photos and videos of property days before president’s visit
Los Angeles county sheriff’s deputies arrested an armed California man over the weekend who was seen surveilling Donald Trump’s golf course in Rancho Palos Verdes, days before the president was set to arrive there for an event with the Republican National Committee (RNC).
Plainclothes federal agents reported Jeanine John Taele, 38, as a “suspicious individual”, after they observed him on Sunday taking photographs and videos of the golf grounds, located in a coastal town south of Los Angeles, according to county officials.
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