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  • Au tribunal : trois ans de prison pour une erreur judiciaire (2)

    Dans cette série en quatre épisodes, une femme s’accuse du meurtre de son voisin, un retraité aussi paisible qu’elle. Au juge d’instruction, elle a tout avoué : comment elle a étranglé la victime, comment elle a déplacé le corps, comment elle a nettoyé la…
  • Au tribunal : trois ans de prison pour une erreur judiciaire (1)

    Dans cette série en quatre épisodes, une femme s’accuse du meurtre de son voisin, un retraité aussi paisible qu’elle. Au juge d’instruction, elle a tout avoué : comment elle a étranglé la victime, comment elle a déplacé le corps, comment elle a nettoyé la…
  • Trump defends $1.8bn slush fund that is holding up Todd Blanche confirmation

    President calls for former personal defense lawyer to be ‘immediately approved’ as attorney general

    Donald Trump has defended controversial plans for a $1.8bn slush fund even as they threaten to derail the nomination of his former personal lawyer Todd Blanche for US attorney general.

    Blanche “should be immediately approved” by the US Senate, the president declared in a post on his Truth Social platform on Friday morning, defending the payout scheme proposed by his officials in the Department of Justice as it holds up Blanche’s confirmation.

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  • Livrés à eux-mêmes, des enfants placés dénoncent des violences dans un foyer en Alsace

    Des employés et des jeunes d’un foyer de la protection de l’enfance à Saverne témoignent de violences et de graves défauts d’encadrement. Une situation qu’ils attribuent aux carences de la hiérarchie et au manque de moyens.
  • L’Expérience (1) : la cage de Marine

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • Maroc: liberté provisoire pour le rappeur Mehdi Black Wind, qui reste poursuivi

    L’artiste est toujours poursuivi pour «atteinte aux institutions». Une prochaine audience est fixée au 2 octobre.
  • L’Expérience (2) : l’impuissance de Gérald

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • L’Expérience (6) : le visage noir de Bruno

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • L’Expérience (3) : la disparition de Jean-Luc

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • L’Expérience (5) : le ketchup de Gabriel

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • L’Expérience (4) : la centrale d’Édouard

    « L’Expérience a été votée par référendum. Elle est censée confronter le ou la candidate à ses mensonges. Pendant toute la durée de L’Expérience, il ou elle sera en immersion totale, n’aura aucunement conscience de se trouver dans une réalité virtuelle.…
  • Les zones grises du rapport sénatorial sur les « zones grises » de l’information

    Dans un rapport rendu public le 8 juillet, le Sénat formule 56 propositions pour lutter contre la désinformation et combler certaines défaillances au niveau de la régulation des grandes plateformes numériques. Bien qu’il pose par endroits un regard assez…
  • Rassemblement pour la Palestine

    Quand ?
    Le 1 août à 19h

    Où ?
    Place du Trocadéro 75116 Paris

    Nous vous attendons très nombreux-ses ce samedi à 19h Place du Trocadéro, à l'occasion de ce rassemblement co-déclaré par EuroPalestine et les Blouses Blanches pour Gaza (BBG) !

  • Ce pack Xiaomi avec une montre connectée et des écouteurs est à prix cassé

    [Deal du jour] La Redmi Watch 6 est une montre connectée de Xiaomi qui remplit pleinement son contrat. Vendue à un prix abordable, elle s'accompagne ici d'une paire d’écouteurs sans fil Xiaomi Redmi Buds 6 Play, le tout à moins de 135 €.

  • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’externalisation de la gestion des frontières.
  • Iran strikes tankers under US escort in Hormuz strait as Trump gathers cabinet to discuss war

    Energy prices have soared again since fighting between US and Iran resumed two weeks ago as conflict spreads across Middle East

    Iran has said it struck two tankers trying to pass through the strait of Hormuz under the escort of the US military as Donald Trump gathered his cabinet to discuss the stalling war and rising prices as midterm elections in the US loom.

    Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps said on Friday that the “non-compliant oil tankers … were struck and brought to a halt, while four other oil tankers quickly changed course and returned to their previous positions”. The military body said the ships had tried to pass through the strait via an “undeclared route” and under US aerial escort.

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  • Recherches IA vs Google : ce que révèle le rapport Similarweb 2026

    Ce qu'il faut retenir :

    • 95% des utilisateurs de ChatGPT continuent d'utiliser Google en parallèle, et la recherche classique pèse encore environ cinq fois plus que l'ensemble des chatbots IA réunis (3,3 milliards de visiteurs mensuels contre 655 millions).
    • Seulement 6,8% des réponses de ChatGPT aux États-Unis contenaient un lien externe en mai 2026, un chiffre en forte hausse sur un an mais qui reste minoritaire.
    • 65% des URL citées par ChatGPT pointent vers des pages profondes (deux ou trois niveaux d'arborescence), alors que 58,8% du trafic de référencement généré par l'IA atterrit... sur la page d'accueil. Les pages citées et les pages cliquées ne sont donc presque jamais les mêmes.
    • La visibilité IA varie fortement selon les secteurs et les plateformes : ChatGPT est plutôt utilisé pour des recherches grand public (restaurants, santé, mode), Claude attire massivement les profils universitaires et étudiants, et Gemini surperforme sur les contenus techniques et matériel.

    Les utilisateurs de ChatGPT sont restés sur Google

    Le rapport Similarweb, basé sur des données collectées entre mars et mai 2026, part d'un constat simple : l'immense majorité des utilisateurs de ChatGPT n'ont pas quitté Google, ils ont ajouté un outil supplémentaire à leurs habitudes. Sur 494 millions d'utilisateurs de ChatGPT suivis, 461 millions utilisent aussi Google sur la même période. Même en tenant compte d'une croissance de 57% en un an du côté des chatbots IA, la recherche traditionnelle reste très largement dominante en volume.

    ChatGPT perd du terrain dans le domaine de l'IA, au profit de Google Gemini - Source : Similarweb

    Du côté des citations, la progression est réelle mais reste marginale en proportion. Le taux de réponses ChatGPT contenant un lien externe est passé d'environ 1% à 6,8% en un an aux États-Unis, une multiplication par cinq qui traduit un changement de fond, mais qui signifie aussi que 93 réponses sur 100 ne renvoient encore vers aucun site.

    Le point le plus utile du rapport concerne le décalage entre les pages citées par l'IA et les pages effectivement visitées par les internautes. Aleyda Solis (Orainti) souligne que les deux populations d'URL se recoupent très peu : l'IA cite des pages profondes qui servent de preuve à sa réponse, mais le trafic humain atterrit majoritairement sur la page d'accueil. Une conséquence concrète pour le suivi de performance : mesurer uniquement le taux de citation ne dit rien de ce qui se passe une fois que l'internaute clique réellement.

    L’IA générative n’est pas seulement un effet de mode

    En parallèle, plusieurs signaux indiquent que l'adoption des IA génératives dépasse le simple effet de mode. Les visites mensuelles sur les plateformes IA ont atteint 9,5 milliards entre juin 2025 et mai 2026 (+70% sur un an), et la moitié des utilisateurs a désormais plus de 35 ans, contre 61% de moins de 34 ans il y a deux ans seulement. Meta AI illustre aussi cette dynamique : ses utilisateurs actifs mensuels sont passés de 384 millions en septembre 2024 à 1,2 milliard en mars 2026, sans exister comme destination autonome mais en s'appuyant sur Instagram, Facebook, WhatsApp et Messenger.

    Enfin, la visibilité dans les réponses IA varie fortement d'une marque à l'autre au sein d'un même secteur, comme le montre l'écart entre CeraVe (indice de visibilité de 100) et NYX Cosmetics (19) dans la beauté. Kevin Indig (Growth Memo) recommande de raisonner en part de voix plutôt qu'en score absolu, une approche jugée plus pertinente dans un système par nature aléatoire comme les réponses génératives.

    L’article "Recherches IA vs Google : ce que révèle le rapport Similarweb 2026" a été publié sur le site Abondance.

  • Seth Meyers on Trump’s unpopularity: ‘Madam Web has a higher audience rating’

    The late-night host poked fun at the president’s record-low approval rating as he gets rich while Americans struggle

    Seth Meyers examined Donald Trump’s lowest approval rating yet as Americans struggle to afford gas and groceries.

    The Late Night host started by taking aim at Trump’s recent justification for attacking Iran after the president said “it’s our turn”.

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  • Djamel et Thomas, deux drames, deux poids, deux mesures

    On connait les doubles standards médiatiques, constants et continus. Mais plus grave encore, il y a les deux poids deux mesures judiciaires, où se révèlent les angles morts de notre prétendu « État de droit ». Tribune.
  • Ces smartphones Android Galaxy A55 (Samsung) et Phone 3a (Nothing) viennent d’être interdits à la vente en France

    L'agence nationale des fréquences annonce que quatre modèles de téléphone, dont deux sont de marque Samsung et Nothing, sont retirés de la vente en France. Le modèle concernant l'industriel sud-coréen est cependant très spécifique.

  • Incendie en Gironde : des obus de la Seconde Guerre mondiale ont explosé

    Des obus de la Seconde Guerre mondiale ont été découverts au Porge, ce village lourdement touché par les incendies qui ont traversé la Gironde. Enterrés dans un champ calciné, à quelques mètres des habitations, ils ont explosé sous l'effet de la chaleur au deuxième soir de l'incendie, dans la nuit du 23 au 24 juillet. L'un d'eux a même perforé le mur d'une maison évacuée.
    Un bruit assourdissant a retenti, semblable à un « bruit de guerre », selon le maire de la commune, Martial Zaninetti. (…)

    Lire la suite - En bref / Guerres et Armées , Incendies
  • Réunion de la Grange de Montabot : Mercredi 26 août

    Réunion d'organisation du lieu de lutte autogéré la Grange de Montabot, le 26 août 2026 à 20h.

    La prochaine réunion de la Grange de Montabot aura lieu le mercredi 26 août 2026 à 20h à la Grange.

    Nous nous retrouverons notamment pour réfléchir à se coordonner et à s'organiser face au nouveau déploiement de la tentacule nucléaire Orano qui, avec son projet Aval du Futur, veut valider la relance du nucléaire (et ses nouveaux EPR) avec la gestion et le traitement des déchers des centrales (plus d'infos sur l'Aval du Futur avec le dernier tract sorti par Piscines nucléaires stop). Pour faire comme si elle tentait de convaincre la population, l'entreprise organise un cycle de conférence pour expliquer à la populace le parcours du combustible [ie : nucléaire].
    Et pendant ce temp-là, Orano s'occupe surtout d'occuper le terrain là où elle en a vraiment besoin (sachant que la population, Orano s'en moque) via la presse entreprenariale.

    Nous verrons aussi comment nous organiser pour les prochains chantiers qui nous attendent à la Grange : Barder le côté ouest du bâtiment en terre-paille pour protéger le mur des intempéries, concocter un abri pour la caravane sauna, mise en place du nouvel espace nouzbi (à une quinzaine de km de la Grange de Montabot), etc.

    Ce sera aussi l'occasion d'échanger sur les différents sujets qui nous tiennent à coeur en amont du WE antifa qui se déroulera les 29 et 30 août 2026.

    Pour venir à la Grange de Montabot, voici le plan :


    La Grange de Montabot, la Bossardière ou 2, la Bessardière à Montabot (50),

    * route Percy-Montabot :
    À gauche sur la route Percy-Montabot
    1 km après le gros pylône ou,
    * en venant de Tessy :
    2e à droite après le bourg de Montabot

    Montabot (50) se situe à 9 km de l'A84

  • 1 millions d'euros de dégâts et 4 camions de carabiniers en feu : une manif' contre le Lyon-Turin déterminée

    Article initialement publié sur le site internet rebellyon.info le 29 juillet 2026.
    La marche annuelle contre le doublement du Lyon-Turin dans le Val de Suse ce week-end était particulièrement déterminée. En marge de la 10e édition du festival « Alta Felicita », 20 000 personnes se sont mobilisées contre la destruction en cours.

    Comme chaque été depuis maintenant 10 ans, le Val de Suse accueillait le festival "Alta Felicità" et une grande marche contre le grand projet inutile et impoosé du doublement de la ligne ferrorivaire Lyon-Turin. Pour rappel, ce grand projet a été initié dans les années 1980 menace 1500 hectares de terres, de plaines, de vallées et de montagnes à travers les Alpes, sur le territoire italien et français. Pour faire passer de force son traçé de 270 kilomètres, ses 202 kilomètres de galeries et ses 11 tunnels sous les massifs, la société d'exploitation TELT pompe plusieurs dizaine de milliards d'euros investis par les collectivités locales et cause des ravages écologiques irréversibles. Si le traçé est plus important du côté français, c'est du côté italien que les travaux ont commencé le plus tôt, et où la mobilisation s'organise depuis le début des années 2000, en installant régulièrement des campements ("presidio") pour empêcher le chantier de progresser.

    La mobilisation appelée cet été est marquée par une impressionnante participation, avec plus de 40 000 personnes qui ont convergé de l'Italie et de l'international vers Venaus, selon les médias locaux. Une participation record qui s'explique à la fois par l'anniversaire du festival mais également par le 15e anniversaire de « La République libre de la Maddalena », un presidio installé pendant six semaines de lutte acharnée à Chiomonte près de Venaus en 2011.

    Samedi 25 juillet, une grande manifestation et une caravane de véhicule étaient appelées au départ de Venaus et de Suza après l'ouverture du festival. Au départ de la manifestation qui réunit 20 000 personnes, trois groupes se forment. Une première attaque est menée contre le chantier de San Didero, tout près de Suza. Ce chantier de 68 000m2, lancé en 2021 entre l'autoroute A32 et la route nationale 25 du Moncenisio, est censé accueillir un grand parking et les bureaux d'exploitation de Sitaf, qui aura pour objectif de réguler le flux de poids lourds se dirigeant vers le tunnel du Fréjus. Une deuxième a lieu à Chiomonte, sur le plus grand chantier italien du Lyon-Turin, un des points névralgiques du tunnel transalpin. Enfin, le troisième groupe a continué jusqu'au chantier de Salbertrand, zone prévue pour l'usine de traitement des matériaux d'excavation destinés à la fabrication du béton, l'usine de voussoirs pour le revêtement du tunnel et la zone de triage et de chargement par voie ferrée vers les sites de stockage de Torrazza Piemonte et de Caprie.

    Sur le premier chantier, à San Didero, le barrières ont été forcées et un affrontement a eu lieu avec les flics avec notamment des mortiers et de nombreux pétard. Le groupe a finalement été repoussé par la police à coup de lacrymos. Une partie de la manifestation est partie occuper la voie ferroviaire de Bruzolo pendant quasi une heure. L'attaque la plus violente portée au TAV a finalement été celle du chantier de Chiomonte, où la détermination des manifestant-es leur a permis de mettre en déroute les flics, de faire brûler quatre camions de carabieniri et de forcer l'entrée du chantier pour y réaliser les dégradations voulues.

    TELT, la société italo-française chargée de la réalisation de la ligne Turin-Lyon, a fait le tour des médias internationaux pour déplorer des dégâts qui seraient estimés à 1 million d'eutros. Derrière des chiffres bien entendu impossibles à vérifier, c'est tout de même une victoire importante de la lutte No-TAV contre le désastre en cours et à venir.

    Face à cette victoire, le gouvernement italien d'extrême-droite de Meloni a bien entendu poussé nombre de cris d'ofraie contre la violence des manifestant-es contre les condés et a lancé une importante répression. L'équivalent de l'AFP italien (l'ANSA) rapporte dans les médias depuis le début de la semaine que plusieurs centaine de personnes ont été repérées comme ayant participé aux moments les plus déterminés de la mobilisation et 4 militant-es internationaux ont été arrêté-es. Meloni et le ministre de l'intérieur Matteo Piantedosi ont chargé la préfecture de police de Turin pour mener la répression contre la mobilisation.

    Solidarité avec les personnes interpellées et que crève le Lyon-Turin !

  • Soirée de rencontres anarchistes d'été 2026

    Au programme :

    • Coordonner nos activités et mutualiser nos moyens
    • Discuter et se rencontrer autour d'une boisson
    • Soutenir la coopérative du Bieristan

    Sur place à prix libre :
    Stickers d'artistes spécial canicule
    Nouvelle revue Bouche de Fer d'été
    Du pain de la Miebertaire
    Table de presse anarchiste

    Autres collectifs présents :
    Eclatrans , Collectif solidarites cusset , Cnt-SO 69

  • Canicule : « Le réchauffement climatique a pris corps, beaucoup de personnes ont vécu cette bascule dans leur chair »

    Après la terrible vague de chaleur de fin juin, la chercheuse Mélusine Boon-Falleur a lancé un questionnaire en ligne pour recueillir des ressentis de cette canicule. Premiers résultats : nombreux sont ceux qui veulent des changements systémiques.
    Mélusine Boon-Falleur est professeure au Centre de recherche sur les inégalités sociales de Sciences Po. Docteure en sciences cognitives, elle a notamment publié Les Pingouins ne sauveront pas la banquise. Lever nos obstacles cognitifs pour (…)

    Lire la suite - Entretien / Canicule
  • Ephéméride des luttes : 31 juillet

    Aujourd'hui 31 juillet, l'éphéméride des luttes perd un militant antinucléaire et d'autres antimilitaristes et se manifeste sous toutes les formes possibles pour que les entreprises de guerre et de conquête s'arrêtent.
    We are still fucking angry.

    1763 : Le chef Odawa Pontiac et ses troupes remportent une victoire contre l'armée britannique dans la bataille de Bloody Run.

    1881 : A Vigo en Galice, parution du premier numéro du journal "La Propaganda - Consacré à la défense et à l'illustration de la classe ouvrière".

    1914 : A Paris, mort de Jean Jaurès, assassiné de deux coups de feu trois jours avant le début de la Première Guerre Mondiale, à laquelle il s'opposait farouchement : "plutôt l'insurrection que la guerre". Le nationaliste Raoul Villain, qui le tua, fut à sont tour exécuté par les anarchistes espagnols car il faisait l'informateur pour l'armée franquiste.

    1921 : A Berlin, une grande manifestation a lieu pour la fin de toutes les guerres et pour que plus jamais elles ne se produisent.

    1959 : Au Pays Basque, création de l'ETA, groupe armé antifranquiste et indépendantiste Basque.

    1971 : A Londres, le groupe anarchiste Angry Brigade fait sauter le domicile du secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie suite à son annonce de vouloir fermer les chantiers navals.

    1972 : - En Irlande du Nord, le gouvernement britannique envoie 4.000 soldats de plus, portant à 12.000 les forces d'occupation du pays, qui vont détruire les barricades montées par la population. Un adolescent et un membre de l'IRA sont abattus lors de l'opération.

    • Toujours en Irlande du Nord, à Claudy, l'IRA fait sauter trois voitures piégées.

    1977 : Plus de 60.000 personnes manifestent contre le nucléaire à Malville dans le cadre d'une mobilisation internationale qui sera violemment réprimée par la police. Elle finira par de durs affrontements, la mort du militant antinucléaire Vital Michalon, la mutilation de trois personnes et des centaines de blessés (photo de l'article).

    1982 : A Vireux dans les Ardennes, deux heures d'affrontements ont lieu entre antinucléaires et sidérurgistes d'un côté et policiers de l'autre.

    1997 : A Lisballaw en Irlande du Nord, la Continuity Irish Republican Army (CIRA) pose une bombe dans les sous-sols d'un hôtel de luxe, qui est désamorcée par l'armée.

    2011 : A Sautron, deux engins de chantier de l'entreprise Vinci sont détruits par des bouteilles de gaz dans le cadre de la lutte de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Voir ici un texte explicatif.

    2019 : A Athènes, dans le quartier d'Exarcheia, des affrontements au cocktail molotov ont lieu suite à la libération du policier qui avait assassiné le jeune Alexis Grigoropoulos le 8 décembre 2008 dans le quartier, ce qui avait déclenché une vague de révolte exceptionnelle.

    Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 juillet.

  • State department to offer Trump-branded US passports nationwide

    Passports with the president’s portrait, previously only available in DC, will be offered at 27 agencies nationwide

    Americans outside the nation’s capital will soon be able to get limited-edition passports that feature a picture of Donald Trump and celebrate the 250th anniversary of the founding of the United States, the state department announced.

    The department’s 27 passport agencies nationwide will start offering the special travel documents next month. They previously had only been available at the Washington DC passport office for in-person applicants.

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  • « On a signé pour aller au charbon, pas à l'échafaud » : les pompiers asphyxiés par les fumées des incendies

    En première ligne pour lutter contre les incendies, les pompiers inhalent de nombreuses substances toxiques présentes dans les fumées. Ils dénoncent une protection insuffisante et un manque de reconnaissance des risques.
    Il y a l'effort physique engagé pendant de longues heures, la manutention réalisée sous des températures élevées, le manque de sommeil et le stress qui abîment les corps des pompiers et leurs esprits. À ces facteurs de risques s'ajoute celui, moins visible, de (…)

    Lire la suite - Info / Santé , Incendies
  • « Dans notre malheur, on aura fait de belles rencontres » : à Bordeaux, avec les derniers évacués de l'incendie

    Depuis une semaine, le parc des expositions de Bordeaux accueille les évacués des communes touchées par l'incendie en Gironde. Ils ne sont plus qu'une cinquantaine et s'apprêtent à partir, épuisés, mais avec des souvenirs et de belles amitiés.
    Bordeaux (Gironde), reportage
    Au pied des couchettes et sur une table, des roses blanches dans des bouteilles en plastique ont été déposées, comme pour dire « merci ». Entre la centaine de lits vides, seuls quelques jouets, des gamelles pour chat (…)

    Lire la suite - Reportage / Incendies
  • A World Cup with no participants – it could be Gianni Infantino’s boldest move yet | Marina Hyde

    You’ve got to admire the Fifa president’s chutzpah in trying to flog off football’s greatest prize. If only Uefa wasn’t being so pesky about it all

    Imagine a plan so distasteful that even the Americans and a Middle Eastern nepo-royal football boss can’t be doing with it. Such is the status of Fifa president Gianni Infantino’s scheme to sell off stakes in the World Cup to private investors. More historically, perhaps, the 55 nations that make up Uefa have reacted to this horror show by voting unanimously to boycott Fifa tournaments, including World Cups, if Infantino presses ahead. That would mean Spain and Portugal boycotting their own men’s World Cup next time around, which you’d think – not to call it too soon – would come off as slightly bad vibes.

    A testing moment, then, for the haunted cue-ball. Again. Can it really already be time to turn to Infantino once more, even after he appeared in this spot only on Tuesday, after his 15-page Instagram crash-out about his haters? Yes. Yes, I’m afraid it can. Demanding the federations of the world sell off the World Cup to some fund led by Donald Trump’s son-in-law’s brother will regrettably draw attention to you in ways that will prove difficult to control. As indicated, the Fifa president’s plan has contrived to appear vulgar to the North American confederation, Concacaf, as well as the Asian Football Confederation (AFC).

    Marina Hyde is a Guardian columnist

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  • En Bulgarie, des ossements de mammouth découverts dans le lit asséché du Danube

    En Bulgarie, le niveau exceptionnellement bas du fleuve Danube a mis au jour des ossements de mammouth. Probablement issus d'un jeune mammouth laineux de la période glaciaire, ils ont été découverts le mercredi 29 juillet dans le nord du pays.
    Les vestiges ont été repérés par hasard par un habitant d'un village en bordure du fleuve. « Il s'agit à 100 % d'un mammouth », a affirmé Nikolay Nenov, directeur du musée régional d'histoire de la ville de Roussé, auprès de l'AFP. Contrairement à de (…)

    Lire la suite - En bref / Climat , Animaux , Nature
  • Branche AT-MP : La santé de la classe ouvrière sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires !

    Alors que le gouvernement et le patronat se félicitent du lancement du prétendu «Plan Santé au Travail 2026-2030», nous dénonçons une vaste opération d’enfumage. Derrière les discours lisses sur la « prévention », se cache une réalité brutale : la casse systématique de la branche Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT/MP) et le pillage de ses ressources. Retrouvez nos analyses dans notre communiqué.

    cnt_so_com_at_mp_juillet2026Télécharger
  • Justice department admits reflecting pool damage not caused by vandals as it moves to drop charges against Olympian – as it happened

    This blog is now closed. You can read our latest story here

    When asked by a reporter at Camp David about negotiations with Iran, Trump said the US would be “hitting them very hard”.

    “We just want to win,” he said. “We’re doing very well, trying to be nice, as nice as you can be in a situation like that, but, you know, they’re being decimated. They have no Navy. They have no air force, they have no anti-aircraft. They don’t have any capability. They have some, but very little.”

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  • Siamo tutt* Black Bloc, Festival Alta Felicita, NO TAV Venaus Italie

    Un week-end de luttes, conférences et musique.

    Comme chaque année depuis maintenant 10 ans, le Festival Alta Felicita s'est déroulé à Venaus dans le Val de Susa.
    Ce village est l'un des nombreux lieux symboles de la lutte du mouvement NO TAV qui s'oppose à aux chantiers écocides de la ligne de train rapide Turin-Lyon.
    Cette lutte qui dure depuis plus de 20 ans est un exemple de résistance et convergence exceptionnel.

    A peine le train, parti de Torino, entre dans la Vallée de Susa, vous réalisez la dimension de cette opposition.
    Sur les bords de route, dans les gares, sur les montagnes, fleurissent, un peu partout, des tag, des fresques, des drapeaux et des banderoles avec l'inscription NO TAV. Parfois, le slogan change en TAV = Mafie comme l'inscription réalisée avec d'énormes draps blancs sur le flanc d'une montagne.

    Une fois sur place, vous découvrirez, assez vite, un autre aspect majeur qui caractérise ce mouvement c'est la diversité des personnes qui le compose. Toutes les générations y sont représentées ainsi qu'une quantité d'associations, mouvements de lutte qui vont de l'association locales des habitante.x.s aux groupes anarchistes de Torino en passant par les activistes écologistes, les centres sociaux et une multitude d'autres groupes du militantisme italien et européen.
    Leur point commun, c'est d'empêcher que les divers chantiers du TAV, aux intérêts politiques et mafieux, ne détruisent la Vallée.

    Que se soit dans un bar, un agriturismo, petit à petit, passé le moment de méfiance, les habitante.x.s vous font comprendre discrètement qu'iels soutiennent la lutte. Ce qui marque aussi, c'est que l'on ne vous pose pas de question au sujet de votre identité. Touxtes sachant que la Vallée peut compter sur le soutien de militant.e.x.s venant de toute l'Italie et d'Europe qui préfèrent resté discret.e.x.s.
    En cas de nécessité, on comprend assez vite que l'on pourra compter sur un réseau disponible à nous orienter vers les bonnes personnes qui composent cette nouvelle résistance.
    Au vu des importantes condamnations qui ont frappé les membre.x.s du mouvement, la discrétion est un autre point fondamental.
    En tant que novice, on vous oriente petit à petit dans la bonne direction afin de venir grandir les rangs de la résistance au moment venu, mais il est très difficile de connaître les plans d'actions prévus.
    Ce qui est une des grandes forces de ce mouvement qui reprend, de toute évidence, les codes de fonctionnement de la Résistance.
    Tout le monde peut y trouver un rôle, selon ses propres motivations et le niveau de risque qu'iel veut prendre. Cela va de l'aide comme staff au festival à l'action directe lors des tentatives de destructions matérielles du chantier. La combinaison des deux étant évidemment possible.
    L'important étant d'apporter sa contribution à la lutte.

    Dans ce contexte, la solidarité est essentielle. Depuis le début du NO TAV les autorités ont à maintes reprises tenté de diviser les divers mouvements de lutte en voulant séparer les gentil.l.e.x.s et les méchant.e.x.s.
    A chaque fois la réponse est la même “siamo tutt* Black Bloc“. Cette fois-ci encore, après les impressionnantes attaques aux chantiers orchestrées par les groupes d'antagoniste.x.s durant la manifestation de samedi, les portes paroles historiques du mouvement l'ont répété haut et fort.

    Ces personnes qui consacrent leur vie à la réussite de cette lutte et qui, certaines, sont ou ont été condamné.e.x.s à de sévères sanctions allant jusqu'à la prison ferme ou aux arrêts domiciliaires à plus de 70 ans, sont toujours actives. Peut-être moins dans les avants postes de sabotage, quoi que l'on en croise encore beaucoup en deuxième ligne en soutien, mais touxtes ont un rôle important dans la lutte.
    Il est du reste fréquent de croiser les leaders historiques des années 2000 débarrassant les poubelles, nettoyant les douches et wc ou vous servir la polenta au festival. C'est quelque chose qui vous marque.

    En tant que staff, vous les côtoyez et, après un peu de temps, au fil des récits, vous réalisez que vous servez la polenta au côté d'un leader ou d'une leader du mouvement peut-être même condamné.e par le passé à la prison.
    Ces ancien.n.e.x.s sont toujours disponibles à partager leurs savoirs et leurs connaissances du territoire pour préparer les nouvelles incursions aux chantiers. Iels-mêmes, s'adaptant aux nouvelles méthodes d'organisation remarquables et astucieuses des divers Black Bloc.
    Ce qui impressione le plus, c'est le niveau de préparation minutieux des attaques.

    La manifestation de samedi a débuté avec un important cortège militant et festif. A un certain moment, sans y être préparé, on réalise que le cortège se scinde en plusieurs tronçons prenant diverses directions.
    A ce moment là seulement, il devient évident pour la majorité des participant.e.x.s, que l'ambiance va changer. On voit petit à petit qu'une partie des tenues vestimentaires du cortège virent au noir. Les manifestant.e.x.s décident alors de choisir un des cortèges au hasard. D'autres, maintenant revêtu.e.x.s tout de noir, prennent la direction des opérations avec une organisation remarquable. La partie du cortège la plus grande emprunte alors une route en pente jusqu'a atteindre un village d'altitude. Après presque une heure de marche en plein soleil, on commence seulement à comprendre quel est l'objectif de notre groupe.

    En effet, dès maintenant, nous allons emprunter des chemins pédestres toujours plus escarpés dans la forêt pour atteindre le chantier principal du TAV, celui de Chiomonte.

    Petit à petit, de manière surprenante, des petits groupes s'organisent et il devient de plus en plus évident que la suite des événements ne sera pas de toute tranquillité.

    Malgré cela, personne ne fait demi-tour, de manière naturelle nous comprenons que chacun.e.x d'entre-nous est important pour la réussite de cette action. Il semble évident, sans que l'on ait besoin de nous le dire, que nous pourrons touxtes choisir notre niveau d'implication mais que notre présence massive est essentielle à la réussite de l'attaque du chantier.
    Une fois devant les premières grilles du chantier le rythme s'accélère brusquement. Les premières grilles cèdent, le groupe avance toujours compact et solidaire. Devant, les affrontements avec la police commencent. Peu à peu, d'autres grilles du chantiers sont abattues, celles d'accès à l'autoroutes aussi.
    L'ensemble des participant.e.x.s du cortège est maintenant dans la zone interdite. Personne ne fait demi tour. Certaine.x.s resteront en arrière observant les divers fronts de luttes aux portes du chantier. Même sans s'impliquer directement dans les dévastations du chantier touxtes sont essentiel.e.x.s à la réussite de l'attaque.
    Puis, la police étant visiblement à court de gaz lacrymogène, les divers fronts progressent et une partie des personnes présent.e.x.s à l'arrière s'avancent aussi sur l'autoroute ou s'amassent derrières les derniers grillages. Touxtes nous ressentons la nécessité de montrer notre soutien en encouragent les courageux.se.s qui ont réussi à entrer dans le chantier et commencent à le saccager.
    La lutte est acharnée, c'est impressionnant, des bâtiments brûlent. La forêt aussi prend dangereusement feux à cause d'un lacrymogène de la police.

    Ce qui surprend, à première vue, est étonne, c'est bien évidemment la détermination des divers black blocs, mais la passivité de la police au début des affrontements semble elle aussi surprenante.
    Un hélicoptère de la police survolant la marche depuis le début, il est impossible que la police n'aient pas mesurer l'ampleur de l'attaque qui se préparait.

    On peut dès lors imaginer, sans trop d'ambiguïté, que les chefs des diverses polices avaient certainement reçu des ordres de laisser le conflit s'embraser afin d'obtenir des images médiatiques spectaculaires qui feront le jeu des leaders des partis politiques.
    Allant même, semble t'il, jusqu'à sacrifier la santé des policiers au front. Ce que semble confirmer des témoignages anonymes de certains d'entre-eux laissés à cour de lacrymogène, à la merci des projectiles des antagoniste.x.s.
    De manière encore plus évidente, à aucun moment la police n'a tenté d'éteindre l'impressionnant incendie du chantier et de leurs propres véhicules. Exposant ainsi également leurs troupes à des fumées certainement toxiques comme l'ensemble des personnes présentes dans la zone.

    Un feux de forêt qui menaçait dangereusement les manifestant.e.x.s à quant à lui été maîtrisé grâce à l'intervention des secouriste.x.s de la manifestation et de manifestant.e.x.s qui ont eu la présence d'esprit d'utiliser la lance incendie de l'autoroute pour en venir à bout. Évitant ainsi un scénario qui aurait pu vite devenir dramatique, le vent soufflant très fort à ce moment exposant une grande partie des personnes aux flammes.
    Ce n'est que lorsque lorsque la scène du conflit était devenue visuellement vraiment apocalyptique que la police est intervenue massivement. Une attitude qui semblait dès lors clairement intentionnelle.
    La une des médias titrant déjà à ce moment là avec les énormes dégâts subits par le chantier et les nombreux blessés parmi les forces de l'ordre avec des images spectaculaires.

    Ce n'est seulement qu'après plus d'une heure d'affrontements que la police est entrée, sans opposition, sur l'autoroute pour mettre rapidement et facilement un terme à l'attaque du chantier. Une solution qui, de toute évidence, aurait pu être prise bien avant et éviter l'ampleur des dégâts.
    Cette simple intervention obligeant l'ensemble des personnes encore présentes à fuir en direction de l'unique sortie possible de la zone interdite provoquant un mouvement de panique qui aurait pu être dramatique.

    En effet, l'unique voie de sortie étant très étroite et obstruée par les barrières, à peine renversées, obligeait les manifestant.e.x.s à escalader dangereusement un muret pour se réfugier dans la forêt abrupte et reprendre le chemin pedestre lui aussi encombré.
    Lorsqu'il ne restait qu'une vingtaine de malheureus.e.x.s encore au delà des barrières, le cordon de police les avait à portée de matraques. L'intervention du bloc de secouriste.x.s protégeant les manifestant.e.x.s les mains levées, ainsi que, de toute évidence, un ordre de ne pas avancé d'un supérieur, a permis aux dernier.x.s manifestant.e.x.s de quitter le lieu en grimpant sur le mur.
    Encore une fois, le timing de la police et son manque de détermination, semble indiquer que des ordres précis avaient été donnés afin que les victimes physiques des affrontements ne puissent être recensé que du côté des forces de l'ordre. Ce qui a de toute évidence fonctionné médiatiquement et politiquement.

    A ce moment du récit, il est important d' y apporter une précision essentielle, les antagonistes bien que déterminé.e.x.s et combatif.ve.x n'ont pas pour objectif principal de blesser des agents des forces de l'ordre, leur but est d'atteindre les objectifs matériels à détruire. Un exemple illustre bien cette attitude. A un certain moment, il semblait évident qu'il leur aurait été facile de jeter des objets massifs depuis le pont de l'autoroute sur la police en contrebas ce qui n'a pas été le cas fort heureusement.
    L'étonnante passivité des forces de l'ordre, qui a fait le jeu des politiques au prix de sacrifier la santé de quelques-uns des leurs et occasionner des dégâts matériels importants (sur ce point, cet aspect semble bien futile au vu des coûts pharaoniques du chantier) semble trouver une confirmation dans les événements qui allaient suivre la manifestation.

    En effet, une fois la majorité des opposant.e.x.s au chantier de retour sur le site du festival, des bloques de contrôles réguliers ont été mis en place par les forces de l'ordres empêchant à toute personne de quitter le lieu sans être auparavant identifiée et parfois même photographiée.
    Des bloques improvisés à intervalles irrégulières samedi et dimanche et fixes le lundi, le jour du départ des dernier.e.x.s festivalier.ère.x.s.
    A noter qu'avant le festival déjà, de nombreux contrôles avaient déjà été effectués à la Gare de Turin et le long des routes qui mènent à Venaus avec enregistrement de données et fotos.
    Tous cela probablement pour identifier les participant.e.x.s aux violences après-coup, à l'aide des outils d'intelligence artificielle.

    Dans ce climat ultra-sécuritaire, une loi d'urgence a été appliquée spécifiquement pour toute la Vallée interdisant aux commerces la vente de boissons en bouteilles de verre et sous forme de canettes d'alu durant la durée du festival sous prétexte que celles-ci pourraient servir de projectiles contre la Police. Dans la réalité, c'est privé de manière punitive, les commerces locaux de revenus importants.

    Comme ont peut le comprendre, à l'heure de l'informatique et de la surveillance de masse, il semble évident que les méthodes des forces de l'ordre ont changé. Si ce n'est pour avoir des images médiatiques de violences et faire le jeu des politiques, la répression prend la forme d'une surveillance massive des foules à laquelle sont adaptées des lois qui s'accompagnent de sanctions pénales de plus en plus sévères.
    Dans le contexte des manifestations de ce week-end, les politiques de droites mais pas seulement, évoquent les loi sur la dévastation, le saccage et le terrorisme dont les peines peuvent être plusieurs années de prison ferme.

    En réponse à cela, le comité NO TAV a une nouvelle fois rappelé que depuis plus de 20 ans la réponse est la même. SIAMO TUTT* BLACK BLOC* e PARTIAMO TUTT* INSIEME, TORNIAMO TUTT* INSIEME, seul peut-être l'adaptation des slogans au genre neutre à changer.

    Enfin, si votre esprit militant vous en dit, allez vous balader dans la Vallée, manger à l'osteria popolare La Credenza à Bussoleno où vous pourrez également vous renseigner sur la lutte et ensuite, prenez le temps de découvrir les nombreux signes qui vous mèneront peut-être au coeur de la resistance.

    La prochaine grosse mobilisation est déjà agendée le 3 octobre 2026 à Sant'Ambrogio où sont prévus des chantiers écocides menaçant l'une des sources d'approvisionnement en eau potable les plus importantes de toute la région alors qu'en se moment la sécheresse fait rage partout.
    A noter en fin qu'un nouveau camping de la résistance devrait également voir le jour tout prochainement.
    Canal Telegram : @notavinfo
    *Titre d'un morceau de musique composé par le groupe genevois Hyperculte sur le sujet.
    https://hyperculte.bandcamp.com/track/siamo-tutti
    Livre conseillé sur le sujet https://www.lyber-eclat.net/livres/contrees/
    Podcast conseillé
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/no-tav-la-zad-a-l-italienne-8209930

  • Incendies : 17 % des fumeurs jettent leur mégot par la fenêtre de leur voiture

    17 % des fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur véhicule. C'est le constat alarmant de la fondation Vinci autoroutes, dans son enquête annuelle sur les déchets.Parmi ces fumeurs imprudents, plus d'un tiers ne considère pas cela comme dangereux.
    Pourtant, 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, selon les chiffres du gouvernement. Dans 70 % des cas, ces feux ont pour origine une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles, réseaux électriques...) ou une (…)

    Lire la suite - En bref / Incendies
  • Nounou-Top: la plateforme française de garde d’enfants face aux plaintes de violences sexuelles

    Deux familles ont porté plainte contre des babysitters recrutés grâce au site Nounou-Top pour violences sexuelles sur leurs enfants. La DGCCRF enquête en parallèle sur la plateforme française, aux pratiques commerciales «susceptibles de tromper les consommateurs».
  • Au cœur des incendies, des «soldats du feu» low cost

    Pour lutter contre les flammes, des renforts sont envoyés dans tout le pays par les départements, qui emploient les pompiers. Il leur est, toutefois, demandé de passer sous le statut de volontaires afin de réduire les coûts de leur travail. Le Conseil d’État a lancé un avertissement.
  • Denise Powell, l’espoir d’une alternance démocrate à la Chambre des représentants

    Après une bataille tendue lors de la primaire, les démocrates espèrent enfin remporter la deuxième circonscription du Nebraska et faire basculer la chambre basse du Congrès. L’extrémisme du candidat républicain pourrait les aider à remporter ce scrutin décisif.
  • Le changement climatique a bien favorisé les feux de forêt

    Aucun doute possible. Selon une nouvelle étude du réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), le changement climatique a bien alimenté les phénomènes météorologiques extrêmes à l'origine des incendies dévastateurs en France et en Espagne.
    Le changement climatique a rendu la chaleur et la sécheresse, qui favorisent les feux, au moins deux fois plus probables en France. Elles sont au moins 20 fois plus probables en Espagne.
    Ces incendies — parmi les pires jamais enregistrés dans (…)

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  • Help4dunkerque - saison 2026 - 2027

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    Comme tous les hivers depuis 2020, les équipes de Help4Dunkerque remonte sur le littoral nord, assurer une présence et un soutien auprès des personnes exilées bloquées dans les camps informels du territoire dunkerquois.

    Nous sommes une organisation totalement indépendante des subventions publiques et nous avons besoin de votre soutien financier pour continuer à assurer nos actions !

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    Nos dépenses au cours d'une saison se répartissent entre
    - l'achat de stocks alimentaires pour faire tourner le 'teashop' (sucre, thé, café, chocolat, et moults denrées qui font du teashop le premier poste de dépenses) ;
    - l'achat d'équipement et de matériel qui nous permettent de répondre aux besoins de premières nécessité des personnes rencontrées sur la jungle (items d'hygiène, couvertures de survie, des chaussettes, des gants, des ponchos de pluie...) ;
    - le financement de la logistique (gasoil pour les véhicules, frais administratifs...) ;
    - la maintenance des quelques véhicules de l'asso.

    Si on fait appel aux dons de particuliers c'est que le constat est le même partout : le nombre de personnes poussées à l'exil et cherchant protection en europe, augmente. En parallèle, la répression des états européens, accentue la pression sur ces personnes et les associations qui cherchent à pallier l'absence de prise en charge.

    En gros, on mène les mêmes actions auprès d'un nombre grandissant de personnes, et l'état nous déteste toujours autant.

    Alors donnez des sous et faites tourner !
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  • 31 juillet 1977 à Malville : Vital Michalon est assassiné par la police

    Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l'explosion d'une grenade offensive tirée par les forces de police.

    En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.

    Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade lacrymogène. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.

    Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :

    • aucune procédure de consultation de la population,
    • de puissantes campagnes de désinformation de la part d'EDF et du CEA,
    • de graves violences policières dont celles aboutissant à la mort de Vital Michalon, et à l'amputation de Michel Grandjean et de Manfred Schultz.

    Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».

    La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.

    Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.

    « État Nucléaire = État Totalitaire ! »

    C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.
    Indication de l'emplacement de la stèle de Vital

    Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon

    Source :
    communiqué de presse de « Sortir du nucléaire »

    Deux premières photographies empruntées à ce blog.

    Article repris de rebellyon.info

  • Robots humanoïdes : LG lance la production pilote du prototype de Cloid, conçu pour les tâches ménagères

    LG accélère sa feuille de route dans la robotique humanoïde. À l’occasion d’une conférence sur ses résultats du second semestre, l’entreprise sud-coréenne a annoncé avoir lancé la production pilote de versions de tests de son robot humanoïde Cloid, a rapporté le 30 juillet le Seoul Economic Daily.

  • McCarthyism has returned to the United States – and this time it’s even more dangerous | Judith Levine

    Trump’s campaign of repression echoes the red scare. But now the government has bigger ambitions and more powerful tools

    There are many parallels between the first McCarthy era, roughly 1946 to 1956, and Trump’s campaign of political repression, his own updated McCarthyism.

    Both regimes crafted a monster of quasi-facts and innuendo and fed it with fear: an enemy within, well-organized and financed, secretive and violent, allied with evil foreigners and bent on overthrowing capitalism, democracy and Christian morality. Both used flagrantly unconstitutional means to cleanse the nation of the spectral menace.

    Continue reading...
  • « S’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir ! »

    Pour une hydrologie régénérative : c’est le nom de l’association créée en 2022 par deux hydrologues et un agronome. Charlène Descollonges, Simon Ricard et Samuel Bonvoisin battent la campagne (et la ville) pour expliquer combien il est important de rétablir le cycle naturel de l’eau. Leur proposition prend à contre-pied les politiques actuelles de pompage et d’adaptation à la sécheresse. Samuel Bonvoisin explique pourquoi… et ce que chacun·e peut faire.

    L’âge de faire : L’hydrologie régénérative, ça vient d’où ?

    Samuel Bonvoisin : On a choisi ce terme pour désigner la science de la régénération des cycles de l’eau, par l’aménagement du territoire. C’est balbutiant : on récupère des données éparses auprès des hydrologues, hydroclimatologues, hydrogéologues, agronomes, pour comprendre comment ça fonctionne. Les données sur le cycle de l’eau évoluent, mais sont assez peu diffusées. Il devient urgent d’expérimenter.

    En quoi votre approche est-elle nouvelle ?

    Dès qu’on parle de changement climatique, on parle de gaz à effet de serre. Or, la transformation des paysages aussi a une incidence. Avec le remembrement agricole, on estime qu’1 million de km de haies et 800 000 mares ont été supprimés en France. La profondeur moyenne des sols était de 23 cm il y a deux siècles, elle est aujourd’hui de 15 cm. Or, selon la FAO (1), la matière organique peut retenir environ vingt fois son poids en eau. Enfin, avec la politique du tout-tuyau généralisée dans les années 60, l’eau est évacuée au plus vite des caniveaux vers les égouts, en ville et sur les bords des routes. Les paysages n’ont plus la même capacité de stocker l’eau dans le sol, le sous-sol, la végétation et l’atmosphère. L’enjeu, c’est de travailler dans le sens exactement opposé à ça : ralentir, répartir, infiltrer, stocker.

    Comment ça se passe concrètement ?

    Pour ralentir l’eau, on utilise des techniques agronomiques : couvert végétal, culture sur sol vivant… Il faut aussi répartir son infiltration, car elle a tendance à fuir les crêtes et se concentrer dans les vallées. Par exemple, le Keyline design (2) utilise les courbes de niveaux pour que les sillons de culture dispersent l’eau. Cette technique permet de travailler à grand échelle, avec le matériel habituel. Pour infiltrer l’eau, on convoque des techniques ancestrales. Les baissières ou béals sont des fossés d’infiltration qui suivent les courbes de niveau. Les fascines sont de petites barrières de branchages posées sur de fortes pentes. Il y a aussi les terrasses, les bassins d’infiltration…

    Et en dehors de l’agriculture ?

    On réfléchit par bassin versant. En forêt, on travaille sur l’étagement des arbres. Sur les rivières, on ralentit, on refait du méandrage, on imite les barrages des castors… Et en zone urbaine, on désimperméabilise, on végétalise, on sort de la logique de l’évacuation des eaux. Des techniques, il y a en a plein ! Maintenant, pour avoir un impact à grande échelle, il faut repenser nos politiques agricoles et de gestion des eaux pluviales, et organiser d’urgence un nouveau remembrement !

    Un remembrement ?!

    Oui. Il faut qu’on se retrousse les manches, qu’on se réunisse dans tous les villages, et qu’on se dise : comment on ne laisse plus d’eau fuir le village ? Comment on plante des haies, on réaménage des mares ?

    Vous vous appuyez sur des expériences existantes ?

    Dans les années 50 à 70, Percival Alfred Yeomans, en Australie, a repris la ferme familiale devenue très aride. Fallait-il changer les variétés cultivées pour s’adapter ? Il a choisi d’aller dans le sens opposé, en aménageant le paysage pour qu’il y ait le plus d’eau possible. Son travail a été repris à titre individuel, mais aussi à l’échelle de territoires, en Chine et en Jordanie. En Inde, grâce à la fondation Paani et au financement d’un acteur de Bollywood, des habitants du Maharashtra ont creusé à la houe des milliers de kilomètres de baissières. Quatre ans plus tard, le résultat est incroyable. En France, il y a plein d’exemples, surtout en permaculture, mais seulement par petites touches. Et en 2022, quand la sécheresse a bousculé tout le monde, des agriculteurs qui manifestaient contre les mégabassines ont demandé : on n’en veut pas… mais qu’est-ce qu’on veut ?

    Avez-vous l’impression d’aller à contre-courant ?

    Une partie du monde de l’hydrologie a commencé à se bouger, et il y a de plus en plus de « villes perméable ». Par contre, avec les débroussaillements des sous-bois, on tue la forêt (lire ci-dessus). En agriculture, on fait du pompage, de l’irrigation, et la réponse politique à la sécheresse est celle de la sobriété : remplacer les cultures par des variétés moins gourmandes en eau. Ça ne répond pas au problème, au contraire : on crée des déserts. Attention, s’adapter et régénérer, ça n’a rien à voir !

    Vous voulez dire qu’en s’adaptant à la sécheresse, on ne fait que l’accompagner ?

    Cette course permanente à l’adaptation est mortifère : l’eau, c’est pas une ressource comme du pétrole, dont il faut simplement limiter l’utilisation ! On est dans un cycle, rendu fonctionnel par les plantes qui y participent. Par exemple, dans le Sud de la France, on est en train de remplacer le maïs par du sorgho, plus adapté à la sécheresse, car il a moins besoin de faire de l’évapotranspiration pour son processus de photosynthèse. Du coup, on n’a plus de transfert d’humidité !

    On sait que végétaliser et rétablir le cycle de l’eau a des effets sur le climat local. Et au-delà ?

    On a l’habitude de parler de géopolitique de l’eau par rapport aux rivières, mais il y a aussi une géopolitique atmosphérique. Les pays continentaux, éloignés de l’évaporation des océans (l’eau bleue), sont plus dépendants que les autres de l’évapotranspiration des végétaux et du sol (l’eau verte). Une fois que l’eau est renvoyée dans l’atmosphère, en moyenne, elle y reste neuf jours, et parcourt 200 à 500 km, avant de retomber sous forme de pluie (3). Le lieu où tombe la pluie est influencé par les masses d’air et les vents dominants. Or, en changeant le paysage, on change aussi les masses d’air (4). En Europe, si les pays côtiers [qui bénéficient de l’eau bleue, ne renvoient plus assez d’eau verte dans l’atmosphère], l’Allemagne et l’Autriche vont se retrouver à sec ! À l’inverse, si on plante massivement dans le sud de la France, on freine l’avancée du désert.

    Si on n’est ni paysan ni élu d’une collectivité, qu’est-ce qu’on peut faire ?

    Tous les gens qui ont une cour ou un espace extérieur, peuvent faire un jardin de pluie en débranchant leur réseau de collecte des eaux pluviales (lire p.19), et planter des écosystèmes jardin-forêt. Ils peuvent aussi sensibiliser, commune par commune, bailleur social par bailleur social, à l’intérêt que l’eau s’infiltre dans le sol plutôt qu’elle ne parte à la station d’épuration, ce qui coûtera moins cher. Les naturalistes, eux, peuvent aider à réhabiliter le castor : le fait de l’avoir éradiqué a contribué à perturber le cycle de l’eau.

    Recueilli par LG lors d’un entretien téléphonique,

    complété par la conférence de Samuel Bonvoisin : « Et si nous pouvions cultiver l’eau ? »

    1- Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies.

    2- Conception sur lignes clés.

    3- C’est une moyenne : il y a aussi des retombées locales.

    4- Un sol artificiel, non couvert, dégradé, renvoie plus de chaleur dans l’atmosphère.

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  • Soigner le mal (climatique) par le mal (minier)

    Si la « transition » consiste à remplacer les énergies fossiles par des renouvelables, sans faire baisser la consommation énergétique globale, cela nécessitera un extractivisme épouvantable, dévastera des régions entières et engendrera des pollutions millénaires.

    C’est un problème majeur de la « transition » qui est pourtant largement passé sous silence : est-il envisageable d’extraire de la planète Terre – système fini – les métaux nécessaires à la construction des machines panneaux solaires, éoliennes, réseaux électriques, etc.) que réclame sa réalisation ? Et surtout, quelles conséquences sociales et environnementales aurait cet extractivisme ? Dans l’ouvrage La Ruée minière au XXIe siècle*, la journaliste et philosophe Celia Izoard mène l’enquête sur « les métaux à l’ère de la transition » et apporte de nombreux éléments de réponse.
    Rio Tinto, le troisième groupe minier de la planète, tient son nom de celui du village espagnol où il a commencé à exploiter le cuivre à la fin du XIXe siècle. L’autrice s’y est rendue pour voir à quoi ressemblait désormais ce site. Réponse, donnée par un guide touristique enthousiaste : un « paysage étrange qui ressemble à la planète Mars ». Certes, un fleuve – le Rio Tinto, c’est malin – continue de couler, mais son eau est tellement acide que rien ne peut y survivre. Sur terre, pas un arbre, pas une plante. Au lieu de la montagne de 535 mètres de haut qui se dressait là il y a quelques décennies, se trouve désormais une fosse, de 420 hectares et 230 mètres de profondeur. Si ce n’était que ça…
    Les exploitations de ce type ne consistent pas uniquement à creuser pour « extraire » les matières intéressantes. Ici, les roches ne contiennent que 0,4 % de chalcopyrite – même pas du cuivre, mais un minéral sulfuré d’où on extrait ce métal. Il faut donc broyer la roche, puis plonger la poudre obtenue dans divers bains chimiques (on vous passe le nom barbare des hydrocarbures utilisés, mais c’est pas joli-joli). A-t-on alors obtenu du cuivre ? Penses-tu ! Tout juste un « concentré » qui ne l’est pas tant que ça : sa teneur ne dépasse pas 23 %.
    Tout ça est donc envoyé en Chine, où il va être chauffé à très haute température pour envoyer les impuretés dans l’atmosphère, puis re-bain chimique associé à une bonne petite électrolyse et,enfin, voilà du cuivre, concentré à 99,99 %,

    UNE CHIMÈRE

    Les mines de la « transition » ne sont donc pas des grands trous qu’il suffirait de reboucher une fois l’exploitation terminée. Elles engendrent des pollutions qui perdureront plusieurs milliers d’années. Or, la « transition énergétique », qui correspond grosso modo à l’électrification de nos usages, nécessiterait un extractivisme tout simplement insoutenable, pour peu qu’on veuille le regarder en face. L’Académie des sciences observe par exemple que « le programme de véhicules électriques français fait appel à des quantités de lithium et de cobalt très élevées, qui excèdent, en fait et à technologie inchangée, les productions mondiales d’aujourd’hui, et ce pour satisfaire le seul besoin français ! ». Le livre de Celia Izoard est en cela essentiel à plus d’un titre. Il démontre, de manière implacable, que la transition qui nous est vendue est une chimère, matériellement irréalisable et qui pourrait, au nom de la lutte contre les émissions de CO2, dévaster la planète d’une autre manière.
    « On ne peut miser sur les énergies renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. » Elle nous montre aussi l’importance, et la légitimité, de lutter contre l’ouverture de nouvelles mines – alors que nous pourrions être tentés de vouloir « prendre notre part » des pollutions utiles à cette transition : les besoins sont tels qu’« ouvrir des mines en Europe ne signifie (…) pas rapatrier les mines, mais en créer en Europe et partout ailleurs. » Selon l’autrice, se battre pour des mines plus « propres » ou plus « responsables » serait une erreur stratégique : « Avant de se demander comment obtenir des métaux de façon moins destructrice, il faut se donner les moyens d’en produire et d’en consommer moins ».

    NB

    * La ruée minière au XXIe siècle, de Celia Izoard, éd. Seuil, coll. écocène, 340 pages, 23 €.

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  • La Lenovo Legion Go S, la meilleure alternative au Steam Deck, tombe sous les 500 €

    [Deal du jour] Alors que le Steam Deck est régulièrement en rupture en raison de la crise de la RAM, certaines consoles concurrentes sont toujours trouvables, et parfois en promotion. La Lenovo Legion Go S passe sous la barre des 500 €.

  • Le poulet de la discorde

    L'arrivée de Master Poulet sur le marché de la restauration rapide aurait pu passer inaperçu si Karim Bouamrane, le maire socialiste de Saint-Ouen par ailleurs candidat depuis peu à la présidence de la République, n'avait eu l'idée de s'opposer à l'installation dans sa ville de l'enseigne au nom du rejet de « la malbouffe dangereuse pour la santé ».

    - 362 été 2026 / Société , Agriculture
  • Que crève la gauche aussi (4) : « Un sauce-dem pour les gouverner tous. »

    A l'heure où les mouvements sociaux ont été écrasés par le capital, les roses et les rouges peuvent tranquillement rafler la mise de nos espoirs brisés. Oui, puisque nous avons perdu, la bourgeoisie avance : c'est comme ça que ça marche. Que cela nous pousse dans les bras des réformistes ou des léninistes, c'est une autre histoire qui devrait être interrogée . Mélenchon n'est pas notre ami, et les soi-disant révolutionnaires qui veulent diriger eux-mêmes le pays pour notre plus grand bien non plus.

    « ... et dans la réforme les lier »
    Les Insoumistari

    I. the G.A.U.C.H.E.

    Le premier point, ça devrait être acquis : on peut mettre un bulletin dans une urne pour défendre nos intérêts matériels sans se mettre à lécher les pieds d'un gars qui dit très clairement qu'il veut continuer le capitalisme. On peut aussi ne pas mettre ce bulletin, d'ailleurs. Posons une chose : l'extrême-droite n'est qu'une tête de l'hydre. Ce qui doit être combattu ce n'est pas elle en soi, mais toutes les formes du capital. Se battre corps et âme à gagner cinq ans pour qu'au final un gars continue de faire tenir les rouages qui mènent au fascisme n'a aucun putain de sens. Rappelons à cet égard que les mesures « de gauche » sont toujours des mesures qui servent les racines de ce système de merde que sont l'étatisme et le capitalisme. La sociale-démocratie ici, c'est toujours le fascisme quelque-part, tout simplement parce que le capitalisme et l'exploitation impliquent des éléments fascisants dans leur production et leur reproduction. Or les gouvernements de gauche ne tiennent pas magiquement sur des lois complètement différentes de ceux de droite.

    Ces éléments réactionnaires sont contenus dans les programmes de gauche : sous le vernis des améliorations, ce qui est proposé est de maintenir et reproduire les fondements de la violence capitaliste. Taxer les gros capitalistes par exemple, beaucoup de gens trouvent ça super : ça veut juste dire que l'argent qu'ils gagnent en exploitant des travailleurs dans d'autres pays nous reviendra un peu plus à nous qu'à eux, que ça tombera un peu plus dans la poche de l'Etat et un peu moins dans celles du patronat. En gros, au lieu que les patrons bouffent eux-mêmes les produits du néo-colonialisme, c'est nous qui allons les bouffer un peu. Merci mais si c'est ça la grande différence de la gauche avec les autres, on va laisser...

    Voici un post instagram qu'on traduit un peu comme on peut, qui développe ce point et qui parle de HITLER mesdames et messieurs on est comme ça, dans la nuance, allons-y tout de go : « Adolf Hitler était un social-démocrate. Le génocide et le racisme mis de côté, c'était toujours un petit politicien de merde. Les gens comme lui existent encore de nos jours. Kamala Harris, Tim Waltz, Gavin Newsome... ils partagent la philosophie économique d'Hitler. La seule différence est qu'ils ne sont pas ouvertement des suprémacistes blancs (c'est débattable). La social-démocratie c'est du capitalisme avec un visage humain, et donc pour pouvoir prodiguer un petit paradis à ta population aryenne tu dois ou bien être engagé dans un état de guerre constant (l'Allemagne d'Hitler) ou bien tu dois avoir le Tiers Monde qui construit toutes tes merdes pendant que tu restes avantageusement assis au sommet du monde à jouer aux innocents (l'Europe du Nord). En résumé : la social-démocratie a toujours besoin de l'impérialisme pour fonctionner ». [1]

    Soyons clairs : c'est vrai. On réfute le terme « social-démocrate » pour parler de Hitler car pour nous ça renvoie précisément au courant réformiste du socialisme, mais on comprend l'idée et on est d'accord avec : tout ça c'est du capitalisme. Les versions plus ou moins fascisantes, plus ou moins sociales-libérales ou libérales-autoritaires, plus ou moins néo-réformistes du capital ne proposent pas de ruptures fondamentales les unes par rapport aux autres. Ce sont des modes de gestion, qui ont plus en commun qu'ils n'ont de différences.

    La pensée de gauche n'est ainsi pas une négation de la pensée de droite, elle en est une variante. Elle est celle qui consiste à refouler de nos esprits les aspects intrinsèquement fascistes et impérialistes du capitalisme pour se faire croire que c'est une question de gouvernement, et qu'il existe des « bons gouvernements », pour peu que les gens votent bien. Le système, lui, n'est pas remis en question. En gros : « on voudrait que les symptômes du capitalisme disparaissent mais les causes ne nous gênent pas. » Et, fonctionnellement : « on veut les avantages que l'exploitation et les oppressions du capitalisme nous octroient, mais on ne veut pas voir les rouages, ni que ça se passe ici ».

    II. La nature du fascisme

    Il y a dans la vision même qu'on s'est forgée de l'extrême-droite, et dans la construction de la gauche comme son antithèse, quelque-chose d'absolument raciste et dégueulasse : Hitler – revenons à lui – est vu comme une anomalie dans la normalité paisible, une incarnation de l'horreur au-delà de tout... Alors que les pays qu'il a combattus étaient des empires coloniaux. Ainsi quand Césaire dit que le fascisme est un « choc en retour », un retour en Europe des logiques politiques que les bourgeoisies blanches appliquaient à l'extérieur, c'est vrai. La seule chose « inacceptable » qu'Hitler ait faite, c'est de porter la logique coloniale au sein de l'Europe même : les horreurs, elles, sont pour les bourgeoisies d'une banalité totale. Il suffit de se rappeler que le capitalisme s'est en partie construit sur l'enrichissement dû à la production de canne à sucre, donc précisément sur l'esclavage, et que les Etats-Unis ont fondé leur Etat sur un génocide, et sur l'esclavage aussi. Tous appliquent les mêmes logiques, car ce sont les logiques du capital.

    Si les bourgeoisies allemande et italienne ont tenté aux alentours de 1930 d'envahir une partie de l'Europe, ça n'est donc pas par un machiavélisme supérieur de beaucoup à l'esprit noble et distingué de leurs homologues , mais justement parce que les autres forces européennes et américaines avaient déjà bouffé le « gâteau » et apporté la violence comme système partout où c'était possible. Il ne restait donc pas tant d'autre possibilité pour augmenter la captation de plus-value, point sans lequel une bourgeoisie s'écroule, que tenter l'annexion de pays déjà eux-mêmes coloniaux. En fait, ce qu'on appelle fascisme, et qu'on oppose à la « gauche », pourrait très bien correspondre à ça : quand l'horreur capitaliste arrive là où elle ne « devrait pas », c'est-à-dire sur nous. Tandis que le Front Populaire, qui a maintenu le colonialisme, peut être dit « antifasciste » car il a relégué la violence maximale, fondamentale au capital, un peu plus loin de la vue pour se contenter de la violence « acceptable » - déjà hardcore sa mère on est d'accord. Aucun pays, aucun gouvernement n'était pas atrocement criminel dans la deuxième guerre mondiale, il faut le comprendre, et l'analyse qui tente de faire de Hitler une exception, en opposant artificiellement extrême-droite et gauche – ou plus généralement extrême-droite et « république » - dans leurs fonctionnements profonds, cause énormément de dommages à l'analyse politique.

    C'est un point fondamental. Les massacres et les génocides, les systèmes concentrationnaires, les logiques débordant l'exploitation salariale pour tendre vers des formes de servitude plus ou moins avancées voire extrêmes ne sont pas des exceptions ou des aberrations du capital. Au contraire, elles sont son indispensable corollaire, son pilier de fonctionnement, elles sont la logique fondamentale de l'accumulation de la plus-value sans laquelle il ne tient pas. La différence entre les différents types de régimes capitalistes – fascistes, droitisants, ou de gauche, même « radicale » - ne tient pas à autre chose qu'au niveau de visibilité assumé de ce fait, et à quel point la violence concerne aussi les travailleur.euse.s au sein du pays même.

    III. Le mélenchonisme qui vient

    Alors quand on nous parle de « l'extrême-droite aux portes du pouvoir », une extrême-droite face à laquelle il faudrait se mobiliser en votant « gauche radicale » comme on devait voter Macron ou Chirac auparavant, la seule chose qu'on comprend, c'est que le brouillage des pistes a gagné. Les différentes fractions du capital ont bien su utiliser la propagande pour créer un mythe des « bon bourgeois contre les mauvais », mythe qui les arrange tous. Une grosse partie de la militance tombe dedans, décidant que le réformisme de gauche est le bien pour lequel il faut lutter corps et âme, bec et ongles, tractage aux municipales et posts insta moralisateurs. La lutte des classes est morte, vive le front de gauche. Et tant pis pour la révolution : car en démocratie, tous les cinq ans, il faut se mobiliser pour éviter le pire (le pire étant différent selon les circonstances). Et entre temps le faire pour les législatives, et le faire pour les municipales, et le faire pour les européennes, etc... Il reste peu de temps et d'énergie pour autre chose, à la fin. Tant que ces échéances rythment notre vie, la récupération est constante, le surgissement de la révolte court-circuité sans arrêt.*

    Il se joue parallèlement à cette captation de l'énergie dans les processus institutionnels une confusion bizarre entre ligne politique et conscience des oppressions. A écouter beaucoup de monde, on dirait que « être anti-oppressif » signifie texto « être sauce-dem », voire léninisant (car anti-impérialiste, etc). On a envie de dire que de ce point de vue le « wokisme » existe bel et bien, en tant que signe égal mis entre ces deux points, comme une obligation morale. Ainsi depuis que Mélenchon monte, on voit se multiplier les take type « les abstentionnistes / anarchistes qui allez pas voter Mélenchon, vous êtes pas les alliés que vous croyez ». On répond sans sourciller, depuis le courageux anonymat de cette brochure : « les sauces-dem qui faites passer votre ligne politique pour la réalité objective, vous êtes des sauces-dem avant d'être des alliés ou des concernés ». [2]Pouf, ça c'est envoyé, dans les dents.

    Car pour adhérer autant à la gauche il faut croire sans questions ce qu'elle dit d'elle-même. On nous excusera de pas gober le truc. Plongeons nous dans le mandat Mélenchon deux secondes. Sous LFI, les CRA existeront toujours, et vous verrez bien comment ils traiteront les étrangers ou les militants contre les frontières. Sous Mélenchon, la police existera toujours, même si sûrement un peu plus bridée, or la police n'a qu'un seul rôle, et elle le tiendra. Sous Mélenchon, le travail existera toujours, or le travail EST l'institution de l'exploitation, indiscernable de ses composantes les plus fondamentales : exploitation racialisée et genrée... qui fondent le racisme et le sexisme systémiques. [3] D'une façon ou d'une autre, Mélenchon continuera de nourrir les racines mêmes de ce qui finit par s'incarner sous la forme de l'extrême-droite, tout simplement parce que le seul moyen de ne pas les nourrir est de démanteler le capitalisme [4], chose dont il n'a aucune envie et qui ne viendra pas de lui. Lui, au contraire, se propose magnanimement en continuateur.

    Affirmer, comme la gauche le fait, qu'il pourrait exister un capitalisme moins suprémaciste, moins patriarcal, un capitalisme dont l'exploitation serait un juste régime salarial pour tout le monde est un mensonge absolu. Ce mensonge a une fonction : faire dériver les désirs d'émancipation dans des théories moins radicales, moins difficiles, moins absolument demandantes que la révolution. Il suffit de voter et de pousser tout le monde à le faire et hop ! ça sera bon. Ça permet à une partie de la militance de se sentir investie d'une mission d'éveil des consciences bien surplombante typique des socialos autoritaires. Et si c'est pas bon, tkt, dans cinq ans on repart. Nous, on pense que ça pue la merde. Qu'on a autre chose à foutre que de se mobiliser pour ça. Qu'on préfère pas faire semblant qu'on fait quelque-chose si ce quelque-chose c'est : servir les récupérateurs de nos colères et de nos espoirs, ces connards qui, en jouant la carotte entre les coups de bâton, participent à la paix sociale tout autant que la droite et l'extrême-droite. [5]

    IV. Que faire ? (lol)

    Donc rappelons quelques points qui nous paraissent très importants.
    1. Les révolutionnaires ne sont pas responsables de l'arrivée de la droite au pouvoir, même quand ils ne votent pas.
    2. La gauche n'est qu'une des formes du capital. Et c'est par une vision raciste/sexiste, car occultant les réalités impérialistes, suprémacistes, structurellement sexisantes du capital, que cette gauche parvient à se rendre acceptable voire « désirable ». Elle est à cet égard une saloperie sans nom, car elle distord la réalité du capital dans nos têtes, brouille la lutte des classes en la transformant en « lutte de la droite contre la gauche ».
    3. Ce point n'exclut ni le fait que les fractions dominantes de la bourgeoisie ne veulent pas de Mélenchon à la tête de l'Etat, ni qu'un mandat sous son gouvernement serait moins violent qu'un mandat sous n'importe quel autre parti présidentiable. Pour autant, il faut bien comprendre ce que veut dire ce troc : un peu moins de violence localisée et spécifique contre le maintien et la continuation de la violence partout ailleurs, dans l'écrasante majorité des sphères de la société. Le maintien et la continuation de la violence comme modèle d'organisation de la société. Et la paix sociale voire le soutien des militants à un mandat qui sert l'exploitation et son fonctionnement patriarcal-racial-écocide. Ce n'est pas notre programme.
    4. Être révolutionnaire ne consiste pas à faire le plus confortable : en l'occurrence, se rallier derrière le premier parti sauce-dem venu, même si sans révolution en vue d'ici là évidemment qu'on espère que ce sera plus lui que les autres connards encore pire. On a peur comme tout le monde, et bien sûr qu'on veut le moins de violence possible, et bien sur que si c'en est d'autres le niveau de violence sera un voire plusieurs crans au-dessus. Et bien sur que ça retombera sur les personnes oppressées, puisque le capital fonctionne comme ça. On n'est pas dans le déni, et la situation nous plait pas.

    Mais c'est juste pas la question. Si la situation en est là c'est pas à cause des abstentionnistes mais des défaites dans les luttes concrètes, défaites que l'électoralisme alimente en nous mobilisant sur les enjeux des bourges. Et défaites qui seront tout autant provoquées par une police de gauche qu'elles le sont par la police actuelle. On est pas là pour dire « Mélenchon c'est plus gentil que Retailleau alors vote Mélenchon », on est là pour tendre vers la conflictualité avec ceux qui permettent à ce système de se perpétuer.
    Si une propagande est à faire, c'est donc aussi bien pour démonter le discours de la droite et de l'extrême-droite que pour montrer en quoi Mélenchon fait partie du système capitaliste bien plus qu'il ne le combat, et en quoi le capitalisme est fondamentalement une horreur sans nom, sous toutes ses formes, de droite comme de gauche. Seul ce type de discours peut nourrir les buts que l'on poursuit, à savoir donner de la force à tout ce qui peut aller vers le renversement de ce putain de système de merde pour mettre en place le communisme/l'anarchisme. Dans cette optique, passer son temps à soutenir Méluche/ à ne taper que sur l'extrême-droite nous parait complètement contre-productif. En fait, donner notre temps et notre énergie à investir les échéances électorales, autrement que pour en montrer ou en attaquer la nature bourgeoise, nous semble être une putain d'aberration. On est pas la gauche, on veut pas l'être, on la vomit. Même si ça n'empêche pas qu'en attendant, en effet, nos défaites nous poussent à espérer plutôt lui qu'un autre.

    5. Enfin, quand on dit tout ça sur « lui plutôt qu'un autre » et etc, on veut quand même poser qu'on le dit en négatif, par rapport au programme des autres : oui, si c'est lui, ça n'est pas Le Pen, Philippe ou Retailleau. Mais le concernant lui, on n ‘a pas beaucoup d'attentes. Une partie de la sphère militante semble avoir fait de lui son nouveau Jésus en partant du principe qu'il fera tout ce qu'il a promis. On veut rappeler que c'est un politicien qui veut avant tout être élu. Pour le reste, ce qu'il voudra réellement faire, ce qu'il pourra réellement faire, c'est une autre histoire, mais rappelez-vous bien que Mitterrand aussi s'est présenté plusieurs fois avant d'être élu et ça l'a pas rendu plus radical dans les actes. De même, le Front Populaire en 36 a aussi été élu sur le sujet de « la menace fasciste » et les seules avancées réelles qu'il a mises en place sont celles que le prolétariat a contraint le patronat à accepter ; autrement, c'était un parti sauce-dem basique qui comptait pas faire grand-chose. Et qui a, comme tout bon parti de « gauche radicale » qui se respecte, détricoté tout ce qu'il pouvait de droits de notre camp durant le reste de son mandat. Il nous parait évident que Mélenchon élu, après quelques-mesures démago, va beaucoup, beaucoup, décevoir. Je veux dire, incarner et récupérer nos espoirs face à la montée de l'horreur du capital, c'est littéralement son boulot. Ça nous paraitrait vraiment bien si les voix militantes autour de cette campagne proposaient autre chose que la collusion basique avec la bourgeoisie.

    Conclusion

    Comme dans tous les moments d'élection, nos voix vont être plus inaudibles que d'habitude. C'est dans la révolte et les mouvements sociaux que nos aspirations existent et trouvent de l'écho : le terrain de l'Etat et des institutions est celui de la social-démocratie, depuis sa forme la plus légère et réformiste – Mélenchon – jusqu'au bout du spectre rouge qui tâche – léninistes, « radicaux », stals... Ils vont s'époumoner, ce moment est pour eux, mais au moins qu'on ne les laisse pas imposer leur vision autoritaire et la faire passer pour révolutionnaire là où on pourra l'empêcher [6]

    D'une façon ou d'une autre, une fois Mélenchon élu, c'est contre lui et sa police, et contre une partie des « militants » transformée en supplétifs informels – gauchistes syndicalistes et léninistes – , qu'on devra sortir dans la rue pour se battre. Non, la révolution ne sera pas plus avancée ni plus facile sous Mélenchon. De même qu'elle n'était pas plus « objectivement avancée » à l'époque de l'URSS ou du Front Populaire : ces gens-là ne sont tout simplement pas nos alliés. Si l'avancée de l'extrême-droite n'est pas une bonne nouvelle, le renouveau de la gauche et de « l'espoir » mystificateur qu'elle incarne ne le sont pas, et ne le seront jamais non plus.

    A5 A4

    [1] Le compte c'est commissar_howitzer après on fait pas la pub, c'est pas vraiment un anti-autoritaire

    [2] Oui c'est un peu un équivalent de « prout prout c'est celui qui dit qu'y est ». Mais des fois c'est un bon argument.

    [3] C'est pourquoi la gauche réformiste passe son temps à mettre le sexisme et le racisme du côté de la conscience, de l'éducation, de l'individu : ça permet d'effacer la réalité des oppressions, qui sont des composantes de l'exploitation, et qui ne peuvent qu'être reproduites si ces composantes ne sont pas démantelées.

    [4] A la fois en tant que structure, et en tant que rapport social

    [5] Et la paix sociale, on est d'accord, c'est la guerre sociale en train d'être perdue

    [6] Et ce, même s'ils utilisent pour ça tous les arguments les plus fallacieux – comme faire de leur ligne la seule envisageable si on « prend en compte le réel » ou mettre un signe égal entre « anti-autoritaire » et « privilégié ».

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