
Source :BFM TV, le 30 août 2026
Etiqe :INCONSTITUTIONNEL
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Le député RN Jean-Philippe Tanguy a indiqué sur BFM TV dimanche que le Rassemblement national prévoit bien de « sanctionner le port du voile » islamique par « une amende » s’il arrive au pouvoir.
À l’appui de ce projet, il affirme que l’idée « est soutenue par 60 % à 70 % de Françaises et de Français qui sentent bien que derrière ce symbole, ce n’est pas seulement une liberté vestimentaire, c’est une idéologie qui est contraire à ce que la France a porté depuis des années ».
Pour qu’il y ait amende, il faut qu’il y ait interdiction. Cette interdiction est-elle possible en l’état du droit tel qu’interprété par le Conseil constitutionnel ?
Assurément pas. En 2010, au moment du vote de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (et notamment à l’aide d’un « voile intégral »), le Conseil constitutionnel avait été saisi.
En réponse, il avait tenu compte des impératifs de sécurité publique invoqués par le législateur, mais aussi du fait que « les femmes dissimulant leur visage, volontairement ou non, se trouvent placées dans une situation d’exclusion et d’infériorité manifestement incompatible avec les principes constitutionnels de liberté et d’égalité ».
Ce faisant, devait juger le Conseil constitutionnel, « le législateur a adopté des dispositions qui assurent, entre la sauvegarde de l’ordre public et la garantie des droits constitutionnellement protégés, une conciliation qui n’est pas manifestement disproportionnée ».
Où est l’impératif de sécurité publique ?
Si le RN arrivant au pouvoir voulait faire voter une loi interdisant le voile dans l’espace public, il faudrait, sauf à modifier la Constitution, faire en sorte que son texte soit compatible avec la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, article 4 (« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui »), article 5 (« La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société »), article 10 (« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public »).
C’est en effet notamment au regard de ces textes que le Conseil constitutionnel avait examiné la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
Le voile porté par les femmes musulmanes trouble-t-il l’ordre public ? Il faudra que le législateur en apporte la preuve devant le Conseil constitutionnel. Car si le voile dit intégral crée des risques pour la sécurité publique, c’est précisément parce qu’il pourrait permettre à certaines personnes de commettre des crimes ou délits sans être identifiables.
Or, le voile « simple » permet l’identification de la personne qui le porte. Et si l’on considère qu’un voile simple constitue un trouble à l’ordre public, il doit en être de même pour tous les voiles, y compris ceux portés par les femmes chrétiennes ou juives. Sinon, cela créerait une discrimination contraire, là encore, à la DDHC. Ajoutons qu’il faudrait pousser la logique et interdire les capuches, les cagoules, voire les perruques.
La dignité des seules musulmanes ?
L’argument du RN selon lequel « derrière ce symbole, ce n’est pas seulement une liberté vestimentaire, c’est une idéologie qui est contraire à ce que la France a porté depuis des années », n’est pas non plus opérant juridiquement.
En France, une idéologie ne peut être entravée que si elle menace l’ordre public. C’est le cas lorsque des imams prêchent des valeurs incompatibles avec celles de la République et incitent leurs fidèles à des comportements illégaux envers les femmes notamment.
En examinant la loi interdisant la dissimulation du visage, le Conseil constitutionnel avait aussi tenu compte de l’impératif de protéger les femmes astreintes au port du voile intégral. Ces femmes peuvent, « volontairement ou non, se trouver placées dans une situation d’exclusion et d’infériorité manifestement incompatible avec les principes constitutionnels de liberté et d’égalité ». C’est donc leur dignité et leur liberté qui sont menacées, et que le législateur a entendu protéger.
À supposer que les femmes musulmanes portant un simple voile se trouvent pour certaines dans la même « situation d’exclusion et d’infériorité », pourquoi n’en irait-il pas des femmes chrétiennes ou juives obligées de porter un voile ou une perruque ? Après tout, le préambule de la Constitution de 1946 prévoit que « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ». Donc, toutes les femmes.
Interdire le voile par référendum ?
Après la sortie de Jean-Philippe Tanguy, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont temporisé : les chefs du RN ont annoncé que l’interdiction du voile passerait par référendum. Un détour qui ne change rien à son inconstitutionnalité.
Tout sujet ne peut pas faire l’objet d’un référendum. Certes, le Conseil constitutionnel a toujours refusé de contrôler une loi adoptée par cette voie. Mais dans une décision de 2000, il s’est reconnu compétent pour examiner, en amont, le décret de convocation qui fixe la question posée.
En effet, le Conseil vérifie le respect de l’article 11 de la Constitution, et surtout que la question posée aux votants porte bien sur « l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité ».
D’autant que, dans une décision de juin 2026, le Conseil a exclu les « questions de société » du périmètre de l’article 11, écartant un référendum d’initiative partagée qui portait sur « une question éthique, relative à la fin de vie ». L’interdiction du voile connaîtrait-elle le même sort ?
Auteurs :
Auteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteurs : Bertrand-Léo Combrade, professeur de droit public à l’université de Poitiers
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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L'été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures, en 1900, selon les calculs de Franceinfo à partir des relevés de Météo-France dévoilés le 1er septembre. Entre le 1er juin et le 31 août, la température moyenne, calculée entre les maximales diurnes et les minimales nocturnes, a atteint 24 °C dans l'Hexagone et en Corse. Le précédent record, établi en 2003, était de 23,1 °C.
Cette chaleur exceptionnelle s'est accompagnée de trois vagues de chaleur (…)
Les conséquences se lisent dans les cours d'eau. La rivière Loue, célèbre pour ses truites, voit proliférer algues vertes et parasites qui tuent ses poissons. En cause : l'agriculture intensive et ses excédents d'azote.
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Face au manque d’herbe encore verte, des bovins ont été déplacés près d’une route départementale sur la commune du Moule, en Guadeloupe. © Ludovic Clerima/Vert
«En plus de quarante ans d’élevage, je n’ai jamais vu un carême durer aussi longtemps en Martinique. D’habitude, il fait chaud et sec pendant trois à quatre mois ; là, ça fait huit mois que la sécheresse perdure», déplore André Prosper, agriculteur en Martinique. Ses 300 vaches brahmanes qui paissent sur la presqu’île de la Caravelle, au nord-est du département, font peine à voir. Des bovins amaigris, comme on en a vu tout l’été sur l’île aux fleurs et en Guadeloupe, errent dans des pâturages vides. «Il n’y a rien à manger pour elles. Que de la terre. J’ai perdu trois bêtes à cause de la sécheresse de cette année», précise l’éleveur.
Le 15 juillet, la Coopérative des éleveurs bovins de la Martinique (Codem) indiquait que près de 200 bovins sur les 6 000 que compte l’organisation étaient déjà morts. Un chiffre qui avoisinerait les 300 aujourd’hui, alors que la sécheresse est toujours en cours. Même constat en Guadeloupe : «À ce stade, nous avons connaissance de plusieurs cas de mortalité», indique François-Xavier Richard-Rendolet, directeur de cabinet du préfet de l’archipel.
Aux Antilles comme dans l’Hexagone, les canicules se répètent depuis le mois de mai. Selon Météo-France, entre le 1er mai et le 1er août, il a plu 30 à 70% moins que d’habitude en Guadeloupe et en Martinique, selon les territoires. Une anomalie liée à El Niño. Ce phénomène climatique correspond à un réchauffement périodique des eaux du Pacifique équatorial. Il revient tous les deux à sept ans et influence les températures ainsi que les précipitations à l’échelle planétaire. «Il a toujours existé dans l’histoire du climat mais, cette année, il bat des records», souligne Bertrand Laviec, chef du centre Météo-France en Guadeloupe.
«Nous vivons une sécheresse météorologique, avec un manque significatif de pluie, et une sécheresse agricole. Lorsqu’il pleut, l’eau n’a pas le temps de nourrir le sol ; il reste sec. S’ajoute également une sécheresse hydrogéologique : des sous-sols manquent d’eau et des nappes phréatiques s’assèchent. La tendance n’est pas près de s’inverser : selon nos prévisions, les trois mois qui viennent seront tout aussi secs, avec toujours très peu de pluie», déplore le météorologue.
Une nouvelle qui inquiète les éleveur·ses. «Nous redoutons l’absence d’hivernage en 2026 [la saison humide aux Antilles, qui court de juin à novembre et pendant laquelle il pleut beaucoup, NDLR] et le passage, sans transition, de cet épisode de sécheresse à la saison du carême», cette saison sèche, de décembre à mai, où les températures sont plus élevées et la pluie plus rare, indique Olivier César-Auguste, président de l’Iguavie, l’interprofession guadeloupéenne de la viande et de l’élevage.
Pour les bovins, les conséquences de cet épisode climatique se feront sentir jusqu’en 2027, voire 2028. «La chaleur provoque des troubles métaboliques chez ces animaux. Le vêlage va durer plus longtemps et, au lieu d’avoir un veau par an, il y en aura un tous les deux ans. Les quelques veaux qui sont nés sont aussi plus fragiles et ont plus de risques de mourir», regrette Jean-Marc Ajanany, directeur général de la Codem.
Pour pallier l’absence de fourrage naturel, les professionnel·les sont contraint·es d’en acheter. Mais leurs finances étant déjà exsangues. Des groupements d’élevages bovins, comme la Sica Peba en Guadeloupe, recommandent aux éleveur·ses de faire des choix et de nourrir en priorité les bêtes les plus résistantes.
Car la facture flambe très vite. Pour une exploitation de 70 têtes, il faut jusqu’à six bottes de foin par jour. Le coût d’une botte est de 130 euros, ce qui fait jusqu’à 780 euros par jour pour nourrir toutes les bêtes.
Et les aides financières peinent à arriver. En Martinique, la préfecture et la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Daaf) ont mis en place des dispositifs pour faciliter le transport de bananes non destinées à la commercialisation vers les exploitations les plus en difficulté, afin de servir de fourrage. «J’avais prévu 250 bottes d’herbe pour tenir la saison sèche, mais tout est parti depuis longtemps. Heureusement, avec d’autres éleveurs, nous avons pu compter sur la solidarité des agriculteurs de la filière banane pour obtenir les produits invendus ; ou de la filière de la canne à sucre avec la bagasse [le résidu fibreux qui reste après le broyage de la canne, NDLR] pour nourrir les animaux. Sans ça, je crois que ça aurait été la fin de la filière bovine en Martinique», rembobine l’agriculteur André Prosper.
En Guadeloupe, les éleveur·ses peuvent également compter sur les résidus de canne offerts par les planteur·ses. D’autres déplacent leurs animaux vers des secteurs qui disposent encore de ressources fourragères. Ainsi, près de la commune du Moule, sur la côte est de l’île de Grande-Terre, en Guadeloupe, quelques vaches ont été déplacées près de la route départementale, où quelques herbes encore vertes subsistent.
Des bovins déplacés près du Moule, en Guadeloupe. © Ludovic Clerima/Vert
Des solutions transitoires, dans l’attente d’aides plus importantes. «Nous avons enclenché la procédure pour mobiliser le Fonds de secours pour l’outre-mer (FSOM), qui pourra indemniser les pertes fourragères en fonction des constats définitifs. Par ailleurs, le ministère chargé de l’agriculture étudie les possibilités de mise en place d’aides exceptionnelles en faveur des territoires particulièrement impactés par la sécheresse», précise François-Xavier Richard-Rendolet, le directeur de cabinet du préfet de la Guadeloupe
De son côté, la Collectivité territoriale de Martinique annonce vouloir mobiliser le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), consacré à la reconstitution du potentiel de production agricole. «Des expertises sont en cours pour évaluer précisément les pertes et déterminer les territoires et filières concernés. L’ouverture des dossiers dépendra toutefois de la publication des textes reconnaissant l’état de calamité agricole», précise la collectivité, qui bénéficie du soutien de la préfecture de Martinique.
Reste que les premières indemnisations n’arriveront pas avant longtemps sur le compte en banque des agriculteur·ices. «Le temps que l’ensemble des informations soient remontées au préfet et qu’il les transmette au ministère, il ne faut pas s’attendre à ce que les éleveurs reçoivent les premiers versements avant la fin de l’année, voire le début de l’année 2027», souffle Jean-Marc Ajanany, le directeur de la Coopérative des éleveurs bovins de la Martinique.
La députée martiniquaise (socialistes et apparentés) Béatrice Bellay n’est pas plus optimiste : «Le Feader est le fonds le plus en retard, or il y a urgence. Un éleveur ou une éleveuse qui doit nourrir son troupeau aujourd’hui ne peut pas attendre plusieurs semaines ou plusieurs mois le dénouement d’une procédure. Il faut un véritable dispositif d’urgence permettant notamment de prendre en charge l’alimentation animale, le transport du fourrage et des aliments de substitution, et de soutenir la trésorerie des exploitations les plus fragilisées.»
Une attente que les éleveur·ses de Guadeloupe peinent à comprendre, alors que la collectivité vient de débloquer près de 5 millions d’euros d’avance remboursable pour soutenir la trésorerie des agriculteur·ices, après leur mobilisation le 12 août. «Il n’y a pas de volonté politique pour développer la souveraineté alimentaire en Martinique», enrage André Prosper.
Pendant que les procédures administratives patinent, les éleveur·ses préparent l’avenir. «Ces épisodes vont se reproduire ; il y a urgence à repenser notre manière de travailler», pointe Jean-Marc Ajanany. «Avec l’État et la collectivité territoriale de Martinique, nous souhaitons rapidement mettre en place une association foncière pastorale afin de mettre plus facilement à disposition des terrains naturels ou en friche pour les animaux. On pourrait y planter du fourrage que l’on faucherait et stockerait pour les sécheresses, imagine-t-il. Nous travaillons également avec la Daaf pour créer une sorte d’économie circulaire avec les produits que l’on jette habituellement, comme les bananes non vendues, la paille de canne ou la pulpe de certains fruits. Nous savons que nous pouvons nourrir nos bêtes avec cela.»
Des réflexions également menées en Guadeloupe. François-Xavier Richard-Rendolet détaille : «Il faut aussi soutenir et promouvoir les croisements avec les races bovines créoles, qui supportent bien mieux la chaleur que les autres bovins. Renforcer la résilience des élevages guadeloupéens face aux épisodes de sécheresse à venir est l’un des enjeux majeurs du plan de souveraineté alimentaire 2036.» Des idées à mettre en place rapidement, tant les conséquences du réchauffement climatique s’accélèrent dans les Caraïbes.

Source :Publication Facebook de Grégory Doucet, 15 juillet 2026
Etiqe :Compliqué
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En plein été, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé que la « trop grande exposition à la chaleur » serait ajoutée aux critères d’insalubrité des logements, à côté de la présence de plomb ou des hauteurs de plafond insuffisantes. Une réponse à l’épisode caniculaire que la France a traversé, déjà inscrite dans le programme du candidat lors des dernières municipales.
Concrètement, les inspecteurs municipaux sont invités à relever la température des appartements et à vérifier la présence d’équipements (volets, stores, système de ventilation…) permettant de limiter la surchauffe, comme l’a précisé Antoine Jobert, l’adjoint à l’urbanisme et l’habitat.
Or, si un logement est déclaré insalubre, son propriétaire peut être contraint d’effectuer des travaux et, selon la gravité de la situation, le logement peut ne plus pouvoir être occupé ou loué.
« C’est une première en France : à Lyon, un logement bouilloire pourra être rendu insalubre par la Ville », écrivent ainsi nos confrères du Progrès. Mais est-ce aussi simple ? Rien n’est moins sûr.
Grégory Doucet sait d’ailleurs qu’il avance en terrain fragile. En témoigne sa demande au préfet du Rhône de « sécuriser » la mesure en l’intégrant au règlement sanitaire départemental, et son appel aux parlementaires pour faire évoluer la loi. Alors qu’en est-il ? Un maire peut-il, à lui seul, ajouter un critère de salubrité des logements et décider ainsi qu’un logement trop chaud ne pourrait être loué ? La réponse tient dans ce que le droit prévoit déjà — et dans ce qu’il ne prévoit pas encore.
Ce que le code de la santé publique prévoit déjà
L’article L. 1331-22 du code de la santé publique pose une définition ouverte de l’insalubrité : « Tout local […] qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre ». Cette définition ne dresse aucune liste fermée de critères.
Depuis 2016, le gouvernement fixe ainsi par décret « les règles générales d’hygiène […] propres à préserver la santé de l’homme, notamment en matière […] de salubrité des habitations », des règles qui remplacent peu à peu celles des règlements sanitaires départementaux (RSD).
C’est dans ce cadre qu’un décret du 29 juillet 2023 a précisé les règles applicables aux logements. Il faut toutefois distinguer deux volets, car ils n’ont pas connu le même sort.
D’un côté, les caractéristiques minimales des locaux (surface de 9 m², hauteur sous plafond de 2,20 m, ouverture sur l’extérieur) ont été annulées par le Conseil d’État en 2024, pour vice de procédure. Ces seuils subsistent néanmoins dans le décret « décence » de 2002, toujours en vigueur.
De l’autre, ce même décret a inséré à l’article R. 1331-26 du code de la santé publique une liste d’équipements obligatoires, celle-là non annulée. Depuis le 1er octobre 2023, tout logement doit être muni, notamment, d’« un système naturel ou mécanique de régulation de la chaleur », d’un dispositif de renouvellement de l’air et d’« un dispositif d’occultation de la lumière ».
Exiger d’un propriétaire des volets, des stores ou une ventilation n’a donc rien d’inédit : c’est déjà le droit national. Ce qui manque, en revanche, c’est un seuil. Ni le code, ni le RSD du Rhône, dont relève Lyon, ne fixent de température, minimale ou maximale, à respecter dans un logement.
L’ajout de Grégory Doucet : la température
En demandant à ses inspecteurs de relever la température des logements, Grégory Doucet va plus loin que la simple vérification des équipements déjà prévus : il tente de transformer la température mesurée en indice d’insalubrité.
Sauf qu’un maire n’en a pas la compétence : seuls le gouvernement, par décret, et le préfet, par le RSD, peuvent édicter une telle règle générale de salubrité. D’autant que le seul critère de la température pourrait être insuffisant, s’il ne s’accompagne pas d’un critère temporel (température élevée sur combien de temps ?) ou d’autres critères techniques (ouvertures, isolation, etc.).
Grégory Doucet le sait, et c’est tout le sens de sa double démarche : demander au préfet du Rhône d’inscrire le critère dans le RSD, pour lui donner une base, et appeler les parlementaires à légiférer sur la température des logements. Autrement dit : le combat est loin d’être gagné pour le maire écologiste.
Reste l’étape du contentieux. En cas de refus persistant d’un propriétaire de procéder aux travaux prescrits par les agents de la mairie, le maire devra s’en remettre au préfet, autorité de police compétente en matière d’insalubrité. Si celui-ci sanctionne un propriétaire sur le fondement du critère de température, le tribunal administratif pourra être saisi.
Ce sera alors au juge de dire si la prise en compte de la chaleur, faute de seuil défini par un texte, peut fonder une insalubrité — ou si le maire de Lyon est allé trop loin.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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« La mortalité a diminué de 70 % après avoir peint en noir l’une des trois pales », expliquait Roel May, principal auteur de l’étude, auprès de l’Institut norvégien de recherche sur la nature (NINA).
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Le dispositif d’aides à la rénovation Ma prime rénov’ est encore réduit. © Adobe Stock
Pour le meilleur comme pour le pire, voici ce qui change au 1er septembre côté énergie, «polluants éternels» ou encore véhicules électriques.
Les prix du gaz augmentent (encore) Conséquence des rebondissements persistants quant à l’issue de la guerre entre l’Iran et les États-Unis au Moyen-Orient, les énergies fossiles restent chères en cette rentrée. Selon la Commission de régulation de l’énergie, le prix repère de vente du gaz en France – le coût de revient moyen supporté par les fournisseurs – grimpe de 5,6% en septembre (pour atteindre 17,20 centimes par kilowattheure). Soit une hausse de la facture annuelle comprise entre 36 et 54 euros pour les ménages utilisant le gaz (pour le chauffage et/ou l’eau chaude). En juillet, ce prix repère avait déjà augmenté de 7,4%, avant de baisser légèrement en août (-0,8%). Environ six millions de foyers sont aujourd’hui abonnés à une offre indexée à ce prix de référence.
MaPrimeRénov’ réduit la voilureSans cesse remanié ces dernières années, le dispositif d’aides à la rénovation MaPrimeRénov’ prend (encore) une nouvelle tournure à partir du 1er septembre. L’aide pour une rénovation d’ampleur ne pourra plus être attribuée si un chauffage au gaz est conservé après les travaux. D’autre part, certains «gestes» ne seront plus éligibles aux aides, tels que les travaux d’isolation thermique, l’installation d’équipements de chauffage fonctionnant au bois, à la biomasse ou à l’énergie solaire. Ces évolutions font partie du plan d’électrification du gouvernement présenté en avril, visant à maximiser l’usage d’électricité.
Nouveau coup de pouce pour l’achat d’un véhicule électrique d’occasionÀ partir du 1er septembre 2026, une nouvelle aide (modeste) est accordée aux acquéreur·ses de véhicules électriques d’occasion, sans condition de ressources. Cette prime, financée par les fournisseurs d’énergie via le dispositif des certificats d’énergie (CEE), s’élèvera à environ 337 euros, selon l’Association pour l’avenir du véhicule électromobile (Avem). Une majoration temporaire de l’aide est prévue pour les professionnel·les de l’aide à domicile et des services à la personne (assistance aux personnes âgées, aux personnes handicapées, etc.) pour les opérations d’achat ou de location engagées avant le 1er janvier 2027 et finalisées avant le 1er juillet 2027.
Une taxe pour les industriels qui rejettent des PFASAprès avoir été repoussée de plusieurs mois par le premier ministre Sébastien Lecornu, la redevance sur les rejets de PFAS dans l’eau entre en vigueur ce mardi. Consacrée par la loi Thierry de février 2025, elle prévoit que certaines usines, les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), s’acquittent de 100 euros par tranche de 100 grammes de ces «polluants éternels» rejetés dans l’eau. Ces substances toxiques sont particulièrement persistantes dans le corps humain et l’environnement : les éliminer nécessite des techniques très coûteuses, que les collectivités ne peuvent supporter à elles seules, reconnait la loi.
Un nouveau malus pour les produits d’ultra-fast fashionÀ partir de ce mardi, toute entreprise qui met sur le marché français un produit relevant de l’ultra-fast fashion devra s’acquitter d’une contribution financière, ou «malus», auprès de l’éco-organisme ReFashion. Slips et chaussettes subiront un malus de 50 centimes ; il s’élèvera à 9 euros pour les pantalons et à 12 euros pour les vestes.
Ces pénalités augmenteront progressivement pour atteindre, par exemple, 19,5 euros par veste vendue en 2030. La méthodologie retenue pour déterminer si un produit est concerné par ce malus a été conçue pour cibler principalement les géants Shein et Temu. Le gouvernement a assuré que ce dispositif épargnerait les enseignes qui ont des emplois en France, comme Kiabi ou Decathlon, ainsi que les marques de fast fashion comme Zara ou H&M.
Canicules et sécheresse ont affecté la récolte de la mirabelle, véritable emblème de la Lorraine. Sans toutefois la compromettre : la filière fait preuve de résilience face au réchauffement climatique.
Metz et alentour (Moselle), reportage
Profitant d'une température plutôt fraîche pour la saison, en tout cas pour cet été 2026, soit 25 °C sous un soleil discret, environ 12 000 personnes convergent, dimanche 30 août, vers les berges du plan d'eau de Metz. Les spectateurs en ultime (…)
À partir du 1er septembre, un couple de pharmaciens corréziens est interdit d'exercer pendant deux mois pour avoir distribué des médicaments à l'unité, dans une démarche antigaspi. Alors qu'ils sont en plein désert médical.
Bugeat (Corrèze), reportage
Un couple de pharmaciens corréziens a été condamné à une interdiction d'exercer de deux mois à compter du 1er septembre par le conseil de l'Ordre des pharmaciens. Et ce, suite à la publication d'un article de Mediapart, en 2024, expliquant (…)
C'est un fait : très peu d'écoles sont adaptées aux vagues de chaleur. Face à l'urgence, certaines communes expérimentent des solutions low-tech et peu chères. Résultat, près de Montpellier : jusqu'à -10 °C de différence dans les classes.
Grabels (Hérault), reportage
Au premier abord, l'école maternelle de Grabels coche toutes les cases de la passoire thermique. Une cour goudronnée, de grandes baies vitrées, et un bâtiment conçu il y a plus de vingt-cinq ans. « On pouvait monter à 33 °C (…)
À Saint-Denis, élus insoumis, militants associatifs et acteurs des quartiers populaires ont lancé l’Alliance des numéros 10 à quelques mois de la présidentielle. Dans le viseur : l’abstention, particulièrement forte dans les quartiers populaires, et la progression de l’extrême droite. De la Seine-Saint-Denis aux villes populaires du Nord, ses membres cherchent les voix qui pourraient peser sur le scrutin.
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« Dans un contexte de cataclysme climatique, la priorité devrait être la préservation de la nature, pas sa destruction ! »
Cet article “Nuisibles” : les associations attaquent l’État en justice pour empêcher l’abattage d’1,7 million d’animaux par an est apparu en premier sur La Relève et La Peste.
50 centimes pour un slip ou des chaussettes, 6 euros pour une chemise ou un pull, 9 euros pour un jean, 12 euros pour un manteau… À partir du 1ᵉʳ septembre, les producteurs de vêtements devront s'acquitter de ces pénalités financières si les produits qu'ils mettent sur le marché relèvent de la mode ultra éphémère.
Il est prévu que ces montants, fixés par un arrêté publié le 28 août, augmentent progressivement jusqu'en 2030, avec un plafond de 50 % du prix de vente hors taxe. Objectif : (…)
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a présenté l'« Alliance des numéros 10 » en vue de la présidentielle de 2027. Cette initiative s'adresse aux quartiers populaires pour mobiliser contre l'abstention et l'extrême droite.
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), reportage
Dans la foule, une bonne dizaine de maillots de football bleu électrique, floqués « Mélenchon 27 ». À la sono, des morceaux du rappeur Jul s'enchaînent avec des classiques du hip hop des Fugees. Le nom de l'événement, (…)
Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), sera jugé jeudi 3 septembre devant le tribunal d'Auch (Gers) pour provocation publique à commettre un crime ou un délit. En cause, les propos tenus le 19 novembre 2025 lors de son discours d'investiture à la tête du syndicat agricole au centre des congrès d'Auch : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. »
En février, Reporterre et StreetPress avaient publié une enquête conjointe sur (…)
Et si, finalement, ces sabotages étaient légitimes, voire absolument nécessaires ? Les 19 et 20 mars 2026, Anne et Fernando étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour avoir incendié des voitures Enedis (en plein déploiement du compteur communicant Linky), des antennes relais de téléphonie mobile ainsi qu’une antenne TDF et une antenne à usage militaire (L’âdf n° 210, 216 et 217). Mais au fil des deux jours de procès a été exposée la réalité de l’industrie numérique : extractivisme forcené, crimes humains, gabegie énergétique, impacts sanitaires, recul des libertés… Les questions finalement posées étaient les suivantes : qui sont les vrais délinquants dans cette affaire ? De quel côté se trouvent les véritables criminels ? Ces destructions sont-elles vraiment condamnables ? L’âge de faire co-édite avec la maison d’édition La Lenteur un livret réunissant les témoignages des accusés, ceux de huit « experts » appelés à la barre par leurs avocats, ainsi qu’une analyse du Comité de soutien des inculpé·es du 15 juin et des textes de revendications du Comité pour l’abolition de la 5G et de son monde (CLA5GSM).
Cette brochure est disponible dès maintenant, à prix libre. Nous vous proposons ici un extrait du témoignage de l’un des huit experts, en l’occurrence celui de Victor Cachard, qui, après avoir étudié la philosophie, a écrit une Histoire du sabotage, en deux volumes, aux éditions Libre.
Il est intervenu afin d’expliquer l’histoire et la notion même du sabotage. « […] Le sabotage apparaît dans un contexte de forte conflictualité sociale et politique à la fin de XIXe siècle. Son irruption sur la scène militante est liée à l’idée de trouver une tactique intermédiaire entre violence et non-violence, usages des armes et pacifisme dogmatique. Dans le cadre des luttes contre l’industrialisation, le sabotage vient répondre à la nécessité de surmonter les deux écueils que représentent à la Belle Époque, la violence faite aux personnes revendiquées par l’anarchisme individualiste et l’inefficacité des grèves dites des bras croisés. Dans les deux cas, la répression confine l’action à l’impuissance. Les lois scélérates de 1893 et 1894 jettent dans la clandestinité les anarchistes poussés à l’exil et les grèves et manifestations sont brisées et matées dans le sang. Le sabotage se présente donc comme une critique de la violence individualiste des anarchistes. Il est pensé comme une manière de déplacer la conflictualité des personnes aux biens dans le but d’interroger la légitimité de la propriété industrielle. Plus précisément, il vient interroger le processus de production de la valeur marchande. Il n’est donc pas limité à une action contre les biens (j’y reviendrai), mais relève d’une attitude de dévalorisation, de contre-production et prend donc la forme de freinage des cadences, ralentissement et paresse au travail. Je veux donc souligner pour ce premier point, qu’historiquement, le sabotage est avant tout une manière de désamorcer la violence sans rien sacrifier au souci de l’efficacité des actions. […] ».
>>> Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, à prix libre.
Ce livret est vendu à prix libre.
Sur le site vous avez la possibilité de l’acheter à 6 euros, 10 euros ou 15 euros.
Par chèque (en téléchargeant ce bon de commande) vous pouvez l’acheter au prix de votre choix.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 6 euros.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 10 euros.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 15 euros.
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Ces voisins d'une zone humide classée Natura 2000 ont bâti un contre-projet face à une carrière portée par le géant des mines Imerys. Le collectif pour la narse de Nouvialle, dans le Cantal, veut « reprendre en main l'économie du territoire ».
Roffiac (Cantal), reportage
La cloche a sonné 302 fois en un weekend, pour autant de nouvelles adhésions à leur projet. Les artisans du collectif pour la préservation de la narse de Nouvialle, une zone humide classée Natura 2000, ont fait le plein (…)
Les incendies qui ont ravagé la Gironde, les Landes et le Var depuis le 21 juillet ont provoqué environ 25 000 sinistres, pour un coût proche de 500 millions d'euros, selon un premier bilan de France Assureurs. Une comparaison donne la mesure de cet été hors norme : en 2022, pourtant marqué par les gigantesques feux de Landiras et de La Teste-de-Buch, les assureurs avaient enregistré 2 000 dossiers et déboursé la somme déjà immense et pourtant nettement inférieure de 80 millions d'euros. (…)
Lire la suite - En bref / IncendiesUne grève des femmes pour l’égalité. Le mouvement World With Women ! invite les femmes à cesser leur activité le temps de la journée du 13 octobre 2026. Un électrochoc pour ne plus exclure la moitié de l'humanité de la table du pouvoir.
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La chasse à la tourterelle des bois a été officiellement réautorisée par le gouvernement pour la saison 2026-2027. Un arrêté ministériel paru samedi 29 août autorise les chasseurs à tuer 12 000 tourterelles à partir du 30 août en France, sur l'ensemble du territoire hexagonal.
Un quota de chasse revu à la hausse et qui fait bondir la Ligue pour la protection des oiseaux, inquiète d'une mesure qui ne prend pas en compte la réalité scientifique des observations. « Cette décision repose sur (…)
Proto-hippies en robe de bure, zadistes avant l’heure, martyrs du Midi rouge torturés par l’Inquisition… Les cathares n’ont cessé d’irriguer les imaginaires politiques, des élucubrations ésotériques aux rêves régionalistes jusqu’à leur récente réappropriation par la gauche radicale hyperconnectée. Ces derniers mois, les hérétiques les plus célèbres du Moyen Âge se sont trouvés à nouveau au cœur de la polémique : pour être inscrits par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, « leurs » châteaux ont dû abandonner l’étiquette cathare. Récit en BD d’une histoire déconstruite.
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Alors que Paris a connu plusieurs canicules cet été, les sites de baignade dans la Seine ont fait le plein. D'après un bilan de la Ville de Paris publié le 29 août, les trois sites gratuits, situés au bras Marie, à Bercy et à Grenelle, ont accueilli 120 000 baigneuses et baigneurs en huit semaines cet été. Soit une fréquentation en hausse de 20 % par rapport à 2025.
Ces espaces de baignade ont ouvert à l'été 2025, dans la foulée des Jeux olympiques de 2024. Cela faisait alors un siècle que (…)
« Les mutuelles sont confrontées à une explosion des dépenses de santé liées à l’augmentation des maladies évitables, en partie dues aux perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve notamment dans les pesticides. En France, près d'un million de femmes ont un cancer du sein ! »
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Au sommaire du numéro 220 – Septembre 2026
2-4 / Oiseaux sociaux
5 / LIEUtopies : Rencontres poétiques et artisanales
6 / D’AILLEURS : Magazine de rue au Québec
7-11 / DOSSIER : La patate !
12-13 / Géopatate
14-15 ACTION / Du photovoltaïque en boucles d’autoconsommation
16 ACTU / Danger sur les éditeurs indés
17 Reportage / Avec les Faucheurs volontaires
18 TROUBADOURS / Librairie solidaire, championnat de goguette
19 LE COIN DES MINOTS / Les Petits explorateurs, extraits
20 FICHE PRATIQUE / Rafraîchir son intérieur
21 ATELIER / Nouvelle rubrique : « Mange ta chimie ! »
22 GRRR-ONDES / L’e-sport enseigné dans les collèges
23 Sérieux !? / Le procès de Limoges – extrait
24 Série / Littérature marginale, épisode 1/3
Numéro 220 – Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
Numéro 220 – Septembre 2026 – Version PDF
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
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Les populations qui l’ont domestiquée avaient-elles imaginé que leurs découvertes allaient permettre à tant de générations après elles, et dans le monde entier, de survivre à d’importantes famines ou, en périodes fastes, de la déguster de mille et une manières ? Le culte qui lui a été dédié a-t-il aidé ? Dans la mythologie inca, Axomama, « mère de la pomme de terre », préside à sa culture et est fille de Pachamama.
Car il a fallu l’apprivoiser, cette « papa » – de son nom andin – poussant à l’état sauvage dans la région du lac Titicaca. Ses premières traces datent d’il y a plus de 10 000 ans. Faisant partie de la grande famille botanique des solanacées, la pomme de terre contient de la solanine, en particulier dans la peau, ce qui la rend amère et peu digeste. Il y a 2 000 ans, les populations de l’Altiplano ont peu à peu sélectionné et cultivé certains spécimens et développé une technique pour les « désamériser » et les conserver plusieurs mois sous la forme de chuños en les exposant au gel et en les séchant au soleil. Mais n’imaginez pas ces patates comme nos variétés européennes actuelles, lisses et blondes. Les papas d’Amérique, plutôt petites, étaient parfois pleines d’aspérités, encore assez amères, de couleurs violettes, noires, orangées. Elles mûrissaient en jours courts, contrairement à nos pommes de terre actuelles, issues de Solanum tuberosum, variété qui a su s’adapter aux climats européens.
Au Pérou, « la papa est un patrimoine propre à notre culture. Des mythes et légendes ont survécu à l’histoire coloniale », témoignait Alejandro Argumedo pour le Parque de la papa (Parc de la pomme de terre), en 2013. Celui-ci, géré avec les communautés locales, conserve prés de 1 400 variétés autochtones de pommes de terre, contribue au « développement de politiques en faveur des petits agriculteurs » et préserve tout un patrimoine biologique et culturel. Des rituels sont encore associés à la papa, que ce soit pour des moments de l’enfance, pour les mariages ou aux enterrements comme symbole de renouvellement de la vie. « Sous la terre, elle est associée au monde d’en bas, au passé mais aussi à l’avenir », explique Alejandro. La pomme de terre fédère la communauté dans une conception holistique de celle-ci, qui englobe les humains, les montagnes, la faune, la flore, les éléments…
Cette grande considération n’a pas suivi les « morelles tubéreuses » – comme les botanistes l’appelaient alors – dans leur voyage à bord des navires des colons de retour en Europe. Le tubercule, tige souterraine renflée par des réserves d’amidon, a d’abord débarqué en Espagne, vers 1570. Fin XVIe, une autre filière l’introduit également en Europe via l’Angleterre. Elle commence par quelques ratés, comme des tentatives de cuisiner ses fanes ou des essais de pain. On l’appelle en France « truffe » ou encore « cartoufle ». Venu de sous la terre, le légume est associé au diable. En Franche-Comté, en 1620, un arrêté en interdit même la culture, accusant la « truffe » de donner la lèpre. On la donne en pâture aux animaux… et aux prisonniers, notamment en Allemagne.
L’un d’entre eux, le Français Antoine Auguste Parmentier, une fois libéré et plein de gratitude pour cet aliment, obtient de Louis XVI d’en cultiver une parcelle facticement surveillée. Suscitant ainsi l’intérêt, des plants sont dérobés, la culture de la pomme de terre sort de l’enclos et se développe. Il y aurait des nuances à apporter à l’histoire mais l’homme qui donne son nom au célèbre hachis a contribué à éviter un gâchis : celui de passer à côté d’une denrée ayant par la suite permis la survie de milliers de personnes. En France lors de la famine de 1789 par exemple, ou en Irlande, face à l’oppression des propriétaires terriens anglais qui préemptaient toutes les céréales. En 1846, le mildiou, et le manque de diversité dans les variétés ayant raison des récoltes irlandaises, plus de six cent mille personnes périssent. Nombre d’Irlandais migrent aux États-Unis… et y répandent la culture de la pomme de terre.
Aux XVIIIe et XIXe, la patate se développe en Europe, malgré les parasites qui l’attaquent (doryphores, mildiou…). Après-guerre, ses rendements explosent, passant « d’une quinzaine de tonnes à l’hectare à trente ou quarante » (2). Avec l’augmentation du niveau de vie, estampillée « aliment du pauvre », elle perd de sa popularité (178 kg par personne et par an en 1925 contre 60 en 1997) mais un renouveau l’attend, grâce à un « ennoblissement », dû à la mise en valeur de certaines variétés (ratte du Touquet, Charlotte de Noirmoutier…). Aujourd’hui, il existerait environ 5 000 variétés de pommes de terre, dont à peine une dizaine représente l’écrasante majorité de celles qui sont aujourd’hui consommées.
Lucie Aubin
1- Jean-Paul Thorez, « La pomme de terre », dans L’Encyclopédie du potager, éd. Actes Sud, nov. 2003.
2- Interviewé dans « Patati et patata » épisode 1, émission Culture Mondes, France Culture, janvier 2013.
Numéro 220 – Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
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« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
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Le gouvernement n’en a pas fait des caisses, c’est très bien comme ça. Il a distribué gratuitement suffisamment de lunettes pour que la question d’en trouver ne se pose pas. Et il a donné un billet aux clubs d’astronomie qui voulaient payer la tisane. Tout s’est déroulé sans accroc puisque l’événement était prévu de longue date.
Retour à la réalité : le gouvernement avait prévu… de ne pas acheter de lunettes ! Il a laissé « le marché » s’en occuper, se contentant des messages de prévention. Dans ces conditions, la pénurie était aussi prévisible que l’éclipse ! Ça n’a pas loupé. Beaucoup de Français se sont ainsi retrouvés à fixer l’horizon… à l’est, et d’apprécier l’étirement des ombres – au demeurant très joli.
Mais donner à tout le monde, à commencer par les enfants, la possibilité de regarder pleinement le spectacle et de s’émerveiller, est-ce qu’on n’est pas tous d’accord pour considérer que c’est le boulot de la collectivité ? Nous, on avait tous le regard dans la même direction. Il y avait un sentiment de partager quelque chose qui nous dépasse. L’éclipse nous l’a rappelé : pas besoin d’étranger, d’adversaire, pas besoin d’ennemi pour se sentir appartenir à un même groupe, sur ce petit caillou chaud, juste ce qu’il faut.
Fabien Ginisty
Numéro 220 – Septembre 2026
Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
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Dossier 5 pages : La patate
« La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…
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Au Pays basque, le collectif local de Cancer Colère a organisé une mobilisation devant la permanence d'un sénateur à Biarritz, le 29 août. De quoi dénoncer la réintroduction des pesticides et faire un pont avec les paysans venus en soutien.
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), reportage
« Aujourd'hui, le cancer est une épidémie. Plus personne ne peut dire qu'il ne connaît pas quelqu'un touché par la maladie », constate amèrement Armelle Gomez, l'une des fondatrices de la section du collectif (…)
Les pires heures de l'été 2026 semblent derrière nous. Mais alors que les canicules, sécheresses et incendies s'éloignent, il ne faut oublier ni ces manifestations du changement climatique, ni leurs responsables, prévient la directrice de la rédaction de Reporterre dans cet éditorial.
Les températures ont baissé, la pluie est revenue, les flammes des incendies se sont calmées. Sur les chaînes d'information, les panaches de fumée, les sols craquelés, les hôpitaux bondés ont rendu (…)
