Et si, finalement, ces sabotages étaient légitimes, voire absolument nécessaires ? Les 19 et 20 mars 2026, Anne et Fernando étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour avoir incendié des voitures Enedis (en plein déploiement du compteur communicant Linky), des antennes relais de téléphonie mobile ainsi qu’une antenne TDF et une antenne à usage militaire (L’âdf n° 210, 216 et 217). Mais au fil des deux jours de procès a été exposée la réalité de l’industrie numérique : extractivisme forcené, crimes humains, gabegie énergétique, impacts sanitaires, recul des libertés… Les questions finalement posées étaient les suivantes : qui sont les vrais délinquants dans cette affaire ? De quel côté se trouvent les véritables criminels ? Ces destructions sont-elles vraiment condamnables ? L’âge de faire co-édite avec la maison d’édition La Lenteur un livret réunissant les témoignages des accusés, ceux de huit « experts » appelés à la barre par leurs avocats, ainsi qu’une analyse du Comité de soutien des inculpé·es du 15 juin et des textes de revendications du Comité pour l’abolition de la 5G et de son monde (CLA5GSM).
Cette brochure est disponible dès maintenant, à prix libre. Nous vous proposons ici un extrait du témoignage de l’un des huit experts, en l’occurrence celui de Victor Cachard, qui, après avoir étudié la philosophie, a écrit une Histoire du sabotage, en deux volumes, aux éditions Libre.
Il est intervenu afin d’expliquer l’histoire et la notion même du sabotage. « […] Le sabotage apparaît dans un contexte de forte conflictualité sociale et politique à la fin de XIXe siècle. Son irruption sur la scène militante est liée à l’idée de trouver une tactique intermédiaire entre violence et non-violence, usages des armes et pacifisme dogmatique. Dans le cadre des luttes contre l’industrialisation, le sabotage vient répondre à la nécessité de surmonter les deux écueils que représentent à la Belle Époque, la violence faite aux personnes revendiquées par l’anarchisme individualiste et l’inefficacité des grèves dites des bras croisés. Dans les deux cas, la répression confine l’action à l’impuissance. Les lois scélérates de 1893 et 1894 jettent dans la clandestinité les anarchistes poussés à l’exil et les grèves et manifestations sont brisées et matées dans le sang. Le sabotage se présente donc comme une critique de la violence individualiste des anarchistes. Il est pensé comme une manière de déplacer la conflictualité des personnes aux biens dans le but d’interroger la légitimité de la propriété industrielle. Plus précisément, il vient interroger le processus de production de la valeur marchande. Il n’est donc pas limité à une action contre les biens (j’y reviendrai), mais relève d’une attitude de dévalorisation, de contre-production et prend donc la forme de freinage des cadences, ralentissement et paresse au travail. Je veux donc souligner pour ce premier point, qu’historiquement, le sabotage est avant tout une manière de désamorcer la violence sans rien sacrifier au souci de l’efficacité des actions. […] ».
>>> Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, à prix libre.
Ce livret est vendu à prix libre.
Sur le site vous avez la possibilité de l’acheter à 6 euros, 10 euros ou 15 euros.
Par chèque (en téléchargeant ce bon de commande) vous pouvez l’acheter au prix de votre choix.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 6 euros.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 10 euros.
En mars 2026, Fernando et Anne étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Limoges pour des faits de sabotage d’antennes relais de téléphonie et de voitures de la société Enedis, en charge du déploiement du compteur Linky. Le journal L’âge de faire et la maison d’édition La Lenteur s’associent pour publier un livret permettant de vivre ce procès de l’intérieur.
Le Procès de Limoges. L’industrie numérique sur le banc des accusés, co-édité par L’âge de faire et La Lenteur, 88 pages, format A5, 15 euros.
Cet article Retour sur le procès de Limoges est apparu en premier sur Le site du journal L'âge de faire.