Après la sidération, le temps de l'action. En cette rentrée, à la sortie d'un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s'engager.
À la sortie de cet été des catastrophes, entre vagues de chaleur, sécheresse et incendies, rendus plus fréquents et intenses par le réchauffement climatique d'origine humaine, Reporterre a adressé un appel à témoignages à ses lecteurs et lectrices : êtes-vous en colère et comment avez-vous décidé d'agir ? Nous (…)
À quelques kilomètres de Kyiv, l’ancien palais de Mejgorié expose aux visiteurs le luxe démesuré dans lequel vivait Viktor Ianoukovitch, président prorusse destitué en 2014. Le fruit d’un détournement des richesses publiques dont l’Ukraine n’est toujours pas pleinement sortie.
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Les premières études scientifiques sur le lien entre émissions de CO₂ et réchauffement remontent aux années 1820 et se sont multipliées depuis. Pourtant, les réponses à la hauteur de l'enjeu se font toujours attendre.
L'été que l'Europe vient de traverser, ainsi que le tsunami de boue qui s'est déversé sur des populations au Népal, sont catastrophiques. Mais sont-ils pour autant surprenants ? Le réchauffement climatique et l'effet de serre d'origine humaine qui le provoque sont l'objet de (…)
Un enfant et son père face à l’étang du Goulot asséché, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
Elles s’arrêtent au bord de ce qui fut un lac. Deux retraitées, bras dessus bras dessous, regardent longuement l’étendue de boue craquelée qui s’étend devant elles. L’une sort son téléphone, prend une photo. «Notre lac…», souffle-t-elle. Leur lac, il n’en reste plus rien. À Lormes (Nièvre), village de 1 250 habitant·es au cœur du Morvan, l’étang du Goulot n’est plus qu’une vaste cuvette brunâtre, bordée d’arbres immobiles sous la chaleur.
En plein mois d’août, alors que le thermomètre a longtemps flirté avec les 40 degrés Celsius (°C), le silence n’est troublé que par le chant des oiseaux. Là où, d’ordinaire, familles, pêcheur·ses et athlètes se pressent au bord de l’eau, il n’y a presque plus personne.
Difficile d’imaginer, en observant ce paysage figé, que ce plan d’eau d’environ dix hectares était encore, au début de l’été, l’un des lieux les plus fréquentés du secteur. Une boucle de promenade, un camping, une aire de jeux, des tables de pique-nique… tout un écosystème de loisirs s’était organisé autour de cet étang.
«Les bancs étaient toujours pleins, il y avait du monde partout», se souvient Martine Grandjean, une habituée des lieux, venue déjeuner en famille sur ses berges. «L’étang, c’est comme l’église sur la colline. C’est un pôle d’attractivité dans la ville, un îlot de fraîcheur quand il fait chaud, le lieu où tout le monde se retrouve pour un bain ou une promenade… Comment ne pas être triste en voyant ça ?», regrette-t-elle.
Martine Grandjean (à droite), attablée avec sa famille à côté de l’étang asséché. © Adrien Marotte/Vert
Cet été 2026, tout a basculé en quelques semaines. Le niveau de l’eau, déjà en baisse les années précédentes, a chuté brutalement. «C’est parti en un mois», se rappelle Florence Saugeras, coordinatrice à l’office de tourisme. Très vite, la baignade et la pêche ont été interdites.
Les poissons ont été pêchés en urgence. Près de 700 à 800 kilos. Des sandres, des carpes, des perches, transférés vers le lac de Chaumeçon, à une quinzaine de kilomètres de là. Malgré l’opération, de nombreux poissons n’ont pu être sauvés.
L’étang du Goulot en août 2025. © Adrien Marotte/Vert
«On observait une baisse du niveau d’eau chaque été, mais nous n’avions jamais vu ça», explique le maire socialiste Christian Paul. Le ruisseau qui alimente l’étang est à sec depuis des semaines. Une étude géotechnique a révélé des brèches à plusieurs mètres sous la digue, dans des couches argileuses fragilisées.
«Très probablement sous l’effet des sécheresses successives, ces couches se sont desséchées, effritées, jusqu’à céder», décrit l’édile. Résultat : l’eau s’infiltre en profondeur et s’échappe de l’étang.
Le maire de Lormes, Christian Paul, à l’entrée de la mairie. © Adrien Marotte/Vert
Le dérèglement climatique n’est sans doute pas le seul facteur, estime le maire, mais il agit comme un accélérateur. Dans le Morvan, la situation hydrologique est alarmante. Le Parc naturel régional évoque des niveaux «historiques» de sécheresse : rivières à sec, eau atteignant parfois 30°C, tourbières qui se vident.
Pour des espèces emblématiques comme la truite fario, l’écrevisse à pattes blanches ou la mulette perlière, la survie est désormais en jeu. «Les petits ruisseaux disparaissent les uns après les autres», alerte le Parc sur ses réseaux. L’étang du Goulot apparaît ainsi comme le symptôme visible d’un déséquilibre plus large.
Pancarte «Attention danger» à l’étang du Goulot, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
Sur place, toutes et tous ne font pas le même lien. «Le climat, il a bon dos, tranche un habitant de la commune. Il y a une fuite, personne ne s’en est aperçu. C’est avant tout une faute humaine.» Une lecture partagée par certain·es habitant·es, qui pointent du doigt un défaut d’entretien.
D’autres, au contraire, évoquent une «accumulation» liée aux sécheresses répétées, aux sols fragilisés et à une évaporation accrue. «Les anciens nous disent qu’ils n’ont jamais vu ça, confie une habitante, qui ne veut pas donner son nom de peur des commérages. On sent qu’il se passe quelque chose depuis quelques années. Voir le lac dans cet état, ça crève le cœur. J’espère que les gens vont prendre conscience de l’urgence.»
Gilbert Combette au comptoir de son bar, La braise du Goulot. © Adrien Marotte/Vert
D’autant que les conséquences ont été immédiates. Écologiques d’abord. La disparition de ce plan d’eau prive la faune d’un refuge et rompt un équilibre fragile pour les poissons, les batraciens, les insectes et les oiseaux. L’étang est classé zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique.
Économiques ensuite. Le camping, qui accueille généralement une importante clientèle néerlandaise, tourne au ralenti. Le restaurant qui fait face au plan d’eau a vu sa fréquentation chuter. «On a sept à huit fois moins de clients», témoigne le patron du bar-restaurant, Gilbert Combette. Les annulations se multiplient. «Les conséquences sont désastreuses, lâche-t-il, déboussolé. Les gens venaient pour se baigner. Là, ils vont ailleurs.»
Le choc est aussi social et symbolique. L’étang était un lieu de promenade, de sport, de rencontres intergénérationnelles. Un espace où l’on venait chercher un peu de fraîcheur lors des épisodes de chaleur, qui ont atteint des niveaux records cette année. Un lieu de baignade également, avec un maître-nageur recruté pour l’été. Seul assis sur un banc, Robin, 15 ans, pianote sur son téléphone portable.
Pour lui, l’assèchement de l’étang est d’abord synonyme d’ennui. «C’est dommage. D’habitude, il y a du monde au camping, les gens viennent pour se baigner. Là, il n’y a personne», confie-t-il. Originaire du Pas-de-Calais, il est venu passer une semaine de vacances avec ses grands-parents. «Je ne sais pas si je reviendrai, souffle-t-il. Le changement climatique ? Ça ne m’intéresse pas plus que ça, mais c’est vrai que, quand je vois le lac à sec et les incendies cet été, c’est assez frappant.»
Le camping de Lormes, en bordure de l’étang, en août 2026. © Adrien Marotte/Vert
«Sauver l’étang est une priorité», assure le maire. Mais la tâche s’annonce complexe. Les premières solutions envisagées préconisent l’installation de plaques métalliques en profondeur pour colmater les fuites et étanchéifier la digue. Coût estimé : entre 500 000 et 1 million d’euros. «On espère obtenir 70 à 80% de financements publics», indique le maire, qui a sollicité l’État et les fonds européens de développement régional.
«On veut agir le plus rapidement possible, mais je me refuse pour l’heure à donner tout calendrier», poursuit-il. Il attend les résultats d’études complémentaires pour confirmer le diagnostic. En attendant, la municipalité cherche aussi à diversifier ses activités touristiques, en misant notamment sur le champ culturel et ses deux événements phares de l’été : son festival de la chanson au mois de juillet et les portes ouvertes de ses ateliers d’artistes, le week-end du 15 août.
Les Gaulois·es portaient des vêtements confectionnés avec des matières naturelles résistantes au temps. © Les Arverniales/Henri Derus/Association Trimatrici
Pantalon rayé vert, tunique à carreaux rouges et bleus, ample châle multicolore… Derrière la vitrine de l’échoppe «En braies et en brogues», cinq mannequins présentent les dernières tendances gauloises. L’exposition «L’étoffe d’un Gaulois», au musée de Gergovie (Puy-de-Dôme), présentée jusqu’en mars 2027, recrée une boutique de mode pour «ne pas intimider les visiteurs avec un sujet scientifique qui concerne tout le monde : le vêtement et le bijou», explique Marion Chastaing, responsable de la médiation du musée.
Les Gaulois·es, qui vivaient entre le 5ème siècle avant J.-C. et le premier siècle après, portaient des pantalons appelés «braies», des tuniques ou encore des manteaux rayés, à carreaux ou vivement colorés. Leur garde-robe était principalement composée de laine, de lin, de chanvre et de cuir. Mais l’emploi de matières naturelles suffit-il à en faire une mode écologique ?
Avant d’enfiler une tunique, il fallait s’armer de patience. Après la tonte du mouton, la toison était triée, lavée, cardée (démêlée et aérée) et peignée. La laine était ensuite filée au fuseau. Pour reproduire une tunique gauloise, «cette seule étape a demandé à trois personnes au moins un mois de travail, à raison de trois heures par jour», raconte Marie-Pierre Puybaret, tisserande et consultante en archéologie.
Les écheveaux (des groupes de fils repliés pour ne pas s’emmêler) étaient ensuite plongés dans des bains de plantes tinctoriales : garance pour le rouge, pastel pour le bleu, gaude ou genêt pour le jaune. Installés sur un métier à tisser vertical, ils étaient croisés afin de former l’étoffe. «À la vitesse d’environ sept centimètres par heure, le tissage des 3,50 mètres de tissu nécessaires à la tunique, puis sa découpe et sa couture, ont demandé cinq semaines supplémentaires, à raison de cinq à six heures par jour», précise Marie-Pierre Puybaret.
Ces chaussures, appellées brogues, étaient fabriquées avec du cuir. © Valentin Uta/Musée de Gergovie
Ce temps de fabrication donnait de la valeur au vêtement. La densité de la trame obtenue grâce à un tissage lent le rendait plus solide. Les habits pouvaient ainsi être gardés, réparés et transmis aussi longtemps que possible. La tunique de Bernuthsfeld, découverte en Allemagne et datée du haut Moyen Âge, soit environ cinq siècles après la période gauloise, donne un exemple de la longévité des vêtements. Recouverte de dizaines de pièces et de réparations, elle montre qu’une étoffe ne se jetait pas et qu’on l’utilisait pendant des années.
L’utilisation de fibres naturelles, la production locale, la fabrication artisanale et la longue durée d’usage font du vestiaire gaulois un modèle de durabilité. Mais son impact environnemental reste complexe. Des chercheur·ses de l’association Moires (Matériaux organiques textiles : identification, recherches, études) rappellent qu’il ne faut pas confondre naturel et inoffensif. «La teinture pouvait nécessiter des mordants [des sels métalliques ou de la pierre d’alun, NDLR] destinés à fixer les couleurs. Certains pouvaient être toxiques», détaille Léna Denain, ingénieure en archéologie à l’université Rennes 2 (Ille-et-Vilaine).
Le traitement des peaux et des étoffes pouvait également entraîner des rejets polluants. «L’emploi d’urine, dont l’ammoniac était utilisé dans certains ateliers du monde antique, est attesté dans le monde romain. En revanche, son utilisation en Gaule n’est pas démontrée», remarque Nicolas Delferriere, chercheur en histoire de l’art et en archéologie antique à l’université Clermont Auvergne.
Ce bracelet, fabriqué avec du verre, était réservé aux riches Gaulois·es. © Musée de Gergovie
Certaines matières employées dès l’âge du fer contenaient de l’amiante. «Des tissus ou bijoux provenaient de centres spécialisés, où une main-d’œuvre servile était possiblement exposée à des substances dangereuses. Le quotidien de ces travailleurs reste cependant mal connu», commente Émeline Retournard, archéologue des textiles de l’Université Clermont Auvergne.
Pour fabriquer le verre des bijoux, il était nécessaire d’atteindre des températures très élevées, «environ 1 400 degrés pour produire la matière et près de 1 000 degrés pour la transformer», précise Joëlle Rolland, archéologue spécialiste de l’âge du fer, des sociétés celtiques et de l’artisanat du verre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Maintenir ces températures pendant de longues périodes nécessitait de chauffer les fours en continu, et donc de consommer beaucoup de bois.
Dans une vitrine, un bracelet en verre bleu turquoise, presque fluorescent, retient l’attention. «Découvert à Gergovie, il paraît si moderne qu’un collégien l’a pris pour l’intrus de l’exposition», se souvient la médiatrice Marion Chastaing. Pourtant, ce type de bijou appartient bien à la culture gauloise.
Avant l’invention du verre soufflé, les artisan·es façonnaient la matière par étirement. «Pour obtenir un bracelet sans soudure, ils formaient d’abord une grosse perle, puis l’agrandissaient progressivement», détaille Joëlle Rolland. L’archéologie expérimentale a permis de comprendre ce procédé en observant des artisan·es qui le pratiquent encore en Inde, au Népal ou au Nigeria.
Quinze années d’essais ont été nécessaires pour reproduire la plupart des décors celtiques, dont certains résistent encore aux verriers contemporains. La matière première venait parfois d’Égypte ou du Proche-Orient. Des réseaux d’échanges étendus reliaient différentes régions d’Europe et du bassin méditerranéen.
Voir toutLa plupart des modèles de bijoux en métaux précieux ont été retrouvés dans toute l’Europe celtique. La découverte de fibules, ces broches utilisées pour fixer les vêtements, de torques, ces colliers rigides ouverts sur le devant, et de bracelets fournit de nombreuses informations sur l’appartenance régionale, le statut social ou encore l’identité collective.
Les parures en verre, qui relèvent d’un artisanat complexe, étaient réservées aux personnes capables de consacrer une part de leur richesse à leur apparence et à la compétition sociale. Avec le temps, les bracelets se sont démocratisés, avec des ornements plus simples et une facture plus étroite.
Les vestiges textiles restent rares et proviennent souvent de tombes de privilégiées, ce qui donne une image nécessairement partielle de la société. Toutes les Gauloises et tous les Gaulois ne s’habillaient pas luxueusement. Les plus riches portaient des étoffes chatoyantes, des manteaux d’apparat, des broderies métalliques et de nombreux bijoux. Derrière une garde-robe conçue pour durer se dessine donc aussi une société hiérarchisée : la longévité des vêtements ne signifie ni égalité ni accessibilité pour toutes et tous.
Après cet été terrible, du côté de la météo comme de l'actualité politique, il serait tentant de s'enfermer dans son potager. Pourtant, écrit notre journaliste dans cette chronique, ces espaces peuvent être essentiels pour entretenir nos liens.
Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique mensuelle, elle livre astuces et réflexions, parce que jardiner… c'est politique.
Cet automne, cet hiver, ne seront pas comme les autres. Vous (…)
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Le réchauffement climatique frappe de plein fouet l’agriculture française. Après un été record, marqué par une succession de canicules et d’incendies, ainsi qu’une sécheresse générale historique, les premières estimations des filières montrent l’étendue des dégâts, dans tout l’Hexagone comme dans les outre-mer.
«Les maraîchers, les arboriculteurs, les céréaliers, les éleveurs, les vignerons, les agriculteurs de toute la France, presque sans exception, en subissent de graves conséquences», a résumé jeudi la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, à l’issue d’une réunion de crise avec les préfet·es de région. D’après les remontées de ces dernier·es, des pertes de rendement de 50% ou plus sont déjà constatées dans plusieurs territoires, et les besoins d’aides dépassent généralement les 10 000 euros par exploitation.
Il est probablement la victime la plus emblématique de cet été caniculaire : le maïs s’effondre partout en France, avec une production en baisse de près de 45% sur un an pour le maïs grain et d’environ 50% pour le maïs fourrage (récolté en entier, avant la maturation des grains), selon les données communiquées jeudi par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). «Une catastrophe jamais vue», selon cette dernière, qui évoque une perte de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les exploitations. Outre la réduction des surfaces cultivées, le maïs, plante particulièrement gourmande en eau sur la période estivale, a subi de plein fouet la sécheresse, notamment dans les plaines du centre et de l’ouest de la France.
Un maïs fortement impacté par la sécheresse, sur une exploitation de Haute-Saône, à la mi-août. © Esteban Grépinet/Vert
Pour les autres céréales, la chute est moins prononcée : la production de blé tendre est en baisse de 4% par rapport à 2025, l’orge de 7% et l’avoine de 21%, selon les données du service statistique du ministère de l’agriculture (l’Agreste), en date du 7 août. «Composées essentiellement de cultures d’hiver [semées à l’automne pour être récoltées au début de l’été, NDLR], les céréales à paille ont nettement moins souffert des conditions caniculaires, survenues en fin de cycle, que le maïs», explique l’Agreste.
Du côté des plantes oléagineuses, cultivées pour leur huile, les nettes baisses de rendements du tournesol, du soja ou encore du colza pourraient être globalement compensées par l’augmentation des surfaces cultivées en 2025, selon les estimations provisoires de l’Agreste. Par exemple, le rendement du tournesol serait le plus faible depuis un demi-siècle, mais la hausse des surfaces donnerait, à ce stade, une récolte équivalente à celle de l’an dernier.
La récolte de pommes de terre devrait diminuer de 23% sur un an, selon les chiffres de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), qui parle d’une «chute sans précédent». La filière, qui avait réduit ses surfaces cultivées en début d’année, a subi une nette baisse des rendements à cause des canicules et du manque d’eau.
Les betteraves enregistrent un choc similaire, avec une baisse de la production nationale de 20% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, d’après la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). «Au-delà du manque d’eau, les températures extrêmes enregistrées au cours de l’été ont provoqué un stress physiologique majeur des cultures», explique-t-elle.
Mi-juillet, les pertes de salades, carottes, poireaux, échalotes, ail ou encore oignons se comptaient «en milliers de tonnes par produits», atteignant pour certaines filières les 50% de récoltes annuelles, d’après la fédération Légumes de France. «Des “manquants” sont à attendre à court terme dans les magasins, car l’import n’est pas en capacité de couvrir les manques», alerte cette dernière. «Il y a des tensions sur les tomates, les salades, les poireaux et les concombres, mais pas d’envolée générale des prix», a tenté de rassurer le ministère de l’agriculture, ce vendredi, lors de sa conférence de presse.
Dans le nord-ouest de la France, la marque Prince de Bretagne signale «des pertes allant de 15% à 100% selon les cultures et les conditions d’irrigation» : plus de 40% pour les petits pois, environ 60% pour les brocolis, jusqu’à 100% pour les artichauts, 25% pour les courgettes, 35% pour les salades…
Côté fruits, la situation apparaît plus contrastée : les canicules ne semblent pas, à ce stade, avoir impacté considérablement les volumes de pommes, poires, pêches ou encore abricots, notamment du fait de l’irrigation des vergers, selon l’Agreste. La production de fraises est en «léger recul» dans le Sud-Ouest, «perturbée par l’alternance de fraîcheurs et de fortes chaleurs», toujours selon l’Agreste – mais, au niveau national, la récolte devrait rester au même niveau que 2025.
De lourdes pertes ont en revanche été remontées par les préfet·es de région concernant certains fruits rouges (cerises, cassis, groseilles…), pouvant atteindre 100% dans certaines zones. En Martinique, qui fait également face à une importante sécheresse depuis juin, la production de bananes est en recul de 15%, selon le ministère de l’agriculture. En manque d’eau, parfois brûlés par la chaleur et le vent, les fruits et légumes récoltés sont aussi plus petits, plus abîmés : la grande distribution a d’ailleurs annoncé assouplir ses calibres d’acceptation des produits.
Poulets, pintades, dindes et canards ont particulièrement souffert face aux fortes chaleurs : entre trois et quatre millions de volailles (soit 1% de la production nationale) sont mortes à cause des canicules cet été, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, lors de la vague de chaleur de juin. «Nous avons observé des surmortalités dans tous les types d’élevages, aussi bien en bio qu’en label rouge ou en standard», détaille Yann Nédélec, directeur de l’interprofession des volailles de chair (Anvol). Si l’équarrissage est mutualisé au sein de la filière, les dépenses énergétiques et les tensions sur les matières alimentaires (notamment le maïs) pourraient mener à une hausse des coûts de production.
La chaleur affecte aussi les vaches laitières : d’après les estimations provisoires transmises à Vert par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), la production de lait a diminué de près de 7% en juin, et de 5% en juillet, par rapport aux valeurs de l’an dernier. En additionnant ces pertes et la hausse des coûts de production (liées par exemple au manque de fourrages pour alimenter le bétail), le surcoût pour les éleveur·ses représenterait entre 40 et 60 euros pour 1 000 litres de lait produits.
Sécheresses et canicules ont enfin un effet indirect sur l’élevage bovin : les prairies, où pâturent les animaux, sont grillées depuis deux mois sur la quasi-totalité du territoire (notre reportage). Au 20 août, la pousse de l’herbe est en recul de 36% par rapport à la moyenne de la période 1989-2018, d’après l’Agreste. Les éleveur·ses doivent déjà puiser dans leurs stocks d’hiver, qui peinent à se reconstituer faute d’herbe à faucher et d’autres fourrages (comme le maïs). Les stocks de fourrages sont inférieurs de plus de 50% à la moyenne dans cinq régions, dont l’Occitanie, d’après les remontées des préfet·es.
Face à cette situation climatique historique, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, doit présenter le 3 septembre prochain un vaste plan d’aides d’urgence, qui devrait se chiffrer en milliards d’euros.
Christophe Sauvé alerte sur les conditions de vie des Voyageurs en période de canicule. Aires d’accueil très minéralisées, caravanes surchauffées, manque d’anticipation : selon le militant associatif de Loire-Atlantique, les épisodes de chaleur aggravent des inégalités déjà profondes, alors que la récente loi Ripost durcit les règles applicables aux occupations illicites.
L’article [Entretien] Pour Christophe Sauvé, « le manque d’anticipation climatique cristallise les tensions et la haine envers les Voyageurs » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
Vu l'été sec et caniculaire, les cultivateurs de betterave sucrière s'attendent à une récolte amaigrie. Première région productrice, les Hauts-de-France accusent le coup. Cela risque d'affecter fortement la production de sucre.
Nectarines, fraises, pommes de terre, et tant d'autres : une bonne partie des fruits et légumes produits en France ont subi de plein fouet la canicule et la sécheresse de cet été. Avec des conséquences directes : selon l'Insee, le prix des fruits et légumes a (…)

Source :Compte X, le 16 août 2026
Etiqe :aucune preuve
Contenu :
Une vidéo de quinze secondes est présentée comme la preuve de la rencontre entre Massoud Pezeshkian, le président de l’Iran, et Mojtaba Khamenei, le nouveau Guide suprême. Sur Facebook (ici et ici), la rumeur court, devant cette scène où deux hommes sont assis face à face dans une pièce, en train de discuter.
Affirmer qu’il s’agit bien de Mojtaba Khamenei dans cette vidéo revêt une importance particulière, puisqu’il n’a fait aucune apparition publique depuis le 28 février 2026 – date à laquelle son père et prédécesseur, Ali Khamenei, a été tué, lors des bombardements menés par les États-Unis et Israël. Son absence aux funérailles de son père, début juillet, a alimenté les spéculations sur son état de santé. Le 26 août, Donald Trump a déclaré : « [Mojtaba Khamenei] a été très sérieusement blessé [durant l’attaque aérienne], mais je ne pense pas qu’il soit mort. »
Apparue le 16 août sur les réseaux sociaux, la vidéo prétendant montrer Mojtaba Khamenei et Massoud Pezeshkian est loin de constituer une preuve fiable, comme l’ont déjà démontré Les Vérificateurs de TF1.
Une source non officielle pour des images douteuses
La première occurrence de ces images semble être issue du compte X « IRGC Iran Affairs », comme le relève notre consœur de TF1. Ce compte se présente comme un canal du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI, ou IRGC en anglais). Pourtant, il n’est pas recensé parmi les sources officielles du CGRI qui a mis en garde, il y a plus d’un mois, contre les fausses pages qui lui sont attribuées.
« Premier aperçu de son éminence Sayyid Mojtaba Hosseini Khamenei, […] il semble s’être bien remis », commentait le compte X. Mais la faible qualité de l’image empêche d’identifier formellement le nouveau Guide suprême, tout comme le président iranien. L’absence de bande sonore, et de renseignements sur la date et le lieu ne permet pas non plus d’en savoir plus.
Par ailleurs, plusieurs outils de détection identifient des anomalies dans l’image qui pourraient être liées à une génération par IA. Divers médias relaient l’hypothèse selon laquelle ces images seraient fausses et fabriquées, comme TF1, Arab Times (Koweït), Rouydad24 (Iran) PoyaMag (Iran), Channel8 (Irak), Kikar (Israël), MTV Lebanon (Liban) et Punto 12 (Turquie).
Une vidéo apparue après l’annonce d’une rencontre
Cette vidéo a été diffusée le 16 août, soit quelques jours après l’annonce d’une rencontre entre Massoud Pezeshkian et Mojtaba Khamenei. En effet, le président iranien a déclaré avoir échangé avec le Guide suprême pendant plus de sept heures, notamment sur l’importance de « l’unité et la cohésion » ainsi que sur la situation économique du pays et les sanctions des États-Unis. De son côté, le bureau de l’ayatollah a indiqué, par la voie d’un communiqué de presse, que la rencontre se serait déroulée fin juillet. Aucune photo ou vidéo en témoignant n’avait alors été publiée.
Le 9 août, Qasem Qoraishi, commandant adjoint du Basij (milice paramilitaire rattachée au CGRI), avait promis que des images montrant le Guide suprême iranien, « parmi la population et dans les rues, ainsi que lors de réunions avec les commandants des forces armées », seraient bientôt rendues publiques.
Une vidéo de treize secondes montrant Mojtaba Khamenei a d’ailleurs été diffusée, la veille, par l’agence de presse iranienne Mehr, proche du pouvoir. Non datées, ces images ont été partagées sur les réseaux sociaux par des internautes qui affirmaient qu’il s’agissait de la première vidéo du nouveau dirigeant. Cependant, nos confrères de RFI ont révélé qu’elle avait déjà été diffusée au mois de mars, rappelant qu’il n’était pas possible de savoir à quelle période elle avait été enregistrée.
Aussi, en mars, TF1 a révélé qu’un portrait officiel de l’ayatollah – diffusé par les autorités iraniennes et l’agence de presse Fars – avait fait l’objet de modifications par intelligence artificielle et n’était pas récent. Des occurrences de ce cliché ont été retrouvées en 2022 et 2019, par recherche d’image inversée.
En avril, Les Surligneurs avaient déjà étudié une vidéo probablement générée par IA montrant Mojtaba Khamenei s’engouffrer dans un centre de contrôle. Relayée par les partisans de la République islamique, elle n’avait toutefois pas été reprise par le gouvernement iranien.
Auteurs :
Autrice : Mathilde Lafargue, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
L’article Cette vidéo témoigne-t-elle d’une rencontre entre le président iranien et le Guide suprême ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
« C'est historique, les canicules ont été plus précoces, plus fortes, plus longues », a déclaré le ministère de l'Agriculture aux journalistes lors d'une conférence de presse le 28 août. La veille, la ministre de l'Agriculture avait réuni les préfets de région et des territoires d'outre-mer pour faire le bilan de cet été de canicules, sécheresse et incendies.
Les chiffres remontés au ministère par les territoires sont aussi accablants que le soleil de ces derniers mois. 65 % du territoire (…)
La préfecture de Bretagne a annoncé, le 28 août, une nouvelle série de mesures pour renforcer la lutte contre les algues vertes dans la région.
Sa décision fait suite à un recours en justice de l'association Eaux et rivières de Bretagne devant le tribunal administratif de Rennes. Ce dernier avait demandé à l'État, en mars 2025, de renforcer la lutte contre la pollution aux nitrates. Émis principalement par l'agriculture, ces derniers entraînent la prolifération des algues vertes sur les (…)
Remonté contre le projet de parc d'attraction près de Cergy-Pontoise, un collectif d'habitants dénonce un « projet d'un autre temps », monté sans concertation citoyenne et aux effets écologiques et sociaux délétères.
Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), reportage
« C'est une honte : on a été mis devant le fait accompli. Les gens n'ont pas travaillé toute leur vie pour s'acheter un logement et se retrouver à vivre à côté de ce parc. » Nous sommes le jeudi 27 août, il est bientôt 19 h 30 et, alors (…)
En fin d'été, le Parc national des calanques a poussé un coup de gueule. « Voici l'état de l'arrière-plage à En-Vau en ce mois d'août… Une beauté défigurée par l'incivisme et — disons-le — l'égoïsme et la flemme de certains visiteurs », a-t-il posté sur Instagram. À l'appui, la photo d'un amoncellement de déchets au pied de l'un des panneaux explicatifs du parc.
Selon La Provence, la quantité de déchets abandonnés sur les calanques d'En-Vau et Port-Pin aurait doublé par rapport à l'année (…)
Le 21 août, Reporterre publiait un article sur l'abandon potentiel des campagnes de réintroduction du grand tétras dans les Vosges. Le ministère de la Transition écologique nous avait alors dit qu'il prévoyait de mettre un terme au programme, vu son bilan négatif.
Cette information exclusive de Reporterre est désormais confirmée : le 26 août, le ministère a annoncé l'arrêt immédiat des « translocations », c'est-à-dire des transferts de grands tétras depuis la Norvège. Ainsi, les dix-sept (…)
Alors que la France était encore en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique et le ministre du Logement ont signé le 19 août un arrêté qui aura pour effet de sortir environ 300 000 logements du statut de passoires énergétiques.
Ce texte a été repéré par Le Monde, dans le Journal officiel du 26 août. Plus précisément, le texte vise à inciter à l'électrification des logements, et pour cela réduit ce que l'on appelle le « facteur de conversion » de l'électricité. Il passe de (…)