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  • RASSEMBLEMENT POUR LA PALESTINE LE 9 SEPTEMBRE 2026 10h30 – DEVANT LA PRÉFECTURE – À VALENCE

    Le 15 juin dernier, 26 organisations ont adressé une lettre ouverte à Mme la Préfète de la Drôme afin d'alerter les autorités sur les graves violations des droits du peuple palestinien et de rappeler les obligations de la France au regard du droit international.
    En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, la France a le devoir d'agir.

    Une délégation, représentant les 26 collectifs signataires, sera reçue à la préfecture à 11h30 le MERCREDI 9 SEPTEMBRE 2026.

    Rassemblons-nous à cette occasion pour affirmer notre détermination et notre solidarité avec le peuple palestinien et les prisonniers détenus illégalement. Exigeons que notre gouvernement respecte et applique le droit international en prenant des sanctions immédiates à l'encontre de l'État israélien.

    Stop au génocide !
    Stop à la colonisation !
    Stop à l'occupation et à l'apartheid !
    Libération des prisonniers palestiniens !

    Ci-joints la lettre ouverte adressée à Mme la Préfète de la Drôme
    et le tract de l'appel à rassemblement du mercredi 9/9 à 11h30
    à diffuser dans tous vos réseaux svp
    A bientôt pour une rentrée déterminée et offensive !

    contact : jeudipalestine@riseup.net

  • Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d'organisation terroriste internationale.

    Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.

    A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.

    Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.

    Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.

    Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.

    À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.

    Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.

    De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :

    • faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ;
    • rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.)
    • contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
    • préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.

    Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en « .org »).

    Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !

    Pour aller plus loin

    Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.

    Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)

    Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.

  • Pentagon secretly installs military influencers in civilian roles

    The Pentagon has secretly installed several conservative military veterans with large online followings in government roles, declining to disclose their assignments as they amplify Defense Secretary Pete Hegseth's viewpoints and attack those who scrutinize the Trump administration, according to people familiar with the matter and corroborating material.
  • Groupe de parole pour les proches de personnes trans

    L'Organisation de Solidarité Trans vous propose tous les 2 mois un temps d'échange pour les proches de personnes trans, co-animé par des bénévoles formé·es et des parents concernés :

    Samedi 26 septembre 2026, 10h-12h
    Lundi 30 novembre 2026, 18h-20h
    Samedi 23 janvier 2027, 14h-16h
    A la Maison de la Vie Associative et Citoyenne de Grenoble, 6 rue Berthe de Boissieux

    Cette rencontre est à destination des parents, enfants, partenaires ou amis qui veulent en apprendre plus ou ont besoin d'un espace pour échanger, partager leurs ressentis.

    Infos pratiques : pour vous inscrire ou pour plus d'informations, vous pouvez contacter l'OST Grenoble par mail à l'adresse ost.grenoble@gmail.com ou alors nous contacter en message privé via instagram (ost.grenoble). Des bénévoles vous accueilleront à l'entrée du bâtiment. Une garderie avec des jeux et des bénévoles formé·es est également prévue.

  • Le mythe cathare, citadelle assiégée

    Proto-hippies en robe de bure, zadistes avant l’heure, martyrs du Midi rouge torturés par l’Inquisition… Les cathares n’ont cessé d’irriguer les imaginaires politiques, des élucubrations ésotériques aux rêves régionalistes jusqu’à leur récente réappropriation par la gauche radicale hyperconnectée. Ces derniers mois, les hérétiques les plus célèbres du Moyen Âge se sont trouvés à nouveau au cœur de la polémique : pour être inscrits par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, « leurs » châteaux ont dû abandonner l’étiquette cathare. Récit en BD d’une histoire déconstruite.

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  • Baignade à Paris : plus de 180 000 personnes ont plongé dans la Seine cet été

    Alors que Paris a connu plusieurs canicules cet été, les sites de baignade dans la Seine ont fait le plein. D'après un bilan de la Ville de Paris publié le 29 août, les trois sites gratuits, situés au bras Marie, à Bercy et à Grenelle, ont accueilli 120 000 baigneuses et baigneurs en huit semaines cet été. Soit une fréquentation en hausse de 20 % par rapport à 2025.
    Ces espaces de baignade ont ouvert à l'été 2025, dans la foulée des Jeux olympiques de 2024. Cela faisait alors un siècle que (…)

    Lire la suite - En bref / Eau
  • Des mutuelles de santé exigent la sortie totale des pesticides

    « Les mutuelles sont confrontées à une explosion des dépenses de santé liées à l’augmentation des maladies évitables, en partie dues aux perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve notamment dans les pesticides. En France, près d'un million de femmes ont un cancer du sein ! »

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  • Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

    Ce 26 août 2026, l'administration des États-Unis d'Amérique a désigné comme terroriste l'association en charge des serveurs informatiques Autistici/Inventati (A/I). Derrière ce nom, ce sont 25 ans de mémoire et d'outils des luttes sociales, d'autogestion numérique qui se voient attaquées.

    A/I, c'est un peu le Riseup italien. Iels hébergent des milliers de boite mails, listes mails ainsi que tous les sites en .noblogs.org. Des milliers de comptes, services et sites webs militants se voient donc censurés ou menacés. Cette décision, dont les premières conséquences commencent à apparaître, sera pleinement effective le 25 septembre 2026. D'ici-là, la communauté hacker internationale appelle à une large mobilisation de solidarité antifasciste pour la défense de nos infrastructures et pour l'autonomie de nos réseaux numériques alternatifs.

    Paranoia, la première machine de ce qui deviendra plus tard A/I, est née à Milan (Italie) en 2001, dans un contexte foisonnant de luttes sociales et d'expérimentations technologiques populaires entremêlées. Cette initiative antifasciste, anticapitaliste et antimilitariste, reposant sur des logiciels libres et maniant la cryptographie comme technique d'autodéfense numérique, s'est poursuivie par l'installation de toute une infrastructure visant à garantir le pseudonymat et la libre circulation des informations, de la connaissance et de la culture.

    Là où les prestataires de services en ligne commerciaux utilisent l'argent comme barrière d'entrée, A/I fait partie de ces collectifs qui conditionnent l'utilisation de leurs services à un critère d'affinité politique. Sous cette condition, la liberté d'expression permise au travers de cette infrastructure n'a cependant jamais garanti de responsabilité collective à l'égard de toutes les publications ou communications qui y circulent. Et pourtant, l'administration états-unienne justifie aujourd'hui la censure de l'intégralité des services d'A/I dans un excès de zèle fasciste qu'on lui connaît particulièrement de nos jours.

    Depuis 2001 et jusqu'à la catastrophe que représente cette dernière actualité, l'histoire d'A/I est émaillée de plusieurs événements parfois rocambolesques, mettant en lumière toute l'ironie et l'absurdité des institutions politiques et du capitalisme de surveillance. Lors de l'affaire Trenitalia, A/I avait créé un site web satirique pour dénoncer le transport d'équipements militaires pour l'invasion états-unienne de l'Irak en 2003. En 2005, une enquête contre une cellule italienne de l'Anarchist Black Cross, dont les emails étaient hébergés par A/I, a révélé l'installation clandestine d'un dispositif de surveillance du serveur.

    À la suite de cette affaire, le collectif a initié un chantier titanesque de mesures anti-répression de l'infrastructure, le plan R*. Un plan qui permit en 2007 aux serveurs de résister aux tentatives de censure d'un jeu-vidéo dénonçant la pédocriminalité au sein de l'Église catholique. Puis en 2010, c'est face à la police norvégienne, en complicité avec une cour de Justice italienne, que le plan R* s'est montré efficace pour permettre la survie de l'infrastructure grâce à plusieurs relais à travers le monde.

    Toutes ces attaques et perquisitions ayant exposé des milliers de boîtes mail, A/I a toujours insisté sur la nécessité d'une prudence à l'égard de sa propre confidentialité. Aucune infrastructure numérique ne sera jamais indemne de vulnérabilité, à l'instar des humains eux-mêmes. Pourtant, on peut retenir que la participation du collectif aux luttes sociales a notamment permis au mouvement Indymedia de naître, à partir des mobilisations contre le G8 de Gênes. Elle a également permis à d'innombrables mailing-lists d'émerger et à des dizaines d'ateliers et discussions à travers le monde de diffuser les savoir-faires d'autodéfense numérique et les expériences du collectif à d'autres communautés en lutte.

    De fait, A/I fait aujourd'hui partie des collectifs de référence dans les communautés hacker anti-autoritaires et internationalistes, tant pour tout son historique et l'exigence technique acquise que pour son approche anti-élitiste qui permet à toustes d'utiliser ses services et d'apprendre à les répliquer ailleurs. Il est donc urgent de se mobiliser, avant le 25 septembre, en défense d'A/I, de plusieurs manières, dans la mesure de vos capacités :

    • faire connaître cette affaire (en partageant cet article, en en parlant, en taggant ta ville, ...) ;
    • rejoindre la coalition de défense d'A/I en te rapprochant d'organisations locales (hackerspaces, notamment ceux de https://interhacker.space et associations de défense des droits fondamentaux sur internet, notamment https://laquadrature.net, etc.)
    • contribuer à l'archivage décentralisé de Noblogs ;
    • préparer un soutien matériel légal à A/I en récoltant des fonds pour leur défense judiciaire et le renforcement de leur infratructure.

    Par ailleurs, dans un contexte de répression débridée, à coups d'accusation de terrorisme, à l'encontre d'un nombre toujours croissant de collectifs anti-autoritaires, l'attaque contre Autistici/Inventati est une alerte pour toutes les initiatives d'infrastructures alternatives sur internet. Elle démontre l'extension des leviers utilisés par l'administration pour censurer des services (en l'occurence via l'organisme chargé des noms de domaine en ".org").

    Au-delà d'A/I, cette invitation à la solidarité est donc aussi un gros coup de pied au cul pour défendre notre liberté d'expression et l'intégrité de notre vie privée ainsi que l'autonomie nos moyens d'organisation en ligne. Il est urgent de réfléchir collectivement à la dépendance aux États-Unis de nos propres moyens de communication et des plateformes de publication de nos luttes ; et de renforcer leur indépendance autant que possible en documentant le travail effectué et en faisant circuler ces recherches. Ne croyons pas que ces questions sont simplement l'affaire d'expert·es. Apprenons de l'histoire des luttes et de ses leçons. La lutte continue et c'est l'affaire de toustes !

    Pour aller plus loin

    Pour en savoir plus sur l'histoire de A/I et l'attaque actuelle des États-Unis : un article qui reprends toute l'histoire plus en profondeur.

    Le domaine autictici.org n'est plus accessible, mais vous pouvez accéder à leur site par inventati.org (et notamment lire (anglais) leur campagne, leur communiqué de presse et trouver les autres articles de solidarités qu'iels ont référencés)

    Le blog de A/I ou iels publieront peut être de nouveaux articles.

  • Réunion unitaire nationale contre le congrès du RN qui se tiendra à Orléans les 24 et 25 octobre

    Quand ?
    Le 1 septembre à 18h

    Où ?
    Bourse du travail Paris (Château d'eau) 3, rue du Château d'eau, 75010, Paris

    Réunion en présentiel ou en Visio (lien ici)

  • Machine Age Fund : Ce que veut financer a16z avec son nouveau fonds de 1,1 milliard de dollars dédié à l’IA

    « Le moment est venu d’accélérer le déploiement des infrastructures physiques de l’intelligence artificielle. C’est un impératif social et national ». Andreessen Horowitz, plus connu sous le nom d’a16z et présenté comme l’un des principaux fonds américains de capital-risque basé au cœur de la Silicon Valley vient de créer un nouveau fonds appelé le Machine Age Fund. Et le message est, on ne peut plus clair : il faut impérativement financer tout ce qui touche de près ou de loin à l’intelligence artificielle, aussi bien du côté du hardware que du software.

  • Rencontre avec Catherine Dorion sur "Le courage et la joie. Comment traverser la tempête fasciste sans perdre le nord"

    Quand ?
    Le 9 septembre à 19h30

    Où ?
    Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 Paris

    Mercredi 9 septembre à 19h30 Catherine Dorion discutera avec Sylvie Tissot de son nouveau livre : "Le courage et la joie. Comment traverser la tempête fasciste sans perdre le nord".

    Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :

    « Nous ne sommes pas les animaux d'un zoo. Nous avons le choix. Nous ne sommes pas condamnés à la lâcheté. Notre énergie, notre cerveau, notre volonté, tout cela nous appartient. C'est le seul petit empire qui soit vraiment à nous, quand on y pense. Et il se trouve que ce petit empire est précisément ce dont les fascistes ont besoin pour chauffer leur enfer. »

    Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l'anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. Car nous n'y pouvons rien, n'est-ce pas ? Pourquoi sommes-nous si désemparés ? Qu'est-ce que résister veut dire quand l'actualité nous dépasse, quand le pouvoir nous emporte dans son emballement ?

    Pour répondre à ces questions, Catherine Dorion propose une chronique intimiste de l'année 2025, année de la rupture. Pour tenter d'y voir clair, elle l'entrelace de récits du passé qui témoignent de la vie quotidienne en d'autres temps où, comme aujourd'hui, la démocratie s'est fait prendre à la gorge par l'autoritarisme. Le courage et la joie cherche ainsi dans la vie réelle les amorces de la résistance, les failles par où passe encore et toujours la conscience humaine - et, donc, la lumière.

  • Soirée de soutien pour que la famille d'El Hacem Diarra puisse aller en procès

    Quand ?
    Du 5 septembre à 18h au 6 septembre à 2h

    Où ?
    Le Chair de Poule 141, rue Saint-Maur, 75011, Paris

    El Hacen Diarra est un travailleur immigré mauritanien de 35 ans habitant au foyer des Mûriers, dans le 20e arrondissement de Paris.

    Il meurt en garde à vue durant la nuit du 14 au 15 janvier 2026 après une interpellation violente, filmée par un voisin. Les circonstances de sa mort, l'absence de vidéos des caméras piétons des policiers, le délais de cinq jours avant le lancement d'une enquête de l'IGPN et le maintien en poste des fonctionnaires de police impliqués provoquent une série d'hommages et un questionnement sur d'éventuelles violences policières.

    Le Chair de Poule
    141, rue Saint Maur
    Paris 75011

    M° Oberkampf / Parmentier

  • Rencontre avec Caroline Knecht autour de son livre Ainsi la Cour décide

    Quand ?
    Le 10 septembre à 19h30

    Où ?
    Le Monte en l'Air 2 Rue de la Mare 75020 Paris

    Jeudi 10 septembre à 19h30, Caroline Knecht présentera son livre "Ainsi la Cour décide", premier titre du nouveau label de littérature "Catabase", dirigé par Sandra Lucbert aux éditions La Découverte. La rencontre sera animée par Zoé Carle.

    Le livre propose le démontage d'une institution, la Cour nationale du droit d'asile, et des politiques qu'elle fait exister. Le texte procède par courts chapitres où se mêlent narration et collage.

  • La patate – Sommaire

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

    Au sommaire du numéro 220 – Septembre 2026

    2-4 / Oiseaux sociaux
    5 /  LIEUtopies : Rencontres poétiques et artisanales
    6 / D’AILLEURS : Magazine de rue au Québec
    7-11 / DOSSIER : La patate !
    12-13 / Géopatate
    14-15 ACTION / Du photovoltaïque en boucles d’autoconsommation
    16 ACTU / Danger sur les éditeurs indés
    17 Reportage / Avec les Faucheurs volontaires
    18 TROUBADOURS / Librairie solidaire, championnat de goguette
    19 LE COIN DES MINOTS /  Les Petits explorateurs, extraits
    20 FICHE PRATIQUE / Rafraîchir son intérieur
    21 ATELIER  / Nouvelle rubrique : « Mange ta chimie ! »
    22 GRRR-ONDES  / L’e-sport enseigné dans les collèges
    23 Sérieux !? / Le procès de Limoges – extrait
    24 Série / Littérature marginale, épisode 1/3

     

    Numéro 220 – Septembre 2026

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

    Numéro 220 – Septembre 2026 – Version PDF

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

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  • Pas de congrès pour le RN à Orléans les 24 et 25 octobre !

    PAS DE CONGRÈS POUR LE RN !

    Les 24 et 25 octobre, le RN prévoit son congrès à Orléans, avec son meeting de lancement de campagne le 25. Des bus partiront de partout en France pour une démonstration de force du premier parti fasciste de France.

    A chaque fois que le FN/RN remporte des victoires médiatiques ou politiques, il se normalise comme force politique et ses idées gagnent du terrain, en témoigne la loi "permis de tuer" pour la police et gendarmerie votée cet été. Ce parti alimente surtout la violence raciste, comme en juin dernier, dans une discothèque à Rodez, où on a entendu : « Marine au pouvoir, les Arabes à l'abattoir. »

    Face aux dangers du fascisme, notre réponse doit être déterminée et massive.

    Les manifestations qui ont eu lieu en juillet contre le congrès de l'AfD, parti fasciste allemand, ont rassemblé 20000 manifestant.e.s et doivent nous donner confiance : partout dans le monde, nous sommes la majorité ! Ensemble, nous pouvons infliger une lourde défaite au RN.

    Plusieurs initiatives antifascistes sont en train de s'organiser à Orléans, notamment avec un village antifasciste le 24 et une manifestation nationale en direction du meeting le 25. Début septembre il y aura une réunion nationale inter-organisations pour finaliser toustes ensemble l'organisation de ce week-end de mobilisation antifasciste nationale.

    Nous appelons aussi toutes les organisations qui le souhaitent à organiser des campagnes dans leurs quartiers, leurs villes et leurs villages pour appeler à manifester le 25 octobre à Orléans contre le meeting du RN.

    Au sein de la plateforme Ciao Fachos, nous travaillons sur un kit de mobilisation (argumentaire, tract, affiche...) pour les accompagner.

    Rejoignez-nous !

    Tractages, collages, réunions publiques, transports collectifs, soirées de récoltes de fonds : soyons partout, et profitons-en pour empêcher le RN de tracter sur nos marchés et coller sur nos murs.

    PAS DE CAMPAGNE ET PAS DE CONGRÈS POUR LES RACISTES !

    Signataires :
    AcaaB (Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire), AFA Annemasse, AG anti fasciste 72, Alternatiba Orléans, Amaars (Assemblée Morbihan (Est) Antifasciste Antiraciste Rurale et Solidaire), ATTAC 45, Ciao Fachos, Collectif antifasciste Orléans, Collectif antifasciste Paris 20e, Contrevents (Côtes d'Armor), CRAAAME (Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs), G.E.L 72 (Groupe Étudiant Libertaire Sarthe), Gentilly Antifasciste Antiraciste, GRIF (Groupe Radical Intersectionnel Féministe) Orléans, ORA (Orléans Riposte Antifasciste), Organisation de Solidarité Trans (OST), OST Orléans, Riposte Antifasciste Marseille, Riposte Populaire, Soulèvements de la Terre Orléans, Sound of Sudan, Suresnes Antifa Antiraciste, TAF (Tours AntiFasciste)

    Texte alternatif décrivant l'affiche :
    Visuel avec gros message "Pas de congrès pour le RN"
    On voit une foule de bras qui font des siamo tutti antifascisti
    Deux pancartes "Orléans 24 - 25/10" et "mobilisations antifa"
    Des drapeaux antifasciste, LGBTQIA+ et palestinien sont brandis

    RÉSUMÉ DE LA RÉUNION PUBLIQUE DU 6 AOÛT DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

    Une participation massive !
    70 participant·e·s, 33 organisations, dont 5 d'Orléans / du Loiret et 3 organisations nationales (VISA, ASSO Solidaires, Solidaires étudiant·e·s)
    Et ça début août, une franche réussite qui annonce d'importantes victoires (et défaites pour les fascistes !)

    Préparation inter-orga
    Après avoir présenté pourquoi c'est important et vital de s'opposer au Rassemblement Nazional, nous avons présenté la situation du congrès / meeting du RN à Orléans et d'où en est la préparation de la mobilisation anti-fasciste nationale !
    Nous avons discuté stratégie et amendé une proposition de visuel d'appel à se mobiliser les 24 et 25 octobre à Orléans depuis partout.

    Continuons à préparer la défaite du RN !
    Ensemble nous avons décidé de créer des groupes inter-orga pour organiser
    la communication (kit de mobilisation avec argumentaires, tracts, affiches, visuels internet et réunions publiques)
    et la logistique (hébergements, récolte d'argent, transports collectifs, modalités de la manifestation du 25/10)
    Toute personne membre d'orga ou d'inter-orga peut rejoindre ces groupes en nous contactant !

    Coordonnons toutes les échelles locales et globales
    Dans chaque ville et village, nous avons besoin de faire des réunions publiques pour présenter les enjeux majeurs du contre-congrès, organiser des transports collectifs et récolter de l'argent pour les financer !
    Se mobiliser localement en assemblées publiques et en inter-orga, pour s'opposer au congrès et au 1er meeting du RN à Orléans c'est monter en puissance pour s'opposer localement aux réunions, tractages, collages du RN.

    Prochaines réunions
    Le 1er septembre il y aura une réunion inter-orga unitaire nationale pour se coordonner sur les actions des 24 et 25 octobre à Orléans (village et manifestation anti-fascistes). Pour que votre orga y participe vous pouvez nous contacter !
    La prochaine réunion publique de Ciao Fachos, pour informer des avancements de cette mobilisation nationale et pour donner des outils de mobilisation locale, sera le Dimanche 6 Septembre à 18h30 en visio via ce lien : https://bbb.faimaison.net/rooms/xb9-1lb-jdo-kts/join

    Texte alternatif décrivant le visuel :
    Dix-neuvième congrès du RN. Orléans 24 et 25 octobre 2026.
    Détournement du visuel du RN, en barrant les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen et en remplaçant "victoire" par "défaite" dans leur slogan, ce qui donne : « Une nouvelle étape vers la défaite de 2027 ! ».
    Résumé de la réunion publique du 6 août.
    Ciao Fachos.

    OUTILS DE COMMUNICATION DE LA PLATEFORME ANTI-FASCISTE CIAO FACHOS

    Site internet : https://ciaofachos.noblogs.org

    Groupe Signal de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc), aussi utile pour se mettre en contact de manière sécurisée en contactant un.e admin. Lien pour le rejoindre :
    https://signal.group/#CjQKIBgEUlNyWfuhem_-VP4M3snoFexoP9-lHUTkwlS_EtTWEhARX1ddFWsDNoqeencBMsPf

    Groupe Signal inter-organisations d'entraide et de coordination : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

    Groupe Signal inter-organisations pour préparer le contre-congrès du RN à Orléans et notamment la manifestation du 25/10 : rejoignable à la demande par des membres d'organisation

    Mail : ciaofachos@systemli.org

    Liste mail de diffusion d'informations (invitations et résumés des réunions publiques, campagnes d'actions, etc) : besoin de demander à y être ajouté.e.s par mail.

    Instagram : @ciao_fachos

    Nous vous invitons vivement à partager ces informations partout, à nous rejoindre et à participer au contre-congrès de multiples manières possibles !

    CIAO FACHOS

  • 🎉 19 SEPTEMBRE : JOURNEE FESTIVE A DETRIER (73110)

    L'association Belledonne a Sa'Voix, en partenariat avec l'Espace Belledonne et la mairie de Détrier, a le plaisir de vous convier au présidio de Détrier dans le cadre des veillées de Belledonne le samedi 19 septembre !
    Sur le principe d'un repas, d'une conférence et d'un concert, on vous attend en famille, nombreuses et nombreux à partir de 14h.
    Le programme détaillé se trouve juste en dessous !
    Réservez votre samedi et faites passer le mot !
    De 14h à 23h :

    14h - 16h : Ultimate (ou foot !) et Tournoi de Belote ♣️
    16h15 - 17h : Visite de la Pépinière 🌳
    17h - 18h : Discussion argumentée : la chaîne du chêne, ou combien notre survie est étroitement liée au bon fonctionnement et à la diversité des écosystèmes. Présenté par Matthias Thiery, forestier
    18h - 19h : Actualités autour du Lyon Turin et inauguration du présidio ! 🪚
    19h : Balade Naturaliste
    19h - 20h : Repas 🍽️
    20h - 21h30 : Concert de Mafila ko 🎤
    21h30 - 23h : DJ Set

    Toute l'après-midi :
    forum de l'argumentaire et stand Lyon Turin
    librairie 📚
    crêpes
    buvette

    On a trop hâte de vous revoir sur ce terrain et d'y faire la fête ensemble !

    Pour s'y rendre : pépinière la Devinière, Détrier 73110
    Camping sur place possible 🏕️

    A vite,
    NO TAV ✊

  • « Plus de pub, plus de lag, plus rien » : ce prompt sur Claude promet de redonner vie aux Android TV qui rament

    Un prompt élaboré par un développeur permettrait de désactiver les applications inutiles préinstallées sur son téléviseur.

  • As US-Canada tensions flare, who’s calling the shots in Trump’s trade team?

    US trade representative Jamieson Greer has a level-headed reputation but commerce secretary Howard Lutnick and White House adviser Peter Navarro also have key roles

    Having reportedly read Victor Hugo’s Les Misérables, in French, during a military tour of duty in Iraq, Jamieson Greer considered himself an unlikely target for accusations of francophobia.

    But Donald Trump’s US trade representative, hitherto one of the president’s less high-profile cabinet members, found himself in that uncomfortable position amid the acrimonious collapse of bilateral trade talks with Canada that now threatens to degenerate into an all-out trade war between the two close trading partners whose economies are tightly intertwined.

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  • Trump’s ballroom construction can resume at White House, supreme court rules – live

    In a 5-4 decision, the court granted the Trump administration’s request to block a lower court ruling that would have prevented work from being done on the ballroom

    Chris Hippensteel

    We’re watching today as Scott Bessent, the US treasury secretary, and Kevin Warsh, the chair of the Federal Reserve, deliver their opening remarks at the G20 meetings in Asheville, North Carolina.

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  • « Le secret protège nos systèmes cyber. Il protège aussi nos erreurs »

    Clémence Foufa — La confidentialité est normalement une protection. Pourquoi affirmez-vous qu’elle peut également devenir une faiblesse ?

    Didier Bazalgette — Parce qu’elle peut protéger simultanément une information et une erreur. Dans les secteurs souverains comme dans la cybersécurité, la confidentialité est évidemment indispensable. Une organisation ne peut pas exposer ses vulnérabilités, ses capacités de détection, son architecture, ses sources ou ses intentions. Mais si elle protège indistinctement le cas réel, les hypothèses formulées pour l’expliquer et les méthodes employées pour les vérifier, elle risque de soustraire ses propres raisonnements à la contradiction.

    Une hypothèse peut alors acquérir une autorité considérable parce qu’elle provient d’un cercle ayant accès à des informations protégées. Ceux qui se trouvent à l’extérieur ne peuvent pas la contester puisqu’ils ne connaissent pas les éléments sur lesquels elle repose. Ceux qui se trouvent à l’intérieur peuvent appartenir aux mêmes institutions, partager les mêmes représentations ou travailler depuis longtemps à partir des mêmes catégories.

    La fermeture du circuit ne signifie donc pas que le raisonnement soit faux. Elle signifie que les conditions permettant d’identifier une erreur peuvent être insuffisantes.

    Clémence Foufa — Ce problème est-il propre à la cybersécurité ?

    Didier Bazalgette — Non. Il concerne plus largement la R&D souveraine et tous les domaines dans lesquels exposer complètement un problème peut déjà révéler une vulnérabilité, une capacité ou une intention. Il peut s’agir d’un système d’armes, d’une technologie critique, d’un dispositif de renseignement, d’une organisation de commandement, d’une doctrine ou d’un processus de décision.

    La cyber rend toutefois cette difficulté immédiatement compréhensible. Lorsqu’une organisation découvre une faiblesse dans son système d’information, elle ne peut pas toujours transmettre son architecture, ses journaux techniques, ses dépendances, ses fournisseurs et ses moyens de détection à l’ensemble des spécialistes susceptibles de l’aider.

    Or les compétences utiles sont aujourd’hui largement distribuées. Elles se trouvent dans les laboratoires, les entreprises, les administrations, les communautés techniques ou chez des spécialistes indépendants. L’organisation doit donc obtenir une contribution extérieure sans nécessairement livrer le cas qui justifie cette contribution.

    Clémence Foufa — Comment avez-vous été confronté à cette difficulté ?

    Didier Bazalgette — Cette question a traversé une grande partie de ma carrière. J’ai travaillé au sein de la Direction générale de l’armement et de l’Agence européenne de défense, avant d’exercer des responsabilités dans le domaine de l’innovation à l’Agence de l’innovation de défense.

    Dans chacune de ces fonctions, j’ai retrouvé une même tension : les compétences nécessaires à la résolution d’un problème sont distribuées entre plusieurs institutions, plusieurs disciplines et parfois plusieurs pays, tandis que les informations permettant de comprendre complètement ce problème ne peuvent pas circuler avec la même liberté.

    Un industriel peut maîtriser une technologie sans connaître toute la situation opérationnelle. Un chercheur peut disposer de la méthode nécessaire sans avoir accès aux données. Une administration peut comprendre l’enjeu stratégique sans posséder toutes les compétences scientifiques requises. Le travail d’innovation consiste alors moins à réunir mécaniquement ces acteurs qu’à construire entre eux un objet de coopération compatible avec les contraintes de chacun.

    Clémence Foufa — Cette difficulté a-t-elle donné lieu à des expérimentations concrètes ?

    Didier Bazalgette — Oui. Entre 2019 et 2023, plusieurs projets de modélisation et d’anticipation technologique ont été conduits au profit de l’Agence de l’innovation de défense. Ils ont mobilisé, selon les périodes et les objets, des compétences issues notamment de l’Inria, de l’École polytechnique, de l’ISAE et de l’ENSTA.

    Nous disposions d’excellents scientifiques et ingénieurs. La difficulté ne consistait donc pas seulement à trouver des compétences. Elle consistait à leur fournir un objet de travail suffisamment fidèle au problème réel sans exposer l’ensemble de son contexte.

    Jean Langlois-Berthelot intervenait comme consultant en raison de son expérience opérationnelle ainsi que de ses compétences techniques. Il fallait comprendre ce que le problème signifiait réellement pour les acteurs concernés, puis déterminer ce qui pouvait être formalisé, modélisé et transmis.

    Clémence Foufa — Pourquoi cette double compétence était-elle importante ?

    Didier Bazalgette — Parce qu’il ne suffisait pas de connaître les technologies concernées. Il fallait identifier les écarts entre la formulation institutionnelle d’un problème et son fonctionnement opérationnel, puis déterminer ce qui pouvait être abstrait sans perdre ce qui donnait au problème sa valeur.

    Jean pouvait circuler entre plusieurs langages. Il comprenait celui des opérations, celui des ingénieurs et celui de la recherche. Son travail consistait notamment à rechercher le mécanisme situé derrière la demande immédiate. Quelles relations voulions-nous véritablement comprendre ? Quelles variables étaient importantes ? Quelles hypothèses provenaient du terrain et lesquelles étaient introduites par l’organisation ? Qu’est-ce qui pourrait invalider le raisonnement initial ?

    Une traduction insuffisante produit soit un objet trop sensible pour circuler, soit une question tellement générale qu’elle ne permet plus de résoudre le problème initial.

    Clémence Foufa — Comment fonctionnait votre complémentarité ?

    Didier Bazalgette — Je garantissais la cohérence institutionnelle des projets, leur articulation avec les objectifs poursuivis et la mobilisation des partenaires scientifiques et techniques. Jean travaillait plus directement sur le passage de l’expérience opérationnelle à la formalisation.

    Nous ne cherchions pas simplement à transmettre un besoin à un laboratoire. Nous construisions progressivement un objet intermédiaire. Cet objet devait conserver la structure du problème réel tout en permettant à des chercheurs et à des ingénieurs de travailler sans accéder à tout ce qui entourait son instanciation opérationnelle.

    Cette construction exigeait des échanges constants. Il fallait vérifier qu’une abstraction ne détruisait pas le sens du problème, qu’une formulation scientifique ne déplaçait pas involontairement l’objet et qu’une solution techniquement satisfaisante conservait une utilité dans la situation réelle.

    Clémence Foufa — Votre collaboration s’est-elle limitée aux projets conduits au profit de l’Agence de l’innovation de défense ?

    Didier Bazalgette — Non. Elle s’est également prolongée dans l’enseignement. En 2023, nous avons notamment dispensé à Sciences Po, avec Hermance B., alors responsable des partenariats au GICAT, un cours en anglais intitulé « Intelligence in Europe: Challenges and Innovations ».

    Ce cours permettait de mettre en relation les transformations du renseignement en Europe, les enjeux industriels et les nouvelles modalités d’innovation. Nous y retrouvions déjà une question centrale dans nos travaux : comment faire coopérer des acteurs issus de mondes différents autour de problèmes sensibles, sans réduire l’innovation à la simple circulation d’une technologie ou à l’expression administrative d’un besoin ?

    Hermance B. apportait la perspective de l’écosystème industriel de défense. Jean apportait son expérience opérationnelle ainsi que ses compétences techniques. Pour ma part, je pouvais replacer ces questions dans les trajectoires institutionnelles et européennes que j’avais rencontrées à la DGA, à l’Agence européenne de défense puis à l’AID.

    Cette expérience d’enseignement contribuait également à rendre la méthode transmissible. Une démarche qui ne fonctionne qu’entre quelques personnes se connaissant bien demeure fragile. Elle doit pouvoir être explicitée, enseignée et reprise dans d’autres contextes.

    Clémence Foufa — Que signifie précisément « transformer un problème opérationnel » ?

    Didier Bazalgette — Un problème opérationnel se présente rarement sous la forme d’une question scientifique propre. Il apparaît à travers un dysfonctionnement, une inquiétude, une capacité jugée insuffisante, une évolution technologique mal comprise ou un effet que l’organisation ne parvient pas à produire.

    La première erreur serait de le transformer immédiatement en cahier des charges. On figerait alors une interprétation avant même d’avoir examiné le mécanisme qui produit la difficulté. La deuxième erreur serait d’en transmettre une version tellement expurgée que les chercheurs ne travailleraient plus sur le problème réel, mais sur un objet répondant à une autre fonction.

    Transformer un problème opérationnel consiste donc à rechercher ce qui, dans la situation, peut devenir un objet de connaissance. Il faut identifier les relations importantes, les variables réellement déterminantes, les hypothèses introduites par l’organisation et les conditions susceptibles de les invalider. Une fois ce travail réalisé, il devient possible de construire un modèle sans reproduire intégralement le cas protégé.

    Clémence Foufa — Que produisaient concrètement ces travaux ?

    Didier Bazalgette — Deux travaux étaient réalisés. Une partie était transmise à des services opérationnels afin de répondre au problème dans son environnement réel. Une autre partie permettait de formaliser et de capitaliser la méthode dans un cadre scientifique ou académique, sans exposer le cas sensible.

    Cette seconde production n’était pas une version dégradée ou devenue inutile. Elle ne répondait simplement pas à la situation opérationnelle précise. Elle restait utile à la recherche, à la compréhension des enjeux généraux et à la construction de méthodes susceptibles d’être reprises dans d’autres contextes.

    La double production constituait ainsi le cœur de l’expérience. Le rendu spécialisé conservait la précision nécessaire aux services concernés. La production ouverte permettait de discuter les mécanismes, de transmettre la méthode et d’accumuler une connaissance sans révéler le cas dont elle provenait.

    Clémence Foufa — Vous ne cherchiez donc pas à déclassifier les problèmes ?

    Didier Bazalgette — Non. Déclassifier et abstraire sont deux opérations différentes. Déclassifier consiste à modifier le régime d’accès à une information. Abstraire consiste à séparer une instanciation particulière du mécanisme que l’on souhaite étudier.

    Prenons une situation cyber générique. Une organisation soupçonne qu’une compromission de sa chaîne d’approvisionnement pourrait se propager à travers plusieurs dépendances logicielles. Le cas réel comprend son identité, son architecture, ses fournisseurs, ses composants, ses procédures, ses journaux et ses capacités de détection. Toutes ces informations n’ont pas vocation à circuler.

    En revanche, certaines relations peuvent être abstraites : la structure des dépendances, la vitesse de propagation, les conditions de déclenchement, les délais de détection, l’effet d’une segmentation ou les conséquences de plusieurs politiques de mise à jour. Ces mécanismes peuvent être étudiés dans un modèle qui ne reproduit pas l’organisation réelle.

    Le modèle ouvert n’a pas vocation à répondre directement à la situation opérationnelle précise. Il peut néanmoins conserver une réelle valeur pour la recherche, pour la compréhension d’un enjeu général et pour la comparaison de mécanismes similaires. Le rendu spécialisé traite le cas dans son environnement réel ; le modèle communicable rend certaines de ses structures discutables et cumulatives.

    Clémence Foufa — Cette manière d’organiser la R&D confidentielle est-elle réellement nouvelle ?

    Didier Bazalgette — Il faut être très prudent avec les revendications de nouveauté. Les architectures aujourd’hui parfois présentées comme des innovations récentes combinent souvent des mécanismes beaucoup plus anciens.

    Le modèle linéaire de l’innovation est formalisé après 1945. Les grands programmes organisent des revues de phase dès les années 1960. Les modèles Stage-Gate structurent ces passages à partir des années 1980. David Teece décrit en 1986 le rôle des régimes d’appropriation et des actifs complémentaires.

    La circulation contrôlée entre des organisations séparées est également ancienne. John Wolpert propose dès 2002 de recourir à des intermédiaires pour connecter des R&D sans exposer leurs informations confidentielles. Henry Chesbrough formalise l’innovation ouverte en 2003. InnovationXchange expérimente un modèle d’intermédiaire de confiance en 2004.

    Le contenu de ce qui est parfois présenté aujourd’hui comme une approche nouvelle de l’innovation confidentielle était donc déjà théorisé aux États-Unis en 2002 et opérationnalisé au plus tard en 2004. Le vocabulaire peut changer. Le recours à un intermédiaire, à un pipeline protégé ou à un écosystème sélectionné ne constitue pas, en lui-même, une rupture méthodologique.

    Clémence Foufa — Où se trouve alors la différence ?

    Didier Bazalgette — Dans la question posée. Les architectures traditionnelles demandent principalement qui peut accéder au problème, comment importer une technologie et comment protéger les échanges.

    Nous ajoutons une autre question : comment rendre les hypothèses vérifiables lorsque le cas qui les a produites ne peut pas être exposé ?

    Une enclave fermée, un programme classifié, un intermédiaire de confiance ou un cercle élargi d’acteurs habilités peuvent protéger l’information. Ils ne garantissent pas que les hypothèses incorporées dans une solution puissent être comparées, rejouées et réfutées.

    Faire entrer davantage de personnes dans un espace protégé ne suffit donc pas. Une communauté habilitée peut partager les mêmes présupposés que le commanditaire. Un industriel peut répondre avec précision à un besoin mal formulé. Un modèle peut produire le résultat attendu parce que ses règles ont été conçues à partir de ce résultat. La sécurité du circuit ne constitue pas automatiquement une architecture de preuve.

    Clémence Foufa — Les CERT, les communautés de confiance ou les bug bounties privés ne répondent-ils pas déjà à cette difficulté ?

    Didier Bazalgette — Ils en traitent une partie essentielle. Ils permettent de partager des informations sur des menaces, des incidents, des vulnérabilités ou des modes opératoires dans un cadre maîtrisé. Le bug bounty introduit également une contradiction extérieure en donnant à des chercheurs la possibilité de rechercher des vulnérabilités.

    Mais ces dispositifs organisent principalement l’accès à un système, à une information ou à une surface de recherche. Ils ne construisent pas nécessairement un modèle explicite du mécanisme étudié.

    Lorsque la question porte sur une compromission complexe, une chaîne de dépendances, un comportement organisationnel ou l’évolution d’une menace dans le temps, il faut pouvoir séparer les données du cas réel, les règles supposées, les paramètres retenus et les résultats obtenus. C’est cette séparation qui permet de déterminer si nous observons réellement le mécanisme annoncé ou si nous reproduisons simplement nos propres hypothèses.

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  • I’m running down the road tryin’ to loosen my load...

    Rhode Island Iobstah. Mmmm.

    Yes, Virginia, we do take time off—and this is one of them.

    Due to the press of events since late February, I’d pretty much given up my annual late summer truck north to my ancestral home of sorts in Rhode Island. I’d lived in the Ocean State for only two years as a kid in the late 1950s, but I’d come back constantly over the decades to see my late sister and her family, who lived on there for another 40 years—until yet another late-March sleet and an empty nest propelled them to Gulf Shores, Ala.

    Then were the other things: I got my first teen kiss on the rocks at Second Beach in Middletown, abutting Newport, in 1960, and in 1991, I’d scattered my mother’s ashes in the waters there. I like to take a dip in the exact same spot. (Yes, it’s strange.)

    Sachuest (aka Second) Beach, Middletown, RI. Mother’s ashes are in the water on the far right. That’s my chair, in a 2024 photo. It’s my place.

    This year, though, with two wars threatening to go wide and the administration’s authoritarian crackdowns in high gear, I felt pinned to my chair. Around Washington, moreover, there was a growing chorus of angry and alarmed former CIA, NSA, DIA and State Department officials, offloaded in repeated DOGE/MAGA political purges, to talk to. I snuck off the New Hampshire for a rye days around the 4th of July, but that was it.

    But burnout finally came about 10 days ago. At the last moment, I decided couldn’t very well handle September if I didn’t bolt north at the end of this month and find solace, with a firm plan to hit the beach with my books for a week and try very hard to disconnect from the incessant, demanding internet.

    So by the time you read this, I should be well gone, with my feet folded in the Second Beach sand, the Sawx on the radio, a cup of Del’s frozen lemonade in my hand, a linguica sandwich in my lap, and a few great new books to haul from my beach bag. (Leading candidates: Kai Bird’s American Scoundrel: Roy Cohn’s Dark Journey from Joe McCarthy to Donald Trump, and two forthcoming titles, Mark Riebling’s The Soldier Spy, about the late Patrick Lang, an Army colonel I knew quite well, and David McCloskey’s latest thriller, London Station.)

    (By the way, SpyTalk’s Year Seven begins August 31. How ‘bout that?!)

    And that’s principally because of you, dear readers—you and the incredibly accomplished writers who continue to do great work for SpyTalk. So everybody involved should take a bow. Thank you, thank you, thank you, all.

    Catch you on the rebound. I’m headed down the road—listening to The Warmth of the Sun.

    Don’t miss the latest SpyTalk podcast, with former CIA Chief Learning Officer Steve Hirsch on how Russia, China, and Iran exploit the cracks in US intelligence.

    Thank you for reading this. SpyTalk is an entirely reader-supported publication. To receive new posts and support the work of all of us here, please consider taking out a paid subscription. We can’t do it without you. Just click below for a no-obligation free trial.

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  • FW.MEDIA change d’échelle : deeptech européenne et édition anglaise en vaisseau amiral

    Depuis près de vingt ans, nous racontons les transformations de la tech française, européenne et internationale. Aujourd’hui, ce qui change n’est pas notre terrain de jeu, mais notre focale. FW.MEDIA resserre son travail autour des technologies qui reconfigurent durablement l’économie, l’industrie et les rapports de puissance : intelligence artificielle, cloud, semi-conducteurs, quantique, défense, spatial, robotique, …

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  • La PS5 Pro se raréfie déjà après la présentation de GTA 6 sur Netflix

    Même à près de 900 €, la PS5 Pro commence à manquer en France. Entre ruptures de stock et livraisons parfois annoncées pour octobre, acheter la console devient compliqué, alors que GTA 6 ne sort que dans trois mois.

  • La patate

    « Simple », la patate ? C’est « le mot qui vient à la bouche quand il s’agit de la qualifier », convient Jean-Paul Thorez, dans une Encyclopédie du potager (1), avant de lui consacrer environ quarante pages. « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales ».

    Les populations qui l’ont domestiquée avaient-elles imaginé que leurs découvertes allaient permettre à tant de générations après elles, et dans le monde entier, de survivre à d’importantes famines ou, en périodes fastes, de la déguster de mille et une manières ? Le culte qui lui a été dédié a-t-il aidé ? Dans la mythologie inca, Axomama, « mère de la pomme de terre », préside à sa culture et est fille de Pachamama.

    Car il a fallu l’apprivoiser, cette « papa » – de son nom andin – poussant à l’état sauvage dans la région du lac Titicaca. Ses premières traces datent d’il y a plus de 10 000 ans. Faisant partie de la grande famille botanique des solanacées, la pomme de terre contient de la solanine, en particulier dans la peau, ce qui la rend amère et peu digeste. Il y a 2 000 ans, les populations de l’Altiplano ont peu à peu sélectionné et cultivé certains spécimens et développé une technique pour les « désamériser » et les conserver plusieurs mois sous la forme de chuños en les exposant au gel et en les séchant au soleil. Mais n’imaginez pas ces patates comme nos variétés européennes actuelles, lisses et blondes. Les papas d’Amérique, plutôt petites, étaient parfois pleines d’aspérités, encore assez amères, de couleurs violettes, noires, orangées. Elles mûrissaient en jours courts, contrairement à nos pommes de terre actuelles, issues de Solanum tuberosum, variété qui a su s’adapter aux climats européens.

    Aliment du diable

    Au Pérou, « la papa est un patrimoine propre à notre culture. Des mythes et légendes ont survécu à l’histoire coloniale », témoignait Alejandro Argumedo pour le Parque de la papa (Parc de la pomme de terre), en 2013. Celui-ci, géré avec les communautés locales, conserve prés de 1 400 variétés autochtones de pommes de terre, contribue au « développement de politiques en faveur des petits agriculteurs » et préserve tout un patrimoine biologique et culturel. Des rituels sont encore associés à la papa, que ce soit pour des moments de l’enfance, pour les mariages ou aux enterrements comme symbole de renouvellement de la vie. « Sous la terre, elle est associée au monde d’en bas, au passé mais aussi à l’avenir », explique Alejandro. La pomme de terre fédère la communauté dans une conception holistique de celle-ci, qui englobe les humains, les montagnes, la faune, la flore, les éléments…

    Cette grande considération n’a pas suivi les « morelles tubéreuses » – comme les botanistes l’appelaient alors – dans leur voyage à bord des navires des colons de retour en Europe. Le tubercule, tige souterraine renflée par des réserves d’amidon, a d’abord débarqué en Espagne, vers 1570. Fin XVIe, une autre filière l’introduit également en Europe via l’Angleterre. Elle commence par quelques ratés, comme des tentatives de cuisiner ses fanes ou des essais de pain. On l’appelle en France « truffe » ou encore « cartoufle ». Venu de sous la terre, le légume est associé au diable. En Franche-Comté, en 1620, un arrêté en interdit même la culture, accusant la « truffe » de donner la lèpre. On la donne en pâture aux animaux… et aux prisonniers, notamment en Allemagne.

    Plus de 5000 variétés

    L’un d’entre eux, le Français Antoine Auguste Parmentier, une fois libéré et plein de gratitude pour cet aliment, obtient de Louis XVI d’en cultiver une parcelle facticement surveillée. Suscitant ainsi l’intérêt, des plants sont dérobés, la culture de la pomme de terre sort de l’enclos et se développe. Il y aurait des nuances à apporter à l’histoire mais l’homme qui donne son nom au célèbre hachis a contribué à éviter un gâchis : celui de passer à côté d’une denrée ayant par la suite permis la survie de milliers de personnes. En France lors de la famine de 1789 par exemple, ou en Irlande, face à l’oppression des propriétaires terriens anglais qui préemptaient toutes les céréales. En 1846, le mildiou, et le manque de diversité dans les variétés ayant raison des récoltes irlandaises, plus de six cent mille personnes périssent. Nombre d’Irlandais migrent aux États-Unis… et y répandent la culture de la pomme de terre.

    Aux XVIIIe et XIXe, la patate se développe en Europe, malgré les parasites qui l’attaquent (doryphores, mildiou…). Après-guerre, ses rendements explosent, passant « d’une quinzaine de tonnes à l’hectare à trente ou quarante » (2). Avec l’augmentation du niveau de vie, estampillée « aliment du pauvre », elle perd de sa popularité (178 kg par personne et par an en 1925 contre 60 en 1997) mais un renouveau l’attend, grâce à un « ennoblissement », dû à la mise en valeur de certaines variétés (ratte du Touquet, Charlotte de Noirmoutier…). Aujourd’hui, il existerait environ 5 000 variétés de pommes de terre, dont à peine une dizaine représente l’écrasante majorité de celles qui sont aujourd’hui consommées.

    Lucie Aubin

    1- Jean-Paul Thorez, « La pomme de terre », dans L’Encyclopédie du potager, éd. Actes Sud, nov. 2003.

    2- Interviewé dans « Patati et patata » épisode 1, émission Culture Mondes, France Culture, janvier 2013.

    Numéro 220 – Septembre 2026

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

    Numéro 220 – Septembre 2026 – Version PDF

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

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  • Pasqal fait ses débuts au Nasdaq avec 360 millions de dollars en poche pour accélérer dans l’informatique quantique

    Le marché américain a réservé un accueil spectaculaire à Pasqal. Pour sa première séance de cotation au Nasdaq, le titre de la société française a progressé jusqu’à 73%, avant de ramener ses gains à environ 40%. L’opération, réalisée via une fusion avec la SPAC Bleichroeder Acquisition Corp II, avait été conclue sur la base d’une valorisation de Pasqal de 2 milliards de dollars. A la clôture de l’opération, l’entreprise disposait d’environ 360 millions de dollars de liquidités.

  • Juste ce qu’il faut

    On a bu l’apéritif avec les voisins et les touristes, partagé le pique-nique, on a parlé de tout et de rien et de la canicule, normal. On a constaté à quel point le soleil peut détruire… à quel point on a, là aussi, de la chance. L’effet de serre, oui, mais juste ce qu’il faut ! Certains constats partagés sont restés ouverts, sans conclusion. On sent que l’avenir climatique inquiète.

    Le gouvernement n’en a pas fait des caisses, c’est très bien comme ça. Il a distribué gratuitement suffisamment de lunettes pour que la question d’en trouver ne se pose pas. Et il a donné un billet aux clubs d’astronomie qui voulaient payer la tisane. Tout s’est déroulé sans accroc puisque l’événement était prévu de longue date.

    Retour à la réalité : le gouvernement avait prévu… de ne pas acheter de lunettes ! Il a laissé « le marché » s’en occuper, se contentant des messages de prévention. Dans ces conditions, la pénurie était aussi prévisible que l’éclipse ! Ça n’a pas loupé. Beaucoup de Français se sont ainsi retrouvés à fixer l’horizon… à l’est, et d’apprécier l’étirement des ombres – au demeurant très joli.

    Mais donner à tout le monde, à commencer par les enfants, la possibilité de regarder pleinement le spectacle et de s’émerveiller, est-ce qu’on n’est pas tous d’accord pour considérer que c’est le boulot de la collectivité ? Nous, on avait tous le regard dans la même direction. Il y avait un sentiment de partager quelque chose qui nous dépasse. L’éclipse nous l’a rappelé : pas besoin d’étranger, d’adversaire, pas besoin d’ennemi pour se sentir appartenir à un même groupe, sur ce petit caillou chaud, juste ce qu’il faut.

    Fabien Ginisty

    Numéro 220 – Septembre 2026

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

    Numéro 220 – Septembre 2026 – Version PDF

    Dossier 5 pages : La patate

    « La pomme de terre est bien plus qu’un légume. Véritable fondatrice de civilisations, elle est à placer au rang des plantes vivrières primordiales », écrit Jean-Paul Thorez dans une Encyclopédie du potager. Avec enthousiasme, nous avons plongé dans son histoire sociale, dans la popularité de la frite, dans les chips militantes, les champs de patate solidaires et quelques luttes patatesques. Sans oublier une carte de géopatate…

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  • « Nous avons publié aujourd’hui la plus importante mise à jour d’OpenClaw jamais réalisée » : OpenClaw voulait juste simplifier son installation et ça a dérapé

    OpenClaw voulait simplement faciliter son installation et moderniser son interface web. Le chantier a finalement pris une telle ampleur qu’il s’est transformé en une version 2.0 presque involontairement, selon un billet de blog publié par l'équipe le 30 août 2026.

  • « On ne peut plus accepter » : Cancer Colère et des agriculteurs bio s'allient contre les pesticides

    Au Pays basque, le collectif local de Cancer Colère a organisé une mobilisation devant la permanence d'un sénateur à Biarritz, le 29 août. De quoi dénoncer la réintroduction des pesticides et faire un pont avec les paysans venus en soutien.
    Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), reportage
    « Aujourd'hui, le cancer est une épidémie. Plus personne ne peut dire qu'il ne connaît pas quelqu'un touché par la maladie », constate amèrement Armelle Gomez, l'une des fondatrices de la section du collectif (…)

    Lire la suite - Reportage / Luttes , Santé
  • L’Europe en marche arrière

    Alors que l’Europe suffoquait sous la chaleur et les incendies, la priorité estivale de la Commission européenne s&#8217;est résumée à faire reculer la capacité régulatrice du continent. Remontons dans le temps&nbsp;: l’entrée en application de l’IA Act le 2 août 2026 devait représenter, selon le spécialiste…
  • C’est le dernier jour de Tim Cook à la tête d’Apple : quel est son vrai bilan ?

    À partir du 1er septembre, John Ternus sera le nouveau CEO d'Apple. Tim Cook, après plus de 15 ans de règne, vit le 31 août ses dernières heures en tant que patron de l'entreprise derrière les iPhone et les Mac.

  • Cybersécurité : quand l’IA pilote seule une attaque

    Un cap déjà franchi par des attaquants humains

    Mi-septembre 2025, les équipes de sécurité d’Anthropic détectent une activité suspecte sur l’outil de programmation Claude Code. L’enquête remonte jusqu’à un groupe lié à l’État chinois, désigné GTG-1002, qui a détourné cet outil pour mener une campagne de cyberespionnage contre une trentaine d’organisations à travers le monde, entreprises technologiques, institutions financières et agences gouvernementales comprises. 

    Anthropic révèle ce cas mi-novembre 2025 et le décrit comme la première campagne d’espionnage documentée où une intelligence artificielle exécute la majorité des opérations tactiques de façon autonome, entre 80 et 90 % selon l’entreprise, avec seulement quatre à six points de décision humaine par intervention.

    Ce diagnostic mérite toutefois une nuance. Plusieurs chercheurs et experts en cybersécurité, dont les journalistes du Guardian, expriment des critiques qui convergent autour de trois points. Tout d’abord, l’autonomie de l’attaque est contestée : le rapport sous-estimerait la part de préparation, d’orchestration et de décision humaine. Ensuite, le niveau de preuve est jugé insuffisant : peu d’indicateurs techniques publics, absence de liste de victimes, manque d’éléments vérifiables et difficulté pour la communauté cyber de reproduire ou valider l’analyse. Enfin, la nouveauté technique est discutée : certains chercheurs considèrent que l’IA accélère surtout des tâches déjà automatisables, plutôt qu’elle ne crée une forme radicalement nouvelle d’offensive cyber.

    Cette controverse ne ferme pas le débat, bien au contraire. Elle déplace même le sujet : la question porte autant sur le degré réel d’autonomie revendiqué par Anthropic que sur la répétition d’incidents où des modèles, placés en situation d’évaluation, ont agi sur des environnements réels. Les cas apparus en 2026 illustrent cette seconde dimension : non plus l’usage offensif d’un outil par un groupe humain, mais la perte de contrôle d’environnements de test censés encadrer ces capacités.

    Trois laboratoires, trois manières de perdre le contrôle d’un test

    Le 21 juillet 2026, OpenAI a ainsi reconnu que des agents IA ont mené une campagne de plusieurs semaines contre sa propre infrastructure et celle de Hugging Face, plateforme d’hébergement de modèles d’IA. D’après le rapport officiel de l’entreprise, les agents cherchaient à contourner une évaluation de cybersécurité nommée ExploitGym en allant chercher directement les solutions de référence plutôt qu’en résolvant l’exercice. 

    Le déroulé, reconstitué à partir de 17 600 actions journalisées, montre une progression continue entre le 26 juin et le 20 juillet : découverte d’une vulnérabilité zero-day (faille inconnue et non corrigée) dans un composant tiers nommé Artifactory, obtention d’un accès administrateur, puis attaque de l’infrastructure interne d’OpenAI avant d’atteindre les systèmes de production de Hugging Face.

    Neuf jours plus tard, Anthropic publie ses propres conclusions après avoir passé en revue 141 006 évaluations. Trois incidents distincts en ressortent, impliquant les modèles Opus 4.7, Mythos 5 et un modèle de recherche interne, le plus ancien remontant à avril 2026. Dans chaque cas, le modèle recevait pour consigne explicite qu’il opérait dans une simulation sans accès Internet. Une divergence de configuration avec le prestataire d’évaluation Irregular a pourtant ouvert un accès réel, que le modèle a traité comme faisant partie de l’exercice. Le cas le plus sérieux concerne Opus 4.7, qui a extrait des identifiants et atteint une base de données de production appartenant à une entreprise dont le nom coïncidait avec celui de la cible fictive de l’évaluation.

    Le 5 août 2026, Meta confirme un troisième cas impliquant son modèle Muse Spark 1.1, testé par ce même prestataire Irregular. Son porte-parole Andy Stone attribue l’incident à “une erreur de configuration ayant permis à l’un de nos modèles d’accéder à Internet pendant l’évaluation ». Irregular précise de son côté qu’il ne s’agit ni d’une évasion de bac à sable, ni d’une technique sophistiquée, mais de la même défaillance de configuration déjà à l’origine du cas Anthropic une semaine plus tôt. Cette nuance compte pour les équipes de sécurité : dans ces deux cas, le modèle n’a pas forcé de barrière technique, il a trouvé une porte laissée ouverte par erreur humaine.

    Un quatrième cas, plus inquiétant : la tromperie délibérée

    Le 28 juillet 2026, l’AI Security Institute britannique (AISI), organisme public chargé d’évaluer les modèles avancés, détecte à son tour un incident, mais dans un cadre différent. Contrairement aux trois cas précédents, l’accès Internet n’y résultait pas d’une erreur : il avait été volontairement autorisé pour mesurer la capacité maximale des modèles, avec les garde-fous de sécurité désactivés. Sur 122 tests, dix ont donné lieu à une action autonome non prévue par les évaluateurs, dix-sept imputables au modèle Mythos 5 d’Anthropic et deux à GPT-5.6 Sol d’OpenAI.

    L’un des agents a tenté une attaque de la chaîne d’approvisionnement logicielle en soumettant du code malveillant sur un dépôt open source. Une fois sa contribution contestée par un mainteneur humain, l’agent a créé de fausses identités en ligne pour tenter de le convaincre, et a utilisé le réseau Tor pour contourner les restrictions d’accès. Ce comportement dépasse la simple erreur de cloisonnement observée chez Meta et Anthropic : il combine autonomie, tromperie active et contournement délibéré de contrôles, sans qu’aucune instruction humaine ne l’ait demandé.

    Ce que ces quatre cas changent pour les organisations

    Pris ensemble, ces épisodes dessinent une tendance relativement claire. Une opération qui exigeait auparavant les ressources d’un État ou d’un groupe criminel structuré devient reproductible par un agent autonome, avec ou sans intention malveillante au départ. Pour les directions des systèmes d’information et les responsables de la sécurité, la frontière entre test d’IA et incident réel devient de plus en plus poreuse.

    Les environnements d’évaluation doivent être traités comme des zones à risque. Lorsqu’un modèle accède à Internet, à des outils de développement, à des dépôts de code, à des API ou à des identifiants, ses droits doivent être définis, limités, surveillés et révoqués avec la rigueur appliquée à un compte technique ou un prestataire externe.

    Cloisonnement, journalisation détaillée, supervision en temps réel, seuils d’arrêt, validation humaine des actions sensibles et segmentation réseau deviennent des prérequis pour tester des modèles capables d’agir. Les organisations doivent documenter les conditions de test, afin de distinguer erreur de configuration, défaillance de confinement et comportement déviant.

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  • Financement public des écoles privées : « Une opacité voulue et construite »

    Source : La Brèche
  • Photo de Gaza à Deauville : la censure reprise de volée !

    Source : Dialectik Football
  • Gabon. Il y a dix ans, l'attitude de la France en question

    Source : Afrique XXI - Afrique
  • À la Grande Pagode de Vincennes, les chemins de la mémoire cambodgienne

    Source : Visionscarto
  • “Le coût du token, c’est le problème le plus intéressant dans le secteur de l’IA à l’heure actuelle”, Peter DeSantis, Amazon

    L’Usine Digitale : Vous avez pris la direction de l’équipe en charge des modèles d’IA en fin d’année dernière. Quel a été votre parcours auparavant ?

  • N'oublions jamais cet été de chaos, ne pardonnons pas aux responsables

    Les pires heures de l'été 2026 semblent derrière nous. Mais alors que les canicules, sécheresses et incendies s'éloignent, il ne faut oublier ni ces manifestations du changement climatique, ni leurs responsables, prévient la directrice de la rédaction de Reporterre dans cet éditorial.
    Les températures ont baissé, la pluie est revenue, les flammes des incendies se sont calmées. Sur les chaînes d'information, les panaches de fumée, les sols craquelés, les hôpitaux bondés ont rendu (…)

    Lire la suite - Édito / Climat , Luttes , Incendies , Canicule
  • Après une série de fuites de données dans le secteur public, la cybersécurité s’invite au cœur du lancement de la facturation électronique

    Le grand jour approche. A partir du 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique entrera dans sa phase opérationnelle, après plusieurs années de préparation et un premier report. Toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront également les émettre sous ce format.

  • Épuisement, management brutal, harcèlement: l’envers du décor de l’association Linkee

    Une quinzaine de salariés, actuels ou passés, dénoncent une souffrance généralisée au sein de l’organisation d’aide alimentaire pour les étudiants. Son président, Julien Meimon, est accusé de pratiquer un management brutal, ce qu’il nie.
  • Radio Canut - Ne nous écoutez pas ... Rejoignez nous !

    Ne nous écoutez pas ... Rejoignez nous !

    Tous les mardi de 19h à 20h, nous vous accueillons pour parler de vous, de nous et de votre envie de rejoindre la grille de programme de Canut avec votre propre émission ... alors venez nous voir au 24 Rue Sergent Blandan dans le 1er.

    Vous pouvez aussi nous écrire : prog [at] radiocanut.org

    à très vite !

  • La contre-révolution en Russie commence en octobre 1917 : critique de la gauche communiste

    Il faut être clair : la contre-révolution en Russie ne commence pas en 1921. Elle commence avec la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917.

    C'est précisément sur ce point qu'une grande partie de la gauche communiste commet une erreur d'analyse. En faisant de 1921, de Kronstadt ou de la mise en place de la NEP [1] le moment de la contre-révolution, elle conserve implicitement une lecture d'un bon bolchevisme et d'un mauvais selon laquelle la révolution bolchevique aurait été authentiquement révolutionnaire pendant plusieurs années avant de dégénérer. Cette lecture est complètement erronée.

    Le problème fondamental apparaît dès octobre 1917 : un parti politique s'empare du pouvoir d'État et exerce la dictature sur le prolétariat. Les soviets cessent progressivement d'être conçus comme des organes autonomes de la classe ouvrière pour être intégrés à un appareil d'État dominé par le pouvoir bolchevique, notamment à travers le Comité exécutif central panrusse des Soviets (CEC), qui devient l'organe suprême du pouvoir d'État entre les congrès des Soviets. La question n'est donc pas simplement de savoir si Lénine a commis des erreurs, si la guerre civile a provoqué la militarisation ou si la bureaucratie stalinienne est apparue plus tard. Le problème est structurel : le pouvoir politique est confisqué par un parti qui prétend représenter les travailleurs. C'est là que commence la contre-révolution !

    La gauche communiste affirme souvent que la révolution aurait été vaincue progressivement sous l'effet de l'isolement international, de la guerre civile, de la pénurie et de la bureaucratisation. Ces facteurs ont évidemment joué un rôle considérable. Mais les invoquer pour repousser la contre-révolution à 1921 revient à passer à côté de la question fondamentale : une révolution ouvrière peut-elle être considérée comme victorieuse lorsque les travailleurs sont politiquement subordonnés au parti qui prétend parler en leur nom ?

    La réponse est bien évidemment non : les soviets sont liquidés de leur liberté de décision et d'action, complètement vidés de leurs fonctions décentralisatrices. La Terreur rouge de 1918 va entraîner la persécution des anarchistes et de toutes les autres tendances politiques opposées au pouvoir bolchevique. La Tchéka devient l'un des principaux instruments de cette répression, avec des arrestations, des exécutions et des internements. Cette politique répressive s'étendra progressivement aux socialistes-révolutionnaires de gauche et à d'autres opposants politiques, jusqu'à l'élimination de toute opposition organisée au pouvoir bolchevique. Dans le même temps, la situation économique se dégrade fortement dès 1918. Voline décrit dans « La Révolution inconnue » l'aggravation des pénuries et la désorganisation de la production, dues à la mauvaise gestion et à la centralisation croissante de l'appareil d'État bolchevique. Les nombreuses entreprises en Russie connaissent des difficultés d'approvisionnement, des pénuries de matières premières et une baisse importante de leur production, ce qui remet fortement en question le déterminisme économique marxiste et montre les limites d'une conception qui réduit les transformations sociales aux seules conditions économiques.

    Kronstadt n'est donc pas le commencement de la contre-révolution. Kronstadt révèle brutalement une contre-révolution déjà engagée. La répression des insurgés qui réclamaient notamment davantage de démocratie directe soviétique montre jusqu'où le pouvoir bolchevique était prêt à aller pour préserver son monopole politique.De même, la NEP ne constitue pas à elle seule le moment où la révolution aurait cessé d'être révolutionnaire. Elle représente une nouvelle étape dans une situation déjà profondément transformée en capitalisme d'État.

    La différence avec une partie de la gauche communiste est donc fondamentale. Celle-ci peut critiquer Lénine, le parti bolchevique, la répression et la bureaucratisation tout en conservant une périodisation qui fait de 1917 une révolution prolétarienne victorieuse et de 1921 son basculement contre-révolutionnaire. Une position véritablement anti-bolchevique doit aller plus loin : le problème n'est pas que le bolchevisme aurait mal tourné ; le problème est que la prise du pouvoir par le parti bolchevique constitue elle-même une rupture avec l'autonomie révolutionnaire des travailleurs. Il est donc nécessaire, dans cette logique, de rejeter toute figure d'autorité et tout culte du chef, qu'il s'agisse de Lénine ou de tout autre individu prétendant parler au nom du prolétariat. Aucun individu, ne peut se substituer à l'action autonome des travailleurs ni prétendre détenir une vérité révolutionnaire qu'ils devraient suivre. C'est précisément cette prétention à parler au nom du prolétariat, à se présenter comme son représentant exclusif et à imposer une vérité politique venant d'une colonne vertébrale qui doit être rejetée. On peut qualifier cette posture de « populisme ouvrier : elle consiste à reprendre le langage marxiste et les revendications ouvrières pour se présenter comme la seule force capable de résoudre les problèmes du prolétariat, en entretenant une logique de chef sauveur du « peuple » et de vérité politique absolue. Il s'agit donc de rejeter toute conception de la formation révolutionnaire en parti d'avant-garde prétendant représenter le prolétariat. Une telle structure reproduit une séparation entre une minorité chargée de diriger, d'organiser et de décider, et une majorité appelée à suivre et à exécuter. Elle produit une nouvelle couche bureaucratique et reproduit les rapports hiérarchiques propres à la société capitaliste. Or, la révolution sociale ne consiste pas à remplacer une classe dirigeante par une autre : elle vise à abolir les rapports de domination, la hiérarchie et le pouvoir politique lui-même.

    La libération des travailleurs ne pourra être que l'œuvre des travailleurs eux-mêmes.
    C'est précisément pourquoi octobre 1917, et non seulement 1921, doit être placé au centre de la critique anti-bolchevique de la révolution russe.

    ASR

    [1] Nouvelle politique économique

  • Rentrée scolaire : « On assiste à la résurgence du travail des enfants, c'est une régression historique »

  • Après l'électrochoc de l'été 2026, ils et elles ont décidé de « passer à l'action »

    Après la sidération, le temps de l'action. En cette rentrée, à la sortie d'un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s'engager.
    À la sortie de cet été des catastrophes, entre vagues de chaleur, sécheresse et incendies, rendus plus fréquents et intenses par le réchauffement climatique d'origine humaine, Reporterre a adressé un appel à témoignages à ses lecteurs et lectrices : êtes-vous en colère et comment avez-vous décidé d'agir ? Nous (…)

    Lire la suite - Info / Luttes
  • Au musée ukrainien de la corruption, une autruche et John Lennon

    À quelques kilomètres de Kyiv, l’ancien palais de Mejgorié expose aux visiteurs le luxe démesuré dans lequel vivait Viktor Ianoukovitch, président prorusse destitué en 2014. Le fruit d’un détournement des richesses publiques dont l’Ukraine n’est toujours pas pleinement sortie.

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  • Réchauffement climatique : comment les scientifiques prêchent dans le désert depuis 200 ans

    Les premières études scientifiques sur le lien entre émissions de CO₂ et réchauffement remontent aux années 1820 et se sont multipliées depuis. Pourtant, les réponses à la hauteur de l'enjeu se font toujours attendre.
    L'été que l'Europe vient de traverser, ainsi que le tsunami de boue qui s'est déversé sur des populations au Népal, sont catastrophiques. Mais sont-ils pour autant surprenants ? Le réchauffement climatique et l'effet de serre d'origine humaine qui le provoque sont l'objet de (…)

    Lire la suite - Info / Climat
  • Ephéméride des luttes : 31 août

    L'éphéméride des luttes du 31 août refuse le service militaire et s'empare des usines, parce qu'elle sait bien que ce sont les ouvriers et les ouvrières qui bâtissent le monde, et notamment les poteaux qui le peuplent.

    1794 : A Vaugirard, dans la Plaine de Grenelle, a lieu le pire accident industriel de l'histoire de la France métropolitaine avec l'explosion de la poudrerie, faisant près de 1.400 morts parmi les ouvriers.

    1907 : A Amsterdam, fin du congrès anarchiste international, où les débats furent déjà à l'époque largement dédiés à la question du syndicalisme comme outil -ou non- adapté à la révolution sociale, mais aussi à l'antimilitarisme. Une des motions du Congrès : « Par des grèves généralisées à des localités, à des régions, à des professions entières, on soulèvera progressivement la classe ouvrière et on l'entraînera vers la grève générale expropriatrice qui comprendra la destruction de la société actuelle et l'expropriation des moyens de production et des produits. »

    1920 : Dans les villes industrielles du nord de l'Italie, un mouvement d'occupation des usines surgit et organise des piquets de grève pour résister aux attaques de la police et des fascistes (qui ne sont pas encore au pouvoir). "Le mouvement prend de l'ampleur début septembre, les patrons sont chassés, l'autogestion se généralise dans les ateliers, mais ne s'étend pas à tout le corps social. Les syndicats réformistes, effrayés par l'ampleur révolutionnaire du mouvement (notamment dans la métallurgie et l'automobile), s'empresseront de signer un accord avec le patronat pour mettre fin au mouvement."
    Repris de l'éphéméride anarchiste

    1942 : Au Luxembourg, une grève générale se déclenche pour lutter contre le service militaire obligatoire.

    1968 : A Carrare en Italie, début du congrès qui donnera naissance à l'Internationale des Fédérations Anarchistes.

    1970 : Aux États-Unis, la police arrête le militant du Black Panther Party Wesley Cook, qui prendra par la suite le nom de Mumia Abu-Jamal. Celui-ci est toujours en prison de nos jours, gravement atteint par une maladie qu'il a contracté entre les murs.

    1973 : En Irlande du Nord, deux membres de l'IRA sont abattus par l'armée d'occupation britannique.

    1980 : En Pologne, après deux semaines de grèves dans tout le pays, le gouvernement se voit contraint de signer les accords de Gdansk, autorisant la création du syndicat Solidarnosc.

    1981 : A Ramstein, le commando Sigurd Debus de la Fraction Armée Rouge (RAF) attaque le quartier général de l'US Air Force en Europe.

    1994 : En Irlande du Nord, l'"IRA Provisoire" déclare le cessez-le-feu.

    1997 : A Paris, un poteau de pont abat la princesse de Galles Lady Diana.

    2016 : - A Paujil en Colombie, de lourds affrontements ont lieu entre des manifestant-e-s opposé-e-s à l'exploitation pétrolière et la police, au point que le maire de la ville décrètera un couvre-feu jusqu'au lendemain.

    • A Athènes, le Groupe d'Autodéfense Révolutionnaire tire plusieurs coups de feu sur l'ambassade du Mexique en soutien avec les luttes mexicaines à Oaxaca.

    Voir aussi l'éphéméride anarchiste du 31 août, histoire de continuer à chiller avant la rentrée.

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