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  • Grande marche pour dire non au permis de tuer

    Quand ?
    Le 20 septembre de 13h à 21h

    Où ?
    À venir (À venir), 75, Paris

    APPEL UNITAIRE : NON AU PERMIS DE TUER !

    SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 20 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.

    Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.

    Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.

    Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.

    Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 20 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.

    C'est maintenant qu'il faut agir.

    Lieu : Paris, plus de précisions à venir

  • Solidarité Ouvrière ! Bulletin d’information de la CNT-SO

    La CNT-SO vient de sortir le 1er numéro de son bulletin d’information avec différentes analyses et actualités de la Confédération.
  • Industrie de l'enfermement et des expulsions

    Pour lire sur écran, lire la version pdf page par page :

    Industrie de l'enfermement et des expulsions - version page par page 32 pages A5 à lire sur écran.

    Version cahier à imprimer :

    Industrie de l'enfermement et des expulsions - version cahier 16 planches A4 à imprimer en recto-verso.
  • Les croquant(e)s n°4 – été 2026

    Retrouvez le bulletin d’information du Syndicat des Travailleurs et travailleuses de la Terre rattaché à la CNT-SO. Ce quatrième numéro est spécialement consacré aux conditions d’hébergements temporaires en saison.
  • Cause commune ! Bulletin du SIFA CNT-SO – juillet 2026

    Retrouvez le premier numéro de « Cause commune », bulletin du syndicat des Institutions Financières et Assurances (SIFA CNT-SO).
  • Connexions Directes, le bulletin de la CNT-SO Activités Postales & Télécommunications : n°9 – juillet 2026

    La Poste en danger ! Retrouvez le numéro spécial de « Connexion directes », bulletin du syndicat des activités postales et des télécommunications de la CNT-SO.
  • On pose avant la pause

    coucou,

    avant notre pause estivale et pour finir notre saison radiophonique, on a amené des bouts de créations sonores et autres sons que nous découvrons ensemble sur le plateau…

    on vous invite à déambuler avec nous entre ces propositions et temporalités différentes autour de thématiques telle que où et comment randonner, la canicule et+, des mots fléchés ou encore une surprise pour déranger… 🙂

    Hollyweird aja monet /the color of rain (2026)

    le tout entrecoupé de musiques bien sur :

    aja monet – hollyweird

    grâce et volupté vanvan – passer l'orage

    queen omega – thunder storm

    ppj – tem carnaval

    L'illustration est tirée de la bd « le petit monde de liz – surprise ! » de liz climo

    bonne écoute…, les ondes ventilées et fraîches au possible sur vous !

    à la saison prochaine – on se retrouve à l'automne

    Voir en ligne : le lien pour télécharger l'émission (clic droit sur enregistrer sous)
  • Biodiversité vs Climat ? Rencontre croisée avec Frédéric Gruet et Tatiana Giraud

    Quand ?
    Le 8 septembre à 19h30

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Frédéric Gruet est co-auteur de "Et si ce n'était pas le climat ? : La biodiversité, le combat pour changer le monde", publié chez Edisens en 2025.

    Tatiana Giraud est co-autrice de "La biodiversité en infographies. L'urgence du vivant : Comprendre pour agir", publié chez Tana éditions en 2026.

  • Foucault, vies parallèles. Rencontre avec Mathieu Potte-Bonneville

    Quand ?
    Le 15 octobre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    "Foucault. Vies parallèles" - Rencontre avec Mathieu Potte-Bonneville, philosophe.

    Michel Foucault a fait entrer l'histoire de la folie dans l'histoire de la philosophie et contribué à changer le regard sur le pouvoir et la sexualité : des portes de prisons au Collège de France, des énigmes du savoir au mouvement LGBT, partez à la découverte des mille vies du philosophe le plus cité au monde.

    Étudiant tourmenté, icône de la philosophie contemporaine, militant avec les détenus, professeur au Collège de France : combien d'existences traversent celle de Michel Foucault, dont l'œuvre savante et engagée résonne aujourd'hui de l'activisme queer aux mutations des sciences humaines ?

    Tressant ensemble sa vie et son oeuvre, cette biographie intellectuelle permet de comprendre, voyager avec ses idées et ébranler nos certitudes.

  • Vexations. Une expérience utilisateur - Antoine Hummel

    Quand ?
    Le 29 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    "Prendre de front - c'est-à-dire de travers" : Catabase, un nouveau label de littérature au sein des éditions La Découverte.

    Le livre d'Antoine Hummel est un dispositif littéraire qui engage le duel avec le régime de sollicitation et les formes de pensée induites par le numérique, particulièrement avec YouTube et l'IA.

  • Ici commence la Terre. Rencontre avec Jadd Hilal

    Quand ?
    Le 9 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Jadd Hilal est écrivain. Son premier roman "Des ailes au loin" a remporté de nombreux prix. "Ici commence la terre" est son quatrième roman aux éditions Elyzad. Rencontre et discussion.

    En 1948, Aïda et sa famille sont contraints de quitter leur village de Palestine. Commence l'exil : le camp de Baalbek, puis Beyrouth.

    Comment recréer les liens perdus quand son mari s'éloigne ? Quand le quartier lui demeure étranger ? Quand la solitude est telle que ses enfants se voient obligés de s'occuper d'elle, au prix de leurs libertés ?

    Puis vient la guerre civile au Liban, la peur, la faim et la violence s'installent. À chaque nouveau massacre de Palestiniens, Aïda se replie davantage dans son appartement. La famille se brise : les enfants s'exilent pour fuir la guerre, et pour lui échapper.

    Aïda rejoindra sa fille à Paris. En racontant la Palestine à son petit-fils Adib, elle se surprend à transmettre autre chose que la douleur. Elle ne transmet plus l'exil, mais une terre.

  • L'éternel retour de l'hystérie. Rencontre avec Julia Legrand

    Quand ?
    Le 11 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Julia Legrand est sociologue. "L'éternel retour de l'hystérie" est son nouvel ouvrage publié aux éditions Amsterdam.

    Retraçant la genèse de cette catégorie et l'histoire de sa consolidation, elle montre comment le développement de son usage comme injure sexiste dans le sens commun a abouti dans les années 1970 à sa suppression des classifications officielles, sans pour autant conduire à son abandon. En effet, les troubles borderline et histrioniques lui ont simplement été substitués, si bien qu'en pratique, l'étiquette demeure utilisée pour désigner une forme de « folie douce » et disqualifier la parole des femmes - quand bien même elle ne leur serait désormais plus accolée de manière exclusive.

    Analysant ce que cette continuité révèle de l'état de la psychanalyse et de la psychiatrie, l'autrice interroge en outre la réappropriation de la figure de l'hystérique par les mouvements féministes, d'abord comme outil de lutte contre la réduction au silence et la pathologisation de colères politiques. Elle livre ainsi une réflexion originale sur les conditions et les limites d'une démarche plébiscitée dans les milieux militants : le retournement du stigmate.

  • La Gueule ouverte. Rencontre avec Alexis Vrignon

    Quand ?
    Le 18 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    La Gueule ouverte - « le journal qui annonce la fin du monde » - naît en 1972 sous la plume de Pierre Fournier, figure fondatrice de l'écologie politique en France.

    Radical, libertaire, antinucléaire, ce périodique avant-gardiste attaque de front la société industrielle, défend un retour à la terre et propose une écologie politique engagée mais aussi pratique : recettes bio, bricolage, jardinage...

    Alexis Vrignon retrace l'histoire de ce journal culte ­- entre colère, utopie et lucidité - qui reste un repère essentiel pour comprendre les racines de l'écologie radicale.

  • Budapest sous toutes ses facettes, rempart flamboyant au populisme

    Quand ?
    Le 23 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Nina Yarguekov est écrivaine. Elle a notamment publié "Vous serez mes témoins" chez P.O.L.
    Guillaume Métayer est poète et traducteur.

    "On n'a pas le droit d'être totalement malheureux quand on a la chance d'habiter à Budapest."

    Vous pensiez passer des vacances tranquilles en Suisse ? Et bien c'est raté, car une exilée hongroise aux airs de comtesse vous confie une mission : filer à Budapest pour tirer son petit-neveu de la déprime grâce à un bocal d'air révolutionnaire de 1956.

    Vous voilà à découvrir bains néobaroques, paprika magique, subtilités politiques et humour noir magyar. Attachez vos ceintures, car ce Budapest va vous secouer, vous éblouir et vous montrer comment une ville peut être un rempart flamboyant au populisme.

  • 10 questions sur la misopédie. Rencontre avec Cécile Kovacshazy

    Quand ?
    Le 15 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Cécile Kovacshazy est maîtresse de conférence HDR en littérature générale comparée. Elle est l'autrice de plusieurs ouvrages. Dix questions sur la misopédie : Oppression des enfants et domination adulte est publié aux éditions Libertalia.

    Les violences que subissent les plus jeunes d'entre nous sont quasi permanentes : en famille, dans l'espace public, les institutions. Ces violences sont acceptées, voire valorisées. Au nom de l'éducation, on s'évertue à mouler l'enfant à une obéissance exemplaire.

    Ces violences ont pour moteur la misopédie (étymologiquement « haine des enfants ») La misopédie porte un regard méprisant et hostile sur les plus jeunes ; c'est une vision naturalisante, considérant qu'iels ne sont pas comme « nous », qu'iels doivent être exclu.es du fonctionnement de la cité (polis), qu'iels ne sont en tout cas pas des êtres de droits. Des devoirs, en revanche, iels en ont beaucoup et partout. La misopédie est le ferment de notre fonctionnement social, le berceau de la domination patriarcale.

  • Take Action: Stand with Maj. Watson

    The fight for Congress has already begun.

    If we’re going to hold Trump and his cronies accountable, we need representatives who are willing to do it. That’s where our Courage Candidates come in! They have committed to bringing impeachment on their first day in Congress. Find your Courage Candidate today!

    On July 2nd, Air Force Major Jason Watson was arrested at the Capitol for demonstrating, and peacefully calling for the impeachment of Donald Trump. He will almost certainly face other consequences as an active military service-member. He knew the consequences he could face, and did so anyway, because it is the right thing to do.

    As Trump’s abuses continue, some in Congress are beginning to come to terms with reality: Nothing will change until Trump is removed from office. Rep. Adam Smith (WA-09) has said that Trump needs to be impeached and removed from office! Senator Ed Markey (MA) has also called for impeachment, saying “Trump must be impeached for undermining and subverting our free and fair elections.” And Rep. Al Green (TX-09) has (again!) announced that Trump will face articles of impeachment.

    This is a big deal! Elected officials are being forced to act, and to uphold their oath of office.

    We are renewing our call for ALL elected representatives to stand with Major Watson, join with their colleagues, and pursue impeachment.

    Select a Representative:Select

    Use the following template to schedule an email to the appropriate office. Send the email as soon as possible.

    DON’T FORGET TO ADD YOUR NAME AT THE BOTTOM OF THE EMAIL.

    Want to grow your power?

    We put out regular calls to action. Clear, simple ways that you can use your voice to fix our democracy. We’re here to empower you — because holding Trump and his ghouls accountable is going to take all of us. Sign up today.

    The post Take Action: Stand with Maj. Watson appeared first on Citizens' Impeachment.

  • L'Hotellerie (14) : programme des rencontres anarchistes du semeur

    À L'Hôtellerie, à côté de Lisieux, les 17, 18 et 19 juillet, auront lieu les Rencontres Anarchistes du Semeur.

    L'affiche en PDF
  • Vive la génération zbeul !

    À propos des récentes émeutes au Maroc vues depuis un coin de la France.

    En France l'expression « zbeuler » est désormais généralisée, en particulier parmi toutes celles et ceux qui cherchent à rompre la normalité, celle de l'exploitation au travail, de l'autorité des flics, du patriarcat, etc… Zbeuler c'est désordonner un état de fait que les riches et les puissant.e.s cherchent à imposer aux autres. Linguistiquement l'expression tire son origine du mot arabe « zbel » qui signifie la poubelle, les ordures, et par extension tout ce qui doit être jeter ou éliminer. Au Maroc, ce terme peut vite prendre une connotation sociale, du fait notamment de la popularisation d'un personnage de dessin animé dénommé « Bouzebal ». Littéralement « homme-poubelle », Bouzebal est un jeune galérien de banlieue dont l'ennemi juré est « Kilimini » (contraction phonétique du français « qu'il est mignon » en darija marocaine), un fils de riche incarnant la jeunesse dorée partie étudier à l'étranger et qui parle bien français. Lors des nuits du 30 septembre au 2 octobre dernier près d'une trentaine de villes marocaines, petites et grandes, ont été secouées par un gros zbeul qui semble en grande partie l'œuvre de « bouzebals » comme diraient certain.e.s par mépris de classe, et d'autres en signe de familiarité. Dans tous les cas, bouzebals ou pas, en prenant d'assaut des commissariats et saccageant des banques, tous ces révolté.e.s ont défié l'autorité avec une intensité rarement vue ces derniers temps au Maroc.

    Ces deux nuits d'émeutes font suite à une série de rassemblements à travers le pays, à commencer par celui tenu devant l'hôpital Hassan II d'Agadir le 14 septembre, dénonçant l'état déplorable de l'établissement où huit femmes enceintes sont décédées lors du mois d'août après des césariennes. Une semaine plus tard deux autres rassemblements sont organisés à Tiznit et Essaouira, deux villes proches d'Agadir, lors desquels une dizaine de manifestant.e.s sont interpellé.e.s et relâché.e.s. Puis, sur le réseau social Discord, un collectif se présentant hors de partis ou syndicats, nommé « GenZ212 », en référence à la génération Z née entre 1995 et 2010 et à l'indicatif téléphonique national, appelle à se rassembler pacifiquement le samedi 27 septembre dans plus d'une dizaine de grandes villes du pays, pour exiger des réformes de la santé et de l'éducation et contre la corruption, « par amour de la patrie et du roi ».

    A Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Agadir, Meknès, des centaines de personnes se retrouvent dans les rues en criant des slogans comme « Liberté, dignité, justice sociale » et appelant à des réformes. Très vite les flics mettent fin aux rassemblements en nassant les manifestant.e.s et en faisant des dizaines d'interpellations dont 70 rien qu'à Rabat, au motif que les manifs n'étaient pas autorisées. Dans la plupart des cas il s'agit de simples vérifications d'identité et les interpellé.e.s sont libéré.e.s sans poursuites judiciaires.

    Le lendemain le collectif renouvelle l'appel et, malgré les nombreuses arrestations de la veille, de nouveaux rassemblements ont lieu dans les grandes villes et d'autres plus petites comme Safi ou Tinghir. A Casablanca, des manifestant.e.s envahissent même une autoroute urbaine et 24 personnes sont interpellées pour entrave à la circulation.

    Dans la nuit du 29 au 30 des centaines de personnes bravent une fois de plus l'interdiction de manifester quitte à se faire interpeller. Ce soir-là les flics empêchent tout rassemblement à Casablanca et font une cinquantaine d'arrestations à Rabat ainsi qu'une soixantaine à Marrakech. Dans cette ville rongée par l'industrie du tourisme, des manifestant.e.s déterminé.e.s se sont élancé.e.s en manif sauvage en criant « Le peuple veut la fin de la corruption », principal mot d'ordre du mouvement, mais aussi « Vive le peuple », un slogan qui, dans cette société vivant sous le joug d'une monarchie détenant tous les pouvoirs, sonne comme une manière subversive de détourner le sempiternel « Vive le roi ».

    Deux nuits de zbeul généralisé

    Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre le mouvement prend des formes émeutières spontanées qui débordent complètement les appels du collectif GenZ212 dans une vingtaine de villes, souvent en périphérie des grandes agglomérations mais aussi dans de petites villes plus isolées. A Nador, Errachidia, Berkane, Béni Mellal, Tiznit, Kénitra, Khénifra, Guelmim, Rabat, Meknès, Ouarzazate, Casablanca, Fès, Agadir, Témara, Skhirat, des manifs sauvages parcourent les rues et souvent les forces auxiliaires (flics anti-émeutes) se prennent des jets de pierre bien mérités.

    Ailleurs la révolte prend une tournure plus compliquée pour les autorités qui doivent faire face à des centaines d'émeutier.e.s. A Inezgane, en banlieue d'Agadir, trois caisses de flics sont défoncées, une agence d'assurance et trois banques sont attaquées, une agence de la poste du Maroc est incendiée, un supermarché Marjane est éventré et des bijouteries sont pillées. A Ait Amira, une petite ville de 50 000 habitants au sud d'Agadir, la gendarmerie royale perd 12 bagnoles dont certaines sont complètement incendiées, et plusieurs banques sont défoncées dans une liesse collective.

    A l'autre bout du pays, dans la ville d'Oujda, les flics se font copieusement caillassés, mais ces ordures tentent de reprendre le contrôle en fonçant dans la foule avec leurs camions, causant au moins un blessé grave qui a perdu une jambe. Au total, pour cette seule nuit du 30 au 1er, les autorités annoncent que 142 voitures de police auraient subi des dégâts.

    Dans la nuit du 1er au 2 octobre, alors que le ministère de l'intérieur finit par autoriser les sit-in appelés par le collectif GenZ212, des émeutier.e.s attaquent l'autorité et le capital là où ils se trouvent, souvent bien loin des lieux officiels de rassemblement. La révolte gagne de nouvelles villes avec une intensité plus forte que la nuit précédente.

    A Salé, ville pauvre qui jouxte Rabat la capitale, après des affrontements avec les keufs, deux caisses de la sûreté nationale y finissent calcinées, une banque est cramée dans le quartier Al Amal, plusieurs autres perdent leur vitrine ainsi que deux agences de transfert, puis la devanture d'un supermarché Carrefour est défoncée sur la route de Kénitra.

    A Marrakech, alors qu'une marche prend forme dans les rues du centre, à l'autre bout de la ville les forces auxiliaires perdent le contrôle du quartier Sidi Youssef Ben Ali, par ailleurs connu pour avoir été un foyer d'insurrection contre les autorités coloniales françaises dans les années 50. Environ 200 personnes, majoritairement très jeunes, arrosent de pierres et de bouteilles les forces auxiliaires postées à l'entrée du quartier. Le comico du coin est ensuite incendié, une banque pillée, deux agences de transfert saccagées. Il faudra toute la nuit aux flics pour reprendre le contrôle de la zone.

    A Tamansourt, une bourgade à quelques kilomètres au Nord de Marrakech, la gendarmerie est incendiée. Plus loin sur la côte atlantique, à El Jadida, une manif sauvage met le zbeul sur la corniche, notamment en cassant des voitures. A Taroudant, des manifestant.e.s attaquent la préfecture et commencent à incendier la porte du bâtiment. A Kelaat M'Gouna, petite ville plus isolée au Sud des montagnes du Haut Atlas, il y a aussi du grabuge dans les rues avec des incendies et de la casse.

    Et puis, à Leqliaa, en banlieue Sud d'Agadir, un poste de la gendarmerie royale est attaqué par des dizaines de personnes. Les grilles de l'entrée sont arrachées, un 4x4 sorti, des motos brûlées, et le feu mis à plusieurs endroits du bâtiment. Des flics, en partie réfugiés à l'intérieur, finissent par tirer dans la foule à balles réelles, assassinant trois personnes et faisant plusieurs blessé.e.s. Le ministère de l'intérieur annonce que 3 policiers ont été grièvement blessés dans l'attaque.

    La justice à plein régime pour enfermer à tour de bras...

    Le 2 octobre, un communiqué signé au nom du collectif Genz212 rejette « toute forme de violence ou de vandalisme » et il est décidé, suite à un vote sur Discord auquel ont participé plus de 15 000 personnes, de continuer les rassemblements en les limitant à des horaires fixes de 17h à 20h, et en déplaçant les lieux de rendez-vous sur des grandes places plus éloignées des quartiers populaires « pour éviter de graves incidents avec les flics ». Une campagne de nettoyage des rues est même organisée le 6 octobre avec photos à l'appui. Après cet appel au calme, le collectif se désolidarise des émeutier.e.s dans une lettre adressée au roi. Le texte comprend huit revendications dont la principale est la démission du gouvernement d'Aziz Akhannouch, le premier ministre, tandis qu'une autre, un peu plus loin dans la liste, exige la libération et l'abandon des poursuites judiciaires pour tou.te.s les détenu.e.s lié.e.s aux protestations pacifiques, sauf « ceux dont l'implication dans des actes de sabotage a été prouvée »…

    Le soir du 2 octobre, dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, nombreu.ses.x sont celleux qui ne voulaient pas s'arrêter malgré la répression. De nouveau les flics se sont fait caillasser, une banque a été saccagée et des commerces défoncés. On imagine qu'ailleurs aussi, parmi celles et ceux sorties dans les rues les soirs précédents, beaucoup n'avaient pas envie de rester sages. Il semble pourtant que la normalité ait repris le dessus à partir du 3 octobre, même si le collectif GenZ212 a continué d'appeler à se rassembler dans les grandes villes, réunissant quelques dizaines de manifestant.e.s à chaque endroit.

    Au total, dans l'ensemble du pays, des milliers de personnes ont été arrêtées lors des rassemblements et émeutes, ainsi que les jours suivants, à l'issue d'enquêtes souvent basées sur des photos et vidéos circulant sur internet. Plus de 2400 d'entre elles ont été poursuivies par la justice, certaines ont déjà été condamnées à de très lourdes peines de prison, et des centaines attendent toujours leur procès, soit en détention préventive, soit en liberté provisoire après paiement d'une caution qui atteint généralement 2000 à 5000 dirhams (200 à 500 euros).

    Quelques dossiers et chiffres sortis dans la presse donnent une idée du carnage judiciaire en cours :
    • A Agadir, le 14 octobre, 17 personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des faits commis à Ait Amira dans la nuit du 1er au 2 octobre. Elles étaient poursuivies notamment pour « destruction de biens publics et privés », « vol en réunion », « incendies volontaires » et « violences contre les forces de l'ordre ». Trois ont été condamnées à 15 ans de prison ferme, un à 12 ans, neuf à 10 ans, un à 5 ans, un à 4 ans et deux à 3 ans.
    • A Ouarzazate, 6 personnes de Kelaat M'Gouna étaient poursuivies pour « incendie volontaire », « dégradation de biens publics et privés », « entrave à la circulation », « violences contre les forces de l'ordre ». Trois d'entre elles ont été condamnées à 4 ans fermes, deux autres à 2 ans et le dernier à 1 an.
    • A Oujda près d'une soixantaine de personnes ont été poursuivies pour « violence envers les forces de l'ordre » et « participation à des attroupements nocturnes armés », et 17 autres pour « formation d'une bande criminelle », « attroupement armé » et « organisation d'une manifestation non autorisée », « possession d'armes blanches », « dégradations de biens publics et privés » et « agressions contre les forces de l'ordre ». Fin octobre, 8 d'entre elles ont été condamnées à des peines de prison ferme d'une durée de 15 à 18 mois, tandis que 7 autres ont pris du sursis.
    • A Agadir et Casablanca, deux personnes ont été condamnées à 4 et 5 ans de prison ferme pour « incitation à commettre des délits et crimes via les réseaux sociaux ».
    • À Marrakech, 26 personnes ont été poursuivies dans six dossiers pour « violences envers les forces de l'ordre », « participation à un attroupement armé », « incitation en ligne », « dégradation de biens publics et privés », et « possession d'armes blanches ».
    • A Kénitra, 17 personnes, dont 9 mineurs, ont été poursuivies pour « pillages », « destructions de biens publics et privés », « incendies volontaires ».
    • A Rabat, plusieurs personnes ont été poursuivies pour « attroupement armé » et « outrage aux symboles du Royaume ».

    Un roi qui semble toujours hors d'atteinte

    Le 8 octobre, une soixantaine d'intellectuels, artistes et militants des droits humains adressent, à leur tour, un courrier au roi, demandant de « traiter les causes profondes et structurelles de la colère ». Les militant.e.s de la GenZ212 attendent désormais « un signe fort » du monarque lors d'un discours qu'il doit tenir le 10 octobre au parlement. La veille, le collectif décide même d'annoncer la « suspension de toutes formes de protestation prévues pour le 10 octobre », « par respect pour sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l'assiste et le glorifie ».
    Au Maroc, bien qu'il y ait un parlement élu et un premier ministre nommé parmi la formation politique arrivée en tête des élections législatives, le roi, entouré de son cabinet royal, reste seul à la tête du pouvoir. Il préside le conseil des ministres, peut en renvoyer un quand il le souhaite, limoger le chef du gouvernement, dissoudre le parlement, suspendre la constitution, appeler à de nouvelles élections, ou diriger par dahir (décret royal). En plus de son statut politique il est « commandeur des croyants », soit le chef religieux du pays où l'islam est religion d'État. Pour renforcer ce statut, la dynastie des Alaouites, à laquelle appartient la famille royale, se présente comme descendante du prophète Mahomet, rien que ça. Le roi est donc le chef suprême auquel chaque marocain.e doit se soumettre. D'ailleurs chaque année se tient une cérémonie d'allégeance durant laquelle des centaines de hauts fonctionnaires, ministres, dignitaires du régime, députés, élus locaux, hauts gradés de l'armée, de la police et des services de renseignements, se prosternent devant « sa majesté » juchée sur un étalon et protégée du soleil par une ombrelle, le tout retransmis en direct à la télévision.

    D'autre part, partout sur le territoire l'autorité du roi, et plus largement celle du « Makhzen », terme très répandu au Maroc pour désigner l'État, est assurée par des moyens de contrôle de la population reposant à la fois sur un appareil administratif et policier classique, et un système de renseignements plus officieux. La moindre critique du roi est quasi inexistante tant ce système diffuse efficacement la crainte du pouvoir. A l'échelle des quartiers, par exemple, des agents appelés moqaddems, représentants semi-officiels de l'autorité, instiguent la délation de tout comportement subversif, autant d'un point de vue politique que moral d'ailleurs, dans un État où, notamment, sont punis d'emprisonnement les relations homosexuelles et les rapports sexuels hors mariage.

    Des luttes qui restent en mémoire

    Depuis 26 ans que Mohammed VI a pris la succession du trône à la mort de son père Hassan II, les autorités ont toutefois été défiées par plusieurs mouvements de révolte, alors que la répression s'est montrée toujours aussi féroce. L'un de ceux qui doit ressurgir le plus dans les mémoires des révolté.e.s d'aujourd'hui est certainement le hirak du Rif débuté en octobre 2016. Suite à la mort d'un marchand de poisson écrasé dans un camion-poubelle alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par le Makhzen, des dizaines de milliers de personnes ont envahit les rues d'Al Hoceima, capitale du Rif, en mémoire du défunt et pour protester contre leurs conditions de vie. Après huit mois de manifestations et rassemblements incessants, des discours questionnant de plus en plus ouvertement la légitimité du Makhzen, puis l'interruption du prêche d'un imam appelant à stopper le mouvement, les autorités finissent par arrêter des centaines de personnes. En réaction, le 20 juillet 2017 se tient une grande marche pour leur libération, lors de laquelle un manifestant est blessé à la tête par une grenade lacrymogène dans des affrontements avec les flics. Plongé dans le coma il décède quelques semaines plus tard. Quand aux personnes arrêtées, environ 500 sont condamnées à des peines de prison, quatre prennent 20 ans pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État ». Récemment, le plus médiatique des détenu.e.s du hirak du Rif, Nasser Zefzafi, a fait sortir de sa prison une lettre en soutien à la GenZ212, et l'appel à la libération des prisonnier.e.s a été scandé plusieurs fois dans des rassemblements.

    Les mémoires sont aussi évidemment marquées par le mouvement du 20 février en 2011, dans le sillage des printemps arabes, avec ses manifestations critiquant le régime pendant plusieurs mois, des postes de police attaqués à différents endroits, mais aussi neuf morts dont au moins trois assassinés par les flics. En partie récupéré par les partis politiques, islamistes compris, il débouchera sur une réforme de la constitution et de nouvelles élections législatives. Ces dernières années, d'autres révoltes ont été symptomatiques du niveau de misère dans laquelle vit une partie du pays. Fin 2018 des « manifestations de la soif » ont lieu à Zagora contre les coupures d'eau puis, début 2019, des habitant.e.s de la ville minière de Jérada sortent dans les rues durant plusieurs mois suite à la mort de deux hommes qui, comme plein d'autres, gagnaient leur vie en revendant clandestinement du charbon extrait dans des puits désaffectés de l'ancienne mine.

    Au Maroc beaucoup de gens doivent faire ce genre de boulots pour vivre, tout en devant faire allégeance à un roi qui, en plus de son statut politique et religieux, contrôle le plus grand groupe financier du pays, Al Mada, regroupant de multiples filiales dans la banque, la grande distribution, l'immobilier, les télécoms, l'énergie et, historiquement, les mines. Avec son entreprise Managem, la famille royale, à la tête d'une fortune de plus de 6 milliards de dollars, exploite une dizaine de mines d'or et d'argent dans les régions les plus pauvres du pays, aggravant les conditions de vie par l'accaparement de l'eau et la pollution. Celle d'Imider, au sud de la chaîne de montagne du Haut Atlas, est bien connue car depuis les années 80 des habitant.e.s s'y opposent. A partir de 2011, des opposant.e.s ont même coupé l'alimentation en eau de la mine, tout en montant un camp pour occuper le site autour de la vanne.

    Coupe du monde, CAN, TGV, … Le Maroc des grands projets

    Dans les manifestations de ce début octobre, de nombreuses fois ont été pointées du doigts les dépenses faramineuses pour la construction des stades devant accueillir la coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2026 et la coupe du monde de foot en 2030. A Tanger et Casablanca, au tout début du mouvement, les écrans installés dans les rues affichant un décompte avant le début de la CAN ont même été hackés pour y diffuser des insultes contre les flics et des revendications pour la santé et l'éducation. Pendant les rassemblements des slogans critiquaient des infrastructures coûtant des milliards en comparaison avec le piteux état des hôpitaux où les patient.e.s doivent parfois apporter leurs propres draps et matériel médical. Comble de l'indécence le tout nouveau stade de Rabat comprend, en sous-sol, une clinique flambant neuve destinée aux sportifs… Pour 2030, les autorités ont annoncé en grande pompe la construction d'un stade de 115 000 places, soit le plus grand du monde, pour un coût de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions d'euros). Et puis, à l'approche des compétitions, le Makhzen mène des programmes d'éviction des pauvres dans les quartiers centraux des grandes villes. A Casablanca, depuis 2024, des centaines d'habitations ont été détruites dans l'ancienne médina et leurs occupant.e.s relogé.e.s dans des quartiers excentré.e.s, pour construire à la place une large avenue royale reliant la grande mosquée Hassan II.

    Si les chantiers pour les coupes de football cristallisent les tensions, le décalage entre des grands projets capitalistes sollicitant des investissements massifs et le niveau de vie local concerne tous les domaines. Ces grands projets sont souvent guidés par les intérêts d'investisseurs étrangers, émiratis, chinois et français en tête. Un jour peut-être la tempête qui, lors des chaudes nuits du 30 septembre au 2 octobre, a fait valdinguer des banques, des supermarchés, des comicos et des agences de transfert d'argent, se dirigera jusqu'aux infrastructures de ce capitalisme néocolonial. Peut-être, par exemple, qu'elle atteindra la nouvelle ligne de TGV reliant Tanger à Casablanca (320 kilomètres en tout), commandée en 2010, pour 3 milliards d'euros, au groupe français Alstom qui s'est refait un pactole d'1 milliard d'euros en vendant 18 nouvelles rames de train en 2024. Peut-être même que cette tempête passera plus au Sud, là où convergent désormais les regards voraces des grands groupes français spécialistes de la transition énergétique...

    Hydrogène vert et néocolonialisme au Sahara Occidental

    Le Sahara Occidental, un territoire de plus de 260 000 km², est occupé et administré par l'État marocain sur 80 % de sa superficie depuis 1975 bien que l'ONU le considérait encore jusqu'à peu comme « non autonome » et qu'une organisation armée sahraouie, le Front Polisario, contrôlant les 20 % restant, en revendique toujours l'indépendance. En octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONU a finalement reconnu un plan visant à faire de ce territoire une région autonome sous souveraineté marocaine, validant un processus de colonisation débuté par des années de guerre et de massacres, et poursuivi par l'occupation, la répression et la prédation économique.

    Dans la zone occupée par les autorités marocaines, les tensions s'étaient ravivées en 2010 lorsque plus de 15 000 sahraoui.e.s ont monté un campement à Gdeim Izik en périphérie de Laayoune pour protester contre leurs conditions de vie. Le démantèlement du camp par les flics s'était soldé par au moins une dizaine de morts dont plusieurs policiers. En 2020 le conflit armé entre l'armée marocaine et le Front Polisario avait même repris après 20 ans de cessez-le-feu. Aujourd'hui les tensions sont toujours bien palpables mais pas de nature à freiner la nouvelle ruée vers l'or « verte ».

    Car si le Sahara Occidental est historiquement exploité pour ses ressources halieutiques et ses gigantesques gisements de phosphates, servant à la fabrication d'engrais agricoles, c'est désormais son exposition aux vents et son ensoleillement qui attirent les investisseurs. Ces conditions climatiques en font une zone très rentable pour la production d'énergies « vertes » et donc de carburant décarboné, comme de l'« hydrogène vert », dérivable en ammoniac, nécessaire à la production d'engrais azotés. En mars 2024, le royaume a lancé son « Offre Maroc », un appel à venir exploiter un million d'hectares déjà identifiés. Il se voit répondre à 4 % de la demande mondiale d'ici 2030.

    Alors que les relations diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en crise depuis 2021, après que les services secrets marocains aient été accusés d'espionner, entre autres, le portable de Macron, à l'aide du logiciel israélien Pegasus, elles se sont vite revigorées quand ce dernier a annoncé, en juillet 2024, qu'il soutenait la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Trois mois plus tard était organisée en grande pompe une visite du président français accompagné de neuf représentants de groupes énergétiques, avec des gros contrats à la clefs.
    Ainsi, Engie va investir 15 milliards d'euros en partenariat avec l'office chérifien des phosphates (OCP), le plus grand groupe minier marocain, dans six projets liés aux énergies renouvelables, à l'ammoniac vert et au « dessalement durable ». A côté de la petite ville de Chbika, Total va construire et exploiter un centre de production d'ammoniac vert destiné à l'export sur le marché européen. Puis, à Dakhla, MGH Energy a signé un contrat pour construire une usine de e-fuels tandis qu'HDF Energy projette d'y bâtir une giga-usine capable de produire 200 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Par ailleurs, tous ces rapaces sont bien accompagnés par l'agence française de développement (AFD), conforme à ses missions néocoloniales visant à soutenir les intérêts de la France dans le développement capitaliste de ses anciennes colonies et du reste du dit Sud global.

    Bref, avec tous ces projets, il y a de quoi tapisser d'éoliennes et de panneaux solaires polluants des milliers d'hectares de désert, le tout pour faire tourner l'agro-industrie dévastatrice partout dans le monde. Au Sahara Occidental comme ailleurs, la fameuse transition énergétique n'est rien d'autre qu'une nouvelle conquête afin d'exploiter toujours plus la planète et ses ressources.

    L'appétit des exploiteurs n'a pas de limites et tant qu'ils pourront continuer leurs sales affaires les pauvres en subiront toujours les conséquences. Au Maroc, la propagande du Makhzen, bien relayée par ses influenceurs baltajias (nom donné aux pro-monarchie), brouille les pistes en alimentant sans cesse le discours nationaliste selon la devise « Allah, la nation, le roi » et ciblant l'ennemi algérien ou sahraoui. Mais, comme le montre cette dernière révolte, nombreu.ses.x sont celleux qui savent très bien où se trouvent les responsables de leur misère et comment les attaquer.

    Solidarité avec les révolté.e.s du Maroc, de Madagascar, du Népal, d'Indonésie, du Pérou, et du monde entier !

    Contre tous les pouvoirs, liberté pour toustes !

  • Publication de "Illégale élégance - perspectives anarchistes & travail du sexe"

    Qu'est-ce qui relie le vaste monde du travail du sexe à la galaxie anarchiste ? Existe-t-il une convergence entre ces deux thématiques ? Qu'est-ce que les anarchistes peuvent apprendre des travailleureuses du sexe (TdS) et qu'est-ce que les travailleureuses du sexe peuvent apprendre des anarchistes ?

    Ces questions et d'autres sont explorées par notre nouvelle publication "illégale élégance - perspectives anarchistes et travail du sexe". Récit à la première personne de 10 ans d'expérience anarchiste du travail du sexe, accompagné de 13 contributions supplémentaires provenant de France, Allemagne, Maroc, Suisse, Afrique du Sud, Canada et Italie, toutes réalisées par des personnes anarchistes et travailleureuses du sexe. Ce sont des expériences personnelles, uniques, intimes, philosophiques et corporelles de certaines facettes du travail du sexe drapées dans différentes perspectives critiques envers toutes formes d'autorités.

    L'idée de cette publication n'est pas de parler au nom des TdS, ni de parler au nom des anarchistes. Face à deux mondes aussi vastes, cette démarche n'aurait aucun sens. C'est un récit entièrement subjectif à travers lequel chaque lécteurice est invité.x.e à ressortir avec son propre avis. Les réflexions présentées ici sont pensées pour être des tremplins et non des cages.

    À travers cela, nous espérons rafraîchir le débat en cours et offrir des esquives et perspectives intéressantes face à des positions souvent binaires, voire assez stériles (le travail du sexe c'est bien, le travail du sexe c'est mal… fin du débat).

    Format A4, 84 pages, couleurs

    Pour commander des versions papier de cet ouvrage, organiser une présentation, nous envoyer des feedbacks, des témoignages supplémentaires, pour nous aider dans sa diffusion, sa traduction ou sa transformation sous d'autres formats – par exemple en forme audio – écrivez-nous à evasions@riseup.net

    Comme pour chaque publication du Projet-Evasions, le PDF est librement disponible et la version papier est diffusée à Prix Libre.

    Les photographies utilisées sont des joyaux mis à disposition par La Fille Renne. Big love.

    Avec Rage & Amour
    Projet-Evasions.org

    Nos autres publications sur le travail du sexe

    Voir en ligne : Illégale élégance
  • Take Action: Trump’s Illegal War is STILL Impeachable

    The fight for Congress has already begun.

    If we’re going to hold Trump and his cronies accountable, we need representatives who are willing to do it. That’s where our Courage Candidates come in! They have committed to bringing impeachment on their first day in Congress. Find your Courage Candidate today!

    Trump’s reckless squandering of the United States’ military might has left us mired in another war in the Middle East. In doing so, he has cost us numerous deaths of US military personnel along with Iranian civilians, including school children. Of course, there have been monetary costs as well with fuel costs spiking worldwide and estimates as high as 200 billion taxpayer dollars.

    Trump must be impeached. Simple War Powers votes in the House and Senate are insufficient to rein in a lawless president.

    Select a Representative:Select

    Use the following template to schedule an email to the appropriate office. Send the email as soon as possible.

    DON’T FORGET TO ADD YOUR NAME AT THE BOTTOM OF THE EMAIL.

    Want to grow your power?

    We put out regular calls to action. Clear, simple ways that you can use your voice to fix our democracy. We’re here to empower you — because holding Trump and his ghouls accountable is going to take all of us. Sign up today.

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  • Découvrez les enquêtes publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en juillet 2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne.

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  • Chaos dans l'Archipel de Feu

    Les textes compilés peuvent être retrouvés en français sur Attaque, Indymedia Nantes et Dingueries. Ci-dessous, le texte en quatrième de couverture qui présente la brochure [principale].

    En août-septembre 2025, une insurrection a frappé l'archipel indonésien, emportant dans ses flammes de nombreux commissariats, véhicules de flics, bâtiments gouvernementaux nationaux et locaux, résidences de députés, commerces… Cette révolte a notamment impliqué de nombreux.ses anarchistes, les tendances insurrectionnelles et de l'action directe y étant particulièrement communes.

    Pour se venger, l'Etat indonésien a lancé une grande chasse aux anarchistes dans tout le pays, suite à quoi plusieurs dizaines de compas anarchistes ont été arrêté.es et incarcéré.es. Deux affaires sont particulièrement au centre de l'attention : celle de 16 anarchistes suspecté.es d'attaques au cocktail molotov à Jakarta, et celle contre 44 anarchistes suspecté.es d'actions directes, de provocations à l'insurrection ou de « leadership » dans une organisation montée de toutes pièces par l'Etat, appelée « Etoile du Chaos » en référence à la forte tendance anarcho-nihiliste du pays.

    Cette brochure tente de compiler de nombreux textes publiés en ligne sur la situation des prisonnier.es anarchistes ces derniers mois, afin de leur apporter toute notre solidarité depuis là où l'on se trouve. Diffusons l'information, écrivons-leur des lettres, organisons la solidarité financière.

    Feu aux prisons !
    Mort à l'Etat !
    Longue vie à l'Anarchie !

    La brochure Partie 2 fait une mise à jour sur la période s'écoulant de janvier à mai 2026.

    Communiqué de prisonnier.e.s anarchistes de la FAAF (Free Association of Autonomous Fires / Association Libre des Feux Autonomes) incarcéré.e.s en Indonésie

    Allumer le feu dans l'obscurité

    Les anarchistes en Indonésie font face à une énorme tempête. Plus d'une dizaine d'anarchistes ont été emprisonné.e.s et torturé.e.s, et l'État essaie de nous discipliner en instaurant la peur. Mais, pour nous, tout ça n'est rien ; car nous sommes nous-mêmes tempête, leur catastrophe incarnée. Il y a ici des compas de BlackBloc Zone, Palang Hitam Anarkis Indonesia, Contemplative, Katong Press, et d'autres collectifs.

    Nos compas prennent la forme de tempêtes enveloppées de flammes. Certain.e.s d'entre nous considèrent ce moment comme un point culminant, mais ce n'est ni le commencement ni la fin. Nous rassemblons toutes les flammes autour de nous, les flammes que l'État a tenté d'éteindre.

    Combien de fois devrons-nous le répéter ? « Nous pouvons vivre sans l'État ! » Nique la société ! La société est le plus précieux des outils de l'État pour préserver sa propre existence. Nous détestons la société de tout notre coeur.

    Nous croyons que l'aube de la faim se lèvera tôt ou tard, et cela marquera le début de l'ère de la destruction de l'État.

    Pour celles et ceux à l'extérieur : tenez-bon, rassemblez toutes les étincelles que vous pouvez. Et pour celles et ceux derrière les barreaux, ou qui se sentent emprisonné.e.s, vous n'êtes pas seul.e.s.

    Luttez ! Luttez ! Nique gagner ou perdre ; l'important est que nos yeux continuent de briller dans chaque bataille.

    À toutes et à tous : diffusez le rhizome !

    Mort à l'État !
    Longue vie à l'Anarchie !

    Salutations chaleureuses des prisonnier.e.s anarchistes d'Indonésie, 2025.

    [Traduit depuis Warzone Distro, le 13 décembre 2025.]

    Pour lire les deux brochures, sur l'écran, voici les versions "page par page" en PDF :

    Chaos dans l'Archipel de Feu, partie 1 (page par page) 48 pages A5 Chaos dans l'Archipel de Feu, partie 2 (page par page) 36 pages A5
  • Convention HCR : grilles des salaires 2024-2026 et classifications

    La grille des salaires HCR est applicable depuis le 1er décembre 2024, à tous les salarié·es relevant de la convention HCR (IDCC 1979) suite à l’arrêté d’extension du 18 novembre 2024. Cette grille n’a pas été révisée depuis et est désormais rattrapée par le SMIC revalorisé le 1er juin 2026 !  Contre les galères de […]
  • « Murmures de la cité », le STUCS met Sterin à l’index !

    Alerté par plusieurs de ses membres, le STUCS, confédéré à la CNT-SO, alerte les technicien·nes, les artistes, les traiteur·euses, les nettoyeur·euses, les agents de sécurité, travaillant dans le secteur du spectacle et de l’évènementiel de la région Auvergne à ne pas travailler pour la reconstitution historique se tenant à BESSON (15kms au sud de Moulins) les 10, […]
  • COMITÉ DE DÉFENSE DE LA POSTE DES PYRÉNÉES – ORIENTALES

    La CNT-SO 66 s’associe à la mobilisation unitaire départementale en solidarité à 5 facteurs réprimés par La Poste et appelle à participer aux mobilisations et à relayer la pétition de soutien. Contre la répression anti-syndicale : solidarité de classe ! Après le rassemblement du vendredi 12 juin devant la PPDC de Perpignan, de nouvelles actions […]
  • Canicule : on nous demande de protéger les plus fragiles, sans jamais nous protéger nous-mêmes

    Communiqué de la CNT-SO Santé-Social-Services à la Personne Près de la moitié des départements sont en vigilance rouge, un plateau de températures extrêmes est annoncé pour plusieurs jours, et le gouvernement lui-même ose la comparaison avec 2003 — l’année des 15 000 morts, en grande partie dans les hôpitaux et les EHPAD. Vingt-trois ans […]
  • Rencontre avec Phoebe Hadjimarkos Clarke autour de 'Le livre des souterrains'

    Quand ?
    Le 1 octobre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Rencontre et discussion avec Phoebe Hadjimarkos Clarke autour de son nouveau livre "Le livre des souterrains", publié aux Éditions du sous-sol.

    Après son prix Inter reçu en 2024 pour "Aliène", Phoebe Hadjimarkos Clarke revient avec le grand roman de nos incertitudes contemporaines. Débridé, génial, revigorant, "Le Livre des souterrains" confirme qu'elle se tient à l'avant-poste de la littérature.

    Marie Marzouk, artiste entre deux âges, disparaît inexplicablement lors d'une performance. Son journal intime retrace, tel un compte à rebours, ses derniers mois. Mais entre les pages du journal ont été glissés de mystérieux feuillets narrant, dans une langue étrange, la fable d'une cité assiégée dont l'ennemi ne se montre pas. Errant dans les rues de la ville, il y a Hyacinthe, qui a décidé de rester sur les lieux et de prendre soin d'une volée d'oies.

    Le journal et le roman trouvé vont imperceptiblement se mêler, les limites entre la fiction et la réalité s'estomper, et, à travers le monologue d'une artiste perdue entre deux mondes, les temps et les genres s'amalgament pour dessiner une traversée des frontières permanente.

    ENTREE LIBRE

  • Conférence de philosophie 2 : Manque de sommeil, sédentarité extrême, solitude et écrans : vivre est-il plus dur qu'autrefois ?

    Quand ?
    Le 24 septembre à 19h30

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Par Paul Klotz

    Nous avons vu lors de la conférence 1 que le réel était plus dur qu'autrefois. Sommes-nous, en plus, devenus moins capables de le ressentir ? Moins capables, autrement dit, de nous émerveiller ?

    En deux siècles, l'activité physique quotidienne des Français a été divisée par huit. En cinquante ans, le temps de sommeil moyen a chuté d'une heure et demie... Ces données dessinent un régime d'existence inédit : épuisé, immobile, isolé, saturé d'écrans, le corps perd progressivement les conditions élémentaires de l'émerveillement. La brutalisation du monde extérieur et la dégradation de notre capacité intérieure à l'habiter se conjuguent. C'est cette double perte que la politique ignore encore.

    SUR INSCRIPTION (contact@librairieledelta.com), possibilité de venir sans avoir suivi la première conférence.

  • Rencontre et discussion autour du livre 'La Gueule ouverte et l'écologie contestataire'

    Quand ?
    Le 18 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Rencontre et discussion autour du livre "« La Gueule ouverte » et l'écologie contestataire", d'Alexis Vrignon, François Jarrige, Hélène Tordjman, aux éditions Le Passager clandestin.

    « La Gueule ouverte » - le journal qui annonce la fin du monde » - naît en 1972 sous la plume de Pierre Fournier, figure fondatrice de l'écologie politique en France. Radical, libertaire, antinucléaire, ce périodique avant-gardiste attaque de front la société industrielle, défend un retour à la terre et propose une écologie politique engagée mais aussi pratique : recettes bio, bricolage, jardinage... Alexis Vrignon retrace l'histoire de ce journal culte ­- entre colère, utopie et lucidité - qui reste un repère essentiel pour comprendre les racines de l'écologie radicale.

    ENTREE LIBRE

  • Rencontre autour du livre 'Dix questions sur la misopédie. Oppression des enfants et domination adulte', de Cécile Kovacshazy

    Quand ?
    Le 15 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Rencontre et discussion avec Cécile Kovacshazy autour de son livre "Dix questions sur la misopédie : Oppression des enfants et domination adulte"

    Les violences que subissent les plus jeunes d'entre nous sont quasi permanentes : en famille, dans l'espace public, les institutions. Ces violences sont acceptées, voire valorisées. Au nom de l'éducation, on s'évertue à mouler l'enfant à une obéissance exemplaire.

    Ces violences ont pour moteur la misopédie (étymologiquement « haine des enfants »). La misopédie porte un regard méprisant et hostile sur les plus jeunes ; c'est une vision naturalisante, considérant qu'iels ne sont pas comme « nous », qu'iels doivent être exclus du fonctionnement de la cité (polis), qu'iels ne sont en tout cas pas des êtres de droit. Des devoirs en revanche, iels en ont beaucoup et partout. La misopédie est le ferment de notre fonctionnement social, le berceau de la domination patriarcale.

  • Soirée de lancement du livre 'L'éternel retour de l'hystérie', de Julia Legrand

    Quand ?
    Le 11 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Rencontre et discussion avec Julia Legrand autour de son livre "L'éternel retour de l'hystérie" aux éditions Amsterdam.

    « Hystérique » est désormais une injure ; pourtant, l'usage du terme persiste dans le champ médical et psychologique. Telle est la curieuse situation dont Julia Legrand propose dans cet ouvrage d'éclairer les ressorts.

    Retraçant la genèse de cette catégorie et l'histoire de sa consolidation, elle montre comment le développement de son usage comme injure sexiste dans le sens commun a abouti dans les années 1970 à sa suppression des classifications officielles, sans pour autant conduire à son abandon. En effet, les troubles borderline et histrioniques lui ont simplement été substitués, si bien qu'en pratique, l'étiquette demeure utilisée pour désigner une forme de « folie douce » et disqualifier la parole des femmes - quand bien même elle ne leur serait désormais plus accolée de manière exclusive.

    Analysant ce que cette continuité révèle de l'état de la psychanalyse et de la psychiatrie, l'autrice interroge en outre la réappropriation de la figure de l'hystérique par les mouvements féministes, d'abord comme outil de lutte contre la réduction au silence et la pathologisation de colères politiques. Elle livre ainsi une réflexion originale sur les conditions et les limites d'une démarche plébiscitée dans les milieux militants : le retournement du stigmate.

  • Conférence de philosophie. Les sensations, moteurs des transformations politiques ? par Paul Klotz

    Quand ?
    Le 10 septembre à 19h30

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Avec la pensée cartésienne et le règne de la raison, la politique s'est construite sur des abstractions : indicateurs, agrégats, équations. C'est oublier que la conscience individuelle se forme d'abord dans l'expérience physique du monde. Or, si les sensations façonnent les jugements, les opinions et les émotions, elles façonnent aussi les décisions collectives. Des penseurs oubliés, comme Condillac, ont forgé ces thèses.

    Comment donc penser le rôle des sensations au XXIe siècle ? Jamais nous n'avons été exposés à autant de stimuli, et jamais notre expérience sensible n'a été si appauvrie. D'un côté, des pollutions sans précédent bombardent notre système perceptif : niveaux sonores, pollution lumineuse, saturation des écrans. De l'autre, une anesthésie progressive efface la richesse du réel : les couleurs disparaissent, l'alimentation ultra-transformée détruit la finesse gustative, la nature recule jusqu'à n'être plus qu'un souvenir. Ces deux phénomènes se renforcent.

    SUR INSCRIPTION : contact@librairieledelta.com

  • Soirée de lancement du livre 'Ici commence la terre', Jadd Hilal

    Quand ?
    Le 9 septembre à 19h

    Où ?
    Librairie Le Delta 1, rue Cassette 75006 Paris

    Rencontre - discussion autour du livre "Ici commence la terre" de Jadd Hilal aux éditions Elyzad.

    En 1948, Aïda et sa famille sont contraints de quitter leur village de Palestine. Commence l'exil : le camp de Baalbek, puis Beyrouth.

    Comment recréer les liens perdus quand son mari s'éloigne ? Quand le quartier lui demeure étranger ? Quand la solitude est telle que ses enfants se voient obligés de s'occuper d'elle, au prix de leurs libertés ?

    Puis vient la guerre civile au Liban, la peur, la faim et la violence s'installent. À chaque nouveau massacre de Palestiniens, Aïda se replie davantage dans son appartement. La famille se brise : les enfants s'exilent pour fuir la guerre, et pour lui échapper.

    Aïda rejoindra sa fille à Paris. En racontant la Palestine à son petit-fils Adib, elle se surprend à transmettre autre chose que la douleur. Elle ne transmet plus l'exil, mais une terre.

  • Éviter les pièges du libéralisme, repenser le monde en anarchiste

    Cette brochure a été rédigée au printemps 2025 dans le contexte des débats qui ont suivis les élections législatives de juillet 2024 avec un constat partagé d'un certain confusionnisme de plus en plus étouffant dans les cercles révolutionnaires anti-autoritaires. Pour la rédiger nous nous sommes appuyés sur nos constats, discussions informelles, analyses personnelles mais aussi sur des auteur.ices qui ont pu à un moment donné apporter des points d'éclairage sur certains sujets. Nous ne sommes pas forcément en accord avec tous leurs écrits. Comme toujours, chaque texte nécessite recul et critique.

    Bonne lecture !

    CANEVA
    caneva@@@riseup.net

    Avant de commencer …

    L'anarchisme effraie autant qu'il fascine. Parce que l'anarchisme a
    déjà déstabilisé des États, inspiré des assassinats de rois et de chefs
    militaires, parce que l'anarchisme c'est l'amour de la liberté, le rêve
    de l'émancipation pour tou.tes, la fin des guerres et des armées, la fin
    de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, c'est cette figure rebelle qui
    ne se laisse pas enfermer, encadrer ou contrôler. Mouvement profondément
    anti-autoritaire qui veut en finir avec les chef.fes, l'idéal anarchiste
    est à l'opposé du système dans lequel nous vivons actuellement mais il
    n'en est pas pour autant hermétique. Influencé par son époque et son
    environnement, l'anarchisme est traversé par différents courants et par
    ses propres tensions internes. Cependant, force est de constater que,
    aujourd'hui en France, l'anarchisme n'a plus le vent en poupe. Dans les
    années 1990 Murray Bookchin, anarchiste américain, mettait en
    garde : « les objectifs révolutionnaires et sociaux de
    l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot
    “anarchie” fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois
    du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle,
    insouciante, mais délicieusement inoffensive.
    » [1]

    Dans son livre Changer sa vie sans changer le monde,
    Bookchin critiquait l'avènement d'une forme d'anarchisme folklorisé,
    vidé de sa substance et de ses objectifs révolutionnaires pour n'en
    garder que l'aspect esthétique, spectaculaire et individualiste. En
    effet, quoi de mieux pour rendre un mouvement inoffensif que de
    capitaliser sur son esthétique, tout en le vidant de ses prétentions
    révolutionnaires ?

    D'autres que Bookchin ont mis en garde contre des dérives bourgeoises
    ou contre les oppressions qu'elles reproduisaient en son sein.

    L'anarchiste noir américain Lorenzo Kom'boa Ervin mettait aussi le
    doigt dans les années 1990 sur les dérives du milieu anarchiste, qui
    devenait plus un mouvement contre-culturel composé essentiellement des
    classes moyennes blanches qu'un mouvement révolutionnaire. [2]

    En 1936, les anarcha-féministes de Mujeres Libres combattaient et
    s'organisaient contre les influences et les violences patriarcales dans
    le mouvement anarchiste.

    Et en 1914, Luigi Fabbri, anarchiste italien, dénonçait les
    influences bourgeoises sur l'anarchisme notamment venant du milieu
    culturel : « Pour ces artistes et écrivains, la beauté du
    geste prend la place de l'utilité sociale, à laquelle ils ne se soucient
    pas. Ainsi, ils ont idéalisé la figure du dynamiteur anarchiste car même
    dans ses manifestations les plus tragiques, il présente des
    caractéristiques indéniables d'originalité et d'attractivité. Cette
    idéalisation littéraire et artistique a exercé son influence sur de
    nombreux anarchistes qui, par ignorance ou par méconnaissance de la
    raison et de la logique ou du tempérament, l'ont prise pour une
    propagation d'idées, même si elle n'est qu'une manifestation
    artistique. »
    [3]

    La cérémonie d'ouverture des JO 2024, lieu d'étalage capitaliste et
    nationaliste par excellence, où a été « célébrée » Louise Michel en est
    un exemple récent.

    Des symboles révolutionnaires transformés en esthétique inoffensive
    par le milieu artistique parisien devant des chefs d'État complices des
    pires horreurs militaires, voilà comment l'anarchisme est vidé de sa
    charge politique.

    La « start-up nation » est un système de pensée, une manière de voir
    le monde et de créer des liens. Cela influe sur nos luttes, nos espaces
    collectifs et nos relations. Mais s'il est vrai qu'une grille de lecture
    bourgeoise détourne l'anarchisme de son but premier, « petit-bourgeois »
    et « libéral » peut aussi être une insulte facile pour discréditer un
    discours et gagner le débat. Lénine lui-même parlait de
    « petit-bourgeois » pour (dis)qualifier les anarchistes. C'est pourquoi
    il nous semblait important de redéfinir ce que sont ces « dérives
    libérales » et comment les repérer.

    Intro

    Libéral, libertaire, libertarien : 3 mots, une même racine….. mais la
    comparaison peut s'arrêter là.

    La première chose à mettre au clair ce sont les différences entre ces
    3 concepts.

    Le système libéral, d'abord, se distingue par une intervention
    limitée de l'État qui assure les fonctions régaliennes (justice, police,
    armée) et d'arbitrage social, un soutien à l'économie de marché et à la
    création d'entreprise qui doit être libre. Il met l'accent sur la
    liberté individuelle, la propriété privée et la libre concurrence.

    Au fil du temps le libéralisme a évolué et s'est transformé.
    Notamment face aux contestations sociales des années 1930 qui
    nécessitaient de protéger le système économique et politique fragilisé.
    Il faut donc réévaluer le rôle de l'État comme instrument premier de
    défense des règles du marché. C'est ce que certain.es vont appeler « le
    néolibéralisme », c'est à dire mettre l'État au service direct du
    capitalisme. L'économie reste centrale dans l'organisation sociale : les
    règles du capitalisme sont la matrice des règles de la vie sociale et la
    politique néolibérale gère l'ensemble de la société.

    Certain.es parlent même de « néo-libéralisme autoritaire » pour
    désigner certains régimes politiques. C'est-à-dire qu'aux
    caractéristiques du (néo)libéralisme classique, s'ajoute une répression
    accrue des mouvements sociaux ou de contestation populaire, ainsi que la
    restriction des libertés pour maintenir ces politiques, la légitimation
    des inégalités comme nécessaires pour la compétitivité et l'efficacité
    économique.

    En France, Macron mène une politique néolibérale, c'est à dire de
    droite libérale mais avec un interventionnisme de l'État fort. Macron
    est le chantre de la start-up nation avec une économie de marché mettant
    la libre entreprise et la concurrence au centre et en même temps un
    contrôle social très fort avec le maintien des inégalités comme socle de
    la société.

    Pour résumer nous vivons dans un système capitaliste autoritaire où
    l'État joue un rôle de contrôle socio-économique avec une économie de
    marché toute puissante et des individus qui ne peuvent trouver leur
    salut qu'à travers le travail, la consommation et la production. Les
    individus et l'État sont au service du capitalisme tout-puissant.

    Le mouvement libertarien, lui, va plus loin : rôle minimal voire
    abolition de l'État pour une économie sans limite et la liberté
    individuelle par-dessus tout. Les fonctions régaliennes de l'État sont
    assurées par des agences privées.

    Les thèses libertariennes, influencées par Murray Rothbard, qui a
    développé le concept d'anarcho-capitalisme, ou Ayn Rand, mère de
    l'objectivisme, prennent de l'ampleur aujourd'hui. L'exemple le plus
    récent est certainement Javier Milei en Argentine. Elon Musk ou Jeff
    Bezos en font aussi la promotion régulièrement.

    Le libertarianisme ou l'anarcho-capitalisme ont beau avoir une
    étymologie commune avec l'anarchisme, les deux mouvements sont
    antagonistes.

    L'anarchisme, s'il prône bien la fin de l'État, prône également la
    fin de la propriété privée, de la valeur travail et des privilèges.

    Même l'anarchisme individualiste qui pourrait, peut-être, être poreux
    avec le libertarianisme, ne prône pas le recours à des autorités privées
    pour remplacer des fonctions régaliennes mais plutôt la libre
    association des individus.

    Certain.es entretiennent volontairement la confusion et essayent de
    faire passer l'anarchisme pour ce qu'il n'est pas : une idéologie sans
    règles ni forme d'organisation où la liberté individuelle serait
    centrale et rentrerait en opposition avec le collectif et l'égalité.

    Pascal Praud, célèbre chroniqueur d'extrême droite, déclare au
    Parisien : « On me fait passer pour un réac alors que je
    suis plutôt anar. J'aime la liberté par-dessus tout. »
    Et de
    confirmer dans une autre interview au même journal :

    « J'ai un côté anar : je suis de droite avec des gens de gauche,
    de gauche avec des gens de droite. Et j'ai du mal avec les règles qui se
    multiplient. »
    [4]

    Cette confusion sur la définition de l'anarchisme réduite à « chacun
    fait ce qu'il veut » est volontairement utilisée par nos ennemis
    politiques. Le problème c'est qu'on retrouve cette confusion également
    dans nos milieux.

    Pourtant, la définition de liberté est très différente entre celle
    libérale / libertarienne et celle des anarchistes.

    « la liberté des libéraux est celle d'individus séparés, lâchés
    dans un univers hostile. Rétifs à toute idée d'égalité ces
    individus-rois vivent l'institution de l'État entre eux comme un mal
    nécessaire, érigeant des murs entre eux pour éviter de s'entre-tuer
    [...] C'est la liberté d'un individu-consommateur qui se croit
    tout-puissant. »

    A l'inverse :

    « Pour les anarchistes, la liberté est nécessairement sociale, et
    non privée. Pour s'exercer, elle nécessite l'égalité économique, sociale
    et politique des individus. Cette égalité réelle permet l'exercice réel
    de la liberté, qui n'est pas un simple mot mais une pratique. La liberté
    est faite de liens, non d'arrachements au monde. »
    [5]

    Mais si l'anarchisme prône une liberté indissociable d'une égalité
    pour tou.tes, le libéralisme, lui, prône la liberté individuelle au
    détriment de l'égalité.

    Le libéral exige la liberté pour soi, le libertaire exige la
    liberté pour tou.tes !

    Tout au long de cette brochure, le terme « libéral » désignera « ce
    qui découle du libéralisme » (et par extension du néo-libéralisme) pour
    identifier les dérives libérales du milieu militant. Nous entendrons par
    là des discours et des pratiques qui, s'ils semblent en adéquation avec
    la théorie anarchiste, sont en réalité plutôt inspirés du libéralisme
    économique donc d'une certaine forme d'individualisme libéral, de la
    défense de la propriété privée, de la marchandisation du monde, de la
    concurrence et de la valeur travail. Nous avons repéré 3 dérives
    principales qui se retrouvent dans tous les mouvements révolutionnaires
    mais qui semblent particulièrement dangereuses lorsqu'elles touchent les
    anarchistes.

    SOMMAIRE

    N°1 : L'anarcho-populisme au service de la
    social-démocratie

    a) Le populisme comme horizon

    b) Le citoyennisme comme moyen d'action

    c) Le moralisme comme boussole

    N°2 :L'anarcho-thérapie : de l'autogestion à la start-up
    nation :

    a) Sois ton propre patron !

    b) Développement personnel et ambitions individuelles

    c) L'impuissance collective

    N°3 : L'anarchisme-washing et les
    luttes-marchandises

    a) Concurrence sur le marché militant

    b) 100 % marketing 0 % anarchiste

    c) L'anarchisme gentrifié

    N°1 : L'anarcho-populisme au service de la social-démocratie

    a) Le populisme comme horizon

    Si à une époque la social-démocratie a pu susciter un espoir de
    changer radicalement de société chez Marx ou Lénine, chez les
    anarchistes on sait depuis longtemps qu'il n'en est rien.

    Le premier écueil à éviter est de croire que la social-démocratie est
    le seul système capable de s'opposer au capitalisme ou qu'elle est une
    étape nécessaire à la révolution. La social-démocratie n'est pas
    notre amie et il n'y a pas de libéralisme à visage humain.

    Tant qu'il y aura des gouvernements et des nations, il n'y aura pas
    d'émancipation possible. La farce électorale qui s'est jouée cet été
    2024 nous a prouvé, une fois de plus, le piège de la « démocratie
    participative ». Le système n'a pas besoin d'être encadré ou réformé
    mais il a besoin d'être changé radicalement. Et cela commence par
    maintenir une force révolutionnaire loin des grilles de lecture
    réformiste, électoraliste, citoyenniste et/ou populiste.

    Or, on assiste aujourd'hui de plus en plus dans les espaces
    anarchistes à un relativisme autour de la social-démocratie au point,
    parfois, de tolérer des discours réformistes voire réactionnaires. On
    voit réapparaître des débats autour de la souveraineté, de la défense
    d'une identité, de nations et de frontières. Sauf que l'anticapitalisme
    n'est pas émancipateur, si la critique du capital se fait au profit de
    la défense d'une nation, d'une identité nationale ou même d'un
    réformisme. Par exemple la lutte contre les marchés financiers étrangers
    est la volonté d'un protectionnisme nationaliste. Il faut bien
    différencier la critique du capitalisme comme système mortifère de la
    critique du capitalisme dans sa forme actuelle qu'il suffirait de
    réguler ou réformer au nom de la défense de l'économie ou du peuple
    français.

    Paolo Gerbaudo, dans son livre The Mask and the Flag : populism,
    citizenism and global protests
    , aborde la jonction qui peut se
    faire entre anarchisme et populisme.

    Il prend comme exemple les mouvements d'occupation de places des
    années 2000 comme Nuit Debout, qui dans leur forme auto-organisée et
    horizontale tiennent de l'anarchisme mais dans les revendications
    tiennent du populisme. Notamment autour de la question de la
    souveraineté :

    « Là où l'horizontalité affirme l'idée d'une participation entre
    des individus égaux et sans leaders, la souveraineté exprime la
    nécessité verticale de l'unité du peuple et son contrôle sur et par
    l'État »

    Il désigne ce mélange entre pratiques anarchistes et revendications
    populistes par le terme « anarcho-populisme ». On pourrait prendre
    l'exemple du dernier mouvement contre la réforme des retraites où des
    permanences d'élu.es ont été attaquées avec comme mot d'ordre « la
    motion ou le pavé » espérant ainsi faire pression sur les votes de
    l'Assemblée nationale. Ou plus récemment les manifs sauvages de juillet
    2024 où toute l'attention était tournée vers les élections et la
    victoire du NFP. Le mouvement des gilets jaunes s'est aussi laissé
    tenter par le populisme et les revendications autour du RIC sont venues
    masquer celles plus révolutionnaires.

    Les pratiques anarchistes et l'action directe sont mises au service
    de la défense de la social-démocratie, brouillant ainsi les lignes avec
    des discours réformistes.

    Les revendications anticapitalistes révolutionnaires sont remplacées
    par le rejet du monde de la finance, de la ploutocratie. Celles de
    l'abolition de l'État sont remplacées par un discours anti-elitiste,
    anti corporation. Le nationalisme (ou le patriotisme international)
    devient alors un rempart contre la finance internationale.

    Le populisme ne rejette pas l'État, il cherche à le réguler et à
    supprimer l'oligarchie pour la remplacer par un groupe de citoyen.nes
    souverain.

    C'est le discours antisystème de LFI, parfois défendu dans les
    milieux anarchistes. Voire encouragé par certain.es dont l'objectif est
    de gagner des élections locales ou de « gouverner la révolution ».

    Le problème est que le populisme de gauche est poreux avec celui de
    droite. L'influence de Gramsci et ses notions d'hégémonie et de bataille
    culturelle se retrouve à la fois chez les théoriciens de gauche et chez
    ceux d'extrême droite. [6]

    On aurait tort de nier aussi l'influence du discours des nationaux
    révolutionnaires. Il suffit de voir l'influence de Soral dans certains
    mouvements dits révolutionnaires et le peu de réaction que soulève la
    reconnaissance d'un des pires idéologues d'extrême droite comme étant un
    théoricien audible.

    On ne combat pas l'extrême droite et son monde en marchant sur leurs
    plates-bandes.

    La révélation du projet Périclès de Pierre-Edouard Stérin [7], libertarien et milliardaire
    français, nous prouve que dans la ligne héritée de Rothbard et Rand, les
    thématiques débattues même dans la gauche révolutionnaire sont celles
    voulues par l'extrême droite.

    La fenêtre d'Overton, qu'agrandit continuellement l'extrême droite en
    France, a poussée le curseur vers des thématiques réactionnaires et nous
    peinons à maintenir une ligne idéologique claire et un imaginaire
    révolutionnaire cohérent.

    A mesure que les lignes politiques bougent, le champ des possibles
    semble se réduire. La catastrophe écologique en cours, les massacres et
    les guerres sans fin, le contrôle généralisé avec l'aide des IA, etc,
    laissent peu de place aujourd'hui aux lendemains qui chantent. Et plus
    s'éloigne l'espoir du changement radical, plus certain.es semblent se
    raccrocher aux branches de la social-démocratie qui semblent, peut-être,
    un horizon plus accessible que celui de la révolution.

    b) Le citoyennisme comme moyen d'action :

    « Citoyen » désigne une personne jouissant dans l'État dont il
    relève, des droits civils et politiques, et notamment du droit de
    vote.

    Avant la révolution française, c'est les « bourgeois » qui disposent
    de droits civils. La notion de « citoyen » apparaît à la révolution
    française, dont les femmes sont exclues. Dans les premiers temps de la
    Révolution, les étrangers résidant en France peuvent prétendre à la
    citoyenneté mais la règle change rapidement et la nationalité française
    devient une condition sine qua non pour obtenir le statut de
    citoyen français.

    Ce lien fort entre nationalité française et citoyenneté perdure sous
    la cinquième république. L'État français a le pouvoir de maintenir à la
    marge toutes les personnes considérées comme pas assez françaises ou pas
    assez citoyennes pour obtenir des droits. D'où les débats et les enjeux
    autour de la déchéance de nationalité et le droit du sang défendus par
    l'extrême droite.

    C'est l'Etat qui définit qui a des droits dans la société, ce qui
    permet de justifier des discours racistes (criminalisation des OQTF),
    patriarcaux (accès au changement d'état civil), validistes (personnes
    sous tutelles qui ont le droit de vote que depuis 2019), etc.

    Le citoyennisme combat l'État comme ne jouant pas le jeu de la
    social-démocratie. De ce fait il place l'État dans une position légitime
    d'interlocuteur et la social-démocratie comme un modèle viable à
    réformer. Sortir du citoyennisme c'est cesser de considérer
    l'État comme médiateur entre nous et une vie émancipatrice mais comme un
    système global à abattre
    .

    La crise du Covid a montré qu'il était très difficile de mettre en
    place une autodéfense sanitaire en dehors de l'appareil de l'État. Les
    conflits que l'épidémie a engendrés au sein des milieux militants sont
    venus mettre le doigt sur cette difficulté à se défendre en dehors de
    l'État sans tomber dans le complotisme le plus crasse ou l'obscurantisme
    antiscientifique.

    Dans la toute-puissance qu'on accorde à l'État, il devient le garant
    de nos droits et donc de notre survie. Et on ne mord pas la main qui
    nous nourrit. C'est cette tension permanente entre notre survie
    immédiate et notre idéal révolutionnaire qui nous anime.

    C'est toute la complexité des luttes : nous vivons et sommes
    dépendant.es du système que l'on veut détruire. Il s'agit de scier la
    branche sur laquelle nous sommes assis.es et nous avons beau savoir que
    cette branche est inconfortable et va finir par céder, elle nous protège
    du vide et de l'inconnu. Notre filet de sécurité est de construire dès
    maintenant des solidarités et des pratiques en dehors de l'État pour
    sortir de cette aliénation. Parce qu'on ne veut pas une part du gâteau
    on veut foutre en l'air toute la boulangerie !

    c) Le moralisme comme boussole :

    Le citoyennisme s'appuie sur un autre pilier bancal : le moralisme.
    En philosophie le moralisme place la valeur morale au-dessus de toute
    autre préoccupation. Le moralisme en ce sens est confortable car il
    permet de simplifier des questions complexes. Il suffit de voir les
    choses seulement en fonction du « bien » et du « mal ». Ainsi faire le
    « bien » permet une gratification personnelle. De notre côté, il n'est
    pas question de militer pour mériter une quelconque place dans un
    paradis métaphorique mais de lutter avec des outils concrets ici et
    maintenant contre le capitalisme.

    Le danger est que le curseur de la morale est positionné par le
    système lui-même et le moralisme peut servir de levier pour maintenir
    les citoyen.nes dans le droit chemin de la légalité et du contrôle
    social.

    En tant qu'anarchistes, nous ne rejetons pas les valeurs morales en
    soi, nécessaires à toute société, nous rejetons le moralisme et ses
    injonctions basées sur un curseur biaisé où c'est l'État et son système
    judiciaire qui distribuent les bons points. Par exemple, pour l'Etat,
    voler sera considéré comme immoral mais il est tout à fait acceptable
    que des huissiers expulsent des familles.

    Les grilles de lecture qui répondent aux seuls impératifs du
    moralisme sont des actes humanitaires et pas
    révolutionnaires.

    La charité et l'humanitaire reposent sur des principes similaires : «
    faire le bien » sans remettre en question ni chercher à comprendre les
    causes profondes des injustices qu'ils prétendent soulager. Ces
    pratiques visent souvent à maintenir une paix sociale et à apaiser la
    culpabilité de celleux qui les pratiquent. Elles permettent d'éviter de
    regarder sa propre responsabilité ou son impuissance tout en ignorant
    les mécanismes qui rendent possibles ces inégalités.

    De même, le whitesaviourisme qui, sous couvert d'antiracisme, reprend
    souvent les codes coloniaux afin de « sauver » les personnes victimes de
    racisme, mais qui ne vient rarement interroger les racines profondes des
    racismes, comment ils s'articulent et au contraire essentialise,
    fétichise ou simplifie des rapports de domination complexes.

    L'utilisation exclusive du moralisme et de la charité conduit, non
    pas à des imaginaires révolutionnaires, mais participe à une forme de
    fétichisation, d'essentialisation voire de déshumanisation de celleux
    que le système exploite.

    Nous ne voulons pas « sauver » ou « être sauvé.es » mais créer des
    complicités révolutionnaires dans nos désirs d'émancipation.

    N°2 : L'anarcho-thérapie : de l'autogestion à la startup nation

    a) Sois ton propre patron ! :

    La vision libérale de la liberté qui vient placer l'individu tout
    puissant au centre, crée des grilles de lecture égotistes. Le monde
    n'est vu qu'à travers un culte du « moi je » où la société doit répondre
    à des désirs immédiats et prioritaires. C'est le principe de la
    philosophie objectiviste de Ayn Rand, louée par le libertarianisme, qui
    place l'individu seul maître de son bonheur dans un capitalisme
    triomphant.

    Là où les anarchistes voient la liberté pour tou.tes comme
    émancipatrice loin de l'exploitation, la liberté libérale la voit comme
    le droit à être son propre patron ; comme le pouvoir de
    s'auto-transformer et, par la même occasion, de s'auto-gouverner.
    L'avènement de l'influence libérale amène, en plus du contrôle par
    l'Etat, un contrôle intériorisé. En gros « nous sommes nos propres
    flics ». C'est l'uberisation du contrôle social.

    L'individu dans le monde libéral est une auto-entreprise à part
    entière et la liberté individuelle est transformée en une part de marché
    qu'il faut investir.

    Résultat : on ne peut compter que sur soi-même au détriment de la
    solidarité collective. Comme disait Murray Bookchin : « L'ego,
    devenu de façon presque fétichiste le lieu de l'émancipation, finit par
    ne plus se distinguer de l'individu « souverain » cher à
    l'individualisme du laisser-faire.
    » [8]

    La liberté libérale se résume en une série d'options à choisir entre
    la plus enviable…ou la moins pire ! C'est le mythe de la démocratie
    participative. Dans une étude récente la chercheuse Sophia Rosenfeld
    déplore qu'une telle approche « incite à blâmer les individus pour
    leurs mauvaises décisions, alors que les options qui s'offrent à chacun
    d'entre nous diffèrent très fortement selon notre milieu
    socio-économique. L'idée que chacun est responsable de toutes les
    conséquences des choix qu'il a faits peut se révéler une vision bien
    cruelle de la vie humaine. Cet accent mis sur le choix individuel
    affaiblit en outre notre capacité et notre résolution à prendre des
    décisions collectives dans l'intérêt général. »
    [9]

    Les inégalités subies nous sont imputées comme la conséquence de
    mauvais choix individuels. Dans une société où nos choix sont
    restreints, cette méritocratie marginalise et violente beaucoup de
    monde. Mais la colère générée par cette exclusion est à régler non pas
    avec le système tout entier mais avec soi-même. Il faut digérer
    l'exploitation, la transformer et la dépasser. C'est la fameuse
    « résilience » prônée par Macron.

    La lutte des classes, par exemple, est une question de moins en moins
    audible puisque la classe nous est vendue comme une catégorie
    transcendable. On veut nous faire croire que le PDG n'est plus un
    adversaire mais un modèle à atteindre, un symbole de réussite. Les vieux
    antagonismes du capitalisme sont de moins en moins évidents à mesure que
    le libéralisme évolue. Le travail ne doit plus être perçu comme une
    contrainte mais un choix et un tremplin vers le bonheur.

    Il ne s'agit plus d'abolir le travail mais de l'intégrer dans nos
    existences comme une part de marché du bonheur. Chief happiness officer,
    team building, coworking : tout est bon pour remplacer le langage de
    l'exploitation en langage cool et fun. Le travail, lieu d'exploitation
    par excellence, devient grâce à quelques anglicismes (et la complicité
    de certains syndicats) un lieu de transformation et d'émancipation.
    La lutte des classes s'arrête là où commence le team
    building.
    Rien d'étonnant à ce que cette croyance ait investi
    aussi une partie du mouvement révolutionnaire. La critique du travail
    devient centrée sur l'amélioration de ses conditions et non plus sur son
    abolition. Protéger les travailleur.euses ne nous prive pas d'une
    critique du travail salarié comme système d'aliénation.

    Cette transformation des rapports au travail se retrouve aussi chez
    les militant.es qui se transforment en entrepreneurs de la lutte centrés
    sur leur carrière. On voit apparaître un glissement sémantique, comme
    par exemple des mouvements dits radicaux qui « recrutent des
    bénévoles
    » ou cherchent à « renforcer leur équipe » pour
    éviter le « burn-out militant ». Ou des zines qui ont des
    « directrices de publication ». Le « travail militant » devient
    un travail salarié à part entière où il faut « manager » des équipes
    avec des directeur.ices pour ne pas finir en burn-out militant.

    Ce langage d'entreprise plutôt attendu de la part de la gauche
    électorale (qui a donc bien quelque chose à vendre) est plus inquiétant
    venant d'anarchistes.

    b) Développement personnel et ambitions individuelles :

    Cette vision libérale se retrouve dans des grilles de lecture qui
    privilégient l'individualisme au détriment de l'analyse collective des
    structures d'oppression.

    En témoignent les dérives libérales des « identity politics ».
    Théorisée entre autres par le Combahee River Collective qui considérait
    que « les seules personnes qui se soucient suffisamment de nous pour
    travailler systématiquement pour notre libération, c'est nous. Cette
    concentration sur notre propre oppression s'incarne dans le concept
    d'identity politics. Nous pensons que la politique la plus profonde et
    potentiellement la plus radicale vient directement de notre propre
    identité, au lieu de travailler pour mettre fin à l'oppression de
    quelqu'un d'autre »
    [10].

    Le CRC était un collectif de lesbiennes noires qui articulaient
    ensemble oppressions racistes, sexistes et capitalistes. Mais vidée de
    son potentiel révolutionnaire, sortie de son contexte et prise au pied
    de la lettre cette définition des « identity politics » a donné lieu à
    des dérives libérales. D'outil d'analyse et de pratiques, c'est parfois
    devenu une quête nombriliste pour affirmer ses ressentis et son identité
    en dehors de toute analyse politique. Ce n'est plus « comment penser
    les systèmes de domination sans une grille d'analyse qui les reproduit
    ? »
    mais « comment moi je me situe sur un spectre de privilèges
    (et c'est tout).
    »

    En limitant la question des oppressions à ses seules manifestations
    et représentations individuelles (discriminations, éléments de langage,
    etc.) on n'analyse plus les systèmes de domination comme un système
    global mais seulement comme un problème individuel dont le point de
    départ et d'arrivée sont les ressentis personnels. Le risque est alors
    de se contenter de réclamer une intégration dans l'ordre établi.

    On ne milite plus pour la révolution mais pour le droit d'être un
    exploiteur comme les autres. Pour reprendre la critique de Bookchin :
    « il faut se changer soi sans changer le monde ».

    Les rapports de force deviennent démultipliés en une myriade de
    combats individuels et personnels avec le risque qu'ils se fassent
    concurrence entre eux.

    Dans la suite logique de ces dérives libérales, la lutte devient un
    espace de développement personnel et les actions politiques des
    thérapies. C'est d'ailleurs parfois la demande de certain.es
    militant.es, qui considèrent que la lutte doit être avant tout des
    espaces de soin à leur service.

    Le problème du prisme individualiste c'est qu'il ne permet pas
    d'analyser correctement les causes structurelles et matérielles de la
    violence de l'Etat et entretient un certain confusionnisme. En
    se focalisant exclusivement sur les ressentis individuels sans autre
    forme d'analyses, on risque de tomber dans le subjectivisme et le
    relativisme où « la seule vérité est celle que je
    ressens ».

    Tout comme le complotisme, le développement personnel vient
    simplifier la complexité des rapports de pouvoir. D'un côté, il s'agit
    d'une entité extérieure fantasmée (le lobby juif, le nouvel ordre
    mondial, le grand remplacement, le lobby LGBT, etc) de l'autre il s'agit
    d'une entité intérieure à développer ou transformer : soi-même et
    seulement soi-même (me, myself and I).

    Croire qu'une entité extérieure fantasmée dominerait le monde relève
    des mêmes rhétoriques que de croire que le changement se fera seulement
    à l'intérieur de soi. Ce n'est pas pour rien que certaines pratiques de
    développement personnel sont poreuses avec des dérives complotistes ou
    sectaires. Et on connaît déjà la porosité entre les milieux radicaux et
    le complotisme et parfois l'excessive tolérance avec ce dernier.

    Pour ne pas tomber dans un opposé caricatural, il n'est pas question
    de dire que l'individu n'a ni responsabilité, ni effort individuel à
    fournir sur la perpétuation des systèmes de domination, ou que les
    ressentis nés de l'oppression et leurs témoignages sont à balayer sans
    scrupules. La santé, le soin ou le bien-être ne sont pas des
    préoccupations libérales. Rejeter en bloc ces thématiques est tout aussi
    dangereux que de les ériger en grille de lecture ou en objectif absolu.
    Les structures de pouvoir ont des conséquences bien réelles
    (psychologiques, sociales, politiques), refuser de les voir nous empêche
    d'adapter nos pratiques de lutte. Mais chercher à combattre seulement
    les conséquences sans s'attaquer aux causes mène à des impasses voire à
    des arnaques contre-révolutionnaires.

    c) L'impuissance collective :

    Hannah Arendt mettait en garde contre l'absence de commun et de liens
    aux autres comme premier pas vers les totalitarismes. L'isolement est
    une impasse et le résultat d'échecs collectifs lorsque la poursuite d'un
    objectif commun est détruite.

    Dans une société occidentale individualiste, verticale et autoritaire
    où le collectif se limite au monde du travail et/ou à la sphère privée,
    l'autogestion et le collectif est certainement ce qu'il y a de plus dur
    à imaginer. Parce qu'on ne se débarrasse pas des chef.fes et de
    l'attrait du pouvoir aussi facilement, réussir à s'organiser
    collectivement et horizontalement est un défi de taille.

    Dans une logique libérale, le collectif peut vite devenir un outil au
    service d'ambitions individuelles. Il ne s'agit plus de façonner des
    nouveaux horizons vivables pour tou.tes mais de faire en sorte que le
    monde se plie à nos désirs immédiats. Il n'est plus question de faire,
    de penser et de lutter ensemble dans un but commun mais d'exiger une
    place personnelle de pouvoir, une gratification et une reconnaissance
    individuelle.

    Ne pas percevoir en dehors de la sphère du « je » les enjeux pour les
    autres amène inévitablement à invisibiliser ou nier ce qui ne nous
    concerne pas directement. Combien de luttes spécifiques (antiracistes,
    féministes, antispécistes, etc.) sont tombées dans l'écueil de mettre le
    doigt sur le manque de prise en considération de certains enjeux, tout
    en faisant exactement la même chose pour d'autres. Ou alors considérer
    les enjeux seulement de manière performative pour en tirer des bénéfices
    personnels.

    On a déjà parlé des chevaliers de l'antiracisme qui se rachètent une
    posture à peu de frais sans s'intéresser réellement aux luttes
    antiracistes révolutionnaires, s'apparentant parfois plus à des
    touristes militants en quête d'exotisme.

    Mais on peut aussi citer ces militant.es qui mettent leur collectif
    au service de leurs ambitions individuelles.

    Celleux qui alimentent leur profil linkedin avec leur « travail
    militant », qui signent des tracts ou des brochures avec leur nom et
    prénom, faisant fi de toute stratégie collective d'anonymat. Les
    opportunistes qui profitent des espaces de luttes pour vendre leurs
    livres et produits, les girouettes qui changent de ligne politique au
    gré des trends et des buzz cherchant à être toujours dans la tendance
    mais jamais dans la bonne direction. Celleux qui se servent de la lutte
    comme un tremplin pour une carrière (politique, associative, etc). Ces
    influenceur.euses qui normalisent la starification des luttes. Bref, des
    pratiques qui vident de leur substance les objectifs révolutionnaires et
    les maintiennent dans une perspective capitalisable. Faisant se
    rapprocher dangereusement le constat de Bookchin : « Ce qu'on
    désigne par anarchisme aujourd'hui, […], ce n'est rien d'autre en
    réalité qu'un personnalisme introspectif hostile à tout engagement
    social et à toute responsabilité ; un club de rencontre rebaptisé selon
    l'occasion « collectif » ou « groupe affinitaire » ; un état d'esprit
    qui rejette avec mépris tout ce qui est structure, organisation ou
    implication publique ; une cour de récréation pour gamins. »

    Aujourd'hui on a des militant.es ou des collectifs entiers qui se
    disent anarchistes mais qui dans les faits s'en éloignent et font fi de
    toute l'histoire anarchiste, de ses principes et de ses pratiques.

    Aujourd'hui on peut se dire anarchiste même si on roule pour le NPA
    ou si on est fan de Mélenchon, on peut se dire anarchiste même si on
    rejette en bloc toute critique du système électoral, on peut se dire
    communiste libertaire et cautionner des réactionnaires conservateurs, on
    peut se dire anarchiste même si on défend des nations et des frontières.
    L'anarchisme n'est rien de plus qu'une identité auto déclarative, un
    badge à afficher pour être cool. Après tout, si plus rien n'a de sens
    pourquoi chercher à définir des objectifs politiques communs ?

    Les concepts deviennent malléables et adaptables en fonction de
    comment ils sont ressentis mais surtout en fonction de comment ils
    peuvent servir les discours et les intérêts. C'est l'exemple de Praud
    qui se dit anar ou Bardella qui dit qu'il n'est pas raciste.

    Cette forme de confusionnisme et de relativisme est vouée à rendre
    l'anarchisme déficient et à détruire la perspective de solidarité
    collective. Cette inconsistance politique empêche tout lien de confiance
    nécessaire au collectif et engendre une méfiance permanente.

    L'absence de confiance et d'imaginaire politique commun amènent à un
    délitement d'une véritable force révolutionnaire et de son
    efficacité.

    N°3 : L'anarchisme-washing et les luttes marchandises

    a) Concurrence sur le marché militant :

    Dans le langage courant la concurrence désigne la rivalité entre
    individus pour l'accès à une position, une récompense, un service ou un
    objet.

    Dans le langage libéral la concurrence désigne la rivalité entre
    acteurs économiques qui cherchent à attirer des clients en proposant des
    produits ou services et à acquérir des parts de marché sur un même
    marché, en vendant des biens identiques ou similaires. La concurrence
    est ainsi une compétition entre des producteurs, pour capter la demande
    venant des consommateurs.

    Aujourd'hui la concurrence est le pivot central du marché et les
    individus ont intégré dans tous les aspects de leur vie un modèle de
    comportement et des rapports basés sur la compétition. C'est donc une
    nécessité économique et sociale. Tout ce qui est collectif est vu comme
    un obstacle à la concurrence car pour atteindre l'objectif du bonheur
    individuel sur le marché il faut pouvoir être compétitif.ve. En
    compétition d'abord avec soi-même : (« être la meilleure version de
    soi-même ») mais aussi, et surtout, avec les autres.

    Dans les milieux militants cette concurrence se retrouve à l'échelle
    individuelle pour des places de pouvoir et parfois, à une échelle plus
    grande, entre différents groupes et différentes luttes spécifiques.

    Le problème des luttes spécifiques contemporaines (antispéciste,
    écologie, antiraciste, féministe, etc) c‘est que, souvent, elles ne sont
    raccrochées à aucun courant idéologique. Des Blacks Panthers
    d'inspiration maoïste en passant par les anarcha-féministes de Bolivie
    des Mujeres Creando, certaines luttes spécifiques s'inscrivent dans une
    volonté de soit s'inspirer, soit s'intégrer dans certains courants
    idéologiques précis tout en gardant leur autonomie.

    En 2025 en France, de plus en plus rares sont les luttes spécifiques
    qui s'attachent de près ou de loin à un courant idéologique. Et même
    celles qui se disent s'en rapporter en sont souvent très éloignées dans
    leurs discours et leurs pratiques (et participent au passage à vider de
    sa substance l'anarchisme).

    Les luttes spécifiques permettent de s'intégrer dans un objectif plus
    large en apportant de l'eau au moulin de la révolution. Être féministe
    ne suffit pas, être antiraciste ou écologiste ne suffit pas, etc.

    Or, certaines luttes spécifiques semblent flotter dans l'histoire et
    se limitent à exiger leur inclusion dans l'ordre social existant, plutôt
    qu'une remise en question radicale des structures de pouvoir et des
    inégalités fondamentales.

    L'Etat, en concédant parfois des droits, normalise son rôle de
    protecteur Au passage il intègre des identités qui jusque-là auraient
    été susceptibles de déstabiliser l'ordre établi tout en cherchant à les
    instrumentaliser (à des fins racistes et islamophobes la plupart du
    temps). Et on se retrouve aujourd'hui avec le premier collectif gay
    d'extrême droite !

    Le piège, dans lequel beaucoup sont tombés, consiste alors à ne
    parler d'une lutte qu'à travers l'angle de son instrumentalisation et de
    se positionner seulement « en réaction » aux positions de l'État tel un
    miroir inversé.

    Par exemple si on se contente de parler du féminisme uniquement pour
    en dénoncer son instrumentalisation à des fins racistes sans analyser la
    structure hétéro-patriarcale et comment cette dernière s'imbrique avec
    les autres oppressions alors on laisse un vide dans lequel s'engouffrent
    nos ennemi.es politiques pour instrumentaliser davantage. Arrêter de
    lutter sur les questions féministes d'un point de vue révolutionnaire,
    permet de les vider de leur substance, les assimiler, récupérer,
    instrumentaliser, les mettre en concurrence.

    L'État fait d'une pierre deux coups : en faisant semblant d'être
    progressiste, il maintient une image de social-démocratie acceptable
    tout en conservant intactes les structures de pouvoir. Cela amène
    certain.es militant.es à réduire le féminisme à une lutte bourgeoise
    blanche, effaçant la capacité de la comprendre comme une lutte
    d'émancipation radicale pour tou.tes. Ainsi non seulement la lutte
    féministe est neutralisée mais elle l'est avec la caution
    anticapitaliste ou antiraciste.

    Cette rhétorique de concurrence qui mobilise un discours progressiste
    pour justifier l'oppression d'un autre groupe social, c'est ce que les
    Nord-Américain.es appellent le « clash of rights ». Par exemple l'idée
    que les droits des personnes trans menaceraient le droit des femmes cis
    selon l'idée qu'il y aurait des antagonismes à lutter à la fois pour les
    droits des femmes cis et trans alors que la misogynie et la transphobie
    ont des racines communes.

    Le fait que le féminisme soit instrumentalisé ou récupéré par des
    bourgeois.es ne doit pas le disqualifier dans son ensemble. Au contraire
    cela souligne la nécessité de poser des lignes claires entre les dérives
    libérales et la révolution.

    Cette mise en concurrence du féminisme trouve aussi des origines dans
    le masculinisme d'extrême droite. Soral parlait de la féministe comme
    une « bourgeoise de gauche [..] parvenue, grâce à la complaisance du
    pouvoir économique toujours avide de stratégie des leurres, à substituer
    une fantasmatique lutte des sexes à la très réelle lutte des classes,
    spoliant au passage le travailleur de son unique prestige, le prestige
    moral de l'opprimé »
    [11]

    De la même manière, Soral justifie son antisémitisme comme un
    anticapitalisme. En amassant tous les clichés racistes sur les juifs qui
    contrôlent le monde de la finance et tirent les ficelles dans l'ombre,
    Soral a diffusé des théories antisémites reprises dans les milieux
    révolutionnaires ou de gauche et qu'il nous faut combattre [12]. De la même façon,
    l'instrumentalisation des enjeux mémoriels par l'Etat pour servir le
    roman national ne doit pas nous faire tomber dans le piège de mettre en
    concurrence des mémoires et des morts. Si l'État ou des théoriciens
    d'extrême droite utilisent cette stratégie assez clairement, le fait que
    ce soit repris dans nos milieux ne laisse rien présager de bon.

    Les logiques concurrentielles puisent dans la hiérarchisation et
    enjoignent celleux qui subissent plusieurs oppressions à « choisir leur
    camp », les obligeant à créer des grilles de comparaison assez
    dégueulasses pour savoir quelle oppression serait la plus
    « confortable » ou la plus « soft ». La concurrence transforme aussi
    certaines luttes en propriété privée et en monopole et considère que
    certaines luttes sont secondaires et/ou ne peuvent exister qu'à
    condition d'être subordonnées à une autre lutte dans une vision des
    structures d'oppressions, héritée de la logique verticale du système
    capitaliste.

    On peut à certains moments choisir des stratégies qui nous poussent à
    investir tel champ de lutte (en fonction de l'énergie disponible, en
    fonction des enjeux locaux…). On pourrait, par exemple, légitimement
    argumenter que la lutte écologique devrait être une priorité absolue. En
    effet si la planète n'est plus vivable quel intérêt d'une révolution ?
    Mais comment lutter efficacement contre la destruction du vivant sans
    prendre en compte les conditions de production dans le capitalisme qui
    accélèrent sa perte, sans prendre en compte les enjeux impérialistes,
    notamment ceux autour des ressources naturelles et de l'impact
    colonialiste sur les populations (comme vu à Mayotte récemment), comment
    ne pas prendre en compte les apports des féministes radicales sur les
    dangers de l'essentialisation de la nature, sur les liens entre
    patriarcat et domination du vivant, etc.

    De la même manière, la guerre coloniale qui se déroule en Palestine
    ne peut être comprise et combattue qu'en l'intégrant dans des luttes
    globales. On ne peut pas lutter contre la colonisation ici tout en
    soutenant des États impérialistes ailleurs.

    Mettre en concurrence les luttes c'est justement se priver de cette
    compréhension globale des systèmes d'oppression. Toutes les luttes sont
    prioritaires du moment qu'elles ont des objectifs révolutionnaires.

    Que les luttes spécifiques aient des enjeux et répondent à des
    mécanismes différents n'invalide pas qu'il y ait des objectifs communs.
    Les différentes pratiques et expériences peuvent se renforcer entre
    elles.

    Pour lever toute ambiguïté, le propos n'est pas de dire que les
    luttes spécifiques divisent la lutte. Ou qu'elles doivent se sacrifier
    sur l'autel de la révolution et perdre leur autonomie pour se diluer les
    unes dans les autres. On ne nie pas non plus les rapports de force ô
    combien nécessaires en interne.

    La critique porte sur leur mise en concurrence et la dépolitisation
    de leurs enjeux, leur instrumentalisation ou lorsque les rapports de
    force se transforment en guerre de pouvoir individuel ou en
    monopole.

    Car dans une vision du monde libérale, où il ne s'agit pas de
    mettre le feu à la boulangerie mais de récupérer des parts de gâteaux,
    on est obligé.es de se battre pour les miettes.

    b) 100 % marketing, 0 % anarchiste :

    Sous le capitalisme tous les aspects de nos vies sont capitalisables.
    (le stop est remplacé par Blablacar ou Uber, les logements sont
    transformés en Airbnb, etc.). Nos luttes n'y échappent pas et se
    transforment en marchandises qui peuvent être :

    Éphémère : Déconnectée de son histoire sans transmission du
    passé ni projection d'avenir. Il faut réinventer l'eau chaude en
    permanence, occuper les espaces vides en alimentant de nouvelles
    polémiques stériles ou en trouvant de nouveaux concepts universitaires.
    Pour que la clientèle militante consomme, il ne peut pas y avoir de
    durabilité. Comme un produit électronique qui tombe régulièrement en
    panne, la lutte n'est pas faite pour durer. C'est l'obsolescence
    programmée version militante. Tout doit être dans l'immédiateté. La
    lutte consiste en une série d'indignations urgentes qui se superposent
    les unes aux autres. On passe d'un sujet à un autre parfois sans
    cohérence mais la nouveauté fait vendre surtout aux militant.es de
    passage. Celleux qui viennent chercher le frisson de la rébellion mais
    repartent dès que ça devient sérieux ou dès que le folklore se heurte au
    réel. Une forme de tourisme / consumérisme militant pas très durable
    mais qui fait vendre.

    Inoffensive : La lutte-marchandise doit être confortable et
    rassurer nos égos. Elle doit nous caresser dans le sens du poil et faire
    appel à nos affects. Voire même flatter les pires instincts. Elle ne
    doit pas venir heurter les comportements, les habitudes ou pratiques. Le
    contenu ne doit donc pas révolutionner notre condition ou nous mettre
    face à nos contradictions (rien qui nous oblige à confronter nos potes
    violeurs par exemple). Dans une perspective anarcho-populiste vue plus
    haut, le produit doit rassurer nos identités (de beaufs ou de barbares),
    notre souveraineté politique. D'ailleurs pour que ce soit confortable,
    l'ennemi.e doit toujours être une figure extérieure un peu floue. Il est
    question de dénoncer mais uniquement dénoncer, il n'est pas question de
    parler de pratiques concrètes. Il faut que la lutte soit un produit
    rassurant et inoffensif, tout doit être pensé pour le confort des
    client.es. Et tant pis si ça pacifie les luttes, l'important c'est que
    la clientèle soit contente.

    Inconsistante : du prêt-a-penser qui vient simplifier les
    questions politiques complexes. La lutte-marchandise doit fournir clé en
    main un discours dogmatique mais toujours avec un vide idéologique. Le
    produit est « radical », « antisystème », « contre les bourgeois » mais
    ne doit jamais parler des conditions matérielles d'existence ou de lutte
    des classes.

    Pour que la clientèle consomme il ne faut pas qu'elle réfléchisse.
    Toute réflexion intellectuelle, toute nuance, ou toute critique doit
    être dénoncée comme du mégotage et une manifestation d'un privilège.

    Pour cela, le produit doit donc être toujours consensuel, campiste et
    binaire et ne doit pas trop remettre en question le discours hégémonique
    du moment. Une position plus minoritaire ferait moins de ventes.

    Folklorique : Pour vendre une lutte-marchandise inutile, il
    faut créer le besoin. Il faut donc tout miser sur le marketing et le
    packaging. L'esthétique est au service d'elle-même. La forme prime sur
    le fond et n'a d'autre objectif que l'image qu'elle renvoie.
    L'esthétique doit être radicale peu importe si le fond politique est
    soluble dans le capitalisme. Cagoules, cocktails molotov, k-way noirs,
    etc. Toute la symbolique de la radicalité est utilisée pour faire vendre
    en vidant la forme du fond. Cagoules et k-way noirs sont juste une
    esthétique et non pas des outils au service de l'anonymat collectif. La
    lutte se transforme en folklores, en modes, qu'on peut vendre ou acheter
    pour sentir le frisson de la révolte.

    Divertissante : Tout doit être du spectacle instagrammable
    (d'ailleurs tout ce qui n'est pas sur instagram n'existe pas). Les
    manifs se transforment en kermesses avec distributions de pancartes et
    cotillons. Le seul objectif valable d'une action est de créer des belles
    images. C'est la révolte pour la révolte, l'action pour l'action [13]. Il faut faire de la représentation
    permanente et être visible partout, tout le temps (quitte à tenter de
    récupérer des mouvements ou des actions à son compte). C'est la
    performativité au service du vide. Il faut être disruptif et créer de la
    visibilité à tout prix. Pour cela il faut valoriser les discours
    polarisants et binaires. Le produit doit générer du buzz, du clash, du
    drama, etc, que les consomateur.ices pourront suivre comme une
    téléréalité [14]. Et le buzz même négatif fait
    vendre.

    c) L'anarchisme gentrifié :

    Les dérives libérales maintiennent nos objectifs dans une
    marchandisation perpétuelle de nos révoltes et les vendeur.euses
    militant.es capitalisent sur la frustration issue de l'impuissance. Les
    espaces militants sont des supermarchés où notre action se limite à
    choisir parmi les rayons de la lutte. Mais s'il y a des gens qui vendent
    c'est bien parce qu'il y a des gens qui consomment. Se comporter comme
    des client.es et non pas comme des sujets politiques autonomes nous
    maintient dans des impasses politiques.

    Cette marchandisation rend la lutte inopérante et inoffensive, bonne
    qu'à fournir une expérience à des touristes militants.

    Peu étonnant dans le contexte général de disneylandisation du monde.
    Ce concept désigne « la transformation des sociétés et des cultures
    locales, par la présence de touristes, et pour répondre à leurs
    attentes. Elle peut être aussi une muséification et une folklorisation
    en ce qu'elle fige paysages et pratiques afin de correspondre aux
    représentations (ou aux clichés) attribués à un espace ou à une
    population
    » [15]. Le capitalisme transforme toute
    réalité en source de profit et en marchandise même les cultures et les
    valeurs. Pour ce faire il doit débarrasser ces dernières de leur
    matérialité et de leur essence et les arracher à leur singularité
    historique. Et lorsque la réalité ne peut se transformer en bien de
    consommation, elle doit se changer en symboles. Le meilleur moyen de
    détruire et de rendre inoffensive une culture est de la mettre en
    spectacle. Les peuples colonisés sont bien placés pour le savoir.

    Les espaces militants n'échappent pas à cette disneylandisation et
    les luttes enfermées dans leur folklore n'existent plus que pour plaire
    à des touristes.

    A la manière des quartiers populaires qui se gentrifient,
    l'anarchisme est vidé de son potentiel de révolte pour n'en garder que
    son esthétique, rendant cools et branchés des discours réacs.

    Éloigné d'un projet de société émancipateur pour tou.tes, le
    mouvement révolutionnaire ne fait alors plus rêver grand monde. C'est
    tout un mouvement qui est discrédité en le réduisant à n'être rien de
    plus qu'une objection permanente avec pour seul horizon des
    sempiternelles doléances restées lettres mortes. A croire qu'il ne nous
    reste plus que la capacité de nous indigner. Lutter contre le
    libéralisme, c'est justement lutter contre ces tensions mortifères qui
    brisent tout élan d'espoir et toute vague créatrice.

    Ces pratiques sont la plupart du temps inconscientes tant la logique
    libérale a toujours imprégnée nos imaginaires. Mais parfois il s'agit
    d'une véritable stratégie opportuniste.

    L'accélération du libéralisme va de pair avec son imprégnation dans
    nos imaginaires et alors que l'étau se resserre, les changements
    sociétaux de ces dernières années devraient, à l'inverse, nous amener à
    renforcer une ligne anarchiste, anti-autoritaire et ne surtout pas
    céder à un chantage libéral.

    Déconstruire nos schémas de pensées avec tout ce que ça implique
    d'inconfortable, de bouleversement de soi et de notre rapport aux
    autres. Mais comme c'est plus simple de s'attacher à un folklore prêt à
    consommer, le chemin vers la révolution risque d'être encore long.
    L'émeute, l'insurrection, la révolution ne sont plus que des fétiches
    sous cellophane.

    Plus nos combats sont transformés en marchandises, plus le langage
    devient confus, plus il est compliqué de poser un cordon sanitaire avec
    des influences réactionnaires, conservatrices, autoritaires et
    confusionnistes. Fournir du carburant au bulldozer néo-libéral
    n'ouvrira jamais de perspectives collectives émancipatrices, cela pourra
    seulement faire la fortune, réelle ou symbolique, d'une poignée de
    carriéristes militant.es.
    On aurait tort de croire que cette
    poignée ne fait pas de mal à la majorité car elle vient déplacer un
    curseur dans un contexte déjà étouffant. Chaque petite passerelle que
    certain.es s'amusent à construire entre les idéologies de droite,
    d'extrême droite, d'une gauche autoritaire et l'anarchisme se transforme
    rapidement en un gigantesque pont si nous n'y prenons pas garde.

    Ce qu'il se passe actuellement est le résultat d'une stratégie bien
    rodée. Nombreux sont les théoriciens d'extrême droite s'inspirant de
    penseurs de gauche voire communistes comme Gramsci. La plupart des
    inspirations de Trump se retrouvent aussi chez les accélérationnistes
    inspiré.es par Guattari et Deleuze [16]. En reprenant quelques
    théories gauchistes cela permet à l'extrême droite de rendre cools et
    rebelles des théories profondément réactionnaires. A une époque où les
    fakes news et les théories du complot sont partout, le combat se joue
    aussi dans le langage.

    Comme l'a démontré Umberto Eco, le fascisme advient avec la
    simplification du langage, le rejet de la critique analytique et de la
    pensée critique.

    L'anarchisme doit garder du sens et sa charge révolutionnaire et
    ainsi continuer de s'attaquer aux racines sur lesquelles poussent des
    cadavres.

    Conclusion :

    Pour résumer, l'anarchisme s'enlise aujourd'hui dans des dérives
    libérales notamment :

    - Un citoyennsime en défense de la social-démocratie

    - Une succession d'indignations moralistes qui renforcent des
    postures creuses

    - Un populisme antisystème qui mélange lutte pour l'autonomie et
    défense d'un peuple-nation souverain

    - Un individualisme égocentré qui mène à l'isolement et à
    l'impuissance générale

    - Un abandon de la question de classe et la défense de la valeur
    travail

    - Une concurrence au cœur des interactions entre individus et/ou des
    luttes spécifiques

    - Une capitalisation sur des luttes-marchandises

    - Une gentrification et disneylandisation de nos espaces

    Ces dérives ne sont pas justes "problématiques" mais participent à un
    continuum de normalisation du monde capitaliste. Elles s'insèrent dans
    nos luttes, les gangrènent et au final les recrachent, dans une bouillie
    confusionniste qui, loin de fragiliser l'État, le renforce.

    S'il est impossible de dépasser l'Histoire et de prédire le futur,
    nous pouvons néanmoins reconnaître que le contexte politique est peu
    favorable aux idéaux anarchistes. Cette perte de vitesse ne peut se
    résoudre qu'en retrouvant un idéal révolutionnaire désirable au-delà du
    simple fétiche de l'émeute ou de l'illusion électorale.

    Le chemin vers la révolution est fait de doutes mais il est aussi
    pavé de certitudes : nous détestons l'Etat et tout ce qu'il produit ou
    protège : de ses frontières en passant par ses prisons. Il nous faut
    porter un regard profondément révolutionnaire sur le monde et non pas
    populiste ou réformiste.

    Celleux qui propagent la confusion et la réaction sont des
    accélérateur.ices de la fin des mouvements révolutionnaires. A l'inverse
    nous pensons que dans tous les endroits du monde se trouvent des
    anarchistes qui s'ignorent, qui ne se revendiquent pas anarchistes et
    qui n'en connaissent pas spécialement la théorie mais qui dans la
    manière de voir le monde se retrouvent 100 fois plus proches de nous que
    les confus opportunistes. Et c'est avec les premier.es que nous
    préférerons créer des liens car s'il n'est pas grave de ne pas se dire
    anarchiste tout en partageant l'imaginaire d'un futur désirable, à
    l'inverse il est dangereux de se dire anarchiste tout en faisant la
    promotion du néo-liberalisme. Car comme disait Léo Löwenthal « Pour
    n'importe quel système de pouvoir, il n'existe pas de plus grand succès
    que l'acceptation, par ses victimes impuissantes, des valeurs et des
    modes de comportement que celui-ci postule. » [17]

    A nous de les déjouer !

    [1] Murray Bookchin, Changer sa vie sans changer le monde, 1995.

    [2] Lire une interview de Lorenzo Kom'boa Ervin datant de 1995 ici ainsi que son livre Anarchism and the Black Revolution.

    [3] Luigi Fabbri, « Les influences bourgeoises sur l'anarchisme », 1914.

    [4] Interview de Pascal Praud : « J'ai un côté anar » (Le Parisien, 18 juin 2019).

    [5] "Liberté des libéraux et liberté des anarchistes", sur Dijoncter, janvier 2020.

    [6] Voir Chantal Mouffe pour le populisme
    de gauche et Alain de Benoist pour l'extrême droite.

    [7] Article "Projet Périclès : le document qui dit tout du plan de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir" (L'Humanité, 19 juillet 2024)

    [8] Murray Bookchin, Changer sa vie
    sans changer le monde
    .

    [9] Interview de Sophia Rosenfeld, historienne : « Notre conception moderne de la liberté est calquée sur le modèle consumériste » (Le Monde, 4 février 2025).

    [10] Lire la "Déclaration du Combahee River Collective".

    [11] Abécédaire de la bêtise
    ambiante
    , Editions Blanche, 2008.

    [12] On retrouve encore trop souvent dans des espaces soi-disant radicaux les théories antisémites de
    « philosémitisme d'État » ou une déroutante complaisance envers des
    collectifs qui déroulent le tapis rouge à des personnes comme Michel
    Collon ou Jean Bricmont.

    [13] Par exemple les impasses dans lesquelles se sont retrouvées certains mouvements sociaux où le but du
    bloc n'était que l'affrontement pour l'affrontement ou les débats autour
    de Sainte-Soline.

    [14] Les GAFAM l'ont d'ailleurs bien
    compris et leurs sources de revenus sont, entre autres, les embrouilles
    militantes sur les réseaux.

    [15] Voir l'entrée "Disneylandisation" dans le glossaire des Ressources de géographie pour les enseignants (juillet 2025).

    [16] Trump s'est inspiré, entre autres,
    des théories accélérationnistes de Nick Land.

    [17] Léo Löwenthal, L'atomisation de
    l'homme par la terreur
    .

  • Bremgarten (Suisse) : salon du livre anarchiste, du 7 au 9 août 2026 au KuZeB

    Nous sommes des gens qui se sont nouvellement réunis pour organiser un salon du livre anarchiste cette année. Il est prévu du 7 au 9 août 2026 au KuZeB (centre culturel) à Bremgarten. Le but du salon est de représenter différents courants anarchistes. Le KuZeB offre assez de place pour le salon du livre et un programme-cadre. Si tu/vous souhaitez organiser un atelier, vous présenter avec un stand ou nous aider à organiser le salon du livre, contactez-nous ici :
    info@@@buechermesse.ch

    Nous avons hâte de vous voir en août !

  • Après le rapport APTEIS : l’heure n’est plus aux constats,mais à un plan d’urgence, sérieux et conséquent ! Appel de l’intersyndicale du ministère du travail

    Le rapport « APTEIS » doit marquer un tournant. Ce que les agent.es, lesreprésentant.es du personnel et les formations spécialisées documentent depuis des années n’est plus contestable : les risques psychosociaux au ministère du Travail, de l’Emploi et des Solidarités relèvent d’un phénomène systémique, structurel et national.Le rapport ne décrit ni des difficultés individuelles, ni […]
  • Quel avenir pour les salarié-es d’AP Solutions du site de St Ouen (93) après 2026?

    Face aux perspectives d’un plan social, avec 450 emplois menacés, et des réorganisations brutales chez AP Solutions, filiale d’Allianz, l’équipe syndicale du Syndicat des Institutions Financières et Assurances (SIFA CNT-SO) se mobilise et a interpellé la direction du site de St-Ouen (93). Le combat continue !
  • Cagnotte de soutien à Rachel Keke dans son combat contre STN

    La CNT-SO HPE défend syndicalement, Rachel Keke, face à son employeur, le sous-traitant STN qui ne respecte pas les termes de l’accord de fin de grève à l’Ibis Batignolles et vient de la licencier ! Le syndicat a ouvert une cagnotte en ligne 👉 https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/soutien-total-a-rachel-keke SOUTIEN SYNDICAL TOTAL A RACHEL KEKE Rachel KEKE, syndiquée à […]
  • NON A LA TRAITE DES ÊTRES HUMAINS ! Rassemblement à Perpignan, jeudi 11 juin

    La CNT-SO 66 appelle à un rassemblement devant le Tribunal de Perpignan ce jeudi 11 juin à 9h à l’occasion de l’audience devant le tribunal correctionnel d’un restaurateur de Canet-en-Roussillon (66), dans le cadre d’une affaire de traite d’être humain à l’encontre de travailleurs migrants.
  • Aide à domicile : 63 euros, deux centimes et l’oubli de la majorité !

    Le gouvernement a fini par agréer, le 29 mai 2026, les avenants 75 et 76 de la branche de l’aide à domicile (BAD), après les avoir bloqués à trois reprises depuis 2025. Cette validation est présentée comme une avancée pour les « métiers essentiels ». Dans les faits, elle concède une miette à une minorité […]
  • Grève générale en Bolivie !

    Les manifestations et blocages battent leur plein en Bolivie depuis le début du mois de mai. Dans la capitale de La Paz et dans divers points du pays, la COB (centrale ouvrière bolivienne) et diverses organisations de travailleur·euses agricoles, de peuples originels, d’ouvriers miniers manifestent et bloquent des routes afin de dénoncer la hausse des […]
  • Communiqué du COLLECTIF « Pour un vrai printemps de la liberté d’expression et contre l’extrême droite » (Perpignan)

    Pour la troisième année, la mairie de Perpignan et le Centre Méditerranéen de Littérature organisent une manifestation aux frais des contribuables, plus de 300.000 €, nommée « Printemps de la liberté d’expression ». Il suffit de regarder la liste des invités et les sujets des tables rondes pour comprendre qu’il y a un problème de […]
  • Take Action: The Self-serving Slush Fund is Impeachable

    Ready to take the next step?

    If you’re fed up with cowardly representation by those who are unresponsive to their constituents, you should meet our Courage Candidates! They have committed to bringing impeachment on their first day in Congress. Please consider supporting Courage for Democracy if you believe in our mission. Or contribute directly to a Courage Candidate as they fight for a better future!

    To settle a ludicrous ten billion dollar from Trump the citizen against the Trump administration, the Department of Justice — headed by Trump’s personal attorney, Todd Blanche — has created a $1.7 billion slush fund for victims of “weaponization” of the department under Biden. This is plain corruption, benefiting Trump’s allies at the expense of U.S. taxpayers. To make it worse, Trump has the unilateral authority to fire anyone charged with administering the fund, and any payments from the fund are completely opaque — all this despite the fact that it’s public money.

    Impeachment is the only acceptable response to this tyrannical, corrupt behavior, and Congress must act now.

    Select a Representative:Select

    Use the following template to schedule an email to the appropriate office. Send the email as soon as possible.

    DON’T FORGET TO ADD YOUR NAME AT THE BOTTOM OF THE EMAIL.

    Want to grow your power?

    We put out regular calls to action. Clear, simple ways that you can use your voice to fix our democracy. We’re here to empower you — because holding Trump and his ghouls accountable is going to take all of us. Sign up today.

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  • Take Action: The Senate must push impeachment

    Ready to take the next step?

    If you’re fed up with cowardly representation by those who are unresponsive to their constituents, you should meet our Courage Candidates! They have committed to bringing impeachment on their first day in Congress. Please consider supporting Courage for Democracy if you believe in our mission. Or contribute directly to a Courage Candidate as they fight for a better future!

    Impeachment is already defining the November midterm elections. And your senator needs to be prepared to convict!

    No matter how much Hakeem Jeffries wants to discourage impeachment, preparations are already starting to impeach Trump on the first day Democrats take back the House. We couldn’t have gotten this far without you! Your consistent pressure has made impeachment the issue that won’t go away. Meanwhile, our Courage Candidates have brought the fight to incumbents, creating a litmus test for elected Democrats. Now, it’s time to email your Senators and prepare them to vote to convict!

    Take action now, and push them to start coordinating with their House colleagues to remove Trump from office.

    Select a Representative:Select

    Use the following template to contact your state’s senators. You will need to find and complete the contact form on their website!

    DON’T FORGET TO ADD YOUR NAME AT THE BOTTOM OF THE MESSAGE.

    Senator,

    Donald Trump’s impeachment in the House is increasingly becoming a certainty. If not now, then when the Democrats take control of Congress after the midterm elections. As one of your constituents, I urge you to collaborate with your House colleagues to make the case for, and secure a conviction in the Senate.

    Plainly, Trump is unfit for office. His genocidal threats against Iran, the deaths of Alex Pretti and Renee Good under his authority, suppression of the Epstein files in violation of a near-unanimously passed law, and a hundred other reasons make it clear that he must be removed from office. We urge you: Please begin making the public case for impeachment, conviction, and removal. In November, voters must have confidence that their fears and anxieties will be addressed, and that the Constitution they love will be defended. As elected officials, you have immense power to guide the conversation and build the will for action to be taken. And you have the responsibility to stand up for the Constitution, according to your oath of office.

    You must take this seriously. Begin working with your House colleagues, and begin setting in motion the accountability that is so desperately needed.

    Thank you for your time.

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  • Citizens’ Impeachment movement: One Year In

    Martin Falbisoner, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons

    On April 7, 2025 600 people sent 600 emails to 435 members of Congress, asking every single representative from every single district to pursue impeachment. Three weeks later, the article of impeachment we provided was brought to the House floor. That’s how fast Congress can move when it wants to. That glimpse of how much impact a coordinated, citizen-led movement can have has powered Citizens’ Impeachment for the last year. We know beyond a shadow of a doubt that Congress CAN move to hold this administration accountable. They’re simply choosing not to.

    Since then, Citizens’ Impeachment has grown to nearly 13,000 members and sent over 16,000 emails to congressional staff.  We’ve helped more than 50 constituents meet their representative’s staff, sometimes for the very first time, and coordinated district office visits with other grassroots organizations. As Executive Director, I’ve moved to DC to continue the lobbying work in person, sitting down with staffers to emphasize that their boss holds the power to reign in this administration and choosing not to is a dereliction of duty. 

    We know they are listening because their leadership has shifted from refusing to take up the question of impeachment in June of 2025 to simply standing aside and voting “PRESENT” in a December 2025 vote that saw a 77% surge in support for impeachment. In January, leadership moved even further towards accountability when Minority Leader Jeffries told CNN how and why each member of the House has both the privilege and the responsibility to bring articles of impeachment to a vote.

    Make no mistake, Jeffries hates the idea of impeachment and will do everything in his power to prevent it, especially if he is not the one to coordinate the effort. But he can no longer deny that impeachment is a constitutional power he and every other representative has, and that is a start.

    The single most infuriating part of this work is learning deep in my bones how little members of Congress respect the oath they took and the citizens they serve. I have heard constituents pour out their hearts only to be stonewalled by staffers patently uninterested in them. Sometimes, staffers can barely contain their disdain for their oath and their constituents. Offices have even told constituents that “the representative sleeps well at night.” (Rep. Peters, CA-50; DeLauro, CT-03). 

    As the Trump administration celebrates is 3,000th undemocratic action, this Congress continues to believe they are doing enough. I have watched as the smug dismissiveness of these offices radicalizes their constituents into my boldest volunteers: our constitutional scholar joins us from Rep. Raskin’s district; Rep. Peters’ constituent is celebrating one year with our organization; and Rep. DeLauro’s constituent Andrew Rice, is now one of our Courage Candidates, running to replace a complacent member of Congress that sees nothing, does nothing, and says nothing except “send me $5.”

    Andrew is not the only Courage Candidate in Connecticut – there are Courage Candidates in all five Connecticut districts and the Governor’s race. In fact, Courage for Democracy is home to more than 120 pro-impeachment, pro-democracy Courage Candidates running in 38 states and more than 105 districts. Every single one of them has pledged to introduce articles of impeachment on Day 1 of their term. 

    Just one year after Citizens’ Impeachment started pushing Congress to act, establishment Democrats worried about these younger primary challengers are introducing articles of impeachment.  And guess what? As of last week, Congress apparently ALSO has a plan to begin impeachment proceedings on Day 1. 

    The Courage Candidates didn’t need 18 months to decide that the Trump administration had to be held accountable. This Congress has chosen not to uphold their oath of office. They are only starting to change their tune because the Courage Candidates are coming for their job. 

    Why this work matters.

    Congress and their staffers apparently see their work as outlasting this administration rather than outfighting them.

    While Congress waits, we die. 

    We die from lack of healthcare and from filthy conditions in detention centers. We are shot in broad daylight and on camera. Our soldiers die overseas as part of the abject strategic failure that is Trumps’ Iran War.  

    Every single issue voters are concerned about – affordability, threats to democracy, taxes and spending, the actions of ICE and immigration raids, and the clawback of benefits programs – stem from specific impeachable actions of this President, actions that Congress has failed to meaningfully address in any way, shape, or form. The usurpation of War Powers a second time to bomb Iran? Impeachable. The usurpation of the power of the purse to claw back benefits? Impeachable. Repeated violations of the first and fifth amendments and most recently an effort to subvert the 14th amendment? Impeachable. Tariffs, now deemed illegal by the Supreme Court?  Violates Article 1, Section 8, Clause 1. Impeachable. The deployment of paramilitary forces to American cities to harm American people? Treason: impeachable, and one of the only crimes the Constitution names in the impeachment clause. 

    We cannot debate policy while our democracy is in crisis. 

    After a surreal week in which the President threatened genocide, picked a fight with the Pope, and posted images of himself as Jesus on social media, it seems that there has been a change in the conversation. Liberal pundits are coming around. 

    Robert Reich said he’s leaving the Democrats’ sanctioned message of affordability, endorsing impeachment in a column titled “How to impeach the bastard, for real.” Elie Mystal thinks that while impeachment might not make Trump a normal president, it would probably stave off the vaporization of an entire people. And Ralph Nader, the eternal champion of the people, has called for exactly what my organization is here to do; a citizens’ impeachment movement to galvanize our spineless Congress and hold their feet to the fire. 

    Year 2: Conviction and removal

    We couldn’t be prouder of our volunteers, our candidates, and our members. In April of 2025, the atmosphere was one of intense fear. Folks were worried they’d be punished for speaking their mind, and they worried about being “put on a list.” They showed up anyway to call for accountability. They met the moment in a way that members of Congress – the people charged by the Constitution with removing an unfit president – have repeatedly failed to do. 

    In the space of a year, Citizens Impeachment has changed the accountability conversation so dramatically that members of Congress are filing articles of impeachment on their own (even if they aren’t ready or willing to force a vote on those articles). This is due in no small part to the Courage Candidates: firefighters, social workers, teachers, and healthcare professionals willing to leave theri careers to replace this do-nothing Congress. These are the impeachment midterms, and our primary challengers are forcing even long-time incumbents like John Larson (CT-01) to take action. 

    The question now is not if, but when impeachment will happen. That means our job is to focus on the next step: conviction and removal. We need to go after the Senate. 

    Just as we did with the House, we will put the Senate on the record as to whether or not they support the impeachment, conviction and removal of Donald Trump. Just as we did with the House, it will be constituents that carry this message to their electeds. And just like the House, Citizens’ Impeachment will force the Senate to take notice and take action to hold this government accountable.

    Citizens’ Impeachment and Courage for Democracy are the foundation of a new kind of politics. We do not follow the crowd, we lead it into the future we want to see. We work with people who have integrity, who can say what they mean, and who know how to commit to a course of action and see it through. And most importantly, we show up. We show up in every race, in every representative’s inbox, and in every district across the nation.  

    Every single member of Congress swore an oath to support and defend the Constitution. 

    We will hold every single one of them responsible for and accountable to that oath. 

    And if they fail the American people, we will replace them.

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  • American farmers bet on solar. Then Trump changed the rules.

    Over the past few years, Kentucky sheep farmer Daniel Bell has been expanding his flock. Eventually, that meant he needed to build a new barn. His land is far from the power lines he’d need to heat it, so he figured rooftop solar would be ideal.

    To help pay for it, he wanted to apply for a renewable energy grant through the U.S. Department of Agriculture’s Rural Energy for America Program, or REAP — only to find that the Trump administration had effectively halted grants through the program. Bell said that made it impossible to proceed with the idea on his land.

    “For me, it’s just been about freedom. Freedom to lower bills, freedom to control my own assets,” he said.

    Daniel Bell watches his sheep graze at his farm in Lancaster, Kentucky. Joshua A. Bickel / AP Photo

    Many farmers work on the thinnest margins, fighting to stay profitable. Some, looking to cut costs on electricity, turn to the federal government for a little extra cash to help them install solar panels on top of barns, grain elevators, or offices. Others turn to commercial renewable energy leases as both an alternative income stream and a way to put fallow land to work.

    Within the first year of President Trump’s second term, two federal programs critical to the growth of solar energy production — REAP and the clean energy tax credit — have been rolled back. To document how those policy changes are affecting farmers, The Associated Press and Grist analyzed data on both commercial-scale solar projects and small-scale rural energy development across the country. They found that, so far this fiscal year, the U.S. Department of Agriculture hasn’t awarded a dollar in rural energy grants or loan guarantees. Reporters contacted roughly a quarter of the nearly 300 developers that have proposed projects on agricultural land in the last two years, and found that they are either preparing their businesses to do future projects without federal support, or have already lost millions in investment because of the administration’s new tax credit policies.

    Biden flooded rural energy programs with cash. Then Trump turned off the tap.

    Inflation Reduction Act grants supercharged USDA’s REAP program beginning in FY2023. No funding of any kind has been awarded since September 2025.

    Federal fiscal years begin Oct 1. Source: USAspending Clayton Aldern / Grist / Marco Pregnolato / Unsplash

    Bell, for his part, decided to go a different route: Instead of building on his own property, he asked to build two new temporary barns on land owned by a commercial solar operation where he's paid to graze his sheep beneath solar panels to keep the grass down. If the business approves his request, the barns could draw cheaper power from their operation. But not every farmer has that opportunity.

    The effects of these policy shifts are uneven. Some solar projects are stalled because of permitting hangups. Some are right on schedule. And some are moving faster than anticipated, as developers race to break ground before tax credits expire. But, taken together, the findings reveal how the collapse of federal support for solar has spread across American agriculture from major corporations to family farms. 

    The abandoned solar projects

    The Energy Policy Act of 2005, signed by President George W. Bush, enacted a 30 percent investment tax credit for large-scale clean energy projects, boosting the solar industry. The tax credit was extended for eight years under President Obama and later extended under President Trump in 2020.

    When President Joe Biden signed the 2022 landmark climate bill, the tax credit was extended again through 2032 or when specific emissions targets were reached. Last July, when Congress passed President Trump’s tax bill, the timeline for the clean energy tax credits was again reset — in reverse. Now, commercial solar projects must be under construction by July 2026 or placed in service by the end of 2027 to remain eligible for the credit. 

    Solar panels operate at a farm in Lancaster, Kentucky. Joshua A. Bickel / AP Photo

    At least 126 solar projects proposed since the beginning of 2024 are awaiting regulatory approval, according to a Grist and Associated Press analysis of the latest information developers supplied to the Energy Information Administration. Each is located near or on agricultural land, with at least one-fifth of the surrounding area used for grazing fields or crops, and would together supply about 20 gigawatts of electricity if built. That’s enough renewable energy to power about 4.5 million homes, according to the Solar Energy Industries Association.

    The new timeline, though, has prompted some developers to abandon projects after concluding they couldn’t move fast enough to meet the new tax credit cutoff.

    Bogdan Micu, CEO of the German solar developer Alpin Sun, said it had to abandon projects representing about $6 million in investments in about 1,000 megawatts in the U.S. Northeast. “Well. We lost our projects,” Micu said.

    “There was no way for us to speed up that process” to meet deadlines, he said.

    A longstanding renewable energy program is gutted

    Through REAP, the USDA issues grants and loans to farmers, ranchers, and rural businesses interested in renewable energy — like installing solar to lower utility costs. According to Richa Patel, a policy specialist at the National Sustainable Agriculture Coalition, REAP has funded more than 19,000 grants totalling more than $1.8 billion since its inception nearly two decades ago, and backed tens of thousands of renewable energy and energy efficiency projects across the country in that time. The program was supercharged by funding from the Inflation Reduction Act in 2022, and up until then, when some congressional Republicans began to question the grant structure of the program, was largely supported by both parties. But for many of the farmers whose awards or applications were affected as Trump took office again, the past year has made farm country’s already-dire economic landscape even more difficult to weather.

    Elisa Lane, a flower and fruit farmer in Hampstead, Maryland, will never forget the anxiety she felt last February when she heard the Trump administration had frozen the $30,576 REAP grant she’d been awarded in 2024 to install solar panels — with no explanation. 

    “Man, was that so stressful,” said Lane, who spent months worried she’d be “on the hook” for the amount that she’d already contracted a solar company to install. It was supposed to alleviate the stress of her energy bills, which she said ran around $500 a month before getting solar.

    Read Next What’s behind your eye-popping power bill? We broke it down, region by region. Naveena Sadasivam & Clayton Aldern

    In March 2025, the agency announced it would release already-awarded grants and loans — but there appeared to be some fine print. The USDA invited recipients to voluntarily revise their proposals to align with Trump’s executive order by “eliminating Biden-era DEIA and climate mandates embedded in previous proposals.” 

    Although she was anxiously waiting on the funds, Lane decided not to revise her proposal after a local USDA representative advised her to proceed with her project without revising. (The representative assured her she would receive the payment, according to emails seen by Grist and the AP.) Later that spring, she heard from the USDA that the payment would be released and she could move forward with construction. So she did, putting up the full $70,000 it cost to install the panels. By August, they were up and running on her land. By September, she received her reimbursement check covering about half of the project fee from USDA — more than half a year after the funding was first frozen.

    In the span of roughly seven months, the USDA froze the program’s grant funding, invited grantees to reapply without climate and DEI language, imposed sweeping new restrictions on solar on farmland, and closed future application cycles. 

    “It was so disruptive,” she said. “I just want to have a farm and be able to focus on my business.” 

    Now, she’s doing just that. The panels, to Lane, represent a long-term investment into bringing down her farm’s enormous energy bill. 

    Although things eventually worked out for Lane and other recent REAP grantees, the Grist and Associated Press analysis of USDA Rural Development data found the program has not committed a single dollar in renewable energy development since September. Even though the agency said it anticipated it would do so last October, USDA never reopened REAP's grant application cycle. Its loan guarantee program — geared toward larger farm and rural business projects — has remained open, though the analysis found that the agency has awarded no new agreements this fiscal year. 

    The Inflation Reduction Act: a brief cash infusion for rural clean energy

    Cumulative REAP funding since FY2023, by source. IRA grants stopped abruptly after January 2025.

    Federal fiscal years begin Oct 1. Source: USAspending Clayton Aldern / Grist

    Then, on March 31, the USDA announced a suspension of all REAP grant awards so the agency may update regulations within the program to comply with an executive order issued by the president last July. The agency noted that it “will not be making further grant awards until the new regulations are in effect,” but added that REAP guaranteed loans “will continue to be awarded in this time.” 

    In response to a request for comment, a USDA spokesperson said the “suspension of REAP grant awards is temporary,” but did not provide further details on how long grants will be paused. When asked why the USDA has not yet issued any loans this fiscal year through the program, the spokesperson said the agency “continues to administer REAP in accordance with current guidance” and is “prioritizing program integrity and alignment with Administration direction as it conducts its review.” 

    Robert Bonnie, the former undersecretary for farm production and conservation at the USDA under the Biden administration, said any loss in the program’s funding is going to be felt throughout rural America. Part of the USDA’s role over the long term, he said, has been to channel investment into rural parts of the country while making rural prosperity part of the climate agenda. 

    “In places like Iowa and Texas, renewables matter — not just for additional power and lower power bills and clean energy, but also matters for farmers’ pocketbooks,” said Bonnie. “Anything you do to pull back on that is hugely problematic.” 

    Sheep graze in a field surrounded by power lines and solar panels in Lancaster, Kentucky. Joshua A. Bickel / AP Photo

    Racing to beat the tax credit deadline

    For RIC Energy North America, a renewable energy developer based in New York City, the changes to the solar tax credits triggered an all-out sprint to advance every project in the pipeline, said CEO Jon Rappe. But new projects after that will essentially stop, he said.

    The company has about 150 solar projects in its North American portfolio, with the bulk of those developments on fallow land, hayfields, and former farmland. “Now, some companies are probably going to go out and continue to sign sites, and take some risks, in case there's an extension of tax credits or something like that,” Rappe said. “But the next generation of projects is not going to happen unless there's some change at the federal level.”

    One of RIC Energy’s projects is to develop 15 acres of solar on Tim Covert’s land in the primarily agricultural town of Sheridan, New York. The community solar project, where small-scale arrays would allow low-income residents to subscribe to get monthly credits on their utility bill, offers a new source of steady revenue for Covert, a former dairy farmer who has been battling cancer over the last year and struggled to work as a result. 

    “I’m 100 percent cancer-free, but with the treatments, there's some side effects that take a little while to get rid of,” he said, which include brain fog, muscle soreness, and depleted energy. ”So it would be great if they did have it done by fall, and I started getting money.”

    Under the agreement, the bigger payout, which Covert said equals roughly a quarter of his income as an electrical contractor, won’t start until the project is completed and online — and Covert isn’t sure when that will happen amid the shifting federal landscape. At the moment, he’s getting a small stipend simply for leasing his land. He’s been told that construction could start as soon as the end of May, though “it seems to be changing a lot.” RIC Energy, for its part, told Grist and the AP that the construction is slated to begin late summer to early fall. 

    “I don't think they're going to stop now, because they have quite a bit of time and money invested in this thing already,” he said. “So I don't see them pulling the plug.” 

    Even amid the shifting policies, some clean energy developers say they are winning out. Solar energy is still one of the cheapest forms of energy out there, and energy is in higher demand than ever, partly due to AI data center construction. What’s more, tax equity sometimes made financing projects more complicated, so in some ways losing the tax credit also broke down a barrier to getting things done, said Nick Cohen, president and CEO of Doral LLC, a large-scale solar energy and battery storage developer with about 450 megawatts in operation and about 16,000 more planned or in construction.

    It’s “a very exciting time if you're a large enough developer that was in the right place at the right time doing large projects,” he said. 

    “All the new rules really favor the big guys like us.” 

    Correction: This story originally misstated the terms of eligibility for the federal clean energy tax credit.

    This story was originally published by Grist with the headline American farmers bet on solar. Then Trump changed the rules. on Apr 17, 2026.

  • Mine bretonne d’Imerys : plus de 3.000 litres de produits chimiques déversés en amont d’une réserve naturelle

    Selon les éléments obtenus par « Splann ! », la mine bretonne d'Imerys a déversé environ 3.000 litres de produits chimiques illégalement en juillet 2021. Un élu de la commune de Glomel vient de signaler cette infraction au procureur de la République. Ce scandale met en lumière les pratiques du groupe minier, alors que l’État a annoncé un investissement de 50 millions pour soutenir le projet de mine de lithium de la multinationale en Auvergne.

    L’article Mine bretonne d’Imerys : plus de 3.000 litres de produits chimiques déversés en amont d’une réserve naturelle est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.

  • Trump Vows ‘Retaliation’ After ISIS Kills Three Americans in Syria

    Mark Schiefelbein/APPresident Donald Trump over the weekend promised retaliation against the Islamic State, also known as ISIS, after the reported deaths of three American citizens, including two soldiers, in a late-night attack in Syria.

    “This was an ISIS attack against the U.S., and Syria, in a very dangerous part of Syria, that is not fully controlled by them,” Trump posted Saturday on Truth Social. “The President of Syria, Ahmed al-Sharaa, is extremely angry and disturbed by this attack. There will be very serious retaliation.”

    Three American military personnel and two members of Syrian security forces were also wounded in the attack, along with the two U.S. Army soldiers and a civilian interpreter. The American soldiers killed were part of an Iowa National Guard contingent assigned to the Syria mission.

    The group came under fire from a lone gunman while supporting counterterrorism operations against the Islamic State in central Syria, The New York Times reported.

    “I can tell you in Syria there will be a lot of damage done to the people that did it,” Trump said about the attack during a Sunday afternoon speech from the White House. “They got the person, the individual person, but there’ll be big damage done."

    Central Command said in a post on X that the identities of those killed “will be withheld until 24 hours after their next of kin have been notified.”

    Defense Secretary Pete Hegseth also condemned the attack, writing in a post on X, “if you target Americans — anywhere in the world — you will spend the rest of your brief, anxious life knowing the United States will hunt you, find you, and ruthlessly kill you.”

    The U.S. has been slowly ramping down its presence in Syria since Trump assumed office, pulling nearly half of the 2,000 American troops stationed in the country. American troops have had a presence in the country since 2014, working for most of that time with the Syrian Democratic Forces, a Kurdish-led militia that controls much of the nation’s northeast, to provide training and equipment in their efforts to counter the Islamic State.

    The stability of the Syrian state continues to fracture following a rebellion that ousted the country’s dictator Bashar al-Assad, who led the country through 14 years of civil war.

    Trump welcomed Syria’s new president, Ahmed al-Sharaa, who led the rebel forces against al-Assad and previously had a $10 million U.S. bounty on his head due to his ties to Al Qaeda, to the White House last month. Shortly after, the country announced that it had joined the U.S.-led international coalition fighting against the Islamic State.

    “We want to see Syria become a country that's very successful, and I think this leader can do it,” Trump said in November. “I really do. I think this leader can do it. And people said he's had a rough past. We have all had rough pasts.”

    Democratic Sen. Jack Reed, the ranking member of the Armed Services Committee, said during an interview on “Fox News Sunday” that he hoped the U.S. and the new Syrian government could work together to accomplish their shared goal of “defeating ISIS.”

    “We have to be very aggressive and work with the new government in Syria. We have our opportunity, for the first time in a long time, to work with a Syrian government that shares many of our own hopes and aspirations in terms of defeating ISIS,” Reed
    said.

    Trump and al-Sharaa first met in May in Saudi Arabia, according to NPR, the first official encounter between the U.S. and Syrian leaders since 2000, when then-President Bill Clinton met with Bashar al-Assad’s father, then-President Hafez al-Assad.

    Speaking Sunday morning on "Fox News Sunday," Republican Sen. Lindsey Graham celebrated the administration’s hard-line response to the attack, saying “ISIS would come here if they could.”

    “God bless President Trump for wanting to retaliate,” Graham added.
  • Trump Vows ‘Retaliation’ After ISIS Kills Three Americans in Syria

    Mark Schiefelbein/APPresident Donald Trump over the weekend promised retaliation against the Islamic State, also known as ISIS, after the reported deaths of three American citizens, including two soldiers, in a late-night attack in Syria.

    “This was an ISIS attack against the U.S., and Syria, in a very dangerous part of Syria, that is not fully controlled by them,” Trump posted Saturday on Truth Social. “The President of Syria, Ahmed al-Sharaa, is extremely angry and disturbed by this attack. There will be very serious retaliation.”

    Three American military personnel and two members of Syrian security forces were also wounded in the attack, along with the two U.S. Army soldiers and a civilian interpreter. The American soldiers killed were part of an Iowa National Guard contingent assigned to the Syria mission.

    The group came under fire from a lone gunman while supporting counterterrorism operations against the Islamic State in central Syria, The New York Times reported.

    “I can tell you in Syria there will be a lot of damage done to the people that did it,” Trump said about the attack during a Sunday afternoon speech from the White House. “They got the person, the individual person, but there’ll be big damage done."

    Central Command said in a post on X that the identities of those killed “will be withheld until 24 hours after their next of kin have been notified.”

    Defense Secretary Pete Hegseth also condemned the attack, writing in a post on X, “if you target Americans — anywhere in the world — you will spend the rest of your brief, anxious life knowing the United States will hunt you, find you, and ruthlessly kill you.”

    The U.S. has been slowly ramping down its presence in Syria since Trump assumed office, pulling nearly half of the 2,000 American troops stationed in the country. American troops have had a presence in the country since 2014, working for most of that time with the Syrian Democratic Forces, a Kurdish-led militia that controls much of the nation’s northeast, to provide training and equipment in their efforts to counter the Islamic State.

    The stability of the Syrian state continues to fracture following a rebellion that ousted the country’s dictator Bashar al-Assad, who led the country through 14 years of civil war.

    Trump welcomed Syria’s new president, Ahmed al-Sharaa, who led the rebel forces against al-Assad and previously had a $10 million U.S. bounty on his head due to his ties to Al Qaeda, to the White House last month. Shortly after, the country announced that it had joined the U.S.-led international coalition fighting against the Islamic State.

    “We want to see Syria become a country that's very successful, and I think this leader can do it,” Trump said in November. “I really do. I think this leader can do it. And people said he's had a rough past. We have all had rough pasts.”

    Democratic Sen. Jack Reed, the ranking member of the Armed Services Committee, said during an interview on “Fox News Sunday” that he hoped the U.S. and the new Syrian government could work together to accomplish their shared goal of “defeating ISIS.”

    “We have to be very aggressive and work with the new government in Syria. We have our opportunity, for the first time in a long time, to work with a Syrian government that shares many of our own hopes and aspirations in terms of defeating ISIS,” Reed
    said.

    Trump and al-Sharaa first met in May in Saudi Arabia, according to NPR, the first official encounter between the U.S. and Syrian leaders since 2000, when then-President Bill Clinton met with Bashar al-Assad’s father, then-President Hafez al-Assad.

    Speaking Sunday morning on "Fox News Sunday," Republican Sen. Lindsey Graham celebrated the administration’s hard-line response to the attack, saying “ISIS would come here if they could.”

    “God bless President Trump for wanting to retaliate,” Graham added.
  • Climate change has sent coffee prices soaring. Trump’s tariffs will send them higher.

    Eight years ago, when Debbie Wei Mullin founded her company Copper Cow, she wanted to bring Vietnamese coffee into the mainstream. 

    Vietnam, the world’s second-largest exporter of coffee, is known for growing robusta beans. Earthier and more bitter than the arabica beans grown in Brazil, Colombia, and other coffee-growing regions near the Equator, robusta beans are often thought of as producing lower-quality coffee. 

    In an effort to rebrand robusta, Mullin signed deals with coffee farming cooperatives in Vietnam and created smooth blends. Over the years, she helped a cohort of farmers convert their operations to organic. “We put in huge investments and were certified as the first organic specialty-grade coffee farms ever in Vietnam,” said the CEO and founder. In a few weeks, Copper Cow is planning to launch its first line of organic coffee at Whole Foods and Target.

    But the second Trump administration has changed the calculus of her business. Mullin said she “was bullish” about her company’s prospects when President Donald Trump first took office, believing that Vietnam would likely be exempt from exorbitant tariffs since the president has many supporters in the coastal Southeast Asian country. Then, in April of this year, the White House announced a 46 percent tariff on goods from Vietnam. 

    The shock left Mullin rethinking the very thesis she had set out to prove. “A big part of our mission is about how robusta beans, when treated better, can provide this really great cup of coffee at a lower price,” she said. “Once you put a 46 percent tariff on there, does this business model work anymore?”

    Trump soon paused his country-specific tariffs for a few months, replacing them with a near-universal 10 percent tax. This month, Trump announced on social media that he would lower Vietnam’s eventual tariff from 46 to 20 percent — a sharp price hike that still worries Mullin. Meanwhile, Trump has threatened to impose an astounding 50 percent tariff on goods from Brazil, the nation’s largest importer of coffee, starting August 1. 

    “I joke with my partner that I feel like I’m in a macroeconomics class,” said Mullin. In lieu of raising its prices, Copper Cow, which sells directly to consumers as well as to retailers, has scrambled to cut costs by reconsidering its quarterly team get-togethers and slowing down its timeline for helping more farmers go organic. The price of coffee hit an all-time high earlier this year, a dramatic rise due in part to ongoing climate-fueled droughts in the global coffee belt. As the U.S. considers fueling a trade war with coffee-producing countries, “it just feels like such an insult to an injury,” said Mullin. “It’s like, let’s have an earthquake hit a place that is in the middle of a hurricane.”

    Coffee beans being roasted in a traditional coffee roasting store in India. Abhishek Chinnappa / Getty Images

    Economists like to say that demand for coffee is relatively inelastic — drinkers are so attached to their daily caffeine fix that they keep buying it even when prices increase. As the Trump administration mounts its retaliatory trade agenda, that theory will be put to the test. Coffee growers, as well as the roasters and sellers that purchase them in the U.S., are now facing unforeseen geopolitical and economic challenges. “We have not seen tariffs of this magnitude before,” said David Ortega, a professor of food and economics policy at Michigan State University. “There’s no playbook for this.” 

    Should Trump’s threatened tariffs go into effect next month, it will likely hurt consumers, as many businesses will pass on the costs by raising prices. But it could also have ripple effects on coffee farms, as companies may cut costs by pulling back on investments in environmentally-conscientious practices like organic or regenerative agriculture. “Our goal was always to slowly convert the rest of our products to certified organic,” said Mullin. “And we feel like that is not an option anymore because of the tariffs.”

    Even if the tariffs do not go into effect in August, the ongoing economic uncertainty will likely impact coffee growers in Brazil, which provided 35 percent of America’s unroasted coffee supply as of 2023. As U.S. coffee companies navigate the Trump administration’s evolving trade policies, they are likely to seek out new, cheaper markets for coffee beans. “Suddenly, they become less attached to where they source their coffee from,” said João Brites, director of growth and innovation at HowGood, a data platform that helps food companies measure and reduce carbon emissions along their supply chain. 

    The problem with that, according to Ortega, is that other countries in the coffee belt, such as Colombia, do not have the production capacity to match Brazil’s and meet U.S. demand for coffee. If the threat of punitive tariffs on Brazil kickstarts an increase in demand for coffee from other countries, that will likely raise prices. For coffee drinkers, “there are very few substitutes,” said Ortega.

    These pressures on coffee farmers and buyers are coming after a period of worsening climate impacts. A majority of coffee grown in Brazil — about 60 percent — comes from smallholder farms, grown on about 25 or fewer acres of land. “The current reality they’re operating in is that they’re already very stretched,” particularly because of weather disruptions, said Brites. Coffee grows best in tropical climates, but in recent years unprecedented droughts in Brazil have stunted growers’ yields, forcing exporters to dip into and almost deplete their coffee reserves. Vietnam has been rocked by drought and heat waves — and though robusta beans need less water to grow than arabica beans, making them a relatively climate-resilient crop, growers have also seen their yields decline. (Mullin said she is seeing early signs of harvests rebounding this year.)

    Brites speculated that U.S. companies buying from smallholder farms in Brazil may be able to pressure growers into selling their beans at lower prices, adding to the economic precarity that these growers face. “For a lot of these coffee growers, the U.S. is such a big market,” he said, adding that it would take time for them to find new buyers in other markets.

    Charts showing President Donald Trump’s country-specific “reciprocal tariffs” on April 2 in Washington, DC.
    Alex Wong / Getty Images

    Growers themselves are worried. Mariana Veloso, a Brazilian coffee producer and exporter, said producers are facing logistical challenges — and anticipating more. “If we want to ship a coffee in the next month, we will probably not be able to,” said Veloso, remarking that sometimes cargo ships holding coffee sit at Brazilian ports for weeks before setting out. Shipping companies seem to be delaying shipments from Brazil, said Veloso, perhaps in anticipation of the looming tariffs.

    In the U.S., not every coffee company sources from Brazil or Vietnam. But the Trump administration’s existing 10 percent across-the-board tariffs are still rattling the coffee business. “We source coffees from all around the world. So we’re not immune to anything,” said Kevin Hartley, founder and CEO of Cambio Roasters, an aluminum K-cup coffee brand. He added, “You know, 10 percent here and 30 percent there, that’s not trivial.”

    Hartley added that one of the impacts of droughts on coffee growers is that younger farmers worried about the future are considering leaving the business. “In coffee farming families around the world, it’s a tough life and the current generation is showing reticence to take off where their parents began,” he said. 

    Regardless of whether the U.S. imposes prohibitive tariffs on individual coffee-growing countries, climate change is already taking a toll on this workforce. “Everyone’s looking for a solution for this,” said Mullin, who believes robusta beans can offer a drought-resistant alternative to the ever-popular arabica beans. 

    Copper Cow has even started experimenting with a lesser-known varietal of coffee beans called liberica, which requires even less water to grow than robusta beans. “And it’s delicious,” Mullin said. It’s an extremely labor-intensive crop because the coffee plant grows so tall, but one of the farmer cooperatives she works with is starting to plant them now, thinking the investment will be worth it as temperatures keep rising. 

    This new era of environmental, economic, and geopolitical challenges has shaken coffee brands. “Everybody’s wondering, in 50 years, will there be much coffee anymore? People are trying to be really realistic about what that world is going to look like,” said Mullin. In the midst of that broader uncertainty, the impact of Trump’s tariffs is another question only time can answer.

    This story was originally published by Grist with the headline Climate change has sent coffee prices soaring. Trump’s tariffs will send them higher. on Jul 29, 2025.

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