Le gazole dépasse 2,30 euros et une manifestation se prépare le 17 octobre. Pourtant, Priscillia Ludosky, figure des Gilets jaunes, doute d'un retour durable du mouvement sans travail de terrain et appelle la gauche à s'unir pour porter cette colère à la présidentielle.
Priscillia Ludosky est l'une des initiatrices des Gilets jaunes. Sa pétition « pour une baisse des prix du carburant à la pompe », lancée en mai 2018 et signée par plus d'un million de personnes, a été l'un des points de (…)
« Manifester librement et en sécurité est un droit fondamental pour les enfants et les adolescents. » Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a fermement appelé cette semaine « à une désescalade des violences » en France et à « la protection des mineurs ».
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5e céréale la plus consommée au monde, le sorgho est très résistant aux sécheresses et aux chaleurs. Elle reste pourtant beaucoup moins cultivée que le maïs et sa filière bénéficie de peu de moyens.
Saint-Urcisse (Tarn), reportage
Au milieu d'un paysage effrayant de cultures desséchées, à Saint-Urcisse (Tarn), un champ de sorgho aux feuilles vertes dénote par son allure bien portante. « Si j'avais su, j'aurais semé plus de surface ! » dit Mattis Esclapez.
Alors que l'été 2026 a battu (…)
Comme chaque année, le mois d’octobre est marqué par Octobre rose, la campagne de sensibilisation au cancer du sein. Mais cette année, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’hypocrisie politique et la dégradation de la prise en charge.
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Les systèmes de régulation frigorifique de plusieurs centaines de supermarchés ont été visés par une cyberattaque dans la nuit du dimanche 11 octobre au lundi 12, selon des informations de BFM Business, confirmées à l'Agence France-Presse (AFP). « Des pirates auraient modifié à distance les températures des installations, provoquant la destruction de stocks de produits frais et surgelés », a fait savoir la chaîne d'information en continu. Les pirates auraient détourné une fonction et imposé (…)
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Source :Compte Instagram, le 3 octobre 2026
Etiqe :Daté
Contenu :
Un brasier ambulant. Sur les réseaux sociaux, une vidéo relayée plusieurs fois au moment des mobilisations lycéennes de la rentrée 2026 montre un car vide, dévoré par les flammes, dévaler aveuglément une route de centre-ville. Traînant avec lui un épais panache de fumée noire, le véhicule disloqué écrase un abribus avant de finir sa course dans un mur d’enceinte, une dizaine de mètres plus loin.
Plusieurs internautes ont relié cet incendie spectaculaire aux violences urbaines survenues en marge du mouvement social lycéen de la rentrée 2026. « Une escalade spectaculaire a été franchie dans les tensions urbaines liées au mouvement lycéen, après l’embrasement total d’un autobus de la régie de transports en plein centre urbain », affirme cet internaute. Quelle régie de transports et quel centre urbain ? Le commentaire ne le précise pas.
La vidéo de cette scène publiée sans contexte est censée illustrer l’actualité d’une France en « état d’urgence » depuis le début des mobilisations lycéennes. Certains de ceux qui la repostent n’hésitent d’ailleurs pas à faire dans la surenchère guerrière : « Dans certaines villes, la situation devient telle que des sirènes d’alerte sont déclenchées et que les habitants sont appelés à rester chez eux. Pendant ce temps, des groupes violents imposent leur loi dans les rues. »
Mais si la scène de ce bus incendié est bien authentique, elle n’a aucun lien avec les mobilisations lycéennes de la rentrée 2026.
Un incendie datant de 2023 et d’origine inconnue
Ces images impressionnantes sont celles d’un bus scolaire ayant pris feu le vendredi 13 janvier 2023, route de Sauve, à Nîmes, comme le détaille cet article du quotidien régional Midi Libre qui avait relayé l’incident le soir-même.
Un car transportant une dizaine d’enfants s’était embrasé en pleine rue, sans faire de victimes. D’après Ici Gard Lozère, le chauffeur avait eu le temps de faire descendre les jeunes passagers avant que le véhicule ne s’embrase complètement. La radio locale avançait à l’époque l’hypothèse de « pneus qui auraient pris feu » pour expliquer l’incendie.
« Pour l’heure, l’origine du sinistre demeure inconnue », écrivait pour sa part TF1 dans un article publié le 14 janvier 2023.
Dans un tweet du 13 janvier 2023 cité par la chaîne, on retrouve également le bilan du sinistre établi à l’époque par les sapeurs-pompiers du Gard : « Bus totalement détruit. […] Mobilier urbain et murs de clôture endommagés par [la] chaleur et [la] fumée. »
Le clip posté par les internautes à la rentrée 2026 montrant un bus en flammes est donc une reprise, hors contexte, d’un incendie de bus scolaire survenu en 2023 à Nîmes.
Auteurs :
Autrice : Delphine Schiltz, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Delphine Schiltz, journaliste
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Source :Publication Instragram de Radio Nova, 8 octobre 2026
Etiqe :Probablement pas
Contenu :
Lors des mobilisations des lycéens et étudiants des 6 et 8 octobre, des vidéos relayées par des journalistes (comme Radio Nova) montrent des policiers confisquant des pancartes à l’entrée des cortèges. Les slogans politiques et satiriques comme « They don’t care about us » ou « On veut le bac, ils nous ramènent la BAC » ont été retirés des mains des manifestants par les forces de l’ordre et rangés dans leurs véhicules. Certaines pancartes ont notamment été entreposées dans un local de la RATP, place de la Bastille.
Selon une enquête de Mediapart publiée le 8 octobre, plusieurs policiers ont affirmé avoir reçu des consignes de leur hiérarchie visant les messages critiques envers la police et l’État. Sollicité par le média, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à ces affirmations.
Que dit le droit ici ? La police peut-elle décider des slogans autorisés dans une manifestation ? Les manifestants peuvent-ils écrire ce qu’ils veulent sur leurs pancartes ?
La liberté d’expression sur les pancartes
En principe, chacun est libre de dire et d’écrire ce qu’il veut : c’est la liberté d’expression, protégée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il n’existe aucun régime de censure ou de contrôle préalable de cette liberté. Les policiers n’ont aucun pouvoir de décider quels slogans sont autorisés dans une manifestation.
La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 fixe un cadre strict. Elle interdit certains propos prononcés en public, comme les injures, les diffamations, les incitations criminelles et les incitations à la haine, l’apologie du terrorisme. Même dans ce cas, un policier ne peut pas « confisquer » une pancarte de manière informelle. Pour saisir un objet, il doit prouver que l’auteur s’en est servi pour commettre une infraction et dresser un procès-verbal.
En revanche, les policiers ont le droit de procéder à des contrôles pour s’assurer de l’absence d’objets dangereux (article L. 211-3 du code de la sécurité intérieure). Si le support des pancartes est une barre de fer ou un objet contondant par exemple, il peut être considéré comme une arme par destination (article 132-75 du code pénal).
Mais dans les vidéos rapportées, les pancartes confisquées ne rentrent ni dans un cas, ni dans l’autre.
En France, le Conseil d’État encadre strictement le pouvoir de la police administrative. Dans un arrêt Benjamin de 1933, il affirme qu’une mesure préventive doit être justifiée par les risques de trouble à l’ordre public et demeurer nécessaire, adaptée et proportionnée. Le retrait d’une pancarte ne saurait donc être justifié par le seul caractère critique ou provocateur de son message.
Une pratique déjà condamnée
Ces pratiques de confiscation avaient déjà été dénoncées par le Défenseur des droits. Dans une décision du 9 juillet 2020, consacrée aux opérations de maintien de l’ordre lors des manifestations des Gilets jaunes, l’institution relevait que des objets dépourvus de danger, notamment des banderoles, avaient été confisqués. Elle dénonçait également l’absence de cadre juridique clair concernant leur retrait, leur conservation et leur restitution, susceptible de porter atteinte au droit de propriété.
Au niveau européen, la Convention européenne des droits de l’Homme protège la liberté d’expression (article 10) et la liberté de réunion et de manifestation (article 11).
La Cour européenne des droits de l’homme a une position très claire sur ces libertés : dans son arrêt Eon contre France du 14 mars 2013, elle rappelle que l’usage de la satire et de slogans provocateurs ou irrespectueux envers un dirigeant fait partie du débat politique.
La Ligue des droits de l’Homme a annoncé le vendredi 9 octobre qu’elle étudiait « les voies de recours qu’offre la justice » sur ces confiscations.
Auteurs :
Autrice : Agathe Tournaire, master Droit européen à l’université Paris-Est-Créteil
Relecteurs : Sarah Auclair, doctorante en droit public à l’université Paris-Est-Créteil
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Source :BFMTV, 5 octobre 2026
Etiqe :Confusion
Contenu :
Le mouvement lycéen, né à la mi-septembre en Île-de-France, s’est étendu à tout le territoire. Le ministère de l’Intérieur fait état de près de 2 000 interpellations. Lors d’un débat opposant Manuel Bompard à Édouard Geffray, le coordinateur de La France insoumise dénonce les violences policières rapportées lors des manifestations.
Le ministre de l’Éducation nationale lui répond que pour parler de violence « en droit pénal, il faut qu’il y ait deux choses. Il faut qu’il y ait un acte, il faut qu’il y ait une intention. […] Sur l’action des forces de police, il n’y a évidemment aucune intention de violence du gouvernement. Et la preuve, c’est que le ministre de l’Intérieur a donné des consignes de très grande proportionnalité ».
Une intention qui porte sur le geste, pas sur le but
Le ministre a raison sur un point : les violences volontaires sont des délits intentionnels. Mais l’intention exigée est minimale. Elle se limite à la conscience et à la volonté d’accomplir l’acte, quel que soit le mobile. Il est indifférent que l’auteur ait voulu blesser ou seulement « maintenir l’ordre ». La Cour de cassation l’a rappelé à propos d’un policier qui avait giflé un jeune homme agité lors d’une intervention.
Un coup de matraque, une charge ou un tir de LBD sont donc toujours des actes volontaires. Et même sans intention, une blessure peut être punie au titre des atteintes involontaires (articles 222-19 et 222-20 du code pénal).
L’intention du gouvernement n’a aucune portée pénale
Là où la confusion d’Edouard Geffray commence, c’est sur la responsabilité pénale. Selon le code pénal, « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait ». L’intention à rechercher est celle du policier ou du gendarme qui accomplit le geste, pas celle du gouvernement. L’État, de son côté, ne peut pas être pénalement responsable.
La proportionnalité ne prouve pas l’absence d’intention
La preuve avancée par le ministre, selon qui son collègue de l’Intérieur a donné des consignes de proportionnalité, se retourne contre lui. La proportionnalité n’a rien à voir avec l’intention. Elle est la condition pour qu’un usage volontaire de la force ne soit pas sanctionné.
Des consignes de proportionnalité supposent donc que la force sera employée volontairement.
Des mineurs parmi les manifestants : une exigence renforcée
L’attention portée aux mineurs, que le ministre met en avant, renforce le contrôle au lieu de l’alléger. La minorité de 15 ans est au contraire une circonstance aggravante.
La Cour européenne des droits de l’homme juge par ailleurs que tout recours à la force non rendu strictement nécessaire par le comportement de la personne porte atteinte à sa dignité. Elle tient compte de la vulnérabilité particulière des mineurs face aux forces de l’ordre (CEDH, 2015, Bouyid c. Belgique).
Enfin, sur le terrain administratif, la responsabilité de l’État peut être engagée sans qu’il soit besoin de prouver une quelconque intention, en cas d’attroupements.
La question juridique, puisque Edouard Geffray se place sur le plan du droit, n’est donc pas de savoir si le gouvernement « voulait » la violence. Elle est de savoir si chaque usage de la force était nécessaire et proportionné, ce qu’il appartient aux enquêtes de l’IGPN et de l’IGGN et aux juges de trancher au cas par cas.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteur : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’université de Lorraine
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Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
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Alerte « écarlate » sur la ressource en eau dans le Finistère. Le département breton est dans une « situation critique » a averti, jeudi 8 octobre, le maire divers droite de Brest Stéphane Roudaut, selon les informations de France 3 Bretagne. Si sa pluviométrie est traditionnellement importante, la région est très vulnérables aux sécheresses et tire 75 % de son eau des fleuves, rivières et barrages.
« Les débits des cours d'eau restent à des niveaux historiquement bas et les retenues (…)
La température moyenne de l'air, à l'échelle mondiale, a atteint en septembre +1,63 °C par rapport à la période de référence préindustrielle 1850-1900, selon le service européen Copernicus concernant le changement climatique. C'est le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais enregistré, derrière le record de 2023. C'est aussi le deuxième mois consécutif lors duquel la température moyenne dépasse la limite symbolique de 1,5 °C, objectif de l'Accord de Paris. Cette barre n'est pas (…)
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Samedi 10 octobre, Cambounet-sur-le-Sor (Tarn). Dernière danse pour les opposant·es à l’A69. © Matthieu Rondel/AFP
Se souvenir et ne plus jamais laisser faire. Voilà dans quel état d’esprit se trouvent les manifestant·es rassemblé·es pour la dernière mobilisation d’ampleur contre l’A69, ce samedi. Elles et ils ont répondu à l’appel d’un collectif anonyme, soutenu par La Voie est libre (LVEL), Extinction Rebellion ou encore Les Soulèvements de la Terre.
Après trois ans et demi de travaux, l’axe autoroutier qui doit relier Castres (Tarn) à Toulouse (Haute-Garonne) devait être mis en service le 15 octobre. Mais le concessionnaire Atosca a annoncé que l’inauguration était repoussée à la première semaine de novembre, en raison des derniers contrôles de sécurité réalisés par l’État.
Les opposant·es écologistes sont bien conscient·es d’avoir perdu la bataille. Preuve de cette fatigue militante, seules 1 500 personnes (1 100, selon la préfecture) se sont déplacées sur un champ de Cambounet-sur-le-Sor, à deux kilomètres de l’autoroute. En octobre 2023, lors d’un rassemblement d’ampleur, elles et ils étaient près de 10 000 (5 000, selon la préfecture).
«C’est aussi que les gens ont peur des violences policières», estime Gilles Garric, de LVEL. Pour encadrer ce week-end de mobilisation, les autorités ont déployé un important dispositif de sécurité, avec près de 800 policier·es et gendarmes réparti·es sur tout le tracé.
Ce samedi, de nombreuses fouilles de voitures sont effectuées sur les routes attenantes. Les forces de l’ordre tentent – avant de rétropédaler – d’imposer aux journalistes de se délester de leur matériel de protection : casques et masques FFP2.
Éparpillé·es entre un immense chapiteau, plusieurs barnums associatifs et des dizaines de tables montées à la va-vite, les manifestant·es se veulent pourtant combatifs, faisant honneur au nom grinçant donné à ce baroud d’honneur : «A69 : La dé-fête». «Les endroits qui nous entourent sont des lieux chargés émotionnellement : nous y avons été brisés, physiquement et psychologiquement. Pourtant, cette lutte a rassemblé des zadistes, des associations, des juristes… Il faut que ça serve d’exemple pour la suite. Nous voulons montrer qu’à l’avenir, nous nous battrons férocement jusqu’à la dernière minute», témoigne Lucie*, militante de la première heure, le visage masqué par une cagoule et des lunettes.
Rembobinons. Le combat contre l’A69 a débuté dès le début du chantier, en mars 2023, avec l’installation de militant·es dans les arbres destinés à être abattus le long du tracé. À l’automne 2023, le plus célèbre de ces «écureuils», Thomas Brail, a entamé une grève de la faim pour exiger la fin du chantier, ce qui a permis de fortement médiatiser la lutte. Plusieurs mobilisations, pour certaines émaillées d’affrontements avec les forces de l’ordre, ont également rassemblé des milliers de manifestant·es, notamment en avril et octobre 2023.
En parallèle, le collectif LVEL a mené une longue bataille juridique pour faire annuler l’autorisation environnementale du projet autoroutier. À la suite de multiples rebondissements, le Conseil d’État a définitivement validé l’infrastructure en juin 2026. Pas découragée pour autant, LVEL prévoit désormais de porter le dossier devant la justice européenne.
Sur le camp, Carole (elle n’a pas donné son nom), 66 ans, reste également mobilisée : «Cette autoroute est une balafre dans le paysage ; on a perdu mais on veut montrer qu’on est toujours là.» Partout sur le lieu de rassemblement, plusieurs pancartes sont brandies pour dénoncer d’autres projets jugés destructeurs pour l’environnement, comme la future ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux (Gironde) et Toulouse, ou encore l’A412, une autoroute de 16 kilomètres entre Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie).
Clap de fin d’une mobilisation de plusieurs années, ce week-end accueille nombre de jeunes venu·es pour la première fois lutter contre l’A69. Regroupé·es dans l’herbe autour d’un déjeuner végane, des étudiant·es en science politique, âgé·es de 22 ans, expliquent étudier «la transition écologique et les grands projets inutiles», comme le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le complexe de loisirs Europacity. «À chaque fois, on nous parle des gens qui luttent sur le terrain, je voulais voir ça de mes propres yeux», détaille Em*.
Plus jeunes encore, Fleur, 18 ans, et son amie Faustine, 19 ans (elles n’ont pas donné leurs noms), toutes deux militantes de La France insoumise (LFI), sont venues en stop depuis Bordeaux. «Je n’avais jamais participé à une mobilisation contre l’A69, mais je trouvais que ce week-end était une belle façon de montrer que l’on faisait front», estime la première.
Rencontré près du stand du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), l’activiste Thomas Brail se veut lui aussi optimiste : «Nous avons gagné la bataille de l’opinion publique. Je ne pense pas que ce soit la fin, ce projet destructeur a mis en lumière tous les autres comme l’A412, ça va permettre aux citoyens de se réveiller.»
Le militant en est convaincu, la défaite est dans le camp adverse : «Au vu prix du péage, le boycott de l’autoroute se fera naturellement», affirme-t-il. Jeudi, le concessionnaire Atosca a annoncé qu’un aller-retour Castres-Toulouse coûtera 20,40 euros pour une voiture. «C’est anti-social. Pour les gens de Castres, c’est terrible : ils se sont fait saccager leur territoire pour rien, ils ne pourront même pas emprunter cette autoroute», enrage Maxime*. À quelques pas, Gilles Garric confie ne pas vouloir participer à la marche, de peur des affrontements.
Quelques minutes avant le départ du cortège, personne ne sait si la mobilisation va rester pacifique. Le parcours négocié avec la préfecture, qui devait au départ passer par plusieurs anciens lieux occupés par les opposant·es, a été transformé en une simple marche autour de la réserve naturelle du Dicosa, coupée en deux par l’autoroute.
La raison de ce revirement ? Selon la préfecture, les manifestant.es avaient décidé, vendredi, d’installer un premier camp de base trop près de l’autoroute et de certains sites sensibles, comme celui de l’entreprise de BTP Carayon, dégradée lors de la manifestation d’octobre 2023.
«Nous voulions simplement voir l’autoroute depuis le lieu de rassemblement», plaide Lucie. Un argument qui n’a pas convaincu les autorités, lesquelles ont imposé une réimplantation plus lointaine du camp et négocié un parcours plus court, éloigné des lieux mémoriels de lutte. De quoi, selon les organisateur·ices, attiser les tensions.
En début d’après-midi, alors que la manifestation démarre, un groupe d’une quarantaine de «black blocks» s’installe en tête de cortège, la plupart juché·es sur une bétaillère tirée par un tracteur. Ambiance Mad Max garantie.
Une heure trente plus tard, arrivée à quelques mètres de l’autoroute, la foule de manifestant·es s’immobilise devant un impressionnant arsenal de policier·es et gendarmes. Deux véhicules blindés, un canon à eau, une longue file de camions et des effectifs suréquipés gardent cet endroit symbolique : derrière eux s’étendent l’autoroute et l’ancienne ZAD de la «Crem’Arbre», où des militants écologistes étaient restés perchés dans des arbres pendant plusieurs semaines pour protester contre leur abattage.
Après quelques minutes extrêmement tendues entre manifestant·es et forces de l’ordre, le calme finit par revenir. À la suite de plusieurs prises de parole applaudies par la foule, le cortège fait demi-tour et s’éparpille autour du Dicosa, dans une ambiance bon enfant. «On dirait une fin de soirée, sauf qu’il est 17 heures», ironise un manifestant. Comme un petit air de… dé-fête.
*Les prénoms ont été modifiés.

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Grâce à la réduction d’impôt de 66 %, le plein tarif de 15 € revient à 5,10 € pour un imposable. Un non-imposable au tarif social, lui, paie 10 €.
À l’issue du premier tour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique qui s’est tenu ce week-end, Raphaël Glucksmann a été désigné pour être le candidat à l’élection présidentielle, avec un score de 66 %. Le second tour n’aura donc pas lieu.
Pour voter à cette primaire, les non-adhérents du Parti socialiste, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste ont dû payer 15 €, ou 10 € au tarif social. Mais ce tarif social, réservé aux étudiants, aux personnes sans emploi ou à faible revenu, pourrait bien se révéler plus onéreux pour les non-imposables, du fait de la réduction d’impôt attachée au versement, et dont ils ne bénéficient pas.
Un versement bénéficiant d’une réduction d’impôt…
Les sommes versées par les votants ne vont pas directement au Parti socialiste ou à Place publique. Elles sont encaissées par l’Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique (AFDGS), agréée par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) en qualité d’association de financement du parti politique « Organisation de la primaire de la gauche 2026 ». Ce statut est celui que prévoit l’article 11-1 de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique pour tout parti qui recueille des fonds.
Cela a des conséquences fiscales. Selon l’article 200 du code général des impôts, les dons versés à une association de financement d’un parti, comme les cotisations versées aux partis, ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant.
L’association délivre à cet effet un reçu au donateur, comme l’exige l’article 11-4 de la loi du 11 mars 1988. La plateforme Choisir2027 le confirme : le reçu fiscal, édité par la CNCCFP après ses contrôles annuels au printemps suivant, est mis à la disposition de tous les donateurs et cotisants, y compris ceux qui ont payé le tarif social.
Ainsi, une personne qui gagne 50 000 euros par an, imposée par exemple à hauteur de 20 %, versera 10 000 euros d’impôt sur le revenu. Elle pourra déduire de ces 10 000 euros une somme de 9,90 euros, qui correspond à 66 % de 15 euros. Elle versera donc 9990,10 euros. Le vote à la primaire lui reviendra donc à 5,10 euros au lieu de 15.
… À condition d’être imposable !
Une réduction d’impôt vient diminuer l’impôt dû. Pas de dû, pas de réduction. Un contribuable imposable récupérera donc 66 % de son versement grâce à sa déclaration de revenus de 2026. Un contribuable non imposable, lui, ne récupérera rien, et son vote lui reviendra à 10 euros : en effet, il a payé le tarif social, mais c’est toujours plus que les 5,10 euros que paie réellement le contribuable imposable.
Le tarif social, plus cher que le plein tarif après réduction fiscale !
La plateforme de la primaire socialiste Choisir2027 confirme ces calculs et annonce elle-même le coût après réduction fiscale après avoir arrondi : 15 €, « soit 5 euros », et 10 €, « soit 3 euros ». Mais le site ne précise pas que ce calcul ne concerne que les contribuables imposables.
En somme, un contribuable non-imposable, même au tarif social, paiera près du double des 5,10 € déboursés par un imposable au plein tarif.
Or, la plupart des personnes bénéficiant du tarif social tel que défini pour les primaires socialistes (étudiants sans ressources, personnes sans emploi ou à faibles revenus), sont le plus souvent non-imposables. Ce mécanisme n’est pas propre à la primaire : il vaut pour toute cotisation ou tout don à un parti.
Auteurs :
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Relecteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
L’article Primaire de la gauche : le tarif social pour voter était-il le plus cher ? est apparu en premier sur Les Surligneurs.
Alors que la guerre russo-ukrainienne s’éternise et que la demande de moyens humains et militaires se maintient, des comptes prorusses s’activent sur les réseaux sociaux pour embrigader des jeunes Européens et leur proposer de s’engager dans le conflit, que ce soit sur la ligne de front ou dans leur pays de résidence.
La Russie recrute des pilotes de drones ou des saboteurs sur X
Faire la guerre, gagner sa vie, et construire une carrière d’avenir en « systèmes [de drones] kamikazes ». Voici la récente « invitation » faite par un certain « David Z », un compte prorusse, présent sur différentes plateformes de réseaux sociaux. Sur un post publié sur X — son principal canal de diffusion — le 29 juillet 2026 à ses 72.000 followers, l’influenceur encourage les « citoyens occidentaux déterminés » à rejoindre les forces russes pour participer au conflit qui les opposent à l’Ukraine et ses soutiens de l’Otan. Un appel fiévreux, qui se veut loin d’une simple « aventure touristique », adressé à celles et ceux qui souhaitent risquer leur existence pour « écrire le prochain chapitre de l’histoire militaire » qui se joue désormais dans les cieux.
Cette publication comporte également une offre d’emploi.
Tournée à la manière stéréotypée d’une opportunité de carrière sur Linkedin, l‘annonce propose une formation de pilote de drone auprès de « l’avant-garde des forces armées russes », composée d’instructeurs dotés d’une précieuse « expérience du combat ». Le menu de la formation se veut concret, parfois jargonnant : exercices « d’acquisition de cibles », de « coordinations [d’engins] en essaim et tactiques », de détections de cibles ennemies ; l’usage d’automates (IA) et de logiciels militaires sophistiqués pour brouiller les ondes et appliquer des techniques de « leurrage » ennemies.
Pour attirer les personnes à la recherche d’émotions fortes, la fiche de poste...
Les candidats de droite et d'extrême droite à la présidentielle ont refusé de participer au débat sur les pesticides organisé avec leurs concurrents, le 10 octobre. La gauche, elle, peine à s'entendre sur un calendrier de sortie des pesticides.
Sur la scène, quatre chaises sont restées symboliquement vides, du début à la fin. Le 10 octobre, l'association Générations futures et les Mutuelles pour la santé planétaire organisaient un débat à Gouzeaucourt (Nord) entre les principaux candidats (…)
Environ 1 500 personnes se sont réunies tout le weekend dans le Tarn pour célébrer la lutte contre l'A69 et dénoncer le « fiasco à venir ». Alors que la mise en service de l'autoroute devrait avoir lieu début novembre, les opposants comptent bien « transmettre l'expérience de leur lutte ».
Cambounet-sur-le-Sor (Tarn), reportage
« Tous les souvenirs que l'on a dans nos têtes, tous les liens qu'on a tissés, ils ne détruiront jamais ces moments-là. » Vêtue de noir et de lunettes de (…)
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Comment enquêter sur ceux qui préféraient vous faire taire ? Si les journalistes ont l'habitude d'affronter toutes sortes de pressions, celles exercées par l'extrême droite exigent une vigilance particulière. Réunis autour de Sylvain Ernault, Manon Boquen, Chloé Richard et Pierre-Yves Bulteau croisent leur expérience.
L’article Enquêter sur l’extrême droite en Bretagne | Cinq ans de « Splann ! » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d'enquête indépendant en Bretagne.
L’avocat belge est partout, dans les médias de Bolloré comme au tribunal, pour combattre « le wokisme qui sévit quotidiennement ». Directeur adjoint du très droitier Institut Thomas-More et fondateur du collectif Justitia, il empile les dossiers afin d’émerger dans la nouvelle garde réactionnaire.
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